banner home page1

Pour vos insertions, contactez la Régie publicitaire de la SSPP Le Soleil

Affaires et Finances (2095)

Le directeur général de la Senelec s’est rendu, hier, au Cap des Biches pour constater, de visu, les dégâts occasionnés par l’incendie qui a eu lieu à la centrale C4, une des plus importantes au Cap des Biches. Selon le directeur de la production et de la distribution, Oumar Kane, l’incendie a été vite maîtrisé. Selon lui, cette centrale C4 fait « 90 MW, soit le tiers de la production du site. Toutefois, ce ne sont pas les 90 MW qui sont impactés, mais bien 35 MW ». Autrement dit, la production n’est pas affectée. A en croire le Dg, Makhtar Cissé, la Senelec a une bonne disponibilité dans son parc de production, réaffirmant que Senelec est dans une bonne dynamique de redressement qui lui permet, malgré un incident de cette ampleur, de fournir de l’électricité à l’ensemble des Sénégalais sans connaître de désagréments majeurs. Il a rappelé que le site du Cap des Biches renferme un peu plus de la moitié du parc de production de la Senelec. C’est donc le plus important de l’entreprise. La C4 est une production thermique qui fonctionne en diésel.

D. MANE (avec la Rts)

Le Collectif des producteurs et exportateurs de graines d’arachide (Copega) qui tenait, hier, à Kaolack, la deuxième édition de son forum annuel, a plaidé pour une réduction de la taxe de 40 FCfa/kg  à l’exportation. Ces opérateurs économiques dressent un bilan peu reluisant de leur dernière campagne de commercialisation plombée par cette mesure. Une centaine de participants dont des huiliers et des partenaires techniques et financiers prennent part à ses assises.

La taxe de 40 FCfa/kg des graines d’arachide vendues à l’étranger  fixée par l’Etat du Sénégal au mois de décembre dernier a constitué un frein au développement de l’exportation de la filière oléagineuse. Le constat est établi par le Collectif des producteurs et exportateurs de graines d’arachide (Copega). Les membres de cette organisation réunis dans un forum à Kaolack, le cœur du bassin arachidier, ont ainsi suggéré un assouplissement de cette taxe qui rend l’arachide produite au Sénégal moins compétitive sur le marché international. « Nous avions réussi la prouesse d’être un des six pays, par le monde, agréés par la République populaire de Chine pour vendre notre arachide chez elle.

A titre d’exemple, pour  la campagne de commercialisation, les exportations se sont  chiffrées à 345.000 tonnes, équivalant à  103 milliards de FCfa dont 80 % sont allés aux producteurs directement  », a rappelé le patron du Copega  dans son adresse inaugurale lors de l’ouverture du forum annuel. Habib Thiam a dressé un tableau de bord de la campagne 2017 moins rentable que la précédente. « Pour la présente campagne de commercialisation, l’imposition d’une taxe de 40 FCfa/kg sur les exportations a constitué un sérieux frein à nos activités notamment sur le marché chinois, notre principal client. Car en plus de renchérir le prix de vente de nos graines, il y a eu un problème dans son application avec  la question de la consignation qui n’a pas été réglée par l’arrêté instituant ladite taxe. En définitive, les membres de notre organisation ne regrettent que l’impact négatif de cette taxe ait porté un rude coup à la filière dont ce volet incarnait, avec sa croissance régulière, le plus sûr espoir de son renforcement. C’est pourquoi, nous sollicitons non pas son annulation mais sa réduction pour nous permettre d’être compétitifs sur les marchés pourvoyeurs  », a plaidé le chef de file des exportateurs de produits oléagineux. Une position partagée par le représentant de la principale chambre consulaire de Kaolack, Djibril  Diop. «  Nous encourageons les membres de Copega  à s’engager sur la voie de la concertation avec les pouvoirs publics pour aboutir à un assouplissement de la taxe sur les exportations qui rend nos graines d’arachides moins compétitives sur le marché international », a recommandé le vice-président de la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Kaolack. Un plaidoyer de plus qui vient dans un contexte d’informations sur la ratification d’un accord de libre échange sur les produits agricoles entre la République populaire de Chine et celle de Gambie. Le géant asiatique aurait ouvert une représentation diplomatique à Banjul pour mieux suivre ce marché émergent. «Notre inquiétude est de voir certains producteurs aller vendre leurs graines en Gambie alors qu’ils ont bénéficié de subventions pour les semences et les intrants du gouvernement sénégalais, l’intensification de la spéculation avec le phénomène des «Mbapatt » n’est pas à exclure », a prévenu le patron de Copega.

Elimane FALL   

Un Crd de mise à niveau des partenaires locaux s’est tenu, hier, à Louga. Au menu : le rapport régional du Recensement général des entreprises (Rge) élaboré par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd).

Exactement 13.494 unités économiques sont recensées dans la région de Louga.  C’est l’Agence nationale de la statistique et de démographie au Sénégal (Ansd) qui donne ce chiffre. Un chiffre qui cache néanmoins quelques disparités avec le département de Louga qui concentre le plus d’unités économiques (46,9%). Suivent les départements de Kébémer (31% et Linguère avec 21,1%. Autre renseignement du rapport de l’Ansd : la région de Louga ne compte aucune grande entreprise. Normal quand le tissu économique régional est constitué de 98,8% d’unités informelles.

Les sources de financement sont également révélatrices : autofinancement, tontines, micro crédit et familles. « Il est impossible de créer de grandes entreprises avec ces modes de financement », a commenté le directeur général de l’Ands, Aboubacar Sédikh Bèye.  Il s’est réjoui de la forte présence des partenaires locaux à ce Crd. « L’information éclaire la décision. Le rapport est donc un outil d’aide à la décision », a-t-il dit, saluant la qualité des interventions. Des  avis mais aussi des attentes et des suggestions ont été partagés avec un but réaffirmé : rendre dynamique l’économie de la région. Les échanges l’ont montré.  Et le rapport de l’Ands l’a bien mentionné. Les unités économiques de la région de Louga connaissent toutes sortes de difficultés. Difficultés qui ont pour noms : taxes et impôts trop élevés, insuffisance de la demande, manque de local adapté, formalités administratives contraignantes, coût élevé du transport, accès limité aux structures d’appui, cherté des plateaux techniques ou commerciaux, insuffisances de personnel qualifié, corruption. A cela, s’ajoutent des difficultés d’approvisionnement en matières premières, en énergie, d’accès au crédit, à la commande publique. « Le mérite de l’Ansd, c’est de nous faire une bonne cartographie des unités économiques. Mais aussi et surtout d’avoir pointé du doigt les goulots d’étranglement », s’est félicité le directeur de la Société d’aménagement et d’exploitation des terres du delta du fleuve Sénégal (Saed), Samba Kanté qui a salué l’équipe de l’Ansd pour le « remarquable travail » effectué. Il dit attendre, avec impatience, les résultats de l’enquête sur le Recensement général des entreprises/volet agricole.

Enquête qui va démarrer dans la deuxième quinzaine du mois d’août. L’Ands a profité de ce Crd pour partager le dispositif organisationnel et les objectifs de cette prochaine enquête. Un appel a été lancé aux collectivités locales pour qu’elles puissent accompagner le projet. « Nous allons vous accompagner en nous impliquant activement », a promis le maire de Keur Momar Sarr, Dioumorou Ka, rappelant le rôle essentiel de l’élevage et du secteur agricole dans la sécurité alimentaire et le développement économique du pays.

Abdoulaye DIALLO

Du fait des nombreuses contraintes liées à la préparation de la Tabaski 2017 dans le domaine de l’élevage, le chef du service régional de l’élevage, Dr Seynabou Diack Sy, a souhaité, hier, une gestion collégiale de l’évènement. C’était lors de la dernière réunion du Comité régional de développement (Crd) présidée par l’adjoint au gouverneur chargé du développement, Sahite Fall.

Mme Sy a insisté sur la nécessité de collaborer étroitement avec les collectivités locales pour l’aménagement des points de vente et la remise en état après l’évènement, avant de rappeler que la région de Saint-Louis a besoin de 155.000 moutons par rapport au besoin national estimé à 750.000 moutons dont 260.000 pour Dakar. En présence des autorités administratives, elle a invité les forces de sécurité à prendre, au moment opportun, toutes les dispositions sécuritaires nécessaires à l’acheminement des petits ruminants vers les différents foirails.

L’allègement du contrôle pour faciliter le transport, l’électrification des sites officiels, l’approvisionnement en eau, etc., figurent en bonne place dans ses recommandations. Parlant de l’approvisionnement en mouton, elle a indiqué que les « téfankés » et autres revendeurs de moutons sont en train de débarquer des troupeaux d’ovins et de caprins à un rythme satisfaisant.

