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Affaires et Finances (1414)

Le projet de construction de la troisième Usine de Keur Momar Sarr ( Kms3) fait partie du Document de partenariat pays ( Dsp) 2016-2020 qui est, selon le ministre de l’Economie, un nouveau cadre de référence des interventions de la Bad dans notre pays et qui est en parfaite adéquation avec le Pse. « A travers ce Dsp, le Groupe de la Bad accordera au Sénégal une enveloppement financière de 842 milliards 600 millions de FCfa en soutien aux projets du Pse, soit une hausse de 453 milliards 240 millions de FCfa en valeur absolue et plus 116 % en valeur relative par rapport au Dsp précédent 2010-2015 », a affirmé le ministre, Amadou Bâ. Ces financements sont, aux yeux du ministre, la preuve de la confiance que les partenaires techniques et financiers accordent au leadership du président de la République, Macky Sall. « Le financement de l’actuel Dsp qui a plus que doublé celui qui le précède, traduit pertinemment l’exemplarité de la coopération du Groupe de la Bad avec notre pays, à l’instar de nos relations avec l’ensemble de la communauté des partenaires techniques et financiers », avance Amadou Bâ. C’était hier, lors de la signature d’une convention qui boucle le financement de la construction de la 3e Usine de Keur Momar Sarr au ministère de l’Economie, des Finances et du Plan.

I. SANE

Le Sénégal a signé, hier, sa 275ème convention de financement. L’information a été donnée par le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan. Cette convention porte à 5.222 milliards 360 millions de FCfa le montant des financements mobilisés depuis l’arrivée du président Macky Sall à la magistrature suprême. « La nouvelle convention que nous venons de conclure avec le Groupe de la Bad est la 275éme du genre, signée avec les partenaires techniques et financiers, pour un montant cumulé de 5.222 milliards 360 millions de FCfa sous le magistère de son Excellence le président Macky Sall, ce qui constitue un record en mobilisation de financements extérieurs », a soutenu le ministre  de  l’Economie, des Finances et du Plan.                                                                                                                   

I. S.

Le paysage agricole sénégalais commence à se modifier avec l’apparition de la vigne. Deux Français qui ambitionnent de mettre le Sénégal sur la carte des pays producteurs de raisin et de vin se sont lancés dans l’aventure à Nguekokh (département de Mbour). Même si la production n’est qu’expérimentale, leur vignoble prend petit à petit forme. Et leur objectif est de passer à une production de 2 ha à partir de janvier 2017 pour espérer une première commercialisation en 2019-2020.

Jusque-là inconnu au bataillon des pays producteurs de vin, le Sénégal s’est lancé dans la viticulture. Timidement et grâce à Philippe Franchois et à son associé, François Normant, qui ont eu un rêve commun. Le premier voulait réaliser un projet vitivinicole et l’autre mener un projet agricole innovant. Et ces deux néophytes passionnés ont choisi Nguekokh, pour implanter leur domaine. Ce vignoble constitue une première en Afrique de l’Ouest, selon M. Franchois.
« Le « Clos des Baobabs » est à la fois un projet viticole et vinicole qui est né d’une rencontre avec mon associé François Normant qui avait des terres qu’il avait remembrées. On avait un ensemble de 10 ha cohérents et homogènes qui permettent de faire une plantation », renseigne Philippe Franchois. En janvier 2013, les deux associés ont planté un hectare expérimental irrigué de 5.000 plants. « Notre recherche, c’est de comprendre comment mettre en repos végétatif la vigne et comprendre comment lever volontairement la dormance de la vigne, car en relevant la dormance, on permet, plus tard, la fructification », indique-t-il.

« Toute cette recherche est faite sur cet hectare expérimental. Volontairement, on n’est pas parti sur dix hectares de recherche, parce qu’elle est là la recherche. On a le recul suffisant pour faire de la recherche de taille, d’irrigation entre autres parce que la problématique est de comprendre le repos végétatif de la vigne qui pousse ici en continu », laisse entendre Philippe Franchois. Selon lui, l’eau constitue la problématique de toutes les cultures au Sénégal. Et sans irrigation, il n’y a pas de culture possible, donc pas de vigne. « Le forage qu’on a réalisé permet d’irriguer notre périmètre expérimental et les hectares prévus », soutient-il.

La terre sénégalaise n’étant pas à priori adaptée à la viticulture, Philippe et son associé ont, au départ, expérimenté cinq cépages (cabernet-sauvignon, cinsault, grenache, sangiovese et syrah) pour voir ceux qui étaient les mieux adaptés au climat, les plus prometteurs. Le grenache, caractérisé par un port dressé et des rameaux vigoureux et qui résiste bien à la sécheresse, est sorti du lot. Ce cépage est cultivé en France, en Espagne en Italie, en Grèce, au Portugal, en Algérie, en Tunisie et au Maroc. « On a validé ce cépage et l’on va planter 2 ha de production de grenache à partir de janvier 2017 », informe-t-il.

Selon M. Franchois, cette expérimentation a bien porté ses fruits. Malgré les termites, les oiseaux et les singes, Philippe et son associé ont réussi à produire du raisin. Le mois de juillet 2014 a été marqué par une première vendange. Deux autres vendanges ont également été réalisées en avril 2015 et en juin 2016. Cela a permis d’élever un premier vin rosé et rouge, confirmant ainsi la possibilité de produire un vin digne de ce nom au Sénégal. D’ailleurs, renseigne M. Franchois, les premières dégustations-tests faites à Dakar et en France ont confirmé la qualité du vin du » Clos des Baobabs ».

En ciblant le raisin de cuve et non le raisin de table, le projet, selon Philippe Franchois, exprime une réelle volonté de créer une véritable valeur ajoutée en transformant le raisin en vin et non en commercialisant simplement la matière première. « Au Sénégal, notre recherche fait qu’on a passé une étape décisive. On sait qu’on peut faire du vin et on peut aussi faire du raisin de table. On est parti sur du raisin de cuve parce qu’on veut aller plus loin que la production du fruit. On veut aller vers une transformation pour avoir une valeur ajoutée plus forte pour faire du vin », précise-t-il.

Un pari sur la qualité
Le vigneron affiche clairement son ambition. Philippe privilégie la qualité à la quantité. « On souhaite faire de la qualité et non la quantité. On ne veut pas faire pisser la vigne comme on dit souvent. Ce que nous voulons, c’est avoir une production raisonnée de raisins pour avoir du vin de qualité », indique Philippe Franchois. Et pour la commercialisation, les deux comparses visent le marché local et sous-régional. « Que ça soit au Sénégal, en Côte d’Ivoire, en Guinée ou au Mali, il y a un certain nombre de points de vente qui seraient sensibles à un premier vin de l’Afrique de l’Ouest », explique-t-il.

Pour l’heure, Philippe Franchois et son associé ne pensent pas encore aux rendements comme c’est le cas dans des pays comme l’Italie, l’Espagne et la France qui ont de grosses productions à l’hectare. La question, selon eux, c’est faire du fruit pour un minimum de vin. « C’est juste une expérimentation agricole. On peut faire de grosses productions, mais ce n’est pas de grosses productions qu’on cherche, mais une quantité minimale pour être rentable et une profitabilité minimale », indique-t-il.

Toutefois, précise M. Franchois, avec la démultiplication de cette expérimentation à partir du mois de janvier, la production des deux hectares de grenache exploités va leur permettre d’avoir l’embryon d’un domaine viticole et donc une viticulture émergente. « Le Sénégal est une terre fertile pour les expériences et les innovations. Et la spécialité des Sénégalais, c’est de copier les bonnes expériences. Si ça marche bien, c’est certain qu’on sera copié et avec de la patience et de la persévérance, on aura une filière agricole émergente à l’image du Maroc ».
M. Franchois estime, en outre, que les conditions économiques d’émergence, politiques et de stabilité permettent à beaucoup de gens de chercher des voies nouvelles et de faire dans l’innovation agricole.

Avec l’exploitation des 2 ha, le vigneron et son associé espèrent une première commercialisation en 2019-2020. La visée, selon M. Franchois, c’est de passer de 2 à 5 ha puis à 10 ha. « En France, un domaine de 10 ha est déjà pas mal. Avec 10 ha donc, on peut avoir un vin de qualité et une bonne commercialisation au Sénégal et dans la sous-région », indique M. Franchois, non sans dire toute sa fierté qu’une bouteille du Clos des Baobabs soit déjà exposée à la Cité mondiale du Vin à Bordeaux.

Le souhait de M. Franchois et de son associé, c’est de voir le Sénégal devenir un véritable pays émergent dans la planète vitivinicole, à l’image du Maroc qui compte aujourd’hui 49.000 ha cultivés de vigne, de l’Afrique du Sud, de l’Algérie, de la Tunisie, de l’Éthiopie.

Un métier qui suscite des vocations
Aujourd’hui, la viticulture suscite des vocations et attire des candidats extérieurs au milieu. Par la force des choses, Abdoulaye Ndiaye, ancien moniteur d’équitation, est devenu chef de culture dans le projet « Clos des Baobabs ». « On ne devient pas un vigneron en un clin d’œil, mais quand la passion est là, tout devient possible », indique-t-il. Sa mission consiste à labourer, à mettre du fumier, à palisser la vigne, à tailler et brûler les sarments. Selon M. Ndiaye, depuis le début de sa collaboration avec Philippe Franchois, il a gagné en expérience dans cette activité qu’il a découverte il y a juste trois ans. « On m’a mis dedans et on m’a appris beaucoup de choses qui m’ont permis d’accroître mes connaissances dans ce domaine qui est une nouveauté dans la zone et au Sénégal même.

Ce n’était pas évident au début, mais à la longue, je me suis habitué à ce métier qui est très passionnant », relève-t-il. Abdoulaye Ndiaye dit ne pas regretter cette nouvelle expérience. Mieux, il se dit prêt à continuer l’aventure. Les métiers de la viticulture exigent des qualités et compétences multiples et des connaissances théoriques et pratiques sont indispensables pour la conduite technique du vignoble. Ce chef de culture en est bien conscient. Et il veut parfaire ses connaissances dans le domaine viticole à travers une formation spécifique afin de répondre aux nouvelles exigences. « Je veux comprendre plus ce métier et me parfaire davantage pour me spécialiser dans la viticulture », fait-il savoir.

Reportage de Samba Oumar FALL

Le chef de l’Etat, Macky Sall, procédera aujourd’hui, au lancement officiel des travaux du Train express régional (Ter). Présent à Dakar pour participer à cet événement, Yann Rolland, Président directeur général (Pdg) d’Enegie Ineo a assuré que tout sera mis en œuvre pour respecter le délai de 26 mois.

Engie Ineo/Thalès, attributaire du deuxième lot du projet Train express régional, entend tout mettre en œuvre pour respecter les délais d’exécution qui sont fixés à 26 mois. En tout cas, c’est ce qu’a dit son Président directeur général (Pdg), Yann Rolland, présent au Sénégal pour prendre part, aujourd’hui, aux côtés du chef de l’Etat, au lancement des travaux du Train expresse régional (Ter). Engie Ineo, en partenariat avec Thalès, va piloter ce projet pour la partie conception et réalisation des infrastructures et système de cette ligne ferroviaire électrifiée.

La réalisation des systèmes techniques comprend les systèmes de signalisation ferroviaire pour la régulation des trains et la gestion sécuritaire des aiguillages, les postes d’alimentation électrique des trains et caténaires, les systèmes de communication en ligne dans les 14 gares et dans les centres de maintenance. Bref, pour Sylvie Dao, directrice commerciale et des relations extérieures, « c’est une nouvelle génération de trains, très modernes que le Sénégal aura ». Le Pdg d’Engie Ineo renchérit : « Le Ter sera un vrai outil de transport moderne avec 120.000 voyageurs par jour et un système de sécurité mis en place ».

Si Engie s’est intéressée à ce projet, c’est parce qu’informe M. Rolland, cette société a des compétences en matière de transport ferroviaire avec une longue expérience en l’international. Elle a développé aujourd’hui plus de 150 projets dont une partie en Afrique. « Quand on a su qu’un projet de cette ampleur allait sortir au Sénégal, on s’y est intéressé. La deuxième raison, c’est que le groupe a fait aujourd’hui de l’Afrique une zone de développement prioritaire. Le groupe a créé une entité dédiée à l’Afrique pour développer ses trois métiers que sont les services à l’énergie, le gaz naturel et la production d’électricité », a expliqué Philippe Miquel, directeur général d’Engie Afrique centrale et de l’ouest.

Chantier complexe
Les responsables d’Engie Ineo admettent que le chantier du Ter est « complexe » car tous les marchés qui ont été également attribués vont avancer ensemble pour le respect des délais. Pour Mme Dao, une bonne coordination est un impératif. « Nous mettrons en œuvre toutes nos compétences, notre savoir-faire pour tenir ce challenge. C’est un projet compliqué, nous aurons des jours sans, de mauvais jours et des jours où tout se passera bien, nous ferons tout pour être au rendez-vous », a philosophé M. Rolland.

