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Affaires et Finances (3294)

Représentant le secteur privé, le directeur exécutif de la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (Cnes), Mor Talla Kane, a invité les parties prenantes, devant définir les orientations de la seconde phase du Pse, à corriger les erreurs commises lors de la première étape. « L’exercice devra nous permettre de dresser de nouvelles trajectoires. Nous devons, cependant, avoir la lucidité et le courage de dire que nous allons corriger les erreurs s’il y en avait », a indiqué M. Kane. Pour lui, il faut aborder ces travaux avec un esprit ouvert et constructif.  Le directeur exécutif de la Cnes espère également voir des résultats sortir au terme de l’atelier de formulation.

A. DIAW

 

A quelques mois de la fin de la première phase du Pse, qui arrive à terme cette année (2014-2018), la direction de la planification et des politiques économiques (Dgppe) a lancé, hier, les travaux de la seconde étape de ce plan. Il consistera, dans cette partie, de se pencher sur la formulation des options stratégiques visant à lever les obstacles qui entravent la mise en œuvre de certains projets, programmes et réformes.

La période quinquennale 2014-2018, correspondant à la première phase du Pse, a vu la mise en œuvre de programmes, projets et réformes pour assurer le décollage économique du Sénégal. A travers les moteurs de croissance et l’inclusion sociale, ce plan s’est fixé pour objectif d’impulser une transformation structurelle de l’économie nationale et un développement humain durable. A cet égard, il a été enregistré, entre autres, un relèvement de la croissance économique (plus de 6% pendant trois années consécutives), des efforts sur la protection sociale ainsi qu’une réduction du déficit budgétaire. Toutefois, des goulots d’étranglement qui entravent la mise en œuvre de certaines réformes, projets et programme ont été identifiés dans l’exécution de la première phase du Pse.

Pour lever toutes ces contraintes, le ministère de l’Économie, des Finances et du Plan, à travers la direction de la planification et des politiques économiques (Dgppe), a organisé un atelier pour réfléchir sur la formulation des options stratégiques appropriées déclinées dans la seconde phase du Pse. Le directeur général de planification et des politiques économiques, Pierre Ndiaye, affirme que le Sénégal, en dépit des résultats probants enregistrés dans la première phase du Pse, reste confronté à plusieurs défis : l’amélioration de la qualité de la dépense publique, singulièrement les investissements privés, le développement du capital humain, la sophistication des produits exportés, la problématique de l’emploi des jeunes, la pauvreté, la question du financement privé dans les projets de types des Partenariats public privé (Ppp), la simplification du système fiscal, mais aussi le relèvement de la qualité des infrastructures. « Ces contraintes identifiées justifient, en partie, la tenue de cet atelier de formulation pour déterminer les objectifs stratégiques en vue de renforcer l’amélioration du bien-être des populations, gage d’une stabilité, d’une justice et de cohésion sociale », a expliqué M. Ndiaye.

Il précise que ces mêmes travaux sont en train d’être exécutés dans les commissions régionales pour une meilleure prise en compte des préoccupations territoriales. A son avis, si notre pays veut réussir le pari de l’émergence, l’accent devrait être mis sur l’accumulation du capital humain, le relèvement de la productivité, la résilience des populations face aux effets du changement climatique, la promotion de l’équité et l’égalité de genres, la recherche, l’innovation, la gouvernance dans toutes ses dimensions et la lutte contre la pauvreté. Les travaux de cette deuxième phase, s’appuyant sur l’expertise et la diversité des parties prenantes, se font à travers les quatre commissions nationales de planification et permettront de renforcer la dynamique de concertation ainsi que la cohérence intersectorielle. La formulation des orientations de cette phase du Pse qui repose sur une démarche « participative » et « consensuelle » devra également prendre en compte les mutations actuelles de l’environnement national et international. Sur la même lancée, Samba Kâ de la Dgppe soutient que la formulation de la stratégie de la phase 2 du Pse va s’appuyer sur, entre autres leviers : l’équité sociale, la préservation de l’environnement, la transparence, la réédition des comptes, la Gestion axée sur les résultats (Gar). Dans cette phase, l’accent sera aussi mis sur l’augmentation de la contribution du secteur secondaire, l’amélioration de la production manufacturière, l’accès aux services sociaux de base.

Abdou DIAW

 

Le 5ème Forum international sur la Finance islamique en Afrique de l’Ouest s’est ouvert, hier, à Dakar. L’édition de cette année se penche sur les voies et moyens d’attirer les investissements des pays du Golf vers l’espace Cedeao.

D’un côté, des pays africains qui ont besoin de financements considérables pour réaliser des projets structurants et bâtir une industrie financière islamique, de l’autre, des investisseurs des pays du Golf qui cherchent de nouvelles opportunités d’investissement conformes à la Charia. La demande et l’offre étant là, il reste à faire en sorte que les deux parties se rencontrent et développent des partenariats profitables à tous. C’est tout l’enjeu de la 5ème édition du Forum international sur la Finance islamique qui s’est ouvert, hier, à Dakar, dont le thème est : « Afrique de l’Ouest-Pays du Golf : le pont des investissements directs ». Visant à faire la promotion de la Finance islamique dans la sous-région et d’y d’attirer les investisseurs du Golf, la rencontre est organisée par l’Institut africain de finance islamique (Aiif) que dirige Mamadou Lamine Mbacké.

Ce dernier a salué les nombreuses actions posées par le gouvernement afin de bâtir une industrie financière islamique au Sénégal. Et la présence du Président Macky Sall, à cette cérémonie, témoigne, à ses yeux, de cet engagement et de cette orientation politique. « Le ministère de l’Économie, des Finances et du Plan a bien compris la volonté politique du chef de l’État en s’appropriant la finance islamique pour en faire un véritable instrument de financement du Pse en émettant deux Sukuk sur le marché sous-régional pour un montant cumulé de 250 milliards de FCfa. Cette volonté politique du président de la République ainsi que l’audace et l’engagement du gouvernement dans l’innovation et la diversification des sources de financement a valu à notre pays le premier prix africain des Awards de la Finance islamique à Dubaï », a déclaré le président de l’Aiif. Selon lui, la présence des investisseurs du Golf à la tête desquels se trouve Abdullah Mubarak Almutawa du Koweit ne peut que renforcer le positionnement du Sénégal pour en faire un hub de la finance islamique en Afrique de l’Ouest.

Principe de partage du risque

Ce Forum se tient dans un contexte où le Pse a atteint sa vitesse de croisière et où les nations unies ont décidé de mettre en œuvre les Objectif du développement durable (Odd), a rappelé Khadidiatou Diallo, de la Banque islamique de développement (Bid). Or, ces plans, a-t-elle précisé, ont besoin de financement à long terme pour se réaliser. Mais, à cause des facteurs de partage des risques et de participation au capital, ces plans ont du mal à trouver les financements nécessaires. « Le problème ne réside pas dans le manque de fonds, mais plutôt dans l’allocation des fonds pour l’investissement à long termes. D’où la nécessité de trouver d’urgence des moyens novateurs susceptibles de pallier la faible allocation des fonds et de répondre aux besoins ambitieux des programmes de développement. La Finance islamique propose bien précisément la solution à ce problème car elle se base sur le principe du partage du risque et le principe du financement adossé à des actifs tangibles », a indiqué la représentante de la Bid.  Cependant, pour que la finance islamique réponde efficacement au déficit de financement à long terme, il est impératif, selon elle, de « renforcer le système financier par la mise en place de cadres juridiques, administratifs et réglementaires qui appuient le principe de partage des risques ».  

Justice et équité sociale

Fondée sur les principes de paix, de justice et d’équité sociale et s’étant affirmée comme instrument de développement moderne adaptée aux besoins de l’État, de l’entreprise et du citoyen, la Finance islamique, d’après le Président Macky Sall, est un levier de financement complémentaire voire une alternative au financement conventionnel. « Il ne faut pas jeter la finance non islamique, il nous faut combiner les deux pour en tirer le meilleur profit. Aujourd’hui, la finance islamique se positionne comme une composante essentielle du système financier international. Après avoir affirmé son leadership dans certains pays asiatiques et du Moyen Orient, elle a fini de convaincre, en raison de son caractère innovant, de sa résilience eaux crises et de la philosophie qui la sous-tend », a-t-il soutenu.  Aujourd’hui, certains pays africains essaient d’optimiser les opportunités qu’offre la Finance islamique tandis que d’autres définissent de véritables stratégies pour bâtir une industrie financière islamique. Quoi qu’il en soit, le Président Macky Sall estime que le continent africain ne doit pas être en marge de cette dynamique internationale surtout qu’il dispose, en la matière, des avantages comparatifs à faire valoir. Quant au Sénégal, les enjeux de la Finance islamique ont été très tôt appréhendés. La preuve est donnée par les nombreuses initiatives prises par le gouvernement et qui ont donné des résultats satisfaisants, selon le chef de l’État. « Les 250 milliards de FCfa tirés des deux Sukuk ont largement contribué au financement de projets structurants du Pse. Nous avons un projet de création d’une institution de micro finance avec un capital de 5 milliards de FCfa, grâce au soutien de la Bid et des privés nationaux. Par ailleurs, l’État a mis en place un programme de promotion de la micro finance islamique au Sénégal avec une ligne de financement de 47 milliards de FCfa, en partenariat avec la Bid », a-t-il indiqué.

Par ailleurs, le Président Macky Sall s’est félicité de la décision de la Bceao d’adapter les cadres réglementaires des établissements de crédit et de systèmes financiers décentralisés à la Finance islamique. A l’en croire, « c’est un grand progrès » vers la création d’une véritable industrie financière islamique dans l’espace Cedeao.

 

Faire de Dakar un hub de la Finance islamique

S’il y a une ambition chère au président de l’Institut africain de finance islamique (Aiif) et que partage largement le président de la République, c’est celle de faire du Sénégal un hub de la finance publique. Les bases ont été jetées certes, mais Mamadou Lamine Mbacké envisage de les renforcer. Ainsi, au-delà de la formation et du forum, il a annoncé la création imminente d’une banque islamique dans la zone Uemoa, en partenariat avec un groupe d’experts disposant de plusieurs années d’expérience bancaire internationale. Mais le président de l’Aiif ne s’arrête pas là, il entend également lancer un projet de création d’une institution de micro finance islamique d’un capital d’un milliard de FCfa avec des partenaires turcs et sénégalais. A cela s’ajoute le lancement du premier fonds d’investissement conforme à la Charia en Afrique de l’Ouest, en partenariat avec Impaxis Capital. « L’Aiif s’engage donc à apporter sa contribution aux efforts inlassables du gouvernement de faire de notre pays un hub de la Finance islamique. Si ces projets voient le jour, ils constitueront un pas important vers la création d’une industrie financière islamique au Sénégal.

Elhadji Ibrahima THIAM

 

Du 30 avril au 4 mai, une délégation des ministères des Ressources hydrauliques du Kirghizistan, du Tadjikistan, de l’Ouzbékistan, du Kazakhstan et du Turkménistan, traversés par les fleuves Amu Darya et Syr Darya, a effectué une mission de travail au Sénégal pour s’imprégner et s’inspirer de l’expérience de l’Omvs.

