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Affaires et Finances (3294)

Le ministre du Commerce, Alioune Sarr a présidé, hier, la réunion du comité national de négociations commerciales internationales sur la mise en place de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zleca). Il a magnifié les avancées notées et a appelé les experts à poursuivre les travaux pour harmoniser les positions de notre pays.

La zone de libre échange continentale (Zleca) constitue une opportunité pour fouetter le commerce intra-africain. Alioune Sarr, ministre du Commerce appelle les acteurs économiques à la percevoir comme une opportunité et non une contrainte. Il a partagé, hier, cette conviction à l’ouverture de la réunion du comité national de négociations commerciales internationales sur la mise en place de la Zleca. Après plus d’une décennie de concertations, les négociations ont abouti, en mars 2018, à Kigali, à la signature de l’Accord-cadre et des protocoles sur les marchandises, le commerce des services et les règles de procédures relatives au règlement des différends. Cette réunion s’inscrit dans la poursuite des travaux et l’harmonisation des positions du Sénégal sur les différentes questions. Elle doit, selon Alioune Sarr, permettre de consolider les bases d’un large consensus autour des négociations, avant de magnifier les « avancées considérables » notées à l’issue des négociations.

« Couvrant un marché de plus de 1,2 milliard de personnes et un Pib combiné de plus 2.500 milliards de dollars, la Zleca est, aujourd’hui, la plus grande zone de libre échange au monde depuis la création de l’Organisation mondiale du commerce (Omc) », a dit le ministre. Elle offre, à ses yeux, à l’Afrique, une occasion unique d’accroître son poids commercial et d’accélérer le commerce intra-africain. « La Zleca a le potentiel de stimuler le commerce intra-africain de 52,3 % en éliminant les droits d’importation et de doubler ce commerce si les barrières non tarifaires sont également réduites », a-t-il ajouté. Outre la meilleure harmonisation et la coordination de la libéralisation des échanges, le ministre du Commerce affirme qu’elle constitue également une opportunité « pour renforcer la compétitivité des entreprises sénégalaises, densifier le tissu industriel, accroître la part de notre continent dans le commerce mondial estimé actuellement à moins de 3 % et contribuer à la transformation structurelle des économies africaines et in fine au développement de nos pays ». Au Sénégal, près de 50 % des exportations sont destinées au marché africain. La Zleca, estime Alioune Sarr, est un atout qui permet de se « connecter aux chaînes de valeurs régionale et continentale».

La directrice du Commerce extérieur Assome Aminata Diatta, par ailleurs secrétaire exécutive du comité national des négociations commerciales internationales, souligne que dans un continent où l’ambition « est de développer l’industrie, de créer des emplois pour les jeunes et d’améliorer le bien-être des populations, la Zleca est un atout pour un pays comme le Sénégal ». Elle soutient que le processus est irréversible. Pour atteindre les objectifs, le ministre invite les experts à travailler sur le plan d’action, sur la réduction du coût des affaires et des transactions commerciales mais également sur l’amélioration de la compétitivité des entreprises nationales.

Souleymane Diam SY

DES RENCONTRES AVEC LE PRIVÉ NATIONAL PRÉVUES
44 sur 55 Etats membres ont signé la Zleca avant d’être rejoints par 5 autres au dernier sommet de l’Union africaine tenu en Mauritanie le 2 juillet 2018. A ce jour, seuls huit pays ont ratifié cet accord. Le ministre du Commerce, Alioune Sarr, annonce que notre pays travaille pour sa ratification dans les meilleurs délais. Seulement, dit-il, il va falloir mener un travail de sensibilisation. A cet effet, le ministre prévoit d’aller rencontrer le secteur privé pour échanger avec lui sur l’opportunité et les défis de la Zleca. L’objectif visé, souligne-t-il, c’est de lui permettre de s’approprier cet accord dont l’entrée en vigueur requiert la ratification de 22 Etats membres. « Nous espérons que 22 Etats membres vont le ratifier d’ici à janvier 2019 », a dit la directrice du Commerce extérieur Assome Aminata Diatta.

S. Diam SY

LES RÈGLES D’ORIGINE PASSÉES À LA LOUPE
Des ministres en charge du Commerce, après la tenue de la 6ème réunion à Dakar, les 3 et 4 juin derniers, a suivi celle des ministres de la Justice, le 8 juin, des pays de l’Union africaine (Ua) pour finaliser les annexes du protocole sur la Zone de libre échange continentale.

A la suite des ministres, les experts nationaux  planchent, depuis le 17 juillet et pour quatre jours, à Dakar, sur les aspects techniques de la libéralisation des  produits particulièrement les règles d’origine et  le commerce des services, dans    la  Zone de libre-échange continentale africaine (Zleca).

Si à l’entame des négociations sur l’accord de la Zone de libre échange continentale africaine  (Zleca), le secteur privé sénégalais était frileux et ne se disait pas encore prêt à franchir le Rubicon, il semble, au fil du temps, plus ouvert sur la question.  Pendant  4 jours, les principaux acteurs nationaux du commerce regroupés autour des entreprises et opérateurs économiques locaux, des principales organisations patronales et de l’administration douanière  débattent des aspects techniques L’objectif de ces assises est d’impliquer  l’ensemble des acteurs du commerce  afin de mieux  défendre les intérêts du Sénégal  et pour être mieux outillés dans ce processus de libéralisation lors des futures négociations sur les règles d’origine et  le commerce des services.

