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Affaires et Finances (1895)

Sur initiative du  ministère des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, un séminaire axé sur le renforcement des capacités des entreprises sénégalaises en procédures d’achats de l’ Organisation des nations unies (Onu) s’est ouvert, hier, à Dakar. Cette rencontre vise à informer les entreprises sénégalaises des opportunités d’affaires (biens, équipements et services) achetés par l’Onu et les organismes du système des nations unies qui utilisent le portail mondial des fournisseurs comme source d’approvisionnement.

Le gouvernement du Sénégal a exprimé le souhait de voir le secteur privé national saisir les opportunités d’affaires offertes par l’Organisation des nations unies (Onu). Cette ambition est née du constat de la faiblesse des parts de marché obtenues par le Sénégal dans les achats de biens effectués par le Secrétariat de l’Onu. En effet, au titre de l’année 2016, sur un montant global de 3,2 milliards de dollars d’achats, le Sénégal n’a bénéficié que de 975.000 dollars, l’équivalent de 570.813.750 FCfa, soit moins 0,03 % du budget d’acquisition de biens et de services. Entre autres raisons qui expliquent cette situation, on note le manque de maîtrise, par les entreprises sénégalaises, de la complexité des règles et autres procédures gouvernant les achats au sein du système des nations-unies.

Ibrahima Al Khalil Seck, Secrétaire général adjoint du ministère des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, venu représenter le ministre, souligne «l’importance de ce séminaire qui est d’informer les entreprises sénégalaises des opportunités d’affaires (biens, équipements et services achetés par l’Onu) et d’interagir avec celles qui sont désireuses de faire des affaires avec le Secrétariat de l’Onu et les organismes du système des nations unies qui utilisent le portail mondial des fournisseurs comme source d’approvisionnement ». Ainsi, pour pallier cette insuffisance et capter des parts importants de marchés, le département s’est rapproché des responsables de la Division des Achats des nations unies pour plaider l’organisation de cette rencontre. L’examen du rapport du Secrétaire général de l’Onu sur les achats pour l’année 2015, présenté par le Comité consultatif pour les questions administratives et budgétaires (Ccqab) de l’Onu, renseigne que seule une dizaine d’entreprises sénégalaises est inscrite dans le portail et les approvisionnements de l’Onu, informe le Secrétaire général adjoint du ministère des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur. Les entreprises principalement visées évoluent dans le secteur du carburant, du lubrifiant, de la sécurité, des équipements, de la construction, des technologies de l’information et même dans le secteur alimentaire.

Le pari est  de mobiliser le plus de sociétés pour, non seulement assurer une large diffusion de l’information, mais également renforcer leurs capacités afin de leur permettre de mieux maîtriser les procédures de l’Onu et d’élargir leurs possibilités de gagner des parts de marchés dans les achats, en particulier, relatifs aux opérations de maintien de la Paix en Afrique, sans oublier les opportunités qu’offrent les Bureaux des organismes des nations unies accrédités au Sénégal. «Le défi pour nous, outre la consolidation et la promotion de notre coopération, est d’en démultiplier les axes dans les domaines de l’accompagnement, le renforcement des capacités techniques, la conquête des parts de marchés et la promotion de la destination Sénégal lors de grandes manifestations internationales à caractère économique et culturel », ajoute M. Seck. De son côté, Moustapha Ly, directeur des partenariats et de la promotion économique et culturelle, au ministère des Affaires étrangères, relève que la rencontre procède du lancement, par le Secrétaire général des nations unies, du global compact dont l’objectif principal consiste à créer une étroite collaboration entre le secteur privé et le système des nations unies. Selon lui, le budget des nations unies est évalué à près de 6 milliards de dollars. Entre 2015 et 2016, les nations unies ont dépensé plus de 7 milliards de dollars dans des opérations de maintien de la paix. Le Sénégal est l’un des plus gros contributeurs de soldats dans les opérations de maintien de la paix. Le Sénégal constitue également un grand pays de diplomatie.

Oumar BA

Le capitaine de corvette Gouye Sougoufara, commandant du patrouilleur «Kédougou», à l’origine de l’arraisonnement de sept chalutiers battant pavillon chinois, au large de la Casamance (sud) a salué, vendredi, à Dakar, le niveau de performance des nouvelles acquisitions de la Marine sénégalaise. « Ce sont des bateaux performants, qui ont des moyens d’action beaucoup plus performants avec plus de vitesse et d’armements et plus de capacité de détection. Cela nous a permis d’agir en simultanée sur plusieurs cibles », a-t-il dit lors de la réception des navires arraisonnés. Le Sénégal a acquis, ces dernières années, plusieurs patrouilleurs pour renforcer ses moyens dans ce domaine, en vue d’assurer la souveraineté et la protection de ses eaux. Les navires «Conejera», «Ferlo» et «Kédougou» font partie de ces dernières acquisitions. Le patrouilleur «Kédougou» a été réceptionné en avril 2015 pour assurer des missions de souveraineté dans la zone économique exclusive du Sénégal. « Les nouvelles acquisitions nous donnent plus de capacité, plus de moyens d’intervention pour sécuriser nos eaux », a assuré le commandant du patrouilleur «Kédougou» qui, a-t-il relevé, «a fait respecter la loi dans les eaux territoriales sénégalaises», en procédant à l’arraisonnement de chalutiers battant pavillon chinois. Ces navires en cause, qui avaient commis une infraction relativement à leur position, ont de plus tenté de corrompre le patrouilleur «Kédougou» et ses hommes, si l’on en croit le capitaine Sougoufara.

(APS)

A l’invitation des ministres allemands des Finances et du Développement, la présidente de la Cgem, Mme Miriem Bensalah Chaqroun, a participé à la Conférence internationale du G20 sur le partenariat africain, organisée par la République d’Allemagne. CetUn événement, présidé par la chancelière, Mme Angela Merkel, a connu la participation de 11 chefs d’État, dont le président en exercice de l’Union africaine, ainsi que la présidente du Fonds monétaire international.  Mme Bensalah Chaqroun a notamment été appelée à représenter le secteur privé marocain, lors de la table ronde des investisseurs qui s’est tenue le 13 juin, et au cours de laquelle, la présidente de la Cgem a mis en exergue l’implication des entreprises marocaines dans l’investissement en Afrique.

Tout en rappelant que le Maroc consacre près des deux tiers de ses investissements étrangers directs au continent dans une dizaine de secteurs, elle a insisté sur leur dimension durable et inclusive, donnant lieu à la création de valeur ajoutée et d’emplois locaux.  Rappelant que le climat des affaires s’est amélioré de manière notoire au cours des cinq dernières années, la présidente de la Cgem a également appelé les gouvernements en Afrique à accélérer la cadence des réformes en vue d’alléger la bureaucratie, à protéger les investisseurs et à mettre en place les instruments nécessaires pour un partenariat public privé fort.

M. SY

Assurer la viabilité de la pêche est actuellement une priorité pour le Sénégal, le Cap-Vert, la Gambie, la Guinée Bissau, la République de Guinée et la Mauritanie. Ces pays appuyés par l’Union européenne et le Pnud ont mis en œuvre, depuis 2012, le programme « Go–Wamer ». L’objectif est d’améliorer la gouvernance et la gestion des pêches ; de contribuer à la reconstitution des stocks pour garantir la sécurité alimentaire et de permettre une hausse conséquente des revenus des acteurs.
De notre envoyé spécial à Bissau, Mamadou GUEYE

En Afrique de l’ouest, les ressources halieutiques sont surexploitées. Le poisson, première source de protéines, est massivement pêché depuis des générations. Si cette exploitation ne posait pas de problèmes, les prélèvements massifs sont devenus supérieurs à la capacité de reconstitution des espèces, ces dernières décennies, avec l’augmentation de la flotte artisanale et la pêche industrielle. Cela représente un grand danger sur les ressources halieutiques. Une préoccupation pour l’environnement et pour les populations surtout pour les communautés qui dépendent directement de la capacité des océans à fournir du poisson. Ce constat alarmant a conduit, en 2012, les autorités de six pays de la sous-région (Cap-Vert, Gambie, Guinée Bissau, République de Guinée, Mauritanie et Sénégal) à mettre en œuvre le programme « Go- Wamer » pour mieux protéger les ressources marines. Dans ces six pays, un certain nombre d’actions est mené pour faire face à ces problèmes. Et depuis lundi, une délégation de parlementaires et de journalistes de ces pays séjourne, en Guinée Bissau, pour visiter les réalisations du programme « Go- Wamer ». Les résultats sont appréciables, selon Justino Biai, point focal dudit programme, en Guinée Bissau. « Il a permis de mieux conscientiser les communautés côtières sur le fait que la ressource est limitée et sur la nécessité de changer de pratiques si elles veulent continuer leurs activités», a-t-il dit. Outre la sensibilisation, les services bissau-guinéens ont été équipés en vedettes et autres matériels pour la surveillance des côtes.  

S’agissant des communautés de pêcheurs, le programme a fourni du matériel et des équipements de transformation à petite échelle, construit des infrastructures pour la conservation des produits, renforcé leurs capacités en bonnes pratiques pour une gestion durable des ressources halieutiques et intégré des questions environnementales dans les pratiques de pêche. Les acteurs de la pêche ont été également formés sur les normes de qualité et d’hygiène, les techniques de traitement en vue d’augmenter leurs revenus. Ils ont été également formés sur la gestion durable des aires marines protégées. « Aujourd’hui, se félicite Justino Biai, les communautés participent aux activités de surveillance et de lutte contre la pêche Inn.”

Toutefois, malgré ces acquis, Aïssa Regalla de Barros soutient que la Guinée Bissau reste vulnérable. Elle note que son pays, qui dépend  quasi exclusivement de ses ressources naturelles, est toujours confronté à la surpêche et à la surcapacité des flottes artisanale et industrielle. « Il y a une pêche excessive dans les zones de reproduction et les habitats critiques ainsi qu’une utilisation de méthodes et engins de pêche peu sélectifs et destructeurs », dit-elle.

Aïssa Regalla de Barros explique ces pratiques par le manque de régulation dans l’accès aux ressources ; la faiblesse des contrôles et de la surveillance. Pourtant, elle souligne que les populations ont su vivre en harmonie avec la biodiversité. D’où, à son avis, l’importance du programme « Go-Wamer » qui a pour objectif d’améliorer la gouvernance et la gestion des pêches ; de contribuer à la reconstitution des stocks pour garantir la sécurité alimentaire et permettre une hausse conséquente des revenus grâce à une utilisation raisonnée des ressources marines.

