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Société & Faits divers (2484)

La fête de la « Yawmoul Achoura » sera célébrée dimanche prochain à Tivaouane. C’est la dernière volonté exprimée par le nouveau Khalife général des Tidianes, Serigne Aboubacar Sy Mansour, à travers son porte-parole, El Hadji Pape Malick Sy, et rapporté avant-hier par Serigne Moustapha Sy Al Amine, responsable de la « dahiratul Muqtafinna Aba’i wal ajdaad ».

 Selon Serigne Moustapha Sy Ibn Serigne Abdou Aziz Sy Al Amine, défunt Khalife général des Tidianes, ce vaste rassemblement est une occasion pour la jeunesse d’échanger, de revisiter les enseignements et la philosophie de Seydi El Hadji Malick Sy. « Au cours de cette journée, le nouveau Khalife général a demandé de formuler des prières pour le repos de l’âme de tous ses prédécesseurs ainsi que tous leurs compagnons qui ont eu à contribuer au rayonnement de la Tidianya au Sénégal »,  a-t-il précisé. Outre les prières, ces moments sont aussi mis à profit pour renouveler leur acte d’allégeance à la « tariqa ».

De par leur engagement et leur détermination, ces jeunes Tidianes entendent montrer à leur guide spirituel qu’ils sont et demeurent les sentinelles de la bienveillance et de la protection de l’héritage de leur grand-père, Seydi Maodo Malick Sy. « Notre idéal est de faire en sorte que chacun de nos membres ou sympathisants soit un modèle de discipline, d’adepte et de croyance au quotidien », a-t-il ajouté. D’édition en édition, les organisateurs ont constaté que le flux de jeunes qui affluent à Tivaouane augmente. Compte tenu du contexte de deuil dans lequel la journée sera organisée, le comité départemental de développement tenu sous la conduite du préfet Makane Mbengue a fini de cerner les questions d’une bonne organisation. Que ce soit en matière de sécurité, de santé, de la disponibilité de l’eau, de l’électricité, du transport, de la communication, entre autres, des assurances ont été données par l’ensemble des chefs de services quant à une exécution correcte des tâches qui leur sont respectivement assignées.

D’ailleurs, pour ce qui est de la question de la propreté de la ville de Tivaouane, le comité d’organisation, les populations à la base et la mairie de la commune ont décidé de conjuguer leurs efforts pour relever le défi de la salubrité avant et après l’évènement.
Rappelons que  pour cette édition, la journée est placée sous le patronage du président de la République Macky Sall et de sa Majesté le roi Mohamed VI du Maroc.

Mbaye BA

La « Tamkharit », d’après plusieurs versions ou « Achoura », est un jour où le jeûne facultatif est conseillé. En effet, Achoura rappelle, à l’origine, la libération des enfants d’Israël de l’oppression du Pharaon, ainsi que le repentir d’Adam, chassé du Paradis, le salut des prophètes Noé, d’Abraham et de Moïse, sauvé des eaux du Nil, comme la sortie de Jonas (Yunus) du poisson. D’après un compagnon du prophète Abou Moussa Al Ach’ari (qu’Allah l’agrée), le jour d’Achoura était un jour de fête chez les juifs. Ainsi, le Prophète Mouhamed (Psl) a recommandé de le jeûner, en raison de son importance.

A ce propos, Ibn Abbas (qu’Allah l’agrée) dit ceci : « Je n’ai jamais vu le Prophète Mouhamed (Psl) s’intéresser au jeûne d’un jour autant qu’il le faisait pour Achoura, puisqu’il le préférait aux autres, exception faite au mois du Ramadan ». Car, le jeûne du 10ème  jour du mois lunaire musulman « Mouharram » nous accorde la rémission des péchés de toute une année. C’est bien évidemment une des manifestations de l’immense Grâce divine.

Selon Abou Qatada (qu’Allah l’agrée), le dernier Envoyé de Dieu a été interrogé concernant le jeûne du jour d’Achoura. A ce sujet, il a répondu qu’il absout (les péchés) de l’année précédente. C’est pourquoi, la « Tamkharit » reste un jour de prières et de recueillement. D’ailleurs, il est conseillé de beaucoup lire le Coran, de réciter 1.000 la sourate 112ème «AlIkhlas », de faire des « Salatou Ala Nabi » ou de prier sur le Prophète Mouhamed (Psl), etc. Il est aussi préconisé, à l’occasion de cette fête, de se maquiller le contour des yeux avec du khôl, de rendre heureux un orphelin, de rendre visite à un savant et à des malades, de se couper les ongles, de faire le grand lavage, d’être solidaire et généreux avec les membres de sa famille.

Toutefois, au Sénégal, les enfants et autres jeunes, pour leur part, mettent davantage l’accent sur une autre dimension de la tradition bien de chez nous, communément appelée « tadiabone » à travers des déguisements.

Serigne Mansour Sy CISSE

 

Dakar abrite depuis hier une session de formation des formateurs sur l’élaboration des rapports aux organes de traités des Nations Unies. Ils sont au total une trentaine de représentants de 15 pays d’Afrique à bénéficier de ce renforcement des capacités initié par le Haut-commissariat aux droits de l’homme.

Une trentaine de représentants de gouvernements de 15 pays francophones et lusophones sont formés depuis hier à Dakar aux techniques d’élaboration des rapports aux organes de traités des Nations unies. Cette formation des formateurs s’inscrit dans le cadre de la résolution de l’Assemblée générale de l’Onu qui demande d’aider les États parties par l’intermédiaire du Haut-commissariat aux droits de l’homme (Hcdh) à mieux s’acquitter de leurs obligations nationales et internationales en consultation et avec l’accord de l’État concerné. Elle aboutira à la création d’un fichier de formateurs qualifiés en matière de présentation de rapports aux organes de traités, c’est-à-dire les dix institutions chargées de s’assurer de la mise en œuvre des principaux traités internationaux sur les droits de l’homme adoptés par les Etats.

Cette session d’une semaine permettra aux participants de se doter de compétences sur les traités internationaux relatifs aux droits de l’homme, la méthodologie à adopter pour faciliter le lien entre gouvernements et Nations Unies, pour soumettre des rapports sur les droits de l’homme aux Nations unies et pour mener des formations en matière de droits de l’homme. Le choix porté sur Dakar pour abriter cet atelier n’est pas fortuit. Selon le conseiller technique n°1 du ministre de Justice, Moustapha Kâ, le Sénégal a satisfait à cette obligation de se conformer aux conventions internationales en matière de droits de l’homme, mais également de les mettre en pratique. « Chaque Etat essaie d’être en phase avec les conventions internationales en matière de droits de l’homme qu’il a ratifiées et qu’il a l’obligation de faire appliquer dans son pays. L’objectif principal de l’atelier est de disposer, dans chaque Etat, d’experts compétents et qualifiés aux techniques de rédaction des rapports périodiques destinés aux organes des traités en s’adossant sur les principes et exigences du Haut-commissariat des droits de l’homme », a dit l’ancien procureur adjoint près les Chambres africaines extraordinaires.