L’adjoint au gouverneur chargé du développement, Sahite Fall, a donné des instructions aux membres du Crd pour que toutes les dispositions soient prises en vue de permettre aux pères de famille sénégalais de disposer, dans de bonnes conditions et à des prix acceptables, leur bélier. Parmi les mesures prises par le gouvernement, Sahite Fall a notamment cité l’exonération des taxes au profit des éleveurs et vendeurs de moutons, ainsi que l’assouplissement des contrôles de la période du 18 juillet au 16 septembre 2017, conformément à la circulaire du premier ministre. Il a surtout exhorté les éleveurs « à faire preuve de patriotisme pour revoir à la baisse les prix exorbitants des moutons ». M. Fall a invité ces derniers à tenir compte des efforts constants déployés par l’Etat en direction des éleveurs pour les aider à faire face aux nombreuses charges liées aux préparatifs de cet évènement. En effet, a-t-il précisé, le gouvernement a appuyé les éleveurs dans les domaines de l’alimentation du bétail, du transport des petits ruminants, du financement des opérations de Tabaski avec l’appui de la Cncas, etc.

Dans ce même ordre d’idées, Sahite Fall a longuement insisté sur la nécessité pour les éleveurs, les opérateurs, de rembourser les crédits/Cncas qui leur avaient permis, l’année dernière, de réaliser de bons chiffres d’affaires à l’issue de l’opération Tabaski 2016.

A. M. NDAW

Une institution de micro finance de l’espace Cedeao sera bientôt créée. La décision a été prise à l’issue du forum régional des acteurs clés intervenant dans le domaine de la transformation des produits agricoles, halieutiques et artisanaux des États membres de la Cedeao qui s’est déroulé à Cotonou (Bénin) du 26 au 28 juillet, rapporte le premier vice-président du Conseil des entreprises du Sénégal (Cdes).

Le Centre de la Cedeao pour le développement du genre (Ccdg) va mettre en place une institution de microfinance de l’espace communautaire pour apporter un soutien financier aux femmes transformatrices de produits locaux. Cette décision a été entérinée à l’issue du forum sous régional des acteurs clés intervenant dans le domaine de la transformation des produits agricoles, halieutiques et artisanaux dans les États membres de la Cedeao qui s’est tenu du 26 au 28 juillet 2017, à Cotonou (Bénin). Le Conseil des entreprises du Sénégal (Cdes) qui a pris part à cette rencontre en tant qu’organisation patronale a organisé, hier, à son siège, une conférence de presse de restitution des décisions prises lors de ce forum. Selon son premier vice-président, Ibrahima Biry Tandian qui avait conduit la délégation du Cdes, la mise en place d’un réseau de micro finance pour financer les femmes transformatrices dans l’espace Cedeao peut être considérée comme la décision phare de Cotonou. «Le financement est un véritable problème régional. Cette institution pourra financer ces femmes à moindre coût pour les permettre de se débarrasser du système bancaire classique. Les femmes, souvent, n’ont pas de garanties. Elles ne sont pas propriétaires terriens alors que la terre est la meilleure garantie pour les institutions financières comme les banques. Avec de petits montants, cette institution va les aider à s’équiper et à travailler de façon plus libre », a expliqué le premier vice-président du Cdes.

La deuxième décision du Forum, rapporte toujours M. Tandian, est la mise sur pied d’un réseau des femmes transformatrices de la Cedeao. Ce réseau va faciliter les échanges de bonnes pratiques entre toutes les femmes qui s’activent dans la transformation des produits halieutiques, agricoles ou artisanaux. Ce forum de Cotonou a été aussi, selon Ibrahima Biry Tandian, une occasion de soulever les différents problèmes des femmes transformatrices. Ces problèmes sont surtout liés à l’emballage, à la commercialisation et au financement. Pour régler ce problème de l’emballage dans la sous région, le vice-président du Cdes estime qu’il faut mettre en place une centrale d’emballage qui permettra de disposer de ce produit. A son avis, le Sénégal a même réglé, en partie, ce problème car beaucoup de femmes de la sous-région viennent à Dakar pour s’approvisionner en emballage.

Le Forum de Cotonou a regroupé 30 femmes transformatrices qui ont bénéficié d’un financement du Centre de la Cedeao pour le développement du genre.

Aliou Ngamby NDIAYE

En conférence de presse, hier, l’Union nationale des commerçants et industriels du Sénégal (Unacois)-Jappo a dénoncé la «forfaiture» de certaines personnes qui s’érigent en responsables de l’Union.

« Le  président Idy Thiam et le bureau national de l’Unacois-Jappo condamnent, avec la dernière énergie, cette ultime tentative de forfaiture de deux individus, respectivement autoproclamés président et secrétaire général et  qui sont à la solde de personnes mal intentionnées dont le seul but est de déstabiliser l’Unacois-Jappo qui les empêche régulièrement de nuire aux intérêts des populations », dénonce Dr Assane Kâ, vice-président et chargé de communication de l’Unacois, précisant qu’ils n’atteindront jamais leur but, qui est la voie de l’illégalité. «En effet, après avoir été sanctionnés par nos juridictions pénales par l’arrêt n°582 du 21 avril 2015 pour activité illégale sous le nom de l’Unacois-Jappo, ils feront, cette fois-ci, face à la détermination de nos membres quel qu’en soit le prix », prévient Dr Kâ.

« Cette volonté de leur barrer la route ne souffrira d’aucun obstacle ; quel que soit les moyens qu’ils emploieront, ils ne réaliseront aucune activité, aucun évènement sous le nom de l’Unacois-Jappo », a assuré le vice-président.

Assane Kâ a rappelé que l’Unacois-Jappo est une institution légalement constituée avec des textes réglementés dont le nom et le logo sont protégés par l’Oapi-Organisation africaine de la propriété intellectuelle. « Nous ne tolérerons aucun abus pouvant ternir notre image », a-t-il menacé.

S. M. S. CISSE

Le nouveau siège du secrétariat général de la Conférence interafricaine des marchés d’assurances (Cima) a été inauguré lundi, à Libreville, par le Premier ministre, Emmanuel Issoze Ngondet. Situé en plein centre-ville, l’édifice occupe une superficie totale de 2.482 m². Il mesure une trentaine de mètres de haut et comprend un rez-de-chaussée et sept niveaux avec un sous-sol de 900 m². L’investissement a coûté 6,5 milliards de FCfa, empruntés auprès des sociétés d’assureurs et de réassureurs implantées dans les 14 États de la zone Cima. «Disposant désormais d’un cadre de travail idéal et des plus agréables, cette nouvelle infrastructure va davantage galvaniser le personnel et pousser le secrétariat général à plus d’efficacité», a déclaré le chef du gouvernement. Créée le 10 juillet 1992 à Yaoundé, au Cameroun, la Cima compte 15 États membres : le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la Centrafrique, les Comores, le Congo, la Côte d’Ivoire, le Gabon, la Guinée équatoriale, le Mali, le Niger, le Sénégal, le Tchad et le Togo.

APA

En cette période de l’année, le poisson se fait rare. Et cela se ressent sur le chiffre d’affaires des pêcheurs et mareyeurs et sur les petites bourses ; les prix sont hors de portée.

Une ruelle étroite et sablonneuse entourée des deux bords par des tables sur lesquels des dames ont placé des légumes au quartier de Yarakh mène au quai de pêche de Hann. A quelques mètres, l’odeur du poisson titille les narines des visiteurs et autres passants. A l’intérieur du quai, sous les hangars, le sable mélangé à l’eau de mer et aux écailles de poissons recouvre la dalle. C’est le décor dans lequel baigne le quai de pêche de Hann. Sous ce hangar qui grouille de monde, pêcheurs, commerçantes sont assis sur les caisses de poissons vides et discutent tranquillement. Dans ce groupe, Mame Matar Diop, la personne «habilitée à parler», a les yeux rivés sur un quotidien de la place. Casquette à la tête, ce mareyeur indique que se camarades et lui, ces derniers temps restent souvent assis, discutant de tout et de rien car il n’y a pas assez de poisson et, du coup, pas beaucoup de travail. «Avec la saison des pluies, il n’y a pas assez de poisson. Les poissons sortent en période de fraîcheur et actuellement avec la pluie et la chaleur, ils se retranchent dans les eaux profondes ou dans les roches.

Il n’y a que quelques poissons comme les dorades, les Thiofs, naw-naw, etc. La sardinelle a considérablement baissé», explique Mame Matar Diop. Pour le mareyeur, les sardinelles, communément appelées «Yaboy» sont la base de la pêche, car servant souvent d’appâts pour les autres poissons. Elles disparaissent pendant l’hivernage.

Les pêcheurs qui passaient la nuit en mer ne font que des demi-journées en partant en mer le matin pour revenir vers 14 heures. D’ailleurs, à Hann, beaucoup de pirogues flottent sur le rivage, les pêcheurs sont en « chômage technique». L’explication donnée par celui qui capitalise une dizaine d’années dans le milieu est que beaucoup de pêcheurs sont partis vers Mbour et Joal où le problème est moins accru. «En période de fraîcheur, plus de 100 pirogues débarquent à Hann avec toutes sortes de poissons chaque jour, mais de juin à novembre coïncidant avec l’hivernage et la chaleur, les débarquements sont limités», confie Mame Matar Diop.

