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Affaires et Finances (1638)

Un projet pilote de gestion durable des terres initié par l’Association sénégalaise pour la promotion du développement à la base avec le financement du Fonds national de recherche agricole et alimentaire (Fnraa) a permis de récupérer une centaine d’hectares de terres dégradées dans la commune de Latmingué, dans le département de Kaolack. Une expérience novatrice qui fera l’objet d’une extension sur une grande échelle, selon les responsables de de ce projet.

Dans la localité de Latmingué (département de Kaolack), la lutte contre la dégradation des sols est permanente. Dans ce combat quotidien, les producteurs sont au devant de la scène. A l’aide d’une technologie simple, les phénomènes du lessivage des sols ou du ravinement sont traqués pour préserver les terres de culture. Une expérience menée dans huit communes à travers le Sénégal dans la phase pilote d’un projet initié par l’Association sénégalaise de promotion du développement à la base (Asprodeb) en partenariat avec le Fonds national de recherches agricoles et alimentaires. Après plus de deux ans, les résultats semblent flatteurs pour les bénéficiaires. «La lutte contre la dégradation des sols a donné des résultats plus qu’encourageants dans la commune de Latmingué où une centaine d’hectares a été, au moins, récupérée grâce aux dispositifs mis en place par le projet à travers une technologie simple et accessible de ralentissement des eaux de ruissellement. Ce qui a permis à certains endroits d’avoir des rendements de 1 à 1,2 tonne par hectare contre un maximum de 800 kilogrammes dans le passé », a déclaré Alassane Diaw, le président du Cadre local de concertation des organisations de producteurs (Clcop) de Latmingué qui pilote le projet dans cette commune.

Un bilan corroboré par le technicien de l’Agence nationale de conseil agricole (Ancar) Omar Diallo. Il a servi de guide aux producteurs des communes de Thiaré et de Keur Baka venus s’imprégner de cette expérience. «Voir des producteurs échanger librement sur des expérience de gestion durable des terres sur la base d’expériences vécues par les uns démontre que le projet a introduit un changement de rapport entre la terre et les producteurs qui sont désormais les plus fervents défenseurs de la protection des sols. Ils ont été convaincus par les résultats obtenus avec peu de moyens importants», a déclaré le technicien en marge de la visite d’échanges de près de 70 producteurs provenant de ces deux communes.

Ce projet pilote de gestion durable des sols avait démarré dans huit communes du Sénégal dont Latmingué avant d’être élargi dans trente autres dont Keur Baka et Thiaré dans la même zone géographique.

Elimane FALL

Toutes les mesures ont été prises par l’État pour assurer un bon déroulement de la prochaine campagne agricole.

Les producteurs de la région de Kolda n’ont aucun souci à se faire pour la disponibilité des semences d’arachide de la prochaine campagne agricole. C’est l’assurance donnée par Aguiboulaye Sidibé, Directeur régional du développement rural (Drdr) de Kolda qui se prononçait sur la fin de la campagne de collecte des graines d’arachides. Au total, 6 553 tonnes de semences écrémées, 366 tonnes de semences certifiées et 5 317 tonnes d’arachide d’huilerie ont été collectées cette année, dans la région de Kolda. Et à quelques semaines du début de l’hivernage, les préparatifs, pour la prochaine campagne agricole, vont déjà bon train.

Le ministère de l’Agriculture et de l’équipement rural a donné des instructions pour faciliter le bon déroulement de la prochaine campagne agricole. Ces mesures vont également permettre aux opérateurs qui disposent des semences dans une zone donnée, de les distribuer sur place pour éviter les tracasseries liées au transport et au déplacement.

Le Directeur régional du développement rural de Kolda demande aux producteurs de tenir compte des prévisions météorologiques qui leur seront données à travers l’Anacim et les comités nationaux et régionaux mis en place pour amoindrir les effets liés aux aléas climatiques. « Nous allons recevoir les prévisions pour l’hivernage 2017 qui pointe à l’horizon. Je pense qu’il est important, pour les paysans, qu’ils tiennent compte de ces conseils et prévisions pour qu’ils ne soient pas pris au dépourvu par rapport à la conduite de la campagne agricole. Nous allons voir, à travers les prévisions que nous allons recevoir, quels sont les zones et les conseils à leur donner pour leur permettre de choisir des spéculations qui seront adaptées à leurs zones respectives », a-t-il précisé.

Mamadou Aliou DIALLO

Le réseau global d’entrepreneurs de Pme Enablis et le Conseil patronal des énergies renouvelables du Sénégal (Coperes) ont signé, hier, une convention de partenariat en vue de promouvoir l’émergence et le développement entrepreneurial des petites entreprises. Ces Pme ont un potentiel de croissance, de création de richesses et d’emplois dans le secteur des énergies renouvelables. Selon Abdou Fall, le président du Coperes, la mortalité des entreprises est une réalité dans nos pays et pour la juguler, il a jugé important de travailler avec des structures de conseil comme Enablis.

L’ancien ministre a trouvé, à travers cette collaboration, un cadre de partenariat fructueux. « Nous restons ouverts pour le renforcement du dispositif de nos coopérations qui favorisent un environnement de développement de nos entreprises », a-t-il affirmé. Ousmane Ndoye, responsable du développement de l’entrepreneur chez Enablis a souligné que leur structure cible des entreprises qui font entre 25 et 500 millions de Fcfa de chiffre d’affaires. « Collaborer avec Enablis permet de renforcer les capacités managériale, technique et personnelle. Cela permettra d’élargir le réseau d’affaires des membres dans la recherche de financements», a indiqué M. Ndoye qui a souligné que 106 entrepreneurs ont été accompagnés par Enablis qui envisage de coacher 500 entreprises d’ici à 2020 pour 2000 emplois directs et décents.

Serigne Mansour Sy CISSE

Le ministre de l’Agriculture et de l’Équipement rural, Papa Abdoulaye Seck, a visité, hier, la Foire internationale de l’agriculture et des ressources animales (Fiara) où le riz tient la vedette.

Le riz est le produit phare de la 18ème Foire internationale de l’agriculture et des ressources animales (Fiara) ouverte depuis le 29 mars et qui se poursuit jusqu’au 16 avril. Preuve qu’il y tient le haut du pavé, un espace où trône une enseigne géante à l’effigie « Riz du Sénégal » lui est entièrement dédié. L’alignement des stands de riz bien achalandés commence, dès l’entrée de la Foire et se prolonge sur plus de 100 mètres à l’intérieur. Ici, le client a le choix entre le riz de la Vallée, de Kaffrine ou du Sud du Sénégal qui se décline en une multitude de variétés et de marques.

La présence en force du riz local n’est pas fortuite. La qualité du produit a été améliorée, celle de l’emballage aussi. C’est ce qui explique que le riz local est de plus en plus prisé par les Sénégalais. A cinq jours de la fin de la Fiara, plus de 500 tonnes de riz ont été commercialisées sur les 720 tonnes qui avaient été acheminées, a déclaré Korka Diaw, l’une des plus grandes productrices de riz au Sénégal, devant le ministre de l’Agriculture et de l’Équipement rural qui a visité, ce mardi après-midi, les stands. Sur ces 720 tonnes, les 500 tonnes sont du riz brisé, a ajouté la dame.

Devant chaque stand, en spécialiste, le ministre plonge la main dans les sacs entrouverts, tâte les grains de riz avant d’encourager les producteurs. Le fait de voir que les zones de culture du riz se diversifient ne laisse pas insensible le ministre. « Cela prouve que le riz n’est plus l’affaire d’une partie du territoire nationale mais il concerne toutes les zones agro-écologiques de notre pays. C’est dire que nous sommes dans une dynamique soutenue d’étalement de la production dans l’espace. Et cela vient confirmer la justesse de l’orientation stratégique définie par le chef de l’État », s’est-il félicité. Dans la même veine, il a assuré que le gouvernement fera « absolument » tout pour créer les conditions optimales permettant d’atteindre l’autosuffisance en riz cette année. « Aujourd’hui, le riz n’est plus un secret pour toutes les régions du Sénégal, c’est une marche vers l’autosuffisance qui s’amorce », a-t-il dit.

Dynamique soutenue d’étalement
Après les stands de riz, le ministre s’est rendu dans le grand pavillon où cohabitent une diversité de produits allant de l’horticulture, à l’élevage en passant par les produits céréaliers transformés, les fruits et légumes transformés. A côté de ces produits, différents projets et programmes agricoles, en plus de quelques institutions s’activant dans le domaine de l’agriculture exposent leurs offres et savoir-faire.
 
Le président de la Commission d’organisation de la Fiara, Boubacar Cissé, a profité de la présence du ministre pour lui faire part de leur intention d’organiser, l’année prochaine, une Fiara entièrement sénégambienne. « Elle se tiendra quelques jours avant l’ouverture de la 19ème édition de la Fiara. Par cet acte, nous voulons consolider les jalons poser par le chef de l’État Macky Sall et partager, avec nos frères gambiens, toute l’expertise sénégalaise en agriculture », a-t-il expliqué.

