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Affaires et Finances (2011)

Culture de rente, l’arachide a joué un rôle déterminant dans la transformation économique et sociale de la colonie du Saloum oriental. Dans son ouvrage intitulé : « Economie arachidière et dynamique du peuplement au Sénégal » présenté, samedi, à la Place du souvenir africain, Pr Waly Faye, enseignant-chercheur à l’Ucad, retrace les mutations démographiques et économiques de cette partie du pays de 1891 à 1960.

A la veille du 20ème siècle, le Saloum tombe sous l’emprise coloniale française. La fin de l’hégémonie des religieux et la signature d’une convention de protectorat, en 1891, marquent le début d’un tournant majeur dans cette partie de la colonie du Sénégal divisée en deux entités : le Saloum oriental et le Saloum occidental. Dans un contexte économique d’autosubsistance marqué par la culture du riz et du mil, l’introduction à grande échelle de la filière arachidière sous l’autorité d’Ernest Noirot, premier administrateur du cercle du Sine-Saloum, sonne le début d’une grande mutation à la fois économique, sociale et politique plus tard. Ce sont les processus de cette grande transformation que le professeur Waly Faye, enseignant-chercheur au Département d’histoire-géographie de la Faculté des sciences et technologiques de l’éducation et de la formation (Fastef) de l’Université de Cheikh Anta Diop (Ucad), retrace dans son ouvrage « Economie arachidière et dynamique du peuplement au Sénégal : Kaffrine et le Saloum de 1891 à 1960 ».

Paru aux Editions Karthala en 2016 et présenté samedi dernier, à la Place du Souvenir africain à Dakar, ce livre analyse « les diverses mesures administratives qui ont encadré le cheminement, souvent forcé, des diverses communautés ethniques, mais aussi l’organisation par les confréries des déplacements des travailleurs et de leurs familles pour tirer profit des revenus monétaires procurés par l’arachide ».

Pour pousser les populations à adhérer en masse à cette politique agricole, le système colonial instaure l’impôt régional. Ce faisant, analyse l’auteur, cet impôt payé en numéraire obligeait les habitants à cultiver de l’arachide pour avoir de l’argent. Malgré quelques crises notées durant cette époque et qui ont occasionné le dépeuplement du Saloum, l’instauration finalement d’une paix durable et d’un impôt régional sous forme numéraire permettront aux colons français de réussir leur politique agricole construite exclusivement autour d’une culture de rente, en l’occurrence la culture arachidière.

« A partir de 1950, on constate qu’il (Ernest Noirot) a réussi son pari parce que Kaffrine se retrouve dans la zone d’une forte production », note Pr Waly Faye, pour qui cette forte production agricole va être accompagnée, en même temps, par une explosion démographique. Ouvrage historique géographiquement et sociologiquement bien documenté, « Economie arachidière et dynamique du peuplement au Sénégal… » est une réflexion pointue sur un modèle « de mise en valeur extraverti et fondé sur une surexploitation des ressources naturelles et humaines de ces terroirs ». Cette œuvre restitue avec force détails certes 70 ans de transformation économique et sociale mais également celle politique. Kaffrine, explique Pr Faye, a joué un rôle déterminant dans la cartographie électorale sénégalaise. Du fait de son poids démographique, cette entité suscitait la convoitise des hommes politiques de l’époque à l’image de Lamine Guèye et de Léopold Sédar Senghor.

Le Professeur Iba Der Thiam a salué « le parcours précieux et parsemé de lauriers » de l’auteur. Selon lui, ce livre de 317 pages est d’une grande utilité, « un travail de belle facture, écrit avec beaucoup d’aisance …» L’ouvrage, a-t-il poursuivi, ne laisse de côté ni les problèmes économiques, ni les problèmes sociaux, ni les crises, ni les épidémies, ni les problèmes religieux… C’est donc, à ses yeux, une contribution irremplaçable à l’histoire générale du Sénégal.

Contribution à l’histoire générale du Sénégal
Pour le préfacier du livre, Pr Babacar Fall de la Fastef, dans cette partie de la colonie du Sénégal, les activités autour de l’élevage étaient désormais submergées par la « fièvre » de l’arachide qui a stimulé l’arrivé massive des populations musulmanes wolof des confréries Mouride et Tidiane. « C’est cette mosaïque de peuples et de cultures qui a produit la richesse qui porte la part du Saloum oriental à 57,89% des exportations globales de la colonie du Sénégal entre 1929 et 1940 », a-t-il indiqué. Pr Fall a, par ailleurs, insisté sur la nécessité de redéfinir les politiques de développement de la nouvelle région de Kaffrine née de la réforme de 2008. Sur ce, il préconise de faire de l’Université du Sine Saloum El Hadji Ibrahima Niass (Ussein) un instrument de mobilisation de son capital intellectuel pour accompagner les autorités nationales et locales dans leur quête pour forger une nouvelle identité à Kaffrine, jadis catalyseur économique de tout le terroir de la colonie du Sénégal. Dans le même ordre d’idées, le recteur de l’Ussein, Pr Amadou Tidiane Guiro, a informé de l’installation d’une Ufr dans la région où il est prévu un Département d’histoire.

L’auteur de l’ouvrage Waly Faye est né à Gniby, arrondissement de la région de Kaffrine. Il est titulaire d’un doctorat en Histoire économique et sociale (1999). Inspecteur de l’enseignement moyen et secondaire entre 2004 et 2008, il finalise actuellement une thèse de PhD à l’Université d’Amsterdam.

Ibrahima BA

Le projet «Go-Wamer» (gouvernance politique de gestion des ressources marines et côtières) a atteint des «résultats satisfaisants» à Santhie Béra (Toubacouta) dans le domaine de l’élevage de tilapias, a souligné, samedi, Mamadou Thiam, coordonnateur de l’équipe nationale de mise en œuvre de cette initiative.

Ce projet de promotion de la pisciculture dans la vallée de Senghor, qui concerne 11 villages de la commune de Toubacouta, dans le département de Foundiougne, a démarré en 2013 et doit prendre fin en décembre 2017. Il ambitionne de «lutter contre la pauvreté et de renforcer la lutte contre l’insécurité alimentaire», a expliqué le coordonnateur de l’équipe nationale de mise en œuvre de «Go-Wamer», un projet dont le financement s’élève à plus de 6 milliards de francs CFA (10 millions 500 euros).

L’Union européenne (Ue) a mobilisé 90% de l’investissement. Le Pnud, organe exécutif du projet, a dégagé 10% du financement. «Nous avons utilisé un aliment très riche, c’est ce qui a donné ces résultats satisfaisants», a souligné Mamadou Thiam, lors d’une récolte de tilapias à laquelle il participait, dans cette initiative de promotion de la pisciculture.

Les objectifs de production ne seront toutefois pas atteints, a-t-il dit, déplorant, par ailleurs, des cas de vols notés. «C’est d’ailleurs cela qui a précipité la récolte. On a récolté à 5 mois mais on devait attendre 6 mois», a-t-il précisé.

Il assure, cependant, que «cette récolte précoce n’a pas eu d’impact négatif sur la qualité du produit qui a atteint une taille commerciale satisfaisante», avant de préconiser «une surveillance rigoureuse du site par les populations bénéficiaires», pour éviter de pareilles situations.

«Nous allons essayer de mettre en place les dispositifs qui permettront de décourager les malfaiteurs», a-t-il indiqué, ajoutant que de même, la sensibilisation sera accentuée dans les villages voisins, relativement à «l’importance de cette ferme qui représente un investissement communautaire». Le coordonnateur de l’équipe nationale de mise en œuvre de «Go-Wamer», Mamadou Thiam, s’est, par ailleurs, réjoui de l’engouement autour de cette activité génératrice de revenus pour les populations bénéficiaires.

Les populations de Santhie Béra et des villages voisins de Toubacouta et de Sokone sont venues nombreux sur le site. Elles se sont partagé la production disponible, moyennant 1000 F Cfa le kilogramme, un prix fixé par l’Agence nationale d’aquaculture (Ana), partenaire technique du projet.

«J’aurais souhaité que les bailleurs soient là pour voir l’engouement qu’il y a autour de cette activité», pour qu’ils soient encouragés à «financer davantage le communautaire. Les gens se sont partagé le poisson moyennant une somme de 1000 F Cfa le kilogramme», a-t-il soutenu. Au regard de la portée économique de cette activité piscicole, l’initiative sera démultipliée dans d’autres localités, a-t-il promis, signalant que l’organisme en charge du projet travaille dans ce sens dans le village de Simal. Dans cette dernière commune située à Fimela, dans le département de Fatick, la population est en train de mettre en place un comité de gestion en charge de l’investissement, a-t-il renseigné.

Avec les perspectives de l’exploitation pétrolière, le développement de l’aquaculture, à travers le Sénégal, est devenu «une politique forte» de l’État qui vise, par ce biais, à satisfaire la demande des populations en produits halieutiques. «L’État va développer l’aquaculture pour avoir une production qui dépasse celle de la mer», a-t-il dit.

APS

En termes d’accès des populations aux services sociaux de base, notamment l’électricité, les disparités sont criantes, selon les régions. Seuls 12 % des villages du Sénégal sont actuellement électrifiés. La région de Dakar a un taux de 86 % suivi de la région de Fatick avec 47 % ; les régions de Kaolack, Kaffrine, Sedhiou, Louga, Kédougou et Tambacounda ont une accessibilité relativement faible avec moins de 10 %. Le Programme d’urgence de développement communautaire ambitionne de réduire ses disparités. Il prévoit d’électrifier 466 villages dont 310 par raccordement au réseau moyenne tension ou basse tension et 110 par voie solaire ; de construire 102 centrales solaires avec réseau basse tension ; de réaliser 3.188 kilomètres de réseau dont 1.879 moyenne tension (MT) et 1.309 basse tension ; de réaliser des installations intérieures et branchements au profit de 20.800 ménages, etc.

Pour l’électrification par raccordement au réseau moyenne tension ou basse tension, les travaux ont démarré dans 283 villages avec l’implantation de 3.641 poteaux électriques moyenne tension et 5.743 poteaux basses tension. L’appel d’offres pour les travaux des installations intérieures de 20.800 ménages dans les villages électrifiés est publié.

Concernant l’électrification par voie solaire, les travaux ont également démarré dans 23 villages. La construction des centrales solaires est en cours et trois centrales solaires (bâtiment préfabriqués et champs photovoltaïques) sont déjà réceptionnées. A terme, le volet électrification rurale bénéficiera à plus de 300.657 personnes.

M. G.

Les populations de Médina Bichi disposeront, bientôt, de l’électricité grâce à une mini-centrale solaire qui améliorera sensiblement leurs conditions de vie. L’ouvrage qui branche ce village à la modernité suscite un grand optimisme, compte tenu de l’importance de cette source d’énergie, dans la vie.

