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Affaires et Finances (2577)

Après 2015, l’Omvs a été sacrée, une deuxième fois, comme le meilleur organisme de gestion intégrée de ressources en eaux à l’échelle du monde, a annoncé, hier, Hamed Diané Séméga. « La notoriété internationale de l’Omvs s’en trouvera davantage confortée », a-t-il commenté, soulignant que la qualité de ses projets, l’originalité et l’exceptionnelle qualité de la coopération entre ses Etats membres ont été les principaux facteurs qui ont valu à l’Omvs cette distinction.

Cette distinction décernée par un Think Tank international dont les avis font autorité, le Strategic Foresight Group, consacre un modèle réussi d’intégration sous-régionale et de gestion concertée de ressources en eau partagées. L’étude scientifique qui a abouti à ce classement a comparé 84 organismes de gestion des eaux transfrontalières dans 148 pays. Les critères scientifiques pour mesurer la coopération comprennent les paramètres techniques, économiques et politiques, qui vont de l’existence d’une commission à la fréquence des concertations interministérielles, en passant par la conception et la gestion de projets techniques communs, le suivi et le contrôle commun de la ressource, ou encore la forte volonté politique et l’intégration, etc.

Les actions sociales saluées
Cheick Taliby Sylla, ministre de l’Energie et de l’Hydraulique de la République de Guinée, par ailleurs président en exercice du Conseil des ministres de l’Omvs, a félicité le Haut-Commissariat pour les actions sociales menées dans le cadre de la sécurité alimentaire et le développement local du bassin, à travers la seconde phase du Programme de gestion intégrée des ressources en eau et de développement des usages à buts multiples (Pgire 2). « En matière de santé, les opérations de distribution de millions de moustiquaires imprégnées à longue durée d’action (Milda), dans le cadre de la lutte contre le paludisme et de comprimés de traitement des maladies tropicales négligées, traduisent un engagement résolu de l’organisation pour la santé communautaire. C’est une option à renforcer pour rapprocher davantage l’Omvs des populations, pour le bien-être desquelles elle a été créée », s’est-il réjoui. Il a noté que les différentes sociétés de gestion des ouvrages du système (Sogem, Soged, Sogenav, Sogeoh) travaillent sans relâche dans l’optique de relever ces défis, dans un contexte de raréfaction des ressources financières et de compétition pour l’accès à ces ressources.

Mamadou GUEYE

Pour optimiser l’atteinte des objectifs de développement intégré du bassin du fleuve Sénégal, un toilettage des textes est indispensable, selon Hamed Diané Séméga.

L’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal veut écrire une nouvelle page plus glorieuse de son histoire. Celle-ci passe par son adaptation « à son contexte et ses évolutions, mais aussi pour faire face aux défis qui se profilent » pour optimiser l’atteinte des objectifs de développement intégré du bassin du fleuve Sénégal, a déclaré, hier, le Haut Commissaire de l’Omvs, Hamed Diané Séméga. Il s’exprimait à l’ouverture de la 70e session ordinaire du conseil des ministres de l’organisation. « L’ouverture concomitante de nombreux chantiers et la nécessité de consolider les acquis et le capital d’expérience dans le domaine des aménagements fluviaux à objectifs multiples placent encore davantage notre organisation devant un impératif de modernisation et de restructuration fonctionnelle », a-t-il estimé. Ainsi, le bassin du fleuve Sénégal pourra mieux assurer sa fonction d’instrument de développement et d’intégration. Une modernisation voulue par les chefs d’Etat, a renchéri Cheick Taliby Sylla, ministre de l’Energie et de l’Hydraulique de la République de Guinée par ailleurs président en exercice du Conseil des ministres de l’Omvs. Il note que celle-ci passe, entre autres, par le toilettage des textes qui régissent l’organisation en vue d’en assurer une meilleure gouvernance. « La gestion partagée suppose l’utilisation d’outils scientifiques et techniques, d’un cadre juridique de qualité et d’une transparence qui garantit l’équité. C’est dire l’importance d’actualiser la clé de répartition des coûts et charges. De 1984 à nos jours, nous fonctionnons avec une clé faite pour trois Etats alors que nous sommes dorénavant quatre », a-t-il observé. Cheick Taliby Sylla estime qu’il est urgent de diligenter ce dossier. « Un modèle actuel, bâti sur des bases scientifiques et conforme à la réalité, est nécessaire pour rassurer nos partenaires techniques et financiers. C’est un gage de crédibilité pour l’Omvs », a-t-il affirmé, soulignant que deux nouvelles sociétés ont été créées en 2011 (Sogenav) et 2016 (Sogeoh) après la réforme institutionnelle de 2010.

