banner home page1

Pour vos insertions, contactez la Régie publicitaire de la SSPP Le Soleil

Affaires et Finances (1631)

Le haras national de Kébémer et celui du Quesnay en France ont scellé une convention de partenariat qui ouvre de belles perspectives à la filière équine au Sénégal.

Tout est parti d’un passionné du cheval et des courses hippiques, Ndiaga Sarr. Lougatois et grand voyageur, c’est lui qui a rencontré et convaincu Christiane Head-Maarek, icône de l’international hippique, à venir au Sénégal. Une démarche payante : Mme Maarek, propriétaire du prestigieux haras du Quesnay en France et Dr Mamadou Barro, directeur général du haras national du Sénégal, ont signé une convention de partenariat. Une convention qui ouvre de réelles perspectives à la filière équine. Des échanges d’expériences et d’expertises sont en vue.

Le haras du Quesnay assurera une assistance pour le renforcement et la mise à niveau du plateau technique et se chargera de répondre aux besoins du haras national en matière de formation et de perfectionnement : échographie, maréchalerie, insémination artificielle congelée, médecine, diagnostic et chirurgie équine. Mieux, le haras du Quesnay aidera au renforcement des effectifs des reproducteurs du haras national par la mise à disposition d’étalons et de juments de race pure. Avant de parapher le document qui lie désormais les deux institutions, Dr Barro a fait visiter à Mme Mareek toutes les installations du haras national : l’écurie des étalons, celle des juments, le service de reproduction, la clinique vétérinaire, la maréchalerie et le magasin de paille.

« Plus de sang de cheval que de sang humain »
Occasion donnée aux responsables de chacune de ces entités de partager et d’expliquer. Tous ont mis le doigt sur les difficultés, les atouts et les projets. Bien évidement, Christiane Head-Maarek qui ne vit que pour le cheval écoutait attentivement. Main droite dans la poche, elle ne cessait de poser des questions, donnant parfois de bienveillants conseils. Et quand Dr Barro a repris la parole pour dire que la visite était terminée, Mme Maarek n’en revenait pas. « Oh lala, déjà », s’exclama-t-elle. Elle voulait encore et encore savoir sur le haras national.

En réalité, Mme Maarek est comme ça : elle ne sent pas le temps passer quand on parle de cheval. « Pour dire vrai, je suis séduite par la qualité de vos infrastructures », a laissé entendre Christiane Head-Maarek, s’adressant au Dr Barro. Note d’une experte. Le haras national peut compter sur son expérience et sa générosité. « Si je n’avais pas reçu de soutien et d’assistance, je n’allais pas faire tout ce que j’ai pu faire. Donc, oui je vais vous aider », a assuré Mme Maarek. Il ne pouvait en être autrement. Dans ma famille, dit-elle, « on a plus de sang de cheval que de sang humain ». C’est que Christiane Head, mariée à Gilles Maarek, journaliste hippique au « Parisien », quotidien français, vient de l’une des plus grandes dynasties du sport hippique. Elle est une marque reconnue sur les hippodromes du monde entier. Avec un parcours tout simplement impressionnant : plus de 3000 courses gagnées dont 80 Groupes 1, c’est-à-dire les plus importantes et les mieux dotées. Mieux, Mme Maarek reste la seule femme à avoir remporté la plus célèbre des courses : le mythique prix de l’Arc de Triomphe. « C’est cette grande professionnelle, qui est également membre du conseil d’administration de France Galop et présidente des syndicats français et européen des entraîneurs de chevaux de galop que le haras national du Sénégal a le privilège de recevoir dans ses mûrs.

Un grand honneur pour tous les éleveurs et passionnés de cet animal exceptionnel qu’est le cheval », s’est réjoui Dr Barro, qui compte beaucoup sur l’appui de Mme Maarek et de son prestigieux haras pour réaliser son ambition : faire du haras national du Sénégal un centre de référence en reproduction et une véritable industrie du cheval.


1 516 juments inséminées en 4 ans
Malgré ses difficultés qui ont pour noms manque de reproducteurs, déficit de matériel et faiblesse des moyens, le haras national mène plusieurs activités essentiellement orientées vers l’amélioration génétique de la race chevaline et de la clinique équine. Des campagnes de vaccination contre la peste équine y sont périodiquement menées. Le centre réalise aussi de nombreuses inséminations. 1.516 juments ont été inséminées entre 2013 et fin 2016. Véritable lieu de partage de savoir et de savoir-faire, le haras national accueille aussi des dizaines d’étudiants stagiaires de l’École des Sciences et Médecine Vétérinaires de Dakar, de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis et de l’Université Alioune Diop de Bambèye. « Ce qui renforce davantage la notoriété du haras », convient le directeur général Dr Mamadou Barro qui est formel : en assurant de nombreux services relatifs à l’amélioration génétique des races locales, à la clinique équine, à l’appui-conseil en faveur des éleveurs, au bien-être du cheval, à la formation et à des activités qui lui sont connexes (écotourisme), le haras national contribue « incontestablement » au développement socioéconomique du pays. 

Abdoulaye DIALLO

Le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan a révélé, hier, que la diaspora contribue, chaque année, à hauteur de 950 milliards de F Cfa dans l’économie nationale. Pour Amadou Bâ, la diaspora mérite plus de 15 députés à l’Assemblée nationale. « C’est pour montrer que tout cela se tient, c’est cohérent. Il est impossible d’avoir une politique économique crédible et viable sans prendre en compte la diaspora », a commenté le ministre de l’Économie, avant de saluer « la pertinence et la cohérence de la politique économique du chef de l’État ».

S. D. SY

Le Comité de la balance des paiements a organisé, hier, la Journée annuelle de diffusion des comptes extérieurs du Sénégal, en présence du ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ. Il a, à cette occasion, magnifié les résultats encourageants de la balance de paiements du Sénégal dont le solde global est ressorti excédentaire de 160,5 milliards de F Cfa.

Le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ, a magnifié, hier, les résultats encourageants de la balance de paiements du Sénégal au titre de l’année 2015. Il présidait la neuvième Journée de diffusion des comptes extérieurs du Sénégal, portant sur « l’évolution du commerce extérieur au sein de l’Uemoa : évolutions récentes et perspectives ». Les données fournies par le Comité de la balance de paiements, en partenariat avec l’Agence nationale de la Bceao, montrent que le solde global de la balance des paiements est ressorti excédentaire de 160,5 milliards de FCfa, après 217,9 milliards de FCfa en 2014. Cette évolution résulte principalement, selon le ministre de l’Économie, du déficit du compte courant, en liaison avec l’atténuation continue du déficit du compte commercial ressorti à 1.274,4 milliards de FCfa contre 1.383,2 milliards de FCfa en 2014 et 1.471 milliards de FCfa en 2013.

A cet égard, a-t-il relevé, « le déficit du compte courant rapporté au Pib s’est encore amélioré pour la quatrième année consécutive en s’établissant à 6,9 % contre 8,8 % en 2014, 10,4 % en 2013 et 10,7 % en 2012 ». Selon les estimations, il serait attendu à 5,7 %, soit une baisse de plus de la moitié de son niveau en cinq ans, dit-il. Pour Amadou Bâ, cette situation ne doit pas masquer les efforts à poursuivre pour atténuer le déficit structurel du compte courant. D’où l’intérêt, selon lui, du thème retenu pour cette rencontre. Les échanges devront susciter, à son avis, des réflexions à mener sur les politiques économiques « à mettre en œuvre, afin de réduire sensiblement le degré de dépendance extérieure du pays, dans un contexte de mise en œuvre du Plan Sénégal émergent (Pse) ».

La balance de paiement, un outil important d’aideà la décision
S’agissant de la balance des paiements, il a rappelé qu’il est un « outil important d’aide à la décision » et constitue le « reflet de la situation réelle d’un pays à économie ouverte, de sa capacité à entretenir des relations économiques et financières ordonnées avec le reste du monde ». « Elle permet, a-t-il expliqué, à un pays, une insertion dans les courants d’échanges internationaux, et reflète l’état et l’évolution de son besoin ou de sa capacité de financement ». Le ministre de l’Économie a ainsi exhorté la direction du Commerce extérieur, membre du Comité national, qui a présenté le thème de cette rencontre, à fournir à la Bceao, dans les délais fixés, des réponses de qualité sur les relations entretenues avec l’extérieur.

« La fiabilité des données collectées permet d’apprécier davantage le dynamisme de l’économie dans le but de concevoir des politiques appropriées visant à encourager et à orienter les actions d’investissement aussi bien du secteur privé que du secteur public », a noté M. Ba qui s’est aussi réjoui du fait que le Comité national ait déjà validé les balances des trois premiers trimestres de l’année 2016. Pour sa part, le directeur national de la Bceao, Ahmadou Al Aminou Lô, a indiqué que « la politique économique de notre pays est sur la bonne voie ». Mais il faut, a-t-il ajouté, « accélérer le rythme, la cadence ». La réduction du déficit de la balance de paiements passe, à son avis, par l’augmentation des exportations et surtout par la diminution des importations. Dans cette perspective, a laissé entendre le directeur national de la Bceao, « le potentiel des ressources naturelles du Sénégal devrait être davantage exploité et les programmes d’investissement intensifiés avec un accent particulier sur le Partenariat public-privé (Ppp) pour une meilleure contribution des nouvelles filières exportatrices à la croissance économique ». A terme, souligne-t-il, « nous espérons avoir une balance excédentaire lorsque le Sénégal commencera à exporter son pétrole, et si la production est à la hauteur des espérances ».

Intégration économique : Le directeur national de la Bceao juge le commerce intra-Uemoa faible
Le Sénégal est la deuxième économie après la Côte d’Ivoire dans l’espace de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Il est l’un des pays les plus actifs en commerce au sein de la zone. Cependant, a déploré le directeur national de la Bceao, Ahmadou Al Aminou Lô, « le commerce intra-Uemoa reste faible ». « Lorsque vous prenez le total des exportations des huit pays comparé aux flux à l’intérieur de l’Union, il ne représente que 17 % », a-t-il regretté, alors que « ce qui caractérise une zone monétaire, c’est le commerce intra-zone ».
 
L’autre indicateur non moins important reste la mise en œuvre depuis le 1er janvier 2000 d’une Union douanière marquée par un régime de libéralisation des échanges intracommunautaires. A ce niveau, a constaté M. Lô, « l’intégration commerciale au sein de la zone s’avère toujours faible comparativement aux potentiels d’échanges commerciaux entre pays partageant une même monnaie et des politiques communes ». Selon lui, les effets attendus d’une Union douanière tardent à se manifester pleinement. La zone Uemoa devra, à ses yeux, « consolider et élargir ses parts de marchés dans les échanges internationaux ».

Souleymane Diam SY

Lors de du panel portant sur le thème : « Le Pudc comme modèle d’accélération du développement national et de réalisation des Odd », s’il y a eu un point sur lequel les différents panélistes ont été unanimes, c’est celui-ci : le Pudc est un bon levier qui peut permettre d’atteindre les Objectifs de développement durable.

Dans sa communication, le Dr Moubarack Lô a fait le constat que les modèles du développement, jusqu’ici mis, en œuvre au Sénégal et dans la plupart des pays africains n’ont pas permis d’améliorer fortement la qualité de vie dans le monde rural. « Les différentes initiatives menées se sont révélées inefficaces pour réduire fortement la pauvreté rurale, en raison du maintien d’un haut niveau de croissance démographique, de l’importance du «gap» de pauvreté à combler ainsi que de l’inadaptation de l’approche mise en œuvre pour lutter contre la pauvreté », a-t-il dit. D’où l’urgence, selon l’économiste, de « repenser les choix de développement national ». C’est en ce sens que, pense M. Lô, le Pudc est pertinent. « Il est conforme à l’axe 2 du Plan Sénégal Émergent à savoir l’amélioration du bien-être des populations à travers la protection des groupes vulnérables et l’accès aux services sociaux de base et les innovations qu’il apporte sont des facteurs d’accélération du développement rural », a-t-il estimé, ajoutant que « ses principes directeurs sont novateurs, qu’il est une contribution avérée à l’atteinte des Odd et qu’il a des atouts certains par rapport aux modèles et aux modalités classiques de gestion du développement national ». Plus qu’un modèle, Dr Moubarack Lô souligne que le Pudc « c’est un esprit ».

Mieux encore, le Pr Mamadou Kamara de l’université Gaston Berger de Saint-Louis souligne que « le Pudc est un état d’esprit ». Grand seigneur, lui qui était dans le camp des sceptiques quand la mise en œuvre du Pudc a été confiée au Pnud au détriment de l’administration centrale, a reconnu que ce choix était bien judicieux. Convaincu par les premiers résultats sur le terrain, l’enseignant-chercheur estime que le Pudc constitue « un atout majeur pour l’aménagement du territoire, la protection de l’environnement et le développement durable ». « Le Pudc est donc un modèle de développement local, une véritable révolution tranquille conçu à partir de la base et qui se propage au supérieur. Il doit devenir l’une des clés du succès de la réforme de l’Acte 3 de la décentralisation et de la construction de la cohésion sociale et territoriale de la Nation.

Abordant sa communication sur l’angle du Genre, la sociologue Fatou Sow Sarr, a déclaré que le Pudc est un « exemple à suivre » car, avec ce programme, pour une fois, l’adage qui veut que « les Sénégalais réfléchissent, les autres mettent en valeur », est démenti. Dans un contexte de décentralisation et d’avènement de la parité, le Pudc est une réelle opportunité, au-delà de l’autonomisation, de « jeter les bases d’une société égalitaire et respectueuse de la dignité humaine », a-t-elle dit. C’est pourquoi, avec les opportunités d’entreprenariat qu’offrent les pistes de désenclavement, elle a appelé le Pnud à injecter une partie de ses frais de gestion en faveur des femmes afin de leur permettre de participer aux compétitions à égalité avec les hommes. « Les actions posées par le Pudc en faveur des femmes en termes d’autonomisation leur ont permis d’avoir un gain de temps qu’elles pourront investir dans d’autres activités créatrices de richesses. Malheureusement, les femmes ne partent pas à égalité avec les hommes », a-t-elle remarqué.

