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Société & Faits divers (3260)

Le Sénégal, pour une première en Afrique, dispose d’une étude sur la cartographie de la délinquance sur son territoire. Celle-ci, commanditée par l’Agence d’assistance à la sécurité de proximité (Asp), montre que les efforts de l’Etat commencent à donner des résultats tangibles, avec un niveau de prévalence de la délinquance générale estimé à 30%.

« S’il est vrai que l’étude a révélé un niveau de prévalence de la délinquance générale de 30% pour la victimation des ménages et des personnes, il n’en demeure pas moins que les formes de délinquance comme les cambriolages (12,2%), les vols (10%) et les viols (2,1%) sont des phénomènes sous contrôle. Il est alors aisé d’en déduire que les efforts, consentis par les pouvoirs publics, pour assurer la sécurité des citoyens et de leurs biens sans discontinuité territoriale, commencent à porter leurs fruits ». Telle est la conviction du ministre de l’Intérieur qui recevait, hier, les résultats de l’étude et la cartographie de la délinquance au Sénégal.  Selon Aly Ngouille Ndiaye, l’Etat, conscient que les défis sont énormes, est décidé à poursuivre ses actions.

« Nous allons améliorer davantage les moyens d’intervention des forces de défense et de sécurité, notamment de la Police nationale, de manière à réduire à leur plus simple expression les agressions, injures et menaces représentant 58% des cas de délinquance, ainsi que les vols de bétail et volaille estimés à 19% », fait-il savoir. Préoccupé par la question sécuritaire, le ministère de l’Intérieur a mis en place la Lettre de politique sectorielle de développement de la gouvernance et de la sécurité intérieures qui a abouti à la création de l’Agence d’assistance à la sécurité de proximité (Asp) en 2013, définie comme une stratégie nouvelle de prévention de la délinquance.

Selon le directeur général de l’Asp, qui a commandité cette étude réalisée par l’Ecole supérieure d’économie appliquée (Esea) de l’université Cheikh Anta Dop de Dakar, avec l’encadrement technique de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd), des données fiables sont aujourd’hui disponibles. « Ça nous a valu 13 mois de travail sur toute l’étendue du territoire national. C’est un  grand pas vers les politiques de sécurité intérieure moderne. Maintenant, il faut mettre en place la loi d’orientation sur la sécurité intérieure, regroupant tous les acteurs concernés pour la mutualisation fonctionnelle et la mutualisation opérationnelle parce qu’on ne peut pas avoir derrière chaque citoyen un policier », explique Me Kaly Niang, qui ajoute que « c’est conscient de cela que l’Asp va lancer le concept de sécurité citoyenne ».

Selon le Pr Koumah Ndour, directeur de l’Enea et chef des enquêteurs, les résultats de cette étude sont éloquents et se rapprochent des profils de la délinquance. Les plus saillants sont les vols de bétail, les agressions, les homicides, les cambriolages. « Mais, les résultats sont mitigés par le fait que les cas de délinquance déclarés ne sont pas nombreux. Seuls 14% des actes de délinquance sont déclarés au Sénégal. Le reste, c’est le chiffre noir... En tout cas, sur l’ensemble des ménages interrogés, il n’y a que 30% de personnes qui ont déclaré avoir été victimes de délinquance, ce qui est minime par rapport aux autres pays », indique-t-il.


Aly Ngouille Ndiaye, ministre de l’intérieur
«Une enquête à renouveler tous les 2 ou 3 ans»
Globalement satisfait par le travail des enquêteurs et des résultats sur la stabilité du pays, le ministre de l’Intérieur est d’avis que ceux-ci confirment globalement le climat de paix qui règne dans notre pays. « C’est extrêmement nécessaire pour assurer la sécurité de l’investissement car ils sont de nature à permettre l’élaboration et la mise en œuvre de stratégies territoriales pertinentes de prévention et de lutte contre toutes les formes de délinquance à l’échelle nationale », souligne-t-il. Au-delà des décideurs, l’étude est, en raison de la richesse des statistiques qu’elle renferme, un matériau précieux pour les travaux des étudiants, chercheurs, universitaires et professionnels de la sécurité qui s’intéressent aux questions de délinquance. C’est pourquoi, hormis son appropriation par toutes les parties prenantes, il serait indiqué que cette enquête de victimation soit institutionnalisée et renouvelée tous les deux ou trois ans dans la perspective de la mise en place d’un observatoire national de la délinquance au Sénégal. Il convient de saluer l’esprit de partenariat entre les institutions publiques (Asp-Esea-Ansd) qui nous a valu ce produit de qualité », déclare-t-il.

Oumar FEDIOR

 

L’Etat du Sénégal, représenté par le ministère de la Bonne Gouvernance et de la Protection de l’enfance, a signé, hier, un protocole d’accord avec l’Usaid à travers son programme de Gouvernance locale pour le développement (Gold).

Une signature de protocole d’accord entre l’Etat du Sénégal, représenté par le ministère de la Bonne Gouvernance et la Protection de l’enfance, et le directeur du programme de Gouvernance locale pour le développement (Gold) de l’Usaid s’est matérialisée, hier, par l’engagement d’Oumar El Foutiyou Bâ, secrétaire général du ministère, et Jean-Michel Dufils, directeur dudit programme. Cette signature vient ainsi matérialiser l’entente des deux partenaires. L’objectif du programme Gold est de sensibiliser les acteurs, surtout les populations à la base,  sur l’instauration d’une bonne gouvernance territoriale.

« Dans la perspective de gouvernance territoriale, la société civile est aussi concernée. Le projet vise à renforcer la capacité des collectivités locales en développant leurs réflexes vis-à-vis des pratiques de bonne gouvernance », a dit M. Bâ. Notre pays ne cesse de consolider ses acquis en termes de politique de bonne gouvernance. « A titre illustratif, le Sénégal est, depuis 2012, dans les dix places du classement  Mo Ibrahim dans la lutte contre la corruption. Dans la norme Ite, il est premier en Afrique et quatrième dans le monde. Cela traduit l’engagement du Sénégal à instaurer une gouvernance vertueuse qui sert les intérêts de la population », a dit M. Bâ,  qui a ajouté que « le Sénégal dispose d’un cadre multi-acteurs pour la transparence de la gestion financière ».

Dans son intervention, Jean-Michel Dufils a souligné que « ce projet, financé par l’Usaid, vise à renforcer les capacités des collectivités territoriales à assumer leur rôle dans un cadre de bonne gouvernance locale ». Selon lui, le programme s’inscrit dans l’appui au processus de décentralisation engagé par le gouvernement du Sénégal, à travers l’Acte 3 de la décentralisation. Gold développe ses activités avec des points d’ancrage institutionnels. « Cette signature de protocole confirme que la gestion des collectivités locales doit reposer sur la bonne gouvernance. Nous travaillons à instaurer un climat de décentralisation  axé sur la bonne gouvernance, partant de l’Etat central vers les autres entités », a indiqué M. Duflis. Il s’agit de faire en sorte que la recevabilité, en d’autres termes la bonne gouvernance, soit instaurée dans les politiques de gestion des collectivités locales.

Oumar BA

 

Le ministre du Renouveau urbain, de l’Habitat et du Cadre de vie, Diène Farba Sarr, a rappelé la mise en œuvre, par les pouvoirs publics sénégalais, d’un plan d’assainissement de la commune de Kaolack pour prévenir les inondations. C’était en marge d’une cérémonie de rupture du jeûne organisée par la chambre consulaire.  

L’approche de la saison des pluies  fait ressurgir le spectre des inondations dans la commune de Kaolack. Des centaines de familles évacuées dans des établissements scolaires assistant impuissantes à la montée des eaux dans leurs maisons abandonnées, la scène est désormais habituelle dans la capitale régionale, notamment dans les zones périphériques. Le plan d’assainissement, reposant sur un système performant d’évacuation des eaux pluviales déjà annoncé, tarde à voir le jour. Le projet,  d’un coût de 10  milliards de FCfa, dont 8 milliards financés par la Banque africaine de développement (Bad), pourrait se matérialiser cette année, si l’on en croit le ministre du Renouveau urbain, de l’Habitat et du Cadre de vie, réuni avec les membres du secteur privé  de la région de Kaolack.
Diène Farba  Sarr,  dont le département s’occupe de la gestion d’un volet des inondations, a indiqué travailler de concert avec son collègue de l’Hydraulique et de l’Assainissement pour le démarrage des travaux avant l’installation de l’hivernage. « Sur instruction express du président de la République, toutes les dispositions seront prises par les ministères concernés pour des travaux d’infrastructures dans les zones inondables pour faciliter l’évacuation des eaux pluviales  et ainsi mettre à l’abri les populations riveraines des effets néfastes des intempéries. Ce sera le cas du plan d’assainissement d’un coût global de 10 milliards de FCfa, dont 8 de la Bad, dont les entreprises adjudicataires des marchés ont été sélectionnées », a-t-il annoncé. Son département ministériel s’était distingué, l’année dernière, par un déploiement impressionnant de motopompes et de  camions hydro-cureurs prépositionnés sur les principaux sites d’inondations.
Outre ce plan, M. Sarr a rassuré les opérateurs économiques de la région centrale du démarrage imminent des travaux de réhabilitation du port maritime de Kaolack avec l’arrivée attendue d’un dragueur acquis par l’Etat du Sénégal. Une perspective qui devrait renforcer la dynamique de reprise notée sur la plateforme portuaire avec une desserte moyenne de quatre navires tous les mois. Un rythme qui pourrait être ralenti par les travaux du pont de Foundiougne qui gênent l’accostage des bateaux entrant dans ledit port, selon les pilotes. A signaler que cette cérémonie, initiée par la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Kaolack (Cciak), à travers son président Serigne Mboup, a enregistré la présence du gouverneur de la région, des députés et de plusieurs autres acteurs du milieu des affaires.
Elimane FALL

Après son bond en avant, apprécié dans le dernier classement Doing business, le Sénégal veut poursuivre la dynamique avec la mise en place de son Tribunal du commerce. Les juges consulaires composant ladite juridiction ont prêté serment, hier.