D’un montant de 10,5 millions d’euros, il est financé par l’Union européenne et le Programme des nations unies pour le développement et exécuté par cette agence. Le programme Go-Wamer prend fin en décembre et selon les recommandations des parlementaires, il est important d’étudier les conditions d’inscrire ces réalisations dans la durée.
Arnaud Comolet, coordonnateur régional, a indiqué que les acquis méritent d’être poursuivis ; en citant notamment la mise en place d’un indice pour la gouvernance des ressources marines et côtières, la surveillance sous régionale, le développement de l’aquaculture, le renforcement des capacités des femmes en hygiène et transformation.

Dans les pays d’intervention du programme, les poissons de mer et d’eau douce sont d’un apport vital à la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Le poisson est de loin la source de protéine animale la plus importante. De plus, la pêche fournit un revenu à de nombreux acteurs.

De notre envoyé spécial Mamadou GUEYE

Au Sénégal, le secteur de la pêche a, en 2016, contribué à hauteur de 204,43 milliards de FCfa aux recettes d’exportation, a déclaré, hier, le Secrétaire général du ministère de la Pêche et de l’Économie maritime, Ndèye Tické Ndiaye Diop, au cours d’une rencontre sur les statistiques de la pêche.

Si l’on considère toute la filière pêche, de la production à la commercialisation, sa contribution au Produit intérieur brut (Pib) est de l’ordre 3,2 % au lieu de 2,8%, taux qui ne prenait en considération que la production. Cette mise au point a été faite, hier, par le Secrétaire général dudit ministère, Mme Ndèye Tické Ndiaye Diop, qui a présidé l’ouverture de l’atelier de concertation sur les statistiques du secteur de la pêche. Il entre dans un projet d’appui canadien de trois ans à l’Agence nationale de statistique et de la démographie (Ansd), lancé en septembre 2016.

Ce projet vise l’amélioration des pratiques pour une meilleure gouvernance de l’Ansd et le renforcement des capacités au sein du Système statistique national. « Il est heureux de constater, aujourd’hui, que la valorisation et le mareyage sont pris en compte. Du fait de son rôle primordial dans l’économie nationale, dans la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations, ainsi que dans la création d’emplois et de richesses, la pêche est parmi les secteurs prioritaires du Plan Sénégal émergent (Pse) », a déclaré Mme Diop.

Plus globalement, a-t-elle ajouté, sur le plan communautaire, le renforcement de la collecte des statistiques des pêches dans les États membres constitue une option prioritaire majeure de la politique agricole de l’Uemoa pour la définition des Plans d’aménagement concertés des pêches et de l’aquaculture.

Si l’on en croit au Secrétaire général du ministère de la Pêche, les statistiques sont indispensables à l’établissement des comptes économiques nationaux, au suivi de la conjoncture, à l’appréciation des échanges internes et externes. « Le secteur de la pêche a occupé la première place en 2015 et en 2016 avec respectivement 193,5 milliards de FCfa et 204,43 milliards de FCfa de contribution aux recettes d’exportation. Aussi, le gouvernement et les partenaires au développement reconnaissent la nécessité de disposer de statistiques fiables pour élaborer les politiques publiques et mieux planifier le développement », a-t-elle laissé entendre.

Importance des statistiques
Selon Mme Diop, ayant très tôt compris cette importance des statistiques, le ministère de la Pêche a, dès les années 60, mis en place un dispositif national de collecte et de traitement, avec la production régulière de résultats généraux synthétisant les principales informations tirées des statistiques collectées. Aussi, au niveau central, plusieurs initiatives ont été menées pour améliorer l’offre statistique du secteur de la pêche à travers notamment le Système d’information et d’analyse des pêches (Sia), le Registre national des pêches (Rnp), le Journal à port électronique (Jpe) et les différentes études réalisées dans le cadre des projets et programmes.

Toutefois, a mentionné le Secrétaire général, malgré ces efforts, le secteur reste confronté à des problèmes liés à la diversité des sources d’informations, des difficultés d’actualisation de certains indicateurs, et même parfois, de coordination de la production de certaines données. Ce qui se traduit par une information statistique sectorielle limitée qualitativement et quantitativement.

Dans le même sillage, Ababacar Sédikh Bèye, directeur général de l’Ansd, a précisé que l’idée de ce séminaire est d’identifier les forces et faiblesses, opportunités et menaces pour arriver à des propositions d’amélioration. « Nous pensons qu’il faut maintenant passer à la vitesse supérieure en termes de réformes du système. La deuxième phase de cette réforme devrait consacrer l’émergence des structures sectorielles, mais aussi leur rationalisation. Nous allons demander que les 119 structures existantes qui produisent des statistiques soient rationalisées pour un meilleur management », a soutenu le directeur général de l’Ansd.

Ndiol Maka SECK

Le raffinage de pétrole a renoué avec la croissance au premier trimestre 2017, se confortant de 5,4%, en variation trimestrielle. La Dpee note qu’une forte hausse (+576,4%) des exportations de produits pétroliers est observée sur la période. Sur un an, une hausse de 9,4% de l’activité de raffinage est notée au premier trimestre de 2017, en phase avec une forte progression des importations d’huiles brutes de pétrole (+3,2%), à la faveur du niveau favorable du cours du baril de brent.

M. SY

L’activité des cimenteries s’est bien comportée au Sénégal au premier trimestre 2017, en variation trimestrielle, avec une hausse de 16,5% de la production à la faveur des fortes progressions enregistrées dans les ventes locales (+16,7%) et les exportations (+19,9%). Ces dernières, les sont principalement à destination des pays de l’Uemoa, même si malgré une forte évolution des ventes aux pays hors Uemoa comme la Mauritanie, la Gambie et la Guinée Conakry est notée. Sur une base annuelle, la production de ciment s’est contractée de 2,8%, au premier trimestre 2017.

Les ventes locales de ciment ont baissé de 12,3% sur la période alors que les exportations se sont consolidées de 31,3%. Concernant les prix, le sac de ciment a, en moyenne, renchéri de 3,5% au premier trimestre 2017, comparativement à la même période un an plus tôt.

M. SY

L’activité extractive est caractérisée, au terme des trois (3) premiers mois de l’année 2017, par une croissance trimestrielle de 8,3%, en ligne avec la bonne orientation des productions d’or (+37%) et de sel (+15%). Par contre, les productions de phosphate (-32%) et d’attapulgite (-11%) se sont contractées sur la période. L’augmentation de la production d’or traduit celle du flux de minerai, en rapport avec les disponibilités et les taux d’utilisation des équipements de la flotte minière et l’optimisation continue du circuit de production. Ainsi, les résultats du premier trimestre sont conformes au plan trimestriel de production. Pour sa part, la production de sel est stimulée par les améliorations simultanées des demandes locale (+27%) et étrangère (+12%), en dépit d’une rude concurrence du secteur artisanal local et des mesures protectionnistes de certains marchés d’exportation.

Concernant le phosphate, la production est passée de 378.000 tonnes au quatrième trimestre 2016 à 258.000 tonnes au premier trimestre 2017, en dessous d’une prévision trimestrielle de 300.000 tonnes. Sur une base annuelle, l’activité extractive s’est contractée de 6,6% au premier trimestre 2017, du fait, essentiellement, de la baisse de la production de phosphate (-30%). En effet, le budget 2017 de cette dernière a été légèrement revu à la baisse eu égard aux stocks existants à fin 2016

M. SY

La construction (+36,9%), l’« égrenage de coton et la fabrication de textile », la fabrication de matériaux de construction (+14,4%), les activités extractives (+8,3%) et la fabrication de produits alimentaires (+24,9%) ont essentiellement contribué au renforcement de l’activité du secteur secondaire au premier trimestre 2017, selon la dernière note de la Dpee.

En variation trimestrielle, l’activité du secteur secondaire s’est renforcée de 11,7%, durant le premier trimestre 2017, tirée par la construction (+36,9%), l’« égrenage de coton et la fabrication de textile », la fabrication de matériaux de construction (+14,4%), les activités extractives (+8,3%) et la fabrication de produits alimentaires (+24,9%), selon la dernière note de la Dpee.

En revanche, de faibles résultats sont, notamment, enregistrés dans le sous-secteur de l’énergie (-11,5%), dans la fabrication de mobiliers (-12,3%) et dans la production de corps gras alimentaires (- 65,5%). En variation annuelle, le secteur secondaire s’est également consolidé de 4,6%, au cours du premier trimestre 2017, porté par la fabrication de mobilier (+24,8%), les industries chimiques (+24,3%), le travail de bois (+49,4%), la construction (+3,1%), la production de matériaux de construction (+7,2%), les industries alimentaires (+20,7%) et à la fabrication de sucre (+29,2%).

Cette bonne orientation a été, toutefois, particulièrement atténuée par les contreperformances observées dans les activités d’« égrenage de coton et fabrication de textiles » (-17,9%) et extractives (-6,6%).

Mamadou SY

Culture de rente, l’arachide a joué un rôle déterminant dans la transformation économique et sociale de la colonie du Saloum oriental. Dans son ouvrage intitulé : « Economie arachidière et dynamique du peuplement au Sénégal » présenté, samedi, à la Place du souvenir africain, Pr Waly Faye, enseignant-chercheur à l’Ucad, retrace les mutations démographiques et économiques de cette partie du pays de 1891 à 1960.

A la veille du 20ème siècle, le Saloum tombe sous l’emprise coloniale française. La fin de l’hégémonie des religieux et la signature d’une convention de protectorat, en 1891, marquent le début d’un tournant majeur dans cette partie de la colonie du Sénégal divisée en deux entités : le Saloum oriental et le Saloum occidental. Dans un contexte économique d’autosubsistance marqué par la culture du riz et du mil, l’introduction à grande échelle de la filière arachidière sous l’autorité d’Ernest Noirot, premier administrateur du cercle du Sine-Saloum, sonne le début d’une grande mutation à la fois économique, sociale et politique plus tard. Ce sont les processus de cette grande transformation que le professeur Waly Faye, enseignant-chercheur au Département d’histoire-géographie de la Faculté des sciences et technologiques de l’éducation et de la formation (Fastef) de l’Université de Cheikh Anta Diop (Ucad), retrace dans son ouvrage « Economie arachidière et dynamique du peuplement au Sénégal : Kaffrine et le Saloum de 1891 à 1960 ».