Cherté des prix
Compte tenu de la rareté du poisson, les prix ont augmenté. Ils sont chers voire inaccessibles pour les petites bourses. Les quelques poissons qui sont disponibles au quai de pêche de Hann, comme les dorades, les ‘’thiofs’’, les ‘’Sols’’, sont dans des caisses  pour être vendus dans les usines de transformation des produits halieutiques et destinés à l’exportation. C’est après un tri que le reste est revendu sur le marché local, à des prix chers comparés à ceux de la bonne saison de pêche. Habib qui marchande des caisses de poissons pour ravitailler les usines mais aussi des ménages « riches », a le visage en sueur. Sentant l’odeur du poisson, il indique qu’en janvier, par exemple, le prix du kilogramme de la dorade est de 1.500 FCfa, mais actuellement, il s’échange entre 2.000 et 3.000 FCfa ; le ‘’thiof’’ est vendu à 6.000 FCfa contre 3.000 FCfa en période normale. «Il y a une grande différence entre la saison sèche et la saison des pluies et forcément ça se répercute sur les prix. Le mois d’août est souvent ainsi. C’est dur pour les clients et les revendeurs mais c’est la loi du marché », philosophe Habib.

Le mareyeur, Mame Matar Diop, qui a suivi la discussion, abonde dans le même sens et déclare qu’en cette période, ils peuvent venir au quai de pêche pendant une semaine sans rentrer avec un sou. «On sait que la pêche ne marche que par saison. Actuellement, on essaie d’avoir juste la dépense quotidienne. C’est pourquoi lorsque la saison est bonne, de décembre à juin, on économise pour faire face aux dépenses des fêtes de Tabaski, Korité», affirme Mame Matar Diop sous le regard approbateur de ses collègues. Moussa Ndiaye, un autre commerçant de poissons, calculatrice à la main, fait le point de la pesée de 8 à 12 heures du poisson. Depuis longtemps, il collabore avec les pêcheurs au quai de Hann. Il note que ceux qui vivent de la pêche ont tous des difficultés. Il soutient qu’il ne trouve que la moitié de la quantité qu’il achetait. Le doyen Seydina Kâ fait face à la mer comme pour scruter de nouveaux débarquements. Il totalise 52 ans dans le secteur et estime que la ressource diminue de manière globale et pendant l’hivernage, c’est presque un arrêt de travail obligé pour eux alors quelques semaines auparavant, les pêcheurs jetaient les sardinelles à même le sol, ne sachant pas quoi en faire. Actuellement, ce sont les privilégiés qui peuvent mettre la main sur ces poissons et même sur le poisson fumé.

Oumar KANDE

LES VENDEURS DE GLACE RESSENTENT LA RARETÉ DU POISSON  
La rareté du poisson a des conséquences sur toutes les activités liées à la pêche. Au quai de pêche de Hann, le jeune Amadou Dian Kanté, qui tient trois réfrigérateurs, a l’habitude de vendre de la glace pour la conservation du poisson. Le rareté du poisson se ressent sur son commerce qui n’est pas florissant. «S’il y a beaucoup de poissons, je vends beaucoup de glace. Mais actuellement, mes clients revendeurs de poissons ne sont plus nombreux», affirme-t-il. Pendant la bonne saison du poisson, il écoule facilement entre 40 et 50 caisses de glace par jour pour 1.300 FCfa l’unité, ce qui lui fait «un petit pactole» ; maintenant, il peine à vendre 25 caisses par jour.

O. KANDE

Le Projet pôle de développement de la Casamance (Ppdc) va accompagner les organisations de producteurs des régions de Ziguinchor, Sédhiou et Kolda à emblaver 37.210 hectares en riz cette année contre 32.927 hectares en 2016 et 18 160 hectares en 2015 ; soit une augmentation respectivement de 15% et 51%.

Pour la présente campagne agricole, le Projet pôle de développement de la Casamance a fini de recycler les conducteurs des 14 tracteurs et 14 motoculteurs qu’il avait achetés en 2016 et mis à la disposition des organisations de producteurs. Le Ppdc a acquis ces engins de travail de sols à 370 millions de FCfa et les a octroyés aux producteurs sur la base d’une subvention de 80 à 85 %. « Les producteurs ont mobilisé, sur fonds propres, 55 millions de FCfa et acheté ces machines », a indiqué le responsable chaîne de valeurs, Ousseynou Konaté. Le projet a également acheté 125 tonnes de semences certifiées de riz produites par 3 coopératives semencières de Casamance que sont l’Entente de Diouloulou, Blouf Emano et la Fédération des producteurs du bassin de l’Anambé (Feproba). Il a acquis ces semences à 50 millions et les a subventionné aux producteurs à 80 %. D’après M. Konaté, ces semences viennent en supplément à celles distribuées par le Programme national d’autosuffisance en riz (Pnar).

Dix nouvelles vallées réhabilités dans le Bignona
En outre, le Projet pôle de développement de la Casamance a mis à la disposition des producteurs 1.000 tonnes d’engrais Mpk et 800 tonnes d’urée pour un montant de 510 millions de FCfa et subventionnées pour les producteurs à 80%. Ces engrais ont été mis en place dans 105 communes de la Casamance, selon Oussseynou Konaté. A l’en croire, l’identification et la distribution des semences et engrais aux producteurs ont été assurées par 31 organisations paysannes partenaires du projet. M. Konaté a renseigné également que pour cette campagne agricole, 10 nouvelles vallées du département de Bignona, qui sont situées dans le marigot d’Affiniam, ont été réhabilitées et aménagées par le Ppdc au bénéfice des producteurs. Ces vallées sont mises en valeur à partir de cet hivernage. Les comités de vallée (au nombre de 10) sont déjà mis en place et ont été renforcés dans les thématiques de gestion de l’eau, de bonnes pratiques agricoles, de prévention et de gestion des conflits. En plus, le Ppdc est en train de construire 15 magasins au profit des organisations de producteurs partenaires pour le stockage des productions agricoles (riz).

El Hadj Moussa SADIO

Les acteurs de la pêche artisanale veulent jouer un rôle plus déterminant dans la mise en œuvre des politiques publiques de pêche. Pour ce faire, ils ont invité les autorités à les soutenir à élaborer une stratégie nationale de développement des organisations de la pêche artisanale.

Ce plaidoyer a été fait, hier, par Moussa Mbengue, Secrétaire exécutif de l’Association ouest-africaine pour le développement de la pêche artisanale (Adepa), lors de la cérémonie d’ouverture de l’atelier de restitution des modules 4 et 5 du projet : « Renforcement de la bonne gouvernance de la pêche au sein des organisations professionnelles de la pêche artisanale ».

Au Sénégal, le secteur de la pêche artisanale représente plus de 78 % des débarquements. Ainsi, sa contribution à l’économie sénégalaise, à la sécurité alimentaire des populations, à la fourniture de protéines d’origine animale à moindre coût et à la création d’emplois ne sont plus à démontrer. « Pour une bonne mise en œuvre de la Lettre de politique sectorielle des pêches et de l’aquaculture, nous avons besoin d’organisations professionnelles compétentes et fortes qui participent, de manière significative, aux politiques publiques. Il nous faut élaborer, de manière participative, ce document qui va s’inscrire dans la durée avec des objectifs très précis permettant une mise en cohérence des synergies et d’avoir une vision et une visibilité des stratégies que nous envisageons développer en faveur des professionnels de la pêche », a déclaré le Secrétaire exécutif de l’Adepa.

Il ajoute que les acteurs de la pêche artisanale méritent « plus de respect et de considération » de la part des Etats et des partenaires eu égard à leur contribution à l’économie sénégalaise. « Nous sommes conscients de tous les efforts importants que l’administration des pêches déploie pour la promotion d’une pêche durable, mais nous souhaitons que la pêche artisanale, au-delà même du Sénégal, fasse l’objet d’une attention plus particulière de la part des décideurs », a-t-il dit. En matière de bonne gouvernance, même si des efforts sont encore à faire, Moussa Mbengue reconnaît que le Sénégal, par rapport aux autres pays membres de la Commission sous-régionale des pêches (Csrp), est en avance. « C’est l’un des rares pays où la co-gestion, voire la gestion participative est au cœur des politiques publiques de pêche avec la mise en place par l’État de Conseils locaux de pêche artisanale et où les infrastructures de pêche sont gérées directement par les acteurs eux-mêmes », a-t-il fait remarquer. Venu présider cette rencontre, le Directeur des pêches maritimes, Mamadou Goudiaby, après avoir insisté sur les performances de la pêche artisanale, a invité les acteurs du secteur à jouer leur partition dans la préservation de la ressource. En effet, selon lui, les signes de surexploitation des ressources et de dégradation des habitats sont réels et handicapent fortement la durabilité des pêcheries des pays membres de la Csrp. « Le diagnostic et l’analyse de la situation contextuelle montrent que la participation des organisations professionnelles à la définition, à la mise en œuvre et au suivi-évaluation des politiques des pêches est une condition indispensable à la durabilité des pêches », a-t-il soutenu. M. Goudiaby pense que leur formation doit être au début et à la fin des différents processus tout au long de la chaîne de valeurs des produits halieutiques.

