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Affaires et Finances (2577)

Le ministre du Commerce, Alioune Sarr, invite les fabricants de bouillons culinaires à se conformer davantage aux normes de sécurité alimentaire en réduisant de 20% le taux de sel dans leurs produits. C’était à l’occasion d’une visite guidée effectuée, avant-hier, en compagnie d’une délégation de parlementaires sénégalais, à Nestlé Sénégal.

Régulièrement interpellé par les parlementaires sénégalais sur la qualité des bouillons que consomment les sénégalais, le ministre du Commerce, du Secteur informel, de la Consommation, de la Promotion des produits locaux et des Pme, Alioune Sarr, a décidé de lier l’acte à la parole en initiant une série de visites dans les unités industrielles sénégalaises qui s’activent dans le domaine. Avant-hier, c’est dans l’usine de Nestlé Sénégal, sise à Diamaguène, dans la banlieue dakaroise, que le ministre a entamé cette visite. Sur place, Alioune Sarr a constaté, de visu, en compagnie d’une délégation de parlementaires conduite par le président de la Commission Action sociale et Population de l’Assemblée nationale, Aimé Assine, les efforts que déploie Nestlé Sénégal pour se conformer aux normes internationales dictées par l’Organisation mondiale de la santé (Oms) et que le Sénégal veut traduire en acte dans la fabrication des bouillons. « Il s’agit de réduire de près de 20% le taux de sel dans les bouillons alimentaires en passant de 70 à 55% selon la norme Oms », a souligné le ministre au terme de la visite.

Le gouvernement du Sénégal, a dit Alioune Sarr, souhaite une application stricte de cette mesure édictée par la norme Ns 03-146 portant sur les bouillons alimentaires afin de préserver la sécurité des consommateurs sénégalais. Il n’a pas manqué de saluer les efforts entrepris dans ce sens par Nestlé Sénégal qui, selon son directeur général, Xavier Béraud, a déjà anticipé sur la mesure en ramenant le taux de sel dans ses produits à 52%. Abondant dans le même sens, la responsable de Maggi au Sénégal, Yaye Fatou Cissé, a indiqué que la lutte contre la carence en micronutriments est aussi un aspect pris en compte dans la fabrication des bouillons à Nestlé. En ce qui concerne le sel, le ministre a rappelé que la norme indiquée par l’Oms est de 5 g de sel par personne et par jour. Il estime que les entreprises évoluant dans l’agro-alimentaire au Sénégal doivent se conformer à cette exigence pour préserver la santé des populations. Rappelant les conclusions d’une étude faite par des experts sénégalais sur les bouillons, Alioune Sarr a indiqué que la consommation de ces produits ne constitue pas en soi un danger mais que c’est le taux de sel contenu dans les mets sénégalais qui pose problème.

Seydou Prosper SADIO

Les négociations commerciales internationales se préparent au Sénégal où une réunion du Comité national en charge de cette échéance s’est tenue hier. Une occasion, pour les parties prenantes, d’échanger afin d’arrêter les positions qui doivent prendre en compte les intérêts du pays.

L’année 2017 sera marquée par des négociations commerciales de grande envergure dans le courant du mois de décembre, une date indicative pour l’obtention d’un accord sur la Zone de libre-échange continentale, mais aussi la tenue de la 11ème Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du Commerce (Omc) à Genève, en Suisse. Des échéances en direction desquelles le Sénégal doit accentuer la réflexion pour bien préparer ses positions lors de ces négociations. C’est tout l’intérêt de la réunion qui s’est tenue hier et qui a rassemblé les différentes structures concernées autour de la direction du Commerce extérieur, mais aussi de l’administration des Douanes. Au cours de cette réunion, il s’agissait, pour les participants, de faire le point sur la préparation du Sénégal à l’examen conjoint des politiques commerciales des huit pays de l’Uemoa, mais aussi sur les négociations de la Zone de libre-échange continentale. Pour Assome Aminata Diatta, directrice du Commerce extérieur du Sénégal, il s’agissait de « parler de l’Agenda 2017, notamment des questions liées à l’examen de la politique commerciale du Sénégal prévu du 25 au 27 décembre prochain à Genève. Nous allons aussi parler de la Zone de libre-échange continentale, mais aussi des questions en négociation à l’Omc, notamment celles liées au commerce électronique, aux pêcheries, mais également au Traitement spécial et différencié (Tsd) ». Pour ces différentes échéances, elle estime que le Sénégal doit faire valoir ses positions même si le pays participe aux négociations à travers des groupes comme le groupe africain, celui des Pays moins avancés (Pma) ou encore, celui des pays Afrique, Caraïbes Pacifique (Acp). « Il faut toujours, au niveau national, qu’il y ait une position à partir de laquelle nous pouvons faire prendre en compte nos intérêts dans ces différents groupes », assure-t-elle. Pour sa part, Cheikh Sadibou Seck, le coordinateur du Cadre intégré renforcé, a souligné que cet atelier permet de « préparer le Sénégal sur deux aspects de négociations à savoir l’Examen de politique commercial et les négociations de Zone de libre-échange continentale en l’Afrique ».

Ousseynou POUYE

Dans cet entretien, le ministre Alioune Sarr explique la portée et le sens de la réforme des Chambres de commerce. A l’en croire, cette mutation vise à doter le Sénégal d’institutions consulaires fortes, efficientes et capables de fédérer les efforts des entreprises des secteurs d’activités représentatifs pour un développement économique et social du pays.

Vous allez défendre, aujourd’hui, le Projet de Loi portant création de la Chambre nationale de Commerce, d’Industrie et de Services du Sénégal (Cci-Sn) et des chambres régionales de commerce, d’Industrie et de Services (Cci-R). Pourquoi le gouvernement a-t-il décidé d’engager cette réforme d'envergure si l'on sait que l’architecture actuelle des chambres consulaires date des indépendances ?
En vérité, l’histoire des chambres de Commerce au Sénégal est même antérieure à l’indépendance. Elles trouvent leur origine au sein des comités de commerce de Dakar, créés depuis 1842, en passant par les Chambres de Commerce de Gorée et de Saint Louis en 1869, la Chambre de Commerce de Dakar en 1888, celles de Kaolack et de Ziguinchor respectivement créées en 1911 et en 1914. Malgré les nombreuses refontes de textes entreprises en vue de permettre une prise en charge efficiente de leurs missions, les Chambres de Commerce, d’industrie et d’agriculture traversent de nombreuses difficultés institutionnelles, financières et techniques qui rejaillissent négativement sur leur performance. En effet, le rôle dévolu, jadis, aux Chambres de Commerce en termes de promotion et de développement du secteur privé, d’encadrement et de promotion commerciale des entreprises est, aujourd’hui, partagé avec d’autres structures de l’Etat et agences d’exécution. De même, le manque d’implication réelle des Chambres de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture dans la mise en œuvre des politiques publiques, mais surtout la dispersion des ressources allouées à leurs activités de promotion plombent, en partie, la prise en charge correcte des missions des institutions consulaires. En outre, elles sont confrontées à des difficultés financières pour couvrir leurs charges de fonctionnement et d’investissements. Ce qui impacte négativement la réalisation correcte de leurs missions et l’atteinte de leurs objectifs. Aussi, doivent-elles aujourd’hui repenser leurs missions, se redéfinir en changeant de modèle économique et en se remettant en cause, sous peine de disparaître surtout dans un contexte marqué par une volonté manifeste des autorités de faire la promotion de la viabilité des territoires et des pôles de développement. C’est dans ce cadre que M. le Premier ministre a instruit mon département, chargé de la tutelle technique des Chambres de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture, d’examiner les voies et moyens d’une réforme en profondeur des institutions consulaires en vue de doter le Sénégal d’institutions consulaires fortes, efficientes et capables de fédérer les efforts des entreprises des secteurs d’activités représentatifs pour un développement économique et social du pays.

La réforme consacre la séparation des Chambres d’Agriculture, des Chambres de Commerce, instaure une Chambre nationale et des Chambres régionales, mais aussi et surtout elle met un accent particulier sur les services. Qu’est-ce qui explique ce focus sur les services?
Cette option n’est guère fortuite car bien que les services soient, dans le passé, supposés compris dans la section industrie en tant que sous- section «  services », force est de reconnaître aujourd’hui qu’ils occupent une place primordiale dans l’économie nationale, notamment en termes de contribution au Pib (avec 53 ,3% contre 19% pour le secondaire et 15,7% pour le secteur primaire) et d’acteurs intervenant dans ce secteur ; ce qui en fait un des secteurs phares du Pse. En outre, le gouvernement a entrepris la réalisation d’importantes infrastructures dans différents domaines : le parc numérique, l’Aibd, le Marché d’Intérêt national, la Gare des Gros Porteurs, etc. Autant de secteurs d’activités qui gravitent autour des services sans oublier l’exploitation prochaine des ressources pétrolières et gazières qui va impacter nécessairement le secteur des services avec de nouvelles activités et de nouveaux métiers que la Chambre nationale devra intégrer.

Cette réforme a-t-elle fait l’objet d’une large concertation avec les acteurs, si l’on sait que certains opérateurs économiques ont déclaré qu’ils n’ont pas été associés au processus ?
Cette réforme a été portée par un Comité de réflexion, présidé par mon département qui a regroupé toutes les parties prenantes, notamment l’Union Nationale des Chambres de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture du Sénégal (Unccias), tous les présidents de Chambres, les Organisations patronale et professionnelles (Ges, Unacoi Jappo, Cnp, Cnes, Mdes, Ufce, Cdes, etc.), la Primature, l’Apix, et certains ministères techniques (Agriculture, Industrie, Economie et Finances, Aménagement du Territoire et Gouvernance Locale). Au terme des travaux du comité, les options qui se sont dégagées ont présidé à l’élaboration du nouveau dispositif législatif et règlementaire, conformément aussi aux orientations du gouvernement et en lien avec la perspective de création d’une ou des Chambres d’Agriculture, pour mieux prendre en charge le développement des sous-secteurs de l’Agriculture, de la Pêche, de l’Elevage et de la Foresterie, les propositions formulées. C’est dire que la création de la Chambre nationale de Commerce, d’Industrie et de Services et des Chambres Consulaires régionales de commerce, d’industrie et de services a été faite suivant un processus inclusif et participatif. A cet égard, il me plaît de vous signaler que j’ai procédé, le 27 décembre 2016, à la validation du projet de texte avec l’Union nationale des chambres de commerce, d’Industrie et d’Agriculture du Sénégal (Unccias), les présidents de chambres et les organisations patronales après prise en compte de deux seules observations sur le projet de texte portant sur l’appellation de la chambre nationale et des chambres consulaires régionales.

Les Chambres régionales seront-elles des filiales de la Chambre nationale comme l’a dit un Collectif d’opérateurs économiques ? Quels types de relations entretiendront la Chambre nationale et les Chambres régionales? 
Les Chambres régionales seront les représentantes de la Chambre nationale dans les régions. Les Chambres consulaires régionales constitueront donc des entités locales destinées à favoriser l’expression territoriale. Elles auront désormais un contenu plus économique qu’administratif et devront contribuer à la construction de territoires économiquement viables, compétitifs et porteurs de développement durable, conformément aux objectifs de l’Acte 3 de la décentralisation. A l’échelon local, les Chambres régionales devront impulser une nouvelle dynamique de partenariat Etat-collectivités locales-secteur privé dans les domaines de la création de richesses et d’emplois, du développement des infrastructures, du financement local, de la sous-traitance locale, de l’aménagement du territoire, de l’assainissement, des transports, de la formation professionnelle, de la réduction des inégalités territoriales. Elles devront donc, en rapport avec la Chambre nationale, assurer l’implication des professionnels des secteurs économiques concernés, notamment les grandes entreprises et les Pme dans les décisions de l’institution consulaire.

D’autres opérateurs économiques ont vite assimilé l’article 18 qui stipule que « tout candidat à la présidence de la Chambre de Commerce doit savoir écrire, lire et parler couramment la langue officielle à savoir le français », comme une tentative de les écarter. Qu’en dites-vous ?
Cette disposition n’est pas dans le projet de loi. Elle pourrait néanmoins figurer dans le décret si celui-ci était validé avec cette disposition, mais il faut savoir qu’elle ne vise point à écarter un quelconque choix du secteur privé. Faut-il le rappeler, cette disposition n’est pas nouvelle, elle est tirée de l’article 4, alinéa 5 du décret n° 2002-516 du 16 mai 2002 portant règles d’organisation et de fonctionnement de l’Union nationale des Chambres de Commerce d’Industrie et d’Agriculture  qui stipule que « le président de l’Union doit savoir lire, écrire, et parler couramment le français ».

