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Société & Faits divers (2992)

Dans un contexte de crise sécuritaire marqué par la montée du radicalisme religieux et des arrestations de présumés terroristes, des réflexions sont engagées de part et d’autre pour barrer la route aux recruteurs jihadistes. Dans une étude publiée au mois de mars dernier, en partenariat avec la Fondation Friedrich Ebert Stiftung, le socio-anthropologue, le Pr Sylvain Andry Faye, attire l’attention sur leur présence dans l’espace carcéral. Il exhorte les dirigeants à renforcer le dispositif dans la mesure où ils ont changé de mode opératoire.

L’étude intitulée « Visages de la radicalisation religieuse dans les espaces carcéraux africains » du Pr Sylvain Andry Faye, spécialisé en anthropologie de la petite enfance et de la santé, se décline comme une note d’alerte. L’enseignant de l’Ucad, titulaire d’un doctorat d’anthropologie sociale et culturelle, attire l’attention des dirigeants africains sur un phénomène inquiétant : l’endoctrinement des détenus par des mouvements jihadistes.
Avec une approche assez originale, qui permet de s’imprégner des réalités du monde carcéral, il révèle la manière dont le processus du radicalisme religieux vers l’extrémisme violent se construit dans les prisons africaines.
Il encourage, à cet effet, les autorités à éviter l’inertie et à poser des jalons dans le sens d’améliorer le séjour carcéral. Si la sécurité nationale est en jeu aussi bien au Sénégal que dans la sous-région, pour l’auteur, il ne faut pas perdre de vue que la forte concentration humaine dans ces espaces est propice à l’enrôlement d’esprits fragiles à ces idéologies.

Pour l’auteur, des mesures doivent être renforcées pour éviter cette radicalisation ne contamine ou n’endoctrine certains détenus faibles facilement soumis aux influences de mentors ou recruteurs radicaux. L’auteur tient à apporter une précision de taille : « Les prisons ne créent pas la radicalisation mais favorisent son expansion dans la mesure où elle prend forme dans la société globale ». « Le fait qu’un détenu se convertisse en prison ne fait pas de lui un potentiel radical », ajoute-t-il. Seulement, dit-il, les conditions de vie en milieu carcéral activent des mécanismes psycho-sociologiques pouvant conduire à adopter des attitudes violentes. »

Stabilité et reconnaissance sociale

Par ailleurs, pour l’auteur, il faut reconnaître que les détenus, souvent en rupture sociale, recherchent un certain degré de stabilité que leur font miroiter ces recruteurs. Le visage de la radicalisation commence à se dessiner dans les quartiers. « La précarité socio-économique des jeunes crée les conditions d’une vulnérabilité, d’une frustration, d’une critique sociale qui peut les rendre disponibles et les conduire à une critique sociale », explique-t-il. La pré-radicalisation y prend forme. L’auteur souligne que « la frustration les amène à être plus agressifs et à être un peu plus sensibles à l’offre radicale et au discours extrémiste ambiant ». Ils s’identifient à ce discours qui apparaît comme la réponse adéquate à leur situation.  « Cela fait que certaines personnes incarcérées dans les prisons africaines y arrivent avec une certaine critique sociale, un sentiment d’injustice ou quelques fois une sensibilité aux idées extrémistes en réaction à la société globale ». « Les conditions carcérales, les types d’interactions sociales associées aux trajectoires individuelles et socio-familiales des détenus peuvent contribuer à créer, à déclencher le processus d’identification qui est un des premiers paliers à franchir dans l’échelle de la radicalisation ».

 


Des recruteurs qui ne sont pas barbus

Les recruteurs jihadistes, difficiles à détecter dans nos prisons qui manquent de moyens logistiques, semblent avancer à grand pas dans l’espace carcéral. Il est bien difficile de brosser leur portrait surtout qu’ils ont eu l’intelligence de changer de mode opératoire.

Le Pr Sylvain Faye révèle, à cet effet, que les mentors qui opèrent dans les prisons sont divers. « Ils ne sont plus des barbus, évitent les interactions avec les imams pour ne pas être repérés, mais ambitionnent de contester la légitimité de ces derniers. Ils sont porteurs d’un discours d’insatisfaction et s’intéressent aussi à quelques détenus faibles qu’ils cherchent à endoctriner afin d’en faire des relais et des lieutenants afin de mener le travail de recrutement pour l’endoctrinement dans les prisons ».

Les autorités compétentes sont ainsi invitées à intensifier leurs stratégies de lutte surtout que la plupart parviennent à échapper à la surveillance et au contrôle des gardes pénitentiaires. Ils misent sur une relation interpersonnelle avec des détenus fragiles, évitant les séances de récitation ou les causeries publiques, pour faire passer leur message et leur promettre une protection sociale. « Ils se présentent d’abord comme un soutien social et une offre sécuritaire », ajoute le Pr Faye.  

Pire, fait savoir l’auteur, ils parviennent aussi à créer une rupture entre le détenu et leur famille. « Quand le travail d’endoctrinement se met en place pour identifier les détenus et les rendre sensibles à l’idéologie radicale dont ils sont porteurs, ils se présentent comme la seule alternative crédible. En créant une coupure avec le milieu social d’origine, ils intensifient l’engagement moral dans le groupe radical et l’idéologie qu’il promeut. Une fois cet endoctrinement réalisé, le passage à l’action peut s’opérer soit à l’intérieur de la prison soit à l’extérieur ».

