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Affaires et Finances (1638)

En perspective de la 5e réunion du Forum des négociations sur la Zone de Libre-échange continentale, le comité national de négociations commerciales internationales du Sénégal a tenu, avant-hier, une réunion préparatoire. La rencontre qui a enregistré la présence de Alioune Sarr,  ministre du Commerce, de la Consommation et du Secteur informel  et de Roberto Azevêdo, Directeur général de l’Omc a permis  de revenir  sur la démarche du Sénégal.

Le Comité national des négociations internationales s’est réunie, hier, pour discuter des documents qui seront examinés à la 5e réunion du forum des associations prévu du 27 février au 4 mars à Addis Abeba.  Il est important, pour le Sénégal, d’examiner les documents portant sur le commerce des marchandises, sur celui des services. Cela devrait  permettre de se faire une idée pour poursuivre les travaux d’analyses en cours.

Ces négociations serviront de cadre unique pour les Africains déterminés à inverser certaines tendances du commerce  intra-africain qui tourne autour de  15 %  tandis que la part de l’Afrique dans le commerce mondial est estimée autour de 3 %. Il s’agit donc d’essayer de mettre en place une  zone de libre échange continentale.

Selon  Alioune Sarr,  le ministre du Commerce «le sort du système global des préférences commerciales entre les pays  en développement, les difficultés qui ont ressurgi derrière les mega-accords régionaux  vont sans doute ajouter une certaine prudence dans la prise de conscience de la complexité des arrangements régionaux». Il est d’avis que  la question n’est pas d’ouvrir les échanges au sein ou en dehors de l’Omc. Elle a plutôt  trait aux difficultés des échanges et à la mise en place de cette zone de libre échange continental pour accroître la part des 3 % de l’Afrique dans le commerce mondial et de se positionner durablement  comme pivot dans les échanges internationaux.

Accroître la part des 3 % de l’Afrique dans le commerce mondial
Le  Directeur de l’Organisation mondiale du commerce (Omc),  Roberto Azevêdo souligne que les travaux du comité sont  importants dans l’intégration du Sénégal à l’économie mondiale. « Ils permettent d’asseoir d’importantes réformes du système commercial », a-t-il dit, rappelant que  lors de la dernière rencontre à Nairobi, les membres de l’Omc ont supprimé les subventions à l’exportation,  en faveur des produits agricoles. «Il s’agissait de la plus grande réforme.  Celle-ci  aidera à uniformiser  les règles en faveur des agriculteurs. C’est un pas important. Des mesures ont également été prises tendant à améliorer les règles  concurrentielles pour les marchandises en provenance des Pme », a-t-il déclaré. D’autres mesures ont également été évoquées. Elles visent, pour l’essentiel, la facilitation des traitements préférentiels et des fournisseurs de services.  «On travaille sur les règles d’accès des marchés sans s’acquitter des taxes de douane. C’est une manière d’offrir  des opportunités supplémentaires aux Petites et moyennes entreprises.  La limitation des taxes nocives qui conduisent à la pratique de prix élevés.  Cela fait partie des nouveaux objectifs de développement durable de l’Onu », a ajouté le directeur général de l’Omc.

Selon  Assome Aminata Diatta, Directeur du commerce extérieur, la zone de libre échange que le continent africain  veut mettre en place s’explique par le souci de développer le commerce intra africain qui ne dépasse pas 15 %  alors que l’Union européenne, par exemple, est à plus de 70%. A ses yeux,  il s’avère nécessaire de mettre en place cette zone pour permettre aux pays africains de s’insérer dans  les chaines de valeurs mondiales et africaines. « Cela contribuerait à développer nos industries. En effet, il ressort des études qu’au niveau des échanges africains, plus de 40 % des produits échangés au sein du continent sont des produits manufacturés. Dans notre commerce avec le reste du monde,  c’est à peine 14 % qui sont utilisés. Dans un contexte où tous les pays veulent s’industrialiser, la zone de libre échange continental pourrait être une opportunité pour les pays africains », a-t-elle estimé.

Oumar BA 

Le Sénégal a appelé, vendredi, ses pêcheurs n'étant pas en règle en Mauritanie à ne plus pêcher dans les eaux de ce pays voisin pour éviter des incidents, après l'entrée en vigueur d'une nouvelle réglementation mauritanienne concernant les pêcheurs étrangers.

"Nous demandons à nos pêcheurs qui ne sont pas en règle de ne plus pêcher dans les eaux mauritaniennes", a affirmé vendredi à l'AFP le ministre sénégalais de la Pêche, Oumar Guèye, en visite jeudi et vendredi dans la capitale mauritanienne Nouakchott.

Il a rappelé "à tous (les pêcheurs sénégalais) l'obligation de respecter les lois et règlements de la Mauritanie" voisine où de nouveaux textes sur la pêche ont commencé à être appliqués début février.

Cet appel a lieu après un récent incident maritime au cours duquel des garde-côtes mauritaniens ont tiré sur des pêcheurs sénégalais, en blessant certains, ont rapporté des pêcheurs sénégalais.

L'accord de pêche liant Dakar à Nouakchott "n'a pas été renouvelé depuis janvier 2016 en raison du refus des Sénégalais d'observer l'obligation de débarquement de leurs prises en Mauritanie prévue par la réglementation" de ce pays, a affirmé à l'AFP un responsable au ministère mauritanien des Pêches, Mohamed Elhafedh Ijiwen.

"Une période transitoire de 13 mois qui s'est achevée le 31 janvier 2017 avait alors été donnée aux armateurs étrangers pour se conformer à la nouvelle réglementation" visant tous les pêcheurs étrangers dont une majorité de Sénégalais, a-t-il expliqué. Le ministre sénégalais de la Pêche a également annoncé à l'AFP un programme de "retour volontaire" dans leur pays concernant plus de 400 pêcheurs sénégalais actuellement en Mauritanie, "en raison de la nouvelle loi" sur la pêche dans ce pays. 

Dakar et Nouakchott se sont également entendus pour des patrouilles mixtes sur leurs frontières maritimes pour "faire respecter (leurs) réglementations et prévenir d'éventuels incidents", selon leurs autorités. Les pêcheurs sénégalais, particulièrement ceux de Saint-Louis (nord), sont confrontés à une raréfaction de la ressource halieutique dans leur pays due notamment à une surexploitation. Ils dépendent, en partie, des eaux poissonneuses de la Mauritanie voisine, selon des professionnels de la pêche. Des incidents entre gardes-côtes mauritaniens et pêcheurs artisanaux de Saint-Louis, souvent accusés de violer l'espace maritime mauritanien, sont fréquents ces dernières années.

AFP

Le Fonds de garantie des investissements prioritaires (Fongip) va devenir un établissement financier. L’annonce a été faite, hier, par l’administrateur, Doudou Ka, à l’issue de la réunion du Conseil d’administration. Cette structure a été mise en place par l’Etat du Sénégal pour accompagner les Petites et moyennes entreprises. « Le Conseil d’administration a donné son feu vert pour cette mutation qui permettra au Fongip de mieux jouer son rôle et d’atteindre les objectifs fixés par l’Etat. Le gouvernement veut atteindre 250 milliards de FCfa de financement par an », a déclaré l’administrateur du Fongip qui a souligné que le processus sera opérationnel dans six mois. Il a révélé que des cabinets ont été sélectionnés pour accompagner le Fongip dans ce processus. Doudou Ka a précisé que l’établissement ne sera pas une institution de micro finance. « Nous serons d’un autre cran pour apporter des ressources aux institutions de micro finance. Nous n’allons pas les concurrencer. Nous avons injecté plus de 4 milliards de FCfa dans les institutions de micro finance. Nous allons accompagner davantage les Pme », a dit M. Ka qui souligne que le Fongip aura un agrément de la Bceao.

Evoquant les réalisations du Fongip, deux ans après son lancement, Doudou Ka a indiqué que le système de garantie a permis de mobiliser 34 milliards de FCfa de financement au profit des Pme et plus de 22 000 emplois ont été créés. Le Fongip s’est aussi illustré dans l’accompagnement technique, la structuration et le renforcement de capacités de plusieurs centaines de Pme et porteurs de projets à travers le Sénégal. Le système de garantie a aussi permis la baisse du taux d’intérêts pour les prêts bancaires des Pme qui sont passés de 12 % à 9 % et de18 % à 8 % pour les institutions de micro finance.

Les responsables du Fongip ont présenté le prix « Guerte » d’or décerné à l’administrateur général par les organisateurs de la Foire internationale de Kaolack. Cette distinction couronne les acteurs publics et privés qui se sont le plus distingués dans leur domaine. « Ce prix vient consolider les résultats obtenus et la vision du président Sall de mettre en place un dispositif innovant de financement des Petites et moyennes entreprise. Dans ce dispositif, nous avons le Fongip, le Fonsis, la Caisse de dépôt et de consignation et la Bnde. Ces structures sont là pour booster le financement des Pme », a indiqué Doudou Ka. L’administrateur du Fongip a déclaré que d’autres efforts sont à faire pour atteindre 500 milliards de FCfa nécessaires aux financements des Pme.

Babacar DIONE

En collaboration avec la coopération espagnole, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao) a restitué les résultats de l’étude : « Analyse diagnostique du rôle de la femme en milieu pastoral » qui dresse la situation des femmes, particulièrement dans les zones traditionnellement pastorales des régions de Louga, de Saint-Louis, de Matam et de Tambacounda. Ces deux parties envisagent d’élaborer un programme pour appuyer la promotion économique et sociale des femmes en milieu pastoral.

La femme en milieu pastoral rencontre beaucoup de difficultés. Elle peine a accéder aux moyens de production, au foncier et à la sécurité alimentaire. C’est ce qui ressort de l’étude commanditée par la Fao, en partenariat avec la coopération espagnole, dont les résultats ont été restitués, hier. L’étude intitulée : « Analyse diagnostique du rôle de la femme en milieu pastoral » a été menée dans quatre régions où l’élevage occupe une place centrale : Louga, Saint-Louis, Tambacounda et Matam. La première préoccupation, selon Dr Malick Faye, expert en élevage au bureau de la Fao Sénégal, était de savoir comment la femme se positionne par rapport aux ressources productives, à l’accès au bétail, aux intrants et aux financements ainsi que sa participation aux instances de prise de décisions. L’étude a permis de cerner la situation pour mieux prendre en compte les préoccupations des femmes. « De 2012 à 2016, précise Dr Faye, il y a eu des aléas climatiques récurrents, des chocs qui ont fait qu’un certain nombre de populations ont basculé dans une situation de vulnérabilité dont les femmes pastorales. » L’objectif, a ajouté Dr Faye, est d’élaborer un programme, en fonction des besoins identifiés, pour appuyer la promotion économique et sociale des femmes en milieu pastoral et de mieux les positionner dans les instances dans le monde rural.

