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Société & Faits divers (2579)

« Contrer les risques de radicalisation violente des jeunes au Mali et au Sénégal », c’est autour de ce thème que des spécialistes de la sous-région ont tenté de comprendre les facteurs de vulnérabilité dans les zones frontalières qui poussent les jeunes à s’adonner à la violence. C’était au cours d’un atelier régional organisé par Timbuktu Institute, en partenariat avec le Wanep et le Crdi.

Les risques de radicalisation méritent une recherche anticipée de solutions. C’est dans ce cadre que Timbuktu Institute-African Center for Peace Studies inscrit sa ligne d’actions. L’échec des systèmes de gouvernance et les résultats mitigés des politiques publiques dans la plupart des pays du Sahel ont donné naissance à des phénomènes de marginalisation et de paupérisation de couches vulnérables parmi lesquelles figurent les jeunes. En réponse à cette problématique, des chercheurs s’engagent avec d’autres partenaires à cerner les facteurs de basculement des jeunes dans le radicalisme.

L’atelier régional de lancement et de validation méthodologique du projet recherche-action ouvert à Dakar entre dans cette perspective. Ledit projet se déroulera sur une période de trois ans. Selon le directeur de Timbuktu Institute, Dr Bakary Sambe, cette recherche s’adresse sur les zones frontalières du Mali et du Sénégal, deux pays qui ont leurs spécificités, un d’entre eux connaît déjà le phénomène de manière très avancée et l’autre étant dans une stratégie de prévention. Pour se placer en amont de l’intervention et des mesures sécuritaires, Timbuktu Institute ou le West african network for peace (Wanep), sous la couverture de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis et avec l’appui du Crdi, fait de ce projet de recherche-action un moyen de produire des connaissances mobilisables pour accompagner les politiques publiques, mais surtout de se situer dans l’action de prévention.  « Au-delà des difficultés d’ordre économique et politique qui minent la plupart des pays africains, le continent se trouve aujourd’hui confronté à un nouveau type de menace qu’est la  violence extrémiste », a expliqué le directeur de Timbuktu Institute, qui ajoute que « la porosité des frontières entre pays amplifie cette tendance lourde et fait de ce phénomène un enjeu sous-régional ». D’où l’intérêt de développer des stratégies régionales. A en croire M. Sambe, les attentats au Burkina- Faso à partir des frontières maliennes, celui au Grand-Bassam en Côte-d’Ivoire à travers les mêmes frontières maliennes ont signé la fin des exceptions en Afrique. Cet atelier régional a enregistré la présence du conseiller technique du ministre des Affaires religieuses et du Culte du Mali et du représentant du Premier ministre sénégalais.

Abdoulaye Khouma a tenu, au nom de Mahammed Boune Abdallah Dionne, à rappeler l’intérêt de notre pays pour toutes ces initiatives en faveur de la paix et du maintien du modèle de stabilisation du Sénégal. Quant à la spécialiste de programme principal au Crdi, Ramata Thioune, elle a réitéré l’engagement de son agence à poursuivre son action de soutien pour la recherche dans des domaines stratégiques dans le dessein de comprendre les facteurs de vulnérabilité dans les zones transfrontalières, à travers une approche comparative dans les deux pays concernés.

Tata SANE

Le ministre du Travail, du Dialogue social, des Organisations professionnelles et des Relations avec les Institutions, Samba Sy, est le nouveau président en exercice du Conseil des ministres de la Cipres. Il a été élu par ses pairs africains lors de la 25ème  session ordinaire du Conseil des ministres de tutelle de la prévoyance ouverte à Dakar hier. Il remplace à ce poste son collègue du Niger, Mohamed Ben Omar.

Ce dernier, lors de son discours, a fait part de ses réalisations à la tête de la Cipres tout en relevant les nombreux défis que son successeur se doit de relever. Parmi ses réalisations, Mohamed Ben Omar cite la poursuite du projet du Fonds africain d’investissement des organismes de prévoyance sociale, la mutualisation des systèmes d’information et la construction du siège de la Cipres. En effet, le ministre du Travail du Niger informe qu’il a effectué une visite du chantier en juin dernier. Son constat est que « les travaux avancent normalement dans les délais prévus ». Pendant son mandat d’une année à la tête de la Cipres, M. Ben Omar a aussi pu organiser le concours de recrutement du chef de la cellule appui-conseil de la Cipres et de deux inspecteurs régionaux.

