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Société & Faits divers (2579)

« Contrer les risques de radicalisation violente des jeunes au Mali et au Sénégal », c’est autour de ce thème que des spécialistes de la sous-région ont tenté de comprendre les facteurs de vulnérabilité dans les zones frontalières qui poussent les jeunes à s’adonner à la violence. C’était au cours d’un atelier régional organisé par Timbuktu Institute, en partenariat avec le Wanep et le Crdi.

Les risques de radicalisation méritent une recherche anticipée de solutions. C’est dans ce cadre que Timbuktu Institute-African Center for Peace Studies inscrit sa ligne d’actions. L’échec des systèmes de gouvernance et les résultats mitigés des politiques publiques dans la plupart des pays du Sahel ont donné naissance à des phénomènes de marginalisation et de paupérisation de couches vulnérables parmi lesquelles figurent les jeunes. En réponse à cette problématique, des chercheurs s’engagent avec d’autres partenaires à cerner les facteurs de basculement des jeunes dans le radicalisme.

L’atelier régional de lancement et de validation méthodologique du projet recherche-action ouvert à Dakar entre dans cette perspective. Ledit projet se déroulera sur une période de trois ans. Selon le directeur de Timbuktu Institute, Dr Bakary Sambe, cette recherche s’adresse sur les zones frontalières du Mali et du Sénégal, deux pays qui ont leurs spécificités, un d’entre eux connaît déjà le phénomène de manière très avancée et l’autre étant dans une stratégie de prévention. Pour se placer en amont de l’intervention et des mesures sécuritaires, Timbuktu Institute ou le West african network for peace (Wanep), sous la couverture de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis et avec l’appui du Crdi, fait de ce projet de recherche-action un moyen de produire des connaissances mobilisables pour accompagner les politiques publiques, mais surtout de se situer dans l’action de prévention.  « Au-delà des difficultés d’ordre économique et politique qui minent la plupart des pays africains, le continent se trouve aujourd’hui confronté à un nouveau type de menace qu’est la  violence extrémiste », a expliqué le directeur de Timbuktu Institute, qui ajoute que « la porosité des frontières entre pays amplifie cette tendance lourde et fait de ce phénomène un enjeu sous-régional ». D’où l’intérêt de développer des stratégies régionales. A en croire M. Sambe, les attentats au Burkina- Faso à partir des frontières maliennes, celui au Grand-Bassam en Côte-d’Ivoire à travers les mêmes frontières maliennes ont signé la fin des exceptions en Afrique. Cet atelier régional a enregistré la présence du conseiller technique du ministre des Affaires religieuses et du Culte du Mali et du représentant du Premier ministre sénégalais.

Abdoulaye Khouma a tenu, au nom de Mahammed Boune Abdallah Dionne, à rappeler l’intérêt de notre pays pour toutes ces initiatives en faveur de la paix et du maintien du modèle de stabilisation du Sénégal. Quant à la spécialiste de programme principal au Crdi, Ramata Thioune, elle a réitéré l’engagement de son agence à poursuivre son action de soutien pour la recherche dans des domaines stratégiques dans le dessein de comprendre les facteurs de vulnérabilité dans les zones transfrontalières, à travers une approche comparative dans les deux pays concernés.

Tata SANE

Le ministre du Travail, du Dialogue social, des Organisations professionnelles et des Relations avec les Institutions, Samba Sy, est le nouveau président en exercice du Conseil des ministres de la Cipres. Il a été élu par ses pairs africains lors de la 25ème  session ordinaire du Conseil des ministres de tutelle de la prévoyance ouverte à Dakar hier. Il remplace à ce poste son collègue du Niger, Mohamed Ben Omar.

Ce dernier, lors de son discours, a fait part de ses réalisations à la tête de la Cipres tout en relevant les nombreux défis que son successeur se doit de relever. Parmi ses réalisations, Mohamed Ben Omar cite la poursuite du projet du Fonds africain d’investissement des organismes de prévoyance sociale, la mutualisation des systèmes d’information et la construction du siège de la Cipres. En effet, le ministre du Travail du Niger informe qu’il a effectué une visite du chantier en juin dernier. Son constat est que « les travaux avancent normalement dans les délais prévus ». Pendant son mandat d’une année à la tête de la Cipres, M. Ben Omar a aussi pu organiser le concours de recrutement du chef de la cellule appui-conseil de la Cipres et de deux inspecteurs régionaux.

Toutefois, les défis de la Cipres sont, dit-il, le « faible taux de couverture des populations qui ne dépassent pas les 10 % de la population active », « l’absence de couverture maladie » et la ratification du traité révisé de la Cipres. Pour ce traité, rappelle le président sortant, un délai de deux ans a été accordé à l’ensemble des Etats membres pour sa ratification. A ce jour, révèle-t-il, le délai est dépassé alors que le processus de ratification n’est arrivé à son terme que dans trois Etats membres que sont le Burkina Faso, le Mali et le Niger.

A. Ng. NDIAYE

Sous l’égide du Mouvement de la jeunesse Khadriya fondé par Chérif Bakhaïda, la 29ème édition de la disparition du vénéré Cheikh Sadibouh Ibn Cheikh Mouhamadal Abd Ibn Cheikh Adrami Ibn Cheikh Mouhamad Fadel, prévue samedi prochain aux Hlm4, se prépare activement.

Chérif Cheikh Al Hadrame Bakhaida Aïdara et le Mouvement de la jeunesse Khadriya sont, présentement, dans l’organisation de la  29ème édition de la  journée de commémoration du rappel à Dieu du vénéré Cheikh Sadibouh Ibn Cheikh Mouhamadal Abd Ibn Cheikh Adrami Ibn Cheikh Mouhamad Fadel. L’évènement, prévu samedi prochain aux Hlm4, est encore une occasion pour rendre hommage à un homme de Dieu, un érudit qui a passé 18 ans auprès de Cheikhna Cheikh Sadibou. Il convie toute la communauté musulmane à ce grand rassemblement religieux.

Depuis la disparition, en 1988, de  Cheikh Sadibouh Ibn Cheikh Mouhamadal Abd, coïncidant avec le mois de naissance du prophète Mouhamed (Psl), les membres de la famille revisitent la vie et l’œuvre de cet homme de Dieu. Un appel est donc lancé aux musulmans pour qu’ils viennent répondre en masse à cette rencontre. « Cheikhna Cheikh Saad Bouh comptait des disciples dans toutes les confréries du Sénégal. L’appel est, dès lors, adressé à l’ensemble de la communauté musulmane », souligne Chérif Cheikh Al  Hadrame Bakhaïda Aïdara. Tous les foyers religieux du Sénégal sont ainsi invités à prendre à la commémoration.

Dans la matinée, des Chérifs, descendants du prophète Mouhamed (Psl), vont procéder à un récital du Coran. Dans l’après-midi, une cérémonie officielle réunira la famille chérifienne et plusieurs autorités administratives et locales. Des prières seront dites pour la longévité des chefs religieux et pour la réussite des politiques de développement initiées par le gouvernement du Sénégal.

Oumar BA

Le maire de Dakar, Khalifa Sall, et ses co-prévenus doivent encore patienter quelques jours avant d’être édifiés. Leur procès a été renvoyé au 03 janvier 2018 par le Tribunal correctionnel de Dakar.

Le procès de Khalifa Ababacar Sall et Cie, ouvert hier devant le Tribunal correctionnel de Dakar, a été renvoyé au 03 janvier prochain en audience spéciale. Mais d’ores et déjà, la tension monte. La constitution en défense, formulée par des avocats comme Me Elhadji Diouf, a été la pomme de discorde. L’ancien député veut que sa requête soit vidée avant toute chose. Mais, le président lui demande d’attendre la prochaine audience pour être édifié. Non, rétorque Me Diouf. « Aucun juge ne peut différer la constitution d’un avocat. C’est un préalable à la retenue de l’affaire », ajoute-t-il. Malgré les appels « à la sérénité et à la responsabilité » du juge, la robe noire poursuit ses récriminations.

Après le président du tribunal, le procureur Aly Ciré Ndiaye en a aussi pris pour son grade en essayant d’attirer l’attention sur le fait que la défense ne peut pas attendre l’audience du 03 janvier pour demander un autre renvoi. « Si la défense a des témoins à citer, mieux vaut le faire maintenant », conseille l’avocat général. Me Diouf lui coupe la parole. Il s’ensuit une vive altercation. « Tu ferais mieux de te taire parce que tu n’as même pas droit à la parole », dit le procureur Ndiaye à Me Diouf. Celui-ci réplique sans attendre : « Tu n’a pas la police de l’audience, tu ne peux pas me faire taire ». Il a fallu l’intervention du président Maguette Diop pour que le calme revienne.

