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Société & Faits divers (1556)

Les présidents des chambres de métiers des régions du Sénégal se sont retrouvés dans la capitale du Nord pour s’entretenir avec les artisans de la région de Saint-Louis sur les difficultés qu’ils rencontrent quotidiennement dans le cadre de leur travail.

Cette rencontre a été organisée dans le cadre d’une tournée nationale initiée par le nouveau président de l’Union nationale des chambres de métiers, Magatte Mbow. Elle a permis d’instaurer un dialogue direct entre le responsable national et les artisans locaux, mais surtout de recenser les principales doléances pour les soumettre aux plus hautes autorités du pays. A l’issue de la rencontre de Saint-Louis, Magatte Mbow a laissé entendre que « les revendications sont unanimes et que les artisans ont émis le souhait de bénéficier davantage de sessions de formation et de renforcement de capacités ».

Pour le président de l’Union nationale des chambres de métiers, le renforcement des capacités des artisans permet l’acquisition de nouvelles connaissances pour mieux faire leur travail. Selon Magatte Mbow, les artisans locaux de Saint-Louis ont aussi remis sur le tapis l’épineux problème d’accès aux financements et aux ressources foncières dont ils ont besoin pour développer leurs activités, ainsi que les difficultés liées à la commercialisation de leurs produits. Il s’est réjoui de la démarche du président de la chambre des métiers de Saint-Louis, Abdoulaye Lèye qui a impliqué les artisans locaux à la gestion des problèmes du secteur.

Selon le président de l’Union nationale des chambres de métiers, Magatte Mbow, c’est cette forme de synergie qui permettra à l’ensemble des artisans de notre pays de tenir le même langage et d’obtenir ce qu’ils veulent auprès des pouvoirs publics.

Mbagnick Kharachi DIAGNE

Les jeunes du Grand parti (Gp) ont manifesté, hier, à Guédiawaye, pour réclamer la libération de Mor Diaw, leur responsable départemental arrêté samedi pour détention de faux extraits de résidence. L’intervention de la police a débouché sur l’interpellation d’une dizaine d’autres jeunes qui figuraient parmi les manifestants.

Les jeunes du Grand parti (Gp) ont manifesté, hier, à Guédiawaye, pour réclamer la libération de Mor Diaw, leur responsable départemental arrêté samedi pour détention de faux extraits de résidence. L’intervention de la police a débouché sur l’interpellation d’une dizaine de jeunes manifestants. Il est reproché à M. Diaw d’avoir été en possession de faux extraits de résidence destinés à des militants du Gp pour leur permettre de pouvoir s’inscrire sur les listes électorales. La police a convoqué le mis en cause qui, après avoir été auditionné, a été placé en garde à vue. De quoi soulever la colère des jeunes du Gp qui se sont mobilisés pour apporter la réplique. Ils ont tous convergé vers le commissariat après avoir appris l’arrestation de leur responsable. Dispersés par la police, ils sont revenus le lendemain devant les locaux de la police en maintenant la même exigence. Dispersés une nouvelle fois, ils ont fini par investir la route en brûlant des pneus, obligeant les forces de l’ordre à intervenir. Les limiers ont mis la main sur une dizaine d’entre eux.

Abdou DIOP

La récurrence du phénomène de vol de bétail suscite la colère des éleveurs. L’arrestation d’un suspect et son procès prévu à Fatick ont fait réagir le député du département de Nioro, Moustapha Ndiaye, qui, lors d’un point de presse en présence des membres du comité national de lutte contre le vol de bétail, a demandé que des sanctions sévères soient infligées aux coupables.

Le sort réservé au sieur D.K., arrété et suspecté de vol de bétail dans la zone de Foundiougne, préoccupe les éleveurs de la région. Et pour cause : les activistes du comité national de lutte contre le vol de bétail, soutenus par certaines personnalités politiques, veulent faire de son arrestation un test grandeur nature dans leur combat pour davantage de sévérité dans la répression de ce type de crime. C’est ce qu’ils ont tenu à réaffirmer au cours d’un point de presse organisé dans la ville de Guinguinéo.

Ce face-à-face avec la presse régionale a été l’occasion pour les membres dudit comité, appuyés par le député Moustapha Ndiaye, d’alerter l’opinion sur ce qu’ils considèrent comme un certain laxisme qui profite aux seuls voleurs de bétail. « Il est inacceptable que ces prédateurs de l’élevage, qui font du vol de bétail une profession et causent la perte de nombreux propriétaires de têtes de bétail, s’en sortent toujours avec des peines de 4 à 6 mois au lieu des 5 à 10 ans prévus par la loi. Et nous interpellons le président Macky Sall sur la gravité de l’heure car les victimes sont à bout », a déclaré le député Moustapha Ndiaye dont les mandants sont très touchés par ce fléau.

Cet élu a indexé un groupe de voleurs dirigé par un certain D.K. arrêté avec ses acolytes la veille à Médina Mbamba. Pourtant, ils avaient été cueillis le 15 février 2016 pour le vol de 179 bœufs. En dépit de la gravité des charges, ils sont élargis 6 mois plus tard alors que la peine encourue, depuis la loi du 28 octobre 2014 renforçant les peines contre le vol de bétail, est de 5 à 10 ans. Aujourd’hui la clémence dont jouissent ces voleurs heurte les consciences », a martelé le député Moustapha Ndiaye. Son cri de cœur a été amplifié par Aboubacar Bitèye, président de l’association nationale de lutte contre le vol de bétail. « Aujourd’hui, ce sont les éleveurs qui s’organisent pour traquer les voleurs au péril de leur vie. Mais, une fois mis aux arrêts, les coupables sont, à la surprise générale, libérés au bout de quelques semaines de détention. Il faut éviter les travers d’une justice populaire incompatible avec les principes d’un État de droit », a-t-il dit sous forme de mise en garde.

Elimane FALL

Les présidents des Chambres de métiers des régions de notre pays se sont retrouvés samedi, dans la capitale du Nord, en vue de s’entretenir avec les artisans de la région de Saint-Louis sur les difficultés auxquelles ces derniers sont quotidiennement confrontés dans l’exercice de leurs métiers.

Cette rencontre a été organisée dans le cadre d’une tournée nationale initiée par le nouveau président de l’Union nationale des Chambres de métiers, Magatte Mbow. Selon M. Mbow, ce périple entamé à l’échelle nationale permettra de dialoguer avec les artisans et de recenser leurs doléances en vue de les soumettre aux plus hautes autorités du pays. A l’issue de la rencontre de Saint-Louis, M. Mbow a laissé entendre que les revendications sont unanimes et que les artisans ont émis le souhait de bénéficier davantage de sessions de formation, de renforcement de capacités, qui leur permettront d’acquérir les connaissances nécessaires à leur professionnalisation. Ils ont également remis sur le tapis l’épineux problème d’accès aux financements et aux ressources foncières dont ils ont besoin pour développer leurs activités. Ces derniers, à en croire Magatte Mbow, n’ont pas manqué d’évoquer d’autres problèmes relatifs à la commercialisation de leurs produits.

M. Mbow s’est enfin réjoui de la démarche de rupture, novatrice et participative initiée par le président de la Chambre des métiers de Saint-Louis, Abdoulaye Lèye, pour impliquer tous les artisans de la région nord à la gestion des problèmes de l’artisanat. De l’avis de Magatte Mbow, c’est cette forme de synergie qui permettra à l’ensemble des artisans de notre pays de parler le même langage et d’obtenir ce qu’ils veulent auprès des pouvoirs publics.

Mbagnick Kharachi Diagne

Lancé en 2015 par le chef de l’Etat, Macky Sall, le Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc) vise à partager les fruits de la croissance à travers l’amélioration de l’accès des populations rurales aux services sociaux de base afin de corriger les disparités. Sa mise en œuvre s’inscrit dans l’axe 2 du Plan Sénégal émergent (Pse) qui s’intitule « Capital humain, protection sociale et développement durable ». Modèle innovant de développement inclusif ayant un effet immédiat sur la transformation des conditions de vie des populations, le Programme fait l’objet d’un atelier régional d’échanges et de capitalisation des acquis aujourd’hui et demain. En effet, cette expérience sénégalaise qui fait l’objet d’une demande de massification dans le pays et d’une réplique dans certains Etats africains, sera partagée par 20 pays africains afin de comprendre le processus de formulation et de mise en œuvre. Les reporters du Soleil ont visité plusieurs projets du Pudc dans le monde rural.

En dépit des nombreux efforts consentis par l’Etat et ses partenaires au développement dans la lutte contre la pauvreté à travers le pays, les populations vivant en milieu rural continuent de faire face à certaines contraintes. Parmi celles-ci, le faible accès aux services sociaux de base avec de grandes disparités régionales, les difficultés d’accès aux facteurs de production, l’accès insuffisant au financement, la faiblesse du capital humain, la faible participation du secteur privé aux investissements productifs ruraux. Pour mieux prendre en charge ces questions et satisfaire la demande sociale croissante, le Gouvernement du Sénégal, avec l’appui technique du Pnud, a élaboré puis mis en œuvre le Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc).

Le programme vise à l’amélioration de l’accès des populations rurales aux services sociaux de base à travers la mise en place d’infrastructures socio-économiques.
Le Pudc est axé sur 4 principales composantes :

La première liée au Développement d’infrastructures et d’équipements socio-économiques de base. Elle entend contribuer à l’amélioration durable des conditions de vie des populations des zones rurales. Elle couvrira les besoins des populations en électrification rurale, en alimentation en eau potable, en pistes rurales ainsi que les besoins en équipements de transformation et de production agricoles. La deuxième composante concerne l’Amélioration de la productivité des populations rurales de la production agricole et animale. Elle vise à soutenir le développement de l’activité productive et de services, à renforcer la chaîne de valeurs dans les secteurs de production et à soutenir l’émergence d’une économie rurale à même de contribuer à l’amélioration du cadre de vie des populations et à la réduction de l’exode rural. L’objectif sera également de promouvoir l’entrepreneuriat et d’encourager la création des petites et moyennes entreprises en milieu rural, en fournissant aux porteurs de projets en particulier aux jeunes de nouvelles opportunités.

Comités de suivi
Forage PudcLa troisième Composante porte sur le Renforcement des capacités institutionnelles aux niveaux central et local. Elle vise à développer les capacités technique, organisationnelle, institutionnelle et communautaire au niveau local pour une offre de services de qualité en milieu rural. Les capacités à identifier et à renforcer sont relatives d’une part à la maîtrise d’ouvrage/d’œuvre de travaux de réalisation d’infrastructures socio-économiques de base, et d’autre part, à la maitrise de techniques culturales, la gestion administrative et financière, la planification du développement, etc.

La dernière Composante, le Développement d’un système d’information géo référencée  vise la mise en place d’une base de données géo-référencées, d’un dispositif de suivi-évaluation axé sur les résultats avec un logiciel intégré, un tableau de bord des indicateurs clés de suivi de la performance des réalisations au niveau central et décentralisé.

Ce système sera intégré au Système national de Suivi-évaluation pour fournir aux décideurs des éléments d’appréciation de la politique de développement.

Pour atteindre ses objectifs, le Pudc a élaboré une stratégie reposant sur le partenariat et le développement de synergies avec les acteurs clés des sous- secteurs d’intervention du programme. Outre son cadre organisationnel composé d’un comité de pilotage et d’un comité technique, le Pudc a mis sur pied des sous-comités techniques qui sont l’émanation du comité technique et présidés par les points focaux désignés par leurs Ministères de tutelle. Les sous-comités ont pour rôle d’harmoniser les interventions du Pudc avec celles des autres projets et programmes, de valider les spécifications techniques, de valider les Dossiers d’appels d’offres (Dao), de participer aux missions de suivi et de supervision des travaux ainsi qu’aux réceptions provisoires.

Le Pudc a aussi mis en place, au niveau régional, des comités de suivi de la mise en œuvre. Ils ont pour rôle d’assurer le suivi des activités sur le terrain, la synergie et le partage d’informations avec tous les intervenants.

Qualité garantie
En vue de garantir la qualité de ses réalisations, le Pudc a mis l’accent sur la certification de la qualité de tous les ouvrages et équipements. Ce qui passe par l’audit technique de la conformité par rapport aux spécifications techniques définies dans les Dao.

S’agissant des localités bénéficiaires, le ciblage a été rendu possible grâce aux besoins exprimés par les populations. Les bases de données renseignaient sur les besoins identifiés en hydraulique rurale, pistes rurales, électrification rurale et équipements post récoltes. Aussi, les Directions nationales ont été mises à contribution pour la réalisation d’études complémentaires et la validation des bases de données finales. Concernant le volet Hydraulique, la reconnaissance des villages cibles a été faite avec l’appui des services régionaux, tandis que pour l’électrification rurale, les planifications des itinéraires des lignes MT sont faites en relation avec la Senelec et l’Aser dans le cadre du sous-comité technique Energie présidé par le Directeur de l’électricité.

Electrification rurale : Yeti Yoon et Médina Mountaga bientôt sortis de l’obscurité
Electrification ruraleSitués dans la commune de Ronkh (région de Saint-Louis), les villages de Yeti Yoon et de Médina Mountaga vont bientôt disposer d’électricité grâce au Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc). Les poteaux y ont été plantés et les câbles installés.