Selon le  secrétaire général du ministère du Commerce, de la Consommation, du Secteur informel et des Pme, Makhtar  Lakh, cinq secteurs prioritaires seront libéralisés. Il s’agit des services financiers,  des transports,  des services fournis aux entreprises, des voyages et la communication. Il est d’avis que « la libération de ces secteurs à forte valeur ajoutée, témoigne de l’importance qu’accorde le Sénégal à ce  marché commun, qui comptera  2,5 milliards de consommateurs  à l’horizon 2050 ». Le directeur adjoint du commerce extérieur du Sénégal,  Fallou Mbow Fall, estime que  « les règles d’origine sont des instruments utilisés pour harmoniser  la  tarification  des différents produits échangés dans cette zone. Elles déterminent la nationalité économique des marchandises». Autrement dit, elles établissent les conditions auxquelles une marchandise peut être importée.  « Elles sont des indicateurs excellents qui peuvent renseigner,  si la région a tendance à développer le commerce intra-africain et  la valeur ajoutée industrielle », a-t-il poursuivi. M. Fall considère que « l’appendice sur les règles d’origine est une liste  d’établissements de règles qui précisent la nature ou le niveau de livraison  ou de la transformation suffisante  que la matière non originaire doit  atteindre pour que le produit obtenu soit considéré comme originel », il a listé les deux critères fondamentaux qui le composent à savoir « les critères de produits entièrement obtenus et les critères de changement tarifaires », avec des caractères générales spécifiques « qui sont  à la fois  préférentiels, non préférentiels,  hybrides et  alternatifs ». Ce qui, dit-il, «permet  aux pays membres, s’ils veulent  fabriquer un produit, d’accorder la priorité aux matières premières  disponibles  à l’échelle régionale avant d’importer ». En marge du sommet de l’Union africaine tenue à Nouakchott, en début juin,  les chefs d’Etat  africains avaient adopté  les annexes au Protocole sur le commerce des marchandises, le règlement des différends et la liste des secteurs prioritaires sur le commerce des services.

Désormais, il appartient à chaque Etat membre de choisir sa liste de produits  à libéraliser à 90 %, conformément  à son  appartenance  à un espace économique.

Mamadou Lamine DIEYE

AVEC LA ZLECA, LE COMMERCE INTRA-AFRICAIN POURRAIT S’ACCROÎTRE DE 52,3%
Dans le principe du traité signé à Kigali en mars dernier, les pays membres vont s’ouvrir à hauteur de 90 %  sur certains produits (sur une période de 5 ans pour les pays en développement  et de 10 ans pour les Pma). Et  les 10 %  restants  seront exclus de la libéralisation. Les règles d’origine jouent un rôle crucial dans l’élaboration du commerce international dans la mesure où  elles permettent d’établir les taxes douanières et  d’instaurer  des politiques commerciales qui s’appliquent aux marchandises échangées. Elles sont préférentielles lorsque le bien est  échangé entre deux États ayant conclu un accord bilatéral ou régional, ou non préférentielles  lorsque le bien est échangé entre deux États n’ayant pas conclu un tel accord. Chaque accord régional établit ses propres règles d’origine. Actuellement, on note des centaines d’ensembles de règles d’origine différentes appliquées dans le monde. Ainsi, les  règles d’origines étant un véritable instrument pour stimuler le développement  industriel et agricole des Etats membres, avec la Zleca, le commerce intra africain pourrait s’accroître de 52,3 % en éliminant les droits de douane à l’importation.

M. L. DIEYE

Les dix meilleures horticultrices de la zone des Niayes originaires de Cayar, Thieppe, Rao, Potou, Mboro et Notto ont reçu des chèques de 500.000 à 1.000.000 de FCfa et un diplôme de reconnaissance.

Le Programme d’aménagement et de développement économique des Niayes (Paden) a récompensé, hier, les dix meilleures horticultrices de la zone des Niayes. Les lauréates viennent de Cayar, Thieppe, Rao, Potou, Mboro, Notto. Tout sourire, ces femmes ont reçu des chèques de 500.000 à 1.000.000 de FCfa et un diplôme de reconnaissance. Elles sont distinguées pour la qualité de management de leurs entreprises horticoles. Cette récompense représente la reconnaissance publique « d’un mérite exceptionnel » et fait des lauréates « des modèles et des leaders », selon Monica Vadeboncoeur de la coopération canadienne qui a soutenu la mise en œuvre du Programme d’aménagement et de développement économique des Niayes. Ces femmes ont appliqué les techniques apprises ; ce qui a permis d’améliorer sensiblement leurs productions horticoles. En 2018, la production d’oignons est de plus de 400.000 tonnes et 160.000 tonnes pour la pomme de terre.

Toutefois, dans les Niayes, les femmes horticultrices représentent 10,4 % sur une population totale de 10.604 producteurs et fournissent 9 % des productions et engrangent moins de 5% des chiffres d’affaires générés alors qu’elles représentent près de 80 % de la main d’œuvre temporaire.

Moustapha Lô Diatta, ministre délégué auprès du ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural, chargé de l’Accompagnement et de la mutualisation des organisations paysannes qui a présidé la cérémonie a indiqué que ces récompenses réparent « ces déséquilibres ». « Ce prix récompense vos efforts d’entrepreneuses horticoles, votre courage et détermination, votre ouverture à l’innovation technique et technologique, votre leadership et vos capacités de gestion financière », a-t-il dit. Le prix de la meilleure horticultrice qui est une innovation du Paden dans l’activité horticole de la zone des Niayes symbolise « l’excellence dans l’entreprise horticole chez les femmes ».

Selon Monica Vadeboncoeur, il est difficilement imaginable pour le Sénégal d’atteindre ses objectifs de développement sans la contribution des populations rurales et sans miser sur le secteur de l’agriculture comme moteur de développement économique.

