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Affaires et Finances (3203)

L’ambition du Sénégal, c’est d’éliminer la rage d’ici à 2030. L’atteinte de ce pari requiert l’élaboration d’un Plan national d’actions intégré. C’est tout l’objet de la tenue, hier, de l’atelier national pour l’élaboration d’un plan d’actions intégré pour le contrôle de la rage au Sénégal, selon l’approche «Une seule santé», organisé par la Fao.

La rage sévit de façon endémique, et pose un problème majeur de santé publique en Afrique. Face à la menace liée à la propagation de la maladie, l’Etat du Sénégal a élaboré un programme national de lutte contre la rage d’un coût de 764 millions de FCfa. Ainsi, entre janvier et septembre 2017, ce sont 9.325 chiens domestiques qui ont été abattus et 23.542 chiens errants tués. En tant que pays bénéficiaire du Programme de sécurité sanitaire mondiale (Ghsa) en Afrique, le Sénégal, a indiqué le ministre de l’Elevage et des Productions animales, a aussi mené un processus national de priorisation des maladies zoonotiques selon l’approche «Une seule santé». Aminata Mbengue Ndiaye s’exprimait, hier, à l’ouverture de l’atelier national pour l’élaboration d’un plan national d’actions intégré pour le contrôle de la rage au Sénégal, selon l’approche «Une Seule Santé», organisé par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao), en partenariat avec le Haut conseil national de la sécurité sanitaire mondiale (Hcnssm) «Une seule santé» du Sénégal. Pour elle, la lutte contre « la rage nécessite la combinaison de plusieurs outils et principalement la lutte contre la prolifération des carnivores errants, la vaccination, la sensibilisation-communication et la prise en charge des personnes exposées ». La lutte contre la rage doit reposer, à son avis, sur un programme intégré avec la définition précise des activités de chaque secteur, un budget approprié ainsi qu’une collaboration étroite entre structures de recherches.

Le chargé de Programme à la Fao, Cheikh Guèye a, de son côté, souligné que ce plan national d’actions intégré permettra d’éliminer cette maladie à l’horizon 2030, à travers des « mécanismes adéquats ». Pour sa part, le représentant de l’Association des maires du Sénégal (Ams), Oumar Bâ, a salué les efforts consentis par l’Etat pour lutter contre cette maladie. Le ministre de l’Elevage a enfin lancé un appel à tous les partenaires à soutenir le Sénégal dans la mise en œuvre du Plan national d’actions intégré pour le contrôle de la rage, selon l’approche « une Seule santé ».

Souleymane Diam SY

10 000 DOSES DE VACCINS OFFERTES PAR L’OIE
Le ministre de l’Elevage, Mme Aminata Mbengue Ndiaye, a saisi l’occasion pour témoigner toute la gratitude de l’Etat du Sénégal à l’Organisation mondiale pour la santé animale (Oie) pour le soutien apporter au Programme de lutte contre la rage à travers la mise à disposition gratuite de 10.000 doses de vaccins antirabiques. Au titre du Programme de renforcement de la protection zoo-sanitaire financé par le budget consolidé d’investissement, elle a indiqué que son département a entrepris, depuis plusieurs années, la vaccination subventionnée des chiens domestiques et le contrôle de la circulation des chiens errants fortement impliqués dans la transmission de la rage et dans l’entretien du virus.

S. Diam SY

Le ministre de l’Elevage, Mme Aminata Mbengue Ndiaye, a saisi l’occasion pour témoigner toute la gratitude de l’Etat du Sénégal à l’Organisation mondiale pour la santé animale (Oie) pour le soutien apporter au Programme de lutte contre la rage à travers la mise à disposition gratuite de 10.000 doses de vaccins antirabiques. Au titre du Programme de renforcement de la protection zoo-sanitaire financé par le budget consolidé d’investissement, elle a indiqué que son département a entrepris, depuis plusieurs années, la vaccination subventionnée des chiens domestiques et le contrôle de la circulation des chiens errants fortement impliqués dans la transmission de la rage et dans l’entretien du virus.

S. Diam SY

Nommée, depuis septembre 2017, nouvelle représentante résidente du Fonds monétaire international (Fmi) à Dakar, l’économiste turco-canadienne, Cemile Sancak, dans cette interview, se réjouit des performances économiques du Sénégal, réalisées ces dernières années. Toutefois, elle attire l’attention des autorités sur les tensions budgétaires en 2018, l’évolution du taux d’endettement et l’exploitation prochaine des ressources pétrolières et gazières.

Vous venez de boucler vos huit premiers mois au Sénégal après votre prise de fonction, comment analysez-vous la situation économique actuelle de ce pays ?
La croissance économique du Sénégal a atteint plus de 6%, ces dernières années. Cette forte croissance est imputable aux progrès importants réalisés dans la mise en place des infrastructures utiles au développement ainsi qu’au développement de l’agriculture. Les perspectives économiques sont également positives à moyen terme. Cependant, il existe des risques baissiers. Malgré une forte croissance, le ratio dette sur le Produit intérieur brut (Pib) continue d'augmenter et les évolutions des prix mondiaux du pétrole ont exercé une pression à la hausse sur les déficits budgétaire et extérieur. Alors que l'émission Eurobond de mars 2018 a fourni un financement budgétaire et extérieur substantiel pour une deuxième année consécutive, une discipline budgétaire est nécessaire pour assurer le maintien de la stabilité économique et financière aussi bien au Sénégal que dans la sous-région. Par ailleurs, des progrès constants dans les réformes structurelles visant à stimuler l'investissement privé s’avèrent importants pour maintenir cette croissance forte et durable.

Le débat économique reste marqué, ces derniers temps, par le taux d’endettement du Sénégal que certains observateurs jugent élevé par rapport à la norme communautaire de l’Uemoa (70%), quel est votre avis sur cette question?
Le taux d’endettement du Sénégal continue d’augmenter, mais il reste gérable. Des évolutions récentes ont contribué à une amélioration de certains indicateurs d’endettement, notamment, d’une part, la modification de l’année de référence du Pib (Ndlr : 2014) qui se traduit par un niveau plus élevé du Pib et donc une baisse sensible du ratio dette sur Pib, estimé à moins de 50 % à fin 2017, et d’autre part, le lissage notable du service de la dette après le rachat de 40 % de l’Eurobond 2011 au moyen du produit de l’Eurobond 2018.

Le 11 mai passé, une mission du Fmi conduite par Michel Lazare soutenait que la gestion de la dette du Sénégal reste prudente, est-ce pour rassurer l’opinion ?
Le Sénégal continue de gérer sa dette avec prudence. En exemple, le rachat de 40 % de la dette de l’Eurobond 2011 au moyen du produit de l’Eurobond 2018, illustre bien cette gestion prudente. En outre, le Sénégal entend utiliser le sur-financement de l’Eurobond de 2018, chiffré à 1,8 % du Pib pour financer le budget 2019 et racheter en 2018 des emprunts extérieurs qui avaient été contractés à coûts élevés. Cette démarche reflète également une gestion active de la dette.

La mission a également parlé de « tensions budgétaires » en évoquant, entre autres facteurs explicatifs, la hausse de la masse salariale, est-ce qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter sur le rythme d’augmentation des salaires dans la Fonction publique ?
Effectivement, il y a plusieurs tensions budgétaires dans le cadre de l’exécution du budget de 2018. Tout d’abord, la hausse soutenue des prix mondiaux du pétrole a un impact négatif sur le budget en 2018 car les prix intérieurs de l'énergie restent toujours stables. Ces prix intérieurs se maintiennent alors que les prix importés augmentent. Ce qui se traduit, de fait, par la baisse des recettes fiscales assises sur l’énergie et un besoin de compenser la Senelec et les importateurs de pétrole. Ces coûts budgétaires, qui demeurent très élevés, se sont conjugués à des augmentations de la masse salariale, des charges d’intérêts et des dépenses de sécurité pour rendre l’exécution du budget très compliquée en 2017, mais aussi en 2018. Pour faire face à ces tensions budgétaires, les autorités ont proposé un ensemble de mesures pour améliorer les recouvrements de recettes et réduire la pression sur les dépenses. La cible sur le déficit budgétaire prévue dans la Loi de finance initiale (Lfi) 2018 sera par ailleurs élargie de 2,7 % à 3,5 % du Pib pour faire face aux obligations de l’Etat par rapport à la compagnie publique d’électricité et le secteur privé.

Concernant la masse salariale, le gouvernement a récemment répondu favorablement aux attentes sociales des fonctionnaires dans les secteurs de l’éducation et de la santé. Ce qui devrait conduire à une augmentation de la masse salariale de 0,4% du Pib en 2018 et encore plus, à partir de 2019. Par ailleurs, pour mieux encadrer la progression des effectifs, les autorités entendent fixer des plafonds d’emplois en 2019. En outre, la rationalisation des agences dans le moyen terme devrait contribuer à la rationalisation de la masse salariale. Il est important d’identifier les agences qui peuvent être regroupées et fusionnées pour améliorer l’efficacité des agences et rationaliser la masse salariale.

Le Sénégal a levé, avec succès, en mars 2018, un eurobond de près de 2,2 milliards de dollars, soit près de 1200 milliards de FCfa. Faut-il craindre des effets négatifs sur le taux d’endettement du pays, surtout que le service de la dette inquiète déjà le Fmi ?
Le taux d’endettement est encadré par le déficit budgétaire. Tant que le gouvernement respecte le déficit budgétaire et le besoin global de financement défini dans leur programme soutenu par l’Instrument de soutien à la politique économique (Ispe), le taux d’endettement assurera la viabilité des finances publiques. Les conditions obtenues par le Sénégal pour l’Eurobond 2018 sont favorables et ont permis un réaménagement de la dette publique extérieure par le lissage du service de la dette et l’allongement des échéances.

Cependant, le recours fréquent à l’emprunt extérieur non concessionnel représente une source potentielle de vulnérabilité du pays. Par ailleurs, le retour du Sénégal, en 2019, au marché régional des obligations de l'Uemoa permettrait un rééquilibrage de la composition de la dette publique et contribuerait au développement global du marché régional.

Le Sénégal a réalisé des taux de croissance de plus de 6% durant les trois dernières années, est-ce que cette performance économique est véritablement ressentie chez les populations ?
Les indicateurs de développement se sont améliorés pendant ces dernières années. Par exemple, l’agriculture, qui emploie l’essentiel de la population active, a beaucoup tiré la croissance sur la période récente, permettant ainsi aux paysans d’améliorer leurs revenus. Dans ce contexte de forte croissance, le gouvernement a renforcé les programmes sociaux avec l’octroi de bourses de sécurité familiale et l’instauration de la couverture maladie universelle.

Pour que la majorité de la population ressente l’impact de la croissance économique, la forte croissance doit durer longtemps et devrait être tirée davantage par le secteur privé, surtout par les petites et moyennes entreprises (Pme). Le développement des petites et moyennes entreprises (Pme) pourrait conduire à la création d’emplois et à l’augmentation des revenus. Des réformes pour augmenter le ratio recettes sur Pib permettrait au gouvernement de financer les programmes sociaux prioritaires sans contribuer à une augmentation de la dette.

Comment faire pour une meilleure répartition de la richesse créée ?
Tout d’abord, il est important de mettre en œuvre les réformes des finances publiques afin d’améliorer la mobilisation des recettes en renforçant l’administration des recettes et d’accroître l’efficience des dépenses d’investissement. Ces efforts permettront d’avoir assez de ressources pour répondre aux besoins d’investissement dans les infrastructures ainsi qu’aux filets de sécurité sociale. Il est également important de mettre en œuvre les réformes structurelles nécessaires pour améliorer l’environnement des affaires afin de favoriser le développement du secteur privé, notamment, les Pme qui jouent un rôle déterminant au Sénégal.

Le Sénégal enchaîne, depuis quelques années, des découvertes de pétrole et de gaz aux larges de ses côtes, peut-on espérer de belles perspectives pour l’économie nationale?
Etre un pays producteur du pétrole et du gaz ouvre des opportunités pour la croissance et pour le développement, mais à condition que les bonnes politiques et institutions soient en place et que la transparence soit de rigueur.

Pour ce qui est de ces ressources naturelles, quels peuvent être les risques liés à leur l’exploitation ?
Si les bonnes politiques et institutions ne sont pas en place, l’exploitation des ressources naturelles pourrait augmenter le risque de gaspillage des ressources publiques et de corruption. Un risque supplémentaire est de compter trop sur les ressources naturelles et de ralentir l’exécution et le suivi des politiques économiques nécessaires pour la transformation structurelle et la diversification de l’économie. L’expérience montre que les pays exportateurs de ressources naturelles qui ne sont pas assez diversifiés sont vulnérables aux chocs des prix mondiaux des produits de base.

Comment le Fmi compte-t-il accompagner l’Etat du Sénégal dans ces nouveaux secteurs ?
Le Fmi fournit de l’assistance technique et des conseils stratégiques sur divers aspects de la gestion du secteur pétrolier et gazier. Les recommandations principales du Fonds visant à préparer le Sénégal à devenir producteur de produits de base se concentrent sur trois piliers: premièrement, le régime fiscal doit d'abord trouver un équilibre entre garantir une part équitable des ressources à l’Etat et fournir aux investisseurs des incitations appropriées; deuxièmement, les revenus tirés des ressources doivent être gérés de manière responsable afin que les générations futures puissent en bénéficier et que le pays puisse faire face, sans difficultés financières majeures, à la volatilité des prix de l’énergie sur le moyen terme; le troisième pilier est la gestion des finances publiques. Les recettes fiscales devraient être déclarées dans leur totalité et de manière transparente et correctement intégrées dans le budget. La part des recettes qui va dans le budget, chaque année, devrait être utilisée en toute efficience. Par exemple, il faudra s’assurer que les investissements financés sont des investissements dont la rentabilité économique est forte.

