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Affaires et Finances (2091)

Malgré la tendance baissière de son chiffre d’affaires annuel, la contribution économique de Sabodala Gold operations (Sgo) au Sénégal est passée de 156 millions de dollars en 2014 à 180 millions de dollars en 2015, soit plus de 105 milliards de FCfa, a affirmé, hier, son directeur général qui présentait le 4e rapport de sa structure sur la responsabilité sociétale d’entreprise.

Sabodala gold opérations (Sgo) a présenté, hier, son 4e rapport sur la Responsabilité sociétale d’entreprise (Rse) 2015. Premier du genre après la fin de l’exonération fiscale dont bénéficier la société depuis 2006. Ce rapport rend compte des performances de la société en matière de Rse mais aussi couvre des aspects de la bonne gouvernance, de la contribution économique de la société dans l’économie nationale, des questions de santé et de sécurité au travail, du respect de l’environnement, des investissements sociaux communautaires, etc. Comparant les résultats de sa structure ces deux dernières années, le directeur général de Sgo, Abdoul Aziz Sy, a indiqué que « 2015 a été très difficile pour ne pas dire mauvaise par rapport à 2014 ». Selon lui, la production a été médiocre avec 182.000 onces produites en 2015 contre 212.000 onces en 2014. Les cours de l’or ont suivi la même tendance baissière. De 1.259 dollars en moyenne l’once en 2014, elle a chuté à 1.161 dollars en 2015. « Nos charges d’exploitation ont suivi le chemin inverse passant de 865 dollars l’once en 2014 à 974 onces en 2015 », a précisé le directeur général, soulignant que le chiffre d’affaires annuel a connu une baisse en passant de 261 millions dollars en 2014 à 225 millions en 2015. « Malgré ces contreperformances économiques et financières, la contribution économique, sociale et salariale de la Sgo a nettement progressé entre 2014 et 2015 », a-t-il déclaré, notant que cette contribution économique est passée de 156 millions de dollars en 2014 à 180 millions de dollars en 2015, soit plus de 105 milliards de FCfa, représentant plus de 1 % du Pib du Sénégal. « Les 80 % des revenus générés sont restés au Sénégal. Nos achats locaux sont passés de 32 millions de dollars en 2014 à 43 millions de dollars en 2015, soit un bon de 34 % », a indiqué le directeur général. Les effectifs ont augmenté passant de 956 en 2014 à 1.032 en 2015. Abdoul Aziz Sy affirme que ces chiffres illustrent admirablement le crédo de sa société : « le partage des bénéfices qui est une réalité chez eux ».

Le directeur des relations communautaires de la Sgo, Issa Dabo est revenu sur le rapport avec des chiffres à l’appui. Le fonds de la Rse est passé 844.228 dollars à 1.218.274 dollars, soit plus de 700 millions de FCfa. Le directeur des Mines et de la géologie, Ousmane Cissé a salué les efforts consentis par Sgo pour amener son fonds Rse à plus de 700 millions de FCfa. Commentant le rapport, il admet que les revenus de l’Etat ont doublé malgré le contexte de baisse de la production, des prix, etc.

Il a rappelé qu’en 2013, le chef de l’Etat avait demandé à ce qu’une partie de la production soit réservée au marché local. « Entretemps, il s’est trouvé, explique-t-il, que Sgo ne bénéficiant plus d’exonération fiscale est obligée d’appliquer la Tva de 18 %. C’est pourquoi, les bijoutiers disent que l’or est vendu plus cher sur le plan local », a-t-il expliqué.

Magnifiant les efforts consentis par Sgo pour publier un rapport normé, le Président de Rse Sénégal, Philippe Barry a invité d’autres entreprises à suivre l’exemple de la société.

Le Secrétaire permanent de l’Itie, Cheikh Tidiane Touré, a abondé dans le même sens, en invitant Sgo à prendre le leadership pour la publication des conventions.

Souleymane Diam SY

Dans la mise en œuvre du Pacte de politique alimentaire urbaine de Milan, signé en octobre 2015, lors de l’exposition universelle de Milan : « Nourrir la planète, énergie pour la vie », des représentants des villes africaines du Sud du Sahara et ceux de la ville de Milan sont, depuis avant-hier, à Dakar, pour échanger leurs expériences sur les cas de bonnes pratiques pour la sécurité alimentaire en Afrique.

Suite à la signature de plusieurs villes du Pacte de politique alimentaire urbaine de Milan, en octobre 2015, lors de l’exposition universelle de Milan : « Nourrir la planète, énergie pour la vie », des représentants des villes africaines au Sud du Sahara et ceux de la ville de Milan sont, depuis hier, à Dakar, pour échanger leurs expériences sur les bonnes pratiques portant sur la sécurité alimentaire en Afrique. La première adjointe au maire de Dakar, Saham El Wardini a déclaré que cette rencontre sera marquée par la création d’une plateforme destinée à promouvoir les produits alimentaires mais aussi sera l’occasion de créer cinq bonnes pratiques dans les domaines de l’agriculture, la pêche ou l’élevage. Elle a assuré que par rapport aux bonnes pratiques en sécurité alimentaire, la ville de Dakar a entrepris des actions significatives dans le sens de la concrétisation des objectifs à atteindre et qu’elle présentera son expérience à travers son projet de micro-jardinage ou son programme de lait à l’école. Deux projets qui rentrent, selon elle, dans la politique alimentaire de la ville de Dakar. Le maire de Milan, Anna Scavuzzo, s’est réjouie de la tenue de cette rencontre qui marque la volonté des villes africaines de matérialiser le Pacte de politique alimentaire urbaine de Milan en mettant en place des systèmes alimentaires alternatifs plus durables.

Le secteur alimentaire est une priorité majeure pour l’Union dans ses programmes de soutien aux pays en développement, a déclaré le représentant de l’Union européenne au Sénégal, Stéphane Meert. Le secteur alimentaire constitue, selon lui, une priorité dans tous les programmes de développement de l’Union.

Saluant cette initiative qui touche directement l’avenir de la planète, l’ambassadeur d’Italie au Sénégal a noté que les bonnes pratiques pour la sécurité alimentaire visent, entre autres, à assurer une bonne nutrition qui est à la base de la bonne santé, à améliorer la production, la distribution et la conservation des aliments. Ils visent également à lutter contre le gaspillage de produits alimentaires.

Mamadou SY

La valeur des transactions est passée de 829,75 millions de FCfa, la veille, à 1,5 milliard de FCfa ce mercredi. Cette hausse est liée aux transactions opérées sur les valeurs Sgb Côte d’Ivoire pour 533,384 millions de FCfa et Sonatel pour 351,505 millions de FCfa. Ce qui fait de ces deux valeurs, les titres les plus actifs en valeur à côté de la ligne obligataire Tpci 5,85% 2015-2022 pour 90 millions de FCfa.

Au terme de la séance de cotation d’hier, il a été répertorié 361 transactions contre 293 la veille. Quant au ratio de liquidité, il se situe à 14,24 % contre 11,84 % la veille. 15 titres ont enregistré des gains (contre 13 la veille), 13 des pertes (contre 15 la veille) alors que 07 (contre 04 précédemment) d’entre eux ont vu leur cours inchangé. Les trois titres les plus actifs en volume sont Eti (103.448 actions), Sonatel (15.350 actions) et Tpci 5,85% 2015-2022 (9.000 obligations).

Concernant les indices, on note une baisse par rapport à la séance de la veille. L'indice Brvm 10 est passé de 255,06 points la veille à 251,37 points ce mercredi, soit un repli de 1,45%. L’indice Brvm Composite a cédé 0,81% à 286,69 points contre 289,04 points mardi. La capitalisation boursière du marché des actions est en baisse, passant de 7.213,82 milliards de FCfa la veille à 7.154,97 milliards de FCfa ce mercredi. Celle du marché obligataire est en revanche en légère hausse, se situant à 1.642,58 milliards de FCfa contre 1.642,57 milliards de FCfa la veille. Les trois plus fortes hausses de cours sont enregistrées par Sicor Côte d’Ivoire (plus 7,45% à 5.480 FCfa), Unilever Côte d’Ivoire (plus 6,64% à 23.995 FCfa) et Boa Bénin (5,26% à 200.000 FCfa). Du côté des contreperformances, les trois plus fortes baisses de cours sont réalisées par Nestlé Côte d’Ivoire (moins 7,50% à 51.340 FCfa), Sgb Côte d’Ivoire (moins 6,90% à 135.000 FCfa) et Total Côte d’Ivoire (moins 6,74% à 18.000 FCfa).

(APA)

Elu à l'unanimité sur proposition du collège des producteurs du département de Dagana et autres paysans du delta et de la vallée du fleuve Sénégal, Ousseynou Ndiaye devient le président du comité interprofessionnel de la filière riz local du Sénégal (Ciriz).

Il remplace, à ce poste, Ndiawar Diop rappelé à Dieu, il y a deux mois. Domicilié à Mboundom, une localité située à quelques encablures de Ross-Béthio, l’ancien grand producteur de riz, très célèbre, avait prêché par l’exemple jusqu’à son dernier souffle. C’est à l’issue de l’Assemblée générale, tenue, hier dans les locaux du centre interprofessionnel de formation aux métiers de l’agriculture (Cifa), situé à Ndiayes, à 37 km de Saint-Louis que les producteurs ont unanimement porté leur choix sur Ousseynou Ndiaye. Le nouveau président est un homme du sérail. De plus, il est le président de l’union des producteurs de semences. Très connu pour ses prises de position, il s’est engagé « à mobiliser toutes les énergies pour booster avec l’appui de l’ensemble des paysans de la vallée, la production rizicole ». « Vous m’avez connu bouillant, mais aujourd’hui, je suis obligé de changer de fusil d’épaule, pour défendre l’intérêt général de l’ensemble des acteurs de la filière riz local : producteurs de toutes les zones rizicoles de notre pays, des riziers, des techniciens, des ingénieurs agronomes, des chercheurs, des commerçants et des représentants de l’Etat et des institutions financières », a-t-il déclaré. Dans le contexte de l’autosuffisance en riz, Ousseynou Ndiaye entame son mandat avec un nouveau plan stratégique, un manuel de procédure et un nouveau site web, validés par l’ensemble des membres de l’assemblée générale. 

Mbagnick Kharachi DIAGNE

Réunis en atelier de partage au centre national de recherches forestières (Cnrf) de Hann, des acteurs de la filière anacarde au Sénégal ont annoncé la création, d’ici à la fin de l’année, d’un guide méthodologique pour restructurer la filière et moderniser davantage les exploitations.

Confrontée à de multiples contraintes, la modernisation de la filière anacarde au Sénégal préoccupe les acteurs. Ces derniers ne ratent aucune occasion pour poser le débat et dégager des pistes de solution pour la restructuration de la filière.

Le dernier acte en date a été effectué au centre national de recherches forestières (Cnrf) de Hann, hier, où des pépiniéristes de cajou se sont réunis pour discuter du contenu d’un outil pédagogique qu’ils comptent lancer d’ici la fin de l’année. Un guide méthodologique qui, comme l’a rappelé le coordonnateur national de la filière anacarde au Sénégal, Souleye Badiane, vise à renforcer les capacités des acteurs de la filière.

Une nouvelle initiative que M. Badiane inscrit dans la mise en œuvre du projet régional que le Sénégal partage avec des pays comme le Burkina Faso, le Bénin et le Ghana. Le nouveau guide prendra en compte des préoccupations comme le renouvellement du matériel végétal dans les exploitations, le respect des itinéraires techniques, la formation des acteurs, l’amélioration des rendements et la transformation.

Des enjeux majeurs pour la relance de la filière anacarde au Sénégal, a indiqué Souleye Badiane. « Nous comptons boucler le plan de rédaction du guide sur les techniques de production des plants et l’aménagement des pépinières forestières, les techniques de greffage horticole dans les champs », d’ici la fin de l’année, a déclaré le coordonnateur national de la filière au Sénégal.

Seydou Prosper SADIO

Lancée en novembre 2012, l’Initiative en faveur de la résilience rurale (4R) est le fruit d’un partenariat stratégique entre le Programme alimentaire mondial (Pam), Oxfam et d’autres Ong. Son objectif était de renforcer la résilience rurale à travers l’augmentation de la sécurité alimentaire et les moyens d’existence et l’adaptation aux risques des changements climatiques. Grâce à la combinaison de quatre stratégies de gestion des risques -gestion améliorée des ressources naturelles, assurance, microcrédit et épargne-, la phase pilote de l’initiative 4R a touché 500 participants dans la commune de Koussanar en 2013. En 2014, les interventions sont étendues à 9 autres communes de Tambacounda et 6 communes de Kolda avec environ 6.000 participants. 4R a poursuivi son expansion vers la région de Kaffrine en 2015 avec 12.000 participants. En 2016, cette dynamique s’est consolidée dans les trois régions en atteignant 17.000 participants. Après quatre ans de mise en œuvre, les parties prenantes se sont retrouvées, hier, au cours d’un atelier pour faire le bilan de l’initiative. Présidant la cérémonie d’ouverture de la rencontre, le Conseiller spécial en agriculture du Premier ministre, Fallou Dièye, a réaffirmé l’intérêt que le gouvernement accorde à l’initiative 4R du fait de ses résultats probants et de son impact remarquable sur les conditions de vie des communautés dans les régions d’intervention. « Cette initiative est une contribution essentielle pour l’atteinte de nos objectifs d’autosuffisance alimentaire comme en atteste la valorisation de plus de 800 hectares pour la culture du riz », a affirmé M. Dièye, soulignant que les quatre composantes de 4R sont en cohérence avec l’axe 2 du Plan Sénégal émergent (Pse) : « capital humain, protection sociale et développement durable ». Selon lui, cet atelier-bilan devra servir de plateforme aux parties prenantes pour échanger sur les orientations idoines afin de passer à la mise à l’échelle des acquis de l’initiative 4R. « Il devra aussi permettre la formulation de propositions consensuelles et la mise en place d’une plateforme nationale de dialogue et de coopération entre les institutions municipales, étatiques et les organisations de la société civile pour une meilleure prise en charge de la résilience rurale dans les budgets communaux et plus globalement dans les politiques publiques de développement », a-t-il dit.

