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Affaires et Finances (2577)

L’Aéroport international Blaise Diagne (Aibd) a été inauguré hier par le chef de l’Etat Macky Sall en présence de ses homologues du Gabon, de la Gambie, de la Guinée-Bissau et du Premier ministre de Sao Tomé-et-Principe.

De la pose de la première pierre, le 4 avril 2007, à l’envol, une décennie s’est écoulée. A l’époque, face aux sceptiques, le président Abdoulaye Wade avait eu ces mots : « Certains diront que c’est un pari fou, mais bientôt, nous retournerons sur nos pas pour inaugurer cet aéroport ». Dix ans plus tard, le destin a voulu que ce soit son Premier ministre d’alors et aujourd’hui son successeur à la magistrature suprême, Macky Sall, qui inaugure cet écrin posé au pied des massifs de Diass.

L’événement qui n’arrive pas souvent a été fêté en grande pompe. C’était l’ambiance des grands jours dans l’enceinte et aux alentours du nouvel aéroport. Sur l’esplanade coincée entre le pavillon présidentiel et l’aérogare pèlerin, les grands chapiteaux installés pour l’occasion n’ont pas pu contenir la nombreuse foule bigarrée qui a fait le déplacement. Diass, Keur Moussa, Pout, Thiès, Mbour, etc., les populations sont venues de partout. En attendant l’arrivée du chef de l’Etat et de ses invités de marque que sont les présidents gabonais Ali Bongo Ondimba, gambien Adama Barro, bissau-guinéen José Mario Vaz et le chef du gouvernement de Sao Tomé-et-Principe, Patrice Trovoada, l’assistance est tenue en haleine par les mélodies de l’Ensemble lyrique du théâtre Daniel Sorano et les prestations de différents artistes.

Arrivés sur les lieux vers 11 heures 20, le président Macky Sall est ses hôtes sont allés directement à l’aérogare passagers ornée de drapelets aux couleurs du Sénégal. Hymne national, coupure de ruban et dévoilement de la plaque inaugurale, puis débute une visite guidée sous la conduite du directeur général de l’aéroport, Xavier Marie.

Sécurité et surêté
Les quatre chefs d’Etat empruntent tout le circuit passager en effectuant toutes les formalités administratives qui mènent jusqu’à l’embarquement comme pour s’assurer que l’aéroport est fonctionnel. Après un détour à la Tour de contrôle, ils rejoignent le lieu de la cérémonie sous les vivats et une forêt de pancartes. Commence alors un ballet aérien avec douze aéronefs dont l’avion présidentiel (Pointe Sarène) qui, comme un symbole, a été le premier appareil à prendre son envol sur la piste. Le chef de l’Etat déclare qu’à travers l’avion présidentiel, « c’est le Sénégal qui prend son envol » en ce 7 décembre, correspondant à la Journée internationale de l’aviation civile. « C’est tout un symbole auquel s’ajoute l’histoire, celle de Blaise Diagne qui appartient à notre patrimoine historique en tant que premier député noir d’Afrique élu à l’Assemblée nationale française en 1914 », a-t-il dit.

« C’est cela qui porte notre vision de Sénégal émergent, il nous faut des infrastructures de qualité qui facilitent leur connectivité nationale et internationale, qui crée des emplois et d’autres activités génératrices de revenus et contribue à la transformation structurelle de l’économie nationale. Ces infrastructures permettront à l’Aibd de jouer pleinement son double rôle de plateforme aérienne internationale et d’instrument de développement conforme à l’équité territoriale et utile à l’économie nationale », a-t-il déclaré. Si l’inauguration de ce nouvel aéroport de classe mondiale est un réel motif de satisfaction pour le président Macky Sall, il n’en demeure pas moins que la question de sa bonne gestion le préoccupe. Il invite à « réfléchir sur nos habitudes et nos attitudes », notamment en ce qui concerne le respect des règles de l’aviation civile. « La sécurité et la sûreté sont deux paramètres irréductibles. D’où les exigences d’organisation, de rigueur, de discipline qui doivent en tous temps et en tous lieux être observées ici. Cette condition n’est pas négociable. Je demeure convaincu qu’il y aura une application rigoureuse de ces normes », a-t-il soutenu.

Par Elhadj Ibrahima THIAM et Ndiol Maka SECK (textes),
Assane SOW (Photos)

HOMMAGE AUX PRÉDÉCESSEURS
Pr Aibd DiscoursConscient que dans la vie d’une nation, il y a des moments symboliques qui ne se reproduisent que rarement, le président Macky Sall a profité de cette occasion pour rendre hommage à tous ses prédécesseurs, notamment à Me Abdoulaye Wade pour qui il a eu des mots aimables dans son discours en Wolof. « Chacun d’eux a apporté sa pierre à la construction de l’œuvre nationale. Notre génération doit se sentir fière et humble de contribuer à l’édification de ce patrimoine commun qui est aussi un legs pour les générations futures », a-t-il dit.

Comme toute œuvre d’infrastructure majeure, complexe et à la pointe du progrès, Macky Sall a rappelé que l’Aibd a vu le jour grâce à une somme d’efforts considérables et d’une ingéniosité technique et financière rompue à toutes épreuves. Cela étant, il estime que cet aéroport n’est pas à lui mais appartient à tous les Sénégalais. « Depuis le lancement des travaux en avril 2007 par le président Abdoulaye Wade à qui il faut rendre hommage, des hommes et des femmes, toutes catégories socioprofessionnelles confondues, ont consacré du temps aux immenses efforts à la réalisation de cet ouvrage », a-t-il dit. Après tant d’efforts, le président Macky Sall estime que le Sénégal est prêt pour le décollage. Un décollage qui, renchérit-il, « s’appuie sur une vision qui donne un cap : celui du Sénégal émergent à l’horizon 2020-2035 ». Le cap ainsi fixé, il a appelé les uns et les autres à « être dans le temps de l’action ». Car, estime-t-il, « dans un monde globalisé, le progrès des nations dépend de leurs capacités à relever le défi de la compétitivité, de la précision et de la vitesse ». C’est ce qui a motivé, selon lui, la construction de l’aéroport et les autres projets majeurs comme le Ter, Ila Touba, l’autoroute Aibd-Thiès et Aibd-Mbour. Sans compter les deux nouveaux ports qui seront construits non loin de là, à savoir le port multifonctionnel de Ndayane avec Dubaï Port World et le port minéralier de Bargny avec Sénégal minéral port dont les travaux ont été lancés le 27 novembre dernier par le Premier ministre.

Par Elhadj Ibrahima THIAM et Ndiol Maka SECK (textes),
Assane SOW (Photos)

LE PAVILLON PRÉSIDENTIEL BAPTISÉ MBADATTE
Le pavillon présidentiel de l’Aibd portera le nom du village de Mbadatte en reconnaissance à l’acte hautement citoyen posé par ses habitants. En effet, les populations de ce village ont accepté de céder leur lieu d’habitation pour la réalisation de travaux d’intérêt public. En baptisant le pavillon présidentiel « Mbadatte », le président Macky Sall a accédé ainsi favorablement à la requête du maire de Keur Moussa, Momar Ciss, qui s’est dit fier d’abriter dans une partie de sa commune ce joyau. « Ce jour est une date qui marquera un tournant décisif dans l’histoire des communes de Diass et de Keur Moussa. L’évènement qui nous réunit aujourd’hui est l’aboutissement de l’engagement d’un homme qui a mis la patrie avant le parti, à savoir le président Macky Sall. Mais connaissant la position stratégique qu’occupe les infrastructures dans notre politique de développement, l’aboutissement de ces travaux n’est nullement une surprise », a-t-il relevé. Il a aussi sollicité que les populations déplacées soient privilégiées dans les recrutements de personnels de l’aéroport.

Pr Bongo AibdA sa suite, le maire de Diass a également témoigné sa reconnaissance au chef de l’Etat pour cette infrastructure érigée en partie sur son territoire communal. « Cet ouvrage va sans aucun doute ouvrir une ère nouvelle. Grace à vous et à vos partenaires M. le président, Diass sera connue et citée du monde entier. Notre commune apparaîtra dans les heures suivantes, si ce n’est déjà fait, sur les écrans des aéroports du monde entier », s’est-il glorifié.

100 MILLIARDS POUR LA RÉFECTION DE CINQ AÉROPORTS RÉGIONAUX
Le président Macky Sall veut redessiner une nouvelle carte du Sénégal concernant les transports aériens. C’est ce qui explique la mise en place d’une compagnie aérienne, Air Sénégal S.A qui va démarrer en début 2018 avec une flotte de deux avions. Cela, en attendant la mise en service de deux appareils Airbus 330 Néo dont la signature du contrat d’achat est prévue dans quelques jours. Il estime qu’avoir des avions est bien, mais disposer d’aérodromes dignes de ce nom où atterrir l’est tout aussi. C’est pourquoi, à côté de la création d’une compagnie nationale, il a été décidé de la rénovation complète de cinq aéroports régionaux : Saint-Louis, Matam, Ziguinchor, Tambacounda et Kédougou. Le financement est déjà bouclé pour un montant de 100 milliards de FCfa et les travaux vont démarrer dès le début de l’année 2018, a assuré le chef de l’Etat. « Le trafic aérien doit revivre, c’est une condition essentielle du Sénégal émergent. Pour ce faire, il nous faut aussi une compagnie aérienne nationale qui vole à la hauteur de notre vision. C’est pourquoi, nous avons créée la compagnie Air Sénégal S.A sur des bases viables tenant compte des réalités et exigences d’un secteur où l’improvisation n’a pas de place », a-t-il déclaré.

Par Elhadj Ibrahima THIAM et Ndiol Maka SECK (textes),
Assane SOW (Photos)

L’ADIE CONNECTE L’AIBD À L’INTRANET
L’Agence de l’Informatique de l’Etat (Adie) accompagne l’Aéroport international Blaise Diagne (Aibd) en terme de connectivité. Grâce à son réseau fibre optique, elle a connecté à l’intranet les administrations présentes sur la plateforme aéroportuaire. Les passagers au départ pourront aussi se connecter gratuitement grâce au réseau Wifi mis en place par l’Adie.

MOUHAMED MOUSSA, DG DE L’ASECNA : « LE SÉNÉGAL, LA VITRINE D’UNE AFRIQUE QUI SE REGARDE AVEC FIERTÉ »
Mohammed Moussa Asecna« Avec cet aéroport, le Sénégal sera sans nul doute la vitrine d’une Afrique qui se redresse et qui se regarde avec fierté », a affirmé Mouhamed Moussa, directeur général de l’Asecna. Selon lui, avec l’édification de cette infrastructure, le président Macky Sall place notre pays au cœur de l’actualité du transport aérien africain et mondial. « L’inauguration d’un aéroport est un évènement très rare sur l’année. Depuis les indépendances, nous avons été habitués à des travaux pour rendre plus beau des ouvrages légués par le temps passé. En admirant ce chef-d’œuvre, j’ai la forte conviction que l’Afrique entend se projeter résolument vers un renouveau », a soutenu le patron de l’Asecna. Pour Mouhamed Moussa, l’Aibd sera incontestablement une porte d’entrée en Afrique et une porte de sortie pour tous les Africains vers d’autres continents, un hub mondial de transport aérien. « Les travailleurs de l’Asecna sont prêts à prendre en charge cet ouvrage avec toute l’efficacité et le professionnalisme requis. L’Agence a pris toutes les dispositions pour assurer le bon fonctionnement de l’Aibd », a-t-il rassuré.

Par Elhadj Ibrahima THIAM et Ndiol Maka SECK (textes),
Assane SOW (Photos)

RETOMBEES ECONOMIQUES : DES DIVIDENDES QUI PROFITERONT À TOUS LES SECTEURS
C’est un secret de polichinelle. L’aéroport de Diass aura un impact économique important dans son environnement immédiat, pour le Sénégal et pour la sous-région. Les villages riverains vont devenir des villes avec les activités qui vont se développer tout autour. Pour s’en convaincre, il suffit de prendre le secteur de l’immobilier à Thiès, indique le gouverneur de Thiès. « La plupart des personnes qui avaient des maisons conventionnées ont préféré résilier leur contrat avec l’Etat pour les louer aux entreprises qui effectuent les travaux de l’aéroport (les Turcs) », note Amadou Sy. Certains hommes d’affaires anticipant sur ce développement économique de la zone ont commencé à investir dans les secteurs du logement, du transport. Idem pour le secteur des transports. Puisque l’aéroport sort de Dakar, la plupart des activités qui étaient menées seront partagées avec les autres villes comme Mbour et Thiès. Les gens qui descendaient à Dakar pourront aller à Mbour et à Thiès ou quitter le jour même de leur vol les régions de l’intérieur comme Diourbel, Kaolack, Louga, Saint-Louis sans rater leur vol avec les infrastructures en construction. L’autoroute Ila Touba est connectée à Aibd à partir du pont de Thiombock, une connexion qui continue sur Thiès, Touba et Saint-Louis. « C’est comme une roue économique qui va tourner et qui va emballer tout le système », estime le gouverneur de Thiès. Dans le secteur du tourisme, un frémissement est noté dans la région de Thiès. Les réceptifs affichent complets, entraînant le sourire des hôteliers et poussant certains à vouloir ouvrir d’autres réceptifs. « En tant que gouverneur de Thiès, je reçois chaque jour des demandes d’ouverture de structures dans la zone de Mbour. Les gens sont en train de transformer la ville en Las Végas », confie Amadou Sy. Autre domaine qui pourra tirer profit de cette infrastructure, c’est l’agriculture surtout la filière horticole. L’aéroport dispose d’une aérogare fret d’une capacité de 50.000 tonnes par an, soit 130 tonnes par jour. Celle-ci possède tous les équipements nécessaires à une prise en charge optimale du fret, comme les détecteurs à rayon X, les chambres froides, les bascules de pesage et les étagères à stockage vertical. Les produits périssables pourront être stockés dans les chambres froides. Des acteurs de l’agriculture pensent qu’avec les productions record d’oignons, cette plateforme pourrait être utilisée comme lieu de stockage du surplus de la production nationale qui sera réinjecté sur le marché pendant les périodes de baisse ou de non production. Ainsi, elle sera un outil de régulation du national. Comme on le voit, l’aéroport de Diass va créer des dividendes qui profiteront à tous les secteurs d’activités et à de nombreux sénégalais.

Mamadou GUEYE

LES TURCS DISPOSÉS À CRÉER UNE ACADÉMIE DE L’AVIATION À AIBD
Aibd AtrLes investisseurs turcs sont prêts à créer une académie de l’aviation à l’Aibd comme ils l’ont fait au Kosovo où ils gèrent aussi un aéroport, selon le Pdg de Summa-Limak.