Le représentant du ministre de l’Elevage et des Productions animales, Mamadou Habibou Kâ a insisté sur le rôle important de la femme en milieu pastoral, de la production à la transformation en passant par les pratiques de conduite et de commercialisation. L’émergence pastorale passera, à son avis, par la promotion de la place de la femme. Les nombreux projets et programmes en faveur des femmes en milieu pastoral mis en œuvre par le gouvernement, s’inscrivent dans ce contexte. L’objectif, a-t-il poursuivi, c’est d’alléger le travail des femmes en milieu rural. C’est tout le sens des unités pastorales, des forages, des points d’eau, etc. « Quand on allège les tâches des femmes, elles auront plus de temps pour s’occuper de production », a déclaré M. Kâ qui souligne que beaucoup de programmes du ministère de l’Elevage sont en train d’être déroulés, malgré quelques difficultés. S’agissant de l’accès au foncier, il a indiqué que le gouvernement envisage de mener une réforme qui prendra en charge les préoccupations de toutes les communautés.

Le coordonnateur général de la coopération espagnole au Sénégal, Rafael Garcia, considère l’appui au développement rural comme un des piliers fondamentaux au développement économique et social d’un pays ainsi que le renforcement de la résilience des communautés les plus vulnérables. « Nous avons renforcé notre soutien dans ces domaines depuis 2004 à travers la deuxième Commission mixte qui définit le département de Podor et la région de Matam comme des centres prioritaires », a-t-il rappelé. M. Garcia estime que les résultats de cette étude peuvent être un « outil efficace pour l’identification des interventions favorisant la construction de la résilience et la lutte contre la malnutrition ».

Souleymane Diam SY

« Performance et compétitivité demeurent deux socles sans lesquels la viabilité et l’attractivité de nos ports et de nos économies risquent d’être compromises, dans un contexte de mondialisation des échanges commerciaux. Les problématiques qui feront l’objet de nos travaux tout au long de ces deux jours sont d’une prégnance telle qu’elles devront faire appel, de notre part, à une ferme volonté de hisser nos plateformes portuaires sur les standards internationaux afin de les rendre plus performantes et plus compétitives.

Or, la compétitivité passe par une bonne qualité de service, par la célérité dans les opérations de traitement et d’enlèvement des marchandises. Elle passe aussi par notre plus ou moins grande aptitude à relever le niveau de compétitivité de nos infrastructures.

Or, sur cette question, ce ne sont plus les autorités portuaires qui sont uniquement interpellées, mais aussi nos Etats. Car la nature et le volume des investissements pour mettre en adéquation l’évolution et les mutations de notre secteur d’activités et l’état de nos installations sont à un tel niveau que l’implication de l’Etat dans le financement des programmes de développement des infrastructures portuaires s’avère être une nécessité absolue. Ce n’est qu’avec ces assurances que nous pourrons rattraper le retard que notre continent a enregistré dans les échanges mondiaux avec moins de 3 % ».

M. SY

Au mois de novembre dernier, le Sénégal et la Banque européenne de développement (Bei) signaient un accord de financement de 75 millions d’euros, soit 49 milliards de FCfa. Un financement rétrocédé par le gouvernement à la Société national d'électricité du Sénégal (Senelec) sous forme de don pour lui permettre de financer son projet de modernisation de son réseau de transport et de distribution d’électricité. Il ne restait qu’à signer l’accord définissant les axes de coopération entre la Bei et Senelec. Hier, les deux parties ont procédé à cette signature.

Ces investissements s’inscrivent dans le Programme national d’urgence d’électrification rurale (Pnuer) mis en place par les autorités sénégalaises et repris dans le Projet d’appui au secteur de l’électricité (Pase) financé par la Banque mondiale, a indiqué le Directeur général de la Senelec, Mouhamadou Makhtar Cissé. « Avec ce programme, il s’agit de renouveler les équipements vieillissants, de construire ou moderniser des sous-stations pour répondre à la demande croissante, d’améliorer la qualité et la fiabilité de l’approvisionnement en électricité et de raccorder de nouveaux abonnés au réseau », a-t-il précisé.

Ledit programme comprend également l’interconnexion de plusieurs réseaux actuellement isolés ainsi que l’électrification de zones rurales dans la région de Casamance mais aussi la densification et l’extension du réseau électrique, la modernisation des installations et d’équipements essentiels à la distribution d’électricité et l’installation de compteurs prépayés dans plusieurs villes notamment Dakar, Vélingara, Dabo. M. Cissé a rappelé qu’en plus du prêt de la Bei, l’Union européenne a consenti une subvention de 12 millions d’euros, soit 8 milliards de FCfa pour appuyer ce projet.

Cette signature constitue, de l’avis de Jaime Barragan, chef d’unité pour l’Afrique de l’ouest et du centre de la Bei, un nouveau jalon dans la « coopération dynamique entre la Bei et le Sénégal ». En 2016, la Bei a approuvé, en faveur du Sénégal, des crédits avoisinant 130 milliards de FCfa. Pour 2017, une première approbation d’un crédit de 14 milliards de FCfa (22 millions d’euros) pour le projet de construction du pont de Rosso a été faite au bénéfice du Sénégal. Et cela témoigne, selon lui, « du dynamisme des activités de la Bei au Sénégal ».

En avril 2013, le Pase a démarré ses activités. Financé par la Banque mondiale avec une contrepartie financière de l’Etat du Sénégal, il a connu une extension et l’arrivée de nouveaux bailleurs, selon son responsable administratif et financier, Mor Diop. Le niveau d’engagement des partenaires financiers atteindra, à termes, un montant de 158 millions d’euros équivalant à 104 milliards de FCfa, a souligné M. Diop.

Elhadji Ibrahima THIAM

Mohamed Boun Abdallah Dionne a préconisé le renforcement voire le renouvellement des infrastructures portuaires afin de les adapter aux mutations du transport maritime. Il présidait, hier, l’ouverture, à Dakar, de la 11ème conférence de l’Association panafricaine de coopération portuaire.

«Il nous faut intégrer, dans nos stratégies de développement économique, le renforcement voire le renouvellement des infrastructures portuaires pour mieux les adapter aux exigences des mutations du transport maritime et à l’évolution de nos pratiques maritimes », a déclaré, hier, le Premier ministre Mohamad Boun Abdallah Dionne, à l’ouverture, dans la capitale sénégalaise, de la 11ème conférence de l’Association panafricaine de coopération portuaire (Apcp). Le chef du gouvernement sénégalais qui avait, à ses côtés, le directeur général de l’Organisation mondiale du Commerce, Roberto Azévêdo, le représentant de la Banque africaine de développement, le président et le Secrétaire général de l’Agpaoc, les ministres de l’Economie maritime et du Commerce du Sénégal, a souligné que le Sénégal a fait le pari d’une diversification de son offre logistique par la construction de nouvelles infrastructures, avec le projet du nouveau port multifonctionnel de Ndayane, à moins de 50 kilomètres de Dakar dont la construction est assurée par un partenaire stratégique du Port autonome de Dakar, Dp World. A cette initiative, s’ajoutent le nouveau port de Bargny-Sendou en cours de finalisation avec un financement de l’Opic « Overseas private insvestment of corporation » des Etats Unis, le Port de Foundiougne-Ndakhonga mis en service et l’extension du Port de Ziguinchor. « Nous devons relever l’obstacle des investissements coûteux qu’exigent les plateformes portuaires de référence. Pour y faire face, nous avons opté pour une spécialisation de nos quais, à travers des concessions accordées à des partenaires privés bénéficiant, sans conteste, d’une expertise technique avérée et d’une solidité financière », a-t-il déclaré. L‘intégration économique, a-t-il souligné, « est une option en phase avec les ambitions du Plan Sénégal émergent, le référentiel des politiques publiques».

Facilitation du commerce
Selon le Premier ministre, le développement des espaces portuaires africains et les conditions qui permettront de rendre pérenne leur attractivité et leur compétitivité, passent par une prise en charge correcte des questions liées à la qualité du service portuaire, à la qualification et à la facilitation du commerce ainsi qu’au renforcement des capacités du secteur du transport. Il a assuré que l’impulsion des économies africaines ne peut être sous-tendue que par des « hub logistiques de référence dont les ports constituent les éléments déterminants ». Le Sénégal qui bénéficie d’une position géographique privilégiée, entend se positionner comme une plateforme portuaire de référence.

Le Port autonome de Dakar a engagé des actions visant à faciliter les procédures d’importation et d’exportation mais aussi celles liées aux transactions de transit des marchandises vers les pays voisins. De telles mesures, a rappelé M. Dionne, entrent dans l’amélioration de l’environnement des affaires du Sénégal.

« Mesdames et messiers chers participants, les directeurs généraux de ports et de plateformes portuaires, si chacun de vous, à l’échelle de l’ambition que son pays porte pour le développement des infrastructures portuaires, fait ce qu’il a à faire, avec l’accompagnement bien sûr du secteur privé et des bailleurs de fonds régionaux ou internationaux, je ne doute nullement que nos économies africaines puissent transcender les blocages qui retardent l’émergence de nos pays respectifs », a lancé le chef du gouvernement sénégalais.

Pour le directeur général de l’Omc, Roberto Azévêdo, la compétitivité des ports africains est un facteur essentiel pour le développement des échanges commerciaux avec le monde. Il a indiqué que le renforcement des ports africains sera crucial « pour permettre au continent de gagner des parts de marchés plus importants ». Le président de l’Agpaoc, M. Hien Yacouba Sié, a affirmé que depuis sa création en 1999, l’Association l’Apcp joue pleinement son rôle dans le développement des infrastructures portuaires en Afrique.

Mamadou SY

En 2016, le Sénégal a exporté pour 1371 milliards de FCfa contre 1342 milliards l’année précédente, soit une hausse de 29 milliards de FCfa. Malgré tout, la balance commerciale reste déficitaire de l’ordre de 1506 milliards de FCfa. Ces chiffres ont été donnés par le Directeur général de l’Asepex, Dr Malick Diop, qui animait, hier, une conférence publique sur les « Opportunités commerciales du Sénégal », à l’Institut supérieur des transports du Groupe SupDeCo.

Entre 2015 et 2016, les exportations sénégalaises sont passées de 1342 milliards de FCfa à 1371 milliards de FCfa, soit une hausse de 29 milliards de FCfa. Les principaux clients du Sénégal sont l’Afrique (43 %) et l’Europe (26 %). Les importations ont épousé une tendance baissière passant de 3032 milliards de FCfa en 2015 à 2877 milliards en 2016. Ces chiffrent placent le Sénégal au 127ème rang, sur 237 pays, du classement mondial du commerce. Cela équivaut à 0,01 % de parts de marché. Ces statistiques ont été données, hier, par le Directeur général de l’Agence sénégalaise de promotion des exportations (Asepex). Dr Malick Diop animait une conférence publique sur les« Opportunités commerciales du Sénégal » à l’Institut supérieur des transports du Groupe SupDeCo.

