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Economie (3201)

Les assemblées générales ordinaires de la Bourse régionale des valeurs mobilières (Brvm) et du Dépositaire central / Banque de règlement (Dc/Br) de l’Uemoa se sont tenues hier  à Dakar. Selon un communiqué reçu à notre rédaction, à l’issue de ces assemblées générales ordinaires, les membres des conseils ont reconduit, à l’unanimité, dans ses fonctions, Pierre Atépa Goudiaby, en qualité de président des deux conseils pour un mandat de trois ans. Selon le document, il aura la charge de superviser l’exécution des plans stratégiques 2018-2020 des deux structures centrales du Marché financier régional. Pierre Goudiaby Atépa est né le 30 juin 1947 à Ziguinchor (Sénégal). Après l’obtention du Baccalauréat, il intègre la prestigieuse Rensselaer Polytechnic Institute de New York où il décroche son diplôme d’ingénieur « Building Sciences » et son diplôme d’architecte. Président du groupe Atépa, il a été conseiller spécial du président Abdoulaye Wade du Sénégal de 2000 à 2012. En quarante ans de carrière, renseigne le communiqué, il a pu s’imposer comme l’un des plus grands architectes contemporains, même s’il se définit comme « un architecte du développement ». Atépa est l’une des cent personnalités les plus influentes du continent africain et s’intéresse particulièrement à la jeunesse africaine. Pierre Atépa Goudiaby assure les fonctions de président des conseils d’administration de la Brvm et du Dc/Br depuis le 25 juin 2015.

Aliou KANDE

Une équipe du Fera et de l’Ageroute, composée d’ingénieurs et de techniciens, a entamé une visite de chantiers, depuis hier, respectivement dans les régions de Kaolack, Fatick, Tambacounda et Kolda. L’axe Kaolack-Fatick a été la première étape de ce long périple qui a permis aux agents des deux structures de constater l’état des lieux des travaux de réfection entamés depuis 2015.

Baye Diassé, chargé de projet à la direction régionale centre Kaolack de l’Ageroute, explique que le Fonds d’entretien routier autonome (Fera) a mis en place un budget de 21 milliards de FCfa destinés aux travaux de réfection et de revêtement de certains axes routiers du réseau national. Ces travaux entrent dans le programme pluriannuel d’entretien qui s’étend sur trois ans (2015, 2016 et 2017) couvrant les régions de Kaolack, Fatick et Kaffrine. Il est divisé en deux lots dont le premier est destiné à la région de Kaolack et le second à celle de Fatick.  « Dans ces travaux, l’Ageroute met l’accent sur le réseau structurant, c’est-à-dire sur les Routes nationales (Rn) », précise M. Diassé. Une visite guidée avec les agents de l’Ageroute et du Fera sur la Rn1 (entre Thiadiaye et Fatick) a permis de constater les travaux de revêtement qui ont été réalisés sur cette section. « Avant d’y effectuer des réfections, il y a eu des inspections visuelles qui nous ont permis de déterminer les différentes sections dégradées. C’est dans cette optique que nous avons initié des réparations », soutient Baye Diassé. D’après lui, sur les 14,6 km de distance de l’axe Kaolack/Fatick, les 10 ont été déjà réfectionnés. Concernant l’autre tronçon (Kaolack-Tamba), ce sont 20 km qui ont été réfectionnés sur une distance de 22 km. Il ajoute que d’autres travaux de réparations ont été effectués sur la Rn5 entre Sokone et Toubacouta portant sur 10 km. Sur la Rn11, entre Kaffrine et Mbacké, de la même manière, des réfections ont été faites. Il convient également de souligner la construction, en cours, de bretelles entre les localités de Karang et de Simbong, soit 3 km.

Abdou DIAW

 

Pour une agriculture durable, productive et de qualité, la chimie reste une science incontournable. C’est la conviction du Comité sénégalais pour la chimie (Csc) qui a axé, cette année, ses troisièmes journées annuelles sur l’agriculture.

Comment développer l’agriculture sans mettre en péril l’équilibre naturel de la planète ? Comment léguer une terre en bonne santé aux générations futures ? C’est autour de ces questions que le Comité sénégalais pour la chimie (Csc) a porté cette année sa réflexion à l’occasion de ses troisièmes Journées annuelles (Jacs 2018) sur la chimie au service de l’agriculture durable. Pour le président du comité d’organisation de ces journées, le Pr Matar Seck, la réponse à ces questions passe par la conception d’une nouvelle agriculture qui prend en compte les besoins alimentaires et les contraintes environnementales au seuil du 21e siècle. Pour lui, la chimie en tant que science et industrie est un « acteur essentiel de l’agronomie scientifique » parce qu’elle intervient dans divers secteurs de l’agriculture. Le Pr Seck est d’avis qu’une agriculture durable devra prendre en compte toutes ces préoccupations par des innovations technologiques.

C’est ce qui fait dire au président du Comité sénégalais pour la chimie, le Pr Serigne Amadou Ndiaye, qu’« il est extrêmement difficile de séparer chimie et agriculture » D’autant que l’agriculture est prioritaire dans toutes politiques de développement de notre pays comme le Plan Sénégal émergent (Pse) et surtout que 60 à 75 % mènent des activités qui gravitent autour de l’agriculture, dit-il. « Les attentes des producteurs, des consommateurs et des décideurs tendent à opposer agronomie et chimie de par l’utilisation croissante et non raisonnée des engrais et des pesticides entraînant la destruction de la biodiversité, la pollution des eaux ayant une conséquence sur la santé des populations », a-t-il relevé.

Le juste équilibre
Ce qui fait qu’aujourd’hui, de l’avis du président du Csc, la chimie est pointée du doigt à tort ou à raison », tout en relevant la lourde responsabilité à laquelle font face agronomes et chimistes « pour répondre aux enjeux du développement durable par la conception d’une agriculture qui prend en charge les besoins alimentaires d’une population sans cesse croissante et les contraintes environnementales ». « Une préoccupation au cœur de laquelle se trouve depuis longtemps la chimie, un acteur important de l’agronomie scientifique », a laissé entendre le président du Csc pour qui « le défi à relever face aux attentes fortes et nombreuses et parfois contradictoires est énorme mais pas insurmontable ». Il s’agira, à son avis, « de répondre à un certain nombre de question à savoir comment faire pour produire plus, polluer moins et préserver l’environnement ».

A ces questions, le chercheur estime qu’il faut repenser les pratiques agricoles, rationaliser l’utilisation des engrais et des pesticides, augmenter le rendement et optimiser les revenus des agriculteurs mais aussi renforcer la résistance aux maladies et aux ravageurs pour une nouvelle approche dans la lutte anti-acridienne.  La chimie, de l’avis du président du Csc, demeure une source de progrès considérable dans notre vie de tous les jours ». « Dans cette perspective de développement durable, il s’agit de trouver le juste équilibre d’une agriculture raisonnée par une utilisation respectueuse d’engrais chimie en appliquant le bon dosage », soutient le président du Csc.

Pour le secrétaire général du ministère de l’Agriculture, Dr Dogo Seck, le thème de ces journées est en parfaite cohérence avec la vision et les objectifs du secteur de l’agriculture notamment du Programme d’accélération de la cadence de l’agriculture sénégalaise (Pracas) dont l’objectif c’est d’avoir « une agriculture productive, compétitive et durable dans un contexte de changement climatique ».  Pour cela, précise Dr Seck, « il faut sécuriser la base productive, l’environnement de la production et la qualité des produits ».

S. D. SY

 

Le changement climatique affecte beaucoup de secteurs et surtout la pêche. C’est dans ce contexte que s’inscrit l’élaboration du Plan national d’adaptation au changement climatique pour le secteur. Une stratégie qui requiert un financement de 199 milliards de FCfa sur une durée de 20 ans.

Au Sénégal, le secteur de la pêche est très exposé au changement climatique. Le risque  de migration des poissons est ainsi réel à cause de ce phénomène. Dans ce secteur, l’impact est plus que perceptible partout ailleurs. Face à cela, des alternatives s’imposent. C’est toute la pertinence du Plan national d’adaptation au changement climatique du ministère de la Pêche et de l’Economie maritime, à côté du comité national sur le changement climatique. D’ailleurs, le secteur de la pêche est le premier à en disposer. Pour le chef de la division Changement climatique au ministère de l’Environnement et du Développement durable, Madeleine Sarr, ce Plan a été élaboré grâce à un « processus inclusif ». Elle s’exprimait, hier, à l’ouverture de l’atelier de formation sur la finance climatique, organisé par les ministères de la Pêche et celui de l’Environnement, avec l’appui technique et financier de l’Agence américaine pour le développement international (Usaid). L’objectif de cet atelier de formation est de renforcer les capacités des acteurs concernés sur le financement de l’adaptation au changement climatique au Sénégal, notamment dans les secteurs de la pêche et de l’agriculture.

Pour le chef de division du changement climatique au ministère de l’Environnement, il s’agira de donner des outils et des directives nécessaires aux acteurs de la pêche « pour mieux vendre les projets et pour capter des financements auprès notamment des structures dédiées comme le Fonds vert climat (déjà opérationnel), le Fonds mondial pour l’environnement ainsi que d’autres mécanismes publics comme privés. « Beaucoup de financements sont déployés autour de la question climatique, il faudra réussir à les capter », a-t-elle expliqué.

La directrice de l’Usaid Comfish, Khady Sané Diouf a, de son côté, précisé que le Plan national d’adaptation au changement climatique requiert un financement global de 199 milliards de FCfa sur une durée de 20 ans. Alors que le Plan quinquennal est estimé à 92 milliards de FCfa, soutient-elle. Pour Mme Diouf, le secteur de la pêche génère beaucoup de ressources. La seule difficulté au Sénégal et en Afrique, selon elle, réside dans le fait que le changement climatique n’a pas été intégré dans les politiques de gestion des pêcheries. Du coup, a-t-elle fait remarquer, les financements ne prennent pas en compte ce secteur. Toutefois, Mme Sarr s’est félicitée de l’intégration, par le Sénégal, du changement climatique, mais également de son financement dans ses politiques de résilience. Mais, il faudra voir, a-t-elle ajouté, comment davantage intégrer, dans la réflexion stratégique, le financement. Le représentant du ministre de la Pêche, le conseiller technique n°1, Babacar Banda Diop, a indiqué que la variabilité climatique pour le secteur de la pêche et de l’aquaculture est bien définie dans un document de planification de l’adaptation dans les orientations de la pêche et de l’économie maritime à l’horizon 2035, tout en saluant l’appui de l’Usaid Comfish qui a offert cette opportunité.

Souleymane Diam SY

 

Après 57 ans d’attente, les populations du département de Médina Yoro Foulah voient enfin leur rêve se réaliser. Les travaux de bitumage de la boucle du Fouladou vont bientôt démarrer.

Le ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement, Abdoulaye Daouda Diallo, a procédé, hier, à Médina Yoro Foulah, au lancement des travaux de bitumage de la boucle du Fouladou qui relie Kolda à Dabo, en passant par Pata, Médina Yoro Foulah et Fafacourou, longue de 208 kilomètres. Le montant total du financement des travaux, qui sont réalisés dans la mise en œuvre du Programme prioritaire de désenclavement, est estimé à  52 milliards de FCfa pour une durée de 24 mois. Pour la première phase, le coût des travaux qui seront exécutés dans le Programme prioritaire de développement (Ppd), est estimé à plus de 23,506 milliards de FCfa, dont 13,5 milliards de la Banque ouest-africaine de développement (Boad). Le tronçon Médina Yoro Foulah – Pata, long de 33 kilomètres, dont les travaux vont démarrer incessamment, sera bitumé en priorité. Il sera suivi par l’axe Kolda-Pata (66 km) tandis que la route Médina Yoro Foulah-Dabo, via Fafacourou, sera réalisé en dernier lieu. « C’est avec un immense plaisir que je viens ici aujourd’hui, pour le lancement des travaux de la boucle du Fouladou qui va conforter la région de Kolda dans son rôle de carrefour commercial et économique à la confluence des grandes localités nationales de la sous-région. C’est aussi, avec une vive émotion que je préside cette cérémonie qui marque le démarrage des travaux de la boucle qui, je le rappelle, est le seul département qui n’a pas de route bitumée comme les populations le rappelaient assez souvent et à juste titre. Il serait donc heureux de vous offrir ce magnifique ouvrage, dans quelques mois», déclare Abdoulaye Daouda Diallo.