Toutefois, les défis de la Cipres sont, dit-il, le « faible taux de couverture des populations qui ne dépassent pas les 10 % de la population active », « l’absence de couverture maladie » et la ratification du traité révisé de la Cipres. Pour ce traité, rappelle le président sortant, un délai de deux ans a été accordé à l’ensemble des Etats membres pour sa ratification. A ce jour, révèle-t-il, le délai est dépassé alors que le processus de ratification n’est arrivé à son terme que dans trois Etats membres que sont le Burkina Faso, le Mali et le Niger.

A. Ng. NDIAYE

Sous l’égide du Mouvement de la jeunesse Khadriya fondé par Chérif Bakhaïda, la 29ème édition de la disparition du vénéré Cheikh Sadibouh Ibn Cheikh Mouhamadal Abd Ibn Cheikh Adrami Ibn Cheikh Mouhamad Fadel, prévue samedi prochain aux Hlm4, se prépare activement.

Chérif Cheikh Al Hadrame Bakhaida Aïdara et le Mouvement de la jeunesse Khadriya sont, présentement, dans l’organisation de la  29ème édition de la  journée de commémoration du rappel à Dieu du vénéré Cheikh Sadibouh Ibn Cheikh Mouhamadal Abd Ibn Cheikh Adrami Ibn Cheikh Mouhamad Fadel. L’évènement, prévu samedi prochain aux Hlm4, est encore une occasion pour rendre hommage à un homme de Dieu, un érudit qui a passé 18 ans auprès de Cheikhna Cheikh Sadibou. Il convie toute la communauté musulmane à ce grand rassemblement religieux.

Depuis la disparition, en 1988, de  Cheikh Sadibouh Ibn Cheikh Mouhamadal Abd, coïncidant avec le mois de naissance du prophète Mouhamed (Psl), les membres de la famille revisitent la vie et l’œuvre de cet homme de Dieu. Un appel est donc lancé aux musulmans pour qu’ils viennent répondre en masse à cette rencontre. « Cheikhna Cheikh Saad Bouh comptait des disciples dans toutes les confréries du Sénégal. L’appel est, dès lors, adressé à l’ensemble de la communauté musulmane », souligne Chérif Cheikh Al  Hadrame Bakhaïda Aïdara. Tous les foyers religieux du Sénégal sont ainsi invités à prendre à la commémoration.

Dans la matinée, des Chérifs, descendants du prophète Mouhamed (Psl), vont procéder à un récital du Coran. Dans l’après-midi, une cérémonie officielle réunira la famille chérifienne et plusieurs autorités administratives et locales. Des prières seront dites pour la longévité des chefs religieux et pour la réussite des politiques de développement initiées par le gouvernement du Sénégal.

Oumar BA

Le maire de Dakar, Khalifa Sall, et ses co-prévenus doivent encore patienter quelques jours avant d’être édifiés. Leur procès a été renvoyé au 03 janvier 2018 par le Tribunal correctionnel de Dakar.

Le procès de Khalifa Ababacar Sall et Cie, ouvert hier devant le Tribunal correctionnel de Dakar, a été renvoyé au 03 janvier prochain en audience spéciale. Mais d’ores et déjà, la tension monte. La constitution en défense, formulée par des avocats comme Me Elhadji Diouf, a été la pomme de discorde. L’ancien député veut que sa requête soit vidée avant toute chose. Mais, le président lui demande d’attendre la prochaine audience pour être édifié. Non, rétorque Me Diouf. « Aucun juge ne peut différer la constitution d’un avocat. C’est un préalable à la retenue de l’affaire », ajoute-t-il. Malgré les appels « à la sérénité et à la responsabilité » du juge, la robe noire poursuit ses récriminations.