Au regard de ces chiffres, il a déclaré que les « exportations sénégalaises se portent bien ». Celles-ci sont portées essentiellement par quelques produits phares. Il s’agit, entre autres, des produits de la mer, des produits arachidiers, des produits horticoles, du ciment, de l’acide phosphorique, de l’or non monétaire, des produits pétroliers transformés, des produits de l’artisanat etc. Ainsi, en deux ans, indique le Directeur général de l’Asepex, « le Sénégal a réalisé une globale exportation de + 16 %».

Par rapport à l’objectif de résorption du déficit commercial qui s’élève, en 2016, à 1506 milliards de FCfa, cette croissance des exportations est déterminante. Dr Malick Diop estime que « si la courbe des exportations continue de croître, notre balance commerciale déficitaire va se réduire comme une peau de chagrin et s’équilibrer ».

La mangue, une filière juteuse
Fort de cela, le Directeur général de l’Asepex, interpelé sur le classement du Sénégal, a estimé que celui-ci n’est pas très important. « Le plus déterminant, c’est l’évolution de la courbe des exportations et aujourd’hui, elle est dans une dynamique de croissance », a-t-il répondu. Ces « bons résultats » sont le fruit, selon lui, d’un travail de fond conduit par l’Asepex dans la mise en œuvre du Plan stratégique de développement des exportations (Psde). Celui-ci repose sur quatre axes qui se déclinent en 13 projets. Dr Malick Diop pense que le parc industriel de Diamniadio, une fois fonctionnel, donnera un coup de fouet aux exportations sénégalaises.

Comme sa chair, la mangue est devenue une filière juteuse au Sénégal. En 2016, l’exportation de ce fruit a généré 20 milliards de FCfa avec une production de 150.000 tonnes, selon le Dr Malick Diop. Sur les quatre dernières années, l’exportation de mangue est en constante hausse. Ainsi, elle est passée de 1500 en 2012 à 15.400 tonnes en 2016. « On constate une croissance soutenue d’année en année. Et ce qui est intéressant, c’est que la manne financière générée par ces exportations a profité à des Sénégalaises et à des Sénégalais qui se trouvent sur toute la chaîne de production », s’est-il félicité.

Elhadji Ibrahima THIAM

Dans cet entretien, le président du Conseil départemental de Kaolack a magnifié l’organisation de la foire internationale de Kaolack qui, selon lui, permet de relancer l’économie locale. Baba Ndiaye estime que le pôle territoire Sine-Saloum pourrait constituer la Californie de l’Afrique.

Comment appréciez-vous l’organisation de la Fika ?
« C’est une appréciation positive que nous avons de ce lancement officiel de la Fika. Cette foire mobilise l’ensemble des acteurs locaux mais également ceux de la sous-région. Elle a très vite dépassé les frontières de notre pays. Cela est lié à la centralité de notre région, passage obligé de tout ce qui vient de la République de Guinée, du Mali, de la Gambie, etc. Kaolack a une centralité réelle qui peut constituer une attractivité économique. Kaolack a toujours joué un rôle important dans le passé. Pendant l’époque coloniale, le port maritime desservait beaucoup de pays de la sous-région. La foire permet de faire rejouer à Kaolack son rôle d’antan. La forte mobilisation des populations de la région et des pays environnants à l’ouverture et du pays invité d’honneur à savoir le Nigéria témoigne et permet de dire que la Fika est déjà une réussite. Avec la réforme de l’Acte III, le président de la République a voulu créer des territoires viables, porteurs de développement. Cela ne peut se réaliser que grâce à l’implication des acteurs économiques. Le fait d’avoir un pays invité d’honneur comme le Nigéria montre l’ambition internationale de cette foire. Cela témoigne de l’ambition des promoteurs de cette foire que nous félicitons. Nous réitérons tout notre engagement et toute notre détermination à accompagner cette belle initiative pour que la Fika puisse devenir véritablement une foire internationale ».

La Fika a pour ambition d’accompagner l’économique locale, quelles sont les attentes du Conseil départemental de Kaolack ?
« Dans cette zone centre, la Fika permet de promouvoir les produits locaux. La région de Kaolack étant agricole, nous avons des potentialités économiques réelles, nous sommes sûrs avec le Plan Sénégal émergent (Pse), qu’il faudra nécessairement compter sur un secteur primaire fonctionnel, productif et en faire la transformation dans le secteur secondaire pour créer une plus-value. Les populations de Kaolack trouvent une occasion à travers la foire d’échanger leurs produits, de nouer des contacts avec d’autres acteurs économiques, avec d’autres régions, d’autres pays et de promouvoir les filières porteuses de la région de Kaolack. Eleveurs, opérateurs économiques, artisans, etc., sont tous mobilisés pour prendre part à ce rendez-vous d’échanges international. Nous n’avons pas de choix que de soutenir cette belle initiative économique.

L’Etat est en train de mettre sur pied des pôles territoires à travers le pays. Dans le bassin arachidier, on parle du pôle territoire Sine-Saloum. A votre avis, ce pôle constitue-t-il une aubaine pour fouetter l’économie locale ?
A partir des conseils des ministres délocalisés, le président de la République a compris qu’il fallait nécessairement trouver des territoires cohérents, porteurs de développement. C’est la raison pour laquelle, il est arrivé à la mise sur pied de l’Acte III de la décentralisation qui a pour but d’impulser le développement économique local. Il ne peut pas y avoir de développement national si nos territoires ne sont pas développés. C’est pourquoi, on parle aujourd’hui de territorialisation des politiques publiques. Ce sont des pôles qui tiennent compte des spécificités des territoires. Si une zone géographique a les mêmes caractéristiques et les mêmes potentialités, cela veut dire que les mêmes politiques peuvent être développées. Les points structurants qui porteront les pôles, ce sont des projets qui auront un impact réel pour le développement de l’ensemble des régions et territoires du Sine-Saloum. Ce sont les mêmes politiques qui seront développées partout. Le Sine-Saloum pourrait constituer la Californie d’Afrique. Le Sine-Saloum pourra constituer un pôle important sur le plan agricole et de la transformation. D’autres pôles sont en gestation. Nous pensons que les pôles pourront fouetter le développement local.

Propos recueillis par Souleymane Diam SY et Elimane FALL

La réforme des finances est un préalable pour la modernisation et une croissance économique durable. C’est la conviction du Pr Nicaise Médé de l’université d’Abomey-Calavi (Cotonou) qui vient de publier un manuel sur « Finances publiques dans l’espace de l’Uemoa », à l’Harmattan, en partenariat avec la Faculté des sciences juridiques et politiques de Dakar.

Le Pr Nicaise Médé de l’université d’Abomey-Calavi (Cotonou) a choisi Dakar, précisément la Faculté des sciences juridiques et politique de l’Université Cheikh anta Diop, pour publier son manuel portant sur les « Finances publiques dans l’espace de l’Uemoa ».
L’ouvrage rend compte de la dynamique des réformes des finances publiques dans les huit pays membres de l’Uemoa. Ces réformes concernent les finances de l’Etat et celles des collectivités territoriales. Elles se fondent sur le nouveau cadre harmonisé des finances publiques au sein de cette union et les textes nationaux de transposition. L’auteur a salué une volonté forte des dirigeants des Etats de sortir du sous-développement. « Nous sommes dans une dynamique », a dit le Pr Nicaise Médé, soulignant que l’un des axes forts reste la mise en œuvre du nouveau cadre d’harmonisation « pour que les finances publiques deviennent des facteurs de développement et propulsent la croissance économique pour un développement durable».
Le ministre-conseiller du chef de l’Etat, le Pr Ismaïla Madior Fall a souligné, pour s’en féliciter, le fait que les finances publiques commencent à avoir « un caractère matriciel, une légalité financière, une constitution financière ». Toutefois, il a déploré l’absence de mise en vigueur du nouveau cadre harmonisé des finances publiques dans l’espace Uemoa. « A cause des contraintes, dit-il, la mise en vigueur a été toujours reportée ».
Saluant la pertinence et la qualité du document, le Pr Jacques Mariel Nzouankeu, enseignant à la retraite, a rappelé qu’aucun pays ne peut émerger dans une union monétaire sans autorité politique.
Auteur de l’avant-propos du livre, le président sortant de la Commission de l’Uemoa, Cheikh Hadjibou Soumaré a soutenu que le Pr Médé, en s’attaquant au domaine si pointu des finances publiques, fait preuve « d’audace et d’imagination ». Dans la préface académique de l’ouvrage, le Pr Michel Bouvier de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, a indiqué qu’on assiste, à travers les transformations des finances publiques, « à la confrontation de deux conceptions dont la nature est, à première vue, diamétralement différente : une logique politique ancienne qui procède de la tradition juridique et démocratique et une logique de gestion, plus récente qui répond à des impératifs économiques ». Le gouverneur de la Bceao, Tiémoko Meyliet Koné, qui a fait la préface professionnelle du manuel, a témoigné que la mise en exergue du principe de transparence budgétaire marque une « avancée considérable par rapport aux enseignements actuels et plusieurs chapitres sont consacrés aux questions récurrentes du financement du développement dans les pays africains ».
Pour le Pr Pape Demba Sy, les finances publiques sont en train de « se transformer, d’évoluer » grâce à l’avènement de politiques libérales qui ont pour conséquences les changements des politiques publiques qui étaient, à l’époque, marquées.
Le Pr Médé est enseignant-chercheur à l’université d’Abomey-Calavi et directeur du Centre d’études et de recherches sur l’administration et les finances (Ceraf). Il est aussi membre de plusieurs sociétés savantes en Afrique, en Europe et aux Amériques. Ses recherches et ses enseignements portent sur les questions de la bonne gouvernance plus singulièrement sur les théories de la gouvernance financière publique.
Souleymane Diam SY

Suite à la sortie du ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural, Dr Papa Abdoulaye Seck, en tournée dans la vallée du fleuve Sénégal, se désolant du stock de 3000 tonnes de riz n’ayant pas trouvé preneur dans un contexte de tension du marché due à la rareté de cette denrée, Ousmane Sy Ndiaye, le secrétaire général de l’Unacoi-jappo dégage toute responsabilité de son organisation. Il a tenu à clarifier les termes de l’accord liant l’Unacoi-Jappo avec le gouvernement du Sénégal portant sur la commercialisation de la production rizicole. Il précise que ladite convention « fait d’abord référence à une commercialisation intégrale de toutes les quantités de riz brisé 100% produit et transformé au Sénégal.