Des messages religieux en phase avec les besoins

Si les Etats africains sont invités à lutter contre la surpopulation carcérale combinée à l’absence d’offre limitée d’opportunités de programmes et de travail productif…, les religieux doivent aussi revoir leur discours. En effet, si la contribution des islamologues ou théologiens musulmans a été jugée utile au Sénégal, pour accompagner les détenus en les  dotant d’une interprétation adéquate du Coran,  le Pr Faye craint que leur prêche ne soit contre-productif. « Ces imams essaient d’expliquer les textes afin de lutter contre les fausses interprétations. Souvent focalisés dans le discours religieux, ils agissent souvent comme s’ils avaient en face d’eux de mauvais musulmans et oublient que les jeunes détenus se posent aussi des questions d’ordre social qui méritent d’être prises en compte. En se focalisant sur le contre-discours religieux et en s’écartant de leurs préoccupations majeures, les imams créent directement des conditions de rejet. Ils poussent les jeunes à se réfugier dans les offres radicales qui instrumentalisent la radicalité. »

Matel BOCOUM

« La situation est sous contrôle. Nous avons mis en place un dispositif opérationnel qui, à terme, aidera à ce qu’il n’y ait plus enlèvement ou rapt d’enfants ». Dans l’entretien qui suit, la ministre de la Bonne gouvernance et de la Protection de l’enfance partage le dispositif mis en place. Ndèye Rahmatoulaye Guèye Diop précise ses attributions et nous fait aussi le point sur la deuxième opération de retrait des enfants de la rue.

Comment avez-vous vécu la rafale médiatique de ces derniers jours ?
Je l’ai vécu sereinement parce que je savais que la plupart des attaques dont j’ai fait l’objet se nourrissaient du déficit de connaissance des attributions de mon ministère. C’est, à la limite, gênant de rappeler que la question des meurtres et enlèvements, qu’il s’agisse d’enfants ou d’adultes, relève de la sécurité nationale, donc du sectoriel étatique compétent en cette matière, le ministère de l’Intérieur. Mais, en le disant, je ne cherche nullement à me défausser sur un collègue car le travail gouvernemental est une synergie positive qui nous rend collectivement et solidairement responsables devant le peuple. J’ai en charge la protection de l’enfance contre les abus, les maltraitances, les sévices corporels, la traite, etc. Il y a eu une confusion entretenue par les réseaux sociaux et une partie de la presse qui n’avaient pas idée de mes attributions. Mon collègue Aly Ngouille Ndiaye et moi-même avons organisé un point de presse pour apporter des précisions. Cette incompréhension est aujourd’hui derrière nous. Je rappelle que tout un dispositif est mis en place pour traquer les auteurs de ces regrettables événements. Il est heureux de constater que la situation est bien gérée.

Avec le recul, auriez-vous changé votre stratégie de communication ?
Du tout. C’était un choix. Et je l’assume. Dans mon esprit, la communication se fait d’abord par l’action. Et, pour un ministère comme le nôtre, la présence est sociale et non forcément médiatique. Je viens de faire juste un semestre à la tête de ce département. Il fallait d’abord et avant tout faire un état des lieux. Nous avons rencontré tous les acteurs qui gravitent autour de la protection de l’enfance. Je viens de faire le tour de toutes les familles religieuses du Sénégal. Le ministère a aussi tenu des séances de travail avec des associations privées, le clergé, des associations et fédération de maîtres coraniques, des prêcheurs et animateurs d’émissions religieuses, de la société civile. Des rencontres ont été également organisées avec les Comités départementaux de protection de l’enfance (Cdpe). Rencontres au cours desquelles, les dispositifs de protection de l’enfance mis en place par l’Etat ont fait l’objet de riches échanges. L’objectif était d’échanger, mais surtout de recueillir les préoccupations de tous ces acteurs. Nous pensons que seule une démarche inclusive peut nous permettre d’avoir une politique qui nous donnera les résultats attendus.

Où en êtes-vous justement avec la deuxième opération du retrait des enfants de la rue ?
Les opérations de retrait entamées le 28 mars 2018 dans le département de Dakar se poursuivent. A ce jour (Ndlr : 19 avril 2018), il y a eu huit opérations qui ont permis de retirer 184 enfants de la rue répartis ainsi : 121 Sénégalais, 49 Bissau-guinéens, 3 Guinéens   6 Gambiens, 3 Maliens et 2 Nigériens. Cette fois-ci, ce sont tous les ministères concernés qui travaillent en parfaite synergie. Chacun joue sa partition. N’oublions pas qu’il s’agit d’un dispositif transversal qui intègre plusieurs ministères (Bonne gouvernance et Protection de l’enfance, Intérieur et Justice, Ndlr). Il revient au ministère de l’Intérieur, par la préfecture de Dakar et la Brigade des mineurs, d’aller retirer les enfants de la rue par le biais d’une logistique appropriée composée de véhicules banalisés que nous avons mis à sa disposition. Cette équipe est appuyée sur le terrain par des travailleurs sociaux. Je précise que nous avons opté pour des véhicules banalisés pour ne pas traumatiser les enfants. Tous les enfants retirés sont placés au centre Ginddi. Et, une fois à Ginddi qui est le centre de tri au niveau de Dakar, ils sont accueillis par des travailleurs sociaux qui procèdent à l’identification par photo, l’enregistrement, la consultation médicale, l’écoute, l’accompagnement, les soins d’hygiène, l’hébergement et un suivi (au daara de Thierno Macky Tall sis à la mosquée omarienne de la Medina qui a hébergé l’ensemble des 120 talibés retirés pour le moment). Les talibés sont référés à des « daaras » répertoriés et triés minutieusement selon un nombre de critères bien définis. Nous prenons en charge tous les frais afférents à leur séjour dans ces lieux d’apprentissage grâce à des conditions négociées. Les autres sont orientés vers des centres d’accueil dédiés. A ce jour, tout se passe bien, la situation est sous contrôle et très bientôt nous partagerons les résultats obtenus sur le terrain. Pour le moment, ces opérations sont financées sur les fonds propres du ministère. Permettez-moi de saluer l’initiative de la Fédération nationale des maîtres coraniques qui est prête à nous accompagner en hébergeant ces talibés. Il reviendra au ministère de les appuyer dans la limite de ses moyens. Nous exhortons l’ensemble des Sénégalais à nous accompagner dans ce processus. Nous souhaiterions également bénéficier d’un accompagnement de la société civile, des entreprises – dans le cadre de la Responsabilité sociétale d’entreprise (Rse) – et  des partenaires techniques et financiers. Nous réfléchissons sur un système de parrainage qui, à la longue, pourrait peut-être régler définitivement ce fléau.