Début mars. Un vent chaud cingle les visages sur la route goudronnée sans accotement qui mène de Saint-Louis à Richard-Toll. A 21 km de la ville sucrière, à gauche, du côté du Walo, un petit village apparaît. A première vue, rien ne distingue Médina Mountaga de la multitude de villages qui bordent la bande noire. Des concessions en paille et quelques rares maisons en dur éparpillées. A regarder de plus près, une différence de taille attire l’attention. Des rangées de poteaux électriques s’y dressent. Ils sont reliés par des fils électriques qui, tels des toiles d’araignées, s’enchevêtrent au-dessus des têtes. Les 400 habitants de ce village situé dans la commune de Ronkh, vivent les premiers signes du processus qui vont les sortir des ténèbres. Grâce au Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc), leur doléance qui date de mathusalem va bientôt être satisfaite : ils auront l’électricité.

Le courant n’éclairera pas que leur nuit, il va changer leur quotidien, estime Ahmet Djiby Bâ, le chef du village. « A force de promesses non tenues, nous avions désespéré d’avoir l’électricité un jour. Imaginez donc notre joie quand nous avons appris que le Pudc allait nous connecter sur le réseau. Avec l’électricité, notre mode de vie va changer », confie-t-il. Son fils Djiby Bâ se veut plus explicite. Pour ce jeune homme d’une trentaine d’années, il ne sera plus question d’aller jusqu’à Richard-Toll ou à Rosso pour acheter un sachet de glace, charger son téléphone portable, regarder la télé ou pour trouver un moulin à mil. « Pour ces petits gestes banals, il nous faut faire une vingtaine de kilomètres. Désormais, avec l’électricité, on se sentira moins oubliés par les autorités et nous nous sentirons plus en sécurité. Et puis, nous aurons enfin l’opportunité d’utiliser les réfrigérateurs que nous a offerts la Croix-Rouge il y a quelques années de cela», dit-il. Ici, on s’éclaire encore à l’aide de torches et de lampes tempêtes. Même le solaire n’est pas encore très bien entré dans les mœurs. Le niveau de pauvreté y est tel que c’est un luxe qu’on ne se permet pas.

Une belle surprise pour Yeti Yoon
Comme à Médina Mountaga, le village de Yeti Yoon sera bientôt électrifié. Situé à sept kilomètres de la route nationale 2, on y accède par le carrefour Colonat, haut lieu de la culture du riz, à travers une piste latéritique fortement délabrée par endroits. Ici, contrairement à Médina Mountaga, l’électrification n’a jamais été une doléance. Du coup, quand la bonne nouvelle est arrivée, elle a eu l’effet d’une très belle surprise, confie le chef du village Yamar Guèye. « On ne s’y attendait pas du tout. C’est par un coup de fil d’un adjoint du maire de Ronkh qu’on m’a annoncé que notre village était retenu pour bénéficier de ce projet », explique le vieil homme d’un air timide. Et la question de savoir pourquoi il n’y s’attendait pas, il répond : « Nous sommes un village très enclavé et nous faisons à peine 500 habitants ». A Yeti Yoon, on vit avec moins de difficultés l’absence d’électricité qu’à Médina Mountaga car, ici, certaines maisons disposent de systèmes solaires. Mais ils sont de faible puissance et ne peuvent alimenter certains appareils. « Par exemple, en ce qui me concerne, mon système solaire n’alimente que deux chambres plus ma boutique », explique-t-il.

Yamar Guèye tient une petite boutique où, en plus de produits de consommation courante, il propose de la glace alimentaire stockée dans une grande caisse isothermique. Ce produit lui vient, tous les jours, de Rosso, distante d’une vingtaine de kilomètres. « L’électricité est un facteur de développement économique. On peut faire plein de petites activités génératrices de revenus quand elle est disponible », argue-t-il.

A l’image de Medina Mountaga et de Yeti Yoon, ils sont nombreux, ces villages du département de Dagana qui vont bénéficier d’un raccordement au réseau moyenne tension. Depuis quelques jours, l’entreprise en charge des travaux s’active dans la zone de Ronkh et de Richard-Toll. Ainsi, en un mois, 6 villages ont été raccordés ou sont en passe de l’être, selon le chef d’équipe, Madiop Diakhaté, trouvé à Yeti Yoon où, avec ses hommes, il était en train de s’affairer au tirage des câbles. « A Thiangaye, Medina Mountaga, Richard-Toll 4 et Yeti Yoon, nous avons fini tous les travaux. Il reste à poser les boîtes et les lanternes. Ensuite, nous allons nous attaquer aux deux autres villages qui restent », explique-t-il.

Au total, il est prévu l’électrification de 420 villages dont 310 par raccordement au réseau moyenne tension/basse tension et 110 par voie solaire, l’installation des branchements intérieurs au profit de 20.800 ménages et l’alimentation de plusieurs structures socio-économiques. Les travaux ont démarré dans 62 villages.

El Hadj Ibrahima THIAM

Mme Bintou Djibo, Représentante-résidente du Pnud, Coordonnatrice du système des Nations Unies au Sénégal : « Ce modèle du Pudc permet d’accélérer le développement et de réduire les inégalités »
Bintou Djibo PnudAccélérer le développement et réduire les disparités entre les grandes villes et les localités à l’intérieur du pays. Tel est l’objectif du Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc) conçu par le gouvernement du Sénégal et piloté par le Pnud. Dans cet entretien, la Représentante-résidente au Sénégal de cet organisme des Nations-Unies revient sur la pertinence de ce programme qui, pense Fatou Bintou Djibo, est à partager et à vulgariser dans la sous-région.

Mme Djibo, du 13 au 14 mars se tient à Dakar un atelier sous-régional sur le Pudc, Qu’e,st-ce qui justifie la tenue d’une telle rencontre ?
Cet atelier est organisé conjointement par l’Etat du Sénégal et le Pnud pour permettre aux pays africains de s’inspirer du modèle du Programme d’Urgence de développement Communautaire. En effet, ce programme innovant a fait des résultats qui, aujourd’hui, répondent aux préoccupations des pays africains. C’est la raison pour laquelle nous avons tenu à organiser cet atelier pour partager ce modèle qui va permettre d’accélérer le développement et réduire les inégalités entre les régions, entre les zones urbaines et les zones rurales.

Si vous donnez le Pudc en exemple aux autres pays, cela va s’en dire qu’il y a eu des résultats concrets. Alors, après moins de deux ans de mise en œuvre, quel bilan en tirez-vous ?
Ce programme a permis de réaliser 700 km de pistes, 240 forages et des châteaux d’eau, de mettre à la disposition des femmes 3000 équipements de transformation post-récoltes. Au-delà de cela, il y a l’électrification en cours de 400 villages. Aujourd’hui, nous sommes à 200 à 300 villages électrifiés et nous allons très rapidement terminer l’électrification de l’ensemble de ces villages. Le modèle du Pudc fait du développement dans l’urgence tout en garantissant la qualité et la pérennisation. Ce qui semble être contradictoire parce que quand on parle d’urgence, c’est lorsque nous sommes en situation de crise alors qu’avec ce programme, on parle d’urgence pour accélérer le développement et réduire les disparités entre les grandes villes et les localités à l’intérieur du pays. L’objectif général du Pudc est de transformer les conditions de vie des populations et de lutter contre les inégalités sociales, grâce à la mise en place de mécanismes d’accès durables aux infrastructures et services socioéconomiques de base.

Etes-vous optimiste quant à l’atteinte de cet objectif ?
Je suis très optimiste. Quand vous donnez de l’eau, de l’électricité, des pistes de production et de désenclavement et que vous apportez un appui aux femmes pour réduire la pénibilité des travaux ménagers, vous ne pouvez que transformer le monde rural et transformer ces populations rurales qui, depuis des décennies, ne réclament que le minimum pour pouvoir vivre et avoir une vie décente. Cette combinaison des différentes composantes va permettre d’accélérer le développement et l’émergence de ces populations.

Il est prévu une deuxième phase du Pudc à partir d’août prochain. En plus des quatre composantes actuelles de ce programme, peut-on s’attendre à ce qu’il touche d’autres secteurs ?
La deuxième phase va beaucoup s’appesantir sur l’électrification rurale ainsi que les pistes de désenclavement. Ces deux facteurs sont importants pour soutenir le développement à la base. L’autre aspect qui sera beaucoup développé dans cette deuxième phase, c’est tout ce qui est agriculture, chaîne de valeurs, tout ce qui peut contribuer à augmenter la productivité et la production en milieu rural. Ce qui va permettre aux populations, d’abord, de pouvoir subvenir à leurs besoins et ensuite de pouvoir faire des revenus. Cette deuxième phase est fortement attendue par les populations sénégalaises, qui, un peu partout, réclament le Pudc.

Il est rare de voir l’exécution d’un programme élaboré par un gouvernement être confiée à un organisme des Nations-Unis. Que pensez-vous de cette expérience pour le moins inédite ?
Tout à fait, c’est une expérience inédite. Aujourd’hui, les gouvernements doivent prendre leur développement en main. Et pour ce faire, ils peuvent faire appel à d’autres acteurs comme les Nations Unies pour les appuyer dans la mise en œuvre. C’est ce que nous faisons avec le Sénégal et cela fait partie de nos accords de collaboration. C’est l’Etat du Sénégal qui met ses ressources propres dans le programme mais dans le passé c’était d’autres partenaires qui étaient sollicités pour financer ce genre de programme. Donc il n’y aucune différence en ce qui concerne l’appui que nous apportons. L’originalité de ce programme, c’est le fait que le gouvernement du Sénégal ait pris son destin en main et demandé l’appui des Nations Unies pour la mise en œuvre. Ce modèle est à saluer et le gouvernement du Sénégal est un pionnier en la matière. C’est pourquoi d’autres pays veulent venir apprendre de ce modèle sénégalais. Aujourd’hui, les financements ne sont plus comme avant, l’aide publique au développement a beaucoup baissé, mais le système des Nations Unies a des atouts, des capacités, des outils qu’il peut léguer aux Etats. Le Pudc est donc un programme test qui va nous permettre de transférer toutes les connaissances pour pouvoir conduire de manière efficace toutes ces politiques publiques et de développement. Le Pudc est un modèle à partager avec d’autres pays africains. Le Togo avec le plaidoyer du président Macky Sall a déjà entamé un Programme similaire. Ainsi nous attendons à cet atelier pas moins de 19 délégations de pays de la sous-région. C’est une fierté pour le Sénégal et également pour le Pnud parce que c’est ensemble que nous avons monté ce modèle qui permet d’aller vite vers le développement et renforcer la justice sociale et l’équité entre les populations.

Construction d’un château d’eau de 1.000 m3 : Téssékéré et ses environs accèdent enfin à l’eau potable
Forage TéssékéréLe problème d’accès à l’eau potable à Tessekere est en passe de devenir un mauvais souvenir. Grace au Pudc, cette commune du département de Linguère de plus de 4.000 âmes dispose, désormais, d’un château d’eau d’une capacité de 1.000 m3. Les populations ne veulent plus qu’une chose : l’installation de robinets dans tous les domiciles que polarise cette unité d’adduction d’eau.

Jour de louma à Tessekere, localité située dans le département de Linguère. Le marché hebdomadaire grouille de monde, les transactions sont intenses, les marchandages aussi. Les va-et-vient sont incessants. En ce début d’harmattan, la chaleur commence à monter d’un cran dans le Djolof, accompagné d’un vent léger qui rend la respiration un peu pénible. Les commerçants semblent bien s’accommoder de ce climat. Ils sont bien concentrés sur leurs activités, imperturbables.

En face du marché, le nouveau château d’eau construit il y a un an, grâce à l’appui décisif du Pudc, se dresse majestueusement, surplombant toute la ville. Un géant de 35 m de haut fonctionnel depuis un an. Tout autour, l’autre château qui sert de réservoir et les abreuvoirs ne désemplissent pas. Des troupeaux de bœufs conduits par leurs propriétaires, bergers peuls pour la plupart, attendent sagement le signal de départ pour se diriger vers les abreuvoirs, dans l’espoir de se désaltérer. Entre ces animaux domestiques et le Peul, il y a toujours cette complicité qui en dit long sur leurs solides relations séculaires. Pour les populations de Tessekere, l’implantation de ce forage, d’une capacité de 1.000 m3 dans leur localité est un geste de haute portée sociale qui traduit, à la fois, la vision et la générosité du Pudc.

Qualité de vie améliorée
Ici, le problème d’accès à l’eau potable n’est plus qu’un vieux souvenir. Pourtant, il n’y a guère longtemps, c’était la croix et la bannière pour trouver le liquide précieux. Le président du Comité de gestion du forage, Obeye Sow, souligne que grâce à cette unité adduction d’eau potable, la qualité de la vie s’est considérablement améliorée, à la grande satisfaction des populations. Toutefois, faute de robinets chez eux, certains éprouvent des difficultés pour se ravitailler normalement. Ils parcourent, chaque jour, des kilomètres pour s’approvisionner soit dans le forage soit dans les villages voisins qui disposent de robinets. C’est pourquoi le président du Comité de gestion, Obeye Sow, plaide pour que les robinets soient installés dans tous les domiciles censés être alimentés par le forage. Le nombre de villages polarisés par le nouveau forage est de 26 pour un linéaire de 100 km. Il devra également desservir 5 abreuvoirs et 55 bornes fontaines et une prise d’eau pour charrette ou camion-citerne. Le forage de Tessekere d’une profondeur de 270 m a été réceptionné avec un débit de 260 m3/h. Les ouvrages réalisés, sont estimés à environ 900 millions de FCfa. La commune de Tessekere compte 4.202 habitants avec un cheptel estimé à plus de 15.000 têtes.

Diégane SARR

Randonnées dans le Ferlo et le Ndoucoumane : Des pistes rurales pour booster les économies locales
Piste NdoucoumaneLongue de 37 km, la piste Guerlé-Gassane-Dolly est ouverte à la circulation. Quant à celle reliant Kaffrine à Nganda, les travaux devraient s’achever en juin prochain. Réalisés par le Pudc, ces deux ouvrages vont participer au désenclavement de dizaines de villages et booster les économies locales.