On sait que des élections sont prévues après l’adoption de ce projet de loi. Qu’elles sont les dispositions qui ont déjà été prises pour la limitation des mandats et pour la tenue des élections libres et transparentes ?
Les dispositions seront d’abord relatives à la validation du projet de décret déjà élaboré et soumis à l’appréciation de tous acteurs du secteur privé. Une fois que le projet de décret est adopté, nous allons vers l’organisation de nouvelles élections sur la base du nouveau dispositif juridique qui prévoit toutes les conditions de la tenue d’élections consulaires libre et transparentes.

Comment les nouvelles chambres seront-elles financées ?
La Chambre nationale de Commerce, d’Industrie et des Services du Sénégal bénéficiera des ressources instituées par les lois et règlements en vigueur au Sénégal au profit des établissements publics consulaires et de toutes autres ressources (taxes spécifiques, contribution des entreprises, subvention étatique, cotisations des membres, autres sources). D’où l’intérêt pour la Chambre nationale d’intégrer, dans ses instances, les grandes entreprises (les banques et établissements financiers, les Tic, les télécoms, énergie et mines, les Btp, le secteur cimentier, les secteurs portuaires et aéroportuaires, le secteur hôtelier, etc.), les Pme-Pmi qui représentent 90% du tissu économique. La réflexion doit aussi se poursuivre pour rejoindre certains pays de l’Uemoa où la gestion de certaines infrastructures structurantes telles que les secteurs portuaires, aéroportuaires, autoroutières est concédée à la Chambre nationale qui en tire d’importantes ressources financières pour financer les activités consulaires au bénéfice du secteur privé.

Recueillis par Elhadji Ibrahima THIAM

L’Agence française de développement a octroyé une enveloppe de 10,14 milliards de F Cfa à l’Etat du Sénégal. Ces fonds sont destinés au financement du « Projet de renforcement de la compétitivité des entreprises pour le développement de l’emploi dans les zones de départ des migrants » d’une part, et du « Projet d’appui à la gouvernance des institutions publiques nationales et locales », d’autre part.

Le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ, et la directrice de l’Agence française de développement (Afd), Laurence Hart, ont procédé, hier, en présence de l’ambassadeur de France au Sénégal, Christophe Bigot, à la signature de deux conventions de financement relatives au « Projet de renforcement de la compétitivité des entreprises pour le développement de l’emploi dans les zones de départ des migrants » et au « Projet d’appui à la gouvernance des institutions publiques nationales et locales » pour un montant total de 15,4 millions d’euros, soit environ 10,147 milliards de FCfa.

L’enveloppe dédiée au « Projet de renforcement de la compétitivité des entreprises pour le développement de l’emploi dans les zones de départ des migrants » est une subvention d’un montant de 9,8 milliards de FCfa destinée à pérenniser les activités du Programme de mise à niveau des entreprises sénégalaises, initié depuis 2005 par le gouvernement du Sénégal. Son objectif est de renforcer la compétitivité d’entreprises ciblées dans les ouvertures économiques en accroissant leur maîtrise des coûts énergétiques et de limiter leurs externalités négatives sur l’environnement naturel.

Ce projet est concentré dans les régions les moins prospères et qui sont aussi les principales zones de départ des migrants (Casamance, Vallée du fleuve, Louga et à Matam, Sud-Est). Ce financement, selon M. Bigot, est la « première concrétisation » d’engagements de la France au Sénégal dans le Fonds fiduciaire d’urgence (Ffu) né du Sommet de la Valette, mise en œuvre par l’Afd aux côtés de l’Agence de coopération luxembourgeoise. « Il s’agit de célébrer le partenariat historique que nous avons avec le Bureau de mise à niveau. Le programme de mise à niveau contribue au développement du tissu des Pme sénégalaises. L’objectif est de soutenir la création de richesses nationales, d’emplois locaux, conformément aux objectifs du Pse », a dit le diplomate français.

Quant au second projet « appui à la gouvernance des institutions publiques nationales et locales », il a bénéficié aussi d’une subvention de 334 millions de FCfa. Il a un objectif de décentralisation financière avec un focus sur des opérations de recensement, de renforcement de l’efficacité des contrôles fiscaux, d’élargissement des assiettes fiscales mais également de renforcement des capacités des élus locaux et du personnel cadre des collectivités locales.

Le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, tout en se félicitant de ce concours de la France, a déclaré que l’Etat du Sénégal fera tout ce qui est possible pour faciliter la mise en œuvre de ces projets dans les meilleurs conditions. Amadou Bâ souligne l’exemplarité de la coopération entre le Sénégal et la France qui couvre des secteurs clés du Pse (infrastructures et services de transports, infrastructures et services énergétiques, agriculture, hydraulique, assainissement, éducation et formation, santé et protection sociale). Preuve de ce partenariat dynamique, 24 conventions de financement pour un montant total de 327 milliards de FCfa ont été signées entre les deux pays depuis la tenue du Groupe consultatif de Paris. « Cela fait de la France l’un des premiers partenaires de l’Etat du Sénégal en coopération au développement », a signifié Amadou Bâ.

Elhadji Ibrahima THIAM

Le Projet de loi portant création de la Chambre nationale de Commerce, d’Industrie et de Services du Sénégal (Cci-Sn) et des Chambres régionales de Commerce, d’Industrie et de Services (Cci-R) sera soumis au vote des députés aujourd’hui. Cette réforme majeure va considérablement changer le paysage des institutions consulaires.

Un changement majeur va intervenir dans le paysage des institutions consulaires au Sénégal. La réforme des Chambres longtemps annoncée, va, en effet, prendre forme, aujourd’hui, à la faveur de l’examen, à l’Assemblée nationale, du Projet de Loi portant création de la Chambre nationale de Commerce, d’Industrie et de Services du Sénégal (Cci-Sn) et des Chambres régionales de Commerce, d’Industrie et de Services (Cci-R). Une fois ce texte adopté par les députés, coexisteront désormais, au Sénégal, une Chambre nationale de Commerce de Services du Sénégal et ses pendants régionaux. Cela, en attendant la création d’une Chambre nationale d’agriculture qui va prendre en charge le développement des sous-secteurs de l’Agriculture, de la Pêche, de l’Elevage et de la Foresterie.

Le processus de cette réforme a pris un coup d’accélérateur le 20 juin 2016 lorsque le chef de l’Etat, Macky Sall, en Conseil des ministres, a demandé au Premier ministre de faire prendre les mesures nécessaires pour que celle-ci soit bouclée au plus vite. Le nouveau texte rendra donc caduque celui du 17 janvier 1989 portant le n°89-08.

Défendue par le ministre du Commerce, du Secteur informel, de la Consommation, de la Promotion des produits locaux et des Pme, « cette mutation est destinée à rendre plus cohérente l’action des institutions consulaires, notamment avec les objectifs du Pse et de l’Acte 3 de la décentralisation », peut-on lire dans l’exposé des motifs. Autrement dit, cette nouvelle architecture consulaire ambitionne d’adapter, d’une part, l’action consulaire avec les objectifs des nouvelles politiques économiques mises en place par l’Etat du Sénégal et, d’autre part, de permettre aux Chambres consulaires de retrouver un leadership dans le développement d’un secteur privé national fort et créateur de richesses et d’emplois. Il y a aussi le souci d’harmoniser le dispositif consulaire du Sénégal avec le schéma institutionnel consulaire des pays de l’Uemoa, d’offrir un nouveau cadre institutionnel consulaire plus adapté au développement, aux impératifs de performance et de résultats des entreprises, de mutualiser les ressources budgétaires et humaines, dédiées à l’accomplissement des missions consulaires.

Un contenu plus économique aux Chambres régionales
Entités locales destinées à favoriser l’expression territoriale, le constat est fait que les Chambres consulaires régionales ont un rôle plus administratif qu’économique. Avec cette réforme, le gouvernement veut inverser la tendance. En ayant un contenu plus économique qu’administratif, les Chambres consulaires régionales vont ainsi contribuer à la construction de territoires économiquement viables, compétitifs et porteurs de développement durable, conformément aux objectifs de l’Acte 3 de la décentralisation. « Elles doivent impulser, à l’échelon local, une nouvelle dynamique de partenariat Etat-collectivités locales-secteur privé dans les domaines de la création de richesses et d’emplois, du développement des infrastructures, du financement local, de la sous-traitance locale, de l’aménagement du territoire, de l’assainissement, des transports, de la formation professionnelle, de la réduction des inégalités territoriales », souligne le texte du projet de Loi.

La Chambre nationale de Commerce, d’Industrie et des services sera un établissement public à caractère professionnel, placé sous la tutelle technique du ministre chargé du Commerce et sous la tutelle financière du ministre chargé des Finances. Elle va assurer la représentation et la promotion des intérêts des opérateurs économiques du Sénégal, dans les secteurs du commerce, de l’industrie et des services. Son siège sera basé à Dakar, mais elle sera représentée dans chaque région par une Chambre régionale de Commerce, d’Industrie et de Services.

Cette réforme n’entraînera pas de perte d’emplois car le personnel affecté à l’exercice des missions des Chambres de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture (Ccia) sera transféré à la Chambre nationale de Commerce, d’Industrie et de Services du Sénégal.

Par Elhadji Ibrahima THIAM

ALIOUNE SARR, MINISTRE DU COMMERCE : « NOUS VOULONS DES ORGANISATIONS FORTES ET EFFICIENTES »
Alioune Sarr MinDans cet entretien, le ministre Alioune Sarr explique la portée et le sens de la réforme des Chambres de commerce. A l’en croire, cette mutation vise à doter le Sénégal d’institutions consulaires fortes, efficientes et capables de fédérer les efforts des entreprises des secteurs d’activités représentatifs pour un développement économique et social du pays.

Vous allez défendre, aujourd’hui, le Projet de Loi portant création de la Chambre nationale de Commerce, d’Industrie et de Services du Sénégal (Cci-Sn) et des chambres régionales de commerce, d’Industrie et de Services (Cci-R). Pourquoi le gouvernement a-t-il décidé d’engager cette réforme d'envergure si l'on sait que l’architecture actuelle des chambres consulaires date des indépendances ?
En vérité, l’histoire des chambres de Commerce au Sénégal est même antérieure à l’indépendance. Elles trouvent leur origine au sein des comités de commerce de Dakar, créés depuis 1842, en passant par les Chambres de Commerce de Gorée et de Saint Louis en 1869, la Chambre de Commerce de Dakar en 1888, celles de Kaolack et de Ziguinchor respectivement créées en 1911 et en 1914. Malgré les nombreuses refontes de textes entreprises en vue de permettre une prise en charge efficiente de leurs missions, les Chambres de Commerce, d’industrie et d’agriculture traversent de nombreuses difficultés institutionnelles, financières et techniques qui rejaillissent négativement sur leur performance. En effet, le rôle dévolu, jadis, aux Chambres de Commerce en termes de promotion et de développement du secteur privé, d’encadrement et de promotion commerciale des entreprises est, aujourd’hui, partagé avec d’autres structures de l’Etat et agences d’exécution. De même, le manque d’implication réelle des Chambres de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture dans la mise en œuvre des politiques publiques, mais surtout la dispersion des ressources allouées à leurs activités de promotion plombent, en partie, la prise en charge correcte des missions des institutions consulaires. En outre, elles sont confrontées à des difficultés financières pour couvrir leurs charges de fonctionnement et d’investissements. Ce qui impacte négativement la réalisation correcte de leurs missions et l’atteinte de leurs objectifs. Aussi, doivent-elles aujourd’hui repenser leurs missions, se redéfinir en changeant de modèle économique et en se remettant en cause, sous peine de disparaître surtout dans un contexte marqué par une volonté manifeste des autorités de faire la promotion de la viabilité des territoires et des pôles de développement. C’est dans ce cadre que M. le Premier ministre a instruit mon département, chargé de la tutelle technique des Chambres de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture, d’examiner les voies et moyens d’une réforme en profondeur des institutions consulaires en vue de doter le Sénégal d’institutions consulaires fortes, efficientes et capables de fédérer les efforts des entreprises des secteurs d’activités représentatifs pour un développement économique et social du pays.

