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Politique (2482)

La paternité du dénouement heureux de la crise gambienne avec la décision de Yahya Jammeh de quitter pacifiquement le pouvoir revient « avant tout » à la diplomatie sénégalaise a estimé, samedi à Tambacounda, Seydi Gassama, responsable d’Amnesty  international, Sénégal. « Le Sénégal était le seul pays qui avait intérêt à ce que la stabilité règne en Gambie pour la perpétuation des relations de bon voisinage », a-t-il dit. « Sans le dynamisme de la diplomatie sénégalaise, sans la fermeté des autorités sénégalaises, Yahya Jammeh aurait confisqué le pouvoir sans qu’aucun Etat au monde ne puisse s’impliquer de cette manière pour le faire partir », a-t-il soutenu. Seydi Gassama a salué le rôle de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao). Il a souligné que l’ex-président gambien Yahya Jammeh a décidé de partir « sous la menace de la force militaire impressionnante déployée par l’organisation sous régionale ». « Il n’avait d’autres choix que de céder le pouvoir ou d’aller en prison », a analysé Seydi Gassama. « La Cedeao a compris qu’il ne fallait pas laisser ce précédent avoir lieu. Si elle avait laissé Yahya Jammeh confisquer le pouvoir et rester, c’en était fini de la démocratie en Afrique », a dit le responsable d’Amnesty.

Pape Demba SIDIBE

Les doléances présentées par l’ancien président de la Gambie avant d’accepter de renoncer au pouvoir au profit du nouveau chef de l’Etat Adama Barrow seront soumises aux chefs d’Etat de la Cedeao, à l’Union africaine et à l’Organisation des Nations unies (Onu), a déclaré, samedi dans la soirée, le président de la Commission de la Cedeao, Marcel De Souza. 

Il animait une conférence de presse à Dakar juste après le départ du président Yahya Jammeh vers la Guinée. « Dans la mesure du possible, on verra comment assurer au président Jammeh une retraite paisible », a déclaré De Souza. Avant d’accepter de céder le pouvoir, Yahya Jammeh a eu à présenter des doléances pour la conférence des chefs d’Etat de la Cedeao, ensuite de l’Union africaine et des Nations-Unies. Il a souhaité avoir une sorte d’amnistie pour lui, pour ceux qui ont dirigé avec lui, son parti, son cabinet et tous ceux qui sont proches de lui », a dit De Souza. Selon le président de la commission de la Cedeao, Yahya Jammeh a souhaité qu’il n’y ait pas de chasse aux sorcières, que les droits des citoyens surtout ses partisans soient respectés. Yahya Jammeh a aussi souhaité qu’on lui donne des garanties que ses biens ne seront pas saisis. Il a souhaité pouvoir résider dans son village. « Les chefs d’Etat ont souhaité qu’il puisse, pour le moment, quitter le pays », a souligné le président de la Cedeao.

Le président a indiqué que les chefs d’Etat vont lancer un appel à Adama Barrow pour que le maître-mot soit l’unité nationale qu’il n’y ait pas de chasse aux sorcières, que le pays aille vers le développement. « La Cedeao a tenté de lui faire voter une Loi d’amnistie par l’Assemblée nationale gambienne, malheureusement, nous n’avons pas pu atteindre le quorum. Les députés étaient en fuite. Une bonne partie est dans les villages. D’autres sont à Dakar », a souligné De Souza.

B. DIONE

Après le départ de l’ex-président Yahya Jammeh de la Gambie, plusieurs centaines de ses compatriotes et résidents étrangers, qui s’étaient réfugiés dans la région de Ziguinchor, à cause de la crise postélectorale qui sévissait dans leur pays, ont repris, hier, le chemin du retour. Les départs ont débuté samedi, en début de soirée, et vont crescendo.   

Dans la ville de Ziguinchor, ces personnes déplacées étaient des adultes, des jeunes et des enfants. Elles avaient commencé à déferler à la gare routière dès les premières heures de la matinée. Ces hommes et ces femmes (tout âge confondu) y sont arrivés par vagues, affichant le sourire. En effet, ils n’ont pas caché leur contentement de pouvoir enfin rentrer et reprendre leurs occupations habituelles. « Je suis heureux de savoir que je peux retourner et continuer tranquillement mon travail en Gambie », s’est réjoui Malang Dabo, un employé dans une structure privée. « J’étais désemparé à mon arrivée, ici, à Ziguinchor, ne connaissant personne dans cette ville », confie-t-il. Et notre interlocuteur loue l’hospitalité des populations locales « dont celle d’une famille qui, s’est-il réjoui, m’a bien accueilli, hébergé et nourri, sans bourse délier ». Sa compatriote, Khadidiatou Diawara, n’a pas tari d’éloges sur les Ziguinchorois, soutenant que « ce sont des gens biens ». Ces témoignages de reconnaissance des réfugiés de Gambie aux familles, aux autorités administratives, forces de sécurité et de défense, ainsi qu’aux chefs de village et élus locaux, ont fusé de partout, hier matin, à notre passage, à la gare routière de Ziguinchor. Par ailleurs, Philippe Da Costa, un opérateur économique, d’origine étrangère, résidant en Gambie, n’a pas manqué de rendre grâce à Dieu pour avoir permis un dénouement heureux de la crise postélectorale gambienne  qui, fait-il remarquer », pouvait entraîner une guerre civile et plonger le pays dans le chaos ». Aussi, M. Da Costa et de nombreux autres réfugiés souhaitent-ils que les liens séculaires qui unissent le Sénégal et la Gambie, se renforcent au grand bonheur des peuples des deux pays. Ils ont ainsi demandé au nouvel homme fort de la Gambie, Adama Barrow, et au président Macky Sall de s’y investir pleinement, estimant que cela va raffermir leurs relations de bon voisinage et contribuer grandement à l’émergence de leurs pays respectifs.

El Hadj Moussa SADIO   

…Gratuité du transport jusqu’à Banjul pour ceux de Karang
L’annonce du départ de Yahya Jammeh du pouvoir a été accueillie avec beaucoup de joie et de satisfaction par les 2.469 réfugiés gambiens ayant choisi comme point de chute la commune de Karang. Dès samedi, par petits groupes, ils ont commencé à rallier la Gambie. Ceux qui sont restés, ont bénéficié, depuis hier, de la gratuité du transport décidée par les autorités gambiennes de Karang jusqu’à Banjul.

Avec le départ de Yahya Jammeh, Karang qui a accueilli 2.469 réfugiés gambiens, se vide. Avec la crise gambienne, ces réfugiés qui ont choisi cette localité comme point de chute ont été répartis dans 46 sites d’accueil. Ils ont été encadrés par les éléments de la Croix rouge et du Centre de réinsertion et de promotion sociale. Mais le gros de la troupe a été logé dans le quartier Escale, soit environ 750 personnes. Aucun problème d’eau n’a été signalé car, outre le réseau de Karang, le gouverneur de région a mis à la disposition des autorités locales un camion-citerne pour le ravitaillement en eau des réfugiés. L’Etat a envoyé, dans ce département de Foundiougne où plusieurs communes comme Karang, Keur Samba Guèye, Toubacouta, Sokone ont accueilli des réfugiés, plus de 120 tonnes de riz. Le maire de la commune de Karang a affirmé avoir reçu 40 tonnes de riz qui ont été distribuées à 4.650 personnes. 

Dès l’annonce du départ de Jammeh du pouvoir, certains réfugiés ont pris le chemin du retour en empruntant le « Ferry » qui a repris ses activités depuis samedi. Mais les autorités gambiennes ont décidé d’organiser le retour pour la majorité de ces réfugiés qui était encore sur place. Selon le maire de la commune de Karang, Joguine Gomis, c’est à l’issue d’une rencontre  hier, que les autorités gambiennes ont décidé de la gratuité du transport de Karang jusqu’à Banjul.

Les forces sécurité gambiennes organisent le retour des réfugiés pour éviter une cacophonie. Pour les centaines de réfugiés, l’espoir renaît. «C’est véritablement la délivrance avec le départ de Yahya Jammeh de la Gambie », ont-ils soutenu, non sans demander au Président Adama Barro de restaurer les droits et les libertés des Gambiens et de prendre en charge toutes leurs préoccupations. Les refugiés ont aussi salué  « l’esprit d’hospitalité des Sénégalais » qu’ils considèrent comme « leurs  frères et sœurs ». Pour le maire de Karang, le travail n’a pas été de tout repos car depuis 2 semaines, ils n’ont ménagé aucun effort, de jour comme de nuit, pour mettre ces réfugiés dans de bonnes conditions de séjour.

Oumar  Ngatty BA

Le coordonnateur départemental de l’Alliance pour la République (Apr), Amadou Mansour Faye, a organisé samedi, dans les locaux de l’Espace-jeunes de la capitale du Nord, une assemblée générale qui lui a permis de s’entretenir avec l’ensemble des responsables et membres des groupements de promotion féminine du département de Saint-Louis.

Venues des communes de Mpal, Fass-Ngom, Gandon, Ndiébéne Gandiole, de Saint-Louis et autres localités du Gandiolais et du Toubé, ces fortes délégations de femmes-leaders de mouvements associatifs, ont répondu massivement à l’appel du ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement. Après avoir pris bonne note des doléances qu’elles ont exprimées, relatives aux difficultés d’accès aux financements, Mansour Faye a insisté sur la nécessité et l’urgence de mettre en place une entité départementale regroupant toutes les plateformes communales de recensement des besoins de financements exprimés par ces groupements féminins. Il s’est réjoui de cette assemblée générale qui lui a permis de comprendre « les dynamiques dans lesquelles ces braves femmes évoluent et surtout leurs préoccupations en formation et recherche de financements qui pourraient leur permettre de mener des activités génératrices de revenus ».

Il a souligné que la mise en place de cette institution fédératrice des groupements féminins, permettra de passer en revue tous les secteurs d’activités, en vue de recenser tous les besoins exprimés par les femmes. Mansour Faye s’est fixé enfin un délai de 60 jours pour étudier ces doléances avec les autres membres du gouvernement et les partenaires, afin d’apporter les solutions les plus adéquates à l’épineux problème d’accès des femmes aux financements.