Organisme phare dans la gestion transfrontalière des eaux, l’Organisation pour la mise en valeur du Fleuve Sénégal, a été sacrée deux fois, en 2015 et 2017, meilleur organisme de gestion intégrée des ressources en eau, à l’échelle mondiale. Son modèle d’organisation séduit les pays partageant un bassin fluvial à gérer conjointement en raison de ses acquis et de son rôle dans l’intégration des 4 pays qui le composent : Mali, Mauritanie, République de Guinée et Sénégal.

Du 30 avril au 4 mai, sur invitation de l’Omvs et avec l’appui de la Suisse, une délégation des ministères des Ressources hydrauliques de cinq pays d’Asie centrale (Kirghizistan, Tadjikistan, Ouzbékistan, Kazakhstan et le Turkménistan), traversés par les fleuves Amu Darya et Syr Darya, a effectué une mission de travail au Sénégal, pour s’imprégner et s’inspirer de l’Omvs qui constitue, selon Michel Mordasini, envoyé spécial du gouvernement suisse, pour l’eau, une « expérience exemplaire et unique à bien des égards ». Les fleuves Amu Darya et Syr Darya irriguent ces cinq pays d’Asie centrale. Deux pays sont en amont (le Kirghizistan et le Tadjikistan) et trois en aval (l’Ouzbékistan, le Kazakhstan et le Turkménistan). Indépendants depuis 25 ans, ces pays qui ont appartenu à l’Union soviétique peinent à trouver les mécanismes de gestion conjointe de l’eau.

Pour la Suisse qui fait, dans cette région, la promotion de l’économie bleue, la gestion de cette ressource ne peut plus se faire à l’échelle nationale. Elle impose un dialogue, des échanges, un partage d’informations pour une gestion qualitative de cette eau d’autant que tout ce qui touche à la ressource implique des investissements considérables en ce qui concerne l’hydroélectricité, l’eau potable, l’irrigation, etc. « C’est dans ce contexte que la Suisse, dans la promotion de la paix bleue, a souhaité mettre en contact les cinq pays d’Asie centrale avec l’Omvs qui a développé une expérience de 46 ans d’une gestion actuellement invisible pour les radars de l’Asie centrale : cofinancements des infrastructures payés par les quatre pays, des sociétés de gestion communes des ouvrages, est une réalité encore ignorée en Asie centrale. Il y a aussi la notion des coûts et des bénéfices partagés », a expliqué Michel Mordasini. Il a ajouté que le contexte est favorable en Asie centrale qui connaît actuellement, dans le domaine de l’eau, un « moment particulier d’ouverture, de dialogue exceptionnel ».

Promotion de la paix bleue
La Suisse ne veut pas « manquer cette fenêtre d’opportunités » pour aider le Kirghizistan, le Tadjikistan, l’Ouzbékistan, le Kazakhstan et le Turkménistan à surmonter leurs difficultés afin de mettre en place un organisme commun de gestion de l’eau. « C’est la raison pour laquelle nous avons travaillé avec l’Omvs pour développer ce partage d’expériences ; ce dialogue triangulaire entre la Suisse, l’Asie centrale et l’Omvs », insiste-t-il. Selon l’envoyé spécial pour l’eau du gouvernement helvète, les échanges ont porté sur le statut international et la charte du Fleuve Sénégal, le cofinancement et la gestion conjointe des infrastructures dans le bassin ainsi que les coûts et les bénéfices partagés de la gestion des eaux partagées. La semaine a été dense en termes de réunions de travail, de discussions à Dakar, d’abord, pour mieux comprendre le cadre légal et réglementaire, le cadre institutionnel de l’Omvs ; ensuite sur le terrain, la délégation s’est rendue à Saint-Louis pour visiter le barrage de Diama et discuter avec les responsables de la Soged, de la Société de gestion de l’énergie de Manantali (Sogem). Sur le territoire mauritanien, la délégation a visité la station de pompage El Saheli qui approvisionne à 100 % la ville de Nouakchott. «Ces réalisations se construisent dans une relation de partage, de solidarité entre les États de la région. Du point de vue suisse, nous pensons que ce sont des messages importants et pertinents pour l’Asie centrale », a déclaré Michel Mordasini.

Au nom de la délégation d’Asie centrale, Ababakir Koilubaev pense qu’après cette mission et les échanges avec les dirigeants de l’Omvs, les choses vont aller plus vite dans la volonté de mettre sur pied un organisme de gestion intégrée des ressources en eau.

Mamadou GUEYE

HAMED DIANE SEMEGA, HAUT COMMISSAIRE DE L’OMVS : « C’EST UN SENTIMENT DE FIERTÉ LÉGITIME »
« C’est un sentiment de fierté légitime et une prise de conscience de la charge, avec une reconnaissance comme celle-là. C’est facile de reconnaître qu’il y a des efforts qui ont été consentis depuis longtemps, des efforts maintenus qui ont valu à l’organisation de capitaliser un certain nombre d’expériences et qui se traduisent par des infrastructures au service du développement du bassin. (…) Cela signifie qu’il y a un développement hydro-agricole avec l’aménagement de petits périmètres agricoles au profit de petits producteurs, des adductions d’eau potable, la lutte contre les maladies tropicales négligées par la distribution de moustiquaires imprégnées pour lutter efficacement contre le paludisme. (…) On voit qu’il y a une incidence réelle sur la vie des populations et une dynamique de développement à l’intérieur du bassin à partir d’activités créatrices de revenus, de fixation des populations. C’est un long processus qui a commencé, il y a 46 ans, avec des hauts et des bas mais avec plus de hauts que de bas. Dans toute œuvre humaine, il y a des bas mais à l’Omvs, la vision des pères fondateurs constamment ré-exprimée et solidifiée par les chefs d’État successifs de nos États, vaut, aujourd’hui, à l’Organisation d’être reconnue comme un organisme de bassin unique au monde. Les membres de la délégation sont impressionnés. Il fallait qu’ils viennent voir, toucher pour s’en convaincre. Pour la Suisse, l’Omvs est un exemple probant de coopération qui peut inspirer ces pays d’Asie afin qu’ils se dotent d’un organisme similaire ou à tout le moins qui prendrait un exemple de ce qui marche à l’Omvs. Quand on voit toute l’expression d’admiration de l’Omvs, on s’en étonne mais cela nous renvoie à notre obligation de préserver cet acquis que les autres nous envient.»

M. G.

L’accident qui a coûté, vendredi, la vie à Papis Mballo du groupe Guelongal, sur l’autoroute à péage, repose, encore une fois, la question de l’éclairage de cette autoroute. Selon Didier Payerne, directeur opérationnel de cette infrastructure, des discussions sont en cours pour remédier à ce problème.

Vendredi nuit, de retour de l’Aéroport international Blaise Diagne de Diass, l’artiste et producteur, Papis Mballo, membre du groupe Guelongal, est décédé, dès suite d’un accident de la route. Son véhicule a fini dans le décor après avoir tenté d’éviter un troupeau de vaches en divagation sur l’autoroute à péage aux alentours de la gare de péage de Toglou, selon son frère et membre du même groupe, Moussa Mballo, qui se trouvait lui aussi à bord ainsi qu’un autre membre de leur staff. Le défaut d’éclairage de cette partie de la route serait la principale cause de ce triste événement, a-t-il ajouté.

Cet accident a remis au goût du jour la question de l’éclairage sur le tronçon Thiaroye-Aibd que ne cessent de réclamer les usagers au regard des nombreux cas d’accidents et d’agression.

Interpelé en marge d’une exposition dans le cadre de la Biennale, le directeur opérationnel de l’autoroute à péage a exprimé sa tristesse face à cet accident mortel. « C’est toujours triste de voir des gens mourir sur la route, c’est encore plus triste quand il s’agit d’un artiste connu. C’est un accident de trop. Ce n’est pas acceptable », a-t-il dit. Pour éviter que de pareils drames ne surviennent, a-t-il fait savoir, « tous les moyens qu’il fallait ont été mis en place » pour assurer la sécurité des usagers sur l’Autoroute, conformément au contrat signé avec l’Apix. « Dans le contrat, on a l’obligation de surveiller l’infrastructure. On a des patrouilles qui passent régulièrement, on inspecte les grillages qui empêchent la divagation des animaux, on a une collaboration avec la gendarmerie et l’on a même, de temps en temps, des brigades de ramassage des animaux en divagation. Bref, on a mis tous les moyens qu’il fallait », a-t-il assuré.

Sur la question de l’éclairage, il indique qu’en théorie, ce n’est pas obligation. Mais puisque que des éléments extérieurs (divagation des animaux et agressions) sont en train de mettre en danger la vie des automobilistes, des discussions sont en cours pour éclairer la partie de l’autoroute à péage qui ne l’est pas encore. « C’est un problème qui sera réglé à plus ou moins brève échéance. Cependant, il faut préciser que la partie urbaine est éclairée jusqu’à Thiaroye car elle est très fréquentée et il y a une forte densité de population. Après, quand on traverse une zone semi-urbaine ou rurale, comme dans beaucoup de pays et pour des questions de bonne gestion, on n’éclaire pas. Quand on sort de la ville, les gens doivent rouler avec leur code et à vitesse adaptée, c’est une règle internationale. Mais pour des questions de sûreté, l’État a souhaité que cette partie soit éclairée dans un avenir assez proche», a-t-il indiqué.

Cependant, Didier Payerne a souligné la nécessité de renforcer la campagne de communication sur les comportements à risque aux abords de l’autoroute. « La divagation des animaux est interdite ; donc, il y a un aspect de communication et de formation à faire. C’est pourquoi, en parallèle des actions qu’on mène, on a une grosse action de communication avec des sports qui passent régulièrement à la télévision et des panneaux sur l’autoroute. Mais la perfection n’étant pas de ce monde et étant entendu que la sécurité est un processus dynamique, on attend les conclusions de l’enquête pour renforcer les mesures de sécurité », a ajouté Didier Payerne. Comment ces vaches ont pu se retrouver sur l’autoroute à péage alors qu’il y a des grilles de protection ? Le directeur opérationnel de l’autoroute à péage a une idée. « Les grillages de protection sont en bon état et on les inspecte régulièrement. Ce qui est sûr, c’est que les animaux ne sont pas passés par les grillages. Mais il est fort possible qu’ils soient passés par les bretelles des échangeurs qui permettent aux véhicules de rentrer ou de sortir de l’autoroute. Ces bretelles sont ouvertes car c’est le système de péage en vigueur qui le veut. Au regard donc du lieu de l’accident, ces animaux sont peut-être passés par les bretelles du dernier échangeur après le poste de péage de Toglou », a-t-il expliqué.

Elhadji Ibrahima THIAM

Comme l’année dernière, le Sénégal était à l’honneur au Hub Africa, à Casablanca. Alioune Badara Mbengue a raflé le 1er Prix du meilleur jeune entrepreneur pour son projet Mbal-IT, une poubelle intelligente pour la gestion des ordures.