La réforme consacre la séparation des Chambres d’Agriculture, des Chambres de Commerce, instaure une Chambre nationale et des Chambres régionales, mais aussi et surtout elle met un accent particulier sur les services. Qu’est-ce qui explique ce focus sur les services?
Cette option n’est guère fortuite car bien que les services soient, dans le passé, supposés compris dans la section industrie en tant que sous- section «  services », force est de reconnaître aujourd’hui qu’ils occupent une place primordiale dans l’économie nationale, notamment en termes de contribution au Pib (avec 53 ,3% contre 19% pour le secondaire et 15,7% pour le secteur primaire) et d’acteurs intervenant dans ce secteur ; ce qui en fait un des secteurs phares du Pse. En outre, le gouvernement a entrepris la réalisation d’importantes infrastructures dans différents domaines : le parc numérique, l’Aibd, le Marché d’Intérêt national, la Gare des Gros Porteurs, etc. Autant de secteurs d’activités qui gravitent autour des services sans oublier l’exploitation prochaine des ressources pétrolières et gazières qui va impacter nécessairement le secteur des services avec de nouvelles activités et de nouveaux métiers que la Chambre nationale devra intégrer.

Cette réforme a-t-elle fait l’objet d’une large concertation avec les acteurs, si l’on sait que certains opérateurs économiques ont déclaré qu’ils n’ont pas été associés au processus ?
Cette réforme a été portée par un Comité de réflexion, présidé par mon département qui a regroupé toutes les parties prenantes, notamment l’Union Nationale des Chambres de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture du Sénégal (Unccias), tous les présidents de Chambres, les Organisations patronale et professionnelles (Ges, Unacoi Jappo, Cnp, Cnes, Mdes, Ufce, Cdes, etc.), la Primature, l’Apix, et certains ministères techniques (Agriculture, Industrie, Economie et Finances, Aménagement du Territoire et Gouvernance Locale). Au terme des travaux du comité, les options qui se sont dégagées ont présidé à l’élaboration du nouveau dispositif législatif et règlementaire, conformément aussi aux orientations du gouvernement et en lien avec la perspective de création d’une ou des Chambres d’Agriculture, pour mieux prendre en charge le développement des sous-secteurs de l’Agriculture, de la Pêche, de l’Elevage et de la Foresterie, les propositions formulées. C’est dire que la création de la Chambre nationale de Commerce, d’Industrie et de Services et des Chambres Consulaires régionales de commerce, d’industrie et de services a été faite suivant un processus inclusif et participatif. A cet égard, il me plaît de vous signaler que j’ai procédé, le 27 décembre 2016, à la validation du projet de texte avec l’Union nationale des chambres de commerce, d’Industrie et d’Agriculture du Sénégal (Unccias), les présidents de chambres et les organisations patronales après prise en compte de deux seules observations sur le projet de texte portant sur l’appellation de la chambre nationale et des chambres consulaires régionales.

Les Chambres régionales seront-elles des filiales de la Chambre nationale comme l’a dit un Collectif d’opérateurs économiques ? Quels types de relations entretiendront la Chambre nationale et les Chambres régionales? 
Les Chambres régionales seront les représentantes de la Chambre nationale dans les régions. Les Chambres consulaires régionales constitueront donc des entités locales destinées à favoriser l’expression territoriale. Elles auront désormais un contenu plus économique qu’administratif et devront contribuer à la construction de territoires économiquement viables, compétitifs et porteurs de développement durable, conformément aux objectifs de l’Acte 3 de la décentralisation. A l’échelon local, les Chambres régionales devront impulser une nouvelle dynamique de partenariat Etat-collectivités locales-secteur privé dans les domaines de la création de richesses et d’emplois, du développement des infrastructures, du financement local, de la sous-traitance locale, de l’aménagement du territoire, de l’assainissement, des transports, de la formation professionnelle, de la réduction des inégalités territoriales. Elles devront donc, en rapport avec la Chambre nationale, assurer l’implication des professionnels des secteurs économiques concernés, notamment les grandes entreprises et les Pme dans les décisions de l’institution consulaire.

D’autres opérateurs économiques ont vite assimilé l’article 18 qui stipule que « tout candidat à la présidence de la Chambre de Commerce doit savoir écrire, lire et parler couramment la langue officielle à savoir le français », comme une tentative de les écarter. Qu’en dites-vous ?
Cette disposition n’est pas dans le projet de loi. Elle pourrait néanmoins figurer dans le décret si celui-ci était validé avec cette disposition, mais il faut savoir qu’elle ne vise point à écarter un quelconque choix du secteur privé. Faut-il le rappeler, cette disposition n’est pas nouvelle, elle est tirée de l’article 4, alinéa 5 du décret n° 2002-516 du 16 mai 2002 portant règles d’organisation et de fonctionnement de l’Union nationale des Chambres de Commerce d’Industrie et d’Agriculture  qui stipule que « le président de l’Union doit savoir lire, écrire, et parler couramment le français ».

On sait que des élections sont prévues après l’adoption de ce projet de loi. Qu’elles sont les dispositions qui ont déjà été prises pour la limitation des mandats et pour la tenue des élections libres et transparentes ?
Les dispositions seront d’abord relatives à la validation du projet de décret déjà élaboré et soumis à l’appréciation de tous acteurs du secteur privé. Une fois que le projet de décret est adopté, nous allons vers l’organisation de nouvelles élections sur la base du nouveau dispositif juridique qui prévoit toutes les conditions de la tenue d’élections consulaires libre et transparentes.

Comment les nouvelles chambres seront-elles financées ?
La Chambre nationale de Commerce, d’Industrie et des Services du Sénégal bénéficiera des ressources instituées par les lois et règlements en vigueur au Sénégal au profit des établissements publics consulaires et de toutes autres ressources (taxes spécifiques, contribution des entreprises, subvention étatique, cotisations des membres, autres sources). D’où l’intérêt pour la Chambre nationale d’intégrer, dans ses instances, les grandes entreprises (les banques et établissements financiers, les Tic, les télécoms, énergie et mines, les Btp, le secteur cimentier, les secteurs portuaires et aéroportuaires, le secteur hôtelier, etc.), les Pme-Pmi qui représentent 90% du tissu économique. La réflexion doit aussi se poursuivre pour rejoindre certains pays de l’Uemoa où la gestion de certaines infrastructures structurantes telles que les secteurs portuaires, aéroportuaires, autoroutières est concédée à la Chambre nationale qui en tire d’importantes ressources financières pour financer les activités consulaires au bénéfice du secteur privé.

Recueillis par Elhadji Ibrahima THIAM

La Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture de Tambacounda abrite  désormais l’antenne régionale du Centre d’arbitrage, de médiation et de conciliation. Elle a été installée, samedi, par l’adjoint au gouverneur chargé des affaires administratives de Tambacounda, Ahmed Tidiane Thiaw.

L’antenne régionale du Centre d’arbitrage, de médiation et de conciliation a été installée avant-hier par l’adjoint au gouverneur chargé des affaires administratives de Tambacounda, Ahmed Tidiane Thiaw. Les acteurs privés attendaient, depuis longtemps, cet outil pour éviter l’« étalage de leurs affaires » devant les tribunaux classiques.

 L’antenne régionale du Centre d’arbitrage de la Cciad offre la possibilité de régler les différends à l’amiable par la voie de la conciliation  et de sensibiliser la population sur d’autres modes de règlement. Elle a pour mission générale « d’assurer l’application du règlement et jouit, pour cela, de tous les pouvoirs nécessaires ». Ce centre d’arbitrage de Tambacounda sera fonctionnel en début février 2017, le temps de mettre en place l’équipe qui sera composée de toutes les couches socioprofessionnelles, souligne le président de la chambre de commerce de Tambacounda, Djby Cissé. Il estime que les opérateurs économiques ayant participé à la cérémonie ont loué cette initiative qui, selon eux, permettra de régler leurs différends en gardant intactes leurs relations d’affaires avec les partenaires. Pour ce dernier, il est inconcevable que des partenaires d’affaires soient à la barre d’un tribunal. « Tout peut se régler à l’amiable »,  dit-il. La Chambre de commerce de Tambacounda a « toujours œuvré pour l’épanouissement des opérateurs économiques de la région », a-t-il fait savoir. Pour le vice-président de la Chambre de commerce de Tambacounda, El hadji Mamadou Tall Kassé, à qui le pilotage de l’installation de l’antenne du dudit centre a été confié, il s’agit « d’éviter le recours automatique à une procédure judiciaire qui doit intervenir en ultime position. Un contentieux entre un opérateur économique et une banque par exemple peut se régler à l’amiable dans ce centre d’arbitrage ».

Pour l’adjoint au gouverneur de Tambacounda, Ahmed Tidiane Thiaw, l’ouverture de ce centre est « un indicateur non négligeable » pour les opérateurs économiques, en termes d’amélioration de l’environnement des affaires. Elle intervient dans un contexte où la région de Tambacounda « se positionne progressivement comme un pôle territoire ayant vocation à mettre d’abord en valeur son potentiel économique endogène », a-t-il ajouté.

« L’existence d’un dispositif opérationnel de règlement diligent des différends contractuels éventuels contribue à mettre en confiance tous les membres de la famille du secteur privé », a-t-il noté. L’autre avantage de cette antenne est qu’elle met à la disposition des acteurs « un instrument de proximité, de formation, d’info, d’encadrement et de promotion du secteur privé », a indiqué l’adjoint au gouverneur de Tambacounda, avant d’inviter les opérateurs économiques à s’approprier cet « outil précieux et innovant ».

Pape Demba SIDIBE

PLUS D’UNE CENTAINE D’AFFAIRES RÉGLÉES PAR LE CENTRE DE DAKAR
En présence du responsable d’Amnesty International au Sénégal de Seydi Gassama, et des responsable de Osiwa, le président du Centre d’arbitrage, de médiation et de conciliation de Dakar, Chérif Mbodj, a souligné que sont institution a réglé plus d’une centaine d’affaires, allant de 500.000 à 24 milliards de FCfa. Il précise que ce type d’outil n’en est qu’à ses débuts dans des pays comme le Sénégal, mais jouit d’une certaine « notoriété » dans la sous-région, où elle a aidé à implanter une structure du genre au Mali et au Burkina. Ce centre peut être saisi par les opérateurs économiques, les entreprises et les citoyens qui nouent des contrats en matière de location, dans lesquels ont été prévues des clauses compromissoires. Beaucoup d’opérateurs préfèrent aller en médiation « pour conserver leurs relations d’affaires », a relevé M. Mbodj. Il a assuré que l’inauguration de cette antenne régionale qui sera fonctionnelle en début février, intervient deux jours après celle de Kédougou, non sans assurer que « les autres régions ne seront pas en reste ».

P. D. SIDIBE

African risk capacity (Arc) en anglais) projette de fournir, d’ici à 2020, 1,5 milliard de dollars d’assurance en couvrant 30 pays, selon le Secrétaire général du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Cheikhou Cissé.

La Mutuelle panafricaine de gestion des risques (African risk capacity (Arc) en anglais) projette de fournir, d’ici à 2020, 1,5 milliard de dollars d’assurance en couvrant 30 pays avec des produits d’assurances sécheresse, inondations et cyclones tropicaux, a confié, mardi à Dakar, le Secrétaire général du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Cheikhou Cissé.

« Il s’agira de mettre en place un mécanisme de soutien au paiement de la prime par des partenaires bilatéraux et régionaux africains, de préférence », a-t-il dit en ouvrant les travaux d’un atelier régional sur les paramètres de transfert de risque.

L’objectif de l’Arc est d’établir un mécanisme de mutualisation des risques qui permettra aux pays africains participants de bénéficier d’un apport de fonds rapide en cas de sécheresse. Ce mécanisme permettra aussi de les aider à élaborer des plans d’urgence en réponse à la sécheresse, de manière à ce qu’ils puissent assurer la mise en place d’interventions rapides et efficaces. L’octroi d’un financement mutualisé, combiné à un acheminement rapide de l’aide d’urgence auprès des populations vivant dans les zones touchées, selon des plans d’urgence ciblés et modulables, pourrait offrir des avantages substantiels en termes économiques et sociaux aux pays participants et, de fait, aux ménages vulnérables.

 Le Secrétaire général du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique a rappelé que 32 pays ont signé le traité de l’Arc, dont la filiale financière compte 9 pays membres, qui ont souscrit des contrats d’assurance en mai dernier. Il s’agit du Burkina Faso, de la Mauritanie, du Kenya, de la Gambie, du Niger, du Sénégal du Zimbabwé, du Mali et du Malawi, qui ont contractualisé pour couvrir leur saison agricole contre les risques liés à la sécheresse.