Paru aux Editions Karthala en 2016 et présenté samedi dernier, à la Place du Souvenir africain à Dakar, ce livre analyse « les diverses mesures administratives qui ont encadré le cheminement, souvent forcé, des diverses communautés ethniques, mais aussi l’organisation par les confréries des déplacements des travailleurs et de leurs familles pour tirer profit des revenus monétaires procurés par l’arachide ».

Pour pousser les populations à adhérer en masse à cette politique agricole, le système colonial instaure l’impôt régional. Ce faisant, analyse l’auteur, cet impôt payé en numéraire obligeait les habitants à cultiver de l’arachide pour avoir de l’argent. Malgré quelques crises notées durant cette époque et qui ont occasionné le dépeuplement du Saloum, l’instauration finalement d’une paix durable et d’un impôt régional sous forme numéraire permettront aux colons français de réussir leur politique agricole construite exclusivement autour d’une culture de rente, en l’occurrence la culture arachidière.

« A partir de 1950, on constate qu’il (Ernest Noirot) a réussi son pari parce que Kaffrine se retrouve dans la zone d’une forte production », note Pr Waly Faye, pour qui cette forte production agricole va être accompagnée, en même temps, par une explosion démographique. Ouvrage historique géographiquement et sociologiquement bien documenté, « Economie arachidière et dynamique du peuplement au Sénégal… » est une réflexion pointue sur un modèle « de mise en valeur extraverti et fondé sur une surexploitation des ressources naturelles et humaines de ces terroirs ». Cette œuvre restitue avec force détails certes 70 ans de transformation économique et sociale mais également celle politique. Kaffrine, explique Pr Faye, a joué un rôle déterminant dans la cartographie électorale sénégalaise. Du fait de son poids démographique, cette entité suscitait la convoitise des hommes politiques de l’époque à l’image de Lamine Guèye et de Léopold Sédar Senghor.

Le Professeur Iba Der Thiam a salué « le parcours précieux et parsemé de lauriers » de l’auteur. Selon lui, ce livre de 317 pages est d’une grande utilité, « un travail de belle facture, écrit avec beaucoup d’aisance …» L’ouvrage, a-t-il poursuivi, ne laisse de côté ni les problèmes économiques, ni les problèmes sociaux, ni les crises, ni les épidémies, ni les problèmes religieux… C’est donc, à ses yeux, une contribution irremplaçable à l’histoire générale du Sénégal.

Contribution à l’histoire générale du Sénégal
Pour le préfacier du livre, Pr Babacar Fall de la Fastef, dans cette partie de la colonie du Sénégal, les activités autour de l’élevage étaient désormais submergées par la « fièvre » de l’arachide qui a stimulé l’arrivé massive des populations musulmanes wolof des confréries Mouride et Tidiane. « C’est cette mosaïque de peuples et de cultures qui a produit la richesse qui porte la part du Saloum oriental à 57,89% des exportations globales de la colonie du Sénégal entre 1929 et 1940 », a-t-il indiqué. Pr Fall a, par ailleurs, insisté sur la nécessité de redéfinir les politiques de développement de la nouvelle région de Kaffrine née de la réforme de 2008. Sur ce, il préconise de faire de l’Université du Sine Saloum El Hadji Ibrahima Niass (Ussein) un instrument de mobilisation de son capital intellectuel pour accompagner les autorités nationales et locales dans leur quête pour forger une nouvelle identité à Kaffrine, jadis catalyseur économique de tout le terroir de la colonie du Sénégal. Dans le même ordre d’idées, le recteur de l’Ussein, Pr Amadou Tidiane Guiro, a informé de l’installation d’une Ufr dans la région où il est prévu un Département d’histoire.

L’auteur de l’ouvrage Waly Faye est né à Gniby, arrondissement de la région de Kaffrine. Il est titulaire d’un doctorat en Histoire économique et sociale (1999). Inspecteur de l’enseignement moyen et secondaire entre 2004 et 2008, il finalise actuellement une thèse de PhD à l’Université d’Amsterdam.

Ibrahima BA

Le projet «Go-Wamer» (gouvernance politique de gestion des ressources marines et côtières) a atteint des «résultats satisfaisants» à Santhie Béra (Toubacouta) dans le domaine de l’élevage de tilapias, a souligné, samedi, Mamadou Thiam, coordonnateur de l’équipe nationale de mise en œuvre de cette initiative.

Ce projet de promotion de la pisciculture dans la vallée de Senghor, qui concerne 11 villages de la commune de Toubacouta, dans le département de Foundiougne, a démarré en 2013 et doit prendre fin en décembre 2017. Il ambitionne de «lutter contre la pauvreté et de renforcer la lutte contre l’insécurité alimentaire», a expliqué le coordonnateur de l’équipe nationale de mise en œuvre de «Go-Wamer», un projet dont le financement s’élève à plus de 6 milliards de francs CFA (10 millions 500 euros).

L’Union européenne (Ue) a mobilisé 90% de l’investissement. Le Pnud, organe exécutif du projet, a dégagé 10% du financement. «Nous avons utilisé un aliment très riche, c’est ce qui a donné ces résultats satisfaisants», a souligné Mamadou Thiam, lors d’une récolte de tilapias à laquelle il participait, dans cette initiative de promotion de la pisciculture.

Les objectifs de production ne seront toutefois pas atteints, a-t-il dit, déplorant, par ailleurs, des cas de vols notés. «C’est d’ailleurs cela qui a précipité la récolte. On a récolté à 5 mois mais on devait attendre 6 mois», a-t-il précisé.

Il assure, cependant, que «cette récolte précoce n’a pas eu d’impact négatif sur la qualité du produit qui a atteint une taille commerciale satisfaisante», avant de préconiser «une surveillance rigoureuse du site par les populations bénéficiaires», pour éviter de pareilles situations.

«Nous allons essayer de mettre en place les dispositifs qui permettront de décourager les malfaiteurs», a-t-il indiqué, ajoutant que de même, la sensibilisation sera accentuée dans les villages voisins, relativement à «l’importance de cette ferme qui représente un investissement communautaire». Le coordonnateur de l’équipe nationale de mise en œuvre de «Go-Wamer», Mamadou Thiam, s’est, par ailleurs, réjoui de l’engouement autour de cette activité génératrice de revenus pour les populations bénéficiaires.

Les populations de Santhie Béra et des villages voisins de Toubacouta et de Sokone sont venues nombreux sur le site. Elles se sont partagé la production disponible, moyennant 1000 F Cfa le kilogramme, un prix fixé par l’Agence nationale d’aquaculture (Ana), partenaire technique du projet.

«J’aurais souhaité que les bailleurs soient là pour voir l’engouement qu’il y a autour de cette activité», pour qu’ils soient encouragés à «financer davantage le communautaire. Les gens se sont partagé le poisson moyennant une somme de 1000 F Cfa le kilogramme», a-t-il soutenu. Au regard de la portée économique de cette activité piscicole, l’initiative sera démultipliée dans d’autres localités, a-t-il promis, signalant que l’organisme en charge du projet travaille dans ce sens dans le village de Simal. Dans cette dernière commune située à Fimela, dans le département de Fatick, la population est en train de mettre en place un comité de gestion en charge de l’investissement, a-t-il renseigné.

Avec les perspectives de l’exploitation pétrolière, le développement de l’aquaculture, à travers le Sénégal, est devenu «une politique forte» de l’État qui vise, par ce biais, à satisfaire la demande des populations en produits halieutiques. «L’État va développer l’aquaculture pour avoir une production qui dépasse celle de la mer», a-t-il dit.

APS

En termes d’accès des populations aux services sociaux de base, notamment l’électricité, les disparités sont criantes, selon les régions. Seuls 12 % des villages du Sénégal sont actuellement électrifiés. La région de Dakar a un taux de 86 % suivi de la région de Fatick avec 47 % ; les régions de Kaolack, Kaffrine, Sedhiou, Louga, Kédougou et Tambacounda ont une accessibilité relativement faible avec moins de 10 %. Le Programme d’urgence de développement communautaire ambitionne de réduire ses disparités. Il prévoit d’électrifier 466 villages dont 310 par raccordement au réseau moyenne tension ou basse tension et 110 par voie solaire ; de construire 102 centrales solaires avec réseau basse tension ; de réaliser 3.188 kilomètres de réseau dont 1.879 moyenne tension (MT) et 1.309 basse tension ; de réaliser des installations intérieures et branchements au profit de 20.800 ménages, etc.

Pour l’électrification par raccordement au réseau moyenne tension ou basse tension, les travaux ont démarré dans 283 villages avec l’implantation de 3.641 poteaux électriques moyenne tension et 5.743 poteaux basses tension. L’appel d’offres pour les travaux des installations intérieures de 20.800 ménages dans les villages électrifiés est publié.

Concernant l’électrification par voie solaire, les travaux ont également démarré dans 23 villages. La construction des centrales solaires est en cours et trois centrales solaires (bâtiment préfabriqués et champs photovoltaïques) sont déjà réceptionnées. A terme, le volet électrification rurale bénéficiera à plus de 300.657 personnes.

M. G.

Les populations de Médina Bichi disposeront, bientôt, de l’électricité grâce à une mini-centrale solaire qui améliorera sensiblement leurs conditions de vie. L’ouvrage qui branche ce village à la modernité suscite un grand optimisme, compte tenu de l’importance de cette source d’énergie, dans la vie.

En ce samedi après-midi, l’air est poussiéreux et brûlant, à Médina Bichi. Ici, le thermomètre dépasse facilement les 40 degrés et peut monter jusqu’à 45. Malgré la forte canicule, les habitants de ce village situé dans l’arrondissement de Bamba Thialène, à 25 kilomètres de Koumpentoum, chef-lieu du département, ont réservé un accueil chaleureux à la délégation du Programme d’urgence de développement à communautaire (Pudc), conduite par Cheikh Diop, directeur national. Ils ont gratifié leurs hôtes de belles chorégraphies. Les jeunes et les femmes ont rivalisé d’ardeur avec des mouvements dont ils maîtrisent les secrets. Son fils, en califourchon, Anthia a ravi la vedette aux autres. Leur jubilation en dit long sur l’importance de l’ouvrage. Une mini-centrale solaire d’une capacité de 15 kilowatts d’un montant de 98 millions de FCfa justifie cette joie contagieuse dans ce village excentré avec un faible accès aux infrastructures sociales de base.

