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Affaires et Finances (3288)

La filière anacarde a apporté une plus-value de 3,5 à 4 points à la balance des exportations sénégalaises, a révélé, mardi, à Ziguinchor (Sud), le ministre du Commerce, Alioune Sarr.

"Le chiffre d’affaires pour la présente campagne de commercialisation d’anacarde est estimé à 50 milliards de FCfa, ce qui est équivalent à 3,5 à 4 points sur la balance des exportations. Entre 2012 et 2018, les exportations du Sénégal ont progressé de 21 points. Si l’on y ajoute 4% de plus, nous aurons un taux d’exportation de 25%", a-t-il dit.  Alioune Sarr a visité, mardi, après-midi, Mv Teos, un bateau porte-conteneurs d’une capacité de près de 5.000 tonnes. Ce navire est arrivé lundi au port de Ziguinchor (sud) en vue de contribuer à "relever le défi de transporter les 50.000 tonnes d’anacarde" de la zone sud vers Dakar. "L’objectif de cette mesure est de capter tout le flux financier généré par la filière anacarde. Le trafic au port de Ziguinchor s’est amplifié avec la présence de plusieurs camions. Depuis l’achat du cajou, la collecte, l’ensachage, la restauration, le transport et tous les services annexes générés par cette filière vont permettre de booster l’économie locale", a expliqué le ministre du Commerce.  Selon lui, le président de la République Macky Sall, a consenti un investissement de 22 milliards de FCfa pour faire de Ziguinchor un hub logistique sous régional.
 

"La présence de ces bateaux à grand tirant d’eau va booster l’économie de la région de Ziguinchor parce que l’exportation de beaucoup de produits se fera à partir de Ziguinchor. Le Conseil sénégalais des chargeurs (Cosec) a mobilisé tous les chargeurs, les armateurs et tous les acteurs à redynamiser l’infrastructure portuaire de Ziguinchor", a indiqué le ministre du commerce.
 Les responsables de Cosama, affréteur du navire Teos, ont assuré au ministre la venue d’un troisième navire, "Djilor", avant fin juin pour permettre au Sénégal de devenir exportateur d’anacarde.

APS

Les exportations de biens sont estimées à 384,2 milliards au premier trimestre 2018 contre 323,6 milliards au trimestre précèdent, soit une progression de 18,7% (près de 58 milliards de FCfa), selon la dernière note de conjoncture de la Dpee.

La Direction de la prévision et des études économiques (Dpee) explique cette évolution des exportations sénégalaises par une embellie notée dans les branches des produits alimentaires, de l’acide phosphorique, des produits pétroliers, du ciment ainsi que les engrais minéraux et chimiques. Concernant les produits alimentaires, la consolidation, en variation trimestrielle, des exportations est principalement attribuable aux produits arachidiers, aux légumes frais et aux produits halieutiques. S’agissant des produits pétroliers, l’accroissement des ventes à l’étranger traduit des effets prix (+6,9%) et quantité (+5,0%). En revanche, les ventes à l’étranger de titane et d’or non monétaire se sont contractées, entre le dernier trimestre 2017 et le premier trimestre 2018, en liaison avec les replis respectifs des quantités expédiées de 59,5% et 7,0%. Vers les pays de l’Uemoa, les exportations du Sénégal sont évaluées à 88,8 milliards au premier trimestre de 2018 contre 84,1 milliards au trimestre précédent, soit une hausse de  4,7 milliards (+5,7%). Elles ont représenté 23,1% de la valeur totale des exportations de marchandises au titre du premier trimestre de 2018 contre 26,0% au trimestre précédent. La part du Mali, principale destination des ventes du Sénégal dans l’Union, a diminué de 3,8 points de pourcentage pour s’établir à 55,7%. Les exportations de marchandises vers ce partenaire ont notamment porté sur le ciment et les « préparations pour soupes, potages et bouillons ». S’agissant des importations, au premier trimestre de 2018, elles sont évaluées à 942,6 milliards contre 941 milliards au trimestre précédent, soit une augmentation de 1,6 milliard (+0,2%). Cette situation est, principalement, imputable aux produits pétroliers (+6,9 milliards) et aux «véhicules, matériels de transport et pièces détachées automobiles » (+6,0 milliards).

Pour ce qui est des importations en provenance des pays de l’Uemoa, elles se sont établies à 18,1 milliards au premier trimestre de 2018 contre 17,4 milliards au trimestre précédent, soit une hausse de 0,7 milliard. Elles ont représenté 1,9% de la valeur totale des importations de biens, au même niveau qu’au quatrième trimestre de 2017.
La Côte d’Ivoire demeure le principal fournisseur du Sénégal au sein de la zone, avec une part évaluée à 77,2% au premier trimestre de 2018 contre 87,1% au trimestre précédent. En glissement annuel, les importations en provenance des pays de l’Uemoa ont diminué de 2,1 milliards (-10,5%).

Abdou DIAW

 

Le Comité de politique monétaire de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) a tenu, hier, sa deuxième réunion ordinaire pour l’année 2018. A l’issue des travaux, l’institution a engagé les Etats membres de l’Union à poursuivre les efforts de mobilisation des recettes et de rationalisation des dépenses. Le communiqué final a été lu par le directeur de la conjoncture économique et des analyses monétaires de la Bceao, Toussaint Damoh.

Le Comité de politique monétaire (Cpm) de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) a engagé, hier, les Etats membres de l’Union à poursuivre les efforts de mobilisation de recettes fiscales et de rationalisation des dépenses publiques. Dans un communiqué sanctionnant sa deuxième réunion ordinaire de l’année 2018, tenue sous la présidence du gouverneur de la Bceao, Tiémoko Meyliet Koné, par ailleurs, président statutaire, le comité a constaté une baisse du déficit budgétaire, base engagements, dons compris, prévus par les Etats pour l’ensemble de l’année 2018. Ce déficit budgétaire est attendu à 3,8% du Pib contre 4,2% en 2017, pour un objectif communautaire de 3,0% à l’horizon 2019. Le comité appelle ainsi les Etats membres de l’Union à davantage poursuivre « les efforts de mobilisation des recettes et de rationalisation des dépenses publiques ». Au regard de ces évolutions, le comité a décidé de maintenir inchangés le taux d’intérêt minimum de soumission aux opérations d’appels d’offres d’injection de liquidité à 2,50% et le taux d’intérêt du guichet de prêt marginal à 4,50%. Le coefficient de réserves obligatoires applicable aux banques de l’Union demeure fixé à 3,0%.  A l’occasion, le comité a passé en revue les principales évolutions de la conjoncture économique internationale et régionale au cours de la période récente ainsi que les facteurs de risque pouvant peser sur les perspectives d’inflation et de croissance économique de l’Union. Sur le plan international, a relevé le comité, l’activité économique est restée dynamique à l’échelle mondiale au premier trimestre 2018. Sur l’ensemble de l’année, celle-ci devrait progresser de 3,9% après une hausse de 3,8% en 2017, selon les projections du Fonds monétaire international (Fmi), publiées en avril 2018, a-t-il noté.

Hausse des cours du pétrole, de la noix de cajou, du coton, du cacao et de l’or
« Les prix internationaux des principales matières premières exportées par les pays de l’Union ont connu des évolutions contrastées durant le premier trimestre 2018. Les cours du pétrole, de la noix de cajou, du coton, du cacao et de l’or ont progressé tandis que ceux de l’huile de palme, du café et du caoutchouc se sont repliés », a fait remarquer le comité dans son communiqué. Dans l’Union, le comité souligne que l’activité économique est demeurée « vigoureuse au premier trimestre 2018 ». La progression du produit intérieur brut réel, soutenue principalement par la demande intérieure, est ressortie à 6,5%, en glissement annuel, après 6,4% le trimestre précédent.

Le comité de politique monétaire note également que la masse monétaire, dans l’Union, s’est accrue de 8,8%, en glissement annuel au premier trimestre 2018, reflétant une consolidation des actifs extérieurs nets (+66,1%) et une progression des créances intérieures (+3,8%). Le taux d’intérêt moyen trimestriel du marché monétaire est ressorti à 4,50% contre 4,10% le trimestre précédent. Toutefois, le comité relève une tendance à la décrue des taux du marché monétaire sur les deux premiers mois du deuxième trimestre 2018. Alors que le taux d’inflation, en glissement annuel, est ressorti à 0,9% au premier trimestre 2018, stable par rapport au trimestre précédent. Cette hausse du niveau général des prix est essentiellement imprimée par la composante « Alimentation », en liaison avec le renchérissement des céréales dans certains pays sahéliens, a fait savoir le comité. A l’horizon de vingt-quatre mois, le taux d’inflation, en glissement annuel, est projeté à 1,5% en phase avec l’objectif de stabilité des prix poursuivi par la Banque centrale, observe le comité.

Souleymane Diam SY

 

Depuis 2014, la Banque nationale pour le développement économique du Sénégal (Bnde) se positionne comme un instrument de financement des Petites et moyennes entreprises (Pme). C’est ce que soutient son directeur général. Dans cet entretien réalisé à Busan, en Corée du Sud, lors des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (Bad), Thierno Seydou Nourou Sy fait le bilan de son institution et soutient que la Bnde a réalisé plus de 30% de pénétration de financement en faveur des Pme.

Monsieur le directeur général, qu’est-ce qui explique votre présence ici à Busan ?
Je suis à Busan, en Corée du Sud, sur invitation de la Bad mais également parce que la Bnde a été nominée parmi les cinq banques les plus innovantes d’Afrique. Je viens donc participer aussi aux « African awards » qui se tiennent en marge des Assemblées annuelles. Aussi nous nous intéressons au thème de ces assemblées annuelles qui porte sur l’industrialisation de l’Afrique.

Parce que dans le cadre de sa stratégie de financement, notre banque a privilégié le financement de l’investissement pour la création d’industries ou le renforcement des capacités industrielles des Pme. Notre objectif est d’accompagner les Pme dans un processus de mise en valeur en intervenant sur tous les maillons de la chaîne pour toucher tous les secteurs économiques : primaire, secondaire et tertiaire. Le secteur secondaire est très important dans la mise en œuvre de ces axes stratégiques de la Bnde qui a d’ailleurs commencé à partir de 2016 à intervenir plus dans le financement dans le domaine de la transformation après une meilleure maîtrise du financement de la collecte de matières premières agricoles. Pour nous donc, le thème est important et il doit nous inspirer dans notre stratégie. Il doit nous faciliter la mise en œuvre d’une relation durable avec la Bad par un accompagnement technique mais aussi par une longue disponibilité des ressources.

Le thème de ces assemblées annuelles de la Bad porte sur l’industrialisation de l’Afrique. Comment l’appréhendez-vous ?
C’est un thème important. En Afrique, nous avons un retard important dans le développement industriel. Nous pouvons même dire que l’industrie est souvent oubliée dans nos stratégies de développement économique. Les conséquences de cet oubli, c’est d’abord l’absence dans les chaînes de valeur, le passage à la transformation de nos matières premières qui sont malheureusement exportées à l’état brut sans valeur ajoutée. Ceci, combiné à l’ouverture de nos frontières, les industries qui existaient et se battaient ont perdu leur compétitivité et leur rentabilité du fait de l’arrivée de produits extérieurs. C’est donc un thème important. Il faudra, dans la vision de développement de nos pays, que nous puissions intégrer le volet industriel et mettre en parallèle le développement du secteur agricole à celui du secteur industriel. Il faudra aussi que nous allions vers les nouvelles générations industrielles, intelligentes, combinées à un volet de formation et de mise à niveau intellectuelle.