Les hommes d’affaires turcs sont prêts à créer une académie de l’aviation au sein l’Aéroport international Blaise Diagne de Diass. Le Pdg de Summa-Limak l’a fait savoir, hier, lors de l’inauguration de cette infrastructure. « Nous avons mis en place une académie de l’aviation dans le nouvel aéroport que nous gérons au Kosovo. Nous sommes prêts à réaliser des projets similaires au Sénégal », a indiqué Nihad Ozdemir. Pour lui, les aéroports sont pour un pays des portes qui s’ouvrent sur le monde. Et l’Aibd sera la nouvelle porte dont le Sénégal sera fier. « Nous sommes ravis d’avoir contribué à ce processus et d’avoir pu honorer tous nos engagements et à temps. Nous sommes prêts à faire de nouveaux investissements au Sénégal dans d’autres secteurs d’activités. Nous sommes ici pour apporter de la valeur ajoutée à ce pays », a-t-il déclaré.

Le directeur général Aibd Sa a remercié le chef de l’Etat qui s’est personnellement investi pour que le projet aboutisse. « M. le président, votre implication personnel aura été décisive pour mener à bien ce projet. A votre accession à la magistrature suprême en 2012, le chantier de l’Aibd était à un taux d’exécution de 30 % alors que l’exécution financière approchait les 50%.

L’histoire retiendra que c’est grâce à votre engagement que des solutions innovantes ont été trouvées », a soutenu Abdoulaye Mbodj. A l’en croire, il a fallu remettre les choses à l’endroit, redresser et assainir certaines situations, rationaliser les méthodes et les procédures. Et tout cela a permis de restaurer les relations de confiance avec les partenaires financiers pour redémarrer les travaux en 2013 alors que le chantier était presque à l’arrêt. En 2015, a expliqué M. Mbodj, un nouveau coup d’arrêt a été observé « du fait des réclamations que l’Etat a rejetées à juste titre pour préserver les ressources financières du pays ». Là aussi, a-t-il souligné, c’est grâce à l’implication du chef de l’Etat que cet obstacle a pu être surmonté avec l’accord de sous-traitance signé entre le groupement Summa-Limak et le groupe Saudi Bin Laden. « Cet accord a permis à notre pays de faire une économie de 64 milliards de FCfa et de finaliser les travaux de l’Aibd », s’est félicité le directeur général de l’Aibd Sa. Abdoulaye Mbodj a également remercié tous ses collaborateurs dont « les efforts ont permis de mettre sur pied un aéroport de classe mondiale répondant aux meilleurs standards internationaux. « Sa capacité d’accueil est de 3 millions de passagers par an mais extensible jusqu’à 10 voire 20 millions de passagers. Il est doté d’une piste pouvant accueillir les gros porteurs, d’une aérogare à deux niveaux et d’une aérogare pèlerins avec toutes les facilités requises pour les pèlerins et les accompagnants », a noté M. Mbodj.

LE MINISTRE DES TRANSPORTS AÉRIENS ET LES TRAVAILLEURS DE L’ASECNA INVITÉS À DIALOGUER
Face aux velléités de grève des travailleurs de l’Asecna, le président Macky Sall a demandé au ministre des Transports aériens, Maïmouna Ndoye Seck, a engagé le dialogue pour trouver des réponses aux problèmes qu’ils ont posés. Car, pour le chef de l’Etat, un ouvrage « exceptionnel » comme l’Aibd doit être géré de manière « efficace et apaisée ». Cela dit, Macky Sall a salué le travail abattu par tous les opérateurs qui interviennent sur la plateforme aéroportuaire. Dans ses félicitations, il n’a pas oublié le directeur général d’Aibd S.A et l’ensemble de son équipe, les partenaires techniques et financiers : la Banque islamique de développement et la Banque africaine de développement, entre autres, qui sont restés « fidèles au contrat de confiance qui nous lie depuis des années, nous ont accompagnés de tous temps, y compris durant les moments difficiles notamment ».

Par Elhadj Ibrahima THIAM et Ndiol Maka SECK (textes),
Assane SOW (Photos)

LA BAD ET LA BID SE FÉLICITENT D’UN PROJET QUI VA CHANGER L’ÉCONOMIE DU SÉNÉGAL
La Banque africaine de développement (Bad) et la Banque islamique de développement (Bid) ont joué un rôle crucial dans la matérialisation du projet de l’Aibd qui, de l’avis de Amadou Hott, vice-président de la Bad en charge du secteur de l’énergie, aura des impacts sociaux et économiques certains. Il souligne que le modèle de montage financier du projet est singulier. « C’est le fruit d’une collaboration étroite et féconde entre le Sénégal et ses partenaires techniques et financiers qui ont apporté un financement total de 379 millions d’euros avec la Bid et la Bad avec co-arrangeurs », a-t-dit.

En droite ligne du Pse mais également en cohérence avec les cinq priorités de la Bad, Amadou Hott a rappelé que cette banque accompagne le Sénégal dans la réalisation de ses projets depuis plus de quatre décennies avec un portefeuille de 101 opérations pour un montant global de 1.300 milliards de FCfa. « Les interventions de la Bad au Sénégal se sont traduites par un triplement du portefeuille entre 2016 et 2017. Quatre cent quarante-sept (474) milliards de FCfa ont été mobilisés à ce jour pour le financement du Pse sur la période 2014-2018, soit 120% de notre engagement initial. Le financement de l’Aibd par la Bad, en collaboration avec d’autres partenaires techniques et financiers, répond à une approche intégrée de développement d’infrastructures à la fois structurantes et transformatrices pour le Sénégal », a-t-il relevé.

Bandar Hajjar, président de la Bid, a déclaré que l’Aibd est un aéroport à la pointe de la technologie qui transformera l’industrie aéronautique en Afrique de l’Ouest. «Favoriser la mobilité des personnes est un pilier important de notre cadre stratégique décennal et du programme quinquennal de la Bid. La mise en service de l’Aibd favorisera l’intégration régionale entre les pays africains et le reste du monde. Ce projet contribuera également à renforcer les activités économiques, la création d’emplois et la modernisation de nos villes », a-t-il déclaré. Et M. Hajjar ajoute : « Ce projet change complètement les règles du jeu pour l’économie du Sénégal. C’est une expression éloquente de l’émergence du Sénégal en tant que centre économique en Afrique ». Le président de la Bid a souligné que les relations entre le Sénégal et la banque se renforcent davantage. En effet, 117 projets d’une valeur de 2,5 milliards de dollars ont été approuvés pour le Sénégal depuis son adhésion à la Bid en 1976. Cette banque est le bailleur principal du projet du Train Express Régional (Ter).

Par Elhadj Ibrahima THIAM et Ndiol Maka SECK (textes),
Assane SOW (Photos)

AISSATOU THIOUBOU, DIRECTEUR ENVIRONNEMENTAL ET SOCIAL DE L’AIBD : « DES MESURES PRISES POUR ÉVITER LES OCCUPATIONS IRRÉGULIÈRES »
Aissatou Thioubou AibdBâti sur 4 500 hectares repartis sur la Commune de Diass et celle de Keur Moussa, dans la région de Thiès, l’aéroport international Blaise Diagne est un bijou qui ne manquera de susciter des convoitises. Aïssatou Thioubou liste les mesures prises pour empêcher la spéculation foncière.

Qu’est-ce que prévu pour sécuriser l’assiette foncière et ses emprises pour éviter que ce qui est arrivé à l’aéroport Léopold Sédar Senghor ?
L’Etat en général et les autorités aéroportuaires en particulier sont conscients de la nécessité de sauvegarder l’espace aéroportuaire en évitant les occupations anarchiques. A ce titre, différentes mesures sont prises :

- La construction, par Aibd Sa, d’un mur de clôture des 4 500 hectares. Environ 40 % dudit mur sont déjà réalisés ;

- La délimitation d’une zone de protection de 350 mètres autour du mur de clôture, qui doit être libre de toute occupation ;

- La surveillance continue du domaine aéroportuaire, grâce à une convention signée avec la Dscos. Elle organise régulièrement des patrouilles dans la zone, ce qui a pour effet de décourager les tentatives d’occupation par des promoteurs immobiliers véreux.

Par ailleurs, un Plan de Servitudes Aéronautiques (PSA) a été élaboré et un comité régional de servitudes mis en place par arrêté du gouverneur de la région de Thiès. Enfin, la Direction de l’Urbanisme et de l’Architecture a élaboré le Schéma directeur d’urbanisme et d’aménagement (Sdau) de la zone autour de l’aéroport ainsi que des plans d’urbanisme de détail dont celui de l’aéroport et celui de Diass. C’est pour dire que les mesures sont en train d’être prises et les outils de planification existent et permettent d’éviter les occupations irrégulières.

Quels sont les impacts environnementaux pour un projet de cette envergure ?
Une étude d’impact environnemental et social du projet avait été réalisée. En phase d’exploitation, le gestionnaire de l’aéroport devra surveiller des paramètres tels que le bruit des avions, la qualité de l’air, la production et la gestion les déchets solides et liquides, etc. Il est à noter que dans les cahiers de charge du gestionnaire de l’aéroport, figure la certification ISO 14 001. Cela signifie que ce dernier devra mettre en place les procédures idoines qui lui permettront de maîtriser les impacts négatifs lies à l’exploitation de l’aéroport.

Un volet reboisement est-il prévu ?
Effectivement. En relation avec l’inspection régionale des Eaux et Forets de Thiès, Aibd Sa a reboise 1.200 hectares, pour un montant de plus de 350 millions de FCfa. Le choix pour ces reboisements s’est porte sur les Forêts Classées de Thies et de Bandia et la réserve de Popenguine.

Des mécanismes de compensations sont-ils prévus pour les personnes affectées par le projet ?
Le Plan de réinstallation révisé de 2010 avait permis d’identifier les types de pertes liées aux travaux de construction de l’aéroport et précisé les modes d’indemnisation. Ce qu’il faut retenir, c’est qu’Aibd Sa a privilégié les compensations en nature sur les indemnisations financières. C’est ainsi qu’il faut comprendre l’aménagement d’un site de recasement comprenant 342 logements et tous les équipements socio-collectifs dont une case de santé, une école de 12 classes, un centre socio-collectif, un marché, un complexe sportif, etc.

En outre, tous les bénéficiaires sont affectataires de terres agricoles sur lesquelles Aibd Sa et Anida s’associeront pour ériger une ferme agricole moderne. Tout cela après avoir payé plus d’un milliard de FCfa aux personnes affectées pour pertes d’impenses et de récoltes. Même les femmes qui pratiquaient la cueillette de fruits, racines et feuilles dans la forêt ont été indemnisées pour un montant de plus de 50 millions de FCfa.

Qu’est-ce qui est retenu pour les terres restantes du projet de l’aéroport ?
Pour être en phase avec les objectifs de l’Etat de faire du Sénégal un hub aérien, Aibd Sa a pensé à un faisceau de projets. Il s’agit notamment d’un centre de maintenance aéronautique qui contribuera à attirer les compagnies aériennes chez nous, mais aussi une cité aéroportuaire. L’idée est d’aménager, entre autres, des centres d’affaires, des sièges pour multinationales, des hôtels, etc. Ces investissements favoriseront le développement d’activités extra-aéronautiques et conséquemment la consolidation du pôle de développement économique autour de l’aéroport tel que conceptualisé par l’Etat du Sénégal.

Propos recueillis par Mamadou GUEYE

Organisé par l’Institut Bordeaux management school (BeM), le 10ème Congrès international de l’Académie de l’Entreprenariat et de l’Innovation (Aei) s’est ouvert hier, à Dakar; une première en Afrique. Pendant trois jours, enseignants, chercheurs, praticiens et économistes échangeront autour du thème : « Entrepreneuriat, Croissance et Compétitivité : Expériences Comparées »…

Ouvert par Signane Mbodj, représentant du ministre de l’Enseignement Supérieur, Mary Teuw Niane, une rencontre internationale réunit depuis hier, experts, universitaires, enseignants-chercheurs et acteurs économiques autour de l’entrepreneuriat et du développement dans une approche comparative Nord-Sud. Le congrès de l’Académie de l’Entrepreneuriat et de l’Innovation (Aei) de France, qui n’a été délocalisé qu’une seule fois dans son histoire (en 2013 en Suisse), se tient pour la première fois en Afrique, dans la capitale sénégalaise.

Sur l’importance de cet événement international, Dr Pape Madické Diop, le Pdg de l’institut BeM, souligne que le congrès de Dakar offre l’occasion d’interroger et d’échanger avec les enseignants-chercheurs et les praticiens sur l’entrepreneuriat et son environnement dans une approche comparative.

« Comment et en quoi l’entrepreneur contribue à l’objectif de croissance et de compétitivité de son entreprise, d’une part, de l’environnement dans lequel il évolue d’autre part ? Quels sont les facteurs de croissance et de compétitivité ? Comment se construisent les trajectoires de croissance et de compétitivité ? Quels sont les outils et les stratégies activés ? Tels seront, entre autres, des questions qui ne manqueront pas de trouver des réponses devant tant de talents et de sciences réunis », a-t-il expliqué. En effet, selon Jean-Paul de Gaudemar, le recteur de l’Agence universitaire francophone (Auf), la rencontre de Dakar, à l’instar des précédentes éditions du congrès de l’Aei, a pour caractéristique principale l’ouverture et réunit des chercheurs et experts de haut niveau venus de tous les continents et d’institutions universitaires prestigieuses. Cet évènement, selon Dr Diop, est aussi le lieu de manifester toute l’importance que BeM Dakar accorde à la recherche scientifique, et de magnifier sa contribution à la vie de la communauté scientifique sénégalaise et africaine dynamique et prometteuse. Ainsi, des doctorants de tous bords présenteront leurs travaux de recherche, et bénéficieront de l’écoute de chercheurs venus d’Europe, d’Amérique, et partout en Afrique, pour éventuellement nouer des accords.

Avec plus d’une dizaine d’ateliers, l’entrepreneuriat, le leadership, la compétitivité, le financement, sans oublier le secteur informel, seront au centre des échanges qui se termineront le vendredi prochain.

Fara Michel Dieye

C’est autour du thème « Quelles stratégies pour l’éradication du vol du bétail pour une stabilité sociale et économique renforcée » que les acteurs de l’élevage et forces de sécurité tiennent à Dakar un atelier scientifique de deux jours. Le directeur de cabinet du ministère de tutelle, Cheikh Tidiane Diop, affirme que cela passe forcément par une vaste coalition antivol.

En prélude à la quatrième journée nationale de l’élevage qui sera célébrée le 23 décembre à Kolda, un atelier scientifique s’est tenu à Dakar. Le directeur de cabinet Cheikh Tidiane Diop, venu présider cette rencontre organisée du ministère de l’Elevage et des Productions animales (Mepa), a invité à la mise en place d’une vaste coalition pour lutter contre le vol de bétail. Cette alliance regroupera le gouvernement, les collectivités locales, les professionnels de l’élevage, les forces de sécurité, la justice, etc. En réalité, ce vol du bétail fait perdre à l’Etat du Sénégal plus de 2 milliards de FCfa. « La complexité des déterminants du fléau n’est plus à démontrer. Son éradication requiert la mobilisation de tous.

