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Affaires et Finances (2472)

Face à la presse, le porte-parole du gouvernement, Seydou Guèye, a annoncé la décision du président Macky Sall de transformer l’aéroport Léopold Sédar Senghor en aéroport militaire et cela dès le démarrage de l’aéroport international Blaise Diagne. Cette annonce va peut-être mettre fin au débat sur le sort de l’ancien aéroport. En effet, certaines rumeurs faisaient état du bradage et de l’affectation des terres de cet aéroport à des projets immobiliers (coopérative d’habitat, cité des affaires, etc.).

En plus de son bond en avant dans le classement final du Doing Business 2018, le Sénégal a fait également une percée dans le cercle des pays considérés comme les meilleurs réformateurs en Afrique. D’après le rapport Doing Business 2018 publié par la Banque mondiale, le Sénégal, grâce à ses cinq réformes mises en œuvre en 2017, figure « parmi les cinq pays les plus réformateurs en Afrique ». Il partage ce cercle restreint avec des pays tels que le Malawi, Djibouti, la Zambie et le Nigéria. En effet, le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ rappelle que ce classement dans le top 5 des meilleurs réformateurs en Afrique « intervient à un moment où le Sénégal est également dans le peloton de tête des pays du continent ayant les taux de croissance économique les plus forts ». Tout cela, dit-il, montre que « le Sénégal est à un tournant de son processus de développement économique avec des indicateurs encourageants sur la route de l’émergence ». Grâce à ces réformes, révèle le rapport Doing Business 2018, le Sénégal est entré dans le lot des 13 pays au monde à avoir mis en œuvre au moins cinq réformes significatives au cours de l’année 2017».
 
Baidy Agne, secteur privé : « Nous nous réjouissons des résultats du Sénégal »
Le président du Conseil national du patronat (Cnp) Baidy Agne a représenté le secteur privé à la cérémonie de lancement du rapport Doing Business 2018 qui s’est déroulée, avant-hier, au siège de la Banque mondiale. Au nom du secteur privé, Baidy Agne a a salué les avancées du Sénégal dans le classement du Doing Business. « Nous nous réjouissons des résultats du Sénégal et nous appelons à ce que nous continuons ensemble à poursuivre le chemin des réformes », a magnifié le président du Cnp. Cependant, Baidy Agne appelle à une amélioration des réformes dans le secteur des télécommunications qui, à son avis, « est capable de générer beaucoup plus de croissance, d’emplois pour encore mieux positionner notre pays ».
 
Aliou Ngamby NDIAYE

Avant le chantier de l’autoroute Ila Touba, le Premier ministre et sa délégation ont pu constater l’évolution des travaux de la branche Aibd-Thiès longue de 16 kilomètres de l’autoroute Aibd-Thiès-Mbour réalisée par Ageroute. Sur ce tronçon, deux ouvrages, par leur envergure et les moyens techniques utilisés, attirent l’attention. Il s’agit de l’échangeur de Thiambokh et le talus de 37 mètres de haut permettant à la route de passer sur plus de 800 mètres à travers le massif montagneux de Diass près du village de Soun Wolof. Mouhamadou Moustapha Dème, responsable de ce projet, assure qu’il ne reste que des travaux de finition précisément l’installation des panneaux de signalisation et des dispositifs de sécurité.

La route est construite selon les normes internationales.  Elle est en 2x2 voies extensibles en 2x3 voies. Insistant sur l’importance de l’échangeur de Thiambokh, l’ingénieur de l’Ageroute souligne que cette infrastructure a deux fonctions principales : « relier les trois villes départementales que sont Dakar, Mbour et Thiès et permettre la desserte de l’Aibd pour ceux qui viennent de Thiès et au-delà et ceux qui viennent de Mbour et au-delà ».

Pour un meilleur suivi des travaux et une assurance la qualité de la route, l’Ageroute a utilisé, dans ce chantier, un profilomètre laser. Cet équipement sophistiqué a été acquis en 2015, selon Aboubacry Sall, responsable de l’auscultation. « Le profilomètre permet de vérifier trois types de tâches dont la mesure d’unie relative au revêtement de la chaussée. Il est interconnecté à un ordinateur portable. Avec cet appareil, on aura des routes de meilleure qualité », a-t-il dit.

 

Avant de présider le conseil interministériel sur l’ouverture prochaine de l’aéroport international Blaise Diagne, le Premier ministre a visité le tronçon de l’autoroute Aibd-Thiès et une partie du chantier de l’autoroute Ila Touba. Mouhammad Boun Abdallah Dionne a salué la qualité des travaux et leur célérité.

Perché sur l’échangeur sud de Thiès qui enjambe la route secondaire reliant ladite ville à Sindian, non loin du village de Dakhar Mbaye, le Premier ministre Mouhammad Boun Abdallah Dionne, en compagnie du ministre des Infrastructures, Abdoulaye Daouda Diallo, du Secrétaire d’État au réseau ferroviaire, Abdou Ndéné Sall, entre autres autorités, écoute les explications du responsable du projet Ila Touba. Il y a un mois, à l’occasion de la visite du ministre des Infrastructures d’alors, Mansour Elimane Kane, ce point de jonction entre l’autoroute Aibd-Thiès et Thiès-Touba, était encore en chantier. Il n’y avait que les piliers ou culées qui étaient debout. Aujourd’hui, les travaux exécutés par une entreprise chinoise ont progressé. La rampe est installée, la grave-bitume posée et, en dessous, de part et d’autres, les deux giratoires ont fini de prendre forme.  

Le rythme de réalisation de cet échangeur est à l’image de la vitesse à laquelle file le chantier de l’autoroute Ila Touba. Les terrassements sont réalisés à plus de 98 % et 70 kilomètres sur les 113 kilomètres de route sont bitumés. Il reste les équipements de sécurité, les postes de péage et le doublement des gabarits des routes de connexion avec Thiès. Bref, au total, confie le Premier ministre dont le cortège venait de rouler sur une partie de cette autoroute jusqu’à 26 kilomètres près du village de Séwékhaye, « le projet est à un taux d’exécution de 58 % tous secteurs et toutes œuvres confondues ». Une cadence soutenue et « exceptionnelle » dont s’est félicité Mouhammad Boun Abdallah Dionne. « Grâce aux différentes entreprises qui interviennent dans le projet, un an de gain a été gagné sur le délai contractuel. Si on continue à ce rythme, cette autoroute sera définitivement réceptionnée en décembre 2018 et on pourra quitter Dakar et aller jusqu’à Touba en un temps record », a déclaré le Premier ministre.

Un projet aux externalités positives
Selon Mouhammad Boun Abdallah Dionne, l’autoroute Ila Touba est le symbole de la voie tracée par le président Macky Sall pour « un Sénégal émergent qui se développe grâce aux infrastructures et aux talents de ses enfants ». Plus qu’une infrastructure structurante, l’autoroute Ila Touba a des retombées économiques et sociales, si l’on se fie aux propos du Premier ministre. « Plus de 2.000 Sénégalais travaillent sur ce chantier. C’est l’occasion de féliciter l’entreprise chinoise Crbc qui emploie principalement des fils du Sénégal et utilise des matériaux du Sénégal. Pour l’eau, ils ont préféré réaliser 30 forages qui, aujourd’hui, sont utilisés et accessibles aux populations qui pourront continuer à les utiliser après la fin des travaux. Les infrastructures sont un instrument essentiel sur la voie de l’émergence», a-t-il déclaré.

Le ministre des Infrastructures, des Transports et du Désenclavement a abondé dans le même sens en soulignant que dans le chantier du projet Ila Touba, chaque jour, plus de 100 tonnes de ciment sont utilisées et, tous les mois, plus de 200.000 tonnes de basalte. « On le voit, ce projet a des externalités positives très importantes. Notre économie y trouve son compte », a-t-il soutenu.

Sur un autre registre, Abdoulaye Daouda Diallo a indiqué qu’il est possible d’ouvrir une partie de l’autoroute jusqu’à 10 kilomètres après Thiès afin de permettre aux pèlerins souhaitant aller au Magal de Touba à partir de Dakar de l’emprunter. Toutefois, a-t-il précisé, cette éventualité sera appréciée en fonction de certaines questions sécuritaires.

Par Elhadji Ibrahima THIAM (textes) et Mbacké BA (photos)

 

Le Premier ministre a présidé, hier, une rencontre interministérielle qui a passé en revue l’état d’avancement des opérations de transfert des activités aéroportuaires de l’aéroport international Léopold Sédar Senghor vers celui de Blaise Diagne qui sera ouvert le 7 décembre.

Le compte-à-rebours pour l’ouverture de l’Aéroport international Blaise Diagne continue de s’égrener jour après jour. Afin de s’assurer que tout sera prêt le 7 décembre prochain à 12 heures, le Premier ministre Mouhammad Boun Abdallah Dionne a présidé, mardi, un Conseil interministériel à l’effet d’évaluer l’état d’avancement de toutes les activités liées au démarrage effectif de la nouvelle infrastructure aéroportuaire à la date indiquée. Et le lieu choisi pour tenir cette rencontre qui a réuni un aréopage de ministres, de directeurs généraux, de responsables de services de sécurité, d’acteurs de la navigation aérienne, de responsables de compagnies aériennes, etc., n’est sans doute pas fortuit : l’aérogare des pèlerins flambant neuf de l’Aibd. Et le Premier ministre a campé l’enjeu de cette rencontre à savoir faire en sorte que « l’Aibd réunisse toutes les conditions pour une mise en exploitation optimale dès le 7 décembre afin que Dakar renforce sa position de plaque tournante du système de transport aérien en Afrique ».