Dans le lot 2 de ce projet qui lui a été attribué, Engie Ineo/Thalès travaille avec une entreprise sénégalaise, à savoir la Compagnie sahélienne d’entreprises (Cse). Cette option se justifie par le fait, avance le Pdg d’Enegie, « on ne réussit pas ce type de projet sans une bonne relation et une forte proximité avec les entreprises locales. Nous avons le savoir-faire et des compétences énergétiques mais il nous faut des équipes locales pour faire le travail correctement », a-t-il dit. Le Ter reliera Dakar au nouvel aéroport international Blaise Diagne en moins de 50 mn. La durée des travaux est estimée à 26 mois pour la première partie reliant Dakar-Diamniadio. La seconde partie reliant Diamniadio à l’Aibd, soit 19 km, nécessitera 15 mois de travaux.

 

Elhadji Ibrahima THIAM

La Société immobilière du Cap Vert (Sicap Sa) et la Société générale de banques au Sénégal (Sgbs) ont, en commun, un seul et même objectif : «Un toit pour tous ». C’est dans ce cadre qu’elles ont noué, jeudi dernier, un partenariat pour un accès facile au logement à travers trois grands programmes : Sicap Rue 10, Sicap Lac Rose et Sicap Grand Mbao.

Deux sociétés, chacune avec plus d’une cinquantaine d’années d’existence, dans un partenariat au service de l’accès au logement. La Société immobilière du Cap Vert (Sicap) et la Société générale de banques au Sénégal (Sgbs) ont noué, jeudi dernier, une convention de partenariat crédit acquéreur pour les produits et services immobiliers de la Sicap Sa. Ces deux institutions s’engagent ainsi, avec cette convention, à faciliter aux Sénégalais l’acquisition de logements décents à des prix abordables pour les programmes Sicap Rue 10, Sicap Lac Rose et Sicap Grand Mbao. Un partenariat « inédit », selon les deux managers des deux sociétés, Ibrahima Sall de la Sicap Sa et Georges Wega de la Sgbs, qui offrira aux populations l’opportunité d’accéder à l’habitat à des prix compétitifs à partir de 10,5 millions de FCfa et à un taux d’entrée de 5,5 %.  Le directeur général de la Sicap Sa, Ibrahima Sall, veut que ce partenariat ne soit pas la fin d’un processus mais le début d’une dynamique collaboration entre les deux structures. « Cette nouvelle amorce de nos relations professionnelles devra permettre, selon Ibrahima Sall, de trouver des solutions efficaces et durables pour l’accès au toit ». L’accès au toit est ainsi le fil conducteur qui relie ces deux sociétés cinquantenaires. La Sicap Sa se fixe ainsi comme « nouvelle préoccupation », de produire de nouveaux logements sociaux en réponse à la demande soutenue que connaît le secteur. La Sgbs veut, elle aussi, accompagner l’Etat du Sénégal qui a fait de l’habitat social une de ses priorités. « L’accès à un logement décent est l’une des préoccupations majeures des populations sénégalaises. Il a une incidence directe sur la santé, l’éducation, la productivité au travail, la stabilité sociale et le renforcement de l’économie nationale. 

Accompagner l’Etat
Nos deux institutions veulent apporter, avec ce partenariat, une réponse concrète et inédite à cette problématique », affirme Georges Wega, administrateur directeur général de la Sgbs. La question du financement du logement se pose comme une problématique majeure dans le secteur. Ibrahima Sall, le directeur général de la Sicap Sa, en parle comme un des facteurs bloquants dans l’atteinte des objectifs de résorption du déficit de logement estimés à 322.000 logements, selon les dernières statistiques. Il souhaite une plus grande implication de l’Etat du Sénégal, de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) et surtout des institutions financières, en particulier des banques locales et internationales dans le financement du logement. Ces entités, estime Ibrahima Sall, doivent jouer un rôle plus important dans la chaine de valeur économique du logement. Produire du logement, soutient-il, n’est possible que dans la mesure où les organismes se trouvent en situation de se procurer un capital long et d’en réduire les coûts.  Ce partenariat avec la Sgbs entre dans ce cadre. Ces deux institutions, en mettant en commun leurs forces, comptent améliorer le taux de couverture de la demande de logement à tous les échelons du territoire sénégalais. Elles vont mettre en avant leurs expériences et leaderships dans leurs domaines respectifs pour donner corps à ce partenariat au bénéfice des Sénégalais. Le personnel de la Sicap n’est pas oublié dans cette convention de partenariat entre les deux sociétés. Les travailleurs de la Sicap Sa  vont bénéficier de prêts et services bancaires avec des conditions préférentielles.

Oumar BA

L’engagement de l’Allemagne, à travers la Kfd, au titre de la coopération financière s’élève, à ce jour, à plus de 80 milliards de F Cfa au total, soit 124 millions d’euros. C’est ce qu’a rappelé le directeur du Département Afrique de l’Ouest de la KfW, M. Michael Wehinger qui effectuait sa première visite au Sénégal du 21 au 25 novembre dernier.

Selon un communiqué de l’ambassade de l’Allemagne reçu hier, le directeur du Département Afrique de l’Ouest de la KfW, M. Michael Wehinger a, à cette occasion, a rappelé que depuis 2012, l’engagement de la KfW dans la coopération entre le Sénégal et l’Allemagne est concentré dans le secteur de l’Energie, notamment des énergies renouvelables. Cette enveloppe est destinée au financement de projets et programmes dans le domaine des énergies renouvelables avec notamment la construction d’une centrale solaire photovoltaïque à Diass, mais aussi dans le domaine de l’efficacité énergétique et de l’accès à l’énergie au Sénégal. Une partie des fonds est également destinée à la promotion des énergies renouvelables en Afrique de l’Ouest, à travers le financement du Projet énergie de l’Omvg, à côté d’autres bailleurs de fonds.

Pour sa première visite, M. Wehinger a eu plusieurs échanges avec les partenaires sénégalais sur l’état d’avancement des programmes en cours ainsi que les perspectives de la coopération financière bilatérale. Il était accompagné par le directeur du Bureau régional de la KfW au Mali et, par ailleurs, responsable du Bureau Sénégal, M. Jan Schumacher.

A l’issue de sa visite, le directeur du Département Afrique de l’Ouest de la KfW s’est félicité de l’excellence de la coopération financière sénégalo-allemande, tout en réaffirmant la disponibilité de la KfW pour une coopération renforcée dans le secteur de l’Energie.

M. SY

Le ministre-conseiller par ailleurs chef du Bureau économique du Sénégal en Afrique du Sud, Samba Alassane Thiam soutient que les échanges entre les deux pays sont en défaveur de notre pays. Il évoque, dans cet entretien, les efforts entrepris pour inverser la tendance.

Depuis votre installation à la tête du Bureau économique du Sénégal en Afrique du Sud, quelles sont les actions entreprises pour accroître les échanges entre les deux pays ?
Notre action est encadrée par les procédures de notre appareil diplomatique. Du coup, la mise en œuvre de la stratégie de coopération renforcée entre Dakar et Pretoria est supervisée par la tutelle qui détermine l'opportunité et le contexte des démarches. Entre 2014 et 2015, nous avons travaillé à la signature de l'accord-cadre de coopération économique et technique, à l'élaboration des termes de référence du comité mixte de commerce et d'investissement dédié à sa mise en œuvre et portant sur la non double imposition des produits entre les deux pays pour accroître davantage les échanges commerciaux entre les deux pays et booster les investissements sud-africains au Sénégal, à la promotion de la destination du Sénégal auprès des chambres consulaires, des banques et des fonds d'investissements. Ensuite, nous avons démarché les grands clients du Groupe Standard Bank dont les chiffres d'affaires sont supérieurs à 250  millions de dollars, soit environ 142,5 milliards de FCfa pour présenter les opportunités d'investissements dans le Plan Sénégal émergent. Des missions économiques ont été initiées au Sénégal, en liaison avec le Bureau opérationnel de suivi du Pse et l'Apix, pour présenter les grands projets présidentiels et fournir des informations  aux partenaires.  

Quels est le volume des échanges entre le Sénégal et l’Afrique du Sud et les produits échangés ?
Il faut signaler que les échanges sont en défaveur du Sénégal.  En 2015, le volume des échanges entre les deux pays se chiffre à 66,120 milliards de FCfa. L'Afrique du Sud a exporté près de 98 millions de dollars américains (environ  55,860 milliards de FCfa) en produits chimiques, agricoles, d'insémination artificielle, en bois et dérivés, matériaux de construction, équipements électroménagers et curieusement de l’eau minérale. Le Sénégal a exporté près de 18 millions de dollars américains, soit environ 10,260 milliards de FCfa en produits de la mer, d'arts et d'artisanat, textiles, etc. Globalement, il faut un nouveau paradigme, des moyens adaptés à nos ambitions et abandonner les anciennes procédures administratives qui ne comprennent pas les grands enjeux contemporains. Le monde d'aujourd'hui appartient à ceux qui ont deux qualités : l'expertise et la vitesse.

Existe-t-il des entreprises sud-africaines qui se sont installées, depuis, au Sénégal, si oui dans quel domaine ?
Il existe des propositions de partenariat qui ne tarderont pas à retrouver, sur le terrain West Africa Farm, que l’on connait dans l’agrobusiness avec notamment l’exploitation de centaines d’hectares à Gninth dans la région de Saint-Louis dont la production est exportée entièrement vers l’Angleterre. Elle s'est récemment engagée dans l'élevage, à travers sa structure Sensa-Agri (Senegal South Africa Agriculture) en mettant l’accent sur l’embouche et la production laitière, et aider ainsi le Sénégal à être autosuffisant en lait et en viande, une initiative à saluer et à magnifier, Fathala et ses partenaires dans le tourisme cynégétique et Dstv, un bouquet satellitaire, diffuseur de programmes africains et internationaux.  Tenus de considérer les textes qui régissent le fonctionnement d'une administration publique, nous sommes dans la continuité d'une démarche classique de diplomatie économique.

Propos recueillis par Aly DIOUF

Le Directeur générale de l’Autorité de régulation des télécommunications et postes, Abdou Karim Sall, a déclaré, lors de la conférence annuelle des cadres, samedi dernier, que l’Artp se battait pour parachever « l’écosystème des télécommunications » au Sénégal.

Le leadership du Sénégal dans une Afrique numérique, c’est autour de cette problématique que les discussions ont porté, samedi, lors de la conférence annuelle des cadres de l’Autorité de régulation des télécommunications et postes (Artp). La rencontre a été présidée par le Secrétaire d’Etat au Pudc, Souleymane Jules Diop, venu représenter le Premier ministre. Au cours des débats, le Directeur général de l’Artp, Abdou Karim Sall, a déclaré que cette structure de régulation allait tout faire pour parachever « l’écosystème des télécommunications » au Sénégal. « Nous avons lancé un appel à candidatures pour accueillir des licences fournisseurs d’accès Internet et nous allons vers la mise en place d’autres licences « Opérateur virtuel du mobile » tout cela permettra à l’économie numérique de se développer dans notre pays... », a-t-il notamment dit.

Pour sa part, Souleymane Jules Diop a avancé qu’aucune réforme ne peut se faire sans l’apport des télécommunications. Ainsi, a-t-il plaidé l’implication des télécommunications pour l’autonomisation de certains services. « Le Sénégal occupe une place de leader dans le secteur des télécommunications,  il nous faut des réformes importantes pour garder cette place », a-t-il dit.

Revenant sur le thème de cette conférence, Abdou Karim Sall estime que la mise en place d’un marché commun peut plonger plus l’Afrique dans l’ère du numérique. Il a rappelé que la Cedeao, dans les accords de libre circulation des personnes et des biens, a décidé de faire en sorte qu’il y ait un seul et unique réseau africain. Cette conférence annuelle des cadres de l’Artp était, cette année, animée par le Professeur Hamadoune Touré, Premier africain à avoir été secrétaire général de l’Union internationale des télécommunications.

Pour le président de l’amicale des cadres de l’Artp, Ousmane Ndiaye, le choix du thème est très « judicieux » en ce sens que « le numérique est un des piliers sur lequel notre continent, l’Afrique, peut s’appuyer pour accroître sa croissance économique et accélérer son développement économique et social ».

Elhadji Ibrahima THIAM

Le rôle du secteur privé est central pour le développement. D’où l’appel du Premier ministre à plus d’investissement pour assurer une croissance soutenue et durable.

Mahammad Boun Abdallah Dionne a procédé, hier, au lancement de la zone économique spéciale intégrée (Zesi)). Cette zone spéciale d’une superficie de 90 hectares sera érigée non loin de l’Aéroport international Blaise Diagne de Diass (Aibd).

Le Premier ministre a invité le secteur privé national à prendre le relais du gouvernement dans la promotion de l’investissement. «Depuis 2014, nous sommes parvenus à stabiliser la croissance qui tourne autour de 6,5 %. Cette année, nous devrions faire davantage. Mais il faut le dire pour le constater et un peu pour le déplorer, cette croissance est portée essentiellement par l’investissement public », a-t-il déclaré. «Nous arrivons à des limites dans la promotion de la croissance via l’investissement public. C’est au secteur privé notamment national de prendre le relais. C’est ce qu’a fait l’entrepreneur Yérim Sow en s’alliant avec un grand groupe», a ajouté M. Dionne. Il a souligné que le gouvernement a initié des investissements massifs comme à Diamniadio où il est en train de réaliser un parc industriel pour offrir un cadre favorable à l’investissement, à la création de richesse et à l’emploi. 