La criminalisation de ce vol, bien que nécessaire, ne suffira pas à son éradication, car ce fléau trouve ses racines dans la vulnérabilité du cheptel liée à l’absence d’identification et de recensement des animaux », a-t-il fait savoir. Il estime, par ailleurs, que cela rend difficile le contrôle des mouvements du cheptel et la traçabilité des produits d’élevage. «Au regard de la multiplicité et la diversité des facteurs explicatifs de la récurrence du phénomène », le directeur de Cabinet invite tous les acteurs à une « concertation régulière pour le suivi et l’évaluation des actions menées ou envisagées dans le cadre de la lutte ».

« Actuellement, on ne peut plus s’activer dans l’élevage à cause du vol du bétail qui peut causer la mort d’homme ; il représente une menace réelle. Il est aussi lié à la circulation des armes légères ; c’est une question de sécurité nationale », a-t-il déclaré, soulignant que le vol de bétail compromet la stabilité, l’équilibre social et le développement économique du Sénégal.

Il a ajouté que la révision du cadre législatif à travers la loi n°2017-22 du 22 mai 2017, modifiant la loi n°65-60 du 21 juillet 1965 portant Code pénal, constitue sans conteste, une des mesures phares faisant du vol du bétail l’infraction la plus sévèrement réprimée dans la catégorie des atteintes aux biens d’autrui.

Le président Harouna Gallo Bâ de l’Union nationale des organisations des éleveurs du Sénégal (Unoes) a loué la manière inclusive dont l’Etat combat ce fléau.

Serigne Mansour Sy CISSE

Lors du forum Aifa (Africa investment forum & awards) qui s’est tenu le 23 novembre dernier à Paris, le groupe Attijariwafa bank a remporté le prestigieux trophée de la « Banque Africaine de l’Année 2017».

Le groupe Attijariwafa bank a remporté, le 23 novembre dernier à Paris, le trophée de « Banque africaine de l’année 2017 ». C’était lors du Forum Aifa (Africa investment forum & awards) qui a eu lieu dans la capitale française. Créé par l’agence de médias et de notation «Leaders League», cet évènement est dédié aux opportunités d’affaires sur le continent africain dans différents domaines : énergie, finance, infrastructures & aménagement de la ville, fusions & acquisitions, stratégie de croissance, industries immobilières, etc. Selon un communiqué du groupe bancaire, la rencontre a rassemblé plusieurs personnalités issues des institutions et grandes entreprises africaines mais également des investisseurs. Le prix de la « Banque africaine de l’année » récompense la banque africaine ayant réalisé l’expansion la plus remarquable sur le continent africain. Cette distinction, précise-t-on, salue le rôle actif du groupe Attijariwafa bank, leader du secteur bancaire et financier au Maroc et premier acteur dans les métiers de la banque d’investissement et des activités de marché, dans le développement de l’économie nationale et africaine, avec une présence dans 26 pays sur le continent, et le plus large réseau de distribution au Maroc et le plus dense en Afrique. Le trophée a été remis à Vincent Damilo, directeur général adjoint d’Attijariwafa bank Europe, qui a représenté le groupe à cette cérémonie. Plus de 400 dirigeants issus des secteurs publics et privés européens et africains ont échangé à l’occasion de ce forum sur les grands enjeux actuels et futurs du développement économique en Afrique. Leaders League est une agence de médias et de notation pour les cadres supérieurs au niveau international.

Aliou KANDE


Face au déficit budgétaire qui s’est creusé dans la zone Umoa au cours des neuf premiers mois de l’année 2017, le Comité de politique monétaire (Cpm) de la Bceao, qui tenait hier sa quatrième réunion ordinaire au titre de l’année en cours, a encouragé les Etats membres à poursuivre les efforts de mobilisation des recettes fiscales et de rationalisation des dépenses publiques.

Sur les neuf premiers mois de l’année 2017, le déficit budgétaire dans la zone Umoa est ressorti à 3,5% du Pib contre 2,8% un an auparavant. Pour l’ensemble de l’année 2017, ce déficit devrait atteindre 4,5% du Pib contre 4,3% en 2016. Ce qui dépasse l’objectif communautaire de 3% à l’horizon 2019. C’est ce qu’a relevé le Comité de politique monétaire de la Bceao, hier, lors de sa quatrième réunion ordinaire au titre de l’année 2017. Face à cette situation, le Cpm appelle à poursuivre les efforts de mobilisation des recettes fiscales et de rationalisation des dépenses publiques.

Chargé de définir la politique monétaire au sein de l’Union monétaire ouest-africaine (Umoa) ainsi que de ses instruments, le Cpm, comme il le fait tous les trimestres, s’est penché sur les principales évolutions de la conjoncture économique internationale et régionale au cours du dernier trimestre et a analysé les facteurs de risques pouvant peser sur les perspectives à moyen terme de stabilité et de croissance économique de l’Union.

L’autre enseignement à tirer de cette réunion, qui s’est tenue sous la présidence du gouverneur de la banque, Thiémoko Meyliet Koné, est que la zone Umoa a maintenu le dynamisme de son activité au troisième trimestre de l’année en cours. Un constat attesté par les chiffres. Il ressort, en effet, que le taux de croissance du produit intérieur brut de l’Union, en glissement annuel, s’est établi à 6,4 %, porté essentiellement par la vigueur de la demande intérieure, contre 6,5 % le trimestre précédent. Pour l’ensemble de l’année 2017, le Comité de politique monétaire de la Bceao prévoit une croissance économique de l’Union de 6,7%. Ce qui constituerait une légère hausse par rapport à 2016 (6,6%) et 2017 (6,2%).

Quant au taux d’inflation, il a connu une hausse au troisième trimestre passant de 0,1 % à 1,2 %. Ce qui veut dire que durant les derniers mois, le niveau général des prix a flambé. Le Comité de politique monétaire explique cette situation par la progression des produits alimentaires à la suite de l’approvisionnement insuffisant des marchés en produits céréaliers locaux, en légumes et en produits de pêche. Cependant, à l’horizon de 24 mois, ce taux d’inflation, en glissement annuel, est projeté à 1,5 %, ce qui est en phase avec l’objectif de stabilité des prix poursuivi par la Banque centrale.

En ce qui concerne la masse monétaire, il a été noté un accroissement de 11,3% en glissement annuel au troisième trimestre de l’année 2017. Ce qui, selon le Comité de politique monétaire, traduit une consolidation des actifs extérieurs nets (17,6%) et une progression des créances intérieures (10,8%). Au même moment, il a été relevé un redressement du taux d’intérêt moyen trimestriel du marché monétaire. Il est ressorti à 3,2% après 2,7%, lors du trimestre précédent et 3,1 % un an plus tôt.

Au regard de ces évolutions, le Cpm a décidé de maintenir inchangés le taux d’intérêt minimum de soumission aux opérations d’appels d’offres d’injection de liquidité à 2,5% et le taux d’intérêt du guichet de prêt marginal à 4,5%. Quant au coefficient de réserves obligatoires applicables aux banques de l’Union, il demeure fixé à 3,0%.

Elhadji Ibrahima THIAM

Le président de la République a procédé, hier, à l’inauguration de l’hôtel Radisson de Diamniadio. Avec ce joyau, le chef de l’Etat estime que le gap en matière d’hôtellerie haut de gamme sera bientôt résorbé.

Le pôle urbain de Diamniadio se dessine de plus en plus. Après le Centre international de conférence Abdou Diouf (Cicad), le président de la République, Macky Sall, vient de réceptionner une autre infrastructure de taille à Diamniadio : l’hôtel d’affaires de Diamniadio ou Radisson. En réceptionnant cet hôtel, Macky Sall indique que « le pôle urbain de Diamniadio est devenu une réalité ». « On s’en rendra compte dans deux ou trois quand tous les espaces seront construits », informe-t-il. La nouvelle ville, dit-il, sera à cheval entre l’aéroport international Blaise Diagne (Aibd) qui sera inauguré aujourd’hui et la ville de Dakar. Avec l’autoroute à péage et le Train express régional, il sera très facile de rallier Dakar à partir de l’Aibd. D’autres projets tels que l’Université Amadou Makhtar Mbow, les sphères ministérielles, la cité des Nations unies, entre autres, sont en cours de réalisation à Diamniadio. Ce qui fait dire au chef de l’Etat que « Diamniadio sera l’épicentre de l’activité économique et de services ».

Par ailleurs, l’hôtel Radisson de Diamniadio, inauguré hier par le président de la République, se trouve à quelques jets de pierre du Cicad. Selon le directeur général de la Société de gestion des pôles urbains (Sogip), Gallo Bâ, le Radisson Diamniadio est composé de 152 chambres et des suites dont une suite présidentielle. Le chef de l’Etat s’est réjoui de la réalisation de ce « joyau » qui, à son avis, va doter le Sénégal de capacités nouvelles en matière d’hôtellerie. D’après le Président Sall, le Sénégal a « de graves difficultés en matière d’hôtellerie haut de gamme. Avec cet hôtel, informe-t-il, notre pays aura des services améliorés. Mais, au-delà des prestations qui seront proposés par le Radisson, il invite les responsables de l’hôtel à contribuer à la valorisation du Centre international de conférence Abdou Diouf. Ensuite, le président de la République lance un appel aux Sénégalais et aux Dakarois plus particulièrement, à venir le soir dîner au Cicad ou en week-end pour participer à l’effort de développement des pôles urbains.

Après la réception de Radisson Diamniadio, le chef de l’Etat informe qu’un autre hôtel sera construit juste à côté. D’après le chef de l’Etat, cette infrastructure dont les travaux vont bientôt démarrer sera encore plus luxueuse.

Aliou Ngamby NDIAYE

DAKAR-ARENA RÉCEPTIONNÉ DANS QUELQUES MOIS
Le palais des sports de Diamniadio ou Dakar-Arena sera réceptionné dans quelques mois, a informé hier le président de la République, Macky Sall. Le chef de l’Etat, qui procédait à l’inauguration de l’hôtel d’affaires de Diamniadio, informe que « ce joyau est presque unique en Afrique en matière de sport collectif : basket, handball… En plus du complexe sportif multifonctionnel, le directeur de la Société de gestion des pôles urbains (Sogip), Gallo Bâ, informe que des infrastructures comme le marché d’intérêt national et la gare des gros porteurs seront bientôt réceptionnées. Ces ouvrages, dit-il, vont contribuer au rayonnement du pôle urbain.

A. Ng. NDIAYE

Ancien ministre des énergies renouvelables, Louis Seck reste un acteur avisé du secteur. Très attentif à l’évolution dans ce domaine, il a soutenu ce mardi à Kaolack que le Sénégal, avec 70 Mgw produits en énergie solaire, est dans le peloton de tête en Afrique au sud du Sahara. Il était venu présider la signature d’une convention entre l’Ong Energie 4 impact qu’il dirige et la mutuelle d’épargne et de crédit de la chambre de commerce de Kaolack.

La politique de diversification des sources d’énergies du Sénégal est louée au-delà des tenants du pouvoir. C’est le cas de l’ancien ministre des énergies renouvelables sous le magistère des libéraux, Louis Seck. Cet universitaire et maire de la commune de Palmarin est aujourd’hui le coordonnateur pays de l’Ong britannique Energie 4Impact créée lors du Sommet mondial du développement durable de Johannesburg en 2002. Cet organisme de bienfaisance cherche à réduire la pauvreté en Afrique grâce à un accès accéléré aux produits et services énergétiques modernes. De passage à Kaolack dans le cadre d’une convention de partenariat avec la mutuelle de crédit et d’épargne de la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture de Kaolack (Cciak), il s’est prononcé sur l’évolution du secteur. « Aujourd’hui, je note avec fierté que notre pays développe une politique stratégique de diversification de ses sources d’énergies. Il y a aujourd’hui trois projets de centrale photovoltaïque qui produisent 70 Mgw. Une performance qui place notre pays en avance dans ce domaine en Afrique au sud du Sahara. Sous peu une centrale éolienne sera aussi opérationnelle, ce qui nous rendra davantage moins dépendant des énergies fossiles », a analysé l’ancien ministre. Une réussite d’autant plus remarquable à ses yeux, au regard des récentes découvertes de gaz et de pétrole qui pouvaient perturber l’option du mix énergétique prise par le régime du président Macky Sall. « L’effet dévastateur des énergies fossiles sur l’environnement, notamment dans le changement climatique, devrait nous inciter à promouvoir davantage les énergies propres en vue de nous projeter dans le cadre d’un développement durable susceptible de nous conduire vers l’émergence », a-t-il préconisé, en marge de la cérémonie de signature d’une convention de partenariat avec l’institution de financement décentralisée.

Un dispositif qui va permettre l’intégration de l’accès à l’énergie des opérateurs économiques de la région dans leurs différents plans d’affaires. « La prise en charge du volet énergie à travers des facilitateurs mis à leur disposition par le projet pourrait induire une valeur ajoutée importante pour les opérateurs économiques dont les plans d’affaires sont éligibles aux fonds de garantie mis en place avec la Mecciak pour financement. C’est une approche novatrice qui pourrait être étendue après une première phase dans la mise en œuvre», a laissé entendre, pour sa part, M. Guiranti Doumbouya, directeur de l’institution de microfinance, à l’issue de l’échange des actes scellant le partenariat avec l’Ong internationale.

Elimane FALL

Le directeur de Cabinet du ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement, Mamdou Ibrahima Lo, a rappelé hier, lors de cérémonie d’ouverture des assises sur la mobilité urbaine, les différents projets structurants que le Sénégal est en train de mettre en œuvre pour régler la problématique des transports urbains.

Se déplacer dans l’agglomération dakaroise est aujourd’hui devenu un casse-tête pour ses habitants. L’offre en transport est insuffisante surtout pendant les heures de pointe. Cette situation s’explique, selon le président de l’assemblée plénière du Cetud, Amadou Seydou Ba, par le fait que la région de Dakar regroupe l’ensemble des activités économiques du pays. Une situation qui entraîne un exode massif des populations du monde rural vers la capitale sénégalaise.

Dakar qui représente 0,3% du territoire national abrite 3,43 millions d’habitants, soit 23% de la population totale du pays. Par ailleurs, pour faire face au problème de la mobilité urbaine dans la grande agglomération de Dakar, le Conseil exécutif des transports urbains de Dakar (Cetud), en partenariat avec l’Association des maires du Sénégal (Ams), la Banque mondiale et le Programme de politiques de transport en Afrique, a organisé les premières assises territoriales sur la mobilité urbaine hier. L’objectif de cette rencontre qui va se tenir sur deux jours (4 au 5 décembre 2017) est de « définir des orientations stratégiques et des actions concrètes assortis d’un engagement ferme des différentes parties prenantes pour l’avènement d’une mobilité durable au service d’un développement urbain harmonieux », informe le président de l’Assemblée plénière du Cetud, Amadou Seydou Ba.

