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Affaires et Finances (2710)

La diaspora ambitionne de participer aux projets structurants du Plan Sénégal émergent (Pse). Pour cela, le Fonds de garantie et d’investissement de la diaspora (Fongad-Invest) organise, les 28 et 29 novembre 2017, à Dakar, un forum sur les mécanismes d’orientation de l’épargne des Sénégalais au service des actions de développement.

La diaspora sénégalaise veut participer davantage aux financements des projets de développement au Sénégal. C’est dans cette perspective que le Fongad-Invest organise des journées de partage, les 28 et 29 novembre 2017, à Dakar. L’objectif, c’est de mettre ces financements dans la mise en œuvre des programmes qui transformeront les conditions de vie des Sénégalais. « Nous organisons ces journées pour mieux faire connaître le Fongad-Invest et lancer des souscriptions. Cette initiative a été mise en place avec tous les Sénégalais de la diaspora aussi bien ceux qui sont aux Etats-Unis que dans d’autres pays », informe Demba Ndiaye, chargé des relations internationales et du partenariat du Fongad-Invest. L’idée d’organisation est née en 2015 aux Etats-Unis, lors de la visite du ministre de la Promotion des Investissements à Washington Dc. « La diaspora présente un atout extraordinaire. Nous souhaitons que la mobilisation des Sénégalais de l’extérieur et des souscriptions puissent prendre effet à partir de Dakar », a-t-il souligné. Ce dernier est convaincu que les Sénégalais de l’étranger peuvent jouer un rôle clé dans la lutte contre la pauvreté et dans la mise en œuvre des projets structurants de l’Etat du Sénégal. « L’Ocde, à travers son comité de développement, a révélé que l’aide publique au développement destinée à l’Afrique subsaharienne avoisine les 35 milliards de dollars américains. Le comité indique aussi que les 50 millions d’Africains peuvent faire des transferts s’élevant à 60 milliards de dollars, soit le double de l’aide publique au développement », note-t-il.

Dans l’agenda du forum de Dakar figurent des échanges sur les thématiques telles que : « La politique générale des Sénégalais de l’Extérieur », « Les mécanismes de soutien à l’investissement des migrants », « Opportunités du Pse pour la Diaspora », entre autres.

Idrissa SANE

Depuis 2007, l’Agence française de développement a approuvé 55 opérations pour un montant de 856,4 milliards de FCfa, a déclaré, hier, le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Ba. Il procédait, avec l’ambassadeur de la France au Sénégal, Christophe Bigot, à la première session de la revue annuelle conjointe de leur programme de coopération.

L’Agence française de développement (Afd) et le Sénégal ont procédé, hier, à la première session de la revue annuelle conjointe de leur programme de coopération. La rencontre a été présidée par le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Ba. Ce dernier a souligné, lors de cette rencontre, que depuis 2007, l’Agence française de développement a approuvé « un total de 55 opérations en faveur du Sénégal pour un montant de 1 305,5 millions d’euros, soit 856,4 milliards de F Cfa ». D’après le ministre, le Sénégal a toujours figuré dans la liste prioritaire des pays qui bénéficient de l’aide publique au développement de la France. Il fait même partie des « 17 pays prioritaires » de l’aide au développement, précise l’ambassadeur de la France au Sénégal. D’après Christophe Bigot, Dakar est un des principaux partenaires de la France.

Les trois secteurs de concentration de la coopération entre le Sénégal et la France sont, dit-il, bien mentionnés dans le document cadre de partenariat pour la période 2013-2017. Ces domaines prioritaires sont, énumère-t-il, le développement durable, la gouvernance démocratique, la formation professionnelle et la santé. « La coopération entre nos deux pays est très dynamique et porte sur les domaines prioritaires pour le développement économique et social du Sénégal. C’est donc l’occasion pour moi de me féliciter de la parfaite convergence de vue entre nos deux pays qui a permis de mettre le développement durable, la gouvernance démocratique et le développement humain au cœur de nos priorités durant le cycle de programmation en cours », s’est réjoui le ministre, Amadou Ba.

En outre, le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, rappelle que la France, qui avait pris un engagement pour appuyer le financement du Pse à hauteur de 282 milliards de FCfa a concrétisé cet engagement. Depuis cette date, a-t-il ajouté, le Sénégal et l’Afd ont signé « 29 conventions de financement pour un montant de 580 milliards de FCfa, soit le double des financements initialement annoncés ».

Aliou Ngamby NDIAYE

Wari, plateforme digitale de services financiers, a reçu un Awards pour son engagement dans la lutte contre le paludisme décerné par les « African leader 4 change Awards » à Johannesburg, mercredi dernier. Basés en Afrique du Sud, les « African Leaders 4 change Awards » honorent les entreprises et les personnalités africaines engagées pour leur leadership et leurs activités philanthropiques sur le continent.

Le Conseil d’administration de la Banque africaine de développement (Bad) a approuvé, hier, à Abidjan, un prêt de 50 millions d’euros en faveur du groupe bancaire Oragroup afin de soutenir le développement du secteur privé et favoriser l’inclusion financière des populations africaines, selon un communiqué de presse de l’institution financière africaine. D’une maturité de 7 ans (dont 2 années de différé), la ligne de crédit sera répartie entre trois filiales d’Oragroup, à savoir Orabank Côte d’Ivoire, Orabank Gabon et Orabank Togo. Elle permettra ainsi d’assurer un plus grand accès à des ressources de moyen et long terme aux Petites et moyennes entreprises (Pme) et aux grandes entreprises des filiales concernées.

M. SY

La finance digitale peut être un levier pour le développement de l’agriculture sénégalaise, a soutenu Bruno Aka, consultant en digital finance à l’Uncdf. Il faisait, avant-hier, une présentation sur l’« Etat des lieux de la finance digitale au Sénégal et opportunités sur l’agriculture », lors du panel sur la « Finance digitale et agriculture » organisé par le groupe Ecobank.

La finance digitale peut être une solution pour « booster » l’agriculture sénégalaise. Le groupe Ecobank s’intéresse à cette question. Hier, il a organisé un panel sur « Finance digitale et agriculture » qui a regroupé les acteurs du monde agricole, de la finance, du développement… Le thème du panel est : « La finance digitale pour une agriculture moderne et inclusive ». Pour Bruno Aka, consultant en inclusion financière, la finance digitale est bien applicable au monde agricole. Cependant, pour appliquer cette finance au secteur de l’agriculture, informe Bruno Aka, par ailleurs consultant en digital finance à l’Uncdf, il faut passer par les chaines de valeur agricole. Ces dernières sont composées des fournisseurs de services financiers, notamment les banques, les institutions de microfinance, les producteurs et exploitants et les services de soutien tels que la formation technique et professionnelle. « Si on investit ces chaines de valeur, on peut voir quels sont les flux qui gravitent autour », a-t-il expliqué. En effet, les deux flux qui tournent autour des chaines de valeur agricole sont les flux financiers et ceux informationnels. « Si on veut digitaliser les chaines de valeur agricole, il est bon de cerner ces flux et de se positionner », a-t-il ajouté.

Par ailleurs, Bruno Aka, dans sa présentation sur l’« Etat des lieux de la finance digitale au Sénégal et opportunités pour l’agriculture », indique que le Sénégal remplit plusieurs facteurs qui militent en faveur d’un plan d’actions digital. Ces facteurs, dit-il, sont « la téléphonie mobile » avec un taux de pénétration de 110% au Sénégal, « savoir compter » avec plus de 90% de la population qui remplissent ce critère et « posséder une carte d’identification » avec 90% des populations qui possèdent au moins une carte d’identification. En plus, Bruno Aka souligne que le cadre légal et réglementaire qui régit la finance digitale a beaucoup évolué grâce à la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao). Aujourd’hui, a-t-il constaté, il y a l’émergence d’acteurs de monnaie électronique au Sénégal avec Wari, Joni Joni, Tigo Cash, Orange money, Ecobank mobile… Le facteur sur lequel le Sénégal doit travailler, invite-t-il, est à la scolarisation. D’après M. Aka, le taux de scolarisation reste encore faible surtout chez les exploitants agricoles.

En outre, le consultant en inclusion financière propose la digitalisation des informations sur les acteurs agricoles, sur le niveau de production grâce à la mise en place de plateformes. Cela, dit-il, va permettre à tous les acteurs d’être informés à temps réel. Avec l’aide du mobile qu’on retrouve presque dans chaque famille au Sénégal, il est possible, propose-t-il, de faire des paiements et de proposer des solutions numériques. Il propose aussi la mise en place d’applications sur l’agriculture pour instruire les agriculteurs sur la qualité des sols, le suivi des cultures, la situation météorologique.Toutefois, il reconnaît que le Sénégal est sur la bonne voie et l’inclusion financière est en train de faire « son bonhomme de chemin ».

