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Affaires et Finances (3282)

Le ministre canadien du Développement et de la Francophonie, Marie-Claude Bibeau, en partenariat avec l’organisme canadien « Initiative pour les micronutriments », a lancé, hier, le projet « Bon Départ » pour la partie sénégalaise. D’une valeur de 1,7 million de dollars, ce projet améliorera la nutrition de plus de 2 millions de femmes et de jeunes filles au Sénégal, en leur garantissant un meilleur accès à des suppléments en acide folique et en fer. Ce projet assurera la distribution de suppléments à plus d’un million d’adolescentes, deux filles sur trois seront touchées par ce programme. Marie-Claude Bibeau a fait un long plaidoyer en faveur des femmes et des filles pour plus d’autonomisation.

S. D. SY

Le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan a indiqué que la gestion budgétaire 2015 a été caractérisée par la bonne tenue des agrégats macroéconomiques. Selon lui, le déficit public a enregistré un recul de 0,3 point, en passant de 5,1 % du Pib en 2014 à 4,8 % du Pib en 2015. Amadou Bâ présidait, hier, avec le ministre canadien du Développement et de la Francophonie, la revue annuelle sur le programme bilatéral entre les deux pays.

Il a indiqué que l’appui du Canada est notable à travers un soutien aux mécanismes de lutte contre la corruption et la promotion de la transparence. « Notre objectif est de mettre en place un cadre favorable à une croissance économique durable et à promouvoir un secteur privé compétitif », a-t-il soutenu. Le ministre a souligné que cette amélioration est le résultat, à la fois, de la mobilisation satisfaisante des ressources internes et externes et des performances dans la gestion des dépenses publiques. « En 2015, s’est-il réjoui, l’activité économique s’est nettement revigorée avec une croissance de 6,5% du Pib contre 4,3% en 2014 ».

Cette performance économique est due à une bonne mise en œuvre, au pilotage et au suivi rapproché du Pse mais aussi à la bonne campagne agricole 2015 et au regain de dynamisme dans le secteur secondaire, a ajouté le ministre de l’Economie et des Finances.

Le ministre canadien du Développement international et de la Francophonie, Marie-Claude Bibeau, a annoncé, hier, que son pays va accorder 70 millions de dollars au Sénégal pour la mise en œuvre du Plan Sénégal émergent (Pse). Elle présidait, avec son homologue sénégalais de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ, la revue annuelle du Programme bilatéral de coopération entre les deux pays.

M C Bibeau CNDLe Canada s’est engagé à verser, sur cinq ans, 50 millions de dollars au Sénégal dans la mise en œuvre du Plan Sénégal émergent (Pse), a annoncé le ministre canadien du Développement international et de la Francophonie, Marie-Claude Bibeau, au cours de la revue annuelle du Programme bilatéral de coopération entre les deux pays. Elle a ajouté que son pays va octroyer 20 millions de dollars supplémentaires pour un programme connexe d’assistance technique. Qualifiant le Pse de « plan sérieux », elle a souligné que cette stratégie favorisera une « croissance forte et inclusive » et renforcera les institutions sénégalaises et la gouvernance démocratique, notamment dans les secteurs de la sécurité alimentaire et de la nutrition. Selon elle, cet investissement permettra également de doter la Cour des comptes du Sénégal de ressources humaines accrues « afin de renforcer sa capacité à effectuer des audits externes », soulignant que l’engagement canadien au Sénégal ira au-delà de l’appui budgétaire. Marie-Claude Bibeau a précisé que les conclusions de la consultation sur le recentrage de l’aide publique canadienne montrent que beaucoup de priorités coïncident avec le Pse.

Ce soutien intervient dans ce contexte marqué par un regain d’intérêt du Canada pour l’Afrique. Dans une tribune publié le 29 août, Marie-Claude Bibeau a indiqué que « le Canada sera de plus en plus présent en Afrique, en particulier en Afrique francophone ». « Au-delà de son programme de développement, le Canada se doit d’accroître son engagement diplomatique et politique avec ses partenaires africains, d’intensifier auprès d’eux sa coopération avec les institutions multilatérales africaines, de renforcer la coopération en sécurité et de multiplier ses échanges commerciaux », a déclaré la ministre canadienne. Elle a magnifié les efforts du Sénégal dans l’amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle et de la production et de la productivité agricole à travers le renforcement des organisations paysannes, la formation et l’innovation.

Marie-Claude Bibeau a indiqué que le Sénégal est un « modèle de bonne gouvernance, « pour le reste de l’Afrique par ses racines démocratiques profondes et tenaces ». La mise sur pied de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption ainsi que la publication en ligne des rapports budgétaires en sont, a-t-elle relevé, des exemples éloquents. Elle a apprécié les résultats importants sur le plan de l’éducation notamment en termes de qualité et d’accès à l’école pour les jeunes filles. « Au cours des sept dernières années, a-t-elle souligné, plus de 53 000 enseignants et 7 800 directeurs ont été formés à l’approche par compétences », en précisant que le Canada a financé l’acquisition et la distribution de plus de 3 millions de manuels scolaires. Elle a annoncé deux nouveaux projets canadiens d’une valeur de 23 millions de dollars qui visent à protéger les enfants, en leur donnant un milieu d’apprentissage et des manuels scolaires. Le Canada va, a-t-elle ajouté, octroyer près de 20 millions de dollars à l’Institut africain des sciences mathématiques.

Schéma directeur d’aménagement de la Grande côte
Pour le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ, l’évaluation à mi-parcours du Programme d’amélioration de la qualité, de l’équité et de la transparence (paquet), a révélé des progrès notamment en construction, équipements et innovations pédagogiques dans le secteur de l’éducation. A son avis, la contribution annuelle du Canada en faveur de ce secteur prioritaire est de 30 millions de dollars Canadiens, soit environ 13,5 milliards de FCfa. « Grâce aux efforts du gouvernement, a-t-il noté, le taux d’abris provisoires est passé de 18 % en 2011, à 11 % en 2015, avec comme objectif zéro abri provisoire en 2019. Le ministre a indiqué que les projets financés par le Canada ont permis d’atteindre des résultats significatifs dans le domaine de la sécurité alimentaire et de la nutrition. Il s’agit de  l’accroissement de la production agricole dans la zone des Niayes, en Casamance et dans la vallée du fleuve Sénégal, de l’amélioration des revenus des ruraux et d’une meilleure prévention des risques nutritionnels au sein des groupes les plus vulnérables. Cependant, beaucoup d’efforts restent encore à faire, a-t-il dit. « La problématique de la gestion du foncier dans la zone des Niayes préoccupe les autorités sénégalaises, conscientes que sans une protection efficace de cette zone, il serait difficile d’atteindre les objectifs en termes de production et d’exportation des produits horticoles », a-t-il poursuivi. Il a assuré que le Sénégal fera tout, dans le Projet d’appui au développement économique des Niayes, pour se doter d’un schéma directeur d’aménagement de la grande côte et d’un statut juridique permettant de protéger cette zone.

Souleymane Diam SY


Le déficit public est passé de 5,1% du Pib en 2014 à 4,8% en 2015
Amadou Ba revue CNDLe ministre de l’Economie, des Finances et du Plan a indiqué que la gestion budgétaire 2015 a été caractérisée par la bonne tenue des agrégats macroéconomiques. Selon lui, le déficit public a enregistré un recul de 0,3 point, en passant de 5,1% du Pib en 2014 à 4,8% du Pib en 2015. Amadou Bâ présidait, hier, avec le ministre canadien du Développement et de la Francophonie, la revue annuelle sur le programme bilatéral entre les deux pays. Il a indiqué que l’appui du Canada est notable à travers un soutien aux mécanismes de lutte contre la corruption et la promotion de la transparence. « Notre objectif est de mettre en place un cadre favorable à une croissance économique durable et à promouvoir un secteur privé compétitif », a-t-il soutenu. Le ministre a souligné que cette amélioration est le résultat, à la fois, de la mobilisation satisfaisante des ressources internes et externes et des performances dans la gestion des dépenses publiques. « En 2015, s’est-il réjoui, l’activité économique s’est nettement revigorée avec une croissance de 6,5% du Pib contre 4,3% en 2014 ». Cette performance économique est due à une bonne mise en œuvre, au pilotage et au suivi rapproché du Pse mais aussi à la bonne campagne agricole 2015 et au regain de dynamisme dans le secteur secondaire, a ajouté le ministre de l’Economie et des Finances.

Souleymane Diam SY

« INITIATIVE POUR LES MICRONUTRIMENTS » : Le projet « Bon Départ » de 1,7 million de dollars lancé
Le ministre canadien du Développement et de la Francophonie, Marie-Claude Bibeau, en partenariat avec l’organisme canadien « Initiative pour les micronutriments », a lancé, hier, le projet « Bon Départ » pour la partie sénégalaise. D’une valeur de 1,7 million de dollars, ce projet améliorera la nutrition de plus de 2 millions de femmes et de jeunes filles au Sénégal, en leur garantissant un meilleur accès à des suppléments en acide folique et en fer. Ce projet assurera la distribution de suppléments à plus d’un million d’adolescentes, deux filles sur trois seront touchées par ce programme. Marie-Claude Bibeau a fait un long plaidoyer en faveur des femmes et des filles pour plus d’autonomisation.

S. D. SY

En mission de suivi de campagne dans le Sud du pays, le ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural, Papa Abdoulaye Seck, s’est réjoui de l’engagement des femmes dans la reconstitution du capital semencier dans la filière, dans cette partie méridionale du pays. Le Dr Seck a profité de l’occasion pour inviter les différents acteurs au respect des quitus techniques dans l’acquisition des pré-bases pour éviter les circuits parallèles et l’immixtion des tout venants dans le processus. « Tant qu’on ne veillera pas au respect des normes, il sera difficile de reproduire des semences de qualité », a affirmé le ministre. « Les directions régionales de développement rural doivent être les seules portes d’entrée dans ce processus de multiplication de semences », a-t-il indiqué.

Le ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural a rappelé qu’il est obligatoire que les commandes transitent par les directions régionales de développement rural (Drdr).

Seydou Prosper SADIO (envoyé spécial)

Les groupements de promotion féminine (Gpf) de la région de Ziguinchor veulent jouer leur partition dans la reconstitution du capital semencier au Sénégal. A Djibonker, dans le département d’Oussouye, elles ont consacré, cette année, plusieurs rizières à la multiplication de nouvelles variétés de semences de riz. Objectif : relever le taux de pénétration des nouvelles variétés de riz en Casamance.