Le directeur de cabinet du ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement, Mamadou Ibrahima Lo, qui a présidé la cérémonie d’ouverture des assises, indique qu’avec la mise en œuvre du Plan Sénégal émergent (Pse) et de l’Acte 3 de la décentralisation, le Sénégal est en train d’apporter une amélioration aux conditions de déplacement des populations dans la région de Dakar. D’après M. Lo, le président de la République accorde « une importance capitale » au secteur des transports et à la mobilité urbaine. C’est la vision qu’il a du secteur des transports qui explique, dit-il, le volume conséquent des investissements prévus dans le Pse pour financer des projets structurants dans le domaine des transports, notamment le Train express régional (Ter) et le Bus rapide transit (Brt). Le Brt et le Ter, renchérit Amadou Seydou Ba, vont profondément « reconfigurer l’offre de transport public dans l’agglomération de Dakar ». « Ces deux projets structurants qui sont au cœur de notre ambition d’émergence portée par le président de la République, Macky Sall, à travers le Pse vont révolutionner de manière considérable le transport urbain de masse dans l’agglomération de Dakar. Ces deux modes de transports vont augmenter le niveau de service du système de transport en commun en améliorant la qualité et le confort des déplacements des usagers », explique M. Ba.

Décongestionner Dakar
Au-delà du Ter et du Brt, le gouvernement du Sénégal est en train de mettre en œuvre d’autres projets, notamment le renforcement du parc de « Dakar Dem Dikk », le renouvellement du parc urbain des cars rapides et « Ndiaga Ndiaye », l’aménagement et le bitumage de la Voie de dégagement nord (Vdn) ou l’élargissement de la route des Niayes, entre autres.

Le représentant de l’Association des maires du Sénégal, Alé Lo, a salué les « efforts » du gouvernement pour résoudre l’équation de la mobilité urbaine à Dakar. Mais, selon le maire de Taïba Ndiaye (Tivaouane), la territorialisation des politiques publiques devraient traduire une déconcentration de l’activité économique vers les collectivités locales pour mieux décongestionner la capitale sénégalaise. Pour Alé Lo, en réduisant la concentration des populations à Dakar, on règle de manière indirecte celle liée au transport.

Aliou Ngamby NDIAYE

Pour une meilleure santé animale, l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao) a lancé, hier à Dakar, un atelier régional de renforcement des capacités en épidémiologie des pays bénéficiaires du Programme d’action pour la sécurité sanitaire mondiale (Passm). Près de 15 pays africains ont envoyé leurs vétérinaires pour une cette formation de Dakar.

Compte tenu du fait que 60% des maladies infectieuses connues sont d’origine animale, de même que 75% des maladies humaines émergentes, les vétérinaires qui sont les premiers agents sanitaires de terrain doivent être mieux préparés pour une surveillance et une riposte sanitaire efficace. C’est ainsi que l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao), en collaboration avec l’Usaid, organise, les 05 et 06 décembre à Dakar, un atelier régional sur le renforcement des capacités en épidémiologie des pays bénéficiaires du Programme d’action pour la sécurité sanitaire mondiale (Passm) en Afrique. Cet atelier a réuni plus de 80 participants dont des représentants de services vétérinaires des pays cibles en Afrique subsaharienne, notamment le Burkina Faso, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, l’Éthiopie, le Ghana, la Guinée, le Kenya, le Libéria, le Mali, l’Ouganda, la Rdc, le Sénégal, la Sierra Leone et la Tanzanie.

La première conseillère de l’Ambassade des Etats-Unis au Sénégal, Martina Boustani, a indiqué qu’avec cette formation, on franchit une étape de plus pour nous assurer que le monde est mieux préparé à la prévention, à la détection et à la réponse face aux menaces sanitaires. «Ces menaces sont réelles et comme nous l’avons vu avec Ebola, elles peuvent avoir des conséquences dévastatrices sur les populations et les pays touchés», soutient la première conseillère de l’ambassade des Etats-Unis. Martina Boustani soutient que l’un des éléments clefs du programme d’action pour la sécurité sanitaire mondiale est l’approche «Une Seule Santé», dans laquelle la santé humaine est liée à la santé des animaux et à la santé de l’environnement. Mme Boustani de prévenir toutefois que « nous n’atteindrons pas les objectifs d’une seule santé si nous ne faisons pas les mêmes progrès par rapport à notre état de préparation vétérinaire et environnementale ». De ce fait, elle demande aux différents secteurs de travailler ensemble en développant l’épidémiologie de terrain, qui est souvent en première ligne de la défense et de la réponse.

Approche «Une Seule Santé»
Dans ce sens, elle rappelle que le gouvernement des Etats-Unis accorde la plus haute importance au Pssm. Ce pays a investi 45 millions de dollars, environs 25 milliards de francs Cfa, dans ce domaine pour le continent africain car, selon la représentante de l’ambassade des Etats-Unis, «en cette époque de voyages, d’échanges et de commerce international, nous sommes tous pareillement exposés». Même avis chez le représentant de la Fao au Sénégal, Reda Lebtahi, qui est convaincu que le renforcement des capacités en épidémiologie dans le domaine de la santé animale est un objectif exprimé par les partenaires du Passm. Selon M. Lebtahi, la formation en épidémiologie de terrain a pour but de fournir aux organismes gouvernementaux des épidémiologistes vétérinaires de terrain capables de mener une surveillance efficace en temps opportun et de répondre aux épidémies de maladies animales infectieuses et transfrontalières existantes, émergentes et ré-émergentes en utilisant l’approche une seule santé. «Les programmes de formation en épidémiologie de terrain pour les vétérinaires mettent l’accent sur une approche multidisciplinaire et multisectorielle et permettant par exemple de prévenir, de détecter, de riposter et de prendre efficacement en charge les zoonoses et les maladies transfrontalières à fort impact tels que la grippe aviaire, la maladie à virus Ebola ou la fièvre de la vallée du Rift», explique le représentant de la Fao au Sénégal.

Oumar KANDE

SURVEILLANCE EPIDEMIOLOGIQUE AU SENEGAL : PLUS DE 400 AGENTS DE MÉDECINE VÉTÉRINAIRE FORMÉS EN 2017
Présidant la cérémonie d’ouverture, le directeur de Cabinet du ministre de l’Elevage, Cheikh Tidiane Diop, a félicité la Fao, l’Usaid et les partenaires pour cette formation régionale. Pour lui, dans un contexte de globalisation et des échanges, les risques sanitaires sont là pour les animaux et les hommes. Cheikh Tidiane Diop pense que pour réduire l’incidence de ces menaces biologiques, la surveillance, la prévention et le contrôle des maladies à fort impact sanitaire et économique, à l’interface homme-animal-environnement, s’avèrent nécessaire. Le directeur de cabinet du ministre de l’Elevage d’informer qu’en 2017, le Sénégal a formé 256 agents dont 83 avec l’appui de la Fao sur l’épidémio-surveillance intégrée des zoonoses et le rapportage électronique à travers l’application VGtropics, à l’intention des agents de la santé de l’élevage, de l’environnement à Kaolack, Kolda et Ziguinchor ; 93 autres agents ont été formés par le projet régional d’appui au pastoralisme au Sahel dans la zone d’emprise et 80 par le programme de renforcement de la protection zoo-sanitaire. Par ailleurs, 11 docteurs vétérinaires et 6 ingénieurs des travaux d’élevage ont déjà suivi la formation en épidémiologie de terrain. Ce qui fait dire à M. Diop que le ministère de l’Elevage est déjà engagé dans l’approche «Une seule santé».

O. KANDE

Présidant la cérémonie d’ouverture de l'atelier régional de renforcement des capacités en épidémiologie des pays bénéficiaires du Programme d’action pour la sécurité sanitaire mondiale (Passm), le directeur de Cabinet du ministre de l’Elevage, Cheikh Tidiane Diop, a félicité la Fao, l’Usaid et les partenaires pour cette formation régionale. Pour lui, dans un contexte de globalisation et des échanges, les risques sanitaires sont là pour les animaux et les hommes. Cheikh Tidiane Diop pense que pour réduire l’incidence de ces menaces biologiques, la surveillance, la prévention et le contrôle des maladies à fort impact sanitaire et économique, à l’interface homme-animal-environnement, s’avèrent nécessaire.

Le directeur de cabinet du ministre de l’Elevage d’informer qu’en 2017, le Sénégal a formé 256 agents dont 83 avec l’appui de la Fao sur l’épidémio-surveillance intégrée des zoonoses et le rapportage électronique à travers l’application VGtropics, à l’intention des agents de la santé de l’élevage, de l’environnement à Kaolack, Kolda et Ziguinchor ; 93 autres agents ont été formés par le projet régional d’appui au pastoralisme au Sahel dans la zone d’emprise et 80 par le programme de renforcement de la protection zoo-sanitaire.

Par ailleurs, 11 docteurs vétérinaires et 6 ingénieurs des travaux d’élevage ont déjà suivi la formation en épidémiologie de terrain. Ce qui fait dire à M. Diop que le ministère de l’Elevage est déjà engagé dans l’approche «Une seule santé».

O. KANDE

Au nom des partenaires techniques et financiers (Ptf), Alberto Virela s’est félicité de l’organisation de la Rac. Selon M. Virela, c’est une initiative qui témoigne de l’engagement du gouvernement à suivre les programmes accomplis dans la mise en œuvre du Pse. Il a saisi cette opportunité pour magnifier la présence massive des Ptf et exprimer leur engagement à accompagner le Sénégal vers l’émergence. «Le Pse a connu un niveau de mobilisation des ressources sans précédent et des avancées notoires au plan économique et social. Les Ptf félicitent le gouvernement pour sa volonté de rendre compte de l’état de mise en œuvre de sa politique globale et sectorielle. Nous saluons l’excellente santé financière du Sénégal», a déclaré M. Virela qui est l’ambassadeur de l’Espagne au Sénégal. Il a également salué les efforts du président Macky Sall pour sa politique de réduction de la pauvreté et de la vulnérabilité à travers les bourses de sécurité familiale, la Cmu.

Au nom du secteur privé national, Baïdy Agne s’est, à son tour, félicité des performances dans la mise en œuvre des politiques publiques. Il n’a pas manqué de plaider pour le paiement de la dette intérieure. Adama Diouf, au nom des associations des élus locaux, juge nécessaire de renforcer les ressources budgétaires allouées aux collectivités territoriales. Pour lui, la Rac constitue une opportunité de faire un plaidoyer notamment sur la fiscalité locale. Au cours de ce conseil présidentiel, des membres du gouvernement ont également pris la parole pour faire l’état des lieux dans leurs départements ministériels respectifs.

Aliou KANDE

Le programme Global Index Insurance Facility (Giif) ou le programme Mécanisme mondial pour l’assurance agricole a permis d’assurer 1,8 million d’agriculteurs dans le continent africain, dont 40 000 producteurs agricoles au Sénégal, a déclaré, hier, l’économiste principal pour le Sénégal, Paolo Zacchia, à l’ouverture de la conférence organisée par son institution à Dakar.

Le Groupe de la Banque mondiale, en partenariat avec le Mécanisme mondial pour l’assurance agricole (Global Index Insurance Facility - Giif), organise, depuis hier, à Dakar, une conférence en vue de renforcer son soutien au développement de l’assurance agricole indicielle. Cette assurance agricole indicielle est perçue par les initiateurs de cette rencontre comme un instrument financier de plus en plus utilisé pour faciliter l’accès au crédit et renforcer la résilience financière du monde rural face aux catastrophes naturelles et risques climatiques. Cette rencontre, dont le thème porte sur « Expériences et Avenir de l’Assurance Agricole », a regroupé quelque 200 experts internationaux, praticiens des secteurs public et privé de l’assurance agricole venus de plusieurs pays d’Afrique. Le principe de l’assurance indicielle (ou « assurance paramétrique ») consiste, selon directrice du programme Giif, Fatou Assah, à verser des indemnités selon un indice prédéfini pour compenser la perte d’actifs et d’investissements résultant de phénomènes météorologiques ou d’autres catastrophes naturelles. Quant à l’assurance traditionnelle, en revanche, elle repose sur l’évaluation des dommages effectifs. Pour le cas de l’indemnisation des produits d’assurance indicielle, elle est plus rapide et transparente comparée à celles des assurances traditionnelles. Pour Mme Assah, le Giif est un programme du Groupe de la Banque mondiale qui facilite l’accès au financement pour les petits exploitants agricoles, les micro-entrepreneurs et les institutions de microfinance grâce aux solutions de transfert de risques catastrophiques et à l’assurance indicielle dans les pays en développement. Il est financé par l’Union européenne/Afrique Caraïbes pacifique (Acp), les gouvernements de l’Allemagne, du Japon et des Pays-Bas. Ce programme a facilité plus de 1,8 million de contrats, couvrant environ 7 millions de personnes, principalement en Afrique subsaharienne, en Asie, en Amérique latine et dans les Caraïbes.

Renforcer la résilience financière
Pour le représentant de la Banque mondiale au Sénégal et par ailleurs l’économiste principal pour le Sénégal, Paolo Zacchia, cet événement organisé par le programme de la Banque mondiale, est une opportunité de partage d’expériences et de rencontre avec les praticiens du secteur des assurances. L’assurance indicielle peut renforcer la résilience financière du monde rural face aux catastrophes naturelles et aux risques climatiques. Ainsi, a-t-il noté, le programme Giif a permis d’assurer 1,8 million d’agriculteurs dans le continent africain, dont 40.000 producteurs agricoles au Sénégal.

Pour sa part, le représentant du ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural et par ailleurs Secrétaire général de l’Isra, Mbaye Diop, a noté que l’agriculture constitue le secteur qui doit porter la croissance économique du Sénégal dans le cadre du Pse défini par le président de la République Macky Sall. Et c’est pourquoi, a-t-il expliqué, face à sa forte dépendance aux aléas climatiques et aux catastrophes naturelles, l’Etat du Sénégal a mis en place, depuis juillet 2008, un mécanisme de transfert de risques climatiques dans le secteur de l’agriculture, en créant la Caisse nationale d’assurance agricole du Sénégal (Cnaas). « L’engagement du gouvernement à subventionner les risques à hauteur de 50% traduit certainement la volonté du gouvernement à soutenir les activités agricoles, source de revenus de près de 60 % de la population sénégalaise, constituée en majorité de petits producteurs », a-t-il déclaré. Il a également assuré que l’Etat du Sénégal continuera à accompagner cette dynamique qui tend à protéger les agriculteurs contre les risques climatiques.

