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Politique (2482)

En perspective de la tenue de la cinquième édition de la rentrée citoyenne prévue le 02 février, Amy Sarr Fall, l’initiatrice de la rencontre est revenue, hier, à travers une conférence de préférence, sur les principales innovations. Cette année, c’est le président de la République, Macky Sall qui est l’invité d’honneur.

La rentrée citoyenne se tiendra cette année le 02 février au Grand Théâtre de Dakars, selon Amy Sarr Fall. Cette année, un invité de marque est attendu. Il s’agit du président de la République, Macky Sall. Selon Amy Sarr Fall, incitatrice de la rencontre, ce sera l’occasion «de mettre en avant des parcours exceptionnels, de personnes qui jeunes ou enfants ont évolué dans des conditions souvent difficiles, mais ont tout de même su tirer profit de cela, en réussissant dans leur vie », a-t-elle dit. Il s’agit donc de mettre en lumière des parcours divers tout en veillant à instaurer le culte de la personnalité.

Tous les secteurs d’activités sont concernés, souligne Amy Sarr Fall. A titre d’illustration, elle cite d’autres personnalités issues du monde des affaires, qui à force de « détermination, de persévérance et de travail », ont su tirer leur épingle du jeu. Elle précise que le chef de l’Etat s’exprimera avec les jeunes, « en tant que citoyen d’abord, celui qui, dans sa vie, a été confronté à des épreuves, a su aller au-delà, travailler en conséquences, pour devenir la première institution de son pays ». Quelqu’un qui a refusé que la société limite ses ambitions, dira-t-elle. Au cours de cette cérémonie solennelle, l’excellence, la citoyenneté et l’engagement des jeunes seront mis en avant. Selon les organisateurs, des jeunes issus de toutes les régions du Sénégal seront présents.

Oumar BA

Au terme d’une visite guidée dans les locaux de la division de l’automatisation des fichiers, dans les opérations d’enrôlement pour la carte d’identité de la Cedeao, le directeur de l’automatisation des fichiers a indiqué que près de 2 millions de personnes sont déjà enrôlées sur un objectif de 4 millions. Ibrahima Diallo a aussi informé qu’à ce jour pas moins de 350.000 cartes ont été éditées.

Pour le commissaire Ibrahima Diallo, directeur de l’automatisation des fichiers «nous avons estimé que nous sommes vraiment à mi-parcours et qu’il serait de bonne mesure de faire un bilan d’étape pour dire aux populations où nous en sommes et surtout rassurer sur le fait que le processus est bien en cours ». «Nos objectifs sont en train d’être atteints et toutes les dispositions on été prises», a-t-il précisé. D’après le directeur, si nous considérons les statistiques à ce jour, nous sommes à près de 2 millions de personnes déjà enrôlées. «La semaine dernière, nous étions à 1 million 719 personnes et selon les informations que j’ai reçues ce matin (hier), nous ne sommes pas à moins de 2 millions de personnes enrôlées.

En tenant compte du fait qu’à l’étranger nous avons enrôlé cent mille personnes pour un objectif de deux cents mille personnes», a-t-il renchéri. Il a souligné que l’équipement utilisé est neuf. «Nous sommes dans un processus qui concerne tous les Sénégalais et notre objectif est d’arriver à mettre ce fichier à bonne date, disponible avec un minimum de 4 millions d’électeurs. Nous avons entendu des rumeurs, peut-être même des articles de presse parlant de vieilles machines, de machines en panne. Je pense que la personne qui a dit ça parlait d’un passé lointain. Nous avons mis complètement de côté l’ensemble des équipements qui étaient en -cours pour la carte d’identité numérisée», a déclaré le Directeur de la Daf lors de la visite guidée organisée hier.

Ainsi pour M. Diallo, tous les équipements qui ont servi à établir cette carte ont été désinstallés pour installer un nouveau système complètement neuf. «Les équipements qui servent à enrôler les sénégalais, les machines, les caméras, les lecteurs d’empreinte, les lecteurs de signature, tout ceci est un équipement neuf.

D’ailleurs, le système d’empreinte est tout à fait différent. C’est du matériel neuf complètements différents qui nous a été livré et qui sert à enrôler. Les cartes que nous utilisons aujourd’hui sont des cartes à puce avec une impression laser. Nous avons formé des techniciens sénégalais pour assurer le service après vente et nous avons des visites périodiques de la compagnie qui a installé ce système pour prévenir toute panne. Aujourd’hui, nous sommes à plus de 50 mille cartes par jour», a-t-il confié.350.000 cartes éditées

350.000 cartes éditées
Ibrahima Diallo, directeur de la Daf a soutenu, hier, que la production des cartes biométriques a démarré. «Et à ce jour, nous avons édité pas moins de 350.000 cartes. Ces cartes sont distribuées dans les centres qui les ont enrôlés. La distribution n’est pas encore massive parce que nous avons constaté, après les premières mises à disposition, que les centres avaient des difficultés pour retrouver les cartes et les distribuer aux différents ayant-droits » a-t-il fait comprendre. Pour ce faire, «nous avons donc pensé qu’il fallait faciliter la distribution en entreprenant, à notre niveau, un travail de tri à notre centre d’exploitation et toutes les cartes qui sont produites arrivent par bac de 500 avec des listes des personnes concernées ». Arrivées au centre d’exploitation, on trie par ordre alphabétique et par centre d’enrôlement. Les cartes qui sont déposées retournent dans les centres d’enrôlement », a-t-il dit.

Le directeur de la Daf a aussi fait comprendre que cette procédure va continuer jusqu’à l’approche des élections. «La date des élections étant fixée maintenant au 30 juillet, nous avons l’obligation, à 65 jours avant cette date, de consolider le fichier électoral qui va servir de base pour les élections parce que les candidatures doivent être faites à cette date, 65 jours avant l’échéance», a-t-il soutenu. « Au mois de mai, nous devons être prêts, avoir nettoyé le fichier, avoir sorti les listes, avoir reçu les contentieux, les avoir traité, les avoir validé, pour avoir un fichier consolider qui va permettre de faire les élections », a-t-il dit. «Vers la fin avril, nous devrons avoir terminé l’enrôlement des sénégalais qui souhaitent donc se retrouver dans ce fichier. Cela fait que nous avons encore deux mois et demi, trois mois d’opération. Et si nous sommes aujourd’hui à 2 millions d’enrôlés, nous avons donc tout le droit d’espérer que les 4 millions qui nous sont fixés, seront atteints sans difficulté», a-t-il dit.

Amadou DIOP

Le président de la République de Guinée, Alpha Condé, a été élu par ses pairs, président de l’Ua. Après la passation du témoin avec le président sortant Idriss Deby, le nouveau président a affiché ses ambitions. Alpha Condé a promis de faire de l’accès pour tous à l’énergie moderne d’ici à 2030, l’une de ses priorités. Selon lui, 7 Africains sur 10, soit 700 millions de personnes, n’ont pas l’accès à l’électricité. Le président guinéen a indiqué que l’industrialisation et la transformation structurelle dont a besoin le continent africain ne peuvent se faire sans accès à l’énergie qui reste un défi que l’Afrique peut et doit relever pour accélérer son développement. Il va aussi travailler avec ses pairs pour essayer de trouver une solution aux questions de la pauvreté, et du chômage.

Le président Condé s’est engagé à mettre en œuvre la Déclaration politique 2016 sur la fin du Sida d’ici à 2020. Il s’est réjoui d’ailleurs du lancement officiel du Centre africain de contrôle des épidémies et des maladies. Il a exhorté la Commission de l’Ua à tirer les leçons de la gestion de l’épidémie de la maladie à virus Ebola pour parvenir à un meilleur contrôle et une lutte plus efficace contre les maladies infectieuses à potentiel épidémique. Il a demandé à ses pairs africains de le soutenir en vue de faire de l’Union africaine une institution forte et crédible.

 

Le président de la République, Macky Sall, a salué la réintégration, ce lundi, du Maroc à l’Union africaine (Ua). Le chef de l’Etat souhaite que la question de la République arabe sahraouie démocratique (Rasd) soit discutée au sein de l’Ua. Selon le président Sall, « l’admission est faite. C’est ce qui est le plus important. Aujourd’hui, le Maroc est membre intégrant de l’Union africaine », a-t-il déclaré face à la presse.

La décision a été prise au cours d’une séance à huis-clos des chefs d’Etat et de gouvernement au premier jour du 28eme Sommet des chefs de l’Etat de l’Union africaine, auquel assiste le président Macky Sall. Pour réintégrer l’Ua, le Maroc a obtenu 39 voix sur 54 pays que compte l’Ua. 

Le retour du Maroc était, hier, au menu du 28eme sommet des chefs d’État et de gouvernements des pays membres de l’organisation continentale, réunie dans la capitale éthiopienne. Le royaume chérifien avait remis, le 22 septembre dernier, sa demande officielle à la présidente de la Commission de l’Ua, Nkosazana Dlamini Zuma, qui a ensuite informé les États membres. Pour intégrer l’Ua, un pays doit recueillir une majorité simple d’avis favorables. Le Maroc avait quitté l’Oua en 1984 pour protester contre la décision de l’organisation panafricaine d’accueillir, dans instances, la République arabe sahraouie démocratique (Rasd). « Il y a eu un long débat mais plus de 39 pays sur les 54 de notre organisation ont donné leur onction pour le retour du Maroc. Même si la question du Sahara reste posée. Si la famille s’élargit, on peut trouver des solutions », a confirmé le président de la République Macky Sall.

Le chef de l’Etat après l’echec de la candidature de Bathily : « Nous devons respecter la régle de la majorité »
Le président de la République Macky Sall a appelé, lundi à Addis-Abeba (Ethiopie), au respect de la règle de la majorité, après l’échec du candidat de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), Professeur Abdoulaye Bathily, à la présidence de la Commission de l’Union africaine (Ua).

"C’est dommage pour notre candidat. Nous avons déployé beaucoup d’efforts pour visiter les pays. Nous avons visité 44 pays, mais nous devons accepter la règle de l’élection. C’était la règle de la majorité", a-t-il réagit devant des journalistes. Le Professeur Abdoulaye Bathily, candidat du Sénégal et de la Cedeao à la présidence de la Commission de l’Ua, a été battu, ce lundi, à Addis-Abeba (Ethiopie), par le ministre tchadien des Affaires étrangères, Moussa Faki Mahamat.

Moussa Faki Mahamat a été élu nouveau président de la Commission de l’Union africaine (Ua) par les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Organisation panafricaine, à l’issue d’un scrutin tenu à huis-clos, a appris l’Aps de source officielle.

Le ministre tchadien des Affaires étrangères est passé après huit tours de vote, ajoute la même source. Il remplace la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma. Quatre autres candidats étaient en lice : l’Équato-Guinéen Agapito Mba Mokuy, la Botswanaise Pelonomi Venson-Moitoi et la Kényane Amina Mohamed Jibril.

Un Ghanéen a été élu vice-président de la Commission de l’Ua. Lundi matin, les chefs d’Etat et de gouvernements avaient élu leur homologue de la Guinée Alpha Condé, président en exercice de l’Ua pour un an. Le Sommet de l’Ua s’est ouvert lundi dans la capitale éthiopienne.

APS

Le président Sall a reçu, avant-hier, à Addis-Abeba, son homologue djiboutien, Ismael Oumar Guelleh. Les deux hommes d’Etat ont évoqué les relations de coopération surtout marquée par l’envoi d’enseignants sénégalais et le séjour d’étudiants djiboutiens dans nos universités. Le projet de Grande muraille verte, le chemin de fer sont autant de questions évoquées par l’hôte qui a salué la place qu’occupe le Sénégal en Afrique voire dans le monde. 

Le président du Djibouti a dit que « nos deux pays qui sont situés aux deux extrémités de l’Afrique sont très proches depuis longtemps, notamment pendant le colonialisme où nous avions eu un contingent sénégalais ». Il a surtout félicité le président Macky Sall pour les performances économiques, sociales et les avancées enregistrées ces cinq dernières années. « Le Sénégal occupe une place importante dans le continent et dans le monde. Mieux, il affiche des perspectives de devenir un pays émergent dans les prochaines années », s’est réjoui l’hôte du chef de l’Etat.

