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Affaires et Finances (1749)

Avant d’intégrer l’université Mohamed 6 de Ben Guérir, Tekalign Mamo était directeur senior à l’Agence éthiopienne de la transformation agricole où il a lancé et mené la modélisation numérique de fertilité des terres et les projets de mélange d’engrais, la vente des engrais chimiques aux fermiers pour la première fois. Il a servi en tant que ministre de l’Agriculture, vice-président de l’université Haramaya, chercheur sénior, directeur de recherche et membre fondateur de l’Académie éthiopienne des Sciences. Il est le fondateur et le premier Rédacteur en chef du Journal éthiopien des ressources naturelles. En 2014, Takalign Mamo a reçu le prix du Lauréat africain de la révolution verte, nominé ambassadeur international Global des sols par la Fao en 2015. En 2016, il a reçu le prix international Norman Borlaug, de l’Association internationale de l’industrie des engrais, un certificat de reconnaissance et une médaille d’or pour des réalisations méritoires en recherche agronomique, le prix transdisciplinaire suisse et la reconnaissance par l’Institut international de potasse. Il a publié plusieurs communications et a servi dans plusieurs comités scientifiques internationaux.

La Haute autorité pour le Waqf a organisé, hier, un atelier de formation sur la gestion des Awqaf (pluriel de Waqf) pour réduire la pauvreté. L’objectif de cette rencontre, selon sa directrice générale, Oulimata Diop, c’est de familiariser les participants avec les concepts et les fondements de la gestion des Awqaf.

La directrice générale de la Haute autorité pour le Waqf, Oulimata Diop, a annoncé le lancement d’un projet de Waqf destinés aux daaras modernes. Selon Mme Diop, le Waqf est « une institution islamique ayant pour vocation d’immobiliser et d’aliéner un actif en vue de permettre à des bénéficiaires ciblés, généralement pauvres, de jouir des revenus tirés de l’exploitation de ce bien ».

C’est le premier Waqf public lancé en partenariat avec la Banque islamique de développement (Bid), a précisé Oulimata Diop qui présidait, hier, l’atelier de formation sur la gestion des Awqaf pour réduire la pauvreté. Le Sénégal s’est engagé, depuis 2007, sur la voie du développement de la finance islamique et dans l’espace de l’Uemoa avec comme objectif l’émergence « d’une industrie financière islamique sous-tendue par un cadre légal favorable et l’appropriation des instruments sociaux de lutte contre la pauvreté et de solidarité comme le Waqf ». Ces dernières années, plusieurs actes ont été posés dont la signature le 6 septembre 2012 avec la Bid, d’un protocole pour la réalisation de projets Waqf. Cette volonté a aussi abouti à l’adoption de la loi sur le Waqf en 2015, suivie de la mise en place de la Haute autorité pour le Waqf. L’atelier d’hier a pour objectif, « de sensibiliser l’administration, les Ong, les fondations, les partenaires, etc. sur les concepts, les principes, les fondements de la gestion des Awqaf et de l’importance de ces instruments dans la lutte contre la pauvreté ».

Tous les Sénégalais peuvent constituer un Waqf, selon Oulimata Diop. « Le Waqf constitue un moyen pour organiser la solidarité nationale », a-t-elle expliqué, soulignant que les Sénégalais font beaucoup d’actes de bienfaisance mais ceux-ci ne sont pas bien organisés. L’avantage du Waqf, c’est d’institutionnaliser, d’organiser la solidarité pour générer des revenus importants qui pourraient être injectés dans des secteurs sociaux de lutte contre la pauvreté. L’autre avantage, selon Mme Diop, c’est que cet outil peut combler le gap dans la réalisation d’infrastructures sociales de base et d’appuis aux communautés.

Le représentant de la Bid, Dr Rami Abdelkafi a souligné l’importance de la finance islamique dans le développement économique. Les instruments sur lesquels se base cette finance islamique militent tous, à son avis, pour l’instauration d’un « système économique éthique et inclusif ». Dr Rami a également assuré que la Bid ne ménagera aucun effort pour offrir des possibilités de formations aux cadres des pays membres impliqués dans la promotion de ce type de financement.

Souleymane Diam SY

Le directeur de Cabinet du ministre de l’Énergie et du Développement des énergies renouvelables, Mor Ndiaye Mbaye, qui participait, hier, au salon international de l’énergie et du pétrole en Afrique (Siepa), déclare que les découvertes récentes de pétrole et de gaz naturel augurent des lendemains meilleurs en nous projetant dans le cercle restreint des pays producteurs de l’or noir.

« Les découvertes de pétrole et de gaz naturel qui ont eu lieu dans notre pays en 2014 et 2015 sont en cours d’évaluation et augurent des lendemains meilleurs pour nous projeter dans le cercle restreint des pays producteurs de pétrole », a déclaré, hier, à l’ouverture du Salon international de l’énergie et du pétrole en Afrique (Siepa), le directeur de Cabinet du ministre de l’Énergie et du Développement des énergies renouvelables, Mor Ndiaye Mbaye. Il a ajouté que ces découvertes, très importantes, de pétrole et de gaz en Afrique de l’Est et au Sénégal, devraient permettre le développement de la consommation en énergie, soulignant que la consommation domestique de pétrole et surtout de gaz reste faible et les moyens de leur transformation sont limités dans nos pays, malgré « les importantes réserves » de pétrole et de gaz que recèle le continent africain. En effet, a-t-il noté, les réserves africaines de pétrole représentent près de 10 % des réserves mondiales et celles de gaz sont conséquentes. «Aujourd’hui, pour beaucoup d’Africains, l’énergie se limite encore au bois de chauffe, aux déchets organiques et parfois au pétrole lampant alors que les ressources pétrolières, gazières et hydroélectriques du continent sont énormes », s’est-il désolé. D’où la nécessité urgente de valoriser ces ressources, d’accroître les interconnexions des réseaux électriques et développer les énergies renouvelables, selon lui. Toutefois, il a soutenu que de telles initiatives constituent des défis majeurs à relever pour amorcer le décollage énergétique de l’Afrique et atteindre l’objectif de développement.

Jalon important dans la recherche de solutions
Mor Ndiaye Mbaye a noté que l’Association sénégalaise pour le développement de l’énergie en Afrique (Asdea), en organisant ce salon de deux jours, a posé un jalon important dans la recherche de solutions aux difficultés énergétiques du continent. « L’Asdea apporte, par la même occasion, son soutien à la dynamique des États africains qui, aujourd’hui, explorent toutes les solutions pour trouver des remèdes aux faiblesses qui caractérisent encore leur secteur énergétique marqué par la difficulté d’accès des populations aux services énergétiques modernes ; le niveau élevé des coûts de l’énergie ; une insuffisance de la fourniture d’électricité ; et enfin, la vétusté des équipements de production et de distribution de l’énergie », a affirmé M. Mbaye.

Cette rencontre qui réunit des acteurs dans divers domaines du secteur de l’énergie offre, selon lui, un espace unique de contacts entre détenteurs de technologies et de savoir-faire et porteurs de projets. « Nous espérons que vous mettrez à profit cette opportunité et qu’à l’issue de vos échanges, émergeront des accords de partenariat gagnant-gagnant qui contribueront à la levée des barrières technologiques et financières afin de rendre performant le secteur de l’énergie en Afrique », a-t-il lancé.

Disposer de spécialistes
Selon Mor Ndiaye Mbaye, les importants projets qui se développent dans le sous-secteur des hydrocarbures sans oublier le sous-secteur de l’électricité ne font que souligner l’extrême nécessité de disposer de spécialistes compétents et au fait des techniques les plus récentes pour gérer, au mieux, la production, la transformation, le transport, la distribution et la commercialisation des différentes sources d’énergie. Il a noté que la création de l’Institut national du pétrole et du gaz s’inscrit au cœur de ces préoccupations.

Le président de l’Asdea, Serigne Momar Dièye, a souligné que le Sénégal dispose d’un nouvel atout pour raccourcir les échéances du Pse et assurer une croissance équilibrée et durable de notre économie. « Au Sénégal, le lancement et la mise en œuvre du Pse en 2014, l’accession de notre pays à l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Itie) et la mise sur pied du Comité d’orientation stratégique du pétrole et du gaz (Cos-Petrogaz) constituent des atouts majeurs pour faire face aux nouveaux défis de la gouvernance de la manne pétrolière et gazière », a-t-il déclaré. Parmi ces défis, dit-il, il faudra non seulement relever celui de la formation d’ingénieurs, de techniciens, de financiers, de commerciaux, de juristes, de spécialistes en ressources humaines, entre autres, mais aussi engager la bataille du contenu local dans toute la chaîne de valeur des opérations pétrolières aussi bien en amont qu’en aval grâce à une politique d’accompagnement et de mise à niveau des Pme et Pmi, selon les standards en vigueur dans l’industrie pétrolière.

Electricité : Environ 1 000 MW supplémentaires attendus d’ici à 2020
Dans le domaine de l’électricité, le renforcement des capacités de production sénégalaises, bâti sur le mix énergétique, a connu une croissance soutenue, avec une puissance additionnelle de 230 MW entre 2015 et 2016, à travers plusieurs projets mis en œuvre et ayant permis d’assurer la disponibilité de puissance pour satisfaire la demande et assurer une réserve adéquate, a confié le directeur de Cabinet du ministre de l’Énergie et du Développement des énergies renouvelables, Mor Ndiaye Mbaye. « Ces réalisations vont se consolider et d’ici à 2020, une puissance supplémentaire d’environ 1 000 MW sera injectée dans le réseau électrique », a-t-il affirmé.

Mamadou SY

Avec la réapparition, en 2014, de foyers de grippes aviaires dans huit pays en Afrique de l’ouest et du centre, le Sénégal a décidé de prendre les devants en laçant une vaste campagne nationale de communication et de sensibilisation afin de prévenir ces pathologies. Celle-ci, lancée hier, s’étalera sur une semaine.

Mieux vaut prévenir que guérir dit l’adage. Face à la réapparition de foyers de grippes aviaires dans certains pays en Afrique de l’ouest et du centre (Nigeria, Niger, Burkina, Côte d’Ivoire, Ghana, Cameroun et Togo) depuis 2014, le Sénégal a décidé, avec le soutien financier de la Fao, de prendre les devants afin de réduire les risques d’introduction du virus sur le territoire national. Cela, à travers des interventions ciblées dans la surveillance et la gestion du risque par une campagne de communication et de sensibilisation qui a été lancée, hier, au Centre d’impulsion et de modernisation de l’élevage (Cimel), à Mbao, par Aminata Mbengue Ndiaye, ministre de l’Élevage et des Productions animales. Déroulée dans la zone des Niayes qui constitue le cœur de la zone avicole de Dakar, elle sera marquée du 8 au 13 mai par une série d’activités notamment une réunion avec les accouveurs, la validation du plan d’intervention d’urgence et la mise sur pied d’un réseau opérationnel de surveillance des pathologies aviaires.

Cette action vient à son heure, selon un expert de la Fao qui souligne que le Sénégal figure parmi les pays à risque d’émergence de la grippe aviaire. A ses yeux, deux raisons exposent le Sénégal. « D’une part le système de production est à plus de 80 % extensif et ce système dépend considérablement des importations pour l’acquisition des intrants. D’autre part, d’importants flux d’oiseaux migrateurs, chaque année, élisent domicile principalement au Parc national des oiseaux de Djoudj », a-t-il expliqué.

Tout comme cet expert de la Fao, le ministre de l’Élevage semble avoir pris toute la mesure des menaces qui planent sur la filière avicole au Sénégal. Selon elle, la suspension des importations de produits avicoles et de matériels avicoles usagers en 2005 a permis de relancer, de façon considérable, cette filière. Toutefois, elle reste sous la menace sérieuse de contraintes sanitaires du fait des dysfonctionnements notés dans la surveillance et le rapportage des pathologies aviaires et la circulation de l’information, du faible niveau d’application des textes qui régissent la filière, des gaps existants sur le plan de la réglementation et de la législation, du faible niveau de respect des conditions de biosécurité et surtout du déficit de formation de la plupart des acteurs.

Garantir la sécurité sanitaire
Dès lors, dans le souci de « garantir la sécurité sanitaire du cheptel et partant la sécurité alimentaire et la santé des populations mais aussi pour sécuriser les importants investissements qui sont réalisés ces dernières années », Aminata Mbengue Ndiaye estime qu’il faut « impérativement lever ces contraintes dans les plus brefs délais ». Cette campagne de sensibilisation et avant la création de l’interprofession de la filière avicole de même que l’élaboration prochaine du Code de santé animale et de santé publique vétérinaire constituent, à ses yeux, des actions pertinentes pour une meilleure prise en charge des problèmes de la filière.

Le représentant-résident par intérim de la Fao au Sénégal, Reda Lebtahi a indiqué que dans le monde, les mesures de contrôle restent encore insuffisantes pour arrêter la diffusion de la grippe aviaire dans les pays infectés. D’ailleurs, a-t-il révélé, l’Organisation mondiale de la santé animale (Oie) fait état de l’abattage de 17 millions d’oiseaux non commercialisables, en 2016, contre 30 millions en 2015. M. Lebtahi a appelé à mettre l’accent sur la communication. « Dans la gestion des crises en santé animale, la communication joue un rôle crucial et stratégique dans le renforcement des actions de prévention et de contrôle des maladies. A cet effet, la maîtrise de la communication par les services vétérinaires est, de nos jours, une nécessité impérieuse pour une gestion participative des risques d’introduction et de diffusion des pathologies », a-t-il dit.