Mamadou SY

A trois jours de l’ouverture de l’Aéroport international Blaise Diagne (Aibd), le ministre des Transports et du Développement des Infrastructures aéroportuaires, Maimouna Ndoye Seck, a eu un échange à bâtons rompus, autour d’un déjeuner, avec des responsables d’organes de presse de la place. Au cours de ces discussions, de nombreuses questions relatives à l’accessibilité, à l’exploitation de l’aéroport, au transport, au financement de l’infrastructure etc., ont été abordées.

Le Transport vers l’Aibd, les cuves de kérosène, l’assiette foncière de l’ancien aéroport, la sécurité sur l’autoroute à péage, le financement de l’Aibd, sa gestion etc., les questions au menu du déjeuner de presse organisé, hier, par le Ministère des Transports aériens et du Développement des Infrastructures aéroportuaires avec les responsables des organes de presse de la place, étaient aussi riches que variées. N’éludant aucune de ces interpellations, le ministre Maimouna Ndoye Seck et certains de ses collaborateurs comme le directeur général de l’Aibd, Abdoulaye Mbodj, le directeur général de l’Anacim, Maguèye Maram Ndao, ou encore le directeur général de la société d’exploitation de l’Aibd, Xavier Marie, ont tenté d’apporter des réponses.

Il en est ainsi de la question du transport en taxis vers l’Aibd dont les tarifs sont jugés exorbitants par certains Sénégalais. Estimant que ces prix sont abordables si l’on se réfère aux tarifs appliqués à l’aéroport Léopold Sédar Senghor de Dakar, le ministre a rappelé qu’à côté des taxis, des bus classiques et des navettes sont mis à la disposition de ceux qui veulent se rendre au nouvel aéroport. Des offres de services diversifiées et larges en fonction du niveau de confort souhaité et la capacité financière des usagers. Quant à ceux qui travaillent sur la plateforme aéroportuaire, le directeur général de la société d’exploitation (Las) fait savoir que ceux-ci seront ramassés à différents points et transportés vers leur lieu de travail.

En ce qui concerne les cuves de kérosène, le ministre Maimouna Ndoye Seck assure qu’il n’y a aucun problème ni de dimensionnement, ni de conception. « Les installations sont complétement prêtes et ont été réalisées selon les normes internationales. Elles ont une capacité de 7.500 m3 contre 2.500 m3 à l’aéroport de Dakar. La première cuve a été déjà remplie, les autres sont en train de l’être. Nous n’aurons aucune difficulté à approvisionner les aéronefs à partir du 7 décembre prochain », a-t-elle dit. A ceux qui s’inquiètent de l’avenir de la société Aibd.Sa qui est le maître d’œuvre des travaux de l’aéroport, Mme Seck a indiqué qu’elle va continuer à exister. Rappelant que c’est cette société qui a signé la convention de concession avec la société d’exploitation de l’aéroport dans laquelle elle représente l’Etat. D’autant plus que, renchérit son directeur général Abdoulaye Mbodj, « Aibd.Sa a d’autres défis à relever comme la construction du centre de maintenance aéroportuaire, l’extension de l’aéroport dans le futur, etc. »

Autoroute sécurisée
La question de la gestion de l’aéroport est revenue à de nombreuses reprises dans les discussions entre les autorités et les journalistes. A ce propos, le Dg de l’Aibd a rappelé que, contrairement au premier contrat de concession qui avait été signé avec Daport et dans lequel le Sénégal n’avait aucune action, celui qui le lie désormais avec Limak-Aibd-Summa est beaucoup plus avantageux. « Avec le premier contrat de concession signé avec Daport, le Sénégal n’avait rien dans le capital alors que dans le nouveau contrat de concession, le Sénégal a 34 % dans l’actionnariat », a-t-il expliqué. Le ministre précise que, dans la convention de concession, l’Etat recevra 20 % des chiffres d’affaires. « Le plus important c’est de voir dans quelles conditions la concession a été faite. Nous avons mis en place un cahier de charge très contraignant que l’opérateur devra respecter », a soutenu Maimouna Ndoye Seck.

Au départ, le nouvel aéroport devait coûter 235 milliards de FCfa. Mais d’avenant en avenant dont trois principalement pour un montant global de 70 milliards de FCfa, en plus d’autres infrastructures connexes qui n’étaient pas prévues dans le projet initial, le chiffre est monté à 423 milliards de FCfa. « C’est un projet qui est né avec des tares congénitales. On l’a démarré sans que les études ne soient terminées sans même que le financement ne soit bouclé. Il est donc normal, en cours d’exécution, qu’on puisse avoir des surcoûts. Tout cela a concouru à l’augmentation du coût. Sans oublier que des infrastructures connexes comme le Salon d’honneur, les logements d’astreinte, les bureaux administratifs, n’étaient pas inscrits dans le budget initial », a fait savoir le ministre. En ce qui concerne la sécurité sur l’autoroute à péage avec notamment l’absence de système d’éclairage qui expose les usagers, le ministre a annoncé que la décision a été prise d’installer des lampadaires solaires aux points les plus sensibles. Parallèlement, toutes les forces de sécurité seront aux aguets pour sécuriser l’autoroute de jour comme de nuit.

Elhadji Ibrahima THIAM

Le chef de l’Etat a présidé hier un Conseil présidentiel sur la politique économique et sociale. Cette rencontre qui a réuni des membres du gouvernement, des partenaires techniques et financiers, des acteurs de la société civile, des élus locaux était une occasion de valider le rapport de synthèse de la Revue annuelle conjointe 2017. Macky Sall s’est félicité des progrès enregistrés par le Sénégal dans la mise en œuvre de la politique économique et sociale.

Le Conseil présidentiel sur la Revue annuelle conjointe s’est tenu hier sous la présidence du chef de l’Etat. Cette rencontre a enregistré la participation de membres du gouvernement, de responsables de services publics, des partenaires techniques et financiers, des acteurs de la société civile, des élus locaux. Elle avait pour objectif de valider le rapport de synthèse de la Revue annuelle conjointe 2017. Selon Macky Sall, d’importantes avancées ont été notées dans la mise en œuvre de la politique économique et sociale. En marquant sa satisfaction, il a appelé le gouvernement à tenir compte des recommandations dans la perspective du Plan Sénégal émergent. Clôturant les travaux, il a souligné l’importance de poursuivre les réformes pour la réussite du Pse. «Le Sénégal reste fortement engagé sur les réformes sans lesquelles le Pse ne sera qu’un vain mot. Le Pse, ce sont les projets-programmes et les réformes. Je suis totalement engagé et le gouvernement avec moi pour qu’on ait les succès escomptés et peut-être pour qu’on puisse arriver à l’émergence avant l’horizon 2035 avec les perspectives qui s’offrent à notre pays », a déclaré le président Sall. Il a tenu à féliciter le Premier ministre, les membres du gouvernement et celui en charge du Pse pour la bonne conduite de la revue. Il affirme que les leçons tirées dans la mise en œuvre des politiques publiques permettra au gouvernement d’apporter des mesures correctives. Il soutient que, de plus en plus, les recommandations sont prises en compte au plan budgétaire. M. Sall dit également noter avec satisfaction les résultats probants déclinés dans la politique macro-économique. Il précise que notre économie affiche de plus en plus un taux de croissance près du seuil de 7%.

Renforcer le développement rural
Ce qui est, à son avis, une tendance réconfortante pour bien entamer la seconde phase du Pse. Ces résultats seraient, selon lui, le fruit d’une bonne dynamique des actions sectorielles et de l’environnement des affaires. Malgré tout, Macky Sall dit être conscient qu’il y a encore des efforts à faire. Le président de la République a saisi cette occasion pour réaffirmer la nécessité de renforcer la politique de développement rural. Pour cela, il entend faire de l’agriculture le moteur. Ce qui passe par la modernisation et la mécanisation. «Si on ne modernise pas l’agriculture, on ne pourra pas attirer les jeunes », a-t-il dit. Dans ce cadre, il affirme que le Programme national d’investissement agricole sera renforcé. Il appelle les investisseurs, le secteur privé à l’accompagner pour lutter contre l’émigration clandestine et pour la promotion de l’emploi des jeunes. Il a, dans la même lancée, rappelé la mise en place d’un fonds pour l’entreprenariat rapide. Il dit espérer que les bailleurs vont suivre et accompagner le gouvernement. Il a ajouté que pour le moment, ce fonds est doté de 30 milliards de FCfa.

Aliou KANDE

REFORME FONCIÈRE : L’IMPLICATION DES POPULATIONS RECOMMANDÉE
Revue Partenaires 2Impliquer les populations et leur faire comprendre l’intérêt d’une réforme foncière. C’est la recommandation faite hier par Macky Sall à l’endroit du gouvernement. Faisant des commentaires sur les travaux de la Revue annuelle conjointe, le chef de l’Etat affirme que tous les points de vue dégagés sont très objectifs. «Nous devons continuer à travailler surtout dans le programme de réformes. Nous sommes d’accord là-dessus. Nous avons déjà entamé certaines réformes. Il y a la réforme foncière », a déclaré le président Sall. Il admet que c’est une réforme difficile. «Il faut la faire avec la pleine participation des populations, l’administration territoriale, les élus. Il faut qu’ils expliquent l’intérêt de valoriser le foncier rural », a ajouté M. Sall, non sans donner la recette pour la réussite de la réforme. «La leçon que je tire est que si nous partons sur de grosses superficies, ça fait peur à tout le monde. Il faut démarrer par de petites superficies raisonnables (500 à 1.000 ha) », recommande Macky Sall. Il n’a pas manqué de donner l’exemple du Mca qui a permis l’aménagement de la cuvette de Ngalenka (Podor). Il soutient que c’est un modèle qui est là. Macky Sall confie que dans le cadre de la réforme foncière, il sera du côté des populations. «Je veux cette réforme pour moderniser l’agriculture. Pour cela, il faut progresser dans le domaine foncier. Je travaillerai avec les élus et les populations. Qu’on évite de politiser les réformes. La société civile peut jouer un grand rôle. Il ne s’agit pas de spolier les populations, mais de valoriser les terres. Il faut un dialogue pour arriver à une bonne réforme foncière », a-t-il dit.

A. K.

DES PROGRÈS VISIBLES SUR LE PLAN SOCIAL
Le Sénégal a enregistré des progrès visibles sur le plan social. C’est la conviction du président Macky Sall. « Au plan social, les progrès sont visibles pour ne pas dire palpables. Le Sénégal prend progressivement son destin en main », affirme-t-il. Selon le chef de l’Etat, le Sénégal a avancé dans l’échelle de l’indice du développement humain. Il cite le programme de bourses de sécurité familiale qui améliore le quotidien des couches vulnérables et qui va toucher 400.000 familles en 2018. Il y a également la Cmu, un programme essentiel, un modèle à partager. Cependant, il plaide pour un système de traçage du malade pour évaluer les prestations, les besoins de financement. Il invite les élus locaux à faire plus pour accompagner l’Etat dans la promotion des mutuelles de santé. Il appelle à poursuivre la cadence pour atteindre la couverture universelle. Macky Sall est convaincu que notre pays doit sortir de l’aide. Pour cela, il plaide pour plus d’efforts dans la collecte des recettes budgétaires, et dans la qualité de son exécution mais également un meilleur investissement pour les populations. Il recommande aussi l’élargissement de l’assiette fiscale. Autre secteur qui a enregistré des progrès selon Macky Sall, c’est celui de l’énergie. Avec l’électricité, poursuit-il, nous avons fait des progrès avec les Ppp (partenariats publics-privés). Sur l’exploitation prochaine du pétrole et du gaz, il confie que c’est maintenant qu’il faut jeter les bases d’une bonne gestion. Malgré les progrès réalisés, il précise que des risques subsistent notamment avec la menace terroriste qui n’épargne aucun pays. Il a par ailleurs rappelé que d’importants chantiers ont été lancés récemment comme l’autoroute Ila Touba, l’équipement du monde rural, le Ter, le parc industriel de Diamniadio.

A. K.

LES PTF SALUENT LA BONNE SANTÉ FINANCIÈRE DU SÉNÉGAL
Revue Partenaires 3Au nom des partenaires techniques et financiers (Ptf), Alberto Virela s’est félicité de l’organisation de la Rac. Selon M. Virela, c’est une initiative qui témoigne de l’engagement du gouvernement à suivre les programmes accomplis dans la mise en œuvre du Pse. Il a saisi cette opportunité pour magnifier la présence massive des Ptf et exprimer leur engagement à accompagner le Sénégal vers l’émergence. «Le Pse a connu un niveau de mobilisation des ressources sans précédent et des avancées notoires au plan économique et social. Les Ptf félicitent le gouvernement pour sa volonté de rendre compte de l’état de mise en œuvre de sa politique globale et sectorielle. Nous saluons l’excellente santé financière du Sénégal», a déclaré M. Virela qui est l’ambassadeur de l’Espagne au Sénégal. Il a également salué les efforts du président Macky Sall pour sa politique de réduction de la pauvreté et de la vulnérabilité à travers les bourses de sécurité familiale, la Cmu. Au nom du secteur privé national, Baïdy Agne s’est, à son tour, félicité des performances dans la mise en œuvre des politiques publiques. Il n’a pas manqué de plaider pour le paiement de la dette intérieure. Adama Diouf, au nom des associations des élus locaux, juge nécessaire de renforcer les ressources budgétaires allouées aux collectivités territoriales. Pour lui, la Rac constitue une opportunité de faire un plaidoyer notamment sur la fiscalité locale. Au cours de ce conseil présidentiel, des membres du gouvernement ont également pris la parole pour faire l’état des lieux dans leurs départements ministériels respectifs.

Aliou KANDE

PRÉSIDENTIELLE 2019 : LE CHEF DE L’ETAT RASSURE LES PARTENAIRES
Pour l’élection présidentielle de 2019, il n’y a pas de crainte à se faire concernant la bonne gestion des ressources publiques. L’assurance a été donnée hier par le chef de l’Etat. « Pour l’élection de 2019, nous allons demeurer serein et vigilant dans la qualité et l’efficacité de la gestion de la chose publique. Je veillerai à une utilisation optimale des ressources », a-t-il dit à l’endroit des partenaires techniques et financiers. Il appelle tous les acteurs à une mobilisation exceptionnelle et que 2018 soit une année de confirmation de l’élan vers l’émergence. « L’élection présidentielle ne devra pas être un facteur pour ralentir la croissance. Le Sénégal est un pays démocratique avec des élections bien avant l’indépendance (…). C’est une fenêtre qui ne peut pas perturber la projection et la trajectoire définies. C’est cet esprit qu’il faut garder. Nous sommes une démocratie », a rappelé Macky Sall. Se félicitant de l’excellence des relations entre le gouvernement et ses partenaires, il souhaite leur pleine participation à la seconde phase du Pse.