Le Projet triennal (2015-2018) « Renforcement de la bonne gouvernance de la pêche au sein des organisations professionnelles de la pêche artisanale dans les sept pays membres de la Commission sous-régionale des pêches (Csrp) » est mis en œuvre par l’Adape. Il vise à renforcer les compétences professionnelles et politiques des organisationnelles professionnelles ainsi que leur autonomie en vue d’améliorer leurs capacités d’influence sur les politiques publiques de pêche.

Elhadji Ibrahima THIAM

Concilier l’approvisionnement des marchés nationaux et internationaux passe par le développement de l’aquaculture. C’est la conviction de Momar Sow, chef de projet au programme Gowamer, financé par l’Ue et le Pnud et mis en œuvre par ce dernier.

L’Afrique de l’ouest fait partie des zones les plus poissonneuses au monde. Mais ces ressources sont pleinement exploitées voire surexploitées. De plus, le changement climatique qui entraine la montée des eaux, le réchauffement de la température de surface, l’acidification des eaux, induit, selon les experts, des effets négatifs, menaçant davantage les ressources halieutiques. Les petits pélagiques changent d’aire et migrent de plus en plus vers les eaux plus froides. Les espèces démersales semblent aussi affectées puisque leur saisonnalité est modifiée. Selon Momar Sow, chef de projet au programme Gowamer, l’aquaculture apparait comme une alternative. Il faisait une communication sur le « Programme de gouvernance, politique de gestion des ressources marines et réduction de la pauvreté dans l’écorégion Wamer », pour des parlementaires et des journalistes qui ont séjourné en Mauritanie, du 24 au 27 juillet 2017.

Pour les pays ouest-africains de l’écorégion Wamer qui regroupe six pays (Sénégal, Mauritanie, République de Guinée, Guinée-Bissau, Cap-Vert et Gambie), la demande des marchés internationaux risque, en plus, de provoquer une augmentation des exportations de poissons. Ainsi, l’attractivité plus prononcée des marchés des pays industrialisés aura, pour effet, une diminution de l’approvisionnement des marchés nationaux en poisson. « Cela va se manifester par le détournement des flux de poissons destinés traditionnellement aux marchés locaux au profit des marchés d’exportation », prévient Momar Sow. La conséquence est qu’il y aura une baisse de la consommation de poisson par habitant dans les pays de l’écorégion consécutive à la diminution de l’approvisionnement national et à l’augmentation de prix en raison de la rareté des produits ; une pression plus importante sur la ressource pour satisfaire la demande des marchés d’exportation. « Les stocks de poisson seront exploités plus intensément, exacerbant la concurrence entre pêcheurs au fur et à mesure de leur diminution », ajoute M. Sow.

Les pays de l’écorégion Wamer doivent concilier l’approvisionnement des marchés nationaux et internationaux pour permettre aux ménages les plus modestes de continuer à accéder aux protéines animales issues du poisson à des prix abordables. Pour ce faire, de l’avis de Momar Sow, il est urgent de promouvoir l’aquaculture en mettant en place un écosystème qui puisse favoriser son développement comme dans les autres régions du monde, particulièrement en Asie. A l’échelle mondiale, 1 poisson consommé sur 2 est issu de fermes aquacoles. Ce qui n’est pas le cas dans l’écorégion Wamer où l’élevage de poisson de manière intensive demeure balbutiant. Avec moins de 500 tonnes de poisson dans l’écoregion en 2011), la production de l’aquaculture est négligeable.

Toutefois, malgré le faible développement de l’aquaculture dans la sous-région, M. Sow garde espoir qu’elle prendra, sous peu, son envol. D’ailleurs, le programme Gowamer a appuyé trois initiatives aquacoles au Sénégal et en Gambie et la maintenance de deux domaines de concentration de poisson (Dcp) au Cap-Vert.

Adapter les régulations
D’un montant de 10,5 millions d’euros, financé par l’Union européenne et le Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud), le programme « Go-Wamer » s’articule autour de quatre axes : la gestion des ressources et aires marines protégée, la lutte contre la pêche illégale, non réglementée et non déclarée (Inn), le renforcement des capacités des acteurs de la société civile et la création d’activités génératrices de revenus.

Momar Sow est convaincu que le développement de l’aquaculture serait synonyme de diminution de la pression sur les ressources marines ; des sources alternatives de revenus pour les communautés côtières dépendantes de la pêche.  « Les femmes sont très entreprenantes quand des moyens sont mis à leur disposition, il suffit d’un bon accompagnement par des formations pour qu’elles fassent des exploits. C’est le cas des femmes de Moundé au Sénégal et de Cacheu en Guinée-Bissau qui ont eu un prix avec l’encadrement du projet Go-WAMER », dit-il.

En plus du développement de l’aquaculture, Momar Sow prône des régulations adaptées qui prennent en compte la capacité de reproduction des ressources halieutiques et le renforcement d’une gestion plus intégrée des espaces marins et côtiers. « Face à la modification de la structure des écosystèmes induite par le changement climatique et par des facteurs anthropiques, tous les pays doivent restaurer les stocks de poisson de manière à assurer la plus grande résilience possible des écosystèmes marins face aux chocs exogènes. A cet égard, les pratiques de pêches destructrices doivent être éliminées, la capacité et l’effort de pêche contrôlés et l’accès des navires étrangers, tant industriels opérant sous accord de pêche qu’artisanaux issus de la pêche migrante écorégionale, doit être basé sur l’existence avérée de potentialités de pêche », déclare Momar Sow.

De notre envoyé spécial en Mauritanie, Mamadou GUEYE

Baliser le chemin d’un accès durable aux services énergétique par les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique. C’est le but de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) qui, à travers son agence spécialisée (Cereec), organise, depuis hier, à Dakar, une session de formation destinée à une trentaine d’entrepreneurs ouest-africains confrontés à l’épineux problème du financement de leurs projets.

La promotion du mix énergétique qui passe par une diversification des sources de production, est encouragée en Afrique de l’Ouest. Dans cette politique de multiplication des réseaux thermiques, une importance particulière est accordée au solaire, à l’éolien, à l’hydroélectricité et à la bioélectricité. C’est pourquoi, le Centre régional pour les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique (Cereec), une agence spécialisée de la Cedeao, organise cette formation avec l’appui de Irena (International renawable energy agency) pour aider à surmonter les obstacles au déploiement de ces technologies visant à réduire notre dépendance des importations de fuel. La rencontre qui s’inscrit dans la politique de développement des énergies renouvelables, vise à fournir aux entrepreneurs du secteur, pour la plupart des développeurs de technologies, le savoir, le savoir-faire et les connexions dont ils ont besoin pour chercher des financements. A l’ouverture de la session de formation, le coordonnateur de la cellule de facilité et d’appui à l’entreprenariat dans les énergies renouvelables de la Cedeao, Yuri Lima Handem, a souligné  que « les statistiques montrent que les pays d’Afrique de l’Ouest sont parmi ceux ayant le taux d’accès à l’énergie le plus faible au monde ». Et, c’est pour corriger cela que la Cedeao œuvre pour un engagement à l’énergie durable pour tous.

Selon Yuri Lima Handem, la part des énergies renouvelables telles l’énergie éolienne, le solaire, la petite hydroélectricité et la bioélectricité doit augmenter pour assurer aux populations un meilleur accès aux services énergétiques à l’horizon 2030. Actuellement, 60% de la population ouest-africaine vivent en zone rurale et ne bénéficient pas de services  énergétiques. « Nous sommes à l’heure des énergies renouvelables. L’Afrique dispose d’un potentiel énorme et pourtant le continent est toujours à la traîne en utilisation de ces ressources énergétiques », a dit Yuri Lima Handem. Il a ajouté que « les pays de l’espace sous régional ne tirent pas pleinement d’avantage de leurs nombreuses potentialités en énergies renouvelables et efficacité énergétique, à cause des barrières techniques, financières, économiques, institutionnelles et juridiques ».

C’est pourquoi, la Cedeao a initié cette rencontre de Dakar, avec pour ambition, l’appropriation, par les développeurs ouest-africains de technologies sur les énergies renouvelables, de toute l’expertise leur permettant de convaincre les investisseurs et les financiers. D’où l’apport de Irena (International renawable energy agency) dont le responsable de la plateforme d’appui aux projets, Simon Benmarraze, est présent à cette rencontre pour « fournir le savoir, le savoir-faire et les connexions dont les entrepreneurs ouest-africains ont besoins pour aller chercher des financements ». Selon lui, l’Afrique de l’Ouest dispose d’une grande diversité de ressources d’énergie renouvelable, mais ses entrepreneurs pêchent dans la formulation et la mise en application de politiques, des lois, des normes et des mécanismes d’incitation pour créer un cadre favorable aux investissements. La session de formation, qui prendra fin vendredi prochain, sera l’occasion, pour chaque entrepreneur-participant, de présenter un projet bancable. Ce sera sous l’œil vigilant des représentants de banques présents à la rencontre, mais aussi d’autres partenaires techniques comme Power Africa transactions and reforms (Patrp) présent dans 14 pays de l’Afrique de l’Ouest.