Le Premier ministre a salué l’audace de l’entrepreneur Yérim Sow. « Aujourd’hui, nous célébrons l’audace d’un de nos vaillants entrepreneurs Yérim Sow qui symbolise ce que nous voulons faire avec le Pse », a déclaré Mahammad Boun Abdallah Dionne, rappelant que le chef de l’Etat a instruit le gouvernement d’accélérer le processus de création d’emplois pour assurer l’inclusion sociale. «C’est ce qu’ambitionne cet important projet porteur, à terme, de 60.000 emplois pour notre jeunesse. Son lancement consacre notre entrée, de plain-pied, dans le processus de mise en œuvre d’un des programmes économiques définis par le président Macky Sall », a-t-il dit. Le chef du gouvernement estime que certains grands chantiers se distinguent pour leur contribution à la création d’emplois. La zone économique spéciale intégrée, a poursuivi M. Dionne, figure au rang des instruments pour aller vers l’émergence en étant un creuset de la production, de la disponibilité des facteurs de production et contribuera à augmenter la croissance. Il a salué le partenariat entre l’Apix, Teyliom Logistics et Agility et souhaite voir ce premier projet inauguré dans 10 mois. Cette zone spéciale, a affirmé Mahammad Boun Abdallah Dionne, sera dotée de toutes les commodités : viabilisation, voierie interne et les entreprises qui s’y installeront bénéficieront d’avantages fiscaux et douaniers. Pour le cargo village, il revêt, à son avis, d’une priorité absolue et devra être fonctionnel en même temps que l’Aéroport international Blaise Diagne, en décembre 2017.

Aliou KANDE

Le projet générera 60.000 emplois
Dakar international integrated economic zone (Diiez) ou zone économique spéciale intégrée (Zesi) est un projet ambitieux qui va générer, à terme, près de 60.000 emplois. Il est le fruit d’un partenariat entre l’Apix, Teyliom Logistics et Agility. Dans une logique cohérente exprimée par les pouvoirs publics de réaménagement et de rééquilibrage du territoire par le redéploiement des activités de production et l’émergence de pôles économiques forts, le long de l’axe Diamniadio-Yenne-Diass-Mbour, l’Apix qui assure l’administration et la maîtrise d’ouvrage, pour le compte de l’Etat, a sélectionné un promoteur chargé du développement d’une partie dudit site sur une superficie de 90 hectares. La zone économique spéciale intégrée s’inscrit dans la stratégie de développement des infrastructures. Elle comprendra un cargo village, un parc industriel, des espaces de services et des bureaux. Il y aura également une zone commerciale, résidentielle et touristique. A proximité du nouvel aéroport Blaise Diagne et à 45 Km de Dakar, la zone économique spéciale intégrée bénéficie d’une situation géographique exceptionnelle et donne un avantage stratégique certain aux entreprises qui vont s’y installer. Dans un premier temps, le site va accueillir près de 400 entreprises.

A. KANDE

Dans de nombreux pays africains, les marchés sont restreints par des pratiques et des actions gouvernementales qui fragilisent la dynamique et créent des barrières à une concurrence saine. Dans une étude intitulée « Éliminer les obstacles : Libérer le potentiel de l'Afrique grâce à une politique de la concurrence vigoureuse », la Banque mondiale et le Forum africain de la concurrence (Fac) posent le diagnostic et montrent comment une saine concurrence peut aider les pays africains à impulser une croissance inclusive et un développement durable.

La Banque mondiale et le Forum africain de la concurrence (Fac) ont rendu public, hier, le rapport intitulé : « Éliminer les obstacles : Libérer le potentiel de l'Afrique grâce à une politique de la concurrence vigoureuse ». Le document examine l’évolution des cadres de réglementation de la concurrence et leur mise en application dans 19 pays africains et trois communautés économiques régionales, en mettant l’accent sur l’analyse de la concurrence dans les secteurs du ciment, des engrais et des télécommunications. Il donne aussi une vue générale des questions de concurrence dans le secteur des transports.

Le choix de ces secteurs est loin d’être anodin. Selon le rapport, « ils ont été sélectionnés sur la base de leur pertinence par rapport aux économies africaines et leur potentiel avéré à mettre en exergue les questions de concurrence ». Le constat global est que les marchés de nombreux pays africains sont restreints par des pratiques et actions gouvernementales qui fragilisent la dynamique de la concurrence et créent des barrières à une saine concurrence. A ce sujet, les cartels (entente conclue de manière explicite ou tacite entre plusieurs entreprises indépendantes d’un même secteur d’activité dans le but de limiter la concurrence, de contrôler le marché et de maximiser leurs profits) constituent la pratique la plus nuisible à la concurrence. Et la lutte contre ce phénomène demeure relativement faible en Afrique.

La plupart des pays africains présente des conditions de concurrence moins favorables aux autres pays du monde même si l’on note, sur le continent, des progrès importants de mise en application des politiques de concurrence. Le rapport relève que le nombre de juridictions ayant une législation de concurrence a triplé durant ces quinze dernières années. « Dans le secteur des services, dans plus de 40 % des pays africains, un seul opérateur règne sur la moitié des parts du marché des télécommunications et du transport », selon l’étude qui ajoute que « l’absence de concurrence en biens essentiels sur les marchés africains nuit aux ménages à cause de l’effet sur les prix et les pauvres sont les plus affectés ».

Un produit comme le ciment illustre bien cette situation. Intrant clé dans les secteurs des infrastructures et du logement, les prix du ciment en Afrique sont bien au dessus des prix mondiaux. Ils sont 183 % plus élevé que la moyenne mondiale. Ce qui signifie que les Africains paient leur ciment avec un surplus de 2,5 milliards de dollars par an. Cette situation s’explique par la forte concentration car les usines sont possédées par neuf grandes entreprises pan-régionales constituant la majorité de la capacité de production.

Dans le secteur des engrais, le rapport révèle que dans plus de la moitié des pays africains, un seul fournisseur d’engrais détient plus de 50 % du marché et moins de la moitié a vu un nouvel arrivant dans l’importation ou la production de ce produit au cours de ces trois dernières années. Conséquence ? L’augmentation des prix de l’engrais pour le consommateur final.
Quant au secteur des télécommunications notamment les marchés de la téléphonie mobile et des services sans fil, ils sont caractérisés, en Afrique, par une forte concentration. Dans 27 pays, seul un acteur détient plus de 50 % des parts de marché, soit un quasi monopole. Du coup, les pays de l’Afrique subsaharienne ont enregistré, en 2015, les prix finaux les plus élevés pour les services mobiles à large bande passante dans le monde. Ainsi, le propriétaire médian d’un téléphone mobile en Afrique dépense près de 3 % de son revenu mensuel sur les services mobiles. Pendant ce temps, note le rapport, l’utilisation d’Internet est le deuxième taux le plus bas entre toutes les régions, après l’Asie du sud.

Etant donné que « la politique de concurrence peut jouer un rôle clé dans l’atteinte de la vision d’une Afrique prospère basée sur une croissance inclusive et un développement durable », la Banque mondiale et le Forum africain de la concurrence recommandent aux Etats d’encourager des marchés ouverts et concurrentiels notamment en tant qu’instrument de stimulation d’une croissance économique durable.

Elhadji Ibrahima THIAM

Dans le domaine des infrastructures et pour la mobilité des bêtes et des éleveurs, le chef de l’Etat a évoqué un vaste programme pour désenclaver le Diery avec le. Il a souligné les pistes réalisées sur les axes reliant Ndioum- Bombodé-Namarel-Labgar dans le département de Linguère pour 82 km et celles de l’axe Aéré Lao- Yaré Lao- Labgar avec 85 km de piste dont il ne reste que des tronçons. En outre, 300 km de pistes rurales et l’ouverture de 1.700 km de pare feux, sont prévus. « Nous lancerons les travaux de Ndioum-Déméte-Cascas-Saldé-Pété et bien sûr, il s’agira de partir de Podor et de toute l’Île à Morphil, et nous ferons Diatar-Alwar-Podor. On mettra de la voirie urbaine pour un coût global estimé à plus de 100 milliards de FCfa pour désenclaver définitivement cette partie du pays ». Macky Sall a aussi annoncé les travaux de Ndioum-Goléré-Ourossogui-Kanel-Bakel avec de la voirie urbaine à Matam et Bakel  pour un coût de 160 milliards de FCfa. Ainsi, pour ces deux grands axes, quelque 260 milliards de FCfa ont été mobilisés.  

Le Projet régional d’appui au pastoralisme au sahel fait partie de l’initiative Sahel lancée par la Banque mondiale pour concrétiser la déclaration de Nouakchott du 29 octobre 2013. Il concerne le Tchad, le Sénégal, la Mauritanie, le Mali, le Niger et le Burkina Faso. Sa durée est de six ans (2015-2021). Le Praps/Sénégal se chiffre à 16 milliards 200 millions de FCfa dont 15 milliards de la Banque mondiale et 1 milliard 200 millions du Trésor public. Il comprend cinq composantes : amélioration de la santé animale, amélioration de la gestion des ressources naturelles, facilitation de l’accès aux marchés, gestion des crises pastorales, gestion du projet et appui institutionnel. Dans les huit départements couverts répartis dans cinq régions et trois zones agro écologiques, le Praps a prévu de réaliser, entre autres infrastructures, 20 unités pastorales, 300 km de couloirs de transhumance, 800 km de pare-feu, cinq cadres de concertation, 1.000 km d’aires de repos et mise en défens, 15 forages pastoraux équipés en relation avec l’Ofor, 5 forages réhabilités, 10 mares pastorales, 8 marchés à bétail équipés, 4 mini-laiteries, 7 centres de collectes de lait, 4 aires d’abattages, 300 km de piste de désenclavement. 

A cela s’ajoutent la construction de magasins de stockage et de boutiques pastorales, l’appui au renforcement de capacités des éleveurs, la construction de parcs à vaccination, l’achat d’un lyophilisateur pour aider l’Isra à mieux satisfaire la demande nationale en vaccins, l’appui à la lutte contre le vol de bétail, la construction et la réhabilitation de postes vétérinaires publics et privés, la réhabilitation des services régionaux et départements de l’élevage dans les zones ciblées par le projet, la formation ou le renforcement de capacités des agents de l’élevage, etc. 

C’est sous le thème  « Enjeux et défis d’un financement optimal pour l’émergence du sous-secteur de l’élevage" que s’est tenue la journée nationale de l’élevage, présidée par le Chef de l’Etat. Le président Macky Sall a plaidé pour l’innovation dans la recherche des ressources au profit de ce secteur. Ceci, malgré les efforts déployés constamment par l’Etat pour moderniser le sous-secteur de l'élevage.

Après Fatick et Koungheul, les éleveurs se sont mobilisés dans le Diery, zone Sylvo-pastorale par essence, pour fêter cette journée dédiée à leur activité par le chef de l’Etat. Tour à tour, les différents intervenants ont salué les efforts déployés par l’Etat dans le financement et l’encadrement des acteurs. Le président Macky Sall, tout en saluant la belle mobilisation et l’engagement des différents acteurs à faire de l’élevage, un levier important pour le développement de notre pays, a rappelé la symbolique du lieu où se déroulait cette présente édition. « Cette zone d’élevage concentre le tiers des effectifs de bovins et de petits ruminants  du cheptel national, avec un apport considérable dans la génération de revenus pour les ménages et l’approvisionnement des différents marchés du Sénégal », a déclaré le chef de l’Etat. Cette journée est celle du partage et d’échanges pour évaluer la politique dans le domaine de l’élevage, a ajouté Macky Sall, satisfait de l’engagement des éleveurs qui, sans relâche, travaillent à la modernisation du secteur, avec un dynamisme fondé sur le culte du travail, le sens de l’initiative, de la créativité et un leadership avéré.

Le chef de l’Etat a rappelé les enjeux qui nécessitent, selon lui, une amélioration des performances de l’élevage. Il a évoqué la nécessité de revoir les mécanismes de financement afin de renforcer la compétitivité de ce sous-secteur. Pour lui, cette activité qui occupe le tiers des Sénégalais contribue, de manière significative à la croissance économique, à la sécurité alimentaire et à la création d’emplois. Sur la période 2010-2014, le poids de l’élevage sur le secteur primaire a été estimé, en moyenne, à 28.5 %. Pour Macky Sall, cette contribution devrait connaître une hausse régulière, eu égard au fort potentiel productif du sous secteur. Il a fait part des efforts du gouvernement concernant les budgets alloués au ministère de l’élevage. Ceux-ci sont passés de 9,5 milliards en 2012 à 14,9 milliards en 2016 et en 2017, a souligné le président Sall, « Nous serons à 22,3 milliards de budget du département de l’élevage », a-t-il annoncé. 