Toutefois, il a relevé un certain nombre de difficultés dans l’élaboration des rapports du fait de l’exigence du respect des normes et de la transversalité de la question des droits de l’homme. « Les questions des droits de l’homme sont tellement transversales qu’il est difficile de designer un ministère exclusivement compétent. Elles appellent à la participation de tous », a estimé M. Kâ.
Le représentant régional du Hcdh, Andrea Ori, ne dit pas mieux. Selon lui, le manque de moyens et de compétences fait que de nombreux pays ayant ratifié les traités et conventions n’ont pas soumis de rapport initial, et même si c’est le cas, il n’y a pas un suivi des recommandations du comité chargé de l’évaluation. « C’est ce défi que nous voulons relever à travers cette formation en donnant aux représentants des différents pays les outils et moyens qu’ils pourront mettre en œuvre une fois chez eux. L’objectif est d’avoir un groupe d’experts sur qui s’appuyer pour la rédaction des rapports », a-t-il fait savoir.

Ndiol Maka SECK

 

Dans le cadre de ses rencontres et prises de contacts, le ministre de la justice, garde des Sceaux, le Pr Ismaïla Madior Fall, a successivement reçu le nouveau président de l’Union des magistrats du Sénégal (Ums), Souleymane Teliko et le secrétaire général du Sytjust, Aya Diop. Les magistrats ont mis sur la table leurs préoccupations qui s’articulent autour de deux points principaux, à savoir le principe d’inamovibilité et la transparence dans la gestion des carrières des magistrats. Sur ce dernier point, le responsable de l’Ums a souligné leur « droit de rêver d’une justice où les carrières se font sur la base de la compétence et de la promotion de l’excellence ». A son niveau, le garde des Sceaux a souhaité instaurer un « dialogue permanent » avec les acteurs. D’où l’idée de mettre sur pied un comité de réflexion permanente pour servir de cadre de concertations et d’échanges. Pour Souleymane Teliko, l’Ums compte organiser un colloque à l’issue duquel les résultats seront soumis audit comité.Quant aux représentants du Sytjust, ils ont profité de leur rencontre avec le ministre pour poser une plateforme revendicative axée sur ce qu’ils ont appelé « les urgences de l’heure ».

Le décret sur le Cfj, le décret portant statut particulier des fonctionnaires de la justice, le texte modifiant les fonds communs, les indemnités des administrateurs de greffes et l’habitat social, etc., sont les principaux points de revendication des syndicalistes. Pour sa part, le ministre a donné les assurances sur la continuité dans le règlement.A la fin de l’audience, les membres de la délégation ont exprimé leur satisfaction quant à l’engagement et à l’ouverture du ministre. Dans ce sillage, ils ont invité le garde des Sceaux à leur faire l’honneur de présider la cérémonie d’ouverture de leur assemblée générale de renouvellement des instances du Sytjust prévue en fin décembre.

Maguette NDONG

L’expropriation du terrain 1.320 m² au profit d’un promoteur n’est pas du goût des habitants qui ont fait face aux journalistes ce week-end.

Initialement destiné à la construction d’une maternité, conformément au plan de masse du promoteur Scat-Urbam, le terrain de 1320 m² situé à l’îlot B de Hann Mariste I du titre foncier n°10.174/Dg fait l’objet de morcellement en parcelles à usage d’habitation, après avoir été rétrocédé à un particulier. Face à la presse, Oumar Diokhané, président de l’Association pour le développement de Hann Maristes 1 (Adhm1), a dénoncé cet état de fait. « Au moment d’acquérir nos parcelles sur le protocole d’achat, il était bien convenu que les futurs habitants jouiront de toutes les commodités et équipements sociaux dont le site dispose (hôpital, école, terrain de football, établissement préscolaire, etc.) », a dit M. Diokhané, qui alerte que les populations de la cité se sentent aujourd’hui lésées par le changement de destination de ce terrain qui va les priver d’un équipement collectif important et éventuellement leur créer d’autres désagréments et se sont mobilisées pour s’opposer à cette spoliation. Selon lui, le 22 août dernier, les populations ont été surprises d’assister à l’abattage des arbres sur le site (…) malgré les promesses tenues. 

Fidèle à sa réputation de bouclier des populations des Maristes, l’Association pour le développement de Hann Maristes 1 (Adhm1) a décidé de se mettre en ordre de bataille avec tous les moyens légaux que lui confère la loi pour que la destination première du site soit respectée et que force reste à la loi. « C’est une question de survie pour les habitants des Maristes qui ne peuvent rester impuissants face à la destruction de leur cadre de vie », a expliqué Oumar Diokhané, qui insiste sur l’importance du site. « Nous voulons une expropriation du promoteur qui veut en faire un projet commercial », a déclaré le président. Révélant que les démarches de règlement à l’amiable entreprises n’ont pas été fructueuses, « les populations sont obligées de donner une suite judiciaire à cette affaire ». Et que les résidents conseillent à tout acquéreur potentiel de s’abstenir pendant cette période contentieuse.

Serigne Mansour Sy CISSE

Un jeune homme d’une trentaine d’année, est mort, hier, à Touba Guédé, par électrocution. Alertés, les éléments de la brigade des sapeurs pompiers sont arrivés sur les lieux du drame. Ils ont trouvé le corps sans vie, étendu à même le sol et recouvert d’un pagne. Meunier de son état, le bonhomme gérait un moulin à mil, dans le quartier de Guédé, certainement les fortes pluies ont dû endommager ses installations et la décharge lui a été fatale. Le corps a été transporté à la morgue de l’hôpital Matlaboul Fawzeyni, après les formalités d’usage. La police présente sur le lieu du sinistre a ouvert une enquête et alerté les parents du disparu.

Mamadou DIEYE

Le phénomène est quasi-quotidien. Chaque jour, les véhicules, surtout les moyens de transport en commun, dépassent leur charge normale, au mépris des normes de sécurité routière, telle que la tolérance zéro, prises par l’Etat. Transporteurs et usagers semblent ne pas avoir appris des leçons du passé.

Le chauffeur du bus « Tata » vient à peine de trouver une faille pour se mettre sur le bâbord que les usagers qui attendaient à l’arrêt se bousculent pour tenter de monter à bord. Pourvu qu’ils trouvent où mettre un pied. Tassés dans ce petit bus bondé jusqu’aux portières qui ont même du mal à se refermer, ils sont conscients du danger qu’ils courent, à en croire leurs commentaires et leurs plaintes à l’endroit du chauffeur et du receveur. «Büs bi fees na way. Yebbu leen ay mala!» (Ne voyez-vous pas que le bus est plein. Nous ne sommes pas des animaux!), lance un homme d’une voix grave. Et comme un refrain, des voix s’élèvent au fond : «Wax dëgg Yàlla!» (Vraiment)!