Cheikh Aliou AMATH

Les producteurs d’oignon de la zone des Niayes sont en mesure d’alimenter correctement le marché national jusqu’au-delà du 30 août, date fixée pour la fin du gel des importations, a soutenu, dimanche à Potou (Louga, nord) leur président Mamadou Bâ dit Diamyodi. « La production actuelle peut couvrir tout le marché local et cela au-delà de la date du 30 août », a dit M. Bâ à des journalistes invités à se rendre compte de la situation à Potou où sont déversées, chaque jour, des quantités importantes d’oignon à destination des marchés du pays. Ce sont environ une quinzaine de gros porteurs qui quittent quotidiennement la zone pour alimenter les marchés des régions de Kaolack, Dakar, Ziguinchor, Kolda, etc., assurent ces producteurs, signalant une baisse du prix au kilogramme qui est passé de 325 à 300 FCfa du fait de la forte production. Au début, les producteurs avaient souffert avec l’ouverture du marché à l’importation alors que la production nationale venait juste de mûrir, soutiennent ces producteurs qui veulent éviter un scénario similaire pour cette fin de campagne. « Nous n’aurions jamais pris cet engagement d’alimenter le marché à suffisance si nous n’étions pas en mesure de le faire jusqu’au-delà du mois d’août, date fixée pour la fin du gel des importations », a ajouté El Hadji Magued Boye, un producteur. Ces producteurs invitent les autorités étatiques à éviter toute erreur préjudiciable à leur filière en ouvrant le marché prématurément à l’importation. Ce qui risquerait, selon eux, de saturer le marché à leur détriment.

(APS)

La société Far Limited (ASX: FAR) a annoncé, dans un communiqué, une découverte de pétrole au large du Sénégal. Celle-ci concerne le puits d’exploration SNE au Nord de Sangomar. La société a trouvé des gisements dans trois endroits différents. Le communiqué ajoute qu’un quatrième site pourrait bien être identifié. Ces sites comprennent une colonne de pétrole et de gaz de haute qualité dans le champ pétrolier SNE. Le communiqué ajoute que des échantillons de pétrole, d’eau et de gaz plus consistants ont été retrouvés à la surface ; tandis que des travaux sont en cours en vue de déterminer l’étendue des réserves d’hydrocarbures. La découverte avec le puits SNE North-1 atteste une fois de plus la qualité du système générateur de pétrole et de gaz dans nos licences offshores au Sénégal et est un autre résultat significatif  », a commenté Mme Cath Norman, Directeur général de Far.

Par ailleurs, le document indique que des travaux supplémentaires sont entrepris pour établir la commercialité potentielle de cette découverte et pour intégrer les résultats aux données collectées à ce jour. Les résultats du puits pourraient impacté positivement le potentiel d’exploration au Nord le long du champ pétrolier SNE. Le puits est situé à une profondeur d’eau de 900 m à environ 90 km sur le bloc Sangomar Deep Offshore et à 15 km au nord de la découverte SNE-1 qui avait entrecoupé des intervalles de 18 et 8,5m de pétrole brut. Il a atteint une profondeur totale de 2837 m et est cours d’obturation pour être abandonné comme prévu. La même source précise que les opérations de forage ont été menées à bien, dans le respect du budget et de l’échéancier.

La junior d’exploration Far est en joint-venture sur les trois blocs Rufisque Offshore, Sangomar Offshore et Sangomar Deep avec une licence couvrant environ 7.500 km2. Elle y détient 15% à côté de l’opérateur britannique Cairn Energy Plc (40 %), Woodside (35 %) et Petrosen (10%).

D. SARR

La Cedeao a fait des efforts palpables dans le sens de la libre circulation des personnes et des biens avec l’établissement d’un passeport communautaire, une carte d’identité numérisée, le Tarif extérieur commun (Tec) estime El Hadji Alioune Alioune Diouf. Dans cet entretien, l’ancien directeur du Commerce intérieur et formateur à l’Ecole nationale d’administration insiste sur les complémentarités nécessaires pour développer le commerce intra régional et l’adaptation des systèmes et appareils productifs afin d’avoir des productions adaptées aux mutations mondiales. Il  évoque également les relations entre l’Afrique et l’Union européenne ainsi que les conséquences du Brexit.

Où en est la Cedeao avec sa volonté de développer le commerce intra régional et l’édification d’un marché régional unifié ?
 La Cedeao a fait des efforts dans le sens de mettre en place les piliers d’un  marché commun car en plus d’une union douanière, elle a mis en place un Tarif extérieur commun (Tec) depuis janvier 2015. Elle a fait des efforts palpables dans le sens de la libre circulation des personnes et des biens par l’établissement d’un passeport communautaire et d’une carte d’identité numérisée ; le droit d’établissement et de résidence. La Cedeao a mis en place un schéma de libéralisation des échanges afin de supprimer les obstacles tarifaires et non tarifaires pour les échanges commerciaux entre les pays membres avec la mise en place de règles d’origines susceptibles d’identifier les produits communautaires et de leur donner une compétitivité réelle dans le marché communautaire. Une union douanière est toujours un instrument de création de commerce ; donc de développement des échanges entre pays membres et par le tarif extérieur commun, un outil de protection des industries naissantes et de réorientation du commerce en faveur de l’entité intégrée. Le Tec-Cedeao est fixé à un niveau plus intéressant que celui de l’Uemoa qui  l’a inspiré.

Quels sont les leviers sur lesquels les Etats doivent s’appuyer pour fouetter davantage les échanges intracommunautaires ?
Les leviers sur lesquels s’appuyer sont définis plus haut. Il faudrait, en plus des mesures spécifiques du marché commun,  y ajouter les outils que donne la communauté  économique car tel est l’objectif : harmoniser les politiques économiques, établir la convergence des économies afin de  réussir l’intégration monétaire de la Cedeao. Ce qui n’est pas facile, il faut le reconnaître. Une monnaie commune est nécessaire pour développer les échanges à l’intérieur de l’Union. Mais pour le moment, cela semble très difficile à réaliser dans l’espace anglophone d’abord car la convergence économique y est encore difficile à établir. Il me semble toutefois que l’essentiel dans le développement du commerce dans l’espace intégré est la mise en complémentarité des économies et l’adaptation des systèmes et appareils productifs afin d’avoir des productions adaptées aux mutations mondiales

Le Tec entré en vigueur en janvier 2015, affiche-t-il des résultats pouvant présager d’une bonne intégration commerciale sous régionale ?
Le Tec-Cedeao est récent –moins de deux ans d’application –mais sa structure permet une meilleure protection au niveau de l’Uemoa.  On peut croire à une plus grande attention envers les entreprises créatrices de valeur ajoutée et une meilleure protection des filières horticoles, avicoles et agro-industrielles.

A ce stade, la libéralisation progressive et asymétrique des échanges avec l’UE sera-t-elle positive ou sans impacts négatifs pour nos Etats surtout avec les Accords de partenariat économique ?
La libéralisation progressive de nos marchés et l’érosion de nos marges préférentielles dans les marchés extérieurs et européens notamment  est irréversible ! Nous devons prendre conscience de cela et bâtir nos propres agendas pour rendre compétitives nos entreprises en créant des champions industriels dans les grands domaines d’échanges. Intégrer, c’est mettre ensemble nos potentialités. C’est additionner nos forces entrepreneuriales. C’est créer des entreprises communautaires dans les domaines des transports maritimes et aériens, du commerce, de l’industrie, des télécommunications. C’est avoir des entreprises communautaires aptes à développer nos économies par la transformation structurelle de nos produits primaires et de nos potentialités immenses. Si la libéralisation dont vous parlez  est conduite sans une telle stratégie, évidemment l’Afrique ne survivra pas de manière industrielle mais restera pauvre,  exportatrice de matières premières et importatrice nette de produits alimentaires et manufacturiers venant d’ailleurs.

Quels sont les avantages ou inconvénients liés à ces accords ?
Le Plan de Lagos étant une ambition industrielle inspirée certainement par les idées développées par notre cher compatriote Cheikh Anta Diop dans son célèbre ouvrage : «Fondements économiques et culturels d’un État fédéral d’Afrique Noire ». Cette ambition a disparu et nous n’avons pas une stratégie communautaire appropriée à opposer aux agendas jusqu’ici proposés. Notre tâche, aujourd’hui, est d’affiner une vision stratégique apte à construire une croissance « recentrée » sur la priorité du développement d’un marché intérieur africain apte à nous assurer une insertion plus efficace dans les marchés mondiaux.
 
