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Société & Faits divers (2582)

L’esplanade de la mosquée de la Divinité de Ouakam a été le lieu d’échanges. Il s’y est tenu la deuxième édition de la conférence de l’unité islamique organisée par le Centre culturel de la République islamique d’Iran à Dakar en collaboration avec la communauté musulmane Naby Allah.

Le thème, ainsi articulé: « l’unité islamique pour un monde sans violence », est d’une brûlante actualité. Ce choix témoigne d’une conscience pacifique et d’une volonté de véhiculer le message authentique de l’Islam qui promeut la paix et la concorde. Toutefois, il y a un préalable à cela. « Il faut que les membres de cette communauté cultivent la solidarité pour faire face aux défis de l’heure, afin que des individus aux discours périlleux ne s’engouffrent pas dans la brèche de la division. L’Islam n’est pas une religion de terreur. Il n’attise pas la haine. Quel que soit le péril, le musulman doit puiser dans sa foi en l’omnipotence de Dieu et dans la vie inspirante et l’œuvre gigantesque du prophète Mouhamed pour apporter la lumière à l’humanité », affirme l’imam Moussa Niang, représentant du Khalife général des Tidianes, devant une assistance fervente.

Ces échanges, à ses yeux, devraient convaincre le monde de la contribution de l’Islam à la mise en place d’un espace de vie plus juste, condition essentielle pour une coexistence pacifique. Face aux tumultes de l’heure, quelle doit être la posture du musulman ? Cette question a été au cœur des interventions. Les prises de position n’en ont pas été moins unanimes. Il y a une introspection individuelle et quotidienne à faire et des résolutions à prendre pour envisager l’avenir avec plus de sérénité, de bonheur. Il y va de l’aventure collective ; les obédiences partageant toutes le même cadre d’existence. La Ummah, estime l’Imam Babacar Diagne de la grande mosquée de Ouakam, doit être porteuse d’initiatives et de solutions si elle fait de l’organisation le socle de son action précieuse. Au Sénégal, l’Islam confrérique « est un rempart contre certaines interprétations hasardeuses et périlleuses.

Le soufisme auquel adhèrent beaucoup de Sénégalais est bien respecté par l’Iran. Il n’y a qu’un Islam et il véhicule un message de paix, de concorde et de solidarité. Nous appartenons tous à une communauté qui promeut des valeurs d’humanité sans lesquelles le monde ne peut prétendre à la tranquillité. Il est injuste de lier le terrorisme à cette belle religion adossée à des principes nécessaires à l’harmonie de toute la communauté des êtres vivants », pense le docteur Chérif Hassan Esmati, directeur du Centre culturel de la République d’Iran à Dakar. Cette conférence s’est tenue en présence de plusieurs dignitaires religieux et coutumiers ainsi que des représentants de l’ambassadeur de la République islamique d’Iran à Dakar et du guide de la communauté Naby Allah, Mouhamed Seyni Guèye.

Alassane Aliou MBAYE

Samedi, la commune de Pire a accueilli, pour la 115ème fois, des fidèles musulmans pour rendre grâce à Dieu et prier sur le prophète Mouhamed (Psl). Une étape marquée par la première participation de Serigne Mouhamadou Mansour Cissé, devenu le Khalife général de Pire, suite du rappel à Dieu de son prédécesseur Serigne Moustapha Cissé. Il a invité les Sénégalais à cultiver davantage la paix et la concorde.

A l’occasion, le nouveau Khalife général a eu une pensée pieuse pour son prédécesseur mais aussi le regretté Khalife général des Tidianes, Serigne Abdou Aziz Sy Al Amine. « Car, ce dernier, toute sa vie, a veillé sur la Gamou de Pire aux côtés de Serigne Moustapha Cissé », a-t-il dit. Il a tenu à remercier le président Macky Sall ainsi que l’ensemble du gouvernement et des services de l’Etat qui, selon lui, ont exécuté pleinement toutes les tâches en vue d’aider à une organisation impeccable du Gamou de Pire. « Nous en sommes ravis », a affirmé le Khalife de Pire. « Je fais une mention spéciale pour l’épouse du chef de l’Etat, Sokhna Marième Faye, qui nous a offert l’eau et toutes les autres boissons pour désaltérer nos hôtes », a-t-il déclaré. A tous les Sénégalais, sans exclusif, Serigne Mouhamadou Mansour Cissé demande de continuer à cultiver la paix et la concorde. Aux dirigeants des partis politiques, il les a invités à s’inspirer de la solidarité et de l’entente entre les familles religieuses du Sénégal dans leurs relations. « En politique, l’adversité est admise, mais il n’y a pas de place pour la haine, alors, sur ce champ, il faut agir et parler en gentleman », a-t-il affirmé.