Les rideaux sont tombés sur la 6ème édition du Hub Africa qui s’est tenu du 2 au 3 mai, à Casablanca, avec la remise des trophées aux quatre vainqueurs des Pitchs sur trente finalistes. Venus d’une dizaine de pays (Burkina Faso, Cameroun, Rwanda, Sénégal, Tunisie, Maroc, etc.), ces entrepreneurs confirmés ou en herbe ont montré que l’Afrique a du talent avec des innovations dans tous les domaines. Celles présentées vont des plateformes digitales pour offrir des services, la tulipe, une sorte de borne intelligente, des lunettes intelligentes pour guider les non-voyants, des poubelles intelligentes pour le recyclage des ordures, de la purée de haute qualité pour bébé, le e-learning, la e-santé, etc. Au final, la palme est revenue au jeune Sénégalais, Alioune Badara Mbengue, pour son projet Mbal-IT, une poubelle intelligente pour la gestion et le recyclage des déchets. Il est le lauréat du 1er prix du meilleur entrepreneur. Âgé de 20 ans et étudiant à l’Institut supérieur de management à Dakar, le jeune entrepreneur dit ressentir « beaucoup de fierté ». Il voit ce prix comme « un encouragement ». « Ce projet répond à une problématique, celle de la gestion des déchets et il est en cohérence avec ma vision de créer une technologie made in Africa et qui répond à nos préoccupations », explique-t-il. Son prochain objectif, déployer cette poubelle intelligente « dans toutes les rues de Dakar et celles des grandes villes africaines ». Il a déjà commencé à travailler avec certains partenaires comme l’Unité de coordination et de gestion des déchets solides (Ucg). Le Sénégal s’est bien illustré lors de cette 6ème édition du Hub Africa puisque le 2e prix est revenu également à la Sénégalaise Siny Samba avec son projet « Le Lionceau » pour la fabrication de purée de haute qualité pour bébé. Les 3ème et 4ème prix ont été décernés respectivement aux projets « Academic Bridge » de la Rwandaise Mariam Muganga et Naviacom du Tunisien Marouan Omezzine.

A cette jeunesse dynamique et innovante, Lahcen Daoudi, ministre marocain délégué auprès du Premier ministre, chargé des Affaires générales et de la Gouvernance, est venu dire, « ayez confiance en vous, vous n’avez pas de complexe à avoir vis-à-vis des autres ». Selon l’officiel marocain, le chemin menant au développement de l’Afrique est connu : « maîtriser la science et la technologie, continuer à innover et être fier de sa culture ! ».

De notre envoyé spécial
à Casablanca, Seydou KA

 

La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) révèle que la balance de paiement du Sénégal s’est améliorée en 2016. Le solde global a affiché un excédent de 50,2 milliards de FCfa. Cependant, la forte dépendance aux importations de produits pétroliers et alimentaires a accentué le déficit en 2017.

La dixième journée de diffusion des comptes extérieurs du Sénégal a été tenue, hier, par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) qui a présenté la balance de paiement et la position extérieure globale du Sénégal (donnée définitives 2016 et semi-définitives 2017). Selon la Bceao, le solde des comptes courants et de capital s’est traduit par un besoin de financement de 257,7 milliards de FCfa qui a été couvert par des capitaux nets au titre des investissements directs étrangers, des investissements de portefeuille et des autres investissements. En 2016-2017, il y a eu une hausse de 12,4 % des investissements directs étrangers au Sénégal destinés aux industries minières et manufacturières. En 2016, le solde du compte courant s’est amélioré. Selon la Bceao, l’incidence des transactions extérieures sur les avoirs extérieurs nets du système monétaire a été positive, le solde global affichant un excédent de 50,2 milliards de FCfa. Toujours au titre de l’exercice 2016, le solde des transactions courantes s’est amélioré ressortissant à -4,1 % du Pib contre -5,3 % un an plus tôt.

Cette amélioration du déficit du compte courant s’explique par la hausse des exportations de biens. Ces dernières sont évaluées à 1.703,5 milliards en 2016, soit une hausse de 34,3 milliards par rapport à 2015 en liaison avec la progression des ventes d’or non monétaire, d’acide phosphorique. Ces évolutions ont été, toutefois, contrebalancées par un repli de 0,9 % des expéditions de marchandises générales à la suite d’une diminution des ventes des principaux produits d’exportation du Sénégal. Il s’agit des produits pétroliers, des arachides, du phosphate et du sel marin. Les exportations restent orientées vers l’Afrique principalement vers les pays de la sous région.

1.703,5 milliards d’exportation contre 3.222 milliards d’importation

En 2016, les importations ont baissé de 3,4 % pour ressortir à 3.222 milliards  sous l’effet d’une baisse significative de la facture pétrolière en lien avec l’évolution des cours mondiaux de pétrole brut. Pour 2017, les données sont semi-définitives. Elles montrent que le compte courant s’est aggravé de 3,1 points à -7,2 % du Pib à cause de la détérioration de la balance commerciale résultant d’une hausse de 20,5 % des importations comparativement à la baisse de 2,6 % une année auparavant.

Le directeur national de la Bceao au Sénégal, Amadou Al Aminou Lô, a salué la tenue régulière de cette activité. Il a  rappelé que c’est sous la supervision du ministre de l’Économie, des Finances et du Plan que le Sénégal a adhéré, en fin 2017, aux normes spéciales de diffusion de données du Fmi. Cela témoigne, selon lui, que le pays a satisfait au test de suivi des statistiques dans les domaines de la couverture, de la périodicité, du degré d’actualité et d’accès public à ces données. M. Lô note que le Sénégal est ainsi le quatrième pays en Afrique subsaharienne à adhérer au plan spécial de diffusion des données après l’Afrique du Sud, l’île Maurice et les Seychelles.  

Amadou Bâ, ministre de l’Économie, des Finances et du Plan a confié que le cadre macroéconomique a été renforcé au Sénégal en dépit des influences négatives du contexte international, à la faveur d’efforts d’ajustement interne conjugués au soutien constant et renouvelé des partenaires techniques et financiers. «Avec un taux de croissance du Pib réel de 7.2 % en 2017, le Sénégal se positionne désormais comme l’une des économies les plus diversifiées et performantes de l’Uemoa. A cet égard, il me plaît de rappeler les performances enregistrées dans l’assainissement des finances publiques et dans l’amélioration de l’environnement des affaires avec la classification du Sénégal, en 2017, dans le top 5 des meilleurs pays réformateurs de la Cedeao», a déclaré Amadou Bâ. Ce qui fait, selon lui, que le Sénégal continue d’attirer les investisseurs et cela est illustré par les succès enregistrés lors des émissions des deux derniers eurobonds (mai 2017 et mars 2018) et qui témoignent de la confiance dont bénéficie le pays sur la scène internationale.  

La facture pétrolière passe de 708 milliards en 2010 à 856
milliards de FCfa en 2017

Pour cette 10ème édition de la journée de diffusion des comptes extérieurs du Sénégal, le thème a porté sur «la facture pétrolière dans les pays membres de l’Uemoa». «Ce thème a été choisi en considération de la dépendance du Sénégal des importations d’hydrocarbures. Ce qui est une contrainte majeure pour l’équilibre de la balance commerciale des pays membres de l’Uemoa», a expliqué le directeur national de la Bceao, Amadou Al Aminou Lô. Ce dernier a indiqué que les paiements en devises pour supporter les dépenses d’approvisionnement en énergie représentent un poids considérable sur les économies des pays membres de l’Union.

A titre d’illustration, il a indiqué que la facture pétrolière du Sénégal est passée de 708 milliards de FCfa en 2010 à 856 milliards de FCfa en 2017, soit une hausse de près de 150 milliards en 7 ans. C’est l’équivalent de 60 % des revenus des exportations du Sénégal qui est utilisé pour honorer ces dépenses.  «Les enjeux pour la réduction de la dépendance pétrolière conséquemment de son impact négatif sur la balance de paiement appellent, sur les plans national et régional, des stratégies qui visent à renforcer les sources alternatives d’approvisionnement en énergie, notamment des énergies renouvelables», a déclaré Amadou Al Aminou Lô.

Cependant, il reconnaît que des efforts ont été accomplis par l’État du Sénégal, en créant les conditions nécessaires pour le développement des énergies renouvelables. Et l’exploitation prochaine des ressources pétrolières et gazières constituera un tournent majeur pour le Sénégal, selon le directeur national de la Bceao.

 1.100 milliards de FCfa transférés par les Sénégalais de la diaspora

Les envois des Sénégalais de la diaspora sont également en hausse depuis 2012. En 2016, ils ont été évalués à 1.100 milliards de FCfa, soit du 10 % du Pib. Les envois des émigrés au Sénégal sont supérieurs à l’aide publique au développement et aux investissements directs étrangers. Cependant, ces transferts sont destinés à la consommation des ménages et selon le directeur de la Bceao, le Sénégal gagnerait à réorienter cette manne financière vers l’investissement.

Oumar KANDE

Après  Macky Sall et Paul Kagame en en 2017, le président Kenya, Uhuru Kenyatta, est lauréat pour l’édition 2018, du Trophée Babacar Ndiaye (ancien de la Banque africaine de développement) qui, depuis 2016, à travers « the Africa Road Builders-Trophée », récompense les meilleures initiatives en matière de routes,  de transports en Afrique.

Après ses deux précédentes éditions tenues à Lusaka puis Dakar, le prix « Super Grand Bâtisseur-Trophée Babacar Ndiaye », pour l’édition 2018, honorant le chef d’État dont le pays connaît le plus de succès en matière de transports et de routes, s’est tenu, hier, à Dakar. Sponsorisée par la Banque africaine de développement et d’autres partenaires, cette initiative vise à promouvoir des routes et des moyens de transports modernes et performants pour le développement de l’Afrique mais aussi à assurer une plus grande mobilité avec des services innovants qui contribuent à rendre l’économie africaine plus dynamique.

Après le choix porté en 2017 sur les présidents Macky Sall du Sénégal et Paul Kagame du Rwanda,  cette année, le chef de l’État du Kenya, Uhuru Kenyatta, a été désigné comme lauréat du prix « Super Grand Bâtisseur-Trophée Babacar Ndiaye ».

Selon Adama Diaw, le président du Comité de sélection, trois critères ont guidé ce choix : l’impact social (création d’emplois, intégration), le respect de l’environnement pour une vision durable et la soutenabilité du financement avec l’option d’un investissement innovant loin de ceux qui ruinent l’économie des pays africains.

Selon lui, le réseau qui regroupe plus d’une vingtaine de journalistes issus des différentes régions d’Afrique anglophones comme francophones a aussi tenu compte des observations issues des rencontres publiques des institutions et organisations internationales sur le développement des routes et des transports en Afrique ainsi que toutes les publications disponibles et consultables dans les domaines considérés. En raison d’une vision ayant abouti à une fascinante transformation de son réseau routier, de son chemin de fer mais aussi du transport aérien du Kenya avec des tarifs parmi les plus bas pour les billets d’avion (moins de 15.000 FCfa entre Nairobi et Mombassa),sans oublier l’éclairage public et l’éclairage des infrastructures routières,le choix du comité a porté sur Uhuru Kenyatta.

Le comité a également salué la volonté affichée des dirigeants du continent de relever le défi du développement des infrastructures. Modou Kane Diaw, représentant du ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement, a salué cette initiative qui s’illustre « comme un plaidoyer pour le développement du continent ». Un hommage a été rendu à Babacar Ndiaye, « un panafricaniste hors pair » qui a dirigé, pendant dix ans, la Banque africaine de développement.
Barthélémy Kouamé, directeur général de Acturoutes Côte d’Ivoire, a rappelé sa célèbre phrase qui lui collait bien : « Je ne connais pas de nationalité mais plutôt des hommes et des femmes au service du développement du continent africain ».