Selon le président djiboutien, cela réconforte les chefs d’Etat africains et leur permet de rêver. « Comme nos deux pays sont dans les extrêmes nous avions pensé que la Grande muraille verte qui va du Sénégal à Djibouti, et le projet des rails qui va aussi du Sénégal jusqu’à Djibouti permettra de désenclaver l’Afrique de l’est en ouest et du nord au sud », a-t-il soutenu. « Nous comptons beaucoup sur le Sénégal pour tirer une partie du continent vers le développement et nous espérons que ce défi sera relevé », a noté le président de Djibouti. Aussi, a-t-il rappelé que le Sénégal accueille des Djiboutiens dans ses universités et quelques-uns qui sont rentrés occupent des postes stratégiques dans le pays.

Répondant à son hôte, le président Macky Sall a dit que Djibouti n’est pas un pays vaste mais a une position géographique privilégiée et son président a pu développer une stratégie de service qui fait avec l’activité portuaire et la relation entre des pays comme l’Ethiopie, il y a une connectivité économique importante. « C’est la raison pour laquelle le passage de Djibouti dans le Maep a été remarquable et il reste dans une bonne perspective », a dit Macky Sall.

Selon lui, nos deux pays sont liés par une coopération notamment en matière d’échange d’enseignants. Selon le président de la République, beaucoup d’enseignants sénégalais vont à Djibouti et les étudiants djiboutiens font le sens inverse. « Bien qu’étant très distant puisque Dakar-Djibouti en vol, c’est plus de Dakar-New-York, mais nous sommes proches sur le plan humain et en relations », a-t-il rassuré.

De nos envoyés spéciaux à Addis-Abeba
El. H. Abdoulaye THIAM et Eugène KALY

Pour sa première conférence de presse en terre gambienne et en sa qualité de président de la République, Adama Barrow n’a pas fait les choses à moitié. Tenue dans sa résidence de Brufut, le président a d’emblée précisé n’avoir jamais habité au State House, le palais présidentiel, qu’il ne tardera pas à regagner lorsque les conditions s’y prêteront. Le Sénégal, son gouvernement, les droits humains, la démocratie, le sort de l’ancien président Yahya Jammeh… sont largement revenus dans les questions auxquelles il a répondu avec le même enthousiasme en anglais, wolof et pulaar.

Très interpellé sur les relations avec le Sénégal, le président Barrow a mis en avant l’importance de « bonnes relations de bon voisinage ». « Le Sénégal est un pays frère et ami avec qui nous allons continuer à œuvrer pour de meilleures relations possibles. Nos deux pays ont la même culture, les mêmes langues, la même histoire qui en font, en réalité, un seul et même pays. Nous avons intérêt donc à œuvrer pour de solides relations fraternelles », a-t-il souligné. Aussi, pour le pont sur le fleuve Gambie qui devrait faciliter le déplacement des populations, il a rassuré sur son souhait de « travailler étroitement avec le gouvernement sénégalais pour sa réalisation ». Tout comme il a laissé entendre sa disponibilité de « discuter avec ce même gouvernement et du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (Mfdc) pour résoudre la question de la crise en Casamançaise».

Barrow Itw

Le président Adama Barrow a indiqué que la « composition de son gouvernement sera connue lundi ou mardi au plus tard ». « Nous travaillons là-dessus », a-t-il insisté. Très concentré sur son élément et allant directement à l’essentiel par des réponses courtes, le président a aussi souligné que le sort de l’ancien président est du ressort d’une Commission qui sera mise en place pour déterminer s’il devra être jugé ou pas. De la même façon que pour bon nombre de ses compagnons. Il a, entouré de membres de sa Coalition, indiqué que la résolution qui a permis le départ de Yahya Jammeh était plus mue par une « volonté d’assurer la paix que de donner une amnistie quelconque ». En attendant les conclusions de la Commission, l’urgence et les priorités résident, pour le président Adama Barrow, dans l’instauration d’un Etat de droit, de la démocratie, du respect des droits de l’homme, de la lutte contre la corruption. Mais aussi d’un climat propice à la liberté de la presse.

Rappelant le long règne du président Jammeh et les violations systématiques des droits humains, il a mis en avant la nécessité de « changer de méthode et probablement de nom pour l’Agence nationale de renseignement qui est une institution qui doit être utile ».  Le très craint national intelligence agency (Nia) a été le bras armé de l’ancien président contre nombre d’opposants ou de citoyens qui y ont été torturés, bastonnés ou portés disparus, selon le témoignage de nombreux gambiens.

Rester membre de la Cpi
L’homme fort de la Gambie a aussi martelé que la Gambie restera la République de Gambie et non une République islamique telle que voulue par Jammeh. Ou encore que le pays «restera membre de la Cour pénale internationale (Cpi) eu égard au fait que cette juridiction promeut le respect des droits de l’homme, de la démocratie que nous voulons mettre en place ». De la même façon, il a souhaité une « réintégration, le plus rapidement possible, du Commonwealth », l’espace des pays de langue anglophone.

Sur la question de l’âge de la vice-présidente, largement revenue au cours de cette conférence très bien couverte par la presse internationale, il s’est voulu très clair : « Nous apporterons la preuve qu’elle n’a pas l’âge qu’on lui prête. Ce sont ceux-là qui lui donnent cet âge qui devraient d’ailleurs en apporter la preuve ».  Aussi, a-t-il indiqué que c’est madame Fatoumata Diallo Tambajang qui le représentera au sommet de l’Union africaine qui se déroule présentement à Addis-Abéba. S’étant engagé à effectuer un mandat de trois ans, le président Adama Barrow a laissé entendre qu’il pourrait faire les cinq années pour lesquelles il a été élu si le « travail n’est pas terminé, mais surtout avec l’accord de la Coalition qui m’a porté au pouvoir ».

Sur le général Ousmane Badji, chef de l’armée gambienne, le président Barrow a indiqué «qu’il fait son travail ». «Je pense que ce sera très difficile pour la nouvelle opposition de faire face après 22 ans de pouvoir. Mais je tiens à rassurer sur le caractère démocratique qui doit prévaloir et à dire que cette opposition aura des droits que nous n’avions pas nous en tant qu’opposants », a-t-il répondu. Interrogé également sur Kanilaï, le village natal du président Yahya Jammeh, le président Adama Barro a fustigé le « caractère privilégié qui avait été réservé à ce village du fait simplement qu’il était le village du président ». « Ce n’était pas équitable pour les autres villages ou localités de la Gambie », a fait remarquer le président.

Il a salué le travail abattu par la Mission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest en Gambie (Micega) tout en indiquant que celle-ci pourrait « rester aussi longtemps que nécessaire ».

De nos envoyés spéciaux Ibrahima Khaliloullah Ndiaye,
Maguette Ndong (textes) et Ndèye Seyni Samb (photos)

JEU DEMOCRATIQUE EN GAMBIE : LES ATTENTES D’UNE PRESSE LONGTEMPS RÉDUITE AU SILENCE
Baye E TourayL’aube nouvelle qui se lève en Gambie ou la volonté d’asseoir un régime démocratique se conjuguera avec le renouveau de la presse de ce pays. Longtemps réduits au silence ou encore vue comme constituée d’«  empêcheurs de tourner en rond », les journalistes gambiens, par la voix de Baye Emily Touray, le président de la Gambian Press union (Gpu-syndicat), veulent l’ouverture d’enquêtes sur le meurtre de Deyda Haïdara (décembre 2004), la disparition de Chief Ibrahima Manneh (juillet 2004) ou encore les tortures dont a été victime Moussa Sidy Kane, l’ancien rédacteur en chef de The Independant. Avec un paysage médiatique composé d’une télévision, de 23 stations de radios et de sept journaux (dont quatre quotidiens), la presse gambienne attend « beaucoup du changement politique ».

« Il faut d’emblée que le verdict rendu par le tribunal de la Cedeao soit exécuté. Ce verdict disait qu’il fallait libérer Chief Manneh, mais aussi l’indemniser à hauteur de 100 mille dollars tout comme Moussa Sidy Kane qui devait se retrouver avec des dommages et intérêts de l’ordre de 200 mille dollars », explique Baye Emile Touray. Rappelant les difficultés auxquelles les journalistes gambiens ont fait face, il met en exergue un quotidien constitué d’arrestations tous azimuts, de tortures physique ou morale, d’harcèlements. Les journalistes ne constituaient pas une « exception pour ces dérives érigées en mode de gouvernance par le pouvoir de Jammeh qui ne souffrait pas de contraction ».

L’espoir est grand pour nombre de journalistes, venus d’ailleurs nombreux à la conférence de presse du nouveau président. Un rendez-vous avec les journalistes qu’ils espèrent voir pérenniser. En tout cas, à la faveur de ce changement, nombre de « confrères exilés sont rentrés au pays », selon le président du syndicat. « Nous sommes confiants et optimistes avec les nouvelles autorités portées par toute une Coalition qui mesure tout ce que nous avons vécu ces dernières années. L’état de droit et la démocratie qu’elles veulent mettre en place ne peuvent être possibles qu’avec une presse libre et plurielle. Nous voulons donc qu’il y ait une loi sur l’accès à l’information, sur la dépénalisation des délits dits de presse comme s’est fait dans de nombreux pays, mais aussi un tribunal des pairs. Il faut vraiment mettre fin aux intimidations et arrestations de journalistes », a souhaité M. Touray. Il demande aussi la réouverture des journaux et radios fermés, selon la « seule volonté de l’ancien pouvoir sans une décision de justice ». 

De nos envoyés spéciaux Ibrahima Khaliloullah Ndiaye,
Maguette Ndong (textes) et Ndèye Seyni Samb (photos)

FODE BARRY, 39 ANS, ANCIEN DETENU SOUS JAMMEH : « JE NE SOUHAITE PAS À MON PIRE ENNEMI DE SÉJOURNER À MILE TWO »
Accusé de recel, le jeune Fodé Barry sera embastillé 2 années durant dans la célèbre prison de Mile Two.Comme les milliers de Gambiens qui sont venus à l’International Airport de Banjul, cet après-midi, pour accueillir le président Adama Barrow, Fodé Barry est surexcité. Avec son ami sénégalais Ibrahima, Fodé court sur le gazon et lève en même temps la tête au ciel. C’est un jour de délivrance pour les milliers d’ex-prisonniers gambiens, comme lui qui ont été torturés par les agents de la redoutable National intelligence agency (Nia) et incarcérés à la célèbre prison de Mile Two.

« Un jour, les policiers m’ont trouvé dans mon atelier vers 14 heures et m’ont mis aux arrêts. J’ai demandé pour quel motif, mais ils m’ont simplement rétorqués qu’ils avaient besoin de moi au poste. Auparavant, l’un deux m’a giflé avant qu’ils me mettent dans leur pick-up. Ils m’ont amené à la police de l’aéroport », explique l’ancien détenu. Aux mains de la police gambienne, Fodé Barry sera balloté entre différents postes de police notamment celui de l’aéroport, de Birkama avant d’être acheminé à la redoutable National intelligence agency (Nia) dont la seule évocation fait peur à tous les Gambiens. Là-bas, l’ex-ferrailleur va subir toutes sortes de tortures pour qu’il crache le morceau. « On m’a menotté aussi bien les pieds que les poignets avant de mettre un grand bâton entre mes jambes et on m’a posé sur deux tables. C’était impossible pour moi de bouger. On m’a maintenu comme tel des heures durant pour que je parle. J’avais comme l’impression que tous mes os s’étaient brisés », explique-t-il en montrant les cicatrices laissées par les menottes sur ses poignets.

Pour autant sa torture ne faisait que commencer, parce qu’il sera ensuite maintenu dans une cellule obscure, sans aucune lumière. « Dans cette cellule, une personne me frappait, mais je ne pouvais pas dire qui me frappait réellement. J’étais fatigué », confie-t-il avec un regard hagard traduisant les difficiles moments qu’il a passés à la Nia. Après les tortures, Fodé Barry est enfermé à Mile Two. « C’est une prison difficile et je ne souhaite même pas que mon pire ennemi ait la malchance d’y entrer », dit Fodé indexant les dures conditions des prisonniers qui doivent faire face au surpeuplement dans les cellules, à l’insalubrité et à l’absence de soins pour les détenus. « La nourriture est faite à base de bouillie de mil et il est impossible de la manger, heureusement que ma femme m’amenait souvent du pain et quelques plats à manger », souligne Fodé Barry qui a été gracié en 2016, soit deux ans après son arrestation.