Une subvention de 1,029 milliard de FCfa
« Nous croyons qu’il est fondamental d’améliorer les opportunités de croissance des producteurs et productrices en zone rurale pour assurer la sécurité alimentaire et la viabilité économique du pays. Quand l’agriculture du Sénégal va bien, l’économie du Sénégal va bien ! », a-t-elle dit. La mise en œuvre du Paden a permis de réduire la pauvreté de plusieurs milliers de ménages dans les Niayes en augmentant les revenus des producteurs et productrices.

De 2013 à 2018, ce programme a financé 170 sous-projets pour une subvention de 1,029 milliard de FCfa dont 21 % pour les femmes. Le projet a touché 20.593 producteurs dont 27% de femmes. 3.420 personnes dont 30 % de productrices ont été formées sur plus de 10 thématiques portant sur l’élaboration et la diffusion de 28 référentiels technico-économiques dans la zone des Niayes ; la construction de 13 infrastructures de stockage d’oignons, de pomme de terre et d’intrants agricoles de plus de 1.200 tonnes de capacité ; l’intermédiation financière pour 269 dossiers de crédits financés avec l’appui de 7 systèmes financiers décentralisés et banques pour un montant de 1.101.196.527 FCfa de crédits octroyés. Cinq plans d’occupation et d’affectation ont été élaborés et mis en œuvre pour les communes de Darou Khoudoss, Taïba Ndiaye, Mont-Rolland, Notto Gouye Diama et Cayar.

Au nom des lauréates, Binta Bâ a loué le soutien sans précédent du gouvernement dans le domaine de l’agriculture en termes d’appuis, de formations, d’équipements et de financements.

L’appétit venant en mangeant, elle a demandé un meilleur accès à la terre pour les femmes, des équipements agricoles et des fonds pour l’acquisition de panneaux solaires afin de soulager les producteurs et productrices de la facture de carburant pour le pompage.

Mamadou GUEYE

Au Sénégal, la réflexion est menée en vue d’une valorisation de la balle de riz et du typha en source d’énergie.

Les acteurs du monde rural sénégalais veulent apporter leur contribution dans la valorisation des énergies renouvelables dans l’agriculture. Ils ont profité d’un atelier organisé par l’Institut mondial pour la croissance verte (Global green growth institue) pour discuter de la possibilité de transformer certains sous-produits agricoles en source d’énergie dans la chaîne de valeur. Il s’agit, entre autres, de la balle de riz et du typha. Selon Mouhamadou Tounkara, coordonnateur de Global green growth institue pour la zone ouest africaine, le typha, connu comme étant une plante envahissante et la balle de riz, un sous-produit de la riziculture, peuvent constituer une véritable source d’énergie renouvelable dans l’agriculture.

Au Sénégal, depuis 2016, l’Institut mondial pour la croissance verte est en train de formuler des recommandations pour accompagner le Sénégal dans la valorisation des énergies renouvelables et dans la mobilisation des investissements verts, destinés au financement de projets durables. 15 types de déchets provenant des abattoirs, de la graine d’arachide, des déchets communaux, de la boue de vidange, etc., ont déjà fait l’objet d’une intégration comme intrants agricoles, a déclaré M. Tounkara. Il s’agit, de voir, aujourd’hui, comment formuler des modèles d’affaires et peaufiner des options de financement pour valoriser la balle de riz et le typha en source d’énergie. Cette initiative va contribuer à la baisse de la facture énergétique dans la production et dans la transformation mais aussi aider le Sénégal à faire face à ses aspirations en matière de développement durable, a déclaré Dogo Seck, secrétaire général du ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rural. « La valorisation énergétique de la balle de riz contribuera non seulement à réduire les coûts énergétiques dans la production et dans les opérations de transformation mais aussi à débarrasser l’environnement des résidus de récolte qui ne sont pas utilisés », a-t-il indiqué. Il estime, qu’à côté de la balle de riz, le typha va augmenter aussi les quantités de biomasse utilisées dans la production. A terme, selon Dogo Seck, il s’agira de donner de la valeur aux sous-produits de l’agriculture et faire du secteur agricole le moteur de la croissance et du développement durable. « L’énergie reste encore un intrant qui pèse très lourd dans le budget des producteurs et des transformateurs des produits agricoles », a affirmé M. Seck. Il invite les acteurs et les porteurs de projets à miser sur la balle de riz et sur le typha comme nouvelles sources d’énergie et à créer, dans la foulée, des emplois verts et des revenus substantiels dans le monde rural.

Seydou Prosper SADIO

Le ministère de l’Economie, des Finances et du Plan a lancé le processus d’élaboration de la phase II du Plan Sénégal émergent (Pse) 2019-2023. Hier, le privé national a échangé avec les agents de ce département, sur les orientations que l’investissement public doit prendre dans cette phase, pour une croissance économique inclusive et durable.

La mise en œuvre de la première phase du Plan Sénégal émergent (Pse) 2014-2018, a permis de faire des « progrès réels et significatifs », en termes de croissance économique avec un Pib réel supérieur à 6 %, dans le domaine de la santé, de la protection sociale, de l’accès à l’eau etc. a déclaré, hier, le secrétaire général du ministère de l’Economie, des Finances et du Plan (Mefp), Bassirou Samba Niasse. Il présidait une rencontre de partage du rapport provisoire de la phase 2 du Pse 2019-2023, avec le secteur privé national. Celle-ci, fait suite à l’atelier portant sur le diagnostic et la formulation de la stratégie, organisé en décembre 2017. Cette dynamique est, selon lui, le résultat de la mise en place d’un « ensemble cohérent de réformes structurelles de grande envergure et d’investissements publics et privés, bien ciblés, dans un cadre macroéconomique bien planifié ». Toutefois, souligne M. Niasse, un accroissement significatif des investissements du secteur privé national, surtout, dans des projets de partenariats public-privé, reste un des défis majeurs de notre pays.

