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Moctar Diakhaté, directeur de l’Artisanat : « L’Etat va réhabiliter et rendre plus attractif le village artisanal »

05 Jan 2017
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Pour redonner au village artisanal de Soumbédioune son lustre d’antan, l’Etat entend le réhabiliter et le rendre plus attractif. L’enveloppe financière pour ce faire est déjà inscrite dans le budget de 2017. C’est l’assurance donnée par le directeur de l’Artisanat, Moctar Diakhaté, dans cet entretien.

M. Diakhaté, certaines personnes, notamment un député, ont émis l’idée de la délocalisation du Village artisanal de Soumbédioune au Monument de la Renaissance afin qu’il soit beaucoup plus visible, car certains artisans estiment que, depuis la construction du tunnel, les activités sont au ralenties dans ce marché. Qu’est-ce que vous en pensez ?
Soumbédioune constitue une vitrine de l’artisanat au Sénégal. Il faut noter qu’on y trouve surtout des produits de l’artisanat d’art, c’est-à-dire des produits qui sont surtout destinés aux touristes et à certains gens de passage au Sénégal. C’est donc différent des produits qu’on trouve au marché Hlm, par exemple, et que vous et moi sommes tentés d’aller acheter. Mais, qu’à cela ne tienne, l’Etat entend réhabiliter et rendre attractif Soumbédioune. Déjà, dans le budget de 2017, il est prévu une enveloppe dans ce sens. C’est une manière de permettre à ce site de jouer pleinement son rôle de vitrine de l’artisanat au Sénégal. Maintenant, le tunnel est cité souvent comme un facteur limitant l’accès au site, mais nous pensons que, dans les partenariats avec le ministère du Tourisme et des Transports aériens, on peut vraiment insister auprès des Tours operators, des services de Tourisme pour que Soumbédioune soit bien pris en compte dans les circuits touristiques. Cependant, on va demander aussi des efforts à l’encadrement à Soumbédioune pour que les conditions soient réunies pour une bonne organisation des acteurs et faire en sorte que ce village artisanal soit plus attractif. En tout cas, l’Etat fera tout pour appuyer la réhabilitation de Soumbédioune. Cette réhabilitation concerne également le village artisanal de Guédiawaye.

Et pour la réhabilitation de certains villages artisanaux qui avait été annoncée en 2015, où en sont les travaux ?
Ces travaux sont très avancés et seront bouclés courant 2017. Il s’agit, notamment des villages artisanaux de Thiès, de Tivaoune, de Kébémer, de Bambey, de Diourbel, de Kaolack, de Louga, de Podor, de Sédhiou, de Tamba, de Ziguinchor et de Linguère. Dans le même ordre d’idées, l’Etat a prévu de construire, dans les sites touristiques, des centres pilotes d’artisanat d’art. C’est le cas au Lac Rose, à Somone, à Pointe Sarène, à Ndangane, à Toubacouta, à Nguithie dans la région de Saint-Louis, à Salémata et à Cap-Skirring. A côté de ces centres pilotes d’artisanat d’art, il y a les centres de commercialisation et d’exposition de produits artisanats. Ces centres sont prévus à Mékhé, à Malicounda et à Thionck Essyl. Les travaux sont très avancés et seront bouclés courant 2017.

Malgré le fait que certains artisans soutiennent que les affaires ne marchent plus trop bien à Soumbédioune, il ressort de nos investigations que les demandes d’occupation de cantines dans le site restent fortes. Qu’est-ce qui explique cela selon vous ?
Ce qui l’explique, c’est que, malgré tout ce qu’on en dit, le village artisanal de Soumbédioune reste très prisé par les artisans du fait des conditions et des facilités offertes. Parce que c’est cela aussi le rôle de l’Etat : créer les conditions pour aménager des sites dédiés pour nos artisans. En face du village artisanal de Soumbédioune, les cantines coûtent dix fois plus chères que ce que nous trouvons à Soumbédioune où les prix des cantines tournent autour de 10.000 à 15.000 FCfa. C’est donc des facilités que l’Etat accorde compte non tenu des possibilités que ces artisans ont pour participer aux foires et expositions à l’international. Chaque fois qu’il y a une exposition dans la sous-région ou ailleurs, les responsables de la Chambre des métiers font le nécessaire pour que certains artisans participent. Tout cela témoigne des efforts que les pouvoirs publics font pour que les produits de ces acteurs soient promus.

Récemment, il y a eu le renouvellement des bureaux des Chambres des métiers. Qu’est-ce que cela peut apporter de plus à l’organisation de ce secteur ?
Sur le plan de la gouvernance locale, effectivement, il faut noter qu’il a été procédé, en août 2016, au renouvellement des membres des assemblées générales des Chambres de métier. Cela s’est déroulé dans de très bonnes conditions et dans un climat apaisé. Au nom du ministre de la Formation professionnelle, de l’Apprentissage et de l’Artisanat, je remercie tous les acteurs et les gouverneurs de régions qui ont été au cœur de ce processus électoral. Nous avons bouclé ce processus avec la mise en place du nouveau bureau de l’Union nationale des Chambres des métiers (Uncm). Partout de nouveaux bureaux ont été installés et nous sommes en train, à la demande du ministre, de faire des tournées pour la formation des nouveaux membres des bureaux pour qu’ils s’imprègnent mieux des missions des Chambres des métiers, ce qui va leur permettre de mieux jouer leur rôle.

Quel est l’importance du secteur de l’artisanat dans le développement économique et social de notre pays ?
L’Artisanat est un secteur important de la vie socioéconomique de notre pays. Cette importance apparaît en termes de création d’emplois, en termes de génération de revenus, de valorisation des ressources locales. Il s’y ajoute que c’est un secteur transversal qui constitue un puissant soutien à l’agriculture, à l’élevage et à la pêche. Avec notamment la fabrication du matériel agricole et la fabrication du matériel post-récolte, l’entretien du matériel et de l’équipement de pêche, etc. Pour tout cela, l’Etat accorde une importance à ce secteur. Dans le Pse, le secteur de l’Artisanat constitue un pilier important de l’axe 1 qui vise une transformation structurelle de l’économie à travers la consolidation des moteurs actuels de croissance, le développement de nouveaux secteurs créateurs de richesses, d’emplois, d’inclusion sociale et à forte capacité d’exportation et d’attraction d’investissements directs étrangers. L’Etat entend donc faire jouer à ce secteur un rôle de premier plan dans le processus de développement économique et social de notre pays.

On a parlé d’une Nouvelle stratégie nationale de développement de l’artisanat (Nsda). Qu’est-ce qui est visé à travers l’élaboration de ce document ?
L’objectif visé, c’est la modernisation de l’économie sociale, facteur d’emplois qui permet d’opérer une transition souple vers l’économie formelle. Cette mutation devrait se concrétiser par des actions déterminantes en faveur des secteurs de l’artisanat. De manière spécifique, cette nouvelle stratégie vise la création de richesses nationales par l’augmentation des revenus générés par les activités artisanales. Elle est aussi inscrite dans la volonté du gouvernement d’améliorer les conditions de travail des artisans. Il s’agira de favoriser la restructuration des entreprises artisanales, surtout dans les filières dites porteuses de croissance grâce à leurs potentiels élevés d’accès à de nouveaux marchés. Les actions identifiées dans le secteur de l’artisanat sont donc axées autour de l’amélioration des facteurs de performance des artisans dans l’optique principale de création de richesses et d’emplois et d’amélioration des conditions de vie des populations.

Propos recueillis par E. I THIAM

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