Le chef du gouvernement a rappelé que ce nouvel aéroport, combiné aux autres réalisations à Diamniadio dans la mise en place du hub multi-services de Dakar, représente une « opportunité de croissance pour le Sénégal en favorisant l’émergence d’un deuxième pôle économique pour la promotion d’activités industrielles, commerciales et touristiques ».

Si la tenue de ce Conseil interministériel résulte d’une instruction du président Macky Sall lors du Conseil des ministres du 4 octobre dernier, il y a lieu de rappeler qu’un Comité de transfert dirigé par le ministre des Transport aérien, Maïmouna Ndoye Seck, avait été mis en place par le Premier ministre depuis 2016. Il s’est félicité du travail accompli par ce comité qui, de concert avec les autorités de l’aéroport Léopold Sédar Senghor, mais également de la direction générale de l’Aibd, est en train d’assurer « un transfert sans heurts des activités de l’aéroport international Léopold Sédar Senghor vers l’Aibd ». « Dans une démarche participative et inclusive, ce comité a enregistré des résultats remarquables ayant permis, en des temps records, à trouver des solutions aux différentes contraintes identifiées », a déclaré Mouhammad Boun Abdallah Dionne. Le Premier ministre va présider une autre rencontre d’évaluation, une semaine avant l’ouverture de l’Aibd.

Par Elhadji Ibrahima THIAM (textes) et Mbacké BA (photos)

 

Ce Conseil interministériel a permis d’évaluer, « de manière exhaustive et rigoureuse, toutes les diligences qui étaient requises pour la mise en œuvre et l’ouverture fonctionnelle de l’Aibd », a soutenu le Secrétaire général et Porte-parole du gouvernement, Seydou Guèye, dans sa déclaration sanctionnant la rencontre. « Avec cet aéroport, nous changeons d’échelle. Il est conçu pour atteindre 5 millions de passagers en 2023 et 10 millions de passagers en 2035. Il a été construit autour d’un projet avec trois composantes. La première composante sous forme de projet clé en main a été réceptionnée en totalité. Sur cette base, nous sommes prêts, du point de vue des infrastructures aéroportuaires (aérogare, passerelles, tour de contrôle, pavillon présidentiel, aérogare fret, piste d’envol, balisage, service de lutte contre les incendies, ateliers de maintenance, etc.,). La deuxième composante qui portait sur les bâtiments administratifs, nous sommes pratiquement à 90 % et la totalité des travaux devra être terminée au 30 novembre. Ce sont des travaux qui n’ont pas d’impact sur l’ouverture et la fonctionnalité de l’aéroport. La troisième composante sur le modèle d’un partenariat public-privé et relative aux infrastructures nécessaire au stockage et au carburant, la mise en service est prévue à la fin du mois de novembre », a-t-il expliqué.

Autre point important qui a été abordé au cours de cette rencontre, c’est la question de la navigation aérienne avec l’Asecna. De ce point de vue, Seydou Guèye a assuré que les équipements ont été calibrés, les tests effectués, et les qualifications pour les contrôleurs seront délivrées avant le démarrage de l’aéroport à au moins J-7. Pour le handling, les certifications et l’opérationnalisation sont en cours. « Les questions de sécurité et de sûreté sont bien prises en charge », a assuré M. Guèye.

Il a annoncé que la gendarmerie s’installera le 15 novembre alors que la Douane a fini de prendre place dans l’aéroport. Pour la zone fret qui s’étend sur 5.600 m2 pour une capacité de 50.000 tonnes par an, tout est également en place, selon le porte-parole du gouvernement. Il ajoute que l’Artp, pour les besoins de la couverture Internet et du réseau téléphonique, a pris toutes les dispositions pour donner une qualité de service et de couverture au réseau et pour sécuriser les fréquences d’échanges entre l’aéroport et les avions.

Concernant l’exploitation commerciale, Seydou Guèye renseigne que 23 entreprises dont 20 sénégalaises ont été sélectionnées alors que les relations avec les populations « ont été gérées à partir de concertations et des arrangements trouvés et pris en charge par le gouverneur de Thiès. En un mot, tout est prêt pour un démarrage effectif de l’Aibd le 7 décembre à midi », a-t-il affirmé.  

Par Elhadji Ibrahima THIAM (textes) et Mbacké BA (photos)

 

Après la publication du rapport Doing Business 2018 qui classe le Sénégal à la 140ème place sur 190 pays, la directrice des opérations de la Banque mondiale au Sénégal a indiqué que notre pays « continue sur sa lancée et se distingue comme l’un des meilleurs réformateurs les plus constants dans la région Afrique ».

La directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Sénégal, Louise Cord, a déclaré, lors du lancement du rapport Doing Business 2018, que « le Sénégal continue sur sa lancée comme l’un des meilleurs réformateurs les plus constants dans la région ». Mme Cord rappelle que notre pays a accompli 6 réformes dans le rapport 2015, quatre réformes dans le rapport 2016 et autant dans le rapport 2017. Selon elle, le Sénégal a «amélioré significativement son classement général ces dernières années ». Louise Cord note également que le gouvernement s’est engagé à améliorer la compétitivité dans les secteurs de l’énergie, de l’agriculture, des télécommunications et permettre un rôle plus attractif du secteur privé dans l’économie du pays.

Toutefois, si la directrice des opérations de la Banque mondiale au Sénégal salue les « progrès » accomplis par le gouvernement, elle indique qu’il reste encore beaucoup à faire. Elle conseille au Sénégal de « continuer à simplifier la fiscalité des affaires et l’effectivité des contrôles en douane » et la « poursuite des réformes visant à moderniser l’administration des taxes et impôts à travers la généralisation du télépaiement à tous les usagers ». Elle encourage également le Sénégal à poursuivre les « efforts visant à améliorer la justice commerciale ». Celle-ci, informe-t-elle, constitue le socle sur lequel repose l’environnement des affaires. « La mise en place effective du tribunal du commerce doit permettre de professionnaliser la justice commerciale et d’améliorer sa transparence et sa vitesse d’exécution », a affirmé Mme Cord.

A. Ng. NDIAYE

 

Le Sénégal a gagné 7 places dans le classement Doing Business 2018, passant de la 147ème place en 2017 à la 140ème place en 2018. Une percée qui a été facilitée par les 5 réformes majeures, mises en œuvre en 2017, pour améliorer la manière de faire des affaires dans le pays.

Le Sénégal est classé 140ème sur les 190 économies suivies par le rapport Doing Business 2018. Il a fait un bond de 7 places en passant de la 147ème à la 140ème place selon les résultats du rapport Doing Business, rendus publics, avant-hier, au siège de la Banque mondiale à Dakar, en présence du ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ, du ministre de la Promotion des investissements, des partenariats et des téléservices de l’État, Khoudia Mbaye et du directeur général de l’Apix, Mountaga Sy. Selon le ministre Amadou Bâ, le Sénégal doit cette « performance » à la volonté du président de la République, Macky Sall « d’améliorer les conditions pour la réussite des affaires au Sénégal ». Entre 2013 et 2018, souligne le directeur général de l’Apix, Mountaga Sy le Sénégal est passé de la 178ème place à la 140ème place dans le classement du Doing Business. En 4 ans, le pays a fait un bond de 38 places.

Pour figurer en bonne place dans le classement 2018,  le Sénégal a mis en œuvre au cours de l’année 2017, 5 réformes majeures. Il s’agit, selon le ministre de l’Économie, de la « baisse du coût de création des entreprises », de la « réduction des mutations d’immeuble au profit des Pme ». Cela a permis, dit-il, de diminuer les « émoluments des notaires à un prix forfaitaire de 500.000 FCfa pour le transfert de propriété d’un immeuble dont la valeur est inférieure à 40 millions de FCfa, en plus de la réduction de moitié du salaire du conservateur ». Il y a aussi parmi les réformes, la « baisse des délais de branchement à l’eau », la « réduction des délais de remboursement de crédit de Tva » et « la baisse des délais de règlement de différends commerciaux grâce à un meilleur encadrement de la durée de jugement ».

Au cours de ces quatre dernières années, l’équipe Doing Business a relevé pas moins de 19 réformes ont été mises en œuvre par le Sénégal. D’après la Banque mondiale, cela témoigne d’un engagement fort et constant du gouvernement  sénégalais d’améliorer la facilité de faire des affaires au Sénégal.

Aliou Ngamby NDIAYE

 

La Division des semences du ministère de l’Agriculture et de l’Équipement rural outille 40 laborantins et analystes des semences. Ils viennent de toutes les régions du Sénégal et sont sensibilisés sur les normes semencières de la Cedeao et de l’Ocde où le Sénégal est le seul État admis de la zone ouest africaine.