Aliou Ngamby NDIAYE

Le directeur général de l’Agence Umoa-Titres, qui gère les activités du marché financier de l’Uemoa, Adrien Diouf, pense que ce secteur a une marge de progression. Malgré les difficultés, Adrien Diouf révèle qu’« en termes de volume, l’agence Umoa-Titres aide les Etats à se financer à hauteur de 2.500 à 3.000 milliards de FCfa par année pour les 8 pays de l’Uemoa ». L’agence participe aussi à la gestion du stock de la dette des Etats membres qui est, aujourd’hui, d’environ 8.600 milliards de FCfa.

Pour lui, l’atelier a permis de faire la promotion du marché financier de l’Uemoa qui n’est pas connu par les acteurs des autres zones. « Nous avons parlé de la liquidité de notre marché financier qui est faible, mais qui a été multipliée par 6 en l’espace de 18 mois. C’est une problématique très sérieuse pour nous parce que c’est ce qui va définir la profondeur du marché ; mais c’est une question dont on s’occupe et on espère qu’elle sera résolue bientôt », indique-t-il. A son avis, le problème de liquidité dans le marché financier de l’Uemoa est souvent expliqué par une absence de culture financière des populations avec, aussi, une problématique liée à la disponibilité de l’information. « Pour améliorer cette culture financière, il faut développer l’éducation financière, amener les gens à mieux maîtriser les concepts qui entourent la question », a affirmé M. Diouf.

Auparavant, Amadou Sy, directeur de la région Afrique du Fmi, a rappelé que 650 millions d’Africains vivent sans électricité et qu’il faudrait financer ces besoins d’où l’importance des compagnies d’assurances-vie et d’autres acteurs qui peuvent financer les économies à travers les marchés obligataires. Le directeur développement du secteur financier de la Banque africaine de développement, Sateffan Nalletamby, a indiqué que c’est un travail de longue haleine de développer la culture financière, notamment dans les pays d’Afrique francophone. Il martèle que nos économies sont trop formelles et qu’il n’y a pas suffisamment de recyclage de l’argent gagné dans le circuit financier ni même dans les banques qui coûtent cher.

O. KANDE

Le 6ème atelier annuel de l’Initiative des marchés financiers africains (Afmi/Bad) a été l’occasion pour les acteurs de plaider pour le développement des marchés financiers. Ce secteur, pas très bien exploité en Afrique, notamment dans les pays francophones, peut être une véritable solution au financement de l’économie et du développement du continent.

Dakar abrite, les 22, 23 et 24 novembre, le 6ème atelier annuel de l’Initiative des marchés financiers africains (Afmi/Bad). Cette rencontre, dont le thème porte sur le développement des marchés obligataires et sur le secteur financier, a permis aux participants, lors des panels, de revenir sur la nécessité d’exploiter comme il le faut les opportunités du secteur financier dans le continent africain, que ce soit avec le fonds de pension qu’avec l’assurance. C’est ainsi que les fonds de pension qui sont importants dans les pays africains peuvent constituer une véritable source de financement de l’économie. Le gestionnaire de fonds privés du Nigeria, Dave Uduanu, a expliqué qu’il faut faire de ces fonds de pension une possibilité de financement en Afrique. « Il est important d’investir avec des actifs à long terme pour pouvoir payer les retraités afin que leur niveau de vie ne baisse pas. Il est important aussi d’avoir un marché secondaire qui permet d’avoir de la liquidité chaque fois que nécessaire tout en participant au financement des besoins des pays », soutient Dave Uduanu. Même avis chez la directrice de la Caisse de sécurité sociale et d’assurance nationale du Ghana qui indique que dans son pays, ce fonds de sécurité social a été ouvert au secteur privé pour sa valorisation.

Les opportunités de placement du secteur des assurances
Mme Akosua Mensina Nelson-Cofie révèle qu’avec l’investissement du privé, la Caisse de sécurité sociale contribue à hauteur de 18% des salaires, même s’il y a des risques car 80 à 90% du marché des capitaux du Ghana est constitué par le secteur bancaire. « Il faudra diversifier les sources d’investissement. On se rend compte que dans les marchés des capitaux, il y a des opportunités très limitées. Il conviendra d’avoir un marché spécialisé aussi pour le secteur informel très important dans les économies africaines. Des investissements à long terme sont nécessaires dans les fonds de pension comme les nôtres », souligne la directrice de la Caisse de sécurité sociale et d’assurance nationale du Ghana.  

Le président de la Fédération des sociétés d’assurances de droit national africaines/francophones (Fanaf), Adama Ndiaye, a lui assuré que dans le domaine de la mobilisation des fonds pour le développement, les assureurs sont incontournables. Il rappelle, chiffres à l’appui, que la Fanaf, qui compte 210 compagnies d’assurances dans la zone d’Afrique francophone, a une contribution de 1% au Pib des pays concernés. Il regrette aussi l’environnement peu propice au placement en Afrique francophone avec une moyenne inférieure à 2 dollars par habitants dans la mobilisation de l’épargne public. Selon le président de la Fanaf, les sociétés d’assurances de la zone francophone d’Afrique pèsent entre 4 et 4,5 milliards de dollars mais ne mobilisent qu’environ 600 millions de dollars dans l’épargne pour l’investissement du fait d’une réglementation pas incitative. « La réglementation sur le placement des entreprises d’assurances est contraignante et fait qu’on ne peut pas dépasser 15% de nos fonds dans les investissements. La différence de monnaie entre l’Afrique de l’ouest et l’Afrique centrale est aussi un obstacle au placement des opérateurs », détaille le président de l’Anaf. Ce dernier de regretter toujours une absence d’interconnexion entre les différentes bourses (Abidjan, Yaoundé et Nigeria) qui induisent des difficultés financières pour les investisseurs.

Compte tenu des bonnes perspectives dans le secteur des assurances en progression de 12% par an, il urge de lever les obstacles pour permettre à cette manne financière de profiter au financement de l’économie africaine. « Nous pouvons sauvegarder les intérêts des souscripteurs tout en investissant dans le financement de l’économie par le placement. Mais il faut l’autorisation du régulateur », constate M. Ndiaye qui rappelle les lenteurs des régulateurs nationaux et du Conseil régional et de l’épargne publique et des marchés (Crepmf) qui n’encouragent pas aussi les placements hors zone Uemoa.

Interpellé par la présidente de l’organisation des femmes d’affaires du Sénégal, Fatou Kiné Diaw, sur la nécessité de financer des activités de développement du secteur informel, le président de la Fanaf répond que ce sont les règles du législateur qui sont compliquées pour le secteur des assurances pour financer de tels projets. Au plan des collectivités locales aussi, la sollicitation du marché financier n’est pas facile du fait de la réglementation. Le maire de Ngaye Mekhé, Maguette Wade, a rappelé que l’unicité des Caisses fait qu’au Sénégal, les fonds des collectivités locales sont gérés par le Trésor public. « On ne peut aller sur le marché financier sans l’autorisation de l’Etat », dit Maguette Wade qui demande de changer de mentalité dans ce domaine pour les pays d’Afrique francophone qui sont en retard par rapport à l’Afrique anglophone.

Oumar KANDE

En vue de permettre aux acteurs du commerce de vérifier en temps réel  leurs transactions et d’accéder à leurs documents à travers les terminaux mobiles, le Gie Gainde 2000 compte mettre à jour la plateforme Orbus. Un séminaire a réuni, hier à Saly, secteur privé et public, douaniers et techniciens pour échanger sur ces innovations fonctionnelles et techniques de cette solution.

C’était en 2004 que le Gie Gainde avait lancé Orbus, une plateforme pour faciliter le commerce à travers le guichet unique qui a connu une première mise à niveau en 2011 avec la dématérialisation et l’introduction de la signature électronique. Treize ans après la mise en place d’Orbus, les concepteurs s’engagent à l’améliorer en intégrant, entre autres paramètres, la dimension mobilité pour un coût de 250 millions de FCfa. « Nous avons estimé qu’il était temps de revisiter cette plateforme sur le plan technique avec les nouveaux enjeux de la mobilité et sur le plan fonctionnel avec tous les acteurs afin de recueillir toutes leurs préoccupations pour pouvoir améliorer les performances de Orbus », explique Ibrahima Nourr Edine Diagne, administrateur général du Gie Gainde 2000.

Selon lui, cette mise à niveau s’aligne également avec la modernisation du système informatique douanier qui connaît une nouvelle version très avancée en cours de déploiement. M. Diagne ajoute que c’est pour une mise à niveau globale de toute la chaîne de facilitation du commerce que Gainde 2000 a jugé nécessaire d’améliorer cette plateforme avec l’appui des partenaires comme la coopération canadienne et la Banque africaine de développement (Bad). D’après l’administrateur de Gainde 2000, la mobilité est un principe de plus en plus présent, aujourd’hui, avec l’utilisation des smartphones et des tablettes. A son avis, les acteurs du commerce -transitaires, douanes…-  doivent pouvoir consulter leurs transactions, vérifier l’existence des documents et leur authenticité.