Cet atelier constitue, explique-t-il, une occasion de partage des réflexions et initiatives pour renforcer les performances économiques de notre pays, « gage d’un développement solide, stable et de cohésion sociale ». « Si nous voulons gagner le pari de l’émergence en 2035, nous devons mettre l’accent sur l’accumulation du capital humain, le relèvement de la productivité, l’amélioration des facteurs de production, la promotion de l’équité et l’égalité des genres, la recherche et l’innovation, la gouvernance », a-t-il déclaré. De l’avis du secrétaire général du Mefp, il conviendrait « de s’orienter vers des secteurs moteurs, porteurs de croissance et d’exportation, d’accroître le niveau des investissements, de promouvoir une industrialisation inclusive et durable ».

Chemin vers l’émergence
Le coordonnateur de la Direction générale de la planification et des politiques économiques (Dgppe), Mayacine Camara, s’est félicité des « bons résultats », enregistrés dans la première phase du Pse. « Le chemin vers l’émergence est aujourd’hui rassurant. Le Sénégal est sur une très bonne pente qui nous permet d’espérer », a fait savoir Mayacine Camara, tout en reconnaissant qu’« il y a beaucoup d’efforts à faire parce que nous venons de très loin ». Pour que la croissance économique soit partagée et ressentie par tous les Sénégalais, il est nécessaire, à ses yeux, de mettre davantage l’accent sur l’inclusion sociale. Pour ce faire, poursuit M. Camara, il faudra impliquer le secteur privé national dans les investissements publics et le motiver à intervenir et à investir.

Le coordonnateur de la Dgppe pense que l’efficacité voudrait que « l’investissement public soit un levier pour l’investissement du privé national ». C’est pourquoi, Alioune Bâ du Conseil national du patronat (Cnp) du Sénégal, a invité le gouvernement à davantage miser sur le privé national pour cette deuxième phase du Pse. « Il est important que nous puissions mieux nous sentir dans les projets du Pse », soutient-il, tout en assurant que le secteur privé a démontré ses capacités financières et techniques à dérouler les projets prévus. Le secrétaire général du ministère de l’Economie, des Finances et du Plan, Bassirou Samba Niasse souligne que les recommandations de l’atelier permettront de lever les contraintes identifiées et d’aboutir à l’émergence à l’horizon 2035.

Souleymane Diam SY

LE CRÉDIT À L’ÉCONOMIE RESTE INSUFFISANT
Le crédit à l’économie reste sur une dynamique inférieure à celle des pays comparateurs, conséquence de la faible mobilisation de l’épargne privée nationale qui se situe environ à 10 % du Pib en 2016, contre 33,32 en Côte d’Ivoire et en Malaisie, et 24 % au Sri Lanka. Il est noté une prépondérance des crédits fournis dans le court, moyen et long terme aux services comparativement aux industries manufacturières et à l’agriculture.

S. D. SY


UNE MISE EN ŒUVRE DES PROJETS ET RÉFORMES À ACCÉLÉRER
Sur la période 2014-2017, le montant acquis programmé, évalué à partir de l’ensemble des financements intérieurs et extérieurs acquis, s’élève à 7.796,534 milliards de FCfa. Les projets/programmes pris en compte dans ce financement (813 projets répartis sur les 29 sous-secteurs logés dans les trois axes stratégiques du Pse) sont ceux concourant à l’atteinte des objectifs du Pse et inscrits dans le Programme triennal d’investissements publics (Ptip) 2014-2016, ceux relatifs aux conventions de financement conclues en 2012 et 2013 ou au budget de fonctionnement à valorisation du capital humain. Le montant des projets exécutés au titre du financement acquis du Plan d’actions prioritaires (Pap-Pse) s’élève à 3.124, 165 milliards de FCfa, soit un taux de 65, 13 %. Au titre du gap de financement, sur une programmation de 3.158,4 milliards de FCfa, le montant des projets exécutés se situe à 272, 428 milliards de FCfa, soit un taux de 8,63 %.

S. D. SY

FINANCEMENT DES PROJETS ET RÉFORMES PHARES : UN ENDETTEMENT À SURVEILLER
Dans la première version de l’élaboration de la deuxième phase du Pse, on note que la mise en œuvre de ce plan sur la période 2014-2018 a nécessité d’importantes ressources pour le financement des projets et réformes phares. Dans la stratégie d’endettement, il est recommandé que les modalités de financements proposées respectent les conditions de coûts et de risques, afin de préserver la viabilité des finances publiques à travers une gestion prudente de la dette, le recours aux ressources concessionnelles. En 2017, le stock de la dette s’est établi à 6.010,5 milliards de FCfa contre 4.112, 9 milliards en 2014. Ce qui fait que la dette publique a sensiblement augmenté pour atteindre 61 % en 2017 contre 53,1 % du Pib en 2014. Un ratio qui est en dessous de la norme communautaire fixée à 70 %. Elle reste soutenable en raison de la structure de la dette extérieure, qui reste largement concessionnelle.

S. Diam SY

La campagne agricole 2018/2019 se déroule dans de bonnes conditions dans le delta et la vallée du fleuve Sénégal, déclare Hamadou Baldé, directeur régional du développement rural (Drdr) de Saint-Louis.

Les opérations de récolte de la campagne de saison sèche chaude 2018 ont démarré et les derniers semis sont au stade de maturation. Les prévisions de mise en valeur sont de 48.300 hectares dont 44.500 hectares pour le riz. Les superficies façonnées sont de 45.941 hectares dont  35.505 hectares pour Dagana, 2.449 hectares pour le Lac et 8.987 hectares pour Podor. Les semis/repiquage du riz sont réalisés à hauteur de 44.791 hectares dont 34.366 hectares pour Dagana, 2.009 hectares pour le Lac et 8.416 hectares pour Podor. Les acteurs de la filière riz se sont réunis le 22 juin 2018 pour fixer à 130 FCfa le prix du kilogramme de paddy issu de la saison sèche chaude 2018.

