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Les avocats de la défense continuent de dénoncer la poursuite sélective dans le dossier de la caisse d’avance de la mairie de Dakar. Pour eux, on ne peut pas extirper du lot les deux percepteurs Mamadou Oumar Bocoum et Ibrahima Touré qui ont les mêmes responsabilités que les autres prévenus.

Les avocats de la défense ont continué leurs plaidoiries hier dans le cadre du procès de la caisse d’avance de la mairie de Dakar. Devant le juge, Me Youssoupha Camara s’est le plus illustré de par son éloquence. Pendant près de deux heures, Me Camara s’est exercé à démonter le réquisitoire du procureur de la République et les charges contre ses clients. Dans ce procès, Me Camara a défendu les prévenus Yaya Bodian, Ibrahima Yatma Diaw et Mbaye Touré. Son argumentaire est basé sur le droit. Parfois, il puise dans les textes du saint Coran pour étayer son propos.

Tantôt, le conseil de Mbaye Touré fait recours à la mythologie grecque, aux leçons de morale et de sagesse bien de chez nous. Tout cela pour rappeler au tribunal que « nous sommes sur terre, c’est la justice des hommes. Mais demain, nous serons tous jugés ». A travers ce rappel, Me Youssoupha Camara invoque la « sagesse » du président du tribunal Malick Lamotte pour la relaxe « pure et simple » de ses clients Ibrahima Yatma Diaw, Yaya Bodian et le directeur administratif et financier de la ville de Dakar, Mbaye Touré.

En effet, l’avocat ne peut pas concevoir que l’Etat du Sénégal puisse se constituer partie civile dans cette affaire. Ce qui fait lui dire « qu’il s’agit d’un procès monté de toutes pièces ». « La totale » dans le dossier, a-t-il ajouté, est que l’Etat du Sénégal réclame le paiement d’un double préjudice : moral et matériel de plus de 6 milliards de FCfa. « L’Etat est une construction qui n’est qu’intellectuelle. Comment une personne morale peut vous dire que j’ai des sentiments et je réclame un préjudice moral ? Une personne morale qui n’a ni chair, ni os comment peut-elle réclamer un préjudice morale ? », s’est étonne Me Camara. Ainsi, il a demandé au président du tribunal de bien vouloir « débouter l’Etat du Sénégal dans sa constitution de partie civile ».

Par ailleurs, l’avocat Me Leyti Ndiaye a trouvé « injuste » que l’ancien percepteur de la ville de Dakar, Mamadou Oumar Bocoum, soit libre de ses mouvements alors que pendant cinq ans (2011-2015), c’est lui qui a payé les décaissements de la caisse d’avance. « M. Mbaye Touré est un citoyen lambda de ce peuple au nom duquel le procureur de la République demande justice. Un procureur ne doit pas violer la loi et ne doit non plus jouer avec celle-ci », a-t-il sermonné. Or, dans ce procès, Me Leyti Ndiaye a noté que « le procureur viole la loi ». La preuve, a-t-il dit, pendant l’enquête préliminaire des prévenus, « l’officier de police judiciaire a violé la loi sur instruction du procureur ». Khalifa Ababacar Sall et ses co-prévenus n’ont pas bénéficié de l’assistance d’un conseil pendant l’enquête de l’officier de police judiciaire. « Je veux mettre le doigt sur un parti pris manifeste du ministère public qui a commencé depuis l’instruction. Sur les 8 prévenus, il a demandé que les 6 soient placés sous mandat de dépôt sans donner une explication. Il n’a pas non plus donné une explication sur le fait que Mamadou Oumar Bocoum et Ibrahima Touré soient mis en liberté provisoire », a dénoncé Me Leyti Ndiaye.

