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Affaires et Finances (840)

Intervenant lors du caucus africain qui se déroulait à Cotonou, les 4 et 5 août dernier, le ministre délégué du gouvernement sénégalais en charge du Budget a plaidé pour une réforme de la politique des exonérations fiscales appliquée aux projets rentables financés par les bailleurs de fonds.

« Nous invitons la Banque mondiale et la Société financière internationale à réviser les directives qui permettent à des projets parfois rentables de sortir du champs de la fiscalité », a exhorté Birima Mangara. Il a aussi préconisé la suppression de certains critères des classements internationaux sur l’attractivité de l’environnement des affaires, qui favorisent la course à la baisse des taux d’imposition sur les entreprises. « Nous invitons, par ailleurs, que le point concernant le nombre d'impôts dans le classement Doing Business soit retiré, car il est favorable à des politiques de réduction de l'impôt », a poursuivi M. Mangara. Les deux propositions ont été consignées dans le draft de mémorandum qui sera discuté au sein du groupe africain de la Banque mondiale et du Fmi, lors des rencontres annuelles d'automne des deux institutions qui se dérouleront au mois d'octobre prochain. Dans le même contexte, l'autre proposition retenue est celle recommandant l’accélération de l’assistance technique aux pays pour l’amélioration de leurs politiques et systèmes fiscaux. La question d'un développement de l'Afrique basé sur la mobilisation des ressources propres occupe les débats dans diverses conférences depuis un certain temps. L'aide internationale en provenance de l'Occident est devenue très volatile, et malgré son important engagement dans la région, la Chine ne peut, à elle seule, combler le gap des besoins en infrastructures. Rien que pour l'Afrique subsaharienne, un rapport de la Banque mondiale estimait, en 2009, à 93 milliards de dollars par an l'argent qu'il faudrait dépenser pour y résorber le déficit en infrastructures. Un autre rapport, publié par le Fmi en 2014, indiquait que les dépenses budgétaires consacrées aux infrastructures dans cette région ont atteint 51,4 milliards de dollars en 2014 ; ce qui laisse un écart initial de 43 milliards de dollars.

Ecart de 43 milliards de dollars
Le développement des partenariats public-privé, l'aide internationale et l'engagement de la Chine ont apporté des contributions pour près de 32 milliards ; ce qui laisse un gap résiduel théorique de près de 11 milliards de dollars. Or, dans un contexte de baisse des prix des matières premières, il est de plus en plus difficile pour les Etats de mobiliser des ressources.

Selon le premier rapport sur les statistiques des recettes publiques, huit pays d'Afrique subsaharienne, du Maghreb et du sud de l'Afrique ont obtenu un ratio des recettes fiscales sur un produit intérieur brut inférieur à 38 %, la moyenne dans les pays membres de l'Ocde. « De nombreux efforts ont été fait dans les pays africains, notamment au Cameroun ou au Sénégal où il y a eu une augmentation significative des recettes fiscales, mais beaucoup reste à faire, car on est encore en dessous des 20 % », a expliqué un des responsables du département de l'analyse fiscale au sein du Fmi. Carlos Lopez, le secrétaire exécutif de la Commission économique pour l'Afrique, a, lui, estimé que ces ratios sont encore plus faibles. « Il faut tenir compte, dans plusieurs économies, que l'année de base d'évaluation du Pib n'a pas été changé depuis et qu'il existe une forte activité dans le secteur informel. Ces éléments, s'ils sont pris en compte, vont encore contribuer à creuser les écarts », a-t-il fait remarquer.

Dilemme
Le dilemme est donc difficile pour les pays africains et les exonérations accordées aux projets financés par la Banque mondiale et la SFI ne sont pas la seule cause d'étroitesse des recettes fiscales. Une analyse publiée début juillet, par le Centre régional africain pour le développement endogène et communautaire (Cradec), démontre, par exemple, que si les ressources extractives, le pétrole en tête, sont de grandes pourvoyeuses de revenus en devise au Cameroun, elles n'y représentent qu'une contribution de moins de 4 % sur les recettes publiques pour ce qui est des impôts. Le cas du Cameroun est répliquable dans plusieurs autres pays d'Afrique où, pour attirer des investisseurs étrangers, on a mis en place des cadres nouveaux, avec des politiques fiscales incitatives.

Donald Kaberuka, ancien président de la Banque africaine de développement, aujourd'hui dans la firme de Private equity Tpg du milliardaire africain Mo Ibrahim, a fait savoir que les exonérations fiscales n’étaient pas une solution. « L'investisseur qui veut venir dans un pays ne regarde pas la fiscalité comme facteur. Ce qui l'intéresse, c'est le niveau d'infrastructure, la politique économique menée dans le pays et la facilité que ce dernier offre à faire des affaires. Nous pensons d'ailleurs qu'il est important d'autonomiser les administrations fiscales. Dans les pays où cette solution a été mise en application, on a toujours constaté une hausse des recettes fiscales », a-t-il expliqué dans son commentaire.

Ecofin

Au deuxième et dernier jour de l’atelier de haut niveau de renforcement des capacités des décideurs sur la problématique de l’agriculture dans un contexte de changement climatique, un fort plaidoyer a été fait pour une « agriculture intelligente ».

Depuis des années, les effets du changement climatique sont au centre des négociations et des débats sur la scène internationale, en relation, entre autres, avec les aspects liés à la préservation de l’environnement, à la lutte contre la pauvreté et au développement durable. Au Sénégal, le changement climatique et les problèmes environnementaux (les multiples inondations consécutives à certaines pluies exceptionnelles ou à l’inverse, les longues poches de sécheresses pendant la saison des pluies…) constituent de sérieuses menaces qui pèsent sur l’agriculture, principale pourvoyeuse d’emplois avec près de 70 % de la population active. Il augmente l’incertitude de début de la saison pluvieuse, le total et la répartition des pluies, et il pourrait également entraîner une baisse des précipitations et une augmentation des températures, selon certaines études. Dès lors, il apparait nécessaire de prendre rapidement des mesures pour limiter les impacts du changement climatique sur l’agriculture et ses conséquences sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle. « Il y a nécessité de mener des actions immédiates, en vue de s’adapter à la nouvelle donne des changements climatiques », a déclaré Robert Zougmoré.

Le coordinateur du Programme changement climatique, agriculture et sécurité alimentaire (Ccafs) a indiqué que c’est en cela que sa structure voudrait apporter sa contribution, et ce, grâce à une meilleure compréhension des relations complexes et dynamiques entre changement climatique, agriculture et sécurité alimentaire. « Les changements climatiques affectent l’agriculture et la sécurité alimentaire, tout comme l’agriculture et la gestion des ressources naturelles affectent le système climatique. Toutes ces interrelations sont influencées par les politiques économiques, les conflits politiques, etc. donc, il importe de bien connaitre ces interrelations, mais aussi de bien décrypter les avantages ou les désavantages des différentes réponses apportées aux effets des changements climatiques », a affirmé M. Zougmoré.

Il a plaidé pour une « agriculture intelligente » que certaines plateformes régionales commencent à promouvoir. « L’agriculture intelligente face au climat (Aic) est considérée comme une approche holistique pour faire face aux défis causés par le changement climatique au secteur au sens large du terme. Il devrait permettre d’améliorer durablement les capacités d’adaptation de notre agriculture, c’est-à-dire une agriculture résiliente qui augmente la production, la sécurité alimentaire, protège l’environnement et réduit les émissions de gaz à effet de serre », a soutenu M. Zougmoré.

Dr Ibrahima Hathie, directeur de recherche de l’Ipar, dans sa présentation portant sur la trajectoire de l’agriculture sénégalaise dans un contexte de changement climatique, a insisté sur la nécessité de réfléchir sur les systèmes de productions futurs, car ceux utilisés actuellement peuvent ne pas être adaptés dans 30 ou 40 ans. « Certaines mesures prises comme les variétés de semences ou culturales sont adaptées au contexte actuel, mais il y a lieu de se projeter et d’anticiper sur l’avenir », a-t-il lancé.

Par Elhadji Ibrahima THIAM

Dr Alioune Fall, directeur général de l’Institut sénégalais de recherche agricole  : « Sept variétés d’arachide viennent d’être homologuées »

L’Institut sénégalais de recherche agricole (Isra) joue un important rôle dans la stratégie d’adaptation mise en place par le gouvernement pour faire face aux effets néfastes du changement climatique. Dans cet entretien, son directeur général, Dr Alioune Fall, annonce l’homologation, cette année, de sept nouvelles variétés d’arachide et trois autres pour l’année prochaine.

Depuis 2014, le gouvernement du Sénégal a mis en œuvre certaines mesures pour adapter l’agriculture aux effets du changement climatique. Quel rôle l’Isra a-t-il joué dans ce processus ?
Au ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rural, nous avons le Programme d’accélération de la cadence de l’agriculture sénégalaise (Pracas) dont la vision est de développer une agriculture diversifiée, productive et durable.

Chaque fois qu’on parle de durabilité, cela veut dire qu’on met en œuvre des innovations qui permettent de s’adapter au changement climatique. Mais, il ne s’agit pas seulement de s’adapter au changement climatique, il est tout aussi important de prendre en compte l’aspect productivité. Cela veut dire qu’on veut produire plus, transformer les effets du changement climatique en opportunités, pour que l’agriculture sénégalaise soit plus productive. Dans cette optique, l’Isra joue un rôle très important. Nous travaillons sur des leviers d’innovation comme les variétés, les rendements et le sol. Par exemple, à chaque fois que nous travaillons à mettre au point des formules de compostage pour l’amélioration de la fertilité des sols, nous faisons de la séquestration du carbone. Nous travaillons beaucoup aussi sur l’amélioration des rendements du riz à travers la mise au point de nouvelles variétés. Aujourd’hui, nous sortons des variétés qui font douze tonnes à l’hectare. Il faut se féliciter d’avoir de tels rendements dans des conditions d’adaptation. Cela montre que nous nous adaptons et que nous travaillons pour une meilleure productivité.

Est-ce à dire qu’il ne s’agit plus de considérer les effets du changement climatique comme un phénomène à subir mais plutôt comme des données à intégrer pour une agriculture durable ?
Les changements climatiques, nous les vivons. Il faut donc explorer les opportunités que nous pouvons en tirer pour encore améliorer notre agriculture. Nous ne pouvons pas attendre ni la Cop 22 ni la Cop 23. C’est aujourd’hui qu’il faut le faire. Le Sénégal s’y est engagé. A chaque fois qu’il y a une campagne agricole, on entend le ministre de l’Agriculture parler de « booster », « d’accélérer » ou de « doper » la production. Cela veut dire qu’il faut dégager des stratégies, afin que les producteurs s’adaptent aux effets induits du changement climatique sur l’agriculture. Par exemple, l’année dernière, il a fallu arrêter la production de l’arachide dans beaucoup de zones pour introduire des variétés à cycle court, car il fallait s’adapter au cycle de raccourcissement de la pluviométrie. C’est cela une adaptation. Maintenant, s’adapter ne veut pas dire produire moins, il faut que cela soit une opportunité utilisant tous les leviers d’une bonne productivité.

S’adapter, c’est bien, mais au regard des inquiétantes perspectives que relèvent certaines études qui estiment que la production céréalière pourrait baisser de 30 % à l’horizon 2025 et que l’arachide pourrait connaître une baisse de 5 % à 25 % de ses rendements à l’horizon 2050, est-ce que l’Isra réfléchit déjà sur des mesures d’anticipation pour faire face à cette situation ?
Le mandat de l’Isra, c’est de mener une veille scientifique, et nous faisons de la veille prospective. Nous nous intéressons à ce qui se passe aujourd’hui, mais nous essayons aussi d’évaluer ce qui va se passer demain. Cela permet de nous adapter et de générer des technologies pour ne pas être surpris. C’est l’exemple de la GC835 qui est une variété d’arachide entre 75 et 80 jours. Nous l’avons créée dans un contexte de déficit pluviométrique. L’Isra vient d’homologuer sept variétés d’arachide qui doivent entrer dans le processus d’adaptation au changement climatique.