Mb. K. Diagne

Les responsables et militants du Parti démocratique sénégalais (Pds) du département de Saint-Louis, mobilisés derrière Ahmeth Fall Braya, ont organisé, avant-hier, un meeting sur la place Me Abdoulaye Wade, pour préparer les prochaines élections législatives et présidentielle.

En présence du coordonnateur national du Pds, Oumar Sarr, par ailleurs, maire de la commune de Dagana, de Me Madické Niang, Me Fatima Fall et de plusieurs autres membres du comité directeur du Pds, Ahmeth Fall Braya, coordonnateur de la fédération départementale, a longuement plaidé pour la victoire de Karim Wade à l’issue de l’élection présidentielle de 2019.
Il a laissé entendre que le Pds demeure fort et, est résolument engagé à porter en triomphe son candidat Karim Wade à l’issue des joutes électorales de 2019. Il a réaffirmé la farouche volonté de sa formation politique d’occuper le terrain d’ores et déjà, en vue d’avoir le maximum de députés à l’issue des élections législatives, de massifier davantage le Pds et de préparer, dans de bonnes conditions, le prochain scrutin présidentiel.

Mbagnick Kharachi Diagne

L’Alliance pour la République à Grand-Yoff écarte toute responsabilité du régime dirigé par Macky Sall dans l’arrestation du maire de la Médina, Bamba Fall et d’autres jeunes socialistes. «  Ce qui se passe au Parti socialiste n’intéresse pas le président de la République. Macky Sall se concentre sur le développement du pays. Il n’a pas le temps de s’occuper des querelles internes à un parti », a déclaré Mora Cissé, responsable de l’Apr lors de l’inauguration d’une permanence de l’Apr dédiée aux femmes et aux jeunes. « Ce qui nous intéresse, c’est la massification de notre parti pour une victoire aux législatives et à la présidentielle », a dit M. Cissé devant une foule composée principalement de jeunes et de femmes. La rencontre a vu la participation de Me Ousmane Sèye, allié du président de la République, de Ndèye Seynabou Seck, conseillère municipale de la coalition Taxawou Dakar qui a décidé de travailler pour la réélection du président Sall. «  Nous sommes engagés à accompagner les fils de Grand-Yoff pour œuvrer au développement de notre quartier. Ce soutien est entier et total », a dit Mme Seck. Mora Cissé a appelé les responsables de Grand-Yoff à l’unité. «  Le défi, c’est l’unité. Nous travaillons pour le même objectif qui est la réélection du président, Macky Sall. Nous devons ouvrir nos portes et massifier notre parti », a-t-il dit. Dans le même sillage, Me Ousmane Sèye a demandé à tous les leaders locaux de sceller l’unité qui est, selon lui, essentielle pour la victoire du président Sall. « Le président Sall est un homme d’ouverture, généraux. Ceux qui l’accompagnent doivent suivre son exemple », a dit l’avocat homme politique. 

B. DIONE

Une assemblée générale remobilisation des troupes a eu lieu dans la commune, en application des directives du président Macky Sall, président de l’Alliance pour la République (Apr) qui a récemment appelé les responsables politiques à descendre à la base pour défendre le bilan du Chef de l’Etat et les retombées du Plan Sénégal émergent(Pse) voire du Pudc à Matam. La rencontre a été présidée par Mamadou Abdourahim Kane, responsable politique de l’Alliance pour la République à Thilogne, en présence de Mamadou Elimane Kane, responsable et cadre d’Assurance, du premier adjoint au Maire, Amadou Alassane Sow, Mohamadou Nouredine Ly, etc. Selon le communiqué publié, après avoir délivré le message du président du parti, Madièye Kane a demandé aux cadres et militants de redoubler d’efforts en vue d’inscrire massivement « les militants surtout les jeunes qui viennent d’accéder à la majorité afin d’assurer une victoire éclatante aux élections législatives de 2017 et une victoire au premier tour pour les présidentielles de 2019 à son Excellence Macky Sall ».

B. DIONE

La sécurité de la Gambie reste fragile, c’est pour cela que le nouveau président a demandé aux forces de la Cedeao de rester pour accompagner les populations.

Yahya Jammeh est parti, mais la sécurité du pays continue de préoccuper Adama Barrow. Il en est tellement conscient qu’il a appelé, hier, à Dakar, la coalition inter-armée de la Cedeao à rester dans le pays jusqu’au rétablissement total de la situation sécuritaire. « La sécurité du pays et des citoyens gambiens reste une grande priorité pour moi (…) et la présence des forces de la Cedeao fera partie des garanties de la sécurité et de la stabilité en Gambie. C’est mon intime conviction», a indiqué Ahmed Fatty, le porte-parole et conseiller spécial de Barrow. Face à la presse, Ahmed Fatty estime que la sécurité a toujours été le ventre mou de la Gambie, à cause notamment du mauvais usage que l’ancien président Yahya Jammeh a fait de l’armée et des forces de sécurité du pays. « Cela reste donc un grand défi pour nous les nouvelles autorités qui avons gagné la présidentielle du 1er décembre 2017 dernier », a expliqué le conseiller spécial du président gambien.

Les nouvelles autorités de la Gambie accusent aussi Yahya Jammeh d’avoir dilapidé l’argent du peuple gambien. Car, selon M. Fatty, durant les deux semaines que la crise postélectorale a duré, il en a profité pour prendre un peu plus de 500 millions de dalasi, soit un peu plus de 1 million de dollar. Une information confirmée, selon lui, par les techniciens du ministère de l’Economie et des Finances de la Gambie. Il s’y ajoute les nombreuses voitures de luxe et autres biens matériels que Jammeh a amené avec lui. Sera-t-il pour autant poursuivi ? Le porte-parole de Barrow est resté évasif sur cette question, soutenant qu’il leur faut d’abord s’installer, nommer les membres du gouvernement avant de se lancer dans des audits ou poursuites. Même si aucune date n’a encore été avancée, le retour d’Adama Barrow est imminent en Gambie. Pour l’heure, le président appelle tous les gambiens qui sont au Sénégal à retourner au pays. Pour cela, tous les services chargés du transport ont été redémarrés.   

Maguette NDONG

Le nouveau président gambien, Adama Barrow, a annoncé, hier à Dakar, que son retour dans son pays sera pour bientôt.

«  Je ne peux pas dire une date exacte, mais mon retour sera pour bientôt », a déclaré le président Barrow dans un entretien accordé à Tfm. Le chef de l’Etat gambien a également dit que le président Jammeh n’a pas encore bénéficié d’une amnistie. « Les négociateurs de la Cedeao, de l’Union africaine et de l’Onu ont proposé une résolution. Celle-ci n’est pas encore approuvée », a souligné Adama Barrow. Le président gambien a dit que son gouvernement va mettre en place une commission « Vérité et réconciliation ». «  Cette commission sera indépendante. Nous allons nous baser sur les recommandations de la commission pour prendre des décisions. Elle va recueillir toutes les informations nécessaires », a-t-il dit. « S’il y a des preuves de violations des droits de l’homme ou de crimes commis, nous verrons la décision à prendre », a ajouté le président Barrow. Le président Barrow a également déclaré que les caisses de son pays son vides. « Je confirme cela. Selon les informations que nous avons obtenues, les caisses de l’Etat sont vides », a dit Barrow.

Barrow s’est expliqué sur les lenteurs notées dans les négociations avec l’ancien président. «  Les négociations ont duré parce que le président Jammeh voulait rester dans le pays. Nous ne pouvions garantir sa sécurité en Gambie. Il devait impérativement s’exiler », a-t-il souligné.

Il a aussi affirmé que c’est grâce à la pression faite par la coalition multinationale et inter-armée de la Cedeao que le président Jammeh a accepté de quitter le pays. « Ce ne sont pas les présidents Aziz et Condé qui ont dénoué la crise. Jammeh a cédé à cause de la pression exercée sur lui par la Cedeao », a souligné Adama Barrow.

Babacar DIONE

Cheikh Gaye, responsable régional du parti Model à Saint-Louis et secrétaire général de la Sicap, est revenu sur les différentes innovations qui attendent la ville, avec la découverte des sources d’énergies, de même que les efforts de l’Etat pour divers secteurs. Il a, en outre, rappelé que la Sicap compte entamer son programme de logements sociaux à partir de 2018.

« Saint Louis est une ville balafrée, qui a subi une injustice historique. Sa position géostratégique fait qu’elle peine à connaître un redémarrage. On note néanmoins, une nouvelle situation de perspective économique dans le domaine de l’agriculture car Saint-Louis va polariser tout ce qui est entreprenariat agricole. Et mieux, la découverte des sources d’énergie vient donner un grand espoir.

L’énergie, une nouvelle opportunité
Ainsi, au-delà de cet effritement entre populations, et cette politique politicienne, de même que des querelles de positionnement notées, nous avons le devoir de travailler ensemble, pour le développement de la ville en investissant ces creusets qui doivent être les mamelles pour un décollage économique probant de la ville de Saint Louis ».

« L’agriculture, la pêche, le tourisme, l’énergie sans pour autant négliger les autres aspects, sont les centres d’intérêts probants pour l’essor de la cité. La réflexion et l’action cumulées doivent être orientées vers ces secteurs. L’an 2021 date de la production de ces énergies découvertes, c’est demain. Les populations ne semblent pas prêtes à faire face à cette nouvelle donne.

C’est pourquoi, je pense que des initiatives dans le domaine de la formation doivent être prises. Il faut créer des centres de formation dans le domaine du pétrole tout en sachant que le personnel leadership Saint Louisien doit capter cette force et l’orienter. Si on repositionne cette ville, avec pour l’objectif de nous approprier ces nouvelles voies, Saint-Louis peut être un des maillons qui peut propulser le Sénégal vers la croissance à deux chiffres. Dans la pêche, l’agriculture, le tourisme et l’énergie, la ville regorge de gisements inestimables et inexploités ou mal exploités».