 Il a rappelé que le Sénégal est l’un des pays pionniers de l’Arc aux côtés du Niger et de la Mauritanie, car ayant participé à toutes les phases de conception technique et de négociations institutionnelles qui ont conduit à la création de l’institution politique et la mutuelle Arc Ltd.

« Une des étapes cruciales pour les pays membres ou souhaitant participer à la mutuelle de gestion des risques de l’Arc est la définition des paramètres définissant leur contrat d’assurance », a encore expliqué Cheikhou Cissé.

 Elle débute après que les experts travaillant sur le logiciel Arv ont le profil de risque lié à la sécheresse, lequel consiste en la définition du montant du risque que le pays souhaite transférer à l’Arc.

 « Ce montant du risque à transférer informe sur la fréquence à laquelle les décaissements de fonds seront déclenchés et donc, le coût de la couverture d’assurance sélectionnée constituant la prime à payer », a-t-il noté.

Il a précisé que l’implication des ministères des Finances est « cruciale pour une sélection optimale de ces paramètres ».

(APS)

L'Inde est la plus grande destination du monde pour l'industrie des technologies de l'information (Tic) où l’on prévoit une contribution de 9,5% dans le Pib du pays, selon son ambassadeur au Sénégal, Rajeev Kumar. Il participait à la première édition de « Digital society forum », tenue à Dakar.

L'industrie des Tic emploie quelque 10 millions de salariés en Inde. Mieux, cette industrie a contribué à la transformation économique de ce pays et amélioré sa position dans l'économie mondiale. « On s'attend à ce que le secteur de l’informatique, qui est actuellement évalué à 143 milliards de dollars américains, affiche un taux de croissance annuel de 8,3% d’année en année. On s'attend à ce que le secteur contribue à 9,5% du Produit intérieur brut (Pib) de l'Inde et plus de 45% dans les services totaux d’exportation en 2015-16 », a dit Rajeev Kumar. Le diplomate souligne que l’Inde s'attend à ce que le secteur de l’informatique du pays se développe à un taux de 12 à 14% pour l’exercice financier 2016-17 en monnaie locale. Il est attendu aussi à ce que l’outil informatique triple son revenu annuel actuel pour atteindre 350 milliards de dollars américains concernant l'exercice financier 2025. « L'Inde se range troisième parmi les écosystèmes de start-up globaux avec plus de 4.200 start-up. On s'attend à ce que l'économie de l'Internet de l'Inde touche 146,72 milliards de dollars américains d'ici à 2018, représentant 5% du Pib du pays. La base d'internaute de l'Inde a dépassé plus de 400 millions en mai 2016, le troisième le plus important au monde, alors que le nombre d'utilisateurs sociaux de media devenait 143 millions en avril 2015 et les Smartphones ont augmenté de 160 millions », a-t-il révélé.

Rajeev Kumar a laissé entendre qu’actuellement, le marché indien de technologie de l'information de soins de santé (service informatique) est évalué à 1 milliard de dollars américains et va accroître de 1,5 fois d'ici à 2020. Dans les prévisions, l’on espère que le B2B du commerce électronique de l'Inde atteigne 700 milliards de dollars américains d’ici à 2020. Toujours dans une dynamique de croissance, les estimations prévoient que le B2C marché de commerce électronique atteigne 102 milliards de dollars américains d'ici à 2020.

« L'Inde est la destination offshoring la plus élevée pour des sociétés informatiques à travers le monde. La preuve de ses capacités en fournissant des services terrestres et marins aux clients globaux, les technologies d'émergence offrent maintenant une nouvelle gamme entière d'occasions pour l'entreprise en informatique supérieure en Inde. Nous vivons maintenant à l'âge de « Big data » et si un pays veut se développer plus rapidement, il a besoin d'adopter la révolution de l'information. La solution à chaque problème est là ; nous devons juste être ouverts et disposés », a-t-il souligné.

S. M. Sy CISSE

Le changement climatique a des effets néfastes sur l’agriculture qui est l’activité principale dans le monde rural. Pour faire face, le Programme multinational de renforcement de la résilience à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle (P2rs) a été lancé sous la tutelle du ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rural. Il vise à développer la résilience des populations dans 40 communes rurales.

Le comité de pilotage du Programme multinational de renforcement de la résilience à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle (P2rs) a tenu, hier, sa deuxième session après an de mise en oeuvre. « Nous avons démarré, il y a juste un an. Nous sommes en train de réaliser quelques activités sur le terrain en rapport avec les collectivités locales et avec l’appui des autorités administratives du pays », a d’emblée précisé le coordonnateur du programme, Younoussa Mballo. A l’en croire, tous les outils de gestion sont, aujourd’hui, mis en place et l’essentiel des sites d’intervention, au nombre de 40 communes rurales, identifiés dans les régions concernées par le programme. Il s’agit de Fatick, Kédougou, Kolda, Tambacounda, Matam et Ziguinchor.

« Nous allons démarrer un programme d’ancrage qui consiste à réaliser un certain nombre d’ouvrages mais aussi essayer d’accompagner les populations dans les villages avec quelques activités de structuration. Les activités liées à l’élevage seront également démarrées, c’est une composante extrêmement importante à côté de l’aquaculture. Toutes ces réalisations ont été faites avec l’implication réelle des populations bénéficiaires », a soutenu M. Mballo.

Selon le coordonnateur du programme, toutes ces activités visent à faire face aux effets du changement climatique. « Plusieurs mécanismes ont été mis en place pour lutter contre les effets néfastes du changement climatique. Nos régions pour la plupart du temps sont traversées par des bas fonds qui, sous l’effet de la sécheresse, se sont ensablés avec le temps. Il s’agit, aujourd’hui, de les revitaliser. Aussi, nous avons l’objectif d’atteindre, en 2017, l’autosuffisance en riz. Pour cela, il faut utiliser des variétés bien adaptées pour permettre aux populations de cultiver le riz partout, aussi bien sur les plateaux que sur les bas fonds », a expliqué Younoussa Mballo. Il estime que renforcer la résilience des populations implique toute une panoplie d’activités à dérouler concernant l’agriculture au sens large du terme. Ce programme concerne sept pays du Cilss et est financé avec l’appui de la Banque africaine de développement(Bad) pour un montant de 18,5 milliards de FCfa.

Ndiol Maka SECK

Une croissance de 6,8% est prévue  en 2017, a déclaré, avant-hier, le chef de la Direction générale de la planification et des politiques économiques (Dgppe), au cours d’une rencontre avec son personnel.

« Nous pouvons retenir que l’année 2016 se termine sur de bonnes notes sur le plan macroéconomique ; la tendance favorable amorcée en 2014 et confirmée en 2015 semble se consolider en 2016 », a lancé, avant-hier, le directeur de la planification et des politiques économiques, Pierre Ndiaye, à la cérémonie de présentation des vœux du nouvel an du personnel de la Direction des planifications et des politiques économiques (Dgppe). « Une croissance de 6,8% est prévue ; une inflation faible, un déficit budgétaire qui va continuer à dépérir et une amélioration du budget du compte courant », a-t-il assuré. « Pour la première fois, depuis 1980, a-t-il assuré, la croissance économique dépasse 6%, pendant deux années consécutives ».

Pour lui, l’année s’est terminée sur une très bonne dynamique. Il a noté que cette embellie s’explique notamment par le renouveau de l’agriculture et la bonne tenue de l’horticulture grâce aux nombreux efforts du gouvernement en termes de semences, d’engrais et d’équipements agricoles, ainsi qu’en termes d’irrigation, la relance des industries chimiques et extractives à la faveur de la recapitalisation des Ics. S’y ajoute, selon lui, le dynamisme retrouvé de la construction portée par les vastes chantiers d’infrastructures publiques et l’accroissement de l’offre (nouvelle cimenterie) sans compter la robustesse des secteurs d’appoint, notamment l’énergie grâce aux importants investissements publics privés, le transport et les services financiers et de télécommunications. Il a assuré que sur le plan budgétaire, les recettes fiscales progressent. «La rationalisation des dépenses de fonctionnement se poursuit, le déficit budgétaire est constamment réduit et se situe, en 2016, à 4,2% du Pib contre 6,7% en 2011. Au titre des échanges extérieurs, le déficit du compte courant s’améliore et ressort à 6,5% du Pib en 2016 à la faveur de la bonne tenue des exportations de biens qui augmentent, en moyenne annuelle, de 8% depuis 2012 contre 5% pour les importations », a-t-il soutenu.

Quant à l’inflation, elle demeure faible (près de 1%). « Si nous maintenons une croissance de 6,6%, c’est-à-dire en termes de revenu par tête (d’habitants) une progression de l’ordre 3% au bout de 7 ans, nous allons voir les effets réels de cette croissance. Pour analyser la croissance, il faut voir les secteurs qui l’ont porté. Quand l’agriculture porte la croissance, il y a un élément d’inclusivité. Car, il y a beaucoup de Sénégalais qui opèrent dans ce secteur. Cela se traduit par une amélioration des revenus de ces populations », a relevé M. Ndiaye qui précise que « le taux d’endettement (créé par le déficit budgétaire) du Sénégal étant de 57% montre qu’on est encore viable ».

Serigne Mansour Sy CISSE

Le président du Conseil d’administration (Pca) de l’Ipres, Mamadou Racine Sy, a annoncé, hier, à Ziguinchor, l’ouverture imminente de ses hôtels situés à Cap Skirring et à Ziguinchor pour un investissement de quelque 6 milliards de FCfa.  « Ils vont ouvrir bientôt », a-t-il tenu à préciser.

Le président du Conseil d’administration de l’Ipres, Mamadou Racine Sy, et par ailleurs, propriétaire des hôtels Néma Kadior, Diola (Ziguinchor), ainsi que les hôtels Savana-Cap, Cabrousse et Royal-Cap (dans la zone du Cap-Skirring),  a annoncé hier la réouverture imminente de ces complexes hôteliers dans cette région. Ceci, pour un investissement estimé à quelques 6 milliards de FCfa.

Il a fait savoir, hier, qu’il parlait sous le contrôle du chef de l’Etat, le président Macky Sall, « avec qui, il a évoqué, vendredi dernier, la question de la réouverture des hôtels en Casamance pour relancer le plein emploi et le tourisme dans cette région ». En effet, souligne-t-il, tout le monde connaît le rôle et l’importance du tourisme dans le développement de la région de Ziguinchor en Casamance. « Et je peux vous assurer que ces derniers temps, chaque fois que j’ai rencontré le chef de l’Etat, il ne m’a parlé que de la réouverture des hôtels et des moyens à mettre en œuvre pour relancer le secteur du tourisme en Casamance », a-t-il déclaré. Mamadou Racine Sy, qui s’exprimait, lors d’une rencontre avec les retraités de la région, a indiqué qu’il est en train de réfectionner l’hôtel Néma Kadior de Ziguinchor à coût de centaines de millions de FCfa. « Et je compte mettre quelque 6 milliards de FCfa pour relancer également le Cap-Skirring. Parce que je crois en la Casamance », assure-t-il. Le Pca de l’Ipres a conclu, en déclarant : « Nous allons, en rapport avec le président de la République, Macky Sall, développer la région de Ziguinchor pour créer le plein emploi en Casamance ».      

El Hadj Moussa SADIO

L'Africa finance corporation (Afc), institution financière panafricaine spécialisée dans le développement multilatéral et le développement de projets, annonce avoir émis son premier Sukuk d’un montant de 150 millions de dollars, soit 91, 6 milliards de FCfa. Cette valeur, selon le communiqué d’African media agency (Ama), est la plus importante jamais émise par une institution africaine.

L'émission de l'Africa finance corporation (Afc) représente la première transaction du marché mondial sous forme de Sukuk en dollars pour 2017 et le premier Sukuk à être émis par une entité supranationale africaine. Une note d’information de d’African media agency précise que, suite à un grand intérêt manifesté par les investisseurs, l'objectif initial de 100 millions de dollars a été sursouscrit de plus de deux fois. Il s'agit, non seulement du premier Sukuk de 2017, mais également du premier à être émis par une entité supranationale africaine. En effet, le Sukuk représente la deuxième percée de l'Afc au sein de la finance islamique.