« Le deuxième classement du Doing business a crédité le Sénégal de précieuses places. Et l’ambition du gouvernement est de progresser encore dans ce classement à travers la loi relative à la création des tribunaux de commerce et de chambres commerciales ». Ces propos sont du professeur Ismaïla Madior Fall, Garde des Sceaux, ministre de la Justice, qui expliquait l’intérêt, pour le Sénégal, de disposer de tribunaux du commerce et de chambres commerciales. Ce travail entamé en 2011, avec l’institution des chambres de commerce au sein du tribunal hors classe et de la Cour d’appel de Dakar, est entré dans sa phase active, avec la prestation de serment, hier, de ses sept membres du secteur privé, communément appelés juges consulaires.

« C’est une exigence de la loi », a souligné Souhaïbou Guèye, juge consulaire à la Cour d’appel, par ailleurs vice-président du conseil d’administration du Conseil sénégalais des chargeurs (Cosec). Les tribunaux de commerce ont été créés par la loi 2017-27 du 28 juin 2017 qui prévoit l’organisation et le fonctionnement du tribunal de commerce. La prestation de serment est préalable à la prise de fonction. L’Etat du Sénégal vient donc combler un manquant. Jusqu’en 2017, il n’y a jamais eu de juridictions commerciales proprement dites. C’étaient d’autres chambres qui jugeaient les affaires purement commerciales. Selon M. Guèye, le secteur privé a toujours demandé la mise en place de ce tribunal afin que cesse la critique faite au Sénégal où, disait-on, « il n’y avait pas de sécurité juridique ».

Cela nous a valu la perte de quelques places dans le Doing business. « Donc, il fallait cette juridiction pour apporter plus de célérité et de confiance. C’est ça l’avantage d’avoir une justice où les pairs siègent. C’est une dose de confiance supplémentaire », a-t-il salué. Ils seront  sept membres du secteur privé à partager le Tribunal du commerce avec des juges professionnels. Et selon le juge Ahmadou Tall, son président, « cette instance participe de la transparence et de la compétitivité du Sénégal dans le Doing business ». La nouveauté, c’est que ces chambres sont aussi composées de juges non professionnels, mais qui sont investis du pouvoir de participer à l’effort de justice. « Ce sont des hommes de valeur qui vont relever le niveau de la justice commerciale. Vous devez agir en toute indépendance », leur a-t-il lancé.

Pour Babacar Faye, juge consulaire et président des promoteurs privés immobiliers, cette juridiction renvoie à beaucoup plus de légitimité et d’efficacité parce que les gens qui y sont vont prendre en charge des dossiers concernant leur secteur. « En fait, les juges se sentaient très seuls. Ils n’étaient pas assez outillés en matière d’expertise pour pouvoir rendre des décisions légitimes. Maintenant, des professionnels sont à leurs côtés. Cela va, sans nul doute, participer à la promotion des investissements. Il y a plus de célérité dans le traitement des dossiers. Avant, les dossiers pouvaient être traités pendant des années. Alors que le facteur temps est vital en affaires, même s’il ne faut pas sacrifier l’efficacité en rapidité. Cette trouvaille va renforcer le classement de notre pays dans le Doing business », a-t-il estimé.

Oumar FEDIOR

 

II - Omar Ibn A-Khattab
5- Les marques distinctives de sa politique
Autant Abou Bakr, le premier calife, resta inégalable dans la compréhension du texte fondamental de l’Islam, autant son successeur n’eut rien à envier à quiconque, pour son courage et sa détermination à faire triompher la cause de la religion. Respectueux de la collégialité, Omar ibn Al-Khattab ne prenait aucune décision importante, sans avoir consulté au préalable ses plus éminents compagnons. Cependant, il n’en imposait pas moins son autorité dans des situations d’urgence et, le cas échéant, n’hésitait pas à prendre seul, toute mesure de nature à préserver les intérêts de la Communauté.

Omar, le Commandant des croyants, accorda une haute priorité à l’achèvement des projets de son prédécesseur, relatifs notamment à la restauration de l'intégrité territoriale de la Daar al- Islam (Terre de la soumission à Dieu et de la Paix). Il proposa à ses résidents non-musulmans, leur conversion ou l’acquittement d’un impôt (Jizya), en contrepartie de la protection de leurs personnes et de leurs biens, de la garantie du libre exercice de leur culte, de la protection de leurs lieux de culte et de leur personnel religieux. Il privilégia les solutions pacifiques chaque fois que c’était possible, au recours à la force.

Eu égard à l’élargissement de l’espace territorial de l’Islam, dépassant les frontières de la Péninsule arabique, il sentit la nécessite de réaliser une réforme en profondeur de la gouvernance de l’Etat, en vue de veiller davantage aux intérêts de la Communauté et à la propagation du Message de Dieu. Il organisa l’Administration en services (Dîwân) et confia aux autorités des provinces, en l’occurrence aux gouverneurs (Wali), la gestion des affaires locales. Il procéda à l’urbanisation de certaines villes en Irak, en Syrie et en Egypte, sur la base de normes inspirées par l'Islam. Il veilla à la sécurisation des territoires conquis en y installant des postes-frontières, permit aux conquérants de s’y établir et exigea des représentants de l'Etat, l’exemplarité dans la conduite des affaires des administrés.

Pour s’en assurer, non seulement il envoyait régulièrement des missions d’inspection, mais organisait tous les ans, en marge du Pèlerinage à La Mecque, une conférence des Gouverneurs, ayant pour objet de faire le bilan de leur gestion, d’examiner des doléances des administrés et de réparer les abus de pouvoir commis à leur détriment.

En matière de Justice, le Commandeur des croyants veillait à l'égalité des citoyens devant la loi, se mettait en permanence à leur disposition, les encourageait à l'informer de leurs difficultés et s'enquérait personnellement des conditions de vie de ceux qui pouvaient pas accéder à lui. Il procédait à des patrouilles nocturnes à la recherche de l’information. A l’occasion d’un déplacement, il rencontra une femme qui avait été abandonnée à son sort avec ses enfants et qui était remontée contre le Calife qu'elle n’a pas eu l’occasion de connaître personnellement. Après avoir pris connaissance de ses problèmes, il promit de les résoudre sans lui révéler son identité. La dame le remercia en ces termes : « Tu mérites mieux qu'Omar, d’être calife ! ».

Omar était certes réputé pour sa rigueur dans l’application de la loi, mais il était aussi renommé pour sa politique sociale, basée l’équité, la probité et la solidarité. Pour ce faire, il institua une administration judiciaire et nomma des juges (Qâdi) indépendants pour arbitrer et trancher les litiges, fonction précédemment dévolue au seul calife, séparant ainsi les pouvoirs exécutif et judiciaire. La fonction de juge était considérée particulièrement risquée comme en atteste le dire prophétique : « sur trois juges, deux iront en Enfer et un seul entrera au Paradis ».

Omar avait également adopté une politique de libération des esclaves et même décrété l’abolition de toute forme d’esclavage en Arabie. Ne disait-il pas : « depuis quand vous octroyez-vous le droit d’asservir les gens, alors que leurs mères les avaient mis au monde, libres ».

Au titre des affaires étrangères, le Commandant des croyants prit l’initiative de sortir de la Péninsule arabique pour aller résoudre des questions consécutives aux conquêtes, telles que la conclusion de trêves, la signature de conventions et d’accords ainsi que le règlement d’affaires personnelles des conquérants et de questions d’ordre administratif. Par ailleurs, il fut le superviseur de la conquête de Jérusalem, et le bâtisseur de la fameuse Mosquée du Rocher qui sera appelée par la suite la Mosquée Al-Aqsa.
C’est à Omar que l’on doit aussi la création de la maison de la frappe de la monnaie et la confection du calendrier musulman.

Par Docteur Khadim MBACKÉ de l’Ifan

Ouverture, hier, à Dakar, d’un séminaire politique de deux jours sur l’amélioration des capacités de réponse au terrorisme dans les missions africaines de maintien de la paix.

Sur de nombreux théâtres de conflits, les soldats de la paix sont devenus la cible des terroristes. Des pertes humaines sont souvent enregistrées. Les pays contributeurs s’en plaignent, plongeant l’Onu dans une forte pression. Et la vraie question s’impose : comment assurer la mission de maintien de la paix sans se faire tuer ? La réponse est trouvée par le Centre international Kofi Annan de formation au maintien de la paix (Kaiptc).

L’organisme, situé à Accra, au Ghana, vient de lancer, en collaboration avec le Japon et le Pnud, le programme « Amélioration des capacités de réponse au terrorisme dans les missions africaines de maintien de la paix ». Le projet, qui implique plusieurs pays contributeurs en personnel militaire et policier en Afrique de l’Ouest, a démarré, hier, à Dakar, avec la tenue d’un séminaire politique rassemblant les dirigeants et les principaux officiers de l’armée, de la police et de la gendarmerie du Sénégal, du Mali, du Burkina Faso, du Togo, de la Guinée, du Nigéria et du Ghana. Cette rencontre de deux jours permettra aux séminaristes d’identifier les manques en matière de formation et de développer les lignes directrices appropriées pour les combler.

« Il nous faut, aujourd’hui, arriver à mener une lutte efficace contre le terrorisme, tout en respectant un certain nombre de règles. Autrement dit, il s’agit, pour les Casques bleus, d’assurer leur mission de paix sans enregistrer des pertes humaines », a souligné Mohamed Ibn Chambas, représentant spécial du Secrétaire général de l'Onu et chef du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel. « La situation est préoccupante et il faut trouver un équilibre », a-t-il insisté. Selon lui, l’Onu cherche, avec ce nouveau programme, à développer un entraînement spécifique destiné à améliorer la résilience des Casques bleus face au terrorisme.

