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Société & Faits divers (1328)

Réduire le temps de parcours des usagers dans l’obtention de papiers administratifs, tels est le souhait des autorités étatiques qui comptent offrir aux usagers un meilleur service. 
 
Le ministre de la Fonction publique, de la Rationalisation des effectifs et du Renouveau du service public, Mme Viviane Bambassy, a présidé la cérémonie de lancement du Plan d’actions prioritaires (Pap) issu du forum pour la simplification des procédures par l’approche des résultats rapides. Elle a rappelé que les travaux de cette rencontre avaient permis d’identifier 50 procédures réparties en 10 familles d’activités pour engager le processus de réduction des délais. « Si la compétitivité se mesure par un environnement des affaires dynamique, propice à l’investissement et à l’attrait des capitaux, le principal indicateur demeure alors une administration adaptée aux priorités de l’heure et caractérisée par sa disponibilité, sa proximité, son agilité, sa célérité, son efficacité et sa sobriété », a laissé entendre Mme le ministre. 
Face à l’allègement des procédures qui s’impose au profit des usagers, Mme Bambassy a reconnu que l’exercice ne sera pas facile. « Ce travail doit mobiliser les directeurs qui ont en charge cette procédure pour identifier les goulots d’étranglement, les nœuds, les défaire et trouver des solutions », a déclaré Mme le ministre. Par ailleurs, elle a plaidé pour une administration, gage de compétitivité et de performance, appelée à jouer un rôle central dans la mise en œuvre du Plan Sénégal émergent (Pse). 
Le ministre en charge du suivi du Pse, Abdou Aziz Tall, a soutenu que l’administration publique exige que les citoyens puissent être informés de la qualité des services qui leur seront fournis. D’après lui, les attentes colossales de l’administration font qu’elles doivent être aux côtés des populations. Tout le sens de son impératif de performance. Le responsable sectoriel de la Banque mondiale, Paolo Zacchia a, pour sa part, salué la volonté du Sénégal à dynamiser son administration. A l’en croire, il faut sortir de cette complexité des procédures. 
 
Serigne Mansour Sy CISSE 

En partenariat avec l’ambassade de Suisse et l’Unicef, les ministères de la Famille et de la Justice ont ouvert, hier, à Saly, un atelier de formation sur la protection des enfants et le système de collecte de données des actions judiciaires en matière de traite. L’objectif de la rencontre tourne autour de la définition de mesure légales et institutionnelles pour une application effective des lois protégeant les enfants contre la traite et la mendicité forcée et le développement des capacités de gestion de données et de préparation des rapports.

Dès l’entame de son propos, Alioune Niokhor Diouf, directeur adjoint de la Direction des affaires criminelles et des grâces, a encouragé le projet Bit/Aecid, dans sa démarche d’appuyer un système de collecte de données. Il a, en outre, remercié l’ambassade de Suisse et l’Unicef qui ont financé cette rencontre. Cela témoigne non seulement du caractère dynamique de notre coopération, mais aussi l’intérêt que les organisations internationales en général accordent à la lutte contre la traite des personnes, a-t-il déclaré.

A son avis, il n’est un secret pour personne que la pratique de la traite des personnes constitue l’une des pires formes modernes de la négation de la dignité humaine. Elle reste une préoccupation majeure pour la communauté internationale et singulièrement pour les pays africains dont la plupart constituent des pays d’origine, de destination et de transit.

Au Sénégal, poursuit-il, plusieurs lois criminelles pour lutter contre la traite des personnes ont été adoptées ces dernières années. Parmi celles-ci, la loi 2005 - 06 du 10 mai 2005 relative à la traite des personnes et pratiques assimilées et à la protection des victimes.  Toutefois l’évaluation de la nature et de l’étendue de la traite des personnes demeure un défi, a indiqué M. Diouf. Certes le travail accompli par le ministère de la Justice dans ce domaine est matérialisé par les actes de poursuite, d’instruction ou de jugement collectés auprès des parquets et juridictions nationaux. Cependant, les activités actuelles de collecte de données révèlent de nombreuses lacunes : les données ont une portée limitée ; elles ne sont pas comparables et elles sont insuffisantes pour qu’on puisse évaluer toute l’ampleur du problème, regrette-t-il.

Problématique des données
Les quelques rares données disponibles sont peu documentés et parcellaires, ne s’intégrant ainsi dans aucun système de base. Pourtant une appréhension pointue de la problématique de la protection des enfants par les acteurs et les autorités politiques dans une optique de développement passe nécessairement par l’existence d’un dispositif dynamique de documentation et de collecte de données sur le sujet. Il  faut, dès lors, apporter une réponse adéquate à cette situation que  la Direction des affaires criminelles et de grâces et la Cellule nationale de lutte contre la traite des personnes, avec l’appui des partenaires, ont mis en place ce système dont la phase expérimentale concerne les actions judicaires en matière de traite des personnes, a insisté Alioune Niokhor Diouf.

Pour sa part, le directeur du Centre de formation judiciaire s’est désolé du fait que malgré les décisions prises et les efforts déployés, le phénomène demeure. Ce qui, à ses yeux, prouve qu’il reste beaucoup à faire. Il a, par ailleurs, salué l’initiative du ministère de la Justice qui a pensé renseigner sur le phénomène pour mieux le maîtriser.
Niokhobaye Diouf, directeur de la protection de l’enfant et des groupes vulnérables déclare que la rencontre permet de partager une base de données pour la gestion des connaissances concernant la traite des personnes et les pratiques assimilées.

Il a révélé que dans notre pays, 500. 000 enfants sont exposés et soumis aux pires formes de travail des enfants.

Amath Sigui NDIAYE

Les abus sexuels sur les enfants ont fait l’objet d’une importante rencontre dans le quartier populaire de Médina Fall à Thiès. Ces échanges entre dans le cadre des conférences communautaires de consensus initiées par le Centre de guidance infantile et familiale (Cegid).

Une belle occasion qui a été saisie pour sensibiliser différents segments sociaux afin de les mobiliser autour d’une préoccupation majeure qu’est l’abus sexuel sur l’enfant et son entourage à travers une approche pluridisciplinaire pour parvenir à un consensus dans l’attitude et le comportement afin que l’ensemble de la communauté partage le même regard et les mêmes préoccupations sur la problématique des abus sexuels, la maltraitance et l’exploitation des enfants. Un sujet important que les conférences communautaires de consensus initiées par le Centre de guidance infantile et familiale (Cegid) ont l’intention de vulgariser dans les différents quartiers.

La rencontre de Médina Fall a connu un franc succès. Le thème sur « L’abus sexuel : ses répercussions psychosociales et médicales, l’enfant victime et son entourage » a intéressé les populations. C’était devant le représentant du conseil départemental de Thiès, Bécaye Sidibé, le manager général de la fédération « Kajoor Jankeen », Alioune Sarr, des représentants du comité départemental de protection de l’enfant, des notables et imams du quartier. De l’avis du superviseur technique du projet, le coordonnateur du Cegid, Papa Guèye, les observatoires sont des schémas de protection de l’enfance innovants pour le Sénégal.

Film documentaire
Selon lui, la stratégie développée pour lutter contre les abus sexuels commis sur les enfants est de permettre aux victimes de trouver un lieu de synergie d’actions qui permet de répondre au mieux à leurs attentes en termes d’accompagnement psycho-social médical et juridique qui requiert un réseau pluridisciplinaire constitué d'un ensemble de prestataires de services compétents et solidaires. Lui emboitant le pas, la chargée d’accueil et d’écoute du Cegid, Mme Wane, a commenté le film documentaire « Drames d’enfants » qui, dans sa trame, retrace des cas cliniques et des témoignages de parents et de professionnels de la prise en charge des victimes.

Mme Wane a aussi listé les répercussions des abus sexuels sur les enfants : perte de l’estime de soi, cauchemars, flash-back, refus de s’alimenter, boulimie, énurésie, dissociation, tristesse, baisse de performances scolaires, fugue, etc. La sage-femme du poste de santé Don Bosco de Médina Fall, Mme Dioum, a aussi égrené un chapelet de conséquences médicales de l’abus sexuel sur les enfants : blessures, rupture de muscles vaginaux ou anaux, avortement clandestin, grossesses prématurées non désirées et à risques, infanticides, etc. L’auditoire, très intéressé, a reçu de la part des panelistes des réponses adéquates à ses interrogations.

M. SAGNE
(Infos : Mame Bouba DIAKHATE)

Le vol de bétail est un phénomène persistant observé quotidiennement dans la zone silvo-pastorale. Il est l’une des préoccupations des éleveurs qui sont peinés de voir leurs biens subtilisés par des gens connus, souvent des voisins ou des parents, sans qu’il n’y ait une juste réparation à la hauteur du préjudice subi. Pour freiner ce fléau qui accentue la pauvreté dans les campagnes et plonge des milliers de propriétaires dans le désarroi, les éleveurs du  Djolof, du Ferlo et du Fouta se sont rencontrés à Labgar, dans le département de Linguère.

L’élevage constitue dans le département de Linguère un secteur très important et une filière où s’activent des dizaines de milliers de paysans. Il connaît un développement qualitatif continu avec les techniques modernes comme l’insémination artificielle, la vaccination et la stabulation, qui sont de plus en plus adoptées par les éleveurs. Ce sous-secteur qui contribue au développement du secteur primaire est toutefois confronté à un phénomène grandissant qui menace son existence ; il s’agit du vol du bétail.

Aujourd’hui, les éleveurs ne dorment plus que d’un œil à cause des bandes de voleurs qui ratissent les campagnes et font de véritables razzias. Armés et très organisés, ils bénéficient de complicités et agissent au sein de réseaux où les rôles sont partagés. « Il n’est plus possible d’élever un animal dans la zone silvo-pastorale à cause des malfrats », se plaignent des éleveurs de bétail.

 Le maire de Labgar, Idrissa Diop, se réjouit de la réussite de cette journée qui, selon lui, va leur permettre de mettre en place des stratégies afin de lutter contre le vol de bétail qui fait trembler les populations. Les éleveurs peuls continuent à être les plus visés par les ravisseurs, selon le maire de Labgar, une localité située à une soixantaine de kilomètres de Linguère, où près de 50 éleveurs ont été victimes de vols depuis un an.

« Conscients de l’ampleur du phénomène, les éleveurs du Ferlo, du Fouta et du Djolof se sont réunis à Labgar pour  la mise en place d’une coalition  de lutte contre le vol de bétail », a souligné M. Diop qui affirme que c’est une occasion inédite qui pourrait être un modèle qui serait démultiplié  dans le département de Linguère et pourquoi pas dans tout le Sénégal. «A Labgar, nous avons des résultats probants car depuis 6 mois, nous avons enregistré 0 cas de vol de bétail. Une association installée par les éleveurs qui joue un rôle préventif pour sauvegarder le cheptel, recense tous les animaux vendus et abattus chaque jour dans la commune de Labgar », dit-il.

Il a profité de cette occasion pour procéder à la pose de la première pierre d’un foirail d’un coût de 50 millions de francs qui est une vieille doléance des éleveurs de la commune de Labgar.
Pour le député de Ranérou, Aliou Dembrou Sow, «cette rencontre a une importance capitale car l'élevage joue un rôle important dans l'émergence d'un pays». Il se désole du fait que certains voleurs de bétail ne purgent pas leur peine à cause des interventions de certains politiciens du département de Linguère.

Masse NDIAYE

Des défenseurs des droits de l’enfant invitent les autorités à favoriser l’investissement public.

Pousser les décideurs à donner des fonds additionnels et sécurisés au profit des enfants, c’est le but du lancement national du commentaire général n°19 sur l’investissement public. Ce document est favorable à une plus grande priorité budgétaire accordée à ces derniers, mais aussi une contribution au développement durable de notre pays. Selon le directeur de la Protection des droits de l'enfance et des groupes vulnérables Niokhobaye Diouf, au nom du ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfance, « nous sommes interpellés pour une meilleure prise en compte de leurs droits ». Il a souligné que ce lancement national du commentaire n°19 coïncide avec un contexte très favorable au respect de leurs droits.

Cette allocation qui vise à octroyer plus de ressources à l’enfance est une démarche salutaire pour leur bien-être. Car, nos attentes sur ces derniers sont nombreuses. « Le défi est majeur pour les acteurs que nous sommes », a expliqué M. Diouf. « Dans le domaine de l’éducation, de la santé, des avancées ont été notées ; mais des plaidoyers doivent être portés par les autorités auprès des décideurs et partenaires. C’est un combat qui implique tout le monde », a-t-il dit.

Prenant la parole, Mamadou Wane dit Mao, coordonnateur de la Plateforme pour la promotion et la protection des droits de l’homme (Ppdh), a fait comprendre qu’il faut un plaidoyer auprès des autorités pour que celles-ci allouent des fonds plus conséquents aux enfants. Pour lui, c’est une question d’équité sociale et de genre. Au nom de l’Union des associations des élus locaux (Uael), Abdou Khadre Lô a affirmé qu’avec l’Acte 3 de la décentralisation, de nouveaux mécanismes de financement sont attendus par les acteurs qui s’activent pour la promotion et la persévération des droits de l’enfant. Il a ajouté que les Etats ont droit de veiller à la mise en œuvre de la cette budgétisation, à son efficacité, à l’équité et à l’évaluation de l’investissement public.

