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Arancha Gonzales, directerice exécutive du Centre de commerce international : «La digitalisation offre des opportunités à saisir »

30 Nov 2017
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La directrice du Centre de commerce international de Genève, Arancha Gonzales qui a procédé, le 20 novembre dernier, à Dakar, au lancement de trois initiatives destinées à stimuler la compétitivité des micros, petites et moyennes entreprises, estime que le Sénégal a une longueur d’avance sur ses voisins en ce qui concerne le commerce électronique et doit capitaliser cet acquis pour gagner davantage de parts de marché.

Vous avez participé au Forum de la Pme sénégalaise. Que faut-il faire pour booster le secteur des Pme au Sénégal et le rendre attractif ?
La première chose à faire, c’est de comprendre qu’il s’agit d’une question de compétitivité. Cette compétitivité dépend de trois niveaux. Premièrement, la Pme, pour être compétitive, doit investir sur la qualité et l’amélioration de la gestion. Deuxièmement, il faut développer un écosystème avec des institutions d’appui à la Pme sénégalaise qui facilitent, par exemple, l’accès au crédit. Troisièmement, il faut, à travers des mesures réglementaires, favoriser le développement des entreprises. C’est sur ces trois étages (entreprise, écosystème et législation nationale) qu’il faut travailler. Cela permettra aux entreprises d’innover, de se développer et d’accéder à d’autres marchés. Et les technologies de l’information et de la communication, par la digitalisation, offrent des opportunités qu’il faut saisir. Ce sont ces trois dimensions sur lesquelles il faut construire la grille d’amélioration de la compétitivité des Pme sénégalaises. Je me réjouis de voir que le gouvernement travaille sur la question de la Pme et fait de celle-ci une priorité.

Vous avez rencontré des autorités sénégalaises et beaucoup d’acteurs. Comment appréciez-vous le secteur du commerce au Sénégal ?
Le Sénégal a fait d’énormes progrès en matière de commerce. Le pays a beaucoup travaillé pour que ses produits s’exportent bien. Cette politique est à l’honneur du ministre du Commerce et de son équipe. Le Sénégal a également beaucoup travaillé pour accéder au marché sous-régional de l’Uemoa et de la Cedeao. C’est une bonne option. Mais tout ce travail doit être complété par une offre compétitive qui combine à la fois la qualité, le respect des standards sanitaires, phytosanitaires, avec un code barre. Tout cela ne dépend pas seulement du ministère du Commerce mais également du ministère de l’Agriculture, des Infrastructures, de l’Industrie. Et c’est heureux que le Premier ministre qui est le garant de la cohérence de l’action de tous les départements ministériels préside le forum de la Pme sénégalaise. Cela prouve qu’au plus haut niveau de l’Etat, la compétitivité des Pme est prise en compte.

Les acteurs sénégalais sont-ils suffisamment outillés pour aller à la conquête du marché mondial ?
Absolument. J’ai visité moi-même l’entreprise Neurotech qui évolue dans le secteur des services technologiques. Cette société emploie 60 personnes alors qu’il y a 15 ans, ils étaient deux. Ils ont beaucoup évolué et font un chiffre d’affaires de 4 milliards de FCfa. Une partie importante de leurs activités se fait dans l’espace Uemoa. Le Sénégal a une longueur d’avance sur les services par rapport à ses voisins de l’Uemoa. C’est une raison de plus pour capitaliser dans le domaine du digital. Le Centre de commerce international en partenariat avec les Pays-Bas a lancé un programme pour aider les entreprises sénégalaises évoluant dans les technologies de l’information et de la communication à s’internationaliser.