Efforts de l’Etat
Journée élevageDepuis son élection, des mécanismes de financement à l’image du Fongip, du Fonsis  ont été mis en place, afin de répondre aux besoins en ressources dans ce secteur et inciter  une plus forte  implication des autres partenaires financiers décentralisés et des banques.  De même, la mise en place par la Cncas d’une ligne de crédit avec une couverture des risques dont 50 % du coût de la prime d’assurance sont supportés par l’Etat permet un meilleur accompagnement. Malgré tout, a fait remarquer le président Sall, le financement du secteur de l'élevage reste confronté à certaines contraintes parmi lesquelles l’enclavement des zones de production, la précarité des revenus tirés de l’élevage familial, les garanties peu fiables sur le plan juridique et économique, la réglementation bancaire pas du tout adaptée au développement du secteur. Pour un développement plus harmonieux de l’élevage, Macky Sall pense que l’accès aux financements et la mobilisation des ressources provenant du privé sont essentielles. Il a annoncé la tenue d’un conseil interministériel qui sera consacré au financement de l’élevage.

Le chef de l'Etat a instruit le Fonsis, le Fongip, la Bnde, le Fonds d’appui à la stabilisation (dont les moyens seront renforcés), à s’orienter vers des mécanismes de financements innovants pour mieux répondre aux besoins d’investissement des éleveurs. Il faudra adapter les stratégies de recherche de ressources aux évolutions du sous-secteur, en veillant au renforcement des acteurs et en mettant en place un service financier accessible et de qualité pour les éleveurs, a indiqué le chef de l’Etat. Il a invité le gouvernement et les acteurs à explorer toutes les opportunités offertes par « le fonds vert et le fonds climat pour l’adaptation de l’élevage aux changements climatiques ». Concernant la mutuelle d’épargne et de crédit des éleveurs, le chef de l'Etat s’est réjoui de sa mise en place, tout en annonçant que « les moyens seront renforcés pour rendre pérenne cette belle initiative ».

Annulation des droits de douane sur l’entrée du cheptel sur pied
Dans le domaine du renforcement de l’élevage, le président Sall a annoncé 120 plateformes solaires, la valorisation du lait local avec des mesures prises pour annuler les droits de douane sur l’entrée du cheptel sur pied. Pour la Tva sur le lait local, il en sera de même afin d’aider la filière lait, viande et autres. Tous les projets précités intègrent une dimension genre avec le désir des autorités d’améliorer les conditions des femmes avec divers programmes qui vont coûter, selon le chef de l'Etat, quelque 98 milliards de FCfa.

Concernant le vol de bétail, Macky Sall a rappelé que des mesures avaient été prises et s’il est nécessaire de réviser la loi, « nous le ferons sans délai, afin que les voleurs soient condamnés à purger les peines prévues dans le cadre de la criminalisation du vol de bétail ».

Le député Aliou Dembourou Sow, président de la convergence des éleveurs pour l’émergence a dit constituer, avec ses compagnons, un cheptel de 613 bovins, pour servir de caution au candidat Macky Sall lors de la prochaine présidentielle. Le chef de l’Etat s’est dit touché par ce geste de la communauté des éleveurs qui, en se donnant les moyens de mettre sur pied ce cheptel destiné à financer sa caution montre leur engagement.

Appui au pastoralisme au Sahel : Près de 17 milliards pour le Sénégal
Boeufs NdioumLe Projet régional d’appui au pastoralisme au sahel fait partie de l’initiative Sahel lancée par la Banque mondiale pour concrétiser la déclaration de Nouakchott du 29 octobre 2013. Il concerne le Tchad, le Sénégal, la Mauritanie, le Mali, le Niger et le Burkina Faso. Sa durée est de six ans (2015-2021). Le Praps/Sénégal se chiffre à 16 milliards 200 millions de FCfa dont 15 milliards de la Banque mondiale et 1 milliard 200 millions du Trésor public. Il comprend cinq composantes : amélioration de la santé animale, amélioration de la gestion des ressources naturelles, facilitation de l’accès aux marchés, gestion des crises pastorales, gestion du projet et appui institutionnel. Dans les huit départements couverts répartis dans cinq régions et trois zones agro écologiques, le Praps a prévu de réaliser, entre autres infrastructures, 20 unités pastorales, 300 km de couloirs de transhumance, 800 km de pare-feu, cinq cadres de concertation, 1.000 km d’aires de repos et mise en défens, 15 forages pastoraux équipés en relation avec l’Ofor, 5 forages réhabilités, 10 mares pastorales, 8 marchés à bétail équipés, 4 mini-laiteries, 7 centres de collectes de lait, 4 aires d’abattages, 300 km de piste de désenclavement. 

A cela s’ajoutent la construction de magasins de stockage et de boutiques pastorales, l’appui au renforcement de capacités des éleveurs, la construction de parcs à vaccination, l’achat d’un lyophilisateur pour aider l’Isra à mieux satisfaire la demande nationale en vaccins, l’appui à la lutte contre le vol de bétail, la construction et la réhabilitation de postes vétérinaires publics et privés, la réhabilitation des services régionaux et départements de l’élevage dans les zones ciblées par le projet, la formation ou le renforcement de capacités des agents de l’élevage, etc. 

Les éleveurs se félicitent des réalisations
Tous les présidents des Gallé Aynabé (maisons des éleveurs) ont mis à profit cette journée, pour se réjouir des réalisations du chef de l’Etat dans le domaine de l’élevage. En 2012, près de 4 milliards ont été mobilisés pour l’achat de 21.066 tonnes d’aliments de bétail, distribués à 144.324 éleveurs. En 2013, un milliard de FCfa a été alloué pour l’achat de 6.153 tonnes d’aliments de bétail vendues au prix subventionné comme en 2012. En 2015, 3,2 milliards de FCfa ont été mobilisés avec la prime assurance tirée de la Mutuelle panafricaine de gestion des risques (Arc) pour l’achat de 14.839 tonnes distribuées à 86.657 éleveurs dans les 45 départements.Ils se sont aussi réjouis de la mise en place d’un mécanisme d’auto-approvisionnement des éleveurs en aliment de bétail, grâce au fonds revolving de 3 milliards de FCfa pour faire face aux besoins des éleveurs.

Les éleveurs ont aussi mis en exergue d’autres réalisations relatives à la priorisation de la protection zoo sanitaire et de la santé animale, à l’institutionnalisation de la Journée nationale de l’élevage, à la clôture du ranch de Dolly (125 km), au renforcement des ressources humaines et matérielles du ministère de l’élevage, au renforcement des infrastructures et équipements d’élevage, de transformation et de commercialisation des produits animaux, à l’élaboration d’un plan national de développement de l’élevage et d’une Lettre de politique sectorielle de développement, à la structuration des filières et à la mise en œuvre des projets et programmes à haute valeur ajoutée du Pse. Il s’agit notamment du projet d’appui à la modernisation des filières animales, du projet d’appui à la modernisation de la filière laitière, du projet de développement de l’aviculture familiale, du projet régional d’appui au pastoralisme au sahel financé par la Banque mondiale, du projet de formation professionnelle pour l’emploi et la compétitivité.

Le projet d’appui à la sécurité alimentaire dans les régions de Louga, Matam et Kafrine (Pasa-Louma-Kaf) financé par le Programme mondial pour l’agriculture et la Sécurité alimentaire et par le Fonds africain de développement et par une contrepartie de l’Etat, figure aussi en bonne place dans ces réalisations.

260 milliards de FCfa pour désenclaver de l’Île à Morphil
Dans le domaine des infrastructures et pour la mobilité des bêtes et des éleveurs, le chef de l’Etat a évoqué un vaste programme pour désenclaver le Diery avec le Pudc en 2017. Il a souligné les pistes réalisées sur les axes reliant Ndioum- Bombodé-Namarel-Labgar dans le département de Linguère pour 82 km et celles de l’axe Aéré Lao- Yaré Lao- Labgar avec 85 km de piste dont il ne reste que des tronçons. En outre, 300 km de pistes rurales et l’ouverture de 1.700 km de pare feux, sont prévus. « Nous lancerons les travaux de Ndioum-Déméte-Cascas-Saldé-Pété et bien sûr, il s’agira de partir de Podor et de toute l’Île à Morphil, et nous ferons Diatar-Alwar-Podor. On mettra de la voirie urbaine pour un coût global estimé à plus de 100 milliards de FCfa pour désenclaver définitivement cette partie du pays ». Macky Sall a aussi annoncé les travaux de Ndioum-Goléré-Ourossogui-Kanel-Bakel avec de la voirie urbaine à Matam et Bakel  pour un coût de 160 milliards de FCfa. Ainsi, pour ces deux grands axes, quelque 260 milliards de FCfa ont été mobilisés.  

Par Mb. K. Diagne et A. M. Ndaw

La mission résidente de la Banque ouest africaine de développement (Boad) a organisé, avant-hier, un séminaire d’information de deux jours à l’intention de ses partenaires portant sur les quatre nouveaux dispositifs qu’elle a mis en place pour renforcer sa gouvernance et ses outils de gestion.

Depuis quelques temps, la Banque ouest africaine de développement (Boad) a mis en place un ensemble de dispositifs, de politiques et de procédures, inspirés des bonnes pratiques et des standards internationaux. Ces nouveaux outils qui vont dans le sens de renforcer sa gouvernance et ses outils de gestion sont relatifs à la passation des marchés financés dans ses opérations ; à la prévention et lutte contre la fraude et la corruption ; à la prévention et la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme ; à la vérification de la conformité et au règlement des griefs.

Afin d’en partager l’esprit et les objectifs, la Mission-résidente de la banque au Sénégal a organisé un séminaire de deux jours à l’intention des acteurs du domaine et de ses partenaires de premiers plans. Yoro Diakité a insisté sur l’importance de ces nouveaux mécanismes dont la mise en œuvre obéit à l’impératif pour la Boad de s’adapter sans cesse à un environnement en perpétuel changement. « En se dotant d’outils nouveaux, la Boad veut garantir l’efficacité de ses interventions », a-t-il dit.

Ainsi, en adoptant ces nouvelles normes fiduciaires, les objectifs de la Boad sont de s’assurer que les ressources financières qu’elle met à la disposition des Etats et du secteur privé de la sous-région ouest-africaine, sont utilisées à bon escient et dans les conditions prévues, ensuite de garantir la sécurité financière de ses opérations, de sorte à ce que ses fonds ne soient pas utilisés à des fins de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme, enfin de veiller à ce que les projets financés tiennent compte des enjeux actuels de développement durable et de protection de l’environnement dans l’ensemble de notre sous-région.

Yoro Diakité a rappelé que depuis plus de quatre décennies, « la Boad s’attelle à remplir les missions que ses pères fondateurs lui ont fixées ». De ce point de vue, a-t-il ajouté, « son empreinte est visible dans tous ses huit Etats membres, et dans des domaines aussi divers que le développement agricole et rural, les télécommunications, les infrastructures routières, portuaires et aéroportuaires, l’électricité et l’industrie ». Ainsi, au 30 novembre 2016, la Boad a financé 1.019 projets publics et privés pour un montant global de 4.126,8 milliards de FCfa dans la zone Uemoa. En ce qui concerne le Sénégal à la même date, les financements de la Banque se chiffrent à 681,5 milliards de FCfa pour 160 opérations.

Elhadji Ibrahima THIAM

Malgré la faiblesse des échanges commerciaux au sein de l’espace Cedeao, les exportations sénégalaises ont connu une tendance haussière sur la période 2010-2014. Elles sont passées de 290 milliards à 405 milliards de FCfa, soit une hausse de 39,8%, selon Pierre Ndiaye, le directeur de la Planification et des politiques économiques.

Les exportations sénégalaises ont augmenté sur la période 2010-2014, passant de 290 milliards à 405 milliards de FCfa, soit une hausse de 39,8 %, a déclaré hier, le directeur de la Planification et des politiques économiques, Pierre Ndiaye. Il présidait un atelier de formation et d’information sur les règles d’origine organisé par la Cellule de suivi de l’intégration, en partenariat avec la Confédération des employeurs du Sénégal (Cnes). M. Ndiaye a également indiqué que les exportations de produits agréés au schéma de libéralisation des échanges et à la taxe préférentielle communautaire ont aussi progressé de 28,5 % sur la même période.

Malgré le faible volume du commerce à l’échelle régionale, la Cedeao demeure la première destination des exportations sénégalaises avec 33,6 % en 2014 contre seulement 11,7 % pour les importations. «Le commerce au sein de la Cedeao porte seulement sur 9 % du total des exportations des pays membres et 10,5 % du total des importations », a rappelé M. Ndiaye, notant que la part des échanges intra-communautaires dans le total du commerce des Etats membres ne dépasse guère 12 %. Il a ajouté que le niveau de participation des Etats membres dans le commerce régional est également relativement faible. A titre de comparaison, plus de 60 % des exportations de l’Union européenne sont à destination d’un Etat membre. 

Pour renforcer le commerce intra-régional, soutenir les secteurs de production et favoriser l’industrialisation, Pierre Ndiaye a rappelé que l’Union économique Ouest africaine (Uemoa) et la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) ont fait le choix d’élaborer des règles d’origine simples, transparentes et harmonisées. Et celles-ci devraient contribuer à la construction et à la consolidation du marché régional en neutralisant les effets négatifs induits par l’importation de produits de pays tiers pouvant entrer en concurrence avec les produits locaux et désorganiser les marchés. Selon lui, les règles d’origines ont des enjeux économiques et fiscaux importants dans la mesure où elles permettent de s’assurer que les préférences ou avantages tarifaires octroyés se limitent strictement aux produits originaires des Etats membres.

