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Affaires et Finances (1781)

Le ministre français de l’Économie et des Finances, Michel Sapin, a déclaré que le Train express régional (Ter) est « l’un des grands projets d’avenir extrêmement structurants et indispensables au développement économique du Sénégal ». Il a visité, dimanche, la maison du Ter. Selon lui, ce projet est une « vision d’avenir du Sénégal ».

Michel Sapin, ministre français de l’Économie et des Finances a visité, dimanche, la maison du Train express régional (Ter), sise à l’ancienne gare ferroviaire de Dakar. Sur place, il a eu droit à une explication détaillée du projet. Dans son exposé, le directeur général de l’Apix, Mountaga Sy et ses collaborateurs sont largement revenus sur les enjeux et l’état d’avancement du projet. M. Sy a indiqué que 12 kilomètres de piste, soit 33 % des travaux ont été déjà terrassés à partir de la gare de Diamniadio.

Il a ajouté que la libération des emprises suit son cours, tout en précisant que sur les trois départements concernés par le projet, Pikine est le plus impacté avec 7 307 personnes affectées contre 2 661 pour Dakar et 1 247 pour Rufisque. «C’est un Sénégal en croissance, fort et puissant qui a la capacité d’apporter à une grande partie de sa population des ressources nouvelles. Ce projet fait partie de ce développement de l’avenir du Sénégal », a commenté le ministre français de l’Économie et des Finances qualifiant cette visite d’instructive et explicite qui « montre l’intérêt profond que représente cette infrastructure pour le développement urbain, le développement au profit des habitants et pour le développement économique ». Michel Sapin a estimé que le Ter est « l’un des grands projets d’avenir extrêmement structurants et indispensables à un bon développement de cette grande agglomération qu’est Dakar et sa banlieue ». Il a expliqué son déplacement à Dakar par cette volonté de faire avancer le projet le « plus vite possible » pour que « la France puisse apporter sa contribution au financement de ce très important investissement ».

Selon Michel Sapin, l’économie sénégalaise profitera de ce projet. Outre le transfert de technologies, il y a la mise en œuvre d’un certain nombre de travaux en accord contractuel avec des entreprises sénégalaises et la création d’emplois. « Pour nous, a indiqué Michel Sapin, ce choix du Sénégal est conforme à nos valeurs, à nos envies d’apporter un appui au développement du Sénégal ».

Le ministre sénégalais de l’Économie et des Finances, Amadou Bâ, a salué ce déplacement de son collègue français à qui il a rendu hommage pour son soutien et son accompagnement dans la mise en œuvre de cette vision du président de la République du Sénégal. Il s’est dit satisfait du niveau d’avancement du projet de la mobilisation des ressources. « Tout est au point ».
Le projet avance et nous sommes dans les délais. Aujourd’hui, nous sommes dans la phase de réalisation », a rassuré le ministre qui se dit heureux de voir prochainement « les Sénégalais se déplacer en train électrique rapide et surtout maîtriser leur temps ».

Le Ter constituera la première liaison ferroviaire électrique rapide du Sénégal. Il empruntera le même corridor de la ligne Dakar-Saint-Louis sur la section allant de Dakar à Diamniadio. Le Ter desservira 14 gares à une vitesse de 160 km/h avant de terminer son parcours à l’Aéroport international Blaise Diagne.

Souleymane Diam SY

Le Sénégal a obtenu, de la Banque africaine de développement (Bad), un prêt de 114,34 millions d’euros, soit environ 70 milliards de FCfa au profit du Programme de modernisation des villes (Promovilles). La signature de cette convention de prêt a été signée en marge de la réunion des ministres des Finances de la zone Franc à Abidjan par le ministre Amadou Bâ et Janvier Litse, directeur général du bureau régional de la Bad pour l’Afrique de l’ouest, indique un communiqué du ministère des Finances.

Ce prêt concerne la phase 1 du Promovilles. Selon le document, Promovilles vise à augmenter le taux d’équipements collectifs et à améliorer les capacités de mobilisation des ressources financières propres des collectivités locales des zones urbaines. «Compte tenu du nombre important de communes-villes au Sénégal (557), le programme sera décomposé en plusieurs phases. La première consistera à doter 13 communes-villes dont 10 capitales régionales d’infrastructures de base par la construction ou réhabilitation d’environ 78,20 kilomètres de voiries avec leur assainissement et éclairage public », précise-t-on. En outre, l’aménagement d’espaces paysagers et de système d’information géographique aidera les communes-villes à bien maîtriser leur territoire. Des aménagements connexes constitués d’infrastructures socioéconomiques et d’appui aux femmes et aux jeunes sont également prévus ainsi que l’appui aux services techniques communaux et la formation des jeunes aux métiers d’entretien routier à travers des chantiers-écoles. Les autres phases consisteront à amplifier les actions menées sur ces 13 communes-villes ou à les mettre en œuvre dans les autres collectivités locales du pays.

Aliou KANDE

Mettre en place des boutiques de distribution d’intrants agricoles, c’est l’une des stratégies préconisées par des acteurs du secteur pour pallier, entre autres, la faible utilisation des semences certifiées par les producteurs sénégalais.

La faiblesse du taux d’utilisation des intrants agricoles notamment des semences certifiées est-elle le talon d’Achille de cet important secteur de l’économie sénégalaise ? C’est en tout cas l’une des conclusions d’une étude de référence initiée par le projet « Natal Mbay Feed the Future » dans les zones de culture au Sénégal. Il ressort de cette enquête que dans la zone de la région naturelle de la Casamance où l’on note le taux le plus élevé dans le pays, il se situe à 9,6 % contre 7,8 % dans le bassin arachidier. Dans l’ensemble, pour les intrants dans leur totalité, la moyenne générale se situe approximativement autour de 12,20 % toute spéculation confondue.

Un constat amer pour les acteurs du secteur primaire qui, à l’instar de l’administrateur général de « Kaolack Semences et Céréales » soutiennent que «l’utilisation des semences certifiées est primordiale pour une agriculture performante». Une déclaration faite à l’ouverture officielle de la journée « Portes ouvertes» organisée par sa structure en partenariat avec « Natal Mbay » et la fondation Sygenta, dans l’optique de sensibiliser les producteurs des bienfaits d’une utilisation systématique des semences certifiées pour le développement du secteur. «La faiblesse de l’utilisation des intrants plombe notre agriculture.

D’une part, il y a la méconnaissance des avantages de ces intrants et d’autre part leur disponibilité pour les usagers. C’est pourquoi, nous avons préconisé la mise en place de boutiques de proximité dans les grandes zones de production agricole pour faciliter l’accès », a déclaré l’administrateur du premier centre de conditionnement et de triage de semences du bassin arachidier. Une journée démarrée par la visite des installations précitées par les autorités administratives conduites par le gouverneur Al Hassan Sall et des délégués d’organisations de producteurs du bassin arachidier. Le chef de l’exécutif régional, qui a loué cet exemple réussi de Partenariat public-privé (Ppp), a exhorté les producteurs de la région de Kaolack à s’inscrire dans une dynamique d’utilisation généralisée des intrants agricoles en vue d’atteindre l’émergence dans le secteur. Le centre de conditionnement et de triage de Kahone au sud est de la ville de Kaolack est le fruit d’investisseurs privés sénégalais dont le promoteur de « Toolu Baye » avec l’appui de l’État et la coopération américaine.

Elimane FALL

La région de Kolda abritera, du 12 au 13 mai prochains, la caravane des Petites et moyennes entreprises (Pme) locales. L’annonce a été faite par Ismaïlia Dionne, chef de Division à la Direction des petites et moyennes entreprises du ministère du Commerce en charge des Pme lors d’une rencontre préparatoire de cet évènement, tenue vendredi, à Kolda. Les différents orateurs ont mis à profit cette rencontre pour évoquer les contraintes qui plombent le développement des petites et moyennes entreprises de la région dont la méconnaissance des procédures de création des entreprises, le problème d’accessibilité des structures d’encadrement et de financement des Pme, entre autres. Ils misent sur la tenue de cette caravane pour surmonter les goulots d’étranglement qui entravent le développement des entreprises locales. D’autant plus que la région de Kolda dispose d’énormes potentialités agricole-sylvo-pastorales et forestières qui peuvent largement contribuer au développement des Pme.

Parmi les principales filières porteuses, il y a le lait, le miel, l’anacarde, le fonio, le riz local, le maïs, la mangue, le bissap (oseille) et les fruits sauvages comme le pain de singe et les madd, entre autres. « Nous sommes ici dans une mission préparatoire de la caravane des Petites et moyennes entreprises pour l’édition 2017 que notre département compte organiser à Kolda. C’est un projet que nous avons commencé à dérouler l’année dernière et qui vise à rendre visible et accessible les dispositifs d’appui des Pme pour les acteurs du secteur informel. L’objet de notre mission à Kolda est de discuter avec les acteurs régionaux et de voir les modalités de préparation de cette caravane qui est importante pour le ministère du Commence en charge des Pme », a déclaré M. Dionne.