« Appel citoyen »
Le directeur régional du Pam, Abdou Dieng, a indiqué que cette journée de réflexion constitue une occasion pour « apprendre des succès mais aussi identifier des défis de l’approche 4R ». « Ces enseignements permettront également de définir de nouvelles orientations pour la mise à l’échelle de la 4R en vue de contribuer à une meilleure prise en charge des besoins des populations ciblées à travers tout le pays », a-t-il poursuivi. M. Dieng a affirmé que l’approche intégrée de gestion des risques liée aux changements climatiques promue par 4R a considérablement renforcé la résilience des communautés vulnérables. C’est pourquoi, il a plaidé pour une meilleure intégration de cette « approche innovante » dans les stratégies et politiques nationales de protection sociale afin de pérenniser les acquis. Il a invité aussi toutes les parties prenantes « à se mobiliser en faveur des communautés et des petits exploitants familiaux pour que la résilience rurale soit une réalité face aux chocs climatiques récurrents ». Selon lui, le Pam, Oxfam et leurs partenaires partagent la conviction que des mesures de protection sociale incluant l’assurance agricole indicielle et les mécanismes d’autonomisation des femmes sont la voie pour réduire la pauvreté et l’insécurité alimentaire sous toutes ses formes. Pour la directrice Pays Oxfam, Amy Glass, l’atelier-bilan est un « appel citoyen » aux autorités gouvernementales pour la mise sur pied d’un dispositif de suivi destiné à appuyer les initiatives locales et l’harmonisation des interventions. S’agissant de la composante « Epargne-crédit » qui a mobilisé 743 groupements dont 73 % de femmes, elle a indiqué que celle-ci a généré un cumul de plus de 113 millions de FCfa. Amy Glass a ajouté que les partenaires comptent sur l’engagement des pouvoirs publics pour que les budgets municipaux et nationaux reflètent et accompagnent toutes les interventions en lien avec la sécurité alimentaire, la protection sociale, pour le développement des populations rurales vulnérables.

Souleymane Diam SY

Le Sénégal veut porter la proportion de la population adulte utilisant les services financiers via les technologies à distance à 20 % dans 3 ans, a indiqué, hier, Amadou Bâ, le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, à l’ouverture de la conférence régionale de haut niveau sur le thème : « Finance pour tous : promouvoir l’inclusion financière en Afrique de l’ouest ». « Notre partenariat avec le Fonds d’équipement des Nations unies, dans le programme dénommé ‘’Better Than cash alliance’’ en faveur des paiements par voie électronique a pour ambition de faire passer de 7 à 20 % d’ici à 2019, la proportion de la population adulte utilisant les services financiers via les technologies à distance », a déclaré M. Bâ qui est en même temps le président du conseil des ministres de l’Union économique et monétaire ouest africain (Uemoa). Rappelant les actions mises en œuvre ces dernières années, a affirmé que l’inclusion financière s’est améliorée dans cet espace communautaire. Selon lui, le taux de bancarisation est passé de 7 % en 2007 à 15 % en 2014 et le taux global d’utilisation des services financiers intégrant la monnaie électronique est passé de 16 % en 2007 à 61 % en 2014. « Ces chiffres montrent que l’évolution de l’inclusion financière résulte de la contribution significative du secteur de la micro finance et de la forte progression de l’offre de services financiers via le téléphone mobile », a-t-il souligné. Toutefois, ces progrès ne doivent pas cacher une réalité. La zone Uemoa reste l’une des régions où les adultes possédant un compte bancaire est la plus faible. Pourtant, les spécialistes sont unanimes à souligner que l’inclusion financière peut accélérer la transformation structurelle des économies des pays en développement en favorisant leur développement. En effet, plus une personne a accès aux services financiers, plus elle a d’opportunités : possibilité d’investir et d’en tirer des gains, des profits ; d’investir dans l’instruction des enfants, etc. Le ministre sénégalais de l’Economie, des Finances et du Plan fait une corrélation positive entre l’Indice de développement humain le progrès économique et social d’un pays. « Les cinq premiers pays au monde ayant l’indice de développement humain le plus élevé ont un taux d’inclusion financière avoisinant 100 % contrairement aux cinq derniers pays ayant l’indice de développement humain le plus faible qui ont des taux d’inclusion financière compris entre 7 et 14 % », a indiqué Amadou Bâ.

Niveau faible de bancarisation
Le directeur général adjoint du Fmi, Mitsuhiro Furusawa, considère l’inclusion financière comme un pilier essentiel du développement économique. «Des analyses du Fmi ont montré que l’inclusion est propice à la croissance. Pour une fois, il est donc possible d’avoir, à la fois, une croissance et une inclusion plus élevées », a déclaré M. Furusawa. Toutefois, il trouve essentiel de mettre en place des politiques qui peuvent maintenir ou relancer la croissance et le développement du secteur financier.

L’on comprend l’importance que la Banque mondiale, le Fmi, les banques centrales et les Etats accordent à l’inclusion financière. Dans l’Uemoa, les autorités monétaires ont mis en œuvre, ces dernières années, des réformes visant à promouvoir l’inclusion financière. Toutefois, pour réussir l’inclusion financière, les intervenants ont insisté sur l’engagement politique, une réglementation qui assure la stabilité financière, une stratégie claire et réaliste, etc. Le Fmi, la Banque mondiale et d’autres institutions régionales collaborent avec des pays africains –comme ceux de la zone Uemoa- pour concevoir des réformes en vue de favoriser l’inclusion financière.

Henrique Horta Dos Santos recommande la formation
Dans la volonté des autorités de la Banque centrale d’élargir davantage l’accès aux services financiers au plus grand nombre de personnes surtout les femmes, les jeunes, les populations vivant en zone rurale et les responsables des Pme, le ministre bissau-guinéen de l’Economie et des finances a recommandé la formation de ces catégories sociales. « La réussite de l’inclusion financière passe par une formation des personnes exclues ou qui ont peu accès aux services financiers », a déclaré Henrique Horta Dos Santos. « Cette formation permettra aux Pme évoluant dans le secteur informel de se formaliser avec une comptabilité à jour.

Ainsi, elles auront un accès plus facile aux financements bancaires», a-t-il ajouté. Le ministre bissau-guinéen de l’Economie et des Finances a salué les mesures prises par la Bceao pour promouvoir l’inclusion financière notamment la mise en place d’un Bureau d’information sur le crédit.

Le gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest, Tiémoko Meyliet Koné a souligné le rôle primordial de l’inclusion financière dans le développement économique, à la fin des travaux de l’atelier de haut niveau sur l’inclusion financière. Selon M. Koné, un système financier solide, constitue une condition essentielle pour réaliser une croissance économique durable. Il a relevé que les échanges ont fait ressortir l’existence d’actions, de politiques et de programmes dans le monde pour promouvoir l’inclusion financière. Ces actions, a-t-il précisé, visent les populations exclues du système financier traditionnel, c’est-à-dire les femmes, les jeunes, les populations rurales. Il a indiqué que la percée du mobile banking a permis l’amélioration du taux de bancarisation. Toutefois, le gouverneur de la Bceao a rappelé que les Pme font face aux mêmes difficultés de financement que les populations à revenu faible.

Reconnaissant la nécessité d’élargir l’accès aux financements, les participants ont jugé nécessaire de mettre en place des structures d’encadrement pour inviter l’instabilité financière. Autres convergences de vue, c’est l’existence de solutions innovantes avec les opportunités offertes par la finance islamique. Le gouverneur de la Bceao soutient que tous les acteurs doivent s’inscrire dans une dynamique d’échanges d’expériences. « Nous avons appris ce que nous ne savions en termes de bonnes pratiques », a indiqué Tiémoko Meyliet Koné.
Promotion de l’inclusion financiere

Mitsuhiro Furusawa souligne l’importance de la réglementation
Les avantages de l’inclusion financière et d’une croissance inclusive (dont les fruits sont partagés), sont clairement établis. C’est ce que soutient Mitsuhiro Furusawa, directeur général adjoint du Fonds monétaire international (Fmi). Il prenait part, hier, à la conférence organisée par la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) en collaboration avec le Fmi. Selon M. Furusawa, l’accès aux services financiers ouvre des portes aux familles, en leur permettant de parfaire leur consommation et d’investir dans leur avenir grâce à l’éducation et à la santé. L’accès au crédit, explique-t-il, permet aux entreprises de se développer, en créant des emplois et en réduisant les inégalités. L’inclusion financière, soutient Mitsuhiro Furusawa, jette un pont entre les opportunités économiques et les résultats. Mais, il n’a pas manqué d’évoquer la question de la stabilité financière. Selon lui, lorsque l’on parle du développement de l’inclusion financière, on s’inquiète souvent de ses implications pour la stabilité du système financier. Il soutient que l’octroi de crédit à des projets improductifs ou à des clients incapables de rembourser peut exposer le prêteur à des risques plus élevés. Il peut aussi exposer des emprunteurs mal informés à un risque accru de surendettement. D’où la mise en garde du directeur général adjoint du Fmi qui pense que l’amélioration de l’accès aux services financiers ne doit pas conduire à l’instabilité. « L’inclusion, a-t-il dit, ne signifie pas qu’il faut accorder des prêts à tout le monde à n’importe quel prix. ». Selon lui, c’est là que les réglementations et la supervision sont importantes. « Une inclusion financière durable et efficiente exige un équilibre entre l’innovation et des garde-fous qui permettent d’assurer la bonne santé du secteur financier. (…). Donc, des réglementations financières bien conçues y compris un solide contrôle prudentiel, peuvent orienter les prêts vers les usages les plus productifs», a déclaré M. Furusawa.

Le gouverneur de la Bceao pour un cadre sécurisé
«Finance pour tous : promouvoir l’inclusion financière en Afrique de l’Ouest». C’est le thème de la conférence organisée, hier, par La Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) en collaboration avec le Fonds monétaire international (Fmi). Ont pris part à cette conférence, des décideurs chargés de l’élaboration et de la mise en œuvre des politiques économiques, des opérateurs du secteur privé, des Ong, des acteurs du secteur bancaire et des services financiers décentralisés et de la société civile. L’objectif de la rencontre est d’offrir une plateforme pour échanger sur les enjeux et défis suscités par ce concept, en particulier, les meilleures stratégies pour élargir l’accès des populations de la Cedeao aux services financiers. Pour Tiémoko Meyliet Koné, gouverneur de la Bceao, l’inclusion financière revêt un enjeu de développement à l’échelle mondiale et plus particulièrement pour les pays africains puisqu’elle est devenue un catalyseur de croissance économique. « Il est normal que la stratégie d’inclusion financière soit placée au centre de toute politique de développement visant à accélérer la croissance, lutter contre la pauvreté et réduire les inégalités sociales », a dit M. Koné. Favorable à l’amélioration de l’accès aux services financiers, le gouverneur de la Bceao a insisté sur la sécurité qui doit accompagner ce processus. «Nous ne devrons cependant pas perdre de vue que notre volonté à élargir le champ d’accès aux services financiers et les actions à entreprendre dans cette optique doivent s’inscrire dans un cadre sécurisé. Cette exigence sera placée au cœur des réflexions à mener sur les défis du suivi et d’une supervision appropriés des institutions et des innovations financières à mettre en place », a-t-il dit.

Par Mamadou Guèye et Aliou Kandé (Textes) Pape Seydi (Photos)

Le président de la République, Macky Sall a indiqué, hier, à New York (Etats-Unis d’Amérique), que la question de l’énergie est un « enjeu vital » pour les pays africains, soulignant qu’il ne peut y avoir industrialisation et développement sans accès à l’électricité à des coûts compétitifs.

« L’Afrique ne peut continuer à éclairer les autres continents grâce à ses ressources en restant elle-même dans l’obscurité », a soutenu Macky Sall qui intervenait à la 71è session annuelle de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (Onu). Selon le chef de l’Etat sénégalais, « l’Afrique ne peut continuer à servir de réservoir de matières premières transformées ailleurs au détriment de sa propre industrialisation ». Elle ne peut continuer à être le continent le plus affecté par le changement climatique, alors que sa contribution aux émissions de CO2 liées à l’énergie demeure la plus faible, devant atteindre seulement 3 % en 2040 », a-t-il ajouté.

