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Politique (2445)

Suite à l’émission "Le Grand Rendez-vous" diffusée sur la chaîne de télévision 2STV du vendredi 20 janvier 2017, et où l’un des intervenants a tenu des propos «diffamatoires, violents, séditieux, encourageant la lutte armée des noirs en Mauritanie, contre le gouvernement et le peuple frère de Mauritanie», le gouvernement du Sénégal a déclaré avoir saisi le Cnra (conseil national de régulation de l'audiovisuel), afin de prononcer, sans délai, les sanctions prévues face à ces manquements graves.

Le document signé par le ministre porte-parole du gouvernement, Seydou Guèye, indique que le gouvernement du Sénégal exprime sa vive indignation, sa totale désapprobation et condamne avec la plus grande fermeté les contrevérités qui ont été dites et ces manquements graves, qu’il ne saurait tolérer encore moins cautionner. «En vertu des dispositions des articles 17, 26 à 29 de la loi 2006-04 du 04 janvier 2006 portant création du conseil national de régulation de l'audiovisuel (Cnra), et des articles 31 à 33 et 36 de la loi 96-04 du 22 février 1996 relative aux organes de communication sociale et aux professions de journaliste et de technicien, le gouvernement a saisi le Cnra afin de prononcer, sans délai, les sanctions prévues face à ces manquements graves», a dit le gouvernement. Ainsi, «le gouvernement voudrait rappeler à l'ensemble des organes de communication sociale et aux professionnels de l'information, la nécessaire réserve à observer sur les questions de coopération internationale, surtout quand il s’agit des rapports entre le Sénégal et les pays voisins, avec lesquels nous entretenons d’excellentes relations diplomatiques et de bon voisinage », ajoute le communiqué.

Dans ce sens, le gouvernement qui réaffirme son attachement aux principes de souveraineté des Etats, aux valeurs de paix, de concorde nationale, dit condamner tout acte ou apologie de violence dans le règlement des différends.

«Enfin, le gouvernement réitère son engagement indéfectible à traduire en actes concrets, la volonté commune des Chefs d’Etat, son Excellence, Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz et son Excellence, Monsieur Macky Sall, de renforcer les relations de coopération, de bon voisinage et de densifier les échanges à tous les niveaux, entre les deux pays, au bénéfice des peuples frères unis par des liens historiques très forts », conclut le document qui nous est parvenu. 

Amadou DIOP

Le général de division François Ndiaye, peut s’estimer heureux du déroulement, sans encombre, de sa mission après le retour, avant-hier, du président Barrow. Il revient, dans l’entretien qu’il nous a accordé, sur la Mission de la Communauté économiques des Etats de l’Afrique de l’Ouest en Gambie (Micega), mais aussi sur ses composantes, le volume des troupes. Et un éventuel affrontement avec les troupes de l’ancien président Jammeh qui ont été contraintes sans combat.

Mon général, comment se porte aujourd’hui la Mission de la Cedeao en Gambie (Micega) ?
 La Micega vient d’exécuter la première phase de sa lettre de mission qui consistait à créer les conditions sécuritaires permettant le retour du président élu, Adama Barrow. Ce retour hier (avant-hier) a été fait dans un environnement sécurisé. On peut même le qualifier de succès. Ce retour s’est fait dans de très bonnes conditions. Comme nous l’avions planifié. La Micega se porte au jour d’aujourd’hui très bien.
 
Quelles seront les prochaines étapes de votre mission après le retour du président Barrow ?
 La phase de déploiement et le retour du président ont déjà été assurés. Nous attendons maintenant le reliquat des contingents nigérian et ghanéen. Ces deux pays et le Sénégal avaient prévu de déployer un certain volume de forces. En ce qui concerne le Sénégal, cela est déjà fait et le volume prévu atteint. Le reliquat des forces nigérianes est à Thiès et sera déployé dans les prochains jours et nous pensons aussi qu’il en sera de même pour les Ghanéens. Du point de vue des troupes, nous avons ces trois pays qui sont les principaux fournisseurs. Mais nous avons des officiers de différents pays de la Cedeao.

Aussi, il faut rappeler que la Micega a trois composantes : terrestre, navale et aérienne. La composante aérienne est assurée par le Nigéria et le Sénégal. Nous disposons d’un patrouilleur de haute mer nigérian et de trois bâtiments navals sénégalais.
 
Les troupes de la Cedeao sont très visibles dans l’espace gambien aujourd’hui. Comment s’effectue votre déploiement ?
Nous avons procédé à un maillage sécuritaire du territoire : à l’est, vers le Combo (la zone périurbaine) et dans le Kanilaï. Notre poste de commandement étant installé à Bakau. L’objectif étant de nous faire voir partout et d’avoir un regard sur toute la Gambie.
 
Quels rapports ou relations entretenez-vous avec les forces gambiennes ?
Avant que nous n’entrions en Gambie, des éléments du commandement gambien nous ont signifié de leur volonté de ne pas combattre contre nous. Nous avons, par la suite, tenu des réunions avec les Forces de défense et de sécurité gambiennes pour voir ce que nous pourrons faire ensemble en termes d’échanges d’informations, d’officiers de liaison, de patrouilles mixtes… Mais tout cela devra être mieux défini avec la nomination de nouveaux chefs militaires et paramilitaires par les nouvelles autorités.  Nous avons trouvé les forces gambiennes très coopératives et elles ne nous ont manifesté aucune opposition.
 
La Micega n’envisage-t-elle pas un volet formation à l’endroit des forces gambiennes ?
Il est possible d’envisager la formation qui n’est pas envisagée pour le moment dans le mandat que nous avons reçu. Si l’on se limite au mandat, il ne s’agit que de créer les conditions permettant l’exercice effectif du pouvoir par le président Barrow,  d’assurer la sécurité des populations et des leaders politiques. Nous allons donc l’accompagner pour un certain temps. Maintenant, si la Cedeao décide de transformer la Mission, nous ne ferons que nous conformer.
 
Certains regrettent qu’il n’y ait pas eu d’affrontement contre le président Jammeh tandis que d’autres se réjouissent de la tournure des choses. Vous parliez de « contraindre sans combattre ». Pouvez-vous revenir là-dessus ?
Nous avons quelque part procédé à ce que les Anglais appellent le « Show of force ». Il s’agissait de montrer que nous avions les capacités pour exécuter la Mission, à nous, confiée. Nous pouvions pénétrer sans encombre sur le territoire gambien. Ce qui a été fait. Dès que nous avons massé nos troupes aux frontières, le système de renseignement très alerte gambien a compris et fait remonter l’information sur notre puissance de feu et d’hommes hyper-armés et entraînés qui allaient débarquer.
On peut donc contraindre l’ennemi sans combattre comme le dit Sun Tzu. Mais il faut savoir que nous étions prêts à l’affrontement et préparés à en découdre avec l’ancien président dont le départ était indispensable pour l’exécution de notre mission.
 
Il se dit que la Micega va encore rester pour les six prochains mois. Pouvez-vous confirmer ou infirmer l’information ?
Nous avons appris dans la presse que nous devrions rester six mois, selon la volonté du président Barrow, sans avoir été saisis de la question. Notre départ ou la continuité de la Mission n’est pas de notre ressort. Cela dépend de la Cedeao et du pays hôte. Il est évident qu’il y aura des évaluations périodiques et tout sera décidé dans l’intérêt du pays.

De nos envoyés spéciaux Ibrahima Khaliloullah Ndiaye, Maguette Ndong (textes) et Ndèye Seyni Samb (photos)

Les élections législatives de 2017 se tiendront le dimanche 30 juillet 2017. C’est ce qu’indique le décret présidentiel n° 2017-171, portant fixation de la date des prochaines élections législatives signé par le président de la République. D’après ledit décret en date du 27 janvier 2017 (hier), le président de la République, en application de l’article 355 de la loi 2017-12 du 18 janvier 2017, portant code électoral, a décrété le 30 juillet 2017, la date des prochaines élections législatives. Le document officiel précise, en outre, que le ministre chargé des élections, le ministre chargé des affaires étrangères et le ministre de l’économie et des finances sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent décret qui sera publié au journal officiel. 

Amadou DIOP

La capitale éthiopienne, Addis-Abeba, est fin prête pour accueillir le 28ème Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement qui se tient les 30 et 31 janvier. Parmi les chefs d’Etat qui ont confirmé leur participation, le président Macky Sall, attendu ce matin. Le thème du 28ème sommet des chefs d’Etat qui débute, lundi, sera consacré à la question stratégique du dividende démographique.

C’est une rencontre des dirigeants africains très attendue à Addis-Abeba fin prête car ayant déjà fait peau neuve pour la circonstance. Des travaux sont effectués toute la nuit, dans les grandes artères de la ville où les techniciens des services des travaux publics s’affairent sur les derniers réglages. C’est pour éviter de créer des désagréments aux populations que ces travaux sont effectués jusque tard dans la soirée. Toute la ville est pavoisée aux couleurs nationales des pays représentants des 54 délégations du continent. Les hôtels et centres d’hébergement ont presque fait le plein tandis que les véhicules utilitaires et chauffeurs de taxis sont heureux d’accueillir les nombreux étrangers. Les services de sécurité quadrillent tout Addis-Abéba et sont postés aux points stratégiques de la ville et devant les hôtels où les fouilles sont automatiques.

Ce 28ème sommet des chefs d’Etat et de gouvernement qui verra le retour du Royaume du Maroc sera aussi marqué par l’élection du nouveau président de la Commission de l’Union africaine (Ua). Parmi les candidats en lice, il y a notre compatriote, le professeur Abdoulaye Bathily, ancien ministre et ancien représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies au Mali puis en Afrique centrale.

Le Sénégal qui parraine la candidature du Pr Abdoulaye Bathily a envoyé une forte délégation conduite par le chef de l’Etat, le président Macky Sall, attendu aujourd’hui à Addis-Abeba. Le président Macky Sall qui participera à la réunion du Comité du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad), en sa qualité de président, a été précédé par le ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, Mankeur Ndiaye qui prendra part à la réunion ministérielle en compagnie de notre nouvel ambassadeur en Ethiopie et à l’Union africaine, Baye Moctar Diop. Plusieurs ministres, anciens diplomates et hauts fonctionnaires de l’Etat du Sénégal sont aussi annoncés à Addis-Abeba. Il y a moins de quinze ans, l’Ua a été mise sur pied pour remplacer la défunte Organisation de l’union africaine (Oua). C’était  en 2002, à Lusaka dans la capitale Zambienne. Les anciens présidents du Nigéria, Olusegun Obasanjo, Thabo Mbeki de l’Afrique du Sud et  feu Mouammar Kadhafi de la Libye s’étaient engagés pour la mise en place de la nouvelle institution. Ils ont beaucoup œuvré pour que cette nouvelle organisation soit plus efficace pour promouvoir la démocratie, les droits de l’homme et la bonne gouvernance. Le dernier sommet de janvier dernier n’avait pas permis d’élire un nouveau président. Mme Zuma avait donc continué son mandat. Ce sommet doit élire son ou sa remplaçante. Ce sommet sera aussi une occasion, pour renouveler certains postes de commissaires à l’Ua. Les tractations se font dans les couloirs du siège. Demain, dimanche, à l’initiative de l’Unfpa, un déjeuner de travail aura lieu entre les chefs d’Etat et de gouvernement, et le nouveau Secrétaire général des Nations unies, Antonio Gutteres sur les priorités du continent.

Correspondance particulière
d’El H. Abdoulaye THIAM

Le premier président de la Cour suprême est favorable à une indépendance de la magistrature synonyme d’une soumission à l’autorité de loi. Selon Mamadou Badio Camara, indépendance de la justice ne signifie pas « faire ce que l’on veut ». Il s'est exprimé lors de la rentrée des Cours et tribunaux.

« L’indépendance de la justice, qui nous est si chère, ne peut être assimilée à une autorisation de faire ce que l’on veut. Elle est définie dans la Constitution qui proclame que les juges ne sont soumis qu’à l’autorité de la loi : l’indépendance du juge, c’est donc la soumission à la loi, rien que la loi et toute la loi ». C’est en ces termes que Mamadou Badio Camara a attaqué la brûlante question de l’indépendance de la magistrature.

Poursuivant, il a relevé que cette indépendance « n’est pas un privilège ou une faveur accordée aux juges dans leur intérêt personnel ou pour leur confort: c’est une garantie de respect de la loi et des droits de l’homme, par une application impartiale du droit ». Selon le premier président de la Cour suprême du Sénégal, le fait d’adopter des comportements contraires à la loi pourrait nuire à la crédibilité de la Justice, à sa capacité à faire face à ses missions, en toute indépendance, c'est-à-dire conformément à la loi. « Il importe aussi de souligner que, face au principe d’indépendance, il y a le principe de la responsabilité qui commande qu’au fur et à mesure que s’accroit l’importance du pouvoir judiciaire en démocratie, grandit également la nécessité, pour les magistrats, de répondre de leurs comportements », a prévenu le magistrat.

