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Macky Sall à l’inauguration de l’Aibd : « C’est le Sénégal qui prend son envol »

08 Déc 2017
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Macky Sall à l’inauguration de l’Aibd : « C’est le Sénégal qui prend son envol » Crédit photo : Présidence de la République du Sénégal

L’Aéroport international Blaise Diagne (Aibd) a été inauguré hier par le chef de l’Etat Macky Sall en présence de ses homologues du Gabon, de la Gambie, de la Guinée-Bissau et du Premier ministre de Sao Tomé-et-Principe.

De la pose de la première pierre, le 4 avril 2007, à l’envol, une décennie s’est écoulée. A l’époque, face aux sceptiques, le président Abdoulaye Wade avait eu ces mots : « Certains diront que c’est un pari fou, mais bientôt, nous retournerons sur nos pas pour inaugurer cet aéroport ». Dix ans plus tard, le destin a voulu que ce soit son Premier ministre d’alors et aujourd’hui son successeur à la magistrature suprême, Macky Sall, qui inaugure cet écrin posé au pied des massifs de Diass.

L’événement qui n’arrive pas souvent a été fêté en grande pompe. C’était l’ambiance des grands jours dans l’enceinte et aux alentours du nouvel aéroport. Sur l’esplanade coincée entre le pavillon présidentiel et l’aérogare pèlerin, les grands chapiteaux installés pour l’occasion n’ont pas pu contenir la nombreuse foule bigarrée qui a fait le déplacement. Diass, Keur Moussa, Pout, Thiès, Mbour, etc., les populations sont venues de partout. En attendant l’arrivée du chef de l’Etat et de ses invités de marque que sont les présidents gabonais Ali Bongo Ondimba, gambien Adama Barro, bissau-guinéen José Mario Vaz et le chef du gouvernement de Sao Tomé-et-Principe, Patrice Trovoada, l’assistance est tenue en haleine par les mélodies de l’Ensemble lyrique du théâtre Daniel Sorano et les prestations de différents artistes.

Arrivés sur les lieux vers 11 heures 20, le président Macky Sall est ses hôtes sont allés directement à l’aérogare passagers ornée de drapelets aux couleurs du Sénégal. Hymne national, coupure de ruban et dévoilement de la plaque inaugurale, puis débute une visite guidée sous la conduite du directeur général de l’aéroport, Xavier Marie.

Sécurité et surêté
Les quatre chefs d’Etat empruntent tout le circuit passager en effectuant toutes les formalités administratives qui mènent jusqu’à l’embarquement comme pour s’assurer que l’aéroport est fonctionnel. Après un détour à la Tour de contrôle, ils rejoignent le lieu de la cérémonie sous les vivats et une forêt de pancartes. Commence alors un ballet aérien avec douze aéronefs dont l’avion présidentiel (Pointe Sarène) qui, comme un symbole, a été le premier appareil à prendre son envol sur la piste. Le chef de l’Etat déclare qu’à travers l’avion présidentiel, « c’est le Sénégal qui prend son envol » en ce 7 décembre, correspondant à la Journée internationale de l’aviation civile. « C’est tout un symbole auquel s’ajoute l’histoire, celle de Blaise Diagne qui appartient à notre patrimoine historique en tant que premier député noir d’Afrique élu à l’Assemblée nationale française en 1914 », a-t-il dit.