Des mesures d’accompagnement sont également prévues pour les populations des villages traversés par l’axe Kolda – Dabo, notamment la construction de postes de santé et de murs de clôture pour les écoles et les mosquées, la réalisation de forages pour l’approvisionnement en eau potable, l’aménagement de périmètres maraîchers et des mares pastorales pour le bétail et la construction de pistes connexes, entre autres. La réalisation de la boucle du Fouladou permettra à une cinquantaine de villages du département de Médina Yoro Foulah de sortir de l’enclavement. L’Etat prévoit également la construction d’autres infrastructures routières  dans les trois régions de la Casamance naturelle dont les boucles de Boudjé et du Kalounay, situées respectivement dans les départements de Sédhiou et de Bignona et le bitumage du tronçon Kolda - Salikégné qui relie le Sénégal à la Guinée-Bissau, entre autres.                                                          

Mamadou Aliou DIALLO

 

Depuis quelques années, le Sénégal a gelé les importations de la viande de volaille. Cependant, le gouvernement semble être dans les dispositions de rouvrir ses frontières. Le directeur de cabinet du ministre du Commerce, Augustin Faye, qui s’est exprimé sur cette question, hier, en marge d’un séminaire sous-régional sur la législation communautaire de la concurrence, a informé que «le ministère du Commerce est en train de se préparer à cette ouverture ». «Cette ouverture est inéluctable si nous voulons être en phase avec nos engagements commerciaux internationaux. Ce sera un travail d’équipe qui va consister à accompagner l’ensemble des acteurs », a annoncé le directeur de cabinet du ministre du Commerce.

Augustin Faye rappelle que le Sénégal avait opéré des restrictions sur l’importation de la viande de poulets depuis l’apparition de la maladie de la grippe aviaire avec comme résultat : « un secteur de la volaille qui devient de plus en plus compétitif ». Toutefois, il souligne qu’aussi bien les règles communautaires que celles de l’Organisation mondiale du commerce (Omc) imposent au Sénégal cette réouverture des frontières terrestres pour l’importation de la viande de volaille dans notre marché. « Le problème n’est pas de se focaliser sur un marché domestique, mais c’est de s’ouvrir à l’extérieur pour davantage accroître le pouvoir d’achat ou la compétitivité de nos entreprises. C’est tout l’effort que l’Etat, en collaboration des partenaires techniques comme l’Uemoa, peut fournir pour mettre à niveau ses producteurs afin qu’ils puissent affronter cette ouverture du marché.

A. Ng. NDIAYE



Pour doter les pays membres de l’Uemoa d’un marché sous régional fort, le directeur de cabinet du ministre du Commerce recommande la mise en place d’institutions de concurrence fortes et indépendantes. Augustin Faye présidait, à Dakar,  la cérémonie d’ouverture d’un séminaire régional sur la législation communautaire de la concurrence qui se déroule du 18 au 22 juin.

Le directeur de cabinet du ministre du Commerce préconise la mise en place, dans les Etats de l’Uemoa, d’institutions de concurrence suffisamment fortes et indépendantes afin de prendre en charge les tâches relatives à la régulation concurrentielle. Augustin Faye qui présidait, hier, à Dakar, un séminaire régional sur la législation communautaire de la concurrence à l’intention des magistrats des juridictions nationales et des responsables des autorités de concurrence estime que c’est à travers cette perspective que les pays de l’Uemoa pourraient disposer d’un environnement concurrentiel rationnalisé.

Cependant, la mise en place de ces institutions, dira-t-il, nécessite un renforcement des capacités des autorités de concurrence par l’amélioration conséquentes de leurs ressources financières et humaines et de leurs aptitudes techniques. En effet, pour mieux renforcer la compétitivité des activités économiques des Etats membres de l’Uemoa, M. Faye indique qu’il est nécessaire de mettre en œuvre certaines règles de bonnes pratiques pour « réguler les comportements des agents économiques ».

Par ailleurs, pour le représentant résident de la Commission de l’Uemoa à Dakar, Dossolo Diarra, il faut veiller sur la transparence des règles de concurrence et sur la totale clarté de leur application. A défaut, dit-il, «le risque est important de voir se développer des distorsions sur le marché liées au comportement des entreprises et des Etats membres ».

De tels risques,  ajoute M. Diarra, seraient préjudiciables à l’efficacité économique et à l’intérêt des consommateurs. «Ce séminaire vise à informer les participants sur les enjeux liés à l’application des lois et des principes de la concurrence dans une économie de marché et à doter les autorités de régulation de la concurrence et des magistrats appeler à examiner ces règles d’outils nécessaires à l’appréciation des contentieux soumis à leur examen », informe Dossolo Diarra.

Le directeur de cabinet du ministre du Commerce, Augustin Faye, rappelle que depuis l’entrée en vigueur des textes sur la concurrence, des efforts restent à faire pour promouvoir un environnement suffisamment concurrentiel.
Pour cela, il pense qu’il serait judicieux de procéder à une révision de la législation sur la concurrence afin de mieux définir la répartition des compétences entre la Commission de l’Uemoa et les commissions nationales de concurrence.
Cette révision  va permettre de déterminer, dans le même sillage, les règles de concurrence à l’intérieur des marchés de l’Union. «Il ne subsiste aucun doute sur l’importance du droit de la concurrence dans le développement de nos Etats. Il faut donc renforcer les acquis et accélérer les réformes relatives à la construction d’un marché régional dynamique porteur de croissance et de développement pour nos économies », recommande Augustin Faye.            

Aliou Ngamby NDIAYE

 

Compte tenu de la malnutrition qui selon l’Oms, est la cause directe et indirecte d’un tiers des décès des enfants de moins de 5 ans au Sénégal, le coordonnateur de la cellule de lutte contre la malnutrition pense que le projet laboratoire de l’innovation, de la transformation alimentaire et de la gestion post-récolte de l’Ita est une opportunité. «La transformation alimentaire constitue un des piliers essentiels de cette nouvelle politique de l’Etat du Sénégal de lutte contre la malnutrition. Qu’elle soit industrielle ou locale, ce pilier prend en compte l'ensemble des efforts visant à transformer les matières premières issues de l’agriculture, de l'élevage ou de la pêche en produits alimentaires destinés essentiellement à la consommation humaine. La transformation est le procédé qui garantit la qualité des aliments sous tous ses aspects», estime Abdoulaye Kâ. Pour ce dernier, la transformation des aliments a un impact réel et un intérêt certain pour la nutrition. Elle permet de diversifier le régime alimentaire des ménages, de conserver les aliments sur des périodes prolongées, de contribuer à améliorer la sécurité alimentaire des ménages par la constitution de réserve en prévision des périodes de soudure, d’améliorer la santé et la nutrition des ménages, de garantir l’autonomisation des femmes grâce aux revenus qu’elle procure etc.

Dans ce sens, le projet de l’Ita et de ses partenaires permet aussi un transfert de compétences auprès des Pme/Pmi pour la transformation alimentaire. C’est ainsi que le Gie Touba Darou Salam est premier bénéficiaire pour la fabrication de farines enrichies instantanées. Cette Pmi spécialisée dans la valorisation des céréales locales est dirigée par Astou Gaye Mbacké, épouse du défunt Khalife général des mouride Serigne Mouhammadou Bara Mbacké. Cette dernière a été aussi distinguée comme pionnière des femmes entrepreneures rurales par le président Macky Sall.

O.KANDE

 

Pour contribuer à la gestion du stock post-récolte, le projet de laboratoire de l’innovation, de la transformation alimentaire et de la gestion post-récolte (Fpl) de l’Institut de technologie alimentaire (Ita) a réalisé de bons résultats. L’Ita, en collaboration avec des universités américaines, a pu réaliser une extrudeuse adaptée à la transformation des produits agricoles locaux et travaille à la mise au point de produits locaux à l’image des farines enrichies.

L’institut de technologie alimentaire(Ita) a tenu, hier, la rencontre annuelle du projet laboratoire de l’innovation, de la transformation alimentaire et de la gestion post-récolte (Fpl). Ce projet est financé par l’Usaid. Lors de cette rencontre qui a vu la participation des universités américaines de Perdue, de Kansas, de Caroline du Nord, de l’Université de Pretoria de l’Afrique du Sud, d’Aldoret au Kenya, entres autres, le bilan à mi-parcours de ce projet a été fait. Le directeur général de l’Ita, Dr Mamadou Amadou Seck, a rappelé que le projet Fpl travaille à la mise au point de produits de haute valeur ajoutée à l’image des farines enrichies pour contribuer à la gestion post-récolte de nos productions agricoles. Une composante importante car selon une étude de l’Usaid, la consommation nationale des farines infantiles s’élevait à 90.000 tonnes par an au Sénégal dont 90% étaient importées. Il était ressorti aussi de cette étude que la préférence des consommateurs portait sur les farines enrichies instantanées qui étaient exclusivement importés. C’est sur cette base, selon M. Seck, que l’Ita a travaillé avec ses partenaires des universités étrangères sur la conception et la réalisation d’une extrudeuse adaptée à la transformation des produits agricoles locaux. Ces farines instantanées sont aussi fortifiées avec d’autres matériaux végétaux locaux riches en micronutriments pour renforcer l’état nutritionnel et la santé des populations vulnérables.

Le directeur scientifique de l’Institut sénégalais de recherches agricoles (Isra), Elhadji Traoré, a apprécié les résultats positifs de ce projet, quatre années après son lancement car, dit-il, les céréales constituent la base alimentaire des populations sénégalaises. Dr Elhadji Traoré laisse entendre, dans ce sens, que le ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rural, avec le projet des corridors céréaliers, a fait d’importants efforts pour améliorer la productivité et la production agricoles des principales cultures comme le riz, le mil, le sorgho et le maïs. Cependant, regrette-t-il, d’importantes pertes quantitative et qualitative des produits sont enregistrées en post-récolte soit 20 à 50% de la production globale, à cause des mauvaises conditions de manutention et de stockage. «C’est pourquoi, en collaboration avec les institutions de recherches, l’Isra conduit des recherches et des renforcements de capacités des acteurs pour la réduction des pertes post-récolte dans les départements de Vélingara et Kolda», explique le directeur scientifique de l’Isra, dans la mise en œuvre de ce projet Fpl de l’Ita.

Réduire les pertes agricoles
Le directeur de cabinet du ministre de l’Industrie et de la Petite et moyenne industrie, Pathé Ndiaye, a félicité l’Ita et ses partenaires qui ont permis la conception et la réalisation d’une extrudeuse adaptée à la transformation des produits agricoles locaux. «C’est l’occasion, au nom du gouvernement du Sénégal, de remercier l’Usaid pour ces nombreuses actions d’appui au développement de notre pays, qui s’illustre encore par le financement de ce projet dans le Programme Feed the Feature. L’Usaid a contribué au programme de développement du Sénégal relatif à la sécurité alimentaire nutritionnelle des populations ainsi qu’à leur résilience», soutient M. Ndiaye.

Le conseiller du Premier ministre en Agriculture, Fallou Diémé, a indiqué que ce projet de l’Ita est en phase avec les objectifs du Pse dans le domaine de la production agricole et de la transformation alimentaire. Pour lui, la mise en œuvre du projet laboratoire de l’innovation, de la transformation alimentaire et de la gestion post-récolte permettra de produire 50.000 tonnes de céréales pour près de 7 milliards de FCfa de revenus. Pour cela, il est important, après les productions agricoles, de travailler sur la transformation de ces produits, car même si l’agriculture crée  de nombreux emplois, ceux durables et les mieux rémunérés sont créés par l’industrie de la transformation agricole.