Appuyant son propos, M. Camara a souligné qu’en matière disciplinaire notamment, la responsabilité du magistrat peut être engagée pour manquement à l’honneur, à la délicatesse, à la dignité et, en définitive, à l’obligation de réserve qu’imposent les fonctions. « En vérité, avoir la responsabilité d’appliquer la loi, au nom du Peuple, de juger ses semblables, de disposer de leur liberté et de leurs biens, doit être considéré comme un sacerdoce, qui n’a pas de prix ! », a rappelé le président de la Cour suprême. Pour lui, les indemnités qui sont allouées aux magistrats, et qui ont « fait couler beaucoup d’encre et de salive », constituent une contrepartie des obligations particulières qui leur incombent, en vertu de la loi. « C’est pourquoi, nous sommes au rejet de l’affirmation selon laquelle les magistrats sont « les enfants gâtés de la République », mais il ne faut pas en rajouter en donnant l’impression d’agiter le chiffon rouge d’un gouvernement des juges, qui ne saurait prospérer dans une démocratie : l’Exécutif a l’initiative des projets de loi, le Législatif a l’initiative des propositions de loi et du vote des lois, le Judiciaire applique les lois. L’État de droit a pour fondement le respect de la séparation des pouvoirs », a précisé Mamadou Badio Camara.

Par Amadou DIOP et Ndiol Maka SECK
et Ameth SECK : Primature (photos)

« La mission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest en Gambie a décidé de procéder à une réduction progressive du volume des forces déployées sur le théâtre des opérations », informe un communiqué signé par François Ndiaye, le général qui commande les forces de la Cedeao impliquées dans la crise gambienne. « En effet, après le retour en Gambie du président, Adama Barrow, précédé d’une visite du Commandant de la force sur les points stratégiques du pays, une appréciation positive de la situation sécuritaire en Gambie a rendu cette action possible », a ajouté le texte.

Le texte précise que « cette réduction du volume des forces concerne essentiellement la composante terrestre ». Néanmoins, a poursuivi le texte, « celle aériennes et navales sont affectées à des degrés moindres ».

Selon François Ndiaye, « l’objectif de ce réaménagement est de permettre de mieux prendre en compte les réalisations des conditions requises pour l’exercice effectif du pouvoir par Adama Barrow ».

La Cedeao avait annoncé avoir mobilisé 7.000 hommes pour déloger Jammeh. Alain Marcel De Souza, président de la commission de la Cedeao, avait indiqué que seuls 4.000 hommes étaient pour le moment impliqués dans les opérations sur le terrain.

B. DIONE

L’arrivée d’Adama Barrow, hier, en Gambie s’est déroulée sous une forte sécurité. La Cedeao n’a pas lésiné sur les moyens pour que cet accueil du nouveau président gambien se passe dans de bonnes conditions. Déjà en début d’après-midi, les chars et véhicules blindés de l’armée sénégalaise ont été déployés dans les grandes artères et axes principaux qui mènent au Gambian international airport.

La présence des militaires sénégalais de la Cedeao est partout visible en ville. Sans compter les éléments déployés à l’intérieur de l’aéroport. Dès que l’aéronef qui a amené Barrow s’est posé sur le tarmac, un hélicoptère a survolé l’espace aérien de l’aéroport en effectuant plusieurs tours circulaires. Le tout sous les vivats des Gambiens venus à l’accueil de leur président.
Quelques minutes plus tard, un autre avion militaire déchire le ciel en effectuant plusieurs rotations en trombe. Les militaires entendent marquer leur territoire. Pendant ce temps, Adama Barrow recevait les honneurs de son armée et échangeait des poignées de mains avec les nombreux officiels venus à son accueil. A sa sortie de l’aéroport aussi, le nouveau président gambien est escorté par les tireurs d’élite et les blindés de l’armée sénégalaise. Le travail de celle-ci est fortement apprécié par les Gambiens, à l’unanimité.

De nos envoyés spéciaux Ibrahima Khaliloullah NDIAYE
et Maguette Ndong (textes)

Une campagne de sensibilisation pour pousser les populations de la commune de Fatick et celles du département à s’inscrire sur les listes électorales est entamée, depuis quelques semaines, par Me Boubacar Diallo, responsable de l’Apr.

Me Boubacar Diallo a organisé un vaste rassemblement au croisement Tp de Fatick, son fief, pour exhorter les populations à aller s’inscrire auprès des commissions administratives d’inscription afin que l’objectif d’atteindre 25.000 inscrits dans la commune de Fatick soit atteint. Il a signalé que dans la commune de Fatick, le chiffre de 10.000 inscrits a été atteint. Ce rassemblement de l’Apr a été rehaussé par la présence de nombreux responsables notamment Omar Sène, président du conseil départemental, Boubacar Siguini Sy, conseiller-spécial du président de la République en matière d’éducation, Mme le député Aïda Diouf, Mme Aïda Diouf, haut-conseillère des collectivités territoriales, Issakha Dieng, 2e adjoint au maire et des responsables de la coalition « Bennoo Bokk Yaakaar ».

Visiblement satisfait de la mobilisation, Me Bouba Diallo a remercié les responsables et les militants. Il a mis l’accent sur l’importance de la carte d’identité biométrique. Selon Me Diallo, ce sésame permet à chaque citoyen détenteur de voter, de voyager dans l’espace Cedeao et de régler des actes juridiques et autres. Dans le département de Fatick, l’objectif est également d’avoir le maximum d’inscrits pour offrir au président de la République, Macky Sall, une écrasante majorité à l’Assemblée nationale en 2017et le réélire pour un second mandat au premier tour de la présidentielle de 2017. Le responsable de l’Apr espère que cet objectif sera atteint. A cette occasion, il a invité les autres responsables à taire leurs querelles et à se mobiliser autour de l’essentiel pour travailler dans l’unité et la concorde pour l’atteinte des objectifs. « L’essentiel, c’est le président de la République. C’est une compétition pour donner la majorité au président de la République à l’Assemblée nationale et le réélire en 2019 au premier tour », a-t-il conclu.

Oumar Ngatty BA

Réunie, hier, sous la présidence du secrétaire national chargé des relations extérieures, la Ligue démocratique (Ld) est revenue sur les événements politiques en cours en Gambie. Dans un communiqué, la Ld s’est félicitée du dénouement pacifique de la crise post électorale « qui a prévalu, des semaines durant, dans ce pays soumis, pendant 22 longues années, à la dictature de Yahya Jammeh ».

Elle a salué les initiatives et les actions du président de la République et de l’ensemble des chefs d’Etat des pays de la Cedeao dont la « promptitude et la fermeté ont permis de parachever la victoire des forces démocratiques sur le régime de Yahya Jammeh qui a tenté vainement de confisquer la volonté librement exprimée du peuple souverain gambien d’élire Monsieur Adama Barrow à la présidence de la République gambienne ».

Le Secrétariat permanent de la Ligue démocratique estime « qu’il est impératif de déclencher les procédures judiciaires appropriées pour traduire Yahya Jammeh devant les juridictions compétentes pour tous les assassinats et les crimes économiques dont il a été l’instigateur durant tout son règne. »

I. BA

Le président de la République de Gambie, Adama Barrow, est rentré hier en Gambie. Une foule immense est venue à son accueil, lui témoignant toute sa fierté. L’aéroport de Yundum a été sécurisé par les forces de la Cedeao. Elles étaient les seules à détenir des armes.

Annoncé à 16 heures, le président gambien, Adama Barrow, a atterri hier, à Banjul, à 17 heures. Venu à bord d’un petit aéronef portant les couleurs du Sénégal, sa terre d’accueil de ces derniers jours, le président a trouvé une foule immense qui avait envahi le tarmac de l’aéroport de Yundum, distant de 18 km de Banjul. Triées sur le volet, ces personnes constituaient pour la plupart des officiels, membres de sa coalition politique, des diplomates, de journalistes. Le commandant de la Mission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest en Gambie (Micega), le général de division François Ndiaye était bien là, entouré de ses hommes provenant d’autres pays ouest-africains. Mais aussi du patron de l’Armée gambienne et d’autres gradés.

Chars, armement lourd, pick-up, militaires en tenue de combat, la mine très sévère… Rien n’était laissé au hasard pour sécuriser les lieux. Une évidence : seuls les militaires de la Cedeao étaient armés. Tous les membres des Forces de défense et de sécurité gambiennes (armée, police, douane…), pourtant nombreux sur les lieux, étaient désarmés sur le tarmac de l’aéroport. La sécurité n’était pas prise à la légère et un hélicoptère était en rotation permanente. Il est rejoint par deux chasseurs nigérians, opérant pour la Micega. Volant à basse altitude, les pilotes de ces chasseurs se plaisaient à des tours acrobatiques les plus variés, provoquant une peur au début, mais assurant un spectacle digne des belles parades militaires. Certains se plaisant à rappeler que ce sont les numéros de ces chasseurs qui ont donné la trouille de sa vie au président Jammeh qui s’est décidé à partir.

Imposant cordon sécuritaire
Barrow retour 2Le président Barrow pouvait débarquer sur un aéroport sécurisé, accompagné d’une légère délégation. Tout de blanc vêtu, un boubou bien amidonné et assorti d’un joli couvre-chef, le président Adama Barrow est accueilli par sa vice-présidente dont l’arrivée quelques minutes plutôt avait ragaillardi les nombreuses personnes qui bravaient, dès les premières heures de l’après-midi, le chaud soleil de Yundum. Le représentant spécial du Secrétaire général des Nations-Unies en Afrique de l’Ouest, Mohamed Ibn Chambas, était aussi à l’accueil. Le président Barrow a dû user de patience pour serrer, plus d’un quart durant et sous haute protection des militaires de la Cedeao, les mains de nombreuses personnes venues à l’accueil. Il était surtout envahi par les photographes et les cameramen qui voulaient immortaliser le moment historique malgré l’imposant cordon sécuritaire des soldats et des garde-corps qui se formait au gré de sa marche. L’amateurisme se lisait dans le déploiement du dispositif. Mais aussi du fait d’une absence de respect à témoigner à la première institution pour toutes ces nombreuses personnes qui rompaient les rangs une fois qu’elle leur serrait la main. Qu’importe ! L’essentiel étant le retour du président que saluaient toutes ces populations venues de très loin, arborant des t-shirts à son effigie ou avec le célèbre slogan « Gambia has decided ». Le tapis rouge était piétiné et envahi au gré de la marche du président qui arborait un large sourire à toute épreuve. Il arrivait finalement à l’estrade présidentielle et pouvait maintenant, en face des Forces armées, écouter entonner l’hymne national et se faire présenter les honneurs. Il continuait à serrer les mains après sa revue des troupes.

Plus d’une quarantaine minutes après son arrivée, il pouvait quitter le tarmac ou il n’y avait que deux appareils. Des chars pré-positionnés ouvrent la voie au véhicule 4 X 4 dans lequel s’engouffre le président. Il s’empresse vite de se mettre debout sur le décapotable et de répondre aux cris de joie de l’immense foule qui s’était aussi massée sur les murs et grilles de l’aéroport. Mains levées, baisers de ses mains… le président répondait aux « Barrow, Barrow… ». La soirée s’annonçait longue et plus d’une heure après sa sortie de l’aéroport, le cortège du président n’avait pu parcourir un kilomètre. Les autres véhicules suivaient le convoi alors que les dernières lueurs de ce jeudi avaient disparu. Il nous faudra quatre tours d’horloge pour parcourir les deux kilomètres qui séparent la route de l’aéroport et le Brikama road. Le mot d’ordre semblait être de raccompagner le président jusqu’à son domicile. Une longue nuit en perspective dans les différentes villes où du pays ou de petites fêtes ont été improvisées pour saluer le retour du président Barrow.

De nos envoyés spéciaux Ibrahima Khaliloullah NDIAYE
et Maguette Ndong (textes), Ndèye Seyni Samb (photos)

MOHAMED IBN CHAMBAS, REPRESENTANT DU SG DES NATIONS-UNIES : « TRAVAILLER À L’INSTAURATION D’UNEDÉMOCRATIE VÉRITABLE »
Ibn Chambas Dkr« Nous assistons aujourd’hui à un évènement historique avec le retour du président Barrow. Tous les Gambiens sont heureux, dans une merveilleuse atmosphère, d’accueillir leur président. Pour la Cedeao tout comme les Nations-Unies, nous sommes heureux également de ce retour qui marque une nouveau départ pour la Gambie. Nous sommes fiers d’être arrivés à ce résultat, à savoir le retour en toute liberté du président. L’urgence est aujourd’hui de travailler à l’instauration d’une démocratie véritable, à la réconciliation des fils de la Gambie et à la reconstruction. Les Nations-Unies sont prêtes à continuer le travail et à accompagner la Gambie pour sa stabilisation ».

ACCUEIL : LES TROUPES SÉNÉGALAISES DE LA CEDEAO ASSURENT LE MAINTIEN DE L'ORDRE
L’arrivée d’Adama Barrow, hier, en Gambie s’est déroulée sous une forte sécurité. La Cedeao n’a pas lésiné sur les moyens pour que cet accueil du nouveau président gambien se passe dans de bonnes conditions. Déjà en début d’après-midi, les chars et véhicules blindés de l’armée sénégalaise ont été déployés dans les grandes artères et axes principaux qui mènent au Gambian international airport.

La présence des militaires sénégalais de la Cedeao est partout visible en ville. Sans compter les éléments déployés à l’intérieur de l’aéroport. Dès que l’aéronef qui a amené Barrow s’est posé sur le tarmac, un hélicoptère a survolé l’espace aérien de l’aéroport en effectuant plusieurs tours circulaires. Le tout sous les vivats des Gambiens venus à l’accueil de leur président.

Quelques minutes plus tard, un autre avion militaire déchire le ciel en effectuant plusieurs rotations en trombe. Les militaires entendent marquer leur territoire. Pendant ce temps, Adama Barrow recevait les honneurs de son armée et échangeait des poignées de mains avec les nombreux officiels venus à son accueil. A sa sortie de l’aéroport aussi, le nouveau président gambien est escorté par les tireurs d’élite et les blindés de l’armée sénégalaise. Le travail de celle-ci est fortement apprécié par les Gambiens, à l’unanimité.