Parmi les principales activités qui sont prévues durant ces deux jours, il aura le village de la caravane qui abritera des stands pour les exposants des produits locaux et les structures d’encadrement en services financiers et non financiers comme la Direction des Pme, l’Adpme, le Bureau de mise à niveau et le Fongip, entre autres. Des ateliers thématiques qui serviront de cadre d’échanges sur les potentialités de la région de Kolda et les difficultés qui plombent le développement de ces filières seront également organisés. Les structures d’encadrement exposeront les opportunités en appui financier et technique qu’elles peuvent offrir aux Petites et moyennes entreprises.

Mamadou Aliou DIALLO

Face au boom des secteurs de production, notamment l’agriculture et l’agroalimentaire, l’Institut de technologie agricole (Ita) a lancé une formation à la carte adaptée aux besoins des bénéficiaires potentiels.

L’Institut de technologie alimentaire (Ita), active dans la recherche-développement et la valorisation des résultats de recherche, entend s’impliquer davantage dans la transformation de la production agricole. Face à la presse hier, son directeur général, le Dr Mamadou Amadou Seck a noté une production record dans l’agriculture, l’agroalimentaire, l’horticulture etc. D’où l’importance, selon lui, de relever le défi de la transformation. Il a estimé que celle-ci pourrait contribuer à booster la croissance de l’économie et à rééquilibrer la balance commerciale du Sénégal par la baisse de la facture des importations.

Ainsi, pour accompagner ce boom de l’agriculture et des secteurs de production, l’Ita a décidé de réajuster sa politique de formation. «Fort d’une importante enveloppe d’innovations et de technologies alimentaires, l’Ita a, dans la diffusion de ses résultats, développé des modules de formation adaptés aux besoins des bénéficiaires potentiels.

Il s’agit de formations diversifiées, de courtes durées, accessibles et réalisées rapidement à la demande du client dénommée Formation à la carte », a expliqué le Dr Mamadou Amadou Seck.
Contrairement au format classique, la nouvelle méthode ne fixe pas de nombre pour le démarrage de la formation qui peut durer un à cinq jours avec un coût moyen de 50.000 FCfa. Selon le Directeur général de l’Ita, cette formation embrasse tous les domaines de l’agroalimentaire (les procédés, les produits, les équipements et les emballages), toutes les filières comme les céréales et légumineuses, les fruits et légumes, les racines et les tubercules, le lait et les produits d’élevage, le poisson et les produits halieutiques ainsi que le contrôle qualité, la nutrition et la biotechnologie. Il a souligné que la formation à la carte est conçue pour contribuer à la promotion de l’auto-emploi des jeunes et à l’autocréation d’activités génératrices de revenus par les femmes du Sénégal. «En plus des cours théoriques délivrés par des chercheurs, il existe des travaux pratiques dirigés conduits par des techniciens expérimentés dans desusines pilotes où les bonnes pratiques de fabrication et d’hygiène sont appliquées à la lettre », a-t-il poursuivi.

Dr Mamadou Amadou Seck a lancé un appel à tous les porteurs de projets d’entreprises, les entrepreneurs du domaine agroalimentaire et les structures d’appui à venir se former à son institution qui dispose d’une expertise reconnue en la matière. «L’Ita a vécu plus d’un demi siècle entièrement consacré à la recherche-développement, de procédés, de produits et d’équipements, pour la valorisation de notre production agricole, horticole, halieutique, forestière etc. Beaucoup de ces résultats ont déjà servi à la création, au renforcement et à la relance d’unités agroalimentaires », a-t-il rappelé.

Cette formation en phase test fera l’objet d’une évaluation au mois de juillet. Le Directeur général de l’Ita a salué «l’importanttravail que fait la presse dans le domaine de la promotion des sciences et des technologies et des innovations en général, de l’agriculture et l’agroalimentaire». Il a indiqué que des reportages, des magazines et des dossiers entiers sont consacrés aux résultats de la recherche, aux acteurs de la recherche, aux résultats de leur impact sur le développement social et environnemental.

Diégane SARR

Le ministère du Commerce et Ecobank mutualisent leurs efforts pour apporter une réponse à la lancinante question du financement des Pme. Une convention a été signée, hier, dans ce sens, entre les deux parties par Alioune Sarr et le directeur d’Ecobank.

Le ministère du Commerce et Ecobank ont signé, hier, une convention pour l’accompagnement des Pme sénégalaises. Dans les termes du partenariat, Ecobank s’engage à collaborer avec les services du ministère pour apporter aux Pme sénégalaises des services financiers spécifiques, adaptés à leurs activités. La banque est aussi prête à collaborer avec les structures officielles d’appui et d’encadrement aux Pme pour la mise en place de programmes de financement spécifiques adaptés aux besoins de cette catégorie d’entreprises qui remplissent les conditions d’éligibilité requises par ses procédures internes. Selon les termes de l’accord, cette banque s’engage également à promouvoir, de concert avec les autres filiales du Groupe, l’expansion et le développement des Pme sénégalaises et leur accès aux autres marchés du réseau bancaire Ecobank etc.

De son côté, considérant qu’une des contraintes majeures auxquelles les Pme sont confrontées est l’accès au financement, le ministère du Commerce a pris l’engagement d’inciter toutes les structures d’appui aux Pme sous sa tutelle à collaborer avec la banque par la mise à disposition de toutes les informations d’ordre juridique, comptable, financier et administratif dont elles disposent sur les Pme qui sollicitent de crédits afin que la banque puisse apprécier le risque en toute connaissance de cause. En outre, le ministère du Commerce facilitera la mise en place d’un dispositif d’accompagnement, de coaching et de suivi des engagements des Pme bénéficiaires d’un crédit etc. « Le ministère en charge des Pme s’emploie, à travers les structures d’appui au secteur privé sous sa tutelle, notamment l’Adepme, l’Asepx et le Bureau de mise à niveau(Bmn), à lever les contraintes techniques et organisationnelles majeures qui empêchent les Pme d’avoir un meilleur accès aux crédits bancaires pour financer leurs investissements et les marchés auxquels elles accèdent », a declaré Alioune Sarr. Il a ajouté que la signature de cette convention constitue une voie « indiquée pour eux, de donner une réponse à la question d’un financement bancaire des marchés, de l’exploitation, des investissements et de la commercialisation ». Le ministre a insisté sur la nécessité d’opérationnaliser la convention en demandant à l’équipe d’Ecobank et à celle de son ministère, d’aller rapidement vers la signature d’accords spécifiques pour lever les contraintes techniques et financières « qui hypothèque une plus grande et efficace contribution des Pme à la croissance économique, à la création de valeurs et d’emplois ».

Ndiol Maka SECK

Les Pays-Bas, par le biais de son ambassade à Dakar, organise, du 19 au 21 avril, une mission économique au Sénégal. Le lancement est prévu le mercredi 19 avril prochain, à la résidence de l’ambassade des Pays‐Bas à Fann. «Conscients des opportunités économiques offertes par les secteurs agroalimentaire, industriel et maritime au Sénégal qui se développent, aujourd’hui, sous l’impulsion du Plan Sénégal émergent, une dizaine d’entreprises néerlandaises prendront part à un programme consistant à des rencontres avec les acteurs privés et publics impliqués dans le développement de ces secteurs », indique un communiqué de l’ambassade. Selon le document, l’événement le plus attendu est la rencontre business‐to‐business (B2B), durant laquelle entreprises sénégalaises et néerlandaises auront l’occasion de mieux faire connaissance pour planter les graines de partenariats privés fructueux. Pour l’ambassadeur des Pays‐Bas, les entreprises néerlandaises et sénégalaises sont de plus en plus conscientes des défis similaires auxquels elles font face. Elles partagent l’appartenance à un pays côtier qui sert de hub logistique pour sa région et offre énormément d’opportunités en ce qui concerne l’agriculture et le développement industriel. Ce qui constitue, à son avis, une base solide sur laquelle des partenariats gagnants-gagnants peuvent se développer.

Aliou KANDE

Conduisant une délégation du Medef, Patrick Fonlladosa se félicite du climat des affaires au Sénégal. Il se dit rassuré. Le président du Comité Afrique du Medef international dirige les activités de Veolia, spécialisé dans l’environnement en Afrique et au Moyen orient.

Vous êtes au Sénégal depuis mercredi pour rencontrer les autorités et vos homologues sénégalais. Quel sens donnez-vous à cette visite?
Cette visite s’inscrit dans l’approfondissement des relations commerciales entre la France et le Sénégal. Je dirige une petite délégation d’une quarantaine d’entreprises françaises qui viennent maintenir, voire amplifier les débouchés commerciaux qui sont dans le pays et tenter d’établir des liens plus forts avec les partenaires sénégalais. Nous avons eu la chance d’être reçu par le Premier ministre et certains membres du gouvernement qui nous ont beaucoup encouragés à l’investissement. Nous avons pu remarquer que la croissance de cette année et celle de l’an passé, le redressement des finances publiques ne sont plus un vain mot. Aujourd’hui, le Sénégal représente une opportunité particulièrement intéressante pour les entreprises françaises.