Oumar KANDE

 

Les Nations unies viennent de consacrer, mardi dernier, la Journée internationale des envois de fonds à la famille sur initiative du Fonds international de développement agricole (Fida).

En 2017, 200 millions de travailleurs émigrés ont envoyé 481 milliards de dollars Us vers des pays tributaires de ces transferts, dont 466 milliards de dollars Us en direction de pays en développement, contribuant ainsi à soutenir quelques 800 millions de personnes dans le monde. Selon un communiqué du Fonds international de développement agricole (Fida), ce volume représente plus de trois fois le montant annuel de l'aide publique au développement. Selon les estimations de ce Fonds, 6.500 milliards de dollars Us seront ainsi envoyés vers les pays en développement entre 2015 et 2030, et le nombre d’expéditeurs et de destinataires concernés dépassera un milliard. « Près de la moitié de ces fonds seront envoyés vers des zones rurales, où la pauvreté et la faim sont les plus aiguës », précise le document. D'après le Fida, les familles bénéficiaires dépensent environ 75% des fonds envoyés pour satisfaire des besoins élémentaires. La même source précise que les 25% restants, soit plus de 100 milliards de dollars Us, pourraient être investis dans des actifs financiers et physiques comme de l'épargne ou la création de petites entreprises qui aideraient ces familles à construire leur avenir. On estime que 20 milliards de dollars Us supplémentaires seraient disponibles pour les familles dans les pays en développement si la cible de 3% de frais fixée par la communauté internationale dans l'objectif de développement durable n°10, réduire les inégalités, était atteinte, précise la note. « Si elles disposent d'options de placement appropriées, adaptées à leurs circonstances et objectifs, les familles destinataires investiront davantage et deviendront des agents du changement au sein de leur communauté », a déclaré le président du Fida, Gilbert F. Houngbo. M. Houngbo.

Selon Pedro De Vasconcelos, spécialiste supérieur des envois de fonds au Fida, les technologies mobiles et les monnaies numériques pourraient radicalement transformer ces marchés en réduisant le coût et le temps exigés par les envois de fonds, en particulier vers les zones rurales. C’est dans cette perspective que l’Assemblée générale de l’Onu a adopté, mardi passé, la résolution consacrant la Journée internationale des envois de fonds à la famille, sur initiative du Conseil des gouverneurs du Fida. Pour Gilbert F. Houngbo, président du Fida, la résolution met en lumière le fait que les envois de fonds jouent un rôle essentiel dans le développement durable. Lors de la célébration de cette journée le 16 juin passé, M. Houngbo a appelé « à poursuivre la mobilisation pour que les familles recevant des fonds de travailleurs émigrés construisent, pour elles-mêmes et leur communauté, un avenir durable ». En mai, à Kuala Lumpur, plus de 400 décideurs, représentant les secteurs public et privé, la société civile et le Fida, ont assisté au Forum mondial sur les transferts d'argent, l'investissement et le développement. Ils ont formulé des recommandations visant à faire des envois de fonds un véritable moteur de développement. Voilà plus d'une dizaine d'années que le Fida s'emploie à accroître l'incidence des envois de fonds sur le développement à travers des projets innovants dans plus de 45 pays.

S. Diam SY

 

Le chantier du pont de Farafégné sur le fleuve Gambie avance à grands pas. L’ouvrage, fruit d’un partenariat entre le Sénégal et la Gambie, pourrait être réceptionné en décembre prochain. Une mission conduite par le ministre des Infrastructures et des Transports terrestres, s’est rendue, hier, sur place, pour s’enquérir de l’état d’avancement des travaux, en présence de la partie gambienne.

Le passage du fleuve Gambie pour les voyageurs en partance pour la région méridionale est, aujourd’hui, largement tributaire des désertes irrégulières du bac de Farafégné. Une situation qui pourrait, sous peu, changer avec la fin des travaux du pont de la Transgambienne. Le projet, initié par les deux pays frontaliers, évolue favorablement. Depuis le wharf de Yellitemba, une silhouette majestueuse se profile à l’horizon, soutenue par de puissants pylônes enfoncés dans les profondeurs des eaux du fleuve Gambie. Jonchée sur 18 mètres au-dessus du niveau du fleuve, la structure de base de l’ouvrage, qui enjambe le plan d’eau, offre l’image d’un vaste capharnaüm. Des grues géantes posent méthodiquement des blocs de béton le long des accotements. Montés sur des barges, des ouvriers, reconnaissables à leurs gilets fluorescents, entourent une bétonnière travaillant en plein régime.

L’arrivée de la délégation sénégalaise, conduite par le ministre Abdoulaye Daouda Diallo, accompagné du directeur général de l’Agéroute, impose une pause  de quelques minutes dans ce ballet incessant entre les deux rives du fleuve Gambie. La partie sénégalaise est venue pour une visite de chantier dans ce projet phare de l’intégration sous-régionale. Une infrastructure dont les travaux ont été lancés en février 2015 et qui devrait permettre une meilleure circulation des personnes et des biens de Dakar à Bissau, en passant par Banjul. Un enjeu qui n’a pas échappé aux autorités des deux pays décidées à matérialiser cette attente forte des populations sénégambiennes. « Nous avons reçu des instructions expresses des deux Présidents pour réaliser, dans les meilleurs délais, ce pont symbole des liens séculaires entre le Sénégal et la Gambie et qui va être une première dans la sous régional. Il faut se réjouir que cette infrastructure, dont le projet a été porté par les Présidents Macky Sall et Adama Barrow, ait bénéficié du soutien financier de la  Banque africaine de développement (Bad) pour sa réalisation », a déclaré le ministre des Infrastructures et des Transports terrestres, Abdoulaye Daouda Diallo, à l’issue de sa visite qui a pris fin à la base de vie de la société Arezki dans la région de Masakonko.

Le ministre Abdoulaye D. Diallo qui a reçu des assurances de l’entrepreneur sur la réception de l’ouvrage en fin d’année a, toutefois, annoncé que le budget initial de 52 millions d’euros va connaître des réajustements à hauteur de 13 autres millions d’euros.

« Des études supplémentaire ont fait état de difficultés non prévues, notamment par rapport aux voies d’accès. Ce qui a entrainé une revue à la hausse du budget global qui va se chiffrer, au final, à un peu plus de 65 millions d’euros », a informé le ministre sénégalais. Ce dernier avait, à ses côtés, son homologue gambien, Baye Ousmane Thioub qui a magnifié la vitalité de l’axe Dakar –Banjul qui traduit, selon lui, l’excellence des relations personnelles entre les  chefs d’Etat du Sénégal et de la Gambie.

Elimane FALL

 

Après avoir échangé pendant deux jours avec le Top management de la Bad, des  journalistes africains, coréens et américains se sont rendus, les 4 et 5 mai dernier, à  Zatta et N’Gbékro. Ces deux villages du district autonome de Yamoussoukro ont bénéficié du projet Saemaul Undong. Un modèle de développement initié en Corée du Sud qui a donné des résultats satisfaisants au grand bénéfice des populations.

Silhouette frêle, Sylvie Zounon est devenue, en un temps relativement court,  une dame épanouie et prospère. De simple paysanne avant 2014, elle est devenue maintenant autonome et dirige une Pme. 

Recevant le 4 mai dernier,  une délégation de la Bad conduite par Olivia Nadine Ndong Obiang et comprenant également des journalistes africains, coréens et américaines, cette mère célibataire de quatre enfants a exprimé sa satisfaction à ses hôtes. Son succès a été rendu possible grâce à la collaboration entre la Bad et ses partenaires comme la Corée dans le projet Saemaul Undong (Su). Zatta, un village du district autonome de Yamoussoukro est, avec N’gbékro, les localités bénéficiaires en Côte-Ivoire du projet Saemaul Undong (Su). D’ailleurs, elle partage cette réussite avec Kouassi Ngoran, un autre agriculteur originaire du village de N’gbékro  et qui a bénéficié des actions du Saemaul Undong. Il dirige,  lui aussi, une Pme et emploie six personnes.  Ce projet a été lancé en 2014 par la Bad, sous l’égide de  la Koafec (Coopération économique entre la Corée et l’Afrique) et à travers l’Institut africain de développement (Iad). Il  a été mis en œuvre par l’Agence nationale d’appui au développement rural (Anader) et supervisé par le comité du village Su élu par les villageois. 

Ce  projet a changé les conditions de vie de cette femme qui exploite un périmètre maraîcher de deux  hectares et demi à la lisière du village de Zatta.  Elle est devenue autonome et parvient à prendre en charge la scolarisation de ses enfants. « Mon fils  ainé est à l’université. Le cadet est en classe de troisième. Je consacre 70% de  mes  bénéfices à la scolarisation  de mes enfants», a confié Sylvie Zounon.  Elle  a  reçu du projet, un prêt de 236.000 FCfa  pour se lancer dans  le maraîchage. Aujourd’hui, pour  rentabiliser son exploitation, elle travaille en coopérative avec Kouadio Kan, un jeune originaire  d’un village voisin. Avec ce  dernier, ils emploient cinq permanents sans oublier les journaliers qu’ils rémunèrent chacun 2.300 FCfa par jour.

Tout a  commencé en 2014, quand ces deux localités ont été  choisies, suite à une sélection.  « Cinq villages présélectionnés par le ministère de l'Agriculture- Zatta, Ngbékro, Seman, Lolobo, Manhounou Akoue. Le choix des deux villages est lié à l’accessibilité et la volonté des populations », a expliqué Dr Miaman Koné, directeur des études et de la consultance de l’Anader. Le choix fait, il y a eu la formation des formateurs à Séoul en Corée sur la philosophie Su  des représentants du  ministère de l’Agriculture, de l’Anader,  des leaders des Comités villageois. Ensuite, c’est la  formation des villageois sur les techniques agricoles innovantes; la maçonnerie; la comptabilité ; la tenue de livres; la  dynamique de groupe; la gestion de l'environnement et la cohésion sociale. « Su est un projet particulier. Dans le passé, on déroulait un projet sans consulter les populations.  Pour celui-ci, nous avons décidé de ce que nous  voulions », a rappelé Kouadio Amani Hervé, le président  du Su de Zatta. « Nous avons listé nos besoins qui ont pour nom foyer, accès  au financement, construction d’une école maternelle », a-t-il dit.  

Lolobo AttiekeIl  a salué la mise en œuvre de ce projet qui a changé radicalement la vie des villageois de Zatta et de N’gbékro par la réalisation de nombreux édifices. «Aujourd’hui, grâce au Su, notre village est doté d’un foyer moderne de 500 places assises.  C’est ici  que se tiennent désormais, toutes les rencontres. Nous avons une école  maternelle sans oublier  l’accès au financement et un marché moderne.  Ce qui permet de se lancer dans des activités comme  l’agriculture »,  se félicite-t-il. M. Kouadio a souligné qu’avant le projet,  beaucoup de jeunes ne travaillaient pas, maintenant, avec la coopérative, beaucoup trouvent leur compte. « Le projet nous a dotés des édifices dont on avait besoin. Il y a aussi le travail en coopérative, la formation sur les techniques agricoles, le renforcement des liens d’amitié entre les  populations, l’autonomisation, la  création d’emplois », dit-t-il avec fierté.

Changement de mentalités
Le village est doté d’une école primaire avec trois salles de classe; des logements pour les enseignants ; une garderie; quatre hectares de fermes de manioc et 160 hectares de fermes de tomates; un centre de jeunesse avec un bureau et un siège pour les opérations de micro finance du village; un marché avec six latrines. Ce village a reçu un financement de 90 millions de FCfa. 