En ce samedi après-midi, l’air est poussiéreux et brûlant, à Médina Bichi. Ici, le thermomètre dépasse facilement les 40 degrés et peut monter jusqu’à 45. Malgré la forte canicule, les habitants de ce village situé dans l’arrondissement de Bamba Thialène, à 25 kilomètres de Koumpentoum, chef-lieu du département, ont réservé un accueil chaleureux à la délégation du Programme d’urgence de développement à communautaire (Pudc), conduite par Cheikh Diop, directeur national. Ils ont gratifié leurs hôtes de belles chorégraphies. Les jeunes et les femmes ont rivalisé d’ardeur avec des mouvements dont ils maîtrisent les secrets. Son fils, en califourchon, Anthia a ravi la vedette aux autres. Leur jubilation en dit long sur l’importance de l’ouvrage. Une mini-centrale solaire d’une capacité de 15 kilowatts d’un montant de 98 millions de FCfa justifie cette joie contagieuse dans ce village excentré avec un faible accès aux infrastructures sociales de base.

En chœur, les différents orateurs ont exprimé leur joie. « Je n’ai jamais été heureux qu’en ce jour et je ne pourrais plus être plus heureux », témoigne le chef de village, Alpha Ndimbalane. «En 2010, quand Macky Sall était venu à Médina Bichi, il avait promis de faire quelque chose pour nous, s’il accédait au pouvoir. Je n’avais pas beaucoup d’espoir malgré sa promesse parce que, avant lui, d’autres hommes politiques avaient fait la même promesse. De plus, les investissements étaient déviés vers d’autres villages qui avaient des hommes politiques ou de hauts fonctionnaires », a-t-il rappelé.

Dans l’assistance, la fillette Mariama Ndimbalane attire l’attention. Agée de huit ans, elle suit attentivement les interventions sans certainement en saisir toute la portée. Mais une chose est sûre, cette mini-centrale va changer sa vie. A la rentrée prochaine, elle n’étudiera plus avec une lampe tempête ou une bougie comme ses frères et sœurs.

Mariame pourra également étancher sa soif avec de l’eau fraiche du frigo et non de l’eau de canari. Avec 10 ou 25 FCfa, elle gouttera au bonheur de sucer une glace. Ce qui est une banalité en ville, est un luxe dans cette partie du territoire. Créé en 1953, le village de Médina Bichi a peu bénéficié des investissements publics et manque presque de tout. Et les adultes mesurent le rôle que l’électricité peut jouer dans l’amélioration de leurs conditions de vie. Leur optimisme est grand, trop même, concernant le rôle social de premier plan de cette source d’énergie. Ceux qui vont en ville ou qui y séjournent ont un aperçu des progrès apportés par l’électricité. Pour boire de l’eau fraîche, il faut débourser 300 FCfa et parcourir 25 kilomètres alors que le sachet s’échange à 50 FCfa à Dakar et 100 FCfa dans les autres villes. En période de Ramadan, le prix est doublé à cause de la forte demande.

Soulagement
L’électricité allégera également les travaux des femmes surtout pour la mouture. A Médina Bichi, les femmes continuent à piler le mil comme du temps de leurs grands-mères. Dans la plupart des localités en zone rurale du Sénégal, certaines tâches dévolues aux femmes s’exécutent encore, malheureusement, dans bien des cas, à l’aide de la force musculaire avec des instruments rudimentaires. « Regardez mes mains, elles sont dures mais quand on aura de l’électricité, elles seront lisses parce que je ne pilerais plus le mil », déclare Marame, une jeune fille, avec un large sourire.

L’ouvrage qui branche Médina Bichi à la modernité est doté d’un groupe électrogène de secours destiné à alimenter le village avec un réseau basse tension, a expliqué le technicien Pape Momar Ngom. Il souligne que la centrale est modulaire et peut augmenter sa puissance en fonction des charges, c’est-à-dire des besoins. «Les habitants pourront raccorder tous types de matériels. Elles n’ont pas de limite. Il n’y a que la source d’utilisation qui change », a indiqué M. Ngom. Toutefois, comme tous les usagers, ils devront payer un montant pour assurer la maintenance et le renouvellement des équipements. Les poteaux solaires sont installés et il reste quelques « réglages » à faire pour le raccordement. Le technicien assure que la réception se fera dès que le réseau basse tension sera terminé. La mini-centrale sera gérée par un opérateur qui, une fois la mise en service terminée, la transférera au ministère de l’énergie qui en assurera la maintenance et le renouvellement des installations, a expliqué Pape Momar Ngom.

Le directeur national du Pudc, Cheikh Diop, est revenu sur la genèse du programme. Il a rappelé que c’est le fruit de la réflexion du président Macky Sall qui, après une tournée nationale pendant laquelle il avait, bien avant sa candidature à la magistrature suprême et son élection à la tête de l’État, discuté et recueilli les doléances des populations des zones rurales. A travers ce programme, a-t-il souligné, le chef de l’État veut réduire les inégalités entre les zones urbaines et rurales par une meilleure allocation des ressources nationales, en dotant les zones rurales d’infrastructures et services sociaux de base capables de redynamiser et de fouetter l’économie sénégalaise à partir des terroirs. Le directeur du Pudc a invité les populations de Médina Bichi à veiller sur la mini-centrale en évitant surtout de jeter des cailloux sur les plaques solaires. Un message bien reçu.

Mamadou GUEYE

«Comment sortir de la pauvreté ?». C’est l’intitulé de l’ouvrage de Boubacar Camara, ingénieur statisticien, économiste, retraité de l’Unesco en 2013. Publié aux éditions l’Harmattan Sénégal, il a été présenté samedi dernier sous la présidence du Dr Papa Abdoulaye Seck, ministre de l’Agriculture et de l’Équipement rural.

Le ministre de l’Agriculture et de l’Équipement rural, Dr Papa Abdoulaye Seck a présidé, samedi dernier, la cérémonie de dédicace du livre de Boubacar Camara, un retraité de l’Unesco. Intitulé « Comment sortir de la pauvreté », l’ouvrage publié aux éditions l’Harmattan Sénégal contient près de 220 pages. Selon l’auteur, vaincre la pauvreté, c’est d’abord vaincre l’ignorance, ensuite le manque d’éducation et de formation de qualité des populations défavorisées en particulier les femmes qui en constituent la majorité. Il soutient que l’éducation des filles et des femmes doit occuper une place essentielle dans la problématique du développement durable à l’ordre du jour en Afrique et dans le reste du monde. Il explique que cette donne n’est souvent pas suffisamment reflétée dans les politiques et stratégies de mise en œuvre.

Pour sortir de la pauvreté, Boubacar Camara propose une méthode combinant l’éducation, la responsabilité et l’autonomisation (Era). Autrement dit, il met en relief les aspects de savoir, de pouvoir et d’avoir. Il affirme que la construction de la nouvelle Afrique passe par la mise en place d’une stratégie de reconstitution nationale s’appuyant sur le renouveau de l’éducation et la renaissance culturelle. Des initiatives originales et des programmes novateurs sont, selon lui, à démultiplier en priorité dans les zones les plus défavorisées, rurales et périurbaines.

Poursuivant ses pistes de solutions, Boubacar Camara est d’avis que sur le plan opérationnel, il faut l’élaboration et la mise en œuvre de plan cadre de reconstruction nationale comportant un programme fondamental articulé à des programmes intégrés de développement zonal. A l’échelon décentralisé, il propose un centre d’éducation communautaire intégré dans chaque localité, la maîtrise de l’apprentissage participatif multidimensionnel et la multiplication des filières intégrées de valorisation des productions, de densification des chaines de valeur.

Pour Papa Abdoulaye Seck, cet ouvrage n’est pas un de plus. Le ministre de l’Agriculture affirme qu’il n’est pas une somme d’opinions. Il est le résultat d’une théorie maîtrisée et d’une pratique avérée. L’ouvrage, explique M. Seck, est une démarche scientifique rigoureuse riche en mouvements et couleurs présentant une belle harmonie. Évoquant les enseignements qu’il tire de ce livre, Papa Abdoulaye Seck souligne que la lutte contre la pauvreté ne doit pas être décrétée. Elle repose sur une stratégie adossée à une science qui doit être domestiquée. L’autre enseignement, explique-t-il, c’est l’importance de l’éducation et de la formation, qui sont fondamentales pour progresser. Il n’a pas manqué de revenir sur les qualités de Boubacar Camara, un homme d’une grande dimension intellectuelle, morale et qui a le sens de l’honneur et de la générosité. M. Camara est un ingénieur statisticien, docteur en économie et expert en planification de l’éducation. Il a été membre du secrétariat de l’Unesco de 1984 à 2013, date de son départ à la retraite.

Aliou KANDE

L’Initiative prospective agricole et rurale (Ipar), institution de recherche créée en 2008, a présenté, hier, son nouveau plan d’actions. Couvrant la période 2017-2021, ce document est articulé au tour de cinq axes stratégiques.

Pour structurer sa vision de développement du secteur agricole et rural, l’Initiative prospective agricole et rurale (Ipar) s’était dotée d’un plan stratégique 2010-2015. Sa mise en œuvre a permis à l’organisation de peaufiner sa stratégie d’intervention sur le long terme et d’engranger d’importants acquis notamment sur la gouvernance foncière ; le changement climatique, l’emploi des jeunes. Cependant, les mutations intervenues dans le contexte global et sur le plan national exigent une adaptation continue de l’Ipar pour faire face aux nouveaux enjeux et défis du développement. C’est dans ce cadre que s’inscrit ce second plan stratégique 2017-2021 qui est la suite logique du premier. Ce nouveau plan a été présenté, hier, sous la présence du ministre Papa Abdoulaye Seck.

Selon Dr Cheikh Oumar Bâ, directeur exécutif de l’Ipar, l’objectif de ce plan est de fournir à l’organisation, un référentiel d’orientations et un cadre stratégique sur cinq ans, en prenant en compte les changements intervenus dans le contexte national, régional et international. Il est articulé sur cinq axes stratégiques. Le premier a trait au renforcement de la gouvernance institutionnelle de l’Ipar. Le second axe porte sur le développement d’une recherche de qualité. Quant au troisième, il concerne le renforcement des capacités des acteurs. Les quatrième et cinquième axes sont liés à la promotion du dialogue politique, à assurer la pérennité, à la durabilité et à la consolidation des acquis. Pour les modalités de mise en œuvre, explique Dr Bâ, elles sont articulées sur les stratégies de communication et de mobilisation des ressources et le mécanisme de suivi-évaluation. Il n’a pas manqué de souligner l’importance pour une organisation, d’avoir une planification stratégique. Rappelant que ce nouveau plan stratégique coïncide avec la découverte de pétrole et de gaz au Sénégal, le directeur exécutif de l’Ipar invite le gouvernement à ne pas oublier le secteur de l’agriculture comme l’ont fait certains pays africains. Il précise que ce plan constitue une occasion pour sensibiliser le gouvernement et ses partenaires sur la nécessité de sécuriser notre agriculture.

