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Société & Faits divers (2484)

A l’occasion du rappel à Dieu de son éminence, le Khalife général des Tidianes, l’Imam de la grande mosquée Ihsaane du sud de l’île de Saint-Louis, Serigne Mouhammedou Abdoulaye Cissé Ibn Serigne El Hadj Madior Cissé, a tenu à rendre un vibrant hommage à son père, son frère, son confident, Serigne Abdou Aziz SY Al Amine.

Il a rappelé que ce dernier s’est donné corps et âme dans la voie de Dieu, voie tracée par son père Serigne Babacar Sy (Rta) et par ses illustres prédécesseurs, ensuite.
Ainsi, hier, avant la grande prière du vendredi, il s’est adressé à un public très nombreux, massé aux alentours de son domicile et composé de fidèles musulmans issus de toutes les tarikhas, pour passer en revue les qualités de Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine.

Il s’est surtout appesanti sur l’esprit d’ouverture du défunt Khalife général des tidianes, sur son sens de la diplomatie et son implication dans les affaires de la Cité et de la Oummah islamique. Le guide spirituel de la sainte famille de Serigne El Hadj Madior Cissé, du dahira Mutahabina Filahi (ceux qui s’aiment en Dieu), a présenté ses condoléances les plus sincères à la sainte famille de Tivaoune, à toute la Tarikha tidiane et au nouveau Khalife, en lui souhaitant une longue et une pleine réussite dans la nouvelle mission qui lui est dévolue.

Il a conclu son témoignage au sujet de Serigne Abou Aziz Sy, rappelant que cette figure emblématique de la tarikha tidiane au Sénégal « s’était non seulement rangée dans l’adoration d’Allah, mais elle était d’une courtoisie légendaire et qu’entre eux, existait une complicité spirituelle ».

Mb. Kh. DIAGNE

Suite à la disparition du Khalife général des tidianes, Serigne Cheikh Thioro Mbacké, porte-parole du Khalife général des mourides, a apporté un témoignage sur le chef religieux et présenté les condoléances de la communauté mouride à la famille de Tivaouane.

« A son accession au khalifat, Serigne Abdoul Aziz Sy « Dabakh », son homonyme, en guide éclairé, l’avait appelé à ses côtés pour les valeurs et vertus qu’il incarnait. Il lui confia toute la gestion des affaires de la grande famille de Mame El hadji Malick Sy. Il a su assurer la responsabilité qui lui a été confiée sans faiblesse, avec toute la rigueur nécessaire. Il n’a jamais varié dans son langage véridique. Très diplomate mais cela ne l’a jamais empêché de rester constant sur ses positions. C’est ce grand homme que le Sénégal et toute la Oummah Islamique viennent de perdre. Au-delà de la Tarikha tidiane et la voie soufi, c’est Touba qui est la plus orpheline. Personne n’ignore les relations entre Touba et Tivaouane, nous avons le même sang, et entretenons des relations exemplaires à tout point de vue. A l’accession de Cheikh Sidy Mokhtar Mbacké au Khalifat, Al Amine s’est employé à jouer les émissaires entre Serigne Mouhamadou Mansour et Touba, entre Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy et Touba. Aujourd’hui, les relations entre Touba et Tivaouane sont devenues plus fortes, plus consensuelles, plus belles.

Hier seulement, comme à son habitude, à chaque apparition du croissant lunaire, Pathé qui est un de ses proches collaborateurs, avec qui je m’entretiens souvent, m’a appelé pour me dire que « Serigne bi Nena naka werr Wi ? » (Qu’en est-il de l’apparition du croissant lunaire ?). Ceci est un pan de l’humilité et des vertus du saint homme ». Serigne Cheikh Thioro a aussi rappelé la visite d’Al Amine sous le magistère d’El hadji Mouhamadou Lamine Bara Mbacké Fallilou. Le Khalife général des mourides d’alors, lui fit savoir sa volonté de communion de la communauté islamique, qu’il n’y ait plus de divergence pour agir ensemble et parler d’une seule voix. Il poursuit : « Serigne Abdou Aziz me dit que vous êtes une référence et si vous nous dites de faire, nous agirons conformément sans arrière-pensée. Il est une référence, non seulement pour tous les chefs religieux, mais aussi pour tous les musulmans, je l’ai estimé et je me rendais souvent auprès de lui et sa famille aussi n’ignore pas les rapports que nous entretenions. « Vous êtes mon ambassadeur à Touba », c’est la dernière phrase qu’il m’a adressée.
Ainsi nous présentons nos sincères condoléances à toute la famille Sy et prions que le Tout Puisant lui accorde le paradis ».

Mamadou DIEYE

Pour sa part, Serigne Issa Laye Thiaw, fils aîné du Khalife des Layènes a soutenu qu’Al Amin lui accordait une considération remarquable. « Serigne Cheikh Tidiane Sy, son fils, m’a appelé pour m’annoncer la triste nouvelle.

Son père me confiait des missions. Il avait une dimension sociale. C’est à l’âge de 16 ans que son père et guide Serigne Babacar Sy lui a confié des missions. Il exhortait les jeunes à s’éduquait pour perpétuer le legs de son grand-père El hadji Malick Sy », a dit le fils d’El hadji Abdoulaye Thiaw Laye.

Il compte se rendre demain (aujourd’hui) dans la ville sainte tidiane, le président du comité de l’Appel des layènes affirme que le défunt porte-parole de Borom Daradj l’associait aux symposiums sur la tidjaniya, organisés par la jeunesse malikite de Dakar.

S. M. Sy CISSE

Comme son ami, père et homonyme, Mame Abdoul Aziz Sy Dabakh, en 1997, Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine a choisi ce mois de septembre pour tirer sa révérence. Presque sur la pointe des pieds. Pendant que la plupart d’entre nous étaient encore dans les bras de Morphée. Tous les Sénégalais se sont réveillés hier en apprenant la triste nouvelle des chaînes de radios et télévisions. Cette disparition brutale (6 mois après avoir succédé à son frère Serigne Cheikh Tidiane Sy Al Makhtoum) du 6ème khalife d’El Hadj Malick, a plongé le pays dans une profonde tristesse. On le savait tous affaibli et malade, mais il continuait à remplir sa lourde charge qui était d’unir la famille d’El Hadj Malcik en l’absence de ses aînés. Un rôle qu’il a pleinement assumé avant même qu’il n’accédât au khalifat. Bras droit de son père, Serigne Babacar Sy (1885-1957), il est nommé porte-parole de la famille avec Serigne Abdoul Aziz Sy Dabakh. Sa complicité avec Serigne Mansour Sy Borom Daradji était connue de tous et durant les cinq années de khalifat de Serigne Cheikh Tidiane Sy Al Makhtoum, il était le point focal de la famille. Notamment en période de gamou, quand il devait recevoir toutes les délégations venant de divers horizons. Plus d’un demi-siècle durant, il a été au service de sa famille dont il a su maintenir la cohésion et l’unité durant les moments de troubles inéluctables à toute organisation humaine.

Au-delà de Tivaouane, Serigne Abdoul Aziz Sy était cet homme de dialogue, d’ouverture et de consensus qui a beaucoup appris auprès de ses pères. Notamment de son homonyme Serigne Abdoul Aziz Sy Dabakh. Ce dernier prenait, à chaque fois, la parole pour appeler au calme et à la sérénité, chaque fois qu’une tension était perceptible dans le landerneau politique ou sur le plan social. Al Amine avait suivi ses pas dans ce sens. A tel point qu’avec lui, Tivaouane était le lieu où l’on pensait pour apporter des solutions aux problèmes liés au dialogue politique, aux grèves et revendications des travailleurs qui se sentaient lésés ou privés de leurs droits. Plusieurs fois, il a joué son va-tout pour dénouer une situation politique complexe. Tel était Serigne Abdou. Vis-à-vis de ses pairs des autres confréries, il a su maintenir de bonnes relations empreintes de respect et de cordialité pour le plus grand bonheur des fidèles tidianes, mourides, layènes ou niassènes. Récemment, il a rendu visite à son frère et khalife général des mourides Serigne Cheikh Sidy Moukhtar Mbacké. Une belle image qui renvoie à celle de Serigne Abdoul Aziz Sy Dabakh avec Baye Lahate quand ils étaient tous deux khalifes des deux familles religieuses. Serigne Abdou nous aura donc appris ce que son défunt père et homonyme, Abdoul Aziz Sy Dabakh, lui a inculqué à savoir la bonté envers chacun, la générosité, l’ouverture et la sauvegarde de l’intérêt du Sénégal. Enseignant de profession, l’ancien khalife des tidjianes nous a donnés bien des leçons à méditer. Pour la vie.