En chœur, les différents orateurs ont exprimé leur joie. « Je n’ai jamais été heureux qu’en ce jour et je ne pourrais plus être plus heureux », témoigne le chef de village, Alpha Ndimbalane. «En 2010, quand Macky Sall était venu à Médina Bichi, il avait promis de faire quelque chose pour nous, s’il accédait au pouvoir. Je n’avais pas beaucoup d’espoir malgré sa promesse parce que, avant lui, d’autres hommes politiques avaient fait la même promesse. De plus, les investissements étaient déviés vers d’autres villages qui avaient des hommes politiques ou de hauts fonctionnaires », a-t-il rappelé.

Dans l’assistance, la fillette Mariama Ndimbalane attire l’attention. Agée de huit ans, elle suit attentivement les interventions sans certainement en saisir toute la portée. Mais une chose est sûre, cette mini-centrale va changer sa vie. A la rentrée prochaine, elle n’étudiera plus avec une lampe tempête ou une bougie comme ses frères et sœurs.

Mariame pourra également étancher sa soif avec de l’eau fraiche du frigo et non de l’eau de canari. Avec 10 ou 25 FCfa, elle gouttera au bonheur de sucer une glace. Ce qui est une banalité en ville, est un luxe dans cette partie du territoire. Créé en 1953, le village de Médina Bichi a peu bénéficié des investissements publics et manque presque de tout. Et les adultes mesurent le rôle que l’électricité peut jouer dans l’amélioration de leurs conditions de vie. Leur optimisme est grand, trop même, concernant le rôle social de premier plan de cette source d’énergie. Ceux qui vont en ville ou qui y séjournent ont un aperçu des progrès apportés par l’électricité. Pour boire de l’eau fraîche, il faut débourser 300 FCfa et parcourir 25 kilomètres alors que le sachet s’échange à 50 FCfa à Dakar et 100 FCfa dans les autres villes. En période de Ramadan, le prix est doublé à cause de la forte demande.

Soulagement
L’électricité allégera également les travaux des femmes surtout pour la mouture. A Médina Bichi, les femmes continuent à piler le mil comme du temps de leurs grands-mères. Dans la plupart des localités en zone rurale du Sénégal, certaines tâches dévolues aux femmes s’exécutent encore, malheureusement, dans bien des cas, à l’aide de la force musculaire avec des instruments rudimentaires. « Regardez mes mains, elles sont dures mais quand on aura de l’électricité, elles seront lisses parce que je ne pilerais plus le mil », déclare Marame, une jeune fille, avec un large sourire.

L’ouvrage qui branche Médina Bichi à la modernité est doté d’un groupe électrogène de secours destiné à alimenter le village avec un réseau basse tension, a expliqué le technicien Pape Momar Ngom. Il souligne que la centrale est modulaire et peut augmenter sa puissance en fonction des charges, c’est-à-dire des besoins. «Les habitants pourront raccorder tous types de matériels. Elles n’ont pas de limite. Il n’y a que la source d’utilisation qui change », a indiqué M. Ngom. Toutefois, comme tous les usagers, ils devront payer un montant pour assurer la maintenance et le renouvellement des équipements. Les poteaux solaires sont installés et il reste quelques « réglages » à faire pour le raccordement. Le technicien assure que la réception se fera dès que le réseau basse tension sera terminé. La mini-centrale sera gérée par un opérateur qui, une fois la mise en service terminée, la transférera au ministère de l’énergie qui en assurera la maintenance et le renouvellement des installations, a expliqué Pape Momar Ngom.

Le directeur national du Pudc, Cheikh Diop, est revenu sur la genèse du programme. Il a rappelé que c’est le fruit de la réflexion du président Macky Sall qui, après une tournée nationale pendant laquelle il avait, bien avant sa candidature à la magistrature suprême et son élection à la tête de l’État, discuté et recueilli les doléances des populations des zones rurales. A travers ce programme, a-t-il souligné, le chef de l’État veut réduire les inégalités entre les zones urbaines et rurales par une meilleure allocation des ressources nationales, en dotant les zones rurales d’infrastructures et services sociaux de base capables de redynamiser et de fouetter l’économie sénégalaise à partir des terroirs. Le directeur du Pudc a invité les populations de Médina Bichi à veiller sur la mini-centrale en évitant surtout de jeter des cailloux sur les plaques solaires. Un message bien reçu.

Mamadou GUEYE

«Comment sortir de la pauvreté ?». C’est l’intitulé de l’ouvrage de Boubacar Camara, ingénieur statisticien, économiste, retraité de l’Unesco en 2013. Publié aux éditions l’Harmattan Sénégal, il a été présenté samedi dernier sous la présidence du Dr Papa Abdoulaye Seck, ministre de l’Agriculture et de l’Équipement rural.

Le ministre de l’Agriculture et de l’Équipement rural, Dr Papa Abdoulaye Seck a présidé, samedi dernier, la cérémonie de dédicace du livre de Boubacar Camara, un retraité de l’Unesco. Intitulé « Comment sortir de la pauvreté », l’ouvrage publié aux éditions l’Harmattan Sénégal contient près de 220 pages. Selon l’auteur, vaincre la pauvreté, c’est d’abord vaincre l’ignorance, ensuite le manque d’éducation et de formation de qualité des populations défavorisées en particulier les femmes qui en constituent la majorité. Il soutient que l’éducation des filles et des femmes doit occuper une place essentielle dans la problématique du développement durable à l’ordre du jour en Afrique et dans le reste du monde. Il explique que cette donne n’est souvent pas suffisamment reflétée dans les politiques et stratégies de mise en œuvre.

Pour sortir de la pauvreté, Boubacar Camara propose une méthode combinant l’éducation, la responsabilité et l’autonomisation (Era). Autrement dit, il met en relief les aspects de savoir, de pouvoir et d’avoir. Il affirme que la construction de la nouvelle Afrique passe par la mise en place d’une stratégie de reconstitution nationale s’appuyant sur le renouveau de l’éducation et la renaissance culturelle. Des initiatives originales et des programmes novateurs sont, selon lui, à démultiplier en priorité dans les zones les plus défavorisées, rurales et périurbaines.

Poursuivant ses pistes de solutions, Boubacar Camara est d’avis que sur le plan opérationnel, il faut l’élaboration et la mise en œuvre de plan cadre de reconstruction nationale comportant un programme fondamental articulé à des programmes intégrés de développement zonal. A l’échelon décentralisé, il propose un centre d’éducation communautaire intégré dans chaque localité, la maîtrise de l’apprentissage participatif multidimensionnel et la multiplication des filières intégrées de valorisation des productions, de densification des chaines de valeur.

Pour Papa Abdoulaye Seck, cet ouvrage n’est pas un de plus. Le ministre de l’Agriculture affirme qu’il n’est pas une somme d’opinions. Il est le résultat d’une théorie maîtrisée et d’une pratique avérée. L’ouvrage, explique M. Seck, est une démarche scientifique rigoureuse riche en mouvements et couleurs présentant une belle harmonie. Évoquant les enseignements qu’il tire de ce livre, Papa Abdoulaye Seck souligne que la lutte contre la pauvreté ne doit pas être décrétée. Elle repose sur une stratégie adossée à une science qui doit être domestiquée. L’autre enseignement, explique-t-il, c’est l’importance de l’éducation et de la formation, qui sont fondamentales pour progresser. Il n’a pas manqué de revenir sur les qualités de Boubacar Camara, un homme d’une grande dimension intellectuelle, morale et qui a le sens de l’honneur et de la générosité. M. Camara est un ingénieur statisticien, docteur en économie et expert en planification de l’éducation. Il a été membre du secrétariat de l’Unesco de 1984 à 2013, date de son départ à la retraite.

Aliou KANDE

L’Initiative prospective agricole et rurale (Ipar), institution de recherche créée en 2008, a présenté, hier, son nouveau plan d’actions. Couvrant la période 2017-2021, ce document est articulé au tour de cinq axes stratégiques.

Pour structurer sa vision de développement du secteur agricole et rural, l’Initiative prospective agricole et rurale (Ipar) s’était dotée d’un plan stratégique 2010-2015. Sa mise en œuvre a permis à l’organisation de peaufiner sa stratégie d’intervention sur le long terme et d’engranger d’importants acquis notamment sur la gouvernance foncière ; le changement climatique, l’emploi des jeunes. Cependant, les mutations intervenues dans le contexte global et sur le plan national exigent une adaptation continue de l’Ipar pour faire face aux nouveaux enjeux et défis du développement. C’est dans ce cadre que s’inscrit ce second plan stratégique 2017-2021 qui est la suite logique du premier. Ce nouveau plan a été présenté, hier, sous la présence du ministre Papa Abdoulaye Seck.

Selon Dr Cheikh Oumar Bâ, directeur exécutif de l’Ipar, l’objectif de ce plan est de fournir à l’organisation, un référentiel d’orientations et un cadre stratégique sur cinq ans, en prenant en compte les changements intervenus dans le contexte national, régional et international. Il est articulé sur cinq axes stratégiques. Le premier a trait au renforcement de la gouvernance institutionnelle de l’Ipar. Le second axe porte sur le développement d’une recherche de qualité. Quant au troisième, il concerne le renforcement des capacités des acteurs. Les quatrième et cinquième axes sont liés à la promotion du dialogue politique, à assurer la pérennité, à la durabilité et à la consolidation des acquis. Pour les modalités de mise en œuvre, explique Dr Bâ, elles sont articulées sur les stratégies de communication et de mobilisation des ressources et le mécanisme de suivi-évaluation. Il n’a pas manqué de souligner l’importance pour une organisation, d’avoir une planification stratégique. Rappelant que ce nouveau plan stratégique coïncide avec la découverte de pétrole et de gaz au Sénégal, le directeur exécutif de l’Ipar invite le gouvernement à ne pas oublier le secteur de l’agriculture comme l’ont fait certains pays africains. Il précise que ce plan constitue une occasion pour sensibiliser le gouvernement et ses partenaires sur la nécessité de sécuriser notre agriculture.

Le ministre de l’Agriculture et de l’Équipement rural a salué la contribution de l’Ipar dans le développement de la recherche au Sénégal et dans le reste de l’Afrique. Papa Abdoulaye Seck a souligné l’importance de la prospective qui est, à son avis, un intrant stratégique pour l’émergence d’une agriculture forte. «Il est important d’être dans une dynamique de rationalisation du devenir. Il s’agit d’inventer au lieu d’être inventé. D’où l’importance d’une planification stratégique», a déclaré M. Seck. Commentant les cinq axes stratégiques de l’Ipar, M. Seck a évoqué l’importance de l’innovation pour changer le secteur de l’agriculture. Sur ce point, il a souligné l’importance de la diversification dans l’agriculture. C’est pourquoi, il soutient qu’une agriculture forte, est une agriculture diversifiée. La question foncière, affirme M. Seck, est également fondamentale pour le développement de l’agriculture. Avant de terminer son propos, Papa Abdoulaye Seck a plaidé pour une économie diversifiée avec une agriculture forte comme le veut le président Macky Sall. «Ce que nous voulons, c’est l’avènement d’une agriculture forte au dividende partagé», a confié le ministre de l’Agriculture.