Guerlé, au cœur de la zone sylvopastorale après avoir dépassé Taïf et Sadio. Un soleil d’étuve darde ses rayons sur une végétation clairsemée et jaunie. Des arbres rabougris et revêches s’étendent à perte de vue. Quelques troupeaux paissent par-ci, par-là. Une piste, bordée par de rares hameaux, serpente au milieu de cet environnement hostile. Au loin, un véhicule de transport appelé « Oupou yaha » croulant sous le poids des humains et des bêtes entassés, déboule dans un grand grondement de moteur soulevant un nuage de poussière rouge. Gorgui Kâ, le chauffeur, allure jeune, n’y est pas allé de pied mou. Il accélère. Depuis que la nouvelle piste Guerlé-Gassane-Dolly a été réalisée, il peut se permettre de rouler à toute vitesse en direction de Touba. Ce qui, il y a juste quelques mois, était inimaginable. « La piste était impraticable. On était obligé de rouler sur le bas-côté avec des risques de s’embourber. Cela nous prenait un temps fou pour arriver à destination », confie le jeune chauffeur.

Longue de 37 km, cette piste a été réalisée en 9 mois pour un coût de 754 millions de FCfa par le Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc). Sa particularité est qu’elle dessert des localités à cheval entre les régions de Diourbel et de Louga. Guerlé, d’où elle part, est situé dans la commune de Sadio, arrondissement de Taïf, département de Mbacké, région de Diourbel.

Alors que Gassane et Dolly font parties de la commune de Thiel, arrondissement de Barkédji, département de Linguère, région de Louga. Traversant cette zone d’élevage par excellence avec la présence du Ranch de Dolly, cette piste va désenclaver des dizaines de villages pour près de 30.000 habitants. Surtout qu’à partir de Dolly, elle se prolonge jusqu’à Linguère. Ce qui fait un total de 117 km de dorsale pour un coût global de 2,8 milliards de FCfa.

Kaffrine-Nganda, la bretelle de l’espoir
On quitte le Ferlo pour le Saloum, plus précisément pour le Ndoucoumane, à près de 300 km plus au sud. Ici, une piste de production est en cours de réalisation. Il s’agit du tronçon reliant Kaffrine à Nganda, localité située non loin de la frontière gambienne. Longue de 36 km, cette piste est, en réalité, en réhabilitation. Réalisée dans les années 1970, selon Diebel Cissé du village de Kélimane situé à 6 km de Nganda, cette piste s’est détériorée au fil des années obligeant les automobilistes à lever le pied sur l’accélérateur ou à faire des détours par des chemins sinueux et sablonneux.

Malgré les demandes répétées des populations de la réhabiliter, elle est restée dans un piteux état pendant longtemps. Et pourtant, ce tronçon est la principale artère desservant les villages situés au sud de la région de Kaffrine et permettant d’acheminer une grande partie de la production agricole régionale. Il a fallu que le Pudc intervienne pour que sa réhabilitation devienne réalité. Selon l’expert en piste du Pudc, les travaux vont s’achever d’ici juin. Le coût du projet est estimé à plus de 908 millions de FCfa. Cerise sur le gâteau, il est prévu le bitumage de la piste par l’Ageroute. Nul doute qu’une fois cette importante bretelle réalisée, c’est l’économie de la région de Kaffrine qui pourrait en être boostée. Lors de sa tournée économique dans la zone, l’année dernière, le chef de l’Etat, Macky Sall, n’avait pas manqué de souligner le déficit d’infrastructures routières et de pistes de production à Kaffrine. Alors que, avait-il rappelé, cette région joue un rôle prépondérant dans l’agriculture sénégalaise avec notamment une production de 142.539 tonnes d’arachide en 2014, de 40.000 tonnes de pastèque et 150.829 tonnes de céréales. Ainsi, le président de la République avait promis des investissements conséquents pour la réalisation de 135 kilomètres de piste et le bitumage du tronçon Nganda-Kaffrine. Ces promesses commencent à porter leurs fruits.

El Hadj Ibrahima THIAM

Equipements post-recolte dans les villages : A Kelimane, la décortiqueuse de riz allège les femmes rurales
Décortiqueuse KelimaneComme dans plusieurs dizaines de villages dotés d’équipements post-récolte, les femmes de la localité de Kelimane ont acquis, gratuitement, une décortiqueuse de riz auprès du Pudc. L’engin installé, jalousement, quelque part au milieu du village, suscite beaucoup d’espoirs. Les bénéficiaires prient pour que les prochaines récoltes de riz soient abondantes afin que la machine puisse tourner à plein régime.

Rallier Kelimane à partir de Kaffrine, la capitale régionale, relève d’un parcours de combattant. La principale piste Kaffrine-Nganda qui mène dans ce village niché en plein cœur du Saloum, à quelques kilomètres de la frontière gambienne, est en construction. Les automobilistes, du coup, sont contraints de rouler au ralenti, laissant derrière eux un voile gris de poussière. Ce vendredi après midi, notre équipe s’engouffre, enfin, dans cette bourgade paisible où vivent environ 3.500 âmes, après près d’une heure de route cahoteuse, encore qu’il nous a fallu compter avec l’habileté, et sans doute, l’expérience du chauffeur Alioune Diagne.

Ici, prévaut un calme plat que vient agréablement perturber le chant religieux distillé depuis les haut-parleurs de la Grande mosquée implantée au milieu du village. Le contraste est saisissant comparé aux grandes villes où la pollution sonore est le lot quotidien des citadins. Il fait manifestement bon vivre à Kelimane, à l’origine Keur Elimane, du nom premier Imam et fondateur de ce patelin de cultivateurs islamisés en bons Saloum-Saloum. Mais pour combien de temps, la localité gardera-t-elle encore son calme monotone, sa ruralité ? Elle est électrifiée, tandis que les bâtiments modernes clôturés par des murs cohabitent avec les constructions traditionnelles, les cases en banco aux toits de chaume entourées de palissades. Kelimane s’urbanise, certes, timidement.

En cette période avancée de la saison sèche, les activités des populations qui tournent essentiellement autour de l’agriculture, semblent au ralenti. La campagne saisonnière s’est achevée avec les récoltes en octobre et novembre derniers. Mais le vieux Diebel Cissé avoue que la moisson n’a pas été à la hauteur des attentes. « Cette année, les pluies se sont très tôt arrêtées et cela a eu des répercussions très négatives sur les cultures notamment de riz qui n’a pas eu le temps de bien murir », explique, en fin connaisseur, ce paysan. Conséquence des mauvaises récoltes, la décortiqueuse de riz acquise grâce à la générosité du Pudc tarde à fonctionner à plein régime. Comme c’est le cas aujourd’hui où l’engin, installé dans un bâtiment d’une pièce, à quelques encablures de la Grande mosquée, est resté muet toute la journée. Pourtant, au sol, gît un sac de riz d’une vingtaine de kg.

Un engin d’une grande utilité
Moulins PudcLes gérants de la machine, Diebel et Malick Cissé, préfèrent attendre encore, le temps d’avoir un stock plus important. Cela leur permettra de réaliser plus d’économies. « En termes de gains, ce n’est pas intéressant de décortiquer 30 kg. Le kg étant décortiqué à 35 FCfa, 30 kg nous reviendraient seulement à 1.050 FCfa. C’est pourquoi, nous attendons d’avoir au minimum 100 kg pour allumer la machine », explique, le meunier Malick Cissé. Aux yeux des populations de Kelimane qui tirent essentiellement leurs sources de revenus de l’agriculture, l’utilité de cette décortiqueuse de riz ne se discute point.

Avec les gains attendus de cet engin acquis en 2016, en termes de temps de décorticage et économiques, elles sont convaincues qu’il est un facteur de développement agricole et de développement tout court. La secrétaire générale du Comité de gestion de la machine, Seynabou Touré, pense d’ailleurs qu’une deuxième machine de ce genre ne serait pas de trop. Une idée appuyée par le technicien Diebel Cissé qui a, toute sa vie, gravité autour des décortiqueuses. «Vous savez, si la campagne de riz était fructueuse, cette machine allait beaucoup rapporter aux populations. Au-delà de Kelimane, on pourrait l’emmener, dans le cadre des campagnes de décorticage, dans les autres localités, y compris en Gambie qui se trouve à 7 km d’ici », souligne-t-il avec enthousiasme.

Selon Seynabou Touré, l’argent généré par la décortiqueuse de riz a nécessité l’ouverture d’un compte bancaire à Kaffrine. Elle ajoute qu’une partie de l’argent reste à domicile pour payer les deux employés qui assurent quotidiennement le fonctionnement de l’engin et pouvoir le dépanner en cas d’urgence, sans être obligé de se rendre à la capitale régionale distante de 36 km avec toutes les pertes de temps et d’énergie. La secrétaire générale du Comité de gestion de la décortiqueuse indique, par ailleurs, que les femmes du village ont cotisé, chacune, 500 FCfa pour construire le local où se trouve présentement la machine. Mme Touré pense que c’était la moindre chose qu’elles pouvaient faire après avoir acquis gracieusement cette décortiqueuse auprès du Pudc. A présent, tout Kelimane prie pour que la prochaine pluviométrie soit généreuse, les prochaines récoltes de riz soient abondantes afin que cette machine qui suscite tant d’espoirs puisse tourner à plein régime. Au grand bonheur des braves paysans de Kelimane.

Diégane SARR

L’avocat général Ameth Diouf a sorti un ouvrage pour expliquer comment étaient organisées les sociétés wolofs dans la vallée du fleuve Sénégal entre le 4e et le 5e siècle. Ce livre, intitulé « La gens de droit maternel ou la famille matriarcale », à cheval entre différentes disciplines scientifiques telles que l’histoire, la sociologie, la linguistique, etc., montre la place qu’occupait la femme dans ces sociétés à cette période historique.

« La gens de droit maternel ou la famille matriarcale », tel est l’intitulé du livre du magistrat Ameth Diouf présenté jeudi par les éditions L’harmattan Sénégal au Warc, en présence d’amis, de collègues et d’éminents universitaires. Dans cet ouvrage de 200 pages, l’avocat général près la Cour suprême a fait étalage de toute sa science dans des disciplines outre que le droit comme la sociologie, l’anthropologie, l’histoire, la linguistique, etc., pour décrire les formes d’organisation sociale qui existaient dans les sociétés wolofs dans la vallée du fleuve Sénégal entre le 4e et 5e siècle. Il montre comment ces sociétés sont passées de la famille consanguine à la gens de droit maternel, le premier groupe de parenté fondé sur la double interdiction de conjonction entre ascendants et descendants ainsi qu’entre descendants de sexes opposés. « Il s’agit d’un livre carrefour qui interpelle différents domaines scientifiques pour éclairer sur notre passé historique ou anthropologique. Les Sénégalais ont des problèmes de repère sur le plan historique et préhistorique, les gens ne savent pas qui ils sont et vivent cette forme d’amputation », explique l’auteur. Le groupe de parenté, décrit M. Diouf, se construit à partir de la femme ancêtre et se trouve placé sous l’autorité de la femme.

« Pendant toute cette période historique, c’est la femme qui était au centre de la société et tout tournait autour d’elle. C’est à partir du 10e siècle qu’ont commencé les bouleversements », soutient-il. L’ouvrage analyse, suivant la méthode structurale, comment prennent naissance la prohibition de l’inceste et le mariage exogamique des cousins croisés matrilatéraux : contrairement à l’idée reçue, c’est l’homme qui est échangé, qui fait l’objet de don, et non la femme. Le passage à la famille paternelle s’opère dans la violence, par la naissance du segment paternel en marge de la société. « Les mythes sont fondamentaux. J’ai essayé de les décrypter pour voir le message caché dans ces mythes. C’est ce travail de décodage qu’il fallait faire. Si nous prenons tous les mythes, nous avons toute une fresque qui donne les différentes formes d’organisation qui ont existé dans la vallée du fleuve Sénégal », estime l’auteur. Selon lui, cette méthodologie peut être reprise ailleurs. Et l’idée était d’étudier tous les peuples qui ont séjourné en un moment dans la vallée avant de descendre dans le sud du Sénégal: Diolas, Peuls, Sérères, Bédiks, etc. « C’était difficile à entreprendre parce les sociétés wolofs à elles seules étaient d’une extrême complexité », relève le magistrat. Il invite les gens à se réapproprier de leur histoire et leurs langues, « deux choses qui sont fondamentales dans cette vie ».

Pour le Pr Bouba Diop du département d’histoire de l’Ucad, le texte d’Ameth Diouf est « dense, audacieux et courageux ». Il permet de donner des dynamiques sociales dans leur évolution et aide à mieux négocier les transitions sociales vers le futur.

Ndiol Maka SECK

La Fondation Konrad Adenauer (Fka) a procédé, hier, au lancement des actes de son colloque sur « Religion et Environnement » tenu au mois de décembre 2016, en coopération avec l’Université Cheikh Anta Diop, l’ambassade d’Israël et l’Association sénégalaise pour la coopération décentralisée. L’objectif est de promouvoir le dialogue interreligieux comme cadre et moyen de valorisation d’une nouvelle culture environnementale.