Serigne Mansour Sy CISSE

La Chambre criminelle de la Cour d’Appel de Kaolack a condamné Gallo Sy à cinq ans de travaux forcés pour meurtre sur la personne de son ami Ibrahima Bâ à la suite d’une soirée arrosée dans un bar dans la localité de Gainth Pathé, dans la région de Kaffrine.

Après trois journées de renvoi pour diverses raisons, la Chambre criminelle de la Cour d’appel de Kaolack a tenu sa première audience ce jeudi. Dans le box des accusés, Gallo Sy, poursuivi pour meurtre sur la personne d’Ibrahima Bâ.

Les faits se sont déroulés le 15 juillet 2012 à Gainth Pathé dans la région de Kaffrine. Ce jour-là, Gallo Sy était venu prendre de l’alcool avec ses amis dans un bar de ladite localité. Il se paie deux litres de whisky. Selon ses dires, Ibrahima Ba lui demanda de l’offrir un verre comme il en a fait pour les autres. Après un refus, son interlocuteur commence à l’insulter. « Ce qui m’a fait mal. Je lui ai dis d’arrêter et il a continué à proférer des insultes à mon endroit », a rappelé l’accusé à la barre. C’est au cours de la bagarre qui s’en est suivie que Gallo Sy a asséné cinq coups de couteau à Ibrahima Bâ qui a fini par rendre l’âme.

À la barre, l’accusé est resté sur sa stratégie de défense. Il soutient qu’il n’avait pas l’intention de donner la mort à son ami qu’il avait l’habitude de retrouver dans ce bar. Interpellé par le procureur général sur l’acharnement dont il a fait preuve avec des coups de couteau répétés, il brandit la légitime défense. Mieux, il affirme que son antagoniste Ibrahima Ba détenait aussi un couteau.

Me Boubacar Dramé, le conseil de la défense, s’engouffre dans la brèche. Il a réclamé la disqualification des faits en homicide involontaire.

Dans son réquisitoire, le procureur soutient que l’accusé avait bel et bien l’intention de donner la mort parce qu’il n’a reçu aucun coup couteau dans la mêlée mortelle.

Ajoutant que même s’il était ivre comme il l’affirme, il avait la maîtrise qu’il faut pour porter les coups de couteau fatidiques. Selon le représentant du ministère public, les circonstances du meurtre démentent la thèse de la légitime défense brandie par l’accusé et son conseil. D’autant que, selon lui, son forfait accompli, Gallo Sy a pris la fuite avant d’être appréhendé à Mbar dans le département de Gossas.

Autant d’éléments accréditant, selon le procureur général, le meurtre. C’est ainsi qu’il a requis dix ans de travaux forcés à l’encontre de l’accusé. La cour, après délibération, a condamné Gallo Sy à cinq ans de travaux forcés pour coups et blessures volontaires.

Elimane FALL

Samba Sékou Dia Sow, meurtrier présumé de Fatoumata Mactar Ndiaye, a été déféré au parquet hier. Il est poursuivi pour assassinat et tentative d'assassinat contre Adama Bâ, fils de la défunte.

De source sûre, l'acte criminel imputé au bourreau de Fatoumata Mactar Ndiaye a été prémédité. En effet, contrairement à ce qu'il avait déclaré dès les premiers moments de son arrestation, le chauffeur de la vice-présidente du Conseil économique, social et environnemental (Cese) a passé la nuit dans le véhicule de sa patronne avec l'arme du crime bien aiguisée. Son plan initial consistait à rester dans le véhicule jusqu'à une heure tardive de la nuit et profiter des moments où toute la maisonnée est dans les bras de Morphée pour mettre à exécution son plan.

Pris par un sommeil, il finit lui-même par s'endormir pour ne se réveiller que le lendemain. Obnubilé par l'argent qu'il espèrait empocher, il maintient son funeste plan et profite du moment où la femme est seule dans sa chambre pour la rejoindre et ensuite lui ôter la vie vers les coups de huit heures. Les témoignages recueillis auprès de proches de la famille montrent que malgré le fait que le chauffeur n'était point lié par le sang avec la défunte, il avait été tellement adopté au sein  de cette famille qu'il y était considéré comme un membre à part entière.

« Il était entouré de toutes les attentions auprès de la femme qui lui avait même payé une armoire et un lit pour le mariage qu'il préparait », a révélé un proche de la famille éplorée.

« Pour le reste, tu vas attendre que la période de viduité que je suis en train d'observer prenne fin pour m'en occuper », avait promis la dame selon un proche de la famille qui a requis l’anonymat. La même source précise que le chauffeur incriminé est pratiquant des arts martiaux crédité d'un haut grade en kung-fu. Un atout qui lui a valu sa double casquette de chauffeur et garde du corps de la défunte.

Le tueur présumé a regretté son acte devant les hommes en kaki qui ont mené de main de maître cette enquête, sous la supervision du commissaire Adramé Sarr. Cependant, à côté du chef d’inculpation d’assassinat imputé au chauffeur, ce dernier est également poursuivi pour tentative d’assassinat d’Adama Ba, fils de la défunte qui a reçu lui aussi deux coups de couteaux.

N’eût été la promptitude d’un médecin militaire, Adama Ba aurait certainement eu un sort encore pire que celui qui lui vaut d’être interné dans une structure hospitalière.

Abdou DIOP

LE COLLECTIF DES CHAUFFEURS DE PERSONNALITÉS « CONDAMNE FERMEMENT »
Le collectif regroupant les chauffeurs de ministres et de personnalités exerçant des fonctions publiques dit condamner « fermement » le meurtre de Fatoumatou Mactar Ndiaye, 5e vice-présidente du Conseil économique, social et environnemental (Cese).

Dans un communiqué transmis à l’Aps le mardi, « le collectif des chauffeurs de ministres déplore et condamne fermement cet acte odieux contraire à nos valeurs culturelles et sociales ». Il dit formuler « des prières ardentes pour le repos de l’âme » de la défunte dont le chauffeur et présumé meurtrier a reconnu les faits qui lui sont imputés.

Le procureur de la République, Serigne Bassirou Guèye, a annoncé dimanche qu’il sera déféré pour être présenté au juge d’instruction dans les meilleurs délais. Fatou Matar Ndiaye a été retrouvée morte égorgée dans sa chambre, samedi matin, à son domicile de Pikine, dans la grande banlieue dakaroise. « L’enquête a connu des avancées rapides, les témoins ont été entendus, des constats et prélèvements ont été effectués, l’arme du crime a été saisie (couteau) », signalait le procureur de la République lors de sa rencontre avec les journalistes. Selon lui, dans ces cas et dans d’autres, le ministère public s’emploiera à faire appliquer la loi « dans toute sa rigueur ». « Il s’agit de faits d’une gravité extrême, que le Code pénal punit à son article 287 de la peine des travaux forcés à perpétuité », soulignait le magistrat.

(APS)

Unies en affaire par la liaison Dakar-Ziguinchor, Cosama, Vivo energy et Wastsila veulent contribuer à la recherche de solution au problème de chômage des jeunes. Elles ont signé une convention de partenariat avec l’Université Assane Seck de Ziguinchor pour mieux former les jeunes du sud dans les métiers de l’énergie et du transport maritime afin de faciliter leur insertion.

C’est un regroupement de trois entreprises privées qui organisent cette année la 8e édition du Forum Rse Sénégal prévue le 07 décembre à Ziguinchor. Le Consortium sénégalais d’activités maritimes (Cosama), l’entreprise finlandaise Wastsila et Vivo energy Sénégal ont noué un partenariat avec l’Université Assane Seck de Ziguinchor pour contribuer à la formation et à l’insertion des jeunes de la Casamance dans leurs domaines d’activités. Le thème qui sera débattu est « la formation dans le domaine de l’énergie, de la logistique et des Tic comme levier de développement de la Casamance ». Cette initiative entre dans le cadre de leurs politiques Rse. « C’est ce qu’on attend des entreprises. La Rse n’a de sens que si l’on développe des approches collectives », s’est félicité Philippe Barry.

Le président de l’Initiative Rse Sénégal a rappelé qu’en matière de Rse, il y a trois choses importantes : la gouvernance, le dialogue entre les parties prenantes et la mise en place de projets structurants. Concernant la gouvernance, M. Barry a estimé que les entreprises doivent intégrer la Rse stratégique et accepter de rendre compte de leurs indicateurs pertinents. Selon lui, la Rse n’est pas une compilation d’actions ponctuelles comme on le voit de plus en plus. « Ce projet répond à un enjeu de développement durable qui est l’insertion professionnelle des jeunes », a soutenu Philippe Barry.

Pour le directeur marketing de Cosama, Abdou Salam Kane, avec le dragage du fleuve Casamance qui fait désormais plus de 7 mètres de profondeur, la réhabilitation prochaine du port de Ziguinchor et l’arrivée d’un nouveau navire de 4 à 5 milles tonnes, une véritable révolution maritime est en train de s’opérer. « La région Sud regorge un fort potentiel de main-d’œuvre. Avec ces projets, Ziguinchor deviendra le deuxième port après Dakar. Il y a des possibilités d’y développer des filières de formation dans le domaine maritime qui sont rares au Sénégal. Il y a certes un master dans ce domaine à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar qui d’ailleurs nous sollicite souvent pour des stages, mais il ne sera pas superflu de créer un master sous une autre forme à l’Université Assane Seck », a souligné M. Kane.

Si l’on en croit Mamadou Goumble, directeur général de Wastsila et coordonnateur du projet, le choix de la Casamance est dicté par sa position géographique. « La Casamance est une région un peu enclavé. C’est déterminant de mettre l’accent sur cette région où Wastsila a installé une centrale électrique, précisément à Boutoude. Nous avons estimé que l’action Rse aura un fort impact dans cette région », a déclaré M. Goumble. Selon lui, la pérennité des actions est aussi importante. C’est pourquoi ils ont porté leur choix sur l’éducation qui est « un axe principal du développement ». « Nous voulons voir comment influencer le cursus académique des étudiants et ce que nous pouvons ajouter d’important pour leur permettre d’être employables. Il y aura d’abord des offres de stage durant l’apprentissage et ensuite des recrutements après la formation », a laissé entendre le patron de Wastsila.

Ndiol Maka SECK

Elu récemment par ses pairs à la tête du Conseil régional de la jeunesse de Saint-Louis, Fara Ndiaye a l’ambition de briguer le suffrage des jeunes pour diriger le Conseil national de la jeunesse. Le renouvellement des instances de base de cette structure est prévu du 9 au 11 décembre à Dakar.

Fara Ndiaye entend fonder son action sur une démarche inclusive et désintéressée. Toutes les régions devront se sentir impliquées dans la gestion du conseil pour l’intérêt des jeunes.

Le seul profit qu’il attend de cette entreprise est sa satisfaction et celle de l’équipe du conseil national de voir les jeunes s’épanouir pleinement aux plans économique, social, sportif et culturel. Agé de 25 ans, le nouveau candidat à la direction du Conseil national de la jeunesse est spécialiste en Communication publique, territoriale et développement durable. En termes de contribution au Plan Sénégal Emergent (Pse), il a publié un article intitulé : « La situation des enfants vulnérables au Sénégal, actions menées par l’AJE (Association Jeunesse, Espoir) à Saint-Louis et proposition de solutions pour une action gouvernementale plus efficace ».

« Inscrit dans la fidélité aux valeurs de la République, le bureau du Conseil national de la jeunesse », selon M. Ndiaye, « sera un acteur prépondérant dans la construction d’un Etat de droit, d’une démocratie participative et d’une société moderne fortement enracinée dans les cultures de nos aïeux mais également ouverte au brassage des civilisations ».

Sa candidature sera donc celle des « jeunes imbus de modernité, mais conscients du fait que l’avenir se construit à partir du passé ». Par cette démarche, il s’engage à s’inspirer de l’expérience de ses aînés, de la sagesse de ses parents et de l’énergie débordante de ses pairs jeunes et des mouvements nationaux.

Son programme intitulé Accord « Action de Croissance et de Citoyenneté pour l’Opportunité, la Responsabilité et le Développement de la jeunesse » repose sur trois piliers essentiels avec comme cheval de bataille la formation et l’emploi des jeunes. Il s’agit notamment de la croissance et du développement du capital humain juvénile, de la participation, du leadership, de la communication, de la transparence et de la « redevabilité ».

Mbagnick Kharachi DIAGNE 

Le 21 novembre 2016, aux environs de 06 heures, exploitant une information sur une livraison de chanvre indien au quartier « Ndiaw », les éléments de la brigade de recherche du commissariat urbain de Richard-Toll ont procédé à l’interpellation d’un individu en possession de 3,8 kg de chanvre indien. Selon un communiqué du bureau des relations publiques de la police, il est identifié sous le nom de M. Konté né en 1979 à Richard-Toll, menuisier de profession, domicilié à Nabadji dans la région de Matam. L’homme serait simplement de passage à Richard-Toll.

Interrogé sommairement, il a reconnu les faits de détention et de trafic de chanvre indien qui lui sont reprochés. Il a précisé que la drogue lui aurait été fournie dans la brousse du département de Mbour et avait pour destination finale, Fanaye. Après avis à du procureur de la République près le tribunal d’instance de Saint-Louis, il a été placé en garde à vue et la drogue saisie consignée au poste de police. Une enquête est ouverte.

Nd. M. SECK

Il est un des hommes influents à Touba depuis quelques années. Président du comité d’organisation du Magal, Cheikh Bassirou Abdou Khadre Mbacké est aussi le porte-parole du Khalife général des mourides. Un rôle qu’il occupait dans le khalifat de Serigne Bara Fallilou.