Après le président du tribunal, le procureur Aly Ciré Ndiaye en a aussi pris pour son grade en essayant d’attirer l’attention sur le fait que la défense ne peut pas attendre l’audience du 03 janvier pour demander un autre renvoi. « Si la défense a des témoins à citer, mieux vaut le faire maintenant », conseille l’avocat général. Me Diouf lui coupe la parole. Il s’ensuit une vive altercation. « Tu ferais mieux de te taire parce que tu n’as même pas droit à la parole », dit le procureur Ndiaye à Me Diouf. Celui-ci réplique sans attendre : « Tu n’a pas la police de l’audience, tu ne peux pas me faire taire ». Il a fallu l’intervention du président Maguette Diop pour que le calme revienne.

Le non-accès au dossier et le manque d’informations sur la date de tenue du procès ont été d’autres griefs soulevés par la défense. « Nous l’avons appris via la presse », dénonce l’un d’eux. Mais, pour Me Baboucar Cissé, l’inobservation de cette formalité n’est pas sanctionnée par la loi. « D’autant plus qu’à la première évocation de cette affaire, les avocats étaient présents et étaient venus en masse. Par conséquent, ils ont été informés ». Par rapport à l’accès au dossier, le juge Maguette Diop tempère et rassure que toutes les conditions seront prises pour que le document soit mis à la disposition des avocats. Après, la suspension de l’audience, le maire de Dakar, emmitouflé dans un grand-boubou immaculé, s’est levé pour saluer ses partisans et autres députés de l’opposition mobilisés pour lui manifester leur solidarité. C’est des slogans dans la salle. « Khalifa doit diriger », « Khalifa président », chantent ses souteneurs comme une antienne. « Nous sommes venus soutenir notre collègue Khalifa Sall. Il est important que tout le monde ait conscience que même si on n’a levé son immunité parlementaire, Khalifa Sall est toujours député du Sénégal. C’est donc logique que ceux qui ont partagé sa cause et ceux qui se sont opposés à la levée son immunité lui apportent leur soutien », déclare Me Madické Niang, président du groupe parlementaire « Liberté et Démocratie ».

Me baboucar Cissé, avocat de l’état : « La loi permet le renvoi jusqu’à 3 reprises »
« Le dossier a été enrôlé dans une audience ordinaire et non dans une audience spéciale. Dans le rôle du tribunal, il y a 103 affaires qui ont été enrôlées, et l’affaire Khalifa Sall est la 100ème affaire. Compte tenu du fait qu’il s’agit d’une affaire nouvelle, d’ordinaire, le tribunal renvoie. La loi le permet jusqu’à trois reprises lorsque le tribunal l’estime nécessaire. C’est aujourd’hui le cas.  Le  03 janvier prochain, l’affaire sera évoquée dans une autre salle plus grande. Parce qu’il faut retenir que la justice est rendue au nom du peuple sénégalais et il est bon que le peuple puisse assister aux audiences pour pouvoir se faire une idée de ce qui se passe dans ce dossier ».

Me El Hadj Diouf, avocat de la défense : « C’est la première victoire de la défense »
« Le tribunal a reconnu que les droits de la défense ont été violés. C’est la raison pour laquelle il a renvoyé l’affaire au 3 janvier prochain pour que les formalités substantielles prévues par l’article 174 du Code de procédure pénale puissent être respectées. Qu’est-ce que dit l’article 174 ? Quand il y a renvoi pour juger une affaire, les avocats doivent être avisés par le procureur. Celui-ci, ne l’ayant pas fait, a commis une faute grave. Le tribunal ne pouvait aucunement juger cette affaire. C’est la première victoire de la défense. On n’a toujours refusé à Khalifa Sall ses droits, y compris son statut de député, son immunité parlementaire, etc. ».
Propos recueillis par

Ndiol Maka SECK

En Afrique, 18% de la population sont couverts par une prestation. Le reste, soit 82%, est sans aucune protection sociale, révèle le rapport de l’Organisation internationale du travail (Oit) sur la protection dans le monde. Les chiffres sont assez révélateurs du manque de protection sociale sur le continent.