Fara Michel DIEYE

 

Alstom a lancé, avec succès, sur son site de Reichshoffen (France), les essais du 1er train Coradia Polyvalent destiné au Sénégal, indique un communiqué. « Cet événement marque le début d’une vaste campagne d’essais avant le départ du train. Ces essais vont permettre à Alstom d’apporter des ajustements au train avant sa livraison au Sénégal », rapporte la même source. « Ces essais constituent une étape importante pour Alstom et pour le projet. Nous sommes fiers de les réaliser afin de garantir non seulement le bon fonctionnement des trains mais aussi le contrôle de toutes les normes pour ainsi assurer un niveau de sécurité maximal pour l’Apix et ses passagers », a déclaré Didier Pfleger, Vice-président pour le Moyen-Orient et l’Afrique, cité dans le texte. Ces tests ont été effectués en présence du directeur général de l’Apix, Mountaga Sy.

Selon le document, plus de 40 personnes sont mobilisées sur le site Alstom de Reichshoffen pour procéder aux 6.000 tests en série et aux 50 tests de validation qui doivent permettre de vérifier et de garantir le bon fonctionnement du train.

Les trains Coradia Polyvalent font partie du projet de Train express régional (Ter), un projet phare du Plan Sénégal émergent (Pse), porté par le président Macky Sall. Ils ont été commandés pour répondre au besoin croissant de mobilité à Dakar. Ils seront mis en service sur la nouvelle ligne en construction qui reliera le centre de Dakar à l’aéroport international Blaise Diagne (Aibd), à Diass.   Le nombre de passagers quotidiens est estimé à 115.000.

« Le train Coradia Polyvalent destiné au Sénégal est bimode (diesel/électrique ) et peut circuler à une vitesse de 160 km/h. D’une longueur totale de 72 mètres, ce train de quatre voitures a une capacité de 400 passagers et dispose d’une première et d’une seconde classe. Il est adapté aux conditions climatiques et environnementales du pays et est doté d’un système de climatisation très performant. Son plancher bas facilite l’accès et le déplacement à bord, en particulier pour les personnes à mobilité réduite », explique-t-on dans le texte.

En plus du site Alstom de Reichshoffen, cinq autres sites en France participent au projet : Saint-Ouen pour le design, Le Creusot pour les bogies, Ornans pour les moteurs et alternateurs, Tarbes pour le système de traction et Villeurbanne pour les systèmes informatiques embarqués et les informations voyageurs.

M. GUEYE

 

Les prochaines étapes, après les découvertes de gaz et de pétrole au Sénégal, constituent un virage à ne pas rater. D’où l’intérêt de la 16e édition du Salon international de l’énergie et du pétrole ouvert, hier, à Dakar. Organisé par l’Association sénégalaise pour le développement de l’énergie en Afrique (Asdea), ce salon se veut un cadre d’échanges et de mise en relation entre les pouvoirs publics, le privé national et international intéressé par l’exploitation de ces ressources.

Après l’enthousiasme qui a suivi l’annonce des découvertes de gaz et de pétrole, le débat s’est aussitôt posé sur la meilleure démarche à adopter pour tirer le meilleur profit de ces ressources. Plusieurs rencontres ont été organisées dans ce sens et les autorités ont fait le benchmarking pour s’imprégner des meilleures pratiques. Dans la continuité de la réflexion engagée et des actions menées depuis ces découvertes, s’est ouverte, hier, à Dakar, la 16e édition du Salon international de l’énergie et du pétrole et la 4e exposition des professionnels de l’énergie. Organisé par l’Association sénégalaise pour le développement de l’énergie en Afrique (Asdea), ce salon se veut un cadre d’échanges et de mise en relation entre les pouvoirs publics, le privé national et international intéressé par l’exploitation de ces ressources. En effet,  l’exploitation des ressources gazières et pétrolières charrie des intérêts stratégiques qui ne manqueront pas d’engendrer de nombreux bouleversements à la fois du tissu économique, du marché de l’emploi et du travail, etc.

Cette rencontre qui réunit, pendant deux jours (3 et 4 mai), des spécialistes, des dirigeants d’entreprises, des universitaires, des représentants des pouvoirs publics, etc., permet donc d’aborder des questions cruciales. Celles-ci vont porter, entre autres, sur la notion de contenu local, le rôle que le privé national doit jouer dans la mise en place et le développement d’une industrie pétro-gazière, son positionnement bien dans des secteurs où l’expertise nationale existe et dans des secteurs où celle-ci fait défaut ou est peu développée en nouant des partenariats gagnants-gagnants.  Il s’agit également de voir comment gérer les impacts environnementaux, sociaux liés à l’exploitation du gaz et du pétrole pour que celle-ci ne nuise pas aux autres secteurs tels que la pêche dont dépend une importante communauté au Sénégal.

Toujours dans le souci de mieux tirer profit des ressources pétrolières et gazières, la question de la place des recettes dans le développement du Sénégal et celle de la formation seront également abordées ainsi que la place du mix énergétique. Sur ce point, le Sénégal a fait le choix du mix énergétique en développant toutes les sources d’énergie pour faire face à la demande sans cesse croissante en énergie et à l’impératif nécessité de baisser le coût de l’électricité pour assurer une compétitivité de ses unités de production.

Cette rencontre a également une portée pédagogique. En effet, le développement et le renforcement des capacités d’une large audience d’acteurs du secteur du pétrole et du gaz ainsi qu’une opinion publique avertie constituent un enjeu stratégique pour le Sénégal qui, avec le démarrage prochain de l’exploitation de ses ressources pétrolières et gazières, aura à faire face à un écosystème tout à fait nouveau. En posant le débat, l’Asdea veut accompagner l’État dans sa démarche de gestion « efficiente et transparente de ces ressources nationales » afin d’en optimiser, au mieux, l’impact sur le développement économique et social du pays. D’autant que les prochaines étapes constituent donc un virage à ne pas rater, selon Serigne Dièye, président de l’Asdea. D’ores et déjà, le Sénégal peut compter sur le soutien de ses partenaires tels que les Pays-Bas, la France, l’Angleterre.

 

Gestion des risques lies aux activites pétro-gazières

Le Sénégal peut compter sur l’accompagnement des Pays-Bas

Théo Perters, ambassadeur des Pays-Bas au Sénégal a déclaré, hier, que les découvertes de gaz et de pétrole présentent des opportunités pour la population et le développement du pays, mais également des défis de gouvernance, environnementale et sociale. « Assurer une croissance inclusive en réduisant la pauvreté au Sénégal sera une opportunité et un défi en même temps », a-t-il dit. Et pour relever ces défis, le gouvernement peut compter sur le soutien et l’accompagnement des Pays-Bas qui, selon le diplomate, ont « des expériences pertinentes à partager, des bonnes et moins bonnes ». « Je suis persuadé que nous avons des apprentissages à partager afin d’éviter que le Sénégal ne subisse les mêmes conséquences. Et nous sommes disposés à appuyer le Sénégal dans la gestion des risques économiques, environnementaux liés aux activités pétro-gazières ».

En octobre 2017, le diplomate avait organisé une mission aux Pays-Bas pour permettre à de hauts cadres de l’administration sénégalaise, des membres de Petrosen, du Cos-pétrogaz, de la Senelec de s’imprégner de l’expérience néerlandaise. « L’idée était de montrer notre expérience dans le développement du secteur du pétrole et du gaz et notre système de gouvernance », a rappelé Théo Perters. Récemment également, l’ambassade des Pays-Bas à Dakar a organisé un atelier sur la sécurité et la sûreté en mer.  

Le diplomate a souligné que le système de gouvernance des Pays-Bas est basé sur « une grande transparence et une inclusion de toutes les parties prenantes ». « Nous sommes convaincus que pour le développement durable du secteur, il est primordial de créer un cadre régulateur qui permet au secteur privé d’investir et des politiques qui protègent les autres intérêts essentiels. C’est la façon grâce à laquelle nous avons réussi à réaliser les fameux polders néerlandais », a indique Théo Perters.

Mamadou GUEYE

 

 

Ouvrant le salon des Pme, le ministre du commerce, Alioune Sarr, a estimé que la question ne consiste plus à savoir si le digital constitue un avantage pour les Pme mais plutôt voir comment ces entreprises comptent accompagner le processus de transformation digitale pour survivre. Il souligne que les pays qui émergent et qui sont leaders dans le monde économique se différencient sur trois éléments essentiels : l’environnement macroéconomique du pays, l’offre infrastructurelle et les entreprises. Sur le premier point, il juge nécessaire de mettre tous les moyens en place pour rendre le pays plus attractif pour les investissements nationaux et étrangers. Le second élément est lié à l’offre infrastructurelle.  « Les investisseurs ont besoin de s’installer dans un pays où il existe des infrastructures (télécommunication, routes, aéroports…qui accompagnent la dynamique de développement », a expliqué le ministre. Outre l’assainissement du cadre macroéconomique et les infrastructures, il est aussi essentiel, selon Alioune sarr, pour un pays, de disposer d’entreprises dynamiques qui font la différence avec les pays.

A. DIAW

Intégrer le digital dans le processus de production

Oumy Thiam Sangaré, représentante du président de l’Union des chambres de commerce du Sénégal, note que la majorité des Pme, surtout celles du Sénégal, accusent un retard dans la transition numérique en termes d’intégration et d’optimisation des solutions issues de la transformation digitale. Elle soutient que ce salon entend donner aux Pme une nouvelle impulsion de forte croissance et de compétitivité avec un potentiel de développement et de production de richesses. « Nos Pme doivent apprendre à se familiariser avec le nouveau monde digital et l’intégrer dans leur processus de production, de gestion et de commercialisation », a préconisé Mme Sangaré.

A. DIAW

 

Rendre les Petites et moyennes entreprises (Pme) plus modernes et compétitives par la transformation digitale. C’est l’objectif que s’est fixé la Sonatel à travers la première édition du salon des Pme, organisée hier en partenariat avec l’Adepme et l’Union des chambres de commerce.

En partenariat avec l’Union des chambres de commerce et l’Adepme, le groupe Sonatel, à travers sa marque Orange business services, a organisé la première édition du Salon des Pme en présence de nombreux dirigeants d’entreprises. Cette rencontre d’affaires dont le thème porte sur la « transformation digitale des Pme : « enjeux et perspectives» est une initiative en faveur de la modernisation et de la compétitivité des petites entreprises. Ousmane Dia, directeur d’Orange business services explique que le thème répond à une problématique d’actualité. En effet, il soutient qu’à l’ère du digital, le monde de l’entreprise est en pleine mutation et un tel changement se prépare et s’accompagne. « Les entreprises, particulièrement les Pme, doivent appréhender les nouveaux enjeux numériques, repenser les modèles traditionnels de business ou encore se familiariser avec les nouveaux outils digitaux », a estimé M. Dia. Mais il note que les Pme ont,  dans leur majorité, du mal à vivre cette transformation qui bouleverse leurs habitudes opérationnelles et leur logique de production.

Selon le directeur d’Orange business services, des études économiques ont montré qu’en Europe, la croissance d’e-commerce est vingt fois supérieure à celle des ventes en offline (vente physique). Cette croissance est estimée, sur le plan mondial, à 110 % entre 2014 et 2020. Devant une telle tendance, dit-il, on peut « aisément » imaginer que les entreprises qui tireront leur épingle du jeu sont celles qui mettront à profit les opportunités du digital pour se positionner dans un marché global en développement. « Les Pme sénégalaises ne doivent pas rater ce train. Notre rôle, en tant qu’acteur numérique, est de les informer, les sensibiliser et de rendre accessible l’ensemble des outils digitaux. Ce salon permettra aux dirigeants des Pme de comprendre les enjeux du digital pour réussir leur transformation », a indiqué M. Dia.