Nous allons encore en homologuer trois l’année prochaine, et cela fera dix variétés. Le seul problème, aujourd’hui, c’est de trouver suffisamment de ressources pour que les producteurs s’approprient ces variétés et qu’on change la carte variétale que nous sommes en train de réactualiser. L’enjeu, c’est de développer des technologies, de les vulgariser et que les producteurs se les approprient. Certes, on a en perspective 2035, mais avant d’y arriver, il faut régler les problèmes de 2016 et de 2017.

Par Elhadji Ibrahima THIAM

Le Sénégal va bientôt mettre en place un Fonds national climat dont l’objectif premier est de mobiliser et d’investir 100 millions de dollars américains, soit 59,200 milliards de FCfa, par an pour lutter contre les effets des changements climatiques et promouvoir le développement durable. L’annonce a été faite hier par le directeur de cabinet du ministre de l’Environnement et du Développement durable, Souleymane Diallo, au cours d’un atelier de partage d’une étude sur la faisabilité des mécanismes de financement innovants dans le secteur de l’environnement.

Dans le cadre des négociations commerciales multilatérales à l’Organisation mondiale du commerce (Omc), en 2016, la République de Corée a fait un don de plus de 206 millions de FCfa aux pays en développement et pays moins avancés, selon un communiqué de l’organisme. Cette contribution en faveur du Fonds global d’affectation spéciale pour le programme de Doha pour le développement (Fgaspdd) vise à aider ces Etats à participer efficacement aux négociations, d’après le directeur général de l’Omc, Roberto Azevedo. « Le don de la Corée est vivement apprécié, car il aidera les pays en développement et les Pma à accroitre leurs capacités commerciales et participer plus efficacement au système commercial mondial », a-t-il expliqué. Grace à cette dotation, des ateliers de formation destinés aux fonctionnaires gouvernementaux se tiendront à Genève et ailleurs. L’ambassadeur de Corée s’est dit convaincu des débouchés que peut créer le commerce tout en encourageant la croissance et améliorer le niveau de vie dans les pays en développement et les pays moins avancés.

Mamadou DIAGNE (stagiaire)

L’interconnexion des systèmes d’informations des douanes de la Cedeao assurerait, entre autres, la sécurisation des recettes douanières à celle de la chaîne logistique internationale et allègerait les procédures, selon le coordonnateur des Douanes sénégalaises, l’inspecteur Moctar Kettani Doucouré, qui a loué les mérites de ce projet.

Dans le cadre des accords de partenariats économiques intérimaires, la Côte d’Ivoire avait bénéficié du Projet d’appui au commerce et à l’intégration régionale (Pacir), financé par l’Union européenne (Ue). L’un des volets de ce programme était l’interconnexion des systèmes informatiques des administrations des douanes de la Côte d’Ivoire, du Burkina Faso et du Mali pour le transit. Le Sénégal a rejoint l’initiative. Son adhésion a été matérialisée par la signature de l’accord entre les directeurs généraux des Douanes des trois pays pilotes, plus le Sénégal, le 19 mars 2015, à Abidjan. Hier, un atelier de cinq jours qui réunit des acteurs des douanes des pays de la Cedeao s’est ouvert à Dakar.

Ces derniers vont se pencher sur les moyens d’interconnecter leurs systèmes d’informations. Présidant l’ouverture de la cérémonie, le coordonnateur des Douanes sénégalaises, l’inspecteur Moctar Kettani Doucouré, a indiqué que l’’atelier vise à aligner les messages du Projet d’appui au commerce et à l’intégration aux modèles de données de l’Organisation mondiale des douanes (Omd). Il y a une multitude de systèmes informatiques utilisés par les administrations douanières de l’espace Cedeao. A côté du système « Gaïndé » au Sénégal, on retrouve « Sydonia » dans bon nombre de pays de la région. « Il va falloir aligner les mêmes données pour qu’on puisse parler le même langage.

Douane numérique
Si les administrations des douanes ne communiquent pas entre elles à travers les systèmes informatiques, le processus d’intégration ne pourra jamais aboutir », a déclaré M. Doucouré, affirmant que la douane de demain est une « douane numérique » qui transcende le temps. Poursuivant, il ajouté : « Nous sommes dans un monde de vitesse. Il faudrait qu’on utilise les technologies de l’information pour accompagner le commerce international ».

M. Doucouré a soutenu que la réussite du projet présente des enjeux multiples qui vont de la sécurisation des recettes douanières à celle de la chaîne logistique internationale, en passant par une automatisation de toutes les procédures, témoignant d’une expertise régionale avérée. Il a invité les participants à s’engager dans cette dynamique afin de profiter des meilleures pratiques de standards internationaux pour un développement et une amélioration continue des systèmes d’informations.

Le représentant de l’Organisation mondiale des douanes, Bernard Zbinden, a réaffirmé le souhait de sa structure de voir les administrations des douanes ouest-africaines travailler ensemble pour faciliter le dédouanement pour les opérateurs économiques et le commerce international. Pour ce faire, a-t-il dit, il faut régler un certain nombre de préalables. Comment faciliter les échanges tout en assurant le contrôle douanier ? L’objectif, a précisé M. Zbinden, c’est d’avoir un système informatique qui sera utilisé de la même manière par tous les pays de la région. Il a réitéré le soutien de l’Organisation mondiale des douanes pour cette initiative.

François Xavier Bambara, représentant de la Commission de l’Uemoa, a estimé que ce chantier permettra de lutter contre la fraude, de sécuriser les transactions et facilitera les échanges. Le directeur du Centre informatique communautaire de la Cedeao, Dr Osei Tutu Agyema-Duah a, lui, plaidé pour une réalisation endogène du projet par l’implication des ingénieurs informaticiens ouest-africains afin de disposer « d’un vivier d’experts qui pourra, par la suite, procéder à sa maintenance et à son extension ».

Souleymane Diam SY

Les mesures d’adaptation mises en œuvre par le gouvernement du Sénégal ont permis d’augmenter de 7,8% la production agricole contre une moyenne de 4% dans la zone du Sahel, selon Dr Dogo Seck, le secrétaire général du ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rural.

« Changements climatiques et agriculture sénégalaise : rôles des décideurs dans la mise en œuvre du Plan Sénégal émergent (Pse) ». Ce thème a mobilisé représentants du gouvernement, parlementaires, élus, administration déconcentrée, organisations de la société civile agricole, organisations de producteurs, partenaires techniques et financiers et chercheurs autour d’un atelier de haut niveau de deux jours sur la problématique de l’agriculture et de la sécurité alimentaire dans un contexte de changement climatique.

Présidant les travaux, le secrétaire général du ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rural, Dr Dogo Seck, a indiqué que les mesures d’adaptation mises en œuvre depuis 2014 par le gouvernement du Sénégal pour atténuer les effets du changement climatique sur le secteur de l’agriculture ont donné des résultats satisfaisants. « La mise en œuvre du Pracas, fondé sur des prévisions et des choix de variétés à cycle court, a permis au Sénégal d’augmenter sa production agricole de 7,8% contre une moyenne de 4 % dans le reste du Sahel », a-t-il déclaré. En 2015, toujours dans cette dynamique, M. Seck a ajouté qu’il a été mis en œuvre un programme pour fouetter l’agriculture qui a permis au Sénégal d’avoir des performances ayant contribué, de manière décisive, à tirer la croissance. Il a estimé que le phénomène du changement climatique ne doit plus être subi mais intégré dans les stratégies de développement agricole.

Au Sénégal, comme partout dans le monde, le changement climatique menace la durabilité du secteur agricole. D’après une étude du Centre de suivi écologique publiée en 2010, la pluviométrie a baissé dans le pays de 30% depuis les années 1950. « Cette dégradation des conditions climatiques aura des conséquences non négligeables sur la production ainsi que les revenus des exploitations agricoles. De même, elle pourrait compromettre le bien-être des populations qui vivent majoritairement de l’agriculture », conclut ce document. D’autres études ont montré que la production céréalière pourrait baisser de 30 % à l’horizon 2025 et que l’arachide pourrait connaître une baisse de 5% à 25% de ses rendements à l’horizon 2050. Au Sénégal, le changement climatique et les problèmes environnementaux constituent de sérieuses menaces qui pèsent sur l’agriculture, principale pourvoyeuse d’emploi avec près de 70% de la population active. Il augmente l’incertitude de début de la saison pluvieuse ainsi que le total et la répartition des pluies.

Pour faire face à ces menaces, le gouvernement avait lancé ces mesures d’adaptation afin de limiter les impacts du changement climatique sur l’agriculture et ses conséquences sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Ces mesures reposent sur l’utilisation systématique des informations climatiques par les principaux utilisateurs via une démarche holistique.

Compte rendu d’Elhadji Ibrahima THIAM


La prise en compte du changement climatique dans les stratégies de développement souhaitée
Cet atelier, organisé par le ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rurale, en partenariat avec le Réseau des parlementaires sur l’environnement et l’Initiative prospective agricole rurale (Ipar), est « stratégique à plus d’un titre », d’après le directeur exécutif de cette dernière structure. « Il permet d’échanger sur la situation actuelle de l’agriculture et sur les trajectoires de celle-ci dans un contexte de changement climatique », a dit Cheikh Omar Bâ. L’objectif, selon lui, étant « d’optimiser la mise en œuvre du Pse en assurant une meilleure intégration de la question du changement climatique dans les plans et programmes nationaux de développement ».

Le coordinateur du Programme changement climatique, agriculture et sécurité alimentaire (Ccafs), Robert Zougmoré, a rappelé l’urgente nécessité de mener des actions immédiates, en vue de s’adapter à la nouvelle donne des changements climatiques et de sa prise en compte dans les stratégies de développement de nos pays. « Le programme Ccafs voudrait engager l’ensemble des acteurs afin de partir de l’existant, des expériences et bonnes pratiques à tous les niveaux d’échelle, dans le but d’intégrer leurs connaissances et leurs besoins dans les outils et approches qui seront développés pour l’aide à la prise de décision bien informée », a-t-il déclaré. M. Zougmoré a plaidé pour une « agriculture intelligente » pour faire face au climat.

Adopter une démarche inclusive et synergique face aux défis du changement climatique, c’est le message qu’ont aussi lancé en chœur le président du Comité national sur les changements climatiques (Comnacc), Ousmane Fall et le président du Réseau des parlementaires sur l’environnement, Lamine Thiam. Tous les deux ont magnifié la tenue de cet atelier qui participe, selon eux, à renforcer le partenariat qu’ils appellent de leurs vœux.

Compte rendu d’Elhadji Ibrahima THIAM

Le Sénégal va bientôt mettre en place un Fonds national climat dont l’objectif premier est de mobiliser et d’investir 100 millions de dollars américains, soit 59,200 milliards de FCfa, par an pour lutter contre les effets des changements climatiques et promouvoir le développement durable, a annoncé, hier, le directeur de cabinet du ministre de l’Environnement et du Développement durable, Souleymane Diallo, au cours d’un atelier de partage d’une étude sur la faisabilité des mécanismes de financement innovants dans le secteur de l’environnement.

Un Fonds national climat sera bientôt mis en place par le Sénégal, en vue de mobiliser et d’investir 100 millions de dollars, soit 59,200 milliards de FCfa par an, pour lutter contre les effets des changements climatiques et promouvoir le développement durable, a annoncé le directeur de cabinet du ministre de l’Environnement et du Développement durable, Souleymane Diallo, qui participait, hier, à un atelier de partage et de validation de l’étude sur la faisabilité des mécanismes de financement innovants dans le secteur de l’environnement.

Selon l’analyse de faisabilité qui a été faite par l’étude, neuf mécanismes sont jugés pertinents et applicables au secteur de l’environnement. Parmi ces mécanismes, trois sont considérés comme applicables dans le court et moyen termes. Il s’agit, selon le directeur de cabinet du ministère de l’Environnement et du Développement durable, Souleymane Diallo, du mécanisme de gestion de la dette qui permet une reconversion de celle-ci pour financer les programmes environnementaux selon le concept « debt for nature », du mécanisme de réorientation des subventions aux combustibles fossiles.

A ce niveau, il a noté que l’essentiel de l’énergie utilisée dans les ménages provient encore des forêts, soit 75 % de l’énergie domestique. D’où la nécessité, selon lui, de réorienter vers des programmes de reboisement et de reforestation une partie, soit 10 à 20 %, de la subvention aux combustibles fossiles, qui a atteint 77 milliards de FCfa, en 2014. Le troisième et dernier mécanisme, considéré comme applicable dans le court et moyen termes, porte sur les obligations vertes.