« C’est cela qui porte notre vision de Sénégal émergent, il nous faut des infrastructures de qualité qui facilitent leur connectivité nationale et internationale, qui crée des emplois et d’autres activités génératrices de revenus et contribue à la transformation structurelle de l’économie nationale. Ces infrastructures permettront à l’Aibd de jouer pleinement son double rôle de plateforme aérienne internationale et d’instrument de développement conforme à l’équité territoriale et utile à l’économie nationale », a-t-il déclaré. Si l’inauguration de ce nouvel aéroport de classe mondiale est un réel motif de satisfaction pour le président Macky Sall, il n’en demeure pas moins que la question de sa bonne gestion le préoccupe. Il invite à « réfléchir sur nos habitudes et nos attitudes », notamment en ce qui concerne le respect des règles de l’aviation civile. « La sécurité et la sûreté sont deux paramètres irréductibles. D’où les exigences d’organisation, de rigueur, de discipline qui doivent en tous temps et en tous lieux être observées ici. Cette condition n’est pas négociable. Je demeure convaincu qu’il y aura une application rigoureuse de ces normes », a-t-il soutenu.

Par Elhadj Ibrahima THIAM et Ndiol Maka SECK (textes),
Assane SOW (Photos)

HOMMAGE AUX PRÉDÉCESSEURS
Pr Aibd DiscoursConscient que dans la vie d’une nation, il y a des moments symboliques qui ne se reproduisent que rarement, le président Macky Sall a profité de cette occasion pour rendre hommage à tous ses prédécesseurs, notamment à Me Abdoulaye Wade pour qui il a eu des mots aimables dans son discours en Wolof. « Chacun d’eux a apporté sa pierre à la construction de l’œuvre nationale. Notre génération doit se sentir fière et humble de contribuer à l’édification de ce patrimoine commun qui est aussi un legs pour les générations futures », a-t-il dit.

Comme toute œuvre d’infrastructure majeure, complexe et à la pointe du progrès, Macky Sall a rappelé que l’Aibd a vu le jour grâce à une somme d’efforts considérables et d’une ingéniosité technique et financière rompue à toutes épreuves. Cela étant, il estime que cet aéroport n’est pas à lui mais appartient à tous les Sénégalais. « Depuis le lancement des travaux en avril 2007 par le président Abdoulaye Wade à qui il faut rendre hommage, des hommes et des femmes, toutes catégories socioprofessionnelles confondues, ont consacré du temps aux immenses efforts à la réalisation de cet ouvrage », a-t-il dit. Après tant d’efforts, le président Macky Sall estime que le Sénégal est prêt pour le décollage. Un décollage qui, renchérit-il, « s’appuie sur une vision qui donne un cap : celui du Sénégal émergent à l’horizon 2020-2035 ». Le cap ainsi fixé, il a appelé les uns et les autres à « être dans le temps de l’action ». Car, estime-t-il, « dans un monde globalisé, le progrès des nations dépend de leurs capacités à relever le défi de la compétitivité, de la précision et de la vitesse ». C’est ce qui a motivé, selon lui, la construction de l’aéroport et les autres projets majeurs comme le Ter, Ila Touba, l’autoroute Aibd-Thiès et Aibd-Mbour. Sans compter les deux nouveaux ports qui seront construits non loin de là, à savoir le port multifonctionnel de Ndayane avec Dubaï Port World et le port minéralier de Bargny avec Sénégal minéral port dont les travaux ont été lancés le 27 novembre dernier par le Premier ministre.

Par Elhadj Ibrahima THIAM et Ndiol Maka SECK (textes),
Assane SOW (Photos)

LE PAVILLON PRÉSIDENTIEL BAPTISÉ MBADATTE
Le pavillon présidentiel de l’Aibd portera le nom du village de Mbadatte en reconnaissance à l’acte hautement citoyen posé par ses habitants. En effet, les populations de ce village ont accepté de céder leur lieu d’habitation pour la réalisation de travaux d’intérêt public. En baptisant le pavillon présidentiel « Mbadatte », le président Macky Sall a accédé ainsi favorablement à la requête du maire de Keur Moussa, Momar Ciss, qui s’est dit fier d’abriter dans une partie de sa commune ce joyau. « Ce jour est une date qui marquera un tournant décisif dans l’histoire des communes de Diass et de Keur Moussa. L’évènement qui nous réunit aujourd’hui est l’aboutissement de l’engagement d’un homme qui a mis la patrie avant le parti, à savoir le président Macky Sall. Mais connaissant la position stratégique qu’occupe les infrastructures dans notre politique de développement, l’aboutissement de ces travaux n’est nullement une surprise », a-t-il relevé. Il a aussi sollicité que les populations déplacées soient privilégiées dans les recrutements de personnels de l’aéroport.

