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Société & Faits divers (3085)

La Légion de gendarmerie d’intervention (Lgi) que nous présentons cette semaine est l’une des fiertés de la Gendarmerie nationale. Unité de réserve générale, la Lgi poursuit des objectifs de maintien et de rétablissement de l’ordre tout en assurant des missions de police judiciaire. Très engagée dans la protection de certaines infrastructures vitales et du chef de l’Etat dans ses sorties à Dakar comme à l’intérieur du pays, la Lgi s’est aussi illustrée sur des théâtres extérieurs.

Assurer le maintien et le rétablissement de l’ordre sur toute l’étendue du territoire de la République et renforcer la Gendarmerie territoriale dans l’accomplissement de ses missions de police judiciaire et de police administrative sont, entre autres, les missions assignées à la Légion de Gendarmerie d’Intervention (Lgi). Unité de réserve générale (Urg), la Lgi est une « force capitale mise à la disposition du Président de la République et confère au Haut commandant de la Gendarmerie un poids militaire important». Mais surtout une fierté nationale. Elle est constituée de deux groupements composés chacun de trois escadrons. Le colonel Amadou Ousmane Bâ commande la Lgi depuis le 18 juillet 2016.

Très engagée et souvent déployée sur de nombreux théâtres sur le territoire national, la Lgi mène, en effet, plus de «80% de ses activités aujourd’hui, en renfort à la Gendarmerie territoriale».

Elle peut participer également aux opérations militaires aux côtés des formations des armées dans le cadre de la défense opérationnelle du territoire. « Fer de lance de la Gendarmerie nationale », la Légion de Gendarmerie d’Intervention a été créée par le décret 76-778 du 22 juillet 1976. Elle est spécialisée au maintien d’ordre et est compétente sur toute l’étendue du territoire national ». Implantée à la caserne général Waly Faye à Mbao et à la caserne Leclerc à Liberté 6, l’Urg est « incontournable dans l’architecture des forces de la gendarmerie ». La Légion de Gendarmerie d’Intervention est également chargée du perfectionnement des jeunes officiers et gendarmes fraîchement sortis d’écoles ainsi que de la formation des gradés de la Gendarmerie mobile. Dans ses missions figure également la protection de certaines autorités et infrastructures publiques sans oublier le rôle essentiel qu’elle joue dans la préparation et la mise en condition des unités de police constituées pour les opérations de maintien de la paix.

La Légion de Gendarmerie d’Intervention a, en permanence, un escadron à Ziguinchor. Elle a aussi participé, dans le passé, à différentes opérations, aux côtés des armées. Il s’agit notamment des opérations Fodé Kaba 2 en Gambie avec la libération de la famille du Président Daouda Diawara en 1981 et Gabou, en Guinée-Bissau, en 1998 et qui a valu au Premier Escadron Blindé une citation à l’ordre des forces armées le 29 juillet 1999.

Le Haut commandement de la Gendarmerie, pour faire face aux nombreuses menaces terroristes en 2016, s’est largement appuyé sur la Lgi pour mettre en place un plan de sécurisation à Dakar avec un dispositif de lutte antiterroriste mis en place dans certains points stratégiques depuis le mois de janvier 2016. Il s’agissait pour l’Urg, « en dehors des services habituels, par un large rideau de surveillance, d’occuper 24h/24 certains carrefours ainsi que des points particuliers avec des gendarmes évoluant en binôme et prêts à intervenir en cas de menace ».

Dispositif antiterroriste
Aussi, depuis le début du mois de janvier 2017, un deuxième élément de surveillance et d’intervention constitué de trois patrouilles sur véhicule est aussi engagé pour renforcer le premier dispositif. Ces patrouilles sillonnent, de jour comme de nuit, les secteurs allant de la baie de Mermoz au Rond-point Philip Maguilène Senghor à Yoff en passant par les Almadies.

Ces patrouilles de la Lgi assurent, en cas d’attaque terroriste, la primo intervention qui consiste à prendre en compte la menace dès les premiers instants. Cette étape importante de l’intervention permet de boucler la zone concernée, de secourir les blessés éventuels et de contrer toute tentative de tuerie de masse en attendant l’arrivée des unités spécialisées tel que le Groupement d’intervention de gendarmerie nationale (Gign). Les patrouilles constituent une force intermédiaire entre le Gign et les brigades territoriales.

Le quotidien des gendarmes de la Lgi est aussi rythmé, au-delà du dispositif antiterroriste qui est nouveau, par d’autres activités. Il s’agit principalement de la sécurisation des déplacements du Président de la République à Dakar comme à l’intérieur du pays et de la lutte contre le trafic de bois.

La dernière grande intervention de la Lgi remonte à l’affaire de Boffa Bayotte en zone sud où elle s’est encore illustrée en participant activement à l’interpellation des présumés auteurs de la tuerie de Boffa le 06 janvier 2018 aux côtés des militaires de la Légion sud, de la Section de Recherche et du Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale.

Ibrahima Khaliloullah NDIAYE

Le parquet a requis, hier, 2 ans ferme contre le maire de Mermoz Sacré-Cœur, Barthélémy Dias, poursuivi pour outrage à magistrat et provocation à un attroupement non armé.

Le procès s’est ouvert par une bataille de procédure. La défense a soulevé plusieurs vices de forme et demandé la nullité du procès-verbal en se fondant sur l’article 155 du Code de procédure pénale.  «La violation des droits de la défense est manifeste parce que les avocats n’ont pas été informés de la nature  des infractions retenues contre Barthélémy Dias à la section de recherches», a dit Me Mamadou Ndiaye. Et la violation des dispositions de cet article, dit Me Ndiaye, entraîne «l’annulation » de toute la procédure. Mieux, la défense a soutenu que les faits d’outrage prévus dans l’article 198 du Code de procédure pénale ne peuvent être évoqués dans le cas Barthélemy Dias. «Toutes ces violations nous emmènent à vous demander d’annuler la procédure et de laisser notre client partir», a plaidé Me Ousseynou Fall. Le parquet ne l’a pas entendu de cette oreille. Le procureur est formel : tous les faits reprochés à Barthélémy Dias sont établis. «Le prévenu a jeté le discrédit sur une institution de la République. Tous les magistrats se sont sentis atteints dans leur dignité et leur honneur», a dit le procureur pour qui il ne peut y avoir d’incertitudes ou d’amalgames pour le délit d’outrage à magistrat. «Les déclarations de Barthélémy Dias ont éclaboussé tout le monde», s’est insurgé le procureur. En donnant son avis sur une décision de justice, le maire de Mermoz Sacré-Cœur, selon le procureur, a «du même coup  jeté le discrédit» sur la justice. «Et si la justice est le dernier rempart comme le dit bien la défense, sa dignité et son honneur doivent préservés», a soutenu le procureur. Sur l’appel de Barthélémy Dias pour descendre dans la rue, le parquet a fait savoir « qu’il y a bel et bien » une invitation de nature à troubler l’ordre public. «La jouissance d’un droit est assujettie à des limites. Voilà pourquoi je demande au tribunal d’exaucer le vœu de Barthélémy Dias qui veut rejoindre Khalifa Sall en prison», a insisté le procureur. Il a retenu contre le maire de Mermoz Sacré-Cœur les délits d’outrage à des magistrats de l’ordre judiciaire dans l’exercice de leur fonction et discrédit sur une décision de juridictionnelle dans des conditions de nature à porter atteinte à l’autorité de la justice. Et pour ces deux infractions, le ministère public a requis 2 ans d’emprisonnement ferme contre Barthélémy Dias. Verdict le 17 avril 2018.

«J’ai juste exercé un droit constitutionnel»
Devant le tribunal, Barthélémy Dias a nié les faits d’outrage à magistrat et de provocation à un attroupement non armé qui lui sont reprochés. Mon seul tort, dit-il, est d’avoir exercé un droit constitutionnel. Ce n’est pas l’affaire Khalifa Sall qui était rejugée. Mais c’était tout comme. Et Me El hadji Diouf l’a dit et répété : le procès du maire de Dakar est intimement lié au dossier Barthélémy Dias. «S’il n y avait pas ce verdict injuste, rejeté par tout le peuple sénégalais, rendu dans l’affaire Khalifa Sall, Barthélémy ne serait pas devant vous», a dit Me Diouf s’adressant au tribunal.

Le juge Yakham Keïta venait juste d’interrompre le maire de Mermoz Sacré-Cœur, lui demandant de rester dans le cadre de son procès. «L’affaire Khalifa Sall n’a rien à voir avec le procès. S’ils vous plaît, ne sortez pas du cadre», a intimé le juge Keïta. Mais c’était méconnaître Barthélémy Dias. «J’ai dit ce que j’ai dit par amitié et par devoir. Encore une fois, je n’ai fait qu’exercer un droit constitutionnel en donnant mon opinion sur le verdict injuste et lâche rendu dans l’affaire Khalifa Sall. J’assume mes propos», a réaffirmé le maire de Mermoz Sacré-Cœur. Et quand le président du tribunal lui a demandé s’il reconnaissait les faits d’outrage à magistrat et de provocation à un attroupement non armé et non suivi d’effet, Barthélémy Dias a tout simplement répondu par la négative. «Non, je ne reconnais pas les faits. Mais je sais pourquoi je suis ici, c’est pour une raison politique», dit-il, en insistant : «Loin de moi l’idée de faire mal, de nuire quelqu’un ou de vouloir s’attaquer à une corporation. J’ai tout simplement usé d’un droit pour partager un sentiment d’amertume, de dégoût et de désolation». Devant le tribunal, Barthélémy Dia a parlé de «cabale et de complot» politiques et soutenu n’avoir jamais insulté les magistrats. «J’ai parlé d’une certaine magistrature qui s’est aplatie. Mes propos doivent être vus comme une alerte. Je veux juste  que ces magistrats qui ont trahi leur serment se ressaisissent et comprennent que nous avons encore espoir en cette justice», a souligné le maire de Mermoz Sacré-Cœur. Sur l’accusation portant provocation directe d’un attroupement non armé, Barthélémy Dias a persisté qu’il n’a pas appelé à descendre dans la rue pour renverser le régime de Macky Sall. «Je suis un républicain. Je crois aux valeurs de la démocratie.

Par conséquent, je n’appellerai jamais à descendre dans la rue pour renverser un régime démocratiquement élu», a rappelé Barthélémy Dias, qui a toutefois reconnu avoir demandé au peuple de descendre dans la rue pour, dit-il, faire reculer le régime actuel qui «foule quotidiennement au pied» les fondamentaux de la république. «Je suis un homme politique. Je refuse de me taire. Comme le juge Hamidou Dème qui a sacrifié sa carrière, je souhaite faire don de ma liberté pour le triomphe de la démocratie», a soutenu Barthélémy Dias.

Abdoulaye DIALLO

La promotion des relations pacifiques entre Etats membres, la coordination des efforts pour éradiquer certains fléaux, le renforcement des échanges d’ordre professionnel sont, entre autres, les objectifs de l’Organisation des gendarmeries africaines (Oga). Pour le patron de la gendarmerie sénégalaise, le général Meissa Niang, l’Oga doit, 15 ans après sa création, conjurer et circonscrire la menace terroriste.

La rencontre de l’Oga en terre sénégalaise ne traduit pas une anodine réunion au siège de l’institution portée sur les fonts baptismaux en 2003. Elle doit surtout creuser les sillons de « l’impérative coopération si l’on veut conjurer et circonscrire la menace terroriste », selon le général de corps d’armée, Meissa Niang, Haut commandant de la gendarmerie et directeur de la justice militaire. Et pour qu’elle soit efficiente, le patron de la gendarmerie veut que cette coopération soit soutenue par une stratégie commune pour faire face aux « défis inédits qui, s’ils ne sont pas combattus de façon engagée et solidaire, risquent d’affecter durablement la sécurité de nos Etats ».

« L’amélioration constante des mécanismes de lutte, le renforcement des capacités de prévention et d’anticipation dont le cœur demeure le partage systématique et intelligent du renseignement, doivent constituer les maîtres-mots de cette coopération », a souligné le Haut commandant de la gendarmerie sénégalaise qui a regretté « l’avance des terroristes sur les forces nationales de défense et de sécurité qui ne réagissent souvent qu’après coup ». Il s’est ensuite réjoui de la création de l’Oga qui regroupe 12 pays (Algérie, Burkina-Faso, Bénin, Côte d’Ivoire, Djibouti, Gabon, Guinée, Madagascar, Mali, Niger, Sénégal, Togo).

« Force de continuum et instrument de la puissance régalienne de l’Etat, la gendarmerie sénégalaise, du fait de sa transversalité, occupe une place centrale dans la stratégie nationale de lutte contre l’insécurité et le terrorisme en particulier », a rappelé le général Niang dont l’institution se doit de « répondre aux défis sécuritaires de plus en plus complexes et variés, d’adapter en permanence ses moyens et méthodes à l’évolution de la menace ». Il a manifesté sa gratitude à la gendarmerie française pour son soutien multiforme et remercié la Jandarma turque et à la gendarmerie royale marocaine pour les « actions de formation offertes ».

I. K. NDIAYE

Les commandants, chefs d’état-major et directeurs généraux des gendarmeries africaines membres de l’Oga se sont engagés dans une Déclaration finale à «mettre en œuvre dans les meilleurs délais le protocole d’accord en matière de coopération technique et opérationnelle». Cet engagement s’inscrit dans la logique d’entrer dans la «phase active de la coopération entre les pays membres de l’Oga suivant les modalités de mise en œuvre définies dans ledit protocole» adopté en novembre 2015 lors de la quatrième Conférence de l’Organisation des gendarmeries africaines.

Ils ont également souscrit en la «possibilité de développement d’une page Web en accès restreint consacrée au recueil des bases de données techniques, notamment sur les profils des personnes liées à ces actes ainsi que l’intérêt des informations qu’elle pourrait contenir pour les enquêteurs». Pour être efficaces, les gendarmeries africaines ont aussi convenu de la mise en place d’un «réseau des officiers de contact qui fera partie intégrante de la solution à apporter au problème de la lutte contre le terrorisme et l’insécurité transfrontalière».

I. K. NDIAYE

Le ministre de la Jeunesse Pape Gorgui Ndong a visité, avant-hier, le camp inter mouvements à l’école Julien Aymard à la Médina et les activités de couture, de coiffure et d’art culinaire à l’Enfefs dans le cadre de la semaine nationale de la jeunesse.

Le ministre de la Jeunesse a été accueilli, ce mardi, à l’entrée de l’Ecole nationale de formation en économie familiale et sociale (Enfefs) par des jeunes filles aux têtes bien coiffées. Quatorze (14) filles y représentaient, chacune, une région du Sénégal. Dans le cadre de la semaine nationale de la jeunesse, le ministre Pape Gorgui Ndong a visité les activités en cours dans cet institut de formation. Les jeunes y ont rivalisé d’ingéniosité entre la coiffure, la couture et l’art culinaire. Dans une salle juste à l’entrée du grand bâtiment, sont exposés les menus. Ici, le consommer local est en vogue.

Toutes les régions, ou presque, ont exposé leurs plats traditionnels. Le « ngourbane » pour la région de Fatick, le « gneleng » à la viande pour Diourbel, le « gneleng » à la sauce d’arachide pour Kaffrine, le « diouka » pour Kédougou, le « fiteuf » pour Ziguinchor, etc. Le ministre de la Jeunesse a invité les jeunes à promouvoir le consommer local. Selon lui, nous devons manger ce que nous cultivons pour que cela soit bénéfique à l’économie nationale. Après l’Enfefs, Pape Gorgui Ndong s’est rendu à l’école Julien Aymard de la Médina où l’on a ouvert le camp inter-mouvements. Plusieurs adolescents issus des différents mouvements de jeunesse du Sénégal se sont retrouvés dans cette école.

