banner home page1

Pour vos insertions, contactez la Régie publicitaire de la SSPP Le Soleil

Affaires et Finances (2710)

Le groupe Attijariwafa bank et Afreximbank (Banque africaine d’import – export) ont signé un mémorandum d’entente par lequel les deux parties s’engagent à développer un cadre de coopération élargie à l’échelle africaine.

En vue de développer les flux commerciaux et les investissements en Afrique, Attijariwafa bank et Afreximbank ont signé, à Sharm El Sheikh, en Egypte, un mémorandum d’entente lors du Forum Africa 2017 qui a pris fin le 9 décembre dernier, indique un communiqué. Le mémorandum a été signé par Mohamed El Kettani, président directeur général du groupe Attijariwafa bank et Dr. Benedict Oramah, président d’Afreximbank. A travers cette signature, les deux parties s’engagent à collaborer dans les domaines comme les fonds propres et la trésorerie. Sur ce point, précise le document, il y aura une participation d’Attijariwafa bank au renforcement des fonds propres d’Afreximbank. Il est prévu également le placement de fonds et dépôts par Attijariwafa bank auprès d’Afreximbank à travers ses formules de dépôts visant à mobiliser des fonds auprès des institutions financières et des banques centrales africaines en vue de financer le commerce intra-africain.

Autres domaines de collaboration, il y a l’identification et le cofinancement de projets, le cofinancement du commerce -la confirmation de lettre de crédit-, le renforcement de capacités, la consultation et l’échange d’information. Selon le communiqué, Attijariwafa bank pourra agir comme agent administratif local pour le compte d’Afreximbank en capitalisant sur son vaste réseau dans 15 pays en Afrique.

Le Pdg du groupe Attijariwafa bank, Mohamed El Kettani, a déclaré que la signature de ce mémorandum avec Afreximbank représente un autre jalon important des relations anciennes et durables entre les deux institutions. Il ajoute que ce mémorandum vient élargir la couverture géographique de notre continent et renforcer la coopération intra-africaine à travers deux leviers majeurs que sont le commerce et l’investissement. De son côté, Dr. Benedict Oramah, président d’Afreximbank, affirme que ce mémorandum permet aux deux parties de conjuguer leurs efforts en vue de contribuer à libérer les potentialités de développement dont le continent a tant besoin.

Aliou KANDE

Pour une meilleure et large appropriation du nouveau Code des marchés publics par tous les intervenants dans le processus de passation des marchés, notamment les artisans et les dirigeants de Pme et Tpe, l’Autorité de régulation des marchés publics (Armp) a élaboré et lancé, mardi dernier, un guide illustré en bande dessinée.

Au Sénégal, bon nombre de dirigeants et gérants de Pme méconnaissent les procédures des marchés publics. Conscient de ce fait, l’Autorité de régulation des marchés publics (Armp) a élaboré à l’intention des intervenants dans ce processus, notamment les artisans et les dirigeants des Pme et des Tpe, un guide illustré en bande dessinée sur le Code des marchés publics.
« Il s’agit, à travers cette publication, de favoriser l’appropriation du nouveau Code des marchés publics par ces opérateurs économiques », a expliqué, mardi, Saër Niang, directeur général de l’Armp, lors de la cérémonie de lancement de ce document.

Posté sur le site de l’Armp, ce support est édité sous la forme d’un cahier avec un album d’illustrations en bande dessinée sur les marchés, notamment les services, les fournitures et les travaux. Il met l’accent sur les grandes lignes de la réforme du système de passation des marchés publics et délégations de service public.

La présentation de ce guide illustré en Bd intervient dans un contexte particulier dans l’évolution de l’environnement économique et juridique des marchés publics, marqué par l’avènement du Code des marchés publics porté par le décret du 22 septembre 2014 et ses arrêtés d’application, a rappelé le directeur général de l’Armp. « D’une part, ce code consacre la réduction des délais, l’allégement des procédures et la responsabilisation des autorités contractantes à travers notamment le relèvement des seuils d’application des procédures de revue et de contrôle a priori. D’autre part, la réforme renforce la participation du secteur privé national aux appels d’offres, notamment les petites et moyennes entreprises.

Elle offre plus de facilités aux candidats aux marchés et rend flexibles les critères relatifs à la transmission des pièces administratives, ce qui permet aux Pme et aux artisans de mieux présenter leurs offres et de mieux participer aux marchés », a-t-il détaillé.

La dépense publique tourne autour de 1.000 milliards de FCfa par an et les Pme qui représentent 99% des entreprises peinent à accéder à la commande publique même si l’Etat accorde 15% de la commande publique à cette partie du secteur privé. On mesure donc toute la pertinence de cette initiative de l’Armp.

D’ailleurs, Saër Niang ne s’y est pas trompé lorsqu’il dit : « Il apparaît nécessaire de réaliser ce guide illustré en vue d’apporter à ce segment d’entreprises des réponses adaptées au besoin de compréhension et de soumission aux opportunités de la commande publique ».

Elhadji Ibrahima THIAM

Le Conseil d’administration de la Banque ouest africaine de développement (Boad) a tenu, hier, à Dakar, sa dernière session de l’année 2017. Une année marquée par les bonnes performances économiques de ses Etats membres que la Banque tient à consolider à travers un certain nombre d’actions.

L’année 2017 se termine sur une bonne note pour les pays membres de la Banque ouest africaine de développement (Boad). Leur taux de croissance devrait avoisiner 7 % grâce à leurs bonnes performances économiques favorisées par une reprise de l’activité au plan mondial. C’est ce qu’a conclu le Conseil d’administration de la banque qui tenait, hier, à Dakar, sa 107ème session, la dernière de l’année 2017. Pour consolider ces acquis, la Boad a décidé de renforcer son action afin de « mieux répondre aux attentes de ses Etats membres en quête d’émergence économique, mais aussi du secteur privé à la recherche de financements ». C’est la raison pour laquelle la Boad a actualisé son document de Perspectives financières 2017-2021 et élaboré son Budget-Programme 2018-2020 soumis à l’approbation de son Conseil d’administration. Ces deux documents, selon le président de la Boad, Christian Adovelande, « tiennent compte du bilan des réalisations au cours de la période 2015-2017, des orientations fixées dans le Plan stratégique 2015-2019 et des Directives générales adoptées en septembre dernier, à Abidjan, par le Conseil d’administration ».

Ainsi, au regard des besoins d’investissement dans la zone Uemoa, la Boad compte réaliser, en 2018, un niveau d’activité global de 432,3 milliards de FCfa, en veillant, toutefois, à la préservation de la qualité de son crédit, a précisé son président. Les efforts de la Boad viseront notamment à financer davantage des projets intégrateurs, particulièrement dans les domaines des infrastructures, à développer l’ingénierie du financement et des services afin de mieux accompagner les entreprises et les Etats et à soutenir la croissance inclusive, la sécurité alimentaire et le développement durable. Sur ce dernier point, Christian Adovelande a informé le Conseil d’administration que des résultats tangibles ont été obtenus avec l’approbation définitive de deux projets par les Conseils d’administration du Fond pour l’environnement mondial (Fem) et du Fonds pour l’adaptation. Dans cette dynamique, la Boad, fait savoir son président, ambitionne de renforcer sa mobilisation de ressources climat auprès des mécanismes financiers de la Convention Cadre des Nations unies pour les changements climatiques auprès desquelles elle est agréée, mais aussi en explorant les opportunités offertes par les obligations vertes.
Elhadji Ibrahima THIAM

1 223 MILLIARDS DE FCFA DE PRÊTS OCTROYÉS CES TROIS DERNIÈRES ANNÉES
Christian Adovelande BoadPour les trois derniers exercices, le total des prêts octroyés par la Boad s’élève à 1.223 milliards de FCfa, soit un taux de réalisation de 103,6% par rapport aux objectifs fixés. La part des engagements en faveur des projets régionaux s’élève à 30% des engagements nets cumulés. Quant au taux de décaissement, il se situe à 64%, un niveau jugé appréciable par le président de la Boad. Sur le terrain de la mobilisation des ressources, la Boad a également été très active, selon Christian Adovelande. Les ressources d’emprunt à moyen ou long terme mobilisées sur la période 2015-2017 s’établissent à 1.190,3 milliards de FCfa. « Ces ressources ont pu être levées, principalement sur le marché financier international par l’émission de deux eurobonds grâce notamment au rating Investment grade obtenu en 2015 et confirmé en 2016 et 2017 », a-t-il précisé.

Elhadji I. THIAM

DE NOUVEAUX ENGAGEMENTS DE 58,1 MILLIARDS FCFA APPROUVÉS
Dans le communiqué sanctionnant sa 107ème session, le Conseil d’administration de la Boad annonce avoir approuvé de nouvelles opérations dont quatre prêts à moyen et long termes pour un montant total de 40,6 milliards de FCfa, un prêt à court terme de 10 milliards de FCfa et une garantie d’emprunt s’élevant à 7,5 milliards de FCfa, soit une enveloppe globale de 58,1 milliards de FCfa. Ces opérations portent à 4.921,4 milliards de FCfa, le total des engagements (toutes opérations confondues) de la Boad.

Ces engagements approuvés portent sur le financement partiel d’un certain nombre de projets dont l’un concerne la Senelec. En effet, la Boad va assurer la garantie partielle d’un montant de 7,5 milliards de FCfa de l’emprunt obligataire par appel public à l’épargne intitulé « Senelec 6,5% 2017-2024 ». Cet emprunt obligataire va contribuer au financement du Plan d’actions prioritaires (Pap) 2016-2019 de la Senelec, d’un coût global de 285 milliards de FCfa.

Autre projet concerné, c’est celui relatif à l’alimentation en eau potable de la ville de Bamako pour un montant de 5 milliards de FCfa. Il y a également le projet de réhabilitation des infrastructures et modernisation des équipements du Port de Bissau (Guinée-Bissau) pour un montant de 15 milliards de FCfa ; le projet de réhabilitation et de renforcement des aires de mouvements de l’aéroport de San Pedro en République de Côte d’Ivoire pour un coût de 14,578 milliards de FCfa. La Boad prévoit aussi une ligne de refinancement de 6 milliards de FCfa en faveur de la Banque commerciale du Sahel (Bcs S.a) au Mali et visant à soutenir les Petites et moyennes entreprises (Pme) de l’Uemoa en améliorant leur accès aux moyens de financement par le canal du secteur bancaire commercial. Elle va aussi débloquer une enveloppe de 10 milliards de FCfa en faveur de Coris bank international (CBI) pour le refinancement partiel de concours octroyés au titre de la campagne cotonnière 2017-2018 au Burkina Faso.

Par ailleurs, précise le communiqué, le Conseil d’administration a approuvé la proposition de réaménagement des conditions du prêt de la Banque pour le financement partiel du projet de création d’un réseau de télécommunications par la société Alpha Télécommunication Mali (Atel Mali) S.a. Le projet a pour objet l’implantation et l’exploitation d’un réseau de services de télécommunications (téléphonie et Internet) au Mali. Il vise à détenir 3% de parts de marché en année 1 (soit 937.000 abonnés) et 10 % de part de marché, en année 4 (soit 3.992.000 abonnés). Montant de l’opération : 11 milliards de FCfa.