Aujourd’hui, a-t-il ajouté, plusieurs acteurs soutiennent que l’innovation doit pousser à lancer une première expérience d’émission d’obligations vertes qui concernera prioritairement les secteurs des énergies renouvelables, de l’écotourisme et de l’économie circulaire des déchets. Il a estimé que cette expérience d’émission pourrait porter sur un montant de 50 milliards de FCfa sur une période de 5 ans. « Nous sommes confrontés à un gap structurel de financement. Il est urgent d’œuvrer, avec plus d’efficience, en collaboration avec l’ensemble des acteurs publics, privés et de la société civile, à la mise en place de mécanismes de financement innovants », a déclaré M. Diallo. Il a noté qu’au cours de la dernière décennie, les mécanismes de financement innovants sont devenus un enjeu important dans les négociations internationales sur l’environnement et le développement durable.

Mamadou SY


Réorienter des financements vers des programmes de reforestation
Ces mécanismes visent à mobiliser de nouvelles ressources financières pour le développement et à optimiser l’utilisation de ressources classiques existantes. Souleymane Diallo a indiqué que cet atelier permet de partager les principaux résultats de l’étude et les opportunités qu’ils offrent au secteur de l’environnement. Il a déclaré que le Sénégal se place dans une dynamique « d’expérimenter des mécanismes nouveaux, innovants et aptes à lever des fonds publics ou privés complémentaires à l’aide publique au développement et aux budgets nationaux ».

Le directeur de cabinet a, en outre, noté que l’objectif visé à travers l’organisation de cette rencontre est de « procéder à l’élaboration d’une feuille de route portant sur l’opérationnalisation d’un certain nombre de mécanismes garantissant la prévisibilité, la durabilité et l’additionnalité des ressources ». « L’un des défis à relever est d’arriver à adapter le principe et la faisabilité de chaque mécanisme innovant jugé pertinent au contexte national et ou communautaire », a soutenu M. Diallo. Cette étude porte sur la faisabilité d’une quinzaine de mécanismes de financement innovants répartis en quatre grandes catégories. Il s’agit des mécanismes de taxation ; ceux visant à orienter les financements existants ; des mécanismes de contribution volontaires ; et enfin, des mécanismes issus des instruments de la finance islamique.

Le directeur des Financements verts et des Partenariats, Amadou Diagne, a indiqué que cette étude a permis de préciser dans quelle mesure ces mécanismes sont applicables au profit de l’environnement au niveau national comme au niveau communautaire.

« Cette étude, a-t-il souligné, a également permis de juger l’applicabilité de certains mécanismes et d’établir une démarche pratique de sa mise en œuvre. » De 2005 à 2014, 24,5 milliards de FCfa ont été mobilisés en moyenne pour mettre en œuvre la politique environnementale.

M. SY

Cet atelier, organisé par le ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rurale, en partenariat avec le Réseau des parlementaires sur l’environnement et l’Initiative prospective agricole rurale (Ipar), est « stratégique à plus d’un titre », d’après le directeur exécutif de cette dernière structure. « Il permet d’échanger sur la situation actuelle de l’agriculture et sur les trajectoires de celle-ci dans un contexte de changement climatique », a dit Cheikh Omar Bâ. L’objectif, selon lui, étant « d’optimiser la mise en œuvre du Pse en assurant une meilleure intégration de la question du changement climatique dans les plans et programmes nationaux de développement ».

Le coordinateur du Programme changement climatique, agriculture et sécurité alimentaire (Ccafs), Robert Zougmoré, a rappelé l’urgente nécessité de mener des actions immédiates, en vue de s’adapter à la nouvelle donne des changements climatiques et de sa prise en compte dans les stratégies de développement de nos pays. « Le programme Ccafs voudrait engager l’ensemble des acteurs afin de partir de l’existant, des expériences et bonnes pratiques à tous les niveaux d’échelle, dans le but d’intégrer leurs connaissances et leurs besoins dans les outils et approches qui seront développés pour l’aide à la prise de décision bien informée », a-t-il déclaré. M. Zougmoré a plaidé pour une « agriculture intelligente » pour faire face au climat.

Adopter une démarche inclusive et synergique face aux défis du changement climatique, c’est le message qu’ont aussi lancé en chœur le président du Comité national sur les changements climatiques (Comnacc), Ousmane Fall et le président du Réseau des parlementaires sur l’environnement, Lamine Thiam. Tous les deux ont magnifié la tenue de cet atelier qui participe, selon eux, à renforcer le partenariat qu’ils appellent de leurs vœux.

Compte rendu d’Elhadji Ibrahima THIAM

Ces mécanismes visent à mobiliser de nouvelles ressources financières pour le développement et à optimiser l’utilisation de ressources classiques existantes. Souleymane Diallo a indiqué que cet atelier permet de partager les principaux résultats de l’étude et les opportunités qu’ils offrent au secteur de l’environnement. Il a déclaré que le Sénégal se place dans une dynamique « d’expérimenter des mécanismes nouveaux, innovants et aptes à lever des fonds publics ou privés complémentaires à l’aide publique au développement et aux budgets nationaux ».

Le directeur de cabinet a, en outre, noté que l’objectif visé à travers l’organisation de cette rencontre est de « procéder à l’élaboration d’une feuille de route portant sur l’opérationnalisation d’un certain nombre de mécanismes garantissant la prévisibilité, la durabilité et l’additionnalité des ressources ». « L’un des défis à relever est d’arriver à adapter le principe et la faisabilité de chaque mécanisme innovant jugé pertinent au contexte national et ou communautaire », a soutenu M. Diallo. Cette étude porte sur la faisabilité d’une quinzaine de mécanismes de financement innovants répartis en quatre grandes catégories. Il s’agit des mécanismes de taxation ; ceux visant à orienter les financements existants ; des mécanismes de contribution volontaires ; et enfin, des mécanismes issus des instruments de la finance islamique.

Le directeur des Financements verts et des Partenariats, Amadou Diagne, a indiqué que cette étude a permis de préciser dans quelle mesure ces mécanismes sont applicables au profit de l’environnement au niveau national comme au niveau communautaire. « Cette étude, a-t-il souligné, a également permis de juger l’applicabilité de certains mécanismes et d’établir une démarche pratique de sa mise en œuvre. » De 2005 à 2014, 24,5 milliards de FCfa ont été mobilisés en moyenne pour mettre en œuvre la politique environnementale.

M. SY

Mamadou Lamine Badji, chargé des revendications de l’intersyndicale de la Société nationale des télécommunications (Sonatel), a dénoncé, samedi, à Dakar, le blocage de la croissance externe de cette société de téléphonie par France Télécom, son partenaire stratégique. Il était un des invités des Samedis de l’économie, une rencontre mensuelle de réflexions organisée par la Fondation Rosa Luxemburg et Arcade et axé sur le thème : « La Sonatel : fleuron de l’économie ou symbole de pillage du patrimoine national ? » « Depuis cinq ans, a-t-il avancé, France télécom bloque la croissance externe de Sonatel.

Or, 50 % des résultats de cette société sont réalisés au niveau de ses filiales ». La Sonatel dispose des filiales au Mali, en République de Guinée, en Guinée-Bissau et récemment en Sierra Leone. Parmi les nombreux blocages de France Télécom, M. Badji a évoqué le détournement des trafics des filiales de Sonatel vers la Côte d’Ivoire alors qu’ils passaient par le Sénégal. Il a aussi dénoncé « le blocage des investissements de Sonatel par France Télécom, sans compter le contrôle du Comité des achats de cette société par le directeur général adjoint, un poste occupé par un Français ». Pourtant, a souligné M. Badji, quand France Télécom échoue au Niger, elle amène les ressources humaines de Sonatel pour débloquer la situation.

Sur un autre registre, le syndicaliste de la Sonatel a déploré le pillage des ressources de cette société par France Télécom à travers des redevances de la marque Orange ainsi que d’autres facturations de services rendus. « Aujourd’hui, France Télécom veut faire de Sonatel une filiale. C’est pourquoi elle veut acquérir 9 % supplémentaire des actions de cette société », a affirmé M. Badji. France Télécom détient actuellement 42 % du capital de Sonatel contre 27 % pour l’Etat Sénégalais, 10 % pour le personnel et le reste par les investisseurs de la Bourse régionale des valeurs mobilières.

(APA)

Les « Loumas agricoles » visent à promouvoir le consommer local, offrir aux exploitants des fermes Anida la possibilité d’écouler leurs productions et aux autres acteurs l’occasion de vendre leurs productions agricoles, fruitières et halieutiques. En marge de la 17e édition qui s’est tenue à Thiès, le directeur général de l’Agence nationale d’insertion et de développement agricole a annoncé 700 fermes d’ici à 2017.

Sept cent fermes « Naatangué » villageoises comme familiales seront réalisées d’ici à 2017. Le directeur général de l’Agence nationale d’insertion et de développement agricole (Anida) a fait cette annonce, avant-hier, à Thiès, en marge de l’ouverture de la 16e édition des « Loumas agricoles »  délocalisés. El hadji Malick Sarr a magnifié l’impact des fermes agricoles qu’il qualifie « d’une démarche de responsabilisation des agriculteurs qui, avant même les récoltes de leurs produits, règlent en amont la question de la commercialisation qui a longtemps constitué un goulot d’étranglement ». L’ambition affichée par le gouvernement, dans le cadre d’un programme d’accompagnement conçu depuis 2014, est d’atteindre cet objectif. « Aujourd’hui, 79 fermes ont vu le jour sur une bonne partie du territoire, dont 53 fermes villageoises et 26 petites fermes familiales « Naatangué », et un domaine agricole communautaire (Dac) pour 9.000 emplois créés », a rappelé le directeur général de l’Anida. Les perspectives à l’horizon 2017, selon M. Sarr, sont estimées à 700 fermes villageoises modernes et familiales « Naatangué » et neuf aires agricoles émergentes pour 60.000 emplois permanents et saisonniers et 90.000 tonnes de production annuelle en fruits, légumes et céréales.

Pour les fermes « Naatangué », le directeur général de l’Anida a informé que la région de Thiès compte, à elle seule, 21 exploitations, dont 11 villageoises et une dizaine de fermes familiales, pour plus de 3.000 emplois. « Les ‘‘Loumas agricoles’’ constituent un concept, avec une charpente bien précise, qui vise à promouvoir le consommer local et à offrir non seulement aux exploitants des fermes Anida la possibilité d’écouler leurs productions mais aussi et surtout aux autres acteurs l’occasion de commercialiser leurs productions agricoles, fruitières et halieutiques », a expliqué El hadji Malick Sarr. Yankhoba Diattara, le vice-président du Conseil départemental, s’est réjoui du choix porté sur Thiès pour accueillir cette 16e édition après 15 éditions organisées à Dakar, dans la dynamique de mise en œuvre de l’Acte 3 de la décentralisation. « Le développement territorial se déterminera par une bonne exploitation des nombreux atouts que compte notre département, voire la région en général, dans tous les secteurs névralgiques de notre économie dont l’agriculture, le maraîchage et la pêche », a-t-il affirmé.

La ferme agricole a la particularité d’être installée dans une petite surface intégrée où sont reproduites une gamme de variétés agricoles et maraîchères, de l’aviculture et la pisciculture répondant aux besoins de la consommation locale. Les fermes familiales constituent aussi un levier essentiel pour fixer les populations dans leur terroir et créer des emplois en milieu rural, notamment pour les femmes et les jeunes.

L’édition de Thiès du « Louma agricole » a réuni sept fermes agricoles villageoises dont celles de Ngomène, de Djilakh, de Mont-Rolland et de Mbour, quatre agriculteurs privés. Le nombre de visiteurs n’a pas connu d’affluence la première journée, sans doute, à cause de la pluie qui s’est abattue dans la ville, mais les exposants ont eu à proposer une gamme diversifiée de produits fruitiers, des légumes, des céréales transformées et autres produits halieutiques et des jus locaux.