Aliou KANDE

La conseillère technique du ministère de l’Agriculture et de l’Équipement rural, Mme Sokhna Mbaye Diop, a indiqué que le volume du financement du secteur de l’agriculture a atteint 156, 6 milliards de francs Cfa en 2016. Elle s’exprimait, samedi, lors de la conférence religieuse annuelle de l’amicale des femmes des ministères de l’Agriculture, de l’Élevage, de l’Hydraulique et de l’Assainissement.

L’amicale des femmes des ministères de l’Agriculture, de l’Élevage, de l’Hydraulique et de l’Assainissement a choisi de réfléchir sur les opportunités de l’agriculture au Sénégal, au cours de leur 12e conférence religieuse, tenue samedi, un thème introduit par la conseillère technique au ministère de l’Agriculture et de l’Équipement rural, Sokhna Mbaye Diop. Dans sa communication, elle a indiqué que notre pays regorge d’énormes potentialités en ressources (eau, terres arables et irrigables, main d’œuvre), facteurs importants pour le développement d’une agriculture à même d’assurer la sécurité alimentaire de sa population. C’est pour matérialiser cette vision, à son avis, que l’agriculture est considérée comme le moteur du développement économique et social à travers le Plan Sénégal émergent (Pse) et plus particulièrement le Programme d’accélération de la cadence de l’Agriculture sénégalaise (Pracas). Cette initiative vise, a rappelé Mme Diop, à atteindre l’autosuffisance en riz en 2017 avec une production de 1,6 million de tonnes de paddy, en oignon en 2016 avec une production de 350.000 t, l’optimisation des performances de la filière arachidière avec une production, en 2017, d’un million de tonnes et un volume d’exportation de 100 à 150.000 t par an, le développement des filières fruits et légumes de contre-saison avec un objectif d’exportation de 157.500 t en 2017.

Pour traduire en acte cette stratégie, l’État a, a précisé la conseillère technique, pris des mesures comme la subvention des intrants agricoles à hauteur de 55 % pour l’engrais, 60 % pour les semences, 70 % pour le matériel agricole et 100 % pour les produits phytosanitaires, la reconstitution du capital à hauteur de 5 milliards de FCfa chaque année, la détaxation du matériel agricole pour la mobilisation du secteur privé, l’aménagement de 5.000 ha par an de périmètres irrigués villageois, etc.

De l’avis de Mme Diop, ces mesures ont permis d’avoir les résultats probants en 2016 avec la maîtrise de l’eau, le renforcement de la production à travers la mise en place de facteurs de production comme les intrants et le matériel agricoles : 51.220 t de semence d’arachide dont 30.153 t certifiées, 5.505,7 t de semence de riz, 81 502 t d’engrais et 15.000 semoirs, 920 tracteurs, 50 batteuses à riz, etc. Ces investissements ont permis d’avoir des productions record avec 991.427 t d’arachides, 2.124.668 t de céréales dont 945.617 t pour le riz et 1.188.810 t de produits horticoles dont 393 225 t d’oignons, a-t-elle informé.

Avec un volume du financement de 156,6 milliards de francs Cfa, les résultats du secteur de l’agriculture ont impacté, dit-elle, positivement sur le taux de croissance de l’économie du secteur avec 6, 52 %, la part de l’agriculture dans le Pib réel évaluée à 7 %, la valeur ajoutée agricole évaluée à 468, 8 milliards de francs Cfa et la couverture des besoins nationaux en céréale 54% en 2016. Ce sont autant de faits qui font dire à Mme Diop que « l’agriculture occupe une place importante dans la transformation structurelle de l’économie sénégalaise et constitue une priorité ». La présidente de l’amicale, Aïda Guèye, a magnifié les résultats satisfaisants obtenus par le ministère de l’Agriculture, avant d’inviter ses camarades à véhiculer les résultats satisfaisants du Pracas. Pour leur part, Oustaz Idrissa Gaye et Imam Lamine Sarr ont, quant à eux, sensibilisé l’assistance sur les méfaits du mensonge, de la médisance, de l’hypocrisie et leurs dérivés. Un croyant musulman doit éviter, ont-ils rappelé, de tenir des propos malsains à l’encontre de son prochain.

Souleymane Diam SY

A l’issue d’un long processus participatif, le Sénégal vient de se doter, sous réserve d’être validé par les plus hautes autorités, d’un document qui décline les grandes orientations stratégiques des futures Zones économiques spécialisées (Zes). Quatre groupes de projets phares se feront sous forme de Zones économiques spécialisées.

Le rapport provisoire de l’étude sur les orientations stratégiques des Zones économiques spéciales rendu public, jeudi, est le fruit d’un travail fouillé de capitalisation des expériences. Cette approche s’explique par le souci, pour l’État du Sénégal, de ne pas commettre les erreurs du passé. En 1974, la première tentative du Sénégal de créer une zone économique spéciale s’était soldée par un échec. D’autres pays africains avaient connu le même sort. « Tous les travaux et études expliquent l’échec de ces différentes expériences africaines par le faible impact quantitatif et qualitatif sur l’économie : emploi, investissement, exportations », souligne le rapport.

En plus de ces facteurs exogènes, la conception et la mise en œuvre des zones économiques avaient souffert de l’absence d’orientations stratégiques précises, clairement partagées avec toutes les parties prenantes. « Pratiquement, aucun État africain ne s’était inspiré de l’expérience de certains pays (principalement la Chine, l’île Maurice) qui ont utilisé les premières zones économiques spéciales comme des projets pilotes d’où sont tirées les leçons permettant de corriger les erreurs de conception et de réalisation », relève le rapport. Toujours dans le domaine de l’orientation stratégique, l’étude note que les gouvernements ont privilégié le modèle enclavé, inspiré des zones franches industrielles, d’où une « absence de connexion des zones avec toute stratégie de développement économique élargie au plan national avec le secteur privé… ».

Tirant les leçons de ces expériences, le Sénégal s’est résolument engagé dans la mise en place des zones économiques spéciales qui seront prioritairement orientées vers le développement de l’agrobusiness, des technologies de l’information et de la communication, du tourisme, de l’offre de services médicaux, d’industries manufacturières et de services. Le gouvernement a fait de leur création, l’une de ses stratégies pour atteindre l’objectif de l’axe 1 du Plan Sénégal émergent, c’est-à-dire la transformation structurelle de l’économie. Selon le ministre de la Promotion des investissements, des Partenariats et du Développement des Téléservices de l’État, Khoudia Mbaye, les zones économiques spéciales vont participer à juguler les contraintes rencontrées pour l’atteinte de cet objectif. « L’une des contraintes les plus prégnantes, c’est la question des facteurs de production et leur offre insuffisante. Il nous apparaît utile de pallier cette offre. C’est pourquoi, le gouvernement réfléchit, depuis 3 ans, à la mise en œuvre de politiques liées à la création de zones économiques spéciales. Elles sont universellement reconnues comme étant les porte-étendards des nations émergentes », a-t-elle déclaré, lors de l’atelier de partage de l’étude.

Un nouveau cadre légal
«Outre la disponibilité des facteurs de production, ces zones présentent un intérêt majeur par le renforcement de la productivité du capital et du travail ainsi que des relations intersectorielles pouvant aider à atteindre les objectifs contenus dans le Plan Sénégal émergent (Pse), à savoir porter la croissance à 8 %, multiplier le Pib par habitant par 1,5 et créer 600.000 emplois », a ajouté Khoudia Mbaye.

Cette étude est articulée aux textes de gouvernance des zones économiques spéciales qui ont été achevés, après un long processus inclusif et participatif. Il s’agit notamment de la loi du 6 janvier 2017 portant sur la gouvernance des zones économiques spéciales et de la loi du 06 janvier 2017 portant dispositif d’incitations applicable dans les zones économiques spéciales, du décret du 13 avril 2017 portant création et fixant les règles d’organisation et de fonctionnement du comité paritaire public-privé, du décret du 9 mai 2017 portant création de la zone économique spéciale de Diass, du décret du 30 mai 2017 portant admission du Parc industriel intégré de Diamniadio au régime des zones économiques spéciales. « La rédaction du nouveau cadre légal et réglementaire a pris en compte le souci de rationalité, de célérité et d’efficacité », a insisté le ministre.

Parmi les 27 projets phares du Pse, il a été proposé de sélectionner 14 d’entre eux à ériger sous forme de zones économiques spéciales et/ou de paquets investisseurs. Mais, à court terme, seuls les quatre groupes de projets se feront sous forme de zones économiques spéciales. Il s’agit des agropoles intégrés dont un au sud, vers l’Anambé et un au nord, dans le Delta ; la création des pôles industriels intégrés de transformation de produits de la mer au centre ; les plateformes industrielles intégrées : Diamniadio et environnants et le hub minier régional. Selon l’étude, le succès du développement de zones économiques spéciales implique le relèvement d’un certain nombre de défis. Le premier défi consiste d’abord à sélectionner la zone économique spéciale au sein de la région appropriée. Ensuite, il faut une bonne coordination entre les différents ministères et agences impliqués, une mobilisation du secteur privé national, des institutions financières et des fonds pour les investissements dans les infrastructures nécessaires ; la prise en compte des objectifs de développement durable, de l’inclusion sociale et de l’égalité des sexes dans la mise en œuvre des projets cibles au sein de ces zones. Enfin, l’accès aux marchés au sein des chaines de valeurs mondiales constitue un autre défi.

Elhadji Ibrahima THIAM

Les ministres de l’Agriculture et de l’Élevage de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) ont félicité le Sénégal pour ces «performances» obtenues grâce au Programme d’accélération de la cadence de l’agriculture sénégalaise (Pracas).

Les ministres ont encouragé les autres États membres à capitaliser l’expérience tout en veillant à la soutenabilité de la croissance, indique le communiqué final de la réunion des ministres de l’Agriculture et de l’Élevage qui s’est tenue sous la présidence de Aminata Mbengue Ndiaye, ministre de l’Élevage et des Productions animales du Sénégal. La cérémonie officielle d’ouverture des travaux a été marquée par l’allocution de bienvenue de Abdallah Boureïma, président de la Commission de l’Uemoa et le discours d’ouverture de Albadé Abouba, ministre d’État, ministre de l’Agriculture et de l’Élevage du Niger.