Selon le rapport mondial sur la protection sociale 2017-2019 de l’Organisation internationale du Travail (Oit) rendu public, hier, en Afrique, 82% de la population sont sans protection sociale. Dans le monde, 45% de la population bénéficient « d’au moins une prestation sociale ». Au Sénégal, la conférence de lancement du rapport a été animée par Christina Behrendt, chef de l’Unité des politiques sociales à l’Oit et Céline Peyrion Bista, spécialiste de la protection sociale au Bureau international du Travail (Bit) de Dakar. La sécurité sociale, selon Christina Behrendt, est « un droit humain universel ». Mais en Afrique, à cause d’un « sous-investissement notable dans la protection sociale », seuls « 18% de la population sont couverts par au moins une prestation ».

Pour cela, Céline Peyrion Bista, spécialiste de la protection sociale au Bureau international du Travail (Bit) de Dakar estime que dans le continent africain, les gouvernements et les partenaires sociaux doivent beaucoup investir pour faire en sorte que la protection sociale soit une réalité. A son avis, l’absence d’une protection sociale viable est un obstacle à « l’éradication de la pauvreté, à la réduction des inégalités sociales, à la promotion de la croissance économique et de la justice sociale ».

Cependant, d’après le rapport de l’Oit, même si la tendance globale est inquiétante dans le continent, certains pays ont fait « des progrès notables ». Selon le document, des pays comme le Cap-Vert, le Botswana, l’Île Maurice, le Lesotho et la Namibie « ont atteint ou sont sur le point d’atteindre une couverture universelle ». Toutefois, le souci majeur pour l’ensemble des pays africains est la protection des enfants.

Seuls 16% des enfants sont couverts
Selon l’Oit, en Afrique, seuls 16% des enfants sont couverts. C’est-à-dire sur une population de 1,3 milliard d’enfants dans le monde qui n’a pas accès à une couverture sociale, les deux tiers vivent en Afrique. Pis, ajoute le document, à l’exception du Ghana et du Cap-Vert, « l’assurance maladie n’est une réalité que pour une petite minorité » en Afrique. « Moins de 6% des enfants reçoivent une aide en espèce pour leur faciliter l’accès à la santé, à l’éducation et à la nutrition. Seules les mères de nouveau-nés travaillant dans l’économie formelle peuvent bénéficier d’une indemnité maternité qui leur permet une certaine sécurité de revenus pendant cette période critique, et même parmi ces femmes, la couverture effective demeure faible », développe le rapport. Cependant, Céline Peyrion Bista invite les gouvernements africains à mieux soutenir les enfants. Malgré la gratuité de l’accès à l’école, les enfants, dit-elle, ont besoin d’un appui pour leur scolarisation. Le travail des enfants reste aussi une réalité en Afrique, déplore la spécialiste de la protection sociale au Bit de Dakar.

Chez les personnes âgées, Céline Peyrion Bista informe que 20% bénéficient d’une protection sociale avec une pension de vieillesse alors que pour le reste du monde, 70% des personnes âgées bénéficient d’une pension. Par contre, le Cap-Vert et le Ghana sont presque arrivés à une « couverture universelle à la retraite ». D’après Mme Bista, le Cap-Vert a atteint, aujourd’hui, une couverture à la retraite de 82% alors que dans le monde « 68% des personnes ayant atteint l’âge de la retraite reçoivent une pension de vieillesse ».
Aliou Ngamby NDIAYE

LE SÉNÉGAL A FAIT DES PROGRÈS DANS LA COUVERTURE SANITAIRE
Le Sénégal a fait des progrès en matière de couverture maladie, a reconnu, hier, Céline Peyrion Bista, spécialiste de la protection sociale au Bit de Dakar lors de la conférence de presse de lancement du rapport mondial sur la protection sociale 2017-2019. Selon elle, ces progrès sur la maladie s’expliquent par une « une volonté politique de renforcer la couverture santé ».

Ainsi, avec la mise en œuvre du programme de Couverture maladie universelle (Cmu), le Sénégal a atteint un taux de couverture sanitaire avoisinant 37%. Toutefois, elle invite le gouvernement à repenser la protection sociale au Sénégal pour prendre en compte toutes les couches de la population.