Modèle de réussite
EleveursUn homme parti de rien et qui, aujourd’hui, se présente comme l’un des plus grands capitaines d’industrie sénégalais, c’est bien Babacar Ngom, président du Groupe Sedima. D’un investissement de 60.000 Fcfa en 1976 dans l’achat de 120 poussins, il en est, quarante ans plus tard, à un capital de 2 milliards de Fcfa pour un chiffre d’affaires de 32 milliards de Fcfa. Animant le sous-thème relatif au rôle du secteur privé dans l’accélération du développement économique et social, M. Ngom a indiqué que le plus important, pour lui, ce n’est pas d’avoir réussi à faire des résultats comptables à neuf chiffres mais plutôt d’être parvenu à créer une filière alimentaire employant des centaines de Sénégalais. « Produire ce que nous mangeons est un acte de souveraineté et manger ce que nous produisons est un acte de civisme », a-t-il lancé. Partant du postulat que l’État ne peut pas tout faire, le patron de Sedima soutient que les opérateurs économiques doivent être encouragés à s’investir davantage dans le développement de l’initiative privée pour créer de la valeur ajoutée et se positionner parmi les acteurs du développement du Sénégal. C’est pourquoi, a-t-il ajouté, des initiatives comme le Pudc doivent être fortement encouragées et démultipliées du fait de leurs retombées positives sur les entreprises du secteur privé. Par ailleurs, M. Ngom a fait un vibrant plaidoyer pour le développement de l’agriculture, fondement de l’agro-industrie.

Accélération des procédures, gestion efficace, ancrage institutionnel…Ces préalables pour la réussite de la mise en œuvre du programme
La session portant sur la capitalisation du Pudc a permis de revenir sur les leçons apprises dans sa formulation, sa mise en œuvre, sa pérennisation et sur ses bonnes pratiques.

En 2015, le gouvernement du Sénégal, avec l’appui technique du Pnud, a décidé d’élaborer et de mettre en œuvre le Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc) dans le but de lutter contre les inégalités sociales entre les populations rurales et urbaines quant à l’accès aux services sociaux de base et aux ressources nécessaires à l’amélioration des conditions et du cadre de vie en milieu rural, à travers la mise en place d’infrastructures socioéconomiques.

Ainsi, au deuxième jour de l’atelier régional de capitalisation sur le Pudc, la première session a porté justement sur le thème central de cette rencontre. Il s’est donc agit, au cours de ce panel, de revenir sur le processus de formulation de ce programme, sur sa mise en œuvre et sa gestion, sur sa pérennisation et sur les bonnes pratiques. Il ressort des échanges que la réussite d’un tel programme d’urgence passe par une mise en œuvre accélérée utilisant des procédures allégées tout en respectant la qualité.

Mais encore faudrait-il que certains préalables soient réunis, selon Ngoné Sow du Pnud. Ceux-ci ont pour noms : leadership du gouvernement, engagement, pro-activité, innovation et confiance. « Tous ces aspects ont été au rendez-vous pour la bonne formulation du Pudc », a déclaré la chargée de communication de Pnud Sénégal. En effet, le Pudc est basé sur une approche par la demande qui permet de répondre aux préoccupations réelles des populations, la mise en cohérence entre les données issues des besoins exprimés et les résultats du profil de pauvreté, une cartographie détaillée des besoins, un ciblage détaillé permettant de hiérarchiser les besoins des populations rurales et de les rationaliser en tenant compte des actions des partenaires au développement…

Approche par la demande et par les communautés
Forage TéssékéréCependant, un tel programme ne peut être conduit sans un dispositif et des outils de gestion efficaces. Dans sa présentation, Mathieu Ciowela, Directeur Pays Pnud Sénégal, est largement revenu sur cet aspect. Le premier acte fondateur a été la mise en place d’un cadre juridique. Il a été suivi par la tenue d’un Comité d’examen et de validation présidé par le Premier ministre. Pour M. Ciowela, le partenariat entre le gouvernement et le Pnud illustre la manière dont l’expertise, les ressources gouvernementales et celles des agences internationales de développement peuvent être mises en commun pour créer une synergie et répondre efficacement aux problèmes de développement des pays émergents et en développement. Il a rappelé que le Pudc est exécuté dans le respect des règles et procédures du Pnud telles que définies par les politiques de gestion des programmes et opérations (Popp).

Abordant la question de la pérennisation, la consultante Coumba Fall estime que celle-ci et la viabilité des investissements constituent les plus grands défis du Pudc. « Permettre aux villages d’accéder à l’eau, à l’électricité et aux équipements post-récolte et de transformation, et tracer des routes pour relier les villages aux infrastructures sanitaires et éducationnelles n’est pas en soi une nouveauté. La particularité du programme, c’est son ancrage institutionnel, son intégration dans les plans et programmes de la plupart des ministères techniques, les procédures transparentes d’urgence utilisée par le Pnud et sa volonté d’innover par la valorisation intégrée des investissements par une approche chaîne de valeurs », a-t-elle dit.

Au regard de tout ce qui précède, l’Expert Chaîne de valeurs, Ibrahima Dia, a identifié quelques bonnes pratiques que chaque pays intéressé par ce modèle de programme d’urgence à caractère socioéconomique pourrait s’approprier. Il s’agit du développement d’une approche par la demande et par les communautés, de l’articulation des projets d’investissement des ministères et le Pudc, du partenariat novateur public-privé-communautés pour l’accès à l’eau, de la mise en place d’un mécanisme de suivi-évaluation géoréférencé, de l’approche simultanée dans la mise en œuvre des activités, du benchmarking des pratiques en termes de coûts et de délais, de la communication stratégique sur les résultats, le processus et la mobilisation des ressources…

Elh. I. THIAM


Le Togo à l’école sénégalaise du Pudc
Au moins, sept pays de la sous-région ouest-africaine, selon le Pnud, ont fait part de leur volonté de s’inspirer du Pudc, devenu désormais un label sénégalais. Le Togo est le premier à adopter ce modèle.

Le Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc) élaboré par le gouvernement et mis en œuvre par le Pnud fait des émules. Aujourd’hui, selon cette agence du Système des Nations Unies, au moins sept pays de la sous-région ouest-africaine ont fait part de leur volonté de s’inspirer de ce programme. « Le caractère innovant de ce programme a incité le Pnud à vouloir le labelliser pour répondre à la sollicitation de nombreux pays désireux de s’en inspirer et/ou de reproduire le modèle’, lit-on ainsi dans un document de présentation. Si parmi les dix-huit pays représentés à l’atelier régional de capitalisation, les 17 sont venus en prospection, pour le Togo, on est déjà en plein dans la phase de mise en œuvre du modèle du Pudc. En novembre 2016, c’est une délégation de haut niveau conduite par le ministre d’État, ministre des Finances du Togo qui est venu au Sénégal pour comprendre le concept et le processus de ce modèle. Au cours de ce séjour, la délégation a rencontré et le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ et le président de la République Macky Sall pour des séances de travail. Ainsi, le Togo s’est inspiré de l’expérience du Sénégal (mêmes principes directeurs, mêmes modes opérateurs), mais avec quelques innovations en rapport avec les réalités et les spécificités propres à ce pays.

La pauvreté régresse
Nguinté moulins PudcMise en œuvre depuis juin 2016, ce programme, comme au Sénégal, bénéficie de l’appui technique du Pnud. Il compte quatre composantes : développement d’infrastructures et d’équipements socioéconomiques de base ; renforcement de capacités institutionnelles des acteurs nationaux et locaux ; développement de entrepreneuriat rural et développement d’un système de géolocalisation des infrastructures. Pour mener à bien ce programme, le gouvernement togolais a dégagé un budget de 155 milliards de FCfa. Mais contrairement au Sénégal, il sera déroulé aussi bien en milieu rural qu’en milieu urbain. Ainsi, 23 préfectures sur les 35 que compte le Togo sont concernées, en plus de 5 villes et de 15 quartiers du Grand Lomé.
Ce choix s’explique par la montée de la pauvreté en milieu urbain, a indiqué Mme Khardiata Lô Ndiaye, Représentante-résidente du Pnud au Togo. « Les zones choisies ont été longtemps marginalisées, très peu desservies par les projets et programmes en cours. Parce que la dernière enquête qui a été faite au Togo montre que même si la pauvreté est endémique, elle a beaucoup régressé quand même en milieu rural par contre, elle a augmenté dans les quartiers pauvres et les zones périphériques. C’est la raison pour laquelle, il était indispensable, pour le Pudc Togo, d’embrasser ces zones urbaines particulièrement défavorisées », a-t-elle souligné.

Après 10 mois de mise en œuvre, les premiers résultats commencent à s’afficher sur le terrain. A partir des leçons apprises de la mise en œuvre du Pudc au Sénégal, nous avons essayé d’économiser sur certaines étapes de sorte que la mobilisation de l’expertise internationale nous a permis, tout de suite, de partir de la documentation existante pour satisfaire les besoins urgents. Cela nous a permis de sélectionner des entreprises pour la réalisation de 400 km de pistes. Aujourd’hui, nous en sommes à plus de 20 % de réalisation. Il en est de même pour les infrastructures scolaires et de santé. Nous avons, en moins de six mois, lancé la construction de 229 salles de classes, de 100 blocs latrines, de 16 centres de santé accompagnés d’ambulances, de véhicules de supervision », a confié Ali Tagba, Coordonnateur national du Pudc Togo. Qui ajoute : « Quand une expérience est bonne, on ne doit pas se faire prier pour se l’approprier ». C’est fort de ce paradigme qu’à peine le Pudc a démarré au Sénégal, le gouvernement togolais, après échanges de hauts niveaux, a jugé bon d’expérimenter ce programme au Togo. Ainsi, Mme Ndiaye n’a pas manqué de saluer l’esprit « magnifique » de coopération et de collaboration qui a existé entre le Sénégal et le Togo, assimilant le Pudc à un « vecteur de coopération sud-sud ». Les performances qu’enregistre le Pudc au Sénégal et au Togo, ont commencé à donner des idées à certains pays de la sous-région comme le Mali et le Niger qui réfléchissent déjà à l’adopter et à l’adapter pour répondre aux besoins urgents de leurs populations.

D’ailleurs, le ministre nigérien du Développement communautaire et de l’Aménagement du territoire, Amani Abdou a indiqué que les leçons apprises à Dakar vont certainement accélérer l’élaboration et la mise en œuvre d’un modèle du Pudc dans son pays. « Nos deux pays font face aux mêmes défis, donc le Niger pourrait bien s’en inspirer », a-t-il dit.

Elhadji Ibrahima THIAM

Harouna Dia, Conseiller special du président de la République : « C’est une fierté de voir le Pudc prendre une dimension internationale »
Très impliqué dans la conception et l’élaboration du Pudc, le Conseiller spécial du président de la République, s’est dit « fier » de voir ce programme prendre « une dimension internationale ». Harouna Dia a rappelé que le Pudc est né des besoins exprimés par les populations lors des tournées du président Macky Sall lorsqu’il était opposant. « Le Pudc n’est rien d’autre que la traduction en programme économique de ces besoins formulés par les populations. Et aujourd’hui, ce programme a dépassé tout ce qu’on pouvait espérer », a-t-il dit en marge du panel de clôture de l’atelier de capitalisation sur le Pudc. « On était optimiste, mais la vitesse d’exécution et l’adhésion des populations qui, partout, réclament le Pudc, nous surprennent et nous rendent fiers », a-t-il ajouté. Estimant que « tout est concret dans le Pudc », M. Dia qui se fait très discret dans les médias, s’est félicité que ce programme ait pu inspirer d’autres pays au point qu’on parle même de le labelliser. « C’est tout à l’honneur du président de la République Macky Sall », a-t-il dit.
 
Elhadji I. THIAM

Dans cet entretien, le Haut-commissaire de l’Omvs tire un bilan positif des 45 ans d’existence de l’organisation. Kabine Komara évoque également les défis à relever dans les domaines de la production, du transport et de la distribution d’énergie, de la navigabilité du fleuve Sénégal, entre autres, pour accélérer la réalisation des grands projets.


L’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal a bouclé, le 11 mars 2017, ses 45 années d’existence. A l’heure du bilan, ses réalisations et initiatives ont-elles répondu aux attentes placées en elles ?
Je réponds sans hésitation : oui ! La création de l’Omvs en 1972 résulte de la volonté des dirigeants des trois pays membres fondateurs (Mali, Mauritanie et Sénégal), rejoints en 2006 par la Guinée, d’appliquer une approche transfrontalière dans l’exploitation rationnelle des ressources, pour engager solidairement les investissements nécessaires, stimuler la croissance dans les pays et améliorer les conditions de vie des populations. Ensemble, ils recherchent des financements pour réaliser des investissements qu’il leur serait difficile, voire impossible de réaliser séparément. La réalisation des grandes infrastructures régionales permet une maîtrise progressive du fleuve et de tirer profit des multiples usages de l’eau. L’Omvs contribue à résorber le déficit énergétique des pays membres, à atteindre la sécurité alimentaire grâce au développement de l’agriculture irriguée et à la diversification des cultures, à lutter contre la pauvreté locale en appuyant un faisceau d’activités socioéconomiques au bénéfice des plus démunis.

Notre Organisation est un instrument stratégique dans le développement des États membres et dans la gouvernance mondiale de l’eau. Il faut comprendre que la disponibilité de l’eau crée des opportunités qui ont un impact bien au-delà du bassin du fleuve Sénégal. Prenons l’exemple du barrage de Diama construit en 1986, à 30 km de l’embouchure du fleuve, pour stopper les remontées d’eaux salées et stocker 500 millions de mètres cubes d’eau. Cette réserve d’eau permet certes l’agriculture irriguée sur les 2 rives, mais aussi approvisionne en eau potable les villes de Nouakchott à 100 % et de Dakar à 50 %.