Selon le communiqué, les ministres ont suivi, avec intérêt, l’exposé du Dr Dogo Seck, Secrétaire général du ministère de l’Agriculture et de l’Équipement rural du Sénégal qui a présenté l’expérience du Programme d’accélération de la cadence de l’agriculture sénégalaise (Pracas) dans le Plan Sénégal émergent (Pse). La même source note que les ministres ont, par la suite, examiné et adopté le rapport de la réunion des experts chargés de l’agriculture et de l’élevage, préparatoire à la réunion des ministres, tenue à Niamey au Niger, du 5 au 7 juin 2017. Ils se sont appropriés les analyses faites sur l’état de mise en œuvre des recommandations de la 5 ème réunion du Comité de Haut niveau sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle et la situation agricole et alimentaire de la région.

La réunion a apprécié le niveau de récoltes globalement satisfaisant durant la campagne agricole 2016-2017, avec une production totale, pour la zone Uemoa, de plus de 28 millions de tonnes de céréales, 22 millions de tonnes de tubercules, 3 millions de tonnes respectivement pour le niébé et l’arachide, indique le communiqué. Il ajoute que toutes ces productions qui sont en hausse par rapport à la campagne précédente et par rapport à la moyenne des cinq dernières années «dénotent un dynamisme de l’agriculture de l’Union». A Niamey, les ministres «se sont préoccupés de la prévalence de la malnutrition aiguë globale qui demeure critique, au Nord du Mali et au Sud-Est du Niger, mais également, de la situation difficile d’environ 3 millions de personnes en insécurité alimentaire en ce début de période de soudure (juin – août)».

APS

Le Comité national de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Cn-Itie) a lancé le processus de production de ses rapports 2015 et 2016, indique un communiqué. Ces rapports vont couvrir les périodes allant du 1er janvier au 31 décembre 2015 et du 1er janvier au 31 décembre 2016 et concerneront les revenus de toutes les entreprises extractives détentrices de titre sur les périodes sus visées. « Sur la base des résultats de l’analyse de la matérialité, le Cn-Itie a choisi de retenir, dans le périmètre, toutes les sociétés minières, pétrolières et gazières dont le total des paiements déclarés par les organismes collecteurs est supérieur à 200 millions de FCfa ainsi que les entreprises publiques (Petrosen et Miferso) », précise le document. En outre, les revenus des entreprises dont le montant total de la contribution est inférieur au seuil de 200 millions de FCfa font l’objet de déclaration unilatérale de l’État.
Sur cette base, le Comité national Itie a décidé d’intégrer, dans le périmètre de ses rapports, 17 entreprises publiques et privées, en production ou en exploration, inscrites au cadastre minier en 2015 et 2016, 7 entreprises publiques et privées, en production ou en exploration, inscrites au répertoire pétrolier en 2015 et 2016 et 9 entités publiques et 1 entreprise de l’État pour la déclaration des recettes perçues des sociétés extractives. « Le Comité national a travaillé avec les administrations publiques pour la phase des déclarations unilatérales. Les données collectées ont permis de délimiter les périmètres des entreprises et des flux de paiement devant faire l’objet de déclaration. Les entreprises affichant une contribution significative et les flux jugés significatifs feront l’objet d’une réconciliation », indique le communiqué.

Pour les besoins de ces deux rapports, le Comité national souligne qu’il a retenu les flux relevant du droit sectoriel (Code minier, code pétrolier) et du droit commun (Code général des impôts). Trois nouveaux flux ont aussi été pris en compte. Il s’agit des Bonus sur les réserves supplémentaires, des frais d’inscription d’une concession minière ainsi que des pénalités, amendes et redressements douaniers. Par ailleurs, les administrations et les entreprises devront déclarer tout autre paiement effectué ou recette perçue dépassant 25 millions de FCfa.

Afin de se conformer à l’exigence 4.9 de la norme Itie visant à garantir l’exhaustivité des données soumises, toutes déclarations des entités déclarantes feront l’objet de certification par les auditeurs externes ou par la Cour des Comptes. Le Sénégal a publié deux rapports couvrant les années 2013 et 2014. Le dernier rapport avait établi à plus de 117 milliards de FCfa la contribution du secteur extractif (mine, gaz et pétrole) à l’économie sénégalaise en 2014. 109 milliards de FCfa ayant alimenté directement le budget du Sénégal ; 7 milliards constituant les paiements sociaux et autres versements. En 2013, le secteur extractif n’avait généré que 46 milliards de FCfa.

Elhadji Ibrahima THIAM

La valeur totale des transactions de la Bourse régionale des valeurs mobilières (Brvm) s’est établie, au mois de mai, à 22,98 milliards de FCfa pour 26.319.064 titres échangés, rapporte le bulletin mensuel de la Bourse électronique unique pour 8 pays de l’Afrique de l’ouest.

« La valeur totale des transactions sur l’ensemble du mois de mai 2017 s’est établie à 22,98 milliards de FCfa pour 26.319.064 titres échangés contre 18,72 milliards de FCfa pour 10.065.641 titres traités au mois d’avril », écrit le bulletin reçu à l’Aps.

Il souligne que le « marché a été marqué par la progression du cours de l’action Air Liguide Côte d’Ivoire (+34,58%) tandis que le titre Servair Côte d’Ivoire affichait un repli de 35,48% ».
« Les titres les plus actifs ont été, en volume, Ecobank Togo avec 25.443.587 titres transigés et en valeur, Sonatel Sénégal qui a totalisé 11,60 milliards de FCfa de capitaux échangés », ajoute le bulletin de la Brvm.

APS

La Société africaine de raffinerie se positionne comme instrument dans la future production de pétrole au Sénégal. Elle s’est dotée d’un plan stratégique 2020-2025. Dans cet entretien, le directeur général, Omar Diop, note que ce document est consigné dans tous leurs projets et programmes. Il évoque également l’approvisionnement du marché domestique, de la qualité des produits.

Quels sont les perspectives de la Sar compte tenu des découvertes pétrolières et gazières au Sénégal ?
A travers des «Journées Objectifs», nous avons produit un document stratégique à l’horizon 2020. Dans ce document, nous avons consigné tous nos projets et programmes pour mieux se projeter dans l’avenir. Avec l’appui des actionnaires, nous espérons atteindre nos objectifs. Il est clair que les enjeux sont multiples, mais il faut reconnaître que nos administrateurs nous ont donné carte blanche pour poursuivre nos investissements et produire suffisamment, et en qualité. C’est tout aussi vrai que ces investissements sont assez volumineux mais à l’échelle étatique, ils sont largement à la portée de notre pays. Ce plan stratégique (2020-2025), fruit d’une réflexion combinée entre le comité de direction et les cadres de la Sar a porté sur l’avenir de la raffinerie. Il faut aussi rappeler que cette réflexion a été menée dans un contexte d’évolution de la qualité des carburants dans la zone Afrique, piloté par l’Ara (Association des raffineurs et distributeurs africains) qui impose de nouvelles valeurs sur le souffre et le benzène. Ces polluants doivent être revus à des taux inférieurs aux valeurs actuelles dans le gasoil et les essences. Les études récemment initiées par la Sar portent donc sur la prise en charge de cette problématique. En plus, le besoin de valorisation du fonds de baril par la raffinerie pousse à étudier la mise en place d’unités de valorisation qui vont contribuer à augmenter la complexité du « process » de la Sar.

L’autre aspect est commandé par la réalité commerciale qui englobe une des raisons d’être de la Sar : traiter plus de brut pour monter le taux de couverture du marché sénégalais. Ainsi le projet de « dégoulottage » des unités permettra de gagner entre 20 et 30 % sur le débit de brut traité ; ce qui n’est pas négligeable. Conséquemment, il faudra penser à assumer un stockage supplémentaire de brut ou produits raffinés pour baisser les charges inhérentes au fret et à l’approvisionnement. Ceci est envisagé à l’horizon 2019. Par ailleurs, l’aspect management n’est pas ignoré. C’est dans ce cadre qu’il faut inscrire la récente certification ISO 9001 V 2015, ainsi que les projets de certification du laboratoire de la Sar de reconnaissance du Service Inspection, gestion environnementale etc. Tous ces aspects ci-dessus énumérés constituent l’articulation du plan stratégique de la Sar.

La Sar est-elle en mesure de traiter le brut découvert aux larges de Dakar ?
Je vous dis toute de suite oui. Rappelons que Petrosen a bien voulu nous remettre l’échantillon provenant de ce brut. Il s’est révélé conforme à ce que nous traitons dans notre usine. Toutefois, il faut reconnaître que toutes les quantités ne pourront pas être traitées dans les conditions actuelles de la raffinerie. C’est d’ailleurs ce qui explique que dans notre plan stratégique, nous avons prévu des investissements très importants pour répondre aux attentes des populations. D’ailleurs, nous n’excluons pas la mise en place d’une nouvelle raffinerie ou encore la délocalisation de notre réseau de pipe-lines. Car, il faut le dire, les pipes constituent un problème sérieux pour nous du fait de la violation permanente de l’emprise des pipes par des personnes qui les agressent pour voler les produits. Je voudrais profiter de cette tribune pour féliciter l’ensemble de mes collaborateurs pour les résultats obtenus et leur réaffirme mon engagement pour relever d’autres défis parce que j’estime que chaque jour et chaque projet est un défi pour nous face aux enjeux du moment.

Est-ce à dire que la Sar, à elle seule, peut satisfaire le marché domestique ?
Dans les conditions actuelles non. Mais il faut reconnaître que nous faisons le maximum pour que le marché sénégalais soit bien approvisionné en produits pétroliers. Dieu merci, sauf en cas d’arrêt programmé ou non, nous y arrivons avec les privés détenteurs de licence d’importation. Il faut souligner que la Sar vient de loin. A notre arrivée à la tête de l’entreprise, elle était dans une situation économique très difficile marquée par une tension de la trésorerie des plus vives. Les installations avaient fini de boucler leur cycle de cinq ans de marche donc, il fallait les réviser alors que les conditions financières ne le permettaient pas. Mais puisque nous faisons confiance en tout lieu et à tout moment à la valeur des ressources humaines, nous avons alors misé sur celles-ci. Ainsi, nous avons ensemble étudié la question du financement d’un arrêt métal (arrêt technique pour l’entretien). Par ailleurs, nous sommes allés voir les institutions financières. A l’époque, peu d’entre elles étaient disposées à nous faire confiance, mais heureusement, l’une d’elle nous a fait confiance et aujourd’hui on a fini de payer la dette.