Elhadji I. THIAM

Christophe Bigot, ambassadeur de la France au Sénégal, Mountaga Sy, directeur général de l’Apix, Gérard Senac, directeur de Eiffage Sénégal, et une équipe composée d’experts et d’ingénieurs ont effectué, hier, une visite sur les chantiers du Train express régional (Ter). La délégation s’est réjouie de l’avancement des travaux, laissant présager que la date de livraison prévue le 14 janvier 2019 sera respectée.

La poussière soulevée par le vent enveloppe un immense terrain situé à Colobane entre la passerelle piétonne et la gare ferroviaire. L’endroit, autrefois fréquenté par des ferrailleurs, est vide. Des travaux d’excavation et de terrassement ont commencé ; les ouvriers sont à pied d’œuvre. Ils travaillent avec enthousiasme et détermination sous la supervision des ingénieurs. Leurs mouvements se combinent à ceux des machines Caterpillar, pelles, camions à décharges et autres.

Les travaux de terrassement précèdent le démarrage des fondations des bâtiments qui seront sous peu érigés sur les lieux. La quasi-totalité de la voie est dégagée. Les lieux vont bientôt accueillir les traverses du Train express régional (Ter) en construction. Hier, Christophe Bigot, ambassadeur de la France au Sénégal, Mountaga Sy, directeur général de l’Apix, Gérard Senac, directeur général de Eiffage Sénégal, et une équipe composée d’experts et d’ingénieurs ont visité le chantier vers 9 heures. Etienne Thibaud, ingénieur et directeur des travaux, explique que l’endroit va abriter le site de maintenance du matériel roulant.

Tout au long du trajet, les travaux ont démarré et à certains endroits, ils sont plus avancés. A Keur Massar, dans la lointaine banlieue de Dakar, le décor est à peu près similaire. Les travailleurs s’affairent aux réglages sur une vaste étendue de latérite avec un ballet incessant de camions. Pour l’heure, il est question de mettre des gravas renforcés. L’ambassadeur salue un « projet spectaculaire qui va changer le visage du transport à Dakar et au-delà ». Il soutient que le Train express régional permettra aux Dakarois de regagner leur lieu de travail en un temps record. « Nous veillons particulièrement sur l’avancement des travaux, la sécurité des passagers et de l’infrastructure », déclare le diplomate. Gérard Senac, le directeur général de Eiffage, une des entreprise adjudicataire des travaux, apprécie la visite de l’ambassadeur de France qui, note-t-il, lui permet de s’enquérir de l’avancement des travaux. « Le chantier n’est pas facile ; il requiert de la part de chacun (administration et entreprises) une communication et un échange permanent. Avec un rythme de rendement de 20 à 25.000 mètres cubes par jour, le rythme est dans sa croisière », déclare M. Senac.

Après quelques mètres de prospection, la file des voitures s’ébranle. Le convoi fait cap sur Bargny, point de chute de la visite de terrain. Un décor identique s’offre aux visiteurs. Les travaux avancent. Les travailleurs étaient en train de poser des traverses. L’ingénieur Etienne Thibaud note que cette tâche requiert de la technicité et des moyens conséquents. De l’autre côté, se trouve la base-vie qui est un lieu où se réunissent les équipes pendant toute la durée d’un chantier, l’atelier mécanique et les lieux de stockage avec des magasins qui s’étalent sur des milliers de mètres carrés.

Future colonne vertébrale du réseau de transport dakarois
Mountaga Sy, le directeur général de l’Apix, affirme que le projet est entré dans sa phase active. « Nous avons parcouru près de 7,5 kilomètres de Diamniadio. Un front partirait d’ici vers Dakar sur un linéaire de 15,5 kilomètres. Il y aura 15 ouvrages de franchissement. L’ensemble des passages à niveau sera supprimé », indique M. Sy.

Le Train express régional va changer la configuration du transport urbain dans la région de Dakar, en y intégrant une composante mobilité multi-modalité. C’est un train électrique à écartement standard -premier du genre dans la sous région- pouvant fonctionner avec de l’énergie thermique ou du diesel. « C’est un train qui fonctionne à une vitesse de pointe de 160 Km/h. La commande est de 15 trains et chaque train tirera 4 wagons. L’envergure du projet, ce sont deux voies standard. Le projet offrira une plateforme de maintenance. Il est prévu la réalisation d’ouvrages d’art, hydrauliques avec un paquet de travaux de génie-civil », explique le directeur de l’Apix. Le projet est donc bien parti pour devenir la future colonne vertébrale du réseau de transport dakarois avec double voies à écartement standard pour voyageurs et une voie métrique pour fret ainsi qu’une ligne électrifiée (25 Kv). Une emprise totalement sécurisée est prévue. Le tracé physique est effectif. Les emprises sont libérées : 7,5 km dans le département de Dakar et 15 km dans le département de Rufisque, soit près de 22,5 km de linéaire sur 36 kilomètres prévus. Les chantiers ont démarré avec les tracés d’excavation à un rythme qui laisse entrevoir que tout sera prêt le 14 janvier 2019.

Oumar BA

La onzième conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (Omc), ouverte le 10 décembre, se déroule dans un contexte international défavorable au multilatéralisme.

Conscient de ce fait, Alioune Sarr a rappelé l’importance d’un commerce transparent qui permet de réduire les inégalités internationales.

« Le commerce multilatéral doit plus que jamais jouer un rôle primordial dans la réduction des inégalités entre les membres et contribuer à une croissance soutenue et à l’atteinte des objectifs de développement durable tels que stipulés dans l’Agenda 2030 de l’Organisation des Nations unies », a déclaré le ministre sénégalais du Commerce, de la Consommation, du Secteur informel et des Pme, à la plénière ministérielle de la onzième conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce.

La réussite de cette conférence ministérielle dépend fortement de notre capacité à réformer et à corriger les déséquilibres hérités du cycle d’Uruguay round dans le domaine de l’agriculture où les subventions agricoles continuent de créer des distorsions sur les marchés internationaux, en particulier le marché du coton et d’intensifier la pauvreté dans les villes et campagnes des pays en développement et des pays moins avancés, a insisté Alioune Sarr. Il a rappelé que le Sénégal est d’avis que les modalités révisées de 2008 sur l’agriculture constituent une base pour mener « une réforme ambitieuse du système tout en préservant les flexibilités nécessaires aux pays en développement, aux pays moins avancés et aux pays importateurs nets de produits alimentaires ». M. Sarr reste convaincu qu’une solution définitive sur la détention de stocks publics à des fins de sécurité alimentaire est nécessaire à Buenos Aires.

En ce qui concerne l’accès aux marchés, en particulier pour les Pays moins avancés, le Sénégal appelle les membres à honorer leurs engagements en faveur de l’accès au marché en franchise de droits et sans contingents, à la mise en œuvre effective de la décision ministérielle sur les règles d’origine préférentielles, la dérogation sur les services et les subventions à l’exportation. « Le système commercial multilatéral doit continuer à placer le développement en son centre et permettre aux pays en développement et aux pays moins avancés de renforcer leur intégration dans les chaines de valeurs mondiales », a affirmé le ministre sénégalais. L’industrialisation, la diversification et la transformation structurelle des économies des pays en développement constituent, à cet égard, un chemin incontournable vers cet objectif. « Je demande aux membres de l’Omc d’accorder toute la considération et l’engagement politique nécessaire aux propositions du G 90 sur le traitement spécial et différencié », a insisté Alioune Sarr.

En ce qui concerne les subventions à la pêche, le Sénégal continue de soutenir un résultat multilatéral ambitieux en la matière afin de contribuer à l’exploitation durable des ressources marines et à leur préservation pour les générations futures. Au regard des difficultés notées dans ces négociations pour une solution définitive, notre pays est d’avis qu’un résultat partiel sur les subventions à la pêche illégale, non déclarée et non réglementée constitue une première étape, avec les flexibilités nécessaires en faveur des pays faisant face à des contraintes dans leur système de gestion de la pêche.

S’agissant de la réglementation dans le domaine des services, le Sénégal soutient la poursuite des discussions post Buenos Aires. « Tout résultat futur dans ces négociations devrait prendre en compte la réduction des obstacles concernant les qualifications des fournisseurs de services de nos pays et ne pas affecter le droit des membres de réguler leurs secteurs de services afin d’atteindre les objectifs de développement économiques, ainsi que l’espace politique des membres en développement, en particulier des pays moins avancés », a indiqué Alioune Sarr.

El Hadji Gorgui Wade NDOYE, envoyé spécial à Buenos-Aires

Un constat : 174,5 millions de citoyens de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), dont 77% d’entre eux vivent dans les zones rurales, n’ont pas accès à l’électricité en 2016. Pour changer cette donne, le Centre régional pour les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique (Cereec), conscient de l’importance stratégique de l’énergie dans la réalisation du développement durable et de la réduction de la pauvreté dans l’espace Cedeao et au Sahel, a initié, en collaboration avec la Banque mondiale, le Projet régional d’électrification hors réseau (Prehr) dont l’objectif est d’accroître l’accès, pour les ménages, entreprises commerciales et établissements publics de santé et d’éducation, aux services d’électricité durables (Epases), en contribuant directement aux objectifs de la Politique régionale sur les énergies renouvelables (Prer) de la Cedeao dans le but d’assurer l’accès universel à l’électricité à la région d’ici 2030.

En dehors des 15 pays de la Cedeao, le Prehr couvre la Mauritanie, le Tchad, le Cameroun et la République Centrafricaine. Dakar a été choisie pour abriter l’atelier car le Sénégal est l’un des pays ayant très tôt (en 1998) introduit d’importants changements dans le secteur de l’électricité. Ces réformes ont abouti à la création d’un nouveau cadre institutionnel et réglementaire acté par la loi 98-29 du 14 avril 1998 visant principalement à garantir l’approvisionnement en énergie électrique du pays à moindre coût et à élargir l’accès des populations à l’électricité, notamment en milieu rural. Pour atteindre son objectif de porter le taux d’électrification rurale à au moins 62% en 2022, le gouvernement sénégalais a mis en place une stratégie s’appuyant sur le partenariat public-privé (Ppp) et la neutralité technologique. Ce projet comporte deux phases : préparation (juillet 2017-juillet 2018) et mise en œuvre (à partir d’août 2018 pour une durée de 4 ans).

L’atelier de jeudi, co-organisé par le Centre régional pour les énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique de la Cedeao et le ministère de l’Energie et du Pétrole du Sénégal, s’inscrit dans la phase de préparation afin de rencontrer les parties prenantes. Il vise essentiellement, après le lancement régional à Dakar le 12 octobre 2017, à présenter le Projet régional d’électrification hors réseau (Prehr) aux acteurs concernés du Sénégal et, surtout, à les mobiliser pour une collaboration active dans les deux phases (préparation et mise en œuvre). Des points liés à l’accès durable aux services d’électricité entre autres, seront débattus à cet atelier de Dakar.

Cheikh Aliou AMATH

Interpellé sur la commercialisation de l’arachide, le président du Comité national de suivi de la campagne agricole, Aliou Dia, a rappelé que celle-ci a démarré officiellement le 1er décembre 2017 avec des points de collecte bien définis. Il a indiqué que des files de camions sont notées au niveau des usines à cause « des déchargements lents et un problème de protocole à signer entre ces huiliers et l’Etat ». Il a rappelé qu’une première réunion a été organisée jeudi dernier et la prochaine réunion devrait permettre de décanter la situation.