Malgré que la France soit le premier partenaire du Sénégal, vous êtes concurrencés par d’autres pays. Peut-on analyser votre visite comme une offensive de votre part?
La concurrence a un grand mérite. Elle vous oblige à vous dépasser. Il y a des gens qui viennent nous concurrencer avec un certain nombre d’équipements, de services qui n’ont pas la même philosophie que la nôtre. Nous abordons les marchés en partenaires, en termes d’emplois, de responsabilité sociale et environnementale. Et nos concurrents sont encore très loin de la qualité des entreprises françaises dans ce domaine.

Quels sont les secteurs dans lesquels vous comptez renforcer votre présence ?
Ils sont multiples. Il y a l’énergie, les transports puisqu’il y a de grands projets, l’agroalimentaire, les solutions numériques et tout l’univers des startups.

Que doivent faire les autorités pour vous encourager à investir davantage au Sénégal?
Un investisseur recherche la stabilité politique, une sécurité juridique de l’investissement, une certaine vision à long terme, c’est-à-dire un engagement au plus haut sommet de l’État sur les réformes publiques avec leurs effets commerciaux. Nous recherchons également des entreprises sénégalaises de qualité qui partagent, avec nous, le désir de progresser. Ce sont ces éléments qui, s’ils n’étaient pas réunis, il y a quelques années au Sénégal, le sont réellement aujourd’hui.

Après avoir écouté la présentation de l’Apix et d’après ce que vous venez de dire, on peut dire que vous êtes rassurés?
Oui, nous sommes rassurés.

Qu’est-ce qu’il y a lieu d’améliorer?
On peut toujours améliorer. Concernant la politique fiscale, il y a des éléments très incitatifs. Dans la présentation faite par l’Apix, j’ai vu des dérogations en fonction du niveau d’investissement. Cela est encourageant.

Qu’est-ce qui peut être encore amélioré ?
Bien évidemment, c’est la création des entreprises et la gestion des entreprises entre des investisseurs français et sénégalais. En fin, il y a toutes les facilités liées aux droits de douane et à la politique que peut avoir une entreprise installée au Sénégal pour avoir un développement régional.

On vient de découvrir du pétrole et du gaz au Sénégal. Sur ces deux ressources, que peut apporter le Medef ?
Pour le pétrole et le gaz, nous pouvons apporter notre technologie, notre savoir-faire immédiatement. Quand c’est basé sur une relation de confiance comme celle qui existe entre la France et le Sénégal, nous pouvons accélérer le développement du pays tout en faisant attention à ce que ces magnifiques ressources ne deviennent pas le mal que certains pays ont dû subir puisqu’on dit parfois que le pétrole place les pays dans le rang de rentier plutôt que dans le dynamisme. Le Sénégal est prévenu et le sait pour avoir vu certains pays de la sous région éprouver des difficultés. Il saura tirer le meilleur.

Propos recueillis par M. GUEYE

Malgré une contribution jugée encore faible par rapport à certains pays, les banques sénégalaises ont injecté, dans l’économie, plus de 3300 milliards de FCfa en 2015, a annoncé Mme Fall du ministère de l’Économie qui faisait la présentation sur : « La contribution de l’Observatoire de la qualité des services financiers (Oqsf) à la facilitation de l’accès au financement des Pme ». Selon elle, la contribution des banques, des services financiers et les différents fonds, dont la Bnde, le Fonsis, le Fongip, mis en place par le gouvernement pour appuyer les entreprises sénégalaises, a été certes déterminante, mais elle est en deçà des besoins du secteur privé. Elle a expliqué cette situation par les nombreuses contraintes au financement par les banques dont une offre de crédit limitée, un déficit de suivi de l’accompagnement des Pme, un manque de célérité dans la prise de décision. Ainsi, dans la facilitation de l’accès au financement des entreprises par les banques, établissements financiers et les différents fonds, elle a, entre autres, préconisé l’amélioration de la qualité des relations entre les opérateurs financiers et les Pme et l’élaboration ainsi que la mise en œuvre d’un programme d’éducation financière. 

Elle a également invité les entrepreneurs à formaliser l’activité de leur entreprise, à fournir la preuve de la rentabilité de l’activité et à mettre l’accent sur la capacité managériale de l’entreprise. Il faudra également, selon elle, analyser les besoins de financement et insister sur les modes de financement de l’entreprise.

M. SY

La contribution du secteur bancaire au financement de l’économie tourne autour de 36 % à fin 2015, selon le représentant du ministère de l’Économie et des Finances, Oumar Diallo qui participait à la réunion d’information sur la contribution de l’Observatoire de la qualité des services financiers (Oqsf) à la facilitation de l’accès au financement des Pme.

Contrairement aux taux observés dans des pays tels que le Maroc, la Tunisie et l’Afrique du Sud qui ressortent à plus de 70 %, la contribution du secteur bancaire au financement de l’économie sénégalaise tourne autour de 36 % à fin 2015, a indiqué, hier, le directeur de la Monnaie et du Crédit du ministère de l’Économie, des Finances et du Plan, Oumar Diallo. Il participait à la réunion d’information sur la contribution de l’Observatoire de la qualité des services financiers (Oqsf) à la facilitation de l’accès au financement des Pme. Cette rencontre devrait permettre d’apporter des éléments de réponse à bon nombre de préoccupations des Pme dont notamment la problématique des garanties au crédit et du niveau des taux d’intérêts débiteurs.

« Dans le contexte actuel de mise en œuvre du Pse dont les orientations stratégiques visent, entre autres, à donner plus d’éclat au classement du Doing Business à travers l’instauration d’un climat des affaires plus attractif, il apparait nécessaire de renforcer l’accompagnement de nos Pme qui représentent 90 % du tissu économique du Sénégal avec une contribution au Pib qui tourne autour de 33 % », a déclaré M. Diallo. Il a assuré que l’Oqsf a engagé divers chantiers centrés essentiellement sur l’appui et l’encadrement des Pme parmi lesquels l’élaboration d’un programme national d’éducation financière des Pme dont la première phase a permis la capacitation de 1200 entreprises dans le domaine de la gestion financière et comptable ainsi que sur la connaissance des produits et services financiers.

Pour le président de la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Dakar (Ciad), Daouda Thiam, nonobstant les importantes mesures qui ont été prises par les pouvoirs publics pour accompagner les Pme, il n’en demeure pas moins que l’accès au financement constitue un réel handicap pour le développement des entreprises sénégalaises. « Les organisations patronales et professionnelles ainsi que les Chambres consulaires, a-t-il déclaré, sont, aujourd’hui, conscientes de la nécessité de renforcer les capacités des Pme dans les domaines de la gestion financière et comptable et de la maîtrise des produits bancaire et financier ».

Le directeur général de l’Oqsf, Habib Ndao a noté que la présentation qui a été faite sur la contribution de son institution à la facilitation de l’accès au financement des Pme, devra mettre le focus sur les mécanismes innovants de facilitation de l’accès au financement comme le Fonsis, le Fongip, la Bnde, l’Adepme, le Bureau de mise à niveau des entreprises (Bmn) et les différents fonds d’appui, mis en place par les pouvoirs publics et qui s’imposent, aujourd’hui, comme de véritables instruments de la politique de l’État en facilitation d’accès au financement. Selon lui, l’Oqsf aurait failli à sa mission de promotion de la qualité de services financiers, s’il manquait à poser des actes contribuant à faire connaître davantage, au public, l’existence de « ces puissants leviers d’aide à l’accès au financement que nos pouvoirs publics ont mis en place dans le Pse afin de résoudre définitivement la lancinante équation de l’accès au crédit ».

Mamadou SY

Le ministre français des finances et des comptes publics, Michel Sapin, a soutenu, jeudi à Abidjan, que la zone franc n’est pas celle de la France mais celle de l’Afrique, invitant les Africains à faire des propositions sur l’avenir de cette zone. «La zone franc n’est pas la zone de la France, elle est la zone de l’Afrique (… ) qui doit être une zone entre les mains des Africains », a indiqué le ministre français au terme d’une rencontre de travail avec le président ivoirien, Alassane Ouattara. Poursuivant, Michel Sapin a fait remarquer que « c’est aux Africains de nous faire des propositions s’ils veulent». Le ministre français a salué les performances de cette partie de l’Afrique qui est, selon lui, une «zone de stabilité ». Sur les relations entre son pays et la Côte d’Ivoire, M. Sapin a fait le constat qu’il s’agit d’une histoire ancienne. « C’est une histoire ancienne, forte. C’est une histoire qui, aujourd’hui, se construit compte tenu de la manière dont la Côte d’Ivoire a retrouvé la stabilité », a-t-il conclu. Le ministre français des finances et des comptes publics, Michel Sapin, va participer, vendredi, à Abidjan, à la réunion des ministres des finances et des gouverneurs des banques centrales des États membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemao) ainsi qu’à celle de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) et des Comores. Le franc CFA, la monnaie commune à plusieurs pays africains francophones, sera au menu de cette rencontre.

