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Moustapha Fall Tché, coordonnateur de « Macky 2012 » : « Le dialogue peut déboucher sur un consensus sur le fichier électoral »

11 Oct 2017
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Le Coordonnateur de « Macky 2012 » estime que l’opposition et le pouvoir peuvent dialoguer sur plusieurs points notamment le fichier électoral. Mais face aux réserves émises par des ténors de l’opposition dont Abdoulaye, « le dialogue peut déboucher sur la révision du fichier électoral ».

Monsieur le président, comment se porte la coalition, Macky 2012 ?
La coalition se porte bien. Elle mène ses activités. Elle avait participé activement aux dernières législatives. Elle a tiré les conclusions de ces élections. Elle a même rédigé un mémorandum destiné au président, Macky Sall qui est le président de la coalition. En dehors de ça, la coalition mène ses activités statutaires. Elle tient aussi la réunion de la conférence des leaders. Actuellement, nous préparons un plan d’actions pour descendre dans les autres régions. Nous avions commencé cela il y a deux ans. Nous allons porter la voix du président, divulguer son programme et son bilan, informer les populations sur ce que le président est en train de faire.

Quels sont les grands axes de ce mémorandum ?
Nous avons mis l’accent sur les points forts de notre coalition, mais aussi les points faibles. Nous avons mis le focus sur les localités où nous avons échouées. Nous avons également mis le focus sur les localités où nous avons réussi. Le point le plus saillant est Touba. Nous avons encore perdu cette ville lors des législatives. Mais le constat est que depuis 2012, nous perdons Touba, mais nous gagnons en même tout le Sénégal. Touba ne nous empêche pas de gagner le Sénégal, mais Touba est un symbole. C’est une ville sainte. Nous aimerions bien gagner cette ville. Il faut voir comment faire pour corriger. Pourquoi nous ne gagnons pas Touba ? Pourquoi, l’opposition gagne Touba ?Il faut tirer les enseignements de tout ça.

Qu’est-ce qui fait perdre le régime à Touba ?
A priori, les choses ont changé à Touba. Il n’y a plus de ndigueul central. Le Khalife ne donne plus de ndigueul politique. C’est une nouvelle donne. Il y a quelques années, les khalifes donnaient le Ndigueul. Il fallait travailler avec le khalife pour avoir son ndigueul. Une fois qu’on a le ndigueul, la victoire est automatique. Le Khalife ne donne pas de consigne de vote. C’est l’opposition de Touba qui se bat pour qu’on ne gagne pas Touba. Dans cette opposition de Touba, les plus actifs, ce sont les marchands ambulants. Ce sont eux qui nous mènent la guerre atroce pour qu’on ne gagne pas. Comment faire pour changer la donne. Les marchands ambulants reçoivent les directives de la bourgeoisie industrielle et commerciale de Touba. Ce sont les grands commerçants qui donnent des consignes de vote aux ambulants. Ce sont les commerçants qui aident les marchands pour qu’ils exercent leurs activités ou voyagent.

Pourquoi cette bourgeoisie ne donne pas de ndigueul en faveur du régime ?
C’est ça la grande question. Pourquoi cette bourgeoisie donne des directives en faveur d’Abdoulaye Wade ou de l’opposition en général ? Il faut apporter des réponses à cette question. Je pense que ce qui est élémentaire de faire, c’est d’entrer en contact avec cette bourgeoisie pour voir pourquoi elle ne donne pas de directives en notre faveur. A la longue, nous finirons par comprendre pourquoi elle ne milite pas en faveur de nous. Si l’on arrive à entrer en contact avec ces éléments qui sont mécontents, parce que certainement ce que Abdoulaye Wade faisait avec elle, nous ne l’avons pas encore fait ou peut-être, on le fait de façon insuffisante. Il faut voir par quel moyen, il faut collaborer avec cette bourgeoisie. Quelle est son problème ? Dans quelle difficulté elle est ? Nous tenterons ainsi de trouver des solutions à leurs difficultés et signer un pacte.

Après les législatives, un nouveau gouvernement a été installé. Est-ce Macky 2012 s’y retrouve ?
Nous avons constaté que nous n’avons pas de ministre dans le nouveau gouvernement. Nous avons un ministre, c’est Eva Marie Coll. Des quatre ministres que nous avions depuis le début du régime, il n’en reste plus qu’Eva Marie Coll. Tous les autres ministres ont adhéré à l’Apr. Ils ne sont plus des ministres de « Macky 2012 ». Il ne reste qu’Eva Marie Coll. Elle a été démise de ses fonctions de ministre de la Santé, mais elle est devenue ministre d’Etat. Nous pouvons toujours la considérer comme ministre de Macky 2012. La coalition n’a pas progressé dans la composition du gouvernement. Nous avons constaté cela. Nous l’avons regretté, mais nous nous en tenons à cela. Notre devoir n’est pas de bouder ou de critiquer, parce que nous travaillons pour le président de la coalition. Macky Sall est le président de notre coalition. S’il forme son gouvernement en fonction de ses appréciations, on ne peut que l’accompagner dans cela. Nous le soutenons.