Même si la majorité des passagers protestent, leurs plaintes n’y feront rien. Le receveur ignore leurs propos et continue de recevoir l’argent contre les tickets qu’il glisse entre les mailles de la grille qui lui sert de guichet. Entre lui et le chauffeur, les passagers changent de cible à chaque fois que le bus s’arrête pour en prendre d’autres, comme ici à Keur Mbaye Fall, alors que personne n’en est descendu. Maintenant, il n’arrive plus à refermer ses portes. Il est plein jusqu’aux marchepieds. Malgré les griefs de la grande majorité, certains passagers en appellent à la tolérance. «Muñal leen ñu rek. Dañuy jàppalante rek» (Comprenez-nous s’il vous plait. On doit s’entraider), laisse entendre une voix féminine là-bas vers la porte de devant.

L’indiscipline, le facteur principal
Alors que le bus est à hauteur de Petit Mbao, une scène attire l’attention sur l’autre voie de la Nationale 1. Un gros porteur, chargé d’étais jusqu’au sommet, semble en avoir pris plus qu’il ne devrait. Il tangue en direction de Rufisque et capte le regard des piétons qui l’observent d’un air circonspect. Dans ces conditions qui dépassent l’entendement humain, nous prenons notre mal en patience jusqu’à Thiaroye où nous nous glissons difficilement entre les passagers pour sortir enfin. Interpelé à sa descente, M. Thiombane, un quinquagénaire qui était assis devant nous, pense que « c’est l’indiscipline » qui est à l’origine de ce phénomène. « Même si l’on est pressé, je pense qu’on ne doit pas monter dans un bus déjà plein. Et puis, vous avez vu que même le chauffeur de ce bus ne s’est pas occupé de savoir si le bus était plein ou pas. Et quand le pire arrive, on se permet de dire «Ndoggalu Yàlla la» (telle est la volonté de Dieu) », déplore-t-il.

A peine a-t-il tourné le dos qu’un car Ndiaga Ndiaye passe avec au moins cinq « gaillards » sur le marchepied. Décidément, le phénomène semble toucher tous les pans du secteur des transports en commun. Le reste de notre chemin se fera en moyen de locomotion plus sûr. « En 2016, le Sénégal a enregistré 651 morts dans des accidents de la route, contre 400 en 2015. Soit 251 morts de plus », informe le panneau qui surplombe l’entrée du Centre de contrôle technique des véhicules automobiles de Hann. Ces chiffres alarmants qui rappellent d’autres événements tragiques, tels que celui du naufrage du « Joola » ou de « Bettenty » devraient en appeler à la raison. A quand l’application effective de la mesure « tolérance zéro », serait-on tenté de demander ?

Moussa SONKO (stagiaire)

Le devoir de Mémoire !
Naufrage du « Joola », 15 ans déjà. Et après ? Rien. Le mot n’est pas de trop. Car, dans nos faits et gestes de tous les jours, nous refusons de tirer les leçons de la plus grande tragédie maritime mondiale (près de 2.000 morts selon les chiffres officiels) que nous avions vécue difficilement. Pourtant, sous le coup de la douleur, nous avions tous juré de faire notre introspection, de renoncer à l’indiscipline, à l’irresponsabilité. Tutti quanti. Quelques années après, nous sommes tous devenus amnésiques ou le faisons semblant parce que les séquelles sont là, les plaies béantes, la douleur indicible notamment dans les familles des victimes. En somme, nous refusons ce que le psychologue Serigne Mor Mbaye appelle de tous ses vœux le fameux « Ndëp national ».

En témoignent les nombreux drames causés par notre irresponsabilité et ayant entraîné des centaines voire des milliers de morts et des milliers de blessés. Tout également des blessures physiques et morales. On peut citer, rien que cette année, les 20 morts dans le chavirement d’une pirogue à Bettenty (île située dans la commune de Toubacouta, département de Foundiougne) remplie de femmes dont certaines sans gilets de sauvetage, les 30 morts au « Daaka » de Médina Gounass, les 8 morts et plus de 300 blessés dans le drame du stade Demba Diop.

Du fait de l’indiscipline, les routes continuent de tuer. La surcharge, qu’on ne cesse de dénoncer, est érigée en règle dans les transports en commun (urbain comme interurbain) : cars rapides, « Ndiaga Ndiaye », bus Tata et autres moyens. D’après les statistiques (qui font froid dans le dos), la route a tué 651 personnes en 2016 contre 400 en 2015. Outre ces morts, des milliers de personnes accidentées sont devenues des handicapés à vie. Au point que voyager aujourd’hui, dans ce pays, est devenu source d’angoisse. Notre vie tient à un fil. Pardon, au comportement du chauffeur. Or, l’Etat ne cesse d’appeler à la « tolérance zéro » qu’il est chargé lui-même d’appliquer. Comme explications, les chauffeurs évoquent l’état des routes, celui des véhicules. Certes, mais les nombreuses études indexent plus le facteur humain : insouciance, indiscipline, laxisme des usagers, la somnolence au volant, utilisation de drogues, de téléphone. Les statistiques officielles du ministère des Transports révèlent que 92% des accidents découlent du comportement de l’homme.

Dans tous les cas, rien ne semble arrêter l’hécatombe. Pas même les mesures en cours ou annoncées par l’Etat, notamment lors du Conseil interministériel présidé par le Premier ministre sur la question : formation des conducteurs, instauration du permis à points, renouvellement du parc, renforcement des contrôles…

Autant dire que les Sénégalais ont fait le choix de l’amnésie, de la banalisation, surtout du fatalisme. Quoi de plus surprenant ? Dans ce pays, Dieu a bon dos. Il endosse tout. Pardon, on lui fait tout endosser. Car, c’est toujours le « ndogal Yalla » (la volonté divine). Pourtant, le Créateur n’a rien à y voir. Absolument rien ! Comment un pays qui a vécu un si grand drame comme le naufrage du « Joola » n’a pu se doter d’un véritable Mémorial, ne serait-ce pour lutter contre l’oubli ? Tous les pays qui ont vécu des situations dramatiques ont érigé un mémorial : Rwanda (Mémorial du Génocide), Bamako (Place des Martyrs)… Pourquoi pas nous ? Peut-être que nous nous sentons si coupables que nous préférons l’oubli. Or, le devoir de mémoire est plus que nécessaire. Pour le repos de l’âme de nos mères, pères, frères, sœurs, amis, enfants… qui ont péri dans ce naufrage.