Le Dr Papa Abdoulaye Seck a apprécié cette initiative qui ne fera que renforcer le caractère sous-régional de la Fiara car, a-t-il rappelé, « cette manifestation est devenue un outil d’intégration régionale en agriculture ». C’est pourquoi, a ajouté le ministre, « le gouvernement fera tout pour appuyer cet outil majeur d’intégration régionale ».

Cela dit, le Dr Papa Abdoulaye Seck a réitéré l’engagement du gouvernement de construire, avec l’ensemble des acteurs, une agriculture forte. « Nous sommes dans une dynamique de complicité naturelle avec l’ensemble des acteurs et c’est cela qui permettra une lecture partagée en vue d’une parcellisation des responsabilités pour que chaque acteur joue sa partition pour aller de l’avant », a-t-il laissé entendre. Avant de se féliciter des « avancées significatives » au quotidien du secteur de l’agriculture et celui de l’élevage.

Elhadji Ibrahima THIAM

Le nouvel élan observé dans les relations entre le Sénégal et la Gambie, depuis l’avènement du président Adama Barrow, sera renforcé sur le plan des affaires. Un forum regroupant les acteurs économiques des deux pays est prévu du 24 au 25 mai à Dakar. Le but est d’asseoir une stratégie durable de développement des échanges. Une information livrée par le représentant du Secrétariat Permanent Sénégalo-gambien en marge d’une visite de contact avec les opérateurs économiques de Kaolack.

Dakar, la capitale sénégalaise, accueillera, du 24 au 25 mai, d’importantes assises économiques entre opérateurs économiques sénégalais et gambiens. Cette initiative du Secrétariat permanent sénégalo-gambien entre dans la dynamique du nouvel élan noté dans les relations diplomatiques entre Dakar et Banjul depuis l’avènement, en février dernier, du président Adama Barrow. L’initiative qui vient de l’instance de coopération précitée vise, selon les organisateurs «à réunir, dans un forum, au plus haut niveau, ouvrir le dialogue, la concertation et le partenariat entre les institutions afin de promouvoir une accélération de la mise en œuvre des accords et protocoles bilatéraux signés entre les deux pays. D’où la nécessité des consultations directes en vue de tirer le maximum d’opportunités de ce forum», lit-on dans la note conceptuelle.

Ces assises économiques seront les premiers résultats tangibles du Conseil présidentiel mis en place par les deux chef d’État à l’issue de la première visite officielle du président Adama Barrow au Sénégal et dont le Secrétariat Permanent interétat a reçu mandat pour l’harmonisation de la coopération entre les deux pays. Des précisions faites en marge d’une visite de prise de contact entre une délégation de l’instance évoquée et une délégation de la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Kaolack conduite par son président Serigne Mboup.

Ce dernier, saluant l’excellence des relations bilatérales à l’image des liens fraternels qui unissent les deux peuples, a dit sa conviction que le renforcement des échanges économiques est le garant le plus sûr de la consolidation de l’axe Dakar – Banjul. Il a exhorté les opérateurs économiques à investir dans des secteurs porteurs en Gambie comme l’hôtellerie ou la pêche.

Le directeur administratif et financier du Secrétariat permanent Sénégalo-gambien a invité les membres de l’instance consulaire régionale à prendre une part active au forum de Dakar, considérant la place économique de Kaolack comme essentielle au développement des échanges commerciaux entre les deux pays séparés, selon lui par des frontières artificielles imposées par les puissances coloniales.

Elimane FALL

Les opérateurs économiques de la Casamance, à l’image du président de l’Unacois-Jappo de Ziguinchor, Mame Birame Ndiaye, demandent l’organisation de la filière anacarde et un soutien plus fort de l’État pour booster ce secteur d’activité. Ils estiment que cela permettra de dégager des plus-values et du coup, améliorer leurs conditions de vie.

Le président de l’Unacois-Jappo de Ziguinchor a estimé que l’inorganisation est le nœud gordien de la filière cajou dans la région méridionale. Il l’a expliquée par le fait que « l’État n’a pas encore mesuré l’importance de ce secteur d’activité qui génère des milliards de FCfa, dans une région en 6 mois ». Il a soutenu qu’au moins 30 milliards de FCfa sont injectés en Casamance (régions de Ziguinchor, Sédhiou et Kolda), depuis deux ans, à chaque campagne de collecte et de commercialisation de la noix d’anacarde, au grand bonheur des producteurs, opérateurs économiques locaux et autres intermédiaires. « Sans compter les revenus provenant de la transformation des noix et de la pomme de cajou », a-t-il ajouté.

Mame Birame Ndiaye a souhaité l’accompagnement de l’État pour mettre en place de petites unités de transformation dans toute la région Sud. Il a indiqué que cela augmentera la valeur-ajoutée de l’anacarde, créera des emplois, participera à la lutte contre la pauvreté et au développement de la Casamance. Les opérateurs économiques souhaitent également que les producteurs de cajou exploitent de plus grandes surfaces, disposent de bonnes semences et se forment sur les techniques culturales et de collecte.

El Hadj Moussa SADIO

A quelques jours de la fin de la Foire internationale de l’agriculture et des ressources animales (Fiara), certains exposants soutiennent avoir réalisé de bons chiffres d’affaires. Alors que d’autres se plaignent de la mévente de leurs produits.

Situé à l’entrée de l’esplanade abritant la Fiara, le micro-jardin de Coumba Diop attire du monde. Les visiteurs y font un tour avant d’aller vers les autres stands. Posée et joviale, la formatrice en micro-jardinage, en micro-élevage et en pisciculture, Coumba Diop, explique dans les moindres détails les vertus de ses activités. Elle est à sa deuxième participation. Elle expose tous les produits issus de son micro-jardinage : des plantes, des menthes, des épices, des légumes, etc. « En Afrique et particulièrement au Sénégal, les gens mangent mal. Beaucoup de personnes souffrent de maladies à cause de la mauvaise alimentation », regrette-t-elle. La formatrice qui a noué un partenariat avec le Master Gedha du département de Biologie végétale de la Faculté des Sciences de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar souligne que bon nombre de personnes a changé les habitudes alimentaires en mangeant des produits naturels. « Celles-ci prennent des épices naturelles, des infusions à base de menthe et elles se sentent mieux », assure Coumba Diop. Elle ajoute que le micro-jardinage est accessible à tout le monde. Elle soutient que la Fiara constitue une opportunité car permettant aux gens de découvrir beaucoup de choses et de nouer des contacts. « C’est une vitrine qui nous permet d’être visible », apprécie-t-elle.

La fédération des boulangers du Sénégal n’est pas en reste. En partenariat avec le Fonds national de recherches agricoles et agro-alimentaires (Fnraa), cette foire constitue, pour elle, une occasion de valoriser davantage leur Projet d’incorporation des farines de céréales locales dans le pain. Dans ces compositions validées par l’Ita, il y a de la farine de blé à 85 %, de 15 à 20 % de farine de maïs, de sorgho, etc. Financé par la Banque mondiale dans le Programme de productivité agricole en Afrique de l’ouest (Ppaao), ce projet est piloté par l’association sénégalaise pour la promotion du développement à la base. Des producteurs aux boulangers en passant par les transformateurs, on cherche à développer la chaîne de valeur des céréales locales. Pour El Hadji Diouf, membre de la fédération des boulangers du Sénégal, il y a une forte demande. « Les visiteurs achètent beaucoup », se réjouit-il comme en atteste une petite file qui s’est formée devant le stand de la fédération.

Stands chers
Le seul bémol, dit-il, il y a moins de monde à la Fiara comparé aux éditions précédentes. Il pointe du doigt la cherté des stands. Le même constat est fait par une exposante de médicaments traditionnels qui a requis l’anonymat. Elle trouve les stands excessivement chers.

Les exposantes, soutenues par la Fédération des organisations non gouvernementales du Sénégal (Fongs-actions paysannes) des zones agro-écologiques du centre-est et des Niayes, ont moins de soucis pour l’acquisition de stands. La dame Satou Faye, originaire de Gossas et membre de la zone agro-école du centre-est expose divers produits comme la brisure de maïs, du beurre de vache, de l’huile de soump (miro-blanc), du miel, du sirop à base d’oseille (bissap), du gingembre, etc. Elle affirme avoir réalisé un bon chiffre d’affaires depuis le démarrage de la Fiara. Toutefois, elle souhaite une amélioration de l’emballage de ses produits. « Même si nous commercialisons des produits de qualité, si l’emballage n’est pas de meilleure qualité, ils n’attirent pas la clientèle », explique-t-elle. Contrairement à Satou Faye, la présidente de la Maison familiale rurale du village de « Yegoul Mboyoo » de Potou, assidue à cette foire, Mariama Bâ vend des légumes. L’air fatiguée, elle a les yeux rivés sur sa marchandise. Sur la vingtaine de sacs de pomme de terre et d’oignon, il en reste encore. Elle affirme que la Fiara n’a pas répondu à ses attentes. Bien que déçue, elle espère quand même augmenter son chiffre d’affaires d’ici la fin de la foire.

