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Politique (3954)

Par rapport aux problèmes du baccalauréat, avec les fuites notées lors des derniers examens, des députés ont même prôné sa suppression, car, à leur avis, le sésame ne constitue plus un critère de performance. A la place, ils ont proposé un système de contrôle continu informatisé de la seconde à la terminale que le département doit prendre en compte dans son organisation. Le député Moustapha Guirassy a soutenu qu’il faut mettre en place une logique de contrôle continue des apprenants pour plus de performances, même s’il faut aller vers la suppression du baccalauréat qui ne permet plus de quantifier ce dont on a envie de mesurer chez l’élève.

Sur ce, le ministre de l’Enseignement supérieur a fait savoir qu’un atelier est prévu, les 7, 8 et 9 décembre 2017 à Saint-Louis, autour de l’organisation du baccalauréat.car « nous sommes dans une situation nouvelle et compliquée avec les Tic », a-t-il reconnu. Sur les fuites au baccalauréat, Mary Teuw Niane a martelé qu’une plainte contre X a été déposée et des personnes ont été interpellées. Pour une meilleure organisation du baccalauréat, tout porte à croire que l’Office du Bac sera réformé. « L’Office du Bac, tel qu’il est aujourd’hui, est dépassé. Il faut une entité autre, car avant, l’Office, c’était pour une seule université. Maintenant nous en sommes à 8, et cela va augmenter. Il nous faut aller vers la création d’un Office national du baccalauréat. L’atelier va nous éclairer sur sa création prochaine », a indiqué le ministre, révélant qu’ils ont envoyé une mission au Bénin et au Tchad, deux pays qui ont chacun un Office national du Bac.

O.KANDE

Les députés n’ont pas manqué d’exprimer leurs inquiétudes par rapport à l’Université virtuelle du Sénégal (Uvs), évoquant les problèmes liés aux ordinateurs, aux tablettes et à la connexion internet. Mary Teuw Niane a tenu à rassurer ces derniers. « Nous n’avons pas créé l’Uvs dans un esprit occidental. Il faut construire cette communauté d’apprenants, avoir le sentiment d’appartenir à l’université. C’est ce qui a amené la conception de l’Eno. Ça crée au sein des communautés un espace d’apprentissage communautaire. Il est prévu 420 places en salle de visioconférence pour chaque Eno », a-t-il confirmé, estimant que « l’Uvs, c’est l’avenir ».

Poursuivant, le ministre a indiqué que sur 50 Eno prévus à l’horizon 2022, 20 sont en cours de construction. Il s’agit des Eno de Sédhiou, Ziguinchor, Tambacounda, Kaolack, Fatick, Ndioum, Ourrossogui, Thiès, Pikine Guédiawaye, Mermoz. Ceux de Kolda, Saint-Louis et Diourbel sont en voie d’achèvement ainsi que celui de Louga dont l’inauguration est prévue en décembre 2017. Pour les Eno de Bignona, d’Oussouye, d’Orkadiéré, Keur Massar ou Mbao, les appels d’offres sont lancés.

O.KANDE

Revenant sur la problématique de l’hébergement des étudiants, le ministre de l’Enseignement supérieur a rappelé qu’en 2012, il y avait 5000 lits à l’Ucad et d’ici fin décembre, ils auront rajouté 5800 lits supplémentaires.

Il a expliqué les efforts réalisés à l’Ucad en rappelant l’acquisition de 4000 lits supplémentaires en fin novembre et 13 000 autres signés dans le cadre du partenariat public-privé. Ce qui permettra, dans un avenir proche, d’avoir 23 000 places pour 60 000 étudiants à l’Ucad. De même, à l’Ugb de Saint-Louis, le ministère est en train de compléter les 3500 lits existants, en construisant 2000 autres. Suite à une convention signée avec le Fonsis, le département envisage de construire un pavillon d’hébergement de 1000 lits à l’Université Assane Seck de Ziguinchor (Uasz) et un autre de même capacité à l’Université de Bambey et à Thiès. Aussi, 500 lits sont prévus pour l’Ecole polytechnique de Thiès et 500 pour l’Ensa. « Notre objectif, c’est d’arriver au ratio 3 étudiants/1 lit », a dit le Pr Niane.

O.KANDE

Répondant aux interpellations, le ministre de l’Enseignement supérieur, Mary Teuw Niane, a rappelé, par rapport à la carte universitaire, qu’il n’y avait que 5 universités en 2012 et qu’il y a eu beaucoup d’efforts réalisés. Les infrastructures de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) ont été réhabilitées. C’est le cas des amphithéâtres, de l’auditorium déjà livré ; l’Office du Bac et le Rectorat sont en cours de réhabilitation. Le nouveau bâtiment du Cesti et les deux amphithéâtres de la Faculté de Droit seront livrés en 2017. Les chantiers du grand projet d’extension de Thiès le seront au premier trimestre de 2018. Les travaux d’extension de l’Université Alioune Diop de Bambey sont aussi en cours d’achèvement et ceux de Saint-Louis déjà livrés. En ce qui concerne l’Université Assane Seck de Ziguinchor (Uasz), les travaux d’extension ont connu un retard important, mais le chantier a été repris et fait l’objectif d’un suivi attentif de la part du ministre. L’entreprise s’engage à livrer l’extension en mars 2018.

Elargissement de la carte universitaire
Lors du passage du ministre de l’Enseignement supérieur à l’Assemblée nationale, plusieurs députés ont plaidé pour leur localité, demandant soit une nouvelle université, soit des Instituts supérieurs d’enseignement professionnel (Isep), voire un Espace numérique ouvert (Eno) dans le cadre de l’Université virtuelle. Mary Teuw Niane a informé que deux centres universitaires délocalisés s’ajouteront sur la carte universitaire. Il s’agit de celui de Kolda, en cours de construction et qui prendra en charge les préoccupations en matière de développement des sciences humaines et sociales, et de Guéoul, dans la région de Louga. Pour le Sénégal oriental, l’Université de Tambacounda a fait l’objet d’un ajustement de planification qui place sa construction entre 2019-2020, avec une orientation technologique.

Dans la même lancée, l’ouverture de l’Université Amadou Mahtar Mbow est prévue en octobre 2018 avec, en septembre prochain, la première phase qui sera réceptionnée pour accueillir une première cohorte de 6000 étudiants. Quant l’Université du Sine-Saloum El hadji Ibrahima Niass (Ussein), après de nombreuses tractations, le marché a été annulé et l’attribution s’est faite en 2 lots au profit des candidats arrivés en deuxième et troisième position. Les travaux vont démarrer en 2018 et l’ouverture est prévue en octobre de la même année.

S’agissant des Isep, le ministre de l’Enseignement supérieur a fait part du chantier de l’institut de Thiès, en cours d’achèvement, qui permettra de passer d’une centaine d’étudiants à 5000 dans un horizon de deux ans.

Il est prévu aussi la construction de quatre autres Isep à Richard-Toll, Bignona Diamniadio et Matam. L’Isep de Linguère, dédié à l’élevage, et celui de Mbacké, consacré à l’énergie, figurent dans la programmation. Pour le Sénégal oriental, il est prévu le 7ème Isep dédié aux mines et un Eno.

O. KANDE

En conférence de presse, jeudi, à la chancellerie, le chargé d’affaires de l’ambassade de Libye à Dakar a informé qu’à ce jour le nombre des immigrés originaires de plusieurs pays africains rapatriés dans le cadre d’un retour volontaire est de 9700 personnes.

Au sujet du trafic d’êtres humains en Libye, Frgani Ali Abdel Jalil a fait comprendre que son pays refuse et condamne toutes les formes de pratique violant la dignité, abaissant l’homme et transgressant ses droits dans le monde. « Je vous informe que l’organisme chargé de lutter contre l’immigration illégale a annoncé, à la date du 28 novembre 2017, l’organisation de quatre vols aériens par semaine pour convoyer les immigrés vers leurs pays. Ce, en coordination avec l’Organisation internationale pour les migrations (Oim), dans le cadre d’un programme de retour volontaire », a annoncé le diplomate. « Aujourd’hui, le nombre d’immigrés rapatriés dans ce cadre s’élève à 9700 personnes originaires de plusieurs pays africains », a-t-il ajouté. Frgani Ali Abdel Jalil a tenu à expliquer qu’une campagne médiatique et politique est menée contre la Libye à travers des allégations qu’il a jugées non fondées concernant la traite d’êtres humains sur son territoire. Il a précisé que ce qu’a diffusé la télévision américaine et qui ressemble à une opération de vente aux enchères d’êtres humains est une opération criminelle menée par des bandes locales et internationales.