Situé à quelques encablures de la commune de Ziguinchor, le village de Djibonker a été la première étape visitée par le ministre de l’Agriculture et de l’équipement rural, dans la tournée de suivi de la campagne agricole dans les régions Sud du Sénégal. Dans cette localité de la région de Ziguinchor, les femmes sont en train de multiplier les efforts pour relever le niveau de pénétration des nouvelles variétés de riz introduites au Sénégal. Cette année, elles ont consacré plusieurs périmètres à la production de semences de riz par le biais du système de riziculture intensif (Sri) introduit dans la zone par les techniciens de l’Agence nationale de conseil agricole et rural (Ancar). Il s’agit de nouvelles variétés de Nerica adaptées aux conditions agro-pédologiques de la zone, a indiqué Elisabeth Lankiane, conseil agricole rural de la zone. « Même si les résultats escomptés ne seront pas atteints pour cette campagne, il faut se réjouir que les femmes de la zone se soient lancées, à nouveau, dans la multiplication de semences de riz », a indiqué la technicienne. Elle a évoqué le cas de la parlementaire, Ramatoulaye Diatta qui, cette année, à consacré plusieurs périmètres, dans le Djibonker, à la reproduction des semences de base. Dans cette entreprise, les productrices n’ont pas manqué de souligner quelques difficultés comme la qualité des pré-bases fournis et la qualité des sols affectés à cet effet. « Nous avons non seulement souffert de la qualité des pré-base fournis mais aussi des problèmes liés aux attaques de termites en sus de la salinité des sols », a déclaré Ramatoulaye Diatta. Elle a déploré le manque d’accompagnement des techniciens de la direction régionale de l’agriculture pour le suivi des cultures. « Les sols consacrés à la multiplication des semences n’ont pas été traités en début de campagne », a-t-elle souligné. Dans le Djibonker, la toxité ferreuse reste une des contraintes majeures de l’exploitation des sols. Les productrices de riz estiment qu’il y a encore des efforts à faire pour booster la production de riz dans la zone. Elles ont plaidé pour l’introduction de variétés plus tolérantes dans la zone pour fouetter les rendements dans les périmètres rizicoles.

Seydou Prosper SADIO (envoyé spécial)

Papa Abdoulaye Seck invite au respect des quitus techniques
En mission de suivi de campagne dans le Sud du pays, le ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural, Papa Abdoulaye Seck, s’est réjoui de l’engagement des femmes dans la reconstitution du capital semencier dans la filière, dans cette partie méridionale du pays. Le Dr Seck a profité de l’occasion pour inviter les différents acteurs au respect des quitus techniques dans l’acquisition des pré-bases pour éviter les circuits parallèles et l’immixtion des tout venants dans le processus. « Tant qu’on ne veillera pas au respect des normes, il sera difficile de reproduire des semences de qualité », a affirmé le ministre. « Les directions régionales de développement rural doivent être les seules portes d’entrée dans ce processus de multiplication de semences », a-t-il indiqué. Le ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural a rappelé qu’il est obligatoire que les commandes transitent par les directions régionales de développement rural (Drdr).

Mettre à la table des consommateurs du pain et des viennoiseries avec une incorporation de farine de céréales locales, c’est le challenge que comptent relever les boulangers du Sénégal. Ce projet révolutionnaire, dans le marché du pain, a été présenté, hier, à Kaolack, par l’organisation faitière des boulangers. Une structure qui bénéficie de l’appui du Programme de productivité agricole en Afrique de l’Ouest (Ppaao) à travers le Fonds national de recherches agricoles et agro-alimentaire (Fnraa).

Un projet de diffusion à grande échelle de l’incorporation des farines de céréales locales (mil, maïs sorgho) dans la panification et les viennoiseries est en cours au Sénégal. Une initiative qui mobilise des centaines de boulangeries réparties dans les quatre coins du Sénégal. Venu à Kaolack partager ce programme novateur, le président de la Fédération nationale des boulangers du Sénégal a loué la synergie tissée autour de ce dispositif. « A ce jour, 250 boulangeries sont équipées en pétrins et assurent une production quotidienne de pains et viennoiseries avec une incorporation de céréales locales. Elles bénéficient de l’appui technique de 12 micros unités de transformation pour assurer la production de farine. 150 patrons et ouvriers sont formés en technique et productivité pour fabriquer ce pain et ces viennoiseries  », a indiqué Amadou Gaye, au cours d’une séance de démonstration et de dégustation. Ces boulangers qui entendent convaincre les consommateurs de mettre sur leur table du petit déjeuner ce pain appelé « Doolé » ne tarissent pas d’éloges sur les valeurs nutritionnelles de leur nouveau produit. «L’avènement de ce pain et ses viennoiseries à base de céréales locales, outre les valeurs nutritionnelles attestées, constituent une opportunité de réduire drastiquement la facture pour l’importation du blé qui impacte négativement sur la balance commerciale sans compter une valorisation exceptionnelle des céréales locales comme le mil, le maïs et le sorgho», a soutenu M. Diagne. Un dispositif contractuel pour la fourniture, à la chaine, de valeur de 2500 tonnes de céréales est mise en place.

Le pain « Doolé » est devenu une réalité dans certaines zones du Sénégal et est vendu à 100 FCfa la baguette de 150 grammes dans les régions de Dakar, Fatick, Kaolack, Thiès et Saint-Louis. L’objectif est de contribuer à l’amélioration de la compétitivité des filières céréales, assurent ses promoteurs. Un financement de 1.200 000 000 de FCFA octroyé par le Fnraa sur les fonds du Waapp a été nécessaire à la mise en place de ce projet, a indiqué Amadou Gaye. Toutefois, M. Gaye a déploré le manque de communication sur le projet notamment dans la région de Kaolack. Il a mis en garde contre des tentatives de sabotages de certains acteurs de la filière. « Nous appelons le gouvernement à sévir contre ses fossoyeurs de l’intérêt national dont le but inavoué est de nous maintenir dans une posture de dépendance vis-à-vis de l’étranger  », a-t-il lancé, en demandant à l’Etat d’ouvrir des négociations pour rediscuter le prix de la farine avec les fournisseurs.

Elimane FALL

Les producteurs de mangues de la région de Sédhiou, à qui on avait promis du matériel à la fin d’une session de formation sur les techniques de lutte contre la mouche des fruits, viennent de recevoir ce matériel par l’intermédiaire de la Direction de la protection des végétaux. Les producteurs, à côté des membres du bureau de la plateforme de la filière mangues, étaient tous présents.

El Hadji Mahfous Aïdara de Baghère, le président, a salué ce geste, en se réjouissant de la promesse tenue par l’Agence sénégalaise pour la promotion des exportations (Asepex) dont le représentant à Sédhiou, Mady Danfakha, a donné la composition du matériel. Il s’agit de 90 pulvérisateurs, du mal-attrape, des pièges et autres produits, tous efficaces dans la lutte contre la mouche des fruits. Il a ajouté aussi que la concrétisation de cette promesse entre en ligne droite de la réalisation des objectifs de l’Asepex, c’est-à-dire avoir une très bonne production de mangues de qualité, dont la commercialisation aux niveaux national et international permettra aux producteurs de vivre de leur production. « Il n’est plus question de voir des mouches attaquer des mangues », a-t-il lancé.

Les producteurs n’auront aucune peine à utiliser ce matériel puisqu’ils ont été formés. Mais ils ne feront, cette année, qu’une faible utilisation de ce matériel puisque la saison des mangues a pris fin.

Malamine KAMARA

Grâce à la Laiterie du Berger, les éleveurs du département de Dagana peuvent écouler leur lait et gagner jusqu’à 500 000 FCfa. La mise en place d’une coopérative leur permettra de valoriser davantage ce produit par la diffusion à large échelle des contrats entre éleveurs et les laiteries.

La première coopérative des éleveurs des onze collectivités locales du département de Dagana a été mise en place, hier, au cours d'une assemblée générale présidée par l'adjoint au préfet du département de Dagana, Macodou Sy. Cette coopération a vu le jour suite à l’appel du ministre de l’Elevage et des productions animales, Aminta Mbengue Ndiaye, qui, au cours de la tournée qu’elle vient d’effectuer dans la vallée, avait invité les éleveurs à s'impliquer dans la création d’une chaîne de valeur, en vue de développer l’élevage dans la région Nord. Le chef du service départemental de l’élevage de Dagana, Makhtar Barro a révélé que les éleveurs de ce département produisent, chaque année, plus de 1 million 200.000 de litres de lait, précisant que ce chiffre est approximatif, d’autant plus qu’une importante partie de la production laitière n’est pas déclarée et valorisée. En présence des représentants du projet Accès aux services et à la structuration des éleveurs laitiers,  du Groupement d’intérêt communautaire de Dagana et du Groupe de recherches et d’échanges technologiques, M. Barro s’est réjoui de la mise en place de cette coopérative des producteurs laitiers qui permettra à ses membres de convoyer cette importante quantité de lait des localités les plus enclavées vers les structures de transformation et de commercialisation du lait. 

Le président de cette coopérative Abou Idy Sow a déclaré que cette coopérative permettra de mieux gérer cette filière en étroite collaboration avec des partenaires comme l’Ong Gret, le projet Asstel et le Gic de Dagana. Il a exhorté l’Etat à aider les éleveurs de la vallée à maîtriser davantage les techniques de conservation et de transformation laitière.  M. Sow a rendu un vibrant hommage au gouvernement et à ses partenaires pour les efforts déployés en vue de développer des ceintures laitières dans le delta et la vallée du fleuve Sénégal. Il a affirmé que grâce au développement de l'industrie laitière dans la vallée, les éleveurs sont devenus des salariés.

Selon Abou Idy, des entreprises comme la Laiterie du Berger de Richard-Toll sont en plein essor au Sénégal et méritent d’être appuyées par le gouvernement dans la mesure où elles s’évertuent à valoriser les qualités gustatives et nutritives du lait local par la confection de divers produits notamment le lait frais, le lait fermenté, le beurre liquide, etc.

Certaines laiteries industrielles comme la Laiterie du Berger, a-t-il souligné, collectent du lait local et génère des revenus consistants pour les éleveurs. D’autres éleveurs ont déclaré percevoir mensuellement, à la banque, entre 300.000 et 500.000 FCfa, selon le volume de lait produit et déposé à la Laiterie du Berger. Dans les bassins de collecte, ont-ils poursuivi, le lait fait l’objet de contrats tacites entre éleveurs et les laiteries. Ces contrats incluent parfois la fourniture de compléments alimentaires pour le bétail, la formation à l’hygiène, ou l’avance de trésorerie aux familles d’éleveurs. Ils ont indiqué que les bassins d’élevage, l’installation des laiteries contribuent à la professionnalisation de la production, à la structuration des filières et à l’émergence de nouvelles identités régionales. 

Mbagnick Kharachi DIAGNE

Le nom du lauréat du Prix Anzisha sera dévoilé, le 25 octobre 2016, à Johannesburg, en Afrique du Sud. En attendant cette date, l’African Leadership Academy a rendu public les noms des 12 finalistes de l’édition 2016. Parmi eux, la Sénégalaise Yaye Souadou Fall, initiatrice du projet « E-cover ».

Les finalistes de la 6e édition du prix Anzisha sont connus. L’African Leadership Academy, en partenariat avec la MasterCard Foundation a dévoilé les 12 jeunes entrepreneurs africains finalistes. Il s’agit de l’Egyptien Aly Abd El Azem, co-fondateur de « Teens Club », d’Ifrah Mohamed de nationalité Kenyane, fondatrice de « Supermom », du Ghanéen Benedict Kusi Ampofo, initiateur de « Project Kiriku », de la Nigérienne Lamine Chamsiya, fondatrice de « E3D Cosmetique », de la Sénégalaise Yaye Souadou Fall, initiatrice du projet « E-cover », de Geoffrey Mulei du Kenya et fondateur de « Inkisha », de l’Ivoirien N'guessan Koffi Jacques Olivier, fondateur de « The Yaletite Entrepreneurship Group Ci », de Heritiana Fabien Randriamananatahina, du Madagascar, concepteur du projet «  Fiombonana », du Mozambiquien Faustino Quissico, fondateur de « TQ Group and Services », d’Asha Abbas de la Tanzanie, fondateur de « Aurateen » et de l’Ougandais Andrew Ddembe, entrepreneur en série et fondateur de « Heart for the Hunt » et du Marocain Issam Darui et fondateur de « Lagare.ma », indique un communiqué. Les 12 finalistes du prix Anzisha ont été choisis parmi 550 entrepreneurs issus de 32 pays africains, précise la même source. Le prix Anzisha récompense des jeunes entrepreneurs âgés de 15 à 22 ans qui participent activement au changement grâce à des solutions innovantes.