A. Ng. NDIAYE

Christina Behrendt et Céline Peyrion Bista respectivement chef de l’Unité des politiques sociales à l’OIT et spécialiste de la protection sociale au Bureau International du travail (Bit) de Dakar ont procédé, hier, à Dakar, au lancement du rapport sur la protection dans le monde de l’Organisation internationale du travail (Oit). En marge de cette conférence de presse, elles sont revenues avec le « Soleil » sur les statistiques alarmantes de l’Afrique en matière de protection sociale. Les spécialistes ont aussi jeté un coup d’œil sur ce qui se fait en matière de protection sociale grâce au Plan Sénégal émergent (Pse).

Vous venez de présenter le rapport sur la protection dans le monde avec des chiffres alarmants pour l’Afrique. Faut-il vraiment s’inquiéter pour le développement humain dans le continent ?
Céline Peyrion Bista : Oui ! Mais je pense qu’il faut profiter de ces données statistiques pour réagir. Je crois effectivement qu’il faut s’inquiéter car si rien n’est fait, la situation ne s’améliorera pas. Il faut remédier à cette situation d’exclusion. Il faut trouver des solutions pour réduire la pauvreté. Nous savons tous maintenant que la protection sociale est un investissement dans le développement économique des pays.

Christina Behrendt : En fait ce qu’on a vu dans le rapport montre que les pays qui ont la volonté politique et qui ont mis toutes les forces derrière une extension de protection sociale ont fait un progrès énorme. On a mentionné l’exemple de la Chine qui a beaucoup investi dans la protection sociale et qui considère la protection sociale comme une vraie condition au développement économique. Je pense que la Chine peut constituer un bon exemple. On a vu aussi d’autres exemples en Afrique avec notamment le Cap-Vert, le Ghana, le Lesotho ; tous ces pays ont beaucoup investi dans la protection sociale. On a vu qu’au Sénégal, il y a une grande volonté politique pour améliorer les politiques pour avoir un impact sur la population.

Est-ce à dire que c’est grâce à cette volonté politique que le Sénégal a fait des progrès en matière de couverture sanitaire ?
Céline Peyrion Bista : Effectivement, il y a l’engagement politique ici. La politique nationale de protection sociale qui a été adoptée en 2016 montre qu’il y a cette volonté politique d’améliorer. La protection sociale est également une très forte priorité du Plan Sénégal émergent. Nous espérons tous que cette volonté politique va se traduire en financement de la part des budgets de l’Etat car comme nous le disions auparavant, une des leçons que nous avons apprises de l’analyse de toutes ces expériences au niveau mondial, est que pour qu’un système de protection sociale fonctionne, il faut qu’il y ait un engagement financier de l’Etat. Il y a de gros risques à continuer à développer des systèmes de protection sociale basée sur les financements internes. Il y a un risque de continuité. A long terme, le risque est qu’on offre aux gens les perspectives de recevoir un appui de protection sociale et du jour au lendemain ce programme disparait. Ce type d’approche peut être dommageable au niveau de la perception que les gens auront de la protection sociale et de la mise en place de systèmes dans le futur.

Christina Behrendt : Au Sénégal il y a des programmes notamment les bourses familiales qui constituent un bon exemple de manifestation de cette volonté politique d’améliorer la situation avec des chiffres de couverture qui augmentent, avec de bons résultats. Peut être qu’il y a ce type d’aide pour les enfants avec une vraie contribution à l’amélioration de la situation de ces enfants et une aide pour les sortir de la pauvreté.

Malgré les bourses de sécurité familiale, la couverture maladie universelle, il y a toujours des lenteurs dans l’extension de la protection sociale. Qu’est-ce qui explique ces lenteurs ?
Christina Behrendt : Effectivement il y a des lenteurs et nous aimerions tous voir une dynamique plus importante. Les lenteurs, d’un côté, viennent d’un manque de financements. Souvent, les budgets sont très limités au niveau des Etats. Mais, il existe des possibilités, des options pour les gouvernements de mobiliser les ressources nécessaires. Dans beaucoup de pays, quand on investit dans la protection sociale, on investit dans la population. Ce qui a un impact énorme sur le renforcement de la productivité et sur le développement dans le long terme. C’est possible, avec une approche progressive, d’arriver à une situation pour mobiliser les ressources nécessaires dans le long terme. Mais il faut un engagement de la part de l’Etat, des partenaires sociaux, du patronat et d’autres parties prenantes.

