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Affaires et Finances (1768)

L’État a pris les devants pour une bonne campagne arachidière. Selon Oumar Sané, directeur de l’agriculture, 75.000 tonnes de semences d’arachide dont 55.000 tonnes de semences certifiées et 20.000 tonnes de semences écrémées seront distribuées aux producteurs.

Pour l’hivernage 2017, l’État a prévu de distribuer 75.000 tonnes de semences d’arachide aux producteurs, a annoncé, mercredi dernier, Oumar Sané, directeur de l’agriculture. Il prenait part à la réunion du Comité national consultatif des semences et plants. Selon M. Sané, sur ces 75.000 tonnes, il y aura 55.000 tonnes de semences certifiées et 20.000 tonnes de semences écrémées. La distribution de ces semences, explique-t-il, entre dans la politique de reconstitution du capital semencier. En 2016, a rappelé le directeur de l’agriculture, presque 90.000 tonnes ont été distribuées. M. Sané estime que le Sénégal a fait des progrès en termes de semences certifiées, soulignant qu’en en 2012, on était à 6 000 tonnes de semences certifiées. «On a fait un bond important pour se retrouver à 55 000 tonnes», s’est félicité Oumar Sané. Il a précisé que le processus de distribution des semences a déjà démarré. «A la date d’aujourd’hui, nous sommes à plus de 70 % de mise en place des semences. Nous avons fait un travail de contrôle pour voir la disponibilité et l’affectation dans les différentes localités », a-t-il ajouté. Il a indiqué qu’une mission du ministère de l’Agriculture est à l’intérieur du pays pour voir la mise en place des commissions. «Les commissions sont déjà prêtes », rassure Oumar Sané.

Spécialistes des questions de semences au Programme de productivité agricole en Afrique de l’Ouest (Ppaao-Waapp), Adama Keïta a souligné l’importance de sécuriser la production de semences. C’est dans ce cadre que le Ppaao accompagne l’Institut sénégalais de recherches agricoles (Isra), en finançant la création de fermes semencières notamment à Sinthiou Malème, Bambey et à l’École nationale supérieure d’agriculture de Thiès. « Nous allons faire plus d’efforts pour satisfaire la demande sur les variétés de semences les plus demandées. L’Isra est même prête à mettre en place, chaque année, un stock de sécurité », indique le Dr Issa Faye, sélectionneur de semences au Centre national de recherches agronomiques de Bambey.

Présidant de l’Union nationale interprofessionnelle des semences, Modou Thiam, tout en soutenant qu’il y a encore quelques difficultés, reconnaît que des avancées ont été enregistrées. Toutefois, avec l’engagement de tous les acteurs, il est convaincu qu’il est possible d’arriver à la reconstitution du capital semencier dans toutes les spéculations. Pour l’arachide, il dit que l’espoir est permis avec la contribution de l’Isra qui a mis à la disposition des multiplicateurs de semences, 60 tonnes de pré-base. Ce qui, à son avis, permettra de satisfaire, d’ici à trois ans, la demande nationale en semences certifiées. Il a demandé la mise en place d’un cadre de concertation sur les semences et une démocratisation de l’accès aux semences pré-base.

Aliou KANDE

L’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Asnd), avec l’appui de la Banque mondiale (Bm), a mobilisé des experts pour l’élaboration d’une base de données appelée « cartes de pauvreté ». Les résultats de cette étude, rendus publiques, mercredi, révèlent que la pauvreté tend à augmenter du Nord au Sud, à l’exception de Dakar. Des facteurs tels que le manque d’accès au marché et la connectivité des transports semblent jouer un rôle important dans la dimension spatiale de la pauvreté.

aEn s’appuyant sur la méthode d’estimation des «petites aires », l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Asnd), avec l’appui de la Banque mondiale (Bm), a mobilisé des experts pour l’élaboration d’une base de données. Cette méthode d’élaboration appelée « cartes de pauvreté » a consisté à se servir des informations détaillées issues d’une enquête de consommation auprès des ménages en les combinant avec celles d’un recensement sur la base d’un logiciel dénommé « Poverty Map » développée par la Banque mondiale.

De ces études, il ressort que la pauvreté tend à augmenter au Sénégal du Nord au Sud à l’exception de Dakar. Des facteurs tels que le manque d’accès au marché et la connectivité des transports semblent jouer un rôle important dans la dimension spatiale de la pauvreté. En effet, il existe une disparité en termes de pauvreté à l’échelle nationale mais également au sein même des régions et des départements. Par exemple, dans la région de Tambacounda, les taux de pauvreté, dans le département, varient de 42,3% à 80%, soit un écart de près de 40 points de pourcentage, selon Babacar Ndir, directeur général adjoint de l’Ansd. A Dakar, bien que le taux de pauvreté de la région soit de 24, 9 %, la pauvreté estimée dans le département de Rufisque est plus importante avec un taux 29,2 % contre 18,8% dans le département de Dakar. La population de la région de Dakar représente le quart de celle du pays avec 13,3 % des pauvres. Selon M. Ndir, les 52 communes de Dakar affichent des différences marquées en termes de bien-être. Les cinq communes les moins pauvres sont Mermoz-Sacré Cœur, Sicap Liberté, Pikine Ouest, Dieuppeul-Derkelé et Golf Sud. Ces localités affichent des taux de pauvreté entre 7,3 et 12 %. Toutefois, la plus grande commune en termes de population, Keur Massar, regorge le plus de pauvres de la région de Dakar.

Avec un taux de pauvreté estimé à 77,5 %, Kolda est la région la plus pauvre du Sénégal. Babacar Ndir explique que la carte de pauvreté est un instrument qui permet d’évaluer les inégalités ainsi que le niveau de bien-être des populations jusque dans les localités les plus reculées. «La précision de ces cartes nous permet de cibler toutes les zones du Sénégal», affirme-t-il. Il souligne, en outre, que la pauvreté est partout présente à travers le pays.

Ces estimations sont issues de l’enquête de pauvreté effectuée en 2011. Les données sorties de ces évaluations ont été imputées au recensement général de la population réalisées en 2013. Ces calculs cumulés donnent une estimation de la pauvreté pour l’année 2015, précise le directeur général adjoint de l’Ansd.

Oumar BA

L’Aéroport international Blaise Diagne de Diass (AIBD) sera inauguré le 7 décembre prochain, a annoncé, mercredi, à Saly-Portudal, son directeur général, Abdoulaye Mbodji. Il s’exprimait au cours d’un atelier de concertation avec les élus des communes concernées par cette infrastructure.

Cet atelier de deux jours organisé à l’intention des élus des collectivités locales de la zone d’influence de l’aéroport avait pour objectif de les sensibiliser sur les enjeux environnementaux, socioéconomiques et culturels liés à la mise en place de l’aéroport. Il s’agissait de débattre sur le rôle de ces collectivités locales dans l’aménagement du territoire autour de l’aéroport, dans la gestion de l’infrastructure.

Selon Cheikh Diouf, chef du département Logistique et Transport de l’Aibd, l’infrastructure est à 98 % de réalisation. Les 2 % qui restent, a-t-il indiqué, consistent à des formations qui sont en phase finale. « Il y a 15 jours, l’entreprise a déposé sa lettre attestant avoir terminé tous les travaux et les pré-réceptions ont commencé et s’il y a des réserves qui seront constatées, l’entreprise aura 3 mois pour les lever », a-t-il noté. Aujourd’hui, a-t-il assuré, les projections les plus réalistes prévoient l’ouverture de l’aéroport en décembre 2017. Le directeur général de l’Aibd a donné une date plus précise. Selon Abdoulaye Mbodj, l’inauguration de l’infrastructure est prévue le 7 décembre 2017 et se fera avec un aéronef de la compagnie Air Sénégal qui a été créée. Le Sénégal, a fait savoir M. Mbodji, constitue un hub naturel et dans ce contexte, a-t-il souligné, le pavillon national est indispensable pour aspirer au statut de hub aérien.

Cette rencontre a permis de définir le rôle de ces collectivités locales dans l’aménagement du territoire autour de l’aéroport et dans la gestion de l’infrastructure. Mais pour Aïssatou Thioubou, Directrice environnementale et sociale de l’Aibd, « l’objectif ne sera atteint que si les populations locales y trouvent un bénéfice, que les jeunes puissent trouver un emploi, que les femmes puissent être renforcées pour exercer leur métier et qu’il y ait un développement de ces villes et villages ».

Le maire de la commune de Yenne, Gorgui Ciss, a salué l’initiative de l’Aibd qui, selon lui, va faciliter la compréhension. Il s’est félicité du démarrage prochain de l’aéroport. « La visite que nous avons effectuée, hier, nous conforte dans l’idée qu’il n’y a plus de raison de douter que l’aéroport soit fonctionnel. En ce moment, un avion peut bien décoller ou atterrir », a-t-il indiqué.
De l’avis du maire de Yenne, cet aéroport impactera positivement sur la vie des populations de la zone. « Dans la commune de Yenne, l’impact est réel, car depuis deux ans, les coopératives d’habitat de l’aéroport de Dakar sont en train de construire avec des lotissements et des terres que nous avons donnés et qui ont décidé d’habiter à Yenne pour venir travailler à l’Aibd ». Selon Gorgui Ciss, l’aéroport va booster positivement le développement économique et social des communes concernées dans la mesure où il y aura des patentes, des recettes de toutes sortes, et la responsabilité sociétale d’entreprise, qui aideront ces différentes collectivités qui ont des difficultés à mobiliser des ressources. « Ce qu’il faut maintenant, c’est de mutualiser et de sauvegarder, dans l’intercommunalité, les intérêts de toutes les communes impactées directement ou indirectement », a soutenu le maire de Yenne.

S. O. F.

L’approche participative et inclusive est privilégiée dans le processus de mise en œuvre de cet important projet. L’ensemble des acteurs a d’ailleurs été consulté et a manifesté son adhésion. C’est le cas des opérateurs du secteur des transports urbains réunis sous formes de groupements d’intérêt économique de l’Association de financement des professionnels du transport urbain (Aftu) qui redoutaient un impact économique et social négatif de la sous composante « restructuration du réseau » du projet sur leurs activités. Le Cetud a, après une série d’échanges, signé un protocole d’accord avec l’Aftu aux fins de garantir aux opérateurs du secteur de transport urbain le maintien de leurs activités malgré la restructuration du réseau envisagée par le projet. 