Pour Macky Sall, l’Accord de Paris signé en avril dernier à New York appelle à travailler ensemble pour que les pays en développement, africains en particulier, n’empruntent pas le même schéma pollueur que les pays aujourd’hui industrialisés. A cette fin, a-t-il relevé, l’Union africaine a initié, en juillet dernier, un Fonds d’appui à l’électrification de l’Afrique logé à la Bad pour mobiliser le financement de projets d’électricité dans le cadre d’un mix énergétique. A cet effet, le président du Comité d’orientation du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad) a salué le soutien de la France à cette initiative et invité tous les partenaires bilatéraux et multilatéraux à contribuer au financement du Fonds, conformément aux engagements convenus dans l’Accord de Paris en matière de financement des mesures d’atténuation et d’adaptation.

Macky Sall qui a de plus, appelé à une autre vision des enjeux du développement en Afrique a demandé de laisser de côté « les clichés d’un passé révolu ». « Regardons plutôt l’Afrique non comme une terre d’urgence humanitaire et un réceptacle d’aide publique au développement, mais comme un continent en construction, un pôle d’émergence et de progrès. C’est l’Afrique des routes et des autoroutes, des ponts et des chemins de fer, l’Afrique des barrages et des centrales électriques, des parcs industriels et des fermes agricoles », a dit le président Sall à la tribune des Nations unies.

Le chef de l’Etat sénégalais a ainsi décliné l’ambition pour les pays africains, soulignant que « cette ambition, nous la réaliserons non par l’aide mais par des investissements massifs et urgents dans les secteurs qui portent la croissance et le développement ». « Nous voulons d’abord compter sur la mobilisation de nos propres ressources, par une meilleure efficacité dans la dépense publique, la valorisation et la juste rémunération de nos matières premières, une fiscalité maîtrisée et une lutte plus soutenue contre les flux financiers illégaux », a-t-il fait savoir.

(APS)

L’évasion fiscale n’épargne aucun secteur porteur de croissance et surtout les télécommunications. Pour lutter contre ce phénomène, le Centre régional d’assistance technique (Afritac) de l’ouest du Fonds monétaire international (Fmi), en collaboration avec la direction générale des Impôts et Domaines (Dgid) a organisé, hier, la 4e session de formation du groupe de travail régional sur le contrôle fiscal des opérations internationales du secteur des télécommunications.

Après les sessions tenues en Mauritanie et au Bénin, le Centre régional d’assistance technique (Afritac) de l’ouest du Fonds monétaire international (Fmi), en collaboration avec la Direction générale des Impôts et Domaines (Dgid), a entamé, hier, la 4e session de formation du groupe de travail régional sur le contrôle fiscal des opérations internationales du secteur des télécommunications au profit des administrations fiscales des dix pays membres. Mis en place au cours de la session 2014,  le groupe de travail a pour objectif, de renforcer les échanges et le partage des informations entre les différentes administrations, de créer un cadre permanent de dialogue et de concertation entre les Etats membres, etc. Au cours de la cérémonie d’ouverture de la session, la Conseillère résidente d’Afritac de l’ouest, Rénilde Basahia, a rappelé que « la détermination des prix dans les transactions entre les sociétés de groupes constitue un enjeu capital aussi bien pour les contribuables que pour l’administration fiscale ». Elle a précisé que les règles applicables dans la quasi-totalité des pays permettent aux contribuables de fixer librement leurs prix, « même si les administrations fiscales peuvent, elles-aussi, ajuster les montants ne respectant pas le principe de pleine concurrence ».

A son avis, les entreprises de télécommunications offrent un « terrain fertile » pour tirer meilleur profit de la concurrence fiscale à laquelle se livrent les Etats pour deux raisons. « La première, explique-t-elle, il est facile, pour ces sociétés, de transférer leurs bénéfices dans les paradis fiscaux en y rémunérant notamment les actifs incorporels ». « La deuxième, ajoute-t-elle, grâce à leurs modèles d’affaires, ces sociétés peuvent s’organiser de telle manière qu’elles choisissent de s’établir dans un pays à fiscalité privilégiée. » La Conseillère résidente d’Afritac de l’ouest estime que l’initiative du groupe de travail régional est « une réponse efficiente à ces préoccupations des Etats membres de l’Afritac face au transfert illicite de bénéfices ».

Le directeur général de la Dgid, Cheikh Tidiane Bâ, a insisté sur l’importance du secteur des télécommunications dans les économies des Etats et la mobilisation de recettes. « C’est un levier important pour une croissance économique de nos pays. Il mobilise des recettes substantiels et se révèle être un grand secteur pourvoyeur d’emplois », a-t-il affirmé, soulignant qu’il se caractérise aussi par « la diffusion rapide des nouveaux biens et services ». M. Bâ estime que la création du groupe de travail régional sur le contrôle fiscal constitue une « réponse pertinente à cette problématique, en ce qu’il permet de renforcer la capacité de nos cadres afin de lutter contre les pratiques fiscales dommageables observées notamment à travers les prix de transferts ». « La particularité de cette initiative, a-t-il poursuivi, c’est qu’elle repose sur une démarche de vérification régionale et endogène qui facilite l’appropriation par les vérificateurs des outils développés suivant une offre de formation adaptée au contexte de nos Etats.» M. Bâ est convaincu que ce secteur représente, au regard des enjeux fiscaux y relatifs, un « terrain fertile à diverses pratiques d’évitement fiscal qui sont souvent le fait des groupes multinationaux ». Pour faire face à l’évitement fiscal, a-t-il soutenu, il conviendra de développer des approches communes pour le contrôle des segments de la chaîne de valeurs des télécommunications. Il a invité les participants à explorer toutes les pistes de réflexion permettant de trouver des solutions appropriées pour satisfaire les besoins de formation.

Souleymane Diam SY

L’Autorité de régulation des marchés publics (Armp), en partenariat avec l’Agence française d’expertise technique internationale (Expertise France) organise, depuis hier, jusqu’au 23 septembre prochain, un séminaire de formation sur les Partenariats publics privés (Ppp) et les délégations de service public. La formation est destinée aux membres du Réseau africain des institutions de régulation et de contrôle des marchés publics.

Des membres du Réseau africain des institutions de régulation et de contrôle des marchés publics ont entamé, depuis hier, une session de formation sur les Partenariats publics privés (Ppp) et les délégations de service public. La rencontre qui prend fin le 23 septembre prochain, est organisée par l’Autorité de régulation des marchés publics du Sénégal (Armp), en partenariat avec l’Agence française d’expertise technique internationale (Expertise France). Prennent part à ce séminaire, des membres du Réseau africain du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, du Togo, du Bénin, du Burkina Faso, de la République centrafricaine, du Niger et de la Mauritanie.

La cérémonie d’ouverture a été présidée par Mme Khoudia Mbaye, ministre de la Promotion des investissements, des Partenariats et du Développement des Télé services de l’Etat. Rappelant l’importance des Ppp, Mme Mbaye soutient que ce séminaire de formation constitue une occasion de disserter sur un sujet majeur pour les institutions de régulation et pour les gouvernements africains. Selon elle, en initiant cette rencontre, le Réseau s’illustre par les faits sur la modernisation du management de la commande publique en Afrique. Evoquant le Plan Sénégal émergent (Pse), le ministre de la Promotion des investissements souligne que c’est un instrument de politique économique et sociale qui accorde une place prépondérante à la mobilisation des ressources notamment les Ppp. Elle est d’avis qu’il est plus que nécessaire de développer de nouvelles capacités et formations pour relever, ensemble, les défis de la maîtrise de l’outil. Pour cela, Mme Khoudia Mbaye plaide pour le renforcement des capacités, la maîtrise du cadre législatif. Sur les Ppp, elle explique que c’est un instrument d’optimisation de la commande publique qui permet l’afflux de capitaux.

« Aujourd’hui, les Ppp sont essentiels dans la mesure où l’on parle de rareté des ressources. Dans nos pays, tout est priorité alors que les moyens des Etats sont limités.

C’est pourquoi, on fait recours aux ressources du privé », a déclaré le ministre de la Promotion des investissements. « Dans ce cadre, nous avons besoin de nous approprier les principes de bonne gouvernance, de transparence et d’efficacité. C’est pourquoi, nous devons partager les informations, mettre à niveau le personnel », a ajouté Mme Mbaye. Elle a invité les membres du réseau à saisir toutes les opportunités offertes par les Ppp. Les Ppp, note Saer Niang, directeur général de l’Armp, constituent un puissant levier de la commande publique. Il rappelle que c’est un mode de contractualisation complexe. Selon M. Niang, le recours aux ressources du secteur privé est devenu quasi indispensable. Mais à son avis, la compétence est requise pour cette forme de contractualisation.

Aliou KANDE

Présent au Sénégal pour la conférence internationale sur l’inclusion financière que le Fmi et la Bceao organisent aujourd’hui, à Dakar, le Directeur général adjoint du Fonds monétaire international (Fmi), Mitsuhiro Furusawa livre, dans cet entretien, ses impressions sur l’évolution de l’économie sénégalaise, ses performances et les défis à relever. S’agissant de la micro-finance, M. Furusawa note qu’elle a connu une croissance rapide dans l’espace Cedeao, fournissant des services aux clients à faible revenus. Toutefois, il estime que ses institutions sont confrontées à des problèmes de gouvernance ou d’insuffisance de contrôles internes.

Le Sénégal est félicité par les institutions de Breton Woods pour ses résultats économiques, notamment un taux de croissance qu'on a doublé en 3 ans, de 3% environ en 2012, à 6,7% en 2015. Quelle lecture faites-vous de ces performances ?
Permettez-moi avant tout de dire ma satisfaction d’être au Sénégal, ce jour. C’est, en effet, ma première visite dans ce beau pays en ma qualité de Directeur général adjoint du Fonds monétaire international (Fmi). Je me réjouis tout particulièrement de mes rencontres, hier, avec les autorités du pays et des échanges cordiaux et instructifs que nous avons eus. Le Fmi prévoit, en effet, un taux de croissance de 6 % pour les deux années à venir. Cette croissance est notamment tirée par le dynamisme du secteur agricole.

Le Sénégal doit saisir ce moment pour asseoir des politiques efficaces de lutte contre la pauvreté et de création d’emplois. En effet, une croissance inclusive et soutenue est essentielle. Elle permet au gouvernement de disposer de plus de ressources budgétaires qu’il peut consacrer aux dépenses sociales, que cela soit l’éducation, la santé, la couverture médicale ou les bourses familiales. Le véritable défi reste donc le maintien d’une croissance durable et inclusive permettant de créer des emplois pour la population jeune et réduire, de manière significative, la pauvreté.

A quoi faut-il lier ces performances ? A une bonne gestion macro-économique ? A la pertinence du Plan Sénégal émergent ?
Le Pse est important parce qu’il n’est pas seulement un programme d’investissements, c’est aussi un programme de réformes. Il s’agit principalement de réformer en profondeur les finances publiques pour faire plus de place à l’investissement et réformer structurellement l’économie pour créer un environnement favorable au développement du secteur privé. Dans tous ces domaines, le Fmi se tient prêt à apporter son soutien aux autorités.

Comment appréciez-vous les perspectives économiques pour le Sénégal ?
Les perspectives sont globalement positives, y compris pour la création d’emplois. Comme le montre l’exemple de nombreux pays en développement, y compris en Afrique et dans la sous-région, le Sénégal peut atteindre cet objectif.

Pour cela, il faut continuer à maintenir un cadre macroéconomique stable. Il est essentiel aussi d’accélérer les réformes pour améliorer le climat des affaires et accroître l’efficacité de la dépense publique.

Il s’agit là d’un vaste agenda qui inclut notamment le développement d’infrastructures essentielles (électricité en particulier, dont la situation requiert des réformes énergiques), l’amélioration de l’accès au foncier et au financement et une réforme de fond de l’Etat. Il conviendrait également d’assurer que le financement des investissements publics ne compromet pas la viabilité des finances publiques.

Le niveau d’endettement actuel du Sénégal ne sera-t-il pas, à moyen terme, un frein à une croissance plus soutenue ?
Le Sénégal fait partie des pays qui sont considérés comme ayant un faible risque de surendettement. Il est important de maintenir cette classification en choisissant des projets d’investissement qui ont une rentabilité économique et sociale élevées et en utilisant des financements qui sont raisonnablement peu coûteux. Cela permettrait une contribution significative des projets d’investissement à la croissance du Produit intérieur brut (Pib) et pourrait assurer la viabilité de la dette sur le moyen et long termes.

Les institutions internationales reviennent sur leurs principes des années 80 et 90, en acceptant le financement des politiques sociales, la Couverture maladie universelle (Cmu), par exemple. Est-ce à dire que c'est la remise en question de que ce certains appelaient les dogmes et certitudes des institutions internationales ?

Le Fmi a toujours été en faveur des dépenses en investissement public aussi bien en capital humain qu’en capital physique. Pour créer l’espace budgétaire requis pour ces dépenses en investissement public, le Fmi a toujours supporté les efforts des autorités à promouvoir un système d’imposition fiscale équitable, efficient et a même de générer des recettes fiscales additionnelles.