Pr Bongo AibdA sa suite, le maire de Diass a également témoigné sa reconnaissance au chef de l’Etat pour cette infrastructure érigée en partie sur son territoire communal. « Cet ouvrage va sans aucun doute ouvrir une ère nouvelle. Grace à vous et à vos partenaires M. le président, Diass sera connue et citée du monde entier. Notre commune apparaîtra dans les heures suivantes, si ce n’est déjà fait, sur les écrans des aéroports du monde entier », s’est-il glorifié.

100 MILLIARDS POUR LA RÉFECTION DE CINQ AÉROPORTS RÉGIONAUX
Le président Macky Sall veut redessiner une nouvelle carte du Sénégal concernant les transports aériens. C’est ce qui explique la mise en place d’une compagnie aérienne, Air Sénégal S.A qui va démarrer en début 2018 avec une flotte de deux avions. Cela, en attendant la mise en service de deux appareils Airbus 330 Néo dont la signature du contrat d’achat est prévue dans quelques jours. Il estime qu’avoir des avions est bien, mais disposer d’aérodromes dignes de ce nom où atterrir l’est tout aussi. C’est pourquoi, à côté de la création d’une compagnie nationale, il a été décidé de la rénovation complète de cinq aéroports régionaux : Saint-Louis, Matam, Ziguinchor, Tambacounda et Kédougou. Le financement est déjà bouclé pour un montant de 100 milliards de FCfa et les travaux vont démarrer dès le début de l’année 2018, a assuré le chef de l’Etat. « Le trafic aérien doit revivre, c’est une condition essentielle du Sénégal émergent. Pour ce faire, il nous faut aussi une compagnie aérienne nationale qui vole à la hauteur de notre vision. C’est pourquoi, nous avons créée la compagnie Air Sénégal S.A sur des bases viables tenant compte des réalités et exigences d’un secteur où l’improvisation n’a pas de place », a-t-il déclaré.

Par Elhadj Ibrahima THIAM et Ndiol Maka SECK (textes),
Assane SOW (Photos)

L’ADIE CONNECTE L’AIBD À L’INTRANET
L’Agence de l’Informatique de l’Etat (Adie) accompagne l’Aéroport international Blaise Diagne (Aibd) en terme de connectivité. Grâce à son réseau fibre optique, elle a connecté à l’intranet les administrations présentes sur la plateforme aéroportuaire. Les passagers au départ pourront aussi se connecter gratuitement grâce au réseau Wifi mis en place par l’Adie.

MOUHAMED MOUSSA, DG DE L’ASECNA : « LE SÉNÉGAL, LA VITRINE D’UNE AFRIQUE QUI SE REGARDE AVEC FIERTÉ »
Mohammed Moussa Asecna« Avec cet aéroport, le Sénégal sera sans nul doute la vitrine d’une Afrique qui se redresse et qui se regarde avec fierté », a affirmé Mouhamed Moussa, directeur général de l’Asecna. Selon lui, avec l’édification de cette infrastructure, le président Macky Sall place notre pays au cœur de l’actualité du transport aérien africain et mondial. « L’inauguration d’un aéroport est un évènement très rare sur l’année. Depuis les indépendances, nous avons été habitués à des travaux pour rendre plus beau des ouvrages légués par le temps passé. En admirant ce chef-d’œuvre, j’ai la forte conviction que l’Afrique entend se projeter résolument vers un renouveau », a soutenu le patron de l’Asecna. Pour Mouhamed Moussa, l’Aibd sera incontestablement une porte d’entrée en Afrique et une porte de sortie pour tous les Africains vers d’autres continents, un hub mondial de transport aérien. « Les travailleurs de l’Asecna sont prêts à prendre en charge cet ouvrage avec toute l’efficacité et le professionnalisme requis. L’Agence a pris toutes les dispositions pour assurer le bon fonctionnement de l’Aibd », a-t-il rassuré.