Au total, une centaine d’officiers instructeurs des pays contributeurs seront outillés et formés. « Le terrorisme et le radicalisme sont un problème mondial. Grâce à ce projet, nous espérons pouvoir contribuer aux activités de maintien de la paix dans la région, en améliorant les capacités des forces de défense et de sécurité », a fait savoir Shigeru Omori, ambassadeur du Japon au Sénégal. Le diplomate a confié que son pays a dégagé, depuis novembre 2008, une enveloppe de huit millions de dollars dans des programmes de formation au contrôle des armes légères et des frontières ainsi qu’à l’accroissement des capacités des agents de sécurité en Afrique. Le séminaire politique de Dakar est également une occasion de mettre en place un réseau entre les acteurs ouest africains concernés par la prévention du terrorisme dans les différentes troupes militaires ou policières des pays contributeurs.

« La rencontre va ouvrir la voie à des recherches de terrain dans les pays participants. Les résultats de ces recherches seront transformés en un guide de formation sur le terrorisme et le maintien de la paix », peut-on lire dans un document remis à la presse.

Abdoulaye DIALLO

Chérif Mouhammad Ali Aïdara, guide de la communauté chiite, a été reçu par le khalife général des mourides, Serigne Mountakha Bassirou Mbacké. Les deux chefs religieux, après une longue audience, ont, à l’intérieur de la résidence Khadim Rassoul, effectué ensemble la prière de l’après-midi.

Entretenant de cordiales relations, Serigne Mountakha Bassirou Mbacké, khalife général des mourides, et Chérif Mouhammad Ali Aïdara ont longuement échangé à Touba. Cette entrevue a eu lieu lors de la visite de courtoisie que le guide chiite a tenu à rendre au khalife de Cheikh Ahmadou Bamba à l’occasion du mois béni de Ramadan. En effet, des relations toutes empreintes d’amitié et de fraternité existent encore, aujourd’hui, entre les deux chefs religieux. Un des signes, parmi d’autres, de cette estime réciproque est cette visite de Chérif Mouhammad Ali Aïdara à Touba.

« Ce sont de tels gestes, si exemplaires, qu’il faudrait multiplier pour que les ennemis de l’Islam ne se gaussent pas des divisions inter-confrériques dans les grandes familles religieuses de notre pays », a estimé Serigne Mountakha Bassirou Mbacké. Cette sortie a montré aux fidèles musulmans présents, la voie à suivre, celle de l’entente confraternelle, de l’écoute réciproque, de la compréhension et de l’harmonie jusqu’au bout.

Pour sa part, Chérif Mouhammad Ali Aïdara a assuré à Serigne Mountakha Bassirou Mbacké de sa volonté d’œuvrer inlassablement à faire admettre à tous que les doctrines de la foi qu’ils incarnent doivent gagner la sympathie et la conscience des hommes et des femmes désireux de vivre dans une société juste parce que régie par la loi de Dieu. Il a invité les khalifes des familles religieuses musulmanes du Sénégal à préserver le legs des pères fondateurs qui ont toujours prôné l’unité et la paix. Avant de quitter Touba, Chérif Mouhammad Ali Aïdara a remis 200 caisses de dattes, en guise de participation à la collation des musulmans pour la rupture du jeûne.

Mamadou DIEYE

C’est au 15ème jour du mois de Ramadan de la deuxième année de l’Hégire que l’imam Hassane est venu au monde. La célébration de la naissance de ce petit-fils du prophète Mouhamad (Psl) a été marquée par un concours de récitation du Coran présidé par Chérif Mouhammad Ali Aïdara, président de l’Institut mozdahir international (Imi).

Pour marquer la célébration de la naissance de l’imam Hassane, un petit-fils du prophète Mouhamad (Psl) venu au monde au 15ème jour du mois de Ramadan de la deuxième année de l’Hégire, Chérif Mouhammad Ali Aïdara, responsable de l’Institut mozdahir international (Imi), a organisé et présidé un concours de récitation du Coran. L’occasion a d’abord été saisie par Alioune Badiane, directeur de l’école « hassaneïni » de Guédiawaye, pour revenir sur le comportement irréprochable de l’imam Hassane qui, comme son frère jumeau l’imam Hussein, a traversé toutes les époques et est devenu un modèle.

« Quand on parle de ces deux imams au Sénégal, les gens pensent qu’ils sont des enfants alors qu’ils ont quitté ce bas monde presque à l’âge de 60 ans », a révélé M. Badiane, qui a loué « la pédagogie subtile des deux imams qui propageaient les enseignements de l’islam sans vexer les fidèles ». Selon lui, tout ce que l’imam Hussein a pu réaliser, c’est grâce à son frère Hassane. « Tous les Elus de Dieu savent qu’ils ne peuvent pas obtenir l’agrément d’Allah sans passer par la famille « d’Ahlou Bayti », c’est-à-dire celle du prophète Mouhamad (Psl) », a-t-il soutenu. Il a cité le Messager de l’Islam qui a dit : « Le Coran et ma famille sont indissociables jusqu’au jour du jugement dernier ».

La bonté et la générosité de l’imam Hassane, qui a donné, à plusieurs reprises, tous ses biens, sauf l’habit qu’il portait, pour la gloire d’Allah, et accompli 23 fois le pèlerinage, en parcourant à pied la distance séparant Médine et la Mecque, ont été vantées. « Voilà autant de hauts faits glorieux à l’actif de l’imam Hassane qui m’ont conduit à organiser ce concours de récitation du Coran en ce jour de célébration de la naissance de ce petit-fils du prophète Mouhamad (Psl), fils de Fatimatou Zahara et de l’imam Ali, compagnon et successeur du Messager de l’Islam », a déclaré le président de l’Imi. Le concours a été remporté par Mouhamadoul Amine Diop, Mouhamadoul Hady Ndao et Zeïnab Bâ.

Serigne Mansour Sy CISSE

II - OMAR IBN AL-KHATTAB 
4- Le Calife stratège
La poursuite des opérations militaires en Iraq, initiées par le premier Calife, Abou Bakr, s’avéra périlleuse. Aussi Omar ibn Al-Khattab décida-t-il de s’impliquer personnellement. Dans un discours prononcé lors d'une mobilisation générale, il tint le langage ci-après au Général Saad ibn Abi Waqqas, placé à la tête d’une armée de quatre mille hommes :

« Saad, fils de votre mère ! Ne vous laissez pas tromper par le fait d'entendre dire que vous êtes l'oncle maternel du Messager et son Compagnon, car Allah n'emploie pas le mauvais pour effacer le mauvais, mais fait disparaître le mauvais à l'aide du bon. Nul n'a de lien de parenté avec Allah auquel l’on doit obéissance. Les gens sont égaux en la Religion d'Allah. Ils sont tous Ses esclaves-serviteurs et ne se surpassent devant Lui que grâce à leurs efforts. Seule leur loyauté à Son égard leur permet de jouir de Ses bienfaits. Regardez comment le Messager d'Allah se conduisait et faites comme lui. [ …. ]

Je recommande à vos soldats et à vous-même, la crainte d'Allah en toute circonstance. Cette crainte constitue le meilleur viatique face à l'ennemi et le moyen le plus efficace pendant la guerre.

Je donne à vos soldats et à vous-même, l'ordre d'être plus exigeants envers vous-mêmes qu’à l’égard de votre ennemi. En effet, les pêchés de l'armée lui sont plus redoutables que son ennemi.

Les musulmans ne triomphent que parce que leurs ennemis désobéissent à Allah. Sinon, nous ne serions pas assez forts devant eux, car ils nous sont supérieurs en nombre et en équipements.

Si nous désobéissions à Allah comme ils le font, ils l'emporteraient sur nous en raison de leur force. Nous ne pouvons les vaincre que si nous sommes les meilleurs. La force, à elle seule, ne nous permet pas de les battre. Sachez qu'Allah vous a affecté des anges chargés de vous surveiller au cours de votre marche. Ils savent ce que vous faites. Ayez honte d'eux. Ne vous livrez pas à des actes de rébellion envers Allah alors que vous êtes sur Son Chemin. Ne vous dites pas : « notre ennemi est pire que nous et il ne pourra donc pas l'emporter sur nous ». Que de fois, des gens ont été vaincus par d'autres moins vertueux, comme ce fut le cas des Enfants d'Israël, plongés dans des actes de désobéissance, face aux Mages qui les envahirent. Cela était une promesse divine immanquable. Demandez à Allah de vous aider à vous maîtriser, comme vous lui demandez de vous aider contre votre ennemi. Je le Lui demande pour vous et pour nous-mêmes. Marchez calmement avec les Musulmans. Ne leur imposez pas un rythme épuisant. Que les campements que vous leur désignez, soient confortables afin qu'ils puissent arriver à destination sans être trop affectés par le voyage. En effet, ils vont croiser le fer avec un ennemi sur son terrain, donc bien protégé des hommes et des animaux. Reposez-vous le vendredi, de manière à vous rafraîchir, armes et bagages rangés. Faites les camper à l'écart des villages habités par des protégés (de l'Islam) et d'autres couverts par un traité de paix. Que ne fréquentent ces localités que vos hommes de confiance. Evitez-leur le moindre mal car ils jouissent d'une protection inviolable dont le respect constitue pour vous, une dure épreuve. Réservez leur un bon traitement aussi longtemps qu'ils vous supporteront. Ne cherchez pas la victoire sur ceux qui vous font la guerre, en lésant ceux avec lesquels vous vivez en paix. Dès que vous arrivez en terre ennemie, infiltrez-les par vos espions, afin que rien de leurs affaires ne vous échappe. Faites en sorte d'avoir dans votre entourage, des Arabes (locaux) ou d'autres autochtones sûrs et loyaux.

