banner home page1

Pour vos insertions, contactez la Régie publicitaire de la SSPP Le Soleil

Société & Faits divers (1450)

Mbacke cadior 2016La gouvernance de Louga a abrité, hier, le Comité régional de développement (Crd) préparatoire du Magal de Mbacké Cadior. Le gouverneur Elhadji Abdou Ange Faye a promis un déroulement exceptionnel de l’édition 2016 du magal de Mbacké Cadior. Les chefs de service régionaux ont tous pris des engagements fermes à ne ménager aucun effort pour la réussite du magal.

Les chefs de services ont rassuré le comité d’organisation d’un magal exceptionnel sur tous les plans. Evoquant le volet sécuritaire, la gendarmerie a promis de prendre les mesures adéquates pour une sécurisation « sans faille » avec un effectif complet sur les routes pour éviter les accidents. Egalement, un dispositif va mailler l’intérieur des concessions des chefs religieux, les principaux axes de la cité religieuse de Mbacké Cadior et les endroits ciblés de la ville. La Senelec mettra hors délestage la cité religieuse, le temps nécessaire.  Le service des Eaux et Forêt a déjà réagi comme d’habitude. Les autres services comme la Sonatel ne sont pas en reste, de l’avis du coordonnateur du Magal.

Serigne Cheikh Thioro a beaucoup insisté, de la part du Khalife, sur le statut du centre de santé de Mbacké Cadior. En effet, il souhaite voir ce centre de santé autonome sous la tutelle du district sanitaire de la région de Louga. L’Ageroute a été bien sensibilisée sur l’exécution correcte des axes routiers en lieu et place du rafistolage des nids de poule. Il a aussi souligné la volonté du Khalife général de voir, au moins, en latérite l’axe qui relie Nguiguiss Bamba à Mbacké Cadior. C’est une distance à bitumer puisqu’étant le seul point d’accès des engins aux travaux entamés sur le site et aussi du fait de son état sablonneux. Il explique que les camions transportant le matériel lourd pour l’exécution des travaux ne peuvent pas accéder au site et cette situation retarde les délais d’exécution des travaux, a-t-il souligné.

Satisfaction de Serigne Cheikh Thioro
En conclusion, les services administratifs du gouverneur, Abdou Ange Faye, ont promis de ne ménager aucun effort pour un déroulement exceptionnel du magal de Mbacké Cadior qui sera célébré le 08 mars. Une date confirmée par le comité d’organisation.

L’opération de désinfection de sites et de nettoyage de la cité religieuse de Mbacké Cadior est prévue sous la conduite de Serigne Cheikh Bara Lahad, les 03 et 04 mars prochain.

Serigne Cheikh Thioro, coordonateur du comité d’organisation, a dit ensuite toute sa satisfaction. Un satisfécit a été adressé aux différents chefs de services qui ont suivi les recommandations de leurs tutelles respectives. Le coordonnateur du comité d’organisation, par ailleurs porte-parole permanent du Khalife général des mourides, a remercié le président Macky Sall, son gouvernement et les chefs de services régionaux.

Pour rappel, le Magal de Mbacké Cadior qui est le berceau du mouridisme, commémore la venue au monde de Serigne Mouhamadou Lamine Bara Mbacké, père de Serigne Cheikh Sidy Mokhtar Mbacké, l’actuel khalife général de la communauté mouride.

Mamadou DIEYE


Habre dessinLes plaidoiries du procès Hissein Habré se sont poursuivies hier devant les Chambres africaines extraordinaires (Cae). Se relayant au prétoire, les avocats des parties civiles ont tous chargé l’ancien président tchadien. Pour eux, il est l’unique responsable des massacres qui se sont passés au Tchad de 1982 à 1990. Aujourd'hui, on aura droit au réquisitoire du parquet général.

C'est toujours muré en lui-même que Hissein Habré a assisté au deuxième jour des plaidoiries des avocats des parties civiles. Me Soulgan Lambi, septième robe noire à plaider, a sonné la charge en mettant l’accent sur « la répression ethnique menée systématiquement » sous Habré. Elle concerne les communautés Zaghawa et Hadjaraï. Selon l'historique fourni par l'avocat, l’ancien président tchadien et les membres influents de ces communautés avaient pourtant tissé une belle alliance.

Les Zaghawa et les Hadjaraï avaient d’ailleurs assuré à Hissein Habré leur soutien indéfectible, selon les dires de Me Lambi. Ses plus proches collaborateurs ont même obtenu des postes au gouvernement par la suite. Mais l'alliance s'est très vite effritée. Selon l’avocat, les prémices de la répression Hadjaraï se sont manifestées avec la mort d'Idriss Miskine, le 7 janvier 1984, probablement intoxiqué. Alors ministres des Affaires étrangères, Miskine connaissait Habré depuis qu'il avait intégré son cabinet lorsque ce dernier était Premier ministre.

Plus tard, une commission spéciale de la répression des Hadjaraï est mise en place par le Sénat.

Composée des grands bourreaux de la Dds dont Abakar Torbo, Mahmat Djibrine dit El Djonto, sa mission était de traquer et d’arrêter des personnes en vue d'obtenir les noms d'autres individus. Les premiers étant, bien sûr, emprisonnés, a estimé l’avocat. Même modus operandi pour la traque les Zaghawa, et dans tout le pays.

Répression des Zaghawa et des Hadjaraï
Parmi les membres des deux communautés ethniques persécutés, figure le journaliste Saleh Ngaba, correspondant de l'Agence France presse (Afp), arrêté parce qu’étant contre le régime Habré. Pour Me Lambi, les autorités ont donné comme motif d'arrestation que le journaliste faisait du trafic d'armes. Plus tard, quand un journaliste viendra  interroger le président sur le sort de Ngaba, le « Lion de l'Unir » lui répondra : « C'est trop tard, il est mort ». Et quand il lui demandera comment : « De quoi voulez-vous qu'il meure dans une prison au Tchad ? Il est mort de mauvais traitements ».

Autre plaidoirie d’hier, celle de Maître Georges Henry Beautier, avocat belge qui a ciblé le traitement des femmes sous le gouvernement Habré. Il a introduit sa plaidoirie avec une étude menée par un expert sur le taux de mortalité quotidien dans les prisons tchadiennes. « Ce taux est […] substantiellement supérieur au pire des taux de mortalité de prisonniers enregistrés au XXe siècle », a dit l'avocat qui a souligné que « pour contenir l'équivalent du nombre des victimes sous la dictature Habré (90 mois), il faudrait placer 300 personnes dans 133 salles : ce qui fait un peu moins de 40.000 victimes ».

La condition féminine
Me Beautier demande que soient aussi considérés comme crime contre l'humanité, les viols, actes d'esclavages sexuels et de prostitution. Il n'a pas cherché à peser ses mots pour évoquer l'horreur des traitements réservés aux femmes dans les prisons et les camps. S'il n'y avait que les femmes... L'avocat évoque des jeunes filles âgées d'à peine huit ans. Le témoignage de Khadija Hassan Zidan est rappelé à la Cae par la robe noire. Cette femme a déclaré avoir été violée par Habré lui-même…

Les femmes étaient aussi forcées, toujours selon l'avocat, à servir les militaires et cadres de la Dds en leur faisant la cuisine, la lessive et assurant la corvée de bois. Pis, la plupart du temps, c'étaient les femmes esclaves qui construisaient les camps lorsque des transferts de prisonniers avaient lieu. Par chance, ces femmes étaient épargnées de violences sexuelles.

Quel héritage va laisser ce petit monsieur ? s’est demandé l'avocat. Sur le plan moral et idéologique, « nada ». Concernant le « fric », Me Bottier a estimé que Hissein Habré a pillé le « pognon des Tchadiens ». La conclusion sera une adresse directe à l'accusé : « L'Histoire ne s'écrira pas avec vous si ce n'est en lettres de sang ». Me Assane Diomma Ndiaye a pris le relais. Selon l’avocat sénégalais, la Dds recevait des ordres directs de Hissein Habré. « Il pouvait donner des ordres  à n’importe quel endroit », a-t-il dit. Pour lui, dans ce dossier, tout a été rabâché et les preuves sont produites à la Cae. Il est revenu sur le cas Demba Gaye, du nom de ce bijoutier sénégalais qui a perdu la vie dans les prisons tchadiennes. « Il a été gardé volontairement jusqu’à ce que mort s’en suive, malgré l’absence d’éléments compromettants contre lui. Une mineure a aussi été séquestrée pendant deux ans. Elle espérait retrouver la liberté lorsque sa mère s’est présentée. Malheureusement, elle sera transférée à la piscine et violée chaque nuit par les militaires », a relaté Me Assane Diomma Ndiaye. A son avis, la Cae a maintenant toutes les preuves sur la culpabilité de Hissein Habré. « Ce serait une erreur que de penser que seuls les Tchadiens sont victimes. Ce tribunal doit augurer des perspectives pour l’Afrique. La justice n’est pas de la vengeance. Nous cherchons simplement justice. Chacun doit payer sa dette », a-t-il mentionné.

Les plaidoiries des avocats des parties civiles ont été bouclées par celle de Me William Bourdon. Pour l’avocat français, le mot dignité ne sera jamais dans le vocabulaire de Hissein Habré. « Le mal absolu n’a aucun visage. Habré a souillé la terre tchadienne. Il est hors norme. C’est un criminel qui dépasse tout le monde, même Pinochet », a soutenu Me Bourdon. Poursuivant, il a fait savoir que Hissein Habré est le partenaire de son propre malheur. « Il est un criminel du bureau et un très grand bourreau. Ce procès va permettre aux victimes de retrouver un bout de leur dignité perdue. Nous espérons que votre décision sera un début d’espoir pour l’humanité. Elle sera commentée demain dans les bibliothèques du monde entier », a-t-il conclu.

Ndiol Maka SECK et
Nicolas CERTES (stagiaire)


Porokhane 2016La communauté  mouride célèbre demain le magal de Porokhane (département de Nioro du Rip). L’événement religieux est dédié à Sokhna Diarra Bousso, mère de Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, le fondateur de la Mouridya.