Comment la Bad doit s’appuyer sur les banques locales pour financer l’industrialisation de l’Afrique ?
Justement, c’est l’un des objectifs de ma visite ici à Busan. Je suis venu pour échanger avec la Bad, voir la mise en œuvre concrète de sa politique dans les pays membres. Le discours de la Bad sur l’industrialisation, la transformation doit être appliqué en s’appuyant sur les banques de développement locales comme relais. La Bad a un rôle à jouer dans la diffusion de sa stratégie et dans le partenariat avec les acteurs de financements locaux qui sont dans le développement.

La Bnde est une banque dédiée au financement des Pme. Qu’avez-vous réalisé depuis 2014 ?
Ce que nous avons fait depuis 2014, c’est d’avoir un taux de pénétration des Pme qui va au-delà du taux classique bancaire. Je vous rappelle que des études faites en 2007 avaient révélé que seuls 16% des portefeuilles de banques intéressent les Pme. Il ne s’agissait d’ailleurs que des Pme structurées, celles qui l’étaient moins n’avaient pas accès au financement bancaire.

Aujourd’hui, nous avons plus de 30% de pénétration de financement en faveur des Pme. Nous avons aussi mis en place des modèles d’intervention qui permettent aux Pme de satisfaire leurs besoins de fonctionnement et d’investissement. Nous avons aussi privilégié des secteurs importants comme l’agriculture, les Btp, le numérique, l’hôtellerie, etc. Des secteurs souvent délaissés par le secteur bancaire. Nous avons pu, avec un dispositif et une approche inclusive de financement, permettre aux acteurs de cette cible clientèle se faire accompagner par notre banque aussi bien dans l’exploitation que dans l’investissement.

Notre intervention dans le financement de l’investissement a commencé par le secteur agricole qui a bénéficié plus de l’accompagnement de la Bnde dans l’industrialisation de la chaîne de valeur. Pour le cas du riz, aujourd’hui, si le Sénégal a pu réaliser un niveau de production de riz prêt à la consommation jamais obtenu, c’est parce que notre banque a financé des opérateurs économiques qui ont investi dans la transformation avec des usines modernes.

Nous avons touché également d’autres spéculations comme l’anacarde. Nous sommes en train de le faire également sur l’huile. Nous cherchons des solutions qui permettent de renforcer les capacités des entreprises qui produisent l’huile. Avec le Bureau de mise à niveau, nous avons accompagné des Pme qui, à un moment donné, avaient besoin de compétitivité, d’investissement.

Aujourd’hui, ces entreprises sont aux normes. Dans le secteur de l’hôtellerie, nous avons mis en place un système de financement pour de petits hôtels qui se trouvent partout au Sénégal pour leur permettre d’avoir des équipements adéquats, se mettre à niveau et offrir un service de qualité pouvant attirer des touristes étrangers.

Nous avons également permis à des porteurs de projets, dans des domaines précis, de se faire accompagner par notre institution financière. Ce qui est très difficile dans le secteur bancaire sénégalais car les banques ont peur de financer les start-up.

Nous avons créé un département pour financer uniquement les start-up. Nous en avons financé une centaine. L’objectif, c’est d’avoir un taux de réussite assez important, nous l’avons obtenu avec 80% des entreprises que nous avons financées. Nous avons également essayé de trouver des solutions de financement pour les femmes et les jeunes, qui sont généralement exclus par le système bancaire. Nous avons mis en place des financements pour eux afin de leur permettre d’avoir de petites activités. Depuis sa création, la Bnde a mobilisé un montant global de financement de l’ordre de 80 milliards de FCfa. Nous avons, aujourd’hui, un total bilan de 140 milliards avec une augmentation de plus de 80% entre 2016 et 2017. (fenêtre)

Nous sommes aussi intervenus en 2017 dans le financement du Pse. Nous avons commencé à recevoir le soutien de l’Etat dans l’allocation de ressources longues pour mieux accompagner les Pme. Aujourd’hui, notre banque se positionne comme celle des Pme. L’accès au financement de notre institution financière est reconnu par tous les acteurs. Ce qu’il faut retenir, c’est que notre activité est orientée dans le financement d’une cible risquée, combinée par l’obligation de respecter la réglementation bancaire en gestion des risques. Pour réussir à combiner ses deux préoccupations antinomiques, nous avons misé sur l’innovation dans l’accompagnement des Pme. C’est cette démarche innovante qui nous a valu d’être nominé aux African awards.

Votre institution financière a mobilisé 80 milliards de FCfa de financement. Quel est le secteur qui a le plus absorbé ces fonds ?
Le secteur qui a le plus bénéficié de nos financements, ce sont les Bâtiments et travaux publics (Btp), le secteur agricole, la distribution, la santé, l’hôtellerie. Nous n’avons pas une dominance forte par secteur. Mais les deux secteurs les plus accompagnés sont l’agriculture et les Btp.

En 2016, vous avez financé les transporteurs pour le renouvellement du parc des gros porteurs ? Y aura-t-il une seconde phase ?
Effectivement, nous avons financé le secteur du transport des gros porteurs, qui, il faut le reconnaître, est assez éloigné du secteur bancaire. Nous avons osé pénétrer ce secteur pour l’accompagner dans son développement. C’est dans ce cadre que nous avons, en 2014, accompagné la coopérative nationale des transporteurs routiers avec 73 camions neufs gros porteurs. Ce mécanisme de financement, basé sur la sécurité, sur le bien financé, l’engagement des promoteurs internes de la coopérative, nous a permis d’avoir un taux de remboursement de 80 à 90%.

C’est pourquoi, nous avons décidé de renouveler cette ligne de financement en octroyant une seconde phase avec le même montant et le même nombre de camions que nous nous allons démarrer dès le mois de juin. Le besoin en transport de marchandises est encore énorme, ce secteur d’activités, est vierge et mérite une plus grande attention de la part des banques. Notre banque ne pouvant pas tout financer.

Comment se porte aujourd’hui votre banque ?
L’année 2017 a été une année de vérité pour la Bnde. Nous avons eu quatre années où nous nous cherchions sur la stratégie en même temps nous étions en train de construire notre portefeuille. Durant ces quatre années, nous avons pu équilibrer notre bilan. La première année, nous avons gagné une soixantaine de millions de FCfa, le même montant la deuxième année, environ 300 millions la troisième année et, en 2017, nous avons obtenu 1,594 milliard de FCfa. Ce qui montre que la stratégie que nous avons adoptée a été prudente, mais aussi sûre.
Aujourd’hui, la banque a commencé à avoir un portefeuille stable, rentable qui a été constitué dans la durée. En outre, nous avons fini de nous adapter au système bancaire en termes d’offres de produits. Sur les quatre ans, nous avons appris à mieux connaître la Pme, et mettre en place un modèle de financement adapté. Aujourd’hui, nous sommes dans une dynamique de croissance.

La Bnde a été nominée aux African banker awards. Finalement, elle n’a pas gagné.
Le fait d’être nominé, c’est déjà une bonne chose. Etre nominé parmi des banques qui ont plus d’envergure, de poids, d’histoire, c’est déjà très bien. Nous en sommes très fiers. Nous allons donc continuer la stratégie qui nous a valu cette reconnaissance internationale, car elle a prouvé sa pertinence.

Propos recueillis, à Busan, par Aliou KANDE

Une étude d’évaluation d’impact d’assurance agricole indicielle sur le niveau de vie des agriculteurs a été lancée lundi dernier, et elle prendra fin en 2022. L’assurance agricole indicielle devra permettre aux agriculteurs d’avoir un meilleur niveau de production.

L’agriculture représente, aujourd’hui, le moteur des économies dans beaucoup de pays en développement. Malgré une volonté manifeste des pouvoirs publics d’en faire un secteur moderne avec des rendements conséquents, elle reste, cependant, relativement tributaire des conditions climatiques. En effet, l’assurance agricole basée sur un indice climatique appelée aussi assurance agricole indicielle est un instrument privé qui permet aux producteurs de transférer les risques agricoles liés aux variabilités du climat à un assureur. Elle a été introduite dans le pays depuis 2012 par la Compagnie nationale d’assurance agricole du Sénégal (Cnaas). Selon le coordonnateur du projet et, par ailleurs, initiateur de l’étude, Mame Mor Anta Syll, l’assurance agricole classique existe depuis 2009 et celle dite indicielle en 2012. Pour la première fois, l’indemnisation est basée sur la vérification des dégâts effectifs sur le terrain par un technicien agricole. Concernant cette assurance agricole indicielle, il s’agit de poser des pluviomètres qui mesurent, en temps réel, la quantité de pluie sur un rayon de 5km. A l’en croire, s’il ne pleut pas une certaine quantité d’eaux, le producteur va inévitablement subir une perte. Il dira que l’Etat subventionne à 50% l’assurance agricole indicielle. L’étude d’impact de l’assurance agricole indicielle sur le niveau de vie des agriculteurs, lancée en 2018 pour un coût évalué à plus de 400.000 dollars américains, prendra fin en 2022. L’assurance agricole indicielle devra permettre aux agriculteurs d’avoir un meilleur niveau de production. En dépit de son utilité, la souscription à l’assurance agricole indicielle est très faible chez les producteurs sénégalais, car sur 8 millions d’agriculteurs, il n’y a, jusqu’en novembre 2017 que 100.000 souscriptions. C’est tout l’intérêt du lancement d’évaluation de l’étude d’impact de ladite assurance. Pour sa part, Dr Cheikh Oumar Ba, directeur exécutif de l'Initiative prospective agricole et rurale (Ipar), souligne que 70% des agriculteurs sont exposés à ces défis et incertitudes.

Serigne Mansour Sy CISSE

Les ressources financières mobilisées entre janvier et mars 2018 sont estimées à 501,7 milliards de FCfa, d’après la note de conjoncture de la Dpee. Elles sont composées de recettes budgétaires à hauteur de 462,8 milliards, des ressources du Fonds de soutien à l’énergie (Fse) pour un montant de 7 milliards et des dons évalués à 31,8 milliards. Concernant les dépenses budgétaires, elles sont ressorties à 653,7 milliards à fin mars 2018 contre 735,4 milliards un an auparavant, soit une contraction de 81,8 milliards (-11,5%). Cette baisse est essentiellement imputable aux dépenses d’investissement et de fonctionnement. En effet, les investissements globaux sont passés de 339,3 milliards à 220,4 milliards, soit un repli de 35%, perceptible à la fois sur les composantes financées sur ressources internes et sur ressources externes, respectivement exécutées à hauteur de 85,9 milliards et 134,5 milliards. S’agissant du fonctionnement, les charges de « fournitures et d’entretien » (54,9 milliards) et les «transferts et subventions » (137 milliards) se sont respectivement contractées de 3,3% et 1,3%.

En revanche, des progressions respectives de 13,5% et 38,7% de la masse salariale (166milliards) et des intérêts sur la dette publique (75,3 milliards) sont enregistrées à la fin du premier trimestre 2018.