D’après Ama, l'entreprise a accepté une offre de financement d'un montant de 50 millions de dollars sur 15 ans de la Banque islamique de développement (Bid) en 2015, afin de financer des projets de finance islamique dans de nombreux pays africains membres de la Bid. Le Sukuk Murabaha à 100 %, placé de manière privé et noté « obligation de premier rang A3 » non garantie par le service aux investisseurs de l'agence de notation financière Moody, dispose d'une échéance de trois ans et arrivera à terme le 24 janvier 2020. Andrew Alli, président directeur général de l'Afc, en commentant cette émission a relevé les valeurs fondamentales de la finance islamique, le besoin d'investir de manière éthique dans des actifs bénéficiant d'un impact social positif et tangible.

Ahmed Al Qassim, directeur général de Emirates NBD Capital (un des courtiers et gestionnaires principaux associé à cette opération), pour sa part, se dit ravi d'avoir participé à l'émission du premier Sukuk d'une durée de 3 ans et d'une valeur de 150 millions de dollars. Il soutient que le bon déroulement de la transaction constitue la preuve que l'Afc est solidaire à la communauté internationale des investisseurs, et à son engagement pour le développement de nouvelles sources de financements.

Abdou DIAW​

Le vice-président de la Banque islamique de développement, chargé des opérations, Mansur Muhtar, a visité, avant-hier, en compagnie du ministre du Budget Birima Mangara, le chantier de l’aéroport international Blaise Diagne (Aibd) au financement duquel la Bid a participé à hauteur de 70 millions d’euros, soit plus de 45,5 milliards de FCfa. Les derniers travaux avancent à grands pas. 

A l’arrêt, pendant de longs mois, les travaux de l’aéroport international Blaise Diagne (Aibd) ont repris à un rythme soutenu, depuis que le groupe turc Summa Limak a pris la relève du géant saoudien Saudi Bin Laden Group en décembre 2015. Le chantier avance à grands pas et tout porte à croire que la date fixée pour la fin des travaux, à savoir le 30 avril 2017, sera respectée. A la mi-janvier, le niveau d’exécution des travaux a atteint 95 %, selon Elhadji Ibrahima Mané, directeur général adjoint de l’Aibd. Il faisait un exposé, avant-hier, sur le projet à la délégation de la Banque islamique de développement (Bid), conduite par son vice-président en charge des opérations, Mansur Muhtar. Ce dernier, accompagné par le ministre du Budget, Birima Mangara, a visité le chantier de l’aéroport situé à 47 kilomètres de Dakar et à seulement quinze minutes de la station balnéaire de Saly Portudal.

Sur le site, les ouvriers sont en train de mettre la dernière main sur cette gigantesque infrastructure qui s’étale sur une superficie de 4.500 hectares. En comparaison, l’aéroport Léopold Sédar Senghor ne fait que 8 hectares. Ici, tous les gros œuvres sont déjà sortis de terre. L’aérogare et son architecture futuriste se dévoile. Le Terminal de départ où l’on accède par une rampe s’étend sur 21.000 m2. Au rez-de chaussée, se trouve le Terminal d’arrivée de même gabarit. Entre les deux, se coince la zone de transit ou mezzanine. Les courroies bagages et les escalators sont déjà installés. Les panneaux signalétiques pendent au plafond en forme ondulée.

40 postes de police des frontières
A l’Aibd, on n’aura pas besoin de convoyer les passagers par bus à la coupée de l’avion pour l’embarquement. Six passerelles télescopiques relieront, en effet, l’aérogare aux avions. Au départ comme à l’arrivée, les passagers devront passer par l’une des quarante postes de police des frontières, sans compter les postes de contrôle des Douanes. Quarante-quatre banques d’enregistrement des bagages sont mises à leur disposition. Le nouvel aéroport dispose d’une piste longue de 3,5 kilomètres et de 12 kilomètres de pistes de circulation ou taxiway. Contrairement à l’aéroport Léopold Sédar Senghor, à l’Aibd, la tour de contrôle est située en dehors de la plateforme aéroportuaire. Du haut de ses 50 mètres, elle est implantée à mi-chemin entre l’aérogare et la zone de développement de l’aéroport. Tout comme l’aérogare, le Terminal des pèlerins a fini de prendre forme. Il ne reste qu’à installer les équipements amovibles. Mais, déjà, on peut constater, à l’intérieur, des panneaux et écrans signalétiques au plafond et au mur. A l’extérieur, on accède à ses différents bâtiments par un réseau routier dense. En effet, outre les bretelles, l’Aibd est desservi par deux routes de service qui rejoignent, au nord, l’autoroute à péage et au sud la Rn1.

Aibd est de type modulaire, c’est-à-dire qu’il y a une possibilité d’extension de la plateforme. « On démarre avec un Terminal de 3 millions de passagers et on a la possibilité de faire une extension jusqu’à, au moins, 10 millions de passagers, sur une façade avant de continuer les travaux sur l’autre façade », explique son directeur général adjoint. Le nouvel aéroport aura également un niveau de qualité de service B, conformément aux critères de l’Iata. « Aujourd’hui, tous les gestionnaires d’aéroports essaient d’avoir ce niveau de qualité de service. Nous, nous l’offrirons dès l’ouverture », ajoute M. Mané. En attendant cette ouverture, les ouvriers, sous la direction des ingénieurs de l’entreprise turque Summa Limak, mettent les bouchées doubles pour terminer les ultimes travaux de cet aéroport dont la première pierre a été posée en 2007.

« La Bid va faire le nécessaire pour le décaissement de la dernière tranche de financement »
La Banque islamique de développement est l’un des principaux partenaires qui a financé le projet de l’Aibd à hauteur de 70 millions d’euros. Mieux encore, ce groupe bancaire a été le leader de la tranche islamique pour avoir réussi à mobiliser le Fonds saoudien pour le développement qui a déboursé 100 millions de dollars et le Fonds Opec qui a débloqué 20 millions d’euros. A ce jour, sur les 406 millions d’euros qui ont été mobilisés pour ce projet, seuls 39 millions d’euros restent à être débloqués, a fait savoir le directeur général d’Aibd Abdoulaye Mbodji. Dans ce montant, 16 à 17 millions d’euros doivent être décaissés par la Banque islamique de développement. Mais si l’on en croit le vice-président de ce groupe bancaire, Mansur Muhtar, il n’y a pas d’inquiétude à se faire. « La Bid fera tout pour finaliser l’exécution de ce projet. Pour les décaissements, il y a juste quelques détails à régler. Notre équipe travaille avec les autorités sénégalaises dans ce sens », a-t-il assuré. Cela étant, M. Muhtar s’est dit « vraiment très impressionné » par le chantier de l’aéroport. « Je suis très content de voir les progrès réalisés en si peu de temps, depuis la reprise des travaux. Il y avait quelques retards, mais il est heureux de constater que le chantier évolue bien. Nous espérons que le projet sera finalisé dans les délais prévus », a-t-il dit.

Elhadji Ibrahima THIAM

Le financement des Plans stratégiques de développement des statistiques agricoles (Pssar) et rurales a été au menu d’une conférence, organisée hier par la Banque africaine de développement (Bad). Cette rencontre a pour objectif de permettre au Sénégal de trouver des partenaires financiers pour la mise en œuvre de son Pssar.

L’absence de ressources financières constitue une contrainte majeure au développement des statistiques agricoles en Afrique. C’est fort de ce constat que la Bad a organisé, hier, dans son Programme de renforcement des capacités statistiques agricoles, une conférence sur cette problématique. L’objectif est d’aider le Sénégal à trouver des partenaires pour financer son Plan stratégique de développement des statistiques agricoles et rurales (Pssar) dont la première phase s’achève en 2018. Selon le directeur de l’Analyse et de la Prévision, Ibrahima Mendy, le développement des statistiques est essentiel dans le suivi-évaluation des résultats et les prévisions agricoles. C’est pourquoi, il estime qu’il est important, pour notre pays, de se doter d’un système d’information statistique fiable. Ce Plan stratégique de développement des statistiques agricoles du Sénégal couvre, en plus de l’agriculture, les secteurs de la pêche, de l’environnement et de l’élevage.

Le représentant résident du Groupe de la Bad au Sénégal, Adalbert Nshimyumuremyi, a souligné que l’Agriculture occupe une place de choix dans les objectifs prioritaires de l’institution financière continentale. D’après lui, sa planification, sa gestion et son suivi doivent reposer sur un système d’information solide, qui exige une disponibilité, sur le long terme, de données statistiques complètes, fiables et cohérentes.

Malheureusement, il dit constater que dans la plupart des pays africains, les statistiques agricoles ne sont pas bien collectées. «Ces statistiques peuvent ne pas être à jour, à cause des contraintes budgétaires qui limitent la conduite régulière d’enquêtes agricoles », a-t-il encore déploré. Il estime que la qualité et la fiabilité des données agricoles ainsi que leur disponibilité constituent de grands défis.

Plaidoyer pour une mobilisation des ressources
M. Nshimyumuremyi a rappelé que, pour y faire face, une Stratégie mondiale pour l'amélioration des statistiques agricoles et rurales a ainsi été élaborée et approuvée par la Commission statistique de l'Onu en février 2010. Il indique que dans le Plan d’actions africain, 23 pays dont le Sénégal ont élaboré, chacun, un Plan stratégique de développement des statistiques agricoles et rurales (Pssar), suivant un processus inclusif et participatif. « Cette conférence nous donne l’opportunité de faire le plaidoyer de l'importance du développement des statistiques agricoles pour la formulation, le suivi et l'évaluation des mises en œuvre des plans nationaux de développement et des politiques nationales agricoles, de discuter et proposer les voies et moyens de mobiliser des ressources pour le financement des statistiques agricoles », a-t-il encore ajouté.

M. Nshimyumuremyi a demandé aux gouvernements africains et aux partenaires au développement de prendre les dispositions nécessaires pour la mise en œuvre des recommandations de la conférence, notamment la mobilisation des ressources pour la mise en œuvre des plans stratégiques.

Présidant la cérémonie, le Secrétaire général du ministère de l’Agriculture, Dr Dogo Seck, a insisté sur le rôle primordial et stratégique dans le développement des pays africains. À l’en croire, cette conférence est d’une importance capitale, car visant à appuyer les pays dans leur volonté de renforcer leurs capacités en ressources afin de disposer de systèmes d’informations solides sur l’agriculture.

« Le Sénégal bien que disposant d’un système statistique relativement performant et bénéficiant d’importants acquis de la Bad et d’autres partenaires au développement, a décidé de s’engager dans ce processus dans le but de consolider les acquis et de bénéficier de nouvelles opportunités agricoles et rurales », a expliqué Dr Dogo Seck. Le Secrétaire général du ministère de l’Agriculture a réitéré la reconnaissance du gouvernement à l’endroit des partenaires qui accompagnent le Sénégal dans son processus de développement agricole et de renforcement de la sécurité alimentaire et nutritionnel. Il cite notamment la Commission économique des nations-unies pour l’Afrique (Cea), la Bad et la Fao, « qui sont les organisations leaders dans la mise en œuvre du Plan d’actions africain de la Stratégie mondiale d’amélioration des statistiques agricoles et alimentaires ».

Diégane SARR

Le directeur général de la société nationale de transport Dakar Dem Dikk, Me Moussa Diop, a fait face, hier, à la presse pour apporter des précisions et réfuter certains points du rapport 2015 de l’Autorité de régulation des marchés publics (Armp), produit par le Cabinet Bsc. L’occasion a été saisie pour annoncer le lancement de Sénégal Dem Dikk, le 1er février 2017.
La fiabilité du rapport dressé par le Cabinet Bsc contenu dans le rapport annuel de l’Autorité de régulation des marchés public est remise en question par le directeur général de Dakar Dem Dikk, Me Moussa Diop. Il y est soulevé des questions de compétence et d’habilitation. La direction de la société nationale de transport urbain aurait conféré habilitation à des membres de donner des attestations de crédits et d’étendre la compétence de signature de certains en lieu et place du directeur général. Il est indiqué, en effet, que les contrats à Ddd sont signés par le directeur technique, le directeur des ressources humaines et parfois par le directeur financier et comptable.

Sur l’attestation délivrée par le directeur comptable et financier, Moussa Diop souligne qu’il est le mieux placé pour assumer ce rôle. Car, selon lui, il y a un principe en matière de marché qui interdit de lancer un marché si l’on n’a pas préalablement le crédit. Le directeur comptable et financier ayant une vue large sur les comptes, est habilité à s’acquitter de ce travail. « J’aurai compris ces griefs si ce qui est fait est frauduleux. Il est le mieux indiqué pour apprécier ».

