banner home page1

Pour vos insertions, contactez la Régie publicitaire de la SSPP Le Soleil

La première adjointe au maire de Saint-Louis, Aïda Mbaye Dieng, a souligné, jeudi, la nécessité du dialogue et de la concertation pour que l’exploitation pétrogazière puisse répondre aux attentes et intérêts des populations sénégalaises.

Le dialogue et la concertation "sont utiles pour favoriser une bonne exploitation du pétrole et du gaz’’, et pour qu’à travers "une meilleure connaissance des techniques de plaidoyer et de lobbying, les acteurs soient "mieux outillés afin de sensibiliser les décideurs et les compagnies (...) pour la préservation des intérêts des populations". Mme Mbaye intervenait lors de la cérémonie de clôture d’un atelier organisé par l’Association pour la recherche-action, le développement et l’environnement dans le Sahel (Arades), en collaboration avec l’Ong Oxfam et Enda Diapol.

 Cet atelier de renforcement de capacités en hydrocarbures et en réglementation minière, a enregistré la participation de 80 personnes, élus locaux, membres de la société civile et journalistes. Il a ainsi permis de renforcer les capacités des participants qui doivent, à leur tour, porter le plaidoyer afin ’’d’amener les Etats, décideurs et exploitants, à prendre en charge les préoccupations des personnes impactées par ces exploitations gazières et minières’’, a indiqué Abibatou Ba Fall, présidente de l’Association pour la recherche-action, le développement et l’environnement dans le Sahel. Selon Mme Fall, ’’les enjeux et impacts économiques et sociaux des exploitations minières et gazières nécessitent des stratégies et des actions d’information et de sensibilisation, pour que les populations soient bien imprégnées" de ces questions.  Elle signale qu’avec la perspective de l’exploitation pétrogazière, les pêcheurs de Saint-Louis, par exemple, ont "des inquiétudes par rapport à la préservation de leurs activités", raison pour laquelle "on doit les écouter et trouver des alternatives à leurs préoccupations (...)’’.

 En perspective de l’exploitation pétrogazière, annoncée au Sénégal pour 2021-2023, "des fonds de compensation’’ pourraient être mis en place au bénéficie des communautés impactées, a préconisé Abibatou Bâ Fall. Entre 2014 et 2016, d’importantes découvertes de pétrole et de gaz ont été faites au large des eaux sénégalaises et à cheval entre la Mauritanie et le Sénégal.

 En février, le Sénégal et la Mauritanie ont conclu un Accord de coopération internationale (Aci) portant sur l’exploitation du gisement gazier offshore commun "Grand Tortue-Ahmeyim" (Gta) de 450 milliards de mètres cubes à partir de 2021, lequel accord a été approuvé par les députés sénégalais, début juin.  Il permettra ainsi au découvreur américain Kosmos Energy et à la major britannique British petroleum (Bp) de décider, au cours de cette année, le lancement de l’exploitation d’un gisement estimé à 450 milliards de mètres cubes, soit l’équivalent de 14% des réserves de gaz nigérianes. La multinationale pétrolière britannique envisage de faire ses premières livraisons de gaz sur le marché mondial à l’horizon 2021. Le gisement Grand-Tortue, considéré comme l’un des plus importants gisements d’Afrique de l’Ouest, pourrait générer 700 milliards de mètres cubes de gaz, selon la compagnie pétrolière.

 Dans le but de produire ses premières quantités de gaz naturel liquéfié, Bp va installer sa première usine de liquéfaction de gaz naturel - une barge flottante - à la frontière maritime sénégalo-mauritanienne, à huit kilomètres de Saint-Louis.

APS

Dans le transport aérien, la concurrence est très bénéfique pour la croissance du trafic et la baisse du prix des billets d’avion. C’est ce qui pousse Pascal de Izaguirre, Pdg de Corsair, à dénoncer les accords bilatéraux sur l’aérien pour « libérer les entraves aux échanges de passagers et de marchandises ».  

« Trop de pays africains subissent un carcan réglementaire par des accords bilatéraux qui datent de plusieurs décennies. Nous croyons au développement du transport aérien pour libérer les entraves au développement économique à travers des échanges de passagers et de marchandises. Nous sommes ouverts à des accords dits « de ciel ouvert » ». Ainsi plaide Pascal de Izaguirre, Pdg de Corsair qui avait convié à Paris, du 4 au 6 juin, une dizaine de journalistes sénégalais à un voyage de presse. La remise en cause des accords bilatéraux est l’un des axes de la communication offensive de Corsair pour continuer d’exister au Sénégal où la compagnie française exploite 7 vols au départ de Paris pour Dakar par semaine, tout comme à Abidjan.
 
Importance du marché sénégalais
Depuis janvier 2018, la compagnie française dessert Bamako (Mali) deux fois par semaine. Pour Pascal de Izaguirre, l’Afrique souffre, aujourd’hui, de ses accords aériens qui n’existent que sur notre continent. « Beaucoup de pays (africains) ne peuvent pas développer des échanges à cause de ces accords », a-t-il poursuivi. Pour argumenter sa conviction, le Pdg de Corsair donne l’exemple de la présence de sa compagnie sur le tarmac des aéroports sénégalais, ivoirien et malien.

« L’arrivée de Corsair au Sénégal (depuis 1993) a provoqué une explosion du trafic aérien, une chute du prix du billet d’avion et a démocratisé le voyage et le fret. Tui France (dont Corsair est une filiale) est le premier tour operator à envoyer, en nombre, des touristes au Sénégal avec nos installations à Saly ». Le poids du marché français sur l’axe Paris – Dakar  est de 78%, alors que le poids du marché sénégalais est de 22%. Le Sénégal a donc une importance capitale pour Corsair qui, en retour, participe au développement du tourisme au Sénégal, au départ de Paris. Ainsi, l’arrivée de Air Sénégal Sa n’est pas « une mauvaise chose », selon la direction de Corsair. La compagnie aérienne française se dit « prête » à travailler avec la compagnie sénégalaise sans en préciser les contours. C’est une collaboration qui pourrait porter sur le marché intérieur sénégalais. L’Afrique a besoin de « libérer les énergies », « d’abolir les frontières », de « faire tomber les barrières » pour favoriser le développement du transport aérien. Une vision que Pascal de Izaguirre va certainement défendre lors de sa communication au forum « Africa Convergence » qui se tiendra à Dakar du 21 au 22 juin prochain. Corsair, c’est 470 millions d’euros de chiffre d’affaires pour 1,2 million de passagers et 17 000 tonnes de fret transportés par an.