Pendant toute la durée de la semaine nationale de la jeunesse, les pensionnaires du camp inter-mouvements vont apprendre les notions de civisme et de citoyenneté à travers des débats, des exposés, de conférences, des sorties. Selon leur porte-parole Melle Aïcha Camara, les campeurs sont bien logés et bien nourris. Toutefois, elle a invité le ministre de la Jeunesse Pape Gorgui Ndong à « restituer le camp inter-mouvements qui tend à disparaître ». Selon elle, le budget du camp inter-mouvements « est très réduit » alors qu’il constitue un bon lieu pour inculquer aux jeunes les notions de civisme. Melle Aïcha Camara a demandé au ministre d’intégrer le camp inter-mouvements dans tous les projets futurs de la jeunesse. « Je vous ai bien entendus. Vous avez aujourd’hui un ministre de toutes les jeunesses du Sénégal. Je vais rendre à la jeunesse ce qui appartient à la jeunesse. C’est avec vous et par vous que nous allons mettre en œuvre la mission qui nous est assignée », a répondu Pape Gorgui Ndong à l’interpellation des campeurs. Le ministre a, par ailleurs, promis une augmentation des moyens d’intervention pour plus d’efficacité dans les actions. « Beaucoup d’efforts ont été faits. Nous avons bien pris note et d’ici peu de temps toute la stratégie va être développée pour mieux accompagner cette jeunesse », a-t-il déclaré. Toutefois, il a invité la jeunesse à « se référer à l’esprit hautement citoyen de ces mouvements pour refléter le modèle du type de Sénégalais que nous voulons avoir pour accompagner toutes les dynamiques de développement ».

Aliou Ngamby NDIAYE

Le maire de Mermoz Sacré-Cœur sera jugé, demain, en procédure de flagrant délit pour outrage à magistrat et incitation à l’insurrection.

Barthélémy Dias sera fixé sur son sort demain devant le tribunal des flagrants délits de Dakar. Le maire de Mermoz Sacré-Cœur a été placé en garde à vue vendredi dernier, après son arrestation devant les locaux de nos confrères de Dakaractu. Barthélémy Dias, très déçu par le verdit sur l’affaire de la Caisse d’avance, venait de réagir violemment à la condamnation de Khalifa Sall, dénonçant une justice aux ordres, instrumentalisée par l’Exécutif dans l’unique but d’empêcher le maire de Dakar de se présenter à la présidentielle de 2019.

«Il y a, dans la magistrature, des prostitués qui ont accepté de baisser le pantalon pour assouvir les désirs de l’Exécutif », avait précisément dit le maire de Mermoz Sacré-Cœur. Quelques minutes avant, Barthélémy Dias, qui intervenait sur la Rfm (Radio privée), avait aussi qualifié la justice sénégalaise de «justice de merde». Propos «insultants», selon l’Union des magistrats du Sénégal (Ums) qui a immédiatement réagi dans un communiqué rendu public. « A la suite du prononcé du verdict dans l’affaire Khalifa Sall, Barthélemy Dias a tenu des propos insultants à l’endroit des magistrats en charge du dossier. De tels propos constituent une atteinte intolérable à l’honorabilité des magistrats concernés et, au-delà, à la dignité de la justice tout entière », a soutenu l’Ums qui s’est dit « choquée » par de tels propos. Donc, c’est sans surprise que Barthélémy Dias, qui a passé trois jours de garde à vue à la Section de recherches (Sr) de la gendarmerie, a été placé sous mandat de dépôt le mardi 3 avril, avant d’être conduit à la prison de Rebeuss où séjourne son mentor Khalifa Sall. Le maire de Mermoz Sacré-Cœur a été inculpé pour outrage à magistrat et incitation à l’insurrection. Le procureur n’ayant pas retenu l’offense au chef de l’Etat. La défense parle d’accusations « infondées », accusant le régime en place « de vouloir encore neutraliser » un adversaire politique. «L’incitation à l’insurrection, c’est ridicule. Un homme politique qui demande aux populations de se mobiliser pour rejeter une décision ou pour dénoncer le comportement du gouvernement, c’est ça son rôle. Si un homme politique ne peut plus demander aux populations de se mobiliser, il doit rester chez lui et dormir », a dit Me El Hadji Diouf.

Son confrère Me Ousseynou Fall est du même avis. « Ce qui se passe dans ce pays est inacceptable. Barthélémy Dias n’a insulté personne. Aucun magistrat n’a porté plainte. Ça va vraiment dans tous les sens », a dit Me Fall, visiblement très déçu par la tournure des événements. Toujours est-il que Barthélémy Dias sera jugé demain en procédure de flagrant délit. La défense a déjà fait savoir qu’elle va plaider la « relaxe pure et simple » du maire de Mermoz Sacré-Cœur.

Abdoulaye DIALLO

La ville de Pikine va abriter une fois de plus, le samedi 7 avril 2018, la conférence annuelle du mouvement de la jeunesse khadriya dirigée par Cherif Bakhaïda Aïdara. Cette année, le thème choisi porte sur « l’héritage de Cheikhna Cheikh Saad Bouh, 100 ans après ». Ce sera une occasion de formuler des prières pour des élections calmes et apaisées au Sénégal en 2019.

« L’enseignement et l’œuvre de Cheikhna Cheikh Saad Bouh sont immenses mais nous voulons faire un focus sur sa grande prière pour le Sénégal sa deuxième patrie après la Mauritanie », a justifié Cherif Bakhaïda Aïdara, responsable moral du mouvement de la jeunesse khadriya. Il faut rappeler que certes Cheikhna Cheikh Saad Bouh a vu le jour en terre mauritanienne, mais il a une très vaste influence à travers le Sénégal avec plusieurs milliers de fidèles et des centaines de Cheikhs (lieutenants). Cheikhna Cheikh Saad Bouh avait fait une prédiction et une prière qui se sont matérialisées aujourd’hui. D’abord, il avait fait une prière mémorable pour le Sénégal en demandant au Bon Dieu de « bénir la terre sénégalaise et son peuple ». Cheikhna Cheikh Saad Bouh avait aussi annoncé que lorsqu’il fera cent ans sous terre, de nombreuses merveilles se répandront sur ces deux pays.

Cherif Bakhaïda Aïdara pense que les récentes découvertes de gaz entre le Sénégal et la Mauritanie en sont le parfaire illustration. C’est pourquoi, le responsable moral du mouvement de la jeunesse khadriya a décidé de consacrer une bonne partie de cette journée à des séances de prières de grâce mais aussi pour implorer le Bon Dieu afin que le Sénégal et la Mauritanie puissent faire profiter à leurs populations ces ressources gazières.

Cherif Bakhaïda Aïdara et ses fidèles comptent aussi faire des prières pour que les prochaines élections présidentielles et locales prévues en 2019 se fassent Sénégal dans la paix, la sérénité et la calme. Son plus grand souhait, c’est ces élections soient les plus belles de l’histoire du pays que les gens aillent voter dans la calme, la discipline sans bagarre. Cette journée verra aussi de nombreuses séances de récital du saint Coran.

Mbaye Sarr DIAKHATE

Le président de la République, Macky Sall, a invité l’Organisation des gendarmeries africaines (Oga) à mettre en œuvre une stratégie d’action basée sur une approche globale pour lutter contre le terrorisme. C’était lors de la cinquième conférence de ladite organisation tenue à Dakar où les participants se sont penchés sur plusieurs thématiques.

«La lutte contre le terrorisme est, sans doute, le plus grand défi de notre génération et celui de nos Etats en ce début de 21ème siècle ». La conviction est du chef de l’Etat sénégalais Macky Sall, qui a présidé l’ouverture de la cinquième conférence de l’Organisation des gendarmeries africaines (Oga) à Dakar. Face à ce qu’il a assimilé à une «idéologie du chaos», il a prôné une «coopération entre forces de défense et de sécurité, singulièrement entre les gendarmeries africaines». Une coopération d’une «impérieuse nécessité pour lutter efficacement contre le terrorisme et contrer ses velléités d’expansion».

Selon lui, le caractère «complexe et mouvant» de la menace montre combien elle peut changer de front et adapter ses modes d’action. Une situation qui demande «une stratégie pertinente au niveau de chaque Etat, mais surtout une stratégie d’action au niveau régional, voire continental, se fondant sur une approche globale», a indiqué le président Sall, qui a ajouté que «la menace constituée par le terrorisme et le radicalisme doivent sonner une «mobilisation sans précédent des forces de gendarmerie déjà très présentes aux frontières à côté des autres formations policières».

Abordant le thème « La lutte contre le terrorisme : quelles stratégies pour les gendarmeries africaines ? », le chef de l’Etat a retenu sa « problématique complexe et centrale dans le contexte sécuritaire du continent ». Et selon lui, la propagation de la menace terroriste ainsi que toutes les autres menaces asymétriques connexes constituent un défi majeur à relever par nos Etats et singulièrement par nos forces de défense et de sécurité. En effet, l’ampleur de la menace doit amener es acteurs engagés dans sa lutte à «s’interroger sur les stratégies de riposte et sur l’efficacité des efforts de coopération en vue d’éradiquer définitivement ce fléau qui fragilise dangereusement l’équilibre et la stabilité de nos Etats démocratiques», a-t-il soutenu.

Le caractère poreux des frontières
Oga ReunionDisséquant la menace terroriste sur ses aspects protéiformes et ses multiples modes opératoires, Macky Sall a fait le constat de la « longueur d’avance » dont disposent les terroristes, ces individus nourris à la sève de nos traditions les plus profondes, de parents, de voisins, de personnes et qui évoluent dans nos communautés et peuvent s’y mouvoir facilement sans attirer une grande attention ». Le caractère poreux des frontières, tout en facilitant la volatilité de l’ennemi, agit au Sahel dans le sens de laisser une manœuvre aux terroristes pour se mouvoir dans des «espaces très vastes comprenant plusieurs pays».

Loin d’être nationale ou locale, la menace épouse les contours de la région, voire du continent. « Du fait des efforts conjugués de la coalition internationale, Daech, Al-Qaïda et leurs succursales sont en train de reculer dans leurs bastions en Syrie, en Irak et au Sahel. Ce déclin du mouvement djihadiste crée un appel d’air dont la conséquence est le retour des combattants nationaux dans leurs pays d’origine, dans nos Etats », a laissé entendre le président Sall, qui a exhorté les commandants et directeurs des gendarmeries africaines et pays partenaires à une réévaluation des « forces et faiblesses » dans la perspective de «l’analyse critique de nos stratégies de lutte contre le terrorisme».

Le renseignement, un levier d’action fondamental
Aussi a-t-il appelé à envisager les « connexions entre terrorisme et la grande criminalité » puisque la menace terroriste ne « se déploie pas de manière solitaire ». Elle serait, selon plusieurs études, en « articulation avec plusieurs types de menaces dont celles liées aux divers trafics illicites, à la drogue, à la traite de personnes, etc. ». Donc, la quête de nouvelles stratégies devra se faire par une association d’autres acteurs, notamment les populations, en particulier les jeunes et les femmes qui sont les principales victimes des actions terroristes sur le terrain.

Le président Sall a réitéré la volonté de son gouvernement de coopérer avec les pays amis et ceux partageant le même espace régional car « les menaces asymétriques sont transfrontalières et leurs réseaux ont des connexions mondiales ». Ainsi, le renseignement a été érigé au rang d’un « levier d’action fondamental afin de mieux connaître l’adversaire et d’anticiper ses faits et gestes ». Louant le « travail remarquable » de ses services, Macky Sall a indiqué que « l’Etat a mis en place une délégation nationale chargée de mettre en œuvre les instruments fusionnant le renseignement de toutes les sources et de stimuler leur exploitation sous une impulsion unique et forte ».

« Ces efforts sont complétés et renforcés par le dynamisme du renseignement territorial et par la création depuis février 2016 du Cadre d’intervention et de coordination interministériel des opérations de lutte anti-terroristes (Cico). C’est un dispositif interministériel de coordination et de veille stratégique de lutte contre le terrorisme dont l’objectif est de éviter les lacunes et les cloisonnements », a expliqué le président Sall, qui a appelé les forces de gendarmeries africaines et alliées à « poursuivre une coopération resserrée afin de prévenir, de détecter à un stade précoce les indices de la radicalisation terroriste et de gestation des phénomènes criminels graves ».

Ibrahima Khaliloullah NDIAYE

GENERAL MEISSA NIANG, PATRON DE LA GENDARMERIE : « IL NOUS FAUT CIRCONSCRIRE LA MENACE TERRORISTE »
Gal M NiangLa promotion des relations pacifiques entre Etats membres, la coordination des efforts pour éradiquer certains fléaux, le renforcement des échanges d’ordre professionnel sont, entre autres, les objectifs de l’Oga. Pour le patron de la gendarmerie sénégalaise, le général Meissa Niang, l’Oga doit, 15 ans après sa création, conjurer et circonscrire la menace terroriste.

La rencontre de l’Oga en terre sénégalaise ne traduit pas une anodine réunion au siège de l’institution portée sur les fonts baptismaux en 2003. Elle doit surtout creuser les sillons de « l’impérative coopération si l’on veut conjurer et circonscrire la menace terroriste », selon le général de corps d’armée, Meissa Niang, Haut commandant de la gendarmerie et directeur de la justice militaire. Et pour qu’elle soit efficiente, le patron de la gendarmerie veut que cette coopération soit soutenue par une stratégie commune pour faire face aux « défis inédits qui, s’ils ne sont pas combattus de façon engagée et solidaire, risquent d’affecter durablement la sécurité de nos Etats ».

« L’amélioration constante des mécanismes de lutte, le renforcement des capacités de prévention et d’anticipation dont le cœur demeure le partage systématique et intelligent du renseignement, doivent constituer les maîtres-mots de cette coopération », a souligné le Haut commandant de la gendarmerie sénégalaise qui a regretté « l’avance des terroristes sur les forces nationales de défense et de sécurité qui ne réagissent souvent qu’après coup ». Il s’est ensuite réjoui de la création de l’Oga qui regroupe 12 pays (Algérie, Burkina-Faso, Bénin, Côte d’Ivoire, Djibouti, Gabon, Guinée, Madagascar, Mali, Niger, Sénégal, Togo).

« Force de continuum et instrument de la puissance régalienne de l’Etat, la gendarmerie sénégalaise, du fait de sa transversalité, occupe une place centrale dans la stratégie nationale de lutte contre l’insécurité et le terrorisme en particulier », a rappelé le général Niang dont l’institution se doit de « répondre aux défis sécuritaires de plus en plus complexes et variés, d’adapter en permanence ses moyens et méthodes à l’évolution de la menace ». Il a manifesté sa gratitude à la gendarmerie française pour son soutien multiforme et remercié la Jandarma turque et à la gendarmerie royale marocaine pour les « actions de formation offertes ».

I. K. NDIAYE

DECLARATION FINALE DE L’OGA : POUR LA PHASE ACTIVE DE LA COOPÉRATION
Les commandants, chefs d’état-major et directeurs généraux des gendarmeries africaines membres de l’Oga se sont engagés dans une Déclaration finale à «mettre en œuvre dans les meilleurs délais le protocole d’accord en matière de coopération technique et opérationnelle». Cet engagement s’inscrit dans la logique d’entrer dans la «phase active de la coopération entre les pays membres de l’Oga suivant les modalités de mise en œuvre définies dans ledit protocole» adopté en novembre 2015 lors de la quatrième Conférence de l’Oga.

Ils ont également souscrit en la «possibilité de développement d’une page Web en accès restreint consacrée au recueil des bases de données techniques, notamment sur les profils des personnes liées à ces actes ainsi que l’intérêt des informations qu’elle pourrait contenir pour les enquêteurs». Pour être efficaces, les gendarmeries africaines ont aussi convenu de la mise en place d’un «réseau des officiers de contact qui fera partie intégrante de la solution à apporter au problème de la lutte contre le terrorisme et l’insécurité transfrontalière».

I. K. NDIAYE

Mgr Benjamin Ndiaye a rendu un hommage aux femmes pour leur fidélité et attachement à Jésus-Christ. Les femmes, premiers témoins de la résurrection de Jésus-Christ, sont qualifiées de fidèles parmi les plus fidèles du Christ. Elles ont aussi la mission d’annoncer aux disciples la résurrection du Christ.