« Nous la condamnons avec la dernière énergie, qu’elle concerne la traite d’êtres humains ou qu’elle concerne le trafic de personnes. Le gouvernement de réconciliation nationale a chargé les autorités compétentes libyennes de mener une enquête circonstanciée sur la question afin de découvrir la vérité, informer l’opinion publique nationale et internationale de ses dimensions et traduire les personnes impliquées devant la justice », a affirmé le chargé d’affaires de l’ambassade de Tripoli au Sénégal. Poursuivant, il a déclaré : « Nous insistons sur la nécessité de ne pas exploiter la souffrance des immigrés à des fins politiques. La Libye se préoccupe de renforcer ses institutions sécuritaires et judiciaires, consolider ses capacités pour contrôler son territoire et empêcher les bandes criminelles à poursuivre leurs activités illégales ». Tout au plus, le diplomate est convaincu que le soutien de l’Ua et de l’Onu aux efforts de règlement politique en Libye se répercutera immanquablement, et de façon positive, sur la stabilité de la situation politique, sécuritaire et économique dans le pays. « Cette stabilité contribuera à éliminer les bandes criminelles et à mettre fin au phénomène de l’immigration clandestine », a-t-il conclu.

Amadou DIOP

En marge du Sommet Ua-Ue, le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique de la Côte d’Ivoire et la Cedeao, en partenariat avec la France, les Pays-Bas, l’Unfpa et l’initiative « She Decides », ont organisé un dialogue de haut niveau sur le thème « Jeunesse et dividende démographique : appel à la mobilisation en faveur des droits et de la santé sexuels et reproductifs des adolescents et jeunes en Afrique, condition et levier d’un développement durable ».

Cette rencontre a réuni des Premières dames, des ministres, des parlementaires, des représentants d’institutions régionales et de la société civile et des associations de jeunes venus d’Afrique et d’Europe. Elle a permis de renforcer les échanges et actions en faveur de l’investissement dans la jeunesse, notamment ceux destinés aux secteurs sociaux - l’éducation, la santé y compris sexuelle et reproductive, l’approche genre et l’employabilité- facteurs essentiels pour développer le potentiel de la jeunesse, faciliter la capture du dividende démographique et favoriser le développement durable en Afrique et particulièrement en Afrique de l’Ouest. Cette plateforme d’échanges a offert aux participants un espace de dialogue complémentaire et de haut niveau entre les partenaires africains et européens. Elle a surtout permis d’approfondir le thème complexe de l’investissement multi-sectoriel dans la jeunesse ainsi que la mise en œuvre de la feuille de route de l’Ua pour le dividende démographique à travers l’extension de mécanismes innovants et opérationnels. Il s’agissait également de partager les bonnes pratiques et mettre en valeur les programmes réussis, tels que le Fonds français Muskoka, un programme phare œuvrant à réduire la mortalité et la morbidité maternelles, néonatales et infanto-juvéniles et des adolescents dans les huit pays cibles (Bénin, Côte d’Ivoire, Guinée, Mali, Niger, Sénégal, Tchad, Togo), et d’autres initiatives comme le Partenariat de Ouagadougou, Fp 2020 et le programme « She Decides » qui vise à accroître le soutien financier et politique à l’accès aux droits sexuels et reproductifs des femmes.

El. A. THIAM

La décision de poursuivre et de traduire, après enquête internationale, les trafiquants d’êtres humains en Libye et leurs complices devant la Cour pénale internationale (Cpi) et le déploiement de forces spéciales ont sanctionné la fin des travaux du 5e Sommet Union africaine-Union européenne (Ua-Ue) qui s’est tenu les 29 et 30 novembre à Abidjan. Les décisions prises agréent le président Macky Sall qui a demandé que justice soit faite face à la situation actuelle en Libye qui défraie la chronique.

La voix du Sénégal, portée par le chef de l’Etat, a beaucoup pesé sur la Déclaration finale. Ce dernier a toutefois invité ses pairs à faire la part des choses “en circonscrivant la question dans le cadre de trafiquants et ne pas en faire une question raciale” ; amalgame qui pourrait être “terrible” pour le continent.

Autour du thème “Investir dans la jeunesse pour un avenir durable”, la tribune du 5e Sommet Union africaine-Union européenne, qui s’est tenu les 29 et 30 novembre dans la capitale ivoirienne, a servi de cadre aux chefs d’Etat et délégations d’Afrique et leurs partenaires de l’Union européenne de passer à la loupe les questions de paix, sécurité, gouvernance, éducation et opportunités économiques (investissements et commerce) du continent noir.

Entre autres points à l’ordre du jour de la rencontre, l’épineuse question migratoire (la mobilité) et la traite “éhontée” des personnes en Libye qui défraient la chronique. Si des décisions majeures ont sanctionné les assises africano-européennes, la plus en vue a été sans conteste la traque des auteurs d’esclavage et de traite de personnes qui seront traqués, arrêtés et traduits devant la Cour pénale internationale (Cpi). Et ce, après enquête qui sera ouverte pour identifier les coupables et leurs complices. Interpellé sur le sujet par nos confrères de la Rts1, le président Macky Sall a réitéré son approbation totale et son engagement ferme pour la mise en œuvre effective de cette recommandation forte du Sommet d’Abidjan qu’est la décision des chefs d’Etat d’Afrique et de l’Union européenne consignée dans une déclaration exclusive à côté de la déclaration finale à poursuivre les trafiquants d’êtres humains en Libye et à déployer des forces spéciales pour venir à bout de cette traite de personnes d’un autre âge. “Je voudrais réaffirmer avec force la déclaration exclusive du Sommet pour condamner fermement ce trafic d’êtres humains et organiser les enquêtes internationales pour faire toute la lumière et prendre les sanctions idoines. Nous ne pouvons pas, encore une fois, accepter qu’au 21e siècle des êtres humains soient vendus sous le prétexte que ce sont des migrants”, a-t-il déclaré avec fermeté.

Mieux, la plus grande complexité se trouve sur le continent africain et nous l’avons dit. Nous ne pouvons pas tolérer qu’un pays permette qu’un trafic d’esclaves se passe sur son sol. Nous ne pouvons pas l’accepter”, a-t-il renchéri. Non sans appeler l’Afrique à “élever le niveau du débat en évitant surtout une fracture entre l’Afrique du Nord et l’Afrique sub-saharienne”. Aussi, à en croire le président Macky Sall, “nous n’avons pas besoin de ça, car nous sommes tous des Africains. Il s’agit de circonscrire tout simplement la question dans le cadre de trafiquants, de trafic d’être humains et ne pas en faire une question raciale”. Cela, pour enfin alerter, voire avertir qui de droit. “Je vous assure que si on en arrive à ce niveau là, ça va être terrible pour l’Afrique”, a ajouté M. Sall. Le chef de l’Etat a rappelé que le Sénégal, en ce qui le concerne, “a déjà rapatrié, il y a un an, 2500 jeunes qui étaient sur la route de l’émigration à partir du Niger et de la Libye”. Et “c’est une dynamique qu’il faut continuer à soutenir et il nous faut travailler dans un partenariat rénové Ua-Ue. Nous y avons tous intérêt”, a-t-il conclu.

Le président de la République avait, mercredi, les questions de migration et de la traite des migrants en Libye au cours d’une audience accordée, en marge du sommet, au Premier ministre belge.