L’agglomération de Porokhane va renouer ce jeudi avec la grande affluence du magal de Mame Diarra Bousso qui polarise chaque année des milliers de pèlerins venus de toutes les régions du Sénégal pour célébrer la vertueuse ascendante de Cheikh Ahmadou Bamba. Symbole de piété, de foi et de soumission aux préceptes islamiques, Sokhna Diarra Bousso a marqué son époque. Elle est aujourd’hui vénérée par toute la communauté musulmane du Sénégal.

Même si  elle n’a vécu que 33 ans, son œuvre faite de fidélité et de dévouement à son époux Mame Mor Anta Sally Mbacké, a traversé les âges pour servir de modèle à toutes les femmes. De son ascendance aussi bien paternelle que maternelle, Sokhna Diarra a hérité d’une forte tradition d’érudition en sciences coraniques et d’une profonde piété. Sous la conduite de sa vénérable mère Sokhna Asta Wallo, elle a achevé de mémoriser le Coran à l’âge de 14 ans.

En hommage à cette grande figure de l’Islam, le magal a été institué depuis 1951 par Serigne Bassirou Mbacké à qui Serigne Touba avait confié la charge de Porokhane où vécurent ses parents. Il avait d’abord pour mission de délimiter le mausolée et de refaire la concession familiale. Toutefois, c’est son fils Serigne Moustapha Bassirou qui a été le véritable bâtisseur de Porokhane car il a transformé ce qui n’était qu’un petit hameau en une cité moderne qui accueille chaque année des milliers de pèlerins à l’occasion de la célébration du magal dédié à Sokhna Diarra Bousso.

Depuis le rappel à Dieu de Serigne Moustapha Bassirou, c’est Serigne Mountakha Mbacké qui a pris le relais en sa qualité de khalife de la famille de Serigne Bassirou. Une importante délégation représentera le gouvernement à la cérémonie officielle qui sera présidée par Serigne Mountakha Mbacké, en présence de Serigne Bass Abdou Khadre, porte-parole du khalife général des Mourides, Serigne Cheikh Sidy Makhtar Mbacké.

Babacar DRAME


Thies« Tikaara », c’est-à-dire cuisine en sérère, un restaurant sis sur l’esplanade de la Promenade des Thiessois, a été vidé par des malfaiteurs. Des bonbonnes de gaz, des denrées alimentaires, des ventilateurs et une somme de plus de 200.000 FCfa ont été emportés par les voleurs. C’est le matin, à l’heure d’ouverture du restaurant, que la gérante, Amsatou Guèye Sèye et son personnel ont constaté le forfait. La police, saisie, s’est déplacée pour faire les constats d’usage. Une plainte a été déposée.

« Tikaara », situé juste en face du siège de Senelec, est pourtant bien éclairé. Selon la gérante, ce vol a beaucoup perturbé la prise en charge de la clientèle venant des structures publiques et privées installées autour de la Promenade des Thiessois.

La police a ouvert une enquête.

Mbaye BA


Mt Rolland GrotteLe pèlerinage diocésain au sanctuaire marial de Mont-Rolland (dans la région de Thiès) est organisé cette année les 13 et 14 février autour du thème « Comme Marie, accueillons et vivons la Miséricorde en Famille ».

Cette 21e édition sera présidée par son Excellence Monseigneur André Guèye, évêque de Thiès, le dimanche 14 février, à 10h, à la Grotte de Mont-Rolland.

La manifestation verra la participation des fidèles catholiques des régions de Diourbel et Thiès.


Darou AlphaLa famille Thiombane de Darou Alpha, près de la commune de Notto Gouye Diama (région de Thiès), célébre la 85é édition du gamou de Serigne Alpha Thiombane, dans la nuit du 13 février.

L’événement, selon un document signé par le président par Serigne Moukhtar Mame Mor Thiombane, revêtira cette année un cachet particulier, puisque pour la première fois, un symposium sera organisé sur « Vie et œuvre de Mame Alpha Thiombane, le propagateur de l’Islam en pays Sereer du Ndut ». Le thème sera animé par Thomas Gana Diouf, chercheur en tradition orale et directeur de la radio “Biyen Fm” de Mont-Rolland.

Il sera évoqué lors de ce symposium, l’humanité de Serigne Alpha Thiombane, ses enseignements, etc.


Hissene habreLes avocats des parties civiles, qui ont plaidé hier devant les Chambres africaines extraordinaires (Cae), ont tous essayé de démontrer la culpabilité de Hissein Habré. Selon eux, la responsabilité de l’ancien président tchadien sur les exactions commises, sous son régime au Tchad, ne souffrent d’aucun doute. Leurs plaidoiries se poursuivent aujourd’hui.

Après les débats clos depuis fin décembre, place maintenant aux plaidoiries des avocats et réquisitoires du parquet avec la deuxième phase du procès Hissein Habré. C’est Me Yaré Fall des parties civiles qui a ouvert le bal hier à la salle 4 du palais de justice de Dakar. Il a axé son intervention sur la responsabilité pénale individuelle de l’accusé. « Chacun répond de ses actes », a-t-il dit, faisait allusion à la responsabilité pénale de Hissein Habré sur les faits qui lui sont reprochés. Selon lui, malgré ce qui se dit dans la rue et par les avocats de l’ancien président tchadien,  le procès reste  équitable à tous points de vue.

Pour les crimes de guerre, crimes contre l’humanité et tortures pour lesquels Habré est jugé devant les Chambres africaines extraordinaires (Cae), l’avocat a estimé que la responsabilité de celui-ci est totalement engagée. « C’est lui qui faisait exécuter les prisonniers. Sa responsabilité hiérarchique est engagée. En plus de cela, il n’a pris aucune mesure pour empêcher que les fautes se commettent. Et même étant informé, il n’a pris aucune sanction en l’encontre des fauteurs. Il faut qu’il assume aujourd’hui la responsabilité de ces actes », a soutenu Me Yaré Fall.

L’avocat a aussi dénoncé l’attitude de Hissein Habré à la Chambre d’assises, qui, a-t-il relevé, n’a aucune considération pour les institutions du Sénégal. « Lorsque la Chambre arrive, tout le monde se lève, sauf lui. Il regarde avec mépris ce pays qui lui a offert l’hospitalité depuis des années », a regretté Me Fall. A sa suite, Me  Lamina Djindammadji a pris le relais au prétoire. Il a bâti sa plaidoirie sur les crimes de guerre dont Hissein Habré serait coupable. Selon l’avocat tchadien, des témoins ont fait état de l’horreur que Hissein Habré leur a fait subir durant son régime.

La loi du silence
« C’est grave de dire aujourd’hui que cet homme n’a rien fait. Au Tchad, tout le monde a subi cette horreur, la loi du silence. Vous avez l’obligation de rendre justice à tout ce monde », a-t-il adressé à la Cae. Pour lui, s’il y a aujourd’hui peu d’intellectuels au Tchad, c’est à cause de Hissein Habré qu’il compare à Hitler. A l’en croire, à cette époque, c’est l’ethnie de Habré qui était la race supérieure au Tchad. Tout le reste était considéré comme des moins que rien. « Il fallait subir dans le silence. Personne n’était  épargné : enfants, femmes, vieillards, cultivateurs, etc.

Habré a commis des crimes de guerre au nord du Tchad. Il y avait  des  homicides volontaires dans les villages. Aussi, beaucoup de cadres civils et militaires ont été exécutés », a déclaré l’avocat des parties civiles. Si l’on se fie à sa plaidoirie, des tortures, il y en avait aussi. « Les prisonniers étaient entassés dans une petite pièce de 12 mètres carrés. L’alimentation laissait  à désirer, les prisonniers n’avaient pas droit aux soins, les infirmiers n’avaient pas de médicaments pour les prendre en charge etc. », a énuméré l’avocat. Il a également noté que les traitements étaient inhumains dans les geôles de l’ancien homme fort de Ndjamena.

Il y avait à la fois des tortures physiques et morales. « Les droits des prisonniers de guerre étaient violés parce qu’ils n’étaient présentés à aucun juge. Les transferts de prisonniers de guerre étaient illégaux. Le seul objectif était de leur rendre la vie difficile. Habré était présent en personne lors du combat de Faya ; il a donc commis des crimes de guerre », a argumenté l’avocat. Quant à Hissein Habré, il est toujours isolé au premier rang, entouré de trois gardes. Il est impassible face à la liste interminable de crimes qui lui sont reprochés.

Le troisième avocat de la partie civile, Me Philippe Houssine, s'attèle à relever tous les actes de tortures qui ont été commis sous Habré et à démontrer la culpabilité de l'ancien président tchadien en tant que supérieur hiérarchique. Tout d'abord en rappelant la date de la signature du décret (005-PP) de la création de la Direction de la documentation et de la sécurité (Dds) : le 26 janvier 1983. « Trois lettres qui seront synonyme de terreur et de souffrance », a insisté l'avocat. Ce service avait été conçu au départ pour agir dans le contre-espionnage, mais sa mission a été progressivement modifiée par le président lui-même.

Tortures physiques et morales
Selon l’avocat, la Dds est devenue un organe de répression sous les ordres directs du président Habré, contrairement à ce qui est dit par la défense dans leurs conclusions écrites. Une des preuves étant l'obligation de tous les agents du service de prêter serment devant Hissein Habré – chef suprême des armées – à leur entrée en service. En plus, a précisé Me Houssine, l'article 1 du décret 005-PP confirme que la Dds est directement reliée à la présidence de la République en raison du caractère confidentiel des affaires qu'elle traitait.

Ces arguments pour contredire l'argument principal de la défense – le fait qu'il y avait des failles dans la hiérarchie faisant qu'Habré n'était pas au courant de tous les actes commis – étaient légion. Concernant la torture, justifiée par la défense dans leurs conclusions écrites, au nom de la guerre contre la Libye et au nom de la fragilité des institutions, Me Philippe Houssine a cité l'article 8 du statut des (Cae) : « Aucune circonstance exceptionnelle, quelle qu'elle soit, […] ne peut être invoquée pour justifier la torture ».