Par Daouda MANE

 

Hier, les Ziguinchorois ont commémoré le 15ème anniversaire du naufrage du bateau « Le Joola » dans le recueillement. Le ministre des Forces armées, qui était à la tête d’une forte délégation gouvernementale, a présidé, au nom du président de la République, la cérémonie officielle au port de commerce. Dr Augustin Tine a réaffirmé aux populations locales la détermination du chef de l’Etat à améliorer la prise en charge des familles des naufragés et à développer la Casamance.  

D’emblée, le ministre des Forces armées, au nom du président de la République, du Premier ministre, de l’ensemble de son gouvernement, ainsi que de tout le peuple sénégalais, s’est incliné devant la mémoire des victimes du bateau « Le Joola », et a témoigné de la compassion et de la solidarité de tous aux familles des naufragés. Le ministre a déclaré que ces martyrs du « Joola » seront des sentinelles de notre mémoire collective pour qu’une pareille stratégie ne se reproduise. « Le Sénégal, dans sa diversité, ne les oubliera jamais », a dit Dr Augustin Tine qui a prié pour que Dieu, dans sa miséricorde, les accueille dans son Paradis. Il a également prié pour que le naufrage du bateau « Le Joola » renforce la foi, le civisme, l’unité nationale et la ferme volonté des Sénégalais de développer la Casamance dans la paix et la cohésion. Selon le ministre, depuis l’avènement de ce douloureux événement, l’Etat a pris des mesures fortes. Entre autres, il a évoqué le versement de la somme de 10 millions de FCfa aux familles de victimes qui le désiraient, le vote, en 2006, de la loi sur les pupilles de la Nation et l’aide mensuelle octroyée aux 800 enfants de victimes. A l’en croire, cela n’était qu’une infime partie par rapport à l’ensemble des mesures que l’Etat du Sénégal comptait prendre pour la prise en charge des victimes du « Joola » en particulier et pour la Casamance en général.

Le développement de la Casamance, une priorité
Par ailleurs, le ministre a révélé que de gros efforts sont en train d’être faits en termes d’infrastructures routières. Il a estimé que cela permettra, dans le court terme, aux gros-porteurs de contourner la Gambie pour pallier les dommages liés à la durée des stationnements dans ce pays. Le ministre n’a pas oublié « la grande innovation apportée dans le système d’orientation des nouveaux bacheliers par le ministre de l’Enseignement supérieur et qui a permis de juguler la problématique liée aux flux d’étudiants venant du Sud ». Le patron des Forces armées a affirmé que le désenclavement de la Casamance demeure une priorité majeure pour le Président Macky Sall. Il en veut pour preuve le démarrage effectif des travaux du pont sur la Gambie « depuis l’avènement de l’alternance dans ce pays frère ». Il a indiqué que la mise en service des deux bateaux« Agène » et « Diambogne » s’inscrit dans ce cadre et a largement contribué à améliorer les déplacements de la Casamance vers l’intérieur du pays.

Le ministre a assuré que l’Etat ne s’arrêtera pas là, soulignant que des mesures fortes concernant le développement de la Casamance sont intégrées dans le Programme Sénégal émergent (Pse) et ne tarderont pas à se matérialiser. Et pour que les résultats escomptés soient atteints au grand bonheur des populations de la région méridionale, Augustin Tine a appelé à plus de mobilisation pour le retour d’une paix définitive et durable en Casamance.

El Hadj Moussa SADIO

 

« «Le Joola» 15 ans après, amnésie ou banalisation ». C’est le thème, cette année, de la journée commémorative du naufrage. Les familles des victimes ont prié pour les disparus et alerté le peuple sénégalais sur la répétition d’un tel drame.

La place du Souvenir a accueilli la 15ème commémoration du naufrage du bateau « le Joola », organisée par le comité d’initiative pour l’érection du mémorial-musée « Le Joola ». Les veuves, mères, enfants et parents des disparus ont répondu massivement à l’appel du bureau dudit comité et les activités de la journée ont été organisées par les orphelins. En rappelant le drame de Bettenty, celui de Médina Gounass en plus des morts et blessés de Demba Diop, Amadou Fall, expert dans la gestion et la prévention des catastrophes et membre de la société civile, a soutenu que « l’Etat doit s’atteler à renforcer la prévention et la préparation, en se dotant de moyens efficaces pour éviter les catastrophes et réagir à temps et comme il se doit quand elles se présentent ».

Il invite à un retour et au partage d’expériences entre toutes les parties concernées afin que les actions menées répondent à une vision globale. Devant une assemblée silencieuse et attentive, le journaliste Birahim Touré a, pour sa part, rappelé le traitement de l’information par la presse sénégalaise après l’accident. Selon lui, elle a échoué dans son rôle d’alerte, d’éveil qui aurait pu permettre aux citoyens de faire les bons choix et de prévenir l’indiscipline grandissante dans notre pays. Il a affirmé qu’au fil du temps, les journalistes se sont éloignés du drame pour s’attarder sur des points superficiels comme le nombre d’associations des victimes et les poursuites judiciaires. « Un journaliste doit aller au-delà de relater les faits ou revenir sur un anniversaire, il doit éveiller le peuple, rappeler ce qui s’est passé hier en posant des perspectives pour l’avenir, favoriser la conscience citoyenne », a-t-il ajouté.  Les panélistes ont tous déploré l’oubli dans lequel se muent les Sénégalais tant les tragédies sont considérées comme une routine. Sauf Idrissa Diallo, membre du comité d’initiative qui a soutenu que c’est plutôt par « impuissance et passivité coupable » que le Sénégal reste silencieux face aux conséquences de cet accident. Il a invité chaque Sénégalais au travail, quel que soit le niveau où il se trouve, et à délaisser les pensées fatalistes.

« Le bien-être et la sécurité dans un pays sont nécessaires à une stabilité sociale », tel est l’avis du panéliste Djiby Diakhaté, sociologue. Il estime que le gouvernement doit tout mettre en œuvre pour les garantir. Douze gerbes de fleurs ont été déposées en hommage aux 12 nationalités de disparus. Les orphelins ont réalisé deux vidéos en leur honneur, et dans la matinée, des prières et des messes ont été organisées à Dakar et Ziguinchor.

Emmanuella Marame FAYE
(stagiaire)

 

La sortie, hier, du président de l’Association des moniteurs et monitrices des pupilles de la Nation, Ousmane Guèye, qui s’offusquait de « l’incompétence caractérisée » du directeur et la mauvaise gestion des 800 millions de FCfa représentant le budget de l’Office, a fait réagir Mamadou Saliou Diallo, directeur de l’Office national des pupilles de la Nation. Selon ce dernier, de nombreux acquis ont été obtenus, notamment au plan de l’éducation, et  les parents des pupilles sont les mieux indiqués pour évaluer et/ou juger son travail.