Abdou DIAW

Au premier trimestre 2018, les campagnes de saisons sèches froide et chaude dans la vallée du fleuve Sénégal sont marquées par une baisse des niveaux de financement qui s’est répercutée sur les superficies retenues. En effet, la note de la Dpee explique qu’au terme du mois de mars 2018, le financement cumulé effectué par la Caisse nationale de crédit agricole du Sénégal (Cncas) pour la campagne de saison sèche chaude 2018 s’est établi à 8,116 milliards de FCfa dans la vallée, en baisse de 25,5% par rapport à la même période de 2017. Cette situation est principalement attribuable au retrait du financement des intrants (-22,6%), à 8,067 milliards de FCfa, en phase avec le repli des demandes retenues (946 contre 1 203 en 2017). En outre, les prêts accordés pour le matériel n’ont concerné que Matam et Bakel pour 48 millions de FCfa contre 465 millions de FCfa en 2017, soit un repli de 89,6%. En conséquence, les superficies retenues en 2018 sont chiffrées à 23.557 hectares, baissant de 22,5% comparativement à 2017. Concernant la saison sèche froide 2017-2018, des replis respectifs des niveaux de financement et des superficies sont observés par rapport à 2016-2017. En effet, le financement retenu s’élève à 1,792 milliards de FCfa pour une superficie de 2.113 hectares, suite à l’engouement des producteurs pour la culture de riz (Pnar) au détriment des autres spéculations de saison sèche froide.

A. DIAW

Dans les industries extractives, la production d’or s’est établie à 2 968 kg au premier trimestre 2018, en dessous des 3.196 kg du trimestre précédent. Ce faible résultat, justifie la note de conjoncture de la Dpee, traduit une baisse de 4,9% de la teneur en or du minerai extrait, notamment au niveau de la fosse de Gora. S’agissant du phosphate, l’extraction s’est accrue de 1,9%, en variation trimestrielle, passant de 420.000 tonnes à 428.000 tonnes, favorisée par l’accélération du rythme de transfert du minerai, du fait de la mise en place d’un nouveau convoyeur. La production d’attapulgite s’est également bien comportée (+21,3%), à 57.953 tonnes au premier trimestre 2018 contre 47.788 tonnes un trimestre plus tôt, après les difficultés de transport et de distribution (congestion au niveau du port) rencontrées en 2017. Quant à l’extraction de sel, elle a progressé de 18,5% sur une base trimestrielle, soutenue par les demandes locale (+44,6%) et étrangère (+17,2%).

A. DIAW

Face aux exigences des partenaires au développement comme l'Union européenne (Ue), la Commission de l'Uemoa plaide pour la mise en place des équipes d'analyse de risque phytosanitaire dans son espace. C’est dans ce sillage que s’inscrit l’atelier sur les risques phytosanitaires, organisé la semaine passée, par la direction de la protection des végétaux (Dpv).

La direction de la protection des végétaux (Dpv) a organisé, la semaine dernière, un atelier sur les risques phytosanitaires regroupant beaucoup d’acteurs du secteur. Il ressort de cette rencontre la nécessité de mettre en place des dispositifs nationaux d’analyse de risques phytosanitaires dans l’espace Uemoa. Pour Abdoulaye Ndiaye, chef de la Division législation phytosanitaire et quarantaine des plantes à la Dpv, il est fort à craindre que les échanges de produits agricoles s'amenuisent pour des risques phytosanitaires compte tenu des exigences dans l’importation des végétaux des partenaires européens. « L'importation de la plupart des végétaux sera en principe autorisée, mais elle sera soumise à des conditions beaucoup plus rigoureuses. De nouvelles mesures sont introduites pour les marchandises à risque (produits agricoles) qui ont, au contraire, une incidence significative pour les exportations africaines», a-t-il déclaré. Selon lui, après décembre 2019, l'exportation de ces marchandises sur le marché de l'Ue sera interdite tant qu'une évaluation détaillée des risques n'aura pas été réalisée afin de déterminer si des produits sont acceptables et, dans l'affirmative, sous quelles conditions? «Les végétaux et produits végétaux issus de nombreux pays africains sont susceptibles d'être inclus dans cette liste, surtout lorsqu'ils sont historiquement liés à des niveaux d'interceptions pour des questions de santé des végétaux dans l'Ue », a-t-il ajouté.

Pour bien préparer les Etats membres à se conformer aux nouvelles exigences, préserver leur patrimoine végétal et garder leurs parts de marchés, dit-il, la commission de l'Uemoa plaide pour la mise en place des dispositifs nationaux d'analyse de risque et de réactualisation de la liste des organismes nuisibles de quarantaine des Etats membres.

Abdou DIOP

 

L’Etat du Sénégal a consenti beaucoup d’efforts dans la réalisation d’infrastructures de pêche. C’est dans ce sillage que s’inscrit l’extension du quai de pêche de Hann Bel-Air, inaugurée, hier, par le ministre de la Pêche et de l’Economie maritime.

Le ministre de la Pêche et de l’Economie maritime, Oumar Guèye, a  inauguré, hier, l’extension du quai de pêche de Hann Bel-Air. « La rénovation de ce quai va permettre, entre autres,  de consolider, renforcer et promouvoir l’amélioration de la chaîne de valeur des produits, et les initiatives de cogestion des pêcheries déjà entamées dans le département de Dakar », a-t-il déclaré. Cette approche contribue, selon lui, de manière appréciable, « à améliorer la qualité hygiénique et sanitaire des produits ainsi que les conditions de travail des acteurs, et à mettre l’accent sur la valorisation des produits frais pour une meilleure rente ». Le ministre a, par ailleurs, annoncé la construction à Hann, en 2018, dans la coopération bilatérale avec la République de Corée, d’un complexe frigorifique avec une fabrique de glace d’une capacité de 20 tonnes par jour d’un coût global de 7 millions de dollars Us, soit environ 4 milliards de FCfa.

Plus de 50% des débarquements de la région approvisionnent les industries de traitement et d’exportation, ce qui confirme, d’une part, le poids de la pêche artisanale dans la fourniture d’espèces démersales, et d’autre part sa forte contribution à l’équilibre de la balance commerciale du Sénégal. Selon le ministre de tutelle, le quai de Hann vient d’être réhabilité grâce aux ressources issues de la contrepartie de l’Accord de pêche conclu entre le Sénégal et l’Union européenne. Il assure que le quai de pêche de Hann fait partie des cinq quais de pêche de la Région de Dakar dont trois bénéficient de l’agrément pour l’exportation vers les pays de l’Union européenne.

Souleymane Diam SY

 

La capitale française abrite, les 2 et 3 juillet prochains, le premier « Women in business annual leadership meeting », une plateforme de rencontre de dirigeantes d’entreprises, annonce un communiqué. Ce forum, organisé par le groupe Jeune Afrique, en partenariat avec l’Essec Business School et l’Organisation internationale de la Francophonie, vise à renforcer le leadership des chefs d’entreprises africaines. Construire et entretenir son réseau d’influence, affirmer son leadership et gérer son image à l’ère des réseaux sociaux, réussir l’expansion géographique internationale de son entreprise à l’heure de la zone panafricaine de libre-échange… Ce sont autant de thématiques qui seront développées lors de panels et d’ateliers de travail interactifs animés par des experts de haut niveau.

De nombreuses dirigeantes d’entreprises sénégalaises sont attendues à cette rencontre. Le « Women in business annual leadership meeting » sera clôturé par une session dédiée à la création et au lancement officiel des premiers cercles d’influence des dirigeantes africaines.

Abdou DIAW

 

En 2017, le Conseil régional de l’épargne publique et des marchés financiers (Crepmf), a permis la mobilisation effective de 1.398 milliards de FCfa. Toutefois, le potentiel de la zone n’est pas exploité comme il le faut du fait d’un manque de culture boursière, selon le président du Crepmf, Mamadou Ndiaye, lors d’une journée d’information tenue ce lundi.

Le Conseil régional de l’épargne publique et des marchés financiers (Crepmf) a tenu, hier, à Dakar, une journée d’information et de sensibilisation sur le marché financier de l’Union monétaire ouest africaine (Umoa). Même s’il reconnait une sous information notoire sur le marché financier, une méconnaissance de la bourse, de ses produits et des transactions, entre autres, le président du Crepmf, Mamadou Ndiaye, soutient que le marché financier de l’Uemoa est dynamique. Ces dernières années, ce marché a connu un accroissement important d’activités qui s’est globalement traduit par un volume d’émissions de titres en progression et l’apparition de nouveaux acteurs sur le marché. Mamadou Ndiaye nous apprend qu’au titre de l’année écoulée, le montant total des émissions autorisées par le Crepmf sur le marché financier s’est élevé à environ 1.320 milliards de FCfa pour 1.398 milliards de FCfa effectivement mobilisés.

Malgré la faiblesse de la culture boursière, estime le président du Crepmf, la Bourse régionale des valeurs mobilières (Brvm) commune aux huit pays de l’Uemoa affiche, au 31 mars 2018, 9831 milliards de FCfa, soit environ 10% du Pib de l’Union. Le président Ndiaye rappelle que la Brvm a été consacrée, au cours de ces trois dernières années, bourse africaine la plus performante (2015) et la plus innovante en 2016. Les observateurs ont aussi qualifié cette bourse de première place boursière islamique suite au lancement et à la cotation des trois Sukuk du Sénégal, de la Côte d’Ivoire et du Togo. Toujours par rapport au dynamisme du marché régional, M. Ndiaye indique que le nombre d’intervenants dans le marché est passé de 130 en 2015 à 179 au 31 mars 2018. «Cette évolution illustre éloquemment le dynamisme de notre marché. Nous travaillons à renforcer cette belle performance», confie Mamadou Ndiaye.

Un nouveau compartiment de la Brvm dédié aux Pme
Dans ce sens, le président du  Crepmf rappelle que plusieurs textes ont été adoptés récemment pour améliorer l’attractivité du marché boursier régional. Il y a ainsi le troisième compartiment de la Brvm  dédié au financement des Pme, locomotrices des économies de la région. Cela va faciliter l’accès au financement et à la bourse pour le développement les Pme. «La mise en place de ce compartiment, qui répond à une longue attente des plus hautes autorités de l’Union, des opérateurs économiques et des acteurs du marché, a également donné naissance à une nouvelle catégorie d’acteurs : les «listing sponsors», habilitées à assister et à conseiller les Pme dans leur processus d’admission et tout au long de leur présence audit compartiment», explique le président du Crepmf  qui plaide pour une meilleure formation des populations en culture boursière.  Toujours dans le sens de l’attractivité, le Crepmf a élaboré plusieurs axes en 2018. Il s’agit, entre autres, de la protection de l’épargne des investisseurs par la mise en place d’un fonds de protection des épargnants ; de l’amélioration du cadre réglementaire, notamment pour la promotion des instruments financiers islamiques ; de la vulgarisation de la culture boursière par la mise en place d’un dispositif de bourse en ligne.

Le ministre du Budget, Birima Mangara, a indiqué que malgré les taux de croissance en moyenne supérieurs à 6%, «il faut un financement efficient de nos économies qui nécessite tout de même la diversification des sources et instruments financiers». Dans cette perspective, dit-il, «les marchés financiers sont amenés à jouer un rôle essentiel». Compte tenu de cela, Birima Mangra est d’avis qu’il faut travailler dans la sensibilisation pour que les acteurs économiques profitent des opportunités du marché financier et boursier de la sous-région.  