L'avocat a ensuite donné une liste de quelques cas (parmi des milliers) de tortures physiques et mentales usitées sous Habré pour appuyer son propos. Un des nombreux moyens de torture physique cité était le « supplice du pot d'échappement ». Particulièrement atroce, un pot d'échappement était directement introduit dans la bouche de la victime alors que le véhicule était en marche. Provoquant asphyxie et brûlures importantes. Des tortures psychologiques étaient également employées. Outre les conditions déplorables de détention des prisonniers de guerre, certains actes incriminaient directement le président Habré, a estimé l’avocat des parties civiles.

C’est le cas de  l'humiliation d’un certain Moussa, directement frappé par Habré qui l'obligeait à imiter en même temps des animaux en pleurant. « S'il s'agit d'un Libyen, il faut le torturer normalement », disait le chef de l'État à ses hommes, si l’on en croit aux propos de Me Houssine… La Dds, véritable « Gestapo » tchadienne comme l'avait qualifiée Me Djindammadji, était autorisée à s'en prendre aux familles des prisonniers. En les expulsant de chez eux, pour les plus chanceux... Le lien du sang ou de l'appartenance ethnique comme simple facteur de culpabilité, c'est toute la procédure pénale classique qui était renversée, a noté Me Philippe Houssine.

Droit de vie et de mort
Me Jacqueline Mondeina a aussi plaidé la cause des parties civiles. Selon l’avocate tchadienne, ce moment est historique et plein d’émotion car constituant l’aboutissement d’un long processus.  Pour Me Mondeina, Hissein Habré, qui était aussi nommé « le lion de l’Unir (Union nationale pour l’indépendance et la révolution) était adoré comme un Dieu au Tchad. Il avait droit de vie et de mort sur le peuple tchadien. D’ailleurs, a-t-elle relevé, l’appartenance aux groupes de danse qui l’accueillaient lorsqu’il revenait de voyage était obligatoire. Selon Me Moudeina, Hissein Habré a gouverné le Tchad pendant huit ans d’une main de fer.
« Ce sont des personnes complètement traumatisées qui ont défilé devant la barre M. le président. Rien que la prononciation des initiales Dds rappelle la terreur au Tchad. Elle était directement subordonnée à la présidence de la République. La Dds était maitresse de la répression, et Hissein Habré était au cœur de cette répression », a avancé la robe noire. A l’en croire, tous les agents de la Dds prêtaient serment avant de prendre service. Ils prenaient l’engagement d’être fidèles au président de la République et aux institutions de la troisième République et à garder les secrets de la Dds.

Ndiol Maka SECK
et Nicolas CERTES (stagiaire)


Moustapha Diop MinAu nom du chef de l’Etat, le ministre délégué chargé de la microfinance et de l'économie solidaire, Moustapha Diop, a présidé samedi dernier, au stade municipal de Matam, la cérémonie officielle de financement du Réseau des femmes pour l’émergence de cette région du Fouta, qui polarise les communautés Hall Pular du Bosséa, du Nguénar et du Damga.

Le ministre délégué en charge de la Microfinance et de l'Economie solidaire, Moustapha Diop, a annoncé un financement global de 600 millions de FCfa destiné aux groupements de promotion féminine de la région de Matam. Ces fonds seront gérés par les mutuelles d’épargne et de crédit à des conditions très souples. Ainsi, les prêts à contracter, au taux exceptionnel de 5%, se feront sans apport personnel de l’emprunteur, mais aussi sans frais d’ouverture de dossier et frais de gestion.

Après Pikine, Fatick, Thiès, Mbacké, Kolda, Ziguinchor, Sédhiou, Louga, Saint-Louis et Kaolack, le ministre délégué Moustapha Diop  s’est donc rendu à Matam. En présence des autorités administratives, politiques, municipales, coutumières et religieuses, il s’est réjoui du travail productif des femmes du Fouta constituant un pilier du Plan Sénégal émergent (Psl). Au regard des potentialités agricoles, pastorales et forestières de Matam, le président Macky Sall veut que l’on développe de nombreux projets pour valoriser tous les atouts de la région.

« Dans la perspective du rayonnement économique et social de Matam, le chef de l’Etat m’a instruit d’apporter un appui substantiel aux femmes à travers le financement de projets structurants, créateurs d’emplois décents et de richesses », a souligné Moustapha Diop. Cette cérémonie est la concrétisation de la vision prospective du président Macky Sall de faire des femmes, sans discrimination aucune, les leviers de notre émergence économique. Il s’agit, à travers le Réseau des femmes pour l’émergence, de  connecter les organisations féminines à travers le territoire national en vue de financer leurs projets à des conditions souples et avantageuses.

Le ministre délégué Moustapha Diop a précisé que « cet exercice permettra, à terme, la couverture des besoins en financements du plus grand nombre de femmes, avec plus de 40 milliards de FCfa par an ». Ainsi, son souhait est d’accorder une grande importance à l’élaboration de projets de femmes qui contribuent à l’exploitation  des nombreuses opportunités que recèle la région de Matam dans des secteurs prioritaires du Pse comme l’agriculture, l’élevage, la pêche, l’industrie et l’artisanat.

Moustapha Diop a exhorté les femmes de Matam à respecter rigoureusement les délais de remboursement pour permettre à leurs autres sœurs de bénéficier également des mêmes avantages  dans le court et le moyen terme. Il a enfin exprimé sa gratitude au président Macky Sall qui a aidé à la création, dans notre pays, du Réseau des femmes pour l’émergence et à son financement.

Mbagnick Kharachi DIAGNE


Flintock 2016 3Plus de 1.700 soldats sont sur les différents théâtres de manoeuvres choisis dans le cadre de l’exercice multinational « Flintlock 2016 » qui a été lancé hier à la base militaire de Thiès.

C’est le général de brigade, Amadou Kane, chef d’état-major de l’Armée de Terre du Sénégal qui a donc lâché les hommes en présence du gouverneur de la région de Thiès, Amadou Sy, du général de brigade américain, Donald Bolduc, commandant les Opérations spéciales américaines en Afrique. On a également noté la présence de quelques ambassadeurs de pays participants dont celui des Etats-Unis, Son Excellence James P. Zumwalt, ainsi que des personnalités militaires et civiles.

« La particularité de cet exercice, qui se déroule pour la troisième fois au Sénégal, se trouve d’abord dans le nombre de pays participants. Ce qui est un record par rapport aux éditions précédentes, ensuite ces opérations se tiennent dans un contexte marqué par la recrudescence de l’activité terroriste dans nos pays. Ce qui nécessite alors un renforcement de nos capacités de lutte afin de faire face à la menace », a rappelé le général de brigade, Amadou Kane.

Le chef d’état-major de l’Armée de Terre du Sénégal à qui d’ailleurs il a été remis le drapeau des Forces spéciales par son homologue américain chef des Opérations spéciales américaines en Afrique, a insisté sur l’effort qu’il convient de fournir pour une parfaite acquisition des connaissances nécessaires à une bonne prise en charge et une gestion efficace de ce fléau des temps modernes. « Il faut considérer que ces opérations consistent en un grand entrainement en commun, pour les unités commandos de plusieurs pays et dont l’objectif principal est de développer l’inter opérationnalité entre les différentes armées », a indiqué le général Kane.

Il s’est félicité, au nom du général de division, Mamadou Sow, chef d’état-major général des armées sénégalaises du choix de notre pays pour l’organisation de ces manœuvres militaires. Les soldats sillonneront des zones situées dans les régions de Thiès, de Saint-Louis et de Kédougou ainsi que dans les départements de Bakel et de Podor. Aussi, selon le général de brigade Donald Bolduc, chef des Opérations spéciales américaines en Afrique, l’exercice touchera également un site de la Mauritanie.

Il également a tenu à faire un rappel des objectifs assignés à cet exercice grandeur nature consistant à mener des actions de sécurité, de mettre en place des stratégies de lutte contre le terrorisme et les trafics illicites et de mener des actions humanitaires, en parfaite synergie ». Le chef des Forces spéciales américaines a aussi indiqué l’importance qui sera accordée à la formation. Celle-ci, selon le général Bolduc, sera axée sur l'accroissement de la coopération militaire dans la région,  le partage de l'information, les communications, les premiers soins, la logistique et les affaires civiles. En outre, la formation couvrira les opérations maritimes et fluviales, ainsi que des opérations de l'administration centrale.

Quand à l'ambassadeur des Etats-Unis au Sénégal, Son Excellence James P. Zumwalt, il a insisté sur la nécessité d’une collaboration plus étroite entre les forces armées des pays participants pour mieux faire face à l’extrémisme. Il a ensuite magnifié l’excellence de la coopération militaire entre son pays et le Sénégal en particulier, tous les pays liés aux Forces spéciales en général, à travers le commandement américain en Afrique (Africom).

La cérémonie a été clôturée par un défilé d’une compagnie des blindés et des troupes des pays participants à l’exercice, sous l’animation de la Musique principale des Forces armées sénégalaises.

Les manœuvres militaires regroupent une trentaine de pays européens et africains, ainsi que des agences et organisations gouvernementales des Etats-Unis.

El Hadji Mohamadou SAGNE

A LIRE AUSSI : Manœuvres militaires « Flintlock 2016 » : Les armées de 30 pays en exercice au Sénégal

A LIRE AUSSI : Chef des opérations spéciales américaines en Afrique : « La lutte contre le jihadisme sera de longue haleine »


Rokhaya Diallo« Je parle de millions d’hommes à qui on a inculqué le complexe d’infériorité, (…), le désespoir… ». Fanon cite ainsi Césaire. Inspirée, entre autres, par ses deux grands auteurs, qui font aujourd’hui l’unanimité, Rokhaya Diallo est souvent accusée de sectarisme et de communautarisme. Personnage clivant en France, la documentaliste et militante antiraciste a « envie de (s)’investir » davantage au Sénégal, le pays de ses parents.