APA

Pour vulgariser davantage les actions du Plan Sénégal émergent dans les secteurs touristiques et des transports aériens, ces deux départements ont signé, hier, deux conventions avec l’Agence de presse sénégalaise.

L’Agence de presse sénégalaise (Aps) a signé, hier, avec le ministère chargé du Suivi du Plan Sénégal émergent et celui du Tourisme et des Transports aériens, deux conventions de partenariat pour une plus grande vulgarisation des actions de ces deux départements.

Ils ont mis à la disposition de cette agence deux enveloppes de dix sept millions de FCfa et de douze millions de FCfa. Selon le Directeur de cabinet du ministère chargé du Suivi du Pse, « l’émergence n’est possible que si elle est appropriée par les populations, si elles se sentent concernées par ce qui se fait et sont conscientes de leur enjeu de développement ». « Cela suppose qu’elles ont de bonnes informations économiques et financières crédibles et vérifiées qui auront des impacts sur les négociations de l’État. Ainsi, dans la communication sur l’émergence, il est judicieux de tisser des partenariats avec les organes de service public comme l’Aps qui, de façon crédible, font remonter l’information économique à la base pour les partager avec l’opinion et les acteurs économiques », a déclaré M. Kane.

En effet, ces partenariats consisteront à donner à l’Agence de presse sénégalaise les moyens de faire des enquêtes sur les chiffres et les perspectives tracées par ce programme de développement, mais aussi de mettre le doigt sur les limites de celui-ci pour permettre à l’État de se rectifier.

« En collaboration avec 32 autres agences africaines et atlantiques, l’Aps dispose d’un relais puissant pour la mise en œuvre de ce programme mais aussi pour la vente de la destination Sénégal qui a des opportunités touristiques énormes à l’instar du climat, de ses différents sites (…). Ce qui va favoriser l’augmentation des flux touristiques qui induit sur l’emploi et la création de valeur ajoutée », a dit le directeur général de l’Agence de presse sénégalaise qui a estimé qu’au-delà des ressources de l’État, l’Aps souffre d’un problème de financement.

Marame Coumba SECK

Les commerçants du marché Thiaroye, à travers leur collectif, se sont engagés à faire une commande de 300 tonnes d’oignon par semaine pour aider à l’écoulement de la production locale. Ils ont fait cette annonce lors de la visite du ministre Alioune Sarr dans ce lieu de commerce qui accueille la plus grande partie de la production d’oignon du pays.

Le collectif des commerçants du marché de Thiaroye, le plus grand centre de commercialisation de l’oignon du pays, a pris l’engagement de commander, chaque semaine, plus de 300 tonnes, a indiqué le ministre du Commerce du secteur informel, de la consommation, de la promotion des produits locaux et des Pme, Alioune Sarr était en déplacement à Thiaroye pour vérifier si tout se passe bien. « Je félicite les commerçants de Thiaroye qui sont en train de respecter scrupuleusement les engagements qu’ils ont pris. A la veille de chaque événement religieux, j’ai l’habitude de vérifier l’approvisionnement convenable du marché en denrée. Nous fêtons Pâques dimanche prochain, il était important de constater que le marché est convenablement approvisionné d’une denrée que les Sénégalais consomment beaucoup », a déclaré le ministre. Il a assuré qu’il y a suffisamment d’oignon.

Le 28 mars dernier, un comité de commercialisation de l’oignon au Sénégal avait été mis en place par le ministère du Commerce du secteur informel, de la consommation, de la promotion des produits locaux et des Pme. Par la suite, des voix s’étaient levées du côté des commerçants du marché de Thiaroye pour dénoncer « un favoritisme ». Alioune Sarr a profité de cette visite pour lever un certain nombre d’équivoques. « Il y a avait un malentendu parce que dans un premier temps, c’était plus de 13 commerçants qui étaient désignés dans le comité. Ensuite, j’ai dit que c’est ouvert aux étrangers à plus forte raison aux Sénégalais qui en ont les capacités et qui respectent les chartes. Nous avons, aujourd’hui, près de 400.000 tonnes d’oignon produites. Il y a donc de la place pour tout le monde. Ce commerce n’est réservé à personne, il est ouvert à tout le monde. Ce qui intéresse le gouvernement, c’est d’avoir des acteurs qui accompagnent la production nationale », a précisé Alioune Sarr.

Les commerçants du marché de Thiaroye disent avoir enterré la hache de guerre après les explications du ministre. « Il s’agissait d’un malentendu. Avec le ministre, nous avons trouvé un terrain d’attente. Notre intention n’était pas de perturber le secteur parce que ce n’est pas de notre intérêt. Ce que nous cherchions, c’est d’être associés à ce qui se fait dans le secteur parce que nous sommes des acteurs incontournables », a déclaré Pape Ndao, membre du collectif. Il a assuré qu’il n’y aura aucune difficulté à écouler la production d’oignon. «Nous pouvons faire mieux que les 300 tonnes par semaine annoncées par le ministre », a soutenu le vieux commerçant. Lui emboitant le pas, Modou Mbaye, un autre commerçant, membre du collectif, a souligné que les tensions sont derrière eux parce qu’ils sont tombés d’accord sur presque tout avec le ministre. « L’information n’avait pas bien passée mais maintenant tout est clair », a affirmé Modou Mbaye.

2 500 tonnes d’oignon déjà commercialisées
Depuis la mise en place, le 28 mars dernier, du comité de commercialisation de l’oignon au Sénégal, plus de 2 500 tonnes ont été vendues au grand bonheur des producteurs, selon Alioune Sarr. Pour le ministre du Commerce, ce comité lui a aussi donné l’occasion de rencontrer les acteurs du secteur : les producteurs, dans le département de Podor, les commerçants, à Dakar, le 05 avril, et hier le collectif des commerçants du marché Thiaroye.

Ndiol Maka SECK

Le Programme de productivité agricole en Afrique de l’Ouest (Ppaao-Waapp) qui en est à sa dernière phase, a eu des résultats satisfaisants, selon Modou Mboup, conseiller technique au ministère de l’Agriculture et de l’Équipement rural. De l’avis de M. Mboup, ce projet financé par la Banque mondiale a généré 36 technologies et touché plus de 700 mille bénéficiaires dont 38% de femmes.

36 technologies ont été générées ou diffusées par le Programme de productivité agricole en Afrique de l’Ouest (Ppaao-Waapp). Cela a permis de toucher plus de 700 000 bénéficiaires. Des résultats jugés satisfaisants par Modou Mboup, Conseiller technique au ministère de l’Agriculture et de l’Équipement rural. Il présidait, hier, la journée du Ppaao-Waapp à la 18ème édition de la Foire internationale de l’agriculture et des ressources animales (Fiara). Il a rappelé que ce projet vise l’intensification de la production, la diffusion et l’adoption de technologies améliorées dans les filières prioritaires que sont les céréales sèches (mil, sorgho, maïs, fonio), les cultures associées (arachide, niébé et sésame), les productions animales (viande, lait) et les filières horticoles (tomates, mangue et oignon).

En termes d’acquis, a-t-il affirmé, le projet a enregistré, dans ces deux phases, des résultats bien appréciés par les bénéficiaires. «Il s’agit de 36 technologies qui ont fortement contribué à l’augmentation des rendements agricoles de plus de 15 % par rapport à la pratique paysanne traditionnelle, 71 projets de recherche ou de développement et de diffusion de technologies qui ont été financés (7 projets de production de semences, 60 variétés de semences homologuées et 10 nouvelles variétés d’arachide mises au point) », a révélé Modou Mboup. Il a précisé que les bénéficiaires du programme sont, à ce jour, au nombre de 733.500 dont 38 % de femmes.

Les bénéficiaires saluent l’apport du Ppaao
En plus, 250 chercheurs des structures, membres du Centre national de spécialisation (Institut sénégalais de recherches agricoles, Institut de technologie alimentaire) et d’étudiants bénéficient des formations diplômantes financées par le Pppaao. Il s’agit de 107 docteurs, 132 masters, 8 ingénieurs et 3 Dut. Il a précisé que c’est au prix d’un dur labeur, d’un bon esprit d’équipe et d’un engagement sans faille que ces résultats ont pu être obtenus par les différentes composantes du programme. Modou Mboup les a félicités et les a invités à travailler pour la pérennisation des acquis.