 

Le rappel à Dieu de Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine, hier, est une immense perte pour le Sénégal, à jamais sevré des adresses limpides de ce guide religieux qui aimait rappeler aux croyants de tous bords que « seul Dieu doit être l’objet de leur adoration et de leur soumission ». De son vivant, le sixième khalife général des Tidianes ne cessait aussi d’exalter l’amour, le travail et l’écoute réciproque, ces autres formes de dévotion.

Avec la disparition de Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine, après seulement six mois de khalifat, c’est toute la communauté musulmane qui est en deuil. Les croyants de notre pays connaissaient ses thèmes favoris : unicité de Dieu ; conformité à la charia et à la sunna ; union des cœurs et des esprits ; cohésion sociale ; solidarité nationale. Petit-fils de Mawdo Malick, le plus grand propagateur de la « tarikha » tidiane en Afrique subsaharienne, fils de Khalifa Ababacar Sy, un intendant des mystères de Dieu, Al Amine, disparu à l’âge de 89 ans, est un produit de l’université islamique de Tivaouane. Formé dans ce creuset de l’excellence, il en est sorti, repu de nourritures spirituelles, surclassant bon nombre de ses contemporains en matière de connaissances, d’enseignements, de générosité et de bienfaisance.

D’une urbanité exquise que l’on ne retrouve que chez ceux qui ont eu un long commerce avec la prestigieuse culture islamique, d’une surprenante érudition qui fait voler en éclats les barrières entre la gnose mystique et la connaissance de ce monde, Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine, porte-parole de tous les khalifes généraux qui l’ont précédé dans cette charge, fut un exemple de civilité, d’humilité et d’amabilité. Sa vaste connaissance, ses analyses pertinentes des tourments qui secouent notre monde contemporain, lui ont valu l’admiration de tous ceux qui ont eu l’occasion de le rencontrer. Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine n’était point ce rédempteur insensible aux angoisses qui habitaient ceux dont il avait la tâche d’orienter les âmes vers Dieu. Ce n’était pas non plus un homme qui se situait dans un univers éthéré, méprisant les contradictions de ce bas-monde.

Son extrême sensibilité au devenir des âmes avait fait de Serigne Abdoul Aziz Sy un homme, au plus haut point, touché par les problèmes qui se posaient quotidiennement à ses fidèles. Il ne cessait de nous rappeler que « l’Islam, en plus d’être la voie du salut, est une morale de tous les jours. Il est un comportement, une conduite que l’on doit adopter même dans ses actes les plus anodins ». Pour faire passer un tel message dans les esprits de tous ses contemporains, Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine ne ménageait pas son temps. Son bloc-notes était, avant et pendant ses charges de khalife général des Tidianes, plein de dates pour des conférences qu’il tenait partout où les fidèles interpelaient sa science pour mieux suivre les voies menant au royaume de Dieu. Bref, il parcourait inlassablement le pays, comme un pâtre, pour semer la bonne graine. De l’espacement des naissances à la définition de la conduite la plus propre au serviteur du prophète Mouhamad (Psl) dans les domaines économique, politique et culturel, Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine n’a rien laissé au hasard des passions. Il a toujours défini, avec la méticulosité d’un exégète averti des textes coraniques, les comportements que doit adopter le fidèle hanté par la noble obsession de servir Allah et uniquement Lui. C’est avec la même dévotion qu’il s’occupait de l’organisation du Maouloud, cette occasion majeure pour les musulmans de louer, dans la ferveur, les actions du prophète Mouhamad (Psl). Ayant voyagé aux quatre coins du monde, il aimait le Sénégal plus que tout. Il disait qu’il était bien dans son pays, partagé entre ses « daaras » (centres de formation religieuse), ses champs-écoles et les grandes conférences.

Partisan du dialogue et de la « diplomatie des petits pas et des petites phrases », il a toujours recherché les solutions consensuelles débouchant sur des compromis dynamiques. Sa méthode, sa démarche consistait à faire en sorte qu’il n’y ait ni vainqueur, ni vaincu ou plutôt un seul vainqueur, en l’occurrence le Sénégal qu’il aimait tant et défendait tant, mais aussi qu’il honorait par ses idées et sa lumineuse pensée. Le défunt guide spirituel des Tidianes était un faiseur de paix, un exemple de tolérance, une garantie de la stabilité et un refuge pour tous ceux qui ont soif de justice et qui souffrent parfois de la marginalisation qui pénalise et paralyse les « sans-voix ».

Par Cheikh Aliou AMATH

Choc et stupeur. C’est ce qu’a ressenti, hier, tout le pays, à la suite du rappel à Dieu de Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine, khalife général des Tidianes. Arrivé à la tête du califat, il y a seulement six mois, après la disparition de son grand-frère Cheikh Tidiane Sy Al Makhtoum, il fut un guide religieux qui jouait un rôle particulièrement important au Sénégal et dans la Oumah islamique.

Le fait d’avoir été le porte-parole de tous les khalifes généraux de la confrérie qui l’ont précédé est une indication sur les qualités de rassembleur et de diplomate qui ont été décelées en lui très tôt par son père Serigne Babacar Sy et confirmées par ses différents successeurs. Ce n’est donc pas pour rien qu’il était appelé Al Amine (celui à qui on peut faire confiance) dans la famille d’Elhadj Malick Sy, au sein de laquelle, le défenseur infatigable de la tarikha tidiane et de l’Islam portait sa mission d’œuvrer pour l’unité des Tidianes, des confréries et la paix sociale comme un sacerdoce. Modeste, très érudit, d’une grande urbanité et connaissant profondément la société sénégalaise, Serigne Abdoul Aziz Sy Al amine entretenait de très bonnes relations avec toutes les familles religieuses du pays et avec l’Église à travers le dialogue islamo-chrétien qui avait reçu sa caution. Les différents témoignages ont magnifié cette qualité qu’il partageait avec son homonyme Elhadj Abdoul Aziz Sy Dabakh. Sur le plan international, il a toujours représenté dignement et avec justesse le Sénégal dans les conférences internationales auxquelles il participait, donnant à l’Islam sénégalais une image respectable.

Ses interventions toujours remarquables et pleines de sagesse ne se limitaient pas seulement à la sphère religieuse mais elles touchaient à tous les problèmes que vivaient notre société. Qu’il s’agisse de politique, d’éducation, d’insécurité, de conflits sociaux… Serigne Abdou Aziz Sy Al amine a toujours joué sa partition en raisonnant les uns et les autres, mieux, il lui arrivait souvent de se déplacer, lui-même, ou de recevoir les protagonistes pour qu’une solution soit trouvée. En cela, il était un médiateur social qui manquera au pays dans le futur. Après le rappel à Dieu de Serigne Abdoul Aziz Sy Dabakh en 1997, qui était le rassembleur incontesté du peuple sénégalais, Al amine avait pris le relais et ne se lassait pas d’appeler ses compatriotes à rester sur le droit chemin, à respecter les préceptes religieux, au patriotisme pour préserver les fondements de notre société. Bien qu’étant guide religieux, il avait une grande ouverture d’esprit et analysait, avec une étonnante profondeur intellectuelle, les grands problèmes de notre époque. C’est pourquoi, même s’il était intraitable sur la défense de l’Islam, il fut un progressiste sur beaucoup d’autres questions sociales.

Grand agriculteur, il appelait les jeunes à un retour à la terre car, disait-il, l’agriculture est le moteur du développement.
Dernièrement, il avait dénoncé le massacre des Rohingyas en Birmanie et appelé la Oumah islamique à se mobiliser pour leur défense, appel qui a été répercuté, mercredi, par le président Macky Sall, à la tribune des Nations-Unies.

C’est donc cet homme d’une stature exceptionnelle, ce berger du peuple, cette voix de la sagesse et de la paix qui s’est tue pour toujours. Mais son exemple et ses enseignements doivent continuer à inspirer notre peuple.

Jusqu’à son dernier souffle, il s’est posé en défenseur « résolu » de la tarikha tidjane. N’hésitant jamais à « croiser le fer » avec les contempteurs de la voie tracée par Cheikhoul Abbass Cheikhna Cheikh Ahmed Tidjane Chérif (Rta), Abdou Aziz Sy « Al Amine » a porté, sur ses frêles épaules, le lourd héritage d’El Hadj Malick Sy, de Khalifa Babacar Sy et de son homonyme, Abdou Aziz Sy « Dabakh ».