Interpellé en marge de la cérémonie de commémoration des 15 ans du naufrage du bateau « Le Joola », hier, le directeur de répondre : « Je n’ai pas de réponse à donner à Ousmane Guèye. A tous les gens qui avancent que nous n’avons rien fait, je leur demande tout simplement d’aller vers les parents des pupilles pour se faire une idée de tout ce que nous avons fait depuis notre arrivée. C’est à eux de dire si nous sommes en train de bien travailler ou non », a-t-il déclaré.

M. Diallo d’ajouter : « Quand j’ai été porté à la tête de l’Office en 2015, les enfants n’avaient pas de prise en charge médicale.

J’ai tout fait pour qu’ils l’obtiennent. Dans le secteur de l’éducation, le programme un étudiant/un ordinateur, dont seuls bénéficiaient les nouveaux bacheliers, a été étendu aux élèves qui ont obtenu le Brevet de fin d’études moyennes (Bfem) et le Certificat de fin d’études élémentaires (Cfee). En sus, tous les étudiants qui ont déposé, à temps, leurs demandes de bourse ont, tant qu’ils sont, obtenu la bourse entière ». Il a cité aussi, parmi les acquis des pupilles de la Nation, l’obtention d’une exonération à 100% dans les universités publiques comme privées.

Mamadou Lamine DIEYE

La session prérentrée scolaire 2017-2018 du Haut conseil du dialogue social s’ouvre aujourd’hui à Saly. Cette évènement constitue un moment fort dans l’agenda de cette institution. Surtout que cette année il se tient dans un contexte d’apaisement du climat social dans le secteur de l’éducation plongé depuis plus de deux décennies dans une instabilité qui a affecté le déroulement normal des enseignements et le quantum horaire. Cette stabilité, selon les termes de référence de l’évènement, découle de diverses mesures et d’initiatives de promotion du dialogue social développées par les acteurs du système éducatif après la session de prérentrée scolaire 2016-2017. Toutefois, lit-on dans le document, des difficultés sont encore notées dans la mise en œuvre d’un certain nombre de points relatifs aux accords entre le gouvernement et les organisations syndicales d’enseignants.

Au-delà de créer les conditions de suivi et de consolidation des accords entre le gouvernement et les organisations syndicales d’enseignants, il s’agira, à travers la présente session de prérentrée scolaire, d’accroître la capacité des acteurs du système éducatif à engager et à construire un processus de dialogue social et de négociation collective durable et profitable à tous. L’objectif général est de contribuer à la consolidation de la stabilité du climat social dans le secteur public de l’éducation et de la formation par la mise en œuvre des accords et le renforcement des capacités des acteurs.

Nd. M. SECK

La Raddho organise, depuis lundi et ce pendant trois jours, un atelier de formation d’une trentaine d’enfants, jeunes filles et garçons, à Kolda, sur les droits et la protection de l’enfant grâce à l’appui de l’Unicef.

Une trentaine de jeunes âgés de 16 à 21 ans suivent en ce moment une session de formation sur les méfaits des pratiques néfastes.

Cette rencontre qui s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Projet appui à l’amélioration du cadre légal et au renforcement des mécanismes communautaires de protection des enfants va permettre aux participants d’avoir une meilleure connaissance du cadre légal et institutionnel de protection des enfants contre ces différentes formes de violences dont ils sont encore victimes.

Ce qui leur permettra de s’impliquer dans la lutte pour l’abandon de ces pratiques néfastes que leur font subir certains adultes. « Aujourd’hui, nous organisons cet atelier pour la formation de 30 jeunes filles et garçons pour les sensibiliser sur les effets néfastes de ces pratiques, mais également pour renforcer leurs capacités sur les mécanismes communautaires et étatiques de protection des enfants contre ces pratiques. Il faut dire que malgré l’existence de cadre juridique et institutionnel propices, le vote des lois et des politiques, la stratégie nationale de protection de l’enfance, il y a encore des réticences sur l’abandon de ces pratiques néfastes », déclare Sadikh Niass, secrétaire général par intérim de la Raddho. Ces réticences s’expliquent, selon lui, par les pesanteurs socioculturelles qui retardent l’application des lois et des politiques pour l’abandon de ces pratiques.

Mamadou Aliou DIALLO

 

C’est aujourd’hui, 26 septembre, que le Sénégal célèbre l’an 15 du naufrage du bateau le « Joola ». Les membres du Comité d’initiative du mémorial-musée vont profiter de cette journée pour sensibiliser les populations sur les accidents graves qui coûtent la vie à des milliers de personnes.

Quinze ans déjà ! C’est dans la nuit du 26 septembre 2002 que le bateau le « Joola » avait chaviré à 40 km aux larges des côtes gambiennes emportant plus de 2.000 vies, selon les chiffres officiels. Une des pires tragédies de l’histoire maritime venait de se passer au Sénégal. Aujourd’hui, tout un pays entier va commémorer le 15ème anniversaire de cet accident. Pour cette année, les membres du comité d’initiative pour le mémorial-musée a retenu le thème : « Le Joola, 15 ans après : amnésie ou banalisation ». A travers ce thème, Nassardine Aïdara et ses camarades veulent sensibiliser les populations. Le ferry avait coulé avec plus de 2.000 passagers à bord. Ce qui, dit-on, représente plus de deux fois sa capacité. Mais, il semble que beaucoup n’ont toujours pas tiré les leçons de cette surcharge qui a occasionné plusieurs victimes. Par exemple, le 24 avril 2017, à Bettenty, une île située dans la commune de Toubacouta (département de Foundiougne), une pirogue remplie de femmes qui revenaient d’une journée de pêche a chaviré, occasionnant plus de 20 morts. La pirogue qui était surchargée n’a pas pu résister aux vents violents. Pire, les femmes étaient sans équipements de sécurité adéquats, notamment des gilets de sauvetage. Dans les cars rapides, les bus Tata, la surcharge est érigée en règle. Ainsi, le président du comité d’Initiative pour le mémorial-musée du « Joola », Nassardine Aïdara, veut profiter du 15ème anniversaire du bateau pour interpeller les populations et les autorités sur ces genres d’accidents qui sont aujourd’hui fréquents.

Au-delà de la sensibilisation, le comité d’initiative du mémorial-musée va profiter de cette occasion pour remettre au goût du jour les doléances des victimes du naufrage du bateau. En prélude à cette commémoration, il a tenu une conférence de presse pour demander au gouvernement du Sénégal d’apporter une assistance aux orphelins du « Joola ». Les victimes continuent, 15 ans après, à demander le renflouement du bateau pour permettre aux familles de célébrer le repos de l’âme de leurs proches. En ce 15ème anniversaire du naufrage du bateau, les principales doléances des populations restent la construction d’un mémorial et le renflouement du ferry. A Ziguinchor, aux cimetières de Kantène et de Kabadjo, les prières et le dépôt de germes de fleurs vont rythmer la journée d’aujourd’hui.