 La semaine du grand Magal de Touba est toujours la même pour Cheikh Bassirou Abdou Khadre. Président du comité d’organisation de ce grand événement religieux, il sacrifie à plusieurs rituels qu’il a commencés depuis qu’il gère le Magal. Accueil des autorités et hôtes, présidence de récitals de Coran, de colloques, de caravanes et de rencontres scientifiques dans les villes du Sénégal. C’est lui aussi qui était le maitre d’œuvre de la visite de deux jours du président Macky Sall jeudi et vendredi. Malgré la fatigue avec toutes les activités du Magal concentrées entre ses mains, Cheikh Bass, comme on l’appelle affectueusement à Touba, répond à toutes les interpellations lors des activités qui précèdent le grand Magal de Touba en tenant des discours devant tous les hôtes que reçoit la ville sainte. Il a même tenu à recevoir la presse nationale et internationale pour leur délivrer un message. C’est là un pan de la personnalité du président du comité d’organisation du Magal de Touba. Très à l’aise devant les micros, quel que soit l’auditoire. Un des hommes forts dans le dispositif du défunt Khalife général Serigne Mouhamadou Lamine Bara Mbacké Fallilou, on pensait qu’après le rappel à Dieu de ce dernier, qu’il n’allait plus être présent dans la sphère décisionnelle de Touba. Cette année encore, lors de la cérémonie officielle du Magal comme pour les éditions précédentes, c’est lui qui a porté la parole du Khalife général Serigne Cheikh Sidy Moctar Mbacké devant les autorités. Déjà, juste après le décès de Serigne Bara, on spéculait déjà sur un changement au poste de porte-parole. Comme il est d’usage à Touba, à chaque Khalife son staff. Après la publication du staff de Serigne Cheikh Sidy Moctar Mbacké, Serigne Bass s’est vu conforté dans ses rôles de porte-parole, président du comité d’organisation du Magal et chargé de l’accueil des autorités à Touba.

Même pour son message d’avant Magal de cette année, Serigne Sidy Moctar l’a encore adoubé et a demandé que cesse les critiques sur lui, venant souvent des salons feutrés de la ville sainte. La fonction de Cheikh Bass est très stratégique car celui qui gère la communication de la communauté mouride, gère aussi celle de l’image de cette communauté, qui se confond avec celle du Khalife général. Une position qui n’était pas gagné d’avance pour ce fils de Serigne Abdou Khadre Mbacké, quatrième Khalife général des mourides et qui a été pendant 22 ans, imam de la grande mosquée de Touba. Très proche de Serigne Bara qu’il accompagnait partout, Cheikh Bass avait, selon certains, demandé à être déchargé de ces fonctions après le décès du premier petit-fils Khalife de Serigne Touba. « Le nouveau Khalife Serigne Sidy Moctar l’aurait fait revenir sur  sa décision», indique-t-on. Il est rare de voir à Touba un homme continuer à occuper le même poste de responsabilité sous le règne de deux Khalifes. Mais dans la ville sainte, Cheikh Bass a finit de faire l’unanimité au tour de sa personne. 

« Un homme bien, reconnaissant, rassembleur »
Cette année aussi, il a mené d’une main de maître l’organisation de l’un des plus grands événements religieux du Sénégal en y apportant des innovations comme des caravanes à l’intérieur du pays, des expositions, des panels, des points de presse. Il a su surtout fait un savant dosage dans le comité d’organisation en faisant appel à toutes les familles religieuses de Touba. Presque la quarantaine, il est né en 1976, le visage juvénile avec toujours des lunettes qui en englobe une partie, le petit-fils de Cheikh Ahmadou Bamba a fait toutes ses études à Touba auprès de l’un des ses oncles, Serigne Souhaïbou Mbacké, connu pour être un grand érudit. Aujourd’hui, il est aussi l’interlocuteur de toutes les personnalités qui viennent à Touba.

Très jeune à l’époque du Khalifat de son père qui n’a duré que 11 mois, Cheikh Bass garde néanmoins la prestance, le charisme et plusieurs traits physiques de celui qui était surnommé « l’imam des imams », Serigne Abdou Khadre Mbacké. Marabout d’hommes politiques, de décideurs économiques, il est aussi à l’aise en dehors de son moule. Très lié au Président Macky Sall et à la famille de l’ex-président Wade (son père était le marabout du président Abdoulaye Wade), il a aussi tissé des relations dans le milieu politique, de l’opposition comme du pouvoir. Selon un journaliste de Touba très au fait des questions religieuses et des jeux de pouvoir dans la ville sainte, la reconduction de Cheikh Bass n’était pas facile dès l’accession de Serigne Cheikh Sidy Moctar Mbacké. « Au début, Serigne Cheikh Maty Leye n’avait pas choisi de porte-parole. Et il y avait beaucoup de positionnement au tour de ce poste. Mais Serigne Mountakha Bassirou a joué un grand rôle dans la reconduction de Cheikh Bass. Bras droit d’El Hadji Bara et aussi de Serigne Cheikh Sidy Moctar Mbacké, Serigne Mountakha a aussi épousé une « sœur » de Cheikh Bass. Vu tous les positionnements, Cheikh Bass, à un moment, ne voulait pas de ce poste mais les gens l’ont convaincu de revenir. C’est un homme très bien, reconnaissant, rassembleur, qui aide beaucoup », ajoute-t-il.

Oumar NDIAYE

Vous êtes le président de la commission communication et culture du comité d’organisation du grand Magal de Touba, quel est le bilan que vous tirez de l’édition 2016 ?
C’est un bilan largement satisfaisant parce que le comité d’organisation a pu dérouler tout le programme qu’il avait planifié. Du côté de l’Etat également, les engagements ont été respectés et les fidèles sont venus en masse. Je pense qu’on a battu tous les records d’affluence cette année à Touba. L’ensemble des confréries et des familles religieuses étaient là. De même que les organisations islamiques, le corps diplomatique. Aujourd’hui, nous avons tous entendu le discours de haute facture du Khalife général des mourides qui a été axé sur l’unité et qui lui a permis de recadrer certaines choses. Il est aussi revenu sur ce que doit être l’orthodoxie musulmane que nous défendons tous. Nous en sortons assez satisfaits et ragaillardis.

Au plan de la communication, on constate que les accréditations des journalistes augmentent d’année en année, est-ce que vous avez prévu des mesures pour contenir toute cette vague ?
Les mesures à prendre sont de voir dans quelle manière on peut augmenter les infrastructures pour les accueillir. C’est à ce niveau que nous avons des problèmes. Mais vous avez constaté aussi que cette année, il y a une très nette amélioration par rapport aux conditions d’hébergement et l’année prochaine, nous sommes sûrs que les conditions seront encore meilleures.

Est-ce qu’il est prévu la construction de sites d’hébergement pour les journalistes ?
Pas pour le moment, mais, comme vous le savez, Touba est une ville qui se développe et il y a beaucoup d’entrepreneurs qui investissent à Touba. Et même si le comité ne dispose pas d’immeubles qui lui sont propres, on a la possibilité de louer des immeubles pour y héberger les professionnels des médias.

De nos envoyés spéciaux Babacar DRAME, Maguette NDONG,
Mamadou DIEYE (textes) et Mbacké BA (photos)

Abdoulaye Daouda Diallo, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique,  au cours de la cérémonie officielle du magal 2016 a tenu un discours qui a magnifié les démarches entreprises par Serigne Cheikh Sidy Moukhtar Mbacké pour l’unité de la famille musulmane.

« Je suis venu en ce jour solennel faire mon ziarra et vous transmettre le message du président de la République qui m’a demandé de vous transmettre ses ziarra ainsi qu’à toute la famille de Khadim Rassoul. En passant par Serigne Mountakha Mbacké votre jeune frère, nous associons  à ses ziarras tous les chefs religieux présents dans cette salle. Ce jour montre à chaque fois que les Sénégalais sont attachés au Magal. Ce sont tous les Sénégalais qui sont présents ou représentés ».

Ensuite nous vous informons que le travail que vous aviez confié à Cheikh Bassirou Mbacké, avec son équipe du comité d’organisation en vue des préparatifs du grand Magal, a été effectué dans les meilleures conditions et rien n’a été laissé au hasard. Il en est ainsi du forum et de la caravane.

 Pour le ministre, il est suffisant de comprendre que Serigne Touba est un patrimoine universel. Ce qui a été montré lors de la caravane. « Cette situation illustre bien votre démarche en ce qui concerne la religion musulmane. A chaque fois que  le pays se trouve dans une impasse, vous appelez à un récital de Coran pour décanter la situation et recommander des aumônes, etc. Le président l’a constaté, en est satisfait et vous en remercie sincèrement », a dit Abdoulaye Daouda Diallo.

Le ministre a ajouté que le chef de l’Etat salue aussi l’engagement et la détermination du khalife à unifier la communauté musulmane. C’est la raison pour laquelle le président et les membres du gouvernement veulent que la baraka de Khadim Rassoul se répande dans le pays. Le président a encore demandé au Khalife de prier pour la réalisation de ses ambitions au Sénégal et à Touba ainsi que dans toutes les cités religieuses du pays. Pour ce qui est des recommandations du chef de l’Etat pour une bonne organisation du Magal, l’Etat a fait d’importants efforts pour veiller à la sécurité du pays, notamment 1500 recrues par la police. Il en est de même pour la gendarmerie. « Le Sénégal est notre patrie, chacun doit se sentir concerner afin qu’on puisse instaurer la paix un peu partout dans la maison, dans les rues, etc. ». Dans son déplacement à Touba, Abdoulaye Daouda Diallo était accompagné de plusieurs de ses collègues ministres, à savoir les ministres Augustin Tine, Amadou Ba, Mansour Faye de l’Hydraulique, Mari Teuw Niane, Seydou Gueye, Latif Coulibaly,  Ndèye Marième Badiane,  Birima Mangara et Arona Coumba Ndoffene Diouf. Le gouverneur de la région de Diourbel, le directeur de la Police nationale, ainsi que le général Victor Tine des sapeurs-pompiers, etc., étaient également présents.

Propos recueillis Par Babacar DRAME, Maguette NDONG(textes)
et Mbacke BA (photos)

Deuxième ville du Sénégal après Dakar, Touba a besoin, selon l’expert-comptable et financier membre de l’Association « Rawdou Rayahin », Abo Sall, d’infrastructures modernes en mesure de répondre à l’expansion démographique de la cité religieuse. Dans cet entretien, l’économiste souligne la nécessité de créer un tourisme religieux autour des grands événements comme le Magal de Touba marquant le retour d’exil du fondateur du Mouridisme Khadimou Rassoul.

Pouvez-vous revenir sur les activités du « Rawdou Rayahin » ?
Le «Rawdou Rayahin» est une structure qui a été créée durant le khalifat de Serigne Saliou Mbacké il y a 15 ans. C’est d’ailleurs ce dernier qui a donné ce nom à l’association qui signifie littéralement « Jardin de parfum ». «Rawdou Rayahin» a une histoire dans le Mouridisme. A l’époque, Cheikh Ahmadou Bamba avait nommé un petit groupe qui était animé par Serigne Modou Moustapha et Serigne Saliou Fallou. Il était chargé d’accueillir les personnes qui venaient le voir et d’échanger avec elles sur des questions religieuses. Il y a un temps où nous étions un groupe restreint avec l’idée de pouvoir communiquer avec les pèlerins, mais aussi avec ceux qui ne pouvaient pas venir via la radio et la télévision sur la pensée de Cheikh Ahamadou Bamba. Chaque année, on organise une grande conférence sur divers sujets. On distribuait à l’occasion des supports papiers. Aussi, on avait trouvé l’idée de mettre en place un journal qui s’appelait le « Journal du Magal » avec beaucoup d’enseignements sur le Mouridisme et l’Islam. Durant le Magal, on organisait un forum. Cette année, le forum a porté sur l’identité de l’Islam face aux défis de la mondialisation avec la participation des universitaires venus de beaucoup de pays musulmans dont l’Iran, l’Egypte, la Tunisie. Au terme du forum, il a été produit une déclaration qui résumait toutes les différentes interventions. Maintenant, durant la nuit du grand Magal, il y aura une grande conférence, des tables rondes diffusées sur les chaînes de télévision.

Touba accueille chaque année plus de pèlerins. Qu’est-ce qui est fait pour améliorer l’accueil et la prise en charge de ces hôtes ?
L’expansion démographique fait naître des problèmes relatifs à l’urbanisation, à l’assainissement et à la santé. Nous avons fait intervenir dans le « Journal du Magal » des spécialistes de la santé pour parler de l’état de la prise en charge sanitaire. Je pense que Touba a besoin d’avoir des infrastructures modernes capables de répondre à son expansion démographique aussi bien dans l’urbanisation que dans l’assainissement. Dans la ville sainte, le problème de l’eau se pose de façon récurrente. Il faudrait penser à une solution afin que ceux qui reçoivent de l’eau puissent en payer une partie. Touba n’est plus un village. Quand on parle de la deuxième ville du Sénégal, on ne peut pas être traité de la même manière qu’un petit village. Il faudra réfléchir sur les voies et moyens qui s’offrent à Touba pour pouvoir se doter d’infrastructures à mesure de répondre aux besoins des populations. Du côté du pouvoir, beaucoup de dispositions ont été prises en vue d’assurer un bon Magal comme tous les ans. Pour l’eau, différents ministères sont intervenus et tout a été déroulé normalement. Il faut savoir également que le Khalife participe beaucoup à tout ce qui est lié au développement de Touba. Aujourd’hui, la rénovation et l’extension de la mosquée nécessitent des dizaines de milliards de FCfa. C’est le Khalife lui-même qui s’est chargé du financement de ces travaux. Il en est de même des travaux de la grande mosquée Massalikoul Djinane de Dakar.