Statut spécial pour la ville
«Je pense que la localité doit avoir un statut spécial, pour une réorientation de la pensée de développement local. Aujourd’hui, la cité doit être un maillon important, dans l’exploitation énergétique. Il faut créer un cadre d’infrastructures avec un matelas financier assez lourd pour un investissement important, dans le domaine des infrastructures. Ce sera la densification du parc routier, développer le parc maritime et fluvial, et faire de la ville un second hub aérien. Ce statut spécial fera de sorte que la ville aura un programme unique, pas seulement financé avec l’argent de l’Etat. Loin de là, il faudra user de ses spécificités pour mieux le vendre sur le plan international, et faire naître un flux financier, qui pourra être injecter, et faire de Saint-Louis une plaque tournante de l’économie du Sénégal ».

Programmes de logements spéciaux
« La Sicap a travaillé, sur un plan stratégique de développement, qui couvre les 5 prochaines années à partir de 2016. De ce plan, est né le contrat de performance qui exécute la politique de la Sicap. Il y est dit que la société va construire des logements à Saint-Louis à partir de 2018. Nous allons nous rapprocher des autorités municipales pour une mise à disposition d’une assiette foncière afin d’y dérouler un programme immobilier, qui vise à l’aménagement d’un cadre de vie décent. Avec un logement adéquat pour les populations à revenus modestes. Le foncier et certains intrants peuvent nous permettre d’amoindrir le prix du logement. C’est pourquoi nous demandons à la mairie de nous trouver le foncier. Mais aujourd’hui, le périmètre de délimitation de la ville est nain, non viable et ne permet pas une politique économique. Nous devons travailler sur l’extension, même s’il y’a un problème textuelle et géographique quant à son expansion. Saint-Louis ne pourra jamais se développer dans l’espace qui lui est réservé. L’audace, c’est de voir comment augmenter, dans les deux sens, le périmètre communal. Osons poser le problème avec les communes environnantes créées il n’y a pas 10 ans, il peut être normal de travailler dans un réalisme politique et non dans la posture d’une boulimie foncière. Il faut des plages de négociations pour augmenter la taille de la ville afin d’anticiper sur l’habitat social, le parc immobilier pour accueillir d’autres industries, avec surtout le boom énergétique annoncée ».

A. M. NDAW

Le Parti républicain démocrate du Sénégal (Prds) de Mamadou Ndiaye participera aux prochaines législatives.

Le Parti républicain démocrate du Sénégal (Prds) participera aux prochaines législatives. C’est l’assurance qui a été donnée par son leader Mamadou Ndiaye au cours d’un entretien qu’il a accordé au « Soleil ». Il a profité de l’occasion pour faire part de la « nécessité », pour son parti, de participer aux législatives. « Nous voulons transformer le Sénégal, mais pour cela, il faudrait avoir une base forte à l’assemblée nationale. C’est même une nécessité de participer aux élections législatives et nous nous y préparons », a indiqué le président du Prds.

Mamadou Ndiaye estime que son parti peut aller seul ou en alliance à ces élections, et pour cette dernière éventualité, il précise que son parti reste « ouvert » pour travailler avec des gens qui peuvent s’identifier à la vision politique de leur formation. « Si tel est le cas, nous les accueillerons pour travailler avec eux sans poser de conditions. Au cas contraire, nous partirons seuls aux législatives. Parce que nous croyons en nous-mêmes », a ajouté le président du Prds.

Abordant la question sur l’augmentation du nombre de députés à l’assemblée nationale, avec 15 parlementaires de plus au profit de la Diaspora, M. Ndiaye estime que cette mesure est une bonne chose. « Des députés de la diaspora devaient exister depuis longtemps », renseigne le chef de ce parti estimant que la diaspora résout beaucoup de problèmes dans le pays. « Il faut donc faire en sorte que la diaspora soit entendue », a insisté Mamadou Ndiaye qui, toutefois, ne manque pas de s’étonner des 15 députés alors qu’au début 10 étaient prévus.

Le leader du Prds est revenu sur la tournée nationale de 10 jours qu’il a effectuée dans les différentes localités du pays. Une tournée globalement réussie. « Nos objectifs ont été largement dépassés », a-t-il dit, tout en mettant en exergue les « agréables surprises » auxquelles il a eu droit partout où il est passé. Cette tournée l’a conduit au Nord, au Sud et à l’Est du pays. Dans les différentes étapes de ce tour du Sénégal, Mamadou Ndiaye est revenu sur la situation actuelle du pays qui rime, selon lui, avec précarité des populations et désœuvrement de la jeunesse. 

Maguette NDONG

Le déficit budgétaire de la Gambie se situe, au titre de l’année 2016, autour de 7% du produit intérieur brut. Les soubresauts politiques n’ont fait qu’accentuer les difficultés économiques de ces dernières années.

Dans une lettre adressée à la directrice générale du Fonds monétaire international (Fmi), Christine Lagarde, au cours du premier trimestre de 2015, le ministre de l’Economie et des Finances de la Gambie faisait état des difficultés auxquelles est confrontée l’économie de son pays. Le gouvernement gambien avait alors sollicité du Fmi une pressante assistance. L’épidémie Ebola avait alors servi de prétexte aux autorités politiques pour justifier le déficit budgétaire et l’affaissement de plusieurs entreprises publiques. Presque deux ans après, la situation n’est guère plus reluisante. La Gambie, enclavée dans le Sénégal, navigue toujours dans des eaux troubles. La nomination en 2016 de Moussa Balla Guèye, ancien fonctionnaire de la Banque africaine de développement, comme ministre des Finances, tout en suscitant beaucoup d’espoirs, témoignait de la morosité économique de ce pays. Il avait pris ses fonctions au moment où le taux de change avait connu une importante chute ; ce qui avait suscité quelques réactions épidermiques du chef de l’Etat, Yahya Jammeh.

Classée parmi les pays les moins avancés, la Gambie pâtit d’indicateurs socioéconomiques médiocres. Selon une étude parue en 2016, elle est au 175ème rang sur 187 dans l’Indice de développement humain. Le produit intérieur brut (Pib) par habitant s’élève à 427 dollars américains. Le secteur primaire représente 30% du Pib et emploie 70% de la population active. Le secondaire n’en représente que 12%. Le secteur des services se situe autour de 58%.

Le tourisme, en majorité britannique et allemand, représente 19% des services et constitue le premier poste de salariés déclarés en Gambie. A en croire cette étude, le secteur financier se caractérise par un coût du crédit important (25 à 30% d’intérêt) justifié par un risque client élevé et un recours substantiel de l’Etat aux emprunts domestiques, créant un effet d’éviction au détriment du secteur privé. Les dérapages politiques du président Yahya Jammeh n’ont pas trop facilité le redressement économique ni rassuré les bailleurs et les touristes. La croissance espérée (5.5 %) en 2016 sous l’effet de la reprise du tourisme et du secteur agricole n’a pas réussi à éviter une contraction du produit intérieur brut due, en grande partie, à la faiblesse de la mise en œuvre des politiques économiques.

Urbanisation mal maîtrisée
Ce territoire de 11300 km2 a connu des déséquilibres budgétaires constants, ces dernières années, même si l’on peut mettre à l’actif de l’Etat quelques réalisations infrastructurelles de grande importance. Un document de « Perspectives économiques en Afrique » paru en 2016 indique que des niveaux de dépenses plus élevés que prévu ont alourdi le déficit budgétaire global, qui est passé de 4.4 % du Pib en 2012 à 11.0 % en 2014 et environ 9.6 % en 2015. Le financement de ce déficit repose largement, selon cette étude, sur l’emprunt intérieur tant il est difficile de mobiliser des ressources extérieures. Le taux d’intérêt des emprunts d’État à un an a ainsi augmenté de 10 points de pourcentage depuis la mi-2013, pour atteindre 21.9 % en novembre 2015. L’encours de la dette s’est établi à 108 % du Pib à la fin 2015, contre un peu moins de 70 % à la fin 2010. Par conséquent, le paiement des intérêts de la dette du secteur public a absorbé 40 % des recettes publiques en 2015, en hausse par rapport aux 25 % de 2013. Le blocus de la transgambienne, après la hausse unilatérale du prix de la traversée, par les gros porteurs sénégalais a accentué les difficultés économiques.

Un des écueils majeurs à l’émergence de la Gambie est lié à une urbanisation mal maîtrisée ; près de 50 % de la population vivant en zone urbaine. Cette tendance n’a pas fait l’objet d’une politique d’encadrement malgré l’impact évident qu’elle pouvait avoir dans l’économie et l’emploi.

Alassane Aliou MBAYE

Arrivé au pouvoir le 22 juillet 1994 à la faveur du coup d’Etat perpétré contre l’ancien président Dawda Jawara, Yahya Jammeh, 52 ans, va régner, sans partage, en Gambie. Dirigeant son pays d’une main de fer, il n’hésite pas à tuer ses détracteurs notamment les opposants et les journalistes qui ne sont pas d’accord avec sa politique. Aujourd’hui, la Gambie vient de tourner définitivement la page de celui qu’on surnommait « Babili Mansa ».

Les péripéties qui ont conduit à l’investiture du président Adama Barrow, ce 19 janvier à l’ambassade de la Gambie à Dakar, ont le mérite de montrer, au grand jour, le vrai visage de Yahya Jammeh. A la fois hautain et méprisant, le désormais ex-président de la République islamique de Gambie, n’a jamais été un homme de consensus durant les 23 années qu’il a passées à la tête du pouvoir. L’enfant de Kanilaï, son village natal, a toujours aimé défier son monde. Les journalistes de son pays qui ont essayé de contester ses choix en ont pris pour leur grade. Certains comme Dayda Aïdara sont tués, d’autres sont emprisonnés dans les geôles du dictateur pour avoir été trop « bavards ». Les manifestations de l’opposition en Gambie sont sévèrement matées. Jammeh abhorre les critiques. On garde encore les images fraiches d’opposants et de leurs militants gravement blessés dans les rues de Banjul par les militaires entièrement acquis à sa cause.

