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David Boilat : Le transmetteur

13 Sep 2017
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Il est le premier prêtre sénégalais, le premier directeur africain de l’enseignement au Sénégal, le premier linguiste africain auteur d’une grammaire Wolof. Il est l’auteur des célèbres « Esquisses sénégalaises ». Il a même titillé l’art. L’abbé David Boilat a eu une vie bien remplie. Une vie au service de la postérité.

Le 20 avril 1814 à Saint-Louis du Sénégal, alors occupé par les Anglais, naissait le mulâtre David Boilat. Très tôt orphelin de son père dont la vie offre à voir quelques zones d’ombre, il est le fils de Marie Monté, une mulâtresse née libre. Un acte de notoriété du 7 mai 1827 (les documents d’état civil ayant été emportés par les Anglais à la prise de possession du Sénégal par les Français) renseigne que « le sieur David Boilat dit Baillet est né le 20 avril 1814 de Boilat et de Marie Monté, lesquels étaient nés libres ». L’extrait de naissance du frère aîné de David Boilat donne Pierre Boilat (le père) comme « enseigne de Vaisseau » au service de l’Etat. Par ailleurs dans les « Esquisses sénégalaises », l’abbé Boilat fait allusion à son père en uniforme de la Marine. L’hypothèse la plus vraisemblable est que Pierre Boilat appartenait à un corps d’auxiliaires de la Marine. A cette époque, en raison de la pénurie des cadres, certains officiers de la Marine marchande furent en service dans la « Royale ».

A treize ans, il fait partie d’un groupe de jeunes Sénégalais envoyés en France par la mère Anne-Marie Jahouvey afin de poursuivre leurs études. Il devient le premier prêtre sénégalais, en 1840, et retourne au Sénégal en 1843. David Boilat est le premier directeur africain de l’enseignement au Sénégal et également le fondateur de l’enseignement secondaire. Il est, en outre, le premier linguiste africain auteur d’une grammaire wolof qui, sur le rapport de Prosper Mérimée, obtient, en 1856, le deuxième prix Volney devant le lieutenant-colonel Faidherbe alors gouverneur du Sénégal. Il est le seul Sénégalais à avoir triomphé de ce dernier…il est vrai dans le domaine scientifique et dans un concours semi-confidentiel de l’Institut de France.

Cette figure historique peu célébrée au Sénégal est le premier grand écrivain africain de langue française. En effet, si Félix Darfour (1822), par ses articles de l’« Avertisseur haïtien » (1818-1822), est le premier en date, si Léopold Panet, par sa « Relation de voyage de Saint-Louis à Mogadir » (1850), est le premier Sénégalais, David Boilat, par l’importance de ses « Esquisses sénégalaises », est incontestablement le plus grand. Les 495 pages in quarto de ce livre constituent le premier bilan ethnographique et historique du Sénégal.

Professeur au collège Juilly, Curé de Dampmart puis de Nantouillet, intellectuel africain égaré parmi des prêtres français rustiques, il a eu une destinée exemplaire. Les paroissiens de Nantouillet ont inscrit sur sa tombe ceci : « Ici repose le corps de Pierre de David Boilat, très savant et très vénéré missionnaire apostolique. Il fut pendant 33 ans curé de la paroisse de Nantouillet. Décédé le 19 décembre 1901 à Nantouillet dans sa 88e année et 61e année de Ministère pastoral. De profundis ».  

« Esquisses sénégalaises »
Son ouvrage magistral « Esquisses sénégalaises. Physionomie du pays, peuplades, commerce, religions, passé et avenir, récits et légendes », paru en 1853, a rendu un grand service à la communauté de chercheurs et a contribué à consigner notre mémoire collective. Il comporte des descriptions du Sénégal particulièrement remarquables sur Gorée, Dakar et la République du Cap Vert, Rufisque, les pays sérères, la République de Ndieghem, le royaume de Sine et de Joal, les peuples wolofs, maures, peuls et lawbé. Entre les « Esquisses sénégalaises » de Boilat et la « Notice sur la colonie du Sénégal » de Faidherbe (1868), il y a quinze ans. Dans la description scientifique du Sénégal, Faidherbe est donc dans une certaine mesure le continuateur de Boilat. On peut en dire autant dans le domaine de l’enseignement. L’illustre gouverneur français du Sénégal a été le disciple de Boilat. Il a assuré un développement de l’instruction tel qu’il y avait plus d’un millier d’élèves alors qu’il était gouverneur.

Quant au domaine artistique, David Boilat est le premier peintre sénégalais de quelque importance. Les illustrations de son « Voyage à Joal » mériteraient d’être édictées en cartes postales.

Par Alassane Aliou MBAYE

(Sources : Yvon Bouquillon et Robert Cornevin)

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