L’édition 2016 a réuni un mélange éclectique de jeunes esprits dont l’objectif est de favoriser le développement socioéconomique et la création d’emplois au sein de leurs communautés et au-delà. Les 12 finalistes se partageront 100 000 dollars Us, soit 50 millions de FCf et participeront à une formation professionnelle rigoureuse de deux semaines qui débutera le 13 octobre 2016, à Johannesburg en Afrique du Sud. Le lauréat sera connu lors d’un gala prévu le 25 octobre 2016. En plus du prix, les finalistes bénéficient d’un accès aux services de l’unité de soutien aux jeunes entrepreneurs du prix Anzisha dont la valeur s’élève à 7 500 dollars Us (3 750 000 millions de FCfa). «L’élan qui soutient le prix Anzisha s’est amplifié et nous commençons à constater un réel impact », a déclaré Koffi Assouan, gestionnaire du programme de la MasterCard Foundation consacré aux moyens de subsistance des jeunes, cité dans le communiqué. « Les responsables du prix Anzisha sont en train de former, à l’échelle de toute l’Afrique, un réseau solide de jeunes entrepreneurs innovateurs qui transcendent leurs différents secteurs et zones géographiques. Ils apprennent les uns des autres, tout en développant leurs entreprises et en faisant progresser l’esprit d’entrepreneuriat social », a-t-il poursuivi. La responsable principale des programmes du prix Anzisha, Grace Kalisha, citée elle-aussi dans le document s’est réjouie de l’augmentation extraordinaire des entrepreneurs africains sur le continent et qui font parler d'eux. « Nous sommes heureux qu'un tel groupe d’entrepreneurs participe au prix Anzisha. Cela promet de grandes choses à venir pour l’entrepreneuriat africain », a-t-elle indiqué. Cette année, selon les responsables du prix, le secteur agricole a gagné une place de premier ordre. Les entrepreneurs se sont concentrés sur des opportunités et ont exploré un spectre plus large de la chaîne de valeur du secteur.

Souleymane Diam SY

Le Fonds commun de placement (Fcp) Placement croissance, mis en place par la Société de gestion et d’intermédiation (Sgi) Cgf Bourse basée à Dakar, a affiché, au 30 juin 2016, une performance cumulée de 71,74 % depuis son démarrage en mars 2013. La valeur liquidative (ou prix d’achat d’une part) de ce fonds s’est établie à 1717 FCfa contre 1.000 FCfa lors de son lancement, soit une plus value de 717 FCfa (1 FCFA équivaut à 0,0017 dollar). Toutefois, le Fcp Placement croissance a clôturé le second trimestre 2016 avec une performance de moins 0,73 % (1,21% hors dividende), après avoir détaché un dividende d’un montant unitaire net de 33 FCfa. « Malgré un contexte baissier depuis quelques mois sur le marché, la collecte est restée à peu près au même niveau, ce qui explique le niveau élevé de la liquidité détenue dans le Fonds », avancent les responsables de Cgf bourse dans leur rapport de gestion. Au 30 juin 2016, le portefeuille du fonds Placement croissance est composé à 56 % d’actions, 23 % d’obligations et 21 % de liquidités. Gérés par des professionnelles, les Fcp sont des moyens commodes permettant à des non initiés de faire des placements en bourse.

(APA)

Malgré une production de 367 500 tonnes d’oignon, cette année encore, le Sénégal est obligé d’importer pour couvrir ses besoins. le directeur général de l’Agence de régulation des marchés (Arm), dans cet entretien, revient sur les raisons qui ont motivé une telle mesure. Il aborde également, entre autres questions, la régulation, le problème du stockage et de l’accompagnement de l’Etat.

Vous avez pris la décision, le 22 août dernier, de lever le gel des importations d’oignon. Qu’est-ce qui explique cette décision ?
La décision est fondée sur deux éléments essentiels : d’abord on a constaté une baisse drastique des stocks dans les marchés. Par exemple, le marché de Gueule Tapée qui recevait jusqu’à 15 camions par jour, ne recevait plus que six camions. Il en est de même du marché de Thiaroye qui recevait à peine 2 camions par jour. Ainsi, après 20 jours de suivi, on a conclu que la quantité d’oignon local avait chuté. L’autre facteur, c’est la hausse du prix de l’oignon qui a atteint 500 FCFA, voire 600 FCFA dans certaines régions. Ces deux éléments montrent la fin de la campagne de production nationale. Tous les acteurs se sont réunis et à l’unanimité, nous avons décidé de lever le gel des importations en autorisant la reprise des importations à partir du 22 août 2016.

Réguler n’est pas chose facile, comment êtes-vous arrivés à cette décision consensuelle ?
On a eu beaucoup de difficultés au cours des rencontres pour déclencher le gel. Mais depuis le début de la campagne, on tient souvent des réunions pour harmoniser les positions. Les producteurs disaient que leurs récoltes seraient sur le marché à telle période et les importateurs contestaient cette hypothèse, affirmant que cette récolte précoce ne peut pas couvrir les besoins du marché qu’il fallait attendre l’arrivée massive de l’oignon local pour geler les importations. Nous avons essayé de rationaliser, en allouant des quotas en fonction des parts de marché de chaque importateur. Par exemple, l’année dernière, en quatre mois, il y avait 139 000 tonnes d’oignons importées. Mais c’était une période de grande consommation à cause de la fête de Tabaski, du Magal de Touba, du Gamou et des fêtes de fin d’année.

Mais la décision de levée du gel des importations a été facilitée par la présence du président de l’interprofession qui est en même temps maire de Leona, une localité où se trouve le plus grand marché pourvoyeur d’oignons de Dakar. Il a reconnu que les stocks ont baissé et cela a été corroboré par un rapport du chef d’antenne régionale de l’Arm de Louga et du service régional du commerce. Ces éléments nous ont permis d’avoir un accord consensuel pour lever le gel des importations.

Les autorités sénégalaises s’étaient fixées comme objectif d’atteindre l’autosuffisance en oignon en 2016. Est-ce que cet objectif a été atteint ?
Sur le plan quantitatif, l’objectif a été atteint. On a enregistré une production de 367 500 tonnes mais ces statistiques ne couvrent pas les besoins du Sénégal en oignon parce que nous n’avons pas encore d’infrastructures qui nous permettent de conserver l’oignon au-delà du mois d’août. Par exemple, l’Arm a construit 52 magasins de stockage qui ne sont pas des chambres froides. Une technologie avancée existe pour une conservation longue durée. La consommation du Sénégal avoisine 30 000 tonnes par mois, durant quatre mois, mais il faut arriver à conserver près 120 000 tonnes avec le coût élevé de l’électricité au Sénégal, le prix de l’oignon va forcément en ressentir et le produit va coûter très cher. Un comité composé des importateurs, des commerçants sénégalais et des intermédiaires « Bana Bana » a été créé pour voir comment faciliter l’entrée des privés dans la filière et résoudre le problème du stockage. Si l’Etat accompagnait les producteurs dans la conservation, le problème serait réglé. Il faudra aussi impliquer les chercheurs.

Pourquoi malgré les 367 500 tonnes qui, en principe, devraient couvrir les besoins du pays, on continue d’importer de l’oignon ?
L’investissement dans la post-récolte doit être une priorité. Le Sénégal a atteint un niveau de production très important. Il nous faut des unités de tri. Dans d’autres pays producteurs comme le Niger, il y a des techniques de conservations endogènes. Le chevauchement dans le marché de l’oignon des Niayes et celui de la Vallée est aussi un facteur limitatif qui occasionne une suroffre. Avant, les producteurs de la vallée récoltaient trois mois avant ceux des Niayes. Mais depuis quelques temps, les producteurs des Niayes utilisent les bulbes durant l’hivernage et leurs productions arrivent sur le marché en même temps que celles de la Vallée. De nouvelles zones de production comme le Sine-Saloum et le Fouladou ont émergé. Elles produisent de l’oignon sur la même période que la vallée. Cela crée une surproduction et une chute du prix sur le marché. Une planification est à faire mais aussi un investissement dans la phase post-récolte pour la conservation.

Que fait l’Arm pour résoudre ces équations ?
Depuis deux ans, l’Arm a changé la manière de conserver l’oignon. Avant, notre Agence construisait des magasins de stockages fermés, actuellement, on a des hangars. Pour accompagner le volet agricole dans le Plan Sénégal émergeant, il faut une politique d’implantation de plateformes commerciales qui sont de grandes unités de groupage et de conservation. On a prévu d’implanter ces plateformes sur l’ensemble du territoire. L’objectif est de faire de ces plateformes des lieux de mise en marché des produits agricoles. L’Arm est en train de travailler avec le privé national, pour qu’on puisse prendre en charge cette question post-récolte.

Avez-vous fait le bilan de la campagne oignon de cette année ?
L’Arm et les acteurs ont, au cours d’une réunion de bilan, estimé que la campagne s’est bien déroulée mais nous ne l’avons pas fait de manière approfondie. On est en train de préparer avec le Programme d'aménagement et de développement économique des Niayes (Paden) et l’ensemble des acteurs de la filière, une journée pour faire le bilan de la campagne.

A combien se chiffre les besoins en importation ?
A environ 25 000 tonnes par mois. Nous sommes de grands consommateurs d’oignon, surtout pendant les fêtes : Gamou, magal, les autres fêtes religieuses ainsi que les cérémonies familiales, baptêmes, etc.

Jusqu'à quand va durer la levée du gel ?
La période des importations est prévue jusqu’à fin décembre. En général, l’Arm organise une tournée nationale avec l’ensemble des services et acteurs. Pour faire le bilan des surfaces emblavées, le comportement des cultures et une projection des récoltes en instant sur les périodes de récoltes et les tonnages attendus.

Quel est le rôle de la Direction de la protection des végétaux (Dpv) et de la Direction de commerce intérieur (Dci) dans la régulation du marché ?
La Direction de la protection des végétaux est chargée de la protection des récoltes. Elle donne, en même temps, des statistiques d’importation en se basant sur les certificats phytosanitaires qu’elle a attribués. Cela nous permet d’avoir des statistiques. La Direction du commerce intérieur attribue aux importateurs des Dipa (Documents d’importation des produits alimentaires). Elle recueille aussi des statistiques qui sont des intentions d’importation. On confronte ces chiffres avec ceux de la douane pour avoir l’ensemble des importations.

Il arrivait souvent qu’à l’approche du gel que les importateurs fassent venir des quantités plus importantes. Comment avez-vous fait pour empêcher une telle pratique ?
En réunion, les importateurs déclaraient des commandes en cours qui leur permettaient d’avoir de l’oignon au-delà de la date de gel des importions. On était obligé d’autoriser ces importations. Mais au cours d’un conseil interministériel, tenu en 2013, il a été décidé de lutter contre ces stratégies de contournement. Depuis, on a décidé de rationaliser les importations qui durent un mois quinze jours précédant les récoltes pour prendre uniquement en compte les parts de marché de chaque importateur.