Mohamadou SAGNE

Bénéficiant du statut de « pays candidat » depuis 2013, le Sénégal cherche à décrocher le statut de « pays conforme » aux normes Itie. Pour ce faire, le Comité national Itie a lancé, depuis quelques semaines, le processus d’élaboration du rapport de 2014 sur la base duquel la validation de la candidature du Sénégal dépendra. Dans cet entretien, son secrétaire permanent, Cheikh Tidiane Touré, revient sur les enjeux de l’obtention de ce statut. M. Touré y aborde aussi les innovations du Rapport Itie 2014 en cours d’élaboration, la parfaite collaboration notée entre le Comité national et les entités déclarantes et enfin, la vision de l’Itie Sénégal à l’horizon 2020.

Le Comité national Itie est en train de préparer le rapport 2014, quels sont les enseignements tirés de l’expérience de celui de 2013 ?
Le rapport Itie 2013 a été le premier du Sénégal en tant que pays mettant en œuvre cette initiative. Par conséquent, il y a une petite dose d’expérimentation du fait que l’exercice était nouveau pour l’administration et pour les entreprises extractives. Malgré toutes les dispositions prises et les efforts de benchmarking, on a senti que c’était difficile pour beaucoup de produire des informations qu’ils n’avaient pas l’habitude de collecter.

En revanche, le deuxième rapport, celui de 2014, nous permet de capitaliser sur les enseignements et à il y a eu des innovations intéressantes. La première, c’est ce qu’on appelle « Seuil de matérialité ». Dans le rapport Itie précédent, nous n’avions pas une base suffisamment solide pour décider d’exclure certaines compagnies qui étaient titulaires de concessions. Aujourd’hui, les données de l’exercice 2012 et 2013 nous ont montré que certaines compagnies titulaires de concessions ne payaient rien à l’Etat ou avaient une contribution dérisoire. Sur cette base, nous avons défini un seuil des paiements significatifs qui nous permet de se focaliser sur celles qui ont une contribution importante, c’est-à-dire supérieure ou égale à 200 millions de FCfa. Avec un seuil de 200 millions, nous assurons une couverture de 98 % des revenus du secteur. Les 2 % qui concernent les compagnies non assujetties à la déclaration sont tout de même pris en charge dans les déclarations unilatérales des services de l’Etat.

Deuxième innovation, nous avons veillé à produire les garanties nécessaires à la fiabilisation des données produites par les administrations en mettant en contribution la Cour des comptes. Concrètement, cette dernière intervient pour vérifier les déclarations des administrations et confirmer que les paiements reçus par les services collecteurs (direction des Impôts, direction des Mines, Petrosen, etc.) sont transmis au Trésor. Lorsque cet exercice est bien mené, il peut contribuer à réduire les écarts entre ce que l’administration déclare et ce que les entreprises déclarent.

Troisième innovation, c’est la déclaration des paiements en Douane. Dans la répartition des tâches entre les régies chargées de la perception et de la collecte des revenus, la Douane intervient en délivrant des quittances de liquidation qui permettent au contribuable de s’acquitter du paiement au Trésor. Or, le principe de la déclaration Itie voudrait que l’on déclare ce qui est effectivement encaissé par l’Etat. C’est pourquoi, pour l’exercice 2014, la Douane va faire une extraction à partir de son « système Gaïndé » et travailler avec le Trésor qui va confirmer ce qui a été effectivement recouvré. Ceci devrait améliorer la qualité des déclarations pour les paiements en douane. Ces innovations vont nous permettre d’améliorer sensiblement la qualité du rapport Itie 2014.

Contrairement au rapport de 2013, le processus de collecte des données pour l’élaboration de celui de 2014 n’a pas rencontré trop de problèmes. Comment avez-vous fait pour gagner l’adhésion de la quasi-totalité des entités retenues dans le périmètre de déclaration ?
Après la publication du rapport de 2013, le Comité national Itie a organisé une série de rencontres bilatérales avec les entreprises extractives et les services techniques de l’administration pour tirer les enseignements de ce premier exercice, mais aussi pour obtenir des améliorations conséquentes au niveau du remplissage des formulaires de déclaration. L’autre élément est que le rapport Itie 2014 est préparé dans un contexte où le pays va postuler à la validation pour obtenir le « statut de pays conforme ».

Nous avons donc beaucoup communiqué sur cet enjeu et les acteurs ont bien compris qu’il s’agit d’une question d’intérêt national.

Cela a beaucoup aidé dans le processus. Nous sommes particulièrement sensibles à l’effort des administrations et des entreprises minières et pétrolières qui ont manifesté de bonnes dispositions pour accompagner le Comité national Itie, et nous les en remercions. Au-delà de cet engagement, nous avons renforcé l’équipe du secrétariat pour améliorer le suivi et nous avons bénéficié d’un excellent soutien de la part des ministères de tutelle, en l’occurrence les départements des Mines, de l’Energie qui font montre d’un leadership exemplaire.

Une entreprise n’a pas encore répondu à l’appel de l’Itie. Qu’est-ce qui explique cette réticence ?
A la date du 22 juillet 2016, une seule entreprise n’avait pas transmis son formulaire. Aujourd’hui, c’est chose faite même si le document n’est pas certifié. En règle générale, il faut considérer que l’Itie agit au nom de l’Etat qui a pris un engagement international. C’est pourquoi, lorsque nous rencontrons des difficultés, nous travaillons avec les ministères de tutelle qui reprennent la demande à leur compte. En cas de refus, le ministère reste le seul apte à en juger ou en tirer les conséquences.

Après la phase de collecte, quelles sont les autres étapes ?
Le consultant a commencé à faire le rapprochement entre ce qui est déclaré par les administrations et ce qui est déclaré par les entreprises. Lorsqu’il constate des écarts, il demande les pièces justificatives et généralement, il y a toujours une partie qui découvre une erreur quelque part et qui procède à la correction. Du côté de l’administration, il y a la Cour des comptes qui poursuit sa vérification qui devrait être finalisée dans une semaine au plus tard. Après cela, le consultant va produire un rapport provisoire avant de soumettre sa version définitive.

Le dépôt du rapport sur la table du Comité international est fixé au mois d’octobre. Pensez-vous être dans les délais ?
S’il y a quelque chose qui est bien ancré dans les habitudes de travail du Comité national, c’est la proactivité, c’est l’anticipation. Le Comité national Itie n’a aucun souci avec les délais.

Depuis octobre 2013, le Sénégal a le statut de « pays candidat ». Au regard des efforts, peut-on dire que le processus de validation et d’obtention du statut de « pays-conforme » est bien lancé ?
Absolument ! Le Sénégal a toutes les chances de réussir sa validation. La mise en œuvre de l’Itie a eu un impact important et nous aurons l’occasion d’en parler. Aussi, nous passons beaucoup de temps à faire des auto-évaluations pour corriger et améliorer le niveau d’atteinte des exigences. Nous prévoyons, en septembre, de faire un atelier national de pré-validation qui nous permettra d’impliquer l’ensemble des acteurs pour passer en revue les modules de la validation et nous accorder sur un mécanisme de suivi.

Quels sont les enjeux et l’intérêt d’avoir le statut de « pays-conforme » ?
Avec la validation, le Sénégal consolidera sa position comme une référence en matière de bonne gouvernance parce qu’il faut le dire, à un moment donné, nous avons été devancés sur certaines questions. La deuxième chose, c’est que le statut de « pays conforme » va renforcer la confiance vis-à-vis des investisseurs et des partenaires techniques et financiers. Pour la réussite du Pse et pour l’exploitation pétrolière, cette confiance sera déterminante. Le plus important, ce n’est pas le « label de pays conforme », mais plutôt comment nous faisons pour garantir que l’exploitation minière ou pétrolière profite réellement aux populations. Cela, l’Itie y contribue.

En mars dernier, le Comité national Itie a convié différents acteurs pour réfléchir sur l’élaboration de son plan stratégique quinquennal 2016-2020. Qu’est-ce que les conclusions ont donné ?
Le sens de la planification stratégique est de démontrer qu’il y a une vision claire à moyen et long termes qui sous-tend le travail que nous faisons. C’est aussi une manière pour l’Itie de redéfinir ses priorités dans un contexte où l’exploitation du gaz et du pétrole va jouer un rôle plus important dans l’économie du pays. Les réflexions qui ont beaucoup retenu notre attention, au-delà des questions de capacité nationale, c’est comment faire en sorte que les rapports Itie puissent aider à mieux planifier les réformes et améliorer la gouvernance. Nous allons organiser une table ronde avec les bailleurs pour présenter le nouveau plan et solliciter leur accompagnement pour les cinq prochaines années.

Entretien réalisé par Elhadji Ibrahima THIAM

A Saint-Louis, les services de l’Elevage sont mobilisés pour assurer une offre suffisante en moutons, accessibles à tous financièrement et géographiquement.

Les services de l’Elevage du delta et de la vallée du fleuve Sénégal se mobilisent pour satisfaire la demande de la région en moutons de Tabaski estimée, cette année, à 155.000 têtes, a déclaré, hier, l’inspecteur régional de l’Elevage et des Services vétérinaires de Saint-Louis, Dr Youssou Ndiaye. Dans l’entretien qu’il nous a accordé, Dr Ndiaye a précisé que, dans le but d’accompagner les opérateurs privés de la région Nord, des lignes de crédit ont été ouvertes à la Caisse nationale de crédit agricole (Cncas) et au Crédit mutuel sénégalais (Cms) pour la commercialisation des moutons de Tabaski dans les départements de Saint-Louis, Dagana et Podor. Il a révélé que les montants sollicités à la Cncas et au Cms par les opérateurs économiques de la région s’élèvent respectivement à 117 millions et à près de 343 millions de FCfa. Parlant de l’accès à l’aliment de bétail, Dr Ndiaye a rappelé que le ministère de l’Elevage et des Productions animales avait accordé à chaque département un quota de 20 tonnes, soit 60 tonnes d’aliment usiné subventionné à hauteur de 66,67 % à la région de Saint-Louis, soit 5.000 FCfa le sac. Les fonds sont disponibles et pourront être utilisés pour l’acquisition d’aliment pour les foirails. Il a indiqué que des points de vente doivent être identifiés et répertoriés par les collectivités locales en relation avec les autorités administratives, les services de l’Elevage et les autres services techniques compétents.

S’agissant des difficultés, Youssou Ndiaye a déploré le fait que l’essentiel des moutons du département de Podor quittent souvent les zones de transhumance pour rejoindre directement les marchés de l’intérieur du pays, engendrant du coup une pénurie dans cette contrée. Il a noté aussi le retard dans la mise en place des financements de l’opération Tabaski, surtout pour le département de Dagana, la faiblesse des montants accordés aux opérateurs, le retard dans la mise en place de l’aliment subventionné, le non remboursement des crédits, notamment ceux de 2011 et 2012 dans le département de Saint-Louis, la fermeture de la frontière entre le Sénégal et la Mauritanie au niveau de Diama, entrainant un grand détour. Mais aussi le défaut d’éclairage dans certains points de vente de la région malgré les efforts des communes, les prix des ovins et caprins jugés assez élevés par les consommateurs, etc.

Dans ses recommandations, Dr Ndiaye a insisté sur la nécessité de mettre en place l’aliment subventionné dans les points de vente, au moins 15 jours avant la Tabaski, et augmenter le quota pour la région de Saint-Louis. Il a suggéré également d’allouer des montants substantiels aux opérateurs dans un délai leur permettant de mener correctement l’opération Tabaski et de veiller au remboursement des crédits.

Aménagent des points de vente
 De même, il a plaidé pour la consolidation des conventions de partenariat avec les transporteurs, le respect des prix conseillés et l’organisation d’une grande réunion avec l’ensemble des acteurs de la filière ovine, pour leur permettre de réfléchir avec les pouvoirs publics sur les voies et moyens afin de mettre en œuvre le programme d’autosuffisance en moutons de Tabaski. 50 % de l’approvisionnement de la région en moutons de Tabaski sont toujours assurés par la Mauritanie.

Il a insisté sur la sensibilisation à mener auprès de certains maires pour qu’ils  aménagent des points de vente adéquats, disposant de l’électricité, de l’eau et de toilettes. L’application stricte des différentes mesures prises lors du Conseil interministériel consacré à la préparation de l’évènement, le 23 juin 2015, l’exécution correcte des recommandations et la forte mobilisation de tous les acteurs autour de l’objectif avaient permis d’obtenir un bon résultat, à savoir un approvisionnement correct et une bonne régulation du marché. Pour cette année, afin de maintenir l’équilibre du marché, l’estimation des besoins a été légèrement revue à la hausse.