Serigne Mouhamadou Mansour Cissé a laissé le soin à Serigne Moustapha Sy Ibn  Serigne Abdou Aiz Sy Al Amine, accompagné  de Serigne Mouhamadou Moustapha Sy Ibn Aboubacar Sy, Khalife général des Tidianes, de prier pour toute l’assistance comme le faisait son père.

Auparavant, le porte-parole du Khalife de Pire, Serigne Habib Cissé, a rapporté que Serigne Mouhamadou Mansour Cissé tient à la construction de la cité religieuse de Pire. « En cela, il tend la main au chef de l’Etat même s’il sait que Pire est éligible dans son programme de modernisation des cités religieuses du pays », a-t-il confié. Outre une résidence pour loger leurs hôtes, Pire a aussi besoin, d’après son porte-parole, d’une grande salle de réception, du renforcement des réseaux d’adduction d’eau et d’électricité tout comme d’un réseau routier interne plus dense.

Au nom du président de la République, Macky Sall, le ministre de la Pêche et de l’Economie maritime, Oumar Guèye, qui a conduit la délégation officielle, accompagné de son collègue des Forces armées, Dr Augustin Tine, a réaffirmé l’attachement du chef de l’Etat à la famille Cissé de Pire.

Aussi « compte-t-il beaucoup sur vos prières dans sa mission pour le développement économique et social du Sénégal », a-t-il lancé. Après avoir rappelé les performances du Sénégal dans divers secteurs sous le magistère du président Macky Sall, le ministre de la Pêche a rassuré les autorités religieuses de Pire quant à la réalisation des infrastructures destinées aux cités religieuses.

Mbaye BA

 

Des Sénégalais ont organisé, vendredi, à Dakar, à l’Institut islamique, un sit-in pour dénoncer l’occupation effrénée des terres palestiniennes.

Des fidèles musulmans ont regretté, après la prière du vendredi dernier, à l’Institut islamique, la décision de Donald Trump proclamant unilatéralement Jérusalem capitale d’Israël. Abdou Karim Diaw, membre de l’Association « Al Rihab » initiatrice du sit-in, a rappelé que Jérusalem est le « troisième lieu  saint de l’islam ». « Le Prophète Mouhamed (Psl), en faisant l’ascension nocturne, a quitté « Baytil Maqdis » (mosquée d’al-Aqsa) pour aller au ciel. C’est important aux yeux des musulmans de garder toujours Jérusalem comme étant un patrimoine islamique et universel. Les religions révélées (Judaïsme, christianisme) y ont aussi leurs lieux saints », a dit M. Diaw. « L’Organisation onusienne avait considéré que Jérusalem devait bénéficier d’un statut particulier. La décision de Trump viole ce principe de neutralité, c’est pourquoi, nous protestons contre cette décision. Les Etats doivent en faire autant », a-t-il ajouté.

D’après lui, nos dirigeants ont des moyens de faire de la résistance (comme c’est écrit sur les tee-shirts des manifestants). Et de proposer comme solutions, la rupture des relations diplomatiques avec Israël en passant par le boycott des produits américains et israéliens. A son avis, « cela aura des conséquences économiques graves sur l’Etat hébreux ». « Le monde musulman compte plus de 1,7 milliard de fidèles, soit le ¼ de l’économie mondiale. Si ces populations décident de ne plus acheter les produits venant de ces deux pays, la conséquence économique sera ressentie », a-t-il fait savoir.

Pour sa  part, Assane Seck, secrétaire chargé de la prédication et du Rassemblement islamique du Sénégal (Ris)/ « Al Wahda », a rappelé que le Sénégal a toujours soutenu le peuple palestinien. « Cette décision foule aux pieds le droit international parce que le partage de certaines terres était tributaire à une non-occupation de Jérusalem. Mais, de 1953 à 1997, près 45 Résolutions onusiennes ont été piétinées par Israël sans ce qu’il y ait des sanctions. Le peuple juif pense qu’il a un droit historique sur la Palestine alors qu’il n’en est rien », a-t-il dit. Citant Hélène Biati, M. Seck a souligné que le peuple juif, historiquement parlant, a vécu 411 ans en Palestine, au moment où les arabes (ancêtres des palestiniens) y ont vécu depuis 6.000 ans. « Lorsque l’auteur a fait le pourcentage, cela n’a pas dépassé 7 %. Les Anglais ont vécu plus longtemps en Inde et ils n’ont pas revendiqué le droit de propriété, idem pour les Hollandais en Indonésie. Cette sensibilisation est importante », a estimé Imam Seck.