Près de quatre ans après le lancement de la première phase du Plan Sénégal émergent (Pse), quelle appréciation faites-vous du bilan de cette étape ?
Le Pse est sur la bonne voie. Il est bien entendu qu’il y a encore un long chemin à parcourir. Le passage d’un pays au statut de pays émergent requiert un développement soutenu pendant des décennies. Alors que la croissance a été forte ces dernières années, ce rythme doit être maintenu pendant plusieurs années pour que la majorité de la population en ressente les bénéfices. Pour maintenir ce taux de croissance à long terme, le secteur privé devrait prendre le relais pour les investissements productifs pendant les années à venir. Il reste plusieurs réformes structurelles à mettre en œuvre pour créer les conditions d’une croissance durable et inclusive qui puisse bénéficier à tous les sous-groupes de la population, par exemple, le foncier, la législation du travail, l’information sur le crédit et la justice commerciale.

La formulation de la stratégie de la deuxième phase du Pse a été, récemment, lancée. Quelles devraient être, à votre avis, les priorités à prendre en compte ?
Pour que le Sénégal atteigne le statut de marché émergent d'ici à 2035, la phase II du Plan Sénégal émergent (Pse) devrait viser à maintenir des niveaux de croissance élevés à moyen terme.

Cela nécessitera des réformes supplémentaires : stimuler le crédit au secteur privé, y compris aux Pme, accroître l'efficacité des investissements publics, réduire les coûts énergétiques et améliorer la fiabilité, améliorer la transparence et le respect des obligations dans l'administration fiscale, et améliorer l'environnement des affaires, y compris dans les zones économiques spéciales (Zes).

Justement, comment ces Zes peuvent-elles contribuer au développement économique du Sénégal ?
Les zones économiques spéciales (Zes) peuvent promouvoir l’investissement privé et jouer un rôle de catalyseur en termes de transformation structurelle. En Afrique subsaharienne, le bilan des Zes au cours des vingt dernières années est, toutefois, plutôt mitigé du fait peut être d’une stratégie peu efficace, axée davantage sur les exonérations fiscales plutôt que sur des incitations non fiscales ou des dispositions réglementaires pertinentes. Néanmoins, sur la période récente, certains pays ont obtenu de meilleurs résultats grâce à un recentrage sur la création de pôles visant à dynamiser les secteurs exportateurs, en favorisant la concurrence et l’amélioration de la qualité et en exploitant mieux les avantages comparatifs des pays (exemple : Rwanda, Éthiopie).

Afin de renforcer l’efficacité des zones économiques spéciales en Afrique subsaharienne, il sera important, notamment, d’avoir une meilleure intégration des programmes de Zes dans les stratégies de développement nationales et régionales, de promouvoir des investissements impliquant davantage le secteur privé national. Il faudra aussi améliorer l’offre d’infrastructures et la fourniture énergétique, promouvoir des relations et des coentreprises entre investisseurs étrangers et sociétés locales. Enfin, il y a nécessité d’adapter la formation au besoin des investisseurs, mais également de se conformer aux normes mondiales de production et de protection de l’environnement.

Quels sont les défis économiques auxquels fait face le Sénégal ?
Sur le plan macroéconomique, il y a trois défis pour une croissance économique durable et inclusive qui bénéficie à la population : maintenir la stabilité macroéconomique tout en répondant aux besoins importants de financement des infrastructures ainsi qu’aux besoins sociaux ; réussir la transformation structurelle qui permet de réaffecter des ressources de secteurs moins productifs vers des secteurs plus productifs au fil du temps. Cela inclut la diversification qui permet le passage à une structure de production plus variée, avec de nouveaux produits et une augmentation de la qualité des produits existants ; développer les Pme dans un pays où plus de 90 % des entreprises sont dans le secteur informel. Il importe de s’attaquer d’abord aux facteurs les plus contraignants pour le développement du secteur privé comme l’accès au financement et la formation de la main d’œuvre.

Entretien réalisé par Abdou DIAW

Au Sénégal, les Petites et moyennes entreprises sont caractérisées par un fort taux de mortalité précoce. L’un des facteurs identifiés est le difficile accès aux financements. Pour arrêter cette mauvaise spirale, le Conseil des entreprises du Sénégal (Cdes) qui vient de signer avec Cgf Bourses et Cgf Gestion, une convention de partenariat pour la mise en place d’un Plan d’épargne retraite pour ses membres, ambitionne de créer, d’ici à trois ans, une banque entièrement dédiée aux Très petites et moyennes entreprises (Tpme). Dans cet entretien, le président du Cdes, Babacar Diagne, revient, en détail, sur ce projet et pose le diagnostic de la situation des Pme.

M. Diagne, dans quel contexte et pourquoi la Cdes a été créé ?

Le Cdes a été créé en fin 2013 parce que nous avions le souci d’avoir une organisation patronale prête à répondre aux besoins et aux préoccupations que rencontrent les micros et les petites et moyennes entreprises qui constituent 97 % des entreprises immatriculées au Sénégal. Ce vide nous a poussés à prendre notre destin en main et à créer une organisation patronale qui a pour ultime objectif non seulement de fédérer les petites et moyennes entreprises mais aussi de réfléchir à apporter les solutions idoines permettant à ses membres de gagner plus de richesses, de participer de manière inclusive à la croissance économique du Sénégal mais surtout de se promouvoir.

Vous avez trouvé sur place trois organisations patronales, est-ce à dire que celles-ci ne prenaient pas en compte les préoccupations des Pme ?

Ça, c’est un fait. C’est la réalité qui le dit. A part le Cdes, il n’y a pas une autre organisation patronale dont la mission est de répondre aux préoccupations des Pme. La mise en place du Cdes répondait à un fort besoin. Les Pme ont des problèmes de structuration, d’organisation, d’accès aux marchés, d’accès aux financements et éprouvent des difficultés à être représentatives dans les instances décisionnelles du secteur privé national. Or tout cela ne figure pas dans les missions des trois organisations patronales classiques que sont le Cnp, le Cnes et le Meds.

Vous vous considérez comme la locomotive de l’émergence des Pme au Sénégal. Quelles sont vos actions concrètes ?

La liste des actions que nous avons menées est longue. Mais je vais citer quatre points. Depuis la création du Cdes, nous avons réussi à fédérer 25.000 opérateurs économiques répartis dans 115 unités économiques. Nous essayons de les informer sur l’ensemble des opportunités d’affaires. Nous organisons aussi des séries de formations sur la culturelle entrepreneuriale, sur la gestion comptable, sur l’accès aux marchés. Cela a permis à des centaines de micros entreprises d’avoir des agréments au sein de certaines structures et grandes entreprises mais aussi de bénéficier de certains marchés par le biais des demandes de renseignement et des prix. Toutes ces démarches ont été accompagnées d’un comité de suivi et d’un comité de gestion. En 2018, nous avons décidé d’avoir une nouvelle orientation. Le Cdes a une nouvelle vision. Nous voulons nous démarquer totalement de ce que font les organisations patronales classiques. C’est-à-dire rompre avec le patronat folklorique, le patronat de salon (séminaires, conférences, ateliers) pour aller vers un patronat économique.

Qu’est-ce que vous entendez par patronat économique ?

Nous venons de signer un protocole d’accord avec un grand expert-comptable sénégalais pour mettre en place des centres qui permettront d’accompagner la gestion des entreprises sénégalaises dans leur globalité, pas seulement les membres du Cdes. Ce 15 mai, nous avons signé avec Cgf Bourses et avec Cgf Gestion un protocole d’accord nous permettant de mettre en place un plan d’épargne retraite non seulement des employés mais des dirigeants et des associés des entreprises. Ce plan d’épargne retraite va être transformé, dans un an, en un fonds d’investissement qui permettra aux entreprises de bénéficier de financements pour leurs investissements parce que les banques ne jouent pas le jeu pour le moment. Nous avons un problème d’accessibilité aux financements. Et nous sommes en train de réfléchir sur un modèle économique pour mettre en place, au Sénégal, d’ici à 2021/2022, la première banque des Très petites et moyennes entreprises (Tpme). En attendant, le Fonds d’investissement, lui, sera opérationnel d’ici à 2019.

Votre ambition est de vous démarquer du patronat classique en allant à la rencontre des Pme sur le terrain. Mais on sait qu’il y a plus de 400.000 unités économiques, selon l’Ansd. Etes-vous conscient de l’ampleur de votre tâche ?

Nous sommes très conscients de ce qui nous attend même si nous n’avons pas l’accompagnement attendu de certaines structures comme en bénéficient les autres organisations patronales. Notre première mission, nous l’avons faite dans les régions, notamment à Sédhiou. Nous allons dans les coins les plus reculés où l’on note un fort taux de pauvreté. Nous nous sommes rendus à Sédhiou pour mettre en place des unités de transformation. Nous sommes allés aussi à Kolda et à Ziguinchor. Cette année, nous avons prévu de faire les régions du Nord pour non seulement fédérer les micros et petites et moyennes entreprises mais aussi les accompagner dans la mise en œuvre de leurs projets d’investissement. La tâche est lourde. C’est la raison pour laquelle, sans l’accompagnement de l’Etat, c’est très difficile de se déployer un peu partout. Mais nous croyons en notre savoir-faire, en notre dévouement parce que c’est par là que passera l’émergence inclusive. L’émergence doit partir de la base et la base ce sont les micros et les petites et moyennes entreprises. Sur les 400.000 unités dont vous parlez, il faut souligner que plus de 350.000 sont des micros et petites entreprises qui ont des chiffres d’affaires de moins de 250.000 FCfa. Ce sont ces structures qui sont nos cibles et nous sommes la seule organisation patronale à s’intéresser à elles. Nous voulons nous lancer dans des activités qui pourront nous rapporter des revenus et financer tout le plan de gestion, d’investissement triennal que le Cdes veut apporter aux Tpme.

Il est constaté un fort taux de mortalité des Pme au Sénégal. Qu’est-ce qui l’explique selon vous et quelles sont les solutions que vous préconisez pour arrêter cette spirale ?

Cela s’explique par le manque d’organisation en amont de la création d’une entreprise. Souvent les gens créent des entreprises avec 24.000 Fcfa sans maîtriser le marché, sans maîtriser le modèle économique et sans connaître les procédures d’accès aux marchés. Ainsi, ils n’ont aucune visibilité qui leur permet d’accéder aux financements. C’est la raison pour laquelle, au Sénégal, le taux d’entreprises mort-nés est de plus de 75 %. C’est un problème. Depuis trois ans, nous avons mis en place un Comité scientifique pour répondre à cette problématique. Nous avons créé le concept de la « Maison de l’entreprise du Sénégal » (Mes). Avec l’accord de certains bailleurs, nous avons fait de telle sorte que ce projet soit inscrit dans le préambule du ministère de l’Economie, des Finances et du Plan de cette année. La « Mes » sera une sorte de guichet unique où tous les services d’accompagnement en amont seront logés. Avant de créer une entreprise, on a besoin d’un module de formation, de maîtriser l’environnement du business, ensuite, il y a toute une série d’accompagnements avec des structures étatiques d’appui au secteur privé qui seront logés dans un même bâtiment. Cela permettra de réduire de moitié la mortalité des entreprises au Sénégal.

Et pourtant, l’Etat a mis en place des structures d’accompagnement comme la Bnde, la Fonsis, le Fongip, le Bureau de mise en niveau, sans compter les initiatives privées notamment les Fonds d’investissements…  

C’est parce que ces instruments dont vous parlez ne sont pas conçus pour accompagner des micros et des petites et moyennes entreprises nouvellement créées. Pour le moment, des solutions concrètes et adaptées ne sont pas encore proposées par l’Etat. C’est pourquoi nous avons proposé la mise en place de la « Mes ». Le projet est déjà bien avancé, des membres de structures de l’Etat siègent même au sein du Comité scientifique. Nous avions juste un problème de portage institutionnel. Les micros et petites et moyennes entreprises sont la seule alternative pour créer des emplois au Sénégal. Maintenant, il faut les accompagner, les aider à grandir. Il faut trouver les voies et moyens de leur apporter des solutions sur le plan administratif, organisationnel et financier. C’est dans ce secteur qu’il y a des niches d’emplois. Les grandes entreprises ne vont jamais créer assez d’emplois, ce n’est pas dans leurs missions de toutes façons, elles sont dans la recherche de profit, ce sont des sociétés de capitaux. Seules les Pme peuvent créer les emplois attendus par l’Etat, seulement il faut les accompagner.

Entretien réalisé par : Elhadji Ibrahima THIAM

Le Forum de négociation de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) s’est ouvert, hier, à Dakar. Réunissant les négociateurs en chef des différents pays signataires et les experts juridiques, cette rencontre se penche sur la finalisation des textes juridiques et des annexes de l’accord portant création de ce futur marché commun.

Petit à petit, les éléments devant conduire à la mise en place d’un futur marché commun africain sont en train de se constituer. Ainsi, après la signature le 21 mars dernier à Kigali de l’accord portant création de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) par 44 pays sur les 55 que compte l’Union africaine, Dakar accueille, depuis hier, un forum relatif à la finalisation des textes juridiques et des annexes de cet accord qui devront être présentés aux chefs d’Etat et chefs de gouvernement, lors du prochain Sommet de l’Union africaine au mois de juillet.