Au cours de la visite dans ce village de plus de 8.000 habitants et situé à 15 Km à l’ouest de Yamoussoukro,  la délégation de la Bad s’est rendue successivement au foyer des jeunes, à l’école maternelle, à l’école  élémentaire. Dans ces différents endroits, les bénéficiaires ont salué l’impact du projet dans la vie des populations. « La construction de cette garderie est une  initiative à saluer. Maintenant que nos enfants vont à l’école, nous pouvons nous consacrer à nos activités tranquillement », confie  Kouakou Brou Eugénie, une parente d’élève. 

« Grâce au projet qui a réhabilité trois salles de classes dans notre établissement, le cadre de travail est agréable », note Dié Ndri Joseph, le directeur de l’école primaire de Zatta 3. 

Après Zatta, c’est autour de  N’gbékro  d’accueillir la visite de la délégation de la Bad. Ce village avec une population estimée à 3.000 habitants, est situé à 12  Km de Yamoussoukro. Pour ce projet, il a reçu un financement de 100 millions de FCfa.  Ce qui a permis de réaliser un barrage d'irrigation ; une école primaire avec trois salles de classe; 12 latrines; des logements pour les enseignants ; un centre médical ; quatre hectares de fermes de manioc ; une ferme avicole.  En plus, 67 membres des comités villageois  de ces deux localités ont été formés à la gestion financière. 155 bénéficiaires dont 72 femmes (46%), ont eu des prêts à hauteur de 16.045.500 de FCfa. « Avant le projet, je faisais le maraîchage sur une petite parcelle.  Maintenant, je travaille sur un hectare et demi. J’ai reçu un prêt de 200.000 FCfa. Je prévois une extension sur quatre hectares »,  note  Kouassi Ngoram qui dit écouler sa production sans difficultés grâce à l’appui de l’Anader. « Grâce au projet, notre village est en train de prendre le train du développement. La nouvelle mentalité inculquée par la Corée a permis de redynamiser la solidarité », souligne, à son tour, Ndri Kouassi Moïse, le président du comité Su de N’gbékro. 

De notre envoyé spécial à Yamoussoukro : Aliou KANDE

FILIÈRE « ATIÉKÉ » : VERS LA MISE EN SERVICE D’UNE UNITÉ DE TRANSFORMATION À LOLOBO
La délégation de la Bad a terminé, le 5 mai dernier, sa visite des villages du district autonome de Yamoussoukro par  Lolobo. Ce village est situé sur l’axe Yamoussoukro-Bouaké. Dans cette localité, la Bad a prévu d’appuyer les coopératives qui s’activent dans la production de « athiéké », spécialité culinaire faite à base de manioc et très prisée en Côte-d’Ivoire.  « Nous  voulons moderniser  la production du «atiéké ».  Comme vous avez pu le constater, la transformation se fait de manière traditionnelle. Les déchets sont déversés dans la rue. En plus, c’est un travail pénible pour les femmes. C’est ainsi que la Bad a décidé, avec l’Anader, de doter ce village d’une unité moderne », a expliqué Koné Bazoumana, chef de zone de l’Anader à Yamoussoukro. Selon lui, cette unité qui sera opérationnelle bientôt permettra également de produire du «atiéké » en quantité et qualité.  

Aliou KANDE

SAEMAUL UNDONG : UNE INITIATIVE POUR ATTEINDRE LES HIGH 5 DE LA BAD
Les villages modèles Saemaul Undong (Su) sont conçus pour partager les expériences de développement économique de la Corée en mettant l'accent sur le développement agricole et rural en Afrique.  Saemaul Undong met le focus sur la diligence, l’auto-assistance et la coopération. Selon la Bad, il s’agit d’un modèle de développement viable et intégré axé sur la communauté.

L’institution estime que ce modèle est pertinent et applicable pour atteindre ses High 5 en Afrique au niveau de  la communauté locale. Selon la Bad, les villages modèles Saemaul Undong (Su) sont conçus pour partager les expériences de développement économique de la Corée en mettant l'accent sur le développement agricole et rural. La Bad estime que si la philosophie Su est appliquée aux niveaux national et régional, elle aura un effet domino sur la croissance socioéconomique qui est indépendante de l'aide extérieure pour assurer la durabilité du développement. Avant la Côte-d’Ivoire, des modèles SU  ont été mis en œuvre par la Bad  et le Koafec  en Éthiopie et en Rdc avec des résultats intéressants.

A. KANDE

Les villages modèles Saemaul Undong (Su) sont conçus pour partager les expériences de développement économique de la Corée en mettant l'accent sur le développement agricole et rural en Afrique. Saemaul Undong met le focus sur la diligence, l’auto-assistance et la coopération. Selon la Bad, il s’agit d’un modèle de développement viable et intégré axé sur la communauté.

L’institution estime que ce modèle est pertinent et applicable pour atteindre ses High 5 en Afrique au niveau de la communauté locale. Selon la Bad, les villages modèles Saemaul Undong (Su) sont conçus pour partager les expériences de développement économique de la Corée en mettant l'accent sur le développement agricole et rural. La Bad estime que si la philosophie Su est appliquée aux niveaux national et régional, elle aura un effet domino sur la croissance socioéconomique qui est indépendante de l'aide extérieure pour assurer la durabilité du développement. Avant la Côte-d’Ivoire, des modèles SU ont été mis en œuvre par la Bad et le Koafec en Éthiopie et en Rdc avec des résultats intéressants.

A. KANDE

La délégation de la Bad a terminé, le 5 mai dernier, sa visite des villages du district autonome de Yamoussoukro par Lolobo. Ce village est situé sur l’axe Yamoussoukro-Bouaké. Dans cette localité, la Bad a prévu d’appuyer les coopératives qui s’activent dans la production de « athiéké », spécialité culinaire faite à base de manioc et très prisée en Côte-d’Ivoire. « Nous voulons moderniser la production du «atiéké ». Comme vous avez pu le constater, la transformation se fait de manière traditionnelle. Les déchets sont déversés dans la rue. En plus, c’est un travail pénible pour les femmes. C’est ainsi que la Bad a décidé, avec l’Anader, de doter ce village d’une unité moderne », a expliqué Koné Bazoumana, chef de zone de l’Anader à Yamoussoukro. Selon lui, cette unité qui sera opérationnelle bientôt permettra également de produire du «atiéké » en quantité et qualité.

Aliou KANDE

La Fondation Sen’ Finances, à travers l’association internationale des investisseurs dans l’Economie sociale (Inaise), va organiser, du 20 au 22 juin, une première conférence sur l’Economie sociale et solidaire (Ess).

Dakar va abriter, du 20 au 22 juin, pour la première fois en Afrique de l’Ouest, la conférence de l’association internationale des investisseurs dans l’Economie sociale (Inaise). Cette rencontre sera organisée par la Fondation Sen’ Finances, seul membre sénégalais de ce réseau, en partenariat avec le ministère de l’Economie solidaire et de la Microfinance.

Inaise est un réseau international d’organismes ayant pour objectif le financement de projets sociaux et environnementaux. Créé à Barcelone en Espagne, en 1989, à l’initiative de sept organisations financières de l’économie sociale, il a connu une croissance rapide liée au développement du mouvement de la finance sociale et solidaire.

Le thème de la conférence de Dakar est « Finance sociale et solidaire et émergence des continents ».

Pour l’administratrice générale de la Fondation Sen’ Finances, Denise Fatoumata Ndour, l’Economie sociale et solidaire (Ess) est « un secteur en plein essor qui touche des populations défavorisées mais qui fait face à des disparités ». Le concept d’Ess vient, selon elle, « à son heure et dépasse même le secteur de la micro finance parce qu’impliquant d’autres formes de financement qui mettent en avant l’humain, mais surtout le social par rapport à la rentabilité financière ».

L’objectif de la Conférence, précise Denise Fatoumata Ndour, est de créer un espace d’échanges et d’analyse entre participants pour une meilleure compréhension du concept d’Ess et une connaissance de diverses expériences, stratégies et outils de l’Ess notamment en Afrique.

Au cours de la conférence, les participants vont échanger sur quatre axes majeurs de l’Ess : mécanismes de financement de l’Ess, expériences intercontinentales, outils financiers de soutien à l’agriculture et formes de financement innovantes. A l’en croire, les conclusions et les recommandations de la conférence devraient beaucoup servir à l’élaboration de la Lettre de politique sectorielle et du développement de l’Economie sociale et solidaire. Le chargé de communication du ministère de l’Economie solidaire, Ibrahima Diallo, a indiqué que l’Ess est une nouvelle approche qui met le capital humain au cœur du système. Cette thématique est, à son avis, en parfaite phase avec la vision du Plan Sénégal émergent (Pse).

Souleymane Diam SY

La première adjointe au maire de Saint-Louis, Aïda Mbaye Dieng, a souligné, jeudi, la nécessité du dialogue et de la concertation pour que l’exploitation pétrogazière puisse répondre aux attentes et intérêts des populations sénégalaises.

Le dialogue et la concertation "sont utiles pour favoriser une bonne exploitation du pétrole et du gaz’’, et pour qu’à travers "une meilleure connaissance des techniques de plaidoyer et de lobbying, les acteurs soient "mieux outillés afin de sensibiliser les décideurs et les compagnies (...) pour la préservation des intérêts des populations". Mme Mbaye intervenait lors de la cérémonie de clôture d’un atelier organisé par l’Association pour la recherche-action, le développement et l’environnement dans le Sahel (Arades), en collaboration avec l’Ong Oxfam et Enda Diapol.

 Cet atelier de renforcement de capacités en hydrocarbures et en réglementation minière, a enregistré la participation de 80 personnes, élus locaux, membres de la société civile et journalistes. Il a ainsi permis de renforcer les capacités des participants qui doivent, à leur tour, porter le plaidoyer afin ’’d’amener les Etats, décideurs et exploitants, à prendre en charge les préoccupations des personnes impactées par ces exploitations gazières et minières’’, a indiqué Abibatou Ba Fall, présidente de l’Association pour la recherche-action, le développement et l’environnement dans le Sahel. Selon Mme Fall, ’’les enjeux et impacts économiques et sociaux des exploitations minières et gazières nécessitent des stratégies et des actions d’information et de sensibilisation, pour que les populations soient bien imprégnées" de ces questions.  Elle signale qu’avec la perspective de l’exploitation pétrogazière, les pêcheurs de Saint-Louis, par exemple, ont "des inquiétudes par rapport à la préservation de leurs activités", raison pour laquelle "on doit les écouter et trouver des alternatives à leurs préoccupations (...)’’.

 En perspective de l’exploitation pétrogazière, annoncée au Sénégal pour 2021-2023, "des fonds de compensation’’ pourraient être mis en place au bénéficie des communautés impactées, a préconisé Abibatou Bâ Fall. Entre 2014 et 2016, d’importantes découvertes de pétrole et de gaz ont été faites au large des eaux sénégalaises et à cheval entre la Mauritanie et le Sénégal.

 En février, le Sénégal et la Mauritanie ont conclu un Accord de coopération internationale (Aci) portant sur l’exploitation du gisement gazier offshore commun "Grand Tortue-Ahmeyim" (Gta) de 450 milliards de mètres cubes à partir de 2021, lequel accord a été approuvé par les députés sénégalais, début juin.  Il permettra ainsi au découvreur américain Kosmos Energy et à la major britannique British petroleum (Bp) de décider, au cours de cette année, le lancement de l’exploitation d’un gisement estimé à 450 milliards de mètres cubes, soit l’équivalent de 14% des réserves de gaz nigérianes. La multinationale pétrolière britannique envisage de faire ses premières livraisons de gaz sur le marché mondial à l’horizon 2021. Le gisement Grand-Tortue, considéré comme l’un des plus importants gisements d’Afrique de l’Ouest, pourrait générer 700 milliards de mètres cubes de gaz, selon la compagnie pétrolière.

 Dans le but de produire ses premières quantités de gaz naturel liquéfié, Bp va installer sa première usine de liquéfaction de gaz naturel - une barge flottante - à la frontière maritime sénégalo-mauritanienne, à huit kilomètres de Saint-Louis.