Thierry Marigny, directeur général adjoint de la Sonatel estime que les Tic constituent un vecteur de développement « incontournable » pour les Pme. Parce que, justifie-t-il, elles sont un support pour tous les maillons de la chaîne économique. Il ajoute que les Tic favorisent la croissance des Pme en leur permettant de réduire leurs coûts tout en s’assurant de la croissance de leurs ventes, de leurs bases de consommateurs et clients. « Nous faisons face à un marché globalisé fortement concurrentiel poussé par les ruptures technologiques dont la plus récente est la digitalisation. Cette nouvelle donne est en train de révolutionner presque toutes les habitudes de consommation et de production », a noté M. Marigny. Ce dernier constate, par ailleurs, que les Pme africaines adoptent, aujourd’hui, moins vite les solutions digitales mises à leur disposition. Elles accusent ainsi un retard par rapport aux Pme d’Europe, des États Unis et d’Asie dans au moins trois domaines : la présence sur les réseaux sociaux, l’e-commerce et l’usage d’outils digitaux dans l’entreprise pour améliorer la productivité.
Le directeur général adjoint de la Sonatel explique cette situation par le fait qu’un bon nombre de dirigeants de Pme considèrent que l’ensemble de ces actions n’est pas à leur portée.

Abdou DIAW

 

Président du Comité national Itie juste avant sa nomination à la tête du ministère de la Justice, le Pr Ismaëla Madior Fall a supervisé tout le processus qui a conduit le Sénégal à l’adhésion à la Norme Itie. Selon lui, le Comité national Itie a respecté sa feuille de route. Ce qui met le Sénégal dans les dispositions à appliquer l’exigence de divulgation de la propriété réelle à bonne date. Le Pr Fall informe que le Sénégal a été choisi comme modèle pour la promotion de la mise en œuvre de cette initiative en Afrique. S’en félicitant, le ministre de la Justice a rappelé que la croisade contre la corruption au Sénégal a connu un nouvel élan à partir de 2012, à travers la création de l’Ofnac, la réactivation de la Crei, l’adoption de la Loi sur la déclaration de patrimoine. Il qualifie de « choix historique » la décision du Président Macky Sall, bien avant la découverte des premiers gisements gaziers et pétroliers, de faire adhérer le Sénégal à l’Itie. « Notre pays, en adhérant à la Norme Itie, s’engage à la publication régulière de toutes les recettes tirées de l’exploitation des industries extractives ainsi que de tous les paiements versés à l’État par les sociétés parties prenantes. C’est une adhésion sans réserve », a-t-il affirmé.

Elh. I. THIAM

 

La sixième édition du Hub Africa, qui se tient du 2 au 3 mai à Casablanca, met le focus, cette année, sur l’apport de la diaspora africaine au service du développement du continent.

La diaspora africaine a un rôle essentiel à jouer dans le développement du continent. Mais, souvent, elle « ne sait pas vers qui se tourner pour être utile au continent », a déclaré Zakaria Fahim, président du Hub Africa, une plateforme au service de l’entrepreneuriat en Afrique. En décidant d’axer cette 6e édition sur le thème : « La diaspora africaine au service du développement du continent », les organisateurs du Hub Africa ont voulu répondre à « un besoin d’interconnectivité urgente » entre le continent et sa diaspora. En effet, un tiers de la capacité intellectuelle de l’Afrique se trouve à l’étranger. Un pays comme l’Éthiopie a perdu 75 % de sa main-d’œuvre qualifiée. Même s’il y a un mouvement de retour dans certains pays comme le Maroc, grâce à une bonne politique en faveur des Marocains qui résident à l’étranger.

Pourtant, l’expertise de la diaspora serait utile à l’Afrique pour négocier de meilleurs « contrats ou partenariats » face à certains investisseurs souvent dépourvus d’éthique. Mais l’Afrique est d’abord et avant tout, « une terre d’opportunités » pour la diaspora, a indiqué Seynabou Dia, directeur général du cabinet Global Mind Consulting basé au Gabon. Les transferts des migrants ont atteint 65 milliards de dollars en 2017, soit deux fois l’aide publique au développement. Des flux qui pourraient bien servir à contribuer à la création d’emplois, s’il y avait des réceptacles pour les capter et les mettre dans les bons projets.

L’enjeu est donc de passer d’une « solidarité affective » (l’essentiel des transferts des migrants étant destiné aux dépenses de consommation des familles) à une solidarité pour le développement. Pour ce faire, il faut lever les obstacles à l’investissement de la diaspora dont le manque d’information. « Avant d’investir, la diaspora a besoin d’informations élémentaires (comment créer une entreprise, les procédures douanières, la fiscalité, etc.) », a affirmé Adama Diarra, ancien ministre de la Jeunesse et des Sports du Mali. Même s’il y a des structures officielles dédiées à cette mission (comme l’Apix au Sénégal), les migrants ont besoin d’avoir « un relai » pour les mettre en confiance, dit-il. Il faut aussi inventer les outils financiers adéquats – par exemple des obligations adossées à ces flux – pour les canaliser dans le circuit financier, a préconisé Amadou Ly, directeur exécutif d’Oragroup.

Adhesion a la Cedeao

Le Maroc continue son opération de charme

Après avoir officiellement déposé sa candidature pour intégrer la Cedeao, le Maroc continue son offensive de charme envers les leaders d’opinion pour convaincre des bienfaits de cette éventuelle adhésion. Pour porter le plaidoyer, les organisateurs du Hub Africa ont invité l’ancien Premier ministre de la République de Guinée et non moins ancien Secrétaire général de la Cedeao, Lansana Kouyaté. Cet ancien haut fonctionnaire qui connaît bien l’organisation sous-régionale de l’intérieur, dit avoir l’intime conviction que le Maroc apportera beaucoup à la Cedeao, en termes d’investissement, de transfert de technologie. En retour, le royaume chérifien aura accès à un marché de 300 millions de consommateurs. « Le Maroc a une chance en intégrant la Cedeao et celle-ci a une chance avec le Maroc », dit-il, invitant à ne pas tomber dans le « fétichisme juridique ». Mais son souhait d’aller « vite » vers cette adhésion se heurte à quelques réticences. C’est le cas notamment au Sénégal où le secteur privé exprime de sérieuses inquiétudes sur l’impact de cette adhésion sur le tissu économique local. Des inquiétudes que tentent de dissiper les officiels marocains. « Le Maroc veut faire un mix entre l’investissement et le commerce. Nous voulons aussi être des importateurs de produits africains », a déclaré Aziz Rebbah, le ministre marocain de l’Énergie, des Mines et du Développement durable. Abdou Diop, le président de la commission Sud-Sud de la Confédération générale des entreprises marocaines (Cgem), préconise d’explorer des domaines comme l’automobile où il y aura une « vraie complémentarité ».

Marseille va accueillir le prochain Hub Africa

Dans le souci de rester fidèle à sa vocation d’être un pont entre les investisseurs, le Hub Africa va s’internationaliser. Et c’est Marseille, la plus africaine des villes françaises, qui va prochainement accueillir cette rencontre pour la première fois sur le sol européen. En compagnie d’une forte délégation (des élus et une quinzaine de chefs d’entreprises), Jean-Luc Chauvin, le président de la Chambre de commerce et d’industrie de la région Marseille Provence, est venu vanter les atouts de sa ville comme « lien » entre l’Europe et le Maroc et par ricochet le reste de l’Afrique. « Marseille a un point commun avec Casablanca dans la mesure où ces deux villes sont des hubs pour faire le lien entre les entrepreneurs africains et européens », a-t-il lancé. Adjoint au maire de Marseille et chargé des relations internationales et de la coopération euro-méditerranéenne, Jean Roatta, rêve déjà d’une « Ema » (Europe-Méditerranée-Afrique). « En tant que ville la plus africaine de France, Marseille peut être un facilitateur pour aider les entreprises marocaines et africaines », dit-il. C’est le sens du Emerging Valley (un rendez-vous des startups), mais aussi et surtout d’Africalink, un réseau de 85 entreprises en France et en Afrique francophone pour créer un lien entre des entrepreneurs pour qu’à partir de ce réseau, ils s’entraident afin de faire du business.                                

De notre envoyé spécial à Casablanca,
Seydou KA

A partir du 1er janvier 2020, il est fait obligation à toutes les entreprises minières, pétrolières et gazières de divulguer leurs réels propriétaires conformément à l’exigence 2.5 de la Norme Itie 2016. En perspectives de cette nouvelle réglementation, le Comité national Itie a organisé, hier, une rencontre nationale d’information et de sensibilisation.

Derrière un propriétaire légal d’une société minière, pétrolière ou gazière, peut se cacher un propriétaire réel, c’est-à-dire une personne qui le contrôle ou en tire bénéfice dans le plus grand secret. Une telle situation peut être le lit de malversations financières (corruption, blanchiment d’argent, flux financiers illicites, etc.). Et les exemples ne manquent pas en Afrique, comme l’a rappelé Abdoulaye Seck d’Amnesty international. « En 2011, le gouvernement du Nigéria avait vendu un bloc pétrolier à une entreprise pour un montant de 1,1 milliard de dollars, le gouvernement a, par la suite, transféré l’argent à une autre société qui s’est avérée appartenir à l’ancien ministre du Pétrole. En République démocratique du Congo, Global Witness a estimé que l’État avait été privé d’au moins 1,63 milliard de dollars parce que le gouvernement avait vendu des concessions minières à un prix excessivement bas à une société appartenant secrètement à un ami personnel du président congolais », a-t-il relevé.

Pour mettre fin à l’anonymat des entreprises, le Comité international Itie a exigé, à tous les pays mettant en œuvre la Norme Itie, de divulguer les informations relatives à la propriété réelle en vue de leur inclusion dans le Rapport Itie. Cela s’applique aux entreprises qui font une demande de licence ou de contrat, de production ou d’exploration ou y détiennent une participation directe. Cette mesure devant entrer en vigueur à compter du 1er janvier 2020, le Comité national Itie a organisé, hier, une rencontre pour informer et sensibiliser les parties prenantes sur les enjeux. En effet, pour la mise en œuvre optimale de cette directive, le Comité national Itie a procédé, depuis 2016, à la publication de sa feuille de route puis réalisé, en 2017, une étude de cadrage qui a permis de faire le diagnostic du cadre juridique et institutionnel afin d’identifier les obstacles à la mise en œuvre de la propriété réelle.

La divulgation des propriétaires réels des entreprises extractives sonne comme un pas de plus dans l’exigence de transparence à laquelle encourage la Norme Itie. En effet, jusqu’ici, seuls les revenus des gouvernements provenant du secteur extractif étaient divulgués. Pour les propriétaires réels des sociétés, c’est encore l’omerta sur l’identité de ceux qui se cachent réellement derrière ces sociétés. Ce qui peut « favoriser l’opacité et affecter négativement le tissu économique de nos pays », a noté Mankeur Ndiaye, président du Comité national Itie. « L’une des problématiques essentielles touchant le secteur des industries extractives de nos jours est la non identification des bénéficiaires effectifs. D’ailleurs, il est noté que les actifs extractifs font souvent l’objet de détournement à des fins de corruption.

A titre d’illustration, d’après le rapport du Groupe de haut niveau des Nations Unies sur les flux financiers illicites, l’Afrique a perdu plus de 1.000 milliards de dollars en 50 ans et perd plus de 50 milliards de dollars chaque année en raison de flux financiers illicites. Une grande partie de ces flux illicites proviennent du secteur extractif », a-t-il renchéri.