Le président en exercice du Conseil des ministres de l’Omvs a salué les efforts du Haut-commissariat pour l’actualisation de différents documents stratégiques dont l’analyse diagnostique transfrontalière, le Plan d’action stratégique, le Plan d’action pour l’amélioration des cultures irriguées et, bientôt, le Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux.

Hamed Diané Séméga a précisé que deux études conduites dans ce cadre par le Haut-commissariat sont en voie de finalisation. L’une porte sur la relecture des textes organisant son fonctionnement et l’autre est relative à la revue institutionnelle du Système Omvs à laquelle a été combinée l’étude sur le financement dudit système.

« Il est attendu de l’étude sur la relecture de doter le Haut-commissariat de nouveaux textes à même de lui permettre de pouvoir fonctionner normalement et de n’être pas dépassé par les réalités du moment. De même, la double étude sur la revue institutionnelle et le financement s’inscrit dans une logique d’harmonisation et de cohérence pour une meilleure gouvernance du Système Omvs. D’autre part, elle vise à garantir la durabilité du financement du fonctionnement du Système Omvs tout en réduisant le poids des contributions des Etats membres aux budgets de fonctionnement et d’investissement des structures du Système », a-t-il expliqué.

« En un mot, il s’agit de revoir et de repenser nos modes de gouvernance et de gestion afin de faire de l’Omvs une organisation modernisée, renforcée et mieux harmonisée », a ajouté M. Séméga. Selon lui, une telle ambition exige « davantage d’effort et de persévérance ainsi que le nécessaire changement de certaines habitudes car l’impératif de réussite nous impose un changement de mentalité afin d’être à la hauteur de cette mission si noble ».

Changement climatique : adopter le mode de gestion des eaux « le plus précautionneux »
Hamed Diané Séméga estime également que l’Omvs doit s’adapter au changement climatique. « Si nous partons du postulat que le bassin du fleuve est soumis à des modifications importantes de son environnement, nous devons, par conséquent, tenir compte de la perspective plus globale qui prend en compte le facteur du changement climatique », affirme-t-il. Le Haut Commissaire de l’Omvs soutient que la baisse substantielle du débit du fleuve impose d’adopter « le mode de gestion des eaux le plus précautionneux et le plus équilibré possible pour la satisfaction des différents besoins et usages ». « Il nous importe alors de veiller, plus que jamais, à améliorer notre gouvernance de l’eau et notre gestion des ressources en eau en tirant le meilleur profit des outils de suivi et de planification à notre disposition », dit-il, soulignant que les conditions climatiques qui connaissent, ces dernières années, une péjoration qui se ressent dans le bassin du fleuve, particulièrement en l’état actuel de sécheresse sévère consécutive à une saison pluviométrique des plus faibles », a encore dit M. Séméga.

Des résultats appréciables en 45 ans d’existence
Le 11 mars 2017, l’Organisation pour la mise en valeur du Fleuve Sénégal (Omvs) a bouclé ses 45 ans au cours desquels les chefs d’Etat successifs des quatre pays - trois au départ - ont fait montre d’une volonté politique de cheminer ensemble dans un esprit de solidarité et de consensus. Aujourd’hui, les résultats sont appréciables : de bons textes, des réalisations tangibles, une organisation réputée et respectée dans le monde. « Bien du chemin aura été parcouru depuis la date de création de notre organisation, le 11 mars 1972, à Nouakchott. Bien des acquis auront aussi été concrétisés à la faveur de l’ambition sans cesse renouvelée de ses dirigeants successifs », a dit Hamed Diané Séméga. « Sans nous reposer sur nos lauriers, nous sommes en droit de dire que l’effort de maîtrise de l’eau du bassin du fleuve Sénégal comme principale stratégie aura donné des résultats probants. En l’occurrence, la construction des barrages de Diama, de Manantali et de Félou et des autres ouvrages structurants garantissent aujourd’hui la disponibilité de l’eau et le développement des usages de l’eau pour l’agriculture irriguée, la production d’énergie hydroélectrique, l’accès à l’eau potable et à la santé, la préservation des écosystèmes et la navigation pérenne sur le fleuve », s’est-il félicité.

Il a annoncé que d’autres acquis s’ajouteront, très bientôt, aux importantes réalisations déjà enregistrées. Par exemple, pour le volet navigation, un programme phare qui donne à l’Omvs sa vocation de vecteur d’intégration, il a indiqué qu’un bateau est arrivé à Ambidédi, à 6 kilomètres du quai. « Ce test de navigabilité, conduit avec panache par la Sogenav, a rallumé l’espoir des populations riveraines de voir se concrétiser très prochainement la navigation de Saint-Louis à Ambidédi », a-t-il déclaré. Le Haut Commissaire de l’Omvs estime que l’autre défi de taille à relever concerne la réalisation du barrage de Koukoutamba. Selon lui, ce projet scellera l’ancrage de la République de Guinée dans le tissu infrastructurel de l’organisation.

