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Affaires et Finances (2332)

Soutenant la même thèse, le directeur de l’électricité du Sénégal, Ibrahima Niane, a indiqué que le Sénégal a identifié des projets bancables à présenter au secteur privé de la Cedeao après les plans d’actions nationaux élaborés. Pour M. Niane, le Sénégal fait partie des pionniers en énergies renouvelables avec déjà trois centrales solaires déjà fonctionnelles. Il poursuit aussi que si tout se passe bien, d’autres centrales solaires verront le jour avant la fin de l’année 2017. Avec l’énergie solaire aussi, il assure que 158 villages seront électrifiés d’ici à 2018 sans compter les villages qui le seront dans le cadre du Pudc.

O. KANDE

La plupart des pays africains doivent mettre en place des mesures structurelles pour résister aux chocs, stimuler la productivité, renforcer les investissements et favoriser la diversification de l’économie. C’est du moins ce qui est ressorti du rapport de la Banque mondiale sur la situation économique de l’Afrique, publié hier.

La croissance économique en Afrique subsaharienne reste encore modérée et inférieure aux anticipations qui tablaient sur une progression de 2,6 %. Cette croissance devrait ressortir à 2,4 % en 2017, contre 1,3 % en 2016, selon un rapport semestriel de la Banque mondiale qui analyse l’état des économies africaines, rendu public, hier. Selon les résultats de ce même rapport, au deuxième trimestre, les deux principales locomotives du continent, l’Afrique du Sud et le Nigéria, ont renoué avec la croissance après respectivement deux et cinq mois de performances négatives, entraînant, dans leur sillage, la croissance régionale. Par ailleurs, l’amélioration de la conjoncture internationale, à la faveur notamment de la hausse des cours des produits issus des industries extractives et du retour des flux de capitaux a contribué à ce relèvement, précise le rapport. Malgré des perspectives positives, le rapport met en garde contre « la mollesse persistante de cette embellie, insuffisante pour accroître le revenu par habitant en 2017 ». De plus, la région connaît une reprise à plusieurs vitesses. Dans les économies les moins tributaires des matières premières, comme l’Éthiopie et le Sénégal, la croissance est restée globalement stable, soutenue par les investissements dans les infrastructures et une meilleure productivité agricole, note le rapport.

Accélération de l’essor économique des pays de l’Uemoa
L’inflation globale a marqué le pas dans la région en 2017, la stabilité des taux de change et la hausse de la production vivrière ayant atténué la flambée des prix des produits alimentaires. Les mesures d’ajustement budgétaire, restées partielles, n’ont pas permis de réduire significativement les déficits. Cette situation rejaillit sur l’endettement public toujours élevé. Les pays de la région sont ainsi invités à redoubler d’efforts pour remédier à l’insuffisance des recettes et contenir les dépenses afin d’atteindre l’équilibre budgétaire.

À terme, l’Afrique subsaharienne devrait bénéficier d’une reprise modérée de l’activité économique, avec une projection de croissance estimée à 3,2 % en 2018 et 3,5 % en 2019, compte tenu de la stabilisation des cours des matières premières et de la hausse progressive de la demande intérieure, sur fond d’atténuation de l’inflation et de politiques monétaires accommodantes. Mais, les perspectives restent difficiles pour les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), contraints de s’ajuster à la faiblesse des cours du pétrole qui diminue leurs recettes et augmente leur dette. « L’essor économique des pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) devrait, en revanche, s’accélérer, porté par de solides investissements publics, surtout en Côte d’Ivoire et au Sénégal. L’Éthiopie devrait rester la première économie de la Communauté d’Afrique de l’Est (Cae), malgré la baisse attendue des investissements publics », souligne le rapport.

Les perspectives de la région restent néanmoins difficiles, explique, la croissance n’ayant pas renoué avec le rythme moyen d’avant la crise. «En outre, ces performances modérées ne pourront entraîner qu’une hausse modeste du revenu par habitant, qui a cédé du terrain en 2016-17, et sera nettement insuffisante pour promouvoir une prospérité généralisée et accélérer la réduction de la pauvreté », précise le rapport.

Oumar BA

30 exploitations agricoles familiales ont été sélectionnées dans la région de Ziguinchor pour déterminer la part des agricultures familiales dans la production agricole nationale.

Un projet sur l’observatoire des agricultures  a été lancé en février 2016 par la Fao,  l’Initiative prospective agricole et rurale (Ipar), le Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (Cncr) et la Direction de l’analyse, de la prévision et des statistiques agricoles (Dapsa). Il consiste à mener une enquête pour recueillir les données sur le potentiel du secteur agricole, la typologie et le suivi des exploitations agricoles. La phase pilote du projet se déroule dans la région de Ziguinchor. Dans cette partie sud du pays, le comité technique national a choisi 30 exploitations familiales. Ainsi, 4 catégories d’exploitations familiales ont été ciblées. Il s’agit, selon le coordonnateur du Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (Cncr), Aziz Badji, des « exploitations familiales très, très pauvres »,  des « exploitations familiales qui dépassent la moyenne de la pauvreté mais qui sont encore pauvres », des « exploitations familiales qui ont atteint leur niveau de consommation à partir de leur production » et de « celles qui sont dans les possibilités de vendre ». « Généralement, ceux qui ont les deux derniers niveaux (consommation et vente)  sont à la fois dans l’agriculture et portent des activités extra agricoles », explique M. Badji.

L’objectif visé par ce projet, selon le coordonnateur de l’Observatoire des agricultures du monde (Waw en anglais), Pierre-Marie Bosc qui faisait face à la presse, hier, au siège de la Fao à Dakar, est de dénombrer la part des agricultures familiales par rapport aux autres types d’agricultures. Ainsi, l’enquête doit aboutir à trouver une réponse aux questions suivantes: Quelle est la part des agricultures familiales ? Qu’est-ce qu’elles pèsent socialement, économiquement et politiquement ? D’après M. Bosc, la réponse à ces questions permettra aux pouvoirs publics de  réfléchir à des politiques qui seront adaptées à la diversité des agricultures familiales. « L’idée est d’avoir une capacité à utiliser les informations déjà existantes et en produire d’autres pour rendre compte de ce que sont les agricultures familiales, les agricultures qui peuvent fonctionner avec de la main d’œuvre permanente et les agricultures de firmes », dit-il.

Par ailleurs, les 30 exploitations familiales suivies dans la région de Ziguinchor sont, selon le coordonnateur du Cncr dans cette région, « des exploitations familiales de référence ». Elles tiennent compte, précise-t-il, des sous-zones agroécologiques à l’intérieur de la région de Ziguinchor. « Chaque zone à ses pratiques agricoles, ses façons de faire et l’on doit tenir compte de tout cela », explique Aziz Badji. Les informations qui seront tirées de ce projet pourront aider le Sénégal dans le choix de ses politiques agricoles. Surtout que le coordonnateur du Cncr à Ziguinchor note qu’au Sénégal « les informations qui nous proviennent généralement sur l’agriculture ne sont pas souvent très bonnes ». Il reconnaît qu’il existe, au Sénégal, un vrai problème de statistiques agricoles.

Aliou Ngamby NDIAYE

« METTRE L’ACCENT SUR L’AGRICULTURE FAMILIALE »
Les exploitations familiales génèrent près de 70% de la production agricole nationale, a rappelé, hier, le coordonnateur du Cncr à Ziguinchor, Aziz Badji. Pour cela, il appelle les décideurs à plus mettre l’accent sur l’agriculture familiale. Il participait, hier, à la conférence du coordonnateur de l’Observatoire des agricultures du monde,  au siège de la Fao à Dakar. A l’en croire, le Sénégal n’a pas encore réglé la question de la sécurité alimentaire. Ainsi, avance-t-il, il ne peut pas continuer à produire globalement pour satisfaire les unités de transformation industrielle. « Avant de penser à vendre, il faut qu’on trouve d’abord de quoi faire manger les Sénégalais », plaide-t-il.

Toutefois, il n’occulte pas les agricultures industrielles qui, dit-il, doivent aussi bénéficier d’un accompagnement. Pour le coordonnateur de l’Observatoire des agricultures du monde, Pierre-Marie Bosc, l’agriculture familiale et celle dite industrielle « ne s’opposent pas. Elles sont toutes les deux sur le marché ». « On a toujours tendance à caricaturer les exploitations familiales en disant qu’elles sont des exploitations de subsistance. Il n’y a pas d’agriculteurs de subsistance et des agriculteurs commerciaux », précise M. Bosc qui invite les pouvoirs publics à s’intéresser aux exploitations familiales et à renforcer leur insertion au marché.

A. Ng. NDIAYE

Le Sénégal et le Japon veulent conclure un accord bilatéral sur la promotion et la protection des investissements entre les deux pays. Les discussions pour trouver cet accord sont déjà entamées.

Le Sénégal et le Japon ont entamé les négociations pour conclure un accord bilatéral d’investissement entre les deux pays. Le premier round de discussions a été lancé avant-hier, à Dakar, entre de hauts responsables de l’administration japonaise et leurs homologues sénégalais. Pendant trois jours (du 9 au 11 octobre 2017), les deux parties vont échanger sur un accord bilatéral qui va porter sur la promotion et la protection des investissements. La cérémonie d’ouverture des discussions a été présidée par le conseiller technique du ministère des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, Cheikh Tidiane Thiam.

L’objectif du Japon est de conclure 200 accords avec une centaine de pays à l’horizon 2020. Dans l’immédiat, c’est-à-dire avant la fin de l’année 2017, l’empire du Soleil Levant veut trouver des accords avec 44 pays parmi lesquels le Sénégal. Ainsi, M. Thiam indique que « le Sénégal est parmi les pays privilégiés » pour les investissements japonais. En Afrique, ajoute-t-il, « il est parmi les pays prioritaires ». Le choix du Sénégal, d’après lui, s’explique par la stabilité politique, la bonne santé de son économie et l’importance du taux de croissance qui dépasse, depuis deux ans, les 6%. « Le Japon va profiter d’un cadre propice pour une contribution au développement économique du pays. Les investisseurs japonais s’intéressent à l’économie sénégalaise à tel point qu’ils ont une bonne lecture du Plan Sénégal émergent », informe-t-il.

En outre, la délégation japonaise a été conduite par Daisuke Nakajima de la direction des politiques d’investissement du Bureau économique du ministère des Affaires étrangères du Japon. Il souligne que son pays promeut l’accord d’investissement de haute qualité avec les pays africains. Pour accéder à l’Afrique de l’Ouest, M. Nakajima considère que le Sénégal constitue la porte d’entrée. Entre autres raisons du choix du Sénégal, révèle-t-il, le « potentiel important » que le pays dispose  sur le plan commercial. « L’accord d’investissement permettrait davantage au Sénégal, non seulement d’attirer les entreprises japonaises mais aussi de contribuer à l’exploitation et au développement des ressources naturelles ainsi qu’à la mise en œuvre du Plan Sénégal émergent d’ici à 2035 », croit M. Nakajima.
 
Approfondir le cadre juridique
Par ailleurs, cette nouvelle rencontre, selon le Conseiller technique du ministère des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, marque « une forte convergence entre objectifs définis par les deux pays ». Il rappelle que la protection et la promotion des investissements demeurent un objectif majeur dans le Pse. Pour y arriver, dit-il, il faut un « approfondissement du cadre juridique qui gouverne les investissements étrangers au Sénégal ». Surtout que, poursuit M. Thiam, avec la densification du tissu de conventions signées par le Sénégal, les investissements directs étrangers (Ide) « ont atteint des  chiffres très respectables ». « En 2006, les investissements domestiques nationaux couvraient 13% de la valeur totale des investissements et les investissements directs étrangers (Ide) montaient à 87% », rappelle-t-il.