L’agacement est à fleur de peau.
Il n’est pas sans fard mais maquillé dans un questionnement : « pourquoi il ne vient pas nous voir ? ». Puis refréné mais pas pour longtemps.

« On peut commander ?! », finit-elle par lancer au serveur, dans un restaurant parisien, qui passait devant notre table pour la énième fois sans un regard. Le ton est courtois mais ferme. Le débit rapide de sa phrasée essaie de suivre les pas cadencés d’une activité trépidante. En mode accéléré, Rokhaya Diallo est militante activiste, journaliste, animatrice, documentaliste et essayiste. Entre les plateaux de radio ou de télévision, elle trouve le moyen de sortir deux livres (« Afro », avec Brigitte Sombie, aux éditions Les Arènes et « Comment parler de laïcité aux enfants », avec Jean Baubérot, aux éditions Le Baron Perche) et termine le montage de son dernier documentaire. A 37 ans, Rokhaya Diallo est cumularde. Sa politique est axée sur un meilleur traitement de toutes les minorités en France. Un raccourci ? « On aime coller des étiquettes en France », paraît-il. Ce sera la sienne depuis une prise de bec avec Henri Guaino, alors l’homme qui murmurait à l’oreille d’un président en 2007.

Le changement, c’est la fac !
Pourtant Rokhaya Diallo qui a grandit dans le très métissé 19ème arrondissement de Paris n’était pas portée outre mesure sur les aspérités de sa couleur de peau. « Le déclic se passe à la fac, on a commencé à me poser des questions sur mes origines alors que je pensais venir tout simplement de Paris. C’est là où j’ai commencé à réfléchir sur le racisme. J’ai compris alors que j’étais une française pas comme les autres ». En effet, Rokhaya Diallo est née à Paris d’un « père venu du Sénégal au début des années 1970 pour travailler comme mécanicien chez Fiat ». Sa mère le rejoint en 1976. « C’est une femme extrêmement volontaire et forte. Elle avait plusieurs jobs en même temps pour acquérir des biens. Elle s’est construite dans un pays qui n’était pas le tien. Grâce à elle, je ne me suis jamais fixé de frontière ». Enfant, sa limite est de ne pas passer la porte d’entrée de l’école coranique où ses parents l’avaient inscrite tous les mercredis. C’était le jour du Club Dorothée, une émission de jeunesse qui fait la part belle aux dessins animés. « C’était dure de rater une émission dont j’étais une fan absolue ». Rokhaya rêve de devenir une dessinatrice de mangas japonais. En 1989, la jeune adolescente et sa famille déménagent à la Courneuve, en banlieue parisienne. « Mon père était ouvrier mais il tenait à ce que nous (elle un frère cadet de trois ans) soyons parmi les premiers de nos classes ». Plus tard, à l’université, elle se souvient avoir « manifester le 21 avril 2002, comme tout le monde », pour faire barrage à Jean-Marie Le Pen qui venait d’accéder au second tour de la présidentielle française. Pourtant, c’est une autre personnalité politique qui va la « traumatiser » : Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur.

Sarko traumatisme
Son discours du 14 janvier 2007 et celui de Dakar ont encore un écho désagréable dans un coin de sa tête. Mais aussi les sorties « au Kärcher » à la Courneuve. « En plus, c’est chez nous », souffle la jeune femme. Elle se sent concernée « quand Sarko parle de racaille ». Son environnement au quotidien attaqué, Rokhaya Diallo réplique par un contre discours en créant l’association : « les indivisibles » en 2007, puis les « Ya bon awards » en 2009, une cérémonie parodique de remise de prix aux propos racistes tenus par des personnalités publiques dans les médias français. Le racisme est présent en France « sous couvert parfois de laïcité », selon Rokhaya Diallo. Il est également dans « le déni du vécu des gens »,  « dans la présentation des minorités à la tv », il est « institutionnel comme avec la loi sur le voile » ou quand « Gilles Clavreul, délégué interministériel contre le racisme, dit qu’il est opposé aux associations qui luttent contre l’islamophobie, la Négrophobie.

Il y a un problème ! ». Son explication de ce « problème » est au sein des institutions françaises qui ont longtemps eu « la culture des minorités dociles ». « Nous devons être contents d’être là. Il faut dire « merci et y a bon ». Certains ne supportent pas que les minorités soient autonomes dans leur prise de parole, qu’elles définissent elles-mêmes les moyens de leurs luttes, qu’elles ne soient pas dans la reconnaissance éternelle ou qu’elles soient compétentes et en dehors des clichés ». Christiane Taubira, ex-ministre de la justice, en est le meilleur exemple à travers la « haine » constante que certains lui vouent.

Régression historique
Dans la représentation politique française, l’Assemblée nationale est à quelques exceptions près exclusivement blanche. Ce qui contraste avec l’époque des Lamine Gueye, Blaise Diagne ou Gaston Monnerville. C’est une régression historique en termes de représentativité des noirs en politique. « On est dans le déni, martèle-t-elle. On adore parler du racisme aux Etats-Unis. A propos de ce qui s’est passé à Fergusson (Etats-Unis), en France on dit volontiers « le policier blanc a tué un jeune homme noir ». Alors que quand il s’agit de Zyed et Bouna (morts électrocutés en 2005 dans un poste électrique alors qu’ils tentaient de fuir un contrôle de police, ndlr), il n’y a plus personne pour parler de la couleur de peau de jeunes noir et arabe.». La stratégie de lutte des minorités aux Etats-Unis est une référence intéressante pour la journaliste.

« En France, je fais partie d’un collectif de femmes journalistes qui s’appelle « Prenons la Une ».

Pourquoi ce n’est pas accepté pour les Asiatiques, les Noirs et les Arabes alors que cela existe aux Etats-Unis ? On a peur d’être valorisé en temps que couleur. L’idéologie républicaine nous a lavé le cerveau ». En revanche, la déchéance de nationalité en phase d’être inscrite dans la loi française est un signe de deux catégories de citoyens : « On ne nous voit pas comme des Français ». Au point d’envisager de se retourner vers le Sénégal ?

Peut-être pas mais Rokhaya Diallo souhaite se rapprocher du pays de ses parents où elle séjourne régulièrement. « Je comprends le wolof même si je ne le parle pas », précise-t-elle tout en souhaitant disposer un jour de la nationalité sénégalaise.

Moussa DIOP

 

Soleil diaspora Clic


ToubaL’église du Sénégal  a dépêché une forte délégation à Keur Nganda auprès du khalife général des mourides, Serigne Cheikh Sidy Mokhtar, pour condamner fermement la caricature de Cheikh Ahmadou Bamba par le magazine Jeune Afrique. Des foyers religieux musulmans ont également manifesté leur indignation et appelé au respect de la croyance des autres.

La délégation de l’archevêque de Dakar, Mgr Benjamin Ndiaye, conduite par l’évêque de Thiès, Mgr André Guèye, a été reçue par le khalife général des mourides, Serigne Cheikh Sidy Mokhtar Mbacké. Compatissant avec la communauté mouride, l’émissaire a manifesté toute la sympathie du clergé, suite à la publication d’une caricature du fondateur du mouridisme par le magazine Jeune Afrique. Mgr André Guèye  a laissé entendre que « nul ne doit jouer avec la croyance des autres ».

Au nom du khalife général des mourides, Serigne Cheikh Thioro Mbacké a magnifié le bon voisinage entre les communautés musulmane et chrétienne, se réjouissant de la sympathie et du  soutien manifestés par l’église et ses dirigeants. Il a demandé à Mgr André Guèye d’être l’interprète de Serigne Cheikh Sidy  Mokhtar Mbacké auprès du clergé pour lui transmettre toute sa reconnaissance pour cette belle démarche qui vient consolider les bons rapports unissant les deux communautés.

Des chefs religieux musulmans continuent de condamner et de manifester leur solidarité à Touba. C’est le cas d’El Hadji Mame Bouh Mohamed Kounta, khalife général des khadres de Ndiassane. Le saint homme a laissé entendre que « Serigne Touba est un symbole de l’Islam. Donc l’offenser, c’est offenser l’Islam». Quant au khalife général de la famille omarienne, Cheikhou Oumar Tall, il a réitéré au tout son soutien au khalife général Serigne Cheikh Sidy Mokhtar Mbacké. Selon lui, ce n’est pas seulement la communauté mouride qui est touchée, mais toute la grande famille musulmane du Sénégal. Son Excellence Mohamed Saleh Al-Thuwaikh, ambassadeur du Koweït au Sénégal, s’est aussi rendu à Keur Nganda où il n’a pas manqué de condamner la caricature de Jeune Afrique. Il a réaffirmé la solidarité de son pays à toute la communauté mouride.

Mamadou DIEYE

...LES MUSULMANS DE SAINT-LOUIS MARCHENT
Les populations de la capitale du Nord, plus précisément les fidèles mourides, tidianes, layènes, khadres, niassènes, etc., ont battu le macadam pour crier leur indignation, suite à la caricature offensante de Jeune Afrique sur la personne du fondateur du mouridisme, le vénéré Cheikh Ahmadou Bamba.

Les manifestants ont brandi des pancartes, des banderoles et autres posters à l'effigie de Serigne Touba et ont sillonné toutes les ruelles et grandes artères du faubourg de Sor, de l'île de Ndar et des quartiers de la Langue de Barbarie. Une foule de fidèles musulmans très remontés contre Jeune Afrique a occupé, durant toute la journée, la voie publique pour se faire entendre. Cette marche, organisée par le « kurel des deux raakas », a été encadrée par les forces de l’ordre.

Elle a enregistré un succès éclatant et a été marquée par la participation du premier magistrat de la commune, le maire de Saint-Louis, Amadou Mansour Faye. Accompagné de ses condisciples, l’édile de la ville tricentenaire a aussi crié toute son indignation. La communauté mouride de Saint-Louis lui a rendu un vibrant hommage pour l’intérêt particulier qu’il a accordé à cette marche. « Jeune Afrique nous a blessés en touchant à notre guide Cheikh Ahmadou Bamba. On ne pouvait pas rester insensible à cette impiété. C’est pourquoi nous avons tenu à battre le macadam avec les populations pour manifester bruyamment notre colère », a-t-il expliqué.