A. K.

Les investissements étrangers couplés à des financements collaboratifs peuvent apporter les capitaux nécessaires pour financer la construction des infrastructures en Afrique nécessaires à son développement. C’est la conviction de Lynda Aphing Kouassi, du cabinet Kaizene qui organise, à Dakar, après Cape Town, l’année dernière, une conférence sur les Btp et les infrastructures.

Actuellement, le secteur privé joue un rôle crucial dans le développement économique de l’Afrique. Prenant la mesure des enjeux, le cabinet Kaiezene a décidé de jouer sa participation en organisant, les 14 et 15 décembre 2017, à Dakar, la 4e conférence des Btp et des infrastructures.

En prélude à cette conférence, Lynda Aphing Kouassi, du cabinet Kaiezene, a animé, le 29 novembre 2017, une conférence de presse pour expliquer les objectifs de la rencontre. Elle a déclaré que les investissements étrangers couplés à des financements collaboratifs peuvent apporter les capitaux nécessaires pour financer la construction des infrastructures en Afrique. « Aujourd’hui, nous sommes obligés de collaborer pour le développement du continent. En organisant cette conférence, nous voulons mettre l’accent sur l’importance du commerce intra-africain.

La conférence sera un cadre de mise en relation des gens qui, peut-être sans cette tribune, n’auraient pas l’occasion de se rencontrer », a déclaré Lynda Aphing Kouassi. Elle estime que l’amélioration des infrastructures aura des effets bénéfiques sur l’économie par le développement notamment des échanges intra-régionaux. « Si on parvient à avoir des infrastructures de qualité, nous pouvons espérer avoir une croissance sur la durée et le développement du continent. C’est important pour tous de pouvoir jouer un rôle et de ne pas attendre que les institutions étatiques fassent tout le travail.

« Nous apportons notre petite pierre à l’édifice »
A travers notre conférence, nous apportons notre petite pierre à l’édifice en mettant les partenaires, les entreprises, les institutions, les banques, les Pme, les personnes pour s’assurer qu’à travers les infrastructures, on puisse développer les différents secteurs pour notre croissance », a argumenté Lynda Aphing Kouassi. D’où le choix du thème principal de la conférence : « La croissance économique face aux enjeux infrastructurels en Afrique ».

Dans un rapport d’avril 2017, la Banque mondiale indiquait que le Produit intérieur brut par habitant dans la région augmenterait de 1,7% par an si celle-ci rattrapait des pays en développement dans ce domaine. Selon toujours l’institution financière, l’amélioration des infrastructures permettrait d’accroître le Pib par habitant de 2,6% par an.

Sur le choix de Dakar pour abriter la rencontre, elle souligne que le Sénégal déroule depuis plus d’une décennie un vaste et ambitieux programme de construction d’infrastructures pour son développement. « Les financements dans les infrastructures au Sénégal sont extraordinaires », a-t-elle apprécié. Lynda Aphing Kouassi a cité l’autoroute à péage Dakar-Diamniadio, le pôle de Diamniadio, des centrales pour la production d’énergie. L’année dernière, l’évènement était organisé en Afrique du Sud, précisément à Cape Town, et les deux premières éditions en Angleterre et en Côte d’Ivoire. La conférence est organisée en partenariat avec les ministères des Infrastructures, de la Promotion des investissements, le patronat sénégalais, l’Apix, le Pse, entre autres.

Mamadou GUEYE

Les multinationales Airbus, Rolls-Royce et Siemens ont mis en place un partenariat visant à développer, à court terme, un démonstrateur de vol. Le vol inaugural est prévu pour 2020.

C’est un pari exceptionnel que viennent de réussir Airbus, Rolls-Royce et Siemens. Selon un communiqué, il s’agit de la mise au point d’un démonstrateur de vol hybride « E-Fan X » de troisième génération. Ce projet futuriste conduit par les trois sociétés auquel ont participé les meilleurs experts mondiaux en matière de technologies électriques et de propulsion, a vu le jour à la Royal aeronautical society de Londres. «Le vol du démonstrateur technologique de propulsion hybride E-Fan X est prévu pour 2020, après une campagne complète d’essais au sol, provisoirement sur un avion d’essai BAe 146, dont l’un des quatre réacteurs aura été remplacé par un moteur électrique de deux mégawatts.

Des dispositions seront prises pour remplacer une deuxième turbine par un moteur électrique une fois que la maturité du système aura été démontrée », explique-t-on. « L’E-Fan X constitue une nouvelle étape importante de notre objectif de faire du vol électrique une réalité dans un futur proche. Les leçons que nous avons tirées d’un long passé de démonstrateurs de vol électriques, qui a commencé avec le Cri-Cri, puis l’e-Genius et l’E-Star et a atteint son apogée avec, plus récemment, l’E-Fan 1.2, associées aux fruits de la collaboration E-Aircraft Systems House avec Siemens, ouvriront la voie à un avion commercial monocouloir hybride sûr, efficient et économique », a déclaré Paul Eremenko chief technology officer chez Airbus. Selon le document, le démonstrateur E-Fan X explorera les défis des systèmes de propulsion de forte puissance tels que les effets thermiques, la gestion de poussée électrique, les effets de l’altitude et de la dynamique sur les systèmes électriques et les questions de compatibilité électromagnétique. L’objectif est de faire avancer la technologie, les performances, la sécurité et la fiabilité pour favoriser une progression rapide de la technologie hybride. En outre, ce programme vise à fixer les exigences de certification future des avions à propulsion électrique tout en formant une nouvelle génération de concepteurs et d’ingénieurs afin d’aider l’avion commercial hybride à devenir un peu plus une réalité. Les trois sociétés avec leur participation au programme E-Fan X apporteront chacune son expérience et son savoir-faire dans son domaine d’expertise respectif. Airbus sera responsable de l’intégration globale ainsi que de l’architecture de contrôle du système de propulsion hybride et des batteries et de son intégration avec les commandes de vol. Quant à Rolls-Royce, elle sera en charge du turbomoteur, du générateur de deux mégawatts et de l’électronique de puissance.

Siemens livrera les moteurs électriques de deux mégawatts et leur boîtier de commande électronique de puissance ainsi que l’inverseur, le convertisseur Dc/Dc et le système de distribution de puissance.

Aliou KANDE

Une semaine après la signature du protocole d’accord sur la commercialisation de certains produits agricoles entre le Sénégal et la Guinée-Bissau, la campagne de commercialisation de la patate douce a été lancée, vendredi dernier, à Saremeta, à 150 kilomètres de Bissau, par le président José Mario Vaz et le ministre du Commerce du Sénégal, Alioune Sarr. Lors de cette cérémonie, le président bissau guinéen a vivement remercié son homologue sénégalais, Macky Sall, qui a permis l’achat de leur surplus de production en patate douce.

Ce vendredi après-midi est un grand jour pour la localité de Saremeta enveloppée par un paysage forestier rustique. Ce village, de la région de Bafata, est situé à près de 150 mètres au sud de la capitale Bissau, en allant vers la frontière sénégalaise. En cette après-midi, c’est le point de convergence de tous les producteurs de patate douce et des autorités du pays dont le président José Mario Vaz, venu présider, personnellement, le lancement de la campagne de commercialisation de la patate douce entre la Guinée-Bissau et le Sénégal. Le magasin «Alumuta» de Saremeta dans lequel les producteurs ont fini de ranger les milliers de sacs de patate douce est pris d’assaut par les populations. Juste à côté, trois tentes sont aménagées pour accueillir les autorités et la délégation sénégalaise. Les populations qui se sont déplacées en masse à la place publique du village, ont entouré les 3 bâches malgré la chaleur.

Le nombreux public est juste séparé des chaises installées sous les tentes par des cordes de fortune servant de barrière sécuritaire et attachées sur les piquets des bâches. Les tambours bissau -guinéens tonnent, on chante et on danse dans la foule au rythme de ces tam-tams et de la kora. Pour le lancement de la campagne de commercialisation de la patate douce, le Sénégal, l’acheteur, est à l’honneur et le maître de cérémonie ne se lasse pas de le rappeler.

Pour le lancement officiel de ces opérations commerciales de la patate douce, le ministre du Commerce, du Secteur informel, de la Consommation, de la Promotion des produits locaux et des Pme, Alioune Sarr, a fait le déplacement en compagnie du secteur privé sénégalais, du directeur du Commerce intérieur, Ousmane Mbaye, du directeur de la Bnde, Thierno Seydou Nourou Sy, entre autres. Les commerçants sénégalais ont chargé 10 camions de patate douce à destination du Sénégal. La commerçante Dial Ndiaye a remis un chèque symbolique de 10 millions de FCfa aux producteurs bissau-guinéens. Moussa Ndao du marché de Thiaroye l’a imité en remettant 15 millions de FCfa. Satisfaits de la matérialisation de ce protocole d’accord, les producteurs de la Guinée Bissau ont remercié l’engagement des deux chefs d’Etat qui a permis cette commercialisation qui va prendre en charge le surplus de production de 10.000 tonnes de patate douce. Le ministre de l’Agriculture de la Guinée-Bissau, Nicolau Dos Santos, a demandé à ses compatriotes de se concentrer sur l’exploitation de la terre parce que « la Guinée-Bissau a un grand potentiel agricole avec suffisamment de terre et d’eau pour son développement, l’autosuffisance alimentaire et même l’exportation ».

Même avis chez le ministre du Commerce, Victor Mandinga. Pour ce dernier, ce n’est pas par les débats que la Guinée-Bissau va se nourrir, mais par le travail et les actes que viennent de poser les présidents Vaz et Sall.

Oumar KANDE (Envoyé spécial en Guinée-Bissau)

JOSÉ MARIO VAZ : « UN GRAND GESTE DU PRÉSIDENT MACKY SALL »
A son tour, le président de la République de Guinée-Bissau, José Mario Vaz, pour qui le lancement des opérations commerciales est symbolique, a remercié le président Macky Sall qui lui a permis de tenir une promesse électorale et de développer la filière agricole en trouvant un marché pour la vente de la production. « Je remercie mon ami et frère le président Macky Sall pour ce grand geste. C’est la première fois en Guinée-Bissau qu’on a eu ce genre de partenariat, même si les relations étaient très étroites entre les deux pays », dit le président José Mario Vaz.

Poursuivant, il plaide pour le développement du partenariat avec le Sénégal. « Nous pensons qu’on peut faire beaucoup d’autres choses avec le Sénégal. Je suis très content avec cette opération commerciale et je pense qu’on peut améliorer le partenariat. Je compte beaucoup sur mon frère Macky Sall, un homme honnête, ouvert ; ce qui nous encourage à dire au peuple bissau-guinéen que nous devons ouvrir nos bras et demander aux Sénégalais de venir travailler avec nous pour l’avenir de nos deux pays et de nos peuples », a déclaré le président Vaz, ravi.

José Mario Vaz a aussi remercié et félicité le ministre du Commerce du Sénégal, Alioune Sarr, pour son engagement dans ce projet, en confiant que la Guinée-Bissau est un deuxième pays pour tous les Sénégalais. Il rappelle aussi qu’au-delà de la patate douce, la Guinée Bissau a d’autres spéculations comme le manioc, l’arachide, le maïs qui peuvent améliorer les échanges avec le Sénégal. « Je suis tellement content, et je ne sais pas comment remercier le président Macky Sall et j’espère que cette relation va continuer entre les deux pays », a confessé le président José Mario Vaz.

Oumar KANDE (Envoyé spécial en Guinée-Bissau)

ALIOUNE SARR, MINISTRE DU COMMERCE DU SENEGAL : « LES RELATIONS ENTRE LES DEUX PAYS ONT FRANCHI UN PALIER SUPPLÉMENTAIRE »
Alioune Sarr MinReprésentant le Sénégal à la cérémonie de lancement de la campagne de commercialisation de la patate douce avec la Guinée-Bissau, le ministre du Commerce Alioune Sarr a indiqué qu’avec les projections, 350 tonnes de patate douce vont quitter le la Guinée Bissau pour le Sénégal chaque semaine, soit un montant de 50 millions de FCfa que les commerçants sénégalais vont injecter dans ce pays situé au sud du Sénégal.

Auparavant, il a remercié les présidents Macky Sall et José Mario Vaz qui ont été les initiateurs de ce projet. « Vous avez décidé avec votre frère, le président Macky Sall, d’engager nos deux pays dans la voie de l’intégration, de fort belle manière et dans l’amitié et la solidarité. Aujourd’hui, les relations entre les deux pays ont franchi un palier supplémentaire, grâce au leadership incarné par nos deux chefs d’Etat », a indiqué Alioune Sarr. Il s’est félicité aussi de la rapidité avec laquelle ce protocole a été signé et exécuté entre les deux pays. « Aujourd’hui, c’est la patate douce de Guinée-Bissau qui est à l’honneur. C’est un premier pas vers d’autres spéculations pour lesquelles la Guinée Bissau a un potentiel et le Sénégal un marché ouvert sur l’extérieur. En tant que pays frontaliers, les deux Républiques, conscientes des opportunités qui s’offrent à elles, dans le cadre de la commercialisation de produits agricoles et de l’intégration des marchés, montrent la voie à nos deux secteurs privés », a indiqué le ministre du Commerce. Ce dernier de laisser entendre que le Sénégal apprécie les opportunités commerciales que présente le marché de la Guinée Bissau pour les opérateurs économiques de notre pays. Alioune Sarr est revenu aussi sur la nécessité du partage d’expériences dans le domaine de la régulation pour faciliter l’écoulement correct des productions agricoles locales du Sénégal. « Les discussions avec nos frères de Guinée-Bissau ouvrent aussi des possibilités de partage d’informations et de statistiques de productions, et d’expériences en matière de régulation au bénéfice de nos producteurs locaux dans une relation gagnant-gagnant », a confié le ministre du Commerce qui demande l’encadrement du protocole pour la facilitation du transport des marchandises entre les deux pays. Le ministre s’est félicité de la volonté des deux présidents qui œuvrent pour la tenue prochaine, de la 10ème édition de la grande Commission mixte de coopération entre le Sénégal et la Guinée-Bissau.

Oumar KANDE (Envoyé spécial en Guinée-Bissau)

La Poste traverse des difficultés, mais « sa privation n’est pas à l’ordre du jour », a tenu à préciser le ministre de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique, Abdoulaye Baldé, samedi, lors du vote du budget de son département. L’option retenue par l’Etat est la restructuration de la société.