L'information fournie par un réputé menteur, fut-elle partiellement vraie, ne vous sera d'aucune utilité. L'agent trompeur agit contre vous au lieu de le faire en votre faveur. Quand vous êtes à proximité d'un territoire hostile, multipliez les expéditions et commandos afin que ceux-ci coupent leurs lignes d'approvisionnement et sabotent leurs installations et que ceux-là vous permettent de découvrir leurs défaillances. Que ce corps soit composé d'hommes braves et intelligents. Dotez-les de chevaux robustes et rapides afin qu'en cas d'accrochage avec des éléments ennemis, ils produisent un effet de choc. Que les commandos soient composés d'hommes rompus au djihâd et endurants dans leurs engagements. N'y incluez personne de manière arbitraire car vous perdrez plus que ce que vous espérez gagner par le biais de celui que vous croyez avoir favorisé. N'envoyez ni commando ni expédition là où vous craignez qu'ils ne s'exposent à la défaite, la perte ou la vengeance. Une fois en face de l'ennemi, rassemblez toutes les composantes de votre armée. Concentrez vos moyens et vos forces. Ne vous précipitez pas à les attaquer avant d'avoir une bonne maîtrise du terrain, comparable à celle que ses propres habitants en ont et de vous renseigner sur leurs points faibles, à moins qu'ils ne t'obligent à agir autrement.

Ceci vous permet d’affronter votre ennemi d'égal en égal. Affectez des gardes à votre campement et restez aussi vigilants que possible. Réservez aux captifs non couverts par un traité, un traitement de nature à dissuader les ennemis d'Allah, vos ennemis. Allah veille sur vos compagnons et sur vous-même. Il est à même de vous garantir la victoire sur votre ennemi. Il est Le seul Garant de l’Assistance. »

Par Docteur Khadim MBACKÉ de l’Ifan

Les plaidoiries et les débats, dans le cadre du procès en appel de l’affaire de la caisse d’avance de la mairie de Dakar, vont commencer le 9 juillet prochain. Celle-ci, enrôlée hier, a été renvoyée au 9 juillet prochain sur demande des avocats du maire de Dakar et de ses co-accusés.

Le procès en appel du maire de Dakar, Khalifa Ababacar Sall, et de ses co-accusés a été renvoyé au 9 juillet prochain. « Un renvoi ferme en audience spéciale », a informé le premier président de la Cour d’appel de Dakar, Demba Kandji, qui répondait à une requête des avocats de Khalifa Sall et de la ville de Dakar. Dans sa réponse à la demande de renvoi formulée par la défense, il a estimé que « l’affaire est en état d’être jugée ». Mais, compte tenu de l’argumentaire avancé par les conseils du maire de Dakar, il a accepté le renvoi, tout en précisant que le 9 juillet prochain, les débats et les plaidoiries seront engagés. Les avocats de la mairie de Dakar, qui s’est constituée partie civile, et ceux du maire Khalifa Ababacar Sall avaient émis des observations pour solliciter le renvoi de cette affaire.

Me Diao, au nom des avocats de la ville de Dakar, a demandé au juge Demba Kandji de bien vouloir renvoyer ce procès en appel jusqu’à la fin du mois de novembre prochain. Me Khassimou Touré, avocat de Khalifa Ababacar Sall, a aussi conforté cette requête de ses confrères de la ville de Dakar. A défaut, Me Touré a proposé un délai de trois mois pour permettre à la défense de mieux se préparer. Me Mbaye Sène, conseil de la défense des intérêts de Khalifa Ababacar Sall, a appelé la Cour à respecter les procédures dans ce dossier. « C’est un dossier comme tous les autres. Votre Cour a, dans son rôle, des affaires qui dorment dans les tiroirs depuis plus de deux ans et qui ne sont pas encore jugées », a dénoncé Me Sène.

Il a été coupé net par le juge Demba Kandji qui a invité l’avocat à ne pas déplacer le débat. « Voilà un débat que je n’autorise pas. Le débat politicien, je ne l’engage pas. Qu’est-ce que la Cour a comme affaire ancienne ? Mon prétoire ne se prête pas à ce jeu », a fulminé le juge, tout en précisant qu’il ne permettrait pas « qu’on prenne la Cour comme un guignol ». Me François Sarr a soutenu que dans cette affaire jugée en appel, le juge à l’obligation de faire un report jusqu’à ce que les avocats constitués soient avisés. Me Borso a mis en exergue le fait que « tous les avocats de la défense, qui sont présents au procès en appel, ont su que l’affaire devait être jugée par presse interposée ».

« Un délai raisonnable »
Un avis que n’a pas partagé l’avocat de l’Etat, Me Boubacar Cissé, qui a indiqué que ceux qui étaient constitués en première instance ne sont pas tous confirmés en appel. « Il faut faire noter au préalable tous les avocats constitués. S’il y a de nouvelles constitutions, qu’on les ajoute. J’estime que la demande formulée par Me François Sarr ne peut pas prospérer devant la Cour d’appel », a expliqué Me Cissé, qui s’est opposé à tout renvoi du procès à une date ultérieure. Le ministère public a estimé, pour sa part, qu’il n’est pas tenu de connaître au préalable les avocats des prévenus.

Lansana Diaby a souligné que l’affaire est en état d’être jugée. Cependant, pour le respect des droits de la défense, il a accepté le renvoi de cette affaire pour un délai d’un mois. « Un mois est un délai raisonnable », a-t-il ajouté. Par contre, Me Yérim Thiam, avocat de l’Etat du Sénégal, s’est opposé à tout renvoi. Finalement, le juge Demba Kandji a renvoyé l’affaire en audience spéciale le 9 juillet prochain.

Aliou Ngamby NDIAYE

« Cheikh Ibrahima Niass, une diplomatie au service de l’islam ». Tel est le titre de l’ouvrage récemment publié par le journaliste Babacar Niang, mettant en relief la dimension panafricaine du guide spirituel qui compte des millions de disciples dans différents pays d’Afrique. L’auteur rappelle comment le chef religieux « niassène » a montré la voie de l’intégration africaine.

Si l’intégration sous régionale demeure du domaine de l’illusion pour des esprits sceptiques, en raison du fait que des Etats africains tiennent, entre autres, à exercer leur souveraineté, pour le journaliste Babacar Niang, les enseignements du vénéré Cheikh Ibrahima Niass permettront aux dirigeants de se mettre sur la bonne trajectoire. Dans son ouvrage, de 50 pages, il met en exergue les actions posées par le chef religieux le plus influent du 20ème siècle, Cheikh Ibrahima Niass, par ailleurs détenteur de la «Faydou Tidjane», qui  s’est évertué toute sa vie durant à propager les valeurs islamiques à l’échelle planétaire.

« Il avait pour mission principale de parfaire l’homme à travers une méthode initiatique qui tire sa substance des stations de l’islam comme l’ont enseigné le Coran et la tradition du prophétique », fait savoir l’auteur. Il ne s’est pas arrêté là. Le saint homme qui incarne le leadership a su poser les jalons d’une intégration africaine bien réussie, utilisant la religion comme ressort pour rapprocher des peuples et des cœurs. Une mission bien remplie dans la mesure où il est parvenu à cultiver cet esprit de fraternité entre des millions d’Africains qui convergent vers Kaolack pour la célébration du Gamou.  

Le Cheikh avait fortement nourri l’ambition d’une « unification de l’Afrique en un seul pays de sorte que chaque Africain se sente chez lui », rappelle Babacar Niang. Pour celui-ci, ce n’est pas fortuit si le Britannique Merven Hiskett lui attribue la paternité de la plus grande organisation musulmane en Afrique de l’Ouest à la fin de la période coloniale. Déjà en 1962, il comptait plus de deux millions de fidèles à Khartoum, selon l’auteur. Il cite également Jean Claude Froelich qui révèle qu’un journal anglais avait, en 1956, estimé à environ quinze millions ses disciples dans toute la Fédération du Nigéria.

Plus célèbre ailleurs que dans son propre pays, Cheikh Ibrahima Niass disposait d’une aura incomparable dans le monde et a su s’imposer dans la cour des Grands.  Ses nombreux périples dans plusieurs pays d’Afrique n’ont pas toujours été du goût de l’administration coloniale, celle-ci n’a jamais eu le courage de s’opposer à ces déplacements de peur de créer une radicalisation.  Le Cheikh s’est évertué, depuis l’accession du Sénégal à l’indépendance, à poursuivre son combat pour la réalisation de l’unité africaine. Très respecté  à travers le monde, il exerçait aussi une grande influence sur l’élite intellectuelle, maraboutique et politique dans différents pays du monde.

C’était le cas en Mauritanie, au Ghana, au Nigéria, au Maroc, pour ne citer que ces pays. L’ouvrage fait, d’ailleurs, le focus sur ses échanges avec des autorités saoudiennes, marocaines, ghanéennes, égyptiennes et ses relations étroites avec les rois et chefs d’Etat d’Afrique, du Moyen Orient et d’Asie orientale. Des témoignages d’autorités françaises, contenus dans l’ouvrage, attestent aussi de la grandeur du Cheikh. « Contrairement aux grands marabouts voyageurs et quêteurs, il est bon de noter que Cheikh Ibrahima Niass n’a demandé aucune recommandation ni aucune facilité aux autorités administratives en échange de loyalisme ».

Pour l’auteur de l’ouvrage, qui compte à son actif plusieurs publications en arabe et français, le marabout niassène doit servir de modèle aux dirigeants africains mus par la volonté de bâtir une intégration africaine. Il prouve également qu’il peut exister une symbiose entre la politique et la religion si les motivations visent l’intérêt général.

Matel BOCOUM

La Croix-Rouge sénégalaise, appuyée par le Croissant-Rouge turc, va, en cette période de Ramadan, assister 1 000 ménages vulnérables à Thiès, Podor et Matam.