Par rapport au prix de 210 FCfa, M. Dia estime qu’il est respecté mais quelques cas de bradages sont notés chez les producteurs qui ne se rendent pas aux points de collecte. Ceux-là, dit-il, sont en train de vendre en deçà du prix arrêté. Mais M. Dia prévient : « A chaque fois que l’autorité est informée de cette situation, elle prend des dispositions pour corriger ». Il soutient que nul n’a le droit d’acheter en deçà du prix de 210 FCfa. Aliou Dia rappelle que les plus hautes autorités ont donné des instructions fermes à l’administration territoriale, aux forces de sécurité « pour que toute personne qui achèterait l’arachide en deçà des 210 FCfa soit traduite devant la justice ».

O. KANDE

La directrice des Opérations de la Banque mondiale pour le Sénégal, Louise Cord, est revenue sur l’importance de l’arachide pour le développement du Sénégal. « Si le Sénégal s’est inscrit dans la voie de la croissance cette dernière décennie, c’est qu’au cours de ces trois dernières années, le pays a enregistré une croissance économique la plus élevée atteignant plus de 6 % depuis 2015, avec une accélération de la réduction de la pauvreté de 4 à 7 points entre 2011 et 2016 », confie Louise Cord. Elle soutient que cette dynamique a été largement soutenue par les solides performances du secteur agricole. Elle note également que ce secteur a « la plus forte élasticité de l’incidence de la pauvreté par rapport à la croissance ».

D’après Mme Cord, il est également important de reconnaître que ces « performances significatives » résultent de la mise en œuvre de projets ambitieux du gouvernement dans la cadre du Programme d’accélération de la cadence de l’agriculture sénégalaise (Pracas). Elle a salué « les performances de la filière arachide qui a souffert de plus de deux décennies de réformes inachevées » ; soulignant que la reconstitution du capital semencier a permis de stabiliser la production arachidière autour d’un million de tonnes. Elle a demandé de porter ces performances à des niveaux plus élevés en les inscrivant dans la durée pour relever le défi de la pauvreté et de la transformation des productions arachidières. Louise Cord a demandé également de relever certains défis dont celui de la restructuration et de la cession de la Sonacos pour « créer les conditions d’une compétition saine entre acteurs de la filière et attirer des investissements privés pour impulser l’innovation industrielle et commerciale ».

O. KANDE

Le décollage de la filière passe par certains préalables dont la reconstitution d’un capital semencier et l’augmentation de la part de l’arachide irriguée dans le volume total de production.

Le ministre de l’Agriculture et de l’équipement rural a présidé, hier, l’atelier de validation de la note d’orientation pour le développement et l’optimisation des performances de la filière arachide.

Il a listé 10 points en les qualifiant de « préoccupations » pour le développement et la performance de l’arachide sénégalaise au plan international. Le ministre a souligné que « l’arachide est une spéculation agricole importante, représentant plus de la moitié des superficies emblavées ; concerne environ les 2/3 de la population rurale et que toute lutte contre la pauvreté rurale doit nécessairement la considérer comme priorité ».

Selon Papa Abdoulaye Seck, le premier point a trait à la reconstitution du capital semencier pour espérer un différentiel positif de productivité de l’ordre de 20 à 40 % grâce à un remplacement graduel des semences écrémées par les semences certifiées. Le ministre considère également fondamental de préserver et de fortifier le tissu industriel du Sénégal pour créer plus de valeur ajoutée. La troisième préoccupation, c’est l’exploitation optimale des avantages comparatifs du Sénégal sur les marchés internationaux pour lutter contre l’étroitesse du marché local. « Il ne s’agit pas de choisir entre l’exportation de graine et la transformation, mais nous choisissons les deux », a dit le ministre de l’Agriculture. Aux yeux de Papa Abdoulaye Seck, il est tout aussi important de renforcer la transparence et l’équité dans les opérations concernant les intrants « dans une logique de sécurisation de l’investissement ». Toutes ces mesures doivent s’adosser sur l’innovation technologique, selon le ministre. « On ne peut pas développer une filière sans une véritable incorporation des innovations technologiques par le biais de la recherche agricole en rendant les variétés plus performantes pour augmenter la productivité en respectant les itinéraires techniques garanties par la recherche », a affirmé Pape Abdoulaye Seck.

Privatisation de la Sonacos
Autre facteur important, c’est la généralisation et la contractualisation de la main d’œuvre pour assurer un approvisionnement correct des usines de transformation et sécuriser les revenus des ruraux. Pape Abdoulaye Seck estime nécessaire de recentrer les interventions de l’Etat. « Il faut un désengagement graduel de l’Etat de certaines activités », a-t-il déclaré. Ce qui signifie « une privatisation réussie de la Sonacos parce qu’intégrant les intérêts des acteurs mais aussi de l’Etat », selon le ministre.

Le ministre pense qu’il faut augmenter la part de l’huile d’arachide dans la consommation des ménages sénégalais. « Il nous faut mettre en œuvre une stratégie pour que la part de l’arachide transformée en huile puisse être importante dans nos différents foyers », a indiqué Papa Abdoulaye Seck. Il importe aussi, à son avis, d’enclencher des « réformes institutionnelles majeures pour une cogestion plus efficace ». « Il nous faut réfléchir sur quel type de Comité national interprofessionnel de l’arachide serait plus en phase avec l’évolution de la filière ; quel mécanisme de prix devons-nous définir pour sécuriser les revenus des ruraux mais aussi sécuriser l’accessibilité de la ressource à nos entreprises », a dit le ministre de l’Agriculture. Enfin, Papa Abdoulaye Seck estime nécessaire d’augmenter la part de l’arachide irriguée dans le volume global de production. « Il faut qu’on arrive à un niveau où on ne va plus limiter la production à la campagne agricole mais avoir une campagne annuelle. Cela suppose que nous puissions disposer de la ressource dans le temps », dit-il.

Papa A. Seck est convaincu qu’il faut créer des systèmes d’innovation à base d’arachide pour la diversification de la production. « La construction du système d’innovation est de la responsabilité des principaux acteurs. Le gouvernement du Sénégal n’est pas dans un choix d’un pan de la filière par rapport à un autre ; nous somme plutôt dans une logique de construction d’un système caractérisé par une diversité des acteurs pour une filière arachide puissante », a affirmé M. Seck. Il a remercié la Banque mondial qui n’impose pas son point de vue mais réfléchit avec le Sénégal pour trouver la solution.

Oumar KANDE

LOUISE CORD, DIRECTRICE DES OPERATIONS DE LA BANQUE MONDIALE : « LE SÉNÉGAL RÉDUIT LA PAUVRETÉ DE 4 À 7 POINTS ENTRE 2011 ET 2016 »
Louise Cord BMLa directrice des Opérations de la Banque mondiale pour le Sénégal, Louise Cord, est revenue sur l’importance de l’arachide pour le développement du Sénégal. « Si le Sénégal s’est inscrit dans la voie de la croissance cette dernière décennie, c’est qu’au cours de ces trois dernières années, le pays a enregistré une croissance économique la plus élevée atteignant plus de 6 % depuis 2015, avec une accélération de la réduction de la pauvreté de 4 à 7 points entre 2011 et 2016 », confie Louise Cord. Elle soutient que cette dynamique a été largement soutenue par les solides performances du secteur agricole. Elle note également que ce secteur a « la plus forte élasticité de l’incidence de la pauvreté par rapport à la croissance ».

D’après Mme Cord, il est également important de reconnaître que ces « performances significatives » résultent de la mise en œuvre de projets ambitieux du gouvernement dans la cadre du Programme d’accélération de la cadence de l’agriculture sénégalaise (Pracas). Elle a salué « les performances de la filière arachide qui a souffert de plus de deux décennies de réformes inachevées » ; soulignant que la reconstitution du capital semencier a permis de stabiliser la production arachidière autour d’un million de tonnes. Elle a demandé de porter ces performances à des niveaux plus élevés en les inscrivant dans la durée pour relever le défi de la pauvreté et de la transformation des productions arachidières. Louise Cord a demandé également de relever certains défis dont celui de la restructuration et de la cession de la Sonacos pour « créer les conditions d’une compétition saine entre acteurs de la filière et attirer des investissements privés pour impulser l’innovation industrielle et commerciale ».

O. KANDE

ALIOU DIA, PRESIDENT DU COMITE NATIONAL DE SUIVI DE LA CAMPAGNE AGRICOLE : « TOUTE PERSONNE QUI ACHÈTERAIT L’ARACHIDE EN DEÇÀ DES 210 FCFA SERA TRADUITE DEVANT LA JUSTICE »
Interpellé sur la commercialisation de l’arachide, le président du Comité national de suivi de la campagne agricole, Aliou Dia, a rappelé que celle-ci a démarré officiellement le 1er décembre 2017 avec des points de collecte bien définis. Il a indiqué que des files de camions sont notées au niveau des usines à cause « des déchargements lents et un problème de protocole à signer entre ces huiliers et l’Etat ». Il a rappelé qu’une première réunion a été organisée jeudi dernier et la prochaine réunion devrait permettre de décanter la situation.

Par rapport au prix de 210 FCfa, M. Dia estime qu’il est respecté mais quelques cas de bradages sont notés chez les producteurs qui ne se rendent pas aux points de collecte. Ceux-là, dit-il, sont en train de vendre en deçà du prix arrêté. Mais M. Dia prévient : « A chaque fois que l’autorité est informée de cette situation, elle prend des dispositions pour corriger ». Il soutient que nul n’a le droit d’acheter en deçà du prix de 210 FCfa. Aliou Dia rappelle que les plus hautes autorités ont donné des instructions fermes à l’administration territoriale, aux forces de sécurité « pour que toute personne qui achèterait l’arachide en deçà des 210 FCfa soit traduite devant la justice ».

O. KANDE

L’investissement direct non financier chinois au Sénégal a dépassé en huit mois 66 millions de dollars (plus de 33 milliards de FCfa).

L’ambassadeur Zhang Xun a rappelé, hier, lors du séminaire sur les médias qui avait comme thématique : «Chine-Afrique, une communauté de destin», les excellentes relations entre son pays et le Sénégal. « Aujourd’hui, a-t-il fait savoir, le Sénégal se trouve en tête du développement des relations sino-africaines ». Selon le diplomate, pour les huit premiers mois de l’année 2017, l’investissement direct non financier chinois au Sénégal a dépassé 66 millions de dollars. « Ce chiffre est déjà supérieur au total de l’année derrière qui était de 45,09 millions de dollars ; ce qui reflète les potentialités de la coopération entre les deux pays », a déclaré l’ambassadeur. Zhang Xun a apprécié que les deux chefs d’État, Xi Ping et Macky Sall, réussissent à hisser le niveau des relations sino-sénégalaises. « Dans sa coopération avec le Sénégal, la Chine met l’accent sur l’optimisation structurelle, le renforcement de la qualité et de l’efficacité et la montée en gamme de cette coopération. Nous veillons à la transformation de cette coopération, du rôle principal du gouvernement en la priorité accordée aux investissements et financements par les entreprises, du commerce de marchandises en la coopération sur la capacité de production et le commerce de sous-traitance... », a-t-il précisé. Selon le diplomate, le gouvernement chinois encourage les entreprises chinoises à discuter avec la partie sénégalaise de nouveaux modes de coopération en vue d’alléger la charge d’endettement du Sénégal, à investir et à s’installer dans le parc industriel de Diamniadio pour favoriser l’industrialisation du Sénégal. « Nous travaillons à ce que les entreprises sénégalaises et les institutions chinoises viennent plus nombreuses pour mener la coopération dans les domaines aussi variés que le pétrole, l’énergie solaire, la transformation des produits agricoles et la recherche scientifique », a dit le diplomate.