« Vous devez être fiers de ce que les anciens vous ont légué. C’est un bel héritage. La voie du salut pour les musulmans », répétait-il inlassablement à la communauté des talibés tidianes qui lui vouait un respect sans faille et plaçait en lui une confiance sans la moindre craquelure. Al Amine (celui qui est digne de confiance) n’a pas usurpé l’estime des tidianes. Il a forcé le respect et conquis l’affection des responsables et disciples de la tarikha. Le jour de son intronisation, après le rappel à Dieu de son illustre aîné, Cheikh Tidiane Sy « Al Makhtoum », toute la famille d’El Hadj Malick Sy, en rang serré, a tenu à lui manifester son affection et son engagement à l’accompagner dans son nouveau sacerdoce.

Un juste retour des choses tant il aura été, toute sa vie durant, au service des khalifes généraux de Tivaouane. Il a, en effet, été la cheville ouvrière de la famille Sy. Son emblème. Il a été la couleur de cette famille. Sa forme. Son idée. Il a creusé son sillon à l’ombre des grands hommes qui ont dirigé la tarikha, l’homme de confiance, le réunificateur de la famille d’El Hadj Malick Sy. Porte-parole des khalifes généraux depuis Abdou Aziz Sy « Dabakh », Al Amine s’est, tout au long de la soixantaine d’années durant laquelle il a rempli cette fonction, toujours considéré comme un simple « disciple » et a toujours refusé de se comporter en chef religieux. Aux guides religieux qui font asseoir à terre leurs disciples alors que des chaises sont disponibles, il aimait rappeler la non-conformité d’un tel comportement avec la tradition mohammadienne. « L’Islam est l’école de l’humilité », enseignait-il lors de ses différentes sorties.

Discret bienfaiteur
Selon des témoignages confirmés par nombre de ses proches, Al Amine trouvait son bonheur dans le partage. Il donnait sans compter. Il dépensait plus de 30.000 FCfa par jour uniquement destinés à l’achat du pain pour les talibés de ses différents daaras. Il prenait en charge beaucoup de familles, envoyait à La Mecque beaucoup de personnes et achetait un nombre incalculable de moutons qu’il distribuait à la veille de la tabaski. Un discret bienfaiteur qui abhorrait l’ostentation. Fier de sa collaboration désintéressée, « Dabakh » lui aurait un jour confié sa satisfaction en ses termes : « Jamais tu n’envieras une personne ici-bas ».

Cette mission d’unificateur, il l’a pleinement jouée dans les différentes crises qui ont secoué notre pays. La dernière en date dans laquelle il s’est employé, c’est le bras de fer qui opposait, en 2016, le gouvernement et les enseignants. Une crise qui a failli dégénérer avec la menace du gouvernement de radier près de 5.000 enseignants de la Fonction publique. C’était dans un communiqué que le gouvernement avait menacé de radier tout bonnement de la Fonction publique ceux qui ne rendront pas les notes des élèves et continueront de bouder les conseils de classe. Mais fort de sa mission d’unificateur, celui qui était à l’époque porte-parole du Khalife général des Tidianes, Serigne Cheikh Tidiane Sy Al Maktoum, parvient à circonscrire le feu en accordant une audience aux enseignants. C’est au cours de cette rencontre que l’homme de Dieu a appelé au téléphone le président de la République pour obtenir de lui qu’il revienne sur sa position. De la même manière, il réussit à faire revenir les enseignants à de meilleurs sentiments.

L’homme a toujours proposé une sorte de thérapie pour résoudre la tension sociale au Sénégal avec les grèves des syndicats d’enseignants, de santé et de justice : anticiper pour désamorcer les conflits sociaux. « Il faut prévenir les malentendus au lieu d’attendre que ça brûle pour venir en sapeur-pompier. Il faut toujours s’asseoir ensemble pour discuter jusqu’à avoir un consensus, un pays doit vivre dans un dialogue permanent ». Il avait bien appris de son homonyme « Dabakh » dont il a repris le flambeau de régulateur social.

Par Sidy DIOP

A Kaolack, dans la famille Kanène de Sokhna Astou Kane, mère d’Al Amine et épouse du premier Khalife des Tidianes, la tristesse et la désolation se lisaient sur tous les visages, à l’annonce du rappel à Dieu du 6e khalife de Maodo, Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine. Une nouvelle reçue aux environs de 5 heures par téléphone, selon Serigne Ahmad Takhiyou Kane, imam Ratib de la mosquée de Leona Kanène et qui a été accueillie avec une profonde et grande tristesse à Kaolack. Une délégation s’est rendue à Tivaouane pour assister aux obsèques.

Comme partout au Sénégal, la douleur est vive. La famille d’Abdou Hamid Kane, l’une des premières installées dans la capitale du bassin arachidier, a perdu un guide religieux certes, mais aussi et surtout un de ses membres des plus prestigieux, en la personne du khalife qui vient de disparaître. En fait, Al Amine est le fils de Sokhna Astou Kane, fille de Serigne Hamid Kane et épouse de Serigne Babacar Sy, premier khalife d’El Hadj Malick Sy. Sokhna Astou Kane est la sœur de Serigne Ousmane Kane, de Serigne Cheikh Kane et de Sokhna Fatou Kane, tous enfants d’Abdoul Hamid Kane. Selon l’imam Souleymane Kane, 4e khalife d’El Hadj Hamid Kane, « la première rencontre entre El Hadji Malick Sy et El Hadj Hamid Kane s’est déroulée à Pout. Et depuis, les deux érudits ne se sont jamais quittés ». Et d’ajouter : « El Hadj Malick Sy disait toujours qu’avec la présence d’un érudit à la dimension d’Abdoul Hamid Kane, il n’avait pas besoin de venir à Kaolack. Selon l’imam, ceci témoigne de la lourdeur de la perte de l’homme qui vient de disparaître. Ce dernier, selon les nombreux témoignages à Kaolack, fut « un bienfaiteur doublé d’un grand unificateur ». Serigne Ahmad Takhiyou Kane, imam Ratib de la mosquée de Leona Kanène, a prié pour le repos de l’âme du défunt. A rappeler que l’imam a été confié par son père à Serigne Abdou pour apprendre le coran et les sciences religieuses. Il avait 2 ans.

Mouhamadou SAGNE

Mgr Benjamin Ndiaye a présenté, hier, à l’archevêché de Dakar, les condoléances de l’Église à la confrérie Tidiane à la suite du rappel à Dieu de Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine. Le défunt est décrit comme « un homme de consensus, éloquent et qui avait les mots justes pour trouver des solutions aux problèmes ».

« C’est avec peine que j’ai appris, ce matin, le rappel à Dieu du Khalife général des Tidianes, Abdoul Aziz Sy Al Amine, à qui j’avais eu l’occasion de rendre visite le 21 mars dernier. C’était pour lui présenter les condoléances, à l’occasion du rappel à Dieu de son prédécesseur », a déclaré, hier, Mgr Benjamin Ndiaye sur un ton empreint de tristesse. Peiné par le rappel à Dieu de Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine, il a présenté les « condoléances attristées » de l’Église sénégalaise à la confrérie Tidiane qui vient de perdre son guide religieux.

Selon l’Archevêque de Dakar, « c’est difficile de vivre des morts si rapprochés », faisant allusion au décès de son prédécesseur. « En présentant mes condoléances attristées à la confrérie tidiane, je prie pour que le Seigneur, dans sa miséricorde, accueille l’illustre défunt dans son Paradis », a dit le prélat. « Au nom de l’ensemble des évêques du Sénégal, en particulier de Mgr André Guèye, chargé des relations islamo-chrétiennes, nous partageons la douleur et exprimons à la communauté Tidiane et aux Sénégalais, en général, notre solidarité », a ajouté Mgr Ndiaye.

Il a rappelé que le défunt était « un homme intelligent, éloquent et qui avait une bonne intelligence des situations ». « En recevant la délégation de l’Église, le 21 mars dernier, pour les condoléances de son prédécesseur, Abdoul Aziz Sy Al Amine avait démontré cette intelligence à travers ses bonnes paroles », a-t-il poursuivi, soulignant que le défunt avait mis cette intelligence au service de son peuple parce que, prêchant, durant toute sa vie, la bonne parole et en orientant les Sénégalais vers le chemin de la droiture et de la fidélité à Dieu ». L’archevêque de Dakar a formulé des prières pour que le Seigneur le récompense de « tout ce beau travail ». Il a prié aussi pour que le défunt fasse partie « des élus du Paradis de Dieu ».