Coordonnatrice du Ppaao, Mariétou Diawara, après avoir fait une brève présentation du programme, a jugé utile de laisser les bénéficiaires donner leur appréciation. Ils ont salué l’apport inestimable du Ppaao dans l’amélioration de leur productivité. «Grâce au Ppaao, nous sommes parvenus à créer des emplois par la transformation des céréales locales», a confié Faty Niang, présidente d’un Gie qui s’active dans la transformation de la patate à Mboumba, dans le département de Podor. Codou Faye, une autre responsable de Gie bénéficiaire à Birkélane, n’a pas tari d’éloges pour le programme. « Grâce au Ppaao, nous sommes devenus émergents avec l’introduction de la technologie concernant la table de traitement de l’huile d’arachide. Ce qui nous permet de produire une huile saine », a indiqué Mme Faye. Les boulangers ne sont pas en reste. Par la voix de leur président, ils ont apprécié positivement l’apport du Ppaao dans leurs activités.

A. KANDE

Une délégation du Medef (le patronat français) effectue, depuis hier, jusqu’au 14 avril, une visite de travail au Sénégal. Avec une croissance de plus de 6 %, ces trois dernières années, le Sénégal, à travers le Pse, attire de nombreux investisseurs. Aujourd’hui, ces hommes d’affaires français rencontrent leurs homologues sénégalais du Cnp.

La question énergétique au Sénégal intéresse les entreprises françaises. Elles voient en la ressource naturelle (Soleil, par exemple), les centrales thermiques ainsi que la biomasse sénégalaise des opportunités de collaboration. 45 participants de 37 entreprises, 3 représentants de la Banque publique d’investissement, 2 du Medef international composent la délégation française qui séjourne, depuis hier, au Sénégal jusqu’au 14 avril. Conduite par Patrice Fonlladosa, président du comité Afrique de Medef international et président directeur général de Veolia Afrique et de Veolia Moyen-Orien, la délégation française sera reçue en audience par le président Macky Sall et le Premier ministre Mahammad Boun Abdallah Dionne. Les membres du patronat français seront également reçu, en audience, par Amadou Bâ, ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Thierno Alassane Sall, ministre de l’Énergie et du développement des Énergies renouvelables, Djiby Ndiaye, Directeur général de l’Agence nationale pour les énergie renouvelables du Sénégal et Baba Diallo, Directeur général de l’Agence sénégalaise de l’électrification rurale).

Ces hommes d’affaires français rencontrent, aujourd’hui, à 12 heures 30 minutes, leurs homologues sénégalais du Conseil national du Patronat.

Un secteur vital
« Comme beaucoup d’autres pays en Afrique, le Sénégal pose la question de l’accès à l’énergie », constate Jean-Claude Tuyishime, de Aqylon, une société française basée à Paris et présente dans le monde entier. Elle conçoit, fabrique et installe des solutions basées sur un « cycle organique de Rankine ». La technologie utilisée par Aqylon récupère la chaleur et la transformer en électricité. Dans la vision d’une meilleure maîtrise de l’énergie, Jean-Claude Tuyishime souhaite mettre en place des solutions adaptées au marché sénégalais et plus globalement au marché africain. « Contrairement aux turbines vapeur, nous n’avons pas recours à de l’eau dans notre système Orc, une source hautement sensible sur le continent », détaille-t-il. Une précision qu’il pense être en accord avec la stratégie sénégalaise de l’utilisation d’une énergie qui respecte l’environnement. « Nous sommes persuadés que le Sénégal peut-être un important marché notamment grâce à une politique énergétique ambitieuse du gouvernement actuel», estime Jean-Claude Tuyishime. «D’autres éléments concourent à cette position comme les ressources disponibles, une quantité importante de centrales thermiques qui fonctionnent et une disponibilité de la biomasse telle que les déchets de riz, les tiges de coton ou encore les coques d’anacarde », ajoute-t-il.

Nouer des partenariats
Ces hommes d’affaires français qui souhaitent conclure des projets déjà en discussion et nouer de nouveaux partenariats, profiteront de leur séjour pour mieux s’imprégner des opportunités du marché sénégalais et s’informer sur ses contraintes. Jean-Claude Tuyishime, veut, lui, rencontrer de hauts fonctionnaires du secteur de l’énergie. « Nous recherchons des industriels et des mines équipées de centrales thermique qui proposeront nos solutions», indique M. Tuyishime. «Nous souhaitons également nous adresser à des producteurs privés comme Aggreko, Apr, Tobene ou encore la Senelec », ajoute-t-il. L’entreprise française, en plus, propose des solutions s’adressant à des agro-industriels comme la Suneor, Novasen ou le complexe Agro-industriel de Touba, pour le secteur de l’anacarde ou encore le secteur de l’industrie du riz.

Le Sénégal n’est pas seulement un marché, il peut offrir également un savoir-faire et des compétences. « Nous sommes également à la recherche de partenaires tels que des bureaux d’études ou des agents impliqués dans le secteur de l’énergie. Nous avons besoin d’un appui des autorités afin de faciliter notre démarche », poursuit-il.

Moussa Diop

Les perspectives pour l’année 2017 restent positives avec un taux de croissance qui devrait se situer au dessus de 6 %, selon une mission du Fmi qui a séjourné au Sénégal du 30 mars au 12 avril 2017.

Les perspectives pour l’année 2017 restent positives avec un taux de croissance qui devrait se situer au dessus de 6 %, selon une mission du Fmi conduite par le chef de cette institution financière au Sénégal, Ali Mansoor qui a séjourné au Sénégal du 30 mars au 12 avril 2017. Selon la mission du Fmi au Sénégal, ce taux de croissance au dessus de 6 % requiert, toutefois, « la poursuite de la consolidation des marges de manœuvres budgétaires de l’État, le renforcement de la gestion des finances publiques et de la gouvernance, l’amélioration de l’environnement des affaires et la promotion des Pme et l’inclusion sociale ».

Peloton des pays à croissance solide
«Les performances macroéconomiques restent bonnes en 2016 avec une bonne croissance pour la deuxième année de suite et cela fait trois ans que le taux de croissance a dépassé les 6 %. On peut aussi noter que le Sénégal reste parmi un petit peloton de pays africains qui réussissent à maintenir une croissance solide en dépit du fait que beaucoup de pays africains commencent à avoir, aujourd’hui, des problèmes liés à la baisse du coût des matières premières », a déclaré, hier, lors d’une conférence de presse, le chef de la mission du Fmi au Sénégal. Ali Mansoor a estimé que le programme Instrument de soutien à la politique économique (Ispe) est sur la bonne voie et tous les objectifs qui étaient visés par le gouvernement ont été atteints et que la mise en œuvre dudit programme reste globalement satisfaisante.

Les efforts sont en train de porter leurs fruits
Selon l’équipe du Fmi, l’amélioration des recettes fiscales conjuguée à la poursuite de la politique de contrôle des dépenses publiques a permis de contenir le déficit budgétaire dans la limite fixée par le programme Ispe. Des progrès importants sont notés dans la réalisation des repères structurels.

Les efforts du gouvernement à améliorer la gouvernance et la gestion économique sont en train de porter leurs fruits, a estimé M. Mansoor, qui a noté que « le Pse, c’est un long voyage et que nous ne sommes qu’au début de ce voyage. Il n’est réussi que si l’on continue sur la bonne lancée ».

Le budget a enregistré des progrès énormes en termes de consolidation du déficit qui est, aujourd’hui, projeté à 3,7 % du Pib, cette année, grâce au Pse et à sa composition qui s’améliore. Concernant l’investissement humain, des efforts ont été déployés dans l’éducation, la santé et la protection sociale, a noté le chef de mission du Fmi au Sénégal qui considère cet investissement comme un des acquis de la réorientation du budget. 

La balance des paiements se porte relativement bien
« Je voudrais aussi signaler que la balance des paiements se porte relativement bien parce que les prix du pétrole restent relativement favorables au Sénégal mais aussi parce qu’il y a eu beaucoup de transferts. Il y a une augmentation significative des transferts des travailleurs de l’étranger qui soutiennent la balance des paiements », a déclaré Ali Mansoor. Il a noté que le compte courant s’est également amélioré. 

Renforcer la gestion de la trésorerie
L’équipe du Fmi, selon un communiqué de l’institution, a noté, avec satisfaction, la volonté des autorités de continuer à mener une politique budgétaire adéquate notamment en conservant leur objectif initial de déficit budgétaire de 349 milliards de FCfa, soit 3,7 % du Pib en 2017 afin de préserver la soutenabilité de la dette publique.

La maîtrise des finances publiques, en ligne avec les critères de convergence de l’Uemoa, permettant également de contribuer à préserver la stabilité de l’Union. La mission a également noté que « la dette publique à fin décembre 2016 est plus élevée que prévue, en raison notamment du dégonflement des soldes créditeurs du compte de dépôts et des avances que le gouvernement apporte au groupe de la Poste depuis plusieurs années ».

L’équipe du Fmi encourage les autorités à prendre des mesures idoines pour renforcer la gestion de la trésorerie et éviter que les entreprises publiques pèsent lourdement sur les finances publiques et sur l’économie. Elle attire également l’attention des autorités sur leur engagement à privatiser la Sonacos et à réduire le nombre des agences publiques.