« Ce projet structurant majeur sera mis sur les rails avec l’achèvement du processus de sélection du constructeur et la mobilisation du financement dans les meilleurs délais », a assuré M. Séméga. Idem pour le barrage de Gourbassi qui, souligne le Haut Commissaire, est le maillon central manquant de la chaine infrastructurelle de l’organisation. « Notre ambition est de réaliser cet ouvrage régulateur majeur au cours de ce mandat. Nul doute que la concrétisation de cet important projet et des autres chantiers de notre organisation impactera positivement les conditions de vie de nos populations et le développement de l’activité économique dans nos pays », a-t-il estimé.

Par Mamadou GUEYE

La filière banane au Sénégal vient de franchir un pas de plus vers la création d’une interprofessionnelle avec la mise sur pied, le 14 décembre dernier, à Tambacounda, du collège national des producteurs de banane. Objectif : assurer l’autosuffisance sur le marché local et rendre plus compétitif le label sénégalais de la banane.

Jeudi 14 décembre 2017. Cette date restera gravée dans la mémoire collective des producteurs de banane du Sénégal. En effet, venus des trois principales zones de production de banane au Sénégal (l’Est, le Nord et le Sud du pays), les producteurs de banane ont décidé de donner corps au projet porté par le Fonds national de développement agro-sylvo-pastoral (Fndasp) conformément aux recommandations de la loi d’orientation agro-sylvo-pastorale, à savoir mettre en place des interprofessions dans les filières agricoles du pays. Pour les producteurs de banane, un pas décisif vient d’être franchi dans cette optique grâce à une combinaison d’efforts entreprise par le Fndasp et certaines structures de l’Etat telles que l’Agence de régulation des marchés (Arm), la Direction de l’horticulture et l’appui d’organismes non gouvernementaux comme Rikolto (ex-Veco) et l’une des organisations faîtières des producteurs de banane, l’Union nationale des acteurs de la filière banane du Sénégal (Unafibs). A Tambacounda où ils se sont donné rendez-vous sous la présence des autorités administratives et les représentants de la tutelle, les producteurs de banane sont parvenus à mettre en place une faîtière dénommée Collège nationale des producteurs de banane. Un pas important vers la création de l’interprofession, selon le directeur exécutif du Fndasp, Jean Charles Faye. En gestation depuis belle lurette dans les zones de production de banane, le collège des producteurs vise, entre autres objectifs, le but de permettre à l’Etat d’avoir un seul interlocuteur dans la filière, de la restructurer et d’accompagner les producteurs à rendre plus compétitive la banane sénégalaise afin de réduire au maximum les importations et de créer, à terme, un véritable label sénégalais de la banane, a rappelé M. Faye. Satisfaire la consommation nationale et faire en sorte que notre banane puisse rivaliser la banane ivoirienne sont aussi une des ambitions de la nouvelle structure, selon le directeur de cabinet du ministère délégué à l’Accompagnement et à la Mutualisation des organisations paysannes, Tidiane Sidibé. Ce dernier, venu coprésider l’événement, a profité de l’occasion pour saluer l’engagement du Fndasp durant tout le processus de mise en œuvre du projet et réitéré la volonté de l’Etat de révolutionner l’organisation des acteurs face aux défis qui les interpellent en ce moment.

Accroître les parts de marché
Il cite, entre autres, la concurrence soutenue sur le marché mondial et l’autosuffisance en banane voulue par le Sénégal. « Ces défis sont largement à portée et à court terme. Il s’agit d’améliorer la compétitivité de la banane locale pour permettre aux acteurs de contribuer efficacement à la croissance économique », a indiqué M. Sidibé. Le Sénégal peut y parvenir, à ajouté l’adjointe au gouverneur de Tambacounda, Awa Ndiaye Diop. Porté à la tête du collège, le plus grand producteur de banane au Sénégal, Mamadou Oumar Sall, par ailleurs président de la fédération des producteurs de Tambacounda, a saisi l’occasion pour se féliciter de l’engagement de ses collègues producteurs à fédérer leurs actions et à mettre en place une véritable interprofession pour doper la filière. M. Sall estime que le collège national des producteurs de banane qui vient ainsi de voir le jour va aider à la mise place d’un système de contractualisation entre producteurs et commerçants. Revenant sur les enjeux de la filière banane au Sénégal, le directeur exécutif du Fndasp, a insisté sur le besoin de qualité et de compétitivité sur le marché ainsi que sur le combat de l’augmentation des parts de marché de la banane locale par rapport aux importations provenant essentiellement de la Côte d’Ivoire. « Le fonds, depuis sa phase opérationnelle en 2013, s’est investi dans le cadre de l’appui institutionnel à la mise en place d’interprofessions des producteurs et acteurs d’une dizaine de filières, entre autres recommandations conformément aux orientations de l’Etat du Sénégal », a déclaré Jean-Charles Faye.