Le Khalife est dans de bonnes dispositions pour participer à tout ce qui se rapporte aux investissements dans la ville de Touba. Je pense aussi que nous devons réfléchir sur la possibilité qu'il faut donner à la collectivité locale, à la commune de Touba pour pouvoir collecter des recettes qui permettraient à la ville de répondre au besoin d'investissement en matière d'éclairage, de sécurité, d'assainissement. Et le budget actuel ne fait presque que couvrir les frais de fonctionnement. Le terme taxe serait un peu déplace, mais un système de « adiya » qui serait collecté auprès des pèlerins tous les ans et qui serait destinés aux investissements de la ville. Je pense que cela permettrait de mieux accueillir les pèlerins. C'est d’ailleurs ce qui se passe dans tous les pays comme l’Arabie Saoudite où il y a une taxe sur le pèlerinage qui permettait à la ville de prendre en charge les besoins de la ville en matière d'investissement. C’est ainsi qu’on pourra faire face aux flux de pèlerins et de les accueillir dans de meilleures conditions.

Est-ce que vous pouvez revenir sur la dimension économique et culturelle du Magal de Touba ?
Dans d’autres pays, des fêtes comme Noël sont une occasion pour les industriels et les commerçants de doper leurs affaires. Aujourd’hui, le chiffre d’affaires que les commerçants qui sont à Touba réalisent est l’équivalent de trois mois de profit. Les enquêtes que nous avons menées sur le terrain le confirment nettement. Le Magal a un impact économique certain sur l’activité des commerçants à Touba, mais aussi sur les industriels qui fabriquent ces produits. Les opérateurs de télécommunication comme Orange et Tigo se déploient à Touba. C’est la même chose également pour les industries de biens de consommation comme les boissons, l’eau et la nourriture. Je pense que tout cela doit mériter une réflexion qui nous mènera un jour à un tourisme religieux. Toutefois, ce tourisme religieux doit avoir aussi un statut au niveau étatique. L’Etat a intérêt à promouvoir cette forme de tourisme. Au cours de ces dix dernières années, le nombre de touristes visitant le Sénégal a fortement baissé. Le secteur est plongé dans une situation de marasme un peu partout, que ce soit à Mbour ou en Casamance. Cette situation s’explique par le terrorisme, l’érosion côtière, la cherté de la destination Sénégal. Je considère que ce type de tourisme peut être concurrencé par le tourisme religieux à partir du moment où l’Etat pense qu’il faut le développer. Maintenant, pour y arriver, il faut mettre en place des moyens qui peuvent permettre aux gens de mieux connaître Touba ainsi que des infrastructures qui pourraient aider les étrangers qui viennent dans la ville sainte de pouvoir y séjourner dans de bonnes conditions.

Comment trouvez-vous la politique de modernisation de la ville de Touba initiée par les autorités de ce pays ?
Le président de la République a fait beaucoup d’investissements dans la ville de Touba. Il y a beaucoup de routes dans la ville qui ont été réalisées par le président Macky Sall. Il y a également beaucoup de quartiers qui ont été assainis grâce au chef de l’Etat. Le Khalife général lui-même tient à ce que les mourides l’accueillent de la façon la plus populaire pour tout ce qu’il fait au profit de la ville, mais également pour ses considérations pour le marabout. Le président de la République est sur la bonne voie. Il est important d’écouter les populations. Je pense que les personnalités politiques locales doivent se rapprocher des populations afin que les projets du président Macky Sall soient mieux ressentis.

Propos recueillis Par Babacar DRAME, Maguette NDONG(textes)
et Mbacke BA (photos)

Le procureur de la République Serigne Bassirou Guèye a entretenu, hier, la presse de l’état des procédures relatives aux crimes de sang perpétrés contre la vice-présidente du Conseil économique, social et environnemental, Fatoumata Moctar Ndiaye et le taximan Ibrahima Samb, etc. En ce qui concerne la dernière affaire, le présumé meurtrier, son chauffeur, a reconnu les faits et indiqué le mobile du crime qui est financier.

D’emblée, le procureur de la République Serigne Bassirou Guèye s’est félicité des « avancées rapides » dans le dossier de l’assassinat de la vice-présidente du Conseil économique, social et environnemental, Fatoumata Moctar Ndiaye. « La personne soupçonnée, en l’occurrence son chauffeur, a été entendue, a reconnu les faits et indiqué le mobile du crime qui, sans entrer dans les détails, est financier », souligne-t-il.

Des témoins ont également été entendus, des prélèvements et constations effectués et l’arme du crime saisie. Ceci a été possible, selon lui, grâce à la promptitude et au professionnalisme de Mme la déléguée du procureur de Pikine et des enquêteurs qui se sont très tôt présentés sur les lieux du crime. Le présumé meurtrier sera déféré et présenté au juge d’instruction pour assassinat. Le fils de la défunte, témoin de l’horreur, se trouve dans un « état très sérieux ».

En ce qui a trait au meurtre du chauffeur de taxi, Ibrahima Samb, assassiné le 27 octobre dernier, le procureur Bassirou Guèye informe que la prompte interpellation du présumé coupable par les gendarmes de la brigade de la Foire a permis de cerner, dans les meilleurs délais, tous les contours de cette tragédie. Il a été présenté au parquet et conduit devant le juge d’instruction qui l’a inculpé du chef d’assassinat avant de le placer sous mandat de dépôt.

Dans les deux cas et comme dans d’autres, le ministère public « s’emploiera à faire appliquer la loi dans toute sa rigueur. Il s’agit de faits d’une gravité extrême que le code pénal punit en son article 287 de la peine des travaux forcés à perpétuité », a-t-il tenu à assurer, non sans insister sur la ferme détermination des autorités « à perpétuer l’image de notre pays connu et reconnu comme une terre de sécurité ».

Après avoir présenté ses condoléances aux proches des victimes dont il comprend les requêtes légitimes pour un jugement rapide des faits, M. Guèye les a invités à prendre en compte que le jugement de tels comportements criminels passe nécessairement par l’instruction. Il s’agit ici, selon lui, de s’entourer de toutes les garanties permettant au juge de la chambre criminelle de comprendre les faits et de les sanctionner avec toute la rigueur nécessaire.

Les cas d’homicide notés ces derniers temps ont relancé le débat sur la peine de mort. Sur cette question, « il appartiendra à l’Assemblée nationale d’en décider.

Les peines qui sont appliquées au Sénégal sont suffisamment dissuasives. Pour les cas de ces deux crimes, c’est la peine des travaux forcés à perpétuité qui est appliquée », s’est-il limité à dire.

Alassane Aliou MBAYE

MEURTRE DE MME FATOUMATA MACTAR NDIAYE : COMMENT LE FORFAIT A ÉTÉ COMMIS
MeurtreMort atroce de la vice-présidente du Conseil économique, social et environnemental (Cese), Fatoumata Matar Ndiaye, qui a été aussi la coordonnatrice départementale des femmes de l’Apr de Pikine. Elle a été retrouvée égorgée chez elle, à Khourounar. Son chauffeur Samba Sékou Dia Sow, plus connu sous le surnom de Bathie, a revendiqué ce crime. Il est placé en garde à vue.

Un crime d’autant plus odieux que la victime était en période de veuvage. Son mari est décédé le mois dernier. Chauffeur de la victime, Samba Sékou Dia Sow a tenté de justifier le crime par l’interdiction que sa patronne lui avait faite de se rendre au magal de Touba. Il a expliqué qu’ils se sont vus la veille et la patronne lui a donné l’ordre de revenir le lendemain pour conduire le véhicule dans un hôtel de la place afin qu’il soit lavé. Comme convenu avec sa patronne, le voilà qui se pointe, mais plus tôt que d’habitude et se dirige discrètement vers la chambre de la femme. «Quand je suis entré dans sa chambre, elle m’a violemment jeté vers le fauteuil en me jetant un thermos au visage », se défend le présumé criminel. « Je suis entré dans une colère noire et j’ai saisi un couteau avec lequel je lui ai assené des coups aux poumons et aux cuisses », poursuit-il. « Après avoir constaté qu’elle est encore vivante, je l’ai plaquée au sol avant de lui trancher la gorge sous ses cris de détresse », soutient le tueur présumé. C’est la sœur de la dame qui, après avoir entendu un bruit qui lui a paru bizarre, est allée réveiller A. Ba, fils de la femme tuée. Éberlué par le sang qui macule les habits du chauffeur qu’il a vu dans la chambre de sa mère, le jeune homme s’interpose pour empêcher son vis-à-vis de s’échapper. Bathie ramasse le même couteau ayant servi à égorger la femme et se rue vers le fils de la défunte. Les deux hommes engagent une confrontation violente au cours de laquelle les coups de couteau ont plu des deux côtés. Néanmoins, le chauffeur a fini par sortir de la maison en menaçant même de se suicider. Bathie Sow s’est pourtant retrouvé avec de graves blessures au cou et à la paume.

Un crime crapuleux
En effet, après avoir commis l’irréparable, il s’est mis à courir dans tous les sens. Il finit par entrer dans une maison voisine à trois étages et se perche vite à la terrasse et menace de mettre fin à ses jours. Des voisins interviennent et réussissent à le convaincre de renoncer à se jeter au sol. C’est eux qui l’ont convaincu de se rendre à l’hôpital Dominique pour se faire soigner. Les policiers sont venus le cueillir dans cette structure hospitalière  et le conduire au commissariat.

Le fils de la défunte, quant à lui, a été secouru par un médecin militaire qui lui a prodigué les premiers soins pour stopper la forte hémorragie. A. Ba a, lui aussi, reçu deux coups de couteau après son intervention pour maîtriser le tueur présumé. Lui-même l’a échappé belle. Heureusement, il a vite fait l’objet d’une intervention chirurgicale et mis sous anesthésie. Cependant, la déclaration avancée par le chauffeur pour justifier son crime a été battue en brèche par une source proche de l’enquête enclenchée par la police de Pikine. Et qui a révélé que le mis en cause aurait été surpris en train de voler de l’argent issu de recouvrements auprès des groupements de femmes ayant bénéficié des financements du ministère de la Microfinance et de l’économie solidaire. L’argent a toujours été provisoirement gardé par la responsable politique. En effet, le fait que le chauffeur arrive à la maison plus tôt que d’habitude et qu’il se dirige discrètement vers la chambre de sa patronne où il a commencé à s’affairer autour de la caisse a donné des idées selon notre informateur. Le chauffeur lui-même et une des adjointes de la défunte avaient fait les recouvrements gardés dans la caisse. Bathie a été surpris par la vice-présidente du Cese qui sortait de la salle de bain et ne portait qu’une serviette autour d’elle. La même source de révéler que le criminel présumé s’apprêtait à se marier. Entre autres indices qui corroborent la thèse d’un crime crapuleux ayant des soubassements financiers.

Abdou DIOP

CRIME ET PEINE DE MORT
Justice MarteauUn crime passionnel particulièrement abject a été commis ce week-end à Pikine. Une vice-présidente du Conseil économique, social et environnemental, Fatou Mactar Ndiaye, a été égorgée par son chauffeur pour une affaire d’argent. Selon plusieurs témoignages, le jeune chauffeur l’aurait vu avec une forte somme d’argent lorsque celle-ci lui remettait quelques billets en guise de frais de transport pour le Magal à Touba. Pensant à son mariage à venir, il aurait perdu la tête et revient le lendemain au petit matin pour l’égorger et récupérer le reste de l’argent. Son forfait accompli, il est surpris par le fils de la dame qui engage un combat avec lui et tente de l’égorger aussi avant de s’échapper. Saisi de remords, il aurait tenté de se suicider sans y parvenir avant d’être arrêté par la police selon des témoins de la scène.

Les crimes crapuleux commencent à devenir le lot quotidien des Sénégalais depuis quelques jours: un conducteur ayant tiré à bout portant sur un chauffeur de taxi pour un accrochage entre leurs véhicules à Nord Foire a défrayé la chronique et conduit à une marche de protestation des chauffeurs qui se sentent en insécurité; un employé a tué son employeur pour une relation homosexuelle qui a mal tourné dans la même foulée. Un garçon poignarde un ami pour un verre de café, alors qu'un autre taillade à la machette un compagnon pour une dette de cents francs. Ces faits relayés abondamment par la presse audiovisuelle et en ligne ont exacerbé la crainte des Sénégalais qui développent la psychose de l’insécurité et en arrivent à réclamer le retour de la peine de mort. Surfant sur la vague de peur et d’indignation, un député entend déposer un projet de loi pour le retour de la peine de mort.

Et certains des tenants de la ligne dure contre le crime de se rappeler que nous sommes dans un pays musulman et devrions nous conformer à la religion en instaurant la peine de mort. Une forte émotion suscitée par la mort et le transfert qui y est lié, chacun se disant qu’il peut être la prochaine cible et souhaite que ceux qui tuent soient tués pour ne plus courir le risque de les voir tuer ou pour dissuader d’autres qui seraient tentés de s’en prendre à la vie des autres. Aucune étude sérieuse n’a encore établi un lien entre l’application de la peine de mort et une diminution des meurtres. Les pays qui pratiquent et appliquent la peine de mort n’ont pas un taux de criminalité moins élevé que les pays qui n’en pratiquent pas. Le Texas est l'un des Etats qui appliquent systématiquement la peine mort. Cela n’a jamais dissuadé les criminels et les attaques armées. Qui se rappelle d’une attaque armée au Sénégal ? Notre pays peut-il revenir sur ses engagements internationaux au moment où l’abolition de la peine mort est devenue la règle et que la coopération internationale en fait une des conditions pour ses financements.