APS

Dans le transport aérien, la concurrence est très bénéfique pour la croissance du trafic et la baisse du prix des billets d’avion. C’est ce qui pousse Pascal de Izaguirre, Pdg de Corsair, à dénoncer les accords bilatéraux sur l’aérien pour « libérer les entraves aux échanges de passagers et de marchandises ».  

« Trop de pays africains subissent un carcan réglementaire par des accords bilatéraux qui datent de plusieurs décennies. Nous croyons au développement du transport aérien pour libérer les entraves au développement économique à travers des échanges de passagers et de marchandises. Nous sommes ouverts à des accords dits « de ciel ouvert » ». Ainsi plaide Pascal de Izaguirre, Pdg de Corsair qui avait convié à Paris, du 4 au 6 juin, une dizaine de journalistes sénégalais à un voyage de presse. La remise en cause des accords bilatéraux est l’un des axes de la communication offensive de Corsair pour continuer d’exister au Sénégal où la compagnie française exploite 7 vols au départ de Paris pour Dakar par semaine, tout comme à Abidjan.
 
Importance du marché sénégalais
Depuis janvier 2018, la compagnie française dessert Bamako (Mali) deux fois par semaine. Pour Pascal de Izaguirre, l’Afrique souffre, aujourd’hui, de ses accords aériens qui n’existent que sur notre continent. « Beaucoup de pays (africains) ne peuvent pas développer des échanges à cause de ces accords », a-t-il poursuivi. Pour argumenter sa conviction, le Pdg de Corsair donne l’exemple de la présence de sa compagnie sur le tarmac des aéroports sénégalais, ivoirien et malien.

« L’arrivée de Corsair au Sénégal (depuis 1993) a provoqué une explosion du trafic aérien, une chute du prix du billet d’avion et a démocratisé le voyage et le fret. Tui France (dont Corsair est une filiale) est le premier tour operator à envoyer, en nombre, des touristes au Sénégal avec nos installations à Saly ». Le poids du marché français sur l’axe Paris – Dakar  est de 78%, alors que le poids du marché sénégalais est de 22%. Le Sénégal a donc une importance capitale pour Corsair qui, en retour, participe au développement du tourisme au Sénégal, au départ de Paris. Ainsi, l’arrivée de Air Sénégal Sa n’est pas « une mauvaise chose », selon la direction de Corsair. La compagnie aérienne française se dit « prête » à travailler avec la compagnie sénégalaise sans en préciser les contours. C’est une collaboration qui pourrait porter sur le marché intérieur sénégalais. L’Afrique a besoin de « libérer les énergies », « d’abolir les frontières », de « faire tomber les barrières » pour favoriser le développement du transport aérien. Une vision que Pascal de Izaguirre va certainement défendre lors de sa communication au forum « Africa Convergence » qui se tiendra à Dakar du 21 au 22 juin prochain. Corsair, c’est 470 millions d’euros de chiffre d’affaires pour 1,2 million de passagers et 17 000 tonnes de fret transportés par an.

Moussa DIOP, envoyé spécial à Paris (France)

La localité de Sinthiou Mbadane Peulh, dans le département de Mbour, a abrité, mardi, la cérémonie de lancement de son projet orange énergie. Une trouvaille du Groupe Sonatel pour l’électrification des zones rurales du pays à travers l’équipement des foyers en kits solaires qui vont permettre de faire face aux besoins primaires en énergie.

Dans le combat pour la couverture nationale en énergie, le Groupe Sonatel vient apporter sa contribution. Il a lancé, mardi, à Sinthiou Mbadane Peulh, orange énergie pour combler le déficit énergétique du pays. Conscient du potentiel des énergies renouvelables et souhaitant contribuer aux ambitions de souveraineté énergétique du Sénégal, le Groupe de téléphonie investit ainsi les localités rurales. Ce, à travers la mise à disposition d’un kit comprenant un panneau solaire relié à une batterie permettant l’alimentation d’équipements comme les lampes Led, les chargeurs de téléphones, des postes radios et un téléviseur. Pour le directeur général de Sonatel, Sékou Dramé, il s’agit de venir en appoint à l’Etat du Sénégal, dans ses efforts pour une couverture totale du pays. « Quand on regarde le potentiel énergétique du pays et la technologie ayant beaucoup évolué, on a aujourd’hui une réelle opportunité d’apporter cette technologie aux populations et contribuer ainsi à l’accès à la souveraineté énergétique du pays », a-t-il estimé. M. Dramé ajoute que c’est un projet pilote que Sonatel déroule dans un premier temps dans les départements de Mbour et Fatick pour voir comment les populations vont réagir à cette offre. « Et si le projet est concluant, nous envisageons une mise à l’échelle ».

Pour cette première phase, il renseigne que 1.000 kits sont disponibles et seront commercialisés dans ces deux localités. « Nous envisageons une période pilote de trois à six mois dépendamment des résultats que nous aurons. Et d’ici à la fin de l’année, notre objectif est d’être en situation de lancer l’offre sur toute l’étendue du territoire si les conditions le permettent ». Ainsi donc à travers ce projet de commercialisation de kits solaires, le groupe cherche non seulement à proposer des solutions simples et accessibles, mais aussi à participer à l’amélioration des conditions de vie des populations en satisfaisant leurs besoins de base comme l’éclairage ; ce qui entre en droite ligne avec les orientations définies par le Pse.

Orange énergie permettra, selon ses initiateurs, à travers deux options de kits solaires, de donner accès à chaque foyer à des équipements pour s’éclairer, recharger son téléphone et regarder la télévision. Et pour démocratiser l’accès à ces kits solaires au monde rural, nous proposons un mode de paiement par tempérament qui offre aux clients de rembourser les kits sur trois ans et pour moins de 200 FCfa par jour sur une durée de 36 mois. Une méthode qui a fait ses preuves en Afrique de l’Est notamment au Kenya, en Ouganda mais encore au Rwanda et à travers laquelle Sonatel veut réaffirmer son double engagement aux côtés de l’Etat du Sénégal pour renforcer l’inclusion financière des populations et l’accès à l’électricité qui constituent des axes prioritaires du Pse.

Amath Sigui Ndiaye

La représentation de l’Agence française de développement (Afd) au Sénégal a fait le bilan de ses activités pour 2017. Selon sa directrice, Laurence Hart, au cours de cette année, l’institution a financé 13 projets pour un montant de 214 millions d’euros, soit environ 140 milliards de FCfa.

La directrice du bureau de l’Agence française de développement (Afd) au Sénégal a présenté, hier, le bilan de ses activités pour 2017. Selon Laurence Hart, au cours de cette année, la structure a financé 13 projets pour un montant global de 214 millions d’euros, soit près de 140 milliards de FCfa. Elle rencontrait la presse en compagnie de Philippe Chedanne, directeur régional grand Sahel de l’Afd. « Le Sénégal est un pays prioritaire pour l’Afd. C’est pourquoi, nous mobilisons toute notre gamme de financement», a expliqué Mme Hart. Il s’agit de financements variés dont 140 millions d’euros en prêt souverain ; 54 millions d’euros de fonds délégués et 20 millions d’euros pour le secteur privé. Pour les projets financés, poursuit la directrice du bureau de l’Afd, le secteur de l’agriculture est bien pris en compte (32 millions d’euros pour le projet Apefam et 47 millions d’euros pour celui de Tiers Sud). Le secteur de l’eau et de l’assainissement n’a pas été en reste. Dans cette rubrique, l’Afd a mobilisé 41 millions d’euros pour l’aide budgétaire sectorielle eau, 15 millions d’euros pour la lutte contre les inondations et 0,6 million d’euros pour l’hydraulique dans la région de Matam. Les financements de l’Afd ont également touchés les énergies renouvelables, dont 51,65 millions d’euros ont été destinés au projet Smartgrids. Il y a également la diaspora sénégalaise avec un financement de 11,35 millions d’euros. Laurence Hart a, en outre, précisé que l’Afd a, depuis 2007, engagé un volume d’investissement de 1,6 milliard d’euros au Sénégal. Actuellement, l’Afd exécute 47 projets pour 69 conventions de financement dans notre pays.
 
1,6 milliard d’euros en dix ans
Concernant le financement du Pse, sur un engagement de 400 millions d’euros pris par l’Afd au Groupe consultatif de Paris en 2014, elle renseigne qu’à la date du 31 décembre dernier, le montant est évalué à 700 millions d’euros.

Pour 2018, l’Afd se lance dans un fort engagement en faveur de l’éducation notamment en soutenant les efforts du gouvernement dans le Partenariat mondial pour l’éducation dont la dernière conférence s’est tenue en février dernier à Dakar. Les autres priorités de l’institution au Sénégal pour cette année concernent également la décentralisation, la lutte contre l’érosion côtière à Saint-Louis, la baie de Hann.

Mme Hart a indiqué qu’en 2017, l’Afd a franchi le cap de 10 milliards d’euros d’engagements dans le monde. « En 2017, on a noté une progression de nos activités avec 10,4 milliards d’euros d’engagements dans le monde. C’est un seuil important. Nous voulons le porter à 12 milliards d’euros en 2020 », a-t-elle dit.

Pour le Sahel, l’Afd, informe son directeur régional, a mobilisé au cours des dix dernières années, 4 milliards d’euros dont 1,6 milliard d’euros pour le Sénégal. Selon Philippe Chedanne, au cours de cette période, près de 700 conventions de financement ont été signées.

Aliou KANDE

Après une mise en œuvre de la première phase du Projet régional des pêches en Afrique de l’Ouest (Prao), le Sénégal prépare activement la deuxième. Un atelier de partage des documents sur l’évaluation environnementale et sociale du projet a été organisé, hier, en présence de tous les acteurs.

Le Sénégal prépare le lancement de la deuxième phase du Projet régional des pêches en Afrique de l’Ouest (Prao). Les différentes parties prenantes dans la mise en œuvre du projet ont pris part, hier, à la direction des pêches maritimes à un atelier de partage des documents sur l’évaluation environnementale et sociale du projet. Cette étape, selon les acteurs, est indispensable avant l’approbation du projet par la Banque mondiale. Le consultant commis à cet effet a présenté aux acteurs de la chaine le cadre de gestion environnementale et sociale, le cadre politique de réinstallation et le cadre fonctionnel du projet.

L’étude sur le cadre de gestion environnementale et sociale indique que ce projet, dont les principales zones d’intervention sont Dakar, Ziguinchor et Saint-Louis, va permettre « d’améliorer durablement la gestion et la conservation des ressources halieutiques du pays ». « Le projet, à travers une approche inclusive, va allier à la fois les exigences de protection et de conservation des ressources et celles d’amélioration des revenus des communautés et des acteurs concernés, grâce à la mise en application de bonnes pratiques de gestion et de gouvernance responsable », mentionne le consultant dans son rapport. Toujours sur le plan environnemental, l’étude souligne qu’il y a des « impacts positifs potentiels » grâce à la mise en œuvre de « mesures de conservation et de surveillance des écosystèmes ». Ce qui va permettre d’obtenir, dans ces sites d’intervention, un « rétablissement de la productivité biologique » et une « amélioration de la biodiversité ».

La deuxième phase du Projet régional des pêches en Afrique de l’Ouest (Prao) s’accompagne d’une construction d’infrastructures de pêche modernes. Cependant, même si ces édifices auront des impacts positifs certains en permettant d’améliorer les moyens de subsistance des groupes vulnérables et de rendre plus compétitif le secteur, il n’en demeure pas moins que ces potentiels infrastructures peuvent entrainer des risques environnementaux et sociaux. D’après le rapport d’étude d’impact, l’installation des chantiers et la libération des emprises nécessitent un « défrichement du couvert végétal et pourraient également engendrer différents conflits et des nuisances éventuelles ».