Espèces ovines du Niger
Le riz local fait aussi partie des produits présents et très prisés à la Fiara. Les riziculteurs de la région de Tambacounda, appuyés par le Programme multinational de renforcement de la résilience à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle au Sahel-Sénégal (P2rs) et l’Ancar, se frottent les mains. Harouna Kâ, vice-président de la fédération régionale des riziculteurs de Tamba soutient qu’ils ont réalisé un bon chiffre d’affaires avec le riz pluvial. « Une dame avait acheté un sac de 4 kilogramme pour tester la qualité du riz. Le lendemain, elle est revenue pour payer trois sacs de 50 kg. Cela atteste l’engouement autour du riz local », raconte-t-il. A l’opposé des producteurs, des femmes transformatrices, des boulangers, les éleveurs ne cachent pas leur déception. Les races exposées sont : des Koundoum, des chèvres du Sahel, de Ara Ara, Balami, des chèvres rousses de Maradi. Trouvé dans l’enclos de ses moutons de race, Mame Ibra Diagne, propriétaire de la bergerie Guett Serigne Cheikh Alioune Touré, tout de blanc vêtu, affirme que ces espèces étrangères ont cassé son chiffre d’affaires. Les organisateurs de la Fiara ne devraient pas, à son avis, admettre l’exposition de ces races étrangères. « Beaucoup d’éleveurs se sont plaints de cette situation », dit-il. Il faut préciser que ces races étrangères coûtent moins chères que celles locales. D’autres visiteurs comme l’étudiant Massamba Guèye apprécient la tenue de la Fiara. Il est d’avis que la foire est une opportunité pour rencontrer des partenaires qui peuvent appuyer des jeunes entrepreneurs. La journaliste française Clémence Cluzel est du même avis. Elle estime que de pareilles initiatives doivent être perpétuées au grand bénéfice des populations.

Souleymane Diam SY

Le Guichet unique électronique Orbus, est le 5ème Guichet unique installé dans le monde et l’un des plus complets, a soutenu l’administrateur général de Gaindé 2000, Ibrahima Nour Eddine Diagne.

« Orbus » est cité dans toutes les publications internationales comme une bonne pratique. Il est la seule construction 100% africaine parmi les solutions disponibles sur le marché et est le pionnier de la dématérialisation au Sénégal et en Afrique », a-t-il dit dans un entretien avec le site d’information « Le Journal de l’économie sénégalaise (lejecos) ». « Tout cela, selon lui, en respectant dans l’exploitation de la plateforme tous les standards de qualité et de sécurité des données informatisées qui ont été reconnus avec des certifications ISO 9001 et ISO 27001 ».

M. Diagne a rappelé que « le Guichet unique électronique Orbus, qui interconnecte l’ensemble des administrations publiques et privées qui délivrent des documents ou des autorisations dans les procédures et formalités du commerce extérieur, est lui-même une innovation dans son concept au Sénégal ». Cela a valu, selon lui, plusieurs reconnaissances à Gaindé 2000 dont la plus prestigieuse est le premier prix des Nations Unies pour le service public (Unpsa 2012) dans la catégorie « Améliorer la qualité de service ». « De manière plus précise, près de 80 administrations et entités sont reliées au réseau Orbus aujourd’hui, avec notamment toutes les banques, toutes les assurances, (…), les directions et services en charge de l’élevage, des eaux et forêts, de la pharmacie, de l’agriculture, des pêches, de l’industrie, du contrôle des changes, de la métrologie, de la Consommation, de l’environnement », poursuit-il.

Toutes ces entités, rappelle M. Diagne, interviennent dans Orbus selon la nature des marchandises et délivrent des certificats et des autorisations lors des formalités de dédouanement.

L’administrateur général a évoqué « la confusion » que certains font entre le nom du système informatique de la Douane Gaindé, et le nom du Gie qui s’occupe du Guichet unique Orbus et qui en l’occurrence s’appelle Gaindé 2000. « Les deux systèmes (Orbus et Gainde) sont intégrés et permettent aux opérateurs économiques de faire les formalités préalables sur Orbus et de faire la déclaration en douane sur Gainde", a t-il expliqué. « Le Gie Gainde 2000 est donc un opérateur technologique spécialiste du Guichet unique et de la dématérialisation au sens large qui intervient à la fois dans le périmètre du commerce extérieur, mais également en dehors et même à l’international », a-t-il ajouté.

APS

Le président en exercice de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), Alassane Ouattara, chef de l’État de Côte d’Ivoire a assuré, lundi, au terme de la session extraordinaire des chefs d’État de l’Union que le franc CFA se porte bien. « J’entends souvent des débats sur notre monnaie commune, le franc CFA. Je dois vous assurer que le CFA se porte bien », a déclaré le président ivoirien qui assure la présidence de l’Uemoa, dénonçant « les informations fallacieuses sur notre monnaie ». M. Ouattara a expliqué que « les ressources en devises sont importantes, la caisse économique bien tenue » avant de rassurer « les populations que notre monnaie saine et est dans de bonnes mains ».

APA

Le Sénégal a une croissance un peu en dessus de celle de la sous-région mais il doit aller plus loin dans les réformes pour relever les défis de la croissance inclusive. C’est l’avis des représentants de la Banque mondiale, du Fmi, de l’Apix, de la Direction générale de la planification et des politiques économiques (Dgppe) et du Consortium pour la recherche économique et sociale (Cres) à la table-ronde organisée, vendredi dernier, à Dakar.

C’est une bonne chose d’avoir une croissance en dessus de celle de la sous-région. Mais, il faut aller plus loin dans les réformes structurelles de notre économie pour relever les défis de la croissance inclusive au Sénégal. C’est l’avis des participants à la table ronde organisée, vendredi dernier, par le Consortium pour la recherche économique et sociale sur : « Quelle réforme pour une croissance inclusive au Sénégal ? ». Paolo Zacchia, économiste principal de la Banque mondiale a invité le Sénégal à aller plus loin dans les réformes structurelles en mettant l’accent sur des secteurs compétitifs comme les télécommunications pour avoir une croissance soutenable. Le représentant de la Direction générale de la planification et des politiques économiques (Dgppe), Abou Kane assure que pour arriver à une croissance inclusive, il faut l’existence d’un secteur privé fort avec un marché ouvert à la sous-région, agir sur la qualification professionnelle de la population et miser sur la jeunesse qui représente un atout de taille. Il faut également compter sur les ressources naturelles et les mettre en valeur, a ajouté M. Kane. Il a insisté sur l’amélioration de l’environnement des affaires et sur l’innovation technologique afin d’attirer le maximum d’investisseurs.

Le directeur de l’environnement des affaires à l’Apix, Mamadou Lamine Bâ a souligné que l’essentiel de l’appareil productif est constitué de Pme (plus de 400.000 unités selon le recensement général des entreprises de l’Ansd). Selon lui, il y a un programme de réformes dans différents domaines dont celle de la simplification des procédures de l’administration.

Le chef de la mission du Fmi au Sénégal, Ali Mansoor a estimé qu’il faut accélérer les réformes de manière à ce qu’elles prennent en compte les intérêts de tous les acteurs économiques, notant que les Pme peinent à accéder au financement. Il faut également améliorer le cadre dans lequel évoluent les Pme. « Il y a un bon démarrage mais beaucoup de choses restent à faire pour atteindre la croissance des pays émergents d’Asie. Nous avons fait un kilomètre de parcours, il nous en reste des milliers à parcourir pour atteindre les pays émergents asiatiques », a-t-il dit. M. Mansoor a insisté sur les conditions favorables au développement des Pme dans des secteurs porteurs de croissance et capables de créer des emplois bien rémunérés sans occulter l’investissement sur le capital humain (l’éducation et la santé).

Le Pr Abdoulaye Diagne a affirmé que beaucoup de réformes doivent être opérées dans le secteur foncier où il y a encore beaucoup de blocages. L’ancien ministre du Plan, El Hadj Ibrahima Sall, a déclaré qu’il est très difficile de mener des réformes parce que le Sénégal est « un pays de consensus paralysants », un pays « de juxtapositions de véto » et où il y a les élections tous les deux ans. Et pour réussir les réformes, il a soutenu qu’il faut beaucoup de courage de la part des autorités gouvernementales.

Mamadou SY

Les responsables et membres de la Confédération nationale des employeurs du Sénégal ont tenu, pendant deux jours, à Saint-Louis, les journées économiques du Nord. Le président de la Cnes, Mansour Cama, s’est réjoui de l’engagement de l’État dans le renforcement du partenariat entre les collectivités locales et le secteur privé, du Cosec à financer, pour un coût global de 50 millions de FCfa, les travaux de finition de la chambre de commerce de Saint-Louis et à mettre à la disposition de la municipalité, deux bateaux-taxi pour la traversée quotidienne du fleuve (destinés aux populations, aux touristes et autres visiteurs), etc.