Certes qu’il y a eu une succession de crimes ces derniers mois, mais peut-on en conclure qu’il y a une augmentation des crimes  et si oui par rapport à quelle période? Les raisons de cette augmentation, si augmentation il y a, sont à chercher ailleurs sans doute dans la dégradation des conditions de vie des populations et l’extrême pauvreté des populations ; notamment des jeunes dans les banlieues et qui peut les pousser souvent à des agissements aussi irréfléchis que d’assassiner des personnes souvent si proches pour ce qui doit être une banalité. Souvent les conditions de vie sont si précaires pour certaines couches de la population qu’elles ne rechignent pas à aller en prison où au moins les trois repas quotidiens sont garantis. L’aveu sans difficulté du chauffeur traduit un remords tardif et mérite une réflexion plus approfondie qui va au-delà de l’émotion.

Par Alassane DIAWARA

L’édition 2016 du grand Magal de Touba a vécu. Cette année encore, les pèlerins sont venus en masse à Touba pour communier avec le fondateur du mouridisme Cheikh Ahmadou Bamba le 18 Safar, jour de son départ en exil au Gabon. L’action de grâce, les réjouissances et des prières ont été faites en guise de remerciement au Seigneur. Dans son discours de clôture d’hier à la résidence Khadim Rassoul, le Khalife général des mourides Cheikh Sidy Moukhtar Mbacké a beaucoup insisté sur l’éducation et la formation des jeunes, tout en appelant à l’unité des musulmans sénégalais et du monde.

La jeunesse était à l’honneur dans le discours du Khalife général des mourides pour cette édition 2016 du grand Magal de Touba. Cheikh Sidy Moukhtar Mbacké a profité de la cérémonie officielle pour appeler les autorités à accorder une grande importance à l’éducation et à la formation des jeunes. Le thème de l’éducation et de la formation des jeunes a été au cœur du discours du Khalife général des mourides cette année. Par la voix de son porte-parole Serigne Bass Abdou Khadre, le khalife a interpellé l’ensemble des personnes qui sont chargées de cette mission à s’y conformer davantage. « Un des fondements de cette voie consiste à éduquer les jeunes, en âge d’apprendre, conformément aux préceptes de la religion, à leur inculquer les valeurs et qualités qu’un bon musulman doit avoir, à cultiver en eux le sens du travail, le goût de l’effort, le courage et la faculté à ne compter que sur leur propre personne pour se prendre en charge et s’acquitter des devoirs qui leur incombent », a dit le porte-parole du khalife. Dans la même lancée, le porte-parole des du khalife des mourides a exhorté les autorités étatiques à « privilégier » la formation et l’orientation des jeunes afin qu’ils puissent faire usage des ressources financières qui leur sont octroyées dans le cadre de leurs projets.

Serigne Bass Abdou Khadre a également rappelé les enseignements de Cheikh Ahmadou Bamba selon qui la seule chose qui peut permettre aux jeunes d’échapper aux tentations et aux fausses croyances est de se consacrer à l’acquisition de savoir telle qu’elle est recommandée par Dieu. C’est pour cela que Cheikh Sidy Moukhtar encourage les jeunes à donner « une bonne place » aux études et à la recherche et à accorder un « intérêt particulier » à l’exploration de l’œuvre inestimable léguée par les saints hommes. Il a recommandé aux jeunes mourides de prendre comme modèles de « respect et d’obéissance » à leur aîné Mame Thierno Ibra Faty et Mame Cheikh Anta ainsi que leurs frères. De même, selon le Khalife général des mourides, les jeunes peuvent aussi prendre référence sur les «Cheikh » ou premiers disciples de Cheikh Ahmadou Bamba qui, par leur courage et leur volonté inébranlable, avaient toujours placé l’intérêt et l’avancement de la voie mouride au cœur de leurs préoccupations. Le Khalife s’est dit également très préoccupé par la spirale de violence et de meurtres qui sévit dans le pays. Enfin, il a remercié les autorités étatiques pour leur engagement dans la réussite du grand Magal 2016. Aux familles religieuses, il a réitéré ses remerciements et fait part de sa gratitude.

De nos envoyés spéciaux Babacar DRAME, Maguette NDONG,
Mamadou DIEYE (textes) et Mbacké BA (photos)

LE MINISTRE DE L’INTÉRIEUR SALUE LES APPELS À L’UNITÉ DU GUIDE RELIGIEUX
A D Diallo Magal 2016Abdoulaye Daouda Diallo, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, a tenu un discours qui a magnifié les démarches entreprises par Serigne Cheikh Sidy Moukhtar Mbacké pour l’unité de la famille musulmane.

« Je suis venu en ce jour solennel faire mon ziarra et vous transmettre le message du président de la République qui m’a demandé de vous transmettre ses ziarra ainsi qu’à toute la famille de Khadim Rassoul. En passant par Serigne Mountakha Mbacké votre jeune frère, nous associons  à ses ziarras tous les chefs religieux présents dans cette salle. Ce jour montre à chaque fois que les Sénégalais sont attachés au Magal. Ce sont tous les Sénégalais qui sont présents ou représentés ».

Ensuite nous vous informons que le travail que vous aviez confié à Cheikh Bassirou Mbacké, avec son équipe du comité d’organisation en vue des préparatifs du grand Magal, a été effectué dans les meilleures conditions et rien n’a été laissé au hasard. Il en est ainsi du forum et de la caravane.

Pour le ministre, il est suffisant de comprendre que Serigne Touba est un patrimoine universel. Ce qui a été montré lors de la caravane. « Cette situation illustre bien votre démarche en ce qui concerne la religion musulmane. A chaque fois que  le pays se trouve dans une impasse, vous appelez à un récital de Coran pour décanter la situation et recommander des aumônes, etc. Le président l’a constaté, en est satisfait et vous en remercie sincèrement », a dit Abdoulaye Daouda Diallo.

Le ministre a ajouté que le chef de l’Etat salue aussi l’engagement et la détermination du khalife à unifier la communauté musulmane. C’est la raison pour laquelle le président et les membres du gouvernement veulent que la baraka de Khadim Rassoul se répande dans le pays. Le président a encore demandé au Khalife de prier pour la réalisation de ses ambitions au Sénégal et à Touba ainsi que dans toutes les cités religieuses du pays. Pour ce qui est des recommandations du chef de l’Etat pour une bonne organisation du Magal, l’Etat a fait d’importants efforts pour veiller à la sécurité du pays, notamment 1500 recrues par la police. Il en est de même pour la gendarmerie. « Le Sénégal est notre patrie, chacun doit se sentir concerner afin qu’on puisse instaurer la paix un peu partout dans la maison, dans les rues, etc. ». Dans son déplacement à Touba, Abdoulaye Daouda Diallo était accompagné de plusieurs de ses collègues ministres, à savoir les ministres Augustin Tine, Amadou Ba, Mansour Faye de l’Hydraulique, Mari Teuw Niane, Seydou Gueye, Latif Coulibaly,  Ndèye Marième Badiane,  Birima Mangara et Arona Coumba Ndoffene Diouf. Le gouverneur de la région de Diourbel, le directeur de la Police nationale, ainsi que le général Victor Tine des sapeurs-pompiers, etc., étaient également présents.

ALIOU DIA, CHEF RELIGIEUX : « UNE INVITE À L’UNITÉ »
« La cérémonie de cette année a été marquée par deux allocutions très importantes. Celle de Serigne Mountakha Mbacké et celle de Serigne Abdou Khadre, porte-parole.
C’est des allocutions qui invitent les musulmans à s’unir davantage, à se consacrer à Dieu, mais à travailler. Il faudrait qu’on fasse tout pour éviter les violences et pour éviter que nous soyons désunis. Ils ont regretté ce qui s’est passé récemment avec cette femme égorgée à Pikine.
Sur cela, il ne faut pas qu’on attende seulement la solution de l’Etat, il faudrait que chacun sache qu’il est un soldat pour le développement, l’unité et la paix au Sénégal ».

SERIGNE MBOUP, PRESIDENT DE L’UNCCS : « LE RESPECT DES GUIDES EST TRÈS IMPORTANT »
« Ce que le khalife a dit montre amplement la tolérance qui l’anime. L’appel qu’il a lancé pour les travaux de Serigne Touba est très important parce que tous les chantiers du khalife sont des mosquées ou des lieux pour accueillir les invités. Il nous a aussi demandé de respecter nos guides et cela est très important. Je pense d’ailleurs que c’est sur cette base que le mouridisme a été créé ».

ISSAM OMAÏS, MEMBRE DU HCCT : « LA COMMUNAUTÉ LIBANAISE EST FIÈRE DE PARTICIPER AU MAGAL »
« Je suis ici à Touba au nom de la toute la collectivité libanaise avec beaucoup de fierté et de plaisir. Sur ces terres bénies de Serigne Touba Khadimou Rassoul que je voudrais renouveler notre affection et considération au Khalife général Serigne Sidy Mokhtar Mbacké et à son porte-parole Cheikh Bassirou Abdoul Khadre. Nous prions pour la paix et la prospérité et l’unité du Sénégal. Je voudrais profiter de cette occasion afin de remercier le président de la République qui a bien voulu nous choisir pour siéger au Haut conseil des collectivités locales ».

AIDA MBODJ, DEPUTEE : « C’EST UN APPEL À L’OBÉISSANCE »
« Comme il l’a toujours fait, il a fait ce rappel à l’obéissance qui est très important dans la philosophie mouride.
Mais de manière générale, il nous a entretenus sur le principe de la reconnaissance. Dans son discours, il a pu dissiper des doutes qui planaient sur l’allégeance du mouridisme. Nous souhaitons au khalife et à son porte-parole une excellente santé. Cheikh Bass a bien campé le discours. Parce que l’une des raisons brandies par les terroristes pour combattre notre islam confrérique, c’est aussi faire planer le doute sur l’allégeance ».

TROIS QUESTIONS A...CHEIKH ABDOU LAHAD GAINDE FATMA, PRESIDENT DE LA COMMISSION COMMUNICATION ET CULTURE : « NOUS SORTONS DE CE MAGAL SATISFAITS ET RAGAILLARDIS»
A L F Magal 2016Vous êtes le président de la commission communication et culture du comité d’organisation du grand Magal de Touba, quel est le bilan que vous tirez de l’édition 2016 ?
C’est un bilan largement satisfaisant parce que le comité d’organisation a pu dérouler tout le programme qu’il avait planifié. Du côté de l’Etat également, les engagements ont été respectés et les fidèles sont venus en masse. Je pense qu’on a battu tous les records d’affluence cette année à Touba. L’ensemble des confréries et des familles religieuses étaient là. De même que les organisations islamiques, le corps diplomatique. Aujourd’hui, nous avons tous entendu le discours de haute facture du Khalife général des mourides qui a été axé sur l’unité et qui lui a permis de recadrer certaines choses. Il est aussi revenu sur ce que doit être l’orthodoxie musulmane que nous défendons tous. Nous en sortons assez satisfaits et ragaillardis.

Au plan de la communication, on constate que les accréditations des journalistes augmentent d’année en année, est-ce que vous avez prévu des mesures pour contenir toute cette vague ?
Les mesures à prendre sont de voir dans quelle manière on peut augmenter les infrastructures pour les accueillir. C’est à ce niveau que nous avons des problèmes. Mais vous avez constaté aussi que cette année, il y a une très nette amélioration par rapport aux conditions d’hébergement et l’année prochaine, nous sommes sûrs que les conditions seront encore meilleures.

Est-ce qu’il est prévu la construction de sites d’hébergement pour les journalistes ?
Pas pour le moment, mais, comme vous le savez, Touba est une ville qui se développe et il y a beaucoup d’entrepreneurs qui investissent à Touba. Et même si le comité ne dispose pas d’immeubles qui lui sont propres, on a la possibilité de louer des immeubles pour y héberger les professionnels des médias.

De nos envoyés spéciaux Babacar DRAME, Maguette NDONG,
Mamadou DIEYE (textes) et Mbacké BA (photos)

SECURITE : D’IMPORTANTS MOYENS ET DES DRONES DE SURVEILLANCE DÉPLOYÉS PAR LA GENDARMERIE
Le Haut-commandement de la gendarmerie nationale a mis à la disposition du chef des opérations dans la ville sainte de Touba des moyens importants, en plus des ressources propres à la Légion centre-ouest, pour encadrer au plan sécuritaire l’événement religieux.

Dans un communiqué parvenu à notre rédaction, la division communication indique que près d’un millier de gendarmes de différentes unités comprenant les motocyclistes, la section aérienne, des unités de recherche et des personnels du renseignement, entre autres, ont été déployés pour la circonstance. Selon le communiqué, une innovation majeure a été introduite dans le dispositif avec la mise à contribution de drones de dernière génération capables de couvrir de très grandes superficies en appui aux unités manœuvrant au sol. Ces appareil, souligne le communiqué, retransmettent à temps réel au poste de commandement opérationnel les captures effectuées sur le terrain.