En outre, l’étude a dénombré environ 1020 personnes (physiques et morales) affectées par le projet. Toutefois, elle précise que « ces chiffres sont donnés à titre indicatif ». « Un recensement et une étude socioéconomique spécifique seront nécessaires pour déterminer le nombre précis de personnes affectées, lors de l’élaboration des plans d’actions de réinstallation », indique le rapport. En plus, le document rapporte que la deuxième phase du Projet régional des pêches en Afrique de l’Ouest, dans sa mise en œuvre au Sénégal, va affecter des structures et aménagements mis en place dans les sites de débarquements par les acteurs de la pêche artisanale. Les principaux concernés seront surtout les femmes vendeuses et transformatrices de poissons, les réparateurs de pirogues et de moteurs, présage le rapport.

Aliou Ngamby NDIAYE

TROIS QUESTIONS A MARIAMA DALANDA BARRY, COORDONNATEUR NATIONAL DU PRAO : « LE MEILLEUR MOYEN DE GÉRER LA RESSOURCE, C’EST D’ASSOCIER LES ACTEURS »
Le Coordonnateur national du Projet régional des pêches en Afrique de l’Ouest (Prao), Mariama Dalanda Barry, dans cet entretien, tire un bilan de la première phase du Prao qui s’est déroulée de 2010 à 2016. Elle revient, en même temps, sur l’intérêt de la cogestion pour mieux préserver la ressource halieutique.

Quels enseignements peut-on tirer des documents de sauvegarde environnementale et sociale qui viennent d’être partagés au cours de cette rencontre ?
Ce qu’il faut dire est que les questions de sauvegarde environnementale et sociale sont devenues primordiales pour la Banque mondiale. Aucun projet ne peut être financé, aujourd’hui, par cette institution sans avoir fait l’objet d’une évaluation environnementale et sociale. L’objectif est de voir tous les impacts négatifs que pourrait avoir la mise en œuvre du projet. Tout cela est pris en compte avant la mise en œuvre. C’est un projet de développement et un projet de développement n’est pas là pour appauvrir les populations. Si le projet peut avoir des impacts négatifs aussi bien sur les personnes que sur l’environnement, il faut que tous ces éléments soient pris en compte. C’est quelque chose qu’on ne faisait pas avant, mais de plus en plus, c’est une obligation aussi bien au niveau du Sénégal qu’au niveau de la Banque mondiale.

Quels sont les différents sites de pêche qui ont été retenus pour la deuxième phase ?
La première phase était essentiellement la Petite Côte, Fatick et Dakar. Maintenant, on a conservé la Petite Côte, mais on a essayé d’aller vers le Nord avec un site à Fass Boye, dans le Sud avec un site à Kafountine. Il y a des sites de cogestion bien particuliers au Nord et à Dakar qui intéressent les acteurs. Il y a surtout des activités qui ont une dimension nationale comme les plans d’aménagement.

Pourquoi avez-vous jugé nécessaire d’élargir les sites d’intervention du Prao pendant cette deuxième phase ?
Le Sénégal compte plus de 200 sites de débarquements. Si l’on n’associe pas tous les acteurs à la mise en œuvre, l’Etat, à lui seul, malgré toute sa volonté, n’a pas tous les moyens pour couvrir toutes ces zones. On ne peut pas mettre des policiers dans chacun de ces sites. Le meilleur moyen de gérer la ressource, c’est d’associer les acteurs. Il faudra donc qu’ils se sentent concernés et qu’ils s’approprient le principe de l’obligation de gérer la ressource, mais avec l’appui de l’Etat. Si l’on veut gérer la ressource, surtout pour la pêche artisanale, il faut aller au niveau le plus bas. L’administration des pêches, représentée par les postes de contrôle, travaillent en étroite collaboration avec les acteurs des sites. Cette expérience, pendant la première phase, a montré que quand on mettait les moyens et qu’on accompagnait les acteurs, ils étaient capables de faire des choses extraordinaires. L’idéal serait de l’étendre sur tout le littoral sénégalais.

Recueillis par A. Ng. NDIAYE

Le Coordonnateur national du Projet régional des pêches en Afrique de l’Ouest (Prao), Mariama Dalanda Barry, dans cet entretien, tire un bilan de la première phase du Prao qui s’est déroulée de 2010 à 2016. Elle revient, en même temps, sur l’intérêt de la cogestion pour mieux préserver la ressource halieutique.

Quels enseignements peut-on tirer des documents de sauvegarde environnementale et sociale qui viennent d’être partagés au cours de cette rencontre ?
Ce qu’il faut dire est que les questions de sauvegarde environnementale et sociale sont devenues primordiales pour la Banque mondiale. Aucun projet ne peut être financé, aujourd’hui, par cette institution sans avoir fait l’objet d’une évaluation environnementale et sociale. L’objectif est de voir tous les impacts négatifs que pourrait avoir la mise en œuvre du projet. Tout cela est pris en compte avant la mise en œuvre. C’est un projet de développement et un projet de développement n’est pas là pour appauvrir les populations. Si le projet peut avoir des impacts négatifs aussi bien sur les personnes que sur l’environnement, il faut que tous ces éléments soient pris en compte. C’est quelque chose qu’on ne faisait pas avant, mais de plus en plus, c’est une obligation aussi bien au niveau du Sénégal qu’au niveau de la Banque mondiale.

Quels sont les différents sites de pêche qui ont été retenus pour la deuxième phase ?
La première phase était essentiellement la Petite Côte, Fatick et Dakar. Maintenant, on a conservé la Petite Côte, mais on a essayé d’aller vers le Nord avec un site à Fass Boye, dans le Sud avec un site à Kafountine. Il y a des sites de cogestion bien particuliers au Nord et à Dakar qui intéressent les acteurs. Il y a surtout des activités qui ont une dimension nationale comme les plans d’aménagement.

Pourquoi avez-vous jugé nécessaire d’élargir les sites d’intervention du Prao pendant cette deuxième phase ?
Le Sénégal compte plus de 200 sites de débarquements. Si l’on n’associe pas tous les acteurs à la mise en œuvre, l’Etat, à lui seul, malgré toute sa volonté, n’a pas tous les moyens pour couvrir toutes ces zones. On ne peut pas mettre des policiers dans chacun de ces sites. Le meilleur moyen de gérer la ressource, c’est d’associer les acteurs. Il faudra donc qu’ils se sentent concernés et qu’ils s’approprient le principe de l’obligation de gérer la ressource, mais avec l’appui de l’Etat. Si l’on veut gérer la ressource, surtout pour la pêche artisanale, il faut aller au niveau le plus bas.

L’administration des pêches, représentée par les postes de contrôle, travaillent en étroite collaboration avec les acteurs des sites. Cette expérience, pendant la première phase, a montré que quand on mettait les moyens et qu’on accompagnait les acteurs, ils étaient capables de faire des choses extraordinaires. L’idéal serait de l’étendre sur tout le littoral sénégalais.

Recueillis par A. Ng. NDIAYE

Pour sa première opération de titrisation à la Brvm, la Cofina, spécialisée dans le financement des Pme, a réussi à lever 16 milliards de FCfa, soit une souscription de 60%. L’institution sollicitait du marché financier régional 10 milliards.

La Compagnie financière africaine (Cofina) a réussi sa première opération de titrisation à la Bourse régionale des valeurs mobilières (Brvm) en levant plus de 16 milliards de FCfa, soit une souscription de 60 %, selon un communiqué en date du 13 juin. Cofina sollicitait le marché boursier régional pour un montant de 10 milliards de FCfa.

Les fonds collectés proviennent de souscripteurs résidant dans différents pays tels que le Burkina Faso, le Mali, la Côte d’Ivoire, le Togo, le Gabon, le Maroc mais aussi l’Allemagne, les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la Suisse. La bonne réponse du marché financier est accueilli comme « un fort intérêt des investisseurs » à l’égard de cette institution de mésofinance (chaînon de la finance située entre la micro finance et les banques traditionnelles).

« Le franc succès de cette opération est bien la preuve que les investisseurs voient en Cofina et dans le secteur de la mésofinance un potentiel encore sous-exploité. Les personnes morales, constituées de compagnies d’assurance majoritairement, représentent 84 % des souscripteurs, signe indiscutable que nous avons la confiance de nos pairs et de nos partenaires. L’argent collecté sera réinvesti dans l’économie réelle pour accompagner les petites et moyennes entreprises à se structurer dans nos pays de la sous-région », a déclaré Jean-Luc Konan, Pdg de Cofina. Fondé en 2013, l’institution de mésofinance s’est donnée comme mission d’accorder des crédits aux Pme qui constituent 90 % des entreprises d’Afrique, mais qui sont confrontées à des difficultés d’accès au financement. Cofina gère un portefeuille de plus de 108.000 clients répartis sur six filiales, elle est présente au Sénégal, en Côte d’Ivoire, en Guinée, au Mali, au Congo et au Gabon. Son total bilan est de 96 milliards de FCfa.

Malick CISS

La Banque africaine de développement (Bad) lancera, le 20 juin prochain, à Port-Louis, la capitale mauricienne, un rapport phare intitulé « Indice 2018 de réglementation de l’électricité (Ire) ».

Dans un communiqué reçu à notre rédaction, l’institution renseigne que c’est un outil spécial qui mesure le niveau de développement des cadres réglementaires dans les pays africains et analyse leur impact sur les performances dans les secteurs de l’électricité sur le continent. L’Ire, précise-t-on, sera lancé en marge du Forum africain sur l’énergie qui aura lieu du 19 au 22 juin prochain à Port- Louis. Il a été établi à partir d’informations recueillies auprès d’organismes régulateurs du secteur de l’électricité et de compagnies d’électricité de 15 pays africains. Grâce à son initiative «New Deal pour l’énergie en l’Afrique », la Bad s’est donnée pour objectif d’atteindre, d’ici à 2025, l’accès universel à l’électricité sur le continent.  Pour y parvenir, elle souligne que des investissements privés importants, dans les secteurs de l’énergie et de l’électricité des pays africains, seront nécessaires. «Un cadre réglementaire solide dans le secteur de l’électricité fondé sur l’état de droit et régi de manière transparente et efficace sera indispensable pour mobiliser les financements de première importance », lit-on dans le document. En outre, poursuit la Bad, une évaluation périodique des organismes régulateurs telle qu’elle est menée dans de nombreux pays développés permettra de détecter, de manière précoce, d’éventuels problèmes et lacunes, et d’y remédier rapidement.

Aliou KANDE

Selon le président du Conseil régional de l’épargne publique et du marché financier (Crepmf), Mamadou Ndiaye, un Etat gagnerait plus à solliciter le marché financier parfois que de puiser dans ses ressources propres pour financer un projet de développement. Aussi, ajoute-t-il dans cet entretien, le fait pour un pays de solliciter le marché financier international avec succès montre que le pays émetteur est de bonne qualité, estime-t-il, pour relativiser une certaine idée selon laquelle des pays africains comme le Sénégal qui sollicitent le marché, s’endettent à un rythme inquiétant.

Le Crepmf était à Dakar du 04 au 05 juin 2018. Quel était l’objet de votre présence à Dakar ?
L’objet principal de notre séjour à Dakar était la tenue de la 75eme session ordinaire de notre organe. En marge de cette session, nous avons organisé une journée de sensibilisation et d’information sur le marché financier régional. Le Crepmf a saisi l’occasion de sa présence à Dakar pour s’entretenir, avec les étudiants du Cesag, des universités et grandes écoles de commerce sur l’organisation, le fonctionnement et les opportunités qu’offre le marché financier régional. Cette démarche s’inscrit dans la stratégie de sensibilisation visant l’amélioration de la culture financière dans la zone. Cette cible constitue un important relais dans ce processus. En effet, les étudiants de ces établissements constituent les futurs cadres, dirigeants, opérateurs économiques et potentiels investisseurs. A cet égard, je me réjouis de la forte mobilisation constatée durant cette journée de sensibilisation et d’information.

Au cours de ladite session, le Crepmf a examiné une trentaine de dossiers. Il faut noter que nous sommes dans un processus de réforme qui implique la mise à jour de certains textes internes régissant le fonctionnement de l’organe. Concernant les activités du marché financier régional, nous avons examiné et délivré des agréments à de nouveaux acteurs et autorisé de nouvelles opérations de levées de ressources sur ledit marché. En outre, le Crepmf a examiné d’autres dossiers relatifs à certains chantiers de reformes qui devraient contribuer à l’approfondissement et à l’attractivité du marché ainsi qu’à la protection des épargnants.