Moussa DIOP, envoyé spécial à Paris (France)

La localité de Sinthiou Mbadane Peulh, dans le département de Mbour, a abrité, mardi, la cérémonie de lancement de son projet orange énergie. Une trouvaille du Groupe Sonatel pour l’électrification des zones rurales du pays à travers l’équipement des foyers en kits solaires qui vont permettre de faire face aux besoins primaires en énergie.

Dans le combat pour la couverture nationale en énergie, le Groupe Sonatel vient apporter sa contribution. Il a lancé, mardi, à Sinthiou Mbadane Peulh, orange énergie pour combler le déficit énergétique du pays. Conscient du potentiel des énergies renouvelables et souhaitant contribuer aux ambitions de souveraineté énergétique du Sénégal, le Groupe de téléphonie investit ainsi les localités rurales. Ce, à travers la mise à disposition d’un kit comprenant un panneau solaire relié à une batterie permettant l’alimentation d’équipements comme les lampes Led, les chargeurs de téléphones, des postes radios et un téléviseur. Pour le directeur général de Sonatel, Sékou Dramé, il s’agit de venir en appoint à l’Etat du Sénégal, dans ses efforts pour une couverture totale du pays. « Quand on regarde le potentiel énergétique du pays et la technologie ayant beaucoup évolué, on a aujourd’hui une réelle opportunité d’apporter cette technologie aux populations et contribuer ainsi à l’accès à la souveraineté énergétique du pays », a-t-il estimé. M. Dramé ajoute que c’est un projet pilote que Sonatel déroule dans un premier temps dans les départements de Mbour et Fatick pour voir comment les populations vont réagir à cette offre. « Et si le projet est concluant, nous envisageons une mise à l’échelle ».

Pour cette première phase, il renseigne que 1.000 kits sont disponibles et seront commercialisés dans ces deux localités. « Nous envisageons une période pilote de trois à six mois dépendamment des résultats que nous aurons. Et d’ici à la fin de l’année, notre objectif est d’être en situation de lancer l’offre sur toute l’étendue du territoire si les conditions le permettent ». Ainsi donc à travers ce projet de commercialisation de kits solaires, le groupe cherche non seulement à proposer des solutions simples et accessibles, mais aussi à participer à l’amélioration des conditions de vie des populations en satisfaisant leurs besoins de base comme l’éclairage ; ce qui entre en droite ligne avec les orientations définies par le Pse.

Orange énergie permettra, selon ses initiateurs, à travers deux options de kits solaires, de donner accès à chaque foyer à des équipements pour s’éclairer, recharger son téléphone et regarder la télévision. Et pour démocratiser l’accès à ces kits solaires au monde rural, nous proposons un mode de paiement par tempérament qui offre aux clients de rembourser les kits sur trois ans et pour moins de 200 FCfa par jour sur une durée de 36 mois. Une méthode qui a fait ses preuves en Afrique de l’Est notamment au Kenya, en Ouganda mais encore au Rwanda et à travers laquelle Sonatel veut réaffirmer son double engagement aux côtés de l’Etat du Sénégal pour renforcer l’inclusion financière des populations et l’accès à l’électricité qui constituent des axes prioritaires du Pse.

Amath Sigui Ndiaye

La représentation de l’Agence française de développement (Afd) au Sénégal a fait le bilan de ses activités pour 2017. Selon sa directrice, Laurence Hart, au cours de cette année, l’institution a financé 13 projets pour un montant de 214 millions d’euros, soit environ 140 milliards de FCfa.

La directrice du bureau de l’Agence française de développement (Afd) au Sénégal a présenté, hier, le bilan de ses activités pour 2017. Selon Laurence Hart, au cours de cette année, la structure a financé 13 projets pour un montant global de 214 millions d’euros, soit près de 140 milliards de FCfa. Elle rencontrait la presse en compagnie de Philippe Chedanne, directeur régional grand Sahel de l’Afd. « Le Sénégal est un pays prioritaire pour l’Afd. C’est pourquoi, nous mobilisons toute notre gamme de financement», a expliqué Mme Hart. Il s’agit de financements variés dont 140 millions d’euros en prêt souverain ; 54 millions d’euros de fonds délégués et 20 millions d’euros pour le secteur privé. Pour les projets financés, poursuit la directrice du bureau de l’Afd, le secteur de l’agriculture est bien pris en compte (32 millions d’euros pour le projet Apefam et 47 millions d’euros pour celui de Tiers Sud). Le secteur de l’eau et de l’assainissement n’a pas été en reste. Dans cette rubrique, l’Afd a mobilisé 41 millions d’euros pour l’aide budgétaire sectorielle eau, 15 millions d’euros pour la lutte contre les inondations et 0,6 million d’euros pour l’hydraulique dans la région de Matam. Les financements de l’Afd ont également touchés les énergies renouvelables, dont 51,65 millions d’euros ont été destinés au projet Smartgrids. Il y a également la diaspora sénégalaise avec un financement de 11,35 millions d’euros. Laurence Hart a, en outre, précisé que l’Afd a, depuis 2007, engagé un volume d’investissement de 1,6 milliard d’euros au Sénégal. Actuellement, l’Afd exécute 47 projets pour 69 conventions de financement dans notre pays.
 
1,6 milliard d’euros en dix ans
Concernant le financement du Pse, sur un engagement de 400 millions d’euros pris par l’Afd au Groupe consultatif de Paris en 2014, elle renseigne qu’à la date du 31 décembre dernier, le montant est évalué à 700 millions d’euros.

Pour 2018, l’Afd se lance dans un fort engagement en faveur de l’éducation notamment en soutenant les efforts du gouvernement dans le Partenariat mondial pour l’éducation dont la dernière conférence s’est tenue en février dernier à Dakar. Les autres priorités de l’institution au Sénégal pour cette année concernent également la décentralisation, la lutte contre l’érosion côtière à Saint-Louis, la baie de Hann.

Mme Hart a indiqué qu’en 2017, l’Afd a franchi le cap de 10 milliards d’euros d’engagements dans le monde. « En 2017, on a noté une progression de nos activités avec 10,4 milliards d’euros d’engagements dans le monde. C’est un seuil important. Nous voulons le porter à 12 milliards d’euros en 2020 », a-t-elle dit.

Pour le Sahel, l’Afd, informe son directeur régional, a mobilisé au cours des dix dernières années, 4 milliards d’euros dont 1,6 milliard d’euros pour le Sénégal. Selon Philippe Chedanne, au cours de cette période, près de 700 conventions de financement ont été signées.

Aliou KANDE

Après une mise en œuvre de la première phase du Projet régional des pêches en Afrique de l’Ouest (Prao), le Sénégal prépare activement la deuxième. Un atelier de partage des documents sur l’évaluation environnementale et sociale du projet a été organisé, hier, en présence de tous les acteurs.

