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Ibrahima Mbaye sur le Colloque international des ressources humaines : « Le monde du travail se propose de répondre aux enjeux de la formation professionnelle »

12 Fév 2018
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Le Sénégal abrite, à partir d’aujourd’hui, le colloque international des ressources humaines. Dans l’entretien qui suit, le président de l’association sénégalaise des professionnels des ressources humaines (Asprh), Ibrahima Mbaye, analyse les mutations qui touchent le monde du travail à la lumière de la promotion de la formation professionnelle, gage de productivité et de performance pour l’entreprise.

L’association sénégalaise des professionnels des ressources humaines (Asprh) organise, les 13 et 14 février 2017, la cinquième édition du colloque international des ressources humaines. Aujourd’hui, quelle est la place qu’occupe la formation professionnelle continue dans le monde du travail ?
La formation professionnelle continue dans le monde du travail occupe une place de plus en plus importante voire stratégique pour la performance des entreprises, l’employabilité des travailleurs, les opportunités d’insertion professionnelle. Cette importance peut être analysée sous quatre angles : la formation au service des travailleurs indépendants ; la formation au service de la politique de l’emploi ; la formation au service des demandeurs d’emploi (accompagner les mouvements d’entrée et de sortie du marché de l’emploi ; la formation au service des entreprises.

Comment faire pour répondre à ces enjeux de la formation professionnelle ?
Des mesures d’accompagnement doivent être mises en place pour créer un cadre favorisant une meilleure adéquation entre les besoins en compétences des entreprises et l’offre de formation des cabinets et centres de formation. A cet égard, le colloque que nous organisons s’inscrit dans cette perspective de mettre en évidence les dispositifs institutionnels et privés développés par les différents acteurs de la formation professionnelle et d’en faire profiter les entreprises.

En termes de Benchmarking, quelles sont les bonnes pratiques sur la formation professionnelle continue que le Sénégal devrait adopter ?
En termes de Benchmarking, nous pouvons citer le modèle de formation continue de la France avec les Organismes paritaires collecteurs agréés (Opca) que le Sénégal pourrait expérimenter. En effet, par leur mission de collecte et de financement, les Opca peuvent se positionner en un rôle de conseil auprès des entreprises et surtout d’impulser de politiques de formation dans les branches en matière de formation. Pour la formation duale, le modèle suisse sur la formation ou le modèle allemand et même d’autres modèles peuvent être expérimentés.

Quelle est la valeur ajoutée de la formation professionnelle continue pour l’entreprise ?
Aujourd’hui, la formation professionnelle se révèle, de plus en plus, être un outil indispensable au service de la performance de l’entreprise. Sa principale contribution tient dans l’accompagnement du développement des compétences individuelles et collectives. Ces deux axes permettent, d’une part, de répondre aux besoins stratégiques de l’entreprise et, d’autre part, de garantir l’employabilité des salariés en fonction des évolutions de l’environnement ou des choix des dirigeants. Un accent sur ces deux points va contribuer à la création de la valeur. Si nous considérons le capital humain comme un facteur essentiel à une production à forte valeur ajoutée et participant à l’acquisition d’avantages comparatifs et à la compétitivité, alors la formation peut constituer un des principaux leviers de développement et de rétention de ce capital humain.

On parle de plus en plus de formation duale alternée. Est-ce que cette préoccupation est prise en charge au Sénégal ?
Oui, la formation duale est devenue désormais un levier sur lequel les pouvoirs publics ont décidé d’enrôler massivement les jeunes dans le système de formation professionnelle et technique.

Pour les pouvoirs publics, l’alternative est de s’engager à une croissance économique inclusive pour un développement durable porté par des ressources humaines de qualité. Ce qui exige de rendre la formation professionnelle et technique plus accessible et en adéquation avec les besoins réels du marché du travail. Cette nouvelle modalité de formation renforce le partenariat des entreprises sénégalaises, à travers la mise en œuvre d’une formation par alternance à raison de 80% du temps de formation en entreprise et 20 % en centre de formation.