Cette demande devra encore, pour une large proportion, être couverte par les importations à partir des pays voisins (Mali, Mauritanie). Comme par le passé, la même stratégie d’intervention sera reconduite. Celle-ci s’adossera principalement sur les recommandations formulées lors de l’atelier-bilan tenu le 7 avril 2016, avec la mobilisation de tous les acteurs, afin d’assurer une offre suffisante en moutons, accessibles à tous financièrement et géographiquement.

Mbagnick Kharachi DIAGNE

Notre compatriote Papa Landing Mané a été porté à la tête du Centre des jeunes dirigeants d’entreprise international (Cjdi), en juillet, pour un mandat de deux ans. Cette organisation compte près de 5.000 jeunes entrepreneurs de 18 pays du monde.

Ingénieur polytechnicien de formation en Génie chimique et Industries alimentaires, Pape est le directeur général de Lqt Consulting, spécialisé dans les prestations en Qualité hygiène, Sécurité et Environnement. Agé de 38 ans, ce diplômé de l’Ecole supérieure polytechnique (Esp) de Dakar est le premier responsable de l’Afrique subsaharienne à être porté à la tête du Cjd International. Il remplace à ce poste le Tunisien Slim Ben Ammar. M. Mané entend faire de ce centre un levier puissant pour booster les réseaux Cjd nationaux afin de renforcer les alliances entre les entrepreneurs. Son objectif est également de promouvoir une économie au service de l’Homme et faire entendre la vision et la voix des jeunes dirigeants du monde.
Le nouveau président des jeunes dirigeants compte s’appuyer, entre autres, sur le renforcement des piliers et des valeurs du Cjd, le partage de bonnes pratiques et de formations entre les pays et une meilleure cohésion entre les entrepreneurs. « Nous allons consolider pour mieux développer et construire un programme riche pour que chaque jeune dirigeant du monde vive bien et mieux le Cjd International », a déclaré Papa Landing Mané.

 Il souhaite aussi nouer des partenariats forts avec des institutions-relais majeures partageant les problématiques du Cjd International afin de soutenir un agenda d’activités, composé, entre autres, d’un Campus international - évènement de formation destiné à former les jeunes entrepreneurs aux fonctions de bureau des associations ainsi qu’à l’animation de formations - et  de Business awards récompensant les entreprises les plus méritantes. Papa Landing Mané a comme vice-président le Français Gaëtan de Sainte Marie, ex-président du Cjd Lyon.
 

Abdou DIAW

Les régions de Kédougou, Thiès et Matam, qui constituent les principales zones d’intervention des sociétés minières du Sénégal, bénéficieront de formation pour renforcer les capacités des personnes affectées par les activités des industries extractives. Elles seront outillées en négociation et dialogue politique pour une meilleure prise en compte de leurs intérêts.
Plus de 82 millions de FCfa (140.000 dollars Us) seront investis dans la mise en œuvre du programme de l’Ong « La Lumière » pour renforcer les capacités des personnes affectées par les activités des sociétés minières. L’organisation et son partenaire, l’Ong Osiwa, abordent ainsi un nouveau virage dans la continuité de leur projet  (« Réduction de la vulnérabilité des communautés face à l’avancée du front minier ») dans les régions de Kédougou, Thiès et Matam qui constituent les zones d’intervention. « C’est une seconde phase qui nous permettra de tirer les enseignements du diagnostic sans complaisance que nous avons fait durant la première phase et  au cours de laquelle des impacts positifs comme négatifs ont été notés dans les activités des entreprises minières. Surtout pour les impacts négatifs, avec l’accaparement des terres et le déplacement des populations qui les font manifester, les problèmes environnementaux et sanitaires, entre autres problématiques de la réinstallation des communautés autochtones », a indiqué le secrétaire exécutif de l’Ong « La Lumière », Ibrahima Sory Diallo.
Un processus complexe résultant de la perte des moyens de subsistance des populations déplacées, la violation des droits humains, l’échec des tentatives de dialogue à chaque fois qu’une société minière veut s’installer ou  s’est installée dans une zone. Les différents intervenants ont évoqué ces questions dans le débat qui a suivi la présentation du projet par le coordonnateur Mamadou Lamine Diagne. Des exemples ont même été cités, tels que la rencontre de cadrage et d’élaboration de la stratégie de réinstallation par la Sgo dans le Kédougou, les populations de Matam et de Thiès qui sont sur le pied de guerre.   Des conflits entre sociétés dans l’occupation de l’espace de certaines zones.
C’est le cas des Industries chimiques du Sénégal (Ics) et la Société d’exploitation des phosphates (Sephos) qui se disputent une zone dans la commune de Pire et que l’adjoint au maire de cette ville a évoqué. Une autre affaire qui a retenu l’attention des participants : le déplacement des populations de villages de Mbar Ndiaye et Mbar Diop à Pire par les Ics sans aucune autre mesure d’accompagnement, si ce n’est les indemnisations qui ont permis aux ayant droits de construire des villas.  

Apaiser les tensions
Autant de préoccupations auxquelles le nouveau projet de renforcement des capacités en matière de négociation et de dialogue politique et assistance/conseil juridique des communautés affectées par les opérations minières devrait prendre en compte pour éviter, à l’avenir, tous ces désagréments, le plus souvent liés au manque de communication. Le secrétaire exécutif de l’Ong « La Lumière », Ibrahima Sory Diallo, insiste sur la nécessité de mettre en œuvre ce projet pour accompagner les personnes affectées par les opérations minières. Cela devrait permettre un apaisement de la tension sociale dans les zones minières, de faciliter la collaboration entre sociétés minières, populations et pouvoirs publics.
Dans cette quête d’une meilleure prise en compte des intérêts des populations dans les activités des sociétés minières, un plaidoyer sera fait pour une plus grande implication des collectivités locales dans tout le processus. Aussi, il a été préconisé la mise en place d’un comité de suivi des acticités du projet, notamment dans sa phase d’information-sensibilisation des personnes affectées par les opérations minières, de renforcement des capacités de négociation et de gestion financière des personnes ciblées par le projet ainsi que le renforcement des capacités entrepreneuriales des personnes prises en charge par le projet, en l’occurrence les femmes et les jeunes. Il convient également d’assurer une assistance juridique et un suivi-évaluation de l’application des accords de réinstallation et de restauration des activités économiques des personnes ciblées par le projet.

Mohamadou SAGNE

Les responsables du Projet d’appui à la réforme de la gestion du foncier urbain (Pagef), de la Direction générale des impôts et des domaines (Dgid) du ministère de l’Economie, des Finances et du Plan, ont décliné, hier, à Dakar, une série d’ateliers régionaux axés sur la modernisation du foncier urbain au Sénégal qu’ils comptent organiser durant ce mois d’août dans trois régions du pays : Mbour (90 km de Dakar), Kaolack (Centre) et Saint-Louis (Nord).

Ces ateliers se dérouleront respectivement le 9 août à Saly Portudal, le 10 août à Kaolack et le 17 août à Saint-Louis. « Ces rencontres visent à présenter et partager les contraintes dans le dispositif de gestion du foncier, partager les axes de modernisation de la gestion du foncier prévus par le Pagef et recueillir les préoccupations des acteurs relativement à ces axes de modernisation de la gestion du foncier », a expliqué Macodou Guèye, le directeur dudit projet. Dans sa volonté de modernisation et grâce à la coopération avec l’Union européenne (Ue) dans le cadre de la coopération du 10ème Fed (Fonds européen de développement), le gouvernement du Sénégal a mis en place le Pagef. L’objectif de ce projet est de contribuer à améliorer la gouvernance foncière à travers, d’une part, la rationalisation et la transparence du dispositif de gestion foncière et, d’autre part, l’amélioration de la disponibilité, la fiabilité et l’accessibilité des données foncières et domaniales. Pour ce faire, les responsables du Pagef avancent que le projet s’appuie sur deux leviers essentiels : la révision du cadre législatif et réglementaire, l’harmonisation des procédures afin de les rendre plus transparentes et la modernisation de l’administration.  Après une première phase (Devis programme I) allant de juin 2013 à janvier 2014, le projet a poursuivi ses activités à travers une seconde phase (Devis programme II) couvrant la période octobre 2015-mars 2017.

(APA)

Le projet d’amélioration de l’efficience de l’irrigation en Afrique de l’Ouest (Tools for the enhancement of irrigation efficiency in West Africa) a pour objectif d’améliorer l’efficacité de l’irrigation dans la région. Financé par l’Union africaine, il regroupe l’Isra, le Coraf, le Csir (une institution ghanéenne) et des partenaires espagnols, notamment Neiker et Inkoa, a indiqué Mamadou Sall de l’Isra, chargé de recherches en Agro-hydrologie/irrigation, en marge d’un atelier d’information et de sensibilisation sur le projet Irriwest.

Une trentaine de participants, issus des services de l’Isra, de la Saed, de l’Ancar, de l’Office du lac de Guiers (Olag), des organisations paysannes, etc., ont pris part à cet atelier qui s’est déroulé dans les locaux du Centre de recherches agricoles (Cra) de Saint-Louis. Mamadou Sall a rappelé qu’au Sénégal les activités de terrain, prévues dans le cadre de la réalisation de ce projet, sont mises en œuvre par l’Isra dans la vallée du fleuve Sénégal. Le projet a développé un outil basé sur les Tic et qui fournit des recommandations pour la programmation de l’irrigation. Selon M. Sall, des capteurs installés dans plusieurs localités permettent de collecter des données agro-météorologiques, lesquelles sont ensuite traitées par un programme informatique pour établir un guide d’irrigation.  A travers un site web interactif, a-t-il précisé, l’utilisateur a la possibilité de choisir une culture et les conditions de la parcelle et de recevoir immédiatement un calendrier ainsi que les doses d’irrigation adaptées à sa situation. Il peut également consulter en ligne les données météorologiques fournies par les stations implantées dans la zone par le projet.
Les résultats du projet, a-t-il ajouté, notamment la plateforme de consultation sur l’irrigation, ont été présentés aux acteurs de l’agriculture à l’occasion d’une rencontre. Auparavant, a souligné Mamadou Sall, des producteurs, techniciens et encadreurs du secteur agricole de la région de Saint-Louis ont bénéficié d’une formation sur l’utilisation de la plateforme sur l’irrigation. Dans sa deuxième phase, le projet prévoit d’élargir son rayon d’action et inclure dans la plateforme informatique des modules sur la gestion des pestes et de la fertilisation.

Mbagnick Kharachi DIAGNE

La gestion budgétaire au cours du mois de juin a été marquée par une bonne tenue du recouvrement des recettes budgétaires au moment où les dépenses publiques ont fortement progressé. Les ressources et dons mobilisés à fin juin 2016 sont évaluées à 1.103,2 milliards de FCfa contre 965 milliards un an auparavant, soit en hausse de 14,3 %

La Direction de la prévision et des études économiques (Dpee) relève, dans sa note mensuelle de conjoncture du mois de juin,  un recouvrement appréciable des recettes budgétaires au premier semestre de 2016. En effet, en fin juin, les ressources et dons mobilisés sont évaluées à 1.103,2 milliards contre 965 milliards de FCfa un an auparavant, soit en hausse de 14,3 %, lit-on dans le document. Cette performance intervient dans un contexte où les dépenses ont connu une hausse soutenue. Celles-ci, en plus des prêts, sont ressorties, selon la Dpee, à 1.243,4 milliards, soit une augmentation de 16,7 % par rapport à la même période de l’année 2015. Au total, le solde budgétaire, dons compris, est déficitaire de 140,2 milliards contre un plafond annuel fixé à 372,4 milliards de FCfa. Les ressources sont composées de recettes budgétaires pour 964,3 milliards, de ressources au titre du « Swap » (ressources reçues à la rubrique gains et change) pour 40 milliards, de ressources propres du Fse pour 21,6 milliards ainsi que de dons pour un montant estimé à 77,3 milliards. « La hausse des ressources est tirée, au-delà du ‘’Swap’’, par les recettes budgétaires qui ont augmenté de 10,2 % sur la période. La hausse des recettes est imputable aux impôts directs, aux taxes intérieures et aux recettes sur le pétrole », précise le document.