Pour les opérations pré-hivernales, les travaux de préparation des champs sont marqués par les activités de  défrichage, de nettoiement et d’épandage de fumier. En ce qui concerne les cultures irriguées, les parcelles sont en train d’être façonnées. Les semis à sec ont été constatés dans les départements de Saint-Louis et Podor. A Saint-Louis, le niébé et le mil ont été semés tandis qu’à Podor, c’est le mil, le sorgho et le béréf. Les semis en humide de l’arachide ont démarré dans les départements de Saint-Louis et Dagana.

M. Baldé a indiqué que la mise en place des semences d’arachide est terminée  dans les départements de Saint-Louis et Dagana. 200 tonnes de semences de variété 55-437 ont été mises en place dans ces deux départements. Par contre, dans le département de Podor, aucune semence d’arachide n’a encore été placée. Le taux de mise en place est de 95,2 % pour l’ensemble de la région de Saint-Louis. Les ventes ont commencé dans les départements de Saint-Louis et Dagana avec un total de 126,3 tonnes vendues, soit un taux de 63,15 %. Pour ce qui est de la mise en place des semences espèces diverses, il a souligné que le département de Saint-Louis a reçu 32 tonnes de niébé sur une prévision de 210 tonnes pour toute la région. Le taux de mise en place du niébé est de 15,2 %. Les ventes ont commencé dans le département de Saint-Louis avec 10,95 tonnes cédées. Le taux de vente du niébé est de 34,2 %. Le sorgho certifié a été mis en place en totalité dans les départements de Podor et Dagana. Le taux de mise en place du sorgho, dans la région, est de 100 %. Les ventes ont commencé dans le département de Podor avec une tonne cédée, soit un taux de vente de 5 %.

Faible mise en place des engrais
M. Baldé a évoqué la mise en place des engrais. Il a précisé que, toutes formules confondues, les prévisions de mise en place d’engrais sont de 9.676 tonnes dans la région de Saint-Louis.

Seules 2.300 tonnes ont été placées ; soit un taux de mise en place de 23,8 %. Ce qui est encore faible. Les ventes n’ont pas encore commencé.

A en croire M. Baldé, le 15 10 10 n’a pas encore été placé, le triple 15 a été placé en intégralité dans le département de Saint-Louis. Par contre, dans les départements de Dagana et Podor, les mises en place tardent toujours. La mise en place de l’urée a commencé dans le département de Dagana avec 2080 tonnes placées sur une prévision de 5260 tonnes. Les ventes ont commencé dans ce département avec 60 tonnes cédées. Le département de Podor n’a pas encore reçu son urée. Le taux de mise en place de l’urée est de 33,8 %. Ce qui est encore faible. Le taux de vente est de 5,9 %. La mise en place de l’engrais Dap a timidement commencé dans le département de Dagana avec 180 tonnes placées sur une prévision de 2.420 tonnes. Le département de Podor n’a pas encore reçu son Dap. Le taux de mise en place de l’engrais de fond pour le riz est de 5,9 %. Ce qui est très faible. Les ventes n’ont pas encore commencé. La mise en place des engrais doit être accélérée car les producteurs de la région de Saint-Louis commencent à s’impatienter.

Concernant les produits phytosanitaires et le matériel de traitement, il a souligné qu’une tonne et demie de pyrical 5% a été mise à la disposition de la direction régionale du développement rural pour la prise en charge d’éventuels problèmes phytosanitaires durant la campagne. La commission régionale chargée de la sélection, de la supervision, du contrôle, de la distribution et du suivi du matériel agricole du programme indien a tenu sa première réunion le mardi 3 juillet 2018 à la gouvernance de Saint-Louis. Cette rencontre présidée par le gouverneur de région avait pour but de répartir le quota de matériel attribué à la région de Saint-Louis. Pour ce qui est du crédit agricole, le premier comité de crédit de la Cncas s’est réuni le 29 juin 2018. Pour les demandes de crédit sur les intrants, elles sont au nombre de 321, correspondant à 9.004 hectares pour un montant de 2,977 milliards de F Cfa. Pour les intrants, 306 dossiers correspondant à 8348 hectares pour un montant de 2,677 milliards de FCfa sont retenus. Pour les demandes de matériel agricole, elles sont au nombre de 3 pour un montant de 102,26 millions de FCfa. Un seul dossier a été retenu pour un montant de 74,2 millions de FCfa.

Pluviométrie excédentaire
Après une pause pluviométrique de 22 jours, la majorité des localités de la région de Saint-Louis vient d’enregistrer une deuxième pluie. La situation est excédentaire dans 11 postes et déficitaire dans 5 autres comparée à 2017, à la même période. Pour les cultures, les prévisions de mise en valeur révisées pour le riz pour le compte de l’hivernage 2018/2019 sont de 28.150 hectares dans la région de Saint-Louis. Les superficies façonnées sont de 3.005 hectares. Les semis/repiquage du riz ont démarré avec 469 hectares pour toute la région. Quant à la pression aviaire sur la culture de riz en fin de cycle, elle est toujours forte, surtout dans le département de Dagana.

Cependant, la lutte anti aviaire est en cours avec l’utilisation de l’hélicoptère de la Compagnie agricole de Saint-Louis et des unités de traitement de la direction de la protection des végétaux.