Elhadji Ibrahima THIAM

Dans la subvention de l’État pour le matériel agricole motorisé, le Programme d’appui au développement agricole et à l’entrepreneuriat rural (Padaer) a facilité l’acquisition, par les unions de producteurs de Kédougou, de 3 tracteurs subventionnés à hauteur de 60 % par l’État pour une valeur de 33.479.163 de FCfa (Union des producteurs du Diakha, Union des riziculteurs de Dar Salam, Union des maïsiculteurs de la région de Kédougou). La démarche du programme et de l’État a permis, l’année dernière, l’acquisition de 801 unités.

En 2016, 142 organisations de producteurs ont reçu 801 unités d’équipements pour une valeur de 152 millions de FCfa. Ces unités sont composées de 230 semoirs, 49 houes sine, 230 charrues, 146 charrettes et 146 pulvérisateurs. A ces équipements, s’ajoutent146 animaux. Cette année, toujours dans cette politique, le Padaer a facilité l’acquisition, par les unions de producteurs de Kédougou, de 3 tracteurs pour une valeur de 33.479.163 de FCfa. Il s’agit de l’Union des producteurs du Diakha, de l’Union des riziculteurs de Dar Salam et de l’Union des maïsiculteurs de la région de Kédougou, précise Amath Ly, le coordinateur régional de Padaer.

Dans cette région, l’une des plus pluvieuses du pays, tous les clignotants sont au vert et l’ensemble des indicateurs sont positifs et largement dépassés pour l’atteinte des objectifs fixés dans le Programme d’accélération de la cadence l’agriculture au sénégalaise (Pracas). En termes de valorisation des productions agricoles, d’entrepreneuriat et de professionnalisation des acteurs, les producteurs souffraient par leur manque de moyens et d’autonomie, a rappelé M. Ly. Grâce à la dynamique organisationnelle et avec l’encadrement du Padaer, les unions de producteurs ont franchi des pas significatifs. Ces acteurs œuvrent pour une agriculture durable, porteuse de progrès.

Agna Diallo, président régional des producteurs, se félicite de la démarche de l’État qui a mis dans la région un projet d’envergure pour la prise en charge de leurs préoccupations. En plus de l’organisation insufflée dans le monde paysan, le Padaer, selon M. Diallo, a mis à leur disposition d’importantes unités d’équipements pour booster la production et d’assurer l’autonomisation des organisations de producteurs.

Pape Demba SIDIBE

Précédemment, ministre directeur de Cabinet du président, M. Abdoul Aziz Tall, actuel ministre chargé du Suivi du Plan Sénégal émergent, est assurément un homme du sérail. Formé au moule du Bureau organisation et méthode (Bom), créé par le défunt président Senghor, M. Tall porte encore le profil du gestionnaire, technocrate, rigoureux et exigeant un tantinet politique, mais toujours peu disert et sobre en paroles. Devant les attaques répétées contre le Plan Sénégal émergent, il dévoile, dans cet entretien à bâtons rompus, les multiples facettes et impacts de ce référentiel de notre politique économique, dont le président Macky Sall est l’initiateur. En tant que directeur général du Bom, il avait été associé, avec 200 compétences de tous bords, à la conception et à l’élaboration du document de base du Pse. En sa qualité de ministre directeur de cabinet, il a souvent dirigé les réunions intermédiaires du Comité d’orientation, présidé par le chef de l’Etat. Devenu ministre chargé du Suivi du Pse, il participe pleinement à sa mise en œuvre et son suivi-évaluation. Autant de compétences et de légitimité qui permettent de balayer d’un revers de main «les critiques insensées proférées par des pourfendeurs du Plan», dont la plupart n’a, selon lui, «pas assez lu le document, ou alors l’a compris de travers». Entretien.

M. le ministre, notre pays est secoué par une série d’accidents meurtriers, incendies et même de crimes crapuleux. Un autre drame, celui de Bettenty est venu s’ajouter à celui du Daaka de Médina Gounass. Comment appréciez-vous cette situation difficile ?
Aziz Tall ministre Permettez-moi d’abord d’avoir une pensée pieuse et de former des prières pour toutes ces personnes décédées ou blessées, ainsi qu’à leurs parents affectés par ces traumatismes divers. Croyant et homme de foi, nous acceptons la volonté et le décret divin et à l’image du président de la République, nous portons le deuil en guise de prière et de solidarité à nos frères de la «Daaka», aux victimes de Bettenty et aux autres sinistrés, morts dans des conditions douloureuses. C’est le lieu de remercier le président Macky Sall, pour le soutien moral et matériel qu’il a apporté à cette communauté si durement frappée. Les services de l’Etat dans les domaines du secours, de la santé et de l’humanitaire ont fait preuve d’une admirable diligence, en dépit de l’ampleur des sinistres, aussi bien à Kaolack, au Ranch de Dolly qu’à Médina Gounass et à Bettenty. Les populations, dans un grand élan de solidarité, ont activement pris part aux opérations de secours. C’est dans ces séquences difficiles qu’on peut ainsi mesurer le sens de notre cohésion nationale. Quand l’Etat, avec à la tête un chef omniprésent, réactif et généreux, reste en constance, proche et disponible pour les populations, quand dans les épreuves les plus poignantes la solidarité sociale s’active, surmonter ces moments difficiles devient aisé. Cependant, l’efficacité des services étatiques ne saurait se substituer entièrement à la vigilance et à la discipline des citoyens. Cela vaut surtout pour les attitudes individuelles ou collectives lors des rassemblements religieux, en mer, sur la route et partout où le moindre écart comportemental pourrait être fatal. Les pèlerins, les mareyeurs et les conducteurs doivent s’astreindre à l’ordre et à la discipline et éviter toute posture porteuse de danger. Les dernières mesures prises par le ministère des Transports, pour renforcer la sécurité routière traduisent la volonté du président de la République d’arriver à la tolérance zéro partout où la quiétude des Sénégalais est menacée par des braqueurs sans foi, des conducteurs indisciplinés et toutes formes d’incivismes incompatibles avec l’ordre et la paix. Au moment où nous devons inscrire la culture de l’émergence dans nos mœurs politiques, administratives, sociales et économiques, le comportement éthique et civique doit alimenter notre stratégie de bonne gouvernance, à tous les niveaux. L’adoption d’attitudes responsables et citoyennes rendent à cette gouvernance effectivité et pérennité.

Monsieur le ministre, des pourfendeurs remettent en cause l’efficacité du Pse, un Plan présenté comme un projet préfabriqué par des experts étrangers. Que pouvez-vous leur répondre ?
Beaucoup de ces prétendus experts qui se livrent à des attaques pour le moins infondées, contre le Pse cherchent, en réalité, à se légitimer ou à crédibiliser leur statut. Laissez-moi vous dire qu’en parcourant leurs critiques, je n’ai aucun doute qu’ils n’ont pas pris la peine de lire le document du Pse. Ou s’ils l’ont lu, ils ne l’ont pas compris. Sur l’origine du Plan, comment peuvent-ils affirmer, de manière aussi péremptoire, qu’il s’agit d’un projet emprunté de l’étranger ? Retenez-bien ceci, avant même que le projet de Pse ne soit révélé, il y a eu une phase d’élaboration, qui a donné lieu à de très larges consultations. Près de 200 hauts fonctionnaires, d’acteurs du secteur privé, la société civile, des universitaires, des acteurs des secteurs économiques de tout bord ont été mis à contribution et leurs avis intégrés dans, en amont, dans la conception du document final. En plus, des Sénégalais de la diaspora ont été associés. Certains d’entre eux se sont même prêtés volontairement à l’exercice, en prenant en charge leur propre titre de transport, pour prendre part à cette initiative exclusive du président Macky Sall de rationalisation de notre politique économique dont il présidait régulièrement les rencontres du comité d’orientation stratégique. Ainsi, chacun, dans ce brainstorming grandeur nature, pouvait formuler librement ses observations au fur et à mesurer que le projet avançait.

La présence d’un cabinet extérieur, dont le montant de la rémunération avait fait l’objet de fantasmes, n’avait d’autre justification que nous aider à valider ce travail inclusif, de le présenter selon les normes et les standards des bailleurs de fonds dont le financement appelle un certain nombre de garanties préalables. Résultat des courses, lorsque le Pse a été validé, après tout ce processus, le Sénégal a obtenu une contribution de 3.729 milliards de FCfa qui couvre largement les besoins exprimés au Groupe Consultatif de Paris. Pour tout vous dire, le Pse porte l’Adn du président Sall.

Le paradoxe est que ces mêmes pourfendeurs sillonnent le monde entier pour « vendre » des compétences à des pays où pourtant, les experts locaux disposent de tous les atouts pour accomplir le travail qui leur a été confié. A l’heure de la mondialisation marquée par la libre circulation des hommes, des capitaux et des idées, il devient de plus en plus difficile de parler d’expertise nationale versus expertise étrangère. Savez-vous qu’un Camerounais et un Ivoirien se sont particulièrement illustrés dans la conception des politiques d’émergence de certains pays asiatiques, comme la Malaisie et Singapour. Lors du dernier forum de l’émergence à Abidjan, le président Alassane Ouattara, homme du sérail, disait que le mérite du président Macky Sall est non seulement d’avoir conçu un excellent plan avec le Pse, mais de l’avoir articulé avec le Pudc, l’intégrant ainsi de manière plus harmonieuse, avec les réalités de notre pays. Au cours de cette même rencontre, Mme la présidente du Libéria, Ellen Johnson Sirleaf, avait du reste sollicité le président Sall pour bénéficier de l’expertise sénégalaise en conception de politique économique, non sans l’avoir auparavant, félicité. Voilà, entre autres raisons, pour nous, d’être fiers de ce plébiscite de ses pairs, dont les pays, ne l’oublions pas, sont en partenariat, mais aussi en compétition avec le Sénégal dans les organisations sous-régionales. Last but not the least, notez bien que les bailleurs, quel que soit leur degré de philanthropie, ne mettront jamais leurs ressources dans des programmes qui ne garantissent pas un succès pour les pays appelés à les dérouler. Tout le monde constate que les investisseurs se bousculent au portillon de notre pays, au même moment où nous nous conformons aux normes et standards des pays économiquement bien gérés.

Justement, M. le ministre, en quoi le Pse a-t-il commencé de changer la vie des Sénégalais. Quel bilan en tirez-vous, trois ans après sa mise en œuvre ?
A vrai dire, il est à la fois difficile et aisé de tirer à présent un bilan du Pse. Difficile, puisqu’en tant que large bassin de projets protéiformes et structurants, le Pse s’étend sur, au moins, deux décennies, séquencés avec des objectifs à court, moyen et long termes. Dans un tel contexte, un bilan ne serait que parcellaire, alors même que les transformations sociales qu’il induit, chaque jour, se ramifient dans tous les secteurs de la vie nationale. Le maillage territorial et sectoriel donne au Pse le cachet d’un développement harmonisé et exhaustif.

Le premier pari gagné, c’est celui de l’efficience dans la gouvernance, sur laquelle ont buté bien des politiques publiques antérieures. Ces projets pharaoniques et autres fameux « éléphants blancs», qui ont essaimé partout chez nous et en Afrique résultent d’une absence marquée de congruence, donc de coordination appropriée dans les investissements. Le Pse, heureuse trouvaille du président Macky Sall, surmonte cet écueil à la faveur d’une synchronisation judicieuse de ses projets, sur les plans technique, social et économique. De fait, le Pse a montré sa capacité à créer des interactions positives entre 27 projets structurants, tous secteurs confondus, dans une expression achevée du Partenariat public privé (Ppp). La création du Haut conseil du dialogue social a permis de trouver des intermédiations nécessaires pour mieux conjuguer les efforts de développement, d’entente dans la sérénité collective.

A l’issue de sa phase 2, les impacts socioéconomiques du Pse, sont ressentis dans tous les secteurs, et quasiment à travers toutes les catégories sociales. L’ensemble des projets et réformes phares connaissent une avancée satisfaisante par la transformation en profondeur du visage physique, social et économique de notre pays. La réalité quotidienne de la couverture maladie universelle, la bourse de sécurité familiale et les ambitieux programmes du Pudc et du Puma sortent des millions de population de la précarité, grâce à un accès confortable aux services sociaux de base.

A ce titre, il me plaît de souligner, pour les détracteurs, que plutôt que de rester dans la critique facile, il serait grand temps que l’on parle enfin d’économie en passant le Pse au crible de tous les paramètres de validation, de pertinence, d’évaluation. On verrait bien que les acquis, sur les plans macro et micro économiques sont tout simplement remarquables. Avec un taux de croissance de 6,6 %, notre pays a pris la trajectoire de la croissance inclusive. Voilà trois années successives, que notre économie gagne presque un point de croissance. Depuis 1980, c’est la première fois, que de manière consécutive sur trois ans, notre pays atteint la barre des 6 % de croissance. De quoi faire taire les experts de circonstance qui parlaient de croissance conjoncturelle ou extravertie, alors que les fondamentaux de cette croissance se consolident et que l’inflation est confinée à 1%. Un vrai coup de pouce est donné au pouvoir d’achat des ménages, sans frais pour l’investissement productif. Dès lors il n’est pas étonnant que le World Economic Forum place le Sénégal comme le pays le plus compétitif en Afrique de l’Ouest.