Eugène KALY

Hier, la ville sainte de Tivaouane s’est réveillée dans la douleur. La communauté Tidiane du Sénégal venait de perdre en l’espace de six mois, deux illustres guides religieux. Il s’agit de Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy Al Makhtoum et de Serigne Abdou Aziz Sy Al Amine qui est retourné à Dieu dans la nuit du jeudi au vendredi aux environs de 2 heures.

Une nouvelle qui a vite fait le tour du Sénégal car, dès les premières lueurs du jour, les « talibés » ou adeptes se sont rendus à Tivaouane pour aller lui témoigner leur sympathie. Déjà, aux environs de 9 heures, toutes les issues menant vers l’esplanade des mosquées étaient remplies de monde. Hommes, femmes, enfants, adultes, personnes vivant avec un handicap ont tenu à assister à la prière mortuaire et à l’inhumation de leur guide religieux, Serigne Abdou Aziz Sy Al Amine.

Au rythme de récital du coran, du «Wasifa » et des prières psalmodiées avec des chapelets ont ponctué les préparatifs pour l’inhumation du Khalife général des Tidianes aux environs de 11 heures. Des instants pesants ou l’adrénaline a monté chez les adeptes. Ceci , juste à la fin de la prière mortuaire dirigée par Serigne Mbaye Sy Mansour, devant la mosquée Khalifa Ababacar Sy.

Désormais , Al Amine repose à l’Est de la mosquée où se trouve son père, Khalifa Ababacar Sy, qui est retourné à Dieu en 1957. Et comme son parrain ou « Touraundo » Serigne Abdou Aziz Sy Dabakh (décédé le 14 septembre 1997), Al Amine s’est éteint ce mois de septembre 2017.

Du côté des populations, au-delà de sa dimension spirituelle reconnue par tous ceux qui l’ont approché, retiennent de lui ses qualités d’homme simple et sensible aux conditions sociales des autres. Selon Ababacar Sarr qui soutient être venu apprendre le Coran à l’âge de 5 ans à Tivaouane, Al Amine savait écouter tout le monde et d’ailleurs au cours des audiences qu’il accordait, il savait conseiller, réorienter, encourager et au besoin, mettre la main à la poche pour motiver les gens. « Ceci est la marque des grands hommes et il le fut ; que la lumière de Dieu l’accompagne », a-t-il confié entre deux soupirs.

Aussitôt, Ibrahima Lô embouche la même trompette. « Nous venons de perdre, en la personne de Al Amine, un véritable régulateur social, un homme qui a couvé des milliers et des milliers de familles dans la discrétion et avec plaisir », a-t-il témoigné. Pour ce fils d’un ami du défunt Khalife, leur père est retourné à Dieu depuis quasi une vingtaine d’années mais depuis lors, à chaque fête de Tabaski, il leur envoie un gros bélier en disant qu’il le dédie à leur père disparu. « Dieu sait que, nous tous, ces enfants réunis n’avons pas les possibilités financières de payer un tel bélier », a-t-il ajouté. Pour les adeptes, parents et amis, Serigne Abdou Aziz Sy Al Amine repose pour l’éternité à l’Est du mausolée de son père et guide, Khalifa Aboubacar Sy. Al Amine s’est éteint à l’âge de 90 ans en ce premier jour du premier mois de l’an musulman. Au moment où le président Macky Sall présentait ses condoléances à la famille Sy, les adeptes avaient démarré les évocations du vendredi après-midi communément appelé ‘Khadratoul Dioumah ».

Mbaye BA

Toutes les familles religieuses du Sénégal ont envoyé des délégations présenter leurs condoléances à Tivaoune. A l’arrivée du président de la République, elles étaient toutes présentes. Ainsi, on a noté, entre autres, la présence de Thierno Madani Tall, Cheikhou Omar Tall, représentant Thierno Bachir Tall, Tafsir Sakho de Nguékhokh, Serigne Ousmane Ngom de Mpal. A signaler que le khalife général des mourides, Cheikh Sidy Mokhtar Mbacké, a dépêché son porte-parole, Serigne Bass Abdou Khadre. Il était à la tête d’une forte délégation pour «magnifier les relations exceptionnelles empreintes de fraternité, de respect et de complicité avec Al Amine».

Prenant la parole au nom de la famille Sy, Pape Malick Sy a, tout d’abord, rappelé aux fidèles et à l’assistance que tout croyant doit accepter la décision divine sans se poser de question. Il a révélé une partie des dernières recommandations du défunt khalife général, Serigne Abdou Aziz Sy Al Amine. Pape Malick Sy a rapporté qu’au cours d’une de leurs dernières rencontres, le khalife lui a d’abord entretenu de questions relatives à la famille car il savait que tout ce qu’il lui demande il le ferait avec l’aide de Dieu. Il a indiqué qu’il en était ainsi avec Serigne Cheikh Tidiane Sy dont toutes les recommandations ont été satisfaites. A la suite de la famille, Pape Malick Sy a révélé que Al Amine lui a d’abord dit qu’il faut que la famille ne perde pas de vue le président Macky Sall. Sans donner de détails, il a ajouté que tout ce qu’ils se sont dit n’est pas à dire mais à faire. Il a ajouté que le président Macky Sall, adopté par la famille Sy, est venu chez lui. Son déplacement contribue à apaiser les esprits et les cœurs dans ces circonstances. Après les remerciements au président Sall, Pape Malick Sy a porté un témoignage de reconnaissance au professeur Habib Sy et à ses collègues médecins, les docteurs Ndoye, Bâ et Sakho. Cette équipe médicale s’est relevée jour et nuit pour assister le Khalife durant ces derniers jours. Pape Malick Sy a salué leur dévouement et leur engagement qui n’ont eu de limite que la volonté divine.

Envoyés spéciaux Mbaye Sarr DIAKHATE et Mbaye BA (textes)
et Pape SEYDI (photos)

Serigne Mbaye Sy Mansour a pris la parole pour saluer le geste du président de la République. Il a renforcé les remerciements déjà adressés au président de la République par Pape Malick Sy pour son apport décisif dans le projet de construction du complexe dédié à Seydi El Hadj Malick Sy. Le guide religieux a indiqué que les actions accomplies par le président Sall ne peuvent pas être nulles, elles sont là bien visibles et s’imposent à tous comme une réalité. Serigne Mbaye Sy Mansour a conclu son propos en donnant rendez-vous, demain, pour la cérémonie du 3ème jour où la famille de Seydi El Hadj Malick Sy va délivrer son message. Il a invité les fidèles à la discipline et au respect des recommandations. Il a souligné que si quelqu’un parle dans la famille, c’est comme si c’est tout le monde qui a pris la parole. Serigne Mbaye Sy Mansour a déclaré qu’il n’y a pas place pour un fils dans les relations entres les différentes frères dans la famille de Seydi El Hadj Malick Sy. Car pour lui, leur intérêt, leur avantage, leur quiétude, leur honneur, résident dans leur unité, leur concorde.

Envoyés spéciaux Mbaye Sarr DIAKHATE et Mbaye BA (textes)
et Pape SEYDI (photos)

Lors du Comité régional de développement (Crd) tenu à Diourbel et portant sur les préparatifs du Grand Magal, toutes les questions ont étépassées en revue.

Le Comité de développement régional (Crd) spécial sur la préparation et l’organisation du Magal de Touba s’est tenu mercredi à la gouvernance de Diourbel sous la présidence du gouverneur, Mamadou Moustapha Ndao et du porte-parole du Khalife général, Serigne Bassirou Mbacké Abdou Khadre et de plusieurs guides religieux et chefs de services régionaux. La méthodologie de travail utilisée est partie d’une présentation faite par le préfet de Mbacké Mamadou Lamine Mané. Il a passé en revue tous les secteurs clés de cet évènement. Nous avons des axes et domaines d’intervention, les stratégies, moyens et besoins attendus en ressources pour réaliser ces actions ».  Dans le domaine de la sécurité, la jonction des forces de défense et de sécurité (police et gendarmerie), les mesures de prévention, d’intervention et de sécurisation avant, pendant et après le Magal, sont bien planifiées. Chaque corps, en rapport avec ses autorités, validera les décisions et proposera les effectifs conformément aux attentes. Au cours des échanges, dans un contexte de menaces de la question de sécurité, de surveillance des sites criminogènes, accidentogènes et la quiétude du pèlerinage a été soulevée, les officiers de la gendarmerie, de la police et des sapeurs-pompiers ont tous donné des assurances pour une exécution ferme des consignes de leurs supérieurs pour un Magal normal. L’Ageroute est saisie pour réparer les routes et nids de poule sur les axes Thiès-Touba. Les escadrons sont mobilisés, les moyens déployés, les plans de communication peaufinés, les macarons de laisser-passer doivent être conçus et livrés à temps pour permettre aux différents éléments de faire leur travail.