Sur ce point, Me Kane de la défense a ajouté que la poursuite contre Khalifa Ababacar Sall, Mbaye Touré et les autres prévenus « est sélective ». Très remonté contre le procureur de la République, Me Leyti Ndiaye a soutenu : « M. le procureur, vous êtes le procureur de la société sénégalaise et non le procureur d’une partie de la société sénégalaise. M. le procureur, vous mettez de l’eau dans le moulin de ceux qui disent que ce procès est politique. Je ne le dis pas parce que je pense que le verdict ne sera pas politique ». Me Leyti Ndiaye, dans sa plaidoirie, a continué à charger l’ancien percepteur à la ville de Dakar. « Qui dit que M. Bocoum n’a rien fait doit dire en même temps que Khalifa Ababacar Sall et Mbaye Touré n’ont rien fait. Ces 30 millions de FCfa par mois, s’ils devaient sortir du patrimoine de M. Bocoum, ce dernier n’allait pas payer pendant 120 mois sans vérifier les pièces justificatives des dépenses », a chargé Me Ndiaye.

Aliou Ngamby NDIAYE

Le drame s’est produit le samedi dernier à Saré Ousmane, un village de la commune de Sinthiou Malème, département de Tambacounda, où un déficient mental répondant au nom de Korka Barry a poignardé son père au ventre avant d’administrer un autre coup de couteau au dos de son épouse. Le jeune homme, âgé seulement de 25 ans, s’est lui-même poignardé. Tous les trois ont été admis au centre hospitalier régional de Tambacounda.

Sa blessure n’étant pas très grave, il a été question de le faire revenir au village en attendant ce lundi pour le transférer au centre psychiatrique de Djinkoré. Tenant à mettre fin à ses jours, le jeune Korka s’est jeté dans un puits du village où il a été repêché mort. Son corps a été repêché avant-hier matin et déposé à la morgue de l’hôpital régional. Des sources indiquent que son père serait entre la vie et la mort eu égard au coup de couteau reçu. Korka laisse derrière lui une veuve et deux enfants.

Pape Demba SIDIBE 

L’annonce de ta disparition me laisse sans voix, pantois, en cette matinée de mardi. Comme un coup de massue reçu sur la tête, je réalise difficilement que l’incontournable mort, ou rendez-vous inéluctable avec son destin, a frappé. Difficile d’imaginer que je n’entendrai plus cette voix retentissante qui a tant charmé et captivé les téléspectateurs sénégalais. Il va juste falloir accepter le décret divin, immuable. Que faire après la consacrée formule : « A Allah nous appartenons, à Allah nous retournons », sinon la prière pour le repos de ton âme ? Se remémorer.

Mbaye Loum ou exactement Amadou Mbaye Loum. Je préfère le sobriquet de « Grand » par lequel je t’ai toujours apostrophé. Ou encore celui de « colonel-major » (un colonel lourd et potentiel général) que nous t’avions collé lors d’une visite mission au Maroc en 2006 lors des festivités marquant les 50 ans des Forces armées royales marocaines auxquelles les Forces armées sénégalaises avaient pris part à travers le chef d’état-major général des armées de l’époque, Papa Khalilou Fall, avec un détachement du 1er Bataillon d’infanterie et un autre de l’Ecole nationale des officiers d’active (Enoa). Le « nous » renvoie au colonel Seydou Bâ, à l’époque commandant de l’Enoa, et à son ami et camarade de promotion de l’académie royale de Meknès (Arm), le lieutenant-colonel Félix Prospère Basse, longtemps à la Direction de l’information et des relations publiques des armées (Dirpa) et récemment rentré de la République démocratique du Congo (Rdc) où il a officié ces dernières années comme porte-parole de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation au Congo (Monusco). De cette odyssée, qui nous conduira dans les couloirs du palais royal ou encore dans la balnéaire et touristique ville d’Agadir, était aussi le colonel Mbaye Cissé, actuel commandant de la zone militaire n°2.