De ce point de vue, Ousmane Sy Ndiaye assure qu’« il n’y a aucun souci, aucune difficulté de commercialisation ». En revanche, pour le riz entier, « l’accord couvre les besoins du marché national qui ne dépassent pas 30.000 tonnes ». « Ainsi, s’il s’avère que le marché s’est approprié ses besoins, cela signifie qu’il est largement couvert en riz entier et donc naturellement, les stocks restants ne rentrent pas dans les engagements que nous avons pris », a-t-il poursuivi. Malgré tout, l’Uncoi-Jappo se dit disposée à « examiner des possibilités de solutions pour ce riz ».

Non sans rappeler  qu’en vérité, « c’est un riz qui, du point de vue prix, est hors de portée de la majorité des Sénégalais ». Cette équivoque levée, M. Ndiaye n’en a pas moins salué la « vision audacieuse » et l’« ambition » du président de la République pour l’atteinte de l’autosuffisance en riz, en 2017. Toutefois, il a plaidé pour une meilleure compétitivité du riz local qui « est cher comparé au riz importé » en plus des intrants « (transport) et des taxes douanières.

Mamadou Lamine DIEYE

Le Sénégal, via le trésor public, veut lever 45 milliards de FCfa (environ 76,500 millions de dollars) à travers l’émission de bons du trésor mis en adjudication, auprès de l’Agence Umoa-Titres basée à Dakar, indique un communiqué de ladite structure. La valeur nominale unitaire est d’un million de FCfa avec un taux d’intérêt multiple. L’opération aura une durée de 12 mois. La date de valeur a été fixée au 17 février 2018, rapporte la même source. Les titres émis sont remboursables le premier jour ouvré suivant la date d’échéance fixée au 15 février 2018. Les intérêts seront payés d’avance en les précomptant sur la valeur nominale des bons.

M. G.

L’Association pour la promotion de l’élevage au Sahel et en Savane tient, depuis hier, sa 4e table ronde, à Dakar. Le ministre de l’Elevage et des Productions animales, Aminata Mbengue Ndiaye, a appelé à un partenariat fort et harmonieux pour le développement du secteur.

Après leur table de ronde, en 2013, l’Association pour la promotion de l’élevage au Sahel et en Savane (Apess) tient, à nouveau, depuis hier, à Dakar, sa 4e rencontre. Celle-ci porte sur les « nouvelles pratiques pour une meilleure contribution de l’élevage familial à la souveraineté alimentaire en Afrique de l’ouest et du centre ». Anta Dadel Bâ, présidente des femmes de l’Apess est revenu sur les objectifs de cette rencontre qui vise, selon elle, « à échanger avec les acteurs sur l’évolution du contexte de l’élevage, l’état de mise en œuvre du Plan d’actions quinquennal 2012-2017 et à dégager des orientations pour le second plan d’actions 2017-2020 ». « A l’heure actuelle, précise-t-elle, trois questions mobilisent particulièrement l’attention de l’association du fait de leurs conséquences à long terme : la croissance démographique, l’adaptation et la transformation de l’élevage familial et les défis de la gestion de l’espace ».

Le ministre de l’Elevage et des Productions animales qui a présidé la rencontre, a salué « le sérieux, l’engagement et le professionnalisme des responsables de l’Apess sur le plan national et régional ». « Leur objectif ultime, c’est d’assurer durablement la promotion socioéconomique de leurs membres et d’améliorer progressivement la contribution de leur domaine au développement économique de leur pays », a déclaré Aminata Mbengue Ndiaye. Elle a aussi apprécié l’option de l’Apess de faire de l’exploitation familiale, pastorale et agro-pastorale le socle de son intervention. Le ministre a rappelé les initiatives prises par le chef de l’Etat en faveur du développement de l’élevage. Il s’agit, entre autres, du renforcement de la sécurité alimentaire du cheptel à travers l’organisation d’une opération de sauvegarde du bétail pour un montant de plus de 8 milliards de FCfa, de la mise en place d’un mécanisme d’auto-approvisionnement des éleveurs en aliment de bétail, du renforcement de la protection zoo-sanitaire du cheptel, de la clôture du ranch de Dolly, du renforcement de la lutte contre le vol de bétail, de l’institutionnalisation de la journée nationale de l’élevage.

Selon Aminata Mbengue Ndiaye, « l’Apess a besoin de l’appui des partenaires pour conduire des changements plus profonds au sein des exploitations familiales à travers une meilleure connaissance de celles-ci ». Elle a appelé les partenaires à davantage soutenir cette association et à un « partenariat fort et harmonieux » pour le développement de l’élevage dans nos pays respectifs.

Souleymane Diam SY

«Nous avons conclu et obtenu, en rapport avec le gouvernement du Sénégal, dans le cadre de l’entreprise Valnovel Sa qui regroupe l’Unacois, le Conseil départemental de Podor (22 communes), l’Asprodeb-Association des producteurs de base, la Fondation Cheikh Oumar Foutiyou Tall et d’autres partenaires, le soutien de la Banque africaine de développement (Bad) pour exploiter, à partir de 2017, 25.000 hectares pour un financement de 125 milliards de FCfa », a révélé Ousmane Sy Ndiaye, qui précise que le financement est bouclé et que les études vont être incessamment lancées. « Nous allons apporter notre concours à la transformation du riz avec les décortiqueuses villageoises ; plusieurs centaines d’unités modèles de transformation sont mobilisées. Si les unités seront installées à raison de 100 voire 500 par an, cela dépendra des modalités d’opérationnalisation que nous arrêterons avec le gouvernement. Nous avons la capacité d’amener 1000 unités de transformation modernes », a-t-il affirmé. M. Ndiaye a assuré que ces deux activités sont au stade de mise en œuvre. « Plus de 10.000 emplois seront créés pour une stabilité du pays », a-t-il dit. Sur la modernisation des chambres de commerce, il soutient que le processus est irréversible. « Le premier pilier du secteur privé reste les chambres de commerce. La loi est votée et s’en suivront les décrets d’application afin qu’elles soient un instrument de travail du secteur privé qui ne doit pas être utilisé à d’autres fins».
S’il y a certes des résistances à ces réformes, Ousmane S.Ndiaye les minimise.

S. M. S. CISSE

L’Union nationale des commerçants et industriels du Sénégal (Unacois-Jappo) a organisé, hier, un point de presse à son siège, pour se prononcer sur les prix des denrées de première nécessité qui, selon ses membres, sont stables.

«Depuis 5 ans, on n’a pas constaté une hausse des prix des denrées de première nécessité. C’est la première fois dans l’histoire du Sénégal», a dit Serigne Dia Ndongo, vice-président de l’Unacois. «Dès son accession au pouvoir, le président Sall a signé, avec nous, une convention », a poursuivi le représentant de l’Unacois au sein du Conseil économique social et environnemental (Cese).

D’après lui, la hausse des prix résulte du cours du dollar sur le marché mondial. Il a souligné que la majeure partie du riz importé au Sénégal vient de l’Inde qui est présentement en période des récoltes. « D’ici peu de temps, on n’aura plus besoin d’aller importer du riz », a-t-il prédit. Toutefois, reconnaissant les difficultés d’approvisionnement du marché en huile, le vice-président déclare que ce produit a connu une augmentation de 41%.

« La Cedeao a fait passer le Tarif extérieur commun (Tec) de 20 % à 35 % de droit de douane. Cette taxe a été prise comme une valeur de référence », a-t-il affirmé.

Ousmane Sy Ndiaye, directeur exécutif de l’Unacois-Jappo a salué cette stabilisation des prix. « Il y a un stock suffisant en denrées alimentaires que les Sénégalais consomment au quotidien », a-t-il assuré en poursuivant : « qui tient l’alimentation tient le pays ; personne n’a le droit de tenir en otage ce pays et il faut le refuser». «La soutenabilité de l’autosuffisance en riz est un paramètre essentiel qu’il nous faut bien cerner ; le riz sénégalais doit être compétitif sur le marché. Le profit doit être senti dans toute la chaîne de valeur», a-t-il déclaré.

Investissement massif
Ousmane Sy Ndiaye assure que les membres de l’Unacois-Jappo sont prêts à investir dans la riziculture. « Nous sommes disposés à opérer un investissement massif dans le secteur du riz ; l’audace qui a prévalu dans la vision de l’autorité publique au point de l’amener à penser et croire à une autosuffisance doit nous amener à rendre le riz plus compétitif et qu’il ne crève pas le budget du consommateur », a-t-il déclaré. Idy Thiam soutient que le riz local est cher par rapport au riz importé ; une denrée taxée par la douane sans compter le prix du transport. « Cela n’est pas raisonnable », a-t-il affirmé.

Serigne Mansour Sy CISSE

La Société financière internationale, membre du groupe Banque mondiale et l’Institut sénégalais des administrateurs ont organisé, hier, la conférence de lancement de leur programme : Gouvernance d’entreprise. Le thème « Gouvernance d’entreprise : un vecteur de croissance au Sénégal » traduit clairement les enjeux d’une bonne pratique, gage de transparence. Il a été souligné, à cette occasion, la nécessité d’astreindre le secteur privé à l’application du code de gouvernance.

Le secteur privé est, pour l’Etat du Sénégal, l’élément accélérateur de la transformation structurelle de l’économie. L’action du gouvernement consiste à en faire le vecteur de croissance par un cadre institutionnel bien défini et un environnement amélioré. Cela est rendu nécessaire par un contexte marqué par la préparation du deuxième volet du Plan d’actions prioritaires (Pap 2019-2023) du Plan Sénégal émergent. Les autorités publiques ont l’option d’améliorer le cadre juridique, réglementaire et institutionnel organisant la gouvernance des entreprises. L’adoption de mécanismes de gouvernance fournit de nouvelles opportunités de croissance en favorisant le développement des connaissances, des compétences et un processus d’apprentissage internes à l’entreprise.

« La compétitivité de nos entreprises dans un tel environnement rend nécessaire l’existence de modes de gouvernance basés sur la transparence, gage d’efficacité et de réussite », a déclaré Mamadou Makhtar Diagne, directeur de l’Appui au secteur privé. Aujourd’hui, plus que jamais, la problématique de la gouvernance d’entreprise connaît, à l’en croire, un regain d’intérêt de toutes les catégories d’acteurs comme en témoignent l’institution de base de données en la matière, la profusion des développements théoriques et travaux empiriques sur la question et l’établissement de méthodologies multicritères pour classer les entreprises selon leur système de gouvernance.