Cette rencontre de quatre jours, qui réunit les négociateurs en chef des différents pays membres ainsi que les experts juridiques, donne le ton d’une série de rencontres qui se dérouleront toutes à Dakar jusqu’au 4 juin. Il s’agit notamment de la 11ème réunion du Forum des Négociateurs de la Zlecaf du 29 au 31 mai 2018 ; la 6ème réunion des hauts fonctionnaires en charge du Commerce, les 1er  et 2 juin 2018 et la 6ème réunion des ministres des Etats membres de l’Union africaine en charge du Commerce, les 03 et 04 juin 2018.

Ces rencontres de Dakar marquent une étape décisive dans le processus de création de la plus grande zone de libre-échange du monde en termes de nombre de pays avec des marchés communs de 1,2 milliard d’habitants et un produit intérieur brut total de 2,5 milliards de dollars. « Nous espérons finaliser, à Dakar, tous les annexes de l’accord. C’est la phase la plus importante parce que sans texte, la Zlecaf ne pourra pas se concrétiser. Or, elle est une étape cruciale vers l’intégration des économies africaines. Sans la Zlecaf et l’intégration économique de l’Afrique, le rêve d’une Afrique unie, forte et prospère ne sera que vain », a martelé Prudence Sebahizi, Chef de l’unité chargé des négociations sur la Zlecaf à l’Union africaine.

C’est à Dakar donc que se prépare la deuxième phase des négociations. La première lancée en 2015 a permis d’aboutir à la signature de l’accord en mars dernier et d’élaborer plusieurs textes portant essentiellement sur le commerce des marchandises, le commerce des services et le règlement des différends. La deuxième étape des négociations sera consacrée aux investissements, aux services, à la propriété intellectuelle et à la concurrence. « C’est une phase qui requiert autant d’attention, de compétence, d’expertise et d’engagement pour réussir cette magnifique aventure qui est de construire ce marché commun africain.

L’Afrique bat souvent de tristes et mauvais records mais en la matière, il s’agit d’un beau record : créer le plus grand marché au monde », a indiqué Fallou Samb, conseiller en commerce du président de la République. Cependant, a-t-il ajouté, il faudra d’abord relever un certain nombre de défis. Par exemple, faire en sorte que le maximum de pays ratifie l’accord. Pour l’instant, sur les 44 signataires, il n’y a que quatre pays qui l’ont fait : le Ghana, le Rwanda, le Kenya et le Niger. Le Sénégal ne devrait pas tarder à rejoindre ce cercle, selon le secrétaire général du ministère du Commerce, Makhtar Lah, qui assure que toutes les dispositions sont déjà prises pour que le Sénégal ratifie l’accord de la Zlecaf dans les meilleurs délais.

Si en termes numérique la Zlecaf sera la plus grande expérience d’intégration économique, le défi sera  de le transformer en expérience d’intégration économique la plus importante  en termes de volume et de flux d’échanges. C’est la conviction de Makhtar Lah. « Nos échanges intracommunautaires ne dépassent guère 15 %, alors que dans les autres zones d’intégration, la moyenne se situe entre 50 et 70 %. Au-delà du nombre, le défi qui nous interpelle est de tout mettre en œuvre pour que cette importance numérique se traduise en importance de volume. La mise en place de la Zlecaf est un message fort que nous envoyons au reste du monde pour lui dire que nous comptons désormais jouer pleinement notre rôle dans l’économie mondiale », a-t-il soutenu.

Elhadji Ibrahima THIAM

 

Les rideaux sont tombés sur les Assemblées annuelles de la Bad à Busan, en Corée du Sud.  L’institution bancaire a enregistré 8,7 milliards de dollars d’approbation et plus de 7 milliards de dollars de décaissements au cours de l’année 2017. L’édition 2019 de ces assemblées annuelles de la Bad aura lieu à Malabo, en Guinée équatoriale.

Les 53èmes Assemblées annuelles de la Bad se sont achevées, hier vendredi, à Busan, en Corée du Sud, dans un climat de satisfaction générale. Deux décisions majeures ont été prises. Il s’agit de la décision du Conseil des gouverneurs d’autoriser l’ouverture des consultations en vue de l’augmentation générale du capital de la Banque. L’autre décision est relative à l’organisation de l’édition 2019 des assemblées annuelles en Guinée équatoriale. Selon le communiqué final, à l’issue de sa troisième et dernière session, vendredi, le Conseil des gouverneurs a salué les performances de la banque en 2017, qui a enregistré 8,7 milliards de dollars américains d’approbation et plus de 7 milliards de dollars de décaissements, des résultats jamais atteints depuis sa création en 1964. « Nous, gouverneurs, réunis à Busan, prenons note de l'augmentation des décaissements en 2017, la plus élevée de l'histoire de la banque. À cet égard, nous saluons les réalisations de la banque et l'encourageons à faire plus en matière d'efficience et d'impact sur le développement », lit-on dans ce  communiqué. Grâce à ses bonnes performances, la banque a pu accroître son revenu net. «Sa gestion prudente des risques financiers et opérationnels a ainsi permis d’affecter un volume sans précédent dans l’histoire de la banque aux réserves », renseigne  le document. Les débats des 53èmes Assemblées annuelles ont également mis en évidence la nécessité d’associer la recherche de financements extérieurs à la mobilisation de ressources internes, notamment à travers une gestion plus efficace des finances publiques et une lutte sans merci contre les flux financiers illicites qui sortent du continent africain.

Akinwumi Adesina, président de la Bad
«Ces assemblées annuelles ont été un formidable succès collectif»
Lors de la cérémonie de clôture,  le président de la Bad s’est félicité de la bonne organisation de ces assemblées annuelles. « De tout point de vue, ces assemblées annuelles ont été un formidable succès collectif. Grâce à tous, et particulièrement à nos hôtes coréens, nous avons pu travailler dans de meilleures conditions pour arriver à cet excellent résultat », a-t-il déclaré.        

Opérations du groupe de la Bad : 8,8 milliards de dollars approuvés en 2017

Au cours de ces assemblées annuelles, l’institution a  présenté ses opérations pour l’année 2017. La vice-présidente par intérim chargée des finances et trésorière de la Bad, Hassatou N’Sele, qui présentait les opérations de la Bad, a noté qu’au cours de cette année écoulée, 8,8 milliards de dollars ont été approuvés pour 249 opérations sous l’impulsion des cinq domaines prioritaires de la banque. Elle a détaillé les résultats obtenus des projets achevés en 2017. Ainsi, ce sont 8,5 millions de personnes qui ont bénéficié des améliorations dans l’agriculture. Dans le secteur de l’énergie, la Bad a permis l’installation de 460 Mw de nouvelles capacités électriques dont 33% en énergies renouvelables, poursuit-elle.

La Bad a également construit ou remis en état 2500 km de routes et facilité l’accès aux services financiers pour 210.000 propriétaires exploitants et petites entreprises. La Bad a également permis à 8,3 millions de personnes d’avoir accès à l’eau et à l’assainissement, entre autres secteurs. Pour éclairer l’Afrique et l’alimenter en énergie, la Bad a approuvé 1,7 milliard de dollars en 2017. Dans le secteur agricole, les approbations pour cette année 2017, se sont élevées à 1,2 milliard de dollars sur 50 opérations. En ce qui concerne le Sénégal, l’institution rappelle avoir contribué au financement de la première phase du projet du Train express régional (Ter) Dakar-Aibd à hauteur de 183 millions d’euros.

De notre envoyé spécial à Busan (Corée du Sud) : Aliou KANDE

 

Le gouvernement de la Corée et la Bad ont signé une lettre d’intention en vue du lancement du Fonds d’investissement en énergie Corée-Afrique (Fie) devant fournir un appui significatif au New Deal pour l’énergie en Afrique. La Corée consent à mettre à la disposition de ce fonds un montant de près de 335 milliards de FCfa pendant une période de 5 ans, sous forme de financements concessionnels et non concessionnels. C’était lors des 53ème assemblées annuelles de la Bad qui se tiennent à Busan en Corée du Sud, depuis le 21 mai.

La Banque africaine de développement (Bad) et la Corée renforcent leur coopération. Hier, à Busan, les deux parties ont signé une lettre d’intention en vue du lancement du Fonds d’investissement en énergie Corée-Afrique (Fie). Ce qui devait permettre de fournir un appui significatif au New deal pour l’énergie en Afrique dont l’objectif est d’assurer l’accès universel à l’énergie sur le continent. La signature du document a eu lieu hier au cours de la réunion de la Coopération économique Corée-Afrique (Koafec), en marge des à Busan. Selon la Bad, c’est lors de la Conférence ministérielle du Koafec de 2016 qu’il a été reconnu qu’un meilleur accès à l’énergie est un facteur stratégique dans la modernisation et la transformation des économies africaines. Le Fonds contribuera aux efforts déployés par l’Afrique pour parvenir à l’accès universel à l’énergie et pour transformer ses systèmes énergétiques.

Dans cette Facilité, la Banque prendra la direction de l’élaboration de projets de développement en étroite consultation avec les pays membres régionaux. La Corée se tient prête à mettre à disposition un montant de 600 millions de dollars Eu, soit près de 335 milliards de FCfa, pendant une période de 5 ans, sous forme de financements concessionnels et non concessionnels pour diverses opérations énergétiques, notamment la fourniture d’électricité aux foyers, aux écoles, aux hôpitaux, à l’agriculture et aux industries. Par ailleurs, le fonds appuiera l’intégralité des activités y relatives – préparation, construction et opérations – grâce à un mix financement-assistance technique.

La Corée a également signé un protocole d’entente avec Power Africa au cours de la même rencontre, soulignant ainsi son intention d’appuyer le secteur de l’énergie africaine, notamment les infrastructures pour les lignes de transport d’électricité.

La Bad est un partenaire fondateur de l’initiative Power Africa, dirigée par les États-Unis, et elle a l’intention de travailler en étroite collaboration avec la Corée et cette initiative.

Akinwumi Adesina, le président de la Bad a remercié le gouvernement coréen pour son soutien de longue date à son institution et au continent africain, et il a salué l’appui de la Corée au par le biais du Fonds qui, a-t-il déclaré, représentera « une contribution importante à l’accès universel à l’énergie en Afrique ».

Dong Yeon Kim, le vice-Premier ministre et ministre de la Stratégie et des Finances de la Corée, a souligné que « l’Afrique est en train de faire face au manque d’électricité, raison pour laquelle son pays appuie fermement le High 5 «Éclairer l’Afrique et l’alimenter en énergie » de la Bad, notamment par l’intermédiaire du Fonds d’investissement en énergie Corée-Afrique ».

La Banque et le gouvernement de la Corée travailleront sur les modalités détaillées de sa mise en œuvre au cours des prochaines semaines, afin de soutenir efficacement les projets avant la fin de l’année en cours.

De notre envoyé spécial à Busan (Corée du Sud) : Aliou KANDE

AGRICULTURE, ENERGIE, INFRASTRUCTURES, TIC : 5 MILLIARDS DE DOLLARS POUR L’AFRIQUE POUR 2019 ET 2020
Pour les années 2019 et 2020, la Corée du Sud s’est engagée à mobiliser 5 milliards de dollars américains, soit 2.790 milliards de FCfa, en faveur de projets en Afrique notamment dans l’énergie, les infrastructures, l’agriculture, le partage de connaissance. L’annonce a été faite hier, par Kim Dong-Yeon, Vice-Premier ministre, ministre de la Stratégie et des Finances. Il s’exprimait lors d’une conférence de presse, en présence du président de la Bad, Akinwumi Adesina, à la suite de la réunion interministérielle de la Koafec.

Il a précisé qu’au moins un cinquième de ce montant, soit un milliard de dollars, sera destiné au financement des infrastructures de transmission électrique. La Corée du Sud entend apporter ce soutien aux pays africains dans le Power Africa, une initiative des Etats-Unis. « Là où nous pouvons apporter notre expertise au profit de l’Afrique, nous le ferons. Nous voulons au-delà du partenariat, la coprospérité », a-t-il dit non sans ajouter que la coopération avec la Bad sera renforcée.

A. KANDE

GESTION DES RESSOURCES PUBLIQUES : L’ÉMIR DE KANO INVITE LES DIRIGEANTS AFRICAINS À PLUS DE TRANSPARENCE
Sanussi II LamidoPlus de transparence dans la gestion des deniers publics en Afrique, c’est ce que recommande l’émir de Kano, Sanussi II Lamido. L’ancien gouverneur de la Banque centrale du Nigeria intervenait lors d’un panel à l’occasion des assemblées annuelles de la Bad à Busan en Corée du Sud.

L’émir de Kano, Sanussi II Lamido, ancien gouverneur de la Banque centrale du Nigeria, a exhorté, hier, à Busan, en Corée, les États africains à faire plus de transparence dans la gestion de leur économie, estimant que la corruption est un véritable frein au développement du continent. Il intervenait lors d’un panel de haut niveau co-animé avec plusieurs ministres africains, en présence du président de la Bad. « Les perceptions comptent beaucoup. Il est donc urgent d’améliorer la transparence dans nos États, car celle-ci est clairement liée à la bonne gouvernance », a-t-il affirmé. Selon la meilleure manière de lutter contre la corruption en Afrique, c’est de commencer par reconnaître qu’elle existe. « Nous devons accepter que nous avons un problème de transparence puis commencer à le résoudre. Nous devons nous attaquer à la corruption, bloquer les fuites de capitaux et créer des opportunités de créer de nouveaux emplois », a assuré l’ancien gouverneur de la Banque centrale du Nigeria. Il a également plaidé pour que les États africains s’abstiennent des mesures qui affaiblissent la gestion transparente des affaires publiques et encouragent la contrebande transfrontalière et la perte de revenus. Au cours de ce panel, plusieurs autres orateurs ont abondé dans le sens de l’émir de Kano, en évoquant les expériences vécues dans leurs pays et en soulignant les retombées positives de la transparence dans la gestion des affaires publiques. « L’Algérie est, aujourd’hui, une économie stable à croissance rapide, autrefois en proie au terrorisme », a affirmé le ministre algérien des Finances, Abderrahmane Raouya également gouverneur de la Bad.