Le projet comporte aussi un important volet social. Le Brt aura des impacts sur les personnes, leurs biens et leurs moyens d’existence. C’est pourquoi un accent particulier est mis sur la politique de réinstallation de toutes les personnes affectées. L’on insiste sur le fait que la politique de réinstallation devra se faire de « façon sereine », c’est-à-dire selon les procédures et modalités de la Banque mondiale, en cohérence avec la législation sénégalaise en matière d’expropriation pour cause d’utilité publique et d’indemnisation des personnes affectées par un projet. D’importants documents de sauvegarde sociale et environnementale ont été élaborés par le Cetud qui répondent aux besoins de prévenir et d’atténuer tout impact négatif non intentionnel du Projet sur les populations et leur environnement.

Les études, financées par la Banque mondiale, ont démarré en début 2014. Les projets Brt devrait voir le jour en 2019. Il devra répondre, de manière satisfaisante, à la forte demande de transport dans les meilleures conditions de performance ; diminuer la congestion routière à l’aide d’un transfert modal significatif de l’automobile vers le Brt ; poursuivre la politique de développement du réseau de transport collectif ; favoriser une connexion optimale et une intermodalité avec la future ligne de Train Express Régional (Ter) reliant le centre-ville de Dakar et l’Aéroport International Blaise Diagne (Aibd).

M. GUEYE

Pour que ce projet se passe dans les meilleures conditions, les aménagements prévus n’auront pas d’incidences majeures sur les quartiers traversés. Mais, dans la mise en place d’un parc-relais sur une superficie de 1,7 hectare, un espace a été identifié à Grand Médine où un peu plus d’une soixantaine de concession seront touchées. Aussi, la réalisation de ces infrastructures modernes aura des retombées économiques pour les populations. Ce projet générera des milliers d’emplois directs dans sa phase d’exécution. L’exploitation pourrait profiter à 1.500 personnes.

M. GUEYE

Le Brt compte apporter un changement qualitatif dans le secteur du transport urbain, en offrant une qualité de service proche d’un tramway tout en assurant une vitesse commerciale satisfaisante et une fréquence de passages régulière, tout le long du parcours, tant aux heures creuses qu’aux heures de pointe. C’est donc un système de transport de masse innovant de standing international pour répondre à la demande sans cesse croissante. Pour cette phase pilote, la première en Afrique de l’Ouest, les bus circuleront sur une ligne pilote reliant le centre-ville de Dakar à Guédiawaye, soit un trajet long d’environ 19 kilomètres avec deux pôles d’échange à Guédiawaye et à Grand Médine et 34 stations. Quatorze communes seront traversées pour desservir jusqu’à plus de 300.000 voyageurs par jour. Les bus circuleront dans des corridors à grande capacité desservant des zones denses rendues attractives par un aménagement paysager. Ce sont là des solutions à court et long termes parce que répondant à des besoins pressants et se projetant dans le futur. Ces bus auront un meilleur confort et pourront contenir entre 180 et 200 passagers. Ils nécessiteront des aménagements sur la voirie déjà existante avec une voie réservée. Mais, il est prévu des reports de trafic.

M. GUEYE

Ce projet se justifie par la situation du transport à Dakar, marquée par le phénomène de congestion amplifié par l’étalement urbain et la motorisation croissante des ménages. En effet, malgré les multiples initiatives et mesures des gouvernements successifs, se déplacer dans la capitale sénégalaise reste un casse-tête…sénégalais. Cela s’explique par le fait que la région de Dakar regroupe l’essentiel des fonctions administrative, politique, économique et culturelle du pays et est caractérisée par une forte densité urbaine. Avec ses 3,43 millions d’habitants, les déplacements journaliers en transports collectifs sont estimés à 1,1 million. La société « Dakar Dem Dikk (Ddd) », société concessionnaire du transport urbain par autobus, à travers son réseau de 23 lignes de bus, en assure 10 %. La société du « Petit Train de Banlieue SA » avec des dessertes ferroviaires quotidiennes satisfait près de 1 % de la demande en transport collectif. Les opérateurs indépendants regroupés au sein de l’Association de financement des professionnels du transport urbain (Aftu), détenteurs d’une concession de 56 lignes de minibus, captent 49 % des déplacements en transport collectif. Les autres acteurs du secteur informel opérant avec les « cars rapides » et « Ndiaga Ndiaye » se taillent 40 % des parts de marché des modes collectifs de transport. Comme on le voit, en dépit de leur faible qualité de service, les transports collectifs informels, occupent une part importante des déplacements à Dakar.

Retombées économiques
En plus de respecter les normes internationales de sécurité et de commodité - voies exclusivement réservées et feux de signalisation-, le projet de Bus rapide par voie réservée est en cohérence avec les engagements du Sénégal à la COP 21 visant à contribuer à la réduction de la pollution atmosphérique. En outre, le gain de temps est important. La fréquence de passage régulière estimée est de deux à trois minutes et participera à améliorer la qualité du service dont les mouvements de rabattement seront assurés par les bus de Ddd et Aftu. Le temps prévu pour le parcours est de 45 minutes contre 90 minutes actuellement.

De plus, le Brt est une incitation à l’utilisation des transports collectifs. Des mesures restrictives seront prises en ce qui concerne le stationnement dans le centre-ville. Il permettra aux cadres moyens de minorer l’usage de leur voiture particulière. En cela, c’est une initiative futuriste qui prend en compte les réalités socioéconomiques avec des coûts alignés sur ceux appliqués par les bus de transport en commun.

Accompagnement des bailleurs de Fonds
En plus de la Banque mondiale, le projet bénéficie de l’accompagnement de la Société financière internationale (Sfi) -une filiale de la Banque mondiale-, de l’Agence française de développement (Afd), de la Banque africaine de développement (Bad), de l’Agence japonaise de coopération internationale (Jica) et de la Banque européenne d’investissement (Bei).

Mais le caractère nouveau du projet et son envergure impliquent l’exploration d’autres expertises. D’un coût estimé à plus de 200 milliards de FCfa, l’apport des partenaires stratégiques étrangers disposant d’une puissance financière et de l’expertise technique sera important dans la mise en œuvre de ce projet. L’État du Sénégal entend confier la gestion et l’exploitation du Brt, selon une Délégation de service public où la rémunération de l’opérateur sera liée aux résultats de l’exploitation du service.

L’opérateur privé aura une part d’environ 10 % d’investissement minimum. Sa participation concernera principalement l’achat du matériel roulant (autobus) et le financement des équipements d’exploitation et des systèmes. L’opérateur devra également avoir la capacité nécessaire pour identifier, évaluer et gérer les risques environnementaux et sociaux associés à son activité en conformité avec le système de gestion environnementale et sociale de la Banque mondiale et les standards de performance avant le démarrage des opérations. Il sera sélectionné à la suite d’un appel d’offres sur le modèle du Partenariat-public-privé (Ppp). Toutefois, l’État est ouvert au secteur privé national.

Mamadou GUEYE

La Banque mondiale a accordé, hier, un financement de plus de 184 milliards de FCfa au Sénégal pour la réalisation du projet de bus rapide par voie réservée ou Bus Rapid Transit entre Guédiawaye et le centre-ville. Le Brt compte apporter un changement qualitatif dans le secteur du transport urbain, en offrant une qualité de service par une fréquence de passage régulière tout le long du parcours tant aux heures creuses qu’aux heures de pointe.

Un pas décisif vient d’être franchi dans la réalisation du projet de bus rapide par voie réservée ou Bus Rapid Transit (Brt). Hier, le Conseil d’administration de la Banque mondiale a approuvé un financement de 300 millions de dollars, soit plus de 184 milliards de FCfa. Par cette approbation, l’institution financière confirme sa volonté de rester le principal bailleur de fonds de cet important projet. « Le Brt améliorera substantiellement les conditions de déplacements dans l’agglomération dakaroise qui compte actuellement 3,5 millions d’habitants et qui devrait en avoir 5 millions en 2030 », a réagi Mansour Elimane Kane, ministre de l’Infrastructure, du Transport terrestre et du Désenclavement du Sénégal. « La garantie de temps de trajets plus courts, l’amélioration du niveau de confort et de sécurité, à un coût acceptable pour les usagers, permettront d’atteindre les objectifs de performance économique et d’équité sociale visés par ce projet important du Plan Sénégal émergent », a-t-il ajouté.

Louise Cord, directrice des Opérations de la Banque mondiale au Sénégal, estime que « ce système de transport en commun et moins polluant aura un impact important pour la croissance économique du Sénégal ». Elle a souligné que les milliers d’usagers qui se rendent, chaque jour, au centre de Dakar, seront les principaux bénéficiaires de la nouvelle infrastructure.

L’amélioration de la mobilité urbaine dans la capitale sénégalaise et ses banlieues est une préoccupation permanente de l’État du Sénégal. Avec 0,3 % du territoire national, l’agglomération de Dakar concentre 23 % de la population sénégalaise et 50 % de la population urbaine du pays. Les projections font état de cinq millions d’individus en 2025, dans la capitale contre 3,43 millions d’habitants actuellement. Avec le croît démographique, il apparait, de plus en plus, urgent d’apporter des réponses adéquates et durables à la congestion de la voirie et à l’augmentation des besoins de mobilité. L’État du Sénégal, à travers le Conseil exécutif des transports urbains de Dakar (Cetud), s’y emploie. Le projet Bus rapid transit (Brt) en est une belle illustration.

Mamadou GUEYE

Dans ses efforts de modernisation des infrastructures de pêche, le gouvernement va construire 19 nouveaux complexes frigorifiques pour un coût global de 10 milliards de FCfa. C’est l’annonce faite, hier, par le ministre de la Pêche et de l’Économie maritime, Oumar Guèye, à l’occasion du séminaire de formation des acteurs de la pêche.

Le gouvernement poursuit sa politique d’équipement et de modernisation des quais de pêche. Et dans une suite logique de ce programme de modernisation des infrastructures, le ministre de la Pêche et de l’Économie maritime a annoncé la construction prochaine de 19 complexes frigorifiques dans 19 localités du Sénégal. Pour un financement de 10 milliards de FCfa, ces complexes frigorifiques seront destinés à Bargny, Cayar, Louga, Podor, Aéré Lao, Thilogne, Kanel, Bakel, Medina Gounass, Vélingara, Sédhiou, Bounkiling, Kafountine, Kaffrine, Kaolack, Foundiougne, Fatick et Mbour. « Ces infrastructures modernes permettront aux professionnels de travailler dans les meilleures conditions d’hygiène et de salubrité, d’accroître la valeur ajoutée », a expliqué, hier, à Rufisque, Oumar Guèye, à l’occasion d’un séminaire des acteurs de la pêche sur le thème : « Gestion et organisation des infrastructures de la pêche ».