Bilan du Crepmf depuis sa création en 1998
7 500 milliards de FCfa mobilisés sur le marché financier
Le marché financier de l’Umoa a permis de mobiliser, depuis sa création en 1998, plus de 7.500 milliards de FCfa au 31 décembre 2017, soit une moyenne annuelle de 390 milliards de FCfa, selon le ministre du Budget, Birima Mangara. Ce dernier qui présidait la journée d’information et de sensibilisation sur le marché financier de l’Umoa, tenue au Cesag, révèle que la Brvm, avec 45 sociétés cotées et 41 lignes obligataires à ce jour, occupe la sixième place au classement des bourses africaines. Le ministre du Budget ajoute qu’entre 1998 et 2017, 80 % des ressources levées sur le marché financier régional ont été destinées au financement des Etats de l’Union et particulièrement aux secteurs de l’énergie, de la télécommunication et des infrastructures.

En ce qui concerne particulièrement le Sénégal, aussi bien l’Etat que plusieurs entreprises ont déjà eu recours au marché financier, notamment la Sonatel, la Senelec, les Ics, etc. D’ailleurs, l’action Sonatel constitue une des valeurs phares de la Brvm. En outre, M. Mangara explique que les avoirs-titres et espèces détenus par les acteurs agréés du Sénégal sont estimés à 528 milliards de F Cfa, soit 8,60 % des avoirs en conservation.

Oumar KANDE

 

Ces derniers jours, le débat sur la situation financière et une tension de trésorerie qui existerait dans notre pays occupe les devants de l’actualité. Interrogé sur cela, le ministre délégué chargé du Budget, Birima Mangara, a laissé entendre que les Caisses de l’Etat se portent comme elles devraient être et qu’il n’y a pas de problème de trésorerie. «Il faut comprendre que les gens sont hâtifs en conclusion. Une économie repose sur des principes et des piliers. On peut avoir la manne financière qui dépasse même vos besoins, mais vous ne pouvez pas la dépenser comme vous voulez. Il faut la dépenser par rapport aux règles de gestion budgétaires et aux règles rigoureuses de finances publiques», précise-t-il. Le ministre délégué chargé du Budget tranche : «Nous avons des ressources, nous sommes en train de payer ce qui doit être payé, nous sommes en train d’irriguer l’économie, soyez rassurés que tout va bien ; tout ne va pas comme dans le meilleur des mondes, mais tout va bien jusqu’ici. Nous respectons nos standards, nos normes. Notre économie,  notre trésorerie se portent assez bien».

O. KANDE

 

Le Premier ministre, Mahammed Boun Abdalah Dionne, présidant, ce dimanche, la réunion des ministres du Commerce en charge des négociations relatives à la Zone de libre échange (Zlec), a engagé ces derniers à mettre en œuvre cette détermination des chefs d’Etat africains. 24 ministres en charge du Commerce et des représentants des autres pays de l’Union africaine (Ua) sont à Dakar, ces 03 et 04 juin, pour finaliser les annexes du protocole sur la Zlec à soumettre aux chefs d’Etats africains en juillet prochain.

Dans la réunion des instances de négociation de la zone de libre échange continentale (Zlec) africaine qui se tient à Dakar du 25 mai au 09 juin, les ministres du Commerce en charge des négociations de la Zlec tiennent leur 6ème réunion, dont l’objectif est de finaliser les annexes du protocole sur le commerce des marchandises, sur les règles et procédures de règlement des différends et d’élaborer la liste des secteurs prioritaires sur le commerce de services. Présidant la cérémonie officielle de cette réunion, à laquelle 24 ministre en charge du Commerce et des représentants d’autres pays prennent part, le Premier du Sénégal, Mahammed Boun Abdalah Dionne, a exhorté les négociateurs de tout mettre en œuvre pour la réalisation de la volonté des chefs d’Etat. Le Premier ministre a rappelé que l’ambition des pères fondateurs de l’intégration africaine, qui a conduit, en 1963, à la création de l’Oua, a été la construction d’une Afrique unie, prospère et solidaire. Cette ambition a été renouvelée dans le traité d’Abuja de 1991, avec comme objectif d’arriver, dans une période de 34 ans, à la Communauté économique africaine.

Cependant, il n’y a pas eu de grandes avancées depuis. «Aujourd’hui, notre continent reste relativement en retard sur le niveau de réalisations des objectifs fixés dans le processus d’intégration africaine. En 2018, l’Afrique devrait normalement être à mis chemin dans la réalisation du marché commun après l’harmonisation des systèmes tarifaires et non tarifaires entre les communautés économiques régionales et la création d’une union douanière continentale», reconnaît le Premier ministre. Il soutient que c’est dans ce cadre qu’il faut saluer l’engagement des chefs d’Etat et de gouvernement qui ont su atteindre, le 21 mars 2018 à Kigali, un objectif qui paraissait irréalisable avec l’accord sur la Zlec.

S’adressant aux ministres du Commerce présents à Dakar, il lance : «Nous n’avons pas le droit de ne pas être à la hauteur de la détermination de nos chefs d’Etat». «Au cours du sommet extraordinaire du 21 mars 2018, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Ua avaient demandé de finaliser et de soumettre, pour adoption, à la prochaine conférence prévue en juillet 2018, à Nouakchott, les annexes du protocole sur le commerce des marchandises, les annexes du protocole sur les règles et procédures de règlement des différends et la listes des secteurs prioritaires sur le commerce de services», rappelle-t-il. Conscient de cette demande des plus hautes autorités africaines, le chef du gouvernement sénégalais a engagé fortement les ministres du Commerce de l’Ua à prendre toutes les dispositions nécessaires pour terminer ce travail. Cet objectif, à son avis, ne pourra être réalisé qu’à travers une action concertée découlant d’un marché commun fort mais cohérent et profitable à tous, bâti progressivement sur une seule union douanière et des règles communes de politiques commerciales.

Booster le commerce intra africain
Pour M. Dionne, la signature de l’accord instituant la Zlec par 44 pays sur 55 de l’Ua marque un tournant décisif dans le processus d’intégration africaine et constitue le début «d’une prise de conscience lancée à l’endroit de nos concitoyens et à la face du monde que l’Afrique ne devrait compter que sur ses propres forces» pour son développement.

Chiffres à l’appui, le Premier ministre constate que l’Afrique ne pèse qu’autour de 5% du Pib mondial en dépit de sa population estimée à 1,3 milliard d’habitants soit 17% de la population mondiale, concentre moins de 2% des investissements directs étrangers et moins de 2% du commerce mondial. Le niveau des échanges intra-africain reste encore faible et estimé à moins de 16% pendant que dans les autres continents ce niveau dépasse la barre des 60%. Compte tenu de ces données qui doivent être améliorées pour le continent africain, le Premier ministre pense que l’ouverture commerciale et économique au sein de l’espace africain peut être une des solutions à nos nombreuses préoccupations de développement économique et social. «En facilitant la libre circulation des biens et services, des personnes et des capitaux, nous donnons plus de possibilités au secteur privé africain pour valoriser les échanges et les immenses opportunités d’affaires pour créer davantage de Pme et de Pmi nécessaires à la transformation structurelle de nos économies et à la création d’emplois», explique-t-il.

M. Dionne est d’avis que l’obtention de ce nombre important de signatures au moins de trois ans de négociations témoigne de l’importance que les pays africains accordent au processus de la Zlec. Il réitère que dans le processus de négociation, la participation du secteur privé africain et de la société civile africaine est importante pour l’atteinte des objectifs.

Le Commissaire en charge du commerce et de l’Industrie de l’Ua, Albert Muchanga, remerciant le Sénégal pour les facilités accordées pour l’organisation de cette réunion, estime que l’enjeu de la Zlec est important. Avec un grand marché, dit-il, la Zlec permettra le développement du commerce et la création d’emplois, notamment pour les jeunes qui constituent l’essentiel de la population africaine. Il déclare qu’après la réunion des ministres en charge du Commerce, ce sera autour des ministres en charge de la Justice de recevoir les annexes avant la conférence des chefs d’Etat de Nouakchott en juillet prochain qui va marquer un grand tournant pour la Zlec.

Oumar KANDE

SOULEYMANE DIARASSOUBA, MINISTRE DU COMMERCE DE LA CÔTE D’IVOIRE : « SI NOUS MAINTENONS LE CAP, LE NIVEAU DU COMMERCE INTRA-AFRICAIN VA AUGMENTER DE PLUS DE 52% »
Le ministre Ivoirien du Commerce, de l’Artisanat et de la Promotion des Pme de la Côte D’Ivoire, a soutenu que l’accord sur la Zone de libre échange continentale (Zlec) pourra améliorer le niveau commerce intra-africain. Pour Souleymane Diarassouba, d’après les projections, en 2022, «si nous maintenons le cap, le niveau du commerce intra-africain va augmenter de plus de 52%, ce qui est une opportunité pour l’ensemble des opérateurs économiques du continent et pour même les investisseurs étrangers».

Il souligne que l’accord cadre, signé en mars dernier à Kigali, porte sur la libéralisation de 90% de nos lignes tarifaires. Souleymane Diarassouba affirme que l’objectif est de supprimer tout ce qui est barrière tarifaire et non tarifaire entre les pays membres de la Zlec, ce qui permettra d’avoir un niveau d’échanges à la hauteur des attentes et des ambitions des populations.

Selon les projections de la Commission économique africaine, affirme-t-il, nous aurons, au cours des prochaines années, plus 600 millions d’Africains de classe moyenne, ce qui fait que l’Afrique sera en plus d’un continent exportateur de matières premières, un continent de consommation et il faut profiter de ce potentiel en mettant en œuvre une politique d’industrialisation de l’Afrique.

«L’objectif de ce système multilatéral de commerce est de baisser ou de supprimer la fiscalité de porte, c'est-à-dire les droits de douane, pour avoir une fiscalité intérieure plus dynamique permettant la fluidité de la circulation des différents produits», confirme M. Diarassouba.

O. KANDE

Suite à l’appel émis par la Fao pour le Sahel, exhortant à soutenir 4 millions de personnes faisant face à la sécheresse dans la région, l'Agence suédoise de développement international (Asdi)a fait une contribution de 9,9 millions de dollars américains, soit plus de 5,565 milliards de FCfa.

A travers l'Organisation des nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (Fao), la Suède viendra en aide aux agriculteurs et aux éleveurs frappés par la sécheresse au Sahel, en prêtant particulièrement attention au cas du Burkina Faso et du Mali, selon un communiqué de la Fao. « La contribution d'une valeur de 9,9 millions de dollars, acheminée par l'intermédiaire de l'Agence suédoise de développement international (Asdi), intervient suite à l'appel émis par la Fao pour le Sahel, exhortant à soutenir 4 millions de personnes faisant face à de plus en plus de difficultés dans la région, après avoir connu plusieurs vagues de sécheresse en 2017 qui ont ravagé les cultures et le bétail des agriculteurs, lit-on, dans le communiqué.

Des six pays de la bande sahélienne, le Burkina Faso et le Mali sont les plus touchés, souligne la Fao qui alerte que d'ici aux prochains mois, ils devraient être plus d'un million à faire face à des pénuries alimentaires dans les deux pays réunis.