Les femmes sont les premières à témoigner de la résurrection. En citant l’Evangéliste Saint Marc, Mgr Benjamin Ndiaye a indiqué que ces trois femmes, Marie Madeleine, Marie mère de Jacques et Salomé, ont été les témoins de la mort de Jésus. L’autorité diocésaine a expliqué qu’au lendemain du « Sabbat », c’est-à-dire jour de repos, ces trois femmes s’affairaient à aller embaumer le corps de Jésus-Christ. « Ce sont des femmes en chemin que pas même la mort n’arrête dans leur devoir de fidélité et leur attachement à Jésus. Elles l’avaient suivi durant son ministère, elles l’avaient écouté, elles avaient apprécié ses enseignements et peut être même bénéficié de ses miracles », a raconté Mgr Ndiaye. Selon le prélat, la démarche matinale de ces trois femmes témoigne toute leur détermination malgré le traumatisme de la mort atroce de leur « bien aimé ».

D’après l’évangéliste Saint Marc, Jésus avait annoncé à trois reprises sa passion et sa résurrection. « Comme habitées par un instinct naturel pour la vie, les trois femmes avancent donc au matin d’un jour nouveau, en direction du tombeau de Jésus. Chemin faisant, avec un sens pratique inné, elles s’interrogent : Qui nous roulera la pierre pour dégager l’entrée du tombeau ? Nous sommes au troisième jour après la mort de Jésus. Nous sommes au lever du soleil ? Autant de questions reposées par l’archevêque de Dakar qui a qualifié ces femmes de fidèles parmi des fidèles au Christ. « En Levant les yeux au ciel, ces trois femmes aperçoivent que la pierre du tombeau qui était pourtant très grande a été roulée. Même si l’évangéliste n’en parle pas, nous pouvons imaginer la précipitation des trois femmes pour arriver sur place. Ce que Saint Marc traduit par un enchaînement subit : à peine s’aperçoivent-elles que la pierre a été roulée qu’elles entrent dans le tombeau.

« Ne soyez pas effrayées ! »
A partir de là, tout bascule : c’est d’abord l’apparition d’un jeune homme vêtu en blanc, qui a tout d’un envoyé céleste », a raconté le père évêque. Mgr Ndiaye, sous le regard des fidèles, a poursuivi le récit pascal en évoquant la surprise des femmes qui sont aussi apeurées et effrayées. Mais, elles sont vite rassurées par le jeune homme vêtu de blanc qui leur dit : « Ne soyez pas effrayées ! Vous cherchez Jésus de Nazareth le Crucifié ? Il est ressuscité : il n’est pas ici. Voici l’endroit où on l’avait déposé. Et maintenant allez dire à ses disciples et à Pierre : Il vous précède en Galilée. Là vous le verrez, comme il vous l’a dit », a renseigné le jeune homme dont les propos sont relatés par l’archevêque de Dakar à l’assistance. Selon Mgr Benjamin Ndiaye, tel est le cœur du message merveilleux que l’évangéliste Saint Marc annonce au peuple chrétien en cette nuit de Pâques, par l’intermédiaire d’un envoyé céleste. « L’essentiel est là : Dieu s’est fait le premier témoin et prédicateur de la résurrection et cette annonce a été faite à des femmes », s’est réjoui Mgr Ndiaye.

« Les femmes ne sont-elles pas au cœur du mystère de la vie ? », s’est interrogé l’archevêque de Dakar avant d’ajouter : « Aussi celles qui ont été témoins de la mort de Jésus de Nazareth, le Crucifié du Golgotha, et qui ont entrepris une démarche matinale pour vénérer son corps, reçoivent-elles maintenant une nouvelle mission : elles doivent annoncer aux disciples et à l’apôtre Pierre que Jésus est ressuscité et leur confirmer le rendez-vous qu’il leur avait donné pour la Galilée (cf Mc 14, 28) ». Comme il arrive souvent dans les récits bibliques de vocations, Mgr Ndiaye a indiqué que les femmes ont eu peur. « Nous aussi, nous pouvons avoir peur de vivre les exigences de notre mission et de notre identité chrétienne », a-t-il reconnu.

E. KALY

L’archevêque de Dakar, Mgr Benjamin Ndiaye, a, dans son homélie pascale, fait un plaidoyer pour la protection de l’environnement. Il s’est appuyé sur le récit de la création, tiré du livre de la Genèse pour sensibiliser les populations sur la sauvegarde de l’environnement, qualifié d’un bien commun. Il est dit dans ce livre que tout ce que Dieu a fait est bon et doit pousser chaque individu à mieux protéger l’environnement et à promouvoir des comportements qui préservent « notre maison commune » comme le dit souvent le pape François. L’archevêque de Dakar a appelé des chrétiens et d’autres croyants à se mobiliser pour la préservation de la nature.

Il a rappelé que les évêques de la Conférence épiscopale du Sénégal, de la Mauritanie, du Cap-Vert et de la Guinée-Bissau ont publié, à l’occasion du carême 2018, un document faisant la promotion et le respect de l’environnement. « Mais que devrait et pourrait encore faire notre Eglise dans la protection de l’environnement ? Au-delà de la recette proposition symbolique de prendre des foulards en lieu et place des rameaux, ne faudrait-il pas plus d’implication de nos communautés dans la protection de l’environnement ? Il faut que l’on arrête dans ce pays de faire du théâtre social en battant les tam-tams pour aller planter deux arbres que l’on n’entretiendra pas. Nous devons travailler à la protection de l’environnement », a lancé le père évêque.

E. KALY

« Tourisme et religion ». Ce sujet a fait l’objet d’un forum dans le village touristique de Ndangane dans la commune de Fimela. A l’initiative du marabout Serigne Sidi Mbacké Ikhlass et du « dahira sahandatou darayni, la rencontre s’est tenue en marge du « Thiant » annuel qu’abrite la localité.

A la cérémonie d’ouverture, le sous-préfet de l’arrondissement de Fimela, Ousmane Baldé, a magnifié cette initiative avant de se réjouir du thème « Tourisme et religion » débattu, pour la première fois, dans une zone touristique comme Ndangane.

La rencontre, comme l’a souligné l’adjoint au maire de Fimela, Moussa Faye, « en plus d’être un prétexte pour renforcer les relations séculaires qui lient les autorités religieuses et les promoteurs touristiques, devrait être une occasion pour les acteurs de réfléchir sur les valeurs culturelles que nous ont léguées nos ancêtres et, au-delà même de ces valeurs, de revisiter les connexions et opportunités géographiques et circonstancielles que la nature nous a offertes pour promouvoir et entretenir les relations de paix et de fraternité qui existent entre les différentes couches sociales du village de Ndangane ».

Une belle carte à jouer car l’idée d’organiser une telle rencontre a été dictée, selon Serigne Modou Mamoune Mbacké de Darou Salam représentant le Khalife général des Mourides, par le constat actuel de pratiques malsaines dans le village, favorisées par les effets pervers du tourisme. « Un danger qui existe bien ici mais qu’il faut savoir maîtriser à travers une démarche participative qui implique toutes les parties prenantes de la société », a-t-il prêché. En effet, face à certains comportements étrangers qui ne répondent pas à nos valeurs et exigences, il faut bien en tirer les conséquences et attirer l’attention sur les dangers. Pour Jeremy Faye, le président de l’antenne locale du syndicat des professionnels du tourisme du Sine Saloum, « le mal est favorisé par la prolifération des bâtisses clandestines qui font office de maisons d’hôtes, la non-déclaration de certains établissements d’accueil de touristes qui servent de terreau pour le tourisme sexuel et le non-respect de la fiche de police dans ces réceptifs où aucune sécurité n’est garantie ».

Actions de sensibilisation
Selon le représentant du Khalife général des Mourides, Serigne Modou Mamoune Mbacké de Darou Salam, « ce forum est une occasion de tirer la sonnette d’alarme pour éviter à Ndangane l’image qu’offre aujourd’hui une certaine station balnéaire où se développent la prostitution, l’alcoolisme, entre autres pratiques que tout bon musulman doit éviter ». Pour le chef religieux, il convient de mener des actions de sensibilisation pour contrecarrer les pervers et autres colporteurs de méfaits. Après avoir relevé que certaines mauvaises pratiques sont liées à la pauvreté et au chômage des jeunes, il a invité les uns et les autres à garder espoir en croyant en Dieu et en acceptant, à travers leurs groupements et associations, de développer des activités génitrices de revenus et ainsi se départir de toute dépendance. Les initiateurs du forum comptent multiplier les actions de sensibilisation à travers les chants religieux, causeries et autres « Thiant » pour mieux capter leurs cibles et les inciter à se départir de ces pratiques interdites à tout bon musulman.

L’inspecteur régional du tourisme Jean Pierre Ndecky avait auparavant fait une communication sur la situation actuelle du tourisme dans la région de Fatick. Il a indiqué que « le secteur intègre l’axe 1 du Plan Sénégal Emergent qui concerne la transformation structurelle de l’économie et la croissance. Quant à la vision du Psddt basée sur la promotion d’un tourisme d’éthique, responsable, compétitif et contribuant durablement à son émergence, elle a fini de faire de la région de Fatick une destination de choix très prisée ».

L’objectif de ce forum était aussi de procéder au diagnostic du tourisme en relevant ses forces et faiblesses, les opportunités, etc., et de proposer des solutions et des recommandations qui pourraient permettre au secteur d’épouser la vision nationale et de jouer pleinement le rôle de moteur de développement économique. Dans le village de Ndangane, on a noté une faible capacité d’hébergement des touristes, le faible niveau de qualification du personnel des structures hôtelières et touristiques, le manque de supports audiovisuels de promotion et les faibles moyens financiers pour promouvoir la destination auprès des marchés émetteurs.

Mohamadou SAGNE

Le Centre culturel Blaise Senghor était, hier, un réel espace d’innovation et de créativité dédié aux projets des jeunes en provenance de toutes les régions du Sénégal.

Quand des jeunes trouvent le courage d’assumer leurs idées, cela donne ce que tout le monde a vu et admiré, hier, au Centre culturel Blaise Senghor : l’émergence d’idées innovantes donnant libre cours à l’imagination et à la créativité. Les visiteurs n’ont pas été déçus. Chaque stand étant une merveille. Signe d’un niveau élevé de créativité, de maîtrise technique, de capacité de conception et de talent. On a du mal à croire que toutes les œuvres présentées sont réalisées par des jeunes sénégalais. « Nous l’avons fait sans l’aide de personne. C’est le fruit de notre imagination », lance Badou Ndour, jeune de Fatick. L’engin qu’il manipule a séduit le public. Prototype d’une grosse machine utilisée dans les grands travaux de constriction de routes et de pont.

Juste à côté, les régions de Sédhiou, de Kolda, de Saint-Louis et de Ziguinchor. La même créativité est relevée. Ici et là des meubles, des œuvres d’art plastique et d’artisanat, des ustensiles de cuisine, des lits, des armoires, du matériel et équipement agricole. Plus loin, Tambacounda, Matam, Kédougou, Kaffrine, Thiès et Diourbel exhibent fièrement leur savoir-faire. De véritables chefs-d’œuvre. « Nous avons l’imagination et le talent. Ce qui nous manque, c’est le soutien et l’accompagnement », dit Lamine Lô, originaire de Louga. « Nous voulons travailler mais le financement reste le principal obstacle », souligne Ramatoulaye Dramé de Sédhiou. Elle salue l’idée qui sous-tend l’exposition. « C’est une bonne idée. Cela nous permet de montrer notre savoir-faire et de rivaliser sainement », explique Ramatoulaye. Venu visiter l’exposition, le ministre de la Jeunesse, de la Construction citoyenne et de la Promotion du volontariat, Pape Gorgui Ndong a été « incroyablement séduit », par le talent et l’ingéniosité des jeunes. « Ce que j’ai vu nous rassure. Nous avons eu l’immense plaisir de constater que les jeunes du Sénégal regorgent de talent et d’ingéniosité », a magnifié le ministre. Il a promis d’accompagner les jeunes porteurs de projets. « L’exposition est aussi une manière de mettre les jeunes en situation de mieux rivaliser entre eux.

Nous avons eu raison d’organiser cette exposition », a dit le ministre, « impressionné » par l’innovation technologique et la qualité des créations. Certains jeunes exposants bénéficient déjà du soutien et de l’accompagnement de l’Etat. D’autres non. « Le Sénégal compte sur vous pour se développer. Nous allons tous vous accompagner pour vous permettre d’exprimer votre talent et vous permettre de réaliser vos rêves », a promis Pape Gorgui Ndong, qui a aussi présidé sur place le forum des jeunes. De nombreux participants ont pris part à la réflexion. « Avec peu de moyens, certains jeunes ont produit des merveilles. Je vous encourage à persévérer. Sachez que l’Etat sera à vos côtés », a insisté le ministre.

Abdoulaye DIALLO

L’archevêque de Dakar, Mgr Benjamin Ndiaye, a présidé, ce week-end, les messes de la résurrection du Christ à la cathédrale de Notre-Dame des Victoires et à la chapelle Saint Augustin de la paroisse Saint Abraham de Guédiawaye dans la banlieue. Au cours de ces célébrations, il s’est réjoui de la résurrection de Jésus-Christ car, sans sa victoire sur la mort, la foi chrétienne serait purement illusoire voire vide.

Frappé, humilié et mis à mort au soir du vendredi Saint, Jésus-Christ est sorti vainqueur de la mort trois jours après sa crucifixion comme il l’avait promis à ses disciples. Oui, Jésus-Christ mort est ressuscité. La mort n’a plus de pouvoir sur le fils de Dieu qui s’est abaissé jusqu’à mourir sur une croix. C’est une grande victoire pour les chrétiens abattus par la tristesse du vendredi saint après l’humiliation infligée à Jésus-Christ. Surtout que par cette victoire, Jésus sauve l’Homme du péché. Il sort le monde des ténèbres. Pour fêter cette victoire sur la mort, les fidèles chrétiens de la cathédrale Notre-Dame des Victoires de Dakar, sous la direction de leur curé, abbé Gérard Marie Diène, ont sorti les gros moyens pour faire respecter les rites et rituels de la veillée pascale.

Une veillée qui est marquée comme d’habitude par le grand feu allumé à l’entrée de la cathédrale. Ce feu, porté par l’archevêque de Dakar, Mgr Benjamin Ndiaye, dans le noir tout au long de l’allée centrale de la cathédrale, est partagé par les fidèles. Il symbolise la lumière du Chris ressuscité. Une lumière qui a dissipé les ténèbres du cœur de l’Homme. Il a permis au cœur du chrétien, d’après Mgr Ndiaye, de redevenir brûlant de foi, d’espérance et de charité. Après cette étape marquée par l’hymne de Pâques, l’équipe de la liturgie de la cathédrale de Dakar a proposé une série de lectures tirée du livre de la Genèse, des prophètes Isaïe, de l’apôtre Paul entre autres grands apôtres. Toutes ces lectures, qui ont retracé l’histoire de l’Eglise, ont été conclues par l’Evangile de la veillée pascale chantée par abbé Aimé Jacques Sagna.

Alléluia
A la fin de ces différentes lectures, l’archevêque de Dakar a délivré son message de Pâques aux nombreux fidèles qui ont pris d’assaut la cathédrale Dakar dès la tombée de la nuit pour fêter la résurrection du Christ. Comme à chaque grande fête, Mgr Benjamin Ndiaye a souhaité une bonne une fête aux fidèles chrétiens du Sénégal à travers ces propos: « Chers amis dans la foi en Jésus-Christ mort et ressuscité, Alléluia à vous tous ! » Avant de rentrer à fonds dans le récit pascal, il a rappelé à l’assistance que le mot Alléluia qui était sur toutes les lèvres ce week-end pascal est un cri pour la vie. Ce cri invite chaque chrétien à louer le Seigneur. « Nous confessons fermement notre foi en la victoire du Christ sur le pêché et la mort. Accueillons cet Alléluia au plus profond de notre cœur, dans la joie et la sérénité que procure Jésus-Christ vainqueur de tout mal », a signifié Mgr Ndiaye.