Dans le domaine de l’énergie, grâce aux deux ouvrages hydroélectriques que nous avons réalisés, Manantali (800 GWh/an) et Félou (320 GWh/an), l’Omvs met à la disposition des États une énergie propre et bon marché puisqu’elle est cédée à un prix très avantageux aux Sociétés nationales d’électricité (moins de 40 FCfa le KWh, alors que le thermique produit est cédé à plus 100 FCfa). Nous avons formulé une politique énergétique commune (Pec) pour augmenter, améliorer et intégrer la production d’énergie pour les États membres. Ainsi, à l’horizon 2025, avec les trois barrages prévus en République de Guinée, (Koukoutamba, 297 MW, Balassa, 181 MW, et Boureya, 114 MW) et les deux au Mali (Gouina, 140 MW et Gourbassi 18 MW), nous pourrons générer, à moyen terme, 826 MW supplémentaires d’hydro-électricité. Avec ces réalisations et les projets en cours (Manantali 2) et prévus, notre réseau interconnecté de transport et de distribution d’énergie passera de 1.700 à 4.000 km. La Pec devrait donc contribuer largement à résorber le déficit énergétique dans nos pays et même permettre à l’Omvs d’exporter de l’Énergie dans la sous-région. Nous sommes, par ailleurs, en phase avancée de mobilisation du financement du barrage hydroélectrique de Koukoutamba, d’une puissance installée de 280 MW. Ce barrage qui est le plus grand site de l’espace Omvs sera le premier grand ouvrage de l’Omvs en Guinée. J’aimerais également évoquer le Projet de gestion intégrée des ressources en eau (Pgire 1 et 2), dont les montants d’investissements cumulés pour les deux phases atteignent 350 millions de dollars US. Il a permis à l’Omvs d’appuyer sensiblement les politiques nationales de sécurité alimentaire et de développement social. Ainsi, de nombreuses actions ont été menées pour l’augmentation des superficies aménagées, l’amélioration de l’irrigation (construction de canaux et faucardage d’axes hydrauliques envahis par le typha) et le développement de l’agroforesterie. Les appuis au secteur de la pêche ont été multiformes et à impacts socioéconomiques directs et sensibles. Avec ce projet, nous avons distribué plus de 4 millions de moustiquaires imprégnées à longue durée d’actions (Milda) et des millions de comprimés destinés à la lutte contre la bilharziose. C’est notre modeste contribution pour la santé des populations du bassin.

Avec les appuis de l’Afd et de la Fao, nous sommes en train d’actualiser le Plan d’actions régional pour l’amélioration des cultures irriguées. Nous organiserons, par la suite, une table ronde pour mobiliser d’autres financements pour appuyer le secteur agricole.

En permettant la mobilité des personnes et des biens, va certainement changer considérablement l’environnement économique et social dans nos pays, et, au-delà, dans la sous-région. Et ces résultats sont obtenus dans la solidarité, la concertation et la concorde, ce qui n’est pas ce dont nous sommes le moins fiers. Sans doute au regard des besoins de nos pays, tributaires d’une croissance démographique extrêmement rapide, il nous faut redoubler d’efforts pour être en phase avec les attentes exprimées par nos plus hautes autorités.

Le projet de navigabilité du fleuve Sénégal peine à se matérialiser. Quelles sont les actions mises en œuvre pour accélérer ce projet ?
En vérité, le Projet navigation est un volet d’un très grand projet d’infrastructures, le Système intégré de transport multimodal (Sitram), déclaré comme prioritaire par les chefs d’État et de gouvernement de l’Omvs. Il consiste en la réalisation d’infrastructures fluviales et routières complémentaires pour assurer le transport des biens et des personnes sur le bassin du fleuve Sénégal. La composante dédiée au transport fluvial dans le cadre du Sitram représente un coût d’investissement estimé aujourd’hui à 180 millions d’euros.

La navigabilité du fleuve Sénégal a toujours été notre ambition, mais elle avait jusque-là trop souffert du manque de financements pour sa réalisation. Pourtant, en vérité, l’Organisation n’a jamais cessé de se pencher sur ce projet. Depuis les années 2000, un certain nombre de jalons positifs a été posé avec la création, en 2011, de la Société de gestion et d’exploitation de la navigation sur le fleuve Sénégal, Sogenav, l’élaboration et l’adoption d’un Code international de la navigation sur le fleuve Sénégal, et surtout la réalisation des études techniques préliminaires indispensables.

Ces dernières années, la mise en œuvre du Sitram a connu un coup d’accélérateur. Avant la fin 2017, nous devrions disposer de toutes les études complémentaires relatives notamment à la réalisation du chenal navigable, du port fluviomaritime de Saint-Louis et du port terminus d’Ambidédi (Mali), de l’étude d’impact social et environnemental ; à la rénovation de l’écluse du barrage de Diama, etc. Nous avons financé, sur fonds propres, la réhabilitation des quais de Rosso en Mauritanie, Podor au Sénégal, et Ambidédi au Mali, futures escales dans le projet navigation. Ces investissements pourront d’ores et déjà booster la navigation saisonnière existante, en attendant le financement requis pour l’aménagement total du chenal et la réalisation de toutes les infrastructures prévues.

Enfin, nous sommes en contact avancé avec Afcons, une Société indienne spécialisée dans le montage et la réalisation de projets d’aménagement et d’infrastructures dans les domaines des travaux maritimes et des grands travaux de génie civil. Afcons nous a adressé des offres techniques et financières et proposé un schéma de financement innovant basé sur un crédit acheteur d’Eximbank Inde. Le processus de mise en œuvre des Accords avec Afcons et de mobilisation de financement d’Eximbank Inde est en cours. Au cas où son offre serait jugée conforme pour l’essentiel, il sera procédé à une séance de négociations afin de déterminer le coût définitif du projet. Cette procédure ouvre, à coup sûr, une nouvelle ère au Projet Navigation, et sa réalisation à l’horizon 2019.

L’Omvs a été sacrée en 2015 meilleur organisme de gestion intégrée de ressources en eaux, à l’échelle du monde. Qu’est-qui vous vaut, concrètement, cette haute distinction ? Que devez-vous ou comptez-vous faire, avec les quatre États membres pour conforter ce statut ?
Cette distinction, accordée par un Think Tank international dont les avis font autorité, le Strategic Foresight Group, consacre un modèle rare d’intégration sous- régionale et de gestion concertée de ressources en eau partagées. L’étude scientifique qui a abouti à ce classement a comparé 84 organismes de gestion des eaux transfrontalières dans 205 bassins fluviaux transfrontaliers dans 148 pays. Les critères scientifiques pour mesurer la coopération comprennent les paramètres techniques, économiques et politiques, qui vont de l’existence d’une commission à la fréquence des concertations interministérielles, en passant par la conception et la gestion de projets techniques communs, le suivi et le contrôle commun de la ressource, ou encore la forte volonté politique et l’intégration etc. Autant de paramètres sur lesquels l’Omvs a obtenu de bons scores. En réalité, c’est le président de Sfg qui a exprimé le mieux la singularité de l’expérience Omvs. En effet, a-t-il souligné, dans la plupart des bassins transfrontaliers du monde, la gestion de l’eau est abordée en termes de perte (de «parts», de prérogatives, de souveraineté, d’opportunités, etc.), ce qui en fait une source potentielle ou effective de conflits. Or la particularité de l’Omvs est que la gestion de la ressource est fondée sur la notion de bénéfices, ce qui a permis la mise en commun des besoins et des moyens pour saisir les opportunités et réaliser de grandes choses. Une perspective qui est plus psychologique et politique que technique, et qui, à son avis, est la seule capable de faire de la gestion de l’eau un vecteur de paix.

Notre devoir, aujourd’hui, est de continuer à mériter cette distinction en redoublant d’efforts pour moderniser l’organisation, améliorer la gouvernance, accélérer la réalisation des grands projets pour assurer des retombées macro et micro dans nos pays, et surtout renforcer le partage d’expériences avec les autres organismes de bassins africains notamment pour contribuer à la paix.

Il reste, sans doute, beaucoup à faire, pour optimiser l’atteinte des objectifs de développement intégré du bassin du fleuve Sénégal. Comment, entrevoyez-vous le futur du bassin ?
Maîtriser l’avenir du bassin est une préoccupation ancienne de l’organisation. C’est pourquoi, l’Omvs s’est dotée d’un ensemble d’outils de planification et de gestion dont le Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (Sdage), l’Etude régionale stratégique (Ers), le Plan d’actions pour l’amélioration des cultures irriguées (Paraci), la Politique énergétique commune (Pec), le Plan directeur de transport de l’énergie, le Plan d’actions environnemental stratégique (Pas), le tableau de bord besoins ressources, le modèle de répartition des coûts et charges.

Grâce à ces outils, nous disposons d’une vision claire de notre intervention dans les différents secteurs à court, moyen et long terme. Le grand défi pour l’avenir du bassin concerne la lutte contre les changements climatiques. Fort heureusement, nous disposons de quelques atouts importants. En effet, nous sommes le premier organisme de bassin à avoir fait adopter par les chefs d’État, une déclaration sur le changement climatique en mars 2015 à Conakry, soit près de 9 mois avant la tenue de la conférence planétaire Cop 21 à Paris. La déclaration a décidé que chaque État doit intégrer, dans son plan national, la dimension changement climatique à l’échelle du bassin. Par ailleurs, notre espace dispose d’un immense potentiel d’énergie nouvelle et renouvelable (énergie hydroélectrique, solaire et éolienne) que nous avons convenu de valoriser dans notre Politique énergétique commune.

Lors de la 69ème session ordinaire, vous avez lancé un appel pour la protection du Massif du Fouta Djalon. Qu’est-ce qui motive cet appel ?
Le Massif du Fouta Djallon, en République de Guinée, abrite les têtes de source des trois affluents qui forment le fleuve Sénégal : la Falémé, le Bafing et le Bakoye. C’est dire que le massif est d’une importance écologique vitale pour le bassin du fleuve Sénégal et pour d’autres bassins, tels que ceux du fleuve Niger et du fleuve Gambie. Aujourd’hui, le milieu naturel du massif fait l’objet de modifications importantes sous les effets conjugués des activités humaines ainsi que des changements climatiques. Les usages des sols (mise en culture, pâturage, feux de brousse…), associés à la poursuite du déboisement, ont un impact sur les ruissellements et l’érosion des bassins versants qui se traduit par une modification du régime hydrologique des cours d’eau. Ces modifications ont des impacts négatifs sur les conditions de vie et les activités des populations locales, sur les espèces animales et végétales menacées, et surtout sur les ressources en eau tant au sein du massif qu’à l’échelle des territoires riverains des fleuves transfrontaliers de la sous-région.

C’est pour remédier à cette situation que l’Omvs souhaite mettre en place l’Observatoire régional de l’eau et de l’environnement du Massif du Fouta Djallon. Cette structure permettra de procéder à une surveillance continue des ressources naturelles et de l’environnement de ce territoire et d’anticiper sur tout ce qui peut compromettre la pérennisation des ressources en eau du bassin. Un accord est en vue avec la Cedeao ; l’Agence française de développement et l’Union européenne sont disposées à nous accompagner dans sa mise en place.

Les partenaires techniques et financiers ont, jusque-là, assez fortement soutenu les projets et programmes de l’Omvs. Sont-ils dans les mêmes dispositions pour le futur du bassin ?
En effet, le défi de taille aujourd’hui, c’est la mobilisation de financements pour nos projets et programmes à un moment où les ressources disponibles sur le marché sont moins importantes. Aujourd’hui, l’Omvs est à la recherche de 4 milliards de dollars, représentant les besoins en financements pour ses projets de barrages, d’irrigation et de production d’électricité. Grâce à notre crédibilité, nous avons des pistes sérieuses qui devraient incessamment se confirmer. Pour le Projet Manantali 2 par exemple des intentions fermes de financement on été obtenues pour la réalisation de certaines lignes de transport d’énergie prioritaires, et nous ne doutons point que le reste suivra rapidement. Dans les semaines à venir, une table ronde des bailleurs consacrée au financement de ce projet est prévue.

Quelles sont les stratégies mises en place par votre institution pour être moins dépendante des ressources financières mises à sa disposition par les États membres ?
Vous touchez là une préoccupation majeure. L’autonomie financière de notre organisation est un défi que nous sommes déterminés à relever pour soulager les États et donner plus de vitalité à l’Omvs. L’architecture institutionnelle de l’Omvs s’est élargie et complexifiée ; les structures qui la composent présentent des situations très diverses sur le plan de leurs ressources financières et de leurs besoins. Nous devons donc mobiliser des sources de financement pérennes et innovants notamment en ce qui concerne les dépenses de fonctionnement du système Omvs ou les autres obligations telles que la maintenance du patrimoine ou le suivi environnemental et hydrologique. Nous avons entamé, avec l’appui de nos partenaires, une réflexion approfondie sur le mode de gouvernance du système Omvs d’une part, et les possibilités de mise en œuvre de financements innovants d’autre part. Les études sont en cours.

Avez-vous confiance en l’avenir ?
Je voudrais d’abord rappeler que l’Omvs d’aujourd’hui est le résultat de l’implication, de l’expertise et du dévouement d’un ensemble de structures constitué du Haut commissariat, de nos sociétés de gestion du patrimoine (Sogem pour les barrages de Manantali et Félou, Soged pour celui de Diama, Sogenav pour la navigation), des Cellules nationales et des experts des États qui nous accompagnent dans la mise en œuvre de nos programmes. C’est pourquoi je veux saisir l’occasion que vous m’offrez pour saluer les efforts conjugués des responsables d’hier et d’aujourd’hui, membres du Conseil des ministres, anciens Hauts commissaires, Pca et directeurs, experts de toutes les entités de cette vaste famille qu’est l’Omvs.