Avec 18 % du Pib de la région ouest-africaine, le Sénégal est la quatrième économie et la deuxième en Afrique de l’Ouest francophone. Par ailleurs, même si la croissance démographique absorbe la tendance haussière de notre croissance, il faut noter la bonne tenue des autres agrégats, boostés par des rentrées fiscales généreuses et la maîtrise des comptes publics. Sur le plan de l’emploi, on peut signaler la création, en perspectives, de 140.000 nouveaux postes de travail grâce au parc des technologies numériques attendus dans un projet de financement de la Bad, déjà acquis à hauteur de 45 milliards de FCfa.

L’agriculture a bénéficié d’investissements massifs qui ont pour ambition l’atteinte de l’autosuffisance en riz en 2017 avec le Pnar notamment. Grâce à la motorisation, nous avons pu augmenter la productivité et atteindre une production record de 917.371 tonnes de riz paddy en 2015 soit une augmentation de 65% et un taux de réalisation de 74% de nos objectifs. Les filières céréalières et horticoles connaissent de semblables embellies. L’urgence de renforcer l’offre éducative de notre jeunesse et de désengorger l’université de Dakar, a trouvé une réponse adéquate et appropriée avec la construction des universités Amadou Mahtar Mbow et Cheikh Ibrahima Niass, la modernisation et l’extension des centres universitaires de Thiès et de Ziguinchor. Mais le Pse, c’est aussi le renforcement de l’offre de formation technique, avec les Isep, les Espaces numériques ouverts, entre autres. Notons, au chapitre des réformes, l’alignement à l’offre des emplois qui est en soi une démarche révolutionnaire en ce qu’il va changer le profil dans nos filières de formations.

A peine achevé, le parc industriel de Diamniadio fait déjà l’objet de plusieurs demandes d’investisseurs, qui vont créer des centaines d’emplois. Ce parc est incontestablement un des « trophées » du premier mandat du président Sall.

On pensait que le régime précédent avait l’apanage des infrastructures. Et pourtant on voit que depuis 2012, les infrastructures se développent considérablement. Est-ce là un changement de cap ?
Ministre PseLes besoins de notre pays en infrastructures et services sociaux de base sont énormes. Il faut, en fait, du tout pour réaliser un développement harmonieux, mais comme vous le savez, les infrastructures sont un levier essentiel de la modernisation de notre économie. Il est facile de constater, aujourd’hui, que ces programmes d’infrastructures reconfigurent notre pays avec l’autoroute « Ila Touba », les prolongements de la Vdn, la RN6 Ziguinchor–Tanaff, le désenclavement de l’ile à Morphil, la mise en service prochaine du nouvel Aéroport Aibd, le Ter, la relance de l’habitat social dans les nouveaux pôles urbains. Principal levier de croissance économique et social, les infrastructures constituent un des projets phares du Pse avec, entre autres, 43 projets achevés, pour un total de 1.314 km revêtues et 13 ponts pour un coût total de 643,8 milliards de FCfa. Concernant la construction d’autoroutes, le Pse rafle la palme des réalisations, avec 36 km entre 2012 et 2016, contre 32 km entre 2000 et 2011. Le maillage autoroutier permettra de couvrir les zones frontalières pour sortir de l’isolement nombre de villes aux confins du pays et la côtière de la façade atlantique.

Le Rail sénégalais se conjugue désormais au futur avec le pari audacieux du président Macky Sall de faire entrer notre pays dans l’ère de la modernité. La phase 1 du Train express régional à grand écartement, premier en traction électrique en Afrique de l’Ouest (58 km), reliera Dakar, sa banlieue et le nouvel aéroport international Blaise Diagne. Dans sa seconde phase, il fera la jonction entre la capitale et Tambacounda sur 460 km, l’ambition présidentielle étant de relier toutes les villes du Sud et du Sud-Ouest à celles du Nord.

D’ambitieux projets sont en cours de réalisation, pour développer l’accessibilité des villes à la faveur du Programme de modernisation des Villes, le renforcement du parc automobile de Dakar DemDikk et la mise en circulation progressive de Sénégal DemDikk. Dans le domaine minier, extractif, l’Etat a mis en place un code minier adapté qui rétablit les principes de partenariat gagnant-gagnant entre les investisseurs et l’Etat et garantit la prise en compte des intérêts des populations, notamment celles des zones minières. En adhérant à l’Initiative pour la transparence des industries extractives (Itie), le Sénégal réitère ainsi son engagement pour la bonne gouvernance, l’équité sociale et économique et le développement durable. Dans la même lancée, il est aisé de constater la relance des Ics avec la production d’un million de tonnes de phosphate, de 0,3 tonnes d’acide phosphorique avec de belles perspectives de production dans les deux prochaines années. La découverte de trois nouveaux gisements d’or consolide les mines Sabadola (3 millions de tonnes). Les retombées fiscales pour l’état dépasseraient la barre des 8 milliards.

La crise énergétique qui a durablement plombé notre croissance, trouve enfin une heureuse issue, avec le mix énergétique qui éloigne chaque jour les ménages et les acteurs professionnels de cet angoissant stress des ruptures de services répétés. L’augmentation et la diversité de l’offre en énergie, nous ont permis d’avoir à disposition de l’énergie à moindre coût, de qualité adéquate et en quantité de plus en plus suffisante. Le défi de l’avenir sera relevé grâce aux énergies renouvelables.

Deux centrales solaires ont été inaugurées en 2016, à Bokhol et Malicounda. Trois autres d’une capacité cumulée de 70 MW sont prévues pour être livrées en 2017, sans compter la centrale éolienne de Taïba, d’une capacité de 150 MW.

Dans ce secteur de l’énergie, on a produit, en 4 ans, presque autant qu’en 50 ans d’existence de notre pays.
D’autres secteurs comme l’éducation, la pêche, la bonne gouvernance, l’artisanat, la justice, le sport, les transports aériens et le tourisme connaissent la même embellie économique et sociale. La diplomatie sénégalaise est aussi à l’heure de l’émergence, le Sénégal ayant contribué à l’accélération de la réforme institutionnelle de la Cedeao, notamment à travers le Marché commun, le Programme régional d’infrastructures, la Politique agricole commune etc. Il est vrai que l’élection du Sénégal à la présidence du Parlement Cedeao constitue un succès majeur de notre diplomatie.Tout comme le sont les décisives initiatives du Sénégal dans la crise gambienne et au Conseil de Sécurité des Nations, en sa qualité de membre non permanent. J’aurais pu ajouter, à cette panoplie de réalisations, les secteurs de l’hydraulique et de l’assainissement où le Sénégal a atteint les Omd et s’engage résolument dans les Odd.
Désormais, tous les segments de la nation vibrent au rythme du Pse avec notamment la jeunesse, le monde rural, le secteur privé, les acteurs sociaux, la société civile pour la réussite de notre stratégie d’émergence. Le Pse, je vous l’ai dit, est une admirable et efficiente chaîne de valeurs, dans un état de droit.

Quel rôle du secteur privé doit-être mieux impliqué dans le processus d’émergence pour la création d’emplois ?
Le secteur privé est partie prenante du processus d’émergence où sa place est centrale. C’est pourquoi, il doit encore plus accompagner les efforts de créations d’emplois fournis par l’Etat, pour que les relais de croissance fonctionnent simultanément et créent de nouvelles richesses et de valeurs. Mais, le fait est là, il a suffi de seulement trois années pour mettre le Sénégal sur l’orbite de l’émergence.
Aujourd’hui, la signature du Sénégal, chez les bailleurs, est redevenue crédible. Notre pays a gagné en attractivité d’investissements grâce à un climat des affaires assaini et en continuelle amélioration comme les organismes de notation l’ont attesté.

Vous avez été, pendant deux ans, directeur de Cabinet du président de la République, comment appréciez-vous les récriminations de certains dirigeants de l’opposition sur ses qualités humaines. Il est, parfois, jugé peu accessible, replié sur lui-même, sans grande ouverture.
Plan Sénégal EmergentLes appréciations que l’ont portent en général sur les hommes publics sont empreintes de préjugés. Mais, je puis vous assurer que seuls ceux qui ne connaissent pas le président Sall font ces remarques pour le moins injustifiées. Par la Grâce de Dieu et sa confiance, j’ai eu la chance de travaille en grande proximité avec lui. Son humanisme débordant et sa sensibilité sociale personnelle m’ont toujours marqué. Jamais, même seul à seul avec lui, vous n’entendrez jamais le président Sall médire ou émettre des jugements de valeur sur les autres. Même pas sur ses adversaires les plus acharnés, qui, pourtant, ne ratent aucune occasion pour déverser sur lui les pires contrevérités. Je vais vous faire une révélation. Une fois en réunion avec des cadres politiques et administratifs, il a fermement mis en garde contre toute évocation publique ou exploitation politique après que le fils d’un de ses opposants politiques eut commis des écarts de comportement à l’étranger. Le respect de la personne, de son image, son honneur et celui de ses proches et parents est sacré chez le président Sall. Sa générosité le conduit souvent à opérer de grandes libéralités surtout en direction des personnes en souffrance, y compris dans les rangs de ses adversaires politiques les plus intraitables. La pudeur m’interdit de citer nommément des exemples. Le président Macky Sall attache un grand prix à la loyauté qu’il incarne comme une posture cardinale. Pour peu qu’on se donne la peine de l’observer, on sent bien que la marginalité, l’injustice, la douleur morale et la blessure affective l’insupportent. Qui plus est, sa compétence technique, sa maîtrise des dossiers et son aptitude à restituer les conclusions de dossiers épineux, la finesse de ses analyses sont impressionnantes et surprennent souvent ses collaborateurs les plus avisés. Je constate que certaines des déclarations du président sont mal interprétées. C’est à croire que nous avons perdu le sens de l’humour dans ce pays. Quand le président parle du « lion qui dort » ou de « terrasser ses adversaires de l’arène politique », il faut savoir le lire au second degré. Il s’agit moins de propos belliqueux que de taquinerie amicale et de bon aloi envers des adversaires auxquels, je puis vous l’assurer, il ne nourrit la moindre once d’animosité. Souvenons-nous des quolibets dont les président Senghor et Diouf affublaient leurs adversaires politiques, Wade en l’occurrence, juste pour animer la galerie et décrisper la scène politique, trop encline au discours technocratique. Les répliques qui fusaient de l’opposition ne comportaient aussi aucune dose d’animosité.

On dit de vous que vous êtes plus un sherpa, un homme de l’ombre plus technocrate que politique. Pourquoi paraissez-vous si réticent à entrer en politique.
Il faut souvent se méfier des qualificatifs à l’emporte-pièce et des jugements quelquefois subjectifs. Il est vrai que mon profil et mon parcours professionnel m’inclinent plus souvent à traiter les dossiers stratégiques qui orientent les politiques publiques. Le terrain politique ne m’est pas du tout étranger, loin s’en faut. Cependant, on peut avoir plusieurs lectures de l’action politique. Certains légitimement se sentent plus doués pour la rhétorique et les mobilisations militantes. Ils sont porteurs de voix et leaders locaux ou nationaux. Ils contribuent à massifier le parti pour gagner les élections et gouverner selon le choix de société fait par le président. D’autres entretiennent leurs bases affectives en soutenant moralement et financièrement les militants. De surcroît, ils relayent le message présidentiel et vulgarisent les acquis économiques et sociaux. Dans le même temps, ils imprègnent leurs conseils par la remontée des attentes de la base et renseignent les décisions gouvernementales. Le tout, en travaillant sur les dossiers stratégiques aux côtés du président du Premier ministre et des ministres. Je me situerai plutôt dans la seconde catégorie d’hommes politiques. Il faut du tout pour faire un monde politique. Je puis vous dire que tant que le président me voudra à ses côtés pour la prise en charge de ces dossiers, j’y consacrerai mon ardeur, mon énergie, mon temps. Mon engagement à ses côtés, partout où il le voudra, sera sans rémission.

Monsieur le ministre, l’opposition Manko Wattu Sénégal vient de réaliser son unité pour constituer, éventuellement, une liste unique de 21 formations. La coalition Bennoo Bokk Yaakaar vit des contradictions internes exprimées sur la place publique. Ne craignez vous pas des risques de cohabitation dans de telles conditions ?
Je constate, pour m’en féliciter, que le bilan économique, social et politique du président Macky Sall est le premier rempart contre ce que certains appellent la cohabitation. Ce que le gouvernement a réalisé, en cinq ans seulement, dans le Plan Sénégal émergent et le Pudc, plaide largement en faveur d’une majorité parlementaire pour la coalition «Bennoo Bokk Yaakaar». Je dois d’ailleurs vous faire remarquer que tous les pronostics pessimistes qui avaient trop vite décrété l’éclatement de «Bennoo Bokk Yaakaar» ont été déjoués. L’édifice tient bon et très bon, et nous allons en toute sérénité transcender les difficultés internes inhérentes aux mouvements de masse, comme l’Apr, au sein duquel, chaque composante, chaque responsable tente de donner le mieux qu’il a, pour faire triompher le président Macky Sall en juillet 2017 et mars 2019. L’unité réelle ou supposée de l’opposition ne devrait pas faire peur. Bien au contraire, elle a au moins, l’avantage de clarifier le débat entre deux projets de société. Et, nul doute que les Sénégalais sauront reconnaître aux moments opportuns, les avantages comparatifs du Plan Sénégal émergent, dans sa capacité à porter les transformations sociales que les Sénégalais vivent déjà dans plusieurs secteurs de leur vie.