La rencontre d’hier qui est considérée comme le premier round des négociations a été précédée, le 06 juillet 2017, par une rencontre entre les délégations des deux États pour s’entendre  sur les grands principes de l’accord. Avant la fin du mois de novembre 2017, les deux pays veulent conclure un accord sur la promotion et la protection des investissements.

Aliou Ngamby NDIAYE

Pour minimiser les effets des risques agricoles, le ministère de l’Agriculture et de l’Équipement rural, en partenariat avec la Plateforme pour la gestion des risques agricoles (Parm), l’Ucad et le Fonds international de développement agricole (Fida) organise une formation de quatre jours à l’intention des conseillers agricoles.

En Afrique, très souvent, les producteurs agricoles ont tendance à regarder d’un œil fataliste certaines catastrophes qui les touchent. Et pourtant, selon le Pr Amadou Aly Mbaye, « le monde moderne a généré suffisamment de données et suffisamment d’outils pour permettre de faire face à ces risques agricoles ». Il suffit donc de les appliquer pour minimiser les effets néfastes des aléas. Mais encore faudrait-il vulgariser les connaissances en la matière pour que le maximum de producteurs en tire profit. C’est tout le sens de l’atelier de formation de quatre jours qui s’est ouvert, avant-hier, à Dakar. Portant, sur la gestion des risques agricoles qui se définit comme des événements incertains entraînant des pertes financières importantes et d’autres conséquences négatives pour les agriculteurs, cette session est destinée à une quarantaine de formateurs et conseillers agricoles de structures comme l’Ancar, la Saed, la Sodefitex, la Sodagri. Elle est à l’initiative du ministère de l’Agriculture et de l’Équipement rural, en partenariat avec la Plateforme pour la gestion des risques agricoles (Parm), l’Ucad et le Fonds international de développement agricole (Fida).

« Que ce soit des risques liés à la production, au marché, au climat, la profession des économistes a développé un certain nombre d’outils pour les gérer efficacement. Les organisateurs de cet atelier de formation ont mis en synergie leurs ressources pour permettre aux producteurs de faire face à ces différents types de risques », a expliqué le coordonnateur du projet Parm au Sénégal le Pr Amadou Aly Mbaye. Ce qui fait la différence fondamentale entre les producteurs agricoles dans les autres pays et les producteurs agricoles en Afrique, c’est essentiellement les outils qui existent pour gérer efficacement les risques agricoles, selon lui. Il martèle qu’on doit en finir avec le fatalisme dans la gestion de ce phénomène.  « On s’en remet trop à la fatalité alors qu’il y a des modèles très performants qui existent dans la profession et qui permettent d’avoir des prévisions plus fines de ces risques et aussi des outils de gestion efficace de ces risques : l’assurance en fait partie, la diversification des moyens de subsistance en constitue un autre », a-t-il dit.

Minimiser les risques
Selon une étude d’évaluation des risques et de leurs profils dans le secteur de l’agriculture au sens large (incluant la pêche et l’élevage) élaborée par le Parm pour le Sénégal, les inondations, les sécheresses, les maladies endémiques, les attaques des ravageurs et acridiennes, la dégradation des sols, la variation des prix sur le marché constituent les risques les plus fréquents. Mais les risques liés à l’environnement institutionnel, les risques politiques, ceux relatifs à l’environnement des affaires, aux questions de financement et de l’exécution des contrats ne sont pas aussi à négliger, d’après l’ancien Doyen de la Faculté des sciences économiques et de gestion.

A travers cette formation donc, l’objectif de Parm est « d’aider à la création d’un environnement agricole où les effets des risques sont minimisés. Pour ce faire, la connaissance doit arriver au niveau des petits agriculteurs pour les aider à gérer leurs activités et augmenter leurs revenus », a ajouté Ilaria Tedesco, représentante du Fida à cette rencontre. Elle encourage donc les formateurs, après cette formation, à retourner à la base pour vulgariser, auprès des producteurs, les solutions aux risques agricoles.

La Plateforme pour la gestion des risques agricoles, une initiative du G8 et du G20 hébergée au Fida, est un partenariat multi donateurs cofinancé par la Commission européenne, l’Afd, le gouvernement italien, la Coopération allemande et le Fida. Elle intervient pour l’instant au Cap-Vert, au Cameroun, en Ethiopie, au Mozambique, au Niger, au Sénégal, en Zambie et en Ouganda.

Elhadji Ibrahima THIAM

Le temps est à la dématérialisation des procédures dans plusieurs secteurs. Cependant, les  spécialistes, bien qu’ils reconnaissent que le processus est irréversible pour les entreprises qui veulent avancer, rappellent qu’il faut prendre en compte l’aspect sécuritaire pour des opérations garantissant l’intégrité et la confidentialité.

Pour être plus performantes et rapides, beaucoup de structures publiques comme privées ont intégré la dématérialisation des procédures dans leurs opérations. Cela permet d’avoir une efficacité. Toutefois, il est essentiel de garantir la sécurité des données manipulées, estiment des spécialistes du secteur du numérique qui discutaient du thème : «Dématérialisation et sécurité numérique : de la réglementation aux solutions», lors du Forum Préventica sur la maîtrise globale des risques qui s’est tenu du 3 au 4 octobre 2017, à Dakar. Ils ont insisté sur la sécurité pour développer davantage le numérique et la dématérialisation des procédures. Mouhamadou Diouf, Responsable sécurité système d’information (Rssi) à Gaindé 2000, a rappelé que la dématérialisation a toujours existé car l’écriture était une forme de dématérialisation. «Maintenant, la dématérialisation est une forme de transformation des supports physiques en supports numériques», dit Mouhamadou Diouf. Il a souligné que le système Gaindé 2000 a permis de dématérialiser la procédure de création d’entreprise, le dépôt de dossiers pour certains concours au Sénégal, entre autres.   «Quand on parle de dématérialisation, on parle d’absence de déplacement et d’une non utilisation de certains documents. Il y a aussi des risques de piratage. Penser qu’on est invulnérable, c’est déjà être vulnérable. Il faut une identification continue du risque et adapter nos réactions, impliquer les acteurs pour la prise en charge de ces risques», a-t-il déclaré. Il a demandé aux acteurs de se structurer pour protéger les données personnelles qu’ils manipulent. M. Diouf est d’avis que pour réussir une dématérialisation des procédures en toute sécurité, «il nous faut la confiance, l’intégrité et la confidentialité des données manipulées».

L’expert en signature électronique Magatte Mbaye a abondé dans le même sens. Il soutient  qu’il faut «des tiers de confiance qui sont des entités juridiques jouant le rôle d’intermédiaire», voire de régulateur pour assurer la sécurité dans la dématérialisation des procédures. De ce fait, il pense que l’archivage l’égal qui impose de garder les documents pendants une période de 5 à 10 ans est un dispositif de suivi.

Par rapport à la réglementation nationale, Mouhamadou Lô, de l’Agence de développement de l’Informatique de l’État (Adie) rappelle qu’il y a, au Sénégal, une loi sur les transactions électroniques depuis 2008 et tous les instruments pour encadrer la signature électronique.

Oumar KANDE

La promotion des métiers des énergies renouvelables contribue à relever le défi du changement climatique et constitue une alternative dans la lutte contre le chômage des jeunes, a déclaré, hier, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Mary Teuw Niane.

M. Niane s’exprimait à l’occasion d’un atelier du comité de pilotage du Programme d’enseignement supérieur pour les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique (Peseree), fruit d’un partenariat entre le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation et la coopération allemande au développement (Giz).

La rencontre s’est déroulée en présence du directeur général de la recherche et de l’innovation, Pr Amadou Thierno Gaye, et de la conseillère technique de la Coopération allemande au développement (Giz), Cornelia Seck, ainsi que des représentants des recteurs des universités du Sénégal. Mary Teuw Niane a indiqué que le Peseree entre «en adéquation avec deux grandes stratégies sectorielles du Plan Sénégal émergent (Pse), l’élargissement de l’accès à l’énergie grâce aux énergies renouvelables et le renforcement des capacités des acteurs du secteur et du sous-secteur».  «Il reste, toutefois, primordial que nous effectuions un passage rapide du stade laboratoire à celui de l’exécution afin de remplir l’objectif premier du gouvernement du Sénégal qui est la création massive d’emplois pour les jeunes», a, pour sa part ,rappelé Pr Amadou Thierno Gaye, le directeur de la recherche et de l’innovation. Financé par la coopération allemande à hauteur de 3,5 millions d’euros, le Peseree vise «la promotion des métiers des énergies renouvelables à travers 4 priorités», a précisé la conseillère technique de la Giz, Cornelia Seck.  Selon elle, il s’agit de l’amélioration pratique de la formation et de la coopération au sein des universités et des instituts supérieurs d’enseignement professionnel, le renforcement de la formation à courte durée et de celle des compétences entrepreneuriales dans le domaine des énergies renouvelables.

APS

Suite aux instructions données au gouvernement par le président de la République, Macky Sall,  « pour fixer, sans délai, le prix du kilogramme d’arachide » et son appel pressant à arrêter « un prix rémunérateur pour le bien être des producteurs », le Comité national de concertation des ruraux (Cncr) a proposé 225 FCfa/kg, soit une majoration de 15 FCfa sur le prix de la précédente campagne de commercialisation arachidière. Il a, en outre, appelé le gouvernement à reconduire la taxe sur les exportations pour cette année.

Le prix de cession du kilogramme d’arachide, qui était de 210 FCfa  l’année dernière, doit être revu à la hausse.  C’est la conviction de Sidy Bâ, porte-parole du Comité national de concertation des ruraux (Cncr), par ailleurs Secrétaire général  du Cadre de concertation des producteurs d’arachides (Ccpa), selon qui, « les investissements réalisés et autres dépenses consentis durant la présente campagne ont impacté sur nos coûts de productions et avoisinent les 225 FCfa ». Ainsi, « nous encourageons cette très bonne initiative du chef de l’État et nous espérons que le Comité national interprofessionnel de l’arachide (Cnia), les huiliers et tous les acteurs de la filière arachidière vont saisir la balle au rebond en répondant favorablement à cet appel solennel du président Macky Sall pour un prix au producteur rémunérateur», a-t-il soutenu. Estimant le prix de cession des graines d’arachide à 225 FCfa « plus ou moins juste et accessible et à la portée des huiliers », M. Bâ est d’avis que « les producteurs vont défendre, au Cnia, ce prix qui permettra d’investir dans la filière et de prendre en compte les nombreuses charges familiales des producteurs, en particulier les dépenses d’éducation et de santé ». Mieux, en fixant précocement le prix, on assure un approvisionnement correct et régulier des trois huiliers de la place en ce sens qu’« aucun producteur ne va brader ses productions et il pourra vivre dignement des fruits de son labeur ». Il sera épargné du « Mbappatt et les bana-bana (Ndlr : Commerçants) n’auront pas voix au chapitre». Sur cette lancée, il a invité l’État à reconduire la taxe à l’importation sur l’arachide pour cette présente campagne de commercialisation arachidière. « Il est bon que l’État reconduise la taxe à l’exportation pour permettre aux usines de la place d’avoir de la matière pour travailler», dit-il. Jugeant inconcevable que les Sénégalais continuent de consommer de l’huile importée de tournesol, de soja…, « alors que nous avons des graines d’arachide à foison », le Cncr compte porter un grand plaidoyer auprès de l’État pour inverser cette tendance. Pour ce faire, M. Bâ a invité l’État à aider la Sonacos S.a. « en l’accompagnant à trouver des financements conséquents pour réaliser des investissements structurants pour doter la société de machines de dernière génération », note-t-il. Aussi, « requinquer l’outil industriel de l’entreprise devrait permettre de démultiplier ses capacités de production en matière de trituration et de production de tourteaux pour le bétail », a-t-il plaidé.