De nos envoyés spéciaux Ibrahima Khaliloullah NDIAYE
et Maguette Ndong (textes), Ndèye Seyni Samb (photos)

LA CEDEAO ANNONCE LA RÉDUCTION DE SES TROUPES EN GAMBIE
« La mission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest en Gambie a décidé de procéder à une réduction progressive du volume des forces déployées sur le théâtre des opérations », informe un communiqué signé par François Ndiaye, le général qui commande les forces de la Cedeao impliquées dans la crise gambienne. « En effet, après le retour en Gambie du président, Adama Barrow, précédé d’une visite du Commandant de la force sur les points stratégiques du pays, une appréciation positive de la situation sécuritaire en Gambie a rendu cette action possible », a ajouté le texte.

Le texte précise que « cette réduction du volume des forces concerne essentiellement la composante terrestre ». Néanmoins, a poursuivi le texte, « celle aériennes et navales sont affectées à des degrés moindres ».

Selon François Ndiaye, « l’objectif de ce réaménagement est de permettre de mieux prendre en compte les réalisations des conditions requises pour l’exercice effectif du pouvoir par Adama Barrow ».

La Cedeao avait annoncé avoir mobilisé 7.000 hommes pour déloger Jammeh. Alain Marcel De Souza, président de la commission de la Cedeao, avait indiqué que seuls 4.000 hommes étaient pour le moment impliqués dans les opérations sur le terrain.

B. DIONE

Le président de la République Macky Sall a présidé, hier, la rentrée solennelle des Cours et tribunaux. Macky Sall a indiqué que la modernisation de la justice constitutionnelle est devenue une réalité avec l’adoption des lois organiques relatives au Conseil constitutionnel.

«Moderniser la justice en renforçant ses moyens, sa proximité avec les justiciables, son indépendance et sa capacité à garantir l’Etat de droit sont au cœur de ma gouvernance. Voila pourquoi mon gouvernement a engagé des réformes qui étaient attendues », a déclaré le président de la République, Macky Sall qui a présidé, hier, la rentrée solennelle des cours et tribunaux sur le thème : les nouveaux droits dans la Constitution du Sénégal. Il a rappelé que ces réformes portent sur le Conseil constitutionnel, la Cour des comptes, le statut des magistrats, la Cour suprême, le conseil supérieur de la magistrature.

« La modernisation de la justice constitutionnelle est devenue une réalité avec l’adoption de nos lois organiques relatives au Conseil constitutionnel », a dit le chef de l’Etat qui a salué l’engagement de la magistrature et du parlement à apporter leur concours à ce dynamisme.

Se prononçant sur les préoccupations du bâtonnier qui concernent la revalorisation des fonds de l’assistance judicaire, la régionalisation des fonds…, le président Sall a indiqué que cette problématique est « une préoccupation majeure au cœur des combats de son gouvernement. « Le besoin de justice est le même, le service public de la justice doit être partout accessible et de qualité. Nous constatons que les avocats, pour l’essentiel, exercent tous à Dakar qui concentre l’essentiel de l’activité économique du pays. Il faut trouver des pistes de solution pour permettre l’installation d’une profession libérale en zone périurbaine ou rurale dans les zones économiquement fragiles», a-t-il affirmé. La réalisation de ce souhait passe par une incitation fiscale, l’exonération de certains impôts et taxes ou l’exonération des droits de mutation pour l’attribution de locaux, ou de développement de prime à l’embauche.

S’agissant de la présence d’avocats lors des gardes à vue, dans les commissariats de police et les brigades de gendarmerie, le président Sall a indiqué qu’il s’agit d’engagement librement signé par l’Etat du Sénégal et directement applicable.

«J’avoue que je suis de plus en plus très sensible à cette requête, mais je vois deux contraintes majeures. Contrainte majeure dans la mise en ouvre effective et immédiate de cette mesure. Il y a une deuxième contrainte, elle est budgétaire. La troisième contrainte est dans l’effectivité de la mesure dans des zones où il n’y a aucun avocat. Il nous faut impérativement, pour les questions de défense nationale, prévoir une dérogation pour les affaires terroristes…», a-t-il renchéri, en rappelant que les innovations apportées par la réforme constitutionnelle adoptée par voie référendaire, le 20 mars 2016 porte essentiellement sur les droits fondamentaux. Il a souligné que les promesses de la réforme sont en train d’être réalisées. Pour Macky Sall, avec l’institution du haut conseil des collectivités territoriales, le Sénégal dispose désormais d’un organe consultatif ayant pour vocation d’améliorer la gouvernance territoriale et le renforcement de la démocratie participative. «Les dispositions relatives au statut, au mode d’élection, à la durée et au nombre de mandat du président de la République sont devenues intangible. Le nouveau code électoral consacre la participation des candidats indépendants à tous les types d’élection », a-t-il rappelé.

D’après le président Sall, grâce à la nouvelle disposition de la Constitution qui rend obligatoire le contrôle de constitutionnalité des lois organiques, le Conseil constitutionnel a, en quelques mois seulement, exercé son contrôle sur plusieurs lois organiques dont celles relatives au pouvoir judiciaire. L’exercice de ce contrôle, a-t-il poursuivi, a permis, dans certains cas, l’amélioration de la qualité desdites lois qui viennent d’être promulguées. «Assurément, la sécurité juridique s’en trouve renforcée.

La juridiction constitutionnelle peut ainsi mieux assumer sa mission de régulation de l’Etat de droit. Dans le même sillage, l’Assemblée nationale a adopté un nouveau code minier qui vise à installer un environnement favorable à une exploitation optimale de nos ressources profitable à toutes les parties prenantes. Aussi, la révision constitutionnelle issue du référendum 20 mars 2016, consacre de nouveaux droits qui nous protègent davantage », a-t-il dit.

Par Amadou DIOP et Ndiol Maka SECK
et Ameth SECK : Primature (photos)

PRÉSERVER LES INTÉRÊTS DES FUTURES GÉNÉRATIONS
Macky Sall a expliqué que les nouveaux droits consacrés dans le préambule de la Constitution sont désormais expressément mentionnés dans notre droit fondamental. «Il s’agit des droits du citoyen à un environnement sain, du droit sur les ressources naturelles, sur notre patrimoine foncier… La réforme de 2016 a consacré formellement son caractère de droit fondamental.

C’est la traduction de notre engagement à préserver les intérêts des générations actuelles et futures. La nouvelle Constitution fait ainsi de l’évaluation environnementale, une exigence, un instrument de précaution et de prévention des risques environnementaux», a dit Macky Sall. Pour le chef de l’Etat, c’est compte tenu de tous ces enjeux et soucieux de contribuer à sauvegarder la planète que le Sénégal a opté résolument, pour le mix énergétique avec la promotion des énergies propres renouvelables. «La reconnaissance du peuple sénégalais du droit à ces ressources naturelles s’est enrichie et inspirée d’une prescription que l’on retrouve dans certains textes internationaux. Nous avons inscrit ce droit dans notre Constitution pour faire de l’exploitation des ressources naturelles un facteur d’accélération de la transformation qualitative de notre pays », a-t-il précisé.

UN PROJET DE LOI SUR LE PÉTROLE ET LE GAZ ANNONCÉ
Le président de la République a annoncé, dans un avenir proche, son souhait d’un projet de loi sur une gestion future du pétrole et du gaz, selon une clé de répartition qui préserve l’intérêt des générations futures et qui va s’inspirer des meilleures pratiques dans le monde.

Le président a dit accorder une importance particulière à la bonne gouvernance et à la transparence dans la gestion des ressources publiques. « Le comité d’orientation stratégique du pétrole et du gaz a pour finalité de favoriser l’exploitation optimale de nos ressources pétrolières et gazières », a-t-il rappelé. « Sa création traduit ma volonté d’assurer une gestion responsable et durable de nos ressources pétrolières et gazières en mettant l’accent sur une répartition équitable des revenues entre les générations actuelles et futures», a fait comprendre le président de la République », a laissé entendre le chef de l’Etat.

Pour le président Sall, la réforme de mars 2016 a permis une consolidation de la démocratie et de l’Etat de droit. «Il convient de rappeler que pour assurer l’effectivité de ces droits, l’Etat continuera de veiller à la participation des citoyens au processus démocratique et au processus de développement. Il nous faut prendre des initiatives appropriées pour la promotion de ces droits. A ce sujet, la contribution des partis politiques qui ont dorénavant l’obligation d’assurer une mission de formation aux citoyens est fortement attendue », a-t-il souligné.

MAMADOU BADIO CAMARA, PREMIER PRÉSIDENT DE LA COUR SUPRÊME : « L’INDÉPENDANCE DU JUGE, C’EST DONC LA SOUMISSION À LA LOI »
Mamadou B Camara C supLe premier président de la Cour suprême est favorable à une indépendance de la magistrature synonyme d’une soumission à l’autorité de loi. Selon Mamadou Badio Camara, indépendance de la justice ne signifie pas « faire ce que l’on veut ».

« L’indépendance de la justice, qui nous est si chère, ne peut être assimilée à une autorisation de faire ce que l’on veut. Elle est définie dans la Constitution qui proclame que les juges ne sont soumis qu’à l’autorité de la loi : l’indépendance du juge, c’est donc la soumission à la loi, rien que la loi et toute la loi ». C’est en ces termes que Mamadou Badio Camara a attaqué la brûlante question de l’indépendance de la magistrature.

Poursuivant, il a relevé que cette indépendance « n’est pas un privilège ou une faveur accordée aux juges dans leur intérêt personnel ou pour leur confort: c’est une garantie de respect de la loi et des droits de l’homme, par une application impartiale du droit ». Selon le premier président de la Cour suprême du Sénégal, le fait d’adopter des comportements contraires à la loi pourrait nuire à la crédibilité de la Justice, à sa capacité à faire face à ses missions, en toute indépendance, c'est-à-dire conformément à la loi. « Il importe aussi de souligner que, face au principe d’indépendance, il y a le principe de la responsabilité qui commande qu’au fur et à mesure que s’accroit l’importance du pouvoir judiciaire en démocratie, grandit également la nécessité, pour les magistrats, de répondre de leurs comportements », a prévenu le magistrat.

Appuyant son propos, M. Camara a souligné qu’en matière disciplinaire notamment, la responsabilité du magistrat peut être engagée pour manquement à l’honneur, à la délicatesse, à la dignité et, en définitive, à l’obligation de réserve qu’imposent les fonctions. « En vérité, avoir la responsabilité d’appliquer la loi, au nom du Peuple, de juger ses semblables, de disposer de leur liberté et de leurs biens, doit être considéré comme un sacerdoce, qui n’a pas de prix ! », a rappelé le président de la Cour suprême. Pour lui, les indemnités qui sont allouées aux magistrats, et qui ont « fait couler beaucoup d’encre et de salive », constituent une contrepartie des obligations particulières qui leur incombent, en vertu de la loi. « C’est pourquoi, nous sommes au rejet de l’affirmation selon laquelle les magistrats sont « les enfants gâtés de la République », mais il ne faut pas en rajouter en donnant l’impression d’agiter le chiffon rouge d’un gouvernement des juges, qui ne saurait prospérer dans une démocratie : l’Exécutif a l’initiative des projets de loi, le Législatif a l’initiative des propositions de loi et du vote des lois, le Judiciaire applique les lois. L’État de droit a pour fondement le respect de la séparation des pouvoirs », a précisé Mamadou Badio Camara.

Par Amadou DIOP et Ndiol Maka SECK
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CHEIKH TIDIANE COULIBALY, PROCUREUR GENERAL : « CONCRÉTISER LES DROITS RECONNUS AUX CITOYENS »
C T Coulibaly procPour le procureur général près la Cour suprême, les trois piliers de l’effectivité des droits fondamentaux sont : les citoyens, les pouvoirs publics et les juges.

Le procureur général près la Cour suprême s’est attelé, hier, à intervenir sur la problématique de l’effectivité des nouveaux droits après l’introduction du thème par Mme Fatou Faye Lecor Diop, substitut général près la Cour d’appel de Dakar. Selon Cheikh Ahmed Tidiane Coulibaly, la concrétisation ou l’effectivité des droits fondamentaux repose sur trois piliers : l’intérêt du ou des citoyens, la volonté des pouvoirs publics et l’intervention du juge. Auparavant, le juge a mentionné que la concrétisation des droits peut certes se faire par des voies non juridictionnelles, notamment par la saisine d’autorités administratives indépendantes, commissions et comités, mais comme l’a dit Jean Louis Berguel « le juge est l’instrument principal de l’effectivité du droit positif ». Il est, dès lors, tout naturel, a-t-il ajouté, qu’il soit le garant attitré des droits et libertés fondamentaux. « Mais, il appartient aux pouvoirs publics de prendre les dispositions nécessaires en vue de concrétiser les droits reconnus aux citoyens notamment par la mise en œuvre de dispositions législatives et réglementaires qui permettent l’exercice et la jouissance de ces droits, ou leur invocation lorsqu’ils ne sont pas formulés en termes suffisamment clairs qui permettent leur application directe », a soutenu M. Coulibaly. A l’en croire, il appartient surtout aux titulaires des droits de saisir le juge lorsque ceux-ci ont été froissés ou méconnus mais aussi de respecter leurs devoirs. Pour Cheikh Ahmed Tidiane Coulibaly, « l’exercice de notre belle mission régulatrice emporte bien évidemment, pour nous, des responsabilités majeures, d’intelligence du droit et d’investissement personnel, mais aussi le respect des principes d’indépendance et de neutralité ». Aussi, a-t-il ajouté, « pour que la justice reste et demeure une justice en majesté, nous devons être en capacité de défier l’évolution de notre environnement politique, social et répondre aux enjeux contemporains auxquels notre institution doit faire face et éviter ainsi de fossiliser notre temple ».