La Croix-Rouge sénégalaise et le Croissant-Rouge turc sont venus en aide à 1.000 ménages vulnérables en cette période du mois de Ramadan dans les localités de Thiès, Podor et Matam. Cette assistance humanitaire a commencé, hier, à Thiénaba (Thiès), rapporte un communiqué qui nous est parvenu. Dans cette commune, les deux sociétés ont organisé un « ndogou » (rupture du jeûne) qui a réuni 400 personnes (200 jeunes et 200 chefs de familles). D’après toujours ledit document, la Croix-Rouge sénégalaise et le Croissant-Rouge turc vont poursuivre leur périple dans la commune de Boké Dialloubé (Podor) où ils comptent organiser une distribution de kits ramadan pour 500 ménages.
Chaque ménage va  recevoir des denrées alimentaires. Cette opération cible plusieurs villages de cette commune parmi lesquels Boulonne, Boké Diéguess, Meldiam, Perlel, Gourel Séno et Boké Dialloubé. « Cette assistance en kits alimentaires concerne aussi des localités à Matam pour 360 bénéficiaires, 50 à Saint-Louis, 50 à Yoff et 50 autres à Thiès », ajoute la même source. En outre, celle-ci renseigne que les deux sociétés nationales vont poursuivre cette assistance à l’occasion de la prochaine Tabaski. Pour cette future grande fête religieuse, ils distribueront de la viande à 7.000 chefs de ménages en procédant à l’abattage de 500 bœufs. « Cette assistance humanitaire est le fruit de l’accord de partenariat entre le Croissant-Rouge turc et la Croix-Rouge sénégalaise. Elle s’inscrit dans le sillage de la coopération dynamique entre le Sénégal et la Turquie », a déclaré le président de la Croix-Rouge sénégalaise, Elhadji Abdoul Aziz Diallo.

Aliou Ngamby NDIAYE

 

La Convergence pour l’émergence de Thiaroye Azur (Ceta) a remis des denrées de première nécessité à quatre « daraas » à l’occasion de sa deuxième édition de la journée des « talibés ».

La Convergence pour l’émergence de Thiaroye Azur (Ceta) a organisé la deuxième édition de la journée des « talibés ». Celle-ci a été parrainée par Serigne Gora Sèye.  A cette occasion, la Ceta a appuyé quatre « daraas » de Thiaroye Azur en les dotant de vivres (riz), livres (Coran), chaussures, moustiquaires, habits, nattes de prières, etc. Dans son discours, le président de la Ceta, Elhadj Dame Sy Dop, a rappelé que leur localité est fréquentée par beaucoup de jeunes « talibés » âgés de 2 à 15 ans. Ces enfants, dit-il, arpentent les rues des quartiers, « pieds nus, un pot sous l’aisselle, en train de demander de l’aumône ».  

Ces enfants, communément appelés « talibés », sont confrontés à toutes sortes de risques et de dangers : délinquance, pédophilie. Souvent, ils constituent la proie à différentes sortes d’épidémies et de maladies. Pour venir en aide à ces « talibés »  qui, pour la plupart, vivent « dans des maisons délabrées », la Convergence pour l’émergence de Thiaroye Azur, indique son président, appuie quatre « daraas » de la zone. En le faisant, elle vient en aide à une centaine d’enfants en leur permettant, précise Elhadj Dame Sy Diop, « de retrouver leur dignité humaine et de jouir des mêmes droits que les autres enfants de leur âge ».

La Ceta souhaite étendre ses actions à d’autres « daraas » de Thiaroye Azur. Mais, pour le moment, renseigne M. Diop, elle concentre ses services à ces quatre « daraas » qui ont été sélectionnés sur la base de critères bien définis.

A. Ng. NDIAYE

 

Le Réseau des hommes  pour la solidarité islamique de Linguère a organisé sa conférence religieuse du Ramadan. Cette 10ème édition a rassemblé des milliers de personnes. C’est une initiative du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Aly Ngouille Ndiaye, par ailleurs maire de Linguère.

La conférence religieuse du Ramadan, organisée par le Réseau des hommes  pour la solidarité islamique, a débuté par une prière formulée par l'imam Elhadji Thierno Gaye de la grande mosquée de Linguère Coumba. L’initiateur de cette rencontre annuelle est le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Aly Ngouille Ndiaye, par ailleurs maire de Linguère. Dans son adresse à la nombreuse assistance venue prendre part à la manifestation qui en était à sa 10ème édition et dont le parrain est feu Elhadji Momar Mbengue, il a tenu à rendre hommage aux représentants des différents foyers religieux musulmans du Djolof.

« Rendons grâce au Tout-Puissant qui a exaucé nos vœux  en nous choisissant des meneurs, c’est-à-dire ces valeurs sûres de l’Islam qui nous dirigent sur la voie droite », a laissé entendre  l’édile de Linguère. Il s’est dit « disposé à partager, avec les populations du Djolof, les valeurs cardinales qui fondent la grande famille de l’Islam». Après avoir fini d’énumérer le matériel que son collègue en charge de la Culture, Abdoul Latif Coulibaly, a offert à la commune de Linguère, M. Ndiaye a remis 76 exemplaires du Saint Coran, 3.550 kg de riz, 71 t de ciment, 50 nattes aux écoles coraniques, entre autres outils  nécessaires à l’exercice de la pratique religieuse.

La remise des dons a été précédée par un brillant exposé de Oustaz Malé Ndiaye sur le thème « Le rôle de la jeunesse dans la société  » et par des récitals du Coran. Le conférencier est longuement revenu sur la place que la religion musulmane réserve à la jeunesse dont le rôle moteur dans la société est très précieux. Quant à Elhadji Oumar Seck, secrétaire chargé des relations extérieures et du partenariat de la Fédération nationale des associations des écoles coraniques du Sénégal, il a magnifié le choix porté sur feu Elhadji Momar Mbengue comme parrain de l’édition de cette année.

Masse NDIAYE

 

II - OMAR IBN AL-KHATTAB
2- Le Commandeur des croyants
Le Prophète Muhammad (Paix et Salut sur lui) rendait hommage à ses Compagnons les plus distingués, en faisant des témoignages sur eux. A cet égard, le Commandeur des croyants, titre qu'Omar ibn Al-Khattab fut le premier à s’attribuer lui-même, fut l’objet de marques particulières de reconnaissance et de gratitude du Messager d’Allah, comme l’illustres les citations ci-après :

- « Pendant mon sommeil, je vis qu’on me présentait une jatte de lait. J’en bus au point de le (lait) voir sortir de mes ongles, puis je donnai le reste à Omar ». Comment interprètes-tu ce rêve, interrogea-t-on le Messager d’Allah. Il répondit : « C'est le Savoir (Science religieuse) ».

- « Au cours d'un rêve, je puisais de l'eau dans un puit. Abou Bakr me rejoignit et en puisa un seau ou deux, puis il eut de la faiblesse à tirer, mais Allah lui pardonna. Puis Omar prit le seau des mains d’Abou Bakr et le seau devint plus grand dans ses mains. Je n'avais jamais vu un homme aussi fort déployer une telle ardeur. Il puisa tellement d'eau que les gens étanchèrent leur soif et abreuvèrent leurs troupeaux ».

- « Au cours d'un rêve, j’ai vu des gens passer devant moi, vêtus de chemises dont certaines s'arrêtaient à la poitrine et d'autres la dépassaient. Omar en portait une relativement longue ». L’on interrogea le Prophète sur l’interprétation de son rêve. Il dit : « C’est la Religion ».

- « Au Nom de Celui qui tient mon âme en Sa main ! Chaque fois que Satan le croise sur un chemin, Il le quitte pour un autre ».

- « Chaque fois que Dieu a envoyé un Prophète dans une communauté, Il a fait en sorte qu'il y ait dans celle-ci, un homme à qui l'on parle ! Quant à ma Communauté, s'il doit y avoir quelqu'un, ce sera Umar ! ».

Omar ibn Al-Khattab est décrit physiquement, comme étant longiligne, chauve et d'une blancheur tirant sur le rouge. Il avait une forte personnalité. Il avait une intelligence hors du commun et une bonne connaissance de la culture arabe. Il avait la foi en Dieu dans son cœur et par conséquent, avait du courage et de l’audace, au point de n’avoir peur de rien et de ne craindre personne. Hudayfa dira : « Je ne connais pas d’homme qui ne craigne personne, pour la cause de Dieu, comme Omar ».

Omar avait des qualités humaines et des dons spirituels exceptionnels. A ce propos, le Prophète a dit : « Dans ma communauté, il y a des gens inspirés. Par Dieu, Umar est l'un d'entre eux ! ». Inspiré, il l'était effectivement et les avis et conseils qu’il prodiguait au Prophète étaient prémonitoires et souvent confirmés par la Révélation du Coran. Ce fut le cas, entre autres, lorsqu’il fallut trancher sur le sort des prisonniers de guerre, capturés à l'issue de la bataille de Badr, et lors de l'instauration du port du voile en tant que signe distinctif de la femme musulmane.

Abou Jâfar ibn Jarir Tabari rapport qu’Amr Al-Jahiz, encyclopédiste du début de l'ère abbasside, a dit : « II ne faut pas louer Omar pour sa justice et son désintéressement, car il y a eu des souverains justes avant lui. Mais ce qui est admirable dans le caractère d’Omar, c'est que, lorsqu'il a été désigné à la tête de la Communauté, dans la fonction de Calife, il n'a absolument rien changé à ses habitudes antérieures : il était connu pour sa frugalité et la simplicité de ses habits ».

Par Docteur Khadim MBACKÉ de l’Ifan

Des chercheurs recommandent aux Musulmans de prôner le djihad selon la conception de Cheikh Ahmadou Bamba. Le Cheikh a toujours prôné le djihad par le savoir et l’adoration de Dieu.

La bataille de Badr a été commémorée, samedi dernier, à la mosquée Massalikoul Djinane sous le thème : « Le vrai sens du djihad selon Cheikh Ahmadou Bamba ». Cette bataille qui a opposé au temps du Prophète Mohamed (Psl) les musulmans de La Mecque et les mécréants a eu lieu un 17ème jour du mois béni de Ramadan. Elle est l’évènement majeur qui marque le mois de ramadan. Le panel a été animé par le Dr Seydina Alioune Dione, enseignant-chercheur, Dr Sokhna Mariama Samb Dieng, experte en développement et d’autres chercheurs religieux. Le Dr Dione, dans son exposé, a d’abord précisé le sens du djihad. Ce concept signifie à son avis « la fatigue ou l’effort physique ». « C’est un acte et une conséquence », explique le chercheur. Ce dernier renseigne qu’il existe quatre formes de djihad en Islam : le djihad « Nafs » ou djihad contre soi, le djihad militaire, le djihad par le savoir et le djihad par les moyens. Cependant, le conférencier souligne que le djihad est aujourd’hui l’un des aspects les plus mal compris et les plus déformés de l’Islam. Cheikh Ahmadou Bamba, confirme-t-il, le fondateur du mouridisme a fait le djihad. Dans son djihad, Khadim Rassoul s’est adonné à la « recherche du savoir utile ». Cela a consisté à cultiver le sens du partage, du don, du sacrifice matériel et de cultiver le besoin de sécurité autour de la communauté islamique. Selon toujours le Dr Dione, beaucoup de Musulmans exploitent ce concept du djihad et en font un usage personnel pour arriver à leurs fins.

