banner home page1

Pour vos insertions, contactez la Régie publicitaire de la SSPP Le Soleil

Société & Faits divers (2354)

Un jeune homme d’une trentaine d’année, est mort, hier, à Touba Guédé, par électrocution. Alertés, les éléments de la brigade des sapeurs pompiers sont arrivés sur les lieux du drame. Ils ont trouvé le corps sans vie, étendu à même le sol et recouvert d’un pagne. Meunier de son état, le bonhomme gérait un moulin à mil, dans le quartier de Guédé, certainement les fortes pluies ont dû endommager ses installations et la décharge lui a été fatale. Le corps a été transporté à la morgue de l’hôpital Matlaboul Fawzeyni, après les formalités d’usage. La police présente sur le lieu du sinistre a ouvert une enquête et alerté les parents du disparu.

Mamadou DIEYE

Le phénomène est quasi-quotidien. Chaque jour, les véhicules, surtout les moyens de transport en commun, dépassent leur charge normale, au mépris des normes de sécurité routière, telle que la tolérance zéro, prises par l’Etat. Transporteurs et usagers semblent ne pas avoir appris des leçons du passé.

Le chauffeur du bus « Tata » vient à peine de trouver une faille pour se mettre sur le bâbord que les usagers qui attendaient à l’arrêt se bousculent pour tenter de monter à bord. Pourvu qu’ils trouvent où mettre un pied. Tassés dans ce petit bus bondé jusqu’aux portières qui ont même du mal à se refermer, ils sont conscients du danger qu’ils courent, à en croire leurs commentaires et leurs plaintes à l’endroit du chauffeur et du receveur. «Büs bi fees na way. Yebbu leen ay mala!» (Ne voyez-vous pas que le bus est plein. Nous ne sommes pas des animaux!), lance un homme d’une voix grave. Et comme un refrain, des voix s’élèvent au fond : «Wax dëgg Yàlla!» (Vraiment)!

Même si la majorité des passagers protestent, leurs plaintes n’y feront rien. Le receveur ignore leurs propos et continue de recevoir l’argent contre les tickets qu’il glisse entre les mailles de la grille qui lui sert de guichet. Entre lui et le chauffeur, les passagers changent de cible à chaque fois que le bus s’arrête pour en prendre d’autres, comme ici à Keur Mbaye Fall, alors que personne n’en est descendu. Maintenant, il n’arrive plus à refermer ses portes. Il est plein jusqu’aux marchepieds. Malgré les griefs de la grande majorité, certains passagers en appellent à la tolérance. «Muñal leen ñu rek. Dañuy jàppalante rek» (Comprenez-nous s’il vous plait. On doit s’entraider), laisse entendre une voix féminine là-bas vers la porte de devant.

L’indiscipline, le facteur principal
Alors que le bus est à hauteur de Petit Mbao, une scène attire l’attention sur l’autre voie de la Nationale 1. Un gros porteur, chargé d’étais jusqu’au sommet, semble en avoir pris plus qu’il ne devrait. Il tangue en direction de Rufisque et capte le regard des piétons qui l’observent d’un air circonspect. Dans ces conditions qui dépassent l’entendement humain, nous prenons notre mal en patience jusqu’à Thiaroye où nous nous glissons difficilement entre les passagers pour sortir enfin. Interpelé à sa descente, M. Thiombane, un quinquagénaire qui était assis devant nous, pense que « c’est l’indiscipline » qui est à l’origine de ce phénomène. « Même si l’on est pressé, je pense qu’on ne doit pas monter dans un bus déjà plein. Et puis, vous avez vu que même le chauffeur de ce bus ne s’est pas occupé de savoir si le bus était plein ou pas. Et quand le pire arrive, on se permet de dire «Ndoggalu Yàlla la» (telle est la volonté de Dieu) », déplore-t-il.

A peine a-t-il tourné le dos qu’un car Ndiaga Ndiaye passe avec au moins cinq « gaillards » sur le marchepied. Décidément, le phénomène semble toucher tous les pans du secteur des transports en commun. Le reste de notre chemin se fera en moyen de locomotion plus sûr. « En 2016, le Sénégal a enregistré 651 morts dans des accidents de la route, contre 400 en 2015. Soit 251 morts de plus », informe le panneau qui surplombe l’entrée du Centre de contrôle technique des véhicules automobiles de Hann. Ces chiffres alarmants qui rappellent d’autres événements tragiques, tels que celui du naufrage du « Joola » ou de « Bettenty » devraient en appeler à la raison. A quand l’application effective de la mesure « tolérance zéro », serait-on tenté de demander ?

Moussa SONKO (stagiaire)

Le devoir de Mémoire !
Naufrage du « Joola », 15 ans déjà. Et après ? Rien. Le mot n’est pas de trop. Car, dans nos faits et gestes de tous les jours, nous refusons de tirer les leçons de la plus grande tragédie maritime mondiale (près de 2.000 morts selon les chiffres officiels) que nous avions vécue difficilement. Pourtant, sous le coup de la douleur, nous avions tous juré de faire notre introspection, de renoncer à l’indiscipline, à l’irresponsabilité. Tutti quanti. Quelques années après, nous sommes tous devenus amnésiques ou le faisons semblant parce que les séquelles sont là, les plaies béantes, la douleur indicible notamment dans les familles des victimes. En somme, nous refusons ce que le psychologue Serigne Mor Mbaye appelle de tous ses vœux le fameux « Ndëp national ».

En témoignent les nombreux drames causés par notre irresponsabilité et ayant entraîné des centaines voire des milliers de morts et des milliers de blessés. Tout également des blessures physiques et morales. On peut citer, rien que cette année, les 20 morts dans le chavirement d’une pirogue à Bettenty (île située dans la commune de Toubacouta, département de Foundiougne) remplie de femmes dont certaines sans gilets de sauvetage, les 30 morts au « Daaka » de Médina Gounass, les 8 morts et plus de 300 blessés dans le drame du stade Demba Diop.

Du fait de l’indiscipline, les routes continuent de tuer. La surcharge, qu’on ne cesse de dénoncer, est érigée en règle dans les transports en commun (urbain comme interurbain) : cars rapides, « Ndiaga Ndiaye », bus Tata et autres moyens. D’après les statistiques (qui font froid dans le dos), la route a tué 651 personnes en 2016 contre 400 en 2015. Outre ces morts, des milliers de personnes accidentées sont devenues des handicapés à vie. Au point que voyager aujourd’hui, dans ce pays, est devenu source d’angoisse. Notre vie tient à un fil. Pardon, au comportement du chauffeur. Or, l’Etat ne cesse d’appeler à la « tolérance zéro » qu’il est chargé lui-même d’appliquer. Comme explications, les chauffeurs évoquent l’état des routes, celui des véhicules. Certes, mais les nombreuses études indexent plus le facteur humain : insouciance, indiscipline, laxisme des usagers, la somnolence au volant, utilisation de drogues, de téléphone. Les statistiques officielles du ministère des Transports révèlent que 92% des accidents découlent du comportement de l’homme.