Mbagnick Kharachi DIAGNE

PLAIDOYER POUR LE RENFORCEMENT DES MOYENS DE LA DRDR
Hamadou Baldé a indiqué que les contraintes à la mise en œuvre des différents programmes sont relatives à la vétusté ou à l’absence de parc automobile des services départementaux du développement rural de Saint-Louis, à la vétusté des bureaux, à la pression aviaire par endroits, à l’insuffisance du matériel d’irrigation (Groupes motopompes). D’autres contraintes sont liées aux travaux d’aménagement, de drainage et de dégradation de certains périmètres.

M. Baldé a lancé un appel pour un renouvellement du parc automobile qui permettrait d’assurer un bon suivi des programmes de la région, de réhabiliter les bureaux des services départementaux du développement rural, de poursuivre les prospections qui permettent de détecter, repérer les nichoirs et autres dortoirs des oiseaux granivores, d’augmenter les capacités de stockage du paddy, de mettre davantage en place des motopompes dans le département de Podor et de faciliter l’accès aux zones de production (delta) par la réhabilitation et la création de pistes de production.

Mb. K. Diagne

L’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao), en collaboration avec l’Union africaine et la Cedeao, organise, à Dakar, une consultation régionale pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre pour l'élaboration d'un plan d'actions régional sur la pêche artisanale.

Sur initiative de l’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao) en collaboration avec l’Union africaine et la Cedeao, Dakar abrite depuis, hier, et jusqu’au 25 juillet, une consultation régionale pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre pour l'élaboration d'un plan d'actions régional sur la pêche artisanale. Cet atelier de trois jours, entre dans la mise en œuvre des directives volontaires, visant à assurer la durabilité de la pêche artisanale, dans le contexte de la sécurité alimentaire et de l'éradication de la pauvreté. Il est proposé aux pays côtiers d'Afrique de l'Ouest et du Centre, membres du Comité des pêches pour l'Atlantique Est, (Copace) de discuter et de convenir des actions nécessaires pour assurer une pêche artisanale durable. Selon la Fao, la consultation vise à faire prendre conscience du rôle important du secteur de la pêche artisanale et de la manière dont il est pris en compte dans les politiques. Chargé de la pêche et de l’aquaculture au bureau régional de la Fao, Ndiaga Guèye, a lors de la cérémonie d’ouverture, rappelé le rôle vital que joue la pêche artisanale pour la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance de millions de personnes en Afrique, particulièrement le long de la côte de l'Afrique de l'Ouest et du Centre. Il a confié que le développement de la pêche artisanale durable fait partie intégrante du cadre politique et de la stratégie de réforme de l'Union africaine pour la pêche et l'aquaculture en Afrique et du plan d'action décennal pour le développement des pêches artisanales en Afrique. Au plan sous-régional, a-t-il rappelé, la Cedeao accorde une attention particulière à la sécurité alimentaire et à la pêche dans le cadre du programme impact, sécurité, résilience, durabilité et transformation (First).

A l’échelle mondiale, poursuit-il, les directives volontaires visent à assurer la durabilité de la pêche artisanale, dans le contexte de la sécurité alimentaire et de l'éradication de la pauvreté. Elles représentent le premier instrument international spécifiquement dédié à la pêche artisanale et fournissent un cadre complet aux États et aux parties prenantes pour soutenir la visibilité, la reconnaissance et le renforcement du rôle important de la pêche artisanale et sa contribution aux efforts mondiaux et nationaux d'éradication de la faim et de la pauvreté. Cependant, il a fait remarquer que les objectifs des directives pêche artisanale ne peuvent être atteints que s'ils sont mis en œuvre.

Présidant la cérémonie, Babacar Banda Diop, conseiller technique du ministre de la Pêche et de l’économie maritime, a rappelé l’importance de la pêche artisanale, un levier important de croissance, source de devises et fournisseur de denrées alimentaires. M. Diop, a salué l’initiative de la Fao et de ses partenaires qui, à son avis, vient à son heure pour ouvrir une opportunité d’articuler les enjeux afin de libérer le potentiel de la pêche artisanale.

Aliou KANDE

Compte tenu de la bonne santé de la filière avicole sénégalaise et de ses performances, Momar Ndao, président de l’Association des consommateurs du Sénégal, souhaite une plus grande protection de cette industrie. Il visitait, hier, avec une importante délégation de l’association consumériste, les unités de production de la Sedima.

Le président de l’Association des consommateurs du Sénégal (Ascosen), Momar Ndao, a réitéré son soutien total à l’industrie avicole sénégalaise. En visite à la Sedima, un fleuron de l’industrie avicole sénégalaise, il a souhaité que les mesures de protection prises par l’Etat soient maintenues. « C’est l’occasion de demander que les mesures de protection qui ont été initiées puissent être résolument maintenues pour la protection de l’industrie avicole », a déclaré M. Ndao. Il indique que cette politique de l’Etat a permis à la filière, encore fragile, d’engranger des performances, ces dernières années, et de générer de milliers d’emplois.

Momar Ndao a rappelé que l’Ascosen mène, depuis 2006, ce combat pour la protection de la filière avicole. Aujourd’hui, il se dit satisfait de constater que ce sous-secteur se porte bien, porté, entre autres, par une plateforme comme la Sedima. «Nous avons maintenant une industrie avicole qui fait travailler des milliers de Sénégalais. De plus, une étude du ministère de l’Elevage dit qu’il y a 42% de résidus dans les viandes bovines, 14 % dans les viandes ovines et caprines et 3 % de résidus d’antibiotiques sur la volaille », a expliqué le président de l’Ascosen.

Interpellé sur l’ouverture des frontières, Momar Ndao a réaffirmé son opposition en avançant plusieurs raisons. La première, selon lui, est d’ordre sanitaire.  Selon lui, il y a des problèmes de traçabilité des produits contaminés par la grippe aviaire. Il y a aussi le fait que l’Union européenne a autorisé l’engraissement de la volaille par la protéine de porc : ce qui pose un problème d’éthique pour la population sénégalaise constituée à plus de 90 % de musulmans. «Si l’on doit protéger le consommateur, on doit le protéger face à tout cela », a déclaré Momar Ndao.