Le non-accès au dossier et le manque d’informations sur la date de tenue du procès ont été d’autres griefs soulevés par la défense. « Nous l’avons appris via la presse », dénonce l’un d’eux. Mais, pour Me Baboucar Cissé, l’inobservation de cette formalité n’est pas sanctionnée par la loi. « D’autant plus qu’à la première évocation de cette affaire, les avocats étaient présents et étaient venus en masse. Par conséquent, ils ont été informés ». Par rapport à l’accès au dossier, le juge Maguette Diop tempère et rassure que toutes les conditions seront prises pour que le document soit mis à la disposition des avocats. Après, la suspension de l’audience, le maire de Dakar, emmitouflé dans un grand-boubou immaculé, s’est levé pour saluer ses partisans et autres députés de l’opposition mobilisés pour lui manifester leur solidarité. C’est des slogans dans la salle. « Khalifa doit diriger », « Khalifa président », chantent ses souteneurs comme une antienne. « Nous sommes venus soutenir notre collègue Khalifa Sall. Il est important que tout le monde ait conscience que même si on n’a levé son immunité parlementaire, Khalifa Sall est toujours député du Sénégal. C’est donc logique que ceux qui ont partagé sa cause et ceux qui se sont opposés à la levée son immunité lui apportent leur soutien », déclare Me Madické Niang, président du groupe parlementaire « Liberté et Démocratie ».

Me baboucar Cissé, avocat de l’état : « La loi permet le renvoi jusqu’à 3 reprises »
« Le dossier a été enrôlé dans une audience ordinaire et non dans une audience spéciale. Dans le rôle du tribunal, il y a 103 affaires qui ont été enrôlées, et l’affaire Khalifa Sall est la 100ème affaire. Compte tenu du fait qu’il s’agit d’une affaire nouvelle, d’ordinaire, le tribunal renvoie. La loi le permet jusqu’à trois reprises lorsque le tribunal l’estime nécessaire. C’est aujourd’hui le cas.  Le  03 janvier prochain, l’affaire sera évoquée dans une autre salle plus grande. Parce qu’il faut retenir que la justice est rendue au nom du peuple sénégalais et il est bon que le peuple puisse assister aux audiences pour pouvoir se faire une idée de ce qui se passe dans ce dossier ».

Me El Hadj Diouf, avocat de la défense : « C’est la première victoire de la défense »
« Le tribunal a reconnu que les droits de la défense ont été violés. C’est la raison pour laquelle il a renvoyé l’affaire au 3 janvier prochain pour que les formalités substantielles prévues par l’article 174 du Code de procédure pénale puissent être respectées. Qu’est-ce que dit l’article 174 ? Quand il y a renvoi pour juger une affaire, les avocats doivent être avisés par le procureur. Celui-ci, ne l’ayant pas fait, a commis une faute grave. Le tribunal ne pouvait aucunement juger cette affaire. C’est la première victoire de la défense. On n’a toujours refusé à Khalifa Sall ses droits, y compris son statut de député, son immunité parlementaire, etc. ».
Propos recueillis par

Ndiol Maka SECK

En Afrique, 18% de la population sont couverts par une prestation. Le reste, soit 82%, est sans aucune protection sociale, révèle le rapport de l’Organisation internationale du travail (Oit) sur la protection dans le monde. Les chiffres sont assez révélateurs du manque de protection sociale sur le continent.

Selon le rapport mondial sur la protection sociale 2017-2019 de l’Organisation internationale du Travail (Oit) rendu public, hier, en Afrique, 82% de la population sont sans protection sociale. Dans le monde, 45% de la population bénéficient « d’au moins une prestation sociale ». Au Sénégal, la conférence de lancement du rapport a été animée par Christina Behrendt, chef de l’Unité des politiques sociales à l’Oit et Céline Peyrion Bista, spécialiste de la protection sociale au Bureau international du Travail (Bit) de Dakar. La sécurité sociale, selon Christina Behrendt, est « un droit humain universel ». Mais en Afrique, à cause d’un « sous-investissement notable dans la protection sociale », seuls « 18% de la population sont couverts par au moins une prestation ».

Pour cela, Céline Peyrion Bista, spécialiste de la protection sociale au Bureau international du Travail (Bit) de Dakar estime que dans le continent africain, les gouvernements et les partenaires sociaux doivent beaucoup investir pour faire en sorte que la protection sociale soit une réalité. A son avis, l’absence d’une protection sociale viable est un obstacle à « l’éradication de la pauvreté, à la réduction des inégalités sociales, à la promotion de la croissance économique et de la justice sociale ».

Cependant, d’après le rapport de l’Oit, même si la tendance globale est inquiétante dans le continent, certains pays ont fait « des progrès notables ». Selon le document, des pays comme le Cap-Vert, le Botswana, l’Île Maurice, le Lesotho et la Namibie « ont atteint ou sont sur le point d’atteindre une couverture universelle ». Toutefois, le souci majeur pour l’ensemble des pays africains est la protection des enfants.

Seuls 16% des enfants sont couverts
Selon l’Oit, en Afrique, seuls 16% des enfants sont couverts. C’est-à-dire sur une population de 1,3 milliard d’enfants dans le monde qui n’a pas accès à une couverture sociale, les deux tiers vivent en Afrique. Pis, ajoute le document, à l’exception du Ghana et du Cap-Vert, « l’assurance maladie n’est une réalité que pour une petite minorité » en Afrique. « Moins de 6% des enfants reçoivent une aide en espèce pour leur faciliter l’accès à la santé, à l’éducation et à la nutrition. Seules les mères de nouveau-nés travaillant dans l’économie formelle peuvent bénéficier d’une indemnité maternité qui leur permet une certaine sécurité de revenus pendant cette période critique, et même parmi ces femmes, la couverture effective demeure faible », développe le rapport. Cependant, Céline Peyrion Bista invite les gouvernements africains à mieux soutenir les enfants. Malgré la gratuité de l’accès à l’école, les enfants, dit-elle, ont besoin d’un appui pour leur scolarisation. Le travail des enfants reste aussi une réalité en Afrique, déplore la spécialiste de la protection sociale au Bit de Dakar.

Chez les personnes âgées, Céline Peyrion Bista informe que 20% bénéficient d’une protection sociale avec une pension de vieillesse alors que pour le reste du monde, 70% des personnes âgées bénéficient d’une pension. Par contre, le Cap-Vert et le Ghana sont presque arrivés à une « couverture universelle à la retraite ». D’après Mme Bista, le Cap-Vert a atteint, aujourd’hui, une couverture à la retraite de 82% alors que dans le monde « 68% des personnes ayant atteint l’âge de la retraite reçoivent une pension de vieillesse ».
Aliou Ngamby NDIAYE

LE SÉNÉGAL A FAIT DES PROGRÈS DANS LA COUVERTURE SANITAIRE
Le Sénégal a fait des progrès en matière de couverture maladie, a reconnu, hier, Céline Peyrion Bista, spécialiste de la protection sociale au Bit de Dakar lors de la conférence de presse de lancement du rapport mondial sur la protection sociale 2017-2019. Selon elle, ces progrès sur la maladie s’expliquent par une « une volonté politique de renforcer la couverture santé ».

Ainsi, avec la mise en œuvre du programme de Couverture maladie universelle (Cmu), le Sénégal a atteint un taux de couverture sanitaire avoisinant 37%. Toutefois, elle invite le gouvernement à repenser la protection sociale au Sénégal pour prendre en compte toutes les couches de la population.

A. Ng. NDIAYE

Christina Behrendt et Céline Peyrion Bista respectivement chef de l’Unité des politiques sociales à l’OIT et spécialiste de la protection sociale au Bureau International du travail (Bit) de Dakar ont procédé, hier, à Dakar, au lancement du rapport sur la protection dans le monde de l’Organisation internationale du travail (Oit). En marge de cette conférence de presse, elles sont revenues avec le « Soleil » sur les statistiques alarmantes de l’Afrique en matière de protection sociale. Les spécialistes ont aussi jeté un coup d’œil sur ce qui se fait en matière de protection sociale grâce au Plan Sénégal émergent (Pse).

Vous venez de présenter le rapport sur la protection dans le monde avec des chiffres alarmants pour l’Afrique. Faut-il vraiment s’inquiéter pour le développement humain dans le continent ?
Céline Peyrion Bista : Oui ! Mais je pense qu’il faut profiter de ces données statistiques pour réagir. Je crois effectivement qu’il faut s’inquiéter car si rien n’est fait, la situation ne s’améliorera pas. Il faut remédier à cette situation d’exclusion. Il faut trouver des solutions pour réduire la pauvreté. Nous savons tous maintenant que la protection sociale est un investissement dans le développement économique des pays.