Pouvait-on se passer de ces accords ?
Nous ne sommes pas obligés de signer ! Nous n’avions pas fait une meilleure offre politique et nos partenaires, ayant fait le bilan de nos relations, ont proposé une approche compatible aux différentes règles multilatérales auxquelles nous appartenons. Nous devons être en mesure d’identifier nos propres intérêts et de déterminer des communautés qui soient efficaces pour mettre en valeur nos énormes potentialités.
 
Si on devait faire le bilan des relations entre l’Afrique et l’Union européenne, que pourrait-on retenir ?
Le bilan de cette relation « unique » a été fait depuis longtemps dans le livre vert publié par l’Union européenne depuis décembre 1996. Les Accords de Cotonou signés le 23 Juin 2000 sont le résultat de ce bilan. Seulement, depuis la conclusion d’un accord de partenariat économique semble très difficile. Malgré les avantages espérés depuis la signature des différentes conventions, la pauvreté augmente en Afrique et les conflits demeurent et se multiplient malgré les efforts des communautés africaines et des puissances extérieures ainsi que des différents partenaires extérieurs. Le problème majeur de l’Afrique, c’est le manque d’imagination dans la transformation structurelle des différentes économies. Une croissance importante des investissements est plus souhaitable que l’amélioration de l’accès aux marchés.

Avec le Brexit, peut-on s’attendre à un remodelage des relations entre les pays de la Cedeao et l’Union européenne ?
Certainement le Brexit aura des conséquences sur nos relations avec l’Ue. Attendons d’abord la sortie du Royaume Uni dans deux ans et la relation qu’elle aura avec l’Europe. Les États qui composent l’Europe sentiront cette sortie car les coûts des transactions seront modifiés et peuvent imposer des efforts plus importants. Certes, le Nigeria, qui coopère avec divers partenaires, fait plus de 75 % du Pib de l’Afrique de l’Ouest. Ce pays ami peut trouver dans le Brexit un encouragement à mener une politique moins ouverte en direction des Ape.

Quelles conséquences pourrait avoir le Brexit sur les relations entre les pays de la Cedeao et entre ces pays et l’Ue ?
L’Angleterre est la première place financière mondiale et une des principales puissances militaires de l’Europe avec la France. Elle peut avoir une certaine influence dans les pays anglophones d’Afrique de l’Ouest et pourrait signer des accords avantageux avec ceux du Commonwealth.

Pour une meilleure conquête du marché international, quelles devraient être les priorités de nos Etats ?
Notre priorité doit être la conquête du marché intérieur africain d’abord car c’est le marché pertinent pour nous. C’est d’ailleurs un marché d’avenir car dans une décennie nous serons la première puissance démographique mondiale.   Notre propre marché a une demande intérieure représentative avec donc un effet de dimension augmentant significativement notre capacité à financer nos propres stratégies de développement industriel et économique. C’est la seule alternative crédible pour nous car le monde est dominé durablement par des blocs commerciaux comme l’UE, l’ALENA et les pays émergents avec la Chine et l’Inde comme têtes de file. Il nous faut surtout briser le bol de Spaguetti  des communautés régionales africaines en rationalisant les accords commerciaux régionaux (ACR).

Propos recueillis par Mamaou GUEYE et Fara Michel DIEYE

Le déficit commercial s’est dégradé de 36,1 milliards de FCfa en juin 2017, pour se situer à 164,0 milliards de FCfa contre 127,9 milliards de FCfa le mois précédent, selon le dernier Point économique de la Direction de la prévision et des études économiques (Dpee) du mois de juillet.

Les échanges extérieurs du Sénégal sont marqués, durant le mois de juin 2017, par une baisse des exportations de biens (- 18,1 milliards de FCfa), dans un contexte de hausse des importations (+20,4 milliards de FCfa). Par conséquent, le déficit commercial s’est dégradé de 36,1 milliards de FCfa sur la période, pour se situer à 164,0 milliards de FCfa contre 127,9 milliards de FCfa le mois précédent, indique le Point économique de la Dpee du mois de juillet 2017. Dans cette publication, la Dpee note que le taux de couverture des importations par les exportations s’est inscrit en retrait de 2,6 points de pourcentage, passant à 39,2% au mois de juin 2017 contre 41,8% un mois auparavant et que les exportations de biens sont estimées à 131,6 milliards de FCfa au mois de juin 2017 contre 149,8 milliards de FCfa un mois plutôt, soit une contraction de 12,1% (-18,1 milliards de FCfa).

Selon ce document, cette situation s’explique essentiellement par le recul de la valeur des principaux produits exportés notamment les produits pétroliers (-4,5 milliards), l’acide phosphorique (-3,3 milliards), les engrais minéraux et chimiques (-2,5 milliards), les produits alimentaires (-1,9 milliard), l’or brut (-1,7 milliard) et le ciment (-1,3 milliard). Concernant les exportations de produits alimentaires, ajoute la même source, la baisse notée est imputable, en particulier, aux légumes frais (-1,0 milliard de F Cfa).

Les exportations de biens en hausse de 62,6 milliards de FCfa
En revanche, la Dpee indique que les ventes à l’étranger de produits arachidiers se sont inscrites légèrement en hausse de 0,3 milliard de FCfa sur la période. En glissement annuel, les exportations de biens ont enregistré une hausse de 10,6 % (+12,6 milliards de FCfa) et que cette augmentation traduit notamment l’évolution des ventes à l’étranger des produits alimentaires (+5,2 milliards de  FCfa) et d’or brut (+3,2 milliards de FCfa). S’agissant de la hausse des exportations de produits alimentaires, elle est attribuable aux produits halieutiques (+4,4 milliards de FCfa) et arachidiers (+1,0 milliard FCfa). Par contre, les exportations d’acide phosphorique, de produits pétroliers et de ciment ont respectivement baissé de 4,4 milliards de FCfa, 2,3 milliards de FCfa et 1,4 milliard de FCfa sur la période. En cumul, sur les six premiers mois de 2017, les exportations de biens ont connu une hausse de 62,6 milliards de FCfa sous l’effet notamment de la hausse des ventes à l’étranger de produits pétroliers (+13,7 milliards de FCfa), de ciment (+11,9 milliards de FCfa), d’or brut (+7,2 milliards de FCfa) et d’engrais minéraux et chimiques (+6,8 milliards de FCfa), indique la Dpee qui précise qu’à l’inverse, les exportations de produits alimentaires et d’acide phosphorique se sont repliées respectivement de 17,0 milliards de FCfa et de 19,6 milliards de FCfa. En ce qui a trait aux produits alimentaires, le recul est essentiellement imputable aux produits arachidiers (-28,9 milliards de FCfa). Pour ce qui est des exportations du Sénégal vers l’Uemoa, elles sont estimées à 43,0 milliards de FCfa au mois de juin 2017 contre 40,0 milliards de FCfa le mois précédent, soit une hausse de 7,3% (+3,0 milliards de FCfa). Elles ont représenté 32,6 % de la valeur totale des exportations de marchandises en juin 2017 contre 26,7% un mois auparavant, soit une progression de 5,9 points de pourcentage. Le document relève que la part des produits acheminés vers le Mali, principale destination des exportations du Sénégal dans l’Union, est passée de 52,2% à 54,2% sur la période, soit un gain de 2,0 points de pourcentage et que le ciment reste le principal produit exporté vers le Mali avec une part évaluée à 34,4 % contre 43,3 % au mois de mai 2017.

Mamadou SY

S’agissant des importations de biens du Sénégal durant le mois de juin 2017, elles ont enregistré une hausse de 20,4 milliards en variation mensuelle, s’établissant à 335,9 milliards au mois de juin 2017 contre 315,6 milliards le mois précédent. Cette progression est imputable essentiellement à l’augmentation des achats à l’étranger de produits pétroliers (+23,8 milliards) et de «véhicules, matériels de transport et pièces détachées automobiles» (+3,5 milliards).

La Dpee explique que la hausse des importations de produits pétroliers traduit le renforcement des achats d’huiles brutes de pétrole (+19,2 milliards de FCfa) conjugué à la hausse, dans une moindre mesure, des importations de produits pétroliers raffinés (+4,5 milliards de FCfa) et que cette tendance haussière a été, néanmoins, amoindrie par la contraction des importations de produits alimentaires (-9,3 milliards de FCfa), sous l’effet notamment des achats de riz (-9,3 milliards de FCfa) et d’«huiles et graisses animales et végétales» (-4,5 milliards de FCfa).

Par ailleurs, les importations de machines, appareils et moteurs» se sont repliées de 7,0 milliards de FCfa sur la période. En glissement annuel, les importations de biens se sont accrues de 24,2 % (+65,4 milliards de FCfa), du fait notamment de l’accroissement des achats à l’étranger de produits pétroliers (+34,9 milliards de FCfa), de «machines, appareils et moteurs » (+10,5 milliards de FCfa) et de produits alimentaires (+3,7 milliards de FCfa). En ce qui concerne les importations de produits pétroliers, la hausse observée en glissement annuel traduit principalement la progression des achats d’huiles brutes de pétroles (+34,1 milliards de FCfa).