Vous travaillez en rapport avec des acteurs qui sont dans un carcan assez informel, comment vous vous y prenez ?
Je pense que le terme informel est un peu péjoratif pour des acteurs qui contribuent à hauteur de plusieurs milliards au Pib. Le vrai problème est celui de l’articulation entre le commerce et la production. C’est un problème assez difficile. On les implique dans nos activités. On les amène en tournée. Parce qu’ils sont des acteurs de l’économie réelle et endogène qui n’est pas liée à l’extérieur. Ils ont des systèmes d’intervention très huilés. Ils financent même certains producteurs.

Comment faites-vous pour recueillir des informations à l’échelle nationale ?
L’Arm a des antennes régionales et départementales. On a recensé 356 marchés permanents et hebdomadaires. Chaque lundi, des informations recueillies nous permettent d’avoir des statistiques réelles sur les prix pratiqués et les stocks existants. On se réunit le mardi pour faire la synthèse et sortir, chaque semaine, un bulletin qu’on appelle tendance des marchés et ce document est remis au ministre du commerce. Mais, on veut avoir un système d’information à partir des téléphones portables, des tablettes qui nous permettra d’avoir des informations en temps réel. Un problème de manque de matériel se pose mais le système existe. Nous voulons que l’Adie et l’Artp puissent nous aider pour équiper nos agents en matériel nécessaire.

On n’entend l’Arm que sur la filière oignon, quel est son champ d’action ?
On intervient autant sur la filière oignon que sur les autres spéculations notamment la carotte, la pomme de terre, la banane, la mangue. On s’intéresse aussi à l’anacarde, au mil, au maïs, au riz. La carotte a connu un accompagnement de quelques mois avant le gel des importations. A un moment, il y a eu une surproduction et le prix a beaucoup chuté. Pour la pomme de terre, on a commencé à accompagner les producteurs en 2014. Deux ans après, la production est passée de 29 000 à 58 250 tonnes. Pour la banane, on est en train de voir avec les acteurs comment organiser la filière et réorganiser les producteurs mais aussi pour avoir un réseau de vendeurs par la contractualisation pour promouvoir la banane sénégalaise. Actuellement, on a une production de 40 000 tonnes alors que nos besoins se chiffrent à 90 000. L’anacarde connait des progrès depuis deux ans. On nous reproche souvent de commercialiser l’anacarde venant de la Guinée Bissau. Mais le Sénégal produit de l’anacarde dans deux zones : Casamance et Foundiougne. La production de ces zones sont exportées vers la Gambie parce qu’il est plus facile de rallier Banjul que de venir à Dakar. C’est pourquoi, avec une étude de l’ambassade des Pays Bas, on a beaucoup discuté pour qu’au port de Ziguinchor, qu’il y ait des infrastructures qui permettent d’exporter l’anacarde et la mangue. Pour la mangue, le Sénégal a fait beaucoup de progrès dans les exportations et la production locale. On est en train d’accompagner les rizeries locales pour qu’elles puissent agrandir leurs offres. En somme, on embrasse beaucoup de productions.

Mais, il est important de noter que ces productions contribuent à l’équilibre de la balance commerciale et à la création de richesses. Par exemple, si l’on prend les 130 000 tonnes qui ont été importées en quatre mois qu’on multiplie par 100.000 FCFA, cela fait plus de 13 milliard de FCFA. Si cette manne restait dans le pays, ce serait intéressant, compte non tenue des acteurs de l’ensemble de la chaine de valeur qui tirent des revenus importants de ces activités, c’est-à-dire les vendeurs de sac et les intermédiaires, les transporteurs etc.

Propos recueillis par Mamadou GUEYE et Mamadou DIAGNE

Hier, les délégués de la chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Thiès se sont réunis en  séance extraordinaire pour partager et se prononcer sur la proposition de création d’une chambre nationale de commerce, d’industrie et de services du Sénégal faite par le conseil national du patronat sénégalais. Après lecture du document par Mme Sangharé, Secrétaire général de la chambre de commerce de Thiès, l’adjoint du gouverneur chargé du développement, Ibrahima Ismaël Ndiaye a précisé que ce texte est une simple proposition soumise à l’appréciation des délégués de la chambre. «Chacun peut apprécier librement dans un sens ou dans un autre mais il est important aussi, à chaque fois, de faire une contre-proposition », a-t-il précisé.

Au cours du débat,  les délégués de la chambre de commerce de  la région de Thiès ont été étonnés de constater qu’au moment où la politique de décentralisation est renforcée au Sénégal par le chef de l’Etat à travers l’acte III qui ouvre des perspectives intéressantes avec les pôles territoriaux, une proposition allant dans le sens de centraliser à Dakar la vie économique du Sénégal voit le jour. «En voulant ravaler les anciennes chambres de commerce des régions en une simple délégation, le conseil du patronat sénégalais cherche à cantonner le petit peuple d’acteurs économiques qui travaillent, en majorité, sous forme de groupement d’intérêt économique», a déclaré Moustapha Diop.

Gora Kâ soutient que l’essentiel de ces groupements d’intérêts économiques est détenu par les femmes qui constituent un rempart contre la pauvreté. «En disant que les sociétés uniques à responsabilité limitée et les sociétés  à responsabilité limitée sont éligibles, on exclut une bonne frange des acteurs économique du pays » a-t-il renchéri. Revenant sur la clé de répartition des membres de l’assemblée générale de la chambre nationale de commerce, d’industrie et de services du Sénégal, Assane Ndiaye rappelle que Dakar est une région comme toutes les autres du pays même si elle abrite la capitale. « Je trouve inadmissible que Dakar puisse disposer de 45 membres titulaires là où les treize autres régions du pays se partagent 39, soit 3 par région. Cela est irrespectueux », s’est insurgé M. Ndiaye. Pour toutes ces raisons et tant d’autres, les délégués de la chambre de commerce de Thiès ont rejeté, à l’unanimité, la proposition allant de créer une chambre nationale de commerce, d’industrie et de services au Sénégal.

En revanche, ils ont plaidé pour le renforcement des acquis des 14 chambres régionales de commerce du Sénégal. Ces délégués de la chambre de commerce de Thiès préconisent la mise sur pied d’un cadre unitaire consolidé pour coiffer le dispositif actuel, en attendant l’avènement des pôles territoriaux prévus dans l’acte 3 de la décentralisation. «Au vu des interventions enregistrées au cours de l’assemblée générale extraordinaire de notre chambre, vous venez d’exprimer une position claire consistant à rejeter la création d’une chambre nationale de commerce, d’industrie et de services du Sénégal, en ayant conscience de la nécessité de conduire des réformes allant dans le sens de consolider l’expérience  de près de 150 ans d’histoires  de vie consulaire dans notre pays », a conclu Mamadou Diop, président de la chambre de commerce de Thiès.

Mbaye BA

Lors la séance de travail avec les responsables de la Sapco, le Premier ministre adjoint mauricien a annoncé que son gouvernement va accompagner le Sénégal dans l’augmentation de l’attractivité de ses sites touristiques mais aussi dans la recherche d’investisseurs pour la construction d’hôtels haut de gamme.

5Au cours d’une séance de travail qui s’est déroulée samedi, à Saly, le Premier ministre adjoint de l’Île Maurice et le ministre du Tourisme et des Communications extérieures, a magnifié les potentialités du Sénégal dans le domaine touristique. « Le Sénégal a tous les atouts pour attirer des touristes de qualité. Il y a la paix et la sécurité et aussi de vrais atouts qu’il faut valoriser et mettre en avant », a déclaré M. Duval. Selon lui, le gouvernement mauricien est disposé à accompagner le Sénégal pour l’aider à augmenter l’attractivité des sites touristiques mais aussi à trouver des investisseurs pour construire des hôtels et aménager des sites touristiques de grande qualité. Il a révélé que le ministre du Tourisme et du Transport aérien, Maïmouna Ndoye Seck, sera prochainement invité en Île Maurice dans l’optique de travailler sur un schéma de développement.

S’agissant de l’amélioration de la zone touristique de Saly et Somone, M. Duval a estimé qu’il reste beaucoup de choses à faire pour renforcer davantage l’attractivité.  Pour Pointe Sarène, il s’agira de trouver les fonds nécessaires, de créer les conditions fiscales, juridiques, qui permettent à l’investisseur de retrouver son capital et de faire un profit correct.

Le potentiel est là
Le directeur général de la Sapco a soutenu que l’Ile Maurice constitue un modèle pour le Sénégal. « Nous avons besoin de l’expérience mauricienne pour réaliser nos objectifs car le Sénégal a besoin d’un tourisme dynamique et pour cela, nous avons besoin de l’accompagnement de pays comme l’Île Maurice qui ont prouvé qu’avec le tourisme, on peut vraiment se développer», a confié Bocar Ly qui a présenté le schéma d’aménagement des nouveaux projets de la Sapco. Selon M. Ly, Pointe Sarène constitue le projet phare. « Une nouvelle station sera érigée sur le site de 110 ha. La position géographique est assez avantageuse car Pointe Sarène se trouve à 15 km de Saly-Portudal, 100 km de Dakar et 40 km du nouvel aéroport », a-t-il indiqué.  En plus de la composante hôtelière avec des infrastructures de 4 et 3 étoiles, une composante immobilière avec la construction de 120 villas est prévue avec une composante commerciale et loisir. L’ouverture de la station est prévue, selon le directeur général de la Sapco, au plus tard en 2019. D’autres projets sont prévus à Joal Finio, Mbodiène.

Bocar Ly a annoncé que quelque 7.850 chambres avec les nouvelles infrastructures touristiques et hôtelières seront érigées dans la Petite Côte. « Dans la zone nord, il est prévu 1500 nouvelles chambres et 3.900 chambres dans le Sine-Saloum », a-t-il précisé en soulignant les difficultés de bouclage des financements qui dépendent, entre autres, de l’engagement de l’État et des privés pour la construction.

Le Premier ministre adjoint mauricien a magnifié la pertinence de ces projets qui, a-t-il assuré, sont « viables et vendables. « Le potentiel est là pour un tourisme de qualité qui va créer beaucoup d’emplois et de revenus au Sénégal, mais aussi de la prospérité dans toute la région. Il faut juste quelques efforts pour que ça se réalise », a affirmé M. Duval.

S. O. F.

Dans le but de réduire, au minimum, le risque de sinistre des crédits bénéficiant de la garantie du projet d’appui à la promotion de l’emploi des jeunes et des femmes (Papej), la coordination opérationnelle et technique dudit projet dans la région de Thiès vient de former 45 promoteurs en aviculture.Selon Ndiérikh Ndong, point focal du Papej dans la région de Thiès, cette session a ciblé 22 promoteurs avicoles dans le département de Tivaouane et 23 dans celui de Mbour. « Ces préalables sont de rigueur parce que le volume des financements est important. 107.471.022 de FCfa sont attendus dans le département de Tivaouane tandis qu’à Mbour, le financement est de 103.093.411 de FCfa », a-t-il indiqué.Outre les itinéraires techniques dans la conduite d’un élevage de poulets de chair ou de production d’œufs allant de la préparation de l’habitat à l’hygiène et la prophylaxie d’un élevage avicole, la tenue d’un compte d’exploitation a constitué un module clé de la formation. « Nous avons convié les bénéficiaires de la ferme vitrine de Mboro», a ajouté Ndiérikh Ndong.

