banner home page1

Pour vos insertions, contactez la Régie publicitaire de la SSPP Le Soleil

Société & Faits divers (3260)

Le Pr Mouhammad Ahmad Lô a, du 10 au 11 juillet 2018, pris part à la conférence de La Mecque sur le conflit en Afghanistan. Il faisait partie des 105 plus grands savants du monde musulman appelés en renfort par l’Organisation de la coopération islamique (Oci) pour aider à mettre  fin au conflit armé afghan.

Selon un communiqué parvenu à notre rédaction, le Pr Mouhammad Ahmad Lô a été appelé en renfort par l’Organisation de la coopération islamique (Oci) pour prendre  part à la conférence de La Mecque tenue les 10 et 11 juillet 2018. L’objectif de cette rencontre, qui a réuni les 105 plus grands savants du monde musulman, est d’aider à « mettre  fin au conflit armé qui secoue depuis plus de 15 ans l’Afghanistan ». Cette rencontre, d’après le secrétaire général de l’Organisation de la coopération Islamique, le Dr Youssef ben Ahmad Al Othaimi, découle « d’une volonté du sommet de l’Oci et de la conférence des ministres des Affaires étrangères des pays membres de contribuer de manière efficace au règlement du conflit ». Aussi, est-elle destinée, entre autres objectifs, à « déconstruire les interprétations maladroites des textes authentiques de l’islam et à enlever aux organisations terroristes toutes formes de légitimité qui leur permettent d’agir au nom d’une quelconque religion. La conférence a également travaillé à l’avènement d’un meilleur cadre d’échanges et de dialogue pour parvenir à une sortie de crise », a dit le secrétaire général de l’Oci dans le document. Rappelons que ce conflit armé qui secoue l’Afghanistan depuis l’intervention militaire de la communauté internationale, sous la conduite des Etats-Unis, à la suite des attentats du 11 septembre 2001, a connu un lourd bilan en pertes humaines et matérielles.

Et ces chiffres en attestent : « 3.500 morts du côté de la coalition, plus de 20.000 morts chez les talibans, 12.700 tonnes de bombes larguées sur l’Afghanistan, un nombre incalculable de blessés et de déplacés, pour un coût estimé à 840 milliards de dollars, soit plus de 466.000 milliards de FCfa ». A travers cette rencontre de deux jours, l’Oci travaille à trouver une solution définitive à ce conflit.

Aliou Ngamby NDIAYE

Le juge n’a pas été clément avec le proviseur du lycée de Kahone, Mamadou Djibril Dia, reconnu coupable des délits d’association de malfaiteurs et de fraude aux examens et concours.

Le verdict est tombé hier. Le proviseur du lycée de Kahone (Kaolack), Mamadou Djibril Dia, a été condamné à 5 ans de prison ferme, 500 000 FCfa d’amende et la confiscation de tous ses biens.

En rendant le verdict, le juge Maguette Diop a déclaré le proviseur du lycée de Kahone coupable des délits d’association de malfaiteurs et de fraude aux examens et concours. Le parquet avait, dans son réquisitoire, demandé une peine de 5 ans de prison ferme assortie d’une amende de cinq millions de FCfa. Le substitut du procureur, Papa Ismaïla Diallo, avait aussi requis l’interdiction, pour Mamadou Djibril Dia, d’exercer le métier d’enseignant pendant une durée de dix-ans.

Lors de son audition devant la barre du tribunal, Mamadou Djibril Dia avait reconnu avoir vendu des épreuves de français, d’anglais et d’histoire-géographie à des élèves lors des sessions du baccalauréat de 2016 et de 2017. En 2016, le proviseur du lycée de Kahone avait vendu à 300 000 FCfa les épreuves d’histoire et de géographie aux élèves Ndew Badiane et Fatou Bakhoum.

Celles-ci, grâce au concours de proviseur du lycée de Kahone, ont pu obtenir frauduleusement leur baccalauréat en 2016. En 2017, Mamadou Djibril Dia a vendu à 100 000 FCfa les épreuves de français, d’anglais et d’histoire-géographie à la même Fatou Bakhoum. Celle-ci avait acheté les épreuves pour sa cousine candidate au baccalauréat.

L’accusé avait révélé, devant la barre, qu’il recevait les épreuves du nommé Mamadou Thiam qui officiait à l’Office du baccalauréat de l’Université Cheikh-Anta Diop de Dakar. Cependant, il ressort des vérifications faites par une délégation judiciaire qu’il n’existait aucun échange de mails (courriers électroniques) entre Mamadou Djibril Dia, proviseur du lycée de Kahone, et Mamadou Thiam de l’Office du baccalauréat. Dans son verdict, le juge a aussi condamné Fatou Bakhoum et Ndew Badiane à une peine de deux ans de prison, dont un an ferme pour chacune. Le tribunal correctionnel de Dakar a aussi prononcé une peine de deux ans ferme plus une amende de 18 millions de FCfa et la confiscation de tous ses biens contre Abdoulaye Ndour. Ce professeur de français au groupe scolaire Yalla Suren, arrêté en même temps que le proviseur du lycée de Kahone, avait reconnu qu’il vendait les épreuves aux candidats du baccalauréat. Les enquêtes ont même permis à la justice de découvrir dans son compte la somme de sept (7) millions de FCfa obtenue grâce à la vente des épreuves. Deux autres professeurs, Saliou Sarr et Pape Oumar Mboup, respectivement professeurs de français et d’anglais, ont écopé chacun une peine de deux ans, dont un an ferme. Les autres prévenus, pour la plupart des élèves et des étudiants, ont été condamnés à des peines allant d’un an ferme à six mois avec sursis.

Aliou Ngamby NDIAYE

L’ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique au Sénégal a présidé l’inauguration d’un dortoir construit au siège de l’Ong franco-sénégalaise Village Pilote, sise à Deni Biram Ndao Nord. Cette réalisation entre dans le cadre des efforts du gouvernement américain à lutter contre la traite des personnes.

La cérémonie d’inauguration du dortoir a certes été sobre, mais elle a suscité un grand intérêt auprès de la population. En présence de Massaer Seck, représentant du chef de village et de Loïc Tréguy, directeur exécutif de Village Pilote, les pensionnaires de ce centre, très souriants, ont manifesté leur joie de disposer d’un tel joyau. En effet, c’est grâce à une subvention du gouvernement américain, d’un montant de 84 millions de FCfa, que la construction de ce dortoir au siège de village pilote a été possible. Pourtant, il a déjà bénéficié d’une première enveloppe qui avait servi à la construction d’un centre de formation professionnelle en menuiserie dont le coût s’élève à 33 millions de FCfa.

Ambassadeur des Etats-Unis au Sénégal, Dr Tulinabo Mushingi est heureux de constater que le village pilote travaille à l’amélioration de la vie des enfants. Un objectif que partage son pays au point de s’impliquer auprès du gouvernement du Sénégal et de ses partenaires pour lutter contre la mendicité des enfants. Il a exprimé sa fierté d’inaugurer ce dortoir qui, selon lui, fournit des services de base aux garçons qui y vivront. Il en a profité pour rappeler que cela fait une année qu’il séjourne au Sénégal. Mais, les visites qu’il a effectué, depuis sa prise de fonction, lui ont permis de mieux comprendre les enjeux qui affectent la vie des sénégalais. « Au cours de mes discussions, j’ai été amené à constater qu’il est impératif de combattre et d’éradiquer la mendicité forcée des enfants, de prendre soin des victimes, de prévenir d’autres cas et de traduire en justice ceux qui exploitent les enfants et violent la loi », a soutenu Dr Tulinabo Mushingi.

Quant à Loïc Tréguy, directeur exécutif du village pilote, il a souligné que le moment est venu de mettre fin aux théories sur la nécessité de protéger les enfants et de passer à l’action en mettant en place des structures qui peuvent les accueillir. « Au moment où je vous parle, il y a encore des enfants qui sont dans la rue et qui continuent à être violés par des adultes », a-t-il soutenu. Une manière pour lui d’appeler à une meilleure prise en charge des enfants vulnérables. Fondé en 1994, le Village Pilote héberge d'anciens enfants mendiants, des enfants de rues et d'autres jeunes vulnérables. Situé près du Lac Rose, il nourrit, héberge, éduque, soigne et forme environ 85 à 90 garçons. Aussi, aide-t-il les garçons à retourner dans leurs familles respectives, à trouver un métier et un emploi aux plus âgés d’entre eux.

Abdou DIOP

Fidèle à sa mission d’assurer la protection et la promotion des droits des enfants, le Centre d’accueil, d’information et d’orientation pour enfant en situation difficile « Ginddi» a organisé, hier, une journée « portes ouvertes » pour sensibiliser les populations, en particulier les autorités, sur les difficultés liées à la prise en charge des enfants.

Dans une salle comble, les problèmes de l’enfant en situation difficile ont été au centre des débats. C’était lors de la journée « portes ouvertes » organisée, hier, dans le cadre de la Journée de l’enfant africain (Jea), par le Centre d’accueil, d’information et d’orientation pour enfant en situation difficile « Ginddi» afin de sensibiliser sur les problématiques relatives au bien-être de l’enfant.

Selon le secrétaire général du Ministère de la Bonne gouvernance et de la Protection de l’enfant, Oumar El Foutiyou Bâ, cette journée consacre une activité phare du centre  « Ginddi » actif dans la campagne de retrait des enfants de la rue.

Selon Oumar El Foutiyou Ba, « Ginddi » est le seul centre de référence qui opérationnalise la politique de l’Etat du Sénégal en faveur de la sécurisation des enfants et des femmes en situation de détresse. C’est pourquoi, il a estimé que le centre  doit sortir de sa réserve pour effectivement valoriser ses multiples activités, mais surtout sensibiliser sur l’intérêt de ses actions. Evoquant la question du retrait des enfants, il a fait savoir que parmi les 400 enfants retirés de la rue lors de la deuxième phase, les 200 proviennent des pays limitrophes. D’où l’intérêt de poursuivre le retrait et la réinsertion des enfants en situation de maltraitance.

Harmonisation des actions
Aussi, a-t-il préconisé une synergie des différentes approches menées sur le terrain par l’ensemble des structures en charge de la protection des droits des enfants.

Le directeur de la promotion des droits des enfants, Niokhobaye Diouf, a plaidé pour la mise en place des structures d’opérationnalisation de la politique du gouvernement en matière de protection des droits des enfants. «Notre politique sociale devrait permettre la mise en place de structures de prise en charge des préoccupations des enfants à travers le territoire national », a souligné M. Diouf, qui a magnifié les efforts fournis par le centre « Ginddi ». Nonobstant ses moyens limités, la structure offre, à travers son numéro vert, une assistance aux victimes.