Dans sa coopération avec le Sénégal, la Chine garde à l’esprit le concept de développement donnant la primauté à l’homme, a indiqué Zhang Xun. « La Chine soutient activement les efforts du gouvernement sénégalais visant à mettre en œuvre le Plan Sénégal émergent (Pse) », a dit le diplomate. Zhang Xun a mis en exergue le lancement des travaux de forages multi-villages avec la construction de 181 systèmes d’approvisionnement en eau et la réhabilitation de 70 puits. Ce projet financé à un taux préférentiel permettra à plus de 2 millions de Sénégalais des régions intérieures d’accéder à l’eau potable. Il s’y ajoute le don de 200 décortiqueuses et moulins pour moderniser l’agriculture, le démarrage des travaux du pont de Foundiougne, sans compter les projets de l’aménagement de l’esplanade du Musée des civilisations noires et l’élargissement de l’hôpital pour enfants de Diamniadio prévu pour la mi 2018.

Par ailleurs, a relevé M. Zhang Xun, les échanges et dialogues entre les parties, les think tank et les médias des deux pays s’avèrent davantage intensifiés. « À travers ces visites croisées, on assiste au renforcement de la confiance mutuelle politique, à l’approfondissement des échanges sur les expériences d’administration et de gouvernance et à la consolidation de la compréhension mutuelle et de soutien réciproque sur les intérêts vitaux et les préoccupations majeures de parts et d’autres », a indiqué l’ambassadeur.

S. O. FALL

La Chine va «bientôt» réhabiliter le barrage d’Affiniam, un important ouvrage hydro-agricole de la région de Ziguinchor (Sud), a annoncé lundi le conseiller économique et commercial de son ambassade à Dakar, Lv Yifeng. « Nous allons bientôt réhabiliter le barrage d’Affiniam que nous avons construit il y a 30 ans », a-t-il dit lors de son intervention à un séminaire sur « la construction d’une communauté de destin Chine-Afrique » à Somone, dans la région de Thiès (Ouest).

Ce barrage joue un rôle important dans la riziculture au Sénégal. Depuis 1987, cet ouvrage hydro-agricole mis en place avec l’aide de la Chine facilite la récupération de terres cultivables d’Affiniam, une localité située dans la région de Ziguinchor. Le départ des experts chinois dans les années 1990 a entraîné des difficultés de maintenance de l’ouvrage. Des experts agronomes chinois sont présents à Podor (Nord) et Sangalkam (Ouest), depuis une dizaine d’années, dans la coopération agricole entre la Chine et le Sénégal, a par ailleurs rappelé Lv Yifeng.

(APS)

La ferme de l’Agence nationale d’insertion et de développement agricole (Anida) sise à Tivaouane Peulh dispose désormais d’un système de pompage solaire grâce au don de l’entreprise indienne « Shakti pumping life », dirigée par Atul Janawade. Le coût s’élève à 25.000 dollars américains, soit 13.930.750 de FCfa. Selon Babacar Ndiaye, directeur des infrastructures à Anida, ce champ de panneaux solaires comprend 26 palettes et permet d’avoir 30 mètres cubes par heure. « La pompe solaire qui alimente le forage se substitue totalement au groupe électrogène de 30 kva. Nous avons pris les prédispositions pour sécuriser davantage son autonomie », a dit le technicien. M. Ndiaye ajoute qu’en 7 heures, ce dispositif solaire pourra irriguer jusqu’à 5 hectares. « Mieux, nous avons prévu une prédisposition grâce à un commutateur qui va basculer sur du thermique lorsqu’on épuise le temps d’ensoleillement. L’autre avantage, c’est la puce électronique 4 Gm de la Sonatel. Du bureau de l’Anida, je peux savoir le débit, l’intensité de l’irrigation », a fait savoir Babacar Ndiaye. Il a rappelé que dans le plan stratégique 2016-2020 de l’Anida, le solaire occupe une place de choix. « L’avenir des exploitations agricoles, c’est de maîtriser les énergies renouvelables pour que leurs revenus ne soient pas plombés par le coût du gasoil. Ce créneau, nous y croyons », a-t-il déclaré.

Papa Abdoulaye Seck, le ministre de l’Agriculture et de l’équipement rural a vanté les avantages de l’activité agricole qui peut être un moyen de lutter contre l’émigration clandestine. « Nous allons donner des instructions à l’Anida et à l’Ancar (Agence nationale de conseil agricole et rural) afin qu’on puisse cultiver du riz à Tivaouane Peulh », a-t-il affirmé suite à une interpellation du maire, qui souhaite, d’abord, un aménagement du lac. Le ministre a fait part de son inquiétude par rapport à l’avancée des constructions entourant la ferme de l’Anida. « Si cela continue, le président de la République sera obligé de prendre ce dossier en main », a déclaré Papa Abdoulaye Seck. Le directeur général de l’Anida, Elhadji Malick Sarr, a salué ce geste qui est « d’une importance capitale ». « Cette ferme de Tivaouane Peulh a réalisé le record des fermes Anida de l’année dernière. Chaque agriculteur a pu avoir un revenu annuel de 2,2 millions de FCfa sur une superficie de 10 hectares. Il y avait 30 paysans. Beaucoup d’entre eux n’y croyaient pas. Maintenant, d’autres veulent travailler dans cette ferme », a-t-il dit.

Le maire de Tivaouane Peulh, Momar Sokhna Diop, a souligné que cet équipement solaire va soulager les paysans. « Si ces plaques solaires s’étendent sur tout le Sénégal, les rendements agricoles vont connaître une hausse », a-t-il déclaré, en tressant des lauriers au ministre Papa Abdoulaye Seck. « Vous êtes en train de changer structurellement l’agriculture», a-t-il lancé. « Notre développement ne passera que par l’activité agricole. En décortiquant notre taux de croissance, nous nous rendons compte de l’importance de l’agriculture. Nous ne ménagerons aucun effort pour garder ce périmètre agricole de Tivaouane Peulh », a-t-il ajouté.

Serigne Mansour Sy CISSE

Pour réduire sa consommation d’énergie, la Soboa a signé, hier, avec Green Yellow, un accord de partenariat qui permettra à cette entreprise de réaliser une économie d’énergie sans investir.

Le directeur général Damien Baron révèle que la Soboa paie 1,4 milliard de FCfa par an. Pour le gasoil, la facture s’élève à 365 millions de FCfa par an contre 415 millions pour le fuel et 380 millions pour l’eau. « Ce qui fait un total de 2,5 milliards de FCfa par an », a précisé le directeur général de Soboa. Il soutient que ce partenariat est d’une importance économique et écologique considérable pour son entreprise. « Avec ce partenariat, nous pouvons faire des économies d’énergie de près de 10% », a ajouté M. Baron. Il a précisé que ce partenariat est un modèle pour son entreprise et le groupe. « C’est un contrat d’accompagnement. C’est le premier projet d’efficacité énergétique de type industriel dans la sous-région et il permettra de réaliser un gain de 10 à 30% d’économie d’énergie pour Soboa», a déclaré Ismaël Adjovi, directeur général de Green Yellow Sénégal. « Avec le Contrat de performance énergétique (Cpe), nous mettons à votre service des solutions sur mesure et clés en main afin de vous garantir d’importantes économies d’énergie », a insisté M. Adjovi. « Notre objectif, poursuit-il, c’est de permettre à Soboa de faire jusqu’à 30 % d’économie d’énergie sans investir grâce au Cpe ». Il affirme que Green Yellow maîtrise tout le processus des projets d’efficacité énergétique, à savoir l’étude, la conception, les travaux, le pilotage, le financement, le monitoring et la garantie de performance.

Pour aider Soboa, un plan de génération de gain a été mis en œuvre. « Green Yellow s’engage et garantit la performance dans la durée grâce au monitoring des consommations », affirme M. Adjovi. Il est d’avis que le le contrat de performance énergétique est une formule gagnant-gagnant.

Aliou KANDE

Dialogue social, législation du travail, emploi des jeunes, règlement des conflits sociaux. Toutes ces questions ont été passées au peigne fin lors de la rencontre, hier, entre le Conseil du patronat (Cnp) et le directeur général de l’Organisation internationale du travail (Oit).

Après sa rencontre avec les ministres en charge du Travail et de l’Emploi, le directeur général de l’Organisation international du travail, Guy Ryder, a rencontré, dans la journée d’hier, le Conseil national du Patronat (Cnp), l’une des organisations patronales les plus représentatives au Sénégal. Lors de cette séance de travail, le président du Cnp, Baidy Agne, a plaidé pour les employeurs. Il a demandé au directeur général de l’Oit « à toujours accorder une oreille très attentive aux employeurs » qui prennent toujours le risque d’investir pour créer de l’emploi et de garantir un système de protection sociale aux employés. Baidy est revenu sur plusieurs sujets notamment le dialogue social, la législation du travail, l’emploi des jeunes, le règlement des conflits sociaux…

Pour la question du dialogue social, Baidy Agne reconnaît qu’il est de qualité au Sénégal. Toutefois, il existe encore des divergences entre les différentes parties sur des « questions de grande importance », précise-t-il. Même si ce dialogue est bien entériné, il reste encore beaucoup à faire pour le règlement des conflits sociaux. Baidy Agne note qu’il y a un nombre élevé de licenciement de délégués du personnel pour « faute lourde, indiscipline ou insubordination ». Pour cela, il invite à une « évolution des comportements humains » dans les entreprises pour éviter certains conflits sociaux. Sur la législation du travail, le président du Cnp déplore l’ancienneté des conventions dont la plus récente date de 1982. Ces conventions, dit-il, ne sont plus inadaptées à l’environnement actuel et aux nouveaux métiers.

Dans son intervention, le directeur général de l’Oit a salué le dynamisme du secteur privé sénégalais. Guy Ryder note que le Sénégal a une « croissance économique respectable » et une bonne vision de l’avenir sur le moyen et long termes avec le Plan Sénégal émergent. Cependant, il n’a pas manqué de demander à Baïdy Agne « quelle est la place réservée au secteur privé dans ce plan ». Dans sa réponse, le président du Cnp confirme que le secteur privé est bien impliqué dans le Pse mais qu’il veut l’être davantage.

En outre, Guy Ryder a déploré l’émigration clandestine. Selon lui, cette situation est liée au manque d’opportunités d’emplois décents dans les pays en développement. C’est pourquoi, dit-il, de millions de jeunes en quête d’emploi tentent de rejoindre l’Europe par des embarcations de fortunes. Pour faire face à cette tragédie, le directeur général de l’Oit indique que les pays en développement doivent accorder la priorité à l’emploi des jeunes. Un avis largement partagé par le président du Cnp. Baidy Agne indique qu’il faut donner le maximum d’opportunités aux jeunes pour qu’ils puissent rester au Sénégal et travailler pour le pays. Pour lui, l’avenir de l’emploi se situe dans le numérique. « L’avenir se construit sur le numérique. Avec le numérique, dans les deux, trois, quatre ans nous pourrons créer 100.000 emplois », déclare M. Agne.