Il n’a pas manqué de réitéré la volonté du ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rural et du ministère délégué chargé de la Mutualisation des organisations paysannes à accompagner les acteurs du monde rural sénégalais dans la voie de l’autonomisation et de l’autosuffisance. Pour soutenir cette dynamique, le vice-président du collège national des producteurs de banane, Youssou Camara, à invité à plus de solidarité entre producteurs et à une gestion participative et inclusive. Les acteurs de la filière n’ont pas manqué de magnifier le caractère inclusif de la démarche du Fndasp durant tout le processus de création du collège. Un acte qui, selon le président de la structure, va contribuer à assurer la pérennité. Selon directeur exécutif du fonds, c’est cette démarche qui sera adoptée pour la création du collège des commerçants. Un chantier déjà entrepris avec la collaboration de l’Agence de régulation des marchés (Arm). « Le recensement des commerçants a été déjà effectué et le processus pourrait aboutir dans les semaines à venir », a assuré Amadou A. Sy, directeur général de l’Arm, au terme de l’assemblée générale constitutive du collège des producteurs de banane.

Produire 60 000 tonnes de banane
L’autosuffisance en banane au Sénégal est à portée de main, selon les acteurs de la filière. Ils ont profité de la création de leur collège nationale pour réitérer leur engagement à réaliser cet objectif. « Avec les mesures prises par le chef de l’Etat, Macky Sall, à savoir l’aménagement de 500 hectares de terre dans le zone de Tambacounda et l’octroi d’un fonds d’appui de 2,5 milliards de FCfa, nous pouvons bien atteindre l’autosuffisance en banane d’ici à 2019 », a soutenu Mamadou Oumar Sall, président du collège national des producteurs de banane. Il s’agit de porter le niveau actuel de production estimé à environ 30 000 tonnes à 60 000 tonnes, a-t-il affirmé. M. Sall partage cette ambition avec le directeur de cabinet du ministère délégué chargé de l’Organisation des faîtières, Tidiane Sidibé, pour qui « l’ambition est de mettre sur le marché 60 000 tonnes de banane fraîches dont 25 % et 15 %, destinés respectivement au segment haut de gamme et à l’exportation ».

Seydou Prosper SADIO et Pape Demba SIDIBE

Sur initiative du Centre pour les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique de la Cedeao (Ecreee), un atelier axé sur le thème « promouvoir les investissements privés dans les systèmes solaires autonomes en Afrique de l’Ouest et au Sahel » s’est ouvert à Dakar avant-hier. Cet atelier entre dans le cadre du projet Régional d’Electrification Hors Réseau (Rogep) financé par la Banque Mondiale dont le but est d’assurer l’accès universel à l’électricité dans l’espace Cedeao d’ici 2030.

Le ministère du Pétrole et de l’Energie veut assurer l’accès universel à l’électricité en 2025 à travers un programme d’investissement. Il a, à cet effet, identifié l’électrification de 1 215 villages par mini réseaux et 464 localités avec des systèmes solaires individuels, notamment dans la partie orientale du pays, pour un montant de 33,44 milliards de FCfa dont 6,53 milliards pour les systèmes individuels, informe le Secrétaire général Pape Bitèye. Une étude menée récemment au Sénégal estime le potentiel du marché des systèmes solaires individuels à plus de 900.000 ménages dont près de 90 000 dans des zones urbaines ou semi-urbaines, ajoute-t-il. Selon le Secrétaire général du Ministère du Pétrole et des Energies, les solutions hors réseau à base d’énergie solaire font partie intégrante de la stratégie nationale d’électrification du Sénégal. A titre d’illustration, le taux d’électrification rurale en 2016 qui est de 33 % intègre 7 % de ménages électrifiés par des systèmes solaires décentralisés, souligne-t-il. Dans la mise en œuvre des projets d’électrification rurale en cours d’exécution, il est prévu l’électrification, d’ici 2018, de près de 300 localités avec technologie solaire dont 188 villages dans le cadre des projets de l’Aser et 110 villages par le Pudc. De même, l’Aner, à travers le programme « amélioration de la performance du secteur de la santé en milieu rural dans le Bassin arachidier au Sénégal » ou « programme Orio » cofinancé par le gouvernement du Sénégal et du Pays-Bas, va électrifier, avec des systèmes solaires photovoltaïques, 120 structures sanitaires, annonce-t-il. Une étude de la Banque africaine de développement indique que seuls 30 % des Africains supplémentaires auront accès à l’électricité d’ici 2040 et seront recordés aux réseaux nationaux. Autrement dit, les 70 % ne pourront accéder à l’électricité que grâce aux solutions décentralisées que sont les mini-réseaux et les solutions d’électrification individuelle ou système autonome.