Prévu sur cinq ans, le projet  veut générer, au moins, 15.000 emplois durables décents en milieux rural et périurbain et  renforcer les capacités techniques et managériales de 17.000 promoteurs  dans les chaînes de valeurs agricoles du Papej. Du côté des promoteurs bénéficiaires de la formation, l’espoir est  grand. Ils considèrent que l’amélioration de leurs compétences dans la production avicole  et surtout dans la gestion, constitue déjà un acquis considérable pour eux.

Mbaye  BA

La Tournée du directeur général de la Sodefitex dans la région de Kolda et dans le Sénégal oriental lui a permis de voir la situation des semis dans la zone cotonnière. Après Pakour et Linkery dans le Kolda, Tambacounda et Koungheul, il exprime son optimisme.

Cette visite est la deuxième de Ahmed Bachir Diop, depuis le début de l’hivernage. Le stresse hydrique s’est estompé le 10 juillet et la course contre la montre s’est déroulée avec succès pour planter les semi de coton avant le 25 juillet. C’était extrêmement difficile.

Toutefois, les emblavures sont inferieures à l’objectif des agriculteurs conformément au plan de campagne. « Nous étions très inquiets, très préoccupés. Cette tournée du mois de juillet a permis de constaté une détermination, une foi inébranlable des contonculteurs et des équipes de terrain. La peur s’était installée mais nous avons un mois d’août pluvieux. L’enherbement a surpris et handicapé plusieurs agriculteurs. Fort heureusement, cette année, en plus de la grande détermination des contonculteurs, les équipes de terrain de la Sodefitex, nous avons constaté une alternance de pluies et de soleil favorables aux spéculations », s’est félicité Bachir Diop. Il a constaté que les cultures se comportent bien. « L’espoir reste de voir la pluie continuer jusqu’au 20 du mois d’octobre », a-t-il ajouté.

Le directeur général a réaffirmé l’option de la Sodefitex de diversifier ses activités avec l’installation de la rizerie de Kédougou, de finaliser le développement de la maïserie de Tambacounda, pour diminuer sa dépendance du coton. Ainsi, il a visité de belles parcelles de riz et de maïs. Les parcelles de coton vont recevoir leurs premiers traitements. Toutes les spéculations se comportent bien. Il reste à affronter d’éventuelles attaques de parasites. Le directeur général de la Sodefitex prie pour que les pluies se poursuivent jusqu’au 20 octobre.

Pape Demba SIDIBE

Babacar Diagne, ancien Directeur de la Radio télévision sénégalaise, est l’ambassadeur du Sénégal à Washington depuis bientôt deux ans. Dans cet entretien, il revient sur l’état des relations entre le Sénégal et les Etats-Unis, sur l’Agoa, sur le Sommet Etats-Unis-Afrique, sur les perspectives économiques qui se dessinent pour le Sénégal, surtout avec les importantes découvertes de pétrole et de gaz au large de nos côtes. M. Diagne n’a pas manqué d’apporter des éclairages sur la question des prisonniers de Guantanamo transférés au Sénégal et de l’expulsion annoncée d’une vingtaine de Sénégalais.

Vous êtes en place à Washington depuis deux ans. Quelles sont les actions que vous avez menées dans le renforcement des relations diplomatiques entre le Sénégal et les Etats-Unis?
En deux ans, énormément de choses ont été faites. Le ministre-conseiller chargé du Bureau économique, Mamadou Makane Kane et moi, avons bénéficié de l’image extrêmement positive du Sénégal et du président Macky Sall aux Etats-Unis. Le Sénégal est présenté ici comme l’un des fleurons de la démocratie. Des pays respectueux de la loi, de la bonne gouvernance en Afrique, il y en a très peu même s’il y en a de plus en plus. Les Américains auraient souhaité que des pays comme le Sénégal, qu’on en ait beaucoup en Afrique. Le Sénégal étant considéré comme un modèle, c’était facile, pour moi, de développer davantage de relations. Aujourd’hui, les relations entre le Sénégal et les Etats-Unis sont très étroites. J’en veux pour preuve la lettre pleine de superlatif que le président Barack Obama a récemment adressée au président de la République. C’était pour le remercier et le féliciter par rapport à son style de gouvernance pour avoir accepté d’accueillir, sur le sol sénégalais, deux ex-prisonniers de Guantanamo. Le président Obama a cité le Sénégal dans ses derniers grands discours. Aux Etats-Unis, il est rare que l’on cite un pays africain dans des moments aussi solennels. Par exemple, dans son discours aux Nations Unies l’année dernière, il a cité trois pays au monde : le Sénégal, le Singapour et la Colombie comme des modèles de développement dans le monde. Récemment, il a encore fait un discours à la Maison Blanche par rapport au développement économique dans le monde et le Sénégal, à nouveau, a été cité. L’accord de défense qu’on a signé, il y a quelques mois et le deuxième compact Mcc accordé au Sénégal témoignent également de l’excellence des relations entre nos deux pays. Les rapports sont on ne peu plus proches et intéressantes.

A propos de ces anciens prisonniers de Guantanamo amenés au Sénégal, leur transfert a suscité beaucoup de débats. Comment ce transfert s’est passé et pourquoi le Sénégal a été choisi ?
Il faut savoir que ce n’est pas dans n’importe quel pays qu’on amène des prisonniers de Guantanamo. Il faut d’abord que les pays d’accueil soient des modèles de démocratie, qu’ils soient respectueux de la loi et qu’ils soient stables. C’est au regard de ces critères que le Sénégal a été choisi. Sur ce point, il y a des choses à éclaircir et il y a certains amalgames autour de cette opération. Avant le Sénégal, beaucoup d’autres pays comme la France, l’Arabie Saoudite, le Cap-Vert, le Ghana, ont été choisis pour accueillir des prisonniers de Guantanamo. Quand le président Obama est arrivé au pouvoir, le cas de 242 tenus de cette prison, devait être réglé. Parmi eux, il y a certains à qui les Américains reprochent quelques choses qu’ils vont sans doute maintenir en prison sur le sol américain. Mais il y a 126 prisonniers sur lesquelles ne pèse aucune charge, des gens qui n’ont rien fait et qui, malgré tout, ont été détenus pendant une quinzaine d’années. Le président Obama a considéré que c’est injuste et que cela risquait de faire tache sur la réputation des Etats-Unis.

Y aurait-il une contrepartie financière à cette opération comme l’a pensé une partie de l’opinion sénégalaise ?
Ceux qui le pensent se trompent lourdement. Franchement, nous avons voulu faire cela simplement parce que nous avons les mêmes croyances et les mêmes valeurs de démocratie. Nous savons aussi qu’il faut un monde de paix. Nous partageons la position du président Obama. Nous considérons que c’est injuste de continuer à garder ces gens en prison après quatorze ou quinze ans d’enfermement ; c’est injuste. C’est donc pour une solidarité africaine, islamique que nous avons accepté ce transfert en dehors de quelques dispositions logistiques normales car il fallait les transporter à Dakar.

Le Congrès américain a décidé de prolonger l’Agoa jusqu’en 2025. Ainsi, du 22 au 26 septembre prochain, se tiendra, à Washington, un forum consacré à ce système d’accès préférentiel au marché américain de certains produits venant de pays africains. Comme beaucoup de pays, le Sénégal n’a pas su tirer profit, au maximum, des opportunités de l’Agoa. Qu’est-ce qui l’explique ?
Effectivement, le Sénégal n’a pas profité pleinement, comme beaucoup d’autres pays africains de l’Agoa. C’est vrai que sur plus de quarante pays éligibles à l’Agoa, il n’y a que sept ou huit qui en profitent bien. En majorité, ces pays exportent du pétrole ou du gaz. Ce n’est pas normal, il faudrait qu’on puisse, dans les domaines agricoles, horticoles et autres, bénéficier des opportunités de l’Agoa. Nous pensons que l’entrave principale au développement des exportations du Sénégal aux Etats-Unis, est la méconnaissance du secteur privé sénégalais du marché américain et de la nature même du tissu économique américain et des procédures douanières, entre autres. Il ne sait pas comment exporter aux Etats-Unis, même s’il faut souligner que ces exportations sont en nette progression. Aux Etats Unis, il y a des contraintes phytosanitaires, des contraintes douanières, aéroportuaires. Il nous faut donc aller vers la « capacity building », c’est-à-dire former le secteur privé sénégalais. Le secteur privé sénégalais ne travaille pas assez pour lever ces contraintes. Prenons l’exemple de la mangue, il y a un grand besoin de mangues aux Etats-Unis. Mais exporter le fruit même aux Etats-Unis poserait problème. Il faut aller vers le « process mangoes » qui permet d’exporter des mangues transformées aux Etats-Unis comme certains pays d’Amérique latine le font déjà. Nous pensons qu’il y a des voies et moyens de lever ces obstacles. Il y a des progrès quand même dans le domaine de l’électricité avec l’initiative Power Africa. Nous pensons qu’avec ce que font l’Asepex et le ministère du Commerce, le Sénégal va certainement davantage profiter de l’Agoa.

Mais le problème du secteur privé sénégalais c’est qu’il attend beaucoup de l’Etat alors qu’ici, aux Etats-Unis, c’est tout à fait le contraire, le secteur privé est très entreprenant. Quel message lancez-vous au privé sénégalais afin qu’il puisse saisir toutes les opportunités offertes par le marché américain ?
Nous pensons que le secteur privé sénégalais devrait être plus ambitieux. L’image du Sénégal est bonne partout dans le monde et cela doit impacter tous les secteurs. Maintenant, il nous faut un secteur privé qui a de plus grandes connaissances et qui maîtrise les différents marchés. Je n’ose pas dire qu’on doit former le secteur privé sénégalais mais quand même, il faut reconnaître que, très souvent, le secteur informel est présent massivement dans le secteur privé. Il faut structurer avec des gens bien formés et à bonne école parce que pour exporter aux Etats-Unis, ce n’est pas facile. Aujourd’hui, le Congrès a fait beaucoup d’efforts pour accepter sur le sol américain des produits venant d’Afrique, toutes les taxes douanières ont été enlevées mais le consommateur américain reste extrêmement exigeant. Et ce consommateur américain est très protégé. C’est pourquoi, tout produit consommé doit respecter un certain nombre de critères.