De son côté, Cheikh Pouye, président du Conseil de discipline des commissionnaires agrées douaniers du Sénégal, s’est réjoui de cette nouvelle version portant sur l’amélioration du système avec l’introduction de nouvelles donnes. « Cette importante innovation devrait contribuer à améliorer la circulation des marchandises, la transparence, la gestion des flux informationnels et la continuité du service en cas d’indisponibilité du réseau », souligne M. Pouye. Il a, en outre, salué les régulières mises à niveau technologiques entreprises par le Gie Gainde 2000. Toutefois, il se dit convaincu que ces améliorations attendues ne sauraient prospérer, avec exigence, que lorsque l’environnement technologique et le paiement électronique seront une réalité. Nous vous exhortons à mener tous les efforts nécessaires pour parfaire la mise à niveau des plateformes concernées dont les phases pilotes sont effectuées et concluantes depuis longtemps.

Abdou DIAW

 

 

La région de Saint-Louis a accueilli une cérémonie de célébration de la Journée mondiale de la pêche. Lors de cette rencontre présidée par Mactar Diallo, directeur de cabinet du ministère de la Pêche et de l’Economie maritime, les participants ont évoqué les problèmes du secteur tout en saluant les efforts des autorités.

Avec le thème : « Solidarité avec les communautés de la pêche artisanale de Saint-Louis », les autorités ont voulu, cette année, faire un clin d’œil aux pêcheurs de la région de Saint-Louis qui connaissent des difficultés avec le non-renouvellement des licences par les autorités mauritaniennes. Mactar Diallo, le directeur de cabinet du ministère de la Pêche et de l’Economie maritime, a rappelé les difficultés que connaît la flotte de pêche du fait de la non-application, depuis 2016, du protocole d’accord liant le Sénégal et la Mauritanie. Mais pour lui, il est clair que « d’importantes initiatives sont mises en œuvre pour permettre à cette communauté et à tous les acteurs de la pêche artisanale sénégalaise d’exercer leurs activités en vue de subvenir à leurs besoins et ceux de la population sénégalaise ». M. Diallo appelle à l’implication de toutes les organisations professionnelles « pour une meilleure sensibilisation de nos compatriotes, à même de favoriser les conditions d’une meilleure négociation ». Il a également abordé les problèmes climatiques qui sont devenus un enjeu mondial et dont les impacts sont ressentis partout dans les zones côtières, sur les ressources halieutiques et dans les communautés de pêche. Sur cette question, M. Diallo a souligné que la brèche de Saint-Louis constitue une « problématique écologique et sociale » pour la ville avec la menace de disparition de certaines habitations des pêcheurs à Guet Ndar.

Un secteur vital
M. Diallo est revenu sur l’importance de la pêche pour le Sénégal. Il a rappelé que le secteur contribue pour 3,2 % au Pib, assure plus de 70 % des apports en protéines d’origine animale pour les populations avec une consommation nationale par habitant estimée à 29,9 kg par an contre une moyenne mondiale de 19 kg/habitant/an. La pêche génère également plus de 600 000 emplois directs et indirects et constitue le premier poste d’exportation avec 204,43 milliards de FCfa en 2016. L’importance économique et sociale du secteur ainsi que son potentiel de croissance justifient, selon lui, « l’attention particulière que le chef de l’Etat Macky Sall accorde à la pêche et à l’aquaculture. Ce qui leur confère ainsi une place privilégiée dans le Pse ».

Dans la déclaration finale de cette journée, M. Marygui Diallo, le chef d’exploitation du quai de pêche est revenu sur quelques problèmes qui ont pour noms : disponibilité de l’information relative aux études effectuées ou en cours, renforcement de la politique d’ouverture du ministère vers les professionnels, disponibilité des retombées de la manne pétrolière qui va permettre d’épauler ce secteur. Sur cette question, Alassane Samba, expert du Conseil interprofessionnel de la pêche artisanale au Sénégal (Conipas), a rappelé l’importance d’épauler les communautés de pêcheurs, surtout dans les zones où des ressources en hydrocarbure sont découvertes. « L’Etat doit prendre en compte le fait que des centaines de populations vivent de la mer, et il faut bien, avec l’exploitation du pétrole et du gaz, intégrer cette donne avec pour but la disponibilité de la ressource », a dit M. Samba.

A. M. NDAW

Réunis au pôle de recherche de l’Institut sénégalais de recherches agricoles (Isra) sur la problématique de la peste des petits ruminants (Ppr), des chercheurs africains annoncent la création d’une banque régionale de vaccin pour éradiquer la maladie dans le continent d’ici à 2030. La peste des petits ruminants affecte, aujourd’hui, 70 pays dont 60% situés en Afrique, selon le directeur scientifique de l’Isra, El Hadji Traoré.

L’Afrique est en train de multiplier les initiatives pour éradiquer la pandémie de la Peste des petits ruminants (Ppr). Le dernier acte en date est à mettre à l’actif des chercheurs de l’élevage qui se sont donnés rendez-vous à Dakar, au Sénégal, pendant 5 jours durant, pour renforcer leurs connaissances sur les moyens de lutte. Ils veulent mettre à contribution l’appui de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao) et de l’Union africaine pour conjuguer les efforts entrepris jusque-là par les Etats sur le terrain. On peut citer, entre autres, la création d’une banque régionale de vaccin contre la Ppr et le partage de connaissances entre chercheurs. Il s’agit, comme l’a rappelé El Hadji Traoré, directeur scientifique de l’Institut sénégalais de recherches agricoles (Isra), de relever le taux de couverture vaccinale contre cette maladie qui affecte, aujourd’hui, 70 pays dans le monde et dont les 60% se situent en Afrique. Selon M. Traoré, ce taux de couverture est encore largement en deçà de la norme établie à savoir 80% du cheptel. « En Afrique, il est estimé entre 15 et 25% », a soutenu le chercheur. Abondant dans la même lancée, le directeur du laboratoire du pôle de recherche de Hann de l’Isra, Momar Talla Seck, a tenu à attirer l’attention des chercheurs africains à fédérer les actions afin d’éradiquer les peste des petits ruminants en Afrique d’ici à l’horizon 2030. « Nous voulons y parvenir comme on l’avait fait avec la peste bovine éradiquée depuis 2011 dans le cheptel africain », a indiqué le Dr Seck. Selon lui, la peste des petits ruminants constitue une contrainte majeure au développement rural en ce sens qu’elle affecte les couches les plus pauvres de l’économie rurale.

Seydou Prosper SADIO

Pour la réduction de la facture d’électricité de ménages, l’Agence pour l’économie et la maîtrise de l’énergie (Aeme) a animé, hier, une session de sensibilisation sur les bonnes pratiques liées à la maîtrise et l’économie d’énergie. L’Aeme vise ainsi une réduction de 40% de la facture des ménages sénégalais.

La facture d’électricité des ménages coûte chère aux Sénégalais. Pour développer les réflexes de rationalisation de la consommation d’énergie, l’Agence pour l’économie et la maîtrise de l’énergie (Aeme) a sensibilisé, hier, des membres d’associations de consommateurs, de structures syndicales et des imams. Ces derniers ont été formés sur les enjeux et les bonnes pratiques liés à la maîtrise et l’économie d’énergie. Le directeur général de l’Aeme, Birame Faye, a indiqué que son institution est en train de dérouler cette campagne nationale de sensibilisation et d’information sur la maîtrise et l’économie d’énergie car l’électricité coûte chère aux ménages qui ont besoin de connaître les bonnes pratiques. « Conformément à notre mission qui consiste à promouvoir l’utilisation rationnelle de l’énergie, nous travaillons sur les bases de tous les types d’énergie et dans tous les secteurs d’activité comme les industries, l’administration et les ménages. Aujourd’hui, l’enjeu, c’est qu’il faudrait que tous les consommateurs sénégalais soient pleinement conscients de l’importance qu’il y a à connaître et appliquer davantage les bonnes pratiques, les habitudes et les bons comportements sur la question de la maîtrise de l’énergie », explique Birame Faye pour qui économiser de l’énergie, c’est procéder aussi à des économies financières.
De ce fait, le directeur général de l’Aeme cite les bons comportements comme le fait d’éteindre la lumière des pièces inoccupées, de disposer de lampes à économie d’énergie au détriment de lampes à incandescence, d’éviter toute forme de gaspillage, etc.