A cette occasion, le ministre a rappelé les efforts de modernisation effectués par le gouvernement dans le secteur de la pêche. Il s’agit de la construction de quais de pêche à Yoff, Pointe, Sarène, Ngaparou, Potou, Bargny, Goudomp, Soumbédioune et des aires de transformations réalisées à Fass Boye, Goxu Mbathie, Penthioum Senegal, Rufisque, Kafountine, Kayar, Tann et Mbao.

Pour Oumar Guèye, toute cette démarche procède à la volonté de l’État du Sénégal à promouvoir la labellisation des pêcheries et le développement d’une marque « made in Sénégal » afin d’accroître la valeur ajoutée des produits halieutiques originaires du Sénégal. « A terme, a indiqué le ministre de la Pêche, toutes les pêcheries cogérées ou aménagées devraient faire l’objet d’une labellisation voire d’une éco-certification ». Mais cela ne peut se faire sans un respect des dispositions du code de la pêche et du développement d’une filière « structurée » avec des organisations professionnelles susceptibles de porter des projets collectifs.

Revenant sur le séminaire qui regroupe 64 acteurs des différents quais du Sénégal, le ministre estime qu’il permettra aux participants de prendre connaissance de la nécessité de comprendre les fondamentaux de l’organisation et la gestion des quais de pêche et des aires de transformation. « Cette formation permettra d’élargir votre champ de connaissances dans le domaine de l’organisation et la gestion des quais de pêche et des aires de transformations », a relevé le ministre de la Pêche.

Maguette NDONG

La liaison maritime Dakar-Gorée sera bientôt enrichie de deux nouvelles chaloupes afin de faciliter le transport aux insulaires de Gorée. C’est l’annonce faite, hier, par le ministre de la Pêche et de l’Économie maritime, Oumar Guèye, qui s’exprimait à la suite des perturbations notées sur le trafic entre l’île et le continent. « Nous avions décidé, depuis longtemps, sur instruction du président de la République, d’acquérir deux nouvelles chaloupes. C’est déjà fait depuis très longtemps, le Cosec y travaille », a dit Oumar Guèye sans pour autant préciser la mise à disposition de ces deux navires. Toutefois, compte tenu de l’indisponibilité de la chaloupe « Coumba Castel », il dit avoir pris la décision d’affecter le « Mame Coumba Lamb » à la liaison. « Lorsque j’ai été informé du flux très important qu’il y a eu sur Gorée, j’ai saisi le Premier ministre et le gouverneur de la région et j’ai eu à prendre des dispositions en remettant immédiatement le « Mame Coumba Lamb » qui est destiné à la liaison Dakar-Rufisque mais qui n’est pas opérationnel pour cela. « Mame Coumba Lamb » renforce donc la chaloupe « Beer » pour nous permettre d’évacuer ce flux », a expliqué le ministre de la Pêche. En outre, compte tenu du rush des touristes et des élèves à l’embarcadère, Oumar Guèye a promis de saisir le ministre de l’Éducation nationale pour essayer de réguler le trafic.

M. NDONG

Pour la mise en œuvre des actions prioritaires du Programme d’urgence de modernisation des axes et territoires frontaliers (Puma), 594,5 milliards de FCfa sont dégagés sur un budget global estimé à 609 milliards de FCfa, selon le coordonnateur dudit programme, Moussa Sow, qui intervenait, hier, au cours d’un atelier de partage et de rationalisation de la matrice des actions prioritaires.

14.844 actions prioritaires comprenant la réalisation des infrastructures et équipements de base à réaliser ont été listées par les régions, a révélé le coordonnateur du Puma, Moussa Sow. Il intervenait, hier, au cours d’une rencontre de partage et de rationalisation avec toutes les parties prenantes dudit programme. Il a noté que le Puma compte réaliser, entre autres infrastructures, plus de 600 kilomètres de pistes, 528 infrastructures et équipements de santé, électrifier 486 villages et aménager 20.000 hectares pour les activités agricoles. Cette Matrice des actions prioritaires du Puma sera réalisée sur un budget global estimé à 594,5 milliards de FCfa. S’agissant du budget global du Puma, il a été évalué à 609 milliards de F Cfa.

Selon lui, la mise en œuvre du Pse adossée à une forte volonté politique du chef de l’État de corriger les inégalités sociales et de répondre aux attentes légitimes des populations sont à la base de la création du Puma, destiné aux zones frontalières qui sont caractérisées par diverses difficultés dont l’inégale répartition des activités économiques, des infrastructures, le manque de services sociaux de base, la couverture téléphonique insuffisante, l’enclavement et la vulnérabilité des flux migratoires. A travers le Puma, a-t-il expliqué, « il y a une vision basée sur un développement harmonieux et équitable des territoires du pays ». Le programme, a-t-il souligné, poursuit deux objectifs : la modernisation des axes des territoires frontaliers et l’amélioration des conditions de vie des populations. Le Puma intègre trois composantes que sont le désenclavement, le développement durable et la sécurité frontalière. Il vise la modernisation des axes et territoires frontaliers à travers le désenclavement physique et numérique de ces zones, la promotion du développement durable et la sécurité frontalière. Il interviendra dans dix régions frontalières, 28 départements et 220 communes frontalières aux cinq pays voisins (Mauritanie, Mali, Gambie, République de Guinée et Guinée-Bissau) pour une population cible estimée à 4.719.000 habitants et représentant 32 % de la population totale du pays.

Le général Abou Thiam, chef d’État-major particulier du président de la République, par ailleurs président du Comité de pilotage du Puma, a souligné que le chef de l’État a compris sa politique de développement en mettant en place ce programme d’urgence qui doit aller dans le sens de la prise en compte des préoccupations des populations sénégalaises et qui « va les accompagner dans la réalisation de leurs besoins les plus élémentaires à savoir les infrastructures routières de base, les activités génératrices de revenus, le désenclavement physique, le désenclavement numérique ; en somme tout ce que le citoyen sénégalais est en droit d’attendre de l’État ». « Nous devons tout faire pour que nous atteignions nos objectifs », a-t-il lancé. Cette rencontre est « l’une des étapes de construction d’une Map optimisée, rationalisée » permettant une mutualisation de moyens et de services de l’État et les autres programmes spécialement créés pour faire face aux besoins d’urgence comme le Pudc et Promovilles, entre autres.

Mamadou SY

Le gouvernement est en train d’élaborer sa stratégie nationale sur la promotion de l’investissement privé, a annoncé, hier, Abdoulaye Ly, directeur de la promotion des investissements. Il faisait une communication sur les nouveaux instruments de soutien à l’investissement privé lors du «Point économique » de la Dpee. Ce cadre, explique-t-il, va évaluer les mesures mises en place et canaliser les efforts du gouvernement sur cette question. Rappelant les mécanismes d’appui institutionnel mis en œuvre, M. Ly évoque également la mobilisation des fonds des migrants. L’idée, note-t-il, est de créer un fonds d’investissement propre à la diaspora. Les autres mécanismes sont l’appui institutionnel au secteur privé domestique, la rationalisation des traités bilatéraux d’investissement. Abdoulaye Ly a ajouté également le Fongip, le Fonsis, la Banque nationale pour le développement économique (Bnde), la création de zones économiques spéciales (Zes) et la signature de préférence internationale qui va permettre à plus d’un milliard de personnes de consommer les produits sénégalais.

A. KANDE

En 2016, dans la mise en œuvre du Pse, l’investissement privé est estimé à 1.665 milliards de FCfa. La révélation a été faite, hier, par El Hadji Ndiogou Diouf, directeur de cabinet du ministre de la Promotion des investissements, des Partenariats et du Développement des téléservices de l’État. C’était lors du « Point économique » de la Direction de la prévision et des études économiques (Dpee) du ministère de l’Économie, des Finances et du Plan.

En 2016, le secteur privé a apporté une contribution significative au Plan Sénégal émergent avec 1.665 milliards de FCfa, a indiqué, hier, El Hadji Ndiogou Diouf, directeur de cabinet du ministre de la Promotion des investissements, des partenariats et du Développement des téléservices de l’État. «L’investissement privé, en 2016, mesuré par la formation brute de capital fixe, s’est établi à 1.665 milliards de FCfa contre 1.577, 2 milliards un an auparavant », a déclaré M. Diouf. Il intervenait lors du « Point économique » de la Direction de la prévision et des études économiques (Dpee) du ministère de l’Économie et des Finances. Ces investissements, explique-t-il, sont répartis entre investissement direct étranger et investissement domestique national respectivement à hauteur de 13 et 87 %. «Le secteur privé national a investi beaucoup plus qu’on le croit », a-t-il affirmé. Les secteurs ayant bénéficié le plus dans ces flux sont les bâtiments et travaux publics, les télécommunications, l’énergie et l’agro-industrie. El Hadji Ndiogou Diouf estime que ces résultats doivent être optimisés et consolidés par des efforts soutenus et un engagement réel de toutes les parties prenantes que sont le gouvernement, le secteur privé, les partenaires techniques et financiers et la société civile. Il a rappelé que le ministère de la Promotion des investissements s’investit à finaliser et à renforcer le cycle des réformes engagées et compte travailler sur les contreperformances identifiées et à maîtriser les contraintes structurelles.

Mamadou Sarr, directeur de cabinet du ministre délégué en charge du Budget a salué l’organisation de ce « Point économique » qui constitue, à son avis, une force de proposition et d’orientation. Il s’est félicité des résultats encourageants obtenus dans la mise en œuvre du Pse. Selon M. Sarr, la croissance économique a été consolidée au cours de ces dernières années avec des taux de 6,5 % en 2016 et 6,7 % pour 2017. Pour 2018, les projections tablent sur un taux de 6,8 %. Il a souligné que la solidité des fondamentaux économiques a été saluée par la communauté internationale ; ce qui explique le succès obtenu lors de l’Eurobond. Il est d’avis que ces bonnes performances économiques seront pérennisées avec un secteur privé dynamique. M. Sarr soutient, par ailleurs, que ce secteur a besoin d’être mieux informé afin de mieux apprécier les facteurs de risque.

Aliou KANDE

La Guinée a abrité, du 9 au 11 mai, la cinquième édition du symposium des mines qui devra lui permettre d’aborder un nouveau virage, avec comme thème ‘’ secteur minier : levier de transformation de l’économie nationale au profit de tous les acteurs’’. Etiquetée de scandale géologique, la Guinée, présentée comme l’un des pays les plus riches en ressources naturelles et les plus pauvres d’Afrique, peine à transformer son potentiel en une opportunité de développement. Le chef de l’Etat, Alpha Condé, s’est engagé à opérer des ruptures.