Il a demandé « que le terme Alléluia devienne comme notre cri de ralliement pour annoncer aux hommes d’aujourd’hui que Jésus-Christ est Seigneur ». La résurrection de Jésus-Christ est d’ailleurs le fondement de la foi chrétienne. Et il l’a rappelé en ces termes : « le Christ Jésus, qui a été crucifié, qui est mort sous Ponce Pilate et qui a été enseveli, est ressuscité d’entre les morts. Il est vivant à jamais. Telle est l’annonce essentielle sans laquelle notre foi serait purement illusoire ». En s’appuyant sur les textes de Saint Paul apôtre, Mgr Ndiaye a déclaré ceci : « S’il n’y a pas de résurrection des morts, Christ non plus n’est pas ressuscité. Et si Christ n’est pas ressuscité, notre prédiction est vide et vide aussi notre foi ».

Eugène KALY (Correspondance particulière)

HOMMAGE AUX FEMMES FIDÈLES DU CHRIST
Mgr Benjamin Ndiaye a rendu un hommage aux femmes pour leur fidélité et attachement à Jésus-Christ. Les femmes, premiers témoins de la résurrection de Jésus-Christ, sont qualifiées de fidèles parmi les plus fidèles du Christ. Elles ont aussi la mission d’annoncer aux disciples la résurrection du Christ.

Les femmes sont les premières à témoigner de la résurrection. En citant l’Evangéliste Saint Marc, Mgr Benjamin Ndiaye a indiqué que ces trois femmes, Marie Madeleine, Marie mère de Jacques et Salomé, ont été les témoins de la mort de Jésus. L’autorité diocésaine a expliqué qu’au lendemain du « Sabbat », c’est-à-dire jour de repos, ces trois femmes s’affairaient à aller embaumer le corps de Jésus-Christ. « Ce sont des femmes en chemin que pas même la mort n’arrête dans leur devoir de fidélité et leur attachement à Jésus. Elles l’avaient suivi durant son ministère, elles l’avaient écouté, elles avaient apprécié ses enseignements et peut être même bénéficié de ses miracles », a raconté Mgr Ndiaye. Selon le prélat, la démarche matinale de ces trois femmes témoigne toute leur détermination malgré le traumatisme de la mort atroce de leur « bien aimé ».

D’après l’évangéliste Saint Marc, Jésus avait annoncé à trois reprises sa passion et sa résurrection. « Comme habitées par un instinct naturel pour la vie, les trois femmes avancent donc au matin d’un jour nouveau, en direction du tombeau de Jésus. Chemin faisant, avec un sens pratique inné, elles s’interrogent : Qui nous roulera la pierre pour dégager l’entrée du tombeau ? Nous sommes au troisième jour après la mort de Jésus. Nous sommes au lever du soleil ? Autant de questions reposées par l’archevêque de Dakar qui a qualifié ces femmes de fidèles parmi des fidèles au Christ. « En Levant les yeux au ciel, ces trois femmes aperçoivent que la pierre du tombeau qui était pourtant très grande a été roulée. Même si l’évangéliste n’en parle pas, nous pouvons imaginer la précipitation des trois femmes pour arriver sur place. Ce que Saint Marc traduit par un enchaînement subit : à peine s’aperçoivent-elles que la pierre a été roulée qu’elles entrent dans le tombeau.

« Ne soyez pas effrayées ! »
A partir de là, tout bascule : c’est d’abord l’apparition d’un jeune homme vêtu en blanc, qui a tout d’un envoyé céleste », a raconté le père évêque. Mgr Ndiaye, sous le regard des fidèles, a poursuivi le récit pascal en évoquant la surprise des femmes qui sont aussi apeurées et effrayées. Mais, elles sont vite rassurées par le jeune homme vêtu de blanc qui leur dit : « Ne soyez pas effrayées ! Vous cherchez Jésus de Nazareth le Crucifié ? Il est ressuscité : il n’est pas ici. Voici l’endroit où on l’avait déposé. Et maintenant allez dire à ses disciples et à Pierre : Il vous précède en Galilée. Là vous le verrez, comme il vous l’a dit », a renseigné le jeune homme dont les propos sont relatés par l’archevêque de Dakar à l’assistance. Selon Mgr Benjamin Ndiaye, tel est le cœur du message merveilleux que l’évangéliste Saint Marc annonce au peuple chrétien en cette nuit de Pâques, par l’intermédiaire d’un envoyé céleste. « L’essentiel est là : Dieu s’est fait le premier témoin et prédicateur de la résurrection et cette annonce a été faite à des femmes », s’est réjoui Mgr Ndiaye.

« Les femmes ne sont-elles pas au cœur du mystère de la vie ? », s’est interrogé l’archevêque de Dakar avant d’ajouter : « Aussi celles qui ont été témoins de la mort de Jésus de Nazareth, le Crucifié du Golgotha, et qui ont entrepris une démarche matinale pour vénérer son corps, reçoivent-elles maintenant une nouvelle mission : elles doivent annoncer aux disciples et à l’apôtre Pierre que Jésus est ressuscité et leur confirmer le rendez-vous qu’il leur avait donné pour la Galilée (cf Mc 14, 28) ». Comme il arrive souvent dans les récits bibliques de vocations, Mgr Ndiaye a indiqué que les femmes ont eu peur. « Nous aussi, nous pouvons avoir peur de vivre les exigences de notre mission et de notre identité chrétienne », a-t-il reconnu.

E. KALY

PRÊCHE POUR LA PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT…
L’archevêque de Dakar, Mgr Benjamin Ndiaye, a, dans son homélie pascale, fait un plaidoyer pour la protection de l’environnement. Il s’est appuyé sur le récit de la création, tiré du livre de la Genèse pour sensibiliser les populations sur la sauvegarde de l’environnement, qualifié d’un bien commun. Il est dit dans ce livre que tout ce que Dieu a fait est bon et doit pousser chaque individu à mieux protéger l’environnement et à promouvoir des comportements qui préservent « notre maison commune » comme le dit souvent le pape François. L’archevêque de Dakar a appelé des chrétiens et d’autres croyants à se mobiliser pour la préservation de la nature.

Il a rappelé que les évêques de la Conférence épiscopale du Sénégal, de la Mauritanie, du Cap-Vert et de la Guinée-Bissau ont publié, à l’occasion du carême 2018, un document faisant la promotion et le respect de l’environnement. « Mais que devrait et pourrait encore faire notre Eglise dans la protection de l’environnement ? Au-delà de la recette proposition symbolique de prendre des foulards en lieu et place des rameaux, ne faudrait-il pas plus d’implication de nos communautés dans la protection de l’environnement ? Il faut que l’on arrête dans ce pays de faire du théâtre social en battant les tam-tams pour aller planter deux arbres que l’on n’entretiendra pas. Nous devons travailler à la protection de l’environnement », a lancé le père évêque.

E. KALY

…ET LA RECONNAISSANCE DES DROITS DES MIGRANTS
Dans son homélie de la nuit pascale, Mgr Benjamin Ndiaye a eu une pensé aux migrants. Il a profité du récit de la sortie de l’Egypte évoqué dans une des lectures de la messe de Pâques pour saluer les migrants africains qui tentent, par tous les moyens, de quitter leurs pays dans l’espoir d’améliorer leur situation et celle de leur famille.

Selon Mgr Ndiaye, ils sont souvent victimes de réseaux de passeurs, d’esclavagistes et d’autres exploiteurs. « Or, la migration que Dieu propose est libération du joug de l’esclavage, elle est conquête de la liberté contre l’oppression. A travers le signe de l’exode, Dieu manifeste sa protection pour tous ceux qui sont brimés et ceux dont les droits ne sont pas reconnus », a expliqué l’autorité diocésaine. Mgr Benjamin a précisé qu’en s’attachant les services de Moïse, le Seigneur Dieu a fait passer son peuple de la servitude à la liberté. « Puissions-nous, acteurs de notre société, travailler à la reconnaissance des droits de tous, au nom de Dieu de la vie », a prié Mgr Ndiaye.

E. KALY

Le maire de Dakar, Khalifa Ababacar Sall, a été condamné, hier, à 5 ans de prison ferme dans l’affaire de la caisse d’avance de la ville de Dakar pour «faux et usage de faux en écritures de commerce», «faux et usage de faux dans des documents administratifs» et «escroquerie portant sur des deniers publics».

«Le tribunal condamne Khalifa Ababacar Sall à 5 ans de prison ferme et une amende de 5 millions de FCfa». A peine que le juge Malick Lamotte a prononcé cette sentence dans le verdict du procès de la caisse d’avance de la ville de Dakar, les partisans du maire de Dakar, en chœur, ont crié de toutes leurs forces. La peine est lourde. Difficile à admettre pour les amis, sympathisants et partisans de Khalifa Ababacar Sall qui ont envahi la salle 4 du tribunal Lat Dior de Dakar dès les premières heures de la journée. Tout le monde était triste. Les plus émotifs ont versé de chaudes larmes. Les femmes étaient en transe.

Les plus jeunes, sûrs de leurs forces, en voulaient à Malick Lamotte qui a prononcé ce verdict contre le maire. Les forces de sécurité ont bandé les muscles. Elles se sont érigées en bouclier pour barrer les jeunes furieux. Certains avocats de la partie civile en ont profité pour passer par derrière, de peur d’être pris à partie par les partisans du maire. Des insultes, des cris. C’était le tohu-bohu au Palais de justice. Malgré la lourdeur du verdict prononcé contre lui, le maire de Dakar est resté zen. Très calme dans son boubou blanc assorti d’un bonnet beige. Le sourire aux lèvres, Khalifa Ababacar Sall regagne le box des accusés en soulevant sa main en signe de victoire. Tout le contraire de ses partisans qui étaient prêts à en découdre avec les gendarmes. Mais ces derniers, avec professionnalisme, ont réussi à évacuer la salle sans heurts majeurs.  Avant de prononcer le verdict final, le juge Malick Lamotte a, d’abord, relaté les chefs d’inculpation retenus contre le maire de Dakar. Khalifa Ababacar Sall a été déclaré par le juge coupable de « faux et usage de faux en écritures de commerce», de «faux et usage de faux dans des documents administratifs» et «d’escroquerie portant sur des deniers publics» dans l’affaire de la caisse d’avance de la mairie de Dakar. Une peine de 5 ans ferme plus une amende de 5 millions de FCfa ont aussi été requises contre le directeur administratif et financier de la ville de Dakar.

Mbaye Touré a été déclaré coupable de «faux en écritures de commerce», «faux et usage de faux dans des documents administratifs» et «escroquerie portant sur des deniers publics». En se référant aux articles 5, 45, 135, 136, 137, 152 et 153 du Code pénal, le tribunal a prononcé, pour ces deux prévenus, 5 ans d’emprisonnement ferme et 5 millions d’amende pour chacun. Toutefois, le tribunal les a relaxés des délits «d’association de malfaiteurs», de «détournement de deniers publics» et «de blanchiment de blanchiment de capitaux».

Malick Lamotte a relaxé Khalifa Ababacar Sall et Mbaye Touré du délit de «détournement de deniers publics» en application du principe de non cumul des qualifications de «détournement de deniers publics» et «d’escroquerie portant sur des deniers publics». Tous les prévenus ont été relaxés du délit d’association de malfaiteurs.

Le délit d’association de malfaiteurs écarté
En outre, le chef de bureau à la Division comptable à la mairie de Dakar, Yaya Bodian, a été déclaré coupable de « faux et usage de faux en écritures de commerce» et «d’escroquerie portant sur des deniers publics». Pour cela, une peine de 5 ans ferme a été prononcée contre lui plus une amende de 500.000 FCfa. Ibrahima Yatma Diaw et Amadou Mactar Diop, respectivement chef de la Division financière et comptable et Coordonnateur de l’inspection des services municipaux de la ville de Dakar, ont été condamné, chacun, 2 ans de prison dont un an ferme. Ces deux prévenus ont été déclarés coupables des délits de «faux dans des documents administratifs». Toutefois, la sentence a été moins lourde pour Fatou Traoré, assistante de Mbaye Touré, et par ailleurs trésorière du Gie Tabbar. Elle a été déclarée coupable de «complicité de faux en écritures de commerce». Le juge l’a condamné à deux ans de prison dont un an ferme.

 

L’Etat débouté de sa demande de dommages et intérêts
L’Etat avait réclamé 6,830 milliards de FCfa pour réparation d’un double préjudice : moral et financier. L’Etat a été simplement débouté dans sa demande de dommages et intérêts. Selon le juge Malick Lamotte, l’Etat du Sénégal n’a subi aucun préjudice dans cette affaire de la caisse d’avance de la mairie de Dakar.

Aliou Ngamby NDIAYE

Une accusation, un procès, un verdict

C’est suite à une mission de vérification administrative et financière à la ville de Dakar que l’Inspection générale d’Etat (Ige), un organe de contrôle de l’Etat placé sous l’autorité directe du président de la République, a proposé dans son Rapport définitif l’ouverture d’information judiciaire sur les conditions de création et de fonctionnement de la caisse d’avance et l’utilisation faite des crédits exécutés à travers cette caisse. La saisine du procureur de la République pour l’ouverture d’une information judiciaire a été suivie de la désignation d’un juge d’instruction qui a servi  à l’édile de la capitale une convocation quelques jours après une enquête de police menée sur les deux points sus indiqués. S’ensuivit  la mise sous mandat de dépôt de Khalifa Sall le mardi 7 mars 2016 pour les délits de détournement de derniers publics, faux et usage de faux et escroquerie dans la gestion de la caisse d'avance de sa mairie. Après un procès houleux, le verdict a été rendu hier 30 décembre 2018. En tout état de cause, les partisans du maire de Dakar ont vu dans cette affaire un «complot politique» pour détourner l’attention des citoyens électeurs sur les véritables enjeux des prochaines échéances électorales. Mais surtout «une volonté de les éliminer de la course en 2019».

Des arguments balayés par la majorité et que résume le chef de cabinet du chef de l’Etat et ancien président du groupe parlementaire, Moustaha Diakhaté, en ces termes. «A ceux qui  disent qu’il y a une main politique derrière cette affaire, nous sommes dans une démocratie et les gens peuvent exprimer leur opinion. Je crois que les mains qui sont derrière l’arrestation de Khalifa Sall ce sont les fausses commandes, les fausses réceptions, les fausses livraisons, les achats fictifs de riz et de mil. Voilà ce qui vaut aujourd’hui à Khalifa Sall d’être en prison. C’est trop facile de désigner le politique ou la politique pour maquiller et camoufler ses propres turpitudes. C’est une pratique très sénégalaise. C’est ce qu’on appelle la stratégie victimaire. Tous les discours de Khalifa Sall, il y a un mois, trouvent leur explication dans ce qui lui est arrivé aujourd’hui. Son opposition à Tanor dans un premier temps, en filigrane à Macky Sall, c’était pour préparer cette situation et se présenter comme victime aux yeux des populations sénégalaises. Il nous a parlé d’une caisse d’avance qui daterait de 1920, ce qui est faux», a-t-il dit. L’ancien Premier ministre et Envoyée spéciale du chef de l’Etat considère que « l’obligation de rendre compte s’impose désormais à tous les gestionnaires de deniers publics, compte non tenu de leur notoriété». Mieux, «le principe est valable pour ceux qui ont géré hier, pour ceux qui gèrent aujourd’hui et ceux qui seront aux manettes demain. L’obligation de rendre compte s’impose désormais à tous les gestionnaires de deniers publics, compte non tenu de leur notoriété», avance-t-elle. Pour Aminata Touré, «il est grand temps que les politiciens arrêtent de crier au complot politique à chaque fois qu’ils pillent les deniers publics et violent les lois du pays».

Mamadou Lamine Dieye

Les faits en 13 dates-clés

L'affaire politico-judiciaire de la caisse d'avance impliquant le maire de Dakar, Khalifa Sall, a défrayé la chronique. Retour sur les faits en quelques dates-clés.

7 mars 2017: accusation puis incarcération de Khalifa Sall
Le maire de Dakar est accusé et incarcéré. Khalifa Sall passe sa première nuit à Rebeuss. Il est poursuivi pour détournement, association de malfaiteurs, détournement de deniers publics et escroquerie portant sur les deniers publics, faux et usage de faux dans des documents administratifs, blanchiment de capitaux et complicité de faux et usage de faux en écritures de commerce. Au centre de l’affaire : la gestion de 1,8 milliard de FCfa de la caisse d’avance de la mairie de Dakar.