Consacrer les dépenses prioritairement à l’investissement public
Pour atteindre les objectifs de croissance fixés dans le Pse, ont noté les membres de cette mission, il serait plus efficient de consacrer les dépenses publiques prioritairement à l’investissement public, y compris au capital humain et à l’inclusion sociale. La mission du Fmi note qu’atteindre les objectifs du Pse requiert aussi une accélération des réformes pour promouvoir l’investissement privé, y compris étranger et qu’une croissance exclusivement tirée par l’investissement public ne peut être soutenable.

A cet égard, la mission a relevé, avec satisfaction, les progrès réalisés en la matière notamment par le vote de la loi relative à la Zone économique spéciale (Zes). L’équipe du Fmi a encouragé les autorités à finaliser le plus rapidement les décrets d’application et les dernières démarches nécessaires au démarrage effectif de la Zes, tout en assurant que le régime fiscal permet de mobiliser les ressources nécessaires à la mise en œuvre du Pse. La mission a aussi encouragé les autorités à accélérer les réformes en cours pour la promotion des Pme afin que ces dernières puissent jouer pleinement leur rôle à savoir contribuer à une croissance forte et inclusive et créer des emplois ».

Par Mamadou SY

Les universités ne peuvent plus se réfugier derrière leur autonomie pour réaliser des recherches en déphasage avec les préoccupations des populations. Cette exigence a été rappelée, hier, à l’ouverture de la Conférence internationale sur l’innovation et les solutions interdisciplinaires pour les zones défavorisées.

La première édition de la Conférence internationale sur l’innovation et les solutions interdisciplinaires pour les zones défavorisées (Intersol) se fixe deux objectifs principaux. Le premier, c’est de mettre la recherche au service du développement. Le second, c’est de décloisonner la recherche. Désormais, la résolution des problèmes des populations doit se faire sur le prisme de l’interdisciplinarité. « Les recherches servent à régler les problèmes des populations. L’université qui ne peut pas rendre des services à la communauté n’a pas sa raison d’être. L’autre composante, c’est l’interdisciplinarité. Un mathématicien ou un physicien seul ne peut pas donner une réponse efficace aux questions de développement », a souligné le Pr Cheikh Mouhamed Fadel Kébé, président du Comité scientifique de l’Intersol, co-organisée par l’Université Alioune Diop de Bambey (Uadb) et l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad).

Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Mary Teuw Niane, a abondé dans le même sens en magnifiant « cette générosité qui amène les grandes dames et les grands hommes à se désintéresser de leur sort pour prendre en charge le destin collectif, somme des destins individuels ». Pour lui, l’idée initiale d’une université conçue comme une organisation indépendante de la société, composée d’étudiantes, d’étudiants et d’enseignants, jouissant de privilèges et d’immunités, est dépassée. « On ne peut plus faire l’économie du débat de l’utilité et de l’efficacité des investissements faits pour l’éducation et la formation. L’université se trouve en face des exigences adossées, d’une part, sur l’utilité sociale des formations qu’elle dispense et, d’autre part, sur la recherche qui s’y déroule », a prévenu le ministre.

L’Afrique, une priorité
Aujourd’hui, le paysage de l’enseignement supérieur, caractérisé par la concurrence des écoles et instituts privés, avec de nouvelles méthodes d’enseignement, impose un virage vers la promotion des services à la communauté. « Nous sommes appelés à démontrer notre utilité sociale au moment où, sur les flancs du système d’enseignement supérieur, des initiatives voient le jour et qui ont pour objet et bientôt pour effet de constater notre défaillance et notre capacité à répondre aux besoins de l’économie et de la société », a fait remarquer le Pr Niane.

Il est important, selon les organisateurs de cette conférence, d’accompagner cette réorientation de la recherche avec le ciblage des zones d’intervention des chercheurs. C’est pour cela que la priorisation de la résolution des contraintes des zones favorisées a été au centre des discours. Des régions comme l’Afrique, confrontée à tous les défis et trainant un manque d’infrastructures, souffrant de la fracture numérique, mérite une attention de la part de la communauté des chercheurs. « Il faut une orientation de la recherche vers les zones défavorisées, notamment vers l’Afrique qui, plus que les autres continents, est confrontée aux problèmes qui freinent son développement et y pérennisent la pauvreté », a recommandé le recteur de l’Université Alioune Diop de Bambey, le Pr Lamine Guèye. Il a tout de même précisé que le continent noir est tenu de se donner les moyens d’être un acteur central de sa transformation sociale à travers la maîtrise des sciences, des technologies et la promotion de l’innovation. « Les financements de la recherche en Afrique doivent être en phase avec les besoins d’innovation. Ils doivent aussi être à la hauteur des objectifs de la recherche », a défendu M. Guèye.

Idrissa SANE

Les femmes des villages de Djilor-Djidiack, Simal et Ndangane-Sambou (commune de Fimela) disposent désormais de fourneaux améliorés. Ces derniers ont été remis par l’Ong Enda Graf Sahel dans le cadre de la lutte contre la dégradation de l’environnement.

Quarante cinq fourneaux améliorés ont été remis aux femmes des villages de Djilor-Djidiack, Simal et Ndangane-Sambou (commune de Fimela). Lors de la cérémonie, qui a eu lieu à Djilor-Djidiack, Fatou Ndoye, coordonnatrice à Enda Graf Sahel, a souligné que ce lot de 45 fourneaux économiques (15 par village) va permettre aux bénéficiaires de mieux lutter contre la dégradation de l’environnement. Selon elle, cette activité a été possible grâce à un prix que la « Constituante genre des Nations unies » a décerné à l’Ong lors de la Cop 22 de Marrakech (Maroc). C’est ainsi qu’Enda Graf Sahel a transformé les fonds reçus en achetant des fourneaux économiques mis à la disposition des femmes « qui sont les premières victimes des changements climatiques ».

Poursuivant, Mme Ndoye a indiqué qu’avec cette initiative leur ambition est de voir chaque ménage disposer d’un fourneau amélioré. Elle a ajouté que c’est le système fourneau-revolving qui sera appliqué. Expliquant ce système, Fatou Ndoye a fait savoir que chaque femme qui reçoit un fourneau va payer durant trois mois la somme de 15.000 FCfa. Les sommes collectées par les groupements de femmes vont permettre d’acheter d’autres fourneaux à distribuer jusqu’à ce que toutes les femmes en disposent.

Il faut rappeler que l’Ong Enda Graf Sahel accompagne les femmes de la commune de Fimela dans le cadre de la lutte contre la dégradation de l’environnement. Dans ce cadre, elle a eu à mener diverses actions de formation, de sensibilisation, d’ensemencement d’arches et de reboisement.

Oumar Ngatty BA

Un projet pilote de gestion durable des terres initié par l’Association sénégalaise pour la promotion du développement à la base avec le financement du Fonds national de recherche agricole et alimentaire (Fnraa) a permis de récupérer une centaine d’hectares de terres dégradées dans la commune de Latmingué, dans le département de Kaolack. Une expérience novatrice qui fera l’objet d’une extension sur une grande échelle, selon les responsables de de ce projet.

Dans la localité de Latmingué (département de Kaolack), la lutte contre la dégradation des sols est permanente. Dans ce combat quotidien, les producteurs sont au devant de la scène. A l’aide d’une technologie simple, les phénomènes du lessivage des sols ou du ravinement sont traqués pour préserver les terres de culture. Une expérience menée dans huit communes à travers le Sénégal dans la phase pilote d’un projet initié par l’Association sénégalaise de promotion du développement à la base (Asprodeb) en partenariat avec le Fonds national de recherches agricoles et alimentaires. Après plus de deux ans, les résultats semblent flatteurs pour les bénéficiaires. «La lutte contre la dégradation des sols a donné des résultats plus qu’encourageants dans la commune de Latmingué où une centaine d’hectares a été, au moins, récupérée grâce aux dispositifs mis en place par le projet à travers une technologie simple et accessible de ralentissement des eaux de ruissellement. Ce qui a permis à certains endroits d’avoir des rendements de 1 à 1,2 tonne par hectare contre un maximum de 800 kilogrammes dans le passé », a déclaré Alassane Diaw, le président du Cadre local de concertation des organisations de producteurs (Clcop) de Latmingué qui pilote le projet dans cette commune.

Un bilan corroboré par le technicien de l’Agence nationale de conseil agricole (Ancar) Omar Diallo. Il a servi de guide aux producteurs des communes de Thiaré et de Keur Baka venus s’imprégner de cette expérience. «Voir des producteurs échanger librement sur des expérience de gestion durable des terres sur la base d’expériences vécues par les uns démontre que le projet a introduit un changement de rapport entre la terre et les producteurs qui sont désormais les plus fervents défenseurs de la protection des sols. Ils ont été convaincus par les résultats obtenus avec peu de moyens importants», a déclaré le technicien en marge de la visite d’échanges de près de 70 producteurs provenant de ces deux communes.