Christina Behrendt : En fait ce qu’on a vu dans le rapport montre que les pays qui ont la volonté politique et qui ont mis toutes les forces derrière une extension de protection sociale ont fait un progrès énorme. On a mentionné l’exemple de la Chine qui a beaucoup investi dans la protection sociale et qui considère la protection sociale comme une vraie condition au développement économique. Je pense que la Chine peut constituer un bon exemple. On a vu aussi d’autres exemples en Afrique avec notamment le Cap-Vert, le Ghana, le Lesotho ; tous ces pays ont beaucoup investi dans la protection sociale. On a vu qu’au Sénégal, il y a une grande volonté politique pour améliorer les politiques pour avoir un impact sur la population.

Est-ce à dire que c’est grâce à cette volonté politique que le Sénégal a fait des progrès en matière de couverture sanitaire ?
Céline Peyrion Bista : Effectivement, il y a l’engagement politique ici. La politique nationale de protection sociale qui a été adoptée en 2016 montre qu’il y a cette volonté politique d’améliorer. La protection sociale est également une très forte priorité du Plan Sénégal émergent. Nous espérons tous que cette volonté politique va se traduire en financement de la part des budgets de l’Etat car comme nous le disions auparavant, une des leçons que nous avons apprises de l’analyse de toutes ces expériences au niveau mondial, est que pour qu’un système de protection sociale fonctionne, il faut qu’il y ait un engagement financier de l’Etat. Il y a de gros risques à continuer à développer des systèmes de protection sociale basée sur les financements internes. Il y a un risque de continuité. A long terme, le risque est qu’on offre aux gens les perspectives de recevoir un appui de protection sociale et du jour au lendemain ce programme disparait. Ce type d’approche peut être dommageable au niveau de la perception que les gens auront de la protection sociale et de la mise en place de systèmes dans le futur.

Christina Behrendt : Au Sénégal il y a des programmes notamment les bourses familiales qui constituent un bon exemple de manifestation de cette volonté politique d’améliorer la situation avec des chiffres de couverture qui augmentent, avec de bons résultats. Peut être qu’il y a ce type d’aide pour les enfants avec une vraie contribution à l’amélioration de la situation de ces enfants et une aide pour les sortir de la pauvreté.

Malgré les bourses de sécurité familiale, la couverture maladie universelle, il y a toujours des lenteurs dans l’extension de la protection sociale. Qu’est-ce qui explique ces lenteurs ?
Christina Behrendt : Effectivement il y a des lenteurs et nous aimerions tous voir une dynamique plus importante. Les lenteurs, d’un côté, viennent d’un manque de financements. Souvent, les budgets sont très limités au niveau des Etats. Mais, il existe des possibilités, des options pour les gouvernements de mobiliser les ressources nécessaires. Dans beaucoup de pays, quand on investit dans la protection sociale, on investit dans la population. Ce qui a un impact énorme sur le renforcement de la productivité et sur le développement dans le long terme. C’est possible, avec une approche progressive, d’arriver à une situation pour mobiliser les ressources nécessaires dans le long terme. Mais il faut un engagement de la part de l’Etat, des partenaires sociaux, du patronat et d’autres parties prenantes.

Vous avez dit tantôt que la politique nationale de protection sociale du Sénégal a été adoptée en 2016, qu’est-ce qu’il faut pour une bonne mise en œuvre de cette politique ?
Céline Peyrion Bista : Il est souhaite que le Sénégal puisse se doter d’un bon système de protection sociale. Ce qu’on pourrait appeler un bon système de protection sociale c’est quand chaque personne au Sénégal sera couverte pour les risques qui vont de la naissance jusqu’au décès. C’est une vision à long terme. Quand on a une vision pour l’extension de la protection sociale il faut aussi avoir une approche prudente et progressive ; ne pas vouloir être trop ambitieux.

Est-ce que cette extension de la protection sociale au Sénégal ne doit pas toucher le secteur informel qui emploie beaucoup de Sénégalais ?
Christina Behrendt : Absolument ! C’est vraiment un défi énorme pour le Sénégal. La grande majorité des populations n’est pas couverte. Une des raisons principales est le fait qu’une informalité énorme et un manque de couverture pour l’économie informelle. Effectivement, il faut étendre la protection sociale à partir de mécanismes adéquats et adaptés aux réalités des gens mais aussi des unités économiques dans le secteur. C’est en combinant les programmes qui sont contributifs à ceux qui sont financés directement par l’Etat qu’on peut avoir un impact énorme pour la transition dans l’économie formelle.

Propos recueillis par A. Ng. NDIAYE

Le Sénégal a fait des progrès en matière de couverture maladie, a reconnu, hier, Céline Peyrion Bista, spécialiste de la protection sociale au Bit de Dakar lors de la conférence de presse de lancement du rapport mondial sur la protection sociale 2017-2019. Selon elle, ces progrès sur la maladie s’expliquent par une « une volonté politique de renforcer la couverture santé ».

Ainsi, avec la mise en œuvre du programme de Couverture maladie universelle (Cmu), le Sénégal a atteint un taux de couverture sanitaire avoisinant 37%. Toutefois, elle invite le gouvernement à repenser la protection sociale au Sénégal pour prendre en compte toutes les couches de la population.

A. Ng. NDIAYE

La Coalition nationale des associations et Ong en faveur des enfants (Conafe) et ses partenaires vont vers la mise en place d’une « Plateforme des entreprises privées pour la promotion et la protection des enfants ». A cette fin, un atelier est ouvert à Dakar pour l’harmonisation d’un cadre référentiel multisectoriel.

Dans le cadre d’une dynamique permettant de générer une synergie d’actions afin d’obtenir des résultats plus structurant en faveur des enfants, la Conafe, l’Ong « Save the Children », l’Unicef, Oxfam, Enda Lead, organisent, en partenariat avec l’Etat du Sénégal et des entreprises de la place, un atelier dans le dessein de mettre en place une « Plateforme du secteur privé et responsabilité sociétale en faveur de l’enfant ». Hier, les participants ont travaillé à l’élaboration d’un cadre référentiel pour des actions portant sur le respect des droits de l’enfant.


Niokhobaye Diouf, directeur des Droits, de la Protection de l'enfance et des groupes vulnérables a fait savoir que cette rencontre est une opportunité de partage. « La situation que vivent nos enfants interpelle tous les segments de la société. Malgré les multiples efforts du gouvernement et des partenaires techniques et financiers, les difficultés demeurent plus que présentes », a-t-il dit, faisant allusion aux enfants qui, chaque matin, arpentent les rues de nos villes. « Combien d’entre eux sont battus, violés ou mariés de force, excisés, privés de leurs droits à l’identité (apatridie), à l’école, à la santé ? », s’est-t-il interrogé.

« Aujourd’hui, plus que jamais, nous devons mobiliser nos énergies et réaffirmer notre sincère engagement et réunir toutes les conditions afin que nos enfants grandissent dans un environnement sain », a souhaité Niokhobaye Diouf qui a dit son espoir de voir « une implication active et soutenue du secteur privé dans ce combat d’investissement sur les enfants ». Pour sa part, Raoul Latouffe, président de la Conafe a souligné que « les défis observés dans la réalisation des droits de l’enfant nécessitent l’implication de toutes les parties prenantes, notamment du secteur privé. « La collaboration envisagée autour de ce cadre référentiel, pour les enfants et par les entreprises, est un partenariat gagnant-gagnant », a-t-il dit. Quant au directeur adjoint de l’Unicef, Georges Gonzales, il a souhaité que l’enfant soit au cœur des stratégies à la fois publiques et privées. «Face à cette responsabilité partagée de s’occuper des enfants du Sénégal, nous devrions investir ensemble dans leur protection », a-t-il conclu.

Serigne Mansour Sy CISSE

Le procès de Khalifa Ababacar Sall, qui s’ouvre ce matin, est l’aboutissement d’un long marathon judiciaire. Le maire de Dakar et ses sept co-inculpés font face, pour la première fois, aux juges du tribunal correctionnel de Dakar.

Khalifa Ababacar Sall et ses co-inculpés dans l’affaire de la caisse d’avance de la mairie de Dakar comparaissent ce matin devant le tribunal correctionnel de Dakar. Le juge du premier cabinet, Samba Sall, a pris cette décision de renvoi le 07 décembre courant après avoir rejeté la demande de cautionnement introduite, la veille, par la défense du maire de Dakar. Il a ainsi suivi réquisitoire définitif du procureur de la République. Après presque 10 mois de détention préventive pour instruction, l’édile de la capitale a l’opportunité de s’expliquer sur les accusations du procureur de la République. Le sort du responsable socialiste a basculé le 03 mars 2017 après la conférence de presse du procureur de la République, Serigne Bassirou Guèye, l’accusant « d’escroquerie portant sur les deniers publics, de détournement de deniers publics, de faux et usage de faux en écritures, etc. »

Le chef du parquet avait dit avoir reçu le rapport n°12/2016 du 24 mars 2016 de l’Inspection générale d’Etat (Ige) demandant, dans sa recommandation n°1, l’ouverture d’une information pour élucider la manière dont les fonds de la caisse d’avance ont été gérés. « Cette inspection a eu à relever un montant de 1,830 milliard de FCfa qui a été dépensé sans que justification ne soit faite. Devant une telle recommandation, j’étais obligé de saisir les enquêteurs pour élucider l’affaire », avait justifié Serigne Bassirou Guèye. Auparavant, M. Sall avait été convoqué et entendu, les 21 et 22 février, pendant plusieurs tours d’horloge, à la Division des investigations criminelles, sur sa gestion. Au lendemain de la conférence du maître des poursuites, le premier magistrat de Dakar avait lui aussi fait une sortie médiatique pour balayer d’un revers de main ses propos.