La semence étant le premier facteur de productivité agricole accessible à l’agriculteur, le Sénégal en fait une priorité. Dans le souci d’un meilleur contrôle de cet intrant, la Division des semences, de la direction de l’agriculture dudit ministère a organise, depuis hier, une session de formation au profit de 40 techniciens et analystes des semences. Ils viennent de toutes les régions du pays (au minimum 2 techniciens par région) et sont sensibilisés aux normes communautaires en matière de semences certifiées et sur la réglementation de l’Ocde.

Pendant trois jours, la Division des semences fera revisiter, à ces agents de terrain, tout ce qui est méthode et analyse des semences pratiquées par les laborantins, maillon important du dispositif de contrôle des semences. «Avec les semences certifiées, le travail de contrôle qualité se fait dans les champs. Ce travail revient aux spécialistes que nous appelons inspecteurs contrôleurs semenciers qui font une validation de la conformité des normes de ces semences par rapport à des standards. Il s’agit de normes techniques de protection des semences de 11 espèces prioritaires pour la Cedeao, l’Uemoa et le Cilss (Comité inter-État de lutte contre la sécheresse au Sahel) parce que depuis 2014, nous avons harmonisé notre réglementation dans cet espace. Nous avons entrepris de former tout le dispositif en commençant par les contrôleurs analystes des laboratoires», explique Mamadou Sagne, chef de la Division des semences.

Ils seront formés aux normes d’analyse qualité des laboratoires, à la priorité spécifique des semences, à la priorité variétale, aux facultés germinatives des semences, entre autres. «Il s’agit d’un langage des semences certifiées qui ont une identité particulière. C’est un label qualité symbolisé par une étiquette code couleur qui va de blanc barré, de violet pour les pré-bases, à semences de production R2 qui est une étiquette toute rouge, en passant par les stades intermédiaires qui sont des semences labellisées par une étiquette blanche», soutient le chef de la Division des semences qui indique que les contrôleurs doivent maîtriser ces codes couleurs pour valider ou non les qualités.

11 variétés prioritaires
M. Sagne rappelle que la Cedeao, l’Uemoa et le Cilss ont adopté la réglementation prioritaire semencière relative au contrôle, à la certification en se focalisant, pour l’instant, sur 11 espèces prioritaires que sont les 4 céréales (mil, maïs, sorgho, riz), 2 légumineuses (arachide et niébé), 3 plantes à tubercules (igname, manioc et pomme de terre) et 2 semences de légumes (la tomate et l’oignon).

Par rapport à la certification des semences au Sénégal, M. Sagne assure que le dispositif de contrôle et de certification est «performant par rapport à la réglementation communautaire et même par rapport aux exigences internationales telles que l’Ocde-semence». Le Sénégal est le seul État membre de l’espace Cedeao, Uemoa, Cilss à être admis à l’Ocde pour la certification des semences dans les systèmes maïs, sorgho et riz pour les céréales. Cela va élargir le marché des semences certifiées du Sénégal. Les bénéficiaires de la formation se sont réjouis de cette séance qui, à leur avis, va renforcer leur capacité de contrôle à la base tout en leur permettant de se conformer aux normes. Selon Mouhamed Diagne, semencier de la Direction régionale de développement rural (Drdr) de Kaffrine, cette formation leur permettra d’avoir des connaissances pour un meilleur contrôle des semences des champs aux laboratoires. Même avis chez l’analyste semencier, Ahmadou Sidibé qui demande de pérenniser cette formation pour informer et sensibiliser davantage les agents de l’agriculture.

Aliou KANDE

Le Secrétaire général du ministère du Commerce, Makhtar Lakh, a présidé, hier, la grande session du Comité national des négociations commerciales internationales (Cnnci). Il a appelé les membres de cette structure à la mobilisation pour un accord sur les pêcheries lors de la 11ème conférence ministérielle de l’Omc.

La 11ème conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (Omc) est prévue en décembre prochain à Buesnos-Aires (Argentine). Le Secrétaire général du ministère du Commerce, du Secteur informel, de la Consommation, de la Promotion des produits locaux et des Pme espère qu’à l’occasion de cette rencontre, un accord sera trouvé sur les pêcheries. Il présidait, hier, la grande session du Comité national des négociations commerciales internationales. Makhtar Lakh a salué le leadership des départements sectoriels sur les questions relatives aux pêcheries, aux services et au commerce électronique. Il a rappelé l’importance des pêcheries pour le Sénégal, un secteur qui contribue à hauteur de 3,2% du Pib du secteur primaire et dont dépendent 17 % de la population sénégalaise. «En raison de l’importance de ce secteur pour notre économie, il reste évident que notre pays doit rester mobilisé en vue de résultats significatifs sur les disciplines afin de limiter l’impact négatif de la pêche illégale, de la surpêche et de toute catégorie de pêche qui menacerait nos réserves », a déclaré le Secrétaire général du ministère du Commerce. Il a rappelé que lors de la 10ème conférence ministérielle de l’Omc, la question des pêcheries a été abordée sans connaître un succès réel, malgré son importance pour les pays en développement. Il a ajouté que notre pays s’est, toutefois, engagé auprès d’autres pays et s’est associé à tous les travaux menés sur la question en marge de la dixième conférence ministérielle. Il a également pris le leadership dans tous les groupes de négociations auxquels il appartient et a assuré le rôle de point focal sur cette question. «Grâce à votre travail, chers sectoriels, membres du Comité national des négociations commerciales internationales et à celui de nos représentants à Genève, il serait possible qu’un accord soit obtenu sur les pêcheries même si son ambition pourrait être limitée. Il vous appartient de poursuivre la dynamique ainsi enclenchée et de définir des positions claires et des contre propositions argumentées », a-t-il dit.

Assome Aminata Diatta, directrice du commerce extérieur et secrétaire exécutive du Comité national des négociations commerciales internationales affirme que le Sénégal compte renforcer sa stratégie pour les négociations lors de la conférence de l’Omc à Buenos Aires notamment sur les pêcheries, un secteur vital pour notre économie. « Nous voulons un accord ambitieux dans ce secteur», a souligné Mme Diatta. C’est dans ce cadre que le Projet de renforcement des capacités commerciales du Sénégal a été lancé, hier, au cours de la même rencontre. Le projet a pour but de contribuer à la facilitation des échanges, d’améliorer l’accès aux marchés, d’apporter des mesures de défense commerciale et une dérogation sur les services. Le projet d’une durée de six mois renferme quatre thèmes : la facilitation des échanges, la subvention aux pêcheries, les instruments de défense commerciale et le secteur des services.

A. KANDE

Le président du parlement européen, Antonio Tajani, a appelé, lundi, à Tunis, à un «plan Marshall» pour l’Afrique et annoncé son intention de mobiliser 40 milliards d’euros dans le prochain budget européen pour la période 2020-2026. « Avec 40 milliards d’euros et une action encore plus forte de la Banque européenne d’investissement, il est tout à fait possible de changer le destin de l’Afrique », a-t-il estimé devant le parlement tunisien, évoquant un « effet levier de 400 milliards pour le développement du continent ». « L’Europe doit choisir un vrai plan Marshall pour l’Afrique, c’est-à-dire faire des investissements. Ce n’est pas un cadeau », a-t-il fait valoir devant la presse. L’objectif de ce plan sera de « bâtir des infrastructures, d’aider les Pme (petites et moyennes entreprises), faire des jeunes africains des entrepreneurs ». « Il faut comprendre pourquoi il y a des milliers et dans l’avenir des millions de personnes qui pourraient quitter leur pays. Et venir chez vous (en Tunisie) et après chez nous », a ajouté M. Tajani. « Il faut se battre pour réduire le chômage des jeunes, c’est notre priorité, pour lutter contre les tentations de la migration clandestine ou de la radicalisation », a-t-il encore expliqué.

Le dirigeant a souligné la volonté européenne de ne pas « laisser le développement de l’Afrique à une Chine qui n’a pas la même conception que nous du respect de l’environnement, des valeurs démocratiques ». « Les Chinois sont ici pour faire du business. Nous sommes ici pour faire des accords politiques parce que la stabilité et la croissance de l’Afrique, c’est aussi la stabilité et la croissance de l’Europe », a-t-il avancé.

AFP

Le Comité national de l’initiative pour la transparence dans les industries extractives (Cn-Itie) a publié, hier, son rapport de conciliation au titre de l’année fiscale 2016. A l’analyse des résultats, on constate une nette hausse des revenus générés par le secteur extractif.

Quinze jours après avoir publié le rapport de conciliation au titre de l’année 2015, le Comité national Itie vient d’en faire de même pour le rapport de 2016. Ce document, rendu public hier, a l’avantage de mettre à la disposition des Sénégalais des informations récentes et à jour portant sur l’état de la gouvernance du secteur des mines, du pétrole et du gaz. Le Comité national Itie accède ainsi à une forte recommandation et à une demande répétée des organisations de la société civile qui, pour une meilleure compréhension et une analyse juste des contributions du secteur extractif au développement économique et social du Sénégal, ont toujours plaidé pour des informations actualisées.

Ce rapport estime les revenus générés par l’industrie extractive en 2016 à 116,8 milliards de FCfa dont 105 milliards de FCfa sont allés au Trésor, soit 90,7 % des recettes. Le reste des revenus a été réparti entre les fonds alloués à l’Uemoa et à la Cedeao, le compte d’exploitation de la société nationale Pétrosen, les fonds propres des organismes collecteurs et des caisses de sécurité sociale et les dépenses sociales. La contribution du secteur extractif au budget de l’État est en hausse constante : 101 milliards de FCfa en 2014, 102,5 milliards en 2015 et 105,7 milliards de FCfa, en 2016.