Mais M. le ministre, à moins de trois mois des élections législatives du 30 juillet, la coalition gouvernementale n’a toujours pas livré la composition de sa liste, pas même le nom de cette tête liste. «Bennoo Bokk Yaakaar» est-il en difficulté sur ce point ?
Quand une coalition rassemble autant de partis de mouvements que «Bennoo Bokk Yaakaar» et organisations diverses, confectionner une liste et désigner une tête de liste confinent à la quadrature du cercle. Mais, «Bennoo Bokk Yaakaar» a résisté à l’épreuve du temps et déjoué tous les pronostics de mauvais augure, qui le condamnaient à l’éclatement. Les dirigeants de cette coalition à l’image du président Macky Sall, sont conscients que l’unité fait la force et se donnent les moyens politiques de surmonter les difficultés inhérentes à cette configuration. Il en a été ainsi lors de la formation des gouvernements, des élections législatives précédentes et des joutes municipales et départementales passées. Il en sera pareillement pour ces législatives, qui seront pour notre coalition l’occasion d’une véritable démonstration d’unité et de force. La tête de liste serait trouvée et elle répondra au profil idéal pour une mission aussi délicate de diriger une liste face à une opposition, manifestement, en mal de leadership.

L’Apr parti qui a la majorité dans la coalition, comme par le passé fera preuve de générosité pour faire place le plus que possible aux composantes. Il faut aussi que les autres alliés démontrent leur esprit de compréhension, en sachant que les places au Perchoir sont limitées. Notre bilan économique et social est défendable, il n’y a aucune raison que cette belle aventure engagée depuis la seconde alternance ne se poursuive pas à l’assemblée nationale, en attendant la fatidique échéance de 2019, qui consacrera Inchalla, l’apothéose de l’avènement du président Sall.

A l’issue de son entrevue avec le Khalife général des Tidjanes, Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amin, le président Macky Sall a lancé un appel au dialogue à toutes les forces vives de la nation, dans un climat politique tendu, Comment doit-on appréhender cet appel ?
Durant son mandat, le président Sall n’a eu de cesse d’appeler au dialogue. L’opposition, du reste, y a souvent répondu faisant ainsi la démonstration que ses hésitations antérieures ne se justifiaient pas. Souvenez-vous de l’épisode du 28 mai au Palais, où le Sénégal tout en entier s’était retrouvé en parfaite communion devant le président Sall, à quelques exceptions près. Il est vrai que la délicatesse du dossier électoral a quelque peu entravé la poursuite sereine du dialogue sur la refonte du fichier électoral. Les opposants voulaient tout simplement aller trop vite en besogne en imaginant des situations d’irrégularités insensées. Aujourd’hui, les résultats sont parlants. Le nouveau fichier comporte plus de 6 millions d’inscrits et les opérations pré-électorales continuent. Comme promis, on votera sur le fichier refondu. Les contestations de l’opposition ressemblent, à bien des égards, à une tempête dans un verre d’eau.

Après son entretien avec le Khalife général, Abdoul Aziz Sy Al Amin, le président a réitéré son appel au dialogue pour pacifier davantage le climat politique. Certains épisodes judiciaires ont semblé déteindre sur le terrain politique. Mais cet amalgame est inadmissible. Notre justice est indépendante. Je suis bien placé d’en parler pour avoir été totalement blanchi du juge d’instruction jusqu’à la Cour suprême sous un régime qui n’avait pas du tout ma préférence. Il y a, chez nous, une réelle séparation des pouvoirs, mais aucune trêve judiciaire, ni de privilège de juridiction, ne sauraient être accordées aux fauteurs de troubles et les présumés coupables. Notre écosystème politique et démocratique est assis sur un socle solide. Et le sens de la responsabilité en constitue le leitmotiv.

Monsieur le ministre, l’actualité est marquée par le départ du gouvernement de Thierno Alassane Sall, un commentaire à ce propos ?
Il n’est ni aisé, ni d’usage, encore moins, recommandé, pour un ministre de commenter le départ d’un de ses collègues du gouvernement. Nous avons tous eu le privilège d’avoir été choisi par le chef de l’Etat pour servir la République, comme d’autres avant nous, et que d’autres le seront après nous. Certes, tout départ d’une équipe comporte sa part de regret. Cependant, en bon croyant, ma conviction est que chaque mission a un début et une fin. Dieu seul a le pouvoir exclusif de fixer le temps. Nous ne pouvons que recommander de lui rendre grâce au terme de toute mission qui nous est confiée.

Propos recueillis par Cheikh THIAM (texte)
et Pape SEYDI (photos)

Kosmos Energy annonce une grande découverte de gaz au large du Sénégal dans le bloc de Cayar Offshore Profond. Les réserves récupérables de ce puits sont estimées à environ 15 billions de pieds cubes.

Dans un communiqué, Kosmos Energy a annoncé, hier, une grande découverte de gaz au large du Sénégal dans le bloc de Cayar Offshore Profond à environ 95 kilomètres au Nord-Ouest de Dakar. Yakaar-1 a mis à jour une ressource brute de gaz d’environ 15 billions de pieds cubes renseigne la même source. Selon Kosmos, l’analyse préliminaire des échantillons de gaz menée depuis l’appareil de forage indique que le puits a rencontré du gaz avec un rapport de condensat à gaz situé dans la plage rencontrée antérieurement à Tortue (15) et à Teranga (30) barils par million de pieds cubes standard. Un programme d’évaluation est prévu pour délimiter la découverte de Yakaar. « Yakaar-1 est le premier puits d’une série de quatre essais indépendants des zones utiles des chenaux sous-marins du bassin situés au-delà de l’inclinaison du système en pente ouvert avec la découverte de Tortue-1 », explique le document.

Cette découverte a été réalisée à presque 2.550 mètres d’eau. Selon Kosmos, le puits a été foré jusqu’à une profondeur totale d’environ 4.700 mètres. « Yakaar-1 a croisé une colonne d’hydrocarbures bruts de 120 mètres dans trois accumulations dans l’objectif principal du Cénomanien inférieur, et a rencontré 42 mètres de zone productrice nette », détaille le communiqué. La même source précise que les résultats du puits confirment la présence d’épais sables de réservoir empilés, sur une très vaste zone, avec une très bonne porosité et perméabilité. « Kosmos détient un taux de succès de 100 % dans le bassin, avec six puits d’exploration et d’évaluation consécutifs forés à ce jour, ce qui confirme que notre modèle géologique et nos outils géophysiques sont bien étalonnés. Yakaar-1 a découvert une importante ressource de gaz. Conjointement avec la découverte de Teranga-1 réalisée l’année dernière, nous croyons que cette ressource soutiendra un deuxième centre de production de GNL à prix compétitif. Le résultat confirme, en outre, notre perception de l’échelle du système pétrolier au large de la Mauritanie et du Sénégal, notamment les systèmes de chenaux sous-marins du bassin, pour lesquels les risques sont maintenant encore plus réduits, puisque le puits démontre que le réservoir et le piège sont tous les deux fonctionnels dans ces zones utiles pas encore testées», a déclaré Andrew G. Inglis, le président-directeur général de Kosmos.

Selon le communiqué, après l’achèvement des opérations sur le puits Yakaar-1, l’Atwood Achiever se déplacera vers le puits Tortue-1 pour effectuer un essai de couche sur la découverte de Tortue, permettant ainsi le commencement de l’ingénierie de base au cours du deuxième semestre de 2017, une décision d’investissement finale en 2018, et le premier gaz en 2021. Kosmos et BP détiennent chacun une participation effective de 30 % dans le permis de Cayar Offshore Profond comme résultat de leurs propriétés respectives. Comme il a été annoncé antérieurement, BP a conclu un accord pour l’acquisition d’une participation supplémentaire de 30 % auprès de la Timis Corporation, sous réserve de l’approbation du gouvernement. La Société des pétroles du Sénégal (Petrosen) détient une participation de 10 %.

Le 6 mai 2015, Kosmos Energy annonçait une nouvelle découverte de gaz naturel dans le puits Teranga-1 situé dans le bloc Cayar Offshore Profond, situé à environ 65 kilomètres de Dakar et à près de 100 kilomètres de la précédente découverte de Gueumbeul 1 dans le bloc de Saint- Louis Offshore Profond.

Mamadou GUEYE

Kosmos Energy annonce une grande découverte de gaz au large du Sénégal dans le bloc de Cayar Offshore Profond. Les réserves récupérables de ce puits sont estimées à environ 15 billions de pieds cubes.

Dans un communiqué, Kosmos Energy a annoncé, hier, une grande découverte de gaz au large du Sénégal dans le bloc de Cayar Offshore Profond à environ 95 kilomètres au Nord-Ouest de Dakar. Yakaar-1 a mis à jour une ressource brute de gaz d’environ 15 billions de pieds cubes renseigne la même source. Selon Kosmos, l’analyse préliminaire des échantillons de gaz menée depuis l’appareil de forage indique que le puits a rencontré du gaz avec un rapport de condensat à gaz situé dans la plage rencontrée antérieurement à Tortue (15) et à Teranga (30) barils par million de pieds cubes standard. Un programme d’évaluation est prévu pour délimiter la découverte de Yakaar. « Yakaar-1 est le premier puits d’une série de quatre essais indépendants des zones utiles des chenaux sous-marins du bassin situés au-delà de l’inclinaison du système en pente ouvert avec la découverte de Tortue-1 », explique le document.

Cette découverte a été réalisée à presque 2.550 mètres d’eau. Selon Kosmos, le puits a été foré jusqu’à une profondeur totale d’environ 4.700 mètres. « Yakaar-1 a croisé une colonne d’hydrocarbures bruts de 120 mètres dans trois accumulations dans l’objectif principal du Cénomanien inférieur, et a rencontré 42 mètres de zone productrice nette », détaille le communiqué. La même source précise que les résultats du puits confirment la présence d’épais sables de réservoir empilés, sur une très vaste zone, avec une très bonne porosité et perméabilité. « Kosmos détient un taux de succès de 100 % dans le bassin, avec six puits d’exploration et d’évaluation consécutifs forés à ce jour, ce qui confirme que notre modèle géologique et nos outils géophysiques sont bien étalonnés. Yakaar-1 a découvert une importante ressource de gaz. Conjointement avec la découverte de Teranga-1 réalisée l’année dernière, nous croyons que cette ressource soutiendra un deuxième centre de production de GNL à prix compétitif. Le résultat confirme, en outre, notre perception de l’échelle du système pétrolier au large de la Mauritanie et du Sénégal, notamment les systèmes de chenaux sous-marins du bassin, pour lesquels les risques sont maintenant encore plus réduits, puisque le puits démontre que le réservoir et le piège sont tous les deux fonctionnels dans ces zones utiles pas encore testées», a déclaré Andrew G. Inglis, le président-directeur général de Kosmos.

Selon le communiqué, après l’achèvement des opérations sur le puits Yakaar-1, l’Atwood Achiever se déplacera vers le puits Tortue-1 pour effectuer un essai de couche sur la découverte de Tortue, permettant ainsi le commencement de l’ingénierie de base au cours du deuxième semestre de 2017, une décision d’investissement finale en 2018, et le premier gaz en 2021. Kosmos et BP détiennent chacun une participation effective de 30 % dans le permis de Cayar Offshore Profond comme résultat de leurs propriétés respectives. Comme il a été annoncé antérieurement, BP a conclu un accord pour l’acquisition d’une participation supplémentaire de 30 % auprès de la Timis Corporation, sous réserve de l’approbation du gouvernement. La Société des pétroles du Sénégal (Petrosen) détient une participation de 10 %.

Le 6 mai 2015, Kosmos Energy annonçait une nouvelle découverte de gaz naturel dans le puits Teranga-1 situé dans le bloc Cayar Offshore Profond, situé à environ 65 kilomètres de Dakar et à près de 100 kilomètres de la précédente découverte de Gueumbeul 1 dans le bloc de Saint- Louis Offshore Profond.

Mamadou GUEYE

L’Office chérifien des phosphates (Ocp) organise, à partir d’aujourd’hui jusqu’au 10 mai, la 4ème édition du Symposium international sur l’innovation et la technologie dans l’industrie des phosphates (Symphos). Ce sera au Centre des congrès de l’université Mohammed 6 polytechnique sur le site minier de Ben Guérir. Près de 1.500 participants (producteurs, consommateurs, traders, analystes de marché, ingénieurs et experts techniques) sont attendus.