Quel est le dispositif prévu pour que ces enfants ne reviennent pas dans la rue ?
Comme je viens de le dire, cette fois-ci, nous avons eu à travailler avec plusieurs ministères. Les discussions se poursuivent avec les ministères de la Justice, de la Famille, de la Santé et de l’Action sociale et celui des Transports. Nous voulons désormais que la Police des frontières soit encore plus vigilante sur le transport des enfants. Pour cela, nous mettrons à contribution les associations et fédérations de transporteurs dans les gares routières pour qu’elles n’acceptent plus de transporter des enfants non accompagnés. Même pour les enfants accompagnés, il faut des documents attestant l’autorisation de la tutelle. Donc, il y a tout un dispositif qui est mis en place. Tout a été bien réfléchi, bien mûri. Mieux, on va évaluer, rectifier et corriger au besoin tout au long du processus de retrait des enfants. La démarche vise à améliorer le dispositif pour que cette fois-ci nous arrivions à éradiquer ce fléau au Sénégal. Je dois dire qu’en revanche, les enfants retirés de la rue ne sont pas revenus. Ils sont retournés dans leurs familles et réinsérés. Parce qu’il ne s’agit pas seulement de les placer dans des centres d’accueil ou des « daaras ». On les aide psychologiquement à se préparer à réintégrer leurs familles et on les aide à y rester durablement grâce à un paquet de services sociaux complémentaires. Mais c’est un processus long et compliqué. Retirer un enfant définitivement de la rue peut prendre jusqu’à six mois ou même plus. Parfois, le simple fait de trouver le nom de l’enfant pose problème. Il y a donc tout un travail d’enquête et d’accompagnement à faire. Maintenant, quand on annonce une opération de retrait des enfants de la rue, certains se cachent et attendent que cela se calme pour revenir. C’est donc un travail de longue haleine.

Après le meurtre du petit Fallou Diop de Rufisque, beaucoup ont pensé que votre ministère avait failli à sa tâche de protection. Quelles sont exactement les attributions de votre département ?
Les attributions de mon ministère en matière de protection de l’enfance sont assez claires. Le décret n° 2017-1598 relatif aux attributions du ministre de la Bonne gouvernance et de la Protection de l’enfance est explicite en la matière : « Il (le ministre, ndlr) veille au respect des droits fondamentaux des enfants et à leur protection contre la maltraitance et toutes les formes d’exploitation dont celles liées à la mendicité. Il s’assure de la bonne intégration des jeunes enfants dans la vie familiale et sociale. Il est responsable des politiques à l’égard des enfants abandonnés, des enfants des rues et des enfants en voie de marginalisation. Il met en œuvre les actions permettant de donner un cadre de vie décent à ces enfants ». Encore une fois, au vu des attributions de mon ministère en la matière, certaines personnes ont attaqué mon département à tort. Les populations ont fini par comprendre, et c’est le plus important.

Votre ministère s’occupe aussi de la bonne gouvernance. Pouvez-vous préciser vos missions dans ce domaine ?
Au terme du décret portant attributions du ministre, nous sommes chargés de promouvoir la bonne gouvernance dans l’administration et la société. La promotion se fait à travers trois leviers : appui ou initiation des innovations institutionnelles (comme la loi sur l’accès à l’information) ; animation de mécanisme de dialogue (cadre multi-acteurs de suivi budgétaire) et éducation et sensibilisation sur la bonne gouvernance.
La stratégie nationale de bonne gouvernance fait référence à des principes dont la redevabilité, la transparence, l'accès à l'information, la participation citoyenne et la gestion des deniers publics. Il s’agit de mettre en place des politiques de gestion rigoureuses mettant en avant ces principes et valeurs de bonne gouvernance dans les administrations publiques. Depuis mon arrivée à la tête de ce département, des actions sont régulièrement menées et nous ne sommes pas seuls. Nous travaillons avec d’autres acteurs privés comme institutionnels pour plus d’efficacité sur le terrain.

Quel est le lien entre la protection de l’enfance et la bonne gouvernance ?
Il existe deux liens entre la protection de l’enfance et la bonne gouvernance, un lien organique qu’est le Plan Sénégal émergent (Pse). En effet, ce sont la Bonne gouvernance par l’axe 3 et la Protection de l’enfance par l’axe 2 qui misent sur le développement du Capital humain qui commence par la protection de l’enfance. Et un autre lien matériel : la protection de l’enfance fait partie des droits humains qui est une composante de la bonne gouvernance d’où l’éducation à la gouvernance à travers l’enfance. L’axe 2 du Pse mise sur le développement du capital humain. Et qui parle de capital humain engage les jeunes dès le bas âge. La bonne gouvernance commence d’abord par protéger les droits de l’enfant. Ensuite, c’est dès le bas âge qu’on commence à inculquer à l’enfant les valeurs et notions de bonne gouvernance. L’enfant doit grandir avec ces notions, ces concepts pour se les approprier plus tard.  L’objectif, à long terme, est d’arriver à construire au Sénégal un nouveau type de citoyen modèle, soucieux du devenir de son pays. Dans une perspective plus immédiate, mon département, conformément à la vision du chef de l'Etat, poursuit ses efforts de promotion des principes et valeurs de bonne gouvernance dans l'administration et dans tous les segments de la société. Donc, bonne gouvernance et protection de l’enfance sont intimement liés et en parfaite conformité avec l’ambition du président de la République Macky Sall.