Dépenses et prêts en hausse de 16 %
Pour les impôts directs, la Dpee indique que l’impôt sur le revenu (154,4 milliards) et l’impôt sur les sociétés (151,2 milliards) se sont confortés respectivement de 15,1 % et 12,3 %. Les taxes intérieures, la Tva intérieure hors pétrole et la taxe sur les activités financières ont progressé respectivement de 7,5 % et 11,2 % pour s’établir à 122,8 milliards et 25,9 milliards. Pour les recettes pétrolières, elles ont bénéficié du bon niveau de recouvrement du Fsipp (69 milliards) et de la taxe spécifique sur le pétrole (35,3 milliards), avec des hausses respectives de 124,8 % et 25,6 %, grâce notamment au cours favorable du baril de pétrole. Toutefois, note la Dpee, cette tendance positive a été atténuée par la baisse de 5,7 milliards notée dans le recouvrement des droits de timbre (8,5 milliards), reflétant ainsi la suppression des droits de visa instaurés l’année précédente.
S’agissant des dépenses et prêts nets, en hausse de 16,7 %, ils sont ressortis à 1.243,4 milliards au premier semestre 2016. Cette progression est imputable aussi bien aux dépenses d’investissement qu’aux dépenses courantes, selon la Dpee. En effet, les dépenses d’investissement sont estimées à 489,2 milliards, soit un accroissement de 27,9 % attribuable notamment aux investissements sur ressources extérieures. Ces derniers, évalués à 218,9 milliards contre 118,5 milliards l’année précédente, sont en hausse de 84,8 %. Quant aux investissements financés sur ressources internes, ils se sont accrus de 2,4 % pour se situer à 270,3 milliards. Les dépenses courantes se sont raffermies de 70,9 milliards (+10,4 %) pour atteindre 754,2 milliards. « Ce relèvement résulte de la progression des dépenses de fonctionnement, des intérêts sur la dette et des charges de personnel qui ont augmenté, respectivement de 15,8 %, 16,5 % et 2 %, en s’établissant à 387,7 milliards, 89,2 milliards et 277,4 milliards », note le rapport.

Le déficit commercial s’est creusé de 40,8 milliards de FCfa
Durant le mois de juin 2016, le déficit commercial s’est dégradé de 40,8 milliards sur une base mensuelle, s’établissant à 119 milliards, contre 78,2 milliards le mois précédent. Cette situation reflète, selon la Dpee, la baisse des exportations (qui sont passées de 135,7 milliards le mois précédent à 119,1 milliards de FCfa, soit une baisse de 16,7 milliards) conjuguée à la hausse des importations de biens (+27,4 milliards). « Ainsi, le taux de couverture des importations par les exportations s’est situé à 44 % contre 55,8 % un mois auparavant, soit une perte de 11,8 points de pourcentage », lit-on dans le document.
La baisse des exportations s’explique par le repli des ventes à l’étranger du ciment (-2,4 milliards), d’engrais minéraux et chimiques (1,9 milliard) et de produits alimentaires (-1,8 milliard), même si les exportations d’acide phosphorique et de produits pétroliers ont enregistré des hausses respectives de 1,4 milliard et 0,7 milliard sur la période. Au titre des exportations de produits alimentaires, la baisse notée est imputable principalement au recul des ventes à l’étranger de produits arachidiers (-2,4 milliards) et de légumes frais (-1,2 milliard), atténué par la progression des ventes à l’étranger de produits halieutiques (+1,9 milliard). En glissement annuel, les exportations de biens ont affiché une baisse de 10,6 % (-14,2 milliards) en juin 2016, sous l’effet de la diminution de la valeur des ventes à l’étranger de produits alimentaires (-8,6 milliards), de produits pétroliers (-5,5 milliards) et de ciment (-1 milliard).
La hausse des importations de biens qui sont passées de 243,1 milliards au mois de mai 2016 à 270,6 milliards au mois de juin 2016, soit une hausse de 11,3 %, traduit « le renforcement de la valeur de l’ensemble des principaux produits importés, notamment les produits pétroliers (+9,2 milliards), les « véhicules, matériels de transport et pièces détachées automobiles » (+4,4 milliards), les « machines, appareils et moteurs » (+4 milliards), les produits alimentaires (+1,1 milliard) et les produits pharmaceutiques (+0,8 milliard) », selon le rapport de la Dpee.
Repli de l’activité économique de 3,3 %
Au mois de juin 2016, l’activité économique interne, hors agriculture et sylviculture, s’est repliée de 3,3 %, en rythme mensuel, du fait essentiellement des contreperformances notées dans les secteurs primaire (-14,1 %) et tertiaire (-5,0 %), note la Dpee. Toutefois, sur une base annuelle, elle a enregistré une légère croissance (+0,8 %), principalement attribuable aux bons comportements des secteurs secondaire (+6,6 %) et de l’administration publique (+7,5 %). Le repli du secteur primaire, qui a pourtant connu un bon dynamisme en mars et mai derniers, s’explique par les évolutions contrastées des sous-secteurs de l’élevage (-3,9 %) et de la pêche (+16,8 %). Par contre, sur un an, une légère progression de 0,5 % de ce secteur est notée en juin 2016. Idem pour le secteur secondaire dont l’activité s’est repliée de 0,7 % en juin 2016. Cette situation est principalement attribuable, d’après la Dpee, aux contreperformances notées dans la construction (-3,8 %), la fabrication de matériaux de construction sur un an, ce secteur s’est consolidé de 6,6 % durant le mois de juin 2016, à la faveur de la bonne tenue des activités extractives (+58,5 %), des industries chimiques (+50 %), de la production de sucre, des conserveries de viande et de poissons (+13,1 %) et de la fabrication de « papier, carton » (+37,6 %). Quant à la contreperformance du secteur, elle est liée aux faibles résultats enregistrés au niveau des « transports et télécommunications » (-15,3 %), des services d’hébergement et restauration (-23,0 %) et du commerce (-0,6 %), souligne le rapport.

Les prix à la consommation haussent de 0,7 %
Au mois de juin 2016, les prix à la consommation sont ressortis en hausse de 0,7 % en rythme mensuel, d’après la Dpee. Elle explique cette évolution par le renchérissement des produits alimentaires et boissons non alcoolisées (+1,5 %), notamment le poisson frais (+4,7 %) et les légumes frais en fruits ou en racines (+2,6 %). Sur une base annuelle, le niveau général des prix à la consommation a augmenté de 0,5 %, en juin 2016, en liaison avec les appréciations respectives des prix des produits alimentaires et boissons non alcoolisées (+2,9 %) et de ceux des services de santé (+1,0 %). L’inflation sous-jacente (hors produits frais et énergétiques) s’est située à + 0,4 %, au mois de juin 2016, en rythme mensuel et à +0,6 % en glissement annuel, souligne le rapport de la Dpee.

Synthèse d’Elhadji Ibrahima THIAM

Si l’exécution du portefeuille de la Bid connaît des améliorations notables grâce à un suivi rapproché et régulier, il n’en demeure pas moins que le ministre de l’Economie et des Finances a reconnu que « quelques problèmes subsistent ». Les lourdeurs des procédures de passation des marchés, aussi bien du côté de la Bid que du Sénégal, et le retard dans le premier décaissement ainsi que la libération des emprises, notamment pour les projets d’infrastructures routières, en sont les plus saillants. Amadou Bâ a dit espérer que les échanges produiront des recommandations pertinentes, en vue de lever ces contraintes et d’améliorer les performances dans l’exécution des projets. Ce constat du ministre fait écho à celui du directeur régional de la Bid qui s’est inquiété du faible taux de décaissement du portefeuille qui se situe à 19 %.

« Après trois années d’exécution en moyenne, ce taux nous interpelle. En d’autres termes, il nous faudra œuvrer à accélérer la mise en œuvre des projets en cours pour la réalisation d’infrastructures d’énergie, de transport, d’assainissement et de santé, en vue de contribuer à combler, ne serait-ce que partiellement, les attentes multiples et multiformes des populations sénégalaises », a soutenu le directeur général de la Bid. Musa Sillah a souhaité que des recommandations claires et précises sortent de cette revue, pour une amélioration de l’exécution physique des projets et du rythme de décaissement des montants approuvés. « Les montants importants n’ont de sens pour les populations que s’ils traduisent des réalisations concrètes sur le terrain. Il nous échoit la responsabilité mais aussi l’honneur de transformer ces ressources en amélioration de bien-être des populations. C’est pour assumer cette responsabilité et mériter cet honneur que je voudrais nous inviter à redoubler d’ardeur pour renforcer l’exécution des projets », a-t-il ajouté.

Elhadji Ibrahima THIAM

Le portefeuille actif entre le Sénégal et la Bid présente des perspectives prometteuses, notamment avec la signature prochaine des accords relatifs au projet de Ter et au Palam 2, mais également avec les approbations imminentes du Projet de microfinance et du Programme des Domaines agricoles communautaires (Prodac) qui seront financés par la Bid respectivement à hauteur de 11,4 et 39,9 milliards de FCfa. Amadou Bâ s’est félicité de la célérité avec laquelle la contribution de la Bid au financement du Ter a été ficelée.

« Ce projet a été ficelé en peu de temps, car c’est à cette même époque de l’année 2015 que l’accord avait été signé. Je n’ai jamais vu un projet d’une telle envergure ficelé en si peu de temps », a-t-il affirmé.

Elhadji Ibrahima THIAM

La construction du Centre sectoriel des métiers de la mécanique de Diamniadio répond aux besoins du secteur et surtout des concessionnaires. Ces derniers qui ont visité le site ont promis d’apporter leur soutien.

Le temps d’une matinée, les responsables des ressources humaines des sociétés concessionnaires implantées à Dakar ont fait un tour au Centre sectoriel de formation aux métiers de la mécanique de Diamniadio. Une manière de s'imprégner de ce projet conçu et réalisé par l’Agence française de développement (Afd) et l’Etat du Sénégal. « Nous avons regroupé l’ensemble des concessionnaires qui font partie de notre syndicat et nous avons voulu que tous les gens concernés puissent toucher du doigt et voir la réalité de ce qu’on est en train de faire et ce que sera  le centre de formation qui est dédié à notre secteur », a expliqué Jérôme Barth, le directeur général de la Sénégalaise de l’automobile et Pca dudit centre. Il existe certes d’autres centres de formation à Dakar, en l’occurrence Sénégal-Japon, Delafosse, etc.

Mais celui de Diamniadio a été conçu dans une démarche de partenariat public-privé. « Tout vient de la branche professionnelle qui a identifié un manque en termes de qualification des ressources humaines et qui a saisi le ministère pour qu’on mette un dispositif de formation professionnelle destiné à l’étape initiale aux employés des entreprises, mais également aux jeunes qui ont le Bfem ou le bac », a précisé Dr Mbaye Sène, coordonnateur de l’Unité de suivi et de coordination des projets au ministère de la Formation professionnelle, de l’Apprentissage et de l’Artisanat.

Le Centre de formation des métiers de la mécanique fait partie du Projet d’appui au renforcement de la qualification des ressources humaines par la formation professionnelle (PQRH2) et comprend aussi un centre à Diama, dans la région de Saint-Louis. Ce centre sera dédié au machinisme agricole tandis que le site de Diamniadio est réservé aux poids lourds, aux véhicules légers, aux moteurs hors-bords, deux roues, etc.

Ces deux centres formeront, dans un premier temps, un petit nombre de diplômés. Pour Diamniadio, il est prévu 192 professionnels pour la première vague et 112 diplômés sortiront du centre de Diama. « Il ne sert à rien de former 3.000 diplômés si on ne peut pas leur trouver du travail. C’est la raison pour laquelle nous avons souhaité former un petit nombre », a ajouté Dr Mbaye Sène. D’une durée de 2 ans, la formation sera alternative entre l’école et les entreprises. C’est pourquoi il a été demandé aux concessionnaires d’accompagner ce projet. « Il faudrait que les entreprises accompagnent les produits et permettre aux jeunes de séjourner dans les entreprises. Sans cela, la formation n’aura pas de sens », a rappelé Félix Tavarez, le tout nouveau directeur du centre. Jérôme Barth, en phase avec le directeur, a promis « un coaching des apprenants », en vue de les habituer aux marques des différents concessionnaires. « Le but, c’est d’avoir des gens formés par nous, pour nous et qu’on puisse encadrer pendant des années », a indiqué le directeur général de la Sénégalaise de l’automobile qui a exhorté ses camarades à participer à l’équipement du centre de Diamniadio.