Quid de l’Assemblée nationale ?
A l’Assemblée nationale, Macky 2012 a quelques députés. Ce sont Adji Mergane Kanouté, Mously Diakhaté. Nous avons deux autres députés qui étaient à Macky 2012, mais qui sont allés avec leurs propres listes. Le jeune Chérif Monteil et Ibrahima Abou Nguette. Ils sont venus se verser dans les députés de « Macky 2012 ». Bennoo Bokk Yaakaar avait 125 députés, mais maintenant  nous avons 127 députés avec les deux éléments de Macky 2012 qui avaient leur propre liste.

Sur quoi doit porter le dialogue entre l’opposition et le pouvoir ?
Le dialogue doit d’abord porter sur le contentieux. L’opposition parle du fichier électoral. Cette question peut être l’objet d’une discussion. Elle parle d’un ministre de l’Intérieur apolitique. Cela est difficile. Un ministre de l’Intérieur apolitique n’existe pas. La fonction de ministre est une fonction éminemment politique. Celui ou celle qui l’occupe est politique. Ce n’est pas possible. Avec Abdoulaye Wade, Cheikh Guèye a été nommé ministre chargé des élections. Qui a dit que Cheikh Guèye est neutre ? En bon citoyen, il devait voter. En bon citoyen, il a voté pour quelqu’un. Il n’y a pas de neutralité. L’essentiel est que le ministre de l’Intérieur, qu’il soit politique ou pas doit être un démocrate, un homme qui a le sens de l’équité. Un homme honnête ne se laisse pas entraîner par des comportements partisans dans le processus électoral. IL y a une autre revendication. Quand, Abdoulaye Wade  dit qu’il faut que l’opposition nomme deux membres du Conseil constitutionnel. Dans quel pays du monde on a vu cela. Qu’Abdoulaye Wade nous dise dans quel pays au monde, il a vu une opposition nommer les membres du Conseil constitutionnel. Ça n’existe nulle part dans le monde. Partout, les membres du Conseil constitutionnel sont nommés pas le président de la République, l’Assemblée nationale et le Sénat. Il y a des revendications qui sont prenables, mais d’autres  ne sont pas acceptables. On pourra discuter sur le fichier. Abdoulaye Wade a dit qu’il ne va pas dialoguer, mais les autres sont d’accord. Les partis qui viendront au dialogue sont nombreux.

Son parti est la principale formation politique de l’opposition…
Abdoulaye Wade n’était pas présent lors du lancement du dialogue national. Son parti était présent. Je pense que la prochaine fois, on peut le dispenser du dialogue. Il n’a qu’à envoyer son parti. En politique, il n’y a pas de premier ou de deuxième. Les partis sont d’égale dignité. Même s’ils n’ont pas d’égale représentativité, ils sont d’égale dignité. S’il faut voter, le plus petit parti et le plus grand parti ont la même voix. Si Abdoulaye Wade ne vient pas, d’autres vont venir et nous dialoguerons avec eux.

Le dialogue pourra déboucher sur quoi ?
Il peut déboucher un consensus sur la révision du fichier.  Des retouches sur le fichier et le matériel électoral. Comment faire pour que le matériel électoral arrive à temps à l’avenir ? On va rectifier toutes les erreurs qu’on avait commises.  Nous allons tout faire pour que toutes les cartes soient distribuées avant la prochaine élection présidentielle.

Des voix s’élèvent pour demander la libération de Khalifa Sall. Vos commentaires ?
Ce sont  les partisans de Khalifa Sall qui s’élèvent pour demander sa libération. Le cas Khalifa Sall est complexe. Il a tellement arrosé de Sénégalais que beaucoup de personnes n’osent même pas parler de son cas. Mais Khalifa est un détenu comme tous les autres détenus. Pourquoi veulent-ils que Khalifa soit libéré alors qu’il est accusé de détournement de deniers publics. On lui reproche 1,8 milliard. C’est une décision de justice qui sortira Khalifa Sall de prison. Ils peuvent marcher, mais seule une décision de justice pourra sceller son sort.

D’aucuns invoquent des motivations politiciennes pour justifier son arrestation…
Khalifa ne menace pas Macky Sall. En général, tous ceux qui sont arrêtés gagnent souvent les élections. Khalifa Sall a été battu alors que le fait d’être en prison est un plus pour lui.

Que pensez-vous de la récente sortie de l’ancien leader de la Ld qui a révélé que le président lui donnait 4 millions de FCfa par mois ?
Que Mamadou Ndoye dise ou révèle que durant les quatre années où il était le secrétaire général de la Ligue démocratique, il recevait chaque mois 4 millions du président, Macky Sall n’est qu’une tempête dans un verre d’eau. Moi je n’y vois pas d’inconvénient. Je n’y vois rien d’anormal, rien d’illégal. Ces 4 millions mensuels qui étaient offerts à Mamadou Ndoye et non à la Ld étaient débités des fonds politiques du président de la République. Sous ce rapport, il faut que toute la terre sache que les fonds politiques, contrairement à ce que certains disent ou croient, ne sont pas des fonds publics appartenant à tous les Sénégalais comme ils le disent. Ce sont des fonds publics mais mués en fonds personnels alloués en cette qualité à une seule personne, le président de la République par une Loi votée par l’Assemblée nationale par les représentants du peuple. Cette Loi stipule que le bénéficiaire en dispose librement et de manière discrétionnaire sans contrôle, sans audit, ni obligation de rendre compte à qui que ce soit.

Propos recueillis par Babacar DIONE

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