Par Elhadj Ibrahima THIAM et Ndiol Maka SECK (textes),
Assane SOW (Photos)

RETOMBEES ECONOMIQUES : DES DIVIDENDES QUI PROFITERONT À TOUS LES SECTEURS
C’est un secret de polichinelle. L’aéroport de Diass aura un impact économique important dans son environnement immédiat, pour le Sénégal et pour la sous-région. Les villages riverains vont devenir des villes avec les activités qui vont se développer tout autour. Pour s’en convaincre, il suffit de prendre le secteur de l’immobilier à Thiès, indique le gouverneur de Thiès. « La plupart des personnes qui avaient des maisons conventionnées ont préféré résilier leur contrat avec l’Etat pour les louer aux entreprises qui effectuent les travaux de l’aéroport (les Turcs) », note Amadou Sy. Certains hommes d’affaires anticipant sur ce développement économique de la zone ont commencé à investir dans les secteurs du logement, du transport. Idem pour le secteur des transports. Puisque l’aéroport sort de Dakar, la plupart des activités qui étaient menées seront partagées avec les autres villes comme Mbour et Thiès. Les gens qui descendaient à Dakar pourront aller à Mbour et à Thiès ou quitter le jour même de leur vol les régions de l’intérieur comme Diourbel, Kaolack, Louga, Saint-Louis sans rater leur vol avec les infrastructures en construction. L’autoroute Ila Touba est connectée à Aibd à partir du pont de Thiombock, une connexion qui continue sur Thiès, Touba et Saint-Louis. « C’est comme une roue économique qui va tourner et qui va emballer tout le système », estime le gouverneur de Thiès. Dans le secteur du tourisme, un frémissement est noté dans la région de Thiès. Les réceptifs affichent complets, entraînant le sourire des hôteliers et poussant certains à vouloir ouvrir d’autres réceptifs. « En tant que gouverneur de Thiès, je reçois chaque jour des demandes d’ouverture de structures dans la zone de Mbour. Les gens sont en train de transformer la ville en Las Végas », confie Amadou Sy. Autre domaine qui pourra tirer profit de cette infrastructure, c’est l’agriculture surtout la filière horticole. L’aéroport dispose d’une aérogare fret d’une capacité de 50.000 tonnes par an, soit 130 tonnes par jour. Celle-ci possède tous les équipements nécessaires à une prise en charge optimale du fret, comme les détecteurs à rayon X, les chambres froides, les bascules de pesage et les étagères à stockage vertical. Les produits périssables pourront être stockés dans les chambres froides. Des acteurs de l’agriculture pensent qu’avec les productions record d’oignons, cette plateforme pourrait être utilisée comme lieu de stockage du surplus de la production nationale qui sera réinjecté sur le marché pendant les périodes de baisse ou de non production. Ainsi, elle sera un outil de régulation du national. Comme on le voit, l’aéroport de Diass va créer des dividendes qui profiteront à tous les secteurs d’activités et à de nombreux sénégalais.

Mamadou GUEYE

LES TURCS DISPOSÉS À CRÉER UNE ACADÉMIE DE L’AVIATION À AIBD
Aibd AtrLes investisseurs turcs sont prêts à créer une académie de l’aviation à l’Aibd comme ils l’ont fait au Kosovo où ils gèrent aussi un aéroport, selon le Pdg de Summa-Limak.