« C’est le président de la République qui a transmis le dossier au procureur et non l’Ige. La saisine de la justice est une prérogative exclusive du président », avait dit le maire de Dakar. Quelques jours plus tard, la machine judiciaire a été mise en marche. Le mardi 08 mars, tard dans la soirée, Khalifa Sall et ses co-inculpés ont été placés sous mandat de dépôt par le doyen des juges. Une longue bataille juridique s’en est suivie. Les avocats de Khalifa Sall ont, à plusieurs reprises, sollicité une liberté provisoire devant les juridictions compétentes. D’abord, sur le fondement des contestations qu’ils opposent dans le cadre des poursuites. Ensuite, sur la base de son immunité parlementaire. Mais partout, c’est un revers.

Récemment, la procédure aux fins d’obtenir la liberté provisoire contre cautionnement qu’ils avaient déclenchée n’a également abouti à rien. Aujourd’hui, le destin du maire de Dakar est entre les mains du juge Maguette Diop, ancien président de l’Union des magistrats sénégalais (Ums) et ses deux assesseurs, Pape Abdoulaye Dondé et Elisabeth Thiam qui sont chargés de dire le droit.

Ndiol Maka SECK

En prélude à la 25ème session ordinaire du Conseil des ministres de tutelle de la prévoyance sociale qui se tient à Dakar à partir de demain, les experts de la Cipres ont tenu, hier, leur première réunion. Le ministre du Travail du Sénégal, Samba Sy qui a présidé cette rencontre, a plaidé pour le renforcement des performances des institutions de prévoyance sociale.

Le ministre du Travail, du Dialogue social, des Organisations professionnelles et des Relations avec les Institutions, Samba Sy, a présidé, hier, la réunion des experts de la Conférence interafricaine de la prévoyance sociale (Cipres). Cette rencontre se tient en prélude à la 25ème session ordinaire du Conseil des ministres de tutelle de la prévoyance sociale qui s’ouvre demain à Dakar. Le ministre a plaidé, lors de cette rencontre des experts, pour une meilleure prise en charge des institutions de prévoyance sociale membres de la Cipres. D’après le ministre du Travail, le renforcement de ces organes aura un « impact positif » dans la prise en charge des besoins des travailleurs en matière de protection sociale. Lors de cette rencontre de deux jours (12 et 13 décembre), les experts, venus des 16 pays membres de la Cipres, vont examiner, entre autres, les différents points liés à l’élection du président du Conseil des ministres, à l’élaboration d’un cadre juridique adapté aux exigences formulées par les Etats membres, au partage d’expériences en matière de couverture maladie universelle, aux modalités de la mise en œuvre du Fonds d’investissement africain des Organismes de prévoyance sociale (Ops).

D’après le directeur général de la Caisse de sécurité sociale (Css) du Sénégal, Assane Soumaré, avec la mise en place de ce fonds, la Cipres a compris que « le contrôle sur la régulation, la supervision et la réglementation ne peuvent pas être les seuls leviers sur lesquels il faut s’appuyer ». Selon lui, les organismes de prévoyance sociale doivent « anticiper sur l’avenir » car les défis liés à la morosité économique, au sous-emploi, au chômage et plus récemment aux questions migratoires sont devenus nombreux.

« Tous ces défis sont à relever », a indiqué M. Soumaré qui reste persuadé « qu’il n’y a pas de protection sociale viable s’il y a pas de performances économiques soutenues et durables ».

Aliou Ngamby NDIAYE

VERS LE RELÈVEMENT DES PENSIONS DES PETITS CONTRIBUABLES DÈS 2018
Le ministre du Travail, Samba Sy qui a présidé, hier, la réunion des experts de la Conférence interafricaine de la prévoyance sociale (Cipres) a informé qu’entre 2012 et 2017, « les retraites ont augmenté de manière notable » avec un gain de 40%. Le futur chantier de son département, a-t-il révélé, est de voir comment relever les pensions des petits contribuables, c’est-à-dire « ceux là dont les cotisations sont plus faibles ». « L’engagement pris est de démarrer cette entreprise dès 2018 », informe le ministre.

A. Ng. NDIAYE

ASSANE SOUMARE, DIRECTEUR DE LA CSS : « AVOIR DES VOCATIONS PLUS ANCRÉES DANS LE DÉVELOPPEMENT »
« Les institutions de prévoyance sociale doivent jouer un nouveau rôle dans le cadre de la protection sociale mais aussi avoir des vocations beaucoup plus ancrées dans le développement de nos Etats ». C’est l’appel lancé, hier, par le directeur de la Caisse de sécurité sociale du Sénégal. Assane Soumaré qui participait à la réunion des experts de la Conférence interafricaine de la prévoyance sociale (Cipres), en prélude à la 25ème session du Conseil des ministres du même organisme, indique qu’il faut une « harmonisation et une modernisation du cadre juridique » des institutions de prévoyance sociale en les adaptant aux mutations actuelles. Prenant l’exemple du Sénégal, M. Soumaré informe que le Plan Sénégal émergent (Pse), dans son axe 2 (développement du capital humain), accorde une place importante à la protection sociale. « Rien ne peut se faire sans capital humain qui est au début, à la fin et au milieu de tout processus.

Les autorités sénégalaises ont compris cela et c’est ce qui justifie la place que joue le capital humain dans le Pse », souligne-t-il. Avec le Pse, le Sénégal a pris plusieurs mesures dans le cadre de la protection sociale avec la Couverture maladie universelle (Cmu), la solidarité sociale, les prestations liées à la sécurité sociale… Selon lui, la vision du Sénégal, dans le cadre de la mise en œuvre de ces différentes mesures, est de « repositionner les institutions de prévoyance sociale au cœur de la politique nationale de protection sociale en tenant comptant de l’environnement international ».

A. Ng. NDIAYE

« Les institutions de prévoyance sociale doivent jouer un nouveau rôle dans le cadre de la protection sociale mais aussi avoir des vocations beaucoup plus ancrées dans le développement de nos Etats ».

C’est l’appel lancé, hier, par le directeur de la Caisse de sécurité sociale du Sénégal. Assane Soumaré qui participait à la réunion des experts de la Conférence interafricaine de la prévoyance sociale (Cipres), en prélude à la 25ème session du Conseil des ministres du même organisme, indique qu’il faut une « harmonisation et une modernisation du cadre juridique » des institutions de prévoyance sociale en les adaptant aux mutations actuelles. Prenant l’exemple du Sénégal, M. Soumaré informe que le Plan Sénégal émergent (Pse), dans son axe 2 (développement du capital humain), accorde une place importante à la protection sociale. « Rien ne peut se faire sans capital humain qui est au début, à la fin et au milieu de tout processus. Les autorités sénégalaises ont compris cela et c’est ce qui justifie la place que joue le capital humain dans le Pse », souligne-t-il. Avec le Pse, le Sénégal a pris plusieurs mesures dans le cadre de la protection sociale avec la Couverture maladie universelle (Cmu), la solidarité sociale, les prestations liées à la sécurité sociale…

Selon lui, la vision du Sénégal, dans le cadre de la mise en œuvre de ces différentes mesures, est de « repositionner les institutions de prévoyance sociale au cœur de la politique nationale de protection sociale en tenant comptant de l’environnement international ».

A. Ng. NDIAYE

Le ministre du Travail, Samba Sy qui a présidé, hier, la réunion des experts de la Conférence interafricaine de la prévoyance sociale (Cipres) a informé qu’entre 2012 et 2017, « les retraites ont augmenté de manière notable » avec un gain de 40%. Le futur chantier de son département, a-t-il révélé, est de voir comment relever les pensions des petits contribuables, c’est-à-dire « ceux là dont les cotisations sont plus faibles ». « L’engagement pris est de démarrer cette entreprise dès 2018 », informe le ministre.

A. Ng. NDIAYE

Le directeur de l’Organisation internationale du travail (Oit) a rendu visite, hier, aux tanneuses de Guédiawaye à qui il a exprimé sa satisfaction et ses encouragements pour leur bonne organisation qui leur a permis de réaliser des progrès remarquables dans le cadre de leur travail. Guy Ryder a salué cet exemple de progrès qui doit être dupliqué dans les autres tanneries du Sénégal et de l’extérieur.