La situation que traverse la « Sn la Poste » n’a pas laissé indifférents les députés. En commission, ils ont interpellé le ministre de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique, Abdoulaye Baldé, sur le programme de restructuration de cette société. Et lors des débats en plénière, samedi, la même question sur la privatisation de la Poste ou de sa restructuration est largement revenue pendant les interventions des députés. Du moment où les pertes cumulées par la Poste deviennent de plus en plus nombreuses, le député Seydou Diouf a demandé au ministre de tutelle comment l’Etat compte faire pour redresser cette société nationale. Mamadou Lamine Diallo a, lui, invité Abdoulaye Baldé à faire le point sur la dette de la Poste devant les représentants du peuple. Le député non inscrit Ousmane Sonko a, pour sa part, beaucoup insisté sur la situation que traverse cette société. Chiffres à l’appui, il a révélé qu’en 2013 la Poste a affichée « une perte nette de 4 milliards de FCfa ». Depuis lors, a déploré le parlementaire, « aucun état financier n’a été déposé ». Ce qu’il dit considérer comme « grave » pour une entreprise nationale. Ousmane Sonko a ajouté que lors de l’examen de la Loi de finances initiale (Lfi) 2016, le ministre délégué du Budget, Birima Mangara, avait reconnu, devant les parlementaires, que la Poste avait une dette vis-à-vis de l’Etat de l’ordre de 130 milliards de FCfa. Pour sa dette fiscale, elle était de plus d’un milliard de FCfa selon le document de programmation budgétaire pluriannuel du ministère des Finances. « De 2013 à 2016, environ 60 milliards du Trésor public ont été consommés par la Poste sans aucune politique de la part de l’Etat », a dénoncé M. Sonko.

Le ministre de la Communication a reconnu que « les dettes de la Poste sont réelles ». Toutefois, il a tenu à préciser à l’endroit des députés que « la privatisation de la société n’est pas à l’ordre du jour ». Le schéma retenu par le gouvernement, a informé Abdoulaye Baldé, est comment procéder pour restructurer cette société nationale pour la rendre plus efficace et plus efficiente. De la volonté de restructuration, a-t-il poursuivi, plusieurs options ont été retenues entre la Trésorerie générale et la société nationale la Poste dans le cadre du Comité interministériel de restructuration réunissant le ministère de l’Economie, le ministère en charge des Télécommunications et la Poste. A l’issue de ces rencontres multisectorielles, a-t-il dit, trois points  ont été avancés : la compense, la rémunération et la recapitalisation.

Aliou Ngamby NDIAYE

Interpellé sur la cession de la licence Tigo à Wari par les députés Marie Sow Ndiaye et Toussaint Manga, le ministre Abdoulaye Baldé a tenu à préciser que le gouvernement ne peut pas rester les bras croisés sur cette affaire car la licence de télécommunication appartient à l’Etat et « qu’elle est incessible ». Revenant sur la genèse de l’opération entre Wari et Millicom, Abdoulaye Baldé rappelle « qu’un accord préalable » a été trouvé entre les deux parties. Mais finalement, cet accord n’a pas pu aboutir commercialement. Entre temps, ajoute le ministre, « le groupe Sentel (Millicom) a saisi l’Etat pour l’informer d’un nouveau repreneur » en lieu et place du groupe Wari. Cette demande, informe-t-il, est en étude au niveau des services de son département. Abdoulaye Baldé indique que le dossier sera bientôt finalisé. «Nous avons reçu toutes les parties pour mieux juger et prendre les décisions afin de finaliser le dossier. La préoccupation de l’Etat est de sauvegarder les intérêts du pays sur le secteur des télécommunications avec un opérateur qui saura respecter les obligations sur tous les plans. Le gouvernement n’est pas frileux sur cette question », a-t-il ajouté.

A. NG. NDIAYE

La seconde journée du forum China-Africa Investment, ouverte lundi dernier, à Marrakech, a été marquée par des réflexions sur les instruments de financement à mettre en place par l’Afrique et la Chine en vue de développer leurs relations économiques et commerciales et financer les entreprises. Financiers, banquiers et responsables de fonds d’investissement ont préconisé, entre autres solutions, les partenariats publics et privés.

Lors de la seconde journée du forum China-Africa Investment, les participants se sont penchés sur le thème : « Quels acteurs et outils financiers au service de la Chine-Afrirque ? ». Il s’agissait, pour ces experts venus des secteurs de la banque, des fonds d’investissement, du secteur financier, de se pencher sur les stratégies de financement à mettre à profit afin de développer la coopération économique et commerciale entre la Chine et l’Afrique, et d’appuyer leurs entreprises souvent confrontées à l’accès aux crédits. Un certain nombre de mécanismes de financement ont été préconisés même s’ils sont déjà mis en œuvre dans certains pays. Parmi eux, on note les fonds souverains, le «private equity» (capital d’investissement), les partenariats public-privé (Ppp), les banques publiques et privées… Tous ces instruments devaient permettre aux entreprises chinoises et africaines de mieux conduire leurs investissements et aux Etats africains de répondre à leurs besoins de financement. « Ce que nous devons faire, c’est de nous positionner dans des projets qui contribuent à l’intensification du commerce extérieur entre les pays africains mais qui puissent aussi développer les liens d’investissement entre la Chine et l’Afrique », a préconisé Brahim Benjelloun Touimi, directeur général exécutif du Groupe Bmce Bank of Africa du Maroc. Selon lui, dans le domaine des infrastructures, les partenariats public-privé sont un instrument fondamental dans la mobilisation de fonds même s’il reste un outil faiblement utilisé à travers le continent africain alors qu’il est un moyen privilégié pour attirer les finances chinoises en Afrique. Il a ajouté que la finance africaine, pour pouvoir accompagner le développement du continent, doit être basée non seulement sur la finance réelle et l’investissement physique, mais aussi sur les infrastructures immatérielles (les services financiers, la formation…).

Développer le marché des capitaux et le «private equity»
Zhao Lei dirige un fonds chinois « Lion fund management qui est spécialisé dans la gestion des actifs. Avec un actif total de 350 milliards de yuan, son établissement compte apporter son concours. « La plupart de nos investissements se font en Chine. Nous avions commencé à investir dans les pays développés mais aujourd’hui, notre souhait est d’explorer les marchés africains et ceux en voie de développement », a indiqué M. Lei. Il a suggéré de développer le marché des capitaux pour qu’il soit profitable à l’économie et au bien-être des populations. Il note qu’au-delà des budgets que les Etats mettent à disposition pour développer, par exemple, les infrastructures, il faut aussi nouer des partenariats public-privé. M. Lei a prôné également la cotation des entreprises chinoises dans les bourses africaines. Ce qui leur permettra, dit-il, de pouvoir lever des fonds.

Brahim El Jaï, partenaire associé au fonds d’investissement AfricInvest, vante les opportunités du «private equity» qui, selon lui, offre des potentialités énormes au continent. « Ce que je vois avec l’intérêt grandissant de la Chine et du continent asiatique en général pour l’Afrique, c’est le recours aux partenariats public-privé, une formule qui fonctionne bien », fait remarquer M. El Jaï. A son avis, les investisseurs en provenance de Chine s’orientent beaucoup plus vers le secteur public. Il serait bien aussi, selon lui, qu’ils aillent vers le secteur privé et pour promouvoir davantage le «private equality».

Le Fagace, une opportunité pour les investisseurs chinois
La directrice générale du Fonds africain de garantie et de coopération économique (Fagace), Minafou Fanta Coulibaly Koné, compte sur la mobilisation des fonds chinois au profit de l’Afrique. « Nous n’arrivons pas encore à mobiliser des ressources que nous souhaiterions avoir. La Chine dispose d’assez de capitaux. Et pour en disposer, il faut booster nos institutions à travers des prises de participations », a soutenu Mme Kone. Elle souligne que le Fagace offre des opportunités aux Chinois en ce qu’il leur permet d’investir et d’accroître leur présence régionale en Afrique. D’après elle, à travers la simple vitrine du Fagace, c’est un accès à 4 zones monétaires et 14 Etats africains qui pourraient tisser des partenariats stratégiques et stimuler les capacités dudit fonds. Le capital de ce fonds est ouvert aux Etats africains et non africains, aux institutions financières et de développement et aux pays émergents. Il opère dans les zones économiques de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (Cemac), de l’Uemoa, en Mauritanie et au Rwanda. D’après Mme Koné, les interventions du Fonds ont permis de mobiliser plus de 1 500 milliards de FCfa au profit des différentes économies grâce à la garantie des prêts bancaires et à diverses autres formes d’interventions.

De notre envoyé spécial à Marrakech, Abdou DIAW

Les exportations dans le secteur de la pêche ont généré, en fin octobre 2017, près de 216 milliards de FCfa, a révélé Oumar Guèye, le ministre de la Pêche et de l’Economie maritime, lors de la signature du protocole d’accord pour le projet d’amélioration des pêcheries de thoniers canneurs qui débarquent au Sénégal.

A la date du 31 octobre dernier, les exportations dans le secteur de la pêche ont généré 216 milliards de FCfa, a indiqué, jeudi, Oumar Guèye, le ministre de la Pêche et de l’Economie maritime. Il présidait la cérémonie de signature du protocole d’accord pour le projet d’amélioration des pêcheries de thoniers canneurs qui débarquent au Sénégal. « Les exportations du Sénégal dans le secteur de la pêche sont estimées, en fin octobre 2017, à 216 milliards de FCfa contre 181 milliards à la même période en 2016, soit une hausse de 19,21 %. Comparé aux chiffres de l’année 2016 qui étaient à 204 milliards de FCfa, il est noté une hausse de 12 milliards de FCfa en fin octobre », a précisé M. Guèye. Il a rappelé l’importance de ce secteur qui emploie plus de 600.000 personnes, contribue pour 3,2 % au Pib et procure plus de 75 % des besoins en protéine animale. Le ministre s’est félicité de la signature de ce protocole d’accord entre Senemer et Thai Union. Selon Oumar Guèye, dans le cadre de la mise en œuvre de la Lettre de politique sectorielle de développement de la pêche et de l’aquaculture, les autorités sénégalaises ont mis l’accent sur la gestion durable de la ressource. Rappelant le rôle important du thon dans l’alimentation à l’échelle mondiale, il a ajouté que le Sénégal est partie prenante dans toute gestion durable des ressources. « Dans la Lettre de politique sectorielle de la pêche et le développement de l’aquaculture figurent en bonne place la gestion durable et la restauration de l’habitat marin », a noté Oumar Guèye. Le ministre a félicité les partenaires du projet pour la mise en place d’un système de certification Msc, un label pour les consommateurs. Il a affirmé que le secteur de la pêche du thon recoupe la préoccupation de son département et que le Sénégal travaille sur le label «Made in Sénégal». « Nous voulons, à terme, que tous les produits pêchés au Sénégal, qu’ils soient exportés en l’état ou transformés (ce que nous souhaitons), aient un label «Made in Sénégal». Nous y travaillons et nous sommes persuadés que d’ici à 2018, nous allons finaliser ce label », a dit Oumar Guèye. Il a invité les acteurs du secteur à investir au Sénégal.

Label Sénégal
Le ministre indique que trois pôles sont disponibles à Lompoul, Joal et Kafountine. Il a aussi appelé les acteurs à une pêche durable et responsable qui préserve la ressource pour les générations futures. Le mémorandum d’entente du Projet d’amélioration des pêcheries de thon a été signé entre le groupe Thai Union et Senemer. Il entre dans le cadre du projet d’amélioration des pêcheries (ou Fip en anglais) pour les thoniers canneurs qui débarquent au Sénégal. Son objectif est de parvenir à une certification et un label «Made in Sénégal» » dans le secteur de la pêche.

Selon Tony Lazazzara, directeur des industries de Thaï Union Group, les parties prenantes travailleront sur la définition du plan d’actions qui leur permettra d’atteindre le niveau de la certification Msc (Marine stewardship council) dans un délai de cinq ans. Il a rappelé que cette certification repose sur trois principes essentiels : la protection des stocks de poisson, l’impact sur les écosystèmes marins ainsi que la manière dont les pêcheries sont gérées. Représentant la société Senemer, Fouss Nouaisser signale que la signature de ce protocole d’accord est une volonté de pérenniser la grande industrie du thon. Ce protocole permet, à son avis, de valoriser le produit au plan international.

Aliou KANDE

L’Afrique regorge d’une bonne partie de l’uranium du monde. Cependant, seuls deux pays du continent font recours à cette source d’énergie qui est moins coûteuse.

Près de 60 % des Africains n’ont pas accès à l’électricité, notamment au sud du Sahara, soit près de 650 millions. Pourtant, le continent africain dispose d’importantes ressources énergétiques renouvelables et non renouvelables, souligne le professeur en Géologie au département des Ressources naturelles à l’Institut de recherche et d’études africaines de l’université du Caire. Dr Abbas M. Sharaky s’exprimait, au cours d’un échange portant sur le thème : « Les sources d’énergies en Afrique », en marge de la 50e session de formation des jeunes journalistes, initiée par l’Union des journalistes africains (Uja), en partenariat avec le ministère égyptien de l’Information et de la Communication.

Malgré ce potentiel, la production énergétique est encore « insignifiante ». Le problème réside, selon lui, dans la mauvaise exploitation des ressources, les conflits frontaliers, le manque de moyens et de technologie, etc.

Sur les différentes formes d’énergies, estime le géologue, l’énergie nucléaire est la seule alternative pour combler le gap énergétique du continent africain. Il souligne que la production de l’énergie nucléaire est non seulement moins chère mais ne requiert pas une grande quantité d’uranium. « Le coût devient marginal et le prix au consommateur moins cher », dit-il. En Afrique, seuls deux pays utilisent l’uranium.

A son avis, les Etats africains doivent privilégier et promouvoir les investissements étrangers dans le domaine des énergies renouvelables et non renouvelables pour régler définitivement les problèmes d’accès à l’électricité. « Les Etats doivent inciter et accompagner les investisseurs étrangers à mettre leurs moyens dans ce domaine », conseille-t-il. « S’ils disposent des garanties et des mesures incitatives, ils vont venir investir », assure Dr Abbas M. Sharaky.

Il a souligné que l’Ethiopie a pu réaliser un projet hydroélectrique d’une capacité de 4.000 MW, soit 10 fois plus que sa production antérieure qui était de 400 MW. Cela a été rendu possible grâce à la réalisation de beaucoup de barrages hydroélectriques. « Sa principale difficulté réside dans la gestion des fleuves qu’elle (Ethiopie) partage avec d’autres pays de la zone qui occasionne des conflits », regrette-t-il. Pendant ce temps, le Congo ne produit que 2 000 MW. Une production loin de couvrir ses besoins en énergie. Pour renverser cette tendance, poursuit-t-il, le Congo et ses voisins ont besoin de réaliser des barrages hydroélectriques.