Le ministre de l’Agriculture et de l’Équipement rural a salué la contribution de l’Ipar dans le développement de la recherche au Sénégal et dans le reste de l’Afrique. Papa Abdoulaye Seck a souligné l’importance de la prospective qui est, à son avis, un intrant stratégique pour l’émergence d’une agriculture forte. «Il est important d’être dans une dynamique de rationalisation du devenir. Il s’agit d’inventer au lieu d’être inventé. D’où l’importance d’une planification stratégique», a déclaré M. Seck. Commentant les cinq axes stratégiques de l’Ipar, M. Seck a évoqué l’importance de l’innovation pour changer le secteur de l’agriculture. Sur ce point, il a souligné l’importance de la diversification dans l’agriculture. C’est pourquoi, il soutient qu’une agriculture forte, est une agriculture diversifiée. La question foncière, affirme M. Seck, est également fondamentale pour le développement de l’agriculture. Avant de terminer son propos, Papa Abdoulaye Seck a plaidé pour une économie diversifiée avec une agriculture forte comme le veut le président Macky Sall. «Ce que nous voulons, c’est l’avènement d’une agriculture forte au dividende partagé», a confié le ministre de l’Agriculture.

Aliou KANDE

La conseillère technique du ministère de l’Agriculture et de l’Équipement rural, Mme Sokhna Mbaye Diop, a indiqué que le volume du financement du secteur de l’agriculture a atteint 156, 6 milliards de francs Cfa en 2016. Elle s’exprimait, samedi, lors de la conférence religieuse annuelle de l’amicale des femmes des ministères de l’Agriculture, de l’Élevage, de l’Hydraulique et de l’Assainissement.

L’amicale des femmes des ministères de l’Agriculture, de l’Élevage, de l’Hydraulique et de l’Assainissement a choisi de réfléchir sur les opportunités de l’agriculture au Sénégal, au cours de leur 12e conférence religieuse, tenue samedi, un thème introduit par la conseillère technique au ministère de l’Agriculture et de l’Équipement rural, Sokhna Mbaye Diop. Dans sa communication, elle a indiqué que notre pays regorge d’énormes potentialités en ressources (eau, terres arables et irrigables, main d’œuvre), facteurs importants pour le développement d’une agriculture à même d’assurer la sécurité alimentaire de sa population. C’est pour matérialiser cette vision, à son avis, que l’agriculture est considérée comme le moteur du développement économique et social à travers le Plan Sénégal émergent (Pse) et plus particulièrement le Programme d’accélération de la cadence de l’Agriculture sénégalaise (Pracas). Cette initiative vise, a rappelé Mme Diop, à atteindre l’autosuffisance en riz en 2017 avec une production de 1,6 million de tonnes de paddy, en oignon en 2016 avec une production de 350.000 t, l’optimisation des performances de la filière arachidière avec une production, en 2017, d’un million de tonnes et un volume d’exportation de 100 à 150.000 t par an, le développement des filières fruits et légumes de contre-saison avec un objectif d’exportation de 157.500 t en 2017.

Pour traduire en acte cette stratégie, l’État a, a précisé la conseillère technique, pris des mesures comme la subvention des intrants agricoles à hauteur de 55 % pour l’engrais, 60 % pour les semences, 70 % pour le matériel agricole et 100 % pour les produits phytosanitaires, la reconstitution du capital à hauteur de 5 milliards de FCfa chaque année, la détaxation du matériel agricole pour la mobilisation du secteur privé, l’aménagement de 5.000 ha par an de périmètres irrigués villageois, etc.

De l’avis de Mme Diop, ces mesures ont permis d’avoir les résultats probants en 2016 avec la maîtrise de l’eau, le renforcement de la production à travers la mise en place de facteurs de production comme les intrants et le matériel agricoles : 51.220 t de semence d’arachide dont 30.153 t certifiées, 5.505,7 t de semence de riz, 81 502 t d’engrais et 15.000 semoirs, 920 tracteurs, 50 batteuses à riz, etc. Ces investissements ont permis d’avoir des productions record avec 991.427 t d’arachides, 2.124.668 t de céréales dont 945.617 t pour le riz et 1.188.810 t de produits horticoles dont 393 225 t d’oignons, a-t-elle informé.

Avec un volume du financement de 156,6 milliards de francs Cfa, les résultats du secteur de l’agriculture ont impacté, dit-elle, positivement sur le taux de croissance de l’économie du secteur avec 6, 52 %, la part de l’agriculture dans le Pib réel évaluée à 7 %, la valeur ajoutée agricole évaluée à 468, 8 milliards de francs Cfa et la couverture des besoins nationaux en céréale 54% en 2016. Ce sont autant de faits qui font dire à Mme Diop que « l’agriculture occupe une place importante dans la transformation structurelle de l’économie sénégalaise et constitue une priorité ». La présidente de l’amicale, Aïda Guèye, a magnifié les résultats satisfaisants obtenus par le ministère de l’Agriculture, avant d’inviter ses camarades à véhiculer les résultats satisfaisants du Pracas. Pour leur part, Oustaz Idrissa Gaye et Imam Lamine Sarr ont, quant à eux, sensibilisé l’assistance sur les méfaits du mensonge, de la médisance, de l’hypocrisie et leurs dérivés. Un croyant musulman doit éviter, ont-ils rappelé, de tenir des propos malsains à l’encontre de son prochain.

Souleymane Diam SY

A l’issue d’un long processus participatif, le Sénégal vient de se doter, sous réserve d’être validé par les plus hautes autorités, d’un document qui décline les grandes orientations stratégiques des futures Zones économiques spécialisées (Zes). Quatre groupes de projets phares se feront sous forme de Zones économiques spécialisées.

Le rapport provisoire de l’étude sur les orientations stratégiques des Zones économiques spéciales rendu public, jeudi, est le fruit d’un travail fouillé de capitalisation des expériences. Cette approche s’explique par le souci, pour l’État du Sénégal, de ne pas commettre les erreurs du passé. En 1974, la première tentative du Sénégal de créer une zone économique spéciale s’était soldée par un échec. D’autres pays africains avaient connu le même sort. « Tous les travaux et études expliquent l’échec de ces différentes expériences africaines par le faible impact quantitatif et qualitatif sur l’économie : emploi, investissement, exportations », souligne le rapport.

En plus de ces facteurs exogènes, la conception et la mise en œuvre des zones économiques avaient souffert de l’absence d’orientations stratégiques précises, clairement partagées avec toutes les parties prenantes. « Pratiquement, aucun État africain ne s’était inspiré de l’expérience de certains pays (principalement la Chine, l’île Maurice) qui ont utilisé les premières zones économiques spéciales comme des projets pilotes d’où sont tirées les leçons permettant de corriger les erreurs de conception et de réalisation », relève le rapport. Toujours dans le domaine de l’orientation stratégique, l’étude note que les gouvernements ont privilégié le modèle enclavé, inspiré des zones franches industrielles, d’où une « absence de connexion des zones avec toute stratégie de développement économique élargie au plan national avec le secteur privé… ».

Tirant les leçons de ces expériences, le Sénégal s’est résolument engagé dans la mise en place des zones économiques spéciales qui seront prioritairement orientées vers le développement de l’agrobusiness, des technologies de l’information et de la communication, du tourisme, de l’offre de services médicaux, d’industries manufacturières et de services. Le gouvernement a fait de leur création, l’une de ses stratégies pour atteindre l’objectif de l’axe 1 du Plan Sénégal émergent, c’est-à-dire la transformation structurelle de l’économie. Selon le ministre de la Promotion des investissements, des Partenariats et du Développement des Téléservices de l’État, Khoudia Mbaye, les zones économiques spéciales vont participer à juguler les contraintes rencontrées pour l’atteinte de cet objectif. « L’une des contraintes les plus prégnantes, c’est la question des facteurs de production et leur offre insuffisante. Il nous apparaît utile de pallier cette offre. C’est pourquoi, le gouvernement réfléchit, depuis 3 ans, à la mise en œuvre de politiques liées à la création de zones économiques spéciales. Elles sont universellement reconnues comme étant les porte-étendards des nations émergentes », a-t-elle déclaré, lors de l’atelier de partage de l’étude.

Un nouveau cadre légal
«Outre la disponibilité des facteurs de production, ces zones présentent un intérêt majeur par le renforcement de la productivité du capital et du travail ainsi que des relations intersectorielles pouvant aider à atteindre les objectifs contenus dans le Plan Sénégal émergent (Pse), à savoir porter la croissance à 8 %, multiplier le Pib par habitant par 1,5 et créer 600.000 emplois », a ajouté Khoudia Mbaye.

Cette étude est articulée aux textes de gouvernance des zones économiques spéciales qui ont été achevés, après un long processus inclusif et participatif. Il s’agit notamment de la loi du 6 janvier 2017 portant sur la gouvernance des zones économiques spéciales et de la loi du 06 janvier 2017 portant dispositif d’incitations applicable dans les zones économiques spéciales, du décret du 13 avril 2017 portant création et fixant les règles d’organisation et de fonctionnement du comité paritaire public-privé, du décret du 9 mai 2017 portant création de la zone économique spéciale de Diass, du décret du 30 mai 2017 portant admission du Parc industriel intégré de Diamniadio au régime des zones économiques spéciales. « La rédaction du nouveau cadre légal et réglementaire a pris en compte le souci de rationalité, de célérité et d’efficacité », a insisté le ministre.

Parmi les 27 projets phares du Pse, il a été proposé de sélectionner 14 d’entre eux à ériger sous forme de zones économiques spéciales et/ou de paquets investisseurs. Mais, à court terme, seuls les quatre groupes de projets se feront sous forme de zones économiques spéciales. Il s’agit des agropoles intégrés dont un au sud, vers l’Anambé et un au nord, dans le Delta ; la création des pôles industriels intégrés de transformation de produits de la mer au centre ; les plateformes industrielles intégrées : Diamniadio et environnants et le hub minier régional. Selon l’étude, le succès du développement de zones économiques spéciales implique le relèvement d’un certain nombre de défis. Le premier défi consiste d’abord à sélectionner la zone économique spéciale au sein de la région appropriée. Ensuite, il faut une bonne coordination entre les différents ministères et agences impliqués, une mobilisation du secteur privé national, des institutions financières et des fonds pour les investissements dans les infrastructures nécessaires ; la prise en compte des objectifs de développement durable, de l’inclusion sociale et de l’égalité des sexes dans la mise en œuvre des projets cibles au sein de ces zones. Enfin, l’accès aux marchés au sein des chaines de valeurs mondiales constitue un autre défi.