Comment remplissez-vous votre rôle de gendarme du marché financier ?
Cette mission peut être perçue sous trois angles. D’abord, il y a l’habilitation des acteurs du marché. En sa qualité de régulateur du marché financier régional, le Crepmf agrée les structures centrales du marché, les intervenants commerciaux. Il approuve également les commissaires aux comptes, les agences de notation et les garants. Il a un rôle de contrôle. A ce titre, le Crepmf dispose d’un pouvoir de contrôle et de sanctions pouvant aller d’une mesure administrative à une sanction pécuniaire ou disciplinaire.

Les missions d’inspection et de contrôle effectuées par les services du secrétariat général du Crepmf et le respect par les acteurs des règles déontologiques des acteurs du marché financier régional contribuent à assurer une certaine éthique au sein de notre marché. En outre, la mise en place des mécanismes de protection des épargnants et d’éducation financière contribuent à renforcer la confiance à notre marché. Le Crepmf assure enfin la gestion des contentieux. En vertu de sa mission de protection de l’épargne et de règlementation du marché financier régional, il dispose d’un cadre de saisine de ses services.

Au-delà des intervenants du marché, les épargnants (personnes physiques ou morales) sont également habilités à saisir le Crepmf, sur son site web ou par tous les autres moyens ou supports, pour toutes plaintes ou réclamations. Les recours reçus par les services du secrétariat général portent essentiellement sur des litiges entre intervenants commerciaux à l’occasion du dénouement d’opérations financières ; entre clients et société de gestion à l’occasion de transfert de titres ou d’événements sur valeurs ; entre clients et société de gestion collective sur la valorisation des portefeuilles ; entre les sociétés de gestion et les structures centrales. Ce qu’il faut retenir c’est que le Conseil régional a des pouvoirs étendus : un pouvoir de contrôle étendu (le secret professionnel peut être opposé au Crepmf), un pouvoir d’information (on ne peut pas nous opposer le secret professionnel), et un pouvoir de sanction. Tout cela est encadré par les textes avec des procédures et des possibilités de recours pour ceux qui sont sanctionnés.

Quelles sont les conséquences sur le marché financier de la faible culture boursière des pays de l’Uemoa ?
Mamadou Ndiaye Crepmf 2C’est un point sensible qui a motivé, en marge de nos travaux de la 75ème session, notre conférence avec les étudiants des écoles de commerce à Dakar. Pour que le marché puisse se développer, il faut des agents économiques qui ont cette culture boursière et qui sollicitent le marché pour faire des placements de leur épargne ou pour mobiliser des ressources. Le marché est le lieu de rencontre des offreurs et des demandeurs de ressources. Si ceux qui détiennent des épargnes n’ont pas cette culture boursière, le marché ne pourra pas aller très loin. Nous nous attelons à promouvoir la culture boursière. Cela se gère dans le temps, ce sont des habitudes, des comportements à avoir dès le bas-âge.

Quel est le potentiel du marché financier de l’Uemoa ?
En termes de mobilisation de l’épargne, qui est un des enjeux qui tenait à cœur les pères fondateurs de ce marché public, c’était d’abord de mobiliser l’épargne intérieur et plus tard l’épargne extérieur et la mettre à la disposition de l’économie. On peut mobiliser davantage d’épargne publique, mais pour cela, il faut proposer des produits attractifs. Seulement, cela demande des acteurs dynamiques qui ont des projets, des innovations financières. Nous, nous réglementons. Les principaux bénéficiaires du marché, ce sont les Etats ou émetteurs. Il y a des entreprises cotées mais l’essentiel des ressources est sollicité par l’Etat. Nous devons élargir notre base d’investisseurs mais aussi celle de ceux qui viennent solliciter le marché.

Récemment, la Senelec est venue solliciter le marché pour un peu plus de 30 milliards de FCfa pour financer un programme d’investissement. Si vous avez cette forme de besoin financier, vous pouvez solliciter le marché. Le potentiel du marché est insuffisamment jeune ; il a été créé en 1998. Au début, il y avait quelques balbutiements mais aujourd’hui, notre marché commence à vivre. Il y a beaucoup d’opportunités à saisir en termes de placements et de levées de ressources. Depuis ces deux dernières années, nous sentons un frémissement ; ce sont de nouveaux acteurs qui viennent. Nous sommes l’organe qui réglemente et qui donne des agréments aux acteurs.

Ces trois dernières années, nous avons eu 20 nouveaux acteurs agréés annuellement sous forme de Sgi (Société de gestion et d’intermédiation) ou de société de gestion de patrimoine ou les apporteurs d’affaires. Le marché est un écosystème où vous avez plusieurs catégories d’acteurs. Nous sommes aujourd’hui submergés par le nombre de demandes d’agréments. C’est un signe qui montre que le marché est très dynamique. Si nous parvenons à mettre en œuvre les réformes décidées par les ministres en mars 2016, cela approfondirait le marché en termes de montants à lever, d’acteurs, de nouveaux produits. Il y a une bourse où on peut acheter ou vendre (des titres) et reprendre sa trésorerie. Ainsi, on peut avoir des titres attractifs.

Par exemple, on n’a pas exploité suffisamment les soukouks, cela montre qu’on peut capter plus de ressources. Tous nos Etats sont engagés dans un processus de financement de leurs infrastructures. La participation des banques à ce financement n’est pas suffisante, car elles financent beaucoup plus les besoins à court terme. Le marché financier est plus indiqué si vous voulez financer des autoroutes par exemple avec des ressources à rembourser sur 5 à 10 ans.

Justement, il y a le problème des ressources longues indispensables au financement de nos économies. Est-ce ce parce que le marché régional est incapable de satisfaire les besoins de nos Etats en ressources longues pour financer le développement, qu’ils recourent au marché financier international à travers des émissions d’eurobonds ?
C’est une question intéressante. Mais tous les Etats utilisent divers types de financement. La nature du financement dépend de la nature du besoin. Pour certains investissements, il faut des ressources adaptées. Nous avons le marché financier, les banques, les institutions de micro finance. Les Etats ou les entreprises qui veulent lever des fonds ont la latitude de solliciter n’importe lequel de ces sources de financement. Généralement, les besoins des Etats sont importants, alors ils sollicitent le marché régional. Nous avons l’Agence Umoa Titres qui accompagne les Etats qui sollicitent le marché régional (bons du trésor, obligations du trésor).

Mais c’est souvent des ressources courtes…
Oui, les bons du trésor, c’est souvent sur deux ans, ce sont des ressources courtes. Mais certains Etats ont levé des ressources longues comme des obligations du trésor sur plus de deux ans, cinq, sept ans. Cela dépend du besoin à couvrir. Les Etats, parfois, sollicitent le marché parce que c’est justifié. Vous avez besoin, par exemple, de 100 milliards de FCfa, vous faites un arbitrage (sur le type de produit financier). Ce n’est pas que le marché régional qui ne peut pas absorber la demande tout de suite, il y a des contraintes de coûts à respecter. Quand on emprunte, on souhaite le faire au coût le plus faible. Si vous avez des conditions très avantageuses sur le marché international, la logique économique n’admettrait pas que vous laissiez des sources de financement nettement moins chères pour privilégier votre marché.

Les Etats empruntent auprès des banques, sur le marché régional et sur le marché international. Il n’est pas donné à tous les Etats de s’adresser au marché international, parce qu’il y a des critères. Il faut être transparent, avoir des règles de bonne gouvernance, une bonne signature, de bonnes performances économiques pour solliciter le marché financier international parce que, là-bas, ce sont des gens qui ne vous connaissent pas. Si vous voulez lancer un eurobond, assurez-vous de respecter tous les préalables. Ceux qui achètent les titres de l’Etat burkinabé ou béninois, sont des banques qui se trouvent par exemple aux Etats-Unis ou à Londres. Elles cherchent à fructifier leurs ressources, donc elles vont les investir sur la base de ces critères de sécurité, de rentabilité, de liquidité.

Quand un Etat veut aller sur le marché financier, il y a toujours une agence de notation qui présente sa carte d’identité (performances économiques, risques politiques, fondamentaux). Il faut s’assurer que le coût de cet endettement ne sera pas prohibitif. Lever 1.200 milliards de FCfa comme le Sénégal l’a fait dernièrement, ce n’est pas notre marché qui pourra répondre. Il y a la nature des ressources, la maturité (durée de remboursement), le taux et les autres conditionnalités. Tout cela est à intégrer dans la prise de décision. Le fait de solliciter le marché étranger avec succès est un autre signal, cela montre que les émetteurs sont de bonne qualité.

Les levées de fonds à l’international étant libellées en devises fortes telles que le dollar, n’y a-t-il pas un risque de change en retour ?
Si l’on émet dans l’Union (marché de l’Uemoa), l’avantage c’est que c’est en franc Cfa, la monnaie locale. Il n’y a donc pas de risque de change. Là, je suis tout à fait d’accord. Si vous vous ouvrez au marché financier international, il y a des risques de change à gérer. Mais tous les émetteurs qui empruntent dans une monnaie qui n’est pas la leur, s’exposent à ce risque de change.

Il y a des instruments appropriés pour couvrir le risque de change. Un risque se gère, l’essentiel est de le minimiser pour ne pas avoir à payer un coût supplémentaire. Le risque de change est inhérent à tous les marchés financiers.

La Bourse régionale des valeurs mobilières (Brvm), c’est seulement 45 sociétés cotées et 41 lignes obligataires pour huit pays. Comment comptez-vous pousser les entreprises à aller à la bourse ?
C’est un point extrêmement important. Le nombre de valeurs cotées est très faible. Mais il y a eu quand même une évolution ces quatre dernières années. Au début, les choses ont beaucoup trainé. La Brvm est une bourse régionale commune à huit pays, mais elle a démarré sur une base nationale, c’était la Bourse d’Abidjan avec des valeurs ivoiriennes. C’est pourquoi, il y a cette prédominance des titres ivoiriens, au-delà du fait que la Côte d’Ivoire est l’économie la plus puissante de l’Uemoa. Puisque nous sommes dans un espace communautaire, les Etats ont décidé de profiter de cet espace en le transformant en bourse régionale commune aux huit pays.

Quand on l’a ouverte aux autres pays, toute entreprise qui respecte les critères d’accès peut y intervenir, comme la Sonatel et Eti (Ecobank transnational incorporated) qui constituent des valeurs phares de la Brvm. Ces dernières années, les banques commencent à se positionner à la bourse. Sur les 45 entreprises cotées, 12 sont des banques comme Boa. C’est un moyen de lever des ressources, d’apprécier ses performances et de pouvoir assurer sa croissance.

Si vous êtes coté à la bourse, il vous est plus facile de faire une augmentation de capital ou de lever des ressources. Mais vous acceptez l’obligation de donner toutes les informations à ceux qui investissent dans votre titre de manière périodique, soit trimestrielle ou semestrielle. Vous avez une obligation de transparence mais aussi de résultat, parce que si les gens se rendent compte que le titre n’est pas rentable, les cours vont baisser parce qu’on ne va plus demander ce titre qui enregistre des pertes. On investit pour percevoir des dividendes.

Nous avons une stratégie pour augmenter le nombre de sociétés cotées. Au niveau des Etats, il y a des entreprises qu’on peut inciter à venir. Cela ramène encore à la culture boursière. On peut avoir des entreprises rentables et solides, mais si elles ne vont pas à la bourse pour se déployer davantage, on aura toujours des valeurs limitées. Il faut inciter les entreprises performantes et rentables. Par ailleurs, il y a des entreprises publiques en restructuration avec les programmes de privatisation partielle ou totale. On peut donc céder une partie du capital en passant par la bourse.