Aliou Ngamby NDIAYE

« Il était un homme de foi et d’engagement, un homme de courage qui a entièrement consacré son existence au culte de Dieu, à l’orthodoxie tidianiya et aux enseignements d’El Hadji Malick Sy, vivifiés par son père Serigne Babacar Sy. J’ai connu l’homme dans son intimité. Al Amine a un passé particulièrement reluisant dans la mission qui est celle de Seydi el Hadj Malick Sy dont il a consacré toute sa vie à perpétuer l’œuvre. Si, véritablement, la fonction de l’art est de rendre la vertu aimable, le vice odieux et le ridicule saillant, l’existence de Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine aura été une œuvre d’art ». Il a toujours mis en avant les valeurs morales, religieuses, sociales et culturelles pour exister et faire exister les autres. C’est un homme connu pour sa générosité de cœur, d’esprit, de geste. C’est un homme qui aura parfaitement accompli sa mission et qui, aujourd’hui, laisse un trou béat parmi sa famille biologique et parmi sa famille spirituelle.

M. L. DIEYE

Homme d’une grande droiture, réputé pour son franc parler et son goût de la vérité, Serigne Babacar Sy Mansour succède à Serigne Abdou Aziz Sy « Al Amine ». Il devient ainsi le septième khalife d’El Hadj Malick Sy.

La révélation a été faite par Serigne Pape Malick Sy, hier, lors de la cérémonie du troisième jour du rappel à Dieu de Abdou Aziz Sy « Al Amine ». Quelques jours avant son décès, le saint homme qui se trouve être son grand frère, l’a appelé pour lui confier le nom de son successeur et demander à toute la famille Sy de se ranger derrière lui pour la lourde tâche qui lui incombera désormais. C’est ainsi que le khalifat de Serigne Babacar Sy Mansour a été rendue officielle. Un homme d’une grande rigueur théologique. Un homme qui ne mâche jamais la vérité. Ses premiers mots de nouveau khalife général des tidjanes donnent, déjà, une indication sur l’orientation qu’il compte donner à son khalifat : « Que personne ne vienne me raconter ce qu’il ne souhaiterait pas que je rende publique ». Une manière de mettre les contempteurs de la vérité devant leurs responsabilités.

Serigne Mbaye Sy Mansour est connu pour sa franchise, sa droiture. Certains trouvent en lui une extrême sévérité, mais c’est un homme franc et direct dont l’aversion pour la médisance est connue de tous. Il n’hésite jamais à dire la vérité aux politiques, aux marabouts et aux talibés quand il estime qu’ils dévient du droit chemin. Sa fermeté et son intransigeance sur les principes moraux sont une aubaine pour la tarikha tidjane en lutte contre les démons de la division. Il l’a si bien compris que, s’adressant aux membres de la famille Sy venue lui promettre une pleine collaboration, il a rappelé cet impératif d’unité qui leur incombe : « C’est bien de se donner la main, mais il est préférable de se donner le cœur ». Comme son illustre prédécesseur, l’actuel khalife général est un homme ouvert au monde dont il sent battre le pouls. Ses sorties, certes rares, dénotent une réelle connaissance des actualités du monde, ce qui l’amène souvent à se prononcer sur la marche du pays. Le site asfiyahi.org, très au fait des actualités de la tarikha tidjane le décrit comme un « Serviteur de la vérité ». « Chez lui et avec lui, la liberté n’abdique point et la vérité n’est pas une guenille à vendre. S’il était à rebaptiser, on l’appellerait indubitablement Abdoul Khaqq, le Serviteur de la Vérité, en raison de son incorruptibilité, de sa sincérité et de sa constance », écrit le site. Pourtant, cette sévérité apparente cache mal sa grande courtoisie, sa grande culture et ses manières policées. Très éloignée de toute vision épicurienne du monde, Serigne Babacar Sy Mansour trouve son bonheur dans la lecture du Coran, dans la Sunnah du Prophète Mouhamad (Saws) et dans les enseignements d’El Hadj Malick Sy perpétués par sa descendance.

Septième khalife d’El Hadj Malick Sy, Serigne Mbaye Sy Mansour est le fils aîné de feu Serigne Mouhamadou Mansour Sy (fils d’El Hadj Malick Sy), deuxième khalife dont le khalifat n’aura duré que quatre jours après le rappel à Dieu de Khalifa Babacar Sy. Sa mère, Sokhna Aminata Seck, est la fille de Doudou Seck Bou El Mogdad (1867-1943), grand dignitaire de Saint-Louis qui est aussi le père de Sokhna Rokhaya Seck, mère de Serigne Moctar Mbacké Ibn Cheikh Balla Thioro Mbacké. Les qualités morales de Bou El Mogdad étaient la générosité et la vérité en tout. D’ailleurs, Khaly Madiakhaté Kalla à qui il assurait l’hospitalité à Saint-Louis, lui a même dédié d’admirables poèmes en guise de remerciements pour sa gentillesse et d’éloges pour son attachement à la vérité. Doudou Seck Bou El Mogdad était, en effet, un grand homme de générosité et de vérité. Jamais, il ne mâchait ses mots, même devant la puissante autorité coloniale. Il entretenait avec les grands sages du Saint-Louis colonial, Madior Goumbou Cissé, Ahmed Diop Gora et Amadou Ndiaye Mabèye que Serigne Abdou Aziz Sy Dabakh cite souvent en guise de modèle, des relations si fortes que l’administration coloniale les craignait en raison de leur cohésion, de leur liberté, de leur force locale et de leur attachement à la justice et à la vérité. Il hérite du khalifat à 86 ans, dans un contexte de tumulte politico-social où son aura et son goût de la vérité aideront certainement à semer les graines de la paix dans notre pays.

Par Sidy DIOP

« Serigne Mbaye Sy Mansour a fini de faire l’unanimité autour de sa rigueur. Ce n’est pas pour rien que ses talibés l’ont affectueusement surnommé « Pa Allemand ». Homme franc et direct, ce fils d’El hadj Mansour Sy dont tout le monde connaît l’aversion pour la médisance, ne tourne pas autour du pot, quand il s’agit de dire ses vérités. C’est un homme véridique », témoigne Iran Ndao, Ibrahima Badiane à l’état civil. « Un homme d’un grand sérieux, qui n’aime pas les mondanités. Les Sénégalais le connaissent pour sa franchise, sa droiture. Il est très direct », explique le prêcheur. A l’en croire, cette rigueur, l’homme a réussi à la transposer dans la pratique de sa religion. « Il est connu pour ne jamais s’éloigner des règles édictées par l’Islam. Et ceux qui ont prié derrière Serigne Mbaye Sy Mansour, l’auront certainement bien constaté. Quand il dirige une prière, il fait en sorte de ne pas être long. Même ses prêches et discours sont concis », déclare-t-il.