Partant de ce constat, le projet Régional d’électrification hors réseau (Rogep) financé par la Banque mondiale veut soutenir les acteurs publics et privés pour l’amélioration d’un environnement favorable à l’investissement privé au plan national et régional. L’objectif est de faciliter l’accès des financements aux fournisseurs de services pour l’électrification des ménages et des entreprises commerciales. C’est également une manière de promouvoir l’investissement privé pour l’électrification des infrastructures publiques en zones rurales. Ciré Abdoul Diallo, coordonnateur d’Ecreee, a noté d’importantes inégalités d’accès à l’énergie entre les zones urbaines et rurales. Le taux d’électrification urbaine dans la région avoisine 67 % et dans d’autres pays il est de l’ordre de 15 %.

Oumar BA

Le Ministère de la Promotion des investissements tient, depuis hier, à Saly, sa 4ème édition du séminaire stratégique. Le ministre Khoudia Mbaye a salué les résultats positifs enregistrés et fixé les défis à relever pour contribuer à la réalisation des objectifs du Plan Sénégal émergent (Pse) et positionner le Sénégal comme hub attractif en Afrique de l’Ouest.

Cette rencontre d’évaluation constitue, selon le ministre, une nécessité surtout dans un contexte marqué par l’adoption de la Gestion axée sur les résultats (Gar) et en prélude à la mise en œuvre effective du budget programme dans l’administration sénégalaise. « Elle nous permet de dégager de nouvelles stratégies et de renforcer l’efficacité dans le travail », a déclaré Khoudia Mbaye. Les défis sont nombreux. Il s’agit d’abord de la poursuite de l’amélioration de l’environnement des affaires par une meilleure prise en charge des facteurs de production et de connectivité, de la dématérialisation des démarches administratives liées à l’investissement et au commerce et le renforcement de l’environnement juridique et fiscal. Des efforts sont aussi à faire dans la réalisation de projets en mode Partenariat public-privé, tout comme la réalisation d’un saut qualitatif en matière de législation du secteur numérique. Selon le ministre, c’est à ce prix que pourrait se réussir le positionnement du Sénégal comme hub attractif en Afrique de l’Ouest. Le ministre a magnifié les résultats encourageants obtenus au courant de l’année 2017 et salué la conduite et le suivi des réformes du climat des affaires dans le cadre du Programme triennal de réformes de l’environnement des affaires et de la compétitivité (Preac) qui a permis d’améliorer sensiblement le score du Sénégal dans les exercices de notation internationale comme le Doing Business de la Banque mondiale, Mo Ibrahim, le Forum économique de Davos et Transparency. « Dans le courant de l’année 2017, l’approfondissement du Preac a permis la réduction des facteurs de production, notamment la baisse de l’électricité de 10 % et le transfert de propriété (22 à 8 % de la valeur des biens), de même que le renforcement de cadre juridique de l’investissement avec la création de tribunaux de commerce », s’est réjoui la ministre. « Le département a réussi à finaliser le nouveau dispositif légal et réglementaire de zones économiques spéciales au Sénégal en janvier 2017 et le suivi de la mise en œuvre par l’Apix des grands travaux de l’État tels que le Train express régional (Ter) se fait normalement », a indiqué Khoudia Mbaye. Les avancées accomplies sur le projet de mise en place de l’Observatoire national de la compétitivité durable (Oncd) sont également à saluer, de l’avis de la ministre.

S. O. FALL

Le représentant de l’Asecna au Sénégal, Abdoulaye Diouf, reconnaît que les revendications des contrôleurs de la circulation aérienne sont légitimes mais que les autorités de l’Asecna et de l’Etat du Sénégal sont en train de tout faire pour leur apporter des solutions. « C’est un nouvel aéroport, c’est compréhensible qu’on n’ait pas toutes les commodités pour le moment. Mais, au fur et à mesure, ces commodités (restauration, logements d’astreinte, etc.) sont mises en place. Pour les logements d’astreinte, l’Etat a construit 8 immeubles de 6 appartements chacun. Trois immeubles sont déjà prêts. Il reste juste quelques finitions, le raccordement en eau et en électricité pour que les contrôleurs puissent disposer de ces logements. C’est un effort immense de la part de l’Etat du Sénégal. C’est la première fois qu’un Etat membre de l’Asecna, d’un seul coup, fait un tel investissement. Donc, il faut de la patience », a-t-il expliqué à nos confrères de Seneweb.