De nos envoyés spéciaux Ibrahima Khaliloullah Ndiaye,
Maguette Ndong (textes) et Ndèye Seyni Samb (photos)

Le 28ème Sommet de l’Union africaine s’ouvre aujourd’hui, au siège de la Commission en présence des chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres et de nombreux invités dont le nouveau Secrétaire général des Nations unies, Antonio Manuel de Oliveira Guterres. Une cérémonie d’ouverture qui sera marquée par de nombreux discours dont ceux du président du Tchad, Idriss Déby Itno, président en exercice du sommet, de la présidente de la Commission de l’Ua, Dr Nkosazana Dlamini-Zuma, etc. Plusieurs autres interventions sont aussi attendues. Ce 28ème Sommet qui s’achève demain, aura à élire le nouveau président de la Commission de l’Ua dont le Sénégal est candidat en la personne de notre compatriote, le Professeur Abdoulaye Bathily. Quatre autres candidats veulent succéder à la présidente. Il s agit de Pelonomi Venso Moitoi du Botswana, Amina Mohamed Jibril du Kenya, Agapito Mbo Mokuy de la Guinee Equatoriale et Moussa Faki Mohamed du Tchad.

REUNION D’EVALUATION DU MAEP : LES PERFORMANCES ÉCONOMIQUES DU SÉNÉGAL SALUÉES
Pr Maep Ua 28Au cours de la réunion d’évaluation du Maep qui a eu lieu avant-hier, les performances du Sénégal ont été largement saluées par le chef de l’Etat et ses pairs.

« J’ai pris bonne note du rapport qui vient d’être présenté et des recommandations y contenues. Ces recommandations et le plan d’actions issus de cet exercice contribueront certainement à l’amélioration de la gouvernance du Sénégal puisque c’est la finalité de l’exercice qui nous réunit », a souligné le chef de l’Etat. Il a rappelé que le Sénégal a adhéré au Maep dès sa création en 2003 ajoutant que « c’est pourquoi, j’ai tenu à ce que le processus d’évaluation soit mené dans les normes requises et les délais grâce à la collaboration, entre autres, des acteurs nationaux et les équipes experts internationaux et ceci sans aucune contrainte ».

S’agissant de la gouvernance politique, le président Sall a expliqué que l’histoire de la démocratie représentative au Sénégal remonte à l’époque coloniale, en 1848. Selon lui, les habitants des quatre communes du Sénégal à savoir Dakar, Gorée, Rufisque et Saint-Louis avaient droit à élire un député à l’Assemblée nationale française. « Ce long processus a mené progressivement à une vie politique ouverte et intense pour aboutir, en 1974, à l’instauration de multipartisme limité à quatre courants politiques puis au multipartisme intégral en 1981 », a-t-il rappelé. « Le Sénégal compte aujourd’hui plus de 200 formations politiques, un niveau d’inflation sans doute très élevé sans compter le foisonnement d’une société civile parmi les plus dynamiques en Afrique », a souligné M. Sall. Il a ajouté : « au Sénégal, la conscience d’Etat nation s’est développée avant même l’indépendance du pays. Le vécu quotidien dans l’harmonie et le respect de la diversité nous ont aussi toujours aidé à maintenir la cohésion sociale, la stabilité institutionnelle et la conduite de notre expérience démocratique sans ingérence de l’armée dans la vie politique ». Aux yeux du chef de l’Etat, la démocratie comme idéale de la vie politique est toujours perfectible pour répondre à sa vocation traditionnelle du gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple. « C’est le sens de la réforme constitutionnelle que nous avons adoptée par le référendum du 20 mars 2016 et introduit 15 innovations majeures dont la réduction de la durée du mandat présidentiel du 7 à 5 ans renouvelable, une seule fois, le statut du chef de l’opposition et intangibilité des dispositions constitutionnelles relative au mode d’élection à la durée et au nombre de mandats constitutifs du président de la République ».

Pour éviter tout risque de manipulation constitutionnelle, ces dispositions ne peuvent plus faire l’objet de changement, a encore dit le chef de l’Etat. Concernant les libertés publiques dont le droit constitutionnel de marche, les statistiques montrent clairement qu’au Sénégal, l’autorisation de la marcher reste la règle sauf risque sérieux de trouble à l’ordre public. Il a cité, en exemple, pour 2015, que sur 2131 déclarations de manifestations publiques, 2064 ont été autorisées, et 67 seulement interdites.

Les grands axes du Pse présentés
Revenant sur les performances économiques du Sénégal, le président Sall a rappelé qu’une nouvelle stratégie de développement économique et social, le Plan Sénégal émergent (Pse) qui vise à faire du Sénégal un pays émergent à l’horizon 2035 avec un taux de croissance annuel d’au moins 7% sur la durée a été lancée en février 2014. Le Pse compte trois axes majeurs à savoir la transformation économique, le capital humain, la gouvernance, la paix et la sécurité. Deux années après la mise en œuvre du Pse, le taux de croissance de Pib s’établit aujourd’hui à 6,6% et le déficit à 4,8%, et l’inflation en dessous de 2%, a révélé Macky Sall. « Nous poursuivons, en outre, un programme ardu de grands travaux autoroutes, routes, nouvelles villes, universités, nouvel aéroport international, une ligne de Train express régional (Ter) et deux projets de ports dont un en eau profond », a encore dit le chef de l’Etat. Selon lui, notre politique d’autosuffisance alimentaire se poursuit avec la mécanisation progressive de l’agriculture grâce à l’idée de la Banque africaine du développement (Bad) à travers les 5 programmes majeurs : transformation structurelles de l’agriculture, entre autres, et l’énergie pour le continent. Dans le domaine énergétique, le Sénégal est passé de 510 Mégawatt en 2015 à 780 en 2016, soit 270 mégawatts additionnels. A cela, vont s’ajouter de nouvelles capacités avec la réalisation en cours de 6 projets d’énergies propres, ce qui portera le taux de l’énergie propre à 30% en 2018 dans le mix-énergétique. Il a également annoncé la réduction de 10% le prix de l’électricité depuis le 1er janvier 2017.

De nos envoyés spéciaux à Addis-Abeba,
El. H. Abdoulaye THIAM et Eugène KALY

MACKY SALL, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE : « LE SÉNÉGAL A AGI EN GAMBIE DANS LE CADRE DU DROIT INTERNATIONAL »…
« Nous allons aussi continuer à travailler pour une diplomatie préventive. C’est que vous avez noté ces temps derniers dans le cadre de la Gambie où nous avons agi dans le cadre du droit international », a martelé avec force le président de la République. Selon le chef de l’Etat, notre pays a suivi la Cedeao, l’Union africaine et le Conseil de Sécurité des Nations-Unies qui ont tous appelé au respect de la légalité dans ce pays voisin. D’après le président de la République, « on ne peut pas être des homologues de chefs d’Etat et ne pas réagir lorsque la volonté des populations est violée ». « Nous devons respecter le choix souverain du peuple lorsque nous sommes dans les Républiques et dans les démocraties. S’il faut agir au besoin utiliser la force pour que la volonté du peuple soit restaurée, nous sommes prêts à le faire mais avec intelligence ». « C’est ce qui a été fait en Gambie où il n’y a pas eu de coup de feu et de morts mais par l’engagement et la lucidité, la Cedeao a réussi une grande opération en Gambie et cela doit servir de leçon à tout le monde », a-t-il conclu sur ce sujet.

…« LA RÉINTÉGRATION DU MAROC NE DEVRAIT PAS POSER DE PROBLÈME »
Pr M6 Ua 28Le 28ème Sommet de l’Ua qui s’ouvre ce matin aura à débattre de la réintégration du Maroc. Selon le président de la République, cette réunion des chefs d’Etat et de gouvernement devrait être celui du retour du Maroc puisque l’Union africaine a une charte qui indique « que tout pays africain qui s’engage à respecter cette charte qui est reconnue par la majorité des pays-membres est admis dans le concert de l’Union africaine ». Le Maroc devrait être le 55eme pays membres de l’Union africaine.

Macky Sall pense que « cette réintégration ne devrait pas poser de débats puisqu’au-delà de nos divergences qui peuvent être conjoncturelles, il s’agit de l’Afrique et des Africains ». Pour le président Sall, l’adhésion d’un pays africain à l’Union africaine ne devrait pas poser de débats et la réintégration du Maroc devrait passer facilement.

De nos envoyés spéciaux à Addis-Abeba,
El. H. Abdoulaye THIAM et Eugène KALY

REÇU EN AUDIENCE PAR LE CHEF DE L’ETAT : ISMAEL OUMAR GUELE SOUHAITE LA RÉALISATION DU CHEMIN DE FER DAKAR-DJIBOUTI
Le président Sall a reçu, avant-hier, à Addis-Abeba, son homologue djiboutien, Ismael Oumar Guele. Les deux hommes d’Etat ont évoqué les relations de coopération surtout marquée par l’envoi d’enseignants sénégalais et le séjour d’étudiants djiboutiens dans nos universités. Le projet de Grande muraille verte, le chemin de fer sont autant de questions évoquées par l’hôte qui a salué la place qu’occupe le Sénégal en Afrique voire dans le monde.

Le président du Djibouti a dit que « nos deux pays qui sont situés aux deux extrémités de l’Afrique sont très proches depuis longtemps, notamment pendant le colonialisme où nous avions eu un contingent sénégalais ». Il a surtout félicité le président Macky Sall pour les performances économiques, sociales et les avancées enregistrées ces cinq dernières années. « Le Sénégal occupe une place importante dans le continent et dans le monde. Mieux, il affiche des perspectives de devenir un pays émergent dans les prochaines années », s’est réjoui l’hôte du chef de l’Etat.

Selon le président djiboutien, cela réconforte les chefs d’Etat africains et leur permet de rêver. « Comme nos deux pays sont dans les extrêmes nous avions pensé que la Grande muraille verte qui va du Sénégal à Djibouti, et le projet des rails qui va aussi du Sénégal jusqu’à Djibouti permettra de désenclaver l’Afrique de l’est en ouest et du nord au sud », a-t-il soutenu. « Nous comptons beaucoup sur le Sénégal pour tirer une partie du continent vers le développement et nous espérons que ce défi sera relevé », a noté le président de Djibouti. Aussi, a-t-il rappelé que le Sénégal accueille des Djiboutiens dans ses universités et quelques-uns qui sont rentrés occupent des postes stratégiques dans le pays.

Répondant à son hôte, le président Macky Sall a dit que Djibouti n’est pas un pays vaste mais a une position géographique privilégiée et son président a pu développer une stratégie de service qui fait avec l’activité portuaire et la relation entre des pays comme l’Ethiopie, il y a une connectivité économique importante. « C’est la raison pour laquelle le passage de Djibouti dans le Maep a été remarquable et il reste dans une bonne perspective », a dit Macky Sall.

Selon lui, nos deux pays sont liés par une coopération notamment en matière d’échange d’enseignants. Selon le président de la République, beaucoup d’enseignants sénégalais vont à Djibouti et les étudiants djiboutiens font le sens inverse. « Bien qu’étant très distant puisque Dakar-Djibouti en vol, c’est plus de Dakar-New-York, mais nous sommes proches sur le plan humain et en relations », a-t-il rassuré.

De nos envoyés spéciaux à Addis-Abeba, 
El. H. Abdoulaye THIAM et Eugène KALY 

Le Sénégal est intervenu en Gambie dans le cadre du droit international, a assuré le président de la République Macky Sall, en indiquant que cela doit servir à tout le continent.

« Le Sénégal est dans les dispositions d’une diplomatie préventive. C’est ce que vous avez noté dans le cadre de la Gambie. Nous avons agi dans le cadre du droit international. D’abord dans le cadre de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), de l’Union africaine et du Conseil de sécurité de l’Onu », a-t-il dit.

Le président Sall s’adressait à des journalistes en marge du Sommet du Mécanisme de revue par les pairs.

Sous la pression militaire de la Cedeao et la médiation des présidents de la Guinée et de la Mauritanie, l’ex-président Yahya Jammeh a accepté de s’exiler (en Guinée Equatoriale) samedi 21 janvier dernier, mettant ainsi fin à une crise post-électorale de près de deux mois.

Le nouveau président Adama Barrow, qui avait prêté serment à Dakar, le 19 janvier dans les locaux de l’ambassade de son pays, est retourné en Gambie.

« Etre des collègues chefs d’Etat ne doit nous amener à ne pas réagir quand la volonté des populations est violée. Nous devons respecter le choix souverain des populations parce que nous sommes dans une République, une démocratie », a souligné Macky Sall.

Pour le président de la République : « S’il faut utiliser la force pour que la volonté des peuples soit respectée, il faut le faire ».

« Nous sommes prêts à le faire avec intelligence. C’est ce qui a été fait en Gambie, sans effusion de sang, sans coup de feu mais par l’engagement et la lucidité. La Cedeao a réussi un grand coup en Gambie. Cela doit servir pour tout le continent », a fait remarquer le président Sall.