A la tête d’une importante délégation, le directeur de l’Organisation internationale du travail (Oit) s’est présenté chez les tanneuses où il a eu le cœur net sur les remarquables transformations économiques et sociales, de sécurité au travail, ainsi que l’augmentation du pouvoir d’achat des ces femmes travailleuses installées dans la commune de Wakhinane Nimzatt. Il a pris langue avec ces transformatrices dont il a religieusement écouté les témoignages sur tout le bonheur et la satisfaction qu’elles ont eus, en bénéficiant de l’assistance de l’Oit et de l’Union nationale des syndicats autonomes du Sénégal (Unsas).

Dans la délégation, figure Mballo Dia Thiam, secrétaire général adjoint de l’Unsas, qui a rappelé que « c’est grâce à l’appui de l’Oit et de sa centrale syndicale que les conditions de travail, naguère exécrables de ces femmes tanneuses, se sont remarquablement améliorées à la suite d’une réorganisation ayant impliqué de nouvelles méthodes d’évolution ».

Entre autres apports de l’Oit et de l’Unsas, Mballo Dia Thiam a cité l’alphabétisation des tanneuses de Guédiawaye leur ayant permis de renforcer leurs capacités et de pouvoir comprendre beaucoup de choses dans les techniques de travail et de pouvoir assurer une meilleure gestion. «Grâce à la solidarité, elles ont pu s’organiser en regroupant leurs achats et faire des économies d’échelle. Elles ont également réussi à faire des gains en temps de travail. Idem pour les progrès réalisés sur le plan de l’environnement de travail. Dans le cadre de la même assistance, elles ont bénéficié de matériels de protection (masques, gants, tabliers, etc.)», a rappelé Mballo Dia Thiam. Le directeur de l’Organisation internationale du travail (Oit) s’est dit impressionné par la transformation positive notée dans les conditions de travail de ces femmes en un temps si court. Guy Ryder a loué le sens de l’organisation dont les femmes ont fait preuve pour arriver à ce résultat, avant d’estimer nécessaire de dupliquer cette expérience aussi bien au niveau national qu’à l’extérieur de nos frontières. «Ces femmes méritent d’être encouragées pour avoir pris leur destin en main en exerçant un travail qui est, faut-il le reconnaître, très dur. C’est pour ce genre de travail qu’il faut faire des actions et trouver des solutions innovatrices qui peuvent marquer la différence», a-t-il soutenu.

Présidente de la coopérative des tanneuses de Guédiawaye (Cooptag), Youma Fall a reconnu que l’apport de l’Oit et de l’Unsas a été déterminant dans la transformation des conditions de travail des membres de son regroupement. «L’Oit et l’Unsas nous ont été d’un apport inestimable. Nous ne les remercierons jamais assez», a affirmé Youma Fall.

Abdou DIOP

L’application du Traité sur le commerce des armes (Tca) permet de contrôler la circulation des armes à travers le monde. Ayant ratifié ce traité en 2014, le Sénégal a renouvelé, hier, son engagement à le mettre en œuvre et à faire sa promotion.

Le ministre de l’Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye, a renouvelé l’engagement du Sénégal à prendre des  « mesures appropriées » pour la mise en œuvre et la promotion de l’universalisation du Traité sur le commerce des armes (Tca). Ce traité, une initiative de la société civile, a été adopté en avril 2013, après 20 ans de mobilisation avant son entrée en vigueur en décembre 2014. Notre pays l’a signé le 3 juin 2013 avant de le ratifier en septembre 2014. Il s’exprimait, hier, à l’ouverture du Cours international portant sur « Développement des capacités pour une mise en œuvre du Tca ». A cette occasion, il a indiqué que ce programme a permis au Sénégal de mener efficacement plusieurs activités visant « à mettre en œuvre des dispositions pertinentes du Tca et à promouvoir son universalisation ».

« Conscient de l’enjeu et de l’importance de la problématique du Tca, le Sénégal déploie d’énormes efforts  pour sa mise en œuvre effective »,  a-t-il affirmé. Le Sénégal est convaincu, selon lui, que cet instrument des Nations unies présente un « grand intérêt pour  l’Afrique, peut réduire la souffrance humaine et créer un environnement plus propice au développement économique et social du continent. Les avantages du Tca montrent que sa mise en œuvre efficace plaide pour son universalisation », a-t-il ajouté. 92 Etats parties, sur les 130 signataires, ont commencé à appliquer le Tca, a précisé le ministre, tout en invitant les autres et les Etats non signataires à suivre la dynamique afin de militer pour « un monde sécurisé » où le commerce des armes se fera conformément aux normes universelles adoptées.

C’est tout l’intérêt de ce cours qui consiste, note-t-il, à passer en revue les dispositions pertinentes du Tca  à travers des exercices de simulation, des études de cas, des échanges d’expériences de bonnes pratiques. Pour l’ambassadeur  de France au Sénégal, Christophe Bigot, le Tca constitue une « avancée majeure » en matière de droit humanitaire, de droit de guerre, etc. « C’est un enjeu de sécurité », assure-t-il. Toutefois, a relevé Aly Ngouille Ndiaye, il y a des efforts à faire en matière d’application des dispositifs du Tca à l’échelle du continent africain car très peu d’Etats y ont adhéré. Même si, a-t-il soutenu, « la Cedeao est en avance sur ce sujet ». Quant à la chargée d’affaires de l’ambassade de la Suisse à Dakar, Mme Rea Gehring, elle a dit « (son) étonnement en apprenant  que près de 9 millions d’armes légères et de petit calibre (Alpc) font des milliers de victimes par an ».

Souleymane Diam SY

Le ministère de la Justice incite ses directeurs et autres cadres à un changement d’approches pour faciliter l’accès au droit aux femmes et aux filles. Un séminaire de trois jours est organisé à cet effet par la Cellule genre dudit département ministériel, avec le soutien du Canada.

Le ministère de la Justice, en collaboration avec l’ambassade du Canada, a ouvert, hier, une session de renforcement de capacités en politique genre au profit de ses directeurs, conseillers techniques et chefs de services. Le thème retenu est : « Accès à la justice pour les femmes et filles ». « On s’est rendu compte que les femmes et les filles n’ont pas le même accès au droit que les autres personnes. Elles ont des difficultés à trouver une solution à leurs problèmes. Le plus souvent, elles ont même peur d’aller vers la justice parce qu’il y a des stéréotypes », a regretté la coordonnatrice de la Cellule genre du ministère de la Justice, Ndèye Dieynaba Sylla Diop.

C’est pour toutes ces raisons, a-t-elle dit, que ce séminaire est organisé pour sensibiliser les acteurs du droit afin qu’ils revoient leurs positions pour améliorer la condition des femmes. Selon elle, il est difficile de donner des chiffres pour montrer l’ampleur du problème du fait des disparités par région. Mais, les femmes connaissent des difficultés comme les violences basées sur le genre, des problèmes de couple, des mutilations génitales, etc. « Nous voulons surtout conscientiser le personnel judiciaire à avoir un œil différent, une approche différente pour pousser les femmes à venir exposer leurs problèmes pour qu’on puisse y remédier », a insisté Mme Diop.

Pour sa part, Abdoul Hamid Ndiaye, représentant le ministre de la Justice, a mentionné que « bâtir une Nation prospère, solidaire et inclusive, comme cherche à le faire le Plan Sénégal émergent, suppose de ne pas laisser sur le bord de la route la composante la plus compétitive, la plus solidaire et la plus douée pour l’inclusion » que constituent les femmes. En ce qui concerne la protection de l’intégrité physique et morale des femmes, il a souligné que le département de la Justice veille à ce que le cadre juridique soit fermement appliqué.

« Les instructions appropriées sont données aux parquets pour que les mutilations génitales, les agressions sexuelles et les violences en tout genre contre les femmes et les filles soient systématiquement poursuivies et fassent l’objet d’un suivi attentionné. A cet égard, les statistiques de ces dernières années révèlent que les modifications introduites dans le code pénal par la loi 99-05 du 29 janvier 1999 pour réprimer plus sévèrement les violences faites aux femmes ont porté leurs fruits », s’est félicité Abdoul Hamid Ndiaye, conseiller technique du ministre de la Justice.

Ndiol Maka SECK

L’administration pénitentiaire a un nouveau patron. Il s’agit du colonel Jean-Bertrand Bocandé, ancien directeur des études de l’Ecole des officiers de la gendarmerie nationale (Eogn), installé hier dans ses fonctions par le ministre de la Justice, le Pr Ismaëla Madior Fall. Il remplace le colonel Daouda Diop, promu gouverneur militaire du Palais de la République, après près de deux ans passés à la tête de l’administration pénitentiaire.