Selon le représentant résident de Fka, Thomas Volk, le colloque a permis de diagnostiquer les actions qui contribuent à la destruction progressive de l’environnement et « de notre maison commune, la terre ». « Ces actions ont des conséquences néfastes, non seulement sur la nature bien visible mais, par ricochet, sur la vie socioéconomique et culturelle, et particulièrement dans les pays en voie de développement, en engendrant des conflits sociaux avec ses corolaires : l’émigration et l’extrémisme », a soutenu M. Volk. A l’en croire, lors du colloque, ils ont été à la découverte des discours religieux afin de décortiquer la manière dont est perçue la question environnementale dans les textes et dans les traditions sacrées de même que le rôle que les religions devraient et peuvent jouer dans la sauvegarde et la transformation positive de l’environnement.

Doudou Ndiaye du ministre de l’Environnement et du Développement durable a promis d’intégrer les actes du colloque dans leur planification. « Toutes les religions prévoient la préservation de l’environnement. Les recommandations sont bonnes et d’actualité », a-t-il dit.

N. M. SECK

Les associations Kër Thiossane et «Sos Cheval» ont organisé samedi, au jardin du Jet d’eau, à la Sicap-Liberté 2, une manifestation baptisée «Sargal Fass». Une manifestation en marge de laquelle la Ligue sénégalaise pour la Protection du Cheval et le Ministère de l’Élevage ont sensibilisé les charretiers sensibilisés sur le traitement des chevaux et la nouvelle règlementation du transport par des véhicules à traction animale.

Des dizaines de charretiers des quartiers de Sicap et de Grand Dakar ont pris d’assaut, dans l’après-midi de samedi, à l’occasion de la deuxième édition de la journée «Sargal Fass». Une manifestation organisée par les associations Kër Thiossane et «Sos Cheval» qui ont tenu à porter le plaidoyer en faveur du cheval, mais également sensibiliser les charretiers sur la gestion des équidés et la cohabitation avec les autres usagers de la route. Pour le président de la Ligue sénégalaise pour la protection du cheval qui œuvre à la protection des chevaux à travers diverses actions, il est impératif que les équidés soient bien traités.

Abdou Salam Guèye de plaider ainsi pour un bon traitement des chevaux, en particulier ceux qui gravitent autour de la zone où « quelque 450 ont été recensés en 2016 ». Pour lui, les gens pensaient que les chevaux étaient des ruraux. Mais maintenant, on se rend de plus en plus compte « que le cheval devient un animal urbain. Tous les produits de consommation sont distribués par les charrettes hippomobiles dont l’utilisation peut faire baisser les charges de 60 à 70% par rapport à leur distribution par des camionnettes ». Ce qui lui fait dire que son traitement doit être irréprochable et l’association en fait son sacerdoce. « Partout où nous allons, nous défendons le cheval et essayons de le protéger. Contre qui ? Contre ces principaux ennemis que sont d’abord la maladie et la malnutrition ; ensuite viennent le vol, l’abandon et la maltraitance », a notamment ajouté M. Guèye. Aussi dans un contexte marqué par la cohabitation entre le cheval et d’autres usagers de la route, il souligne qu’il est nécessaire pour les charretiers de se conformer à la réglementation. « La règlementation vient régir la circulation sur le territoire nationale des véhicules hippomobiles affectés au transport des personnes et des biens à des fins commerciales et ou domestiques. C’est ainsi que pour les calèches, la charge maximale est de 300 kg et pour les charrettes hippomobiles, elle est de 800 kg ; des normes qu’il faut respecter impérativement. Les organisateurs ont insisté sur d’autres aspects liés au traitement des chevaux comme la vaccination, l’alimentation ou encore la maltraitance. Des aspects dont il faut tenir en compte pour tirer profit des équidés.

Ousseynou POUYE

Le Premier ministre Mahammed Boun Abdallah Dionne a présidé, hier, à la Primature, une réunion sur les sociétés liquidées qui, pour certaines, datent de 1989. C’était en présence d’une délégation des ex-travailleurs. A l’issue de la réunion, le ministre porte-parole du gouvernement, Seydou Guèye, a indiqué que l’État compte vider le passif social.

Le gouvernement est décidé à ne pas faire marche arrière sur les engagements pris par les anciens régimes. Il a décidé, hier, à l’issue d’une rencontre avec une délégation des ex-travailleurs, de vider le passif social des entreprises liquidées au nombre de 18 pour 7.500 travailleurs. «Le Président, lors de trois Conseils des ministres, est revenu avec insistance sur cette situation parce que l’un des objectifs de son projet de société est la lutte contre les inégalités sociales », a dit le ministre porte-parole du gouvernement, Seydou Guèye. Ces structures liquidées sont de deux ordres : public et privé. Il a été décidé de la mise en place d’un comité technique logé à la présidence pour faire l’inventaire et formuler des recommandations.

Dans la démarche, l’État a procédé au cas par cas. Par exemple, pour l’ex-Ama Sénégal, la Société industrielle d’assainissement du Sénégal (Sias), dont le passif date de 20 ans, la décision a été prise de les régler définitivement. Le règlement est étalé sur deux exercices budgétaires. Pour les autres entreprises comme Frigocap, la procédure a donné une décision en référé, mais qui ne consignait que des droits de conservation. « Il n’y a pas une totale évaluation des besoins », a révélé le ministre porte-parole.

« Concernant Air Afrique, il faut le tirer au clair, puisque pour la partie des travailleurs qui était sous le régime de la liquidation au Sénégal, tout a été payé. Il s’agit maintenant de la partie en relation avec la liquidation dans un autre pays qui reste. De ce point de vue, il y a nécessité de faire le point pour avancer dans les solutions », a affirmé Seydou Guèye.

Restaurer les droits sociaux
En ce qui concerne la situation de Transrail qui est « particulière », des mesures ont été indiquées par des saisines de l’Agent judiciaire de l’État, au ministère de l’Économie, des Finances et du Plan, au ministère des Infrastructures pour préserver le droit des travailleurs. Le schéma est presque pareil pour l’ex-Sotrac.

Seydou Guèye a fait savoir que ces travailleurs ont vu « leurs droits floués » et le chef de l’État est décidé à « les réparer ». « Il convient de restaurer les travailleurs dans leurs droits sociaux. Ce qui est une preuve de justice sociale. Cette rencontre constituait une avancée très importante dans la prise en charge des entreprises liquidés », a-t-il avancé. S’il y a un homme qui a reçu un hommage appuyé des autorités sur ce dossier, c’est bien Momar Samb du Conseil économique, social et environnemental (Cese) qui, depuis longtemps, a fait des pieds et des mains pour un dénouement heureux. A l’issue de la rencontre, le président du collectif, Moustapha Guèye, se dit « satisfait » et prie pour que « les engagements soient respectés ».

Le collectif compte rencontrer sa base pour soumettre les propositions du Premier ministre afin qu’elles soient validées. Date a été prise pour le mardi 11 avril 2017 afin de procéder à la première évaluation des engagements pris et instructions données par le Premier ministre.

Serigne Mansour Sy CISSE

Cette importante opération a eu lieu dans la nuit du 08 mars au 09 mars 2017, entre 20 heures et 03 heures. Selon le communiqué, il s’agit de M. Ndiaye, alias Dane, âgé de 24 ans, né à Dakar, marchand domicilié Touba Alieu, de C. Sylla, âgé de 21 ans, né à Dakar, marchand domicilié à Touba Gouye Mbind, de P. Diop, âgé de 23 ans, né à Mbacké, électricien domicilié à Touba Poulailler et de B. Ndao, âgé de 22 ans, né à Touba, maçon domicilié à Touba Niary Pneu. Le communiqué précise que ce dernier considéré comme « le chef de bande » a été appréhendé à Mbour en compagnie de Cheikh Sylla.

Le document révèle, par ailleurs, que lors des fouilles effectuées dans les chambres du nommé B. Ndao successivement à Touba et à Mbour, les policiers ont saisi également « une grande cisaille, deux arrache-clous, une corde, une tirelire métallique fracturée et un téléviseur écran plat. Un autre téléviseur écran plat a été aussi saisi chez M. Ndiaye ». La bande qui a, à son actif, plusieurs cambriolages, était recherchée par la police. Elle a aussi annoncé que le principal receleur, M. Niang, avait été déjà déféré le 13 décembre 2016 pour recel et association de malfaiteurs. Il avait formellement cité B. Ndao comme étant celui qui lui a vendu les seize téléviseurs écrans plats saisis par devers lui lors de son interpellation. Le dossier est en instruction au Tribunal de grande instance de Diourbel. « L’enquête se poursuit », conclut le communiqué.

Mbaye Sarr DIAKHATE

Le Haut conseil du dialogue social (Hcds) a tenu, hier, à Saly, sa huitième assemblée plénière relative à sa revue annuelle 2016. Selon la présidente Innocence Ntap Ndiaye, la mesure de la représentativité constitue la première règle pour un dialogue social de qualité.

« Cette plénière, se tenant au lendemain du 8 mars, permettez-moi de saluer le sens de l’action et l’esprit de solidarité des femmes du monde, du Sénégal. Les femmes du Hcds n’ont pas été en reste. Elles ont su, à cette occasion, répondre de manière spontanée et admirable aux multiples sollicitations aux fins de représentation à des manifestations de commémoration de la Journée internationale des femmes ». C’est par ces propos que la présidente du Hcds, Innocence Ntap Ndiaye, a démarré son allocution. La promotion du dialogue social, a-t-elle dit, a valu à chacun d’être choisi par les centrales syndicales et les organisations patronales les plus représentatives et les ministères et institutions les plus impliqués dans la gestion des conflits sociaux.
La qualité du dialogue social est, à son avis, tributaire de l’identification des partenaires sociaux les plus représentatifs, seuls habilités à négocier. Innocence Ntap Ndiaye a salué l’option prise par les pouvoirs publics de mesurer à nouveau la représentativité des centrales syndicales de travailleurs et d’identifier les organisations syndicales d’enseignants les plus représentatifs. En procédant ainsi, a-t-elle soutenu, ils créent les conditions de l’instauration et de la consolidation de la stabilité sociale dans le secteur éducatif après les acquis importants notés dans ce domaine grâce au Pacte national de stabilité sociale et d’émergence économique et au Plan d’action qui lui est adossé.

« Nous prévoyons sous ce rapport de contribuer à la consolidation de la stabilité sociale notée dans le secteur éducatif depuis le début de l’année scolaire en tenant une réunion le 11 mars 2017 (demain) entre les représentants des organisations syndicales d’enseignants et des ministères impliqués dans la prise en charge des accords dans ce secteur », a encore indiqué la présidente du Hcds qui soutient que « la tenue des élections de représentativité est tout à fait normal car la mesure de la représentativité est la première règle permettant d’instaurer un dialogue social de qualité. Elle s’est félicitée du fait que les partenaires sociaux aient si bien compris et accepté d’aller aux élections au niveau sectoriel ». Aussi, la revue permettra, conformément aux dispositions de l’article 14 du Décret n° 2014-1299 du 13 octobre 2014 qui fixe les règles d’organisation et de fonctionnement du Haut conseil du dialogue social (Hcds), d’élaborer le Rapport 2016 sur l’état du dialogue social qui sera ensuite présenté au président de la République. Selon Innocence Ntap Ndiaye, il permettra d’identifier les axes de réforme pouvant contribuer à la rénovation sociale qui passe par la réactualisation du cadre juridique régissant les relations professionnelles et gage d’un dialogue social fécond.

Amath Sigui NDIAYE

Le colonel Jean Bertrand Bocandé a présidé, hier, à la caserne général Waly Faye de Fatick, la cérémonie de présentation du drapeau à la 49ème promotion d’élèves gendarmes. Une occasion, pour le commandant de l’école, d’exhorter les élèves gendarmes à méditer sur leur honneur de soldat : cette vertu qui doit les guider à chaque instant et qui se trouve dans la tenue, la discipline et la dignité.

Le colonel Jean Bertrand Bocandé a présidé, hier, à la caserne général Waly Faye de Fatick, la cérémonie de présentation du drapeau à la 49ème promotion d’élèves gendarmes. Il a, dans son rôle de représentant du haut-commandant de la gendarmerie et directeur de la justice militaire, écouté le commandant de l’école exhorter les élèves gendarmes à méditer sur leur honneur de soldat : cette vertu qui doit les guider à chaque instant et qui se trouve dans la tenue, la discipline et la dignité.

Cette 49ème promotion est riche de 990 gendarmes dont 58 filles. Représentant le haut-commandant de la gendarmerie et directeur de la justice militaire, le colonel Jean Bertrand Bocandé, chargé de l’expédition des affaires courantes du commandement des écoles, a écouté le commandant de l’école des sous-officiers de gendarmerie, le lieutenant-colonel Gorgui Bâ dont l’intervention a d’abord porté sur l’importance du drapeau qui est « un symbole de la nation sénégalaise auquel les élèves-gendarmes doivent rendre les honneurs. Aussi, doivent-ils le défendre en tous lieux et en toutes circonstances ». Devant de nombreux invités, le lieutenant-colonel Gorgui Bâ a souligné que « le drapeau doit toujours rappeler au gendarme son engagement à se mettre au service de la République et, partant, à contribuer aux efforts de développement de la paix ». Il a également mis l’accent sur la discipline qui, en tant que force principale des armées, doit être le viatique de l’élève gendarme voulant suivre pleinement toutes les activités pédagogiques. Selon le lieutenant-colonel Bâ, l’atteinte des objectifs d’une formation de qualité ne s’accommode pas avec des manquements graves comme le refus d’obéissance, le retard, la négligence dans le port de la tenue, l’inobservation des règles de respect de la hiérarchie. Après avoir rappelé que la dignité doit guider le comportement de tous les jours de l’élève gendarme, il a remercié tous ceux et celles qui contribuent à la formation et exhorté les éléments de la 49ème promotion à justifier leur mérite d’être à l’honneur par la discipline à tout instant et par le travail.