 

La Société civile et les entreprises extractives souscrivent

Dans la mise en œuvre de ce nouvel outil de lutte contre les malversations financières, le Comité national Itie peut compter sur le soutien des organisations de la société civile. « La Société civile magnifie cette initiative et se montre disponible pour accompagner le gouvernement du Sénégal dans sa mise en œuvre », a assuré Abdoulaye Seck. Cependant, il encourage les autorités à prendre les mesures idoines pour accompagner ce processus notamment par la transposition, dans les lois nationales, de la directive de l’Uemoa de 2015, relative au blanchiment de capitaux et autres financements du terrorisme. Il a aussi invité le Sénégal à adapter son cadre juridique et institutionnel aux principes et exigences de l’Itie par l’insertion, dans le prochain Code pétrolier, des dispositions pertinentes et explicites relatives à la propriété réelle et au conflit d’intérêts.

Tout comme la société civile, les entreprises extractives ont manifesté leur disposition à accompagner cette initiative. « La Chambre des mines souscrit à 100 % aux efforts du Comité national pour la mise en œuvre effective de sa feuille de route sur la divulgation de la propriété réelle. Au demeurant, certaines des entités déclarantes ont consenti, depuis 2015, à dévoiler leurs bénéficiaires économiques effectifs dans les Rapports Itie et ce nombre va crescendo d’année en année. Je reste persuadé qu’avant même la date butoir de janvier 2020, la totalité des entreprises déclarantes se seront volontairement soumises à cette exigence salutaire », a déclaré le président de la Chambre des mines, Abdoul Aziz Sy, par ailleurs, directeur général de Sabodola Gold Operation (Sgo). Il pense, en effet, qu’au-delà de l’obligation de se conformer à l’exigence de la Norme Itie sur la divulgation des propriétés réelles, il est dans l’intérêt des entreprises extractives de porter à la connaissance du public leurs véritables propriétaires.

Elhadji Ibrahima THIAM

Le volume des données à gérer par les banques et autres services financiers croît à une vitesse très rapide, obligeant ceux-ci à prendre des dispositions pour se prémunir contre d’éventuelles cyber-attaques. L’un des lieux dits sûrs pour garder les données, c’est le Cloud, qui offre certains avantages à l’entreprise, selon un expert.

L’informatisation du secteur des services financiers (banques, institutions de micro finance) est devenue, aujourd’hui, plus qu’une nécessité, mais elle n’est pas sans risques liés notamment aux cyber-attaques. Et parfois les agresseurs font mouche comme ce fut le cas, en mars 2016, du cyber-braquage dont a été victime la banque centrale du Bangladesh, qui a perdu près de 100 millions de dollars dans ce célèbre casse. Ce qui pose un certain nombre de questions. Quels sont les avantages pour une entreprise de s’armer de l’outil informatique ? Quelle est l’importance des données ?

Ces questions ont occupé l’essentiel des échanges lors du séminaire sur « Protection et gestion des données à l’heure des évolutions règlementaires et digitales », organisé, hier à Dakar, par Solution informatique durable Afrique (Solid Afrique), en partenariat avec la Banque régionale de marchés (Brm) et Microsoft.

Avec l’évolution, le volume des données dans les services financiers est multiplié par 10, tous les cinq ans, a fait savoir Moustapha Diop, directeur général de Solid. Banques et institutions de micro finance ont donc besoin d’outils pour analyser et gérer cette quantité croissante de données afin de faire du « business intelligent ». Et le lieu où sont souvent stockées ces données, c’est le Cloud, devenu incontournable. « 72 % des entreprises sur les marchés de capitaux envisagent d’utiliser le Cloud. On n’a pas le choix », estime M. Diop. Même les réseaux sociaux que l’on assimile à tort à la jeunesse, peuvent être d’une grande utilité dans ce domaine. Selon le patron de Solid, les banques qui sont présentes sur les réseaux sociaux et qui développent des modèles de banque en ligne, peuvent booster leur chiffre d’affaires de 4 à 8 %, tout en réduisant les coûts de 20 % ou plus. Il faut aussi se prémunir contre d’éventuelles attaques. Mais, la sécurité informatique n’est jamais assurée à 100%. Les agressions peuvent venir de l’extérieur tout comme de l’intérieur d’une banque qui présente des failles dans la gestion de ses données et de celles de sa clientèle.

D’où l’importance de protéger les employés contre les fraudes ou le vol d’identité par l’entremise de spams. L’entreprise doit s’assurer de la fiabilité des données mais aussi face à l’impossibilité de se doter d’une protection absolue, elle doit avoir une politique globale de sécurité, conseille M. Diop. Et cela a un coût, « plus on veut être sécurisé, plus cela coûte cher », ajoute-t-il. Il faut donc protéger l’accès à l’internet, aux réseaux informatiques, auditer le contenu de son site web, sauvegarder les données informatiques, filtrer les e mails, sensibiliser les utilisateurs et anticiper les incidents et agressions pour minimiser leur impact sur le bon fonctionnement du service. Car une entreprise doit prendre les dispositions pour réduire au maximum le temps mis entre une attaque et la reprise normale des activités afin de minorer les éventuelles pertes d’argent liées à une cyber-attaque, dit-il. La collecte, l’exploitation et la gestion des données doivent respecter la règlementation nationale et internationale. L’idéal, selon Dr Mouhamadou Lô, juriste expert du droit numérique, c’est de conserver les données dans le pays. Ce qui n’est pas toujours le cas, car, note-t-il, la plupart des banques présentes au Sénégal sont des filiales de grands groupes ayant leur siège ailleurs. Conséquence ! Ces filiales stockent souvent les données de la clientèle à l’extérieur.

Malick CISS

Discret et effacé, le magnat de l’aviculture sénégalaise, Babacar Ngom, lève un coin du voile du succès de son entreprise, Sedima. C’était lors d’une conférence qu’il animait, samedi dernier, à l’École supérieure polytechnique (Esp) de Dakar, lors de la 6ème édition du colloque international SERGE Days, organisée par l’Association sénégalaise des sciences de gestion.

La 6ème édition du colloque international SERGE Days organisée par l’Association sénégalaise des sciences de gestion a été clôturée, samedi dernier, par une conférence à l’École supérieure polytechnique de Dakar. Pour marquer le dernier jour de cette rencontre ponctuée par des séries de panels sur le management des entreprises, les organisateurs ont convié des manageurs pour mieux cerner la question. Et ils ont jeté leur dévolu sur le patron de Sedima, Babacar Ngom, qui a livré, devant un parterre d’étudiants et d’enseignant-chercheurs en gestion, un discours inaugural. Une occasion, pour lui, de revenir sur les succès de son entreprise qui est l’un des fleurons du sous-secteur avicole au Sénégal. De la conception de l’idée du projet à sa concrétisation, au développement de l’entreprise, Babacar Ngom a partagé, avec l’assistance, les succès, mais aussi les moments durs ayant jalonné la vie de Sedima. Jusqu’en 1988, a-t-il expliqué, Sedima était une entreprise informelle. Elle est passée d’un Groupement d’intérêt économique à une Société à responsabilité limitée. Et ce n’est qu’en 1997 que la structure est devenue une Société anonyme avec un capital de 2 milliards de FCfa. En 2017, elle a réalisé un chiffre d’affaires de 42 milliards de FCfa. Il cite un certain nombre de valeurs sur lesquelles il dit s’appuyer pour bâtir, aujourd’hui, un empire dans le secteur avicole. « Il faut, d’abord, de la patience en tout, car il arrive des moments où c’est très difficile. Nous avons connu des moments très durs. Et la seule solution pour s’en sortir, c’est de persévérer», confie le Pdg de Sedima. Il dit n’avoir « jamais » changé de métier en dépit des difficultés qui ont marqué son parcours. A son avis, la jeunesse a de réels potentiels et des possibilités énormes qui, souvent, ne sont pas suffisamment exploités. Il a invité les jeunes à avoir « confiance en eux et réveiller le talent qui dort en eux, à oser entreprendre ». « Nous ne devons pas avoir peur de l’échec qui est un pas vers la réussite. Si quelqu’un a échoué, c’est parce qu’il a tenté. Du coup, il faut avoir cette capacité à rebondir et à repartir à zéro », conseille le patron de Sedima.

La filière avicole, un facteur d’équilibre social
Analysant la situation du secteur de l’aviculture sénégalaise, marqué notamment par un gel des importations des poulets, le conférencier se dit contre l’ouverture du marché aux produits importés. « Nous nous battrons jusqu’à la dernière seconde pour éviter que l’importation prenne le dessus sur la production locale. Nous voulons aussi que les populations comprennent le sens de notre combat », a indiqué Babacar Ngom. Pour lui, avec les emplois créés et la richesse générée par la filière, « on ne peut pas continuer à tout importer ». D’où la nécessité, dit-il, de protéger la filière avicole car « c’est une industrie naissante qui a besoin d’être accompagnée pour être debout ». Le Pdg de Sedima estime que les pouvoir publics ont intérêt à défendre cette filière parce qu’elle représente 20 % du secteur de l’élevage. « L’aviculture est une filière qu’on n’a pas envie de laisser tomber. C’est un facteur d’équilibre social », estime Babacar Ngom. C’est pourquoi, il dit partager le fameux slogan de Donald Trump « America fisrt ». Le magnat de la filière avicole sénégalaise rappelle qu’il y a 20 ans, l’essentiel des produits avicoles consommés au Sénégal était importé. « Notre combat était de nous organiser pour bâtir une filière avicole forte au Sénégal. Et c’est là où la générosité a du sens. J’ai partagé les informations et mes connaissances pour que d’autres puissent arriver à contribuer à la construction de ce secteur », a soutenu M. Ngom. Pour ce dernier, si aujourd’hui on voit des investissements se réaliser dans cette filière, des chaînes de valeurs vont se construire, des écosystèmes sont mis en place avec des partenaires dans la production de céréales et des sous produits (farine de poissons). A ses yeux, cela valait la peine de mener le combat d’investir dans la filière avicole.

L’urgence de valoriser l’offre locale
Pour faire face à la tyrannie des produits importés, le Pdg de Sedima appelle à renforcer la production locale. Il dit miser sur l’option substitution des importations par la production pour mieux promouvoir l’offre de notre pays. Même s’il se réjouit de l’implantation de chaînes de distribution étrangères dans notre pays, il plaide pour une intégration des produits locaux dans ces surfaces commerciales. « Le monde bouge et nous vivons dans une ère de compétition. C’est pourquoi, il faut prendre conscience de cette nouvelle donne », préconise le conférencier. Pour lui, la richesse créée ne doit pas se trouver uniquement entre les mains des étrangers et que les jeunes doivent participer à la construction de leur pays, surtout dans un contexte où le Sénégal ambitionne de devenir un pays pétrolier.

Abdou DIAW

La ville de Kolda abrite, depuis mercredi, un atelier inter-régional sur la contribution des acteurs de la société civile de l’axe sud-est sur les Odd.