Cela est une urgence car le courant coûte excessivement cher à l’Etat du Sénégal avec une facture estimée à 30 milliards de FCfa par an dont 22 milliards pour l’administration centrale et le reste pour l’administration décentralisée et les établissements publics avec autonomie financière. De ce fait, l’Etat du Sénégal a fixé comme objectif à l’Aeme la réduction de la consommation finale à hauteur de 40% d’ici à 2020 pour les ménages et de travailler à la réduction de la facture publique d’électricité de 10 à 20% par an.

Pour les ménages, l’objectif de l’Aeme est de remplacer toute les lampes incandescentes et fluorescentes par des lampes à économise d’énergie parce qu’il y a un décret de 2011 qui interdit l’introduction au Sénégal et l’utilisation de ces lampes. « C’est pourquoi nous avons initié un certain nombre de formations au profit de 72 douaniers qui ont été formés sur la question pour qu’ils puissent identifier formellement les lampes faisant l’objet d’interdiction d’entrée au Sénégal et que nous retrouvons, malheureusement sur le marché », souligne Birame Faye. Il poursuit que tous les Dage des ministères ont été aussi formés sur la question. Des audits sont faits également sur des installations industrielles et le programme est en train d’être exécuté.

1,5 milliard d’économie d’énergie pour l’Etat
Compte tenu des objectifs fixés par l’Etat à l’Aeme créée en 2011, l’agence avait initié le programme d’analyse, de suivi et de réduction des dépenses d’électricité au Sénégal (Sardel), qui a permis d’auditer les 7 000 polices d’abonnement de l’Etat. L’audit a permis ainsi d’identifier toutes les anomalies administratives et techniques. Le directeur de l’Aeme rappelle que pour les anomalies administratives qui ne nécessitent pas un investissement, toutes les corrections ont été apportées. Après évaluation des résultats, l’Aeme a réussi à faire économiser à l’Etat du Sénégal environ 450 millions de FCfa sur 3 mois seulement, soit environ 1,5 milliard de FCfa sur un an. M. Faye de révéler aussi que les anomalies techniques sont en train d’être corrigées avec l’acquisition et la pose des batteries de condensateurs. Après corrections des anomalies techniques, les résultats seront présentés publiquement par l’Aeme.

Oumar KANDE

Une entreprise qui veut se développer doit se formaliser. Ainsi, elle sera plus compétitive parce que accédant plus facilement aux financements et aux marchés publics.

Partout dans le monde, les Pme constituent les unités économiques les plus nombreuses. Le Sénégal n’échappe à cette règle. D’après le Recensement général des entreprises réalisé par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie, sur les 407 882 unités économiques recensées, 99,8 % sont des Pme. Dans certains pays, ces unités économiques portent la croissance. Au Sénégal, elles peinent à jouer ce rôle à cause de nombreuses contraintes. Plus de 55 % des 99,8 % des Pme évoluent dans le commerce et 81,7 % sont des entreprenants, c’est-à-dire une personne physique exerçant une activité dont le chiffre d’affaires ne dépasse pas 30 000 FCfa. Il s’y ajoute que 97 % de ces entreprises sont informelles et peu compétitives. Elles ne représentent que 16 % du chiffre d’affaires global. Enfin, le troisième enseignement est que 60,4 % des entreprises sont concentrées dans l’axe Dakar-Thiès-Diourbel. Cette situation a des incidences sur leurs performances. Idrissa Diabira, directeur général de l’Adepme, reconnaît que les trois grands défis à relever pour la politique de développement des Pme sont : la formalisation, la compétitivité et la territorialisation.

D’où la tenue du Forum de la Pme sénégalaise organisé par l’Agence de développement et d’encadrement des petites et moyennes entreprises ouvert, hier, à Dakar. Ce forum qui réunit tous les acteurs impliqués dans le processus de formalisation permet d’identifier les écueils et de trouver des solutions en vue de faire de la Pme un vecteur de croissance et de création d’emplois. Alassane Lô, expert en création des entreprises, qui a introduit le thème « Les étapes clés d’une formalisation réussie », a vanté les avantages de la formalisation.

« L’intérêt d’une entreprise qui veut se développer est de se formaliser. Il est difficile voir impossible pour une structure informelle de travailler avec les structures publiques –accès aux marchés publics-, les grandes entreprises, l’international et de bénéficier des avantages », dit-il. Selon l’expert, cette formalisation passe d’abord par le choix du statut juridique, ensuite l’immatriculation au registre du commerce, l’immatriculation au répertoire du Ninea, l’affiliation à l’Ipress et à la Caisse de sécurité sociale.

Seules 15,2 % des unités tiennent une comptabilité
Après vient la mise en place d’une comptabilité. Sur ce point, les données fournies par le Recensement général des entreprises ne sont pas fameuses. Seules 15,2 % des unités économiques tiennent une comptabilité écrite et parmi celles-ci, 80,3 % utilisent des carnets, donc ont une comptabilité informelle. Pourtant, une comptabilité aux normes est essentielle car offrant à l’entreprise plusieurs avantages. L’expert a cité la facilité d’accès au crédit bancaire ; un facteur important si l’on sait qu’au Sénégal, la première difficulté pour les Pme, c’est le financement. Autre avantage, c’est la connaissance, grâce à la comptabilité, de l’état des biens et des dettes de l’entreprise au jour le jour et à la fin de chaque année ; le chef d’entreprise connaît ses charges d’exploitation. De plus, en cas d’adhésion à un centre de gestion agréé, le revenu imposable de l’entreprise individuelle est de moins 15 %.

Malgré ces avantages qui découlent de la formalisation, les propriétaires des Pme rechignent à se mettre aux normes. Alassane Lô l’explique par le coût de la formalisation, la complexité des procédures souvent ignorées des chefs d’entreprises, le coût des taxes et des impôts, etc. « Des chefs d’entreprises sont freinés par une crainte d’exercer dans un cadre formel à travers lequel ils perçoivent les obligations comme des contraintes et non comme des avantages », analyse l’expert.

Le Forum de la Pme sénégalaise qui sera organisée désormais, chaque année, répond à cet objectif en vue de faire jouer pleinement la Pme son rôle de vecteur de la croissance. L’Agence de développement et d’encadrement des petites et moyennes entreprises veut être en première ligne dans ce mouvement. Cette agence du gouvernement sénégalais a mis en place des mécanismes pour les accompagner dans le processus de formalisation. Elle a lancé un processus de labellisation. Les sujets débattus, hier, en atteste : « Prévention des difficultés des entreprises ; Accès aux financements et aux marchés ; Territorialisation, esprit d’entreprise et compétitivité ». 

Aujourd’hui, la plénière porte sur le thème « La Pme sénégalaise, moteur de l’émergence » et sera modérée par Alioune Sarr, le ministre du Commerce, de la Consommation et du Secteur informel et des Pme.

Mamadou GUEYE

Depuis le début des opérations de la Banque africaine de développement au Sénégal, en 1972, 101 opérations ont été approuvées pour un montant de 1.300 milliards de FCfa.

Le gouvernement du Sénégal et la Banque africaine de développement (Bad) ont procédé, hier, à la revue annuelle conjointe de leur programme de coopération. Cette rencontre a permis au ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ, et le responsable pays de la Bad, Serge Marie N’Guessan, de passer en revue les projets en cours. Amadou Bâ a salué la disponibilité de la Banque africaine de développement qui appuie les stratégies de développement économique et social du Sénégal. Depuis la première opération de l’institution bancaire au Sénégal, en 1972, jusqu’à hier, la Bad a approuvé 101 opérations pour un montant de 1.300 milliards de FCfa. « Nous constatons que d’importantes actions tant aux plans quantitatif que qualitatif sont inscrites dans le bilan des opérations menées jusque-là avec la Bad », s’est félicité le ministre des Finances.

Serge Marie N’Guessan note que ces 5 dernières années la mobilisation des ressources de la Bad en faveur du Sénégal a connu « un accroissement sans précédent ». Cela s’explique, dit-il, par l’approbation de projets d’envergure sur le Guichet Bad public, notamment le Train express régional, Promoville, la route nationale 2 et le désenclavement de l’Île à Morphil. « Je voudrais souligner pour m’en féliciter le triplement du portefeuille national entre 2013 à 2017. Ainsi, le total des opérations approuvées au cours de cette période s’élève à 598,7 milliards de FCfa contre 670 milliards de FCfa sur la période 1972-2012, soit en quarante ans », ajoute M. N’Guessan. Le guichet Bad est accessible aux pays à revenu intermédiaire mais avec la révision de la politique de crédit de la banque, en 2014, certains pays traditionnellement financés sur le guichet du fonds africain de développement ont pu accéder à ce guichet au cas par cas sur des projets transformateurs. Mais pour y accéder, la compétition est rude parce qu’il y avait des pays comme la Côte d’Ivoire, l’Ethiopie, le Rwanda, le Cameroun.