Elhadji Ibrahima THIAM

Les ministres de l’Agriculture et de l’Élevage de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) ont félicité le Sénégal pour ces «performances» obtenues grâce au Programme d’accélération de la cadence de l’agriculture sénégalaise (Pracas).

Les ministres ont encouragé les autres États membres à capitaliser l’expérience tout en veillant à la soutenabilité de la croissance, indique le communiqué final de la réunion des ministres de l’Agriculture et de l’Élevage qui s’est tenue sous la présidence de Aminata Mbengue Ndiaye, ministre de l’Élevage et des Productions animales du Sénégal. La cérémonie officielle d’ouverture des travaux a été marquée par l’allocution de bienvenue de Abdallah Boureïma, président de la Commission de l’Uemoa et le discours d’ouverture de Albadé Abouba, ministre d’État, ministre de l’Agriculture et de l’Élevage du Niger.

Selon le communiqué, les ministres ont suivi, avec intérêt, l’exposé du Dr Dogo Seck, Secrétaire général du ministère de l’Agriculture et de l’Équipement rural du Sénégal qui a présenté l’expérience du Programme d’accélération de la cadence de l’agriculture sénégalaise (Pracas) dans le Plan Sénégal émergent (Pse). La même source note que les ministres ont, par la suite, examiné et adopté le rapport de la réunion des experts chargés de l’agriculture et de l’élevage, préparatoire à la réunion des ministres, tenue à Niamey au Niger, du 5 au 7 juin 2017. Ils se sont appropriés les analyses faites sur l’état de mise en œuvre des recommandations de la 5 ème réunion du Comité de Haut niveau sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle et la situation agricole et alimentaire de la région.

La réunion a apprécié le niveau de récoltes globalement satisfaisant durant la campagne agricole 2016-2017, avec une production totale, pour la zone Uemoa, de plus de 28 millions de tonnes de céréales, 22 millions de tonnes de tubercules, 3 millions de tonnes respectivement pour le niébé et l’arachide, indique le communiqué. Il ajoute que toutes ces productions qui sont en hausse par rapport à la campagne précédente et par rapport à la moyenne des cinq dernières années «dénotent un dynamisme de l’agriculture de l’Union». A Niamey, les ministres «se sont préoccupés de la prévalence de la malnutrition aiguë globale qui demeure critique, au Nord du Mali et au Sud-Est du Niger, mais également, de la situation difficile d’environ 3 millions de personnes en insécurité alimentaire en ce début de période de soudure (juin – août)».

APS

Le Comité national de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Cn-Itie) a lancé le processus de production de ses rapports 2015 et 2016, indique un communiqué. Ces rapports vont couvrir les périodes allant du 1er janvier au 31 décembre 2015 et du 1er janvier au 31 décembre 2016 et concerneront les revenus de toutes les entreprises extractives détentrices de titre sur les périodes sus visées. « Sur la base des résultats de l’analyse de la matérialité, le Cn-Itie a choisi de retenir, dans le périmètre, toutes les sociétés minières, pétrolières et gazières dont le total des paiements déclarés par les organismes collecteurs est supérieur à 200 millions de FCfa ainsi que les entreprises publiques (Petrosen et Miferso) », précise le document. En outre, les revenus des entreprises dont le montant total de la contribution est inférieur au seuil de 200 millions de FCfa font l’objet de déclaration unilatérale de l’État.
Sur cette base, le Comité national Itie a décidé d’intégrer, dans le périmètre de ses rapports, 17 entreprises publiques et privées, en production ou en exploration, inscrites au cadastre minier en 2015 et 2016, 7 entreprises publiques et privées, en production ou en exploration, inscrites au répertoire pétrolier en 2015 et 2016 et 9 entités publiques et 1 entreprise de l’État pour la déclaration des recettes perçues des sociétés extractives. « Le Comité national a travaillé avec les administrations publiques pour la phase des déclarations unilatérales. Les données collectées ont permis de délimiter les périmètres des entreprises et des flux de paiement devant faire l’objet de déclaration. Les entreprises affichant une contribution significative et les flux jugés significatifs feront l’objet d’une réconciliation », indique le communiqué.

Pour les besoins de ces deux rapports, le Comité national souligne qu’il a retenu les flux relevant du droit sectoriel (Code minier, code pétrolier) et du droit commun (Code général des impôts). Trois nouveaux flux ont aussi été pris en compte. Il s’agit des Bonus sur les réserves supplémentaires, des frais d’inscription d’une concession minière ainsi que des pénalités, amendes et redressements douaniers. Par ailleurs, les administrations et les entreprises devront déclarer tout autre paiement effectué ou recette perçue dépassant 25 millions de FCfa.

Afin de se conformer à l’exigence 4.9 de la norme Itie visant à garantir l’exhaustivité des données soumises, toutes déclarations des entités déclarantes feront l’objet de certification par les auditeurs externes ou par la Cour des Comptes. Le Sénégal a publié deux rapports couvrant les années 2013 et 2014. Le dernier rapport avait établi à plus de 117 milliards de FCfa la contribution du secteur extractif (mine, gaz et pétrole) à l’économie sénégalaise en 2014. 109 milliards de FCfa ayant alimenté directement le budget du Sénégal ; 7 milliards constituant les paiements sociaux et autres versements. En 2013, le secteur extractif n’avait généré que 46 milliards de FCfa.

Elhadji Ibrahima THIAM

La valeur totale des transactions de la Bourse régionale des valeurs mobilières (Brvm) s’est établie, au mois de mai, à 22,98 milliards de FCfa pour 26.319.064 titres échangés, rapporte le bulletin mensuel de la Bourse électronique unique pour 8 pays de l’Afrique de l’ouest.

« La valeur totale des transactions sur l’ensemble du mois de mai 2017 s’est établie à 22,98 milliards de FCfa pour 26.319.064 titres échangés contre 18,72 milliards de FCfa pour 10.065.641 titres traités au mois d’avril », écrit le bulletin reçu à l’Aps.

Il souligne que le « marché a été marqué par la progression du cours de l’action Air Liguide Côte d’Ivoire (+34,58%) tandis que le titre Servair Côte d’Ivoire affichait un repli de 35,48% ».
« Les titres les plus actifs ont été, en volume, Ecobank Togo avec 25.443.587 titres transigés et en valeur, Sonatel Sénégal qui a totalisé 11,60 milliards de FCfa de capitaux échangés », ajoute le bulletin de la Brvm.

APS

La Société africaine de raffinerie se positionne comme instrument dans la future production de pétrole au Sénégal. Elle s’est dotée d’un plan stratégique 2020-2025. Dans cet entretien, le directeur général, Omar Diop, note que ce document est consigné dans tous leurs projets et programmes. Il évoque également l’approvisionnement du marché domestique, de la qualité des produits.

Quels sont les perspectives de la Sar compte tenu des découvertes pétrolières et gazières au Sénégal ?
A travers des «Journées Objectifs», nous avons produit un document stratégique à l’horizon 2020. Dans ce document, nous avons consigné tous nos projets et programmes pour mieux se projeter dans l’avenir. Avec l’appui des actionnaires, nous espérons atteindre nos objectifs. Il est clair que les enjeux sont multiples, mais il faut reconnaître que nos administrateurs nous ont donné carte blanche pour poursuivre nos investissements et produire suffisamment, et en qualité. C’est tout aussi vrai que ces investissements sont assez volumineux mais à l’échelle étatique, ils sont largement à la portée de notre pays. Ce plan stratégique (2020-2025), fruit d’une réflexion combinée entre le comité de direction et les cadres de la Sar a porté sur l’avenir de la raffinerie. Il faut aussi rappeler que cette réflexion a été menée dans un contexte d’évolution de la qualité des carburants dans la zone Afrique, piloté par l’Ara (Association des raffineurs et distributeurs africains) qui impose de nouvelles valeurs sur le souffre et le benzène. Ces polluants doivent être revus à des taux inférieurs aux valeurs actuelles dans le gasoil et les essences. Les études récemment initiées par la Sar portent donc sur la prise en charge de cette problématique. En plus, le besoin de valorisation du fonds de baril par la raffinerie pousse à étudier la mise en place d’unités de valorisation qui vont contribuer à augmenter la complexité du « process » de la Sar.

L’autre aspect est commandé par la réalité commerciale qui englobe une des raisons d’être de la Sar : traiter plus de brut pour monter le taux de couverture du marché sénégalais. Ainsi le projet de « dégoulottage » des unités permettra de gagner entre 20 et 30 % sur le débit de brut traité ; ce qui n’est pas négligeable. Conséquemment, il faudra penser à assumer un stockage supplémentaire de brut ou produits raffinés pour baisser les charges inhérentes au fret et à l’approvisionnement. Ceci est envisagé à l’horizon 2019. Par ailleurs, l’aspect management n’est pas ignoré. C’est dans ce cadre qu’il faut inscrire la récente certification ISO 9001 V 2015, ainsi que les projets de certification du laboratoire de la Sar de reconnaissance du Service Inspection, gestion environnementale etc. Tous ces aspects ci-dessus énumérés constituent l’articulation du plan stratégique de la Sar.

La Sar est-elle en mesure de traiter le brut découvert aux larges de Dakar ?
Je vous dis toute de suite oui. Rappelons que Petrosen a bien voulu nous remettre l’échantillon provenant de ce brut. Il s’est révélé conforme à ce que nous traitons dans notre usine. Toutefois, il faut reconnaître que toutes les quantités ne pourront pas être traitées dans les conditions actuelles de la raffinerie. C’est d’ailleurs ce qui explique que dans notre plan stratégique, nous avons prévu des investissements très importants pour répondre aux attentes des populations. D’ailleurs, nous n’excluons pas la mise en place d’une nouvelle raffinerie ou encore la délocalisation de notre réseau de pipe-lines. Car, il faut le dire, les pipes constituent un problème sérieux pour nous du fait de la violation permanente de l’emprise des pipes par des personnes qui les agressent pour voler les produits. Je voudrais profiter de cette tribune pour féliciter l’ensemble de mes collaborateurs pour les résultats obtenus et leur réaffirme mon engagement pour relever d’autres défis parce que j’estime que chaque jour et chaque projet est un défi pour nous face aux enjeux du moment.

Est-ce à dire que la Sar, à elle seule, peut satisfaire le marché domestique ?
Dans les conditions actuelles non. Mais il faut reconnaître que nous faisons le maximum pour que le marché sénégalais soit bien approvisionné en produits pétroliers. Dieu merci, sauf en cas d’arrêt programmé ou non, nous y arrivons avec les privés détenteurs de licence d’importation. Il faut souligner que la Sar vient de loin. A notre arrivée à la tête de l’entreprise, elle était dans une situation économique très difficile marquée par une tension de la trésorerie des plus vives. Les installations avaient fini de boucler leur cycle de cinq ans de marche donc, il fallait les réviser alors que les conditions financières ne le permettaient pas. Mais puisque nous faisons confiance en tout lieu et à tout moment à la valeur des ressources humaines, nous avons alors misé sur celles-ci. Ainsi, nous avons ensemble étudié la question du financement d’un arrêt métal (arrêt technique pour l’entretien). Par ailleurs, nous sommes allés voir les institutions financières. A l’époque, peu d’entre elles étaient disposées à nous faire confiance, mais heureusement, l’une d’elle nous a fait confiance et aujourd’hui on a fini de payer la dette.