Quant à Médoune Mbaye d’«Al Rihab », il a regretté la démarche de Trump, pensant que cette décision ne prend pas en compte la réalité du terrain.

L’Alliance pour la cause palestinienne également
L’Alliance nationale pour la cause palestinienne (Ancp) a aussi exprimé, dans la matinée du vendredi, son indignation contre la décision américaine de transférer son ambassade en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem. Une reconnaissance de fait de la ville comme la capitale de l’Etat hébreu. Depuis lors, la tension est montée d’un cran.
Le coordonnateur de l’Ancp, Arfang Diouf, a regretté que cette décision annihile les nombreux efforts déployés jusqu’ici pour trouver la paix à cette crise entre l’Etat hébreu et le Peuple palestinien. Il a indiqué que le président Donald Trump « menace la justice, l’humanité et foule aux pieds la foi des Palestiniens ». « La région de la Palestine est habitée depuis des millénaires. Elle a connu la présence et le brassage de nombreux peuples et la domination de nombreux empires : Cananéens, Hébreux, Assyriens, Perses, Arabes 400 ans avant J.-C. et ce sont eux les ancêtres des Palestiniens », a-t-il dit en conférence de presse.

Le directeur de l’école franco-arabe « Iqra » a fait savoir que les 1,7 milliard de musulmans sont touchés dans leur croyance. Il demande à l’Etat sénégalais de continuer à défendre le peuple palestinien comme il l’a toujours fait. « Nous demandons à notre gouvernement de mobiliser les autres pays pour aider la Palestine. Il l’avait fait pour les Sud-africains avec Nelson Mandela et sur les murs des classes, il y était écrit : « l’apartheid est un crime contre l’humanité », a-t-il invité en guise de rappel. Chérif Mballo du conseil supérieur chiite a déclaré que le Sénégal assure les droits aliénables du peuple palestinien au Conseil de sécurité de l’Onu. « Yasser Arafat a bénéficié de passeport sénégalais ainsi que quelques membres de son entourage et d’une villa », a-t-il révélé.        

Serigne Mansour Sy CISSE

« Contrer les risques de radicalisation violente des jeunes au Mali et au Sénégal », c’est autour de ce thème que des spécialistes de la sous-région ont tenté de comprendre les facteurs de vulnérabilité dans les zones frontalières qui poussent les jeunes à s’adonner à la violence. C’était au cours d’un atelier régional organisé par Timbuktu Institute, en partenariat avec le Wanep et le Crdi.

Les risques de radicalisation méritent une recherche anticipée de solutions. C’est dans ce cadre que Timbuktu Institute-African Center for Peace Studies inscrit sa ligne d’actions. L’échec des systèmes de gouvernance et les résultats mitigés des politiques publiques dans la plupart des pays du Sahel ont donné naissance à des phénomènes de marginalisation et de paupérisation de couches vulnérables parmi lesquelles figurent les jeunes. En réponse à cette problématique, des chercheurs s’engagent avec d’autres partenaires à cerner les facteurs de basculement des jeunes dans le radicalisme.

L’atelier régional de lancement et de validation méthodologique du projet recherche-action ouvert à Dakar entre dans cette perspective. Ledit projet se déroulera sur une période de trois ans. Selon le directeur de Timbuktu Institute, Dr Bakary Sambe, cette recherche s’adresse sur les zones frontalières du Mali et du Sénégal, deux pays qui ont leurs spécificités, un d’entre eux connaît déjà le phénomène de manière très avancée et l’autre étant dans une stratégie de prévention. Pour se placer en amont de l’intervention et des mesures sécuritaires, Timbuktu Institute ou le West african network for peace (Wanep), sous la couverture de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis et avec l’appui du Crdi, fait de ce projet de recherche-action un moyen de produire des connaissances mobilisables pour accompagner les politiques publiques, mais surtout de se situer dans l’action de prévention.  « Au-delà des difficultés d’ordre économique et politique qui minent la plupart des pays africains, le continent se trouve aujourd’hui confronté à un nouveau type de menace qu’est la  violence extrémiste », a expliqué le directeur de Timbuktu Institute, qui ajoute que « la porosité des frontières entre pays amplifie cette tendance lourde et fait de ce phénomène un enjeu sous-régional ». D’où l’intérêt de développer des stratégies régionales. A en croire M. Sambe, les attentats au Burkina- Faso à partir des frontières maliennes, celui au Grand-Bassam en Côte-d’Ivoire à travers les mêmes frontières maliennes ont signé la fin des exceptions en Afrique. Cet atelier régional a enregistré la présence du conseiller technique du ministre des Affaires religieuses et du Culte du Mali et du représentant du Premier ministre sénégalais.