M. L. DIEYE (correspondance particulière : avec RTS)

Le chef de l’Etat, Macky Sall, participe, à Abidjan, au 5ème Sommet Union africaine-Union européenne. Cette rencontre d’Abidjan a réuni de nombreux chefs d’Etat et de gouvernement d’Afrique et de l’Europe. Durant son séjour à Abidjan, où il a été accueilli par son homologue ivoirien Alassane Dramane Ouattara, le président a reçu plusieurs personnalités. Parmi celles-ci on peut noter Jüri Ratas, Premier ministre de l’Estonie, Mariano Rajoy, président du gouvernement d’Espagne, Gérard Collomb, ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur français, et Charles Michel, Premier ministre du royaume de Belgique. Macky Sall a également eu un tête-à-tête avec Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne.
Le retour du chef de l’Etat à Dakar est prévu aujourd’hui.

El H. A. THIAM

Les députés ont suggéré au ministre du Tourisme, Mame Mbaye Niang, la création d’une Agence nationale en charge des manifestations religieuses comme le Magal de Touba ou le Gamou de Tivaouane. Ils ont fait cette proposition lors du vote du budget 2018 du ministère du Tourisme. Le tourisme religieux peut être une opportunité pour mieux vendre la destination Sénégal. Par ailleurs, les députés ont proposé « l’élargissement de la gamme des produits touristiques en rapport avec le rayonnement intellectuel du Sénégal ». Ce qui fait que, Thieytou, le village de naissance de Cheikh Anta Diop, peut, à leur avis, constituer un site d’attraction pour des touristes étrangers.

Baisse de 15 196 395 800 FCfa du budget du ministère du Tourisme
Le budget du ministère du Tourisme a été arrêté, pour l’année 2018, à 12.598.672.580 FCfa, contre 27.795.068.380 FCfa en 2017, soit une baisse de 15.196.395.800 FCfa en valeur absolue et 54,67 % en valeur relative. Cette diminution du budget, selon le ministre délégué auprès du ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, chargé du Budget, Birima Mangara, « est consécutive à la séparation du ministère du Tourisme et des Transports aériens ».

A. Ng. NDIAYE

Christophe Bigot, ambassadeur de France au Sénégal, estime que le discours prononcé par le président Macron au Burkina Faso marque les fondamentaux d’un partenariat renouvelé entre l’Afrique et la France et au-delà, entre l’Afrique et l’Europe. Pour le diplomate français, Paris veut accompagner l’Afrique sur le chemin de la modernité. Dans cet entretien, l’ambassadeur analyse les grands axes du face-à-face entre le président français et les étudiants burkinabés. 

Quelle appréciation faites-vous du discours prononcé par le président Macron au Burkina Faso ?
C’est le discours d’un jeune président à la jeunesse africaine. C’est un discours qui voulait marquer les fondamentaux d’un partenariat renouvelé entre l’Afrique et la France et au-delà, entre l’Afrique et l’Europe. Le président Macron a posé les éléments de cette politique. Il l’a fait devant 800 étudiants, pendant 3 heures, se prêtant à un jeu de questions et de réponses. Il l’a fait avec beaucoup de liberté de ton. C’est un changement de génération. Il apporte sa vision de l’Afrique. Une idée de l’Afrique que la France souhaite accompagner. L’Afrique a un caractère évidemment central. La jeunesse africaine est forte. 70 % de la population à moins de 30 ans. Il faut s’appuyer sur cette jeunesse. Le président a fait des propositions pour développer sa vision.

Quels sont les contours de ces propositions ?
Il a proposé un fonds doté d’un milliard d’euros pour favoriser les Pme innovantes en Afrique. Il faut s’appuyer sur le réseau économique africain. Il a souhaité développer un fonds de 300 millions d’euros dans le domaine des infrastructures. Il a aussi proposé qu’il y ait beaucoup plus d’interactions, parce que la relation entre la France et l’Afrique repose d’abord sur les hommes et les femmes. A ce titre, M. Macron a proposé une mesure que nous avons déjà mises en œuvre au Sénégal : donner à tous les anciens étudiants des visas d’une durée de 5 ans qui permettent de séjourner tous les trois mois en France pour que les étudiants qui suivaient leurs études en France puissent revenir dans leurs pays d’origine et ensuite faire des aller-retour.

Qu’est-ce qui est visé à travers cette décision ?
C’est un encouragement au retour. C’est la circulation. Il faut qu’ils puissent contribuer à la croissance et à l’essor de l’Afrique. Il faut donc favoriser leur intégration dans l’économie africaine. Sur le plan de la culture, le chef de l’Etat a dit qu’il est important que des musées de la culture africaine soient en Afrique. Le Sénégal a pris une longueur d’avance. Il y a le Musée Théodore Monod de l’Ifan et le Musée des Civilisations noires qui va bientôt ouvrir ses portes. Ça permettra d’accueillir des œuvres africaines. A ce titre, il a avancé qu’il était ouvert à la possibilité de restituer des œuvres africaines. M. Macron souhaite aussi qu’en 2020 qu’il puisse y avoir une saison des cultures africaines en France. Ce qui permettra de donner aux Français une vision plus précise de la diversité de la culture africaine. Le président a, en outre, donné sa vision sur les questions de santé, exprimant son ouverture à favoriser des investissements du secteur privé dans la santé. De même, il a renouvelé son idée phare selon laquelle l’éducation doit être la priorité de l’action en Afrique. Aussi, ce n’est pas un hasard s’il a cité à plusieurs reprises le Sénégal. Car il a parlé du sommet sur le Partenariat mondial de l’éducation qu’il va coprésider avec le président Macky Sall et de sa visite au Sénégal début février 2018. Le chef de l’Etat a également mentionné l’auteur sénégalais Felwine Sarr et a fait référence au Train express régional (Ter). Par ailleurs, il a émis l’idée d’un sommet des villes en France en 2020. En dehors de cela, le président souhaite doubler les partenariats universitaires. Nous sommes déjà en avance au Sénégal. En octobre, les deux Premiers ministres ont annoncé la création d’un Campus franco-sénégalais. Le président Macron veut aussi qu’on favorise les doubles diplômes. Car il a une ambition très forte pour la Francophonie.

Quelle est cette ambition ?
Le chef de l’Etat a soutenu que la Francophonie, c’est un effort sur l’éducation, la formation des formateurs. Il souhaite aussi la création d’un dictionnaire de la Francophonie. C’est une manière de dire que le français n’est pas l’apanage des Français. Le français appartient à tous ceux qui le parlent. Il a aussi parlé des femmes, affirmant vouloir promouvoir cette couche de la société dans les projets que nous menons en Afrique. M. Macron a estimé que la parité était importante pour les sociétés. Pour lui, le Sénégal est en avance sur ce domaine.

Pourquoi le président a dit qu’il n’y aura plus de politique africaine de la France ?
Il veut dire que l’Afrique est globalisée. Il n’y a pas une politique qui serait réservée à l’Afrique avec des pratiques différentes de celles qui peuvent exister avec d’autres continents. Il ne faut pas reproduire avec l’Afrique des schémas anciens. Le président Macron veut un changement d’approche dans le partenariat avec l’Afrique.

En 2007, son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, avait fait un discours au Sénégal qui a suscité des frustrations en Afrique. Peut-on dire que la France a rectifié le tir ?
Je ne veux pas revenir sur un discours qui a été tenu à Dakar en 2007. C’est le passé. Le président a dit qu’il y a un passé qui doit passer. L’Afrique est un continent qui est dans l’histoire, dans la modernité. Un continent qui est parfois même en avance sur un certain nombre de sujets dont l’Université virtuelle. Le Sénégal est sur un modèle beaucoup plus avancé. L’Afrique est dans la modernité. Et nous souhaitons l’accompagner, dans la mesure du possible, sur ce chemin.

Se prononçant sur l’avenir du FCfa, M. Macron a indiqué que les pays africains qui souhaitent changer de monnaie sont libres de le faire…
Le président a d’abord dit que le FCfa est une monnaie formidable en termes de stabilité pour les économies africaines. C’est aussi un outil formidable en termes d’unité. Chaque zone commerce ensemble. L’Europe a mis 40 ans avant d’accéder à l’euro. L’Afrique a déjà la chance d’avoir cet outil. Il y a aussi une stabilité monétaire qui est importante pour les pays qui utilisent le FCfa. Le chef de l’Etat a rappelé que le FCfa est la monnaie des Africains. C’est aux dirigeants africains de définir les contours de cette monnaie. C’est à eux d’en décider. Il ne revient pas à la France de décider à la place des Africains. Il a donné deux exemples en disant que si les dirigeants choisissent de changer le nom de la monnaie, le France n’y trouve aucun inconvénient. Si les dirigeants décident de changer le périmètre, la France soutiendrait cela. Je rappelle que c’est aux dirigeants africains de définir les contours de la zone Franc.