«Cette contribution permettra d’augmenter les moyens d'existence des familles lorsqu'elles en auront le plus besoin. Il s'agit de la période où les greniers des familles se vident très vite et où les éleveurs cherchent désespérément du fourrage», a déclaré M. Dominique Burgeon, directeur de la Division des urgences et de la réhabilitation de la Fao et chef du programme stratégique de la Fao sur la résilience. «Ce qui distingue cette contribution des autres est qu'elle nous permettra de soutenir les communautés vulnérables lors des deux prochaines années, de manière à ce qu'elles puissent se rétablir et renforcer leurs capacités afin de mieux faire face aux chocs à venir », a ajouté M. Burgeon.

Au Burkina Faso, indique-t-on, la contribution de l'Asdi permettra à la Fao de procéder à des transferts d'argents inconditionnels, d'atteindre près de 60.000 personnes et de couvrir les besoins alimentaires et autres besoins urgents pendant la saison creuse, qui s'étale du mois de mai à celui d'août. S’agissant du Mali, ce sont près de 24.000 personnes qui bénéficieront de la réhabilitation des petites infrastructures d'irrigation pour l'agriculture, du rétablissement des pâturages et des forages pour le bétail, ainsi que  des activités transversales d'éducation en matière de nutrition et de protection sociale (des transferts productifs). La Fao note que les communautés vivant dans les six pays de la région Sahel (le Burkina Faso, le Tchad, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Sénégal) peinent à se remettre de la période de sécheresse qui les a frappé l'année dernière. A cela s'ajoute la hausse des prix des produits alimentaires, les conflits et la perturbation des marchés qui a entraîné la pire saison creuse que la région ait connue en quatre ans. Le communiqué indique, par ailleurs, que plus de 4 millions de personnes, dont 3 millions d'éleveurs et d'agropasteurs vivant dans ces six pays, ont besoin d'une aide alimentaire de manière urgente et que d'ici aux prochaines semaines, ce chiffre pourrait s'élever à 7 millions.

Mamadou SY

D’après le directeur général de l’Apix, Mountaga Sy, les travaux des plateformes ferroviaires qui permettent la circulation du Train express régional (Ter) ont été réalisés à hauteur de 75%. Il présentait, samedi, quelques projets structurants du Pse, lors d’une rencontre du Mouvement des élèves et étudiants républicain de Podor (Meer). Faisant le point de l’état d’avancement des 14 gares prévues sur le trajet du Ter, il a indiqué qu’à Diamniadio, le niveau d’exécution des travaux se situe à 43% ; la gare de Dakar est réalisée à 35% de même que celle de Rufisque. « Les travaux de charpentes sont en cours de construction. Ces trois infrastructures se réalisent de manière concomitante. Elles seront disponibles en novembre 2018 », a dit le Dg de l’Apix. Selon lui, actuellement, il y a 11.000 tonnes de rails disponibles à Dakar qui seront utilisées dans la pose de la plateforme. S’y ajoutent les 25.000 unités de traverses qui entrent dans la construction du Ter.


A en croire Mountaga Sy, cinq ouvrages d’art en cours de réalisation seront livrables avant le 14 janvier 2019 (date retenue pour la mise en service du Ter). Il a aussi confié que le matériel roulant (les trois trains de 14 wagons chacun) sont disponibles et les tests dynamiques, effectués en mai passé en France, ont été concluants. « Durant cet exercice, on a démontré la conformité par rapport à la commande sénégalaise de 15 trains », a soutenu le Dg de l’Apix. Interpelé sur la libération des emprises, M. Sy affirme que les opérations se font dans le respect de l’échéancier qui a été défini. D’après lui, l’Etat a opéré un changement de mécanisme dans le processus d’indemnisation en incluant le recasement des populations qui, dans le passé, n’a pas été pris en compte. En effet, il explique que le Chef de l’Etat a fait sauter un verrou dans la mise à disposition des emprises en incluant le relogement des populations impactées par les travaux.

Abdou DIAW

Interpelé sur la hausse du prix du ciment notée ces derniers jours au Sénégal, le ministre du Commerce, Alioune Sarr, a répondu qu’ayant remarqué cela, il a demandé à ses services de démarrer une enquête pour voir le fondement de cette hausse. «Si le fondement de cette hausse n’est pas basé sur des éléments de structures des prix concrets, le gouvernement prendra ses responsabilités. Nous avons un Comité national de suivi des prix des denrées et de produits essentiels qui, chaque mois, regarde la structure des prix. Le gouvernement ne peut pas accepter une spéculation abusive sur un quelconque prix essentiel à la consommation des Sénégalais. Cette enquête sera achevée et j’informerai le chef de l’Etat et le Premier ministre sur cette question et le gouvernement préservera le pouvoir d’achat des Sénégalais et de nos Pme-Pmi», martèle le ministre du Commerce. Il rassure que «tout ce qui est fait sur les produits alimentaire pour protéger le pouvoir d’achat des Sénégalais sera fait sur le ciment et le fer». Alioune Sarr précise qu’une entreprise ne peut pas du jour au lendemain augmenter ses prix sans l’aval des autorités ; «et si c’est fait, c’est totalement illégal et le gouvernement prendra ses responsabilité car il n’y a aucun secteur hors-la-loi au Sénégal». Le ministre rappelle que le Sénégal fait partie des pays de l’Uemoa où le taux d’inflation est le plus faible car cela est dû au travail du comité des prix et à la contribution des acteurs économiques. «Le secteur du ciment est un secteur important au Sénégal, le gouvernement l’accompagne, mais il n’est pas hors-la-loi», dit-il.

O. KANDE

Le directeur du Budget, Mouhamadou Moustapha Bâ, a rassuré les étudiants et les universités  bénéficiaires des mesures sociales prises par le Président. Il a confirmé une prise en charge correcte de tous les engagements souscrits par les services du ministère de l’Economie, des Finances et du Plan. Pour lui, ces engagements seront matérialisés dans la prochaine loi de finance rectificative. Il répondait aux questions de la Rfm.

Le directeur du Budget, Mouhamadou Moustapha Bâ, qui s’expliquait sur les modalités de mise en œuvre des mesures sociales à forte incidence financière prises lundi dernier par le président de la République, Macky Sall, a noté que la hausse des bourses, des aides sociales et des prix des tickets de restauration évalués à plus de huit milliards de FCfa, ainsi que les moyens de transport prévus pour les cinq universités (1,5 milliard de FCfa) seront couverts par le budget de l’Etat et correctement pris en charge par les services habilités du ministère de l’Economie, des Finances et du Plan. Il a assuré qu’en finances publiques, les décisions prises par le président de la République sont d’application immédiate, conformément au cadrage macroéconomique. Selon lui, la mise en œuvre de ces mesures sociales entraînera un impact financier significatif sur le budget de l’Etat. En effet, précise-t-il, l’incidence financière des bourses et aides sociales majorées de même que les prix de tickets-repas revus à la baisse, qui entreront en vigueur à la prochaine rentrée universitaire, est évaluée à 8,160 milliards de FCfa. Quant aux autres mesures, elles nécessitent plus d’une trentaine de milliards pour engager les travaux portant sur les bâtiments pédagogiques, la construction de quatre restaurants, le renforcement de l’offre d’hébergement par la construction et la réhabilitation de pavillons-dortoirs, la voirie l’éclairage, l’assainissement, l’adduction d’eau, les ambulances médicalisées et les moyens de transport (30 bus évalués à 1,5 milliard de FCfa).

Etablissements privés d’enseignement supérieur
5 milliards de l’Etat pour apurer les dettes

L’Etat du Sénégal va intégrer, dans la prochaine loi de finances rectificative, 5 milliards de FCfa pour apurer une part substantielle de la dette qu’il doit aux établissements privés d’enseignement supérieur. L’annonce a été faite, par le directeur général du Budget, Mouhamadou Moustapha Bâ.

 L’Etat est en train d’apurer progressivement les créances dues aux établissements privés d’enseignement supérieur. C’est ce qu’a annoncé le directeur général du Budget, Mouhamadou Moustapha Bâ. Pour ce dernier, depuis qu’on a commencé à orienter des bacheliers dans le privé, l’Etat leur a payé plus de 24 milliards de FCfa. « Cette année, on a prévu, dans le budget, 5 milliards de FCfa et le ministre de l’Economie, des Finances et son collègue de l’Enseignement supérieur, ainsi que  leurs services techniques y travaillent car il nous fallait avoir le niveau réel de cette dette pour voir quel est le montant qu’il faut mettre dans la prochaine loi de finance rectificative afin de soulager les établissements privés d’enseignement supérieur des charges qui ploient sur leur dos », a-t-il déclaré. Quid de la supposée tension de trésorerie avancée qui expliquerait les difficultés de l’Etat à respecter ses engagements. M. Bâ s’est voulu formel : « Les caisses de l’Etat ne sont pas vides et l’Etat a les moyens de respecter tous les engagements auxquels il a souscrits », dit-il. Toutefois, il reconnaît que le renchérissement du prix du baril de pétrole, qui est passé de 54 à 74 dollars, « a effectivement impacté les recettes de l’Etat qui ont ainsi connu une certaine baisse ».

Mamadou Lamine DIEYE

L’Etat, à travers l’Ageroute, et le Groupe Sénac Sa qui exploite l’autoroute à péage, restent plus que jamais déterminés à mettre un terme aux nombreux accidents. En sensibilisation dans la commune de Keur Moussa, ils ont dénoncé certains comportements des populations vis-à-vis de l’infrastructure et annoncé des sanctions.     

Depuis son érection, l’autoroute à péage enregistre beaucoup d’accidents mortels. La dernière en date est celui qui a provoqué la mort du chanteur Papis Gélongal. La divagation des animaux sur l’infrastructure et la traversée à pied sont souvent évoquées comme causes principales. Pour mettre un terme à cela, une réunion de sensibilisation a été tenue, à la sous-préfecture de Keur Moussa, avec les chefs des villages traversés par l’autoroute Aéroport international Blaise Diagne-Mbour-Thiès et les représentants des éleveurs. «  Il y a beaucoup d’accidents causés par la divagation des animaux sur l’autoroute. Nous avons jugé opportun, avec l’appui des autorités administratives locales, de tenir cette réunion avec les populations, notamment les chefs de villages, les représentants des éleveurs pour les sensibiliser sur les dangers liés à la divagation des animaux sur l’autoroute. C’est une occasion pour montrer les ouvrages faits pour le passage des éleveurs, des animaux, etc. Les gens n’ont pas besoin de traverser l’autoroute en se mettant en danger et détruisant les ouvrages », a déploré le chef du projet de l’autoroute Aibd- Mbour-Thiès, Mouhamadou Moustapha Dème. A l’en croire, toute l’emprise de l’autoroute a été protégée avec des grilles. Mais d’habitude, se sont les bergers qui les vandalisent. « Nous avons mis des grilles de protection  de part et d’autre le long de l’autoroute de sorte que les animaux ne puissent pas y accéder. Ensuite, nous avons mis des passages inférieurs pour permettre aux populations de traverser. Tous les aménagements ont été faits pour que les gens ne traversent pas l’autoroute.  Mais malheureusement, ils continuent à le faire. C’est l’occasion de les sensibiliser sur la destruction des ouvrages. A cause de ce comportement, il y a eu cette divagation qui, à son tour, est à l’origine des accidents mortels », a estimé M. Dème.