Abdoulaye Khouma a tenu, au nom de Mahammed Boune Abdallah Dionne, à rappeler l’intérêt de notre pays pour toutes ces initiatives en faveur de la paix et du maintien du modèle de stabilisation du Sénégal. Quant à la spécialiste de programme principal au Crdi, Ramata Thioune, elle a réitéré l’engagement de son agence à poursuivre son action de soutien pour la recherche dans des domaines stratégiques dans le dessein de comprendre les facteurs de vulnérabilité dans les zones transfrontalières, à travers une approche comparative dans les deux pays concernés.

Tata SANE

Le ministre du Travail, du Dialogue social, des Organisations professionnelles et des Relations avec les Institutions, Samba Sy, est le nouveau président en exercice du Conseil des ministres de la Cipres. Il a été élu par ses pairs africains lors de la 25ème  session ordinaire du Conseil des ministres de tutelle de la prévoyance ouverte à Dakar hier. Il remplace à ce poste son collègue du Niger, Mohamed Ben Omar.

Ce dernier, lors de son discours, a fait part de ses réalisations à la tête de la Cipres tout en relevant les nombreux défis que son successeur se doit de relever. Parmi ses réalisations, Mohamed Ben Omar cite la poursuite du projet du Fonds africain d’investissement des organismes de prévoyance sociale, la mutualisation des systèmes d’information et la construction du siège de la Cipres. En effet, le ministre du Travail du Niger informe qu’il a effectué une visite du chantier en juin dernier. Son constat est que « les travaux avancent normalement dans les délais prévus ». Pendant son mandat d’une année à la tête de la Cipres, M. Ben Omar a aussi pu organiser le concours de recrutement du chef de la cellule appui-conseil de la Cipres et de deux inspecteurs régionaux.

Toutefois, les défis de la Cipres sont, dit-il, le « faible taux de couverture des populations qui ne dépassent pas les 10 % de la population active », « l’absence de couverture maladie » et la ratification du traité révisé de la Cipres. Pour ce traité, rappelle le président sortant, un délai de deux ans a été accordé à l’ensemble des Etats membres pour sa ratification. A ce jour, révèle-t-il, le délai est dépassé alors que le processus de ratification n’est arrivé à son terme que dans trois Etats membres que sont le Burkina Faso, le Mali et le Niger.

A. Ng. NDIAYE

Sous l’égide du Mouvement de la jeunesse Khadriya fondé par Chérif Bakhaïda, la 29ème édition de la disparition du vénéré Cheikh Sadibouh Ibn Cheikh Mouhamadal Abd Ibn Cheikh Adrami Ibn Cheikh Mouhamad Fadel, prévue samedi prochain aux Hlm4, se prépare activement.

Chérif Cheikh Al Hadrame Bakhaida Aïdara et le Mouvement de la jeunesse Khadriya sont, présentement, dans l’organisation de la  29ème édition de la  journée de commémoration du rappel à Dieu du vénéré Cheikh Sadibouh Ibn Cheikh Mouhamadal Abd Ibn Cheikh Adrami Ibn Cheikh Mouhamad Fadel. L’évènement, prévu samedi prochain aux Hlm4, est encore une occasion pour rendre hommage à un homme de Dieu, un érudit qui a passé 18 ans auprès de Cheikhna Cheikh Sadibou. Il convie toute la communauté musulmane à ce grand rassemblement religieux.