Aliou Ngamby NDIAYE

Cinquante-cinq milliards de FCfa. C’est le budget du Programme d’urgence de modernisation des axes et territoires frontaliers dans la région de Ziguinchor (Puma) qui va s’investir dans le désenclavement, la sécurité frontalière et le développement durable. Hier, son comité de pilotage et sa coordination nationale ont partagé, avec le comité régional de suivi, la matrice des actions prioritaires prévues et le programme envisagé.

L’objectif de la rencontre était d’optimiser le Programme d’urgence de modernisation des axes et territoires frontaliers dans la région. Le coordonnateur national dudit programme, Moussa Sow, a insisté sur la nécessité de procéder à un classement des sur priorités pour que, dit-il, les actions du programme puissent impacter très tôt et aider les populations bénéficiaires à acquérir les besoins primaires qui sont en manque important dans les zones ciblées ». Le Puma vise à contribuer au développement durable des zones et populations frontalières par la réalisation d’infrastructures, d’équipements sociaux de base et d’activités génératrices de revenus.

Selon M. Sow, le Programme d’urgence de modernisation des axes et territoires frontaliers a déjà démarré dans la région de Ziguinchor. Deux postes de santé sont en train d’être construits dans les localités de Kourang et de Tendiné (Bignona), 33 moulins et décortiqueuses de riz ont été distribués dans 33 villages, le programme de formation des jeunes des zones frontalières a également débuté pour permettre à ces derniers de mener des activités rentables et de prétendre à des emplois salariés. « C’est une manière d’aider ces jeunes des zones frontalières à acquérir des techniques professionnelles pour faire face à la vie », a indiqué le coordonnateur national du Puma.

A l’issue du Crd (réunion du comité régional de développement) d’hier sur le partage la matrice d’actions prioritaires du Puma dans la région de Ziguinchor, le gouverneur Guedj Diouf a annoncé des Comités départementaux de développement pour partager davantage les actions à mener avec les acteurs à la base : maires, chefs de villages et de quartiers, etc. « L’objectif visé est que chacun puisse comprendre ce qui est en train d’être fait et assurer lui-même le suivi », a souligné le patron local de l’administration territoriale.

El Hadj Moussa SADIO

Un marché au poisson d’un coût de près de 200 millions de FCfa constitué d’un hangar comprenant un hall de vente, d’une chambre isotherme, d’un laboratoire d’analyse sensorielle et de contrôle sanitaire, d’une salle de traitement et de conditionnement des produits, d’un bloc administratif, d’une salle polyvalente, d’une infirmerie, verra le jour avant le mois d’août.

Oumar Guèye, le ministre de la Pêche et de l’Economie maritime qui avait à ses côtés son collègue des Affaires étrangères Me Sidiki Kaba, a procédé, samedi dernier, à Tambacounda, à la pose de la première pierre du marché au poisson de ladite ville. Il a souligné que la pêche est inscrite parmi les moteurs de croissance sectorielle de l’Axe I du Pse et cela lui assigne un rôle central dans le renforcement de la sécurité alimentaire ainsi que la création de richesses et d’emplois. Tambacounda, région carrefour, avec des potentialités hydrographiques importantes, polarise d’intenses activités de commercialisation des produits halieutiques estimés à 4 348,37 tonnes pour une valeur de 2 265 648 247 de FCfa. Pour le ministre de la Pêche, cette infrastructure va offrir aux acteurs de la pêche de la région et des régions limitrophes un cadre adéquat pour la commercialisation des importantes quantités de produits halieutiques produits dans la région ou qui y transitent. « Cette infrastructure va offrir aux acteurs de la pêche de la région et des régions limitrophes, un cadre adéquat pour la commercialisation des importantes quantités de produits halieutiques produits dans la région ou qui y transitent », a déclaré Oumar Guèye. Le marché au poisson devant être construit dans un délai de huit mois pour un coût de près de 200 millions de FCfa, en compagnie de son collègue des Affaires étrangères Me Sidiki Kaba, du député-maire Mame Balla Lô, du président du Conseil départemental, Sina Cissokho et du gouverneur El hadji Bouya Amar. Ils ont posé symboliquement cette brique non loin du service de l’élevage sis au quartier Liberté. Marquée par une forte mobilisation, la rencontre a enregistré la présence de maires d’autres communes de la région, de pêcheurs et de mareyeurs. Les autorités religieuses, les associations de jeunes et de femmes, entre autres, étaient aussi représentées.

L’infrastructure est constituée d’un hangar comprenant un hall de vente, une chambre isotherme, un laboratoire d’analyse sensorielle et de contrôle sanitaire, une salle de traitement et de conditionnement des produits. S’y ajoute un bloc administratif avec deux bureaux, une salle polyvalente pour les réunions et formations, une infirmerie, un bloc vestiaires-sanitaires et un logement pour gardien. La région compte 48 sites ou villages de pêcheurs, plus de 1.216 pêcheurs, 266 mareyeurs et près de 377 femmes qui travaillent dans la filière artisanale des produits transformés et du micro-mareyage. Avec un parc piroguier de 425 unités de pêche opérationnelles, la région a enregistré, en 2016, une production de 1 179 tonnes pour une valeur commerciale estimée à 941.651.537 FCfa. Les interventions de l’Etat dans le sous-secteur de la pêche sont nombreuses dans la région, selon M. Guèye.

Réponse à une veille doléance
Il a cité la dotation de vingt pirogues métalliques motorisées aux acteurs de la zone de Gouloumbou pour améliorer leurs conditions de travail et renforcer la sécurité de la pêche. Il y a le raccordement du complexe frigorifique de Tambacounda aux réseaux de la Sénégalaise des eaux et de la Senelec en vue de sa mise en service effectif qui va accompagner le marché au poisson.

Il y a également la mise à disposition de 420 gilets de sauvetage dont 120 sous forme de don aux acteurs de la zone de Gouloumbou. En plus de l’allocation d’un quota de 34 moteurs dans le cadre du programme de subvention des moteurs de la pêche artisanale.

La pose de la première pierre du marché au poisson de Tambacounda, le cinquième construit sur l’étendue du territoire national au niveau des agglomérations stratégiques comme Touba, Dakar, Kaolack, selon Me Sidiki Kaba, le ministre des Affaires étrangères, constitue une réponse à une vieille doléance de la population, tout en matérialisant la mise en œuvre des instructions du chef de l’Etat. M. Kaba a rendu un vibrant hommage aux mareyeurs et pécheurs de ce pays en leur demandant vivement d’accompagner les efforts de développement du gouvernement depuis l’arrivée aux commandes du président Macky Sall. Les mareyeurs comme Ndèye Diop et Mbaye Babacar Diop ont demandé plus de financements.

Pape demba SIDIBE

Le Sénégal et le Cameroun renforcent leurs relations dans le domaine de la navigation aérienne. La compagnie aérienne Camair-Co a inauguré sa desserte à Dakar avec l’arrivée d’une délégation d’environ 130 personnes. Selon l’ambassadeur Jean Koe Ntonga, ce choix répond à une vieille doléance des populations des deux Etats. «De par la position géostratégique du Sénégal en Afrique de l’Ouest, les ressortissants camerounais résidant dans les pays voisins qui ont gardé un excellent souvenir des années Camair, prendront Camair-Co pour le Cameroun à partir de Dakar, considérée comme un hub naturel dans le transport aéroportuaire de la sous-région », a déclaré l’ambassadeur Jean Koe Ntonga devant la délégation composée d’officiels et d’hommes d’affaires, des acteurs culturels et d’autres citoyens africains.

Camair Co

L’aéroport international Blaise Diagne a été choisi pour accueillir le premier vol. « Les populations des deux pays sont d’avis que le démarrage des activités de la compagnie contribuera au développement du tourisme. Elle contribuera au brassage des populations et des familles et à la promotion des relations d’affaires entre opérateurs économiques camerounais et leurs partenaires sénégalais et ceux des autres pays desservis », a ajouté le diplomate.

« Je me réjouis qu’elle participe comme d’autres compagnies aériennes le font déjà à la réalisation des objectifs de développement économique, social et culturel dans le Pse », a ajouté l’ambassadeur.

Jean Koe Ntonga s’est réjoui des relations de coopération et d’amitié entre les deux pays. « Ces relations sont fondées sur l’histoire et sur les affinités socioculturelles des peuples camerounais et sénégalais. Elles procèdent aussi de la haute volonté politique des deux chefs d’Etat, Paul Biya et Macky Sall, de consolider et de donner vie à notre coopération mutuellement bénéfique », a affirmé l’ambassadeur. Il a rappelé la visite effectuée à Dakar en 2014 par le président Biya et son épouse lors du XVème sommet de la Francophonie, d’une part, et la visite à Yaoundé du président Macky Sall au lendemain du XVIème sommet de la Francophonie, d’autre part.

Il a aussi souligné que les rapports entre les deux Etat sont régis par un cadre juridique de plusieurs accords parmi lesquels un traité d’amitié et de coopération signé en 1972 instituant la Grande commission mixte de coopération qui a déjà tenu plusieurs sessions, un accord commercial et un accord relatif au transport aérien et civil, tous en vigueur.

Babacar DIONE

La Fondation Sococim vient d’allouer 2,3 millions de FCfa au Gie « Diarigne Sa Rew ». La remise de cette enveloppe s’est déroulée au foyer « Keur Jigeen Yi » ou maison rouge dans le quartier de Dangou Missirah à Rufisque-nord. L’objectif de cet appui sous forme de « prêt sans intérêt » est de donner les possibilités aux femmes de ce groupement qui s’activent dans la « transformation et la commercialisation » de céréales locales d’accroître leur activité en leur permettant d’acheter des « quantités importantes » de mil qui constitue la « principale matière » avec laquelle elles travaillent. «Cet appui est une manière d’autonomiser les femmes et la communauté de manière générale parce que ces femmes quand elles travaillent, elles ont des ressources pour leurs familles et l’éducation de leurs enfants », a déclaré Patricia Diagne, l’administrateur général de la Fondation.

Selon elle, la Fondation Sococim n’est pas seulement une institution de financement ; elle accompagne aussi les femmes bénéficiaires dans le domaine de la gestion pour qu’elles développent leurs activités, sans mettre en péril leur exploitation. Patricia Diagne a exhorté ces femmes de Rufisque-nord à proposer des produits de qualité qui seront reconnus à l’international. Aminata Diané Dièye, la présidente du Gie « Diarigne Sa Rew », a salué ce financement qui, selon elle, vient à point nommé. « Ce financement est arrivé à un moment où nous traversons une période difficile à cause du prix élevé du mil qui est la principale matière avec laquelle nous travaillons. Nous remercions la fondation Sococim qui l’a mis à notre disposition», a déclaré Mme Dièye.

M. NDONG

Une semaine après l’ouverture officielle de la campagne de commercialisation arachidière, ce n’est pas encore le grand rush ni dans les marchés hebdomadaires encore moins chez les industriels alors que les prévisions de production sont nettement en hausse pour cette campagne.