Le Sénégal prépare le lancement de la deuxième phase du Projet régional des pêches en Afrique de l’Ouest (Prao). Les différentes parties prenantes dans la mise en œuvre du projet ont pris part, hier, à la direction des pêches maritimes à un atelier de partage des documents sur l’évaluation environnementale et sociale du projet. Cette étape, selon les acteurs, est indispensable avant l’approbation du projet par la Banque mondiale. Le consultant commis à cet effet a présenté aux acteurs de la chaine le cadre de gestion environnementale et sociale, le cadre politique de réinstallation et le cadre fonctionnel du projet.

L’étude sur le cadre de gestion environnementale et sociale indique que ce projet, dont les principales zones d’intervention sont Dakar, Ziguinchor et Saint-Louis, va permettre « d’améliorer durablement la gestion et la conservation des ressources halieutiques du pays ». « Le projet, à travers une approche inclusive, va allier à la fois les exigences de protection et de conservation des ressources et celles d’amélioration des revenus des communautés et des acteurs concernés, grâce à la mise en application de bonnes pratiques de gestion et de gouvernance responsable », mentionne le consultant dans son rapport. Toujours sur le plan environnemental, l’étude souligne qu’il y a des « impacts positifs potentiels » grâce à la mise en œuvre de « mesures de conservation et de surveillance des écosystèmes ». Ce qui va permettre d’obtenir, dans ces sites d’intervention, un « rétablissement de la productivité biologique » et une « amélioration de la biodiversité ».

La deuxième phase du Projet régional des pêches en Afrique de l’Ouest (Prao) s’accompagne d’une construction d’infrastructures de pêche modernes. Cependant, même si ces édifices auront des impacts positifs certains en permettant d’améliorer les moyens de subsistance des groupes vulnérables et de rendre plus compétitif le secteur, il n’en demeure pas moins que ces potentiels infrastructures peuvent entrainer des risques environnementaux et sociaux. D’après le rapport d’étude d’impact, l’installation des chantiers et la libération des emprises nécessitent un « défrichement du couvert végétal et pourraient également engendrer différents conflits et des nuisances éventuelles ».

En outre, l’étude a dénombré environ 1020 personnes (physiques et morales) affectées par le projet. Toutefois, elle précise que « ces chiffres sont donnés à titre indicatif ». « Un recensement et une étude socioéconomique spécifique seront nécessaires pour déterminer le nombre précis de personnes affectées, lors de l’élaboration des plans d’actions de réinstallation », indique le rapport. En plus, le document rapporte que la deuxième phase du Projet régional des pêches en Afrique de l’Ouest, dans sa mise en œuvre au Sénégal, va affecter des structures et aménagements mis en place dans les sites de débarquements par les acteurs de la pêche artisanale. Les principaux concernés seront surtout les femmes vendeuses et transformatrices de poissons, les réparateurs de pirogues et de moteurs, présage le rapport.

Aliou Ngamby NDIAYE

TROIS QUESTIONS A MARIAMA DALANDA BARRY, COORDONNATEUR NATIONAL DU PRAO : « LE MEILLEUR MOYEN DE GÉRER LA RESSOURCE, C’EST D’ASSOCIER LES ACTEURS »
Le Coordonnateur national du Projet régional des pêches en Afrique de l’Ouest (Prao), Mariama Dalanda Barry, dans cet entretien, tire un bilan de la première phase du Prao qui s’est déroulée de 2010 à 2016. Elle revient, en même temps, sur l’intérêt de la cogestion pour mieux préserver la ressource halieutique.

Quels enseignements peut-on tirer des documents de sauvegarde environnementale et sociale qui viennent d’être partagés au cours de cette rencontre ?
Ce qu’il faut dire est que les questions de sauvegarde environnementale et sociale sont devenues primordiales pour la Banque mondiale. Aucun projet ne peut être financé, aujourd’hui, par cette institution sans avoir fait l’objet d’une évaluation environnementale et sociale. L’objectif est de voir tous les impacts négatifs que pourrait avoir la mise en œuvre du projet. Tout cela est pris en compte avant la mise en œuvre. C’est un projet de développement et un projet de développement n’est pas là pour appauvrir les populations. Si le projet peut avoir des impacts négatifs aussi bien sur les personnes que sur l’environnement, il faut que tous ces éléments soient pris en compte. C’est quelque chose qu’on ne faisait pas avant, mais de plus en plus, c’est une obligation aussi bien au niveau du Sénégal qu’au niveau de la Banque mondiale.

Quels sont les différents sites de pêche qui ont été retenus pour la deuxième phase ?
La première phase était essentiellement la Petite Côte, Fatick et Dakar. Maintenant, on a conservé la Petite Côte, mais on a essayé d’aller vers le Nord avec un site à Fass Boye, dans le Sud avec un site à Kafountine. Il y a des sites de cogestion bien particuliers au Nord et à Dakar qui intéressent les acteurs. Il y a surtout des activités qui ont une dimension nationale comme les plans d’aménagement.

Pourquoi avez-vous jugé nécessaire d’élargir les sites d’intervention du Prao pendant cette deuxième phase ?
Le Sénégal compte plus de 200 sites de débarquements. Si l’on n’associe pas tous les acteurs à la mise en œuvre, l’Etat, à lui seul, malgré toute sa volonté, n’a pas tous les moyens pour couvrir toutes ces zones. On ne peut pas mettre des policiers dans chacun de ces sites. Le meilleur moyen de gérer la ressource, c’est d’associer les acteurs. Il faudra donc qu’ils se sentent concernés et qu’ils s’approprient le principe de l’obligation de gérer la ressource, mais avec l’appui de l’Etat. Si l’on veut gérer la ressource, surtout pour la pêche artisanale, il faut aller au niveau le plus bas. L’administration des pêches, représentée par les postes de contrôle, travaillent en étroite collaboration avec les acteurs des sites. Cette expérience, pendant la première phase, a montré que quand on mettait les moyens et qu’on accompagnait les acteurs, ils étaient capables de faire des choses extraordinaires. L’idéal serait de l’étendre sur tout le littoral sénégalais.

Recueillis par A. Ng. NDIAYE

Le Coordonnateur national du Projet régional des pêches en Afrique de l’Ouest (Prao), Mariama Dalanda Barry, dans cet entretien, tire un bilan de la première phase du Prao qui s’est déroulée de 2010 à 2016. Elle revient, en même temps, sur l’intérêt de la cogestion pour mieux préserver la ressource halieutique.