Grand, les témoignages sont unanimes sur ton professionnalisme. « Un grand journaliste » par-ci, « un baroudeur » et un « homme du terrain » par-là comme pour mettre en exergue ton long compagnonnage avec nos Forces armées. Je parle de toi au présent, mettant aussi en perspective cette tranche de vie que nous avons partagée chez les militaires, cet « engagement » qui nous a amenés à nous intéresser à la question militaire. Oh crime de lèse-majesté ! Devrais-je plutôt reconnaître l’exhortation que tu m’as faite de me « spécialiser sur la question » lorsque, jeune reporter, je te retrouvais, seul civil, au milieu de tous ces hommes en uniforme, prêts à foncer sur l’ennemi. Des hommes que tu avais « apprivoisés » et avec qui tu étais à tu et à toi. Et surtout qui te rendaient bien l’engagement dont tu as toujours su faire montre, plaçant les institutions en dessus de tout. Et comme ces caractéristiques maintes fois accolées à nos Fas, « républicaines et professionnelles », tu as toujours su les mettre dans ta ligne de mire dans la perspective de rendre compte aux sénégalais du déploiement et de l’engagement de ses fils sur différents théâtres d’opération. La question militaire disais-je ! Tu as toujours su l’aborder avec solennité. Et même gravité. Mais « Grand », avec ton humour légendaire, tes nombreuses anecdotes, ta connaissance du terrain et des hommes, tu étais toujours prompt à offrir le meilleur qu’un humain puisse donner, partager et dérider la gravité de toute situation.

Esprit brillant
Tu aurais pu être un excellent historien tant ta mémoire était prodigieuse. Tu as choisi d’être un historien du présent qui se délecte de détails dans la perspective de bons reportages. Je te renvoie encore dans nombre de théâtres que nous avons partagés, ou encore nos longues veillées nocturnes à l’étranger au cours de laquelle tu me racontais de nombreuses péripéties qui ont marqué ta vie de reporter de guerre. Les conseils que tu me prodiguais et ta volonté de m’introduire dans ce milieu réputé hermétique et dans lequel tu te pavanais aisément en disent long sur ta familiarité avec les militaires. Que ce soit avec un officier, un sous-officier où un militaire du rang, tu étais naturel et toujours entier avec les hommes. La hiérarchie militaire te respectait.

Moi, je me sentirais toujours redevable de m’avoir ouvert ces portes et encouragé à être un reporter de guerre. J’étais surtout charmé par ton brillant et pétillant esprit. Toujours avide de « mbaxalou saloum » et de plats de la verte Casamance, tu étais comme un « névrosé » de guerre ou de troubles post-traumatiques dans le sens le plus noble du terme tant le récit sur le théâtre visité était vivace.

Le commandement militaire nous acceptait dans les séances de briefing lors des nombreuses tournées de zones nonobstant que les questions militaires soient estampillées « Confidentiel Secret » parce que Mbaye Loum est de la maison. Et tu m’y as introduit avec bonheur et surtout ouvert ton cœur.

Aussi, tu me racontais les nombreuses missions vécues et les nombreux dispositifs mis en avant par nos militaires sur de difficiles théâtres. Je me rappelle de ce voyage que tu as raté à la dernière minute alors que le Cemga voulait que nous allions visiter nos troupes stationnées dans le Maryland libérien, plus précisément à Harper et Pleebo, et à San Pedro en terre ivoirienne.

Cette fois-ci, c’est moi, seul civil de la mission, qui t’ai raconté plus tard le vol à bord d’un vieil hélico, dans une ambiance tendue et dont les pilotes ukrainiens n’en avaient cure, fumant impassiblement, alors que le silence dans l’appareil n’était perturbé que par le ronflement aigu des moteurs.