S. M. S. CISSE

« Je le connais très véridique ; il est rigoureux danss son comportement. J’avais dit, depuis le premier jour, que Tivaouane est une cité religieuse riche ; certes une disparition laisse des vides, mais dans ce cas, même difficile, on a toujours une alternative», a dit le président directeur du Groupe Walfadjri, Sidy Lamine Niasse. 

S. M. S. CISSE

«Lorsque chérif Ousseynou Thiaw Laye a rendu l’âme, Serigne Mbaye Sy est venu sur le champ, me présenter ses condoléances, alors qu’il était sous perfusion. Je le jure ! C’est un homme de bien, éduqué dans l’humilié et la sociabilité », déclare Serigne Issa Thiaw Laye, fils aîné du khalife général des Layènes. Selon lui, l’actuel khalife des Tidianes a fait une partie de ses études en Égypte, sans entrer dans les détails. « La première fois qu’on s’est vu à Mbao, lors d’une rencontre religieuse, il m’a donné la parole. Après mon discours, il s’en est félicité pour dire que je suis un homme de vérité», raconte-t-il. 

« Je n’ai pas de frontière dans les familles religieuses, cela grâce à mon père, El hadji Abdoulaye Thiaw Laye. Chaque année, je célèbre aux côtés de Serigne Mbaye Sy Mansour, la cérémonie religieuse du Dahira Ahmadiya fondé par son père, il y a très longtemps. C’est un homme de bien, courageux. J’ai espoir qu’il va nous être très utile », affirme Seydina Issa Laye.

Serigne Mansour Sy CISSE

Le legs de Maodo Malick Sy a été perpétué, hier, dans la cité religieuse de Tivouane. Ainsi, le flambeau a été remis au nouveau Khalife général, Serigne Mbaye Sy Mansour. Doyen de la famille El hadji Malick Sy, Serigne Mbaye Sy Mansour sera le continuateur de l’œuvre léguée à son aîné, il y a un semestre. Ce n’est point une surprise, tout s’est passé dans la rigueur et le respect. « Rak top makk, dom top baye », comme on le dit dans la communauté léboue.

A Tivaouane, il faut le reconnaître, la tradition a été respectée. Jamais, la hiérarchie n’a été bousculée et il en sera de même pour toujours. Aujourd’hui, tous les talibés suivront le « ndiguel » ou ordre du premier des Tidianes du Sénégal, en la personne de Serigne Mbaye Sy, un guide religieux qui force le respect. Lui-même l’a dit quelques minutes après son introduction. « Je suis et je reste un talibé au service de Maodo Malick ». Le message est clair, il sera le continuateur de l’œuvre de ses prédécesseurs, son oncle Seydi Aboubacar Sy, de son père Serigne Mansour Sy, de Serigne Abdoul Aziz Dabakh Malick, de son cousin Serigne Mansour Sy « Borom Daradji », et enfin de ses deux frères Cheikh Ahmeth Tidiane Al Makhtoum et Abdoul Aziz Al Amine. Septième Khalife de la famille El hadji Malick, l’homme reconnu par son engagement pour le renforcement de la Tarikha tidiane mais surtout par sa modestie, aura le soutien total de toute la famille Sy mais aussi celui de toutes les familles religieuses du Sénégal voire de l’Afrique notamment celles du Maroc où repose Cheikhna Ahmeth Tidiane Chérif (Rta). Il aura également le soutien du Mali où a disparu Cheikhou Oumar Foutyou Tall. La présence de la famille Tall représentée par Thierno Mountaga Tall est plus que symbolique. C’est un témoigne qui confirme les relations fraternelles dans la communauté tidiane du Sénégal. Le Comité au service de Khalifa Ababacar Sy créé en 1968, au moment où le Sénégal traversait une crise sans précédent, a fait publiquement son acte d’allégeance.

« Nous sommes à votre disposition pour vous accompagner dans la nouvelle mission », a rassuré le Coskas au nouveau guide. Ce n’est pas étonnant celui qui a choisi Serigne Mbaye avant sa disparition avait béni le Coskas à sa création. Aujourd’hui, il appartient à toute la communauté de souhaiter réussite totale au niveau guide religieux pour que demain le flambeau ne s’éteigne.

Par El Hadji Abdoulaye THIAM

Serigne Mbaye Sy Mansour est le nouveau Khalife général des Tidianes. La décision a été rendu publique, hier, à Tivaouane en présence du nouveau ministre de l’Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye, de des délégations marocaine et gambienne conduites par le ministre des Cultes du royaume chérifien et le représentant le président Adam Barrow, de la famille Omarienne et d’une immense foule.

Une annonce solennelle qui a été accueillie avec beaucoup d’émotion par les disciples dont certains ont même laissé des larmes tout en rendant grâce à Dieu d’avoir facilité la prise de décision. Selon Pape Malick Sy, le fils cadet de Seydi Ababacar Sy, ce choix porté sur Serigne Aboubacar Sy Mansour, émane des gardiens du temple de la « tarikhatoul tidiane à Tivaouane » comme le lui a rapporté le défunt Khalife général à quelques jours de son rappel à Dieu. « Il m’a clairement indiqué que le 7ème Khalife de Seydi El Hadji Malick Sy, est Seydi Mbaye Sy Mansour », a-t-il ajouté.

Dans son adresse, le nouveau Khalife des Tidianes a affirmé que cette confiance porté sur lui sera considérée comme un sacerdoce. «Je serai un serviteur et j’invite tout le monde à m’accompagner dans cette mission divine», a d’emblée annoncé le nouveau Khalife de la Tarikha tidiane. « Je vous invite à nous mobiliser pour devenir des modèles de droiture, de disponibilité, de générosité sur le chemin de Dieu ; notre seule raison d’être », a-t-il martelé. Après avoir magnifié les poignées de mains échangées entre musulmans, en ce jour de prières pour le défunt Khalife général des Tidianes, le nouveau Khalife général des Tidianes a demandé aux disciples de traduire cet acte dans les cœurs, dans l’unité des musulmans. « Je vous en prie; que personne ne vienne parler de quelqu’un derrière lui sauf en bien sinon je le dirai en public car, personne ne peut m’obliger à raconter des histoires sur autrui », a-t-il mis en garde aux colporteurs de rumeurs. Thierno Madani Tall a remis le chapelet de Cheikhou Omar Foutiyou Tall au nouveau Khalifé général des Tidianes.

Mbaye BA

Touba a célébré, hier, le Magal commémorant la naissance de Serigne Abdou Khadre Mbacké. Disparu en 1990, après un califat de 11 mois, il a dirigé, en tant qu’imam ratib, la grande mosquée de Touba, pendant 21 ans (1968-1990). Il a laissé à la postérité une empreinte indélébile d’un homme détaché du mondain et très attaché à l’adoration d’Allah, conformément aux enseignements du Prophète (Psl) et son serviteur Khadim Rassoul (Rta).