Oumar Ngatty BA

Depuis le 1er mars, Mercredi des Cendres, les catholiques ont entamé leur marche vers Pâques, en prenant la route du Carême, avec comme bagages, qui sont depuis toujours les éléments de base de tout renouvellement chrétien: la Parole de Dieu, le jeûne, la solidarité, la pénitence et la prière. Sur le plan liturgique, ils ont suspendu la lecture des évangiles du « Temps Ordinaire », qu’ils reprendront dans un peu moins de trois mois et demi, après la solennité de la Pentecôte.

Pendant les deux premiers dimanches du Carême, ils méditent, à la messe, sur les textes de saint Matthieu évoquant les tentations de Jésus au désert et la transfiguration. Suivront, après, trois textes de saint Jean d’une grande intensité spirituelle : la rencontre de Jésus avec la Samaritaine autour de l’eau vive, la guérison de l’aveugle-né et la résurrection de Lazare.

Pourquoi le choix de tels textes ? Quel est le sens d’une telle option ? Il faut savoir que pendant les premiers siècles du christianisme, ces textes bibliques accompagnaient la préparation et l’entrée dans l’Église des catéchumènes (des adultes qui désiraient recevoir le baptême), pour leur indiquer le sens de leur décision et ce à quoi ils s’engageaient. Ces textes étaient aussi utilisés pour aider les fidèles à renouveler leurs promesses baptismales et relancer leur ferveur chrétienne lors de la veillée pascale.

Le Carême se présente alors comme une montée vers Pâques et rappelle que toute la vie du chrétien est enracinée dans cet événement fondateur de sa foi et qui irradie toute sa vie d’une lumière qui jamais ne s’éteindra : la Résurrection. C’est cette orientation spirituelle qui a porté la vie et la foi des premières générations de chrétiens jusqu’à celles d’aujourd’hui et celles à venir.
La tradition chrétienne nous apprend, en effet, que les apôtres et les premières générations chrétiennes qui n’ont certainement jamais vécu le « carême » (comme il se présente aujourd’hui), se rassemblaient chaque premier jour de la semaine, c’est-à-dire le Dimanche, Jour du Seigneur, pour célébrer la Résurrection. Ils célébraient aussi la grande fête de Pâques, préparée par trois jours de jeûne et prolongée dans une cinquantaine de jours, jusqu’à la Pentecôte.
 Ce n’est pas pour rien que le « Temps Pascal » est, pour les catholiques, le sommet de l’Année Liturgique.

C’est seulement plus tard, en souvenir des douloureux évènements de la passion et de la croix, que le temps de pénitence a d’abord été étendue à toute la semaine, dite « Semaine Sainte », puis peu à peu aux semaines précédentes.
 Et comme il était depuis toujours strictement interdit de jeûner le dimanche, Jour du Seigneur, Jour de la Résurrection, jour de joie et d’allégresse, on remonta jusqu’au mercredi précédent afin d’obtenir une période de 40 jours. Le mot latin « quadragesima » en témoigne en donnant le mot français « Carême » dont l’entrée est symbolisée, chaque année, par le rite de l’imposition des cendres. Le carême n’est donc pas d’abord un temps d’ascèse, un ramadan chrétien, mais un chemin orienté vers son terme : Pâques. Ainsi, pour les catholiques, tous leurs efforts de pénitence souvent pénibles (abstinence, privation, souffrance...) traduisent d’abord leur désir de « conversion », de « changement » de direction et d’orientation pour mieux adhérer, suivre, imiter et communier au Christ mort et ressuscité. Saint temps de carême à tous !

Par Abbé Roger GOMIS

Les candidats au pèlerinage en Terre Sainte, Fatima, Lourdes et Rome, peuvent se rendre à la permanence du Comité interdiocésain national des pèlerinages catholiques (Cinpec) où les inscriptions ont démarré le 06 mars dernier.

Les inscriptions pour le pèlerinage aux lieux saints de la chrétienté 2017 ont démarré depuis le lundi 6 mars à la permanence du Comité interdiocésain national des pèlerinages catholiques (Cinpec). Le Cinpec, présidé par Mgr Paul Abel Mamba, évêque de Ziguinchor, a arrêté cette année un itinéraire passionnant. Il commencera en Terre Sainte (Israël) et se poursuivra à Fatima, en passant par St Jacques de Compostelle, en Espagne, à Lourdes en France avant de se terminer à Rome auprès du Saint père, le pape François. Dans le communiqué, il est mentionné que la préoccupation du président du Cinpec et des membres de cette instance de l’église était de répondre à une forte demande des chrétiens sénégalais souhaitant marquer le centenaire des apparitions en 1917 de la Vierge Marie à trois jeunes bergers à Fatima au Portugal. Le prolongement de l’itinéraire par l’étape de Fatima, sans pour autant abandonner l’étape de Lourdes, implique évidemment un coût plus élevé. C’est pour cette raison que le Cinpec s’est d’emblée évertué à réduire au maximum le coût du pèlerinage exceptionnel de cette année qui sera de 2.900.000 FCfa par personne, tout frais compris. Il y aura ainsi 300 000 FCfa de plus dans le coût du voyage. En plus du respect de la visite médicale d’aptitude au pèlerinage, il est surtout recommandé aux futurs pèlerins de prendre les dispositions pour s’inscrire assez tôt et ne pas attendre le moment de la clôture. Le pèlerinage aux lieux saints de la chrétienté est prévu du 24 août au 14 septembre 2017.

Eugène KALY

La ziarra annuelle de Ngaparou, dans le département de Mbour, est retenue pour le 11 mars 2017. Cet évènement religieux, organisé en souvenir des érudits Elhadji Elimane Sakho et Elhadj Ibrahima Sakho, mobilise déjà les membres de cette auguste famille de la Tidianiya, ainsi que les disciples, tous engagés pour un bon déroulement et un grand succès de la manifestation.

Des milliers de musulmans vont prendre part à la ziarra de Ngaparou prévue le 11 mars 2017. Ils vont affluer des quatre coins de notre pays pour rallier cette localité du département de Mbour (région de Thiès) où repose un grand serviteur de l’Islam et de la Tidianiya : Elhadji Elimane Sakho, père d’Elhadj Ibrahima Sakho, un autre savant de la pensée islamique. Leurs descendants, les disciples, ainsi que des frères et sœurs en Dieu se réunissent, chaque année, sur ce lieu de pèlerinage pour se souvenir de ces deux érudits, mais aussi pour magnifier et perpétuer leur apport majeur à l’expression de l’Islam et de la Tidianiya au Sénégal.

Selon Elhadj Tafsir Sakho, fils cadet d’Elhadj Elimane et frère d’Elhadj Ibrahima, une série de mesures a été prise pour mettre les pèlerins dans de bonnes conditions de séjour à Ngaparou. « Ils pourront se consacrer à toutes leurs dévotions et se souvenir intensément d’Elhadj Elimane Sakho et de son fils Elhadj Ibrahima Sakho, deux éminentes personnalités religieuses à qui la ziarra est dédiée », précise cet éminent conférencier considéré comme la pièce maîtresse dans l’organisation de ce grand rassemblement. Sur la vie et l’œuvre de son ascendant, Elhadj Tafsir Sakho indique que « de sa naissance à Wanar, dans le Saloum, à son rappel à Dieu en 1948 à Ngaparou, c’est une vie de dévotions et d’enseignement des grandes valeurs morales et spirituelles de l’Islam ». Pour Elhadj Tafsir, Elhadj Elimane Sakho symbolisait la lumière dans la cour de Mawdo Malick Sy, le plus grand propagateur de la Tidianiya en Afrique subsaharienne. « Il avait donné satisfaction à Mawdo Malick et à tous ceux qui étaient à la recherche de la Vérité et désiraient illuminer leurs cœurs des lumières éternelles », dit notre interlocuteur. Son fils et premier successeur, Elhadj Ibrahima Sakho, dont l’actuel khalife est Serigne Mouhamadou Habib Sakho, s’est inscrit dans la même voie. Né en 1911 et rappelé à Dieu en 1994, Elhadj Ibou Sakho, comme on l’appelait familièrement, a mis tout le monde d’accord sur sa vaste érudition et ses capacités de persuasion sur la voie de Dieu. Ce conférencier hors norme a amené des milliers d’individus à être plus réceptifs à la Bonne Parole.

Voilà brièvement présentés deux hommes de Dieu dont le parcours, comme celui d’Elhadj Amadou Sakho (khalife de 1994 à 2009), sera revisité à l’occasion de cette ziarra du 11 mars 2017. « Ces serviteurs de Dieu seront offerts en exemples croyants qui rallieront Ngaparou, lieu de prières aux pieds d’Elhadj Elimane Sakho, vénérant Dieu, Un et Unique, sous la direction de l’actuel khalife, Elhadj Badara Sakho », a conclu Elhadj Tafsir Sakho.

Cheikh Aliou AMATH

Parrain de la Journée internationale de la femme à Mecké, le maire de la commune de Mérina Dakhar, Aymérou Gningue, a plaidé la cause de la femme du Cayor. Il s’est engagé à les appuyer pour le financement de leurs activités à travers une ligne de crédit de 100 millions de FCfa.

Parrain de la Journée internationale de la femme à Mecké, le maire de la commune de Mérina Dakhar, Aymérou Gningue, a plaidé la cause de la gent féminine du Cayor. Il s’est engagé à les appuyer pour le financement de leurs activités à travers une ligne de crédit de 100 millions de FCfa.

Ce fonds, a-t-il indiqué, devraient permettre aux femmes du Cayor d’accéder à des crédits qui constituent l’une de leurs principales préoccupations après un diagnostic sans complaisance des maux qui freinent leur plein épanouissement à travers les différentes taches ménagères, horticoles et de transformations des produits agricoles ». Mais avant cela, l’édile de Mérina Dakhar a fait remarquer qu’un fonds de garantie de 20 millions de FCfa sera déposé à la Mutuelle d’épargne et de crédit (Mec) de la Fédération des associations de développement communautaire (Fadec) pour faciliter la mobilisation de ces ressources avec lesquelles les femmes vont disposer de crédits revolving et permettre de toucher le plus grand nombre ». Dans la foulée, il a également annoncé l’implication des partenaires dans la recherche de ce financement tout en demandant au représentant de l’administrateur du fonds pour entrepreneuriat féminin présent à la cérémonie, d’être l’interprète des femmes de Mékhé auprès de l’administrateur du fonds mais aussi du ministre Moustapha Diop pour accéder aux financements.

D’autant que, selon Aymérou Gningue, les femmes du Cayor respectent toujours leurs engagements à honorer les remboursements de crédits qui leur sont alloués dans les mutuelles. Et, cela depuis 2009 où aucun retard de remboursement n’a été noté pour des crédits qui dépassent même les 5 millions de FCfa.

La fédération regroupe plus de 700 groupements de femmes qui, il faut le reconnaître, ont fini d’assurer leur propre sécurité alimentaire. L’objectif du maire de Mérina Dakhar est de voir la culture de la gratuité bannie au Sénégal. « Les femmes du Cayor ont montré la voie à suivre. Nous invitons les pouvoirs publics à les soutenir dans cette dynamique afin que leur exemple fasse tache d’huile », a soutenu Aymérou Gningue. A travers la Fadec dont le siège est basé à Mékhé, les femmes assurent la totalité des besoins familiaux et même la scolarité des enfants.

Mohamadou SAGNE

Le ministre du Tourisme et des Transports aériens, Maïmouna Ndoye Seck, a plaidé, hier, pour plus de responsabilité et de solidarité en direction des femmes du monde du travail qui, pour la plupart, font face à de nombreuses contingences. C’était à l’occasion de la journée internationale des femmes.

«Responsabilité et Solidarité des femmes dans le milieu du travail : cas du tourisme et des transports aériens ». C’est autour de ce thème que le Collectif des femmes du ministère du Tourisme et des Transports aériens a célébré la journée internationale des femmes. La commémoration de cette journée qui découle des luttes ouvrières pour l’équité et l’égalité des chances entre l’homme et la femme dans le milieu du travail est, selon Mme le ministre Maïmouna Ndoye Seck, une occasion de faire un bilan sur la situation des femmes, mais surtout jauger leur place dans la société.

A ce titre, elle a relevé le pourcentage des femmes dans le secteur du tourisme et des transports aériens. « 30% des personnels sont représentés à un niveau décisionnel » dans la plupart de nos structures. Néanmoins, elle a estimé qu’il est possible de faire plus et mieux dans le monde du travail où elles font face à de nombreuses contingences. Citant la directrice d’Onu-femmes qui, dans son message adressé à la communauté internationale, disait que «la lutte contre les injustices requiert une flexibilité de la part des employeurs des secteurs à la fois public et privé ». C’est pourquoi elle a estimé que des mesures, comme des prestations de maternité plus généreuses, devront être mises en place pour retenir les employées dans le monde du travail ».

Au nom des femmes du Collectif, Awa Guèye Diagne a souligné l’importance du thème qui démontre l’engagement de toutes les femmes du secteur à remplir leurs missions en toute responsabilité et dans un esprit de solidarité. Maréma Touré Thiam a indiqué dans sa communication l’importance de la solidarité dans le travail. «Aujourd’hui, avec les crises multiformes que la société rencontre, la solidarité est en passe de reculer. D’où l’intérêt de la maintenir, de l’élargir mais surtout de l’interpréter dans les nouveaux espaces occupés par les femmes, notamment l’espace du travail ».