Quels enseignements peut-on tirer des documents de sauvegarde environnementale et sociale qui viennent d’être partagés au cours de cette rencontre ?
Ce qu’il faut dire est que les questions de sauvegarde environnementale et sociale sont devenues primordiales pour la Banque mondiale. Aucun projet ne peut être financé, aujourd’hui, par cette institution sans avoir fait l’objet d’une évaluation environnementale et sociale. L’objectif est de voir tous les impacts négatifs que pourrait avoir la mise en œuvre du projet. Tout cela est pris en compte avant la mise en œuvre. C’est un projet de développement et un projet de développement n’est pas là pour appauvrir les populations. Si le projet peut avoir des impacts négatifs aussi bien sur les personnes que sur l’environnement, il faut que tous ces éléments soient pris en compte. C’est quelque chose qu’on ne faisait pas avant, mais de plus en plus, c’est une obligation aussi bien au niveau du Sénégal qu’au niveau de la Banque mondiale.

Quels sont les différents sites de pêche qui ont été retenus pour la deuxième phase ?
La première phase était essentiellement la Petite Côte, Fatick et Dakar. Maintenant, on a conservé la Petite Côte, mais on a essayé d’aller vers le Nord avec un site à Fass Boye, dans le Sud avec un site à Kafountine. Il y a des sites de cogestion bien particuliers au Nord et à Dakar qui intéressent les acteurs. Il y a surtout des activités qui ont une dimension nationale comme les plans d’aménagement.

Pourquoi avez-vous jugé nécessaire d’élargir les sites d’intervention du Prao pendant cette deuxième phase ?
Le Sénégal compte plus de 200 sites de débarquements. Si l’on n’associe pas tous les acteurs à la mise en œuvre, l’Etat, à lui seul, malgré toute sa volonté, n’a pas tous les moyens pour couvrir toutes ces zones. On ne peut pas mettre des policiers dans chacun de ces sites. Le meilleur moyen de gérer la ressource, c’est d’associer les acteurs. Il faudra donc qu’ils se sentent concernés et qu’ils s’approprient le principe de l’obligation de gérer la ressource, mais avec l’appui de l’Etat. Si l’on veut gérer la ressource, surtout pour la pêche artisanale, il faut aller au niveau le plus bas.

L’administration des pêches, représentée par les postes de contrôle, travaillent en étroite collaboration avec les acteurs des sites. Cette expérience, pendant la première phase, a montré que quand on mettait les moyens et qu’on accompagnait les acteurs, ils étaient capables de faire des choses extraordinaires. L’idéal serait de l’étendre sur tout le littoral sénégalais.

Recueillis par A. Ng. NDIAYE

Pour sa première opération de titrisation à la Brvm, la Cofina, spécialisée dans le financement des Pme, a réussi à lever 16 milliards de FCfa, soit une souscription de 60%. L’institution sollicitait du marché financier régional 10 milliards.

La Compagnie financière africaine (Cofina) a réussi sa première opération de titrisation à la Bourse régionale des valeurs mobilières (Brvm) en levant plus de 16 milliards de FCfa, soit une souscription de 60 %, selon un communiqué en date du 13 juin. Cofina sollicitait le marché boursier régional pour un montant de 10 milliards de FCfa.

Les fonds collectés proviennent de souscripteurs résidant dans différents pays tels que le Burkina Faso, le Mali, la Côte d’Ivoire, le Togo, le Gabon, le Maroc mais aussi l’Allemagne, les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la Suisse. La bonne réponse du marché financier est accueilli comme « un fort intérêt des investisseurs » à l’égard de cette institution de mésofinance (chaînon de la finance située entre la micro finance et les banques traditionnelles).

« Le franc succès de cette opération est bien la preuve que les investisseurs voient en Cofina et dans le secteur de la mésofinance un potentiel encore sous-exploité. Les personnes morales, constituées de compagnies d’assurance majoritairement, représentent 84 % des souscripteurs, signe indiscutable que nous avons la confiance de nos pairs et de nos partenaires. L’argent collecté sera réinvesti dans l’économie réelle pour accompagner les petites et moyennes entreprises à se structurer dans nos pays de la sous-région », a déclaré Jean-Luc Konan, Pdg de Cofina. Fondé en 2013, l’institution de mésofinance s’est donnée comme mission d’accorder des crédits aux Pme qui constituent 90 % des entreprises d’Afrique, mais qui sont confrontées à des difficultés d’accès au financement. Cofina gère un portefeuille de plus de 108.000 clients répartis sur six filiales, elle est présente au Sénégal, en Côte d’Ivoire, en Guinée, au Mali, au Congo et au Gabon. Son total bilan est de 96 milliards de FCfa.

Malick CISS

La Banque africaine de développement (Bad) lancera, le 20 juin prochain, à Port-Louis, la capitale mauricienne, un rapport phare intitulé « Indice 2018 de réglementation de l’électricité (Ire) ».

Dans un communiqué reçu à notre rédaction, l’institution renseigne que c’est un outil spécial qui mesure le niveau de développement des cadres réglementaires dans les pays africains et analyse leur impact sur les performances dans les secteurs de l’électricité sur le continent. L’Ire, précise-t-on, sera lancé en marge du Forum africain sur l’énergie qui aura lieu du 19 au 22 juin prochain à Port- Louis. Il a été établi à partir d’informations recueillies auprès d’organismes régulateurs du secteur de l’électricité et de compagnies d’électricité de 15 pays africains. Grâce à son initiative «New Deal pour l’énergie en l’Afrique », la Bad s’est donnée pour objectif d’atteindre, d’ici à 2025, l’accès universel à l’électricité sur le continent.  Pour y parvenir, elle souligne que des investissements privés importants, dans les secteurs de l’énergie et de l’électricité des pays africains, seront nécessaires. «Un cadre réglementaire solide dans le secteur de l’électricité fondé sur l’état de droit et régi de manière transparente et efficace sera indispensable pour mobiliser les financements de première importance », lit-on dans le document. En outre, poursuit la Bad, une évaluation périodique des organismes régulateurs telle qu’elle est menée dans de nombreux pays développés permettra de détecter, de manière précoce, d’éventuels problèmes et lacunes, et d’y remédier rapidement.

Aliou KANDE

Selon le président du Conseil régional de l’épargne publique et du marché financier (Crepmf), Mamadou Ndiaye, un Etat gagnerait plus à solliciter le marché financier parfois que de puiser dans ses ressources propres pour financer un projet de développement. Aussi, ajoute-t-il dans cet entretien, le fait pour un pays de solliciter le marché financier international avec succès montre que le pays émetteur est de bonne qualité, estime-t-il, pour relativiser une certaine idée selon laquelle des pays africains comme le Sénégal qui sollicitent le marché, s’endettent à un rythme inquiétant.