Revenant sur la Sedima, le président de l’Ascosen dit avoir vu une usine qui travaille avec « les normes internationales », notamment à travers les process qu’elle utilise et l’importance qu’elle accorde à l’environnement. « Tout cela démontre qu’on peut faire du bien localement », a soutenu M. Ndao. La Sedima considérée, aujourd’hui, comme un fleuron de l’industrie sénégalaise, a réalisé un chiffre d’affaires de 42 milliards de FCfa, en 2017. La holding est composée de cinq entités.

Maguette NDONG

Une étude commandée par Onu Femmes montre que les femmes entrepreneures ne tirent pas assez profit de l’article 33 de la loi du 28 juillet qui vise à favoriser leur émergence. Elles connaissent très mal ou pas assez les textes régissant les marchés publics.

Une grande majorité des femmes entrepreneures ignore le dispositif mis en place par l’Etat du Sénégal pour leur permettre un meilleur accès à la commande publique, constate un rapport commandé par Onu Femme et réalisé par le cabinet Kpmg. Pourtant, c’est pour assurer une autonomisation économique des femmes, stimuler leur activité entrepreneuriale en éliminant les obstacles sur le chemin de leur accès aux marchés publics que le Sénégal s’est doté de l’article 33 de la loi du 28 juillet sur la promotion et le développement des Pme. Cet article stipule que « des mesures spécifiques destinées à favoriser l’émergence de l’entrepreneuriat féminin sont initiées en accord avec la stratégie du ministère chargé de l’Entrepreneuriat féminin ». Mais dix ans après son adoption, seulement moins de 10 % des femmes entrepreneures, qui ont rempli les questionnaires en ligne, connaissent cette loi, notamment son article 33, indique le rapport intitulé « Evaluation du dispositif de discrimination positive en faveur des entreprises des femmes dans l’accès aux marchés publics au Sénégal ». « Corrélativement, les femmes interrogées ont globalement une faible maîtrise du processus et des modes de passation des marchés publics », note l’étude. Une faible proportion, c’est-à-dire moins de 5 %, dit connaître le processus et les modes de passation des marchés publics.

Kpmg a soumis des questionnaires à 85 femmes entrepreneures et 23 institutions impliquées dans la promotion de l’entrepreneuriat féminine. A l’arrivée, seules 38 cibles ont rempli les questionnaires. Les données recueillies font ressortir quelques constats. Les auteurs du rapport estiment qu’on peut réformer les procédures et possibilités de participation aux contrats publics en éliminant ou en réduisant les obstacles qui découragent les femmes entrepreneures. Cependant, pour l’efficacité de telles mesures, il faut les assortir de sanctions. La mise en application de la loi n°2008-29 souffre d’une grande faiblesse du dispositif de mise en œuvre, de certaines questions restant sans réponses. Par exemple, on se demande qui est en charge de la mise en œuvre de cette disposition ; l’Autorité de régulation des marchés publics (Armp) ou le ministère chargé de l’Entrepreneuriat féminin ? Il faut aussi préciser les critères définissant la notion d’ « entreprises appartenant aux femmes ».

L’autre constat est que les femmes connaissent mal ou très peu les règles organisant les marchés publics alors que la maîtrise des procédures de soumission, d’évaluation, d’attribution et d’exécution est importante pour prétendre à la commande publique. « L’ignorance de ces règles et de ces procédures réduit donc toute la portée de la discrimination positive voulue en faveur des femmes entrepreneures à travers l’article 33 de la loi 29-2008 », estiment les auteurs du rapport. Ainsi, à cause de cette ignorance, beaucoup de femmes ne postulent pas à des marchés publics pour lesquels elles auraient pu avoir des chances de succès. Ou bien elles soumettent des dossiers de mauvaise qualité. Aussi, méconnaître la loi peut exposer les femmes qui ont gagné un marché à des pénalités et sanctions pour non-conformité avec le cahier des charges. La rédaction des offres pose problème à 45 % des femmes, tout comme 40 % d’entre elles peinent à maîtriser les capacités techniques à exécuter un marché. Les pièces administratives à fournir sont aussi des obstacles, selon 45 % des interrogées. D’où la nécessité de faire bénéficier aux femmes entrepreneures une formation pour une bonne maîtrise des règles de passation et d’exécution des marchés publics, recommande le rapport.

Un autre frein, c’est l’écosystème financier d’appui aux Pme qui « semble incomplet ou inadapté » par rapport aux attentes des entrepreneures, poussant 95 % d’entre elles à financer leurs activités sur fonds propres. Seulement 40 % recourent à des revenus venant d’autres sources dont 6 % qui ont cherché à contracter un crédit-bail, crédit commercial ou autres. Le tiers de ces femmes n’ont « rien essayé sur ces deux dernières années », constate le rapport. Près de la moitié des femmes entrepreneures juge « inutile » de chercher des financements, estimant qu’ils sont difficiles à obtenir et à coûts élevés. Certaines craignent de ne pas pouvoir les rembourser. Alors, le rapport conseille « l’amélioration des conditions d’accès au financement (…), une question centrale pour les femmes entrepreneures.

Les femmes ignorent également le dispositif institutionnel et les programmes publics destinés à les accompagner, 1 % dit avoir une connaissance des programmes et institutions gouvernementaux qui peuvent les appuyer dans les procédures de passation et d’exécution des marchés publics. Le paradoxe, c’est qu’il existe une « pléthore » de ces programmes et structures. Ce qui pose le problème de leur vulgarisation auprès de leur cible. Autre constat : il y a un manque d’informations sur le profil et le nombre de femmes entrepreneures au Sénégal.