Aujourd’hui, le total des engagements en cours en faveur du Sénégal s’élève, d’après Amadou Bâ, à 669 milliards de FCfa. Ces engagements, poursuit le ministre, sont composés de « projets du secteur public national, de projets régionaux et d’opérations du secteur privé ». « Le portefeuille de projets nationaux actifs comprend 18 opérations pour un volume total net d’engagements de 502 milliards de FCfa, représentant 75 % du total. La répartition sectorielle des projets nationaux est la suivante : infrastructure (66,3 %), eau et assainissement (12,6 %), secteur rural (11 %), gouvernance (6,2 %) et social (3,9 %) », explique le ministre de l’Economie et des Finances.

Serge N’Guessan a rappelé que la Bad qui avait pris l’engagement de participer au financement du Plan Sénégal émergent (Pse) à hauteur de 400 milliards de FCfa a déjà mobilisé 474 milliards de FCfa. Ce qui, selon lui, correspond à « 120 % de son engagement initial ». « Les projets prévus en 2018 viendront renforcer cette massive mobilisation », a indiqué M. N’Guessan.

Aliou Ngamby NDIAYE

Le directeur général de la planification et des politiques économiques (Dgppe), Pierre Ndiaye, a fait une présentation sur le « cadrage macroéconomique et dynamique des investissements ». Dans sa présentation, M. Ndiaye est revenu sur la polémique sur le niveau de dette du Sénégal. D’après le directeur général de la planification et des politiques économiques, le Sénégal n’a pas un problème de dette. En effet, rassure-t-il, toutes les analyses du Fmi et des services du ministère de l’Economie, des Finances et du Plan indiquent que « le Sénégal reste un pays à risque de surendettement faible ».

Elh. I. THIAM et A. Ng. NDIAYE

L’indice Ibrahim de la gouvernance en Afrique (Iiag) de 2017, publié ce 20 novembre par la fondation Mo Ibrahim, révèle de bons résultats du Sénégal. Selon l’Indice annuel, le Sénégal a affiché des signes de « progression accélérée » en matière de gouvernance globale sur les cinq dernières années. Le Sénégal a atteint un score de 61,6 sur 100 en gouvernance globale, se classant au 10ème rang sur 54 pays en Afrique. Avec ces résultats, il a atteint un score supérieur à la moyenne africaine (50,8) et à la moyenne régionale pour l’Afrique de l’Ouest (53,8). Dans les détails, l’indice Mo Ibrahim renseigne que le Sénégal a réalisé son meilleur score dans la catégorie « Participation et Droits humains (68,3) » et son score le plus faible en « Développement économique durable (54,9) ». Le Sénégal a réalisé aussi son meilleur score dans la sous-catégorie « Santé (77,7) » et son score le plus faible dans la sous catégorie « Enseignement (42) ». D’une manière générale, le Sénégal a progressé en matière de gouvernance globale au cours de la dernière décennie (tendance moyenne annuelle de +0,60), avec une accélération de la progression sur ces cinq dernières années (tendance moyenne annuelle de +0,75). D’après le rapport, les progrès réalisés au Sénégal en matière de gouvernance globale au cours de la dernière décennie résultent de l’amélioration de l’ensemble des quatre catégories. Il s’agit des catégories Sécurité et État de droit (tendance moyenne annuelle de +0,29) ; Participation et Droits humains (tendance moyenne annuelle de +0,53) ; Développement économique durable (tendance moyenne annuelle de +0,41) et Développement humain (tendance moyenne annuelle de +1,16). Au plan Africain, la tendance reste globalement positive pour la gouvernance sur le continent africain. Néanmoins, le progrès généralement enregistré sur dix ans se ralentit au cours de la seconde partie de la décennie.

Sur les dix années écoulées, 40 pays affichent une progression conséquente en termes de gouvernance globale. Dans la seconde moitié de la décennie, 18 d’entre eux correspondant à 58 % de la population du continent notamment la Côte d’Ivoire, le Togo, le Maroc, la Namibie, le Nigeria et le Sénégal ont réussi même à accélérer le rythme, permettant au continent d’atteindre en 2016 son meilleur score depuis 2000 (50,8 sur 100). Toutefois, sur les cinq dernières années, le rythme annuel moyen d’amélioration de la gouvernance globale a ralenti. La catégorie Développement humain reste celle qui réalise, à la fois, le meilleur score et le progrès le plus marqué sur la décennie, grâce aux progrès conjoints de ses trois composantes : Protection sociale, Enseignement et Santé.

Oumar KANDE

Le Sénégal a officiellement adhéré, hier, à la Norme spéciale de diffusion des données (Nsdd) du Fonds monétaire internationale (Fmi). Avec cette adhésion, il devient le quatrième pays au sud du Sahara à adhérer à cette norme après l’Afrique du Sud, l’Île Maurice et les Seychelles. Le président de la République s’est félicité que le Sénégal soit le quatrième pays en Afrique subsaharienne à adhérer à cette Norme. « Cette norme mise en place par le Fmi qui permet d’accéder directement à des informations fiables, constitue un excellent outil de renforcement de notre partenariat par la croissance, le développement de l’entreprise et le bien-être de la population. Etat, partenaires techniques et financiers, secteur privé, société civile, partenaires sociaux, élevons nous à la hauteur de nos ambitions pour un Sénégal rayonnant et émergent », a appelé le président Sall. Selon le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, cette adhésion du Sénégal est l’aboutissement d’un processus qui a duré presque deux années. Pendant toute cette période, a dit Amadou Bâ, « les informations sur la périodicité, l’accès du public aux données statistiques, l’intégrité de ces données et leur qualité ont été appréciés, audités et mis à niveau conformément aux exigences de la Nsdd ». En adhérant à cette norme, ajoute le ministre, le Sénégal est devenu le premier pays à avoir transité du système général de diffusion des données améliorées en une Norme spéciale de diffusion des données. Ce qui justifie l’engagement du Sénégal à s’inscrire dans la promotion de la transparence des politiques publiques nationales en matière monétaire, budgétaire, économique et financière. 

« Plus un pays fait preuve de transparence dans sa politique économique plus le secteur privé pourra appuyer ses décisions d’investissement. La transparence des données peut ainsi avoir un effet de levier sur le potentiel de croissance », a affirmé le ministre. Avec cette adhésion, le Sénégal va régulièrement communiquer ses données économiques et financières pour permettre au public, au marché financier, de faire leur propre opinion sur la politique économique du pays. D’après Amadou Bâ, cette norme donne aux marchés la possibilité de recevoir des informations sans interruption et offre aux Etats la possibilité de lever des fonds sur les marchés financiers à des taux réduits. « L’adhésion du Sénégal à la Norme est à l’actif du Pse. La qualité des statistiques nationales est le socle de la fiabilité des prévisions des politiques économiques et sociales. Elle détermine le degré de pertinence et les chances de réussite des politiques sectorielles et régionales. Voilà tout l’enjeu de bâtir un système statistique fiable », ajoute Amadou Bâ. La souscription à la Norme spéciale de diffusion des données du Fmi se fait de manière volontaire, explique le directeur du département des stratégies du Fmi, Louis Marc Ducharme. Toutefois, après adhésion, a-t-il expliqué, le pays a maintenant l’obligation de respecter la périodicité de diffusion des données.

Elh. I. THIAM et A. Ng. NDIAYE

Le président de la République, Macky Sall a informé, hier, lors du 13ème Conseil présidentiel de l’investissement (Cpi), qu’il a reçu, depuis un an les conclusions de la Commission nationale de la réforme foncière (Cnrf). Même si les élus locaux et les partenaires attendent avec impatience les propositions de la Cnrf, il informe qu’il a décidé de ne pas accepter les conclusions formulées par cette Commission « pour au moins un aspect : transférer le droit de bail aux collectivités locales ». « Le jour où cela sera fait, le mois suivant, il n’y aura plus aucune terre disponible dans ce pays. Je ne vais pas prendre la responsabilité de transférer la gestion des terres aux collectivités. Je ne le ferai pas », a tranché le chef de l’Etat. Selon lui, le foncier est une question sensible qu’il faut traiter de façon responsable. 

Sur un autre registre, Macky Sall a invité le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan à accélérer la modernisation du Cadastre. Pour lui, tous les moyens modernes permettent, aujourd’hui, d’avoir un cadastre numérique. « Nous sommes toujours à l’âge de la pierre taillée alors qu’aujourd’hui, nous pourrons disposer de toutes les données. On doit avoir une photographie instantanée du foncier sur l’ensemble du territoire national. Ce n’est pas trop demander à nos services », a déclaré le chef de l’Etat.