Dans tous les cas, rien ne semble arrêter l’hécatombe. Pas même les mesures en cours ou annoncées par l’Etat, notamment lors du Conseil interministériel présidé par le Premier ministre sur la question : formation des conducteurs, instauration du permis à points, renouvellement du parc, renforcement des contrôles…

Autant dire que les Sénégalais ont fait le choix de l’amnésie, de la banalisation, surtout du fatalisme. Quoi de plus surprenant ? Dans ce pays, Dieu a bon dos. Il endosse tout. Pardon, on lui fait tout endosser. Car, c’est toujours le « ndogal Yalla » (la volonté divine). Pourtant, le Créateur n’a rien à y voir. Absolument rien ! Comment un pays qui a vécu un si grand drame comme le naufrage du « Joola » n’a pu se doter d’un véritable Mémorial, ne serait-ce pour lutter contre l’oubli ? Tous les pays qui ont vécu des situations dramatiques ont érigé un mémorial : Rwanda (Mémorial du Génocide), Bamako (Place des Martyrs)… Pourquoi pas nous ? Peut-être que nous nous sentons si coupables que nous préférons l’oubli. Or, le devoir de mémoire est plus que nécessaire. Pour le repos de l’âme de nos mères, pères, frères, sœurs, amis, enfants… qui ont péri dans ce naufrage.

Par Daouda MANE

 

Hier, les Ziguinchorois ont commémoré le 15ème anniversaire du naufrage du bateau « Le Joola » dans le recueillement. Le ministre des Forces armées, qui était à la tête d’une forte délégation gouvernementale, a présidé, au nom du président de la République, la cérémonie officielle au port de commerce. Dr Augustin Tine a réaffirmé aux populations locales la détermination du chef de l’Etat à améliorer la prise en charge des familles des naufragés et à développer la Casamance.  

D’emblée, le ministre des Forces armées, au nom du président de la République, du Premier ministre, de l’ensemble de son gouvernement, ainsi que de tout le peuple sénégalais, s’est incliné devant la mémoire des victimes du bateau « Le Joola », et a témoigné de la compassion et de la solidarité de tous aux familles des naufragés. Le ministre a déclaré que ces martyrs du « Joola » seront des sentinelles de notre mémoire collective pour qu’une pareille stratégie ne se reproduise. « Le Sénégal, dans sa diversité, ne les oubliera jamais », a dit Dr Augustin Tine qui a prié pour que Dieu, dans sa miséricorde, les accueille dans son Paradis. Il a également prié pour que le naufrage du bateau « Le Joola » renforce la foi, le civisme, l’unité nationale et la ferme volonté des Sénégalais de développer la Casamance dans la paix et la cohésion. Selon le ministre, depuis l’avènement de ce douloureux événement, l’Etat a pris des mesures fortes. Entre autres, il a évoqué le versement de la somme de 10 millions de FCfa aux familles de victimes qui le désiraient, le vote, en 2006, de la loi sur les pupilles de la Nation et l’aide mensuelle octroyée aux 800 enfants de victimes. A l’en croire, cela n’était qu’une infime partie par rapport à l’ensemble des mesures que l’Etat du Sénégal comptait prendre pour la prise en charge des victimes du « Joola » en particulier et pour la Casamance en général.

Le développement de la Casamance, une priorité
Par ailleurs, le ministre a révélé que de gros efforts sont en train d’être faits en termes d’infrastructures routières. Il a estimé que cela permettra, dans le court terme, aux gros-porteurs de contourner la Gambie pour pallier les dommages liés à la durée des stationnements dans ce pays. Le ministre n’a pas oublié « la grande innovation apportée dans le système d’orientation des nouveaux bacheliers par le ministre de l’Enseignement supérieur et qui a permis de juguler la problématique liée aux flux d’étudiants venant du Sud ». Le patron des Forces armées a affirmé que le désenclavement de la Casamance demeure une priorité majeure pour le Président Macky Sall. Il en veut pour preuve le démarrage effectif des travaux du pont sur la Gambie « depuis l’avènement de l’alternance dans ce pays frère ». Il a indiqué que la mise en service des deux bateaux« Agène » et « Diambogne » s’inscrit dans ce cadre et a largement contribué à améliorer les déplacements de la Casamance vers l’intérieur du pays.

Le ministre a assuré que l’Etat ne s’arrêtera pas là, soulignant que des mesures fortes concernant le développement de la Casamance sont intégrées dans le Programme Sénégal émergent (Pse) et ne tarderont pas à se matérialiser. Et pour que les résultats escomptés soient atteints au grand bonheur des populations de la région méridionale, Augustin Tine a appelé à plus de mobilisation pour le retour d’une paix définitive et durable en Casamance.

El Hadj Moussa SADIO

 

« «Le Joola» 15 ans après, amnésie ou banalisation ». C’est le thème, cette année, de la journée commémorative du naufrage. Les familles des victimes ont prié pour les disparus et alerté le peuple sénégalais sur la répétition d’un tel drame.

La place du Souvenir a accueilli la 15ème commémoration du naufrage du bateau « le Joola », organisée par le comité d’initiative pour l’érection du mémorial-musée « Le Joola ». Les veuves, mères, enfants et parents des disparus ont répondu massivement à l’appel du bureau dudit comité et les activités de la journée ont été organisées par les orphelins. En rappelant le drame de Bettenty, celui de Médina Gounass en plus des morts et blessés de Demba Diop, Amadou Fall, expert dans la gestion et la prévention des catastrophes et membre de la société civile, a soutenu que « l’Etat doit s’atteler à renforcer la prévention et la préparation, en se dotant de moyens efficaces pour éviter les catastrophes et réagir à temps et comme il se doit quand elles se présentent ».

Il invite à un retour et au partage d’expériences entre toutes les parties concernées afin que les actions menées répondent à une vision globale. Devant une assemblée silencieuse et attentive, le journaliste Birahim Touré a, pour sa part, rappelé le traitement de l’information par la presse sénégalaise après l’accident. Selon lui, elle a échoué dans son rôle d’alerte, d’éveil qui aurait pu permettre aux citoyens de faire les bons choix et de prévenir l’indiscipline grandissante dans notre pays. Il a affirmé qu’au fil du temps, les journalistes se sont éloignés du drame pour s’attarder sur des points superficiels comme le nombre d’associations des victimes et les poursuites judiciaires. « Un journaliste doit aller au-delà de relater les faits ou revenir sur un anniversaire, il doit éveiller le peuple, rappeler ce qui s’est passé hier en posant des perspectives pour l’avenir, favoriser la conscience citoyenne », a-t-il ajouté.  Les panélistes ont tous déploré l’oubli dans lequel se muent les Sénégalais tant les tragédies sont considérées comme une routine. Sauf Idrissa Diallo, membre du comité d’initiative qui a soutenu que c’est plutôt par « impuissance et passivité coupable » que le Sénégal reste silencieux face aux conséquences de cet accident. Il a invité chaque Sénégalais au travail, quel que soit le niveau où il se trouve, et à délaisser les pensées fatalistes.