Vous avez dit tantôt que la politique nationale de protection sociale du Sénégal a été adoptée en 2016, qu’est-ce qu’il faut pour une bonne mise en œuvre de cette politique ?
Céline Peyrion Bista : Il est souhaite que le Sénégal puisse se doter d’un bon système de protection sociale. Ce qu’on pourrait appeler un bon système de protection sociale c’est quand chaque personne au Sénégal sera couverte pour les risques qui vont de la naissance jusqu’au décès. C’est une vision à long terme. Quand on a une vision pour l’extension de la protection sociale il faut aussi avoir une approche prudente et progressive ; ne pas vouloir être trop ambitieux.

Est-ce que cette extension de la protection sociale au Sénégal ne doit pas toucher le secteur informel qui emploie beaucoup de Sénégalais ?
Christina Behrendt : Absolument ! C’est vraiment un défi énorme pour le Sénégal. La grande majorité des populations n’est pas couverte. Une des raisons principales est le fait qu’une informalité énorme et un manque de couverture pour l’économie informelle. Effectivement, il faut étendre la protection sociale à partir de mécanismes adéquats et adaptés aux réalités des gens mais aussi des unités économiques dans le secteur. C’est en combinant les programmes qui sont contributifs à ceux qui sont financés directement par l’Etat qu’on peut avoir un impact énorme pour la transition dans l’économie formelle.

Propos recueillis par A. Ng. NDIAYE

Le Sénégal a fait des progrès en matière de couverture maladie, a reconnu, hier, Céline Peyrion Bista, spécialiste de la protection sociale au Bit de Dakar lors de la conférence de presse de lancement du rapport mondial sur la protection sociale 2017-2019. Selon elle, ces progrès sur la maladie s’expliquent par une « une volonté politique de renforcer la couverture santé ».

Ainsi, avec la mise en œuvre du programme de Couverture maladie universelle (Cmu), le Sénégal a atteint un taux de couverture sanitaire avoisinant 37%. Toutefois, elle invite le gouvernement à repenser la protection sociale au Sénégal pour prendre en compte toutes les couches de la population.

A. Ng. NDIAYE

La Coalition nationale des associations et Ong en faveur des enfants (Conafe) et ses partenaires vont vers la mise en place d’une « Plateforme des entreprises privées pour la promotion et la protection des enfants ». A cette fin, un atelier est ouvert à Dakar pour l’harmonisation d’un cadre référentiel multisectoriel.

Dans le cadre d’une dynamique permettant de générer une synergie d’actions afin d’obtenir des résultats plus structurant en faveur des enfants, la Conafe, l’Ong « Save the Children », l’Unicef, Oxfam, Enda Lead, organisent, en partenariat avec l’Etat du Sénégal et des entreprises de la place, un atelier dans le dessein de mettre en place une « Plateforme du secteur privé et responsabilité sociétale en faveur de l’enfant ». Hier, les participants ont travaillé à l’élaboration d’un cadre référentiel pour des actions portant sur le respect des droits de l’enfant.


Niokhobaye Diouf, directeur des Droits, de la Protection de l'enfance et des groupes vulnérables a fait savoir que cette rencontre est une opportunité de partage. « La situation que vivent nos enfants interpelle tous les segments de la société. Malgré les multiples efforts du gouvernement et des partenaires techniques et financiers, les difficultés demeurent plus que présentes », a-t-il dit, faisant allusion aux enfants qui, chaque matin, arpentent les rues de nos villes. « Combien d’entre eux sont battus, violés ou mariés de force, excisés, privés de leurs droits à l’identité (apatridie), à l’école, à la santé ? », s’est-t-il interrogé.

« Aujourd’hui, plus que jamais, nous devons mobiliser nos énergies et réaffirmer notre sincère engagement et réunir toutes les conditions afin que nos enfants grandissent dans un environnement sain », a souhaité Niokhobaye Diouf qui a dit son espoir de voir « une implication active et soutenue du secteur privé dans ce combat d’investissement sur les enfants ». Pour sa part, Raoul Latouffe, président de la Conafe a souligné que « les défis observés dans la réalisation des droits de l’enfant nécessitent l’implication de toutes les parties prenantes, notamment du secteur privé. « La collaboration envisagée autour de ce cadre référentiel, pour les enfants et par les entreprises, est un partenariat gagnant-gagnant », a-t-il dit. Quant au directeur adjoint de l’Unicef, Georges Gonzales, il a souhaité que l’enfant soit au cœur des stratégies à la fois publiques et privées. «Face à cette responsabilité partagée de s’occuper des enfants du Sénégal, nous devrions investir ensemble dans leur protection », a-t-il conclu.