445 AFFAIRES JUGÉES EN 2016
Dans son précédent exercice, conformément à ses standards de traitement définitif des dossiers dans le délai d’un an à compter de sa saisine, la Cour suprême, toutes chambres confondues, a jugé 445 affaires. Ce bilan a été fait par Cheikh Ahmed Tidiane Coulibaly, procureur général près la Cour suprême. Selon lui, l’audience solennelle est l’occasion d’exaltation ou de complainte.

Par Amadou DIOP et Ndiol Maka SECK
et Ameth SECK : Primature (photos)
 
SIX PROJETS DE LOI ET TROIS PROJETS DE DÉCRET EXAMINÉS EN 2016
Six projets de loi et trois projets de décret ont été soumis, en 2016, à la Cour suprême pour examen par le gouvernement, « conformément à une tradition Républicaine ». Et parmi ces projets, le seul qui a fait l’objet de réserves de la juridiction suprême a été retiré. C’est en ces termes que le président de la Cour suprême a salué l’esprit de collaboration qui existe entre le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire.

Selon Mamadou Badio Camara, s’agissant de leur compétence en matière consultative, le gouvernement, en application des instructions du chef de l’État, saisit, chaque fois que de besoin, la Cour suprême de demandes d’avis sur des projets de lois ou de décrets. « Sur le registre de notre mission de développement de l’accès au droit, la Cour a initié une série de rencontres, d’abord, avec les juges du fond du Sénégal sur les techniques de cassation puis avec les collègues français, dans la convention de jumelage et de coopération avec la Cour de cassation et le Conseil d’État français, pour échanger sur la motivation enrichie, une méthode de rédaction pour rendre plus accessible et plus intelligible nos décisions, dont le style lapidaire est souvent déploré », a laissé entendre le président de la Cour suprême . A l’en croire, lui et ses collègues ont aussi réfléchi sur l’office du juge administratif, le rôle et les missions de l’assemblée générale consultative.

Par Amadou DIOP et Ndiol Maka SECK
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LE BARREAU POUR UNE REVALORISATION DES FONDS D’ASSISTANCE JUDICIAIRE
Mbaye Gueye BatonnierDans son intervention, le bâtonnier de l’ordre des avocats, après avoir salué les efforts consentis par le chef de l’Etat à l’endroit du barreau de Dakar, a plaidé une revalorisation des fonds de l’assistance judiciaire. Selon Me Mbaye Guèye, le barreau, malgré ses nombreux efforts, peut faire plus aussi bien dans le domaine de l’emploi des jeunes diplômés des facultés de droits que pour une meilleure répartition des avocats sur le territoire national. « Nous pensons qu’une revalorisation des fonds de l’assistance judiciaire qui s’ajouterait à l’important geste que vous avez déjà effectué, alliée à une politique d’affectation de fonds par région devrait permettre d’une part au barreau d’effectuer un recrutement plus important et de permettre une meilleure installation des avocats à l’intérieur du pays », a soutenu le bâtonnier de l’ordre des avocats. Le barreau du Sénégal dit savoir gré du chef de l’Etat des mesures prises pour traduire en dispositions légales contenues dans la nouvelle reforme du Code de procédure pénale les modalités d’application du Règlement n°5 de l’Uemoa concernant la présence de l’avocat dès l’interpellation de son mandat. Toutefois, le bâtonnier de l’ordre des avocats déplore la résistance à l’application de cette disposition « alors qu’il s’agit d’engagement librement signé par l’Etat du Sénégal directement et immédiatement applicable au niveau national ».  « Des oppositions physiques à l’entrée des avocats dans les commissariats de police et les brigades de gendarmeries ont été relevées dans des constats d’huissier », a regretté Me Mbaye Guèye.

Par Amadou DIOP et Ndiol Maka SECK
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MME FATOU FAYE LECOR, SUBSTITUT GENERAL A LA COUR D’APPEL DE DAKAR : « RELEVER LA PLACE DE CHOIX DU CITOYEN DANS LE DISPOSITIF CONSTITUTIONNEL »
Pour Mme Fatou Faye Lecor, la révision par la loi constitutionnelle n° 2016-10 du 05 Avril 2016 par la voie d’un référendum trouve son fondement dans la nécessité de moderniser, stabiliser et consolider la démocratie, renforcer l’Etat de droit et améliorer la gouvernance des affaires publiques. «A cet effet, d’importantes mesures innovantes ont été adoptées et se rapportent principalement aux droits et libertés des citoyens, au renforcement de l’équilibre des institutions, à la limitation des mandats présidentiels, à la modernisation de la vie politiques et la promotion de la gouvernance locale par la création du haut conseil des collectivités territoriales. Ainsi il convient de relever la place de choix du citoyen dans ce dispositif constitutionnel consacrée par la reconnaissance de nouveaux droits et libertés à son profit » a-t-elle fait comprendre. Elle a indiqué que la protection juridique des droits fondamentaux des citoyens constitue l’une des obligations essentielles qui incombe à tout Etat moderne. « Il convient de relever que le renforcement dans la consécration constitutionnelle de nouveaux droits des citoyens est l’illustration parfaite de la protection judiciaire de ces droits desquels il convient de donner une réelle existence juridique puisque susceptibles de faire l’objet de procédure devant les Cours et tribunaux » a-t-elle conclu.

Par Amadou DIOP et Ndiol Maka SECK
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Panser les plaies de l’Afrique, c’est le vœu du candidat Abdoulaye Bathily, qui compte mobiliser toutes les ressources humaines pour l’atteinte de cet objectif.

Un panel sur les perspectives de l’Union africaine s’est tenu hier au centre de conférences de l’Ucad 2 à Dakar. Abdoulaye Bathily, candidat à la présidence de la Commission de l’Ua dit inscrire sa démarche qui, pour la comprendre, il faut remonter au temps de son passé estudiantin. Et même plus. « Je ne suis pas un candidat de circonstance. Il n’y a pas un espace plus emblématique (l’Ucad) pour parler de l’unité africaine dont le combat du parrain (Cheikh Anta Diop) est repris par les nouvelles générations », a dit l’universitaire sénégalais.

Le Pr Bathily a dit que sa nationalité est sénégalaise, mais il vit en Afrique, son pays. « Nous sommes bien à notre place pour parler de notre chère Afrique. Il y a nécessité à affirmer notre identité africaine face au reste du monde», a-t-il souligné. Dans son agenda de campagne, figurent la question des réfugiés, la mauvaise gouvernance des Etats, la tenue d’élections crédibles, transparentes et pacifiques. Sous ce rapport, Abdoulaye Bathily invite à un effort collectif pour mettre fin à ces blessures dont parfois nous sommes acteurs. « Nous devons mobiliser toutes les ressources humaines du continent pour arrêter cela. Ce que nous faisons, c’est pour les nouvelles générations», a déclaré le postulant à la présidence de la Commission de l’Union africaine. Le professeur Bathily affirme être conscient des immenses potentiels dont regorge l’Afrique et dont l’unité est conditionnée par la volonté des Etats.

Le secrétaire exécutif du Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (Codestria) Ebrima Sylla est d’avis que Bathily est capable de travailler dans le sens de l’Afrique que nous voulons. Alors que pour Amadou Diaw Pdg de l’Institut supérieur de management (Ism), ce n’est qu’avec les jeunes que nous bâtirons l’Afrique de demain. Cette rencontre a été organisée par l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, le Comité international d’initiative provisoire et le Centre d’études diplomatiques et stratégiques de Dakar.

Serigne Mansour Sy CISSE

Le plénipotentiaire de « Benno Bokk Yaakaar » à la commission de refonte partielle du fichier électoral et du comité de veille électoral, Benoit Sambou minimise la levée de boucliers de et le boycott de l’opposition relativement à la création du pôle dits des indépendants par le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique.

Pour le chargé des élections de l’Alliance pour la république (Apr), le comité de veille dans son essence « n’a aucun caractère obligatoire ».

Pour mieux se faire comprendre, il a fait un rappel historique de sa mise en place dans le processus électoral. A l’en croire, « ce sont les acteurs politiques qui ont demandé la mise en place d’un dispositif de suivi du processus électoral comme ce fut le cas en 1997 ». « Ce n’est pas une structure qui entre dans le cadre juridique, les normes d’organisation des élections et il n’y a aucune obligation qui lie les partis politiques ou les organisations. Avec pour mission de permettre à ces derniers de s’informer en temps réel de ce qui se fait, de faire des suggestions et de pouvoir accompagner simplement ce que est en train de faire », a-t-il poursuivi. Et en l’espèce, « c’est sur demande des parties prenantes au processus électoral que le ministre de l’Intérieur et de Sécurité publique a accepté sa création », a-t-il fait savoir.

Mamadou Lamine DIEYE

La rencontre des acteurs et mouvements pour l'émergence (Rampe) invite les jeunes du Sénégal et de la Gambie à œuvrer pour renforcer les relations entre les deux Etats. « Les jeunes doivent porter le message pour le retour de la Sénégambie. Nous voulons une Sénégambie forte avec de fortes relations dans tous les domaines.

Il y a des opportunités d’investissement entre les deux Etats », a déclaré Hamady Dieng, le coordonnateur de la Rampe, lors d’une conférence de presse.

Les membres de Rampe ont promis d’organiser une caravane qui quittera Dakar pour rallier la Gambie. « Il s’agit, pour nous, de porter le message de la Sénégambie avec les Sénégalais et les Gambiens. Les messages porteront sur les valeurs de la Sénégambie », a ajouté M. Dieng qui est, par ailleurs, Directeur des constructions au ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique. « Entre le Sénégal et la Gambie, le seul discours qui vaille est celui qui doit rapprocher les deux peuples frères. A présent que le président Adama Barrow a retrouvé la légitimité qui a failli lui échapper, la jeunesse sénégambienne doit porter le combat de l’intégration, face à l’histoire », a-t-il insisté.

Le mouvement a rendu un vibrant hommage au président de la République, Macky Sall « pour sa sérénité et sa constance dans la démarche, sa fermeté pour le respect strict du droit et la promotion de la démocratie ». « Il a fait preuve de rigueur dans le traitement du dossier de la Gambie avec les institutions parties prenantes : Cedeao, Ua, Onu. Il a joué un rôle majeur et déterminant dans la résolution de la crise, en exfiltrant Yahya Jammeh, lâché par son peuple, son armée et ses ministres », a dit le coordonnateur.

B. DIONE

Interpellé sur la polémique sur l’âge de la vice-présidente choisie et au-delà de ce qui est édictée par la loi, Halifa Salla a rappelé l’urgence devant le séjour prolongé du président à l’étranger de choisir et d’avoir un vice-président. Il a rassuré sur les investigations en cours pour « déterminer l’âge réel de la vice-présidente ». Il a aussi invité à une meilleure approche devant d’ « éventuelles erreurs possibles » de la « jeune démocratie dans sa marche ». Rappelons qu’il a prêté a la vice-présidente d’être âgée de 68 ans alors que la loi indique que le titulaire du poste ne doit pas dépasser les 65 ans.

Aussi, il a expliqué que des personnes ressources et experts ont travaillé en l’identification et à la définition d’une vision qui servira de feuille de route aux ministres à choisir dans le prochain gouvernement.

Revenant sur les péripéties du départ de Yaya Jammeh, le porte-parole souligne que la « voie de la paix a été choisie sans toutefois que les termes de la déclaration ne puisse être paraphée par aucune des parties concernées : la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), l’Union africaine et les Nations-Unies ». Sur les rumeurs faisant état du vol de ressources financières par l’ancien président, Halifa Salla préfère mettre la pédale douce, indiquant que des membres de la Coalition ont fait le tour des banques et que des responsables ont pu leur indiquer que rien n’a été soustrait des coffres des banques.

De nos envoyés spéciaux Ibrahima Khaliloullah Ndiaye
et Maguette Ndong

Maire de Guédiawaye, président de l’association des maires du Sénégal (Ams) et coordonnateur de la coalition Bennoo Bokk Yaakaar de Guédiawaye, Aliou Sall dresse un tableau optimiste du Sénégal pour lequel il prédit des perspectives prometteuses. Dans cet entretien, il dévoile son optimisme quant à une victoire de la coalition Bby à Guédiawaye lors des prochaines élections.

Mr le maire de Guédiawaye, vous êtes aussi le président de l’Association des maires du Sénégal (Ams). Pouvez-vous nous esquisser un pré-bilan de vos actions à la tête de ces entités ?
Je pense que j'ai une responsabilité en temps que maire, une responsabilité particulière en temps que président de l'Ams de faire plus que la moyenne, plus que les autres, sinon cela n'aurait aucun sens d'être le président de l'Ams et de figurer en queue de peloton. Au contraire, je dois être parmi les gens qui doivent constituer la locomotive. En temps que cadre de ce pays ayant accumulé une expérience en administration et une expérience de l'entrepreneurship, je me dois de faire bénéficier à ma collectivité locale de cette expérience en temps qu'entrepreneur, mais aussi, en temps que fonctionnaire, pour faire en sorte que Guédiawaye puisse émerger avec l'effort de tout un chacun. Certes, nous avons fait des résultats importants ; certes, nous sommes fiers de ce que nous sommes en train de faire. Toutefois, je suis loin d'être satisfait de la situation actuelle, car je veux faire plus que ce que nous sommes en train de faire, car si nous voulons que Guédiawaye soit une ville émergente, une ville d’avenir avec des infrastructures modernes et un système éducatif performant, il y a un travail colossal à faire et nous pensons qu'en devenant député, nous aurons beaucoup plus de poids et de possibilités de travailler à l'émergence de Guédiawaye.