Tata SANE

L’Alliance pour l’autonomisation des femmes pour l’entrepreneuriat (Afena) a célébré, à sa manière, le 8 mars à Saly. Elle a organisé, en partenariat avec le Lamentin beach, un forum sur le thème «Entrepreneuriat féminin et développement du tourisme : obstacles et enjeux».

Cette occasion a été saisie par les femmes pour rappeler leur ambition de jouer leur partition dans la relance du secteur touristique qui bat de l’aile depuis quelques années. Pour Mme Sonia Sèye, présidente de l’Afena, les femmes qui occupent des emplois mal rémunérés, sont vulnérables dans le secteur et font l’objet de marginalisation et de stigmatisation, sans compter l’exploitation et le harcèlement sexuel dont elles sont victimes.

Mme Sonia Sèye a ensuite plaidé pour le vote d’une loi pour qu’une part considérable soit accordée aux femmes afin qu’elles puissent bénéficier, au même titre que les hommes, des marchés dans le secteur touristique. Cette rencontre à été rehaussée par la présence de nombreuses femmes leaders dont le ministre conseiller Mme Fatou Danielle Diagne, secrétaire exécutif de la Fondation Servir le Sénégal.

Elle a salué l’initiative de Mme Sonia Sèye et l’a félicitée pour son engagement et sa détermination dans son combat pour l’autonomisation des femmes. Selon Mme Fatou Danielle Diagne, la femme sénégalaise devrait être célébrée toute l’année. Car, a-t-elle soutenu, elles œuvrent sans relâche dans tous les secteurs d’activités pour contribuer à l’émergence du Sénégal.

Samba Oumar FALL

La ligne «Sénégal Dem Dikk» devant assurer la desserte sur Saint-Louis sera opérationnelle en début de semaine prochaine, a annoncé, dans la capitale du Nord, le directeur général de «Dakar Dem Dik», Moussa Diop.

Le directeur général de «Dakar Dem Dik», Moussa Diop, s’est adressé à la presse pour préciser qu’un parking et des locaux sont déjà disponibles à Saint-Louis. Selon lui, des départs dans les deux sens et à des heures fixes (matin et soir) seront programmés. Même s’il n’y a pas assez de passagers, les bus respecteront les horaires de départ. A en croire M. Diop, le programme de mise en circulation de 45 bus à l’intérieur du pays est déjà positif et a enregistré des résultats satisfaisants, au regard des zones desservies et les réactions reçues des voyageurs.

Le transport interurbain de «Dakar Dem Dik », a-t-il poursuivi, vise à moderniser et à démocratiser le transport, à sécuriser et à assurer le confort des passagers, en vue d’atténuer les accidents de la route. Moussa Diop a enfin rappelé qu’en 2016, pas moins de 600 personnes ont trouvé la mort dans des accidents de la circulation. En 2015, 589 morts ont été enregistrés. Conscients de cette situation, les responsables de «Dakar Dem Dik» s’évertuent à renforcer le transport interurbain. Après la région de Saint-Louis, celles de Ziguinchor, de Tambacounda et de Matam vont bénéficier de ce programme dans les plus brefs délais.

Mbagnick Kharachi DIAGNE

 

Nous avons reçu ce communiqué du ministère des Affaires Étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur. Le Ministère des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur informe que 54 Sénégalais en provenance de la Libye ont été rapatriés de Tunisie, ce mardi 7 mars 2017, à 22 heures. Ce rapatriement, réalisé avec le concours de l’Organisation internationale pour les migrations (Oim), fait suite à la demande insistante de nos compatriotes.

Aminata Diouf Ndiaye, experte en genre, titulaire d’un diplôme d’études supérieures spécialisées (en genre et politiques sociales), revient, ici, sur les engagements et résolutions issus des rencontres internationales et auxquels le Sénégal a souscrit pour la promotion de la femme et de l’égalité de genre. Elle met en lumière les nombreux acquis et les efforts qu’il convient de déployer au Sénégal. Pour y parvenir, elle invite à un changement de paradigmes.

« Depuis 1946, la communauté internationale a souvent inscrit, dans l’agenda des grandes conférences et rencontres internationales, la question des droits de la femme ; ce qui a abouti à l’adoption, la ratification de bon nombre d’engagements et de résolutions en faveur de la protection ou de la promotion de la femme et des enfants.

Parmi ces textes, nous pouvons citer, entre autres :la Déclaration universelles des droits de l’homme (1948), la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (1979), la Convention relative aux droits de l’enfant (1990), la plate-forme d’actions de la quatrième Conférence mondiale sur les femmes (Beijing, 1995), la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples de 1981 et enfin le protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, relatif aux droits des femmes, adopté à Maputo en juillet 2003 et entré en vigueur en novembre 2005.

Le Sénégal, à l’instar de la communauté internationale, a ratifié tous ces textes et a souscrit à tous les engagements pour la promotion effective de la femme et de l’égalité de genre. Ces engagements ont été traduits par la mise en place de plusieurs mécanismes, l’élaboration et l’exécution de plusieurs politiques et programmes en faveur de la femme en collaboration avec la société civile et les partenaires techniques financiers.

Parité absolue, la révolution majeure
Sur le plan juridique, des mesures constitutionnelles et législatives importantes ont été prises afin d’améliorer le statut de la femme et le respect de ses droits. La Constitution du 22 janvier 2001 marque un tournant décisif, en reconnaissant à la femme des droits dont certains, bien qu’existants, ont été, pour la première fois, explicités sur leurs spécificités tels que : le droit pour la femme d’accéder à la possession et à la propriété de la terre, le droit à l’allégement des travaux surtout en milieu rural, le droit pour la femme d’avoir son patrimoine propre, comme le mari, et le droit de gestion personnelle de ses biens, l’égal accès pour l’homme et la femme aux fonctions et mandats électifs (loi du 13 novembre 2007 modifiant la Constitution).

Des mesures spécifiques ont aussi été adoptées en vue de mieux assurer cette protection. La loi n° 99-05 du 29 janvier 1999 modifiant le Code pénal réprime respectivement les coups et blessures volontaires, le harcèlement sexuel, les violences conjugales, les mutilations génitales féminines, le viol, l’attentat à la pudeur, l’inceste, le proxénétisme, la pire forme d’exploitation sexuelle de la femme, l’incitation du mineur à la débauche, l’abandon de famille qui vise désormais les deux conjoints alors qu’elle s’appliquait exclusivement à la femme. La loi n°2005-15 du 19 juillet 2005 consacre le droit pour la femme de décider de sa santé de la reproduction.

La réglementation sur le statut des fonctionnaires et non fonctionnaires et les organisations des institutions de prévoyance maladie, l’égalité de traitement fiscal entre l’homme et la femme, la loi sur la nationalité qui permet à la femme de donner la nationalité à ses enfants et à son conjoint, sont autant d’actes importants La révolution majeure dans le domaine juridique est intervenue avec la loi du 28 mai 2010 sur la parité absolue homme-femme dans les instances totalement et partiellement électives. En effet, son application a permis de porter le taux de représentativité des femmes à 43% à l’Assemblée nationale en 2012 (12ème législature).

10% des aménagements hydro-agricoles aux organisations de femmes
Sur le plan économique, le Sénégal a reconnu très tôt l’intérêt d’intégrer les femmes dans le processus de développement économique et social. Ceci s’est matérialisé par la mise en place de mécanismes en vue de faciliter la prise en compte des besoins spécifiques des femmes. Ainsi, plusieurs projets et programmes mis en œuvre ont eu une incidence sur les conditions de vie des femmes dans divers secteurs.

Dans le secteur de la micro finance, des lignes de crédits appuyés par les partenaires (Acdi, Belgique, Kfw, Italie, Onufemmes, …) sont mises en place au profit des ménages et femmes défavorisés : le Projet de crédit devenu maintenant le Fonds national de crédit pour les femmes, le Fonds national de promotion de l’entrepreneuriat féminin, le Papdef, le Fonds d’impulsion de la micro finance (Fimf), le Projet « Appui aux groupements féminins » qui vise l’acquisition d’équipement d’allègement des travaux de la femme, le Programme intégré de développement économique et social intervenant dans les régions de Dakar et de Kaolack et visant la promotion d’un modèle inclusif de protection sociale des femmes et des jeunes pour faciliter leur promotion socioéconomique…

Dans le secteur de la pêche, les femmes jouent un rôle de premier plan à travers la gestion des ressources, la commercialisation et la transformation des produits halieutiques. Il a été réalisé ainsi en 2012, entre autres, un projet de gestion durable des ressources halieutiques (appui de la Banque mondiale et du Fonds pour l’environnement mondial) et un programme « Chaine de Froid » (financé en partenariat avec l’Espagne et l’Inde). Dans les aménagements hydro-agricoles, les projets d’aménagement dans la Vallée du fleuve Sénégal et en Casamance ainsi que les activités maraîchères autour des bassins de rétention profitent aux femmes. Dans ce cadre, on peut citer quelques programmes en cours dont le projet de développement agricole de Matam (Prodam), le projet de développement rural en Casamance (Paderca), le projet d’aménagement de Ndiawar, le projet d’appui à la petite irrigation locale et le projet d’appui à la gestion des ressources en eau financé par le Mca, ainsi que l’appui de l’Usaid dans le domaine de l’amélioration de la productivité. Ces programmes pour lesquels 15393 ha sont aménagés ont obligation d’attribuer 10% des aménagements aux organisations de femmes.

Changement de paradigmes
Dans le secteur de l’élevage où les femmes sont spécialisées aux activités d’embouches, des petits ruminants, à la transformation laitière et au suivi médical du bétail, l’État a mis en place le Fonds d’Appui à la Stabilisation sous forme de fonds de bonification et de garantie pour des crédits à la Cncas. Beaucoup de stratégies ont été développées et des mesures ont été prises. Cependant, aujourd’hui, 22 ans après Beijing, beaucoup reste à faire. La pauvreté se féminise de jour en jour. Les femmes continuent de mourir en donnant la vie. Les statistiques sur les violences conjugales, les viols, les grossesses augmentent. La migration se féminise de plus en plus. Parmi les terroristes, on trouve de plus en plus de femmes kamikazes. Aujourd’hui, à la veille du 8 mars qui est un moment international fort de partage et d’évaluation des acquis de la femme, n’est-il pas temps de changer de paradigmes ?

N’est-il pas temps de s’accorder définitivement sur le sens sociologique de ces concepts de genre, de parité, d’égalité, d’équité mais surtout sur les stratégies économiques, culturelles, techniques efficientes pour y parvenir ? Il faut promouvoir la parité mais faudrait-il qu’elle fût de qualité. La compétence doit primer. N’est-il pas temps, pour toute action en faveur de la femme, de partir systématiquement du niveau local et en fonction de leurs besoins ?

Il est temps, aujourd’hui, que les gouvernants et les gouvernés, de manière consensuelle et participative, portent la femme à sa « Juste Place », c’est- à-dire à côté de l’homme, ni derrière, ni devant, tout simplement côte à côte pour le développement effectif de nos pays. Il est temps que la femme soit sensibilisée sur ses droits, ses devoirs mais surtout sur ses opportunités à contribuer efficacement au devenir de son pays.

Systématiser la budgétisation, selon le genre
Mais est-ce à dire, aujourd’hui, qu’il faut avoir le même nombre d’hommes et de femmes dans toutes les sphères de la société, sur les listes des partis politiques, sur le plan national. Au niveau local, c’est la représentativité qui doit primer. Nous devons certes travailler pour une discrimination positive en faveur des femmes mais aussi et surtout pour le renforcement réel de leurs capacités, dans tous les domaines, en particulier, dans l’alphabétisation et l’enseignement supérieur et scientifique.

L’État du Sénégal a ratifié et signé toute les conventions ou engagements internationaux en faveur des femmes. Ne devons-nous pas plutôt accélérer l’harmonisation de notre législation avec ces textes tels que la Cedaw et le protocole à la charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatifs aux droits des femmes ? L’État du Sénégal avait commencé un processus de budgétisation, selon le genre. Ne devrait-il pas systématiser cette budgétisation selon le genre ? L’État inviterait ainsi les institutions à prendre les dispositions idoines pour satisfaire les besoins pratiques et les intérêts stratégiques des femmes et des hommes dans un très court terme.

Il est incontestable que la volonté politique pour la promotion des droits de la femme existe au Sénégal. Toutefois, ma conviction est que l’effectivité passera par l’intégration systématique de la dimension genre dans les budgets des institutions et surtout par un dispositif systématique de collecte et de traitement des données à l’instar du procédé utilisé pour l élaboration de l’indice de développement et des inégalités entre les sexes (Idisa) ».

Alassane Aliou MBAYE

Depuis sa création en 1990, le Groupe de recherche et d’appui aux initiatives féminines (Graif) a capitalisé 27 années au service du développement endogène dans ses différentes zones d’intervention de Tivaouane, Mbour, Thiès et dans les régions de Kédougou, Ziguinchor, Dakar et Fatick.

L’une des fondatrices, Mme Joséphine Ndione, monitrice d’économie familiale et secrétaire générale de cette organisation non gouvernementale nous a retracé les différentes péripéties qui ont jalonné ce couronnement d’une longue expérience qui a toujours été orientée vers la promotion de la femme. En marge de l’édition 2017 de la journée de la Femme, Mme Ndione n’a pas tari d’éloges à l’endroit des membres de son organisation gérée par un groupe de femmes ayant capitalisé une expérience avérée dans le développement, en milieu rural en particulier.