Ce projet pilote de gestion durable des sols avait démarré dans huit communes du Sénégal dont Latmingué avant d’être élargi dans trente autres dont Keur Baka et Thiaré dans la même zone géographique.

Elimane FALL

Toutes les mesures ont été prises par l’État pour assurer un bon déroulement de la prochaine campagne agricole.

Les producteurs de la région de Kolda n’ont aucun souci à se faire pour la disponibilité des semences d’arachide de la prochaine campagne agricole. C’est l’assurance donnée par Aguiboulaye Sidibé, Directeur régional du développement rural (Drdr) de Kolda qui se prononçait sur la fin de la campagne de collecte des graines d’arachides. Au total, 6 553 tonnes de semences écrémées, 366 tonnes de semences certifiées et 5 317 tonnes d’arachide d’huilerie ont été collectées cette année, dans la région de Kolda. Et à quelques semaines du début de l’hivernage, les préparatifs, pour la prochaine campagne agricole, vont déjà bon train.

Le ministère de l’Agriculture et de l’équipement rural a donné des instructions pour faciliter le bon déroulement de la prochaine campagne agricole. Ces mesures vont également permettre aux opérateurs qui disposent des semences dans une zone donnée, de les distribuer sur place pour éviter les tracasseries liées au transport et au déplacement.

Le Directeur régional du développement rural de Kolda demande aux producteurs de tenir compte des prévisions météorologiques qui leur seront données à travers l’Anacim et les comités nationaux et régionaux mis en place pour amoindrir les effets liés aux aléas climatiques. « Nous allons recevoir les prévisions pour l’hivernage 2017 qui pointe à l’horizon. Je pense qu’il est important, pour les paysans, qu’ils tiennent compte de ces conseils et prévisions pour qu’ils ne soient pas pris au dépourvu par rapport à la conduite de la campagne agricole. Nous allons voir, à travers les prévisions que nous allons recevoir, quels sont les zones et les conseils à leur donner pour leur permettre de choisir des spéculations qui seront adaptées à leurs zones respectives », a-t-il précisé.

Mamadou Aliou DIALLO

Le réseau global d’entrepreneurs de Pme Enablis et le Conseil patronal des énergies renouvelables du Sénégal (Coperes) ont signé, hier, une convention de partenariat en vue de promouvoir l’émergence et le développement entrepreneurial des petites entreprises. Ces Pme ont un potentiel de croissance, de création de richesses et d’emplois dans le secteur des énergies renouvelables. Selon Abdou Fall, le président du Coperes, la mortalité des entreprises est une réalité dans nos pays et pour la juguler, il a jugé important de travailler avec des structures de conseil comme Enablis.

L’ancien ministre a trouvé, à travers cette collaboration, un cadre de partenariat fructueux. « Nous restons ouverts pour le renforcement du dispositif de nos coopérations qui favorisent un environnement de développement de nos entreprises », a-t-il affirmé. Ousmane Ndoye, responsable du développement de l’entrepreneur chez Enablis a souligné que leur structure cible des entreprises qui font entre 25 et 500 millions de Fcfa de chiffre d’affaires. « Collaborer avec Enablis permet de renforcer les capacités managériale, technique et personnelle. Cela permettra d’élargir le réseau d’affaires des membres dans la recherche de financements», a indiqué M. Ndoye qui a souligné que 106 entrepreneurs ont été accompagnés par Enablis qui envisage de coacher 500 entreprises d’ici à 2020 pour 2000 emplois directs et décents.

Serigne Mansour Sy CISSE

Le ministre de l’Agriculture et de l’Équipement rural, Papa Abdoulaye Seck, a visité, hier, la Foire internationale de l’agriculture et des ressources animales (Fiara) où le riz tient la vedette.

Le riz est le produit phare de la 18ème Foire internationale de l’agriculture et des ressources animales (Fiara) ouverte depuis le 29 mars et qui se poursuit jusqu’au 16 avril. Preuve qu’il y tient le haut du pavé, un espace où trône une enseigne géante à l’effigie « Riz du Sénégal » lui est entièrement dédié. L’alignement des stands de riz bien achalandés commence, dès l’entrée de la Foire et se prolonge sur plus de 100 mètres à l’intérieur. Ici, le client a le choix entre le riz de la Vallée, de Kaffrine ou du Sud du Sénégal qui se décline en une multitude de variétés et de marques.

La présence en force du riz local n’est pas fortuite. La qualité du produit a été améliorée, celle de l’emballage aussi. C’est ce qui explique que le riz local est de plus en plus prisé par les Sénégalais. A cinq jours de la fin de la Fiara, plus de 500 tonnes de riz ont été commercialisées sur les 720 tonnes qui avaient été acheminées, a déclaré Korka Diaw, l’une des plus grandes productrices de riz au Sénégal, devant le ministre de l’Agriculture et de l’Équipement rural qui a visité, ce mardi après-midi, les stands. Sur ces 720 tonnes, les 500 tonnes sont du riz brisé, a ajouté la dame.

Devant chaque stand, en spécialiste, le ministre plonge la main dans les sacs entrouverts, tâte les grains de riz avant d’encourager les producteurs. Le fait de voir que les zones de culture du riz se diversifient ne laisse pas insensible le ministre. « Cela prouve que le riz n’est plus l’affaire d’une partie du territoire nationale mais il concerne toutes les zones agro-écologiques de notre pays. C’est dire que nous sommes dans une dynamique soutenue d’étalement de la production dans l’espace. Et cela vient confirmer la justesse de l’orientation stratégique définie par le chef de l’État », s’est-il félicité. Dans la même veine, il a assuré que le gouvernement fera « absolument » tout pour créer les conditions optimales permettant d’atteindre l’autosuffisance en riz cette année. « Aujourd’hui, le riz n’est plus un secret pour toutes les régions du Sénégal, c’est une marche vers l’autosuffisance qui s’amorce », a-t-il dit.

Dynamique soutenue d’étalement
Après les stands de riz, le ministre s’est rendu dans le grand pavillon où cohabitent une diversité de produits allant de l’horticulture, à l’élevage en passant par les produits céréaliers transformés, les fruits et légumes transformés. A côté de ces produits, différents projets et programmes agricoles, en plus de quelques institutions s’activant dans le domaine de l’agriculture exposent leurs offres et savoir-faire.
 
Le président de la Commission d’organisation de la Fiara, Boubacar Cissé, a profité de la présence du ministre pour lui faire part de leur intention d’organiser, l’année prochaine, une Fiara entièrement sénégambienne. « Elle se tiendra quelques jours avant l’ouverture de la 19ème édition de la Fiara. Par cet acte, nous voulons consolider les jalons poser par le chef de l’État Macky Sall et partager, avec nos frères gambiens, toute l’expertise sénégalaise en agriculture », a-t-il expliqué.

Le Dr Papa Abdoulaye Seck a apprécié cette initiative qui ne fera que renforcer le caractère sous-régional de la Fiara car, a-t-il rappelé, « cette manifestation est devenue un outil d’intégration régionale en agriculture ». C’est pourquoi, a ajouté le ministre, « le gouvernement fera tout pour appuyer cet outil majeur d’intégration régionale ».

Cela dit, le Dr Papa Abdoulaye Seck a réitéré l’engagement du gouvernement de construire, avec l’ensemble des acteurs, une agriculture forte. « Nous sommes dans une dynamique de complicité naturelle avec l’ensemble des acteurs et c’est cela qui permettra une lecture partagée en vue d’une parcellisation des responsabilités pour que chaque acteur joue sa partition pour aller de l’avant », a-t-il laissé entendre. Avant de se féliciter des « avancées significatives » au quotidien du secteur de l’agriculture et celui de l’élevage.

Elhadji Ibrahima THIAM

Le nouvel élan observé dans les relations entre le Sénégal et la Gambie, depuis l’avènement du président Adama Barrow, sera renforcé sur le plan des affaires. Un forum regroupant les acteurs économiques des deux pays est prévu du 24 au 25 mai à Dakar. Le but est d’asseoir une stratégie durable de développement des échanges. Une information livrée par le représentant du Secrétariat Permanent Sénégalo-gambien en marge d’une visite de contact avec les opérateurs économiques de Kaolack.

Dakar, la capitale sénégalaise, accueillera, du 24 au 25 mai, d’importantes assises économiques entre opérateurs économiques sénégalais et gambiens. Cette initiative du Secrétariat permanent sénégalo-gambien entre dans la dynamique du nouvel élan noté dans les relations diplomatiques entre Dakar et Banjul depuis l’avènement, en février dernier, du président Adama Barrow. L’initiative qui vient de l’instance de coopération précitée vise, selon les organisateurs «à réunir, dans un forum, au plus haut niveau, ouvrir le dialogue, la concertation et le partenariat entre les institutions afin de promouvoir une accélération de la mise en œuvre des accords et protocoles bilatéraux signés entre les deux pays. D’où la nécessité des consultations directes en vue de tirer le maximum d’opportunités de ce forum», lit-on dans la note conceptuelle.