L’une des légèretés qui témoigne des manquements notés dans ce document, à en croire le directeur général de Ddk, est aussi liée à l’évocation d’un directeur administratif et financier qui n’existe pas dans l’organisation administrative de cette société de transport. En ce qui a trait aux contrats signés par les autres directeurs sans que lui n’appose sa signature, Me Moussa Diop répond en montrant à la presse les documents : « Ce Cabinet nie les évidences. Le plus important contrat de Ddd est celui des pièces de rechange, vous y verrez ma signature. C’est aussi valable pour tous les autres contrats qui engagent la société ».

Sur le marché des batteries et pneumatiques, il a aussi été dit que ce contrat a fait l’objet d’exécution avant même son enregistrement. Celui qui est directeur général de Ddd depuis 2014 renseigne que le contrat a été signé par toutes les personnes compétentes pour le faire. Il y est clairement marqué « avis favorable » de la Direction centrale des marchés publics (Dcmp) ». « Nous sommes partis enregistrer cet acte à la Direction générale des impôts et domaines. Et quand, c’est enregistré, on peut faire des bons de commande. Ce Cabinet confond notification et publication. Dans ce contrat de batteries et pneumatiques, Ddd a respecté toutes ses obligations », affirme-t-il, soulignant, par ailleurs, que sur les trois lots notés dans le rapport, la Dcmp n’a pas fait d’objection.

La presse a fait état d’une collusion au sein de la société sur certaines demandes de renseignement et de prix en employant des termes qui ne figurent pas dans le rapport. Me Moussa Diop, tout en trouvant regrettable cette manière de procéder, a dit avoir pris des mesures fermes et immédiates quand il a été informé, en 2015, par la Commission des marchés, en enlevant la personne fautive. En cela, le rapport de l’Armp ne fait que le conforter dans sa décision prise bien avant sa publication. Pour montrer que Ddd est inscrit dans une dynamique de transparence, il a rappelé qu’avant sa nomination, en 2014, le marché du carburant de 6 milliards de FCfa ne faisait pas l’objet de compétition. Il en avait fait une question de principe et de bonne gestion.

Alassane Aliou MBAYE

LE DÉFICIT DE DAKAR DEM DIKK PASSE DE 5 MILLIARDS À 2 MILLIARDS DE FCFA ENTRE 2012 ET 2016
Le déficit de Dakar Dem Dikk est passé, selon Me Moussa Diop, entre 2012 et et 2013, de 5 milliards à 4, 400 milliards de FCfa. Il est, en 2015, passé à 36 millions de FCfa en y incluant le patrimoine foncier. Sans ce dernier élément, il tourne autour de 2 milliards de FCfa en 2016. Il appelle l’Etat, pour un service performant, à réajuster les prix en fonction de l’évolution des charges.

A. A. MBAYE

SÉNÉGAL DEM DIKK DÉMARRE LE 1ER FÉVRIER
Le 1er février sera la date de démarrage de Dakar dem dikk, chargé d’assurer le transport dans les régions. Le terminus de Liberté 6 sera aménagé à cet effet pour servir de gare. Cela ouvre une nouvelle ère pour la société qui veut assurer le maillage du territoire national. Le directeur général, Me Moussa Diop, indique que tous les bus sont assurés en 2017 et bénéficient de l’agrément.

La dérogation a été accordée pour qu’ils soient tous opérationnels.

A. A. MBAYE

Le 1er février sera la date de démarrage de Sénégal Dem Dikk, chargé d’assurer le transport dans les régions. Le terminus de Liberté 6 sera aménagé à cet effet pour servir de gare. Cela ouvre une nouvelle ère pour la société qui veut assurer le maillage du territoire national.

Le directeur général, Me Moussa Diop, indique que tous les bus sont assurés en 2017 et bénéficient de l’agrément.

La dérogation a été accordée pour qu’ils soient tous opérationnels.

A. A. MBAYE

Le déficit de Dakar Dem Dikk est passé, selon Me Moussa Diop, le directeur général de la société nationale de transport Dakar Dem Dikk, entre 2012 et et 2013, de 5 milliards à 4, 400 milliards de FCfa.

Il est, en 2015, passé à 36 millions de FCfa en y incluant le patrimoine foncier. Sans ce dernier élément, il tourne autour de 2 milliards de FCfa en 2016.

Il appelle l’Etat, pour un service performant, à réajuster les prix en fonction de l’évolution des charges.

A. A. MBAYE


La Banque islamique de développement (Bid) et la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) organisent une consultation régionale (23 et 24 janvier) sur le projet de « Loi modèle Sukuk » pour l’Afrique subsaharienne. Elle vise à doter les pays membres d’un texte type sur lequel ils pourraient se fonder pour adapter leurs cadres juridiques respectifs sur les émissions de Sukuk (obligations islamiques).

Une consultation régionale sur le projet de « Loi modèle Sukuk » pour l’Afrique subsaharienne se tient depuis hier à Dakar. Elle est initiée par la Banque islamique de développement (Bid) et la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao). La rencontre de deux jours qui est la première d’une série de consultations prévues par la Bid dans différentes régions (Afrique subsaharienne ; Asie centrale ; Asie du Sud-est et Afrique du Nord et Moyen-Orient), vise à doter ses pays membres d’un texte type basé sur les meilleures pratiques sur lequel ils pourraient se fonder pour adapter leurs cadres juridiques respectifs régissant les émissions de Sukuk ou obligations islamiques.

La cérémonie d’ouverture qui devait être présidée hier par le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ, en présence du gouverneur de la Bceao, Tiémoko Meyliet Koné et le vice-président de la Bid, a été finalement annulée. Selon un document remis à la presse, cette initiative de la Bid s’inscrit dans l’harmonisation, dans les pays membres de l’institution, des pratiques d’émission de Sukuk. Il s’agit, pour la Bid, de doter ses pays membres d’un cadre de référence dont ils pourraient s’inspirer pour adapter ou aménager leurs textes régissant les émissions de Sukuk. « Les Etats de l’Umoa se sont engagés dans de grands travaux indispensables à la transformation structurelle de leurs économies. Ces programmes se traduisent par des besoins importants de financement. A cet égard, outre les instruments de la finance conventionnelle, le recours à des instruments innovants de la finance islamique, notamment les Sukuk, constitue une des principales sources identifiées », lit-on dans le document.

Après le Sénégal, la Côte d’Ivoire et le Togo, des émissions de Sukuk sont en préparation dans les autres Etats, notamment au Niger, qui envisage de lever 150 milliards de FCfa. Par ailleurs, signale-t-on, la création de l’Agence Umoa-Titres pourrait accroître le nombre d’émissions de Sukuk dans les années à venir. En effet, cette agence a pour vocation d’apporter son concours aux Etats de l’Union pour mobiliser sur les marchés de capitaux, les ressources nécessaires au financement de leurs politiques de développement économique à des coûts maîtrisés. Elle est chargée d’identifier les modalités les plus appropriées pour mobiliser les ressources financières pour le financement des Etats sur les marchés régionaux et internationaux de capitaux.

A cet égard, renseigne le document, une réglementation spécifique serait nécessaire. Celle-ci doit notamment contenir des dispositions relatives aux opérations de titrisation de type islamique ainsi qu’au traitement des cas de défaut et de règlement des différends.

Aliou KANDE

Le Sénégal et la Banque islamique de développement (Bid) ont signé, hier, trois conventions de financement de projets importants portant sur les domaines de la santé, de la micro-finance et du commerce. Ces accords portent sur un montant cumulé de 51 milliards de FCfa.

La Banque islamique de développement (Bid) a mis à la disposition du Sénégal une enveloppe financière de l’ordre de 51 milliards de FCfa pour le financement de projets et programmes à fort impact social. Ces fonds sont destinés au développement de la micro-finance islamique au Sénégal à travers le programme Promise, à l’appui à la lutte contre le paludisme et à l’assistance technique pour le Plan de communication du Projet de Waqf. Ces trois accords de financement ont été signés, hier, par le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ, et le vice-président de la Bid en charge des Opérations, Mansur Muhtar en visite de travail au Sénégal depuis dimanche.

« C’est un plaisir de signer ces accords qui, je l’espère, seront d’un grand bénéfice pour les populations du Sénégal », s’est-il félicité. Pour le Dr Muhtar, ces trois accords de financement illustrent, à plus d’un titre, la coopération exemplaire qui existe entre le Groupe de la Bid et le Sénégal depuis 1976. « Depuis l’adhésion du Sénégal à la Bid, notre partenariat se développe et se renforce de jour en jour. Les engagements de la Banque ont atteint un peu plus de 1.425 milliards de FCfa et couvrent des secteurs stratégiques divers et variés de l’économie sénégalaise », a-t-il avancé. Avant d’ajouter que la Bid est en avance sur le calendrier des engagements qu’elle avait pris en faveur du Sénégal, lors du Groupe consultatif de Paris pour le financement du Pse.

Au regard du cumul des approbations accordées par la Bid au Sénégal depuis 1976, « notre pays se présente comme le premier pays partenaire » de ce groupe bancaire en Afrique subsaharienne, a fait remarquer le ministre Amadou Bâ. Selon lui, « la touche particulière » des financements de la Bid au bénéfice du Sénégal est qu’ils ont atteint des niveaux jamais égalés depuis l’avènement du président Macky Sall. « De 1976 à mars 2012, les ressources mises à la disposition du Sénégal, en termes d’approbations, par le Groupe de la Bid étaient de 609 milliards de FCfa, alors que d’avril à aujourd’hui, elles sont de 815 milliards de FCfa. Dans cette même lancée, la contribution de 197 milliards de FCfa de la Bid pour la réalisation du Train express régional (Ter), est de loin, le financement le plus élevé jamais approuvé par la Bid en faveur d’un pays membre en Afrique subsaharienne », a signifié le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan.

Les trois nouveaux projets financés par la Bid intègrent ainsi le portefeuille déjà riche de 28 projets pour un montant total de 910 milliards de FCfa en particulier dans les domaines des infrastructures, de l’énergie, de l’éducation, de la santé et de la finance islamique. Ce portefeuille, a rappelé Amadou Bâ, est « aligné sur les priorités du gouvernement du Sénégal ». Il reste juste, selon lui, à mutualiser les forces et à ne ménager aucun effort pour relever le défi de la mise en œuvre adéquate. Mais toujours est-il qu’Amadou Bâ estime que les perspectives qui s’ouvrent à la coopération entre le Sénégal et la Bid, déjà très fructueuse, « se révèlent sous des auspices encore plus prometteurs ».

Elhadji Ibrahima THIAM

DES PROJETS À FORT IMPACT SOCIAL
Les 51 milliards de FCfa débloqués par la Bid vont servir au financement de trois secteurs à fort impact social. Le premier accord de financement porte sur une enveloppe de 32 milliards de FCfa. Ces fonds vont servir à financer le Programme de développement de la micro-finance islamique au Sénégal (Promise). Par l’entremise de ce programme, au moins 50.000 micro-entreprises pourraient être financées et 25.000 nouveaux emplois générés d’ici à 2022. « Ainsi, l’accès des populations défavorisées aux retombées du projet pourrait passer de 15%, situation actuelle de référence, à 18 % en 2027 », a indiqué le ministre Amadou Bâ.

Quant au Projet d’appui à la lutte contre le paludisme, il est composé d’un financement mixte de la Bid et du Fonds de la Vie et de Subsistance pour un cumul de 17,6 milliards de FCfa. Il vise la réalisation des objectifs du Programme national de lutte contre le paludisme (Plnlp), 2016-2017 qui vise à réduire la mortalité et la morbidité, liées au paludisme. Dans son allocution, le Dr Mansur Muhtar a souligné que le fléau du paludisme a « coûté trop de vies à l’Afrique subsaharienne et que son éradication est une priorité absolue pour la Bid ». A noter que c’est la troisième fois que la Bid fournit au Sénégal un financement dans la lutte contre le paludisme.

Le dernier projet concerné est relatif au plan de communication du Projet Waqf dont le projet de loi a été déjà voté à l’Assemblée nationale.

E. I. THIAM

ACCES DES PRODUITS SENEGALAIS AU MARCHE CANADIEN : L’ITFC, LA TFO ET L’ASEPEX SIGNENT UN ACCORD
Sn CanadaLa cérémonie de signature d’accords de financement entre la Bid et le Sénégal a été mise à profit par la Société internationale islamique de financement du Commerce (Itfc) et la Trade facilitation et office (Tfo) du Canada pour signer un accord avec l’Agence sénégalaise de promotion des exportations (Asepex). Cet accord tripartite scelle le « Programme de renforcement des capacités et d’accompagnement pour l’accès au marché canadien ».