Le secteur minier est le premier contributeur aux revenus tirés du secteur extractif avec un total de 107,4 milliards FCfa, soit 92 % des recettes budgétaires provenant du secteur extractif. Les revenus provenant du secteur des Hydrocarbures (Pétrole et gaz) s’élèvent à 9,4 milliards de FCfa.

Le secteur minier, plus grand pourvoyeur de recettes
Contrairement aux années 2014 et 2015 où les revenus générés par le secteur extractif étaient alimentés en grande partie par les paiements des pénalités infligées à Arcelor Mittal, le montant de 2016 n’enregistre aucune recette de l’entreprise sidérurgique indienne. Si l’on considère de manière stricto sensu les revenus générés par le secteur extractif (hors paiement Arcelor Mittal pour 2014 et 2015), ils ne cessent d’augmenter passant de 67,5 milliards de FCfa en 2014, à 89,9 milliards puis à 116,8 milliards de FCfa en 2016.

Selon le Comité national Itie, l’évolution des revenus générés par le secteur extractif entre 2014, 2015 et 2016 s’explique par plusieurs facteurs notamment l’augmentation de l’or produit et exporté par Sabodola Gold Operations SGO (217.652 onces exportés en 2016 contre 193.218 onces exportés en 2015), l’augmentation des productions de la cimenterie Dangote, des Industries Chimiques du Sénégal, de Grande Côte Operations, le recouvrement des reliquats de paiements au titre de la redevance minière auprès de certaines entreprises minières, l’augmentation des impôts sectoriels notamment la redevance minière qui passe de 9,6 milliards de FCfa en 2015 à 16,3 milliards de FCfa en 2016.

En revanche, le rapport note que les revenus générés par le secteur des hydrocarbures ont connu une baisse passant de 11,8 milliards de FCfa en 2014, 9,9 milliards de FCfa en 2015, à 9,4 milliards de FCfa en 2016. L’explication se trouve dans la baisse du volume de production de gaz par la société Fortesa qui a produit 35.163.770 Nm3 de gaz en 2014, 22.675.044 Nm3 de gaz en 2015 et 21.064.534 Nm3 de gaz en 2016 qui a été commercialisée localement pour 3,47 milliards de FCfa à la Sococim. Analysant la contribution du secteur extractif dans l’économie, le rapport de l’Itie note qu’au même titre que les années précédentes, le poids de ce secteur est surtout perceptible à travers son effet positif sur la balance des paiements tandis que sa contribution dans le Pib ou dans l’emploi reste encore faible même si la tendance est à la hausse pour l’ensemble des indicateurs retenus.

Un secteur qui ne pèse pas encore dans l’économie
Dans les détails, la contribution du secteur extractif dans les exportations est de 36 %, sa part dans les recettes courantes est de 4,6 %, sa contribution dans le Pib se situe à 2,8 % alors que pour la création d’emplois, la participation du secteur extractif n’est que de 0,27 %. Les résultats du rapport de l’Itie couvrent la période s’étalant du 1er janvier au 31 décembre 2016 et résulte du rapprochement des paiements déclarés versés à l’État par les entreprises minières, pétrolières et gazières enregistrées au Sénégal et des paiements déclarés reçus par l’État de ces entreprises (revenus fiscaux et non fiscaux). Pour cet exercice de conciliation, 17 entreprises publiques et privées, en production et en exploration inscrites au cadastre minier pour l’année 2016 et 7entreprises publiques et privées en production et en exploration inscrites au répertoire pétrolier pour l’année 2016 dont le total des paiements est supérieur à 200 millions de FCfa sont concernées. En plus des 9 régies financières et entités publiques sollicitées pour l’envoi des déclarations des recettes perçues des sociétés extractives.

Elhadji Ibrahima THIAM

En 2017, le Fonds monétaire international table sur une légère hausse de la croissance en Afrique avec un taux d’environ de 2,6 %. Roger Nord qui doit présenter le rapport sur les perspectives économiques régionales en Afrique Sub-saharienne, explique, dans cet entretien, les raisons. Il estime que le niveau d’endettement du Sénégal est gérable mais il faut veiller à ce qu’il n’augmente pas.

Vous allez présenter le rapport sur les perspectives économiques en Afrique. Quelles sont les grandes lignes de ce document ?
La reprise économique en Afrique continue mais elle est modeste. En 2016, la croissance moyenne en Afrique subsaharienne n’a été que d’environ 1,4 % lié à un choc important surtout pour les pays producteurs de pétrole. Pour 2017, il aura une légère reprise avec une croissance d’environ 2,6 %. C’est mieux que l’année précédente mais la croissance reste nettement en deçà des performances enregistrées ces 15 dernières années avec des taux de croissance entre 5 et 6 % en Afrique. La situation est hétérogène dans le continent avec des pays à croissance faible même négative. Je pense au Nigéria, à l’Angola, à l’Afrique du Sud. Il y a également des pays avec des taux de croissance vigoureux entre 6 voire 7 % : Ouganda, Tanzanie, Kenya, Rwanda, les pays de l’Uemoa comme la Côte d’Ivoire, le Sénégal avec des taux de croissance pour la sous-région au dessus de 6 % pour la 5ème année de suite.

Qu’est-ce qui explique cette légère hausse de la croissance en Afrique ?
C’est une hausse ponctuelle. En 2017, il y a une augmentation de la production pétrolière au Nigéria et une légère amélioration en Afrique du Sud ; ces deux pays pèsent dans la moyenne parce que ce sont de grands pays. Mais la reprise n’est pas partagée dans tous les pays pétroliers. Dans la zone Cemac par exemple, la croissance économique demeure très faible.

Malgré ce relèvement, vous attirez toujours l’attention sur le niveau d’endettement de nos pays. Pourquoi vous insistez sur cet endettement ?
Il y a deux côtés qu’il faut prendre en compte. Premièrement, la dette peut être une bonne chose si cet argent est utilisé pour investir par exemple dans les infrastructures. C’est le cas au Sénégal avec le Pse, ce qui est bon pour la croissance. L’augmentation de la dette reflète cet investissement public important. Mais d’un autre côté, la dette est aussi un fardeau pour les finances publiques. Le service de la dette absorbe des ressources publiques qui ne sont plus disponibles pour d’autres secteurs. Il faut donc rechercher un équilibre, un bon équilibre. Au Fmi, nous insistons sur cet équilibre et une fois qu’on l’a trouvé, il faut s’y tenir. Au Sénégal, nous sommes à un niveau de dette gérable, mais il faut se garder de l’augmenter, cela pourrait poser problème.

Comment faire pour trouver ce juste équilibre en ce qui concerne la dette ?
Nous suggérons que le Sénégal maintienne sa notation ; celle-ci est une notation de bas risque. Le Fmi et la Banque mondiale font, chaque année, une analyse de la viabilité de la dette. Nous avons trois notations : bas risque, risque modéré et haut risque. Le Sénégal se trouve à bas risque. C’est une bonne chose et il faut s’y tenir. Cela est cohérent aussi avec les critères de convergence régionaux qui sont d’atteindre un niveau de déficit budgétaire de 3 % d’ici à 2019. Ces critères régionaux sont cohérents avec le maintien de la dette à son niveau actuel et c’est cela que nous soutenons.

Au Sénégal, l’objectif est d’avoir une croissance inclusive et dynamique. Qu’est-ce qu’il faut faire pour avoir cette croissance inclusive et d’aller vers une croissance à deux chiffres ?
L’objectif du Pse, c’est un taux de croissance pour le moment de 7 % et nous avoisinons cette croissance. C’est une croissance qui a été tirée notamment par l’investissement public. Cet investissement public est important mais pas suffisant. Il faut faire en sorte que l’investissement public soit repris par l’investissement privé. C’est le privé qui crée les emplois, un environnement de croissance soutenue et assure que l’augmentation de la dette ne va pas se poursuivre. Ce relais investissements publics vers les investissements privés est le prochain pas important aussi bien pour le Sénégal que pour la zone et l’Afrique subsaharienne en général.

Comment faire pour assurer ce relais entre investissements publics et privés ?
Si l’on se réfère à l’expérience africaine, il est important de maintenir une certaine stabilité économique et un niveau d’endettement gérable. Le Sénégal a une crédibilité sur le marché financier. Il a émis, comme la Côte d’Ivoire, un eurobond avec un taux très bas. C’est un signe que les investisseurs sont convaincus que ses politiques sont bonnes. Il faut s’y tenir. Le Sénégal doit également améliorer son environnement des affaires s’il veut attirer davantage d’investissements privés. Sur cette question, du travail a été fait puisque le Sénégal et la Côte d’Ivoire ont amélioré leur classement doing business dans le dernier rapport de la Banque mondiale. Cependant, il y a encore du travail à faire notamment dans le secteur de l’énergie. L’électricité coûte encore chère au Sénégal. Les investissements dans ce secteur devraient aboutir à une plus grande disponibilité et à une baisse de son coût. L’accès au crédit est également important pour les Petites et moyennes entreprises et le développement de la banque mobile qui a décollé en Afrique de l’Est comparée en Afrique de l’Ouest.