La Guinée, présentée comme un château d’eau de l’Afrique, avec 1200 cours d’eau, dont 14 avec un statut international, a procédé, de nouveau, au diagnostic du secteur des mines du 9 au 11 mai dans un symposium qui a réuni plus de 500 délégués experts, autorités étatiques, partenaires techniques et financiers. Ce pays qui renferme de ressources naturelles ‘’abondantes’’, ne profite pas de ses richesses.

Le symposium, organisé par le ministre des Mines et de la Géologie, a permis d’engager, de nouveau, des réflexions de fond pour tracer de bonnes perspectives à ce pays assimilé à un accident géologique. Le chef de l’Etat guinéen, Alpha Condé, a réitéré sa volonté de s’appuyer sur la diversification au lieu de miser uniquement sur le potentiel minier pour réaliser une croissance économique. Pour lui, « l’agriculture et l’agrobusiness devraient être les autres pierres angulaires du système ». Il a profité de ces assises pour exhorter les compagnies étrangères au respect du code minier et à l’application du contenu local non sans souligner qu’il a eu le courage de retirer 800 permis miniers depuis qu’il est à la tête du pays. Il a pris l’engagement d’éradiquer les mauvaises pratiques qui ont retardé le décollage économique de son pays. Pour rappel, le pays suscite un engouement réel des investisseurs qui ont réussi à se faire attribuer indûment 1529 titres miniers entre 2008 et 2011, selon le rapport Itie de 2012, des titres qui ont été placés en bourse au détriment de la population.

Revoir le modèle de développement
En effet, des scandales enregistrés en Guinée, avec un taux de corruption jugé élevé, ont poussé des experts à dessiner des perspectives lugubres à ce pays qui regorge d’un immense potentiel. Elle renferme plus de 40 milliards de tonnes de bauxite, plus de 10 milliards de tonnes de haute qualité de minerai de fer, plusieurs milliers de tonnes d’or et du diamant de qualité de joaillerie. Des richesses qui enrichissent les compagnies étrangères et contribuent à l’appauvrissement des populations locales. « Ce potentiel minier crée une attractivité forte pour les investissements directs étrangers. Il ne profite pas aux communautés locales », déplore M. Saa Pascal Tenguiano, consultant en gouvernance des ressources. Il a été interpellé à l’issue d’une session de formation, organisée par l'Institut de recherche et de promotion des alternatives de développement en Afrique (Irpad l’Irpad qui a réuni des journalistes de six (6) pays africains. Il est l’auteur d’une étude sur ‘’les forces et faiblesses des cadres institutionnels et réglementaires de la gestion des ressources minières en Afrique de l’ouest : étude de cas de la Guinée’’, coréalisée avec Macky Ba. Les deux auteurs invitent les autorités à repenser le modèle de développement.

En effet, pour le consultant Macky Ba, si la Guinée a fait un mauvais départ, c’est dû, en quelque partie, au fait que ‘’ la gestion de ces ressources minières a été fortement handicapée par la crise sociopolitique que la Guinée a connue dans les années 2000 et les problèmes de gouvernance économique qui en ont découlé’’. Une période qui, ajoutent-ils, a été caractérisée par une détermination des niveaux d’imposition et une application de la réglementation arbitraire et discrétionnaire qui ont érodé les revenus du secteur et la confiance des investisseurs dans le pays.

Des réformes anéanties par les compagnies étrangères
La dictature des multinationales aurait également empêché une relance de l’économie. En guise d’exemple, la révision du Code minier en 2011, qui vise à accroître la participation de l’Etat dans le secteur minier et à augmenter les droits de douane n’a pas été du goût des compagnies minières. « Après l'adoption du Code minier de 2011, les entreprises extractives ont exprimé des préoccupations sur les nouveaux règlements qui ont conduit le gouvernement à apporter, en 2013, divers aménagements fiscaux au bénéfice des opérateurs miniers. Malgré ces concessions, le nouveau Code minier et le développement de certains sites devraient augmenter les ressources fiscales de la Guinée de façon significative et ainsi contribuer au développement socioéconomique », fait savoir Macky Ba qui a également travaillé sur l’étude de l’arsenal juridique. Il estime que « l’analyse approfondie du cadre stratégique, politique, juridique et institutionnel du secteur minier guinéen permet de comprendre, avec aisance, les différents problèmes auxquels la Guinée fait face et ainsi proposer des solutions pour le bénéfice de tous les acteurs.’’

L’opacité entretenue par des autorités politiques
Si la Guinée n’a pas pu décoller, les raisons sont aussi à chercher dans « l’incapacité des politiques minières mises en œuvre par les différents régimes qui se sont succédé depuis l’indépendance du pays en 1958 et qui ont été jugées peu attrayantes par les grands groupes, un environnement des affaires pas propice à l’investissement », selon les experts de la gouvernance. ‘’La gestion du secteur minier est très affectée par la situation politique du pays. Les conventions qui ont été négociées, ces dernières années, ont été réalisées dans des conditions d’opacité totale souvent avec la complicité des autorités politiques. Dans certains cas, compte tenu des engagements, elles risquent d’hypothéquer, durant une période, les intérêts nationaux’’, souligne M. Saa Pascal Tenguina. Des améliorations ont, dit-il, été notées ces dernières années. Toujours est-il que pour nos différents interlocuteurs, il y a lieu de renforcer les stratégies nationales, de mettre en place des cadres de concertation entre tous les acteurs impliqués dans le développement et le renforcement de capacités des ressources humaines. L’Etat est également invité à mieux contrôler la production des exploitants miniers et à veiller à l’application de la fiscalité minière. Lors du séminaire, qui s’est tenu à Bamako, M. Tenguiano a déploré le fait qu’il n’existe, par exemple, qu’un expert du diamant au Bureau national d’expertise de diamant qui ne compte que 8 fonctionnaires. Parmi ces derniers, un seul est spécialiste d’expertise en diamant. Idem pour la brigade antifraude des matières qui ne compte qu’un élément au niveau de l’aéroport.

Les grandes lignes du Code minier
Le Code minier de la Guinée comporte un total de 221 articles et neuf (9) titres. Selon les spécialistes de la gouvernance des ressources minières, ce nouveau Code minier vise un développement socio-économique durable et devrait permettre un partage équitable des ressources. Il réaffirme le principe de la propriété de l’Etat sur les substances minérales, notamment les gîtes artificiels, les eaux souterraines et les gîtes géométriques se trouvant sur la surface du sol ou renfermés dans le sous-sol ou dans les cours d’eaux. Ces substances sur le territoire de la République de Guinée ainsi que dans la Zone économique exclusive ( Zee) ne peuvent être, sous réserve du Code minier et du Code foncier et domanial, susceptibles d’aucune forme d’appropriation privée. Le Code souligne aussi que pour l'attribution faite par l'État d'un titre minier, cela donne immédiatement droit à une participation de l'État, à hauteur de quinze pour cent (15%) au maximum, dans le capital de la société minière qui ne peut être diluée par des augmentations éventuelles de capital. Cette participation de l’Etat sera libre de toutes charges et aucune contribution financière ne peut, en contrepartie, être demandée à l'État. Cette participation sera acquise dès la signature du titre minier. L'État se réserve également le droit d'acquérir une participation supplémentaire de vingt pour cent (20%) en numéraire, selon des modalités définies avec chaque société concernée.

De notre envoyée spéciale en Guinée, Matel BOCOUM

Le pays a abrité un symposium sur les mines, quelle importance revêt cette rencontre ?
Le symposium est une grande opportunité non seulement pour l’Etat, mais aussi pour les entreprises. C’est une véritable promotion des investissements dans le secteur minier guinéen qui a connu un ralentissement pour des raisons de gouvernance ou politique. L’autre particularité qu’il faut souligner, c’est que le symposium est une rencontre multi-acteurs à dimension internationale. Il s’agira donc d’aborder plusieurs sujets dans un cadre d’information pour que, sur la base de ces informations, les acteurs concernés puissent formuler leur décision d’investissement en toute connaissance de cause.

En termes de changement, il est clair que le symposium permet de vulgariser le potentiel minier guinéen et de mieux comprendre tous les contours institutionnels et même juridiques. Cela pourra donc permettre à l’Etat guinéen de s’attendre, dans un proche avenir, à plus d’investisseurs. Seulement le symposium n’est pas le seul facteur de développement du secteur minier, mais il est une porte ouverte aux investissements.

Le symposium minier de Guinée ouvre plusieurs perspectives à la Guinée. Il vise le développement du Partenariat public-privé (Ppp), la conciliation des intérêts du public avec ceux du privé pour favoriser le développement économique du pays, la mutualisation des infrastructures pour faciliter les investissements et permettre le développement minier et aussi la promotion de l’interconnexion régionale.

Qu’est-ce -qui justifie, à votre avis, le fait que la Guinée soit considéré comme un anti-modèle en termes de gouvernance des ressources minières ?
La Guinée dispose de ressources naturelles abondantes et diversifiées qu’elle n’a pas encore transformées pour réaliser un développement humain et durable. En Guinée, on trouve plusieurs minerais dont, entre autres, la bauxite, le fer, le diamant, l’or, le granite, le nickel etc. Actuellement, l’exploitation minière représente environ 13% du Pib, 20% des recettes publiques et 80% des recettes d’exportation. En dépit de cet énorme potentiel, le niveau de développement humain de la Guinée est encore faible et en deçà de la moyenne africaine.
L’exploitation du potentiel minier pour le bénéfice de l’économie et des populations guinéennes a été longtemps freinée par d’importants défis dont des problèmes de gouvernance, le risque politique, notamment entre 2000 et 2010, le déficit en infrastructures et le manque de main-d’œuvre locale qualifiée.

Par ailleurs, les attentes des populations dans les localités minières sont loin d’être atteintes. Les communautés ne font pas toujours la différence entre les missions régaliennes de l’Etat et le rôle des entreprises. Cela pose la nécessité d’avoir un cadre prévisible et stable pour l’investissement privé dans le secteur, mais aussi l’adoption d’une politique concertée en matière de responsabilité sociale des entreprises minières qui définit leurs rôles et responsabilités envers leurs travailleurs et les communautés dans lesquelles elles opèrent.