3 avril 2017 : clôture de l’instruction, Khalifa file tout droit vers un procès
Moins d’un mois après l’ouverture de l’instruction, le doyen des juges Samba Sall clôt les investigations. Les avocats du maire de Dakar dénoncent une « justice express». «C’est  clair. La précipitation avec laquelle le dossier est mené montre à suffisance que cette affaire est purement politique », regrette Me Khassimou Touré. Les politiques montent au créneau, dénonçant eux aussi « un procès inédit » intenté dans un seul but : barrer la route à un adversaire politique.

14 juin 2017 : 100e jour de Khalifa Sall en prison
Le 14 juin 2017 coïncident avec le 100e jour de Khalifa Sall en prison. Des milliers de personnes descendent dans la rue pour manifester leur soutien au maire de Dakar. Sur les grilles de l’hôtel de ville de la capitale, une grande banderole à l’effigie de Khalifa Sall avec un message assez illustratif : «100 jours de détention arbitraire : Dakar sous les verrous».

30 juillet 2017 : Khalifa Sall porte Manko Taxawu Sénégal aux législatives
Depuis sa cellule de Rebeuss, le maire de Dakar participe aux législatives de juillet 2017. Il est même la tête de liste nationale de Manko Taxawu Sénégal (Mts), coalition qui regroupe des ténors de l’opposition sénégalaise : Idrissa Seck, Cheikh Bamba Dièye, Serigne Mansour Sy Diamil. Mts obtient 7 sièges mais n’arrive pas à remporter le département de Dakar où elle est devancée de justesse par la Coalition présidentielle Benno Bokk Yakaar (Bby). Mais elle réussit son pari : Khalifa Sall est élu député.

26 novembre 2017 : Levée de l’immunité parlementaire de Khalifa Sall
Avec l’élection de Khalifa Sall comme député, la défense pensait tenir le bon filon pour le sortir de prison. Grosse désillusion. Le 26 novembre, les députés de l’opposition n’ont rien pu faire. L’Assemblée nationale, à sa grande majorité, vote la levée de l’immunité parlementaire du maire de Dakar, ouvrant ainsi la voie à un procès. Le débat fait rage sur le caractère politique ou non de la détention du maire de Dakar.

8 décembre 2017 : le dossier est renvoyé devant le tribunal correctionnel
Le doyen des juges envoie Khalifa Sall et Cie devant le tribunal Correctionnel de Dakar. La date du procès est même fixée au 14 décembre. La défense dénonce une « instruction bâclée ». En revanche, les avocats de l’Etat saluent la mesure prise par le doyen des juges et parlent d’une suite logique.

14 décembre 2017: le procès renvoyé en audience spéciale le 3 janvier
Le procès Khalifa Sall s’ouvre au Palais de justice de Dakar devant une foule immense venue soutenir le maire de la capitale. Mais aussitôt ouvert, le procès est renvoyé en audience spéciale le 3 janvier 2018. Le juge suit la défense qui dénonce de « graves violation » de la procédure.

3 janvier 2018 : la défense obtient à nouveau le renvoi du procès
Les avocats de Khalifa Sall continuent de dénoncer de « graves manquements » de la procédure. Cette fois-ci, le procès est renvoyé. Mais le juge Malick Lamotte s’est voulu clair : il n’y aura pas de troisième renvoi.

15 janvier 2018 : la mairie de Dakar souhaite se constituer partie civile
La mairie de Dakar se réunit en session extraordinaire et annonce sa volonté de se constituer partie civile dans le dossier. Une manière pour la ville de Dakar qui soutient son maire d’écarter l’Etat dans le procès.

23 janvier 2018 : une bataille de procédure sans merci
L’audience de ce 23 devait permettre d’aller dans le fond du sujet. Mais la constitution de la mairie comme partie civile vient tout chambouler. S’en suit un débat technique. Un débat surtout houleux sur la recevabilité de la constitution de la mairie de Dakar.

30 janvier 2018 : le juge Lamotte va statuer sur la compétence de son tribunal
Une semaine de débats sur les exceptions et les demandes de nullités soulevées par la défense de Khalifa Sall. Le juge Lamotte souhaite désormais prendre du temps pour étudier la compétence du tribunal et la demande de mise en liberté provisoire du maire de Dakar.

2 février : suspension du procès jusqu’au 5 février
Après avoir rejeté les exceptions soulevées par la défense, le juge Malick Lamotte a suspendu le procès de la caisse d’avance au lundi 5 février  sur demande de la défense qui veut faire citer les témoins de la mairie de Dakar et du parquet. Le tribunal s’était auparavant déclaré compétent pour juger de l’affaire.

23 févier : fin du procès, verdict le 30 mars
Après cinq semaines d'audiences, le procès s'est terminé le vendredi 23 février. L’affaire a été mise en délibéré et le verdict pour le 30 mars 2018. Le parquet a requis sept ans de prison et 5,5 milliards de francs Cfa d'amende à l'encontre du député maire de Dakar.

Abdoulaye DIALLO

Barthélémy Dias interpellé et gardé à vue pour outrages à magistrats et à l’institution judiciaire
et injures publiques

Conséquence directe du verdict prononcé, hier : le maire de Mermoz Sacré-Cœur, Barthelémy Dias, a été arrêté dans les locaux du journal d’informations en ligne «dakaractu.com». Ce sont des éléments de la Section de Recherches (Sr) appuyés par d’autres du Groupement d’intervention de la gendarmerie (Gign), qui ont procédé à son interpellation motivée par les propos singulièrement outrageants que ce partisan du maire Khalifa Sall a tenus à l’endroit des magistrats et de l’institution judiciaire lors d’une émission organisée par «dakaractu.com». D’ailleurs, l’administrateur du site, Serigne Diagne, ainsi que deux de ses agents ont été également interpellés, avant d’être relâchés une fois arrivés dans les locaux de la Sr à Colobane.

Daouda MANE

Réactions… Réactions… Réactions…

Me Khassim Toure, avocat de la defense
«Le peuple a assisté à une
parodie de justice»

«C’est une décision malheureuse, hypocrite, lâche. Je pèse bien mes mots. Aujourd’hui, le peuple sénégalais a assisté, impuissant, à une parodie de justice. Ce qui nous réconforte est que ce même peuple a compris de quel côté se situe la vérité. C’est un rapport de force qui a tourné en dérision. La justice de notre pays avait aujourd’hui l’occasion de se réconcilier avec son peuple mais cette occasion a été ratée. Cette décision va à l’encontre de tous les principes qui gouvernent un procès juste et équitable. Les conseils de la défense vont se réunir pour la conduite à tenir. Nous allons immédiatement interjeter appel».

Me Boubacar Cisse, avocat de la partie civile
«Le tribunal n’a fait qu’appliquer le droit»


Interrogé par Seneweb après la décision du tribunal qui a condamné Khalifa Ababacar Sall, le maire de Dakar, à 5 ans de prison ferme, l’avocat de la partie civile Me Boubacar Cissé soutient que «le tribunal n’a fait qu’appliquer le droit». Selon le conseil de la partie civile, «le tribunal a rendu sa décision en toute impartialité». D’après Me Cissé, Khalifa Ababacar Sall, Mbaye Touré et Yaya Bodian sont reconnus coupables des délits d’escroquerie portant sur des deniers publics. Dans ce cas d’espèce, le minimum de la peine est de 5 ans. «Il n’y a pas de sursis en la matière, sauf si le montant détourné est remboursé. Or, il n’y a pas de remboursement».

A. Ng. NDIAYE


Seydou Gueye, porte-parole de l’Apr
«Les principes de l'Etat de droit ont été respectés»


«Le verdict a été prononcé conformément au Code pénal et à la disposition de la loi. Il reste que dans la procédure en matière de jugement, comme nous sommes dans un pays de droit, après une décision de première instance, il y a des voies de recours qui sont ouvertes. C’est le fait de l’appel ou du pouvoir en cassation. En tout cas, à ce que je sache, le juge n’a, en aucun moment du procès, évoqué des questions politiques. Ce sont plutôt l’organisation financière de la ville de Dakar et des faits de gestion  portant sur des fausses commandes et de fausses réceptions, que les inculpés n’ont pas pu prouver, qui ont été au menu du procès. Ainsi, ce qui est le plus important à retenir dans cette affaire polluée par une désinformation et une intoxication de politiciens experts en manipulation et en faussetés, c’est qu’il s’agit d’actes de gestion et de deniers publics qui ont été manipulés par des systèmes de fausses facturations ; et les juges n’ont interrogé les inculpés que sur ces questions de gestion qui ne sont nullement politiques. Et ce n’est pas parce qu’on a un manteau politique, qu’on ne peut plus être sous l’autorité de la loi. Et même si le député-maire de Dakar a le droit d’avoir des ambitions, à cet instant, il n’y a aucune candidature à la présidentielle. Le Sénégal vient encore de montrer à la face du monde sa maturité démocratique car les principes de l'Etat de droit ont été respectés et la séparation des pouvoirs est une réalité avec une justice qui a tranché en disant le droit en toute indépendance».

Assane Dioma Ndiaye, Président DE LA LSDH
«Je prends acte de la décision»

«Je ne peux que prendre acte de la décision. Les parties ayant décidé d’interjeter appel, la procédure judiciaire suit son cours. Ce qu’il y a en réalité, ce n’est pas un problème d’indépendance de la justice qui se pose, mais bien un problème de système. C’est le magistrat du siège qui, grâce au principe de l’inamovibilité qui lui garantit une indépendance, juge les affaires et non le magistrat debout appelé aussi parquet ou ministère public. Même la Cour européenne de justice ne reconnaît pas au procureur le statut d’autorité judiciaire qui est sous la tutelle, l’autorité du le ministère de la justice. C’est pourquoi, avec la commission de réflexion sur la justice mise en place, il faut que les parties prenantes soient réalistes en apportant des réformes radicales et non des réformettes parce qu’il ne peut plus y avoir de pouvoir absolu».

 

Quelle justice pour les acteurs politiques ?

L’affaire Khalifa Sall a fortement cristallisé les positions des acteurs de la scène politique nationale depuis qu’elle a éclaté. Selon qu’on soit de la mouvance présidentielle ou de l’opposition, le maire de Dakar a fait usage de faux en documents administratifs ou n’a fait qu’utiliser des fonds politiques dont ses devanciers ont bénéficié sans que cela ne soulève des vagues. Les deux camps en ont fait une sorte d’abcès de fixation dans le cadre de la lutte politique qui les oppose en direction de la présidentielle de 2019. On s’est même étonné  d’entendre des hommes politiques qui n’ont jamais manifesté la moindre sympathie à l’égard du dissident socialiste, lui dédier une ode d’amour. Mais il faut le reconnaître, la politique est ainsi faite, surtout dans nos pays où les partis politiques le plus souvent ne s’opposent pas par des différences programmatiques ou idéologiques mais par les ambitions personnelles de leurs leaders. C’est pourquoi, toutes les occasions sont saisies quitte à se dédire des déclarations ou des engagements passés, l’essentiel étant de gêner l’adversaire aux entournures, en misant sur l’amnésie atavique de l’électorat. Sinon comment comprendre le conte de fée que continuent de dérouler devant nous certains leaders politiques, alors que la simple consultation des archives de la presse aurait suffi pour dévoiler leurs turpitudes éhontées.

L’affaire Khalifa Sall pose un débat de fond qu’il faut trancher si l’on veut mettre notre démocratie à l’abri des coups de grisou. Sans me prononcer sur la culpabilité ou l’innocence du maire de Dakar car tel n’est pas mon propos (les tribunaux sont là pour le faire), à l’avenir comment faire pour que l’étiquette « politique » ne soit pas collée à tout procès d’un homme politique ayant maille avec la justice pour des faits de gestion ou tout simplement de droit commun ? De la réponse pertinente apportée à cette interrogation, on pourra surmonter ou non le problème himalayen qui se dresse sur le champ politique. Sinon on court le risque de voir les hommes politiques constituer une classe complètement à part, échappant aux lois que nous nous sommes données, en invoquant leur statut. Nombreux sont les cas où des hommes et femmes politiques attraits devant la justice pour  une affaire qui n’a rien à voir avec la politique ont tenté de retourner la situation en leur faveur en se victimisant et de soutenir être l’objet de persécutions de la part du pouvoir en place. Peut-être certains vont poser ici le débat sur « l’absence d’indépendance » de la justice pour apporter de l’eau au moulin de ces derniers. Mais cela n’efface pas la question fondamentale posée plus haut.

Dans une grande démocratie comme le Sénégal (ou qu’il aspire à être), les titres et les statuts ne doivent pas entraver la justice car nous sommes tous soumis au postulat de base affirmant que « nul n’est au-dessus de la loi ». Mais et il faut aussi l’affirmer avec force, chaque justiciable a droit à un procès équitable et au respect de ses droits.
Ailleurs, en Europe, en Amérique… des hommes politiques font face à leurs juges sans faire penser à des procès staliniens ou du procureur nazi Freisler. Au Sénégal aussi, nous devons y arriver.

Par Ibrahima MBODJ

 

Affaire khalifa sall & cie : Réactions de la classe politique


Idrissa Seck, President du «Rewmi»
«La procédure n’est pas encore terminée»


«D’abord, j’ai une pensée émue pour sa maman, son épouse, ses enfants et sa famille biologique comme politique et je suis admiratif de leur courage et de leur dignité. Je leur donne l’assurance que le sacrifice de Khalifa Sall par dignité, pour le rayonnement du Sénégal et de sa démocratie, ne sera pas vain. S’il avait accepté de se soumettre à Macky Sall, de faire de la génuflexion comme l’ont fait d’autres, il n’aurait pas subi le sort qui est le sien aujourd’hui. J’invite les Sénégalais à ne pas aller trop vite en besogne car la condamnation du maire de Dakar, un redoutable adversaire politique dont Macky Sall a peur, n’est qu’une condamnation de première instance ; la procédure n’est pas encore terminée. J’ai bon espoir qu’en appel et/ou en cassation, un ou deux magistrats qui, pour la dignité de la justice et de la démocratie, resteront debout pour lui dire non. Nous ne serons pas le bras armé de Macky Sall pour éliminer vos adversaires politiques. A défaut,  le peuple souverain, dernier rempart au nom duquel cette justice est rendue, se lèvera pour lui dire non. Il est en train de salir, d’avilir et de souiller cette belle image de la démocratie sénégalaise que lui ont léguée ces devanciers. Le combat va se poursuivre et je me rendrai en Allemagne et je saisirai le comité exécutif de l’Internationale libérale et le Comité des droits de l’Homme de l’Onu pour dénoncer cette atteinte aux droits humains qui sont la marque de fabrique du régime de Macky Sall».

Abdoulaye Wilane, depute-maire de Kaffrine
«Laissons la justice suivre son cours normal»


«Le Parti socialiste (Ps) ne s’est pas encore réuni pour se prononcer sur la question. Et c’est le citoyen sénégalais, député et maire qui donne son point de vue, ses convictions et tout ce que je dis aujourd’hui n’engage que moi. En tant qu’humain et en âme et conscience, je suis très peiné, triste et perplexe par ce verdict qui vient d’être prononcé. Ce sont mes grands frères Kalifa Ababacar Sall, Mbaye Touré et Yaya Bodian avec qui j’ai travaillé et partagé beaucoup de choses. C’est très dur pour nous, pour ses parents et ses amis. Toutefois, comme nous sommes dans un Etat de droit et comme il appartient à la justice de trancher, laissons le dossier suivre son cours jusqu’au bout, dans le respect de ses droits. Je n’ai jamais varié sur mes positions depuis le début car je crois à la présomption d’innocence et à la justice. Nous prenons acte parce que « Alea es jecta » : le sort en est ainsi jeté. Je crois à la justice et j’ai confiance en elle comme d’ailleurs j’ai confiance aux conseils de Khalifa Sall. Les paroles de ceux qui y voient un règlement de compte politique n’engagent qu’eux, mais je puis vous affirmer qu’aucun membre du Parti socialiste ne leur souhaite ce sort et aucun d’entre nous ne peut se réjouir de ce verdict.  Comme le Sénégal est un Etat de droit et, par respect pour la séparation des pouvoirs, laissons la justice suivre son cours normal».