Depuis la disparition, en 1988, de  Cheikh Sadibouh Ibn Cheikh Mouhamadal Abd, coïncidant avec le mois de naissance du prophète Mouhamed (Psl), les membres de la famille revisitent la vie et l’œuvre de cet homme de Dieu. Un appel est donc lancé aux musulmans pour qu’ils viennent répondre en masse à cette rencontre. « Cheikhna Cheikh Saad Bouh comptait des disciples dans toutes les confréries du Sénégal. L’appel est, dès lors, adressé à l’ensemble de la communauté musulmane », souligne Chérif Cheikh Al  Hadrame Bakhaïda Aïdara. Tous les foyers religieux du Sénégal sont ainsi invités à prendre à la commémoration.

Dans la matinée, des Chérifs, descendants du prophète Mouhamed (Psl), vont procéder à un récital du Coran. Dans l’après-midi, une cérémonie officielle réunira la famille chérifienne et plusieurs autorités administratives et locales. Des prières seront dites pour la longévité des chefs religieux et pour la réussite des politiques de développement initiées par le gouvernement du Sénégal.

Oumar BA

Le maire de Dakar, Khalifa Sall, et ses co-prévenus doivent encore patienter quelques jours avant d’être édifiés. Leur procès a été renvoyé au 03 janvier 2018 par le Tribunal correctionnel de Dakar.

Le procès de Khalifa Ababacar Sall et Cie, ouvert hier devant le Tribunal correctionnel de Dakar, a été renvoyé au 03 janvier prochain en audience spéciale. Mais d’ores et déjà, la tension monte. La constitution en défense, formulée par des avocats comme Me Elhadji Diouf, a été la pomme de discorde. L’ancien député veut que sa requête soit vidée avant toute chose. Mais, le président lui demande d’attendre la prochaine audience pour être édifié. Non, rétorque Me Diouf. « Aucun juge ne peut différer la constitution d’un avocat. C’est un préalable à la retenue de l’affaire », ajoute-t-il. Malgré les appels « à la sérénité et à la responsabilité » du juge, la robe noire poursuit ses récriminations.

Après le président du tribunal, le procureur Aly Ciré Ndiaye en a aussi pris pour son grade en essayant d’attirer l’attention sur le fait que la défense ne peut pas attendre l’audience du 03 janvier pour demander un autre renvoi. « Si la défense a des témoins à citer, mieux vaut le faire maintenant », conseille l’avocat général. Me Diouf lui coupe la parole. Il s’ensuit une vive altercation. « Tu ferais mieux de te taire parce que tu n’as même pas droit à la parole », dit le procureur Ndiaye à Me Diouf. Celui-ci réplique sans attendre : « Tu n’a pas la police de l’audience, tu ne peux pas me faire taire ». Il a fallu l’intervention du président Maguette Diop pour que le calme revienne.

Le non-accès au dossier et le manque d’informations sur la date de tenue du procès ont été d’autres griefs soulevés par la défense. « Nous l’avons appris via la presse », dénonce l’un d’eux. Mais, pour Me Baboucar Cissé, l’inobservation de cette formalité n’est pas sanctionnée par la loi. « D’autant plus qu’à la première évocation de cette affaire, les avocats étaient présents et étaient venus en masse. Par conséquent, ils ont été informés ». Par rapport à l’accès au dossier, le juge Maguette Diop tempère et rassure que toutes les conditions seront prises pour que le document soit mis à la disposition des avocats. Après, la suspension de l’audience, le maire de Dakar, emmitouflé dans un grand-boubou immaculé, s’est levé pour saluer ses partisans et autres députés de l’opposition mobilisés pour lui manifester leur solidarité. C’est des slogans dans la salle. « Khalifa doit diriger », « Khalifa président », chantent ses souteneurs comme une antienne. « Nous sommes venus soutenir notre collègue Khalifa Sall. Il est important que tout le monde ait conscience que même si on n’a levé son immunité parlementaire, Khalifa Sall est toujours député du Sénégal. C’est donc logique que ceux qui ont partagé sa cause et ceux qui se sont opposés à la levée son immunité lui apportent leur soutien », déclare Me Madické Niang, président du groupe parlementaire « Liberté et Démocratie ».