Or, de telles informations sont capitales pour une meilleure organisation et un suivi des efforts de l’Etat et des partenaires pour appuyer et dynamiser l’entrepreneuriat féminin au Sénégal.

Malick CISS

LA SOLUTION PAR L’INFORMATION ET DES MESURES D’ACCOMPAGNEMENT
Au vu de toutes ces limites qui handicapent les femmes entrepreneures, dans la compétition aux marchés publics, les auteurs du rapport d’Onu Femmes ont émis quelques suggestions pour inverser la tendance. Ils notent que « l’enseignement majeur à retenir de cette étude, c’est que la seule définition de quotas dans les marchés publics ne semble pas être le moyen le plus approprié et le plus efficace pour stimuler la participation et l’accès des femmes entrepreneures à la commande publique ». Ils préconisent des mesures d’accompagnement telles que la révision du cadre juridique et règlementaire (exemple : rendre obligatoire la publication par l’Armp d’un rapport national sur le genre et l’accès aux marchés publics), améliorer le dispositif institutionnel et les mesures d’accompagnement, créer des programmes spéciaux en partenariat avec les institutions financières pour des prêts bancaires à des conditions décentes. Les auteurs estiment nécessaire aussi de combler les gaps d’information, de renforcer l’intégrité et la transparence.

M. CISS

Momar Ndao ne partage pas le combat du mouvement « Auchan dégage ». Au contraire, il y voit plutôt « une dépravation d’une approche politique » qui a commencé avec Senac Sa dans sa gestion de l’autoroute à péage. Il estime qu’Auchan, avec ses 25 magasins, ne peut pas mettre en péril les 12 000 boutiques de l’agglomération dakaroise. Il souligne que l’enseigne emploie plus de 500 jeunes sénégalais et distribue les produits de 235 fournisseurs locaux. « Avant, les gens pensaient que le supermarché était réservé aux personnes riches. Quand les Sénégalais ont découvert qu’ils peuvent acheter moins cher dans un cadre plus accueillant, ils sont allés acheter à Auchan», argumente le président de l’Ascosen. Momar Ndao voit même d’un bon œil cette présence, soulignant que dans les quartiers, les gérants des boutiques faisaient la pluie et le beau temps en violant les règles édictées par l’autorité. « Le boutiquier ne respecte aucun prix conseillé par l’Etat du Sénégal à plus forte raison les produits qui ne sont pas administrés. Ils sont vendus à des prix inaccessibles aux populations. En plus, il n’y a pas de sécurité sanitaire dans la distribution ; ils éteignent leur congélateur le soir et le produit peut être détruit avant sa date de péremption », confie Momar Ndao. Toutefois, il reconnaît que l’Etat doit adopter un cadre réglementaire adapté pour gérer les grandes surfaces afin de permettre le développement harmonieux des affaires.

M. NDONG

La levée de boucliers des commerçants regroupés autour de l’Union nationale des commerçants et industriels du Sénégal (Unacois/Jappoo) contre l’implantation de la chaine  de distribution agro-alimentaire française « Auchan » au Sénégal qui, selon eux, « tue à petit feu le secteur économique sénégalais », avec la bénédiction de l’Etat, a fait réagir le directeur du commerce intérieur, Ousmane Mbaye. Il soutient que les accusations portées contre l’Etat du Sénégal qui aurait accordé des facilités à Auchan au détriment de ses concurrents sont fausses et dénuées de tout fondement.

 Les allégations et autres problématiques posées par les détracteurs de l’enseigne de distribution agroalimentaire française « Auchan » faisant état de facilités qui lui seraient accordées par l’Etat du Sénégal au détriment de ses concurrents ne sont pas vraies, a déclaré le directeur du commerce intérieur, Ousmane Mbaye. Il est formel : « Je dois tout de suite dire que ce n’est pas vrai.

L’investissement, au Sénégal, est, aujourd’hui, régi par le Code des investissements. Quand vous êtes dans les activités de négoce, vous ne bénéficiez d’aucune facilité venant dudit code », a t-il déclaré, hier, sur les ondes de la Radio télévision sénégalaise. Selon M. Mbaye, « l’autre problématique posée est relative à la concurrence déloyale de Auchan qui ferait du dumping ». Sur cette question, il soutient que la direction du commerce intérieur n’a pas encore d’éléments probants attestant qu’Auchan fait de la vente à perte ; ce qui, souligne-t-il, est prohibée. Il a précisé que le fait de pratiquer des marges faibles n’est pas en soi une pratique répréhensible.

En ce qui concerne les stades de commerce (Gros, Demi-gros et Détail), Ousmane Mbaye note qu’avant 1994, chaque acteur voulant exercer une activité était obligé de choisir parmi ces stades.

« Mais dans le souci de rendre accessibles les produits et les prix aux consommateurs, cela a été libéralisé », a –il indiqué. Faut-il revenir à cette réglementation d’avant 1994 ? Le directeur du commerce intérieur soutient que la question est ouverte. « On peut en discuter. Mais, si tel devrait être le cas, il nous faudrait aussi définir le périmètre du micro-détail », a-t-il fait savoir. L’Union nationale des commerçants et industriels du Sénégal (Unacois/Jappoo) en tournée nationale s’oppose à la présence de l’enseigne de distribution agroalimentaire française « Auchan », estimant que la survie des commerçants est menacée. L’organisation commerçante a mis en place une coalition pour s’opposer à ce qu’elle qualifie de « retour à l’esclavage par l’économie » et exige des pouvoirs publics qu’ « Auchan dégage ».

Mamadou Lamine DIEYE


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