Le Centre des congrès de l’université Mohamed 6 polytechnique de Ben Guérir abrite, à partir d’aujourd’hui, la 4ème édition du Symposium international sur l’innovation et la technologie dans l’industrie des phosphates (Symphos du 8 au 10 mai). Le Symphos est un rendez-vous biennal de référence mondiale de tous les acteurs de l’industrie des phosphates et dérivés. Cet événement met à l’honneur la recherche et le développement dans le domaine des phosphates et dérivés, l’innovation technique, scientifique et technologique, les nouvelles applications en agriculture ainsi que dans le domaine du développement durable et des énergies renouvelables. Près de 1.500 participants sont attendus dans cette ville minière du royaume chérifien. Symphos 2017 vient renforcer les acquis des trois précédentes éditions (2011, 2013 et 2015) et il sera orienté vers la recherche et le développement pour le renforcement et l’assise d’une agriculture durable à travers l’innovation, les nouvelles technologies et les fertilisants du futur », indique le communiqué de presse. Il se place comme un événement phare pour les industriels, les fabricants et les fournisseurs d'équipements, de technologies et services et la recherche-développement dans les domaines liés à la valorisation des phosphates et de ses dérivés. Selon le document, le Symphos a pour objectif de servir de plateforme d’échanges et de partage d’informations et d’idées innovantes ; d’examiner les nouvelles techniques et technologies pouvant améliorer la production, la préservation des ressources et autres ; d’échanger sur les meilleures pratiques industrielles en mettant l'accent sur le développement durable et la préservation de l'environnement. Il vise également à envisager l'avenir de l'industrie des phosphates dans une démarche de développement durable et de technologies propres ; échanger sur l'offre et la demande actuelles et futures de matières premières, de produits intermédiaires et de produits finis du phosphate et rencontrer les personnalités influentes de l’industrie minière et chimique globalement, des phosphates en particulier.

Plateforme d’échanges
Le Symphos s’adresse aux grands acteurs mondiaux de l’industrie des phosphates et dérivés. Il s’agit des producteurs, des leaders de l’industrie minière et chimique des phosphates ; des bureaux d’études et d’ingénierie spécialisés ; des fabricants et fournisseurs d’équipements de technologies et d’additifs pour l’industrie des phosphates et dérivés ; des concepteurs de nouvelles technologies de nouveaux procédés et de nouveaux produits ; des instituts et établissements de recherche-développement ; des sociétés savantes ; cabinets de conseil ; associations de l’industrie des phosphates et du secteur agricole ; commerciaux du secteur des phosphates et dérivés ; universitaires et scientifiques.

Au cours de ces trois jours, plusieurs thématiques seront abordées lors de sessions plénières et panels. Il s’agit des technologies innovantes des phosphates ; l’intensification des processus et amélioration des performances ; les nouvelles technologies d’extraction des phosphates et des minéraux ; les modes opératoires de production nouveaux et innovants utilisant les équipements existants. La maintenance et la sécurité industrielles et les techniques récentes en matière de réhabilitation des mines ; les données numériques ; l’enrichissement des minéraux ; l’acide phosphorique et sulfurique, purification, ammoniac, soufre ; la récupération et valorisation des éléments seront également abordés. Des thèmes comme la transformation de l’agriculture africaine ; la croissance durable de la productivité, chaînes de valeur, portefeuilles intégrés des meilleures technologies et pratiques ; l’agriculture du futur et les changements climatiques figurent également dans l’agenda.

De nos envoyés spéciaux à Ben Guérir :
El Hadji Abdoulaye THIAM et Aliou KANDE

Le Directeur général de l’Autorité de régulation des marchés publics (Armp) a déclaré, samedi à Saly, que sur certaines questions, le Sénégal est une grande référence sur les marchés publics. Saer Niang a également plaidé pour un soutien accru au secteur privé national afin de lui permettre de remporter plus de marchés.

La retraite de deux jours entre les membres et le conseil de régulation de l’Agence de régulation des marchés publics qui vient d’être renouvelée a permis de discuter sur les grands principes qui gouvernent le dispositif de passation des marchés publics et des délégations de services publics mais aussi les mécanismes de la régulation. Selon Saer Niang, des avancées significatives ont été faites dans les marchés publics. « Il y a dix ans lorsqu’on engageait la réforme, le budget de la commande publique tournait au tour de 400 voire 500 milliards de FCfa par an. Aujourd’hui, les marchés publics ont représenté 2.000 milliards. Le budget a quadruplé en dix ans ; ce qui veut dire qu’il y a un nouveau paradigme, un nouveau challenge qui s’opère », a indiqué le directeur général de l’Armp. « Quand on passe de 500 à 2.000 milliards, il y a de nouvelles problématiques qui sont posées. Pour autant, on avait mis l’accent sur la gestion administrative des marchés publics pour régler ces questions pour lesquelles nous sommes tout à fait à l’aise, il va falloir aller vers la fonction stratégique des marchés publics », a ajouté M. Niang. Selon lui, la dimension économique des marchés publics devient, à partir de ce moment, la grande priorité. «L’institution va s’élargir et passer d’Autorité de régularité des marchés publics à une Autorité de régulation de la commande publique qui va intégrer l’ensemble des modes contractuels de l’État », a expliqué Saer Niang, soulignant que des réflexions seront engagées et de nouvelles fonctions définies. À son avis, le nouveau conseil de régulation qui vient d’être mis en place doit continuer la réflexion pour voir comment articuler le plan de marche de l’institution pour les prochaines années, mais aussi comment les nouveaux défis doivent être pris en charge. Sur certaines questions, le Sénégal est une grande référence sur les marchés publics, selon Saër Niang.

Soutenir davantage le secteur privé national
Il a plaidé pour une évaluation du poids du secteur privé national dans la commande publique. « Il faut mettre en place de nouvelles stratégies pour soutenir le secteur privé à avoir une place beaucoup plus confortable et privilégiée dans les marchés publics du Sénégal », a-t-il indiqué. Pour le directeur général de l’Armp, les structures du secteur privé national gagneraient à aller vers des regroupements pour « devenir plus fortes à participer aux compétitions. Elles auraient les moyens de faire face à des entreprises étrangères et espérer remporter plus de marchés surtout les plus prestigieux en valeur et en innovation ». « Ce sont des problématiques qui sont là et nous avons discuté largement avec les membres du nouveau Conseil de régulation des marchés publics pour voir comment aller dans le sens permettant aux marchés publics d’être un instrument de développement économique et social », a soutenu Saer Niang.

Amath Sigui NDIAYE

Si des mesures ne sont pas prises d’urgence pour remédier à la stagnation de la compétitivité, les économies africaines ne créeront pas suffisamment d’emplois pour le nombre de jeunes qui arrivent sur le marché du travail. Telle est la conclusion du rapport « Africa Competitiveness ».

Le rapport « Africa Competitiveness », fruit de la collaboration du Forum économique mondial, de la Banque africaine de développement (Bad) et du Groupe de la Banque mondiale, préconise de modifier rapidement les politiques actuelles, car en l’état, elles permettront de créer tout au plus, 100 millions de nouveaux emplois au cours des 20 prochaines années au lieu des 450 millions dont l’Afrique aura besoin.

Selon le document publié, tous les deux ans, la capacité des économies africaines à créer suffisamment d’emplois pour une population jeune et de plus en plus nombreuse, passe par la mise en œuvre urgente et fructueuse de réformes qui permettront d’accroître la productivité. La compétitivité renvoie à l’ensemble des institutions, politiques et facteurs qui déterminent le degré de productivité — et par conséquent la prospérité future — d’un pays.

Le rapport qui couvre l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne paraît dans une conjoncture marquée par le ralentissement de la croissance économique dans la plupart des pays de la région après une dizaine d’années d’expansion soutenue. Il prévient que si aucune amélioration n’est apportée aux éléments qui déterminent fondamentalement la compétitivité, cette stagnation pourrait se poursuivre. Selon « Africa Competitiveness Report 2017», les défis que doivent relever les dirigeants africains sont aggravés par une croissance démographique rapide qui devrait se traduire par l’arrivée de 450 millions de personnes supplémentaires sur le marché du travail au cours des 20 prochaines années.

Toutefois, l’Afrique a une population jeune et dynamique qui pourra relancer l’économie de la région si des réformes ciblées, à court et à long terme, sont prises dans des domaines essentiels, souligne le rapport. Il met l’accent sur les domaines d’intervention prioritaires pour l’amélioration de la compétitivité, entre autres, la poursuite de réformes sectorielles en priorité dans des secteurs à forte intensité de main-d’œuvre telles que les agro-industries et le bâtiment mais aussi en faveur des micro-entreprises, pourrait stimuler la création d’emplois à brève échéance, l’offre d’un soutien ciblé pourrait remédier aux graves problèmes économiques auxquels sont confrontées les régions et les populations vulnérables dans les pays fragiles ainsi que des politiques d’ouverture des échanges favoriseront l’intégration économique régionale.

Le rapport insiste, à long terme, le renforcement des institutions est une condition nécessaire à une mise en œuvre plus rapide et plus efficace des politiques publiques. Les carences qui ont pu être observées sur le plan de l’exécution dans le passé sont souvent imputables à la précarité des institutions et sur la nécessité d’améliorer l’infrastructure pour permettre au commerce de se développer et de promouvoir l’expansion des entreprises. Le rapport insiste également sur l’importance d’accroître le recours aux technologies pour remédier aux retards de productivité.

L’Africa Competitiveness Report associe les données provenant de l’indice de compétitivité mondiale « Global Competitiveness Index », (Gci) du Forum à des études portant sur les politiques de l’emploi et la compétitivité des villes.

Mamadou SY

Le Pr Sakhir Thiam a préconisé, jeudi à Dakar, l’intégration progressive des bourses africaines pour nouer des partenariats « gagnant-gagnant » avec les places financières européennes dans la perspective d’élargir les sources de financement de nos économies. Il a déploré la non convertibilité des deux Cfa entre elles. Le président de l’université Dakar-Bourguiba a donné l’exemple d’un sénégalais s’étant rendu au Gabon lors de la dernière coupe d’Afrique des nations de football et qui a fait l’amer constat : la non convertibilité du Cfa de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) en Cfa de l’Uemao (Union économique et monétaire ouest-africaine) sans passer par l’euro et inversement. Cette difficulté a pour conséquence de « contredire l’efficacité du marché financier » et tient à « un phénomène précis, à savoir le contrôle des changes ».

Le mathématicien, professeur agrégé et ancien ministre de l’Enseignement supérieur, s’exprimait à l’occasion d’une table-ronde autour de «Regards croisés sur l’Ue et l’Afrique», à la Place du souvenir, à l’initiative de la délégation de l’Union européenne (Ue) et de l’ambassade d’Italie au Sénégal. Cette rencontre s’inscrivait dans la célébration des 60 ans du Traité de Rome, fondateur de l’Ue.

Culture boursière
Après avoir insisté sur les limites du financement bancaire classique, il a résumé les classiques de l’économie boursière et dressé la cartographie des places financières sur le continent : 8 en Afrique australe avec « le géant » sud-africain et la bourse de Johannesburg ; 6 en Afrique de l’est où se trouve la dynamique place financière de l’Ile Maurice ; 4 en Afrique du nord ; la bourse de la Cemac. En Afrique de l’ouest, il a rappelé que la Bourse régionale des valeurs mobilières de l’Uemao, « intégrationniste » certes mais cohabite avec celles de Lagos et d’Accra. Pour mieux souligner des « incohérences ».

Le Pr Sakhir Thiam souligne que la Brvm, bourse de l’Uemoa et celle de la Cemac ne collaborent pas alors qu’elles partagent la même monnaie, le Cfa et elles devraient donc construire une plateforme commune. Il a invité à la réflexion vers une plateforme commune de vente et d’achat de la monnaie par les marchés financier et « voir comment obtenir une bourse intégrée ». Il espère qu’une décision sera prise pour régler l’interchangeabilité entre le Cfa (Cemac) et le Cfa (Uemoa), « en évoquant la possibilité de créer une bourse pour la zone franc et une plateforme pour financer le développement de ces régions en partant d’une coopération interafricaine ».

L’Afrique est présentée comme étant le futur marché le plus attractif en raison de son poids démographique, de la jeunesse de sa population et d’importantes ressources naturelles. Son intégration durable dans l’économie mondialisée, en se déparant du statut lascif de consommateur de produits manufacturés et d’exportateur de matières premières brutes, passe par l’attrait des flux financiers dont la bourse est la représentation achevée.

Il a souligné que l’économie boursière cultive la régulation et la règlementation qui inspirent la confiance aux investisseurs, dans un cadre dématérialisé avec un recours aux technologies les plus innovantes. Tout comme l’information (cours, actualité, environnement des affaires) qui y a une valeur stratégique.

Samboudian KAMARA

Les enjeux économiques de la réintégration récente du Maroc à l’Union africaine ont poussé des acteurs du secteur privé africains à se pencher sur les opportunités de ce retour du Royaume chérifien pour les entrepreneurs du continent. C’était, hier, à Casablanca, lors de la clôture du Salon Hub Africa.

A travers le thème « Maroc-Union africaine, quel impacts pour les entrepreneurs », des membres du secteur privé de pays africains se penchent sur les opportunités liées à la réintégration du Royaume chérifien à l’Union africaine. La Togolaise, Candide Leguede, présidente de la Fédération des femmes entrepreneures de la Cedeao, estime que le retour du Maroc à l’Union africaine est une belle initiative à saluer. A ses yeux, le Maroc est un pays modèle dans la promotion des entreprises et l’accompagnement des startups. Elle ajoute que les nombreuses petites entreprises recensées dans les économies du continent pourront croître et devenir de grandes entreprises. Pour elle, le Maroc est un exemple qui peut inspirer les jeunes entrepreneurs africains. En termes d’opportunités, il peut servir d’exemple à beaucoup de pays en libéralisation des échanges avec les stratégies qu’il a mises en place.