« Le bien-être et la sécurité dans un pays sont nécessaires à une stabilité sociale », tel est l’avis du panéliste Djiby Diakhaté, sociologue. Il estime que le gouvernement doit tout mettre en œuvre pour les garantir. Douze gerbes de fleurs ont été déposées en hommage aux 12 nationalités de disparus. Les orphelins ont réalisé deux vidéos en leur honneur, et dans la matinée, des prières et des messes ont été organisées à Dakar et Ziguinchor.

Emmanuella Marame FAYE
(stagiaire)

 

La sortie, hier, du président de l’Association des moniteurs et monitrices des pupilles de la Nation, Ousmane Guèye, qui s’offusquait de « l’incompétence caractérisée » du directeur et la mauvaise gestion des 800 millions de FCfa représentant le budget de l’Office, a fait réagir Mamadou Saliou Diallo, directeur de l’Office national des pupilles de la Nation. Selon ce dernier, de nombreux acquis ont été obtenus, notamment au plan de l’éducation, et  les parents des pupilles sont les mieux indiqués pour évaluer et/ou juger son travail.

Interpellé en marge de la cérémonie de commémoration des 15 ans du naufrage du bateau « Le Joola », hier, le directeur de répondre : « Je n’ai pas de réponse à donner à Ousmane Guèye. A tous les gens qui avancent que nous n’avons rien fait, je leur demande tout simplement d’aller vers les parents des pupilles pour se faire une idée de tout ce que nous avons fait depuis notre arrivée. C’est à eux de dire si nous sommes en train de bien travailler ou non », a-t-il déclaré.

M. Diallo d’ajouter : « Quand j’ai été porté à la tête de l’Office en 2015, les enfants n’avaient pas de prise en charge médicale.

J’ai tout fait pour qu’ils l’obtiennent. Dans le secteur de l’éducation, le programme un étudiant/un ordinateur, dont seuls bénéficiaient les nouveaux bacheliers, a été étendu aux élèves qui ont obtenu le Brevet de fin d’études moyennes (Bfem) et le Certificat de fin d’études élémentaires (Cfee). En sus, tous les étudiants qui ont déposé, à temps, leurs demandes de bourse ont, tant qu’ils sont, obtenu la bourse entière ». Il a cité aussi, parmi les acquis des pupilles de la Nation, l’obtention d’une exonération à 100% dans les universités publiques comme privées.

Mamadou Lamine DIEYE

La session prérentrée scolaire 2017-2018 du Haut conseil du dialogue social s’ouvre aujourd’hui à Saly. Cette évènement constitue un moment fort dans l’agenda de cette institution. Surtout que cette année il se tient dans un contexte d’apaisement du climat social dans le secteur de l’éducation plongé depuis plus de deux décennies dans une instabilité qui a affecté le déroulement normal des enseignements et le quantum horaire. Cette stabilité, selon les termes de référence de l’évènement, découle de diverses mesures et d’initiatives de promotion du dialogue social développées par les acteurs du système éducatif après la session de prérentrée scolaire 2016-2017. Toutefois, lit-on dans le document, des difficultés sont encore notées dans la mise en œuvre d’un certain nombre de points relatifs aux accords entre le gouvernement et les organisations syndicales d’enseignants.

Au-delà de créer les conditions de suivi et de consolidation des accords entre le gouvernement et les organisations syndicales d’enseignants, il s’agira, à travers la présente session de prérentrée scolaire, d’accroître la capacité des acteurs du système éducatif à engager et à construire un processus de dialogue social et de négociation collective durable et profitable à tous. L’objectif général est de contribuer à la consolidation de la stabilité du climat social dans le secteur public de l’éducation et de la formation par la mise en œuvre des accords et le renforcement des capacités des acteurs.

Nd. M. SECK

La Raddho organise, depuis lundi et ce pendant trois jours, un atelier de formation d’une trentaine d’enfants, jeunes filles et garçons, à Kolda, sur les droits et la protection de l’enfant grâce à l’appui de l’Unicef.

Une trentaine de jeunes âgés de 16 à 21 ans suivent en ce moment une session de formation sur les méfaits des pratiques néfastes.

Cette rencontre qui s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Projet appui à l’amélioration du cadre légal et au renforcement des mécanismes communautaires de protection des enfants va permettre aux participants d’avoir une meilleure connaissance du cadre légal et institutionnel de protection des enfants contre ces différentes formes de violences dont ils sont encore victimes.

Ce qui leur permettra de s’impliquer dans la lutte pour l’abandon de ces pratiques néfastes que leur font subir certains adultes. « Aujourd’hui, nous organisons cet atelier pour la formation de 30 jeunes filles et garçons pour les sensibiliser sur les effets néfastes de ces pratiques, mais également pour renforcer leurs capacités sur les mécanismes communautaires et étatiques de protection des enfants contre ces pratiques. Il faut dire que malgré l’existence de cadre juridique et institutionnel propices, le vote des lois et des politiques, la stratégie nationale de protection de l’enfance, il y a encore des réticences sur l’abandon de ces pratiques néfastes », déclare Sadikh Niass, secrétaire général par intérim de la Raddho. Ces réticences s’expliquent, selon lui, par les pesanteurs socioculturelles qui retardent l’application des lois et des politiques pour l’abandon de ces pratiques.

Mamadou Aliou DIALLO

 

C’est aujourd’hui, 26 septembre, que le Sénégal célèbre l’an 15 du naufrage du bateau le « Joola ». Les membres du Comité d’initiative du mémorial-musée vont profiter de cette journée pour sensibiliser les populations sur les accidents graves qui coûtent la vie à des milliers de personnes.

Quinze ans déjà ! C’est dans la nuit du 26 septembre 2002 que le bateau le « Joola » avait chaviré à 40 km aux larges des côtes gambiennes emportant plus de 2.000 vies, selon les chiffres officiels. Une des pires tragédies de l’histoire maritime venait de se passer au Sénégal. Aujourd’hui, tout un pays entier va commémorer le 15ème anniversaire de cet accident. Pour cette année, les membres du comité d’initiative pour le mémorial-musée a retenu le thème : « Le Joola, 15 ans après : amnésie ou banalisation ». A travers ce thème, Nassardine Aïdara et ses camarades veulent sensibiliser les populations. Le ferry avait coulé avec plus de 2.000 passagers à bord. Ce qui, dit-on, représente plus de deux fois sa capacité. Mais, il semble que beaucoup n’ont toujours pas tiré les leçons de cette surcharge qui a occasionné plusieurs victimes. Par exemple, le 24 avril 2017, à Bettenty, une île située dans la commune de Toubacouta (département de Foundiougne), une pirogue remplie de femmes qui revenaient d’une journée de pêche a chaviré, occasionnant plus de 20 morts. La pirogue qui était surchargée n’a pas pu résister aux vents violents. Pire, les femmes étaient sans équipements de sécurité adéquats, notamment des gilets de sauvetage. Dans les cars rapides, les bus Tata, la surcharge est érigée en règle. Ainsi, le président du comité d’Initiative pour le mémorial-musée du « Joola », Nassardine Aïdara, veut profiter du 15ème anniversaire du bateau pour interpeller les populations et les autorités sur ces genres d’accidents qui sont aujourd’hui fréquents.