Yahya n’aime pas la défaite
Plusieurs fois victime de tentative de coup d’Etat, Yahya Jammeh n’hésite guère à réserver une sévère punition à ceux qu’il soupçonne d’en être les auteurs. Pour lui, les « traitres » qui tentent de le renverser de son piédestal méritent la potence. « Babili Mansa » (le Roi qui défie les rivières en Mandingue, une partie de son prénom qu’il s’est choisi), n’a pas froid aux yeux. Il ne recule devant rien. Et surtout pas devant les pressions et autres interpellations de la communauté internationale. Il préfère se mettre à dos certaines institutions comme le Commonwealth, l’organisation internationale des pays anglophones, qu’il qualifiera de « coloniale » avant de le quitter. Dernièrement, il a pris la décision de retirer la Gambie de la Cour pénale internationale (Cpi). Jammeh aime les coups de théâtre et les déclarations à l’emporte-pièce. En décembre 2015, il décide de faire de la Gambie une République islamique. Pour réformer, il n’a pas besoin de consulter le peuple. En vrai maître du peuple gambien, il décrète laconiquement : « Le destin de la Gambie est dans les mains d’Allah, le Tout-Puissant. A partir d’aujourd’hui, la Gambie est un État islamique ». Ainsi dirige Jammeh.

Au fil des années, Sheikh Professor, un autre de ses prénoms, s’offre un nouveau look, plus lisse et moins austère que la tenue militaire, en portant à chaque fois, un caftan blanc et un livret coranique toujours à ses côtés. En 2007, l’iconoclaste Jammeh annonce pouvoir soigner le Sida. Certains de ses compatriotes qu’il aurait soignés, témoignent à la télévision publique avoir été guéris par leur président. Avant cela, il décrète une fatwa contre les homosexuels qui, selon lui, « doivent être tués comme des moustiques qui propagent le paludisme ». Il voue aux gémonies les organisations des droits de l’homme qui s’étonnent de ses prises de position.

En tant que président de la République de Gambie, Yahya Jammeh n’a jamais entretenu de bons rapports avec les dirigeants sénégalais. De Abdou Diouf à Macky Sall, en passant par Abdoulaye Wade, Yahya Jammeh les a toujours snobés. Il ne respectera jamais les engagements qu’il a pris avec ces derniers, notamment la construction du pont de Faraféni.

A 52 ans, le dictateur Jammeh a vu son pouvoir lui échapper, le 1er décembre 2016 dernier, quand, à l’issue de la présidentielle, Adama Barrow est sorti vainqueur. L’opposition qu’il a plusieurs fois battue a su mettre une coalition gagnante. Yahya accepte et félicite son adversaire avant de se raviser quelques jours plus tard. Il dit ne plus reconnaître la victoire de Barrow. Yahya n’aime pas la défaite. Il conteste et fait fi des appels lancés par la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) pour le respect de la volonté populaire des Gambiens. Adama Barrow est finalement reconnu par la communauté internationale. Une ère nouvelle souffle en Gambie.

Toutefois, tout n’est pas négatif dans les choix de Yahya Jammeh. Car beaucoup de voix témoignent de la discipline qu’il a su insuffler à beaucoup de ses concitoyens. Et durant les années qu’il a été à la tête de son pays, il a mis un point d’honneur sur le respect de la propreté des rues de Banjul ainsi de la préservation du bien public. Un legs positif à maintenir à tout prix.

Maguette NDONG

Au moment où l’opposition gambienne faisait face à une forte répression, Adama Barrow a affronté Yahya Jammeh. Son courage a triomphé.

Déclaré vainqueur à l'issue de l'élection présidentielle du 1er décembre, le candidat désigné de l'opposition, après l'arrestation du leader historique Ousainou Darboe, a su mettre un terme aux 22 ans de règne de Yahya Jammeh. Adama Barrow qui a prêté serment hier à l’ambassade de la République de Gambie au Sénégal est âgé de 51 ans. Il est né à Mankamang Kunda, un petit village situé à quelques kilomètres de Basse Santu, à l’extrême ouest de la Gambie. En 1996, il rejoint les rangs du Parti démocrate unifié (Udp). Au début des années 2000, il s’installe à Londres pour suivre une formation en immobilier. Après l’obtention de son diplôme, et de retour dans son pays natal, il crée sa propre agence immobilière en 2006, grâce à laquelle il fera fortune. Adama Barrow a promis de garantir l’indépendance du système judiciaire, dans un pays longtemps miné par la corruption. Il a également promis une plus grande liberté des médias et de la société civile. La désignation d’Adama Barrow en tant que candidat à la présidentielle relève pourtant d'un hasardeux concours de circonstances. En temps normal, Yahya Jammeh aurait dû faire face à Ousainu Darboe, son opposant le plus virulent qui a échoué à trois reprises à le battre par les urnes. Mais, l'opposant purgeait, depuis juillet dernier, avec d'autres camarades, une peine de 3 ans de prison pour avoir participé à une manifestation non autorisée, réclamant la dépouille Ebrima Solo Krummah, cadre de l'Udp, décédé dans les geôles gambiennes. En l'absence de ce leader charismatique, Adama Barrow, polygame, s'est porté candidat à la primaire de la coalition de l'opposition qui avait décidé d'organiser un congrès pour désigner un candidat unique pour la présidentielle de 2016.

O. BA

La crise politique qui sévit en Gambie continue d’affecter des populations vivant dans la zone frontalières. Elles affluent en masse dans la partie sénégalaise. Elles sont près de 3500 personnes déplacées recensées par les volontaires du Comité régional de la Croix rouge de Kaolack.

L’afflux des personnes déplacées en provenance de la Gambie inquiète les responsables régionaux de la Croix Rouge de Kaolack, chargés de leur recensement. Elles seraient près de 3500 réparties entre le département de Kaolack et celui de Nioro. « Depuis le début de la crise qui sévit en Gambie, on note un afflux considérable de personnes fuyant ce pays voisin pour venir se réfugier chez des parents dans le département de Kaolack et celui de Nioro qui a des postes frontaliers avec ce pays. Pour le moment, il s’agit de personnes déplacées venant vivre chez des parents, donc à priori ne nécessitant une prise en charge particulières auprès des comités départementaux de la Croix Rouge  », a déclaré Mbagnick Ndiaye, président du comité régional. Avec plus de 2680 personnes déplacées, le département de Nioro enregistre l’essentiel des personnes ayant fui la Gambie, vient ensuite Kaolack avec 677 dont une moitié d’enfants. 

« A l’occasion de votre cérémonie d’investiture, aujourd’hui, 19 janvier 2017, aux plus hautes fonctions de la Gambie, je tiens à vous adresser, en mon nom personnel et au nom du peuple français, mes félicitations sincères et chaleureuses », a écrit le président François Hollande dans une correspondance adressée au nouveau président gambien, Adama Barrow.

Selon le président français, l’investiture d’Adama Barrow « marquera l’histoire de la Gambie ». « La cérémonie d’investiture consacre, conformément à la Constitution gambienne, votre indiscutable victoire aux élections présidentielles du 1erdécembre dernier, confirmée par la Commission électorale indépendante », a souligné Hollande. « L’ère nouvelle que vous inaugurez a un retentissement qui dépasse très largement les frontières de votre pays. La volonté du peuple gambien doit être respectée », a ajouté François Hollande.

Il a salué le rôle essentiel de la Cedeao, avec l’appui de l’Union africaine, de l’Union européenne et du Conseil de Sécurité des Nations Unies, pour appuyer le président Barrow et récuser toute contestation. « La France apporte son soutien résolu aux initiatives prises par la Cedeao pour vous permettre d’exercer votre mandat », a assuré Hollande.  « Sachez, Monsieur le président, que la France se tient à vos côtés pour l’exigeante mission qui débute aujourd’hui, pour vous et votre peuple », a ajouté le président français.

B. DIONE

 

Lors de sa dernière réunion consacrée à la situation en Gambie, le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine a appelé l'ensemble des Etats membres à reconnaître Adama Barrow.

Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine reconnaît désormais Adama Barrow comme président légitime de la Gambie. Dans un communiqué qui nous est parvenu, le Conseil de paix et de sécurité demande à tous les Etats membres de l’Ua ainsi qu’à la communauté internationale de reconnaître Adama Barrow. « Le Conseil exprime la disponibilité de l'Ua à travailler en étroite collaboration avec les nouvelles autorités gambiennes, en vue de promouvoir la paix, la sécurité, la stabilité et la réconciliation dans leur pays », lit-on dans le même communiqué qui a sanctionné la 654è réunion du Conseil de paix et de sécurité du 20 janvier consacrée à la situation postélectorale en République islamique de Gambie.

Par la même occasion, le Conseil de paix de l’Union africaine dit attendre « avec intérêt » la participation du président Adama Barrow à la 28ème session ordinaire de la Conférence de l’Union, prévue du 30 au 31 janvier 2017, à Addis-Abeba, en Ethiopie. Egalement, le Conseil s’associe  aux décisions adoptées par le 50ème session ordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement de la Cedeao, tenue à Abuja le 17 décembre 2016, y compris l’utilisation de tous les moyens nécessaires pour garantir le respect de la volonté du peuple gambien, tel qu’exprimé le 1er décembre 2016.

Dans la même lancée, les membres du Conseil  prennent note du délai fixé par la Conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement de la Cedeao à Yahya Jammeh pour qu’il respecte pleinement la volonté du peuple gambien, ainsi que les décisions de la Cedeao et de l’Ua.

Le Conseil félicite le président Macky Sall du Sénégal pour sa contribution aux efforts visant à assurer le respect de la volonté du peuple de la Gambie. Il prend également note des initiatives prises par les présidents Mohamed Ould Abdel Aziz de Mauritanie et Alpha Condé de la Guinée, pour la résolution pacifique de la crise postélectorale en Gambie.

Par ailleurs, le Conseil de paix de l’Ua exprime sa « profonde reconnaissance » à la Cedeao pour sa position de principe quant à la situation en Gambie, conformément à la politique de tolérance zéro de l'Ua pour les changements inconstitutionnels de gouvernement en Afrique.