Des sanctions contre les mauvais comportements
Selon lui, l’autoroute Aibd-Mbour-Thiès est confiée à Sénac Sa tout comme l’autoroute Dakar-Diamniadio-Aibd. Les mesures appliquées sur Dakar-Aibd seront donc les mêmes que celles de Aibd-Mbour-Thiès. « La dernière prise est le déferrement de tous les vandales ou tous ceux qui laisseront les animaux en divagation dans l’emprise de l’autoroute », a-t-il fait savoir. Pour les grilles de protection, il souligne qu’elles ont souvent été réparées depuis la mise en service, en octobre 2016, jusqu’à aujourd’hui. Mais, malheureusement, elles sont aussi toujours vandalisées  malgré l’existence de passages pour animaux, charretiers et piétons.

Abdoulaye Thiam, responsable des opérations de l’Ageroute, pense-lui, que chaque acteur doit apporter des éléments concrets pour mettre un terme à l’insécurité qui règne sur l’autoroute à péage. « Avant, il y avait une réglementation de police existante mais qui ne prenait pas en compte certains aspects. Aujourd’hui, des sanctions sont instaurées en fonction du niveau des dégâts causés. Le fait de vandaliser les clôtures de l’autoroute est un crime parce qu’un bœuf qui la traverse peut occasionner mort d’homme », a-t-il mentionné. Toujours dans le registre des sanctions, le sous-préfet de Keur Moussa précise  qu’elles relèvent de la loi. « Désormais, si l’on prend des bêtes, les propriétaires seront déférés. Celui qui est pris en train de traverser à pied également. Je crois que les gendarmes feront leur travail. A notre niveau, le pari qu’on doit gagner est celui d’ancrer, dans la conscience des populations, que c’est une infrastructure avec laquelle il faut apprendre à cohabiter. Et que dans cette cohabitation, il ne faudrait pas que leurs comportements génèrent des torts. L’existence de l’infrastructure également ne doit pas leur faire du tort. Il faut réduire cet écart. Si on le fait, je crois qu’on pourra mettre fin à l’insécurité sur l’autoroute », a préconisé Mokhtar Mbengue.  

Une batterie de mesures et de propositions pour sécuriser l’autoroute

A l’issue de la réunion, une batterie de mesures et de propositions ont été retenues. La première, c’est de faire signer un protocole entre Sénac, Ageroute et les villageois pour que chacun d’eux, mène des actions de sensibilisation. Pour une durée de 6 mois, chaque village tiendra trois activités pour ses populations avec, à terme,  une grande mobilisation sociale évaluer et voir les impacts sur la gestion des accidents sur l’autoroute. La deuxième mesure, c’est de voir comment Eiffage va collaborer avec les municipalités pour construire une grande fourrière municipale y placer les  animaux en divagation pris sur l’autoroute. La troisième, c’est d’apporter un appui aux populations qui gèrent le bétail en période de soudure. Vu tous ces écarts de comportement notés,  il a aussi été question de revoir l’âge des accompagnants des troupeaux. Certains ont estimé qu’un jeune de moins de 15 ans ne devrait pas conduire un troupeau.                                                                                                                                                                 

Ndiol Maka SECK

 

Dans la mise en œuvre du projet des agropoles, notamment celui du sud, le directeur général du Bureau opérationnel de suivi du Pse (Bos/Pse), Ibrahima Wade, a effectué une visite de travail à l’Institut de technologie alimentaire (Ita). L’agropole sud, dont le démarrage est attendu en début 2019, pourra profiter des opportunités de recherches de l’Ita pour la transformation alimentaire.

L’agriculture et l’agroalimentaire étant l’un des six secteurs clés du Pse, l’Etat du Sénégal a décidé de mettre en place un projet de trois agropoles. Il est prévu un agropole dans la zone Nord couvrant les régions de Saint-Louis, Matam et Louga, un dans la zone centre (Fatick, Kaolack et Kaffrine) et un agropole dans la zone Sud (Ziguinchor, Kolda et Sédhiou). Cependant, la priorité étant l’implantation de l’agropole Sud, le Bureau opérationnel de suivi du Pse (Bos/ Pse) est en train de travailler avec les acteurs pour la mise en œuvre de ce projet. De ce fait, Ibrahima Wade, directeur du Bos/Pse, a effectué, hier vendredi,  une visite de travail à l’Institut de technologie alimentaire (Ita). Compte tenu du fait qu’«il est illusoire de penser que nous pouvons aller vers le développement sans la recherche», le Bos a décidé de travailler avec l’Ita, a déclaré M. Wade. «Il est important, dans la méthodologie, de faire des rencontres de sensibilisation. Nous l’avons fait avec le secteur privé, avec le secteur financier et aujourd’hui cette visite à l’Ita s’inscrit dans ce cadre. Le cœur de métier de l’Ita, c’est faire de la recherche, de travailler sur les procédés de transformation agroalimentaire. Le gros défi auquel l’économie fait face, c’est la transformation agro-industrielle pour réduire la dépendance alimentaire», a dit le directeur du Bos, Ibrahima Wade. Ce dernier considère qu’avec la multitude de procédés utilisés par l’Ita pour la transformation de l’ensemble des produits de base de l’économie sénégalaise, cette structure peut être d’un grand appui dans le développement de l’agro-industrie et des agropoles.  Il rappelle que l’agropole sud va être concentré sur les deux chaines de valeur des filières de la mangue et de l’anacarde même si d’autres produits pourront être développés à Adèane où le site de l’agropole sud devrait être installé.
«Nous sommes à un moment important du processus de création de l’agropole en rencontrant les structures de recherche, en identifiant les opportunités sur ces deux produits. Nous allons utiliser, ensemble, les résultats de la recherche pour les mettre à la disposition de notre secteur privé pour qu’ils investissement dans ces niches où il y a de l’argent à gagner», explique M. Wade. Il soutient que dans la mise en œuvre du Pse, la réponse la plus adaptée est celle de l’agropole qui permet de produire et d’aller vers la transformation en prenant en compte l’amont de la filière jusqu’à la commercialisation.

Créer de la valeur ajoutée
 «L’agropole va nous permettre de créer de la valeur ajoutée, de créer une masse importante d’emplois et surtout de régler la problématique de la perte post-récole», laisse entendre M. Wade qui poursuit que l’Ita a démontré que même les mangues pourries peuvent être utilisées pour la fabrication du vinaigre de mangue.

Sur l’exécution de ce projet d’agropole Sud, M. Wade considère qu’avec la méthodologie du résultat rapide, l’objectif est de terminer toute la phase structuration avant la fin du mois d’août. Cela permettra de réfléchir avec les acteurs et de mettre à profit le reste de l’année 2018 pour terminer  en vue de démarrer les activités et les  infrastructures de l’agropole en début 2019. Le directeur général de l’Ita, Mamadou Amadou Seck a rappelé que l’Ita, très impliqué dans la recherche de solutions pour le développement du pays, offre des capacités et des opportunités pour la mise en œuvre du Pse, notamment dans la partie transformation de produits alimentaires. «Il y a un potentiel extraordinaire que possède l’Ita pour donner un coefficient majeur à la mise en œuvre du Pse, surtout dans le volet transformation», affirme le directeur de l’Ita.

Produits de base en Casamance ,La barre fixée à 36 000 tonnes de mangueet à 64 000 tonnes d’anacarde

Selon Ibrahima Wade, le directeur du Bos/Pse, les études ont montré que la Casamance a un potentiel de 72.000 tonnes de mangue produites par année. Sur cette production, l’objectif avec l’agropole Sud est de transformer les 50%. «Si nous réussissons à transformer 36.000 tonnes de mangue de la Casamance, nous aurons fait un grand pas», estime-t-il. Pour l’anacarde, la production actuelle de noix est estimée à 64.000 tonnes.  L’ambition de l’agropole est d’aller vers la transformation de ces 64.000 tonnes et «il n’y a pas de raison pour qu’on ne réalise pas cela», confirme-t-il. La Banque mondiale qui intervient dans le projet Pôle prioritaire de développement de la Casamance (Ppdc) a décidé d’augmenter le volume d’intervention dans ce projet Agropole. La Banque serait disposée à mettre, pour le projet agropole Sud, 20 millions de dollars, soit plus de 10 milliards de FCfa, selon le directeur du Bos/Pse.

Oumar KANDE   

 

Le ministre de l’Elevage et de la Production animale, Aminata Mbengue Ndiaye, qui était à Thiès pour célébrer, jeudi,  la journée mondiale du lait, a invité les organisations d’éleveurs à s’investir dans la culture fourragère. Selon Aminata Mbengue Ndiaye,  la culture fourragère demeure un intrant déterminant dans la production de lait.

 « J’invite surtout les femmes, plaque tournante dans la filière lait, à porter le plaidoyer au sein de leurs organisations respectives »,  a déclaré le ministre de l’Elevage et de la Production animale, Aminata Mbengue Ndiaye, qui était à Thiès pour célébrer, jeudi,  la journée mondiale du lait.

Après avoir écouté avec attention les acteurs de la filière élevage, le ministre de tutelle a insisté sur l’engagement des organisations d’éleveurs dans la culture fourragère, un intrant déterminant dans la production de lait. Elle a déclaré que, depuis 2012, la promotion de la culture fourragère a toujours été son combat de tous les jours.  Elle a, par ailleurs, estimé qu’il y a une variété intéressante de fourrage, le parasol,  qui donne des résultats probants aussi bien en termes de qualité nutritionnelle  qu’en termes de quantité de production.   Elle explique qu’une fois plantée, cette variété peut produire du fourrage tous les quinze jours, a-t-elle confié. Or, en matière de production laitière, au-delà des qualités génétiques de la vache, une alimentation suffisante et bonne  pèse beaucoup sur la quantité de lait  produite par l’animal. La formation permanente  des acteurs, couplée à une dynamique organisationnelle qu’offre l’approche coopérative a été mentionnée par le ministre Aminata Mbengue Ndiaye. Venus de des 14 régions du pays, les acteurs de la filière lait local ont émis le souhait  de relever le défi de la compétitivité du produit local dans le marché sénégalais.

Mbaye BA

 

L’élevage constitue une des mamelles de l’économie de la région de Kolda, mais la problématique de la transformation du lait reste encore un vrai défi.

Malgré les efforts consentis par l’Etat et les Ong pour la modernisation du sous-secteur de l’élevage dans la région de Kolda, la problématique de la transformation et de la conservation constitue encore un véritable casse-tête pour les acteurs de la filière lait. Même si aucune activité n’a été organisée à l’occasion de la journée nationale de l’Elevage qui a été célébrée ce vendredi, à Thiès, il n’en demeure pas moins que ces questions demeurent encore un vrai défi. Il faut dire que le manque de circuits de distribution et l’incapacité des producteurs d’assurer l’approvisionnement du marché en toute saison constituent également un des maillons faibles de la filière lait au Fouladou. On note, en effet, pendant l’hivernage, une surabondance de la production laitière au point que certains éleveurs sont obligés de déverser une partie de leur production alors que durant la saison sèche, les unités de transformation laitière installées dans la région tournent au ralenti, à cause du manque de produits. « Pendant l’hivernage, c’est un casse-tête, puisqu’on produit beaucoup de lait, mais on ne parvient pas à le vendre. On est même débordé et pendant la saison sèche, on n’en a pas assez. Je pense que seule la transformation peut résoudre ce problème. Actuellement, les quantités transformées dans notre unité tournent autour de 150 à 200 litres par jour », déclare Ibou Fall, président du Comité  interprofessionnel de la filière lait local et responsable de la laiterie «Le Fermier».