En ce qui concerne le système de transport, M. Diouf a déclaré que l’Asecna a mis à la disposition de ses travailleurs des véhicules qui vont les chercher chez eux en attendant qu’une solution globale soit trouvée pour le transport du personnel. Mais ces derniers ne semblent pas l’entendre de cette oreille. Il n’empêche, l’Asecna, selon son représentant au Sénégal, est à la disposition des autorités sénégalaises qui sont en discussion avec les dirigeants des contrôleurs pour trouver une solution apaisée. « Dans ce genre de situation, la seule solution possible c’est la solution d’apaisement. Le contrôle aérien est un métier difficile, contraignant; un métier à risque. On ne peut pas se permettre d’être dans une situation de conflit permanent pour des gens qui sont chargés d’assurer la sécurité des centaines de personnes à bord. Les autorités le comprennent et sont en train de discuter avec ces contrôleurs pour trouver une issue heureuse », a-t-il fait savoir.
Cette grève a eu des conséquences aussi bien économiques que sociales car, a-t-il rappelé, l’Aibd enregistre, chaque jour, au moins, une centaine de mouvements d’avions (décollages, atterrissages). Ce que l’Asecna regrette beaucoup étant donné qu’elle pourvoyeuse de service public confié par les États membres. « Quand il y a ce genre de situation, ça nous gêne beaucoup. Mais ce sont des situations qui arrivent, même ailleurs dans le monde », a souligné Abdoulaye Diouf.

Elh. I. THIAM

Au micro de la radio Bbc, le Directeur général de LAS, la société qui gère l’Aibd, a fait part de son amertume face à cette situation qui, a-t-il dit, est préjudiciable aussi bien pour le pays que pour le nouvel aéroport. « C’est extrêmement dommageable pour l’image du pays, dommageable pour un aéroport qui est tout neuf. Pour les compagnies aériennes aussi c’est très embarrassant car elles vont avoir des frais supplémentaires et verront leurs performances économiques diminuées. Pour les passagers qui vivent cette situation, cela laissera un mauvais souvenir. La société gestionnaire de l’aéroport est également victime de cette situation que nous déplorons vivement », a-t-il déclaré la mort dans l’âme.

Après près de 24 heures de grève entraînant une paralysie des activités à l’Aéroport international Blaise Diagne, les aiguilleurs du ciel de l’Agence de la sécurité de la navigation aérienne (Asecna) qui réclament de meilleures conditions de travail, ont suspendu leur grève afin de donner la possibilité à l’Etat de pouvoir prendre langue avec l’Asecna pour trouver des solutions à leurs revendications. 

Après l’intervention du Premier ministre Mahammed Boun Abdallah Dionne, les aiguilleurs ont suspendu leur grève, a annoncé Mame Alioune Sène, président des contrôleurs aériens. « La grève devait durer 24 heures renouvelables mais, sur demande du Premier ministre, on a décidé de suspendre le mot d’ordre de grève afin de donner la possibilité à l’Etat de pouvoir prendre langue avec l’Asecna dans le seul but de mettre les contrôleurs aériens dans de meilleures conditions de travail et leur permettre de continuer à assurer la sécurité de la navigation aérienne », a-t-il expliqué sur les ondes de la Radio futur média. « Aibd est une nouvelle plateforme, nous devons tous mutualiser nos efforts pour réussir à en faire un hub. Les activités ont repris. Plus de blocage. Le Premier ministre nous a dit qu’il a bien reçu notre message et il en est sensible et il a compris que nous n’étions pas dans une dynamique de sabotage. Un contrôleur aérien doit être dans un environnement propice, c’est son métier qui l’exige », a-t-il ajouté.

Dans la nuit du jeudi et toute la journée du vendredi, le trafic aérien au nouvel aéroport de Diass a été perturbé par la grève des aiguilleurs du ciel de l’Asecna qui réclament de meilleures conditions de travail. Les avions étaient cloués au sol, d’autres qui devaient atterrir ont été détournés vers d’autres pays et des passagers déboussolés. Mis en service la semaine dernière, l’Aéroport international Blaise Diagne (Aibd) a connu, dans la nuit du jeudi et toute la journée du vendredi, sa première perturbation. Ni atterrissage, ni décollage. Seuls les vols humanitaires, les vols militaires de sécurité, les vols d’évacuation sanitaire, les vols de chefs d’Etat ont été autorisés. Bref, le service minimum comme l’exige le règlement de l’Asecna. Ces travailleurs ont mis en exécution leur menace après que leur employeur n’a pas satisfait leurs doléances. En effet, dans un préavis de grève datant du 22 novembre dernier, donc près de 15 jours avant l’ouverture du nouvel aéroport, ces contrôleurs de la circulation aérienne, à travers le Syndicat des aiguilleurs du ciel du Sénégal (Sacs), avaient tiré la sonnette d’alarme. « Vu les objectifs que l’Etat du Sénégal a fixé pour faire de ce nouvel aéroport un hub performant dans la sous-région en terme de régularité et de prestations de service au profit des usagers et des compagnies aériennes, vu la volonté des contrôleurs de la circulation aérienne d’accompagner l’Etat pour l’atteinte de ses objectifs, vu les tâches et exigences auxquelles les contrôleurs de la circulation aérienne sont soumis, vu l’éloignement du nouvel aéroport, vu le mode de transport inadapté proposé par l’Asecna, vu les conditions de travail, les contrôleurs aériens en assemblée générale extraordinaire, ce 22 novembre, ont décidé de l’arrêt de la fourniture des services de la circulation aérienne le 15 décembre pour une période de 24 heures renouvelable », lit-on dans ce document adressé à la direction de l’Asecna.