Des préparatifs jusqu’ici bien menés mais des doléances sont exprimées par le porte-parole des Mourides, Serigne Bass, et Serigne Ousmane Mbacké du comité d’organisation du Grand Magal de Touba. Parmi les urgences, le désencombrement des voies publiques et le déguerpissement des occupations anarchiques, l’état de certaines routes à Touba, l’éclairage public, l’extension du réseau électrique et hydraulique dans les nouveaux quartiers, les télécommunications et le débit de connexion à Internet, la mise à disposition de camions cureurs pour l’assainissement, l’eau, l’électricité sont des préoccupations soulignées par les organisateurs. Des réponses ont été apportées par les différents responsables présents à cette rencontre qui a duré plusieurs tours d’horloge à Diourbel.

L’appel pour une synergie des acteurs a été lancé. Il s’impose pour un bon déroulement du Magal et des dispositions idoines sont prises pour le contrôle de l’élevage, ante ou post mortem, l’abattage des animaux, le contrôle des produits alimentaires par le service du commerce. L’action éducative en milieu ouvert pour les enfants égarés a, selon selon son directeur, remis aux parents 450 enfants perdus ou malades. La protection sociale, les eaux et forêts, les mouvements associatifs, l’université Alioune Diop de Bambey, la Croix-Rouge, les chauffeurs et transporteurs, les bénévoles, devraient poursuivre leurs réunions sectorielles par une bonne articulation avec les commissions du Comité d’organisation afin d’atteindre le seul objectif: réussir l’organisation et la participation au Magal de Touba.

Mamadou Aicha NDIAYE et Mamadou DIEYE

 

La Sococim a octroyé 15 tonnes de ciment à l’Amicale des femmes du « Soleil » pour la réhabilitation du mûr de clôture du cimetière de Hann Village. La société Super Céramique a, aussi, fait un geste en donnant à l’amicale 100 m2 de carreaux.  

L’Amicale des femmes du quotidien national « le Soleil » a reçu, hier, de la Sococim 15 tonnes de ciment pour son programme de réhabilitation du cimetière de Hann Village. Un don qui, selon la présidente de l’amicale, Mme Fatou Ly Sall Croquette, est arrivé à son heure. Ainsi, à la veille de la réception de ce présent de Sococim Industries, une partie du mur du cimetière s’est affaissée. « C’est avec une grande tristesse que nous avons vu cette partie du mur céder sous nos yeux. On ne le pensait pas de sitôt », dit Mme Croquette, très peinée. En plus de ces 15 tonnes de Sococim Industries, l’Amicale des femmes du Soleil a aussi obtenu de Super Céramique 100 m2 de carreaux. Après ces deux premiers gestes, Mme Fatou Ly Sall Croquette attend encore le soutien d’autres partenaires pour pouvoir démarrer les travaux de réhabilitation du cimetière de Hann Bel-Air.

Cependant, après l’affaissement d’une partie du mur, elle informe que l’Amicale des femmes du quotidien national « le Soleil » va rencontrer, dès ce lundi, la municipalité de Hann Bel-Air pour voir comment, dans l’urgence, mettre des tôles ondulées sur cette partie en attendant le début des travaux. « L’urgence est là. Au mois d’octobre, nous allons démarrer les travaux. Nous attendons la séance de travail avec l’équipe municipale pour déterminer à quelle date exacte nous allons commencer les travaux », dit-elle.

Aliou Ngamby NDIAYE

Les femmes de l’espace Sénégal, Gambie, Guinée-Bissau ont décidé, avant-hier, à Ziguinchor, de se réorganiser en se dotant de statuts et de règlements pour être plus efficaces dans leurs actions en faveur de la paix et de la sécurité. Elles ont posé un premier acte de ce processus en procédant à la formalisation de leur forum (cadre de concertation), avec une signature officielle de textes. Les braves femmes de l’espace Sénégal, Gambie, Guinée-Bissau ont assuré de continuer la discussion en leur sein pour que leur forum soit un instrument de travail au service de la paix, de la sécurité et de la réconciliation dans leurs trois pays. Elles ont tenu à remercier tous ceux qui les ont accompagnées, notamment les partenaires techniques et financiers, les autorités administratives et religieuses, etc.

El Hadj Moussa SADIO

La communauté layène est montée au créneau hier pour fustiger ce qu’elle considère comme une injustice faite à Mbaye Fall, promoteur immobilier, dans le cadre du litige qui l’oppose au collectif des propriétaires de maisons démolies à Gadaye.

«D’abord, nous voulons expliquer haut et fort que ce n’est pas parce que Babacar Fall est des nôtres que nous le soutenons. S’il était avéré qu’il a tort, notre éducation religieuse ne nous permettra pas de le soutenir. Mais, nous avons la certitude que Babacar Fall est le propriétaire légitime du Tf 9952/Dp qu’il a acheté auprès de l’Etat du Sénégal tel que prouvé par des papiers en bonne et due forme», a affirmé Mame Abdoulaye Kébé, porte-parole des souteneurs de Mbaye Fall.

Ce dernier d’ajouter que c’est la raison pour laquelle, la plainte du collectif de Gadaye a été préalablement classée sans suite par le procureur de la République après enquête de la Division des investigations criminelles. Il s’est inquiété du cas d’un certain Mouhamadou Lamine Lam, acquéreur des parcelles numéros 13 et 15, en révélant qu’après avoir porté plainte par citation directe et débouté par le juge Mame Ndianco Ndiaye du tribunal hors classe de Dakar par jugement numéro 562/2014 du 19 juin 2014.

Il s’est vu confier pour complément d’infirmationsla plainte du collectif de Gadaye. «Tous les chefs d’accusation ont été rejetés et il n’a été retenu que la démolition de biens appartenant à autrui. Donc, logiquement, le collectif de Gadaye aurait dû être condamné pour occupation et construction sans droit ni titre sans aucune des autorisations préalables», ajoute-t-il.

Mame Abdoulaye Kébé de rappeler que la démolition a été faite par la Dscos, légalement sur instruction du préfet de Pikine en application de la lettre numéro 307/Rd/Dp du 4 mars 2013. Mame Abdoulaye Kébé considère que cet affront est venu s’ajouter à d’autres dirigés contre la communauté layène et «parmi lesquelles figurent les travaux de l’émissaire de Cambérène». «Les retards dans l’exécution traduisent le manque de volonté politique manifeste de faire disparaître cette forfaiture longtemps vécue par les habitants de cette localité. La mer est tellement polluée que nul n’ose s’y baigner, la pêche se fait en haute mer, sans compter les innombrables problèmes de santé que vivent les populations», mentionne-t-il. Il y a également une «occupation illégale par la gendarmerie des deux hectares de terres à Cambérène à l’ancienne station ionosphérique de française». C’est sur tout cela que Mame Abdoulaye Kébé fonde la décision de la communauté layène de se mobiliser pour porter le combat de Babacar Fall.

Abdou DIOP

 

Le Sénégal a perdu "un de ses remparts les plus solides", avec le décès, ce vendredi matin à Tivaouane, du Khalife général des tidianes, Serigne Abdou Aziz Sy Al Amine, a réagi le président de la République, Macky Sall, à son retour à Dakar, en provenance de New York.


Selon un communiqué de presse parvenu à l’APS, "informé du rappel à Dieu de Serigne Abdou Aziz Sy Al Amine dès l’atterrissage de l’avion qui l’a ramené de New York, le président de la République", a "réagi aussitôt après". Macky Sall, qui vient de participer à la 72e Assemblée générale des Nations unies à New York, a ainsi "décidé de se rendre à Tivaouane cet après-midi à 16h".

Dans le communiqué, le Pôle communication de la présidence de la République souligne que selon le chef de l’Etat, Al Amine a été, "sa vie durant, un chantre infatigable de l’unité nationale, de la cohésion sociale et de la paix des cœurs".

"Entièrement tourné vers son Créateur, il a incarné les valeurs cardinales de l’Islam et celles de notre peuple : la tempérance, le voisinage harmonieux, le dialogue et le respect mutuel."