Pour cela, il appelle à une contextualisation du djihad selon ses différentes formes déclinées dans l’enseignement de Cheikh Ahmadou Bamba. « Il faut qu’on adapte le sens du djihad aux enjeux économiques et sociaux qui rythment la marche du monde. Cela pourra nous permettre de tirer notre épingle du jeu dans la marche de l’humanité », invite le chercheur.

Le Dr Sokhna Mariama Samb Dieng rappelle que Cheikh Ahmadou Bamba a toujours prôné le djihad par le savoir et l’adoration de Dieu. Toute sa vie durant, il a fait le djihad de manière pacifique. Le Dr Dieng appelle, ainsi, toute la communauté internationale à revisiter les enseignements de Serigne Touba pour lutter contre le phénomène du terrorisme. « Le Cheikh a écrit lui-même que le véritable combattant pour le chemin de Dieu n’est point celui qui prend la vie de son ennemi, mais celui qui combat son âme charnelle pour en venir à la perfection spirituelle. Il est même allé jusqu’à prier au Seigneur de le préserver de porter un quelconque préjudice aux humains », renseigne le Dr Dieng.

Selon la panéliste, Cheikh Ahmadou Bamba est un modèle de paix. « Il a écrit que la paix et la quiétude sont les deux choses les plus précieuses dans ce monde. Il accorde une importance particulière à la paix intérieure », ajoute-t-elle, informant que la véritable arme de guerre du fondateur du mouridisme a toujours été sa force spirituelle.

Aliou Ngamby NDIAYE

PUBLICATION DE TOUTES LES ARCHIVES SUR SERIGNE TOUBA
Le Dr Sokhna Mariama Samb Dieng, experte en développement, plaide pour la publication des archives sur Cheikh Ahmadou Bamba, de sa résidence surveillée jusqu’à sa déportation au Gabon. « Cet appel est lancé aux autorités françaises, américaines et occidentales de manière générale. L’appel est aussi lancé à toutes les organisations des Nations-Unies qui œuvrent pour la paix dans le monde pour qu’enfin le Cheikh soit érigé comme un modèle de paix universelle et qu’une journée mondiale lui soit dédiée », a appelé, samedi, à l’occasion de la journée de commémoration de la bataille de Badr,le Dr Sokhna Mariama Samb Dieng. Elle indique que la Ummah islamique peut trouver en Serigne Touba « une référence qui peut permettre de régler beaucoup de choses dans ce monde ».

A. Ng. NDIAYE

Par rapport à 2015, des progrès sont notés dans l’amélioration des conditions carcérales des femmes à Thiès. Cependant, il reste encore des efforts à consentir. Tel est le constat fait, hier, par l’organisation onusienne en charge des droits humains en Afrique de l’Ouest.

A la Maison d’arrêt et de correction de Thiès, des avancées sont notées à propos l’amélioration des conditions de vie des détenus. Un quartier est aménagé pour les femmes, avec des ventilateurs et un espace pour celles qui ont des enfants ou sont enceintes. Cela a été une recommandation forte du Haut-commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme-Bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest (Hcdh-Brao) dans son rapport 2015 sur la situation des droits des femmes dans les lieux de détention au Sénégal. Toutefois, l’organisation onusienne constate qu’à la Mac de Thiès, les détentions préventives persistent.

En partenariat avec l’Observatoire national des lieux de privation de liberté et l’Association des juristes sénégalaises, le Hcdh faisait le suivi pour identifier les recommandations du rapport de 2015 non prises en charge et les nouveaux défis liés à l’amélioration des conditions des femmes en milieu carcéral. « Il y a des avancées que nous saluons. Nous pensons que la prise en charge des recommandations sera effective parce qu’il y a une volonté politique. On voit que le ministre de la Justice, dans ses sorties, réitère son engagement à humaniser les prisons, à les désengorger et à privilégier les peines alternatives. Cela pourrait rendre effective la réduction de la surpopulation carcérale. Il y a des écarts qui ont été franchis. Nous avons bon espoir que ces difficultés seront résolues », a déclaré Aminata Kébé, analyste de programme au Hcdh.

D’une capacité de 30 personnes, le quartier des femmes, inauguré le 08 décembre 2017, accueille 29 détenues, soit une de moins. D’où la satisfaction du directeur de la Mac de Thiès qui entend faire de l’amélioration des conditions des détenues un sacerdoce. « Depuis que je suis arrivé à la tête de la Mac de Thiès, elles n’ont jamais dépassé le nombre 30. Les femmes sont des détenues particulières. Elles doivent impérativement être séparées des hommes. Et à l’intérieur du quartier des femmes, il y a un local exclusivement dédié aux détenues enceintes et celles qui ont leurs enfants », a-t-il fait savoir. Pour l’inspecteur Mandiaye Ndiaye, à Thiès, les infractions les plus fréquentes chez les femmes sont, entre autres, le trafic de drogue, les coups et blessures volontaires et l’infanticide.

Outre leurs conditions de détention, cet inspecteur a évoqué la question relative à l’alimentation des détenues. Pour ce cas précis, il renseigne que des efforts ont été consentis par les autorités étatiques. Pour le directeur de la Mac de Thiès, il faut plutôt penser à combler le déficit infrastructurel et au besoin, renforcer les produits hygiéniques pour les détenues. « Beaucoup de choses ont été améliorées. Ici, les détenues mangent bien. Les repas sont servis en qualité et en quantité. C’est peut-être au niveau des infrastructures qu’il y a des choses à améliorer. Les femmes ont aussi besoin en permanence de serviettes d’hygiène, de savon et de détergents hygiéniques », a indiqué M. Ndiaye.

Ndiol Maka SECK

Le prix de la glace est passé de 100 à 200, 250, voire 350 FCfa, à Kolda, depuis le début du Ramadan. Les revendeurs préfèrent écouler leur marchandise dans les zones rurales où la barre de glace est cédée à prix d’or.

Le prix de la glace a connu une hausse spectaculaire à Kolda depuis le début de ce mois béni de Ramadan. Dans certains quartiers, la barre de glace est proposée à 200, 300, voire 350 FCfa contre 100 FCfa avant. Les commerçants profitent de la forte demande de glace et d’eau fraîche en cette période de canicule pour renchérir les prix. Ils justifient cette augmentation par la cherté de l’électricité et les coupures intempestives qui sont devenues fréquentes à Kolda, depuis le début du jeûne.

« Le courant est trop cher, mais on est obligé de faire avec. Nous consommons beaucoup d’électricité à cause de la forte chaleur qui sévit, en ce moment, à Kolda. Quand vous mettez les sachets d’eau dans le congélateur, vous devez attendre beaucoup plus de temps avant que l’eau ne se transforme en glace, sinon les clients préfèrent aller acheter ailleurs », déclare Maimouna Baldé, vendeuse de glace.

Des jeunes sans emploi et des « bana-bana », parmi lesquels beaucoup de femmes, se sont convertis en vendeurs de glace pour amasser de l’argent afin de préparer la fête de la Korité. Ils achètent la marchandise à Kolda pour la transporter dans les zones rurales où la barre de glace est vendue à prix d’or, installant ainsi une sorte de pénurie dans certains quartiers où les populations doivent faire une commande plusieurs heures avant la rupture du jeûne pour avoir de la glace. La plupart des revendeurs utilisent des motos pour acheminer la marchandise alors que d’autres préfèrent payer les frais de transport avec les taxis brousse ou les mini cars.

C’est le cas de cette dame qui a choisi l’axe Kolda-Mampatim où de nombreux villages ne disposent pas encore d’électricité pour écouler sa marchandise. D’autres « bana-bana » préfèrent sillonner le département de Médina Yoro Foulah où la barre de glace est cédée entre 400 et 600 FCfa. « Je passe commande auprès de trois fournisseurs qui s’engagent à me vendre plus de 100 barres de glace par jour. J’utilise ma moto pour transporter la marchandise dans les villages pour la revendre à mes clients qui achètent toute la glace. Certes, c’est un travail un peu pénible en cette période de chaleur où on est obligé de jeûner en tant que musulman. Mais, je ne me plains pas parce que je peux gagner jusqu’à 35.000 FCfa et même plus par jour », affirme, de son côté, Alpha Oumar Diallo.

Mamadou Aliou DIALLO

Quels leviers faut-il activer pour sortir les populations de l’engrenage de la pauvreté ? Une question, parmi d’autres, soulevée lors de l’atelier de partage organisé par le Programme d’appui au développement économique et social du Sénégal (Padess). Une occasion saisie par les acteurs pour faire le plaidoyer sur les bourses économiques.

Si le Sénégal s’est inscrit dans une tradition d’interventions sociales, il est toujours important de changer d’approches pour mieux assurer la prise en charge des populations à besoin spécifique. Une remarque faite, hier, par des acteurs qui ont assisté à la présentation d’études diagnostics et de ciblage pour l’identification des groupes vulnérables et des familles pauvres, potentiels bénéficiaires de filets sociaux dans la région de Dakar, réalisée par le Padess, un programme du ministère de la Femme, de la Famille et du Genre, financé par le gouvernement italien.

L’idée, selon la coordonnatrice du programme, Aissatou  Diop, c’est de disposer, à travers cette étude, de repères méthodologiques et d’un cadre analytique qui serviront de référentiels à la mise en œuvre de programmes de transferts sociaux (monétaires, quasi monétaires ou d’actifs économiques) au profit des groupes vulnérables et des familles pauvres des régions d’intervention.