Modifier certaines dispositions
Une circulaire de la primature d’octobre 2011 instruit les présidents de conseil d’administration ainsi que les administrateurs des entreprises du secteur public et parapublic d’adopter le code de gouvernance des entreprises ainsi que la charte de l’administration et de produire un rapport annuel sur l’état de leur mise en œuvre. Cependant, regrette Mamadou Makhtar Diagne, pour le secteur privé, le code de gouvernance n’a pas un caractère contraignant, laissant ainsi un choix aux entreprises d’apprécier l’opportunité de s’y conformer ou non. C’est pourquoi, il semble judicieux de réfléchir sur les modalités pratiques pour garantir son application effective et la plus inclusive possible par l’ensemble des entreprises. L’obligation d’appliquer le code aura pour conséquence d’améliorer la « performance de l’entreprise, d’apporter la confiance et le respect mutuel entre les différents acteurs de l’entreprise et de garantir l’accès au marché financier avec un taux d’intérêt réduit ».

Il convient, sous ce rapport, de redynamiser le comité de suivi du code de gouvernance avec une réelle implication des parties prenantes et de faire respecter les délais de production du rapport annuel de gouvernance des sociétés. En outre, la modification de certaines dispositions du code de gouvernance afin de prendre en charge les besoins de transparence, d’harmonisation et de performance lui semble opportune. Ces recommandations sont d’autant plus pertinentes qu’elles engagent, au-delà de l’entreprise privée, le devenir collectif. Les enjeux sont considérables. Il est admis que lorsque l’investissement privé augmente de 1%, le Pib s’accroît de 0,26 % tandis qu’un accroissement de 1 % de l’investissement public entraîne une hausse de 0,16 % du Pib.

C’est ce qui a fait dire à Mamour Fall, Secrétaire permanent de l’Institut sénégalais des administrateurs (Isa), que l’entreprise privée est le moteur de la croissance et du développement économique dans un pays. Il est, dès lors, nécessaire de promouvoir la gouvernance d’entreprise car c’est le levier qui permet d’asseoir des décisions correctes dans sa gestion et dans sa stratégie.

Alassane Aliou MBAYE

Trustin Africa, plateforme de mise en relation d’entreprises ayant des projets sur le continent africain et des milliers de jeunes talents locaux, a remporté, à Casablanca, le prix spécial Sncf développement destination Afrique au concours startup africaine de l’année 2017. Selon un communiqué, ce prix spécial destination Afrique, décerné par Sncf développement, récompense l’initiative de Trustin en faveur du développement des entreprises françaises et européennes sur le continent africain et de l’emploi de jeunes talents formés localement. « Nous souhaitons, par ce prix, récompenser une entreprise qui fera le pont entre la France et l’Afrique, qui permette d’aller sourcer des entreprises africaines pour nos besoins et d’accompagner les entreprises françaises à se développer vers l’Afrique », explique Cyril Garnier, directeur général de Sncf développement. « Ce prix nous conforte dans ce projet dont nous sommes persuadés de l’importance pour rendre accessible à toutes les entreprises, startups, Pme et Eti le développement à l’international et en Afrique en particulier, où les entreprises, notamment françaises, ont toutes leurs chances et peuvent aller chercher de la croissance. De même, nous sommes heureux que le jury ait compris l’impact positif de notre démarche, en facilitant l’employabilité des jeunes talents formés localement dans les pays africains », déclare Thibaud Leclerc, directeur exécutif et fondateur de Trustin Africa.

Aliou KANDE

La Commission sous-régionale des pêches (Csrp) et la Banque mondiale organisent, depuis hier, à Saly, un atelier de capitalisation de la phase 1 et de préparation de la phase 2 du Programme régional des pêches en Afrique de l’Ouest (Prao). Les résultats enregistrés par le Sénégal dans le premier acte de ce projet sous-régional ont été jugés positifs par le ministère de la Pêche et de l’Économie maritime.

Cette rencontre internationale de cinq jours a regroupé plus d’une centaine d’acteurs du secteur de la pêche venus de la région ouest-africaine et d’autres régions du monde. L’objectif est de consolider les progrès réalisés au cours de la première phase du Prao qui a pris fin, en septembre 2016, lesquels étaient axés sur le renforcement de capacité des pays en matière de bonne gouvernance et de gestion durable des pêches ciblées, la réduction de la pêche illégale et l’accroissement de la valeur ajoutée des produits de la pêche.

Après six années de mise en œuvre du Prao, le Conseiller technique du ministre de la Pêche et de l’Economie maritime a jugé positifs les résultats enregistrés par le Sénégal. Amadou Banda Diop a salué l’importance de la contribution du Prao à l’atteinte des résultats assignés au Plan Sénégal émergent (Pse). Les performances du Sénégal dans cette première phase sont matérialisées, entre autres, par l’adoption du Code de la pêche maritime, la mise en œuvre d’une stratégie de maîtrise durable, de l’immatriculation des pirogues, l’élaboration d’un plan d’actions national de lutte contre la pêche Inn, l’élaboration et l’approbation de deux plans d’aménagement des pêcheries, le partage de la responsabilité de la gestion des ressources halieutiques entre l’État et les communautés par la mise en œuvre des initiatives locales de cogestion des pêcheries artisanales dans douze sites notamment Ngaparou, dont l’expérience a fait tache d’huile dans la sous-région. Il s’y ajoute, selon M. Diop, la mise en place d’une grande zone de pêche protégée sur la Petite Côte et aussi celle d’un fonds de microcrédits de 500 millions de FCfa en partenariat avec le Crédit mutuel du Sénégal pour financer des microprojets d’entreprenariat féminin et de reconversion des pêcheurs.

Amadou Banda Diop a rappelé le rôle culturel et économique important joué par le capital naturel qui contribue également à la sécurité alimentaire des populations de l’Afrique de l’Ouest. Selon lui, les eaux des pays côtiers de l’Afrique de l’Ouest sont réputées parmi les plus poissonneuses du monde. « Chaque année, la production de poissons pêchés dans les eaux ouest-africaines est estimée à plus de 1,6 million de tonnes pour une valeur commerciale de 2 milliards de dollars environ », a-t-il expliqué. Toutefois, a-t-il précisé, le secteur fait face à de nombreux défis. Il s’agit de la surexploitation des ressources, la nécessité d’une bonne gouvernance et l’ampleur grandissante de la pêche illicite.

Consolider les acquis sur les réformes en cours
Pour la Secrétaire permanente de la Commission sous-régionale des pêches (Csrp), la logique d’intervention du Prao est d’assainir le secteur en mettant en place des réformes nécessaires du point de vue institutionnel notamment en révisant les cadres légaux, les textes législatifs, la limitation de l’accès, la réduction de la pêche, créer un environnement propice pour attirer les investisseurs tout en veillant à l’équilibre.

Selon Marième Talla, des politiques et lois sur la pêche conformes aux meilleures pratiques et aux accords régionaux et internationaux ont été adoptées dans la plupart des pays. « Grâce au soutien du Prao, la pêche illicite a considérablement reculé dans certains pays ; ce qui a contribué à augmenter les débarquements de la pêche artisanale. Ce progrès est lié à la fréquence des patrouilles de pêche et l’amélioration de la coordination des opérations en mer grâce aux centres de surveillance des pêches mis en place dans les pays », a-t-elle soutenu. Cependant, a-t-elle relevé, les performances enregistrées risquent d’être annihilées si les opérations de surveillance ne sont pas soutenues par des appuis des gouvernements. La priorité, selon Marième Talla, est de poursuivre les résultats positifs obtenus de la première phase et de consolider les acquis sur les réformes en cours. Elle a également plaidé pour une meilleure gestion de la capacité de pêche du secteur artisanal dans la deuxième phase du projet.

La Banque mondiale a joué sa partition en accompagnant ce projet. Selon Bérengère Prince, l’institution financière a commandité, dans les années 2000, des études qui ont révélé que les pays de l’Afrique de l’Ouest ne bénéficient pas du secteur des pêches à leur juste mesure. Ainsi, un ensemble de solutions a été proposé pour prendre en charge le problème de la pêche illégale, de la mauvaise gestion des pêches et le manque d’infrastructures ainsi que le manque d’efficacité ou de productivité de la chaîne de valeur, a expliqué la représentante de la Banque mondiale.

S. O. F.

« Du management, en passant par la recherche de financements, et sans doute le plus important, les infrastructures, les besoins des ports doivent trouver oreille attentive auprès des autorités étatiques en raison de leurs volumes », a déclaré, hier, le ministre de la Pêche et de l’Economie maritime, Oumar Gueye, à l’ouverture, à Dakar, de la 38ème Conseil de l'Association de gestion des ports de l'Afrique de l’Ouest et du Centre. Il a invité tous les acteurs des ports africains à engager la réflexion autour des questions de management, de recherche de financements, des infrastructures. A son avis, la maîtrise de ces questions déterminera les performances opérationnelles des ports africains.

Face aux défis qui interpellent le développement des ports africains, a noté le ministre, l’intégration, la solidarité, l’échange d’expériences, l’appui des gouvernements membres « seront incontestablement les seuls moyens qui permettront d’atteindre nos objectifs ».

Pour le directeur général du Port autonome de Dakar, Cheikh Kanté, cette rencontre devra permettre de renforcer la coopération entre les ports membres, mais aussi d’apporter une réponse africaine aux multiples défis qui interpellent les acteurs portuaires.

Des défis qui, selon lui, ont trait « aux mutations profondes que connait le transport maritime » et qui exigent des acteurs portuaires « une posture adéquate afin de ne pas rater le train de la compétitivité et de la performance». Il a ajouté que cette rencontre est aussi la preuve que l’avenir des pays africains passe par l’intégration de leurs économies portuaires. « Cette intégration  pourrait devenir une réalité si évidemment nous arrivons à dépasser les clivages de rivalités internes pour se hisser à un niveau de compétences partagées », a-t-il ajouté. « J’ai l’habitude de le dire, nous ne sommes pas des concurrents, nous sommes des variables d’ajustement stratégique, liées par l’histoire, par la géographie, liées par le sang et par le commerce », a poursuivi M. Kanté, notant que l’Agpaoc va jouer un rôle crucial pour arriver à relever les défis de cohésion et de ruptures technologiques qui modifient tout le temps la nature du travail dans les ports.

Le 38ème Conseil de l’Agpaoc se déroule autour du thème « Démarche Qualité dans les Ports africains en vue d’une certification Iso : enjeux et perspectives ? ». Le président de l’Agpaoc, par ailleurs, directeur général du Port autonome d’Abidjan, Hien Yacouba Sié a lancé un appel aux délégués et aux experts des différents ports d’Afrique de faire en sorte que les réflexions qui vont être menées soient assez fines et que des recommandations pertinentes soient faites en direction des Etats africains en vue de relever les défis de modernisation des ports africains dans le contexte de la mondialisation et de la concurrence. Il a assuré que l’investissement portuaire est rentable.