On vous reproche de ne pas donner suite aux rapports des corps de contrôle de l’Etat. Que répondez-vous à cela ?
L’Office nationale de lutte contre la corruption et la concussion (Ofnac) a un pouvoir d’auto-saisine. Il ne me revient pas, en tant que ministre de la Bonne gouvernance, de me prononcer sur ces rapports. C’est un aspect qui ne relève pas de mon département. En revanche, sur la bonne gouvernance, je suis à mesure de vous dire que tous les voyants sont au vert. L’indice Mo Ibrahim, Transparency international, le Fmi et bien d’autres structures nous décernent régulièrement des satisfecit. Nous sommes sur une bonne dynamique. Ce n’est pas un combat gagné d’avance. Il faut toujours voir la situation de référence, de là d’où nous venons. C’est seulement depuis 2012 que le concept de bonne gouvernance est pris réellement en charge, développé pour devenir aujourd’hui une réalité dans notre pays. Je comprends que la perception auprès des Sénégalais soit mitigée. Cela résulte en partie d'un non accès au grand public de certaines données objectives en la matière. Mon département est en train de développer des stratégies pour améliorer l'accès à l'information sur les grandes avancées du Sénégal en matière de bonne gouvernance qui feront d'ailleurs l'objet d'une publication. Bien sûr, il reste encore des efforts à faire. Nous ne dormons pas sur nos lauriers, nous continuons le travail enclenché pour que le Sénégal devienne, sous peu, le champion en Afrique en la matière.

Quel rapport avez-vous avec des structures comme l’Ofnac et la Cour des comptes ?
De très bons rapports. Nous travaillons en parfaite synergie. Nous déroulons certaines activités ensemble. Il y a aussi des activités que nous confions à ces structures. J’ai visité l’Ofnac, la Cour des comptes, l’Inspection générale d’Etat (Ige) et l’Agence de régulation des marchés publics (Armp). C’est pour vous dire qu’entre ces structures et mon ministère, il y a une excellente collaboration. C’est un partenariat, une approche à développer pour qu’il y ait une synergie et une cohésion entre les institutions de l’Etat.


Propos recueillis par Abdoulaye DIALLO (texte) Sarakh DIOP (photo)

 

Des pas importants déjà faits et des contraintes majeures à relever. Cela résume la revue annuelle conjointe du Ministère du Travail, du Dialogue social, des Organisations professionnelles et des Relations avec les institutions.

Pour l’année 2017, des résultats très satisfaisants ont été enregistrés dans les domaines des relations de travail et des organisations professionnelles, des statistiques du travail, du dialogue social, de la protection sociale, de la promotion de la santé, de la sécurité au travail et des relations avec les institutions. « Une nouvelle convention collective des personnels de l’enseignement privé est entrée en vigueur en janvier 2018, suite à sa révision en décembre 2017. La réforme de l’assurance maladie obligatoire a été parachevée à travers l’Institution de coordination de l’assurance maladie obligatoire devenue fonctionnelle. L’organisation des élections générales de représentativité des centrales syndicales de travailleurs et des élections de représentativité syndicale dans le secteur public de l’Education et de la Formation constitue l’une des satisfactions majeures du département dans sa démarche de consolider et d’approfondir le dialogue social », s’est réjoui le ministre Samba Sy.

Aussi, la tenue de la deuxième conférence sociale en avril 2017 a abouti à l’adoption d’une feuille de route thématique consensuelle pour la mise en œuvre de mesures de réformes des systèmes de retraite, avec comme objectif d’assurer aux Sénégalais un système de retraite viable et inclusif à long terme. Le ministre Samba Sy a aussi révélé que les contrats de travail visés par les Inspections du travail et de la sécurité sociale sont passés de 55.427 à 56.328, soit un taux de variation de 2%. Il a fait savoir que 1.618 établissements, ouverts entre 2016 et 2017, ont généré 9043 emplois directs.

«Depuis quelques années, les efforts menés au sein des Institutions de prévoyance sociale ont abouti à une revalorisation de 10% des rentes d’accidents du travail, à l’augmentation de 10% des pensions de retraite et à l’amélioration de la prise en charge sanitaire des travailleurs et des retraités », a-t-il souligné. Toutefois, certaines contraintes ont été notées dans le dialogue social, la promotion du travail décent, etc. « C’est pourquoi, il faut des hommes outillés, des moyens techniques, des ressources financières et humaines. Si tous ces moyens sont renforcés, ce serait une bonne chose pour le département. Mais, nous sommes satisfaits du chemin parcouru », a conclu Samba Sy.

Oumar FEDIOR

Les accusés Boubacar Decoll Ndiaye et Omar Keïta, tous deux professeurs en Mauritanie avant leur arrestation, ont répondu, hier, à l’interrogatoire du juge, du maître des poursuites et des avocats dans le cadre du procès de l’imam Aliou Ndao et co-prévenus.

Omar Keïta et Boubacar Decoll Ndiaye ont tous été arrêtés en Mauritanie. Le premier est professeur de Sciences de la vie et de la terre (Svt). Le second, titulaire d’un Brevet de technicien supérieur (Bts) en bâtiment, dispensait des cours de mathématiques en Mauritanie. En début 2016, il a été arrêté dans ce pays pour « acte de terrorisme par menace, acte de terrorisme par association de malfaiteurs, financement du terrorisme et apologie au terrorisme ». Cependant, l’accusé a nié tous ces chefs d’inculpation devant la barre. Boubacar Decoll Ndiaye avait, en Mauritanie, fait la connaissance de Mohamed Ndiaye et de Matar Diokhané.