Elh. I. THIAM et A. Ng. NDIAYE

Dès le début des échanges, le chef de l’Etat a invité à un débat transparent et clair. Il en va d’un partenariat fécond et dynamique entre Etat et secteur privé. C’est pourquoi Macky Sall a tenu, lui-même, à apporter quelques éclairages à certaines questions soulevées par le secteur privé. Tout d’abord, en ce qui concerne l’adhésion du Maroc à la Cedeao, le chef de l’Etat a fait savoir que cela obéit à une dynamique qui va au-delà de la zone Cedeao. « C’est une question africaine car les leaders africains travaillent pour arriver à une zone unique de libre échange sur l’ensemble du continent africain dès 2018. Ce n’est pas seulement le Maroc que vous aurez bientôt en face de vous, mais aussi des pays comme l’Afrique du Sud, le Kenya, l’Egypte, etc. », a-t-il précisé. Avant d’inviter le secteur privé sénégalais à anticiper et à essayer d’être compétitif comme les entreprises marocaines. « Le vrai débat, c’est de voir comment travailler ensemble, Etat et patronat, pour que la compétitivité de notre secteur privé puisse préserver les intérêts nationaux. La Cedeao a commis un comité d’experts qui travaille sur la question. Il va nous soumettre un rapport prochainement au mois de décembre sur les avantages et les inconvénients de cette adhésion du Maroc. Si le rapport montre que nos économies seront en péril, nous allons prendre les mesures de sauvegarde nécessaires. Il faut qu’on se projette vers l’Afrique de demain. Cette réflexion doit se faire dans un esprit positif », a déclaré le président Macky Sall.

Sur la commande publique, il estime que contrairement à ce qui est souvent véhiculé, le secteur privé n’est pas en reste. En ce qui concerne les marchés du Train express régional (Ter), le président Macky Sall rappelle que des entreprises sénégalaises figurent parmi les entreprises retenues. Et cela a été favorisé par l’Etat qui avait exigé dès le départ que les entreprises travaillent sur des lots pour lesquels elles devaient absolument co-contracter avec des entreprises sénégalaises. « C’est une manière d’accompagner les entreprises nationales. Il ne s’agit pas de sous-traitance mais de co-traitance. Nous sommes dans un monde globalisé, le Sénégal ne peut pas évoluer tout seul dans son coin, nous ne pouvons pas faire la promotion des entreprises nationales seulement. Mais, en toutes circonstances, nous devons prendre en considération les intérêts du secteur privé national. Des entreprises sénégalaises participent dans le Ter, notamment dans le domaine du génie civil, de la construction des rails et des gares », a-t-il dit. A propos des traverses monoblocs en pierre, le chef de l’Etat estime qu’on ne peut pas changer en cours de route les règles du jeu sous prétexte qu’il y a une nouvelle entreprise locale spécialisée alors qu’il y a un agenda et un délai d’exécution des travaux. Macky Sall assure que le gouvernement tiendra compte de la présence de cette entreprise locale dans le cadre du projet de relance du chemin de fer entre Dakar et Tambacounda et le prolongement du Ter jusqu’à Aibd.

Des échanges directs pour des solutions concertées
Le directeur général de Nma, Ameth Amar, dans son intervention, a interpellé le président de la République sur la concurrence « déloyale » qu’imposent les Turcs sur les pâtes. D’après Ameth Amar, il y a « une menace réelle » sur les entreprises sénégalaises qui ont investi ce secteur car les pâtes importées de la Turquie coûtent moins chères, 222 FCfa le kilogramme. Cela s’explique, selon M. Amar, par les subventions que le gouvernement turc accorde à ses industriels. Ce qui n’est pas encore le cas au Sénégal. « Aujourd’hui, l’exportateur turc est subventionné par son gouvernement à hauteur de 30 dollars la tonne de pâte vendue en Afrique », précise-t-il.
 
Si cette concurrence « déloyale » continue, alerte Ameth Amar, les usines de pâtes risquent bientôt d’arrêter leur fonctionnement. Il suggère au chef de l’Etat de négocier avec « ses amis » turcs pour trouver un « modus operandi permettant à l’industrie locale d’être compétitive ».

L’autre préoccupation du directeur général de Nma Sanders est la « concession problématique du Port autonome de Dakar ». Selon Ameth Amar, depuis le mois d’août dernier, tous les bateaux de maïs ou de blé importés par les acteurs économiques restent au port pendant 10 à 15 jours. Ce qui, dit-il, leur coûte entre 14.000 à 15.000 dollars par jour. « Aujourd’hui, nous demandons au nouveau directeur du port de trouver une solution parce que cela devient insoutenable », lance-t-il.

Sur la question des pâtes, le chef de l’Etat demande à la commission de veille des pratiques commerciales illicites d’étudier cette piste. Si les allégations de Ameth Amar sur les subventions que le gouvernement turc accorde aux exportateurs de pâtes en Afrique « sont réelles et attestées », affirme le chef de l’Etat, le Sénégal est « en droit de rajouter ce montant sur la valeur de la marchandise avant dédouanement ». « Nous allons défendre certains secteurs vitaux pour la Nation sur lesquels il n’est pas question de compromettre le travail en cours dans nos pays. Nous serons très vigilants sur la pâte, sur la minoterie », promet le chef de l’Etat.

Après Ameth Amar, le président de l’Union nationale des chambres de commerce, d’industrie et d’agriculture du Sénégal, Serigne Mboup, a interpellé le chef de l’Etat sur la réforme des chambres de commerce et sur le respect du calendrier électoral concernant ces chambres consulaires. Sur ce dernier point, le chef de l’Etat a réitéré au directeur général de Ccbm, la nécessité de respecter le calendrier électoral. Cela, ajoute le président Sall, « met tout le monde à l’aise ». « L’Etat du Sénégal, depuis que je suis là, ne s’est jamais mêlé d’élections consulaires, syndicales. Nous laissons les organisations assurer leur régulation. Nous n’avons jamais interféré sur le choix des syndicats. Ils savent combien ils étaient infiltrés. Cela a suscité même des scissions dans ces organisations. Nous voulons, au contraire, des regroupements pour que vous soyez plus forts », rassure le chef de l’Etat. Il a réitéré sa disponibilité à renforcer les chambres de commerce pour faire en sorte qu’elles soient le lieu du dialogue des entreprises. Quant au président du Conseil des entreprises du Sénégal (Cdes), il a porté la voix des Très petites entreprises (Tpe) et des Petites et moyennes entreprises (Pme). D’après Babacar Diagne, il n’existe pas encore au Sénégal une politique d’encadrement des Tpe. Dans sa réponse, le chef de l’Etat a précisé que « les chambres de commerce sont les lieux privilégiés de concertations de toutes les entreprises ». Néanmoins, le président Sall reconnaît aux acteurs qu’ils peuvent toujours « trouver des sous-cadres pour apporter des réponses par rapport aux préoccupations des Tpe ». Il n’exclut pas la mise en place d’un guichet consacré exclusivement à la Très petite entreprise. Le président de la République a invité l’ensemble des services de l’Etat « à être plus attentifs aux sollicitations du secteur privé ».

Elh. I. THIAM et A. Ng. NDIAYE

Le secteur privé national a une réelle opportunité à saisir dans la Loi de finances initiale (Lfi), a informé, hier, le directeur général de la planification et des politiques publiques, Pierre Ndiaye. Sur un budget arrêté à 3.709,10 milliards de FCfa, les dépenses de fonctionnement sont estimées à 321 milliards de FCfa. La commande publique se chiffre à 1.891 milliards de FCfa. Sur le budget en cours, ajoute le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ, le Sénégal a 713 projets dont seuls 15 découlent d’une aide liée. « Cela veut dire que les 698 projets sont des projets ouverts à l’ensemble du secteur privé sénégalais ».

Elh. I. THIAM et A. Ng. NDIAYE

Le secteur privé sénégalais veut une meilleure implication dans les marchés publics et les grands projets. Devant le chef de l’Etat Macky Sall, Mansour Kama, le porte-parole du jour, l’a martelé. Selon le président du Cnes, « les complaintes et récriminations du secteur privé font légion ». Et pourtant, dit-il, le secteur privé adhère au Pse et ne demande qu’à contribuer à la transformation structurelle de manière durable. Pour ce faire, il faut multiplier les concertations et les échanges avec l’Etat car Mansour Kama a le sentiment que le fil du dialogue est coupé entre les deux parties. « Nous sommes parfaitement conscients du rôle qui est le nôtre et les devoirs qui nous incombent. Nous ne lésinons pas à prendre notre part de responsabilité dans la réalisation du Pse et nous l’assumons. Mais il faut bâtir des passerelles, renforcer les alliances entre secteur privé et public autour d’un minimum de consensus. Cela nécessite une réorganisation de l’agenda des rencontres et une fréquence plus rapprochée des concertations. En effet, notre dialogue s’est beaucoup appauvri sans que nous ne sachions pourquoi. Le secteur privé estime que vous ne dialoguez pas suffisamment avec lui. Si les partenaires politiques ont du mal à se parler, votre secteur privé ne demande lui qu’à dialoguer. Le dialogue avec le secteur privé est aussi intéressant que le dialogue avec la classe politique », a soutenu Mansour Kama.