En présence du ministre de l’Hydraulique et de l’assainissement, Mansour Faye, qui a clôturé ces journées économiques, du Directeur général de la Senelec, Mouhammadou Makhtar Cissé, le représentant des présidents des chambres de commerce du Nord, Cheikh Sourang a rendu un hommage au président du Conseil d’administration du Cosec, Babacar Ndiaye, Vice-président de la Cnes, qui a intercédé auprès du Cosec en faveur de la ville de Saint-Louis, en vue de lui faire bénéficier de ces réalisations. Cheikh Sourang a précisé que le Cosec va aussi mettre à la disposition de la Chambre de commerce de Saint-Louis, un écran géant qui sera placé à quelques encablures du monument aux morts de Guet-Ndar et qui permettra à tous les pêcheurs de la Langue de Barbarie de suivre régulièrement les mouvements de la mer.

Mansour Cama s’est dit satisfait de l’organisation de ces journées économiques à Saint-Louis, qui ont enregistré la présence de cinq maires mauritaniens, de la contribution de l’opérateur économique, Abdel Kader Ndiaye, qui a lu la résolution générale. Il a insisté sur la nécessité de tout mettre en œuvre pour que le Pse profite largement à tous les citoyens sénégalais, pour que certains grands projets et programmes de l’État soient réalisés par des opérateurs économiques nationaux, pour relancer, dans de bonnes conditions, la coopération entre le Sénégal et la Mauritanie en pêche.

M. Cama a indiqué que la Cnes envisage de tenir une grande réunion à Saint-Louis qui permettra de réfléchir sur l’écosystème, les voies et moyens à mettre en œuvre pour mieux exploiter le pétrole et le gaz découverts au large de Saint-Louis.

Le maire Mansour Faye est revenu sur les potentialités économiques de la région Nord, insistant sur la nécessité de mobiliser toutes les énergies en vue de développer harmonieusement les sous-secteurs du tourisme, de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche, de promouvoir l’habitat social.

Mbagnick Kharachi DIAGNE

Il ressort de ces journées économiques que pour aboutir à une opérationnalisation efficiente du Pse dans le Pôle économique du Nord, les pouvoirs publics doivent prendre en compte un certain nombre d’exigences.

S’agissant de l’animation territoriale, les participants recommandent de promouvoir dans les différentes régions une gouvernance territoriale participative et d’œuvrer pour une opérationnalisation de l’animation territoriale. En ce qui concerne l’étude de cas pour le projet de bourse territoriale pour un Sénégal émergent, a précisé le président du comité scientifique, le Pr Mayacine Diagne de l’Ugb recommandent une plateforme multi-acteurs et multi-niveaux de financements des initiatives locales de développement économique. Ils recommandent aussi la mise en place d’un cadre de concertation entre l’État, les collectivités territoriales et le secteur privé.

Concernant les opportunités et contraintes à l’investissement privé, il faut rendre accessible tous les services à un grand nombre d’entreprises dans les régions, fournir des services innovants à haute valeur ajoutée dans les domaines du management, de la gestion des risques et de la formation ciblée et maîtrisée, promouvoir une coopération économique transfrontalière pour apporter une assistance opérationnelle prioritaire aux collectivités territoriales et aux services déconcentrés de l’État afin de faciliter la réalisation des projets.

Quant aux offres de services financiers et non financiers pour la construction d’un pôle compétitif du Nord, il faudra aider davantage les jeunes filles et les femmes peu scolarisées à bénéficier de formation professionnelle, faciliter l’accès au marché financier pour les collectivités locales et les Pme, aider les militaires retraités à avoir accès aux terres et aux financements, octroyer aux jeunes et aux femmes du secteur de la pêche plus de financements. Il s’agira aussi de revoir les modalités de financement afin de résoudre les problèmes de la garantie, équilibrer la répartition des fonds de dotation, développer les mutuelles d’épargne et de crédit, faciliter l’accès à la micro finance, inciter les populations à l’épargne, revoir les textes qui régissent les mutuelles, fédérer les forces des Ard, du Fongip, du Fonsis, de l’Adepme et des autres structures afin de promouvoir le développement socioéconomique des collectivités territoriales.

Selon Mayacine Diagne, il s’agira également d’encourager les jeunes étudiants à l’entrepreneuriat, de comprendre que l’opérationnalisation du Pse dans le Pôle économique du Nord est tributaire de la réalisation de différentes formes de financement disponibles pour les collectivités locales dont notamment l’emprunt facilité par l’assurance et le système de notation auprès des élus paysans et agriculteurs.

Le président du comité scientifique a aussi parlé du renforcement du partenariat public-privé, du système de financement par le foncier, de la nécessité de suivre le projet de navigation, de la publication des actes de ces journées économiques du Nord.

Pour construire les piliers de l’émergence du Pôle économique du Nord, les participants, selon le Pr Diagne, ont plaidé pour le renforcement des capacités des acteurs dans le domaine de l’agriculture et de l’élevage, la mise aux normes des infrastructures hôtelières, la réhabilitation et la conservation du patrimoine bâti de l’île de Saint-Louis, de diligenter les travaux de redimensionnement de l’aéroport international de Dakhar Bango et du port de Saint-Louis, afin de rendre la destination Nord plus accessible.

Mb. K. Diagne

L’Indice harmonisé des prix à la consommation du mois de mars 2017 s’est replié de 0,2%, selon l’Agence nationale de la statistique et de la démographie. Cette évolution résulte principalement de la diminution des prix des services de communication, des articles d’habillement et chaussures et des +produits alimentaires et boissons non alcoolisées, explique l’Ansd. Elle relève qu’en variation annuelle, les prix à la consommation ont progressé de 2,4%. En février, l’Indice harmonisé des prix à la consommation avait reculé de 0,1%. Cette évolution était liée au repli des prix des services de logement, eau, gaz, électricité et autres combustibles, des services de santé et des boissons alcoolisées, tabac et stupéfiants. En janvier, l’Indice harmonisé des prix à la consommation avait enregistré un recul de 1,1%, principalement en raison de la baisse des prix des produits alimentaires et boissons non alcoolisées, des services de santé et des boissons alcoolisées, tabac et stupéfiants.

APS

 

Lorsqu’on se fonde sur l’évolution de l’économie mondiale et sur la situation économique des pays africains, particulièrement ceux de la zone franc, il y a plus d’avantages à conserver le franc Cfa qu’à l’abandonner, même si des ajustements sont nécessaires. C’est la conviction du professeur Théophile Azomahou de l’université de Clermont Auvergne qui animait, vendredi, une conférence sur : « Le rôle du franc Cfa dans l’intégration économique et monétaire de l’Afrique de l’ouest », au siège de la Bceao.

Depuis quelques temps, le débat sur le franc Cfa suscite des passions. Deux camps s’opposent : le front anti Cfa et celui de son maintien. Vendredi dernier, la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) a organisé, une conférence sur le thème : « Le rôle du franc Cfa dans l’intégration économique et monétaire de l’Afrique de l’ouest », animé par le professeur Théophile Azomahou de l’université de Clermont Auvergne.

Selon le conférencier, lorsqu’on se fonde sur l’évolution de l’économie mondiale, au cours de ces dix dernières années et sur la situation économique des pays africains, particulièrement ceux de la zone franc, il y a plus d’avantages à conserver le franc Cfa qu’à l’abandonner, même si des ajustements sont nécessaires. « Le franc Cfa jouit d’un prestige et de la confiance des populations. La confiance, on le sait, est la première source de valeur. Au-delà des risques macroéconomiques, pour un pays, sortir de la zone Franc Cfa fera planer des risques d’instabilité sociale », a déclaré le professeur Théophile Azomahou. Il a soutenu que la zone Cfa a fait preuve d’une certaine résilience et d’une certaine stabilité, soulignant que grâce à la stabilité offerte par le franc Cfa, le coût moyen des fluctuations macroéconomiques est de 11 à 48 % plus faible pour les pays de la zone Cfa comparés au reste de l’Afrique subsaharienne. A cela s’ajoute une inflation plus faible pour les pays membres de la zone Cfa comparés au reste du continent.

Les pays de la zone Cfa plus résilients aux chocs
S’agissant toujours des chocs macroéconomiques, le conférencier, qui a analysé les données portant sur 36 pays de l’Afrique subsaharienne dont 25 hors zone Cfa, a abouti à la conclusion que les pays de la zone Cfa sont moins sensibles aux chocs domestiques (intérieurs), tout en étant plus exposés aux chocs affectant les produits importés (pétrole et autres -riz pour le Sénégal) et exportés (matières premières en général).

Le Cfa, un outil d’intégration malgré la faiblesse des échanges
L’objectif d’une monnaie commune est de faire croître le marché intérieur, de développer les échanges commerciaux et de mettre en place un partage des risques entre pays, afin de mieux absorber un choc externe. Evoquant cette question, le conférencier a indiqué que plus de 2/3 des échanges commerciaux des pays de l’Uemoa se fait avec l’Europe.
 
Autrement dit, sur 100 unités monétaires dépensées, seule 1,5 unité monétaire va aux pays de l’Uemoa et 98,5 vont accroître le pouvoir d’achat du reste du monde particulièrement de l’Europe. Une situation que les Accords de partenariat économique risquent de renforcer, selon le professeur Théophile Azomahou. D’où son invite à regarder de près le contenu de ces accords avant leur mise en œuvre. En dépit de cela, aux yeux du professeur, le franc Cfa a été et continue d’être un formidable outil d’intégration régionale même si « la zone a besoin davantage de réformes institutionnelles et structurelles ».
 