Voulez-vous dire que la France est ouverte à des réformes du FCfa ?
Le FCfa est important en termes de stabilité et d’unité. C’est aux Africains de décider de ce qu’ils veulent en faire.

Que répondez-vous aux jeunes Africains qui pensent que la France gagne beaucoup avec le FCfa ?
Je ne pense pas que le sujet sur le FCfa soit un objet qui touche les gens à Goudiry, Bakel ou à Linguère. Je suis parti dans ces zones, mais les populations ne m’ont jamais parlé de la zone Franc. La zone Franc est un élément de stabilité et d’unité, mais c’est un élément qui relève de la souveraineté de chacun des pays qui le composent. C’est à ces pays de décider de ses contours. Et nous respecterons les décisions qui seront prises par les dirigeants africains.

Que pensez de l’initiative euro-africaine contre les passeurs de migrants proposée par le président Macron ?
Le président a rappelé notre indignation devant ce qui relève d’un crime contre l’humanité. Comment peut-on vendre des migrants comme esclaves au 21ème siècle ? M. Macron a rappelé que la France a saisi le conseil de sécurité sur ce sujet. Le président a dit qu’il proposera, dans le cadre du Sommet Union africaine–Union européenne, une initiative euro-africaine pour lutter contre les passeurs. Il faut lutter contre eux sans ménagement. Le président va définir les contours de cette initiative à Abidjan.

Cette situation résulte de la crise en Libye. M. Macron a dit qu’il n’aurait pas donné son aval pour une intervention en Libye pour déloger Khadafi. Peut-on dire donc que la responsabilité de la France est engagée dans la vente d’esclaves ?
Des centaines de jeunes sont prêts à risquer leur vie en traversant la Méditerranée, à subir le traitement que les passeurs les font subir. Ce que font ces jeunes n’a rien à voir avec la situation en Libye. Ces jeunes sont dans une situation désespérée. Certains migrants passent par la Libye, d’autres par le Maroc. Il est clair qu’il faut aussi favoriser la stabilité de la Libye. Il faut faire en sorte que tous les Etats impliqués dans la question libyenne travaillent pour que cette Etat redevienne un pays souverain. La stabilité de la Libye ne mettra pas fin à la migration. Pour lutter contre la migration, il faut combattre les passeurs. Il faut favoriser le développement des zones de départ. Il faut offrir un avenir aux jeunes qui partent. Il faut aussi les informer sur la tragédie dont ils risquent d’être victimes. La croissance en Afrique est entre 6 % à 7 %. En Europe, la croissance est à 2 %. Il y a un potentiel de développement considérable en Afrique. Pour l’intérêt de chacun des pays africains, il est important de faire en sorte que les jeunes puissent rester et participer au développement de leur pays.

Les pays membres du G5 peuvent-ils compter sur la France pour combattre le terrorisme dans le Sahel ?
Le président Macron s’est rendu deux fois au Mali. Il a salué l’intervention française décidée par son prédécesseur, François Hollande. Le président a rappelé la force de notre engagement aux côtés des pays qui sont victimes du terrorisme. Il y a un engagement renouvelé et le soutien d’accompagner l’action des Etats, notamment ceux du G5, pour que les armées régionales puissent être aussi efficaces contre le terrorisme. M. Macron a tenu un sommet le 3 juillet dernier. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, et le ministre des Forces armées sont venus à Dakar, au Forum paix et sécurité, pour en parler et dire le soutien que nous portons à l’action militaire conjointe pour lutter contre les groupes armés terroristes.

Le G5 peine à trouver le financement des opérations. Que faut-il faire ?
Le chef de l’Etat souhaite une accélération. Le 14 décembre, nous aurons un conseil européen pour favoriser la constitution des fonds nécessaires au financement de cette force conjointe du G5. Je suis certain que nous pourrons répondre à l’essentiel des demandes. Le financement de cette force est un préalable important. Il faut un travail opérationnel. Je rappelle, à ce titre, que les éléments français au Sénégal contribuent très activement à la formation de tous les soldats africains qui sont dans le cadre de la Minusma. Ils le feront dans le cadre du G5. Je rappelle aussi que le Sénégal fait un effort considérable avec deux forces de réaction rapide au Mali.

Le président Macron a déclaré qu’il sera au Sénégal en février. Que peut-on attendre de ce séjour ?
On peut attendre beaucoup de choses. Il y a d’abord le Partenariat mondial pour l’éducation. Le président Macron va coprésider cet événement avec le président Macky Sall. Le Partenariat mondial pour l’éducation est l’outil qui va permettre de financer l’éducation primaire. C’est une priorité pour les présidents Macron et Sall. Nous avons beaucoup de projets très innovants au Sénégal qui se situent dans l’esprit du discours de Ouagadougou. Je peux citer le Campus universitaire franco-sénégalais, le Ter. Dans le domaine de la santé, je peux parler du Centre de production de vaccins contre la fièvre jaune. Il y a des projets qui rentrent dans la logique voulue par le président Macron. De même, d’autres projets seront lancés à l’occasion de son déplacement. Cette visite est importante. Le Sénégal est un pays stable. C’est un pays démocratique avec une forte croissance. Le Sénégal est un pays qui a une relation assez unique avec la France. C’est un pays sur lequel nous comptons beaucoup. Et nous pensons que beaucoup de projets peuvent être accompagnés.

Propos recueillis par Babacar DIONE

Le 5e sommet Union Africaine – Union européenne se déroule actuellement à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Cette occasion historique se présente dix ans après l’adoption de la stratégie commune UE-Afrique, qui nous a permis de coopérer sur des enjeux qui revêtent une importance majeure, sur les deux rives de la Méditerranée comme dans le reste du monde.

Cette coopération tombe tout simplement sous le sens pour les deux parties. En effet, ce qui se passe en Afrique a des répercussions en Europe et vice versa. Ensemble, nous représentons 83 pays où vivent 1,7 milliard de personnes. Nous sommes liés par la géographie, l’histoire et l’humanité. Nous partageons les mêmes valeurs, les mêmes principes et la même croyance en un ordre mondial fondé sur des règles.

Ces dix dernières années, nous avons renforcé notre coopération dans les domaines de la sécurité, de la lutte contre le terrorisme, des partenariats de migration, de la croissance économique, des échanges et du changement climatique, pour ne citer qu’eux. Que ce soit en Somalie, au Mali ou en République centrafricaine, des troupes européennes et leurs homologues africains travaillent côte à côte pour maintenir la paix, faire respecter l'État de droit et lutter contre la piraterie et la traite des êtres humains. Grâce à nos efforts de coopération, nos sociétés sont plus fortes, plus sûres et plus prospères.

Cet aspect est plus important que jamais, car nous vivons dans une période où nos deux Unions subissent des transformations majeures. Ainsi, si l’Europe est en voie de devenir la région la plus «âgée» du monde d’ici à 2030, l’Afrique est de loin la plus «jeune», l’âge moyen y étant déjà inférieur à 20 ans. Sa population devrait doubler d’ici à 2050 pour atteindre 2,4 milliards d’habitants, et quadrupler d’ici à 2100 pour s’établir à plus de 4 milliards d’habitants.

L’Afrique étant, de ce fait, le continent de l’avenir, nous avons décidé que le thème du sommet de cette année serait la jeunesse. À Abidjan, l’UE et l’Afrique disposent d’une occasion unique de commencer à façonner, ensemble, un avenir commun.

Quels seront les besoins de cette nouvelle jeune génération? Des emplois durables et de qualité - il en faudra 18 millions par an -, mais aussi un environnement sûr, une énergie financièrement abordable, un accès aux soins de santé et à l’éducation. L’Afrique dispose d’un secteur de l'entrepreneuriat en plein essor qui lui permettra de se développer, mais l’Europe et sa riche expertise peuvent l’accompagner dans cette transition.