Le projet propose une assistance technique d’une année aux organismes de soutien au commerce ainsi qu’aux Petites et moyennes entreprises (Pme) sénégalaises cherchant à exporter leurs produits au Canada et vers d’autres marchés internationaux. Il comporte deux volets : le premier va mettre l’accent sur un modèle de formation des formateurs et vise à mettre sur pied une plateforme de formation des exportateurs au sein de l’Asepex et d’autres organismes sénégalais de soutien au commerce ; le deuxième volet sera axé sur le renforcement des capacités des Pme et de leurs produits pour être compétitifs sur les marchés internationaux.

« En cofinançant ce projet avec le gouvernement du Canada et en nous associant à Tfo Canada ainsi qu’à l’Asepex, nous investissons dans la formation des exportateurs et dans l’accès aux marchés internationaux des Pme sénégalaises », a déclaré Hani Salem Sonbol, directeur général de l’Itfc, Steve Tipman, directeur général de Tfo Canada, a fait chorus, en soulignant que le soutien aux Pme est une manière d’améliorer les conditions de vie des populations et de contribuer au développement économiques de certaines régions défavorisées du Sénégal ». Quant au directeur général de l’Asepex, Dr Malick Diop, il est d’avis que « ce partenariat va donner aux Pme sénégalaises les moyens et les compétences pour tirer parti de l’initiative d’accès au marché canadien qui assure aux produits sénégalais un accès en franchise de droits et sans quotas sur ce marché ».

Pour l’ambassadeur du Canada au Sénégal, Lise Filiatrault, à travers ce partenariat, « Tfo apporte une valeur ajoutée unique aux relations entre le Sénégal et le Canada en renforçant les liens entre développement et commerce plus particulièrement en accompagnant les fournisseurs sénégalais à accéder au marché canadien et par extension à d’autres marché d’Amérique du nord ». Elle a indiqué que les importations du Canada en provenance du Sénégal ne cessent d’augmenter.

En 2012, elles étaient de 900.000 dollars et en 2015, elles sont à 8,4 millions de dollars, soit près de dix fois plus. « Il s’agit principalement de fruits de mer ainsi que de poissons, de noix de coco, d’arachide, de caoutchouc et bois. Il existe un grand potentiel d’exportation des produits sénégalais vers le marché canadien », a ajouté la diplomate.

E. I. THIAM

Le Syndicat national des travailleurs des industries agro-alimentaires (Sntiaa), affilié à la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (Cnts), a tenu, samedi au Grand théâtre de Dakar, son 12ème congrès. Une occasion saisie pour mettre l’accent sur « la précarité de l’emploi » dans ledit secteur.

Le secrétaire général du Syndicat national des travailleurs des industries agro-alimentaires (Sntiaa), Lamine Fall, réélu pour un mandat de cinq (5) ans, a touché du doigt les crises qui ne cessent de détériorer le pouvoir d’achat des travailleurs et la performance économique de notre pays, malgré un taux de croissance de 6,5%. D’ailleurs, c’est cette difficile situation qui a amené le Sntiaa à réunir son 12ème congrès autour du thème : « la précarité de l’emploi dans le secteur des industries agro-alimentaires ». Une occasion pour les travailleurs du secteur de remettre au goût du jour leurs difficultés. Selon Lamine Fall, l’environnement est marqué par un apprivoisement des matières premières et des marchés extérieurs fortement concurrentiels, un armement vétuste, une absence de navires glaciers, etc. « Ces effets, combinés à la précarité établie comme règle de recrutement (journaliers, sous-traitants, prestataires), ont conduit à un appauvrissement des travailleurs et de leur famille. C’est la raison pour laquelle beaucoup d’entreprises du secteur de la transformation des produits halieutiques traversent des difficultés conduisant à un chômage technique déguisé et souvent à la fermeture», a expliqué l’actuel responsable du Sntiaa, ce syndicat créé par le défunt Madia Diop en 1957.
Lamine Fall, qui a égrené un chapelet de maux dont soufrent les industries agro-alimentaires, a évoqué les décisions de justice favorables aux travailleurs, mais non encore exécutées par les entreprises épinglées. « Nous en appelons à la sollicitude du chef de l’Etat pour un règlement définitif de ces affaires », a-t-il dit. Parlant de « la filière thonière à l’agonie », il a dénoncé le repreneur coréen du groupe Dong Wong dont le plan d’affaires, prévoyant un investissement de plus de 10 milliards de FCfa et la création de 3000 emplois sur 5 ans, s’est soldé par une perte cumulée de plus 12 milliards de FCfa en 2016. « Attendu sur une production journalière de 120 tonnes, le repreneur fait seulement 6 à 7 tonnes/jour », a-t-il indiqué.
Evoquant le dialogue social, Lamine Fall a laissé entendre que « ce concept n’est pas bien compris  dans certaines entreprises de transformation de produits halieutiques, comme à Ziguinchor où les travailleurs sont spoliés dans leurs droits du travail les plus élémentaires ». Après avoir appelé le ministère du Travail à « corriger ces manquements », il a fait savoir que « l’économie informelle, refuge des déflatés des entreprises en difficulté ou fermées, est un secteur en pleine expansion que les autorités doivent soutenir, en finançant les projets portés par les femmes ».
Pour sa part, le ministre porte-parole du gouvernement Seydou Guèye a souligné que « la précarité de l’emploi dans le secteur des industries agro-alimentaires » est un défi que le président Macky Sall entend relever.
Citant l’axe 2 du Plan Sénégal émergent (Pse), il a indiqué que « le chef de l’Etat veut mettre fin aux injustices sociales et bâtir une croissance durable, inclusive en vue d’une amélioration des conditions de vie des Sénégalais ». Quant au secrétaire général de la Cnts, Mody Guiro qui porte le même combat que le Sntiaa, il a dit « (sa) détermination à poursuivre cette collaboration afin que les travailleurs des industries agro-alimentaires soient mieux protégés ».

Serigne Mansour Sy CISSE

Les dirigeants d’«Aigle Azur» ont organisé, vendredi dernier, une conférence de presse pour expliquer leurs offres après une année de présence au Sénégal. Cette compagnie ambitionne d’atteindre environ 45.000 passagers à partir de cette année.

Le directeur commercial et marketing d’«Aigle Azur», Thiago Martins, a dit que la compagnie se différencie des autres par sa flexibilité et sa proximité  auprès des clients.  
Elle assure 3 à 4 vols réguliers par semaine et a transporté l’année dernière plus de 35.000 passagers. « Nous transportons beaucoup de ressortissants Sénégalais vers Dakar. Nous avançons lentement, mais sûrement », affirme M Martins, qui précise qu’«Aigle Azur» fait le trajet Dakar-Marseille-Lyon sans escale. A l’en croire, cette offre permet de ne pas perdre de temps. Alors que pour d’autres compagnies, le passager est obligé d’observer un arrêt momentané. De plus, ajoute-t-il, le passager a le choix de voyager sans ou avec ses bagages. Selon lui, «Aigle Azur» ambitionne d’agrandir ses lieux de destination. « Nous voulons consolider nos vols. L’Afrique de l’Ouest est notre priorité », déclare le responsable commercial et marketing, qui tend la main aux populations locales pour que la compagnie atteigne ses objectifs comme le transport d’environ de 45.000 passagers à partir de cette année. Il a relevé que la première année a été difficile, ce qui explique un frémissement de son chiffre d’affaires. A ce sujet, le nombre de vol a été multiplié jusqu’à 5 vols par semaine. Le chiffre d’affaires de la compagnie s’élève à 337 euros millions d'euros (2013).
Pour sa part, l’ambassadeur de France à Dakar, Christophe Bigot, a indiqué qu’avec ces outils, le Sénégal sera un hub pour l’Afrique. Le diplomate français a noté que le coût du voyage aérien reste le point d’entrée du tourisme ; d’où l’intérêt de saluer cette offre dynamique. Le représentant de  l’Agence des aéroports du Sénégal (Ads), Jean Baptiste Diop, et celui de  l’Agence nationale de l'aviation civile et de la météorologie (Anacim), Mansour Sy,  ont exprimé leur disponibilité à accompagner cette compagnie française.

Serigne Mansour Sy CISSE

Le Centre africain d’études supérieures en gestion (Cesag) a organisé, vendredi dernier, la séance de soutenance de la thèse de Papa Modou Ndiaye qui portait sur le thème : «Facteurs de risques dans la gestion des projets de développement au Sénégal». Dans son travail de recherche, M. Ndiaye, par ailleurs, administrateur général du Fonds d’entretien routier autonome (Fera), a identifié 27 facteurs de risque dont 7 qui sont les plus importants.

«Facteurs de risques dans la gestion des projets de développement au Sénégal». C’est l’intitulé de la thèse soutenue vendredi dernier par Dr Papa Modou Ndiaye, administrateur général du Fonds d’entretien routier autonome (Fera). Ce travail est le fruit d’un fécond partenariat entre le Cesag et le Business science institute (Bsi) dont  l’objectif est d’offrir aux cadres de la région de l'Afrique francophone un programme doctoral exceptionnel.

Dans ses travaux de recherche, M. Ndiaye a identifié 27 facteurs de risque dans la gestion des projets de développement au Sénégal. Parmi ces 27, il soutient qu’il y en a 7 qui sont les plus importants. Il s’agit de la fraude et de la corruption, la mauvaise identification du problème à résoudre ; l’inefficacité du système de suivi-évaluation, l’expérience du chef de projet, l’expérience de l’équipe du projet, la mauvaise planification et le dysfonctionnement dans la passation des marchés. Dans son travail de recherche, il est arrivé à la conclusion que la fraude et la corruption constituent le facteur de risque le plus important et les projets de développement ne sont pas épargnés. «Certains responsables exigent des dessous de table des prestataires et consultants en échange de contrat.

Le montant de ces pots de vin peut avoir des proportions importantes. Ceci fait qu’il est difficile pour ceux qui versent des pots de vin de respecter les spécifications des contrats sans une augmentation de coûts », a ajouté M. Ndiaye qui a eu à diriger le Mca Sénégal. Il rappelle avoir mis en place dans le cadre du Mca-Sénégal, une équipe restreinte de lutte contre ce phénomène.

Une formation a été dispensée à cette équipe et le brainstorming effectué pour déterminer les cas de fraude pratiqués par les prestataires et les chefs de projet. C’est pourquoi, il a émis un certain nombre de recommandations pour faire face aux facteurs de risque. Pour lutter contre la fraude et la corruption, indique M. Ndiaye, il faut améliorer les procédures internes de passation des marchés, renforcer les capacités à détecter et à traiter les cas de fraude. Il recommande également la mise en place d’une équipe qualifiée pour évaluer les offres et la formation des agents sur les procédures de passation des marchés. Il est d’avis qu’il faut aussi dénoncer les coupables et les traduire en justice. Sur la mauvaise planification des projets, Dr Papa Modou Ndiaye recommande de bien définir les travaux à réaliser, de fixer les objectifs, de coordonner et de maîtriser les actions.

Ce travail  de recherche qui a été réalisé dans les délais a été bien apprécié par les membres du jury composés de professeurs d’universités publiques sénégalaises et françaises et ceux du Cesag. M. Ndiaye a reçu les félicitations des membres du jury qui,  dans la même dynamique, lui ont autorisé à publier sa thèse.

 

Aliou KANDE

Dr Pape Abdoulaye Seck a réaffirmé, avant-hier samedi, la volonté de son département d’œuvrer en faveur d’une agriculture de progrès et porteuse de croissance. Le ministre de l’Agriculture et de l’Equipement Rural présidait une cérémonie de remise de médailles à des agents de ce département et à des acteurs agricoles qui se sont illustrés par leur apport dans le secteur agricole.