Ces derniers ont eu à séjourner au Nigéria dans le fief de Boko Haram. Tout le contraire d’Omar Keïta qui, selon ses dires, n’est pas terroriste, n’a jamais été au Nigéria. « Je ne suis membre d’aucune cellule terroriste. Je n’ai reçu aucun fonds destiné au terrorisme. Jusqu’à présent, je ne sais pas pourquoi on m’a arrêté », s’est défendu l’accusé devant la barre. Toutefois, il a reconnu avoir fréquenté Matar Diokhané qu’il a rencontré à son retour du Nigéria. Mais, selon lui, c’était pour avoir des nouvelles de ses amis Abdallah Dièye, Abdallah Bâ, Moussa Mbaye qui avaient rejoint les rangs des djihadistes. Boubacar Decoll Ndiaye a rencontré l’imam Aliou Ndao pendant ses vacances au Sénégal en 2015.

Mais, il a catégoriquement refusé de communiquer à la barre le motif de son voyage à Kaolack où il a vu l’imam Ndao. Tout ce qu’il s’est contenté à dire est qu’il avait profité d’un voyage de son ami Moustapha Dièye qui se rendait à Kaolack pour voir la femme d’Abdallah Dièye tué en Libye. C’était une occasion, selon lui, de rencontrer l’imam Ndao et de l’interroger sur une sortie de l’ancien ministre des Affaires étrangères Cheikh Tidiane Gadio qui avait annoncé qu’il y avait, en Libye, des camps djihadistes où des gens parlaient wolof. Il a profité de ce voyage pour demander à imam Ndao son point de vue sur la question. « J’ai pensé à lui parce qu’il maîtrisait la géopolitique. Un imam doit savoir ce qui se passe dans le monde », a-t-il ajouté.

Son co-accusé Omar Keïta n’a pas reconnu les faits qui lui sont reprochés. Contrairement aux autres accusés, son interrogatoire n’a pas duré plus de 30 minutes. Le juge et le procureur lui ont juste posé quelques questions avant de céder la place à ses avocats. Mais, l’accusé n’a pas varié dans ses réponses. « Personne n’a tenté de me recruter pour aller faire le djihad. Que ce soit au Sénégal ou en Mauritanie, je n’ai jamais assisté à une quelconque réunion », a-t-il répondu. Parmi les accusés, Omar Keïta avoue avoir connu Mohamed Ndiaye. Le seul qu’il connaît parmi les 29 autres accusés.

Aliou Ngamby NDIAYE

La direction générale de la Police nationale dispose de deux nouvelles divisions en charge de la lutte contre le terrorisme et la cybercriminalité. Ces réalisations, fruit de la coopération franco-sénégalaise, entrent dans le cadre global du Plan d’action contre le terrorisme (Pact).

Dans le cadre du Plan d’action contre le terrorisme (Pact), un volet de la coopération en sécurité intérieure sénégalo-française, la direction générale de la Police nationale dispose de deux nouveaux offices : la division spéciale de cybersécurité de la Police Judiciaire et la division nationale de lutte contre le trafic de migrants de la direction de la Police de l’air et des frontières. Inaugurant les deux nouvelles structures, le directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur, Mamadou Diop, a déclaré que « cet acte est une preuve des excellentes relations entre la France et le Sénégal.

Les défis de sécurité sont énormes aujourd’hui. C’est donc la coopération qui peut nous permettre de faire face. « Au-delà de la lutte contre la cybercriminalité, la division spéciale de cybersécurité, à travers ses services chargés de la cyberpatrouille, de la veille technologique et de la documentation opérationnelle, participe activement à l’analyse prospective et à l’anticipation pour apporter des réponses à la cybercriminalité. La Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées permet de combattre les filières d’immigration irrégulière », a-t-il salué. Pour l’Ambassadeur de France au Sénégal, M. Christophe Bigot, « la criminalité est telle qu’il faut des moyens nouveaux pour y faire face. Nous espérons que cette contribution renforcera l’efficacité de la politique sénégalaise ». En tout cas, ce soutien vient s’ajouter aux 10 millions d’euros que la Police sénégalaise avait obtenus du Fonds européen de développement (Fed) et du Fonds fiduciaire d’urgence (Fud). « C’est grâce à ces fonds que les capacités logistiques, humaines et techniques de certaines structures de la Police nationale seront renforcées », a fait savoir Mamadou Diop.

Pour plus d’efficacité dans cette lutte, le commissaire Abdoul Wahab Sall, directeur de la Police de l’air et des frontières, a insisté sur la nécessaire modernisation de l’état civil. «Le Sénégal, qui a reçu 28 millions d’euros dans le cadre du fonds fiduciaire, n’attend que sa mise en œuvre. Nous contrôlons la fraude documentaire. Si l’état civil est modernisé, nous serons plus efficaces pour l’identification des Sénégalais de l’extérieur notamment », a-t-il indiqué.

O. FEDIOR

Soixante-douze (72) ans après, Cheikh Béthio Thioune a célébré à Madinatou Salam (département de Mbour) sa rencontre avec Serigne Saliou Mbacké qui a eu lieu le 17 avril 1946. Une commémoration dans la ferveur pour le Cheikh entouré de ses fidèles appelés «Thiantacônes». Lors de la cérémonie officielle, il a sollicité le bitumage de la route et la reconnaissance de son village au plan administratif.

La bourgade de Madinatou Salam a renoué, entre mardi et jeudi, avec l’ambiance des grands jours. C’était à l’occasion de la célébration du 72ème anniversaire de la rencontre entre le cinquième Khalife général des Mourides et le guide des « Thiantacônes ».

Une journée de grâce et de reconnaissance pour Cheikh Béthio dont la vaste résidence a été le point de ralliement de milliers de fidèles. Ici, le Cheikh a tenu à rappeler que c’est Serigne Saliou Mbacké qui a fait de lui ce qu’il est. « Je suis né dans une famille « tiéddo » et c’est lui qui a fait de moi un talibé mouride », a-t-il dit.