Les hommes d’affaires turcs sont prêts à créer une académie de l’aviation au sein l’Aéroport international Blaise Diagne de Diass. Le Pdg de Summa-Limak l’a fait savoir, hier, lors de l’inauguration de cette infrastructure. « Nous avons mis en place une académie de l’aviation dans le nouvel aéroport que nous gérons au Kosovo. Nous sommes prêts à réaliser des projets similaires au Sénégal », a indiqué Nihad Ozdemir. Pour lui, les aéroports sont pour un pays des portes qui s’ouvrent sur le monde. Et l’Aibd sera la nouvelle porte dont le Sénégal sera fier. « Nous sommes ravis d’avoir contribué à ce processus et d’avoir pu honorer tous nos engagements et à temps. Nous sommes prêts à faire de nouveaux investissements au Sénégal dans d’autres secteurs d’activités. Nous sommes ici pour apporter de la valeur ajoutée à ce pays », a-t-il déclaré.

Le directeur général Aibd Sa a remercié le chef de l’Etat qui s’est personnellement investi pour que le projet aboutisse. « M. le président, votre implication personnel aura été décisive pour mener à bien ce projet. A votre accession à la magistrature suprême en 2012, le chantier de l’Aibd était à un taux d’exécution de 30 % alors que l’exécution financière approchait les 50%.

L’histoire retiendra que c’est grâce à votre engagement que des solutions innovantes ont été trouvées », a soutenu Abdoulaye Mbodj. A l’en croire, il a fallu remettre les choses à l’endroit, redresser et assainir certaines situations, rationaliser les méthodes et les procédures. Et tout cela a permis de restaurer les relations de confiance avec les partenaires financiers pour redémarrer les travaux en 2013 alors que le chantier était presque à l’arrêt. En 2015, a expliqué M. Mbodj, un nouveau coup d’arrêt a été observé « du fait des réclamations que l’Etat a rejetées à juste titre pour préserver les ressources financières du pays ». Là aussi, a-t-il souligné, c’est grâce à l’implication du chef de l’Etat que cet obstacle a pu être surmonté avec l’accord de sous-traitance signé entre le groupement Summa-Limak et le groupe Saudi Bin Laden. « Cet accord a permis à notre pays de faire une économie de 64 milliards de FCfa et de finaliser les travaux de l’Aibd », s’est félicité le directeur général de l’Aibd Sa. Abdoulaye Mbodj a également remercié tous ses collaborateurs dont « les efforts ont permis de mettre sur pied un aéroport de classe mondiale répondant aux meilleurs standards internationaux. « Sa capacité d’accueil est de 3 millions de passagers par an mais extensible jusqu’à 10 voire 20 millions de passagers. Il est doté d’une piste pouvant accueillir les gros porteurs, d’une aérogare à deux niveaux et d’une aérogare pèlerins avec toutes les facilités requises pour les pèlerins et les accompagnants », a noté M. Mbodj.

LE MINISTRE DES TRANSPORTS AÉRIENS ET LES TRAVAILLEURS DE L’ASECNA INVITÉS À DIALOGUER
Face aux velléités de grève des travailleurs de l’Asecna, le président Macky Sall a demandé au ministre des Transports aériens, Maïmouna Ndoye Seck, a engagé le dialogue pour trouver des réponses aux problèmes qu’ils ont posés. Car, pour le chef de l’Etat, un ouvrage « exceptionnel » comme l’Aibd doit être géré de manière « efficace et apaisée ». Cela dit, Macky Sall a salué le travail abattu par tous les opérateurs qui interviennent sur la plateforme aéroportuaire. Dans ses félicitations, il n’a pas oublié le directeur général d’Aibd S.A et l’ensemble de son équipe, les partenaires techniques et financiers : la Banque islamique de développement et la Banque africaine de développement, entre autres, qui sont restés « fidèles au contrat de confiance qui nous lie depuis des années, nous ont accompagnés de tous temps, y compris durant les moments difficiles notamment ».