Mbagnick Kharachi DIAGNE


Hissene habreSuite à l’audition de plus de 90 témoins  et après une longue pause, le procès Hissein Habré reprend ses droits aujourd’hui avec les plaidoiries des avocats des parties civiles, les 08 et 09 février. L’audience avait été suspendue à la fin du mois de décembre 2015, après 52 jours d’audition.

Le parquet général fera son réquisitoire le 10 février. De leur côté, les avocats commis d’office pour la défense de l’ancien président tchadien plaideront le 11 et, probablement, le 12 février. Hissein Habré a dirigé le Tchad de 1982 à 1990 avant de s’exiler au Sénégal où il est jugé depuis le 20 juillet 2015 devant les Chambres africaines extraordinaires (Cae) pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et tortures.

Le procès est qualifié « d’historique ». Parce que c’est pour la première fois que les tribunaux d’un Etat jugent un ancien président d’un autre Etat pour violations des droits humains. Dans un communiqué, le conseiller juridique à Human rights watch, Reed Brody, estime que « le procès Hissein Habré est le résultat de 25 années d’une détermination infatigable de la part des victimes ». Il marque aussi, dit-il, un tournant dans la lutte contre l’impunité des puissants pour les  crimes les plus graves. « Le procès a été marqué par le courage des survivants qui ont livré des témoignages bouleversants sur la torture, les viols, l’esclavage sexuel, les massacres et la destruction de villages entiers », déclare Reed Brody dans le communiqué.

Trois avocats ont été commis d’office pour défendre les intérêts de Hissein Habré. Il s’agit de Mes Mbaye Sène, Abdou Gningue et Mounir Balal. Même s’ils ont été plus ou moins timides au début, ils ont pris de l’assurance avec le temps, malgré le refus du président Habré de les recevoir. Ayant boycotté le procès, les autres avocats de Hissein Habré que sont Mes Ibrahima Diawara et François Serres ont, lors d’une conférence de presse organisée vendredi dernier, reproché à leurs confrères commis d’office de mener une défense de connivence. Ils accusent aussi le président de la chambre d’assises de partialité. Mes Diawara et Serres rejettent d’ores et déjà le verdict qui sera rendu au mois de juin prochain.

Des témoins de leur propre cause
Dans sa plaidoirie publiée sur le site internet de Hissein Habré, Me Ibrahima Diawara relève que le doit pénal distingue les parties au procès pénal qui ont chacune des qualités exclusives : l’accusé, le témoin, la partie civile et le ministère public. Il dénonce le caractère à charge de « l’instruction qui s’est contentée simplement à des auditions sur procès-verbal de personnes se déclarant partie civile et portant des accusations fantaisistes à l’encontre de Hissein Habré sans qu’une enquête n’ait été menée pour vérifier leur réalité ». Pour lui, un témoin est celui qui relate ce qu’il a vu ou entendu des faits de la poursuite pendant l’instruction ou le jugement.

« On s’est rendu compte au cours des auditions que certaines parties civiles, témoins de leur propre cause, n’ont pas manqué de se lancer dans des accusations personnelles et des jugements de valeur. Sous le regard bienveillant des juges des Cae, certains ont même fait un réquisitoire politique contre M. Habré », déplore Me Diawara. Dans sa conclusion, l’avocat de Hissein Habré ironise en ces termes : « Voilà comment se passe un procès politique, devant  des Chambres africaines extraordinaires. La mission est au dessus de tout. Il faut juger et condamner ».

Dans ce procès, plus de 4 500 « victimes » se sont constituées parties civiles. Si Habré est condamné, il pourra interjeter appel comme pourra le faire le parquet en cas d’acquittement. S’il y a condamnation, une deuxième session d’audience se tiendra sur les dommages et intérêts pour les parties civiles  et autres « victimes ».

Ndiol Maka SECK


Cathedrale Dkr 80 ansLa cathédrale Notre Dame des Victoires de Dakar a fêté ses 80 ans hier au cours d’une messe coprésidée par le cardinal Miloslav Vlk, archevêque émérite de Prague, Mgr Benjamin Ndiaye Ndiaye, archevêque de Dakar et son Eminence le cardinal Théodore Adrien Sarr.

Consacrée le 02 février 1936 sous le patronage de Notre-Dame des Victoires par le cardinal Jean Verdier, archevêque de Paris, la cathédrale a fêté ses 80 ans. Les 80 ans de l’existence de l’église mère de l’archidiocèse de Dakar ont été célébrés hier, à l’occasion de la fête patronale de la paroisse de la cathédrale devant le ministre de la Fonction Publique, Mme Viviane Laure Bampassy, du maire de Dakar, Ababacar Khalifa Sall, de plusieurs ambassadeurs et représentants des corps diplomatiques africains et européens.

La messe de cette fête anniversaire a été présidée par le cardinal Miloslav Vlk, archevêque émérite de Prague, république Tchèque, en présence de Mgr Benjamin Ndiaye, archevêque de Dakar et de son Eminence le cardinal Théodore Adrien Sarr. L’œuvre du Souvenir africain en vue de la construction d’une cathédrale dans la capitale sénégalaise, qui sera édifiée en mémorial des Français morts en Afrique et des Africains morts en France, a débuté en 1911. L’idée est de Mgr Hyacinthe Jalabert, qui était à l’époque vicaire apostolique de la Sénégambie. Il était assisté par le bienheureux père Daniel Brottier. Ces derniers donnèrent le feu vert à l’architecte Charles Albert Wulfflef pour la concrétisation de ce projet, au sortir de la première guerre mondiale. C’est ainsi que les travaux commencent sur le site qui était un ancien cimetière désaffecté en 1921.

Le 11 novembre 1923, Mgr Luis Lehusnsec procède à la pose et bénédiction de la première pierre. Six ans après, en mars 1929, Mgr Augustin Grimault ouvre la nef centrale aux célébrations liturgiques. Cette ouverture est suivie en septembre 1933 par la consécration des cinq cloches logées dans les tatas soudanais, les deux tours qui veillent sur l’édifice de part et d’autres. Mais la date 02 février 1936 marque la consécration de la cathédrale de Dakar, sous le patronage de Notre-Dame des Victoires. Plusieurs archevêques qui ont servi à Dakar, ont fait de cette église leur siège. Parmi ces évêques et cardinaux, il y a trois Sénégalais. Il s’agit Mgr Hyacinthe Thiandoum, premier archevêque et cardinal sénégalais à diriger l’archidiocèse de Dakar.

Le natif de Popenguine a été remplacé par le cardinal Théodore Adrien Sarr, aujourd’hui archevêque émérite de Dakar. L’actuel archevêque de Dakar, Mgr Benjamin Ndiaye, est intronisé il y a seulement un an. Dans son mot de bienvenu, le vicaire général de l’archidiocèse, par ailleurs curé de la cathédrale abbé Gérard Marie Diène, ne s’est empêché de dire à ses hôtes, notamment la communauté française représentée par une délégation des apprentis orphelin d’Auteuil et des travailleurs de  l’ambassade de la République Tchèque à Dakar, que la cathédrale de Dakar est belle. Selon lui, cette beauté se voyait à travers les lignes architecturales sobres mais splendides de l’édifice.

Cette beauté, a poursuivi le curé de la cathédrale, se voyait aussi par des couleurs et décorations discrètes mais combien apaisantes. « En plus d’être vue, la beauté de la cathédrale de Dakar s’entend avec les voix des hommes qui s’y retrouvent pour chanter les merveilles de Dieu », a dit abbé Gérard Marie Diène. « Elle s’étend par son grand et paisible silence qui nous met dans les dispositions pour écouter le Seigneur murmurer à nos cœurs. Sa beauté s’étend également avec les grandes orgues de la cathédrale de Dakar qui se marient à merveille avec l’ambiance », a-t-il ajouté. C’est tout cela qui est la cathédrale de Notre-Dame des victoires de Dakar. Elle abrite les grandes manifestations de l’archidiocèse de Dakar, car étant l’église mère.  Abbé Gérard Diène a profité de cet anniversaire pour rendre un vibrant hommage aux hommes riches comme pauvres ainsi qu’aux services de l’Etat du Sénégal qui se sont investis au service du projet de la cathédrale. Toutes les personnes sont invitées à poursuivre leur élan de solidarité, parce que, selon l’abbé Diène, la cathédrale a besoin aujourd’hui d’un espace aménagé, de jardins, d’espaces verts, entre autres structures. Lesquels permettront de rendre la cathédrale agréable afin qu’elle puisse préparer son centenaire dans 20 ans.

Eugène KALY


Mansour Sy MinistrePour une gestion, à tous points de vue, marquée par des résultats positifs, le ministère du Travail, du Dialogue social, des Organisations professionnelles et des Relations avec les institutions a procédé, vendredi dernier, à la signature de contrats de performance avec ses différentes directions pour mieux mesurer les succès du service public.

La recherche de performances reste une préoccupation majeure du ministère du Travail, du Dialogue social, des Organisations professionnelles et des Relations avec des institutions. Dans cette logique, ledit département ministériel a signé des contrats de performance avec les directions du Travail et de la Sécurité sociale, de l’Administration générale et de l’équipement et des Relations avec les institutions. Selon le ministre Mansour Sy, la modernisation des outils de gestion de son département constitue un impératif pour accroître les performances du service public.

Ce dispositif innovant ouvre une nouvelle page pour la recherche de l’efficience, surtout dans un contexte marqué par l’adoption du cadre harmonisé des finances publiques de l’Uemoa et du Plan Sénégal émergent (Pse). La tendance au niveau mondial, c’est l’appropriation de la gestion axée sur les résultats. Il s’agit d’investir peu et d’obtenir de meilleurs résultats. « Dans ce contexte, l’atteinte des résultats exige de nouveaux outils visant à améliorer l’efficacité et l’efficience de la dépense publique, à travers la mise en place de budgets, de programmes et la qualité du service rendu aux usagers», a souligné le ministre Mansour Sy.