Des cas de maltraitance, d’abus et d’exploitation sont référés par la communauté. C’est dire qu’il y a tout un travail de socialisation de l’enfant qui est fait sur la base d’une enquête.

Conscient de la transversalité de la question de l’enfant, Niokhobaye Diouf a préconisé une rationalisation des services en charge de la protection des enfants. « L’idéal est d’harmoniser les missions. Rien n’explique que deux directions exercent la même mission. Il faut définir les rôles et les missions pour chaque structure. La mutualisation des efforts et la rationalisation des interventions ont présidé l’élaboration d’une stratégie nationale de protection de l’enfant qui vise un système intégré où chaque acteur joue son rôle en relation avec les autres », a expliqué M. Diouf. Cette manifestation s’est déroulée en présence des élus locaux de la commune de Grand-Yoff et des partenaires au développement.

Tata SANE

Les membres du Collectif pour la défense des droits des personnes en situation de handicap ont organisé, ce mercredi, une marche pour lutter contre «l’injustice» et la «discrimination» dont ils sont victimes.

S’appuyant sur leurs béquilles, leurs bâtons ou installés sur des chaises roulantes, plusieurs membres du Collectif pour la défense des droits des personnes en situation de handicap ont marché hier, du rond-point de la Rts à la place de la nation (ex-obélisque).Vêtus, pour l’essentiel, de tee-shirts blancs sur lesquels on pouvait lire, «Oui à nos droits, non à l’injustice sociale envers les handicapés», les camarades de Yoro Niang ont tenu à exprimer leur colère suite aux récentes attaques contre les membres de leur communauté. Après la marche, Yoro Niang, membre du collectif pour la défense des personnes en situation de handicap et porte-parole du jour, a confié qu’ils ont organisé cette manifestation pour protester et se prononcer car, depuis un certain temps, ils ont constaté que les personnes en situation de handicap subissent des violences chez elles ou dans la rue. «Nous sommes des Sénégalais à part entière. C’est pourquoi, nous avons décidé de marcher jusqu’à la place de la nation pour crier notre mal être. Avant, on subissait des violences verbales, on nous traitait de tous les noms d’oiseaux dans les familles, dans la société. Maintenant, on a constaté que les gens exercent sur nous une violence physique», affirme le porte-parole du jour dudit collectif. Pour ce dernier, cette marche a été organisée pour sensibiliser les populations, les autorités sur l’intérêt de préserver les droits des personnes en situation de handicap.

Yoro Niang, s’appuyant sur ces béquilles pour faire sa déclaration, a rappelé que les autorités étatiques et les chefs coutumiers ont été saisis. Pour trouver une solution définitive à leur problème, le collectif demande l’application totale de la loi d’orientation sociale qui permettra, à leur avis, de mettre fin à la mendicité. «Si cette loi est appliquée aucun handicapé ne passera plus de temps dans la rue à mendier. Cette loi a été proposée par la Convention internationale relative aux droits des personnes handicapées pour qu’on puisse participer au développement de nos pays et à notre prise en charge», laisse entendre Yoro Niang entouré de ses camarades. Il aprécisé que leur mouvement est apolitique et ne s’attaque pas au régime mais veut juste le respect de ses droits.

Le collectif pour la défense des droits des personnes en situation de handicap dénonce aussi la non-signature des décrets d'application de la loi d'orientation sociale relative à la promotion et à la protection des droits des personnes handicapées du 06 juillet 2010.

«Nous demandons au gouvernement de respecter ses engagements lors du conseil interministériel du 13 février 2018 où le Premier ministre avait donné des instructions au gouvernement de signer tous les décrets d'application de cette loi avant le 30 juin 2018», soutiennent les membres du collectif. Ces derniers rappellent que sur les 10 décrets d'application et 4 arrêtés seuls 2 décrets sont signés.

Ibrahima Faye du même collectif veut aussi la mise en place d’une haute autorité et d’un fonds d'appui pour éradiquer la mendicité des personnes handicapées, le respect du quota de 15% des emplois réservés aux personnes en situation de handicap, la généralisation de la carte d’égalité des chances pour toutes les personnes handicapées conformément à l'article 3 de cette loi.

Oumar KANDE

Les démêlées avec la justice reprennent pour Aziz Ndiaye. L’ancien promoteur de lutte a été arrêté et placé en garde à vue par les éléments de la section de recherches de la gendarmerie. Même si la division des relations publiques de la gendarmerie nationale refuse de donner plus de détails en prétextant que l’enquête suit son cours, un regard dans le rétroviseur rappelle que l’opérateur économique n’est pas à ses premières bisbilles avec le parquet. En effet, il avait été placé sous contrôle judiciaire avec son père pour le délit de complicité de recel. Ils auraient détourné une importante quantité de riz d’une valeur de près de 100 millions de FCfa. La marchandise avait été découverte dans les locaux de son entreprise évoluant dans le domaine de l’agroalimentaire.

Même si l’on ignore encore les raisons de son arrestation d’hier, l’on peut tout de même rappeler que cette affaire de recel de riz impliquant Aziz Ndiaye, son père et son frère, avait été appelée à la barre le jeudi 28 juin 2018 avant d’être renvoyée à aujourd’hui (jeudi 12 juillet).

O. FEDIOR

Un incendie d’une rare violence s’est produit au marché Ocass de Touba hier. Le bilan provisoire fait état de plusieurs millions de FCfa réduits en cendre. Alertés à temps, les sapeurs-pompiers sont rapidement arrivés sur les lieux et ont maîtrisé le feu, l’empêchant de se propager dans les magasins jouxtant ceux déjà consumés par les flammes. L’épaisse fumée noire s’échappant des magasins de vente de matelas a semé la panique et engendré le sauve-qui-peut. Le marché Ocass est, à l’instar de plusieurs autres marchés du pays, confronté à l’indisponibilité de bouches d’incendie. Le lieutenant Ousmane Lô reconnaît cette difficulté à disposer suffisamment d’eau. La bouche d’incendie la plus proche se trouvait à 500 mètres. Les autorités municipales sont interpellées. Une enquête est ouverte pour déterminer les causes de l'incendie.

Mamadou DIEYE

C’est mercredi prochain que le premier président de la Cour d’appel, Demba Kandji, va délibérer sur la demande de libération immédiate déposée par les avocats de Khalifa Ababacar Sall.

Le maire de Dakar, Khalifa Ababacar Sall, devra encore patienter jusqu’à mercredi pour savoir si le juge de la Cour d’appel va lui accorder une libération immédiate. En tout cas, c’est à la reprise du procès (suspendu en huitaine) que le premier président de la Cour d’appel va délibérer sur la demande de libération immédiate déposée par ses conseils. Depuis avant-hier, les deux parties se mènent une bataille sur le bien-fondé ou non de cette requête. Le procureur général Lansany Diaby indique qu’il n’y a pas, pour le moment, une base de discussion en l’absence de l’arrêt. Toutefois, il reconnaît que cette décision communautaire s’impose à l’Etat qui est condamné à payer au requérant la somme de 35 millions de FCfa.

« Chaque fois que l’Etat est condamné, le parquet doit exécuter immédiatement cette décision », précise le procureur. Celui-ci souligne que la conséquence directe de la décision est que « nous devons nous référer à la jurisprudence de la Cour ». Néanmoins, le procureur rappelle que la Cour de justice de la Cedeao peut bel et bien ordonner la libération immédiate d’un détenu lorsque la demande lui est soumise. Sur ce, il donne l’exemple de la jurisprudence de l’ancien président du Niger, Mamadou Tandia. Dans cette affaire, l’ancien président nigérien, qui avait été condamné par son pays, avait pu bénéficier d’une liberté provisoire. La Cour de justice de la Cedeao, qui avait été saisie d’une requête par la défense du président Tandia, avait jugé arbitraire sa détention.

Finalement, la Cour d’appel du Niger avait accordé une liberté provisoire à Mamadou Tandia. Mais, pour l’affaire Khalifa Ababacar Sall, la Cour de justice de la Cedeao, au lieu d’ordonner la libération immédiate du requérant, a demandé la réparation du préjudice subi. « Quelle conséquence il faut tirer de cet arrêt ? C’est toute la problématique qui se pose aujourd’hui », dit-il. Par ailleurs, Me Alain Jakubowicz, avocat de Khalifa Ababacar Sall, a salué « l’honnêteté » du procureur général Lansana Diaby. Me Khassimou Touré, avocat de Mbaye Touré, a félicité Lansana Diaby pour son « intégrité ». Cependant, il appelle celui-ci à aller plus loin dans sa logique en demandant à la Cour d’appel de « mettre fin à ce procès nauséabond ». « M. le président, nous souhaitons avoir une réponse juridique à nos préoccupations juridiques », demande-t-il. Pour Me François Sarr, « on doit mettre fin à cette détention arbitraire » du maire de Dakar, car les décisions de la Cedeao sont « obligatoires aux Etats, aux institutions et aux personnes morales ». Selon l’avocat, la demande de libération immédiate du député Khalifa Ababacar Sall est fondée du moment que la Cour de justice de la Cedeao a indiqué que le procès est inéquitable. « A partir de ce moment, la question est de savoir si quelque chose d’équitable peut sortir d’un procès inéquitable ? », se demande le conseil de la défense. Même si la Cour de justice de la Cedeao n’a pas ordonné la libération immédiate du requérant, Me François Sarr renseigne que la Cour d’appel peut toujours ordonner une telle décision. Les avocats de la partie civile (Etat du Sénégal) ont marqué leur opposition face à cette demande de la défense. Pour Me Ousmane Sèye, avocat de l’Etat du Sénégal, aucune juridiction n’a le pouvoir d’ordonner la libération immédiate d’un député. Selon l’avocat, seule l’Assemblée nationale a ce pouvoir, mais à la seule condition qu’elle soit à la base de la poursuite contre ce député. Or, dans le cas de Khalifa Ababacar Sall, dit-il, l’Assemblée nationale n’est pas à la base de la poursuite contre le député.

Son confrère de la partie civile, Me Ousmane Diagne précise que dans l’arrêt brandi par la défense, la Cour de justice de la Cedeao n’a pas ordonné la libération immédiate de Khalifa Ababacar Sall encore moins d’ordonner la cessation des poursuites contre lui. A son avis, si la Cour voulait la libération immédiate du maire de Dakar, elle allait l’ordonner. Car le même jour qu’elle a publié cette décision (29 juin 2018), elle a rendu une décision similaire pour deux détenus nigériens. Pour ces derniers, explique l’avocat, la Cour de justice de la Cedeao a ordonné la libération immédiate. « Cette requête relative à la décision de la Cour de justice de la Cedeao est une demande vaine. Cet arrêt (de la Cour de la Cedeao), qu’il soit disponible ou pas, ne sera d’aucune utilité pour la défense », présage Me Ousmane Diagne.