En 2013, lors de la conférence des ambassadeurs et consuls généraux, le chef de l’Etat avait appelé les diplomates sénégalais à œuvrer pour une diplomatie centrée plus sur le partenariat économique. Comment vous vous y prenez pour matérialiser cette vision du président Macky Sall ?
Faire de la diplomatie comme nous avions l’habitude de le faire, c’est dépassé. Aujourd’hui, il faut que notre diplomatie serve à quelque chose d’autant plus que l’image du Sénégal est bonne. A l’extérieur, il y a une très bonne appréciation du Sénégal. Cette image a été forgée grâce au travail accompli par les différents président de Senghor jusqu’à Macky Sall. Dès que je suis arrivé, j’ai organisé un forum économique. Ce fut une réussite car nous avons eu la participation d’une quarantaine d’entreprises. Dans la foulée, nous avons monté une cellule de suivi car nous avions constaté que la faiblesse de nos fora, c’est le suivi. Aujourd’hui, nous mettons l’accent sur cet aspect. Je viens de recevoir une lettre d’invitation pour participer à une réunion sur l’énergie organisée par le gouvernement américain car il y a des entreprises américaines intéressées par le Sénégal. Mais pour l’énergie, je pense que les perspectives sont bonnes grâce à notre gaz et à notre pétrole. J’ai fait trois jours à Dallas au siège de Kosmos et je dois vous dire que nous devons être extrêmement optimistes. Ce qui m’a beaucoup plus, c’est que le président Macky Sall a géré cette question en faisant profil bas. Il la gère comme un patrimoine national. Nous avons des découvertes de gaz et de pétrole tellement importantes que nous pensons que c’est le Sénégal qui va tirer le développement de l’Afrique de l’ouest et que l’Europe va reposer sa consommation d’énergie sur le Sénégal. Les gens ne s’imaginent pas ce que c’est. Aujourd’hui, toutes les grandes compagnies pétrolières, dans leur plan de développement, de recherche et de financement font de notre pays une priorité. Elles sont toutes intéressées par le Sénégal. Les perspectives de développement du Sénégal sont extrêmement intéressantes.

Washington accueille, le 21 septembre prochain, le deuxième Sommet Etats-Unis-Afrique. Qu’est-ce qu’on peut attendre de cette rencontre ?
Il faut saluer l’initiative du président Obama. Nous avons la Ticad avec le Japon, le Sommet Chine-Afrique, Europe-Afrique et France-Afrique, il ne manquait qu’un Sommet Etats-Unis-Afrique.

Aujourd’hui, Obama s’est rattrapé. Cette deuxième édition sera plus centrée sur l’économie, contrairement à la première tenue en 2014 où la dimension politique était plus importante. Elle va enregistrer la présence d’hommes d’affaires sénégalais et africains et l’on espère même signer des accords. Cette fois, les attentes sont importantes et le Sénégal est en bonne place.

Comment se comportent nos compatriotes aux Etats-Unis ?
Ils se comportent très bien. J’ai travaillé au Gabon, j’ai été ambassadeur en Gambie, ma profession m’a permis de visiter presque tous les pays du monde mais où que vous alliez, les gens saluent le comportement des Sénégalais. Il ne se passe pas un mois sans que nous n’allions dans des événements organisés par les Sénégalais. Très souvent, ils ont même transféré leur façon de vivre au Sénégal aux Etats-Unis. Cela concerne la grande majorité. Mais, forcément, il y a quelques-uns qui ne s’inscrivent pas dans cette dynamique. Vous avez entendu récemment qu’il y a eu une vingtaine de Sénégalais qui devaient être expulsés avec d’autres ressortissants africains car certains étaient passés par la frontière mexicaine pour entrer aux Etats-Unis et d’autres s’activaient dans la drogue. Mais le Sénégal était contre la formule charter. Le gouvernement m’a informé et j’ai informé le gouvernement américain qui a été très compréhensif et bienveillant à notre égard. Et cela, nous le devons à l’excellence de nos relations. Le dossier est donc en attente. Certains ont même rejoint leur domicile, d’autres ont même manifesté leur souhait de rentrer au pays. Quant à ceux qui étaient dans la drogue et dans la contrefaçon, ils sont toujours détenus. Mais nous continuons à travailler sur tous ces dossiers d’autant plus que cette mesure d’expulsion avait été annoncée mais n’a pas encore été appliquée.

De notre envoyé spécial à Washington : Elhadji Ibrahima THIAM

Un an après leur lancement, les négociations sur l’édification d’une zone de libre-échange continentale (Zlec) africaine à l’horizon 2017 ont pris un tournant décisif, malgré des retards notés. Des experts impliqués dans le processus ont indiqué, avant-hier, au cours d’un séminaire organisé par l’Institut africain de développement économique et de planification (Idep) que le retard accusé n’entame pas le déroulement normal du processus.

En juillet 2012, les chefs d’Etat et de gouvernement africains, réunis à Addis-Abeba, se sont engagés à accélérer l’établissement du marché commun africain par la création d’une zone de libre-échange continentale (Zlec) africaine à l’horizon 2017. Une commission de haut niveau composée des présidents de chacune des Communautés économiques régionales (Cer) et de celui de la Commission économique de l'Union africaine (Ua) a été mise en place pour faciliter la suppression des barrières commerciales. Identifiées comme une initiative prioritaire de l’Agenda 2063 de l’Union africaine (Ua), les négociations sur l’établissement de cette zone ont été lancées lors du sommet de l’Ua qui s’est tenu, en juin 2015, à Johannesburg, en Afrique du Sud. A quelques mois de la date butoir, il était nécessaire de faire un état des lieux de la marche vers la mise en place de la zone de libre-échange continentale africaine. L’Institut africain de développement économique et de planification (Idep), en collaboration avec le Centre africain pour le commerce, l’intégration et le développement (Cacid), s’est livré à cet exercice, en organisant, avant-hier, un séminaire qui a réuni de nombreux experts sur le thème : « Les prémices de la Zlec africaine : Que reste-il à faire ? ». Dans son exposé, Dr Cheikh Tidiane Dièye, directeur exécutif du Cacid, est largement revenu sur les soubassements institutionnels et économico-stratégiques de cette initiative, le niveau d’ambition et les défis. Il a rappelé que la marche vers la Zlec a été enclenchée en 1991, lors du Traité d’Abuja. Il faudra attendre plus de deux décennies (2012) pour voir l’amorce de cette intégration posée, avant l’ouverture des négociations trois ans plus tard. M. Dièye a précisé que les dirigeants africains s’étaient fixé comme objectifs d’aller vers la Zlec en 2017,  l’union douanière en 2019 et un marché commun en 2023 et l’union monétaire en 2028.

Bloc dense, fort et harmonisé
S’agissant des soubassements économico-stratégiques, le directeur exécutif du Cacid a indiqué que l’Afrique dispose de potentiels de développement qui n’existent nulle part ailleurs au monde, notamment la richesse de son sol et de son sous-sol et un marché de 2 milliards d’habitants. « Pourquoi nous sommes restés si pauvres, alors que nous disposons de tout ce potentiel » ?, a-t-il lancé. « Ce constat amer a, à son avis, fouetté l’ardeur des dirigeants africains pour aller vers cette union ». Pour lui, les régions les plus intégrées économiquement sont les plus développées au monde. Il a donné l’exemple de l’Union européenne, de l’Amérique du nord avec l’Alena (Accord de libre-échange nord-américain), l’Amérique Latine, etc.

Toutefois, a-t-il relevé, l’émergence des mégas accords commerciaux régionaux comme le Partenariat trans-pacifique conclu entre les Etats Unis et 11 pays d’Asie du Sud (à l’exclusion de la Chine) a des impacts sur l’avènement de la Zlec. « Pour minimiser les risques découlant de ces mégas accords, il faut avoir un bloc dense, fort et harmonisé », a soutenu Dr Dièye, en saluant la prise de conscience de l’importance du commerce comme instrument de transformation et de développement. Le conférencier a indiqué qu’au rang des défis figurent le délai, le financement, la capacité productive, la juxtaposition des accords commerciaux régionaux, reconnaissant, toutefois, qu’il sera difficile de mettre en cohérence les engagements régionaux avec la Zlec. A son avis, il serait mieux de laisser les Cer négocier la Zlec. A ce propos, la chef de la Division des négociations commerciales internationales du ministère du commerce, Astou Sy, a rappelé qu’au début, il était question de piloter les négociations au niveau des Cer. Cette proposition n’a pas prospérer à cause des divergences apparues au cours des négociations, a-t-elle souligné.

Pour arriver à l’établissement de la Zlec, Mme Sy pense que les Etats africains doivent adopter une approche commune, avant de revenir sur les différentes phases du processus. A l’heure actuelle, a-t-elle dit, les instruments permettant de négocier ont été définis et pilotés par le Forum de négociation, précisant que le règlement intérieur ainsi que les termes de références (Tdr) ont été adoptés. Un an après le lancement du processus, elle souligne que le retard noté n’affectera pas le déroulement normal des négociations.

Souleymane Diam SY

Négociations commerciales : Serigne Mboup regrette la non implication du secteur privé
Le président de l’Union nationale des chambres de commerce, d’industrie et d’agriculture du Sénégal (Unccias), Serigne Mboup, a regretté la non implication du secteur privé dans le processus de négociation sur l’édification d’une zone de libre-échange continentale (Zlec) à l’horizon 2017, d’une union douanière, d’un marché commun, etc. Il prenait part, avant-hier, au séminaire mensuel de développement de l’Idep portant sur « les prémices de la zone de libre-échange continentale (Zlec) africaine ». Selon lui, il y a un écart entre le secteur privé et l’administration chargée de négocier les accords commerciaux internationaux alors que celle-ci est censée le faire à leur profit. « On négocie pour nous, on signe pour nous et on nous demande d’appliquer. Cela ne peut pas continuer », a-t-il affirmé. « Comment peut-on appliquer des choses qu’on ne maîtrise pas » ?, s’interroge-t-il. M. Mboup a suggéré l’intégration des chambres de commerce qui sont les représentations légales du secteur privé dans tous les processus de négociations commerciales. Bamba Diop du ministère du Commerce et Ibrahima Diagne de l’Alliance africaine pour le commerce monétaire partagent cet avis. Ils ont estimé que la Zlec ne peut réussir qu’à travers un « secteur privé fort ». « Il n’y a pas d’économie sans le secteur privé national », a affirmé M. Diagne. De l’avis de Serigne Mboup, les réformes déjà engagées permettront bientôt au secteur privé de parler d’une seule voix.

S. Diam SY

Choisi comme maître d’ouvrage délégué dans le projet de Formation pour l’emploi et la compétitivité (Fpc), l’Office national de formation professionnelle (Onfp) va exécuter un peu plus de 21 milliards sur les 37 milliards prévus pour la construction et l’équipement des centres.

« Dans le contexte du Plan Sénégal émergent (Pse), l’État du Sénégal a fait de la formation professionnelle un des leviers de la croissance économique. De 2008 à 2015, le ministère a injecté beaucoup de ressources dans des infrastructures qui sont toujours en chantier. C’est ce qui a poussé le ministre de la Formation professionnelle, de l’Apprentissage et de l’Artisanat à confier la maîtrise d’ouvrage à une structure qui est sous sa tutelle. Ça lui permet de voir, le contrôle, le suivi, de donner des instructions si nécessaires pour que les projets puissent se réaliser dans de bonnes conditions », a expliqué Sékou Badji, le directeur des projets et de la planification à l’Onfp. Selon lui, la maîtrise d’ouvrage est une mission conférée par la loi et le décret à l’Onfp, même si cette dernière est restée longtemps sans mettre en œuvre cette mission pour des raisons de ressources. Mais, a-t-il souligné, cette mission est devenue opérationnelle à partir de 2013.

Selon lui, des expériences malheureuses ont été notées dans le domaine de la construction. « Des infrastructures ont été réalisées et après on s’est rendu compte qu’elles n’étaient pas adaptées. C’est le cas d’un centre de formation réalisé à Tambacounda et qui n’a pas été conçu en rapport avec le programme, avec les équipements à accueillir. Le Cfp de Ranérou est en voie de démolition parce que mal réalisé, conçu », a-t-il fait savoir. Selon lui, beaucoup de ressources publiques ont été injectées dans des infrastructures qui ont été mal réalisées. C’est cela, a-t-il soutenu, qui justifie le choix de l’Onfp qui, à l’en croire, a une « expertise avérée » en ingénierie de formation.