Selon lui, "d’une ouverture d’esprit rare, Serigne Abdou Aziz Sy Al Amine fut un véritable trait d’union à l’instar de ses illustres devanciers au Khalifat".

"Son magistère a été de courte durée, mais il a illuminé davantage le chemin de toute la communauté Tidiane et raffermi son unité", a encore témoigné Macky Sall.

Et de demander à Allah d’"accorder à ses héritiers la force d’endurer sa disparition et l’énergie nécessaire pour continuer son œuvre."

Le Khalife général des Tidianes Abdoul Aziz Sy Al Amine, décédé vendredi matin, a été inhumé à l’esplanade des Mosquées, à Tivaouane.

La prière mortuaire a été dirigée par le porte-parole de la famille d’El Hadji Malick Sy, Serigne Babacar Sy Mansour, plus connu sous le nom de Serigne Mbaye Sy Mansour.

Né en 1927, il était à la tête du Khalifat depuis le décès de Cheikh Tidiane Sy Al Makhtoum, dans la nuit du 15 au 16 mars 2017, à l’âge de 91 ans.

Il a été le porte-parole de différents khalifes de la confrérie et s’est beaucoup illustré dans cette fonction, par son éloquence et son franc parler.

Source : APS

Nous avons reçu cette précision de l’Agence des aéroports du Sénégal (Ads).

Ce jeudi matin quelques sites d’informations ont fait état d’un incendie qui s’est déclaré à l’Aéroport International Léopold Sédar Senghor. Une information reprise par les réseaux sociaux. Nous vous informons qu’il s’agissait d’un exercice conjoint sur feux réels regroupant les pompiers de l’Asecna, les pompiers des Eléments Français au Sénégal et ceux de l’Armée de l’Air Sénégalaise.

Cela a été déjà notifié aux entités concernées dans une note d’information signée par le représentant de l’ASECNA au Sénégal. L’exercice était donc programmé pour ce jeudi 21 septembre 2017 à proximité de la caserne des sapeurs-pompiers de l’Asecna à l’intérieur de l’Aéroport International Léopold Sédar Senghor.

La défense de Khalifa Sall avait saisi la Cour suprême pour annuler la procédure judiciaire enclenchée après les présumées malversations sur la caisse d’avance de la municipalité. La juridiction de droit a annulé, hier, la requête et prolonge ainsi l’incarcération du député et maire de Dakar. En réaction à la décision, son avocat, Me Ciré Clédor Ly, estime c’est une situation décevante. Commentant la motivation de la Cour, le plaideur argue que c’est la première fois dans l’histoire de la justice sénégalaise qu’on opère un pourvoi en cassation pour un individu dans les liens de la détention et que le juge estime que l’on n’est pas en matière de détention. « Quand la politique entre dans le tribunal, le droit sort par la fenêtre », dit le défendeur, qui augure une saisine des juridictions internationales. Sur le plan politique, Cheikh Guèye, adjoint au maire de Dakar, assure que toutes les stratégies nécessaires seront utilisées pour sortir leur leader de prison. Pour lui, « le combat continue ».

Mamadou Oumar KAMARA
(stagiaire)

 

Les évêques africains ont fait leur déclaration finale mardi au bout de trois jours de conclave. Ils ont ainsi annoncé leur volonté commune de venir en aide aux groupes les plus défavorisés de la société, dans un contexte de guerre, de catastrophes naturelles et de terrorisme.

La deuxième rencontre des évêques africains a été clôturée mercredi dernier par une messe à la Cathédrale de Dakar qui a vu la participation de nombreux chrétiens catholiques. Dans son homélie, son excellence le cardinal Peter Kodwo Appiah Turkson, préfet du Dicastère pour la Promotion du développement humain intégral, a mis l’accent sur la mission des pasteurs de l’Eglise qui est de prendre soin des habitants de la maison de Dieu. Il estime que ces derniers sont les gardiens des valeurs et des comportements dignes du peuple de Dieu. « Nous devons être dignes de confiance afin de favoriser l’implication du peuple de Dieu dans la vie de l’Eglise. En tant que responsables des communautés chrétiennes, nous avons le devoir de cultiver cette qualité », a indiqué le collaborateur du Pape François. Selon lui, les guides religieux que sont les évêques doivent installer des relations de justice, des rapports justes avec toutes les composantes de l’Eglise, famille de Dieu. Aux fidèles, il a recommandé l’écoute de la parole de Dieu l’ouverture d’esprit et du cœur. Le Cardinal Jackson a affirmé que ni le tribalisme et encore moins l’histoire du continent africain ne peuvent être des excuses à cette violence croissante à laquelle l’on assiste. « Le chrétien doit s’inspirer de la parole de Dieu pour agir », a souligné l’évêque. Mgr Peter Kodwo Appiah Turkson présidait la messe clôturant la deuxième rencontre des évêques sur Caritas Africa.  

Alphonse Seck, secrétaire général de Caritas Sénégal, a lu à cette occasion, la déclaration finale devant les nombreux fidèles venus assister à la messe de clôture. Selon lui, des expériences positives et enrichissantes ont été partagées au cours de ces assises et ont donné l’image d’une Eglise en marche et résolument engagée au service de tout homme. « Nous avons eu l’assurance de relire l’encyclique «deus Caritas est» et de comprendre davantage que la charité est centrale à la mission de l’Eglise en tant que communauté de foi et d’amour », a-t-il fait savoir. Abbé Alphonse Seck a encouragé les échanges au sein des églises dans l’hémisphère sud. Car la capitalisation des expériences, la mutualisation des compétences et des ressources ainsi que l’harmonisation doivent se faire à tous les niveaux. Il est à noter également les engagements pris au cours de cette rencontre notamment l’amélioration de la gouvernance des services socio-caritatives en adoptant des textes constitutifs adéquats et en y nommant des personnes compétentes dans ces secteurs.

Un plaidoyer pour une gestion transparente des biens de l’Eglise, surtout s’ils appartiennent aux pauvres. C’est pourquoi il faut des modules de formation aux personnes qui ont en charge la gestion des biens de l’Eglise. Alphonse Seck a aussi appelé à manifester plus d’attention aux problèmes de migration et des réfugiés.

Alioune B. DIATTA et Emmanuela Marame FAYE (stagiaires)

 

Au cours du Crd, Serigne Bassirou Mbacké Abdou Khadre, président du comité d’organisation du grand Magal de Touba, a transmis une recommandation du Khalife général et apporté son point de vue sur certains aspects.   

Confiant et satisfait des engagements pris pour l’organisation d’un bon magal de Touba, le porte-parole du Khalife général des mourides a dit son inquiétude sur l’éclairage déficient de la cité religieuse, de la situation de l’hôpital Matlaboul Fawzeyni et invite à agir conformément à la volonté du Khalife général pour avoir son agrément. Sur le cas de l’hôpital Matlaboul Fawzeyni, Serigne Bassirou Mbacké Abdou Khadre a  noté que depuis près de deux ans, les autorités religieuses se sont attelées à résoudre ce problème. Il a demandé aux autorités de faire le maximum pour réaliser, dans les meilleurs délais, le bâtiment en question dont la fermeture pourrait entraîner des désagréments dans le travail. Il en est de même pour le forage de l’hôpital, même si les techniciens du ministère d’hydraulique ont promis d’y remédier rapidement après constatation des dégâts. Ce travail se fera avec le concours de «Maou Rahmaty» dirigé par Serigne Cheikh Aliou Mbacké et le raccordement de Rahmatoul Ahad à ce forage pour palier le manque d’eau.

Évoquant la fourniture d’électricité, le porte-parole du khalife a reconnu que le maire, Abdou Lahad Kâ, a échangé avec le représentant de la Senelec. Toutefois, il a ajouté qu’il souhaiterait davantage leur implication. « Car les rues de la cité ne sont plus assez éclairées. J’ose espérer que des échanges entre la mairie et la Senelec aboutiront à des progrès importants avant l’amorce de la dernière ligne droite du magal. La clarté de la cité est un élément important pour la sécurité des personnes et des biens, le contraire fait l’affaire des bandits », a-t-il affirmé.