La Dpee ajoute que sur les six premiers mois de l’année 2017, les importations de biens se sont confortées de 304,7 milliards et que cette hausse reflète la progression de la valeur des principaux produits importés notamment les produits pétroliers (+103,1 milliards de FCfa), les «machines, appareils et moteurs » (+59,9 milliards de FCfa), les produits alimentaires (+30,1 milliards de FCfa), les «véhicules, matériels de transport et pièces détachées automobiles » (+27,5 milliards de FCfa) et les produits pharmaceutiques (+6,0 milliards de FCfa).

Les importations de biens en provenance des pays de l’Uemoa sont, quant à  elles, évaluées à 5,1 milliards de FCfa au mois de juin 2017 contre 4,4 milliards de FCfa le mois précédent, soit une hausse de 0,7 milliard de FCfa. « La Côte d’Ivoire demeure le principal fournisseur du Sénégal au sein de la zone, avec une part évaluée à 94,9 % en juin 2017 contre 95,2 % le mois précédent, soit un recul de 0,3 point de pourcentage. Les achats en provenance de ce pays ont principalement porté sur les «fruits et légumes comestibles», les «matières plastiques artificielles» et les «bois et ouvrages», avec des parts respectives de 9,4%, 9,1 % et 8,2%, relève la Dpee.

M. SY

Au total, 16 institutions de micro finance de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa), étaient placées sous administration provisoire en fin mars 2017, a appris Apa, samedi, auprès de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (Bceao). Comparé au 31 décembre 2016 où il s’élevait à 14, le nombre d’institutions de micro finance sous administration provisoire a augmenté de trois unités. Parmi ces institutions en difficulté, quatre étaient localisées au Sénégal, quatre au Bénin, trois au Mali, deux en Guinée-Bissau, une au Burkina, une en Côte d’Ivoire, une au Niger et une au Togo. En fin mars 2017, le nombre d’institutions de micro finance répertorié par la Bceao dans l’Uemao s’est établi à 649 contre 702 au 31 décembre 2016, soit une baisse de 53 unités.

APA

La société Dakar Bamako Ferroviaire (Dbf) a signé, vendredi, un contrat avec la société sénégalaise Trabesen S.A. (filiale du groupe belge Itb-Tradetech) pour la remise à niveau de son atelier de fabrication de traverses et la production de traverses béton aux normes européennes destinées aux différents réseaux ferroviaires du Sénégal, annonce un communiqué transmis à l’Aps. Le contrat a été signé, vendredi, par l’administrateur général de Dakar Bamako Ferroviaire, Joseph Gabriel Sambou, et Marc Liance, directeur général de Trabesen, note la même source.

Le communiqué signale que cet accord permettra la création de 70 emplois directs à Thiès. Selon le texte, la signature de ce contrat est le fruit d’une «longue et étroite collaboration entre les chemins de fer et le groupe Itb-Tradetech depuis plusieurs dizaines d’années et d’un processus ayant abouti à la création de Trabesen en août 2015, à la signature d’un protocole d’accord en février dernier». Le communiqué ajoute qu’il fait suite aussi à «la visite du ministre président de la Wallonie à l’usine de Thiès le 19 mai dernier en compagnie du secrétaire d’Etat au réseau ferré national Abdou Ndéné Sall, et enfin à la signature du contrat ce jour par Joseph Gabriel Sambou, administrateur général de Dbf, et Marc Liance, directeur général de Trabesen».

(APS)

Le Mali a levé 14.065.000.000 de FCfa sur le marché financier régional, indique un communiqué signé par le directeur de l’Agence Umoa-Titres (Aut), Adrien Diouf. Cette agence, en collaboration avec la Banque centrale des États de l’Afrique de l’ouest (Bceao), a organisé, hier, à la demande de la Direction nationale du Trésor et de la Comptabilité publique du Mali, l’émission d’obligations assimilables du Trésor à 5 ans pour un montant de 17 milliards de FCfa. Cette opération s’inscrit, précise la même source, dans l’exécution du programme d’émissions de titres publics du Mali, en conformité avec la stratégie à moyen et long terme de gestion de la dette, visant à garantir sa capacité à honorer ses échéances.

Lancé le 27 juillet 2017, suivant un système d’enchères à prix multiples, l’appel d’offres a enregistré 24 soumissions pour un montant global de 20.605.000.000 de FCfa. A l’arrivée, 14.065.000.000 de FCfa pour 10 participants ont été retenus sur les 17 milliards de FCfa initialement recherchés. Le taux de couverture du montant mis en adjudication est de 121,21 % avec un prix marginal de 9.700, 00 et un prix moyen pondéré de 9.811,6246. Quant au taux d’absorption, il est de 68, 26 % pour un Rendement moyen pondéré de 6,64 %.

Le remboursement de ces obligations à 5 ans se fera par amortissement annuel constant après un différé de trois ans, précise le communiqué. La même source ajoute que le paiement des intérêts se fera annuellement sur la base d’un taux de 6,15 % l’an, dès la première année. Au nom du Trésor public du Mali, l’Agence remercie l’ensemble des investisseurs pour « la confiance renouvelée et le soutien constant aux initiatives de financement des actions de développement dans l’Union ». Dans le document, elle informe que la prochaine intervention du Trésor malien sur le marché des titres publics de l’Umoa est prévue le 22 août 2017, à l’occasion de l’émission de bons assimilables du Trésor de maturité 3 mois pour un montant de 17 milliards de FCfa.

Souleymane Diam SY

La nouvelle Secrétaire exécutive de la Commission économique pour l’Afrique (Cea), Vera Songwe, a officiellement pris ses fonctions jeudi dernier, à Addis-Abeba et devrait rencontrer, hier, le Premier ministre éthiopien, Hailemariam Desalegn et d’autres dignitaires, indique un communiqué de la section des communications de ladite commission. Mme Songwe rencontrera également le ministre des Affaires étrangères, Workneh Gebeyehu et d’autres hauts fonctionnaires, dont l’ambassadeur du Cameroun, Jacques Alfred Ndoumbe-Eboule, qui est également le doyen du corps diplomatique.

Vera Songwe, arrivée mercredi soir à Addis-Abeba, a été nommée, cette année, par le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres. Elle succède à Carlos Lopes. L’économiste et dirigeante banquière camerounaise est la première femme à occuper ce poste. Mme Vera Songwe occupait, depuis 2015, le poste de directrice régionale pour l’Afrique à la Société financière internationale et couvre les régions de l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Elle est également, depuis 2011, chercheuse principale non-résidente de Brookings Institute, en charge de l’initiative sur le développement mondial et la croissance de l’Afrique. Elle possède une vaste expérience sur l’Afrique en termes de conseils stratégiques et de mise en œuvre basée sur des résultats et conjuguée à une forte vision stratégique pour la région. Mme Songwe occupait, auparavant, le poste de directrice-pays pour le Sénégal, le Cap-Vert, la Gambie, la Guinée-Bissau et la Mauritanie lors de son passage à la Banque mondiale (2012-2015) puis de conseillère du directeur général de la Banque mondiale pour l’Afrique, l’Europe, l’Asie centrale et l’Asie du Sud (2008 -2011) et de coordonnatrice-pays principale (2005-2008).

Aliou KANDE

La recherche du bois de chauffe concerne plus les femmes. C’est pourquoi, des experts se disent favorables à leur implication dans la promotion des énergies renouvelables au cours d’un panel dont le thème était : « L’intérêt d’intégrer le genre dans le secteur énergétique ». Selon le directeur pays/Sénégal de l’Ong britannique « Energy 4 impact » Louis Seck, l’une des contraintes de l’accès à l’énergie sur le terrain est la limite de moyens des acteurs. Il a déclaré que l’implication, surtout des femmes, va augmenter le taux d’accès à l’énergie surtout aux énergies renouvelables. «Si la femme est impliquée dans la distribution et la production de l’énergie, elle pourra mieux indiquer le service énergétique adéquat à la cuisson», a-t-il dit. L’ancien ministre des Energies renouvelables a affirmé que l’énergie a un coût, soulignant que même les pays développés n’ont pas électrifié toute l’étendue de leur territoire. « Il est plus rentable d’électrifier les villes, mais progressivement, on va vers la campagne qui a des contraintes d’enclavement pour tirer des lignes de la Senelec», a-t-il confié. D’où, à ses yeux, l’intérêt d’utiliser les énergies renouvelables. De son côté, Dr Selly Bâ, sociologue et enseignant-chercheur a fait savoir que les services énergétiques deviennent de plus en plus pressants. «Si l’on ne prend pas aujourd’hui les dispositions nécessaires, on créera, dans les prochaines années, davantage d’inégalités », a-t-elle prévenu.

Serigne Mansour Sy CISSE

Le professeur de Sciences politiques et relations internationales à l’université Howard Washington Dc, Dr Anta Sané, a insisté sur le rôle que la femme doit jouer dans le Plan Sénégal émergent (Pse), invitant ses sœurs à mener le combat de l’instruction et de la production.