Je voudrais ensuite exprimer une grande confiance en l’avenir, axée sur les valeurs solides de notre organisation et le soutien constant et toujours déterminé de nos plus hautes autorités. Nous avons un grand devoir de reconnaissance et de gratitude envers les Pères Fondateurs de l’Oers et l’Omvs, et les chefs d’État successifs qui ont pris la relève et ont su perpétuer la vision et les valeurs. Depuis ma prise de fonction, leurs excellences les présidents Mohammed Ould Abdelaziz, Alpha Condé, Ibrahim Boubacar Keita et Macky Sall n’ont jamais ménagé leur soutien à l’organisation. Qu’ils en soient remerciés. Vive l’Omvs ! Vive la coopération exemplaire entre la Guinée, le Mali, la Mauritanie et le Sénégal.

Propos recueillis par Mamadou GUEYE

Le Site d’exposition et de commercialisation artisanale (Sica) de Mékhé, un des trois prévus par le gouvernement pour rendre plus visible les produits artisanaux, sera bientôt inauguré, a révélé Mamadou Talla, ministre de la Formation professionnelle, de l’Apprentissage et de l’Artisanat.

Ces espaces qui seront des lieux de rendez-vous avec le public vont permettre aux artisans de mieux valoriser leurs produits, a dit le ministre Talla au cours d’un entretien à Louga, avec des journalistes en marge des cinquièmes journées de la formation professionnelle sur le théme : ’’Promouvoir l’équité et l’égalité des genres pour une formation de qualité au service du développement’’. De plus en plus, ces Sica, d’un coût de 300 millions, seront installés à travers le pays afin de suppléer les villages artisanaux, selon le ministre, évaluant à plus de 150 millions la valeur des machines installés à Mékhé. Animé d’une volonté de mettre les artisans dans des conditions de compétitivité au même titre que leurs homologues marocains par exemple, M. Talla notera que deux autres localités comme Thionck Essyl et Diamniadio ont été les lieux d’implantation des deux autres Sica.

Parmi les initiatives prises par son département pour booster le secteur, le ministre Talla identifie la mécanique automobile électronique signalant que ‘’des valises diagnostics ont été octroyées à des mécaniciens pour rendre performantes leurs activités’’.

A ce propos, 150 valises diagnostics seront mises à la disposition des mécaniciens qui, souvent, étaient obligés de les louer, a indiqué le ministre Talla annonçant la généralisation de cette stratégie à travers le pays.

APS

A la place de membre à part entière de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), l’option retenue par l’Organisation communautaire est de faire du royaume chérifien « un associé privilégié ».

L’annonce est du président de la Commission de la Cedeao, Marcel Alain De Souza, selon qui, « l’organisation va mettre au point une Commission paritaire pour que, dans un mois et demi, on puisse signer un accord de partenariat économique déclarant le Maroc associé privilégié de la Cedeao ». Deux mois après son retour à l’Union africaine, le royaume du Maroc avait introduit une demande d’adhésion du Maroc à la Cedeao en qualité de membre à part entière. La requête du royaume chérifien n’a pas mis du temps pour être étudiée par l’organisation communautaire.

Selon Marcel Alain De Souza, le président de la Commission de la Cedeao, « nous allons mettre au point une commission paritaire pour que, dans un mois et demi, on puisse signer un accord de partenariat économique déclarant le Maroc comme associé privilégié de la Cedeao ». A l’en croire, c’est cette option qui a été retenue plutôt que celle « d’astreindre le Maroc comme membre à part entière et qui risque de créer un précédent dangereux pour l’organisation ». Qui plus est, « nous nous heurtons aux textes de l’Union africaine qui a découpé l’Afrique en cinq commissions économiques régionales », a-t-il estimé. « Le Tchad avait fait les mêmes démarches et juste après le roi du Maroc, la Tunisie, dont j’ai reçu l’ambassadeur, m’en a également fait la requête pour intégrer notre espace », a-t-il informé. En outre, il s’est dit « heureux » que la Cedeao « suscite autant d’engouement » et cela, à son avis, remet au gout du jour l’impérieuse nécessité et l’urgence « d’accélérer le processus d’intégration » et voir si tout ceci peut amener à « booster les relations que nous avons avec les pays frères comme le Maroc et la Tunisie ». Pour le roi, la question est de savoir les limites géographiques de l’Afrique occidentale et s’il faut le prolonger jusqu’au Nord mais « la décision relève de la conférence des chefs d’État » de l’Organisation communautaire ouest africaine », a fait savoir le président de la Commission de la Cedeao, Marcel De Souza.

M. De Souza recevait, le 2 mars dernier à Abuja (Nigeria), les lettres de créances du nouvel ambassadeur du Maroc auprès de la Cedeao, Moha Ou Ali Tagma.

Mamadou Lamine DIEYE

6 millions de personnes n’ont pas d’électricité à cause d’un retard d’investissement, selon le directeur général de la Senelec Mouhamadou Makhtar Cissé qui révèle que l’entreprise ambitionne de permettre une accessibilité à tous d’ici à 2020. Il a fait cette déclaration lors de la conférence du journal « Le Quotidien ».

« La situation de la Senelec, les réalisations et manquements dans la disponibilité et l’accessibilité de l’électricité sur l’étendue du territoire, la mise en œuvre du mix énergétique et le coût de l’électricité », ont été les axes de la conférence des grands rendez-vous initiée par le journal d’informations générales «Le quotidien». Avant-hier, la conférence a été assurée par Mouhamadou Makhtar Cissé, le directeur général de la Senelec, qui informe d’entrée qu’au Sénégal, 6 millions de personnes n’ont pas d’électricité à cause d’un retard d’investissement. « Cela est un vrai débat », a-t-il affirmé. Il a souligné que la Senelec ne peut que s’améliorer rationnellement et raisonnablement. Auparavant, le directeur général avait indiqué que l’énergie a toujours été un facteur de blocage de la croissance.

Pour ce faire, un Plan d’actions prioritaire a été élaboré par la Senelec, évalué à 250 milliards de F Cfa qui s’étale de 2016 à 2019. Cette stratégie vise une optimisation des ressources, une fiabilisation des unités de production, un soutien des activités pour permettre à l’outil Senelec d’être performant. M. Cissé a reconnu que la société est une boîte dans laquelle, l’État et les bailleurs ont injectés beaucoup d’argent ; donc, elle doit éclairer les consommateurs. Il a souligné qu’en 2012, il y avait 38 jours de coupure dans l’année contre 3 jours de blackout en 2016. Ce qui est une baisse. M Cissé a précisé que les découvertes minières (gaz pétrole) nous permettrons d’avoir un accès universel à l’électricité. L’ancien directeur général de la Douane a fait savoir que d’ici à fin 2017, le Sénégal aura atteint 21% d’énergies renouvelables.

Mouhamadou Makhtar a insisté sur l’option stratégique que le Sénégal a prise pour vendre de l’électricité au Mali. Il dira que si notre pays avait refusé, la Côte d’Ivoire allait le faire. « Je préfère être vendeur qu’être acheteur », a-t-il argumenté. Pour des départements qui n’ont pas d’électricité comme Goudiry, il dira qu’il est dépourvu de lignes de transport, capables d’acheminer le courant et que la Senelec s’active à le faire. « D’ici à 2020, nous voulons une accessibilité de 24h/24 ; faire de la Senelec une entreprise performante et attractive toujours au service de la satisfaction des clients et du développement économique et social du Sénégal », a dit M. Cissé, qui ajoute que la Senelec est la première banque du Sénégal qui prête aux usagers pendant deux mois sans intérêt avant de recouvrer au 3ème mois. « L’on accepte de payer nos factures de téléphone sans avoir vu le compteur et l’on refuse d’honorer à nos factures d’électricité ; c’est un problème de confiance», a-t-il plaisanté. Cette ambition cache mal une réalité qui grève gravement la trésorerie de ladite société : le vol de l’électricité cause 25 milliards de FCfa de perte. Et pourtant sans subvention, la boite a réalisé un bénéfice de 30 milliards de FCfa en 2016. Le modérateur Abdoulaye Sakho a précisé que le service public repose sur une mission d’honneur.

Serigne Mansour Sy CISSE

La cinquième session de la douzième Assemblée nationale populaire s’est ouverte dimanche dernier à Beijing. Une occasion saisie par le Premier ministre Li Keqiang pour présenter le rapport d’activités du gouvernement, en 2016, et d’annoncer les perspectives pour 2017.

En 2016, le Pib de la République populaire de Chine a atteint 74,4 Trillions de Yuan (environ 7.440 Trillions de FCfa). L’information est livrée par le Premier ministre chinois Li Keqiang dimanche dernier à Beijing lors de l’ouverture de la cinquième session de la douzième Assemblée nationale populaire. Devant le président Xi Jinping, le Premier ministre, au nom du Conseil des affaires de l’État, présentait le rapport d’activités 2016 du gouvernement. A l’en croire, le Pib a connu une augmentation de 6,7%, dépassant, de loin, ceux des autres pays en développement. Ainsi, le pays contribue à hauteur de 30% à la croissance économique mondiale. Les prix à la consommation des ménages ont augmenté de 2% et les bénéfices des entreprises industrielles se sont accrus de 8,5% en 2016, après avoir connu un repli de 2,3% l’année précédente. La consommation d’énergie par unité de Pib a diminué de 5%.

Ce qui fait dire à Li Keqiang que « la qualité et la rentabilité du développement économique ont nettement augmenté ». Dans le domaine de l’emploi, la situation s’est avérée meilleure que prévue. 13,14 millions de nouveaux emplois ont été créés dans les agglomérations urbaines. En fin d’année, le taux de chômage enregistré dans ces milieux a atteint 4,02%, ce qui, en fait, est le plus bas depuis des années. La réforme et l’ouverture sur l’extérieur, note le Premier ministre, ont été approfondies et des progrès décisifs faits dans la réforme des secteurs prioritaires et des maillons clefs de l’économie. Selon lui, la restructuration économique s’est accélérée et les nouveaux moteurs de développement renforcés. Ainsi, la part du secteur tertiaire s’est élevée à 51,6% ; l’industrie a connu un développement relativement rapide et la production agricole s’est maintenue à un niveau stable. Dans ce sillage, le nombre d’entreprises nouvellement inscrites au registre de l’administration industrielle et commerciale a augmenté de 24,5%, soit 15.000 en moyenne par jour. Si l’on y ajoute les nouveaux entrepreneurs et commerçants indépendants, ce chiffre est de 45.000 pour toutes les catégories d’acteurs du marché.

Un taux de croissance de 6,5% visé en 2017
Pour l’année 2017, la Chine table, au minimum, sur un taux de croissance de 6,5%. D’après le Premier ministre Li Keqiang, cette prévision « épouse la réalité et les lois économiques et permettra d’orienter et de stabiliser les anticipations du marché et de modifier les structures économiques. Il répond également aux exigences de l’édification de la société de moyenne aisance, de maintenir une croissance régulière en assurant l’emploi et en améliorant les conditions de vie de la population ». Le pays vise également, rapporte le Premier ministre, une hausse d’environ 3% des prix à la consommation des ménages, la création de 11 millions d’emplois dans les agglomérations urbaines, un taux de chômage enregistré inférieur à 4,5% pour les citadins, un import-export stabilisé et marqué par une tendance à la hausse, un équilibre global de la balance des paiements internationaux, une synchronisation de l’augmentation des revenus des habitants et de la croissance économique ainsi qu’une baisse de plus de 3,4% de la consommation d’énergie par unité de Pib et une nouvelle diminution des émissions des principaux polluants.

Un déficit public à 3%
La Chine compte appliquer une politique budgétaire de relance et une politique monétaire prudentielle. Le taux de déficit public devrait s’établir à 3%, soit un déficit de 2, 38 Trillions de Yuans dont 1, 55 Trillions de Yuan pour les finances centrales et 850 milliards de Yuan pour les instances locales. Les autorités locales seront autorisées à émettre 800 milliards de Yuans d’obligations spéciales, et à poursuivre l’émission d’obligations. Adopter le même taux de déficit (3%) que l’année dernière, soutient Li Keqiang, vise à permettre un nouvel allègement fiscal et parafiscal, soit une réduction de 350 milliards de Yuans d’impôts et de 200 milliards de Yuans de charges pour les entreprises sur toute l’année, et ce, de manière à aider effectivement les acteurs du marché. Afin de couvrir les besoins de premier rang, les affectations budgétaires, poursuit Li Keqiang, devront suivre le principe dit « diminuer les dépenses secondaires au profit des dépenses prioritaires ». L’État table également sur une augmentation d’environ 12% de la masse monétaire.

Les « Quatre intégralités » de Xi Jinping
Le président Xi Jinping est le « noyau dirigeant » du comité centrale (sept membres) du Parti communiste chinois (Pcc). Il est le secrétaire général du Pcc et numéro un du système travaillant pour un « socialisme chinois ». Sa pensée politique plus connue sous le terme « Blueprint » est caractérisée par les dispositions stratégiques des « Quatre intégralités ». Il s’agit de l’édification intégrale de la société de moyenne aisance ; de l’approfondissement intégral de la réforme ; de la promotion intégrale du gouvernement de l’État en vertu de la loi ; de l’application intégrale d’une discipline rigoureuse dans les rangs du parti. 