Mamadou SY

Une centaine de familles résidant à Kaolack a bénéficié de compteurs prépaiement ou Woyofal » et d’un crédit d’électricité de 5000 FCfa de Serigne Mboup de Ccbm. Une initiative organisée dans la Foire internationale de Kaolack en présence du directeur général de la Senelec, Makhtar Cissé « Le programme Woyofal social initiée par la direction de Senelec est une démarche salutaire, contribuant à lutter contre la pauvreté, en permettant à des ménages démunis à accéder à l’électricité et pouvoir ainsi restaurer une certaine dignité humaine. Pour Ccbm, c’est une action qui s’inscrit dans la responsabilité sociale d’entreprise et en tant que musulman, on doit venir en aide à son prochain», a-il- expliqué. Le président du comité de pilotage de la Fika a exhorté les autres chefs d’entreprises à accompagner la société publique dans cet élan de solidarité en faveur des familles démunies.

Makhtar Cissé, le directeur général de la société d’électricité est revenu sur la portée de ce programme. « Après l’avoir démarré dans la région Sud et à Dakar, nous comptons poursuivre cette initiative sur l’ensemble du territoire. Le Woyofal social consiste à installer gratuitement des compteurs prépaiement ou « Woyofal », accompagnés d’un crédit d’électricité de 5000 FCfa par mois pendant un an au profit des couches les plus défavorisées. Ce programme cible 500 familles démunies en 2017», a indiqué M. Cissé. Il a ajouté qu’un dispositif est mis en place pour accompagner ce programme par un système de distribution de proximité sur l’étendue du territoire national.

Elimane FALL

En tournée de suivi de la campagne dans le Nord du pays, le ministre et sa délégation ont constaté les importantes quantités de riz blanc et paddy dans les magasins de stockage et les rizeries. Un paradoxe puisque le Sénégal va importer 180.000 tonnes de riz de l’Inde.

Au moment où le Sénégal s’apprête à importer du riz indien, des milliers de tonnes de riz blanc et de paddy sont stockées dans les magasins de la vallée du Fleuve Sénégal. Les producteurs et propriétaires de rizeries entonnent le même cri de désarroi. « On n’arrive pas à vendre le riz », ont-ils signifié au Dr Papa Abdoulaye Seck, le ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural, en tournée de suivi de la campagne dans le Nord du pays. Ils peinent à trouver des acquéreurs pour leurs stocks. Joint au téléphone, Korka Diaw, productrice et transformatrice basée à Richard Toll, se dit étonnée lorsqu’elle entend qu’il n’y a pas de riz de la Vallée et que le Sénégal va importer du riz indien. Elle dispose de plus de 500 tonnes de riz blanc et d’une grande quantité de riz paddy. Elle affirme avoir mis aux arrêts ses unités de transformation car ses magasins sont remplis de riz blanc et paddy.

A Thiagar, à la Société Coumba Nor Thiam, chez « Mbodji et frères » tout comme chez les frères Diallo du « Gie Naxari Derète », on ressasse le même refrain. Ces producteurs sont au bord de la crise de nerfs. Quelque 500 tonnes de riz blanc et 2.500 tonnes de riz paddy (pour la société Coumba Nor Thiam) 6.000 tonnes de paddy et plus 750 tonnes de riz blanc pour le « Gie Naxari Derète » sont stockées dans les magasins.

Etonné, le ministre a réagi en ces termes : « nous le disons en présence des représentants de l’administration territoriale, du maire de la localité, des acteurs, des directeurs généraux et nationaux, des chefs de service et même des journalistes. J’ai touché de mes propres mains, j’ai vu des mes propres yeux. Ce qui se passe est grave. Si nous voulons véritablement réaliser l’autosuffisance, il est essentiel que nous puissions, au moins, faire deux cultures. Si nous n’arrivons pas à écouler la production pluviale, c’est clair que les acteurs vont perdre leur solvabilité bancaire et ne pourront pas aller en contre saison ».

Malgré cette situation dure, Dr Papa Abdoulaye Seck a félicité les producteurs. Plus que du baume au cœur, c’est une lueur d’espoir dans la grisaille qui meuble le quotidien des producteurs, ces derniers temps. Korka Diaw espère que des mesures seront prises dans les brefs délais pour la commercialisation de cette importante quantité de riz en souffrance dans la vallée du Fleuve Sénégal. Une situation paradoxale. Le Sénégal s’apprête à importer 180.000 tonnes de riz indien. Pourtant, le riz sénégalais devient de plus en plus attractif parce que sa qualité s’est améliorée. Des progrès sont notés aussi dans la mise en sac.

Mamadou GUEYE

Mohammed ben Zayed ben Sultan, de la famille Al Nahyane, est prince héritier et ministre de la Défense d'Abou Dabi, la capitale et le plus riche des sept émirats arabes unis, fils de Cheikh Zayed ben Sultan Al Nahyane, fondateur des Émirats arabes unis.

Le Groupe Wari, actif dans les services financiers de proximité, dont le plus connu est le transfert d’argent, vient d’acquérir Tigo, le deuxième opérateur de téléphonie mobile au Sénégal, pour un montant de 78 milliards de francs Cfa, signant ainsi une diversification de ses activités. Son président directeur général, Kabirou Mbodj, qui affirme être actionnaire de Wari à 97%, explique, dans cet entretien, les raisons qui l’ont poussé à acquérir Tigo et évoque les perspectives qui s’offrent à la nouvelle entité, dans une « dynamique d'excellence », au profit des clients.

L’acquisition de l’opérateur de téléphonie Tigo, est-ce une opportunité qui était à saisir ou une volonté d'expansion et de diversification du groupe ?
« L’acquisition de Tigo et de différentes sociétés de Millicom que le Groupe Wari a achetées n’est pas une opportunité. L’opération résulte d’une volonté de compléter l’offre de Wari pour donner des services financiers aux populations sénégalaises. Nous pensons que cette combinaison de la plateforme Wari et des services de télécommunication va réellement apporter l’inclusion financière telle que souhaitée par les institutions étatiques, le régulateur, pour le plus grand bien des populations sénégalaises ».

Que ressentez-vous en entendant certains dire qu’ils vont désormais s’abonner en masse à Tigo et exprimer leur fierté de noter que c’est un Africain qui vient d’acquérir un groupe multinational de télécommunication ?
« J’ai ressenti beaucoup de fierté et cela me rend d’autant plus heureux de faire partie de ces Sénégalais qui ont senti cette fierté en se disant que c’est possible et que nous devrions le faire et nous aurions dû le faire avant. Je pense à tous ces valeureux chefs d’entreprises africains qui travaillent et qui sont freinés et brimés par tout le capital étranger des multinationales et qui devraient maintenant voir que c’est possible. Je suis content de voir que c’est nous qui l’avons fait en premier et que c’est une première en Afrique qu’une compagnie africaine rachète une multinationale. Mais, au-delà du principe et de l’effet, ce qu’il faut maintenant retenir, c’est le fait que d’autres capitaines d’industries accompagnent et poursuivent cette ambition. Nous en avons quelques-uns au Sénégal. Ce sont de valeureux capitaines d’industries qui, je l'espère, vont aller identifier les pans d’industries dans les secteurs d’activité et en prendre possession. Il est temps que l’on parle de l’Afrique. C’est le temps des Africains. C’est cela que nous avons essayé de montrer ».

Avez-vous bien mesuré le pari qui est le vôtre d’investir un domaine dans lequel s’activent deux autres opérateurs déjà bien implantés ? Et quel sera l’engagement sur la qualité ?
« Nous sommes là en tant que consommateur sénégalais et pour challenger l'offre et la qualité des services qui sont offerts de façon générale. Nous souhaitons justement apporter un plus en termes de disponibilité de service et en termes de coûts. Je pense que c’est sur cet aspect que nous allons travailler à Tigo. Nous devons faire en sorte qu’au-delà de l’adhésion, de l’engouement qu’ont les populations sur le principe d’acquisition, qu’il y ait un engouement beaucoup plus fort par rapport à la qualité que nous comptons offrir et au système que nous allons créer avec Wari ».

Par ce rachat et au-delà de la téléphonie mobile, misez-vous sur d’autres créneaux et niches offerts par les technologies ?
« Nous sommes déjà dans les technologies. L’économie digitale est là. Elle est globale, accessible à tout le monde et s’impose, que ce soit dans les banques, de la téléphonie, des services administratifs, de la consommation. On y est de plain-pied. Il n’y a pas d’autres choses à inventer. Le monde de demain est déjà là, aujourd’hui. C’est pourquoi, l’acquisition de Tigo renforce notre stratégie d’offrir les services digitaux dont ont besoin les Africains. Nous voulons connecter l’Afrique au reste du monde ».

Cela veut-il dire que, demain, Wari sera dans la banque ?
Karibiou Mbodje« Wari est déjà dans la banque en tant que partenaire stratégique de presque l’ensemble du système bancaire sur le continent. Plus de 152 banques sont partenaires de la plateforme Wari. C’est quelque chose sur laquelle nous travaillons déjà ».

Comment comptez-vous gérer les deux activités qui, même si elles peuvent se compléter, sont quand même différentes ?
« Elles sont différentes, mais complémentaires. Il n’est pas question de fusion ou de plan de licenciement. L’intérêt dans le rachat de Tigo est de créer une vraie synergie entre deux entités fortes, au service des populations pour que, ensemble, on profite de l’expertise des employés de Tigo, de son management et de celui de Wari. Pour que chacune et ensemble ces deux entreprises puissent construire une vraie offre et faire comme Wari ».

Les facilités offertes par la téléphonie pour le transfert d’argent ont-elles pesé dans votre choix de racheter Tigo afin de constituer un groupe homogène avec des produits qui se complètent ?
« La technologie sur le service que vous évoquez (les transferts d’argents), c’est un panel de services financiers. L’acquisition de Tigo, c’est pour permettre d’offrir la connectivité, quel que soit l’endroit où l’on est, que l’on puisse accéder aux services. L’inclusion financière, ce n’est pas seulement de disposer d’un compte bancaire, c’est de faire en sorte que l’on soit inclus économiquement. C’est ce que nous voulons apporter aux populations. Cette acquisition nous permettra d’être beaucoup plus proches d’elles ».