Le chef de l’Etat, Macky Sall, est arrivé samedi matin à Addis-Abeba (Ethiopie), où il doit participer à la 28ème session de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernements de l’Union africaine (Ua).

Il a participé samedi après-midi à la présentation du rapport du Sénégal au Maep. Dimanche, le président Sall aura plusieurs rencontres bilatérales.

Source : APS

Une résolution sur le dénouement de la crise gambienne, adoptée, hier, à l’Assemblée nationale, a salué le leadership du président de la République, Macky Sall et la détermination de la Cedeao, de l’Onu et de l’Union africaine.

L’Assemblée nationale du Sénégal se réjouit du leadership du président de la République, Macky Sall sur la crise gambienne. Dans une résolution adoptée hier, le parlement a souligné le rôle joué par le chef de l’Etat dans le dénouement de cette crise. Ce leadership a été « exercé avec méthode, avec un sens élevé du partage des responsabilités et des missions à assumer au service de la paix, de la concorde et de la solidarité en Afrique », selon la résolution.

L’Assemblée nationale a exprimé « sa grande fierté et son soutien au président Macky Sall, pour son combat pour la dignité des peuples africains, pour son engagement résolu au service de la démocratie et pour le respect des droits de l'homme dans le monde ». Elle félicite également « le Chef de l'Etat sénégalais pour la fermeté et la lucidité avec lesquelles il a contribué positivement à la recherche de la solution pacifique qui a couronné le processus engagé et qui permet, aujourd'hui, au peuple gambien de bénéficier de la préservation de ses droits inaliénables et imprescriptibles dans l'exercice de sa souveraineté ».

L’Assemblée nationale a rendu un vibrant hommage aux Chefs d'Etat des pays membres de la « Cedeao pour la méthode utilisée, et de manière concertée, afin d'éviter toute effusion de sang en Gambie, en amenant l'ex-Chef de l'Etat, Monsieur Yaya Jammeh, à céder à son successeur élu, le pouvoir constitutionnel, en conformité avec les dispositions de la Loi fondamentale du pays ». Les députés ont aussi félicité « le président Adama Barrow et l'ont encouragé à promouvoir, en République souveraine de Gambie, la défense et la promotion des droits de l'homme, ainsi que celle des principes et règles de bonne gouvernance, dans l'exercice de sa nouvelle mission ».

Justifiant sa démarche, l’Assemblée nationale a rappelé les résultats issus de l'élection présidentielle qui s'est déroulée en Gambie, le 1er décembre 2016 ainsi que la proclamation desdits résultats par la Commission électorale nationale de la Gambie, consacrant la victoire du candidat Adama Barrow, résultats acceptés, dans un premier temps, par le candidat Yaya Jammeh, le jour même du scrutin, puis remis en cause le 9 décembre 2016 ainsi que la saisine, par le parti de l'ancien président gambien, de la Cour suprême. Elle souligne aussi la crise qui a résulté de ces péripéties et les conséquences qui auraient pu en découler au détriment du peuple gambien et des peuples de la sous-région Afrique de l'Ouest, si la Cedeao et les Chefs des Etats qui la composent n'avaient pas pris en charge ce dossier, pour le gérer et lui trouver une solution pacifique, mais aussi la position prise par l'Union africaine et par le Conseil de Sécurité de l'Onu, en guise de soutien aux initiatives de la Cedeao, conformément aux Statuts de ces deux Institutions internationales, dans la prévention, la gestion et le règlement des conflits et des crises.

Babacar DIONE

Le Directeur de l’automatisation des fichiers dément les informations relayées par une certaine presse faisant état de machines de production en panne ainsi que l’utilisation de vieilles machines pour la confection des cartes d’identité de la Cedeao en cours. Selon un communiqué publié, « ces informations sont totalement fausses car les opérations en cours sont effectuées avec des machines neuves fournies par le nouveau prestataire Iris ». «  Tout se passe correctement ainsi, à ce jour, les 500 machines installées dans les commissions administratives à travers tout le pays ont permis d’enrôler 1.719.000 citoyens avec une production de plus 347.000 », souligne le communiqué. Le texte précise que ces cartes font l’objet d’un tri par centre d’enrôlement pour en faciliter la distribution prochaine. La Daf informe que dans le souci de mieux informer les populations, la presse nationale et internationale est conviée à une visite guidée le lundi 30 janvier 2017 à partir 10 heures. Selon le communiqué, cette visite démarrera par les services annexes de la Daf de la Cité Police sis à la rue 6 X Malick Sy qui abritent les ateliers d’exploitation et se termineront au centre de production des cartes dans les locaux de la Daf au ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique à la rue Félix Faure.

B. DIONE

Débarrassés de Yahya Jammeh qui les avait privés de libertés plusieurs années durant, les Gambiens nourrissent un grand espoir avec Adama Barrow. D’ailleurs, ils s’attendent à ce que le nouveau président change radicalement les choses.

Kairaba Avenue a retrouvé son train-train quotidien. Véhicules particuliers et « Yellow taxis » roulent sur la chaussée. Les citoyens gambiens vaquent à leurs occupations et les vendeurs ont repris leurs activités. Nous sommes vendredi, certaines personnes vêtues en jellaba, natte à la main, se rendent déjà à la mosquée. Mais les esprits sont encore marqués par le principal évènement de la veille, c’est-à-dire l’arrivée du président Adama Barrow dans le pays. Thierno est vendeur d’accessoires de voitures sur cette grande avenue. « Hier, je n’ai pas pu aller à l’aéroport pour accueillir le président, parce que je n’avais pas de voiture pour y aller. Mais je l’ai attendu à West file pour lui souhaiter la bienvenue », sourit le jeune homme. Seulement l’espoir placé sur le nouveau président est grand pour l’ensemble des Gambiens. Certains, sinon tous, sont optimistes sur l’avenir du pays. « Avec Barrow, la Gambie sera un pays où il fera bon vivre », ose Assane un jeune « businessman ».

Barrow doit rapatrier les biens du pays
Sur la même avenue, Ahmed Fatty est venu laver son véhicule 4X4 ce matin. Téléphone scotché à l’oreille, le bonhomme fait partie du protocole de la vice-présidente Fatoumata Tambadiang Diallo. Il n’hésite pas à nous montrer certaines photos qu’il a partagées avec la vice-présidente. Pour lui, il n’y a guère de doute, le président Barrow est l’homme qu’il faut à la tête de la Gambie. « Nous osons espérer qu’il va changer beaucoup de choses dans ce pays. Notamment en ce qui concerne les droits de l’homme, le redressement de l’économie du pays ainsi que la crédibilité du pouvoir judiciaire », cite ce proche de la vice-présidente gambienne. Marchand ambulant dans les rues de Banjul, Youssou Fall est un jeune Sénégalais qui a vécu six ans dans le pays.

Pour lui aussi, l’espoir est permis avec Barrow, d’autant plus qu’il amène un vent de liberté dans le pays qui était confronté à une grande dictature, plusieurs années durant. « Mais je crois surtout que les relations entre le Sénégal et la Gambie seront améliorées avec lui », soutient le jeune vendeur. Au marché de Serekunda aussi, les commerçantes placent un grand espoir sur le nouveau président. La vendeuse de salade, Mbally Diadhiou garde toujours par devers elle la photo de tous les membres de la coalition qui ont porté Barrow au pouvoir. « Barrow ! Barrow ! », ne cesse-t-elle de répéter à certaines de ses covendeuses. Parfois, les discussions virent à l’hilarité générale. « Diama rek mo nekh » (rien ne vaut la paix), dit la vendeuse en wolof. Par rapport à ses attentes du nouveau régime, la dame ne sait quoi dire. Tout le contraire du vieux Dabo qui est vendeur de plantes médicinales. Pour lui, Barrow doit rapatrier l’ensemble des biens volés par Jammeh. Pour le reste, il dit formuler des prières pour le président. En tout état de cause, un observateur de la scène politique gambienne qui était à l’accueil d’Adama Barrow à l’aéroport estime que beaucoup de travail attend le remplaçant de Yahya Jammeh à la tête de l’exécutif gambien.

Adama Barrow a prié à la mosquée de Pipeline
Le nouveau président gambien, Adama Barrow, a pris part, hier, à la prière de vendredi à la Grande mosquée de Pipeline, située sur Kairaba Avenue. Cette mosquée est la deuxième plus grande de la Gambie après celle de King Fahd Palace. A son arrivée dans le lieu de culte proche de l’ambassade du Sénégal à Banjul, le président Barrow était accompagné de Mai Ahmad Fatty, leader de Gambian moral Congress (Gmc). La délégation présidentielle a été accueillie par l’imam ratib  Falou Diouf et Mame Sèye Ndiaye. L’ambassadeur du Sénégal à Banjul, Pr Saliou Ndiaye a prié côte à côte avec le président Adama Barrow. Dans son sermon, l’imam est revenu sur les qualités recherchées sur un bon musulman à savoir l’entraide, l’assistance mutuelle et le co-voisinage. Il a, par la suite, formulé des prières à l’endroit du président. Dans sa déclaration, Adama Barrow n’a pas manqué de remercier l’imam et le peuple gambien qui l’a élu. La plupart des leaders de l’opposition prient dans cette mosquée de Pipeline. Notamment le leader de l’United democraty Party (Udp), Useynu Darboe ainsi que d’autres opposants et même l’ancien président Dauda Kairaba Jawara. Adama Barrow a toutefois promis de faire le tour de l’ensemble des mosquées.
 
De nos envoyés spéciaux Ibrahima Khaliloullah Ndiaye, Maguette Ndong (textes) et Ndèye Seyni Samb (photos)

La police nationale,  grâce à une synergie d’actions de ses entités, a joué un rôle déterminant dans la gestion de la crise gambienne, tant du point de vue humanitaire que sécuritaire. Ainsi, grâce à des chiffres rendus publiques par la police,  on apprend que  du 1er au 22 janvier, les postes frontaliers de la Gambie ont enregistré un flux total estimé à  127. 910.

La police informe  que dans   la  gestion des flux  de refugiés gambiens et personnes déplacées,  111 agents ont été déployés dans les secteurs frontaliers de Karang, Keur Ayib, Kidira, Kounkané et Salikégné, dont 69 du Groupement mobile d’intervention (Gmi) et 42 de la Direction de la police de l’air et des frontières (Dpaf). Selon un communiqué publié, il s’agissait, pour les autorités policières, de renforcer le contrôle de l’immigration, la surveillance de la frontière, grâce à la multiplication des patrouilles. Il s’est également agi de veiller à la  coordination   des procédures,  en vue,  de faciliter le déplacement des individus, souhaitant se réfugier au Sénégal.

Concernant les patrouilles qui se sont déroulées dans la période du 13 au 22 janvier,  la police nationale informe que  près de 67  mouvements ont été effectués conjointement par le Gmi et la Dpaf, dans le ressort des secteurs frontaliers de Karang, Keur Ayib, Kidira, Salikégné et Koukané.  

127. 910 déplacées enregistrées
Le dispositif de patrouille a été renforcé par les brigades de patrouilles  frontalières à Sarayélli (secteur frontalier de Kidira) et Mandat-Douane (secteur frontalier de Kounkané). Toutefois, les autres postes frontières avec la Gambie (Séléty et Sénoba) ont également joué un rôle prépondérant notamment dans le domaine de la collecte du renseignement transfrontalier et de la gestion des réfugiés gambiens arrivés en grand nombre dans les régions septentrionales, précise le texte.

En effet, dès le déclenchement de la crise notée en Gambie, la Police nationale a renforcé ses positions aux postes frontières suivant les instructions de l’Inspecteur général Oumar Maal, directeur général de la Police nationale lequel.

Auparavant, l’Inspecteur général Oumar Maal avait entamé un périple sur toute la frange frontalière du Sénégal avec ses voisins comme la Gambie, la Guinée-Bissau et la République de Guinée afin d’entretenir ses hommes postés aux frontières, des mesures sécuritaires préventives à prendre. 

Borra Colley, ex-chef des tortionnaires de Jammeh arrêté
La Police sénégalaise confirme l’arrestation de Borra Colley, ancien directeur de la prison de Mile 2 et ancien chef des « jungulars », les tortionnaires du régime de Yahya Jammeh. Selon un communiqué publié, cette arrestation a eu lieu grâce au dispositif mis en place par la police dans les postes frontaliers. « Les contrôles ont permis, entre autres résultats,  l’arrestation, le 25 janvier,  du général gambien Borra Colley  par les policiers du poste frontalier  de contrôle de Mpack », souligne le texte. La police précise que Colley tentait de rejoindre la Guiné-Bissau. Il a été aussitôt mis à la disposition  du commandement du 5eme bataillon d’Infanterie de Ziguinchor, informe le communiqué. 