Au-delà de la sensibilisation, le comité d’initiative du mémorial-musée va profiter de cette occasion pour remettre au goût du jour les doléances des victimes du naufrage du bateau. En prélude à cette commémoration, il a tenu une conférence de presse pour demander au gouvernement du Sénégal d’apporter une assistance aux orphelins du « Joola ». Les victimes continuent, 15 ans après, à demander le renflouement du bateau pour permettre aux familles de célébrer le repos de l’âme de leurs proches. En ce 15ème anniversaire du naufrage du bateau, les principales doléances des populations restent la construction d’un mémorial et le renflouement du ferry. A Ziguinchor, aux cimetières de Kantène et de Kabadjo, les prières et le dépôt de germes de fleurs vont rythmer la journée d’aujourd’hui.

Aliou Ngamby NDIAYE

« Il était un homme de foi et d’engagement, un homme de courage qui a entièrement consacré son existence au culte de Dieu, à l’orthodoxie tidianiya et aux enseignements d’El Hadji Malick Sy, vivifiés par son père Serigne Babacar Sy. J’ai connu l’homme dans son intimité. Al Amine a un passé particulièrement reluisant dans la mission qui est celle de Seydi el Hadj Malick Sy dont il a consacré toute sa vie à perpétuer l’œuvre. Si, véritablement, la fonction de l’art est de rendre la vertu aimable, le vice odieux et le ridicule saillant, l’existence de Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine aura été une œuvre d’art ». Il a toujours mis en avant les valeurs morales, religieuses, sociales et culturelles pour exister et faire exister les autres. C’est un homme connu pour sa générosité de cœur, d’esprit, de geste. C’est un homme qui aura parfaitement accompli sa mission et qui, aujourd’hui, laisse un trou béat parmi sa famille biologique et parmi sa famille spirituelle.

M. L. DIEYE

Homme d’une grande droiture, réputé pour son franc parler et son goût de la vérité, Serigne Babacar Sy Mansour succède à Serigne Abdou Aziz Sy « Al Amine ». Il devient ainsi le septième khalife d’El Hadj Malick Sy.

La révélation a été faite par Serigne Pape Malick Sy, hier, lors de la cérémonie du troisième jour du rappel à Dieu de Abdou Aziz Sy « Al Amine ». Quelques jours avant son décès, le saint homme qui se trouve être son grand frère, l’a appelé pour lui confier le nom de son successeur et demander à toute la famille Sy de se ranger derrière lui pour la lourde tâche qui lui incombera désormais. C’est ainsi que le khalifat de Serigne Babacar Sy Mansour a été rendue officielle. Un homme d’une grande rigueur théologique. Un homme qui ne mâche jamais la vérité. Ses premiers mots de nouveau khalife général des tidjanes donnent, déjà, une indication sur l’orientation qu’il compte donner à son khalifat : « Que personne ne vienne me raconter ce qu’il ne souhaiterait pas que je rende publique ». Une manière de mettre les contempteurs de la vérité devant leurs responsabilités.

Serigne Mbaye Sy Mansour est connu pour sa franchise, sa droiture. Certains trouvent en lui une extrême sévérité, mais c’est un homme franc et direct dont l’aversion pour la médisance est connue de tous. Il n’hésite jamais à dire la vérité aux politiques, aux marabouts et aux talibés quand il estime qu’ils dévient du droit chemin. Sa fermeté et son intransigeance sur les principes moraux sont une aubaine pour la tarikha tidjane en lutte contre les démons de la division. Il l’a si bien compris que, s’adressant aux membres de la famille Sy venue lui promettre une pleine collaboration, il a rappelé cet impératif d’unité qui leur incombe : « C’est bien de se donner la main, mais il est préférable de se donner le cœur ». Comme son illustre prédécesseur, l’actuel khalife général est un homme ouvert au monde dont il sent battre le pouls. Ses sorties, certes rares, dénotent une réelle connaissance des actualités du monde, ce qui l’amène souvent à se prononcer sur la marche du pays. Le site asfiyahi.org, très au fait des actualités de la tarikha tidjane le décrit comme un « Serviteur de la vérité ». « Chez lui et avec lui, la liberté n’abdique point et la vérité n’est pas une guenille à vendre. S’il était à rebaptiser, on l’appellerait indubitablement Abdoul Khaqq, le Serviteur de la Vérité, en raison de son incorruptibilité, de sa sincérité et de sa constance », écrit le site. Pourtant, cette sévérité apparente cache mal sa grande courtoisie, sa grande culture et ses manières policées. Très éloignée de toute vision épicurienne du monde, Serigne Babacar Sy Mansour trouve son bonheur dans la lecture du Coran, dans la Sunnah du Prophète Mouhamad (Saws) et dans les enseignements d’El Hadj Malick Sy perpétués par sa descendance.

Septième khalife d’El Hadj Malick Sy, Serigne Mbaye Sy Mansour est le fils aîné de feu Serigne Mouhamadou Mansour Sy (fils d’El Hadj Malick Sy), deuxième khalife dont le khalifat n’aura duré que quatre jours après le rappel à Dieu de Khalifa Babacar Sy. Sa mère, Sokhna Aminata Seck, est la fille de Doudou Seck Bou El Mogdad (1867-1943), grand dignitaire de Saint-Louis qui est aussi le père de Sokhna Rokhaya Seck, mère de Serigne Moctar Mbacké Ibn Cheikh Balla Thioro Mbacké. Les qualités morales de Bou El Mogdad étaient la générosité et la vérité en tout. D’ailleurs, Khaly Madiakhaté Kalla à qui il assurait l’hospitalité à Saint-Louis, lui a même dédié d’admirables poèmes en guise de remerciements pour sa gentillesse et d’éloges pour son attachement à la vérité. Doudou Seck Bou El Mogdad était, en effet, un grand homme de générosité et de vérité. Jamais, il ne mâchait ses mots, même devant la puissante autorité coloniale. Il entretenait avec les grands sages du Saint-Louis colonial, Madior Goumbou Cissé, Ahmed Diop Gora et Amadou Ndiaye Mabèye que Serigne Abdou Aziz Sy Dabakh cite souvent en guise de modèle, des relations si fortes que l’administration coloniale les craignait en raison de leur cohésion, de leur liberté, de leur force locale et de leur attachement à la justice et à la vérité. Il hérite du khalifat à 86 ans, dans un contexte de tumulte politico-social où son aura et son goût de la vérité aideront certainement à semer les graines de la paix dans notre pays.

Par Sidy DIOP

« Serigne Mbaye Sy Mansour a fini de faire l’unanimité autour de sa rigueur. Ce n’est pas pour rien que ses talibés l’ont affectueusement surnommé « Pa Allemand ». Homme franc et direct, ce fils d’El hadj Mansour Sy dont tout le monde connaît l’aversion pour la médisance, ne tourne pas autour du pot, quand il s’agit de dire ses vérités. C’est un homme véridique », témoigne Iran Ndao, Ibrahima Badiane à l’état civil. « Un homme d’un grand sérieux, qui n’aime pas les mondanités. Les Sénégalais le connaissent pour sa franchise, sa droiture. Il est très direct », explique le prêcheur. A l’en croire, cette rigueur, l’homme a réussi à la transposer dans la pratique de sa religion. « Il est connu pour ne jamais s’éloigner des règles édictées par l’Islam. Et ceux qui ont prié derrière Serigne Mbaye Sy Mansour, l’auront certainement bien constaté. Quand il dirige une prière, il fait en sorte de ne pas être long. Même ses prêches et discours sont concis », déclare-t-il.