Maguette NDONG

Renforcer les capacités des managers dans le domaine de la certification de compétences en Système de management de la sécurité des denrées alimentaires (Smsda). C’est l’objectif de l’atelier de formation des managers sur les systèmes de management de la sécurité des denrées alimentaires au Sénégal qui a démarré, depuis hier, à Dakar.

Dans la mise en œuvre du Programme système qualité de l’Afrique de l’Ouest « appui  à la mise en œuvre de la politique qualité de la Cedeao (Ecoqual) », financé par l’Union européenne (Ue) et exécuté par l’Onudi, un atelier dédié à la formation en certification de compétences en Système de management de la sécurité des denrées alimentaires (Smsda) se tient, depuis hier, à Dakar.


Selon le directeur général de l’Association sénégalaise de normalisation (Asn), Barama Sarr, les Etats de la Cedeao qui ont adopté une politique qualité ont l’obligation de se soumettre aux normes internationales de qualité des produits alimentaires. « Au niveau des 15 pays membres, chaque Etat doit avoir une politique nationale qualité qui consiste à mettre en place l’infrastructure du système de normalisation »,  a-t-il dit, en rappelant l’intérêt de créer des laboratoires de certification et d’inspection afin de veiller aux exigences qualité des denrées alimentaires. « Ces normes de qualité devraient répondre aux normes internationales de sécurité sinon toutes les attestations de conformité que nous allons délivrer ne vont pas être acceptées », a indiqué M. Sarr.

Poursuivant, il a fait savoir : « Pour mettre en œuvre tous ces processus d’évaluation de la conformité, nous avons besoin d’auditeurs qualifiés qui ont des compétences répondant à la norme Iso 22000 ».

A noter que l'Iso 22000, qui est applicable pour tous les organismes de la filière agro-alimentaire, est une norme internationale relative à la sécurité des denrées alimentaires. Elle vise à créer et à maintenir un Système de management de la sécurité des aliments (Smsda). Elle met également l'accent sur les compétences du personnel, la recherche continue d'informations concernant les produits alimentaires (nouvelles lois, normes, règlements, etc.) et un retour au système Hazard analysis critical control point (Haccp), une méthode de maîtrise de la sécurité sanitaire des denrées alimentaires.

Le directeur général de l’Asn a déclaré que les entreprises ont été sensibilisées dans le domaine de la certification de compétences en Système de management de la sécurité des denrées alimentaires (Smsda). « Si une entreprise est certifiée, elle se démarque de ses concurrents. Au niveau international, il y a des systèmes de reconnaissance mutuelle », a-t-il noté. S’agissant de la vente de produits avariés dans certains marchés et autres boutiques, il a déclaré que cela peut amener des problèmes d’intoxication alimentaire. « Cela est interdit par la loi, et ces produits nuisent à la santé. Notre mission, ce n’est pas de veiller au respect de la règlementation, parce que les pouvoirs publics en sont chargés, mais de veiller au respect des normes obligatoires pour informer les pouvoirs publics. C’est le cas avec le vinaigre, le sel iodé pour éviter le goitre, les huiles enrichies en vitamine A, les farines enrichies en fer, etc.

Serigne Mansour Sy CISSE

La multinationale française Orange compte fournir de l’énergie électrique aux communautés rurales africaines, y compris celles du Sénégal, par le lancement, en novembre, d’un programme d’électrification rurale, annonce un communiqué. Selon le groupe de télécommunication, ce programme proposera « une solution à prix abordable qui aide les populations à générer leur propre électricité dans les endroits qui ne sont pas couverts par le réseau ».

Environ 500 millions d’Africains n’ont pas accès à l’électricité et 90 % de la population rurale vivant en Afrique subsaharienne n’ont pas accès à l’électricité. Il s’agira, pour le géant français des télécoms, de « fournir des kits solaires individuels ou des mini-réseaux électriques aux communautés rurales, afin qu’elles puissent exploiter l’énergie solaire, garantissant ainsi leur autonomie ». Une phase pilote sera effectuée en Côte d’Ivoire, au Sénégal et au Cameroun, à partir de novembre. Cette phase-test durera 6 mois et l’équipement sera entièrement subventionné par la multinationale. Les clients pourront payer ce service via la solution Orange Money, souligne le communiqué. Et l’opérateur français des télécoms, présent dans 21 pays en Afrique et au Moyen-Orient, affirme que plus d’un Africain sur dix utilise ses services.

Mamadou Lamine DIEYE

Le Sénégal et la Banque islamique de développement (Bid) ont procédé, hier, à la revue annuelle de leur coopération. Cet exercice a permis de constater que le Sénégal reste le premier pays partenaire de cette banque en Afrique subsaharienne au regard du cumul d’approbations de plus de 2,4 milliards de dollars, soit 1.048 milliards de FCfa, depuis 1976. La contribution de la Bid représente 42 % du financement du Train express régional (Ter).

Le Sénégal et la Banque islamique de développement (Bid) ont passé, hier, en revue leur coopération. Il ressort de cet exercice de bilan que les clignotants sont au vert. Et cette coopération n’a peut-être été aussi dynamique depuis la tenue du Groupe consultatif de Paris de février 2014. Lors de cette rencontre, la Bid s’était engagée à accompagner le gouvernement du Sénégal dans la mise en œuvre du Pse à hauteur de 1,1 milliard de dollars, soit environ 605 milliards de FCfa sur la période 2014-2018. Aujourd’hui, le Groupe de la Bid est à un taux de mobilisation de plus de 100 % de son engagement pour plus de 1,14 milliard de dollars, soit environ 627 milliards de FCfa, avec les nouvelles approbations intervenues le 31 juillet dernier. Ces approbations concernent le financement de la deuxième phase du Programme d’alphabétisation et d’apprentissage de métiers pour la lutte contre la pauvreté (Palam) pour 20,5 millions de dollars, soit 12 milliards de FCfa, et du projet structurant du Train express régional (Ter) pour 333 millions de dollars, soit 197 milliards de FCfa, représentant 42 % du coût total du projet. « Le montant du financement de la Bid pour le Ter est de loin le plus élevé jamais approuvé par la Bid en faveur d’un pays membre de l’Afrique subsaharienne », a indiqué, hier, à Dakar, le directeur régional de la Bid, Musa Sillah.

Un portefeuille diversifié
Ces deux nouveaux projets viennent compléter le portefeuille actif de la Bid déjà très diversifié dont le montant s’élève à plus de 1,5 milliard de dollar, soit 856 milliards de FCfa. « Le portefeuille de la Bid en cours d’exécution au Sénégal, composé de plus d’une trentaine de projets, est le reflet du dynamisme de la coopération entre la banque et le Sénégal qui s’exprime à travers une compréhension mutuelle, un dialogue constructif, la flexibilité dans l’alignement aux priorités du Sénégal et un pragmatisme développementiste à travers des financements structurants », a estimé M. Sillah.

Depuis l’établissement de leur coopération, en 1976, les financements approuvés par le Groupe de la Bid, entité mère et filiales confondues, pour le compte du Sénégal se chiffrent à 1.408 milliards de FCfa. Ce qui positionne le pays comme le premier partenaire de ce Groupe en Afrique subsaharienne. Une bonne partie de ces financements a permis la réalisation d’importants projets, en particulier dans les domaines des infrastructures, de l’énergie, de l’agriculture, de l’hydraulique, de l’assainissement, de l’éducation et de la santé, d’après le ministre de l’Economie et des Finances. « Ce bilan global très reluisant a fini de montrer l’excellence de nos relations de coopération économique et financière qui nous donne entièrement satisfaction par sa prévisibilité, son volume important et son alignement sur nos priorités nationales », a-t-il affirmé. Le ministre a rappelé que le portefeuille actif de la Bid au Sénégal comprend des projets majeurs relatifs au renforcement de la compétitivité et de la productivité, au renforcement de la résilience et l’inclusion sociale, au renforcement de la chaîne de valeur agricole, à la promotion de la finance islamique par le développement de l’industrie de la finance islamique, etc.

Elhadji Ibrahima THIAM

L’amélioration du taux de décaissement souhaitée
Si l’exécution du portefeuille de la Bid connaît des améliorations notables grâce à un suivi rapproché et régulier, il n’en demeure pas moins que le ministre de l’Economie et des Finances a reconnu que « quelques problèmes subsistent ». Les lourdeurs des procédures de passation des marchés, aussi bien du côté de la Bid que du Sénégal, et le retard dans le premier décaissement ainsi que la libération des emprises, notamment pour les projets d’infrastructures routières, en sont les plus saillants. Amadou Bâ a dit espérer que les échanges produiront des recommandations pertinentes, en vue de lever ces contraintes et d’améliorer les performances dans l’exécution des projets. Ce constat du ministre fait écho à celui du directeur régional de la Bid qui s’est inquiété du faible taux de décaissement du portefeuille qui se situe à 19 %. « Après trois années d’exécution en moyenne, ce taux nous interpelle.

En d’autres termes, il nous faudra œuvrer à accélérer la mise en œuvre des projets en cours pour la réalisation d’infrastructures d’énergie, de transport, d’assainissement et de santé, en vue de contribuer à combler, ne serait-ce que partiellement, les attentes multiples et multiformes des populations sénégalaises », a soutenu le directeur général de la Bid. Musa Sillah a souhaité que des recommandations claires et précises sortent de cette revue, pour une amélioration de l’exécution physique des projets et du rythme de décaissement des montants approuvés. « Les montants importants n’ont de sens pour les populations que s’ils traduisent des réalisations concrètes sur le terrain. Il nous échoit la responsabilité mais aussi l’honneur de transformer ces ressources en amélioration de bien-être des populations. C’est pour assumer cette responsabilité et mériter cet honneur que je voudrais nous inviter à redoubler d’ardeur pour renforcer l’exécution des projets », a-t-il ajouté.

D’autres accords annoncés
Le portefeuille actif entre le Sénégal et la Bid présente des perspectives prometteuses, notamment avec la signature prochaine des accords relatifs au projet de Ter et au Palam 2, mais également avec les approbations imminentes du Projet de microfinance et du Programme des Domaines agricoles communautaires (Prodac) qui seront financés par la Bid respectivement à hauteur de 11,4 et 39,9 milliards de FCfa. Amadou Bâ s’est félicité de la célérité avec laquelle la contribution de la Bid au financement du Ter a été ficelée. « Ce projet a été ficelé en peu de temps, car c’est à cette même époque de l’année 2015 que l’accord avait été signé. Je n’ai jamais vu un projet d’une telle envergure ficelé en si peu de temps », a-t-il affirmé.

Elhadji Ibrahima THIAM

 

Une enveloppe de 3,5 milliards de FCfa sera mobilisée pour accompagner les projets de modernisation des directions nationales, a révélé, hier, Makhtar Diagne, directeur de l’Appui au secteur privé du ministère de l’Economie, des Finances et du Plan. « Nous finançons trois violets, notamment le Ticket libératoire qui permet de procéder à plusieurs paiements en un seul, qui réduit les délais, les temps de transaction et qui peut induire une amélioration du classement du Sénégal dans l’indicateur du commerce transfrontalier », a expliqué M. Diagne. Intervenant à l’occasion d’un atelier de partage et de sensibilisation sur les innovations des plateformes informatiques douanières, il a aussi cité l’interconnexion, qui consiste en l’échange de données entre les directions du ministère de l’Economie et des Finances. Il a également signalé le financement de la mise en place d’une plateforme d’utilisation d’un identifiant unique : le Ninea (numéro d’identification national des entreprises et des associations).  Cette plateforme concerne l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd), la Direction générale des Douanes ainsi que les directions des Impôts et Domaines, de la comptabilité publique et du trésor, et des Finances. « Elles vont échanger en temps réel des données. Cela permettra naturellement d’augmenter les recettes fiscales, mais aussi de pousser les entreprises à se formaliser, et ainsi à avoir des statistiques économiques fiables », a expliqué M. Diagne.