Ces assises économiques seront les premiers résultats tangibles du Conseil présidentiel mis en place par les deux chef d’État à l’issue de la première visite officielle du président Adama Barrow au Sénégal et dont le Secrétariat Permanent interétat a reçu mandat pour l’harmonisation de la coopération entre les deux pays. Des précisions faites en marge d’une visite de prise de contact entre une délégation de l’instance évoquée et une délégation de la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Kaolack conduite par son président Serigne Mboup.

Ce dernier, saluant l’excellence des relations bilatérales à l’image des liens fraternels qui unissent les deux peuples, a dit sa conviction que le renforcement des échanges économiques est le garant le plus sûr de la consolidation de l’axe Dakar – Banjul. Il a exhorté les opérateurs économiques à investir dans des secteurs porteurs en Gambie comme l’hôtellerie ou la pêche.

Le directeur administratif et financier du Secrétariat permanent Sénégalo-gambien a invité les membres de l’instance consulaire régionale à prendre une part active au forum de Dakar, considérant la place économique de Kaolack comme essentielle au développement des échanges commerciaux entre les deux pays séparés, selon lui par des frontières artificielles imposées par les puissances coloniales.

Elimane FALL

Les opérateurs économiques de la Casamance, à l’image du président de l’Unacois-Jappo de Ziguinchor, Mame Birame Ndiaye, demandent l’organisation de la filière anacarde et un soutien plus fort de l’État pour booster ce secteur d’activité. Ils estiment que cela permettra de dégager des plus-values et du coup, améliorer leurs conditions de vie.

Le président de l’Unacois-Jappo de Ziguinchor a estimé que l’inorganisation est le nœud gordien de la filière cajou dans la région méridionale. Il l’a expliquée par le fait que « l’État n’a pas encore mesuré l’importance de ce secteur d’activité qui génère des milliards de FCfa, dans une région en 6 mois ». Il a soutenu qu’au moins 30 milliards de FCfa sont injectés en Casamance (régions de Ziguinchor, Sédhiou et Kolda), depuis deux ans, à chaque campagne de collecte et de commercialisation de la noix d’anacarde, au grand bonheur des producteurs, opérateurs économiques locaux et autres intermédiaires. « Sans compter les revenus provenant de la transformation des noix et de la pomme de cajou », a-t-il ajouté.

Mame Birame Ndiaye a souhaité l’accompagnement de l’État pour mettre en place de petites unités de transformation dans toute la région Sud. Il a indiqué que cela augmentera la valeur-ajoutée de l’anacarde, créera des emplois, participera à la lutte contre la pauvreté et au développement de la Casamance. Les opérateurs économiques souhaitent également que les producteurs de cajou exploitent de plus grandes surfaces, disposent de bonnes semences et se forment sur les techniques culturales et de collecte.

El Hadj Moussa SADIO

A quelques jours de la fin de la Foire internationale de l’agriculture et des ressources animales (Fiara), certains exposants soutiennent avoir réalisé de bons chiffres d’affaires. Alors que d’autres se plaignent de la mévente de leurs produits.

Situé à l’entrée de l’esplanade abritant la Fiara, le micro-jardin de Coumba Diop attire du monde. Les visiteurs y font un tour avant d’aller vers les autres stands. Posée et joviale, la formatrice en micro-jardinage, en micro-élevage et en pisciculture, Coumba Diop, explique dans les moindres détails les vertus de ses activités. Elle est à sa deuxième participation. Elle expose tous les produits issus de son micro-jardinage : des plantes, des menthes, des épices, des légumes, etc. « En Afrique et particulièrement au Sénégal, les gens mangent mal. Beaucoup de personnes souffrent de maladies à cause de la mauvaise alimentation », regrette-t-elle. La formatrice qui a noué un partenariat avec le Master Gedha du département de Biologie végétale de la Faculté des Sciences de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar souligne que bon nombre de personnes a changé les habitudes alimentaires en mangeant des produits naturels. « Celles-ci prennent des épices naturelles, des infusions à base de menthe et elles se sentent mieux », assure Coumba Diop. Elle ajoute que le micro-jardinage est accessible à tout le monde. Elle soutient que la Fiara constitue une opportunité car permettant aux gens de découvrir beaucoup de choses et de nouer des contacts. « C’est une vitrine qui nous permet d’être visible », apprécie-t-elle.

La fédération des boulangers du Sénégal n’est pas en reste. En partenariat avec le Fonds national de recherches agricoles et agro-alimentaires (Fnraa), cette foire constitue, pour elle, une occasion de valoriser davantage leur Projet d’incorporation des farines de céréales locales dans le pain. Dans ces compositions validées par l’Ita, il y a de la farine de blé à 85 %, de 15 à 20 % de farine de maïs, de sorgho, etc. Financé par la Banque mondiale dans le Programme de productivité agricole en Afrique de l’ouest (Ppaao), ce projet est piloté par l’association sénégalaise pour la promotion du développement à la base. Des producteurs aux boulangers en passant par les transformateurs, on cherche à développer la chaîne de valeur des céréales locales. Pour El Hadji Diouf, membre de la fédération des boulangers du Sénégal, il y a une forte demande. « Les visiteurs achètent beaucoup », se réjouit-il comme en atteste une petite file qui s’est formée devant le stand de la fédération.

Stands chers
Le seul bémol, dit-il, il y a moins de monde à la Fiara comparé aux éditions précédentes. Il pointe du doigt la cherté des stands. Le même constat est fait par une exposante de médicaments traditionnels qui a requis l’anonymat. Elle trouve les stands excessivement chers.

Les exposantes, soutenues par la Fédération des organisations non gouvernementales du Sénégal (Fongs-actions paysannes) des zones agro-écologiques du centre-est et des Niayes, ont moins de soucis pour l’acquisition de stands. La dame Satou Faye, originaire de Gossas et membre de la zone agro-école du centre-est expose divers produits comme la brisure de maïs, du beurre de vache, de l’huile de soump (miro-blanc), du miel, du sirop à base d’oseille (bissap), du gingembre, etc. Elle affirme avoir réalisé un bon chiffre d’affaires depuis le démarrage de la Fiara. Toutefois, elle souhaite une amélioration de l’emballage de ses produits. « Même si nous commercialisons des produits de qualité, si l’emballage n’est pas de meilleure qualité, ils n’attirent pas la clientèle », explique-t-elle. Contrairement à Satou Faye, la présidente de la Maison familiale rurale du village de « Yegoul Mboyoo » de Potou, assidue à cette foire, Mariama Bâ vend des légumes. L’air fatiguée, elle a les yeux rivés sur sa marchandise. Sur la vingtaine de sacs de pomme de terre et d’oignon, il en reste encore. Elle affirme que la Fiara n’a pas répondu à ses attentes. Bien que déçue, elle espère quand même augmenter son chiffre d’affaires d’ici la fin de la foire.

Espèces ovines du Niger
Le riz local fait aussi partie des produits présents et très prisés à la Fiara. Les riziculteurs de la région de Tambacounda, appuyés par le Programme multinational de renforcement de la résilience à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle au Sahel-Sénégal (P2rs) et l’Ancar, se frottent les mains. Harouna Kâ, vice-président de la fédération régionale des riziculteurs de Tamba soutient qu’ils ont réalisé un bon chiffre d’affaires avec le riz pluvial. « Une dame avait acheté un sac de 4 kilogramme pour tester la qualité du riz. Le lendemain, elle est revenue pour payer trois sacs de 50 kg. Cela atteste l’engouement autour du riz local », raconte-t-il. A l’opposé des producteurs, des femmes transformatrices, des boulangers, les éleveurs ne cachent pas leur déception. Les races exposées sont : des Koundoum, des chèvres du Sahel, de Ara Ara, Balami, des chèvres rousses de Maradi. Trouvé dans l’enclos de ses moutons de race, Mame Ibra Diagne, propriétaire de la bergerie Guett Serigne Cheikh Alioune Touré, tout de blanc vêtu, affirme que ces espèces étrangères ont cassé son chiffre d’affaires. Les organisateurs de la Fiara ne devraient pas, à son avis, admettre l’exposition de ces races étrangères. « Beaucoup d’éleveurs se sont plaints de cette situation », dit-il. Il faut préciser que ces races étrangères coûtent moins chères que celles locales. D’autres visiteurs comme l’étudiant Massamba Guèye apprécient la tenue de la Fiara. Il est d’avis que la foire est une opportunité pour rencontrer des partenaires qui peuvent appuyer des jeunes entrepreneurs. La journaliste française Clémence Cluzel est du même avis. Elle estime que de pareilles initiatives doivent être perpétuées au grand bénéfice des populations.

Souleymane Diam SY

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