Me baboucar Cissé, avocat de l’état : « La loi permet le renvoi jusqu’à 3 reprises »
« Le dossier a été enrôlé dans une audience ordinaire et non dans une audience spéciale. Dans le rôle du tribunal, il y a 103 affaires qui ont été enrôlées, et l’affaire Khalifa Sall est la 100ème affaire. Compte tenu du fait qu’il s’agit d’une affaire nouvelle, d’ordinaire, le tribunal renvoie. La loi le permet jusqu’à trois reprises lorsque le tribunal l’estime nécessaire. C’est aujourd’hui le cas.  Le  03 janvier prochain, l’affaire sera évoquée dans une autre salle plus grande. Parce qu’il faut retenir que la justice est rendue au nom du peuple sénégalais et il est bon que le peuple puisse assister aux audiences pour pouvoir se faire une idée de ce qui se passe dans ce dossier ».

Me El Hadj Diouf, avocat de la défense : « C’est la première victoire de la défense »
« Le tribunal a reconnu que les droits de la défense ont été violés. C’est la raison pour laquelle il a renvoyé l’affaire au 3 janvier prochain pour que les formalités substantielles prévues par l’article 174 du Code de procédure pénale puissent être respectées. Qu’est-ce que dit l’article 174 ? Quand il y a renvoi pour juger une affaire, les avocats doivent être avisés par le procureur. Celui-ci, ne l’ayant pas fait, a commis une faute grave. Le tribunal ne pouvait aucunement juger cette affaire. C’est la première victoire de la défense. On n’a toujours refusé à Khalifa Sall ses droits, y compris son statut de député, son immunité parlementaire, etc. ».
Propos recueillis par

Ndiol Maka SECK

En Afrique, 18% de la population sont couverts par une prestation. Le reste, soit 82%, est sans aucune protection sociale, révèle le rapport de l’Organisation internationale du travail (Oit) sur la protection dans le monde. Les chiffres sont assez révélateurs du manque de protection sociale sur le continent.

Selon le rapport mondial sur la protection sociale 2017-2019 de l’Organisation internationale du Travail (Oit) rendu public, hier, en Afrique, 82% de la population sont sans protection sociale. Dans le monde, 45% de la population bénéficient « d’au moins une prestation sociale ». Au Sénégal, la conférence de lancement du rapport a été animée par Christina Behrendt, chef de l’Unité des politiques sociales à l’Oit et Céline Peyrion Bista, spécialiste de la protection sociale au Bureau international du Travail (Bit) de Dakar. La sécurité sociale, selon Christina Behrendt, est « un droit humain universel ». Mais en Afrique, à cause d’un « sous-investissement notable dans la protection sociale », seuls « 18% de la population sont couverts par au moins une prestation ».

Pour cela, Céline Peyrion Bista, spécialiste de la protection sociale au Bureau international du Travail (Bit) de Dakar estime que dans le continent africain, les gouvernements et les partenaires sociaux doivent beaucoup investir pour faire en sorte que la protection sociale soit une réalité. A son avis, l’absence d’une protection sociale viable est un obstacle à « l’éradication de la pauvreté, à la réduction des inégalités sociales, à la promotion de la croissance économique et de la justice sociale ».

Cependant, d’après le rapport de l’Oit, même si la tendance globale est inquiétante dans le continent, certains pays ont fait « des progrès notables ». Selon le document, des pays comme le Cap-Vert, le Botswana, l’Île Maurice, le Lesotho et la Namibie « ont atteint ou sont sur le point d’atteindre une couverture universelle ». Toutefois, le souci majeur pour l’ensemble des pays africains est la protection des enfants.

Seuls 16% des enfants sont couverts
Selon l’Oit, en Afrique, seuls 16% des enfants sont couverts. C’est-à-dire sur une population de 1,3 milliard d’enfants dans le monde qui n’a pas accès à une couverture sociale, les deux tiers vivent en Afrique. Pis, ajoute le document, à l’exception du Ghana et du Cap-Vert, « l’assurance maladie n’est une réalité que pour une petite minorité » en Afrique. « Moins de 6% des enfants reçoivent une aide en espèce pour leur faciliter l’accès à la santé, à l’éducation et à la nutrition. Seules les mères de nouveau-nés travaillant dans l’économie formelle peuvent bénéficier d’une indemnité maternité qui leur permet une certaine sécurité de revenus pendant cette période critique, et même parmi ces femmes, la couverture effective demeure faible », développe le rapport. Cependant, Céline Peyrion Bista invite les gouvernements africains à mieux soutenir les enfants. Malgré la gratuité de l’accès à l’école, les enfants, dit-elle, ont besoin d’un appui pour leur scolarisation. Le travail des enfants reste aussi une réalité en Afrique, déplore la spécialiste de la protection sociale au Bit de Dakar.