Cela semble paradoxal. Vous avez souvent dénoncé les sociétés de téléphonie qui ont intégré le secteur rentable du transfert d’argent. Pourquoi, alors, avoir racheté Tigo ?
« On n’est pas dans la même situation. Parce que Wari est une plateforme digitale qui permet aux banques d'offrir des services financiers de manière plus large et plus dense, à travers notre réseau de proximité. Le rôle de la finance doit revenir aux banques qui, pour exercer leur métier, disposent d’un agrément de la Banque centrale. C'est un métier bien distinct de celui d'opérateurs de télécom. L’acquisition de Tigo n’est pas une question de services financiers. A travers ce rachat, nous voulons repositionner le rôle d’un opérateur de télécom dans un environnement complet. Concernant l’environnement des services financiers, il faut voir ce que doit être un incubateur de télécom, c’est-à-dire de la connectivité, et tout faire pour rendre accessible les services financiers offerts par les banques ou par les institutions financières qui sont des partenaires de Wari ».

Avec cette acquisition et la mise en place d'un groupe intégré, quels sont vos objectifs stratégiques à court, moyen et long termes ?
« Les objectifs à court terme, c’est de rendre l’offre de Tigo plus attractive et faire en sorte que la qualité soit au rendez-vous. Nous voulons plus d’adhésion de la part des populations sénégalaises qui ont manifesté un grand engouement avec l’acquisition de Tigo. Le pari est de faire en sorte que la qualité, la pluralité des services et leur coût soient au rendez-vous. C’est ça notre volonté à court terme. Après, il s’agira de construire une autre offre qui sera plus alternative. L’idée est d’avoir cet écosystème qui a réussi à Wari et de le reproduire à travers le partenariat Tigo - Wari ».

Récemment, des problèmes avaient été notés dans le réseau de Wari. Qu’est-ce qui a été fait pour y remédier ?
« Des difficultés, on en retrouve dans tout système, mais elles sont reprises de façon insidieuse par certains concurrents pour faire croire qu’il y a des problèmes majeurs. Aujourd’hui, sur les millions de transactions effectuées sur la plateforme de Wari, s’il y a une dizaine qui pose problème, c’est vraiment insignifiant. Mais vous avez des structures concurrentes qui, au lieu de se concentrer sur une offre de meilleure qualité pour concurrencer Wari, préfèrent utiliser des procédés diffamatoires pour tenter de jeter l’opprobre sur nous. Mais l’adhésion encore plus grande des populations à notre endroit montre qu’il n’y a pas de problèmes à ce niveau, même si tout est à parfaire. Il ne faut pas oublier que même si Wari est devenu très populaire, il est quand même récent. Et chaque fois qu’un système grossit, il y a des ajustements à faire. Parce que notre intérêt est de construire chaque jour une offre encore beaucoup plus proche des populations et qui rencontre leur adhésion en réglant leurs problèmes quotidiens ».

La concurrence vous talonne de plus en plus. Comment comptez-vous faire pour maintenir votre avance ?
« Nous avons été les pionniers dans l’offre de services financiers digitaux au grand public. C’est ça qu’il faut préciser. Dans ces services, il y avait du transfert d’argent à côté d’autres services de paiement. La concurrence, c’est quelque chose de simple. Elle aide à innover, à renforcer la qualité des services et à réduire les coûts pour gagner l’adhésion des utilisateurs. C’est cela notre crédo. Nous sommes contents qu’il y ait la concurrence et nous souhaitons que les pouvoirs publics l’organisent pour qu’elle soit saine et équitable. Et à ce moment, les populations choisiront le service qui correspond le mieux à leurs attentes ».

Mettre sur la table environ 80 milliards n'a pas été une mince affaire. Comment a été conçu le montage financier ? Quelle est la part de fonds propres et quel est le niveau du financement complémentaire ?
« Je pense que le plus important dans cette acquisition, ce n’est pas tellement le montant de l’acquisition, contrairement à l’intérêt qui est suscité. En fait, c’est une structure qui était à vendre et que nous avons achetée. Maintenant, pour les modalités d’achat, je ne pense pas que ce soit la chose la plus importante. Ce qui intéresse plutôt les Sénégalais, c’est de savoir qu’est-ce que nous comptons faire de cette société qui, aujourd’hui, intervient dans un secteur très sensible et qui fait appel à une offre de service au quotidien. Les services de téléphonie ne sont pas un luxe, mais un service public pour lequel aussi bien l’Etat, le régulateur que les populations accordent un intérêt particulier ».

D’aucuns estiment que vous êtes un prête-nom. Que leur répondez-vous ?
PDG Wari Tigo« Il faut vraiment le déplorer parce que vous avez des personnes qui, au lieu de travailler à trouver des offres pour une concurrence saine, n’ont d’autre chose à faire que de produire des allégations qui sont fausses et diffamatoires. C’est vraiment déplorable. Actuellement, Wari est présent dans 62 pays. On aurait pu faire comme certaines multinationales et investir ailleurs qu’au Sénégal. Mais on a réinvesti la totalité de nos revenus dans le pays. Je pense que c’est ce qu’il faut saluer. Il faut que les rumeurs fausses et diffamatoires soient décriées et que les populations ne soient pas abusées par les propos malveillants. Pour le reste, je pense que les populations mesurent bien exactement ce qu’a réalisé Wari depuis sa création. Notre parcours est complètement transparent. Les Sénégalais nous suivent depuis nos débuts en 2008. C’est ce que nous prônons et elles le constateront toujours au quotidien, aussi bien maintenant que dans l’avenir. Il n’y a absolument aucune personne qui est derrière Wari, à part les Sénégalais ».

Quelle est la géographie du capital de Wari ? Qui en est l’actionnaire majoritaire ? Certains susurrent même que vous êtes peut être un prête-nom. Que répondez-vous par rapport à ces commentaires ?
« Encore une fois, ce sont des allégations diffamatoires et réductrices. Il vaut mieux saluer les initiatives plutôt que d’essayer de penser qu’il y a toujours quelque chose de malsain derrière. C’est assez déplorable de ne pas avoir un esprit positif. La société Millicom détenait les trois sociétés au Sénégal que sont Sentel S.A., Data International et Mobile Cash. L’ensemble de ces trois structures, c’est-à-dire 100 %, appartiennent maintenant à Wari, un groupe détenu à 97 % par Kabirou Mbodj. Le reste du capital, soit 3 %, est détenu par les employés ou les anciens employés. Voilà la structure de notre capital. Dans le futur, il y aura des ouvertures parce que Wari s’internationalise et de grandes institutions sont en train de vouloir entrer dans le capital. Ce ne sont pas des Marocains, ni des Algériens et il n’y a pas quelqu’un qui est derrière et qui tire les ficelles. L’autre objectif est de redonner aux Sénégalais et aux Africains la propriété du groupe Wari pour que tout le monde en soit, en partie, propriétaire. Nous souhaitons que les retombées de cette grande aventure que nous essayons de construire puissent servir et profiter à tous ».

Wari avait connu, ces deux dernières années, une polémique opposant des actionnaires qui a atterri au tribunal. Où en est cette affaire ? Est-ce qu'elle a gêné ou retardé le processus d'acquisition de Tigo ?
« Il n’y a jamais eu un problème chez les actionnaires. La politique de Wari c’est de redistribuer. Ça fait partie de notre Adn. Quand j’ai créé la société, j’ai voulu donner des parts à des employés pour qu’ils puissent en bénéficier. C’est ce que je leur avais promis, c’est-à-dire créer une fierté et des revenus pour que tout le monde puisse en bénéficier. C’est ce que j’ai voulu faire. Malheureusement, cela a été détourné pour créer de la polémique par voie médiatique. Mais, il n’y a aucune incidence sur la vie de la société. La preuve, les personnes qui sont derrière pour dénigrer Wari ont été elles-mêmes condamnées, à savoir Jeune Afrique et d’autres journaux de la place qui ont relayé cette information et qui ont été condamnés pour diffamation par le Tribunal de Dakar ».

Après Total Sénégal, il y a un an, envisagez-vous une future introduction de Wari et Tigo en Bourse, à la Brvm notamment ? Dans le futur, une ouverture du capital de vos deux entités vers un actionnariat populaire est-elle possible ?
« Tout cela est non seulement possible, mais souhaitable car aujourd’hui, il en va de l’intérêt de l’entreprenariat sénégalais et africain que les gens comprennent que dans le monde, les mécanismes de financement les plus complets et les plus efficaces se font par les marchés et cela a l’avantage de créer un vrai engouement populaire. Déjà, on a noté avec intérêt l’engouement engendré par l’information de cette acquisition et le patriotisme au Sénégal. Cela nous rend fier et nous le saluons à juste titre. Fort de cela, nous voulons redonner aux populations sénégalaises la possession de cet outil que constitue Tigo qui est un outil de souveraineté et nous ferons en sorte que les populations se l’approprient. Oui, l’entrée en bourse est quelque chose qui est envisagée ».

C’est-à-dire aller en bourse et faire une ouverture sur l’actionnariat populaire ?
« Oui l’actionnariat populaire a toujours été une chose voulue par le groupe Wari. Nous travaillons là-dessus pour les deux entités ».

Avec l’acquisition de Tigo, est-ce qu’on peut désormais considérer Kabirou Mbodj comme un capitaine d’industrie ?
« La personne importe peu dans le dispositif. Si ce n’était l’engouement suscité par Wari, j’aurai souhaité rester anonyme. Cet engouement est encore plus fort avec l’acquisition de Tigo et m’oblige à me mettre au-devant de la scène. Mais un capitaine d’industrie, c’est un entrepreneur au départ. Pour cela, je sais que tous les entrepreneurs qui se lèvent tous les jours et qui se disent qu’il faut essayer de changer les choses sont à saluer. Il n’y a pas de profil qui soit plus haut que les autres. Il y a des degrés de réussite, mais ça n’enlève pas le mérite de l’ensemble des gens qui essayent. C’est tout cela qu’il faut saluer ».

Le fait d’être considéré comme un capitaine d’industrie, ça ne vous choque pas ?
Kabirou Mbodje Wari Tigo« Il n’y a pas à être choqué. Si c’est légitime, je l’accepte avec fierté et responsabilité. Parce que derrière, c’est un devoir qui s’impose. Nous devons offrir un service public, même si Wari est une société privée. Il y a donc une énorme responsabilité qui se renforce par l’adhésion des populations et nous voulons qu’elles soient encore plus fières de ce que nous faisons et beaucoup plus engagées à porter l’entreprenariat sénégalais et africain ».