Quel est l’objectif de la conférence internationale sur l’inclusion financière que le Fmi et la Bceao vont organiser demain à Dakar ?
La conférence réunira des représentants des pays de la Cedeao, des experts, des banquiers, la société civile et le secteur privé. Il s’agira, pour eux, de discuter des meilleurs moyens d’améliorer l’accès aux services financiers de base dans la sous-région, permettre aux ménages et aux Petites et moyennes entreprises (Pme) de disposer d’un compte bancaire, de pouvoir épargner et emprunter à des taux abordables, etc. La conférence sera également l’occasion d’identifier les obstacles à une plus forte inclusion financière et s’imprégner des expériences d’autres pays africains qui ont réussi à faire décoller l’accès aux services financiers pour leurs populations.

Nous notons qu’il existe de grandes disparités entre les pays de l’Afrique sub-saharienne en matière d’inclusion financière.

En Afrique de l’Ouest, s’il est incontestable que des progrès ont été réalisés ces dernières années, il reste que le taux de bancarisation demeure encore inférieur à la moyenne subsaharienne.

Quel est le lien entre l’accès au financement, la croissance et la réduction de la pauvreté ?
L’inclusion financière permet de renforcer la croissance et de réduire la pauvreté. Un meilleur accès au crédit permet aux entreprises de se développer, créer de la valeur ajoutée et des emplois, réduire les inégalités et la pauvreté. L'accès aux services financiers permet aussi aux les familles et notamment les plus démunies, d’assurer leur consommation et d’investir dans l'éducation et la santé de leurs enfants. Enfin, l’inclusion financière constitue un lien direct entre les perspectives économiques et les résultats. En permettant aux individus, familles et Pme de saisir les opportunités économiques qui se présentent, l'inclusion financière peut être le catalyseur d’une croissance économique plus forte et plus inclusive.

Pendant longtemps, la micro-finance a été perçue comme la recette miracle pour l’inclusion financière et la réduction de la pauvreté. Aujourd’hui, certains économistes relativisent la contribution de la micro-finance dans la réduction de la pauvreté. Finalement, quels enseignements tirez-vous du rôle des établissements de micro finance durant ces trente dernières années ?

La micro-finance a connu une croissance rapide, fournissant des services aux clients à faible revenus. Elle est particulièrement bien adaptée aux clients avec peu ou pas de garanties, y compris dans les zones rurales, ce qui améliore, de manière significative, l'inclusion financière, grâce à la mobilisation de l'épargne et, dans une moindre mesure, l'octroi de crédit.

Néanmoins, même si les activités de micro-finance n’ont cessé d'augmenter dans l’Union économique et monétaire ouest-africain (Uemoa), elles demeurent encore faibles par rapport à celles du secteur bancaire. En outre, les institutions de micro-finance posent également des défis, y compris de gouvernance, ou d’insuffisance de contrôles internes. C’est pourquoi une supervision appropriée est indispensable.

Dans ce cadre, les autorités de l'Uemoa ont pris, d’une part, des mesures vigoureuses pour un assainissement du secteur avec notamment la fermeture d'un grand nombre d’institutions de micro-finance sans licence.

D’autre part, les initiatives prises par la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (Bceao) pour établir une stratégie d'inclusion financière régionale et la création de bureaux d’information de crédit pour les institutions de micro-finance devraient permettre aux pays de disposer de réseaux d’institutions de micro-finance sains et à même de jouer pleinement leur rôle dans la promotion de l’inclusion financière et le développement économique de la région.

Quelle analyse faites-vous du développement fulgurant du mobile banking et du mobile money en Afrique, ces dernières années ?
Les progrès technologiques ont déjà montré des résultats très intéressants dans l'amélioration de l'accès aux services financiers, notamment en réduisant les coûts et permettant l’accès à des services financiers dans des zones où peuvent ne pas exister des agences bancaires.

Le dernier rapport préparé par la Banque mondiale montre que de toutes les régions du monde, l'Afrique subsaharienne à la plus forte proportion de comptes bancaires mobiles. Cela pourrait permettre une augmentation beaucoup plus rapide de l’inclusion financière que ne l’aurait permis le système bancaire traditionnel.

A titre d’exemple, je citerais le service de paiement mobile Kenyan M -Pesa qui permet de disposer d’un compte bancaire sur son téléphone portable et de transférer des fonds à partir de ce téléphone.

En quelques années seulement, ce service est devenu une partie intégrante de l'économie de marché au Kenya et s’est étendu aux pays voisins. Au cours de la dernière décennie, la proportion de Kenyans n’ayant pas accès aux services financiers est passée de 41 % à 17 %. Aujourd’hui, le système offre non seulement un plan d'épargne mobile mais aussi des crédits à la consommation.

La monnaie électronique offre d’énormes opportunités pour l’inclusion financière des populations en marge du système bancaire classique, mais pose aussi de nouveaux défis en termes de régulation du fait de l’imbrication de plusieurs secteurs (banque, télécoms, etc.). Comment encadrer cette activité et la réguler sans entraver son essor, tout en anticipant sur les nouveaux services offerts par les Tic ?

Un environnement réglementaire favorable est essentiel à la croissance des services d'argent mobile et l'inclusion financière. Mais il y a aussi des risques liés à la propagation rapide des transactions financières mobiles, car elles ajoutent à la complexité et peuvent constituer une menace de pratiques abusives si elles sont menées par des opérateurs non autorisés.

Par conséquent, il y a des domaines clés de risques qui doivent être pris en considération et traités par les instances de supervision : le cadre juridique, l'intégrité financière, les fonds de garantie et les risques opérationnels et de paiement. Pour atténuer ces risques, les autorités de supervision doivent mettre en œuvre des arrangements institutionnels pour la surveillance des paiements mobiles, un cadre de collaboration pour les transferts mobiles nationaux et internationaux, identifier les exigences de fonds propres pour les instituions non bancaires impliquées dans les services bancaires mobiles et les besoins de reporting.

Comment voyez-vous l’irruption des opérateurs de téléphonie dans le segment de la monnaie électronique (cas de Orange) ? N’y a-t-il pas un risque de conflit d’intérêt à l’avenir ?
Les expériences de pays qui ont réussi à améliorer, de manière notable, l’inclusion financière montrent que différents modèles peuvent réussir. Je trouve intéressant que ce soit une société de téléphonie mobile qui ait développé le secteur de la banque mobile.

Mais dans d'autres pays, les services fonctionnent à travers le secteur bancaire classique. Le but de la conférence du 20 septembre est justement d’échanger les points de vue et de tirer des leçons, y compris les forces et les faiblesses des expériences des uns et des autres dans l’amélioration de l’inclusion financière.

Comment le mobile banking peut-il aider les populations défavorisées à avoir accès à d’autres services (comme la micro-assurance) si l’on sait que c’est un besoin essentiel pour ces dernières ?
La variété des produits et services financiers mobiles a considérablement augmenté et les services offerts aux populations s’adaptent à leurs besoins. On a dépassé le stade du simple transfert dans de nombreux pays et les services de mobile permettent désormais de régler les factures, de payer les impôts, d'épargner et même de souscrire à des assurances dans des pays tels que Côte d’Ivoire, l’Ouganda, le Nigeria, Maurice et la Tanzanie.

Il existe également des produits qui ciblent des utilisateurs spécifiques. Par exemple, en Côte d’Ivoire, quelques entreprises de téléphonie ont mis au point une application qui permet le paiement des frais de scolarité. De plus en plus, les clients peuvent également effectuer des transferts internationaux de fonds.

Propos recueillis par Cheikh THIAM et Seydou KA

Les jeunes ont un important rôle à jouer dans le Plan Sénégal émergent mais sa réalisation requiert des préalables, a affirmé, samedi, le directeur général adjoint du Fonds monétaire internationale. Mitshuhiro Furusawa animait une conférence publique sur l’emploi des jeunes dans le Pse.

Le grand amphithéâtre de l’Institut supérieur d’entrepreneurship et de gestion (Iseg) a refusé du monde. Pendant deux tours d’horloge, étudiants, corps enseignant et autres participants intéressés par le thème ont suivi les explications du directeur général adjoint du Fmi, Mitshuhiro Furusawa.

Dans son introduction, M.Furusawa pose la problématique suivante : comment réussir le défi du Plan Sénégal émergent (Pse) ? Pour lui, le Sénégal a plusieurs avantages notamment sa position géographique.

« Il est nécessaire de procéder à des réformes profondes pour libérer le potentiel d’investissements », déclare-t-il, estimant que la croissance doit s’étaler sur une longue durée pour soutenir l’émergence. Le directeur général adjoint du Fmi a ajouté que le gouvernement sénégalais doit engager certaines réformes. Il s’agit notamment de la maîtrise de la démographie mais aussi le développement des structures de l’économie, la promotion des Pme et le cadre qui favorise une saine concurrence. « Dans cette voie, dit-il, le Sénégal peut compter sur le Fmi comme partenaire privilégié. »
Le représentant-résident du Fmi au Sénégal, Boileau Loko a mis l’accent sur la qualité des ressources humaines qui, selon lui, reste le meilleur outil pour réussir le défi du Pse. Reprenant la parole suite aux questions de jeunes étudiants, M. Furusawa déclare que le succès du Pse dépendra fortement de leur engagement. Le directeur général de l’Enseignement supérieur Mamadou Sangharé a interpellé les universitaires sur l’utilité de leurs enseignements. « Il faut faire un effort pour que notre savoir puisse se refléter dans notre vie de tous les jours. L’université doit être utile à la société et répondre à ses préoccupations », a-t-il déclaré.

Dans son intervention, l’expert-comptable Aziz Guèye a insisté sur la jonction du milieu professionnel et celui de la formation. Pour faire face au chômage, il a proposé un système de mentorat qui permettra d’encadrer chaque étudiant par un entrepreneur.

Mamadou Diop, président de l’Iseg, a abondé dans le même sens. « Aujourd’hui, la richesse, c’est la matière grise », a-t-il affirmé, en mettant l’accent sur le rôle des universités qui, selon lui, doivent susciter des vocations. C’est dans ce sens, a-t-il ajouté, que l’Iseg se propose d’inculquer à ses étudiants les valeurs de « l’économie de proximité » qui valorise les productions locales. Une remise de cadeaux a mis fin à la conférence. Le directeur général adjoint et le Représentant-résident au Sénégal ont reçu des boubous traditionnels.

Ibrahima NDIAYE (stagiaire)

Après Bissau et Praia, Transair a ajouté officiellement Conakry à sa desserte à l’international. Désormais, cette compagnie reliera Dakar à la capitale guinéenne trois fois par semaine.

La compagnie aérienne low cost de droit Sénégalais, Transair, a effectué, samedi, son vol inaugural Dakar-Conakry-Dakar. Au bout d’une heure dix minutes de vol, l’embrayeur 145 qui avait quitté l’aéroport international Léopold Sédar Senghor de Dakar s’est posé sur le tarmac de l’aéroport de Conakry Gbessia. Comme au décollage, le ciel était orageux à l’atterrissage et au sol, le crachin était aussi au rendez-vous. « C’est un bon signe », laisse entendre une voix dans l’aéronef. Un à un, la cinquantaine de passagers descendent de l’avion. Le personnel au sol est ravi d’accueillir ce vol inaugural reliant les capitales des deux pays liés par la géographie et l’histoire et disposant, chacun, une importante diaspora chez le voisin. La délégation de Transair est accueillie au salon d’honneur par le ministre d’Etat, ministre du Tourisme guinéen, Thierno Ousmane Diallo et l’ambassadeur du Sénégal en Guinée, Anna Sémou Faye. M. Diallo a salué cette heureuse initiative qui vise à rapprocher davantage les deux peuples. « La Guinée, c’est chez vous », a lancé le ministre d’Etat. Il a souligné l’importance de baisser les prix des billets afin de permettre à un plus grand nombre de personnes d’emprunter ce mode de transport et à certains de visiter la République de Guinée et ainsi booster le tourisme guinéen.
« L’offre ne suit pas toujours la demande », a soutenu El Hadj Mamadou Dia, le directeur de cabinet du ministère guinéen des Transports. Tout en souhaitant la bienvenue à Transair, il a dit son espoir de voir d’autres compagnies desservir Conakry puisque « le potentiel est là ».

Au nom de l’Etat, l’ambassadeur du Sénégal en République de Guinée, Anna Sémou Faye, a remercié les autorités de ce pays qui ont « accéléré les procédures pour l’ouverture de la ligne ». Elle a exprimé sa fierté d’être à cette cérémonie de lancement de la ligne Dakar-Conakry-Dakar qui va sans doute « encourager les activités socioéconomiques ». « Cette ligne, a-t-elle dit, va faciliter les déplacements et contribuer au développement de nos pays ». Elle s’est réjouie de l’implication du secteur privé qui s’emploie à accompagner les autorités gouvernementales pour faire de l’intégration une réalité.

« L’Afrique a besoin de ces initiatives », a estimé Insa Marame Bâ, le chef du service Accord et Réglementation à l’Anacim, représentant son directeur général. Il a réaffirmé la volonté de sa structure d’accompagner Transair.