Les Organisations de la société civile des régions de Kolda, Sédhiou, Ziguinchor et Kédougou se réunissent, pendant deux jours, à Kolda, pour réfléchir sur le processus d’élaboration de la contribution de la société civile à l’évaluation de la mise en œuvre des Objectifs de développement durable (Odd) au Sénégal. La rencontre qui intervient après celles tenues à Thiès et à Kaolack, s’inscrit dans les concertations des acteurs de la société civile du Sénégal, initiée par le Conseil des organisations non gouvernementales d’appui au développement (Congad), en partenariat avec la direction générale de la planification et des politiques économiques du ministère de l’Économie, des Finances et du Plan.

Les organisateurs vont recueillir, pendant ces deux jours, les contributions des acteurs de la société civile de l’axe-sud sur l’état de mise en œuvre des Objectifs de développement durable. La tenue de ces ateliers inter-régionaux s’inscrit dans l’élaboration du rapport sur la revue volontaire que l’État du Sénégal s’est engagé à présenter en 2018, devant le Forum politique de Haut niveau des Nations unies. « Le Sénégal s’est engagé à présenter ses premiers résultats de mise en œuvre des Objectifs de développement durable au Forum de Haut niveau. On s’est dit que le rapport que nous devons présenter doit prendre en compte toutes les contributions des différentes catégories d’acteurs. Et nous sommes là pour accompagner la société civile dans l’élaboration de leur rapport de contribution », a déclaré Gora Guèye, en service à la direction générale de la planification et des politiques économiques du ministère de l’Économie, des Finances et du Plan.

Pour Bandel Dièye, représentant du Groupe de travail de la société civile sur les Odd pour le Congad, les Organisations de la société civile doivent se mettre au diapason de l’évolution du pays en suivant les politiques de l’État en développement et donner leur contribution. « Nous sommes là dans le cadre de l’évaluation des Odd. Et l’État nous attend par rapport à cela parce que nous sommes reconnus en tant que tels et nous devons, au nom des citoyens, donner notre avis sur les politiques publiques du pays », explique-t-il.

Mamadou Aliou DIALLO

Grâce à un financement de l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif), le Centre de gestion agréé de Dakar organise, depuis hier, à Ziguinchor, en partenariat avec la chambre de commerce, un séminaire de renforcement de capacités de quatre jours au profit des entrepreneurs de la région. L’objectif visé est de les aider à avoir une bonne gestion, à être à jour et en règle par rapport à leurs obligations fiscales et sociales, pour pérenniser leurs activités.

Une cinquantaine de chefs d’entreprises (hommes et femmes) de cette partie méridionale du Sénégal ont appris, hier, à lire et à interpréter des états financiers. La plupart d’entre eux, selon le directeur du centre de gestion agréé (Cga) de Dakar, Abdoul Aziz Dieng, n’ont pas les notions techniques comptables nécessaires à décortiquer leur bilan. « C’est cela, a assuré M. Dieng, que nous avons voulu corriger, en venant avec des experts qui vont mettre à la disposition des chefs d’entreprises de la région de Ziguinchor des outils devant leur permettre, eux-mêmes, de diagnostiquer leur entreprise, de déceler les points forts et les points faibles et éventuellement les corriger, avec l’aide de leur conseiller en gestion de l’antenne locale du Cga de Dakar ».

Ces opérateurs économiques vont également se familiariser avec l’environnement fiscal de la petite et moyenne entreprise. Le but recherché est qu’ils puissent respecter leurs obligations fiscales.

Le directeur du centre de gestion agréé de Dakar a estimé que c’est un devoir pour tout contribuable et autre citoyen de s’acquitter de ses impôts. Ces chefs d’entreprises de la région seront aussi imprégnés de leurs droits et obligations en ce qui concerne les contrats de travail.

El Hadj Moussa SADIO

Les abattages contrôlés de viande au Sénégal durant le mois de février 2018 ont connu une augmentation de 208 tonnes comparés à la même période de l’année 2017, selon les données établies par la Société de gestion des abattoirs du Sénégal (Sogas). Ces abattages se sont élevés à 2.118 tonnes durant la période sous revue contre 1.910 tonnes en février 2017, soit une progression de 10,9 % en valeur relative. Toutefois, en variation mensuelle, ces abattages contrôlés de viande se sont repliés de 6,1 %. De 2.256 tonnes en janvier 2018, ils sont passés à 2.118 tonnes un mois plus tard, soit une baisse de 138 tonnes en valeur absolue. La Sogas, qui est une société anonyme de concession de service public, a pour mission principale l’abattage du bétail sur pied et le conditionnement de la viande propre à la consommation respectant toutes les normes d’hygiène et de qualité requises. Pour ce faire, une surveillance et un contrôle rigoureux effectués par des vétérinaires assermentés et professionnels agréés par l’État s’exercent sur toutes les étapes de la production.

(APA)

Le Sénégal et la Tunisie entendent insuffler une nouvelle dynamique à leur coopération économique et commerciale. Le forum économique ouvert, hier, à Dakar, est un premier pas vers ce renouveau.

La Tunisie veut changer de paradigme dans ses relations commerciales et économiques. Tournée pendant longtemps vers le Nord de la méditerranée, c’est-à-dire l’Europe, le Pays du Jasmin veut désormais s’ancrer dans « son continent », vers « ses pays amis et frères », pour reprendre les mots de Bassem Loukil, président de la Tunisia-Africa Business Council (Tabc). Et parmi « ses pays frères et amis », le Sénégal figure en bonne place car étant le premier partenaire économique et commercial de la Tunisie en Afrique subsaharienne. D’où ce forum économique de deux jours ouvert, hier, à Dakar et réunissant les secteurs privés et publics des deux pays. Il est organisé par la Tunisia-Africa Business Council et la Chambre tuniso-sénégalaise de commerce et d’industrie (Ctsci) mise en place l’année dernière par les deux pays.

Cette rencontre, en réalité, n’est que la continuité d’une coopération politique, économique et sociale solide qui plonge ses racines aux premières années de l’indépendance. « Le Sénégal et la Tunisie entretiennent des relations commerciales depuis le début des indépendances avec la signature en mars 1962, à Tunis, d’un accord de coopération économique, technique et scientifique », a rappelé Adama Baye Racine Ndiaye, secrétaire général du ministère de l’Industrie et de la Petite et moyenne industrie à l’ouverture du forum. Des liens gravés dans le temps que magnifie le ministre tunisien de l’Industrie et des Pme, Slim Feriani. « Nous avons le même souci de créer, pour nos peuples, un environnement plus propice à leur prospérité et à leur bien-être. Ce qui traduit notre engagement commun à relever les défis économiques de notre époque. Sur le plan économique, commercial et culturel, les nombreux accords signés depuis plus de 50 ans témoignent de la richesse de la coopération entre nos deux pays. Notre vœu est que ces relations connaissent un surcroît de dynamisme et de réussite », a-t-il indiqué.

Cependant, force est de constater que ces sillons de coopération tracés par les pères fondateurs des deux pays, Habib Bourguiba et Léopold Sédar Senghor, n’ont pas donné les rendements attendus. En effet, même si durant ces cinq dernières années, ils ont enregistré une augmentation annuelle d’environ 15 %, les échanges commerciaux, financiers et économiques entre le Sénégal et la Tunisie restent modestes et peu denses. La preuve, la Tunisie n’est que le 51ème client du Sénégal. Et le Sénégal seulement le 27ème client de la Tunisie. « C’est bien, mais nous pouvons faire tellement plus. C’est la raison de la forte présence tunisienne à ce forum de Dakar. Nous devons identifier des secteurs porteurs pour une coopération gagnant-gagnant en faisant rencontrer les opérateurs institutionnels et économiques sénégalais et tunisiens. Car ni traités, ni accords, ni statistiques ne sauraient remplacer la relation humaine personnalisée et tangible », a soutenu Bassem Loukil.

Point de départ du renouveau des relations
Avec ce forum dont le thème est « Vers un partenariat privilégié et durable », les deux pays veulent insuffler une nouvelle dynamique à leurs relations commerciales et économiques qui, de l’avis du ministre Slim Feriani, n’est pas encore à la hauteur des ambitions clairement affichées par les deux gouvernements. « Cette coopération doit être renforcée et il faut lui donner un nouveau souffle à travers le secteur privé. Il nous appartient de préserver cet élan, de le renforcer et de consolider nos échanges afin de les mettre au niveau des ambitions de nos autorités », a-t-il dit. Mehdi Ferchichi, ambassadeur de la Tunisie au Sénégal, est persuadé que ce Forum fera date et constituera le point de départ du renouveau des relations entre les deux pays. Ainsi, il a invité les secteurs privés des deux pays à resserrer davantage les liens économiques tuniso-sénégalais. «Notre coopération économique bilatérale ne sera, en effet, rien sans les entreprises qui la mettent en œuvre, l’enrichissent au quotidien et jouent ainsi un rôle significatif dans la vitalité de nos liens économiques », a affirmé le diplomate. Ce rôle, le secteur privé des deux pays peuvent pleinement le jouer car, comme l’indique Adama Baye Racine Ndiaye, « ils bénéficient, au Sénégal, d’un environnement des affaires propices et compétitifs pour développer un partenariat gagnant-gagnant ».

Elhadj Ibrahima THIAM

UNE BALANCE EXCÉDENTAIRE EN FAVEUR DE LA TUNISIE
Entre 2011 et 2016, les exportations tunisiennes vers le Sénégal ont enregistré une croissance moyenne annuelle de 10 %. S’agissant des importations en provenance du Sénégal vers la Tunisie, elles ont affiché une forte hausse de 26 % en moyenne annuelle. En novembre 2017, l’Agence nationale de la statistique et de la démographie notait que les exportations sénégalaises vers la Tunisie sont estimées à 407 millions de FCfa, contre des importations estimées à 2,26 milliards de FCfa. Comme on le voit, la balance commerciale est excédentaire en faveur de la Tunisie. Pour le Secrétaire général du ministère de l’Industrie et des Petites et moyennes industries, il y a lieu de corriger ce déséquilibre et de développer davantage les relations commerciales et industrielles pour les hisser au niveau des relations diplomatiques « excellentes » entre les deux pays. Le président de la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Dakar, Daouda Thiam, abonde dans le même sens. Il invite les entrepreneurs sénégalais à explorer toutes les voies pour inverser cette tendance. « La balance commerciale entre les deux pays est déficitaire pour le Sénégal. C’est à nous, entrepreneurs sénégalais, d’essayer de faire en sorte que cette balance revienne à l’équilibre. Le Sénégal est le pays de l’ensemble et de tous les possibles. Ensemble, Sénégalais et Tunisiens, nous pouvons faire des miracles si nous savons et voulons travailler dans un partenariat gagnant-gagnant », a-t-il martelé.

Les principaux produits concernés par les échanges entre le Sénégal et la Tunisie sont les fruits et légumes, les crustacés, les machines, les produits chimiques et pharmaceutiques. A côté, ajoute Zied Loukil, secrétaire général de la Ctsci, il y a plusieurs accords signés relatifs au commerce, à l’enseignement supérieur, à la culture, au sport…

Elh. I. THIAM

BIENTÔT UNE LIGNE MARITIME ENTRE LA TUNISIE ET LE SÉNÉGAL
C’est connu, le transport, la logistique et les infrastructures sont nécessaires pour le développement économique et pour le renforcement des relations économiques. Consciente de cela, la Tunisie, dans un souci d’intensifier la connexion entre ses pays partenaires comme le Sénégal, a décidé d’inaugurer une ligne maritime directe entre un port du sud tunisien et celui de Dakar. Cette ligne maritime se prolongera jusqu’en Côte d’Ivoire et au Ghana. « Des moyens de transport réguliers et sûrs pour les hommes comme pour les marchandises sont indispensables à l’expansion et à la diversification des relations d’affaires viables », a soutenu Bassem Loukil, président de Tunisia-Africa Business Council. Cette ligne maritime viendra renforcer une ligne aérienne assez dense qui sera elle-même renforcée, selon le ministre de l’Industrie et des Pme de la Tunisie. « Nous avons déjà une dizaine de vols aériens sur le continent africain dont un vol quotidien sur Dakar. Nous allons en lancer d’autres sur le continent. Nous le faisons parce que nous estimons que Tunis doit être le hub entre l’Afrique, l’Europe et le Moyen Orient », a-t-il souligné.

