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Installations électriques : Cohabitation à haut risque entre populations et lignes haute tension

08 Sep 2017
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De nombreuses emprises, le long du couloir des lignes haute tension de Senelec, sont encombrées par des occupations anarchiques. Une situation qui, d’une part, expose les occupants à des risques d’accidents graves et, d’autre part, empêche, parfois, la société d’électricité de mener, de manière efficace, la maintenance de son réseau.

A la Cité Belle Vue de Hann maristes, juste derrière la célèbre école privée « Les Maristes », un bâtiment R+2 est en train de sortir de terre. Les travaux sont avancés et semblent même au stade de finition. Dans quelques semaines, cette bâtisse pourrait garnir les nombreuses villas cossues qui campent le décor de ce lieu paisible. Seulement, il y a un hic. Et pas des moindres. Cet édifice en construction est accolé au mur de clôture du poste de Senelec de Hann où trônent des pylônes supportant des lignes haute tension. En plus d’être surplombée par les fils haute tension, la bâtisse renferme, dans son sous-sol, des câbles électriques qui alimentent une bonne partie de la capitale en courant.Une cohabitation dangereuse pour ne pas dire électrique. Malgré une décision de justice le sommant d’arrêter les travaux, le propriétaire de l’immeuble a continué comme si de rien n’était. Inconscience ? Entêtement ? Je m’en-foutisme ? En tout cas, non seulement il met sa vie en danger ainsi que celle des futurs occupants de l’immeuble, mais il rend aussi difficile l’intervention rapide de Senelec en cas de panne.

Cet immeuble n’est qu’un petit exemple sur les centaines de constructions occupant les emprises de Senelec ou situées en-dessous des lignes haute tension de la société d’électricité. Dans cette même zone de Hann Maristes, au quartier Fort B situé derrière la prison éponyme pour mineurs, les lignes haute tension flirtent dangereusement avec certains immeubles. A Pikine, Guinaw-Rail, Diamaguène, Keur Mbaye Fall, Zac Mbao ; bref dans de nombreux quartiers, des maisons, des garages, des dépôts, des ateliers etc., occupent ce couloir qui, pourtant, a été déclaré « zone non aedificandi ». Ces lignes haute tension ont été établies suivant des normes réglementaires, c’est-à-dire des décrets pris par les pouvoirs publics. Aucune activité humaine ne doit être exercée en-dessous ou autour de ces installations dans un souci de préserver la sécurité des populations et de permettre à la Senelec de faire correctement son travail de maintenance. Hélas !
En effet, le danger encouru par ces occupants est incontestable comme l’a rappelé Abdoulaye Dia, Secrétaire général de la Senelec, avec des mots crus, dénués de toute langue de bois et qui font froid dans le dos. « Ces lignes sont alimentées par un courant de 90.000 volts ou parfois de 225.000 volts. En comparaison, dans les maisons, nous avons 220 volts. Si elles venaient à toucher une personne, elle serait tout de suite carbonisée. Il s’y ajoute que ces lignes pèsent lourd. Le fil entre deux poteaux pèse 500 kilogrammes, si cela tombe sur la tête de quelqu’un, elle est fendue immédiatement. Ces fils peuvent se couper pour cause de vétusté ou par accident ; donc il est préférable de s’en éloigner. Sans compter les radiations électromagnétiques qu’ils dégagent », dit-il.

Opérations de sensibilisation et d’information sans effets
La Senelec a beau sensibiliser sur les risques d’accident et de leurs conséquences fâcheuses, l’occupation anarchique de ses servitudes continue de plus belle. Hier encore et ce pour la cinquième fois depuis 2004, le Directeur général et ses proches collaborateurs, accompagnés de la presse, ont fait le tour de quelques emprises illégalement occupées. Comme à Hann, le couloir de la ligne haute tension de Senelec derrière une minoterie située à Zac Mbao fait l’objet d’une occupation anarchique. Un tiers a construit sous les pylônes un enclos délimité par un long mur. Au grand regret de Serigne Ibrahima Mbaye, chef de division Maintenance de Senelec. « L’emprisonnement de nos ouvrages rend difficile toute intervention efficace de nos agents en cas de panne dans le réseau et c’est la qualité de service qui en souffrira », explique-t-il. La même scène de cohabitation à risque entre lignes haute tension et habitations est également visible sur le nouveau tracé qui part de la centrale de Kounoun. Pourtant, avant la mise en service, en 2014, de ces nouvelles lignes qui desservent d’une part Diass, l’aéroport Aidb, Mbour et d’autre part Cap des Biches, Hann et Sococim, les personnes impactées ont été déguerpies puis dédommagées par une Commission des impenses. Trois ans plus tard, sur la bande de terre qui avait été libérée, commencent à sortir des habitations. Une situation qui irrite le Directeur général de Senelec. « C’est un problème de discipline générale ; il faut des mesures radicales pour éradiquer cette anarchie sinon tout le pays sera exposé. Dakar concentre 90 % de l’exploitation industrielle du Sénégal. Un incident à Dakar peut impacter même les autres pays de la sous-région comme la Mauritanie, le Mali car nous sommes interconnectés », a-t-il martelé. Mouhamadou Makhtar Cissé va même plus loin et assimile l’occupation des emprises de Senelec à une « question de sécurité nationale ».

A l’heure actuelle, un contentieux oppose la société d’électricité à certains occupants qui pensent être dans leur bon droit. Très souvent, les décisions de justice sont en faveur de la société nationale d’électricité, malheureusement, elles ne sont pas suivies d’effet. Pour dissuader ces contrevenants, le Directeur général a sorti une note demandant aux agences de Senelec de ne pas accepter l’abonnement d’une personne ou d’une entreprise installée sur ses servitudes. « Ces gens sont dans l’illégalité, nous ne pouvons pas leur donner de l’électricité et nous invitons la Sénégalaise des eaux à nous suivre dans ce combat pour qu’on puisse assurer la sécurité des Sénégalais », a insisté M. Cissé.

Elhadji Ibrahima THIAM

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