Pour sa part, le ministre érythréen des Finances, Berhane Habtemariam, également gouverneur de la Bad, a réitéré l’adhésion totale de son pays à la lutte contre la corruption et les efforts d’assainissement de l’économie engagée par son gouvernement, en dépit du contexte marqué par près de 20 ans de guerre. « L’Angola a négligé l’économie non pétrolière pendant de nombreuses années ; cela est en train de changer. La transparence a toujours été un problème, un défi majeur pour nous en Angola. Mais, le gouvernement s’efforce maintenant de changer la perception d’un Angola corrompu », a argumenté la Secrétaire d’État angolaise au Budget, Aia-Eza Nacilla Gomes Da Silva.

A. KANDE

SECTEUR DES TIC EN AFRIQUE : LES START-UP PEUVENT AIDER À RELEVER LES DÉFIS
L'entrepreneur marocain, Pdg et cofondateur d’Atlan Space® en 2016, Badr Idrissi, l’un des quatre jeunes à partager leurs expériences au public, a déclaré au cours de l’atelier sur thème : « Allier l’innovation à l’industrie : la jeunesse africaine relève les défis », que son entreprise est une start-up qui a pour mission de développer l'intelligence artificielle pour guider et coordonner les réseaux de drones afin de permettre aux gouvernements de surveiller des zones géographiques très vastes, de détecter les menaces et intrusions, et de neutraliser les risques. Il révèle comment les nouvelles technologies de l'information permettent aux entrepreneurs africains de lancer facilement des start-ups pour résoudre les défis auxquels le continent fait face. En particulier, il a démontré comment sa société franchit les limites de l'aéronautique sans pilote, de sorte que les réseaux de drones peuvent fonctionner de manière autonome et sans interaction humaine, permettant ainsi aux institutions africaines de lutter contre la pêche et l'exploitation minière illégales, la déforestation et le braconnage. Enfin, il a souligné les compétences (techniques et autres) que les jeunes africains doivent d'ores et déjà perfectionner pour matérialiser la quatrième révolution industrielle sur le continent.

A. KANDE

L'entrepreneur marocain, Pdg et cofondateur d’Atlan Space® en 2016, Badr Idrissi, l’un des quatre jeunes à partager leurs expériences au public, a déclaré au cours de l’atelier sur thème : « Allier l’innovation à l’industrie : la jeunesse africaine relève les défis », que son entreprise est une start-up qui a pour mission de développer l'intelligence artificielle pour guider et coordonner les réseaux de drones afin de permettre aux gouvernements de surveiller des zones géographiques très vastes, de détecter les menaces et intrusions, et de neutraliser les risques. Il révèle comment les nouvelles technologies de l'information permettent aux entrepreneurs africains de lancer facilement des start-ups pour résoudre les défis auxquels le continent fait face. En particulier, il a démontré comment sa société franchit les limites de l'aéronautique sans pilote, de sorte que les réseaux de drones peuvent fonctionner de manière autonome et sans interaction humaine, permettant ainsi aux institutions africaines de lutter contre la pêche et l'exploitation minière illégales, la déforestation et le braconnage. Enfin, il a souligné les compétences (techniques et autres) que les jeunes africains doivent d'ores et déjà perfectionner pour matérialiser la quatrième révolution industrielle sur le continent.

A. KANDE

Plus de transparence dans la gestion des deniers publics en Afrique, c’est ce que recommande l’émir de Kano, Sanussi II Lamido. L’ancien gouverneur de la Banque centrale du Nigeria intervenait lors d’un panel à l’occasion des assemblées annuelles de la Bad à Busan en Corée du Sud.

L’émir de Kano, Sanussi II Lamido, ancien gouverneur de la Banque centrale du Nigeria, a exhorté, hier, à Busan, en Corée, les États africains à faire plus de transparence dans la gestion de leur économie, estimant que la corruption est un véritable frein au développement du continent. Il intervenait lors d’un panel de haut niveau co-animé avec plusieurs ministres africains, en présence du président de la Bad. « Les perceptions comptent beaucoup. Il est donc urgent d’améliorer la transparence dans nos États, car celle-ci est clairement liée à la bonne gouvernance », a-t-il affirmé.

Selon la meilleure manière de lutter contre la corruption en Afrique, c’est de commencer par reconnaître qu’elle existe. « Nous devons accepter que nous avons un problème de transparence puis commencer à le résoudre. Nous devons nous attaquer à la corruption, bloquer les fuites de capitaux et créer des opportunités de créer de nouveaux emplois », a assuré l’ancien gouverneur de la Banque centrale du Nigeria. Il a également plaidé pour que les États africains s’abstiennent des mesures qui affaiblissent la gestion transparente des affaires publiques et encouragent la contrebande transfrontalière et la perte de revenus. Au cours de ce panel, plusieurs autres orateurs ont abondé dans le sens de l’émir de Kano, en évoquant les expériences vécues dans leurs pays et en soulignant les retombées positives de la transparence dans la gestion des affaires publiques. « L’Algérie est, aujourd’hui, une économie stable à croissance rapide, autrefois en proie au terrorisme », a affirmé le ministre algérien des Finances, Abderrahmane Raouya également gouverneur de la Bad.

Pour sa part, le ministre érythréen des Finances, Berhane Habtemariam, également gouverneur de la Bad, a réitéré l’adhésion totale de son pays à la lutte contre la corruption et les efforts d’assainissement de l’économie engagée par son gouvernement, en dépit du contexte marqué par près de 20 ans de guerre. « L’Angola a négligé l’économie non pétrolière pendant de nombreuses années ; cela est en train de changer. La transparence a toujours été un problème, un défi majeur pour nous en Angola. Mais, le gouvernement s’efforce maintenant de changer la perception d’un Angola corrompu », a argumenté la Secrétaire d’État angolaise au Budget, Aia-Eza Nacilla Gomes Da Silva.

A. KANDE

La cherté de l’aliment de bétail inquiète les éleveurs aux portefeuilles mal garnis. Il faut débourser au minimum 13.000 FCfa pour avoir un sac d’aliment de bétail.

A cause de la sécheresse, l'herbe se fait rare et le bétail peine à se nourrir. Le marché de Linguère est bien approvisionné en aliments de bétail et les éleveurs qui veulent en acheter vont devoir casser leur tirelire. Les prix ont connu une forte hausse. Ils passent du simple au double. Les difficultés d'approvisionnement et le coût élevé des aliments de bétail au marché hebdomadaire de Linguère qui se tient chaque vendredi, hantent le sommeil des éleveurs qui tentent l’impossible pour sauver leur bétail. Des centaines de sacs d’aliment de bétail sont parqués dans les magasins et attendent d’être convoyés par les éleveurs. Le seul hic, c’est le prix que les acheteurs trouvent exorbitants. « Nous ne tenons plus le coup », a laissé entendre un éleveur trouvé au marché, soulignant que le prix du sac d’aliment de bétail en provenance du Mali, communément appelé «Kita» a doublé. « Jadis, nous achetions le sac à 8.000 FCfa, alors que présentement le prix varie entre 14.000 et 16.000 de FCfa», confie -t-il. Il affirme que ces prix ont obligé certains éleveurs à vendre une partie de leurs troupeaux afin de se procurer de cet aliment qui est essentiel pour la survie du bétail. Dans le même sillage, un vendeur trouvé au marché hebdomadaire de Ranérou, juge exorbitant le prix du sac d’aliment de bétail. «L'aliment bétail constitue un casse-tête pour nous les éleveurs qui éprouvons des peines énormes pour trouver l’aliment du bétail », se défend Oumar Kâ. Il interpelle le ministre de l’Elevage et des Productions animales pour qu’il augmente le quota de la zone silvo-pastorale surtout en cette période de soudure.

Masse NDIAYE

L’atelier organisé hier par le Comité national de négociations commerciales internationales sur la Zone de libre-échange continentale africain (Zleca), a servi de cadre à ses membres de présenter la Zleca et ses opportunités au secteur privé national afin de vendre plus et mieux leurs produits dans tout l’espace africain sans aucune contrainte.

Cette rencontre est la première du genre après la signature de l’accord portant création de la Zone de libre-échange continentale africain (Zleca) le 21 mars dernier par 44 chefs d’Etat et de gouvernement africain à Kigali (Rwanda). L’objectif visé par les membres du Comité national de négociations commerciales internationales sur la Zleca est d’outiller davantage les opérateurs privés économiques nationaux pour ne pas rater le train du commerce intra-africain et tirer le maximum de profits des opportunités offertes par la Zleca. Le ministre du Commerce, Alioune Sarr a relevé l’« enjeu extrêmement important qu’est la Zleca avec un certain nombre de secteurs du commerce de marchandises et de services qui sont libéralisés à 90% et 10% qui sont exclus de cette libéralisation». Selon lui, cet atelier est à saluer car cette initiative participe « aux échanges entre le gouvernement représenté par son ministère, celui de l’Economie et des Finances ainsi que le ministère de l’Industrie et les entreprises pour mieux vendre aussi bien au niveau local qu’au niveau continental ». Ainsi, pour être plus outillé sur la Zleca dans l’optique de mieux vendre ses produits et se protéger contre certains de ses effets jugés néfastes, il a invité les chefs d’entreprises sénégalais à répondre aux invitations de la directrice du commerce extérieur, par ailleurs, présidente du Comité de négociations internationales, Asongue Diatta. Cet appel est d’autant plus pertinent que, selon le ministre, « des échanges auront lieu dans les prochains jours sous la houlette du Comité national et vont porter sur la concurrence, les investissements, les droits de propriété intellectuelle, entre autres sujets qui seront abordés ». Le secteur privé présent pense qu’il est trop tôt de signer parce pas encore suffisamment structuré et suffisamment prêt pour aller à l’aventure. Autant de craintes que la session du comité national a tenu à dissiper en les rassurant qu’ils ne seront pas laissés à eux-mêmes en listant des secteurs qui seront exemptés de cette libéralisation annoncée donc protégés. Pour le ministre du Commerce, « dans un premier temps, c’est le commerce de marchandises et de services qui seront inscrits dans l’accord ». Considérant que le secteur des services, qui regroupe les services financiers, bancaires, télécommunications, transports aériens…, « est extrêmement important pour l’économie nationale », il est d’avis que « le Sénégal évidemment identifiera et analysera les secteurs qu’il considère comme des secteurs à ne pas libéraliser, mais aussi verra quels sont les accompagnements à apporter, les mises à niveaux à faire sur le tissu de production et de la formation pour faire du privé national un vrai acteur».

Mamadou Lamine DIEYE

Le ministère des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement a démarré, hier, un programme national de formation des chauffeurs professionnels. Ce programme vise le renforcement de capacités de 1 à 2% des chauffeurs professionnels détenteurs d’un permis de conducteurs poids lourd. Pour l’étape de Dakar, 600 chauffeurs sont concernés.

Pour réduire les accidents de la circulation qui font en moyenne plus de 600 morts chaque année au Sénégal, le ministère des Transports terrestres et du Désenclavement, à travers la direction des transports routiers a lancé, hier, le programme national de formation des chauffeurs professionnels. Ce programme de formation complémentaire vise 1 à 2% des chauffeurs détenteurs d’un permis de conducteurs poids lourd établis sur toute l’étendue du territoire national. La première phase de cette formation complémentaire, démarrée lundi pour la zone de Dakar, concerne près des transports routiers a commis le consultants Ibrahima Ndiaye, ingénieur économiste des transports pour conduire et organiser la mise en œuvre de ce programme de formation. Selon ce dernier, l’objectif général visé est de contribuer à la modernisation et à la professionnalisation du secteur des transports, à l’amélioration de la sécurité routière et de la productivité de l’industrie du transport, à travers la formation des chauffeurs professionnels. Selon le consultant, les modules prioritaires sont, entre autres, le Code de la route ; la réglementation des transports avec le temps de repos, le temps de conduite, l’autorisation de transport, la réglementation sur les transports inter-Etats avec les accords et l’intégration sous régionale. La conduite économique, l’entretien préventif, le secourisme et quelques notions de sécurité routière seront aussi abordés avec les chauffeurs.

Pour cette formation, le consultant a élaboré une liste de 10 conseils pour les chauffeurs, notamment pour éviter de téléphoner au volant. «Bien sûr, dès qu’il sonne, on a qu’une envie : décrocher.

Sauf qu’au volant entre téléphoner ou conduire, il faut choisir», martèle M. Ndiaye. Pour éviter la tentation du téléphone au volant, M. Ndiaye conseille aux chauffeurs d’éteindre leur portable ou de le mettre en mode avion avant de prendre le volant ; de le mettre au coffre ou de demander au passager de répondre pour vous ; de faire une pause pour répondre à défaut. Le formateur rappelle aux chauffeurs aussi que téléphoner avec un kit est presque aussi dangereux que sans kit. «Ce n’est pas le fait de tenir le téléphone en main qui est dangereux, mais la distraction causée par la conversation qui nous emmène ailleurs que sur la route», rappelle-t-il. La formation permettra d’aborder, avec les chauffeurs, le respect des signalisations routières, des limitations de vitesse, le respect des capacités de chargement, du temps de conduite et de repos et de l’hygiène de vie.