Le ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rural a honoré certains de ses agents et des acteurs du milieu agricole samedi, à l’occasion d’une cérémonie organisée dans les locaux de l’Institut sénégalais de recherche agricole (Isra). Parmi les lauréats, certains ont reçu le grade de l’Ordre national du Lion et d’autres, la médaille de l’Ordre national du mérite. Tous se sont distingués par leur loyauté et leur dévouement sans faille au ministère de tutelle, mais aussi par leur travail sans relâche au profit de l’agriculture sénégalaise. Le ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural, Pape Abdoulaye Seck, a mis à profit cette cérémonie pour « réaffirmer et amplifier la volonté indomptable de son département de traduire en actes concrets la vision stratégique du président de la République pour une agriculture de progrès, de répartition équitable des dividendes, une agriculture porteuse de croissance, une agriculture qui refuse la fatalité ». Il a encore magnifié la vision du chef de l’État qui a inspiré l’élaboration puis la mise en œuvre du Plan Sénégal émergent (Pse) ainsi que sa déclinaison agricole, le Pracas (Programme de relance et d’accélération de la cadence de l’agriculture sénégalaise). Dr Pape Abdoulaye Seck a réitéré l’ambition de son ministère de transformer, de manière structurelle, l’agriculture nationale.  « C’est possible. L’homme est la mesure de toute chose. Il nous faut oser en toute circonstance, évaluer en toute circonstance, si nous voulons aller de l’avant. Pensons grand, agissons grand, évaluons grand », a poursuivi le ministre.

Selon lui, la vision du chef de l’État, à travers le Pse et le Pracas, a permis de battre les records de production dans l’agriculture ; tandis que « nos positionnements sur les marchés extérieurs se solidifient ». « Nous sommes en phase de consolidation et d’élargissement de nos acquis », a dit, avec satisfaction, Pape Abdoulaye Seck. Il a réitéré la détermination du gouvernement à accompagner l’ensemble des acteurs agricoles en vue d’atteindre l’autosuffisance. « C’est l’agrégation de l’ensemble des contributions des acteurs et de l’État qui permettront d’atteindre nos objectifs», a-t-il ajouté avec conviction.

Diégane SARR

Dans un exercice aux allures de bilan d’étape, le Secrétaire général du ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rural, Dr Dogo Seck, a dit sa satisfaction quant aux résultats obtenus grâce au Programme de relance et d’accélération de la cadence de l’agriculture sénégalaise (Pracas). Il reste convaincu que « les objectifs de production à l’horizon 2017 restent de rigueur et « sont tout à fait à notre portée ». « Le Pracas en est à sa dernière année de mise en œuvre.
Au vu des résultats encourageants et des perspectives, nous sommes très confiants que les objectifs seront atteints », a fait savoir le Secrétaire général du département de l’Agriculture. Il estime que la réussite du Pracas, s’explique, entre autres raisons, par sa démarche inclusive et la vision du président de la République qui s’est traduite dans le Pse.
Il a, néanmoins, fait état des contraintes auxquelles fait face l’agriculture sénégalaise. Il s’agit, entre autres, des ressources humaines et des ressources logistiques insuffisantes. Des contraintes qui, à son avis, commencent à trouver un début de solution avec des financements de la coopération italienne et de l’Usaid pour l’achat de véhicules, la construction d’un centre de documentation et d’archivage, l’acquisition d’ordinateurs, d’imprimantes, de vidéos projecteurs, etc.
Au nom de tous les agents du ministère, Dogo Seck a salué « les qualités de manager, les qualités humaines, la capacité de dépassement et le sens élevé de l’écoute de Dr Pape Abdoulaye Seck ». « Avec vous au gouvernail, nous sommes confiants et sûrs que nous allons continuer à engranger des succès », a-t-il assuré. Il pense que le ministre doit être donné en exemple aux enfants des travailleurs du département de l’Agriculture, venus recevoir pour la circonstance, les cadeaux de Noël. Le Secrétaire général a rappelé que, Dr Pape Abdoulaye Seck a été admis à la prestigieuse Académie d’agriculture de France et « distingué à deux reprises, en l’espace de deux mois, par l’Hexagone ».

D. SARR

La réhabilitation des carrières a été au cœur d’un panel, hier, lors de la deuxième journée du salon international du marbre et des produits de pierres naturelles. Ingénieurs en géni civil et géologues ont mis en exergue l’expérience du Maroc en ce qui concerne les techniques et les modes de réhabilitation des carrières basées essentiellement sur le reboisement.

La réhabilitation des carrières de roches massives est faite d'abord en fonction de l'objectif à atteindre, précisent des ingénieurs marocains, spécialisés dans les Btp. Elle doit tenir compte de la protection de l’environnement, des réglementations en vigueur et des points de vue des parties intéressées - propriétaires, voisins, autorités locales et associations. Dans le deuxième jour du salon international du marbre et des produits de pierres naturelles, il a été question de réfléchir sur les techniques et les modes de réhabilitation des carrières. Et l’expérience du Maroc a été largement donnée en exemple par les panélistes. « La réhabilitation par le reboisement qui se fait à 90% est très réussie. Elle vise la mise en valeur paysagère du site d’exploitation. Il consiste également à lui donner une nouvelle vie », explique El Ghannami Aziz, Ingénieur en Géni civil. Il constate, à l’évidence, les effets négatifs de l’exploitation des carrières sur l’environnement. Même s’il juge difficile de l’éradiquer, il estime qu’on peut les atténuer en intégrant ce nouveau paysage dans l’environnement existant.

D’après cet ingénieur, la réalisation d'un projet de réhabilitation d’une carrière dépend  des opportunités offertes par le site, de l'implication des acteurs locaux. Il indique que l’exploitant doit présenter un projet de remise en état abouti permettant une réinsertion satisfaisante du site dans son environnement: moyennant un remodelage de la topographie et une reconstitution de la couverture végétale du site avec pour objectif la restitution d'un paysage modifié par l'activité carrière.

M. Aziz précise, par ailleurs, que le choix d’un processus de réhabilitation d’une carrière est tributaire de plusieurs variables : taille du site à réhabiliter ainsi que l’horizon temporel de réhabilitation, utilisations antérieure et ultérieure du site, emplacement du site (milieu urbain, préurbain ou rural). Il faut également, dit-il, prendre en compte le contexte socioéconomique et humain du secteur (environnement agricole, industriel, loisirs et accueil du public, zone naturelle...), les contraintes techniques d'exploitation et les contraintes de sécurité (stabilité des terrains, fronts ou berges après exploitation).

Ingénieur, Jalil Mohammed, soutient que la réhabilitation peut se faire en utilisant d’autres mécanismes comme l’aménagement. Selon lui, une carrière, judicieusement aménagée, peut récréer un biotope pour de nombreuses espèces animales. A cet effet, un usage à des fins pédagogiques ou scientifiques peut être envisagé. Il est également possible, d’après lui, de réfléchir sur l’aménagement des carrières déjà exploitées qui conduit à des choix répondant aux besoins de la collectivité. Il cite, à titre d’exemples : bassins d’orage,  décharges contrôlées, forêts, parcs ou espaces verts, bases de loisirs et des sports extrêmes, motocross. Ces ingénieurs soulignent, cependant, les effets d’une non réhabilitation des carrières. Il s’agit de l’accentuation de l’érosion, de la modification de la morphologie des cours d’eau, des changements des conditions de ruissellements des eaux de surfaces, de l’altération des eaux souterraines (nappe peu profonde).


Plaidoyer pour l’adoption de la nouvelle loi sur les carrières
L’une des difficultés à laquelle font face les marbriers marocains porte essentiellement sur la question réglementaire de la carrière. Ayoub Kahlaoui, président de l’Association marocaine des marbriers (Amm), explique le retard dans l’application de la nouvelle loi sur les carrières ne facilite guère l’accès aux ressources naturelles. « Il y a eu une loi qui a été votée dont le décret d’application n’est pas encore sorti. Ce texte devrait nous permettre d’avoir l’autorisation d’exploiter.

Le circuit administratif reste lourd. Nous sommes en train de voir, avec les pouvoirs publics, une simplification des procédures », soutient-il. De son côté, Mouhammed Bakhy du ministère de l’Equipement du Maroc, évoquant le règlement et l’organisation de l’exploitation des carrières, rassure que la publication des décrets d’application sera faite dès que le prochain gouvernement sera constitué. Il est également revenu sur la réforme du secteur des carrières avec la loi N°27-13 relative à ce secteur.

Ce nouveau règlement vise à faciliter les procédures en vue de l’octroi des récépissés de déclarations d’exploitation des carrières ; à établir des schémas de gestion des carrières, à préserver l’environnement. S’y ajoute l’obligation des exploitants des carrières à réaménager le site après fermeture de la carrière et le renforcement des sanctions (administratives et pénales) relatives au non respect des dispositions de ladite loi. L’une des nouveautés de cette réforme est que la durée d’exploitation d’une carrière ne peut excéder 20 ans ; l’institution de garanties financières destinées exclusivement au réhabilitation du site de la carrière en cas où l’exploitant n’aura pas  réaménagé le site de la dite carrière après la fin d’exploitation.

Des insuffisances
L’exploitation des carrières au Maroc est régie actuellement  par le décret du 5 mai 1914. Mais celui-ci n’accorde pas une grande importance à la protection de l’environnement, liée à l’exploitation des carrières », explique Mouhammed Bakhy, du ministère marocain de l’Equipement. Il ajoute que le volet relatif au contrôle n’est pas bien développé dans ce texte. Selon lui, la circulaire n° 06/2010 du 14 juin 2010, du Premier ministre, a été élaborée pour compléter les dispositions du texte du 5 mai 1914 et faire face aux insuffisances et lacunes du présent décret dans le contrôle des carrières et la protection de l’environnement.

Le délai d’exploitation des carrières fixé à 5 ans par la circulaire du Premier ministre, est une période jugée insuffisante par les professionnels. M. Bakhy souligne que l’exigence de la décision de l’acceptabilité environnementale par certaines commissions provinciales des carrières pose des problèmes pour les exploitations de carrières de marbres. Ces dernières, précise-t-il, ne sont pas assujettis à la disposition  de la Loi 12-03 relatives aux études d’impact sur l’environnement. Seules les carrières de sables et de graviers sont soumises à cette disposition.

A. DIAW

La Banque africaine de développement (Bad) organise, du 23 au 27 janvier prochain, à Dakar, une conférence sur les statistiques agricoles et une réunion de son Comité régional de pilotage du Plan d’actions  pour améliorer les statistiques agricoles et rurales en Afrique.
A partir de la semaine prochaine, la Banque africaine de développement (Bad) va tenir, à Dakar, deux importantes rencontres liées. La première, qui se tient le lundi 23 janvier, est une conférence sur les statistiques agricoles qui a pour thème : « Soutenir le développement des statistiques agricoles grâce aux politiques nationales ». La seconde concerne la cinquième réunion du Comité régional de pilotage du Plan d'actions de la Stratégie mondiale pour l'amélioration des statistiques relatives à la sécurité alimentaire, à l'agriculture durable et au développement rural en Afrique. Ces deux évènements sont organisés en collaboration avec la Direction de l'analyse, de la prévision et des statistiques agricoles (Dpsa) du Sénégal.

Selon le communiqué qui nous est parvenu, la Conférence rassemblera environ 150 participants, dont des planificateurs des ministères de l'Agriculture, des directeurs des Instituts nationaux des statistiques, des directeurs des statistiques agricoles, des représentants des Commissions économiques régionales, des représentants de la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique (Cea), l’Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (Fao), la Commission de l'Union africaine, les partenaires au développement et d'autres parties prenantes concernées. La même source souligne que l'objectif principal de la conférence sur les statistiques est de mener une campagne de sensibilisation sur la nécessité d'affecter aux statistiques agricoles une part importante des ressources. « Plus précisément, la conférence vise à faire le plaidoyer de l'importance du développement des statistiques agricoles pour la formulation, le suivi et l'évaluation des mises en œuvre des plans nationaux de développement et des politiques nationales agricoles; le partage des meilleures pratiques et expériences dans la mobilisation de ressources pour la mise en œuvre du Pssar; à faire le point sur les différents défis auxquels les pays sont confrontés dans la mise en œuvre des Pssar et proposer les moyens d'y remédier; et à définir des politiques permettant de mobiliser des ressources pour les statistiques agricoles ».

Quant à la réunion  du comité régional de pilotage, son but est d'informer le Comité des progrès réalisés jusqu'à présent dans la mise en œuvre du plan d’actions pour l'Afrique, y compris l'examen, la discussion et l'approbation des résultats de l'évaluation légère de 2015 dont les Indicateurs Pays des statistiques agricoles (Ipsa 2015) et discuter d'un éventuel développement du 2e Plan d'actions pour l'Afrique afin d'améliorer les statistiques agricoles et rurales.

Elhadji Ibrahima THIAM

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