2,4 millions de personnes sorties de la pauvreté
Le développement des infrastructures est l’une des politiques les plus importantes de l’État central. En 2016, fait remarquer le Premier ministre, la Chine a mis en service plus de 1.900 km de nouvelles voies ferrées pour le Tgv, construit ou rénové plus de 6.700 km d’autoroutes et 290.000 km de routes rurales, mis en chantier 21 ouvrages hydrauliques majeurs. L’année dernière, le nombre de nouveaux usagers des réseaux de télécommunication mobile 4G a atteint 340 millions et plus de 5,5 millions de km de câbles optiques ont été installés. Les conditions de vie se sont améliorées puisque la hausse réelle du revenu disponible moyen des habitants a été de 6,3% ; 12,4 millions de personnes sorties de la pauvreté dont plus de 2,4 millions relogées dans des régions plus prospères. Plus de 6 millions d’habitations rudimentaires en ville et plus de 3,8 millions de maisons délabrées dans les campagnes ont été rénovées. Toutes choses qui font dire à Li Keqiang que « l’économie chinoise a du potentiel, de la résilience et des avantages incomparables pour progresser vers un avenir prometteur ». L’organisation réussie du sommet du G20 par la Chine à Hangzhou a, soutient le numéro deux chinois, permis d’obtenir des résultats encourageants « qui ont une valeur pionnière, directrice et institutionnelle et de laisser une marque chinoise profonde sur la gouvernance économique mondiale ». Durant l’année écoulée, les efforts de la Chine ont aussi porté sur le renouvellement et le renforcement du macro contrôle de l’économie, à l’amélioration de la structure de l’offre, à l’abaissement des coûts de production, à l’approfondissement de la réforme et de l’ouverture, la formation de nouveaux moteurs de développement, la formation de nouveaux pôles et zones de croissance, la progression du développement vert, la satisfaction de la population, l’harmonie et la stabilité de la société, la réaffirmation d’un peuple multiethnique, etc. A. DIOUF

Ancrer le Renminbi dans le système monétaire mondial
La Chine va canaliser davantage de ressources financières vers l’économie réelle, en donnant la priorité au Sannong (paysans, agriculture et régions rurales) et aux Pme et Tpe. Tout en poursuivant la réforme visant à soumettre le taux de change du Yuan aux règles du marché, le pays va s’efforcer d’ancrer solidement sa monnaie dans le système monétaire mondial.

Aly DIOUF, correspondant à Beijing

A l’initiative du Pnud et du gouvernement du Sénégal, Dakar va accueillir, les 13 et 14 mars, un atelier régional portant sur le thème : l’expérience sénégalaise du Pudc comme un modèle de réussite pour un développement inclusif ayant un effet immédiat sur la transformation des conditions de vie des populations sénégalaises. Une vingtaine de pays est attendue.

Près de deux ans après son lancement et sa mise en œuvre avec l’appui technique du Pnud, le Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc), financé sur fonds propres par le gouvernement du Sénégal, a fini d’afficher de bons résultats. Des réalisations concrètes sont notées dans ses différentes composantes que sont l’électrification rurale, l’hydraulique rurale, les pistes rurales et les équipements agricoles et post-récoltes au point qu’aujourd’hui, ce programme est considéré comme un modèle de réussite pour un développement inclusif ayant un effet immédiat sur la transformation des conditions de vie des populations sénégalaises.

Fort de ce succès, le Pnud et le gouvernement du Sénégal ont décidé d’organiser, les 13 et 14 mars prochain, un atelier régional portant sur le business-modèle du Pudc considéré comme un exemple de développement innovant pour l’atteinte des Objectifs de développement durable (Odd).Il sera présidé par le chef de l’État, Macky Sall. « La contribution du gouvernement du Sénégal à ce programme constitue une première en Afrique aussi bien en mobilisation des ressources internes pour la mise en place d’infrastructures de base et la réduction des inégalités, que dans la coopération entre le Pnud et les pays », lit-on dans une note d’information.

Cette rencontre de deux jours s’inscrit dans une logique de procéder à « une capitalisation de cette expérience qui fait déjà l’objet d’une demande de massification et d’une réplique dans certains pays africains », poursuit le document. De manière spécifique, en plus de permettre aux différents participants de comprendre les processus et les liens entre les Objectifs de développement durable et la lutte contre les inégalités sociales. Il sera question, au cours de cet atelier, de partager l’originalité du partenariat État du Sénégal et le Pnud. L’approche méthodologique, le partage et la massification du modèle de développement Pudc à l’échelle régionale et internationale, seront au centre des échanges. Il s’agira également de partager l’analyse des résultats et des meilleures pratiques/leçons apprises, d’échanger sur la durabilité du programme, de tisser de nouveaux partenariats de développement par la mobilisation de ressources additionnelles.

Elhadji Ibrahima THIAM

L’enquête sur l’état des lieux de l’industrie, exécutée par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd) sur commande du ministère de l’Industrie et des Mines, a été présentée hier. Il en ressort que 47,3% des industries sénégalaises sont satisfaites de l’environnement des affaires et que l’aide publique de l’État, malgré les difficultés, est en adéquation avec les enjeux du secteur de l’industrie.

Cette opération entre dans la deuxième phase de l’étude sur l’état des lieux de l’industrie dont l’objectif est de diagnostiquer le secteur industriel à travers sa position interne et externe, sa dynamique d’investissement et d’innovation. L’enquête a montré l’efficience des dispositifs de soutien public. Ils attestent, selon les chefs d’entreprise, de l’intérêt soutenu des pouvoirs publics et des collectivités territoriales pour l’industrie. Ils déclarent, en effet, pour 27,3% d’entre eux, que l’aide publique de l’État est en phase avec les enjeux du secteur de l’industrie. L’existence de parc avec une fiscalité attractive est évoquée par 22,9% des industries sénégalaises comme étant une opportunité pour leurs activités. Il ressort également des résultats de l’enquête que 47,3% des industries sénégalaises sont satisfaites de l’environnement des affaires. Leur faculté d’adaptation à la demande de l’économie est, par ailleurs, un atout majeur. Ce critère évoqué par 69,6% des industriels traduit leur volonté de satisfaire la demande globale. Le respect des normes internationales, critère déterminant dans la compétitivité industrielle, constitue la seconde force. Près de deux tiers des entreprises sénégalaises (63,1%) respectent ce critère.

La qualité des infrastructures appréciée
En outre, la situation géographique du Sénégal constitue un réel avantage (citée par 73,1% des industriels) pour l’industrie sénégalaise. La chaîne des valeurs déterminant la capacité de l’industrie à obtenir un avantage concurrentiel, la disponibilité de matières premières est citée par 68,3% des entreprises comme étant une grande opportunité dans l’activité industrielle. Le niveau des infrastructures sénégalaises est apprécié pour leur qualité par 56,3% des industriels du secteur. La qualité des infrastructures contribue à l’amélioration de la chaîne des valeurs du secteur et l’accès à une énergie électrique de qualité à un prix compétitif est un atout important, notamment pour les industries de process.

Toutefois, avec 22,8% des industriels déclarant être de notoriété mondiale, le tissu industriel ne dispose pas d’assez d’unités ayant un savoir-faire reconnu. De plus, il se concentre essentiellement sur des produits alimentaires qui occupent 42,5% du secteur suivi de l’industrie d’édition, d’imprimerie et de production, et de l’industrie du travail des métaux. Ces trois sous-secteurs totalisent plus de 57% des entreprises de l’industrie formelle sénégalaise ; celles-là diverses étant très peu représentées avec 4,2% de l’ensemble.

Identifier les leviers principaux de développement du secteur
Parmi les difficultés principales liées à l’exportation de l’industrie sénégalaise sont évoquées la forte concurrence et le manque de compétitivité. En effet, 42,3% des chefs d’entreprise déclarent la concurrence comme une entrave à leur activité d’exportation. Le manque de compétitivité industrielle est souligné par un peu plus du dixième (10,2%) des industriels. La concurrence est fortement présente dans le marché local sénégalais. C’est plus de deux tiers des entreprises (67,1%) qui déclarent être menacées par des concurrents sur le marché intérieur. Les entreprises ont aussi été interpellées pour identifier les leviers principaux qui pourront développer le secteur industriel. Ils ont trait à l’innovation, à l’amélioration des compétences, au développement des savoirs, au renforcement de la structuration des filières industrielles et aux infrastructures de qualité.

Le manque de fonds propres, un problème majeur
Le tissu industriel sénégalais, qui dispose de formidables atouts, reste néanmoins morcelé pour disposer d’un effet de levier favorable face à la concurrence à l’échelle mondiale. Ainsi, la question des fonds propres reste un enjeu important pour renforcer la capacité des entreprises à investir. Un peu moins de onze sur vingt (54,5%) des chefs d’entreprises l’ont évoqué comme une faiblesse de leurs activités. Elle limite ainsi la capacité d’investissement et par conséquent d’approvisionnement des entreprises en intrants et ralentit la chaîne de production. L’insuffisance d’équipements de pointe dans l’accompagnement de leurs activités et l’appauvrissement d’une main d’œuvre qualifiée ont également été soulignés.

Alassane Aliou MBAYE

Le ministre de la Pêche et de l’Économie Maritime, Oumar Gueye, qui présidait tout récemment un atelier à Mbour, sur la méthodologie de transposition des directives de l’Uemoa, a noté qu’au Sénégal, la production annuelle avoisine 400.000 tonnes de poissons

« Au Sénégal, la production annuelle avoisine 400.000 tonnes. Cela signifie que le Sénégal produit la moitié de toute la production de l’Uemoa, avec une consommation moyenne, en poisson, de 29 kilogrammes par habitant et par an », a déclaré le ministre de la Pêche et de l’Économie maritime, Oumar Guèye, qui présidait tout récemment, à Saly (Mbour), un séminaire sur la méthodologie de transposition des directives de l’Uemoa en matière de pêche.

Ces performances font, selon lui, que la pêche occupe le premier poste d’exportation du Sénégal avec 194 milliards de FCfa en 2015 et 204 milliards de FCfa en 2016, soit 14,63 % des recettes d’exportations. « Dans l’espace communautaire, la production halieutique annuelle tourne, en moyenne, autour de 800.000 tonnes, dont 77 % environ destinés à la consommation des populations locales », a-t-il noté.

« Le Sénégal est le premier de la classe, car ayant transposé une quarantaine sur 60 directives », a souligné M. Diarra qui a rappelé l’importance de l’obligation de transposition. « Elle est essentielle en ce sens que la construction du marché commun repose sur la confiance partagée des États membres », a expliqué le ministre de la Pêche, ajoutant que la mise en œuvre de ce programme a permis de renforcer la collecte des données et d’améliorer la qualité des statistiques par les enquêtes-cadres dans les États membres. Elle a, selon lui, permis aussi de réaliser l’évaluation des stocks halieutiques dans les États côtiers de l’Union. Le secteur de la pêche, a-t-il indiqué, occupe une place de choix dans les politiques de développement économique respectives des États membres de l’Uemoa et contribue, de manière significative, à la croissance économique, à la sécurité alimentaire et à la nutrition.

Pour le Représentant-résident de l’Uemoa, Dossolo Diarra, il a été constaté une faible transposition par les États membres des directives avec un taux de 27 % en 2012. D’où donc l’opportunité, pour la Commission, à travers cette rencontre, d’apporter un appui technique sur les méthodes et les modalités de transposition des directives afin d’assurer la transposition correcte des directives. « La transposition constitue une obligation communautaire dont le respect implique une transparence fidèle, complète et ponctuelle ». Cette action d’assistance, a-t-il noté, a permis d’améliorer la performance de certains États comme le Sénégal qui se trouve en bonne place avec un taux de transposition qui est passé de 64 % en 2014 à 70 % lors de la dernière revue en 2015.

Cette rencontre avait pour objectif d’aider les acteurs à mieux cerner les contours du processus de transposition et d’approfondir toutes les pistes de réflexion pour une meilleure mise en œuvre, par les États membres, de leurs obligations communautaires.

Samba Oumar FALL

Donner une plus haute valeur au poulpe du point de vue de la gestion durable et de la qualité pour une meilleure exportation. Tel était l’un des objectifs principaux de l’atelier d’échanges sur les expériences de gestion durable de la pêcherie de poulpe, tenu, hier, dans la capitale sénégalaise.

En 2016, la pêche a occupé le premier poste d’exportation du Sénégal avec 204,43 milliards de FCfa, soit 14,63% des recettes d’exportations. C’est pour renforcer ces acquis que, face à la surexploitation des espèces démersales côtières et aux limites de la gestion centralisée pratiquée depuis plusieurs décennies, l’État, avec l’appui de l’Agence japonaise de coopération internationale (Jica), a expérimenté et adopté définitivement l’approche cogestion dont les résultats sont jugés très satisfaisants.

Cette approche a, aux yeux du ministre de la Pêche et de l’Économie maritime, Oumar Gueye, contribué, de manière appréciable, à l’amélioration de la prise de conscience des acteurs, de leurs rôles et responsabilités dans la gestion durable des ressources halieutiques. Cet atelier s’emploie donc à favoriser le partage d’expériences en gestion durable de la pêcherie de poulpes avec les pays pionniers dans ce domaine comme le Maroc. L’objectif est également d’explorer les possibilités de partenariat en appui à la mise en œuvre du Plan d’aménagement au Sénégal, dans ses différentes composantes.

Par ailleurs, la raréfaction du poulpe invite à adopter de nouvelles approches. En sus, « la valeur commerciale du poulpe sénégalais sur les marchés européen et japonais peut être largement augmentée », note Oumar Guèye. C’est justement pour pallier ces contraintes que le Plan d’aménagement de la pêcherie de poulpe a été élaboré en 2015, avec l’appui du projet d’Aménagement durable des pêcheries du Sénégal (Adupes). L’objectif général qui lui est assigné est la maximisation de la rente attachée à la ressource pour une croissance économique inclusive et durable, conformément aux objectifs sectoriels et macro-économiques.

En outre, le Projet d’étude de promotion de la cogestion des pêcheries par le développement de la chaîne de valeur (Procoval), à travers sa composante « Développement de la chaîne de valeur du poulpe », vise à améliorer la qualité de ce produit afin qu’il puisse répondre aux exigences de qualité du marché japonais et de renforcer les exportations vers ce pays. Le Japon étant un des plus grands importateurs de poulpes. Pour ce faire, des techniques d’amélioration de la conservation de l’espèce sont en cours d’expérimentation aussi bien à bord des pirogues, dans les sites de débarquement, que dans les industries de pêche.

« Ces expériences ont permis la promotion du poulpe sénégalais de qualité améliorée au salon international des produits de la mer de Tokyo en août 2015 et août 2016 et celui d’Osaka en février 2016. Cette performance a suscité un intérêt chez beaucoup d’importateurs japonais dont certains sont même venus au Sénégal pour constater de visu et ébaucher des partenariats avec des exportateurs sénégalais », informe le ministre.

Cette rencontre est d’autant plus importante, selon le représentant résident de la Jica au Sénégal, Moriya, que le poulpe constitue une source de revenus pérennes et de devises étrangères à long terme pour le Sénégal.