Oumar Ba

Suite à l’émission "Le Grand Rendez-vous" diffusée sur la chaîne de télévision 2STV du vendredi 20 janvier 2017, et où l’un des intervenants a tenu des propos «diffamatoires, violents, séditieux, encourageant la lutte armée des noirs en Mauritanie, contre le gouvernement et le peuple frère de Mauritanie», le gouvernement du Sénégal a déclaré avoir saisi le Cnra (conseil national de régulation de l'audiovisuel), afin de prononcer, sans délai, les sanctions prévues face à ces manquements graves.

Le document signé par le ministre porte-parole du gouvernement, Seydou Guèye, indique que le gouvernement du Sénégal exprime sa vive indignation, sa totale désapprobation et condamne avec la plus grande fermeté les contrevérités qui ont été dites et ces manquements graves, qu’il ne saurait tolérer encore moins cautionner. «En vertu des dispositions des articles 17, 26 à 29 de la loi 2006-04 du 04 janvier 2006 portant création du conseil national de régulation de l'audiovisuel (Cnra), et des articles 31 à 33 et 36 de la loi 96-04 du 22 février 1996 relative aux organes de communication sociale et aux professions de journaliste et de technicien, le gouvernement a saisi le Cnra afin de prononcer, sans délai, les sanctions prévues face à ces manquements graves», a dit le gouvernement. Ainsi, «le gouvernement voudrait rappeler à l'ensemble des organes de communication sociale et aux professionnels de l'information, la nécessaire réserve à observer sur les questions de coopération internationale, surtout quand il s’agit des rapports entre le Sénégal et les pays voisins, avec lesquels nous entretenons d’excellentes relations diplomatiques et de bon voisinage », ajoute le communiqué.

Dans ce sens, le gouvernement qui réaffirme son attachement aux principes de souveraineté des Etats, aux valeurs de paix, de concorde nationale, dit condamner tout acte ou apologie de violence dans le règlement des différends.

«Enfin, le gouvernement réitère son engagement indéfectible à traduire en actes concrets, la volonté commune des Chefs d’Etat, son Excellence, Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz et son Excellence, Monsieur Macky Sall, de renforcer les relations de coopération, de bon voisinage et de densifier les échanges à tous les niveaux, entre les deux pays, au bénéfice des peuples frères unis par des liens historiques très forts », conclut le document qui nous est parvenu. 

Amadou DIOP

Le général de division François Ndiaye, peut s’estimer heureux du déroulement, sans encombre, de sa mission après le retour, avant-hier, du président Barrow. Il revient, dans l’entretien qu’il nous a accordé, sur la Mission de la Communauté économiques des Etats de l’Afrique de l’Ouest en Gambie (Micega), mais aussi sur ses composantes, le volume des troupes. Et un éventuel affrontement avec les troupes de l’ancien président Jammeh qui ont été contraintes sans combat.

Mon général, comment se porte aujourd’hui la Mission de la Cedeao en Gambie (Micega) ?
 La Micega vient d’exécuter la première phase de sa lettre de mission qui consistait à créer les conditions sécuritaires permettant le retour du président élu, Adama Barrow. Ce retour hier (avant-hier) a été fait dans un environnement sécurisé. On peut même le qualifier de succès. Ce retour s’est fait dans de très bonnes conditions. Comme nous l’avions planifié. La Micega se porte au jour d’aujourd’hui très bien.
 
Quelles seront les prochaines étapes de votre mission après le retour du président Barrow ?
 La phase de déploiement et le retour du président ont déjà été assurés. Nous attendons maintenant le reliquat des contingents nigérian et ghanéen. Ces deux pays et le Sénégal avaient prévu de déployer un certain volume de forces. En ce qui concerne le Sénégal, cela est déjà fait et le volume prévu atteint. Le reliquat des forces nigérianes est à Thiès et sera déployé dans les prochains jours et nous pensons aussi qu’il en sera de même pour les Ghanéens. Du point de vue des troupes, nous avons ces trois pays qui sont les principaux fournisseurs. Mais nous avons des officiers de différents pays de la Cedeao.

Aussi, il faut rappeler que la Micega a trois composantes : terrestre, navale et aérienne. La composante aérienne est assurée par le Nigéria et le Sénégal. Nous disposons d’un patrouilleur de haute mer nigérian et de trois bâtiments navals sénégalais.
 
Les troupes de la Cedeao sont très visibles dans l’espace gambien aujourd’hui. Comment s’effectue votre déploiement ?
Nous avons procédé à un maillage sécuritaire du territoire : à l’est, vers le Combo (la zone périurbaine) et dans le Kanilaï. Notre poste de commandement étant installé à Bakau. L’objectif étant de nous faire voir partout et d’avoir un regard sur toute la Gambie.
 
Quels rapports ou relations entretenez-vous avec les forces gambiennes ?
Avant que nous n’entrions en Gambie, des éléments du commandement gambien nous ont signifié de leur volonté de ne pas combattre contre nous. Nous avons, par la suite, tenu des réunions avec les Forces de défense et de sécurité gambiennes pour voir ce que nous pourrons faire ensemble en termes d’échanges d’informations, d’officiers de liaison, de patrouilles mixtes… Mais tout cela devra être mieux défini avec la nomination de nouveaux chefs militaires et paramilitaires par les nouvelles autorités.  Nous avons trouvé les forces gambiennes très coopératives et elles ne nous ont manifesté aucune opposition.
 
La Micega n’envisage-t-elle pas un volet formation à l’endroit des forces gambiennes ?
Il est possible d’envisager la formation qui n’est pas envisagée pour le moment dans le mandat que nous avons reçu. Si l’on se limite au mandat, il ne s’agit que de créer les conditions permettant l’exercice effectif du pouvoir par le président Barrow,  d’assurer la sécurité des populations et des leaders politiques. Nous allons donc l’accompagner pour un certain temps. Maintenant, si la Cedeao décide de transformer la Mission, nous ne ferons que nous conformer.
 
Certains regrettent qu’il n’y ait pas eu d’affrontement contre le président Jammeh tandis que d’autres se réjouissent de la tournure des choses. Vous parliez de « contraindre sans combattre ». Pouvez-vous revenir là-dessus ?
Nous avons quelque part procédé à ce que les Anglais appellent le « Show of force ». Il s’agissait de montrer que nous avions les capacités pour exécuter la Mission, à nous, confiée. Nous pouvions pénétrer sans encombre sur le territoire gambien. Ce qui a été fait. Dès que nous avons massé nos troupes aux frontières, le système de renseignement très alerte gambien a compris et fait remonter l’information sur notre puissance de feu et d’hommes hyper-armés et entraînés qui allaient débarquer.
On peut donc contraindre l’ennemi sans combattre comme le dit Sun Tzu. Mais il faut savoir que nous étions prêts à l’affrontement et préparés à en découdre avec l’ancien président dont le départ était indispensable pour l’exécution de notre mission.
 
Il se dit que la Micega va encore rester pour les six prochains mois. Pouvez-vous confirmer ou infirmer l’information ?
Nous avons appris dans la presse que nous devrions rester six mois, selon la volonté du président Barrow, sans avoir été saisis de la question. Notre départ ou la continuité de la Mission n’est pas de notre ressort. Cela dépend de la Cedeao et du pays hôte. Il est évident qu’il y aura des évaluations périodiques et tout sera décidé dans l’intérêt du pays.

De nos envoyés spéciaux Ibrahima Khaliloullah Ndiaye, Maguette Ndong (textes) et Ndèye Seyni Samb (photos)

Les élections législatives de 2017 se tiendront le dimanche 30 juillet 2017. C’est ce qu’indique le décret présidentiel n° 2017-171, portant fixation de la date des prochaines élections législatives signé par le président de la République. D’après ledit décret en date du 27 janvier 2017 (hier), le président de la République, en application de l’article 355 de la loi 2017-12 du 18 janvier 2017, portant code électoral, a décrété le 30 juillet 2017, la date des prochaines élections législatives. Le document officiel précise, en outre, que le ministre chargé des élections, le ministre chargé des affaires étrangères et le ministre de l’économie et des finances sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent décret qui sera publié au journal officiel. 

Amadou DIOP

La capitale éthiopienne, Addis-Abeba, est fin prête pour accueillir le 28ème Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement qui se tient les 30 et 31 janvier. Parmi les chefs d’Etat qui ont confirmé leur participation, le président Macky Sall, attendu ce matin. Le thème du 28ème sommet des chefs d’Etat qui débute, lundi, sera consacré à la question stratégique du dividende démographique.

C’est une rencontre des dirigeants africains très attendue à Addis-Abeba fin prête car ayant déjà fait peau neuve pour la circonstance. Des travaux sont effectués toute la nuit, dans les grandes artères de la ville où les techniciens des services des travaux publics s’affairent sur les derniers réglages. C’est pour éviter de créer des désagréments aux populations que ces travaux sont effectués jusque tard dans la soirée. Toute la ville est pavoisée aux couleurs nationales des pays représentants des 54 délégations du continent. Les hôtels et centres d’hébergement ont presque fait le plein tandis que les véhicules utilitaires et chauffeurs de taxis sont heureux d’accueillir les nombreux étrangers. Les services de sécurité quadrillent tout Addis-Abéba et sont postés aux points stratégiques de la ville et devant les hôtels où les fouilles sont automatiques.

Ce 28ème sommet des chefs d’Etat et de gouvernement qui verra le retour du Royaume du Maroc sera aussi marqué par l’élection du nouveau président de la Commission de l’Union africaine (Ua). Parmi les candidats en lice, il y a notre compatriote, le professeur Abdoulaye Bathily, ancien ministre et ancien représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies au Mali puis en Afrique centrale.

Le Sénégal qui parraine la candidature du Pr Abdoulaye Bathily a envoyé une forte délégation conduite par le chef de l’Etat, le président Macky Sall, attendu aujourd’hui à Addis-Abeba. Le président Macky Sall qui participera à la réunion du Comité du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad), en sa qualité de président, a été précédé par le ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, Mankeur Ndiaye qui prendra part à la réunion ministérielle en compagnie de notre nouvel ambassadeur en Ethiopie et à l’Union africaine, Baye Moctar Diop. Plusieurs ministres, anciens diplomates et hauts fonctionnaires de l’Etat du Sénégal sont aussi annoncés à Addis-Abeba. Il y a moins de quinze ans, l’Ua a été mise sur pied pour remplacer la défunte Organisation de l’union africaine (Oua). C’était  en 2002, à Lusaka dans la capitale Zambienne. Les anciens présidents du Nigéria, Olusegun Obasanjo, Thabo Mbeki de l’Afrique du Sud et  feu Mouammar Kadhafi de la Libye s’étaient engagés pour la mise en place de la nouvelle institution. Ils ont beaucoup œuvré pour que cette nouvelle organisation soit plus efficace pour promouvoir la démocratie, les droits de l’homme et la bonne gouvernance. Le dernier sommet de janvier dernier n’avait pas permis d’élire un nouveau président. Mme Zuma avait donc continué son mandat. Ce sommet doit élire son ou sa remplaçante. Ce sommet sera aussi une occasion, pour renouveler certains postes de commissaires à l’Ua. Les tractations se font dans les couloirs du siège. Demain, dimanche, à l’initiative de l’Unfpa, un déjeuner de travail aura lieu entre les chefs d’Etat et de gouvernement, et le nouveau Secrétaire général des Nations unies, Antonio Gutteres sur les priorités du continent.

Correspondance particulière
d’El H. Abdoulaye THIAM

Le premier président de la Cour suprême est favorable à une indépendance de la magistrature synonyme d’une soumission à l’autorité de loi. Selon Mamadou Badio Camara, indépendance de la justice ne signifie pas « faire ce que l’on veut ». Il s'est exprimé lors de la rentrée des Cours et tribunaux.

« L’indépendance de la justice, qui nous est si chère, ne peut être assimilée à une autorisation de faire ce que l’on veut. Elle est définie dans la Constitution qui proclame que les juges ne sont soumis qu’à l’autorité de la loi : l’indépendance du juge, c’est donc la soumission à la loi, rien que la loi et toute la loi ». C’est en ces termes que Mamadou Badio Camara a attaqué la brûlante question de l’indépendance de la magistrature.