Maguette NDONG

…Jammeh accepte de quitter…
Finalement Yahya Jammeh a décidé de quitter la Gambie. Selon l’Agence France presse (Afp), l’ex-président gambien a donné son accord de principe aux présidents mauritanien et guinéen qui, depuis la matinée du vendredi, ont mené des tractations pour l’amener à céder le pouvoir au président nouvellement élu, Adama Barrow. « Apparemment, les choses sont quasiment réglées. Jammeh a accepté de quitter le pouvoir », souligne une source mauritanienne, contactée par l’Afp, ajoutant que le point qui restait à éclairer c’est le point de chute de Jammeh et les conditions qui doivent accompagner son exil. Une source citée par l’Afp renseigne que le mieux était de trouver « un pays suffisamment loin de la Gambie pour empêcher à Yahya Jammeh d’interférer dans le processus démocratique en cours dans son pays ». Il aura fallu cinq heures de négociations à Alpha Conde de la Guinée et à Mouhamed Ould Abdel Aziz de la Mauritanie pour convaincre l’ex-président gambien. Mais la prudence était toujours de mise. Dans la soirée, on annonçait même que le président guinéen Alpha Conde passait la nuit à Banjul. La capitale gambienne était calme hier soir et les populations s’attendaient à un dénouement heureux du conflit.

Poursuite des négociations
Mais la prudence est de mise pour les acteurs impliqués dans les négociations qui se poursuivent aujourd’hui. Selon une source diplomatique au fait des discussions, l'accord final sera conclu non pas entre MM. Jammeh, Condé et leur homologue mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, mais entre le nouveau président gambien Adama Barrow, actuellement accueilli au Sénégal voisin, et son prédécesseur.

"Ce sera une déclaration commune entre Barrow et Jammeh", a indiqué cette source, soulignant que les troupes ouest-africaines mobilisées pour forcer Yahya Jammeh à quitter le pouvoir resteraient sur place jusqu'à son départ. Il faut signaler que la Cedeao avait donné un ultimatum à Yahya Jammeh à 12 heures, hier, avant de le repousser plusieurs fois, afin de donner une chance à la médiation de Conde et de Ould Abdel Aziz.

Toutefois, les troupes sénégalaises de la coalition interarmées de la Cedeao étaient déjà entrées à Gambie, mais aucune confrontation n’avait été signalée avec les militaires gambiens. Avec cette décision de Jammeh, on s’achemine peut-être à un règlement définitif du conflit postélectoral gambien.

M. NDONG (Avec Afp)

…Hollande salue le rôle de la Cedeao
« A l’occasion de votre cérémonie d’investiture, aujourd’hui, 19 janvier 2017, aux plus hautes fonctions de la Gambie, je tiens à vous adresser, en mon nom personnel et au nom du peuple français, mes félicitations sincères et chaleureuses », a écrit le président François Hollande dans une correspondance adressée au nouveau président gambien, Adama Barrow.

Selon le président français, l’investiture d’Adama Barrow « marquera l’histoire de la Gambie ». « La cérémonie d’investiture consacre, conformément à la Constitution gambienne, votre indiscutable victoire aux élections présidentielles du 1erdécembre dernier, confirmée par la Commission électorale indépendante », a souligné Hollande. « L’ère nouvelle que vous inaugurez a un retentissement qui dépasse très largement les frontières de votre pays. La volonté du peuple gambien doit être respectée », a ajouté François Hollande.

Il a salué le rôle essentiel de la Cedeao, avec l’appui de l’Union africaine, de l’Union européenne et du Conseil de Sécurité des Nations Unies, pour appuyer le président Barrow et récuser toute contestation. « La France apporte son soutien résolu aux initiatives prises par la Cedeao pour vous permettre d’exercer votre mandat », a assuré Hollande.  « Sachez, Monsieur le président, que la France se tient à vos côtés pour l’exigeante mission qui débute aujourd’hui, pour vous et votre peuple », a ajouté le président français.

B. DIONE

3.500 déplacés enregistrés à Kaolack
La crise politique qui sévit en Gambie continue d’affecter des populations vivant dans la zone frontalières. Elles affluent en masse dans la partie sénégalaise. Elles sont près de 3500 personnes déplacées recensées par les volontaires du Comité régional de la Croix rouge de Kaolack.

L’afflux des personnes déplacées en provenance de la Gambie inquiète les responsables régionaux de la Croix Rouge de Kaolack, chargés de leur recensement. Elles seraient près de 3500 réparties entre le département de Kaolack et celui de Nioro. « Depuis le début de la crise qui sévit en Gambie, on note un afflux considérable de personnes fuyant ce pays voisin pour venir se réfugier chez des parents dans le département de Kaolack et celui de Nioro qui a des postes frontaliers avec ce pays. Pour le moment, il s’agit de personnes déplacées venant vivre chez des parents, donc à priori ne nécessitant une prise en charge particulières auprès des comités départementaux de la Croix Rouge  », a déclaré Mbagnick Ndiaye, président du comité régional. Avec plus de 2680 personnes déplacées, le département de Nioro enregistre l’essentiel des personnes ayant fui la Gambie, vient ensuite Kaolack avec 677 dont une moitié d’enfants. 

Elimane FALL

« Après votre investiture aux hautes charges de président de la République de Gambie, j’ai le plaisir de vous adresser mes chaleureuses félicitations », a écrit le président de la République, Macky Sall, juste après l’investiture du président Adama Barrow. « J’y ajoute les vœux meilleurs que je forme pour votre bien-être personnel et la réussite de votre éminente mission au service de vos compatriotes », a ajouté le chef de l’Etat.

Macky Sall a rappelé que le Sénégal et la Gambie entretiennent des relations exceptionnelles d’amitié, de parenté et de bon voisinage. « Nous avons, de part et d’autre, la responsabilité de consolider ces liens privilégiés, au grand bonheur de nos peuples. Soyez assuré de ma disponibilité constante à œuvrer avec vous dans ce sens », a souligné M. Sall.

B. DIONE

Pour l’homme qui a reçu le sermon « ce jour est un moment historique ». « C’est un honneur que j’ai eu, un privilège de recueillir le serment du président Barrow. Le peuple gambien a décidé de tourner la page. A partir d’aujourd’hui, Jammeh doit céder le pouvoir, il a été président et son mandat est terminé donc il n’a plus le droit de rester », a indiqué Chérif Tambédou.

« Le président a donné l’ordre aux forces armées, maintenant nous demandons qu’elles obéissent à son commandement.  Celui qui ne suit pas, à partir de cet instant, sera considéré comme un rebelle », a-t-il affirmé. Avant d’éclairer que « la loi gambienne me donne le droit de recueillir son serment. Je suis qualifié pour cela. Nous préférons que Jammeh cède le pouvoir dans la paix, mais s’il ne veut pas respecter le choix du peuple, nous ne le souhaitons pas, mais l’intervention militaire sera nécessaire. Ce sera dommage mais c’est ce qui va arriver », a conclu Chérif Tambédou.

A. DIOP

« Notre ambassadeur n’a pas pu assister à l’investiture du président Barrow. C’est pourquoi, je suis venu représenter les Etats-Unis à la cérémonie. Nous le félicitons et nous sommes ravis de travailler avec lui pour le développement de la Gambie. Le président Barrow a appelé à l’unité en Gambie. Et c’est très important. Nous espérons que le processus démocratique va continuer dans ce pays ».

B. D.

La Grande Bretagne a adressé ses félicitations à Adama Barrow à l’occasion de son investiture en qualité de nouveau président de la Gambie. « Les élections du 1er décembre ont été libres et justes et ont été l’expression harmonieuse d’un choix démocratique par le Peuple gambien. Elles ouvrent  une nouvelle page dans l’histoire du pays et représentent une opportunité de changement pour la Gambie », a dit Boris Johnson, ministre britannique des Affaires étrangères dans une correspondance adressée au nouveau président gambien.

 « Le Royaume-Uni rend hommage au leadership crucial dont a fait montre la Cedeao et au rôle d’appui joué par l’Ua en veillant à ce que les vœux démocratiques du Peuple gambien soient respectés », a souligné Boris Johnson. Pour le patron de la diplomatie britannique, « il est essentiel que l’ancien président Jammeh cède la place pour permettre une transition ordonnée ».  Il rappelle que le Royaume-Uni entretient, depuis longtemps, des relations historiques avec la Gambie. « Nous espérons travailler en étroite collaboration avec le gouvernement du président Barrow pour renforcer nos liens bilatéraux et économiques qui sont déjà solides », a-t-il ajouté.

B. D.

De nombreux réfugiés et des ressortissants des pays limitrophes ont fui la Gambie au cours de ces derniers jours pour se réfugier dans les régions de Kolda et Sédhiou.

La Gambie se vide de sa population. Plusieurs centaines de réfugiés et de ressortissants des pays de la sous-région dont des Sénégalais, des Guinéens et des Bissau-guinéens ont fui le pays au cours de ces derniers jours par crainte d’être bloqués en cas d’intervention militaire de la Cedeao. Ils ont trouvé refuge dans les villages frontaliers avec la Gambie où les populations se disent débordées par l’afflux des réfugiés noté au cours de ces dernières 72 heures. C’est le cas notamment au quartier Sikilo-nord, dans la commune de Kolda où des réfugiés, en majorité des femmes et des enfants, ont été accueillis par des familles. « Nous remercions le bon Dieu de nous avoir permis d’arriver au Sénégal sains. Nous sommes conscients que nous constituons une charge supplémentaire à notre famille d’accueil car, nous sommes venus les mains vides. Nous sommes nombreux et le coucher et la nourriture posent également de problèmes », déclare une femme visiblement fatiguée par les conditions de voyage et les difficultés d’hébergement. Dans le département de Kolda, au moins, 114 personnes ont été recensées à la date du 19 janvier dernier, d’après les chiffres fournis par la préfecture. Elles sont réparties entre les communes de Kolda, Thiéty, Guiro Yéro Bocar et Coumbacara, notamment à Dialacoumbi. La plupart d’entre elles seraient des Sénégalais qui étaient établis en Gambie.