Le ministère de la Formation professionnelle, de l’Apprentissage et de l’Artisanat, qui est un de nos partenaires, a signé la charte sur la formation professionnelle duale avec l’ensemble des acteurs du monde en 2016, en présence de l’ambassadeur de la Suisse. Cette démarche s’inscrit dans les objectifs du deuxième Cadre stratégique de la Francophonie et des stratégies jeunesse et économie pour une formation professionnelle et technique adaptée à l’insertion des jeunes, au marché de l’emploi et créatrice de richesses. A cette date, les différentes étapes d’une phase pilote d’implémentation d’un modèle de formation professionnelle duale au Sénégal sont lancées. Le Premier ministre Mouhamed Boune Abdallah Dione qui avait présidé cette rencontre, avait dit que « les conclusions et les recommandations qui sortiront du symposium vont impulser une nouvelle dynamique au développement des compétences techniques et professionnelles des jeunes, au renforcement de la compétitivité des entreprises et au développement socio-économique du pays ». Au cours des travaux, nous allons partager des expériences sur la formation duale et faire une revue de son implémentation pour, en cas de besoin, proposer des pistes d’amélioration.

Est-ce que vous pouvez revenir sur le partenariat 3FPT et Asprh pour une meilleure prise en charge de la formation professionnelle ?
Le partenariat entre Asprh et le 3FPT s’articule autour du projet de mise en œuvre d’un Plan de formation inter-entreprises mutualisé (Pfim) qui consiste à accompagner les entreprises sur le plan financier et technique, dans la satisfaction de leurs besoins en formation, par l’organisation de sessions de formation inter-entreprises. L’intérêt pour les entreprises réside dans le fait que ces formations leur reviennent à un coût dérisoire (80 % des coûts étant pris en charge par le 3FPT, les 20 % restant étant partagés par les entreprises participantes) et qu’il s’agit de moments de partage d’expériences particulièrement enrichissants. A ce jour, près d’une centaine de modules de formation ont été recensés. Ils pourraient concerner près de 10.000 salariés. Cinq modules ont déjà été réalisés et le planning prévisionnel de mise en œuvre des autres modules de formation pour 2018 a été validé.

Quels sont à ce jour les défis majeurs qui interpellent l’association sénégalaise des professionnels des ressources humaines ?
Le plus grand défi est de renforcer les compétences de ses membres et des acteurs de la fonction Rh afin de les permettre de mieux accompagner leurs entreprises à mieux opérer dans un monde de concurrence intense, à mieux contribuer au succès de leurs organisations, en général. Par ailleurs, pour ce colloque, les défis sont multiples. Je peux en citer quelques-uns : développer des politiques et des processus de formation basés le plus possible sur la construction du capital humain afin de contribuer à la productivité et à la rentabilité de manière délibérée et efficace de l’entreprise, de l’employabilité des travailleurs ; partager des bonnes pratiques pour renforcer les dispositifs de formation en les adaptant aux nouveaux modes de digital, mutualisation des besoins et des moyens ; sensibiliser les entreprises aux avantages de la formation duale ; favoriser les cadres de partage et d’expérimentation des bonnes pratiques en matière de formation professionnelle continue, contribuer à la solution de l’employabilité des travailleurs de leurs entreprises, des demandeurs d’emplois, des seniors en partance de l’entreprise, etc.

Quels sont les différents acteurs qui vont participer à ce colloque et quel appel leur lancez-vous pour la réussite de ce colloque ?
Beaucoup d’acteurs du Sénégal, de la sous-région et d’Afrique gravitant autour de la formation professionnelle seront présents. Il s’agit des autorités publiques à travers le ministère de la Formation professionnelle et ses démembrements (3FPT, Onfp), des entreprises membres de l’Asprh, des cabinets et centres de formation du Sénégal et du Maghreb, des associations sœur de la sous-région, bref d’une belle panoplie d’experts. Nous attendons une forte mobilisation des acteurs RH (Ressources humaines) pour partager nos expériences en matière de bonnes pratiques, faire un état des lieux de la formation professionnelle continue dans nos entreprises et proposer des pistes d’amélioration.

Propos recueillis par Cheikh Aliou AMATH

Last modified on lundi, 12 février 2018 10:39
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