L’arrivée du Royaume chérifien peut également encourager les dirigeants d’entreprises africaines à conjuguer leurs efforts pour devenir plus forts et réussir dans le marché africain. « Cette réintégration peut entrainer une augmentation des économies d’échelles avec les entreprises qui pourront se mettre ensembles. Ce qui constitue un facteur essentiel pour renforcer la concurrence », a affirmé la présidente de la Fédération des femmes entrepreneures de la Cedeao. Relevant que les entreprises seront forcées d’augmenter leur rendement pour gagner plus de parts de marché. L’atteinte de cet objectif, dit-elle, passe par la suppression des barrières tarifaires, des visas, qui empêchent le libre commerce.

Selon elle, l’expérience au sein de la Cedeao relative à la libre circulation des personnes et des biens doit être élargie dans les autres grands ensembles. S’y ajoute la monnaie unique – FCFA – dans l’espace Uemoa. « Dans cette zone, les acteurs du privé, notamment les entrepreneurs, font du commerce sans grandes entraves. Avec le retour du Maroc, il faut qu’on aille dans ce sens en ayant des zones économiques et régionales intégrées », préconise-t-elle.

Intégration bénéfique
Cette intégration, d’après elle, sera bénéfique aussi bien pour les entreprises que les consommateurs. De son côté, Bouchra Benhida, vice-présidente de l’Association marocaine des exportateurs (Asmex) soutient que le retour du Maroc dans l’Union africaine est une occasion pour encourager l’entrepreneuriat et renforcer l’intégration régionale. Elle relève que le continent connaît une croissance importante de jeunes en âge de travailler. Elle souligne que plusieurs études s’accordent sur le fait que d’ici à 2030, il va falloir créer 5 millions d’emplois. « Je ne pense pas que la fonction publique des Etats puisse créer ces emplois. L’entreprenariat reste la solution », estime la vice-présidente de l’Asmex. Alioune Guèye, Commissaire général du salon indique que le Maroc a développé un ensemble de stratégies « couronnées » de succès notamment des stratégies sectorielles.

D’après M. Guèye, on est dans une logique où le Maroc se déploie en Afrique, non seulement sur sa zone naturelle avec des alliés traditionnels comme le Sénégal, la Côte d’ivoire, le Gabon mais il va plus loin dans des zones où il a moins de relations. C’est l’exemple de la Tanzanie, du Rwanda, de l’Ethiopie… « Actuellement, les peuples africains, de plus en plus formés, informés et connectés, attendent des résultats d’organisations panafricaines et régionales », fait-il remarquer. De l’avis du commissaire général du salon, le Maroc n’a pas attendu son retour à l’Union africaine pour intensifier, approfondir et développer ses relations avec les pays du continent. En moins de 10 ans, 300 conventions ont été signées entre le Royaume chérifien et des gouvernements dans des secteurs divers et variés. Mieux, relève-t-il, des entreprises marocaines se sont déployées sur le continent avec une philosophie de promouvoir le co-développement.

Pour Abderrahim Aquesbi, directeur général adjoint de Maroc Pme, le statut auto-entrepreneur du Maroc peut être transféré vers les pays africains et peut répondre à des problématiques d’intégration économique et d’inclusion sociale. Soufiane Idrissi Kaitouni, président de la Fédération marocaine des technologies de l'information, des télécommunications et de l'offshoring note que le Maroc a fait montre d’une volonté de marquer son retour dans l’Union. Il évoque la signature, par Mouhamed VI, d’une convention relative à la création d’un centre Technopark à Abidjan. « A travers ce geste, il y a ce souhait de transférer des compétences », selon M. Kaitouni.

De notre envoyé spécial à Casablanca Abdou DIAW

Le Comité de pilotage du projet de centres de référence en recensement, avec collecte électronique, a été installé, hier. C’était au terme de la première session du comité de pilotage du projet qui vient de prendre fin. Le comité technique a été également installé. Cette cérémonie de clôture a servi de cadre aux responsables des structures en charge des statistiques du Sénégal, du Cap-Vert, du Brésil pour signer un accord de partenariat en vue de travailler ensembles avec l’assistance du Fnuap.

L’Agence brésilienne de coopération accompagnera ces pays lors des opérations de recensement. Le Sénégal, le Cap-Vert et l’Afrique du Sud ont été choisis pour abriter des centres de référence en recensement avec collecte électronique. Ce projet de centre de référence qui se déroule dans le Programme de coopération Sud-Sud Brésil-Fnuap, a pour objectif de former les instituts nationaux de statistiques de l’Afrique du Sud, du Sénégal et du Cap-Vert à l’utilisation de technologies de collecte électronique de données à partir de l’expérience de l’Ibge (l’Institut brésilien de géographie et de statistiques), en vue d’en faire des centres de référence en recensement avec collecte électronique de données. Ainsi, les centres concernés pourront, à l’avenir, appuyer d’autres instituts nationaux de statistiques de la région sur la collecte électronique de données.

Le directeur général de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd), Aboubacar Sédikh Bèye s’est félicité du bon déroulement des travaux durant ces quatre jours. Cela a permis, à son avis, de finir le dispositif d’installation des centres de référence dans ces pays. M. Bèye a annoncé la tenue prochaine d’un forum africain sur l’utilisation des technologies. Ce forum dont la date n’a pas été fixée, sera, selon le directeur général de l’Ansd, une occasion d’identifier les besoins de formation, le calendrier pour les pays à appuyer. Avant ce forum, poursuit-il, une réunion du comité de pilotage se tiendra au Cap-Vert vers la fin de l’année. Aboubacar Sédikh Bèye a rappelé l’importance de disposer de statistiques fiables pour mieux éclairer les décisions des pouvoirs publics. « Les statistiques doivent être considérées comme un investissement à l’image des infrastructures, l’éducation, la santé. Sans des données fiables, on commet beaucoup d’erreurs dans l’exécution des politiques publiques. D’où l’importance des centres de référence qui vont aider les pays africains dans les opérations de recensement », a soutenu M. Bèye.

Andréa Wojnar Diagne, représentante résidente du Fnuap s’est félicitée de l’installation du comité de pilotage des centres de référence. Elle a réitéré l’engagement du Fnuap de faire le plaidoyer auprès des structures des Nations-Unies afin de soutenir ces centres. « La coopération trilatérale sud-sud entre le Brésil, le Sénégal et le Cap-Vert revêt une importance capitale pour réaliser les Objectifs de développement durable. Les centres de références vont y jouer un grand rôle », a déclaré Alexandre Campello de Siqeira de l’ambassade du Brésil au Sénégal. « L’utilisation des Tics est incontournable dans les recensements. Ensembles, nous allons parvenir à mettre en œuvre ce projet », a affirmé Celso Soares, le vice-président de l’Institut de statistiques du Cap-Vert.

Aliou KANDE

Lors de la rencontre, le secteur privé a largement déploré les contrôles et redressements fiscaux répétitifs. Beaucoup d’intervenants, à l’image de Thiaba Sy Camara du cabinet Deloitte ont appelé à l’organisation des assises sur la fiscalité pour combler le déficit de communication entre le secteur privé et l’administration. Pour elle, l’administration fiscale doit être un partenaire du secteur privé. « On ne peut pas prospérer avec des lois qui sont complètement étrangères à notre sociologie », a-t-elle relevé. Ndiaga Sarr, conseiller à l’AmCham milite, quant à lui, à une large concertation entre les entreprises et l’administration en vue d’améliorer la performance de l’économie. Christophe Bovy du cabinet Kpmg Sénégal est d’avis que certaines pratiques fiscales impactent sur l’économie, la productivité et la compétitivité. Dans ses réponses, le ministre du Budget a rappelé les orientations du chef de l’État qui prône une administration de développement et au service de la qualité. Selon lui, beaucoup d’efforts ont été faits par l’administration fiscale. « Le système a été amélioré tout en soulignant que le renoncement de l’impôt sur les revenus a impacté sur le budget avec 42 milliards de FCfa ». La volonté de l’État, a-t-il réaffirmé, c’est d’accompagner et de s’appuyer sur le secteur privé pour développer notre pays. C’est tout l’intérêt, rappelle-t-il, de la mise en place des instruments comme le Fonsis, le Fongip, la Bnde. Il s’y ajoute que les Partenariats public-privés constituent, une option sérieuse du gouvernement pour la réalisation des objectifs du Pse, selon le ministre. 

Souleymane Diam SY

La chambre de commerce américaine au Sénégal (AmCham) a organisé, hier, un panel sur « les entreprises face à la loi de finances initiale pour l’année 2017 : opportunités et défis », animé par le ministre chargé du Budget, Birima Mangara. Il a invité les entreprises, membres de l’AmCham, à saisir les nombreuses opportunités d’investissement offertes par la commande publique.

Initialement constituée par des entreprises en relation d’affaires avec les États-Unis, dans des échanges commerciaux ou représentant des entreprises américaines au Sénégal, la chambre de commerce américaine au Sénégal (AmCham) est désormais ouverte aux entreprises du Sénégal qui souhaitent avoir un cadre de rencontre et d’échanges sur les problématiques de croissance et de développement. Pour améliorer les performances de ses membres, cette structure a organisé, hier, une rencontre d’échanges avec le ministre chargé du Budget. Birima Mangara a rappelé que le budget de la loi de finances initiale 2017 se situe à 3.360 milliards de FCfa contre 3.022,390 milliards en 2016. Il a relevé que les dépenses d’investissement représentent 36, 5 % contre 34, 5 %, l’année précédente. Toutefois, M. Mangara note que les Pme sénégalaises sont confrontées à de nombreux défis pour saisir les opportunités offertes par la commande publique. Il s’agit, entre autres, de la maîtrise de l’information relative à la commande publique, des procédures de passation des marchés publics, au faible niveau d’industrialisation des entreprises, à la qualification technique pour la préparation des dossiers d’appel d’offres, aux difficultés d’accès aux financements (notamment innovants), etc. Nos entreprises doivent se mettre, à son avis, aux normes et standards internationaux, soulignant qu’il est difficile de privilégier les entreprises nationales si celles-ci ne respectent pas les critères, ne serait-ce qu’au nom « de l’équité et de la transparence ». Pour aider le secteur privé à relever ces défis, ajoute M. Mangara, l’État a mis en place des programmes de mise à niveau des entreprises avec une enveloppe de 755 millions de FCfa. Grâce à cette politique, des résultats probants ont été obtenus. L’État a pris d’autres mesures pour aider les entreprises. Il s’agit, entre autres, de l’élaboration d’un guide des marchés publics, de l’étude sur l’identification et la classification, de l’accélération du processus de dématérialisation pour la soumission aux marchés publics, etc. Selon le ministre, le Sénégal a entrepris d’importantes mesures pour une politique d’industrialisation à travers le Pôle industriel de Diamniadia qui vise « à permettre aux entreprises nationales de s’y installer de même que la zone économique spéciale (Zes) ».

Thiaba Sy Camara a interpellé le ministre sur la situation de la laiterie du berger, concurrencée déloyalement par d’autres entreprises. Birima Mangara a assuré que le Sénégal va aller vers un changement de la législation en mettant l’accent sur la chaîne de valeurs pour créer plus de richesse. Il a réitéré l’option du gouvernement d’encadrer les Pme pour qu’elles aillent vers le semi-industriel et même l’industrialisation eu égard à son impact sur l’économie et le budget.

Interpellé sur la destination des dettes que notre pays a contractées, ces dernières années, il a relevé que le budget du Sénégal est aligné aux objectifs d’investissements depuis 2014 notamment les infrastructures. S’agissant du secteur de l’énergie, il a souligné qu’on peut envisager d’imposer aux entreprises étrangères de s’associer au privé national et de lui aligner une bonne partie du capital.

Des améliorations dans le dispositif de paiement du secteur privé
Le ministre du Budget a déclaré que les paiements de la commande publique ne dépassant plus de 30 millions de FCfa sont honorés dans les 48 heures depuis 2014. « Aujourd’hui, a dit Birima Mangara, les détenteurs des tickets ne dépassant pas les 30 millions de FCfa sont payés dans les 48 heures par le Trésor lorsque toutes les procédures sont achevées ». Pour les paiements supérieurs à ce montant, il a souligné que quel soit le niveau de la commande publique, l’État est tenu de payer dans les 90 jours. Le ministre est convaincu que « l’environnement a été amélioré et soigné », avant d’inviter les membres de l’AmCham à venir travailler avec l’État parce que, rappelle-t-il, « les créances de l’État sont garanties ». Toutefois, il a rappelé qu’il peut arriver des pics de tension et que la règle d’or du budget, c’est l’arbitrage.