Babacar Gaye, porte-parole du Pds
«Ce verdict ne convainc pas l’opinion publique»

«Personne ne doutait de l’issue de ce procès tant il a été politiquement engagé et politiquement administré. Et ce verdict est inique en ce sens qu’il ne convainc pas l’opinion publique de la culpabilité personnelle de Khalifa Sall, même si dans sa gestion, comme tout gestionnaire, on peut constater des erreurs à la limite humaine. Mais ce n’est pas l’emprisonnement de Khalifa Sall qui importe, mais c’est le fait de le déclarer coupable et de chercher à l’empêcher à réaliser son ambition pour son pays. Il avait annoncé sa candidature et il l’a déclaré au Parti socialiste avec son fameux «kou dem ma dem kou demoul ma dem» (J’y participerai avec ou sans compagnie). Nous ne souhaitons pas avoir des procès politiques dirigés contre des opposants de manière sélective parce qu’on l’a constaté hier, on le constate aujourd’hui avec des gestionnaires qui détiennent nos deniers et qui les manipulent comme ils veulent, épinglés qu’ils ont été par l’Ofnac, par la Cour des compte, par l’Inspection générale de l’Etat (Ige), dont les rapports lui sont exclusivement réservés. Mais Macky Sall en use et abuse comme il le souhaite. La preuve, c’est lui-même qui a transmis le rapport des vérificateurs de l’Ige qui concernait la gestion de la ville de Dakar afin que des poursuites soient engagées alors qu’ils avaient demandé à ce qu’on revoit la manière dont cette caisse d’avance est gérée. Ce à quoi on assiste, c’est que le Président Macky Sall si prompt à embastiller des adversaires politiques, qui protège au même moment ses amis et qui traduit devant la justice ses adversaires».


Mamadou Lamine DIEYE


Les partisans de Khalifa Sall déversent
leur colère dans la rue

Aussitôt le verdict donné, des partisans du député-maire de Dakar ont envahi la rue pour partager leur douleur. Certains d'entre eux, à leur sortie du Palais de justice de Dakar, ont déversé leur courroux sur des bus Dakar Dem dikk. Trois des bus ont été saccagés sur l'allée qui mène au marché Sandaga. A Grand-Yoff, fief de Khalifa, des jeunes ont manifesté en brûlant des pneus et barré les artères.

A. DIALLO

Le Coordonnateur régional du mouvement «And Dolél Khalifa», Lansana Kanté, accusé de détournement d’une mineure (D. A, âgée de 17 ans, élève en classe de 3e, en état de grossesse de 5 mois) a été déféré, hier, devant le procureur puis placé sous mandat de dépôt. Cela, au terme de sa durée légale de garde-à-vue.

Les faits remontent au mois de ramadan 2017, lorsque  Lassana Kanté, âgé de 45 ans, domicilié au quartier Abattoirs de la commune de Tambacounda, avait appelé la fille D. A, âgée de 17 ans, élève en classe de 3ème. Cette dernière avait accepté l’invitation. Et de ce rendez-vous, est survenue une grossesse. L’élève est allée informer Lassana Kanté de son état de grossesse. Face au refus du mis en cause, la fille menace de divulguer la nouvelle dans les réseaux sociaux. Lassana Kanté aurait alors proposé à la fille de pratiquer un avortement clandestin en lui remettant la somme de 250.000 FCfa. D. A. garde l’argent par devers elle. Les parents de la victime finissent par déposer une plainte le 27 mars dernier devant le procureur Demba Traoré. Les limiers du commissariat de la police de Tambacounda convoquent M. Kanté. Dans les locaux de la police, la fille en état de grossesse de 5 mois, accompagnée de sa maman, réitère ses déclarations, avouant avoir couché à plusieurs reprises avec Lassana Kanté, chez lui, au quartier Abattoirs. Il est alors mis aux arrêts et placé en garde-à-vue avant d’être déféré, hier, au parquet, puis placé sous mandat de dépôt.              

Papa Demba SIDIBE

 

Le gouvernement sénégalais est invité à prendre des mesures idoines pour éviter que l’univers carcéral ne devienne un incubateur de la radicalisation religieuse. Une recommandation, parmi d’autres, faite hier lors de la présentation de l’étude « Visages de la radicalisation religieuse dans les espaces carcéraux africains » par le Bureau paix et sécurité du centre de compétence Afrique subsaharienne de la Fondation Friedrich Ebert Stiftung (Fes) au Warc.

La publication de l’étude « Visages de la radicalisation religieuse dans les espaces carcéraux africains », réalisée par le socio-anthropologue Sylvain Landry Faye, en collaboration avec la Fondation Friedrich Ebert, a pour objectif majeur d’encourager les dirigeants africains à la définition de nouvelles stratégies pour une meilleure prise en charge d’une catégorie spéciale de détenus, « les jihadistes ». Leur emprisonnement exige un renouvellement de dispositifs de gestion et de gouvernance du milieu carcéral, dans la mesure où ils ont de plus en plus tendance à le transformer en agence de recrutement.

Si des écrits se font rares sur la thématique en Afrique en raison de l’absence de données qualitatives sur le terrorisme, l’étude lancée par le Bureau paix et centre de compétence Afrique subsaharienne de Fes a eu le mérite de toucher du doigt des interconnexions entre détenus et mouvements radicaux dans l’espace carcéral, accentuant les menaces qui pèsent de plus en plus sur l’Afrique. Holger Grimm, directeur du bureau paix et sécurité, a souligné que « la présente publication fait partie d’une série élaborée par le bureau afin de comprendre et d’analyser la manière dont la radicalisation religieuse s’implante dans l’univers carcéral. Notre objectif est de contribuer à la mise en place de dispositifs efficaces de lutte contre ce phénomène ». Il a tenu à rappeler que le contexte carcéral est caractérisé par une concentration de personnes d’horizons divers, des développeurs de comportements déviants prêts à défier la société.

Des programmes de réinsertion sociale

Pour Oumar Ndongo, Professeur titulaire à l’Ucad et expert sur la question de la radicalisation en milieu carcéral qui a présenté les grandes lignes du document, nos Etats doivent s’atteler au désengorgement des prisons sénégalaises qui sont surpeuplées et sont en passe de devenir un terreau fertile de la radicalisation. L’étude qui sonne l’alerte ne se focalise pas sur les causes mais met l’accent sur les risques d’amplification si des mesures idoines ne sont pas prises. La faiblesse des programmes de réinsertion sociale pousse des individus souvent en rupture de contrat social à glisser sur ce terrain. Or, prévient le professeur qui s’appuie sur l’étude, « l’espace carcéral est devenu le lieu de rencontre entre les recruteurs ou mentors à la recherche d’esprits enclins à absorber certaines idées à la base du processus d’endoctrinement. La population jeune des prisons constitue un terreau fertile sensible aux idéologies véhiculées par ces jihadistes dans ces lieux de détention transforme en agence de recrutement ».

Il a souligné, qu’en dehors des facteurs socio-économiques, cette situation est facilitée par la faiblesse du programme de réinsertion sociale disponible dans les prisons africaines, et le contexte de quasi abandon dans lequel se trouve le détenu ». Les Etats africains sont mis devant leurs responsabilités dans la mesure où, selon le professeur, « l’espace carcéral est un espace d’interactions et d’échanges à surveiller de très près avant le durcissement des positions, des motivations d’engagement et de radicalisme ».

Construction d’une nouvelle prison
Si le gouvernement sénégalais est considéré comme pionner dans l’anticipation du phénomène de radicalisation en isolant les détenus qui sont présumés appartenir à des réseaux jihadistes, il est toujours confronté à de multiples défis. Il est invité à accentuer les efforts avec la construction de nouvelles prisons, la réforme de la justice en vue d’améliorer les conditions de détention, le partage du renseignement pénitentiaire actualisé, la mise en place d’un outil de classement pour prévenir des influences radicales, le classement des détenus par un dispositif de détection permanent, le renouvellement de la formation pénitentiaire pour s’adapter aux enjeux de la radicalisation. Pour l’inspecteur Serigne Thiao, chef de la division de la sécurité pénitentiaire à la Direction de l’Administration pénitentiaire, le Sénégal s’est bien inscrit dans ce processus de dé-radicalisation. « L’Etat a prévu de construire une prison à Sébikotane car cela demeure un impératif à cause de la surpopulation carcérale qui n’est pas sans conséquence majeure. Mais il faut noter qu’il nous est difficile d’avoir un système de classification en l’absence d’un établissement d’accueil ».

Matel BOCOUM

 

Un braquage a été perpétré par des hommes armés non identifiés, hier matin, sur la route Ziguinchor-Oussouye, à hauteur du village de Bafican situé dans la commune de Nyassia, à 22 km, à l’Ouest de la ville de Ziguinchor. Il y a eu un mort et deux blessés dont l’un de race blanche est âgé de 72 ans.

Selon des témoignages, c’est vers 9 heures que les braqueurs ont fait irruption sur la route Ziguinchor-Oussouye, à la hauteur du village de Bafican. Ils se sont aussitôt mis à intercepter tous les véhicules, motos et bicyclettes qui roulaient sur cette importante voie de communication et à dépouiller les conducteurs et leurs passagers. C’est sur ces entrefaites qu’un véhicule de type 4x4 en provenance du Cap-Skirring est arrivé sur les lieux. Son chauffeur, un homme de race blanche qui était seul à bord, a refusé de s’arrêter.

Il essuiera des rafales d’armes automatiques et s’en tirera avec des blessures à la jambe et à l’épaule. Malheureusement pour ce conducteur de moto Jakarta âgé de 33 ans qui tentait également d’échapper aux assaillants. Dans sa fuite, il a heurté de plein fouet un arbre et est mort sur le coup. Son compagnon avec qui il était sur la moto a eu plus de chance. Il a été seulement blessé. Lui et le conducteur du véhicule de type 4x4 ont été acheminés au service des urgences de l’hôpital régional de Ziguinchor.

Cette attaque à main armée a été condamnée par plus d’un à Ziguinchor hier. Beaucoup d’habitants de la ville, ainsi que de la commune de Nyassia et des villages environnants, ont fustigé le comportement de ses auteurs. Tous ont estimé qu’à la faveur de l’accalmie qui prévaut en Casamance depuis plus de 5 ans, « l’heure n’est plus au grand banditisme, mais plutôt à des actions favorables au retour progressif d’une paix définitive et durable dans la région méridionale du Sénégal pour le plus grand bien de ses populations ».

El Hadj Moussa SADIO

 

Le programme d’institutionnalisation du genre dans les Forces armées sera appuyé par des partenaires techniques et financiers. C’est du moins ce qu’ont fait savoir les autorités directement concernées et les représentants des organismes associés dans le projet. Ils étaient assis autour de la même table au Cercle Mess des Officiers hier.

L’intégration du genre dans les forces de défense et de sécurité est un enjeu de taille pour les services de l’Etat et les partenaires techniques et financiers concernés par la question. Assis autour de la même table, ils ont exprimé leur volonté de promouvoir l’équité et l’égalité des genres dans les armées et la gendarmerie nationale. En présidant la rencontre, le ministre des Forces armées, Augustin Tine, a informé que le gouvernement du Sénégal a déjà pris « des mesures pour instaurer un environnement socioculturel, juridique et institutionnel favorable à l’équité et à l’égalité des genres dans les Forces armées ».

Parmi celles-ci, il y a « la modification des dispositions législatives et réglementaires relatives à l’accès pour permettre le recrutement des femmes dans les Forces armées ». Aussi y a-t-il « la révision des textes relatifs au mariage, à l’indemnité représentative de logement et au règlement de la discipline générale ». Outre les mesures correctives prises aux plans juridique et institutionnel pour que l’intégration des femmes dans les forces de défense et de sécurité soit possible, Augustin Tine a fait état de l’élaboration d’un manuel du formateur en genre pour les spécialistes et d’un code de conduite pour régir les relations de travail hommes-femmes.

Les partenaires techniques et financiers ont réaffirmé leur engagement à appuyer ce programme. Et à leur nom, l’ambassadeur de Grande Bretagne à Dakar a magnifie la volonté politique du Sénégal d’institutionnaliser le genre dans les armées. Selon George Hodgson, la mise en œuvre des activités que vous avez identifiées dans ce plan permettra au Sénégal de renforcer encore plus son rayonnement et son efficacité en tant qu’acteur sur la paix et la sécurité. Quant à Mme Marie José Kadaga, représentante d’Onu-femmes, elle a invité tous les partenaires à appuyer ce programme pour que le Sénégal soit cité en exemple dans l’institutionnalisation du genre dans les armées.

« La stratégie sectorielle genre des Forces armées (2012-2022) se heurte à certaines pesanteurs liées à l’inadaptation des mentalités à cette mixité », a déploré Mme Coumba Fall Venn, administratrice du Centre panafricain de l’Ong Femmes Africa solidarité. La légalité des genres dans les armées est une « question de justice sociale », a-t-elle dit, avant d’ajouter que « c’est aussi une valeur ajoutée à l’efficience et à l’efficacité de la mission de défense et de sécurité ». Avec ce programmes, les armées vont bénéficier d’une « formation de base sur les concepts et outils genre » et d’une « sensibilisation et formation aux outils et techniques préventifs des exploitations et abus sexuels dans les opérations de maintien de la paix ».

Aliou Ngamby NDIAYE

 

A la faveur de la tuerie de Boffa Bayotte du mois de janvier dernier et de l’enquête qui s’en est suivie et couronnée d’un rapide succès sur l’identification et l’arrestation de ses auteurs, la Section de recherches (Sr) de la gendarmerie nationale a encore été projetée au devant de la scène nationale, voire internationale. Quelle est donc cette redoutable « machine » qui donne le tournis à tous ceux qui s’écartent de la loi, ses prérogatives, ses composantes. Zoom, cette semaine, sur la Sr en attendant de revenir sur d’autres unités phares de la gendarmerie sénégalaise.

La Section de recherches est une unité spéciale de la gendarmerie nationale créée en 2001 (décret 2001-312/PR/MFA du 25 avril 2001). Elle est dirigée par un officier supérieur, présentement le lieutenant-colonel Issa Diack, et est logée à la caserne Samba Diéry Diallo. La Sr est directement rattachée à l’état-major de la gendarmerie territoriale. « Sa compétence s’étend sur l’ensemble du ressort de la Cour d’appel de Dakar et les autres Cours d’appel qui ne disposent pas de Section de recherches », précise le décret relatif à sa création.

La mission première de la Section de recherches est de « fournir une assistance aux autres unités à l’occasion des affaires nécessitant des connaissances et des techniques particulières ou la mise en œuvre de certains moyens d’investigation, de diligenter les enquêtes exigeant une haute qualification dans certains domaines ». De cette mission découle, pour la Section de recherches de Dakar, l’impératif de « diriger les enquêtes judiciaires longues et complexes confiées à la gendarmerie nationale ». Il s’agit d’enquêtes qui demandent en général des compétences particulières et un lourd investissement en temps, en personnel et en moyens.

« Ces enquêtes peuvent porter sur des faits de délinquance ou criminalité organisée, le terrorisme, le trafic de stupéfiants, les crimes de sang (homicides, enlèvements ou séquestrations) des actes de piraterie ou des faits sériels (viols, tueurs en série) à l’échelle régionale ou nationale. Elle est également compétente en matière de police judiciaire militaire », explique un officier supérieur. La Section de recherches s’active souvent après avoir été saisie. Que ce soit « d’initiative lorsqu’elle constate ou est « informée » d’une infraction par la hiérarchie, lorsqu’il s’agit de prendre la direction d’une enquête initialement diligentée par une brigade de gendarmerie ou une brigade de recherches » ou par les magistrats : procureur de la République ou juge d’instruction.