Selon Théophile Azomahou, au-delà des débats idéologiques, la question qui mérite ample réflexion est de savoir comment inventer la zone Cfa du 21e siècle ou plus spécifiquement comment réussir à transformer la zone Cfa en une zone monétaire optimale qui, a-t-il précisé, demeure un objectif à atteindre.

Dans les débats, les questions telles que l’arrimage du Cfa à l’euro, le maintien du compte d’opération auprès du Trésor français sont revenues. Sur le maintien d’un compte d’opération auprès du Trésor français, des intervenants - surtout ceux de la Bceao - ont déploré l’amalgame entretenu, à dessein, à ce sujet. Ils ont soutenu que le compte est géré directement par la Bceao qui y effectue, au quotidien, des opérations. « Rien ne peut se faire sur ce compte sans l’autorisation de la Bceao », a assuré Ismaïla Dem. Il a ajouté que l’arrimage du Cfa à l’euro offre une protection et des garanties.

En fait, beaucoup d’intervenants ont estimé que le vrai débat ne devrait pas porter sur le Franc Cfa mais sur les politiques et les structures économiques de nos pays. Pour Jean Baptiste Aman, Conseiller du gouverneur, ce n’est pas la monnaie qui créé la richesse mais le travail. C’est pourquoi, il a relevé que les priorités de nos économies doivent porter sur la mise en place des infrastructures de base, le développement l’agriculture, la création d’industries capables d’assurer une transformation sur place les matières premières, la promotion de l’innovation technologique, etc. Une spécialisation permettrait également de développer le commerce intra-communautaire. Aux yeux de nombreux intervenants, lorsque nos économies produiront et exporteront plus de biens et services alors la question de la monnaie deviendra pertinente.

Plusieurs intervenants dont le directeur général du « Soleil », Cheikh Thiam se sont félicités de l’initiative de la Bceao d’organiser un débat sur le franc Cfa.

Une croissance stable
S’intéressant à la croissance économique de la zone Cfa, le professeur Théophile Azomahou a souligné que les pays membres ont connu une croissance stable depuis les années 1970, exception faite de la période de croissance forte des années 1980 et de faible croissance au début années 1990 ; il a rappelé que la décennie des années 2000 a coïncidé avec l’explosion des cours des matières premières pour la plupart des pays du continent. Cependant, le professeur se veut prudent. Il ne lie pas cette croissance à l’appartenance à la zone Cfa. « A ce stade, il n’existe pas toujours d’analyse empirique majeure convaincante sur le lien entre l’appartenance à la zone Cfa et une croissance économique sensiblement au- dessus de la moyenne du reste du continent », a-t-il affirmé. Ismaïla Dem, directeur général de l’Economie et de la monnaie à la Bceao a soutenu, pour sa part, que la croissance de la zone Cfa est liée aux politiques monétaires de l’institution financière qui ont favorisé cette croissance.

Par Mamadou GUEYE

Le ministre de la Gouvernance locale, du Développement et de l’Aménagement du territoire, Abdoulaye Diouf Sarr, a présidé, hier, à la place Faidherbe, l’ouverture de la 5e édition des journées économiques du Nord, organisée par la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (Cnes).

En présence du ministre de l’Hydraulique et de l’assainissement, Mansour Faye, par ailleurs, maire de Saint-Louis, du Directeur général de l’Apix, Mountaga Sy, du président de la Cnes, Mansour Kama, du Recteur de l’université Gaston Berger de Saint-Louis, le Pr Baydallaye Kâne, du représentant des présidents des chambres de commerce du Nord, Cheikh Sourang et de plusieurs autorités administratives, le ministre Abdoulaye Diouf Sarr a donné le coup d’envoi de deux jours de rencontres socioéconomiques, d’échanges et de partage entre chefs d’entreprise, organisations patronales, syndicales et les institutions de recherche et de formation des régions de Saint-Louis, Louga et de Matam. Un événement économique de grande envergure axé, cette année, sur le thème : « l’opérationnalisation du Pse dans le Pôle économique Nord ». Selon Abdoulaye Diouf Sarr, le Pse est une stratégie qui porte la marque du président Macky Sall qui, dans sa vision, veut conduire notre pays à l’émergence à l’horizon 2035, « avec une société solidaire et dans un État de droit. » Le chef de l’État, a-t-il précisé, a également initié l’Acte 3 de la décentralisation qui vise à organiser le Sénégal en « territoires viables, compétitifs et porteurs de développement durable ». « Par cette réforme, une orientation véritablement économique est donnée à notre politique de décentralisation, à travers notamment la révision du système de financement et la mise en place de pôles territoires », a-t-il déclaré. Selon le ministre, en organisant ces journées économiques qui promeuvent, entres autres, la mise en place de pôles économiques, le dialogue entre les acteurs territoriaux, le partenariat public-privé, la Cnes est en phase avec la vision du président Macky Sall. Il s’y ajoute que les réflexions menées au cours de ces journées économiques sont une contribution appréciable et appréciée dans le processus d’élaboration et de mise en œuvre des politiques publiques, a poursuivi Abdoulaye Diouf Sarr. Il a insisté sur ce diagnostic. « C’est de là que découleront les véritables propositions de solutions qui nous permettront de mener les actions de relèvement durable du potentiel de croissance et de stimulation de la créativité et de l’initiative privée, pour le bien-être de nos populations », a dit le le ministre de la gouvernance locale qui s’est réjoui de noter que la territorialisation des politiques publiques, la cartographie des interventions, les modalités de construction du pôle Nord, la question du financement seront au cœur de ces échanges. Il a réitéré le soutien du gouvernement qui apprécie la contribution de la Cness et du secteur privé, de manière générale, à l’élaboration, à la mise en œuvre et au suivi des politiques publiques.

« Contribution à l’aménagement économique du territoire »
La contribution de la Cnes à la politique de décentralisation, s’appuie sur le concept des « journées économiques » qui constituent une initiative audacieuse mais ambitieuse fondée sur un pari osé et innovant : « Problème national-Réponses locales » a indiqué Mansour Kama.

Il s’agit d’apporter une contribution décisive à l’aménagement économique équilibré du territoire national en inversant la tendance d’une économie qui, au fil des décennies, s’est traduite par une concertation excessive des activités économiques dans une partie infime du pays (la région de Dakar). Cette situation n’est pas soutenable dans un processus de construction d’une économie nationale intégrée, qui se veut compétitive et inscrite dans l’élan de l’émergence économique.

Malgré les orientations globales de l’État, les lettres de politiques sectorielles, les réalisations ainsi que les initiatives des populations, l’émergence des régions est bien en deçà des potentialités existantes. Le déficit d’un cadre approprié de dialogue et les cloisonnements paralysants, obstruent encore les passerelles pouvant conduire à une meilleure exploitation des opportunités d’affaires et une meilleure valorisation du potentiel de développement local. Sous ce rapport, l’approche innovante de la Cnes se veut contributive à la création de bases fortes, pouvant servir de substrat aux efforts des pouvoirs publics.

Ces rencontres qui associent des activités de réflexions, d’échanges et d’expositions, ont toujours été l’occasion de fonder des liens solides entre les différentes parties prenantes du développement économique. Les passerelles que nous cherchons à établir entre ces différents partenaires pour relever de l’investissement productif et de l’emploi dans les régions de notre pays, constituent le cœur de la problématique du partenariat public-collectivités locales. « A travers ces journées économiques dont les quatre premières se sont tenues dans les régions du Nord, du Centre et de l’ouest, nous cherchons à construire de nouveaux modes d’articulation entre les sous-espaces économiques nationaux et à faire partager cette conviction, selon laquelle, le potentiel du Sénégal, c’est d’abord et avant tout la somme de tout le potentiel de chacune de ses régions et terroirs. Cette vision nous semble être celle contenue dans le Pse dont l’opérationnalisation constitue le thème de cette présente édition des journées économiques du Nord », a dit Mansour Kama.

Par Mb .K. Diagne et A. M. Ndaw

Pour le maire de Saint-Louis, Mansour Faye, les objectifs économiques déclinés dans l’Acte 3 de la décentralisation et le Pse, justifient ces réflexions. S’il est admis que l’État doit mettre les conditions de stimulation du potentiel d’investissement existant, la création de richesses sur l’étendue du territoire national, doit obligatoirement émaner d’un partenariat public-privé/collectivités locales, a indiqué M. Faye. Il a ajouté que ce trépied sur lequel doit reposer nos économies locales, doit faire l’objet d’échanges entre l’État et des forces productives. Le ministre de l’Hydraulique a estimé que la dynamique est lancée. « Mais elle doit se poursuivre et au-delà de la maîtrise des potentialités, nos localités ont besoin d’investissements structurants pouvant soutenir la marche vers l’émergence », a dit Mansour Faye. « A l’image de l’agriculture qui connait une révolution dans la vallée, comment redynamiser notre tourisme local, comment développer notre industrie presque inexistante, comment promouvoir notre habitat social, comment professionnaliser la pêche, poumon de notre économie locale, en termes de conservation et de transformation ? », a poursuivi le maire de Saint-Louis. Il est convaincu que la réponse à ces questions déterminera le sursaut de l’activité économique, la création de richesses et d’emplois.