Un baroudeur
Je ne saurais terminer grand sans te remercier de m’avoir pris sous ton aile dès le départ. Fier d’être issu du Centre d’études des sciences et techniques de l’information (Cesti, 5ème promotion), tu me disais que nous étions une famille (moi de la 27ème promotion). Je voudrais juste pour terminer témoigner sur ton dernier débarquement. J’étais surpris de te voir, tel un éclaireur, enjamber la petite escarcelle de l’avion qui ramenait le président Adama Barrow en terre gambienne sur le tarmac de l’aéroport de Yundum en ce mois de janvier de 2017. Baroudeur tu l’étais et tu nous avais gratifiés d’un excellent reportage sur la situation en Gambie malgré ton admission dans la deuxième section (retraite). Le lendemain, nous déjeunions ensemble au siège de la Mission de la Cedeao en Gambie en compagnie du commandant de la force, le général de division François Ndiaye, actuel Inspecteur général des Forces armées et dont tu me disais qu’il serait général avec Paul Ndiaye, commandant du Centre des hautes études de défense et de sécurité des généraux, et Cheikh Wade, chef d’état-major de l’armée de terre.

Puis-je maintenant prier le Seigneur de t’accorder son noble paradis.

Reposes en paix !

Ibrahima Khaliloullah NDIAYE

Khalifa Sall n’a finalement pas eu gain de cause devant la cour de justice de la Cedeao. Le maire de Dakar a été débouté hier après la saisine par procédure d’urgence intentée il y a quelques semaines par ses avocats, au motif que ses droits ont été bafoués par la justice sénégalaise. La juridiction sous-régionale a constaté qu’il n’y avait aucune violation des droits de l’homme ou de la défense dans l’affaire de la caisse d’avance de la mairie de Dakar et en a tiré les conséquences. C’est une validation du point de vue formel, de la procédure à Dakar, car dans le fond le jugement se poursuit.

Aliou Ngamby NDIAYE

Un pêcheur a trouvé la mort dans le chavirement de leur pirogue survenu samedi. Un nouvel accident qui pose le problème du non-respect des consignes de sécurité par les pêcheurs malgré les multiples campagnes de sensibilisation et les alertes des services météorologiques.

La pêche dans la Petite-Côte a encore été endeuillée avec la mort d’un jeune pêcheur dans le chavirement d’une pirogue au large de Mbour samedi. Matar Guèye, un jeune d’une vingtaine d’années, a trouvé mort dans l’accident de sa pirogue qui contenait quatre pêcheurs. Si le jeune Matar n’a pas survécu, ses trois compagnons d’infortune ont été secourus par une autre pirogue qui a pu les ramener sains et saufs au rivage. Un nouveau drame que regrette Matar Cissé, président du Conseil local de pêche artisanal (Clpa) de Mbour qui s’affairait hier à régler au tribunal les différents papiers pour l’inhumation du jeune. M. Cissé de souligner que c’est une situation dramatique que de devoir perdre un jeune parti en mer pour chercher du poisson. Ce drame porte à cinq le nombre de morts enregistrés à Mbour depuis le début de l’année. Des morts dont les causes sont diverses ; mais la responsabilité des pêcheurs est toujours pointée du doigt. Ils ne respectent pas souvent les règles élémentaires de précaution avant d’embarquer. Ce, en dépit de toutes les campagnes de sensibilisation. Cette fois, la méprise des consignes données par les services météorologiques a été fatale au jeune Matar. Au moment où l’Agence nationale de l’Aviation civile et de la météorologie (Anacim) a mis en garde contre les risques de perturbation en mer, les pêcheurs ont fait abstraction de ces consignes pour embarquer. « C’est des choses que nous déplorons, étant donné que nous avons signé un partenariat avec l’Anacim qui nous transmet des messages pour nous alerter sur le mauvais temps et la période concernée », a dit M. Cissé, qui ajoute qu’au Clpa, un dispositif est mis en place avec des drapelets dans les quartiers pour indiquer les mauvais temps aux pêcheurs. Ce que ces derniers ne respectent pas toujours à leurs risques et périls et qui a causé beaucoup de pertes en vies humaines. Ce que regrette le président du Clpa pour qui les responsables de ces jeunes ont fait preuve d’irresponsabilité en les laissant partir et en restant à la maison. « On a constaté que lors des intempéries, les capitaines ou propriétaires de pirogues ne vont pas en mer. Ils laissent leurs embarcations aux petits pêcheurs à qui ils demandent de ne pas aller loin. C’est irresponsable ! » a-t-il déploré. Avant d’ajouter que sa structure va soumettre au préfet Saër Ndao une proposition d’arrêté interdisant les sorties de pêcheurs en temps d’intempéries ou de mauvais temps. Ce qui devra, selon lui, amoindrir les accidents en mer.