C’est en marge de la cérémonie de levée des couleurs qui s’est tenue lundi dernier que le chef de l’État, « rendant grâce à Dieu, cette année encore une fois, « de nous avoir gratifié d’un hivernage globalement positif», a annoncé avoir déjà donné des instructions au gouvernement pour fixer, sans délai, le prix du kilogramme d’arachide, lequel prix « devra rester à un niveau rémunérateur pour le bien-être des producteurs », avait-il ajouté.

Mamadou Lamine DIEYE

En plus de ces producteurs-clés, l’ensemble des techniciens de l’Agence national du conseil agricole rural (Ancar), des directions régionales du développement rural (Drdr) et des différents projets et programmes ont été également formés sur les techniques de production du riz par Jica-Prip.

L’État du Sénégal, dans le Programme national d’autosuffisance en riz (Pnar) dont l’ambition est de dépasser 1,6 million de tonnes de riz d’ici à fin 2017, avait introduit une requête relative à la mise en place d’un appui technique pour promouvoir une production durable du riz pluvial dans les régions de Fatick, Kaolack et Kaffrine. Requête à laquelle le Japon a répondu favorablement, avec la mise en œuvre du Prip dont les activités se déroulent depuis 2015.

Ce projet met l’accent sur le renforcement de capacités et le transfert de technologies permettant aux producteurs de cultiver aussi bien dans des plateaux que dans des bas-fonds. Ce qu’ils sont en train de faire avec succès. « Dans le bassin arachidier, avec le déficit pluviométrique et la salinisation des terres, les gens pensaient que la culture du riz dans la zone était une chimère, mais avec le projet Jica-Prip, ils se sont rendus compte que c’était possible », souligne Youssou Guèye, directeur régional du développement rural de Kaolack.

Pour son homologue de Kaffrine, Samba Ndao Tall, « le Prip a apporté des réponses à des questions qui nous interpellaient directement à la base », à savoir la non maîtrise des itinéraires techniques notamment la densification des semis, la non maîtrise des adventices (mauvaises herbes) et de la transformation du riz, etc., par les producteurs. « Le disque 32 tours conçu par Isra a été testé, une machine à sarcler a été créée pour maîtriser les adventices, le Pnar est venu en renfort en mettant en place les équipements de transformation post-récoltes et un guide des bonnes pratiques a été conçu et sera bientôt distribué », a soutenu le Drdr de Kaffrine.

Elhadji Ibrahima THIAM (Envoyé spécial)

Zone arachidière par excellence, les régions de Kaolack, de Kaffrine et de Fatick renferment un potentiel rizicole très peu exploité jusque-là. Mais avec les stratégies du gouvernement, appuyé par ses partenaires comme le Japon, la culture du riz est en train de se faire une place à côté de l’arachide et du mil. Cette diversification agricole vise à transformer le bassin arachidier en bassin agricole conformément au souhait du président de la République. De ce point de vue, les orientations sont claires et, sur le terrain, les efforts commencent à porter leurs fruits, si l’on en croit les différents acteurs. « L’État a encouragé les producteurs à emblaver des parcelles de riz et les accompagne à travers ses services techniques décentralisés et les projets et programmes en semences et matériels agricoles et post-récoltes gratuitement. Pour mettre en place une parcelle de riz, il faut au moins que le sol soit composé de 30 à 40 % d’argile. Des sites ont été identifiés.

On a des mares temporaires et des bas-fonds. Sur le plan régional, par exemple, nous avons 2.285 hectares emblavées à Nioro, 20 hectares à Guinguinéo et 1.006 hectares à Kaolack. Et le potentiel d’emblavure est estimé à plus de 5.000 hectares dans la région », a précisé le Drdr Youssoupha Guèye. Avec un hivernage plus pluvieux que celui de l’année dernière, les rendements de cette année s’annoncent meilleurs, selon lui. Il espère même que la référence du Pracas fixé à 2,5 tonnes à l’hectare pour la riziculture pluviale sera dépassée. « L’année dernière, même avec la faiblesse des pluies, nous avons eu entre 1,9 tonne et 2 tonnes à l’hectare, cette année, on espère même dépasser la référence de 2,5 tonnes parce que la pluie a bien répondu », a-t-il dit.

Elhadji Ibrahima THIAM (Envoyé spécial)

Le sujet sur le pétrole et le gaz déchaine les passions et le débat sur les bonnes pratiques est lancé alors que l’exploitation de ces ressources n’a pas démarré. Pour mieux cerner les enjeux, des cadres de l’administration sénégalaise séjournent, depuis lundi, aux Pays-Bas pour s’imprégner des bonnes pratiques.

De hauts cadres de l’administration sénégalaise intéressés, au premier rang, par la gestion des ressources pétrolières et gazières, séjournent, depuis lundi, aux Pays-Bas. Ils viennent de plusieurs structures telles que Petrosen, Senelec, la Direction de l’environnement et des établissements classés, l’Agence nationale des affaires marines, la Douane et le ministère de l’Économie, des Finances et du Plan, de Cos-petrogaz.

L’ambassadeur des Pays-Bas à Dakar, Theo Peters, qui conduit la délégation, a indiqué que cette visite poursuit deux objectifs. Le premier est d’apprendre de son pays qui capitalise plus d’un demi-siècle d’expérience dans la gestion des ressources gazières. Une expérience qui, selon le diplomate, peut se révéler utile pour le Sénégal avec les récentes découvertes de pétrole et de gaz. M. Peters a rappelé qu’à la suite de la découverte de grands gisements gaziers, les Pays-Bas ont vu leurs revenus croître, mais ceux-ci étaient portés exclusivement par cette industrie au détriment des autres secteurs. Quand les revenus tirés du gaz ont chuté, les autres industries n’arrivaient pas à prendre le relais car elles n’avaient pas réalisé les gains de productivité nécessaires en plus d’une monnaie trop forte pour les exportations.

L’autre objectif, selon le diplomate, est de voir comment les gouvernements et les secteurs privés des deux pays pourraient travailler ensemble pour optimiser les revenus tirés de l’exploitation du gaz et du pétrole. En effet, cette perspective heureuse pose autant de défis que les opportunités. Il est important d’avoir un cadre institutionnel qui assure la transparence et la responsabilité afin de veiller à ce que cette richesse nationale puisse profiter à l’ensemble de la population. Tous les participants ont salué l’initiative de l’ambassade des Pays-Bas au Sénégal d’organiser cette mission d’imprégnation sur les bonnes pratiques dans la gestion des ressources gazières et pétrolières.

Dans un entretien accordé récemment au quotidien «Le Soleil», l’ancien chef de mission du Fmi pour le Niger, Cheikh Anta Guèye et actuel chef de division adjoint au département Europe s’était intéressé à l’impact des ressources naturelles. Il soulignait que sur un échantillon de 28 pays d’Afrique subsaharienne, l’amélioration du bien-être social a été faible et de loin moindre comparé à d’autres pays du monde. Il ajoutait que cet impact était nul à moyen et long terme pour les pays africains parce que les politiques et les mesures adéquates n’étaient pas prises et les enjeux pas suffisamment cernés. Pour autant, il estimait que la découverte de pétrole et de gaz est une grande opportunité pour le Sénégal si les mesures appropriées sont prises.

Enjeux environnementaux
Au-delà des ressources financières attendues, l’exploitation du pétrole et du gaz offshore soulève des enjeux environnementaux. Un autre défi, c’est aussi d’impliquer le tissu économique local par la construction d’une industrie pétro-gazière en développant des Pme-Pmi portées par le secteur privé national.

Au Sénégal, depuis les découvertes de gaz et de pétrole, le sujet déchaine les passions et le débat sur les bonnes pratiques est lancé alors que l’exploitation de ces ressources n’a pas démarré. En s’imprégnant des bonnes pratiques et en discutant avec des intervenants de toute la chaîne des valeurs, les cadres sénégalais en mission en Hollande pourront conseiller les pouvoirs publics sur les stratégies et politiques appropriées. Par exemple, sur le plan de la politique fiscale, il serait utile de définir une fiscalité et un régime de concession adapté s’appliquant au secteur des hydrocarbures. En effet, un régime fiscal adéquat optimise la part de l’État dans les recettes tout en instituant un régime d’incitations qui sauvegarde les intérêts du secteur privé.

Pendant leur séjour aux Pays-Bas, ces cadres rencontreront des représentants des ministères des Affaires économiques (l’équivalent du ministère du pétrole et des énergies), des Infrastructures et de l’environnement, des acteurs du secteur privé néerlandais. Ils visiteront également la foire offshore Energy 2017, la compagnie Shell des Pays-Bas où ils pourront avoir des informations sur la monétisation du gaz et sur la technologie utilisée dans le secteur gazier, etc.

De notre envoyé à la Haye (aux Pays-Bas) Mamadou GUEYE

Pendant deux jours (jeudi 5 et vendredi 6 octobre), le Comité conjoint de coordination du Projet d’appui à la production durable du riz pluvial dans le bassin arachidier (Prip) a sillonné les régions de Kaffrine, Kaolack et Fatick afin de constater de visu les activités réalisées sur le terrain. Il s’agit notamment des parcelles de démonstration dont la mise à l’échelle devrait installer la culture du riz dans les mœurs agricoles de la zone où l’arachide est encore roi.

Au bout d’une piste de campagne bordée de hautes herbes dominées, par endroits, par des arbres géants, une petite exploitation rizicole d’une superficie de 3578 m2 (0,35 ha) s’épanouit à côté des champs de mil, de sorgho, de maïs et surtout d’arachide. De la variété Nerica 4, les épis d’un jaune doré sont à l’état de maturation dans cette écologie de plateau située dans le village de Diery Kao, commune de Médina Sabakh, département de Nioro, région de Kaolack. Son propriétaire, Mamoud Touré, la quarantaine, a même commencé la récolte. Une partie de la moisson est exposée fièrement sur une natte. Une manière pour ce producteur au discours plein de référents religieux de montrer aux membres du Comité conjoint de coordination du Projet d’appui à la production durable du riz pluvial dans le bassin arachidier (Jica-Prip) que la formation qu’il a reçue, au mois de mai dernier, a été bien assimilé.

Mamoud Touré fait partie, en effet, du lot de 180 cultivateurs identifiés comme « producteurs-clés » formés sur les bonnes pratiques agricoles. Certains parmi eux ont été ensuite choisis par le Prip pour expérimenter les acquis théoriques dans des parcelles de démonstration. Ces champs-écoles, au nombre de 92, sont disséminées dans les régions de Kaffrine, de Kaolack et de Fatick. Portés par ces producteurs-clés, ils servent de support de formation pour les autres producteurs ordinaires sur les techniques de production de riz, de semences, d’aménagement secondaire dans les vallées. A terme, l’objectif, c’est de « constituer un « pool » de hauts techniciens formés sur les techniques de production et capables de prendre en charge les besoins de la vulgarisation en production de riz dans le bassin arachidier », souligne Salif Diack, expert de la Jica, chargé de la formation et de la vulgarisation.