Démarrée officiellement le 1er décembre 2017, la campagne de commercialisation arachidière a du mal à s’installer dans la région de Kaolack, réputée pourtant être le cœur du bassin arachidier. Si dans quelques marchés hebdomadaires les graines font l’objet d’intenses négociations à l’instar de Thiaré dans le département de Kaolack et Dinguiraye dans celui de Nioro, on est loin du rythme de croisière dans cette partie centrale du pays. « La commercialisation de l’arachide implique la fixation par arrêté du prix aux producteurs, une disponibilité du produit et l’engagement des opérateurs à l’acheter. A ce jour, nous avons identifié 491 points de vente », a déclaré Alassane Sow qui suit la commercialisation à la Direction régionale du développement rural (Drdr) de Kaolack. Une semaine jour pour jour, près de 28 millions de FCfa ont été échangés dans la zone de Thiaré et celle de Nioro avec respectivement 60 tonnes équivalent à 12,5 millions de FCfa et 71 tonnes pour 15,4 millions de FCfa. Des marchés où le prix officiel d’au moins 210 FCfa le kilogramme n’est pas souvent respecté, dénoncent certains responsables d’organisations de producteurs qui pointent du doigt des opérateurs privés stockeurs. Une baisse du prix qui fait craindre une spéculation effrénée sur le produit favorisant le phénomène du « Mbapatt ». Une appréhension légitime, selon Ibrahima Badiane, le président de l’association des paysans du Saloum, qui sollicite l’intervention des pouvoirs publics pour tuer dans l’œuf cette pratique frauduleuse. Un recours aux marchés parallèles favorisé par le faux départ de la campagne de commercialisation chez les industriels pour différends en dépit des longues files de camions qui attendent d’être déchargés.

« Nous sommes confrontés à un différend avec la Sonacos sur le taux d’abattement. A l’issue d’une rencontre avec la direction de l’entreprise, il était fixé à 1,8% du taux d’abattement mais, arrivé à l’usine, cet accord n’était pas respecté. D’où notre refus de livrer les graines aussi longtemps que ce point d’accord ne sera pas effectif », a déclaré Cheikh Tall, le président de la zone centre de la Fédération nationale des organismes privés stockeurs/transporteurs (Fnops/T) lors d’un point de presse jeudi dernier. Du côté de la Sonacos, on minimise en faisant remarquer que la reprise des déchargements depuis vendredi avec un rythme journalier de plus de 1.250 tonnes pour atteindre l’objectif de 100.000 tonnes pour l’usine de Sonacos-Lydiane. Quelques kilomètres plus loin, à l’usine de Copeol installée sur le terre plein du port commercial de Kaolack, le non-paiement d’un reliquat par l’Etat plombe la collecte. « L’Etat nous doit encore de l’argent concernant la subvention de l’année dernière. C’est un crédit de 1,5 milliard de FCfa », affirme Abdou Aziz Lô, responsable des approvisionnements de l’huilerie dont les prévisions de collectes se situent autour de 100.000 tonnes pour cette campagne.

L’année dernière, la campagne de commercialisation dans la région avait permis de collecter 131.000 tonnes pour une valeur marchande de 28,8 milliards de FCfa.

Elimane FALL

Implanté en 2014 au Sénégal, le Groupe Auchan est en train de se positionner comme leader dans le commerce moderne, en termes de prix, de diversité de l’offre et de la qualité du service. Le Groupe est en train d’acquérir les magasins Citydia, ce qui lui permettra de réussir un bon maillage de la capitale et de certaines régions. Dans cet entretien, le Directeur général, Laurent Leclerc, revient sur la politique commerciale de son Groupe, tout en dégageant les perspectives dans les 4 prochaines années.

Pouvez-vous nous présenter le Groupe Auchan Retail arrivé au Sénégal ?
Concernant le groupe, sachez que pour construire un commerce moderne, Auchan Retail met ses clients au cœur de toutes ses orientations : prix discount, choix et diversité de l'offre, qualité du service, adaptation aux habitudes de consommation locale, prise en compte des comportements d’achat multicanaux. Le groupe est le 11e distributeur alimentaire mondial avec 51,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires hors taxe et est présent dans 17 pays. Nous disposons de 3.715 points de vente et sommes le 35ème employeur mondial avec 345.365 collaborateurs.

Et votre déploiement à l’international ?
Dans chaque pays, une approche locale en synergie avec les écosystèmes nationaux autour de 4 axes fondamentaux : répondre aux besoins de consommation de l’ensemble des clients du pays, participer, en synergie avec les écosystèmes locaux, au développement économique du pays, encourager l’emploi et l’employabilité dans chaque pays et agir en acteur responsable. Au Sénégal, Auchan Retail s’est implanté depuis septembre 2014. C’est le 1er groupe de distribution d’envergure internationale à investir directement en Afrique de l’Ouest. Déjà, Auchan est le premier distributeur à ouvrir dans la banlieue de Dakar et dans les régions (hors station balnéaire de Saly) Thiès aujourd’hui, Travaux en cours à Mbour (ouverture mi-décembre) et Guédiawaye, obtention du permis de construire à Keur Massar. Nous avons près de 1.000 collaborateurs, dont 98 % de Sénégalais avec plus de 10 milliards FCfa de chiffre d’affaires hors taxe en 2016 réalisés sur 11 points de vente aujourd’hui.

En quoi consiste réellement le projet d’Auchan Retail au Sénégal ?
Pour Auchan, il s’agit de contribuer, à la démocratisation d’un commerce moderne, accessible à tous et répondant aux attentes de la grande majorité de la population sénégalaise. Le projet qui s’inscrit entièrement dans la vision du Plan Sénégal émergent (Pse) avec la modernisation graduelle de l’économie locale dont le développement des infrastructures commerciales, est un axe majeur. Il accompagne, au Sénégal, la démocratisation d’un commerce moderne, accessible à tous, offrant prix discount, choix et diversité de l'offre, qualité du service, adaptation au mode de consommation local, une réponse diversifiée aux différents modes d’achat (ex : magasin implanté directement dans les quartiers ou lancement du e-commerce). Et il concerne l’ensemble du territoire sénégalais avec des implantations adaptées à chaque zone (petit magasin de quartier, supermarché, hypermarché…).

Qu’est-ce qui a poussé votre groupe à s’implanter au Sénégal en 2014 ?
Le Sénégal est un pays démocratique faisant preuve d’une grande stabilité politique et économique. C’est une référence en Afrique de l’Ouest. En outre, nous nous inscrivons dans la vision du Plan Sénégal émergent.

Quelle est l’ambition du Groupe Auchan au Sénégal et quels sont vos projets en Afrique de l’ouest ?
Auchan souhaite devenir la référence des commerçants modernes dans le pays. Ceci en synergie avec les écosystèmes locaux, Auchan change la vie de ses clients grâce à la démocratisation d’un commerce moderne, accessible à tous et répondant aux attentes de la grande majorité de la population sénégalaise. Notre priorité aujourd’hui est de réussir au Sénégal.

Quels sont les volumes d’investissements prévus sur ces quatre années ?
Auchan Retail Sénégal, c’est un investissement de 65 milliards de FCfa en 4 ans, 50 magasins à Dakar et dans les régions à l’horizon de 4 ans, dont les 9 magasins Citydia de Dakar ou encore le projet de Mbour. La priorité sera donnée aux produits locaux avec la création de filières sur les fruits et légumes avec des garanties de volumes auprès des exploitants.

Comment s’est déroulé le processus d’acquisition des magasins Citydia ? Où en êtes-vous réellement ?
Sur ce dossier, il y a quelques mois, nous avons été contactés par les dirigeants de Citydia pour échanger sur la possibilité de reprendre leur réseau de magasins. En effet, leur contrat de franchise arrivait à échéance et il ne souhaitait pas poursuivre dans ce métier. Nous y avons vu une belle opportunité pour accélérer notre développement et servir nos clients. Durant toutes les négociations, la sauvegarde de l’emploi a été la priorité des deux parties. A ce jour, nous avons conclu la reprise de 3 magasins et sommes en cours de finalisation pour les 6 autres. Nous espérons pouvoir conclure l’ensemble de l’opération avant la fin du premier trimestre 2018.

A terme, combien de magasins envisagez-vous ouvrir dans le pays ? Aussi, quelle est la part des produits sénégalais vendus dans vos magasins ? Ne peut-on pas craindre une invasion de produits importés ?
Nous verrons. Pour ce qui est des 4 années à venir, nous envisageons d’atteindre 50 magasins à Dakar et dans les régions. Concernant nos ventes, un produit sur 5 vendus dans nos magasins est issu de la production locale. Nous avons la volonté de faire grandir cette part tous les jours. C’est un moyen de satisfaire un plus grand nombre de clients avec des produits par essence moins chers que les produits importés.

Pouvez-vous nous donner quelques exemples d’acteurs locaux avec lesquels vous travaillez ?
Je précise que 100% des viandes et poissons vendus dans nos magasins sont des produits sénégalais, 90 % des légumes. Toute la production locale fruitière est présente dans nos magasins pendant la saison. Nous avons aussi d’autres produits comme ceux d’entretien et parfumerie, le concentré de tomate, l’arachide, les yaourts…

Vous évoquez la création de filières agricoles au Sénégal. Quels sont ces projets ?
Nous travaillons actuellement sur la filière légumes pour nouer des partenariats avec les producteurs en leur garantissant des volumes à l’année. Les choses avancent rapidement. Nous avons identifié plusieurs partenaires potentiels à Bayar, à Saint Louis, à Popenguine. L’idée est de travailler en direct avec les producteurs en s’engagent sur des volumes de commande sur plusieurs années. Ils pourront, avec cette aide, réaliser les investissements nécessaires au développement de leur outil agricole.

Vous annoncez atteindre 3.000 emplois à créer en 4 ans. Comment y parvenir et quels profils recherchez-vous ?
Nous recrutons dans des métiers très divers : employés libre-service, vendeurs, hôtes et hôtesses de caisse, professionnels de l’alimentaire, du management, gestion de centre de profit, systèmes d’information, comptabilité et finances, marketing, achats et négociation…

Quelle est la part des employés sénégalais dans vos effectifs ? Sont-ils à des postes de responsabilité ? Est-ce qu’ils ne sont pas confinés dans des rôles subalternes et avec un management confié à des expatriés ?
Tout d’abord, nous privilégions les recrutements de collaborateurs sénégalais et encourageons le retour de la diaspora sénégalaise. Nous avons donc 98 % de collaborateurs sénégalais. Le reste est constitué de collaborateurs français et africains de l’ouest. Les échelons de la direction sont composés à 75 % de collaborateurs sénégalais. Cette part tend à s’accentuer au fil du temps. Les collaborateurs français expatriés sont ici à durée déterminée pour transmettre leurs compétences et savoir-faire afin de permettre aux collaborateurs sénégalais de devenir des experts des métiers de la grande distribution.

Le groupe Auchan Sénégal est mis en cause dans un supposé scandale financier et foncier à Mbour. Qu’en est-il exactement ?
A Mbour comme partout ailleurs, nous respectons les lois et procédures administratives en vigueur. Depuis le démarrage de ce projet, en 2015, nous avons, bien sûr, respecté l’ensemble des procédures administratives prévues par la loi sénégalaise dont l’étude d’impact, la résolution du conseil départemental, avis des autorités concernées, avis favorables de la Ccod, l’approbation du bail par les autorités compétentes, obtention du permis de construire… Nous tenons d’ailleurs à ce sujet à partager l’indignation des journalistes qui ont été accusés d’être soudoyés par Auchan pour écrire des articles qui nous seraient favorables. Auchan respecte une charte éthique très claire à ce sujet. Ces accusations sont donc totalement infondées tout autant que celle d’un soit disant scandale financier.