Nette amélioration des conditions des femmes
Une illustration parfaite qui cadre avec les objectifs du Graif d’accompagner les initiatives des groupements de femmes dans la lutte contre la pauvreté et l’analphabétisme. « Et ceci, en vue d’asseoir les conditions d’une promotion socio-économique fondée sur les ressources endogènes », nous lance-t-elle. Les différents secteurs d’activités sont : l’alphabétisation fonctionnelle, la santé et l’hygiène, l’épargne et le crédit, la transformation et la conservation des produits locaux, la formation en leadership féminin, la bonne gouvernance locale et le processus électoral, ainsi que la protection de l’environnement. « Autant d’activités autour desquelles s’activent plus de 6.500 femmes qui nous ont permis, aujourd’hui, de faire une évaluation positive des actions de notre association ». Les acquis sont considérables et on peut en citer dans l’épargne et le crédit, la maîtrise des techniques de transformation et de conservation des produits locaux, la nutrition des enfants, la lutte contre la paludisme et le Vih/Sida, l’alphabétisation fonctionnelle qui a permis à 6.800 femmes de savoir lire, écrire et gérer leurs propres activités, la construction de 1.200 latrines dans une quinzaine de village, entre autres.

« Et l’impact général qui est sorti de tout cela est que les populations rurales ont exprimé une réelle prise de conscience et ont constaté une nette amélioration de leurs conditions de vie qui étaient très précaires, il n’y a guère longtemps », souligne Mme Joséphine Ndione.

Mobilisation de fonds propres
Car, ajoute la secrétaire générale du Graif, nous avons constaté que les femmes prennent leurs propres initiatives et sont devenues très entreprenantes à travers les sessions de renforcement surtout en alphabétisation fonctionnelle (6.000 femmes formées) qui ont fini de favoriser leur autonomisation dans la gestion financière et comptable.

Selon Mme Ndione, les crédits qui leur ont été octroyés ont été intégralement remboursés, ce qui leur permet une mobilisation de leurs propres fonds. La particularité, aujourd’hui, est que certains groupements procèdent à l’exportation même de leurs produits artisanaux vers l’Europe, particulièrement en Italie ainsi que de certains produits halieutiques vers les pays de la sous-région ouest-africaine. Il s’y ajoute également qu’avec ce système mis en place, certaines femmes sont parvenues à disposer de parcelles à usage d’habitation et construire leur propre maison.

Cependant, les difficultés ne manquent pas. « Certains bailleurs qui finançaient des activités du Graif se sont retirés du Sénégal. Mais, cela n’empêche pas nos groupements de fonctionner normalement et de mener leurs activités à travers le réseau Lawtan, créé en 2002 par 65 groupements pour 6.800 membres, afin d’améliorer et de faciliter la commercialisation des produits locaux au niveau de nos 8 zones d’intervention », fait remarquer Mme Joséphine Ndione.

Le 8 mars, une communion
Pour la célébration de la journée du 8 mars dédiée aux femmes, la secrétaire générale du Graif souligne qu’elle est l’occasion pour les vaillantes femmes de communier autour d’un forum sur un sujet bien donné, lié à la promotion de la femme. C’est une rencontre qui est organisée une semaine après la journée nationale. C’est une rencontre qui regroupe près de 2.000 femmes qui profitent de l’occasion pour exposer leurs différents produits locaux, ce qui favorise en même temps des échanges entre actrices venant de différentes localités du pays comme Kédougou, Salémata, Ziguinchor, Fatick et Thiès. Nous pensons qu’il faut une nouvelle forme d’organisation de cette journée dans notre pays, en favorisant beaucoup plus les échanges à travers des fora et panels sur différents thèmes afin de renforcer les capacités et connaissances des femmes… ».

25 années de lutte contre la pauvreté
Le Groupe de recherche et d’appui aux initiatives féminines (Graif) a aujourd’hui 25 ans. « Et en 1990, lorsque nous le portions sur les fonts baptismaux, peu d’entre nous croyaient que l’enfant allait triompher des obstacles, traverser le temps et ses aléas et se poser en véritable rempart pour les femmes. Que du chemin parcouru », a indiqué Mme Joséphine Ndione.
 
Elle souligne que la volonté d’accompagner les initiatives des groupements dans la lutte contre la pauvreté et l’analphabétisme, en vue d’asseoir les conditions d’une promotion socio-économique fondée sur les ressources endogènes, est toujours forte. Déjà beaucoup de membres du Graif sont dans leurs propres maisons et s’enorgueillissent, à juste raison, d’avoir, par leur abnégation au travail, contribué à transformer positivement leur cadre de vie et briser l’horizon, au départ sans espoir, de leur enfant. Dans le village de Lalane, par exemple, la réussite à l’entrée en 6ème était paradoxalement source de déchirement moral pour les enfants et leurs parents. Faute de tuteurs, ceux qui rêvaient du collège faisaient face à un mur infranchissable qui les contraignait à abandonner les études ». Une sorte de fatalité qui a été ainsi vaincue par les femmes. Chaque jour, un car pour élèves fait la navette entre Thiès et Lalane. Et le soir, le village brille de mille feux du fait de l’énergie solaire, fruit du travail des femmes. Aujourd’hui, il y a plusieurs « Lalane ». Mais, de cette obscurité au jour où la lumière a jailli, que de chemin parcouru !

Mohamadou SAGNE

Chaque année, à l’occasion de la journée internationale des femmes célébrée traditionnellement le 08 mars, depuis son institution en 1974, le quotidien national donnait la parole à des femmes qui se sont distinguées dans la vie économique, sociale et culturelle du Sénégal. Pour la présente édition, « Le Soleil » a décidé de rendre hommage aux femmes de l’entreprise qui participe avec professionnalisme et engagement à la parution quotidienne de l’astre de Hann, portant avec une forte conscience les valeurs et les contraintes du service public de l’information. 

MME MAIMOUNA DIOUF MBODJ, MONTEUSE DU BLOC-NOTES : « Beaucoup d’améliorations enregistrées »
Maïmouna Diouf MbodjMadame Maïmouna Diouf Mbodj fait maintenant partie des doyennes du Soleil. Elle est témoin de l’évolution du quotidien national. Quand elle dit que « beaucoup de choses ont changé et se sont améliorées », on peut la croire. Car elle est passée de la machine de sténo ordinaire au tout-puissant dieu Mac. Mais pas seulement, ajoute-t-elle : « il y a aussi les primes de logement, la prime d’astreinte, les fonds communs, les séminaires de le panier Ramadan, les bons-cadeaux du 8 mars, l’arbre de Noël, la colonie de vacances qui vient de reprendre, l’amicale et le GIE ». Avec les Mac Intosh dernier cri, « le travail et la façon de travailler ont changé ». Le traitement de texte est devenu « moins pénible et plus rapide » que du temps de la sténotypie. Avec les collègues masculins, Mme Mbodj dit que les relations sont « respectueuses » et qu’ils sont « gentils ». Pendant quatre années, Mme Mbodj a quitté le Soleil car elle était allée rejoindre son époux aux États-Unis. « Pour ne pas perdre la main », elle s’était inscrite à New York où elle vivait dans une école de technicien du montage. Car, avant de partir, elle avait déjà été formée au montage par le chef de la conception et de la réalisation du service technique, M. Ibou Sène, à qui elle tient à rendre hommage, ainsi qu’au DG de l’époque, M. Ibrahima Gaye.

Journaliste Le SoleilMAIMOUNA GUEYE, JOURNALISTE, CHEF DU SERVICE EDUCATION-SANTE, AU SOLEIL DEPUIS 2001, TATA SANE, MAGUETTE GUEYE DIEDHIOU, MARAME COUMBA SECK, JOURNALISTES, AU SOLEIL DEPUIS 2008 ET 2016 : « Une amélioration du statut et du salaire »
A la question de savoir comment elles se sentaient dans l’entreprise en tant que femmes, à l’unisson Maïmouna Guèye et Marame Coumba Seck réfutent être au Soleil en tant que femmes, elles y sont « parce qu’elles sont diplômées en journalisme ». Maguette Guèye Diedhiou pense, elle, qu’elle ne peut faire l’impasse sur le fait qu’elle est aussi une femme tout en étant une journaliste. Car elle est souvent obligée de rappeler au bureau qu’elle est une femme et, qu’à ce titre, d’autres devoirs l’attendent à la maison. Pour pouvoir rentrer à temps lorsque le chauffeur attend par exemple un retardataire.

Alors, pourquoi en tant que journaliste, avoir choisi la presse écrite et le Soleil particulièrement ? Elles disent que « la presse écrite, c’est formateur et que cela vous pousse à lire, à faire des recherches, à écrire des articles plus fouillés et à enquêter ». Même pour Maïmouna, qui au départ voulait être une journaliste de radio et qui jusqu’à présent dort avec la radio allumée. D’ailleurs depuis le lycée, elle s’était familiarisée avec le quotidien national en décortiquant en cours les articles et allait même le lire au bureau de l’Agence de presse sénégalaise (Aps) alors logée à la Gouvernance de Saint-Louis.

Maguette acquiesce et rajoute que la presse écrite, c’est moins stressant et moins expéditif que la télé, qu’elle vous laisse le temps de peaufiner votre reportage et qu’il y a moins de stress que la radio et la télé. Pour Tata Sané, femme de radio au départ, le déclic est venu de la fréquentation de sa collègue Maïmouna Guèye, qu’elle dit considérer comme « son modèle ». « C’est en raison de son perfectionnisme et de son professionnalisme que je suis venue au Soleil. Et aussi parce que le Soleil est le quotidien de référence au Sénégal ».

Et puis, comme dans toutes les entreprises, il y a toujours un macho sexiste qui sommeille en certains, qui sont toujours curieux de savoir si vous êtes mariée, et si c’est le cas, pourquoi vous ne portez pas le nom de votre époux, comme si c’est le genre de question qu’ils poseraient à un collègue. « Ma signature est une identité, ma vie privée est ma vie privée. Je dois du respect à mes lecteurs. Sauraient-ils, le cas échéant, que Maïmouna Guèye Ndiaye est la même personne que Maïmouna Guèye ? Nous sommes là en tant que professionnelle, notre vie privée reste privée. Il y a une frontière entre vie privée et vie professionnelle», réplique le chef du service Éducation-Santé.

Comme tous les travailleurs de l’entreprise, Maguette Guèye Diedhiou note que les journalistes du Soleil ont profité ces dernières années d’« une amélioration de leur statut et de leur salaire, qui ont augmenté presque du simple au double ». Mais cette amélioration salariale et statutaire ne fait pas oublier à Maïmouna Guèye les bons souvenirs du temps de la rédaction du Soleil, lorsque le rédacteur en chef, feu Ibrahima Mansour Mboup, « motivait même les stagiaires, tout le monde travaillait et signait des articles ». C’était son cas à elle, et elle dit qu’« on se sentait alors impliquée, motivée et on était enthousiaste à proposer des initiatives ». Les salaires, dit-elle, c’est bien mais c’est encore mieux de se sentir épanoui dans son travail.
Marame Coumba Seck voudrait que les femmes journalistes effectuent plus de travail de terrain, plus de reportages, pour que plus de femmes encore osent aller à la conquête du Soleil. « Je veux être une femme de terrain. J’aime ce métier. Je gagnais plus sur le site où je mettais du contenu, mais le Soleil est une école de formation », confie-t-elle.

Et être la maman de deux enfants, comme elle, relève d’une question d’organisation, à son avis. « Cela ne doit pas me dispenser de me donner au travail comme mes autres collègues. Le 8 mars, cela ne me dit rien car toute l’année est un 8 mars pour les femmes. 8 mars ou 8 avril, considérons-nous comme des professionnelles. Nous ne devons pas nous complaire dans le genre, mais plutôt nous imposer », affirme avec bravache la jeune femme de moins de 27 ans. Tata Sané conclut sur un regret et un espoir. « Ce qui ce qui nous manque, c’est de valoriser les papiers des reporters, car ce ne sont pas les initiatives qui manquent ».

MME ADAMA NAFI SECK, ASSISTANTE DE DIRECTION A LA REDACTION : « Les femmes ont été de tous les combats pour porter le flambeau du journal »
Adama Nafi SeckEmbauchée en avril 1984 comme secrétaire au bureau régional de Ziguinchor, Mme Adama Nafi Seck a ensuite été mutée à la Direction générale à Dakar. Comme Mme Maïmouna Diouf Mbodj, elle est un exemple du plan de carrière abouti et de l’évolution de l’entreprise, dont elle a participé à l’essor et à l’envol. En effet, rappelle-t-elle, « je suis arrivée dans l’entreprise comme simple secrétaire et, aujourd’hui, je suis assistante de direction à la rédaction. En venant de Ziguinchor, j’avais trouvé ici des aînées qui ne se sont pas ménagées pour me mettre les pieds à l’étrier, pour faire primer l’entente et surtout pour me mettre à l’aise. Je me suis sentie intégrée dans une grande famille et j’en remercie très sincèrement les anciennes qui sont à la retraite ».

Au quotidien Le Soleil, les femmes ne comptent pas pour du beurre, selon Mme Adama Nafi Seck. Car, affirme-t-elle, les femmes ont été de tous les combats pour le droit des travailleurs, et elles sont connues pour être des femmes de conciliation et de rassemblement, en temps de crise.« Et qui dit évolution, dit changement. Le Soleil a beaucoup rajeuni avec l’arrivée de ceux que j’appelle la troisième génération, qui, je l’espère, porteront encore plus haut le flambeau du journal », assure-t-elle. Pour la journée du 8 mars, les femmes sont à l’honneur certes, mais Mme Adama Nafi Seck « en appelle à la conscience des unes et des autres, pour faire notre introspection et mettre un terme au gaspillage lors les cérémonies».