Pendant deux jours, le Comité conjoint de coordination a fait le tour de certaines de ces parcelles de démonstration afin de constater, de visu, la matérialité de la formation sur le terrain de la pratique. Parmi ces producteurs-clés chargés de porter ce test, on compte aussi bien des hommes que des femmes comme Coumba Niang du village de Nianghène Mody, Demba Sylla de Ndramé Escale, Adama Fall du village de Aidara dans le Toubacouta ou encore Moth Ndiaye du village de Kayfara 1 dans le Kaffrine. Ce dernier, jusque-là, cultivait dans un bas-fond du Sahel 108, une variété qui a besoin de beaucoup d’eau.

Or, avec les pauses pluviométriques souvent notées dans cette zone, le Sahel 108 qui est de cycle long a peu de chance de donner les rendements attendus. Mais depuis qu’il a subi la formation du projet Jica-Prip, Moth Ndiaye a changé de paradigme en utilisant, à côté du Sahel 108, la variété Nérica 4 à cycle moyen. Et le résultat n’a pas tardé à ce faire jour. Lors du passage de la délégation du Comité conjoint de coordination, le champ de Nerica était déjà en phase de maturation alors que celui du Sahel 108 était à l’état d’épiaison. Certains de ces périmètres rizicoles sont destinés à l’autoconsommation, tandis que d’autres sont emblavés pour cultiver de la semence.

Coordonnateur Pnar et président du Comité conjoint de coordination, Dr Waly Diouf s’est félicité du nombre de riziculteurs qui, depuis quatre ans, ne cesse d’augmenter dans le bassin arachidier. Un phénomène qui a entraîné la hausse des emblavures et conséquemment une amélioration des rendements. « En cumulant ces éléments, nous pouvons dire que nous aurons d’excellentes productions », a-t-il prédit. Il a aussi tenu à saluer la manière dont les producteurs ont adapté les variétés en fonction de chaque top-séquence : bas-fonds, plateau, semi bas-fonds. « Cela montre que les formations qui leur ont été données ont été de qualité et sont en train de faire leurs effets malgré des contraintes extrêmement fortes dans la zone comme la salinisation et la faible pluviométrie. On sent une progression importante au point que certains producteurs arrivent à s’autosuffir en riz, c’est réconfortant », a ajouté le Coordonnateur du Pnar.

Elhadji Ibrahima THIAM (Envoyé spécial)

LE DÉFI DE LA MISE À L’ÉCHELLE
Pour la mise à l’échelle de ces bonnes pratiques agricoles, l’optimisme est de mise. Les conseillers agricoles de même que les producteurs-clés qui ont été formés s’y attèlent déjà. En chœur, Youssoupha Guèye et Samba Ndao Tall assurent que dans le bassin arachidier, les gens commencent à prendre conscience de l’importance de cultiver du riz à côté des spéculations traditionnelles. Les variétés Nerica 4 et 6 adaptées à l’écologie de la zone ont été adoptées et les semis sont mis sous terre dès le début de l’hivernage. « Ils sont conscients que s’ils ne cultivent pas le riz, ils seront obligés de vendre leur mil pour en acheter. Or, pour acheter du riz, il faut vendre beaucoup plus de mil. Dans cette affaire, ils sont les grands perdants », fait remarquer Samba Ndao Tall. Et puis, dans une zone où le plat local est le mbakhalou Saloum (à base de riz et d’arachide), la culture du riz doit être un choix de raison, semble dire Youssoupha Guèye. « Les producteurs de la zone ont intérêt à cultiver les deux spéculations en même temps. Ainsi, le spectre de l’insécurité alimentaire sera définitivement chassé », a-t-il dit.

Elhadji Ibrahima THIAM (Envoyé spécial)

LE RIZ TRACE SON SILLON DANS LE BASSIN ARACHIDIER
Prip rizZone arachidière par excellence, les régions de Kaolack, de Kaffrine et de Fatick renferment un potentiel rizicole très peu exploité jusque-là. Mais avec les stratégies du gouvernement, appuyé par ses partenaires comme le Japon, la culture du riz est en train de se faire une place à côté de l’arachide et du mil. Cette diversification agricole vise à transformer le bassin arachidier en bassin agricole conformément au souhait du président de la République. De ce point de vue, les orientations sont claires et, sur le terrain, les efforts commencent à porter leurs fruits, si l’on en croit les différents acteurs. « L’État a encouragé les producteurs à emblaver des parcelles de riz et les accompagne à travers ses services techniques décentralisés et les projets et programmes en semences et matériels agricoles et post-récoltes gratuitement. Pour mettre en place une parcelle de riz, il faut au moins que le sol soit composé de 30 à 40 % d’argile. Des sites ont été identifiés. On a des mares temporaires et des bas-fonds. Sur le plan régional, par exemple, nous avons 2.285 hectares emblavées à Nioro, 20 hectares à Guinguinéo et 1.006 hectares à Kaolack. Et le potentiel d’emblavure est estimé à plus de 5.000 hectares dans la région », a précisé le Drdr Youssoupha Guèye. Avec un hivernage plus pluvieux que celui de l’année dernière, les rendements de cette année s’annoncent meilleurs, selon lui. Il espère même que la référence du Pracas fixé à 2,5 tonnes à l’hectare pour la riziculture pluviale sera dépassée. « L’année dernière, même avec la faiblesse des pluies, nous avons eu entre 1,9 tonne et 2 tonnes à l’hectare, cette année, on espère même dépasser la référence de 2,5 tonnes parce que la pluie a bien répondu », a-t-il dit.

Elhadji Ibrahima THIAM (Envoyé spécial)

LE PRIP, L’APPUI TECHNIQUE SI PRÉCIEUX AU PNAR
En plus de ces producteurs-clés, l’ensemble des techniciens de l’Agence national du conseil agricole rural (Ancar), des directions régionales du développement rural (Drdr) et des différents projets et programmes ont été également formés sur les techniques de production du riz par Jica-Prip.

L’État du Sénégal, dans le Programme national d’autosuffisance en riz (Pnar) dont l’ambition est de dépasser 1,6 million de tonnes de riz d’ici à fin 2017, avait introduit une requête relative à la mise en place d’un appui technique pour promouvoir une production durable du riz pluvial dans les régions de Fatick, Kaolack et Kaffrine. Requête à laquelle le Japon a répondu favorablement, avec la mise en œuvre du Prip dont les activités se déroulent depuis 2015.

Ce projet met l’accent sur le renforcement de capacités et le transfert de technologies permettant aux producteurs de cultiver aussi bien dans des plateaux que dans des bas-fonds. Ce qu’ils sont en train de faire avec succès. « Dans le bassin arachidier, avec le déficit pluviométrique et la salinisation des terres, les gens pensaient que la culture du riz dans la zone était une chimère, mais avec le projet Jica-Prip, ils se sont rendus compte que c’était possible », souligne Youssou Guèye, directeur régional du développement rural de Kaolack.

Pour son homologue de Kaffrine, Samba Ndao Tall, « le Prip a apporté des réponses à des questions qui nous interpellaient directement à la base », à savoir la non maîtrise des itinéraires techniques notamment la densification des semis, la non maîtrise des adventices (mauvaises herbes) et de la transformation du riz, etc., par les producteurs. « Le disque 32 tours conçu par Isra a été testé, une machine à sarcler a été créée pour maîtriser les adventices, le Pnar est venu en renfort en mettant en place les équipements de transformation post-récoltes et un guide des bonnes pratiques a été conçu et sera bientôt distribué », a soutenu le Drdr de Kaffrine.

Elhadji Ibrahima THIAM (Envoyé spécial)

L’Agence française de développement (Afd) reste l’un des premiers partenaires du Sénégal. Pour preuve, elle a investi, depuis 2007, près de 900 milliards de FCfa au Sénégal, selon son Directeur général Rémy Rioux. Dans cet entretien, il revient sur les perspectives de la coopération entre le Sénégal et la France et explique les grandes lignes de la stratégie « Tout Afrique » que l’Afd est en train de développer.

En 2016, l’Agence française de développement (Afd) a réalisé un record dans ses engagements avec un montant de 9,4 milliards d’euros. Quelle est la part de l’Afrique dans ces engagements et les secteurs bénéficiaires ?
L’Afrique représente 50 % des engagements de l’Afd à l’international. Nous avons financé 4 milliards d’euros de projets en Afrique en 2016. C’est la priorité de la politique de développement de la France : 85% des moyens budgétaires qui nous sont accordés par l’État y sont concentrés.

Au Sénégal, nos engagements ont dépassé 140 milliards de FCfa en 2016. En cumulé, depuis 2007, ce sont près de 900 milliards de FCfa (1,4 milliard d’euros) que nous avons engagés dans votre pays. Dans de nombreux secteurs : les infrastructures, bien sûr (eau et assainissement, transport avec le Train express régional (Ter), développement urbain), l’énergie, l’agriculture, mais aussi les secteurs sociaux, en particulier l’éducation, priorité du président de la République française. J’ai rencontré, lundi 25 septembre, le ministre de l’Éducation nationale, Serigne Mbaye Thiam, pour préparer l’importante réunion internationale du Partenariat mondial pour l’éducation (Pme) qui se tiendra à Dakar en février prochain, sous la coprésidence des présidents Macky Sall et Emmanuel Macron.

L’Afrique est la priorité de l’Afd. Fondée par le général De Gaulle à Londres en 1941, notre Agence sait ce qu’elle doit aux Résistants et aux Combattants d’Afrique. Elle a dans son Adn la lutte contre toutes les injustices et toutes les inégalités. En cherchant à créer des liens multiples entre l’Afrique, l’Europe et la France. En cherchant à innover pour faire du développement un partage d’expériences entre égaux. Aujourd’hui, le Sud inspire le Nord. Mobile banking, énergies renouvelables, gestion des biens communs : l’Afrique a beaucoup à nous apprendre!

Quelles sont les grandes lignes de la stratégie tout Afrique ?
L’Afd développe une stratégie «Tout Afrique». Et si l’on cessait de couper l’Afrique en deux, entre Afrique du nord et Afrique subsaharienne, que verrions-nous ? Il est temps de voir l’Afrique comme un tout, comme la voient les Africains eux-mêmes, pour comprendre les dynamiques à l’œuvre – continentales, sous-régionales, nationales, territoriales. L’Afd veut sortir d’une vision duale du continent, décentrer le regard, décloisonner les approches. Voir l’Afrique du Maroc à l’Afrique du Sud, du Sénégal à Djibouti. C’est une évidence... qui n’en est pas encore une !
Notre stratégie « Tout Afrique » suppose de nous doter des moyens nouveaux pour traiter les enjeux transfrontaliers et les questions d’intégration régionale. L’Afd va notamment se doter de cinq délégations régionales en Afrique. L’Afd voudrait être la première institution non-africaine à voir l’Afrique comme les Africains eux-mêmes.

Nous voulons ainsi contribuer à la réussite des cinq  grandes transitions engagées en Afrique comme dans le monde entier: la transition démographique et sociale, d’abord (la natalité, l’éducation, l’emploi des jeunes, les migrations) ; ensuite la transition territoriale et écologique (l’urbanisation, l’adaptation au changement climatique, la biodiversité) ; la transition énergétique (une énergie durable, abordable et accessible à tous) ; la transition politique et citoyenne (la paix, la gouvernance, la société civile) ; la transition numérique, enfin. L’Afd, Bpifrance et La French Tech viennent de lancer la deuxième édition du challenge «Digital Africa», concours de startups et d’innovations numériques en faveur du développement durable. Rendez-vous à Abidjan, lors du Sommet entre l’Union européenne et l’Afrique, pour découvrir les nouveaux lauréats !