L’étude, qui fait ressortir les grandes réalisations entreprises depuis 2012 par le régime en place, avec notamment la mise en place de la Direction générale de la protection sociale, souligne que « des opportunités s’ouvrent de plus en plus aux couches vulnérables permettant ainsi de booster l’économie locale. Le sociologue Babacar Mboup, qui a présenté les grandes lignes du document, de souligner que la logique de transformation structurelle exige un changement de paradigmes. Une occasion saisie pour montrer la pertinence du programme de bourses économiques, initié par le Padess, qui devra permettre à cette catégorie sociale de rompre avec la politique d’assistanat et de développer des activités génératrices de revenus supplémentaires. A travers le concept «  suxali sa bop, suxali sa gohe », la structure propose une articulation avec les systèmes de protection adaptée qui soutiennent les ménages vulnérables.

 « Ces bourses, qui sont des actifs économiques, vont à coup sûr induire une croissance inclusive et partagée. Nous voulons que des familles soient productives, avec des enjeux qui se discutent au sein de la famille. Ue telle démarche aura un impact réel sur les communautés. L’appui aux familles sénégalaises ne doit plus se limiter à la consommation, il doit pouvoir générer des retombées», a-t-il suggéré  Pour lui, la protection sociale adaptative servira de rempart aux contraintes naturelles qui fragilisent des populations.

Pour sa collègue qui a axé sa présentation sur les méthodologies à adopter pour plus d’efficience, une analyse pointue des dynamiques de développement social, une identification des filières porteuses  de développement, une collaboration étroite entre tous les acteurs permettront de consolider des acquis.

En effet, elle a rappelé que « l’efficacité opérationnelle des programmes de développement et de lutte contre la pauvreté ont généralement buté sur une faible maîtrise des contextes et des dynamiques socio-économiques existants dans les territoires sur lesquels ils tentent d’agir. D’où la pertinence des approches développées par le Padess qui vise une opérationnalisation des politiques et stratégies nationales de lutte contre la pauvreté.  

Matel BOCOUM

Les migrants et les réfugiés quittent leurs pays pour des motifs variés et complexes. Ces différentes composantes de la notion des migrations mixtes illustrent la richesse de celle-ci. Et l'un de ses principaux intérêts est de fournir des outils conceptuels pour une meilleure compréhension du caractère complexe, changeant et multiple de la migration. La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) s’attelle, avec ses partenaires, à développer une approche commune pour une meilleure gestion du phénomène.

Bien comprendre la notion de migration mixte pour mieux prendre en compte les préoccupations des voyageurs et en tirer le meilleur profit. Tout en veillant à leur protection ! C’est ce qui a motivé la tenue d’une rencontre internationale organisée par la Commission de la Cedeao, avec le soutien de l’Organisation internationale des migrations (Oim) et du programme Fmm, qui entend ainsi former des experts nationaux sur le concept des migrations mixtes. Les participants seront ensuite utilisés comme une ressource pour faciliter les formations et renforcer la coordination sur les migrations mixtes dans la région. La rencontre vise, selon les initiateurs, à « sensibiliser et à améliorer la coordination régionale sur les migrations mixtes à travers des actions spécifiques », en particulier l’encadrement des fonctionnaires sur le manuel et le kit de formation sur les migrations mixtes ou encore, la création d’un groupe de travail régional du Dialogue sur la migration en Afrique de l’Ouest sur les migrations (Midwa). Sur le premier point, les participants seront sélectionnés parmi les principales agences nationales des États membres de la Cedeao et de la Mauritanie en charge de l’aide humanitaire, de la protection et/ou des droits des migrants. Des agences identifiées en fonction de leur mandat et de leur expérience ou de leur rôle potentiel dans la gestion des flux migratoires mixtes. Après la formation des formateurs, les experts nationaux constitueront un groupe régional afin de renforcer la coordination, l’harmonisation des méthodologies et la sensibilisation aux flux migratoires mixtes. A la charge du groupe d’approuver les termes de référence, d’élaborer une base de référence sur la situation actuelle dans chaque pays, d’en déduire les défis communs afin d’élaborer un plan d’actions de deux ans pour le groupe et soutenir l’élaboration d’une stratégie régionale.

Une approche globale pour gérer le phénomène
« Les migrations mixtes constituent une notion complexe dont une meilleure compréhension permettra l’adoption et la mise en œuvre de mécanismes cohérents et adaptés pour la protection des migrants et des réfugiés », a expliqué la directrice adjointe du bureau régional de l’Oim pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Sophie Nonnenmacher. Elle a félicité la Cedeao qui s’attelle à mettre en place les ressources régionales afin d’améliorer la coordination régionale sur le phénomène en Afrique de l’Ouest. Ainsi, l’atteinte de ces résultats permettrait, selon elle, « d’accroître l’expertise disponible au sein de la Cedeao et en Mauritanie, mais également d’avoir une meilleure maîtrise des tendances migratoires complexes, une évaluation des besoins en termes d’assistance et de protection afin de pouvoir fournir un soutien adéquat aux migrants vulnérables ». Patrice Desbonnes, conseillère en migration à la Délégation de l’Union européenne, a, pour sa part, souligné que la migration est quelque chose de transversale et que « vu l’importance du flux migratoire actuellement sur le continent africain, la mixité de ces migrations est assez importante en fonction des pays ». « Puisqu’il y a des pays qui ont des problèmes de sécurité liés à l’économie, à l’insécurité, à l’instabilité politique, mais aussi des problèmes environnementaux. » D’où la nécessité de coordonner les actions pour prendre en compte les raisons qui poussent les gens à migrer. Une approche commune à laquelle appelle également Erika De Bona Fofana, spécialiste en gestion des migrations à l’Oim. Pour lui, le cadre général de la politique régionale sur les migrations est dérivé de l’approche commune de la Cedeao de 2008 et qui a pour finalité de s’attaquer à des problèmes spécifiques afin de donner une direction aux Etats membres, pour une harmonisation et une coordination des interventions. Et ainsi de pouvoir continuer ensemble sur cette intégration régionale et la gestion de cette migration au sein de la région..

Lanfia Diane, coordonnateur du processus d’élaboration de la politique nationale des migrations
«Les migrations présentent plusieurs avantages»S’ils sont bien exploités, les flux de personnes à travers le monde présentent plusieurs avantages, selon Lanfia Diané, coordonnateur du processus d’élaboration de la politique nationale des migrations du Sénégal. Pour lui, ces avantages sont multiformes et prennent en compte plusieurs aspects de la vie. « Si vous regardez ces dix dernières années, de 2008 à 2017, on a en moyenne par an 930 milliards de FCfa en transferts. Ce qui n’est pas négligeable si l’on sait l’impact de ces transferts sur le bien-être des ménages bénéficiaires », a dit M. Diané. Il a plaidé pour qu’une partie des transferts soit orientée davantage vers l’investissement productif pour contribuer à la création d’emplois, donc à la lutte contre le chômage, de manière générale.

Egalement, il a souligné la dimension transfert de connaissances « parce que les migrants, qui sont dans la diaspora, peuvent participer, à distance ou à leur retour définitif, au renforcement du capital humain national ou local ». Ce qui lui fait dire que la migration est importante à plus d’un titre et cela a poussé l’Etat du Sénégal à élaborer une politique nationale migratoire « pour permettre d’apporter des réponses cohérentes et durables à la problématique de plus en plus complexe ». Il a renseigné que de 1960 à 2018, le Sénégal n’avait pas de politique nationale de migration. Alors que l’importance d’une telle trouvaille, c’est de « donner une vision commune à l’ensemble des acteurs, avec des orientations stratégiques consensuelles qui vont permettre d’être plus efficaces et de ne pas cautionner les redondances et les inefficacités ».

C’est ainsi que, selon lui, les pouvoirs publics ont élaboré une politique nationale qui a été actée par un comité de pilotage et le processus de validation politique est en cours. Il a alors estimé que les migrations sont un phénomène qui est au cœur des préoccupations de toutes les nations, qu’elles soient des pays d’origine ou de départ, des pays de transit ou encore un pays de destination ou d’accueil.

Ousseynou POUYE

 

La gouvernance de Diourbel a abrité, hier, le Conseil régional de développement (Crd) préparatoire de la célébration de la nuit bénie  de Leylatoul Khadry ou nuit du destin. Le comité d’organisation, piloté par Serigne Cheikh Abdou Lahad Mbacké « Gaindé Fatma », a reçu les engagements des chefs de services et l’assurance du gouverneur pour une bonne organisation de l’édition de cette année, prévue le 7 juin prochain à Touba.

Le comité d’organisation a passé en revue les besoins pour la bonne réussite de l’événement. Les principales doléances ont tourné autour de la fourniture correcte et régulière de l’eau et de l’électricité, de même que l’assainissement. Le gouverneur Mouhamadou Moustapha Ndao a rassuré le chef religieux et les différents intervenants membres du comité d’organisation. L’administration et la commune de Touba veilleront à « remplir convenablement leurs engagements ». « Nous avons pris bonne note des demandes dans les différents domaines et nous allons essayer de satisfaire ces demandes », a déclaré le gouverneur. La gendarmerie et la police ont promis un déploiement de leurs éléments jusque dans les cuisines aussi bien à Touba Mosquée chez Sokhna Bally Mbacké, aux Hlm, à la résidence Leylatoul Khadry, chez Serigne Mouhamadou Mahfouz. « Nous avons retenu donc en termes de sécurité, la gendarmerie, la police, les sapeurs-pompiers pour une bonne organisation au niveau des différents sites », a indiqué le gouverneur. Serigne Cheikh Abdou Lahad a fait savoir que l’édition de cette année va connaître un cachet particulier avec l’organisation mise en place par le khalife général Serigne Mountakha Bassirou Mbacké. Il est prévu, à partir du 24 mai dernier, huit conférences publiques sur différents thèmes.

Le chef religieux a auparavant dit sa satisfaction au vu des engagements pris par l’administration qui, par le passé, s’en était convenablement acquitté. Il en est de même pour les services de la commune de Touba Mosquée. Serigne Cheikh Abdou est revenu sur l’historique de la célébration du Leylatoul Khadry par Sokhna Maimouna Mbacké bint Khadim Rassoul, disparue en 1999, et les mérites que renferme la célébration de cette nuit pour la communauté musulmane.