Mb .K. Diagne et A. M. Ndaw

Visitant, hier, des périmètres maraîchers dans la vallée du Djobass, dans la commune de Notto (département de Thiès), l’ambassadeur du Royaume de Belgique, Colyn Philippe s’est réjoui des impacts positifs des ouvrages hydro-agricoles (digues de retenue et semis filtrantes) réalisés par le projet des bassins de rétention et de valorisation des forages (Barvafor).

Le projet est cofinancé par l’État du Sénégal et le Royaume de Belgique et a consacré près de 8 milliards de FCfa d’investissements pour renforcer la production agro-sylvo pastorale par l’accès durable à l’eau dans les zones rurales de Diourbel, Fatick, Kaffrine, Kaolack et Thiès. Cet investissement a permis de réaliser 27 ouvrages hydro-agricoles pour une vingtaine de collectivités locales bénéficiaires. A ce jour, 25 ouvrages sont achevés et 18 font déjà l’objet d’une valorisation agricole par la mobilisation de 10 millions de m3 d’eau sur plus de 2000 hectares aménagés pour les cultures de contre saison notamment la riziculture ou le maraîchage.

L’ambassadeur Colyn Philippe, accompagné du Secrétaire général du ministère de l’Agriculture et de l’Équipement rural, Dr Dogo Seck, a visité trois périmètres maraîchers d’une superficie de 14 hectares, le barrage de Hanène –inauguré par le diplomate-. Le barrage constitue l’édifice aval d’un ensemble de 4 ouvrages répartis le long de la vallée du Diobass. Il s’agit de trois ouvrages semi-filtrants à Ndioukhane, Ndioungane Péléo, Taténe Teup Dal qui permettent le rechargement de la nappe phréatique pour revitaliser la vallée du Diobass jadis considérée comme le grenier de la région mais qui s’est asséchée du fait d’un long cycle de sécheresse.

Cet ouvrage fait le bonheur des producteurs du village de Hanène au nom de qui, Makane Guèye a exprimé la reconnaissance des populations au porteur de ce projet. Il a indiqué que, depuis la mise en service du barrage de retenue d’eau, beaucoup de personnes ont effectué un retour au terroir pour s’activer dans l’agriculture et le maraîchage. A côté des activités horticoles, la riziculture a refait surface dans la zone où plus d’une vingtaine d’hectares de riz a pu être cultivée, ces derniers mois. Ce qui n’était pas arrivé depuis 40 ans. De quoi réjouir le Secrétaire général du ministère de l’Agriculture et de l’Équipement rural, Dr Dogo Seck. « Cette expérience du Barvafor favorise une bonne maîtrise de l’eau qui, comme on le sait, constitue un intrant de taille pour le secteur agricole et permet de nourrir l’homme et de créer des emplois », a-t-il réagi. M. Seck a remercié la coopération technique belge pour l’accompagnement du Sénégal dans sa marche vers l’émergence.

L’ambassadeur belge a vanté les mérites du projet qui touche à sa fin après six années d’exécution mais qui met à la disposition des communautés bénéficiaires un important potentiel de valorisation agricole. Les ouvrages desservent 23 villages comptant une population d’environ 18.500 habitants dont la plupart s’active dans différentes activités dont l’arboriculture sur près de 194 hectares (principalement à Notto), pratique du maraîchage sur 73 hectares (principalement autour du site de Hanène). Ils sont organisés en association et ont été formés en développement organisationnel, en gestion économique, technique et sociale des ouvrages et se sont engagées vers la professionnalisation notamment pour la reconnaissance juridique, l’ouverture de comptes bancaires, en outils de gestion administrative, technique et financière. Colyn Philippe annonce de nouveaux projets qui seront conçus en rapport avec le gouvernement.

Mohamadou SAGNE

Le déficit commercial du Sénégal a reculé de 71,5 milliards de FCfa en février dernier pour s’établir à 44,9 milliards contre 116,4 milliards au mois de janvier 2017. « Cette situation reflète la hausse des exportations (+18,3 milliards) conjuguée à une baisse des importations de biens (-60,5 milliards), en variation mensuelle », explique la Direction de la prévision et des études économiques (Dpee). En raison de cette évolution, relève la Dpee qui publie son point mensuel de conjoncture pour le mois de février 2017, le taux de couverture des importations par les exportations s’est établi à 67,0 % contre 46,0 % un mois auparavant. Ce taux enregistre une hausse de 21 points de pourcentage.

La Dpee précise que les exportations de biens sont évaluées à 144,7 milliards au mois de février 2017 contre 126,4 milliards le mois précédent, soit une hausse de 14,4% (+18,3 milliards). Elle impute principalement cette performance à l’or brut (+8,4 milliards) et, dans une moindre mesure, aux engrais minéraux et chimiques (+0,9 milliard). « L’orientation haussière des exportations de biens en variation mensuelle a été, toutefois, amoindrie par la baisse des ventes à l’étranger de produits alimentaires (-6,6 milliards), notamment, halieutiques (-5,3 milliards) et arachidiers (-0,9 milliard) », fait-elle remarquer. Selon le point mensuel de la Dpee, les exportations de biens ont connu, sur un an, une hausse de 8,1% (+10,9 milliards), en février 2017, portées par le ciment (+4,8 milliards), l’or brut (+3,5 milliards) et les engrais minéraux et chimiques (+2,5 milliards). En revanche, des replis respectifs des ventes à l’étranger d’acide phosphorique (-11,4 milliards), de produits alimentaires (-7,4 milliards) et de produits pétroliers (-4,3 milliards) sont observés sur la période.

Concernant les produits alimentaires, la baisse des exportations enregistrée, en glissement annuel, est essentiellement due aux produits arachidiers (-7,8 milliards), les ventes à l’étranger de légumes frais ayant, pour leur part, progressé de 1,0 milliard.

Sur le premier bimestre de 2017, les exportations de biens se sont confortées de 23,1 milliards comparativement à la même période un an auparavant, en rapport, principalement, avec le ciment (+10,1 milliards), l’or brut (+4,4 milliards) et les engrais minéraux et chimiques (2,0 milliards). A l’inverse, les exportations de produits alimentaires, d’acide phosphorique et de produits pétroliers se sont repliées respectivement de 14,3 milliards, 13,9 milliards et 1,5 milliard sur la période.

APS

La problématique de l’amélioration de la gouvernance de la filière riz a été au cœur d’un atelier organisé, hier, par Veco West Africa en collaboration avec différents partenaires. L’objectif est de réfléchir sur l’extension du Ciriz à l’échelle nationale.

Un Comité interprofessionnel riz (Ciriz) plus représentatif des différents acteurs et des différentes zones de production capable de faire face aux enjeux actuels de la filière riz. C’est le souhait émis par les acteurs rizicoles qui ont pris part, hier, à l’atelier de deux jours portant sur le thème : « Consolidation de la représentativité de l’interprofession riz » organisé par Veco West Africa en partenariat avec la Fédération des producteurs du bassin de l’Anambé (Feproba) et l’Ujak.

Cette réflexion sur la gouvernance de la filière riz vient à son heure. Le constat, depuis 2012, est que les organisations de producteurs font montre d’un grand engagement dans la redynamisation et la restructuration du Comité interprofessionnel riz (Ciriz) dans la Vallée du Fleuve. Ce qui explique les avancées significatives notées avec la mise en place de la Fédération nationale des producteurs de riz, la réorganisation des collèges de producteurs dans les sous zones et la relance des concertations avec l’État et les autres acteurs de la filière riz. Cependant, il apparaît, au regard des enjeux de dimensions nationales, que charrie actuellement cette filière, il est devenu une nécessaire d’étendre le Ciriz à l’échelle nationale. Cela impose des défis importants d’organisation pour le Ciriz et pour les producteurs de riz. C’est tout le sens de la tenue de cette rencontre, selon Mame Birame Ndiaye, point focal de l’antenne Veco au Sénégal, une Ong belge qui appuie les acteurs de la filière riz. « Des efforts significatifs ont été certes faits mais ils doivent être consolidés pour que la dimension nationale et la diversité des acteurs soient mieux prises en compte dans l’organisation et le fonctionnement du Ciriz et de la Fédération des producteurs de riz », a-t-il expliqué.