On parle beaucoup de e-commerce. Comment le Sénégal peut-il profiter des opportunités qu’offre le commerce électronique ?
C’est une révolution qu’il ne faudrait pas rater. Le commerce électronique des marchandises représente, aujourd’hui, 13 % du commerce international ; c’est 25 milliards de dollars. Le commerce électronique est le plus adapté aux transactions des consommateurs notamment pour les micros entrepreneurs. Il est adapté à la réalité de l’entreprise sénégalaise. Pour bien profiter de ce commerce, il faut régler la question de l’offre en ayant des produits de qualité. Nous avons beaucoup travaillé au Sénégal dans ce secteur. Nous avons identifié des secteurs dans l’agroalimentaire, dans le cosmétique, dans l’artisanat qui vendent déjà en ligne. Il faut également créer l’infrastructure. Nous avons créé un site électronique de vente en ligne qui s’appelle « Made in Sénégal.Org » réalisé avec l’appui de l’Organisation international de la francophonie (Oif). Nous avons essayé de régler deux problèmes essentiels dans le commerce électronique : le paiement en ligne et les paiements internationaux. Par exemple, quand je retourne en Suisse, je peux acheter en ligne avec mon compte. Nous avons travaillé avec Ecobank en créant un mode de paiement international. La logistique est également importante. Sur ce sujet, nous avons travaillé en partenariat avec Dhl et un acteur au Sénégal. Ensemble, nous avons la solution pour la logistique des marchandises achetées en ligne. Tous les éléments sont en place pour faciliter le commerce électronique. Maintenant, il reste à faire la promotion du «Made in Sénégal». Je vais revenir en mars 2018 pour lancer un programme de startup sur les Technologies de l’information et de la communication pour les jeunes hommes et les jeunes femmes. C’est un moyen pour faire en sorte que nos économies soient plus équitables.

Les acteurs qui sont dans l’export estiment que les normes du commerce international sont très contraignantes. Que pouvez-vous faire pour permettre à ces acteurs d’être à niveau ?
Il faut comprendre que la qualité n’est pas quelque chose imposée par des étrangers aux Sénégalais. La qualité est une demande des classes moyennes et même la classe moyenne sénégalaise demande aussi de la qualité. Quand vous achetez un téléphone, vous ne voulez pas qu’il prenne feu la semaine d’après. Partout dans le monde, on demande de la qualité et cela va s’accentuer dans le futur. C’est un élément de compétitivité et il faut aider la Pme à s’ajuster à ces demandes changeantes de qualité en mettant en place l’infrastructure comme des laboratoires, des centres pour tester les produits à exporter. Les autorités sénégalaises travaillent sur cette question. Il faut aussi des ressources humaines. Par exemple pour la mangue, il y a le label « Mangue du Sénégal ». Nous avons formé des experts qui peuvent, demain, certifier la qualité de la mangue venant du Sénégal de manière à ce qu’elle puisse répondre au cahier des charges de ce label. C’est une démarche-qualité pour plus de valeur ajoutée. La même mangue certifiée label « Mangue du Sénégal » peut avoir un prix supérieur de 20 % à celui de la mangue non certifiée. Il ne faut pas intégrer l’exigence de qualité comme une contrainte, mais comme un critère de performance.

On parle de commerce intra-africain très faible estimé à 15 %. Qu’est-ce qui explique ce faible taux ?
Le commerce transfrontalier est développé, surtout celui informel qui n’est pas recensé. Même si c’est 15 %, il faut travailler sur deux axes : premièrement, sur des infrastructures en désenclavant par les routes, les aéroports, le câblage digital parce que l’économie de demain est une économie numérique et les commandes seront faites via une fibre optique et un satellite. Il faut imaginer l’infrastructure du 21ème siècle. Je constate que du côté des transports aériens, l’offre ne cesse d’augmenter avec de nouveaux acteurs qui arrivent. Une fois qu’on aura connecté le continent par les infrastructures lourdes, il restera les infrastructures légères comme le cadre réglementaire. Il faut harmoniser et simplifier les procédures notamment douanières par la digitalisation ; cela va réduire la marge de corruption. Il faut, deuxièmement, préparer aussi l’entreprise à la conquête du marché sous-régional parce que beaucoup d’entreprises n’ont pas un goût pour partir dans la région.

Entretien réalisé par Oumar KANDE

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