Ousseynou POUYE

 

 

L’Agence japonaise de coopération internationale (Jica) a mis à la disposition du Sénégal de nouveaux volontaires qui ont la même mission : contribuer au développement socio-économique des populations à la base.

Le Japon reste aux côtés du Sénégal pour apporter son expertise au développement à la base. En effet, ce pays vient d’envoyer huit nouveaux volontaires qui seront déployés à l’intérieur du pays. Selon le directeur de la Coopération technique Papa Birama Thiam, ces volontaires représentent un maillon important du dispositif de coopération bilatérale entre les deux pays. A l’en croire, ces derniers ont contribué, depuis 1980, à relever de nombreux défis auxquels doit faire face le Sénégal pour son développement. C’est pour ces raisons que M. Thiam a exhorté les volontaires à perpétuer la tradition d’entraide du Jocv (Japon Overseas Cooperation Volunteers), en apportant leur contribution aux populations et aux autorités pour l’atteinte des objectifs de développement. Aussi, a-t-il précisé que leurs secteurs d’intervention sont en cohérence avec les axes du Plan Sénégal émergent. Se fondant sur les qualités intrinsèques de ces volontaires, Papa Birama Thiam a réaffirmé la disposition des autorités sénégalaises, aussi bien administratives que locales, d’accompagner ces acteurs de développement dans leur mission. Ces derniers seront affectés dans les localités de Gossas, de Diofior, de Mbacké, de Kaolack, de Dakar, de Tambacounda et de Saint-Louis. Ils vont collaborer avec les services déconcentrés de l’Etat et les populations dans les domaines de la santé, de l’éducation inclusive, de l’enseignement élémentaire et du développement communautaire. L’adjoint au représentant résident de la Jica au Sénégal, Mme Tanaka Kaori, a rappelé que la philosophie du programme de volontariat, c’est de participer au changement de comportements, mais surtout de contribuer à un enrichissement mutuel dans la cadre d’une relation gagnant-gagnant. « Le regard extérieur des volontaires sera un trésor précieux pour la valorisation de nos cultures et le développement qualitatif de notre coopération. D’où l’engagement de la Jica à renforcer les capacités des ressources humaines pour ainsi donner l’opportunité aux jeunes sénégalais de se former au Japon dans le cadre de l’initiative Abe », a-t-elle indiqué.                        

Tata SANE

L’ancien Garde des Sceaux du Mali, Me Mamadou Ismaël Konaté, s’est exercé à démonter les charges contre Khalifa Ababacar Sall. Il s’est félicité de l’état de la démocratie au Sénégal qui est, a-t-il dit, « un Etat de droit et de justice ». Selon lui, les avocats sénégalais font la fierté de tout le continent africain. Toutefois, il ne comprend pas qu’au Sénégal, « de façon cyclique, des procès passent, reviennent et concernent des hommes et des femmes politiques ». D’après l’avocat, « la justice est instrumentalisée en Afrique » et de plus en plus des adversaires politiques sont poursuivis. S’adressant au juge, il l’a invité à appliquer le droit, rien que le droit. A son avis, « la justice ne doit pas être le bras droit de qui que ce soit ». « Rendre service au politique, c’est de se mettre en difficulté en tant que juge. La politique tourne et retourne. J’ai occupé les fonctions de garde des Sceaux, c’est pourquoi je sais de quoi je parle », a-t-il dit en s’adressant au président du tribunal, Malick Lamotte.