Il semble que le préfet de Mbour n’aurait pas approuvé la convention de mise à disposition du terrain. Où en est cette affaire ?
La convention a déjà été signée par le maire et le président du conseil départemental. Le préfet nous a demandé de rectifier deux éléments mineurs pour valider définitivement le document (plan d’aménagement définitif de l’espace entre la route et le magasin, rappel de la procédure à suivre concernant l’autorisation d’exploitation). En revanche, le préfet a signé l’attribution du terrain au conseil départemental et le permis de construire.

Pourquoi avoir versé une partie de votre participation financière à la construction du complexe culturel de Mbour directement sur le compte de l’entrepreneur chargé de la construction du futur supermarché Auchan ?
Cette disposition était prévue dans les accords validés par les autorités compétentes. Sachant qu’en plus, cela nous permet d’être partie prenante directe du projet pour garantir sa réalisation dans les délais. En outre, nous avons versé uniquement la moitié du budget pour le lancement des travaux. Le reliquat devant être versé au fur et à mesure des différentes étapes de la construction.

Dans vos magasins, les prix sont attractifs surtout dans ceux nouvellement implantés. Malgré cette politique, certains clients craignent que vous augmentiez les prix une fois que vous serez dans une situation de quasi-monopole ?
Tout d’abord, nous tenons à préciser que nos prix sont identiques dans tous nos magasins. Les seules différences concernent les promotions et la gamme de produits présente dans nos linéaires : à produits identiques, il n’y a aucune différence. Nous sommes aujourd’hui en mesure de pratiquer ces prix grâce à l’organisation de notre entreprise. Demain, nous conserverons les mêmes prix pour continuer à satisfaire nos clients. Nous avons également la volonté de développer le « made in Sénégal » : ce qui devrait nous permettre de poursuivre notre politique de prix bas. C’est ce que nous faisons dans tous les pays où nous sommes implantés et qui nous permet d’être l’enseigne leader en prix dans 12 pays sur 14.

Des pays d'Europe centrale et orientale se plaignent de la politique des industriels de l'agroalimentaire qui distribuent sur leurs marchés des produits alimentaires vendus sous la même étiquette dans les pays d’Europe de l’Ouest, mais avec une qualité moindre et une composition différente. Comment rassurer vos clients sénégalais qu’il n’aurait pas dans vos magasins des produits de double qualité ?
D’abord, les produits vendus dans nos magasins Auchan à la marque Auchan sont totalement identiques à ceux des magasins français. Ensuite, nous sommes très attentifs à la qualité des produits importés par les grossistes locaux. Nous sommes prêts à importer directement certaines gammes si les représentants de la marque au Sénégal nous proposent des produits de qualité inférieure. Enfin, un produit sur cinq vendu dans nos magasins est « made in Sénégal » et nous avons la volonté de faire grandir cette part tous les jours.

Entretien réalisé par Cheikh THIAM et Mamadou GUEYE

Après le chantier du prolongement de la Vdn, le président de la Bid s’est rendu sur celui du Train express régional du côté de l’ancienne grande gare. Sur place, Hajjar Bandar a pu constater l’évolution des travaux de ce projet dans lequel sa banque a contribué à hauteur de 196 milliards de FCfa. Ensuite, il a eu droit, en compagnie du ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ, a un exposé du directeur général de l’Apix, Mountaga Sy, sur la pertinence de ce projet structurant. En marge de cette visite, le président de la Bid a félicité le président Macky Sall et le peuple sénégalais pour les efforts qu’ils sont en train de faire pour placer le Sénégal sur les rampes de l’émergence. « En une journée et demie, j’ai pu me rendre compte des efforts qu’est en train de réaliser le Sénégal pour son développement. L’Aibd, le prolongement de la Vdn, le Train express régional en sont la parfaite illustration », a-t-il déclaré. Avant d’assurer que la coopération dynamique entre le Sénégal et le Groupe de la Bid, établie depuis 1976, va se renforcer au bénéfice exclusif des populations. « Depuis 1976, un montant cumulé de 2,5 milliards de dollar a été approuvé pour le Sénégal et a servi à financer des secteurs prioritaires comme la santé, l’éducation, l’énergie, l’agriculture, les infrastructures de transports, l’eau et l’assainissement. La Bid va continuer à appuyer les efforts du Sénégal. Ensemble, nous sommes déterminés à construire un avenir meilleur pour les populations », a-t-il ajouté.

Elh. I. THIAM

En visite, hier, sur le chantier du deuxième tronçon de la Voie de dégagement nord (Vdn) situé entre le Cices et le Golf club de Guédiawaye, le président de la Banque islamique de développement (Bid), qui finance le projet à hauteur de 38,5 milliards de FCfa, a pu constater de visu le « bon rythme d’avancement des travaux ».

Doucement mais sûrement, le tracé de la deuxième section de la Voie de dégagement nord (Vdn) longue de 9 kilomètres allant du Centre international du commerce extérieur du Sénégal (Cices) au Golf club de Guédiawaye et qui va raccorder la première et la troisième section, est en train de se dessiner. Il en est ainsi du viaduc (pont) d’une longueur d’un kilomètre que le directeur général de l’Ageroute, Ibrahima Ndiaye, considère comme « le plus grand et le plus long du Sénégal ». Situé entre les quartiers de Nord-Foire, des Habitats à loyer modéré (Hlm) Grand Médine, de Yoff et des Parcelles Assainies, cet ouvrage gigantesque va changer le visage de cette zone densément peuplée. En plus de la route principale, l’Ageroute, en charge des travaux, a décidé de construire une piste cyclable et des contre-allées de part et d’autres pour desservir les populations riveraines, en plus de l’aménagement d’espaces déambulatoires en-dessous du pont. A quelques kilomètres de là, à Cambérène, tout près du mausolée de Seydina Issa Laye Thiaw, un autre pont bowstring (surmonté d’arcs) est en construction. La structure métallique est déjà debout. A côté, les arcs en fer lourd attendent d’être montés. Une fois la construction finie, cet ouvrage aura une hauteur de 40 mètres, soit l’équivalent de 15 étages, a fait savoir le chef du projet, Ibrahima Sall, ingénieur à l’Ageroute. Pour dérouler le projet, il a fallu faire déguerpir 233 installations irrégulières, déplacer et indemniser 75 familles pour un montant de 2,7 milliards de FCfa.

En plus de ces deux ouvrages d’art spéciaux et d’envergure, il est prévu des bretelles d’entrée et de sortie sur la Vdn, l’éclairage public sur toute la longueur de la route, la construction de carrefours giratoires sous le viaduc, la construction de murs de soutènement et de quatre passerelles pour la traversée des piétons. Mais l’Ageroute ne construit pas qu’une route, elle participe aussi à la lutte contre les inondations dans cette zone. C’est ce qu’a expliqué Ibrahima Sall, le chef du projet. Selon lui, des ouvrages de drainage ont été construits tout le long du projet puis connectés au réseau primaire afin de capter les eaux de pluies qui stagnaient dans certains quartiers environnants. A cela s’ajoute la formation de 25 soudeurs qui sont spécialisés dans les techniques de soudure appliquées dans les chantiers de pétrole. D’ailleurs, d’après le directeur général de l’Ageroute, une étude sur l’impact des projets au Sénégal entre 2005 à aujourd’hui a révélé que la Vdn est le projet qui a eu le plus d’impact positif sur les populations.

En visite sur le chantier hier, le président de la Banque islamique de développement (Bid) qui finance le projet à hauteur de 38,5 milliards de FCfa, Hajjar Bandar, s’est félicité de l’état d’avancement des travaux. Démarré il y a deux ans, le projet a atteint un niveau d’exécution physique de 70 %. La fin des travaux est prévue en octobre 2018, a assuré le directeur généra de l’Ageroute. Plus que l’évolution des travaux, qui rend davantage fier le président de la Bid, c’est le nombre d’emplois créés et l’impact positif qu’aura ce projet sur la vie des populations riveraines. « Je me félicite de voir que l’écrasante majorité des personnes 320 personnes qui travaillent dans ce projet sont des Sénégalais. Notre banque soutient particulièrement les projets créateurs d’emplois et qui ont un impact positif sur les populations », a-t-il dit. La Bid qui est devenue le premier partenaire technique et financier du Sénégal en matière d’infrastructures entend, selon son président, continuer à soutenir le Sénégal non seulement dans le domaine des infrastructures mais aussi dans les autres secteurs prioritaires comme la santé, l’éducation…

Elhadji Ibrahima THIAM

Son engagement a permis aux populations des villages affectés par le projet de l’aéroport de Diass et aux dirigeants de cette structure de parvenir à un accord. Mme Hélène revient, dans cet entretien, sur sa médiation. Elle évoque également les questions en suspens.

Comment avez vous avez été impliquée dans le processus de négociation entre l’Etat et les populations affectées par l’Aéroport international Blaise Diagne ?
J’ai été amenée à m’impliquer suite à une visite que la commission de l’Urbanisme, de l’Habitat, de l’Equipement et des Transports a effectuée à l’Aéroport International Blaise Diagne en décembre 2014. A ce moment la situation était difficile sur le site. La tension était vive entre l’Aibd et les populations des trois villages qui se situaient dans l’emprise de l’aéroport. Et le délogement forcé des habitants du village de Mbadatte en mars 2013 vers le site de recasement avait installé une psychose au sein des populations des deux autres villages que sont Kessoukhat et Kathialit. Elles s’attendaient à être déplacées manu militari à tout moment. Les travaux à effectuer dans cette partie du site notamment le giratoire de Kessoukhat et le mur de clôture étaient bloqués parce que les ouvriers n’osaient pas s’aventurer dans les villages impactés. Donc, les risques de confrontation étaient réels.

Après cette visite, je suis restée à l’écoute de la commission de l’Urbanisme, de l’Habitat, de l’Equipement et des Transports dont je n’étais pas membre. Dans cette affaire qui date de 2002, beaucoup d’acteurs se sont impliqués mais ils n’ont pas réussi à trouver une solution. Native du département de Thiès, les populations sont venues me voir en mars 2015. Elles avaient eu écho du rôle que j’ai joué dans l’affaire Dangote. Toutefois, j’avais un handicap puisque je n’étais pas membre de la commission et à l’Assemblée Nationale, ce sont les commissions dédiées qui portent les dossiers. J’ai été voir la présidente de la commission, Ndèye Lucie Cissé, avec les membres du Collectif des PAP (Populations Affectées par le Projet). Elle était hésitante au regard de la complexité du problème mais elle m’a fait confiance et donné carte blanche.