Bonne connaissance des règles d’origines
D’où l’importance, pour les administrations douanières qui ont la mission de contrôler les marchandises, d’avoir une parfaite maîtrise des règles d’origines pour lutter contre la fraude sur l’origine. Une bonne connaissance des règles d’origines demeure également indispensable pour les entreprises qui souhaitent négocier et vendre des marchandises sur le marché international. Les entreprises étant souvent confrontées à une preuve d’origine, le certificat d’origine est, à cet effet, le document qui est exigé pour autoriser l’entrée d’une marchandise dans un territoire douanier et lui faire bénéficier un certain nombre de privilèges. D’où l’importance de l’origine et des certificats d’origine qui sont, à ses yeux, des notions essentielles pour le bon déroulement d’une transaction commerciale avec des pays tiers ou avec des pays d’une même zone d’intégration. Il a, en outre, noté que depuis l’entrée en vigueur du Tec Cedeao, il y a eu une diversification des partenaires du Sénégal dans la sous-région avec la conquête de nouvelles parts de marché au Ghana, Liberia, Sierra Leone. Pierre Ndiaye a invité les entreprises nationales à aller à la conquête du marché régional compte tenu de ses nombreuses opportunités : plus de 320 millions de consommateurs, des avantages comparatifs forts, une liberté de circulation en franchise de droits et taxes, l’existence de nombreuses niches de croissance.

Mamadou SY

Le chef de l’Etat est attendu, aujourd’hui, à Ndioum, où il présidera la cérémonie officielle de la Journée nationale de l’Elevage, en présence des membres du gouvernement, des autorités administratives, municipales, politiques, coutumières, religieuses et des populations du département de Podor.

Les responsables des collectivités locales des départements de Saint-Louis, Dagana, Podor, des organisations paysannes et autres éleveurs et agro-pasteurs de la région de Saint-Louis se mobilisent depuis deux semaines pour réserver au chef de l’Etat un accueil populaire. Cette visite sera l’occasion, pour l’ensemble des éleveurs du delta et de la vallée du fleuve Sénégal, d’exprimer, au chef de l’Etat, leur gratitude et leur reconnaissance, pour les efforts louables qu’il ne cesse de déployer en vue de moderniser le sous-secteur de l’élevage, qui occupe une place importante dans le PlanSénégal émergent (Pse).

Par la voix du président de Gallé Aynabé (Maison des éleveurs), Isma Sow, chef du village de Bango, ces derniers remercient le président Sall, qui n’a pas hésité à intercéder en leur faveur auprès de l’Etat et des bailleurs de fonds, afin de leur permettre d’obtenir un financement de plus de 100 millions de FCfa, pour la mise en œuvre du projet d’aménagement et d’équipement du parc à bétail de Thillé Boubacar, localité située dans le département de Podor, à quelques encablures du village chef-lieu de la commune de Ndiayène Pendao et à plus de 200 km de Saint-Louis.

Ce marché à bétail et à céréales, aménagé avec l’appui financier de l’Uemoa, est un grand foirail, édifié sur 3 hectares avec une capacité d'accueil de 8.900 ovins et caprins, 6.850 bovins. Inauguré récemment par le ministre de l’Elevage et des productions animales, il dispose de toutes les commodités pour les usagers : un lazaret pour l'isolement des animaux malades, des abris pour vendeurs et acheteurs, des abreuvoirs, un hangar de stockage d'aliments de bétail, des bureaux, un bloc d'hygiène et des rampes d'embarquement et de débarquement du bétail, une voie d'accès et un parking bien aménagé. Cette voie d'accès permet de rallier ce foirail à partir de la route nationale.

Le chef du service régional de l’élevage et des services vétérinaires, Dr Youssou Ndiaye, souligne que l'Uemoa a aidé le Sénégal dans l'appui à la campagne nationale de vaccination contre la maladie de Newcastle pour 87.500.000 de FCfa, l'appui en équipement des autorités nationales compétentes de la sécurité sanitaire, des aliments pour 100 millions de FCfa, du financement de la campagne d'assainissement du marché du médicament vétérinaire pour 32 millions de FCfa, du projet quinquennal de lutte contre la fièvre charbonneuse pour 750 millions de FCfa. Compte tenu des succès enregistrés par les marchés comme Thillé Boubacar, une requête introduite auprès de l'Uemoa et concernant d'autres marchés à travers le Sénégal, fait l'objet d'étude à la commission de l'Uemoa.

Dr Ndiaye déclare que les marchés à bestiaux constituent un important outil de développement et de sécurisation des transactions commerciales. Celui de Thillé Boubacar reste un grand centre de regroupement et de sécurisation du cheptel dans la zone nord et constitue un bijou pour la filière viande.
La 3e journée nationale de l’élevage intervient après celles organisées en 2014 à Fatick et 2015 à Kaffrine.

Régler l’épineux problème du financement
Les populations du Oualo et du Fouta et les autorités administratives préparent activement cette visite. Actuellement, les séances de travail, les réunions de concertation et autres rencontres organisées par les autorités administratives et municipales de la région Nord pour préparer la visite du chef de l’Etat à Ndioum, se multiplient. A cet effet, les chefs de services régionaux et départementaux de l’administration déconcentrée, réunis autour du gouverneur Alioune Aïdara Niang, ont tenu récemment un Crd spécial consacré aux derniers réglages.
 
En présence de Mme Aminata Mbengue Ndiaye, ils ont remis sur le tapis l’épineux problème du financement du secteur de l’élevage. Le ministre de l’Elevage a déploré le fait que le problème du financement de l’élevage continue d’être le goulot d’étranglement de ce secteur très important de l’économie nationale. Aminata Mbengue Ndiaye a insisté sur la nécessité d’organiser, incessamment, d’autres rencontres et des concertations dans toutes les régions du pays qui permettront de réfléchir sur les voies et moyens à mettre en œuvre pour proposer au gouvernement un mécanisme adéquat de financement du secteur de l’élevage. Elle a rappelé que la 3e édition de la Journée nationale de l’élevage porte sur le financement du secteur de l’élevage. Aminata Mbengue Ndiaye juge nécessaire d’associer tous les éleveurs et autres acteurs du développement de l’élevage, à ces journées de réflexion qui seront organisées dans les régions. Boydo Silate Kâ, Hamady Bâ et autres éleveurs domiciliés à Ricotte, Mboumbaye, Mouit, Tassinère, ont invité le chef de l’Etat à revenir sur cette question du financement du secteur de l’élevage.
 
Plaidoyer pour l’autosuffisance en moutons
Dr Youssou Ndiaye a plaidé pour la consolidation des conventions de partenariat avec les transporteurs, l’organisation d’une grande réunion avec l’ensemble des acteurs de la filière ovine, pour leur permettre de réfléchir avec les pouvoirs publics, sur les voies et moyens à mettre en œuvre en vue de réaliser le programme d’autosuffisance en moutons de Tabaski, compte-tenu du fait que 50 % de l’approvisionnement de la région en moutons de Tabaski sont assurés par la Mauritanie. Il a évoqué la possibilité, pour les éleveurs de la région Nord, de mettre à profit cette visite du président Sall à Ndioum, en vue d’aborder cette question importante.
 
Selon M. Ndiaye, il faut également sensibiliser davantage certains maires pour qu’ils aient le réflexe d’aménager, chaque année, des points de vente adéquats disposant de l’électricité, de l’eau et des blocs d’hygiène.

Par Mb.K.Diagne et A. M. Ndaw 

Le directeur général de l’Agence de régulation des télécommunications et des postes a révélé, hier, que 5 millions de numéros de téléphone ont été résiliés. Cette décision fait suite à la campagne nationale d’identification lancée depuis plus de six mois sur l’ensemble de l’étendue du territoire. Il est aussi revenu, au cours de la visite qu’il a effectuée à la foire, sur le free-roaming qui devrait entrer en vigueur, au 31 mars prochain, dans cinq pays de l’espace Cedeao.

5 millions de numéros de téléphone ont été résiliés au Sénégal. L’information a été donnée, hier, par le directeur général de l’Agence de régulation des télécommunications et des postes (Artp), Abdoul Karim Sall, qui a visité le stand de son organisation à la Foire de Dakar. Rappelant l’exhortation de l’Artp et des opérateurs de téléphonie faite aux Sénégalais de se faire identifier, M. Sall a souligné que le délai imparti est dépassé depuis le 26 novembre dernier. Cette date correspond à l’extension de la première date-limite retenue qui était celle du 11 novembre, mais prolongée du fait des difficultés notées dans l’identification et de la coïncidence avec le Magal de Touba. « Nous avons noté, chez l’opérateur Sonatel, plus de 2.900.000 numéros résiliés, plus de 1 million de numéros résiliés à Tigo et plus de 173.000 numéros à Expresso. Ce qui fait un total de plus de 5 millions de numéros résiliés et qui sont sortis complètement des bases des opérateurs et du réseau », a-t-il informé. Un délai de six mois avait été donné aux clients des opérateurs pour se faire identifier. Il est venu à expiration au mois dernier. C’est à partir de la date du 26 novembre que l’Artp a reçu les bases de données des opérateurs.

Abdoul Karim Sall a insisté sur la part de travail qui revient à sa structure dans la vérification. « Notre mission consiste à contrôler la déclaration qui a été faite par ces opérateurs. C’est en ce sens que nous allons vérifier si ces numéros qui ont été déclarés résiliés l’ont bien été et ceux identifiés l’ont été bien faits. Nous allons démarrer le contrôle et le faire, de manière exhaustive, chez les trois opérateurs », a-t-il assuré. Le travail de vérification des numéros résiliés ou confirmés a déjà été entamé, selon le directeur général de l’Artp. Ce travail se fait aussi avec le ministère de l’Intérieur.

Les clients qui ont vu leurs numéros résiliés peuvent se rendre chez leurs opérateurs pour procéder à une identification afin de retrouver leurs numéros.

Abdou Karim Sall est revenu sur le free-roaming dans l’espace de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), soulignant que les chefs d’Etat ont décidé de la « baisse du tarif de ce roaming ». « C’est la raison pour laquelle nous mettons en œuvre cette volonté des chefs d’Etat dans le cadre d’un cercle plus restreint. Nous avons dépassé une phase importante dans la mise en œuvre du « free-roaming », parce que nous avons signé, avec 5 pays, une convention qui nous permet d’appliquer le tarif zéro en réception d’appel quand on est en roaming. Mais également, d’appliquer le tarif de l’opérateur dans lequel on est connecté lorsque l’on est en roaming. Cela va permettre de baisser, de manière considérable, le coût de la communication lorsque l’on est à l’échelle de la sous-région, mais aussi de la Cedeao », a encore expliqué le directeur général de l’Artp.

Les cinq pays engagés dans le protocole d’accord signé et qui devrait rendre gratuit le roaming sont le Burkina-Faso, la Guinée, le Mali, le Sénégal et la Sierra-Léone.

Ibrahima Khaliloullah NDIAYE

La coopération entre le Sénégal et la Banque mondiale se porte bien. Notre pays est le plus gros bénéficiaire de ressources financières de l’Ida jamais octroyées à un pays en une année, a indiqué Louise Cord, lors de la revue du portefeuille des projets et programmes financés par cette institution financière.

En 2017, la Banque mondiale va financer de nouveaux projets au Sénégal, a annoncé, hier, Louise Cord. « Notre portefeuille est fort et il va encore le devenir davantage puisque la Banque mondiale s’est engagée à financer, avant fin juin 2017, de nouveaux projets à hauteur de 660 millions de dollars, soit environ 400 milliards de FCfa, faisant ainsi du Sénégal le plus gros bénéficiaire de ressources financières de l’Ida, jamais octroyées à un pays en une année », a-t-elle déclaré. Les investissements de la Banque mondiale au Sénégal s’élèvent à 595 milliards de FCfa pour 21 projets. Toutefois, pour accélérer la mise en œuvre des projets, Louise Cord demande que les contraintes soient levées. Celles-ci portent sur la double revue des dossiers de passation de marchés, la mobilisation à temps de la contrepartie nationale, le problème du décaissement des fonds placés dans les banques commerciales. « Si ces trois questions sont résolues, nous aurions fait un grand pas dans l’amélioration de l’efficacité de nos projets », a dit Mme Cord. Elle a souligné que la mobilisation à temps de la contrepartie nationale affecte 50% des projets financés par la Banque mondiale et crée des problèmes pour l’exécution de certaines activités importantes notamment l’indemnisation des personnes affectées par les projets et les paiements au titre de l’exécution des contrats financés à travers le budget national et les fonds provenant des crédits et dons de l’Ida.

S’agissant de la double revue des dossiers de passation de marchés qui contribue à l’allongement des délais d’exécution, Louise Cord a souligné que la Banque mondiale a consenti beaucoup de réformes dont le relèvement significatif des seuils de revue préalable des dossiers et décisions de passation de marchés. « Les marchés dont le montant estimatif est inférieur au seuil établi dans la catégorie correspondante, ne sont plus soumis à la revue a priori par notre institution, à moins qu’il ne s’agisse de cas exceptionnels identifiés de commun accord », a-t-elle déclaré. La responsable pays pour la Banque mondiale en charge du Sénégal a invité le ministère des Finances à « identifier et à mettre en œuvre les instruments règlementaires pour mettre fin à cette double revue.