M. DIEYE

 

Le général Meissa Niang, Haut commandant de la Gendarmerie nationale et directeur de la justice militaire, était, avant-hier, à Touba. Accompagné d’une délégation restreinte, il a été longuement reçu à la résidence Khadim Rassoul par le khalife général des mourides, Serigne Mountakha Bassirou Mbacké. Ce dernier lui a formulé des prières ainsi qu’à ses troupes, mais aucune information n’a filtré de leur entretien. Auparavant, le général s’est rendu à Patar auprès de la famille de Mouhamadou Fallou Sene ou il a présenté, au nom de la gendarmerie nationale, ses condoléances à la famille du disparu. Sur place, le Haut commandant de la gendarmerie a  déploré cette perte en vie humaine dans des conditions regrettables et dit s’être déplacé en tant que musulman pour  réconforter  la famille de la victime. Pour rappel, Mouhamadou Fallou Sène est décédé des suites d’affrontements avec des éléments de la gendarmerie, dans le campus de l’université Gaston Berger de Saint-Louis.

Mamadou DIEYE

La récente déclaration du khalife général des mourides, dite par son porte-parole Serigne Bassirou Mbacké Abdou Khadre, a suscité des interprétations et plusieurs commentaires. Aussi le guide religieux a-t-il jugé nécessaire de repréciser ses propos. Serigne Moustapha Mbacké « Lakram » s’est prêté, hier, à l’exercice.  

« Les propos tenus par le porte-parole émanaient bel et bien du khalife général des mourides, mais ils auraient créé des remous parce que dévoyés de leur sens véritable par d’autres personnes », a d’emblée expliqué Lakram. Son intervention a été faite dans le but de « repréciser les propos du khalife général ». Pour lui, le khalife « n’envisage en aucun cas (de) poser des actes allant dans le sens contraire aux recommandations d’Allah, du prophète Mohamed et du legs de Khadim Rassoul qu’il endosse ». Aussi a-t-il appelé, au nom du khalife, tout le monde à la retenue, mais surtout à revivifier les valeurs et la bonne conduite et prêcher le pardon, pour l’amour de Dieu. « Le khalife veut faire savoir également, qu’à travers sa déclaration, il n’a point voulu expulser quelqu’un de la voie mouride, attester ou non de la foi musulmane, de la mouridité de qui que ce soit. Cheikh Bassirou Abdou Khadre l’a bien dit : il faut d’abord être un musulman, avant d’être un mouride, à commencer par lui-même. A partir de ce moment donc, personne n’est visé. Il ne parle pas d’Idrissa Seck, ni d’une autre personne », a insisté Serigne Moustapha Lakram. Aussi, il a précisé que le khalife général n’est pas dans la politique et ne le recommande pas, mais se contente plutôt de gérer le legs de Serigne Touba Khadime Rassoul. « Que tous les mourides retiennent ces propos et s’y conforment : il ne compte jamais se départir des enseignements du Cheikh ou de vous y entraîner. Si jamais vous faites l’objet d’offenses, il vous invite à pardonner, et si vous êtes conscient d’avoir offensé quelqu’un, demander pardon, présenter des excuses. Car toute personne qui sollicite le pardon après avoir offensé, le pardon est la seule réponse qui sied », a fait savoir Serigne Abdou « Lakram », qui a, à nouveau, transmis ses amitiés à toutes les familles religieuses, aux autorités du temporel et à tous les Sénégalais. Il a fini par inviter tout le monde à cultiver la paix.  

Mamadou DIEYE

Des populations de 10 communes de la région de Dakar vont bénéficier de subventions et de dons d’actifs visant à les aider à tendre vers l’autonomisation. Ce sera dans le cadre de la mise en œuvre du Programme d’appui au développement économique et social du Sénégal (Padess), financé par l’Italie à hauteur de 12 milliards de FCfa.

A côté des bourses de sécurité familiale initiées pour accompagner les couches vulnérables, le gouvernement du Sénégal va mettre en place une autre stratégie pour accompagner l’autonomisation     des femmes, des jeunes et des couches extrêmement vulnérables.  Ce choix,  porté par le Programme d’appui au développement économique et social du Sénégal (Padess), sera matérialisé par la mise en place de subventions économiques qui permettront aux familles ciblées de tendre vers l’autonomisation. « Il est prévu d’accompagner par des dons d’actifs. Les groupes vulnérables ne seront pas financés, mais ils bénéficieront de subventions économiques et seront préparés vers l’autonomisation », a déclaré Aissatou Ayo Mbène Bâ Diop, coordonnatrice du Padess.

C’était lors de l’atelier de lancement des activités des « Etudes diagnostiques et de ciblage en vue de l’identification des groupes vulnérables et des familles pauvres potentiels bénéficiaires de filets de protection sociale dans la région de Dakar ». La cérémonie a eu lieu en présence des représentants de l’administration territoriale, des maires, des experts de la lutte contre la pauvreté et des acteurs du développement communautaire. « L’objectif visé est de contribuer à la mise à niveau des différentes parties prenantes et acteurs clés du sous-secteur de la région de Dakar sur les enjeux et le processus de mise en œuvre opérationnelle de l’étude afin de susciter leur engagement et leur mobilisation pour l’atteinte des objectifs poursuivis par la mission », a dit Mme Diop.

Au total, 10 communes de la région de Dakar, dont Cambérène et Guinaw-Rail Sud, seront accompagnées. Les bénéficiaires seront ciblés après le processus diagnostic qui sera fait sur le terrain. « Après l’atelier, la prochaine étape est la descente sur le terrain. Nous allons procéder au ciblage des groupes vulnérables et des familles pauvres potentielles bénéficiaires de filets sociaux », a souligné la coordonnatrice.
D’un montant de 12 milliards de FCfa, le Padess est financé par le gouvernement italien. Il s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Plan Sénégal émergent (Pse) et des Objectifs du développement durable (Odd).  

Il fait suite à la mise en œuvre du Programme intégré de développement économique et social (Pides). Selon Mme Diop, il vise, entre autres  objectifs, « à contribuer à la réduction de la pauvreté par le soutien à l’opérationnalisation des politiques et stratégies nationales de lutte contre la pauvreté à travers  l’autonomisation socio-économique des groupes les plus défavorisés (femmes, jeunes et familles) et le développement économique local durable ». Le  projet va intervenir dans les régions de Dakar, Kaolack  et Sédhiou. Hormis l’accompagnement économique, les communes ciblées bénéficieront d’infrastructures sociales de base : écoles, postes de santé, foyers de la femme, etc.

Babacar DIONE

Le collectif des avocats de l’imam Aliou Ndao va remettre à la chambre criminelle les 9 millions de FCfa que son co-accusé Ibrahima Diallo lui avait remis, a informé, hier, Me Mounir Balal, lors de sa plaidoirie. Le verdict de ce procès est attendu le 19 juillet.

Me Mounir Balal est formel : « L’imam Aliou Ndao n’avait aucun doute sur le caractère licite ou illicite des 9 millions » de FCfa que lui avait remis Ibrahima Diallo à son retour du Nigéria. Il avait confié huit millions de FCfa à l’imam Ndao et un million de FCfa en guise de prêt. C’est à cause de cet argent que l’accusé doit répondre des délits de financement du terrorisme et de blanchiment de capitaux. Devant la barre, l’imam Aliou Ndao avait soutenu qu’il n’avait même pas utilisé le million de FCfa que lui avait prêté son co-accusé.

En fait, quelques heures après, Coumba Niang, la seconde épouse de Matar Diokhané, a débarqué au domicile de l’mam Ndao et révélé au maître des céans qu’elle a remis à Ibrahima Diallo la somme de 15 millions de FCfa. Cet argent, avait-elle révélé à l’imam Aliou Ndao, appartenait à son époux Matar Diokhané. « Lorsque Coumba Niang est venue lui raconter cela, c’est en ce moment qu’il a eu des doutes sur le propriétaire de l’argent », précise l’avocat. Suite au départ de Coumba Niang, l’imam Aliou Ndao, selon les dires de son avocat, avait mis tout l’argent dans une enveloppe et attendait le retour d’Ibrahima Diallo pour le lui restituer. Mieux, l’imam Aliou Ndao, dit-il, avait l’intention de persuader Ibrahima Diallo pour qu’il retourne l’argent à Coumba Niang.
Malheureusement, ajoute Me Balal, il n’est pas arrivé au bout de sa logique car il fut arrêté par la gendarmerie avant le retour d’Ibrahima Diallo. Cependant, par ce geste, souligne Me Balal, l’imam Aliou Ndao « prouve sa bonne foi ».

L’enveloppe qui était soigneusement gardée chez lui a été remise à ses avocats après son arrestation. Lors de sa plaidoirie, Me Mounir Balal a indiqué que le collectif des avocats de l’imam a décidé de déposer la somme sur la table du juge « pour conforter la bonne foi de l’imam ». Le conseil de la défense des intérêts de l’accusé estime que l’imam Aliou Ndao ne peut pas être poursuivi pour apologie du terrorisme.

« Je défie l’accusation de relever en quoi certains propos de l’imam Ndao correspondent à des propos apologiques ayant suscité la provocation ou l’apologie », indique l’avocat. Selon lui, le simple fait de détenir des ouvrages qui traitent du djihad ou de la charia n’est pas un crime. « Tous ces ouvrages sur le terrorisme, le fascisme ou la nazisme sont accessibles en librairie. La liberté d’expression est un droit sacrosaint consacré par notre Constitution. Ce droit comprend la liberté d’opinion et la liberté de communiquer et de recevoir des informations », informe le conseil de l’accusé.

L’imam Aliou Ndao et ses co-accusés seront fixés sur leur sort le 19 juillet 2018. C’est à cette date que le juge Samba Kane va annoncer le verdict du procès des présumés terroristes.

Aliou Ngamby NDIAYE

 


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