Serigne Bassirou Mbacké Abdou Khadre a aussi transmis une recommandation de Cheikh Sidy Mokhtar Mbacké sur l’urgence de désencombrer les rues de la cité religieuse. « Vous n’êtes pas sans savoir que Touba est une cité de miséricorde. En cela, le khalife agit toujours à l’endroit des habitants avec une bonne dose de cette miséricorde qui est à la base de l’érection de la cité. Toutefois, nous avons à présent des difficultés pour circuler tellement les étals ont envahi les rues. Il suffit de passer par la corniche pour être édifié sur le phénomène qui a pris une ampleur considérable. Toutes les rues sont envahies par des cantines et des boutiques », a dit Serigne Bass. « Et si cela continue sans être organisé, cette miséricorde va entraîner des désagréments. C’est pourquoi Serigne Cheikh Sidy Mokhtar a donné l’ordre au maire Abdou Lahad Kâ, qui, de concert avec le gouverneur et les services compétents, va faire désengorger les rues de la ville », a-t-il indiqué.

Serigne Bass n’a pas oublié les populations de Touba qui doivent aussi contribuer pour atteindre l’objectif du Khalife général, notamment à travers les chefs de village. Pour lui, il s’agit de nettoyer toutes les rues et déguerpir toutes ces implantations anarchiques. Des solutions existent déjà pour le petit commerce car, précise Cheikh Bass, il existe à Touba des marchés déjà bâtis ou réalisés en partie qui pourront abriter ces commerces.

Serigne Bassirou Mbacké Abdou Khadre a, par ailleurs, souhaité que ce «Ndiguël» (recommandation) soit exécuté en dehors du programme du grand Magal. Le «Ndiguël» doit être exécuté dans les meilleurs délais en donnant le temps d’informer les concernés pour rendre les rues plus fluides à la circulation.

Mamadou DIEYE

 

Après Kaolack, le diocèse de Tambacounda se retrouve sans évêque avec la démission de Mgr Jean Noël Diouf. En attendant de trouver une solution, le Pape François a nommé Mgr Jean-Pierre Bassène comme administrateur apostolique le 05 août dernier. L’évêque de Kolda sera chargé d’administrer ce vaste diocèse pour que ses fidèles chrétiens ne se sentent pas orphelins de leur pasteur. Dans cet entretien, Mgr Bassène, conscient de la lourdeur de la mission qu’il l’attend, compte sur le soutien des prêtres, des religieuses et fidèles laïcs pour organiser des choses et mettre en place un plan d’actions qui sera exécuté selon la réalité de la zone.

Vous êtes le nouvel administrateur apostolique du diocèse de Tambacounda, comment avez-vous accueilli votre nomination ?
En effet, depuis le 05 août dernier, le Pape m’a nommé administrateur apostolique du diocèse de Tambacounda suite à la demande de démission de Mgr Jean Noël Diouf acceptée par le saint Père lui-même de son excellence. Il était évêque du diocèse Tambacounda depuis 28 ans. Cette nomination a été une grande surprise pour moi. Mais, après l’émotion, je me suis souvenu qu’un jour, j’ai répondu oui au Seigneur suite à l’ordination presbytérale quand j’étais ordonné prêtre. J’ai dû répondre par trois fois oui. D’autres oui ont pris le relais, notamment mon ordination épiscopale. C’est dans cette perspective que j’ai estimé que ce sont ces oui qui continuent de se dérouler pour le service de l’Eglise.

Vous dirigez déjà un diocèse qui a un caractère rural et vous êtes nommé dans un autre qui a presque le même caractéristique avec un vaste territoire, comment comptez-vous mener cette nouvelle mission ?
Vous avez avait parfaitement raison car qui dit diocèse rural évoque une certaine précarité autant sur le plan matériel qu’autre chose, puisque l’évangélisation veut toucher les couches les plus pauvres. Dans un diocèse rural comme le mien à Kolda, plus un autre comme celui de Tambacounda, ce sont deux pauvres qui doivent se soutenir. Et quand deux pauvres se soutiennent, cela réussi souvent parce qu’ils mettent toute leur générosité pour le faire mais surtout avec le sourire. Nous allons nous aider mutuellement. C’est dans cette espérance-là que j’ai accepté la responsabilité provisoire parce qu’un administrateur est nommé en attendant que l’on trouve un nouvel évêque pour continuer le travail de Mgr Jean Noël Diouf.
 
En attendant comment comptez-vous diriger ce diocèse au plan administratif ?
Je suis d’origine paysanne. Je suis descendu durant toute ma jeunesse dans les rizières et champs de la Casamance. Quand l’on commence à cultiver et que l’on regarde l’étendue du champ, on se décourage. Mais, quand on l’affronte d’une manière méthodique, on s’en sort toujours vainqueur. Je vais mettre en place une organisation et travailler en collaboration avec les religieux et religieuses de même que les fidèles chrétiens. C’est avec ces gens que nous allons dégager les plans d’actions.

Allez-vous vous appuyez sur le vicaire général ou allez-vous nommer un nouveau? Est-ce que c’est ce dernier qui va gérer et vous serez chargé de superviser les choses ?
Le vicaire général est en quelque sorte l’ombre de son évêque. Quand l’évêque titulaire n’est plus en fonction, le vicaire général cesse ses fonctions. L’administrateur apostolique a le loisir soit de reconduire l’ancien vicaire général ou de nommer un autre vicaire général. Toujours est-il que les expériences vécues par Mgr Jean Noël Diouf, avec beaucoup de mérite, ne seront pas perdues de vue. Il a travaillé pendant 28 ans dans ce diocèse. Nous allons essayer de tisser sur le bout de la corde là où Mgr Diouf a laissé le diocèse. Nous n’allons pas faire table rase de ce qui a été vécu jusque-là. Nous allons essayer d’évaluer ce qui a été vécu jusqu’à nos jours dans ce diocèse. Avec l’aide et l’éclairage de l’esprit, nous feront tout pour que ce diocèse continue de marcher sur les pas du Christ.

Cela veut dire que vous allez vous appuyer souvent sur les conseils de Mgr Jean Noël Diouf ?
Oui ! Pour ce qui concerne Tambacounda, nous allons faire l’état des lieux. S’il y a lieu de reconduire le conseil et les autres structures diocésaines mises en place, nous n’hésiterons pas à le faire. Mais, s’il faut changer, nous le feront dans l’intérêt de faire progresser les choses. En tout cas, une fois à Tambacounda, nous allons voir ce qu’il y a lieu de faire en demandant conseil à l’évêque sortant et aux prêtres expérimentés.
 
Est-ce que vous connaissez les prêtres du diocèse de Tambacounda ?
Je connais certains, notamment les plus anciens, parce que nous nous sommes retrouvés dans le séminaire pendant un certain temps. Je suis plus ancien qu’eux dans la mesure où la reprise du séminaire de Sébikhotane s’est faite avec ma promotion. C’est ainsi que je me suis retrouvé au séminaire avec des prêtres du diocèse de Tambacounda. J’aurai une opportunité de connaître le reste des prêtres et de découvrir chacun dans ce qu’il est positivement parce que le prêtre est un consacré. Il est porteur de grâce. Je vais travailler avec tous les prêtres du diocèse parce que chacun est garant de son sacerdoce.

C’est important surtout que vous êtes appelé à affecter certains de ces prêtres en cas de besoin ?
Je ne vais pas aborder ce chapitre-là dans la mesure où effectivement je ne connais pas bien tous les prêtres. Mon projet est de laisser d’abord des choses à l’état. Voir les choses plus claires au fur et à mesure avant d’envisager des affectations. Mais s’il y a une nécessité, on s’adaptera.
 
En cas besoin, est-ce que vous êtes prêt à affecter des prêtres du diocèse de Kolda à Tambacounda ?
Dans la mesure où je suis administrateur apostolique du diocèse de Tambacounda et évêque de Kolda, si le besoin se présente, je peux demander à un de mes prêtres de venir me prêter main forte. Mais, je n’ai pas beaucoup de prêtres à Kolda. Cependant, il ne faut pas attendre d’avoir beaucoup pour partager.
 
On parle souvent de crise de la vocation dans cette zone de Tambacounda où certains prêtres viennent d’ailleurs; ce sera aussi un chantier pour vous… ?
C’est un chantier entier. Je ne sais pas pourquoi il y a eu cette crise de la vocation dans cette zone. Une fois sur place, nous allons voir comment faire pour apporter des solutions. Nous avons dans le diocèse de Kolda des vocations grâce à une méthode mise en place. Elle est adaptée au contexte de Kolda. Nous allons voir, une fois à Tambacounda, si la méthode peut être appliquée mais en tenant compte des réalités du diocèse et en fonction de ce que nous trouverons sur place pour réinventer notre méthode.
 