Après la première phase de Dakar, prévue du 14 au 27 mai, la formation se poursuivra à l’intérieur du pays par zone géographique. Après Dakar, ce sera autour de Thiès de recevoir la formation, du 28 mai au 02 juin, Diourbel du 04 au 06 juin ; La zone centre avec Kaffrine, Fatick et Kaolack recevront les formateurs du 07 au 09 juin. Saint Louis, Louga et Matam vont accueillir les formateurs du 11 au 13 juin ; Tambacounda et Kédougou (18 au 20 juin) ; les 22 et 23 juin, ce sera autour de Ziguinchor et Sédhiou de recevoir les formateurs et Kolda sera la dernière étape du 25 au 27 juin.

Après la formation, les chauffeurs recevront une attestation montrant qu’ils ont bénéficié d’un renforcement de capacités dans leur domaine d’activité. La liste des chauffeurs professionnels devant subir cette formation a été dressée sur la base des informations fournies  par les regroupements des syndicats de chauffeurs et transporteurs. 

Oumar KANDE

La cérémonie officielle d’ouverture des 53ème Assemblées annuelles de la Bad s’est déroulée, hier, à Busan, en Corée du Sud. Une occasion, pour le président de cette institution, tout comme les Premiers ministres marocain et rwandais et le vice-Premier ministre coréen, de faire un véritable plaidoyer pour accélérer l’industrialisation du continent.

C’est à un véritable plaidoyer sur l’urgence d’accélérer l’industrialisation de l’Afrique que les participants aux 53ème assemblées annuelles de la Bad ont assisté hier. C’était lors de la cérémonie officielle d’ouverture de ces rencontres qui se déroulent à Busan en Corée du Sud du 21 au 25 mai. Le ton a été donné par le président de la Bad, Akinwumi Adesina, en présence des Premiers ministres du Maroc et du Rwanda, du vice-Premier ministre de la Corée, des ministres africains, des responsables de la Bad, de représentants d’institutions internationales et de nombreux autres participants. Ces dirigeants marocain, rwandais et coréen ont tous appelé à l’industrialisation du continent. « L’Afrique doit apprendre sur l’expérience de la Corée, de la Chine et du Japon. Parce qu’elle est en train de se désindustrialiser avec des pertes énormes », a déclaré M. Adesina. Il reste convaincu que c’est l’une des voies pour le développement du continent et pour le règlement du problème de l’emploi des jeunes. Selon lui, chaque année, ce sont près de 11 millions de jeunes africains qui arrivent sur le marché du travail dont seulement 3 millions parviennent à s’insérer. Le président de la Bad regrette le fait que l’Afrique se retrouve au bas de la chaine de valeur. Il évoque le cas du cacao produit principalement dans le continent, mais qui est transformé ailleurs tout comme l’or. «Chaque année, l’Afrique produit 75% du cacao mondial. Cependant, elle ne tire que 5% des 120 milliards de dollars de revenus générés par le marché du chocolat », a-t-il déploré. Pour l’or, poursuit-il, l’Afrique représente 50% des productions, mais ne bénéficie que de 4% des revenus sur un marché de 300 milliards de dollars par an. Pour inverser la tendance, il appelle à l’industrialisation.

Il a saisi cette occasion pour rappeler que la Bad a lancé, en 2016, sa stratégie pour l’industrialisation de l’Afrique couvrant la période 2016 – 2025. Sur cette lancée, il a annoncé que son institution va investir 35 milliards de dollars Us sur les dix prochaines années pour accompagner l’industrialisation de l’Afrique. En même temps, la Bad va aider le continent dans l’industrialisation de l’agriculture en soutenant les besoins des pays dans la mise en œuvre des zones de cultures de base pour faciliter la création d’agribusiness et d’industries connexes, le tout supporté par des infrastructures intégrées : routes, électricité, eau Tic. L’objectif étant de créer de nouvelles zones économiques en milieu rural. L’autre initiative, poursuit-il, est d’investir dans les nouveaux moyens d’industrialisation : parcs technologiques, programmes d’incubation, et d’accélération, connexion des Pme aux pôles d’industrialisation. En plus, la Bad appelle à se focaliser sur l’appui au secteur privé en restant équitable dans les investissements. Ce qui implique les Pme. L’autre moyen de favoriser l’industrialisation, c’est de continuer à soutenir le développement des marchés financiers, mais également encourager le partenariat nord-sud et sud-sud par le développement industriel.

Investissement de 35 milliards de dollars
Le Premier ministre rwandais a, à son tour, insisté sur la nécessité d’accélérer le processus d’industrialisation du continent. Edouard Ngirente affirme que le thème des assemblées annuelles est une occasion, pour les participants, de réfléchir sur l’industrialisation qui est un catalyseur pour le développement. « L’industrialisation permet de créer de l’emploi, des revenus et la prospérité. Mais la participation de l’Afrique dans la chaine de valeur mondiale est de 2% », a-t-il dit. Pour changer la tendance, il souligne qu’il faut une volonté politique, un secteur privé dynamique.

Un autre dirigeant africain, qui a plaidé pour l’accélération de l’industrialisation du continent africain, c’est Saadeddine El Othmani, le Premier ministre du Maroc. « Il faut croire en l’Afrique, avoir une volonté d’intégration pour aller à l’industrialisation. Le Maroc a cette orientation politique », a-t-il confié. Il a rappelé que son pays dispose, depuis trois ans, d’un plan d’accélération industrielle. Selon lui, pour accélérer l’industrialisation, il faut un financement adéquat, suffisant, mais également des infrastructures notamment dans les zones urbaines et les étendre dans le monde rural. Il pense qu’il faut également une main d’œuvre qualifiée, des cadres compétents.

Le vice-Premier ministre et ministre de la Stratégie et des Finances coréen, Dong Yeon Kim pense que le moment est venu pour accélérer l’industrialisation de l’Afrique. Il estime que même si certains pays ont réalisé des taux de croissance importants, le potentiel du continent n’a pas encore été réalisé. « L’industrialisation est nécessaire. Le moment est venu. C’est ce qu’a compris la Bad en faisant de ce secteur une priorité », a déclaré M. Kim.

De notre envoyé spécial à Busan (Corée du Sud) : Aliou KANDE

Pour réussir l’industrialisation de l’Afrique, les jeunes doivent être bien formés. C’est ce que pense Akinwumi Adesina, le président de la Bad. C’est pourquoi, il invite les pays africains à préparer leurs ressources humaines. « L’Afrique doit rapidement bâtir une main d’œuvre compétitive et spéciale pour son industrialisation. L’Afrique doit préparer les jeunes aux métiers du futur et non du passé. Elle ne doit pas être en reste », a-t-il martelé. L’Afrique, ajoute le président de la Bad, doit aller de l’avant en changeant les chaines de valeurs. Il recommande également de mettre en place un système de formation de qualité notamment la digitalisation, les mathématiques, les sciences, la biotechnologie, l’ingénierie, l’intelligence artificielle, la robotique. Des domaines à son avis, qui domineront la quatrième révolution industrielle. Elle ne doit donc pas être en reste », a-t-il dit. C’est dans ce cadre, souligne-t-il, que la Bad a augmenté ses appuis dans ces domaines en créant des centres d’excellence dans plusieurs universités au Nigéria, Kenya, Rwanda et en investissant dans des parcs technologiques en Ethiopie au Cap-Vert et au Sénégal. Dans la même lancée, il invite les pays africains à tirer profit de l’économie numérique et à investir dans les infrastructures pour ce secteur. Tout comme Akinwumi Adesina, Jim Yong Kim, le président de la Banque mondiale recommande, à son tour, d’investir dans le capital humain. « Il faut investir dans l’éducation et la santé. Les pays qui ont investi dans ces deux domaines ont eu les meilleurs résultats », explique-t-il. «Si l’on a un système de formation performant et adéquat, on peut accompagner cette industrialisation », souligne le chef du gouvernement marocain, Saadeddine El Othmani.

A. KANDE

Deux semaines après avoir réussi son processus de Validation, le Comité national Itie est revenu en détail, hier, à la faveur d’une conférence de presse, sur le processus d’évaluation qui a permis au Sénégal d’obtenir la mention « Progrès satisfaisants » dans la mise en œuvre de la Norme Itie.

Sur la fiche d’évaluation du Conseil d’administration de l’Itie mesurant le niveau de progrès de mise en œuvre des exigences de la Norme Itie, présentée à la presse hier, tous les clignotants sont au vert foncé pour le Sénégal sur l’ensemble des 33 critères entrant en ligne de compte dans cette notation. Pour certains critères, comme « l’engagement du gouvernement », « politique sur la divulgation des contrats », « dépenses sociales obligatoires », le Sénégal a même dépassé le seuil qui était fixé. On comprend donc pourquoi l’instance faîtière de l’Itie lui a attribué la mention « Progrès satisfaisants », faisant ainsi du Sénégal le premier en Afrique et le quatrième au monde à atteindre ce niveau de progrès constituant la note la plus élevée.

Ces performances ont valu au Groupe multipartite (Secrétariat permanent Itie, organisations de la société civile, entreprises extractives…) les félicitations du Conseil d’administration de l’Itie. « C’est une très bonne chose et une étape importante dans un voyage plus long vers la transparence et la redevabilité dans un secteur très important pour le Sénégal. En perspective de l’exploitation gazière et pétrolière, il est important d’avoir des systèmes qui permettent la transparence et la redevabilité pour s’assurer que les revenus sont utilisés à bon escient », a déclaré Dylan Gerald, directeur régional au Secrétariat international de l’Itie qui prenait part à la rencontre d’information avec la presse sur le processus d’évaluation des progrès accomplis en matière de transparence dans les industries extractives.

Le Conseil d’administration de l’Itie s’est félicité que la mise en œuvre de l’Itie ait impacté et influencé des réformes en améliorant la gestion des finances publiques. Cependant, par la voix de M. Gerald, il encourage le Sénégal à consolider les acquis pour s’assurer des mêmes résultats, lors de la prochaine Validation prévue dans trois ans. Selon lui, le Sénégal est un pionnier en Afrique et il doit le rester en menant à bien d’autres chantiers qui tiennent à cœur l’Itie comme la propriété réelle, la divulgation systématique et régulière des données Itie. « La divulgation des données ne doit plus se faire seulement à travers le Rapport Itie, elle doit être intégrée par défaut dans le fonctionnement de l’administration des entreprises. L’Itie doit continuer de jouer un rôle important notamment sur les questions de redistribution des revenus », a-t-il indiqué.

Consolider les acquis
Le souci de la consolidation des acquis est partagé par les organisations de la société civile lesquelles ont joué un rôle déterminant dans le processus qui a valu au Sénégal ces bons résultats. « Au moment où d’autres pays ont été exclus de l’Itie parce que la société civile n’a pas eu l’espace nécessaire pour s’exprimer, au Sénégal, celle-ci a été la clé de voûte de la mise en œuvre de la Norme. Elle a fait preuve de maturité, d’engagement, de dévouement durant tout le processus. Toutes les décisions prises par le Comité national, l’ont été de manière collégiale et consensuelle », a soutenu Abdou Aziz Diop qui parlait en leur nom. Etant donné que la transparence est une quête perpétuelle, il a invité le Comité national à maintenir la cadence pour que le Sénégal continue d’occuper le haut du pavé.

Du côté des sociétés extractives, on se satisfait aussi des performances du Sénégal qui, souligne Elhadji Diallo de la compagnie Fortesa, sont l’aboutissement d’un travail collégial. « Si nous avons accepté d’accompagner le processus de mise en œuvre de la Norme Itie, c’est parce que nous sommes persuadés qu’avec la transparence, tout le monde gagne mais c’est surtout les entreprises qui gagnent le plus », a-t-il dit. Pour Mamadou Mbaye, Conseiller technique du Premier ministre, l’Etat avait fait un pari et avait pris des risques en adhérant à l’Itie alors que rien ne l’y obligeait. Aujourd’hui, c’est un pari gagné qui témoigne, à l’en croire, la volonté des pouvoirs publics de promouvoir une gouvernance transparente des ressources minérales. « Ces bons résultats donnent une crédibilité internationale au Sénégal. Et puis dans le cadre du Doing Business, c’est un signal fort que notre pays offre un environnement des affaires attractif », a-t-il martelé.

Elhadji Ibrahima THIAM


DEUX RENCONTRES INTERNATIONALES À DAKAR EN OCTOBRE 2018 ET EN JANVIER 2019
Les performances du Sénégal en matière de mise en œuvre des exigences de la Norme Itie expliquent-elles la tenue à Dakar, en octobre prochain et janvier 2019, de deux rencontres internationales relatives à la gouvernance des ressources minérales ? Tout porte à le croire. En effet, la Conférence nationale africaine sur la propriété réelle se tiendra en fin octobre dans la capitale sénégalaise qui sera couplée avec le Conseil d’administration du Forum civil. Trois mois plus tard, en janvier 2019, l’Assemble mondiale de « Publish what do you pay » (Publiez ce que vous payez) se tiendra à Dakar, une première, en terre africaine.

Elh. I. THIAM

La Corée du sud a réaffirmé, hier, son engagement pour appuyer davantage les pays africains. Les plus hautes autorités du pays se sont prononcées, hier, lors de l’ouverture officielle des 53ème assemblées annuelles de la Bad. Le président de la République Moon Jae-In, dans une vidéo, s’est félicité de l’organisation de ces rencontres dans son pays. Dans son discours, il a salué le rôle que joue la Bad pour réduire la pauvreté en Afrique. Il a indiqué que la Corée est heureuse de partager son expérience industrielle. « Les assemblées annuelles pourront rapprocher davantage Coréens et Africains. J’espère que la Corée et l’Afrique pourraient réaliser rapidement la quatrième révolution industrielle », a souligné le président coréen. « La Corée reste engagée à partager sa riche expérience avec l’Afrique. Nous espérons arriver à une coopération plus dynamique», a ajouté Dong Yeon Kim, vice-Premier ministre et ministre de la Stratégie et des Finances. Il a rappelé que les relations entre son pays et l’Afrique datent de longtemps. D’ailleurs, informe M. Kim, en 1951, les troupes impériales d’Ethiopie et celles d’Afrique du Sud ont participé activement, à Busan, à la libération de la Corée. Il a ajouté que son pays pourrait contribuer à la réalisation d’infrastructures intelligentes en Afrique. Evoquant la quatrième révolution industrielle, le ministre de la stratégie et des Finances affirme que l’Afrique est bien positionnée pour profiter des technologies avec une population jeune qui pourrait en être le moteur.