Le Crepmf était à Dakar du 04 au 05 juin 2018. Quel était l’objet de votre présence à Dakar ?
L’objet principal de notre séjour à Dakar était la tenue de la 75eme session ordinaire de notre organe. En marge de cette session, nous avons organisé une journée de sensibilisation et d’information sur le marché financier régional. Le Crepmf a saisi l’occasion de sa présence à Dakar pour s’entretenir, avec les étudiants du Cesag, des universités et grandes écoles de commerce sur l’organisation, le fonctionnement et les opportunités qu’offre le marché financier régional. Cette démarche s’inscrit dans la stratégie de sensibilisation visant l’amélioration de la culture financière dans la zone. Cette cible constitue un important relais dans ce processus. En effet, les étudiants de ces établissements constituent les futurs cadres, dirigeants, opérateurs économiques et potentiels investisseurs. A cet égard, je me réjouis de la forte mobilisation constatée durant cette journée de sensibilisation et d’information.

Au cours de ladite session, le Crepmf a examiné une trentaine de dossiers. Il faut noter que nous sommes dans un processus de réforme qui implique la mise à jour de certains textes internes régissant le fonctionnement de l’organe. Concernant les activités du marché financier régional, nous avons examiné et délivré des agréments à de nouveaux acteurs et autorisé de nouvelles opérations de levées de ressources sur ledit marché. En outre, le Crepmf a examiné d’autres dossiers relatifs à certains chantiers de reformes qui devraient contribuer à l’approfondissement et à l’attractivité du marché ainsi qu’à la protection des épargnants.

Comment remplissez-vous votre rôle de gendarme du marché financier ?
Cette mission peut être perçue sous trois angles. D’abord, il y a l’habilitation des acteurs du marché. En sa qualité de régulateur du marché financier régional, le Crepmf agrée les structures centrales du marché, les intervenants commerciaux. Il approuve également les commissaires aux comptes, les agences de notation et les garants. Il a un rôle de contrôle. A ce titre, le Crepmf dispose d’un pouvoir de contrôle et de sanctions pouvant aller d’une mesure administrative à une sanction pécuniaire ou disciplinaire.

Les missions d’inspection et de contrôle effectuées par les services du secrétariat général du Crepmf et le respect par les acteurs des règles déontologiques des acteurs du marché financier régional contribuent à assurer une certaine éthique au sein de notre marché. En outre, la mise en place des mécanismes de protection des épargnants et d’éducation financière contribuent à renforcer la confiance à notre marché. Le Crepmf assure enfin la gestion des contentieux. En vertu de sa mission de protection de l’épargne et de règlementation du marché financier régional, il dispose d’un cadre de saisine de ses services.

Au-delà des intervenants du marché, les épargnants (personnes physiques ou morales) sont également habilités à saisir le Crepmf, sur son site web ou par tous les autres moyens ou supports, pour toutes plaintes ou réclamations. Les recours reçus par les services du secrétariat général portent essentiellement sur des litiges entre intervenants commerciaux à l’occasion du dénouement d’opérations financières ; entre clients et société de gestion à l’occasion de transfert de titres ou d’événements sur valeurs ; entre clients et société de gestion collective sur la valorisation des portefeuilles ; entre les sociétés de gestion et les structures centrales. Ce qu’il faut retenir c’est que le Conseil régional a des pouvoirs étendus : un pouvoir de contrôle étendu (le secret professionnel peut être opposé au Crepmf), un pouvoir d’information (on ne peut pas nous opposer le secret professionnel), et un pouvoir de sanction. Tout cela est encadré par les textes avec des procédures et des possibilités de recours pour ceux qui sont sanctionnés.

Quelles sont les conséquences sur le marché financier de la faible culture boursière des pays de l’Uemoa ?
Mamadou Ndiaye Crepmf 2C’est un point sensible qui a motivé, en marge de nos travaux de la 75ème session, notre conférence avec les étudiants des écoles de commerce à Dakar. Pour que le marché puisse se développer, il faut des agents économiques qui ont cette culture boursière et qui sollicitent le marché pour faire des placements de leur épargne ou pour mobiliser des ressources. Le marché est le lieu de rencontre des offreurs et des demandeurs de ressources. Si ceux qui détiennent des épargnes n’ont pas cette culture boursière, le marché ne pourra pas aller très loin. Nous nous attelons à promouvoir la culture boursière. Cela se gère dans le temps, ce sont des habitudes, des comportements à avoir dès le bas-âge.

Quel est le potentiel du marché financier de l’Uemoa ?
En termes de mobilisation de l’épargne, qui est un des enjeux qui tenait à cœur les pères fondateurs de ce marché public, c’était d’abord de mobiliser l’épargne intérieur et plus tard l’épargne extérieur et la mettre à la disposition de l’économie. On peut mobiliser davantage d’épargne publique, mais pour cela, il faut proposer des produits attractifs. Seulement, cela demande des acteurs dynamiques qui ont des projets, des innovations financières. Nous, nous réglementons. Les principaux bénéficiaires du marché, ce sont les Etats ou émetteurs. Il y a des entreprises cotées mais l’essentiel des ressources est sollicité par l’Etat. Nous devons élargir notre base d’investisseurs mais aussi celle de ceux qui viennent solliciter le marché.

Récemment, la Senelec est venue solliciter le marché pour un peu plus de 30 milliards de FCfa pour financer un programme d’investissement. Si vous avez cette forme de besoin financier, vous pouvez solliciter le marché. Le potentiel du marché est insuffisamment jeune ; il a été créé en 1998. Au début, il y avait quelques balbutiements mais aujourd’hui, notre marché commence à vivre. Il y a beaucoup d’opportunités à saisir en termes de placements et de levées de ressources. Depuis ces deux dernières années, nous sentons un frémissement ; ce sont de nouveaux acteurs qui viennent. Nous sommes l’organe qui réglemente et qui donne des agréments aux acteurs.

Ces trois dernières années, nous avons eu 20 nouveaux acteurs agréés annuellement sous forme de Sgi (Société de gestion et d’intermédiation) ou de société de gestion de patrimoine ou les apporteurs d’affaires. Le marché est un écosystème où vous avez plusieurs catégories d’acteurs. Nous sommes aujourd’hui submergés par le nombre de demandes d’agréments. C’est un signe qui montre que le marché est très dynamique. Si nous parvenons à mettre en œuvre les réformes décidées par les ministres en mars 2016, cela approfondirait le marché en termes de montants à lever, d’acteurs, de nouveaux produits. Il y a une bourse où on peut acheter ou vendre (des titres) et reprendre sa trésorerie. Ainsi, on peut avoir des titres attractifs.