S. M. S. CISSE

« Je le connais très véridique ; il est rigoureux danss son comportement. J’avais dit, depuis le premier jour, que Tivaouane est une cité religieuse riche ; certes une disparition laisse des vides, mais dans ce cas, même difficile, on a toujours une alternative», a dit le président directeur du Groupe Walfadjri, Sidy Lamine Niasse. 

S. M. S. CISSE

«Lorsque chérif Ousseynou Thiaw Laye a rendu l’âme, Serigne Mbaye Sy est venu sur le champ, me présenter ses condoléances, alors qu’il était sous perfusion. Je le jure ! C’est un homme de bien, éduqué dans l’humilié et la sociabilité », déclare Serigne Issa Thiaw Laye, fils aîné du khalife général des Layènes. Selon lui, l’actuel khalife des Tidianes a fait une partie de ses études en Égypte, sans entrer dans les détails. « La première fois qu’on s’est vu à Mbao, lors d’une rencontre religieuse, il m’a donné la parole. Après mon discours, il s’en est félicité pour dire que je suis un homme de vérité», raconte-t-il. 

« Je n’ai pas de frontière dans les familles religieuses, cela grâce à mon père, El hadji Abdoulaye Thiaw Laye. Chaque année, je célèbre aux côtés de Serigne Mbaye Sy Mansour, la cérémonie religieuse du Dahira Ahmadiya fondé par son père, il y a très longtemps. C’est un homme de bien, courageux. J’ai espoir qu’il va nous être très utile », affirme Seydina Issa Laye.

Serigne Mansour Sy CISSE

Le legs de Maodo Malick Sy a été perpétué, hier, dans la cité religieuse de Tivouane. Ainsi, le flambeau a été remis au nouveau Khalife général, Serigne Mbaye Sy Mansour. Doyen de la famille El hadji Malick Sy, Serigne Mbaye Sy Mansour sera le continuateur de l’œuvre léguée à son aîné, il y a un semestre. Ce n’est point une surprise, tout s’est passé dans la rigueur et le respect. « Rak top makk, dom top baye », comme on le dit dans la communauté léboue.

A Tivaouane, il faut le reconnaître, la tradition a été respectée. Jamais, la hiérarchie n’a été bousculée et il en sera de même pour toujours. Aujourd’hui, tous les talibés suivront le « ndiguel » ou ordre du premier des Tidianes du Sénégal, en la personne de Serigne Mbaye Sy, un guide religieux qui force le respect. Lui-même l’a dit quelques minutes après son introduction. « Je suis et je reste un talibé au service de Maodo Malick ». Le message est clair, il sera le continuateur de l’œuvre de ses prédécesseurs, son oncle Seydi Aboubacar Sy, de son père Serigne Mansour Sy, de Serigne Abdoul Aziz Dabakh Malick, de son cousin Serigne Mansour Sy « Borom Daradji », et enfin de ses deux frères Cheikh Ahmeth Tidiane Al Makhtoum et Abdoul Aziz Al Amine. Septième Khalife de la famille El hadji Malick, l’homme reconnu par son engagement pour le renforcement de la Tarikha tidiane mais surtout par sa modestie, aura le soutien total de toute la famille Sy mais aussi celui de toutes les familles religieuses du Sénégal voire de l’Afrique notamment celles du Maroc où repose Cheikhna Ahmeth Tidiane Chérif (Rta). Il aura également le soutien du Mali où a disparu Cheikhou Oumar Foutyou Tall. La présence de la famille Tall représentée par Thierno Mountaga Tall est plus que symbolique. C’est un témoigne qui confirme les relations fraternelles dans la communauté tidiane du Sénégal. Le Comité au service de Khalifa Ababacar Sy créé en 1968, au moment où le Sénégal traversait une crise sans précédent, a fait publiquement son acte d’allégeance.

« Nous sommes à votre disposition pour vous accompagner dans la nouvelle mission », a rassuré le Coskas au nouveau guide. Ce n’est pas étonnant celui qui a choisi Serigne Mbaye avant sa disparition avait béni le Coskas à sa création. Aujourd’hui, il appartient à toute la communauté de souhaiter réussite totale au niveau guide religieux pour que demain le flambeau ne s’éteigne.

Par El Hadji Abdoulaye THIAM

Serigne Mbaye Sy Mansour est le nouveau Khalife général des Tidianes. La décision a été rendu publique, hier, à Tivaouane en présence du nouveau ministre de l’Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye, de des délégations marocaine et gambienne conduites par le ministre des Cultes du royaume chérifien et le représentant le président Adam Barrow, de la famille Omarienne et d’une immense foule.

Une annonce solennelle qui a été accueillie avec beaucoup d’émotion par les disciples dont certains ont même laissé des larmes tout en rendant grâce à Dieu d’avoir facilité la prise de décision. Selon Pape Malick Sy, le fils cadet de Seydi Ababacar Sy, ce choix porté sur Serigne Aboubacar Sy Mansour, émane des gardiens du temple de la « tarikhatoul tidiane à Tivaouane » comme le lui a rapporté le défunt Khalife général à quelques jours de son rappel à Dieu. « Il m’a clairement indiqué que le 7ème Khalife de Seydi El Hadji Malick Sy, est Seydi Mbaye Sy Mansour », a-t-il ajouté.

Dans son adresse, le nouveau Khalife des Tidianes a affirmé que cette confiance porté sur lui sera considérée comme un sacerdoce. «Je serai un serviteur et j’invite tout le monde à m’accompagner dans cette mission divine», a d’emblée annoncé le nouveau Khalife de la Tarikha tidiane. « Je vous invite à nous mobiliser pour devenir des modèles de droiture, de disponibilité, de générosité sur le chemin de Dieu ; notre seule raison d’être », a-t-il martelé. Après avoir magnifié les poignées de mains échangées entre musulmans, en ce jour de prières pour le défunt Khalife général des Tidianes, le nouveau Khalife général des Tidianes a demandé aux disciples de traduire cet acte dans les cœurs, dans l’unité des musulmans. « Je vous en prie; que personne ne vienne parler de quelqu’un derrière lui sauf en bien sinon je le dirai en public car, personne ne peut m’obliger à raconter des histoires sur autrui », a-t-il mis en garde aux colporteurs de rumeurs. Thierno Madani Tall a remis le chapelet de Cheikhou Omar Foutiyou Tall au nouveau Khalifé général des Tidianes.