Amadou Tidiane Sabaly de la Croix rouge sénégalaise fait également état de la présence des réfugiés dans d’autres collectivités locales. « On nous signale également l’arrivée de 40 réfugiés dans la commune de Tankanto Escale ainsi que dans celle de Saré Yoba Diéga» a-t-il dit.

La situation est plus préoccupante dans le département de Médina Yoro Foulah, frontalier avec la Gambie où 450 réfugiés ont été recensés dans la commune de Pata à la date du 18 janvier dernier, selon le maire, Alioune Badara Baldé. Le maire lance un appel aux autorités à venir en aide à ces refugiés qui ont abandonné tous leurs biens derrière eux. « Nous sommes en train de répartir les refugiés entre les différents quartiers de la commune pour leur trouver des familles d’accueil. Malheureusement, nous ne disposons pas de suffisamment de matelas et de nattes pour permettre à tout le monde d’avoir où se coucher. De plus, le problème de prise en charge en termes de nourriture et d’hygiène se pose déjà car les familles d’accueil n’ont pas suffisamment de moyens pour y faire face », déclare-t-il. Plus de 500 autres réfugiés ont également été enregistrés, selon lui, dans la commune de Kéréwané et 35 dans celle de Goudourou sans compter les personnes qui sont recensées dans les villages de Tankon Fara et de Diakhaly. A noter par ailleurs, qu’à la date du 17 janvier dernier, le département de Vélingara a enregistré 800 personnes en provenance de la Gambie en majorité des ressortissants de la Guinée-Conakry. Certains sont accueillis sur place par des parents ou des connaissances alors que d’autres préfèrent retourner dans leur pays. C’est le même constat dans le département de Bounkiling, dans le nord de la région de Sédhiou où l’on fait également état d’un important afflux de réfugiés. C’est le cas notamment au carrefour Médina Wandifa et des localités environnantes où plusieurs centaines de personnes sont arrivées récemment en provenance de la Gambie.
Mamadou Aliou DIALLO

HÔTELS, AUBERGES ET APPARTEMENTS MEUBLÉS REFUSENT DU MONDE À ZIGUINCHOR
Ziguinchor 2A Ziguinchor, la crise qui sévit en Gambie fait assister à un véritable drame humain, avec la dislocation de familles et des milliers de personnes qui ont pris le chemin de l’exil pour être en sécurité. Mais, ce n’est pas tout le monde qui peut trouver où loger. Actuellement, les hôtels, auberges, campements touristiques et autres appartements meublées ont fini de faire le plein de clients.

Il n’y a plus de chambres disponibles dans les hôtels de Ziguinchor. Et malheureusement, la Gambie continue de se vider de la plupart de ses habitants. Et beaucoup ont jeté leur dévolu sur la Casamance voisine, ralliant, sans discontinuer, les régions de Ziguinchor et  Sédhiou, qui sont les plus proches que celle de Kolda.

Ainsi donc, la ville de Ziguinchor, qui abrite le plus grand nombre de lieux d’hébergement moyennant finance, est, tous les jours, prise d’assaut par des vagues de populations à la recherche d’un gîte.

Cet opérateur économique d’origine indienne, qui a requis l’anonymat, en a beau chercher, en vain. « Je vais essayer de reprendre la route avec ma voiture et filer vers Sédhiou, en espérant que je trouverai là-bas où dormir en sécurité », s’est-il résigné. Beaucoup d’autres personnes qui ont les moyens, ont fait comme lui.

Certaines se sont dirigées vers Oussouye. D’autres ont préféré aller plus loin, à Kolda ou Vélingara. Les moins nanties ont préféré se rendre dans les villages des communes proches de Ziguinchor, Niaguis et Nyassia. « Dieu pourra nous aider à trouver des familles d’accueil », espèrent-elles.

Comme on peut le constater donc, la crise qui sévit en Gambie est en train de faire des  malheureux chez des hommes, des femmes et des jeunes (garçons et filles) de ce pays ami au nôtre. Les autorités régionales de Ziguinchor sont très conscientes de la situation.

Le gouverneur, Al Hassan Sall mis en place un comité régional de gestion des réfugiés, des rapatriés et des personnes déplacées.

Il dirige lui-même la structure. Celle-ci est composée de 7 commissions : Sécurité, Education, Accueil et hébergement, Mobilisation et gestion des moyens, Santé et nutrition, Eau, assainissement et communication.             

El Hadj Moussa SADIO

Agé de 51 ans, le tout nouveau président de la Gambie a été investi hier. Adama Barrow qui a prêté serment à l’ambassade de la Gambie à Dakar, a estimé, à cette occasion, que «c’est une victoire de la  nation gambienne».

Après l’hymne national, en présence de gambiens massés, vêtus de tee-shirts sur lesquels étaient inscrit «Gambie has decided », ils ont tous dit : « La Gambie a décidé ». Ces Gambiens étaient venus assister à la cérémonie de prestation de serment du nouveau président. La cérémonie s’est déroulée, à ce titre, en présence du Premier ministre du Sénégal qui a représenté le président Macky Sall, du ministre des Affaires étrangères, Mankeur Ndiaye, ainsi que d’autres représentants de l’Union africaine, de la Cedeao, des Nations-Unies.

Dans son discours qui a suivi sa prestation de serment dans la langue officielle gambienne, l’anglais, Adama Barrow a indiqué qu’«aujourd’hui est un jour inoubliable pour les Gambiens ».

« Je suis le président de tous les Gambiens que vous ayez voté pour moi ou pas, c’est une victoire de la  nation gambienne. Il n’y a pas de perdant, nous sommes une Gambie, un même peuple, une même nation», a-t-il dit. Mais auparavant, le nouveau président gambien  a adressé  toute sa reconnaissance, sa gratitude  à la Cedeao, à la communauté internationale, aux chefs d’Etat du Libéria, du Nigéria, de la Sierra Léon et du Ghana qui ont mené la mission de la médiation de la Cedeao  et particulièrement au  président Macky Sall pour son hospitalité.

Adama Barrow a aussi appelé toutes les forces armées gambiennes à lui témoigner leur loyauté, à le soutenir. «En tant que commandant en chef des forces armées, j’appelle tout le personnel des forces armées et des agences de renseignement à me montrer leur loyauté, mais aussi à respecter la constitution» a-t-il dit.

Il a souhaité voir une Gambie « plus démocratique, plus juste et plus libre ». Il a donné des garanties d’élargir le processus démocratique en Gambie et de promouvoir la liberté et le développement. Lors de la cérémonie, un important dispositif sécuritaire était présent  pour contenir cette foule de Gambiens qui a envahi la longiligne de la route de l’ambassade et ses abords pour y accéder, aux cris de joie et d’acclamations pour témoigner à leur nouveau président, toute  leur « reconnaissance ».

Après son investiture, le nouveau président a promis de former dans les meilleurs délais un nouveau gouvernement. Il a invité Yahya Jammeh à respecter sa parole en acceptant de céder le pouvoir.

Amadou DIOP

LES FÉLICITATIONS DE MACKY SALL
« Après votre investiture aux hautes charges de président de la République de Gambie, j’ai le plaisir de vous adresser mes chaleureuses félicitations », a écrit le président de la République, Macky Sall, juste après l’investiture du président Adama Barrow. « J’y ajoute les vœux meilleurs que je forme pour votre bien-être personnel et la réussite de votre éminente mission au service de vos compatriotes », a ajouté le chef de l’Etat.
Macky Sall a rappelé que le Sénégal et la Gambie entretiennent des relations exceptionnelles d’amitié, de parenté et de bon voisinage. « Nous avons, de part et d’autre, la responsabilité de consolider ces liens privilégiés, au grand bonheur de nos peuples. Soyez assuré de ma disponibilité constante à œuvrer avec vous dans ce sens », a souligné M. Sall.

B. DIONE

CHERIF TAMBEDOU, BATONNIER DU BARREAU DE LA GAMBIE : « LA LOI GAMBIENNE ME DONNE LE DROIT DE RECUEILLIR SON SERMENT »
Pour l’homme qui a reçu le sermon « ce jour est un moment historique ». « C’est un honneur que j’ai eu, un privilège de recueillir le serment du président Barrow. Le peuple gambien a décidé de tourner la page. A partir d’aujourd’hui, Jammeh doit céder le pouvoir, il a été président et son mandat est terminé donc il n’a plus le droit de rester », a indiqué Chérif Tambédou. « Le président a donné l’ordre aux forces armées, maintenant nous demandons qu’elles obéissent à son commandement.  Celui qui ne suit pas, à partir de cet instant, sera considéré comme un rebelle », a-t-il affirmé. Avant d’éclairer que «la loi gambienne me donne le droit de recueillir son serment. Je suis qualifié pour cela. Nous préférons que Jammeh cède le pouvoir dans la paix, mais s’il ne veut pas respecter le choix du peuple, nous ne le souhaitons pas, mais l’intervention militaire sera nécessaire. Ce sera dommage mais c’est ce qui va arriver », a conclu Chérif Tambédou.

A. DIOP

JAMES P. ZUMWALT, AMBASSADEUR DES ETATS-UNIS : « NOUS SOMMES RAVIS DE TRAVAILLER AVEC BARROW »
« Notre ambassadeur n’a pas pu assister à l’investiture du président Barrow. C’est pourquoi, je suis venu représenter les Etats-Unis à la cérémonie. Nous le félicitons et nous sommes ravis de travailler avec lui pour le développement de la Gambie. Le président Barrow a appelé à l’unité en Gambie. Et c’est très important. Nous espérons que le processus démocratique va continuer dans ce pays ».

B. D.

LA GRANDE BRETAGNE SALUE L’INSTALLATION
La Grande Bretagne a adressé ses félicitations à Adama Barrow à l’occasion de son investiture en qualité de nouveau président de la Gambie. « Les élections du 1er décembre ont été libres et justes et ont été l’expression harmonieuse d’un choix démocratique par le Peuple gambien. Elles ouvrent  une nouvelle page dans l’histoire du pays et représentent une opportunité de changement pour la Gambie », a dit Boris Johnson, ministre britannique des Affaires étrangères dans une correspondance adressée au nouveau président gambien.