L’autre constat, c’est la disparité dans l’accès à l’énergie entre le nord de l’Afrique (qui est à 90 % du taux d’accès à l’électricité) et le sud qui est à moins de 50 % du taux d’électrification alors que, de part et d’autre, des sources d’énergie existent. Mais la coopération entre les deux entités est quasi inexistante. Dr Abbas M. Sharaky estime que les échanges entre le nord et le sud demeurent une nécessité pour résoudre les problèmes énergétiques auxquels sont confrontés beaucoup de pays du continent. Ce partenariat doit se faire à travers des échanges d’informations et de technologies selon les capacités et les compétences de chacun et sur l’entraide en termes de montage de projets de financement. Par exemple, si un pays africain dispose d’un surplus d’énergie, il peut le vendre à ses voisins ou à d’autres pays du continent. Ce sont ces échanges, à son avis, qui peuvent permettre « à l’Afrique de se développer et d’être dynamique ».

De notre envoyé spécial au Caire, Souleymane Diam SY

Le Pôle pastoralisme et zones sèches (Ppzs), un groupement d’intérêt scientifique regroupant l’Isra (Institut sénégalais de recherche agricole), le Cse (Centre de suivi écologique), l’Ucad, l’Enea (Ecole nationale d’économie appliquée) et le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement de France (Cirad) a organisé, en collaboration avec le Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse au Sahel (Cilss), un colloque international sur la pastoralisme. Cette rencontre organisée à Dakar, du 20 au 24 novembre dernier, sur le thème : « Le pastoralisme dans le courant des changements globaux ; défis, enjeux et perspectives », a regroupé des scientifiques et acteurs de l’élevage de la zone d’Afrique de l’Ouest et de l’Est.

Les participants ont demandé une meilleure approche du pastoralisme pour mieux prendre en compte les exigences du moment. Dans le document final, ils estiment que l’approche large et éco-systémique du pastoralisme doit inclure à la fois la ressource, les animaux et les pratiques.

Les participants ont échangé autour de cinq thèmes pour l’adaptation des conduites dans l’usage des ressources et des animaux ; sur les évolutions climatiques et environnementales dans le pastoralisme ; sur les dynamiques foncières et l’accès aux ressources pastorales ; de même que les évolutions sociétales et le pastoralisme en plus des contributions éco-systémiques du pastoralisme.

De même, les sociétés pastorales étant toujours en attente de visions prospectives quant aux adaptations adéquates aux contextes, les échanges du colloque, qui a ciblé tous les acteurs qui interagissent dans les zones pastorales et les zones côtières de l’Est à l’Ouest de l’Afrique, ont aussi porté sur les dynamiques pastorales en cours et les perspectives en Afrique subsaharienne. Les spécialistes pensent qu’il faut réfléchir davantage sur le pastoralisme face aux enjeux socio-économiques, écologiques et climatiques mais aussi sur les méthodes et outils existants et à construire pour améliorer l’appui et la conduite des systèmes pastoraux. Selon le document final, les enjeux consistent à situer les mutations majeures auxquelles l’élevage, les éleveurs et les systèmes se confrontent. La pluralité des perceptions des acteurs, la précision des défis, les obstacles et les opportunités pour le futur sont aussi à déterminer avec plus de précision. Ils indiquent qu’il faudra aussi « prospecter ensemble les alternatives autour desquelles les éleveurs, la recherche, les organisations publiques et les responsables politiques pourraient orienter leurs actions à venir ».

Oumar KANDE

Dans la dynamique qu’emprunte la coopération entre la Chine et l’Afrique, le Maroc compte participer activement à la promotion d’un partenariat sino-africain « équilibré, dense et profitant à tous ». Un souhait exprimé à Marrakech, par les autorités marocaines à l’ouverture de la seconde édition du « China Africa investment forum » organisée par le groupe Jeune Afrique, Boao et le ministère marocain de l’Industrie et du commerce.

La 2ème édition du forum China Africa sur l’investissement ouverte, avant-hier, à Marrakech (Maroc), réunit décideurs économiques chinois et africains pour plancher sur les perspectives de coopération. Le Royaume chérifien a exprimé son souhait de jouer un rôle fondamental dans ce partenariat. Moulay Hafid Elalamy, le ministre marocain de l’Industrie, de l’investissement, du commerce et de l’économie numérique a soutenu que l’amorce de la nouvelle phase d’un partenariat Chine-Afrique « équilibré, dense et bénéfique pour tous » est une volonté et un engagement exprimé par le Roi Mouhamed VI lors du sommet du forum de coopération Chine - Afrique. « Le développement des relations sino-africaines est un véritable choix stratégique auquel nous sommes pleinement attachés et engagés. Notre volonté de réaliser des actions concertées et d’opérer une coopération pragmatique est fondée sur les principes d’avantages réciproques et de développement commun », déclarait sa majesté lors de cette rencontre, en décembre 2015, à Johannesburg.

Le Maroc croit « fermement » au partenariat sino-africain et se montre disposé à tout mettre en œuvre pour renforcer davantage ce processus et gagner le pari de « bâtir, ensemble, une Afrique stable et prospère ». Cette ambition, selon M. Elalmy, est d’autant plus « légitime » que les relations Maroc-Chine et Maroc-Afrique s’inscrivent dans une dynamique soutenue. D’après lui, la vocation africaine du royaume a pris une nouvelle dimension. « C’est une coopération intense portée au plus haut niveau par le Roi. Elle embrasse désormais tous les domaines qu’ils soient politiques, économiques, sociaux, culturels ou spirituels », a ajouté le ministre marocain de l’Industrie, de l’investissement, du commerce et de l’économie numérique. Il a cité, entre autres actions entreprises par son pays, le retour du Maroc à l’Union africaine, le projet d’adhésion à la Cedeao et les visites effectuées en Afrique par Mouhamed VI qui, à son avis, confèrent une dynamique soutenue aux relations maroco-africaines et témoignent de l’engagement du royaume envers son continent. De l’avis du ministre, le partenariat Chine-Afrique a atteint une maturité qui lui permet de migrer vers une étape plus stratégique, en phase avec les opportunités et les défis qui se présentent aux deux parties. L’un des organisateurs du forum, Marwane Ben Yahmed, directeur de publication de «Jeune Afrique» note que cette rencontre d’affaires ouvre un nouveau chapitre d’un partenariat dont le potentiel de croissance reste considérable. Il estime que les entreprises chinoises devraient jouer dans un proche avenir un rôle-clé pour le développement de nouveaux secteurs stratégiques : agriculture, banques et assurances, logement, Tic, logistique et transports. Il indique également que les entrepreneurs chinois doivent encore, pour certains, s’affirmer non plus comme des acteurs isolés mais comme partie prenante de l’économie locale.

Les entreprises marocaines présentes dans 27 pays africains
D’après Moulaye Hafid Elalmy, le secteur privé marocain adhère « totalement » à cette dynamique de coopération. Il souligne que le Maroc est le premier investisseur en Afrique de l’Ouest et le deuxième en Afrique. Il ajoute que les entreprises marocaines sont présentes dans 27 pays africains et œuvrent dans divers secteurs : banques, assurances, télécoms, Btp et l’immobilier, les Tic et les médias, les mines, l’industrie pharmaceutique, le transport aérien… Sur ce point, Marwane Ben Yahmed, explique que le choix du Maroc d’abriter cette rencontre d’affaires n’est pas fortuit. Selon lui, le Royaume chérifien qui joue un rôle de trait d’union entre l’Afrique et l’Europe, est connu pour être un centre économique et financier stable que beaucoup d’entreprises chinoises ont élu comme base pour conduire leurs investissements sur le continent.

De notre envoyé spécial à Marrakech, Abdou DIAW

La directrice du Centre de commerce international de Genève, Arancha Gonzales qui a procédé, le 20 novembre dernier, à Dakar, au lancement de trois initiatives destinées à stimuler la compétitivité des micros, petites et moyennes entreprises, estime que le Sénégal a une longueur d’avance sur ses voisins en ce qui concerne le commerce électronique et doit capitaliser cet acquis pour gagner davantage de parts de marché.

Vous avez participé au Forum de la Pme sénégalaise. Que faut-il faire pour booster le secteur des Pme au Sénégal et le rendre attractif ?
La première chose à faire, c’est de comprendre qu’il s’agit d’une question de compétitivité. Cette compétitivité dépend de trois niveaux. Premièrement, la Pme, pour être compétitive, doit investir sur la qualité et l’amélioration de la gestion. Deuxièmement, il faut développer un écosystème avec des institutions d’appui à la Pme sénégalaise qui facilitent, par exemple, l’accès au crédit. Troisièmement, il faut, à travers des mesures réglementaires, favoriser le développement des entreprises. C’est sur ces trois étages (entreprise, écosystème et législation nationale) qu’il faut travailler. Cela permettra aux entreprises d’innover, de se développer et d’accéder à d’autres marchés. Et les technologies de l’information et de la communication, par la digitalisation, offrent des opportunités qu’il faut saisir. Ce sont ces trois dimensions sur lesquelles il faut construire la grille d’amélioration de la compétitivité des Pme sénégalaises. Je me réjouis de voir que le gouvernement travaille sur la question de la Pme et fait de celle-ci une priorité.

Vous avez rencontré des autorités sénégalaises et beaucoup d’acteurs. Comment appréciez-vous le secteur du commerce au Sénégal ?
Le Sénégal a fait d’énormes progrès en matière de commerce. Le pays a beaucoup travaillé pour que ses produits s’exportent bien. Cette politique est à l’honneur du ministre du Commerce et de son équipe. Le Sénégal a également beaucoup travaillé pour accéder au marché sous-régional de l’Uemoa et de la Cedeao. C’est une bonne option. Mais tout ce travail doit être complété par une offre compétitive qui combine à la fois la qualité, le respect des standards sanitaires, phytosanitaires, avec un code barre. Tout cela ne dépend pas seulement du ministère du Commerce mais également du ministère de l’Agriculture, des Infrastructures, de l’Industrie. Et c’est heureux que le Premier ministre qui est le garant de la cohérence de l’action de tous les départements ministériels préside le forum de la Pme sénégalaise. Cela prouve qu’au plus haut niveau de l’Etat, la compétitivité des Pme est prise en compte.

Les acteurs sénégalais sont-ils suffisamment outillés pour aller à la conquête du marché mondial ?
Absolument. J’ai visité moi-même l’entreprise Neurotech qui évolue dans le secteur des services technologiques. Cette société emploie 60 personnes alors qu’il y a 15 ans, ils étaient deux. Ils ont beaucoup évolué et font un chiffre d’affaires de 4 milliards de FCfa. Une partie importante de leurs activités se fait dans l’espace Uemoa. Le Sénégal a une longueur d’avance sur les services par rapport à ses voisins de l’Uemoa. C’est une raison de plus pour capitaliser dans le domaine du digital. Le Centre de commerce international en partenariat avec les Pays-Bas a lancé un programme pour aider les entreprises sénégalaises évoluant dans les technologies de l’information et de la communication à s’internationaliser.

On parle beaucoup de e-commerce. Comment le Sénégal peut-il profiter des opportunités qu’offre le commerce électronique ?
C’est une révolution qu’il ne faudrait pas rater. Le commerce électronique des marchandises représente, aujourd’hui, 13 % du commerce international ; c’est 25 milliards de dollars. Le commerce électronique est le plus adapté aux transactions des consommateurs notamment pour les micros entrepreneurs. Il est adapté à la réalité de l’entreprise sénégalaise. Pour bien profiter de ce commerce, il faut régler la question de l’offre en ayant des produits de qualité. Nous avons beaucoup travaillé au Sénégal dans ce secteur. Nous avons identifié des secteurs dans l’agroalimentaire, dans le cosmétique, dans l’artisanat qui vendent déjà en ligne. Il faut également créer l’infrastructure. Nous avons créé un site électronique de vente en ligne qui s’appelle « Made in Sénégal.Org » réalisé avec l’appui de l’Organisation international de la francophonie (Oif). Nous avons essayé de régler deux problèmes essentiels dans le commerce électronique : le paiement en ligne et les paiements internationaux. Par exemple, quand je retourne en Suisse, je peux acheter en ligne avec mon compte. Nous avons travaillé avec Ecobank en créant un mode de paiement international. La logistique est également importante. Sur ce sujet, nous avons travaillé en partenariat avec Dhl et un acteur au Sénégal. Ensemble, nous avons la solution pour la logistique des marchandises achetées en ligne. Tous les éléments sont en place pour faciliter le commerce électronique. Maintenant, il reste à faire la promotion du «Made in Sénégal». Je vais revenir en mars 2018 pour lancer un programme de startup sur les Technologies de l’information et de la communication pour les jeunes hommes et les jeunes femmes. C’est un moyen pour faire en sorte que nos économies soient plus équitables.

Les acteurs qui sont dans l’export estiment que les normes du commerce international sont très contraignantes. Que pouvez-vous faire pour permettre à ces acteurs d’être à niveau ?
Il faut comprendre que la qualité n’est pas quelque chose imposée par des étrangers aux Sénégalais. La qualité est une demande des classes moyennes et même la classe moyenne sénégalaise demande aussi de la qualité. Quand vous achetez un téléphone, vous ne voulez pas qu’il prenne feu la semaine d’après. Partout dans le monde, on demande de la qualité et cela va s’accentuer dans le futur. C’est un élément de compétitivité et il faut aider la Pme à s’ajuster à ces demandes changeantes de qualité en mettant en place l’infrastructure comme des laboratoires, des centres pour tester les produits à exporter. Les autorités sénégalaises travaillent sur cette question. Il faut aussi des ressources humaines. Par exemple pour la mangue, il y a le label « Mangue du Sénégal ». Nous avons formé des experts qui peuvent, demain, certifier la qualité de la mangue venant du Sénégal de manière à ce qu’elle puisse répondre au cahier des charges de ce label. C’est une démarche-qualité pour plus de valeur ajoutée. La même mangue certifiée label « Mangue du Sénégal » peut avoir un prix supérieur de 20 % à celui de la mangue non certifiée. Il ne faut pas intégrer l’exigence de qualité comme une contrainte, mais comme un critère de performance.

On parle de commerce intra-africain très faible estimé à 15 %. Qu’est-ce qui explique ce faible taux ?
Le commerce transfrontalier est développé, surtout celui informel qui n’est pas recensé. Même si c’est 15 %, il faut travailler sur deux axes : premièrement, sur des infrastructures en désenclavant par les routes, les aéroports, le câblage digital parce que l’économie de demain est une économie numérique et les commandes seront faites via une fibre optique et un satellite. Il faut imaginer l’infrastructure du 21ème siècle. Je constate que du côté des transports aériens, l’offre ne cesse d’augmenter avec de nouveaux acteurs qui arrivent. Une fois qu’on aura connecté le continent par les infrastructures lourdes, il restera les infrastructures légères comme le cadre réglementaire. Il faut harmoniser et simplifier les procédures notamment douanières par la digitalisation ; cela va réduire la marge de corruption. Il faut, deuxièmement, préparer aussi l’entreprise à la conquête du marché sous-régional parce que beaucoup d’entreprises n’ont pas un goût pour partir dans la région.

Entretien réalisé par Oumar KANDE

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