A l’en croire, ce nouveau dispositif va contribuer assurément à « instaurer au ministère du Travail, du Dialogue social, des Organisations professionnelles et des Relations avec des Institutions, la promotion de la culture du résultat qui devra désormais constituer le crédo et le bréviaire de tous les agents à quel que niveau qu’ils se situent ». Pour mieux mesurer ces performances, il est prévu un système de suivi-évaluation et de redevabilité à la fin de l’année pour rendre compte des réalisations et des insuffisances dudit département ministériel.

Le coordonnateur de la Cellule d’études et de planification du ministère, Mansour Fall, s’est réjoui de cette nouvelle démarche, estimant que dans un contexte de gestion axée sur les résultats, la reddition des comptes est indispensable. «Lorsqu’on reçoit l’argent du contribuable, il est tout à fait normal de justifier les dépenses faites. Voilà pourquoi les contrats de performance sont signés entre le ministère et ses différentes directions », a indiqué M. Fall, qui a fait savoir que les moyens sont disponibles pour l’exécution des missions assignées. « Il est normal qu’à la fin de l’année, on fasse une évaluation pour voir si les objectifs ont été atteints », a-t-il soutenu.

Tata SANE


ChapeletFoi en Dieu, respect de la famille et des guides religieux fondent l’exception sénégalaise selon Papa Abdoulaye Seck qui représentait le Premier ministre.

« Les incertitudes du monde, ses turbulences et ses tentatives sont aujourd’hui décuplées. Ici, chaque homme, chaque femme est dépositaire d’une richesse et d’une foi, qui sont autant de boucliers contre la montée des périls qui secouent actuellement le monde. Chez nous, la tolérance est une vertu quasi divine ». Ces mots ont été prononcés hier par le ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural. Papa Abdoulaye Seck portait les propos de Boun Abdallah Dionne, parrain de la cérémonie. « La foi en Dieu, le respect à nos familles et guide, sont autant de valeurs qui marquent une forte singularité et une exception : l’exception sénégalaise, notre bouée de sauvetage », disait-il.

Selon le ministre, en décidant de miser sur l’éducation religieuse de plus de 2000 femmes, ce « daara » dont le guide moral est Cheikh Mbacké Thiaw Laye a décidé de préserver la famille en s’appuyant sur ses principaux piliers que sont la mère, la sœur, etc. « Depuis toujours, Serigne Cheikh Mbacké Thiaw Laye a compris que le développement des sociétés passe par la conjonction entre savoir, éthique et engagement pour la patrie.

Pour lui, ces actions sont en parfaite harmonie avec les politiques du chef de l’Etat qui a fait un pari sur le développement humain, avec une place de choix pour les femmes et pour les jeunes, sachant que sans ces deux catégories, il est vain d’espérer un avenir radieux. Dans son allocution, le ministre de l’Agriculture a souligné que les activités économiques portées par les talibés, à côté de l’éducation religieuse, sont autant de paravents pour assurer certes le développement individuel, mais aussi l’émergence du Sénégal, dans un environnement d’équité.

De son côté, la marraine du « daara », le ministre du Tourisme et des Transports aériens, Maimouna Ndoye Seck, a demandé au marabout de prier pour Macky Sall afin qu’il puisse continuer son œuvre dans la sérénité. Après les discours d’ouverture, le marabout Cheikh Mbacké Thiaw Laye, très percutant,  a tenu en haleine les nombreux talibés qui ont rempli le Grand Théâtre de Dakar pendant des heures.

Ndiol Maka SECK


douanesLes agents du Bureau des douanes de Kidira ont réussi une belle opération en saisissant, jeudi dernier, 2,5 kilogrammes  de métamphétamine. La prise est estimée à plus de 245 millions de FCfa sur le marché illicite de la drogue.

Chapeau aux agents du Bureau des douanes de Kidira. Ils ont réussi, selon un communiqué du bureau des relations publiques et de la communication (Brpc) des douanes sénégalaises, une importante saisie de 2,5 kilogrammes de métamphétamine. Le produit stupéfiant, sous forme de comprimés, était convoyé par deux ressortissants du Niger à bord d’un bus de transport en commun en provenance du Mali.

Selon le communiqué des gabelous, la drogue était soigneusement cachée dans de la farine alimentaire pour tromper la vigilance des agents de contrôle. L’examen approfondi et les tests ont montré qu’il s’agissait de la métamphétamine, une drogue de synthèse psychostimulante hautement addictive.

Les deux Nigériens, arrêtés jeudi dernier et placés en garde à vue à la brigade de gendarmerie de Kidira, seront déférés au parquet aujourd’hui. Pour rappel, en 2015, l’administration des douanes sénégalaises a saisi plus de 150 kilogrammes de métamphétamine, entre autres drogues, pour protéger la santé publique et l’économie nationale.

C. A. AMATH


radic religieux confL’île de Gorée abrite depuis hier un atelier régional sur le radicalisme religieux. Une trentaine de spécialistes en sécurité, provenant des pays de l’Afrique de l’Ouest, ont décidé de plancher sur la menace terroriste afin d’en cerner les vraies causes.

L’atelier régional sur le radicalisme religieux a été ouvert par le maire de Gorée, Me Augustin Senghor, en présence du représentant du ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, Ibrahima Cissé et de l’ancien ambassadeur Saidou Nourou Bâ. Cette rencontre, initiée par Gorée Institute, se tient quelques semaines après des attaques « jihadistes » contre le Mali et le Burkina Faso. Conscient qu’aucun pays de l’Afrique de l’Ouest n’est à l’abri des terroristes, le Sénégal a déjà pris des dispositions pour faire faire face à la menace terroriste.

Evoquant le thème intitulé « Le radicalisme religieux et les menaces sécuritaires en Afrique de l’Ouest, perspectives nationales et régionales », Me Augustin Senghor a dit que « lieu ne peut être mieux choisi que Gorée pour discuter de la stratégie de sortie du radicalisme religieux car l’île historique a vécu, par le passé, une violence humaine inouïe ». Selon lui, il faut examiner les germes qui poussent certaines personnes à se mettre en marge de leur communauté, de leur société pour être des instruments de ces attaques meurtrières.  « C’est à cela que nous invitons, nous autres profanes, les experts pour qu’ils trouvent une solution au problème de la violence qui s’est posé à l’Asie et l’Europe, tout en constituant aujourd’hui une menace forte pour l’Afrique de l’Ouest », a souligné Me Augustin Senghor. Soulignant les handicaps financier et technologique de l’Afrique de l’Ouest face au terrorisme, il a demandé de « tout faire pour ne pas tomber dans une situation pire que l’époque coloniale et la traite négrière ».

En tout cas, la prévention de l’extrémisme violent en Afrique de l’Ouest constitue une préoccupation majeure. Et le représentant du ministère des Affaires étrangères, Ibrahima Cissé, l’a réaffirmé. « Le terrorisme, dans ses différentes manifestations et conséquences, nous interpelle tous », a-t-il fait remarquer avant le directeur exécutif de Gorée Institute, Doudou Dia, qui s’est demandé « si l’extrémisme religieux n’est pas relatif à l’instabilité dans nos pays ». De nombreux universitaires du Mali, de la Côte d’Ivoire, du Burkina Faso et du Sénégal ont lié la montée du radicalisme religieux à la naissance et à la prolifération des confréries un peu partout.

Le wahhabisme, le salafisme… gagnent du terrain en Afrique, grâce au financement, à partir de l’extérieur, de diverses activités comme la construction des mosquées, l’octroi de bourses d’études à de jeunes africains dans les pays arabes pour leur inculquer une certaine idéologie. C’est pourquoi le Dr Bakary Sambe a laissé entendre que « la question éducative nous interpelle tous, car ces réseaux confessionnels se substituent à l’Etat » avant de mettre l’accent sur « les typologies d’apologie du terrorisme ».

Le facteur démographique qui connaît une évolution vertigineuse en Afrique et le chômage des jeunes ont été répertoriés parmi les causes du radicalisme religieux. Celui-ci se nourrit aussi des réseaux sociaux, devenus des canaux virtuels utilisés par les recruteurs de « djihadistes ». Pour des membres de la Société civile, comme Aboubacry Mbodj et Alioune Tine, une crise des valeurs gangrène les pays africains. Il faut enseigner aux jeunes de nos pays certaines valeurs ancestrales pour qu’ils ne s’inspirent plus du mal venu d’ailleurs.

Cheikh M. COLY


jicaLe ministère de la Santé et de l'Action sociale et le ministère de l'Hydraulique et de l'Assainissement, en partenariat avec l'Agence japonaise de coopération internationale (Jica), ont organisé, hier, un séminaire de clôture du Projet intégré d'amélioration des conditions d'hygiène et d'assainissement en milieu rural (Hygi.Ass/Rural). Réunis dans les locaux du Programme national de lutte contre le paludisme (Pnlp), tous les acteurs ont pu évaluer les résultats et débattre de ce projet qui prend fin dans deux semaines.

Ils sont une petite dizaine de personnes à attendre, vers 9 heures, devant l'entrée d’un hôtel du Plateau. Une dizaine de membres de la Jica en partance pour le Pnlp où se tient le séminaire. Cette réunion avait pour but de tirer les conclusions de l'intervention de la Jica dans les régions de Tambacounda, de Kédougou et de Matam (dans le sud-est du Sénégal). Pendant quatre ans, l'agence a œuvré pour l'amélioration des conditions d'hygiène dans 16 villages cibles à Tambacounda (6), Kédougou (5) et Matam (5), auxquels sont venus s'ajouter plus tard 28 villages dans toute la zone.

Kasuda Kazuchiyo, chef du projet, a ainsi exposé les principaux résultats obtenus par région. Au total, ce sont 810 latrines améliorées qui ont été construites. Cent soixante-dix-huit (178) toilettes ont été mises en place dans la région de Tambacounda pour une population ciblée de 3 105 personnes. Pour 2 188 habitants concernés, Kédougou a obtenu 186 nouveaux sanitaires. Matam, avec 5 847 personnes, a construit 446 cabinets.