Aliou Ngamby NDIAYE

OBTENTION DE L’ARRÊT DE LA COUR DE LA CEDEAO : LA COUR DONNE UNE CHANCE AUX DEUX PARTIES
Les avocats de la défense de Khalifa Ababacar Sall ont une chance d’entrer en possession de l’arrêt de la Cour de la Cedeao avant la reprise du procès. Hier, le premier président de la Cour a donné aux parties un délai de huit jours pour exploiter ce document.

La Cour d’appel a suspendu son audience jusqu’à mercredi prochain. Le premier président de la Cour d’appel, Demba Kandji, informe que ce délai de huit jours a été observé pour permettre aux parties dans ce procès de pouvoir exploiter la décision rendue par la Cour de justice de la Cedeao. Cette pause observée par la Cour d’appel constitue une aubaine pour les avocats de la défense du maire de Dakar, Khalifa Ababacar Sall et de ses co-accusés pour qui l’arrêt de la Cour de la Cedeao est indispensable pour préparer la défense de leurs clients.

Cependant, Me Ciré Clédor Ly a informé que le document qui devait être envoyé par Dhl et qui devait arriver aujourd’hui à Dakar a accusé un retard. D’après l’avocat, un des juges de la Cour de justice de la Cedeao n’a toujours pas signé l’arrêt. Toutefois, le conseil de la défense qui dit être en contact permanent avec les autorités de la Cour de la Cedeao assure que le document tant convoité sera signé et envoyé le 18 juillet prochain, jour de reprise de l’audience. Au lieu d’un envoi par Dhl, le document signé sera scanné et envoyé par voie électronique.

A. Ng. NDIAYE

Mme Ndèye Rahmatoulaye Guèye Diop, ministre de la Bonne gouvernance et de la Protection de l’enfance, a réaffirmé, hier, sa détermination à poursuivre les opérations de retrait des enfants de la rue.

Le plan de retrait des enfants de la rue va se poursuivre. L’annonce a été faite, hier, par le ministre en charge de la Bonne gouvernance et de la Protection de l’enfance. « Il me plait de vous faire part de ma détermination à poursuivre les opérations de retrait des enfants de la rue dans les différents départements de Dakar », a précisément dit Mme Ndèye Rahmatoulaye Guèye Diop qui s’exprimait lors de la réunion du Secrétariat exécutif national de protection de l’enfant (Senpe) marquant l’ouverture des activités de célébration de la 30ème édition de la Semaine nationale de l’enfant. 

La cérémonie a enregistrée une présence remarquable des structures étatiques, des organisations de la Société civile et des partenaires techniques et financiers qui œuvrent pour une meilleure prise en charge des droits de l’enfant.  « Des efforts ont été faits. Et les résultats sont palpables sur le terrain, avec un nombre important d’enfants retirés de la rue. Mais, faut-il le reconnaître, des actions sont à mener pour arriver à zéro enfant dans la rue », a fait savoir le ministre justifiant la poursuite des opérations de retrait. « La situation des enfants nous interpelle. Leur protection nous incombe. Laquelle situation fait appelle aux protecteurs des droits que nous sommes, d’où l’impérieuse nécessité de renforcer nos interventions et de conjuguer nos efforts », a soutenu le ministre qui souhaite l’implication de tous les segments de la société pour l’éradication de la mendicité infantile au Sénégal. Mme Ndèye Rahmatoulaye Guèye Diop de rappeler que l’Etat du Sénégal place l’enfant au cœur de sa politique de développement économique et social.

Plus qu’une journée, le Sénégal célèbre une semaine nationale de l’enfant (Sne). Cela, a souligné la tutelle, pour accentuer la réflexion autour du respect des droits des enfants dans un contexte marqué par de profondes mutations qui ont une incidence sur le bien-être des enfants. Et pour le ministre toujours, le thème de cette année « Aucun enfant laissé pour compte pour le développement de l’Afrique » choisi par le Comité africain d’experts sur les droits et le bien-être de l’enfant (Caeddbe) nous invite à nous interroger sur la place des enfants dans nos politiques.

30% des enfants de Dakar non déclarés à l’état-civil
Mamadou Mao Wane qui s’est exprimé au nom de la Société civile a salué les efforts accomplis par le gouvernement pour faire respecter les droits des enfants. Seulement, Wane a trouvé « inacceptable » qu’on trouve encore des enfants dans la rue. « Les éléments de justification sont irrecevables. Et le Sénégal ne peut pas accepter la non citoyenneté de milliers de ses enfants », a-t-il dénoncé, en parlant de « violations graves des droits humains».

La représentante de l’Unicef, Laeticia Basi a, elle aussi, partagé sa préoccupation, avec les chiffres à l’appui: 25 % des enfants vivant à Dakar sont maltraités, 30 % sans état-civil et 14 % des filles excisées. « Cela nous emmène à mesurer les défis à relever », a-t-elle souligné. Laeticia Basi a insisté sur le fait qu’un enfant est un être fragile qu’il faut protéger. Ses droits au quotidien doivent être respectés : droit à la protection, droit à la santé, droit à l’éducation, droit à la culture, etc. « La semaine va nous permettre de faire le point sur la situation des enfants. Elle nous donne l’occasion de mobiliser l’ensemble des acteurs pour des échanges qui, sans doute, contribueront à éclairer les décisions qui auront des répercussions sur la vie de cette tranche vulnérable de la population », s’est félicitée Laeticia Basi qui a réaffirmé que le Sénégal peut encore compter sur l’Unicef pour faire respecter véritablement les droits des enfants.

Abdoulaye DIALLO

LA SEMAINE DE L’ENFANCE LANCÉE
Le ministre de la Bonne gouvernance et de la Protection de l’enfance, Mme Ndèye Rahmatoulaye Guèye Dop, a officiellement lancé, hier, à Dakar, les activités de la Semaine nationale de l’enfance (Sne). Tous les acteurs concernés ont pris part à cette cérémonie de lancement qui a également enregistré la présence des partenaires techniques et financiers. Durant cette semaine (10 au 17 juillet), de nombreuses activités de promotion des droits de l’enfant seront organisées dans tous les départements du pays dans le but de mieux sensibiliser les populations sur les mécanismes de protection de l’enfant et sur le programme de retrait des enfants de la rue. La cérémonie de clôture de la Sne est prévue à Toubacouta, dans le département de Foundiougne. Il s’agira aussi de développer des activités de plaidoyer en direction des autorités étatiques pour la réalisation des objectifs de développement durable en faveur de l’enfance. Le Sénégal célèbre en même temps la Journée de l’enfant africain (16 juin) dont le thème est « Aucun enfant laissé pour compte pour le développement de l’Afrique ».

A. DIALLO

Les avocats de Khalifa Ababacar Sall veulent la libération immédiate de leur client. Ils ont déposé, hier, une demande dans ce sens sur la table du premier président de la Cour d’appel. Ce dernier promet de donner un délibéré ce matin.

La défense veut la libération immédiate du maire de Dakar, Khalifa Ababacar Sall. Après l’arrêt de la Cour de justice de la Cedeao, les conseils de la défense estiment que la conséquence immédiate de cette décision doit être la libération immédiate du maire de Dakar. Ils ont déposé, hier, une demande dans ce sens sur la table du juge. Car, selon Me François Sarr, l’arrêt prononcé par la Cour de justice de la Cedeao annule systématiquement l’ensemble des procédures pour lesquelles la Cour a été saisie. « Il s’agit de textes qui ont été pris dans le cadre de la communauté. Les arrêts de la Cour de justice de la Cedeao ont force obligatoire à l’égard des Etats membres. Ses décisions sont immédiatement exécutoires. Elles s’imposent à nous tous », explique Me Sarr pour motiver sa demande. D’après l’avocat, dans son arrêt, la Cour de justice de la Cedeao a indiqué que la détention du maire de Dakar de la période allant de la proclamation des résultats des élections législatives par le Conseil constitutionnel jusqu’à la levée de son immunité parlementaire était arbitraire. Plus de trois mois de détention arbitraire, dénonce l’avocat. Pire, Me François ajoute que la Cour, dans sa décision, a informé que le droit à un procès équitable pour Khalifa Ababacar Sall n’a pas été respecté. « Est-ce qu’on peut continuer cette procédure au mépris de cet arrêt ? », se demande l’avocat. Me Sarr ajoute : « Il ne faut pas regarder cette décision comme une décision étrangère. Elle a été rendue par une Cour de justice communautaire ». D’après sa consœur Me Borso Pouye, maintenir Khalifa Sall et ses co-accusés en prison après la décision de la Cour de justice de la Cedeao constitue une « détention arbitraire ». Me Pouye demande au juge Demba Kandji de donner droit à la demande de la défense en prononçant la liberté d’office de Khalifa Ababacar Sall et de ses co-prévenus. Me El Hadj Amadou Sall demande au premier président de la Cour d’appel de « donner acte » à l’arrêt rendu par la Cour de la communauté car, à son avis, le jugement de la Cedeao s’impose à tous. D’après Me Alain Jakubowicz, suite à la décision de la Cour de justice de la Cedeao, une seule solution s’impose : « La libération immédiate de Khalifa Ababacar Sall ». « Si vous nous refusez la liberté immédiate à Khalifa Ababacar Sall, sur la base de la non-disponibilité du jugement intégral de la Cedeao, merci de le viser dans un document pour nous permettre d’y revenir plus tard », demande le conseil de la défense du maire de Dakar.

« Consigner l’argent et fournir une garantie »
Par ailleurs, la partie civile de l’Etat du Sénégal s’oppose à cette demande de libération immédiate du maire de Dakar, Khalifa Ababacar Sall, et de ses co-prévenus. D’après un des conseils de l’Etat, Me Baboucar Cissé, si Khalifa Sall et co-accusés veulent bénéficier d’une liberté provisoire, « ils doivent consigner l’argent et fournir une garantie ». « C’est la seule exigence à laquelle doivent se soumettre les requérants », dit Baboucar Cissé, qui demande à la Cour de bien vouloir rejeter cette demande de libération immédiate du maire de Dakar. « Cette demande ne peut pas prospérer. Les personnes poursuivies sont soumises aux dispositions de l’article 140 du Code de procédure pénale », renchérit-il. Le premier président de la Cour d’appel, Demba Kandji, promet de rendre son délibéré sur cette demande de liberté immédiate de Khalifa Ababacar Sall dès ce matin.