En termes de ressources humaines, la Section de recherches est dotée d’un groupe d’appui de surveillance et recherches spécialisées, d’un groupe des affaires générales, d’un groupe criminalité organisée et terrorisme et d’un groupe d’investigations en délinquance économique et financière. Chaque groupe est dirigé par un officier subalterne. Le commandement, dans l’esprit de l’Ordre du jour n°1 du général Meïssa Niang, a dévolu à la Section de recherches, dans le cadre de la montée en puissance et pour faire face aux nouveaux défis que constituent les infractions liées aux nouvelles technologies, une Plateforme numérique de lutte contre la cybercriminalité (Pnlc). Cette plateforme est munie de moyens de « nouvelles générations adaptés pour diligenter des enquêtes portant sur des faits en rapport avec les nouvelles technologies, le piratage informatique, la diffusion d’images pornographiques, etc ».

Elle assiste également les autres enquêteurs lorsque c’est nécessaire. La Pnlc a pour mission « d’effectuer des enquêtes judiciaires portant sur les infractions visant ou utilisant des systèmes informatiques et d’apporter son assistance technique aux unités d’investigation lors des enquêtes judiciaires ». Tout comme elle contribue à la mise en place de moyens techniques et au développement de l’expertise pour l’examen et le traçage des systèmes d’information. De même, un rapprochement a été opéré par le commandement entre la Section de recherches et le Centre national d’identification criminel (Cnic) anciennement logé à la caserne Mame Bounama Fall de Ouakam. Cette délocalisation est concomitante à la mise en place du Service central de renseignement criminel (Scrc) qui se substitue au Service du fichier de la gendarmerie.

Le Cnic effectue, à la demande des officiers de police judiciaire et des magistrats, des examens techniques ou scientifique, ainsi que des expertises. En cas de besoin (crimes graves ou catastrophes), il apporte aux directeurs d’enquête le soutien nécessaire au bon déroulement des opérations de Prélèvement technique et scientifique (Pts) ou d’aide à l’identification des victimes.

Dans l’échelon national de l’intelligence judiciaire, le Scrc centralise et exploite les informations judiciaires relatives aux crimes et aux délits ainsi qu’aux avis de recherches qui lui sont transmis par l’ensemble des unités de la gendarmerie nationale. Le Service national de renseignement criminel gère les bases de données de la gendarmerie nationale et entretient des relations avec les acteurs publics ou privés, nationaux ou internationaux. L’ensemble des différentes entités présentées ci-dessus (Plateforme numérique de lutte contre la cybercriminalité, Centre national d’identification criminelle et Service central de renseignement criminel) forme le pôle judiciaire de la gendarmerie placé sous l’autorité du chef de la Section de recherches.

L’organisation, les missions et l’ensemble des moyens mis en place par le commandement font de la Section de recherches de Dakar une unité spéciale de la gendarmerie nationale qui agit sur le « haut du spectre des unités de police judiciaire pour apporter des réponses rapides aux enquêtes spécifiquement délicates dans les domaines de la délinquance financière, des infractions liées aux nouvelles technologies, de la criminalité organisée, du terrorisme ainsi que de la lutte contre les stupéfiants ».

Quelques faits d’arme
de la Section de recherches

L’enquête sur les biens mal acquis :

« La Section de recherches a joué un rôle déterminant dans le cadre de l’enquête ouverte par la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei) », souligne l’état-major de la gendarmerie nationale.  Son implication dans cette enquête s’explique, sans nul doute, par sa « maitrise des procédés en enquête financière » et a permis, lors de la phase police judiciaire, de « rassembler les éléments pouvant permettre à cette juridiction spéciale de poursuivre les mis en cause en toute assurance ».

L’affaire Toumba Diakité
Recherché par la justice guinéenne pour le massacre d’opposants dans le stade de Conakry, le 28 septembre 2009, où au moins 157 personnes avaient été tuées et une centaine de femmes violées, le commandant Aboubacar Sidiki Diakité, alias « Toumba » ou encore le bourreau de l’ex-chef de la junte guinéenne, le capitaine Moussa Dadis Camara, avait été accusé de complicité d’assassinat, meurtre, complicité de viols en réunion, séquestration, etc. Son arrestation est à mettre à l’actif de la Section de recherches en décembre 2016. Une arrestation qui a mis fin à une longue cavale de sept ans.

L’affaire Shreekumar Varma
Shreekumar Varma est un Indien membre d’une famille royale dans son pays. Il était venu au Sénégal, le 19 janvier 2016, pour conclure une transaction portant sur une peinture. Il sera malheureusement séquestré et conduit à Sendou avant de voir ses documents de voyage confisqués. Une rançon de 2,5 millions d’euros, soit 1,6 milliard de FCfa environ, avait été réclamée à sa famille par ses ravisseurs. Saisie par l’ambassade de l’Inde au Sénégal, la Section de recherches de la gendarmerie a mis en place des moyens matériels et humains qui ont permis très vite de venir à bout des ravisseurs et de libérer l’otage sain et sauf.
 
Lutte contre le terrorisme

Le 27 octobre 2015, la Section de recherches avait ouvert une enquête suite à l’exploitation d’un renseignement relatif à une publication sur Facebook faisant l’apologie du terrorisme et proférant des menaces contre le président de la République. Les investigations menées par la Section de recherches et les services de la police nationale avaient révélé l’existence d’un réseau djihadiste dont certains membres avaient déjà rejoint les bastions de Boko Haram, au Nigeria, et de Daesh, en Libye et en Syrie, tandis que d’autres étaient encore au Sénégal. L’enquête menée a permis le démantèlement de ce réseau et l’arrestation de plus d’une trentaine d’individus, dont le présumé cerveau.  

L’arnaque aux grains de nigelle

La Section de recherches a été dernièrement saisie pour des cas d’arnaque aux grains de nigelle. Cette forme de tromperie, assez fréquente de nos jours, n’en finit pas de faire des victimes malgré les multiples arrestations opérées par la Section de recherches. Les malfaiteurs, de plus en plus inspirés, font recours à des méthodes très pointues pour appâter leurs victimes. Toutefois, grâce à ses techniques pointues de recherches et à la maitrise des méthodes et procédés de ces criminels, la Section de recherches a réussi à les neutraliser. Elle a tout récemment arrêté un de ces malfaiteurs qui avait réussi à gruger sa victime. Le montant du préjudice s’élève à 350 millions de FCfa.
 
L’enquête sur la tuerie de Bofa Bayotte
Le 06 janvier 2018, 14 coupeurs de bois ont été tués par arme à feu dans la forêt de Bofa Bayotte, à Ziguinchor. Compte tenu de la complexité de l’affaire, le haut-commandement de la gendarmerie nationale a dépêché les enquêteurs de la Section de recherches pour mener les investigations. La rapidité et le professionnalisme avec lesquels cette unité d’élite de la gendarmerie nationale a mené cette enquête a permis l’arrestation de 24 personnes. Les résultats obtenus dans la résolution de cette énigmatique affaire ont permis d’éclairer la justice et de lever toute équivoque quant aux présumés auteurs de ce massacre.

Par Ibrahima Khaliloullah NDIAYE

 

L’ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique au Sénégal a effectué une visite de courtoisie à Touba. Tulinabo Salama Munchingi a été reçu par le Khalife général des Mourides Serigne Mountakha Basirou Mbacké. Accueilli dans la pure tradition mouride, le diplomate américain, qui avait déjà visité des écoles et l’Université Cheikh Ahmadou Bamba (Ucab) et échangé avec le gouverneur de la région de Diourbel sur le développement local, s’est surtout réjoui de « l’Islam de paix qui prévaut au Sénégal ».

« Je suis très honoré d’être reçu par le Khalife général des Mourides malgré son calendrier chargé. La chaleur de l’accueil, l’énergie et l’engagement du chef religieux au service du Sénégal m’ont beaucoup marqué », a dit l’ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique au Sénégal, Tulinabo Salama Munchingi, qui s’est surtout réjoui de « la tolérance religieuse dont font preuve les Sénégalais ». Malgré le pluralisme confessionnel, les musulmans que sont les Tidianes, les Mourides, les Khadres, etc., et les Chrétiens célèbrent, en permanence et en même temps, le culte de la paix sociale. « La tolérance religieuse construite au Sénégal doit être exportée, enseignée et partagée avec le reste du monde », a souhaité l’hôte de Touba.

Auparavant, Tulinabo Salama Muchingui avait, en compagnie de Serigne Mame Mor Mbacké, visité des écoles et l’Université Cheikh Ahmadou Bamba (Ucab). Sur ces lieux, le diplomate américain est revenu sur l’importance de l’éducation, une « arme contre l’extrémisme violent ». Après avoir salué le dynamisme des Mourides et les efforts consentis par les chefs religieux de Touba dans le domaine de l’éducation, il a échangé avec les autorités administratives amenées par le gouverneur de la région de Diourbel, sur le développement local et les infrastructures routières, ainsi que sur le fonctionnement du centre de surveillance communautaire de Touba-Mbacké financé par le centre américain de contrôle des maladies. Cette structure où les Américains ont investi à peu près sept milliards de FCfa, s’active dans la surveillance des épidémies pour répondre aux trois éléments que sont la prévention, la détection en temps réel et la riposte. « La santé mondiale est l’affaire de tout le monde. Un pathogène peut traverser le monde en moins de 36 heures. Donc, nous devons renforcer notre vigilance et notre partenariat dans ce domaine », a souligné Tulinabo Salama Muchingui, qui a, à la fin de sa visite d’une journée à Touba, réitéré ses remerciements à la communauté mouride et à son guide spirituel pour tout ce qu’ils font dans le cadre de la sauvegarde de la cohésion sociale et du vivre ensemble, mais aussi pour leur participation au développement du Sénégal.

Mamadou DIEYE

Le Sénégal dispose, désormais, d’un document de politique de migration. Il a été validé hier au cours d’un atelier présidé par Pierre Ndiaye, directeur général de la planification et des politiques économiques (Dgppe) au ministère de l’Economie, des Finances et du Plan.

Un «dysfonctionnement» vient ainsi d’être corrigé, a informé le directeur général de la planification et des politiques économiques au ministère de l’Economie, des Finances et du Plan. Pierre Ndiaye a aussi rappelé que, malgré les nombreuses initiatives prises par le passé, «le Sénégal ne disposait pas d’un document de politique migratoire». Pourtant, la diaspora sénégalaise est considérée comme «la 15ème région» du pays. Les envois d’argent des migrants vers le Sénégal étaient estimés à 961 milliards de FCfa en 2013, selon les résultats d’une étude. Pour le responsable de la Dgppe, l’objectif du document de politique nationale de migration, validé hier, est de faire de la migration «un levier important de croissance forte et soutenue, de capture du dividende démographique et de développement durable».

Selon Pierre Ndiaye, la politique nationale de la migration aborde toutes les questions de migration interne et internationale, ainsi que leur interaction avec le développement. Aussi, assigne-t-elle des objectifs et des actions prioritaires permettant, dans sa mise en œuvre, d’atteindre le bien-être des populations, migrantes et non-migrantes. Le Plan national migratoire du Sénégal, qui sera opérationnalisé à travers un Plan d’actions prioritaires (Pap) quinquennal (2018-2022), se décline en 47 projets et programmes pour un montant global de 57.868.943.292 FCfa. Pour la mise en œuvre de cette politique nationale de migration, le gouvernement du Sénégal a décidé de mettre en place les structures et les moyens nécessaires. Un comité national de pilotage, un comité technique national, des comités régionaux et une cellule technique d’opérationnalisation et de suivi ont été mis en place.

Et les quatre domaines d’intervention de la politique nationale sont ainsi définis : «Migration, gestion des données, économie et emploi» ; «migration, droits humains et genre» ; «migration, santé et environnement» ; «migration et gestion intégrée des frontières». A travers ce document, le Sénégal doit répondre à toutes les dimensions de la migration, a indiqué Sophie Nonnenmacher, chef de mission par intérim de l’Organisation internationale des migrants (Oim) au Sénégal. Ces dimensions, a-t-elle dit, concernent les données «pour mieux connaître la diaspora», les risques encourus par les travailleurs immigrés au Sénégal, la sécurisation des frontières, la sécurité sociale et la santé des populations mobiles. Elle a invité tous les membres du comité nationale de pilotage à porter ce document pour qu’il soit efficace.

A. Ng. NDIAYE

 

La route a encore tué, suite au violent accident  survenu sur l’axe Linguère-Matam. Une voiture de marque Mercedes immatriculée DK 4422 F a fait un dérapage, suivi de renversement après l’éclatement d’un pneu. Bilan : un mort sur le coup et un blessé dans un état critique. La personne décédée est un agent de la Senelec du Cap des biches originaire de Rufisque et répondant au nom d’Omar Diarra.

Il avait quitté Ranérou, accompagné de son enfant de 12 ans. L’accident s’est produit à hauteur du village de Barkédji. L’enfant a été sauvé par des passants qui l’ont conduit à l’hôpital Maguette Lô de Linguère où le corps sans vie d’Omar Diarra a également été déposé à la morgue. La gendarmerie a ouvert une enquête pour élucider les causes réelles de l’accident.

…Une femme de 28 ans se tue par pendaison

Quelle mouche a bien pu piquer la femme Aissatou Sow pour qu’elle mette fin à son existence ? Elle s’est pendue à un arbre, non loin du domicile familial, à l’aide d’une corde, dans le village de Loumbel Kolly, une localité située à 60 km de Linguère.

C’est dans la nuit du lundi 26 au mardi 27 mars, vers 5h, que le drame est survenu dans le département de Linguère. Une femme de 28 ans dénommée Aissatou Sow a décidé de mettre fin à ses jours en se pendant à un arbre. Elle a été retrouvée morte à quelques encablures du domicile familial. Cette découverte macabre a été faite par les membres de sa famille qui s’étaient lancés à sa recherche après avoir remarqué son absence. Alertés, les sapeurs-pompiers et les gendarmes ont rejoint les lieux du drame pour procéder au constat d’usage.

Le corps sans vie d’Aissatou Sow a été acheminé à l’hôpital Maguette Lô de Linguère puis déposé à la morgue de ladite structure sanitaire par les sapeurs-pompiers. Selon une source proche de la famille, la victime jouissait de toutes ses facultés mentales. Pour l’instant, le mobile du suicide reste inconnu mais une enquête a été ouverte pour déterminer les causes.

Masse NDIAYE

 

Timbuktu Institute-African Center for Peace Studies, en partenariat avec la Fondation Konrad Adenauer, a organisé, hier à Dakar, un séminaire sous-régional portant sur  le thème: «L’espace religieux sahélien face aux mutations géopolitiques». Cette rencontre de haut niveau a permis aux différents acteurs de passer en revue cette thématique actuelle.

L’extrémise violent reste une préoccupation de nombreux acteurs de la sous-région. Plusieurs pays de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel font aujourd’hui face à la recrudescence et à la flambée d’actes extrémistes aux conséquences néfastes. C’est ce qui justifie l’intérêt du séminaire sous-régional organisé hier par Timbuktu Institute-African Center for Peace Studies, en partenariat avec la Fondation Konrad Adenauer. Le thème de la rencontre « L’espace religieux sahélien face aux mutations géopolitiques » a réuni chercheurs de divers horizons, société civile, représentants des Etats, acteurs religieux, diplomates et universitaires.

Selon le directeur de Timbuktu Institute, Bakary Sambe, par ailleurs coordonnateur de l’Observatoire de radicalismes et conflits religieux en Afrique, la crise qui sévit au Mali et qui a eu des conséquences aussi bien au Niger qu’au Burkina Faso a mis le fait religieux au centre de toutes les préoccupations. Aujourd’hui, a-t-il laissé entendre, la logique d’influence a supplanté la logique de puissance. « De plus en plus, les modèles religieux dont dispose l’Afrique sont concurrencés voire combattus par le biais d’autres idéologies venant d’autres pays qui participent à la déstructuration de nos sociétés en plus des questions de sécurité que nous avons ». La  poussée phénoménale du « wahabisme » au Mali et la dualité du champ religieux au  Niger, au Sénégal et dans d’autres régions s’inscrivent dans ce sens », a indiqué Bakary Sambe, qui a magnifié l’initiative prise par son Institut, en rapport avec la Fondation Konrad Adenauer pour « anticiper sur les éventuelles retombées de cette concurrence des modèles religieux venant du Moyen-Orient et de voir comment celle-ci pourrait avoir un effet sur nos sociétés et sur le modèle de cohésion social propre à nos différents pays ». C’est pour ces raisons que M. Sambe a conseillé aux Etats d’anticiper sur ces questions.