Souleymane Diam SY

L’octroi de deux permis d’exploration de pétrole et de gaz à Total est une bonne chose, a déclaré, hier, Djibril Kanouté, ancien directeur général de Petrosen. C’était lors du point organisé par l’Association sénégalaise pour le développement de l’énergie en Afrique (Asdea). « Il faut se féliciter de l’avènement de majors comme Total dans l’exploration de pétrole et de gaz au Sénégal. C’est une compagnie qui est au Sénégal depuis plus de soixante ans », a souligné M. Kanouté, un des responsables de l’Asdea. « C’est un avantage d’avoir une compagnie comme Total qui a des liens historiques avec le Sénégal », a-t-il ajouté, en rappelant que cette compagnie française avait découvert, en 1966, le premier gisement de pétrole. Après cette découverte, a-t-il confié, le gisement est revenu à l’État sénégalais. Il a cité également le gisement découvert par cette même compagnie dans la zone de Diamniadio.

Djibril Kanouté a indiqué que cette compagnie a une expertise avérée dans le domaine des hydrocarbures et fait partie des cinq premières au monde. Selon l’ancien directeur général de Petrosen, le Sénégal ne sera pas perdant dans l’exploitation des ressources pétrolières et gazières découvertes dans notre pays. «Au moment du partage, l’État pourra avoir entre 58 % et 75 % de parts», a-t-il soutenu. Biram Diouf, un autre responsable de Asdea abonde dans le même sens. « Pour le partage des ressources, le Sénégal aura plus de 60 % alors qu’il n’a pas mis ses ressources lors de l’exploration », a renchéri M. Diouf. Il a expliqué que l’exploration est une phase coûteuse qui nécessite plusieurs milliards de FCfa. « L’État ne peut pas se permettre de mettre près de 100 milliards de FCfa dans l’exploration et le forage d’un puits. C’est pourquoi, il fait appel à des compagnies étrangères qui supportent toutes les charges », a-t-il expliqué. Les deux experts intervenaient lors du point de presse de l’Asdea qui organise les 10 et 11 mai prochains à Dakar, la 15ème édition du Salon de l’énergie et du pétrole.

Selon Serigne Momar Dièye, président de l’Asdea, ce salon couplé à une exposition, sera orienté vers les évolutions et les perspectives à long terme que devrait connaître le continent dans le domaine de l’énergie. Au cours de ce rendez-vous, précise M. Dièye, les sujets de l’amont et de l’aval du pétrole seront abordés ainsi que la capacité de l’ensemble des énergies à soutenir le développement économique du continent africain en forte croissance démographique.

Aliou KANDE

« Nous avions eu un approvisionnement correct du marché l’année dernière », a déclaré, hier, le ministre de l’Élevage et de la Production animale, Aminata Mbengue Ndiaye, qui présidait une réunion de préparation de la fête de Tabaski 2017. Elle a indiqué que l’année dernière, 681.313 moutons ont été recensés dans les différents points de vente du pays contre 655.088 en 2015. « Rien que pour le marché de Dakar, l’année dernière, nous avions eu 235.708 têtes », a déclaré le ministre de l’Élevage et de la Production animale. Elle a noté, par rapport à 2015, une augmentation des moutons dans les points de vente de la région de Dakar, soit 235.708 moutons en 2016.

S’agissant des importations de moutons de l’année dernière, le Mali a fourni 329.914 têtes, la Mauritanie 110.478. En 2015, le nombre de moutons importés pour la Tabaski s’élevait à 362.727 têtes. Les exportations de moutons vers la Guinée Bissau et la Gambie ont atteint, l’année dernière, 39.479 têtes contre 50.099 têtes en 2015. Pour les moutons invendus, l’année dernière, ils sont estimés à 43.435 têtes. Pour le ministre de l’Élevage, l’objectif du gouvernement, c’est de parvenir à une autosuffisance en moutons de Tabaski les prochaines années.

Pour 2016, le système financier décentralisé a accordé 4.844.220.816 de FCfa aux opérateurs économiques évoluant dans la production et la vente de moutons pour la Tabaski. En 2015, ce crédit s’élevait à 1.172.290.400 de FCfa. La rencontre d’hier a été l’occasion, pour les acteurs impliqués dans la préparation de la tabaski 2017, d’adopter une matrice d’actions ayant trait, entre autres, à l’aménagement des points de vente autorisés, aux questions de sécurité et de financement et à la programmation des Comités régionaux de développement sur la préparation de cette fête. Cette matrice d’actions sera proposée à l’occasion d’un Conseil interministériel dédié à la préparation de l’édition 2017 de la Tabaski.

Mamadou SY

La Bicis a inauguré, le samedi 29 avril 2017, son agence rénovée de Louga. Avec un investissement de 100 millions de FCfa, la nouvelle agence sur l’avenue Lamine Guèye de Louga accueille ses clients dans un environnement plus spacieux, moderne et convivial. La cérémonie était présidée par le gouverneur Alioune Badara Mbengue. Il a mis l’accent sur le rôle « important » que doivent jouer les institutions financières pour la réussite du Plan Sénégal émergent (Pse).

«Les institutions financières ont un rôle important à jouer pour la réussite du Pse en facilitant la mobilisation de l’épargne et l’investissement», a-t-il indiqué. Alioune BadaraMbengue a insisté sur le rôle que doivent jouer les banques dans un monde où «doit être cultivé le réflexe d’ouverture d’un compte et l’abandon de pratiques consistant à thésauriser l’argent quelque part dans sa chambre». «Les époques ont changé, les hommes doivent changer aussi. Il faut développer l’économie en faisant de l’épargne et en faisant confiance aux institutions financières dont les banques», a-t-il dit.

Selon lui, «le gouvernement accorde beaucoup d’importance à ces banques qui sont certes privées mais qui reçoivent des fonds du public dont la sécurité doit être garantie par l’État qui s’en occupe même s’il n’est pas toujours visible». «Le secteur économique, à Louga, est marqué par de profondes mutations. Il faudra s’adapter à ces changements perceptibles à travers le nouvel environnement bancaire imposant tant sur le plan national qu’à l’échelle de la région de Louga», a encore ajouté le gouverneur Mbengue. Il a salué l’initiative des autorités de la Bicis qui ont injecté 100 millions de FCfa dans ce chantier, démontrant ainsi leur volonté de s’adapter à la concurrence et leur attachement à cette ville où la banque est présente depuis cinquante ans.

L’administrateur Directeur général de la Bicis, Patrick Pitton a souligné les potentialités agro-alimentaires de la région de Louga qui «revêtent un intérêt certain» pour sa banque. «L’axe nord englobant Louga, Saint-Louis, Richar-Toll et Ourossogui est stratégique pour la Bicis car, outre ses potentialités, elle est une ouverture vers la Mauritanie sans compter la présence de l’industrie avec la Spia. D’où notre présence, depuis longtemps», a ajouté M. Pitton. «Cette rénovation a pour but de rendre plus accueillante la banque qui compte 2500 clients dans la ville de Louga», a-t-il conclu.

APS

L’édition 2017 de l’Africa Attractiveness Index (Aai) publiée en début mai par le Cabinet d’audit Ernest & Young qui « mesure l’attrait relatif des investissements de 46 économies africaines sur la base d’un ensemble équilibré de critères ciblés à court terme et à long terme », classe le Sénégal 9e pays africain le plus attractif pour les investisseurs en 2017.

Introduite en 2016, l’Africa Attractiveness Index (Aai) mesure l’attrait relatif des investissements de 46 économies africaines sur la base d’un ensemble équilibré de critères ciblés à court terme et à long terme. L’édition 2017, intitulée «Connectivity redefined», évalue les progrès réalisés dans les domaines de la gouvernance, la diversification, les infrastructures, les opportunités d’affaires et le développement humain ainsi que la résilience probable des économies dans le contexte des pressions macroéconomiques actuelles. Compte tenu de son dynamisme économique et de sa position de pays émergent, proche de l’Europe, le royaume chérifien, une destination privilégiée des investisseurs en quête d’opportunités d’investissement et d’affaires est la première économie la plus attractive en 2016 pour investisseurs sur le continent, selon l’édition 2017 de l’indice d’attractivité de l’Afrique publiée par le cabinet d’audit Ernst & Young en ce début mai. Il est suivi de l’Afrique du Sud qui occupe la deuxième marche du podium que la nation arc-en-ciel partage désormais avec le Kenya.

L’édition 2017 renseigne également sur les bonnes places de la Côte d’Ivoire arrivée 7e (+2), de l’île Maurice qui occupe le 8e rang (-3) et du Sénégal qui se positionne à la 9e place (+2) ; classant ces pays parmi les 25 économies africaines les plus attractives. Les pays ayant perdu le plus de places sont l’Égypte (8 places perdues), le Bénin et l’Éthiopie (6 places) et la Tunisie (5 places). L’étude révèle aussi qu’au cours de l’année écoulée, les grandes économies en Afrique ont attiré plus d’investisseurs étrangers. Collectivement, ces marchés, à savoir l’Afrique du Sud, le Maroc, l’ Égypte, le Nigeria et le Kenya, ont attiré plus de 58 % des projets d’Ide, en 2016.

Liste des 25 pays africains les plus attractifs
1-Maroc (+1), 2-Kenya (+2), 2-Afrique du Sud (-1), 4-Ghana (+2), 5-Tanzanie (+7), 6-Ouganda (+7), 7-Côte d’Ivoire (+2), 8-Ile Maurice (-3), 9-Sénégal (+2), 10-Botswana (-3), 11-Égypte (-8),12-Rwanda (-3), 13-Tunisie (-5),14-Namibie (+1), 15-Algérie (+1), 16-Zambie (+1), 17-Nigeria (-2), 18-Cap Vert (+5), 19-Cameroun (+3), 20-Éthiopie (-6), 21-Burkina Faso (+0), 22-Mozambique (-2), 23-Madagascar (+1), 24-Mali (+4), 25-Bénin (-6).

M. L. DIEYE avec Ecofin

Le ministre de la Pêche et de l’Économie maritime a présidé, hier, l’atelier national de partage de la revue sectorielle de son département 2016. Oumar Guèye a salué les importantes réalisations enregistrées par son département, l’année dernière.

Le ministre de la Pêche et de l’Économie a magnifié les importations réalisations par son département, un an après l’adoption de la nouvelle lettre de politique sectorielle de développement de la pêche et de l’aquaculture (Lpsdpa). Oumar Guèye présidait, hier, l’atelier national de partage de la revue sectorielle 2016 de son département. Selon lui, cet atelier entre dans le suivi et la reddition des comptes sur la mise en œuvre de la politique économique et sociale du Sénégal, en 2016. L’objectif, a-t-il précisé, est de faire le point sur les réalisations des projets et programmes et de tirer des conclusions pour une efficacité de la gestion des ressources publiques. Également, la revue sectorielle constitue un moment de partage entre l’administration, les professionnels et les partenaires techniques et financiers sur la situation et les perspectives de développement du secteur. Le ministre est revenu sur les réalisations de son département dans la mise en œuvre du Document de programmation pluriannuel des dépenses (Dppd). Il s’agit, entre autres, de l’exécution du Programme gestion durable des ressources halieutiques et restauration des habitats ; du Programme développement de l’aquaculture ; du Programme de valorisation de la production ; du Programme de modernisation de la marine marchande avec l’amélioration de la liaison maritime Dakar-Ziguinchor dans de meilleures conditions de sécurité, de sureté et de confort avec un coût de transport fixé à 5.000 FCfa ; le dragage du fleuve Casamance sur une profondeur de 7,5 mètres avec une largeur de chenal de 400 mètres et le dragage du fleuve Saloum de Lagoba au port de Ndakhonga à une profondeur de 5,5 mètres avec une largeur de chenal de 140 mètres.

Subvention moteurs de pirogues
Le ministre a annoncé que la subvention étatique pour les moteurs de pirogues qui était de 5 milliards sera portée à 10 milliards de FCfa. A son avis, la subvention des moteurs allouée par l’État en 2016 a permis aux pêcheurs artisanaux d’acheter 1.670 moteurs dans la modernisation des moyens de production. Dans le volet suivi du programme de gestion durable des ressources, le ministre a informé que 2.672 inspections et contrôles de navires ont été effectués en 2016 contre 2.335 en 2015. « 1.264 inspections de navires à quai ont été faites dont 850 sur les navires ayant une licence au Sénégal et 414 sur des navires étrangers qui ont débarqué à Dakar », a précisé Oumar Guèye. Pour la pêche artisanale, il a souligné que 1.335 pirogues ont été contrôlées par des vedettes de surveillance et les stations côtières. Il a précisé que ces opérations ont permis d’arraisonner 8 navires sénégalais, 2 étrangers et 83 pirogues. « Ces résultats témoignent de la dynamique enclenchée, ces dernières années, dans le renforcement de la surveillance des pêches et l’application des mesures relevant de l’État du port pour lutter contre la pêche illicite non déclarée et non réglementée (Inn) », a-t-il déclaré.

Le coordonnateur de la direction générale de la planification et des politiques économiques, Mayacine Camara, se dit heureux de constater que le ministère s’est résolument engagé « à poursuivre les objectifs stratégiques définis dans le Pse. « Le secteur de la pêche, a-t-il estimé, est aussi compliqué que difficile. C’est un couteau à double tranchant. Il s’agira de créer de la richesse et de préserver les ressources ». Pour M. Camara, cet atelier doit permettre de « bâtir un consensus fort » autour des résultats de 2016 à travers la mise en œuvre des projets, programmes et des réformes, d’identifier et d’adresser les contraintes rencontrées dans la mise en œuvre de la politique sectorielle.