Par Elhadj Ibrahima THIAM et Ndiol Maka SECK (textes),
Assane SOW (Photos)

LA BAD ET LA BID SE FÉLICITENT D’UN PROJET QUI VA CHANGER L’ÉCONOMIE DU SÉNÉGAL
La Banque africaine de développement (Bad) et la Banque islamique de développement (Bid) ont joué un rôle crucial dans la matérialisation du projet de l’Aibd qui, de l’avis de Amadou Hott, vice-président de la Bad en charge du secteur de l’énergie, aura des impacts sociaux et économiques certains. Il souligne que le modèle de montage financier du projet est singulier. « C’est le fruit d’une collaboration étroite et féconde entre le Sénégal et ses partenaires techniques et financiers qui ont apporté un financement total de 379 millions d’euros avec la Bid et la Bad avec co-arrangeurs », a-t-dit.

En droite ligne du Pse mais également en cohérence avec les cinq priorités de la Bad, Amadou Hott a rappelé que cette banque accompagne le Sénégal dans la réalisation de ses projets depuis plus de quatre décennies avec un portefeuille de 101 opérations pour un montant global de 1.300 milliards de FCfa. « Les interventions de la Bad au Sénégal se sont traduites par un triplement du portefeuille entre 2016 et 2017. Quatre cent quarante-sept (474) milliards de FCfa ont été mobilisés à ce jour pour le financement du Pse sur la période 2014-2018, soit 120% de notre engagement initial. Le financement de l’Aibd par la Bad, en collaboration avec d’autres partenaires techniques et financiers, répond à une approche intégrée de développement d’infrastructures à la fois structurantes et transformatrices pour le Sénégal », a-t-il relevé.

Bandar Hajjar, président de la Bid, a déclaré que l’Aibd est un aéroport à la pointe de la technologie qui transformera l’industrie aéronautique en Afrique de l’Ouest. «Favoriser la mobilité des personnes est un pilier important de notre cadre stratégique décennal et du programme quinquennal de la Bid. La mise en service de l’Aibd favorisera l’intégration régionale entre les pays africains et le reste du monde. Ce projet contribuera également à renforcer les activités économiques, la création d’emplois et la modernisation de nos villes », a-t-il déclaré. Et M. Hajjar ajoute : « Ce projet change complètement les règles du jeu pour l’économie du Sénégal. C’est une expression éloquente de l’émergence du Sénégal en tant que centre économique en Afrique ». Le président de la Bid a souligné que les relations entre le Sénégal et la banque se renforcent davantage. En effet, 117 projets d’une valeur de 2,5 milliards de dollars ont été approuvés pour le Sénégal depuis son adhésion à la Bid en 1976. Cette banque est le bailleur principal du projet du Train Express Régional (Ter).

Par Elhadj Ibrahima THIAM et Ndiol Maka SECK (textes),
Assane SOW (Photos)

AISSATOU THIOUBOU, DIRECTEUR ENVIRONNEMENTAL ET SOCIAL DE L’AIBD : « DES MESURES PRISES POUR ÉVITER LES OCCUPATIONS IRRÉGULIÈRES »
Aissatou Thioubou AibdBâti sur 4 500 hectares repartis sur la Commune de Diass et celle de Keur Moussa, dans la région de Thiès, l’aéroport international Blaise Diagne est un bijou qui ne manquera de susciter des convoitises. Aïssatou Thioubou liste les mesures prises pour empêcher la spéculation foncière.

Qu’est-ce que prévu pour sécuriser l’assiette foncière et ses emprises pour éviter que ce qui est arrivé à l’aéroport Léopold Sédar Senghor ?
L’Etat en général et les autorités aéroportuaires en particulier sont conscients de la nécessité de sauvegarder l’espace aéroportuaire en évitant les occupations anarchiques. A ce titre, différentes mesures sont prises :

- La construction, par Aibd Sa, d’un mur de clôture des 4 500 hectares. Environ 40 % dudit mur sont déjà réalisés ;

- La délimitation d’une zone de protection de 350 mètres autour du mur de clôture, qui doit être libre de toute occupation ;

- La surveillance continue du domaine aéroportuaire, grâce à une convention signée avec la Dscos. Elle organise régulièrement des patrouilles dans la zone, ce qui a pour effet de décourager les tentatives d’occupation par des promoteurs immobiliers véreux.