Quelles sont les stratégies développées pour inverser la tendance?
Depuis 2011, la Guinée réinvente son modèle de développement afin que la valorisation de ses ressources naturelles serve à répondre aux aspirations de sa population. Au-delà, plusieurs stratégies peuvent être développées pour inverser la tendance. Il s’agit de l’élaboration de conventions-type par nature de minerai, comme prévu dans le Code minier, l’adoption, dans un délai raisonnable, de textes d’application du Code minier et d’autres Codes se rapportant à l’activité minière, de procéder à la création d’une structure institutionnelle chargée du pilotage de la mise en œuvre du Schéma directeur des infrastructures liées aux mines, de favoriser le Partenariat public privé (Ppp) dans la réalisation des infrastructures énergétiques, de renforcer les mécanismes de mobilisation, de transparence et de gestion efficace des revenus miniers locaux à travers des activités d’information et de formation des élus locaux, du personnel des collectivités et des citoyens sur le Code minier et ses textes d’application, les conventions minières et les rapports Itie.

Propos recueillis par Matel BOCOUM

Le Programme de productivité agricole en Afrique de l’ouest (Ppaao/Waapp) sera clôturé dans un an et demi. Mais, déjà, la Banque mondiale réfléchit sur un nouvel agenda de projets qui consolideront les acquis, selon Aifa Fatimata Ndoye Niane, agro-économiste principale à l’institution financière à l’issue de la 9ème mission conjointe d’appui à ce programme.

Dans un an et demi, le Programme de productivité agricole en Afrique de l’ouest (Ppaao/Waapp) couvrant treize pays de la sous-région sera bouclé. Mais au regard du bilan satisfaisant, la Banque mondiale qui est le bras financier, planche déjà sur un nouvel agenda de projets dont le but sera de consolider les acquis, a indiqué l’agro-économiste principale de la Banque, Aifa Fatimata Ndoye Niane, vendredi, au village de Golam, dans le Diender (à trois kilomètres de Bayakh, région de Thiès) au cours d’une visite à la ferme agricole de d’Adja Seynabou Guèye, bénéficiaire, grâce au Waapp, d’un couple de chèvres Maradi et d’un broyeur fourrager fabriqué par un artisan sénégalais. Cette étape bouclait une tournée de quatre jours de la 9ème mission conjointe d’appui de la Banque mondiale et du gouvernement du Sénégal à la mise en œuvre du Ppaao/Waapp 2.

Dans les cinq régions où elle s’est rendue, la délégation a pu constater l’état d’avancement des chantiers en cours. « Les résultats que nous avons vus sur le terrain sont satisfaisants. La Banque mondiale est satisfaite de la mise en œuvre de ce programme par le gouvernement du Sénégal. Tout succès ouvrant d’autres portes, on est en train de réfléchir sur un nouvel agenda de projets qui va consolider les acquis du Waapp et répondre à d’autres préoccupations du monde rural. Car, on a fait des avancées mais il y a encore des défis énormes qui interpellent le développement de l’agriculture au Sénégal », a-t-elle déclaré.

Durant cette tournée, la mission conjointe a visité le chantier de réhabilitation du réseau d’irrigation, la ferme semencière, les laboratoires équipés, l’unité de compostage et l’unité de triage et de conditionnement de semences du Centre national de recherche agronomique (Cnra) de Bambey, la ferme semencière de Sinthiou Malème à Tambacounda, l’unité de triage et de conditionnement de semences de Kédougou, la ferme semencière de l’Ensa et les infrastructures du futur centre régional d’excellence toujours à l’Ensa. Elle a rendu visite à l’artisan Ndiack Bâ, fabricant du premier broyeur fourrager au Sénégal sur la base du modèle importé du Niger avant de terminer par la ferme agricole de 1,3 ha d’Adja Seynabou Guèye où poussent manguiers, citronniers, etc., et se côtoient moutons, canards, pintades, poules et surtout deux couples de chèvres rousses de Maradi du Niger.

Petites de taille et réputées prolifique avec des portées de 2 à 3 chevreaux, voire 4 dans certains cas et bonne laitière qui peut donner une bonne production journalière de lait, ces chèvres au nombre de 700 ont été introduites au Sénégal en 2016 par le Ppaao/Waapp dans le volet « Transfert de technologies » où le Sénégal était en retard.

Taux de décaissement de 90 %
La ferme d’Adja Seynabou Guèye reflète, à elle seule, les grands efforts faits par Ppaao/Waapp Sénégal pour combler ce retard car, en plus des chèvres rousses de Maradi, un broyeur fourrager fabriqué à partir du modèle nigérien trône dans un coin de la ferme. « Le transfert de technologies est le résultat le plus remarquable parce que le Sénégal avait quelques difficultés en termes d’atteinte de l’indicateur lié à cette dimension. Il était important que les technologies puissent franchir les frontières. C’est donc avec beaucoup de joie qu’on a constaté les efforts faits dans ce sens. C’est cela l’esprit Ppaao/Waapp, partager les bonnes expériences pour améliorer la productivité agricole », a indiqué Mme Niane.

En écho, Niéyidouba Lamien, chargé de programmation du Waapp au Coraf/Wecard qui assure la coordination régionale du Ppaao/Waapp, estime que le Sénégal est en train de réussir la mise en œuvre du programme. Il en veut pour preuve la bonne marche du processus de passage du Centre de spécialisation en Centre régional d’excellence et les nombreux investissements dans les infrastructures et les équipements. « C’est un grand succès et une leçon à partager avec les autres pays », a-t-il affirmé.

Si le Sénégal a pu avoir ces bons résultats, c’est parce que l’équipe conduite par Mariétou Diawara, Coordonnateur de Ppaao/Waapp Sénégal, a su faire preuve de « pragmatisme et de diligence » en tenant compte des différentes recommandations qui émanaient des différentes missions de terrain. « Nous avons mis l’accent sur les technologies importées des autres pays parce que cela faisait partie des défis à relever. Et l’on s’est inscrit dans une dynamique qui permettra la durabilité des projets », a-t-elle confié.

Le financement initial du Ppaao/Waapp était de 60 millions de dollars, soit 30 milliards de FCfa. Il a ensuite bénéficié d’un financement additionnel de 20 millions de dollars (10 milliards de FCfa) et d’un étirement d’une année. A un an et demi de son terme, le programme enregistre un taux de décaissement de 90 %. Ce qui traduit sa réussite.

Elhadji Ibrahima THIAM

Pour remédier à la dépendance alimentaire, le Sénégal doit davantage mettre l’accent sur la valorisation des ressources locales. C’est dans ce sens que s’inscrit la rencontre organisée par la fédération des organisations non gouvernementales du Sénégal (Fongs). L’enjeu est la création d’un modèle reproductible de chaîne de valeurs autour de produits vivriers locaux en substitution au blé dont l’importation accroît la dépendance alimentaire et économique du Sénégal. Le projet a pour objectif de renforcer la souveraineté alimentaire au Sénégal par la réduction de la dépendance aux importations céréalières (blé) et l’augmentation de la valeur nutritive de l’alimentation en milieu rural. La zone d’intervention se limite à une partie du bassin arachidier (les régions de Thiès, Kaolack et Kaffrine) ». Pour atteindre cet objectif, le projet agit sur les segments de la productivité, la production de qualité et la transformation de farine panifiable. D’une durée de trois ans, le projet devra permettre, à terme, aux boulangers ruraux et les femmes transformatrices de développer leur activité grâce à leur formation technique en transformation de céréales locales et un équipement plus adapté. Et aux consommateurs et décideurs de favoriser la consommation de produits préparés à base de céréales locales en substitution au blé. Mais aussi, le renforcement de la filière céréalière aux différents niveaux (production, transformation primaire, commercialisation). L’atteinte de ces résultats permettra d’alimenter le mouvement paysan sénégalais via le Cncr et de construire un partenariat entre la Fongs et les institutions publiques et organismes nationaux ciblés par un plaidoyer et autres mesures nationales notamment la promotion des céréales locales et des initiatives économiques des exploitations familiales allant dans le sens d’une incorporation d’un pourcentage minimal de céréales locales dans la production de pain. Chargé de ce projet, Masse Gningue estime que l’État est interpelé afin de pousser les boulangers à incorporer des céréales locales dans la production de pain. Il considère également que l’État doit intervenir compte tenu du fait que des résultats concluants ont été obtenus.

Abdou DIOP

Leader dans tous les pays où il est présent, le groupe Sonatel a réalisé, en 2015, un chiffre d’affaires de 863 milliards de FCfa dont plus de la moitié provient de ses filiales.

Sonatel renforce sa position de leader dans les pays où elle est présente. En 2015, le groupe a réalisé un chiffre d’affaires de 863 milliards de FCfa, en hausse de 47,3 milliards de FCfa, indique un communiqué de la société. La croissance du chiffre d’affaires reste toujours soutenue à 5,8 %, en léger fléchissement expliqué par l’intensification des offres promotionnelles sur le marché (bonus de rechargement) et l’impact de nouvelles taxes, précise la même source. De plus, l’ampleur plus importante du phénomène des opérateurs Over the top (Viber, Skype, etc.) a entrainé une baisse du trafic arrivée international.

Selon le communiqué, la croissance du chiffre d’affaires est portée par le Mali (+22,7 milliards de FCfa) et la République de Guinée (+17,6 milliards de FCfa) et soutenue par le mobile et l’international. Les filiales à l’étranger contribuent à hauteur de plus de la moitié du chiffre d’affaires consolidé du groupe.

Les investissements du groupe (158 milliards de FCfa en 2015) sont en augmentation de +16% et représentent 18 % du chiffre d’affaires (+1point par rapport à l’année précédente). Le renouvellement des réseaux d’accès mobiles mobilise l’essentiel de cet investissement. Le résultat net du groupe s’élève à 221 milliards de FCfa en 2015 dont plus de 60 % réalisés à l’international.

Il est en croissance de 2,9 milliards de FCfa, soit + 1,3 % par rapport à 2014. Cette augmentation est liée notamment à l’évolution favorable des résultats opérationnels. Le groupe reste un acteur majeur de la création de richesses dans les pays où il est présent particulièrement au Sénégal. Il a contribué pour plus de 425 milliards de FCfa aux recettes budgétaires des pays dont 214 milliards de FCfa pour le Sénégal à travers les impôts, taxes, redevances, cotisations sociales, droits de douanes et dividendes.

Plus de 3.000 emplois directs
Les activités du groupe ont généré, au profit des entreprises locales, plus de 178 milliards de FCfa de chiffres d’affaires dont près de 108 milliards de FCfa pour des entreprises au Sénégal. Le groupe a contribué positivement dans tous ses pays de présence sur la balance des paiements, à travers les balances de trafic représentant des exportations nettes pour plus de 183 milliards de FCfa dont 94 milliards pour le Sénégal. Les activités du groupe ont également permis de générer plus de 3.000 emplois directs et plus de 100.000 emplois indirects grâce à une distribution commerciale étendue à la sous-traitance et aux différents partenariats dynamiques.