La directrice par intérim de l’Usaid au Sénégal, Sharon Carter a salué les efforts visant la participation et la transparence pour plus d’efficacité dans la mise en œuvre des politiques publiques. Magnifiant la qualité du document, elle a souligné que cette revue constitue un « élément majeur dans l’information qu’il apporte à la prise de décision et à l’analyse continuelle des politiques ». « C’est un résultat encourageant, qui mérite d’être consolidé », a-t-elle apprécié, déplorant quelques contraintes liées à l’insuffisance des ressources humaines et financières et à la nécessité de rendre efficaces les procédures de passation de marchés.

Pas d’accords avec la Mauritanie
Le ministre de la Pêche et de l’Économie maritime a informé que le Sénégal n’a pas signé un protocole d’accord avec la Mauritanie permettant aux Sénégalais d’aller pêcher dans les eaux territoriales de ce pays voisin. Oumar Guèye a rappelé que les deux pays sont liés par des accords de pêche qui datent de 2001 et qui prévoient de signer un protocole d’accord pour déterminer les conditions de pêche chaque année. Selon lui, cela a fonctionné jusqu’en fin 2015, date de l’adoption d’une nouvelle loi dans ce pays qui stipule « qu’on ne peut plus pêcher en Mauritanie et débarquer ailleurs ». De ce fait, précise-t-il, « nous n’avons pas signé d’accords ». Le ministre a appelé les pêcheurs sénégalais « à ne pas aller dans les eaux mauritaniennes ». Par ailleurs, il constate, avec joie, que les pêcheurs de Nguet Ndar se redéploient de plus en plus vers Mbour, Joal, etc. depuis l’avènement de cette disposition.

Les exportations estimées à 204,43 milliards de FCfa en 2016
En 2016, la pêche maritime occupait la première place des exportations avec 204,43 milliards de FCfa, soit 14,63 % des recettes d’exportations nationales. « Les exportations des produits de la pêche, origine Sénégal s’élèvent à192.163, 50 tonnes en 2016, contre 188.462, 93 tonnes en 2015, soit une hausse de 1,96% », a déclaré le ministre Oumar Guèye. Selon lui, la valeur commerciale se situe en fin décembre 2016, à 204, 43 milliards de FCfa, contre 193, 5 milliards de FCfa en décembre 2015. Le parc piroguier est estimé à 11.975 embarcations actives, soit une hausse de 26 % par rapport à 2015. « Dans ce type de pêche artisanale, les débarquements sont à 397.871 tonnes pour une valeur commerciale à la première vente estimée à 123,160 milliards de FCfa », a-t-il ajouté. Oumar Guèye s’est réjoui de l’embellie notée dans la pêche continentale et l’aquaculture qui constituent, à ses yeux, des leviers importants dans la satisfaction de la demande en produits halieutiques et la création de revenus et d’emplois en milieu rural. Pour le sous-secteur des transports maritimes, Oumar Guèye a rappelé que les 95 % des échanges extérieurs du Sénégal s’effectuent par voie maritime. De l’avis du ministre, la pêche contribue à hauteur de 3,2 % du Pib et joue un rôle clé dans la nutrition et la sécurité alimentaire en assurant près de 70 % des apports en protéines d’origine animale et une consommation moyenne per capita de 29kg/an.

Souleymane Diam SY

Pour mettre un terme à la polémique née de l’attribution du puits de Rufisque offshore profond à la multinationale française Total, le Premier ministre, Mahammad Boun Abdallah Dionne a, dans une sortie, voulu éclairer l’opinion publique sur les tenants et aboutissants de ce contrat de recherche pétrolière.

« En fin 2014, quatorze contrats de recherche étaient en cours de validité. Et pour non respect des engagements de travaux, le gouvernement du président Macky Sall en a annulé trois. Et pour des raisons de transparence, je vais les citer : le contrat de Rufisque profond détenu par African Petroleum. L’État a jugé que l’opérateur African Petroleum n’a pas respecté tous ses engagements qui sont des engagements de travaux. African Petroleum n’est autre que Monsieur Frank Timis. En 2015, l’État a annulé un contrat de recherche délivré par les régimes qui ont précédé celui du président Macky Sall. Ledit contrat était détenu, depuis plusieurs années, par un opérateur de classe internationale qui est présent sur tout le golfe de Guinée et qui est un spécialiste de la recherche pétrolière que nous saluons et que nous respectons et qui s’appelle Monsieur Frank Timis. Comment dire aujourd’hui qu’on fait des faveurs à Frank Timis pendant qu’on lui annule des contrats », a dit le chef du gouvernement.

La presse, dans sa livraison d’hier, rapportait que l’accord signé entre l’État du Sénégal et Total pour l’exploration de deux concessions pétrolières au large de Rufisque Offshore, est contesté par African Petrolium Corporation (Apc) de Frank Timis qui revendique ces blocs. Et Timis pourrait se retourner contre l’État du Sénégal qui pourrait être attrait devant le tribunal arbitral de Washington.

Dans un communiqué daté du 3 mai, Timis rappelait que «sa société réitère sa position qu’elle détient 90 % sur l’accord de partage de production Rufisque Offshore profond. Conformément à cet accord, le bloc reste actif jusqu’à ce qu’une procédure de résiliation soit intentée par la République du Sénégal. Or, à ce jour, la République du Sénégal n’a pas validement promulgué cette procédure de résiliation et, par conséquent, la société se réserve ses droits sur le contrat de recherche et de partage de production d’hydrocarbures avec l’État du Sénégal paraphé le 25 octobre 2011 et approuvé par décret n°2011-1824 du 10 novembre 2011 par le président de la République Abdoulaye Wade et contre signé par le Premier ministre Souleymane Ndéné Ndiaye ». En un mot, le contrat signé sous Wade en 2011 n’a pas été résilié.

Mamadou Lamine DIEYE

La composante « santé animale » constitue une donnée essentielle dans la mise en œuvre du Projet régional d’appui au pastoralisme au Sahel (Praps). D’où l’appel du ministre sénégalais de l’Élevage et des Productions animales pour l’harmonisation des interventions et des stratégies.

Le ministre de l’Élevage et des Productions animales, Aminata Mbengue Ndiaye, a appelé les experts du Projet régional d’appui au pastoralisme au Sahel (Praps), notamment ceux de la composante « Santé animale », à « travailler au développement de mécanismes consensuels pour l’harmonisation des interventions et des stratégies ». Elle présidait, hier, la réunion de concertation, de partage et d’appui à la mise en œuvre de la composante « Amélioration de la santé animale » dudit projet. Pour impacter positivement sur les sociétés pastorales dans l’exécution du projet, Mme Ndiaye a indiqué que nos gouvernements respectifs doivent, entre autres, « renforcer la protection zoo-sanitaire et la préservation de la santé publique, à travers la mise en place de services vétérinaires performants et conformes aux normes de l’Organisation mondiale de la santé animale (Oie) ». Pour ce faire, ils doivent réviser les textes réglementaires et créer un système dynamique de formation, d’information et de communication. Elle a invité les experts à entretenir et à pérenniser la « flamme allumée » de la Déclaration de Nouakchott du 29 octobre 2013, invitant le secteur public, le privé, les Ong, les partenaires techniques et financiers, la société civile, les organisations africaines d’intégration, les gouvernements et les populations des pays saharo-sahéliens « à synchroniser leurs énergies et à mutualiser leurs moyens afin de réaliser un effort ambitieux pour un pastoralisme sans frontières ».

Le coordonnateur de la composante « Santé animale » du Praps, Dr Oumar Idriss Alpha Roukoh a insisté sur l’importance de la formation qui, à ses yeux, est « un facteur de succès dans la vie, une source importante pour le développement économique, social, culturel et technologique dans un pays ». « On doit renforcer la dynamique engagée par tous les pays à travers le Praps pour améliorer les capacités des services vétérinaires nationaux », a déclaré Dr Roukoh. Il estime que les investissements dans la formation constituent un « pilier très important dans les stratégies de développement qui mettent l’accent sur la construction des économies et des sociétés démocratiques fondées sur le savoir ». Selon lui, les pertes économiques et parfois la propagation rapide des maladies animales exigent une « amélioration permanente de la qualité des actions des services vétérinaires pour faire face à cette pathologie ».

Le directeur général de l’École inter-États des sciences et médecine vétérinaires (Eismv), le Pr Yalacé Yamba Kaboret a salué les efforts du gouvernement sénégalais pour faire du secteur de l’élevage un pilier essentiel du Plan Sénégal émergent (Pse). La réussite d’un tel engagement oblige, à l’en croire, nos pays de disposer de « ressources humaines compétentes et de qualité ».

La représentante du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), Cécile Squarzoni Diaw a indiqué que la stratégie de sa structure est liée essentiellement aux valeurs de partage de connaissances, de transfert de savoir, d’ouverture sur les autres et d’engagement pour le développement et la qualité dans la recherche et dans l’appui aux partenaires. Pour le Projet régional d’appui au pastoralisme au Sahel, assure-t-elle, le Cirad va appuyer les pays à atteindre les objectifs visés par le projet en termes d’appuis scientifiques et d’expertises. « La formation est au cœur du dispositif de la santé animale et il faut un suivi régulier et rapproché dans les projets », a poursuivi Mme Diaw. L’idée, c’est de faire face aux changements globaux et de partager, avec tous les pays, les méthodes, les outils innovants développés en termes de méthodologie de contrôle et de surveillance des maladies animales prioritaires et émergentes.

Souleymane Diam SY

Les États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique doivent tout faire pour être des acteurs importants dans la gouvernance mondiale, a déclaré, mercredi, à Bruxelles, le Dr Abraham Tekeste, ministre des Finances et de la Coopération économique de la République fédérale démocratique d’Éthiopie et président en exercice du Conseil des ministres Acp au cours de la cérémonie d’ouverture de la 105e session du Conseil des ministres des Acp. Il a demandé à ses collègues d’être prêts à réformer la marche des Acp et à tout faire pour avoir une autonomie financière pour une meilleure prise en charge du Secrétariat général qui abat un travail important. Il faut renforcer la coopération intra Acp et travailler pour assurer le financement de son propre développement, a-t-il lancé.

Dr Abraham Tekeste a souhaité que les organes de décision des Acp doivent être prêts à réagir, de façon rapide et efficace, face aux défis comme ce que nous avons connu lors de l’épidémie de la maladie d’Ebola.

M. Tekeste a exhorté les ministres Acp à être prêts à réformer le partenariat et la coopération avec l’Union européenne (Ue).

Le président de la 105e session du Conseil des ministres a salué le fait que des pays membres des Acp tels que le Sénégal et l’Éthiopie soient au Conseil de sécurité implique le Groupe Acp dans la gouvernance de la sécurité mondiale. Profitant de sa présence à la cérémonie d’ouverture du Conseil des ministres, Peter Thomson, président de la 71e Assemblée générale des Nations Unies, a demandé aux États membres des Acp à travailler pour permettre la réalisation de l’Objectif de développement durable (Odd) mis en place par l’Onu.

Il a salué les efforts des Acp pour lutter contre la pauvreté et pour la mise en place de la bonne gouvernance au sein des États membres. Il a ensuite révélé qu’une réunion est prévue le 17 mai prochain pour faire la situation sur les Odd. Il a aussi demandé au Groupe de maintenir son esprit de solidarité et d’unité qui a régné en son sein.

Auparavant, le Dr Patrick I. Gomes, Secrétaire général du Groupe des Acp avait pris la parole pour souhaiter la bienvenue aux participants à cette 105e session du Conseil des ministres. Il a insisté sur la nécessité des États membres à s’acquitter, de façon régulière, de leurs contributions financières pour améliorer l’autonomie financière du Secrétariat général. Il a encouragé les contributions volontaires.

Cette 105e session du Conseil des ministres Acp se termine ce jeudi 4 mai par une réunion conjointe avec des membres de la Commission de l’Union européenne.

Correspondance particulière de Abdou GNINGUE

Le ministre de l’Élevage et des Productions animales, Aminata Mbengue Ndiaye, a indiqué, hier, que 1,5 milliard de FCfa est pévu par le Projet régional d’appui au pastoralisme au Sahel pour l’acquisition d’un système intégré de lyophilisation. Cette machine vise, selon elle, à augmenter considérablement les capacités de production de vaccins de l’Isra. « Le Projet régional d’appui au pastoralisme au Sahel appuie également les services vétérinaires pour assurer la disponibilité en quantité et à temps des vaccins pour la réussite des campagnes de vaccination », a-t-elle ajouté. A cela s’ajoute le vaste chantier de réhabilitation et de construction de 17 services régionaux, départementaux et postes vétérinaires publics et privés dans ses zones d’intervention pour assurer la mobilité des agents et un encadrement de proximité des éleveurs. Elle a cité, entres autres acquisitions par le Sénégal, dans ce projet, 20 véhicules, 18 motos, 70 réfrigérateurs, 300 glacières et une chambre froide de 20 m3 ainsi que du matériel d’intervention et outils de communication pour accompagner la campagne nationale de vaccination et la surveillance des maladies. Il est également prévu la construction de 30 parcs à vaccination.

S. Diam SY

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