Serigne Mansour Sy CISSE

Le procès de Khalifa Ababacar Sall, qui s’ouvre ce matin, est l’aboutissement d’un long marathon judiciaire. Le maire de Dakar et ses sept co-inculpés font face, pour la première fois, aux juges du tribunal correctionnel de Dakar.

Khalifa Ababacar Sall et ses co-inculpés dans l’affaire de la caisse d’avance de la mairie de Dakar comparaissent ce matin devant le tribunal correctionnel de Dakar. Le juge du premier cabinet, Samba Sall, a pris cette décision de renvoi le 07 décembre courant après avoir rejeté la demande de cautionnement introduite, la veille, par la défense du maire de Dakar. Il a ainsi suivi réquisitoire définitif du procureur de la République. Après presque 10 mois de détention préventive pour instruction, l’édile de la capitale a l’opportunité de s’expliquer sur les accusations du procureur de la République. Le sort du responsable socialiste a basculé le 03 mars 2017 après la conférence de presse du procureur de la République, Serigne Bassirou Guèye, l’accusant « d’escroquerie portant sur les deniers publics, de détournement de deniers publics, de faux et usage de faux en écritures, etc. »

Le chef du parquet avait dit avoir reçu le rapport n°12/2016 du 24 mars 2016 de l’Inspection générale d’Etat (Ige) demandant, dans sa recommandation n°1, l’ouverture d’une information pour élucider la manière dont les fonds de la caisse d’avance ont été gérés. « Cette inspection a eu à relever un montant de 1,830 milliard de FCfa qui a été dépensé sans que justification ne soit faite. Devant une telle recommandation, j’étais obligé de saisir les enquêteurs pour élucider l’affaire », avait justifié Serigne Bassirou Guèye. Auparavant, M. Sall avait été convoqué et entendu, les 21 et 22 février, pendant plusieurs tours d’horloge, à la Division des investigations criminelles, sur sa gestion. Au lendemain de la conférence du maître des poursuites, le premier magistrat de Dakar avait lui aussi fait une sortie médiatique pour balayer d’un revers de main ses propos.

« C’est le président de la République qui a transmis le dossier au procureur et non l’Ige. La saisine de la justice est une prérogative exclusive du président », avait dit le maire de Dakar. Quelques jours plus tard, la machine judiciaire a été mise en marche. Le mardi 08 mars, tard dans la soirée, Khalifa Sall et ses co-inculpés ont été placés sous mandat de dépôt par le doyen des juges. Une longue bataille juridique s’en est suivie. Les avocats de Khalifa Sall ont, à plusieurs reprises, sollicité une liberté provisoire devant les juridictions compétentes. D’abord, sur le fondement des contestations qu’ils opposent dans le cadre des poursuites. Ensuite, sur la base de son immunité parlementaire. Mais partout, c’est un revers.

Récemment, la procédure aux fins d’obtenir la liberté provisoire contre cautionnement qu’ils avaient déclenchée n’a également abouti à rien. Aujourd’hui, le destin du maire de Dakar est entre les mains du juge Maguette Diop, ancien président de l’Union des magistrats sénégalais (Ums) et ses deux assesseurs, Pape Abdoulaye Dondé et Elisabeth Thiam qui sont chargés de dire le droit.

Ndiol Maka SECK

En prélude à la 25ème session ordinaire du Conseil des ministres de tutelle de la prévoyance sociale qui se tient à Dakar à partir de demain, les experts de la Cipres ont tenu, hier, leur première réunion. Le ministre du Travail du Sénégal, Samba Sy qui a présidé cette rencontre, a plaidé pour le renforcement des performances des institutions de prévoyance sociale.