Chez les personnes âgées, Céline Peyrion Bista informe que 20% bénéficient d’une protection sociale avec une pension de vieillesse alors que pour le reste du monde, 70% des personnes âgées bénéficient d’une pension. Par contre, le Cap-Vert et le Ghana sont presque arrivés à une « couverture universelle à la retraite ». D’après Mme Bista, le Cap-Vert a atteint, aujourd’hui, une couverture à la retraite de 82% alors que dans le monde « 68% des personnes ayant atteint l’âge de la retraite reçoivent une pension de vieillesse ».
Aliou Ngamby NDIAYE

LE SÉNÉGAL A FAIT DES PROGRÈS DANS LA COUVERTURE SANITAIRE
Le Sénégal a fait des progrès en matière de couverture maladie, a reconnu, hier, Céline Peyrion Bista, spécialiste de la protection sociale au Bit de Dakar lors de la conférence de presse de lancement du rapport mondial sur la protection sociale 2017-2019. Selon elle, ces progrès sur la maladie s’expliquent par une « une volonté politique de renforcer la couverture santé ».

Ainsi, avec la mise en œuvre du programme de Couverture maladie universelle (Cmu), le Sénégal a atteint un taux de couverture sanitaire avoisinant 37%. Toutefois, elle invite le gouvernement à repenser la protection sociale au Sénégal pour prendre en compte toutes les couches de la population.

A. Ng. NDIAYE

Christina Behrendt et Céline Peyrion Bista respectivement chef de l’Unité des politiques sociales à l’OIT et spécialiste de la protection sociale au Bureau International du travail (Bit) de Dakar ont procédé, hier, à Dakar, au lancement du rapport sur la protection dans le monde de l’Organisation internationale du travail (Oit). En marge de cette conférence de presse, elles sont revenues avec le « Soleil » sur les statistiques alarmantes de l’Afrique en matière de protection sociale. Les spécialistes ont aussi jeté un coup d’œil sur ce qui se fait en matière de protection sociale grâce au Plan Sénégal émergent (Pse).

Vous venez de présenter le rapport sur la protection dans le monde avec des chiffres alarmants pour l’Afrique. Faut-il vraiment s’inquiéter pour le développement humain dans le continent ?
Céline Peyrion Bista : Oui ! Mais je pense qu’il faut profiter de ces données statistiques pour réagir. Je crois effectivement qu’il faut s’inquiéter car si rien n’est fait, la situation ne s’améliorera pas. Il faut remédier à cette situation d’exclusion. Il faut trouver des solutions pour réduire la pauvreté. Nous savons tous maintenant que la protection sociale est un investissement dans le développement économique des pays.

Christina Behrendt : En fait ce qu’on a vu dans le rapport montre que les pays qui ont la volonté politique et qui ont mis toutes les forces derrière une extension de protection sociale ont fait un progrès énorme. On a mentionné l’exemple de la Chine qui a beaucoup investi dans la protection sociale et qui considère la protection sociale comme une vraie condition au développement économique. Je pense que la Chine peut constituer un bon exemple. On a vu aussi d’autres exemples en Afrique avec notamment le Cap-Vert, le Ghana, le Lesotho ; tous ces pays ont beaucoup investi dans la protection sociale. On a vu qu’au Sénégal, il y a une grande volonté politique pour améliorer les politiques pour avoir un impact sur la population.

Est-ce à dire que c’est grâce à cette volonté politique que le Sénégal a fait des progrès en matière de couverture sanitaire ?
Céline Peyrion Bista : Effectivement, il y a l’engagement politique ici. La politique nationale de protection sociale qui a été adoptée en 2016 montre qu’il y a cette volonté politique d’améliorer. La protection sociale est également une très forte priorité du Plan Sénégal émergent. Nous espérons tous que cette volonté politique va se traduire en financement de la part des budgets de l’Etat car comme nous le disions auparavant, une des leçons que nous avons apprises de l’analyse de toutes ces expériences au niveau mondial, est que pour qu’un système de protection sociale fonctionne, il faut qu’il y ait un engagement financier de l’Etat. Il y a de gros risques à continuer à développer des systèmes de protection sociale basée sur les financements internes. Il y a un risque de continuité. A long terme, le risque est qu’on offre aux gens les perspectives de recevoir un appui de protection sociale et du jour au lendemain ce programme disparait. Ce type d’approche peut être dommageable au niveau de la perception que les gens auront de la protection sociale et de la mise en place de systèmes dans le futur.