Devant la maison, se dresse un grand pavillon ou s’activent les disciples pour mettre la dernière main à la pâte, avant la cérémonie officielle, prévue dans, aujourd’hui, dans la matinée. Les disciples venus en masse ont envahi les quartiers, notamment Guédé, Bagdad, Mboussobé, entre autres, ainsi que le domicile de Serigne Abdou Khadre Mbacké. Il en est de même des alentours et intérieur de la grande mosquée.  Le va et vient incessant des disciples s’observe aussi autour du mausolée du saint homme dans l’esplanade de la grande mosquée. Sur place, Samba Sall, adossé au mur, récite à haute et intelligible voix le panégyrique de la miséricorde. « Ya Rahmane, Ya Rahim ».

A l’intérieur de la maison de Serigne Abdou Khadre, Serigne Cheikh Ahmadou Mbacké, le Khalife de la famille, reçoit les disciples. Les forces de l’ordre organisent les ziarras et le chef religieux prie pour les dahiras, les autorités et autres personnalités venus communier avec lui et apporter leur ziarra. De temps à autre, il arbore un sourire qui galvanise le destinataire qui manifeste sa joie. L’heure de la prière a interrompu la ziarra et une fois accomplie, Serigne Cheikh, impassible, reprend sa place et la ziarra redémarre de plus belle. Serigne Ousseynou Diouf qui préside l’exposition en face de la grande concession de Serigne Abdou Khadre, veille, avec son staff, sur les photos retraçant la vie et l’œuvre de Serigne Abdou Khadre. Il rappelle, dans l’un des poèmes dans lequel le saint homme inculquait aux disciples les valeurs intrinsèques d’un musulman, pour marcher sur la « Siratal Moustakhim » ou le droit chemin.

Des scenarii similaires ont été observés chez Serigne Moustapha Mbacké, Serigne Fallou Mbacké, mais aussi chez Serigne Sidy Mbacké qui pilote le comité d’organisation et chez Serigne Bassirou Mbacké. La porte-parole du Khalife général des mourides a reçu plusieurs autorités religieuses des différents foyers religieux du pays, mais aussi la délégation du corps diplomatique accrédité à Dakar, sans compter les nombreux disciples.

Le Magal proprement dit est célébré la nuit. Aujourd’hui, la famille de Serigne Abdou Khadre va recevoir la délégation gouvernementale à l’occasion de la cérémonie officielle à la devanture de la concession, en face de la grande mosquée. A signaler que l’ombre du défunt Khalife général de Tivaouane a plané sur l’événement. Des prières ont été dites par la famille de Serigne Abdou Khadre Mbacké pour lui et pour l’ensemble des disparus, ainsi que pour la paix et la stabilité du Sénégal.

Mamadou DIEYE

 

 

C’est la principale décision qui est issue de la rencontre entre le ministre de la justice, garde des Sceaux, Ismaïla Madior Fall et l’ambassadeur de France, Christophe Bigot.

L’Agence française de développement (Afd) vient d’accorder, au département de la justice, une enveloppe de 15 millions d’euros ( près de 10 milliards de FCfa). C’est ce qui est ressorti de l’audience accordée par le ministre de la justice, Garde des Sceaux, Ismaïla Madior Fall, à l’ambassadeur de France au Sénégal, Christophe Bigot. Une grande partie de cette enveloppe sera consacrée à la construction du Tribunal de commerce de Dakar et de l’École nationale de magistrature. Selon un communiqué du ministère de la justice, ce volet sur le financement de la gouvernance est une nouveauté introduite par l’Afd dans la coopération bilatérale.

Il est prévu la construction d’un portail internet en vue de mettre en ligne tous les textes juridiques sénégalais. L’Afd a aussi prévu de financer une assistance technique pour une durée de trois ans. Selon Romain Regulaire, le représentant de l’Afd, la moitié de cette enveloppe sera sous forme de prêt attractif à des taux concessionnels et l’autre moitié sera un don.

Au cours de cette rencontre, Christophe Bigot est revenu sur le rôle du Sénégal dans les instances internationales notamment le travail fait par Dakar pour désamorcer la vague de menaces de retrait de la Cpi. A ce titre, le ministre a rappelé que la doctrine du Sénégal s’inscrit toujours dans l’esprit de la Cpi, d’autant plus que notre pays a été le premier à avoir signé le statut de Rome.

Maguette NDONG

« Je rends d’abord grâce au Seigneur. D’Allah nous venons et à Lui nous retournons. Dieu avait gratifié le défunt Khalife de toutes les aptitudes d’un homme utile à la communauté. Et Serigne Abdoul Aziz Al Amine avait su capitalisé tous ces acquis au profit du Sénégal. Tous les Sénégalais s’accordent sur le fait que nous venons de subir une immense perte. Il part en laissant un grand vide tant par sa diplomatie, sa piété et son intégrité. Il a su travailler avec tous les dirigeants politiques pour asseoir la paix, la stabilité et le consensus. Il a également su fédérer la communauté tidiane en restituant, à chaque Mouqadam, son statut et son rôle pour le rayonnement de la confrérie. Son rapprochement des autres foyers religieux est aussi un autre exemple de son sens du dialogue et de son ouverture. Ce sont des approches sur lesquelles doivent prendre exemple les politiciens pour un assainissement de l’espace politique ».

Mb. S. DIAKHATE et Mb. BA

« Je présente mes condoléances à tous les Sénégalais. Nous venons de perdre un illustre fils de la famille de Seydi El Hadj Malick Sy. Depuis son adolescence, il n’a jamais cessé d’être à la disposition de cette famille. Il constituait le commissionnaire et la pierre angulaire du foyer à cette époque déjà. Il était le relais entre son illustre père et ses dignes oncles et frères. Il a joué le rôle de protecteur de la famille tidiane bien avant de porter le titre de Khalife. Personnellement, je le connais très bien. Lui-même affirmait que je fais partie des gens qui le connaissaient le mieux dans ce pays. On avait beaucoup de secrets entre nous. C’est un homme très pieux qui ne ratait pas les actes de dévotion. Il s’est toujours acquitté de ses devoirs de musulman et de patriarche. C’est un saint homme qui s’en est allé ».

Mb. S. DIAKHATE et Mb. BA

« Aujourd’hui, la communauté tidiane souffre. Serigne Abdou Al Amine était un homme de paix, un homme qui promouvait l’entente cordiale. C’est un homme qui œuvrait beaucoup dans le social. Récemment, à la fête de la Tabaski, il a offert des moutons et a tenu à être présent à la distribution. Il a été, toute sa vie, au service de son illustre famille et de sa communauté. L’Afrique, le Sénégal et le monde entier ont perdu un grand homme. Nous prions que Dieu l’accueille dans son Paradis et que la paix réside à Tivaouane, ville qu’il a servi jusqu’à rendre l’âme ».

Mb. S. DIAKHATE et Mb. BA

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