Alassane Aliou MBAYE

Le ministre délégué auprès du ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, chargé du Budget, Birima Mangara, a rassuré les femmes dudit département ministériel que l’aspect genre sera pris en compte dans tous les domaines, particulièrement sur la gestion des carrières. Il a reçu hier leur mémorandum dans le cadre de la célébration de la journée du 08 mars.

Les femmes du ministère de l’Économie, des Finances et du Plan ont célébré cette année, dans l’unité, la Journée internationale de la femme. Le ministre délégué au Budget, Birima Mangara a salué cette démarche qui, dit-il, le rassure. Aussi, a-t-il encouragé les femmes du département ministériel à renforcer cette entente. « Elle facilitera nos échanges et la prise en charge de vos légitimes préoccupations », a estimé le ministre délégué en charge du Budget.

A l’en croire, dans son département, la dimension genre sera prise en compte dans toutes ses composantes, notamment dans la conduite de la politique de gestion des ressources humaines et particulièrement en matière de gestion des carrières. « Je me réjouis de la pertinence des activités retenues dans votre programme commun : une cérémonie de levée des couleurs, une matinée de dépistage volontaire et gratuit du cancer du sein et du col de l’utérus ainsi qu’un panel portant sur «le renforcement du pouvoir économique des femmes : clé de l’émergence» au cours duquel hommage sera rendu à des femmes leaders ayant marqué notre ministère », a mentionné Birima Mangara.

Selon le ministre délégué chargé du Budget, l’émergence du Sénégal ne se fera qu’avec des femmes citoyennes, exemptes de toutes affections et économiquement indépendantes. « En choisissant de commencer vos activités par une cérémonie de levée des couleurs, vous montrez tout votre attachement aux symboles de la Nation si cher au président de la République dont l’une des premières mesures, lors de son accession à la magistrature suprême, a été d’instituer la cérémonie de levée des couleurs, le premier lundi de chaque mois au palais de la République », s’est félicité le ministre délégué au Budget.

Ndiol Maka SECK

Conformément aux instructions du président de la République, Macky Sall, de transformer les permis d’habiter et titres similaires en titres fonciers, le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ, a invité ses services à faciliter la procédure d’acquisition de ces titres par les populations et à rendre gratuite la délivrance des extraits de plans cadastraux.

Désormais, ceux qui détiennent des permis d’habiter et titres similaires peuvent le transformer en titres fonciers gratuitement. L’annonce a été faite par le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Amadou Ba. Il participait à une rencontre d’information sur la transformation de titres précaires en titres fonciers à laquelle étaient conviés des acteurs publics et privés intervenant dans le foncier et l’habitat au Sénégal.

«La régularisation de ces titres précaires constitue donc une avancée très importante de grande portée historique et économique », a déclaré, le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Amadou Ba.

Il a fait comprendre aux représentants des administrations techniques et autres structures de l’État, intervenant sur les questions d’habitat (notamment la Sicap, la Sn Hlm, la Bhs), de la Chambre des notaires, de l’Ordre des géomètres, de l’Association des maires du Sénégal, de l’Association des délégués de quartiers des imams et de l’Église catholique que les instructions du président de la République engagent le gouvernement à mettre en œuvre un certain nombre de mesures. Il s’agit, selon le ministre de tutelle, de mettre en place, dans chaque centre de services fiscaux, des guichets uniques, dédiés à la transformation de permis d’habiter et titres similaires en titres fonciers, d’élaborer un plan de communication avec le recrutement de volontaires itinérants, de rendre gratuite la délivrance des extraits de plans cadastraux et de procéder à la signature de conventions avec des Cabinets de géomètres agréés en vue d’accélérer les travaux requis en la matière.

Le ministre de l’Économie a également précisé qu’une bonne partie des occupants de la région de Dakar aspire à la délivrance d’un Titre foncier, notamment à Pikine, aux Parcelles Assainies, à Grand Yoff, dans presque tous les chefs-lieux de région du Sénégal. Par ailleurs, a-t-il souligné, on note une augmentation des demandes de régularisation par voie de bail sur des parcelles de terrain à usage d’habitation comprises dans des lotissements réguliers.

« Les personnes concernées ne disposent généralement pas de titre de propriété, en dépit des mises en valeur réalisées. Toutes ces raisons font que cette décision du président de la République est fort opportune », a conclu le ministre.

Démarche inclusive
Selon lui, cette rencontre avec les représentants des acteurs concernés matérialise une démarche participative et inclusive dans la gestion publique, qui constitue un des soubassements de la mise en œuvre du Pse. Il a, à ce sujet, souligné que le titre foncier est garanti par l’article 15 de notre Constitution et permet de sécuriser l’acquisition, l’investissement et les mutations portant sur une assiette foncière. « Une vulgarisation réussie de cette initiative du président Macky Sall permettra d’augmenter le nombre de titres et va favoriser un regain de dynamisme sur le marché immobilier et de l’investissement », a-t-il déclaré. A l’en croire, à l’indépendance du Sénégal, les droits de propriété créés par l’autorité administrative coloniale ont cohabité avec des droits de propriété coutumiers et administratifs souvent matérialisés par des titres dits précaires tels que les permis d’occuper et les autorisations d’habiter. « Nous avons recensé 122.206 titres fonciers créés à travers l’histoire du Sénégal », a –t-il déclaré.

Pour sa part, le directeur général de la Sn Hlm, Mamadou Kassé, a révélé que les populations doivent à sa société 7 milliards de FCfa. Il prévient que si cette gratuité des titres de propriété se généralise sur le plan national, la dette avoisinera les 15 milliards de FCfa.

Le président de la Commission nationale de la réforme foncière, Moustapha Sourang, après avoir salué cette décision matérialisée par un dialogue, a indiqué que la Cnrf a tenu 118 réunions entre 2014 et 2016. Il a ainsi plaidé pour un apaisement du climat foncier.

Quant à Me Doudou Ndoye, ancien ministre de la Justice et ancien président de la Crf, il a précisé que ces titres fonciers vont enrichir les banques et que ces dernières devraient réfléchir sur la tarification.

Serigne Mansour Sy CISSE

Le coût de la transformation des droits d’usage à temps en titres de propriété est le blocage à l’atteinte des objectifs qui étaient assignés à la loi 87-11.

A la rencontre des acteurs du foncier pour une mise en œuvre de la transformation de titres précaires en titres fonciers, Mamadou Mamour Diallo, directeur des Domaines, a dit que les objectifs qui étaient assignés à la loi 87-11 n’ont pas été atteints en grande partie, à cause du coût de la transformation des droits d’usage à temps en titres de propriété encore jugé exorbitant par une franche importante des populations qui en sont bénéficiaires.

« Depuis la mise en œuvre de ce texte, le nombre de demandes de transformation de permis d’habiter et titres similaires en titres fonciers reste extrêmement faible malgré les mesures prises et les sanctions déjà engagées par la Direction générale des impôts et des Domaines(Dgid) », a-t-il poursuivi.

D’après lui, « cette situation s’explique par une appropriation insuffisante de la loi par les détenteurs desdits titres et probablement par les frais à acquitter pour la délivrance des extraits de plans parcellaires ».

Le directeur des Domaines a indiqué que les titres concernés par les mesures préconisées sont ceux délivrés aux populations sur des terrains à usage d’habitation relevant du domaine privé de l’État.

Il s’agit : des permis d’habiter et titres similaires (permis d’occuper, autorisations d’occupation et autorisations d’occuper) visés par la loi n° 2011-06 du 30 mars 2011. S’agissant des baux ordinaires, des baux emphytéotiques et des concessions du droit de superficie, M. Diallo a précisé que leur transformation gratuite en titres fonciers requiert une modification ou une abrogation des dispositions de la loi n° 87-11 du 24 février 1987 autorisant la vente de terrains domaniaux destinés à l’habitation situés en zones urbaines.

S. M. Sy CISSE

Le ministre de la Pêche, Oumar Guèye, qui présidait une rencontre sur une meilleure transposition des textes de l’Uemoa à Mbour a plaidé, hier, pour une harmonisaton des législations dans le secteur. « Il nous faut mutualiser la surveillance pour lutter efficacement contre la pêche illégale non déclarée non réglementée qui nous pose énormément de difficulté », a indiqué le ministre. A cause de cette pêche illégale, a-t-il expliqué, le Sénégal perd, selon les statistiques, plus de 150 milliards de francs Cfa par an.

La construction du pont du Djoulol avance à grands pas. Le premier questeur à l’Assemblée nationale et ses collègues du département de Kanel y ont effectué une visite, il y a de cela quelques semaines, en prélude à la tournée économique du président de la République dans la zone. Selon Daouda Dia, la concrétisation de cette vieille doléance va contribuer à désenclaver l’intérieur du pays et à valoriser davantage les potentialités agricoles de la zone.

C’est à pas de charge que le premier questeur à l’Assemblée nationale, Daouda Dia, a visité l’état d’avancement des travaux du pont du Djoulol dans le département de Kanel qui traverse le bras de fleuve Sénégal, situé entre Windou Bosséabé et Ganguel Soulé. Le député était accompagné d’une forte délégation composée de ses collègues Seydou Diallo, Mariame Kane, Mamadou Sadio Diallo, du conseiller économique social et environnemental (Cese), Alassane Mbaye Thiam, du haut conseiller des collectivités locales (Hcct), Saphiatou Ba, entre autres. Sur place, techniciens et ouvriers de l’entreprise qui a gagné ce marché sont à pied d’œuvre. Après avoir achevé les appuis intermédiaires, ils en sont à la phase des culées, c’est-à-dire les fondations profondes qui constituent, selon un ingénieur d’ouvrage d’art, la plus grosse partie du travail. « Normalement, nous ne devons pas travailler un dimanche. Mais c’est en perspective du délai de livraison prévu en juin que nous sommes là sur le chantier », explique-t-il. Après cette phase, ils vont attaquer les semelles, les poteaux et les chevêtres. Près de 45 % des travaux ont été exécutés, ajoute notre interlocuteur.

À l’issue de la visite, le premier questeur de l’Assemblée nationale a exprimé toute sa satisfaction par rapport à l’état d’avancement du chantier. « C’est un pont qui va à la fois désenclaver le « Daandé Maayo », mais qui nous permettra d’exploiter les terres cultivables qui sont de l’autre côté de Djoulol », déclare-t-il. Pour lui, cet ouvrage va faciliter davantage le rapprochement entre le « Daandé Maayo » et le « Diéri ». Exprimant toute sa gratitude et toute sa reconnaissance au chef de l’État qui a offert ce « merveilleux cadeau » aux habitants du département de Kanel, il rappelle que c’est une vieille doléance du « Daandé Maayo » qui date pratiquement de 60 ans. « Il fut un temps, les gens n’y croyaient plus ; mais aujourd’hui, c’est une réalité », se réjouit M. Dia. Avec la réalisation de ce pont, l’île à Morfil sera désenclavée puis électrifiée.

Satisfaction
Ce pont va permettre aux villages comme Dioudi Gouriky, Sinthiane Dioudi, Ganguel Soulé, Padalal, Barkatou, Barkewi, Goumal d’être beaucoup plus accessibles. Sur le délai de livraison, le premier questeur et ses collègues députés du département gardent espoir que l’ouvrage sera livré à date échue. « Nous avons vu le maître d’ouvrage qui nous a assurés, que d’ici à juin, au plus tard juillet 2017, les travaux seront achevés », précise-t-il.

Après l’étape du pont, Daouda Dia et sa délégation ont visité le périmètre agricole dédié aux pères de famille de Windou Bosséabé qui sont au nombre de 400. Cette initiative de l’homme d’affaires Harouna Dia, frère du député-maire de Orkadiéré, a été mise en place, il y a une dizaine d’années. Avec un bon encadrement, le député estime que cette petite unité de 25 hectares pourrait servir de levier pour le développement local. « C’est la raison pour laquelle nous nous sommes battus pour que ce pont-là soit réalisé parce que derrière, nous avons des surfaces cultivables, des terres très fertiles, mais le désenclavement faisait défaut », assure Daouda Dia, soulignant que cette infrastructure est porteuse d’espoir. Les opportunités sont considérables, surtout avec l’arrivée de l’électricité jusqu’à Djoulol. « Ce champ-là a été expérimenté pour montrer aux populations que c’est possible de gagner sa vie dignement à travers l’agriculture. Les populations ont compris qu’on peut bien cultiver en contre-saison. Avant, ce n’était pas facile de faire comprendre aux gens qu’on peut cultiver le maïs en pleine saison sèche. De nos jours, cela n’est plus un problème », note-t-il. Le premier questeur a salué l’engouement énorme des populations pour l’exploitation des terres cultivables de l’autre côté du Djoulol. Après l’inauguration du pont, des projets agricoles seront déroulés. « La Saed est en train de faire des aménagements à grande échelle qui permettront à la jeunesse de travailler. Les diplômés comme les non-diplômés pourront exercer dans l’agriculture », indique M. Dia qui invite les jeunes à penser à l’auto emploi, seul moyen, selon lui, d’être autonome. « Si on arrive à respecter les règles du jeu, on peut s’en sortir facilement parce que l’agriculture est un vecteur de développement », soutient le député.

Souleymane Diam SY

La Corporation Procasur, sous le financement du Fonds international de développement agricole (Fida), en collaboration avec l’Initiative prospective agricole et rurale (Ipar), a développé la route d’apprentissage sous le thème « garantir la sécurité foncière et le droit à l’eau dans les ouvrages d’irrigation grâce à des outils innovants et des solutions concrètes: les cas du Sénégal et de la Mauritanie ». Un panel d’experts s’est tenu hier en vue d’outiller les participants.