Nous devons tirer parti de tout ce qui a déjà été réalisé. D’ici à 2020, la Commission consacrera 31 milliards d’euros à l'aide au développement afin de donner aux jeunes une chance de prospérer dans leur pays. Le Fonds fiduciaire UE-Afrique soutient les jeunes et les femmes dans les régions du Sahel et du lac Tchad, de la Corne de l’Afrique et de l’Afrique du Nord en mettant l’accent sur la formation professionnelle et la création de micro et petites entreprises. Quant à la Banque européenne d’investissement, elle apporte chaque année un financement de 2 milliards d’euros.

Ces soutiens financiers font une véritable différence sur le terrain, en permettant, par exemple, de déployer la couverture de téléphonie mobile dans les zones rurales éloignées de la République démocratique du Congo et du Cameroun et de fournir à 18 millions d’Africains un accès à des énergies propres.

Mais nous pouvons faire beaucoup plus ensemble. Il nous faut redoubler d’efforts pour lutter contre les causes profondes de la migration irrégulière, qui fait encore trop de victimes et continue d’enrichir un trop grand nombre de trafiquants. Nous devons également faire plus pour améliorer le climat des affaires et mettre en place une plateforme permettant aux innovateurs africains de se développer.

Pour y parvenir, nous avons besoin de la participation active du secteur privé. Un tiers des investissements étrangers directs en Afrique provient de l’UE; ce soutien contribue actuellement à la création d’emplois et à la croissance dans nos deux Unions. Grâce au nouveau plan d'investissement extérieur de l’Union européenne, nous allons passer à l’étape suivante. Ce plan, qui utilise des fonds publics comme garantie, devrait permettre de mobiliser 44 milliards d’euros d’investissements en Afrique d’ici à 2020. Il contribuera ainsi à la construction d'infrastructures critiques et aidera les petites entreprises à obtenir le crédit dont elles ont besoin pour se développer et créer davantage d'emplois.

Il s’agit là d’un investissement dans notre avenir commun. Dix ans après l’adoption de la stratégie commune UE-Afrique, notre coopération ne cesse de se renforcer au fil du temps. C’est un partenariat d’égal à égal dans lequel nous nous soutenons mutuellement, nous nous aidons à prospérer et à rendre le monde plus sûr, plus stable et plus durable. Nous nous réjouissons à l’idée de poursuivre sur notre lancée, ensemble et pour les années à venir.

Par Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne,
et Moussa Faki, président de la Commission de l’Union africaine.

Bientôt un décret pour réglementer la prestation en matière de courtage et l’organisation des agences immobilières, a informé le ministre du Commerce, Alioune Sarr, lors de son passage à l’Assemblée nationale.

La loi portant baisse du prix sur le loyer a été promulguée depuis le 22 janvier 2014. Plus de 3 ans après, son application pose d’énormes difficultés. Lors du passage du ministre du Commerce, Alioune Sarr, pour défendre le projet de budget de son département, les députés ont porté la voix des locataires. Selon les parlementaires, la réglementation en vigueur « est foulée au pied par les bailleurs avec la complicité des intermédiaires » communément appelés courtiers. Ces derniers demandent aux locataires de verser une caution de 3 ou 4 mois à l’entrée. Ce montant n’est pas souvent remboursé aux locataires à la fin du bail ou en cas de résiliation du contrat. « Il est recommandé de veiller à l’application stricte de la règlementation dans l’occupation prochaine des habitations du site de Diamniadio », ont préconisé les députés. Dans sa réponse à ces interpellations, Alioune Sarr a révélé « qu’un projet de décret est en préparation pour réglementer la prestation en matière de courtage et l’organisation des agences immobilières. Toutefois, il reste persuader que les projets de construction de logements dans les Pôles urbains de Diamniadio et Lac Rose vont permettre « d’atténuer la spéculation ». En outre, la qualité de l’eau vendue en sachets dans les rues de Dakar et partout à travers le pays inquiète les parlementaires. Là, le ministre a tenu à rassurer que la production de l’eau en sachet « est soumise à autorisation après la satisfaction des normes de fabrication pour un produit de qualité ». Par contre, il invité les députés à sensibiliser les populations pour « dénoncer auprès des autorités des services économiques toute fabrication d’une eau douteuse ».

A. Ng. NDIAYE

Le budget du ministère du Commerce est arrêté, pour l’exercice 2018, à 6 450 769 080 milliards de FCfa contre 15 455 633 260 milliards de FCfa en 2017, soit une baisse de 58,26 %.

Le budget du ministère du Commerce, de la Consommation, du Secteur informel et des Pme a été voté. Cette année, il a connu une baisse de 9 004 864 180 milliards de FCfa, passant de 15 455 633 260 milliards de FCfa en 2017 à 6 450 769 080 milliards de FCfa. En valeur relative, le budget du ministère du Commerce a connu une baisse de 58,26 %. D’après le rapport de la Commission de l’économie, des finances et du plan de l’Assemblée nationale, cette diminution du budget du ministère dirigé par Alioune Sarr s’explique par la « baisse significative des dépenses d’investissements exécutées par l’Etat et des dépenses en capital ». Malgré cette explication, les députés ont plaidé pour le relèvement du budget. Selon les commissaires, cela va permettre au département « de prendre en charge les actions répertoriées dans sa lettre de mission ». Cependant, le ministre du Budget, Birima Mangara, a expliqué que les dépenses en capital du ministère du Commerce ont baissé de 2 milliards de FCfa à la suite du « reprofilage du budget et en recadrant certaines dépenses ». En plus, les dépenses d’investissement exécutés par l’Etat et qui étaient confiées au ministère du Commerce dans le nouveau Pôle urbain de Diamniadio ont été transférées à la Sogip. Ce qui a fortement diminué les crédits d’investissement accordés au ministère. « Il a été procédé au transfert des dépenses de fonctionnement inscrites au niveau des dépenses d’investissement. Il apparait donc normal de rectifier cette anomalie budgétaire en remettant les dépenses de fonctionnement à leur place. Ainsi, les crédits enlevés des investissements se retrouvent dans les dépenses de fonctionnement », a expliqué M. Mangara.

Aliou Ngamby NDIAYE

Les députés veulent la pérennisation du Programme des domaines agricoles communautaires (Dac). Un projet pour lequel le gouvernement a consenti beaucoup de moyens financiers. Ils ont fait ce plaidoyer lors du vote du budget du ministère de l’Emploi dirigé par Abdoulaye Diop.

Lors du passage du ministre de l’Emploi, de l’Insertion professionnelle et de l’Intensification de la main-d’œuvre, Abdoulaye Diop, les députés ont exprimé leurs préoccupations quant à la pérennisation des Domaines agricoles communautaires (Dac). D’après les parlementaires, l’Etat du Sénégal a consenti beaucoup de moyens financiers pour aménager et équiper ces Dac. Ainsi, ils ont réitéré au ministre leur disponibilité à accompagner le département à procéder à « l’évaluation des premières phases de mise en œuvre du Prodac ». Pour une pérennisation du Programme des domaines agricoles communautaires, les députés ont plaidé pour une relation de « partenariat entre le ministère de l’Emploi et les collectivités locales qui en sont les premières bénéficiaires ». En effet, si les députés s’inquiètent sur la pérennisation de ce programme, c’est parce qu’à Séfa, dans le département de Sédhiou, « les activités ont ralenti ». Le Dac de Itato, dans le département de Kédougou, ont-il avancé, est aussi en « profonde léthargie ». Pis, ont déploré les parlementaires, depuis trois ans, « aucun emploi » n’a été créé dans ce Dac.

Face aux problèmes que traversent les Dac, le ministre Abdoulaye Diop reste convaincu « qu’il faut suspendre les expansions et se focaliser sur les Dac existants ». Il a promis aux députés de se rendre prochainement à Itato pour échanger avec les autorités locales sur l’ensemble des difficultés que connait le domaine.