S’agissant des actions menées, elles ont commencé très tôt cette fois, indique le communiqué, avec des opérations de sécurisation de l’Escadron de surveillance et d’intervention de Touba au début du mois de novembre. <Ces différentes opérations ont permis de restaurer la confiance des populations, mettre hors d’état de nuire plusieurs délinquants en dégageant les lieux et les itinéraires empruntés par les pèlerins.

Il s’agissait également pour les unités déployées de maîtriser les flux de véhicules en contrôlant tous les axes routiers et les voies ferrées dans le secteur de compétence de la gendarmerie.

Sur ce registre, précise le communiqué, il faut inscrire la prévention et la sensibilisation des conducteurs, l’imposition du respect du code de la route et la répression des infractions graves, notamment la vitesse excessive et le surnombre de passagers.

La protection des personnes et de leurs biens, mission traditionnelle avec des équipes de patrouilles de sécurisation ainsi que la sécurité dans les trains en liaison avec la Légion Centre (Guinguinéo – Touba) et la Légion Ouest (Dakar – Touba) ont été exécutés dans le cadre de l’opération.

Concernant le bilan dans le ressort de sa compétence, la gendarmerie nationale a constaté, à la date du 18 novembre à 18 heures, 18 accidents dont 10 corporels ayant occasionné 22 blessés et 03 pertes en vies humaines.

AHMED SALOUM DIENG, COMITE D’ORGANISATION : « LE MAGAL A CONNU UNE OUVERTURE INTERNATIONALE CES DERNIÈRES ANNÉES »
Depuis quelques années, le Magal de Touba a pris une dimension internationale avec la participation de plusieurs personnalités de l’Islam soufi qui viennent de beaucoup de pays musulmans. Cette année aussi, cette dynamique d’ouverture à l’international sera poursuivie avec la participation d’éminentes personnalités du monde musulman, selon Ahmed Saloum Dieng du comité d’organisation du Magal et qui est chargé de l’accueil de ces hôtes de marque du Khalife général des mourides, Serigne Sidy Moctar Mbacké.

« Une délégation d’une vingtaine de personnes sont attendues dont le Khalife général de la Khadria au Nigéria, Sheikh Qareebulla Nasir Kabara, l’iman de Londres, Ebrima Chongan. Serigne Sidy Moctar veut qu’à chaque édition qu’il ait cette ouverture pour partager avec les frères musulmans le message de Cheikh Ahmadou Bamba. Un message qui est universel et qui a besoin d’être partagé avec les frères musulmans, surtout ceux qui ont la même vision soufi. Nous voulons, à travers cette démarche, montrer que l’islam porte des valeurs de paix, de justice et aussi faire barrage à ceux qui ternissent l’image de cette religion », ajoute Ahmed Saloum Dieng. C’est ainsi ces invités de marque seront reçus par Serigne Sidy Moctar et partageront les moments de réflexion avec les conférences durant le Magal.

Des conférences qui euront lieu la veille du Magal et le jour même. Selon Ahmed Saloum Dieng, la venue de ces invités ces dernières années a permis de développer des relations de coopération entre la Mouridiyya et ces pôles de l’islam soufi. « L’iman de Londres, qui était venu les années d’avant, avait demandé à son retour que la communauté mouride de cette ville de venir organiser leurs manifestations dans son institut. Ce qui les a permis d’économiser de l’argent en ne louant plus de salles », estime Ahmed Saloum Dieng.

O. NDIAYE

HÔPITAL DE NIVEAU 3 À TOUBA : MACKY SALL A POSÉ LA PREMIÈRE PIERRE
Pr Pose HopitaltoubaLa ville sainte de Touba verra sa carte sanitaire enrichie d’un nouvel établissement de niveau 3, au terme d’un chantier de trente-et-un (31) mois. Le président Macky Sall a procédé à la pose de la première pierre vendredi dernier en présence de Serigne Bassirou Abdou Khadre, porte-parole du Khalife général des mourides, du Premier ministre Mouhamed Boune Abdallah Dione et du ministre de la santé, Awa Marie Coll Seck.

Le nouvel hôpital d’un coût de 40 milliards sera bâti sur un terrain de dix hectares gracieusement offert par le Khalife général Serigne Sidy Mokhtar Mbacke. Il aura une capacité de 300 lits, extensible à 500 dans une seconde phase.

Pour le président Macky Sall, la réalisation d’une telle infrastructure s’inscrit dans sa volonté de toujours mettre en avant de ses priorités l’amélioration des conditions de vie des populations. La ville de Touba, a-t-il souligné, « a connu ces dernières années une croissance démographique soutenue qui en a fait la deuxième ville du Sénégal, avec plus d’un million d’habitants. D’où la nécessité d’en tenir compte dans la distribution de l’offre de santé publique ». Le chef de l’Etat a évoqué l’épineuse question des évacuations sanitaires couteuses et parfois incertaines pour justifier la réalisation du nouvel hôpital de Touba de niveau 3 qui disposera de plusieurs spécialités médicales, avec un personnel hautement qualifié.

A ce sujet, le président Sall a souligné, pour s’en réjouir, que l’établissement sera doté d’un service d’urgences, de cardiologie, de traumatologie, d’oncologie et d’appareils de dernière génération au niveau de la radiologie (Irm) et de laboratoires. Il s’agit aussi d’assurer une prise charge efficiente des malades, lors des grands événements religieux comme le grand Magal de Touba ».Aussi, en tenant compte du tableau statistique qui affiche 50% de la population totale composés de femmes en âge de procréer, une maternité avec cinq salles d’accouchement est prévue dans le dispositif.

Pour le président Macky Sall, près de 60 ans après notre indépendance, il est temps de faire confiance à notre expertise locale à l’image du Maroc et de la Tunisie qui envoient leurs étudiants en médecine se former au Sénégal. « Nous avons les compétences qu’il faut juste valoriser », a-t-il ajouté. Le chef de l’Etat a saisi l’occasion pour magnifier le geste du Khalife général des mourides qui a offert le terrain devant abriter l’hôpital. Il a enfin rappelé que le programme de réalisation d’infrastructures sanitaires va se poursuivre avec les projets prévus à Kaffrine, Sédhiou et Kédougou.

GESTION DES DECHETS SOLIDES : TOUBA VA ABRITER LE PREMIER CENTRE
Pr Dechets ToubaAu cours de son séjour dans la ville sainte, le président Macky Sall a posé la première pierre du Centre intégré de valorisation des déchets à Ndindy, sur la route menant vers Dahra Djoloff. Les autorités religieuses de la localité, sous la conduite de Serigne Abdou Fattah Fallilou, ont accueilli le président et sa délégation en compagnie du ministre Abdoulaye Diouf Sarr et d’Ibrahima Diagne de l’Ucg. D’ailleurs le directeur de l’Ucg a brillamment expliqué le projet au chef de l’Etat qui a bien apprécié le travail abattu pour que ce projet puisse démarrer.

L’entreprise qui doit exécuter les travaux s’est engagée devant le président Macky Sall à réaliser le centre dans un délai de 12 mois. Cette structure comprendra des infrastructures de traitement de déchets solides de dernière génération, pour un développement de l’économie circulaire dont un Point de regroupement normalisé ou (Prn),  un Centre de regroupement et de commercialisation (Crc) et un Centre intégré de valorisation des déchets (Civd). Cette infrastructure va collecter les déchets et les trier. Ensuite la partie valorisable sera récupérée et orientée vers des filières de valorisation. Il y aura des unités de production d’énergies renouvelables et de compost. Ces unités vont générer des retombées, à savoir l’amélioration du taux de collecte qui va passer de 15% à 75%, l’amélioration du taux de valorisation à plus de 40% et la création de 5000 emplois indirects.

Le gouvernement a mis en place le Programme national de gestion des déchets pour accompagner les collectivités locales et répondre à la demande sociale des populations. Une première phase a permis la mise en œuvre du Projet de gestion durable de déchets solides urbains, pour un montant de 17,5 milliards dans les localités de Touba, Kaolack et Tivaone avec la Bid. Il est prévu la création de trois Centres intégrés de valorisations des déchets (Civd), de trois Centres de regroupement et de commercialisation des déchets (Crc) et de vingt-neuf Points de regroupement normalisé (Prn).

De nos envoyés spéciaux Babacar DRAME, Maguette NDONG,
Mamadou DIEYE (textes) et Mbacké BA (photos)


SERIGNE ABO SALL, MEMBRE DU COMITE D’ORGANISATION DU MAGAL ET DE « RAWDOU RAYAHIN » : « Touba a besoin d’infrastructures modernes capables de répondre à son expansion démographique »
Serigne Abo SallDeuxième ville du Sénégal après Dakar, Touba a besoin, selon l’expert-comptable et financier membre de l’Association « Rawdou Rayahin », Abo Sall, d’infrastructures modernes en mesure de répondre à l’expansion démographique de la cité religieuse. Dans cet entretien, l’économiste souligne la nécessité de créer un tourisme religieux autour des grands événements comme le Magal de Touba marquant le retour d’exil du fondateur du Mouridisme Khadimou Rassoul.

Pouvez-vous revenir sur les activités du « Rawdou Rayahin » ?
Le «Rawdou Rayahin» est une structure qui a été créée durant le khalifat de Serigne Saliou Mbacké il y a 15 ans. C’est d’ailleurs ce dernier qui a donné ce nom à l’association qui signifie littéralement « Jardin de parfum ». «Rawdou Rayahin» a une histoire dans le Mouridisme. A l’époque, Cheikh Ahmadou Bamba avait nommé un petit groupe qui était animé par Serigne Modou Moustapha et Serigne Saliou Fallou. Il était chargé d’accueillir les personnes qui venaient le voir et d’échanger avec elles sur des questions religieuses. Il y a un temps où nous étions un groupe restreint avec l’idée de pouvoir communiquer avec les pèlerins, mais aussi avec ceux qui ne pouvaient pas venir via la radio et la télévision sur la pensée de Cheikh Ahamadou Bamba. Chaque année, on organise une grande conférence sur divers sujets. On distribuait à l’occasion des supports papiers. Aussi, on avait trouvé l’idée de mettre en place un journal qui s’appelait le « Journal du Magal » avec beaucoup d’enseignements sur le Mouridisme et l’Islam. Durant le Magal, on organisait un forum. Cette année, le forum a porté sur l’identité de l’Islam face aux défis de la mondialisation avec la participation des universitaires venus de beaucoup de pays musulmans dont l’Iran, l’Egypte, la Tunisie. Au terme du forum, il a été produit une déclaration qui résumait toutes les différentes interventions. Maintenant, durant la nuit du grand Magal, il y aura une grande conférence, des tables rondes diffusées sur les chaînes de télévision.

Touba accueille chaque année plus de pèlerins. Qu’est-ce qui est fait pour améliorer l’accueil et la prise en charge de ces hôtes ?
L’expansion démographique fait naître des problèmes relatifs à l’urbanisation, à l’assainissement et à la santé. Nous avons fait intervenir dans le « Journal du Magal » des spécialistes de la santé pour parler de l’état de la prise en charge sanitaire. Je pense que Touba a besoin d’avoir des infrastructures modernes capables de répondre à son expansion démographique aussi bien dans l’urbanisation que dans l’assainissement. Dans la ville sainte, le problème de l’eau se pose de façon récurrente. Il faudrait penser à une solution afin que ceux qui reçoivent de l’eau puissent en payer une partie. Touba n’est plus un village. Quand on parle de la deuxième ville du Sénégal, on ne peut pas être traité de la même manière qu’un petit village. Il faudra réfléchir sur les voies et moyens qui s’offrent à Touba pour pouvoir se doter d’infrastructures à mesure de répondre aux besoins des populations. Du côté du pouvoir, beaucoup de dispositions ont été prises en vue d’assurer un bon Magal comme tous les ans. Pour l’eau, différents ministères sont intervenus et tout a été déroulé normalement. Il faut savoir également que le Khalife participe beaucoup à tout ce qui est lié au développement de Touba. Aujourd’hui, la rénovation et l’extension de la mosquée nécessitent des dizaines de milliards de FCfa. C’est le Khalife lui-même qui s’est chargé du financement de ces travaux. Il en est de même des travaux de la grande mosquée Massalikoul Djinane de Dakar.

Le Khalife est dans de bonnes dispositions pour participer à tout ce qui se rapporte aux investissements dans la ville de Touba. Je pense aussi que nous devons réfléchir sur la possibilité qu'il faut donner à la collectivité locale, à la commune de Touba pour pouvoir collecter des recettes qui permettraient à la ville de répondre au besoin d'investissement en matière d'éclairage, de sécurité, d'assainissement. Et le budget actuel ne fait presque que couvrir les frais de fonctionnement. Le terme taxe serait un peu déplace, mais un système de « adiya » qui serait collecté auprès des pèlerins tous les ans et qui serait destinés aux investissements de la ville. Je pense que cela permettrait de mieux accueillir les pèlerins. C'est d’ailleurs ce qui se passe dans tous les pays comme l’Arabie Saoudite où il y a une taxe sur le pèlerinage qui permettait à la ville de prendre en charge les besoins de la ville en matière d'investissement. C’est ainsi qu’on pourra faire face aux flux de pèlerins et de les accueillir dans de meilleures conditions.