A. KANDE

Le ministre du Commerce, Alioune Sarr, a fait un bref séjour à Ziguinchor, mardi dernier, pour constater de visu le chargement, au port, dans le bateau Diogué, de 1.500 tonnes de noix d’anacarde destinées à l’exportation.

Le ministre a exprimé sa profonde satisfaction pour cette première expédition de noix d’anacarde de la Casamance à l’étranger, à partir du port de commerce de Ziguinchor. Il a donc tenu à remercier le Consortium sénégalais d’activités maritimes (Cosama), qui a mis le bateau Diogué à la disposition des acteurs de la filière anacarde évoluant dans la région méridionale du Sénégal. Le ministre a également félicité le gouverneur de la région de Ziguinchor, « qui, rappelle-t-il, a coordonné l’ensemble des services de l’Etat, les forces de défense et de sécurité, la douane et le port de commerce pour que l’anacarde qui est produite en Casamance puisse être exportée désormais, à partir de Ziguinchor, via le port ». Alioune Sarr a encouragé aussi les dockers, qui ont prouvé leurs capacités à assurer la manutention avec succès. Par ailleurs, le ministre a exprimé sa grande satisfaction aux exportateurs, producteurs et intermédiaires pour leurs efforts soutenus « qui, souligne-t-il, ont permis cette première expédition de noix d’anacarde de la Casamance à l’étranger à partir du port de commerce de Ziguinchor ». La région Sud du Sénégal prévoit d’exporter 50.000 tonnes de noix de cajou cette année.

El Hadj Moussa SADIO

La Bad, représentée par son président, Akinwumi Adesina, et Pierre Philippe Scholtès, directeur à l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (Onudi), ont signé, hier à Busan, en Corée, un protocole d’accord pour intensifier leur coopération dans les efforts d’industrialisation de l’Afrique. C’était en marge des Assemblées annuelles de la Bad (21 au 25 mai).

Dans sa politique d’accélération de l’industrialisation de l’Afrique, la Bad peut compter sur le soutien de l’Onudi. Les deux institutions ont signé, hier, un protocole d’accord pour intensifier leur coopération. Il a été paraphé par Akinwumi Adesina, président de la Bad et Pierre Philippe Scholtès, directeur à l’Onudi. C’était en marge des Assemblées annuelles de l’institution qui se tiennent à Busan en Corée du Sud. Ce nouvel accord vise à faciliter la coopération entre ces deux institutions dans des domaines tels que l’agro-industrie, l’économie circulaire, la construction de parcs industriels, les investissements dans l’innovation et la technologie, le développement des entreprises, le commerce et le renforcement des capacités ainsi que l’accès aux sources de financement. L’accord s’aligne sur les priorités de la Banque, les High 5, l’Agenda 2063, la Troisième décennie du développement industriel de l’Afrique (Idda III), l’Agenda de développement durable des Nations unies et l’Initiative du G20 pour l’industrialisation de l’Afrique.

«En 2016, la Banque a lancé sa stratégie pour l’industrialisation de l’Afrique couvrant la période 2016 – 2025. Cette stratégie résulte d’un travail de collaboration avec l’Onudi et la Commission économique pour l’Afrique. La signature de ce protocole d’accord est importante pour la mise en œuvre de cette stratégie », a déclaré Akinwumi Adesina, président de la Bad. Selon lui, la Banque bénéficie déjà énormément de l’expertise de l’Onudi en conception des politiques, de programmes et d’outils de connaissance en soutien aux efforts d’industrialisation de nos États membres. «En 2017, la Banque a alloué 1,2 milliard de dollars américains pour l’industrialisation en Afrique, notamment pour les projets relatifs aux opérations du secteur financier », a-t-il révélé.

«Réaliser le potentiel industriel de l’Afrique ne se fera pas par hasard; des partenariats forts, comme celui que nous venons de conclure, sont nécessaires », a déclaré Philippe Scholtès, directeur à l’Onudi. «Ce partenariat va créer de grandes opportunités et faciliter notre travail conjoint vers l’opérationnalisation de l’Idda III (2016 – 2025) », a ajouté M. Scholtès.

Les deux organisations ont déjà commencé à travailler ensemble dans les Programmes de partenariat pays (Pcp). Ceux-ci aident à synchroniser les efforts de développement et de mobilisation des ressources en appui à l’accélération de l’industrialisation des pays membres. Les deux parties ont récemment entrepris une mission conjointe au Maroc dans l’application du Pcp et continueront d’étudier les opportunités de coopération dans la mise en œuvre de ce Pcp au Sénégal et en Éthiopie. La collaboration entre la Banque et l’Onudi couvre aussi l’établissement de zones de transformation des produits de certaines cultures dans un certain nombre de pays africains. Le protocole d’accord a été signé en marge des Assemblées annuelles de la Bad dont le thème est « accélérer l’industrialisation de l’Afrique ».

De notre envoyé spécial à Busan (Corée du Sud) : Aliou KANDE

AKINWUMI ADESINA, PRESIDENT DE LA BAD : « L’INDUSTRIALISATION DE L’AFRIQUE EST UNE IMPÉRIEUSE NÉCESSITÉ »
Transformer nos matières premières dans le continent pour créer de la valeur ajoutée et créer des emplois, c’est ce que recommande Akinwumi Adesina, président de la Bad. Un des meilleurs moyens de sortir l’Afrique de la pauvreté, c’est d’accélérer son industrialisation. C’est la conviction du président de la Bad. Akinwumi Adesina s’exprimait hier soir lors d’une conférence de presse inaugurale des Assemblées annuelles de la Bad. « Nous avons la conviction que toute création de valeur ajoutée pour les économies africaines passe par l’industrialisation. Sur le plan agricole, par exemple, nous pouvons arriver à la création de zones de transformation des matières premières agricoles. Pour l’Afrique, l’industrialisation n’est pas une option, c’est une impérieuse nécessité », a-t-il martelé. Il a expliqué que la volatilité des prix des matières premières enregistrée ces dernières années, a pénalisé de très nombreux pays africains. Selon lui, exporter des matières premières, c’est priver les jeunes africains d’emplois. D’où l’urgence, à son avis, de diversifier nos économies, notamment par la transformation, sur place, de nos matières premières. Sur cette lancée, il a annoncé que son institution allait investir 35 milliards de dollars Us sur les dix prochaines années pour accompagner l’industrialisation de l’Afrique. M. Adesina estime qu’il y a trois conditions à réunir pour accélérer le processus d’industrialisation du continent. « Il n’y a pas d’industrialisation sans leadership politique clair et assumé. Il n’y a pas d’industrialisation non plus sans un investissement massif dans les infrastructures. Enfin, il n’y a pas d’industrialisation sans renforcement des ressources humaines, notamment des investissements dans les sciences, les nouvelles technologies et les innovations », a-t-il martelé. Il affirme que l’Afrique doit s’inspirer des expériences industrielles d’autres parties du monde comme la Corée, tout en mettant en garde contre le prêt-à-reproduire. La Corée du Sud, fait-il remarquer, est un parfait exemple de réussite en misant sur l’industrialisation pour devenir, aujourd’hui, un pays développé. Soutenant qu’environ 580 millions de jeunes africains arriveront, d’ici à 2050, sur le marché de l’emploi, il affirme que les populations du continent sont fatiguées d’être dans la pauvreté. « L’Afrique doit cesser d’être le musée de la pauvreté. Ses populations sont déterminées à inverser cette tendance. L’avenir des jeunes africains n’est pas en Europe ni dans le désert du Sahara. C’est pourquoi, nous devons accélérer le processus d’industrialisation», a-t-il martelé.

De notre envoyé spécial à Busan (Corée du Sud) : Aliou KANDE

Transformer nos matières premières dans le continent pour créer de la valeur ajoutée et créer des emplois, c’est ce que recommande Akinwumi Adesina, président de la Bad. Un des meilleurs moyens de sortir l’Afrique de la pauvreté, c’est d’accélérer son industrialisation. C’est la conviction du président de la Bad. Akinwumi Adesina s’exprimait hier soir lors d’une conférence de presse inaugurale des Assemblées annuelles de la Bad. « Nous avons la conviction que toute création de valeur ajoutée pour les économies africaines passe par l’industrialisation. Sur le plan agricole, par exemple, nous pouvons arriver à la création de zones de transformation des matières premières agricoles. Pour l’Afrique, l’industrialisation n’est pas une option, c’est une impérieuse nécessité », a-t-il martelé.

Il a expliqué que la volatilité des prix des matières premières enregistrée ces dernières années, a pénalisé de très nombreux pays africains. Selon lui, exporter des matières premières, c’est priver les jeunes africains d’emplois. D’où l’urgence, à son avis, de diversifier nos économies, notamment par la transformation, sur place, de nos matières premières. Sur cette lancée, il a annoncé que son institution allait investir 35 milliards de dollars Us sur les dix prochaines années pour accompagner l’industrialisation de l’Afrique. M. Adesina estime qu’il y a trois conditions à réunir pour accélérer le processus d’industrialisation du continent. « Il n’y a pas d’industrialisation sans leadership politique clair et assumé. Il n’y a pas d’industrialisation non plus sans un investissement massif dans les infrastructures. Enfin, il n’y a pas d’industrialisation sans renforcement des ressources humaines, notamment des investissements dans les sciences, les nouvelles technologies et les innovations », a-t-il martelé. Il affirme que l’Afrique doit s’inspirer des expériences industrielles d’autres parties du monde comme la Corée, tout en mettant en garde contre le prêt-à-reproduire. La Corée du Sud, fait-il remarquer, est un parfait exemple de réussite en misant sur l’industrialisation pour devenir, aujourd’hui, un pays développé.

Soutenant qu’environ 580 millions de jeunes africains arriveront, d’ici à 2050, sur le marché de l’emploi, il affirme que les populations du continent sont fatiguées d’être dans la pauvreté. « L’Afrique doit cesser d’être le musée de la pauvreté. Ses populations sont déterminées à inverser cette tendance. L’avenir des jeunes africains n’est pas en Europe ni dans le désert du Sahara. C’est pourquoi, nous devons accélérer le processus d’industrialisation», a-t-il martelé.

De notre envoyé spécial à Busan (Corée du Sud) : Aliou KANDE

L’Etat a consenti d’importants moyens pour améliorer la mobilité urbaine à Dakar et dans les régions, a noté le Secrétaire général du ministère des Infrastructures, des Transports Terrestres et du Désenclavement, Aubin Marcel Jules Sagna. Pour ce dernier, qui s’exprimait, hier, à l’ouverture du forum sur la politique de mobilité et d’accessibilité durables dans les villes sénégalaises, tenu à Dakar, plus de 1.362 km routes revêtues et 52 km d’autoroutes ont été réalisés, à côté des projets de transports de masse comme le Ter et le Brt.

Le Secrétaire général du ministère des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement, Aubin Marcel Jules Sagna, a profité de l’occasion de l’ouverture hier du Forum sur la politique de mobilité et d’accessibilité durables dans les villes sénégalaises, initié par le Conseil exécutif des transports urbains de Dakar (Cetud), en partenariat avec le Programme politique de transport en Afrique (Ssatp), pour revenir sur les importants investissements consentis par l’Etat relatifs aux infrastructures et services des transports routiers et ferroviaires sur la période 2012-2017. Selon lui, 1.362 km routes revêtus ont été réalisés et 13 ouvrages d’art érigés. M. Sagna a indiqué que ce réseau routier sera renforcé par le Programme de modernisation des villes (Promovilles) avec une première phase d’exécution de 114 km de routes aménagées dans 9 capitales régionales (Thiès, Diourbel, Kaolack, Kolda, Louga, Matam, Saint-Louis, Tambacounda et Ziguinchor) et dans quatre autres communes (Mbour, Guédiawaye, Keur Massar et Yeumbeul). A cela s’ajoute, poursuit-il, la réalisation de 52 km d’autoroutes mises en services sur la période 2012-2017. Ce linéaire sera bientôt porté à 187 km d’ici fin 2018 et atteindre près de 240 km vers la fin de l’année 2019, promet le Secrétaire général du ministère des Infrastructures.

Les projets Ter et Brt avancent à grand pas
Quant au projet de Train express régional (Ter), lancé en décembre 2016, sur un linéaire de 36 km, M. Sagna a souligné qu’« il avance à très grands pas », tout en assurant que le ministère travaille également sur la réhabilitation de la ligne ferroviaire métrique Dakar-Bamako. M. Sagna a rappelé que le projet du Ter sera complété par le projet Brt (bus rapid transit) dont l’appel d’offres international liés au marché des travaux vient d’être lancés pour relier Dakar à Guédiawaye sur un linéaire de 18,3 km. Le Secrétaire général du ministère des Infrastructures a aussi précisé que la société de transport Dakar Dem Dikk a récemment reçu une mise en circulation de 475 autobus qui vont renforcer l’offre de transport public à Dakar et à l’intérieur du pays. La période est aussi marquée, a-t-il poursuivi, par l’accélération du renouvèlement du parc des « car rapides » et « Ndiaga Ndiaye » qui a porté le nombre de minibus dans la métropole de Dakar de 907 à 1607 en 2016. A cela s’ajoutent les résultats importants de modernisation du transport dans les villes secondaires avec 585 minibus neufs mis en circulation depuis 2015 notamment à Thiès, Louga, Saint-Louis, Diourbel, Fatick, Kaolack, Tambacounda, Kolda, Ziguinchor et Sédhiou ainsi que trois communes Touba, Mbour et Tivaouane.