A ces contributions, s’ajoutent les actions menées dans le domaine de la Responsabilité sociétale d’entreprise à travers ses différentes fondations. Au Sénégal, afin d’accompagner le Programme d’amélioration de l’éducation numérique, Sonatel a signé une convention avec le ministère de l’Éducation nationale qui permettra la connectivité gratuite à l’Internet de l’ensemble des établissements publics des cycles primaire, moyen et secondaire sur la période 2014-2018 pour un coût global d’environ 10 milliards de FCfa. Sonatel entend poursuivre ses efforts d’investissement afin d’accroître la couverture dans tous les pays et accélérer la transition du réseau vers les services du futur.

Plus de 26 millions d’abonnés
Le nombre d’abonnés du groupe s’élève à 26, 6 millions, soit une légère hausse de 0,8 %. On note une bonne dynamique commerciale autour des usages de données mobile, de l’activité d’Orange money et des services à valeur ajoutée.

Le parc Internet du groupe s’élève à 4,1 millions d’abonnés, soit 16 % de la base d’abonnés mobile. Quant au parc d’abonnés actifs à Orange money, il s’élève à près de 2 millions en croissance de 54 % générant un volume de transactions de 1835 milliards de FCfa.

Aliou KANDE

Les conditions de vie des populations de Rendo et des villages environnants se sont sensiblement améliorées grâce à la mise en service d’un forage et d’un château de 200 m3. La galère liée à la corvée d’eau est un vieux souvenir. Quand elles évoquent ce passé, encore frais dans leur mémoire, elles sourient, surtout les femmes. Ces populations entrevoient l’avenir avec optimisme. L’électrification du village est presque achevée.

Les habitants de Rendo ont, ces jours, le sourire facile. L’eau coule à profusion dans cette localité. Ce village excentré situé dans le département de Podor, dans l’arrondissement de Gamadji Saré (à plus de 100 kilomètres de Ndioum) manquait de tout. Depuis l’indépendance, les populations ont peu bénéficié d’investissements publics. L’eau source de vie sonnait comme un slogan creux. La recherche du liquide vital était un calvaire quotidien. Perchés sur leurs charrettes tirées par trois voire quatre ânes, ils se rendaient à Yaré Law –distant de 15 à 16 kilomètres-. Parfois, ils y passaient la journée pour abreuver leurs troupeaux et recueillir, dans des charrettes ou des chambres à air, de l’eau pour leurs besoins domestiques. Grâce à la réalisation, par le Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc) et à la mise en service d’un forage et d’un château de 200 m3, ce dur épisode est devenu un vieux souvenir.

On comprend donc la joie contagieuse des populations. Pour se rendre à Rendo, on quitte la route nationale n°2 à partir de la commune de Aéré Lao, en empruntant une piste rurale réalisée par le Pudc sur une distance de 48 kilomètres jusqu’au village de Yaré Lao. La piste en latérite cède la place à une piste cahoteuse d’où partent des chemins de campagne qui mènent à des endroits les plus divers. Au sortir du village de Yaré Lao, on atteint une petite forêt clairsemée d’arbres à épine comme les dattiers du désert avec plusieurs pistes. Laquelle prendre ? Après une pause d’une minute, le chauffeur Bamba retrouve son chemin. Au bout de quelques minutes de trajet, des maisons apparaissent au loin. Les cases côtoient des maisons en briques de ciment aux toits couverts de tôles en zinc. Spontanément, les populations sortent et viennent à la rencontre de la délégation du Programme d’urgence de développement conduite par Cheikh Diop, directeur national. Hommes, femmes et enfants expriment leur joie et remercient le chef de l’État d’avoir initié ce programme.

Quand les ouvriers de l’entreprise qui a gagné le marché ont commencé la construction du château d’eau, le vieil homme Abou Bâ se rendait, chaque jour, sur le site pour voir l’état d’avancement de l’ouvrage. Le sourire toujours aux lèvres, il passait quelques minutes avec les ouvriers. Il ne boudait pas son plaisir. Abou Bâ évoque cet épisode avec plaisir. « Chaque jour qui passait me rapprochait de la fin de mon calvaire. Maintenant, aucun de mes enfants ne parcourra plus des kilomètres pour étancher la soif de mon bétail », confie-t-il, heureux comme un enfant. Même s’il paie plus, Abou Bâ estime que l’investissement est raisonnable. « Le point le plus proche se trouve à Yaré Lao, à environ 16 kilomètres. Durant toute mon enfance, je faisais la navette avec mon troupeau », rappelle-t-il. « Je consacrais beaucoup de temps et d’énergie à la recherche de l’eau et cela ne peut être évalué en argent. Maintenant, mes vaches boivent à satiété et mes enfants peuvent aller jouer. Ils sont vraiment chanceux », lance-t-il.

Une nouvelle ère
Avec la mise en service du forage, une nouvelle ère s’ouvre pour ce village situé à quelque 105 kilomètres de Ndioum. L’eau qui y était un luxe est désormais à portée main. A toute heure de la journée, le liquide vital est disponible. Les femmes et les enfants qui passaient le plus clair de leur temps à la recherche du liquide précieux savourent ce moment. Fatoumata Bâ, bientôt quinquagénaire, assure qu’elle vit mieux. « Je ne me lève plus tôt le matin pour chercher de l’eau alors qu’auparavant, je passais mes journée à Yaré Lao », confie-t-elle.

Le château d’eau d’une capacité de 200 m3, alimente sept villages pour une population de 2.450 habitants. Chaque jour, quelque 20.000 têtes de bétail prennent d’assaut les deux abreuvoirs aménagés par le Pudc. Les populations ont mis en place un système de gestion pour assurer la pérennité des ouvrages. Un comité de gestion composé d’un président, d’un trésorier et des fontainiers est institué. Le prix du mètre cube (mille litres) est vendu à 400 FCfa. Le bidon de vingt litres est cédé à 10 FCfa. Les éleveurs payent 200 FCfa par tête et par mois. L’argent collecté sert à l’achat du carburant ; le reste est destiné à l’entretien des ouvrages et à la rémunération du conducteur.

Soulagées de la corvée d’eau, les femmes peuvent consacrer leur temps et leurs efforts à d’autres activités économiques génératrices de revenus et à l’éducation de leurs enfants. Ainsi, petit à petit, sont posés les jalons d’une transformation sociale, base d’un développement inclusif.

…Qui sera bientôt raccordé à l’électricité
Les populations du village de Rendo sont optimistes. Le village qui dispose maintenant d’un forage et d’un château d’eau grâce au Pudc, sera raccordé, sous peu, au réseau moyenne tension. Les travaux sont presque achevés. Les poteaux sont déjà plantés. Il ne reste que le raccordement. Un énorme progrès, selon le chef de village Mamadou Sow, soulignant que les populations s’éclairent avec des bougies ou des lampes-tempêtes. La perspective de raccordement suscite beaucoup de joie pour ces populations qui bénéficient également d’un forage de 50 m3 et d’un château d’eau de 200 m3.

Mamadou GUEYE

La cérémonie de clôture de l’atelier de formation de 24 femmes en technique de transformation et de conservation du mil suivi d’une signature de protocole d’accord entre l’Institut de technologie alimentaire (Ita ) et programme Psem (Projet des services des entreprises du mil) s’est déroulée hier. Les femmes ont reçu leur attestion de formation après dix jours d’initiation en renforcement de capacités sur les bonnes pratiques d’hygiène, de stockage et de fabrication d’aliments à base du mil.

Face à des consommateurs de plus en plus exigeants quant à la qualité des produits agroalimentaires, il demeure important de revoir les techniques de transformation en valorisant notamment les produits proposés. C’est dans cette perspective que 24 femmes ont été, dix jours durant, formées dans les locaux de l’Institut de technologie alimentaire (Ita) sur des techniques de renforcement des notions d’hygiène, les techniques et bonnes pratiques de stockage mais également de transformation et de conservation du mil. A leur tour, ces femmes vont constituer une « brigade de transformatrices » prête à intervenir partout où le besoin se fera sentir. L’objectif de la session de formation a consisté à renforcer les capacités des bénéficiaires sur les bonnes pratiques d’hygiène, de stockage et de fabrication en utilisant des procédés et techniques appropriés à la transformation et à la conservation du mil. A cet égard, une collaboration entre l’Ita et le Psem est venu renforcer les objectifs que se sont fixés les initiateurs.

Selon Laurent Gomis, directeur du programme Psem «dans son plan de travail annuel, Psem a initié des activités clés pour atteindre certains indicateurs et des actions pérennes pour que les bénéficiaires puissent continuer les activités, même après la fin du projet », a-t-il dit. Parmi ces actions pérennes, l’une est la formation de 24 femmes transformatrices sélectionnées suivant des critères techniques de transformation et de conservation du mil à travers ce programme, souligne-t-il. Selon le directeur général de l’Institut de technologie alimentaire (Ita), Mamadou Amadou Seck, «ces bénéficiaires sont toutes des transformatrices issues de groupements de femmes rigoureusement sélectionnées pour être en mesure d’assurer la démultiplication de la formation ». A cet effet, dix jours durant, les techniciens de l’Ita leur ont donnés tout le nécessaire théorique et pratique pour stocker, transformer et conserver les produits alimentaires en général et ceux du mil en particulier. Il invite à la mise sur pied et à l’élaboration de projets communs en guise de perspectives pour la promotion de l’entreprise agroalimentaire. De son côté, Dieynaba Ndiaye qui a parlé au nom des récipiendaires, se réjouit « de la qualité de la formation ». Elle n’a pas manqué d’inviter ses collègues à constituer de relais auprès des femmes qui s’activent dans les différentes localités du pays.

Oumar BA

En tournée dans la région de Tambacounda, le directeur du Bureau de mise à niveau des entreprises (Bmn), Ibrahima Diouf, a noté que sont institution envisage de faire de la filière banane le secteur phare de son programme d’accompagnement des petites et moyennes entreprises (Pme) locales.

Le directeur du Bureau de mise à niveau des entreprises (Bmn), Ibrahima Diouf, a déclaré, lors d’un point de presse, que son institution envisage de faire de la filière banane le secteur phare de son programme d’accompagnement des petites et moyennes entreprises (Pme) locales. Il a également assuré qu’« aucun secteur ne sera laissé en rade afin de permettre à cette région de décoller définitivement ». Le programme de mise à niveau des entreprises de la région de Tambacounda sera « moderne », comme celui qui est déroulé dans la région de Ziguinchor qui commence à porter ses fruits, a-t-il noté.