Comment se porte la coalition Bby à Guédiawaye ?
Elle se porte à merveille à Guédiawaye qui est l'un des rares départements dans le pays où la coalition est bien organisée. Nous avons une coordination que j'ai l'honneur de diriger. J'ai deux vice-coordonnateurs. Nous venons d'ailleurs de dresser un plan d'actions qui doit mener aux élections législatives et qui commence par une animation sur le terrain. C'est dire que la coalition se porte à merveille à Guédiawaye.

Quelles sont vos raisons d’être optimiste par rapport aux prochaines législatives ?
Nous sommes plus qu'optimistes. Depuis 2012, la coalition est victorieuse à Guédiawaye. Nous avons gagné toutes les élections qui se sont déroulées à Guédiawaye. Je veux dire la présidentielle, les législatives dernières, les locales, le référendum et les élections des hauts conseillers des collectivités territoriales. Je ne vois pas pourquoi nous ne serons pas optimistes. Parce que les indicateurs sont au vert. Mais surtout, nous faisons des résultats. Le président de la République fait des résultats à l’échelle nationale. Les collectivités locales que nous avons l'honneur de diriger font des résultats importants à Guédiawaye et nous sommes présents sur le terrain. Cependant, il faut dire qu'une élection n'est jamais gagnée d'avance.

L'opposition agite l'idée de s'unir pour aller ensemble vers ces élections. Cela ne va-t-il pas poser problème à votre coalition ?
Je vous rappelle que lors du référendum, cette opposition était unie sans aucune fissure ni disparité et la coalition Bby avait gagné et avait très bien gagné. Y compris à Guédiawaye. Je ne vois donc aucune nouveauté par rapport à cela. Par contre, et je ne crois pas qu'elle puisse s'unir comme lors du référendum où il était facile de s'unir car il n’y avait pas de positionnements individuels. Nous savons que notre opposition est caractérisée par les ambitions démesurées des uns et des autres. Je ne vois pas comment les uns et les autres vont s'entendre sur la confection d'une liste nationale et faire en sorte que tel monsieur soit tête de liste et qu’untel autre va suivre. Surtout que nombre d'entre eux espèrent être député par le fait du plus fort reste, et non par la possibilité de conquérir des départements dans le pays.

Il y en a qui appellent à faire de vous la tête de la liste de Bby à Guédiawaye, qu'en pensez-vous ?
Aliou Sall 2Je suis le coordonnateur de l'Apr et de la coalition Bby à Guédiawaye. Ce serait donc logique que je sois la tête de liste de cette coalition dans le département. Je reconnais que, somme toute, ce n'est pas acquis d’avance et ce n'est pas une règle. Ce que je veux dire, c'est que la désignation des candidats n'est pas encore à l'ordre du jour, même si chacun est libre de dire ses choix. Je suis très content d’avoir été proposé par certains responsables comme la future tête de liste. Je suis très ravi d'accepter cette possibilité. Je suis même enthousiaste d'être la tête de liste et je me sens prêt à assumer cela. Ceci dit, je suis un militant très respectueux des règles qui vont être établies pour désigner les candidats. Mais si je venais à ne pas être tête de liste, il n'y aura aucun changement dans l’enthousiasme qui m'habitera dans la perspective d’animer la campagne qui, je sais, va être victorieuse, quel que soit le candidat qui va être désigné comme tête de liste.

Pensez-vous que la situation économique milite en faveur d'une victoire de la coalition Bby ?
Du point de vue économique, le principal critère qu'on évoque pour décrire la situation économique, c'est la croissance du Pib. De ce point de vue, tout est positif. Je crois que le Sénégal n'a jamais pu réussir une croissance aussi soutenue et stable sur une période de trois ans avec une perspective de stabilité qui est attestée par l'ensemble des spécialistes. Les bailleurs de fonds nous donnent des perspectives extrêmement intéressantes. Mais, au-delà des statistiques sur cette croissance, tout le monde est d'accord qu'il y a de la croissance soutenue. Ce que l'on vit, c'est une politique sociale très inclusive qui permet à des centaines de milliers de Sénégalais de sortir de l’ornière de la pauvreté. Qui permet aussi à des centaines de milliers de bénéficier de la couverture maladie universelle, à des locataires de payer moins et à des salariés de payer moins d'impôt. Autrement dit, la vie du sénégalais s'est beaucoup améliorée ces trois dernières années. Si j’en juge seulement par l'économie et le social, je ne vois pas de raison pour que les Sénégalais ne votent pas pour Macky Sall

Quels sont les critères respectés qui peuvent attester que le Sénégal est sur la voie de l’émergence ?
Il n'y a pas de critères plus convaincants que ce qui est visible. Diamniadio est le laboratoire par lequel le président de la République est en train de démontrer que ce qui est impensable hier est devenu possible aujourd'hui. Diamniadio était une simple idée, il y a trois ans. Aujourd'hui, des centaines d'immeubles sont en train d'être construites. Des routes et des infrastructures modernes sont en train de sortir de terre. C'est une économie autour de la plateforme industrielle qui est en train d'éclore. Ce sont des activités urbaines telles que la culture et le sport qui sont en préparation. C'est dire que quelque chose qui est imaginaire est devenu un embryon de modernité, de ce que le Sénégal sera d'ici à une dizaine, à une quinzaine d'années. Sans compter les changements notables dans le monde rural. On parle de train express régional(Ter) qui va changer la vie des Dakarois. On parle aussi du bus rapide qui va traverser Guédiawaye. L'agglomération de Dakar va complètement changer et va avoir une perspective nouvelle vers l'aéroport de Diass en se connectant aux deux autres pôles qui vont constituer le triangle d'or (Dakar-Thiès-Mbour). Au-delà de ce triangle d'or, Macky Sall est en train de transformer radicalement la vie des Sénégalais, surtout ceux du milieu rural.

En amenant l'électricité, les pistes etc., là où il n’y en avait pas, en permettant aux femmes de se soulager des tâches ménagères à travers des machines multiples. Le Pudc, puisque c'est de cela qu'il s'agit, est train de démontrer au Sénégalais qui se sentait exclu jusque-là, qu'il fait partie du Sénégal. Macky Sall était le seul à penser qu'il fallait s'occuper des zones frontalières qui étaient complètement abandonnées aux pays voisins et qui n’avaient aucune perspective que d'écouter les radios de ces pays, se connecter aux téléphones de ces pays, d'aller aux écoles de ces pays en oubliant le Sénégal. Aujourd'hui, avec le programme Puma, ce sont des écoles, des routes, des connections téléphoniques qui vont toutes émerger. C'est du social qui va être développé dans ces zones et faire en sorte que dans ces endroits, le citoyen qui va à Dakar ne dira plus « je vais au Sénégal ». Mais, il dira simplement que je vais à Dakar, je vais dans ma capitale. Les villes secondaires ne sont pas oubliées car à travers Promovil, les centres villes vont être transformés. Le problème est que Dakar concentre beaucoup de richesses. Si Dakar concentre toute la richesse du pays, cela va sans dire que qu’elle va attirer toute la pauvreté du pays. La nouvelle approche est d'arriver à une équité territoriale. C'est-à-dire, faire en sorte que les villes secondaires et certains centres ruraux soient des plateformes de développement économique, social et humain. C'est ça que Macky Sall est en train de réaliser à travers Promovil, et à travers ce programme de rénovation urbaine qui a été rappelé lors du dernier conseil des ministres.

Est-ce que le gouvernement ne doit pas s’atteler aussi à l’industrialisation de l’intérieur du pays ?
L'aménagement du territoire est une préoccupation permanente du gouvernement. L'économie et l'industrie ne doivent pas être centralisées à Dakar ou autour de Dakar. Dans cette perspective, il y a une politique fiscale incitative consistant à donner des facilités aux entreprises qui décident de s'implanter dans les régions et notamment dans les régions les plus reculées vis-à-vis de Dakar. C'est la nouvelle philosophie qui consiste également à évoluer, pas à pas, vers l'industrialisation sans faire des sauts dans l'inconnu. Cette évolution, c'est d’abord le développement de l'artisanat. Il ne faut pas qu'on se trompe. La Chine ne s'est pas développée en créant de grosses industries de sidérurgie ou des industries ultramodernes.

La Turquie, par exemple, ne s'est pas développée de façon inconsidérée. Ce pays a su se développer en modernisant son artisanat. Comme ces pays émergents, il faut formaliser l’artisanat et financer les artisans. C'est ça que le président Macky Sall est en train de faire. Faire en sorte que chaque centre urbain devient un centre artisanal moderne pour avoir une perspective d’industrialisation C’est ça une industrialisation soutenable qui pourra nous faire profiter des progrès réalisés dans le domaine de l’agriculture et de l’agrobusiness.

A votre avis, est-ce que ce travail que vous venez d’évoquer peut valoir un deuxième mandat à Macky Sall ?
Moi, je suis très optimiste quant à l'obtention d'un second mandat pour Macky Sall. Je suis très optimiste que le président soit élu au premier tour de la prochaine présidentielle. Mais, il faut y aller step by step. Pour moi, la priorité, ce sont les législatives. Aujourd'hui, l'opposition est hors du débat économique. Il n'y a pas de discours. Aujourd'hui, si l’on demandait à l’opposition ce qu’elle reproche à Macky Sall, elle ne saurait rien dire. Tantôt, ses membres ont parlé de gouvernance. Aujourd'hui, ils ont abandonné ce chapitre et parlent maintenant de fichier électoral, de respect du calendrier électoral républicain. Finalement, l'opposition est perdue et ne sait plus quoi dire. Celui qui est en face a déjà convaincu tous les secteurs de la Nation qu'il est un travailleur et qu'il se consacre exclusivement au progrès du Sénégal. Il ne s'intéresse pas à la politique inutile. C’est pourquoi, les opposants sont désarçonnés et je ne vois pas comment, dans un tel état, peuvent-ils réussir électoralement à moins, comme ils l'ont tenté lors du référendum, de diaboliser le débat. Nous assisterons à des débats totalement irréalistes comme on en a connus lors du référendum où ils parlaient de choses totalement abjectes, accusant le pouvoir de tous les noms du diable. Ils vont se mettre à accuser la coalition au pouvoir de tous les maux qui, de toutes les façons, ne seront que fausses allégations.

Propos recueillis par Abdou DIOP

Un vent nouveau souffle dans la capitale gambienne. La ville a repris ses activités et l’économie a redémarré. Le plus surprenant, c’est que les populations veulent effacer l’image de Jammeh de leur mémoire.

Avec l’arrivée annoncée du président Adama Barrow, aujourd’hui, dans l’après-midi, un certain frémissement semble gagner la capitale Banjul. Dans les grandes artères de la ville, les « Yellow taxis » ont repris leurs courses. Les policiers sont en faction dans les avenues et autres boulevards. Les commerces qui avaient baissé rideau les 19 et 20 janvier derniers ont rouvert leurs portes. Banques, pharmacies, stations d’essence et services de transfert d’argent fonctionnent. L’économie a repris ses droits dans la capitale gambienne. Les commerçants sont derrière leurs échoppes. « Enfin ! soutient ce vieux commerçant, Barrow est le nouveau venu. On va lui dérouler le tapis rouge inchallah ». La nouvelle de l’arrivée du nouveau président semble soulager les Gambiens.

Cette bonne humeur des habitants contraste bien avec les difficiles moments vécus ces derniers jours par les Gambiens. « Le 19 janvier, je n’ai pas travaillé comme la plupart des Gambiens. Personne n’était sortie et aucun véhicule ne circulait, la ville était complètement à l’arrêt », renseigne Sadio, un taximan. A l’heure actuelle, Banjul a définitivement tourné la page Yahya Jammeh. En attestent les nombreuses affiches qui étaient faites à son effigie.

L’ancien dictateur gambien avait imposé son portrait partout. Les temps ont changé. « Actuellement, toutes les affiches à l’effigie de Jammeh ont été arrachées », sourit un boutiquier. Depuis le 1er décembre, quand Adama Barrow a été déclaré vainqueur de la présidentielle, certains Gambiens ont commencé à saboter les affiches de Jammeh. Pour l’heure, le slogan qui semble unir l’ensemble des Gambiens, est le « Gambia has decided » (La Gambie a choisi). Des milliers de T-shirts ont été confectionnés et vendus avec ce slogan actuellement en vogue dans les grandes villes du pays. A West File, une célèbre rue de Serekunda, les vendeurs de ces T-shirts sont nombreux. Assis sur bidon d’eau vide lui servant de tabouret, Moustapha est l’un de ces vendeurs qui expose sur le trottoir. Une douzaine de t-shirts sont sur le sol. La plupart des gens qui passent par là s’arrêtent devant lui pour s’offrir un t-shirt. « Donnes moi trois s’il te plait », dit un jeune homme à la forte corpulence. Le bonhomme qui refuse de divulguer son nom reste tout de même heureux d’avoir enfin son « Gambia has decided ». « Depuis que Jammeh a commencé à contester les élections, Gambia has decided est devenu le slogan fétiche ici. Tout le monde en parle et s’y reconnaît », explique le jeune acheteur.

Moustapha, quant à lui, semble se frotter les mains. Depuis cinq jours qu’il vend ces T-shirts, les gens se l’arrachent comme de petits pains. « Chaque jour, je peux écouler entre 65 et 70 T-shirts en raison de 2000 Fcfa l’unité. On peut dire que c’est un business qui marche bien », dit le vendeur.