Mbaye BA

Touba a célébré, hier, le Magal commémorant la naissance de Serigne Abdou Khadre Mbacké. Disparu en 1990, après un califat de 11 mois, il a dirigé, en tant qu’imam ratib, la grande mosquée de Touba, pendant 21 ans (1968-1990). Il a laissé à la postérité une empreinte indélébile d’un homme détaché du mondain et très attaché à l’adoration d’Allah, conformément aux enseignements du Prophète (Psl) et son serviteur Khadim Rassoul (Rta).

Devant la maison, se dresse un grand pavillon ou s’activent les disciples pour mettre la dernière main à la pâte, avant la cérémonie officielle, prévue dans, aujourd’hui, dans la matinée. Les disciples venus en masse ont envahi les quartiers, notamment Guédé, Bagdad, Mboussobé, entre autres, ainsi que le domicile de Serigne Abdou Khadre Mbacké. Il en est de même des alentours et intérieur de la grande mosquée.  Le va et vient incessant des disciples s’observe aussi autour du mausolée du saint homme dans l’esplanade de la grande mosquée. Sur place, Samba Sall, adossé au mur, récite à haute et intelligible voix le panégyrique de la miséricorde. « Ya Rahmane, Ya Rahim ».

A l’intérieur de la maison de Serigne Abdou Khadre, Serigne Cheikh Ahmadou Mbacké, le Khalife de la famille, reçoit les disciples. Les forces de l’ordre organisent les ziarras et le chef religieux prie pour les dahiras, les autorités et autres personnalités venus communier avec lui et apporter leur ziarra. De temps à autre, il arbore un sourire qui galvanise le destinataire qui manifeste sa joie. L’heure de la prière a interrompu la ziarra et une fois accomplie, Serigne Cheikh, impassible, reprend sa place et la ziarra redémarre de plus belle. Serigne Ousseynou Diouf qui préside l’exposition en face de la grande concession de Serigne Abdou Khadre, veille, avec son staff, sur les photos retraçant la vie et l’œuvre de Serigne Abdou Khadre. Il rappelle, dans l’un des poèmes dans lequel le saint homme inculquait aux disciples les valeurs intrinsèques d’un musulman, pour marcher sur la « Siratal Moustakhim » ou le droit chemin.

Des scenarii similaires ont été observés chez Serigne Moustapha Mbacké, Serigne Fallou Mbacké, mais aussi chez Serigne Sidy Mbacké qui pilote le comité d’organisation et chez Serigne Bassirou Mbacké. La porte-parole du Khalife général des mourides a reçu plusieurs autorités religieuses des différents foyers religieux du pays, mais aussi la délégation du corps diplomatique accrédité à Dakar, sans compter les nombreux disciples.

Le Magal proprement dit est célébré la nuit. Aujourd’hui, la famille de Serigne Abdou Khadre va recevoir la délégation gouvernementale à l’occasion de la cérémonie officielle à la devanture de la concession, en face de la grande mosquée. A signaler que l’ombre du défunt Khalife général de Tivaouane a plané sur l’événement. Des prières ont été dites par la famille de Serigne Abdou Khadre Mbacké pour lui et pour l’ensemble des disparus, ainsi que pour la paix et la stabilité du Sénégal.

Mamadou DIEYE

 

 

C’est la principale décision qui est issue de la rencontre entre le ministre de la justice, garde des Sceaux, Ismaïla Madior Fall et l’ambassadeur de France, Christophe Bigot.

L’Agence française de développement (Afd) vient d’accorder, au département de la justice, une enveloppe de 15 millions d’euros ( près de 10 milliards de FCfa). C’est ce qui est ressorti de l’audience accordée par le ministre de la justice, Garde des Sceaux, Ismaïla Madior Fall, à l’ambassadeur de France au Sénégal, Christophe Bigot. Une grande partie de cette enveloppe sera consacrée à la construction du Tribunal de commerce de Dakar et de l’École nationale de magistrature. Selon un communiqué du ministère de la justice, ce volet sur le financement de la gouvernance est une nouveauté introduite par l’Afd dans la coopération bilatérale.

Il est prévu la construction d’un portail internet en vue de mettre en ligne tous les textes juridiques sénégalais. L’Afd a aussi prévu de financer une assistance technique pour une durée de trois ans. Selon Romain Regulaire, le représentant de l’Afd, la moitié de cette enveloppe sera sous forme de prêt attractif à des taux concessionnels et l’autre moitié sera un don.

Au cours de cette rencontre, Christophe Bigot est revenu sur le rôle du Sénégal dans les instances internationales notamment le travail fait par Dakar pour désamorcer la vague de menaces de retrait de la Cpi. A ce titre, le ministre a rappelé que la doctrine du Sénégal s’inscrit toujours dans l’esprit de la Cpi, d’autant plus que notre pays a été le premier à avoir signé le statut de Rome.

Maguette NDONG

« Je rends d’abord grâce au Seigneur. D’Allah nous venons et à Lui nous retournons. Dieu avait gratifié le défunt Khalife de toutes les aptitudes d’un homme utile à la communauté. Et Serigne Abdoul Aziz Al Amine avait su capitalisé tous ces acquis au profit du Sénégal. Tous les Sénégalais s’accordent sur le fait que nous venons de subir une immense perte. Il part en laissant un grand vide tant par sa diplomatie, sa piété et son intégrité. Il a su travailler avec tous les dirigeants politiques pour asseoir la paix, la stabilité et le consensus. Il a également su fédérer la communauté tidiane en restituant, à chaque Mouqadam, son statut et son rôle pour le rayonnement de la confrérie. Son rapprochement des autres foyers religieux est aussi un autre exemple de son sens du dialogue et de son ouverture. Ce sont des approches sur lesquelles doivent prendre exemple les politiciens pour un assainissement de l’espace politique ».

Mb. S. DIAKHATE et Mb. BA

« Je présente mes condoléances à tous les Sénégalais. Nous venons de perdre un illustre fils de la famille de Seydi El Hadj Malick Sy. Depuis son adolescence, il n’a jamais cessé d’être à la disposition de cette famille. Il constituait le commissionnaire et la pierre angulaire du foyer à cette époque déjà. Il était le relais entre son illustre père et ses dignes oncles et frères. Il a joué le rôle de protecteur de la famille tidiane bien avant de porter le titre de Khalife. Personnellement, je le connais très bien. Lui-même affirmait que je fais partie des gens qui le connaissaient le mieux dans ce pays. On avait beaucoup de secrets entre nous. C’est un homme très pieux qui ne ratait pas les actes de dévotion. Il s’est toujours acquitté de ses devoirs de musulman et de patriarche. C’est un saint homme qui s’en est allé ».

Mb. S. DIAKHATE et Mb. BA

« Aujourd’hui, la communauté tidiane souffre. Serigne Abdou Al Amine était un homme de paix, un homme qui promouvait l’entente cordiale. C’est un homme qui œuvrait beaucoup dans le social. Récemment, à la fête de la Tabaski, il a offert des moutons et a tenu à être présent à la distribution. Il a été, toute sa vie, au service de son illustre famille et de sa communauté. L’Afrique, le Sénégal et le monde entier ont perdu un grand homme. Nous prions que Dieu l’accueille dans son Paradis et que la paix réside à Tivaouane, ville qu’il a servi jusqu’à rendre l’âme ».

