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Réalisation des infrastructures hydrauliques à Bakel : La valorisation de l’excédent d’eau booste l’économie locale de 2 villages

11 Jan 2017
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Dans les villages de Madina Carrefour et de Bondji Sebbé, situés à Bakel, les forages réalisés par le Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc) vont au-delà de leur vocation première d’apporter de l’eau potable aux populations. Dans la première localité, l’excédent d’eau a permis aux femmes de développer un périmètre maraîcher. Dans la seconde, le surplus de liquide précieux leur a permis de s’activer dans la revente de l’eau. 

Salade, choux, carotte, navet, aubergine, oignon, etc. Dans le périmètre maraîcher des femmes de Madina Carrefour, village situé à dix kilomètres de Bakel, à l’intersection de la bretelle qui mène à Ourossogui, différentes plantes horticoles s’épanouissent sous un soleil clément. Au milieu des jeunes plants qui s’étendent sur une superficie de 600 mètres carrés, Faty Bâ, la quarantaine, petite taille, enlève précautionneusement les mauvaises herbes. A l’autre bout du jardin, Aminata Bâ, quant à elle, arrose les jeunes pousses à l’aide d’un pot troué. Bien que le village dispose d’une pompe manuelle depuis 2002, l’eau que cette dame utilise provient du mini-forage de 1,5 m3/heure que le Pudc a réalisé pour un coût de 17 millions de FCfa. Il est fonctionnel depuis mars 2016. Dans ce village fondé en 1989 et qui accueille des Sénégalais jadis installés en Mauritanie, mais contraints au retour au pays natal au lendemain de l’éclatement du conflit sénégalo-mauritanien, le volet « Promotion des chaînes de valeurs » du Pudc trouve sa traduction la plus parfaite.

Le jardin villageois reverdit
Ce volet s'inscrit dans l'objectif global du renforcement de la productivité agricole et de l'élevage et le développement de l'entreprenariat rural. A cet effet, la stratégie repose sur la mise en place de périmètres irrigués autour des forages qui prévoit l'affectation de 25 à 50 % de la superficie à la production fourragère afin de lever la contrainte d'alimentation animale en saison sèche et le développement de périmètres maraîchers pour permettre aux populations locales de s’occuper des activités génératrices de revenus. Cette approche de développement économique et sociale, les femmes de Madina Carrefour l’ont très bien comprise. En effet, dès que le mini-forage d’une capacité de stockage de 5.000 litres a été livré, elles ont ressuscité leur jardin communautaire. « Ce périmètre maraîcher a été aménagé avec l’installation de la pompe manuelle en 2012, malheureusement, l’expérience est coupée court par manque d’eau. Mais, grâce à ce forage, nous avons repris nos activités », confie Oumou Demba Bâ, une des exploitantes du jardin villageois.
Parti d’une situation de manque d’eau, ce village peul est arrivé donc à se retrouver avec suffisamment de liquide précieux à même de permettre aux femmes de s’adonner au maraîchage. Aussi, les 3.500 têtes de bétail ne divaguent plus à la recherche d’eau pour se désaltérer. Le plus grand souhait de ces braves dames, c’est de voir leur périmètre maraîcher clôturé pour le protéger contre les animaux en divagation et les rats ravageurs de plantes. Pour l’instant, juste des branchages de fortune font office de mur de barrière. « Avec une bonne clôture, nous aurons de bons rendements. Nous pourrons vendre une partie et consommer le reste », se projette Hawa Bâ. Cette doléance n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd puisque le Pudc a promis d’y accéder favorablement.

Le créneau porteur de la revente de l’eau
Autre village, même type de forage. On est à Bondji Sebbé distante de 15 km de Madina Carrefour. Cependant, ici, l’approche dans la valorisation de l’excédent d’eau est différente. Dans ce village où se tient un grand marché hebdomadaire, tous les jeudis, les femmes ont trouvé une bonne astuce pour se faire un peu d’argent : la revente d’eau. L’ouvrage hydraulique d’un débit de 2,5 m3/heure pour une capacité de stockage de 5.000 litres, est implanté au cœur du village. Tout autour, des dizaines de bidons de 20 litres sont alignés et attendent d’être remplis. Coumba Dembélé est l’une des propriétaires. Elle en possède une cinquantaine. Assise sur le rebord de la murette surmontée de grillage qui protège les deux bouches de robinet, cette vendeuse d’eau attend tranquillement son tour. Elle achète le bidon d’eau à 10 FCfa et le revend à 100 FCfa ou à 150 FCfa, selon la période de l’année aux commerçants du marché hebdomadaire. De quoi permettre à cette mère de famille de subvenir aux petits besoins de sa famille. « Les bénéfices que j’en tire me permettent d’acheter du sucre, du savon, du lait pour mes enfants », confie la quinquagénaire. Comme Coumba Dembélé, elles sont nombreuses les femmes qui, grâce au forage du Pudc, ont investi le créneau de la revente de l’eau pour gagner de l’argent. Quant aux recettes tirées de la vente de l’eau aux femmes revendeuses, le Comité de gestion du forage les utilise pour intéresser le conducteur du forage et pour la maintenance de l’ouvrage hydraulique. Comme on le voit donc, la mission du Pudc n’est pas uniquement de réaliser des forages, des châteaux d’eau, des pistes de production et d’électrifier des villages. L’esprit de ces services de base ainsi offerts est de booster l'économie locale et de contribuer à une croissance inclusive à travers une approche intégrée de chaine de valeur.

De notre envoyé spécial à Bakel, Elhadji Ibrahima THIAM

Last modified on mercredi, 11 janvier 2017 12:17
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