De nombreuses initiatives ont été prises au cours de ces dernières années, pour assurer la modernisation de la filière laitière dans la région de Kolda. On peut citer notamment la construction d’unités de transformation et de conservation du lait dans les départements de Kolda, Vélingara et Médina Yoro Foulah. La commune de Kolda compte, à elle seule, 24 unités de transformation qui assurent, en grande partie, l’approvisionnement du marché local en produits laitiers dont la qualité n’a rien à envier aux produits importés. Ces unités jouent également un rôle essentiel, dans la diversification de la production laitière notamment à travers la fabrication de sous-produits comme le fromage, très prisés par les consommateurs. Pour rappel, la région de Kolda qui compte près du quart du cheptel national de bovins, a produit, l’année dernière, 650 000 litres de lait, selon les données officielles.

Mamadou Aliou DIALLO

 

Le ministre de l’Elevage et de la Production animale, Aminata Mbengue Ndiaye, qui était à Thiès pour célébrer, jeudi,  la journée mondiale du lait, a invité les organisations d’éleveurs à s’investir dans la culture fourragère. Selon Aminata Mbengue Ndiaye,  la culture fourragère demeure un intrant déterminant dans la production de lait.

 « J’invite surtout les femmes, plaque tournante dans la filière lait, à porter le plaidoyer au sein de leurs organisations respectives »,  a déclaré le ministre de l’Elevage et de la Production animale, Aminata Mbengue Ndiaye, qui était à Thiès pour célébrer, jeudi,  la journée mondiale du lait.

Après avoir écouté avec attention les acteurs de la filière élevage, le ministre de tutelle a insisté sur l’engagement des organisations d’éleveurs dans la culture fourragère, un intrant déterminant dans la production de lait. Elle a déclaré que, depuis 2012, la promotion de la culture fourragère a toujours été son combat de tous les jours.  Elle a, par ailleurs, estimé qu’il y a une variété intéressante de fourrage, le parasol,  qui donne des résultats probants aussi bien en termes de qualité nutritionnelle  qu’en termes de quantité de production.   Elle explique qu’une fois plantée, cette variété peut produire du fourrage tous les quinze jours, a-t-elle confié. Or, en matière de production laitière, au-delà des qualités génétiques de la vache, une alimentation suffisante et bonne  pèse beaucoup sur la quantité de lait  produite par l’animal. La formation permanente  des acteurs, couplée à une dynamique organisationnelle qu’offre l’approche coopérative a été mentionnée par le ministre Aminata Mbengue Ndiaye. Venus de des 14 régions du pays, les acteurs de la filière lait local ont émis le souhait  de relever le défi de la compétitivité du produit local dans le marché sénégalais.

Mbaye BA

 

Le Premier ministre, Mouhammed Boun Abdallah Dionne, qui présidait hier la clôture de la troisième édition de la Conférence nationale sur le développement durable (Cndd), a indiqué que la réflexion engagée sur l’exploitation du pétrole et du gaz offre au Sénégal une opportunité de construire les fondements d’une émergence inclusive, sur les plans économique et social en prenant en compte les questions environnementales.

La troisième édition de la Conférence nationale sur le développement durable (Cndd) a pris fin hier après trois jours de travaux. Le Premier ministre a félicité le ministre de l’Environnement pour l’organisation réussie de cette édition, mais aussi l’apport des acteurs qui ont contribué à enrichir la réflexion autour du thème « pour une exploitation durable des ressources pétrolières et gazières ». Pour lui, le thème de cette année permettra d’ajouter une plus-value à l’opérationnalisation de la territorialisation du développement durable abordée lors des deux premières éditions. « Ma conviction profonde est que la réflexion que nous avons engagée sur l’exploitation du pétrole et du gaz nous offre une opportunité de construire les fondements d’une émergence inclusive sur les plans économique et social tout en prenant les questions relatives à la tension écologique, à la croissance verte », a assuré Mouhammed Boun Abdallah Dionne qui a salué les efforts réalisés pour la transparence dans le secteur des ressources naturelles et minéralières. « Nous attendons le gaz et le pétrole en 2021. Les enjeux économiques sociaux et environnementaux que soulèvent l’exploitation du pétrole et du gaz nécessitent une approche multisectorielle apte à dire les interdits, gage de gestion durable et pleine des ressources », a indiqué le Premier ministre. A son avis, « le Sénégal ayant compris très tôt cette approche holistique s’est engagé, depuis 2016, dans un processus d’installation d’une dynamique pour une gestion durable de ces ressources par la création, par Macky Sall, d’un Comité d’orientation stratégique du pétrole et du gaz (Cos petrogaz), chargé d’assister le chef de l’Etat et le gouvernement dans la définition, la supervision, l’évaluation et le contrôle de la mise en œuvre de la politique de l’Etat en développement de projets pétroliers ».

De même, a fait savoir Mouhammed Boun Abdallah Dionne, l’adhésion de notre pays à l’Itie en 2012 traduit l’ambition du président Macky Sall de faire de la bonne gouvernance une réalité dans la gestion des affaires publiques et de faire du secteur minier un modèle de croissance économique et de développement social. Pour le Premier ministre, l’instruction donnée par le président Sall de publier la totalité des contrats miniers et pétroliers a été matérialisée. L’adhésion à l’Itie a permis, poursuit-il, au Sénégal d’occuper, à la suite de la dernière évaluation du Conseil d’administration de l’Itie, d’être le champion de la transparence en Afrique et d’occuper la quatrième place mondiale. « Ces résultats nous confortent dans notre foi que le président accorde une très grande importance à la gestion transparente des ressources issues des industries extractives au mieux des intérêts de la Nation et au bénéficie exclusif de notre peuple », a-t-il dit. Il a enfin assuré qu’une attention toute particulière sera accordée aux recommandations formulées à l’issue des travaux.

Cadre régulateur
Le Premier ministre a précisé que l’exploitation des ressources gazières et pétrolières constituait un levier important pour propulser la croissance économique et le développement des pays. Cependant, a-t-il noté, elle peut générer des externalités négatives qui ont pour nom perte de la biodiversité, pollution des mers, déforestation, déplacement de populations. « Il nous faut bien prendre conscience de ces risques et développer ensemble des mécanismes efficaces afin de mieux protéger l’environnement marin et les populations », a laissé entendre le Premier ministre pour qui notre pays devra s’atteler à la mise en place d’un dispositif de veille environnementale et des mécanismes de concertation tout en privilégiant le dialogue avec toutes les parties prenantes autour du caractère économique de ces ressources.

Pour sa part, l’ambassadeur des Pays-Bas au Sénégal, Théo Peters, a insisté sur la nécessité « de créer un cadre régulateur, d’élaborer des politiques permettant au secteur privé d’investir sereinement » pour un développement durable du secteur. Le diplomate demeure convaincu que cette troisième Conférence nationale sur le développement durable (Cndd) est une « illustration de la volonté d’avancer sur la base des mêmes principes que sont la consultation, l’inclusion et la transparence ». « Le développement d’un projet si grand et si ambitieux comme celui du secteur du pétrole et du gaz requiert une coordination inclusive entre toutes les parties prenantes, une coopération étroite et des partages réguliers et ouverts des informations et des données », a-t-il fait savoir.

 

Pour un dialogue permanent entre les partenaires

Le directeur général de British Petroleum (Bp) Sénégal a, quant à lui, rappelé que « la gouvernance des ressources naturelles nécessite un « dialogue permanent et structurant », avec toutes les communautés. Géraud Moussarie s’est félicité du « travail remarquable et des progrès » réalisés par notre pays à travers l’Itie. C’est un aboutissement et nous en sommes fiers », a-t-il souligné. A l’occasion, il a assuré que sa compagnie est parfaitement en phase avec la volonté du Sénégal d’assurer la gouvernance de ses ressources conformément aux Objectifs de développement durable (Odd). Aussi, a-t-il fait remarquer, « le monde des hydrocarbures est en perpétuelle évolution, mais pour aller dans le sens que nous souhaitons tous, le projet de gaz sénégalais a besoin d’un dialogue permanent, mais aussi et surtout d’un environnement stable et de confiance mutuelle ». M. Moussarie estime que « nous devons aboutir à un gaz sénégalais compétitif à l’échelle internationale », tout en préservant la durabilité des ressources naturelles du pays. L’objectif, selon lui, « c’est d’établir au Sénégal une nouvelle industrie gazière qui tient sa place de choix dans un marché international très concurrentiel ».

Mise en œuvre des recommandations

Toutes les dispositions nécessaires seront prises, selon Pr Mame Thierno Dieng

A l’issue de trois jours de travaux, le Comité scientifique de cette 3ème édition de la Cndd a formulé des recommandations présentées hier par le Conseiller du Premier ministre Cheikh Ndiaye Sylla, chargé des sciences de l’environnement. Celles-ci se déclinent sur quelques axes : l’évaluation environnementale et la mise en œuvre de la Responsabilité sociétale de l’entreprise (Rse) par les entreprises, la gestion anticipée des pollutions, des risques et des catastrophes, un cadre de gestion et de suivi du milieu marin fonctionnel, l’éducation, la formation et l’information environnementale, la promotion de la recherche-développement dans le domaine pétrolier et gazier, la mise sur pied d’un cadre institutionnel juridique et financier, d’un fonds national de suivi et de prévention de lutte contre la pollution et les nuisances du secteur pétrolier et gazier, le suivi du milieu marin et côtier, etc. Pour sa part, le ministre de l’Environnement et du Développement durable, Pr Mame Thierno Dieng, a rassuré que « toutes les dispositions nécessaires seront prises pour la mise en œuvre de ces recommandations afin de préserver les Sénégalais des risques environnementaux liés à l’exploitation des ressources pétrolières et gazières ».

Samba Oumar FALL et Souleymane Diam SY

 

L’assainissement du portefeuille d’Ecobank Sénégal a-t-il connu une amélioration au courant de 2017 ?

Le portefeuille d’Ecobank Sénégal est performant et solide même si dans toute institution, le travail de suivi du portefeuille est de rigueur. Pour en témoigner, notre rentabilité continue de progresser depuis quelques années. De cinq milliards de FCfa en 2015, nous sommes passés à sept milliards de FCfa en 2016 pour finir à 10,198 milliards (de bénéfice net après impôts) en 2017.

Vous avez annoncé de bons résultats pour l’année 2017 ; quelles sont vos perspectives pour 2018 ?

Les perspectives pour 2018 sont bonnes. 2017 est une année de rupture, elle a permis à la banque d’asseoir sa stratégie de digitalisation, de consolider sa qualité de service pour notre clientèle.  En 2017, nous avons dégagé un total bilan de 715 milliards de FCfa, un niveau de dépôt en hausse de plus de 20 milliards de FCfa entre 2016 et 2017 et une croissance des crédits de plus de 10 %. Nous sommes en train de maintenir le même niveau d’agressivité sur le marché en 2018.  Et, en l’état actuel, nos perspectives sont bonnes, portées qu’elles sont par une conjoncture économique favorable.

Contrairement à sa filiale sénégalaise, la maison-mère Ecobank Transnational Incorporated (Eti) se portait mal il y a quelque temps, notamment à cause d’importantes créances douteuses au Nigeria. Peut-on s’attendre à une amélioration de la situation ?