La passation de service a eu lieu hier à la Maison d’arrêt et de correction (Mac) de Liberté 6 en présence du ministre de la Justice, le Pr Ismaëla Madior Fall, du haut commandant de la gendarmerie nationale, directeur de la justice militaire, du général Meissa Niang et de plusieurs hauts gradés de l’administration pénitentiaire. Après des mots de remerciements à l’endroit du président de la République et de ses anciens collaborateurs, le directeur sortant de l’administration pénitentiaire a souhaité la bienvenue à son successeur tout en lui disant qu’il a « la chance de commander un corps formidable que les gens gageraient à connaître ». Pour le colonel Diop, « l’administration pénitentiaire mérite d’être connue parce qu’elle regorge d’hommes et de femmes de qualité ». Pour sa part, le nouveau directeur de l’administration pénitentiaire a renouvelé son serment de jeune officier, vieux aujourd’hui de 23 ans, de servir la République en tous temps, tous lieux et toutes circonstances. « Je m’appliquerai à remplir cette fonction sous votre tutelle et votre appui éclairé avec le plus grand dévouement. C’est avec beaucoup d’humilité que je prends cet engagement solennel de tout mettre en œuvre pour travailler à la création d’un environnement propice à l’innovation et pour répondre efficacement aux énormes exigences du moment », a-t-il dit au ministre. Selon le colonel Bocandé, les défis sont urgents, nombreux et complexes.

« De grands chantiers nous attendent. Je suis parfaitement conscient de l’ampleur de mes nouvelles responsabilités. Mais, je n’ai nullement la prétention de pouvoir les satisfaire tout seul. C’est tous ensemble : inspecteurs, contrôleurs, agents administratifs, surveillants de prison, retraités de l’administration pénitentiaire, etc., que nous relèverons avec succès les grands défis du moment et arriverons à bâtir une administration de nos rêves au service de la Nation », a soutenu l’officier gendarme. Il a engagé tous les travailleurs de l’administration pénitentiaire à donner les meilleurs d’eux-mêmes, à travailler avec rigueur et discipline pour fournir des résultats tangibles. « Notre démarche sera inclusive. Nous travaillerons étroitement avec les autres services de l’Etat et tous les partenaires associatifs publics ou privés pour améliorer qualitativement la vie carcérale », a-t-il promis.

Ndiol Maka SECK


PR ISMAËLA MADIOR FALL, MINISTRE DE LA JUSTICE : « HUMANISER LA VIE CARCÉRALE »
Le ministre de la Justice, garde des Sceaux, le Pr Ismaëla Madior Fall, a installé, hier, le colonel Jean-Bertrand Bocandé dans ses fonctions de directeur de l’administration pénitentiaire. C’était une occasion pour lui de dire « qu’en matière de politique pénitentiaire, la volonté du président de la République et les instructions qu’il a données à cet effet sont de changer le visage des prisons au Sénégal, de les moderniser, d’humaniser la vie carcérale, de faire en sorte que nos concitoyens qui sont en conflit avec la loi vivent dans des conditions qui respectent la dignité ».

C’est pourquoi il existe des mesures qui sont en train d’être mises en œuvre dans ce sens et celles qui vont l’être prochainement. Pour cela, a mentionné le garde des Sceaux, il est d’abord question d’agir sur la politique pénale. « C’est-à-dire qu’il faut une rationalisation du mandat de dépôt. Il y a aussi le mécanisme de peines alternatives pour éviter le surpeuplement carcéral.

Toujours sur ce registre de la politique pénale, de plus en plus, il va être aménagé et mis en œuvre un dispositif d’aménagement de peines », a souligné le ministre de la Justice.

Ensuite, a-t-il ajouté, il est question d’agir sur l’infrastructure pénitentiaire, en construisant des prisons comme celle en chantier à Sébikotane d’une capacité de 500 places. De la même manière, l’ensemble des 37 établissements pénitentiaires du pays seront rétablis pour qu’il y ait de nouveaux espaces, de nouvelles places et chambres. A en croire le ministre, la troisième mesure qui commence à être mise en œuvre et qui va être amplifiée à partir de l’année prochaine est l’action sur le confort dans la vie carcérale.

Nd. M. SECK

PRÈS DE 5 MILLIARDS DE FCFA EN 2018 POUR AMÉLIORER L’ALIMENTATION
Dans la dynamique de poursuite des efforts d’amélioration de l’alimentation dans les prisons du Sénégal, une enveloppe d’un peu moins de 5 milliards de FCfa est dégagée pour l’année 2018. Ainsi, l’indemnité journalière accordée à chaque détenu va passer de 1.000 à 1.023 FCfa, selon le ministre de la Justice. Les conditions de travail du personnel de l’administration pénitentiaire vont aussi être améliorées. Ainsi, après les 228 agents recrutés l’année dernière en cours de formation et les 300 élèves recrutés il y a deux semaines, 300 autres élèves pénitentiaires seront recrutés en 2018. Le ministre a aussi assuré que la loi portant sur la revalorisation du statut du personnel pénitentiaire est dans le circuit administratif.

Nd. M. SECK

Dans le cadre de la commémoration de la journée internationale contre la corruption, l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac) a organisé, hier, un atelier sur le thème que voici : « Repenser la lutte contre la corruption ». Les participants ont plaidé pour une prise en compte du secteur privé dans la stratégie de lutte contre ce phénomène.

L’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac), animé par une démarche d’innovation, a décidé de faire du secteur privé un acteur et un partenaire. Les lourdes responsabilités qui incombent au secteur privé en tant que moteur de la croissance et le rôle éminent qui est le sien dans la transformation structurelle de l’économie et dans la formation du produit intérieur brut (Pib) militent en faveur d’initiatives destinées à y promouvoir la transparence et des actions pour une gestion vertueuse des ressources. Entre autres objectifs, l’atelier vise à permettre aux représentants des différentes composantes du secteur privé national de partager leur expérience et leur vécu par rapport à la lutte contre la corruption dans leur secteur d’activité respectif.

Dans son allocution, Cheikh Tidiane Mara, vice-président de l’Ofnac, a invité à l’intégration « de stratégies innovantes qui concourent à la lutte contre la corruption ». Dans cette optique, il est nécessaire de privilégier « l’information et le partage ». Il est également préconisé de commencer la sensibilisation par la plus petite tranche d’âge. C’est pour cela d’ailleurs que l’Ofnac compte aller à la rencontre des élèves afin de les sensibiliser sur les méfaits de la corruption. Selon M. Mara, pas moins de 2.600 milliards de FCfa sont annuellement détournés à travers le monde, à partir des mécanismes de la corruption. Cette réalité conforte à plus d’un titre l’incontournable nécessité de « mettre sur pied des méthodes efficaces de lutte contre le phénomène de la corruption », a dit M. Mara. Pour sa part, Claudette Hazinmana, représentante du Directeur-pays Pnud, a rappelé les dix-sept objectifs de développement durable (Odd) qui s’inscrivent dans l’expression d’une vision partagée, globale et transformatrice pour changer le monde et améliorer le bien-être de toutes les populations. Selon elle, la question de l’innovation dans les stratégies de lutte contre la corruption revêt une importance particulière pour le Pnud, en tant que réseau mondial de développement concourant à la promotion de la bonne gouvernance. A l’en croire, le G20 estime à 90.000 milliards de dollars les investissements dans les infrastructures nécessaires pour soutenir, entre 2015 et 2030, la croissance et le développement à l’échelle mondiale.

« Il est nécessaire de protéger cet investissement de l’impact destructeur de la corruption », a-t-elle dit. Dans ses dimensions économique, sociale et politique, la corruption détruit le tissu social des communautés, affaiblit la primauté du droit, érode la qualité de vie des populations, permet au crime organisé, au terrorisme et à l’extrémisme violent de prendre leurs marques. « La corruption constitue un goulot d’étranglement majeur pour le développement, les droits de l’homme, la paix et la sécurité », a rappelé Mme Hazinmana.

Oumar BA

La question des migrations est le vrai marqueur des relations internationales. Pour les pays comme pour les organisations internationales, la situation est difficilement gérable avec un nombre de migrants en croissance exponentielle et leurs difficiles conditions de vie dans des pays comme la Libye. Jo-Lind Roberts Sene, Chef de mission au Sénégal de l’Organisme des Nations unies chargé des Migrations (Oim), revient ici sur la situation des migrants en Libye.

Malgré ces alertes sur la vente des migrants en Libye, le phénomène s’est révélé un grand jour et a suscité un grand tollé dans le monde. Comment l’Organisation internationale des Migrations (Oim) compte gérer cette nouvelle donne ?
Effectivement, l’Oim avait alerté sur cette situation concernant les personnes en situation d’esclavage ou des personnes vendues en tant qu’esclaves depuis avril de cette année. L’Oim avait évidement condamné le phénomène et avait appelé la Libye à s’investir pour une enquête dans ce sens. Suite à ce reportage de CNN, notre directeur régional a aussi parlé avec ce média et a sorti un communiqué. Evidement, à l’Oim en tant qu’agence des Nations Unies pour les migrations, nous condamnons fermement cette situation. Depuis que nous avons été alertés sur ce phénomène en Libye, nous travaillons avec le gouvernement de ce pays sur un plaidoyer pour plus de protection des migrants qui sont en Libye. Aussi, pour tenter de limiter les centres de détention et plutôt chercher une mise en place de maisons d’accueil pour les migrants vulnérables, en particulier les femmes et les enfants. Depuis le début de l’année, sur les 30 centres de détention officiels en Libye, 7 ont été fermés. Il y a aussi les mercenaires qui sont impliqués sur cette question. Il est de la responsabilité de trouver des solutions à cette situation.