Quel peut être l’apport de l’International développement finance club (Idfc) qui réunit 23 banques de développement du Sud et du Nord ?
L’International développement finance club (Idfc) est une plateforme inédite et significative dans la sphère du financement du développement, dont l’Afd est un membre fondateur tout comme nos collègues africains de la Boad, de la Caisse des dépôts et de gestion marocaine, de la Dbsa sud-africaine et de la Tdb Bank d’Afrique de l’Est. Il s’agit d’un réseau de vingt-trois banques nationales et régionales de développement du Nord et du Sud, qui financent, chaque année, plus de 600 milliards de dollars de projets – ce qui en fait, de très loin, le premier financeur du développement, dont près de 100 milliards déjà pour la lutte contre le changement climatique.

L’Afd va s’impliquer davantage encore dans ce réseau. C’est la raison pour laquelle j’ai participé, cette semaine, au forum sur l’investissement en Afrique, organisé à Dakar par la China Development Bank (Cdb), membre du club Idfc, avec la Banque mondiale. Car notre conviction est que le rôle des banques nationales de développement est essentiel. Elles sont seules capables de concrétiser les engagements de la communauté internationale, en mobilisant leurs puissants moyens financiers et leurs multiples relais dans leurs pays respectifs. Ce sont des acteurs cruciaux pour accélérer les transitions indispensables à la réalisation des Objectifs de développement durable (Odd) que tous les pays membres des Nations-unies se sont engagés à atteindre d’ici à 2030.

Vous injectez plus de fonds dans les prêts que dans les dons (1 milliard d’euros sur 9 milliards). Pourquoi cette option ?
La France a un modèle de financement du développement qui combine, en effet, prêts et dons. Nous avons besoin des dons pour intervenir dans les contextes les plus difficiles. Et nous accordons des prêts concessionnels, c’est-à-dire très inférieurs aux taux du marché, pour permettre des investissements d’un montant plus importants et qui ont un fort impact de développement durable. J’ajoute que, pour mobiliser des volumes de financement plus élevés encore, nous finançons le secteur privé et nous cherchons à orienter les investisseurs vers l’Afrique. C’est la mission de notre filiale Proparco, qui a fêté ses 40 ans le 19 septembre, et du nouveau fonds d’investissement dans les infrastructures de 600 millions d’euros que nous montons avec la Caisse des dépôts française. Et nos moyens vont encore s’accroître à l’avenir, puisque le président Macron a fixé à 0,55% de notre revenu national le montant qui sera alloué à l’aide publique au développement (Apd) en 2022.

Votre question rejoint une conviction forte, que nous nous sommes forgée depuis 75 ans que nous intervenons en Afrique, en Amérique latine, en Asie, au Moyen Orient, dans les Caraïbes et dans l’outre-mer français. Le privé et le public sont complémentaires. Aucun pays ne s’est développé uniquement par de l’endettement public. L’investissement public est indispensable pour financer les services publics, pallier les défaillances des marchés et accélérer l’investissement privé. Mais, c’est l’initiative privée qui permet de passer à l’échelle, de prendre du risque et d’innover. Nous finançons, par exemple, au Sénégal, neuf centres de formation professionnelle selon un modèle de gouvernance public-privé innovant. L’emploi des jeunes est une priorité. Public et privé peuvent et doivent œuvrer ensemble à la prospérité de chacun.

Quels sont vos objectifs chiffrés en développement pour l’Afrique ?
Sur les cinq prochaines années, l’Afd engagera 23 milliards d’euros sur le continent. Le Groupe Afd entend maintenir la cible de 50 % de ses engagements en Afrique, et ainsi passer de 4 à 5 milliards d’euros par an. Pour y parvenir, l’Afd va mobiliser toute la gamme de ses instruments financiers (prêts, dons, garanties, fonds propres), mais aussi son expertise et ses capacités de recherche. Pour être précise et pertinente, elle invente de nouveaux instruments comme une facilité Crises et Conflits de 100 millions d’euros par an en dons ou le fonds Afd-Cdc pour les infrastructures et cherche à inventer de nouvelles formes d’actions, comme cette Alliance pour le Sahel, coalition inédite de bailleurs et de pays, pour faire plus et faire mieux pour les populations de cette région.

L’Afd se soucie-t-elle de transfert de technologies dans ses projets souvent exécutés par des entreprises françaises ?
L’Afd apporte à ses clients un soutien tant financier que non financier. A cet égard, l’appui-conseil, le renforcement de capacités, et plus largement l’accès à l’expérience française dans de nombreux domaines font partie des transferts de savoir-faire auxquels les projets que nous finançons contribuent. Quant aux entreprises françaises, elles ont permis les meilleures pratiques internationales en termes de responsabilité sociale et environnementale. Nous veillons, dans nos financements, à ce que les meilleurs standards de concurrence, de passation de marchés et de qualité soient respectés.

J’irais plus loin. Le développement doit marcher dans les deux sens. Aujourd’hui, l’Afrique innove et nous aurions tort de ne pas nous en inspirer. Partager nos expériences et apprendre les uns des autres, c’est le sens désormais de la politique de développement. Nous devons porter la plus grande attention aux processus d’innovation croisée et inversée. Dans la défense de nos biens communs, le Sud a souvent une longueur d’avance sur le Nord. L’Afd veut accélérer cette prise de conscience et contribuer à en étendre les bienfaits.

Entretien réalisé par Malick CISS, Elhadj Ibrahima THIAM (texte)
et Mbacké BA (photos)

Pour lutter contre le chômage, l’association Jeunes entrepreneurs africains œuvrant pour le développement économique régional (Jeader) a initié des jeunes à l’agrobusiness. Dans sa deuxième édition des ateliers «Baydundee», Jeader a invité les jeunes à choisir l’entrepreneuriat pour travailler au développement de leur pays.

C’est au cœur du parc de Hann, entouré par une verdure luxuriante et profitant de l’air frais des arbres qui rafraîchit en cette période de forte canicule, que l’association des Jeunes entrepreneurs africains œuvrant pour le développement économique régional (Jeader) a lancé la deuxième édition des Ateliers «Baydundee». A travers des ateliers payants, les jeunes ont été initiés aux métiers de l’agrobusiness pour les inciter à devenir des entrepreneurs agricoles. Selon la fondatrice de l’association Jeader, Ndèye Absa Gningue, l’objectif est de promouvoir l’entrepreneuriat et d’encourager les jeunes à s’inscrire dans l’entrepreneuriat à travers le concept «Baydundee» qui promeut le consommer local. «Nous sommes vraiment sûrs que si nous consommons ce que nous produisons et produisons ce que nous consommons, cela peut nous amener à une indépendance alimentaire et économique et favoriser l’émergence réelle. C’est pour cela que nous avons initié cette prise de conscience en invitant les jeunes, dès maintenant, à s’initier à l’agriculture et à se tourner vers les nombreux métiers de l’agriculture», indique la fondatrice de Jeadrer.

Lors de la première édition, la «fraise-bio» a été présentée car elle est produite maintenant à Bayakh (région de Thiès) par des membres de l’association. Pour cette deuxième édition, c’est le moringa oléifera, arbre miracle appelé «Nebeday» au Sénégal qui a été à l’honneur de même que le graviola, arbre du carossol qui présente beaucoup de vertus thérapeutiques, car il y a des études qui «ont montré que le carossol était jusqu’à 1.000 fois plus efficace que la chimiothérapie». Ndèye Absa Gningue demande ainsi de mieux communiquer sur ces plantes naturelles sénégalaises qui sont très efficaces pour la prévention de certaines maladies tout en permettant de lutter, dans l’agrobusiness,  contre le chômage des jeunes.

Dans ce sens, le vainqueur du dernier grand Prix Agrihack (dédié aux jeunes entrepreneurs agricole) en Côte d’Ivoire, Thierno Souleymane Agne, qui a animé les ateliers agricoles, a demandé aux jeunes d’oser entreprendre étant donné que l’agriculture offre beaucoup de possibilités économiques. Même avis chez Ibrahima Dème, entrepreneur agricole, président de la structure «Toudou Beer». Juriste de formation puis émigré en occident, il confie avoir décidé de s’engager dans l’agriculture après avoir constaté que c’est un secteur porteur qui peut permettre de nourrir le continent mais aussi de donner du travail aux jeunes.

Oumar KANDE

 

Le ministre de l’Agriculture et de l’Équipement rural a visité, samedi, pendant de longues heures, les champs de Khelcom. Pape Abdoulaye Seck estime que ce domaine agricole est l’exemple parfait de la vision que le président de la République a de l’agriculture sénégalaise.

Samedi 7 octobre, c’est jour de récolte du mil à Khelcom. La veille vendredi, la fenaison avait déjà commencé. Pour l’occasion, le domaine agricole de 45.000 ha mis en valeur par le défunt khalife général des Mourides, Serigne Saliou Mbacké, situé à la confluence des régions de Kaffrine, de Kaolack et de Diourbel, baigne dans une ambiance à la fois besogneuse et religieuse. Les champs de mil, d’arachide et de niébé qui s’étendent à perte de vue, sont pris d’assaut par des milliers de jeunes, filles comme garçons, armés de coutelas. En bon mouride, chacun veut apporter sa part de labeur. Et tous les moyens sont bons pour aller dans les champs. Certains disciples s’y rendent à pied, d’autres s’entassent dans des camions pour les zones les plus reculées. La chaleur accablante ne les décourage nullement et la poussière non plus ne semble les indisposer.Au même moment, d’autres, des fagots de mil sur la tête, reviennent des champs. Ils se dirigent vers les lieux d’entreposage où attendent des camions. Les tas de mil dont certains dépassent la taille d’un homme présagent d’une bonne moisson. Le long de la route principale qui mène à Touba, à côté de tentes de fortune, de grosses marmites mijotent des mets.Pour faire face au manque d’eau, des véhicules circulent pour distribuer des sachets du liquide précieux. Ici, rien ne semble freiner l’ardeur des disciples.

Leur rythme de travail est tellement effréné que quand le ministre de l’Agriculture et de l’Équipement rural est arrivé sur les lieux vers 13 heures, à la tête d’une très forte délégation, la quasi-totalité des tiges de mil avaient fini d’être coupées, ramassées et entreposées dans des sites dédiés. Papa Abdoulaye Seck a été accueilli par Serigne Saliou Mbacké « Ndiouroul » Ibn  Serigne Abdoul Ahad Mbacké et par Cheikh Amar, maître d’œuvre de cette opération de récolte. Après les salutations d’usage, commence alors une visite d’une partie du domaine agricole. La grande exploitation agro-sylvo-pastorale est parcourue de long en large pendant plus de trois tours d’horloge au milieu des champs de mil, des plantations d’arachide et des périmètres de niébé. Un parcours qui a permis au ministre de prendre toute la mesure du travail titanesque qui a permis à Khelcom de forger sa réputation de grenier. « C’est la première fois qu’un ministre vient à Khelcom avec une délégation aussi importante et y passe autant de temps pour apprécier le travail abattu ici. Chaque fois que nous sollicitons les services du ministère, nous sommes toujours satisfaits », s’est félicité Serigne Yatma Ndiaye, un des responsables délégués des champs de Khelcom.