Un taux de décaissement de 45 %
Selon Mme Cord, la réussite d’un projet ou programme dépend de quatre facteurs essentiels : l’adoption d’une politique sectorielle bien établie, l’existence de capacités techniques nationales tant pour la préparation que la mise en œuvre des projets, un ancrage institutionnel bien défini et la mise en place d’un comité de pilotage fonctionnant comme un conseil d’administration d’une entreprise qu’elle soit publique ou privé. Evoquant les conditions de travail du personnel des projets, elle a annoncé qu’une nouvelle grille de rémunération est en cours de validation « pour en finir avec les disparités entre les projets ».

Se félicitant du dynamisme du partenariat entre la Banque mondiale et le Sénégal, Louise Cord a souhaité une amélioration du taux de décaissement des projets financés. Un taux, a-t-elle précisé, était au 30 novembre 2016, de 45%. « Cela peut être considéré comme une bonne performance considérant l’âge de notre portefeuille, mais il nous faut aller beaucoup plus loin, car un projet qui ne décaisse pas à temps opportun, ne peut pas réaliser les résultats que les populations attendent », a-t-elle déclaré. Amadou Bâ, le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan a salué les appuis de la Banque mondiale pour appuyer le gouvernement, notamment dans les secteurs de l’agriculture, la santé, l’éducation, l’emploi des jeunes, le développement des compétences, la prise en compte du genre, la protection sociale, le secteur de l’énergie, des transports et le secteur de l’adduction d’eau potable.

Il a souligné que cette institution qui s’était engagée au groupe consultatif pour le Sénégal pour 500 milliards de FCfa dans la mise en œuvre du Plan Sénégal émergent a, en deux ans, concrétisé à hauteur de 425 milliards de FCfa, soit 85%, ses engagements financiers. Malgré l’exécution de la plupart des recommandations formulées lors des précédentes revues, Amadou Bâ a reconnu que des efforts restent encore à faire pour lever les contraintes liées aux lenteurs dans les procédures de passation des marchés, à la délivrance des avis de non objection ; à la mobilisation des fonds de contrepartie aux projets ; aux retards dans la signature de certains actes administratifs liés au foncier (décrets de cessibilité, etc.) ; aux nombreuses conditionnalités liées à des réformes dont les retards influent négativement sur les décaissements des projets ; aux écarts dans les rémunérations dans les projets qui se traduisent par une forte mobilité du personnel. utenue et dont la levée devrait concourir à accroître la performance dans l’exécution des projets », a dit Amadou Bâ.

Selon lui, les attentes de la coopération sont nombreuses. « Il est important de faire en sorte que la future stratégie de Partenariat Pays soit le socle dynamique de notre coopération et prenne en charge des problématiques importantes telles que la création d’emplois de meilleure qualité en s’appuyant sur une croissance tirée par le secteur privé dans l’agrobusiness et les autres secteurs de l’économie, et le renforcement du capital humain pour une croissance inclusive, en améliorant l’efficacité et la qualité des dépenses d’éducation, de santé et de protection sociale », a insisté Amadou Bâ. Il a émis le souhait de voir la poursuite de l’appui au Sénégal pour des projets en fin de cycle et qui ont eu un impact positif sur l’amélioration des conditions de vie des populations et le renforcement des capacités est nécessaire.

Mamadou GUEYE

Pour renforcer le dispositif de suivi de la mise en œuvre du Pse, le Bureau opérationnel de suivi  dudit plan a noué un partenariat avec Pemandu, une structure créée en 2009 et placée sous l’autorité du Premier ministre de la Malaisie et qui suit les programmes de transformation économique de ce pays.  Classée par Bloomberg parmi les 20 structures étatiques les plus performantes au monde, elle accompagne, depuis quelques années, les pays à assurer les succès des programmes gouvernementaux.

Le directeur général du Bureau opérationnel de suivi de Plan Sénégal émergent (Bos), Ibrahima Wade et le directeur général de Performance management and delivery  unit (Pemandu), Idris Jala, ont signé, hier, à Kuala Lumpur, un mémorandum d’entente destiné à renforcer leur coopération, annonce un communiqué. La signature de ce mémorandum  s’est déroulée en marge de la visite de travail d’une mission sénégalaise en Malaisie, conduite par le ministre-conseiller du chef de l’Etat, Gnouka Diouf, précise la même source.

Celle-ci est composée du représentant-résident du Programme des Nations Unies pour le Développement (Pnud), du représentant-résident du Fonds des Nations Unies pour la population (Fnuap), du directeur général du Bureau opérationnel de suivi du Pse, du coordonnateur de la direction générale de la planification et des politiques économiques, du directeur du renouveau du service public et des membres du Bos.

D’après le document, la mission est financée conjointement par le Pnud, le Fnuap et l’Etat du Sénégal et entre dans le Programme d’appui au suivi du Plan Sénégal émergent.

Le mémorandum d’entente définit les modalités d’accompagnement du renforcement du dispositif du suivi de la mise en œuvre du Pse par Pemandu, à travers une méthode éprouvée, en 8 étapes. Selon le communiqué, la coopération entrera dans sa phase active en février 2017, selon le souhait exprimé par le directeur général du Bos. Une équipe de Pemandu est attendue à la même période à Dakar pour  démarrer le travail avec le Bos.

La mise en œuvre du Pse s’articule autour d’un dispositif laissant l’exécution des projets aux ministères sectoriels et à leurs démembrements. Ils sont appuyés par le Bureau opérationnel de suivi (Bos), placé sous l’autorité du ministre chargé du Suivi du Pse,  Abdoul Aziz Tall. Le Bos fonctionne comme une  « Delivery Unit », qui  assure le suivi opérationnel de la mise en œuvre du Pse, la coordination et le renforcement de capacités des structures d’exécution.

Selon le communiqué, Pemandu, créée en 2009 et placée sous l’autorité du Premier ministre de la Malaisie, suit les programmes de transformation économique de ce pays.
Elle est classée par Bloomberg parmi les 20 structures étatiques les plus performantes au monde et accompagne, depuis quelques années, les pays à assurer les succès des programmes gouvernementaux.

 

Mamadou GUEYE

« Au début de la grande crise entre 1975 (trois ans après l’abandon de la convertibilité en or du dollar) et 1990 (l’effondrement du système soviétique), il y a eu une quinzaine d’années, pendant lesquelles, la centralisation du contrôle du capital a non seulement transformé le système économique, mais également le système politique », a soutenu, hier, le président du Forum du Tiers-monde,  le Pr Samir Amin, au cours d’une table ronde sur le thème : « Penser des projets souverains, populaires pour les pays du Sud ».

Il intervenait à la première table-ronde, organisée dans un symposium de quatre jours, à Dakar, sur le thème : « La souveraineté doit rester un objectif  central dans la lutte pour la démocratie et  le progrès social durables en Afrique ». Selon lui, cette centralisation du contrôle du capital est la base objective du pouvoir absolu des oligarchies qui contrôlent désormais l’ensemble du système productif aux échelles nationale et mondiale.

« Ces oligarchies, a-t-il précisé, ont réduit au statut de sous-traitants de facto toutes les activités productives, en particulier toute l’agriculture à la fois chez elles en Amérique du Nord, en Europe et au Japon et à travers le monde. » « Les  oligarchies financières ont également domestiqué le système politique. Elles ont domestiqué le personnel politique, les partis politiques de droite et de gauche  et, par conséquent, vidé de son contenu le sens de conflit historique et politique entre droite et gauche  qui avait été le fondement de l’invention de la démocratie bourgeoise dans l’Europe et aux Etats unis du 19e siècle », a-t-il ajouté. «  C’est un changement politique qui est fondamental parce qu’il implique l’ouverture de la porte au fascisme ; cette oligarchie un jour ou l’autre préfèrera gérer ce système par des moyens fasciste plutôt que par des partis historiques de droite ou de gauche », a-t-il poursuivi.

Le Pr Samir Amin accuse ces oligarchies d’avoir également « domestiqué » le ou les systèmes d’informations en transformant l’écrasante majorité des moyens d’informations « en clergé médiatique » à leur service. « Nous n’avons plus en face la démocratie bourgeoise, l’économie capitaliste  avec des capitalistes en concurrence loyale et transparente », s’est-il désolé, notant que la deuxième transformation importante de la mondialisation, est le passage de l’impérialisme conjugué au pluriel à l’impérialisme conjugué au singulier.

Cette table-ronde, une des cinq prévues dans un symposium de quatre jours à Dakar est organisée par le Forum du Tiers-monde, avec le soutien de la Fondation Rosa Luxemburg, de l’Institut international pour la démocratie et l’assistance électorale (Idea), de la librairie l’Harmattan et de Enda Tiers-monde. Il prend fin le 8 décembre prochain. Ce symposium a pour objectif d’identifier et de formuler les défis majeurs (économiques, politiques, sociaux et culturels) auxquels l’Afrique (et notamment le Sénégal) – dans le cadre plus large du grand Sud contemporain – est confronté. Au cours des débats, il sera largement question des « projets souverains qui seuls pourraient permettre aux pays africains d’espérer le développement ».

 

Mamadou SY

Mouhamadou Makhtar Cissé, le directeur général de la Société sénégalaise d’électricité (Senelec),  a promis, dimanche à Saly-Portudal (Mbour), de corriger les inégalités liées à l’accès des populations à l’énergie électrique. Il s’agira pour ce faire de travailler pour une couverture de l’ensemble du pays "dans les plus brefs délais, parce que l’objectif du président Macky Sall, c’est qu’en 2025, de réussir l’électrification universelle du Sénégal" a dit M. Cissé à l’université d’été de la Convergence des jeunesses républicaines (Cojer).

« Déjà, dans le monde rural, nous serons à 60 % en 2017 (...). On est passé de 398 villages électrifiés ces dix dernières années à raison de 38 villages par année et aujourd’hui, l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (Aser) est presque à 2.000 villages électrifiés", a-t-il relevé. Mouhamadou Makhtar Cissé a en outre rappelé qu’en 2012 le taux d’électrification était de 54 % avec 25 % en milieu rural et 90 à 95 % en ville.

« C’est donc dans l’urbain qu’on a la plus grande couverture. Cela fait partie des choses que nous devons corriger dans le Plan Sénégal émergent (Pse) pour résorber l’écart qu’il y a entre le monde urbain et le monde rural" a soutenu le Dg de la Senelec. « Si nous avons une inégalité d’accès à l’énergie sur le territoire, c’est parce qu’aujourd’hui nous produisons assez d’énergie avec nos 600 mégawatts de disponible pour irriguer tout le Sénégal, mais nous n’avons, malheureusement, pas les autoroutes qui nous permettent d’amener cette énergie à l’intérieur du Sénégal », a expliqué M. Cissé. Et c’est, selon lui, tout le sens des investissements qui sont en cours pour relier Bakel, Tambacounda, Kolda et Ziguinchor, mais également Linguère à Ndioum dans le cadre de la boucle du Ferlo pour tirer des lignes de moyenne tension qui permettront d’irriguer l’ensemble du Sénégal.

Sur la promesse présidentielle de baisse du coût de l’électricité, M. Cissé a souligné que « cette baisse ne doit pas porter également atteinte à la structure financière de Senelec, sinon on va arrêter de fonctionner (...) ». « Il y a un équilibre à trouver pour que les sénégalais paient l’électricité moins cher. L’objectif c’est de donner le courant à tout le monde », a-t-il conclu.

« Les résultats du programme à fin septembre 2016 ont été satisfaisants. Tous les critères d’évaluation et objectifs indicatifs à fin juin 2016 ont été respectés à l’exception de l’objectif indicatif sur les recettes fiscales manqué de justesse, en raison d’un niveau de recettes douanières inférieur aux projections », selon le Fmi.

D’après le conseil d’administration, la croissance devrait être supérieure à 6 % en 2016 et l’inflation devrait rester faible. Cet organe a achevé la 3e revue du programme économique et financier et a conclu les consultations de 2016 avec le Sénégal  au titre de l’Instrument de soutien à la politique économique (Ispe), selon la procédure du défaut d’opposition. Une procédure utilisée par le Conseil d’administration lorsqu’une proposition peut être examinée sans convoquer de débat en séance officielle.

D’après le document, le déficit budgétaire de 5,5 % du Pib en 2013, s’est résorbé de façon régulière et devrait se situer à 4,2 % du Pib pour 2016, selon les projections. Lesquelles tablent sur une baisse du déficit des transactions courantes à 6,5 % du pib en 2016, sous l’effet de la baisse des cours du pétrole et de l’amélioration des résultats à l’exportation.  Il ressort également que les politiques économiques et financières soumises aux administrateurs du Fmi que la mise en œuvre du programme Ispe a été satisfaisante.