Au Sénégal, les statistiques montrent une faiblesse notoire de qualification de la population active. Seuls 6% de cette population a une qualification ou un diplôme professionnel. Cette situation, selon la responsable du guichet Assurance qualité au Fonds de financement pour la formation professionnelle et technique (3fpt), Amy Ly Lô, a un impact négatif dans la compétitivité et la production de l’économie nationale. «Dans ce contexte, on a vu que les besoins de formation sont devenus une priorité importante et que l’État du Sénégal, en partenariat avec l’Afd et la Banque mondiale, ont décidé, dans le projet 3fpt, de mettre en place ce fonds de financement à travers un décret », a expliqué Mme Lô.

Un fonds pour financer la formation
La mission principale de ce fonds de financement, a-t-elle souligné, est d’assurer le financement de la formation professionnelle et technique. « Avant, il y a avait le Fondef qui avait comme mission de financer la formation de personnels des entreprises. Mais pour le 3fpt, la mission est très différente. Car, en sus des établissements de formation, les demandes individuelles, on a comme mission principale d’accompagner les entreprises dans la formation professionnelle, dans l’identification et la formulation de leurs besoins de formation », a-t-elle noté. En plus de la mobilisation de ressources, le 3fpt a aussi la mission de financer des actions de formation initiale ou continue du personnel des entreprises, des demandeurs d’emploi et des gens porteurs de projets et aussi des établissements de formation professionnelle et technique.

Les principales cibles, bénéficiaires du fonds sont, entre autres, les travailleurs des entreprises et organisations professionnelles, les jeunes adultes sénégalais cherchant des qualifications pour entrer dans le marché du travail, les établissements de formation professionnelle et technique publics. Selon elle, le Cluster Tourisme/Hôtellerie bénéficie des offres du 3fpt en tant qu’établissement. « Le fonds pourra financer les clusters dans l’élaboration et la mise en œuvre de leur Contrat de performance, de leurs projets de formation (formation-insertion, certificat de spécialité, projet d’établissement, etc.). Le cluster peut être agréé comme opérateur de formation du 3fpt  », a-t-elle précisé.

Pour les entreprises du secteur du tourisme et hôtellerie, le 3fpt offre également un accompagnement pour le renforcement de capacités de leur personnel à travers une identification et la formulation des projets de formation. Il contribue au financement de leurs projets de formation, leur offre le suivi de l’exécution des actions de formation… « Tous les secteurs d’activités porteurs de croissance sont ciblés. Ils doivent, cependant, donner une contrepartie du coût de la formation, soit 20 % pour les entreprises et 10% pour les organisations professionnelles », a relevé Mme Lô, qui a également indiqué que des contrats d’apprentissage sont prévus. « Il s’agit de contrats que l’entreprise fait avec des jeunes. Ils identifient des métiers, recrutent des jeunes et le fonds contractualise avec un établissement pour assurer la formation théorique complémentaire », a-t-elle dit, précisant que la partie pratique de la formation est assurée par l’entreprise.

En outre, elle a fait savoir que les entreprises ou acteurs du secteur touristique peuvent, s’ils le désirent, devenir des opérateurs de formation du 3fpt.

La première source de financement demeure, pour elle, la contribution forfaitaire à la charge de l’employeur (Cfce) que le gouvernement s’est engagé à renforcer, à augmenter et qui sera reversée en 2018 à 100 % au 3fpt. Il y a aussi une subvention de l’État du Sénégal pour la partie fonctionnement, la contribution des partenaires techniques et financiers (Banque mondiale, Afd, coopération luxembourgeoise), des ressources tirées de la contrepartie des financements alloués.

S. O. FALL

Le Groupement d’entrepreneurs agricoles (Gea) « Fankanta » de Diendé, Dac de Sefa, vient de bénéficier d’un financement de 49.384.000 FCfa de l’Usadf (United State African Developpement Foundation), une institution américaine créée pour appuyer des initiatives de développement à la base sur le continent africain. L’Usadf accorde des subventions aux populations défavorisées qui ont des difficultés à accéder aux financements.

Le programme américain finance des projets surtout du secteur agricole : les activités génératrices de revenus. Il assure le renforcement des capacités des membres du Gea bénéficiaire et accorde une place importante à la sécurité alimentaire et à la création d’emplois pour les jeunes. Tout groupement sollicitant un financement américain doit avoir une existence légale, exercer l’activité pour laquelle la subvention est demandée pendant au moins trois ans et faire preuve de cohésion et de solidarité.

Le groupement doit aussi avoir des ressources humaines capables d’assurer la gestion de l’activité dont la pérennisation doit être prouvée. L’activité ainsi créée, doit concerner tous les membres du Gea et non quelques uns seulement. Le projet ne doit pas non plus concerner uniquement les membres d’une seule et même famille. Le nombre de membres ne doit pas non plus être trop réduit parce qu’on recherche un impact assez  large sur la communauté. Les Gea remplissent ces conditions que le Programme des domaines agricoles a signé avec la Fondation des Etats Unis pour le développement en Afrique, un partenariat intitulé : « Programme de promotion de l’emploi des jeunes et de développement de la petite entreprise agroalimentaire au Sénégal – YesAgriSen-». C’est ainsi que le Gea « Fankanta » de Diendé a pu bénéficier d’un financement de près de 50 millions, les formalités administratives étant faites lors de l’étape du Dac de Séfa de la caravane des vacances citoyennes.

Le groupement, comptant 172 membres dont l’activité principale est le maraîchage,  pourra assurer la clôture d’un des deux hectares de la superficie qui sera exploitée. Il pourra  aussi assurer la mise en place d’un système d’irrigation à partir de deux puits et de neuf bassins. Les membres du Gea bénéficieront, également, d’une assistance technique et d’une formation appropriée pour une bonne gestion du projet.

Malamine KAMARA

Dans les métiers de l’hôtellerie et de la restauration, la formation, l’expérience terrain sont essentielles et permettent de gravir progressivement les échelons. L’État qui veut hisser le tourisme au rang de deuxième secteur prioritaire après l’agriculture, a pris plusieurs initiatives avec notamment le Projet formation pour l’emploi et la compétitivité (Fpec) et le projet Cluster Tourisme-Hôtellerie, financé à hauteur de 37 milliards de FCfa pour revaloriser les métiers et les professions du secteur de l’hôtellerie, de la restauration et du tourisme.

Le tourisme représente un enjeu important en développement économique. L’État qui l'a si bien compris entend mettre l’accent sur la promotion de l’image du Sénégal, tout en encourageant les structures locales à s’améliorer afin d’attirer encore plus de touristes. Lors du lancement de la saison touristique à Saly, le 29 novembre 2013, le président Macky Sall avait promis d’apporter du sang neuf au secteur avec des infrastructures qui vont permettre au Sénégal d’être parmi les cinq premiers pays africains en tourisme. Le Projet de Mbodiène, Pointe Sarène, Joal et Saly Futur, les Programmes touristique identifiés à Saint-Louis, dans le Delta du Saloum, sur la Grande côte et en Basse Casamance et au Sénégal oriental participent tous à créer des milliers d’emplois dans leur phase investissement et fonctionnement, mais aussi à accroître, de façon significative, les capacités d’accueil et à diversifier l’offre touristique. Mais jusque-là, peu d’efforts avaient été mis sur le développement des ressources humaines dans le très dynamique secteur de l’hôtellerie et de la restauration, aujourd’hui, en constante évolution. Avec ce renouveau du secteur, la qualité du personnel est devenue un avantage concurrentiel de taille et des compétences nouvelles sont très attendues. L’un des défis est de revaloriser les métiers et les professions du secteur à travers une formation de qualité. L’État compte bien le relever avec le Projet formation pour l’emploi et la compétitivité (Fpac) et le projet Cluster Tourisme/Hôtellerie.

Un Cluster Tourisme/Hôtellerie d’un coût global de 37 milliards de F Cfa
La formation qui, dans le secteur de l’hôtellerie et de la restauration, offre un large choix d’opportunités de carrière, constitue une préoccupation pour l’État. Sachant que les ressources humaines sont au cœur de la qualité. Le projet Cluster Tourisme/Hôtellerie, d’une durée de quatre ans, est financé par la Banque mondiale, l’Agence française de développement et l’État du Sénégal pour un coût global de 37 milliards de FCfa.

Selon la coordonnatrice du projet, le Cluster a mandat de réformer, de construire des centres, de dérouler la formation, mais aussi d’harmoniser les programmes. « II ne faut plus avoir 50.000 écoles privées qui forment des serveuses qui ne sont pas utilisables à la fin. Il faudrait que le Cluster puisse intégrer toutes les écoles de formation pour harmoniser des programmes nationaux », a dit Diariétou Guèye. Elle déplore que de nombreux métiers soient exercés dans le secteur de l’hôtellerie et de la restauration sans une formation adéquate. «Un bagagiste ou un plongeur n’est formé nulle part et pourtant ce sont des métiers très importants. La formation permet de valoriser la personne qui exerce ce métier et de lui donner la chance de prétendre à un plan de carrière », a-t-elle indiqué.

Un centre de référence à Diamniadio
Plusieurs métiers ont été identifiés pour le démarrage du projet. Mais, a-t-elle précisé, une implication des hôteliers est attendue dans la conception des programmes de formation et un investissement dans la formation des jeunes. «Il est prévu de prendre des professionnels formateurs disponibles pour accompagner le cluster. Ils pourront délivrer la formation et juger de la qualité et de la pertinence des formations tout en valorisant le produit qui sortira des différents centres », a-t-elle déclaré. Les formations, a-t-elle précisé, seront initiales, diplômantes et se dérouleront en alternance. «L’apprenant aura 50 % de cours théoriques et 50% de cours pratiques et en fin d’année, il sera placé dans les entreprises », a indiqué Diariétou Guèye qui a invité les professionnels à s’approprier ce projet et à permettre à ces jeunes d’avoir 50% de leur formation en entreprise. « Les deux 50% combinés vont faire sa moyenne pour avoir le diplôme. On ne va pas faire son diplôme à l’école pour ensuite chercher un stage pour le valider. La partie pratique est dans la formation ». Tous les centres de formation aux métiers du tourisme et l’hôtellerie peuvent adhérer au cluster et ils seront des centres affiliés qui vont garder leur autonomie, mais ils pourront bénéficier des programmes rénovés du cluster et des formateurs ainsi que des équipements.