Par exemple, on n’a pas exploité suffisamment les soukouks, cela montre qu’on peut capter plus de ressources. Tous nos Etats sont engagés dans un processus de financement de leurs infrastructures. La participation des banques à ce financement n’est pas suffisante, car elles financent beaucoup plus les besoins à court terme. Le marché financier est plus indiqué si vous voulez financer des autoroutes par exemple avec des ressources à rembourser sur 5 à 10 ans.

Justement, il y a le problème des ressources longues indispensables au financement de nos économies. Est-ce ce parce que le marché régional est incapable de satisfaire les besoins de nos Etats en ressources longues pour financer le développement, qu’ils recourent au marché financier international à travers des émissions d’eurobonds ?
C’est une question intéressante. Mais tous les Etats utilisent divers types de financement. La nature du financement dépend de la nature du besoin. Pour certains investissements, il faut des ressources adaptées. Nous avons le marché financier, les banques, les institutions de micro finance. Les Etats ou les entreprises qui veulent lever des fonds ont la latitude de solliciter n’importe lequel de ces sources de financement. Généralement, les besoins des Etats sont importants, alors ils sollicitent le marché régional. Nous avons l’Agence Umoa Titres qui accompagne les Etats qui sollicitent le marché régional (bons du trésor, obligations du trésor).

Mais c’est souvent des ressources courtes…
Oui, les bons du trésor, c’est souvent sur deux ans, ce sont des ressources courtes. Mais certains Etats ont levé des ressources longues comme des obligations du trésor sur plus de deux ans, cinq, sept ans. Cela dépend du besoin à couvrir. Les Etats, parfois, sollicitent le marché parce que c’est justifié. Vous avez besoin, par exemple, de 100 milliards de FCfa, vous faites un arbitrage (sur le type de produit financier). Ce n’est pas que le marché régional qui ne peut pas absorber la demande tout de suite, il y a des contraintes de coûts à respecter. Quand on emprunte, on souhaite le faire au coût le plus faible. Si vous avez des conditions très avantageuses sur le marché international, la logique économique n’admettrait pas que vous laissiez des sources de financement nettement moins chères pour privilégier votre marché.

Les Etats empruntent auprès des banques, sur le marché régional et sur le marché international. Il n’est pas donné à tous les Etats de s’adresser au marché international, parce qu’il y a des critères. Il faut être transparent, avoir des règles de bonne gouvernance, une bonne signature, de bonnes performances économiques pour solliciter le marché financier international parce que, là-bas, ce sont des gens qui ne vous connaissent pas. Si vous voulez lancer un eurobond, assurez-vous de respecter tous les préalables. Ceux qui achètent les titres de l’Etat burkinabé ou béninois, sont des banques qui se trouvent par exemple aux Etats-Unis ou à Londres. Elles cherchent à fructifier leurs ressources, donc elles vont les investir sur la base de ces critères de sécurité, de rentabilité, de liquidité.

Quand un Etat veut aller sur le marché financier, il y a toujours une agence de notation qui présente sa carte d’identité (performances économiques, risques politiques, fondamentaux). Il faut s’assurer que le coût de cet endettement ne sera pas prohibitif. Lever 1.200 milliards de FCfa comme le Sénégal l’a fait dernièrement, ce n’est pas notre marché qui pourra répondre. Il y a la nature des ressources, la maturité (durée de remboursement), le taux et les autres conditionnalités. Tout cela est à intégrer dans la prise de décision. Le fait de solliciter le marché étranger avec succès est un autre signal, cela montre que les émetteurs sont de bonne qualité.

Les levées de fonds à l’international étant libellées en devises fortes telles que le dollar, n’y a-t-il pas un risque de change en retour ?
Si l’on émet dans l’Union (marché de l’Uemoa), l’avantage c’est que c’est en franc Cfa, la monnaie locale. Il n’y a donc pas de risque de change. Là, je suis tout à fait d’accord. Si vous vous ouvrez au marché financier international, il y a des risques de change à gérer. Mais tous les émetteurs qui empruntent dans une monnaie qui n’est pas la leur, s’exposent à ce risque de change.

Il y a des instruments appropriés pour couvrir le risque de change. Un risque se gère, l’essentiel est de le minimiser pour ne pas avoir à payer un coût supplémentaire. Le risque de change est inhérent à tous les marchés financiers.

La Bourse régionale des valeurs mobilières (Brvm), c’est seulement 45 sociétés cotées et 41 lignes obligataires pour huit pays. Comment comptez-vous pousser les entreprises à aller à la bourse ?
C’est un point extrêmement important. Le nombre de valeurs cotées est très faible. Mais il y a eu quand même une évolution ces quatre dernières années. Au début, les choses ont beaucoup trainé. La Brvm est une bourse régionale commune à huit pays, mais elle a démarré sur une base nationale, c’était la Bourse d’Abidjan avec des valeurs ivoiriennes. C’est pourquoi, il y a cette prédominance des titres ivoiriens, au-delà du fait que la Côte d’Ivoire est l’économie la plus puissante de l’Uemoa. Puisque nous sommes dans un espace communautaire, les Etats ont décidé de profiter de cet espace en le transformant en bourse régionale commune aux huit pays.

Quand on l’a ouverte aux autres pays, toute entreprise qui respecte les critères d’accès peut y intervenir, comme la Sonatel et Eti (Ecobank transnational incorporated) qui constituent des valeurs phares de la Brvm. Ces dernières années, les banques commencent à se positionner à la bourse. Sur les 45 entreprises cotées, 12 sont des banques comme Boa. C’est un moyen de lever des ressources, d’apprécier ses performances et de pouvoir assurer sa croissance.

Si vous êtes coté à la bourse, il vous est plus facile de faire une augmentation de capital ou de lever des ressources. Mais vous acceptez l’obligation de donner toutes les informations à ceux qui investissent dans votre titre de manière périodique, soit trimestrielle ou semestrielle. Vous avez une obligation de transparence mais aussi de résultat, parce que si les gens se rendent compte que le titre n’est pas rentable, les cours vont baisser parce qu’on ne va plus demander ce titre qui enregistre des pertes. On investit pour percevoir des dividendes.

Nous avons une stratégie pour augmenter le nombre de sociétés cotées. Au niveau des Etats, il y a des entreprises qu’on peut inciter à venir. Cela ramène encore à la culture boursière. On peut avoir des entreprises rentables et solides, mais si elles ne vont pas à la bourse pour se déployer davantage, on aura toujours des valeurs limitées. Il faut inciter les entreprises performantes et rentables. Par ailleurs, il y a des entreprises publiques en restructuration avec les programmes de privatisation partielle ou totale. On peut donc céder une partie du capital en passant par la bourse.