Aliou Ngamby NDIAYE

DEMANDE DE RENVOI EN ATTENDANT L’ARRET DE LA CEDEAO : LA COUR D’APPEL CAMPE SUR SA POSITION
Les avocats de la défense ont encore insisté, hier, sur une demande de renvoi du procès en attendant d’avoir à disposition de l’arrêt de la Cour de justice de la Cedeao. Malgré l’intransigeance de la Cour d’appel, les conseils de Khalifa Ababacar Sall ont, une nouvelle fois, réitéré cette demande. Car, de l’avis de Me Seydou Diagne, avocat de la défense, il ne doit pas avoir une urgence particulière à ce que la Cour ne puisse pas accorder à la défense un renvoi de 8 à 15 jours pour lui permettre de disposer l’arrêt. Selon lui, malgré son refus, la Cour ne peut se fonder sur aucun texte juridique pour motiver sa décision de ne pas différer le procès. Au lieu d’une demande de renvoi, Me Diagne indique qu’il s’agit plutôt d’une facilité que la Cour doit accorder aux conseils de la défense.

Pour Me Demba Ciré Bathily, la décision de la Cour communautaire est « utile à la défense » du maire de Dakar. « Nous ne pouvons pas plaider sans l’avoir. Il faut qu’on débatte sur cette décision », dit-il, intransigeant. Me François Sarr de renchérir : « Si cette affaire est évoquée sans l’arrêt de la Cedeao, il n’y aura pas une bonne justice. Pour la défense, ce document qui sera bientôt arrivé à Dakar est indispensable pour la défense des intérêts du maire de Dakar. Pour Me Alain Jakubowicz, cette décision est précieuse car sa conséquence immédiate est la « nullité totale » de la procédure. « Le procès ne peut pas avancer sans cette décision de la Cedeao. Nous martelons notre opposition », ajoute-t-il. En effet, Me François réitère la production du jugement de la Cedeao. « Nous avons besoin du jugement de la Cedeao pour vous démontrer que la procédure pour laquelle vous êtes saisi doit être annulée intégralement », explique-t-il. Pour lui, priver la défense de cette décision rendue par la Cour de justice de la Cedeao, c’est de lui priver de ses éléments de défense. Personne ne peut nier l’existence de cet arrêt. Nous renouvelons avec force cette demande en comptant sur votre sens du respect des droits de la défense. Nous vous demandons de prendre en considération cette demande qui est essentielle pour nous », dira-t-il en s’adressant au premier président de la Cour d’appel.

Cependant, malgré l’insistance des avocats de la défense, le juge Demba Kandji est resté intransigeant. Il campe sur sa position de la veille en rappelant que la Cour n’a pas sur son dossier le mot Cedeao. « La Cour a déjà vidé ce débat. La Cour, en prenant sa décision, est restée dans la logique du procès. Toutes les exceptions liées à l’arrêt de la Cour peuvent être développées à tout moment parce qu’elles sont joignables, par leur nature, au fond », répond-il, en demandant à la défense de poursuivre ses observations relatives aux critiques de forme.

A. Ng. NDIAYE

ME OUSSEYNOU FALL S’ATTAQUE À LA COUR
Me Ousseynou Fall, comme à son habitude, s’est encore distingué hier, au deuxième jour du procès en appel du maire de Dakar, Khalifa Ababacar Sall, et de ses co-accusés. Quand il plaide, l’avocat de la défense ne mâche pas ses mots. Il ne se laisse pas non plus piétiné. Il apporte toujours une réplique au camp adverse. Hier encore, Me Ousseynou Fall s’est attaqué à l’ancien bâtonnier Me YérimThiam qui défend les intérêts de l’Etat du Sénégal. Selon lui, Me Perim Thiam a traité la défense de « menteurs ». Ce qu’il ne peut pas concevoir. « Si tu le répètes, tu vas voir avec moi », répond Me Fall. Finalement, tout est rentré dans l’ordre car le premier président de la Cour d’appel a demandé au bâtonnier Me Perim Thiam de « mesurer ses propos ».

Me Ousseynou Fall est encore est revenu à la charge en demandant au juge de ne pas violer les droits de son client Khalifa Ababacar Sall. Mieux, il a demandé au président de la Cour de rendre justice au nom du peuple sénégalais. Toutefois, Demba Kandji a déploré « l’arrogance » avec laquelle l’avocat s’est adressé à la Cour. « Je voudrai rappeler au barreau que la Cour vient d’entendre des choses anormales. J’ai besoin d’un arbitre. Cette attitude pleine d’indiscipline vis-à-vis de la Cour a besoin d’être situé. Ce discours est discourtois et je voudrai le regretter », déplore Demba Kandji. Toutefois, le secrétaire général de l’Ordre des avocats Me Ndiéguène a tenu à calmer les ardeurs. Selon l’avocat, tous les manquements seront relevés et seront sanctionnés. « Nous ne tolérerons pas les manquements et les instances de l’ordre réagiront », promet-il.

Ng. NDIAYE

L’Etat du Sénégal peine toujours à faire appliquer les décisions de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei) à Monaco. Dans un document qui nous est parvenu, il en donne les raisons.

«L'exécution des décisions de justice souverainement prises par les juridictions sénégalaises et le rapatriement au Sénégal des fonds et des biens mal acquis par Karim Wade, Ibrahim Aboukhalil, Karim Aboukhalil et Mamadou Pouye s'avèrent, pour le moment, difficiles, en dépit des intentions maintes fois répétées et des proclamations de foi des autorités politiques et judiciaires des Etats destinataires de demandes d’entraide pénale internationale», lit-on dans le document. Lequel revient sur les difficultés auxquelles est confronté l’Etat pour faire exécuter une décision de justice à Monaco.

D’après le document, dans l'exécution des condamnations prononcées par la Crei, des demandes d'entraides judiciaires pénales internationales ont été adressées à la France, au Luxembourg, et à Monaco «afin de confisquer les avoirs détenus par les personnes condamnées, soit en leur nom, soit en qualité de bénéficiaires économiques des sociétés créées et des comptes bancaires y afférents».

L'objectif, en ce qui concerne Monaco, informe-t-on dans le document, était d'obtenir, tout d'abord, «la confiscation, dans la Principauté, des trente comptes bancaires ouverts tant aux noms de Karim Wade, d'Ibrahim Aboukhalil, de Karim Aboukhalil, de Mamadou Pouye, qu'aux noms des différentes sociétés dont ces trois derniers sont systématiquement les bénéficiaires économiques désignés, comptes qui avaient été pénalement saisis et gelés par les autorités monégasques en 2013 et 2014, en exécution des commissions rogatoires internationales diligentées par la Crei». En outre, sur le plan civil, «des procédures de saisies-conservatoires et d'exequatur ont été introduites devant les juridictions monégasques afin de recouvrer les dommages-intérêts obtenus par l'État du Sénégal. Cette deuxième procédure a entraîné un second blocage des mêmes comptes», explique-t-on.

De même, sachant que le Grand-Duché avait activement contribué, lors de l'enquête, à la découverte de ces sociétés, l’Etat a adressé une autre demande d'exéquatur au Luxembourg où, dit-on, il a été noté «l'existence de plusieurs sociétés ouvertes par les mêmes personnes condamnées, ainsi que d'une assurance vie contractée par Karim Wade». Egalement, «une demande de confiscation pénale avait été adressée aux autorités françaises afin de saisir deux appartements propriété de Karim Wade et d'Ibrahim Aboukhalil». En fait, pour l’Etat du Sénégal, qui se fie aux différentes conventions internationales applicables en matière pénale et plus particulièrement liées aux délits de blanchiment, corruption, enrichissement illicite (convention de Mérida et convention de New York), «le processus d'entraide et de confiscation des avoirs détenus par les personnes précitées ne devait poser, théoriquement, et sur un strict plan juridique, que très peu de difficultés, surmontables».

Pourtant, l'État du Sénégal rencontre, aujourd'hui, des difficultés à recouvrer, à l'étranger, les biens et fonds mal acquis. Autrement dit, « la mise en œuvre effective de ces confiscations se heurte à certains obstacles, surtout, soumise à des éléments et des évènements extérieurs à tout débat d'ordre strictement juridique », soutient-il.

Demandes adressées à Monaco, à la France et au Luxembourg
Il cite le cas de Monaco où une première demande d'entraide judiciaire pénale internationale pour la confiscation avait été adressée en octobre 2015 par le Procureur spécial près la Crei à destination des autorités monégasques. «Une demande qui n'est jamais arrivée», fait remarquer l’Etat du Sénégal. La deuxième demande identique un an plus tard aux mêmes autorités « aurait été réceptionnée plus de quatre mois après son envoi par le Parquet de Monaco, ce dernier omettant, par ailleurs, d'en faire état dans une instance engagée par Karim Wade et ses complices».

De même, le Procureur général adjoint de Monaco a conclu au rejet de la demande «au motif de l'absence de double incrimination ». Pour lui, «l’inexistence en droit monégasque de l'infraction d'enrichissement illicite empêche de faire droit à la demande de confiscation pénale». Et l’Etat du Sénégal précise que curieusement, sur ce même fondement de l'absence de double incrimination, «les juridictions parisiennes ont rejeté, tant en première instance qu'en appel, la demande de confiscation formulée par l'Etat du Sénégal, alors qu'il a été inséré, dans le code pénal français, une infraction spécifique de blanchiment quasi-identique à l'incrimination d'enrichissement illicite».

Le Sénégal fait remarquer encore qu’à Monaco, l'ancien directeur des affaires judiciaires de la Principauté (la désignation monégasque du ministre de la Justice) «a été contraint de démissionner en raison d'un scandale politico-judiciaire pour lequel il était en première ligne». Selon l’Etat, le fils de ce dernier est le représentant, dans la Principauté, du cabinet d'avocats panaméen Mossak Fonseca, chargé d'élaborer les montages sociétaux destinés à l'évasion fiscale de ses clients. Pour l’Etat, cela suffit pour qu’«on lui refuse des mesures de confiscation impactant des individus (tel Mamadou Pouye) qui ont eu recours aux services de ce cabinet, tel que la presse sénégalaise s'en fait largement l'écho».

Après de multiples enquêtes et auditions au Sénégal ainsi que les commissions rogatoires internationales adressées à différents pays, l’Etat note que de 2003 et 2012, des montants cumulés de plus de 150 millions d’euros ont été enregistrés au crédit de la trentaine de comptes bancaires ouverts par M. Wade et ses complices à la Julius Baer de Monaco. La procédure pénale menée contre Karim Meïssa Wade au Sénégal a abouti à sa déclaration de culpabilité en vertu d'un arrêt du 23 mars 2015 par la Crei, aux côtés de ses complices, dont Ibrahim Aboukhalil alias Bibo Bourgi, Karim Aboukhalil et Mamadou Pouye. Ils ont écopé de peines fermes de prison, d’une amende de 138.239.086.396 de FCfa, d’une condamnation à des dommages-intérêts en faveur de l'État sénégalais à hauteur de 10 milliards de FCfa, ainsi qu'à la confiscation de leurs biens. Des condamnations confirmées par la Cour suprême en vertu d'un arrêt prononcé le 20 août 2015.