Comment a-t-on est arrivé à cette situation en Libye ?
Jusqu’en 2011, la Libye était vue comme une destination phare pour les migrants. La grande industrie sous Kadhafi permettait aux personnes d’aller travailler là-bas, de se faire un bon salaire et de revenir dans les pays d’origine facilement. Depuis le début du conflit, la situation sécuritaire n’est plus ce qu’elle était et les migrants qui étaient là-bas, certains se sont retrouvés dans une situation beaucoup plus vulnérable qu’en 2011. Il n’ y a plus le contrôle qui existait avant sur les départs depuis les côtes libyennes pour se rendre en Europe. Depuis 2012, nous voyons cette augmentation des migrants qui quittent la Libye pour se rendre en Europe.

Où en êtes-vous avec l’état des lieux ?
Nous n’avons pas actuellement d’estimation du nombre de migrants qui sont en situation de détresse et de vulnérabilité en Libye. Nous avons des chiffres concernant le nombre de migrants d’Afrique de l’Ouest et du Centre qui sont arrivés sur les côtes italiennes, notamment pour le Sénégal. A l’Oim, nous effectuons une collecte de données sur les migrants qui sont assistés à travers l’appui au gouvernement pour les rapatriés humanitaires depuis la Libye. Depuis le début de l’année 2017, nous sommes à plus de 2.300 migrants sénégalais assistés par l’Oim avec le gouvernement pour le rapatriement humanitaire

Comment se passe ces rapatriements ?
Une partie de ces migrants sont dans les centres de détention et l’Oim y a accès pour notamment identifier les migrants qui souhaiteraient bénéficier de cette assistance. D’autres ne sont pas en centres de détention et se rapprochent des Ong et associations avec lesquelles nous avons des liens. Nous organisons des vols charters. Ce mois, deux vols charters ont été organisés par l’Oim pour le Sénégal. Le premier avec 163 migrants et le deuxième 136, juste pour le mois de novembre. Les migrants avant de venir au Sénégal sont assistés par l’équipe de l’Oim en Libye.

Avez-vous le nombre de morts ?
Nous n’avons pas le nombre de morts pour ce qui est du désert mais ils sont au moins égaux à ceux qui périssent dans la Méditerranée. Avec cela, nous pouvons donc parler de crise. Et toute crise est difficile à gérer. Au Sénégal, nous répondons en appui au gouvernement qui a un dispositif en place rodé pour l’accueil de ces personnes.

Quelle est votre solution à ce problème ?
Pour nous, la réponse la plus urgente actuellement, est de sauver des vies, de respecter la dignité des personnes. C’est le plaidoyer que fait notre directeur général pour la clôture des centres de détention, la mise en place des maisons d’accueil pour ces migrants et ainsi éviter ces abus que nous voyons notamment avec ces personnes vendues en esclavage. Au-delà de cela, il est important pour les Etats africains de proposer des solutions dans les pays d’origine, aux jeunes qui quittent de cette manière. Ce sont des réponses en termes d’emploi, de formation, d’infrastructures. Il est aussi du devoir des pays européens de soutenir la promotion du développement de ces pays d’où viennent les migrants.

Propos recueillis par Oumar NDIAYE

La 41ème édition de la ziarra de Cheikhna Cheikh Mahfouz Aïdara a été célébrée, cette année, dans la cité religieuse de Daroul Salam Chérif (Bignona) sous le thème de « L’unité ». Elle a été présidée par le Khalife général Chérif Cheikh Ataboul Cheikh Samsidine Aïdara. Lors de la cérémonie officielle, Chérif Boune Chamsidine Aïdara, porte-parole de la famille de Cheikhna Cheikh Mahfouz Aïdara, a plaidé pour la moderniser les foyers religieux chérifiens de la Casamance.

Parmi ces foyers religieux, Chérif Boune Chamsidine Aïdara a cité, entre autres, Daroul Khaïry, Daroul Salam Chérif, Makhmouda, Binako, Baghère et Karantaba. « Pour Daroul Salam Chérif, qui est notre capitale religieuse et qui abrite, chaque année, cette ziarra, ses fils ont déjà pris les devants avec les moyens du bord pour réaliser le minimum, concernant sa modernisation », a révélé le porte-parole de la famille de Cheikhna Cheikh Mahfouz Aïdara. Donc, « nous attendons l’Etat pour la réalisation des gros œuvres », a-t-il indiqué. La famille chérifienne de Cheikhna Cheikh Mahfouz Aïdara s’étendant jusqu’en Gambie, Guinée-Bissau et Mauritanie, son représentant a souhaité que ces pays accompagnent l’Etat du Sénégal dans la modernisation des foyers religieux chérifiens de la Casamance.

Chérif Boune Chamsidine Aïdara n’a pas manqué d’exprimer sa profonde satisfaction au président de la République, Macky Sall, pour « ses initiatives dans le cadre de la modernisation des cités religieuses comme, entre autres, Touba, Tivaouane, Ndiassane ». Concernant Baghère et Karantaba, qui sont des foyers religieux, il a révélé que les travaux ont démarré. Par ailleurs, le porte-parole de la famille de Cheikhna Cheikh Mahfouz Aïdara a salué le démarrage des travaux de construction du forage de la cité religieuse de Daroul Salam Chérif située dans la commune de Kataba (Bignona). Sur un autre registre, Chérif Boune Chamsidine Aïdara a insisté sur l’urgence de réhabiliter la route latéritique et très poussiéreuse qui relie Daroul Salam Chérif à la RN5 (route Bignona-Diouloulou-Séléty). « Cet axe se trouve dans un état de dégradation très avancée », a-t-il dit, annonçant que le centenaire du rappel à Dieu de Cheikhna Cheikh Mahfouz Aïdara en 2019 et le lancement des activités de cette commémoration en 2018.

El Hadj Moussa SADIO

La célébration du jubilé du centenaire de la paroisse Notre-Dame des Victoires de Diourbel, prévue le 17 décembre mobilise déjà les organisateurs. Abbé Emile Ndione, le curé de la paroisse, entouré de ses collaborateurs, a rencontré la presse et dévoilé les activités prévues au programme.

« Nous sommes en plein dans les préparatifs de la manifestation. Les différentes commissions, qui ont fini de prendre leurs dispositions, sont à pied d’œuvre et travaillent pour donner à l’évènement tout son succès ». Ces propos sont de l’abbé Emile Ndione qui faisait face, dimanche, à l’école de la mission catholique de Diourbel, à la presse pour partager les manifestations prévues dans le cadre de la célébration du centenaire de cette paroisse. Selon le curé de la paroisse, tout est fin prêt pour accueillir les participants à cette fête qui se déroulera du 16 au 17 décembre 2017 à Diourbel.

Abbé Emile Ndione a aussi annoncé que 5000 participants sont attendus à Diourbel. « Les invités auront droit, le 16 décembre, à un « khawaré » animé par 300 choristes et à un « nguèl », a révélé le curé de la paroisse qui a aussi souligné qu’une « réunion spéciale du comité régional de développement (Crd) va se tenir à la gouvernance de Diourbel pour passer en revue tous les points relatifs à cette grande manifestation religieuse ». Pendant la célébration du jubilé du centenaire de notre paroisse, a-t-il ajouté, nous allons montrer, avec la levée des couleurs prévue le dimanche 17 décembre à la gouvernance de Diourbel, que l’église est en phase avec les institutions de la République. Le Cardinal Théodore Adrien Sarr, archevêque émérite de l’archidiocèse de Dakar, va, en compagnie de l’évêque de Thiès, Monseigneur André Guèye, présider la cérémonie.

Quant à Albert Ngom, secrétaire administratif du comité du jubilé de la paroisse, il a assuré que le budget, pour financer les activités, est bouclé et est disponible. « Mais, pour ce qui est de la reconstruction de l’église, un appel a été lancé dans ce sens au chef de l’Etat, Macky Sall », a-t-il ajouté. « Notre église a besoin de 32 millions de FCfa pour renouveler l’étanchéité, les bancs et la toiture, a-t-il expliqué. Il a révélé que « le président de l’Assemblée nationale, Moustapha Niasse, et le ministre des Forces armées, Augustin Tine, ont déjà apporté leur contribution ».