Que vont représenter Tigo et Wari dans l’économie nationale en termes de chiffres d’affaire et d’emplois créés ?
« Ce sont les populations qui vont définir la qualité et l’envergure de l’utilisation qui va être faite des services que nous offrons aujourd’hui et pour le futur. Cet engouement va nous obliger à réfléchir plus fort à comment redonner aux Sénégalais cette force qu’ils ont créée en nous, en générant encore plus d’emplois. Aujourd’hui, avec 18.000 emplois directs, Wari est le premier créateur d’emplois et nous comptons accroître ce chiffre à travers tout l’écosystème que nous allons mettre sur pied. Le rôle de l’Etat est d’organiser l’économie. Il ne lui revient pas de créer des emplois, mais d’accompagner les entreprises. Et en développant les entreprises, on générera plus de revenus fiscaux pour l’Etat, ce qui lui permettra de construire plus d’infrastructures ».

Quelle sera votre stratégie à Tigo ? Ce sera la rupture ou la continuité ?
« Vous me permettrez de rassurer tous nos employés. Que ce soit ceux de Tigo ou de Wari. Ce que nous cherchons, c’est avant tout l’excellence et offrir les meilleurs des services. Il n’y a donc pas de chasse à l’homme, de politique de restriction ou de réduction d’emplois. L’objectif, aujourd’hui, est tourné vers les populations sénégalaises. Qu’est-ce que nous pouvons leur offrir de mieux, de plus adapté et de moins cher ? C’est ensemble que nous allons travailler, aussi bien les équipes de Tigo que celles de Wari, pour offrir ces performances aux populations ».

Vous êtes aussi un chantre de la préférence nationale. Comment appréciez-vous la position de l’Etat à l’endroit des opérateurs économiques nationaux ?
« Nous prônons la concurrence saine et un environnement juste et attentifs aux investisseurs nationaux. L’Etat ne peut pas tout faire. On a tendance à penser que c’est l’Etat qui crée les emplois. J’évoque avec respect le nom de Babacar Ngom et d’autres qui sont de véritables capitaines d’industrie au Sénégal. Au début, un entrepreneur défend son projet sans tout attendre de l’Etat. Notre préoccupation porte plutôt sur ce que nous pouvons apporter à notre pays. C’est ce que nous avons fait. Ce n’est pas une question d’argent, mais d’organisation. Il faut que nous, Sénégalais, nous mettions ensemble, que nous travaillions ensemble, ayons une stratégie commune, des ambitions communes et un destin commun. A ce moment-là, l’Etat pourra nous rejoindre et organiser cet engouement de solidarité. C’est ce qu’on attend de l’Etat. Il doit venir en dernier ressort pour organiser le cadre et faire en sorte que tout le monde puisse librement exercer sa profession ou son activité. Que chacun soit, de façon équitable, dans le système économique pour que l’ensemble de la population et des acteurs puisse en profiter. Je pense qu’on a le soutien de l’Etat et j’en suis content ».

Quels sont vos conseils aux jeunes Sénégalais pressés de créer des entreprises gagnantes ? Quelle est votre méthode managériale et entrepreneuriale ?
« Il n’y a pas d’âge pour entreprendre. Il n’y a que la volonté de faire et de réussir. La seule limite, c’est le ciel. Si vous commencez une chose et que vous pensez que c’est ce qu’il fallait faire, il faut le continuer. Il ne faut pas vous arrêter que quand c’est fait et réalisé. Ce qui est important, c’est de se dire, à un moment donné, qu’on va créer une activité parce qu’on sait qu’elle peut rapporter de la valeur ajoutée à soi-même et aux gens à qui c’est destiné, c'est-à-dire à la population. Rien que pour cela, il faut se donner corps et âme, quelle que soit la dureté des épreuves, afin d’atteindre la réussite. C’est le conseil que j’apporte. Tous les rêves sont valables. Ne pas penser que les rêves ne sont pas à notre portée, c’est ce qui brise l’entreprenariat africain. Il faut décomplexer les Sénégalais. Je donne l’exemple de Coca-Cola dont l’origine était une petite structure à Atlanta. Cent ans plus tard, cette société est non seulement pérenne, mais est présente partout dans le monde. Cela veut dire qu’on a une opportunité de jouer sur un terrain mondial. Les outils sont là et les Sénégalais ont une capacité d’adaptation. Il faut décomplexer et l’environnement et l’ensemble du continent pour qu’ensemble on aille à la conquête de ce qui fait la réussite des grands groupes du monde entier et qui puisse nous permettre même de décider de notre avenir ».

Propos recueillis par Cheikh THIAM, Ibrahima Khalil NDIAYE (texte)
et Pape SEYDI (photos)

Les panafricains sont invités à imposer un rapport de force pour obliger les dirigeants des pays de la zone franc à adopter leur propre monnaie.

Le Front anti Cfa engage la bataille de l’opinion publique pour que les pays de la zone franc aient leur propre monnaie. Avant-hier, il a organisé, au centre Amadou Malick Gaye, ex Bopp de Dakar, une conférence pour sensibiliser et sonner la mobilisation. Guy Marius Sagna, coordonnateur national de la coalition « Non aux Ape » considère le franc Cfa comme « un moyen d’oppression, une servitude de l’Afrique ». « Tous les chantres de cette monnaie ne brandissent comme argument que le manque de stabilité de nos Etats », a dit M. Sagna, soulignant que 4 pays africains, partageant le franc Cfa ont connu de coups d’Etat. « Sur les 14 pays qui se partagent le franc Cfa, les 10 font partie des Pays les moins avancés (Pma) du continent », a ajouté M. Sagna, qui invite les panafricains à imposer un rapport de force aux dirigeants africains. « Cette majorité va être déterminante. Nous devons aller vers les populations pour une explication des enjeux. 21.000 milliards de flux financiers quittent de manière illicite la zone Cfa pour aller dans les paradis étrangers », a lancé le coordonnateur national de la coalition « Non aux Ape ». Ndèye Nogaye Babel Sow, porte-parole de l’Ong Urgences panafricanistes estime que le combat continue. « L’objectif de cette manifestation est d’abord historique parce que nous avons décidé d’écrire une nouvelle page de l’histoire de l’Afrique qui est l’unité africaine. Ce n’est pas une révolte mais une révolution qui se prépare. Le franc Cfa est une insulte à notre intelligence et à notre indépendance. Pour mettre fin à cela, nous allons déployer les moyens qu’il faut en commençant par la sensibilisation », a-t-elle déclaré.

«Il faut que les gens soient conscients que toute personne qui a 1.000 FCfa dans sa poche, a perdu la moitié : c’est 2.000 FCfa et les autres 1.000 FCfa vont dans le trésor de la France ; c’est inadmissible ! Le franc Cfa est un handicap au décollage de l’Afrique», a ajouté Ndèye Nogaye Babel Sow. Elle a indiqué qu’une trentaine de conférences se tiennent dans le monde entier. Ndèye Nogaye affirme que la réussite de cette conférence est le résultat d’un travail abattu par les différents mouvements du Front anti Cfa. La panafricaniste Hulo Guillabert a exhorté les jeunes à porter ce combat de principe, comme l’avait fait nos illustres disparus.

Serigne Mansour Sy CISSE

Une monnaie unique en Afrique de l’ouest fait l’actualité et l’objet de débats passionnés. L’Institut supérieur de la finance (Isf) a saisi, l’occasion, dans la commémoration de ses 15 ans, pour réfléchir sur « les stratégies à mettre en œuvre pour une monnaie commune dans l’espace de la Cedeao ». Cette thématique a réuni des sommités intellectuelle du Sénégal et d’ailleurs.

Aujourd’hui, les dirigeants ouest-africains projettent d’arriver à la monnaie unique en 2020. Cette volonté s’est traduite par la mise sur pied d’une « Task force » institutionnelle dirigée par les présidents du Niger et du Ghana, appuyée par les gouverneurs des banques centrales et les responsables des institutions financières de la région. L’ancien directeur général de l'Agence monétaire de l'Afrique de l'ouest (Amao), le Pr Mohamed Ben Oumar Ndiaye, a partagé son expérience à la Cedeao, avec la création de la Chambre  de compensation de l'Afrique de l'Ouest, dont les résultats encourageants ont fait germer, en mai 1983, l'idée d'une monnaie commune pour la région. Il a estimé que les pays qui remplissent les critères de convergences devraient aller vers la monnaie unique en 2020. « Pour ceux qui ne les remplissent pas, il doit y avoir un système de compensation », a insisté l’économiste. Il rappelle que l’instabilité institutionnelle, la structure des économies des pays de la région, l’insécurité, les conflits et les épidémies portent un sérieux coup à l’avènement de cette monnaie unique. D’où son invite aux décideurs à trouver des mécanismes d’ajustement comme l’a réussi l’Union européenne avec la zone Euro.

Le Pr Eric Paget-Blanc, professeur des universités, a tiré des enseignements sur cette expérience de l’Euro, avec 19 pays en 1999, date de son introduction. Selon lui, l’Euro a connu un succès entre 2000 et 2007 qui s’est matérialisé par la baisse des taux d’intérêt, qui a permis aux pays les plus pauvres de la zone de lever des fonds sur les marchés et de stimuler leur croissance. « Aujourd’hui, a reconnu l’universitaire, cette monnaie est très contestée dans les pays membres, exceptée l’Allemagne ». Sa conviction est qu’une monnaie unique n’a de sens que si elle est une « étape vers une intégration budgétaire qui mène à une union politique ». La monnaie unique telle que envisagée dans l’espace de la Cedeao doit s’inscrire dans ce sens, dit-il.

« Zone intermédiaire »
Le Pr Mario Dehove, professeur associé à Paris 13, a rappelé qu’une monnaie unique vise à stabiliser une zone commerciale intense. Pour cela, a-t-il ajouté, il faut des institutions fortes, estimant qu’il serait difficile de remplir tous les critères de convergences. « C’est une œuvre de longue haleine », a-t-il averti. Pour le Pr Dominique Plihon, professeur agrégé Paris 13, les deux expériences d’intégration monétaire (Europe et Afrique de l’ouest) sont très différentes. Avec l’Euro, a-t-il noté, l’idée était très salutaire au départ.

Le Pr Babacar Sène a insisté sur la nécessité d’avoir une entité monétaire unique qui garantit, selon lui, une « stabilité de l’inflation, du taux de change ». Avec une monnaie unique, il estime que les pays membres de cette union vont se surveiller mutuellement. Pour ce qui concerne les régimes de change, l’enseignant pense que la future entité monétaire de la Cedeao devrait aller vers une « zone intermédiaire ». Mais au préalable, des études sont nécessaires pour voir le régime le plus adéquat. « Ce type de système expose les pays à des attaques spéculatives », souligne-t-il. Pour le modérateur de cette conférence, le Pr Moustapha Kassé, une monnaie unique requiert un système de parité fixe, de convergence de critères et de la gouvernance de la banque centrale. « On peut avoir de très bonnes théories économiques, mais si l’on n’arrive pas à convaincre les politiques, elles vont rester dans nos amphithéâtres », a-t-il déclaré.

Souleymane Diam SY

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