C’était lors de la cérémonie officielle où le chef de l’Etat Macky Sall était représenté par le ministre de l’Environnement et du Développement durable, le Pr Mame Thierno Dieng, accompagné de son collègue en charge de la Jeunesse Pape Gorgui Ndong, du préfet de Mbour, Saër Ndao et du sous-préfet de Sindia, Mountaga Daha Sall. Les autorités politiques du département de Mbour étaient également de la partie, à l’image des maires Maguette Sène (Malicounda), Elhadj Fallou Sylla (Mbour), Pape Songhé Diouf (Nguékokh) et du directeur général de l’Adm, Cheikh Issa Sall.


Le chef de la délégation officielle a d’abord invité à s’inspirer du dévouement de Serigne Béthio à Serigne Saliou Mbacké qui lui a valu cette reconnaissance et ses innombrables talibés. Le Pr Dieng a ensuite sollicité des prières « pour que le président puisse poursuivre sa mission à la tête du pays ». Des prières formulées par son hôte du jour pour que « Dieu exauce les souhaits de Macky Sall ». Deux principales doléances ont été formulées par le Cheikh Béthio.

D’abord, la reconnaissance de son patelin comme village « à inscrire sur le registre administratif ». Pour lui, c’est Serigne Saliou Mbacké qui lui avait intimé l’ordre de dénommer l’espace qu’il occupe avec ses talibés Madinatou Salam.

Après son développement tentaculaire, cette partie du département de Mbour doit être érigée en village, d’autant plus qu’avec « quelque 4.000 carrés, nous sommes plus grands que beaucoup de localités de la région de Thiès ». L’autre préoccupation a trait au bitumage de l’axe Mbour-Madinatou Salam. Une voie pour laquelle Cheikh Béthio Thioune sollicite l’intervention des pouvoirs publics afin de faciliter le déplacement des habitants et des visiteurs. « C’est un tronçon de 1,5 à 2 kilomètres. Et nous sollicitions du président que cet axe soit goudronné ». Après la réception de la délégation officielle, d’autres activités ont ponctué la journée du 17 avril qui a démarré par un récital du Coran et de «khassaïdes», des chants à l’honneur de Serigne Saliou et de son illustre disciple. Cheikh Béthio a également reçu, dans la matinée, ses tabilés venus des 14 régions du pays sous la conduite de leurs «dieuwrignes» universels mais aussi des représentants des autres familles religieuses. Ses épouses ont également été reçues. C’était l’occasion, pour elles, de lui renouveler leur allégeance et de lui apporter des cadeaux (adyas) à l’image des talibés.

La nuit, c’est l’animation qui a tenu en haleine l’assistance avec à la manœuvre, les talibés chanteurs que sont Ibrahima Diagne, Tawfekh Mbaye ou encore Oumaro. Sans oublier la causerie religieuse et la participation du Cheikh qui a gratifié le public de ses «doukatt» ou pas de danse.

Ousseynou POUYE

Pour venir à bout des accidents de la circulation, les assureurs comptent créer des centres de formation pour les chauffeurs, a fait savoir un responsable du secteur, dans un contexte de la Semaine de la prévention routière.

Le président de l’Association des sociétés d’assurance et patron du groupe Sunu Assurances, Moustapha Noba, a annoncé, hier à Dakar, la création par les assureurs de centres de formation à Dakar et dans les régions pour venir à bout des accidents de la route. Les chauffeurs, principaux bénéficiaires de ces centres, y recevront gratuitement un encadrement psychologique « pour leur faire comprendre les conséquences néfastes des accidents », a déclaré M. Noba, à l’occasion de la Semaine de la prévention routière. Il a surtout insisté sur le caractère gratuit des services de ces centres.

Des ingénieurs devraient aussi y assurer une formation didactique aux chauffeurs. « La formation se fera dans toutes les régions », a-t-il précisé face aux transporteurs. Les accidents ont fait 651 morts en 2016 et 635 en 2017, a fait savoir le directeur exécutif de la Nouvelle prévention routière, Matar Faye, peu satisfait de cette baisse légère. La route fait perdre au Sénégal 77 milliards de FCfa chaque année, soit 1 % du Pib, révélait, lors de l’édition de 2016, le ministre des Transports terrestres d’alors. Pour venir à bout du fléau, les foyers religieux seront mis à contribution.

D’ailleurs, la cérémonie d’hier a démarré avec les prières d’un prêtre et d’un imam.

L’annonce de la création de centres de formation a été accueilli positivement par les chauffeurs et leurs responsables syndicaux, qui n’ont pas manqué d’égrener le chapelet des causes des accidents. D’abord, reconnaissent-ils, il y a la responsabilité des chauffeurs, souvent coupables d’indiscipline sur la route. « Si nous respectons tous le Code de la route, il y aura moins d’accidents.
Si les chauffeurs ne sont pas bien éduqués, toute solution sera vaine », avertit le taximan M. Sarr. Il suggère la présence permanente d’une brigade routière dans la circulation, surtout sur l’axe Dakar-Mbour, ajoute le chauffeur Diadia Wade.

Les autres intervenants ont mis l’accent sur l’état des routes, le comportement parfois dangereux des piétons, l’absence d’aires de repos sur certains axes, obligeant les camionneurs à rouler sur de longues distances sans pause. Les conducteurs de motos « Jakarta » ont aussi fait entendre leur voix, s’estimant les grands oubliés de la circulation routière et les victimes de l’indiscipline des automobilistes. L’autre inquiétude des chauffeurs, c’est l’absence de leur prise en charge en cas d’accident, contrairement à leurs passagers couverts par l’assurance.

Mais sur ce point, M. Noba leur a rappelé que des produits comme Trans-Vie jouent déjà ce rôle.

Pour rassurer l’assistance, il a déclaré que la prévention est un processus continu. Et pour donner le bon exemple, un trophée sera annuellement décerné aux meilleurs chauffeurs, a-t-il ajouté.