Elh. I. THIAM

Le Colonel Guidado Sow, ancien directeur de la réglementation à la douane sénégalaise, invite le port autonome de Dakar à revoir sa copie pour plus de compétitivité dans la sous-région. M. Sow qui intervenait dans un séminaire de renforcement de capacités des journalistes sur les accords de facilitation des échanges (Afe) et le portail d’informations commerciales du Sénégal, estime que le Port de Dakar est le plus cher de la sous région ouest africaine. Un constat dû, selon lui, par les taxes et cumuls de frais très élevés et l’instauration des monopoles de manutention qui ne favorisent pas la concurrence.

« Attention, les Maliens sont en train de partir alors qu’ils constituent le plus gros trafic du Port de Dakar ». Cette phrase au relent d’une complainte a été ressassée à maintes fois par l’ancien directeur de la réglementation à la douane sénégalaise, durant toute la séance. Le Colonel Guidado Sow a profité de l’introduction de certains articles des Accords de facilitation des échanges (Afe) de l’Organisation mondiale du commerce (Omc) que le Sénégal a signé depuis le 22 février 2018, pour évoquer la situation actuelle des affaires au Port autonome de Dakar. Selon l’ancien officier de la douane sénégalaise, par ailleurs consultant en douane et intégration régionale, le Port autonome est en train de perdre sa renommée en ce qui concerne les marchandises en transit vers le Mali. Selon lui, les opérateurs économiques maliens sont en train de tourner le dos au Port de Dakar à cause des taxes et cumul de frais élevés par rapport à la concurrence. « Le Port de Dakar est le plus cher de la sous région », a déclaré le Colonel Sow. Même s’il n’avance pas de chiffre, il estime que la situation est « préoccupante » et qu’il est temps de prendre des mesures pour rendre plus compétitif notre port. « Il faut garder les Maliens voire les chouchouter car ils constituaient, au moins, la moitié du trafic portuaire à Dakar dans un passé récent », a indiqué M. Sow. Abondant dans la même lancée, son collègue de la douane, le Colonel Ousmane Mbengue, déplore le fait qu’il y a « un tas de taxes derrières lesquelles on ne peut pas voir le service rendu à la manutention ou au dédouanement ». « L’instauration des monopoles de manutention de fret ou de vrac au Port de Dakar est aussi une des causes des difficultés notées », selon M. Mbengue. « C’est une erreur car on a faussé le jeu de la concurrence qui pourrait aider à rendre plus compétitives les taxes portuaires », a dit Ousmane Mbengue. Il estime qu’il faut arriver à réduire les prix. « C’est le rôle de l’État », a-t-il soutenu. A ce sujet, il a invité les pouvoirs publics à poursuivre les efforts. « Le ministère de la Pêche et de l’Économie maritimes est en train de discuter avec le privé pour ramener les prix à un niveau régional acceptable », a indiqué l’officier de la douane. Parlant de l’Omc et des accords de facilitation des échanges, le doyen Mame Less Camara, modérateur de la séance de formation, a invité ses jeunes collègues à traiter l’information au mieux possible de l’intérêt de la Nation. Il n’a pas manqué de les inviter à plus de professionnalisme dans le traitement des enquêtes douanières.

Ces derniers, comme nombre de Sénégalais du privé et du public, pourront bientôt recourir aux informations du Portail d’informations commerciales (Pic) que le ministère du Commerce, du Secteur informel, de la Consommation, de la Promotion des produits locaux et des Pme va lancer prochainement. Ce portail d’informations commerciales est une plateforme électronique qui regroupe toutes les exigences, réglementations et procédures liées au commerce, appliquées par les ministères et les organismes gouvernementaux, a dit Anne-Marie Senghor de Gaïndé 2000, l’opérateur qui s’occupe de sa réalisation. Il sera hébergé par l’Agence de l’informatique de l’État (Adie) et constituera une étape clé dans la mise en œuvre, par le Sénégal, de l’Accord sur la facilitation des échanges conclu en décembre 2013 à Bali en Indonésie par les membres de l’Organisation mondiale du commerce (Omc), et entré en vigueur depuis le 22 février 2017.

Seydou Prosper SADIO

Le ministère de l’Elevage et des Productions animales a introduit, dans la région de Fatick, une nouvelle technologie basée sur le port de puces électroniques pour lutter efficacement contre le vol des chevaux, un fléau dans la zone, a appris l’Aps, dimanche. « Cette technologie basée sur le port de puces électroniques numérotées par chaque cheval a été testée avec succès à Thiès, à Louga, à Kaffrine et à Diourbel », a expliqué un agent technique de la direction du développement des équidés au ministère de l’Élevage et des Productions animales, Mamadou Sylla.

Il s’entretenait avec des journalistes lors de l’étape de Fatick de la campagne nationale d’identification des équidés. « Cette campagne nationale d’identification des équidés a permis d’équiper environ 4.000 chevaux de puces électroniques dans la région », a-t-il indiqué. « Au delà des chevaux, a-t-il fait noter, le vol de bétails touche tout le secteur de l’élevage et suscite beaucoup d’interrogations au ministère et chez les acteurs du secteur » ; a ajouté M. Sylla. D’où, selon lui, l’engagement de la tutelle à lutter contre ce fléau. « Avant le recours à cette nouvelle technologie, les agents utilisaient des carnets signalétiques et sanitaires qui servaient à identifier l’animal et les traitements subis dont les vaccinations, les prophylaxies, l’insémination », a dit M. Sylla, soulignant que la nouveauté, c’est la puce électronique. « Par le biais de cette technologie, un numéro unique dans le monde est introduit dans le cheval pour identifier cet animal important dans la production agricole et dans la lutte contre l’insécurité alimentaire en milieu rural », a-t-il encore expliqué.

(APS)

 

Pour améliorer la situation des marins en escale au Port de Dakar, le Sénégal vient d’installer son Comité national pour le bien-être en mer. Ce comité a pour objectif de mettre en place un centre d’accueil pour marins au Port autonome de Dakar.

Chaque année, près de 40.000 marins sont, avec leur navire, en escale au Port autonome de Dakar (Pad). Ces marins qui n’ont pas d’attache dans le pays ont souvent besoin d’assistance pour rendre agréable leur séjour à Dakar. Le Port autonome de Dakar a souffert du manque d’un centre d’accueil. Avant-hier, le Sénégal a mis sur pied son premier comité national pour le bien-être en mer. Ce comité a été installé avec l’appui du Programme international de partenariat d’aide au port. Cette structure internationale a déjà installé une vingtaine de comités dans différents pays sur une demande de 160 pays. L’organisation « Port Welfre Partenership » suggère, à travers ces Comités, que chaque  Port et chaque pays installe des structures comme des centres d’accueil nécessaires au bien-être des marins étrangers de passage dans leur port mais aussi pour les marins nationaux. Le commandant Oumar Dramé, porté à la tête du Comité national sénégalais pour le bien-être en mer, indique que la mise en place d’un centre d’accueil est important pour l’accueil des marins qui passent souvent plus de 40 jours dans des conditions difficiles en mer avant de faire des escales de quelques jours à Dakar. Le pilote au Port autonome de Dakar (Pad) estime que ce centre d’accueil est pertinent pour assister les gens de mer «en facilitant leur bien-être social parce qu’en mer, on est isolé du monde». Compte tenu du fait que le centre Stela Mariste s’acquittait de cette tâche, le président du Comité national pour le bien-être des gens de mer soutient que l’objectif sera de le renforcer.

Le père Christophe Buirette,     aumônier du Port autonome de Dakar qui gère le centre Stela Mariste, pense qu’avec le Comité national, la capacité d’accueil du centre pourra être améliorée. Il rappelle que le centre Stela a accueilli beaucoup de marins du terminal Vraquier en escale à Dakar mais les moyens font défaut. Le père Christophe Buirette espère que le Comité permettra aux marins d’avoir des moyens de transport et de communication pour rester en contact avec leur famille. Ces marins qui sont à des milliers de kilomètres de leur famille ont besoin d’être soutenus pendant leur séjour, selon le père Christophe Buirette.

Le responsable de la communication et de la coopération internationale du Port autonome de Dakar (Pad), Abdoul Hamid Sy a affirmé que ce centre d’accueil va dans le sens de l’épanouissement des gens de mer. «C’est une bonne opportunité pour le Port qui va augmenter son attractivité et son rayonnement international», a-t-il soutenu. Le responsable de la coopération internationale du Pad assure que le port de Dakar va accompagner cette initiative.

Oumar KANDE

Le ministre de la Pêche et de l’Économie maritime, Oumar Guèye, à la tête d’une importante délégation, séjourne, depuis le 27 avril, aux États-Unis, précisément à Rhode Island et à Washington DC, sur invitation de l’Usaid, indique un communiqué dudit département. Selon le document, ce voyage a pour objectif principal de tirer les leçons de l’expérience américaine en gestion des pêches et en lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée. «Il s’agit d’en savoir davantage sur la Task Force issue des recommandations du groupe de travail sur la lutte contre la pêche Inn et le programme de collecte de données sur les pêches établi par Atlantic Cooperative Coastal Statistics Program (Accsp) », rapporte la même source.

Le 29 avril, la délégation a été reçue à l’université de Rhode Island, à l’École supérieure d’océanographie par le doyen de la Faculté, M. Corliss, en présence de son adjoint David Smith, de JP Walsh, directeur du Centre des ressources côtières et des membres de l’administration.

Selon le communiqué, la délégation a eu également l’opportunité de suivre, sur un écran géant, les activités du navire d’exploration « Okeanos Explorer » du Centre de recherche sous-marine, en opération dans le Golfe du Mexique. « Seul navire de son genre aux États-Unis, il explore les fonds marins pour en définir une situation de référence, recueillir des échantillons et fournir des informations cruciales pour la cartographie des fonds marins », souligne le communiqué.

Oumar Guèye et sa délégation se sont rendus à la Police de l’environnement où les échanges ont porté sur l’organisation institutionnelle de la lutte contre la pêche illicite, les liens entre les structures locales et celles fédérales, la législation locale de gestion des pêches et de lutte contre la pêche Inn, les sanctions en cas d’arraisonnement, les moyens d’intervention, la sensibilisation des populations, etc.

Le représentant de Rhode Island au Congrès américain, Jim Langevin. « grand défenseur » de la mer et de l’université de Rhode Island s’est entretenu avec la délégation sénégalaise. M. Langevin s’est félicité de la visite et de l’intérêt du Sénégal à profiter de l’expérience américaine et des efforts consentis pour une gestion efficace de ses eaux, selon le texte.  La délégation a visité également une entreprise de fabrication de filets de pêche et un poste de la Garde-Côte dans le port de Pêche « Gallile ».

Mamadou GUEYE

 


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