A noter qu’hier, à travers un communiqué, les avocats de Karim Wade, se sont réjouis que le Tribunal correctionnel de Monaco ait refusé de procéder à la confiscation de sommes saisies dans les comptes monégasques de Karim Wade et ses co-accusés, contrairement à la demande de l’Etat du Sénégal.

Daouda MANE

La défense voulait encore un renvoi du procès Khalifa Ababacar Sall et co-accusés. Les avocats de la défense avaient soulevé, d’abord, une irrégularité dans la citation, puis l’arrêt de la Cour de justice de la Cedeao pour obtenir un renvoi. Mais, la Cour a rejeté les demandes.

Comme on pouvait s’y attendre, l’arrêt de la Cour de justice de la Cedeao était au cœur des débats, hier, à l’ouverture du procès en appel de Khalifa Ababacar Sall et co-accusés. Les avocats de la défense ont insisté sur cette décision de la Cour pour obtenir un nouveau renvoi du procès. Les conseils de la défense du maire de Dakar ont soulevé une « irrégularité » dans la citation qui a été envoyée aux différentes parties dans ce procès. C’est Me Doudou Ndoye qui a écrit au président de la Cour d’appel, Demba Kandji, pour attirer son attention sur la citation qui évoque seulement le jugement du 30 mars 2018. Or, explique l’avocat, il y avait un premier jugement rendu le 2 février 2018 sur lequel la défense avait interjeté appel. La citation qui a été envoyé, renchérit Me Ciré Clédor Ly, ne concerne que le jugement sur le fond du 30 mars dernier. Celui-ci considère la citation envoyé par le tribunal comme étant « irrégulière », car le jugement du 2 février 2018 est absent dans la procédure en appel. Pour cela, il a demandé au juge de rectifier cette irrégularité. A son avis, une rectification ne peut se faire sans le renvoi de l’affaire. Me Ndèye Fatou Touré, pour sa part, rappelle au juge que s’il retient cette affaire sur la base de la citation qui a été envoyé par le ministère public, il va violer allègrement les droits de la défense. « En retenant cette affaire sur le fondement du jugement du 30 mars, vous aurez amputé une bonne partie du débat sur les exceptions. Il s’agit d’exceptons capitales, des droits qui sont garantis par la Constitution », dit-elle. Les exceptions qui ont été soulevées par la défense et qui ont été vidées depuis le 02 février 2018 concernent la détention abusive du maire de Dakar, la litispendance et la liberté provisoire.

« Une stratégie de la défense »
Le bâtonnier de l’ordre des avocats du Mali, Me Ismaël Konaté, dans son intervention, a indiqué au président de la Cour d’appel que le procès du maire de Dakar, Khalifa Ababacar Sall a été une « série de succession de violation du droit ». La citation envoyée par le maître des poursuites, précise-t-il, vise seulement le jugement du 30 mars et non celui du 2 février 2018. En retenant cette affaire, ajoute-t-il, la Cour d’appel va continuer la série de violation des droits de la défense. La demande de la défense n’a pas été partagée par la partie civile de l’Etat du Sénégal. L’Agent judiciaire de l’Etat, Antoine Diome a demandé au président de la Cour d’appel de rejeter la demande de renvoi formulée par les avocats du maire de Dakar, Khalifa Sall et co-accusés, car elle « n’est fondé ni en droit ni en  fait ». Dans sa réponse à la demande de la défense, le procureur général Lansana Diaby indique au premier président de la Cour d’appel que sa juridiction a été saisie de deux appels : l’appel sur le jugement du 30 mars 2018 et celui sur le jugement du 2 février de la même année. Ainsi, le procureur a demandé au juge de bien vouloir continuer l’audience. Me Boubacar Cissé, avocat de la partie civile de l’Etat, démasque une « stratégie » bien concoctée par la défense pour retarder le démarrage du procès. Selon Me Cissé, si les avocats de Khalifa Ababacar Sall se focalisent sur cette citation, c’est parce qu’ils ne disposent pas encore de l’arrêt de la Cedeao. « Ils veulent provoquer urbi et orbi un renvoi pour disposer de cet arrêt de la Cedeao. Il s’agit d’un faux débat qu’on veut instaurer dans le cadre d’une stratégie », souligne Me Boubacar Cissé. Le juge Demba kandji, après avoir écouté les différentes parties a rejeté la demande de renvoi formulée par la défense. Il a estimé que la Cour a été saisie régulièrement par les actes d’appel qui sont régulièrement versés dans le dossier.

Sa demande rejetée, la défense s’agrippe sur l’arrêt de la Cour de justice de la Cedeao rendu le 29 juin dernier pour demander un nouveau renvoi du procès en appel.

Arrêt de la Cour de la Cedeao non disponible
Car,  de l’avis de Me Demba Ciré Bathily, cet arrêt de la Cour de la Cedeao à « une incidence » sur les dispositions que les avocats de la défense devront prendre. Pour lui, cette décision est une « pièce essentielle » pour la défense. « Nous avons besoin de cette pièce. Il faut nous donner un délai raisonnable pour que cet avis arrive », demande l’avocat.
 Me Ciré Clédor Ly va plus loin informant que l’arrêt de la Cour de justice de la Cedeao est déjà envoyé via Dhl. Me Amadou Aly Kane est formel : « On ne peut pas continuer cette audience sans l’arrêt ». D’après l’avocat, continuer sans disposer de cette décision de la Cour de la Cedeao est une « négation » des droits de la défense. Me François Sarr du pool des avocats de Khalifa Sall se demande pourquoi la Cour veut retenir cette affaire sans avoir la décision de la Cedeao. « Dans quel pays nous sommes ? Dans quel droit nous sommes ? La seule saisine de la Cedeao aurait pu vous amener à attendre sa décision. Du moment où la Cedeao a rendu sa décision, vous devriez vous préoccuper à savoir le contenu de cette décision », dit-il, s’adressant au juge. Selon Me Sarr, il n’est plus possible de retenir cette affaire sans prendre connaissance, dans son intégralité, la décision de la Cour communautaire. « M. le président, nous vous demandons d’ordonner le renvoi jusqu’à la production intégrale de cette décision », demande Me Sarr. Celui-ci rejette toute plaidoirie de la défense sur les exceptions sans l’arrêt de la Cour de justice de la Cedeao qui constitue, dit-il, leur principal moyen de défense.

«L’arrêt peut être exploité à tout moment»
Toutefois, la Cour a estimé qu’elle ne doit pas accéder à la demande de renvoi formulé au motif que l’arrêt de la Cour de la Cedeao n’est pas encore disponible. Selon le juge, cet arrêt pourrait être exploité à fond à tout moment. « Dans le dossier que j’ai, il n’est même pas écrit Cedeao. Ce qui n’est pas dans mon dossier, je ne peux pas m’en instruire. Arrêtez de me faire le procès du diable », fulmine le juge.
L’avocat de la défense, Me Doudou Ndoye revient à la charge pour déposer des exceptions d’inconstitutionnalité. Il a demandé à ce que ces exceptions soient transmises au Conseil constitutionnel avec tout le dossier. Cependant, le procureur général indique que qu’il n’y a « aucun motif sérieux » dans les exceptions soulevées par Me Ndoye. Il renseigne que la Cour est dans son rôle de bien regarder si les exceptions soulevées par la défense comportent des motifs sérieux avant de les transmettre. Le juge Demba Kandji a, encore une fois, rejeté les exceptions d’inconstitutionnalité invoquées par Me Doudou Ndoye.

Aliou Ngamby NDIAYE

 

Selon l’Agent judiciaire de l’Etat (Aje), Antoine Diome, présent, samedi dernier, à la conférence de presse du pool des avocats de l’Etat du Sénégal dans l’affaire dite de la caisse d’avance de la Ville de Dakar, le Sénégal est un Etat de droit qui a toujours été respectueux de toutes les décisions nationales, intra-communautaires ou internationales. Mais, dans cette affaire, l’Aje a indiqué que l’Etat n’a pas encore reçu l’arrêté de la Cour de justice de la Cedeao. « Par prudence, il est plus sage d’avoir d’abord la décision avant d’aborder les aspects de son exécution », a répondu M. Diome. Toutefois, celui-ci a tenu à lever toutes les équivoques qu’on a voulu entretenir sur la réputation de l’Etat du Sénégal devant les juridictions régionales ou internationales. D’après lui, « l’Etat du Sénégal n’a jamais été condamné par une juridiction de la Cedeao par une quelconque saisine ». Mieux, dans l’affaire Khalifa Sall, il a souligné que la Cour de justice de la Cedeao a débouté les requérants « du surplus de leur prétention ».

A. Ng. NDIAYE

Le Collectif des avocats de Khalifa Ababacar Sall a informé, le vendredi dernier, en conférence de presse, que la conséquence de la décision rendue par la Cour de justice de la Cedeao est la « libération immédiate et sans délai » de leur client qui a été victime d’une détention arbitraire.

En conférence de presse, vendredi dernier, Mes Ciré Clédor Ly, Doudou Ndoye, Seydou Diagne, Demba Ciré Bathily et El Mamadou Ndiaye ont indiqué que la conséquence immédiate de la décision rendue par la Cour de justice de la Cedeao doit être la « libération immédiate et sans délai » de leur client Khalifa Ababacar Sall et de cinq autres de ses co-prévenus. Les avocats de la défense du maire de Dakar ont rappelé que la Cour de la Cedeao, dans sa décision, a jugé arbitraires les conditions de détention de Khalifa Ababacar Sall, de la période allant de la proclamation des résultats des dernières législatives par le Conseil constitutionnel à la levée de son immunité parlementaire par l’Assemblée nationale. Il s’y ajoute que le droit à l’assistance d’un conseil a été violé, de même que celui à la présomption d’innocence durant la procédure. Face à tous ces manquements « graves », Me Ciré Clédor Ly est d’avis que « toute condamnation intervenue est arbitraire et sans valeur ». « Il est manifeste et avéré que la détention arbitraire contre les opposants politiques est érigée en politique d’Etat », a-t-il dénoncé.

En outre, après la décision de la Cour de justice de la Cedeao, Me Ly a estimé que l’Etat doit s’exécuter volontairement au risque d’être poursuivi car, pour lui, « une détention arbitraire ne se régularise pas ». L’avocat a ajouté que, dans cette affaire, la responsabilité pénale du procureur de la République est engagée. Il a rappelé que cette même responsabilité n’épargne aucunement les autorités politiques, judiciaires, parlementaires et administratives du pays. La peine prévue contre tous ces responsables, a-t-il dit, est de 10 ans d’emprisonnement.