En parlant d’importation, il est souvent question de la qualité de l’essence au Sénégal et en Afrique. Quel est le rôle de la Sar dans ce débat ?
Je dois rappeler que notre slogan c’est : « une présence qui rassure ». C’est pourquoi, nous faisons de notre mission de produire en qualité et en quantité, un sacerdoce. J’imagine que vous faite allusion aux rapports publiés récemment dans la presse. Il faut savoir que les auteurs de ces rapports n’ont jamais pris en compte les spécifications de nos pays. Ils ont comparé leurs spécifications en vigueur dans les pays européens qui ne sont pas conformes aux nôtres et qui sont définis par nos États. Mais, aujourd’hui, l’Association des raffineurs africains et distributeurs s’est saisie de la question de la qualité et dans quelques années, les spécifications vont évoluer et nous aurons forcément d’autres critères d’appréciation de la qualité des produits. Et la Sar s’y prépare activement.

Dans le secteur du raffinage, les choses sont aléatoires pour un pays non producteur de pétrole avec des cours du baril qui échappent au contrôle et à la prévision. Comment vous procédez ?
Nous sommes des spécialistes du secteur mais aussi des financiers. Comme je l’ai dit tantôt, avec des ressources humaines de qualité, on peut soulever des montagnes. C’est vrai que les fluctuations des cours mondiaux ne militaient pas en faveur des pays comme les nôtres. Mais grâce à l’appui de l’État du Sénégal, nous avons réussi à maintenir la tête hors de l’eau.

La Sar a annoncé récemment avoir fait une production record de plus d’un million de tonnes. Peut-on en conclure qu’elle a renoué avec un approvisionnement correct du marché domestique ?
Sur ce point, je tiens vraiment à saluer, à nouveau, les efforts de tous les employés de la Sar. Les hommes et les femmes de cette entreprise ont fait preuve d’engagement pour obtenir les résultats auxquels vous faites allusion. C’est l’un de mes défis quand le président de la République a porté son choix sur ma modeste personne. Mon défi, c’était de voir comment faire pour que la Sar renoue avec la production de produits pétroliers de bonne qualité et en quantité suffisante et mettre le pays à l’abri des ruptures dans tous les produits d’hydrocarbures. Aujourd’hui, c’est avec beaucoup de fierté que nous pouvons dire que nous sommes sur la bonne voie même si notre objectif est d’aller au-delà d’un million cinq cent mille tonnes.

Propos recueillis par Mbaye Sarr DIAKHATE

Un forum des affaires entre l’Indonésie et le Sénégal s’est tenu, hier. Cette rencontre qui a vu la participation d’acteurs économiques des secteurs public et privé des deux pays et de la sous-région ouest africaine, vise à renforcer la coopération entre le Sénégal et cet État asiatique.

L’Indonésie et le Sénégal partagent des valeurs culturelles et religieuses et affichent de plus en plus leur volonté de rendre plus dynamique et étroite leur coopération. Le forum des affaires s’inscrit dans cette optique. Il a pour principal objectif de renforcer la coopération entre les deux pays en regroupant leurs opérateurs économiques. Pour inscrire la rencontre dans un cadre sous régional, sept autres pays africains y ont pris part. Il s’agit de la Gambie, de la République de Guinée, de la Guinée-Bissau, du Mali, de la Sierra Leone, de la Côte d’Ivoire et du Cap Vert.

La forte délégation venue d’Indonésie composée, entre autres, du président de la Chambre de commerce, de directeurs d’entreprises publiques et de grandes compagnies indonésiennes, témoigne de l’importance donnée à forum. Mansyur Pangeran, ambassadeur de la République d’Indonésie au Sénégal a mis en exergue les bonnes relations entre son pays et le Sénégal et insisté sur la nécessité de renforcer leurs relations commerciales en raison de nombreuses opportunités à exploiter de part et d’autre. La seule barrière, estime-t-il, est liée à l’obtention d’agréments entre l’Indonésie et le Sénégal pour une application moins contraignante des taxes. « Pour cela, il faudrait que l’Indonésie traite directement avec la Cedeao pour rendre la coopération commerciale plus dynamique », indique-t-il. L’offre indonésienne d’investissement répond aux besoins du Sénégal et est en cohérence avec le référentiel de politique publique surtout en ce qui a trait au numérique. C’est l’avis d’Abdoulaye Ly, directeur de la Promotion des investissements du Sénégal. Il faut, selon lui, capter l’expérience des pays leaders comme l’Indonésie qui ont pu utiliser l’outil numérique pour développer leur industrie. Par ailleurs, les dynamiques et mutations enclenchées au Sénégal depuis quelques années ont contribué à rendre le Sénégal attractif aux yeux des investisseurs étrangers avec un meilleur climat des affaires. Dans ce sens, Abdoulaye Ly a présenté la philosophie qui sous-tend la création des zones économiques spéciales, espaces de production utiles à l’essor des entreprises industrielles, qui intéressent particulièrement la partie indonésienne. Celle-ci veut se positionner comme un partenaire privilégié du Sénégal qui, en outre, a fait le pari de l’autosuffisance alimentaire ; expérience dont veut s’enrichir l’Indonésie.

Le président de l’Union nationale des chambres de commerce d’industrie et d’agriculture, Serigne Mboup, « en relation d’affaires avec l’Indonésie depuis 1992 », a mis en lumière les promesses d’un tel partenariat que les deux pays gagneraient à renforcer dans plusieurs domaines. Il a ainsi indiqué qu’une plantation et des usines d’huile de palme et de détergents seront créées dans les zones économiques spéciales grâce à la technologie indonésienne. Il a également informé que l’Indonésie sera l’invité d’honneur à la prochaine foire internationale de Kaolack.

Alassane Aliou MBAYE

Cette année, le quota des semences d’arachide, pour la région de Kolda, est en légère hausse par rapport à l’année dernière. Près de 5.900 tonnes d’arachide seront distribuées pour la campagne agricole 2017-2018. Ces semences sont déjà sur place, a assuré Abiboulaye Sidibé, le Directeur régional du développement rural (Drdr) de Kolda lors du Comité régional de développement sur les préparatifs de la prochaine campagne agricole et le bilan de la campagne écoulée. «Le quota prévu pour la région de Kolda est en légère hausse par rapport à l’année dernière. Au moment où je vous parle, il y a une notification pour 5.895 tonnes pour les trois départements de la région de Kolda. C’est un effort qu’il faut louer car si vous prenez les 4 régions de la zone sud : Ziguinchor, Sédhiou, Kolda et Kédougou, les 72 % des semences d’arachides prévus pour cette zone sont destinées à Kolda », a déclaré Abiboulaye Sidibé qui magnifie le rôle de plus en plus important de la région de Kolda dans la production nationale de l’arachide. Il dit avoir saisi le ministère de l’Agriculture pour que les mesures nécessaires soient prises afin de corriger les omissions de 5 points de vente des semences dans les communes de Kéréwané et Koulinto, dans le département de Médina Yoro Foulah. Il demande aux commissions d’accélérer les opérations de cession des semences d’arachide pour libérer les magasins où seront stockés les engrais avant leur acheminement vers les zones de production. Pour ce qui concerne les semences d’espèces diverses, les notifications ont été envoyées par le ministère de l’Agriculture et de l’Équipement rural pour permettre aux fournisseurs de commencer le processus de mise de mise en place avant les prochaines pluies.

Le gouverneur de région, Ousmane Kane, a demandé aux préfets de Kolda, Vélingara et Médina Yoro Foulah d’organiser des Comités départementaux de développement pour réguler la divagation des animaux domestiques avant le début de l’hivernage. Ces rencontres permettront de définir les parcours du bétail et l’accès des troupeaux aux différents points d’eau afin d’éviter les conflits entre agriculteurs et éleveurs. Il a demandé également aux producteurs de respecter le calendrier cultural pour éviter les désagréments qu’ils avaient subi durant la précédente campagne agricole qui était marquée par de longues pauses pluviométriques. Ce qui s’était traduit par une baisse plus ou moins importante de la production agricole notamment de l’arachide et des céréales à l’exception du maïs.

Mamadou Aliou DIALLO

4.000 tonnes de semences d’arachide pour Tambacounda
Pour l’hivernage 2017, les besoins de la région de Tambacounda sont évalués à plus de 4.000 tonnes de semences d’arachide et plus de 3.500 tonnes pour les engrais, toutes variétés confondues. Pour le riz, 102 tonnes sont reçues et sont en train d’être mises en place. Et désormais, les opérateurs de la région assureront la distribution des semences.

Le gouverneur de la région de Tambacounda, El hadji Bouya Amar, a présidé un Comité régional de développement (Crd) sur la préparation du prochain hivernage. L’État a fait d’énormes efforts en mettant à la disposition des autorités et à temps les lettres circulaires pour la mise en place des commissions de distribution d’intrants et de matériels agricoles. Sada Ly, Directeur régional du développement rural (Drdr) a indiqué que 96 % des semences d’arachide sont mis en place. Les besoins de la région sont évalués à plus de 4.000 tonnes de semences d’arachide et plus de 3.500 tonnes pour les engrais, toutes espèces confondues. Selon M. Ly, les fournisseurs de semences de riz ont également commencé les opérations de mise en place des intrants et la commercialisation a démarré dans le département de Bakel et celui de Goudiry. Le processus de mise en place de ces semences et intrants agricoles est suivi par les autorités pour éviter des détournements d’objectifs. Le matériel du Pnar sera donné gratuitement.

Et désormais, les opérateurs de la région assureront la distribution des semences. 
Le Directeur régional du développement rural a souligné que cette année, les autres semences sont subventionnées à hauteur de 60%. Quant aux semences certifiées de riz, elles sont subventionnées jusqu’à 100 %. La région de Tambacounda a reçu 102 tonnes de semences de différentes variétés de riz. Mais pour ces semences certifiées, le producteur reverse une contrepartie à son union ou à son organisation pour assurer la disponibilité de la semence à la prochaine campagne.

Les questions liées au changement climatique, à la divagation des animaux et à la distribution des semences ont été au cœur de cette rencontre qui a enregistré la présence de différents acteurs du monde agricole.