« Le Royaume-Uni rend hommage au leadership crucial dont a fait montre la Cedeao et au rôle d’appui joué par l’Ua en veillant à ce que les vœux démocratiques du Peuple gambien soient respectés », a souligné Boris Johnson. Pour le patron de la diplomatie britannique, « il est essentiel que l’ancien président Jammeh cède la place pour permettre une transition ordonnée ».  Il rappelle que le Royaume-Uni entretient, depuis longtemps, des relations historiques avec la Gambie. « Nous espérons travailler en étroite collaboration avec le gouvernement du président Barrow pour renforcer nos liens bilatéraux et économiques qui sont déjà solides », a-t-il ajouté.

B. D.

SIDY SANE, ANCIEN MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES GAMBIEN : « LA PAIX ET LA SÉCURITÉ SONT NOS PRIORITÉS »
L’ancien ministre des Affaires étrangères gambien, par ailleurs ancien ambassadeur de la Gambie au Sénégal, a tenu à préciser que l’ambassade est un territoire gambien.

«Le président Barrow était très précis, il n’a pas été très long mais il a dit l’essentiel en se référant aux conditions de sécurité en Gambie. La première priorité, pour nous, c’est la paix et la sécurité en Gambie », a-t-il soutenu. « Après cela, on va discuter du développement économique et social. Ce qui m’a marqué dans son discours, c’est le fait que Adama Barrow ait rappelé qu’il est le chef suprême des armées. Yaya Jammeh va quitter, peut-être dans un ou deux jours, inchAllah », a-t-il ajouté.

A. DIOP

L’ONU DONNE SON FEU VERT POUR UNE INTERVENTION MILITAIRE
Ce jeudi après-midi, le Conseil de sécurité des Nations Unies, présidé ce mois de janvier par Olof Skoog, représentant permanent de la Suède à l’Onu, a apporté son soutien unanime à la résolution présentée par le Sénégal et visant à autoriser la Cedeao à prendre « toutes mesures nécessaires » pour assurer une passation de pouvoirs en Gambie, selon le projet déposé la veille. Concrètement, dans le draft de la résolution consulté par le Soleil, le Sénégal qui a un mandat de deux ans au sein de l’organe de décision international, demande au Conseil de sécurité d’« exprimer son soutien, sans réserve, à la Cedeao dans l’engagement qu’elle a pris de garantir, en privilégiant les moyens politiques, le respect de la volonté du peuple gambien, telle qu’elle ressort des résultats de l’élection du 1er décembre 2016 ». Objectif atteint donc. Toutes mesures nécessaires, en vue de pousser le président déchu Yaya Jammeh à quitter le pouvoir auquel il s’accroche désespérément alors qu’il est de plus en plus évident qu’il est isolé, lâché et cerné. En effet, le monde s’effondre autour de lui, tous ses proches ayant démissionné les uns après les autres, y compris sa fidèle ex-vice présidente Mme Aissatou Njie Saidy. Selon une partition bien chronométrée, au moment où le Conseil de sécurité donnait son feu vert aux initiatives de la Cedeao, les forces armées sénégalaises communiquaient sur l’entrée des troupes en Gambie. Au même moment également, au nom du Sénégal, l’Ambassadeur Fodé Seck, représentant permanent du Sénégal à l’Onu, adressait, depuis le Conseil, de sécurité, les chaleureuses félicitations du gouvernement à Adama Barrow, président de la République de Gambie et se réjouissait, à ce propos, de la déclaration conjointe Nations Unies-Union Africaine-Cedeao, prononcée à l’issue de la cérémonie d’investiture.

Une illustration de la démarche unitaire qui a été jusqu’ici de mise dans la gestion du dossier de la crise postélectorale gambienne. Le Sénégal a saisi cette opportunité pour exprimer toute sa gratitude à la communauté internationale pour son accompagnement constant et sa fermeté qui ont permis d’aboutir à un tel résultat, a déclaré l’ambassadeur Seck. En effet, en soumettant au Conseil de sécurité sa résolution sur la crise gambienne, la délégation sénégalaise, s’inscrit, selon l’ambassadeur Fodé Seck, « dans la continuité des efforts politiques et diplomatiques de la Cedeao, de l’Union africaine et des Nations Unies en vue de trouver une solution à la situation postélectorale en République sœur de Gambie ».

Le Sénégal, pays de la région, a ainsi souhaité exprimer sa reconnaissance à tous les membres du Conseil de Sécurité pour leur soutien et leur solidarité aux efforts de la Cedeao et de l’Ua « en vue de faire échec à une entreprise de confiscation de la volonté démocratiquement exprimée, le 1er décembre 2016, par le peuple souverain de Gambie », a expliqué le chef de la délégation sénégalaise à l’Onu. L’ambassadeur Seck n’a pas terminé son adresse sans faire un plaidoyer pour l’appel lancé par le président Adama Barrow en direction de la communauté internationale, plus particulièrement à la Cedeao, à l’Union africaine et aux Nations Unies, pour l’aider à faire respecter la volonté souveraine du peuple gambien.

D. M. F.

LES FORCES DE LA CEDEAO SONT ENTRÉES EN GAMBIE
Une coalition multinationale et inter-armée s’est engagée dans l’opération restauration de la démocratie, dans le cadre de la mission de la communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), en Gambie, ce jeudi 19 janvier », souligne un communiqué de la Direction de l’information et des relations publiques des armées (Dirpa), signé par le Colonel, Abdoul Ndiaye.

La note précise que l’opération est menée sous mandat de la Cedeao avec le soutien de l’Union africaine et de l’Organisation des Nations-Unies. « Cette mission vise à rétablir la légalité constitutionnelle en Gambie et à permettre l’investiture du nouveau président élu à l’issue de l’élection présidentielle de 1er décembre 2016 », a indiqué le Porte-parole. « D’importants moyens terrestres, aériens et navals ont été mis en œuvre », L’opération commandée par le Général de division François Ndiaye a été déclenchée par des frappes et un contrôle naval, selon le communiqué.

B. DIONE

MEDIATION DE ALPHA CONDÉ : DERNIER ULTIMATUM À 12 H
Le président guinéen, Alpha Condé, joue la dernière carte de la médiation. Il est attendu, ce matin, à Banjul. Selon le président de la Commission de la Cedeao, Marcel Alain de Souza, l’objectif, c’est d’assurer une sortie honorable à Yahya Jammeh.

La Cedeao donne, aujourd’hui jusqu’à 12 heures, une dernière chance au président sortant de la Gambie, Yahya Jammeh. Cette dernière médiation sera conduite par le Pr Alpha Condé, président de la République de Guinée. Au cours d’un point de presse, tenu hier dans la soirée, le président de la Commission de la Cedeao, Marcel Alain de Souza, a indiqué que le président Condé est attendu, ce matin, à Banjul, après un passage à Nouakchott où il s’entretiendra avec son homologue Mohamed Ould Abdel Aziz. Il était entouré du colonel major Saïdou Maiga Moro, chef d’Etat-major de la force en attente de la Cedeao, du colonel Ollo Alain Salé, responsable de la Division des opérations de soutien à la paix et de Mme Halima Ahmed, commissaire des Affaires politiques, paix et sécurité régionale de la Cedeao. M. Souza a indiqué que c’est pour donner une dernière chance à Yahya Jammeh que la Cedeao a décidé de stopper l’avancée de ses troupes en territoire gambien, en vue de trouver une « solution paisible et honorable » pour le président Yahya Jammeh. « Il a le choix de partir avec le président Alpha Condé demain (aujourd’hui). Si à 12 heures, il ne se décide pas, nous l’amènerons de gré ou de force. Nos troupes vont avancer sur Banjul », a-t-il menacé. « Jusqu’à la dernière minute, nous pensons toujours qu’il y aura une solution issue d’un dialogue », a-t-il insisté.

Lors de la dernière médiation du président Abdel Aziz, Yahya Jammeh a accepté de quitter le pouvoir mais il persiste à vouloir rester à Kanilaï. Pour la Cedeao, sa présence en Gambie va créer des troubles à l’ordre public et des mouvements de terroristes. M. Souza a invité le président sortant de la Gambie à partir « honorablement et dans le respect ». Toujours dans le cadre de cette médiation, M. Jammeh a réclamé une amnistie. A en croire M. Souza, il a souhaité qu’il y ait une mission pour conclure cette proposition. A ce niveau, il estime que les choses commencent à bouger d’autant que sa vice-présidente, Aisatu N'Jie Saidy, a démissionné et que les 70% de ses troupes ne sont pas prêtes à se battre. La conviction du président de la Commission de la Cedeao est que tous les éléments sont réunis pour qu’il prenne une « sage décision ».

Pour le président de la Commission, s’il part par la force, il n’aura aucune chance d’être amnistié. Il serait mieux, à son avis, d’« instaurer le plus rapidement possible la démocratie et permettre au nouveau président de prendre les attributs de son pouvoir ». Cela évitera, dit-il, de « créer d’autres poches de tensions et d’allumer le feu ». Revenant sur les forces de la Cedeao, il a indiqué que depuis leur arrivée, elles n’ont fait que quelques tirs de sommation. « Les troupes sont venues pour accomplir leur mission qui est de restaurer la démocratie », a-t-il soutenu. En cas d’attaque, la Cedeao ne souhaite pas que Yahya Jammeh soit mort. « La Cedeao ne veut pas sa mort. Nous souhaiterions que tout se passe de manière pacifique », a dit M. Souza. Ce dernier dit fonder beaucoup d’espoir sur cette médiation du président Condé.

Souleymane Diam SY

EBRIMA SALL, SECRÉTAIRE EXÉCUTIF DU CODESRIA : « QUE BARROW SOIT LE PRÉSIDENT DE TOUS LES GAMBIENS »
«C’est un moment historique que nous venons de vivre. Contre tous les obstacles qui ont été posés par le régime sortant, le peuple gambien était décidé, il voulait un changement. Aujourd’hui, que le nouveau président puisse être installé avec des engagements par rapport aux besoins du pays, par rapport à la situation actuelle, c’est extrêmement rassurant et appréciable», a dit Ebrima Sall, secrétaire exécutif du Codesria, originaire de la Gambie.