Auparavant, Mapenda Cissé, le délégué régional de la société a rappelé que « la vocation de sa société est de démocratiser le transport aérien, de développer un hub sous-régional en misant sur le low cost. La liaison Dakar-Conakry-Dakar est un soulagement pour Babacar Dieng, un Sénégalais vivant à Conakry, représentant une agence de voyage. En plus des vols directs, il estime que les prix sont compétitifs. El Hadj Faye, le directeur qualité de Transair a annoncé trois vols par semaine sur Conakry. Avant ce lancement, la compagnie avait ouvert les lignes de Bissau et Praia.

La compagnie aérienne low cost de droit Sénégalais, Transair, a effectué, samedi, son vol inaugural Dakar-Conakry-Dakar. Au bout d’une heure dix minutes de vol, l’embrayeur 145 qui avait quitté l’aéroport international Léopold Sédar Senghor de Dakar s’est posé sur le tarmac de l’aéroport de Conakry Gbessia. Comme au décollage, le ciel était orageux à l’atterrissage et au sol, le crachin était aussi au rendez-vous. « C’est un bon signe », laisse entendre une voix dans l’aéronef. Un à un, la cinquantaine de passagers descendent de l’avion. Le personnel au sol est ravi d’accueillir ce vol inaugural reliant les capitales des deux pays liés par la géographie et l’histoire et disposant, chacun, une importante diaspora chez le voisin. La délégation de Transair est accueillie au salon d’honneur par le ministre d’Etat, ministre du Tourisme guinéen, Thierno Ousmane Diallo et l’ambassadeur du Sénégal en Guinée, Anna Sémou Faye. M. Diallo a salué cette heureuse initiative qui vise à rapprocher davantage les deux peuples. « La Guinée, c’est chez vous », a lancé le ministre d’Etat. Il a souligné l’importance de baisser les prix des billets afin de permettre à un plus grand nombre de personnes d’emprunter ce mode de transport et à certains de visiter la République de Guinée et ainsi booster le tourisme guinéen.
« L’offre ne suit pas toujours la demande », a soutenu El Hadj Mamadou Dia, le directeur de cabinet du ministère guinéen des Transports. Tout en souhaitant la bienvenue à Transair, il a dit son espoir de voir d’autres compagnies desservir Conakry puisque « le potentiel est là ».

Au nom de l’Etat, l’ambassadeur du Sénégal en République de Guinée, Anna Sémou Faye, a remercié les autorités de ce pays qui ont « accéléré les procédures pour l’ouverture de la ligne ». Elle a exprimé sa fierté d’être à cette cérémonie de lancement de la ligne Dakar-Conakry-Dakar qui va sans doute « encourager les activités socioéconomiques ». « Cette ligne, a-t-elle dit, va faciliter les déplacements et contribuer au développement de nos pays ». Elle s’est réjouie de l’implication du secteur privé qui s’emploie à accompagner les autorités gouvernementales pour faire de l’intégration une réalité.

« L’Afrique a besoin de ces initiatives », a estimé Insa Marame Bâ, le chef du service Accord et Réglementation à l’Anacim, représentant son directeur général. Il a réaffirmé la volonté de sa structure d’accompagner Transair.

Auparavant, Mapenda Cissé, le délégué régional de la société a rappelé que « la vocation de sa société est de démocratiser le transport aérien, de développer un hub sous-régional en misant sur le low cost. La liaison Dakar-Conakry-Dakar est un soulagement pour Babacar Dieng, un Sénégalais vivant à Conakry, représentant une agence de voyage. En plus des vols directs, il estime que les prix sont compétitifs. El Hadj Faye, le directeur qualité de Transair a annoncé trois vols par semaine sur Conakry. Avant ce lancement, la compagnie avait ouvert les lignes de Bissau et Praia.

Concilier les rendements agricoles et la conservation des oiseaux d’eau. Tel est l’objectif d’un atelier ouvert, vendredi dernier, à Saint-Louis. Il a réuni des participants issus des services de l’administration déconcentrée, des collectivités locales, des sociétés d’appui au développement, des organisations paysannes, des services de l’environnement et des Eaux et Forêts.

L’adjoint au gouverneur chargé du développement, Sahite Fall a présidé, vendredi dernier, la cérémonie officielle d’ouverture d’un atelier de deux jours, axé sur le développement de la riziculture, de l’écotourisme et de la conservation des oiseaux d’eau. Cette rencontre est organisée par la Direction nationale des parcs et réserves, avec l’appui du Fonds suisse pour l’Afrique (Fsa).

Sahite Fall a invité tous les participants à réfléchir sur l’amélioration de la riziculture dans la vallée, sur une meilleure conservation de son avifaune et sur la promotion et le développement d’un tourisme cynégétique et de vision. « Il suffit de tout mettre en œuvre pour gérer les rizières en prenant en compte les oiseaux. Cela permettra une résilience des écosystèmes du delta, son rôle pour le maintien de la biodiversité et une contribution effective à l’autosuffisance en riz, conformément aux recommandations du chef de l’Etat », a dit l’adjoint au gouverneur. La région de Saint-Louis compte 40 forêts classées, 2 parcs nationaux, trois réserves de faune, 4 réserves sylvo-pastorales, 3 zones d’intérêt cynégétique et une aire marine protégée qui jouent un rôle prépondérant dans la conservation de la biodiversité. Cette région est importante aussi pour l’atteinte des objectifs d’autosuffisance en riz et de développement de l’amodiation de chasse. En présence d’une cinquantaine de participants issus des services de l’administration déconcentrée, des collectivités locales, des sociétés d’appui au développement, des organisations paysannes, des services de l’environnement et des Eaux et Forêts, le Colonel Souleye Ndiaye, directeur des parcs nationaux, a réitéré l’engagement du gouvernement à atteindre, d’ici à 2017, les objectifs du programme national d’autosuffisance en riz. Pour ce faire, a-t-il précisé, de grands chantiers d’aménagement de casiers rizicoles et de gestion hydraulique, sont en cours dans le delta et la vallée du fleuve Sénégal.

Concilier rendements agricoles et conservation des oiseaux
Selon le Colonel Souleye Ndiaye, l’objectif de cet atelier est de donner aux conservateurs des parcs nationaux, experts, maires, cultivateurs et autres partenaires, l’opportunité de réfléchir sur les voies et moyens à mettre en œuvre pour que les techniques d’aménagement et de pratiques culturales du delta en général et des riziculteurs en particulier, permettent de concilier les rendements agricoles et la conservation des oiseaux d’eau. Le Commandant Abdou Salam Kane a précisé que des zones jusqu’ici désertiques, sont désormais transformées en zones humides artificielles. Mais les zones humides temporaires existantes ne sont pas ignorées et sont aménagées de même que leur réseau d’alimentation en eau. Le Commandant Kane a soutenu qu’il n’y a pas de frontière étanche entre le développement de la riziculture et la gestion des espaces naturels. L’installation de casiers le long du Niety Yone, le marigot reliant le Lac de Guiers au Ndiael, s’accompagne d’un nouveau creusement et d’un curage pour faciliter la remise en eau du Ndiael. De même, le développement des rizières aux abords du parc national des oiseaux du Djoudj, affecte l’intégrité d’une zone humide complémentaire du parc, qui devrait être prochainement érigée en réserve communautaire. L’utilisation de moissonneuses, équipées de barres de coupe hautes, a-t-il poursuivi, laisse des chaumes (tige des graminées en général, des céréales en particulier, partie de la tige des céréales restant en terre après la moisson) trop élevés et denses, qui ne permettent pas aux limicoles tels que les « combattants variés » et les « barges à queue noire » de picorer les grains tombés au sol. Les effectifs de ces espèces d’oiseaux d’eau ont ainsi dramatiquement chuté en raison de leur incapacité à se nourrir.

Au même moment, des oiseaux granivores comme le mange-mil Quéléa-Quéléa, qui est un passereau granivore sédentaire et apte à s’adapter aux conditions d’existence qu’il a trouvé depuis des années dans le delta, constituent un véritable fléau aviaire. Leurs populations ne cessent de croître, obligeant les riziculteurs à entreprendre de vastes opérations de lutte pour les réduire à un seuil économiquement acceptable et protéger en même temps, leurs récoltes. « Dans de nombreux pays, a-t-il souligné, tels que les Etats-Unis, l’Italie, l’Espagne, la Chine, le Japon, le Cambodge, etc., les spécialistes de la riziculture ont étudié et compris l’intérêt d’une gestion de l’agriculture, prenant en compte les oiseaux ».


Des modes de gestion alternatifs
L’emploi de méthodes naturelles fondées sur une inondation des rizières après leur exploitation, permettant leur utilisation par les oiseaux aquatiques, protège les cultures des insectes néfastes et contribue à une meilleure fixation de l’azote, avec pour corollaire une diminution des intrants et donc un gain financier pour les agriculteurs. Le Commandant Kane a rappelé que les oiseaux d’eau occupent les rizières essentiellement lorsque les plans d’eau naturels, notamment ceux du parc de Djoudj sont asséchés. A cette période de l’année, les touristes désertent les parcs nationaux et les éco-guides se retrouvent sans ressources pour survivre. Un partenariat local efficace avec comme finalité le développement participatif d’un projet émergent qui allie aménagements rizicoles, conservation des oiseaux et écotourisme permettrait de profiter de la présence des oiseaux dans les rizières, pour développer des circuits de découverte de ces rizières et de ces oiseaux d’eau migrateurs. Cela permettrait également d’avoir une valeur ajoutée à la culture voire au développement de produits locaux à base de riz, sur le modèle « Maison de produits de pays ». Une synthèse des connaissances réalisée récemment montre que l’Afrique n’a pas encore réfléchi sur des méthodes intégrées de gestion des rizières. Là, peut-être plus qu’ailleurs, des conflits Hommes-Oiseaux peuvent apparaître et s’avérer lourds de conséquences économiques et écologiques, alors que des modes de gestion alternatifs et parfaitement envisageables, permettraient d’éviter de telles situations.

Mbagnick Kharachi DIAGNE

Après les professionnels des médias, les Spécialistes en valeurs du trésor (Svt) du Sénégal et de la Guinée-Bissau, l’Agence Umoa-Titres a clôturé, vendredi dernier, sa série de rencontres avec les responsables des compagnies d’assurance, des banques. Ces derniers ont été sensibilisés et outillés sur le marché des titres publics dans la zone Uemoa.

L’Agence Umoa-Titres a clôturé, vendredi dernier, sa série de rencontres d’information et de promotion des titres publics. Pendant deux jours, ses dirigeants ont rencontré les professionnels des médias, les Spécialistes en valeurs du trésor du Sénégal et de la Guinée-Bissau, les responsables des compagnies d’assurance, des banques, des structures comme l’Institution de prévoyance retraite du Sénégal (Ipres), la Caisse de sécurité sociale (Css). Il s’agit, selon Adrien Diouf, directeur général de l’Agence Umoa-Titres, de discuter avec ces responsables de banques, assurances et d’institutions sociales, de les sensibiliser sur les opportunités d’investissement dans l’espace Uemoa à travers le marché des titres publics. M. Diouf a rappelé que l’Agence Umoa-Titres est une structure jeune qui accompagne les Etats membres de l’Uemoa dans la levée de fonds. Assane Belem et Yaye Dior Cissé, chargés des opérations à l’agence ont fait la présentation du marché des titres publics de l’Uemoa, les opportunités d’investissement qui existent et les défis à relever. Selon M. Belem, le marché des titres publics comporte deux segments sur lesquels les Etats peuvent mobiliser des ressources. Il s’agit du marché d’émissions par adjudication et par syndication. Plusieurs acteurs interviennent dans l’animation de ces deux marchés. Il y a l’Agence Umoa-Titres qui travaille avec les trésors nationaux et la Bceao pour organiser les adjudications. Pour le marché des syndications, les titres sont listés à la Bourse régionale des valeurs mobilières (Brvm). Dans ce marché, les syndicats de placement ainsi que les chefs de file sont constitués de Sociétés de gestion et d’intermédiation (Sgi) agréées par le Conseil régional de l’épargne publique et des marchés financiers (Crepmf). Dans ses explications, Assane Belem a rappelé que les instruments du marché des titres publics sont composés de Bons du trésor (jusqu’à deux ans de maturité) et d’obligations du trésor (au-delà de deux ans). Il a expliqué aux responsables de banques et d’assurances, qu’il y a une forte croissance des émissions de titres publics entre 2001 et 2015. Rien que pour l’année 2015, 3.889 milliards de FCfa de titres ont été émis dans l’ensemble des huit pays de l’Union.

Selon Yaye Dior Cissé, une des responsables des opérations à l’Agence Umoa-Titres, l’investissement dans les titres publics est rentable. Mme Cissé soutient qu’il y a huit Etats émetteurs à différents niveaux de risque (faible) offrant une diversité naturelle et sans risque de change pour les investisseurs locaux. L’autre atout réside, selon elle, dans l’existence d’une banque centrale commune aux huit Etats, une monnaie arrimée à l’euro avec une parité fixe, un couple croissance-inflation attrayant et des titres publics défiscalisés. Elle a ajouté qu’il n’y a aucun risque de défaut de paiement pour les huit Etats émetteurs puisque la Bceao a mis en place un dispositif avec la création d’un fonds de stabilité financière. Des responsables de compagnies d’assurance ont souhaité que l’agence axe sa communication sur la défiscalisation des titres. « Nous cherchons des placements plus rentables. Pour cela, il faut une bonne communication sur la défiscalisation», a déclaré Lamine Coulibaly de Nsia Vie.