Les différents intervenants ont convenu qu’un Ciriz de dimension nationale permettrait d’atteindre les objectifs fixés par les autorités. Le Programme national d’autosuffisance en Riz (Pnar) a l’ambition de produire 1.080.000 tonnes de riz blanc (équivalent à 1.600.000 tonnes de paddy) dont 60 % doivent être supportés par les zones irriguées (Vallée du Fleuve Sénégal et Bassin de l’Anambé) et 40 % par la riziculture pluviale. C’est pourquoi, l’atelier s’est fixé comme objectif de proposer, d’une part, les améliorations nécessaires pour une structuration représentative des acteurs de la filière riz au sein du Ciriz et au bon fonctionnement des collèges des acteurs et de proposer, d’autre part, une feuille de route concernant la représentation des acteurs de la filière et le suivi des engagements de l’État. « Pour une bonne gouvernance des chaînes de valeurs, il faut avoir des interprofessions représentatives pouvant porter les préoccupations des acteurs à la base. Cela permettra de mieux dialoguer avec les décideurs publics comme privés pour une meilleure production et une meilleure commercialisation du riz », a ajouté M. Ndiaye. Il s’est félicité que les engagements combinés de l’État et des acteurs aient permis d’améliorer fortement la production et la commercialisation du riz. Ce qui lui fait dire que « la filière se porte bien ». Cependant, M. Ndiaye invite le Ciriz à aller dans le sens de définir une norme qualité du riz pour les consommateurs.

Le Ciriz est passé par plusieurs phases de restructuration depuis quelques années, mais, de l’avis de son Secrétaire général, Charles Large cette structure a encore besoin d’être accompagnée pour mieux jouer son rôle. « Le Ciriz bénéficie de l’appui de plusieurs partenaires mais nos activités, en termes de gestion quotidienne, posent encore problème. Un Comité exécutif va être mis en place incessamment. Ce genre d’atelier nous permet de réfléchir, d’améliorer notre fonctionnement, notre performance pour que le riz sénégalais soit à la portée de tous et à moindre coût », a-t-il déclaré.

Elhadji Ibrahima THIAM

Le ministère du Commerce et l’Agence de régulation des marchés travaillent à la consolidation de la filière oignon afin de la rendre plus rémunératrice pour les producteurs et attractive pour les consommateurs. Les acteurs se sont réunis, hier, en discutant des voies et moyens pour améliorer la qualité de l’oignon et trouver les mécanismes permettant d’assurer l’écoulement de la production avant même la récolte. Le professeur Youga Niang, chercheur à l’Institut sénégalais de recherche agricole (Isra) insiste sur le respect des itinéraires techniques. « Il faut des semences de qualité et le respect des itinéraires techniques pour que l’oignon local puisse être conservé toute l’année », dit-il.

Depuis 2016, le Sénégal a atteint l’autosuffisance en oignon avec plus 350.000 tonnes, une production qui devait couvrir les besoins nationaux. Mais la production de toutes les zones (Niayes, Vallée du Fleuve, Sine-Saloum et Bassin de l’Anambé) arrivant au même moment sur le marché, pose à la fois un problème d’écoulement et de conservation. Une planification est nécessaire et un investissement dans la phase post-récolte pour la conservation. Cet investissement dans la post-récolte doit être une priorité. Il faut également des unités de tri. Pour améliorer la commercialisation de l’oignon, l’Agence de régulation des marchés, en concertation avec les parties prenantes du secteur, souhaite prendre des mesures allant dans le sens d’encourager la contractualisation entre producteurs et commerçants. Cette structure travaille également à trouver des mécanismes de financement pour les producteurs.

Venu présider la rencontre, le ministre du Commerce, de l’Industrie et du Secteur informel, Alioune Sarr, a appelé les producteurs à s’engager dans la voie de la contractualisation et chaque partie prenante de « respecter ses engagements pour que les résultats suivent ».

Le représentant de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao), M. Reda Lebtahi s’est dit en phase avec les propositions des experts, ajoutant que celles-ci doivent être consolidées. Le Programme de suivi et d’analyse des politiques agricole et alimentaire de la Fao avait jeté les bases sur cette problématique de l’amélioration de la qualité de l’oignon sénégalais depuis 2015, a souligné M. Lebtahi.

A 6 jours du gel des importations, l’oignon local est déjà sur le marché à hauteur de 85 %. Ce qui promet une bonne campagne pour les producteurs locaux.

Sokhna Anta Ndiaye (stagiaire)

Le prix du litre d’huile végétale sur le marché sénégalais a progressé de 2,4 %, en février 2017, selon la Direction de la prévision et des études économique (Dpee). Cette denrée alimentaire s’est échangée, durant la période sous revue, à 1.425 FCfa. Dans ses dernières estimations, le département américain de l’agriculture (Usda) a évalué l’offre mondiale d’huile végétale à 206,7 millions de tonnes, soit un recul de 0,3 % par rapport aux prévisions de février 2017. En revanche, comparativement aux estimations de la campagne 2015-2016, une hausse de 2,9 % est attendue. De même, les prévisions de mars 2017 de la demande mondiale d’huile végétale, évaluées à 184,1 millions de tonnes pour la campagne 2016-2017, ont baissé de 0,4 % par rapport au mois passé, contre une croissance de 3,3 % comparativement aux estimations de la campagne 2015-2016. Sur le marché des huiles végétales, les perspectives de récolte de plus en plus favorables dans les principales régions de production ont tiré les cours internationaux des huiles de soja et de palme vers le bas. En rythme mensuel, ils se sont respectivement repliés de 7,6 % et 3,4 % en février 2017. Par contre, le cours de l’huile d’arachide s’est renforcé de 1,6 % sur la période. Sur le premier bimestre 2017, les cours des huiles de palme, de soja et d’arachide sont en hausses respectives de 31,4 %, 20,4 % et 17,5 % par rapport à la même période de 2016.

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Le directeur exécutif du Cres, le Pr Abdoulaye Diagne, indique cette 2e édition du forum, organisée conjointement avec la Direction générale des politiques publique et économique (Dgppe) du ministère de l’Économie, des Finances et du Plan, se tient à un moment particulier de l’évolution économique et sociale du pays où l’économie se hisse à un taux de plus de 6 % depuis 2015. Il souligne que la question majeure que l’on se pose est celle de savoir si elle pourra se maintenir durablement à ce niveau et atteindre un taux de croissance à deux chiffres, une condition nécessaire pour l’accès au statut d’économie émergente. 

Une autre question que soulève cette performance est celle relative à l’avènement d’une croissance forte et durable bénéfique, à toutes les couches sociales notamment à travers la création d’emplois. Ce qui entrainerait une réduction des inégalités et un recul de la pauvreté, conditions nécessaires au renforcement de la cohésion sociale. Le thème de cette rencontre de deux jours donne l’opportunité d’un débat serein autour des différentes thématiques ayant trait à la « croissance et l’équité ; « agriculture : les défis de l’autosuffisance alimentaire et de l’emploi agricole », « réformes budgétaire », « entreprenariat et l’emploi », entre autres. L’’objectif est de permettre à la recherche économique et sociale de contribuer positivement à la réalisation des objectifs du Pse.

Ce forum se veut également une plateforme de choix pour des échanges approfondis autour des résultats de la recherche économique relatifs aux orientations de développement à l’horizon 2035.

La représentante du Conseil d’administration du Cres, le Pr Ndioro Ndiaye soutient que ce 2e forum marque une étape importante dans la dynamique du partenariat public-privé au Sénégal. Il constitue le couronnement du travail accompli par tous les membres de ces deux institutions. Le forum entend aussi accompagner l’État en fouettant la recherche nécessaire pour le développement économique et social de notre pays.

M. SY

Le Sénégal a réalisé une croissance de 6,5%, soit bien au dessus des pays d’Afrique au Sud du Sahara, a déclaré, hier, le ministre Abdoul Aziz Tall qui participait à la 2e édition du forum du Consortium pour la recherche économique et sociale (Cres).

« L’Afrique, dans son ensemble, a enregistré un taux de croissance de 3,4 %, en 2015, alors que le Sénégal a réalisé une croissance de 6,5 %, soit bien au dessus des pays d’Afrique au Sud du Sahara », a déclaré le ministre en charge du Suivi du Plan Sénégal émergent (Pse), Abdoul Aziz Tall, à l’ouverture de la 2e édition du Forum du Consortium pour la recherche économique et sociales. Selon M. Tall, qui avait, à ses côtés, le directeur général des politiques publique et économique (Dgppe) du ministère de l’Économie, des Finances et du Plan, Pierre Ndiaye et du directeur exécutif du Cres, le Pr Abdoulaye Diagne, cette performance montre la bonne santé de l’économie sénégalaise.

A son avis, le gouvernement continue d’accorder une importance particulière « à la redistribution des fruits de la croissance, à travers des politiques de protection sociale telles que les bourses familiales, la couverture maladie universelle (Cmu), mais aussi le Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc), les programmes de création d’emplois pour les jeunes, la formation professionnelle, des programmes qui figurent en bonne place dans le Pse ».

« Le choix du thème général du forum me paraît pertinent. En effet, depuis 3 ans de mise en œuvre du Pse, des résultats probants apparaissent tous les jours et d’importants projets sont en cours », a-t-il indiqué. « A travers le Pse, nous voulons consolider les moteurs traditionnels de la croissance que sont les télécommunications et les services financiers et développer de nouveaux moteurs autour de l’agriculture et de l’agrobusiness, de l’habitat social, des mines et du tourisme », a déclaré Abdoul Aziz Tall, soulignant que le début de la mise en œuvre du Pse est satisfaisant comme en atteste le taux de croissance élevé en 2015 et 2016, dans un contexte de faible inflation et de réduction des déficits budgétaire et extérieur.