La Cour de justice de la Cedeao, selon les avocats du maire de Dakar, a demandé à l’Etat du Sénégal de verser la somme de 35 millions de FCfa à titre de réparation du préjudice subi. Me Ciré Clédor Ly reste convaincu que l’Etat s’exécutera. Si celui-ci refuse de le faire, la Cedeao a mis en place des mécanismes pour l’y contraindre, a informé le conseil de la défense.

A. Ng. NDIAYE

Le magal commémorant la naissance de  Serigne  Abdoul Ahad Mbacké a été célébré, le samedi, à Touba. Troisième khalife général de la communauté mouride, il a marqué les esprits de ses contemporains. Son nom évoque un tempérament, une philosophie, entre autres. Homme de conviction, conscient de sa mission, sa foi en Khadim Rassoul n’avait d’égal que sa détermination à répondre favorablement à l’espoir de  son père et de toute une communauté.

La grande affluence aux alentours de la grande mosquée, le vendredi déjà, avait fini de convaincre les observateurs que Touba s’apprêtait à vivre un événement. Au rythme des arrivées des pèlerins, la ville s’est retrouvée en fin de  semaine, dans l’ambiance des jours de grands moments. Plusieurs activités ont précédé la cérémonie officielle qui a mis fin aux festivités de la célébration de ce magal qui commémore la naissance de ce fils de Khadim Rassoul. Des conférences et expositions sur la vie et l’œuvre ont drainé du monde. Serigne Sidy Mbacké, son khalife, n’a cessé de recevoir les disciples venus de partout pour renouveler leur allégeance et leur attachement à la famille. D’éminents disciples de la communauté, des personnalités religieuses, les hommes politiques, etc., ont fait le déplacement et réaffirmé les liens qui les unissent à la famille.

Des visiteurs se sont ensuite recueillis à son mausolée, au centre de la bibliothèque qu’il avait lui-même construite. Dans la soirée, la cérémonie officielle a réuni, dans sa concession, les autorités religieuses, les disciples, les représentants des familles religieuses du pays et la délégation officielle du gouvernement conduite par le ministre Mame Thierno Dieng. Accompagné par son collègue de la Femme, Mme Ndèye Sally Diop Dieng, il a salué l’actuel khalife général des mourides, prié pour le défunt et magnifié la vie et l’œuvre de Serigne Abdoul Ahad par les valeurs que celui-ci a incarnées toute sa vie. Un personnage qui s’est identifié par le travail dans l’agriculture,  la discipline dans l’éducation et la foi dans l’adoration du Tout Puissant, le Coran et les khassaides. Dr Dieng est revenu sur les réalisations de Serigne Abdou Lahad dans la ville de Touba, où toutes les infrastructures renvoient à sa personne. Le ministre de l’Environnement a transmis le message du chef de l’Etat portant sur sa foi en Touba et sollicité des prières pour l’aboutissement de ces projets et  un bon hivernage. Il a enfin invité les acteurs politiques à plus de retenue. « Soyons des adversaires politiques, pas des ennemis », a-t-il adressé à la classe politique fortement représentée.

Mamadou DIEYE

Des commerçants établis au grand marché Tendjiguène du faubourg de Sor, dont quatre femmes, ont été arrêtés par les éléments du commissariat central de police de Saint-Louis, pour avoir commis le délit d’achat et de revente de lots importants de médicaments frauduleux. Ces mis en cause ont été finalement déférés au parquet et placés sous mandat de dépôt. Un pharmacien, installé dans la capitale du nord, a requis l’anonymat pour se réjouir de cette opération « coup de poing ».

Il a rappelé que la commercialisation de médicaments illicites menace la santé des populations et les officines installées un peu partout dans le pays. Les pharmaciens et les consommateurs s’en inquiètent et ne ratent aucune occasion pour dénoncer avec véhémence cette activité délictueuse.

Mais cela, a-t-il fait remarquer, ne semble pas arrêter ce phénomène qui poursuit son chemin dans les rues. Près de 350 officines installées à Dakar et dans les régions sont menacées de faillite à cause d’une telle pratique, selon le président du Syndicat des pharmaciens privés du Sénégal, Dr Aboubacrine Sarr, qui s’exprimait récemment lors de la Journée du médicament célébrée dans notre pays. « C’est un fléau mondial qui gagne de l’ampleur. On peut même parler d’épidémie silencieuse. Un médicament sur dix est contrefait... Ce chiffre peut être multiplié par sept dans nos pays en voie de développement », a alerté Mme Marie Claude Sène, membre de cette organisation syndicale.

Les trafiquants et vendeurs de faux médicaments sont prévenus car le Président Macky Sall leur a déclaré la guerre. Cette annonce a été faite lors du lancement du Forum sur le financement de la santé.

Mbagnick Kharachi Diagne

Un véhicule de transport « Mbacké-Touba », immatriculé Lg 7989 A, a violemment heurté, samedi dernier, à 12 h, un « talibé » qui a perdu la vie sur le coup et blessé trois autres personnes. Le choc a eu lieu au marché Ocass, un axe desservi par ces voitures de transport en commun, qui rallient les deux localités. Des témoins racontent que l’automobile aurait dérapé de la route pour foncer sur les étals où se trouvaient des personnes. Les sapeurs-pompiers ont évacué le corps sans vie et les blessés à l’hôpital Matlaboul Fawzeyni. La police a ouvert une enquête.

M. DIEYE

Le pool des avocats de l’Etat du Sénégal, au cours d’une conférence de presse tenue le samedi dernier, a précisé que la décision, rendue le 29 juin dernier dans l’affaire de la caisse d’avance de la mairie de Dakar, n’ordonne pas la libération immédiate de Khalifa Ababacar Sall, encore moins la cessation de la poursuite. Les conseils de la défense des intérêts de l’Etat dans cette affaire ont informé que la décision n’est toujours pas disponible malgré les multiples commentaires.

Le pool des avocats de l’Etat a répondu aux conseils de la défense de Khalifa Ababacar Sall. Suite à la décision rendue, le 29 juin dernier, par la Cour de justice de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), la défense du maire de Dakar a organisé un point de presse pour demander à l’Etat de s’exécuter volontairement à cette décision en ordonnant la libération immédiate de Khalifa Sall. Réplique du pool des avocats de l’Etat : « la décision de la Cour de justice de la Cedeao a débouté Khalifa Sall et consorts de leurs demandes de faire cesser les poursuites et de prononcer leur libération immédiate ». En saisissant la Cour de la Cedeao, Khalifa Ababacar Sall et cinq autres de ses co-accusés avaient formulé 18 demandes parmi lesquelles « la cessation immédiate des illégalités et poursuites initiées à l’encontre du requérant » et la « libération immédiate » du maire de Dakar. L’ancien bâtonnier de l’ordre des avocats, Me Moussa Félix Sow, et compagnie, qui ont fait face à la presse, le samedi 7 juillet 2018, ont informé que quantité « d’amalgames » et de « désinformation » sont en train d’être fabriqués avec un seul but : « contourner la question essentielle relative à la sanction pénale d’une personnalité politique coupable de prévarication et de prédation de deniers publics par un recours systématique à des faux avérés ». L’arrêté en question brandi par la défense de Khalifa Ababacar Sall, selon Me Sow, n’a jamais demandé la « libération immédiate » du requérant. Pourtant, de l’avis de Me Ousmane Sèye, qui a tout dernièrement rejoint le pool des avocats de l’Etat dans cette affaire, la Cour de justice de la Cedeao est « parfaitement compétente » pour ordonner la libération immédiate d’un détenu et de faire cesser la poursuite contre celui-ci. « Les avocats de Khalifa Sall ont demandé la libération immédiate de leur client et la fin de la poursuite, mais la Cour n’a pas donné une suite favorable à leur demande », a expliqué Me Sèye. Me Samba Bitèye d’ajouter qu’il est déjà arrivé que la Cour de justice de la Cedeao ordonne la libération immédiate d’un détenu. « Lorsque la Cour décide d’ordonner cela, elle ne dit pas par métaphore, elle le dit de façon expresse », a prévenu le conseil de la défense des intérêts de l’Etat du Sénégal.

Le pool des avocats de l’Etat a aussi précisé que le document exhibé comme étant l’arrêté de la Cour de Justice de la Cedeao n’est qu’un « extrait du plumitif qui n’est signé par aucun des juges qui sont censés l’avoir rendue ». « Il ne donne aucune indication sur les arguments et les motivations qui ont été retenus par les juges et ne permettent, sans extrapolation hasardeuse, aucune analyse critique ni aucune déduction hâtive », a-t-il dit. Me Sow d’ajouter : « jusqu’à aujourd’hui, cette décision, bien que largement très commentée et interprétée depuis une semaine, n’est toujours pas disponible ».

Cependant, les avocats ont rappelé que l’Etat n’a toujours pas reçu cette décision. C’est pourquoi ils attendent de l’avoir officiellement pour l’examiner et voir la suite à donner à cette affaire.

Néanmoins, Me Moussa Félix a indiqué que l’Etat du Sénégal est respectueux de toutes les décisions de justice, qu’elles soient nationales ou internationales. Sans connaître les motivations de la décision rendue par la Cour de justice de la Cedeao, Me Samba Bitèye a avoué que l’Etat ne peut que la respecter. Toutefois, il a invité toutes les parties dans cette affaire à respecter la décision.

Aliou Ngamby NDIAYE

L’ETAT DU SÉNÉGAL N’A JAMAIS ÉTÉ CONDAMNÉ PAR UNE JURIDICTION DE LA CEDEAO, SELON ANTOINE DIOME
Selon l’Agent judiciaire de l’Etat (Aje), Antoine Diome, présent, samedi dernier, à la conférence de presse du pool des avocats de l’Etat du Sénégal dans l’affaire dite de la caisse d’avance de la Ville de Dakar, le Sénégal est un Etat de droit qui a toujours été respectueux de toutes les décisions nationales, intra-communautaires ou internationales. Mais, dans cette affaire, l’Aje a indiqué que l’Etat n’a pas encore reçu l’arrêté de la Cour de justice de la Cedeao. « Par prudence, il est plus sage d’avoir d’abord la décision avant d’aborder les aspects de son exécution », a répondu M. Diome. Toutefois, celui-ci a tenu à lever toutes les équivoques qu’on a voulu entretenir sur la réputation de l’Etat du Sénégal devant les juridictions régionales ou internationales. D’après lui, « l’Etat du Sénégal n’a jamais été condamné par une juridiction de la Cedeao par une quelconque saisine ». Mieux, dans l’affaire Khalifa Sall, il a souligné que la Cour de justice de la Cedeao a débouté les requérants « du surplus de leur prétention ».

A. Ng. NDIAYE

DECISION DE LA COUR DE JUSTICE DE LA CEDEAO : LA DÉFENSE VEUT LA « LIBÉRATION IMMÉDIATE » DE KHALIFA SALL
Le Collectif des avocats de Khalifa Ababacar Sall a informé, le vendredi dernier, en conférence de presse, que la conséquence de la décision rendue par la Cour de justice de la Cedeao est la « libération immédiate et sans délai » de leur client qui a été victime d’une détention arbitraire.