Que doit faire le Sénégal pour faciliter davantage l’accès au crédit des Pme ; le Fmi insiste sur cet aspect ?
L’amélioration de l’accès au crédit est importante. La question comporte plusieurs volets. Primo, l’accès au crédit des Pme est un défi ; les taux d’intérêt demeurent élevés à cause des risques élevés. Il faut améliorer l’information, les bureaux de crédit. Le travail est en cours et il faut aller jusqu’au bout. Secundo, il y a également ceux qui n’ont pas accès aux banques. C’est sur ce segment qu’il faut travailler et la bancarisation mobile a fait la différence en Afrique de l’Est. Les Petites entreprises et même les individus ont pu obtenir des crédits, commencer une activité et bâtir de petites entreprises. C’est une politique intéressante et l’Afrique de l’Ouest peut mieux faire.

Les premiers barils de pétrole et les premiers m3 de gaz sont attendus en 2021 au Sénégal. A votre avis, quelles politiques mettre en place pour une gestion optimale des revenus qui seront tirés de l’exploitation de ces ressources ?
C’est une opportunité importante pour le Sénégal. Mais en regardant l’expérience en Afrique et ailleurs, c’est aussi un défi. En effet, les recettes tirées de l’exploitation de ces ressources naturelles peuvent être difficiles à gérer. Il y a des défis de gouvernance, économique (on parle du syndrome hollandais qui provient du fait que si l’on a beaucoup d’activités dans les ressources naturelles, cela peut nuire aux autres activités). La solution, c’est de s’assurer que les recettes qui proviennent de l’exploitation du pétrole et du gaz soient pleinement intégrées dans le budget de l’État pour que les dépenses reflètent les priorités des Sénégalais établies par le parlement. Cette visibilité assure une meilleure utilisation. Il faut minimiser les gâchis et maximiser l’impact de ces ressources sur le vécu des populations. D’où l’importance de la transparence et de la visibilité.

Propos recueillis par Mamadou GUEYE et Oumar KANDE

Millicom n’a pas tardé à réagir suite à l’annonce de Wari de l’assigner en justice. La multinationale fournisseur de services mobiles précise qu’elle prend note et qu’elle compte se défendre. Les deux parties sont en contentieux suite à la résiliation de l’accord pour le rachat de Tigo Sénégal.

«Millicom a pris note de la récente déclaration de Wari concernant une assignation en justice prochaine. Au-delà du fait que celle-ci constituerait une violation flagrante des engagements de Wari à son égard, Millicom, qui est dans son bon droit, réagira, se défendra et fera prévaloir ses intérêts avec la plus grande détermination par toutes les voies de droit à sa disposition », a réagi la multinationale fournisseur de services mobiles suite au communiqué de Wari annonçant l’avoir assigné en justice pour le 13 novembre prochain. Millicom rappelle que l’accord de vente de ses entités au Sénégal signé le 2 février 2017 avec Wari a été valablement et irrévocablement résilié le 28 juillet dernier. «Les termes de l’accord fixaient au 2 juin 2017 la date butoir pour l’obtention du financement requis pour procéder au rachat de Tigo Sénégal. En cas de non-respect par Wari de cette obligation de financement, l’accord de vente octroyait le droit à Millicom de résilier la transaction immédiatement sur simple notification. A la date du 28 juillet 2017, soit pratiquement 2 mois après la date butoir et 6 mois après la signature de l’accord de vente, Wari n’avait toujours pas apporté le financement requis », explique-t-on. Le Groupe Millicom souligne avoir exercé son droit de mettre fin à la transaction et a adressé à Wari une notification dans ce sens conformément aux termes de l’accord de vente. «La caution versée par Wari à Millicom à la signature de l’accord lui a été retournée, l’accord ayant été résilié. Contrairement aux déclarations de Wari, la résiliation de la transaction par Millicom a été faite dans le strict respect des termes de l’accord de vente signé entre les deux parties », fait savoir le groupe. Il dit regretter que Wari communique des informations fausses qui portent préjudice à l’image du secteur privé au Sénégal ainsi qu’à l’image du Sénégal auprès de la communauté internationale des affaires. Selon le document, la décision de résilier l’accord de vente a été prise dans le seul intérêt de Tigo Sénégal afin d’assurer « une continuité de l’activité avec un partenaire sûr, crédible et capable de tenir ses engagements ».

Après avoir exercé son droit de résiliation avec Wari, Millicom avait annoncé avoir signé un nouvel accord de vente avec le consortium composé du Groupe Teyliom Telecom, de NJJ et du Groupe Axian. «Ce nouvel accord présente des garanties plus sûres pour les Sénégalais avec l’arrivée d’un consortium qui a une parfaite maîtrise de l’environnement télécom et qui a fait ses preuves dans d’autres pays en termes d’innovations et de démocratisation des télécoms », note Millicom.

Aliou KANDE

L’Onmt avait déjà organisé un Eductour pour des voyagistes sénégalais en 2015 mais celui de cette année est le premier qu’il initie depuis qu’il a ouvert son bureau de Dakar en février dernier. L’ouverture de ce bureau est le début de mise en œuvre de l’accord de coopération dans le domaine touristique signé, en novembre 2016, lors de la visite d’État, de sa majesté Mohamed VI, au Sénégal. L’Onmt ne compte pas s’arrêter là. Il envisage, selon son Directeur du Bureau de Dakar, Jalal Imani, qui accompagnait la délégation sénégalaise, d’organiser, chaque année, un Eductour. 

M. Imani s’estime d’autant plus satisfait de ce voyage promotionnel qu’au-delà des rencontres et échanges d’expériences entre professionnels sénégalais et marocains, la Royal Air Maroc s’est engagée à offrir aux voyagistes sénégalais des tarifs spécifiques pour qu’ils puissent rendre leurs packages compétitifs et attractifs. « C’est une décision importante parce que cette compagnie est la seule qui dessert le Maroc à partir du Sénégal mais aussi à partir de 34 autres pays africains. Ces packages, accessibles à tous les budgets, permettront aux Sénégalais de voyager en toute quiétude et en toute sécurité », pense-t-il.

Le choix du Royaume chérifien d’installer une antenne de l’Onmt au Sénégal, une première en Afrique, n’est pas fortuit. Outre leurs relations séculaires, il existe, entre les deux pays, un pont aérien dense dont les fondements ont pour socle la religion. « D’abord, le Sénégal concentre une forte communauté Tidiane. On a trois vols par jour entre nos deux pays, ce qui fait du Sénégal la destination et les arrivées les plus importantes d’Afrique. Chaque année, 45.000 Sénégalais arrivent au Maroc dont une importante partie se rend à Fès. C’est une progression de 12 % par an sur un total de 200.000 Africains », confie le patron de l’Onmt en Afrique. En termes clairs, à partir de Dakar, l’Onmt entend doubler le flux de touristes qui foulent le sol marocain aussi bien pour le balnéaire, le religieux, le culturel que pour le médical. « Le Maroc offre réellement ce qu’il faut sans qu’on ait besoin de traverser les mers », dit-il, avec le sourire. Par exemple, rien qu’à Marrakech, on dénombre 215 hôtels pour 70.000 lits. Et la capacité ne cesse d’augmenter avec l’arrivée d’enseignes internationales, si l’on en croit Lahcen Zelmat, président de la Fédération nationale de l’industrie hôtelière et Directeur général de l’hôtel Palme Plaza. Ce qui va, sans doute, relever davantage le standing de l’hôtellerie dans le Royaume chérifien qui accueille déjà cinq hôtels classés parmi les meilleurs au monde, à l’image de La Royale Mansour, de la Mamounia etc. Pour relever son secteur touristique en difficulté, le Sénégal a de qui s’inspirer.

Elh. I. THIAM

L’Office national marocain du tourisme (Onmt) pour l’Afrique, en partenariat avec la Royal Air Maroc (Ram) a organisé, du 24 au 29 octobre, un Eductour (voyage de promotion et d’information) à Marrakech et à Agadir à l’intention d’une dizaine d’agences de voyage sénégalaises. Le but, faire découvrir ou redécouvrir à ces professionnels du tourisme les atouts touristiques de ces deux villes afin de leur permettre de créer des packages compétitifs et attractifs pour leurs clients souhaitant se rendre au Royaume chérifien.

D’un côté, Marrakech, la ville impériale vêtue de son manteau ocre. Son célèbre quartier de la Médina, ses souks achalandés, son architecture atypique, sa mythique place de Jemaa El Fna où l’on peut admirer l’époustouflant coucher du soleil par-dessus les montagnes de l’Atlas. De l’autre, Agadir, à l’élégance européenne. Son port de plaisance, sa corniche de la Marina qui serpente en bordure de la plage de sable fin, ses bâtiments modernes que toise la colline Agadir Oufla du haut de ses 241 mètres au-dessus du niveau de la mer. Deux villes marocaines, deux histoires, deux styles urbanistiques, deux destinations touristiques.