Mb. S. DIAKHATE et Mb. BA

A l’occasion du rappel à Dieu de son éminence, le Khalife général des Tidianes, l’Imam de la grande mosquée Ihsaane du sud de l’île de Saint-Louis, Serigne Mouhammedou Abdoulaye Cissé Ibn Serigne El Hadj Madior Cissé, a tenu à rendre un vibrant hommage à son père, son frère, son confident, Serigne Abdou Aziz SY Al Amine.

Il a rappelé que ce dernier s’est donné corps et âme dans la voie de Dieu, voie tracée par son père Serigne Babacar Sy (Rta) et par ses illustres prédécesseurs, ensuite.
Ainsi, hier, avant la grande prière du vendredi, il s’est adressé à un public très nombreux, massé aux alentours de son domicile et composé de fidèles musulmans issus de toutes les tarikhas, pour passer en revue les qualités de Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine.

Il s’est surtout appesanti sur l’esprit d’ouverture du défunt Khalife général des tidianes, sur son sens de la diplomatie et son implication dans les affaires de la Cité et de la Oummah islamique. Le guide spirituel de la sainte famille de Serigne El Hadj Madior Cissé, du dahira Mutahabina Filahi (ceux qui s’aiment en Dieu), a présenté ses condoléances les plus sincères à la sainte famille de Tivaoune, à toute la Tarikha tidiane et au nouveau Khalife, en lui souhaitant une longue et une pleine réussite dans la nouvelle mission qui lui est dévolue.

Il a conclu son témoignage au sujet de Serigne Abou Aziz Sy, rappelant que cette figure emblématique de la tarikha tidiane au Sénégal « s’était non seulement rangée dans l’adoration d’Allah, mais elle était d’une courtoisie légendaire et qu’entre eux, existait une complicité spirituelle ».

Mb. Kh. DIAGNE

Suite à la disparition du Khalife général des tidianes, Serigne Cheikh Thioro Mbacké, porte-parole du Khalife général des mourides, a apporté un témoignage sur le chef religieux et présenté les condoléances de la communauté mouride à la famille de Tivaouane.

« A son accession au khalifat, Serigne Abdoul Aziz Sy « Dabakh », son homonyme, en guide éclairé, l’avait appelé à ses côtés pour les valeurs et vertus qu’il incarnait. Il lui confia toute la gestion des affaires de la grande famille de Mame El hadji Malick Sy. Il a su assurer la responsabilité qui lui a été confiée sans faiblesse, avec toute la rigueur nécessaire. Il n’a jamais varié dans son langage véridique. Très diplomate mais cela ne l’a jamais empêché de rester constant sur ses positions. C’est ce grand homme que le Sénégal et toute la Oummah Islamique viennent de perdre. Au-delà de la Tarikha tidiane et la voie soufi, c’est Touba qui est la plus orpheline. Personne n’ignore les relations entre Touba et Tivaouane, nous avons le même sang, et entretenons des relations exemplaires à tout point de vue. A l’accession de Cheikh Sidy Mokhtar Mbacké au Khalifat, Al Amine s’est employé à jouer les émissaires entre Serigne Mouhamadou Mansour et Touba, entre Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy et Touba. Aujourd’hui, les relations entre Touba et Tivaouane sont devenues plus fortes, plus consensuelles, plus belles.

Hier seulement, comme à son habitude, à chaque apparition du croissant lunaire, Pathé qui est un de ses proches collaborateurs, avec qui je m’entretiens souvent, m’a appelé pour me dire que « Serigne bi Nena naka werr Wi ? » (Qu’en est-il de l’apparition du croissant lunaire ?). Ceci est un pan de l’humilité et des vertus du saint homme ». Serigne Cheikh Thioro a aussi rappelé la visite d’Al Amine sous le magistère d’El hadji Mouhamadou Lamine Bara Mbacké Fallilou. Le Khalife général des mourides d’alors, lui fit savoir sa volonté de communion de la communauté islamique, qu’il n’y ait plus de divergence pour agir ensemble et parler d’une seule voix. Il poursuit : « Serigne Abdou Aziz me dit que vous êtes une référence et si vous nous dites de faire, nous agirons conformément sans arrière-pensée. Il est une référence, non seulement pour tous les chefs religieux, mais aussi pour tous les musulmans, je l’ai estimé et je me rendais souvent auprès de lui et sa famille aussi n’ignore pas les rapports que nous entretenions. « Vous êtes mon ambassadeur à Touba », c’est la dernière phrase qu’il m’a adressée.
Ainsi nous présentons nos sincères condoléances à toute la famille Sy et prions que le Tout Puisant lui accorde le paradis ».

Mamadou DIEYE

Pour sa part, Serigne Issa Laye Thiaw, fils aîné du Khalife des Layènes a soutenu qu’Al Amin lui accordait une considération remarquable. « Serigne Cheikh Tidiane Sy, son fils, m’a appelé pour m’annoncer la triste nouvelle.

Son père me confiait des missions. Il avait une dimension sociale. C’est à l’âge de 16 ans que son père et guide Serigne Babacar Sy lui a confié des missions. Il exhortait les jeunes à s’éduquait pour perpétuer le legs de son grand-père El hadji Malick Sy », a dit le fils d’El hadji Abdoulaye Thiaw Laye.

Il compte se rendre demain (aujourd’hui) dans la ville sainte tidiane, le président du comité de l’Appel des layènes affirme que le défunt porte-parole de Borom Daradj l’associait aux symposiums sur la tidjaniya, organisés par la jeunesse malikite de Dakar.

S. M. Sy CISSE

Comme son ami, père et homonyme, Mame Abdoul Aziz Sy Dabakh, en 1997, Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine a choisi ce mois de septembre pour tirer sa révérence. Presque sur la pointe des pieds. Pendant que la plupart d’entre nous étaient encore dans les bras de Morphée. Tous les Sénégalais se sont réveillés hier en apprenant la triste nouvelle des chaînes de radios et télévisions. Cette disparition brutale (6 mois après avoir succédé à son frère Serigne Cheikh Tidiane Sy Al Makhtoum) du 6ème khalife d’El Hadj Malick, a plongé le pays dans une profonde tristesse. On le savait tous affaibli et malade, mais il continuait à remplir sa lourde charge qui était d’unir la famille d’El Hadj Malcik en l’absence de ses aînés. Un rôle qu’il a pleinement assumé avant même qu’il n’accédât au khalifat. Bras droit de son père, Serigne Babacar Sy (1885-1957), il est nommé porte-parole de la famille avec Serigne Abdoul Aziz Sy Dabakh. Sa complicité avec Serigne Mansour Sy Borom Daradji était connue de tous et durant les cinq années de khalifat de Serigne Cheikh Tidiane Sy Al Makhtoum, il était le point focal de la famille. Notamment en période de gamou, quand il devait recevoir toutes les délégations venant de divers horizons. Plus d’un demi-siècle durant, il a été au service de sa famille dont il a su maintenir la cohésion et l’unité durant les moments de troubles inéluctables à toute organisation humaine.