Cette année, 3.000 hectares d’arachide pour un rendement de 150 tonnes attendues, 2.800 hectares de mil, 300 hectares de niébé ont été emblavées. Ces mêmes spéculations sont cultivées, en plus du maraîchage et du riz, sur des superficies aussi grandes dans plusieurs autres «Daaras» de Serigne Saliou notamment à Touba Darou Salam,  à Boustane, à Ndiappandal, à Khabane, à Porokhane, à Ngoundoum, a précisé Serigne Saliou « Ndiouroul ». « L’agriculture et l’enseignement du Coran ont toujours été les deux passions de Serigne Saliou. C’est pourquoi, autour de chaque Daara, il a créé des champs. Les champs de Khelcom s’inscrivent dans cette logique », a-t-il souligné. Il est persuadé qu’avec davantage d’appui de l’État du Sénégal, le domaine de Khelcom peut devenir l’un des moteurs de l’autosuffisance alimentaire du pays. Il n’a pas manqué de magnifier l’engagement de Cheikh Amar dont l’appui en intrants et matériels agricoles n’a pas fait défaut.

Vertu du travail
Tombé sous le charme du domaine agricole de Khelcom et la bonne organisation qui y prévaut, le ministre, Pape Abdoulaye Seck, met la réussite de cette expérience agricole sur le compte d’une foi inébranlable aux vertus du travail et foi en Dieu. « Les clés du succès de ce grand domaine agricole de Khelcom, c’est certainement le fait d’avoir des gens qui croient en Dieu, des personnes qui croient en eux-mêmes, des gens qui s’arment de résolution pour refuser la fatalité et qui se disent que c’est possible de transformer positivement et durablement la nature. Sin tout le monde adopte cet état d’esprit, le Sénégal fera sa révolution agricole», a-t-il dit.

Pour le ministre de l’Agriculture et de l’Équipement agricole, Khelcom montre, à bien des égards, qu’une exploitation familiale peut avoir les mêmes proportions que des exploitations de type agro-business. « On a l’habitude de penser que les exploitations familiales sont de petites exploitations, mais ici, on voit qu’elles peuvent dépasser très largement les milliers d’hectares. Cela veut dire qu’on peut avoir des exploitations familiales d’une très grande taille, modernes, avec un taux de mécanisation de plus de 90 %, utilisant, au mieux, les innovations technologiques dans le but de s’inscrire dans une dynamique d’augmentation de la productivité et d’amélioration de la qualité », a-t-il ajouté.

L’exemple de Khelcom est la confirmation, selon lui, de la justesse de la vision du président de la République Macky Sall à savoir qu’il peut y avoir, au Sénégal, une agriculture de progrès, moderne et mécanisée, une agriculture en quête d’excellence. « C’est ce que nous constatons ici et cela veut dire que Khelcom peut être le portrait robot de la future exploitation agricole sénégalaise qui permettra a notre pays de nourrir ses population et aussi de tirer profit de ses avantages comparatifs sur le marché international et contribuer ainsi a nourrir le monde », a affirmé, avec force, Pape Abdoulaye Seck.

Plus de semences certifiées, pour plus de rendements
Le ministre de l’Agriculture est d’avis que l’utilisation, à grande échelle, de semences certifiées, à Khelcom, aurait permis, à ce domaine agricole, d’avoir des rendements encore meilleurs. C’est pourquoi Pape Abdoulaye Seck a donné des instructions au directeur de l’Agriculture, Omar Sané, de travailler avec l’Isra, l’Ancar et tous les services concernés afin que Khelcom puisse cultiver ses propres semences certifiées et devenir même fournisseur. « Nous allons tout faire pour que Khelcom dispose de plus de semences certifiées. Nous allons fournir des pré-bases pour que des semences certifiées puissent être produites ici. Un domaine de cette dimension, non seulement, ne doit pas avoir que des semences certifiées, mais il doit en donner à d’autres. J’ai donné des instructions dans ce sens au directeur de l’Agriculture », a déclaré le ministre. Selon lui, à l’avènement du président Macky Sall, en 2002, il n’y avait que 600 tonnes de semences certifiées, aujourd’hui, le stock fait 55.000 tonnes. Mais c’est encore insuffisant car les besoins sont estimés à 120.000 tonnes.
 
Elhadji Ibrahima THIAM (envoyé spécial) et Mamadou Dièye

L’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (Anacim) et Usaid/Cinsere ont lancé, avant-hier, la plateforme Enacts, un outil qui a pour objectif d’améliorer la production de services d’information sur le climat pour accroître la résilience et la productivité des agriculteurs, éleveurs et pécheurs dans la zone d’influence des projets Feed the Future (Naatal Mbay, Yaajeende, Comfish et Era).

Les conséquences du changement climatique sur l’agriculture ne prêtent plus à débat. Le temps est à la mise en place de politiques d’adaptation pour en atténuer les effets néfastes et renforcer la résilience et la productivité des producteurs (agriculteurs, éleveurs et pécheurs). Le lancement, avant-hier, de l’outil Enacts (Enhancing national climate services) par l’Anacim et le projet Usaid/Cinsere entre dans cette optique. L’objectif de cette plateforme est d’améliorer la base de données météorologique de l’Anacim et de renforcer les capacités de la Direction de l’exploitation de la météorologie pour une production de services climatiques de très haute qualité.

Pour ce faire, Enacts va générer des séries de données sur le climat en grille spatio-temporelle complète sur plus de 30 ans en combinant les observations des stations de l’Anacim avec les estimations des pluies par satellite (pour les précipitations) et les produits de ré-analyse de modèle climatique (pour la température), a expliqué Robert B. Zougmoré, coordonnateur du Programme changement climatique, agriculture, sécurité alimentaire (Ccafs Afrique). « Cet outil utilise les imageries satellitaires pour générer des informations climatiques concernant la pluie et la température. Cela permet aux bénéficiaires et aux communautés de prendre des décisions en gestion des risques », a-t-il dit. Quand faut-il semer ? Quels types de culture faut-il semer en fonction de la pluviométrie ? Quand faut-il appliquer les engrais ? Quand ne faut-il pas aller en mer pour les pêcheurs ? Où les éleveurs peuvent-il trouver des points d’eau ? Etc. C’est autant de paramètres que l’outil Enacts prend en compte et pour qui il essaie de trouver des réponses fiables qu’il met ensuite à la disposition de l’Anacim. Cette dernière, à son tour, transmet les informations, via Sms, appels vocaux ou mails, aux producteurs dans la zone d’influence des projets Feed the Future (Naatal Mbay, Yaajeende, Comfish et Era) financés par le gouvernement américain.

Cet outil est opérationnel depuis le 25 septembre dernier après que le personnel de l’Anacim a bénéficié d’une série de formations depuis le 31 juillet. Des formations qui ont concerné le contrôle de qualité des données, l’installation de la base de données Iri et accessoires, la mise en place de l’outil, entre autres activités.

Enacts est en train de changer la donne
L’atelier était un prétexte pour familiariser les différents partenaires et collaborateurs du projet Usaid/Cinsere à ce nouvel outil. A ce jour, informe Issa Ouédraogo, Coordonnateur du projet Usaid/Cinsere-Sénégal, 3.524 producteurs, pêcheurs, journalistes, agents des services techniques etc.,) ont été formés sur les services d’informations climatiques, 4.152 personnes reçoivent directement des informations climatiques via des Sms, des appels vocaux et mails etc.

Le lancement d’Enacts intervient dans un contexte où, dans la plupart des pays sub-sahariens, le maillage des stations météorologiques est irrégulier à telle enseigne que la production d’informations climatiques fiables à l’échelle locale est difficile. Et le Sénégal ne fait pas exception malgré les nombreuses avancées notées, ces dernières années, pour résorber ce déficit et les 24 stations météorologiques et plus de 300 postes pluviométriques disséminés sur le territoire national, a souligné Marianne Diop Kane de l’Anacim.

Mais Enacts est en train de changer la donne. Ce changement est déjà perceptible, à en croire la représentante de l’Anacim. « Cet outil a permis de générer plus de 30 ans de séries chronologiques de précipitations et de températures tous les 4 kilomètres au Sénégal. Ces nouveaux jeux de données ont été utilisés par l’Anacim pour développer des produits d’information mis à la disposition du grand public et accessibles à travers notre interface Web appelée Maproom. Elle fournit des informations sur le climat moyen aux niveaux national et infranational. Les données sont actualisées tous les dix jours, facilitant ainsi une surveillance étroite de la saison», a-t-elle déclaré. Mme Kane est d’avis que Enacts est venu à point nommé pour appuyer les efforts que l’Anacim et ses partenaires sont en train de tout faire pour réduire les impacts des catastrophes liées aux aléas climatiques, d’améliorer la qualité de vie des populations et de booster l’économie sénégalaise.

Elhadji Ibrahima THIAM

Le Sénégal a exporté environ 192.000 tonnes de produits halieutiques en 2016, pour une valeur totale de 204 milliards de FCfa. Ce montant représente 14,6% des exportations et place le secteur de la pêche dans le peloton des secteurs pourvoyeurs de devises, a révélé le directeur des industries de transformation de la pêche au ministère de la Pêche et de l’Économie maritime, Diène Ndiaye. « Globalement, la pêche est un pilier important de notre économie nationale avec des débarquements qui se chiffrent à environ 450.000 tonnes de produits halieutiques en moyenne annuelle et qui sont destinées principalement à l’exportation, à la consommation locale et à la formation artisanale », a poursuivi M. Ndiaye, ingénieur des pêches et de l’aquaculture. Au premier semestre de 2017, le secteur de la pêche occupait la tête du peloton, avec une augmentation de 10,29 % des exportations par rapport à l’année dernière, a-t-il indiqué, jeudi soir, au cours d’un cocktail-dinatoire, à Saly-Portudal (Mbour).

Cette manifestation était organisée à l’occasion de la commémoration du cinquième anniversaire du partenariat avec des partenaires fret dont l’Union patronale des mareyeurs-exportateurs du Sénégal (Upames). Au cours de cette rencontre, l’Union patronale des mareyeurs-exportateurs du Sénégal (Upames) a dit toute sa crainte d’une éventuelle hausse des prix du fret, pouvant ainsi mettre en péril les exportations du Sénégal vers d’autres pays, notamment ceux d’Europe, d’Asie, d’Amérique.

Le Secrétaire général de l’Upames, Makhtar Thiam, a invité les autorités sénégalaises à ouvrir des « discussions sincères ». Il s’agit, selon lui, de parer à toute « éventualité malheureuse » pouvant freiner le développement de l’industrie des pêches au Sénégal, avec l’aéroport international Blaise Diagne (Aibd) qui sera inauguré le 7 décembre 2017.
Pour le directeur des industries de transformation de la pêche, le rôle de l’État est d’accompagner les professionnels, y compris ceux du secteur de la pêche, pour leur permettre d’exercer, au mieux, leurs activités et d’en tirer des gains substantiels pour l’économie nationale. « Il est vrai que l’avènement de l’Aibd pose des inquiétudes et des appréhensions, nous les partageons avec la profession.

Il y a quatre mois, une visite à l’Aibd nous a permis de constater l’état d’avancement et l’état de prévision des infrastructures qui permettent de prendre en charge le fret de poisson », a déclaré M. Ndiaye. Il a rappelé que dans la chaîne de valeur et dans la chaîne logistique du poisson, le fret est un maillon essentiel. « Les entreprises sénégalaises de pêche ont souffert de la faiblesse de ce fret. Aujourd’hui, l’Aibd va offrir des opportunités d’augmenter ce volume de fret et l’État va se mobiliser auprès des acteurs aéroportuaires, pour que les prix soient compétitifs à l’échelle internationale », a assuré Diène Ndiaye.

APS

La passation de service s’est déroulée, hier, dans les locaux de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd). Aboubacar Sédikh Bèye, nouveau directeur général du port autonome de Dakar, a passé le témoin à Babacar Ndir qui était jusqu’à sa nomination directeur général adjoint.