Mamadou DIEYE

Ahmet Tidiane Bâ, Khalife général de Médina Gounass, a reçu, samedi, le ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement, Abdoulaye Daouda Diallo, coordonnateur du programme de modernisation de Médina Gounass et du Daaka. Cette visite s’inscrit dans le cadre de l’exécution des travaux de ce vaste programme, informe un communiqué. Le lancement de la première phase qui va coûter 5.362.731.549 FCfa est prévu le 20 décembre prochain.

A cette occasion, les plans des travaux ont été présentés au Khalife par Mme Diouf, architecte du Palais. Le Khalife, lit-on dans le document, a exprimé « toute sa satisfaction » sur le programme. Il a cependant souhaité que « l’esplanade de la Mosquée de Médina Gounass ainsi que la grande place du Daaka ne soient pas touchés pour garder cet aspect religieux de ces sites ». Toutefois, le Khalife a accepté la réalisation de la voirie intérieure de Médina Gouanss et du « Daaka », la mise en place d’un réseau de drainage des eaux pluviales, l’éclairage public de la ville de Médina Gounass et du « Daaka », les aménagements urbains dans la ville de Médina Gounass et la construction des pistes de désenclavement. Ce qui permettra de doter la ville religieuse d’infrastructures de transport et d’assainissement et de faciliter l’accès aux villages environnants, l’évacuation des malades et l’accès aux services sociaux de base. Le Khalife a alors prié pour le ministre, le président de la République « qui est en train de tenir sa promesse » et tout le Sénégal. Ensuite, le ministre Abdoulaye Daouda Diallo s’est rendu sur le site du « Daaka » avec les représentants du Khalife et tous les acteurs engagés dans ces travaux pour visiter les lieux.

Trois volets essentiels dans la première phase
Le programme, dont la première phase va coûter 5.362.731.549 FCfa, est composé de trois volets : la voirie de Médina Gounass avec un linéaire de total de 36 km de route bitumée avec assainissement et éclairage public, les tronçons reliant Médina Gounass aux autres localités pour un linéaire total de 92 km dont 28 km à bitumer et la modernisation du « Daaka » pour 1,071 km de voirie bitumée et 7.500 m2 de plateforme. Le lancement officiel des travaux est prévu le 20 décembre prochain.

Auparavant, le ministre a promis de regrouper tous les services de l’Etat concernés par les travaux pour les derniers réglages afin de livrer les gros œuvres avant la prochaine commémoration du retrait spirituel du Khalife général de Médina Gounass communément appelé le « Daaka ». A noter que le ministre était accompagné de Ibrahima Ndiaye, directeur général de l’Ageroute, de Pape Modou Ndiaye, administrateur du Fera, de Mme Diouf, architecte du Palais, et de quelques élus locaux de la localité.

Pape D. SIDIBE

La brigade maritime de la douane de Joal a effectué, jeudi, vers les coups de 20 heures, une importante saisie de stupéfiants. Les hommes du lieutenant Jean Émile Diatta qui effectuaient une opération de ratissage à Ban Rouge, à côté de l’île aux oiseaux, ont appréhendé une pirogue qui avait à son bord 17 ballots de chanvre indien, soit 500 kg.

La prise est évaluée à un peu plus de 30 millions de FCfa. Les soldats de l’économie ont également mis le grappin sur un homme trouvé à bord de l‘embarcation et qu’ils ont mis à la disposition de la justice. Pour le lieutenant Diatta, c’est la plus grosse prise effectuée par la brigade maritime depuis le début de l’année 2017. De mars à aujourd’hui, a fait savoir le chef de la brigade, plus d’une tonne de chanvre à été saisie par la brigade des douanes.

S. O. FALL

La route a encore tué lors d’un accident survenu, hier, à hauteur du croisement de Barkédji, un village situé à 30 km de Linguère.

Une voiture 4x4 de marque Suzuki, immatriculé DK-6074 /AC, en partance de Dakar pour rallier Matam, a fait un dérapage suivi d’un reversement sur la route nationale N3.
Le chauffeur qui roulait à vive allure a perdu le contrôle du volant. Le bilan est lourd : un mort et trois blessés légers. La victime, Fatoumata Sow, 60 ans, est native de Galoya, dans le département de Podor, région de Matam. Le corps sans vie est à la morgue de l’hôpital Maguette Lô, où les blessés reçoivent des soins intensifs. Les gendarmes ont ouvert une enquête.

Masse NDIAYE

Guy Ryder, directeur général de l’Organisation internationale du travail (Oit), va effectuer une visite officielle au Sénégal du 10 au 12 décembre 2017.

Au cours de son séjour à Dakar, informe un communiqué du ministère du Travail, du Dialogue social, des Organisations professionnelles et des Relations avec les Institutions, M. Ryder s’entretiendra avec le Premier ministre Mahammed Boun Abdallah Dionne, les ministres chargés du Travail, de l’Emploi et de la Formation professionnelle. L’hôte du Sénégal sera également reçu par les partenaires sociaux (Organisations d’employeurs et Organisations de travailleurs), de même que l’Equipe pays du Système des Nations Unies, ajoute le communiqué. Cette première visite au Sénégal du Dg de l’Oit sera l’occasion d’échanger avec l’ensemble des acteurs : Etat, patronat et syndicats sur les questions d’actualité du monde du travail, informe la source. Ces questions qui seront abordées sont, entre autres, l’emploi décent pour les jeunes et les femmes, la migration de travail et la protection des travailleurs migrants, l’extension de la protection sociale, la formalisation de l’économie informelle, les crises et le dialogue social, le respect des normes internationales du travail. Au cours de son séjour à Dakar, Guy Ryder va présenter ses 7 initiatives pour le centenaire de l’Oit qui sera célébré en 2019.

A. N. NDIAYE

Face aux multiples menaces qui secouent la planète, le Mouvement contre les armes légères en Afrique de l’Ouest (Malao) appelle au renforcement de la coopération entre les forces de défense et de sécurité et les civils pour mettre le Sénégal hors d’atteinte de ces crises déstabilisatrices.

Le Mouvement contre les armes légères en Afrique de l’Ouest (Malao), en partenariat avec la Fondation Konrad Adenauer, a organisé, hier, au Cercle mess des Officiers, une journée de réflexion sur « les relations entre les forces de défense et de sécurité et les civils : une réponse aux nouvelles menaces sécuritaires ». Face aux multiformes vagues d’instabilité qui secouent le monde : menaces terroristes, conflits interethniques, irrédentisme, intolérance, fanatisme, extrémisme violent, etc., les forces de défense et de sécurité ne doivent plus être les seules sur le terrain de la sécurité. Aussi, les populations ne doivent pas être en reste. Ainsi faut-il un échange entre les forces de défense et de sécurité et les civils.

Selon le Professeur Amsatou Sow Sidibé, qui a fait la présentation du premier panel sur « le concept de Nation : approche juridique : Etat/Nation », les relations entre les forces de défense et les personnes civiles doivent davantage être renforcées. « Depuis l’indépendance, l’armée sénégalaise a assuré la sécurité et l’intégrité du territoire national, les valeurs républicaines. Elle a, depuis plus de trente ans, été en Casamance pour le maintien de l’ordre et de la paix », rappelle Mme Sidibé. Cependant, précise le Professeur à la Faculté des Sciences juridiques et politiques de l’Ucad, dans le contexte actuel où « les crises sont multiples et déstabilisatrices » : violences atroces dans les quartiers, menaces terroristes, violences politiques, trafics humains, cybercriminalité, la « redéfinition des forces de défense et de sécurité s’impose ». Pour elle, les populations ont le devoir de collaborer avec les forces de défense et de sécurité pour faire face aux crises actuelles. « L’heure est à la sécurité inclusive. Seule l’union fera la force pour faire face aux multiples défis sécuritaires qui font face », conseille le Pr Amsatou Sow Sidibé. Même si les menaces existent et que des pays sont fortement touchés, le Sénégal reste encore un « îlot de paix ». C’est pourquoi le représentant-résident de la Fondation Konrad Adenauer, Thomas Volk, a salué la « bonne cohabitation » qui existe au Sénégal entre les différents groupes ethniques, religieux et culturels. Bien que le Sénégal soit un pays stable, il n’est pas exclu, d’après M. Volk, qu’il soit victime de ces multiples menaces.

Pour cela, il invite tous les acteurs à toujours échanger sur les questions sécuritaires pour prévenir la radicalisation au Sénégal.
Cette prévention, selon le président du Conseil d’administration du Malao, Cheikh Tidiane Diop, doit passer par « la formation, la conscientisation, l’éducation et la mobilisation ». « De telles initiatives pourraient promouvoir la culture de la non-violence sur les gens pour une culture de paix », insiste-t-il avant d’ajouter que « les multiples vagues d’instabilité dans le monde n’épargnent aucun pays ».

Aliou Ngamby NDIAYE

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