Me Konaté s’est posé des questions sur la mission de l’Inspection générale d’Etat (Ige) à la mairie de Dakar. Sa curiosité est de savoir comment le président de la République peut mettre en mission une administration qui lui est dédiée pour fouiller dans une collectivité locale dotée d’une autonomie de gestion ? « C’est une violation du droit des collectivités locales qui ne peuvent être contrôlées que par des actes administratifs. Cette violation flagrante de la libre administration est une faute au droit », a ajouté l’avocat. La deuxième interrogation de l’avocat du maire de Dakar est pourquoi le parquet demande la relaxe des deux percepteurs Mamadou Oumar Bocoum et Ibrahima Touré alors que ces derniers sont les gardiens des fonds pour lesquels Khalifa Ababacar Sall et ses coprévenus sont poursuivis ?

A. Ng. NDIAYE

Les avocats des deux percepteurs Mamadou Oumar Bocoum et Ibrahima Touré ont plaidé en faveur de leurs clients hier. La défense a d’abord commencé par le plus facile, c’est-à-dire défendre Ibrahima Touré et Mamadou Oumar Bocoum pour qui le ministère public a demandé la relaxe pure et simple faute de preuves adéquates. Mais Me Mamadou Guèye Mbow qui assure la défense des percepteurs veut que le juge puisse renvoyer les deux percepteurs des fins de poursuite sans peine. D’après Me Mbow, Mamadou Oumar Bocoum et Ibrahima Touré sont « les deux victimes de ce procès ». Selon lui, ses deux clients se sont retrouvés dans ce procès comme un cheveu dans la soupe. « Mes clients ont été impliqués dans un orchestre musical alors qu’ils n’ont joué aucun instrument musical. Ils ont été associés dans une bataille politique alors qu’ils ne sont pas des politiciens », a dénoncé Me Mamadou Guèye Mbow.

En effet, Mamadou Oumar Bocoum et Ibrahima Touré, respectivement ancien percepteur municipal et actuel receveur à la ville de Dakar, sont poursuivis par le doyen des juges pour les chefs d’inculpation d’association de malfaiteurs, complicité de détournement de deniers publics et escroquerie de deniers publics. Mais pour Me Mbow, « ces accusations ne répondent sur aucun fondement et doivent être battues en brèche ». A son avis, ces accusations contre ses clients émanent du rapport de l’Inspection générale d’Etat (Ige) suite à sa mission de vérification à la mairie de Dakar. Or, a-t-il rappelé, ce rapport volumineux de l’Ige (720 pages) « ne contient aucune récrimination, aucune observation négative de la gestion de la caisse d’avance à l’endroit des deux percepteurs ». Me Moussa Sarr, autre avocat des deux percepteurs, a aussi abondé dans le même sens. Selon le conseil, ses clients n’ont rien à se reprocher. « Nous devons être renvoyés des fins de la poursuite pour tous les délits. Aucun élément probant ne peut être articulé contre mes clients. Nous pensons que ce serait justice de les renvoyer des fins de la poursuite », a demandé Me Moussa Sarr.

A. Ng. NDIAYE

 

Les avocats de la défense ont pris le relais, hier, pour tenter de démonter le réquisitoire du procureur de la République. Selon Me Abou Dialy Kane, le réquisitoire de Serigne Bassirou Guèye « est outrageusement fracassant ».

Mes Abou Dialy Kane, Bamba Cissé et Kanouté de la défense se sont attelés à démonter le réquisitoire du parquet. Le procureur de la République, Serigne Bassirou Guèye, avait, vendredi dernier, requis 7 ans de prison ferme contre le maire de Dakar, Khalifa Ababacar Sall et le directeur administratif et financier Mbaye Touré plus une amende de 5,490 milliards de FCfa. Un réquisitoire qualifié « d’outrageusement fracassant » par Me Abou Dialy Kane. Selon lui, les peines requises « n’ont aucun soubassement ». Me Bamba Cissé estime que « le parquet a plus fait dans le bruit parce que son réquisitoire n’est fondé sur aucun droit ». Il ne comprend pas pourquoi les deux percepteurs incriminés dans cette affaire, en l’occurrence Mamadou Oumar Bocoum et Ibrahima Touré, soient « extirpés du lot » alors que « le comptable public est le premier juge de la légalité ».