Malick CISS

Le maire de Mermoz Sacré-Cœur, Barthélémy Dias, a été condamné, hier, à six mois de prison ferme pour outrage à magistrat et appel à un attroupement non armé. La peine est assortie d’une amende de 100 000 FCfa. La défense va interjeter appel.

Quand le juge Yakham Keita a énoncé le verdict, le maire de Mermoz Sacré-Cœur a d’abord esquissé un sourire avant de lever la main droite. Barthélémy Dias attendait visiblement sa condamnation. Devant la barre, le maire socialiste est resté de marbre, incroyablement serein, chuchotant, par moments, à l’oreille de son avocat Me Ousseynou Fall. Que lui disait-il ? Difficile à savoir.

Toujours est-il que Barthélémy Dias a été attentif et très concentré durant toute la lecture du jugement. Tout le contraire de ses partisans qui ont vigoureusement réagi, dénonçant un verdict « injuste ». Leur colère était visible. « J’ai honte pour mon pays », lance une fille qui tombe en syncope. Juste à côté d’elle, une dame d’âge mur se tient à peine debout. Elle crie et profère des menaces contre l’exécutif, accusé d’être derrière cette condamnation. Devant la salle d’audience, l’atmosphère est agitée. Partout des cris de détresse. Un sentiment d’amertume et de désolation.

Le tribunal des flagrants délits a reconnu Barthélémy Dias coupable des délits d’outrage à des magistrats de l’ordre judiciaire dans l’exercice de leur fonction et discrédit sur une décision juridictionnelle dans des conditions de nature à porter atteinte à l’autorité de la justice. Délits pour lesquels le parquet avait requis deux ans de prison ferme. Mais le tribunal les a requalifiés en condamnant le maire de Mermoz Sacré-Cœur à six mois de prison ferme et à une amende de 100 000 FCfa. Sans surprise, la défense a vivement dénoncé ce verdict jugé « trop sévère » contre un maire. « Nous sommes en train de vivre les heures les plus sombres de notre démocratie. J’ai mal pour mon pays. Le Sénégal ne mérite pas ça », a dénoncé Me El Hadji Diouf, qui a dit « constater avec regrets » que le Sénégal est « devenu un régime à pensée unique où la liberté d’expression n’est plus garantie ». Il a annoncé un appel, mais sans se faire d’illusions. « Nous allons interjeter appel. Mais, il n y a pas lieu de se voiler la face, tout le monde sait qui est derrière cette condamnation », a dit Me Diouf, qui a demandé aux amis, parents et sympathisants venus nombreux soutenir le maire de Mermoz Sacré-Cœur de rester sereins et optimistes.

« Barthélémy est un vrai «Diambar» (guerrier). Un homme digne et engagé pour le respect des valeurs de la République. Il n’est ni un criminel, ni un voleur encore moins un trafiquant. Il a le droit, par conséquent, de s’exprimer librement contre une décision de justice. Soyez fiers de lui. Le combat continue », a dit Me Diouf s’adressant aux partisans du maire socialiste de Mermoz Sacré-Cœur.

Abdoulaye DIALLO

Les 16 et 17 avril prochains, la communauté layène va célébrer la 138ème édition de l’Appel de Seydina Limamoulaye Thiaw. «Le Soleil» est allé à la rencontre Seydina Issa Thiaw Laye, fils-aîné du khalife et coordonnateur général de l’évènement. Il s’est prononcé sur l’organisation et sur l’actualité marquée par le jihadisme, appelant à l’Islam modéré.

Dans quelques jours, la communauté layène va célébrer la 138ème édition de l’Appel. Où est-ce que vous en êtes avec les préparatifs ?
Je profite d’abord de l’occasion pour saluer le travail que «Le Soleil» a l’habitude de faire à chaque édition. Nous sommes pleinement dans les préparatifs avec certains points à améliorer. Au moment où je vous parle, le comité d’organisation que je dirige depuis 20 ans fait un travail remarquable. On ne peut pas parler de l’Appel des Layènes et avoir des considérations de « tariqa » (confrérie). La manifestation est au bénéfice de toute la Oumah islamique.

Quel est le sens et la pertinence du thème « L’Islam, une religion d’équilibre et du juste milieu à travers les enseignements de Seydina Limamoulaye ?
Dans le passé, nous avons eu à traiter la paix parce que les gens en ont vraiment besoin. Ensuite, on a parlé de la zakat pour réduire les inégalités. Nous avons aussi abordé le dialogue entre tous. L’année dernière, la bonne gouvernance était notre thème. D’ailleurs, le Chef de l’Etat a créé un ministère qui s’en charge. Pour 2018, nous avons choisi la modération. Si nous voyons ce que l’extrémisme a causé dans le monde islamique, cela doit interpeller toutes les communautés. Mais, le plus dramatique, c’est que l’Islam est plus touché par le fondamentalisme. Il y a un déséquilibre dans les relations humaines. Alors que Dieu dit que « la meilleure des communautés est celle de l’Islam » car étant modérée. Tout excès est nuisible.

Quelles seront les améliorations à apporter cette année dans l’organisation de l’Appel ?
Nous allons voir les couacs pour améliorer au fur et à mesure. Mais le plus important, c’est de savoir que la religion doit cimenter notre unité nationale. La confusion ne conduit pas au développement. Que chacun respecte ses croyances, mais aussi celles des autres. Le vrai jihad pour moi est celui contre les inégalités sociales afin de permettre aux Sénégalais de s’épanouir et de vivre en paix. C’est ça le sens de notre appel.