Quelle a été votre démarche ?
J’ai d’abord proposé la mise en place d’un collectif de parlementaires composé de membres de la commission et des députés des trois départements de la région de Thiès. Nous nous sommes rendus dans les villages affectés par le projet pour écouter les populations et faire l’état des lieux. Le jour de la visite sur le terrain, nous avons trouvé sur place le représentant du Forum civil à Mbour, Ibou Niang, qui était également sur ce dossier. Ensemble, nous avons mené la facilitation entre les différentes parties. C’était un moment où la tension était vive. Le village de MBadatte qui était situé là où est construit le pavillon présidentiel avait été déguerpi manu militari. Pour continuer les travaux, les autorités avaient décidé de déplacer les sépultures du cimetière du village à celui du site de recasement. C’était un drame pour les populations dudit village. Cela a exacerbé la tension entre l’Aidb et les populations. Celles-ci avaient menacé de diffuser le film de cette scène traumatisante. En tant que facilitateurs, nous leur avons conseillé d’y renoncer. De fil en aiguille, nous avons réussi à renouer le fil dialogue. Nous avons proposé l’organisation d’un forum pour que les parties discutent, dépassent cette situation et trouvent une entente sur les points de contentieux. Le Forum civil nous a aidés à préparer les termes de référence; et, en mai 2015, nous avons pu organiser cette rencontre à Saly. Elle a réuni, durant deux jours, les autorités de l’Aibd, le Groupe Opérationnel de Thiès (GOT) dirigé par le gouverneur, le maire de Keur Moussa, les représentants des populations, le Forum civil et une dizaine de parlementaires dont l’Imam Mbaye Niang qui était membre du bureau de l’Assemblée et la Présidente de la Commission de l’Urbanisme, de l’Habitat, de l’Equipement et des Transports. Au terme des travaux, un protocole d’accord a été signé le 08 mai 2015 entre les différentes parties relativement au paiement des impenses et des pertes de récoltes, à la libération du domaine aéroportuaire et du périmètre de sécurité, aux ayants droit des villas et parcelles du site de recasement, à l’occupation des terres restantes par les PAP, à la sécurisation et à l’aménagement des 304 hectares de terre de culture, à l’accès à l’emploi et aux réclamations.

Comment votre nom et celui de Imam Mbaye Niang ont émergé de la facilitation ?
Avant mon implication, Imam Mbaye Niang qui faisait partie de la 11e législature a dû jouer sa partition. Lors du forum, nous avons tenu à l’impliquer parce que nous voulions compter sur son expertise dans le domaine de l’aéronautique et sa connaissance du dossier. Et il nous a beaucoup aidés notamment pour amener le périmètre de sécurité autour de l’aéroport de 500 à 350 mètres. Personnellement, j’ai porté l’initiative avec le soutien de mes collègues que je tiens à remercier vivement. Par ailleurs, j’ai assuré la modération du forum ainsi que le suivi de la mise en œuvre du protocole tel que prévu dans l’accord. Cela fait deux ans et demi maintenant, et ce rôle j’ai essayé de l’assumer pleinement et bénévolement malgré le niveau d’effort requis à tel point qu’aucune des parties ne veut discuter sans ma présence.

Y avait-il des blocages dans la mise en œuvre du protocole ?
La mise en œuvre n’a pas été facile. De part et d’autre, il y a eu des lenteurs dans la concrétisation des engagements alors que le protocole avait fixé des délais. Mais, à chaque fois autour du GOT, nous avons pu nous tenir un langage de vérité. J’ai voulu être à équidistance des parties en les ramenant à leurs engagements. Je rends grâce à Dieu et remercie les autorités administratives de Thiès (le gouverneur, le préfet, le sous-préfet de Pout et tous les chefs de services techniques) ainsi que le Dg de l’Aibd et toute son équipe pour leur ouverture d’esprit, leur écoute et leur disponibilité. Il faut reconnaître que l’Aibd a fait des efforts pour rendre l’argent disponible. Mais il y a des réclamations qui sont en instance et qui doivent être traitées. En 2002, les familles réticentes ne s’étaient pas signalées; ce qui fait qu’il y a un gap énorme entre la base de données et la situation réelle. Je pense aussi que les PAP méritent la reconnaissance et l’hommage de la nation.

Qu’est-ce qui est retenu pour les terres restantes ?
Il faut d’abord noter que l’Etat a construit 342 villas de 400m2 au niveau du site de recasement situé à Soun pour réinstaller les populations. C’est un processus complexe et douloureux qui nécessite la prise en compte de plusieurs paramètres socioculturels notamment en milieu rural. Par ailleurs, le droit des populations de disposer du reliquat des ressources foncières de leur terroir constitue le soubassement de toutes ces années de lutte. Il a donc été retenu d’évaluer l’assiette foncière restante en dehors des 4.500 hectares de l’aéroport, des servitudes aéroportuaires et de l’impact des projets de l’Etat tels que la Zone économique, le TER et l’Autoroute. L’évaluation faite avec le GOT a permis de relever une assiette de 176 hectares comme terres restantes. Une partie de ces terres est actuellement occupée par les populations qui attendent une délibération de la commune sur une superficie de 100 hectares afin de sécuriser leurs habitations et leurs parcelles eu égard à la spéculation foncière dans la zone. Je lance un appel aux autorités pour que les lenteurs relevées dans ce processus soient dépassées.

Quid de l’emploi des jeunes ?
C’est une revendication légitime après 15 ans de lutte et tous ces sacrifices consentis. Certains emplois devraient être dévolus automatiquement aux populations affectées par le projet, et notamment aux jeunes et aux femmes qui, du fait de leur vulnérabilité, risquent de sombrer dans la pauvreté. L’Etat a fait l’effort de désaffecter 304 hectares dans la forêt classée de Thiès mais il faut qu’il aide les populations à en faire des fermes modernes. Il importe également que les populations s’organisent pour faciliter l’accompagnement de l’Etat et des autres structures.

Propos recueillis par Mamadou GUEYE

Le dialogue entre Organisations paysannes (Op) et chercheurs doit être permanent pour une meilleure productivité agricole.

La recherche et l’innovation doivent être au service du développement agro-économique. La rencontre régionale du Réseau des organisations paysannes et de producteurs agricoles de l’Afrique de l’Ouest (Roppa) sur « le dialogue des organisations paysannes (Op)-recherche », ouverte, hier, à Dakar, s’inscrit dans ce contexte. Relancée en 2013, à Freetown (Libéria), cette troisième rencontre du genre coïncide avec la publication du premier rapport du Réseau sur le suivi des exploitations familiales de la région. L’un des objectifs de cette rencontre, précise le Premier vice-président du Roppa, Ibrahima Coulibaly, c’est de faire en sorte que les résultats de la recherche parviennent aux producteurs. « Si les résultats de la recherche restent dans les stations, les laboratoires, il n’y a aucune chance qu’elles contribuent au développement de l’agriculture dans la région », a dit M. Coulibaly. Le directeur de cabinet du ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural, Lamine Lô, a rappelé que la recherche agricole occupe une place importante dans le Programme d’accélération de la cadence de l’agriculture sénégalaise (Pracas), en ce sens, souligne-t-il, « qu’elle joue un rôle cruciale dans la sécurité alimentaire et le développement agricole dans nos pays ». La rencontre, poursuit-il, vient à point nommé.

Commentant le rapport du Roppa, il précise qu’il met en évidence neuf préoccupations majeures autour desquelles la relance du dialogue Organisations paysannes-recherches devra s’effectuer. « Cet exercice devra, dit-il, être orienté vers l’appropriation de la recherche par les utilisateurs que sont les producteurs dans leur grande diversité. Nous serons dès lors persuadés que les résultats de la recherche sont réellement vulgarisés auprès des organisations paysannes qui en sont les bénéficiaires », a-t-il expliqué.

Pour le chargé du Programme de Productivité Agricole en Afrique de l’Ouest (Ppaao/Waapp) au Conseil ouest et centre africain pour la recherche et le développement agricoles (Coraf), Dr Niéyidouba Lamien, cette rencontre constitue un « début de solution » au problème relatif au manque de vulgarisation des résultats de la recherche. Alors que le codirecteur de la Plateforme de partenariat Afrique-Europe en recherches agricoles pour le développement à Agrinatura, Dr Rémi Kahane, s’est réjoui du « changement de mentalités » opéré dans le cadre de ce dialogue. « Depuis quelques années, constate-t-il, nous apercevons que les producteurs acceptent d’exposer leurs problèmes à la recherche et la recherche de s’ouvrir davantage aux besoins des populations ».
La meilleure façon pour que les résultats de recherche soient adaptés, c’est d’associer les producteurs en amont dans les programmes conduisant à ces innovations, souligne-t-il. Le président du Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (Cncr), Nazirou Sall, soutient que cette rencontre est l’occasion de dégager les pistes de partenariats entre Organisations paysannes et chercheurs.

Souleymane Diam SY

Les docteurs Monique Milambo Bukumba et Lucien Numbi Lukunga, chefs de services au Laboratoire de Lumumbashi dans la province du Haut Katanga (Rdc), étaient en formation à Dakar à Isra productions vaccins. Pendant trois mois (4 septembre au 3 novembre 2017), les deux docteurs ont été formés en techniques de production et de contrôle des vaccins contre la peste des petits ruminants (Ppr) et la maladie de Newcastle (Mnc). L’Institut sénégalais de recherche agricole indique que les deux stagiaires ont reçu leurs attestations de fin de stage le 30 novembre 2017. « L’Isra s’est senti très honoré de cette sollicitation qui est une reconnaissance de son label en matière de production de vaccins vétérinaires en Afrique. Domaine dans lequel il s’impose de plus en plus, au point de s’ériger en lieu de convergence des stagiaires pour bénéficier de son expertise à l’image des agents du Laboratoire national vétérinaire (Lanavet) de Garoua au Cameroun qui y ont séjourné récemment », s’est réjoui le directeur de l’unité, Dr Yaya Thiongane, rapporte le communiqué. Il a salué « la bonne intégration et l’assiduité » dont ont fait montre ses stagiaires tout en exprimant sa fierté pour le travail accompli par son équipe durant le séjour de ses hôtes.

Selon le communiqué de l’Isra, la République démocratique du Congo a décidé de procéder à la réouverture du Laboratoire vétérinaire de Lubumbashi (Lvl) et de relancer la production locale de vaccins après avoir, pendant longtemps, suspendu les activités de ses trois principaux laboratoires vétérinaires à cause « de la guerre civile et des calamités naturelles » qui ont secoué ce pays au cours de ces dernières années.

A cause de l’arrêt des activités de ces laboratoires, rapporte le communiqué, la Rdc a vu ses « productions animales se réduire à cause de l’indisponibilité de vaccins vétérinaires qui constituent les seuls moyens de riposte contre les épizooties ». « Une situation qui a fini d’impacter négativement sur son cheptel dont elle n’exploite que 2 % sur un potentiel estimé à 80 millions de bovins », explique l’Isra. Pour redémarrer les activités de ses laboratoires, l’Isra a orienté Monique Milambo Bukumba et Lucien Numbi Lukunga vers « Isra productions vaccins, reconnue comme une structure de référence dans la production de vaccins en Afrique ».

Aliou Ngamby NDIAYE


AVERTISSEMENT

La SSPP « Le Soleil » met en garde et interdit formellement aux responsables et gestionnaires de sites d’informations, établis au Sénégal ou ailleurs, de poster les articles publiés sur le portail Internet du « Soleil », à l’adresse www.lesoleil.sn. La SSPP « Le Soleil » ne tolérera aucune entorse à cette interdiction. Seule est permise la publication de liens directs pour rediriger l’internaute vers l’adresse www.lesoleil.sn

PARTENARIATS

Les gestionnaires de sites qui le souhaitent peuvent adresser une demande de partenariat avec la SSPP « Le Soleil » qui en définira les modalités et fixera les conditions d’utilisation des articles, photos, logos de son portail Internet. En cas de manquements, la SSPP « Le Soleil » se réserve le droit d’engager immédiatement des poursuites judiciaires envers les contrevenants, pour violation du respect des droits d’auteurs.