MME MATY THIOM DIALLO, ASSISTANTE DE DIRECTION AUX RESSOURCES HUMAINES : « Aucun ressenti de discrimination »
Maty Thiom DialloMme Maty Thiam capitalise donc dix années d’expérience au département des Ressources humaines, en qualité d’assistante de direction. Une décennie précédée d’une période en tant que stagiaire. « Je ne sens aucune discrimination en tant que femme. Je fais mon travail convenablement. Et en tant que femme, nous sommes respectées. J’ai moi-même été encadrée par des « mamans » (Ndlr : anciennes employées du Soleil) dès mon arrivée dans l’entreprise, et elles m’ont coachée et encadrée. Car à l’origine, ma formation de base n’était pas le secrétariat proprement dit », a-t-elle dit. Si elle ne note aucune discrimination dans le travail, Mme Maty Thiom regrette cepen dant le ratio des femmes, aussi bien à l’administration qu’à la rédaction. « Il est trop bas », dit-elle. Dans l’entreprise, ajoute-t-elle, le nombre de postes de responsabilité des femmes n’est pas élevé, comparativement au passé où il y en avait 4 ou 5.

FATOU FALL, MARIÈME KANE, BINTA WADE, AWA THIAM, ADJARATOU KHADY GNINGUE, AMINATA KAMARA, MME MARIÈME BOYE, MME DJAMILATOU DIALLO NDOUR : L’optimisme de la vague des jeunes femmes
Femmes Le SoleilA la cantine de l’entreprise, elles ont choisi une tablée rien qu’à elles, leur coin où elles mangent, rigolent et passent du bon temps toujours ensemble. Telle une nuée de collégiennes, elles se déplacent ensemble en chahutant, quand elles ne sont pas scotchées à l’écran de leur smartphone. Elles sont jeunes, jolies, dynamiques et habillées à la dernière mode de leur âge. Sauf le vendredi, où elles sont vêtues en vêtements plus amples et en mouchoir de tête.

Elles, ce sont les jeunes du Soleil, dans les années 80 on aurait dit les disquettes de l’entreprise. Le stress et elles, cela fait deux, affirment-elles. Elles disent qu’elles sont une famille, mais qu’elles ne se disputent jamais entre elles. « Nous travaillons sans stress, avec beaucoup d’harmonie. Nous avons aussi la chance d’être très bien encadrées par nos anciennes ». Une famille idéale.

Alors pour elles, les bons-cadeaux du 8 mars, c’est « un encouragement, une motivation de plus à bien travailler », surtout, précisent-elles, qu’ils sont distribués à toutes sans distinction de statut ni de montant. « C’est le même montant pour tout le monde », se réjouissent-elles en chœur. Non, elles ne se voient pas spécialement en dehors du travail, mais se retrouvent lors des cérémonies sociales, cotisent à une tontine et sont également membres du GIE et de l’Amicale des femmes du Soleil.

En revanche, regrettent-elles, les femmes sont minoritaires dans l’entreprise, car il y a en effet plus d’hommes et des postes de responsabilité occupés par des hommes auraient pu l’être par des femmes. « Presque toutes les femmes sont reléguées à des postes de responsabilité en tant qu’adjointe ». Pourtant, remarquent-elles, les femmes du Soleil ont leur place et là ou elles sont responsabilisées, elles l’occupent bien. « Mais nous voulons davantage de postes de responsabilité ». D’ailleurs, protestent-elles, « s’il y avait au moins une femme au conseil d’administration du Soleil, elle pourrait défendre notre cause ».

Ici comme chez les anciennes, le Directeur général du Soleil a la cote auprès de ses employées. En chœur, là encore, elles disent « ne pas avoir de problème avec le DG ». Le patron du Soleil « est accessible et disponible. Dès qu’il nous voit tourner autour de son bureau, il nous demande immédiatement si nous voulons le rencontrer et il nous fait entrer. Il est en phase avec les femmes et il essaie d’améliorer ce qu’il faut ». Par conséquent, rajoutent-elles, il reste aux femmes de prouver qu’elles sont à la hauteur, en respectant leur travail, en venant à l’heure et en partant à l’heure. « Cela dépend de nous maintenant de lui faciliter la tâche pour qu’il puisse nous confier plus de responsabilités», s’engagent-elles.

MME KHADY KHOUSSA MBAYE, CHEF-COMPTABLE : « Déjà, pas mal de femmes occupent des postes de responsabilité »
Khady Khoussa MbayeMadame Khady Khoussa Mbaye est également la présidente de l’amicale des femmes du Soleil depuis mars 2007 avec un renouvellement de mandat en 2013, où elle a remplacé Mme Awa Tounkara. Dans l’ensemble, dit-elle, « nous avons de bonnes relations nous les femmes, vu que nous partageons une amicale et un GIE. Cette année, l’amicale a décidé d’observer une pause pour faire un bilan de parcours et définir nos nouvelles orientations. Nous voulons, au sortir de cette introspection, donner un nouvel élan à l’amicale. Je constate qu’au Soleil, nous avons déjà pas mal de femmes qui occupent des postes de responsabilité : la chef du service comptabilité, la chef du service recouvrement, la chef du service contentieux. Mais je crois qu’on peut leur donner davantage de responsabilités parce qu’elles le méritent. Elles ont en effet été de tous les combats de l’entreprise et elles le méritent aussi en raison de leur conscience professionnelle et de leur abnégation au travail ».

Les années précédentes, rappelle Mme Mbaye, les femmes du Soleil organisaient, pour la journée du 8 mars, des panels sur le thème retenu par le ministère de la Femme. « Cependant, en 2009, l’entreprise avait traversé une crise très grave et cette année-là, nous avions célébré la journée du 8 mars dans la sobriété et l’austérité, vu la situation. A présent, les conditions sont redevenues meilleures et nous comptons célébrer ce 8 mars dans l’allégresse ». Au fil des ans, beaucoup de choses se sont améliorées et il y a « des avancées significatives », constate Mme Mbaye. En plus des bons-cadeaux et de la subvention du 8 mars, des paniers du Ramadan et de l’arbre de Noël annuel, Mme Mbaye cite également la colonie de vacances « qui a repris cette année à Saly au grand bonheur des enfants du personnel ». A ces acquis, dit-elle, il faut ajouter les formations en renforcement des capacités du personnel féminin, dans tous les domaines, précise-t-elle.

Depuis vingt ans qu’elle travaille au Soleil, qu’est-ce qui a changé, selon elle, pour les femmes ? « Avec les départs à la retraite, le personnel féminin a rajeuni et on trouve des femmes dans toutes les sphères de l’entreprise. Nous n’oublions pas non plus les anciennes du Soleil et nous les associons chaque année à la célébration du 8 mars. Nous les invitons et les fêtons car nous connaissons le rôle qu’elles ont joué dans l’entreprise et nous les apprécions à leur juste valeur, même si elles ne sont plus actives ».

Par ailleurs, souligne Mme Mbaye, « la Direction générale de l’entreprise a toujours été à nos côtés, elle s’est montrée disponible, prêtant une oreille attentive chaque fois que nous la sollicitons, et faisant tout pour nous satisfaire. Le Directeur général du Soleil nous adresse toujours ses félicitations, en raison de notre rôle de stabilisateur et de régulateur social. Et nous aussi, nous sentons son accompagnement et son soutien dans toutes nos actions». L’amicale des femmes du Soleil, par la voix de sa présidente, souhaite à toutes les femmes du Sénégal et du monde entier une bonne fête. Et charité bien ordonnée commençant par soi-même, Mme Mbaye fait le vœu que «Dieu fasse briller des milles feux les rayons de notre Soleil ». Mme Mbaye a déjà annoncé qu’elle ne se représentait pas cette année à la tête de l’amicale. Il y aura donc en perspective une nouvelle élection et des candidatures.

MME MARYAM OURY BARRY DIAWARA, RESPONSABLE SERVICE CONTENTIEUX : « Le traitement des femmes a positivement évolué dans l’entreprise »
Maryam Oury Barry DiawaraMme Diawara paraît réservée de prime abord. Mais une fois que l’on s’entretient avec elle, elle brise la glace. Dans l’administration du Soleil, Mme Diawara est la femme qui a le poste le plus élevé. Toutefois, son statut ne l’isole pas heureusement. Car, dit-elle, « le relationnel est très développé entre nous. Le statut ne transparaît pas dans nos échanges. Je suis membre de toutes les associations féminines du Soleil, nous partageons les mêmes activités à l’unisson. Nous prenons nos repas ensemble à la cantine de l’entreprise, nous participons ensemble aux cérémonies familiales et religieuses. Nous prenons des nouvelles les unes des autres et lorsqu’on ne voit pas une collègue pendant quelques jours, nous nous rendons chez elle. Honnêtement, il m’est arrivé que des collègues viennent me rendre visite alors que j’étais alitée chez moi». Depuis dix-sept ans qu’elle travaille au Soleil, qu’est-ce qui a changé, selon elle, pour les femmes ? «Objectivement, le traitement des femmes a évolué positivement, depuis l’avènement de M. Cheikh Thiam. Nous avons droit, pour la célébration de la journée du 8 mars, à des bons-cadeaux et à une subvention de nos activités, ainsi qu’à des paniers-cadeaux lors du mois du Ramadan ». Mme Diawara souhaite cependant qu’il y ait davantage de femmes à des postes de responsabilité. « Pour pouvoir responsabiliser plus de femmes, il faudrait les mettre à l’épreuve, les nommer afin de pouvoir apprécier ce dont elles sont capables. Elles restent trop souvent à la périphérie », plaide-t-elle.

 

Le président de la fédération sénégalaise des associations de personnes handicapées a indiqué hier, à Saly, que plus de 26.000 cartes ont été produites sur un objectif de 50.000 en fin 2017. Une performance saluée par Yatma Fall qui a plaidé pour une accélération de la production, mais aussi une meilleure effectivité des services offerts par la carte.

En marge de l’atelier de revue annuelle des programmes d’autonomisation la Direction générale de l’Action sociale (Dgas), Yatma Fall s’est réjoui de l’institution de la carte d’égalité des chances lancée par le président Macky Sall. Cette carte, a-t-il rappelé, est un programme de filet social dont l’objectif est d’aider la personne handicapée qui en est détentrice à avoir un accès beaucoup plus facilité aux services sociaux de base.

« Aujourd’hui, nous sommes à plus de 26.000 cartes produites sur un objectif de 50.000 en fin 2017. Le rythme est bien tenu, il faut accélérer la production. Mais le plus gros problème de cette carte, c’est l’effectivité des services offerts », a indiqué le président de la fédération sénégalaise des associations de personnes handicapées. Si l’objectif de cette carte est d’aider la personne handicapée à avoir un accès beaucoup plus facile aux services sociaux de base comme la santé, l’éducation, la formation, le transport, l’accessibilité, l’habitat, le financement et autres, il n’en demeure pas moins que son effectivité pose problème.

« Pour que la carte puisse être utile et servir à quelque chose, il faut que tous les ministères sectoriels impliqués mettent la main à la pâte », a laissé entendre M. Fall. Il a insisté sur la nécessité de tenir un Conseil présidentiel sur le handicap. Cette rencontre, a dit Yatma Fall, permettra de regrouper, autour du président Macky Sall, tous les acteurs concernés et sera un moment de plaidoyer et une occasion pour le chef de l’État de donner des directives fermes aux ministères concernés pour que cette carte soit une réalité.

S. O. FALL

L’entente des mouvements et associations de développement (Emad) et l’association guinéenne F. Palaga ont organisé, récemment, une cérémonie « sargal » à l’institut islamique de Dakar, en hommage aux dignitaires et notables de la collectivité lébou et de la communauté guinéenne de Dakar, selon une note sanctionnant cette rencontre reçue à notre rédaction.

« A l’heure où un vent de xénophobie souffle dans beaucoup de pays, particulièrement en Afrique du Sud, Lébou de Dakar et Guinéens vivant au Sénégal chantent à l’unisson l’hymne de la fraternité des peuples », lit-on dans le texte reçu à notre rédaction. Coprésidée par Abdoulaye Makhtar Diop, Grand Serigne de Dakar et Abdoulaye Sow Kebali, responsable de la communauté guinéenne du Sénégal, la rencontre, suivie par Dr Kadeba Condé, le consul de la Guinée au Sénégal et l’Imam Ratib El hadji Alioune Moussa Samba, a permis de rappeler les liens forts unissant les deux pays.

Dans son intervention, l’Imam Ratib de la grande mosquée, El hadji Alioune Moussa Samba, très lié à la communauté guinéenne, a demandé au Grand Serigne, Abdoulaye Makhtar Diop, de « satisfaire une vieille requête consistant à reconnaître, à titre honorifique, la communauté guinéenne dakaroise comme treizième « penc » de la collectivité lébou » qui, présentement, en compte 12, dont six à Dakar Plateau et six à la Médina. Et en grand seigneur, Abdoulaye Makhtar Diop a réservé une suite favorable à la demande en déclarant que « la communauté guinéenne est, à partir de ce jour, le treizième «penc» de la collectivité lébou de Dakar ». Promesse a été faite de rendre compte aux présidents Macky Sall et Alpha Condé qui, favorables au rapprochement des peuples africains, ne manqueront pas d’apprécier à sa juste valeur cet exemple d’intégration mêlant deux communautés dynamiques que sont les Lébou et les Guinéens de Dakar ». C’est la conviction des autres intervenants dont Abdou Khadre Gaye, président de l’entente des mouvements et associations de développement (Emad), qui s’est réjoui de cette fraternité sénégalo-guinéenne.

Serigne Mansour Sy CISSE

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