Souleymane Diam SY

En ce début de ramadan, le ministre du Commerce, Alioune Sarr, est revenu sur l’état de l'approvisionnement du marché et le niveau des prix des denrées de consommation courante. Il s’est dit satisfait du respect de l'arrêté ministériel fixant les prix plafond de certaines denrées alimentaires de première nécessité et a tenu à rassurer les consommateurs : « il n’y aura pas de hausse sur les produits essentiels».

Selon le ministre du Commerce, Alioune Sarr, «d’abord le marché est convenablement approvisionné en produits mais également les prix sont restés stables. Nulle part nous n'avons constaté la spéculation ». A l’en croire, « le sac de riz brisé non parfumé est vendu aujourd’hui entre 12.500 et 12.750 FCfa, le bidon de 20 litres d’huile à 14.500 et 15.000 FCfa, le lait en poudre qui coûtait 67.000 FCfa coûte 45.000 et 47.000 FCfa, le sac de 25 kg d’oignon est entre 4.500 et 5.000 FCfa, la pomme de terre entre 6.000 et 6.500 FCfa pour le sac de 25 kg, le sucre en poudre 27.500 et 27.750 FCfa, le sucre en morceaux local à 750 FCfa le kg ». Et le ministre rassure les consommateurs sur le fait que « sur les produits essentiels, il n’y aura pas de hausse » en ce sens que « le gouvernement veille à ce que les prix des denrées dites de première nécessité soit encadrées ». C’est ainsi que l’arrêté qui encadre les prix font que pour l’oignon, les prix ne peuvent pas dépasser 350 FCfa et pour la pomme de terre, le prix plafond est de 400 FCfa », a-t-il cité en exemple.

Il a, en outre, exprimé toute sa satisfaction suite à la visite qu’il a effectuée, vendredi dernier, auprès des commerçants de la rue Raffenel et ceux du marché de Grand-Yoff, du constat de « la présence de l’oignon local et de la pomme de terre « made in Sénégal » ». Sous ce rapport, il a tenu à rendre un hommage mérité à tous les commerçants qui, dit-il, « sont en train d’appliquer les prix conformément aux directives du président Macky Sall, mais également à ce que le gouvernement a fixé comme l’homologation».

Il a aussi invité la population à la consommation des produits locaux notamment de l'huile locale ainsi qu’aux commerçants d’acheter l’huile d’arachide raffinée produit localement. Non sans rappeler que le protocole liant l’Etat aux commerçants importateurs d’huile les oblige d’ailleurs à acheter l’huile d’arachide raffinée produit localement. Selon Alioune Sarr, « chaque litre d'huile raffiné produit au Sénégal correspond à 3kg d'arachide et c'est une participation équivalente à 200 milliards de FCfa au développement local». Enfin, un dispositif a été mis en place pour lutter contre la spéculation et les produits mal propres à la consommation.

Mamadou Lamine DIEYE

Le ministre des Infrastructures, du Transports terrestres et du Désenclavement a remis, vendredi, les clés d’un premier lot de 10 minibus aux transporteurs de Kolda. Un second lot de 5 minibus est attendu prochainement.

Les populations de Kolda poussent un ouf de soulagement. Elles peuvent, désormais, se déplacer d’un bout à l’autre du territoire communal pour la modique somme de 100 FCfa. Le ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement, Abdoulaye Daouda Diallo, a procédé avant-hier, à la remise des clés d’un premier lot de 10 minibus Tata d’un coût global de 189 millions de FCfa aux transporteurs de Kolda. La cérémonie de réception s’est tenue en présence du maire de Kolda, Abdoulaye Baldé, par ailleurs, ministre de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique, de son collègue de l’Emploi et maire de Sédhiou, Abdoulaye Diop, et des représentants des transporteurs et des chefs religieux et coutumières.« C’est pour moi un réel plaisir de présider cette cérémonie qui met en exergue les nombreuses réalisations du ministère dans la commune de Kolda dont l’objectif principal est d’améliorer la mobilité urbaine. Je voudrais citer la remise en état et l’extension de la voirie urbaine de Kolda qui s’inscrit dans la modernisation des villes, appelé Promovilles, ainsi que la mise en place d’équipements de transport moderne pour faciliter les déplacements des personnes et des biens », déclare le ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement, Abdoulaye Daouda Diallo, qui annonce l’arrivée prochaine d’un second lot de 5 bus pour renforcer les moyens de transport urbain à Kolda. Ces véhicules vont également desservir certaines localités du département pour faciliter le déplacement des biens et des personnes entre Kolda et les zones rurales. Selon Abdoulaye Daouda Diallo, ce programme de minibus s’inscrit dans le renouvellement du parc national de l’automobile et de la modernisation du transport urbain et interurbain initiés en 2015, par l’Etat du Sénégal. Plus de 2.182 minibus ont déjà été renouvelés pour un investissement global de 49 milliards de FCfa avec à la clé, la création de 10.000 emplois dans tout le pays.

Pour Abdoulaye Baldé, le ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement vient, par ce geste, de répondre à une forte demande des populations de Kolda. «Merci Monsieur le ministre. Je voudrais vous souhaiter la bienvenue chez-vous, à Kolda. Je voudrais aussi, me réjouir de cette cérémonie de remise des clés de bus pour répondre à cette préoccupation quotidienne des populations de Kolda pour assurer le Dem-dik ou le Yaha-ara (en Pulaar)», dit-il.

Le porte-parole des bénéficiaires, Kamor Dianté, par ailleurs, président du Gie Sérigne Sané, salue également ce geste du président de la République qui va faciliter, selon lui, la mobilité des populations dans la capitale du Fouladou.

Mamadou Aliou DIALLO

Connue jusque-là dans la construction de centrales électriques, la société finlandaise Wartsila se positionne désormais comme un intégrateur de tous types de solutions énergétiques. Cette nouvelle orientation s’explique par l’émergence des énergies renouvelables.

Nouveaux enjeux, nouvelle démarche. Dans un contexte où le solaire et l’éolienne sont considérées de plus en plus comme des sources d’énergie de base et non plus comme des énergies d’appoint, les fabricants de centrales électriques sont appelés à se réajuster et à s’adapter à la nouvelle tendance. C’est ce que Wartsila a compris. La société finlandaise connue jusqu’ici seulement dans la construction de centrales électriques est maintenant passée à « intégrateur complet d’énergie ». Autrement dit, elle va désormais proposer un ensemble de solutions aussi bien dans le solaire, le thermique et le stockage.

Cette nouvelle stratégie qui marque un tournant décisif dans la vie de cette entreprise créée au milieu des années 1830, a motivé ses responsables de la branche Afrique de l’ouest à rencontrer la presse. « Wartsila est devenu un intégrateur de tous types de solutions d’énergie. Elle quitte son cadre traditionnel de concepteur de centrales électriques pour un cadre intégrateur et large afin d’accompagner ses clients à choisir leurs sources d’énergie et les aider à les intégrer. On a des solutions de centrales solaires, de centrales d’énergie thermique mais on est aussi capable d’offrir des solutions de stockage d’énergie à tous nos clients », a déclaré, hier, Mamadou Goumblé, Vice-président Afrique de Wartsila.

En perspectives de l’exploitation du gaz, Wartsila se positionne déjà. Selon M. Goumblé, elle est intéressée pour convertir les centrales existantes de Sénélec en centrales qui peuvent consommer du gaz. Mieux encore, la société a déjà engagé des réflexions pour proposer les meilleures solutions pour l’exploitation du Gaz naturel liquéfié (Gnl). « Nous sommes prêts à travailler avec les autorités pour voir quelles solutions conviennent le mieux aux besoins et à la stratégie du Sénégal », a ajouté M. Goumblé.

La société Wartsila, installée au Sénégal depuis 1996, coiffe une quinzaine de pays. Elle entretient des relations avec Sénélec à travers notamment les centrales de Bel-Air, de Kahone, de Cap des biches de Boutoute et fournit déjà 450 MW au Sénégal. Dernièrement, la société finlandaise a signé un contrat d’ingénierie, de fabrication et de livraison d’une centrale Flexicycle de 130 MW à Malicounda.

Le projet a été initié en septembre 2017 par la signature d’un accord de développement entre Africa 50, le fonds de développement des infrastructures pour l’Afrique et Senelec, le service public d’électricité du Sénégal. L’usine devrait être opérationnelle en 2020. Elle fonctionnera initialement grâce à sept moteurs Wartsila 50 alimentés au mazout lourd (Hfo). Cependant, il existe une option lui permettant de fonctionner grâce au gaz lorsque ce dernier est disponible.

Elhadji Ibrahima THIAM

Après quatre ans de mise en œuvre de la Norme Itie, le Sénégal s’est soumis, avec succès, à l’exercice de Validation. Le Comité directeur de l’Itie international lui ayant attribué la mention « Progrès satisfaisant », soit la note la plus élevée. Ce qui classe le Sénégal premier en Afrique et quatrième sur le plan mondial. Dans cet entretien, le président du Comité national Itie, Mankeur Ndiaye, revient sur les clés de ce succès et les défis à relever pour installer durablement le Sénégal parmi le peloton de tête des pays qui mettent convenablement en œuvre les exigences de la Norme Itie.

M. le ministre, le Sénégal vient de réussir son processus de Validation à la Norme Itie. Le Conseil d’administration classe ainsi le Sénégal parmi les meilleurs élèves dans la mise en œuvre des exigences de cette norme. Qu’est-ce que ces appréciations positives traduisent pour vous ?
Permettez-moi d’abord de dire un mot sur ce que c’est l’Initiative pour la transparence dans les industries (Itie). L’Itie est une norme mondiale qui vise la transparence et la redevabilité sur toute la chaîne de valeur des industries extractives, allant de l’octroi des permis et licences jusqu’à l’utilisation des revenus. La Norme se fonde sur des principes et des exigences notamment l’engagement de l’Etat, l’engagement de la société civile ainsi que l’engagement des compagnies pétrolières, gazières et minières. En outre, elle exige des pays et des entreprises qu'ils divulguent l'information sur les étapes-clés de la gouvernance des revenus pétroliers, gaziers et miniers. Cela dit, je pense que ces appréciations positives traduisent tout simplement l’engagement sans faille du gouvernement du Sénégal, des organisations de la société civile et des entreprises minières, pétrolières et gazières en activité dans notre pays, à œuvrer dans le sens d’une plus grande transparence et une gestion responsable des ressources minières, pétrolières et gazières. C’est également le fruit d’un long processus qui a démarré en 2013 avec l’implication de l’ensemble des acteurs du secteur extractif. Ces derniers se sont tous mobilisés et ont activement participé à la mise en œuvre du processus Itie au Sénégal. Si le Sénégal a pu obtenir ce résultat, c’est grâce à eux. Notre pays dispose de tous les atouts pour faire de l’exploitation de ses ressources minières et pétrolières non pas une malédiction, mais simplement une opportunité pour accélérer la transformation qualitative de notre économie, améliorer les conditions de vie des populations et atteindre l’émergence.

En quoi consiste la Validation ? Comment se fait-elle ?
La Validation est un mécanisme de l’Itie permettant de vérifier l’état de la gouvernance des industries extractives (conditions d’octroi des permis et licences, cadre juridique et fiscal, données de production, partage des revenus pour le bien-être des populations…). Après quatre années de mise en œuvre de l’Itie, le Sénégal devait se soumettre à l’exercice de validation. En tant qu’élément du processus Itie, elle permet d’évaluer la performance et de promouvoir le dialogue et l’apprentissage dans les pays. A la suite du processus de Validation, le conseil d’administration de l’Itie donne au pays concerné l’une des notes suivantes ; « aucun progrès », « progrès inadéquats », « progrès significatifs », ou si tous les aspects de la norme sont respectés, « progrès satisfaisants » qui reste la mention la plus élevée. Et le Sénégal a eu la « mention progrès satisfaisant ». Cela signifie que le pays respecte toutes les exigences de la norme Itie, allant des engagements des parties prenantes jusqu’au suivi des recommandations et des impacts. Par ailleurs, la validation du Sénégal traduit l’état de transparence du secteur pétrolier, gazier et minier. Par exemple, la validation révèle qu’au Sénégal, il y a un débat public activement promu sur les industries extractives ainsi que l’accès à l’information. Ce qu’il faut retenir aussi, c’est qu’avec la Validation, le Sénégal améliore durablement son système de gouvernance des ressources naturelles en prenant en compte les recommandations. En même temps, elle permet au pays d’améliorer le climat des investissements.