Pendant six jours, des représentants d’une dizaine d’agences de voyage, grâce à l’Office national marocain du tourisme (Onmt) pour l’Afrique de l’ouest dont le siège est basé à Dakar et à la Royal Air Maroc (Ram), ont pu découvrir quelques-unes des charmes touristiques de ces deux localités qui figurent parmi les premières destinations touristiques du monde. Malgré le cadre enchanteur de ces deux villes, cette visite était loin d’être une villégiature. Elle a été plutôt ponctuée d’intenses moments d’échanges et de partage entre professionnels du tourisme sénégalais et marocains dans une perspective de nouer des partenariats. A cet effet, en plus d’un « work shop » (rencontre B to B) à Marrakech notamment, ils ont pu visiter des hôtels et réceptifs de renom comme le Palme Plaza, le Mogador, le Zalagh Kasba ou encore le magnifique Palais Namaskar sans oublier le Sofitel d’Agadir. Pour ces voyagistes sénégalais, ce voyage de promotion et d’information que leur a fait bénéficier gratuitement l’Onmt et la Ram est une très bonne opportunité d’élargir leurs carnets d’adresses et de s’ouvrir à de nouveaux horizons.

Sous le charme du professionnalisme des Marocains
Certains parmi eux comme Ousmane Samba, Directeur général de Relax Voyages pensent à créer des packages attractifs à ses clients qui veulent se rendre au Maroc. « Le Maroc a des atouts incomparables en matière de tourisme. Ce pays doit être une source d’inspiration pour le Sénégal. Nous avons intérêt à développer des relations plus denses dans ce domaine avec le Maroc. Il est à trois heures du Sénégal, on n’a pas besoin de visa, il y a de solides amitiés entre les deux pays, les réceptifs sont là, donc ce pays offre des opportunités que nous comptons saisir », a déclaré M. Samba. Séduit par le modèle marocain, il propose aux autorités sénégalaises d’envoyer les étudiants en tourisme en stage au Maroc. Alioune Seck, président directeur général de Kapex, Karama Tour embouche la même trompette. Il se dit séduit par le « professionnalisme » des Marocains de qui les Sénégalais ont beaucoup à apprendre. « Dans le tourisme classique, sanitaire, les colonies de vacances et les transports aériens, nous envisageons développer des partenariats avec les grands groupes marocains dans la perspective d’une coopération mutuellement bénéfiques à nos deux pays », déclare-t-il. Fatou Kiné Dioum, Commerciale chez Sdv Voyages qui fait partie du Groupe Bolloré abonde dans le même sens. Le Maroc a tout ce qu’il faut pour attirer les touristes sénégalais. Mais le seul bémol pour elle, c’est « la cherté du billet d’avion ». Elle plaide pour que la Ram revoie les prix à la baisse.

De notre envoyé spécial, Elhadji Ibrahima THIAM

En présence du Dr Karim Traoré, Directeur de la station régionale du Sahel d’Africa Rice, la Directrice générale de l’Ancar, Mariama Dramé est revenue sur les perspectives prometteuses de ce partenariat entre cette institution internationale de recherche agricole et cette agence nationale sénégalaise d’appui au développement agricole, qui permettra de mieux vulgariser les variétés de semences de riz à haut potentiel de rendement. Mme Dramé a rappelé que l’Ancar est investie d’une mission consistant à transférer des innovations. L’Ancar joue un rôle essentiel dans la promotion de l’innovation technique agricole, le développement des bonnes pratiques agricoles et rurales (Bpa), l’information et la formation des producteurs. Elle intervient dans la majorité des communes rurales, couvre toutes les filières agricoles et travaille avec toutes les catégories sociales de la population agricole et rurale. Cette session de formation, organisée en collaboration avec Africa Rice, a-t-elle souligné, a permis de revenir sur les mécanismes de transfert des innovations. A en croire Mariama Dramé, l’Ancar, dans un premier temps, a mis en place, dans les différentes zones agroécologiques du Sénégal, des vitrines pour transférer les variétés à haut potentiel de rendement créées par Africa Rice et les itinéraires techniques. Mme Dramé estime que l’Ancar ne peut pas être performante sans avoir les moyens de sa politique. « Aujourd’hui, il est important, pour l’Ancar, d’accéder à ces innovations, de les maîtriser et de les diffuser en milieu rural ». Elle a rappelé que ce partenariat Ancar/Africa Rice a été élaboré sur une démarche basée sur une approche participative. Cette formation a permis de renforcer la connaissance des agents de l’Ancar dans la gestion intégrée de la riziculture, de réfléchir sur les stratégies à mettre en œuvre pour promouvoir les techniques relatives à l’amélioration de la production rizicole.

Mb. K. Diagne

Après plusieurs années préparatoires, le 3Prd est entré dans sa phase active, a déclaré le directeur général de la Saed. Samba Ndiobène Kâ a magnifié la coopération exemplaire avec les partenaires techniques et financiers de l’État du Sénégal que sont l’Afd, l’Ue et la Boad qui ont accompagné le Sénégal durant toutes ces années, dans un secteur crucial pour son développement économique dans les domaines de l’agriculture et la maîtrise de l’eau. Selon M. Kâ, la première campagne a eu lieu durant la campagne de saison sèche chaude 2017 avec 924 hectares semés et la seconde est en cours pour l’hivernage 2017/2018 avec 1612 hectares semés. 

Samba Ndiobène Kâ a exprimé la reconnaissance du Sénégal à l’endroit de l’Afd pour le soutien apporté à la Saed. Il a déclaré que depuis sa création en 1965, la Saed a connu plusieurs mutations mais les plus importantes ont été accomplies avec l’accompagnement de l’Afd. La dernière en cours est l’accompagnement par les sociétés d’aménagements régionaux (Sar) dans le devenir de la Saed. Cette mise en valeur, a-t-il précisé, a aussi été rendue possible par les multiples sollicitations envers l’Afd, qui ont permis de résoudre les lancinantes questions relatives aux travaux supplémentaires et au gap de financement favorisé par un recouvrement partiel de la contribution des attributaires. Pour M. Kâ, au-delà des infrastructures physiques, c’est un nouveau modèle d’aménagement qui a été développé par le 3Prd. En effet, en plus du réseau structurant d’irrigation, il y a un réseau de drainage, un réseau de circulation et un réseau électrique. Le système de pompage est constitué de groupes électro-pompes individualisés. Avec la réalisation du 3Prd, ce sont de nouvelles opportunités qui s’offrent pour le développement de l’agriculture et de l’agro-industrie, secteurs clés du Pse.

Sur le terrain, le projet a appuyé l’organisation par les producteurs d’une unité de gestion avec des organes fonctionnels. Les attributaires sont au nombre de 145 sur 1975 hectares. 28 femmes sont attributaires d’exploitations dans le projet. Cette situation confère un pourcentage d’environ 19 % de femmes sur les 145 exploitants et 305 hectares sur 1975 hectares, soit 15,4 % de la superficie. La capitalisation du 3Prd est en cours et sera intégrée dans la formulation du « 3Prd2 » avec comme toujours l’accompagnement de l’Afd.

Mb. K. Diagne

L’ambassadeur de France au Sénégal s’est rendu, pour la 3ème fois, depuis sa prise de fonction en juin 2016, dans la vallée. Il a pu constater l’état d’avancement de plusieurs projets soutenus par la France dont particulièrement ceux du Paisd (Programme d’ appui aux initiatives de solidarité pour le développement), mis en œuvre avec la direction de la coopération technique (Sgpr) sénégalaise.

Le Paisd soutient les initiatives de développement portées par la diaspora sénégalaise en France au profit du développement économique et social du Sénégal. Le gouvernement français accompagne ce programme depuis 2005 et a investi 10,3 milliards de FCfa.

Lors du 3e séminaire intergouvernemental France-Sénégal tenu le 19 octobre à Paris, une nouvelle convention d’un montant de 9,2 milliards de FCfa a été signée pour financer une nouvelle phase du Paisd de 4 ans, qui bénéficie du soutien de l’Union européenne et qui concerne également la diaspora sénégalaise établie en Belgique, en Espagne et en Italie.

Lors de sa mission dans la région de Matam, l’ambassadeur de France a visité des projets dans les secteurs de la santé et de l’hydraulique mais aussi, en cette période de rentrée des classes, d’autres projets réalisés dans le domaine de l’éducation, secteur où le Paisd intervient à hauteur de 5,3 milliards de FCfa, pour 65 réalisations. Il s’est rendu également dans les lycées de Ndouloumadji (département de Matam), de Sinthiou Bamambé (département de Kanel) et de Fanaye (département de Podor), en compagnie des représentants du Conseil départemental des Yvelines, une collectivité locale française active dans le soutien aux initiatives des associations de la diaspora sénégalaise basée sur son territoire.

En présence des autorités médicales locales sénégalaises, l’ambassadeur a inauguré un poste de santé à Ganguel Soulé, un village situé sur les berges du fleuve Sénégal (département de Kanel), qui permettra d’améliorer la prise en charge sanitaire de plus de 5.000 personnes dans cette zone. A ce jour, plus de 300.000 personnes sont polarisées par les établissements sanitaires réalisés dans le cadre du Paisd.