En parlant d’importation, il est souvent question de la qualité de l’essence au Sénégal et en Afrique. Quel est le rôle de la Sar dans ce débat ?
Je dois rappeler que notre slogan c’est : « une présence qui rassure ». C’est pourquoi, nous faisons de notre mission de produire en qualité et en quantité, un sacerdoce. J’imagine que vous faite allusion aux rapports publiés récemment dans la presse. Il faut savoir que les auteurs de ces rapports n’ont jamais pris en compte les spécifications de nos pays. Ils ont comparé leurs spécifications en vigueur dans les pays européens qui ne sont pas conformes aux nôtres et qui sont définis par nos États. Mais, aujourd’hui, l’Association des raffineurs africains et distributeurs s’est saisie de la question de la qualité et dans quelques années, les spécifications vont évoluer et nous aurons forcément d’autres critères d’appréciation de la qualité des produits. Et la Sar s’y prépare activement.

Dans le secteur du raffinage, les choses sont aléatoires pour un pays non producteur de pétrole avec des cours du baril qui échappent au contrôle et à la prévision. Comment vous procédez ?
Nous sommes des spécialistes du secteur mais aussi des financiers. Comme je l’ai dit tantôt, avec des ressources humaines de qualité, on peut soulever des montagnes. C’est vrai que les fluctuations des cours mondiaux ne militaient pas en faveur des pays comme les nôtres. Mais grâce à l’appui de l’État du Sénégal, nous avons réussi à maintenir la tête hors de l’eau.

La Sar a annoncé récemment avoir fait une production record de plus d’un million de tonnes. Peut-on en conclure qu’elle a renoué avec un approvisionnement correct du marché domestique ?
Sur ce point, je tiens vraiment à saluer, à nouveau, les efforts de tous les employés de la Sar. Les hommes et les femmes de cette entreprise ont fait preuve d’engagement pour obtenir les résultats auxquels vous faites allusion. C’est l’un de mes défis quand le président de la République a porté son choix sur ma modeste personne. Mon défi, c’était de voir comment faire pour que la Sar renoue avec la production de produits pétroliers de bonne qualité et en quantité suffisante et mettre le pays à l’abri des ruptures dans tous les produits d’hydrocarbures. Aujourd’hui, c’est avec beaucoup de fierté que nous pouvons dire que nous sommes sur la bonne voie même si notre objectif est d’aller au-delà d’un million cinq cent mille tonnes.

Propos recueillis par Mbaye Sarr DIAKHATE

Un forum des affaires entre l’Indonésie et le Sénégal s’est tenu, hier. Cette rencontre qui a vu la participation d’acteurs économiques des secteurs public et privé des deux pays et de la sous-région ouest africaine, vise à renforcer la coopération entre le Sénégal et cet État asiatique.

L’Indonésie et le Sénégal partagent des valeurs culturelles et religieuses et affichent de plus en plus leur volonté de rendre plus dynamique et étroite leur coopération. Le forum des affaires s’inscrit dans cette optique. Il a pour principal objectif de renforcer la coopération entre les deux pays en regroupant leurs opérateurs économiques. Pour inscrire la rencontre dans un cadre sous régional, sept autres pays africains y ont pris part. Il s’agit de la Gambie, de la République de Guinée, de la Guinée-Bissau, du Mali, de la Sierra Leone, de la Côte d’Ivoire et du Cap Vert.

La forte délégation venue d’Indonésie composée, entre autres, du président de la Chambre de commerce, de directeurs d’entreprises publiques et de grandes compagnies indonésiennes, témoigne de l’importance donnée à forum. Mansyur Pangeran, ambassadeur de la République d’Indonésie au Sénégal a mis en exergue les bonnes relations entre son pays et le Sénégal et insisté sur la nécessité de renforcer leurs relations commerciales en raison de nombreuses opportunités à exploiter de part et d’autre. La seule barrière, estime-t-il, est liée à l’obtention d’agréments entre l’Indonésie et le Sénégal pour une application moins contraignante des taxes. « Pour cela, il faudrait que l’Indonésie traite directement avec la Cedeao pour rendre la coopération commerciale plus dynamique », indique-t-il. L’offre indonésienne d’investissement répond aux besoins du Sénégal et est en cohérence avec le référentiel de politique publique surtout en ce qui a trait au numérique. C’est l’avis d’Abdoulaye Ly, directeur de la Promotion des investissements du Sénégal. Il faut, selon lui, capter l’expérience des pays leaders comme l’Indonésie qui ont pu utiliser l’outil numérique pour développer leur industrie. Par ailleurs, les dynamiques et mutations enclenchées au Sénégal depuis quelques années ont contribué à rendre le Sénégal attractif aux yeux des investisseurs étrangers avec un meilleur climat des affaires. Dans ce sens, Abdoulaye Ly a présenté la philosophie qui sous-tend la création des zones économiques spéciales, espaces de production utiles à l’essor des entreprises industrielles, qui intéressent particulièrement la partie indonésienne. Celle-ci veut se positionner comme un partenaire privilégié du Sénégal qui, en outre, a fait le pari de l’autosuffisance alimentaire ; expérience dont veut s’enrichir l’Indonésie.

Le président de l’Union nationale des chambres de commerce d’industrie et d’agriculture, Serigne Mboup, « en relation d’affaires avec l’Indonésie depuis 1992 », a mis en lumière les promesses d’un tel partenariat que les deux pays gagneraient à renforcer dans plusieurs domaines. Il a ainsi indiqué qu’une plantation et des usines d’huile de palme et de détergents seront créées dans les zones économiques spéciales grâce à la technologie indonésienne. Il a également informé que l’Indonésie sera l’invité d’honneur à la prochaine foire internationale de Kaolack.

Alassane Aliou MBAYE

Cette année, le quota des semences d’arachide, pour la région de Kolda, est en légère hausse par rapport à l’année dernière. Près de 5.900 tonnes d’arachide seront distribuées pour la campagne agricole 2017-2018. Ces semences sont déjà sur place, a assuré Abiboulaye Sidibé, le Directeur régional du développement rural (Drdr) de Kolda lors du Comité régional de développement sur les préparatifs de la prochaine campagne agricole et le bilan de la campagne écoulée. «Le quota prévu pour la région de Kolda est en légère hausse par rapport à l’année dernière. Au moment où je vous parle, il y a une notification pour 5.895 tonnes pour les trois départements de la région de Kolda. C’est un effort qu’il faut louer car si vous prenez les 4 régions de la zone sud : Ziguinchor, Sédhiou, Kolda et Kédougou, les 72 % des semences d’arachides prévus pour cette zone sont destinées à Kolda », a déclaré Abiboulaye Sidibé qui magnifie le rôle de plus en plus important de la région de Kolda dans la production nationale de l’arachide. Il dit avoir saisi le ministère de l’Agriculture pour que les mesures nécessaires soient prises afin de corriger les omissions de 5 points de vente des semences dans les communes de Kéréwané et Koulinto, dans le département de Médina Yoro Foulah. Il demande aux commissions d’accélérer les opérations de cession des semences d’arachide pour libérer les magasins où seront stockés les engrais avant leur acheminement vers les zones de production. Pour ce qui concerne les semences d’espèces diverses, les notifications ont été envoyées par le ministère de l’Agriculture et de l’Équipement rural pour permettre aux fournisseurs de commencer le processus de mise de mise en place avant les prochaines pluies.

Le gouverneur de région, Ousmane Kane, a demandé aux préfets de Kolda, Vélingara et Médina Yoro Foulah d’organiser des Comités départementaux de développement pour réguler la divagation des animaux domestiques avant le début de l’hivernage. Ces rencontres permettront de définir les parcours du bétail et l’accès des troupeaux aux différents points d’eau afin d’éviter les conflits entre agriculteurs et éleveurs. Il a demandé également aux producteurs de respecter le calendrier cultural pour éviter les désagréments qu’ils avaient subi durant la précédente campagne agricole qui était marquée par de longues pauses pluviométriques. Ce qui s’était traduit par une baisse plus ou moins importante de la production agricole notamment de l’arachide et des céréales à l’exception du maïs.

Mamadou Aliou DIALLO

4.000 tonnes de semences d’arachide pour Tambacounda
Pour l’hivernage 2017, les besoins de la région de Tambacounda sont évalués à plus de 4.000 tonnes de semences d’arachide et plus de 3.500 tonnes pour les engrais, toutes variétés confondues. Pour le riz, 102 tonnes sont reçues et sont en train d’être mises en place. Et désormais, les opérateurs de la région assureront la distribution des semences.

Le gouverneur de la région de Tambacounda, El hadji Bouya Amar, a présidé un Comité régional de développement (Crd) sur la préparation du prochain hivernage. L’État a fait d’énormes efforts en mettant à la disposition des autorités et à temps les lettres circulaires pour la mise en place des commissions de distribution d’intrants et de matériels agricoles. Sada Ly, Directeur régional du développement rural (Drdr) a indiqué que 96 % des semences d’arachide sont mis en place. Les besoins de la région sont évalués à plus de 4.000 tonnes de semences d’arachide et plus de 3.500 tonnes pour les engrais, toutes espèces confondues. Selon M. Ly, les fournisseurs de semences de riz ont également commencé les opérations de mise en place des intrants et la commercialisation a démarré dans le département de Bakel et celui de Goudiry. Le processus de mise en place de ces semences et intrants agricoles est suivi par les autorités pour éviter des détournements d’objectifs. Le matériel du Pnar sera donné gratuitement.

Et désormais, les opérateurs de la région assureront la distribution des semences. 
Le Directeur régional du développement rural a souligné que cette année, les autres semences sont subventionnées à hauteur de 60%. Quant aux semences certifiées de riz, elles sont subventionnées jusqu’à 100 %. La région de Tambacounda a reçu 102 tonnes de semences de différentes variétés de riz. Mais pour ces semences certifiées, le producteur reverse une contrepartie à son union ou à son organisation pour assurer la disponibilité de la semence à la prochaine campagne.

Les questions liées au changement climatique, à la divagation des animaux et à la distribution des semences ont été au cœur de cette rencontre qui a enregistré la présence de différents acteurs du monde agricole.