Aliou KANDE

Nommé directeur général de la filiale locale de la Société générale à Prague, capitale de la République Tchèque, Yann de Nanteuil quitte le Sénégal après presque quatre ans. Le désormais ex-Dg de la Sgbs fait le bilan de son action à la tête de cette structure. Il estime que l’enjeu à venir de la Sgbs est celui du développement commercial, en accélérant le rebond observé depuis 2015. Analysant le Pse, il soutient que ce plan prouve toute sa pertinence au fil des années puisque le Sénégal est sur une croissance tendancielle qui dépasse les facteurs conjoncturels et les perspectives demeurent favorables pour 2016 et 2017.

Après un séjour d'environ quatre années au Sénégal, en tant que Directeur général de la Société générale de banques au Sénégal  (Sgbs), quelle est votre vision pour cet établissement dans le paysage financier sénégalais ?
Malgré un contexte très concurrentiel, la Sgbs dispose de réels atouts. Banque de référence depuis 1962, elle est adossée à un groupe international solide et ses fonds propres sont suffisants pour assurer son développement. Elle dispose d’un effectif compétent et d’un portefeuille de clients important et de qualité. Son actionnariat à 35 % sénégalais apporte un ancrage territorial fort et une connaissance profonde du marché. 

Ces fondamentaux sont gages de pérennité, surtout dans les moments difficiles. Ils permettent le rebond que vit actuellement la banque et c’est sur ces bases qu’elle bâtit son avenir, avec un esprit réformateur et une réelle culture de services.

Quel est votre bilan à la tête de cette structure, le deuxième établissement bancaire en termes de total bilan, si je ne me trompe ?
Les années 2013 et 2014 ont été consacrées à la mise en place de réformes exigées par la Commission Bancaire de l’Uemoa. Ces mesures, contraignantes mais salutaires, nous valent, aujourd’hui, d’être en avance sur le calendrier de la Bceao concernant plusieurs critères relevant des normes réglementaires dites « Bâle II » qui encadrent l’activité bancaire.
Les résultats de 2015 et ceux du premier semestre 2016 confirment le bien fondé de cette dynamique de réforme. Aujourd’hui, la Sgbs accélère sa croissance sans détériorer son coût du risque. Avec 664 milliards de crédits consentis sur l’année 2015, la Sgbs confirme être un acteur majeur du financement de l’économie sénégalaise à l’attention des particuliers, des commerçants & artisans, des entreprises ou des grands projets de développement portés par les pouvoirs publics.
La Sgbs a retrouvé une situation durablement saine, qui autorise la banque à accélérer, par ailleurs, ses investissements, via un programme pluriannuel de mise à niveau de son réseau d’agences et de ses systèmes informatiques, permettant de servir ses clients au meilleur rapport Qualité/Prix.

Comment voyez-vous la Sgbs, en particulier, et les banques au général dans le financement  de l'économie sénégalaise et des entreprises ?
La croissance tendancielle des encours de crédits des banques commerciales témoigne du soutien des banques à l’économie sénégalaise. Cette évolution bénéficie indéniablement des fruits des politiques publiques de soutien à l’économie.
Le Plan Sénégal émergent prouve toute sa pertinence au fil des années. Peu de pays, dans le monde, peuvent se prévaloir du doublement de leur croissance économique comme le Sénégal l’a réussi ces 3 dernières années.
A son niveau, la Sgbs apporte sa contribution par l’octroi de multiples crédits à des clients particuliers ou des entreprises de toutes les tailles, en particulier des Tpe et des Pme. Il y a aussi quelques exemples de projets importants qui ont bénéficié du concours de la Sgbs ces dernières années, comme par exemple :
- le mandat réussi de l’émission obligataire en dollars lancée en juillet 2014 par l’Etat du Sénégal (financement autoroutiers inscrits au Pse) ;
- le financement du besoin en fonds de roulement de Grande Côte Opérations (Gco) qui a démarré en 2014 une activité d’extraction de zircon et d’ilménite créant 800 emplois Cdi nouveaux dans la région de Mboro ;
- le cofinancement pour moitié d’un prêt de 20 milliards de FCfa pour un marché de fourniture de 400 tracteurs et équipements agricoles, dans le plan d’autosuffisance en riz dans la vallée du fleuve Sénégal.

Quelle lecture faites-vous de la place bancaire de Dakar marquée par des crédits en défaut et des problèmes de recouvrements par rapport à des structures privées et des contentieux judiciaires ?
Les mesures prises par la Bceao, ces dernières années, comme la mise en place d’un Bureau d’information du crédit, participent à un meilleur contrôle des crédits bancaires et assurent davantage de solidité à la place financière. C’est indispensable à la croissance économique durable de la zone monétaire. Cela limitera les défauts de paiement sur crédits grâce à une meilleure sélectivité des dossiers au moment de l’octroi des crédits.
De même, les mesures prises par les pouvoirs publics et l’autorité judiciaire pour favoriser la médiation et améliorer le traitement des contentieux économiques sont favorables à la croissance et à l’emploi.

La Sgbs a géré, sous votre direction, plusieurs conflits et dossiers ayant atterri en justice. Où en êtes vous ?
La nature de l’activité d’un établissement de crédit, quel qu’il soit, peut naturellement générer des conflits de diverses natures. N’oublions jamais que les crédits sont faits par les banques avec les dépôts d’épargnants sénégalais. Cela engage juridiquement mais aussi moralement. C’est pourquoi, des crédits en souffrance pour des raisons autres que des seules difficultés économiques, choquent l’opinion. A l’extrême, certains l’interprètent comme de la spoliation d’argent d’épargnants.
Les contentieux bancaires visent généralement à recouvrer, en justice, des garanties sur crédits impayés, après échec des discussions amiables. Ce n’est pas très nouveau dans notre activité. L’expérience montre pourtant que la médiation est toujours la voie qui préserve le mieux les intérêts des parties et l’activité économique génératrice de croissance. Ainsi, à la Sgbs, le nombre de dossiers sensibles résolus par entente amiable est toujours sensiblement supérieur aux contentieux.
Et si le traitement conformément à la règlementation bancaire a pu entraîner, ici ou là, des contentieux parfois difficiles, c’est généralement la conséquence de différends de fond ou de discussions ne permettant pas de s’entendre sur des bases équilibrées au regard des engagements réciproques. En pareil cas, il est normal que la Sgbs défende, devant les tribunaux, les intérêts de ses actionnaires, de ses clients et de ses collaborateurs, sans jamais fermer la porte à la reprise d’un dialogue.

Quelle est votre lecture de l'économie sénégalaise qui, en 2012, avait enregistré un taux de croissance d'environ 3 %, taux qui a plus que doublé en 2015 ?
Dans le contexte économique mondial, le rythme de croissance du Sénégal est très élevé. Certes le contexte climatique a été favorable à l’agriculture en 2015 mais incontestablement le pays est sur une croissance tendancielle qui dépasse tel ou tel facteur conjoncturel et les perspectives demeurent favorables pour 2016 et 2017. Ces résultats témoignent de la pertinence des politiques publiques de soutien à l’économie, du dynamisme des entrepreneurs sénégalais et du contexte très favorable aux investissements en Afrique de l’Ouest.
Le Sénégal a des atouts énormes étant donné sa tradition démocratique, sa stabilité politique, son positionnement géographique stratégique et la qualité des formations qui permet aux entreprises d’accéder à une main d’œuvre qualifiée. Le marché ne s’y trompe pas quand on observe la croissance des investissements dans le pays. Ce contexte favorable ne doit pas, cependant, conduire à ignorer quelques défis importants à relever. Parmi ces défis, l’accès à l’énergie de tous à moindre coût, l’élargissement de l’assiette fiscale pour servir l’effort public d’investissement et une gestion de la croissance démographique bien en phase avec la capacité des structures éducatives et d’accès aux soins, me semblent des facteurs incontournables pour une croissance durable du Sénégal. Ce pays a tous les atouts pour se développer. Je suis très optimiste !

Quelle est votre appréciation du Plan Sénégal émergent initié et mis en œuvre par le président Macky Sall ?
Le Plan Sénégal émergent est salutaire pour le pays. Là encore, les marchés ne s’y trompent pas : l’attractivité économique du Sénégal a beaucoup augmenté en 3 ans et l’accès du pays à la dette se fait à des taux sensiblement inférieurs à ceux des années passées. La vision très claire des axes stratégiques de développement du Plan Sénégal émergent présenté en 2014 sur tous les continents par les plus hautes autorités du pays donne confiance aux acteurs économiques nationaux et internationaux. Cela porte la croissance du pays. La mise en œuvre, sans mollir des projets du Pse, sera donc un facteur de croissance durable. Exécuter le Pse est une course de fond. La continuité de l’action publique sera la clé pour aller jusqu’au bout des actions ciblées. Le pays doit être ambitieux dans son exécution qui passe par une capacité à prioriser les projets par ordre d’importance ou d’urgence pour une exécution rapide et complète.

Quelle lecture faites-vous du regain de croissance dans les pays de l'Uemoa, en particulier et de l'Afrique en général ?  Partagez-vous le sentiment que l'Afrique est le continent de l'avenir en raison de son niveau de taux de croissance ?
L’Uemoa est particulièrement dynamique depuis près de 5 ans, avec une Côte d’Ivoire qui vit une période d’après crise assez extraordinaire et les autres pays de la zone qui soutiennent durablement une croissance très au-delà de la moyenne mondiale. A l’image de l’Uemoa, l’Afrique est un continent d’avenir. Il dispose de réels atouts comme la jeunesse de sa population, des étendues terrestres à exploiter qui sont énormes, de nombreuses ressources naturelles et une capacité à vivre les mutations technologiques plus rapide qu’ailleurs dans le monde. Ses principaux défis sont probablement sa capacité à gérer sa démographie pour en faire une force de croissance et sa capacité à diversifier ses économies afin d’être moins concentré sur des secteurs tels que les ressources minières et l’énergie.

Votre successeur est déjà sur place. Quand est-ce qu'il prendra réellement service ? Un changement dans la continuité ?
Le Conseil d’administration de la Sgbs a proposé de nommer Georges WEGA au poste d’administrateur et Directeur général de la Sgbs sous réserve de la validation par la Bceao et la Commission bancaire comme le veut la règle en vigueur dans la zone monétaire. Si cette proposition est validée, Georges mettra, au service de la Sgbs, son parcours et son expérience variée, qui lui donnent tous les atouts pour réussir. Sa formation initiale d’ingénieur sera très utile à la Sgbs pour poursuivre la mise en place de process qui sécurisent, automatisent et accélèrent le traitement des transactions, améliorant ainsi la qualité de services clients.
L’enjeu à venir de la Sgbs est un enjeu de développement commercial. Après sa mise à niveau au regard de la réglementation bancaire, il convient d’accélérer le rebond observé depuis 2015. Là encore, les expériences bancaires que Georges a vécues dans des contextes similaires sont très appropriées pour diriger la Sgbs dans le contexte.

Prague, capitale de la République Tchèque, est votre prochaine destination en tant que Directeur général de la filiale locale de la Société générale. Quelles sont vos ambitions pour ce nouveau challenge ?
Prague est la capitale de la Tchéquie qui est une partie de l’ancienne Tchécoslovaquie. Au début des années 2000, le groupe Société générale a pris la majorité dans la Komercni Banka, qui s’est développée, depuis, pour devenir un groupe bancaire, à part entière, de près de 8000 collaborateurs répartis dans plusieurs filiales avec diverses activités financières (crédit à la consommation, leasing de voiture, etc.). Je ne serai pas Directeur général mais Conseiller du Dg de la Komercni Banka, avant de prendre des fonctions plus opérationnelles en fin d’année, si le régulateur local valide mon dossier.
A titre professionnel, c’est évidemment un gros challenge car c’est l’une des plus grosses filiales du groupe Société générale. Elle dispose d’un savoir-faire extrêmement reconnu au sein du Groupe, et elle est de ce fait souvent citée en exemple. Elle est pilote sur plusieurs projets transversaux dont certains concernent notamment les filiales africaines, dont la Sgbs.
A titre privé, ce sera aussi un vrai défi car nous allons nous adapter en famille à une nouvelle culture, moins francophone, et pourtant au cœur de notre histoire et de nos origines européennes. C’est une véritable chance qui nous est donnée de pouvoir découvrir ainsi un nouveau pays. Nous la mesurons pleinement, et j’espère être à la hauteur de la confiance qui m’est donnée par le groupe Société générale et la Komercni Banka.

Propos recueillis par Cheikh THIAM

Le Sénégal a mis en place un dispositif législatif et règlementaire pour garantir la sécurité de l’approvisionnement en produits pétroliers et le respect des normes de qualité, assure le Comité national des hydrocarbures (Cnh).