De nos envoyés spéciaux Ibrahima Khaliloullah Ndiaye,
Maguette Ndong (textes) et Ndèye Seyni Samb (photos)

GAMBIE : ADAMA BARROW À BANJUL, AUJOURD’HUI
Adama Barrow 2Le porte-parole de la coalition victorieuse de la dernière présidentielle gambienne est revenu, hier, au cours d’une conférence de presse, sur le retour, aujourd’hui, du président Adama Barrow, mais aussi sur la polémique sur l’âge de la vice-présidente, sur le départ de l’ancien président entre autres questions.

Le président gambien, Adama Barrow, rentre, aujourd’hui, à 16 heures. L’annonce a été faite hier par Halifa Salla, le porte-parole de la Coalition victorieuse de l’élection présidentielle du 1er décembre dernier, The Gambia Coalition 2016. Halifa Salla a eu une rencontre avec la presse nationale et internationale largement accréditée, ces derniers jours, à la capitale gambienne.

Sans inviter les populations à donner un cachet particulier à l’accueil, M. Sallah a dit que la Coalition a souligné que celles-ci peuvent « imprimer le cachet qu’il leur plaira au retour ».

Rappelant aussi que toutes les dispositions avaient été prises pour une « prestation de serment digne de ce nom à la date du 19 janvier au Independant Stadium pour le premier président démocratiquement élu de l’histoire de la Gambie ». Mais le refus de l’ancien président de céder le pouvoir en avait décidé autrement, obligeant le président élu à prêter serment au Sénégal, dans la représentation diplomatique de son pays. « Nous pensons que nous pourrons, indépendamment de l’accueil qui lui sera réservé, organiser ultérieurement un moment de communion avec le peuple à qui nous laissons encore le choix sur l’accueil de demain (d’aujourd’hui) », a insisté M. Sallah.

Il a indiqué que le président Barrow a demandé la « libération de tous les détenus politiques, mais aussi de faciliter et de sécuriser le retour des réfugiés ». Sur la question des réfugiés, il a tenu à remercier « l’attitude et l’assistance des frères du Sénégal qui ont accueilli leurs frères et sœurs gambiens dans les meilleures dispositions ». Laissant entendre que cette question révèle les « rapports possibles entre populations, populations et Etat, entre Etat et Etat ». « Nous n’oublierons jamais l’attitude des Sénégalais et du Sénégal. Nous voyons aussi l’émergence d’une nouvelle citoyenneté gambienne, ouest-africaine et africaine avec cette crise. Nous devons tous nous réjouir de cette nouvelle dynamique, surtout nous autres Gambiens qui comprenons aujourd’hui la possibilité pour nous offerte de faire et de défaire démocratiquement des régimes », s’est réjoui le porte-parole de The Gambia Coalition 2016.

De nos envoyés spéciaux Ibrahima Khaliloullah Ndiaye,
Maguette Ndong (textes) et Ndèye Seyni Samb (photos)

DES INVESTIGATIONS POUR DÉTERMINER L’ÂGE RÉEL DE LA VICE-PRÉSIDENTE
Fatoumata Jallow TambajangInterpellé sur la polémique sur l’âge de la vice-présidente choisie et au-delà de ce qui est édictée par la loi, Halifa Salla a rappelé l’urgence devant le séjour prolongé du président à l’étranger de choisir et d’avoir un vice-président. Il a rassuré sur les investigations en cours pour « déterminer l’âge réel de la vice-présidente ». Il a aussi invité à une meilleure approche devant d’ « éventuelles erreurs possibles » de la « jeune démocratie dans sa marche ». Rappelons qu’il a prêté a la vice-présidente d’être âgée de 68 ans alors que la loi indique que le titulaire du poste ne doit pas dépasser les 65 ans.

Aussi, il a expliqué que des personnes ressources et experts ont travaillé en l’identification et à la définition d’une vision qui servira de feuille de route aux ministres à choisir dans le prochain gouvernement.

Revenant sur les péripéties du départ de Yaya Jammeh, le porte-parole souligne que la « voie de la paix a été choisie sans toutefois que les termes de la déclaration ne puisse être paraphée par aucune des parties concernées : la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), l’Union africaine et les Nations-Unies ». Sur les rumeurs faisant état du vol de ressources financières par l’ancien président, Halifa Salla préfère mettre la pédale douce, indiquant que des membres de la Coalition ont fait le tour des banques et que des responsables ont pu leur indiquer que rien n’a été soustrait des coffres des banques.

De nos envoyés spéciaux Ibrahima Khaliloullah Ndiaye,
Maguette Ndong (textes) et Ndèye Seyni Samb (photos)

LE CALVAIRE DES RÉFUGIÉS AU BAC DE BARRA
Le calvaire des refugiés de retour pour gagner la capitale gambienne continue. Du fait d’une panne d’un des deux ferries qui effectuent habituellement la traversée Barra-Banjul.

L’espoir de venir tôt et d’embarquer tôt dans le ferry gambien à Barra s’est vite mué, pour de nombreux passagers ayant passé la nuit dans la ville, à cause d’un prolongement du calvaire vécu depuis la veille. C’était un peu tard dans la soirée que les voyageurs étaient informés d’une panne du grand ferry, le Kanilaï et à même d’embarquer de nombreux véhicules et plus de passagers, mais aussi d’une absence de lumière pour le petit ferry. Les rumeurs de la panne, de la fin des rotations, se confirmaient obligeant les milliers de réfugiés à chercher où passer la nuit. Le ciel était très étoilé, mais le gite difficile à trouver. Les rares réceptifs hôteliers de Barra ne pouvaient prendre tout ce beau monde. Très éprouvées par les affres d’un exil non préparé et d’un retour précipité, nombreuses parmi ces populations n’avaient d’alternative que de passer la nuit à la belle étoile. Espérant voir le ferry, en provenance de Banjul, à quai dès les premières lueurs de la journée.

Les voyageurs devaient vite déchanter. Le petit ferry n’accostait que cinq minutes avant 10 heures, réveillant l’espoir des milliers de voyageurs pris à bonne distance par les forces de l’ordre pour permettre à ceux qui viennent de Banjul de débarquer en toute quiétude. Des militaires sénégalais de la Mission de la Cedeao en Gambie (Micega) sont bien visibles et tiennent les passagers à bonne distance et à respect. Il fallait attendre une bonne dizaine de minutes pour voir tout ce beau monde débarquer avant de faire embarquer ceux qui voulaient gagner la capitale. Quelques véhicules descendent de ce ferry. La décision sera prise de ne faire embarquer que les personnes et non de véhicules pour faire partir le plus de monde possible.

Une course-poursuite pour gagner le ferry et ne pas être laissé en rade. Une scène renvoyant à des mères qui traînent leurs enfants pour ne pas rater le coche. Ou encore de jeunes personnes qui tombent sous le coup de la ruée d’adultes. La difficulté était également de monter à bord avec ses bagages. Une vingtaine de minutes seront nécessaires pour embarquer ces personnes. N’empêche que d’autres centaines de personnes n’ont pu embarquer dans ce ferry et vont attendre le prochain. Les automobilistes aussi pouvaient espérer. La mine heureuse, le chanceux pouvaient apprécier la lente traversée d’une quarantaine de minutes.

De nos envoyés spéciaux Ibrahima Khaliloullah Ndiaye,
Maguette Ndong (textes) et Ndèye Seyni Samb (photos)

Le Président Macky Sall a réuni le Conseil des Ministres, mercredi 25 janvier 2017, à 10 heures, au Palais de la République.

Entamant sa communication autour du dénouement pacifique de la crise en Gambie et de la consolidation des relations entre nos deux pays, le Chef de l'Etat réitéré, au nom de la nation, ses félicitations, et le soutien du Sénégal, à Son Excellence Monsieur Adama BARROW, nouveau Président de la République de Gambie, suite à sa prestation de serment et à sa prise de fonction, le 19 janvier 2017.

Appréciant toutes les initiatives de médiation engagées depuis le début de la crise, le Chef de l’Etat félicite son Excellence Madame Ellen Johnson SIRLEAF, Présidente en exercice de la CEDEAO, et la mission de Haut niveau de la CEDEAO conduite par le Médiateur Son Excellence Monsieur Muhammadu BUHARI, Président de la République fédérale du Nigéria, et comprenant, notamment, Son Excellence Ernest Bai KOROMA, Président de la République de Sierra Léone, son Excellence John Dramani MAHAMA, ancien Président du Ghana. Le Président de la République rend également hommage aux Présidents des deux Républiques sœurs de Mauritanie et de Guinée, Mohamed Ould Abdel Aziz et Alpha CONDE, pour leurs efforts louables et soutenus.

Dans la même perspective, le Président de la République magnifie le professionnalisme de notre diplomatie et de l’armée sénégalaise, engagées dans le cadre de la mobilisation de la CEDEAO, de l’Union africaine, et des Nations unies, qui a permis le retour à l'ordre constitutionnel normal en Gambie.

Enfin, saluant la maturité politique, le calme et la sérénité du peuple gambien qui a réaffirmé et défendu son attachement à la démocratie, à la paix et au bon voisinage avec le Sénégal, le Chef de l’Etat réitère son engagement et celui du Gouvernement à ne ménager aucun effort pour la consolidation des liens séculaires de fraternité entre les peuples gambien et sénégalais.

Par ailleurs, suite à la qualification de l'équipe nationale de football aux quarts de finale de la Coupe d'Afrique des Nations de football, le Chef de l’Etat félicite, à nouveau, les joueurs et leur encadrement, pour leurs performances remarquables depuis leur entrée en compétition et les exhorte à poursuivre, jusqu'au bout et avec détermination, cette dynamique de victoires qui ouvre des perspectives optimistes au sport sénégalais.

Abordant la compétitivité de l'économie et l'amélioration de l'environnement des affaires, le Président de la République rappelle au Gouvernement le rôle moteur du secteur privé dans le Plan Sénégal Emergent et l’importance primordiale qu’il accorde au renforcement de la compétitivité de l'économie qui, deux ans après le lancement du PSE, est sur une trajectoire de croissance significative.

Ainsi, le Chef de l’Etat demande au Gouvernement d'intensifier le processus d'actualisation et de consolidation du Programme prioritaire de Réformes de l'Environnement des Affaires et de la Compétitivité (PREAC), d’assurer le suivi régulier de ces réformes majeures, qui en plus de favoriser l'investissement productif, la création d’emplois, l'optimisation des mécanismes d'encadrement et de financement du secteur privé, visent à maintenir le Sénégal dans le cercle des pays phares des classements internationaux relatifs aux performances en matière de "Business".

En effet, en vue d’asseoir le positionnement externe et la compétitivité de l'économie nationale, le Président de la République demande au Gouvernement de lui proposer, dans les meilleurs délais, un plan spécial de consolidation de l'attractivité du Sénégal, en veillant, notamment, à l'établissement d'un cadre consensuel de gouvernance des activités portuaires, en particulier du Port Autonome de Dakar (PAD) et à la finalisation du contrat d’objectifs et de moyens liant ce dernier à l’Etat.

Poursuivant sa communication autour du rôle de l'industrie, de l'innovation et de la recherche- développement dans l'émergence du Sénégal, le Président de la République rappelle au Gouvernement que la réalisation de zones économiques spéciales illustre sa volonté de bâtir le Sénégal Emergent autour des territoires viables, à partir d'un socle industriel robuste et compétitif, propice à la création de métiers, d'emplois décents et durables.

Dès lors, le Chef de l’Etat invite le Gouvernement à promouvoir le renouveau productif du Sénégal, à travers le développement intégré de l'industrie nationale, par l'innovation, la valorisation optimale des ressources naturelles, et de procéder à l’actualisation de la politique industrielle, à la lumière des innovations technologiques portées notamment, par le numérique, la recherche- développement en vue de faire du "Sénégal Industriel" un moteur de sa vision d'un Sénégal émergent.

Le Chef de l’Etat a clos sa communication sur son agenda diplomatique, en informant le Conseil qu’il se rendra, du 28 au 31 janvier 2017, à Addis Abéba, pour participer au Comité d'orientation du NEPAD et au Sommet des Chefs d'Etat et de Gouvernement de l'Union Africaine.

Le Premier Ministre a félicité le Président de la République pour son engagement et son leadership dans le dénouement de la crise en Gambie, à travers ses multiples initiatives largement partagées et qui ont inspiré les résolutions de la CEDEAO et du Conseil de Sécurité de l’ONU. Il a ensuite axé sa communication sur les problématiques de l’habitat social, du financement des PME et les enjeux liés au dividende démographique, avant de rendre compte de la coordination de l’activité gouvernementale.

Le Ministre de l’Economie des Finances et du Plan a fait le point de la conjoncture nationale et internationale.

Le Ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural a rendu compte du déroulement de la campagne de commercialisation arachidière 2016-2017.

Le Ministre de l’Intégration africaine, du NEPAD et de la Promotion de la Bonne Gouvernance a fait le point du processus d’évaluation de la gouvernance du Sénégal dans le cadre du Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs (MAEP), et du classement de Transparency international relatif à la perception de la corruption dans le monde.

Le Ministre auprès du Président de la République en charge du Suivi du Plan Sénégal Emergent a fait le point sur l’état d’avancement des projets du PSE.

Au titre des textes législatifs et réglementaires, le Conseil a adopté :

• le projet de loi autorisant le Président de la République à ratifier le Protocole portant amendement de la Convention relative aux infractions et à certains autres actes survenant à bord des aéronefs, fait à Montréal le 04 avril 2014.