Au-delà de Tivaouane, Serigne Abdoul Aziz Sy était cet homme de dialogue, d’ouverture et de consensus qui a beaucoup appris auprès de ses pères. Notamment de son homonyme Serigne Abdoul Aziz Sy Dabakh. Ce dernier prenait, à chaque fois, la parole pour appeler au calme et à la sérénité, chaque fois qu’une tension était perceptible dans le landerneau politique ou sur le plan social. Al Amine avait suivi ses pas dans ce sens. A tel point qu’avec lui, Tivaouane était le lieu où l’on pensait pour apporter des solutions aux problèmes liés au dialogue politique, aux grèves et revendications des travailleurs qui se sentaient lésés ou privés de leurs droits. Plusieurs fois, il a joué son va-tout pour dénouer une situation politique complexe. Tel était Serigne Abdou. Vis-à-vis de ses pairs des autres confréries, il a su maintenir de bonnes relations empreintes de respect et de cordialité pour le plus grand bonheur des fidèles tidianes, mourides, layènes ou niassènes. Récemment, il a rendu visite à son frère et khalife général des mourides Serigne Cheikh Sidy Moukhtar Mbacké. Une belle image qui renvoie à celle de Serigne Abdoul Aziz Sy Dabakh avec Baye Lahate quand ils étaient tous deux khalifes des deux familles religieuses. Serigne Abdou nous aura donc appris ce que son défunt père et homonyme, Abdoul Aziz Sy Dabakh, lui a inculqué à savoir la bonté envers chacun, la générosité, l’ouverture et la sauvegarde de l’intérêt du Sénégal. Enseignant de profession, l’ancien khalife des tidjianes nous a donnés bien des leçons à méditer. Pour la vie.

 

Le rappel à Dieu de Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine, hier, est une immense perte pour le Sénégal, à jamais sevré des adresses limpides de ce guide religieux qui aimait rappeler aux croyants de tous bords que « seul Dieu doit être l’objet de leur adoration et de leur soumission ». De son vivant, le sixième khalife général des Tidianes ne cessait aussi d’exalter l’amour, le travail et l’écoute réciproque, ces autres formes de dévotion.

Avec la disparition de Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine, après seulement six mois de khalifat, c’est toute la communauté musulmane qui est en deuil. Les croyants de notre pays connaissaient ses thèmes favoris : unicité de Dieu ; conformité à la charia et à la sunna ; union des cœurs et des esprits ; cohésion sociale ; solidarité nationale. Petit-fils de Mawdo Malick, le plus grand propagateur de la « tarikha » tidiane en Afrique subsaharienne, fils de Khalifa Ababacar Sy, un intendant des mystères de Dieu, Al Amine, disparu à l’âge de 89 ans, est un produit de l’université islamique de Tivaouane. Formé dans ce creuset de l’excellence, il en est sorti, repu de nourritures spirituelles, surclassant bon nombre de ses contemporains en matière de connaissances, d’enseignements, de générosité et de bienfaisance.

D’une urbanité exquise que l’on ne retrouve que chez ceux qui ont eu un long commerce avec la prestigieuse culture islamique, d’une surprenante érudition qui fait voler en éclats les barrières entre la gnose mystique et la connaissance de ce monde, Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine, porte-parole de tous les khalifes généraux qui l’ont précédé dans cette charge, fut un exemple de civilité, d’humilité et d’amabilité. Sa vaste connaissance, ses analyses pertinentes des tourments qui secouent notre monde contemporain, lui ont valu l’admiration de tous ceux qui ont eu l’occasion de le rencontrer. Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine n’était point ce rédempteur insensible aux angoisses qui habitaient ceux dont il avait la tâche d’orienter les âmes vers Dieu. Ce n’était pas non plus un homme qui se situait dans un univers éthéré, méprisant les contradictions de ce bas-monde.

Son extrême sensibilité au devenir des âmes avait fait de Serigne Abdoul Aziz Sy un homme, au plus haut point, touché par les problèmes qui se posaient quotidiennement à ses fidèles. Il ne cessait de nous rappeler que « l’Islam, en plus d’être la voie du salut, est une morale de tous les jours. Il est un comportement, une conduite que l’on doit adopter même dans ses actes les plus anodins ». Pour faire passer un tel message dans les esprits de tous ses contemporains, Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine ne ménageait pas son temps. Son bloc-notes était, avant et pendant ses charges de khalife général des Tidianes, plein de dates pour des conférences qu’il tenait partout où les fidèles interpelaient sa science pour mieux suivre les voies menant au royaume de Dieu. Bref, il parcourait inlassablement le pays, comme un pâtre, pour semer la bonne graine. De l’espacement des naissances à la définition de la conduite la plus propre au serviteur du prophète Mouhamad (Psl) dans les domaines économique, politique et culturel, Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine n’a rien laissé au hasard des passions. Il a toujours défini, avec la méticulosité d’un exégète averti des textes coraniques, les comportements que doit adopter le fidèle hanté par la noble obsession de servir Allah et uniquement Lui. C’est avec la même dévotion qu’il s’occupait de l’organisation du Maouloud, cette occasion majeure pour les musulmans de louer, dans la ferveur, les actions du prophète Mouhamad (Psl). Ayant voyagé aux quatre coins du monde, il aimait le Sénégal plus que tout. Il disait qu’il était bien dans son pays, partagé entre ses « daaras » (centres de formation religieuse), ses champs-écoles et les grandes conférences.

Partisan du dialogue et de la « diplomatie des petits pas et des petites phrases », il a toujours recherché les solutions consensuelles débouchant sur des compromis dynamiques. Sa méthode, sa démarche consistait à faire en sorte qu’il n’y ait ni vainqueur, ni vaincu ou plutôt un seul vainqueur, en l’occurrence le Sénégal qu’il aimait tant et défendait tant, mais aussi qu’il honorait par ses idées et sa lumineuse pensée. Le défunt guide spirituel des Tidianes était un faiseur de paix, un exemple de tolérance, une garantie de la stabilité et un refuge pour tous ceux qui ont soif de justice et qui souffrent parfois de la marginalisation qui pénalise et paralyse les « sans-voix ».

Par Cheikh Aliou AMATH

CanGabon90x700ok


AVERTISSEMENT

La SSPP « Le Soleil » met en garde et interdit formellement aux responsables et gestionnaires de sites d’informations, établis au Sénégal ou ailleurs, de poster les articles publiés sur le portail Internet du « Soleil », à l’adresse www.lesoleil.sn. La SSPP « Le Soleil » ne tolérera aucune entorse à cette interdiction. Seule est permise la publication de liens directs pour rediriger l’internaute vers l’adresse www.lesoleil.sn

PARTENARIATS

Les gestionnaires de sites qui le souhaitent peuvent adresser une demande de partenariat avec la SSPP « Le Soleil » qui en définira les modalités et fixera les conditions d’utilisation des articles, photos, logos de son portail Internet. En cas de manquements, la SSPP « Le Soleil » se réserve le droit d’engager immédiatement des poursuites judiciaires envers les contrevenants, pour violation du respect des droits d’auteurs.