Dans le Programme d’apprentissage «Renforcement de capacités et des outils pour reproduire à plus grande échelle les innovations et les diffuser sur la période 2016-2018 », la Corporation Procasur sous le financement du Fonds international de développement agricole (Fida) en collaboration avec l’Initiative prospective agricole et rurale (Ipar), a développé la route d’apprentissage sous le thème « garantir la sécurité foncière et le droit à l’eau dans les ouvrages d’irrigation grâce à des outils innovants et des solutions concrètes: les cas du Sénégal et de la Mauritanie ». C’est dans ce cadre que s’est tenu, hier, un panel d’experts qui avait pour objectif d’outiller les participants à la route d’une grille de lecture des expériences en les sensibilisant sur les enjeux liés à la mise en œuvre de projets dans les deux pays. Cette route qui partira du Sénégal pour aller vers la Mauritanie du 6 au 16 mars prochain, inclura les expériences du Programme d’appui aux communes rurales de la vallée du fleuve Sénégal (Pacr), le Projet d’amélioration des cultures de décrue à Maghama (Pacdm) en Mauritanie et le Projet de développement agricole de Matam- Consolidation de la sécurité alimentaire (Prodam-Csa). Elle sera axée principalement sur des mécanismes innovants de régularisation des terres afin de permettre aux groupes les plus vulnérables d’accéder à la terre, à la gestion du domaine irrigué des communes rurales favorisant leur développement économique à travers l’articulation du foncier au développement local. Selon l’expert Ibrahima Arona Diallo, ce voyage d’études est un partage d’expériences qui a pour but d’identifier les bonnes pratiques dans les régions sus nommées en matière foncière.

Serigne Mansour Sy CISSE

Pour le prof Sourang, une loi sur la terre doit être légale mais surtout elle doit être légitime. «Elle doit correspondre à ce que les citoyens considèrent comme bon. On ne peut pas légiférer pour les gens malgré eux et c’est ce schéma là que nous avons préparé. Au Sénégal, nous avons prévu un observatoire du suivi de la réforme foncière », a-t-il informé. D’après lui, une réforme ne plane pas dans le vide, il faut la maîtriser. Ainsi, «l’Observatoire aura un niveau central et des niveaux démembrés à l’intérieur du pays. Il aura une composition plurielle, la société civile, les partenaires au développement, les élus locaux…Cela nous permettra de suivre les inflexions possibles à proposer aux autorités. Mettre les villes et l’intérieur du pays (villages) exactement au même niveau de prévisibilité et au même niveau de sécurité», a-t-il indiqué. Et «éventuellement, s’il y a des investisseurs qui veulent venir mais sur la base d’un cahier de charges, proposer à la collectivité, discuter avec la collectivité, avec maintenant l’arbitrage et la participation de l’observatoire, le tout sous le regard de l’État », a-t-il complété.

Amadou DIOP

Face à la recrudescence des conflits fonciers en Afrique, plusieurs acteurs (chercheurs, membres d’Ong…) qui se sont retrouvés à Dakar, en février, à l’occasion de la conférence internationale sur l’état des droits et ressources 2016-2017, se sont prononcés en faveur d’une approche inclusive et participative dans la gestion des conflits fonciers. Aussi, ont-ils défendu la nécessité de relever le défi de la reconnaissance et de la garantie des droits fonciers coutumiers pour une bonne gouvernance foncière.

A l’initiative de la Commission nationale de la réforme foncière du Sénégal (Cnrf), de l’initiative des droits et des ressources (Rri), de l’initiative prospective agricole et rurale (Ipar) et du conseil national de concertation et de coopération des ruraux (Cncr), les échanges de cette rencontre internationale ont tourné autour du thème principal «passer des risques et des conflits à la paix et à la prospérité en Afrique ». L’exemple de réformes foncières entreprises au Sénégal, comme dans bien des pays ouest-africains, a servi de cas d’école à cette occasion. Ainsi pour le Pr Moustapha Sourang, président de la Commission nationale de la réforme foncière, les pays africains ont globalement les mêmes problèmes. « Pour réformer la terre, il faut une approche particulière. La terre est un bien économique, mais c’est également un bien spirituel et culturel. Il faut une démarche. C’est pourquoi le Sénégal a privilégié une démarche inclusive et participative qui nous a permis de partager, de discuter et d’arriver à une première étape. C’est une question extrêmement importante pour toutes les réformes que nous entreprenons: l’agriculture, les mines…», a-t-il explicité. Dans ce sens, il a indiqué: « C’est une question très importante qui conditionne beaucoup, par exemple, le Plan Sénégal émergent qui est basé sur l’agriculture et sur l’occupation saine et équilibrée des terres. Il s’y ajoute aussi qu’il y a des réformes récentes de la constitution du Sénégal sur les ressources naturelles qui montrent que cette question est d’actualité », a défendu le Pr Sourang. Se prononçant sur la commission nationale de la réforme foncière au Sénégal, il a indiqué que le but de la manœuvre, c’est de pacifier l’espace. «Les conflits fonciers constituent, au Sénégal, un problème très important. 60% des contentieux devant les juridictions du Sénégal ont plus ou moins un rapport avec la terre. C’est donc une question importante», a-t-il éclairé. Ainsi face à cet héritage colonial qu’est le droit sénégalais en matière foncière, «la réforme foncière a visé l’ensemble des acteurs du système social, dans le monde rural mais également dans les villes (zones urbaines). La loi vise donc les agriculteurs, les pasteurs et les sylviculteurs, en ciblant des groupes vulnérables : les femmes et les jeunes également», a rapporté le Pr. Moustapha Sourang.

Processus inclusif et droits coutumiers
Tout au plus et d’après Alioune Guèye, président de fédération des périmètres autogérés et membre du conseil national de concertation et de coopération des ruraux (Cncr), «nos gouvernants doivent être plus regardants dans la gestion des terres, être plus à l’écoute des communautés. Il faut une vigilance en questions foncières. Sinon on se dirige vers un problème de souveraineté nationale si une bonne partie des terres arrivait à être affectée à des privés ». Dans cette démarche, le directeur exécutif du centre pour l’environnement et le développement au Cameroun, Samuel Nguiffo, indique qu’on n’arrivera pas à une solution durable en ne sécurisant que les droits des investisseurs, au détriment des droits des communautés. «Il faut donc s’assurer qu’on ne prive pas de terre à ceux qui ne dépendent que de la terre pour assurer leur survie quotidienne. La sécurisation des droits de tout le monde est la seule garantie de la paix sociale. Nous devons absolument changer de perspectives. Il faut une réforme inclusive, qui tienne compte des droits de tous les acteurs et qui les protègent également. Reconnaître les droits des communautés n’est pas une option pour un pays qui s’engage sur la réforme et qui veut travailler à long terme. C’est une question de droit, d’engagement», a-t-il insisté.

Mieux, et de l’avis du Dr. Cheikh Omar Bâ, directeur exécutif, Initiative prospective agricole et rurale (Ipar), « il faut la prise en compte du droit coutumier. Le lien entre le foncier et la paix n’est plus à démontré. Que la gestion de la terre ne soit pas source de conflit mais de stabilité et de progrès. Il faudra agir sur les enjeux cultuels, culturels et retourner vers les communautés de base». Ainsi compte tenu de cet enjeu, le Sénégal a, lui, adopté une méthodologie inclusive dans la réforme foncière en vue de la mise en place d’un document de politique foncière. «Parce qu’une loi sur la terre ne doit pas se faire de façon centralisée et parachutée. Nous avons estimé, comme il y a une longue tradition de participation des acteurs dans tout ce qui se fait, qu’il fallait y aller de façon inclusive et participative. La réforme a été menée, avec à la clé près de 118 réunions. Les 45 départements ont été visités, les 14 régions du Sénégal ont été visitées.
Tous les groupes d’acteurs impliqués ont été également contactés», a aussi témoigné le président de la Commission nationale de la réforme foncière du Sénégal. Ainsi, les grandes lignes de ce document de politique foncière ont reposé sur le mécanisme de droit qui permettent de créer des droits réels sur une terre qui appartient à la nation. Dans ce sens, l’optique, selon lui, c’est en quelque sorte rendre les Sénégalais propriétaires du Sénégal, intégralement avec le respect des droits coutumiers parce que la réforme s’est inspirée de la Constitution du Sénégal qui reconnaît les droits sur les ressources naturelles. «L’objectif de la réforme c’est de sécuriser les droits coutumiers, les droits traditionnels.

Formaliser
Mais comment formaliser ces droits dans la législation, nous allons encore repartir et discuter avec les gens comme nous l’avons fait dans la phase où nous avons mutualisé, pendant deux ans, avec l’ensemble des acteurs », a-t-il fait savoir. Il a dit, à ce sujet, qu’il ne faut pas aliéner la terre et qu’il faut la donner pour 5 ans, 10 ans ou 15 ans, en l’accompagnant d’un cahier de charges de mise en valeur et contrôlables avec des choses nettes surtout avec les grandes entreprises, pour qu’en cas de violation de ces règles, qu’on puisse les revendiquer, les récupérer. Significativement, face à ce défi inclusif et eu égard à la garantie des droits coutumiers, «nos États se sont engagés; le droit international nous y contraint. Avec notre volonté, nous nous sommes engagés, nous devons le faire. C’est une obligation pour nous. Près de la moitié des conflits sur le continent est directement liée à la gestion de la terre ou des ressources naturelles. Il faut un moratoire à l’attribution de grandes concessions jusqu’à ce qu’un mécanisme soit en place pour permettre d’identifier et de protéger les droits des populations», a aussi défendu M. Samuel Nguiffo.

Nouveaux instruments de gestion foncière
Dans la mise en œuvre de la réforme, «il faut une nouvelle politique, de nouveaux instruments de gestion foncière pour promouvoir la paix et la prospérité. Les États africains initiateurs de réformes foncières doivent se fonder sur les questions de sécurité et d’inclusion. Les droits humains et le développement économique ne sont pas des contrastes à la gestion foncière.
Plus de la moitié des terres du monde font l’objet de possession coutumière et en Afrique, c’est plus de 80% des terres qui font l’objet de possession coutumière. D’où l’urgence de sécuriser les droits fonciers coutumiers », a préconisé, de son côté, Dr. Andy White, président de l’initiative des droits et ressources (RRI). D’autant plus que pour les réformes foncières entreprises, le constat est que malgré les lois foncières entreprises sur le continent, les États, de manière générale, ne sont pas encore en mesure d’assurer leurs engagements internationaux.

Encore moins que les lois foncières et les pratiques soient de nature à reconnaître les droits coutumiers, autrement que par l’immatriculation. «On s’est rendu compte enfin que la loi foncière n’est pas de nature à assurer la paix sociale dans un contexte où la raréfaction de la terre est extrêmement forte et devient de plus en plus grande. Les conflits sont nombreux, parfois violents et opposent les communautés aux élites, les communautés aux multinationales. C’est un constat dans tous les pays qui ont été étudiés», l’a souligné le directeur exécutif du Centre pour l’environnement et le développement au Cameroun. Pour le cas du Sénégal, le processus de participation pour la mise en place du document de politique foncière qui constitue la première phase, est terminé. «La deuxième phase est éminemment politique. Il s’agit de voir comment remplacer l’ancienne loi, quels sont les types de droits, comment introduire les outils de gestion modernes. Puisqu’il faut que dans le monde rural qu’on puisse avoir des éléments de topographie modernes, les plans d’occupation des sols, les systèmes d’occupations foncières pour qu’à l’image des villes, les zones rurales aient des outils d’ajustement extrêmement modernes », a averti le Pr. Sourang.

En outre, «nous avons estimé qu’à moins terme, c’est de trouver quelque chose qui soit entre le titre foncier et la simple affectation qui existait en 1964. Nous avons trouvé que le système de bail emphytéotique, de bail ou de sous bail permettrait d’avoir un mécanisme particulier qui permette aux paysans, pasteurs et également à tous les acteurs d’avoir des droits réels mais qui sont limités dans le temps», a-t-il renchéri.

«Le bail emphytéotique a donc été retenu pour le Sénégal. L’idée est comment faire en sorte que, comme ce sont des droits réels, qu’on sorte de l’informel. Dans beaucoup de systèmes traditionnels, les droits ne sont bornés que par des repères artificiels qui disparaissent. Nous avons donc préconisé le cadastrage universel des territoires puisque des territoires réels se bornent», a relevé le Pr. Sourang.

Par Amadou DIOP

Dakar a abrité, du 28 février au 1er mars, un atelier régional sur le thème « Accélérer la mise en œuvre du Pai pour les Pma». Pour Gyan Chandra Acharya, secrétaire général adjoint des Nations-Unies et Haut représentant de Un-Ohrlls (Bureau des Nations-Unies pour pays les moins avancés, les pays en développement sans littoral et les petits États insulaires) qui prenait part à cette rencontre, l’investissement dans les Tic est indispensable pour atteindre les Odd dans les Pays les moins avancés (Pma). Dans cet entretien, M. Acharya est revenu également sur la mise en œuvre du Programme d’actions d’Istambul (Pai) mais également sur les conclusions de la rencontre.

M. Acharya, vous dirigez le bureau des Nations Unies pour les Pma, les Pedsl et les Pied (Onu-Ohrlls). Pouvez-vous revenir sur les missions de cette institution?
Il y a un bureau qui est dédié aux pays les moins avancés, les pays en développement sans littoral et les petits États insulaires (Onu-Ohrlls). C’est un bureau qui a été institué en 2001 par l’Assemblée générale des Nations Unies pour faire un plaidoyer en faveur du développement de ces trois groupes de pays qui sont très vulnérables. Il s’agit de faire le plaidoyer en vue d’accroître le soutien de la communauté internationale en faveur du développement de ces pays. Le mandat du bureau s’articule autour de quatre grands axes. Le premier axe est lié à la mobilisation et la coordination du soutien international pour la mise en œuvre effective des programmes d’actions décennaux en faveur des pays les moins avancés (Pma), des pays en développement sans littoral (Pedsl) et des petits États insulaires en développement (Peid). Le deuxième axe concerne la sensibilisation et le plaidoyer en faveur des trois groupes de pays et leurs programmes d’actions respectifs. Le troisième axe traite du suivi cohérent et coordonné de la mise en œuvre des trois programmes d’actions susmentionnés et leurs synergies avec d’autres programmes globaux, y compris les programmes récemment adoptés à savoir le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et le Programme d’actions d’Addis-Ababa. En fin, le quatrième axe concerne l’appui aux groupes des Pma, des Pedsl et des Pied dans la formulation de leurs positions communes et d’une participation effective aux négociations intergouvernementales mondiales.

