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Rétro 2017 - Société / Corruption et blanchiment : Gadio sous la menace d’une condamnation aux Etats-Unis

Rétro 2017 - Société / Corruption et blanchiment : Gadio sous la menace d’une condamnation aux Etats-Unis Photo d'archives

L’affaire Cheikh Tidiane Gadio a été l’une des grosses surprises de la fin de l’année 2017. L’ancien ministre des Affaires étrangères est supposé être trempé dans une affaire de pots-de-vin aux Etats-Unis. La justice américaine se prononcera sur son cas en début d’année.

L’ancien ministre sénégalais des Affaires étrangères, Cheikh Tidiane Gadio, a été inculpé par la justice fédérale américaine dans une sombre affaire de corruption et de blanchiment. Cette affaire a aussi été l’une des surprises de l’année. Jusque-là dépeint  comme un homme intègre et transparent par beaucoup de Sénégalais, l’image de l’ancien chef de la diplomatie sénégalaise a pris un sacré coup avec cette affaire de pots-de-vin.

Dans les relations internationales, un carnet d’adresses bien fourni a certes des avantages, mais aussi beaucoup d’inconvénients. L’ancien ministre d’Abdoulaye Wade (2000-2009) ne dira pas le contraire. Après son score peu honorable à la présidentielle de 2012, le fondateur du Mouvement panafricain et citoyen « Luy Jot Jotna » (Mpcl) a mis sur pied l’Institut panafricain de stratégies (Ips), un think tank censé œuvrer à « l’unité continentale ». En même temps, il dirige un cabinet de consultance.

Ce mélange des genres, selon Jeune Afrique, est en partie à l’origine de ses ennuis. Car en 2014, l’une de ses connaissances, Patrick Ho Chi-ping, le sollicite pour aider la société chinoise Cefc China Energy à obtenir des concessions au Tchad. Gadio, qui entretient des liens étroits avec Idriss Déby Itno, accepte de jouer les entremetteurs. Ainsi, en novembre 2014, selon les échanges de courriers aux mains des enquêteurs, Gadio écrit à son interlocuteur pour se féliciter des résultats de son intervention.
Il lui suggère, au passage, de remercier le président Déby Itno par « un joli package financier », évoquant la possibilité d’une donation au profit de ses « projets sociaux » ou la création d’un hôpital.

Même si, pour l’instant, rien dans l’acte d’accusation ne démontre un quelconque échange d’argent entre la société chinoise et l’État tchadien, les traces de deux virements de 200.000 dollars (165.000 euros) à son profit valent à Cheikh Tidiane Gadio la menace d’un procès pour violation du Foreign Corrupt Practices Act.

Ndiol Maka SECK

Last modified on mercredi, 03 janvier 2018 06:25
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