Si la croissance de l’économie sénégalaise s’améliore, il n’en demeure pas moins que le secteur privé invite l’Etat à un changement fondamental de paradigme dans le processus de création et de répartition de la richesse. « De notre point de vue, l’inclusion sociale devrait partir d’une meilleure inclusion du secteur privé national tout au long du processus de construction de cette croissance pour en augmenter les effets multiplicateurs », a-t-il dit.

Mansour Kama assure que contrairement à ce que l’on veut faire croire, le secteur privé national n’a jamais été partisan d’un marché totalement fermé aux étrangers. Seulement, il ne peut accepter aussi d’être « la victime consentante d’une éviction de son propre marché intérieur » au moment où dans la plupart des pays, on revient à la préférence nationale et au protectionnisme. « Il s’agit seulement pour nous d’alerter et d’attirer l’attention de notre Etat sur les risques qui naissent de la marginalisation des entreprises nationales. Sur ce plan, notre discours ne se distingue en rien de celui qu’on entend dans d’autres pays », a-t-il affirmé. Mansour Kama estime que les exemples ne manquent pas où des compatriotes ont le sentiment d’être victimes d’ostracisme de la part de leur propre administration. Il en veut pour preuve l’attribution du marché de traverses monoblocs en béton à des étrangers au détriment d’une entreprise nationale sise à Thiès qui en avait les capacités.

La future adhésion du Maroc à la Cedeao est un sujet de préoccupation majeure pour le secteur privé sénégalais et des autres pays membres de cette organisation sous-régionale qui craignent une mainmise des entreprises du royaume chérifien sur l’économie de la zone.

Mansour Kama a interpellé le chef de l’Etat sur cette question et la suite qu’il compte donner au mémorandum qu’ils lui avaient remis à ce propos. « Les études d’impacts que nous avons menées montrent clairement que tous les secteurs de notre économie seront touchés et certains le sont déjà. Ce sont des menaces qui pèsent sur des emplois », a-t-il alerté. Il a invité le chef de l’Etat à regarder de près la situation du Port de Dakar qui, dit-il, « non seulement ne garantit plus la fluidité attendue d’une infrastructure aussi stratégique mais nous y enregistrons une véritable dérive dans la facturation qui est pratiquée par certains acteurs ». Au regard de tout cela, Mansour Kama estime que la situation actuelle du port est incompatible avec la recherche de profit et ne va pas dans le sens de la vision inscrite dans le Pse qui est de faire du Sénégal un hub logistique. Cela dit, le secteur privé a tenu à saluer les efforts du gouvernement pour le relèvement continu de la base infrastructurelle du pays, la bonne cadence des réformes structurelles et l’amélioration de l’environnement des affaires et la place prépondérante donnée à la formation technique et professionnelle dont les résultats commencent à se manifester, d’après le président du Cnes.

Elh. I. THIAM et A. Ng. NDIAYE

Le 13ème Conseil présidentiel de l’investissement (Cpi) s’est tenu, hier, sous la présidence du chef de l’Etat, Macky Sall. Cette rencontre a été l’occasion pour l’Etat et le secteur privé d’apprécier les performances du Sénégal en matière de réformes, d’identifier les obstacles au développement de l’investissement privé et les contraintes à la compétitivité des entreprises privées. Le président de la République a engagé le gouvernement à travailler à trouver des solutions aux problèmes soulevés.

L’accès à l’information sur les marchés publics, la concurrence, les joint-ventures, la sous-traitance, la gouvernance des entreprises et des organisations du secteur privé, le mécanisme d’appui institutionnel au secteur privé. C’est autour de ces quatre problématiques que s’est articulé le 13ème Conseil présidentiel de l’investissement (Cpi) tenu, hier, sous l’égide du président Macky Sall. Institué depuis 2002, ce cadre de concertation est devenu, au fil des ans, le rendez-vous privilégié d’un dialogue franc et direct entre l’Etat et le secteur privé pour l’identification des obstacles au développement de l’investissement privé et des contraintes à la compétitivité du Sénégal.

L’édition de cette année n’a pas échappé à cette règle. Le secteur privé, par la voix de Mansour Kama, a listé un certain nombre de problèmes qui assaillent les entreprises privées nationales. L’Etat, d’abord le président Macky Sall à travers son discours, puis certains ministres au cours des échanges directs, ont apporté des réponses aux interpellations et inquiétudes du secteur privé.

A l’ouverture de la rencontre, le chef de l’Etat a tenu à saluer l’engagement constant du secteur privé pour le développement du Sénégal et à magnifier la tenue de ce Conseil présidentiel de l’investissement qui, a-t-il déclaré, est « la boussole économique et sociale qui nous indique les voies à emprunter afin de bâtir ensemble une prospérité durable fondée sur une croissance forte, soutenue et inclusive ».

Analysant la situation économique du Sénégal, le président Sall estime que les réformes majeures engagées par le gouvernement ont permis d’améliorer l’environnement des affaires et la compétitivité de l’économie sénégalaise. « Le Sénégal est sur une bonne trajectoire de développement », a-t-il dit. Le chef de l’Etat en veut pour preuve les indicateurs positifs obtenus dans le Doing Business, lors du Forum de Davos sur la compétitivité, etc. Toutes choses qui font que « le Sénégal est redevenu attractif ». Selon Macky Sall, c’est ce qui justifie la confiance renforcée des partenaires techniques et financiers. « Grâce aux importantes initiatives engagées, notre croissance économique est projetée à 7 % en 2018. Ces performances arrimées à une croissance soutenue sont la preuve de la pertinence de notre stratégie de développement économique et sociale », s’est-il félicité.

Cependant, le président Sall reconnaît que tout n’est pas rose. Il reste du chemin pour atteindre le véritable développement apte à garantir le bien-être des populations dans « l’équité et la solidarité ». Il appelle à « poursuivre, sans relâche, avec organisation, méthode et rigueur, l’intensification de la mise en œuvre du second Plan d’actions prioritaires du Pse ».

Au chapitre des défis, le président Macky Sall appelle à amplifier le rythme des réformes pour encourager les investissements dans les industries. A ce propos, il a insisté sur l’urgence de poursuivre la réflexion sur la fiscalité qu’il trouve « complexe afin de la rendre plus simple, plus efficace et plus attractive ». Il a invité le gouvernement à favoriser l’accès à la commande publique, à la concurrence, au partenariat public-privé et les opportunités qu’offrent les Zes. « Une attention particulière doit être accordée à la règlementation sur la commande publique et à l’exécution efficiente des marchés publics. Dans ce même sillage, nous devrons œuvrer davantage au développement du marché financier et à l’intégration de nouvelles technologies afin de dynamiser notre système productif », a-t-il avancé. Macky Sall a également appelé à intensifier les efforts dans les domaines de l’éducation, de la santé afin de renforcer le capital humain.

Par Elhadji Ibrahima THIAM et Alioune Ngamby NDIAYE

L’assemblée générale, rehaussée par la présence du directeur général des impôts et domaines, avait pour thème le « team building ». Ce concept, selon la présidente sortante de l’amicale, consiste à rassembler les membres d’une équipe autour d’activités différentes de celles de l’entreprise dans le but de renforcer voire créer un véritable esprit d’équipe. L’objectif final de ce « team building », a indiqué Ndèye Aïssatou Ndao, est de favoriser la cohésion d’équipe au sein d’un groupe de travail en créant ou en améliorant les liens existants entre les collaborateurs. Elle s’est félicitée de la grande réforme des structures parachevée par les autorités. Mais cette nouvelle organisation, a-t-elle précisé, ne pourra contribuer à l’atteinte des objectifs de recettes et à l’amélioration de la qualité des services offerts aux usagers que si tous les agents de la Dgid et particulièrement les inspecteurs des impôts et des domaines s’approprient le changement. « Il s’agit là d’un défi que notre corporation se doit encore une fois de relever », a-t-elle fait savoir.

Le directeur général des impôts et domaines a rappelé que la fiscalité constitue un élément important dans la stratégie de l’État. A son avis, les inspecteurs des impôts et domaines ne doivent pas se détourner de leur vocation. Selon Cheikh Ahmed Tidiane Bâ, le pétrole et le taux de pression qui a baissé de 20 % environ à 16 %, constituent des enjeux très importants pour la Dgid. « Cette baisse ne veut pas dire que le Sénégal ne paie pas les impôts, mais que nous devons faire beaucoup d’efforts, de façon pédagogique, pour amener nos concitoyens à payer leurs impôts pour nous permettre de couvrir les dépenses de l’État. Cela est important et nous allons nous y atteler », a assuré le directeur général.