Par ailleurs, un Plan de Servitudes Aéronautiques (PSA) a été élaboré et un comité régional de servitudes mis en place par arrêté du gouverneur de la région de Thiès. Enfin, la Direction de l’Urbanisme et de l’Architecture a élaboré le Schéma directeur d’urbanisme et d’aménagement (Sdau) de la zone autour de l’aéroport ainsi que des plans d’urbanisme de détail dont celui de l’aéroport et celui de Diass. C’est pour dire que les mesures sont en train d’être prises et les outils de planification existent et permettent d’éviter les occupations irrégulières.

Quels sont les impacts environnementaux pour un projet de cette envergure ?
Une étude d’impact environnemental et social du projet avait été réalisée. En phase d’exploitation, le gestionnaire de l’aéroport devra surveiller des paramètres tels que le bruit des avions, la qualité de l’air, la production et la gestion les déchets solides et liquides, etc. Il est à noter que dans les cahiers de charge du gestionnaire de l’aéroport, figure la certification ISO 14 001. Cela signifie que ce dernier devra mettre en place les procédures idoines qui lui permettront de maîtriser les impacts négatifs lies à l’exploitation de l’aéroport.

Un volet reboisement est-il prévu ?
Effectivement. En relation avec l’inspection régionale des Eaux et Forets de Thiès, Aibd Sa a reboise 1.200 hectares, pour un montant de plus de 350 millions de FCfa. Le choix pour ces reboisements s’est porte sur les Forêts Classées de Thies et de Bandia et la réserve de Popenguine.

Des mécanismes de compensations sont-ils prévus pour les personnes affectées par le projet ?
Le Plan de réinstallation révisé de 2010 avait permis d’identifier les types de pertes liées aux travaux de construction de l’aéroport et précisé les modes d’indemnisation. Ce qu’il faut retenir, c’est qu’Aibd Sa a privilégié les compensations en nature sur les indemnisations financières. C’est ainsi qu’il faut comprendre l’aménagement d’un site de recasement comprenant 342 logements et tous les équipements socio-collectifs dont une case de santé, une école de 12 classes, un centre socio-collectif, un marché, un complexe sportif, etc.

En outre, tous les bénéficiaires sont affectataires de terres agricoles sur lesquelles Aibd Sa et Anida s’associeront pour ériger une ferme agricole moderne. Tout cela après avoir payé plus d’un milliard de FCfa aux personnes affectées pour pertes d’impenses et de récoltes. Même les femmes qui pratiquaient la cueillette de fruits, racines et feuilles dans la forêt ont été indemnisées pour un montant de plus de 50 millions de FCfa.

Qu’est-ce qui est retenu pour les terres restantes du projet de l’aéroport ?
Pour être en phase avec les objectifs de l’Etat de faire du Sénégal un hub aérien, Aibd Sa a pensé à un faisceau de projets. Il s’agit notamment d’un centre de maintenance aéronautique qui contribuera à attirer les compagnies aériennes chez nous, mais aussi une cité aéroportuaire. L’idée est d’aménager, entre autres, des centres d’affaires, des sièges pour multinationales, des hôtels, etc. Ces investissements favoriseront le développement d’activités extra-aéronautiques et conséquemment la consolidation du pôle de développement économique autour de l’aéroport tel que conceptualisé par l’Etat du Sénégal.

Propos recueillis par Mamadou GUEYE

Last modified on vendredi, 08 décembre 2017 09:20
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