Dans un communiqué, le Comité national des hydrocarbure souligne que le décret 2014-961 du 04 août 2014 fixe les spécifications applicables aux hydrocarbures raffinées au Sénégal et qui s’appuient sur des normes nationales et internationales telles que Asn, Afnor et Iso (méthode de détermination des différents paramètres et leur seuil). La même source rappelle qu’il est fait obligation à la Société africaine de raffinage et à tous les importateurs de procéder au contrôle qualité des produits raffinés sur place ou importés avant leur mise en dépôt. L’Ong « Public Eye » a rendu public, jeudi, un rapport révélant comment les négociants suisses en matières premières profitent des faibles standard en Afrique pour produire, livrer et vendre des carburants à haute teneur en soufre, interdits en Europe. Les pays cités dans cette étude sont l’Angola, le Bénin, le Congo-Brazzaville, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Mali, le Sénégal, la Zambie. Les résultats des échantillons prélevés à la pompe par « Public Eye » dans huit pays montrent que les carburants analysés présentent jusqu’à 378 fois plus de soufre que la teneur autorisée en Europe. Selon le Comité, la Sar qui a plus de 60 % de part de marché, effectue rigoureusement ces contrôles dans le respect des procédures d’un laboratoire accrédité et qui fait l’objet de tests circulaires avec d’autres laboratoires. Cette structure note que l’Administration américaine lui a délivré en 2013, lors de la visite de Barack Obama à Dakar, un certificat de satisfecit sur des tests effectués sur le jet A1 qui devait servir à l’avion de commandement Air-Force One. Elle assure que les autres importateurs qui sont adossés à de grands groupes internationaux, ont également pris des dispositions visant à renforcer le contrôle-qualité à la demande de leur assurance et du fait de leur statut de sociétés cotées en bourse. Pour le Chn, le rapport de « Public Eye » met plutôt en avant le décalage entre les normes occidentales et celles africaines qui sont moins contraignantes. Il relève le fait que l’adaptation aux nouvelles normes requiert des investissements très lourds, et qui aboutissent souvent à la fermeture de plusieurs raffineries dans le monde.
Parmi ces raisons, il y a aussi le fait qu’aucune raffinerie de l’Afrique de l’Ouest ne peut satisfaire, pour le moment, aux prescriptions européennes.
 Pour le Cnh, le débat sur la santé qui découle de la qualité de l’air (NOx, THC, CO, SO2, benzène etc. qui favorisent l’asthme, les bronchites et le cancer est plus accentué dans les pays développés à cause du nombre important de véhicules en circulation, du type d’habitat, des autres sources de pollution (usines, centrales électriques, chauffage) et du climat (brouillard, humidité et problème de ventilation). L’Afrique, rappelle le comité, contribue pour moins de 0,4 % à la pollution mondiale, là où les Usa et la Chine avoisinent près de 30 % chacun. Cependant, le Cnh note que l’Afrique tente de résorber le gap grâce aux efforts combinés de l’Ara (Association des raffineries africaines) et de la Cedeao, en faisant évoluer les normes africaines vers les standards internationaux (Afri-4 vers 2020 et Afri-5 vers 2030). Il annonce qu’un atelier sous-régional de validation de l’étude sur la mise en œuvre des nouvelles normes est prévu en octobre 2017.

Le comité assure que le Sénégal est en train de mettre en œuvre plusieurs solutions pour régler cette question. Il cite la mise en place d’un laboratoire national en sus de ceux existants pour procéder à la certification de tous les produits, la création d’une autorité de régulation du secteur aval des hydrocarbures, la promotion des énergies renouvelables.
A cela s’ajoutent l’installation de capteurs pour mesurer la qualité de l’air dans les grandes villes, l’utilisation des grandes réserves de gaz naturel, source d’énergie très peu polluante comparé au pétrole et surtout au charbon (faible émission de CO2 et de NOx) dans les transports, la génération de l’électricité, les industries et les ménages.                       

(APS)

Vivo Energy Sénégal, la société qui distribue et commercialise les produits de marques Shell, s’est défendu de vendre du carburant de mauvaise qualité, assurant que ses produits ‘’sont testés sur toute la chaîne d’approvisionnement.  « Nous contrôlons les produits dans nos dépôts mais également dans nos stations-service, avec notre laboratoire mobile de contrôle qualité », soutiennent les responsables de Vivo Energy Sénégal dans un communiqué. Ils assurent que le carburant vendu dans les stations-service et aux clients Entreprises est conforme aux spécifications nationales et est de qualité. Vivo indique qu’au Sénégal, tous les distributeurs pétroliers achètent leurs produits prioritairement de la Sar qui a assuré qu’il n’y a pas de carburant toxique au Sénégal  et que les carburants vendus de ce pays respectent la réglementation locale. Selon Vivo Energy Sénégal, une partie minoritaire des produits pétroliers est importée par certains distributeurs pour sécuriser davantage l’approvisionnement en carburant. « Ces importations sont nécessairement autorisées par le ministère de l’Energie et les produits sont contrôlés systématiquement à leur arrivée par des organismes agréés pour attester qu’ils sont conformes aux spécifications locales », souligne la société.

Vivo Energy Sénégal qui se dit « conscient » que les clients exigent des produits de la plus haute qualité, assure que les produits Shell qu’il distribue bénéficient des dernières innovations pour proposer les meilleurs carburants sur le marché sénégalais. « Nous sommes les pionniers dans ce domaine au Sénégal et avons lancé en 2015 nos carburants différenciés Shell Fuel Save, des produits appréciés par les consommateurs grâce à leurs performances », soulignent ses responsables.

(APS)

Entre 2012 et 2015, le volume du trafic est passé de 10 millions de tonnes à 15 millions de tonnes. Cette performance a permis au Port de réaliser un chiffre d’affaires de 40 milliards de FCfa en 2015.

L’ambassadeur de la France au Sénégal était, hier, l’hôte du Port autonome de Dakar (Pad). Une première pour un chef de la représentation diplomatique française en poste au Sénégal. Le directeur général du Port autonome de Dakar, Dr Cheikh Kanté, est revenu sur l’historique du Port de Dakar, les mutations au fil des années de cet outil ainsi que ses réalisations depuis son arrivée à la tête de la structure en 2012. Dr Cheikh Kanté a indiqué que le volume du trafic au Port de Dakar est passé de 10 millions de tonnes en 2012 à 15 millions de tonnes en 2015, soit une hausse de 13 %. Le nombre de containers « Equivalent vingt pieds » est passé de 415.592 en 2011 à 529.724 en 2015 alors que le transit malien a augmenté de 17 %. L’évolution des vrac solides a connu également une hausse de 28 %. De plus de 2, 5 millions, elle est passée à plus de 4 millions. De 28.899 en 2011, le trafic de véhicules a atteint 75.492, soit 11 %. Ces performances ont permis au Port autonome de Dakar de réaliser, en 2015, un chiffre d’affaires de 40 milliards de FCfa. Dr Cheikh Kanté a expliqué ces résultats grâce à la vision « Port 2023 » basée sur un triptyque  « performance, efficience et sécurité ». Une vision qui cadre avec les mutations maritimes et commence à donner des résultats probants, a commenté M. Kanté.

Pour atteindre ces objectifs, le Port autonome de Dakar a pu compter sur la coopération française pour améliorer les conditions de travail. Dr Cheikh Kanté a soutenu que le Port de Dakar fait partie des trois ports les plus importants de la côte ouest-africaine hormis Lagos et Abidjan. « Ce sont les ports qui gouvernent les économies parce que 80 % des échanges par terre sur le plan commercial y transitent. En dehors des enjeux économiques, stratégiques et sécuritaires, nous sommes toujours confrontés aux aléas de la mondialisation qui exigent de nous d’être au diapason des ruptures technologiques qui modifient le mode de travail et influencent la performance des entreprises surtout les ports », a indiqué le directeur du Port.

80 % des échanges
Il a indiqué que les deux innovations majeures que sont le container et Internet ainsi que leur généralisation ont bouleversé le transport maritime. « Pour s’adapter à ces mutations, il a fallu remettre à niveau les plateformes technologiques et former du personnel. Nous étions un peu en retard mais nous sommes en train, avec de grandes enjambées, de rattraper ce gap », a confié Dr Cheikh Kanté. L’ambassadeur de la France au Sénégal, Christophe Bigot, a salué les résultats positifs du Port de Dakar en termes de croissance, de trafic, de transit, de modernisation d’un certain nombre de quais notamment le Vraquiers. « Le Pad est le poumon du Sénégal et de l’ensemble de la sous-région, et d’une certaine manière, c’est le port du Mali », a-t-il déclaré.

Le diplomate français a souligné que le Port de Dakar représente une source considérable de recettes pour le Sénégal à travers l’administration douanière mais également un « enjeu de sécurité très significatif ». Après la projection d’un film retraçant l’historique du Pad, les profondes mutations ainsi que les réalisations, le directeur général du Pad et son hôte se sont rendus à la gare maritime internationale de Dakar. A bord de la vedette présidentielle « la Signare », ils ont visité les installations des Môles 2 et 8. M. Bigot a aussi eu droit à des explications sur les mutations du port ainsi que les projets de modernisation en cours. Ils se sont rendus à Dakarnav et d’autres structures présentes dans l’enceinte portuaire. A l’issue de la visite, M. Bigot a magnifié la présence des entreprises françaises dans l’enceinte du Port.

Souleymane Diam SY

L’évolution du secteur de la micro finance au cours du second semestre 2015 est marquée par l’augmentation continue et encourageante du sociétariat et de la clientèle des Systèmes financiers décentralisés (Sfd) (6%) qui passe de 2.254.342 à 2.398.933, soit un taux de pénétration de la population totale de 16,9 % au 31 décembre 2015, indique la Direction de la Micro finance dans sa Lettre d’information. Selon le document, « les usagers individuels de sexe féminin constituent 42% des membres/clients, soit 1.009.124 ». La même source relève que la quasi stagnation des dépôts (+1%) dont l’encours est passé de 235,7 à 238 milliards de FCfa tandis que la part des dépôts à terme a baissé notablement en passant de 30,14 % à 24,21 %, soit 57,61 milliards. Selon La Lettre d’information toujours, "l’encours d’épargne des femmes se chiffre à 73,8 milliards de FCfa en 2015, soit 31 % des dépôts. Le nombre d’épargnants volontaires a chuté par rapport au semestre précédent, passant de 2.101.871 à 2.073.727 (86,5% du sociétariat global).

Le document fait état d’une légère hausse de l’encours de crédit (+3%) qui est passé de 264 à 271 milliards de FCfa alors que les crédits octroyés aux Sfd par les banques et autres structures de refinancement sont passés de 45 à 50,3 milliards de FCfa. L’encours de crédit femmes, quant à lui, est estimé à 72,8 milliards, soit 26,74% de l’encours global. La Lettre d’information note aussi une hausse appréciable (+7%) du nombre d’emprunteurs actifs qui passe de 448.910 à 480.483. La proportion des femmes s’est beaucoup améliorée par rapport au semestre précédent (58,1% des emprunteurs actifs contre 52,8%), souligne le document. A cela s’ajoute une augmentation continue et régulière de l’actif des Sfd (+3%) qui passe de 393,8 à 404 milliards alors que l’encours de crédit, quant à lui, se stabilise à 67% de l’actif. Il y a aussi une dégradation de la qualité du portefeuille qui affiche les mêmes niveaux qu’en décembre 2014, l’amélioration du ratio d’autosuffisance opérationnelle qui se situe à 105,5% contre 89% en juin 2015 et une augmentation du ratio de capitalisation qui passe de 21,93% à 23,15%%.

L’on apprend encore que 28,3% des points de services sont localisés à Dakar contre 15,9% à Thiès, 9,7% à Louga et 7,5% à Ziguinchor. Les nouvelles régions les plus faiblement couvertes sont Kédougou (0,8% des points de services), Kaffrine (2%) et Sedhiou (3,17%) suivies de Fatick, Kolda et Matam qui concentrent chacune 3,6% des points de services. Selon La Lettre d’information, "46,2% des dépôts ont été mobilisés à Dakar contre 15,5% à Thiès, 7,2% à Ziguinchor et 5,4% à Kaolack ; 39,9% de l’encours de crédit restent concentrés à la région de Dakar contre 13,8% à Thiès, 7,6% à Kaolack, 6,7% à Diourbel et 5,4% à Ziguinchor".

(APS)

L’Ong suisse « Public Eye » a rendu public jeudi un rapport révélant comment les négociants suisses en matières premières profitent des faibles standard en Afrique pour produire, livrer et vendre des carburants à haute teneur en soufre, interdits en Europe.

Dans son numéro de septembre, le magazine « Public Eye » écrit : ‘’Quatre entreprises, huit pays, un même constat : les carburants livrés par les négociants suisses en Afrique sont dangereux et nocifs pour la santé’’. Les pays cités dans cette étude sont l’Angola, le Bénin, le Congo-Brazzaville, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Mali, le Sénégal, la Zambie.

Le document fait aussi état de « quatre négociants suisses, tous propriétaires de réseaux de stations-service en Afrique : Trafigura et son félin Puma Energy ; Vitol et son enseigne Shell pilotée par le consortium Vivo Energy ; Addax & Oryx Group et sa branche aval Oryx Energies, Lynx Energy ».

« Nous avons aussi trouvé, dans l’essence, un additif utilisé comme substitut du plomb, le Mmt, à base de manganèse, un métal neurotoxique. Sur les quatre échantillons prélevés, au Sénégal et en Côte d’Ivoire, tous contenaient du Mmt’’, lit-on encore dans le magazine.
L’Ong souligne que « par ces pratiques illégitimes, ces sociétés contribuent à l’explosion de la pollution de l’air dans les villes africaines et nuisent à la santé de millions de personnes ».