Un autre volet concerne, selon lui, le financement des formations pour le secteur privé. Ce projet appuie une dizaine de directions d’agences, dont sept relèvent du ministère des Finances. Il est financé par le Fonds africain de développement (Fad) pour trois ans, avec une contrepartie de l’Etat du Sénégal. Le projet a identifié les difficultés des petites et moyennes entreprises (Pme), particulièrement l’accès au financement, la mise en place d’un système de labellisation et la création d’une caisse des marchés portée par la Caisse de dépôts et consignation. D’après lui, c’est tout un programme d’éducation financière qui va aider la Pme à pouvoir accéder plus facilement au crédit bancaire. Il y a aussi l’amélioration des services dédiés aux Pme. « Nous accompagnons la direction générale des Impôts et des Domaines à mettre en place un guide fiscal dédié à la Pme. Pour la Douane, nous les accompagnons pour ces trois volets et pour l’Ansd, nous l’appuyons dans le recensement des entreprises », a indiqué Makhtar Diagne.

(APS)

Le processus de recensement général des entreprises a été officiellement lancé, hier, par le chef de l’Etat. Cette opération permettra de refaire la cartographie des entreprises du Sénégal et d’améliorer le système d’information existant sur les statistiques, en fournissant aux acteurs socioéconomiques des informations actualisées et plus fiables sur les performances du tissu économique.

Combien d’entreprises compte le Sénégal ? Combien sont-elles dans le formel et dans l’informel ? Où sont-elles implantées ? Quel est le niveau de leur performance dans le tissu économique ? Quels sont les emplois créés ? Quelle est leur contribution exacte dans le Pib ? Aujourd’hui, il est quasi impossible de trouver des réponses fiables à ces questions. La base de données permettant de se faire une idée exacte des structures économiques au Sénégal date de 1999. Pourtant, les normes internationales recommandent, en particulier pour les pays en développement, de renouveler la base de référence au moins tous les 10 ans. Le Sénégal est resté 17 ans sans le faire. Or, durant ce temps, bien des mutations sont intervenues, favorisées par le développement des technologies de l’information et de la communication, l’approfondissement du système financier et l’émergence de l’éducation et la santé privée. En conséquence, de nouvelles activités ont vu le jour -transfert d’argent, e-banking, par exemple- et les petites et moyennes entreprises ont fleuri.

Du coup, la rénovation des comptes nationaux, notamment l’année de base, était devenue une urgente nécessité pour l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd). C’est tout le sens de l’opération de Recensement général des entreprises (Rge) qui a été officiellement lancée, hier, par le chef de l’Etat, Macky Sall. Il permettra de redessiner la cartographie des entreprises au Sénégal et de fournir des indicateurs actualisés à même de refléter au mieux la situation économique du pays et servir de base de calcul du Pib dont l’année de référence sera désormais 2014.

Lors de la cérémonie de lancement au Centre international de conférences Abdou Diouf de Diamniadio, avant l’arrivée du président Macky Sall, la Troupe théâtrale Kocc Barma Fall de Rufisque, à travers un petit sketch, a bien campé les enjeux et l’intérêt de ce Rge qui entre dans le cadre du Projet national de rénovation des comptes nationaux (Prcn) dont il est l’une des composantes essentielles. Boutiques, salons, restaurants, boulangeries, ateliers de menuiserie, de mécanique, de couture, services de transfert d’argent, exploitations horticoles, agricoles, l’élevage, la pêche sont concernés par ce recensement. De même que toute activité s’exerçant dans un local fixe aménagé en local professionnel. L’opération a nécessité un budget de plus de 5 milliards de FCfa, dont 3 milliards ont été dégagés par l’Etat du Sénégal et le reste par ses partenaires que sont la Banque mondiale, la Banque africaine de développement et l’Union européenne.

Un recensement venu à son heure
Le chef de l’Etat estime que le Recensement général des entreprises vient à son heure, car la situation de 1999 est bien différente de celle de 2016. « J’ai voulu que le Pse puisse disposer d’instruments modernes de mesure de nos progrès et insuffisances dans la marche vers l’émergence. Si la base de calcul est l’année 1999, cela veut dire que nous avons tout faux. En 1999, le budget de l’Etat faisait moins de 600 milliards de FCfa ; aujourd’hui, nous en sommes à presque à 3.300 milliards de FCfa. Il était temps de changer d’année de base de calcul de notre Pib mais également la base de calcul de l’évolution de notre croissance économique », a-t-il déclaré. Le même esprit d’exhaustivité et de fiabilité des données a guidé la conduite du Recensement général de la population, de l’habitat, de l’agriculture et de l’élevage, ainsi que l’Enquête nationale sur l’emploi au Sénégal, a ajouté Macky Sall. Les résultats de cette enquête servent, aujourd’hui, de support d’analyses statistiques pour les programmes et les stratégies de promotion de l’emploi. « Ce sont les entreprises qui créent la richesse dans une économie de marché comme la nôtre. D’où l’importance d’une connaissance plus exacte de la nomenclature de ces entreprises. Voilà la raison d’être de ce Rge », a-t-il renchéri.

Le président de la République considère le Recensement général des entreprises comme une opération structurante, en ce sens qu’un système d’informations statistiques performant constitue, à ses yeux, une base fiable sur laquelle on peut bâtir des politiques publiques dument renseignées. « Aujourd’hui, nous avons une nouvelle dynamique de croissance de notre économique. Il nous faut des instruments de mesure qui soient les plus rapprochées possibles de l’évolution de notre économie, et cela nécessite une réactualisation permanente de l’information et une pondération conséquente de ces évolutions », a-t-il déclaré. Macky Sall a, à cet effet, invité le gouvernement à s’investir pleinement pour la réussite de ce recensement dans l’esprit des conclusions des mesures adoptées lors du dernier Conseil national de la statistique, tenu le 12 mai dernier, sous la présidence du Premier ministre.

71% des unités économiques cartographiées sont situées dans l’axe Dakar-Thiès-Diourbel
Le Recensement général des entreprises comporte trois volets : Entreprises non agricoles ; Ménages et unités de production informelle et Entreprises agricoles. Le premier volet a été déjà exécuté à près de 70 %, selon le Directeur général de l’Ansd.

ependant, a fait savoir Aboubacar Sédikh Bèye, il a enregistré de faibles taux de réponses pour l’enquête de structures et un timide démarrage dans les régions. « Nous avons bouclé la région de Dakar, et les recensements dans les 13 autres régions viennent de démarrer. Nous avons aussi, pour l’enquête de structures, commencé à recevoir les données des entreprises. Il a été constaté que 71 % des unités économiques cartographiées sont situées dans l’axe Dakar-Thiès-Diourbel. On a dénombré 40.000 ateliers de couture, dont 51 % sont situés à Dakar », a indiqué M. Bèye. Les deux autres volets démarrent ce mois d’août. Appelant les chefs d’entreprises à coopérer, le directeur général de l’Ansd a précisé que, contrairement à la perception qu’en ont certaines personnes, ce recensement n’est pas une initiative de recouvrement fiscal. « Cela permet d’orienter les décisions d’investissements, de politiques publiques et permet aux banques et aux assurances de créer des produits financiers pour le monde de l’entreprise », a-t-il dit. A l’en croire, le recensement pour l’agriculture durera trois à quatre mois et celui sur le secteur informel prendra un mois.

Concernant ce dernier recensement, Aboubacar Sédikh Bèye a précisé que c’est une enquête très ciblée qui a déjà identifié les unités de production informelles à partir des ménages.

Les acteurs engagés à accompagner le recensement
Sans l’engagement des chefs d’entreprise et des différentes personnes ciblées par le Rge, celui-ci ne peut avoir les résultats escomptés. C’est pourquoi le chef de l’Etat n’a pas manqué d’appeler tous les acteurs à jouer le jeu. Son appel n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd puisque aussi bien les organisations paysannes, les artisans, les commerçants que le patronat, tous ont affirmé qu’ils vont pleinement s’impliquer. « Ce recensement est à saluer, car montrant que les paysans sont désormais considérés comme des partenaires de premier plan dans les initiatives de politiques publiques », a déclaré Aliou Dia. Idy Thiam, président de l’Unacois, a salué les nombreuses actions posées par le président Macky Sall pour le développement du tissu économique. Il en veut pour preuve l’implication du secteur informel dans toutes les initiatives de l’Etat. « C’est une occasion unique pour les Pme et Pmi de valider leur existence. Cela va permettre de lutter contre le chômage en créant des emplois », a affirmé Moussa Niang, représentant des artisans et président des bijoutiers du Sénégal. Il a plaidé pour un accompagnement fiscal des Pme pendant trois à cinq ans afin de les aider à grandir. L’ambassadeur d’Espagne au Sénégal, Alberto Gomez, également chef de file des partenaires techniques et financiers, s’est félicité de l’ambition du Sénégal de s’aligner sur les meilleurs standards internationaux en réactualisant ses données statistiques sur les entreprises, outils indispensables, selon lui, pour l’efficacité économique. Et c’est Baïdy Agne, président du Conseil national du patronat, au nom des différentes organisations patronales, qui résume bien les enjeux du Rge dans cette phrase : « Avec ce recensement, nous franchissons une nouvelle étape dans la construction de notre futur ».

Près de 1.500 agents mobilisés
Pour mener à bien cette opération qui est une première au Sénégal, l’Ansd a mobilisé 1.200 enquêteurs, 188 contrôleurs, 26 superviseurs et 102 agents de saisie. Cette opération est accompagnée d’une vaste campagne de sensibilisation qui sillonne tout le pays. « Non seulement le Recensement général englobe l’enquête de structures pour la nouvelle base de référence de calcul du Pib, mais il permet, pour la première fois au Sénégal, de disposer d’un dénombrement exhaustif des unités économiques, formelles comme informelles, agricoles comme non agricoles, exerçant sur le territoire national. C’est une mine d’informations pour le « data mining » qui servira, entre autres, de base d’échantillonnage pour des études plus fines sur certains secteurs d’activités (tailleurs, mécaniciens, menuisiers, femmes transformatrices, transferts d’argent, Pme, Tpme, etc.) », a expliqué le directeur général de l’Ansd, Aboubacar Sédikh Bèye.

Macky Sall veut que le Sénégal se passe de l’aide publique
Dans son discours en wolof, le chef de l’Etat a déclaré que son ambition, c’est de faire en sorte que le Sénégal puisse se passer de l’aide publique au développement dans quelques années, en devenant autonome sur le plan économique. « On ne peut pas indéfiniment continuer à tendre la main. On doit dépasser ce stade. On a les moyens, mais à condition qu’on y mette de la volonté et de la détermination. Quand on n’est pas autonome financièrement, on n’est pas libre », a-t-il dit. Macky Sall est persuadé que cet objectif peut être atteint dans un horizon de cinq ans. Tout en appelant à adapter l’économie sénégalaise à nos réalités, le président de la République a demandé à engager des discussions inclusives avec tous les acteurs de l’économie, notamment ceux du secteur informel.

Hommage à feu Amadou Lamine Niang
A la suite de la minute de silence observée à la mémoire du président du Chambre de commerce, d’agriculture et d’industrie de Dakar (Cciad), Amadou Lamine Niang, décédé lundi passé, le chef de l’Etat a, au début de son discours, rendu un hommage à cette « éminente personnalité sénégalaise ». Il a salué en lui « un homme pétri de valeurs, pleinement engagé pour l’entreprise nationale par son rôle d’entrepreneur mais aussi par son implication dans l’organisation patronale ». Macky Sall a ajouté que le « Sénégal a perdu un homme d’une très grande dimension ».


Elhadji Ibrahima THIAM


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La SSPP « Le Soleil » met en garde et interdit formellement aux responsables et gestionnaires de sites d’informations, établis au Sénégal ou ailleurs, de poster les articles publiés sur le portail Internet du « Soleil », à l’adresse www.lesoleil.sn. La SSPP « Le Soleil » ne tolérera aucune entorse à cette interdiction. Seule est permise la publication de liens directs pour rediriger l’internaute vers l’adresse www.lesoleil.sn

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Les gestionnaires de sites qui le souhaitent peuvent adresser une demande de partenariat avec la SSPP « Le Soleil » qui en définira les modalités et fixera les conditions d’utilisation des articles, photos, logos de son portail Internet. En cas de manquements, la SSPP « Le Soleil » se réserve le droit d’engager immédiatement des poursuites judiciaires envers les contrevenants, pour violation du respect des droits d’auteurs.