« Le Sénégal ne peut aspirer au développement économique sans les femmes qui constituent plus de la moitié de la population sénégalaise », a notamment déclaré Dr Sané qui introduisait une conférence à Merina (Keur Momar Sarr) sur « Le rôle de la femme dans la vulgarisation et la promotion du Pse ». Dr Sané qui s’est apitoyée sur le sort de la femme rurale « reléguée au rang de faire valoir et aux tâches agricoles ou ménagères », a surtout invité ses sœurs à « s’émanciper par l’éducation afin de prétendre aux postes de responsabilité ». « Un diplôme, si vous l’obtenez, personne ne peut vous le retirer et il vous confère des droits certains », a affirmé Dr Sané donnant en exemple son propre cursus qui lui a permis d’évoluer dans des institutions prestigieuses et de s’épanouir dans la vie.

Le professeur de sciences politiques a demandé aux femmes de Merina et autres localités de keur Momar Sarr de « croire en leur potentiel qui, valorisé, peut leur ouvrir toutes les portes notamment celles des assemblées électives et les poste de nomination ». Elle a aussi axé son discours sur « les perspectives heureuses offertes à la femme dans le Pse », se félicitant de l’existence d’un environnement favorable à son épanouissement avec la parité instaurée et les différentes politiques mettant en valeur ses capacités. « Certes des pesanteurs sociales vont continuer de subsister, mais la femme peut s’en libérer et prétendre à toutes les commodités qu’offre le monde moderne », a dit Dr Sané qui a promis d’accompagner « l’émergence » de ses sœurs de Keur Momar Sarr qui lui ont dépeint « un tableau sombre » de leur quotidien.

Elle a ainsi promis de revenir une prochaine fois en mettant entre leurs mains « des choses concrètes dans le sens d’alléger leur fardeau quotidien ». Au nom de la commune de Keur Momar Sarr, Lalla Diouf, conseillère municipale, a remercié Dr Anta Sané dont l’activité consistait à s’imprégner des problèmes des femmes et à leur trouver des réponses concrètes. « Vous êtes un exemple de persévérance et d’abnégation pour nous et nous fondons beaucoup d’espoir dans ce partenariat », a dit Mme Diouf.

APS

Malgré les nombreux obstacles qui se sont dressés devant lui, Sam Wébé, promoteur initial du projet de la centrale solaire de Santhiou Mékhé a relevé le défi de construire cette infrastructure énergétique ; la plus grande du genre, à ce jour, en Afrique de l’Ouest.

Si le Sénégal a pu étrenner une troisième centrale solaire d’envergure en moins d’un an, au-delà de la vision du président Macky Sall, il le doit à l’opiniâtreté et à la volonté d’un homme : Sam Wébé. La centrale solaire de Santhiou Mékhé, c’est son bébé. Pour l’enfanter, il a pris tous les risques. Rusant de finesse, il a sauté les obstacles, repoussé les difficultés avec l’audace du pirate. Et c’est un homme ému, aux larmes qui, du haut du pupitre, s’est adressé à l’auditoire le jour de l’inauguration par le chef de l’État de la plus grande centrale photovoltaïque d’Afrique de l’ouest. Le débit lent, comme perdu dans ses notes, cet ingénieur électronicien de formation se lance dans une litanie de remerciements avec une mention spéciale aux populations de ce village de la commune de Méouane qui l’ont accueilli à bras ouverts alors que, pendant des mois, il a peiné à trouver un site pour réaliser son projet. « Avant d’arriver ici, il m’a fallu toute une année de recherches de terres propices à Bambey, Ndangalma, Ndol Ndol, Thialthiar, Pout, Matam, sans succès », confiait-il, à nos confrères de l’Agence de presse sénégalaise.

Natif de Bambey, Sam Wébé, la soixantaine, a émigré très tôt aux Etats-Unis où il a obtenu la nationalité. Au pays de l’Oncle Sam, il décroche un diplôme de Physique nucléaire. Des années plus tard, il décide de revenir au Sénégal, porteur d’un projet pour le moins inédit et révolutionnaire sous nos cieux : produire au Sénégal, avec deux autres associés, des véhicules électriques hybrides (Ehv). On lui fait savoir que la priorité, c’est la disponibilité en continue de l’électricité et non des véhicules qui fonctionnent à l’électricité. Sam Wébé revoit son projet et décide alors de se tourner vers la production d’énergies renouvelables. Il créé, dans la foulée, sa société Senergy Suarl. Un an plus tard, Sam Wébé obtient l’agrément du ministère de l’Énergie pour la production d’énergies propres à vendre à la Senelec. L’ancien cadre chez le géant américain General Electric se lance alors à la recherche d’un site qu’il trouve, en novembre 2013 (64 ha) grâce à une délibération du conseil rural de Méouane. Un mois plus tard, le contrat d’achat avec la Senelec est signé.

En avril 2014, Senergy Suarl conclut un partenariat stratégique avec le Fonds souverain d’investissements stratégiques (Fonsis) pour un co-développement du projet et la structuration du financement nécessaire à sa réalisation. Avec l’entrée du Fonsis dans le capital, le projet prend une autre dimension comme l’atteste le changement de statut de Senergy qui passe de société unipersonnelle à responsabilité limitée (Suarl) à société anonyme (Sa).

La nouvelle société dénommée désormais Senergy Pv Sa, conduite par le tandem Sam Wébé et Amadou Hott (ancien Dg de Fonsis qui sera remplacé par la suite par Ibrahima Kane), parvient à convaincre et à embarquer dans le projet le fonds d’investissements français Meridiam et la filiale de l’Agence française de développement (Afd) Proparco. Ces deux partenaires vont financer 80 % du coût de la centrale. Auparavant, le Fonsis avait pris le soin de renégocier les annexes du contrat d’achat d’énergie avec Senelec, de finaliser le plan d’affaires et du modèle financier, de faire approuver le projet par son Conseil d’administration, de sécuriser le foncier et d’obtenir un bail.

La réalisation de cette infrastructure a nécessité 21.000 heures de travail et a mobilisé 350 personnes dont les 150 proviennent des villages environnants. Six entreprises internationales et 19 entreprises locales ont travaillé dans ce chantier.

Au regard de toute cette péripétie, on comprend, dès lors, la vive émotion qui a étreint Sam Wébé qui est, aujourd’hui, le président du conseil d’administration de Senergy Pv Sa qui a en charge la maintenance et la gestion de la centrale photovoltaïque pour une période de 25 ans, sous le régime de producteur indépendant. L’ingénieur électronicien détient 15 % de la société, le Fonsis en dispose de 32 % et Meridiam avec 53 %, en est l’actionnaire majoritaire.

Grâce à la détermination d’un homme, soutenu par des partenaires techniques et financiers, Senelec va injecter, dans son réseau, 30 MW d’énergies renouvelables.

Elhadji Ibrahima THIAM

Par rapport au mois de mai, le niveau général des prix à la consommation en juin 2017 a cru de 0,3 %.

Au mois de juin 2017, le niveau général des prix à la consommation a crû de 0,3 % comparativement au mois précédent, selon la Direction de la prévision et des études économiques du ministère de l’Économie, des Finances et du Plan (Dpee). Cette évolution, relève le point économique, est principalement due aux fonctions « Santé » (+0,4%) et « Produits alimentaires et boissons non alcoolisées» (+0,7%). En glissement annuel, indique la Dpee, les prix à la consommation ont progressé de 1,4 %, en juin 2017, du fait essentiellement des «produits alimentaires et boissons non alcoolisées» (+4,2%), notamment des céréales non transformées (+5,1%), de la viande de bœuf (+8,9 %), du poisson frais (+15,4%) et des légumes frais en fruits ou en racine. Quant à l’inflation sous-jacente (hors produits frais et énergétiques), elle s’est située à 0,5 %, en rythme mensuel, et à 0,6 %, sur une base annuelle. En termes d’origine, rapporte la source, les prix des produits importés sont ressortis en hausse de 0,5 % entre mai et juin 2017 tandis que ceux des produits locaux sont restés stables. « Sur un an, les produits importés et locaux se sont renchéris respectivement de 1,8% et de 1,2%, en juin 2017 », note la Dpee.

M. SY

AVERTISSEMENT

La SSPP « Le Soleil » met en garde et interdit formellement aux responsables et gestionnaires de sites d’informations, établis au Sénégal ou ailleurs, de poster les articles publiés sur le portail Internet du « Soleil », à l’adresse www.lesoleil.sn. La SSPP « Le Soleil » ne tolérera aucune entorse à cette interdiction. Seule est permise la publication de liens directs pour rediriger l’internaute vers l’adresse www.lesoleil.sn

PARTENARIATS

Les gestionnaires de sites qui le souhaitent peuvent adresser une demande de partenariat avec la SSPP « Le Soleil » qui en définira les modalités et fixera les conditions d’utilisation des articles, photos, logos de son portail Internet. En cas de manquements, la SSPP « Le Soleil » se réserve le droit d’engager immédiatement des poursuites judiciaires envers les contrevenants, pour violation du respect des droits d’auteurs.