« Les résultats du programme à fin septembre 2016 ont été satisfaisants. Tous les critères d’évaluation et objectifs indicatifs à fin juin 2016 ont été respectés à l’exception de l’objectif indicatif sur les recettes fiscales manqué de justesse, en raison d’un niveau de recettes douanières inférieur aux projections », lit-on dans le communiqué. « Sur les cinq repères structurels fixés pour la période de juin à octobre 2016, trois ont été satisfaits. S’agissant des deux autres, l’un a été mis en œuvre et l’autre relatif à la réorganisation du bureau des impôts, sera différé dans une réforme plus vaste », précise le document.  
Les administrateurs qui  ont avalisé l’évaluation faite par les services du Fmi estiment que la première série de projets du Plan Sénégal émergent (Pse) a placé notre pays « sur une trajectoire de croissance plus vigoureuse ».

Toutefois, pour maintenir cette croissance à moyen terme, ils recommandent de mettre en œuvre des réformes qui permettront de promouvoir les Petites et moyennes entreprises (PME) et d’attirer l’Investissement direct étranger (Ide) « en vue d’assurer une production compétitive à l’échelle mondiale ». « Des efforts continus s’imposent pour renforcer la compétitivité du secteur privé notamment en améliorant la transparence du processus de recouvrement des impôts, en abaissant les coûts de l’électricité et en améliorant sa distribution et en créant un environnement dans lequel les pme et l’Ide pourront concourir à une croissance diversifiée ; c’est ainsi que le secteur privé pourra prendre les rênes de la croissance à moyen terme », insistent les économistes du Fmi.

Renforcer les efforts
Ils saluent « les efforts de refonte » des règles relatives à la Zone économique spéciale (Zes), « inspirés des meilleures pratiques » et entrepris avec la participation d’organismes représentant des investisseurs de Chine, d’Europe, et des États-Unis. « Il sera important que la Zes adopte un régime d’imposition transparent, basé sur des règles faciles à respecter et assorti de taux raisonnables », recommandent-ils, soulignant que les autorités sont déterminées à préserver la stabilité macroéconomique.

Ils notent également que les mesures prises pour intensifier la mobilisation des recettes et rationaliser la consommation des administrations publiques ont contribué à maîtriser les déficits budgétaires. Les services du Fmi appellent à la poursuite voire au renforcement des « efforts » particulièrement en ce qui concerne d’une part, la masse salariale, « pour assurer un régime plus transparent et plus juste de rémunération des salariés de la fonction publique », et d’autre part, la fiscalité pour renforcer « l’équité et l’efficacité du processus de recouvrement des impôts et réduire les dépenses fiscales ».

« Avec des réformes qui assureront le civisme fiscal ainsi que l’équité fiscale, il devrait être possible de mobiliser davantage de recettes, tout en éliminant les mesures fiscales dissuasives auxquelles se heurtent les Pme et l’Ide pour entreprendre des activités compétitives de niveau mondial », estiment les économistes du Fmi. Dans le renforcement de la discipline budgétaire, ils indiquent que le recours à des domiciliations de règlement auprès du système bancaire pour encourager les banques à financer les projets doit être circonscrit dans le cadre budgétaire.

Ces économistes estiment que le secteur financier doit s’impliquer davantage pour accompagner une croissance impulsée par le secteur privé. Notant une amélioration des indicateurs financiers, ils demandent un renforcement du contrôle de la commission bancaire en vue de réduire les créances non productives et d’adopter des réformes pour inciter davantage les établissements bancaires à octroyer des crédits.

Faible risque de surendettement malgré l’augmentation de la dette

Même si les niveaux de la dette augmentent, le Sénégal reste dans une situation de faible risque de surendettement, indique le Fmi. L’institution financière note que le recours accru à l’emprunt non concessionnel, notamment sur le marché régional, a alourdi la charge du service de la dette sur le budget. Toutefois, pour préserver le niveau de faible risque de surendettement, le Fmi soutient que le Sénégal doit maintenir les forts niveaux de croissance envisagés dans le Pse, tout en respectant la trajectoire prévue de rééquilibrage de ses finances publiques. Cela implique, selon le Fmi, une mise en œuvre rapide des mesures destinées à stimuler l’investissement privé. L’amélioration des processus de sélection, d’évaluation et de suivi des projets d’investissement pour dégager une solide rentabilité économique et le recours régulier lorsque possible à l’emprunt concessionnel et semi-concessionnel dans une stratégie exhaustive de gestion de la dette, contribueront à maintenir la dette sur une trajectoire viable, tout en assurant la bonne mise en œuvre du programme d’investissement public du Pse. En outre, il est urgent de renforcer les opérations du Trésor, en proie à des difficultés dues à des arriérés de longue date et aux problèmes financiers de la poste. Les services du Fmi saluent l’intention des autorités de faire un bilan de ces difficultés en procédant à un audit du Trésor d’ici fin mars 2017, et d’élaborer un plan d’actions à mettre en œuvre le plus tôt possible.

Des perspectives économiques positives

D’après le document, les perspectives de l’économie sénégalaise sont positives et les risques sont gérables, à condition de poursuivre l’effort continu d’amélioration de la gouvernance économique. « La réussite du Pse dépend de la mise en œuvre rapide d’une masse critique de réformes qui ont été identifiées notamment dans les exercices d’apprentissage par les pairs, coordonnés par le Fmi. Une analyse clairement présentée de l’économie politique de ces réformes devrait faciliter leur mise en œuvre », estiment les économistes du Fmi. Toutefois, ils soulignent que l’élan de croissance actuel de l’économie sénégalaise fait face à des risques internes et externes. « A l’interne, il subsiste des risques de résistance au changement rendant nécessaire le renforcement de la rigueur et de la vigilance dans la gouvernance. Si le pays ne parvient pas à adresser ces problèmes, il pourrait, comme cela s’est déjà produit à quatre reprises depuis 1990, perdre l’élan de croissance qui l’anime actuellement, préviennent-ils. A l’externe, les risques sont notamment l’augmentation éventuelle du coût de l’emprunt public et la faiblesse de la croissance dans les principaux pays partenaires. » Les économistes du Fmi soulignent également que les risques sécuritaires dans la région pourraient avoir un impact négatif sur l’investissement et par conséquent, sur la croissance des exportations.

 

Synthèse de Mamadou GUEYE

Président de l’Organisation des professionnels des Tic (Optic) du Sénégal, Antoine Ngom est un homme du sérail. Il est fréquemment invité dans les plus grands événements du continent consacrés aux Technologies de l’information et de la communication (Tic). Antoine Ngom décrypte, dans cet entretien, la portée de la Stratégie Sénégal Numérique 2025. Laquelle se fixe comme objectif de passer la contribution du secteur des Tic à hauteur de 10 % dans le Pib à l’horizon de 2025.


La Stratégie Sénégal Numérique 2025 (SN2025) vient d'être adoptée par le Gouvernement du Sénégal. Qu’est-ce qu’elle représente  en termes de retombées sur le plan économique ?
A l’issue d’un processus inclusif et participatif qui a fait intervenir l’ensemble des parties prenantes du secteur des Tic, il a été élaboré un document de stratégie nationale. Il s’agit d’une avancée significative car cela fait très longtemps que notre pays ne dispose pas de stratégie de développement du digital au Sénégal.
Pour nous, cette stratégie est très importante à plusieurs titres. D’abord pour l’ambition qu’on s’est fixée, de passer à 10% du Pib à l’horizon de 2025. Il y a également la création de 35.000 emplois dans le domaine du numérique. Ce programme va contribuer à créer une augmentation du Pib de 300 milliards de FCfa au niveau des autres secteurs. L’ensemble des investissements, qui vont être mis en place  pour pouvoir réaliser cette stratégie qui s’élève à 1.300 milliards, seront financés, dans la plus grande partie, par le secteur privé.

Quels sont les axes qui composent la Stratégie Sénégal Numérique 2025 ?
Le plus important reste certainement l’accès au haut débit ouvert et abordable pour l’ensemble des Sénégalais. L’accès au très haut débit partout à travers le Sénégal est une condition sine qua non pour réussir les défis que nous nous sommes fixés dans le cadre de cette stratégie.
Il y a également un volet important qui est l’administration numérique. L’objectif est de rendre plus efficace et plus performante notre administration, en automatisant l’ensemble des procédures au profit du citoyen. Sur ce volet, nous rappelons la nécessité de s’appuyer sur l’expertise locale qui peut accompagner la modernisation du secteur public. C’est ce qui se passe dans plusieurs pays, notamment en Côte d’Ivoire où l’agence en charge de l’Informatisation de l’administration (Sndi) a signé une convention avec le Gotic (Organisation des entreprises Tic) pour la prise en charge de ses projets.

Un autre axe important, la promotion de l’industrie numérique, est également prévu dans le cadre de ce programme. Un certain nombre d’actions sont prévues pour accompagner le secteur privé. Les deux actions majeures qui retiennent notre attention sont : 50 % des marchés publics Tic seront dédiés aux entreprises locales ou de la sous-région ; un financement au minimum de 1 milliard de FCfa par an pour la promotion du secteur et l’entreprenariat numérique.  

Quel sera l’apport du secteur privé des Technologies et de l’information et de la communication (Tic) dans cet ambitieux projet du numérique ?

Dans les 1.300 milliards de FCfa qui sont prévus pour financer la Stratégie nationale, plus de 70% seront pris en charge par le secteur privé. Je pense qu’il s’agit déjà d’une contribution importante. Nous allons être les acteurs et les contributeurs principaux de ce programme. Les entreprises du secteur des Tic seront donc les principaux acteurs de la dissémination du numérique dans les secteurs économiques prioritaires. Notre secteur pourra jouer son rôle de catalyseur de l’économie et permettre aux autres secteurs d’être plus compétitifs et ainsi créer plus de valeur. Il faut également noter la forte création d’emplois qui en découlera.

Aujourd’hui, quels sont les préalables sur lesquels il faut travailler pour rendre rapidement très efficace cette Stratégie  Sénégal Numérique 2025 ?
L’environnement juridique et réglementaire constitue la priorité sur laquelle il faut travailler. Le dernier Code des télécommunications de 2011 n’a pu réellement être appliqué parce que les décrets d’application qui devaient le compléter n’ont pas été adoptés à temps.  
Etant donné que c’est un secteur qui évolue très vite, il y a lieu de procéder à un  toilettage de tous les aspects juridiques et réglementaires, y compris les aspects institutionnels qu’il faut revoir également.

Nous nous réjouissons de la procédure de sélection d’un cabinet, engagé par le ministère des Postes et Télécommunications, pour la revue des textes du secteur. Cela permettra de prendre en charge les thématiques d’actualité occultées par l’ancien code. Des thématiques telles que le Big data, l’Internet des objets (Iot), la neutralité du net et la souveraineté numérique sont des notions à prendre en charge dans les textes du secteur.
De plus, nous devons passer à un « Code du Numérique » en lieu et place du code des télécommunications classique. La notion de télécommunications est obsolète et ne permet pas d’intégrer tous les aspects à prendre en charge par les textes qui guideront le secteur du numérique.

A cela  s’ajoute le capital humain. Le numérique étant l’industrie du savoir par excellence, les ressources humaines constituent le facteur le plus important sur lequel il faut s’appuyer pour développer le secteur. Il y a un accent particulier qui va être mis, à la fois, sur la formation professionnelle (y compris la formation continue) et le renforcement de capacités, mais également sur l’adéquation entre les curricula de formation et les besoins des entreprises.

Qu’en est-il de l'appel à candidatures pour les licences Fai (Fournisseur d'accès à Internet) ?
Le Code des télécommunications de 2011 prévoyait l’arrivée de nouveaux Fai sous le régime de la licence. Ce qui rend difficile et complexe l’accès des Pme du secteur privé national à ce sous-secteur du numérique.

 Dans le cadre de cette nouvelle stratégie, le point concernant les licences Fai fait partie des réformes prioritaires à prendre en charge rapidement pour permettre une démocratisation de l’accès à l’Internet, mais également une diversification et une plus grande concurrence dans le secteur des Fai.   A l’époque, il y avait jusqu’à 15 Fournisseurs d’accès à Internet, mais ils ont tous disparu aujourd’hui. En dehors des opérateurs, il n’y a qu’Arc Informatique qui exerce l’activité de fournisseur d’accès Internet et qui offre une alternative par rapport aux opérateurs.

Dans la Stratégie Sénégal Numérique 2025, il est prévu qu’on assouplisse les conditions d’exercice des Fai en passant d’un régime de licence à un régime d’autorisation qui est beaucoup plus facile d’accès et plus simple pour les entreprises nationales.

Le ministère en charge du Numérique a convié toutes les parties prenantes du secteur à des discussions pour revoir le régime d’attribution des Fai. Nous avons tous discuté avec les autorités et les acteurs pour finalement revoir un certain nombre de textes qui seront mis en œuvre dans les plus brefs délais. Parmi ces textes figurait celui relatif au régime des Fai.

Ces textes, qui consacrent la notion d’autorisation pour le régime des Fai, ont d’ailleurs été adoptés lors du Conseil des ministres du mercredi 30 novembre 2016.
Mais, dernièrement, on a constaté que le régulateur a lancé un appel à candidature pour  l’attribution de licence de fournisseurs d’accès à Internet.