Un projet encore trop coûteux
Parallèlement à ces constructions, tout un processus de sensibilisation à l'hygiène a été mis en place par le Service national de l'hygiène (Snh). Via une série de manuels où sont expliquées des méthodes d'entretien des sanitaires, de construction de dispositifs pour le lavage des mains, etc.

« Les Sénégalais et l'Afrique en général doivent s'inscrire dans une dynamique de développement durable » qui doit passer par l'éducation, a fait remarquer Marième Dème, directrice régionale de Wateraid (Organisation internationale d'aide au développement de meilleures conditions d'hygiène dans les milieux pauvres). « Ce projet a été mis en place dans les trois régions où le taux d'accès aux systèmes d'hygiène de base était vraiment très faible par rapport à la moyenne nationale », précise Ibrahima Wone, secrétaire général du ministère de la Santé.

La question des dépenses du projet a été aussi soulevée. M. Kazuchiyo a annoncé un coût total d'un milliard de FCFA sur les quatre ans du projet. Environ 500 000 FCFA étaient dépensés par bloc sanitaire (une moitié pour la construction, l'autre dépensée pour l'éducation à l'hygiène). A deux semaines du départ des acteurs du projet, les principales inquiétudes portaient sur l'autonomie des populations locales une fois la Jica partie. Une prolongation du temps de présence sur place pour consolider le projet et ancré les habitudes d'hygiène dans les mœurs serait souhaitable, selon Mme Dème.

Nicolas Certes
(stagiaire)


EnfantsLe Comité des Nations Unies sur les droits de l’enfant a adressé des recommandations au Sénégal pour une  meilleure prise en charge des droits des enfants.

Le Comité des Nations Unies sur les droits de l’enfant appelle le Sénégal à accélérer le processus pour que le projet de Code de l’enfant soit au plus vite adopté par le Parlement. Pour ledit comité, notre pays doit mettre en pratique les lois qu’il a adoptées notamment pour l’abolition de l’exploitation des enfants, l’excision et les violences à l’égard des filles. L’amélioration de la collecte de données sur les enfants, sur la base d’un outil statistique plus performant, des ressources humaines et techniques adéquates constitue une des demandes.  Cette mesure permettrait de disposer d’une vue d’ensemble de la situation des enfants au Sénégal, quel que soit leur milieu de provenance. Le Comité, qui appelle à la décentralisation du système d’enregistrement des naissances afin que tout enfant soit inscrit à l’état civil dès sa venue au monde, invite les autorités à combattre efficacement les châtiments corporels, à interdire toute exploitation des enfants à des fins de mendicité.

Il demande à poursuivre les responsables de l’exploitation des enfants et à intensifier les efforts pour la réintégration dans la société Dans le dessein de mieux encadrer la lutte contre l’exploitation et la maltraitance des enfants, il appelle à l’analyse en profondeur des causes de la violence à l’égard des enfants et notamment des petites filles. Cette posture appelle à lutter contre les pratiques d’excision. Le Comité des Nations Unies sur les droits de l’enfant appelle enfin à la mise en place d’une justice pénale adaptée pour enfants en créant des tribunaux pour enfants dans tout le pays et en privant les enfants de liberté qu’en ultime recours. L’accès totalement gratuit à l’éducation a également été réitéré dans les recommandations.

O.BA


Ban Ki Moon 2Ban Ki-Moon, secrétaire général des Nations Unies (Onu), a appelé à mettre fin aux mutilations génitales féminines pour ainsi épargner d’immenses souffrances infligées aux femmes. Il s’est exprimé à l’occasion de la célébration, aujourd’hui, de la Journée internationale de lutte contre les mutilations génitales féminines.

Aujourd’hui, est célébrée la Journée internationale de la tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines. Cette manifestation est la première du genre depuis l’adoption de l’ambitieux Programme de développement durable à l’horizon 2030. Elle se justifie, d’autant plus que les chiffres sont suffisamment évocateurs de l’urgence qui prévaut sur la prise en charge des mutilations génitales féminines. En effet, de nouvelles estimations révèlent qu’aujourd’hui 200 millions de filles et de femmes ont subi une forme de mutilation génitale féminine.

Ces données ont été recueillies du fait que de plus en pus de pays s’intéressent à la lutte contre ce phénomène. «Si rien ne change, le nombre de filles excisées chaque année sera plus élevé en 2030, en raison du taux de fertilité supérieur de la plupart des populations qui observent cette pratique », souligne Ban Ki-Moon. L’une des cibles associées aux objectifs de développement durable porte spécifiquement sur l’élimination de la mutilation génitale féminine. «Quand cette pratique sera totalement abandonnée, des effets bénéfiques se feront sentir à l’échelle des sociétés, les femmes et les filles reprenant possession de leur santé, de leurs droits et de leur énorme potentiel », préconise-t-il.

Ban Ki-Moon est persuadé que les Etats disposent de moyens et possibilités pour  accélérer les progrès et  réussir à éliminer les mutilations génitales féminines. Dès lors, il appelle tout le monde à se joindre à la cause pour donner aux populations qui aspirent au changement les moyens d’atteindre ce but. Ban Ki-Moon appelle également les gouvernements à honorer les engagements pris. A travers une plateforme d’action, il compte favoriser les partenariats sur l’appui de la société civile, du monde de la santé, des médias et des jeunes.

Réconforté par les voix toujours plus nombreuses qui, parmi les jeunes, s’élèvent pour exiger l’abandon de la pratique, il a insisté sur la nécessité de protéger et de défendre le principe des droits de l’homme pour tous. « Nous pouvons en finir avec la mutilation génitale féminine en une génération et édifier ainsi un monde où les droits fondamentaux de toutes les femmes, de tous les enfants et de tous les adolescents sont pleinement respectés », a lancé Ban Ki-Moon.

Oumar BA


CoranDans le cadre de la journée de récitals de Coran organisée sur initiative des disciples de Serigne Mansour Sy Borom Darayi dans la ville sainte de Tivaouane, le rôle du « daara » dans la construction d’une société islamique a été discuté. Les conférenciers ont également échangé sur plusieurs autres thèmes.

Sous la conduite de Serigne Bachir Ngom, trois sous-thèmes ont été choisis par les membres du comité scientifique préparatoire de la manifestation religieuse : « le "daara" comme lieu de mémorisation et d’apprentissage du Coran » ; « le "daara" instance d’apprentissage de la langue et de la culture » ; « le "daara" en tant que lieu de formation  des acteurs animateurs au service de la religion : imams, enseignants, prédicateurs, entre autres ». Selon le conférencier, « apprendre le Coran est du reste un devoir pour tout musulman et constitue une forme de mise en relief de la parole divine, pérenne et pure ».

Pour Serigne Bachir Ngom, le « daara » est également une forme de matérialisation de la parole révélatrice de la puissance divine contre toutes les formes de falsification et de réinvention car Dieu dit : « En vérité, c’est Nous qui avons fait descendre le Coran et c’est Nous qui en sommes Gardien ».

Dès lors,  il assimile « le daara »  à « un espace de culture de l’adoration de Dieu par la participation à la pérennisation du message coranique et à son exaltation ». Pour autant, à travers les mutations actuelles qui traversent toutes les sociétés et interrogent toutes les structures, le conférencier fait noter que  les "daaras", comme toutes les autres institutions d’éducation et de formation ne sont pas épargnées ».

En effet, les « daara », subissant une tension entre l’obligation de préserver et de sauvegarder les héritages des chefs religieux soufis, doivent nécessairement prendre en compte les mutations sociopolitiques subséquentes à la mondialisation. Selon Serigne Bachir Ngom, dans un contexte marqué par des tentatives malencontreuses de falsification  et de réinvention sur mesure au service d’objectifs autres que ceux de préservation de l’idéal islamique et la légitimité d’intégrer les évolutions positives inhérentes à la dynamique des sociétés, il devient légitime de s’interroger sur le rôle du « daara » dans la construction d’une société islamique et ensuite, à partir des considérations dégagées de revisiter l’œuvre de Serigne Mansour Sy Borom Darayi en guise de modèle ».

Le conférencier de souligner que « nous postulons que les textes coraniques et la pratique des guides religieux, dont principalement notre marabout-éducateur-formateur-organisateur, Serigne Mouhamadou Mansour Sy Borom Darayi, offrent des réponses pertinentes aux interrogations légitimes que pose notre époque actuelle ». Cette journée de récitals du Coran a été saisie pour sublimer le « daara » devant les étudiants, élèves, guides religieux et notables présents à la cérémonie présidée par Serigne Habib Sy, fils du défunt Serigne Mansour Sy Borom Darayi. Le préfet et le maire de Tivaouane ainsi que les députés Cheikh Tidiane Diouf et Cheikh Ahmeth Tidiane Talla étaient représentés.

El Hadji Mohamadou Sagne


Justice 10Le tribunal de grande instance de Kolda ne badine pas avec les escrocs. Il vient de condamner Aliou Badara Thiam à un an de prison ferme.

Aliou Badara Thiam alias Cheikh Sadibou Cissé a fait de l’escroquerie son métier. Ce multirécidiviste bien connu dans le milieu judiciaire a fait le tour du Sénégal pour arnaquer ses concitoyens. Ce qui lui a valu plusieurs séjours en prison, notamment à Dakar, Saint-Louis, Louga et Kolda. Malgré ce triste palmarès, cet homme de 45 ans et père de 11 enfants ne peut toujours pas s’amender. Après sa sortie de prison à Rebeuss, il se rend au Cap Skiring, avant de s’installer à Vélingara avec la ferme volonté de continuer son métier favori. Il se présentait chez les commerçants en se faisant passer pour l’inspecteur régional du commerce pour les escroquer. Il leur présentait des photocopies de quittances avant de réclamer une patente de 15 000 FCfa.