Abordant les effets du changement climatique, le gouverneur a invité les producteurs à s’adapter. Il a souligné que l’arrêt précoce des pluies, l’année dernière, a eu des effets néfastes sur les rendements. Pour cette présente campagne, il s’agit de miser sur des activités de sensibilisation des producteurs sur la nécessité de prendre en compte les effets des changements climatiques. «L’État a fait beaucoup dans l’encadrement, la formation, le suivi, l’équipement et le financement pour booster la production agricole.

Booster la production du coton
La région de Tambacounda a une vocation agricole et il importe de mettre le focus sur ce secteur afin de lutter efficacement contre la pauvreté mais aussi le chômage des jeunes », a-t-il dit. En ce qui concerne la divagation des animaux qui est parfois source de conflit entre éleveurs et agriculteurs, le gouverneur a demandé aux préfets et sous-préfets d’organiser des rencontres sur les couloirs de parcours à aménager. « Dans un futur très proche, il faut que chacune des 46 communes de la région puisse élaborer un Plan d’occupation et d’affectation des sols. Ce Plan permettra de définir les différents espaces d’agriculture, d’élevage, etc. Ce qui pourrait permettre d’éviter des conflits ouverts entre éleveurs et agriculteurs », a-t-il déclaré. En effet, la position de la région de Tambacounda fait d’elle une zone de refuge des éleveurs pendant la saison sèche à la recherche de pâturage pour leurs bêtes.

Pour El Hadj Bouya Amar, la culture du coton doit être privilégiée par les populations de Tambacounda car la région s’identifie bien à cette culture avec l’accompagnement de la Sodefitex. Pour la campagne écoulée, la région n’a obtenu qu’un taux de 21 % de production. Et pour changer la donne, le prix au producteur est passé à 300 FCfa le kilogramme. En plus, l’État a supprimé la caution solidaire pour les grands producteurs afin d’encourager les producteurs à la culture. Des mesures qui pourraient faciliter l’atteinte des objectifs assigné.

Pape Demba SIDIBE

 

Pour l’hivernage 2017, les besoins de la région de Tambacounda sont évalués à plus de 4.000 tonnes de semences d’arachide et plus de 3.500 tonnes pour les engrais, toutes variétés confondues. Pour le riz, 102 tonnes sont reçues et sont en train d’être mises en place. Et désormais, les opérateurs de la région assureront la distribution des semences.

Le gouverneur de la région de Tambacounda, El hadji Bouya Amar, a présidé un Comité régional de développement (Crd) sur la préparation du prochain hivernage. L’État a fait d’énormes efforts en mettant à la disposition des autorités et à temps les lettres circulaires pour la mise en place des commissions de distribution d’intrants et de matériels agricoles. Sada Ly, Directeur régional du développement rural (Drdr) a indiqué que 96 % des semences d’arachide sont mis en place. Les besoins de la région sont évalués à plus de 4.000 tonnes de semences d’arachide et plus de 3.500 tonnes pour les engrais, toutes espèces confondues. Selon M. Ly, les fournisseurs de semences de riz ont également commencé les opérations de mise en place des intrants et la commercialisation a démarré dans le département de Bakel et celui de Goudiry. Le processus de mise en place de ces semences et intrants agricoles est suivi par les autorités pour éviter des détournements d’objectifs. Le matériel du Pnar sera donné gratuitement.

Et désormais, les opérateurs de la région assureront la distribution des semences.
Le Directeur régional du développement rural a souligné que cette année, les autres semences sont subventionnées à hauteur de 60%. Quant aux semences certifiées de riz, elles sont subventionnées jusqu’à 100 %. La région de Tambacounda a reçu 102 tonnes de semences de différentes variétés de riz. Mais pour ces semences certifiées, le producteur reverse une contrepartie à son union ou à son organisation pour assurer la disponibilité de la semence à la prochaine campagne.

Les questions liées au changement climatique, à la divagation des animaux et à la distribution des semences ont été au cœur de cette rencontre qui a enregistré la présence de différents acteurs du monde agricole.

Abordant les effets du changement climatique, le gouverneur a invité les producteurs à s’adapter. Il a souligné que l’arrêt précoce des pluies, l’année dernière, a eu des effets néfastes sur les rendements. Pour cette présente campagne, il s’agit de miser sur des activités de sensibilisation des producteurs sur la nécessité de prendre en compte les effets des changements climatiques. «L’État a fait beaucoup dans l’encadrement, la formation, le suivi, l’équipement et le financement pour booster la production agricole.

Booster la production du coton
La région de Tambacounda a une vocation agricole et il importe de mettre le focus sur ce secteur afin de lutter efficacement contre la pauvreté mais aussi le chômage des jeunes », a-t-il dit. En ce qui concerne la divagation des animaux qui est parfois source de conflit entre éleveurs et agriculteurs, le gouverneur a demandé aux préfets et sous-préfets d’organiser des rencontres sur les couloirs de parcours à aménager. « Dans un futur très proche, il faut que chacune des 46 communes de la région puisse élaborer un Plan d’occupation et d’affectation des sols. Ce Plan permettra de définir les différents espaces d’agriculture, d’élevage, etc. Ce qui pourrait permettre d’éviter des conflits ouverts entre éleveurs et agriculteurs », a-t-il déclaré. En effet, la position de la région de Tambacounda fait d’elle une zone de refuge des éleveurs pendant la saison sèche à la recherche de pâturage pour leurs bêtes.

Pour El Hadj Bouya Amar, la culture du coton doit être privilégiée par les populations de Tambacounda car la région s’identifie bien à cette culture avec l’accompagnement de la Sodefitex. Pour la campagne écoulée, la région n’a obtenu qu’un taux de 21 % de production. Et pour changer la donne, le prix au producteur est passé à 300 FCfa le kilogramme. En plus, l’État a supprimé la caution solidaire pour les grands producteurs afin d’encourager les producteurs à la culture. Des mesures qui pourraient faciliter l’atteinte des objectifs assigné.

Pape Demba SIDIBE

Les résultats de l’étude sur les grandes orientations des Zones économiques spéciales (Zes) commanditée par le ministère de la Promotion des investissements, des partenariats et du développement des téléservices de l’État ont été partagés et discutés, hier, au cours d’un atelier.

Après une première tentative infructueuse en 1974, le Sénégal veut se lancer, à nouveau, dans le développement de Zones économiques spéciales (Zes). Mais, cette fois-ci, pour éviter un nouveau revers, les autorités comptent s’appuyer sur les échecs de cette première expérience et surtout sur les réussites de certains pays comme la Chine, la Malaisie, l’Éthiopie, l’Ile Maurice, voire la Pologne. Dans cette optique, que le ministère de la Promotion des investissements, des Partenariats et du Développement des téléservices de l’État avait commandité une étude sur les orientations stratégiques des Zones économiques spéciales au Sénégal. Les résultats de cette étude ont été partagés et discutés, hier, entre les différentes parties prenantes (départements ministériels, institutions gouvernementales, élus locaux, secteur privé et société civile). Les observations et recommandations formulées durant cette rencontre ont permis d’enrichir le document. Le ministre Khoudia Mbaye souhaite en faire « un précieux outil d’aide à la décision ».

Victor Djembé, représentant-résident de l’Onudi au Sénégal estime qu’au regard du travail déjà abattu de part et d’autre, le Sénégal pourra s’engager dans la mise en œuvre des Zones économiques spéciales avec une grande probabilité d’atteindre les objectifs qu’il s’est fixés. « Si elles deviennent réalité, les Zones économiques spéciales vont contribuer à faire du Sénégal un hub logistique et industriel régional et aidera à mettre en valeurs tous les atouts géographiques de notre pays », pense Pierre Ndiaye du ministère de l’Économie, des Finances et du Plan. Il estime que la réflexion menée sur les Zones économiques spéciales permettra de constituer un tissu économique intégré à travers les chaînes de valeurs et à développer la diversification des produits exportés en vue d’améliorer les performances du Sénégal.

Toutefois, M. Ndiaye a insisté sur la nécessité d’une cohérence globale entre ce qui se passe dans les Zones économiques spéciales et ailleurs « dans un souci de ne pas fracturer le tissu économique et par ricochet d’assurer un développement socioéconomique harmonieux ». Cette quête permanente pour un équilibre économique et territorial, doit conduire, à envisager les Zones économiques spéciales comme des « laboratoires pour expérimenter une politique efficace et appropriée pour le secteur privé », selon Pierre Ndiaye.

Un précieux outil d’aide à la décision
Le représentant du secteur privé, Serigne Mboup, qui est également le président de l’Union nationale des chambres de commerce du Sénégal (Unccias), souhaite l’implantation des zones économiques spéciales un peu partout au Sénégal et au plus vite. Car, a-t-il dit, « leur importance pour le développement économique n’est plus à démontrer ».

Le Conseiller spécial du Premier ministre, Moubarack Lô a salué l’initiative du ministère de la Promotion des investissements soulignant que « c’est la première fois que le Sénégal dispose d’une étude aussi complète et fouillée sur le développement des Zones économiques spéciales ». Il a suggéré d’aller plus vite dans leur mise en place. « Au Sénégal, on est très fort en planification, mais nous avons des difficultés dans la mise en œuvre. Il faut aller de l’avant et vite car les zones économiques spéciales constituent un moyen d’accélération des investissements et des exportations qui restent des facteurs clés d’émergence », a-t-il préconisé.

Arsénal législatif robuste
En principe, la création de zones économiques spéciales ne devrait pas rencontrer des problèmes majeurs puisque le Sénégal a pris les devants en adoptant des textes législatifs et réglementaires. Il s’agit notamment de la loi du 6 janvier 2017 portant sur la gouvernance de ces zones, la loi du 6 janvier 2017 portant sur les dispositifs incitatifs applicables dans ces zones sans oublier le Comité paritaire public-privé, organe de gouvernance de ces zones. Ce corpus juridique nouveau est en train de démontrer les preuves de son opportunité, selon Khoudia Mbaye, soutenant qu’il a permis l’adoption d’un décret portant création de la zone économique spéciale de Diass et d’un autre décret portant admission du Parc industriel intégré de Diamniadio au régime de ces zones. Assurant que d’autres actes similaires de création de zone économique spéciale suivront, le ministre a déclaré que cet arsenal robuste de textes législatifs et réglementaires « nous donne raison de penser que notre pays saura gagner en compétitivité notamment sur les coûts des facteurs de production, la qualité des services, les infrastructures de soutien à la production ».

Elhadji Ibrahima THIAM

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