Christina Behrendt : Au Sénégal il y a des programmes notamment les bourses familiales qui constituent un bon exemple de manifestation de cette volonté politique d’améliorer la situation avec des chiffres de couverture qui augmentent, avec de bons résultats. Peut être qu’il y a ce type d’aide pour les enfants avec une vraie contribution à l’amélioration de la situation de ces enfants et une aide pour les sortir de la pauvreté.

Malgré les bourses de sécurité familiale, la couverture maladie universelle, il y a toujours des lenteurs dans l’extension de la protection sociale. Qu’est-ce qui explique ces lenteurs ?
Christina Behrendt : Effectivement il y a des lenteurs et nous aimerions tous voir une dynamique plus importante. Les lenteurs, d’un côté, viennent d’un manque de financements. Souvent, les budgets sont très limités au niveau des Etats. Mais, il existe des possibilités, des options pour les gouvernements de mobiliser les ressources nécessaires. Dans beaucoup de pays, quand on investit dans la protection sociale, on investit dans la population. Ce qui a un impact énorme sur le renforcement de la productivité et sur le développement dans le long terme. C’est possible, avec une approche progressive, d’arriver à une situation pour mobiliser les ressources nécessaires dans le long terme. Mais il faut un engagement de la part de l’Etat, des partenaires sociaux, du patronat et d’autres parties prenantes.

Vous avez dit tantôt que la politique nationale de protection sociale du Sénégal a été adoptée en 2016, qu’est-ce qu’il faut pour une bonne mise en œuvre de cette politique ?
Céline Peyrion Bista : Il est souhaite que le Sénégal puisse se doter d’un bon système de protection sociale. Ce qu’on pourrait appeler un bon système de protection sociale c’est quand chaque personne au Sénégal sera couverte pour les risques qui vont de la naissance jusqu’au décès. C’est une vision à long terme. Quand on a une vision pour l’extension de la protection sociale il faut aussi avoir une approche prudente et progressive ; ne pas vouloir être trop ambitieux.

Est-ce que cette extension de la protection sociale au Sénégal ne doit pas toucher le secteur informel qui emploie beaucoup de Sénégalais ?
Christina Behrendt : Absolument ! C’est vraiment un défi énorme pour le Sénégal. La grande majorité des populations n’est pas couverte. Une des raisons principales est le fait qu’une informalité énorme et un manque de couverture pour l’économie informelle. Effectivement, il faut étendre la protection sociale à partir de mécanismes adéquats et adaptés aux réalités des gens mais aussi des unités économiques dans le secteur. C’est en combinant les programmes qui sont contributifs à ceux qui sont financés directement par l’Etat qu’on peut avoir un impact énorme pour la transition dans l’économie formelle.

Propos recueillis par A. Ng. NDIAYE

Le Sénégal a fait des progrès en matière de couverture maladie, a reconnu, hier, Céline Peyrion Bista, spécialiste de la protection sociale au Bit de Dakar lors de la conférence de presse de lancement du rapport mondial sur la protection sociale 2017-2019. Selon elle, ces progrès sur la maladie s’expliquent par une « une volonté politique de renforcer la couverture santé ».

Ainsi, avec la mise en œuvre du programme de Couverture maladie universelle (Cmu), le Sénégal a atteint un taux de couverture sanitaire avoisinant 37%. Toutefois, elle invite le gouvernement à repenser la protection sociale au Sénégal pour prendre en compte toutes les couches de la population.

A. Ng. NDIAYE

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La SSPP « Le Soleil » met en garde et interdit formellement aux responsables et gestionnaires de sites d’informations, établis au Sénégal ou ailleurs, de poster les articles publiés sur le portail Internet du « Soleil », à l’adresse www.lesoleil.sn. La SSPP « Le Soleil » ne tolérera aucune entorse à cette interdiction. Seule est permise la publication de liens directs pour rediriger l’internaute vers l’adresse www.lesoleil.sn

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Les gestionnaires de sites qui le souhaitent peuvent adresser une demande de partenariat avec la SSPP « Le Soleil » qui en définira les modalités et fixera les conditions d’utilisation des articles, photos, logos de son portail Internet. En cas de manquements, la SSPP « Le Soleil » se réserve le droit d’engager immédiatement des poursuites judiciaires envers les contrevenants, pour violation du respect des droits d’auteurs.