L’autre aspect, c’est inciter les banques et sociétés d’assurance à se faire coter. C’est un moyen de renforcer la gouvernance. Le troisième axe sur lequel on peut agir, c’est les Pme. Si vous regardez le tissu économique de nos pays, la grande majorité des entreprises est constituée de Pme. Les ministres ont accepté la création d’un troisième compartiment dédié aux Pme, qui sera différent du compartiment des grandes entreprises. Les critères sont allégés pour ces Pme, une dizaine de Pme ont été identifiées et seront encadrées pour venir sur le marché émettre des obligations, si elles veulent se faire coter. Si l’on combine toutes ces mesures, on devrait pouvoir, dans les deux-trois années à venir, relever sensiblement le nombre de sociétés cotées. Ce sera sous réserve qu’on puisse continuer le processus de sensibilisation à la culture financière auprès des opérateurs économiques. Si ces derniers n’ont pas confiance, il se posera toujours le problème d’approfondissement du marché.

Que gagne une Pme à aller à la Brvm, notamment en termes de taux d’intérêt, comparé aux produits bancaires ? Est-ce que vos taux sont plus alléchants ?
Oui, en principe. Normalement, si vous avez un système où il n’y a pas d’intermédiaire et un système où il y en a, logiquement le système sans intermédiaire devient moins coûteux. L’intermédiaire prend toujours sa marge. Le système bancaire est celui de l’intermédiation. Si vous allez sur le marché, c’est la finance directe, donc en principe les taux sur le marché devraient être beaucoup plus faibles. Ce qui intéresse une Pme pour son développement, ce n’est pas avoir un découvert pour gérer son exploitation, acheter des matières premières, payer ses salaires. Ce qui pose problème, ce sont les ressources longues stables qui lui permettent de financer son développement et d’accroître sa capacité de production puisqu’elle est en train de grandir. Si elle ne parvient pas à satisfaire son besoin sur le segment bancaire, elle a la possibilité de se financer sur le marché financier.

C’est un avantage très important parce que les Pme rencontrent beaucoup de contraintes lorsqu’elles sollicitent le secteur bancaire qu’elles ne rencontreraient pas si elles étaient sur le marché financier, en respectant certaines conditions. A leur décharge, ce n’est pas parce que les banques ne veulent pas financer, mais elles gèrent bien le risque en exigeant les états financiers. Même sur le marché financier, on retrouve les mêmes exigences en gouvernance, en transparence, en états financiers certifiés. L’entreprise gagne en termes de coûts et de visibilité. Pour une entreprise quelconque qui vient sur le marché, il y a des avantages certains, mais le problème, c’est à quel moment y aller, comment s’y maintenir. Il ne suffit pas d’entrer en ayant des performances en termes de rentabilité, de gestion qui puissent permettre de maintenir la confiance.

Que les banques exigent des états financiers, c’est tout à fait normal, parce qu’elles ne gèrent pas leur argent mais celui des déposants. C’est aussi normal qu’elles exigent une rentabilité, car ce sont les résultats réalisés par ces entreprises qui permettront de rembourser le crédit. Les banques sont donc dans leur logique de recherche de placements moins risqués. Nous allons travailler à alléger les critères d’accès au marché financier. Nos entreprises doivent faire un effort d’ajustement vers le haut en ayant une comptabilité qui retrace des états financiers fiables, une gouvernance satisfaisante si elles veulent prospérer dans un système économique moderne.

L’exigence de transparence ne va-t-elle pas constituer une entrave pour les Pme désirant aller en bourse quand on sait que, sociologiquement, nos entrepreneurs n’aiment pas souvent divulguer leur situation financière ?
Mamadou Ndiaye Crepmf 3Effectivement, sociologiquement, nous avons des Pme familiales où l’on se dit : j’ai créé mon entreprise, je ne vais pas partager mon patrimoine en ouvrant mon capital. Ce sont des réflexes conservateurs. Mais il faut savoir qu’une affaire vit. C’était un projet qui a dépassé certaines proportions, et si vous avez plus de moyens de le gérer quand il est petit. Quand l’affaire atteint une certaine taille, il faut changer d’approche. On ne peut pas être toujours une petite société où le personnel c’est vous, votre femme, votre enfant. Si l’affaire s’agrandit, il faut changer de style de gouvernance sinon vous ne pourrez pas vous déployer parce qu’aucun tiers ne voudra travailler dans ces conditions avec vous.

Même si vous conservez la majorité du capital, le management doit changer lorsque vous atteignez une certaine taille. Vous êtes obligé d’avoir une comptabilité transparente. On ne peut pas avoir un chiffre d’affaires de 500 millions ou un milliard et ne pas payer ses impôts auprès du fisc, jouer dans la cachotterie ou ne pas avoir de comptabilité fiable. Vous êtes obligé de pouvoir retracer les transactions que vous faîtes, il vous faut un conseil d’administration, un comité d’audit, selon le droit commun. Sinon la concurrence va vous pousser à le faire parce que personne n’acceptera de mettre son argent dans une société mal organisée. Les fournisseurs vont vous exiger un minimum d’informations. Il faudra corriger cette attitude de nos Pme. Ça évolue, nous avons des Pme qui se sont positionnées sur leur créneau et qui sont devenues très performantes.

Les obligations d’informations du public des sociétés cotées à la bourse sont-elles respectées ?
Je me réjouis de vous annoncer que le taux de diffusion des informations financières par les sociétés cotées est en hausse au fil du temps. Le Crepmf attache une importance particulière au respect des obligations des sociétés cotées, gage de l’équité et de la transparence du marché financier régional. Au titre de l’année écoulée, les taux de diffusion étaient de 100 % pour les informations annuelles, 87 % pour les informations semestrielles et 50 % pour les informations trimestrielles. La sensibilisation des sociétés cotées au respect des textes réglementaires en attendant la finalisation de la relecture des textes relatifs à la diffusion des informations financières sur le marché financier régional, se poursuit.

Est-ce que le niveau de l’épargne intérieur répond à vos attentes ?
On dit que l’épargne est là, il faut la mobiliser. C’est pourquoi les autorités ont pensé opportun de créer un marché financier pour mobiliser l’épargne et l’utiliser au sein de nos économies. Vous avez la possibilité d’emprunter sur tous les huit pays de l’Union. Il y a quand même des évolutions. En 2016, on avait mobilisé 1.200 milliards de FCfa sur le marché, en 2017 ce sont 1.386 milliards. Une partie peut être apportée par l’extérieur pour rentabiliser l’épargne. Mais l’essentiel de l’épargne qui est captée est locale.

Est-ce que les fonds de retraite sont actifs sur le marché financier régional ?
C’est un autre axe qu’il faut développer. Ça commence à venir, nous travaillons sur des textes qui vont encourager l’intervention sur le marché des fonds de retraite, des fonds d’investissement. Mais il faut un cadre réglementaire incitatif. Ce sont des investisseurs qui cherchent à placer et à rentabiliser leurs ressources. S’ils voient que notre marché est sûr et que nos taux sont intéressants, ils vont venir investir.

Comment analysez-vous l’intérêt que les fonds d’investissement portent à l’Afrique maintenant ?
De plus en plus, on se convainc de l’attractivité des marchés africains. Notre marché, depuis 2012, a des taux de croissance intéressants, qui dépassent 6-7% sur plusieurs années. Cela veut dire que sur le plan macroéconomique, les performances sont là et qu’il y a une création de richesses. L’autre aspect, c’est l’environnement de manière générale. Une zone qui a de l’avenir et un potentiel de croissance attire les investisseurs sous forme de prise de participation dans les sociétés ou sous forme d’émission de titre, d’obligation. Mais s’il y a un risque politique par exemple élevé, ils ne vont pas venir mettre leur argent. Ce n’est pas pour rien qu’on fait de la notation. Les agences de notation montrent que la situation est bonne, acceptable et que si cette tendance se maintient dans deux à quatre ans, les résultats seront satisfaisants. C’est un pari sur l’avenir avec sa dose d’incertitude. Celui qui investit intègre tous ces paramètres, sans oublier l’importance des potentiels en ressources minières.

Comment se comporte le Sénégal sur le marché financier ?
Nous faisons une analyse globale du marché, le régulateur s’assure que les textes, les règles du jeu sont respectés par les acteurs. Les Etats sont soumis à des obligations pour émettre des obligations. Le Sénégal est un élément dans un ensemble de huit. L’économie de l’Uemoa repose sur la Côte d’Ivoire et le Sénégal en grande partie. Il y a plusieurs pour apprécier la performance d’un pays (taux de croissance, taux d’endettement, recettes fiscales, fréquence sur le marché financier, etc.) Un pays peut ne pas venir sur le marché pendant un an parce qu’il a des besoins qu’il peut satisfaire par un autre canal ou parce qu’ils utilisent d’autres canaux (marché international, banques). Aujourd’hui, tous les pays sont présents sur le marché mais à des degrés divers. Notre objectif, c’est avoir un marché sain, bien régulé et attractif avec des ressources à moindre coût orientées vers le financement de nos économies.

Est-ce que notre marché financier est à l’abri des soubresauts du marché international, comme la crise de 2008 qui a plus ou moins épargné l’Afrique ?
C’est difficile de dire que nous sommes à l’abri. C’est le même environnement international. Nos banques ont leur maison-mère à l’étranger, nos entreprises sont des filiales. Nous sommes dans un monde unifié. Peut-être que les niveaux d’exposition ne sont pas les mêmes. La crise financière mondiale de 2008 a touché tout le monde mais nous avons été moins touchés grâce à un système qui ne nous expose pas autant avec la réglementation des changes. Notre système est fait de telle sorte qu’il sera difficile que nous puissions connaître les mêmes conséquences que peut rencontrer une économie intégrée au marché international. Sur notre marché, les acteurs sont de la sous-région. Et puis le niveau d’exposition est relativement bien maîtrisé.

Pensez-vous que nos pays s’endettent vite et trop comme l’estiment certains ?
Les macroéconomistes sont plus à l’aise pour répondre à votre question. En matière d’endettement, il y a deux paramètres. Le premier, c’est la capacité d’endettement. Ce n’est pas mauvais en soi de s’endetter. Mais il faut être en mesure de supporter le coût de cet endettement. Sur le plan macroéconomique, il y a un critère d’endettement dans l’Uemoa (ratio dette/Pib de 70 %). Si vous vous endettez pour accroître votre potentiel en investissant dans des projets porteurs, qui génèrent de la croissance, ce n’est pas prohibitif de dire que ce n’est pas un mauvais endettement. Parfois, il est plus intéressant de s’endetter pour financer son projet que d’utiliser ses ressources propres.

Propos recueillis par Malick CISS (texte) et Pape SEYDI (photos)

L’interprofession avicole du Sénégal (Ipas) promet d’approvisionner à hauteur de 11 millions de poulets, "soit 800.000 de plus par rapport au ramadan 2017", pour satisfaire la demande nationale à l’occasion de la fête de la Korité, commémorant, dans moins d’une semaine, la fin du jeûne musulman. "La production est évaluée à onze millions de poulets, soit 800.000 de plus par rapport au ramadan 2017", a déclaré le président de l’Ipas, Amadou Moctar Mbodj, mardi à Dakar, au cours d’une conférence de presse.  Cette hausse de la production s’explique par "des conditions météorologiques favorables qui ont permis le développement optimal des sujets", a indiqué M. Mbodj, selon qui les prix resteront inchangés malgré tout, "d’autant plus que la viande de poulet est l’une des moins chères". 

Le prix du kilogramme devrait s’établir "autour de 800 FCfa", a estimé le docteur Mamadou Bâ, secrétaire général de l’Ipas, ajoutant : "Dans les zones particulièrement chaudes comme Tambacounda, les techniques de construction et le choix des souches ont permis de produire des poulets de deux kilos en moins de jours". Le technicien évoque aussi le rôle des produits donnés aux sujets pour les aider à mieux supporter la chaleur.  Avec 96.000 tonnes en 2017, la volaille représente 39 % de la viande consommée au Sénégal, selon l’interprofession avicole.

APS


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