Mb. K. Diagne

Evaluant les actions de développement entreprises par l’Agence française de développement dans le delta et la vallée du fleuve Sénégal, l’ambassadeur de France à Dakar, Christophe Bigot, a révélé, samedi à Ross-Béthio, que cette agence a investi 190 milliards de FCfa dans la région Nord de 2007 à 2017. Un financement global qui a permis de réaliser des projets dans les domaines de l’agriculture, du tourisme, de l’hydraulique villageoise et de la santé. Il a rappelé que l’Afd qui va bientôt fêter ses 75 ans, soutient 46 % des réalisations de la Saed dans la vallée. M. Bigot s’exprimait à l’occasion d’une tournée qui lui a permis de visiter les périmètres rizicoles du Projet 3prd ( Projet de promotion de partenaires rizicoles dans le Delta du Fleuve Sénégal) mis en œuvre par la Saed dans la zone de Ross-Béthio et de Diama depuis 2011.

En présence de la directrice de l’Agence française de développement (Afd) à Dakar, Laurence Hart et du directeur général de la Saed, Samba Ndiobène Kâ, l’ambassadeur de France au Sénégal a précisé que l’Afd a contribué à la réalisation du 3Prd, un programme qui a permis d’expérimenter une formule pilote de partenariat public-privé pour l’émergence d’un nouveau type d’entrepreneuriat agricole. M. Bigot s’est réjoui de la réalisation de ce projet, mis en œuvre sur une superficie de 2.500 hectares par l’État du Sénégal et ses partenaires avec une contribution des attributaires aux travaux d’aménagement terminal. Ce projet d’un coût global de 21 milliards de FCfa dont le financement est assuré conjointement par l’Agence française de développement (Afd), l’Union européenne, la Banque ouest-africaine de développement (Boad), l’État du Sénégal et les exploitants privés attributaires de parcelles, prendra fin en décembre.

Pour l’ambassadeur de France, ce projet qui soutient l’agriculture doit être réalisé partout au Sénégal. De l’avis de M. Bigot, c’est un projet exemplaire, prometteur. «Il faut l’accompagner car son caractère de partenariat public-privé est à dupliquer », a-t-il.

Christophe Bigot a invité les cultivateurs à tout mettre en œuvre pour rendre le riz de la vallée compétitif, rappelant que le président Emmanuel Macron qui est attendu à Dakar en février 2018, soutiendra l’agriculture, « car le 3prd qui est source de modernité, de richesses et d’emplois, a l’intelligence de combiner l’aspect agrobusiness et les propriétés familiales ».

A ce rythme, a-t-il dit, l’autosuffisance est sur la voie d’être atteinte. « Nous insistons sur la nécessité d’une formation adaptée aux réalités agricoles de la vallée ; ce défi pourrait être relevé par les Instituts supérieurs d’enseignement professionnel ( Isep) qui doivent permettre aux producteurs de tirer largement profit des réalisations de la Saed », a déclaré le diplomate.

Le directeur général de la Saed, Samba Ndiobène Kâ, a laissé entendre que depuis l’accession du président Macky Sall à la magistrature suprême, l’État du Sénégal affiche une forte détermination politique pour l’atteinte de l’autosuffisance en riz. Les différents types d’aménagement hydro-agricoles du Delta et des Vallées du Fleuve Sénégal (publics et privés) et de la Falémé seront sollicités pour réaliser près de 60 % de cet objectif.

Conçu avec un montage social, technique et financier, différent des autres types d’aménagements hydro-agricoles de la vallée, a-t-il poursuivi, le 3Prd présente des spécificités. Il s’agit notamment de la forte implication de la commune de Diama (exécutif local) dans son implantation (choix des attributaires et délivrance de certificats de concession), dans sa gestion et dans le suivi de son exploitation, de la subvention à 100 % pour l’ensemble des bénéficiaires de l’aménagement structurante, de la prise en compte des exploitations agricoles familiales, en favorisant les anciens exploitants du périmètre qui, outre un dédommagement, accèdent à des parcelles de 5 à 10 hectares, subventionnées par l’État à hauteur de 95 et 85 %. M. Kâ a aussi fait allusion à l’installation de Pme, avec des exploitations de 25 et 50 hectares subventionnées par l’État à hauteur de 75 et 40 %. Selon lui, il s’est agi de promouvoir une catégorie de producteurs privés et performants pour mettre en valeur des surfaces rizicoles aménagées par le gouvernement sénégalais.

Mbagnick Kharachi DIAGNE

Après l’étape de l’Ensa, la délégation du Ppaao/Waapp conduite par sa coordonnatrice Mariatou Diawara s’est rendue au parc à bois du village de Thiallé (Tivaouane), un champ de manioc géré par le Gie « And liggey Thiallé ». Pour le président de l’interprofession du manioc, le professeur de mathématiques Assane Ndiaye, par ailleurs, premier adjoint au maire de Taïba Ndiaye, 695 producteurs de la zone ont reçu chacun deux boutures pour comparer ces variétés venant du Ghana par rapport au « Soya », au « Combo », deux variétés locales. Sur le terrain, le constat saute à l’œil. Les variétés importées du Ghana sont plus résistantes que celles locales notamment le « Soya », attaquées par la mosaïque et par d’autres maladies, souligne M. Ndiaye. « Ces variétés améliorées et assainies importées du Ghana se caractérisent par leurs rendements qui sont deux voire trois fois meilleurs par rapport au Soya », ajoute Assane Ndiaye. 

Selon la transformatrice Maguette Diop, ces variétés donnent plus de farine comparées à celles locales et renferment moins d’amidon. Pour cette transformatrice, ces variétés sont également plus faciles à cuisiner. Du point de vue organo-leptique, souligne M. Ndiaye, « c’est très agréable comme aliment ». Le Fonds national de développement agro-Sylvo-Pastoral (Fndasp), en tant qu’agence d’exécution a facilité l’introduction au Sénégal de ces nouvelles variétés de manioc et patate douce en provenance du Ghana. Au nombre de six, ces variétés de manioc (Ampong, Sika, Broni, Bankye, 12/0197 et Otuhia) sont plus résistantes à la mosaïque provenant du Cropsresearch Institute (Cri). Le processus d’introduction a été conduit par les acteurs de l’interprofession manioc du Sénégal appuyés par les structures techniques (Isra/Cdh, Ancar).

S. Diam SY

Contrairement aux lenteurs accusées dans la réalisation de la ferme de l’Ensa, le projet d’introduction du noyau génétique de la chèvre rousse de Maradi du Niger prend forme dans cet établissement grâce au Fonds national de développement agro-Sylvo-Pastoral (Fndasp). En tant qu’agence d’exécution du Ppaao/Waapp-2A du Sénégal, ce fonds est chargé du volet transfert régional de technologies. Après un processus participatif, trois technologies provenant du Niger ont été retenues pour être introduites dont la chèvre rousse de Maradi. Après la première phase visant à introduire et à distribuer 700 sujets aux producteurs, l’Ensa a été sollicitée pour accueillir et maintenir un noyau génétique de chèvres rousses de Maradi en vue de la préservation de la souche dans notre pays et de sa diffusion à grande échelle. 

L’école a réceptionné, en avril, 30 sujets dont 20 femelles et 10 mâles. « Les sujets se comportent bien et le suivi sanitaire se fait correctement », affirme le chef du département de la Production animale de l’Ensa, Diaw Mamadou Tandiang, soulignant que quelques sujets ont mis bas après leur arrivée.

Pour les besoins d’études et d’adaptation, ces animaux sont en état de stabulation. « Ce sont des animaux qui s’adaptent très bien au climat », déclare l’enseignant-chercheur. Pour leurs caractéristiques, le directeur scientifique de l’Isra, Dr El Hadji Traoré note que ces animaux se distinguent par la prolixité avec des naissances gémellaires et la qualité de sa peau appréciée dans la maroquinerie. Fort de ce constat, le Fndasp a jugé bon de revenir sur cette race « avec une autre philosophie de façon à assurer le suivi, la sécurité, la pérennisation de l’activité et la préservation de la race pure au Sénégal», indique Diaw Mamadou Tandiang, rappelant que ces animaux ont été introduits au Sénégal et avaient donné de bons résultats. « Malheureusement, il n’y a pas eu de suivi », a regretté l’enseignant-chercheur.

S. Diam SY

L’État du Sénégal a fait de la reconstitution du capital semencier une de ses priorités. C’est toute la pertinence de la réalisation de six fermes de semences dans le pays dont l’une à l’Isra de Sangalkam, grâce à l’appui du Programme de productivité agricole en Afrique de l’ouest (Ppaao/Waapp)-2A du Sénégal.

Une agriculture performante requiert des semences de qualité. C’est tout le sens de l’accompagnement de la Banque mondiale à travers la mise en œuvre du Programme de productivité agricole en Afrique de l’ouest (Ppaao/Waapp)-2A du Sénégal dont l’une des ambitions est de réaliser six fermes semencières spécialisées à travers le pays et en fonction des spéculations adaptées aux régions. Le site de l’Isra de Sangalkam va abriter la ferme spécialisée dans le maraîchage, l’horticulture et l’arboriculture, des activités adaptées à la zone des Niayes. Il s’agit d’une « ferme semencière intelligente » qui s’étend sur 20 hectares, financée à hauteur de 200 millions de FCfa par le Ppaao/Waapp et réalisée par des jeunes sénégalais. L’entrepreneur, Amadou Diokhané souligne que cette ferme permet « de contrôler tous les acquis du système d’irrigation et de gestion des fertilisants ». « On peut avoir des données statistiques fiables sur le ratio des rendements de chaque spéculation ou intrant», soutient-il.