L’autre aspect, c’est inciter les banques et sociétés d’assurance à se faire coter. C’est un moyen de renforcer la gouvernance. Le troisième axe sur lequel on peut agir, c’est les Pme. Si vous regardez le tissu économique de nos pays, la grande majorité des entreprises est constituée de Pme. Les ministres ont accepté la création d’un troisième compartiment dédié aux Pme, qui sera différent du compartiment des grandes entreprises. Les critères sont allégés pour ces Pme, une dizaine de Pme ont été identifiées et seront encadrées pour venir sur le marché émettre des obligations, si elles veulent se faire coter. Si l’on combine toutes ces mesures, on devrait pouvoir, dans les deux-trois années à venir, relever sensiblement le nombre de sociétés cotées. Ce sera sous réserve qu’on puisse continuer le processus de sensibilisation à la culture financière auprès des opérateurs économiques. Si ces derniers n’ont pas confiance, il se posera toujours le problème d’approfondissement du marché.

Que gagne une Pme à aller à la Brvm, notamment en termes de taux d’intérêt, comparé aux produits bancaires ? Est-ce que vos taux sont plus alléchants ?
Oui, en principe. Normalement, si vous avez un système où il n’y a pas d’intermédiaire et un système où il y en a, logiquement le système sans intermédiaire devient moins coûteux. L’intermédiaire prend toujours sa marge. Le système bancaire est celui de l’intermédiation. Si vous allez sur le marché, c’est la finance directe, donc en principe les taux sur le marché devraient être beaucoup plus faibles. Ce qui intéresse une Pme pour son développement, ce n’est pas avoir un découvert pour gérer son exploitation, acheter des matières premières, payer ses salaires. Ce qui pose problème, ce sont les ressources longues stables qui lui permettent de financer son développement et d’accroître sa capacité de production puisqu’elle est en train de grandir. Si elle ne parvient pas à satisfaire son besoin sur le segment bancaire, elle a la possibilité de se financer sur le marché financier.

C’est un avantage très important parce que les Pme rencontrent beaucoup de contraintes lorsqu’elles sollicitent le secteur bancaire qu’elles ne rencontreraient pas si elles étaient sur le marché financier, en respectant certaines conditions. A leur décharge, ce n’est pas parce que les banques ne veulent pas financer, mais elles gèrent bien le risque en exigeant les états financiers. Même sur le marché financier, on retrouve les mêmes exigences en gouvernance, en transparence, en états financiers certifiés. L’entreprise gagne en termes de coûts et de visibilité. Pour une entreprise quelconque qui vient sur le marché, il y a des avantages certains, mais le problème, c’est à quel moment y aller, comment s’y maintenir. Il ne suffit pas d’entrer en ayant des performances en termes de rentabilité, de gestion qui puissent permettre de maintenir la confiance.

Que les banques exigent des états financiers, c’est tout à fait normal, parce qu’elles ne gèrent pas leur argent mais celui des déposants. C’est aussi normal qu’elles exigent une rentabilité, car ce sont les résultats réalisés par ces entreprises qui permettront de rembourser le crédit. Les banques sont donc dans leur logique de recherche de placements moins risqués. Nous allons travailler à alléger les critères d’accès au marché financier. Nos entreprises doivent faire un effort d’ajustement vers le haut en ayant une comptabilité qui retrace des états financiers fiables, une gouvernance satisfaisante si elles veulent prospérer dans un système économique moderne.

L’exigence de transparence ne va-t-elle pas constituer une entrave pour les Pme désirant aller en bourse quand on sait que, sociologiquement, nos entrepreneurs n’aiment pas souvent divulguer leur situation financière ?
Mamadou Ndiaye Crepmf 3Effectivement, sociologiquement, nous avons des Pme familiales où l’on se dit : j’ai créé mon entreprise, je ne vais pas partager mon patrimoine en ouvrant mon capital. Ce sont des réflexes conservateurs. Mais il faut savoir qu’une affaire vit. C’était un projet qui a dépassé certaines proportions, et si vous avez plus de moyens de le gérer quand il est petit. Quand l’affaire atteint une certaine taille, il faut changer d’approche. On ne peut pas être toujours une petite société où le personnel c’est vous, votre femme, votre enfant. Si l’affaire s’agrandit, il faut changer de style de gouvernance sinon vous ne pourrez pas vous déployer parce qu’aucun tiers ne voudra travailler dans ces conditions avec vous.

Même si vous conservez la majorité du capital, le management doit changer lorsque vous atteignez une certaine taille. Vous êtes obligé d’avoir une comptabilité transparente. On ne peut pas avoir un chiffre d’affaires de 500 millions ou un milliard et ne pas payer ses impôts auprès du fisc, jouer dans la cachotterie ou ne pas avoir de comptabilité fiable. Vous êtes obligé de pouvoir retracer les transactions que vous faîtes, il vous faut un conseil d’administration, un comité d’audit, selon le droit commun. Sinon la concurrence va vous pousser à le faire parce que personne n’acceptera de mettre son argent dans une société mal organisée. Les fournisseurs vont vous exiger un minimum d’informations. Il faudra corriger cette attitude de nos Pme. Ça évolue, nous avons des Pme qui se sont positionnées sur leur créneau et qui sont devenues très performantes.

Les obligations d’informations du public des sociétés cotées à la bourse sont-elles respectées ?
Je me réjouis de vous annoncer que le taux de diffusion des informations financières par les sociétés cotées est en hausse au fil du temps. Le Crepmf attache une importance particulière au respect des obligations des sociétés cotées, gage de l’équité et de la transparence du marché financier régional. Au titre de l’année écoulée, les taux de diffusion étaient de 100 % pour les informations annuelles, 87 % pour les informations semestrielles et 50 % pour les informations trimestrielles. La sensibilisation des sociétés cotées au respect des textes réglementaires en attendant la finalisation de la relecture des textes relatifs à la diffusion des informations financières sur le marché financier régional, se poursuit.

Est-ce que le niveau de l’épargne intérieur répond à vos attentes ?
On dit que l’épargne est là, il faut la mobiliser. C’est pourquoi les autorités ont pensé opportun de créer un marché financier pour mobiliser l’épargne et l’utiliser au sein de nos économies. Vous avez la possibilité d’emprunter sur tous les huit pays de l’Union. Il y a quand même des évolutions. En 2016, on avait mobilisé 1.200 milliards de FCfa sur le marché, en 2017 ce sont 1.386 milliards. Une partie peut être apportée par l’extérieur pour rentabiliser l’épargne. Mais l’essentiel de l’épargne qui est captée est locale.