Ibrahima Diouf a déclaré que le Bmn s’est vu confier, dans le programme « Développer l’emploi au Sénégal », le volet renforcement de la compétitivité des entreprises locales des zones de départ de migrants clandestins. L’espace couvert par ce programme concerne les régions de Kolda, Sédhiou, Ziguinchor (sud), Matam, Saint-Louis, Louga (Nord), Kédougou (Est) et Tambacounda (Sud-Est). Ce programme, a-t-il souligné, a été financé à hauteur de 26 milliards de FCfa par le Fonds fiduciaire d’urgence pour l’Afrique de l’Union européenne en vue de « lutter contre les causes profondes de la migration irrégulières et le phénomène des personnes déplacées en Afrique ».

« Le Sénégal est le premier pays d’Afrique subsaharienne à avoir bénéficié de ce fonds », a déclaré Ibrahima Diouf, notant que dans la région de Tambacounda, l’accent sera mis sur la production de la banane qui est « un secteur organisé et pourvoyeur d’emplois ». Selon lui, ce programme vise à renforcer la compétitivité des entreprises se trouvant dans les zones de départ des migrants en situation irrégulière.

Le Bureau de mise à niveau des entreprises a déjà rencontré les chefs d’entreprises locales et a réuni les premiers dossiers de la région soumis à son programme d’accompagnement. Il a affirmé que dans la région de Tambacounda, d’autres secteurs d’activité, dont l’artisanat, l’élevage, la menuiserie-bois, la mécanique, l’hôtellerie, les services, l’agroforesterie et les scieries seront également pris en charge par le Bureau de mise à niveau des entreprises. « Il faut faire de cette zone une pourvoyeuse de bétail, dont une bonne partie vient de pays voisins », a-t-il recommandé aux éleveurs locaux, ajoutant que la pisciculture fait partie des “niches” à exploiter pour faire jouer son rôle à la région de Tambacounda.

Selon lui, ce programme envisage de faciliter la création, dans les quatre prochaines années, de 20.000 à 25.000 emplois et assurer la mise à niveau de180 entreprises dans trois de ses zones d’intervention que sont le Nord, le Sud et le Sud-Est du pays. Il a d’ailleurs annoncé qu’une « caravane » de vulgarisation du slogan « Tekki fii » (gagner sa vie en restant dans son pays, Ndlr) du Programme de mise en niveau des entreprises sera organisée entre le 20 novembre 2017 et début 2018 dans les régions ciblées.

Pape Demba SIDIBE

Constructeur métallique établi à Kabendu, dans le département de Vélingara, Ndiack Bâ a amélioré et rendu plus performant le modèle broyeur fourrager que le Programme de productivité agricole en Afrique (Ppaao/Waapp) avait fait venir du Niger pour le diffuser chez les éleveurs.

Il ne faut surtout pas se fier aux apparences, Ndiack Bâ, 35 ans, est loin d’être un rustre. Derrière ses airs ingénus et candides, se cache un artisan de grand talent dont l’ingéniosité est vantée dans toute la région de Kolda, voire au-delà. Il a encore fait honneur à sa bonne réputation mercredi dernier devant la mission d’appui au Programme de productivité agricole en Afrique de l’ouest (Ppao/Waapp), constituée de fonctionnaires de la Banque mondiale, du Ppaao et du Fonds national de développement agro-sylvo-pastoral (Fndaps). Silhouette longiligne, yeux bridés sous un front dégarni, ce constructeur métallique a fabriqué le premier broyeur fourrager du Sénégal sur la base du prototype importé du Niger. Mieux que d’améliorer ce modèle, il l’a réinventé au point de susciter l’admiration de la délégation venue le trouver dans son atelier à Kabendu, dans le département de Vélingara.

« Je pense qu’il faut faire le chemin inverse, amener les Nigériens au Sénégal et leur montrer ce qu’est devenue leur machine pour qu’ils s’en inspirent. C’est fantastique », s’extasie, avec un brin d’humour, un fonctionnaire de la Banque mondiale, originaire du Niger, quand Ndiack Bâ a fini d’exposer, dans un français parfait pour un garçon qui a abandonné les bancs en classe de 4ème, les améliorations qu’il a apportées au modèle nigérien. Mohamed El Mansour Bassoum, ingénieur-agronome en service dans le Bassin de l’Anambé, a l’habitude de travailler avec Ndiack Bâ. Il ne tarit pas d’éloges à l’endroit de l’artisan. « Ndiack est l’auteur de presque toutes les machines agricoles en service dans la zone. Ce qui me frappe chez lui, c’est qu’il est capable de fabriquer tout type de machines qu’on lui présente. Il suffit de lui montrer la photo. Je pense qu’il a un don », déclare-t-il.

Les modifications apportées par Ndiack Bâ à ce broyeur qui fait aussi bien l’aliment de bétail que de la céréale concernent toute la structure externe et interne. Tout d’abord, l’épaisseur de la tôle est passée de 3 cm à 5 cm pour éviter les vibrations qui peuvent causer des cassures à la longue. Ce qui donne, du coup, une allure plus imposante au modèle de Ndiack Bâ. Ensuite, au lieu de deux trémies (dispositif de passage des matières à broyer), celui proposé par l’artisan sénégalais n’est doté que d’une seule équipée d’un mécanisme de levier. Ainsi, les deux options offertes par la machine (broyage fourrage et broyage céréale) peuvent être utilisées de manière plus efficiente. Autre innovation majeure, il a installé un moteur d’une puissance de 24 chevaux là où la machine nigérienne n’était équipée qu’un moteur de 7 chevaux, soit 220 tours par minute au lieu de 160 tours. Cela évite le bourrage du moteur et augmente la production.

Machine plus performante et multi-facettes
Profitant de l’alternateur du moteur, l’artisan a installé un système permettant d’avoir de la lumière et de charger un téléphone portable. Ndiack Bâ a ajouté une dose de commodité à son prototype. Celui-ci dispose d’une caisse à outils, d’un siège passager et est équipée de barres de tractation qui permet de le déplacer plus facilement. Mieux encore, il a fait en sorte que la machine ne dégage pas de poussière, évitant à l’utilisateur d’être importuné. « Ces modifications ont rendu mon broyeur plus performant que celui importé du Niger. Il peut broyer 450 kg de tiges par heure et 800 kg de céréales par heures », souligne cet autodidacte dont la fin de la présentation a déclenché un tonnerre d’applaudissement.

Un don naturel
Comment en est-on arrivé à ce success-story comme n’ont pas manqué de le qualifier certains ? Pour le comprendre, il faut retourner quelques semaines en arrière. En effet, dans son programme de transfert de technologies, le Ppaao avait fait venir du Niger, en décembre dernier, une dizaine de broyeurs afin de les mettre à la disposition de certains producteurs.

Dans ce cadre, des artisans avaient été choisis pour être formés à Thiès sur les techniques d’entretien et de maintenance de ces machines. Ndiack Bâ en faisait partie. L’esprit alerte et toujours en quête de perfection, ce fils de fonctionnaire à la retraite qui s’était déjà fait une bonne réputation dans la fabrication de moulins à mil, de décortiqueuses de mil, d’arachide, de machines de fabrication de pâte d’arachide, de batteuses, etc., s’est dit dans un coin de sa tête qu’il pouvait proposer mieux que le broyeur nigérien. Sûr de son talent et avec ses propres moyens, l’ingénieux artisan construit son prototype qu’il présente au ministre et aux partenaires. En attendant que ce prototype soit vulgarisé et mis à l’échelle, Ndiack Bâ vient d’en produire deux exemplaires dont l’un a été acquis par une fermière établie à Bayakh, dans la région de Thiès. Celui qui n’a commencé à taquiner la construction métallique qu’au début des années 2000 ambitionne de créer une grande industrie. Nul doute que s’il est accompagné, Ndiack Bâ qui a déjà formé et est en train de former de nombreux jeunes de sa localité, peut réaliser son rêve. Il en a le talent, la volonté et l’ingéniosité.

L’amélioration de la sécurité alimentaire en ligne de mire
Le modèle de broyeur fourrager du Niger a été introduit au Sénégal par le Ppaao/Waapp afin de promouvoir l’amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnel du cheptel grâce à la disponibilité de blocs de nutritionnels densifiés composés de fourrage grossier (paille, résidus de récolte, gousses des ligneux), sous-produits agro-industriels (sons, tourteaux, grains, farines) et minéraux (calcaire, phosphate naturel etc.,). Ce programme entre dans la politique de développement et d’intensification de la production à travers la diffusion et l’adoption de technologies améliorées.

De notre envoyé spécial dans la région de Kolda,
Elhadji Ibrahima THIAM

Après une longue traversée du désert, la Senelec est, aujourd’hui, viable et crédible avec des comptes certifiés. Entre 2014 et 2016, la société a réalisé des résultats encourageants. L’objectif du gouvernement, c’est d’arriver à un kilowatt/heure à 50 FCfa.

En 2014, la Senelec a réalisé un bénéfice de 2 milliards de FCfa, contre 12 milliards de FCfa, l’année suivante. En 2016, selon le Secrétaire général de la société, Abdoulaye Dia, elle a fait 30 milliards de FCfa. Il s’exprimait, samedi, à la clôture de l’atelier de partage et d’échanges sur la feuille de route Doing business 2018, une initiative de l’Apix. Ces 30 milliards de FCfa représentent, a-t-il précisé, la baisse de 10 à 15 % sur les factures d’électricité. L’objectif du gouvernement, a-t-il réaffirmé, c’est d’arriver à un kilowatt/heure à 50 FCfa (avec toutes les découvertes de pétrole et de gaz).

La Senelec espère, a-t-il dit, en faire plus avec le soutien de tous si « les Sénégalais veulent nous aider contre les vols de l’électricité qu’ils prennent tous le compteur woyofal et dénoncent les voleurs », a-t-il laissé entendre. « Quand on lutte contre le vol de l’électricité, l’énergie récupérée est de l’argent qu’on mettra dans les infrastructures. Il n’y a pas un pays au monde où il y a une baisse de l’électricité. Au contraire, ce sont des hausses », a soutenu Abdoulaye Dia.

Une société crédible
Commentant ces résultats, le secrétaire général de la Senelec a indiqué qu’il s’agit du bilan de l’entreprise notamment les investissements (matériel, mobilisation et d’emprunts). « Nous sommes une société industrielle. Nous sommes entre le marteau de faire des profits et l’enclume de le retourner aux consommateurs », a-t-il déclaré.