Dans une pétition adressée à la société Trafigura, «Public Eye» et ses partenaires africains ont demandé au géant genevois de « s’engager à ne vendre que des carburants conformes au standard européen partout dans le monde ».

Le rapport intitulé « Dirty Diesel » (Diesel sale), résultat de trois ans d’enquête, « met pour la première fois en lumière le rôle central des négociants suisses dans le secteur des carburants en Afrique, où certains ont acquis d’importants réseaux de stations-service, ainsi que le modèle d’affaires scandaleux qui accompagne leur déploiement sur toute la chaîne d’approvisionnement ».

Un résumé du rapport consulté par l’Aps relève : « En Afrique de l’Ouest notamment, les négociants Vitol, Trafigura ou encore Addax & Oryx profitent de la faiblesse des standard pour vendre des carburants de mauvaise qualité et réaliser des profits au détriment de la santé de la population africaine ».

Carburants trés polluants
Les résultats des échantillons prélevés à la pompe par «Public Eye» dans huit pays montrent que les carburants analysés « présentent jusqu’à 378 fois plus de soufre que la teneur autorisée en Europe ». Ces carburants « contiennent d’autres substances très nocives, comme du benzène et des aromatiques polycycliques, à des niveaux également interdits par les normes européennes ». Selon «Public Eye», les négociants suisses ne se contentent pas de vendre du diesel et de l’essence toxiques ; ils les fabriquent à dessein, en mélangeant divers produits pétroliers semi-finis à d’autres substances pétrochimiques afin de créer ce que l’industrie appelle « la qualité africaine ».

Le rapport révèle que ces carburants « très polluants sont principalement produits et exportés depuis la zone Ara (Amsterdam- rotterdam- anvers), où les négociants suisses disposent d’importantes infrastructures, telles que des raffineries et des entrepôts ».

« Les sociétés suisses produisent en Europe des carburants qui ne pourraient jamais y être vendus. Ils sont par ailleurs responsables d’une part importante des exportations de diesel et d’essence à haute teneur en soufre entre la zone Ara et l’Afrique de l’Ouest », selon le résumé de l’étude. Elle signale que de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest, « qui exportent vers l’Europe du pétrole brut d’excellente qualité, reçoivent ainsi en retour des carburants toxiques ». Citant une récente étude de l’Oms, «Public Eye» rappelle que la production et la vente de carburants toxiques « sont illégitimes et violent le droit à la santé de la population africaine, victime de la plus forte augmentation de la pollution de l’air en zone urbaine au niveau mondial ». Selon les projections de l’Organisation international council on clean transportation (Icct), « la pollution de l’air liée au trafic routier causera, en 2030, trois fois plus de décès prématurés en Afrique qu’en Europe, aux Etats-Unis et au Japon réunis ».

«Public Eye» note que « les maladies respiratoires représentent déjà un problème majeur dans cette région et les gaz d’échappement du diesel sont classés cancérogènes par l’Oms ».

Les gouvernements africains « doivent adopter des standard plus stricts » afin d’arrêter « cette bombe à retardement », selon l’Ong, qui invite les négociants suisses à « respecter les droits humains dans tous les pays où ils opèrent, comme l’exigent les principes directeurs de l’Onu relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme, adoptés en 2011 ».

(APS)

Entre 2001 et 2015, l’espace Uemoa est caractérisé par une forte croissance des émissions de titres publics. Selon l’Agence Umoa-Titres, près de 4.000 milliards de FCfa ont été levés, en 2015, dans les 8 pays de l’Union économique et monétaire ouest africaine. Une performance que l’agence compte renforcer au fil des années en élargissant le cercle des investisseurs.

Depuis sa création en 2013, l’Agence Umoa-Titres (Aut) accompagne les Etats membres de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) en les aidant à mobiliser les ressources financières nécessaires à leurs investissements sur les marchés régionaux et internationaux de capitaux. Présentant les activités menées par l’Agence Umoa-Titres depuis sa création, Abdoulahi Mouhmoud, responsable de la recherche, de l’analyse et des systèmes d’information a révélé, hier, que le marché des titres de la dette publique a connu une évolution significative du point de vue du volume des émissions. «Un volume de 3.889,1 milliards de FCfa a été mobilisé à fin décembre 2015 en 79 interventions sur tous les compartiments -dont 74 adjudications, 4 appels publics à l’épargne et 1 eurobond- contre 3.691,4 milliards de FCfa à la même période de 2014 -avec 61 adjudications, 5 appels publics à l’épargne et 2 euro bonds-, soit une hausse de 5,36 % », a déclaré M. Mouhmoud, lors d’une rencontre d’information avec les journalistes organisée par l’agence Umoa. Il a précisé que tous les émetteurs ont mobilisé, chacun, un volume plus important à fin 2015 comparativement à l’année précédente, à l’exception de la Côte d’Ivoire et du Sénégal qui ont enregistré respectivement une baisse de 6,75 % et 22,77 %. En 2015, le Sénégal a levé sur le marché régional, 521,27 milliards de FCfa contre 675 en 2014. La Côte d’Ivoire a levé 1.488,75 milliards de FCfa contre 1.391,01 en 2014. La Côte d’Ivoire est le principal émetteur de la zone suivi du Sénégal.

Un accroissement de 5,83% attendu en 2016
Concernant la répartition des détenteurs de la dette publique du Sénégal sur le marché régional au 30 juin 2016, l’Agence Umoa-Titre précise qu’environ 57 % de celle-ci est détenue par les investisseurs ressortissants des autres pays de l’Union. Ce qui est en ligne avec la tendance générale observée dans les autres pays, a indiqué Abdoulahi Mouhmoud. En 2015, le marché des adjudications est ressorti comme la principale source de financement avec 71 % contre 68% en 2014. Cette tendance devrait se poursuivre en 2016 en renforçant les activités de l’Agence Umoa-Titres. Ainsi, ses dirigeants s’attendent à un volume plus important de mobilisation de ressources financières. En 2016, l’Agence Umoa-Titres espère collecter environ 4.115 milliards de FCfa, soit un accroissement de 5,83 % par rapport à 2015. Le fait pour un Etat de recourir au marché régional des titres est-il un signe de bonne santé financière ? Adrien Diouf, le directeur de l’Agence Umoa-Titres se veut rassurant. «Si l’on trouve sur le marché des investisseurs qui sont prêts à vous prêter, cela suppose que vous avez une santé financière acceptable. Venir sur le marché et lever des fonds, n’est pas donné à tout le monde. Globalement, c’est un bon signe », a-t-il répondu. Revenant sur la rencontre d’hier, M. Diouf précise que l’objectif est de créer une dynamique, une relation franche et cordiale entre l’Agence et les professionnels des médias. Une rencontre que les journalistes ont apprécié puisqu’elle leur a permis de s’imprégner des termes techniques utilisés dans le jargon financier et de se mettre à niveau.

Aliou KANDE

Seules des politiques axées sur les populations rurales permettront d'éradiquer la pauvreté dans les pays en développement, indique le rapport 2016 du Fida sur le développement rural publié, hier.

La seule croissance économique ne suffit pas à sauver ceux qui, chaque jour, risquent de mourir de faim, selon une nouvelle étude, publiée, hier, par le Fonds international de développement agricole (Fida). Ce rapport 2016 sur le développement rural montre que, pour éradiquer la pauvreté, les gouvernements doivent adapter leurs politiques et leurs investissements de manière à transformer les zones rurales des pays en développement.

Le document met l’accent sur l’impératif d’axer les efforts sur le développement rural et agricole, soulignant qu’à l’échelle mondiale, 2,5 milliards de personnes tirent directement leurs revenus de petites exploitations rurales qui produisent 80 % de la nourriture consommée en Asie et en Afrique subsaharienne. Le Fida rappelle que le contexte est celui d’un monde en mutation rapide, marqué par une demande croissante de produits alimentaires, par une migration accrue vers les villes ainsi que par les effets du changement climatique et de la dégradation de l'environnement. Le rapport apporte également un éclairage sur les enjeux et héritages historiques régionaux et nationaux ainsi que sur la manière dont des facteurs tels que l’emploi, les jeunes, les droits fonciers, l’accès à la finance, l'égalité des sexes et la protection sociale peuvent influer sur le succès des interventions.

Les chercheurs ayant rédigé le rapport 2016 du Fida identifient quatre modèles de développement économique rural, en fonction du rythme de transformation et d’inclusion économiques et des objectifs de développement rural.

L’agriculture reste un secteur vital
« Nous nous sommes intéressés aux changements dans la vie quotidienne des populations non pas à un niveau isolé et individuel mais dans l’évolution de la situation économique des pays et du secteur rural », explique Paul Winters, directeur de la Division de la planification stratégique et de l’évaluation de l'impact qui a supervisé l'élaboration du rapport. «Nous avons systématiquement cherché à déterminer si la croissance économique avait entraîné une réduction de la pauvreté et dans quel cas l’accroissement de la productivité du secteur rural s’était traduit par la création d’emplois et de perspectives et, partant, par une augmentation des revenus pour les populations rurales », souligne-t-il.

Le rapport analyse également l’impact de la transformation structurelle, c’est-à-dire l'élargissement de l’activité économique à des secteurs autres que l’agriculture notamment l’industrie manufacturière et les services ainsi que la transformation du monde rural (diversification des revenus ruraux et des gains de productivité agricole) sur la réduction de la pauvreté. Le document note que la majorité des pays qui sont parvenus à se libérer rapidement de la pauvreté avaient diversifié leur économie et dynamisé leur secteur agricole et la création d’emplois ruraux revêt autant d’importance que la stimulation de la croissance. Les experts insistent sur le fait que la transformation du monde rural fait partie intégrante du développement économique d’un pays et que l’agriculture reste un secteur vital pour le développement économique, indépendamment du stade de transformation structurelle. Ils recommandent aux dirigeants « d’élargir et de consolider l'économie rurale axée sur l’agriculture grâce à des investissements en faveur de la création d'un secteur agroalimentaire moderne ».

Intégrer les populations marginalisées au circuit économique
Le rapport souligne que la disponibilité de financements et de services financiers est essentielle pour une transformation durable des moyens d’existence en milieu rural, en rappelant que 2 milliards de personnes dans le monde n’ont pas accès à des services financiers réglementés et 73 % des pauvres n’ont pas de compte bancaire. 

Sur le plan régional, le rapport note que les pays d’Afrique sont, pour la plupart, toujours aux prises avec l’accroissement du nombre de jeunes, avec un secteur manufacturier limité et en déclin et avec des obstacles au développement profondément enracinés et que l’augmentation récente de la productivité agricole n’est pas due aux avancées technologiques mais à l'expansion de la superficie de terres cultivées.

Dans la sous-région Proche-Orient et Afrique du Nord (Poan), note le rapport, les trajectoires de transformation du monde rural ont souffert de l’instabilité et de la fragilité, situation aggravée par des problèmes structurels liés à la pénurie d'eau et à l’explosion démographique des jeunes. En ce qui concerne la Chine, l’Inde, les Philippines et le Viet Nam, la réforme foncière, les investissements de base dans les zones rurales et d’autres politiques sectorielles ont constitué des facteurs décisifs pour la transformation du monde rural. En Bolivie, en Colombie, en Équateur, au Mexique et en Uruguay, souligne le document, les inégalités de revenus ont diminué en milieu rural alors qu’elles ont augmenté dans la plupart des pays d’Amérique centrale, en partie du fait des transferts en espèce ciblés effectués par les gouvernements.

Il ressort du rapport que les politiques doivent être inclusives et intégrer les populations rurales pauvres et souvent marginalisées des circuits économiques pour que le développement rural soit durable sur le plan social, économique et environnemental. Il s’agit, selon les experts du Fida, la seule façon d'atteindre les objectifs du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et d'éradiquer l'extrême pauvreté et la faim. « Les conclusions du rapport sont un cri d’alarme lancé à tous ceux qui se préoccupent du sort des enfants, des femmes et des hommes les plus pauvres de notre planète », affirme M. Nwanze. « Toutes les personnes, tous les gouvernements et toutes les organisations qui œuvrent en faveur de la lutte contre la pauvreté devraient lire ce rapport et agir en tenant compte de ses conclusions », recommande-t-il.

Mamadou SY

« Le Rapport sur le développement rural marque un changement de perspective », avait affirmé, au ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale de la République italienne, le président du Fida, Kanayo F. Nwanze, quelques jours avant qu’il ne soit présenté à Rome. « Il place le secteur rural dans le contexte plus large du développement national. Il témoigne de la nécessité d’adopter une approche bien plus globale et holistique de l'économie pour garantir la prospérité à des millions de ruraux. Ce rapport conforte également le point de vue adopté par le Fida sur la base de ses 40 années d'expérience, selon lequel investir dans le développement agricole et rural signifie investir dans l’ensemble de l'économie », avait-il déclaré. « La transformation du monde rural n’est pas automatique. C’est un choix », a affirmé M. Nwanze, précisant que « les choix des gouvernements et des praticiens du développement ont un impact considérable sur la vie des populations et des nations ».

M. SY

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