Abordant les effets du changement climatique, le gouverneur a invité les producteurs à s’adapter. Il a souligné que l’arrêt précoce des pluies, l’année dernière, a eu des effets néfastes sur les rendements. Pour cette présente campagne, il s’agit de miser sur des activités de sensibilisation des producteurs sur la nécessité de prendre en compte les effets des changements climatiques. «L’État a fait beaucoup dans l’encadrement, la formation, le suivi, l’équipement et le financement pour booster la production agricole.

Booster la production du coton
La région de Tambacounda a une vocation agricole et il importe de mettre le focus sur ce secteur afin de lutter efficacement contre la pauvreté mais aussi le chômage des jeunes », a-t-il dit. En ce qui concerne la divagation des animaux qui est parfois source de conflit entre éleveurs et agriculteurs, le gouverneur a demandé aux préfets et sous-préfets d’organiser des rencontres sur les couloirs de parcours à aménager. « Dans un futur très proche, il faut que chacune des 46 communes de la région puisse élaborer un Plan d’occupation et d’affectation des sols. Ce Plan permettra de définir les différents espaces d’agriculture, d’élevage, etc. Ce qui pourrait permettre d’éviter des conflits ouverts entre éleveurs et agriculteurs », a-t-il déclaré. En effet, la position de la région de Tambacounda fait d’elle une zone de refuge des éleveurs pendant la saison sèche à la recherche de pâturage pour leurs bêtes.

Pour El Hadj Bouya Amar, la culture du coton doit être privilégiée par les populations de Tambacounda car la région s’identifie bien à cette culture avec l’accompagnement de la Sodefitex. Pour la campagne écoulée, la région n’a obtenu qu’un taux de 21 % de production. Et pour changer la donne, le prix au producteur est passé à 300 FCfa le kilogramme. En plus, l’État a supprimé la caution solidaire pour les grands producteurs afin d’encourager les producteurs à la culture. Des mesures qui pourraient faciliter l’atteinte des objectifs assigné.

Pape Demba SIDIBE

 

Pour l’hivernage 2017, les besoins de la région de Tambacounda sont évalués à plus de 4.000 tonnes de semences d’arachide et plus de 3.500 tonnes pour les engrais, toutes variétés confondues. Pour le riz, 102 tonnes sont reçues et sont en train d’être mises en place. Et désormais, les opérateurs de la région assureront la distribution des semences.

Le gouverneur de la région de Tambacounda, El hadji Bouya Amar, a présidé un Comité régional de développement (Crd) sur la préparation du prochain hivernage. L’État a fait d’énormes efforts en mettant à la disposition des autorités et à temps les lettres circulaires pour la mise en place des commissions de distribution d’intrants et de matériels agricoles. Sada Ly, Directeur régional du développement rural (Drdr) a indiqué que 96 % des semences d’arachide sont mis en place. Les besoins de la région sont évalués à plus de 4.000 tonnes de semences d’arachide et plus de 3.500 tonnes pour les engrais, toutes espèces confondues. Selon M. Ly, les fournisseurs de semences de riz ont également commencé les opérations de mise en place des intrants et la commercialisation a démarré dans le département de Bakel et celui de Goudiry. Le processus de mise en place de ces semences et intrants agricoles est suivi par les autorités pour éviter des détournements d’objectifs. Le matériel du Pnar sera donné gratuitement.

Et désormais, les opérateurs de la région assureront la distribution des semences.
Le Directeur régional du développement rural a souligné que cette année, les autres semences sont subventionnées à hauteur de 60%. Quant aux semences certifiées de riz, elles sont subventionnées jusqu’à 100 %. La région de Tambacounda a reçu 102 tonnes de semences de différentes variétés de riz. Mais pour ces semences certifiées, le producteur reverse une contrepartie à son union ou à son organisation pour assurer la disponibilité de la semence à la prochaine campagne.

Les questions liées au changement climatique, à la divagation des animaux et à la distribution des semences ont été au cœur de cette rencontre qui a enregistré la présence de différents acteurs du monde agricole.

Abordant les effets du changement climatique, le gouverneur a invité les producteurs à s’adapter. Il a souligné que l’arrêt précoce des pluies, l’année dernière, a eu des effets néfastes sur les rendements. Pour cette présente campagne, il s’agit de miser sur des activités de sensibilisation des producteurs sur la nécessité de prendre en compte les effets des changements climatiques. «L’État a fait beaucoup dans l’encadrement, la formation, le suivi, l’équipement et le financement pour booster la production agricole.

Booster la production du coton
La région de Tambacounda a une vocation agricole et il importe de mettre le focus sur ce secteur afin de lutter efficacement contre la pauvreté mais aussi le chômage des jeunes », a-t-il dit. En ce qui concerne la divagation des animaux qui est parfois source de conflit entre éleveurs et agriculteurs, le gouverneur a demandé aux préfets et sous-préfets d’organiser des rencontres sur les couloirs de parcours à aménager. « Dans un futur très proche, il faut que chacune des 46 communes de la région puisse élaborer un Plan d’occupation et d’affectation des sols. Ce Plan permettra de définir les différents espaces d’agriculture, d’élevage, etc. Ce qui pourrait permettre d’éviter des conflits ouverts entre éleveurs et agriculteurs », a-t-il déclaré. En effet, la position de la région de Tambacounda fait d’elle une zone de refuge des éleveurs pendant la saison sèche à la recherche de pâturage pour leurs bêtes.

Pour El Hadj Bouya Amar, la culture du coton doit être privilégiée par les populations de Tambacounda car la région s’identifie bien à cette culture avec l’accompagnement de la Sodefitex. Pour la campagne écoulée, la région n’a obtenu qu’un taux de 21 % de production. Et pour changer la donne, le prix au producteur est passé à 300 FCfa le kilogramme. En plus, l’État a supprimé la caution solidaire pour les grands producteurs afin d’encourager les producteurs à la culture. Des mesures qui pourraient faciliter l’atteinte des objectifs assigné.

Pape Demba SIDIBE

Les résultats de l’étude sur les grandes orientations des Zones économiques spéciales (Zes) commanditée par le ministère de la Promotion des investissements, des partenariats et du développement des téléservices de l’État ont été partagés et discutés, hier, au cours d’un atelier.

Après une première tentative infructueuse en 1974, le Sénégal veut se lancer, à nouveau, dans le développement de Zones économiques spéciales (Zes). Mais, cette fois-ci, pour éviter un nouveau revers, les autorités comptent s’appuyer sur les échecs de cette première expérience et surtout sur les réussites de certains pays comme la Chine, la Malaisie, l’Éthiopie, l’Ile Maurice, voire la Pologne. Dans cette optique, que le ministère de la Promotion des investissements, des Partenariats et du Développement des téléservices de l’État avait commandité une étude sur les orientations stratégiques des Zones économiques spéciales au Sénégal. Les résultats de cette étude ont été partagés et discutés, hier, entre les différentes parties prenantes (départements ministériels, institutions gouvernementales, élus locaux, secteur privé et société civile). Les observations et recommandations formulées durant cette rencontre ont permis d’enrichir le document. Le ministre Khoudia Mbaye souhaite en faire « un précieux outil d’aide à la décision ».

Victor Djembé, représentant-résident de l’Onudi au Sénégal estime qu’au regard du travail déjà abattu de part et d’autre, le Sénégal pourra s’engager dans la mise en œuvre des Zones économiques spéciales avec une grande probabilité d’atteindre les objectifs qu’il s’est fixés. « Si elles deviennent réalité, les Zones économiques spéciales vont contribuer à faire du Sénégal un hub logistique et industriel régional et aidera à mettre en valeurs tous les atouts géographiques de notre pays », pense Pierre Ndiaye du ministère de l’Économie, des Finances et du Plan. Il estime que la réflexion menée sur les Zones économiques spéciales permettra de constituer un tissu économique intégré à travers les chaînes de valeurs et à développer la diversification des produits exportés en vue d’améliorer les performances du Sénégal.

Toutefois, M. Ndiaye a insisté sur la nécessité d’une cohérence globale entre ce qui se passe dans les Zones économiques spéciales et ailleurs « dans un souci de ne pas fracturer le tissu économique et par ricochet d’assurer un développement socioéconomique harmonieux ». Cette quête permanente pour un équilibre économique et territorial, doit conduire, à envisager les Zones économiques spéciales comme des « laboratoires pour expérimenter une politique efficace et appropriée pour le secteur privé », selon Pierre Ndiaye.

Un précieux outil d’aide à la décision
Le représentant du secteur privé, Serigne Mboup, qui est également le président de l’Union nationale des chambres de commerce du Sénégal (Unccias), souhaite l’implantation des zones économiques spéciales un peu partout au Sénégal et au plus vite. Car, a-t-il dit, « leur importance pour le développement économique n’est plus à démontrer ».

Le Conseiller spécial du Premier ministre, Moubarack Lô a salué l’initiative du ministère de la Promotion des investissements soulignant que « c’est la première fois que le Sénégal dispose d’une étude aussi complète et fouillée sur le développement des Zones économiques spéciales ». Il a suggéré d’aller plus vite dans leur mise en place. « Au Sénégal, on est très fort en planification, mais nous avons des difficultés dans la mise en œuvre. Il faut aller de l’avant et vite car les zones économiques spéciales constituent un moyen d’accélération des investissements et des exportations qui restent des facteurs clés d’émergence », a-t-il préconisé.

Arsénal législatif robuste
En principe, la création de zones économiques spéciales ne devrait pas rencontrer des problèmes majeurs puisque le Sénégal a pris les devants en adoptant des textes législatifs et réglementaires. Il s’agit notamment de la loi du 6 janvier 2017 portant sur la gouvernance de ces zones, la loi du 6 janvier 2017 portant sur les dispositifs incitatifs applicables dans ces zones sans oublier le Comité paritaire public-privé, organe de gouvernance de ces zones. Ce corpus juridique nouveau est en train de démontrer les preuves de son opportunité, selon Khoudia Mbaye, soutenant qu’il a permis l’adoption d’un décret portant création de la zone économique spéciale de Diass et d’un autre décret portant admission du Parc industriel intégré de Diamniadio au régime de ces zones. Assurant que d’autres actes similaires de création de zone économique spéciale suivront, le ministre a déclaré que cet arsenal robuste de textes législatifs et réglementaires « nous donne raison de penser que notre pays saura gagner en compétitivité notamment sur les coûts des facteurs de production, la qualité des services, les infrastructures de soutien à la production ».

Elhadji Ibrahima THIAM

L’administrateur général du Fonds de garantie des investissements prioritaires (Fongip) a révélé, hier, que le volume de financement de sa structure a dépassé les 40 milliards de FCfa. Doudou Kâ a précisé que tous les 45 départements du pays ont bénéficié de ces financements. « Je suis fier que le Fongip ait pu avoir ces résultats en trois ans d’existence et toucher tous les départements », a-t-il déclaré, au cours d’une conférence de presse. Selon l’administrateur général du Fongip, une étude a montré que les différentes mutuelles de femmes financées l’ont été grâce à un concours financier du Fongip qui pouvait aller jusqu’à 200 millions de FCfa.