Une heure après qu’ils se sont enfermés dans le bureau du directeur général, les deux hommes en sont ressortis souriants. Devant eux, des agents émus par un départ et une arrivée. La passation de service s’est actée par une poignée de main entre Aboubacar Sédikh Bèye et Babacar Ndir. Le premier va au Port autonome de Dakar et le second reste. Un changement dans la continuité. Depuis 2015, jusqu’à sa nomination au poste de directeur général de l’Ansd, Babacar Ndir était le directeur général adjoint de ladite agence. Cheveux poivre et sel, le nouveau directeur de l’Ansd est statisticien-économiste de formation. Il a étudié à l’École nationale de la statistique et de l’administration économique (Ensae) de Paris, après une maîtrise en Mathématiques à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Il a été recruté à l’Ansd après être passé par le ministère de l’Économie et des Finances. Babacar Ndir se distingue par une certaine sérénité qui se traduit par une élocution à peine audible. Le nouveau directeur de l’Ansd se dit prêt et déterminé à porter ses nouvelles charges. « Je ferai de mon mieux pour que les attentes exprimées à mon endroit ne soient pas trahies », a-t-il assuré en présence du personnel. La passation de service s’est déroulée dans une ambiance joviale. Les travailleurs de l’Ansd ont marqué un satisfécit et un attachement au directeur général sortant, Aboubacar Sadikh Bèye. Il a reçu des cadeaux d’au revoir accompagnés de discours touchants. Le nouveau directeur général du port autonome de Dakar a, à son tour, manifesté son affection pour ses ex-agents et a assuré « une franche collaboration entre sa structure et l’Ansd afin d’accélérer l’émergence du Sénégal en le ramenant à 2030 au lieu de 2035».

Assane Fall (stagiaire)

Pour la promotion de sa destination, l’enseignant en business et entrepreneur américain, William Carner estime que le Sénégal doit davantage intensifier ses offres touristiques aux États-Unis. Il s’exprimait à l’issue d’une visite des banquiers sud-africains au Sénégal.

Parallèlement à ses activités professionnelles, l’enseignant-entrepreneur américain, William Carner veut promouvoir la destination du Sénégal aux États-Unis. Dans le passé, a-t-il rappelé, il y avait beaucoup d’Américains qui venaient au Sénégal, notamment après la publication du livre sur les racines des Américains noirs intitulé « Roots ». Cet engouement reste, à son avis, toujours intact. Seulement, croit-il savoir, les efforts du Sénégal dans le domaine du tourisme vers les États-Unis ne sont pas encore « très poussés » du fait de la prédominance du marché européen.

Pourtant, il affirme que l’Afrique est le continent de l’avenir. De plus, le Sénégal dispose de nombreux atouts. Dakar est à 7 heures de vol de New York. « Il est plus facile de se déplacer de New York à Dakar que de New York en Californie, alors qu’il y a des Américains qui vivent à New York et qui ont des maisons en Californie. Au lieu d’aller à Californie, ils peuvent acheter des maisons à Saly, à Yenne ou en Casamance, etc. », a expliqué William Carner. Il déclare avoir soumis un projet d’offre touristique au ministère du Tourisme.

Pour vendre la destination Sénégal aux États-Unis, M. Carner et ses partenaires dont la Fondation Obama envisagent d’organiser une rencontre (meeting) à Chicago, au cours de laquelle ils présenteront le Sénégal au public américain, au secteur privé américain, etc. « Quand on parle de l’Afrique aux États-Unis, les gens pensent à l’Afrique du sud, aux animaux, etc., alors que l’Afrique du sud est très loin des États-Unis -16 heures de vol de New York-», a noté M. Carner. Il a magnifié la volonté du Sénégal de vouloir « profiter de ses ressources naturelles pour fouetter son économie en créant des emplois décents à travers le tourisme, une industrie parmi tant d’autres ».

Malgré ses nombreux atouts, le Sénégal doit surmonter un handicap. Bon nombre d’Américains ne connaissent pas le Sénégal. « Ceux qui connaissent le pays se trouvent à New York, à Harlem où nous avons un little (petit) Dakar. Si vous descendez à Philadelphie pour leur demander le Sénégal, ils ne connaissent pas ». M. Carner est convaincu qu’avec une bonne promotion, le Sénégal peut attirer de nombreux Américains. « C’est un jeu de marketing ; car pour vendre un produit, il faut que le client soit au courant de son existence», affirme-t-il.

S. Diam SY

En célébrant la journée mondiale du tourisme, les acteurs de la région de Tambacounda se sont accordés sur la mise en place d’une véritable politique de promotion des atouts touristiques de la région qui en regorge.

La région de Tambacounda compte 63 établissements d’hébergement touristique, pour 813 chambres et 1.284 lits, indique le responsable régional du tourisme. Il s’agit de 11 hôtels, 11 auberges et 41 campements qui sont des campements villageois et de chasse. Plus de trente guides professionnels officient dans la région. Le pôle Sénégal oriental regroupant les régions de Tambacounda et Kédougou d’une superficie de 60.000 kilomètres carrés, limitrophe de cinq pays et quatre régions du pays, compte une seule agence de voyage. Insuffisant, selon Tékhèye Faye, l’inspecteur du tourisme. Pourtant, ces deux régions disposent de deux sites inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco : le Parc national Niokolo Koba et le pays bassari.

L’inspecteur du tourisme estime que la bataille, « c’est l’augmentation du temps de séjour » des touristes les services de qualité, la création de circuits dans la commune et dans la région pour faire visiter aux touristes les multiples sites méconnus. Les pistes d’actions énumérées par l’inspecteur du tourisme sont, ente autres, le recensement des édifices et des sites historiques, le renforcement du personnel du tourisme par l’ouverture d’une école des métiers du tourisme, la réalisation de pistes qui desservent les sites touristiques de la région. Il a aussi parlé de l’amélioration de la desserte aérienne avec des vols réguliers, l’élaboration d’un agenda culturel, la réhabilitation de certains sites du Parc national Niokolo Koba, le lancement d’une campagne de promotion de ce parc. Il y a aussi le tourisme cynégétique, produit-phare de la région avec une trentaine de zones amodiées.

Avec sa zone d’intérêt cynégétique, Tambacounda offre un tourisme de vision avec des sites à découvrir comme le pavillon René Caillé de Bakel, le fort de Bakel, les mégalithes, les marmites du Géant, la réserve naturelle communautaire du Boundou, les types d’habitat bassari, bédik, peulh et sonikhé. Le tourisme culturel est aussi très marqué dans les zones habitées par les ethnies minoritaires. Ces atouts sont cachés par l’enclavement des sites, la desserte aérienne irrégulière, la faible connaissance du potentiel touristique, l’insuffisance de la promotion touristique. Pourtant, la zone compte un aéroport à Tambacounda et deux pistes d’atterrissage à Bakel et Kédougou. A cela s’ajoutent le manque de formation des acteurs touristiques, le non-respect de la réglementation. D’où le plaidoyer fait par l’inspecteur du tourisme pour une campagne de promotion et de communication. « Si les gens ne savent pas qu’il y a tous ces attraits, ils ne viendront pas, ils vont parler seulement de la chaleur à Tambacounda », a dit le nouveau responsable régional du tourisme. Il compte aider à la régularisation des établissements qui ne respectent pas la réglementation.

Le directeur de l’Agence régionale de développement de Tambacounda, Abdoul Aziz Tandia, a affirmé qu’il est possible de faire du tourisme un moteur du développement en introduisant le thème : « Le tourisme durable, un outil au service du développement », soulignant que le tourisme s’affirme comme un levier majeur de l’économie nationale. Il a rappelé la place de choix qui est accordé dans le Plan Sénégal émergent à ce secteur qui contribue pour 6 à 7 % au Produit intérieur brut. En 2015, les recettes touristiques au Sénégal étaient de l’ordre de 465,9 milliards de FCfa, dont 63,6 % venant de l’international et 36,2% de l’intérieur du pays, a-t-il dit, citant des chiffres de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie.

En 2016, le Sénégal ambitionnait d’atteindre 1,5 million de touristes pour accroître de façon significative la contribution du tourisme à l’économie sénégalaise, selon lui. Il a ajouté que des efforts sont en train d’être faits dans ce sens par le gouvernement qui travaille à rouvrir les bureaux de promotion touristique à l’étranger. Outre la réduction de la Tva de 18 à 10 %, l’État a mis à la disposition des hôteliers désireux de développer leur activité, un Fonds du crédit hôtelier d’un montant de 5 milliards de FCfa.

Pape Demba SIDIBE

Venu présider la cérémonie de lancement du Fonds commun de placement de la Bnde, le ministre du Budget, Birima Mangara, a salué le concept et indiqué que l’objectif de la banque et de ses partenaires est d’élargir la gamme de produits d’investissement et de placement. Le ministre du Budget a rappelé que l’objectif de la Bnde, créée par le président Macky Sall, en 2014, était de répondre, à travers des produits et services financiers adaptés et innovants, aux besoins spécifiques de financement des Pme et Pmi dans leur création, restructuration ou leur expansion. Il se dit rassuré par les résultats de la Bnde. «En 3 ans d’existence, la Bnde a dépassé les objectifs de son premier business Plan 2013-2018 et a revu ses ambitions dans un nouveau Business plan à l’horizon 2021 pour s’ériger en banque motrice du développement économique du Sénégal», s’est réjoui Birima Mangara.

Un Produit net bancaire en progression de 101%
Par rapport aux résultats de la Banque nationale pour le développement économique (Bnde), le document de présentation montre, à fin 2016, la structure affichait un total bilan de 87 milliards de FCfa contre 76 milliards en 2015 pour un résultat net 2016 de 291 millions de FCfa. En trois ans, le Produit net bancaire (Pnb) de la Bnde a évolué de 101 %, passant de 2,3 milliards de FCfa en 2014 à 4,6 milliards de FCfa à la fin 2016. D’après la même source, les résultats de 2017 devraient connaître les mêmes performances si les tendances se maintiennent, car la banque a présenté, sur le premier semestre 2017, un total bilan de 118 milliards de FCfa.

Oumar KANDE

La plateforme de vente d’articles et services en direct, en ligne, Qnet s’installe à Dakar. En organisant, hier, à la place du Souvenir, un forum de développement entrepreneurial, dénommé exposition «vie absolue », la structure a  fait découvrir, aux visiteurs, une large gamme de produits.

Nombreux étaient les visiteurs à prendre d’assaut la Place du Souvenir africain pour assister  à  l’exposition « Vie absolue », organisée par  le réseau de vente direct  de produits de bien-être d’Asie, Qnet.  A travers cet événement de deux jours, la structure Qnet  s’installe dans la  capitale sénégalaise tout en permettant  de tester ses produits phares  et de faire découvrir à la jeunesse les nombreuses possibilités du marketing réseau.

Le Directeur  exécutif de Qnet,  David  Sharma, explique que sa structure s’établit au Sénégal pour montrer et démontrer  ses  services. « Nous  nous inscrivons aussi dans une  démarche d’entrepreneuriat, de développement personnel  de la popu lation et de la jeunesse au  Sénégal », dit-il. A l’en croire, leur souhait est de s’établir au Sénégal sur le long terme et de  participer au tissu administratif et au développement du pays Sénégal en ayant « une  corporation  forte ».   