Toutefois, toujours dans cette lettre, les aiguilleurs du ciel avaient laissé la porte entrouverte au dialogue et à toutes négociations visant à trouver des solutions à leurs préoccupations. Hélas ! Pourtant, le jour de l’inauguration de cette infrastructure flambant neuf, le président Macky Sall, mis au courant des velléités de grève de ces travailleurs de l’Asecna, avait exhorté le ministre des Transports aériens et la Direction de l’Asecna à discuter avec eux. Aujourd’hui, tout porte à croire que ces négociations, si tant est qu’elles ont eu lieu, n’ont pas abouti. Les contrôleurs de la circulation aérienne sont un maillon indispensable de la sécurité et de la fluidité aérienne. Comme dans le ciel, ils permettent également d’organiser la circulation des aéronefs au sol sur les aéroports. Mais leur premier rôle est de séparer les avions et autres appareils volants. Des normes d’espacement sont établies et le contrôleur doit fournir des instructions aux pilotes afin que ces normes soient respectées à chaque instant. Les exigences et la complexité de leur métier commandent à mettre les aiguilleurs du ciel dans des conditions optimales de travail.

Elhadj Ibrahima THIAM

Dakar abrite une rencontre de deux jours axée sur les Btp et les infrastructures organisée par le Cabinet Kaizene qui réunit des acteurs de ces secteurs, de la finance, des opérateurs économiques. Le but est double : nouer des partenariats et favoriser les synergies sur la mobilisation des ressources financières destinées à favoriser le développement des secteurs des transports, de l’eau, de l’assainissement, de l’énergie et des Tic sur le contient.

En mars 2014, Arnaud Dornel, spécialiste principal du secteur financier de la Banque mondiale dans une présentation portant sur le « Financement de projets d’infrastructures en Afrique », estimait les besoins annuels d’infrastructures en Afrique à 93 milliards de dollars par an, soit 15 % du Produit intérieur brut du continent. En 2016, ce montant est loin d’être atteint, selon le rapport du Consortium pour les infrastructures en Afrique. Ce document indique que le montant total du financement du développement des infrastructures déclaré en Afrique s’élève à 62,5 milliards de dollars. Le gap est encore important ; il est estimé entre 30 et 40 milliards de dollars par an. Pourtant, le déficit en infrastructures est un obstacle à l’intégration régionale et impacte la compétitivité de l’Afrique.

Prenant la mesure des enjeux, le cabinet Kaizene a décidé de jouer sa participation en organisant, à Dakar, la quatrième conférence des Btp et des infrastructures. Cette rencontre réunit des acteurs de ces secteurs, de la finance, des opérateurs économiques, etc., pour favoriser les partenariats et les synergies sur la mobilisation des ressources financières destinées à favoriser le développement des secteurs des transports, de l’eau et de l’assainissement, de l’énergie et des Tic sur le contient. Lynda Aphing-Kouassi, directrice générale du cabinet Kaizene, estime que les investissements nationaux et institutionnels couplés à des financements collaboratifs peuvent apporter les capitaux nécessaires pour financer la construction des infrastructures en Afrique. « Le secteur des Btp et des infrastructures jouera un rôle stratégique dans la satisfaction des besoins liés à la croissance et à l’urbanisation rapide des villes africaines que s’il intègre un partenariat dynamique avec toutes les parties prenantes par cette équation aux enjeux sociaux pour le bien-être des populations », dit-elle. « Si l’on parvient à avoir des infrastructures de qualité, nous pouvons espérer une croissance sur la durée et le développement du continent. C’est important pour tous de pouvoir jouer un rôle et de ne pas attendre que les institutions étatiques fassent tout le travail », insiste Lynda Aphing-Kouassi, directrice générale du cabinet Kaizene. Ouvrant les travaux, Khoudia Mbaye, le ministre sénégalais de la Promotion des investissements, des partenariats et du développement des téléservices de l’Etat, souligne que le contexte est favorable avec le développement du « volontarisme en Afrique ». « Nous notons un foisonnement de plans nationaux qui ambitionnent de placer les pays africains sur le chemin de l’émergence et du développement », a déclaré Mme Mbaye. Elle souligne que cette dynamique est couplée avec une dynamique sous-régionale et régionale, donnant l’exemple du Programme de développement des infrastructures en Afrique (Pida), conçu pour prendre le relai du Nepad en vue d’assurer le développement des infrastructures à l’échelle régionale et continentale dans les domaines de l’énergie, du transport, de l’eau et des télécommunications.