Est-ce que vous pouvez revenir sur la dimension économique et culturelle du Magal de Touba ?
Dans d’autres pays, des fêtes comme Noël sont une occasion pour les industriels et les commerçants de doper leurs affaires. Aujourd’hui, le chiffre d’affaires que les commerçants qui sont à Touba réalisent est l’équivalent de trois mois de profit. Les enquêtes que nous avons menées sur le terrain le confirment nettement. Le Magal a un impact économique certain sur l’activité des commerçants à Touba, mais aussi sur les industriels qui fabriquent ces produits. Les opérateurs de télécommunication comme Orange et Tigo se déploient à Touba. C’est la même chose également pour les industries de biens de consommation comme les boissons, l’eau et la nourriture. Je pense que tout cela doit mériter une réflexion qui nous mènera un jour à un tourisme religieux. Toutefois, ce tourisme religieux doit avoir aussi un statut au niveau étatique. L’Etat a intérêt à promouvoir cette forme de tourisme. Au cours de ces dix dernières années, le nombre de touristes visitant le Sénégal a fortement baissé. Le secteur est plongé dans une situation de marasme un peu partout, que ce soit à Mbour ou en Casamance. Cette situation s’explique par le terrorisme, l’érosion côtière, la cherté de la destination Sénégal. Je considère que ce type de tourisme peut être concurrencé par le tourisme religieux à partir du moment où l’Etat pense qu’il faut le développer. Maintenant, pour y arriver, il faut mettre en place des moyens qui peuvent permettre aux gens de mieux connaître Touba ainsi que des infrastructures qui pourraient aider les étrangers qui viennent dans la ville sainte de pouvoir y séjourner dans de bonnes conditions.

Comment trouvez-vous la politique de modernisation de la ville de Touba initiée par les autorités de ce pays ?
Le président de la République a fait beaucoup d’investissements dans la ville de Touba. Il y a beaucoup de routes dans la ville qui ont été réalisées par le président Macky Sall. Il y a également beaucoup de quartiers qui ont été assainis grâce au chef de l’Etat. Le Khalife général lui-même tient à ce que les mourides l’accueillent de la façon la plus populaire pour tout ce qu’il fait au profit de la ville, mais également pour ses considérations pour le marabout. Le président de la République est sur la bonne voie. Il est important d’écouter les populations. Je pense que les personnalités politiques locales doivent se rapprocher des populations afin que les projets du président Macky Sall soient mieux ressentis.

Propos recueillis Par Babacar DRAME, Maguette NDONG (textes)
et Mbacke BA (photos)

A PALENE, CHEZ LES BAYE FALL : LE « BERNDÉ » SOUS LE SIGNE DU « NDIGUEUL »
Bernde 2016Une grande partie du Magal est consacrée aux réjouissances avec la préparation de beaucoup de mets délicieux à donner gracieusement aux gens sans distinction aucune. A Palène et précisément chez Serigne Amdy Khady Fall, la consigne est appliquée.

La grande concession de Kawsara ne désemplit pas. Venus de toutes les localités du pays et de la diaspora, les disciples de la famille de Chérif Assane Fall sont tous là.  Le Magal, ils ne le célèbrent nulle part ailleurs.  Depuis Mame Cheikh Ibra Fall, Chérif Assane et aujourd’hui avec Serigne Amdy Khady Fall, le Magal est célébré de la même façon. Ici, tout est fait en conformité avec la recommandation du Cheikh, nous apprend Alioune Badara Ngom dit Baye Bada, éminent disciple de Serigne Amdy Khady. Né en 1944, habitant de Mbousnakh, il ne vit que pour l’exécution du « Ndiguel ».

 Serigne Abdoul Ahad a une fois déclaré que « le seul interdit de la maison de Cheikh Ibra Fall, c’est la non-application d’une recommandation (Ndiguel) émis par Serigne Touba ». Serigne Amdy Khady de lui répondre que « nous agirons de sorte que cela ne se produise pas ici ». C’est ainsi que, dira-t-il, il faut comprendre la démarche de la communauté Baye Fall.

L’organisation proprement dite des « beerndés » (réjouissances) du Magal obéit à ladite démarche. Le talibé de Serigne Bada nous enseigne le processus : « Serigne Mame Cheikh et Serigne Lampe assistent les travaux en assurent la supervision, sur instruction de Serigne Amdy Khady. Cette recommandation peut aussi être donnée à Serigne Sadikh Niang ou à moi-même. Toujours est-il que tout ce qui se fait, de la détermination du menu jusqu'à la distribution des mets, émane du « Ndiguel » de serigne Amdy Khady Fall ». Selon le vieux baye Fall aux rastas grisonnants, c’est dans la nuit que les bêtes ont été immolées par les bouchers. Au petit matin du samedi jour de Magal, une grande partie du travail avait été faite. L’abattage fini, les bols remplis de viande sont acheminés dans la grande cuisine ou se fera le dispatching, dans les différentes petites cuisines de la concession. Le nombre de « Mbana » (marmites) varie en fonction de l’importance de l’événement.

Les femmes reçoivent les condiments et préparent les repas. Une fois la cuisson terminée, les baye Fall, sous la supervision des « jawrigne » Serigne Mame Cheikh et Serigne Lampe, placent les mets ainsi préparés dans l’antichambre de Serigne Amdy Khady à qui ils rendent compte de l’exécution du « Ndiguel ». Serigne Amdy Khady inspecte minutieusement à son tour les plats avant d’inviter les « jawrignes » à appeler les disciples pour constituer des « Kourels ». Hier, nous avions servis dans la concession 200 bols en provenance des cuisines.


Après la consommation des repas, débutent d’autres actions de grâce comme le « ZIkr », « laillaha, illalaah ». Il n’y a de divinité qu’Allah, d’autres font la vaisselle et nettoient la cinquantaine de marmites en attendant d’autres « Ndiguel ».

CIMETIERES DE BAKHYA : RECUEILLEMENT ET PRIÈRES POUR LES MORTS
A Bakhya, dans le nouveau cimetière de la ville sainte de Touba, la mort côtoie la vie et s’incruste dans la conscience des personnes qui visitent le cimetière. Habibou Sall est un fossoyeur et gagne sa vie honnêtement en creusant des tombes. Il fait ce travail sur instruction de son guide spirituel depuis 1994. « La leçon que j’ai apprise et maîtrisée dans l’exécution de ce boulot, c’est que quiconque le fait doit avoir à l’esprit qu’un jour quelqu’un le fera pour toi », nous dit-il. En dehors de l’exécution du « Ndiguel », il n’y a pas grand-chose à gagner dans ce travail. A Bakhya, contrairement à l’ancien cimetière, il n’y a pas de construction de mausolées en dur, toutefois on rend grâce à dieu et on y gagne suffisamment pour faire vivre nos familles.

Ma Anta Saadi est un homme de 62 ans habitant Kébémer. Il déclare qu’il n’y a de vérité qu’Allah et qu’a la vue de ce cimetière, l’homme doit s’atteler à davantage adorer son Seigneur, s’attacher aux préceptes de sa religion, en somme retourner à Dieu.

Binetou Guèye, 30 ans, est venue à Touba dans le cadre du Magal. Mais il ne pouvait pas ne pas venir à Bakhya pour prier sur la tombe de sa grand-mère décédée le 25 novembre 2015.

La Kaolackoise n’a pu retenir ses larmes.

Awa Diouf vient de prier sur la tombe de sa mère, mais elle ne peut détacher ses yeux de l’étendue de tombes. « C’est la deuxième fois que je viens dans ce cimetière, mais je ne peux plus m’empêcher de penser à la mort et cela ne m’arrivait jamais d’y penser. Actuellement je ne rate plus de prière », dit-elle.

Devant l’ampleur des scandales de profanation des cimetières, Abdou Bakhoum, l’administrateur de l’état civil de Bakhya, rassure : en dehors de la protection ésotérique des lieux, il y a une protection exotérique, car le cimetière est éclairé et les lampadaires sont assez puissants pour permettre aux vigiles en place de faire convenablement leur travail sur toute l’étendue du cimetière. Bakhoum a loué les efforts de la gendarmerie pour la fréquence de ses patrouilles dans les lieux.

S’agissant des enterrements, il affirme qu’ils avoisinent le nombre de 50 par jour. Il a toutefois rappelé que le mur du cimetière a besoin d’être reconstruit pour une plus grande sécurité du site.

Propos recueillis Par Babacar DRAME, Maguette NDONG (textes)
et Mbacke BA (photos)

Les disciples arrivent en masse à Touba, le centre de la cité religieuse et ses excroissances grouillent de monde. La grande mosquée est le point d’attraction des disciples qui viennent faire leur ziarra, se recueillir et effectuer des prières. Tout ceci se passe dans la ferveur et par l’accompagnement des panégyriques de Khadim Rassoul, déclamés par la « dahira hizbut Tarqyyah ».

A l’image des fourmis se déplaçant vers leur termitière, les disciples, chacun avec un sac, une valise, un chapelet ou un livret de Coran, marche avec détermination vers la grande mosquée.
Les mendiants, comme à leur habitude, ont envahi les trottoirs pour solliciter l’aide des pèlerins. A l’intérieur du lieu de culte, des jeunes filles toutes de blanc vêtues sont venues faire leur ziarra. Mais elles attendent patiemment avant d’accéder aux différents mausolées. Elles appartiennent à la dahira « Nourou Dareyni » de Kaolack. « Il est inimaginable pour un disciple de venir au Magal sans faire sa ziarra auprès du fondateur du mouridisme », souligne Mariama Ndiaye, l’une d’entre elles. Soukeyna qui est à ses côtés éclate subitement en sanglot, Mariama s’empresse de l’étreindre et essaie de la calmer. La scène n’est pas passée inaperçue pour les autres disciples qui n’ont pas manqué de s’en émouvoir.

Tous les autres mausolées affichent aussi le plein. Même l’ancien cimetière où Souleymane Seck, assis devant la tombe de son père, chapelet à la main, psalmodie des mots inaudibles. Un quart d’heure après, il se lève et nous fait savoir qu’il vient de séjourner pendant dix ans au pays de l’oncle Sam et que son père lui a permis d’être ce qu’il est aujourd’hui. « Le Magal est pour moi une occasion de lui rendre un vibrant hommage tout en suivant les recommandations de Serigne Touba », dit le bonhomme. Ici les femmes n’ont pas peur. Soukeyna dit que c’est sa première fois, mais elle n’a pas peur à la vue de tous les hommes et femmes, « je constate seulement à la vue de toutes ces tombes qu’un homme n’est rien ».

  A Darou Khoudoss, un quartier de Touba, des échoppes de fortunes sont ouvertes. Les commerçants ont exposé des tissus et toutes sortes de produits. Draps de lits, rideaux et habits prêt-à-porter, Karim Seck, commerçant, nous apprend qu’il vient de vendre à son premier client, mais espère avoir sa chance de l’année dernière qui lui avait permis d’écouler toute ma marchandise.

Le grand Magal ce n’est pas seulement le centre-ville, mais aussi les « santhianes » (quartiers spontanés) implantés à la périphérie de Touba qui voit de petites concessions s’organiser. Les charrettes font la navette entre les quartiers de la périphérie et la ville. Samba Sène, un charretier, révèle que chaque année il retourne après son Magal avec une somme avoisinant 100.000 frs ; chaque voyage lui rapporte 1000 frs Cfa. Son cheval, encore en forme, lui permet de faire suffisamment de bénéfice.

Dans les rues de la cité religieuse règne  une ambiance indescriptible, de ferveur religieuse, de détermination et d’engagement pour participer à la célébration du grand Magal. L’arrivée annoncée du président Macky Sall, à  deux jours du Magal, a contribué à donner une ambiance colorée à ce Magal de l’année 2016.

De nos envoyés spéciaux Babacar Drame, Maguette Ndong (textes)
et Mbacké BA (photos)

Le Magal de Touba est un événement exceptionnel qui polarise des millions de pèlerins dans la ville sainte. Une telle concentration de populations suggère, selon le directeur de la sécurité publique, le commissaire divisionnaire Abdoulaye Diop, une mobilisation spéciale des forces de police pour sécuriser la localité avant, pendant et après la manifestation. D’où le déploiement de 1550 éléments pour conduire les opérations de sécurisation.

Faisant face à la presse hier dans l’enceinte de l’Hôtel de police de Touba, le commissaire divisionnaire Abdoulaye Diop a indiqué que les opérations de sécurisation précédant l’événement religieux ont consisté au désencombrement des artères et à la lutte contre la prolifération des motos « Jakarta ». Il s’agissait également de règlementer la circulation des véhicules à traction animale qui pullulent dans la ville. Concernant les interventions de police judiciaire, le commissaire a fait état de l’interpellation de 165 individus, 151 motos Jakarta immobilisés et dix accidents constatés avec trois blessés. S’agissant des la mission de police urbaine, son rôle est d’assurer la circulation sans entrave des pèlerins et des autorités religieuses et de leur permettre de sacrifier aux ziarras des mausolées et autres lieux de culte sans bousculade. Comme pour les précédentes éditions, il a été retenu, selon le commissaire Diop, de reconduire les postes de police avancés (07) pour une plus grande proximité avec les populations qui n’auront plus à se déplacer très loin pour satisfaire leurs attentes en matière de police.

Le commissaire Abdoulaye Diop a évoqué le contexte international marqué par les attaques terroristes, surtout dans la sous-région ouest-africaine, pour souligner qu’un dispositif est mis en place pour faire face à ce phénomène. Toutefois, il sollicite la collaboration des populations pour mieux prévenir les risques. Parce que le renseignement, a-t-il soutenu, est à la base de la lutte contre le terrorisme.