En  visite dans les stands de l’exposition, le  ministre de la Jeunesse, Pape Gorgui  Ndong, a salué l’initiative de Qnet et sa volonté de mobiliser les jeunes. « Nous sommes ravis d’accueillir une compagnie qui travaille, au-delà du renforcement de capacités de la jeunesse,  à lui permettre d’avoir les opportunités d’être utile », a déclaré M. Ndong. Il a assuré aux responsables du soutien du gouvernement en vue de développer des synergies « pour le développement personnel et le développement de l’entrepreneuriat qui  est aujourd’hui une alternative par rapport à l’employabilité  des jeunes ». Après  ce forum, le ministre a eu une séance de travail  avec les responsables de Qnet.

Maguette Guèye DIEDHIOU

La Banque nationale pour le développement économique (Bnde) a procédé, hier, en partenariat avec Cgf Bourse et Cgf Gestion, au lancement de son Fonds commun de placement dénommé «Bnde valeurs». Son Directeur général, Thierno Seydou Nourou Sy, a invité les Sénégalais et les entreprises à souscrire à ce fonds qui va renforcer le financement des Pme/Pmi et dont la valeur liquidative est de 1.000 FCfa -prix d’une part-.

Avec ses partenaires techniques Cgf Bourse et Cgf Gestion, la Banque nationale pour le développement économique (Bnde) a lancé, hier, son Fonds commun de placement (Fcp) dénommé «Bnde Valeurs». Ce Fonds a été créé à l’initiative conjointe de Cgf Gestion et Cgf Bourse avec l’accord de la Bnde. Il s’agit d’une innovation majeure. Le «Fonds commun de placement» est un véritable support pour acteurs du marché monétaire, la Bnde et les acteurs du marché financier (Cgf Bourse et Cgf Gestion). La valeur liquidative d’origine qui correspond au prix d’une part est de 1000 FCfa. Ce qui fait dire au Directeur général de la Bnde, Thierno Seydou Nourou Sy, que les qualités des partenaires combinées à la volonté de la structure «d’être une banque dynamique, favorisant l’inclusion financière, avec une vocation de positionnement progressif sur l’ensemble des activités bancaires, nous permet d’avoir un Fonds commun de placement accessible à tous les Sénégalais». Il a demandé aux Sénégalais et aux entreprises de souscrire à ce Fonds commun de placement pour aider au financement des projets de développement du Sénégal. «Nous sommes 15 200 000 habitants au Sénégal. Si chaque Sénégalais détient une part du Fcp, on aurait 15 milliards 200 millions de FCfa. Nous pouvons financer, à titre d’exemple, de projets phares du Pse pour 2018, le Programme national d’autosuffisance en riz pour un montant moyen de 4 milliards de FCfa et tant d’autres projets structurants du Pse et ainsi faire contribuer tous les Sénégalais au développement économique du pays tout en rentabilisant leur argent», a déclaré le Directeur général de la Bnde.

Il soutient que ce Fonds commun de placement permettra, entre autres, de fidéliser les clients de la Bnde cherchant à optimiser leur trésorerie placée dans des organismes de placement collectif en valeurs mobilières(Opcvm). «Il permettra aussi de favoriser l’accès au financement de notre cœur de cible que sont les Pme et Pmi, en permettant à toute les Pme ou porteur de projet détenant des parts du «Fcp Bnde valeurs», de faire valoir ses parts comme déposit dans son projet», a expliqué M. Sy. Le Directeur de la Bnde a été le premier à souscrire symboliquement à ce fonds lors de la cérémonie. La rentabilité pour les souscripteurs est attendue entre 4 et 5 %.

En outre, M. Sy  a remercié l’État pour son soutien depuis la mise en place de la banque en 2014. Il indique que le partenariat avec Cgf Bourse et Cgf Gestion est un nouveau pas dans la stratégie de mise en œuvre du nouveau Business plan à l’horizon 2021 de la Bnde avec sa nouvelle vision qui est d’«être une banque innovante, performante, accessible, partenaire privilégié des Pme-Pmi pour le développement économique».

Thierno Seydou Nourou Sy a annoncé que la Bnde  qui est actuellement à 11 agences va passer à 12 avant la fin de l’année pour mieux atteindre sa cible. Par ailleurs, avec l’agence française de développement (Afd), la banque prépare la mise en place d’un Fonds pour permettre aux Sénégalais de la diaspora de placer leur argent et de participer au financement de l’économie nationale.

Oumar KANDE

Pour une bonne compréhension de l’assurance automobile, l’Observatoire de la qualité des services financiers (Oqsf) a organisé, hier, à la gare des baux maraîchers, une rencontre publique d’information qui a permis de sensibiliser des transporteurs, des chauffeurs sur la couverture d’assurance automobile, les modalités de règlements par les assureurs, entre autres.

Ayant mesuré le degré de méconnaissance, par les usagers, notamment les transporteurs, des règles qui régissent les contrats d’assurance de manière générale et particulièrement l’assurance automobile, l’Observatoire de la qualité des services financiers (Oqsf) a organisé, hier, une réunion publique d’information des acteurs du secteur des transports sur l’assurance automobile et la médiation des assurances. Lors de cette rencontre qui a réuni des présidents d’associations des transporteurs, des conducteurs entre autres, l’Oqsf a exposé les différents services qu’offrent les assureurs aux transporteurs.

Ndèye Coura Ndao, expert financier de l’observatoire de la qualité des services financiers a rappelé que l’assurance automobile est obligatoire et touche tous les usagers de la route. Elle a demandé à tous les transporteurs de souscrire au moins à l’assurance «compte tiers» qui est obligatoire et qui permet de réparer tous préjudices causés par le conducteur. L’expert financier de l’Oqsf a rassuré les nombreux transporteurs assis sous une bâche installée dans le garage baux maraîchers que l’assurance est un métier bien encadré par la réglementation. «L’assureur respecte les normes nationales et communautaires», indique Ndèye Coura Ndao. Cependant, elle a prévenu les transporteurs contre certains intermédiaires ou coursiers promettant des assurances dans les garages et qui sont assimilables à des « escrocs ».

Mamadou Habib Ndao, Secrétaire exécutif de l’Observatoire de la qualité des services financiers (Oqsf) a indiqué ces réunions se poursuivront dans d’autres garages du pays. M. Ndao souligne que les transporteurs sont une cible importante étant donné la part de l’assurance automobile dans le secteur des assurances. « Dès ma prise de fonction, je me suis fixé comme objectif d’aller vers les acteurs du transport car notre mission, c’est d’aller vers l’inclusion financière en formant, en sensibilisant et en donnant la bonne information aux citoyens. L’objectif du gouvernement, c’est d’accompagner les Sénégalais pour qu’ils utilisent les services financiers divers comme l’assurance», explique le Secrétaire exécutif de l’Oqsf.
Il soutient que si beaucoup de Sénégalais ne prennent pas de contrats d’assurance, c’est par ignorance. D’où,  à son avis, la nécessité de les former. Il s’est engagé à aider tous les transporteurs « à régler les litiges les opposant aux compagnies d’assurance ».

Concernant les transporteurs sinistrés qui demandent l’appui des autorités pour être remboursés par les assureurs, le médiateur des assurances, Cheikh Tidiane Diop, a déclaré que tout intéressé peut saisir le médiateur pour une résolution à l’amiable du litige. M. Diop indique que 90% des dossiers traités en médiation sont résolus positivement dans un délai de 2 mois.  Khalifa Guèye, représentant le Directeur de la gare des Baux maraîchers, a salué cette activité qui a permis une sensibilisation directe des transporteurs dans leur lieu de travail.

Un chiffre d’affaires de 29,428 milliards en 2015
Le secteur de l’assurance automobile est important dans le chiffre d’affaires des assureurs sénégalais. Selon le rapport 2015 de la Direction des assurances qui a pris part à la réunion d’information, l’assurance automobile constitue la première branche d’assurance, sur le plan national, avec un chiffre d’affaires, en 2015, de 29,428 milliards de FCfa, soit 34,1% du chiffre d’affaires global des assurances dommages qui ont atteint 86,360 milliards de FCfa. De plus, l’assurance automobile a un fort impact économique et social car elle couvre la responsabilité civile liée à la conduite automobile. Et au regard de la gravité et de la récurrence des accidents, du nombre de personnes impactées, les sommes en jeu sont souvent impressionnantes. Toutefois, l’Oqsf indique que malgré les montants décaissés, chaque année, par les compagnies d’assurances, au titre de l’indemnisation des victimes d’accidents de la circulation de l’ordre de 9,611 milliards de FCfa en 2015 et les différentes mesures d’accompagnement, un fort sentiment d’insatisfaction persiste  auprès des assurés et bénéficiaires de contrat d’assurance.
 
Oumar KANDE

 

Les exportations du Sénégal se sont hissée à 1.371,2 milliards de FCfa en 2016, contre 1.342,6 milliards de FCfa en 2015, soit une hausse de 2,1%.

Les exportations  du Sénégal ont enregistré une hausse de 2,1% en 2016 par rapport à l’année précédente. Elles se sont hissées à 1.371,2 milliards de FCfa, contre 1.342,6 milliards de FCfa en 2015, indique le dernier bulletin de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd) sur le commerce extérieur. Cette hausse est consécutive à celle des expéditions d’or non monétaire (28,5%), d’acide phosphorique (22,9%), de ciment (17,1%) et de produits halieutiques (7,2%), rapporte la même source.  En revanche, le repli des ventes à l’extérieur des phosphates (-45,4%) et des produits arachidiers (-11,5%), malgré le relèvement des arachides non grillées (33,9%), a modéré cette tendance haussière.

Les ventes à l’extérieur du Sénégal sont principalement orientées vers le continent africain (42,9%), l’Europe (27,8%) et l’Asie (23,2%). L’Ansd précise que la structure des exportations du Sénégal reste essentiellement tributaire des matières premières bien qu’ayant connu l’apparition de minerais nouveaux (or, zircon, titane) au cours des dernières années. En revanche,  les produits tels que le coton ou le phosphate se sont raréfiés pour les ventes à l’extérieur de produits de base. A cet égard, les exportations restent fortement dépendantes de l’or, du ciment, des produits halieutiques, horticoles, pétroliers et arachidiers.

L’Ansd note également que les expéditions  vers le continent africain, en 2016, sont évaluées à 587,5 milliards de  FCfa contre 573,4 milliards de FCfa pour l’exercice précédent, soit une hausse de 2,5%.

Les importations du Sénégal en 2016 s’élèvent à 2.977,5 milliards de FCfa, soit une baisse de 1,8% par rapport à l’année précédente où elles étaient évaluées à 3.032,9 milliards de FCfa. Ce repli est consécutif à la chute des achats à l’extérieur de produits pétroliers finis (-31,9%), de froment et méteil (-12,9%), d’huiles brutes de pétrole (-8,0%), de métaux communs  (11,2%), de moteurs et machines à moteurs (-33,3%).

Toutefois, l’Ansd précise que ce recul a été modéré par la hausse des matériels de transport et pièces détachées (+16,7%), des huiles et graisses animales et végétales (+21,6%) et des produits pharmaceutiques (+9,3 %).

Toujours en 2016, les importations du Sénégal sont restées dominées essentiellement par des produits à haute valeur ajoutée et des produits de base. Ainsi, les principaux produits importés ont porté sur les machines et  appareils (481,2 milliards de Fcfa), les produits céréaliers (293,6 milliards de Fcfa), les matériels de transport et pièces détachées (290,0 milliards de FCfa), les huiles brutes de pétrole (245,9 milliards de Fcfa), les produits pétroliers finis 224,2 milliards de Fcfa), les matières plastiques et artificielles (108, 6 milliards de FCfa), les métaux communs (106,8 milliards de Fcfa) et les huiles grasses animales et végétales (87,3 milliards de FCfa).

Mamadou SY

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