S. Diam SY

Afin de les imprégner des étapes de préparation des marchés d’acquisition et d’échanger sur les modifications apportées au code des marchés publics, le ministère de la Jeunesse, de l’Emploi et de la Construction citoyenne organise, depuis hier, un atelier de mise à niveau à l’intention de ses administrateurs de crédits, de ses gestionnaires, de ses comptables-matières et des membres de la commission des marchés.

Depuis 2007, avec les réformes ayant conduit à la création de la Direction centrale des marchés publics (Dcmp) et de l’Autorité de régulation des marchés publics (Armp), le Code des marchés publics ne cesse de connaître d’innovations et d’améliorations. Au point qu’en 2014, un décret portant nouveau code des marchés publics a été adopté. Les nouvelles dispositions que ce texte contient doivent être comprises et bien assimilées par les administrateurs de crédits, les gestionnaires, les comptables-matières et les membres de la commission des marchés des différentes structures publiques afin d’assurer une meilleure gestion des deniers publics.

C’est dans cette optique de renouvellement permanent des connaissances sur les procédures depassation des marchés que s’inscrit l’atelier de mise à niveau de deux jours qu’organise, depuis hier, à l’intention d’une vingtaine de ses agents, le ministère de la Jeunesse, de l’Emploi et de la Construction citoyenne. Cet atelier est la première activité de la Cellule de passation des marchés (Cpm) dudit ministère pour 2017. « C’est une réponse aux besoins de formation en passation de marchés exprimés par certains services », a expliqué Alassane Diallo, coordonnateur de la Cellule de passation des marchés. A travers cette rencontre, les participants auront l’occasion de s’imprégner des étapes de préparation des marchés des acquisitions et d’échanger sur les modifications apportées au code des marchés publics.

Flexibilité
Revenant sur quelques unes des nouvelles dispositions du Code du marché, Fatou Bara Ndiaye Mbengue de la Direction centrale des marchés publics a rappelé que celles-ci s’inscrivent dans un souci de rendre plus flexibles les procédures de passation de marchés. « Avec le premier décret de 2011, il y avait beaucoup de manquements, de lenteurs dans les procédures et la Dcmp était submergée de dossiers. C’est pourquoi, entre autres mesures, il a été décidé de relever le seuil jusqu’à 50 millions de FCfa, c’est-à-dire que ce sont les Cellule de passation des marchés qui se chargent des marchés qui ne dépassent pas 50 millions de FCfa », a-t-elle expliqué. Mais elle s’empresse d’ajouter que cela ne signifie pas que les contrôles sont moins stricts. « Cela n’induit pas forcément moins de transparence et de clarté dans les marchés. La Cpm se pose comme un agent de la Dcmp sans oublier que l’Armp est chargée de vérifier à posteriori si les demandes de renseignement de prix se déroulent au mieux », a-t-elle déclaré.

Selon Mme Mbengue, dans les nouvelles missions de la Dcmp, la formation et le partage de bonnes pratiques figurent en bonne place. « C’est vrai, le code n’est pas parfait. Il y a des lenteurs qui sont dues parfois aux textes mais aussi parfois aux pratiques. C’est pourquoi, il est important d’avoir ces formations. On a des leviers qui peuvent nous permettre d’aller plus vite et bien en respectant la transparence et l’équité », a-t-elle dit. Pour le Secrétaire général du ministère de la Jeunesse, de l’Emploi et de la Construction citoyenne, Luciano Gabriel Preira, l’exigence de transparence, de responsabilité et d’efficience dans la gestion des affaires publiques prônée par le chef de l’État s’applique à la fois à l’État et à ses différents démembrements mais aussi à tous les acteurs impliqués dans la commande publique notamment, les administrateurs de crédits, les comptables matières et les gestionnaires.

C’est pourquoi, au nom du ministre Mame Mbaye Niang, il s’est félicité de la tenue de cette formation qui, pense-t-il, permettra aux bénéficiaires de mieux comprendre le cadre réglementaire et institutionnel des marchés publics ainsi que les innovations apportées par le nouveau code des marchés publics.

Elhadji Ibrahima THIAM

Le Projet d’appui à la sécurité alimentaire (Pasa-Loumakaf) va mettre à la disposition de la région de Kaffrine 60 tonnes de semences de riz dans le cadre de la campagne agricole 2017-2018, a annoncé, hier, un de ses coordonnateurs, Abdou Niang Thiam. « Cette année, nous allons remettre aux producteurs de la région de Kaffrine 60 tonnes de semences de riz. Le fournisseur est à pied d’œuvre. Et, à partir de la semaine prochaine, toutes les semences seront disponibles auprès de chaque producteur », a dit M. Thiam. Selon lui, le Pasa-Loumakaf qui intervient dans les régions de Louga, Matam et Kaffrine envisage de terminer tous les semis dès la fin de ce mois de juin. « C’est pour cette raison, a-t-il souligné, que le Pasa–Loumakaf a acquis 100 semoirs qui permettront à 2.000 femmes de faire le semis sans problème. » Elles pourront faire le planning et faire de très bons semis, a soutenu Abdou Niang Thiam. « Cette année, nous comptons emblaver 2.000 hectares. Et nous pouvons atteindre cette surface vu que les semences sont déjà disponibles », a ajouté M. Thiam.

APS

Augmenter les investissements privés dans les infrastructures de transport et de distribution d’électricité encore peu développées en Afrique. C’est la recommandation de la Banque mondiale dans un rapport rendu public, hier.

Dans un nouveau rapport rendu public, hier, la Banque mondiale appelle à augmenter les investissements privés dans les infrastructures de transport et de distribution d’électricité encore sous développées en Afrique. L’institution financière note que sans ces investissements, le continent ne pourra pas atteindre ses objectifs énergétiques. En effet, à peine 35 % de la population africaine a accès à l’électricité avec des capacités de production de seulement 100 GW. Dans l’accès à l’électricité, le continent est en retard sur le reste du monde. Le niveau de consommation des Africains raccordés à l’électricité est faible et le service « peu fiable et coûteux ». Selon la Banque mondiale, les infrastructures de transport sont un élément clé de la chaîne de valeur du secteur de l’électricité. Parallèlement à la production et à la distribution du courant, l’amélioration des infrastructures et leur déploiement sont essentiels pour remédier aux problèmes d’accès. «Jusqu’ici, le transport d’électricité en Afrique a été financé sur fonds publics et les nouveaux modes de financement faisant appel au secteur privé n’ont pas reçu une attention suffisante des décideurs ou des investisseurs », estiment les auteurs du document. Le rapport s’intéresse aux investissements effectués par des opérateurs privés à travers le monde, avant d’examiner si une telle stratégie serait applicable en Afrique subsaharienne, en s’inspirant de l’expérience réussie dans de nombreux pays d’Amérique latine et d’Asie. « L’Afrique pourrait bénéficier de ces financements privés qui ont facilité le déploiement d’infrastructures de transport d’électricité dans de nombreuses régions du monde. Mais pour attirer les investisseurs, les gouvernements doivent adopter des politiques capables de sous-tendre cette stratégie et mettre en place un environnement commercial, réglementaire et juridique adapté afin de nourrir leur intérêt », estime Riccardo Puliti, directeur principal du pôle mondial d’expertise en énergie et industries extractives à la Banque mondiale.

Recommandations
On estime qu’entre 3,2 et 4,3 milliards de dollars d’investissements seraient requis, par an, pour étendre le réseau de transport d’électricité sur la période 2015-2040. Il s’agit d’opérations critiques pour fournir une énergie fiable et bon marché aux ménages et aux industries.

Le rapport s’est également penché sur des projets indépendants de transport d’électricité dans cinq pays : Brésil, Chili, Inde, Pérou et Philippines où des réformes d’envergure pour privatiser le secteur de l’énergie ont été engagées.

Le recours à des lignes de transport financées par des intérêts privés au Brésil, au Chili, en Inde et au Pérou a permis de lever plus de 24,5 milliards de dollars d’investissements privés entre 1998 et 2015 et de déployer 100.000 kilomètres de nouvelles lignes de transport. Le rapport met aussi en avant une série de recommandations que chaque pays pourra adapter à son contexte et souligne les dix étapes à suivre pour ouvrir le secteur du transport d’électricité à des opérateurs privés indépendants. Il faut notamment mettre en place un cadre juridique et réglementaire adapté ; introduire de nouveaux modèles de prêts à des conditions de faveur ; instaurer des processus d’appels d’offres ; assurer un flux adéquat de recettes et prévoir des instruments de rehaussement de crédit à l’appui des projets ou encore bien sélectionner et monter les projets en vue d’attirer des investisseurs internationaux.

Aliou KANDE

L’Uemoa table sur une croissance de 6, 9 %, en 2017, après 6, 7 % en 2016. Le gouverneur de la Bceao, Tiémoko Meyliet Koné estime que ce taux est « très satisfaisant ». Il s’exprimait, hier, à l’issue de la 2e réunion ordinaire de l’année du Comité de politique monétaire.

Dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), il est attendu un taux de croissance de 6,9 % cette année contre 6, 7 % en 2016 et 6,6 % en 2015. La Banque centrale des États de l’Afrique l’ouest (Bceao) a rendu public, hier, cette projection, à l’issue de la 2e réunion ordinaire de l’année 2017, du Comité de politique monétaire (Cpm) présidée par le gouverneur Tiémoko Meyliet Koné. Le comité a passé en revue les principales évolutions de la conjoncture économique, les facteurs de risque pouvant peser sur les prix et la croissance économique de l’union. Dans l’Uemoa, il est noté la consolidation du dynamisme de l’activité économique au cours du premier trimestre de l’année 2017, dans le communiqué lu par le directeur de la conjoncture économique et des analyses monétaires, Antonin Dossou Sourou. Le taux de croissance du Produit intérieur brut (Pib) de l’union, en glissement annuel, est ressorti à 6,6 % contre 6,5 % le trimestre précédent. Pour le gouverneur de la Bceao, Tiémoko Meyliet Koné, ce taux de croissance est «très satisfaisant ». « Les éléments disponibles pour le financement nous paraissent convenir à la situation », a-t-il apprécié.

Taux d’intérêt inchangés
Le déficit budgétaire pour l’année 2017, base engagements, dons compris, se maintiendrait à 4,4 % du Pib comme en 2016. Le comité a exhorté les Etats à déployer plus d’efforts dans la mobilisation des recettes fiscales et à rationaliser davantage les dépenses publiques.

