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Guilherme Antonio da Costa Jr, président de la commission Codex Alimentarius : « La sécurité alimentaire et le commerce loyal doivent être érigés en priorité »

08 Sep 2017
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Le brésilien Guilherme Antonio Da Costa Jr est le nouveau président de la Commission du Codex alimentarius. Cette organisation a été créée en 1963 par l’Organisation mondiale de l’Alimentation et de l’Agriculture (Fao) et l’Organisation mondiale de la Santé (Oms) en vue de protéger la santé des consommateurs et d’assurer des pratiques loyales dans le commerce alimentaire. Elle a, en charge, entre autres, la mission de coordonner, sur le plan international, l’élaboration de normes alimentaires qui représentent une composante essentielle des Systèmes de sécurité sanitaire des aliments. Le Codex alimentarius constitue un point de repère important à l’échelon mondial pour les consommateurs, les producteurs, les organismes nationaux de contrôle des aliments et tous ceux qui participent au commerce international des produits alimentaires. Nous l’avons rencontré à l’occasion de sa première sortie au Sénégal où se tient un colloquium sur le Codex.

Vous venez d’être élu président de Codex alimentarius international. Quels projets portez-vous pour les trois prochaines années ?
Je travaille au Codex depuis 1992. J’ai été élu vice-président en 2014 avant d’être élu, en juillet dernier, président. Pendant tout ce temps, j’ai œuvré pour la protection de la santé humaine, de la sécurité des aliments et une pratique loyale du commerce. Et pendant ma vice-présidence, j’ai essayé d’améliorer la participation des pays membres, particulièrement des pays en développement, pour améliorer la participation pratique dans les différents comités, mais aussi pour souligner l’importance de la base scientifique de l’organisation, et aussi pour disséminer l’information de la chaîne productive depuis le producteur primaire jusqu’au consommateur en passant par l’industrie pour rendre le Codex plus connu et plus visible. En tant que président, il faudra travailler sur la base d’un consensus puisque l’organisation regroupe 187 pays membres et une organisation. Toutes les décisions viennent des différents membres. Je vais, avec les trois vice-présidents, concentrer mes efforts pour améliorer la participation de nos pays particulièrement des pays en développement, pour souligner l’importance d’une base scientifique au sujet de la préparation et de l’élaboration de la normalisation. Les organisations multilatérales sont bien élaborées en théorie et les États s’affilient. Mais très souvent, on ne perçoit pas très bien la réalité des organisations. Si nous regardons bien le Codex, il a de l’influence et une importance certaine étant entendu que la nourriture, une de ses missions, est une donnée de tous les jours. Mais c’est avec la normalisation du Codex que nous pourrons assurer la sécurité alimentaire.

Vous êtes au Sénégal pour les besoins d’un colloque. Pouvez-vous revenir sur l’importance de cette rencontre ?
C’est un honneur et un plaisir, pour moi, d’être au Sénégal. J’ai déjà travaillé en Afrique, dans différents pays principalement d’expression lusophone ou anglaise. C’est la première fois que je viens travailler dans un pays francophone. C’est ma première mission après mon élection en tant que président du Codex. Le colloquium est très important pour l’amélioration et le renforcement des pays africains. Il est organisé avec l’Union africaine et les États-Unis d’Amérique. Cette rencontre est une opportunité pour discuter de la sécurité alimentaire et du commerce loyal international. Elle portera, de façon spécifique, sur trois sujets en comité : Fruits et légumes frais, jus et aliment et étiquetage. Ces trois aspects devront faire l’objet de législation dans une loi future. Ces échanges sont importants dans la mesure où ils nous permettront d’avoir les plus fortes positions de la région, basées sur des normes avec bien sûr l’éclairage des experts des trois secteurs. C’est donc une magnifique opportunité. Il faut souligner l’importance du travail du Comité national du Sénégal sur ces trois différents points mais aussi de la Commission de l’Union africaine. Le Sénégal a beaucoup aidé à améliorer la participation de l’Afrique au Codex dans les différents comités. Ce colloque nous permettra d’améliorer la participation des pays membres, des pays en développement particulièrement, mais aussi de donner et d’améliorer la base scientifique du Codex.

Quelles sont vos attentes par rapport à la rencontre ?
Nous espérons qu’à la fin du colloque recueillir beaucoup d’informations et harmoniser les positions entre les pays d’Afrique et ceux de l’Amérique du Nord. C’est aussi une opportunité pour échanger des visions et positions entre deux régions du monde. Nous espérons avoir des positions solides à discuter sur le document du Codex dans ces trois comités. L’objectif est d’arriver à des positions scientifiques qui protégeront la santé des aliments et aussi pour faciliter l’harmonisation d’un commerce loyal. C’est aussi l’opportunité d’apprendre avec les différentes expériences des pays participants. 25 pays africains prennent part à la rencontre.

Vous parlez de la santé des consommateurs, de la sécurité des aliments et aussi de la sécurité du commerce. Des questions qui sont peu connues du grand public. Que fait le Codex pour rendre ces questions plus actuelles et pour les faire prendre en compte, notamment par les consommateurs ?
Je disais que nous essayons de fonctionner sur la base d’un consensus. Le nouveau bureau que je dirige, avec les trois vice-présidents, a aussi pour programme de rendre le Codex plus connu. C’est pourquoi, nous voulons nous attacher à la dissémination de l’information du Codex. C’est très important que le consommateur connaisse bien l’importance de l’organisation. La manière de passer l’information au consommateur est différent de celle de passer l’information aux industriels. Nous ne pouvons pas parler du Codex aux consommateurs de la même manière que nous le faisons avec les industriels. Le Secrétariat du Codex travaille dur pour améliorer les instruments de communication. Et nous allons tout faire pour faire connaître le Codex. C’est dans ce sillage qu’il est important de mettre en avant le travail effectué par les comités nationaux du Codex de tous les pays qui ont un grand rôle dans la vulgarisation du Codex. Par exemple, le Comité national du Sénégal fait un excellent travail. L’exemple de recevoir et d’organiser ce colloque par le comité national du Sénégal est une opportunité de la participation du Sénégal et des autres pays de la région. Chaque comité national doit travailler en vue de se rapprocher, d’informer les populations, les consommateurs. Je voudrais saluer l’excellent travail du comité national sénégalais. Les gouvernements, pour ne pas dire les autorités publiques, doivent donner leur soutien au comité national du Codex pour leur permettre de faire leur travail. D’autant que le résultat du travail du comité national est à mettre au crédit de l’État pour la santé de la population, la sécurité des aliments et l’harmonisation d’un commerce loyal.

Propos recueillis par Ibrahima Khaliloullah NDIAYE

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