Me Cissé précise que Khalifa Sall et ses co-prévenus ne peuvent pas être poursuivis pour escroquerie portant sur des deniers publics car le receveur-percepteur municipal payait en connaissance de cause. « Pour qu’il y ait une escroquerie, il faut une tromperie. Dans cette affaire, il n’y a aucune tromperie car le percepteur payait en connaissance de cause. Il savait qu’il s’agit de fonds politiques. C’est pourquoi, il n’a pas exercé un contrôle sur pièces », a expliqué Me Bamba Cissé. Pour étayer son argumentaire, il a brandi les factures de mil et de riz  de 2011 à 2012. Dans ces papiers justificatifs, la tonne de riz est facturée à 230.000 FCfa et celle de mil à 258.000 FCfa. Ce qui semble étonner Me Bamba Cissé. A son avis, la tonne de riz ne peut pas coûter moins cher que celle de mil au Sénégal, a-t-il ironisé. Malgré tout, a-t-il ajouté, le percepteur continuait à décaisser pour alimenter la caisse d’avance. « Dans cette affaire, nous n’avons pas affaire à des délinquants. La seule vérité est que ces gens (il pointe du doigt les prévenus) ne sont pas des délinquants », a-t-il affirmé.

« Vos malfaiteurs associés ne sont pas dans cette salle »
L’avocat a aussi rejeté le chef d’inculpation de blanchiment de capitaux pour lequel ses clients sont poursuivis. Cette infraction, a-t-il dit, est « la plus cocasse dans cette affaire ».

Me Abou Dialy Kane de renchérir que l’élément matériel du blanchiment n’a pas été prouvé dans ce dossier car Khalifa Ababacar Sall n’a eu aucun avantage patrimonial.

« Il n’a pas été relevé des transferts internationaux de devises dans ses comptes ou d’opérations suspectes », a ajouté Me Kane. Il a encore indiqué que la présence de Khalifa Ababacar Sall sur ce banc est insupportable pour quelqu’un « qui a servi son pays, sa ville, son parti ». « Vous jugez un homme parce qu’il est honnête, a fait deux déclarations de patrimoine. Le pouvoir s’attend à ce que la justice enterre ses ambitions politiques », a accusé Me Kane. Il a rejeté aussi l’association de malfaiteurs. D’après le conseil de Khalifa Sall, cette infraction est « le ventre mou de l’accusation ». « C’est une infraction qui participe à une entreprise d’humiliation des prévenus. Aucune concertation au préalable entre les prévenus n’a été constatée. Monsieur le président, vos malfaiteurs associés ne sont pas dans cette salle », a-t-il lancé. L’avocat d’ajouter que son client ne peut être condamné pour le chef d’inculpation de faux et usage de faux de documents administratifs car « il n’a jamais présenté une pièce falsifiée » encore moins prouvé « un acte d’usage imputé à Khalifa Ababacar Sall ». « Tout ce qu’on reproche à Khalifa Ababacar Sall, c’est d’avoir visé un document dont il avait connaissance du faux. On lui reproche de n’avoir pas stoppé cette falsification », a expliqué le conseil.

Aliou Ngamby NDIAYE

 

La route a encore tué lors d’un accident survenu, hier, à hauteur du village de Fass, situé à 7 km de Ranérou. Une voiture 4x4 qui se rendait à Agnam a fait un choc frontal avec un camion en partance de Ranérou qui transportait du phosphate. Les six victimes d’une même famille étaient toutes à bord du véhicule (pick-up), dont le chauffeur qui roulait à vive allure a voulu éviter un âne. Avisés, les sapeurs-pompiers de Matam se sont vite rendus sur les lieux. Les corps sans vie sont à la morgue d’Ourossogui et seront ultérieurement remis aux proches parents sur ordre du procureur de Matam. Les gendarmes ont ouvert une enquête pour élucider les causes réelles de l’accident.

Masse NDIAYE

 


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