Sur un autre registre, les députés ont invité le ministre de l’Emploi « à porter une plus grande attention aux régions périphériques » dans la politique nationale de l’emploi. Dans ces régions, ont regretté les élus, il y a une quasi absence de structures opérationnelles pour encadrer les jeunes qui sont à la recherche d’un emploi. Ce qui fait que ces derniers, inquiets de leur avenir, tentent l’émigration clandestine pour rejoindre l’Europe. La situation des employés de maison a aussi été évoquée par les députés qui plaident pour une « protection de leurs droits et besoin en formation ». Le budget du ministère de l’Emploi, de l’Insertion professionnelle et de l’intensification de la main d’œuvre, un département ministériel nouvellement créé, est arrêté à 14.560.231.000 FCfa.

A. Ng. NDIAYE

Le vote du budget 2018 du ministère de la Promotion des investissements, des Partenariats et du Développement des Téléservices de l’Etat a été une occasion pour les députés d’inviter l’Agence de l’informatique de l’Etat (Adie) à appuyer l’institution parlementaire en dotant l’ensemble de ses membres d’outils informatiques nécessaires, notamment des tablettes, des clés…

Pour le député Toussaint Manga, il n’est pas acceptable qu’au 21ème siècle que les députés continuent de travailler avec du papier. Mame Bounama Sall a aussi abondé dans le même sens en demandant à l’Adie de doter l’Assemblée d’outils pour faire des économies sur l’achat de papiers. Le président du groupe parlementaire « Liberté et démocratie », Madické Niang, a aussi invité Mme Khoudia Mbaye à accompagner l’Assemblée nationale « pour que les députés ne puissent plus travailler dans ces conditions qui relèvent de l’ancien temps ». Elle a donné une suite favorable à la demande des députés, promettant que l’Adie va travailler à les doter de moyens mobiles. Mieux, le ministre dit se mettre à leur disposition pour des formations de renforcement des capacités sur l’utilisation de ces technologies.

A. Ng. NDIAYE

Le budget 2018 du ministère de la Promotion des investissements, des Partenariats et du Développement des Téléservices de l’Etat voté par l’Assemblée nationale a connu une baisse 4.439.453.640 FCfa en valeur absolue et 31,87 % en valeur relative comparé à l’année 2017.

Le budget du ministère de la Promotion des investissements, des Partenariats et du Développement des Téléservices de l’Etat adopté par la majorité des députés est arrêté à la somme de 9.488.970.100 FCfa en 2018, contre 13.928.423.740 FCfa en 2017. Il a connu une baisse de 4.439.453.640 FCfa en valeur absolue et 31,87 % en valeur relative. Les dépenses de personnel sont arrêtées à 264.626.100 FCfa contre 228.579.740 FCfa en 2017, soit une hausse de 36.046.360 FCfa, et les dépenses de fonctionnement sont de 257.510.000 FCfa, contre 174.810.000 FCfa en 2017, soit une hausse de 82.700.000 FCfa en valeur absolue et 47,31 % en valeur relative. Les dépenses de transfert couteront 6.375.034.000 FCfa en 2018 et celles en capital 291.800.000 FCfa. En effet, le ministre délégué auprès du ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, chargé du Budget, Birima Mangara, interrogé par les députés sur la baisse du budget du ministère de la Promotion des investissements dirigé par Khoudia Mbaye, a informé que cela s’explique par l’arrivée à terme du paiement de certains projets de l’Etat dont l’autoroute à péage Dakar-Diamniadio et le projet de la Large Bande qui a été financé par Exim Bank Chine.

Lors du vote de ce projet de loi, les députés ont interpellé le ministre de la Promotion des investissements sur les indemnités attribuées aux personnes affectées par les projets. D’après le député socialiste Mame Bounama Sall, le gouvernement doit revoir davantage les modalités pour dédommager les personnes affectées par certains projets réalisés par l’Etat.

Selon lui, beaucoup de personnes affectées par le projet du Train express régional (Ter) déplorent les sommes dérisoires qui leurs ont été attribuées. Toujours dans le cadre du Ter, les parlementaires ont indiqué à Khoudia Mbaye qu’il y a des disparités énormes entre les barèmes payés pour des localités comme Dakar, Pikine, Rufisque. Des paysans dont les terres ont été expropriées ont aussi reçu des indemnisations très faibles, ont dénoncé certains députés. Toutefois, le ministre a informé que le barème pour l’indemnisation des personnes affectées par les projets est fixé par un décret. Mieux, a ajouté Khoudia Mbaye, « des commissions sont mises en place pour évaluer les impenses dans le respect des procédures en vigueur à la matière ».

Aliou Ngamby NDIAYE

Le président du Groupe de la Banque africaine de développement (Bad), Akinwumi Adesina, a lancé le Groupe consultatif présidentiel de la jeunesse (acronyme Pyag venant de l’anglais « Presidential Youth Advisory Group »), hier, en marge du 6e Forum des affaires Union européenne-Afrique à Abidjan, annonce un document. Ce groupe consultatif, qui travaillera en étroite collaboration avec la Bad, est destiné à proposer des idées et des solutions innovantes pour créer des emplois pour les jeunes africain(e)s, dans la droite ligne de l’initiative de la Bad.

Selon le document reçu, celle-ci entend créer 25 millions d’emplois et profiter à 50 millions de jeunes au cours des 10 prochaines années, en leur donnant les compétences nécessaires pour obtenir des emplois décents et pérennes. Il s’agit là de l’initiative la plus importante jamais déployée en faveur de l’emploi des jeunes en Afrique.

« C’est une opportunité énorme pour l’Afrique. Si nous réglons le problème du chômage des jeunes, l’Afrique gagnera 10 à 20 % de croissance annuelle. Ce qui signifie que le Pib de l’Afrique augmentera de 500 milliards de dollars par an durant les 30 prochaines années. Le revenu par habitant augmentera quant à lui de 55 % par an jusqu’en 2050 », a déclaré M. Adesina.

Selon lui, la jeunesse est le plus grand atout du continent africain. Seulement, il a rappelé une amère réalité : sur les 13 millions de jeunes qui entrent chaque année sur le marché du travail, seuls 3 millions (environ 33 % des jeunes africains) occupent un emploi décent. « L’Afrique connaît une crise du chômage des jeunes », a martelé le président du groupe de la Bad, avant de souligner qu’à moins de leur offrir des opportunités d’emploi, la croissance rapide de la population des jeunes du continent pourrait poser de sérieux problèmes tant sur le plan social, qu’économique, politique et sécuritaire. Le Pyag compte 9 membres, tous âgés de moins de 40 ans et qui ont contribué, de manière significative, à la création d’opportunités d’emploi pour la jeunesse africaine.

(Source Bad)

La 5ème édition du Sommet Union africaine-Union européenne s’ouvre, aujourd’hui, à Abidjan, en présence de nombreux chefs d’Etat et de gouvernement dont le président Macky Sall, arrivé hier dans la capitale économique ivoirienne. Il s’agit de renforcer les échanges entre les deux continents.

Cette réunion des chefs d’Etat et de gouvernement, qui se tient pour la troisième fois en Afrique, permettra aux participants de renforcer les relations et les échanges entres les deux continents. Ce sommet aura à débattre des questions sur la migration au moment où des violations intolérables des droits de l’Homme sont commises en Libye. D’autres questions ayant trait à la vie des relations entre l’Afrique et l’Ue seront également évoquées aujourd’hui et demain à Abidjan. C’est au Caire, en 2000, que s’est tenu le premier Sommet Afrique-Ue. Lors de cette première réunion au niveau continental, les dirigeants européens et africains s’étaient engagés à s’unir et à conférer une nouvelle dimension à leur partenariat. Suite à quoi des changements considérables ont eu lieu dans les deux continents.

Des processus de démocratisation et de réforme ont été lancés et sont en cours d’approfondissement dans les deux continents, et les efforts se sont poursuivis en Afrique et en Europe afin de régler les conflits et les situations de crise, souligne une source.

Dans le même temps, les processus d’intégration sur les deux continents ont accéléré. D’une part, l’Organisation de l’Unité africaine (Oua) a été transformée en Union africaine (Ua) avec son programme socio-économique, le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad) et, d’autre part, l’Ue a presque doublé de taille et est en train d’approfondir sa structure.
Après Le Caire, c’était à Lisbonne, au Portugal, de recevoir les participants en 2007. Ce 2ème Sommet avait adopté, le 9 décembre, la « Stratégie conjointe » qui devrait permettre à 27 pays européens et 53 d’Afrique d’ouvrir une nouvelle ère, d’égal à égal, dans leurs relations.