Est-ce que les fonds de retraite sont actifs sur le marché financier régional ?
C’est un autre axe qu’il faut développer. Ça commence à venir, nous travaillons sur des textes qui vont encourager l’intervention sur le marché des fonds de retraite, des fonds d’investissement. Mais il faut un cadre réglementaire incitatif. Ce sont des investisseurs qui cherchent à placer et à rentabiliser leurs ressources. S’ils voient que notre marché est sûr et que nos taux sont intéressants, ils vont venir investir.

Comment analysez-vous l’intérêt que les fonds d’investissement portent à l’Afrique maintenant ?
De plus en plus, on se convainc de l’attractivité des marchés africains. Notre marché, depuis 2012, a des taux de croissance intéressants, qui dépassent 6-7% sur plusieurs années. Cela veut dire que sur le plan macroéconomique, les performances sont là et qu’il y a une création de richesses. L’autre aspect, c’est l’environnement de manière générale. Une zone qui a de l’avenir et un potentiel de croissance attire les investisseurs sous forme de prise de participation dans les sociétés ou sous forme d’émission de titre, d’obligation. Mais s’il y a un risque politique par exemple élevé, ils ne vont pas venir mettre leur argent. Ce n’est pas pour rien qu’on fait de la notation. Les agences de notation montrent que la situation est bonne, acceptable et que si cette tendance se maintient dans deux à quatre ans, les résultats seront satisfaisants. C’est un pari sur l’avenir avec sa dose d’incertitude. Celui qui investit intègre tous ces paramètres, sans oublier l’importance des potentiels en ressources minières.

Comment se comporte le Sénégal sur le marché financier ?
Nous faisons une analyse globale du marché, le régulateur s’assure que les textes, les règles du jeu sont respectés par les acteurs. Les Etats sont soumis à des obligations pour émettre des obligations. Le Sénégal est un élément dans un ensemble de huit. L’économie de l’Uemoa repose sur la Côte d’Ivoire et le Sénégal en grande partie. Il y a plusieurs pour apprécier la performance d’un pays (taux de croissance, taux d’endettement, recettes fiscales, fréquence sur le marché financier, etc.) Un pays peut ne pas venir sur le marché pendant un an parce qu’il a des besoins qu’il peut satisfaire par un autre canal ou parce qu’ils utilisent d’autres canaux (marché international, banques). Aujourd’hui, tous les pays sont présents sur le marché mais à des degrés divers. Notre objectif, c’est avoir un marché sain, bien régulé et attractif avec des ressources à moindre coût orientées vers le financement de nos économies.

Est-ce que notre marché financier est à l’abri des soubresauts du marché international, comme la crise de 2008 qui a plus ou moins épargné l’Afrique ?
C’est difficile de dire que nous sommes à l’abri. C’est le même environnement international. Nos banques ont leur maison-mère à l’étranger, nos entreprises sont des filiales. Nous sommes dans un monde unifié. Peut-être que les niveaux d’exposition ne sont pas les mêmes. La crise financière mondiale de 2008 a touché tout le monde mais nous avons été moins touchés grâce à un système qui ne nous expose pas autant avec la réglementation des changes. Notre système est fait de telle sorte qu’il sera difficile que nous puissions connaître les mêmes conséquences que peut rencontrer une économie intégrée au marché international. Sur notre marché, les acteurs sont de la sous-région. Et puis le niveau d’exposition est relativement bien maîtrisé.

Pensez-vous que nos pays s’endettent vite et trop comme l’estiment certains ?
Les macroéconomistes sont plus à l’aise pour répondre à votre question. En matière d’endettement, il y a deux paramètres. Le premier, c’est la capacité d’endettement. Ce n’est pas mauvais en soi de s’endetter. Mais il faut être en mesure de supporter le coût de cet endettement. Sur le plan macroéconomique, il y a un critère d’endettement dans l’Uemoa (ratio dette/Pib de 70 %). Si vous vous endettez pour accroître votre potentiel en investissant dans des projets porteurs, qui génèrent de la croissance, ce n’est pas prohibitif de dire que ce n’est pas un mauvais endettement. Parfois, il est plus intéressant de s’endetter pour financer son projet que d’utiliser ses ressources propres.

Propos recueillis par Malick CISS (texte) et Pape SEYDI (photos)

L’interprofession avicole du Sénégal (Ipas) promet d’approvisionner à hauteur de 11 millions de poulets, "soit 800.000 de plus par rapport au ramadan 2017", pour satisfaire la demande nationale à l’occasion de la fête de la Korité, commémorant, dans moins d’une semaine, la fin du jeûne musulman. "La production est évaluée à onze millions de poulets, soit 800.000 de plus par rapport au ramadan 2017", a déclaré le président de l’Ipas, Amadou Moctar Mbodj, mardi à Dakar, au cours d’une conférence de presse.  Cette hausse de la production s’explique par "des conditions météorologiques favorables qui ont permis le développement optimal des sujets", a indiqué M. Mbodj, selon qui les prix resteront inchangés malgré tout, "d’autant plus que la viande de poulet est l’une des moins chères". 

Le prix du kilogramme devrait s’établir "autour de 800 FCfa", a estimé le docteur Mamadou Bâ, secrétaire général de l’Ipas, ajoutant : "Dans les zones particulièrement chaudes comme Tambacounda, les techniques de construction et le choix des souches ont permis de produire des poulets de deux kilos en moins de jours". Le technicien évoque aussi le rôle des produits donnés aux sujets pour les aider à mieux supporter la chaleur.  Avec 96.000 tonnes en 2017, la volaille représente 39 % de la viande consommée au Sénégal, selon l’interprofession avicole.

APS


AVERTISSEMENT

La SSPP « Le Soleil » met en garde et interdit formellement aux responsables et gestionnaires de sites d’informations, établis au Sénégal ou ailleurs, de poster les articles publiés sur le portail Internet du « Soleil », à l’adresse www.lesoleil.sn. La SSPP « Le Soleil » ne tolérera aucune entorse à cette interdiction. Seule est permise la publication de liens directs pour rediriger l’internaute vers l’adresse www.lesoleil.sn

PARTENARIATS

Les gestionnaires de sites qui le souhaitent peuvent adresser une demande de partenariat avec la SSPP « Le Soleil » qui en définira les modalités et fixera les conditions d’utilisation des articles, photos, logos de son portail Internet. En cas de manquements, la SSPP « Le Soleil » se réserve le droit d’engager immédiatement des poursuites judiciaires envers les contrevenants, pour violation du respect des droits d’auteurs.