Poursuivant, il a relevé que cette indépendance « n’est pas un privilège ou une faveur accordée aux juges dans leur intérêt personnel ou pour leur confort: c’est une garantie de respect de la loi et des droits de l’homme, par une application impartiale du droit ». Selon le premier président de la Cour suprême du Sénégal, le fait d’adopter des comportements contraires à la loi pourrait nuire à la crédibilité de la Justice, à sa capacité à faire face à ses missions, en toute indépendance, c'est-à-dire conformément à la loi. « Il importe aussi de souligner que, face au principe d’indépendance, il y a le principe de la responsabilité qui commande qu’au fur et à mesure que s’accroit l’importance du pouvoir judiciaire en démocratie, grandit également la nécessité, pour les magistrats, de répondre de leurs comportements », a prévenu le magistrat.

Appuyant son propos, M. Camara a souligné qu’en matière disciplinaire notamment, la responsabilité du magistrat peut être engagée pour manquement à l’honneur, à la délicatesse, à la dignité et, en définitive, à l’obligation de réserve qu’imposent les fonctions. « En vérité, avoir la responsabilité d’appliquer la loi, au nom du Peuple, de juger ses semblables, de disposer de leur liberté et de leurs biens, doit être considéré comme un sacerdoce, qui n’a pas de prix ! », a rappelé le président de la Cour suprême. Pour lui, les indemnités qui sont allouées aux magistrats, et qui ont « fait couler beaucoup d’encre et de salive », constituent une contrepartie des obligations particulières qui leur incombent, en vertu de la loi. « C’est pourquoi, nous sommes au rejet de l’affirmation selon laquelle les magistrats sont « les enfants gâtés de la République », mais il ne faut pas en rajouter en donnant l’impression d’agiter le chiffon rouge d’un gouvernement des juges, qui ne saurait prospérer dans une démocratie : l’Exécutif a l’initiative des projets de loi, le Législatif a l’initiative des propositions de loi et du vote des lois, le Judiciaire applique les lois. L’État de droit a pour fondement le respect de la séparation des pouvoirs », a précisé Mamadou Badio Camara.

Par Amadou DIOP et Ndiol Maka SECK
et Ameth SECK : Primature (photos)

« La mission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest en Gambie a décidé de procéder à une réduction progressive du volume des forces déployées sur le théâtre des opérations », informe un communiqué signé par François Ndiaye, le général qui commande les forces de la Cedeao impliquées dans la crise gambienne. « En effet, après le retour en Gambie du président, Adama Barrow, précédé d’une visite du Commandant de la force sur les points stratégiques du pays, une appréciation positive de la situation sécuritaire en Gambie a rendu cette action possible », a ajouté le texte.

Le texte précise que « cette réduction du volume des forces concerne essentiellement la composante terrestre ». Néanmoins, a poursuivi le texte, « celle aériennes et navales sont affectées à des degrés moindres ».

Selon François Ndiaye, « l’objectif de ce réaménagement est de permettre de mieux prendre en compte les réalisations des conditions requises pour l’exercice effectif du pouvoir par Adama Barrow ».

La Cedeao avait annoncé avoir mobilisé 7.000 hommes pour déloger Jammeh. Alain Marcel De Souza, président de la commission de la Cedeao, avait indiqué que seuls 4.000 hommes étaient pour le moment impliqués dans les opérations sur le terrain.

B. DIONE

L’arrivée d’Adama Barrow, hier, en Gambie s’est déroulée sous une forte sécurité. La Cedeao n’a pas lésiné sur les moyens pour que cet accueil du nouveau président gambien se passe dans de bonnes conditions. Déjà en début d’après-midi, les chars et véhicules blindés de l’armée sénégalaise ont été déployés dans les grandes artères et axes principaux qui mènent au Gambian international airport.

La présence des militaires sénégalais de la Cedeao est partout visible en ville. Sans compter les éléments déployés à l’intérieur de l’aéroport. Dès que l’aéronef qui a amené Barrow s’est posé sur le tarmac, un hélicoptère a survolé l’espace aérien de l’aéroport en effectuant plusieurs tours circulaires. Le tout sous les vivats des Gambiens venus à l’accueil de leur président.
Quelques minutes plus tard, un autre avion militaire déchire le ciel en effectuant plusieurs rotations en trombe. Les militaires entendent marquer leur territoire. Pendant ce temps, Adama Barrow recevait les honneurs de son armée et échangeait des poignées de mains avec les nombreux officiels venus à son accueil. A sa sortie de l’aéroport aussi, le nouveau président gambien est escorté par les tireurs d’élite et les blindés de l’armée sénégalaise. Le travail de celle-ci est fortement apprécié par les Gambiens, à l’unanimité.

De nos envoyés spéciaux Ibrahima Khaliloullah NDIAYE
et Maguette Ndong (textes)

Une campagne de sensibilisation pour pousser les populations de la commune de Fatick et celles du département à s’inscrire sur les listes électorales est entamée, depuis quelques semaines, par Me Boubacar Diallo, responsable de l’Apr.

Me Boubacar Diallo a organisé un vaste rassemblement au croisement Tp de Fatick, son fief, pour exhorter les populations à aller s’inscrire auprès des commissions administratives d’inscription afin que l’objectif d’atteindre 25.000 inscrits dans la commune de Fatick soit atteint. Il a signalé que dans la commune de Fatick, le chiffre de 10.000 inscrits a été atteint. Ce rassemblement de l’Apr a été rehaussé par la présence de nombreux responsables notamment Omar Sène, président du conseil départemental, Boubacar Siguini Sy, conseiller-spécial du président de la République en matière d’éducation, Mme le député Aïda Diouf, Mme Aïda Diouf, haut-conseillère des collectivités territoriales, Issakha Dieng, 2e adjoint au maire et des responsables de la coalition « Bennoo Bokk Yaakaar ».

Visiblement satisfait de la mobilisation, Me Bouba Diallo a remercié les responsables et les militants. Il a mis l’accent sur l’importance de la carte d’identité biométrique. Selon Me Diallo, ce sésame permet à chaque citoyen détenteur de voter, de voyager dans l’espace Cedeao et de régler des actes juridiques et autres. Dans le département de Fatick, l’objectif est également d’avoir le maximum d’inscrits pour offrir au président de la République, Macky Sall, une écrasante majorité à l’Assemblée nationale en 2017et le réélire pour un second mandat au premier tour de la présidentielle de 2017. Le responsable de l’Apr espère que cet objectif sera atteint. A cette occasion, il a invité les autres responsables à taire leurs querelles et à se mobiliser autour de l’essentiel pour travailler dans l’unité et la concorde pour l’atteinte des objectifs. « L’essentiel, c’est le président de la République. C’est une compétition pour donner la majorité au président de la République à l’Assemblée nationale et le réélire en 2019 au premier tour », a-t-il conclu.

Oumar Ngatty BA

Réunie, hier, sous la présidence du secrétaire national chargé des relations extérieures, la Ligue démocratique (Ld) est revenue sur les événements politiques en cours en Gambie. Dans un communiqué, la Ld s’est félicitée du dénouement pacifique de la crise post électorale « qui a prévalu, des semaines durant, dans ce pays soumis, pendant 22 longues années, à la dictature de Yahya Jammeh ».

Elle a salué les initiatives et les actions du président de la République et de l’ensemble des chefs d’Etat des pays de la Cedeao dont la « promptitude et la fermeté ont permis de parachever la victoire des forces démocratiques sur le régime de Yahya Jammeh qui a tenté vainement de confisquer la volonté librement exprimée du peuple souverain gambien d’élire Monsieur Adama Barrow à la présidence de la République gambienne ».

Le Secrétariat permanent de la Ligue démocratique estime « qu’il est impératif de déclencher les procédures judiciaires appropriées pour traduire Yahya Jammeh devant les juridictions compétentes pour tous les assassinats et les crimes économiques dont il a été l’instigateur durant tout son règne. »

I. BA

Le président de la République de Gambie, Adama Barrow, est rentré hier en Gambie. Une foule immense est venue à son accueil, lui témoignant toute sa fierté. L’aéroport de Yundum a été sécurisé par les forces de la Cedeao. Elles étaient les seules à détenir des armes.

Annoncé à 16 heures, le président gambien, Adama Barrow, a atterri hier, à Banjul, à 17 heures. Venu à bord d’un petit aéronef portant les couleurs du Sénégal, sa terre d’accueil de ces derniers jours, le président a trouvé une foule immense qui avait envahi le tarmac de l’aéroport de Yundum, distant de 18 km de Banjul. Triées sur le volet, ces personnes constituaient pour la plupart des officiels, membres de sa coalition politique, des diplomates, de journalistes. Le commandant de la Mission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest en Gambie (Micega), le général de division François Ndiaye était bien là, entouré de ses hommes provenant d’autres pays ouest-africains. Mais aussi du patron de l’Armée gambienne et d’autres gradés.

Chars, armement lourd, pick-up, militaires en tenue de combat, la mine très sévère… Rien n’était laissé au hasard pour sécuriser les lieux. Une évidence : seuls les militaires de la Cedeao étaient armés. Tous les membres des Forces de défense et de sécurité gambiennes (armée, police, douane…), pourtant nombreux sur les lieux, étaient désarmés sur le tarmac de l’aéroport. La sécurité n’était pas prise à la légère et un hélicoptère était en rotation permanente. Il est rejoint par deux chasseurs nigérians, opérant pour la Micega. Volant à basse altitude, les pilotes de ces chasseurs se plaisaient à des tours acrobatiques les plus variés, provoquant une peur au début, mais assurant un spectacle digne des belles parades militaires. Certains se plaisant à rappeler que ce sont les numéros de ces chasseurs qui ont donné la trouille de sa vie au président Jammeh qui s’est décidé à partir.

Imposant cordon sécuritaire
Barrow retour 2Le président Barrow pouvait débarquer sur un aéroport sécurisé, accompagné d’une légère délégation. Tout de blanc vêtu, un boubou bien amidonné et assorti d’un joli couvre-chef, le président Adama Barrow est accueilli par sa vice-présidente dont l’arrivée quelques minutes plutôt avait ragaillardi les nombreuses personnes qui bravaient, dès les premières heures de l’après-midi, le chaud soleil de Yundum. Le représentant spécial du Secrétaire général des Nations-Unies en Afrique de l’Ouest, Mohamed Ibn Chambas, était aussi à l’accueil. Le président Barrow a dû user de patience pour serrer, plus d’un quart durant et sous haute protection des militaires de la Cedeao, les mains de nombreuses personnes venues à l’accueil. Il était surtout envahi par les photographes et les cameramen qui voulaient immortaliser le moment historique malgré l’imposant cordon sécuritaire des soldats et des garde-corps qui se formait au gré de sa marche. L’amateurisme se lisait dans le déploiement du dispositif. Mais aussi du fait d’une absence de respect à témoigner à la première institution pour toutes ces nombreuses personnes qui rompaient les rangs une fois qu’elle leur serrait la main. Qu’importe ! L’essentiel étant le retour du président que saluaient toutes ces populations venues de très loin, arborant des t-shirts à son effigie ou avec le célèbre slogan « Gambia has decided ». Le tapis rouge était piétiné et envahi au gré de la marche du président qui arborait un large sourire à toute épreuve. Il arrivait finalement à l’estrade présidentielle et pouvait maintenant, en face des Forces armées, écouter entonner l’hymne national et se faire présenter les honneurs. Il continuait à serrer les mains après sa revue des troupes.

Plus d’une quarantaine minutes après son arrivée, il pouvait quitter le tarmac ou il n’y avait que deux appareils. Des chars pré-positionnés ouvrent la voie au véhicule 4 X 4 dans lequel s’engouffre le président. Il s’empresse vite de se mettre debout sur le décapotable et de répondre aux cris de joie de l’immense foule qui s’était aussi massée sur les murs et grilles de l’aéroport. Mains levées, baisers de ses mains… le président répondait aux « Barrow, Barrow… ». La soirée s’annonçait longue et plus d’une heure après sa sortie de l’aéroport, le cortège du président n’avait pu parcourir un kilomètre. Les autres véhicules suivaient le convoi alors que les dernières lueurs de ce jeudi avaient disparu. Il nous faudra quatre tours d’horloge pour parcourir les deux kilomètres qui séparent la route de l’aéroport et le Brikama road. Le mot d’ordre semblait être de raccompagner le président jusqu’à son domicile. Une longue nuit en perspective dans les différentes villes où du pays ou de petites fêtes ont été improvisées pour saluer le retour du président Barrow.