Il sera démasqué lors d’une de ses opérations par un commerçant du nom d’Abdourahmane Bah qui lui demanda de présenter sa carte professionnelle pour prouver son identité. Il se sentit alors offusqué et déclencha aussitôt une vive altercation pour intimider ce dernier. Ce qui alerta les voisins qui vinrent porter secours au boutiquier. Ils appréhendent l’escroc avant de le mettre à la disposition de la brigade de gendarmerie de Vélingara. Il a ensuite été déféré au parquet du tribunal de grande instance de Kolda pour répondre de ses actes. Il a reconnu les faits qui lui sont reprochés devant la barre. Dans son réquisitoire, le ministère public a requis deux ans de prison ferme pour le délit d’escroquerie et un an de prison ferme pour le délit de tentative d’escroquerie. Il a finalement écopé d’un an d’emprisonnement ferme par le tribunal de grande instance de Kolda. Il doit en outre verser la somme de 11,7 millions de FCfa à Khadim Fall, une de ses nombreuses victimes qui habite à Dakar.

C’est la seconde fois en l’espace de quelques temps qu’Aliou Badara Thiam alias Cheikh Sadibou Fall est jugé par le tribunal de grande instance de Kolda. Il avait déjà été condamné à six mois de prison ferme lors d’un autre procès.

Mamadou Aliou DIALLO


Chapelet« Ce phénomène n’est pas nouveau. Mais toutes les sociétés qui pratiquaient des actes contre-nature ont été sévèrement punies par Allah, comme en témoigne l’histoire des gens qui vivaient avec le prophète Loth relatée dans la sourate intitulée l’Araignée (versets 28-33) », mentionne le communiqué.

En ce sens, l’Ais lance un appel aux autorités étatiques dont le rôle est de veiller sur le bien-être et la protection des populations contre certaines dérives sociales. Quant à l’extrémisme religieux et la violence, l’Ais condamne vivement tout ce qui a trait à ces phénomènes car l’Islam est une religion de paix, de tolérance et de miséricorde comme le dit Allah dans le Coran. A cet effet, l’Ais propose comme solution la pratique du soufisme que nous ont légué nos chefs religieux, parce que c’est une voie menant vers le salut que l’on gagne dans l’excellence de la pratique religieuse telle qu’enseignée par l’Islam.  «Ce soufisme a toujours été le facteur de notre stabilité sociopolitique, culturelle et religieuse, car conduisant l’individu à une vie d’ascète », explique le texte.

Le bureau de l’Ais, dirigé par Serigne Mame Cheikh Mbacké Khadim Awa Bâ, dénonce la caricature offensante du vénéré Serigne Touba par Jeune Afrique.

Serigne Mansour Sy CISSE


Hissene Habre 2Pour les avocats de Hissein Habré, les Chambres africaines extraordinaires (Cae) ont fait preuve de partialité depuis le début du procès de l’ex-président tchadien. Ils qualifient d’ores et déjà de nulle la décision qui sera rendue par cette juridiction au mois de juin prochain.

A quatre jours de l’ouverture des plaidoiries devant les Chambres africaines extraordinaires (Cae), les deux avocats de Hissène Habré, Mes François Serres et Ibrahima Diawara, se sont adressés à la presse hier. Selon eux, les magistrats des Cae n’ont pas fait preuve d’impartialité tout au long de ce procès. « J’accuse les magistrats de ces Chambres africaines de partialité. Ils ont, par leurs propos, leur organisation, le contrôle qu’a exercé sur eux le procureur général Mbacké Fall dans l’élaboration de l’agenda, prouvé leur partialité », a soutenu Me François Serres qui s’est adressé aux journalistes en français.

Selon lui, les magistrats des Cae n’ont cessé d’interrompre les avocats commis d’office à chaque fois qu’un témoin  est mis en cause ou gêné par leurs questions qui ne sont pourtant pas embarrassantes et jamais approfondies. Il a également relevé que le président de cette chambre a refusé de faire écouter un témoignage sonore ou vidéo, a rejeté des propositions de confrontation, etc.  « Le président a montré sa partialité et son incapacité à tenir et à présider un procès de ce niveau. Les prétendues victimes sont devenues les témoins de leur propre cause. Il fallait donc les croire sur parole », a ironisé l’avocat français.

Pour lui, lorsqu’un procès d’assises commence, la liste des témoins doit être préparée et notifiée à l’accusé pour qu’il sache ce qui va être à la base de l’accusation et qu’il s’organise en conséquence. Ce qui n’est pas le cas dans ce procès. « C’est une violation du droit de la défense. La décision qui sera rendu au mois de juin est d’ores et déjà nulle avant même d’être prononcée. Nous la poursuivrons comme cela », a fait savoir Me Serres. A l’en croire, tous les témoins qui ont fait un faux témoignage sont rentrés tranquillement chez eux, y compris ceux qui sont accusés par d’autres témoins de torture.

Aussi, a mentionné l’avocat, on a repris la thèse de la répression ethnique dont on ne tire pas d’ailleurs toutes les conséquences. Selon lui, s’il y avait une volonté de répression ethnique (Arabe, Hadjarai ou Zaghawa), ce n’est pas forcément pour crime contre l’humanité que Hissein Habré allait être poursuivi. « Cela veut dire qu’on ne croit pas à cette thèse. C’est un postulat. On a prétendu qu’il y a des attaques contre les populations civiles mais la procédure a révélé que beaucoup de ces hommes politiques étaient entrés en dissidence.

Comment peut-on parler d’attaques contre les populations civiles quand on est dans une situation de conflit et de guerre », s’est interrogé l’avocat de Habré. Pour Me Serres, on ne peut pas aujourd’hui poser les valeurs d’un contexte de 2016 pour apprécier ce qui s’est passé entre 1982 et 1990. D’ailleurs, a-t-il dit, beaucoup de personnes ont combattu le président Habré alors qu’ils étaient de la même ethnie que lui. Poursuivant sa plaidoirie loin du prétoire, Me François Serres a qualifié le procès de « mascarade honteuse dont le seul objectif est de liquider un homme, de le priver sa liberté et sa vie ».

Défense de connivence
Dans son argumentation, il a souligné que trois événements majeurs ont marqué le début de ce procès. D’abord un refus des autorités tchadiennes de transférer l’ensemble des responsables, auteurs directs ou pas des faits reprochés à Hissein Habré. Le deuxième événement majeur est la plainte contre Idriss Deby quelques jours avant l’ouverture de ce procès. Du point de vue de Me Serres, l’actuel président tchadien avait été expulsé de la procédure par le procureur Mbacké Fall. La raison, a-t-il déclaré, c’est que les Chambres africaines sont salariées d’un homme politique tchadien qui n’avait pour objectif que de poursuivre la liquidation politique et physique de Hissein Habré.

Le troisième événement fort a été la désignation d’office d’avocats. Ces derniers, a estimé, la robe noire, ont mené tout au long de ce procès, une défense de connivence  à défaut de quelques effets  de manche pour faire asseoir leur prétendue légitimité. « C’était pour casser la stratégie de la défense de l’accusé. Ce que nous n’avons jamais vu devant une juridiction internationale », a déploré Me François Serres.

Ndiol Maka SECK


Levee couleurs ecoleLa commune de Ndiarème Limamou Laye a organisé une cérémonie de levée des couleurs dans l’enceinte de l’école Hamo 4. Le maire de cette localité a profité de cette occasion pour annoncer que l’ensemble des écoles qui se trouvent dans le périmètre communal seront baptisées pour offrir des dignes fils du terroir en exemple aux jeunes de la localité.

Dans la spacieuse cour de l’école Hamo 4, enseignants, élèves et parents d’élèves se sont retrouvés l’instant d’une levée des couleurs qui a cristallisé l’attention de tout le monde. En effet, cette fois-ci, c’est cet établissement scolaire, ayant obtenu les meilleurs résultats à l’entrée en sixième et au Certificat de fin d’études élémentaires (Cefee) de cette année dans la commune qui a abrité la cérémonie de levée des couleurs instituée par la mairie de Ndiarème Limamou Laye.  A travers cette décision, le maire de Ndiarème encourage l’école pour ses performances scolaires tout en incitant les autres écoles à rivaliser pour avoir de bons résultats. La cérémonie empreinte de solennité a permis à l’édile de Ndiarème Limamou Laye de s’entretenir avec les acteurs  locaux de l’éducation sur la nécessité de cultiver l’excellence et de se maintenir dans le peloton de tête des meilleurs établissements scolaires du pays. Beïdy Sèye a exhorté tout le monde à cultiver les valeurs. « Aujourd’hui, nous avons une jeunesse qui semble avoir perdu ses repères à telle enseigne que ce sont des contre-valeurs qui sont érigées en valeurs. Donc, c’est de la responsabilité de tous de faire en sorte que ces valeurs puissent être restaurées », a-t-il soutenu.

Il a émis son souhait de voir les autres établissements scolaires instituer une telle cérémonie pour qu’on puisse maximiser les chances de remporter le combat pour la restauration des valeurs. Le directeur de l’école a estimé, qu’au moment où la dépravation des mœurs et la perte des valeurs sont devenues une réalité, une telle cérémonie est salutaire.

Abdou DIOP


CanGabon90x700ok


AVERTISSEMENT

La SSPP « Le Soleil » met en garde et interdit formellement aux responsables et gestionnaires de sites d’informations, établis au Sénégal ou ailleurs, de poster les articles publiés sur le portail Internet du « Soleil », à l’adresse www.lesoleil.sn. La SSPP « Le Soleil » ne tolérera aucune entorse à cette interdiction. Seule est permise la publication de liens directs pour rediriger l’internaute vers l’adresse www.lesoleil.sn

PARTENARIATS

Les gestionnaires de sites qui le souhaitent peuvent adresser une demande de partenariat avec la SSPP « Le Soleil » qui en définira les modalités et fixera les conditions d’utilisation des articles, photos, logos de son portail Internet. En cas de manquements, la SSPP « Le Soleil » se réserve le droit d’engager immédiatement des poursuites judiciaires envers les contrevenants, pour violation du respect des droits d’auteurs.