Il a été convenu de changer la relation bailleurs de fonds-bénéficiaires, laisser place à un véritable partenariat et de faire face ensemble aux nouveaux défis et aux nouvelles perspectives à l’échelle mondiale. Les chefs d’Etat et de gouvernement présents avaient approuvé une stratégie qui doit être guidée par les principes de l’unité de l’Afrique, l’interdépendance de l’Afrique et de l’Europe, l’appropriation et la responsabilité conjointe, le respect des droits de l’Homme et des principes démocratiques et de l’Etat de droit ainsi que le droit au développement.

En 2010, le 3ème Sommet, qui a eu lieu en Libye, avait adopté une approche inclusive et n’avait pas impliqué uniquement les institutions. Une série d’événements parallèles avait permis de réunir des représentants de la société civile, des jeunes, du secteur privé, des syndicats, des chercheurs et des scientifiques des deux continents. L’objectif était de donner un nouvel élan à la Stratégie Afrique-Ue commune en plaçant les personnes au cœur du partenariat et en invitant tous les acteurs à contribuer à sa mise en œuvre. C’est donc au cours de ce sommet que le deuxième plan d’action (2011-13) de la Stratégie Afrique-Ue a été adopté.

A Bruxelles, en 2014, le thème de la 4ème édition était : « Investir dans les personnes, pour la prospérité et pour la paix ».
Les participants avaient abordé des sujets clés, tels que la paix, la sécurité, les investissements, les changements climatiques et les populations. Dans la déclaration finale, la « volonté de tenir régulièrement des réunions de dialogue politique au niveau ministériel, notamment en marge des évènements internationaux », a été réaffirmée.

Une feuille de route pour la période 2014-2107 a été également entérinée. « Elle définit les priorités stratégiques et identifie les moyens de les mettre en œuvre ». La rencontre d’Abidjan, très attendue, coïncide avec l’arrivée du nouveau chef d’Etat français Emmanuel Macron, présentement en tournée dans des pays de la sous-région.

El Hadji Abdoulaye THIAM

La gratuité de l’eau a été au centre des débats, hier, lors du passage du ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement à l’Assemblée nationale. Au regard de la récurrence des problèmes d’approvisionnement de la ville sainte, consécutive à l’accroissement démographique, cette question a été abordée par plusieurs intervenants. L’idée de mettre fin à la gratuité, a rappelé Mansour Faye, n’est pas venue des autorités. « Je faisais des Crd dans les régions il y a 3 ans. Une personne mandatée par le khalife a posé le débat sur la gratuité de l’eau à Touba. Nous pensons que nous devons tous réfléchir sur cette question. Nous ne pouvons pas comprendre que les stations d’essence, les boulangeries et les banques consomment de l’eau sans payer », a-t-il noté.

Le débat est posé. En attendant de trancher, les autorités pensent à des solutions viables. L’option de transfert de la ressource est sur la table. Surtout que la nappe de la ville sainte ne présente pas les meilleures caractéristiques sur le plan physico-chimique. « Touba ne connaît des problèmes d’approvisionnement que durant le Magal, parce que la cité religieuse reçoit au moins plusieurs millions de personnes supplémentaires », a indiqué le ministre. Selon lui, il faut des solutions structurelles pour Touba. « Nous travaillons sur le transfert de l’eau à partir de Touba Boggo. Nous devons réfléchir sur la gratuité. Certains guides religieux et la Grande mosquée peuvent continuer de bénéficier de la gratuité, et aussi faire des branchements pour des personnes qui désirent payer l’eau », a-t-il renchéri. Allant à l’encontre de l’intervention d’un député, Mansour Faye a affirmé que l’Etat du Sénégal a investi plus de 7 milliards de FCfa pour l’assainissement et la lutte contre les inondations dans la ville sainte.

I. SANE

Le budget du ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement est fixé à 105.218.041.680 FCfa. La part des investissements s’élève à 98.920.430.000 FCfa La priorité est accordée à la mise en œuvre des projets de grande envergure comme la troisième usine de Keur Momar Sarr, l’usine de dessalement de l’eau de mer, le projet d’assainissement des 10 villes, etc.

Le budget du ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement a connu une hausse. Il est établi à 105.218.041.680 FCfa pour l’exercice 2018, soit une hausse de 48.971.438.680 FCfa. La part des charges du personnel est de 957.548.680 FCfa, les dépenses des biens et services coûteront 432.631.000 FCfa, les transferts courants sont évalués à 4.907.432.000 FCfa, alors que les investissements s’élèvent à 98.920.430.000 FCfa, soit une hausse de 45.679.001.000 FCfa par rapport à l’exercice précédent.

Cette augmentation est justifiée par la poursuite de la mise en œuvre du Projet sectoriel eau et assainissement (Psea), le Pepam-Ue, le démarrage de la 3ème usine de Keur Momar Sarr, l’exécution de la phase III du Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc) ainsi que le transfert du projet hydro-électrique de Sambangalou.

Les députés ont remis au goût du jour les problèmes d’approvisionnement de plusieurs localités, notamment des quartiers périphériques de la commune de Louga et des villages traversés par les conduites des forages. Ils ont aussi relevé le paradoxe que des localités proches de la source d’eau ne soient pas desservies.

L’autre problème soulevé est relative à la qualité de l’eau distribuée aux populations. Les élus ont fait part des fortes teneurs en sel, en chlore et en fer.
Par contre, d’autres ont salué les efforts consentis par les autorités pour résorber les déficits en eau dans des grandes villes et aussi en matière d’assainissement. « Avec l’enveloppement de 800 milliards de FCfa et la mise en œuvre des projets comme Kms3 et l’usine de dessalement d’eau de mer, le président de la République s’est engagé à résoudre, de manière durable, l’accès à l’eau potable et à l’assainissement », a apprécié Adji Bergane Kanouté.

Auparavant, le député Abdoul Khadre Seck a magnifié les efforts de l’Etat pour couvrir les besoins en eau et l’accès à l’assainissement. Toutefois, il a formulé des demandes pour l’extension du réseau d’adduction d’eau dans des quartiers périphériques de Touba. En réponse aux interrogations, le ministre de l’Hydraulique a présenté les actions qui seront engagées pour apporter des réponses aux doléances des populations. Dans l’hydraulique rurale, Mansour Faye a assuré que l’accès universel sera atteint en 2021. « Le taux d’accès est de 90 % et l’accès universel sera atteint en 2021. Le Sénégal compte 40.000 villages, il reste 4.000 villages dont il faut s’occuper », a-t-il mentionné.

L’amélioration du cadre de vie a suscité des débats. En dépit des progrès, certains ne comprennent pas pourquoi des problèmes persistent dans des villes comme Rufisque. « En 1976, un conseil interministériel sur l’assainissement de Rufisque a été tenu. Depuis lors, nous n’avons pas trouvé de solutions durables à l’assainissement de la ville. Nous souhaitons que cette question soit une priorité du ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement », a plaidé Seydou Guèye.

Sur ce sujet, Rufisque bénéficiera d’ouvrages structurants qui vont résoudre, de manière nette, ses problèmes. Le ministre a fait savoir que les travaux vont bientôt démarrer et que plus de 5 milliards de FCfa seront dépensés. « Rufisque, où je me suis rendu il y a quelques mois, est dans le programme des 10 villes. Mais, aussi bien pour l’adduction d’eau que l’assainissement, il faudra la restructuration de certains quartiers », a précisé Mansour Faye.

L’accès à ces services doit être étendu aux Sénégalais qui sont dans le monde rural. A cet effet, le député Madické Niang a suggéré aux autorités de prendre en considération les villages. Le Sénégal s’est inscrit sur cette voie. La Banque mondiale supportera la réalisation des milliers de latrines dans des villages. « Avec le projet de la Banque mondiale, nous allons améliorer les indicateurs en matière d’accès aux services de l’assainissement », a répondu le ministre.