Le ministre du Travail, du Dialogue social, des Organisations professionnelles et des Relations avec les Institutions, Samba Sy, a présidé, hier, la réunion des experts de la Conférence interafricaine de la prévoyance sociale (Cipres). Cette rencontre se tient en prélude à la 25ème session ordinaire du Conseil des ministres de tutelle de la prévoyance sociale qui s’ouvre demain à Dakar. Le ministre a plaidé, lors de cette rencontre des experts, pour une meilleure prise en charge des institutions de prévoyance sociale membres de la Cipres. D’après le ministre du Travail, le renforcement de ces organes aura un « impact positif » dans la prise en charge des besoins des travailleurs en matière de protection sociale. Lors de cette rencontre de deux jours (12 et 13 décembre), les experts, venus des 16 pays membres de la Cipres, vont examiner, entre autres, les différents points liés à l’élection du président du Conseil des ministres, à l’élaboration d’un cadre juridique adapté aux exigences formulées par les Etats membres, au partage d’expériences en matière de couverture maladie universelle, aux modalités de la mise en œuvre du Fonds d’investissement africain des Organismes de prévoyance sociale (Ops).

D’après le directeur général de la Caisse de sécurité sociale (Css) du Sénégal, Assane Soumaré, avec la mise en place de ce fonds, la Cipres a compris que « le contrôle sur la régulation, la supervision et la réglementation ne peuvent pas être les seuls leviers sur lesquels il faut s’appuyer ». Selon lui, les organismes de prévoyance sociale doivent « anticiper sur l’avenir » car les défis liés à la morosité économique, au sous-emploi, au chômage et plus récemment aux questions migratoires sont devenus nombreux.

« Tous ces défis sont à relever », a indiqué M. Soumaré qui reste persuadé « qu’il n’y a pas de protection sociale viable s’il y a pas de performances économiques soutenues et durables ».

Aliou Ngamby NDIAYE

VERS LE RELÈVEMENT DES PENSIONS DES PETITS CONTRIBUABLES DÈS 2018
Le ministre du Travail, Samba Sy qui a présidé, hier, la réunion des experts de la Conférence interafricaine de la prévoyance sociale (Cipres) a informé qu’entre 2012 et 2017, « les retraites ont augmenté de manière notable » avec un gain de 40%. Le futur chantier de son département, a-t-il révélé, est de voir comment relever les pensions des petits contribuables, c’est-à-dire « ceux là dont les cotisations sont plus faibles ». « L’engagement pris est de démarrer cette entreprise dès 2018 », informe le ministre.

A. Ng. NDIAYE

ASSANE SOUMARE, DIRECTEUR DE LA CSS : « AVOIR DES VOCATIONS PLUS ANCRÉES DANS LE DÉVELOPPEMENT »
« Les institutions de prévoyance sociale doivent jouer un nouveau rôle dans le cadre de la protection sociale mais aussi avoir des vocations beaucoup plus ancrées dans le développement de nos Etats ». C’est l’appel lancé, hier, par le directeur de la Caisse de sécurité sociale du Sénégal. Assane Soumaré qui participait à la réunion des experts de la Conférence interafricaine de la prévoyance sociale (Cipres), en prélude à la 25ème session du Conseil des ministres du même organisme, indique qu’il faut une « harmonisation et une modernisation du cadre juridique » des institutions de prévoyance sociale en les adaptant aux mutations actuelles. Prenant l’exemple du Sénégal, M. Soumaré informe que le Plan Sénégal émergent (Pse), dans son axe 2 (développement du capital humain), accorde une place importante à la protection sociale. « Rien ne peut se faire sans capital humain qui est au début, à la fin et au milieu de tout processus.

Les autorités sénégalaises ont compris cela et c’est ce qui justifie la place que joue le capital humain dans le Pse », souligne-t-il. Avec le Pse, le Sénégal a pris plusieurs mesures dans le cadre de la protection sociale avec la Couverture maladie universelle (Cmu), la solidarité sociale, les prestations liées à la sécurité sociale… Selon lui, la vision du Sénégal, dans le cadre de la mise en œuvre de ces différentes mesures, est de « repositionner les institutions de prévoyance sociale au cœur de la politique nationale de protection sociale en tenant comptant de l’environnement international ».

A. Ng. NDIAYE

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