De nos envoyés spéciaux Ibrahima Khaliloullah NDIAYE
et Maguette Ndong (textes), Ndèye Seyni Samb (photos)

MOHAMED IBN CHAMBAS, REPRESENTANT DU SG DES NATIONS-UNIES : « TRAVAILLER À L’INSTAURATION D’UNEDÉMOCRATIE VÉRITABLE »
Ibn Chambas Dkr« Nous assistons aujourd’hui à un évènement historique avec le retour du président Barrow. Tous les Gambiens sont heureux, dans une merveilleuse atmosphère, d’accueillir leur président. Pour la Cedeao tout comme les Nations-Unies, nous sommes heureux également de ce retour qui marque une nouveau départ pour la Gambie. Nous sommes fiers d’être arrivés à ce résultat, à savoir le retour en toute liberté du président. L’urgence est aujourd’hui de travailler à l’instauration d’une démocratie véritable, à la réconciliation des fils de la Gambie et à la reconstruction. Les Nations-Unies sont prêtes à continuer le travail et à accompagner la Gambie pour sa stabilisation ».

ACCUEIL : LES TROUPES SÉNÉGALAISES DE LA CEDEAO ASSURENT LE MAINTIEN DE L'ORDRE
L’arrivée d’Adama Barrow, hier, en Gambie s’est déroulée sous une forte sécurité. La Cedeao n’a pas lésiné sur les moyens pour que cet accueil du nouveau président gambien se passe dans de bonnes conditions. Déjà en début d’après-midi, les chars et véhicules blindés de l’armée sénégalaise ont été déployés dans les grandes artères et axes principaux qui mènent au Gambian international airport.

La présence des militaires sénégalais de la Cedeao est partout visible en ville. Sans compter les éléments déployés à l’intérieur de l’aéroport. Dès que l’aéronef qui a amené Barrow s’est posé sur le tarmac, un hélicoptère a survolé l’espace aérien de l’aéroport en effectuant plusieurs tours circulaires. Le tout sous les vivats des Gambiens venus à l’accueil de leur président.

Quelques minutes plus tard, un autre avion militaire déchire le ciel en effectuant plusieurs rotations en trombe. Les militaires entendent marquer leur territoire. Pendant ce temps, Adama Barrow recevait les honneurs de son armée et échangeait des poignées de mains avec les nombreux officiels venus à son accueil. A sa sortie de l’aéroport aussi, le nouveau président gambien est escorté par les tireurs d’élite et les blindés de l’armée sénégalaise. Le travail de celle-ci est fortement apprécié par les Gambiens, à l’unanimité.

De nos envoyés spéciaux Ibrahima Khaliloullah NDIAYE
et Maguette Ndong (textes), Ndèye Seyni Samb (photos)

LA CEDEAO ANNONCE LA RÉDUCTION DE SES TROUPES EN GAMBIE
« La mission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest en Gambie a décidé de procéder à une réduction progressive du volume des forces déployées sur le théâtre des opérations », informe un communiqué signé par François Ndiaye, le général qui commande les forces de la Cedeao impliquées dans la crise gambienne. « En effet, après le retour en Gambie du président, Adama Barrow, précédé d’une visite du Commandant de la force sur les points stratégiques du pays, une appréciation positive de la situation sécuritaire en Gambie a rendu cette action possible », a ajouté le texte.

Le texte précise que « cette réduction du volume des forces concerne essentiellement la composante terrestre ». Néanmoins, a poursuivi le texte, « celle aériennes et navales sont affectées à des degrés moindres ».

Selon François Ndiaye, « l’objectif de ce réaménagement est de permettre de mieux prendre en compte les réalisations des conditions requises pour l’exercice effectif du pouvoir par Adama Barrow ».

La Cedeao avait annoncé avoir mobilisé 7.000 hommes pour déloger Jammeh. Alain Marcel De Souza, président de la commission de la Cedeao, avait indiqué que seuls 4.000 hommes étaient pour le moment impliqués dans les opérations sur le terrain.

B. DIONE

Le président de la République Macky Sall a présidé, hier, la rentrée solennelle des Cours et tribunaux. Macky Sall a indiqué que la modernisation de la justice constitutionnelle est devenue une réalité avec l’adoption des lois organiques relatives au Conseil constitutionnel.

«Moderniser la justice en renforçant ses moyens, sa proximité avec les justiciables, son indépendance et sa capacité à garantir l’Etat de droit sont au cœur de ma gouvernance. Voila pourquoi mon gouvernement a engagé des réformes qui étaient attendues », a déclaré le président de la République, Macky Sall qui a présidé, hier, la rentrée solennelle des cours et tribunaux sur le thème : les nouveaux droits dans la Constitution du Sénégal. Il a rappelé que ces réformes portent sur le Conseil constitutionnel, la Cour des comptes, le statut des magistrats, la Cour suprême, le conseil supérieur de la magistrature.

« La modernisation de la justice constitutionnelle est devenue une réalité avec l’adoption de nos lois organiques relatives au Conseil constitutionnel », a dit le chef de l’Etat qui a salué l’engagement de la magistrature et du parlement à apporter leur concours à ce dynamisme.

Se prononçant sur les préoccupations du bâtonnier qui concernent la revalorisation des fonds de l’assistance judicaire, la régionalisation des fonds…, le président Sall a indiqué que cette problématique est « une préoccupation majeure au cœur des combats de son gouvernement. « Le besoin de justice est le même, le service public de la justice doit être partout accessible et de qualité. Nous constatons que les avocats, pour l’essentiel, exercent tous à Dakar qui concentre l’essentiel de l’activité économique du pays. Il faut trouver des pistes de solution pour permettre l’installation d’une profession libérale en zone périurbaine ou rurale dans les zones économiquement fragiles», a-t-il affirmé. La réalisation de ce souhait passe par une incitation fiscale, l’exonération de certains impôts et taxes ou l’exonération des droits de mutation pour l’attribution de locaux, ou de développement de prime à l’embauche.

S’agissant de la présence d’avocats lors des gardes à vue, dans les commissariats de police et les brigades de gendarmerie, le président Sall a indiqué qu’il s’agit d’engagement librement signé par l’Etat du Sénégal et directement applicable.

«J’avoue que je suis de plus en plus très sensible à cette requête, mais je vois deux contraintes majeures. Contrainte majeure dans la mise en ouvre effective et immédiate de cette mesure. Il y a une deuxième contrainte, elle est budgétaire. La troisième contrainte est dans l’effectivité de la mesure dans des zones où il n’y a aucun avocat. Il nous faut impérativement, pour les questions de défense nationale, prévoir une dérogation pour les affaires terroristes…», a-t-il renchéri, en rappelant que les innovations apportées par la réforme constitutionnelle adoptée par voie référendaire, le 20 mars 2016 porte essentiellement sur les droits fondamentaux. Il a souligné que les promesses de la réforme sont en train d’être réalisées. Pour Macky Sall, avec l’institution du haut conseil des collectivités territoriales, le Sénégal dispose désormais d’un organe consultatif ayant pour vocation d’améliorer la gouvernance territoriale et le renforcement de la démocratie participative. «Les dispositions relatives au statut, au mode d’élection, à la durée et au nombre de mandat du président de la République sont devenues intangible. Le nouveau code électoral consacre la participation des candidats indépendants à tous les types d’élection », a-t-il rappelé.

D’après le président Sall, grâce à la nouvelle disposition de la Constitution qui rend obligatoire le contrôle de constitutionnalité des lois organiques, le Conseil constitutionnel a, en quelques mois seulement, exercé son contrôle sur plusieurs lois organiques dont celles relatives au pouvoir judiciaire. L’exercice de ce contrôle, a-t-il poursuivi, a permis, dans certains cas, l’amélioration de la qualité desdites lois qui viennent d’être promulguées. «Assurément, la sécurité juridique s’en trouve renforcée.

La juridiction constitutionnelle peut ainsi mieux assumer sa mission de régulation de l’Etat de droit. Dans le même sillage, l’Assemblée nationale a adopté un nouveau code minier qui vise à installer un environnement favorable à une exploitation optimale de nos ressources profitable à toutes les parties prenantes. Aussi, la révision constitutionnelle issue du référendum 20 mars 2016, consacre de nouveaux droits qui nous protègent davantage », a-t-il dit.

Par Amadou DIOP et Ndiol Maka SECK
et Ameth SECK : Primature (photos)

PRÉSERVER LES INTÉRÊTS DES FUTURES GÉNÉRATIONS
Macky Sall a expliqué que les nouveaux droits consacrés dans le préambule de la Constitution sont désormais expressément mentionnés dans notre droit fondamental. «Il s’agit des droits du citoyen à un environnement sain, du droit sur les ressources naturelles, sur notre patrimoine foncier… La réforme de 2016 a consacré formellement son caractère de droit fondamental.

C’est la traduction de notre engagement à préserver les intérêts des générations actuelles et futures. La nouvelle Constitution fait ainsi de l’évaluation environnementale, une exigence, un instrument de précaution et de prévention des risques environnementaux», a dit Macky Sall. Pour le chef de l’Etat, c’est compte tenu de tous ces enjeux et soucieux de contribuer à sauvegarder la planète que le Sénégal a opté résolument, pour le mix énergétique avec la promotion des énergies propres renouvelables. «La reconnaissance du peuple sénégalais du droit à ces ressources naturelles s’est enrichie et inspirée d’une prescription que l’on retrouve dans certains textes internationaux. Nous avons inscrit ce droit dans notre Constitution pour faire de l’exploitation des ressources naturelles un facteur d’accélération de la transformation qualitative de notre pays », a-t-il précisé.

UN PROJET DE LOI SUR LE PÉTROLE ET LE GAZ ANNONCÉ
Le président de la République a annoncé, dans un avenir proche, son souhait d’un projet de loi sur une gestion future du pétrole et du gaz, selon une clé de répartition qui préserve l’intérêt des générations futures et qui va s’inspirer des meilleures pratiques dans le monde.

Le président a dit accorder une importance particulière à la bonne gouvernance et à la transparence dans la gestion des ressources publiques. « Le comité d’orientation stratégique du pétrole et du gaz a pour finalité de favoriser l’exploitation optimale de nos ressources pétrolières et gazières », a-t-il rappelé. « Sa création traduit ma volonté d’assurer une gestion responsable et durable de nos ressources pétrolières et gazières en mettant l’accent sur une répartition équitable des revenues entre les générations actuelles et futures», a fait comprendre le président de la République », a laissé entendre le chef de l’Etat.

Pour le président Sall, la réforme de mars 2016 a permis une consolidation de la démocratie et de l’Etat de droit. «Il convient de rappeler que pour assurer l’effectivité de ces droits, l’Etat continuera de veiller à la participation des citoyens au processus démocratique et au processus de développement. Il nous faut prendre des initiatives appropriées pour la promotion de ces droits. A ce sujet, la contribution des partis politiques qui ont dorénavant l’obligation d’assurer une mission de formation aux citoyens est fortement attendue », a-t-il souligné.

MAMADOU BADIO CAMARA, PREMIER PRÉSIDENT DE LA COUR SUPRÊME : « L’INDÉPENDANCE DU JUGE, C’EST DONC LA SOUMISSION À LA LOI »
Mamadou B Camara C supLe premier président de la Cour suprême est favorable à une indépendance de la magistrature synonyme d’une soumission à l’autorité de loi. Selon Mamadou Badio Camara, indépendance de la justice ne signifie pas « faire ce que l’on veut ».

« L’indépendance de la justice, qui nous est si chère, ne peut être assimilée à une autorisation de faire ce que l’on veut. Elle est définie dans la Constitution qui proclame que les juges ne sont soumis qu’à l’autorité de la loi : l’indépendance du juge, c’est donc la soumission à la loi, rien que la loi et toute la loi ». C’est en ces termes que Mamadou Badio Camara a attaqué la brûlante question de l’indépendance de la magistrature.

Poursuivant, il a relevé que cette indépendance « n’est pas un privilège ou une faveur accordée aux juges dans leur intérêt personnel ou pour leur confort: c’est une garantie de respect de la loi et des droits de l’homme, par une application impartiale du droit ». Selon le premier président de la Cour suprême du Sénégal, le fait d’adopter des comportements contraires à la loi pourrait nuire à la crédibilité de la Justice, à sa capacité à faire face à ses missions, en toute indépendance, c'est-à-dire conformément à la loi. « Il importe aussi de souligner que, face au principe d’indépendance, il y a le principe de la responsabilité qui commande qu’au fur et à mesure que s’accroit l’importance du pouvoir judiciaire en démocratie, grandit également la nécessité, pour les magistrats, de répondre de leurs comportements », a prévenu le magistrat.