En conférence de presse, vendredi dernier, Mes Ciré Clédor Ly, Doudou Ndoye, Seydou Diagne, Demba Ciré Bathily et El Mamadou Ndiaye ont indiqué que la conséquence immédiate de la décision rendue par la Cour de justice de la Cedeao doit être la « libération immédiate et sans délai » de leur client Khalifa Ababacar Sall et de cinq autres de ses co-prévenus. Les avocats de la défense du maire de Dakar ont rappelé que la Cour de la Cedeao, dans sa décision, a jugé arbitraires les conditions de détention de Khalifa Ababacar Sall, de la période allant de la proclamation des résultats des dernières législatives par le Conseil constitutionnel à la levée de son immunité parlementaire par l’Assemblée nationale. Il s’y ajoute que le droit à l’assistance d’un conseil a été violé, de même que celui à la présomption d’innocence durant la procédure. Face à tous ces manquements « graves », Me Ciré Clédor Ly est d’avis que « toute condamnation intervenue est arbitraire et sans valeur ». « Il est manifeste et avéré que la détention arbitraire contre les opposants politiques est érigée en politique d’Etat », a-t-il dénoncé.

En outre, après la décision de la Cour de justice de la Cedeao, Me Ly a estimé que l’Etat doit s’exécuter volontairement au risque d’être poursuivi car, pour lui, « une détention arbitraire ne se régularise pas ». L’avocat a ajouté que, dans cette affaire, la responsabilité pénale du procureur de la République est engagée. Il a rappelé que cette même responsabilité n’épargne aucunement les autorités politiques, judiciaires, parlementaires et administratives du pays. La peine prévue contre tous ces responsables, a-t-il dit, est de 10 ans d’emprisonnement.

La Cour de justice de la Cedeao, selon les avocats du maire de Dakar, a demandé à l’Etat du Sénégal de verser la somme de 35 millions de FCfa à titre de réparation du préjudice subi. Me Ciré Clédor Ly reste convaincu que l’Etat s’exécutera. Si celui-ci refuse de le faire, la Cedeao a mis en place des mécanismes pour l’y contraindre, a informé le conseil de la défense.

A. Ng. NDIAYE

Pour une meilleure prise en charge des personnes handicapées dans les entreprises, le Conseil national du patronat (Cnp) s’est penché sur l’avant-projet de décret. La demi-journée de concertation a permis de lister toutes les préoccupations et d’appeler les pouvoirs publics et le privé à s’impliquer davantage.

Même si des dispositions avaient été prises théoriquement pour une meilleure insertion des personnes en situation de handicap dans les entreprises, force est de reconnaître que le décret d’application n’avait jamais été pris. C’est la révélation de Racky Wane, vice-présidente du Conseil national du Patronat (Cnp). « Il y a eu la loi n°97-17 du 1er décembre 1997 portant Code du travail modifié en son article L.180, mais son décret d’application n’a jamais été pris », a-t-elle déclaré à l’occasion d’une journée de concertation sur l’avant-projet de décret prenant en compte plusieurs préoccupations des personnes handicapées. Selon Mme Wane, cet avant-projet de décret stipule que « tout employeur, ayant un effectif de 20 à 50 travailleurs, se doit de réserver un poste de travail à une personne handicapée, puis pour un effectif de 51 à 100 personnes, 2 postes de travail, pour un effectif de 101 à 250, 4 postes de travail… ainsi de suite », a-t-elle expliqué.

Même si l’avant-projet regorge de points positifs, Mme Wane a estimé que « la société doit avoir une nouvelle perception de la personne handicapée, autre que compassion et charité ». « Au-delà des textes législatifs et réglementaires, nous devons apporter une réponse à la question de l’éducation et la formation qualifiante des personnes handicapées pour renforcer l’égalité des chances d’accès à l’emploi et à l’entrepreneuriat. Il faut s’attaquer à la racine en offrant une formation professionnelle de qualité pour éviter des difficultés futures d’insertion dans la vie active », a-t-elle encore suggéré. Présidant la cérémonie, Karim Cissé, directeur général du Travail et de la Sécurité sociale, a rappelé l’objectif de cet avant-projet qui est d’« arriver à un consensus sur le pourcentage à accorder aux personnes handicapées et toute entreprise qui ne le respectera pas, payera des sanctions financières qui seront logées dans un fonds destiné à la formation des personnes handicapées ». D’après lui, cet avant-projet est le fruit d’un long processus engagé par le Sénégal qui a ratifié, en 2009, la Convention des Nations Unies sur les droits des personnes handicapées et, en interne, a mis en place le programme national sur le handicap 2017-2021 initié par le ministère de la Santé, en collaboration avec toutes les structures concernées ».

Pour la vice-présidente du Cnp, au-delà de l’avant-projet, la question est telle qu’il faut l’implication des pouvoirs publics et du privé. « Nous demandons l’organisation d’une Conférence sociale nationale sur l’égalité des chances d’accès à l’emploi public-privé et à l’entrepreneuriat, avec la présence du chef de l’Etat », a-t-elle indiqué.

Par ailleurs, le Cnp a proposé de mettre en place un dispositif d’accompagnement incitatif à l’insertion des personnes handicapées dans les entreprises. Ce qui passe, pour Mme Wane, par la décision d’allouer un pourcentage du budget de la Contribution forfaitaire à la charge des employeurs (Cfce) aux besoins de formation qualifiante des personnes handicapées. « Que les départements ministériels en charge du Travail, de l’Enseignement supérieur et de la Formation professionnelle mettent en place une plateforme d’offres de compétences et de professionnels handicapés. Ceci contribuerait énormément à aider aussi bien les entreprises, les administrations publiques et les collectivités locales dans leur recherche de postes de travail à pourvoir aux handicapés », a-t-elle dit.

Oumar FEDIOR

La Fondation Ucad a octroyé, hier, un bus qui réunit toutes les commodités à l’Association des étudiants handicapés (Aeh) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad).

La cérémonie solennelle de remise du bus à l’Association des étudiants handicapés (Aeh) de l’Ucad s’est déroulée devant le hall de la bibliothèque universitaire, en présence du recteur, le Pr. Ibrahima Thioub. Le bus de couleur blanche, tout neuf, est garé devant les invités. Un véhicule qui répond à tous les besoins des personnes à mobilité réduite. Désormais, cette voiture achetée par la Fondation Ucad aux Etats-Unis, grâce au soutien du Pdg de Nma Sanders et par ailleurs membre du Conseil de la Fondation, Ameth Amar, fera la rotation, tous les jours, pour ramasser les étudiants vivant avec un handicap. Il a également estimé que cet acte va « grandement contribuer à l’amélioration des conditions de vie et d’études des étudiants à mobilité réduite ». La représentante de la présidente de la Fondation Ucad, Sokhna Diagne Ndiaye, a salué ce geste d’Amath Amar qui témoigne de son « engagement constant et soutenu aux côtés de la Fondation ». « Grâce à vous, les étudiants en situation de handicap pourront dorénavant aller et venir aisément au sein du campus social et pédagogique, mais aussi effectuer des déplacements en dehors de l’université pour assister à des manifestations socioculturelles », se réjouit-elle. D’après Mme Ndiaye, la Fondation Ucad s’est engagée à lutter contre les inégalités dans l’espace universitaire et à donner à chaque membre les mêmes chances de réussite.

Le président de l’Aeh, Mouhamadou Tabara, s’est félicité d’un tel geste de haute portée sociale. Ce moyen de transport, a-t-il dit, facilitera les conditions de déplacement des étudiants handicapés. Ainsi, a-t-il appelé ses camarades à être solidaires et à faire bon usage de ce bus. En effet, après ce don, le rectorat, par la voix du Pr. Thioub, s’est engagé à prendre en charge la gestion institutionnelle du bus en mettant à la disposition des étudiants un chauffeur et à assurer son entretien.

Aliou Ngamby NDIAYE

A Tambacounda et Kédougou, 42% environ des filles, dont l’âge est compris entre 9 et 15 ans, ont été excisées ou données en mariage. Et une fille sur trois est mariée avant l’âge de 16 ans. C’est ce qui explique la nouvelle stratégie de l’Ong Tostan qui a mené une campagne de sensibilisation contre de telles pratiques dans des villages où celles-ci existent à une échelle jugée encore préoccupante.

« Les pourcentages d’enfants excisées ou mariées restent encore élevés dans la région de Tambacounda. Beaucoup de communautés ont déjà fait part de leur volonté d’abandonner l’excision, mais le mal est encore là », a constaté Harouna Sy, le coordonnateur de Tostan dans les régions de Kédougou (sud-est) et Tambacounda. Il prenait part à « un atelier de présentation de la situation des mariages d’enfants et de l’excision » dans ces deux régions. L’atelier a eu lieu à l’occasion d’une campagne contre ces pratiques lancée par l’Unicef, le gouvernement du Sénégal et le Fonds des Nations Unies pour la population.

Dans la zone Est du pays (régions de Tambacounda et de Kédougou), environ  42 % de filles de 9 à 15 ans ont été victimes de pratiques néfastes de l’excision ou du mariage précoce. Chez les femmes, la tendance est à 11 % du fait des différentes déclarations dans ces deux localités. Il reste que les départements de Goudiry et de Koumpentoum n’ont pas encore fait de déclaration d’abandon. Pour éradiquer ces phénomènes, l’Ong Tostan a initié une série de rencontres dans les départements avec des jeunes leaders, des marabouts, des « badiénou gox », etc., pour partager et échanger avec eux sur les conséquences de l’excision et des mariages des enfants dont l’âge est compris entre 9 et 15 ans. Surtout qu’un nombre élevé de filles de cette tranche d’âge ont été excisées ou données en mariage, a affirmé M. Sy. Toutefois, il reconnaît que les mariages précoces et l’excision sont moins pratiqués qu’auparavant. « Nous étions à 85 % il y a quelques années.

Aujourd’hui, 48 % des filles sont excisées. Et une fille sur trois est mariée avant l’âge de 16 ans », a-t-il précisé. « Les chiffres restent alarmants, ce qui signifie que nous devons persévérer dans la sensibilisation. De nombreuses communautés ont arrêté ces pratiques néfastes pour la santé de l’enfant », a-t-il ajouté.
La sensibilisation doit être poursuivie jusqu’à l’éradication du phénomène, a poursuivi Harouna Sy.