Formulation de recommandations opérationnelles

«Il faudrait absolument que l’on évite à ce que notre continent redevienne un terrain de jeux d’influences tel que cela a été le cas pendant la guerre froide où nos pays étaient de simples instruments diplomatiques, d’outils d’influences à la main de puissances qui n’ont pas le même agenda que nous. Sur ce, nous devons dans ce moment de l’histoire très critique pour nos pays, voir dans quelle mesure nous pouvons anticiper, faire de la prospective et positionner nos discours en vue d’éviter à l’Afrique d’être un continent de consommateur d’idéologies », a-t-il recommandé. Pour ce faire, trois sous-thèmes ont été abordés au cours de cette rencontre. Ils ont respectivement porté sur « Concurrence des modèles religieux au Mali : quelle influence des modèles religieux au Moyen Orient ? » ; «L’influence des pays du Golf sur le champ islamique au Niger » ; « Le Sahel, nouveau terrain de jeux d’influences entre puissances occidentales et monarchies arabes ». Pour le premier sous-thème, le Dr Aly Tounkara du Mali a précisé que l’Islam est pluriel de par ses fondements avant d’évoquer le cas de son pays où il a relevé l’intérêt des « salafistes » vis-à-vis de l’offre politique malienne. Selon lui, les populations maliennes accordent peu d’importance à l’élite politique. Aujourd’hui, a-t-il fait savoir, ce sont les religieux qui ont récupéré cette légitimité.

« Le débat autour du code de la famille, l’accès à l’éducation, à la santé, etc., sont autant de demandes sociétales que ces organisations tentent de satisfaire, rendant difficile la tâche à l’élite politique. D’où l’intérêt de ce séminaire qui va permettre aux différents acteurs de dégager des pistes pouvant aboutir à la formulation de recommandations opérationnelles susceptibles d’orienter les décideurs sur la nécessité de mettre en place des politiques allant dans le sens d’une meilleure prise en compte de la question religieuse au regard des mutations géopolitiques que connaissent les pays du Sahel.

Tata SANE

 

Du 22 au 26 mars, près de 1.000 personnes ont été arrêtées selon le ministre de l’Intérieur Aly Ngouille Ndiaye. Il rencontrait, hier, la presse au cours d’un déjeuner, en compagnie de la ministre de la Bonne gouvernance et de la Protection de l’enfance, Mme Ndèye Ramatoulaye Guèye Diop. Les patrouilles qui seront désormais de rigueur visent à protéger les populations de toute agression.

La ministre de la Bonne gouvernance et de la Protection de l’enfance, Mme Ndèye Ramatoulaye Guèye Diop, a décidé d’assumer pleinement la mission que lui a confiée le Chef de l’Etat : la protection des enfants contre la maltraitance et toutes autres formes d’exploitation dont celles liées à la mendicité. Cela, en collaboration avec le ministère de l’Intérieur. Un département qui n’a pas lésiné sur les moyens autant humains que matériels pour mettre fin à la psychose qui s’est emparée des citoyens qui ne vivent plus du sommeil du juste à cause des rapts et meurtres d’enfants qui sévissent dans le pays. En témoigne les statistiques données hier par le ministre de l’Intérieur Aly Ngouille Ndiaye. Il a révélé que du 22 au 26 mars, « près de 1.000 personnes ont été arrêtées dans les grandes villes telles que Dakar et sa banlieue, Kaolack, Touba, Saint-Louis et Thiès ». Et de préciser : « Nous ne voulons pas que cela soit des actions sporadiques, mais étalées dans le temps, de jour comme de nuit. La Police a réceptionné une vingtaine de véhicules». Concernant les meurtres d’enfants, Aly Ngouille Ndiaye a indiqué que ces 3 derniers mois, on a enregistré trois cas : la fillette de Mbao violée et tuée, Fallou Bâ à Touba Keur Niang et Fallou Diop à Rufisque. « Les investigations sont en cours pour trouver les auteurs de ces faits », a rassuré le ministre. Toutefois, a-t-il indiqué, « des cas assimilés à des canulars ou non avérés sont signalés aux services de l’ordre ». « Hier, on nous a signalé une personne vers Tambacounda et la population en furie était partie à ses trousses, alors qu’on lui avait confié un talibé. Il faut que les gens sachent raison garder », a-t-il dit.

Selon M. Ndiaye, ce phénomène qui n’est pas nouveau ne peut pas être lié à des compétitions électorales. « J’avoue qu’objectivement, c’est peut être difficile de le lier à des élections. Ce phénomène ne concerne pas seulement le Sénégal.

Près de 4.000 agents seront recrutés
Nous voyons des cas avérés dans la sous-région. Je ne suis pas sûr qu’on ait tous le même calendrier électoral, peut-être que c’est une coïncidence», a-t-il déclaré. Selon lui, certaines personnes peuvent s’adonner à des actes pour des questions de fétichisme. «Ces croyances sont encore là », a-t-il reconnu.

«Si des gens sont pris en flagrant délit, ils seront jugés en Cour d’Assises, parce qu’il s’agit de cas de meurtres», a indiqué Aly Ngouille. Le ministre de l’Intérieur a plaidé pour que les enfants soient souvent accompagnés. Il a aussi informé que cinq sites sont identifiés pour la construction de commissariats dans la banlieue de Dakar. Par ailleurs, cette année, près de 3.000 agents de la Police et de la Gendarmerie sont à recruter, sans compter 1.000 autres auxiliaires de Police. Tout cet effort vise à rassurer les populations.  S’agissant du retrait des enfants de la rue, il a noté que ce n’est pas une affaire de marabout. «Certains de ces enfants ne peuvent même pas réciter correctement des versets coraniques», a-t-il regretté, tout en ajoutant qu’en ce qui concerne les déficients mentaux, «des dispositions spéciales seront prises». Le ministre s’est félicité du professionnalisme de ses services qui viennent d’arrêter, au Sénégal, un cas de cybercriminalité souligné à l’échelle de la sous-région. S’agissant du retour de la peine de mort comme le souhaite un responsable politique, il a déclaré : «Le monde est en avance, on ne peut pas retourner en arrière et je ne pense que cela soit la solution».

 

Démarrage du plan de retrait des enfants aujourd’hui

Lors de la rencontre d’hier, la ministre de la Bonne gouvernance et de la Protection de l’enfance, Mme Ndèye Ramatoulaye Guèye Diop, a souligné que le plan de retrait démarre demain (Ndlr : aujourd’hui), en collaboration avec les ministères de l’Intérieur, de la Justice, de la Santé et de la Gouvernance territoriale.

Mme le ministre dit avoir été sur le terrain pour évaluer l’état des lieux du plan de retrait des enfants. A cet effet, elle a rencontré les acteurs : familles religieuses, maîtres coraniques, talibés… «Nous avons identifié les goulots d’étranglement et nous sommes arrivés à un schéma qui pourrait répondre à nos attentes. Nous allons procéder à une seconde phase qui est une continuité à la première. Nous sommes dans une coordination. Mutualisons nos efforts pour réussir le retrait qui se fera de façon progressive», a-t-elle expliqué. « Je crois que dès demain (Ndlr : aujourd’hui), nous allons vous donner des chiffres du retrait effectué », a-t-elle ajouté. Mme Diop a expliqué qu’il existe des enfants qui sont en rupture avec leurs familles.

Dans tous les cas, le tri permettra d’orienter les “talibés” vers les «daaras» et les autres vers les centres d’accueil, en attendant de faire des investigations et les retourner à leurs familles respectives. La ministre reste convaincue que l’Etat ne peut pas se substituer aux parents et ces derniers ne doivent pas fuir leurs responsabilités, même si l’Etat doit venir en appoint. Pour une meilleure campagne, des émissions radiophoniques communautaires sont prévues afin de rappeler le rôle des parents et maîtres coraniques. Ce travail se fera avec un budget mis en place et le soutien des partenaires techniques et financiers.

Mme Guèye a raconté toute la peine qu’elle a ressentie du fait de la presse et des réseaux sociaux qui ont soutenu qu’elle est « insensible » à la mort de Fallou Diop. « Pour le cas de Fallou Diop, on a raconté que j’étais insensible à sa mort. Nul n’est mieux sensible que moi qui ai perdu mon fils dans des circonstances vraiment dramatiques pour comprendre la douleur de cette maman», a-t-elle raconté. « C’est à cause de cette presse que je ne suis pas partie présenter mes condoléances à la famille éplorée. Je voulais résister à cette pression. J’ai tenu le coup », a-t-elle confié. En revanche, Mme la ministre s’est rendue à Keur Barka (Kaolack) pour partager les moments d’amertume avec des familles de deux “talibés” décédés. « Aller  à Rufisque ne pourrait constituer un obstacle», s’est défendue la ministre.

 

Aly Ngouille Ndiaye sur les agents de l’Asp : «Ils n’ont pas le droit de verbaliser les usagers»

« Les Asp n’ont pas le droit de demander des permis aux usagers de la route. Nous les avons rappelés à l’ordre. Parce que ce n’est pas leur rôle. C’est aux policiers de faire les verbalisations », a tenu à préciser, hier, le ministre de l’Intérieur interpellé par un journaliste sur la question.                               

Serigne Mansour Sy CISSE

 

Du 22 au 26 mars, près de 1.000 personnes ont été arrêtées selon le ministre de l’Intérieur Aly Ngouille Ndiaye. Il rencontrait, hier, la presse au cours d’un déjeuner, en compagnie de la ministre de la Bonne gouvernance et de la Protection de l’enfance, Mme Ndèye Ramatoulaye Guèye Diop. Les patrouilles qui seront désormais de rigueur visent à protéger les populations de toute agression.

La ministre de la Bonne gouvernance et de la Protection de l’enfance, Mme Ndèye Ramatoulaye Guèye Diop, a décidé d’assumer pleinement la mission que lui a confiée le Chef de l’Etat : la protection des enfants contre la maltraitance et toutes autres formes d’exploitation dont celles liées à la mendicité. Cela, en collaboration avec le ministère de l’Intérieur. Un département qui n’a pas lésiné sur les moyens autant humains que matériels pour mettre fin à la psychose qui s’est emparée des citoyens qui ne vivent plus du sommeil du juste à cause des rapts et meurtres d’enfants qui sévissent dans le pays. En témoigne les statistiques données hier par le ministre de l’Intérieur Aly Ngouille Ndiaye. Il a révélé que du 22 au 26 mars, « près de 1.000 personnes ont été arrêtées dans les grandes villes telles que Dakar et sa banlieue, Kaolack, Touba, Saint-Louis et Thiès ». Et de préciser : « Nous ne voulons pas que cela soit des actions sporadiques, mais étalées dans le temps, de jour comme de nuit. La Police a réceptionné une vingtaine de véhicules». Concernant les meurtres d’enfants, Aly Ngouille Ndiaye a indiqué que ces 3 derniers mois, on a enregistré trois cas : la fillette de Mbao violée et tuée, Fallou Bâ à Touba Keur Niang et Fallou Diop à Rufisque. « Les investigations sont en cours pour trouver les auteurs de ces faits », a rassuré le ministre. Toutefois, a-t-il indiqué, « des cas assimilés à des canulars ou non avérés sont signalés aux services de l’ordre ». « Hier, on nous a signalé une personne vers Tambacounda et la population en furie était partie à ses trousses, alors qu’on lui avait confié un talibé. Il faut que les gens sachent raison garder », a-t-il dit.

Selon M. Ndiaye, ce phénomène qui n’est pas nouveau ne peut pas être lié à des compétitions électorales. « J’avoue qu’objectivement, c’est peut être difficile de le lier à des élections. Ce phénomène ne concerne pas seulement le Sénégal.

Près de 4.000 agents seront recrutés
Nous voyons des cas avérés dans la sous-région. Je ne suis pas sûr qu’on ait tous le même calendrier électoral, peut-être que c’est une coïncidence», a-t-il déclaré. Selon lui, certaines personnes peuvent s’adonner à des actes pour des questions de fétichisme. «Ces croyances sont encore là », a-t-il reconnu.

«Si des gens sont pris en flagrant délit, ils seront jugés en Cour d’Assises, parce qu’il s’agit de cas de meurtres», a indiqué Aly Ngouille. Le ministre de l’Intérieur a plaidé pour que les enfants soient souvent accompagnés. Il a aussi informé que cinq sites sont identifiés pour la construction de commissariats dans la banlieue de Dakar. Par ailleurs, cette année, près de 3.000 agents de la Police et de la Gendarmerie sont à recruter, sans compter 1.000 autres auxiliaires de Police. Tout cet effort vise à rassurer les populations. S’agissant du retrait des enfants de la rue, il a noté que ce n’est pas une affaire de marabout. «Certains de ces enfants ne peuvent même pas réciter correctement des versets coraniques», a-t-il regretté, tout en ajoutant qu’en ce qui concerne les déficients mentaux, «des dispositions spéciales seront prises». Le ministre s’est félicité du professionnalisme de ses services qui viennent d’arrêter, au Sénégal, un cas de cybercriminalité souligné à l’échelle de la sous-région. S’agissant du retour de la peine de mort comme le souhaite un responsable politique, il a déclaré : «Le monde est en avance, on ne peut pas retourner en arrière et je ne pense que cela soit la solution».

Serigne Mansour Sy CISSE

DÉMARRAGE DU PLAN DE RETRAIT DES ENFANTS AUJOURD’HUI
Lors de la rencontre d’hier, la ministre de la Bonne gouvernance et de la Protection de l’enfance, Mme Ndèye Ramatoulaye Guèye Diop, a souligné que le plan de retrait démarre demain (Ndlr : aujourd’hui), en collaboration avec les ministères de l’Intérieur, de la Justice, de la Santé et de la Gouvernance territoriale.

Mme le ministre dit avoir été sur le terrain pour évaluer l’état des lieux du plan de retrait des enfants. A cet effet, elle a rencontré les acteurs : familles religieuses, maîtres coraniques, talibés… «Nous avons identifié les goulots d’étranglement et nous sommes arrivés à un schéma qui pourrait répondre à nos attentes. Nous allons procéder à une seconde phase qui est une continuité à la première. Nous sommes dans une coordination. Mutualisons nos efforts pour réussir le retrait qui se fera de façon progressive», a-t-elle expliqué. « Je crois que dès demain (Ndlr : aujourd’hui), nous allons vous donner des chiffres du retrait effectué », a-t-elle ajouté. Mme Diop a expliqué qu’il existe des enfants qui sont en rupture avec leurs familles.

Dans tous les cas, le tri permettra d’orienter les “talibés” vers les «daaras» et les autres vers les centres d’accueil, en attendant de faire des investigations et les retourner à leurs familles respectives. La ministre reste convaincue que l’Etat ne peut pas se substituer aux parents et ces derniers ne doivent pas fuir leurs responsabilités, même si l’Etat doit venir en appoint. Pour une meilleure campagne, des émissions radiophoniques communautaires sont prévues afin de rappeler le rôle des parents et maîtres coraniques. Ce travail se fera avec un budget mis en place et le soutien des partenaires techniques et financiers.

Mme Guèye a raconté toute la peine qu’elle a ressentie du fait de la presse et des réseaux sociaux qui ont soutenu qu’elle est « insensible » à la mort de Fallou Diop. « Pour le cas de Fallou Diop, on a raconté que j’étais insensible à sa mort. Nul n’est mieux sensible que moi qui ai perdu mon fils dans des circonstances vraiment dramatiques pour comprendre la douleur de cette maman», a-t-elle raconté. « C’est à cause de cette presse que je ne suis pas partie présenter mes condoléances à la famille éplorée. Je voulais résister à cette pression. J’ai tenu le coup », a-t-elle confié. En revanche, Mme la ministre s’est rendue à Keur Barka (Kaolack) pour partager les moments d’amertume avec des familles de deux “talibés” décédés. « Aller à Rufisque ne pourrait constituer un obstacle», s’est défendue la ministre.

S. M. S. CISSE


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