Appuyant son propos, M. Camara a souligné qu’en matière disciplinaire notamment, la responsabilité du magistrat peut être engagée pour manquement à l’honneur, à la délicatesse, à la dignité et, en définitive, à l’obligation de réserve qu’imposent les fonctions. « En vérité, avoir la responsabilité d’appliquer la loi, au nom du Peuple, de juger ses semblables, de disposer de leur liberté et de leurs biens, doit être considéré comme un sacerdoce, qui n’a pas de prix ! », a rappelé le président de la Cour suprême. Pour lui, les indemnités qui sont allouées aux magistrats, et qui ont « fait couler beaucoup d’encre et de salive », constituent une contrepartie des obligations particulières qui leur incombent, en vertu de la loi. « C’est pourquoi, nous sommes au rejet de l’affirmation selon laquelle les magistrats sont « les enfants gâtés de la République », mais il ne faut pas en rajouter en donnant l’impression d’agiter le chiffon rouge d’un gouvernement des juges, qui ne saurait prospérer dans une démocratie : l’Exécutif a l’initiative des projets de loi, le Législatif a l’initiative des propositions de loi et du vote des lois, le Judiciaire applique les lois. L’État de droit a pour fondement le respect de la séparation des pouvoirs », a précisé Mamadou Badio Camara.

Par Amadou DIOP et Ndiol Maka SECK
et Ameth SECK : Primature (photos)

CHEIKH TIDIANE COULIBALY, PROCUREUR GENERAL : « CONCRÉTISER LES DROITS RECONNUS AUX CITOYENS »
C T Coulibaly procPour le procureur général près la Cour suprême, les trois piliers de l’effectivité des droits fondamentaux sont : les citoyens, les pouvoirs publics et les juges.

Le procureur général près la Cour suprême s’est attelé, hier, à intervenir sur la problématique de l’effectivité des nouveaux droits après l’introduction du thème par Mme Fatou Faye Lecor Diop, substitut général près la Cour d’appel de Dakar. Selon Cheikh Ahmed Tidiane Coulibaly, la concrétisation ou l’effectivité des droits fondamentaux repose sur trois piliers : l’intérêt du ou des citoyens, la volonté des pouvoirs publics et l’intervention du juge. Auparavant, le juge a mentionné que la concrétisation des droits peut certes se faire par des voies non juridictionnelles, notamment par la saisine d’autorités administratives indépendantes, commissions et comités, mais comme l’a dit Jean Louis Berguel « le juge est l’instrument principal de l’effectivité du droit positif ». Il est, dès lors, tout naturel, a-t-il ajouté, qu’il soit le garant attitré des droits et libertés fondamentaux. « Mais, il appartient aux pouvoirs publics de prendre les dispositions nécessaires en vue de concrétiser les droits reconnus aux citoyens notamment par la mise en œuvre de dispositions législatives et réglementaires qui permettent l’exercice et la jouissance de ces droits, ou leur invocation lorsqu’ils ne sont pas formulés en termes suffisamment clairs qui permettent leur application directe », a soutenu M. Coulibaly. A l’en croire, il appartient surtout aux titulaires des droits de saisir le juge lorsque ceux-ci ont été froissés ou méconnus mais aussi de respecter leurs devoirs. Pour Cheikh Ahmed Tidiane Coulibaly, « l’exercice de notre belle mission régulatrice emporte bien évidemment, pour nous, des responsabilités majeures, d’intelligence du droit et d’investissement personnel, mais aussi le respect des principes d’indépendance et de neutralité ». Aussi, a-t-il ajouté, « pour que la justice reste et demeure une justice en majesté, nous devons être en capacité de défier l’évolution de notre environnement politique, social et répondre aux enjeux contemporains auxquels notre institution doit faire face et éviter ainsi de fossiliser notre temple ».

445 AFFAIRES JUGÉES EN 2016
Dans son précédent exercice, conformément à ses standards de traitement définitif des dossiers dans le délai d’un an à compter de sa saisine, la Cour suprême, toutes chambres confondues, a jugé 445 affaires. Ce bilan a été fait par Cheikh Ahmed Tidiane Coulibaly, procureur général près la Cour suprême. Selon lui, l’audience solennelle est l’occasion d’exaltation ou de complainte.

Par Amadou DIOP et Ndiol Maka SECK
et Ameth SECK : Primature (photos)
 
SIX PROJETS DE LOI ET TROIS PROJETS DE DÉCRET EXAMINÉS EN 2016
Six projets de loi et trois projets de décret ont été soumis, en 2016, à la Cour suprême pour examen par le gouvernement, « conformément à une tradition Républicaine ». Et parmi ces projets, le seul qui a fait l’objet de réserves de la juridiction suprême a été retiré. C’est en ces termes que le président de la Cour suprême a salué l’esprit de collaboration qui existe entre le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire.

Selon Mamadou Badio Camara, s’agissant de leur compétence en matière consultative, le gouvernement, en application des instructions du chef de l’État, saisit, chaque fois que de besoin, la Cour suprême de demandes d’avis sur des projets de lois ou de décrets. « Sur le registre de notre mission de développement de l’accès au droit, la Cour a initié une série de rencontres, d’abord, avec les juges du fond du Sénégal sur les techniques de cassation puis avec les collègues français, dans la convention de jumelage et de coopération avec la Cour de cassation et le Conseil d’État français, pour échanger sur la motivation enrichie, une méthode de rédaction pour rendre plus accessible et plus intelligible nos décisions, dont le style lapidaire est souvent déploré », a laissé entendre le président de la Cour suprême . A l’en croire, lui et ses collègues ont aussi réfléchi sur l’office du juge administratif, le rôle et les missions de l’assemblée générale consultative.

Par Amadou DIOP et Ndiol Maka SECK
et Ameth SECK : Primature (photos)

LE BARREAU POUR UNE REVALORISATION DES FONDS D’ASSISTANCE JUDICIAIRE
Mbaye Gueye BatonnierDans son intervention, le bâtonnier de l’ordre des avocats, après avoir salué les efforts consentis par le chef de l’Etat à l’endroit du barreau de Dakar, a plaidé une revalorisation des fonds de l’assistance judiciaire. Selon Me Mbaye Guèye, le barreau, malgré ses nombreux efforts, peut faire plus aussi bien dans le domaine de l’emploi des jeunes diplômés des facultés de droits que pour une meilleure répartition des avocats sur le territoire national. « Nous pensons qu’une revalorisation des fonds de l’assistance judiciaire qui s’ajouterait à l’important geste que vous avez déjà effectué, alliée à une politique d’affectation de fonds par région devrait permettre d’une part au barreau d’effectuer un recrutement plus important et de permettre une meilleure installation des avocats à l’intérieur du pays », a soutenu le bâtonnier de l’ordre des avocats. Le barreau du Sénégal dit savoir gré du chef de l’Etat des mesures prises pour traduire en dispositions légales contenues dans la nouvelle reforme du Code de procédure pénale les modalités d’application du Règlement n°5 de l’Uemoa concernant la présence de l’avocat dès l’interpellation de son mandat. Toutefois, le bâtonnier de l’ordre des avocats déplore la résistance à l’application de cette disposition « alors qu’il s’agit d’engagement librement signé par l’Etat du Sénégal directement et immédiatement applicable au niveau national ».  « Des oppositions physiques à l’entrée des avocats dans les commissariats de police et les brigades de gendarmeries ont été relevées dans des constats d’huissier », a regretté Me Mbaye Guèye.

Par Amadou DIOP et Ndiol Maka SECK
et Ameth SECK : Primature (photos)

MME FATOU FAYE LECOR, SUBSTITUT GENERAL A LA COUR D’APPEL DE DAKAR : « RELEVER LA PLACE DE CHOIX DU CITOYEN DANS LE DISPOSITIF CONSTITUTIONNEL »
Pour Mme Fatou Faye Lecor, la révision par la loi constitutionnelle n° 2016-10 du 05 Avril 2016 par la voie d’un référendum trouve son fondement dans la nécessité de moderniser, stabiliser et consolider la démocratie, renforcer l’Etat de droit et améliorer la gouvernance des affaires publiques. «A cet effet, d’importantes mesures innovantes ont été adoptées et se rapportent principalement aux droits et libertés des citoyens, au renforcement de l’équilibre des institutions, à la limitation des mandats présidentiels, à la modernisation de la vie politiques et la promotion de la gouvernance locale par la création du haut conseil des collectivités territoriales. Ainsi il convient de relever la place de choix du citoyen dans ce dispositif constitutionnel consacrée par la reconnaissance de nouveaux droits et libertés à son profit » a-t-elle fait comprendre. Elle a indiqué que la protection juridique des droits fondamentaux des citoyens constitue l’une des obligations essentielles qui incombe à tout Etat moderne. « Il convient de relever que le renforcement dans la consécration constitutionnelle de nouveaux droits des citoyens est l’illustration parfaite de la protection judiciaire de ces droits desquels il convient de donner une réelle existence juridique puisque susceptibles de faire l’objet de procédure devant les Cours et tribunaux » a-t-elle conclu.

Par Amadou DIOP et Ndiol Maka SECK
et Ameth SECK : Primature (photos)

Panser les plaies de l’Afrique, c’est le vœu du candidat Abdoulaye Bathily, qui compte mobiliser toutes les ressources humaines pour l’atteinte de cet objectif.

Un panel sur les perspectives de l’Union africaine s’est tenu hier au centre de conférences de l’Ucad 2 à Dakar. Abdoulaye Bathily, candidat à la présidence de la Commission de l’Ua dit inscrire sa démarche qui, pour la comprendre, il faut remonter au temps de son passé estudiantin. Et même plus. « Je ne suis pas un candidat de circonstance. Il n’y a pas un espace plus emblématique (l’Ucad) pour parler de l’unité africaine dont le combat du parrain (Cheikh Anta Diop) est repris par les nouvelles générations », a dit l’universitaire sénégalais.

Le Pr Bathily a dit que sa nationalité est sénégalaise, mais il vit en Afrique, son pays. « Nous sommes bien à notre place pour parler de notre chère Afrique. Il y a nécessité à affirmer notre identité africaine face au reste du monde», a-t-il souligné. Dans son agenda de campagne, figurent la question des réfugiés, la mauvaise gouvernance des Etats, la tenue d’élections crédibles, transparentes et pacifiques. Sous ce rapport, Abdoulaye Bathily invite à un effort collectif pour mettre fin à ces blessures dont parfois nous sommes acteurs. « Nous devons mobiliser toutes les ressources humaines du continent pour arrêter cela. Ce que nous faisons, c’est pour les nouvelles générations», a déclaré le postulant à la présidence de la Commission de l’Union africaine. Le professeur Bathily affirme être conscient des immenses potentiels dont regorge l’Afrique et dont l’unité est conditionnée par la volonté des Etats.

Le secrétaire exécutif du Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (Codestria) Ebrima Sylla est d’avis que Bathily est capable de travailler dans le sens de l’Afrique que nous voulons. Alors que pour Amadou Diaw Pdg de l’Institut supérieur de management (Ism), ce n’est qu’avec les jeunes que nous bâtirons l’Afrique de demain. Cette rencontre a été organisée par l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, le Comité international d’initiative provisoire et le Centre d’études diplomatiques et stratégiques de Dakar.

Serigne Mansour Sy CISSE

Le plénipotentiaire de « Benno Bokk Yaakaar » à la commission de refonte partielle du fichier électoral et du comité de veille électoral, Benoit Sambou minimise la levée de boucliers de et le boycott de l’opposition relativement à la création du pôle dits des indépendants par le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique.

Pour le chargé des élections de l’Alliance pour la république (Apr), le comité de veille dans son essence « n’a aucun caractère obligatoire ».

Pour mieux se faire comprendre, il a fait un rappel historique de sa mise en place dans le processus électoral. A l’en croire, « ce sont les acteurs politiques qui ont demandé la mise en place d’un dispositif de suivi du processus électoral comme ce fut le cas en 1997 ». « Ce n’est pas une structure qui entre dans le cadre juridique, les normes d’organisation des élections et il n’y a aucune obligation qui lie les partis politiques ou les organisations. Avec pour mission de permettre à ces derniers de s’informer en temps réel de ce qui se fait, de faire des suggestions et de pouvoir accompagner simplement ce que est en train de faire », a-t-il poursuivi. Et en l’espèce, « c’est sur demande des parties prenantes au processus électoral que le ministre de l’Intérieur et de Sécurité publique a accepté sa création », a-t-il fait savoir.

Mamadou Lamine DIEYE

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