Redistribution des fruits de la croissance
Le gouvernement a, selon lui, poursuivi la rationalisation des dépenses de consommation publique afin de favoriser l’investissement dans le capital humain et en infrastructure. A cela, il faut ajouter les efforts de rationalisation des dépenses de personnel et de fonctionnement, ainsi que l’amélioration de la qualité de la dépense publique et de réduction des déficits qui ont permis au Sénégal de « retrouver un rythme de consolidation des finances publiques compatible avec plus de croissance ». Il a estimé que l’objectif de déficit budgétaire de 4,2 % a été respecté en 2016 et que ce déficit va suivre une tendance baissière à la faveur de nouvelles mesures qui devront accompagner la maîtrise de la masse salariale.

«L’environnement des affaires s’est amélioré avec la consolidation de notre classement dans le Doing Business de 2015 et de 2016 nous plaçant dans le top 10 des meilleurs réformateurs au monde à la faveur d’une simplification et d’une dématérialisation des procédures en net progrès », a-t-il affirmé. M. Tall s’est réjoui que l’agriculture fasse partie des thématiques choisies, relevant que ce secteur permet d’assurer au pays son indépendance alimentaire avec notamment le programme d’autosuffisance en riz et constitue un levier pour s’attaquer frontalement à la pauvreté puisque 80 % des ménages touchés vivent en milieu rural. Il a également noté que le Pracas a permis d’enregistrer une augmentation de 57 % de la production agricole entre 2014 et 2015.

Mamadou SY

Le ministre de l’Élevage et des Productions animales a réceptionné, hier, 1.077 génisses gestantes importées de France. Cette acquisition a été rendue possible grâce à un partenariat public privé, le gouvernement a subventionné l’opération à hauteur de 45 %, soit 700 millions de FCfa.

Dans la mise en œuvre du Projet d’appui au développement de la filière laitière locale, inscrit au Plan d’actions prioritaires du Plan Sénégal émergent (Pap-Pse), 2014-2018, le gouvernement du Sénégal a accordé aux producteurs laitiers une subvention de 700 millions de FCfa pour l’acquisition d’un millier de génisses gestantes à haut potentiel laitier. Le gouvernement, à travers le ministère de l’Élevage et des Productions animales, avait signé, en décembre 2016, avec l’Association nationale pour l’intensification de la production laitière (Anipl) une convention dans ce sens. Hier, le ministre Aminata Mbengue Ndiaye qui avait à ses côtés quelques membres du gouvernement dont le ministre en charge du Suivi du Pse, Abdou Aziz Tall, a réceptionné 1.077 génisses gestantes à haut potentiel laitier. Deux ont mis bas au cours du trajet. Ces génisses seront mises en quarantaine pendant quelques jours dans quatre fermes aux environs de Dakar. Elles peuvent produire, chacune, 25 litres de lait par jour. Ces génisses sont de race normande, Montbéliard, brune des alpes et aulchtein. Elles ont été embarquées au port français de Sète. Selon Aminata Mbengue Ndiaye, l’acquisition de ces génisses est une initiative louable qui a été menée minutieusement par des responsables de son département ministériel. Elle a rappelé que l’opération a été rendue possible grâce à un Partenariat public-privé et a permis de faire une économie d’échelle. Avec la production de lait attendue -jusqu’à 25 millions de litres par an- cela pourrait contribuer à réduire significativement la facture laitière, estimée à 60 milliards de FCfa par an. Aminata Mbengue Ndiaye n’a pas manqué de saluer l’appropriation du projet par les producteurs laitiers. Elle a remercié tous ceux qui se sont mobilisés pour que cette opération se concrétise.

Mamadou Bâ, président de l’Association nationale pour l’intensification de la production laitière parle d’une avancée majeure dans le sous secteur de la production laitière. Il soutient que l’acquisition de ces génisses est une première en Afrique de l’Ouest. M. Bâ a exprimé sa reconnaissance aux autorités. Il a également loué le travail du ministre de l’Élevage et son implication dans la réalisation de ce projet à haute valeur ajoutée. Il a indiqué que 2.500 emplois seront créés par ce projet. « Notre concept, ce n’est pas seulement de vendre. Nous transportons les animaux et assurons le suivi jusqu’à la mise en quarantaine. Je crois que c’est ce qui a séduit l’Association nationale pour l’intensification de la production laitière », a confié Pierre Richard de Delta Groupe, la société qui a livré les génisses. Il a rappelé que c’est en 2016 qu’il a pris connaissance de l’appel d’offres du Sénégal pour l’acquisition des génisses. M. Richard s’est félicité de l’absence de perte et du fait que les génisses se portent bien.

Abdoul Aziz Tall, ministre en charge du Pse : « L’acquisition de ces génisses est une opération inédite »
Prenant part à la cérémonie de réception des 1077 génisses, le ministre en charge du suivi du Pse, Abdoul Aziz Tall souligne que l’opération est inédite dans la sous région. Il précise que l’acquisition de ces génisses entre dans le Pse. « L’acquisition de ces génisses avec un nombre si important, est une opération inédite dans la sous région. C’est un symbole du Ppp avec une subvention de 45 % de l’État», a déclaré M. Tall, soutenant qu’il s’agit d’une expérience réussie. Selon lui, cette opération contribuera à la résorption de la facture laitière. Il a indiqué que dans le Plan d’actions prioritaires du Pse, figure le projet d’intensification de la production de lait. Pour M. Tall, il faut activer trois leviers pour y arriver : limiter la perte de production, miser sur l’insémination artificielle et l’importation de génisses.

Aliou KANDE

Le directeur régional pour l’Afrique de l’Organisation internationale du travail (Oit), Aeneas Chapinga Chuma estime que la croissance en Afrique ne crée pas suffisamment d’emplois.

L’Oit présentera, jeudi et vendredi, les conclusions de deux ans de concertation mondiale sur l’avenir du travail. En perspective de cette rencontre, le magazine «Jeune Afrique» a interrogé Aeneas Chapinga Chuma. Au responsable Afrique de l’Oit, le journal a d’abord demandé si le fait de penser au chômage en parlant d’emploi en Afrique était une fatalité. En réponse, il a estimé que l’avenir du travail sur le continent «sera confronté évidemment à l’entrée sur le marché de l’emploi de plusieurs centaines de millions de jeunes». Sans changement, prévient-il, ils «seront touchés par l’inactivité, le sous-emploi ou l’emploi informel».

Le directeur de région de l’Oit estime, en effet, que «la croissance africaine ne fournit pas assez de travail». La croissance sans emplois s’explique par ce que sont les moteurs de la croissance africaine, qui demeurent ancrés dans l’export de matières premières brutes, de fèves de café plutôt que du café transformé, de matières premières minières plutôt que de métaux…», a-t-il fait remarquer. Selon lui, «industrialisation, transformation économique, valeur ajoutée restent les priorités pour l’emploi africain». Il appelle à ’’mettre les plus jeunes en capacité d’avoir les compétences adaptées aux nouveaux modes de travail».

Dans cette perspective, les États sont appelés à être à l’avant-garde pour «créer un environnement facilitateur, en subventionnant certaines filières pour inciter les investissements privés». «Les efforts étatiques ne doivent pas être seulement réglementaires, comme cela a été la tendance. Ils doivent inclure l’entrepreneuriat et le travail indépendant […]», a-t-il cependant relevé. Le directeur régional pour l’Afrique de l’Oit pense que la numérisation devrait entrainer l’apparition de nouveaux métiers, réduire la part des travaux manuels dans l’agriculture ou les mines et augmenter les activités à plus forte valeur ajoutée.

Aeneas Chapinga Chuma suggère, par conséquent, de «mettre les plus jeunes en capacité d’avoir les compétences adaptées aux nouveaux modes de travail». Parmi les secteurs qui devraient embaucher, il a cité l’agriculture, «mais davantage en aval de la filière, dans la transformation et dans l’ingénierie plutôt que dans le labour et l’irrigation qui seront rendus obsolètes par la mécanisation».

«L’agriculture demeure un vivier d’emplois pour la simple raison que la majorité des Africains est en zone rurale. Dans l’informatique et la télécommunication, le transport, les services, les assurances, il y a des possibilités en fortes croissance. […]», dit-il.
Selon lui, «à l’heure actuelle, le grand écart persiste entre les compétences attendues sur le continent et la nature des formations administrées, laissant sur le carreau des bataillons de jeunes qui ne sont pas employables». Il estime que «le dialogue entre les patrons d’industrie et le secteur éducatif doit être plus étroit», préconisant aussi un renforcement des liens entre les pays africains et une accélération de l’intégration économique régionale. «La libre-circulation ne doit pas s’arrêter aux biens, mais elle doit être étendue aux personnes et aux compétences. C’est une lacune importante», a-t-il relevé.

APS

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