Au titre des mesures individuelles, le Président de la République a pris les décisions suivantes :

• Monsieur Idrissa DIABIRA, Expert en Organisation, est nommé Directeur général de l’Agence de Développement et d’Encadrement des PME (ADEPME), en remplacement de Monsieur Mabousso THIAM, appelé à d’autres fonctions ;

• Monsieur Jean Marie Mbaye DIOUF, Docteur en Droit, précédemment Secrétaire général de l’Agence sénégalaise de Promotion des Exportations (ASEPEX), est nommé Secrétaire général de l’Agence de Développement et d’Encadrement des PME (ADEPME), en remplacement de Monsieur Ibrahima SYLLA, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Thiendella BABOU, Comptable, précédemment agent comptable du Centre hospitalier national universitaire de Fann, est nommé Directeur de l’Administration générale et de l’Equipement du ministère de la Santé et de l’Action sociale, en remplacement de Madame Ndèye Coumba GUISSE DRAME, admise à faire valoir ses droits à une pension de retraite ;

• Docteur Youssoupha NDIAYE, Médecin, titulaire d’un Master en Santé publique, précédemment Médecin-Chef de la région de Sédhiou, est nommé Directeur de la Planification, de la Recherche et des Statistiques du ministère de la Santé et de l’Action sociale, en remplacement du Docteur Amadou Djibril BA, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite ;

• Monsieur Gabriel Abdel Kader ATTIBA, Inspecteur principal du Trésor, précédemment Trésorier payeur régional de Fatick, est nommé Trésorier payeur régional de Louga, en remplacement de Monsieur Pape Vieux Malang DIEME, appelé à d’autres fonctions ;

• Monsieur Richard Salamon TOUPANE, Inspecteur principal du Trésor, précédemment percepteur de Kédougou, est nommé Trésorier payeur régional de Fatick, en remplacement de Monsieur Gabriel Abdel Kader ATTIBA, appelé à d’autres fonctions ;

• Monsieur Pape Vieux Malang DIEME, Inspecteur principal du Trésor, précédemment Trésorier payeur régional de Louga, est nommé Trésorier payeur régional de Saint-Louis, en remplacement de Monsieur Mouhamadou THIAM, appelé à d’autres fonctions ;

• Monsieur Ibra Soulèye BA, Inspecteur principal du Trésor, précédemment receveur municipal de Kaolack, est nommé Trésorier payeur régional de Diourbel, en remplacement de Monsieur Abdoul Khadre DIALLO, appelé à d’autres fonctions ;

• Monsieur Pape Sidy NDOYE, Inspecteur principal du Trésor, précédemment Directeur du Contrôle des Opérations financières à la Direction générale des Finances, est nommé Directeur du Contrôle interne à la Direction générale de la Comptabilité publique et du Trésor.

Le Ministre Porte-parole du Gouvernement

Le président de l’Assemblée nationale, Moustapha Niasse, s’est prononcé, hier, en marge de la réunion de l’Alliance des forces du progrès (Afp) sur la situation en Gambie. C’est pour dire qu’il serait mieux de laisser voir, faire et regarder comment vont évoluer les relations qui seront maintenant tissées entre l’ancien président de la République de la Gambie, Yahya Jammeh et son pays, en tant que citoyen gambien. En effet, rappelle M. Niasse, bien qu’étant en Guinée équatoriale, Yahya Jammeh reste encore citoyen gambien. Il invite dès lors, à laisser le soin à la communauté internationale, selon ses procédures et les conventions en vigueur, les pratiques diplomatiques, gérer ce dossier.

Concernant la posture adoptée par la République du Sénégal dans la gestion de la crise en Gambie, le président de l’Assemblée nationale salue hautement le comportement du président de la République Macky Sall. Il rappelle combien les deux pays sont stratégiquement liés dans les frontières autant maritimes que terrestres. Il était important, au regard de tous ces enjeux, que le Sénégal s’implique, dès le départ, avec « discrétion, fermeté et savoir-faire », a-t-il dit. Il rappelle que le président de la République, Macky Sall, n’a pas prononcé un seul mot durant tout le processus. Toutefois, précise-t-il, il n’a de cesse travailler à tout moment et surtout lorsqu’il fallait prendre les dernières décisions. M. Niasse s’est également prononcé sur la candidature du Professeur Abdoulaye Bathily à la tête de la commission de l’Union africaine. Il annonce que le Professeur Bathily vient d’enregistrer un nouveau soutien tout en s’abstenant de dévoiler le nom de l’Etat en question.

Oumar BA

Aminata Tall, responsable politique de l'Apr, a séjourné plus de deux semaines dans son fief, à Diourbel, pour remobiliser les militants et responsables de son parti. Elle les a exhortés à s'inscrire massivement sur les listes électorales.

En tournée de sensibilisation pour une inscription massive sur les listes électorales, Aminata Tall a déclaré avoir constaté une insuffisance de machines destinées à l’enrôlement des électeurs. Pour corriger un tel dysfonctionnement,  la responsable de l’Alliance pour la République a préconisé la mise en place de  machines dans toutes les communes du département de Diourbel. Un dispositif qui, selon elle, permettrait d'inscrire les populations  des villages du département. Pour appuyer les militants pour la photocopie de leur pièce de carte nationale d’identité, de leur extrait de naissance pour les  inscriptions, Aminata Tall a mis gratuitement des photocopieuses, des imprimantes, des ordinateurs et une importante quantité de papiers à la disposition des populations, un geste bien apprécié par tous. Elle a aussi dégagé des moyens financiers pour le transport vers les centres.

Selon le document qui nous est parvenu, la présidente du Conseil économique, social et environnemental a présidé un grand meeting dans la commune de Tocky. Elle a expliqué que sa démarche entre dans la directive du président de l'Apr qui a demandé à chaque responsable d'aller à la base pour aider les militants à s’inscrire, en masse, sur les listes électorales. Le séjour de Mme Aminata Tall a permis à l'Apr d'élargir ses bases dans la commune mais aussi dans le département. Dans la commune de Patar, 10 responsables du Pds,  du Ps dont un chef de village, de Bokk Guis- Guis, du Pit, de Rewmi, la présidente de la fédération des Gpf (groupement de promotion féminine) de Patar ont rallié l'Apr. Dans la commune de Dankh- Séne, plusieurs responsables du Pds, Rewmi, de l'Afp ont aussi intégré l’Apr. Aminata Tall a également enregistré la démission de tous les conseillers Pds du conseil municipal de la commune de Keur Ngalgou ainsi que le chef de village du chef-lieu et la présidente communale  du Gpf qui ont rejoint l’Apr de même que des responsables des communes de Tocky, de Ngohé.

Dans la commune de Diourbel, des transporteurs et des partisants de Ibra Mbacké Tine ont décidé de rejoindre Aminata Tall. Bassirou Faye qui conduisait la délégation a indiqué que leur adhésion à l'Apr est motivée par l'amour que Madame Aminata Tall porte à son terroir et de son engagement aux côtés du président de la République. Aminata Tall s'est réjouie de l'engagement de tous les militants et responsables qui ont rallié l'Apr." Votre seule préoccupation est de promouvoir la victoire du parti aux élections législatives et présidentielle en s'inscrivant massivement sur les listes électorales. Poursuivant sa déclaration, elle ajoute «  la seule arme d'un bon militant, c'est d'obtenir sa carte d'électeur pour voter ».

Synthèse B.DIONE

L’Alliance des ruraux pour l’émergence du Sénégal (Are Sénégal), en réunion élargie à toutes les délégations régionales, samedi à Dakar, a décidé de participer aux futures joutes électorales.

C’est une forte mobilisation des membres du mouvement « Are-Sénégal » qui a été constatée samedi dernier lors de la rencontre du bureau élargie aux délégations régionales. La raison est à chercher du côté de la volonté des membres à participer aux législatives. Le président Alé Lô qui préside aux destinées de la structure qui regroupe les présidents des anciennes communautés rurales et nouvelles municipalités a donné le ton. Pour ce dernier, il s’agit de faire valoir plus de 25 années d’expérience auprès du monde rural. Une expérience qui donne aux membres une légitimité d’être des représentants valables pour les populations à l’Assemblée nationale. Créé au lendemain de la seconde alternance en 2012, « Are-Sénégal », à en croire le président Alé Lô, est une association apolitique dont le principal objectif est d’accompagner les politiques publiques dans l’intérêt des populations rurales.

Le président du mouvement revendique qu’il n’existe pas de région, ni de département, encore moins de commune, où les membres de son organisation n’ont pas réalisé de projets notamment dans le domaine des infrastructures. « A travers, l’Ancr, l’Uael, ce sont des actions comme la valorisation du statut et de la fonction de l’élu local, la construction des 317 sièges des hôtels communautaires (…), qui ont permis de créer l’engouement autour des élections locales », a expliqué Alé Lô. « Avec le jeu politique, les combinaisons politiques et l’approche des élections législatives, les listes des partis et coalitions de partis sont établies à partir du sommet sans associer la base », note-t-il, avant de préciser que son mouvement se propose à offrir aux populations le choix de leurs représentants. Are-Sénégal entend, souligne-t-il, concocter un plan d’actions qui va lui permettre d’aller vers les autorités religieuses, de faire une tournée dans les régions pour mobiliser les acteurs du monde rural, avant d’aller vers une grande assemblée générale dans une ville à déterminer.

Le vice-président du mouvement Moussa Diop a précisé que plus de 90 % des anciens présidents de communauté rurale adhèrent à « Are-Sénégal » qui compte des membres dans toutes les localités du pays, dans le monde paysan, chez les femmes et les étudiants.

Babacar Bachir SANE

Le Réseau des universitaires républicains (Rur) a dans un communiqué, salué l’implication du président Macky Sall dans le dénouement de la crise électorale en Gambie.

Pour avoir bien géré la crise post électorale en Gambie, le président de la République a reçu les félicitations du Réseau des universitaires républicains (Rur). Moussa Baldé et ses camarades expriment leur fierté au président Macky Sall qu’ils félicitent très «chaleureusement pour l’intelligence et la fermeté avec lesquelles il a géré la crise gambienne ». Selon cette structure de l’Apr, le chef de l’Etat du Sénégal a allié «discrétion, sang-froid et respect total du droit international dans le pilotage de cette crise inédite qui était potentiellement dangereuse pour notre pays et l’Afrique de l’Ouest ». Le Rur soutient que le président Sall a honoré son pays, l’Afrique et la communauté internationale.

«Notre président vient de prouver, de façon convaincante, qu’il a une diplomatie crédible et respectée», lit-on dans le document. Le Rur remercie les populations sénégalaises pour leur élan naturel de solidarité envers leurs sœurs et frères de la Gambie durant la difficile période de transition et lance un appel en faveur de la préservation et du renforcement des liens fraternels entre les deux États. Il félicite également la Cedeao. Dans ses mots de félicitations et de remerciements, le Rur n’a pas oublié notre armée nationale qui est «aussi une fierté de la nation ». Le Rur dit fonder beaucoup d’espoir sur Barrow pour qu’enfin une paix définitive s’instaure dans toute l'étendue de la Sénégambie.

A. KANDE

...Mo Ibrahim félicite le peuple gambien...
Le président de la Fondation Mo Ibrahim exprime sa satisfaction sur l’alternance politique en Gambie. « Nous félicitons le peuple gambien pour la réussite d'un processus électoral difficile et nous saluons la manière pacifique dont une situation potentiellement explosive a été résolue», souligne Mo Ibrahim.

Le président de ladite fondation a poursuivi : «nous saluons les efforts de la Cedeao qui illustrent la valeur d'une intégration régionale significative sur notre continent.
La Cedeao a déjà connu des transitions de pouvoir réussies et pacifiques au Sénégal, au Nigeria, au Bénin, au Cap Vert et au Ghana. Nous exprimons notre espoir que c'est le début d'une nouvelle ère en Gambie qui favorisera un développement socioéconomique accru fondé sur le respect des droits de l'homme, la liberté d'expression et l'état de droit».

A cet égard, renchérit-il, «nous espérons que la Gambie trouvera l'espace pour mettre en place un processus authentique pour que son peuple se réconcilie dans un cadre d'unité nationale. Toutefois, cette démarche ne doit en aucun cas justifier l'impunité des violations des droits humains, des atrocités et des abus liés à vingt deux années de règne autoritaire».

Amadou DIOP

...L’Ong « Article 19 » salue le leadership du Sénégal 
Fatou Diagne Senghor, Directrice générale de l’Ong « Article 19 » a salué le « leadership important » dont a fait montre le Sénégal mais aussi la Cedeao pour ne laisser aucune marge de manœuvre à Jammeh.
 
Selon Fatou Diagne Senghor, Directrice générale de l’Ong « Article 19 », organisation de défense des droits humains et des libertés publiques basée à Dakar, la capitulation et l’exil de Jammeh sont la résultante du « leadership important » dont a fait montre le Sénégal, notamment le président Macky Sall, qui « a soutenu et a bien joué » mais aussi la Cedeao qui « a propulsé et pris les devants » pour ne laisser aucune marge de manœuvre à Jammeh. A l’en croire, les pressions de la communauté internationale, notamment « l’engagement et la détermination de la Cedeao » décidée à rétablir la légalité constitutionnelle et l’installation officielle de Barrow dans ses nouvelles charges de président de la République, ont rendu possible l’abdication de Jammeh.