De nos envoyés spéciaux Babacar Drame, Maguette Ndong (textes)
et Mbacké BA (photos)

Pour sa première sortie publique, le haut-commandant de la gendarmerie est venu à Touba pour voir « le dispositif » mis en place par la gendarmerie en vue d’une bonne couverture du grand Magal. Cette année, l’expérimentation du drone est la nouveauté dans ce dispositif.

Sur le perron de l’Escadron de surveillance et d’intervention de la gendarmerie de Touba, le général de division Meïssa Niang pilote un drone fraîchement acquis par la gendarmerie. A ses côtés, le jeune capitaine lui montre les gestes à faire pour guider l’appareil. Le chef des hommes en bleu suit la consigne et fait monter et descendre le drone, sous le regard médusé des hauts gradés qui l’entourent. « L’innovation c’est l’intervention de la section aérienne de la gendarmerie qui est une unité aérienne légère dotée de l’Ulm. C’est également l’expérimentation de drones pour la surveillance des flux en vue de faire face aux perturbations à l’aller comme au retour du mouvement des pèlerins », a expliqué le général Meïssa Niang. Le drone vient s’ajouter aux Ulm (avions de la gendarmerie) pour permettre aux hommes en bleu d’observer la circulation dans les différentes routes qui mènent à la ville sainte. Cette année, la gendarmerie a mobilisé 850 hommes toutes composantes confondues, c’est-à-dire équipes judiciaires comme escadrons mobiles.

Pour une bonne couverture du grand Magal, le général Niang recommande aux pèlerins d’être prudents sur la route. Seulement, la consigne édictée à ses hommes reste claire : fermeté à l’égard des pèlerins qui violent la règlementation en vigueur.

 

« Armée-Nation » n’est pas un simple concept, c’est une réalité au Sénégal. Cette année encore, les armées sénégalaises ont mobilisé d’importants moyens pour assister les pèlerins à Touba.

A l’occasion de l’édition 2016 du grand Magal de Touba, les armées sénégalaises engagent, du jeudi 17 au lundi 21 novembre 2016, d’importants moyens humains et matériels pour assister les populations pendant ce grand rassemblement religieux. Il s’agira, selon un communiqué de la Dirpa, du déploiement d’un hélicoptère comme Elément médicalisé militaire d’intervention rapide (Emmir) qui sera basé à l’Hôpital Matlaboul Fawzaini, d’un hôpital militaire de campagne étoffé par une équipe de médecins militaires et d’une Unité mobile de boulangerie de campagne (Umbc). Selon le texte de la Dirpa, l’hôpital de campagne installera son poste de commandement (Pc) au « Pincu Serigne Souhahibou Mbacké » avec trois postes médicaux avancés, à la Résidence Khadimou Rassoul, à la Résidence des hôtes à Darou Marnane et à la Résidence Serigne Mourtala Mbacké en face de la grande mosquée.

Des consultations en médecine générale, en pédiatrie, en rhumatologie, en chirurgie dentaire, en Orl et en gastro-entérologie y seront gracieusement offertes, de même que des hospitalisations de courte durée. Le dispositif médical, ajoute le communiqué, sera complété par un appui en spécialités à l’hôpital Matlaboul Fawzaini en maladies infectieuses, neurochirurgie, urologie, chirurgie, Orl, médecine générale, réanimation.

L’Unité mobile de boulangerie de campagne, basée en face de la grande mosquée de Touba, près de la résidence de Serigne Mourtada Ibn Khadimou Rassoul, servira quotidiennement du café et du pain aux pèlerins.

Nd. M. SECK

La campagne de sensibilisation à la sécurité routière a été lancée hier à la gare internationale des Baux maraîchers. La cérémonie a été présidée par le directeur des Transports routiers Cheikh Oumar Gaye, en présence du sous-préfet de Dagoudane, du directeur de la prévention et de la sécurité routière, des autorités policières et de la gendarmerie, des sapeurs-pompiers, des syndicats de chauffeurs, des partenaires, etc.

La caravane sur le Magal de Touba a donné le ton sur la campagne de sensibilisation à la sécurité routière prévue du 17 au 20 novembre. A la gare routière des Baux Maraîchers, il y avait du beau monde pour parler des accidents qui font trop de dégâts au Sénégal, notamment sur les routes. Toutes les organisations (syndicats, partenaires, etc.) se sont jointes aux autorités du ministère des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement pour exhorter les usagers des routes à plus de prudence et de patience au cours de leurs déplacements. Ainsi, le directeur des Transports routiers exhorte les conducteurs à respecter le code de la route pour éviter de pareils désagréments.

Selon Cheikh Oumar Gaye, les accidents de la route continuent d’augmenter d’année en année et font en moyenne 400 victimes. Une situation qui fait perdre au Sénégal 8 à 10 points du Produit intérieur brut (Pib). « Nous voulons zéro accident et nous vous demandons de prendre vos responsabilités et de rester prudents sur les routes », a-t-il dit. M. Gaye relève les mesures de sécurité qu’un conducteur devrait prendre avant d’effectuer le voyage. A l’en croire, les consignes du Magal consistent à mettre aux normes de sécurité tout le matériel roulant devant se rendre à Touba. Il détaille les dispositions essentielles du code de la route, notamment le contrôle technique, la ceinture de sécurité, la fatigue, etc. Même s’il revient à dire que des réformes sont en cours pour faire entrer des innovations allant de l’examen du code de la route à l’obtention du permis de conduite qui sera d’ailleurs à points, du renouvellement du parc automobile, de l’extension des centres de contrôle techniques dans toutes les régions.

D’après Cheikh Oumar Gaye, il ne faut pas perdre de vue sur la dimension humaine des accidents. « 90 % des accidents sont imputés à l’homme », relève-t-il, soutenant que cela est dû à l’excès de vitesse et aux mauvais comportements des conducteurs sur les routes. Il invite ainsi les chauffeurs aux respects des tarifs en vigueur qui ont été fixés par décret. Selon lui, l’Etat est en train de mettre en place un financement de la sécurité routière avec la Banque mondiale. Ce qui explique cette subvention pour une campagne de sensibilisation routière qui se déroule depuis deux jours.

Le directeur de la prévention et de la sécurité routière abonde dans le sens, en interpellant aux usagers de la route de tout faire pour éviter des accidents. Mactar Faye a même impliqué le bataillon du train dans cette sensibilisation, dans le contexte d’Armée nation. Ce dernier dans le slogan de sensibilisation prévient pour « plus de prudence, car la route tue ». « Nous vous demandons de tout mettre en œuvre pour éviter des accidents », lance M. Faye. Le lieutenant Cheikh Oumar Sarr de la Brigade des Sapeurs-pompiers rassure que ses services seront présents sur toutes les routes pour accompagner les pélerins. Mais pour le représentant de Véritas, les accidents causés ne sont guère une fatalité. « On peut les éviter, si toutes les dispositions sont prises en matière de sécurité routière », précise M. Mboup. Le directeur exécutif de la gare des Baux maraîchers invite tous les chauffeurs à se conformer strictement aux règles du code de la route. Pape Cheikh Ndao les sensibilise afin qu’ils restent exemplaires dans leur métier. Même si Cheikh Ndiaye « Terranga » parle d’un conducteur respectueux considéré comme un « imam à la prière » qui a la responsabilité de tous les gens sous sa conduite, il a livré un véritable cours magistral pour réarmer davantage les siens à plus de respect pour les passagers à bord de leurs véhicules. Les différents intervenants représentants les corporations de chauffeurs invitent également l’Etat à mettre sur pied des centres de perfectionnement pour les usagers de la route. « Il y a un vaste programme de formation qui se déroule en ce moment à la sécurité routière et les centres de formation techniques seront une innovation », rassure le directeur des Transports routiers. Il faut noter que cette campagne de sensibilisation fait partie de l’engagement de l’Etat dans la décennie routière à réduire 20% des accidents d’ici à 2035.

Cheikh Malick COLY

Ce n’est pas moins d’un milliard trois cents millions de FCfa qui a été saisi et déposé à la Caisse des dépôts et consignations (Cdc) suite au travail de contrôle des opérations bancaires par la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif). La révélation a été faite, hier, à Mbour, par le président de la Centif au cours de la réunion de la 26ème session de la commission technique du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent (Giaba).

Le président de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif), Waly Ndour, a annoncé qu’au cours des 12 derniers mois 106 déclarations d’opérations suspectes émises par des assujettis des secteurs financiers. La même période, renseigne-t-il, la cellule a instruit 62 déclarations d’opérations suspectes dont 12 ont donné lieu à la production de rapports transmis au procureur de la République. Waly Ndour a, par ailleurs, souligné que le juge, par ordonnances, a pris des mesures conservatoires consistant à faire procéder au versement à la Caisse des dépôts et consignations (Cdc) la somme d’un milliard trois cents millions (1.300.000.000 FCfa). Cette somme d’argent a été saisie et bloquée dans les banques. De son côté, le secrétaire général du ministère des Finances et du Plan, Cheikh Tidiane Diop, a rappelé que la question du blanchiment d’argent est primordiale pour les pays membres de la Cedeao. Il a ajouté que ce fléau des temps modernes ne peut être pris en charge individuellement par les Etats. Il s’est alors réjoui de constater qu’il existe, dans le cadre de la Cedeao, un instrument assez performant, le Giaba. Par ailleurs, Cheikh Tidiane Diop a rappelé que le Sénégal dispose d’une cellule de renseignement qui est opérationnelle et des juridictions qui fonctionnent. Il a annoncé que le Sénégal sera l’un des tout premiers pays à être évalué en 2017 pour donner une base de données pour les autorités. Sa conviction est que pour tout ce que le Giaba devra faire, il faudra une volonté politique commune. De son point de vue, cette volonté politique existe et est partagée à la conférence des présidents.

Le directeur général adjoint du Giaba, Brian Sapati, pour sa part, dira qu’à l’aune du défi de l’application par les Etats membres des normes révisées et la nouvelle méthodologie pour évaluer la conformité technique et l’efficacité des dispositifs de lutte, tous ces acquis doivent être consolidés et pérennisés.

Amath Sigui NDIAYE

Le Sénégal a reçu du Royaume d’Arabie Saoudite une cargaison de dix mille carcasses de moutons, a indiqué un communiqué parvenu à la rédaction. La cérémonie de remise de don a été présidée par Dr Anta Sarr Diako, déléguée générale à la Protection sociale et à la Solidarité nationale.

En présence du représentant de l’ambassadeur saoudien à Dakar, Abdourahma Al Ataidi, renseigne le communiqué, Dr Anta Sarr Diacko, déléguée générale à la Protection sociale et à la Solidarité nationale, a soutenu que le don sera distribué à toutes les couches de la population sénégalaise, notamment les hôpitaux, les groupes vulnérables et les « daaras », en relation avec les autorités administratives ainsi que les services de la Direction générale de l’Action sociale du ministère de la Santé. Cette remise de don, précise le représentant d’Arabie Saoudite à Dakar, s’inscrit dans la logique des efforts entrepris par le gouvernement saoudien à travers un programme se solidarité pour venir en aide à une partie des nécessiteux de la Oumah Islamique et de pays frères comme le Sénégal.

Par ailleurs, les deux autorités se sont réjouies de l’entente cordiale entre le Serviteur des Deux Saintes Mosquées, le roi Salman Ben Abdel Aziz al-Saoud et le président de la République,

Macky Sall. Marame Coumba SECK

Dans le cadre d’une opération coup de poing initiée par la police de « Jaxaay », les limiers ont saisi une importante quantité de chanvre indien et un pistolet artisanal.

Après avoir recueilli suffisamment de renseignements sur l’existence d’un vaste réseau de trafic de chanvre indien installé dans une maison à Case-bi, les limiers ont installé un dispositif de planque. Après un long moment de surveillance des mouvements de foule de personnes entrant ou sortant de ladite maison, les policiers finissent par lancer l’assaut en faisant irruption dans le domicile du dealer présumé qu’ils ont surpris tranquillement assis sur une chaise en tirant sur un joint de chanvre indien. Ils l’interpellent et le contraignent à les conduire dans sa chambre pour une perquisition. Au total, quatre kilogrammes et un quart de chanvre indien sont découverts sous son lit. Poursuivant la perquisition, les policiers ont découvrent un pistolet de fabrication artisanale. Il est embarqué et conduit le dealer présumé au commissariat. En route, le téléphone du dealer, confisqué il y a un instant, commence à sonner. Un policier décroche et commence à communiquer avec le dealer, un certain M.B. qui, ignorant qu’il a un homme de loi au bout du fil, se met à hurler en précisant qu’il se trouve à Kaolack et se préparer à acheminer la commande à Dakar pour la livraison. Il poursuit et expliquant à son interlocuteur qu’il arrivera à Dakar vers les coups de 5 heures du matin et fixe un rendez-vous à son interlocuteur à la station d’essence sise à Keur Massar pour la transaction.

Les policiers retournent sur le champ à Keur Massar où ils installent un dispositif de planque et de surveillance autour de la station d’essence. Brusquement, ils aperçoivent un homme descendre d’un taxi et se diriger vers la station d’essence en question. Mais, vu que le client dealer tarde à se signaler, M.B. compose aussitôt son numéro de téléphone et promène le regard autour de lui. Il est subitement encerclés par les policiers qui l’embarquent et confisquent le sac dont il était en possession. Les limiers y découvrent 17 kg en blocs de 2 kg. Ce qui porte le total de la drogue saisie à 21,250 kg. Tous les deux dealers cités plus haut ont été placés en garde à vue. Ils devront être déférés au parquet pour trafic de chanvre indien.

Abdou DIOP

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