Vous venez d’organiser une rencontre de deux jours sur la mise en œuvre du Pai. Quelles sont les conclusions auxquelles vous êtes arrivés?
La réunion régionale sur le thème « Accélérer la mise en œuvre du Pai pour les Pma » avait deux buts. Le premier but était de fournir aux acteurs clés une plateforme leur permettant de partager leurs réflexions et expériences sur la manière dont ils intègrent le Pai et le Programme de développement durable à l’horizon 2030 dans leurs cadres de planification stratégique nationale. Le deuxième but était de se focaliser sur l’un des accélérateurs du développement durable et de la croissance, à savoir les Tic.

Il est ressorti de ces deux jours de rencontres, un engagement très fort des Pma dans la mise en œuvre, du suivi et de l’évaluation du Pai. Il y a aussi une cohérence entre le Pai et le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et l’Agenda 2063. En termes de résultats, des progrès ont été réalisés dans un certain nombre de domaines mais beaucoup reste à faire dans d’autres. Ce que demandent ces pays, c’est beaucoup plus de soutien et de partenariats de la communauté internationale.

Comment aligner les priorités du Pai à celles des Odd?
Je dirais que la quasi-totalité des cibles retenues dans le Pai ont été intégrées dans l’Agenda 2030, c’est-à-dire dans les Odd. Comment en est –on arrivé là ? Ces pays ont travaillé d’arrache-pied pour que ces cibles soient intégrées dans l’Agenda 2030 avec le soutien de mon bureau en termes d’analyse. Au cours des deux jours, nous avons pris bonne note des efforts des pays à intégrer des cibles des Odd dans leurs stratégies nationales de développement. Nous avons aussi pris note de l’engagement des Nations Unies allant dans le sens d’apporter un soutien à ces pays pour l’intégration des cibles et des Odd dans les processus nationaux de développement.

Le Pai a été adopté en 2016. Près de six ans après, comment jugez-vous sa mise en œuvre?
En mai 2011, la communauté internationale a adopté le Pai, qui doit être mis en œuvre d’ici à 2020. L’objectif principal du Pai est de permettre aux Pays les moins avancés de surmonter les défis structurels auxquels ils sont confrontés afin d’éradiquer la pauvreté, d’atteindre les Odd convenus sur le plan international et permettre leur sortie de la catégorie de Pma.

À mi-parcours dans la mise en œuvre du Pai, les résultats sont mitigés. D’un côté, il y a des progrès en taux de scolarisation, de représentation des femmes au sein des parlements et à l’accès à la téléphonie mobile. De l’autre, la majorité des Pma a connu un taux de croissance inférieur à 7% par an, un des objectifs fixé dans le Pai (et également intégré dans l’Odd 8). Le nombre de Pma qui ont enregistré une croissance de 7% ou plus a connu une tendance à la baisse. En 2014, seulement huit ont crû à 7 pour cent ou plus, contre 14 et 16 en 2011 et 2012, respectivement. Le pourcentage des exportations des Pma dans les exportations mondiales totales représentait environ 1,1% en 2014, ce qui est bien en deçà des objectifs fixés par le Pai et des Odd qui est de 2%. La mise en œuvre du Pai a généré des résultats tangibles. C’est vrai que les pays n’ont pas atteint tous les cibles et les objectifs. En croissance économique, le taux a été en deçà de la cible tout comme la lutte contre la pauvreté. Pour ce qui est de l’énergie, il y a eu des progrès même s’ils ont été lents. Il en est de même des progrès réalisés dans les secteurs sociaux.

Comment dans le Pai, faire en sorte que les Pma puissent atteindre les Odd et sortir de la pauvreté?
Pour atteindre les Odd et sortir de la pauvreté, les Pma doivent continuer à élargir leur stock de capital humain, faire en sorte qu’il y ait un accès plus élevé à une éducation de qualité et améliorer les conditions de santé. Il faut aussi mettre l’accent sur les infrastructures économiques, entre autres, le transport et l’énergie mais aussi des efforts allant dans le sens de l’amélioration de la productivité dans le secteur agricole. En somme, les efforts de réduction de la pauvreté ne sauraient être soutenables s’ils ne sont pas soutenus par une croissance forte combinée avec l’amélioration du capital humain et des investissements dans les infrastructures. Il y a aussi des efforts à faire en résilience et de gouvernance. Il est aussi important que ces pays soient accompagnés à travers un soutien beaucoup plus important en aide publique au développement, commerce, transfert de technologie et en renforcement de capacités.

Vous prônez un investissement dans les Tic notamment sur la large bande. Quels sont les avantages que peuvent tirer ces pays en investissant dans ce secteur?
Investir dans la large bande peut conduire à la création d’emplois dans des secteurs susceptibles d’utiliser les Tic de manière transformatrice. La large bande peut aussi améliorer les services dans les domaines de la finance, de l’éducation, de la santé, de l’innovation et de la gouvernance. Par conséquent, investir dans la large bande contribuerait à répondre à certaines des priorités du Pai. L’accès au haut-débit a aussi des avantages transversaux. Il permet d’atteindre la sécurité alimentaire, d’éradiquer la pauvreté, d’empêcher les pertes causées par des désastres, de donner aux femmes et aux filles les moyens de se prendre en charge et au final, il sert d’appui à une croissance économique durable et inclusive. L’accès au haut débit est indispensable pour atteindre les Odd dans les Pma.

Il y a d’autres avantages. Premièrement, les Tic peuvent accélérer le développement. Je pense que si tous les pays devraient suivre la voie traditionnelle de développement, il y a de très fortes chances que ça puisse prendre beaucoup de temps pour arriver à une situation où l’on peut changer, de façon substantielle, les conditions de vie des populations. Deuxièmement, les Tic permettent de réduire les coûts des investissements. Je vous donne un exemple. Dans le temps, il fallait des lignes fixes pour établir une connexion d’une bonne partie de la population au réseau téléphonique. Ce qui demandait des coûts énormes. Ces coûts sont aujourd’hui substantiellement réduits grâce au développement des Tic.

Propos recueillis par Aliou KANDE

The MasterCard Foundation a octroyé 38,3 millions de dollars Us (23.678.209.000 FCfa ) à trois organisations leaders à savoir AgDevCo, Icco Cooperation et Root Capital. Ce montant est destiné à améliorer la productivité et l’accès au marché pour de petits exploitants agricoles dans 11 pays africains, y compris le Sénégal

The Mastercard Foundation et trois organisations leaders établies en Afrique (AgDevCo, Icco Cooperation et Root Capital) s’associent pour améliorer les conditions de vie de 1,1 million de petits producteurs africains. Selon Mark Wensley, gestionnaire principal du programme Mf, ladite fondation octroie 38,3 millions de dollars américains (23.678.209.000 F Cfa) à Agdevco, Icco- Organisation inter-églises de coopération au développement et Root capital dans les programmes d’amélioration de la productivité et de l’accès au marché pour de petits exploitants agricoles dans 11 pays africains. Hier, ces trois organisations établies en Afrique et travaillant avec les petits exploitants agricoles ont réaffirmé leur engagement, afin de fournir aux agriculteurs plus de ressources financières et de faciliter la mise en relation dans le secteur de l’agriculture. Lors d’un atelier d’une journée d’apprentissage pour optimiser l’utilisation de la technologie et l’innovation tenu à Dakar, les partenaires ont dressé un bref bilan de leurs activités sur le continent et les améliorations déjà observées chez les paysans africains. Ce fut également l’occasion pour Icco cooperation de lancer son programme Stars (Strengthening african rural smallholders traduit en français  : Renforcement des petits producteurs ruraux africains) au Sénégal, après les lancements effectués au Rwanda, en Éthiopie et au Burkina Faso. Ensemble, ces trois organisations ont décidé d’élargir leur appui afin d’améliorer les conditions de vie d’au moins 1,1 million de producteurs dans 11 pays dont le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, l’ Éthiopie, le Ghana, le Malawi, le Mozambique, le Rwanda, le Sénégal, la Tanzanie, l’Ouganda et la Zambie.

Selon Idrissa Bâ, chef de file pays Sénégal à Icoo cooperation, ce programme Stars vise à transformer la vie de 210.000 producteurs ruraux dont 50 % sont des femmes du Burkina Faso, de l’Éthiopie, du Rwanda et du Sénégal, en facilitant leur accès aux crédit de marché et services de conseil agricole. « Nous sommes conscients que 70 % des Sénégalais sont dans l’agriculture et pendant 8 mois, ils peuvent nous nourrir. Mais, il y a un manque de qualité. Pour une autosuffisance en oignon en 2017, nous devons travailler », a-t-il affirmé, non sans plaider pour que les rendements dépassent la subsistance, permettant aux producteurs d’en faire profit et subvenir aux besoins de leurs familles. Pour Marinus Verweij, président du conseil exécutif d’Icco cooperation, en 5 ans, il faudra atteindre 40.000 exploitants de niébé et d’oignons.

« Il faut que l’on s’intéresse aux petits exploitants agricoles africains pour accroître leur productivité et les sortir de l’agriculture de subsistance. Nous sommes fiers de travailler avec des partenaires solides comme Agdevco, Icco cooperation et Root capital pour permettre aux petits exploitants agricoles de produire plus, vendre mieux et travailler avec des organisations locales sur des marchés équitables, transparents et durables, » a indiqué Ann Miles, directrice de l’inclusion financière à The mastercard foundation.

Accès au marché
Selon Chris Isaac, directeur des investissements chez Agdevco, « connecter les petits exploitants agricoles aux marchés rentables est l’un des meilleurs moyens de sortir un grand nombre de personnes de la pauvreté. L’appui de The mastercard foundation permettra à Agdevco de connecter les Pme bénéficiaires de nos investissements qui sont des entreprises socialement responsables et exerçant dans l’agro-transformation en Afrique à des centaines de milliers de producteurs afin de stimuler la productivité, relever le niveau des revenus et améliorer la sécurité alimentaire. » De son côté, Mireille William, directrice générale par intérim de Root capital pour l’Afrique de l’Ouest a noté que le partenariat avec The Mastercard foundation permet de viser, de plus en plus, d’entreprises en phase de démarrage en Afrique, qui opèrent en marge de la finance inclusive.

« Ensemble, nous sommes engagés à apporter à ces entreprises à fort impact le capital et la formation dont elles ont besoin pour devenir des moteurs de changements dans leurs communautés », a-t-elle indiqué. Directeur du groupe opérations Agdevco, Alex Simuyandi a précisé que leur structure est un investisseur à impact social et développeur de projets d’agrobusiness implanté au Royaume-Uni. La structure a pour mission de réduire la pauvreté et d’améliorer la sécurité alimentaire. A ce jour, elle a investi plus de 90 millions de dollars (55.640.700.000 FCfa) dans 59 entreprises agroalimentaires en Afrique sub-saharienne. Agdevco a facilité l’accès aux marchés à des dizaines de milliers d’agriculteurs et générant plus de 3.000 emplois.

Serigne Mansour Sy CISSE

Venus assister à la journée dédiée au Sénégal au Salon de l’agriculture, à Paris, les différents intervenants qui ont pris la parole au nom de la diaspora sénégalaise vivant en Europe et particulièrement celle de France, n’ont pas manqué de magnifier les efforts entrepris par le chef de l’État et son gouvernement dans le domaine de l’agriculture. C’est l’exemple d’Alimatou Sylla qui, aujourd’hui, grâce au soutien du gouvernement, a pu bénéficier d’un tracteur et divers matériels agricoles pour revenir s’investir dans son village d’origine, Oudoukar, dans la région de Sédhiou. « Je tiens à féliciter le gouvernement à travers le ministère de l’Agriculture qui m’a aidé à disposer d’un tracteur pour se lancer dans la riziculture dans mon village », a déclaré Alimatou Sylla.

Mouhamed Lamine Touré, étudiant en France, s’est aussi confondu dans la même lancée, non sans demander au gouvernement de renforcer la formation des jeunes agriculteurs. Pape Seck, un jeune sénégalais de France qui s’investit, aujourd’hui, dans la production de bissap dans la région de Diourbel souhaite, pour sa part, plus d’accompagnement des sénégalais qui ont décidé de retourner à la terre, après plusieurs années vécues dans l’hexagone.

S. P. SADIO

Le président de l’Union nationale des Chambres de commerce, d’Industrie et d’agriculture, Sérigne Mboup, a profité de la journée du Sénégal au Salon de l’agriculture pour inviter les acteurs du monde rural et les opérateurs économiques évoluant dans le domaine de l’agriculture à prendre plus de risque dans les investissements. « Nous devons oser aller là où personnes n’ose aller », a soutenu M. Mboup. Le patron des chambres consulaires du Sénégal invite, à ce propos, la diplomatie sénégalaise à être au service de l’économie. « Notre diplomatie doit aider à faire bouger les choses avec les entreprises sénégalaises », a déclaré Sérigne Mboup, au salon de l’agriculture.

S. P. SADIO

AVERTISSEMENT

La SSPP « Le Soleil » met en garde et interdit formellement aux responsables et gestionnaires de sites d’informations, établis au Sénégal ou ailleurs, de poster les articles publiés sur le portail Internet du « Soleil », à l’adresse www.lesoleil.sn. La SSPP « Le Soleil » ne tolérera aucune entorse à cette interdiction. Seule est permise la publication de liens directs pour rediriger l’internaute vers l’adresse www.lesoleil.sn

PARTENARIATS

Les gestionnaires de sites qui le souhaitent peuvent adresser une demande de partenariat avec la SSPP « Le Soleil » qui en définira les modalités et fixera les conditions d’utilisation des articles, photos, logos de son portail Internet. En cas de manquements, la SSPP « Le Soleil » se réserve le droit d’engager immédiatement des poursuites judiciaires envers les contrevenants, pour violation du respect des droits d’auteurs.