Des citoyens décrient certains types de relations qui existent entre le temporel et le spirituel. Qu’est-ce que cela vous inspire ?
Je ne suis pas d’accord sur une différence entre pouvoir temporel et marabout. Le vrai rôle d’un marabout est d’éduquer le disciple en le mettant sur le droit chemin. L’Etat gère tout. Et dans cette gestion étatique, le marabout est compris. Mais, ces relations doivent être bâties sur la sincérité. Depuis le temps des colons, ces relations ont toujours existé. C’est Dieu qui donne le pouvoir et le marabout ne peut pas arrêter ce processus. Les relations dont vous parlez dépendent des gens qui les développent. A commencer par Léopold Sédar Senghor, tous les Présidents de la République du Sénégal ont été accompagnés par nos érudits.

Je précise qu’il y a deux catégories de marabouts : ceux qui le sont de par leur ascendance seulement et d’autres qui ont aussi des diplômes. Donc, ce sont des hommes d’Etat, même s’ils ne sont pas dans l’administration. Je pense que la collaboration est bénéfique pour tout le monde. Nous avons collaboré avec tous les Chefs d’Etat sénégalais. Mais, le Président Macky Sall a fait ce qu’aucun de ses prédécesseurs n’a réalisé pour notre communauté. Sénégalais à part entière, nous tenons toujours un discours de vérité aux personnalités qui incarnent l’Etat.

Propos recueillis par Serigne Mansour Sy CISSE

La Délégation générale à la protection sociale et à la solidarité nationale a procédé à l’installation du Bureau régional des bénéficiaires des filets sociaux du Plan Sénégal émergent (Pse) avant-hier. Après l’enrôlement, cette année, de 100.000 ménages à la Bourse de sécurité familiale dont le nombre de bénéficiaires est estimé à 400.000 aujourd’hui, l’on travaille à mettre en œuvre des projets d’autonomisation des femmes.

La Délégation générale à la protection sociale et à la solidarité nationale a procédé à l’installation du Bureau régional des bénéficiaires des filets sociaux du Plan Sénégal émergent (Pse) avant-hier. Après l’enrôlement, cette année, de 100.000 ménages à la Bourse de sécurité familiale dont le nombre de bénéficiaires est estimé à 400.000 aujourd’hui, l’on travaille à mettre en œuvre des projets d’autonomisation des femmes.

L’installation du réseau régional des bénéficiaires des filets sociaux du Plan Sénégal émergent a servi d’occasion pour la Délégation générale à la protection sociale et à la solidarité nationale de réaffirmer sa volonté de réduire les fractures sociales et de renforcer les capacités économiques des couches vulnérables, dont un grand nombre de femmes. En dehors des programmes de filets sociaux comme la couverture médicale universelle, les bourses de sécurité familiale, la carte d’égalités de chances, la Délégation générale à la protection sociale et à la solidarité nationale dirigée par le Dr Anta Sarr Diacko compte matérialiser les projets d’autonomisation en vue de mieux sécuriser les populations et de relever leur niveau de vie.

Les représentants du Ministère du Genre et de la Femme, de l’Economie solidaire et de la Microfinance, présents à la rencontre ont réitéré leur engagement à accompagner cette politique. Les femmes qui sont les principales bénéficiaires de ces programmes ont exprimé leur satisfaction lors de la cérémonie d’installation du bureau régional. Elles se sont réjouies, à travers des témoignages, de la volonté du gouvernement sénégalais de les aider à maximiser leurs chances de réussite. En effet, pour le Dr Anta Sarr Diacko, la mise en place des réseaux de bénéficiaires des filets sociaux du Pse permettra de sortir des populations de la pauvreté grâce aux nouvelles dynamiques de développement engageant ces couches sociales qui pourront ainsi exercer des activités génératrices de revenus.

Selon le Dr Anta Sarr Diacko, il est avéré que les filets sociaux en général, les transferts monétaires en particulier, constituent des instruments efficaces de protection sociale des personnes vulnérables en ce sens qu’ils favorisent, entre autres, l’interruption de la transmission intergénérationnelle de la pauvreté, la prévention à court terme de la vulnérabilité aux chocs, la contribution au développement du capital humain des enfants, l’amélioration de la productivité des ménages et la réduction des inégalités. La mise en place de ce réseau régional qui regroupe des femmes de plusieurs départements devra permettre de créer des conditions d’une inclusion financière et sociale.

Des financements aux bénéficiaires
« L’idée d’un regroupement et l’organisation des bénéficiaires du Programme national des bourses de sécurité familiale (Pnbsf) en associations locales, puis en réseaux, vont leur faciliter l’accès aux services des projets de développement officiant dans leurs terroirs respectifs. Ces réseaux, une fois mis en place et bénéficiant d’un statut reconnu, pourront capter des financements, profiter des structures d’accompagnement et générer ainsi pour leurs membres des ressources additionnelles primordiales », a expliqué Dr Anta Sarr Diacko, qui a écouté plusieurs intervenants magnifier la décision du Chef de l’Etat Sénégal d’enrôler cette année 100 000 nouveaux ménages dans la Bourse de sécurité familiale.

Le Dr Anta Sarr Diacko a tenu à rappeler que tous les allocataires de la Bourse de sécurité familiale ont pu être enrôlés dans la Couverture maladie universelle (Cmu) et que les personnes vivant avec un handicap et titulaires de la Carte d’égalité des chances soient également intégrées dans le Pnbsf, sur instruction du chef de l’Etat. Selon elle, les bénéficiaires du programme de bourse sont issus du Registre national unique (Rnu) des personnes vulnérables constitué à partir d’une sélection à base communautaire suivie d’une consolidation par l’Ansd. Ce Rnu est d’ailleurs utilisé par de nombreux programmes de filets sociaux. Le secrétaire général de la Délégation à l’entreprenariat rapide, Djaligué Bâ, en a profité pour annoncer l’octroi, dès la fin du mois d’avril courant, de financements variant entre un million et 200 millions de FCfa aux femmes bénéficiaires des filets qui soumettront un projet bancable.

Matel BOCOUM


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