S’agissant des découvertes de pétrole, Cheikh Ahmed Tidiane Bâ a indiqué que la Dgid a besoin d’avoir des inspecteurs bien formés pour faire face à la fiscalité pétrolière. « Nous savons que les grands groupes élaborent souvent des stratégies de contournement de l’impôt et nous allons nous y adapter, en formant nos agents. Nous pensons que nous serons capables de tirer le maximum sur cette manne pétrolière dans les intérêts de nos populations », a fait savoir M. Bâ. Face à ces enjeux, a-t-il assuré, les inspecteurs des impôts vont apporter leur contribution de qualité.

Aujourd’hui, a noté M. Bâ, la Dgid a déjà fait la réforme de ses structures qui lui permet d’envisager un plus grand élargissement de la recette fiscale, avec de nouvelles structures notamment les Centres de services fiscaux, qui sauront soulager la fiscalité professionnelle et qui vont mettre le focus sur l’élargissement des recettes.

S. O. F.

Le team management du «Soleil» a visité, samedi, l’Aéroport international Blaise Diagne de Diagne de Diass (Aibd) qui doit entrer en service le 7 décembre prochain. Pour une meilleure couverture de cet événement à venir, la Direction générale d’Aibd et Le Soleil ont décidé de travailler ensemble.

Tout visiteur qui finit de faire le tour de l’Aéroport international Blaise Diagne de Diass (Aibd) ne peut cacher son enthousiasme d’avoir vu une plateforme de toute beauté. Magnifique et vaste, Aibd va incontestable doter le Sénégal d’une infrastructure aéroportuaire digne de ce nom. Ce n’est pas le team management du «Soleil» à la tête duquel le directeur général Cheikh Thiam, le coordonnateur général de l’Administration Amadou Guèye Ndiaye, le coordonnateur général de la Rédaction Ibrahima Mbodj qui y était en visite samedi, qui dira le contraire. Sous la conduite du responsable de la Communication d’Aibd, Habiboulah Fall, la délégation du «Soleil», parmi laquelle on comptait aussi Daouda Mané, le rédacteur en chef central, Alassane Diawara, rédacteur en chef et chef de service du desk International, Mamadou Guèye, chef du service Economie, Bernard Niang, commercial, Sarakh Diop, chef du service Photo, a visité l’infrastructure.

Sur le site, des ouvriers mettent la dernière main sur cette gigantesque infrastructure qui s’étale sur une superficie de 4.500 hectares. En comparaison, l’aéroport Léopold Sédar Senghor ne fait que 8 hectares. L’aérogare et son architecture futuriste se dévoile. Le Terminal de départ s’étend sur 21.000 m2. On y accède par une rampe. Au rez-de chaussée, se trouve le Terminal d’arrivée de même gabarit. Une Mezzanine où se fait le tri des flux d’arrivée et de transit est coincée entre les deux. Les courroies bagages et les escalators sont déjà installés. Les panneaux signalétiques pendent au plafond en forme ondulée.

A l’Aibd, pas besoin de convoyer les passagers par bus à la coupée de l’avion pour l’embarquement. Six passerelles télescopiques relieront, en effet, l’aérogare aux avions. Le parking avion peut accueillir jusqu’à 79 avions dont 22 gros porteurs. Le parking avions présidentiels, le parking fret et le parking aérogare pèlerins accueillent, chacun, deux postes-avions. Ce qui fait un total de 85 postes-avions.Tous ces appareils vont rouler sur une piste longue de 3,5 kilomètres avec sept sorties dont deux rapides. A côté, les pistes de circulation taxiway font un total de 14 kilomètres.

Au départ comme à l’arrivée, les passagers devront passer par l’un des quarante postes de police des frontières, sans compter les postes de contrôle des Douanes. Quarante-quatre banques d’enregistrement des bagages sont mises à leur disposition. Juste après le poste de contrôle de police, on tombe sur l’espace Free shop dont les boutiques ne sont pas encore installées. Innovation de taille, le Terminal Arrivée disposera d’un Duty Free. Contrairement à l’aéroport Léopold Sédar Senghor, à l’Aibd, la tour de contrôle est située en dehors de la plateforme aéroportuaire. Du haut de ses 50 mètres, elle est implantée à mi-chemin entre l’aérogare et la zone de développement de l’aéroport.

Autre innovation, l’Aibd dispose d’une aérogare entièrement dédiée aux « Pèlerins » d’une superficie de 2.270 m2. Une tente pour accompagnateurs y est attenante. Cette bâtisse est implantée à mi-chemin entre l’aérogare principale et le Pavillon présidentiel qui dispose d’une aire de stationnement autonome et son propre circuit. Il abrite un appartement, des salons présidentiels et ministériels, des bureaux administratifs et presse, une infirmerie. De là, on peut apercevoir, au loin, l’aérogare fret qui s’étend sur 5.600 m2 pour une capacité de 50.000 tonnes par an. A proximité, le cargo-village qui servira à stocker des marchandises, est en construction. A l’extérieur, on accède à ses différents bâtiments par un réseau routier dense. En effet, outre les bretelles, l’Aibd est desservi par deux routes de service qui rejoignent au nord l’autoroute à péage et au sud la Rn1.

Elhadji Ibrahima THIAM

Pour les besoins du forum, une étude a été menée. Parmi les personnes qui ont répondu aux questionnaires, il y a 63,3 % de femmes pour 36,7 % d’hommes. 61 % des femmes qui ont répondu sont des managers ou cadres ; 24% des employées et 14,5 % des dirigeantes. « Globalement, le baromètre démontre que la question de l’égalité de genre est considérée comme importante au Sénégal dans la mesure où 63 % des hommes et 58 % des femmes estiment que leur entreprise au sujet une importance supérieure à 8 sur 10 », rapporte Ayesha Attah, responsable programme à « Beautiful Soul ». 

Malgré cette bonne perception, Ayesha Attah indique que beaucoup de femmes interrogées estiment qu’il y a encore des efforts à faire pour que les hommes et les femmes soient traités de façon équitable. « 53 % des femmes estiment que les entreprises sénégalaises ont des améliorations à apporter pour assurer des conditions de travail équitables aux hommes et aux femmes », souligne le rapport. Pour 48 % de femmes, ces améliorations doivent se faire dans « l’évolution de carrière et la promotion ». 44 % de femmes attendent des efforts dans les conditions de recrutement tandis que 42 % aimeraient voir ces améliorations dans l’évolution des salaires. « Les entreprises qui ont une plus grande proportion de femmes dans leurs conseils d’administration et comités de direction sont plus performantes financièrement. En Afrique, celles qui comptent au moins un quart de femmes dans leurs organes dirigeants ont un bénéfice avant intérêt et impôt en moyenne 20 % plus élevé que le bénéfice moyen de leur secteur. Or, les entreprises panafricaines de référence ne comptent que 14,4 % de femmes dans leur conseil d’administration. Avec le baromètre, nous voulons fournir un outil pratique aux dirigeants pour leur permettre de créer un environnement propice à l’éclosion de talents notamment féminins », a tiré comme enseignement de ce baromètre la fondatrice et directrice générale de « Beautiful Soul », Patricia Sennequier.

A. Ng. NDIAYE

Le Haut commandant de la gendarmerie, le général de division Meissa Niang a présidé, samedi, la cérémonie de clôture du Forum « Les Héroïnes ». Il a fait, à cette occasion, une présentation sur le « leadership féminin dans les forces de l’ordre sénégalaises ». D’après le général Niang, la féminisation des forces armées sénégalaises relève d’un enjeu démocratique dans la mesure où elle participe à la reconstruction de notre système de sécurité. Avec ce processus intervenu dans l’armée, le Haut commandant de la gendarmerie constate que les femmes s’épanouissent dans ce « métier noble et exaltant » et ne se sentent plus exclues dans les questions de défense de la sécurité nationale. 

Un système qu’il considère comme payant aujourd’hui car au plan opérationnel, « les femmes sont capables de servir aux mêmes postes que les hommes ». Mieux, dit-il, les femmes ont une certaine intuition qui leur est propre. Aujourd’hui, il note qu’il existe une « véritable cuvée d’héroïnes » dans les rangs de la gendarmerie. On retrouve les femmes sous-officiers, officiers à la garde présidentielle, à la Légion de la gendarmerie d’intervention (Lgi)… « Le Sénégal est en train de faire des efforts considérables en matière de réduction des inégalités de genre. Je lance un appel aux jeunes Sénégalaises en âge de servir de rejoindre les rangs de la gendarmerie. Elles ont la garantie d’y trouver la place qui leur revient », invite le Haut commandant de la gendarmerie.

A. Ng. NDIAYE


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