Selon lui, le président Barrow a dit l’essentiel. «Il a expliqué que c’est lui le président légitime du moment, la deuxième chose, c’est son engagement à réunir le pays, à le remettre au travail, et à le reconstruire avec son entourage, avec ses voisins et avec la communauté internationale. Il a dit qu’il est le président de tous les gambiens. Nous avions vécu des années pendant lesquelles des identités ethniques ont été manipulées, des identités religieuses ont été manipulées. Beaucoup a été fait pour que certains clans soient créés », a-t-il rappelé.

Amadou DIOP

DES VILLAGES FRONTALIERS DÉBORDÉS PAR L’AFFLUX DES RÉFUGIÉS À KOLDA ET SÉDHIOU
De nombreux réfugiés et des ressortissants des pays limitrophes ont fui la Gambie au cours de ces derniers jours pour se réfugier dans les régions de Kolda et Sédhiou.

La Gambie se vide de sa population. Plusieurs centaines de réfugiés et de ressortissants des pays de la sous-région dont des Sénégalais, des Guinéens et des Bissau-guinéens ont fui le pays au cours de ces derniers jours par crainte d’être bloqués en cas d’intervention militaire de la Cedeao. Ils ont trouvé refuge dans les villages frontaliers avec la Gambie où les populations se disent débordées par l’afflux des réfugiés noté au cours de ces dernières 72 heures. C’est le cas notamment au quartier Sikilo-nord, dans la commune de Kolda où des réfugiés, en majorité des femmes et des enfants, ont été accueillis par des familles. « Nous remercions le bon Dieu de nous avoir permis d’arriver au Sénégal sains. Nous sommes conscients que nous constituons une charge supplémentaire à notre famille d’accueil car, nous sommes venus les mains vides. Nous sommes nombreux et le coucher et la nourriture posent également de problèmes », déclare une femme visiblement fatiguée par les conditions de voyage et les difficultés d’hébergement. Dans le département de Kolda, au moins, 114 personnes ont été recensées à la date du 19 janvier dernier, d’après les chiffres fournis par la préfecture. Elles sont réparties entre les communes de Kolda, Thiéty, Guiro Yéro Bocar et Coumbacara, notamment à Dialacoumbi. La plupart d’entre elles seraient des Sénégalais qui étaient établis en Gambie.

Amadou Tidiane Sabaly de la Croix rouge sénégalaise fait également état de la présence des réfugiés dans d’autres collectivités locales. « On nous signale également l’arrivée de 40 réfugiés dans la commune de Tankanto Escale ainsi que dans celle de Saré Yoba Diéga» a-t-il dit.

La situation est plus préoccupante dans le département de Médina Yoro Foulah, frontalier avec la Gambie où 450 réfugiés ont été recensés dans la commune de Pata à la date du 18 janvier dernier, selon le maire, Alioune Badara Baldé. Le maire lance un appel aux autorités à venir en aide à ces refugiés qui ont abandonné tous leurs biens derrière eux. « Nous sommes en train de répartir les refugiés entre les différents quartiers de la commune pour leur trouver des familles d’accueil. Malheureusement, nous ne disposons pas de suffisamment de matelas et de nattes pour permettre à tout le monde d’avoir où se coucher. De plus, le problème de prise en charge en termes de nourriture et d’hygiène se pose déjà car les familles d’accueil n’ont pas suffisamment de moyens pour y faire face », déclare-t-il. Plus de 500 autres réfugiés ont également été enregistrés, selon lui, dans la commune de Kéréwané et 35 dans celle de Goudourou sans compter les personnes qui sont recensées dans les villages de Tankon Fara et de Diakhaly. A noter par ailleurs, qu’à la date du 17 janvier dernier, le département de Vélingara a enregistré 800 personnes en provenance de la Gambie en majorité des ressortissants de la Guinée-Conakry. Certains sont accueillis sur place par des parents ou des connaissances alors que d’autres préfèrent retourner dans leur pays. C’est le même constat dans le département de Bounkiling, dans le nord de la région de Sédhiou où l’on fait également état d’un important afflux de réfugiés. C’est le cas notamment au carrefour Médina Wandifa et des localités environnantes où plusieurs centaines de personnes sont arrivées récemment en provenance de la Gambie.

Mamadou Aliou DIALLO

HÔTELS, AUBERGES ET APPARTEMENTS MEUBLÉS REFUSENT DU MONDE À ZIGUINCHOR
A Ziguinchor, la crise qui sévit en Gambie fait assister à un véritable drame humain, avec la dislocation de familles et des milliers de personnes qui ont pris le chemin de l’exil pour être en sécurité. Mais, ce n’est pas tout le monde qui peut trouver où loger. Actuellement, les hôtels, auberges, campements touristiques et autres appartements meublées ont fini de faire le plein de clients.

Il n’y a plus de chambres disponibles dans les hôtels de Ziguinchor. Et malheureusement, la Gambie continue de se vider de la plupart de ses habitants. Et beaucoup ont jeté leur dévolu sur la Casamance voisine, ralliant, sans discontinuer, les régions de Ziguinchor et  Sédhiou, qui sont les plus proches que celle de Kolda.

Ainsi donc, la ville de Ziguinchor, qui abrite le plus grand nombre de lieux d’hébergement moyennant finance, est, tous les jours, prise d’assaut par des vagues de populations à la recherche d’un gîte.

Cet opérateur économique d’origine indienne, qui a requis l’anonymat, en a beau chercher, en vain. « Je vais essayer de reprendre la route avec ma voiture et filer vers Sédhiou, en espérant que je trouverai là-bas où dormir en sécurité », s’est-il résigné. Beaucoup d’autres personnes qui ont les moyens, ont fait comme lui.

Certaines se sont dirigées vers Oussouye. D’autres ont préféré aller plus loin, à Kolda ou Vélingara. Les moins nanties ont préféré se rendre dans les villages des communes proches de Ziguinchor, Niaguis et Nyassia. « Dieu pourra nous aider à trouver des familles d’accueil », espèrent-elles.

Comme on peut le constater donc, la crise qui sévit en Gambie est en train de faire des  malheureux chez des hommes, des femmes et des jeunes (garçons et filles) de ce pays ami au nôtre. Les autorités régionales de Ziguinchor sont très conscientes de la situation.

Le gouverneur, Al Hassan Sall mis en place un comité régional de gestion des réfugiés, des rapatriés et des personnes déplacées.

Il dirige lui-même la structure. Celle-ci est composée de 7 commissions : Sécurité, Education, Accueil et hébergement, Mobilisation et gestion des moyens, Santé et nutrition, Eau, assainissement et communication.             

El Hadj Moussa SADIO

Le président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz et son homologue sénégalais, Macky Sall, se sont entretenu hier à l’aéroport Léopold Sédar Senghor. Le chef de l’Etat mauritanien était à Dakar un peu avant minuit en provenance de la Gambie après une rencontre avec son homologue gambien, hier soir, Yahya Jammeh, a rapporté l’Agence mauritanienne d’information (Ami) sans plus de précisions.

A l'Aéroport Léopold Sédar Senghor de Dakar, les deux chefs d'Etat ont été rejoints par le président élu, Adama Barrow. Le mandat de Yahya Jammeh est arrivé à terme hier à minuit. C’est à 1h 50, après avoir accompagné le président Abdel Aziz de Mauritanie, que le chef de l’Etat, Macky Sall, s’est entretenu avec le président élu Adama Barrow. A l’issue de cet entretien qui aura duré environ 10 mn, le Président Sall a rejoint le Palais de la République sans faire de déclaration.

Selon la Rts, l’armée gambienne, par la voie de son chef d’état-major, le Général Ousmane Badje, a décidé de ne pas engager ses hommes contre les forces de la Cedeao.

D. MANE (avec la Rts)

 

Le Haut commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés (Unhcr) souligne qu’il n’y a pas du tout de crise humanitaire ni de problèmes d’accueil ». Selon son porte-parole, si jamais la situation s’aggrave, elle s'est dite "disposée à aider, dans l’humanitaire, si les autorités sénégalaises en font la demande ".

Selon la porte porte-parole de l’Unhcr, du fait de la situation politique incertaine qui prévaut en Gambie, « il faut signaler qu’au cours des dix derniers jours, il y’a plusieurs milliers de personnes, principalement des enfants, qui sont passés de la Gambie vers le Sénégal ».

Toutefois, elle a tenu à préciser, sur les ondes de la  Rts, qu’« il n’y a pas encore d’afflux massif, de fuite massive de personnes vers le Sénégal même si par précaution, des parents ont décidé de mettre leurs enfants à l’abri ».

En outre, pour des raisons de sécurité, la frontière reste ouverte entre les deux pays « mais la frontière côté sénégalais est quand même fermée de 19 h à 7 heures». Il est à signaler également des mouvements de la Gambie vers le Sénégal mais aussi des mouvements réguliers de commerçants qui continuent à faire leurs activités et il n’y a aucun problème pour passer », a-t-elle indiqué.  Ces réfugiés, constitués pour l’essentiel de ressortissants des pays d’Afrique de l’Ouest dont des Gambiens, des Sénégambiens qui ont la double nationalité, de Sénégalais, de Mauritaniens, de Maliens, de Guinéens … « sont correctement pris en charge par l’Etat sénégalais ou les organisations humanitaires », a-t-elle fait savoir.  

« Les autorités sont préparées et nous sommes disposés à aider, dans l’humanitaire, si les autorités sénégalaises le demandent ». Déjà, l’Unhcr est en train d’aider, en collaboration avec les autorités, au « renforcement du système d’enregistrement » pour avoir une idée du nombre de gens qui passent comme réfugiés mais aussi à « la mise en place de plans de contingence » pour identifier des lieux comme les stades et les espaces jeunes pour accueillir tout afflux massif éventuel de réfugiés ».

Mamadou Lamine DIEYE

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