Khoudia Mbaye s’est réjouie de l’initiative et du choix de Dakar d’abriter cette conférence. Elle avait à ses côté son collègue Abdou Ndéné Sall, ministre délégué auprès du ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement, chargé du développement du réseau ferroviaire. « L’un des objectifs du développement durable est de dessiner des villes assurant l’égalité des chances pour tous, donnant l’accès aux services de base, à l’énergie, aux logements et aux transports », a-t-il dit.

Mamadou GUEYE

Le ministre de la Pêche et de l’Economie maritime a inauguré, hier, à Sandiara, l’usine Omega Pelagic spécialisée dans la congélation de poisson. Oumar Guèye a également procédé à la pose de la première pierre d’une usine de conserve de poissons et de thon et une autre destinée à la production d’huile de poisson qui vont, à terme, générer plus de 1.000 emplois.

La zone économique spéciale de Sandiara abrite une nouvelle unité industrielle de transformation et d’exploitation de produits de la pêche agréée à l’exportation. L’unité a été inaugurée hier en présence du ministre de la Pêche et de plusieurs autres personnalités. Pour Oumar Guèye, la création de la zone économique spéciale de Sandiara pour abriter un tissu industriel à haute capacité de création d’emplois procède de l’engagement du président Macky Sall à doper les territoires. L’installation d’entreprises spécialisées en agrobusiness comme la pêche et l’aquaculture, a dit Oumar Guèye, crée des opportunités d’emplois pour les populations, notamment les femmes et les jeunes qui constituent les cibles prioritaires du chef de l’Etat. « Elle reste en parfaite adéquation avec les orientations du Pse relative à la création de trois pôles industriels », a indiqué le ministre de la Pêche. Cette cérémonie s’intègre, selon lui, dans la valorisation des produits de la pêche qui contribue pour 3,2 % du Pib. Le ministre a remercié le directeur d’Omega Pelagic pour avoir investi à Sandiara. « Si nous totalisons l’ensemble de vos investissements actuels et à venir, nous ne sommes pas loin de 3,2 milliards de FCfa », a indiqué le ministre. « C’est de cette manière que nous devons contribuer à l’émergence de notre pays et l’émergence commence au niveau local. Il y aura beaucoup d’emplois. C’est cela la priorité du président Macky Sall qui a mis 30 milliards de FCfa sur le budget 2018 pour l’emploi des jeunes et des femmes. Ce fonds d’entrepreneuriat rapide va faire en sorte que les jeunes et les femmes puissent disposer de financements et monter des projets. Donc, tous ceux qui travaillent pour augmenter le nombre d’emplois dans ce pays, le président Macky Sall les remercie », a déclaré Oumar Guèye.

1.000 emplois prévus
Il a également remercié le maire Serigne Guèye Diop pour son engagement dans la réalisation des ouvrages, pour que Sandiara devienne une commune modèle. « Vous avez réalisé beaucoup de choses en très peu de temps dans votre commune. Vous avez appliqué à la lettre la vision du président Macky Sall et, aujourd’hui, Sandiara est devenu un laboratoire dans la traduction de cette vision inspirée par le chef de l’État », s’est réjoui le ministre.

Pour le maire de Sandiara, l’usine de conserve de poissons et de thon et l’usine de valorisation des déchets pour la production d’huile de poisson dont la pose de la première pierre a été effectuée par le ministre Oumar Guèye vont créer 750 nouveaux emplois pour la commune de Sandiara, soit un total de 1.000 emplois pour les jeunes et femmes de l’ensemble du département de Mbour. « Ces trois usines vont constituer un centre d’accueil pour la formation continue, la formation professionnelle du lycée technique et professionnel de Sandiara basée sur la formation duale », a indiqué le Dr Serigne Guèye Diop. « Ces trois usines viennent compléter le lot des deux usines déjà existantes qui vont permettre à terme de constituer une pléthore de cinquante usines dans la zone économique spéciale de Sandiara », a fait savoir Serigne Guèye Diop. À terme, a-t-il affirmé, Sandiara va créer 50 usines, 20.000 emplois pour un investissement de 200 milliards de FCfa. « En 2025, ces 50 usines produiront 700 milliards de chiffre d’affaires, soit 15 % de notre Pib », a assuré le maire qui a remercié le président Macky Sall pour leur avoir fait l’honneur de signer ce décret qui, a-t-il souligné, « ouvre une nouvelle page de l’histoire industrielle de la commune de Sandiara ».

S. O. FALL

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