Près de 2.000 milliards de FCfa dont 250 milliards de FCfa en 2017, ont été mobilisés pour l’ensemble des projets de la Senelec, précise-t-il. Il s’agit de la construction de centrales, de réseaux de transport et de distribution, la communication, l’informatique, l’accueil, etc. « Avant, il était difficile de mobiliser un financement parce que nous n’avions pas de compte validé. Aujourd’hui, la confiance est revenue. Et nous refusons même des prêts », s’est félicité le secrétaire général de la Senelec. « Du moment où nous avons l’esprit tranquille, il fallait s’attaquer aux fondamentaux d’une société normale à savoir des bilans certifiés, des règles, des procédures et un cadre légal et réglementaire », a expliqué Abdoulaye Dia. A cela s’ajoute le projet de notation financière, dit-il. « Pour trouver des moyens, a-t-il insisté, il fallait assainir. Nous sommes une société publique, notre vocation, ce n’est pas de faire tous ces bénéfices. Notre ambition, c’est d’injecter ces bénéfices dans les infrastructures », a conclu M. Dia.

200 MW de réserve disponibles
La Senelec dispose d’une réserve de 200 MW. Selon le Secrétaire général de la Senelec, Abdoulaye Dia, celle-ci est supérieure à la consommation du Mali, deux fois celle de la Mauritanie. « Cette réserve permet, en cas de panne critique, de disposer d’électricité», a-t-il déclaré.

En 2011, il y avait 912 heures de coupure, soit 13 heures par jour sans courant. Selon lui, la bataille de la continuité de l’électricité est gagnée. « Mais il faut faire en sorte que l’électricité soit de qualité et à un prix abordable et supportable par les ménages, les industries et un facteur de transformation pour notre industrie afin que celle-ci soit compétitive pour le développement de notre pays. Il nous fallait anticiper en mettant les moyens pour gérer la demande et celle inconnue pour ne pas être surpris », a-t-il précisé.

C’est dans ce sillage que s’inscrivent les actions du Programme d’urgence pour le développement communautaire (Pudc) (volet électrification rurale) pour soutenir l’Agence sénégalaise de l’électrification rurale (Aser) et celles de la Senelec. Le taux d’électrification national est un peu au-dessus de 50 %. L’objectif en fin de 2017, c’est d’arriver à 60 % et à 100 % en 2025, a dit M. Dia, précisant que le Sénégal est le 8e pays en Afrique en termes d’accès à l’électricité.

495 agents à régularise sur 3 ans
Sur le passif de la société notamment les personnes ayant travaillé dans la boîte pendant cinq voire 10 ans, le direction générale de la Senelec, faut-il le préciser, était convenue avec les partenaires sociaux de recruter en fonction de ses besoins. 495 personnes devaient l’être sur 3 ans. En 2016, 255 agents ont été recrutés. Cette année, 180 le seront. « Mais il faut prendre des personnes qui ont le niveau. Pour cela, nous avons fait une sélection. Les personnes qui ne sont pas sélectionnées seront accompagnées », a promis le secrétaire général de la Senelec, Abdoulaye Dia.

Souleymane Diam SY

La coordonnatrice nationale de la Plateforme des femmes « And Jeego » autour du Pse, Zahra Iyane Thiam Diop, et le directeur général du Fonds de financement de la formation professionnelle et technique, Dame Diop, ont lancé, avant-hier, le programme de formation des membres de cette structure. 1.000 personnes sont concernées pour cette première phase.

La première phase du programme de formation des membres de la Plateforme des femmes «And Jeego» autour du Pse a été lancée avant-hier. La cérémonie a été présidée par Zahra Iyane Thiam Diop, coordonnatrice nationale de la plateforme et Dame Diop, directeur général du Fonds de financement de la formation professionnelle et technique (3 Fpt). Pour cette première phase, précise Mme Diop, ce sont 1.000 femmes qui sont ciblées. A terme, confie-t-elle, 4.000 femmes seront outillées sur la gestion ; la transformation des produits halieutiques, les techniques d’emballage des produits locaux transformés, la pâtisserie, la couture ; la teinture ; la transformation des céréales locales, les normes d’exportation. Selon la coordonnatrice de la Plateforme «And Jeego», le Pse dans ses stratégies de lutte contre la pauvreté, s’est accentué sur la mise en œuvre de programmes et projets à fort impact social en pariant notamment sur la création de richesse et d’emplois, l’amélioration du bien-être des populations et la qualité des ressources humaines, la protection des groupes vulnérables et la garantie de l’accès aux services sociaux de base. Dans les trois axes stratégiques identifiés du Pse, poursuit-elle, le capital humain fait partie des fondements de l’émergence. Mme Diop qui est également conseillère spéciale du président de la République, rappelle que dans les objectifs principaux de l’axe stratégique 2 (capital humain, protection sociale et développement durable), le développement accéléré des formations techniques et professionnelles, la structuration et la promotion de la formation continue occupent une bonne place. Ces objectifs, souligne Zahra Iyane Thiam Diop, cadrent parfaitement avec les besoins identifiés par la majeure partie des femmes de la plateforme « And Jeego ». Cette plateforme, indique Mme Diop, ayant pour objectif d’offrir un cadres d’échanges, de solidarité et d’accompagnement des femmes à la réalisation de leurs projets de développement, s’est engagée à renforcer les capacités de ses membres en vue d’assurer un meilleur rendement de leurs activités socioéconomiques. A l’issue de ces formations, la plateforme se fixe un certain nombre d’objectifs. Il s’agit, selon elle, de permettre aux organisations de femmes de mettre en valeur leurs diverses activités socioéconomiques, d’assurer une revalorisation des produits locaux, d’améliorer la présentation des produits finis, de favoriser les exportations. « Ces formations permettront finalement de cultiver et d’entretenir un environnement favorable à l’entrepreneuriat de qualité, l’apprentissage endogène, l’économie solidaire et l’investissement local afin d’améliorer le bien-être familial, le développement des communautés et la nation sur le plan global », a déclaré la conseillère spéciale du président de la République. Prenant la parole, Dame Diop, directeur général des 3 Fpt a rappelé que cette structure a été créée en 2014 par le président Macky Sall pour accompagner les femmes, les jeunes, les Pme. Ce fonds, a-t-il noté, entre dans le Pse pour accompagner des structures comme la plateforme « And Jeego ». Il a réitéré la disponibilité des 3 Fpt à appuyer ces femmes dans leurs activités. La plateforme « And Jeego » vise à contribuer à la réalisation du Pse par la prise en compte effective du potentiel économique et social des femmes, de leurs rôles et responsabilités actives ainsi que leurs préoccupations en tant qu’actrices et bénéficiaires du développement. Cette cérémonie a été rehaussée par la présence de Mor Ngom, ministre, conseiller personnel du chef de l’État et d’autres autorités.

Aliou KANDE

L’Apix, en partenariat avec le collectif des journalistes économiques du Sénégal (Cojes), a organisé, hier, un atelier de partage sur l’état de mise en œuvre des réformes de la feuille de route Doing business 2018. L’objectif affiché du Sénégal, c’est de figurer dans le Top 10 des meilleurs pays de l’Afrique subsaharienne dans ce classement.

Dans le rapport Doing business 2017 paru en octobre 2016, le Sénégal s’est classé à la 147e place du classement. Il passe ainsi pour la première fois sous la barre des 150 dans cette 14e édition du classement mondial Doing business. Pour le prochain classement, Doing business 2018, le Sénégal s’est fixé un objectif de gain de places, le maintien dans le cercle restreint des pays meilleurs réformateurs du monde. C’est sur la base de ces orientations qu’une feuille de route Doing business 2018 a été déclinée, adoptée en réunion interministérielle tenue en février dernier. Celle-ci est structuréeautour des mesures permettant de lever les réserves sur les réformes effectives, d’intégrer l’évolution de la méthodologie Doing business et de relever les performances du Sénégal. 

Dix indicateurs ont été, à cet effet, retenus : création d’entreprises, le permis de construction, l’accès à l’électricité, le paiement de taxes, le transfert de propriété, l’exécution de contrats, le commerce transfrontalier, la résolution de l’insolvabilité, l’accès au crédit, la protection des investisseurs et les mesures d’accompagnement. L’objectif affiché du Sénégal est de figurer dans le Top 10 des meilleurs pays de l’Afrique subsaharienne dans ce classement et se positionner ainsi comme un pays très attractif et propice aux investissements privés. C’est dans ce contexte que s’inscrit l’atelier de partage sur l’état de mise en œuvre des réformes de la feuille de route Doing business 2018, initié par l’Apix, en partenariat avec le collectif des journalistes économiques du Sénégal (Cojes).

A cette occasion, le directeur général de l’Apix, Mountaga Sy, a réaffirmé la volonté du président de la République de faire du Sénégal un pays émergent à moyen terme qui est, selon lui, conditionné « par la réalisation d’une croissance économique soutenue et durable autour de 7% permettant d’éradiquer l’extrême pauvreté et réduire les inégalités ». « Cette vision considère, a-t-il ajouté, le secteur privé comme principal moteur de la croissance économique capable de produire plus de valeur ajoutée et d’emplois pérennes ». Pour M. Sy, l’instauration d’un climat des affaires propice aux investissements privés domestiques et étrangers est un « préalable permettant aux entreprises de jouer pleinement ce rôle », tout en se félicitant « des avancées très significatives de notre pays en termes d’amélioration de son environnement des affaires » durant ces dernières années. Les bonnes performances accomplies par le Sénégal ont été aussi plébiscitées par le Rapport « Africa Attractiveness Index » publié au début de ce mois de mai 2017 par le Cabinet Ernest & Young et qui classe le Sénégal 9e économie la plus attractive pour les investisseurs en 2016, parmi 46 pays africains, souligne-t-il. « Nous évoluons dans un monde de compétition, où chaque État doit se prévaloir d’une bonne image que nous devons construire ensemble », a-t-il dit. Le défi, selon lui, est de « maintenir la dynamique d’amélioration continue de notre environnement des affaires, pilier essentiel de la réussite du Plan Sénégal émergent (Pse) », pour drainer plus d’investissements privés et générer de la valeur ajoutée et des emplois durables.

Le président du groupe de travail n°3 du Conseil présidentiel d’investissement (Cpi), Issa Sall, a indiqué que la presse constitue un moyen très important qui contribue à l’attractivité d’une économie. « L’information, dit-il, c’est le premier filon économique dans le monde », a souligné Issa Sall, tout en se réjouissant de la tenue de cet atelier avec les journalistes. Sady Ndiaye est revenu sur les orientations du Cojes qui visent à renforcer les capacités de ses membres.

Souleymane Diam SY, envoyé spécial à Mbour

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