A l’échelle mondiale, le comité note une bonne dynamique de l’activité économique au premier trimestre 2017 sous l’effet notamment de la bonne tenue de la croissance dans les pays développés et de la poursuite de l’amélioration de la conjoncture dans les pays émergents. « Les cours des principaux produits de base exportés par les pays de l’union se sont accrus, à l’exception de ceux du cacao, de l’huile de palme et de l’or », a-t-il souligné. Les hausses trimestrielles les plus significatives ont concerné le pétrole, le caoutchouc, la noix de cajou, le coton et le café.

Au regard de ces évolutions, le comité a décidé de maintenir inchangés le taux d’intérêt minimum de soumission aux opérations d’appels d’offres d’injection de liquidité et le taux d’intérêt du guichet de prêt marginal respectivement à 2,50 % et à 4,50 %. Le gouverneur de la Bceao souligne que le taux d’intérêt minimum de soumission, en 2016, est le plus bas en Afrique. « A travers ce taux, la banque centrale a voulu soutenir les efforts de croissance constatés dans les États membres notamment par un taux le plus bas possible », a déclaré Tiémoko Meyliet Koné. Il a soutenu que ce taux doit être un taux de référence pour l’ensemble du système bancaire et des opérations de prêts qui se font dans l’économie. S’agissant du taux d’intérêt du guichet de prêt marginal, le gouverneur a indiqué que « c’est le taux ultime, le plus élevé que la banque centrale peut faire d’autant que tout dépend de la situation des banques, de la nature des concours sollicités pour faire face au financement de l’économie ». « C’est pour cette raison que nous maintenons inchangés ces taux. Rien dans la situation économique actuelle, rien en ce qui concerne l’inflation (hausse des prix) ne nous permet de les modifier », a-t-il expliqué. S’agissant enfin du coefficient de réserves obligatoires applicable aux banques de l’union, il demeure fixé à 3,0 %.

Souleymane Diam SY

Analysant l’évolution des prix dans l’union, le Comité a relevé que le taux d’inflation dans l’Uemoa, en glissement annuel, est ressorti à 0,8 % au premier trimestre 2017 contre un niveau de -0,3 % le trimestre précédent. Cette évolution s’explique par la hausse des prix des produits alimentaires, le renchérissement des services de logement ainsi que des tarifs de transport en liaison avec le rebond récent des prix du pétrole. « L’inflation a été négative au premier trimestre. Il est évident que ce n’est pas ce qui est souhaitable pour que l’économie progresse », a commenté le gouverneur de la Bceao. Il a rappelé que l’objectif fixé concernant le taux d’inflation est de ne point dépasser 3 %. « C’est pour cela que nous prenons toutes les dispositions en matière économique et monétaire pour que le taux d’inflation ne soit pas élevé ; car s’il l’est, c’est une contreperformance pour l’économie, toute la production et tout ce qui milite à la croissance de l’activité économique et de transformation », a dit Tiémoko Meyliet Koné. Dans vingt-quatre mois, le taux d’inflation, en glissement annuel, est projeté à 1,7 % en phase avec l’objectif de stabilité des prix poursuivi par la banque centrale. Le gouverneur de la Bceao estime que cette projection est raisonnable comparée à l’objectif de 3%. « C’est tout à fait normal parce qu’il y a un certain nombre de produits dont les prix ont augmenté », a-t-il expliqué.

S. Diam SY

Selon le Rapport sur l’investissement dans le monde 2017 de la Conférence des nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), intitulé « l’investissement et économie numérique », qui vient d’être lancé, hier, à Genève, l’investissement étranger direct dans le monde devrait progresser pour atteindre 1800 milliards de dollars cette année.

L’investissement étranger direct (Ied) mondial devrait progresser de 5 % pour atteindre 1 800 milliards de dollars en 2017, après avoir enregistré un léger repli (2 %) en 2016, pour s’établir à 1.750 milliards de dollars, selon le Rapport sur l’investissement dans le monde 2017, intitulé « l’investissement et économie numérique » lancé hier.

Pour cette institution des Nations unies, ces projections optimistes s’expliquent par des perspectives de croissance économique plus forte dans les principales régions, une reprise de la croissance des échanges commerciaux et un rétablissement des bénéfices des entreprises. Les flux devraient augmenter encore légèrement en 2018 pour s’établir à 1 850 milliards de dollars. Les États-Unis d’Amérique, la Chine et l’Inde devraient être les principales destinations de ces investissements. Le rapport de la Cnuced montre qu’en 2016, les États-Unis sont restés le premier pays d’accueil des investissements étrangers directs avec 391 milliards de dollars, soit une progression de 12 % sur un an, suivis par le Royaume-Uni. L’Irlande du Nord est passée de la quatorzième à la deuxième place avec 254 milliards de dollars sous l’effet d’importantes opérations de fusions-acquisitions transfrontières. La Chine occupait la troisième place avec 134 milliards de dollars, une légère baisse de 1 % par rapport à 2015.

Les États-Unis sont restés le premier pays d’origine des investissements étrangers directs en 2016 en dépit d’un léger fléchissement des flux (-1 %), pour s’établir à 299 milliards de dollars. Les flux en provenance des pays en développement ont stagné à 383 milliards de dollars malgré une forte augmentation des investissements étrangers directs chinois. La Chine est le deuxième pays investisseur dans le monde.

Le Rapport sur l’investissement dans le monde 2017 qui suit l’activité économique internationale dans un certain nombre de domaines montre que les flux d’investissements étrangers directs à destination du Groupe des 20 (G20) ont dépassé la barre des 1 000 milliards de dollars pour la première fois. La situation dans les grands groupes économiques, tels que le G20 et le Forum de coopération économique Asie-Pacifique a fortement influencé les tendances mondiales en matière d’investissements étrangers directs. L’investissement étranger direct intragroupes a gagné en importance dans nombre de groupes régionaux.

Mamadou SY

Le programme du Fonds monétaire international (Fmi) destiné à aider le Sénégal à se doter d’un système de télépaiement des impôts a permis une hausse du taux de pression fiscale et une réduction « de l’ampleur de la fraude », a indiqué, mercredi, la directrice générale du Fmi.

« Au Sénégal, le Fmi a lancé un programme ciblé pour aider les autorités à adopter un système de télépaiement des impôts. Ce programme a contribué à augmenter le taux de pression fiscale et à réduire l’ampleur de la fraude », a déclaré Christine Lagarde, en donnant en exemple le Sénégal comme un des pays où les efforts de mobilisation des recettes portent leurs fruits. Intervenant lors des journées européennes du développement à Bruxelles, en Belgique, Mme Lagarde affirme que Dakar et son institution ne se sont pas arrêtés en si bon chemin. « En 2016, le Fmi et le Sénégal ont organisé un + hackathon + à Dakar, où les participants à des ateliers ont cherché des moyens créatifs de simplifier les obligations des contribuables », a-t-elle signalé dans un discours publié sur le site officiel du fonds.

Outre le Sénégal, la patronne du Fmi a donné l’exemple de la Mongolie, un pays où « 430 grands entreprises génèrent 50 % environ des recettes fiscales ». « Les autorités ont demandé au Fmi de les aider à renforcer le système fiscal. Nous avons travaillé avec elles pour améliorer la transparence et le respect des obligations fiscales. Après l’achèvement de ce programme, le service des grands contribuables enregistrait un taux de déclaration dans les délais de près de 100 %, et les contribuables affirmaient avoir retrouvé confiance dans le système », a-t-elle dit. Selon elle, en 2016, le Fmi a « travaillé avec plus de 130 pays pour améliorer la mobilisation des recettes publiques ». « La demande de la part de nos pays membres augmente régulièrement. En 2016,50 % de nos actions de développement des capacités en matière de finances publiques portaient sur la gestion des recettes et la politique fiscale. Nous prévoyons de redoubler d’efforts cette année, en nous concentrant sur les pays en développement », a-t-elle expliqué.

D’après Mme Lagarde, « dans les pays en développement, les impôts recouvrés représentent généralement entre 10 % et 20 % du Pib alors qu’en moyenne, dans les pays avancés, cette proportion est plutôt proche de 40 % ». Elle indique pourtant que « des études réalisées par les services du Fmi montrent que les pays en développement pourraient viser à recouvrir l’équivalent de 15 % du Pib pour améliorer leurs perspectives d’une croissance stable et durable ».

Mais la réalité est que « certains pays en sont encore loin », a déploré Mme Lagarde. « En Somalie, les recettes fiscales représentent moins de 2 % du Pib, en République du Congo 6 % environ et en Afghanistan et au Myanmar, 7 à 8 % seulement », déplore-t-elle. Mais pour elle, le tableau est loin d’être totalement sombre. « La bonne nouvelle, c’est que nous savons ce qui marche », a-t-elle souligné, donnant l’exemple de la Mongolie et du Sénégal.

APS

Les populations de 40 villages éloignés du réseau de distribution d’électricité de la Senelec des régions de Tambacounda, Kolda, Sédhiou et Ziguinchor vont bientôt sortir de l’obscurité.

Une quarantaine de techniciens venus de ces 4 régions vient de terminer une formation de deux jours, à Kolda, sur l’opération et la maintenance des mini-centrales solaires qui seront bientôt implantées dans ces localités. Le coût du projet est estimé à plus de 5 milliards de FCfa dont 74 % de l’Union européenne et 26 % de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (Aser) pour une durée de 4 ans. Ce programme s’inscrit dans la mise en œuvre du Projet de développement durable des énergies renouvelables au Sénégal. « Cette rencontre concerne la formation des techniciens locaux qui seront appelés à prendre en charge l’opération et la maintenance des mini-centrales solaires qu’on va implanter dans les villages. Ce sont des techniciens locaux qui sont issus des villages qui sont formés et qui seront intégrés dans Énergie-R en tant que relais dans les villages pour une maintenance quotidienne, préventive et correctionnelle des équipements que nous allons installés dans ce projet », a expliqué Yvonne Faye, Directrice générale du Projet de développement durable des énergies renouvelables pour le Sud-est Sénégal. 

Le projet va installer des mini-centrales avec des panneaux solaires photovoltaïques dans ces localités pour produire de l’électricité. Ces mini-centrales dont la capacité varie entre 15 et 40 Kw seront dotées d’équipements de production et de distribution de l’électricité. Pour réussir ce pari, le projet va installer un mini réseau de distribution dans les villages bénéficiaires et sur lequel les ménages et les activités génératrices de revenus (ex : la motorisation, la production, la congélation et la conservation des produits) pourront se raccorder pour disposer de l’électricité. Ce projet constitue une véritable bouffée d’oxygène pour ces populations qui, en plus de leur éloignement du réseau de la Senelec, vivent dans des localités difficile d’accès pour les opérateurs avec un niveau de revenu intermédiaire et un pouvoir d’achat relativement faible. Et elles n’ont aucune chance d’être raccordées au réseau de la Société nationale d’électricité du Sénégal d’ici à quelques années, si l’on en croît Mme Faye.

Mamadou Aliou DIALLO

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