C’est une nécessité de former les jeunes sur « les méfaits » de l’excision et de leur faire connaître les lois en vigueur l’interdisant, a-t-il dit. L’Assemblée nationale a adopté une loi interdisant l’excision depuis la fin des années 90, mais celle-ci est encore persistante au Sénégal, a regretté le coordinateur. Il s’agit, pour lui, de  permettre à ces jeunes issus des conseils communaux, des associations sportives et culturelles, des relais, etc., d’être  bien informés et conscients des méfaits de ces pratiques.

Pape Demba SIDIBE

Lors d’une opération combinée, dénommée Iera 2, qui a regroupé l’ensemble des forces de sécurité et de défense ainsi que le service du commerce, la région médicale ainsi que la pharmacie d’approvisionnement de Tambacounda, sous la coordination du gouverneur, plus de 50 kg de faux médicaments  ont été saisis. Plus de 15 individus (hommes et femmes) ont été également interpellés.

Une opération menée de main de maître, durant toute la journée du 5 juillet dernier, dans les différents marchés, gares routières... Selon le commissaire de police, Yaya Tamba, l’opération entre dans le cadre de la protection de la santé publique et de la sécurité des populations. « C’est une véritable opération coup de poing », dénommée Iera 2, qui a permis de mettre hors circuit des médicaments bien connus : tétracycline, paracétamol, ocytétracyline, antibiotique, antalgique, entre autres. Il y a des pommades pour la dépigmentation. Le commissaire divisionnaire a précisé que 15 individus (hommes et femmes) ont été également interpellés et seront présentés au procureur de la République.  Car, a-t-il poursuivi, les médicaments doivent être vendus dans des officines et non dans la rue. C’est pourquoi l’équipe pluridisciplinaire citée a parcouru la commune pour débusquer les malfaiteurs.

Au Sénégal, la proportion exacte de personnes s’approvisionnant dans ce commerce n’est pas bien connue. Mais, une partie de la population a recours aux produits de la rue obtenus à vil prix, souligne-t-on. Avec tous les dangers que ceux-ci peuvent engendrer : de l’insuffisance rénale à la mort en passant par les maladies chroniques et les échecs thérapeutiques. Le marché illicite des médicaments a pignon sur rue au Sénégal. C’est pour mettre fin à une telle pratique que les autorités ont décidé d’organiser régulièrement ce genre d’opérations.

P. D. SIDIBE

Le Garde des Sceaux, ministre de la Justice a réceptionné, hier, un important lot d’équipements de la coopération française. Le but de ces outils, destinés aux bureaux d’accueil et d’orientation (Baoj) des différents palais de justice, est de faciliter la dématérialisation des procédures.

L’accueil constitue un indicateur important de l’appréciation de la qualité du service public, en général, et celui de la justice, en particulier. C’est dans ce sens que le gouvernement du Sénégal a reçu, hier, de la coopération française, un important lot d’équipements destinés aux bureaux d’accueil et d’orientation (Baoj) des différents palais de justice. Acquis dans le cadre du Projet de modernisation de la justice sénégalaise (Mojusen), ce matériel comprend des ordinateurs, une imprimante et du mobilier de bureau. Selon le Garde des Sceaux, ministre de la Justice, le Pr. Ismaila Madior Fall, ces bureaux d’accueil du justiciable informent et orientent les usagers, mais surtout leur permettent de lutter contre une certaine forme d’intermédiation préjudiciable à l’image et à la crédibilité de l’institution judicaire. « Aujourd’hui, le secteur de la justice est de plus en plus orienté vers la dématérialisation », a déclaré le Pr. Fall, qui a magnifié la coopération entre le Sénégal et la France. Selon lui, ce précieux matériel contribuera à améliorer les conditions de travail des agents de ce service, ce qui va impacter sur la qualité des prestations délivrées aux usagers.

Un dispositif efficace
Aussi, a-t-il indiqué que le déploiement de l’outil informatique permettra d’accélérer la délivrance des informations, tout en les rendant plus fiables. « Avec le dispositif informatique qui sera mis en place, l’agent d’accueil pourra indiquer à l’usager la salle d’audience, le bureau où il est convoqué, mais surtout les pièces à fournir ainsi que le coût des actes et savoir si son affaire a été jugée ou pas », a expliqué le ministre. Pour sa part, le directeur de la Justice de proximité et de la Promotion de l’accès au droit, Mademba Guèye, a relevé l’importance des bureaux d’accueil et d’orientation. Ils facilitent, d’après lui, l’accès au service public de la justice aux usagers des palais de justice sur le territoire national. Il a précisé que toutes les informations relatives aux types d’audiences seront stockées dans les machines pour permettre aux agents d’indiquer, avec précision et rapidité, la salle ou encore les informations sur la délivrance des documents comme les certificats de nationalité, les casiers judiciaires, etc. Pour l’ambassadeur de la France à Dakar, Christophe Bigot, la modernisation de la justice est indispensable dans une société. « C’est tout le sens du Projet de modernisation de la justice qui est modeste en termes d’incidence financière, mais dont l’impact sera important pour la juridiction », a souligné le diplomate français.

Tata SANE

Serigne Abdoul Ahad Mbacké, troisième Khalife général de la communauté mouride, a marqué de son empreinte la ville sainte de Touba. Ses nombreuses réalisations lui ont valu le surnom de « bâtisseur ». La mouridiya lui rendra hommage demain, à l’occasion du magal qui lui est dédié.

La communauté mouride célèbre, demain, le troisième khalife général des mourides. Pendant plusieurs semaines, toutes les franges de celle-ci étaient à pied d’œuvre pour donner un cachet particulier à l’événement. Des centaines de pèlerins, venant de tous les coins du pays, vont faire le déplacement pour rendre hommage à Serigne Abdoul Ahad Mbacké (1914-1989), dont le magistère de 21 ans (1968-1989) a été marqué par de nombreuses réalisations qui ont considérablement transformé le visage architectural de Touba et contribué au rayonnement et à la modernisation de la cité religieuse.

Dépositaire du legs de Serigne Touba, il a, pendant son khalifat, laissé des empreintes indélébiles dans la conscience collective des Sénégalais. Troisième khalife général des mourides, Serigne Abdoul Ahad Mbacké s’est investi, tout au long de son magistère, à la propagation du message de Cheikh Ahmadou Bamba et à la modernisation de Touba. Aussi, a-t-il, durant son khalifat de 21 ans, rehaussé la personnalité du « talibé » mouride et forcé le respect, en appliquant dans toute sa rigueur les enseignements de son ascendant Khadimou Rassoul. Le « véridique » était un des nombreux jolis noms qu’on lui donnait puisqu’il appelait toujours à la droiture et au respect des recommandations de Serigne Touba. On l’appelait aussi le « bâtisseur » car il a doté la cité religieuse de plusieurs infrastructures.

En effet, Touba lui doit la résidence Khadimou Rassoul, l’élargissement de la Grande Mosquée, la réfection d’édifices comme Aïnou Rahmati, le marché « Occass », l’autoroute, la construction de l’université islamique, la réalisation de la bibliothèque Khadim Rassoul à l’intérieur de laquelle se trouve son mausolée, et la brigade spéciale de la gendarmerie pour faire régner l’ordre. Bref, Serigne Abdoul Ahad Mbacké a légué à la postérité une voie tout tracée, une cité religieuse organisée et des mourides fiers du legs de Serigne Touba. Des récitals du Coran, des conférences sur sa vie et son œuvre et une cérémonie officielle vont marquer le magal 2018 de Serigne Abdoul Ahad Mbacké.

Mamadou DIEYE

Aida et Dexde, deux Ong espagnoles intervenant en Casamance (sud), comptent lancer « bientôt » un projet d’école d’enseignement de la langue des signes, au profit des sourds-muets vivant dans les régions de Kolda, Sédhiou et Ziguinchor, selon leurs dirigeants.

« Nous voulons nous lancer bientôt dans la création d’une école d’enseignement de la langue des signes pour les sourds-muets. Nous comptons travailler avec les autorités pour permettre à ces personnes handicapées de mieux accéder aux services publics », a dit Jordi Albeoras, représentant de l’Ong Aida, dans un entretien avec l’Aps. « Les sourds-muets sont laissés en rade dans plusieurs services publics. Au tribunal, à la police, dans les établissements de santé, les transports publics et tant d’autres services, ils ont du mal à communiquer avec leurs interlocuteurs », a-t-il souligné, ajoutant que les agents chargés de fournir des services publics aux usagers seront associés à cette initiative. Les agents de l’Administration publique, les employés des banques et les personnels des hôpitaux seront impliqués dans ce projet, qui permettra aux sourds-muets des régions de Kolda, Sédhiou et Ziguinchor, constitutives de la Casamance, de « vivre dignement », a dit Boubacar Baldé, le président de la Fédération des personnes handicapées de la région de Kolda.

Les Ong Aida et Dexde ont associé à cette initiative les personnes handicapées de la région de Kolda et les responsables de l’Office du tourisme de la Casamance, un organisme public basé à Ziguinchor. En mai dernier, une foire de l’inclusion sociale a été organisée en Casamance, au profit des handicapés.

Il s’agissait, avec l’aide des deux Ong, de donner l’occasion à cette catégorie sociale d’exposer des produits agricoles ou transformés, fruits de leur travail, a rappelé Pedro Guerrero de la Barrera Caro, un responsable de Dexde. « Depuis deux ans, ces deux Ong espagnoles aident beaucoup les personnes handicapées de la région de Kolda et des départements de Bignona et d’Oussouye (région de Ziguinchor), dans le cadre d’un projet dont la mise en œuvre prend fin le 15 juillet prochain », a indiqué Boubacar Baldé. Il invite l’Etat du Sénégal à « prendre le relais pour accompagner les personnes handicapées de la Casamance ».

M. Baldé, par ailleurs vice-président de la Fédération nationale des personnes handicapées, souhaite « la création d’une banque ou d’une ligne de crédit destinée au financement des projets des personnes handicapées ». Il souhaite aussi que soit créé par l’Etat une « haute autorité » nationale chargée de la prise en charge du handicap.

(APS)


AVERTISSEMENT

La SSPP « Le Soleil » met en garde et interdit formellement aux responsables et gestionnaires de sites d’informations, établis au Sénégal ou ailleurs, de poster les articles publiés sur le portail Internet du « Soleil », à l’adresse www.lesoleil.sn. La SSPP « Le Soleil » ne tolérera aucune entorse à cette interdiction. Seule est permise la publication de liens directs pour rediriger l’internaute vers l’adresse www.lesoleil.sn

PARTENARIATS

Les gestionnaires de sites qui le souhaitent peuvent adresser une demande de partenariat avec la SSPP « Le Soleil » qui en définira les modalités et fixera les conditions d’utilisation des articles, photos, logos de son portail Internet. En cas de manquements, la SSPP « Le Soleil » se réserve le droit d’engager immédiatement des poursuites judiciaires envers les contrevenants, pour violation du respect des droits d’auteurs.