Le groupe Eti, par sa taille, est l’un des principaux groupes bancaires en Afrique subsaharienne et leader sur le marché de l’Uemoa. C’est vrai que le groupe a connu un challenge pour son portefeuille mais un travail remarquable a été réalisé par le nouveau leadership du groupe en la personne de son directeur général, Ade Ayeyemi. La stratégie de gestion de la qualité du portefeuille au Nigeria porte déjà ses fruits avec la mise en place d’une structure de défaisance. Le niveau de recouvrement est de plus de 20 millions de dollars en 2017.

L’activité du groupe se porte bien. Le groupe Ecobank a pu dégager un résultat positif en 2017. Nous sommes passés d’une perte de près de 250 millions de dollars en 2016 à un résultat bénéficiaire de plus de 229 millions de dollars en 2017. Les perspectives sont bonnes pour 2018, le groupe est en pleine progression tout comme Ecobank Sénégal.

Quelle est l’évolution des dépôts de la clientèle ?

Nous avons connu une croissance de dépôts de près de 20 milliards de FCfa pour l’exercice 2017, soit un peu plus de 5 %.

On reproche souvent aux banques de ne pas financer suffisamment l’économie. Quel est votre apport sur ce point ?

Si l’on se conforte aux chiffres du Sénégal pour l’année 2017, on peut dire qu’Ecobank Sénégal a consolidé sa présence sur le marché sénégalais avec la troisième place que nous occupons. Nous avons mis l’accent, cette année, sur les Pme-Pmi en plus de notre marché traditionnel des entreprises régionales, des multinationales. En 2014, nous lancions  Ecobank Sme Club,  une initiative du Groupe Ecobank, qui vise à accompagner les Pme locales à fort potentiel. En effet, nous pensons dans le groupe Ecobank que les Pme sont des relais de croissance essentiels en Afrique et que leur développement doit être au cœur de  la stratégie. En 2018, nous avons renforcé le concept  et avons élargi le club aux entreprises locales de taille plus importante. Nous accompagnons les Pme non seulement sur les marchés domestiques, notamment la commande publique, mais aussi sur les opportunités offertes par la sous-région. Les conventions signées avec le ministère du Commerce et des Pme/Pmi à travers le Bureau de mise à niveau, l’Adepme sont autant d’appui qui concourent à une meilleure adéquation entre les besoins des Pme et les attentes de la banque.
Le chiffre d’affaires confié à la banque par ces structures affiche une augmentation significative : De 27 milliards en 2014 à près de 36 milliards en 2017 avec un cumul d’accords de financement de l’ordre de 29 milliards de FCfa. Ce qui nous donne une moyenne annuelle d’à peu près cinq milliards, il y a quelques années, à neuf milliards par an. En 2018, nous allons continuer le développement et l’accompagnement de ces entreprises.

Ecobank s’est engagée à soutenir les Pme pour un meilleur accès à la commande publique en mettant à leur disposition trois millions de dollars. Quels sont les premiers résultats ?

La commande publique est un marché extrêmement important de plus de 1000 milliards de FCfa. Nous avons, tenu sur le sujet, deux séminaires respectivement en 2016 et tout dernièrement en février  de cette année, en partenariat avec le ministère du Commerce. Nous saluons  le ministre (du Commerce) Alioune Sarr pour tout le travail abattu et la prise en charge de la question. En termes de résultats, ils sont plutôt  satisfaisants. Nous tenions à avoir des entreprises opérant au Sénégal qui puissent être de vrais contributeurs sur ce marché. Nous avons une utilisation très intéressante de ce fonds d’un montant initial de trois millions de dollars et surtout un niveau de remboursement aux normes internationales et très peu de défaut (moins de 1%). Ce qui nous encourage à continuer cette initiative et à augmenter cette enveloppe au cours des prochaines années afin de permettre à plus d’opérateurs sénégalais d’avoir accès à la commande publique et d’exporter leur savoir-faire dans la sous-région.

Comment gérez-vous les faiblesses des Pme comme leur manque de normalisation, leur précarité ?

Nous n’avons pas la capacité d’accompagner l’ensemble des Pme qui sont au Sénégal. Lorsqu’on regarde l’outil économique, une grande partie des entreprises sont des Pme-Pmi. Mais nous avons essayé de leur créer un cadre afin qu’elles puissent bénéficier de notre expertise, de notre présence dans les différents marchés. Nous continuons ce travail d’accompagnement à travers les partenaires cités plus haut. Nous recevons plusieurs centaines de dossiers qui sont traités dans ces organismes. Nous allons reprendre ensuite ces dossiers pour un accompagnement bancaire et l’expansion de ces entreprises dans la sous-région. Nous faisons bénéficier aussi à ces entreprises des partenariats que nous signons avec des organismes internationaux (Agf, Usaid…) qui veulent accompagner ces Pme-Pmi avec qui nous avons lancé des programmes dont le dernier est le Daca. Nous continuons, à travers ces partenaires, à mettre à la disposition des Pme-Pmi des outils pour leur permettre de bénéficier d’un accompagnement financier. Afin de répondre aux besoins de ces Pme, nous avons intégré, avec succès, les outils de scoring du programme de labellisation dans le processus de décision de la Banque.

Ecobank Sénégal a-t-elle réussi le passage à Bâle II et Bâle III ?

Oui, tout à fait. Bâle II et Bâle III sont au cœur de notre attention ainsi que le nouveau plan comptable bancaire (Pcb ou Plan comptable bancaire révisé). Il faut saluer la flexibilité et la compréhension de la Banque centrale qui a pris les devants pour informer, préparer et former les banques à cette transition.  Sur le plan local,  nous avions pris les devants et sommes prêts, non seulement pour le Plan comptable bancaire, mais également Bâle II et Bâle III. Nous envisageons un impact très marginal sur notre portefeuille de créances puisque toutes les mesures ont déjà été prises pour se conformer à ces nouvelles normes.

Les craintes de hausse de 20 % des créances douteuses au Nigeria que pourraient faire peser ces normes sont-elles justifiées ?

Cela faisait partie des analyses préventives qui ont été faites par le groupe concernant le Nigeria. Des actions vigoureuses ont été prises l’année dernière en vue d’améliorer les performances du portefeuille au Nigeria avec la création d’un véhicule de résolutions qui a permis d’extraire un certain nombre de créances et d’en faire un traitement particulier, ce qui a permis à la filiale du Nigéria de renouer avec de bonnes performances, avec la rentabilité. Au Sénégal, nous avons pris les dispositions pour nous mettre à niveau par rapport à Bâle II et Bâle III. L’impact sera très marginal pour ne pas dire inexistant sur notre portefeuille.

La digitalisation a pris de l’importance au sein du groupe Ecobank. Qu’est-ce qu’elle change pour le client ?

La digitalisation est un axe stratégique du groupe, initiée par notre directeur général,  Ade Ayeyemi. Nous avons donc résolument emprunté la voie de l’Innovation avec le lancement de « Ecobank Mobile »,  notre réponse à l’évolution de la société qui est devenue numérique et, par conséquent, a nécessité le renouvellement de notre approche clientèle et de notre modèle économique. Ecobank est mobilisée pour rendre la banque plus simple et plus accessible. Le but étant d’éviter à nos clients de se déplacer chaque fois que besoin est d’interagir avec la banque. Le groupe a fait des investissements importants sur la plateforme technologique et la sécurité. Les résultats sont significatifs. A l’échelle du groupe, nous avons plus de quatre millions d’abonnés sur Ecobank Mobile. En ce qui concerne le Sénégal, nous cumulons depuis l’existence de la banque à peu près 220.000 clients traditionnels. Nous avons commencé la banque digitale l’année dernière et avons déjà 400.000 nouveaux clients utilisant cette plateforme digitale. C’est un bond extrêmement important quand on sait que le niveau de bancarisation est de seulement 17 % au Sénégal (hors Sfd et telecom).

Ecobank s’est lancée aussi dans le transfert rapide d’argent. Ne craignez-vous pas la forte concurrence dans ce secteur ?
RapidTransfer se porte très bien. Ce que nous apportons, c’est la fiabilité, et la facilité d’utilisation à travers nos canaux alternatifs (Application Mobile, Ordinateurs, Distributeurs Automatiques, agences et partenaires) .

Un organe de presse a fait récemment état d’un scandale selon lequel 320 millions auraient été siphonnés du compte d’un client de votre banque. Quelle est votre version des faits ?
Je dois préciser tout d’abord qu’Ecobank n’est pas une maison hermétique. Nous communiquons souvent à l’endroit du public et sommes ouverts à la presse. Nous constatons cependant que des articles sont produits régulièrement sur des évènements qui impliqueraient la banque sans notre version des faits. Ceci entraîne, bien entendu, beaucoup d’imprécision sur ces informations et un manque de distance certain.

Par notre position de banque qui gère plus de 600 milliards émanant de centaines de milliers de déposants, nous faisons forcément face, à certains moments, à des réclamations. Certaines sont fondées et d’autres ne le sont pas. Par ailleurs, chaque jour, en tant que banque, nous sommes confrontés à des tentatives de fraude. Notre système et l’organisation interne mise en place permettent de limiter au maximum ces agressions d’une part et d’autre part nous avons mis en place des mesures de protection et de garantie de l’argent de nos clients.

Ce que je peux préciser en plus, c’est que les dépôts de nos clients sont sécurisés et que la banque bénéficie non seulement de sa présence solide dans le marché sénégalais mais également du soutien d’un groupe panafricain et de partenaires de renommée internationale (assurances…).

Les étudiants boursiers se plaignent de difficultés pour percevoir leur bourse auprès d’Ecobank. Que comptez-vous faire pour améliorer ce service ? (l’entretien a été réalisé avant les récentes réclamations des étudiants)
C’est un programme extrêmement important et complexe, qui mobilise toute notre énergie pour le paiement de plus de 100.000 bénéficiaires de bourses aujourd’hui. En 2011, nous payions un peu plus de la moitié. L’évolution de l’effectif montre tous les impacts auxquels nous faisons face en termes opérationnels, de coûts de gestion et de distribution, de qualité de service.

C’est à ce titre que nous avons, en plus des cartes bancaires distribuées aux étudiants, externalisé le paiement des bourses à des opérateurs privés sur le marché. Cette externalisation nous a permis d’étendre le réseau de distribution, autrefois uniquement cantonné aux Gabs, et agences Ecobank à plus de 15.000 points de ventes de partenaires privés. Aujourd’hui, n’importe où au Sénégal, un étudiant a la capacité de retirer sa bourse.

Toutefois, nous ne cesserons de travailler sur la qualité du service que ce soit chez les partenaires ou sur le réseau Ecobank.  Dans la gestion des réclamations, nous avons lancé un site web qui permet aux étudiants de poster leurs réclamations sur les paiements et d’avoir une réponse dans les 48h.

Nous continuons de multiplier les innovations à partir de la technologie, élément indispensable pour satisfaire un programme aussi important. En effet, il faut avoir la capacité sur demande de l’Etat, de pouvoir en 48h, mobiliser tout le système pour mettre à la disposition de 100.000 étudiants leurs allocations, tout en respectant les normes de sécurité. De nombreuses initiatives sont en cours de mise en œuvre (disponibilité de fonds sur les comptes mobiles pour les étudiants, utilisation de codes de retrait, Ecobank Qr pour les paiements auprès de commerces…).

Ecobank Sénégal, c’est combien d’agences et d’employés ?
Ecobank, c’est 34 agences disséminées un peu partout au Sénégal et à peu près 450 employés à 99,99 % sénégalais.


Propos recueillis par Malick CISS


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