Pour assurer le volet formation, des centres sont prévus. Le premier centre de formation qui sera implanté à Diamniadio est totalement financé par l’Afd pour un coût global de 4 milliards de FCfa. Ce centre de référence sera doté d’un hôtel d’application pour assurer la formation continue. « Il s’agit d’un hôtel 4 étoiles minimum que nous allons construire et équiper de sorte que tous les hôteliers, restaurateurs et agents de voyage qui voudront améliorer ou capaciter leurs employés, puissent venir dans ce centre se faire former aux normes internationales et relever le niveau de la qualité de service de leurs entreprises », a-t-elle souligné. Un centre satellite sera également construit à Ziguinchor, précisément à Cap Skiring, pour répondre aux besoins spécifiques de cette zone. «On a remarqué qu’on avait beaucoup de campements dans cette zone. C’est pourquoi, les formations seront plus accentuées sur la gestion de ces campements et sur le guidage touristique », a-t-elle fait savoir. Il en sera de même pour le centre de Saint-Louis. « On a prévu, surtout pour les certificats de spécialité, de créer des passerelles pour tous les étudiants qui ont échoué en langues (espagnol, anglais, italiens, etc.) et qui veulent se reconvertir en guides ornithologues, culturels, spécialisés, qu’on puisse leur donner la possibilité de se reconvertir en très peu de temps », a laissé entendre la coordonnatrice du Cluster Tourisme/Hôtellerie. Ces deux centres, a-t-elle précisé, seront sous la tutelle de celui de Diamniadio qui va recevoir 250 apprenants d’ici à 2019. Pour Saint-Louis, il est prévu 170 apprenants et autant pour Ziguinchor tandis que l’École nationale de formation hôtelière formera 255 apprenants.

En attendant l’achèvement des travaux du centre de Diamniadio, les formations en Cap et en certificat de spécialité ont démarré à l’École nationale de formation hôtelière qui a été réhabilitée et rééquipée pour l’occasion et au lycée technique de Thiès.

Samba Oumar FALL

La direction des Organisations féminines et de l’entreprenariat féminin auprès du ministère de la Femme a organisé, hier, au Conseil départemental de Fatick, un atelier d’information sur la gestion des activités génératrices de revenus à l’intention des femmes entrepreneurs et d’autres femmes qui souhaitent devenir entrepreneurs.

La directrice des Organisations féminines et l’entreprenariat féminin, Fatou Mbacké Faye, a expliqué que cet atelier vise à renforcer les capacités des femmes entrepreneurs ou des femmes qui souhaitent devenir entrepreneurs. Selon elle, il s’agit de sensibiliser les femmes pour une bonne orientation vers une activité rentable, en privilégiant l’approche participative basée sur le renforcement des capacités. L’autre objectif, a-t-elle avancé, c’est de sensibiliser les femmes sur le mode de gestion des activités génératrices de revenus. Mme Faye a indiqué que cette rencontre a permis  de s’enquérir des difficultés que les femmes rencontrent dans le cadre de leurs activités. Parmi ces difficultés, elle a cité l’accès au financement, aux marchés publics… « Nous leur donnons les informations utiles pour pallier ces difficultés », a expliqué la directrice des Organisations féminines.

Sada Ndongo, représentant du Projet d’appui à la promotion du secteur privé, qui appuie la direction des Organisations féminines et de l’entreprenariat féminin dans ses activités de sensibilisation, a rappelé que le coût  de ce  projet d’appui est estimé à 3,5 milliards de FCfa.  Il a été mis en place par le gouvernement du Sénégal (10 %) et financé par la Banque africaine de développement (90 %).

Mis en œuvre depuis 2013, ce projet devait prendre fin en juillet 2016. Mais à cause des retards dans la mise en œuvre de certaines activités, le gouvernement et son partenaire ont prolongé le projet jusqu’en mars 2017.  Selon Sada Ndongo, l’objectif est l’amélioration de la gouvernance financière et du climat des affaires dans l’optique d’une croissance durable soutenue et basée sur le secteur privé. Aussi, a-t-il expliqué que le programme d’éducation financière est en train de mettre en œuvre des formations qui permettent de sensibiliser ces chefs d’entreprise pour leur faciliter l’accès à des financements et de voir comment les rentabiliser.

Oumar  Ngatty BA

Un atelier sur les liens entre l’énergie, l’eau et l’agriculture (Eea), co-organisé par l’Ong Energy 4 impact (ex Cvep international) et le réseau Smart village initiative, s’est ouvert, avant-hier, à Saly. Les intervenants ont estimé qu’on ne peut pas avoir un développement durable sans ce triptyque.

Un village rural dépend de l’eau de la rivière pour produire de l’électricité (hydroélectricité) qui lui permet d’irriguer les cultures, produire de la farine de mil par le biais d’un moulin à grain et conserver les produits pour le marché hebdomadaire. Cet exemple, les experts l’ont donné pour dire que tout développement durable repose sur une politique favorable à l’accès à l’énergie, à l’eau et à l’alimentation.

Selon Louis Seck, directeur de l’Ong britannique Energy 4 Impact basée au Sénégal, l’importance de prendre en compte ces liens intersectoriels n’est plus à démontrer. « Pratiquement, tous les pays en développement sont soumis à de multiples exigences de développement dont la sécurité et l’indépendance énergétique, mais également la sécurité et l’autosuffisance alimentaire. La résolution de ces problèmes passe nécessairement par une approche intégrée du développement à la place d’approches sectorielles qui ignorent le lien intersectoriel de ces secteurs », a dit M. Seck tout en louant la pertinence du triptyque énergie, eau et agriculture.

L’ancien ministre délégué chargé des Energies renouvelables est formel : « L’énergie, l’agriculture, l’hydraulique ne pourront jamais exercer durablement leur influence sur le développement local et la lutte contre la pauvreté sans tenir compte de leurs liens intersectoriels et multisectoriels ». M. Seck a plaidé pour la prise en compte de l’aspect genre. « La corvée de l’eau, la mouture de céréales, la cuisson sont autant de tâches dévolues aux femmes. Malheureusement, ces tâches, pour la plupart, s’exécutent encore aujourd’hui, dans bien des cas, à l’aide de la force musculaire, sur la base d’instruments rudimentaires », a-t-il rappelé.

Nouvel ordre de développement
M. Seck a souligné que ce lien peut permettre de prendre conscience de l’intérêt et de la nécessité d’établir un nouvel ordre de développement intégré susceptible d’inverser une situation dramatique tant sur le plan économique, social qu’écologique.

Sécou Sarr, coordonnateur exécutif d’Enda énergie, a traité le thème général qui parle des défis mondiaux face à l’interconnexion entre l’alimentation, l’eau et l’énergie et leur impact à l’échelle locale en Afrique de l’Ouest. Il a indiqué que 80 % de la population ouest-africaine utilisent la biomasse comme combustible de cuisson avec ses effets pervers sur l’environnement. Toutefois, il a affirmé que l’énergie n’est pas une fin en soi même si les populations en ont largement besoin.

« Le coût de l’énergie est très élevé dans nos pays alors qu’il existe une iniquité dans son accès entre citadins et villageois », a-t-il relevé.

A la place de sécurité alimentaire, M. Sarr parle de souveraineté alimentaire qui devrait passer, selon lui, par une maîtrise de l’eau, une mise en marché des produits agricoles, etc. Toujours dans l’agriculture, le coordonnateur exécutif d’Enda énergie a évoqué la nécessité d’une mécanisation qui répond à une exigence de modernité. Dr John Holmes de l’Initiative Smart Villages (Svi) a fait savoir que 3 milliards de femmes utilisent les fourneaux pour cuisiner. L’atelier qui a pris fin, hier, a réuni 40 participants venus de l’Afrique de l’Ouest.

Serigne Mansour Sy CISSE (envoyé spécial à Saly)

Dans son rapport intitulé « Women Matter » (Les femmes sont importantes), le premier sur l’Afrique portant sur le poids des genres au sein des élites africaines, le plus grand cabinet de conseil mondial McKinsey Global Institute (Mgi) indique qu’il reste encore du chemin à faire en ce qui concerne l’égalité entre les hommes et les femmes. « L’égalité des genres demeure éloignée », confient Lohini Moodley et Tania Holt, deux associées du cabinet en Afrique du Sud, au magazine français Jeune Afrique.

 Selon cette étude, les femmes sont plus présentes dans les conseils d’administration des grandes entreprises africaines en comparaison aux autres régions de la planète et leur statut au sein des exécutifs publics et Parlements nationaux s’est amélioré. Ainsi, selon le rapport, les femmes dans les élites africaines se classent comme suit : 36 % des promotions à des postes de responsabilité sont accordés à des femmes qui représentent, à ce jour 29, % des hauts cadres supérieures, 24 % des parlementaires,  22 % des membres de cabinets ministériels et 5 % des directeurs généraux.

Pour ce qui est de la comparaison avec les autres régions du monde, l’Afrique devance l’Asie et l’Amérique latine en termes de directrices exécutives et de places au sein des conseils d’administration. Sur les 210 sociétés africaines étudiées par le rapport, il ressort que 5 % des directeurs généraux sont des femmes, de même que 15 % des membres des conseils d’administration (Ca). Tandis qu’en Asie, elles représentent 4 % des directeurs généraux et 10 % des conseils d’administration.

En Amérique latine, il n’y a que 2 % des directeurs généraux et 6 % des membres des conseils d’administration qui sont des femmes. L’Europe, quant à elle, fait mieux pour les membres des conseils d’administration avec 18 %, mais moins bien pour les directeurs généraux avec 3 %. S’agissant des Etats-Unis, elles sont aussi à égalité avec l’Afrique avec 5 % des directeurs généraux, mais en avance en ce qui concerne les membres des conseils d’administration, car totalisant 17 %.

Les femmes parlementaires sont de plus en plus nombreuses sur le continent. Leur part dans les hémicycles nationaux s’élève à 24 %, un taux qui place l’Afrique au-dessus de la moyenne mondiale qui est de 21 %.

Agence Ecofin

Le tycoon nigérian, propriétaire du groupe Dangote et première fortune d’Afrique, Aliko Dangote, se rendra à Abidjan, début septembre, pour rencontrer le président ivoirien, Alassane Ouattara. Cette visite s’inscrira dans le cadre de son projet de construction d’une cimenterie en Côte d’Ivoire, annonce le groupe. Cette usine, qui nécessitera un investissement de 150 milliards de FCfa, sera érigée dans la localité d’Attinguié, à 30 km d’Abidjan, sur une superficie d’environ 50 hectares. Elle devrait entrainer la création de 2.000 à 3.000 emplois directs et indirects. Cette cimenterie sera identique et fonctionnera dans les mêmes proportions que celle d’Ibese, au Nigeria, qui produit 44 millions de tonnes de ciment par an, dispose de technologies ultra-modernes et respecte les exigences écologiques et environnementales. Le groupe a également annoncé que le ciment qui sera produit en Côte d’Ivoire sera « de meilleure qualité et à coût réduit en comparaison à ce qui est vendu  actuellement sur le marché ivoirien ».

Ecofin

Le milliardaire nigérian Aliko Dangote a officiellement lancé, le 15 août, la première banque entièrement digitale au Nigeria, en vue de bancariser plus de 40 millions de personnes exclues du système bancaire traditionnel. Baptisée Sun trust bank, cet établissement a déjà reçu une licence de banque universelle de la part de la Banque centrale du Nigeria. La nouvelle banque dont le siège est basé à Lagos va distribuer ses produits à travers des canaux électroniques comme le téléphone mobile et Internet.S’exprimant à l’occasion de la cérémonie du lancement du nouvel établissement du crédit, Aliko Dangote a précisé que ces canaux de distribution innovants vont permettre à Sun trust bank de devenir la banque la plus rentable dans le pays grâce à des frais généraux inférieurs à ceux des autres établissements. « Sun trust bank est parti du constat selon lequel l'ancien modèle de l'expansion des banques par l'intermédiaire d'un réseau de succursales est coûteux et obsolète. Vous pouvez désormais réaliser vos opérations bancaires à partir de chez vous, en économisant ainsi temps et argent », a-t-il déclaré.

Ecofin


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