Nous avons été très surpris et avons transmis par courrier au régulateur nos réserves sur cette procédure.
Dans ce secteur, il y a toujours eu une tradition de concertation. C’est ce qui a d’ailleurs prévalu sur le sujet précis des Fai, en décidant d’aller rapidement vers le régime d’autorisation. Donc, nous ne comprenons pas cette démarche unilatérale du régulateur pour cet appel à candidature.

Nous avons saisi, en plus de l’Artp, le ministère de tutelle, la Primature, le ministère de l’Economie et des Finances pour sursoir à cette procédure d’appel à candidature.

Les nouveaux textes qui ont été adoptés rendent cet appel à candidature caduque, mais nous attendons que la procédure soit annulée de manière officielle.

Le régime d’autorisation permettra de démocratiser l’accès à Internet au Sénégal ; il faudra veiller à ce qu’au moins, un des acteurs qui sera choisi soit un acteur national.

Y a-t-il d’autres options prioritaires de cette Stratégie nationale qu’il faudrait véritablement prendre en compte ?
A côté des Fai, je pense que la mutualisation des infrastructures est également très importante. Il s’agit de mutualiser l’ensemble des infrastructures existantes (opérateurs, Adie, Senelec, etc.) pour permettre une meilleure cohérence dans les futurs investissements. En clair, avec la mutualisation des infrastructures, les structures qui veulent investir dans le réseau ne pourront pas investir dans les zones déjà couvertes. Cela permet un meilleur maillage du territoire.

C’est également une occasion d’accroître la concurrence en ce qui concerne la fourniture d’accès à Internet.  
Il y a la notion d’opérateurs d’infrastructures qu’il faut également prendre en charge. L’opérateur d’infrastructures est un acteur qui loue des capacités chez un opérateur qui détient une infrastructure pour fournir des services.

Par exemple, l’Agence de l’informatique de l’Etat (Adie) va bientôt disposer de 4.500 kilomètres de fibre optique, ce qui fait de l’agence un opérateur. Je pense qu’il y a une réflexion à mener pour confier cet important réseau à un opérateur d’infrastructures dans un schéma qui sera au bénéfice de toutes les parties prenantes.
Nous nous réjouissons que ces deux aspects (Mutualisation et Opérateur d’infrastructures) aient fait l’objet de décrets prioritaires adoptés le 30 novembre 2016.

Dans les priorités, il faut également citer le cadre institutionnel.
Nous sommes dans une situation, aujourd’hui, où nous avons un ministère qui n’a pas les moyens des ambitions du Sénégal en matière du numérique. On ne peut pas se donner certaines ambitions si au niveau institutionnel, l’on se retrouve avec un ministère qui est faible.

Il est important de revoir l’architecture institutionnelle du secteur en renforçant le ministère en charge du numérique. La Stratégie SN2025 prévoit le renforcement du ministère où seront affiliées toutes les structures publiques liées au numérique. Nous accueillons cette mesure avec beaucoup d’enthousiasme car cela permettra certainement de rationaliser l’action du Gouvernement en matière de numérique.

Il est également prévu la mise en place du Conseil national du numérique qui est un préalable à la mise en œuvre cohérente de la Stratégie SN2025. C’est ce qui permettra d’embarquer tout le reste. Le président de la République a annoncé la mise en place de ce Conseil depuis plus d’un an, mais rien ne s’est passé depuis lors. Nous avons bon espoir qu’avec l’adoption officielle de la Stratégie SN2025, ce Conseil sera mis en place dans les meilleurs délais.

Le secteur privé, à l’instar de toutes les autres parties prenantes, est mobilisé pour la réussite de la mise en œuvre de cette importante stratégie dont la réalisation permettra de faire du Sénégal un pays phare en matière de digital en Afrique.

Quelle place va occuper la culture dans cette stratégie nationale ?
La culture fait partie des secteurs d’activité où il est prévu un certain nombre d’actions. Passée l’étape du « Très haut débit pour tous », nous devrons réussir le défi du contenu, surtout local. Le numérique est un formidable instrument pour la diffusion du contenu culturel sénégalais. L’industrie culturelle devient dès lors le secteur qui peut le plus profiter du développement du digital au Sénégal.

« Les affaires ne marchent pas ! » C’est le sentiment le mieux partagé chez bon nombre d’exposants interrogés, hier, dans le cadre de la 25ème Fidak. Ils tirent un bilan mitigé à quatre jours de la fin de la Foire internationale de Dakar.       

La Foire internationale de Dakar a fait son plein ce week-end, pour la première fois depuis son ouverture. Mais, ce rush n’a rien changé aux yeux des exposants, parce que les clients n’ont fait que visiter sans mettre la main à la poche. « Ils demandent des prix et s’en vont sans rien dire. C’est inquiétant, car nous risquons de rentrer avec la  marchandise », s’alarme ce commerçant syrien dont c’est la première participation à la Fidak. Saeed Alboghdadi, qui expose des tenues syriennes de différentes couleurs, notamment des robes et des chemises, peine à trouver des clients. Pourtant, son stand ne désemplit pas.

La demande est forte. « Les femmes n’achètent pas. Elles viennent demander et  tournent le dos. Les plus gentilles prennent des photos avec nous, sûrement pour avoir nos modèles. Dieu est grand, nous espérons que les choses vont s’améliorer dans les prochains jours. Il parait que les Sénégalais, ce sont des gens de dernière minute », plaisante-t-il. Loin de la Syrie,  ce Burkinabé répondant au nom de Kassoum Bougoumpiga est désespéré.

 « C’est mou comme foire. Les clients ne viennent pas à cause de la cherté des tickets d’entrée  et des derniers événements religieux qui ont lieu dans le pays », avance-t-il comme raison justifiant l’absence des clients. Dans le même couloir, Francis Goungrana lit un bouquin pour chasser l’ennui. Il qualifie la 25ème Fidak de « nulle ». Très remonté, Francis se confie, tout amer : « Nous passons des journées entières sans rien faire. Nous sommes bien partis pour perdre ».

La perte, ce mot est sur toutes les lèvres. Ce n’est pas Oumar Sall qui dira le contraire. Il a dépensé plus de 700.000 FCfa pour la location du stand, les frais de l’assurance et le transport des bagages, sans compter la nourriture. « Jusque-là, je n’ai pas vendu une somme équivalente à ce que j’ai dépensé », informe-t-il. Oumar suggère d’ailleurs aux organisateurs de la Fidak de revoir les dates de l’organisation de la foire, car un événement commercial de cette envergure ne peut pas se dérouler à quelques jours après le Magal et dans le même mois que le Gamou, les fêtes de Noël et de fin d’année.

L’affluence diminue
Il conseille donc aux responsables du Cices de trouver une bonne date pour la tenue de la Foire internationale de Dakar. Sinon cet événement risque de perdre sa crédibilité. « La foire a déjà perdu sa crédibilité, parce que l’affluence diminue d’année en année. Ce n’est pas bon pour le Sénégal », soutient  Francis Goungrana. Son compatriote note que comparée aux années précédentes, la foire n’a pas affiché le plein durant le week-end. « Ces dernières années, il était difficile de circuler dans la foire pendant les week-end. Mais, le samedi dernier, on pouvait faire 5 minutes entre le pavillon Vert et la porte principale du Cices. C’est imaginable ! Il y a de cela juste 5 ans », indique Zemoni Boukaré.

Il tire déjà un bilan négatif de cette 25ème édition, car estimant qu’il ne pourra pas s’en sortir. « Je ne pense pas au bénéfice, mais à l’argent que je vais encore dépenser pour transporter mes bagages jusqu’au pays », argumente notre interlocuteur qui avertit les organisateurs quant à une éventuelle prolongation. Selon lui, la prolongation n’a jamais réglé leurs affaires. « La seule solution, c’est de respecter la date du démarrage de la foire », recommande-t-il. Au milieu de ses compatriotes, Hassan Nasri est l’un des rares exposants satisfaits du rythme de la vente. Il espère même tout écouler avant la fin de la foire. Les autres exposants gardent tout de même un espoir, parce que estimant que les Sénégalais viennent souvent à la dernière minute.

 

Eugène KALY

Cotonou-Le séminaire régional qui se tenait depuis mercredi à Cotonou sur la vulgarisation du droit communautaire a pris fin hier. Au terme de quatre jours de communications et d’échanges, les participants, sous la houlette de Joséphine Suzanne Ebah Touré, présidente de la Cour de justice de l’Uemoa, recommandent la diffusion, dans les langues nationales, les normes communautaires.

Diffusion et traduction  des textes du droit communautaire dans les langues nationales des pays membres de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa). C’est l’une des recommandations issues du séminaire régional sur la vulgarisation du droit communautaire. Cette rencontre  de quatre jours, qui s’est tenue à Cotonou, en République du Bénin, a été organisée par la Cour de justice de l’Uemoa.

Au total, six thèmes portant sur les caractères généraux du droit communautaire ; la Cour de justice de  l’Uemoa ;  la Commission de l’Uemoa ; la législation communautaire de  la concurrence ; la libre circulation dans l’espace Uemoa et la  législation communautaire sur les transports ont été abordés au cours des travaux. Ces communications faites par des experts de la Commission de l’Uemoa et de la Cour de justice ont été suivies d’échanges entre les participants venus des huit pays membres de l’union.

Au terme des travaux, il a été recommandé, notamment pour la Cour de justice  de l’Uemoa, de poursuivre l’organisation de séminaires régionaux et nationaux et la diffusion des actes de la rencontre de Cotonou.

L’autre recommandation porte sur l’appui à l’enseignement du droit communautaire dans les universités et écoles de formation de la magistrature, de la police et de la gendarmerie des pays membres. Il y a également l’organisation de formation ciblée pour les acteurs du droit communautaire à savoir les magistrats, avocats, douaniers, les agents des forces de sécurité et la diffusion et la traduction des textes communautaires dans les langues nationales  des pays membres.

La cérémonie de clôture a été présidée par le Secrétaire général du ministère béninois de la Justice et de  la Législation. Il a saisi cette occasion pour saluer la pertinence des recommandations issues du séminaire régional. Il soutient que l’importance du droit communautaire et sa primauté sur les normes  nationales justifie la pertinence des recommandations. Cette rencontre permet, à son avis, de rapprocher les normes communautaires des utilisateurs.

Satisfaction des participants
Pour Joséphine Suzanne Ebah Touré,  la Cour de justice de l’Uemoa dont la mission est de veiller au respect du droit communautaire est difficilement réalisable sans une appropriation des normes communautaires par les acteurs et les populations. C’est pourquoi, soutient Mme Touré, depuis 1995, l’institution a misé sur la vulgarisation du droit communautaire. Mme Touré a saisi cette occasion pour inviter les Etats membres de  l’Uemoa à diffuser les textes communautaires dans toutes les langues nationales.

Elle plaide également pour un enseignement obligatoire du droit communautaire dans les universités et écoles de formation de  la magistrature, de la police, de la gendarmerie  des pays de l’Union. Elle a réaffirmé l’engagement de la Cour de justice  de  l’Uemoa à  poursuivre l’organisation de séminaires régionaux et  nationaux en vue de la vulgarisation des normes communautaires.

Elle a émis le souhait de voir les participants œuvrer pour que le droit communautaire soit mieux compris et appliqué dans les huit pays membres. La présidente de la  Cour de justice n’a pas manqué de remercier  les autorités béninoises  qui ont permis une  bonne organisation de ce séminaire régional. Prenant la parole, le représentant résident de la Commission de l’Uemoa, Yaovi Kouhoundé, a salué, à son tour, la qualité des communications et l’importance de l’intensité des échanges entre participants.

«La solidité  de l’intégration ne saurait se passer de l’efficacité  de la Cour de justice de  l’Uemoa. L’intégration est une œuvre de  longue haleine qui a besoin, pour être solide, de la maîtrise et de l’appropriation du droit communautaire », a déclaré M. Kouhoundé. Il a invité les participants à être, dans leurs milieux respectifs, les porte voix de  la Cour de  justice de l’Uemoa et  à participer à la vulgarisation des normes communautaires.


Les participants ont salué l’organisation de ce séminaire régional. Selon un enseignant à l’Université d’Abomey-Calavi, cette session de  formation était indispensable pour la vulgarisation du droit communautaire. Pour lui, il faut maintenir le cap et voir les modalités pratiques pour la vulgarisation des normes communautaires. Il plaide pour la création d’un réseau des centres de formation sur le droit communautaire. « Je suis très content et satisfait du contenu et de la qualité des communications.

Nous sommes sortis  suffisamment outillés, sensibilisés et formés pour être des relais dans nos pays respectifs. Nous gardons espoir pour la vulgarisation des normes communautaires », a confié M. Issa Ahmed Ibrahim, de la Chambre de commerce du Niger. « Le séminaire a atteint ses objectifs de vulgarisation. Six thèmes ont été abordés. C’était une bonne chose », a déclaré Valérie Soma Kaboré, enseignante à l’Université de Ouaga II au Burkina Faso. « Le séminaire a été  pertinent. On a eu droit à des thématiques autour  de l’intégration. Il  faut poursuivre dans cette lancée pour la vulgarisation du droit communautaire », recommande Thierno Diouf, de la Chambre de commerce de Dakar.

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