Est-ce que vous comptez appliquer la même politique de vocation du diocèse de Kolda à Tambacounda ?
A Kolda nous n’avons pas de séminaire ni de maison de formation parce que tout simplement nous sommes un jeune diocèse qui a été créé en 2000. Nous n’avons que 17 ans d’âge. Pour susciter des vocations, nous avons mis en place dans chaque paroisse des comités vocationnels, c’est-à-dire des jeunes qui aspirent à la vie sacerdotale. Ils sont encadrés par des adultes pères et mères de famille, des religieux et religieuses durant toute l’année. Ces jeunes se retrouvent périodiquement et, à la fin de l’année, le diocèse organise un camp vocationnel de trois jours dans un endroit donné de Kolda. Tous les comités vocationnels et paroissiaux se retrouvent en camp vocationnel ouvert à toutes les congrégations du pays. Les candidats à la vie religieuse se présentent et se font connaître; ce qui permet aux jeunes de faire leur choix. La méthode a bien fonctionné parce qu’il n’y a pas mal de jeunes qui sont sortis de ce camp vocationnel. Ils sont dans les lycées et collèges. Certains ont réussi leur baccalauréat et, après l’université, ils entrent en religion. Si cette méthode s’avère applicable à Tambacounda toute proportion gardée, nous allons la proposer. Si les réalités du lieu nous montrent autre chose, nous allons également les adapter en demandant à l’esprit saint de nous donner la force de le faire.

Votre nomination au poste d’administrateur apostolique m’a fait penser à vos déplacements de Kolda à Kédougou en passant par Tambacounda, ce ne serait pas facile… ?
J’allais même dire Mangacounda au Gouloumbou quand vous partez d’Ouest en Est. De Gouloumbou où commence le diocèse de Tambacounda jusqu’à Salimata. C’est énorme géographiquement parlant. Dans mon diocèse, même celui de Kolda, les distances sont longues avec des routes qui ne sont pas toujours faciles. Une bonne organisation permettra de mieux gérer ces énergies et d’accomplir la mission dont nous avons été investis par le Pape.

On parle souvent de vocation chez les prêtres mais on constate ces dernières années une crise de la vocation d'évêque au Sénégal, parce que sur sept diocèses seuls cinq disposent d'évêques, comment expliquez-vous ce déficit ?
Le fait qu’il y ait deux diocèses qui sont en attente d’évêque peut s’expliquer facilement. A Kaolack, l’évêque titulaire a été muté à Dakar, c’est l’actuel archevêque de Dakar Mgr Benjamin Ndiaye. C’est ce qui fait que le siège de ce diocèse est vacant. Cependant, il est administré par un prêtre en attendant la nomination d’un nouvel évêque. A Tambacounda, Mgr Jean Noël Diouf a donné sa démission au Pape qui l'a acceptée, ce qui fait que le siège est aussi vacant depuis le 05 août. Mais, il n’y a pas de pénurie d’évêques au Sénégal d’autant qu’il y a beaucoup de potentiel au Sénégal avec de prêtres de qualité dont dispose notre pays. Ces derniers sont capables de diriger un diocèse. La procédure normale qui est celle du Pape qui abouti à la nomination d’un évêque est en cours pour ce qui concerne le diocèse de Kaolack. Ce sera la même chose pour le diocèse de Tambacounda qui pourra avoir son évêque dans les prochains mois.
 
Mais cette procédure est lente parce que le diocèse peut rester plusieurs années sans évêque, qu’est-ce qui expliquent ces lenteurs dans la procédure de nomination des évêques alors qu’il y a des prêtres capables de diriger des diocèses ?
Je peux répondre de manière brève parce que la procédure de nomination des évêques émane du Pape. C’est lui qui maîtrise cette procédure. Cependant, je peux vous assurer que pour nommer un évêque, on doit ratisser large. Il y a une enquête à partir des candidats proposés. On envoie un questionnaire au peuple de Dieu. Des chrétiens du diocèse se prononcent sur les candidatures. On fait un dépouillement au fur et à mesure de cette action, les voix convergent vers deux ou trois candidats. L’enquête se relance jusqu’à ce qu’en définitive, le Pape choisit un candidat parmi les trois retenus parce que c’est lui qui a le dernier mot. La procédure ratissant large et en tenant compte de pas mal de critères, dont j’ignore certaines, malheureusement les choses peuvent durer plus longtemps que prévu. Il faut rappeler que dans cette enquête même les autorités étatiques sont consultées d’une certaine manière parce que c’est un citoyen qui aura en charge de gouverner un diocèse et d’être en relation avec l’Etat.

En tant que administrateur apostolique, est-ce que vous avez pris service ?
Officiellement oui ! Puisque depuis la publication de la nouvelle, je suis l’administrateur apostolique du diocèse de Tambacounda. Mais, la prise de service se fera graduellement. J’ai déjà visité le diocèse où j’ai rencontré quelques prêtres et nous avons échangé. Mais nous sommes en période de vacance, la plupart des agents pastoraux ne sont pas sur place. La prise de fonction se fera sans doute à la rentrée de l’année pastorale, au mois d’octobre. Nous nous donnerons le temps de nous organiser et de mettre en place un plan d’action qui va s’exécuter au contact de la réalité.

Propos recueillis par Eugène KALY

 

C’est avec un bruit sec et sourd, à réveiller ceux qui dorment du sommeil du juste que tout un pan, environ 50 mètres, du mur du cimetière de Hann Yarakh mitoyen de la Sspp « Le Soleil » s’est affaissé hier à 16h30. Aucune victime humaine n’est à déplorer. Toutefois, sept voitures décharnées des mécaniciens, qui y élisent en partie garage, ont été écrasées par les débris. Il est bon de signaler que la partie encore debout du mur pend dangereusement sur la Route du service géographique empruntée pour aller au « Soleil » et à l’Agence nationale de l’aménagement du territoire (Anat).

Moussa Diop

Dans le cadre du projet d’appui aux filets sociaux, un peu plus de 4.600 familles du département de Goudiry ont reçu plus de 600 millions de FCfa. Une cérémonie de remise a été présidée par le Dr Anta Sarr Diacko, Délégué Général à la protection sociale.

Ce projet pilote entre dans le cadre de la lutte contre l’insécurité alimentaire avec le soutien de l’Etat qui assiste les ménages vulnérables de Goudiry. Cela concerne plus de 4.600 ménages vulnérables du département de qui viennent de bénéficier d’une assistance du gouvernement du Sénégal qui a dégagé une enveloppe de 620 millions de FCfa pour « les trois mois de la période de soudure », a annoncé Mme le Délégué Général à la protection sociale et à la solidarité nationale, Dr Anta Sarr Diako. Elle présidait la cérémonie de distribution en cash transfert dans la commune de Goudiry, en présence des autorités régionales et départementales. Il s’agit d’un projet pilote de filets sociaux utilisant les transferts monétaires destiné à amortir les chocs de vulnérabilité alimentaire qui frappent certaines familles sénégalaises.

Le projet inscrit son action dans le cadre du plan d’urgence pour la sécurité alimentaire dédié au département de Goudiry, dans la région de Tambacounda. Ainsi, il constitue une réponse « à l’insécurité alimentaire consécutive au déficit pluviométrique observée durant la précédente saison hivernale », a précisé Mme le Délégué Général de la Dgpsn. Le choix des ménages a obéi à un long processus de « ciblage participatif » qui a impliqué toutes les parties prenantes, notamment le Registre national unique (Rnu), dépositaire de la base de données ayant servi à extraire la liste des bénéficiaires retenus.

Mme le Délégué Général a émis le souhait que les fonds ainsi alloués « servent exclusivement à prendre en charge les besoins prioritaires des ménages ». Anta Sarr Diacko a remis symboliquement les premiers paiements en cash à des bénéficiaires d’un projet-pilote de filets sociaux à Goudiry mardi.  Ces 4.600 familles vulnérables qui sont affectées par le déficit pluviométrique de l’hivernage dernier dans le département de Goudiry, sont soutenues avec une enveloppe globale de près de 620 millions de FCfa. Lancé le 5 juillet dernier par le Premier ministre, Mahammed Boun Abdallah Dionne, ce projet-pilote de filets sociaux vient en appui au programme d’urgence de sécurité alimentaire visant à aider des ménages vulnérables via des transferts de cash en lieu et place des vivres de soudure qui étaient de mise par le passé, a-t-elle expliqué. Financé à hauteur de 1,1 milliard de FCfa par la Banque mondiale, ce projet cible les départements de Goudiry et Malem Hodar.

Pape Demba Sidibe

 

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