Idrissa SANE

Par rapport aux interpellations des députés sur l’objectif d’autosuffisance en riz qui était attendu en 2017, Papa Abdoulaye Seck a reconnu que « nous ne l’avons pas encore atteint, mais nous sommes dans une dynamique d’exporter du riz sénégalais avec une croissance de 53 % de la production ». Le ministre de l’Agriculture a aussi indiqué que le Sénégal a produit 1.015.340.000 tonnes de riz, contre 405 000 tonnes en 2011 ; ce qui est une première pour le pays. « Nous allons bientôt exporter le riz sénégalais. Il y a une réussite totale, et le gouvernement de Macky Sall a fait ce qu’aucun gouvernement n’a réalisé jusqu’ici. Nous sommes les premiers de la classe en matière de production de riz depuis 1960 », a laissé entendre le ministre de l’Agriculture.

Oumar KANDE

Lors du passage du ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural devant la représentation nationale, les interpellations n’ont pas manqué des deux camps, mais tous ont reconnu à l’homme qu’il connait son secteur où il est en train de battre tous les records dans la production agricole.

Le président du groupe parlementaire des libéraux et démocrates, Me Madické Niang, a même félicité Dr Seck. « Le ministre de l’Agriculture est l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. Nous savons apprécier le bien », a laissé entendre le député du Pds. Toutefois, il a soutenu que même si les résultats sont là, ils restent insuffisants. M. Niang a, par ailleurs, estimé que les 7 % du budget général alloués à ce secteur ne sont pas assez, car, selon lui, il faut un taux de 15 % pour avoir une agriculture performante. En réponse, le ministre de l’Agriculture et de l’Equipement Rural, Papa Abdoulaye Seck, a soutenu que « l’Etat a dégagé des moyens importants pour apporter à notre agriculture un soutien particulier qui n’existe dans aucun autre pays de l’Afrique au sud du Sahara ». Il s’agit notamment d’une subvention de 50 % pour les engrais et semences (5 milliards de FCfa par an pour les semences avec 55.000 tonnes de semences certifiées sur un objectif de 40.000 tonnes), 70 % pour le matériel de culture attelée, 60 % pour le matériel de culture motorisée, 100 % pour la défense des cultures, 5 milliards d FCfa pour la reconstitution du capital semencier et 85 milliards pour les tracteurs.

Oumar KANDE

Evoquant la situation de la Sonacos Sa, M. Seck a informé les députés de son redressement qui s’effectue dans de bonnes conditions ; ce qui permet à la société d’obtenir des résultats très satisfaisants. Ainsi, lors de la dernière campagne de commercialisation, la Sonacos a effectué des collectes à concurrence de 100.000 tonnes et a déjà mobilisé 55 milliards de FCfa pour la prochaine campagne. Le ministre a toutefois précisé que l’Etat n’a pas renoncé a sa privatisation et a lancé un appel d’offres international pour le choix d’un repreneur stratégique qui devra notamment s’impliquer dans la reconstitution du capital semencier et participer à la recherche. Il n’est pas exclu que l’Etat prenne des parts dans le capital de la future société.

O. KANDE

En Commission, les députés se sont interrogés sur l’impact de la taxe à l’exportation de l’arachide, dans le cadre de la stratégie mise en œuvre pour impulser la transformation locale des produits agricoles. Cette question a été également soulevée, lors de la plénière, par le député Cheikh Abdou Bara Doli Mbacké qui craint qu’elle soit contreproductive et engendre des pertes et une baisse des exportations. Sur ce, le ministre Papa Abdoulaye Seck a répondu que le président de la République est intéressé par les exportations d’arachide et a fait que le Sénégal soit le 6ème pays autorisé par la Chine pour y vendre sa production. Il a informé que la taxe sur le kilogramme d’arachide à exporter est arrêtée à 30 FCfa au lieu de 40 FCfa. Toujours selon le ministre, l’argent de la taxe sera utilisé pour la reconstitution du capital semencier. C’est ainsi que 4 925 000 000 de FCfa ont été injectés par l’Etat dans le capital. Ce qui a été confirmé par le ministre du Budget, Birima Mangara. « On ne fait pas le choix entre exportation et unité industriel. L’arachide est de très bonne qualité et les Chinois le savent. Nous avons espoir que les Chinois qui connaissent la qualité de notre arachide vont venir l’acheter », a soutenu le ministre de l’Agriculture.

Cohabitation agro business-exploitation familiales
A propos de la place réservée à l’agro business, les députés qui sont favorables à l’investissement privé ont fortement recommandé à l’Etat d’accompagner et d’encadrer les collectivités locales, pour une meilleure prise en compte des intérêts des populations, afin d’éviter des mécontentements nés de la perte de leurs terres. Le député Ousmane Sonko a interpellé Papa Abdoulaye Seck sur les problèmes pouvant surgir de l’agro business avec la priorité souvent donnée aux multinationales. Le ministre de l’Agriculture, dans sa réponse, a précisé que la légalité des procédures n’était pas en cause, dans la mesure où les affectations sont faites après les délibérations des conseils municipaux. « L’opinion doit comprendre qu’il faut nécessairement faire cohabiter les exploitations familiales avec un secteur privé fort, car l’agriculture ne peut se développer que dans la diversité », a-t-il dit. M. Seck a rappelé que le gouvernement est opposé à tout bradage des terres, mais entend garantir la sécurité de l’investissement privé qui n’a pas pour conséquence un transfert définitif de propriété, puisque ce sont des baux à durée déterminée qui sont signés.

Oumar KANDE

Le budget 2018 du ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rural, dirigé par le Dr Papa Abdoulaye Seck, a été voté par l’Assemblée nationale. Arrêté à 195.508.028.840 FCfa cette année, contre 176.363.867.400 FCfa en 2017, il a connu une hausse de 19.144.161.440 FCfa.

Le budget du ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rural, voté par la majorité de l’Assemblée nationale, est arrêté à la somme de 195.508.028.840 FCfa en 2018, contre 176.363.867.400 FCfa en 2017, soit une hausse de 19.144.161.440 FCfa en valeur absolue et 10,85 % en valeur relative. Comparativement au budget général de l’Etat, le budget du ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rural représente 7,09 % hors montant de la dette publique. Mais, si l’on considère uniquement le budget d’investissement, celui du ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rural représente 12,33 %. Suivant le rapport de la Commission de l’économie générale, des finances, du plan et de la coopération économique, ces crédits se répartissent en dépenses de personnel, de fonctionnement, de transfert et dépenses en capital et en transfert en capital.

Pour les dépenses de personnel, les prévisions se chiffrent, en 2018, à 2.783.564.840 FCfa, contre 2.859.740.400 FCfa en 2017, soit une baisse de 76.205.560 FCfa en valeur absolue et 2,66 % en valeur relative. Cette baisse s’explique par le non achèvement du programme spécial de recrutement de 400 agents projeté en 2017. Les dépenses de fonctionnement se chiffrent à 1.395.061.000 FCfa, contre 1.335.061.000 FCfa en 2017, soit une hausse de 60 millions de FCfa. 

Quant aux dépenses de transfert, elles se chiffrent à 26.207.148.000 FCfa, contre 26.607.148.000 FCfa en 2017, soit une baisse de 400 millions de FCfa en valeur absolue. Ces crédits sont répartis principalement au profit de la couverture des charges de mission de services publics (Saed, Ancar, Anida, Isra, Inp, Sodagri) pour un montant total de 12,115 milliards de FCfa et la facilitation de l’accès aux intrants agricoles à hauteur de 12,5 milliards de FCfa.

Concernant les dépenses en capital, les crédits prévus en 2018 s’élèvent à 123.280.312.000 FCfa, contre 105.704.888.000 FCfa en 2017, soit une hausse de 17.575.424.000 FCfa en valeur absolue et 16,63 % en valeur relative. Le transfert en capital pour 2018 se chiffre, lui, à 41.841.943.000 FCfa, contre 39.857.000.000 FCfa l’année précédente, soit une hausse de 1.984.943.000 FCfa en valeur absolue et 4,98 % en valeur relative.

La Commission de l’économie générale, des finances, du plan et de la coopération économique portant une appréciation sur la gestion actuelle du secteur de l’agriculture a relevé un certain nombre d’insuffisances qu’elle juge important de corriger afin de faciliter l’atteinte des objectifs visés.

Oumar KANDE

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