En outre, vu tous les moyens militaires déployés par la Cedeao, « même si je ne m’y connais pas trop, je crois que Jammeh,  malgré son caractère spécial et son ego, n’a pas pu résister et a finalement cédé », a-t-elle déclaré. Qui plus est, « la sérénité, la maturité et la soif » du peuple gambien de « tourner la page et de se libérer pour de bon » du joug de la dictature de 22 ans de Jammeh et de « ne plus voir les libertés publiques et individuelles bafouées », ont  abouti au « moment historique que tout le monde attendait et qui est enfin arrivée », a-t-elle soutenu.
 
M. L. DIEYE

Le grand retour ! Ainsi, pourrait-on qualifier le rush noté hier vers le sens inverse de Gambiens de retour à la terre-mère depuis le départ de l’ancien président Yaya Jammeh. L’importance du flux de personnes rentrant au bercail est très révélatrice de la récente crise évitée dans le pays avec le départ du président Jammeh. Mais aussi du désir d’une ère nouvelle qui s’ouvre en Gambie.

Plus le voyageur en destination de la Gambie s’avance vers les entrailles de ce pays, plus il tâte le pouls d’un renouveau. Une impression d’un nouveau départ voulu d’abord par ses propres fils. Mais aussi par les frères Sénégalais qui ont été très « solidaires dans l’épreuve », selon de nombreuses personnes interrogées. Une volonté de repartir d’un nouveau pied.

Au poste frontière de Karang, le tracé de la ligne frontalière coloniale ramène à la bêtise humaine : séparation d’un même peuple. Deux peuples qui tiennent à leurs attributs. Un passage au poste de douane pour l’obtention d’un laissez-passer, un détour au poste de police qui paraphe le document. Ce n’est pas terminé, l’assurance de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) s’impose. Il faudra marquer la descente des couleurs nationales signalée par un coup de sifflet d’un policier qui salue ce drapeau. Les nombreux commerçants de produits alimentaires et passagers en escale sont à la station d’arrêt avant le retentissement, à nouveau, du sifflet qui les invite à vaquer à leurs occupations. A peine la ligne frontalière traversée, le même cérémonial se déroule de l’autre côté. Du côté gambien, le rang est formé de quatre policiers qui saluent très respectueusement le drapeau. Un demi-tour à droite et une rotation sont effectués pour saluer le drapeau qui venait d’être plié avec un art exquis par l’agent autour duquel pivote encore la colonne qui rentre dans le vieux bâtiment. Le détour est aussi obligatoire pour une série de tampons à apposer sur le laissez-passer et nos ordres de mission. Et par les services de douane et par les services d’immigration. L’accueil des agents gambiens est des plus chaleureux. Il n’est pas seulement inhérent à notre statut de journalistes, mais à la réalité des liens fraternels entre les deux peuples. Une réalité rappelée par un policier à peine la frontière franchie, invitant à serrer la ceinture de sécurité. La progression vers le pays profond laisse entrevoir un paysage dense. Une forêt même. L’abondance des pluies est plus qu’une certitude par ici comparativement au nord du Sénégal.

Le ton et le traitement des hommes de loi gambiens a de quoi intriguer les collègues. Ils n’hésitent pas à saluer ce changement positif mis sur le compte de l’attitude du Sénégal pour le départ de Jammeh. La vérification des papiers afférents au voyage suffit pour que le passage soit ouvert. A une dizaine de kilomètres plus loin, se dessinent, en forme de virgule et en zigzag, deux longues files de voitures. Sur plus d’un kilomètre. Le voyageur est surpris et n’est pas encore au bout de son souffle. Il peut se sentir heureux de n’avoir pas vu le même spectacle des deux jours précédents avec un afflux plus nombreux de réfugiés et de véhicules de retour. Et pourtant, il n’est pas au bout de ses peines. Il ne suffira pas de se jouer des coudes ici. Mais d’user d’entregent et de diplomatie pour passer. Et surtout faire monter son véhicule sur un ferry qui tarde à accoster. Le spectacle de bébés, bambins, de jeunes gens pris en charge ou en mains par les parents renseigne sur les craintes éprouvées par les populations gambiennes pour une guerre qui semblait inévitable. Toute la Gambie avait-elle fui face à l’ultimatum de la Cedeao ou à l’intransigeance de la Cedeao ? Une interrogation qui trouve sa pertinence face au nombre élevé de refugiés qui rentrent. Saisissant est encore ce spectacle de retrouvailles de parents, d’amis fait d’embrassades et de poussées de cris de joie. Comme si ces retrouvailles ne devaient se faire aussi tôt.

Le voyageur de prendre son mal en patience devant l’arrivée tardive du ferry. Trois tours d’horloge depuis que nous sommes là et toujours rien. Se résoudre à dénicher un cyber à Bara pour un premier envoi d’articles. Espérant passer une nuit paisible à Banjul.

La partition des jeunes de Karang
Face aux flux de réfugiés gambiens, les populations de la commune sénégalaise de Karang, frontalière avec la Gambie, se sont mobilisés pour prendre en charge ces populations. Mais le défi a été surtout relevé par les jeunes qui se sont investis pleinement pour venir en aide à leurs « frères et sœurs » gambiens.

Cet après-midi, la plupart des membres de la zone 5 de Karang s’est donné rendez-vous dans un quartier de la commune. L’objectif de la réunion est de faire le bilan de la prise en charge des réfugiés gambiens qui avaient fui leur pays, avec la crise postélectorale connue ces dernières semaines par la Gambie. Hommes et femmes sont là pour prendre part à l’évaluation. La rencontre a lieu sur l’un des sites même où ils avaient accueilli plusieurs familles de réfugiés. La dernière vague est rentrée dans la mi-journée. « Depuis dimanche, c’est le retour des réfugiés en Gambie. Pas moins de six bus ont été affrétés par les autorités gambiennes pour organiser le retour de leurs compatriotes », explique Mamadou Lamine Diop, président de la zone 5 qui avait pris l’initiative d’accueillir et d’installer les gambiens. L’engagement de ces jeunes de Karang a beaucoup aidé les gambiens à vivre dignement dans cette commune frontalière de la Gambie. Ils auront fait preuve d’une bonne organisation et de pragmatisme pour gérer ce flux d’hommes et de femmes qui ont quitté leurs maisons et leurs biens pour s’installer sur le territoire sénégalais.

Pour organiser la prise en charge, trois commissions sont créées. Il s’agit de la commission « Accueil-orientation et hébergement » ; la commission « Restauration » et la commission « Communication ». Ensuite des sites de recasement sont mis sur pied dans différentes parties de la commune. « On avait dénombré, en tout, 1.006 réfugiés à qui on offrait quotidiennement le petit-déjeuner, le déjeuner et le dîner. On leur donnait aussi des moustiquaires et des couches pour bébés, sans compter la prise en charge sanitaire en collaboration avec l’infirmier chef de poste », soutient Mamadou Lamine Diop.

Par la suite, les élus locaux et les hommes politiques s’associent à cet élan de solidarité en offrant des dons en nature, composés essentiellement de riz, d’huile et de pain et même de l’argent. « On ne pouvait réussir cette prise en charge sans l’implication de ces élus à savoir Abdou Diallo, Ibrahima Sané, Ousmane Sène qui a représenté le ministre Abdou Latif Coulibaly ainsi que le maire de la commune, Djoguine Gomis », signale le président de la zone 5.

De nos envoyés spéciaux Ibrahima Khaliloullah Ndiaye,
Maguette Ndong (textes) et Ndèye Seyni Samb (photo)

Moustapha Niasse, président de l’Assemblée nationale : « Le Sénégal a joué un rôle déterminant »
Le président de l’Assemblée nationale, Moustapha Niasse, s’est prononcé, hier, en marge de la réunion de l’Alliance des forces du progrès (Afp) sur la situation en Gambie. C’est pour dire qu’il serait mieux de laisser voir, faire et regarder comment vont évoluer les relations qui seront maintenant tissées entre l’ancien président de la République de la Gambie, Yahya Jammeh et son pays, en tant que citoyen gambien. En effet, rappelle M. Niasse, bien qu’étant en Guinée équatoriale, Yahya Jammeh reste encore citoyen gambien. Il invite dès lors, à laisser le soin à la communauté internationale, selon ses procédures et les conventions en vigueur, les pratiques diplomatiques, gérer ce dossier.

Concernant la posture adoptée par la République du Sénégal dans la gestion de la crise en Gambie, le président de l’Assemblée nationale salue hautement le comportement du président de la République Macky Sall. Il rappelle combien les deux pays sont stratégiquement liés dans les frontières autant maritimes que terrestres. Il était important, au regard de tous ces enjeux, que le Sénégal s’implique, dès le départ, avec « discrétion, fermeté et savoir-faire », a-t-il dit. Il rappelle que le président de la République, Macky Sall, n’a pas prononcé un seul mot durant tout le processus. Toutefois, précise-t-il, il n’a de cesse travailler à tout moment et surtout lorsqu’il fallait prendre les dernières décisions. M. Niasse s’est également prononcé sur la candidature du Professeur Abdoulaye Bathily à la tête de la commission de l’Union africaine. Il annonce que le Professeur Bathily vient d’enregistrer un nouveau soutien tout en s’abstenant de dévoiler le nom de l’Etat en question.

Oumar BA

Deux accouchements enregistrés
La diaspora gambienne n’a pas été en reste dans cet élan de solidarité. Une organisation humanitaire comme « Help Gambia » s’est également beaucoup investi en venant à la rescousse des membres de la zone 5 sur l’achat de vivres pour subvenir aux besoins des réfugiés. « On remercie beaucoup les habitants de Karang qui ont géré la situation bien avant nous. Grâce à eux, les populations gambiennes qui s’étaient réfugiées chez eux ont mangé à leur faim et elles ont bénéficié de soins et d’une grande attention », estime Adji Daffe, la coordonnatrice de « Help Gambia ». Durant les quelques jours qu’a duré le séjour des Gambiens à Karang, deux accouchements ont eu lieu. « Il s’agit de deux filles dont l’une porte mon nom », soutient Adji Daffé de Help Gambia. A l’heure actuelle, les jeunes de Karang et l’ensemble de la population éprouvent un sentiment de satisfaction d’avoir aidé des personnes qui en avaient grandement besoin. « Nous estimons que l’intégration des deux pays passe d’abord par les peuples, nous en sommes conscients. En initiant cet élan de solidarité, on a voulu faire revivre la fraternité sénégambienne », dit Mamadou Lamine Diop.

La coalition, Bennoo Bokk Yaakaar, salue la ferme détermination des chefs d'Etat de la Cedeao dans le processus qui a permis le départ de Yahya Jammeh, ancien président de la Gambie. Dans un communiqué publié dont copie nous est parvenue, la coalition a loué le rôle joué par le président Macky Sall pour le pilotage stratégique de cette opération. Dans le même sillage, cette coalition qui regroupe les partis membres de la mouvance présidentielle a magnifié la sérénité et le sens du Dialogue de Macky Sall et ses homologues ouest-africains. « C'est là une victoire magnifique qui crée les conditions de renforcement de l'unité des peuples et de la démocratie dans l'espace de la Cedeao, en même temps qu'elle promeut et consolide la concordance, la paix et la stabilité de manière durable dans les relations entre le Sénégal et la Gambie pour la préservation des intérêts des deux peuples », a souligné la coalition, Bennoo Bokk Yaakaar.

Selon Bennoo, cette prouesse de la « Cedeao à dénouer, avec tact, cette crise sans effusion de sang; démontre de la maturité de l’Afrique, mais également son engagement résolu à parler d’une seule voix pour résoudre tous les problèmes qui se dresseront à travers son chemin vers l’émergence et la démocratie ». « Cet exploit diplomatique renforce notre conviction que l’Afrique est capable de se prendre en charge quand elle est unie et solidaire. Ce dénouement heureux de la crise gambienne sonne comme la fin de toute forme d’interventionnisme de l’occident dans des conflits dans le continent », souligne la coalition.

Après avoir félicité et encouragé vivement le président Macky Sall pour ses efforts et actions qui ont abouti à ces résultats, la Coalition Bby « dit prier pour que le président Adama Barrow puisse disposer de la force et de l’énergie nécessaires à l’accomplissement de la lourde et difficile tâche de reconstruction de la Gambie, dans l’intérêt exclusif de son peuple ».

B. DIONE

Le gouvernement du Sénégal a, la semaine dernière, alloué à la région de Ziguinchor, une aide d’urgence de 40 tonnes de riz, destinée aux familles d’accueil des populations déplacées de la Gambie.

Très sensible au sort des réfugiés gambiens et de leurs familles d’accueil, l’Etat du Sénégal a ainsi bien voulu faire « un geste d’urgence » pour soulager les chefs de famille de la région de Ziguinchor, qui avaient reçu énormément de populations déplacées, ayant fui la Gambie à cause de la crise postélectorale qui y sévissait. Les autorités administratives, maires, chefs de village et familles d’accueil ont bien apprécié cet important appui en vivres du gouvernement.

Notamment ceux des localités du département de Bignona, situées à la frontière entre le Sénégal et la Gambie et qui ont reçu le plus grand nombre de populations déplacées. On peut citer, entre autres, les communes de Kataba1, Djibidione, Oulampane, Diouloulou, ainsi que les villages de Kourame, Kouregue, Tamba, Kébékel, Sélety, Diocadou, Kandiadhiou. Quant aux opérations de distribution de cette aide d’urgence, elles ont été faites sous le contrôle des autorités locales, dans la transparence et la discipline. Les familles qui ont eu à accueillir au moins 15 réfugiés, ont été privilégiées, dans l’arrondissement de Kabata1.

El Hadj Moussa SADIO

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