Comment le Sénégal a pu en arriver à ces bons résultats si l’on sait que son adhésion à cette initiative date juste de cinq ans ?
Oui notre adhésion à l’Itie est relativement récente. C’est l’expression de la volonté politique du président de la République Macky Sall de faire adhérer le Sénégal à l’Itie en juin 2013, soit un an après son accession à la magistrature suprême. Je crois que la mise en œuvre de cette norme a eu un impact très important sur la gouvernance des ressources extractives. Le processus est mis en œuvre au Sénégal par un Comité national (appelé aussi Groupe multipartite), composé des représentants de l’administration, des compagnies et de la société civile. Depuis lors, quatre rapports de conciliation faisant état de la gouvernance des ressources pétrolières, gazières et minières, ont été publiés. Ce qui a rendu possible cette prouesse, c’est l’engagement fort de l’Etat, celui des compagnies minières, pétrolières et gazières et celui de la société civile dont je salue le dynamisme et la qualité de la participation dans le travail du Comité national que j’ai l’honneur de présider. Vous savez, dans l’Itie, le plus déterminant, c’est la participation active de toutes les parties prenantes. Car ce sont ces dernières qui mettent en œuvre la norme Itie. D’ailleurs, la Validation a permis de constater que le processus Itie au Sénégal est dynamique et proactif. Si l’on tente donc d’expliquer la réalisation de ce « Success story », il faut dire que c’est la synergie des acteurs (Etat, société civile, compagnies) et la volonté politique de l’Etat de promouvoir la transparence qui ont permis d’atteindre cette performance. Nous avons aussi passé beaucoup de temps à faire des auto-évaluations pour corriger et améliorer le niveau d’atteinte des exigences. D’ailleurs, nous avions organisé un atelier national de pré-validation avec l’ensemble des acteurs pour passer en revue les modules de la validation et nous accorder sur un mécanisme de suivi. Certes, la notation « progrès satisfaisants » est importante pour un pays mettant en œuvre l’Itie parce que c’est la note maximale. Mais, il est aussi important de créer les conditions pour que l’exploitation de nos ressources pétrolières, minières et gazières profite réellement aux populations et au développement durable du pays. Cela, l’Itie y contribue. Je pense également que c’est le sens de l’appel de M. le président de la République pour un dialogue national ouvert sur l’utilisation de nos ressources.

Certes, les résultats sont satisfaisants, mais il y a encore sans doute des défis à relever pour que le Sénégal continue d’être cité en exemple en la matière. Pour ce faire, quels sont les chantiers auxquels le Comité national compte s’attaquer?
Oui. Incontestablement. Vous savez, l’Itie est un outil de diagnostic et de réformes pour les pays. L’engagement est déjà pris par le chef de l’Etat lui-même, le Premier ministre et le gouvernement, pour mettre en œuvre toutes les recommandations issues de la validation ainsi que celles issues des différents rapports annuels publiés par le Comité national Itie. C’est ainsi que le Comité national aura à relever le défi de la divulgation des propriétaires réels en mettant en place un registre public. Sur ce point, nous avons anticipé en travaillant avec le ministère de la Justice, autorité de tutelle du Registre du commerce et du crédit mobilier (Rccm). Et nous sommes convaincus que le Comité national pourra relever ce défi d’ici au 1er janvier 2020. L’autre chantier sur lequel le Comité national est attendu, c’est l’intégration des données Itie dans les systèmes d’information des administrations. L’objectif est d’avoir un reporting périodique et ne plus attendre un an pour avoir les données Itie. Il s’y ajoute aussi que le Comité national va travailler à renforcer la transparence des entreprises d’Etat. Nous avons beaucoup travaillé sur l’amélioration des procédures d’octroi des licences et des permis, et il est même prévu une nouvelle disposition dans le projet du nouveau code pétrolier visant à renforcer la transparence dans les conditions d’octroi des permis et licences. Nous poursuivrons ce travail important parce que la transparence dans l’octroi des permis constitue le premier maillon de la chaîne de valeur des industries extractives. La publication des contrats est devenue un point fort de notre pays. Si vous regardez la grille d’évaluation du Sénégal, sur cette question nous avons dépassé l’exigence de la Norme. C’est-à-dire nous avons fait plus que ce que demandait la norme Itie sur ce point précis de la divulgation des contrats. Nous accorderons également une attention toute particulière à la question des données de production. C’est vrai que nous avons pu mettre en ligne toutes les valeurs de productions avec la base de calcul, nous sommes conscients qu’il y a encore du travail à faire et nous nous y attèlerons en parfaite synergie avec le ministère de Mines et de la Géologie. Le Secrétariat technique de l’Itie est en train de travailler sur un plan de travail qui permettra d’assurer un suivi efficace de l’exécution des recommandations du Conseil d’administration de l’Itie. Il prépare également une feuille de route qui nous permettra, à terme, de relever tous les défis identifiés.

Le Sénégal dispose d’un délai de trois ans, c'est-à-dire jusqu'au 8 mai 2021 avant le début d'une nouvelle validation, conformément à la norme Itie. Vous vous y préparez déjà ? Comment ?
Je pense que s’il y a quelque chose qui est bien ancrée dans les habitudes de travail du Comité national, c’est la proactivité, c’est l’anticipation, c’est la rigueur dans le travail. Nous ne pouvons pas nous permettre de dormir sur nos lauriers. Nous ferons tout pour maintenir la position du Sénégal. Nous avons obtenu« progrès satisfaisants », il nous faut aller de l’avant. Et il n’y a pas de miracle. Nous continuerons à faire tout ce que dit la norme notamment, publier les rapports Itie dans les délais, garantir la participation de tous les acteurs et renforcer le dialogue entre les acteurs du secteur extractif, contribuer au débat public. Le Comité national portera une attention particulière sur l’accès à l’information sur les ressources naturelles qui appartiennent au peuple, conformément à l’article 25-1 de la Constitution. Nous considérons que le peuple a le droit d’avoir des informations sur ses propres ressources naturelles, sur la manière dont elles sont gérées et ce qu’elles lui rapportent.

Récemment, le Comité national a lancé le processus de divulgation de la propriété réelle des entreprises minières, pétrolières et gazières. Cette mesure doit entrer en vigueur à partir de 2020. Cette date sera-t-elle respectée ? Quels sont les enjeux de cette mesure ?
Oui tout à fait. Cette date sera respectée parce que c’est une exigence de la norme Itie 2016. À compter du 1er janvier 2020, il est exigé que les pays mettant en œuvre l’Itie divulguent les informations relatives à la propriété réelle en vue de leur inclusion dans le rapport Itie. Cela s’applique aux entreprises qui font une demande de licence ou de contrat pétrolier, gazier ou minier, de production ou d’exploration, ou y détiennent une participation directe, et cela devra inclure l’identité de leurs propriétaires réels, leur degré de participation, et les modalités d’exercice de cette participation ou du contrôle desdites entreprises. L’Itie exige que les 52 pays mettant en œuvre la Norme Itie tiennent un registre public des propriétaires réels des entreprises qui soumissionnent, opèrent, ou investissent dans les actifs extractifs, incluant l’identité de leurs propriétaires réels, leur degré de participation, et les modalités d’exercice de cette participation ou du contrôle desdites entreprises. La divulgation de la propriété réelle permet une meilleure sélection des opérateurs pour l’octroi des droits pétroliers et miniers en permettant de reconnaître les vrais investisseurs des spéculateurs. Les avantages qu’un pays tire du secteur extractif dépendent d’une perception efficace des impôts, auxquels les entreprises peuvent échapper en recourant à des structures de propriété complexes. La publication des propriétaires des sociétés qui soumissionnent, opèrent ou investissent dans des actifs extractifs permet donc de connaître qui a accès à ces ressources et d’identifier les cas potentiels de conflits d’intérêts ou de corruption. Les structures de propriété complexe permettent à certaines sociétés pétrolières, gazières et minières d’échapper à l’impôt à travers notamment les prix de transferts ou de dissimuler des relations inappropriées avec des fonctionnaires pour obtenir des avantages indus. La publication d’informations sur les « propriétaires réels » des entreprises, à savoir les personnes qui, au final, contrôlent une entreprise ou en tirent bénéfice, peut contribuer à dissuader ce genre de pratiques. Bien qu’une structure de propriété complexe et opaque ne garantisse pas automatiquement qu’une entreprise se livre à des malversations financières, les pays en développement enregistrent des pertes s'élevant à mille milliards de dollars américains tous les ans, en raison de transactions transfrontalières frauduleuses ou illégales, nombre d’entre elles concernent des entreprises dont la propriété est incertaine. La divulgation des identités des propriétaires réels des entreprises extractives présente de nombreux avantages, parmi lesquels l’amélioration du climat des investissements, la prévention de la corruption et des flux financiers illicites, la lutte contre l’évasion fiscale, les conflits d’intérêts et le blanchiment des capitaux, le renforcement de la redevabilité, et l’amélioration de la collecte des revenus.

L’année dernière, le Sénégal a réussi le tour de force de publier deux rapports de conciliation. Celui de 2015 et de 2016. Où en êtes-vous avec celui de 2017 ?
Le Comité national Itie est en train de travailler sur le Rapport de conciliation portant sur l’année fiscale 2017. Il sera publié le 16 octobre 2018. Nous travaillons en ce moment avec les entités déclarantes (services de l’administration, compagnies) qui devront procéder aux renseignements des formulaires de déclarations.

Entretien réalisé par : Elhadji Ibrahima THIAM

Les 53ème Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (Bad) ont démarré hier à Busan en Corée du Sud. Pour cette session inaugurale, le focus a été mis sur les jeunes. Au cours d’un thème sur « Allier l’innovation à l’industrie : la jeunesse africaine relève les défis », quatre jeunes ont partagé leurs expériences.

Ouverture hier, à Busan en Corée du Sud, des 53ème Assemblées annuelles de la Bad. Les rencontres qui vont durer cinq jours (21 au 25 mai), se déroulent au Centre des conventions et d’expositions de Busan (Bexco) et portent sur l’industrialisation de l’Afrique. Hier, s’est tenue une session sur « Allier l’innovation à l’industrie : la jeunesse africaine relève les défis du continent ». Une occasion pour permettre à quatre jeunes entrepreneurs africains de partager leurs expériences. Selon la Bad, les objectifs de cette séance, « Allier l’innovation à l’industrie : la jeunesse africaine relève les défis du continent », sont doubles. Il s’agit d’une part, de montrer comment les jeunes transforment certains des problèmes de l’Afrique en entreprises rentables. D’autre part, elle permettra de dégager des idées sur la façon de mettre la jeunesse du continent à contribution afin d’accélérer la prospérité économique grâce à l’industrialisation. Ainsi, la séance s’est articulée autour de quatre présentations succinctes de jeunes innovateurs et entrepreneurs du Libéria, de la Zambie, du Kenya et du Maroc.

La première présentatrice, est Abigail Urey, une Libérienne, Pdg et copropriétaire d’Edgail. Elle a une entreprise de ferraille qui s’est convertie dans le recyclage. Elle s’active dans la transformation des déchets en produits manufacturés en vue de leur exportation. Lors de la session, elle est revenue sur son parcours notamment son retour en 2007 au Libéria après la guerre pour créer et exploiter la première usine de recyclage d’huiles lubrifiantes de la sous-région. Depuis quelques années, elle transforme les déchets en matières premières pour les exporter vers des marchés tels que le Royaume-Uni, l’Inde, la Corée du Sud, les Émirats arabes unis et la Chine. Abigail Urey parle ouvertement des opportunités et des défis liés à la création et à l’expansion d’une entreprise dans le secteur industriel naissant au Libéria, tout en contribuant au développement économique, à la durabilité environnementale et à la création d’emplois, en particulier pour les jeunes ex-combattants. « Le recyclage, est un processus nécessaire pour l’industrialisation (…). En tant que jeunes, nous sommes confrontés à toutes sortes de défis. Mais cela doit encourager les autres », a-t-elle dit.

Quant à Lorna Rutto, elle est fondatrice et Pdg d’EcoPost, une entreprise sociale kenyane qui a créé des milliers d’emplois durables pour les personnes vivant dans des communautés marginalisées, tout en préservant l’environnement. Selon elle, chaque année, ce sont près d’un million de jeunes qui sont sur le marché de l’emploi. « Avec ce nombre de jeunes à la recherche du travail, il faut faire quelque chose. C’est dans ce cadre que nous avons créé cette entreprise », a expliqué la jeune entrepreneure. Dans sa présentation, Lorna décrit comment son entreprise, EcoPost, recycle le plastique et les déchets agricoles pour fabriquer du bois d’œuvre en plastique pour diverses utilisations telles que les clôtures, les panneaux de signalisation routière et les matériaux de construction, qui sont très en demande au Kenya, en Tanzanie, en Afrique du Sud et au Botswana. Jusqu’à présent, EcoPost a retiré plus de trois millions de kilogrammes de déchets plastiques de l’environnement naturel. L’entreprise a fabriqué et vendu des milliers de bois d’œuvre en plastique. Lorna Rutto, affirme que les défis aujourd’hui, c’est d’avoir un environnement propice et l’accès au financement. « Nous avons besoin de l’assistance pour développer le potentiel de l’Afrique. Aidez-nous à obtenir des financements », a-t-elle lancé à l’endroit des dirigeants présents à Busan.

Accès au financement
Une autre expérience qui a été partagée lors de cette session, c’est celle de Mutoba Ngoma, Pdg de Tapera industries limited en Zambie. Une entreprise que l’ingénieur aéronautique a fondée en 2009. Basée à Lusaka, elle produit du savon naturel et transforme des biocarburants. Il a expliqué le processus de création de l’entreprise pour transformer l’huile de jatropha et l’huile de cuisson en biodiesel pour les voitures et les moteurs diesel, ainsi qu’en savon naturel pour le corps et la lessive. Avec la collaboration de plus de 1 800 petits exploitants agricoles, Tapera produit du savon destiné à la consommation sur le marché local zambien et exporte de l’huile de jatropha vers l’Afrique du Sud.

La dernière présentation est celle du Marocain Badr Idrissi, Pdg et cofondateur d’Atlan Space®. Fort de plus de 12 ans d’expérience internationale, l’entrepreneur marocain Badr Idrissi a occupé des fonctions commerciales, marketing et techniques au sein d’entreprises mondiales de pointe dans le domaine des Tic telles que Microsoft et Nokia.

De notre envoyé spécial à Busan (Corée du Sud) : Aliou KANDE


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