« Une agriculture de précision »
Entamés en novembre 2016, les travaux s’achèvent dans moins d’un mois. Le bâtiment administratif est déjà achevé. Les ouvriers sont à pied d’œuvre pour l’installation du système de monitoring. Ils sont également en train d’installer le système d’irrigation et de construire le mur de clôture, un bassin de 3.300 m3 qui permettra d’alimenter le système en cas de coupure d’eau pendant trois jours. La ferme sera alimentée par un double système : le goutte-à-goutte et l’aspersion. Elle comprend également une aire de séchage, une serre, des parcelles de culture, un magasinage de stockage, un abri pour gardien, des ombrières, des composteurs, etc.

De l’avis de l’entrepreneur, la ferme sera fonctionnelle en décembre 2017 et les premières semences pré-base produites en janvier-février 2018. M. Diokhané est convaincu que cette infrastructure « va radicalement » changer le visage de l’agriculture au Sénégal. « Nous n’aurons plus une agriculture qui sera basée sur la pluie mais plutôt une agriculture intelligente et de précision », a-t-il insisté. « Nous ne voulons plus qu’on parle au Sénégal de semences écrémées ; il n’y aura que de semences certifiées », a-t-il ajouté, euphorique, le responsable technique des fermes semencières de l’Isra, Massaer Nguer. Il souligne que ces fermes permettront « de résoudre, pour de bon, les problèmes de semences au Sénégal ».

Au Sénégal, la production de semences de pré-base et la sélection ont été confiées à l’Isra. L’Institut produit des semences de la génération zéro à celle trois qu’il cède aux multiplicateurs chargés de produire les semences de base (certifiées) qui sont distribuées aux producteurs. M. Nguer estime que les six fermes permettront à l’Isra d’atteindre ses objectifs et même de les dépasser. Elles serviront également de cadre de formation et de recherche au profit des multiplicateurs de semences.

Après cette étape, la délégation s’est rendue à l’École nationale supérieure en agriculture (Ensa) de Thiès où il est prévu la réalisation d’une ferme à l’image de celle de Sangalkam. Ici, les travaux n’ont pas connu une avancée significative. Les responsables ont promis d’apporter des correctifs pour l’achèvement des travaux. Le nouvel amphithéâtre de l’Ensa, d’une capacité de 200 places, financé par le Ppaao à hauteur de 200 millions de FCfa, sera provisoirement réceptionné en début novembre.

Souleymane Diam SY

La demande en électricité ne cesse d’accroître à Touba. L’extension du réseau est une aubaine pour les habitants des quartiers périphériques qui ont pris d’assaut les guichets de la Senelec à la recherche d’un abonnement. Plus de 2.300 nouveaux clients sont enregistrés ce mois d’octobre.

En cette veille de Magal, c’est le rush dans les guichets de paiement des agences Senelec de Touba. Les travaux d’extension effectués dans le projet « Kalpatura » en sont pour quelque chose. Les familles impactées ne veulent plus passer ce grand évènement religieux dans le noir. Selon le chef d’agence principal de Touba, Habib Diaw, 2.300 demandes ont été enregistrées en ce mois d’octobre. L’agence de la Senelec de Touba a accueilli, le lundi 23 octobre, son 100.000e client. Et depuis, ce chiffre ne cesse d’augmenter. « Le mercredi 25 octobre, nous avons compté 101.250 clients. Entre janvier et septembre, la moyenne journalière était estimée à 33 demandes par jour. Mais depuis le mois d’octobre, nous enregistrons en moyenne 120 demandes par jour. Ça peut même aller jusqu’à 180 demandes. Cela veut dire que les nouvelles extensions ont suscité beaucoup d’engouement », a affirmé M. Diaw.

Pour satisfaire toutes ces demandes, la Senelec s’appuie sur des entreprises et Gie qui procèdent à la mise à service pour les nouveaux abonnés. « L’objectif, c’est de faire en sorte que ceux qui payent puissent être branchés le lendemain. Et à 5 jours de l’évènement, nous ferons en sorte que ceux qui payent le matin soient branchés l’après-midi. Aucun client ne sera laissé en rade. Nous avons reçu suffisamment de matériels (câbles, accessoire, compteurs…) », a rassuré le chef d’agence principal de Touba.

Aussi, pour contribuer à la réussite du Magal, des facilités sont-elles accordées aux clients qui n’arrivent pas à payer leurs factures à temps. « Ils n’ont qu’à venir discuter avec le chef de groupe recouvrement et le chef d’unité commercial. Et pour les gros clients, je m’en charge moi-même. D’ailleurs ce matin (Ndr : mercredi 25 octobre), je suis allé rendre visite à un gros client, un industriel qui nous doit une somme assez conséquente. Nous avons échangé sur les modalités de règlement de ses factures. Il payera une partie et épongera le reste avant le Magal », a expliqué le patron de l’agence Senelec de Touba. Le mot est clair : éviter autant que possible de couper l’électricité aux clients.

Ndiol Maka SECK

 

Face à la probabilité d’une adhésion du Maroc à la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (Cedeao), des acteurs du secteur privé sénégalais, réunis au sein du Comité d’initiative pour le Suivi de l’Intégration, lancent une alerte. Pour eux, cela serait la mort programmée de plusieurs secteurs d’activités car le Maroc, plus compétitif que nos pays, va inonder nos marchés.

Le 24 février 2017, le Maroc a adressé une demande officielle d’adhésion à la Cedeao. Le 4 juin dernier, la Conférence des chefs d’État et de gouvernement a donné son accord de principe avant la session prévue le 16 décembre prochain à Lomé (Togo) sur cette question. Avant cette date, des membres du secteur privé sénégalais ont tenu, hier, une conférence de presse pour alerter sur les «conséquences négatives» de cette adhésion. Ils sont réunis au sein du Comité d’initiative pour le suivi de l’intégration regroupant des organisations patronales et professionnelles, des syndicats de travailleurs, des associations de la société civile, du monde universitaire. Diallo Kane, président du Comité affirme qu’ils ne sont pas contre une coopération renforcée avec le Maroc, «mais s’oppose à des relations déséquilibrées qui étouffent notre économie, détruisant des pans entiers de notre secteur productif et exportent nos emplois vers le Maroc».

Mor Tall Kane, le Directeur exécutif de la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (Cnes) avance que si le Maroc devient membre à part entière de la Cedeao avec des avantages comme la suppression des taxes douanières, ce sera «la mort» du secteur privé sénégalais. « Le Maroc, avec la compétitivité de ses marchandises qui n’est pas comparable à celle des pays de la Cedeao, viendra inonder le marché sénégalais avec ses produits et aucun secteur ne sera épargné. Nous n’avons pas les moyens de faire face aux entreprises marocaines», a-t-il déclaré. Il reconnaît que face à la toute puissance des secteurs de l’industrie, de l’agroalimentaire, de l’immobilier, «tous nos secteurs seront perdants car nous n’avons pas d’offre à faire pour le marché marocain». Le Directeur exécutif de la Cnes indique qu’on ne doit pas accepter pour le Maroc ce qu’on a refusé pour l’Union européenne (libéralisation du marché).

Condamner à mort nos entreprises
Brandissant l’aspect géographique, Mor Talla Kane laisse entendre que le Maroc n’est pas un pays de la Cedeao et il ne peut y avoir d’élasticité du territoire ; ce qui, à ses yeux, serait un « précédent dangereux et pourrait ouvrir la porte à d’autres pays du Maghreb ». Les leaders du Comité d’initiative pour le suivi de l’intégration ont rappelé que le Maroc a signé des accords commerciaux avec l’Union africaine, la Turquie, etc., et s’il intègre la Cedeao, «on ne pourra pas garantir la sincérité des coûts de leurs produits importés qui vont envahir l’espace communautaire». «La Cedeao manque de compétences pour négocier ses accords. Le Maroc tout seul va battre les experts de la Cedeao dans les négociations commerciales et économiques qui ne sont pas le fort de l’organisation. On peut parler d’intégration africaine, mais ce n’est pas une raison de condamner à mort nos entreprises», a insisté M. Kane. Il a donné l’exemple «du dumping des Marocains» qui a fini par affaiblir l’horticulture au Sénégal avec les produits tels que les «oranges, clémentines, carottes » qui sont déchargés tous les jours au Sénégal.

Dans le document d’analyse du Comité d’initiative pour le suivi de l’intégration, l’adhésion du Maroc à la Cedeao a des contraintes portant sur les «aspects juridiques notamment les conditions d’adhésion définies à l’article 1er du Traité révisé de la Cedeao». Par rapport aux aspects juridiques, le professeur Arame Ndoye indique que le Maroc n’a jamais été partie prenante de l’acte fondateur de la Cedeao et «qu’il ne veut faire partie de la communauté que pour son marché». Un avis partagé par Souhaibou Guèye qui indique que les sociétés du Nigéria et de la Côte d’ivoire mènent le même combat. Pour lui, le Maroc qui contrôle plus 60 % de nos actifs bancaires, de nos assurances menace tous les secteurs de notre économie et une adhésion viendrait achever le secteur privé. Les leaders du Comité d’initiative pour le suivi de l’intégration ont invité les autorités politiques à analyser les conséquences d’une adhésion du royaume chérifien sur l’économie de la zone.

Oumar KANDE

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