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Le directeur général de la Fao, José Graziano da Silva, pense que la migration doit être un choix et non un acte désespéré de dernier ressort. C’était lors du sommet des Nations Unies sur les migrations qui s’est tenu à New York. M. Graziano da Silva estime qu’il faut arriver à ce que les populations rurales des pays en développement restent chez elles. « C’est est une composante essentielle de chacun des plans visant à lutter contre la crise migratoire actuelle», a déclaré le directeur général de la Fao, indiquant que la première étape indispensable consiste à lutter contre les facteurs qui conduisent aux problèmes de migration. D’où l’intérêt d’investir dans l’agriculture et le développement rural durable.

Aussi, a-t-il rappelé que ces dernières années, les mouvements transfrontaliers à grande échelle ont provoqué des tensions dans certains pays, plaçant les questions migratoires en tête de la liste des priorités du programme diplomatique et au centre des discussions cette semaine à New York. Selon lui, dans les pays en développement, où résident plus de 75% des populations pauvres et en situation d'insécurité alimentaire du monde, les communautés rurales sont le point de départ de toute action efficace.

Ces populations sont très vulnérables aux conflits, à la persécution, à la pauvreté, au manque d'emplois, aux inégalités, à la dégradation environnementale et au changement climatique. Il estime que chacune de ces situations «peut rapidement affaiblir leur capacité à assurer un niveau de vie décent à leurs familles». C’est pour ces raisons que la Fao promeut des mesures visant à renforcer la résilience et à encourager le développement dans les pays d'où proviennent la plupart des migrants aujourd'hui. Mais aussi garantir un accès adéquat à l'eau et à la terre, assurer l'autonomisation des femmes, promouvoir l'intégration financière afin de stimuler l'agriculture familiale, prêter une attention particulière aux besoins et perspectives des jeunes en milieu rural et renforcer les systèmes de protection sociale pouvant servir de pare-chocs entre dans cette perspective. « Des estimations font état de 244 millions de migrants dans le monde en 2015, soit une hausse de 40% par rapport à 2000. Les flux migratoires internes sont plus importants, à savoir pas moins de 740 millions de personnes en 2013. Le nombre de personnes déplacées a atteint les 65 millions dont plus d'un tiers sont des réfugiés ou des demandeurs d'asile », renseigne le directeur général de la Fao. Les plus grands pays hôtes des migrants sont la Turquie, la Jordanie, le Pakistan, le Liban, la République islamique d’Iran et l’Ethiopie.

Tata SANE

C’est un véritable coup que les gendarmes de Goudiry (Légion Est) ont réussi en alpaguant le chef de bande des coupeurs de routes qui écumait récemment la région de Tambacounda. Le présumé chef de gang, Mamadou Demba Diallo, a été arrêté.

Depuis un certain temps, des bandes encagoulées sévissant un peu partout sont activement recherchées. Les hommes en bleu sont en permanence sur le qui-vive. Des opérations de sécurisation sont menées sans relâche malgré l’étendue de ce terroir et les difficultés liées à l’accès à certains endroits en saison des pluies. Ainsi, dans la nuit du 13 au 14 dernier, vers les coups de 3 heures, les éléments de la brigade de gendarmerie de Goudiry placés sous le commandement de l’adjudant Moussa Sonko, commandant de la brigade de gendarmerie en poste à Khothiary, au cours d’une opération, ont intrigués par un camion transportant du bétail. Invité à montrer les papiers de la cargaison, le chauffeur perplexe fit savoir aux gendarmes qu’il a pris à bord de son véhicule deux individus à 15 km environs après la sortie ouest de Goudiry avec 11 moutons. Comme convenu, ces derniers, au lieu de payer au chauffeur le montant de 30.000 FCfa pour le transport, lui proposèrent un mouton de son choix. Les gendarmes somment alors les occupants du véhicule de descendre avant de faire débarquer le bétail. Dans la mêlée, l’un des individus s’éclipse dans l’obscurité abandonnant son compagnon avec les pandores. Arrêté et conduit à la Brigade de gendarmerie de Goudiry, le nommé Mamadou Demba Diallo soutient mordicus être le propriétaire du bétail. Soumis au feu roulant des questions, il finit par lâcher prise et avoue qu’il a volé les moutons au quartier Oudalaye à Goudiry avec son ami Hamady Bâ.

L’enquête diligentée a révélé que Mamadou Demba Diallo fait partie de la bande de braqueurs qui sévissaient dans la région de Tambacounda. Il a été formellement identifié par ses victimes dans différents braquages dont celui perpétré le 31 Juillet 2016 entre Bala et Thiara. Cependant, il continue toujours de nier son appartenance à ladite bande. Des recherches sont entreprises par la brigade de Goudiry pour mettre la main sur les autres membres de la bande.

Pape Demba SIDIBE

Djibo Kâ, en marge d’une rencontre avec l’Association des maires du Sénégal (Ams), s’est prononcé sur la situation qui prévaut à la maison d’arrêt de Rebeuss. L’ancien ministre de l’Intérieur dit avoir appris, avec beaucoup de peines, ce qui s’est produit à la prison de Rebeuss. «C’est la première fois, à ma connaissance, que de pareils faits se produisent. Je m’incline devant la mémoire de la victime. Je rends également hommage aux hommes qui sont intervenus pour maîtriser la situation avant qu’elle ne dégénère davantage ou ne vire à des drames encore pires », a-t-il dit.

Toutefois, il pense qu’une pareille situation était bien prévisible. «Je connais bien Rebeuss. A l’époque où j’étais ministre de l’Intérieur, j’avais demandé son transfert à Sébikotane, mais les bailleurs de fonds étaient sceptiques à financer des prisons », a-t-il rappelé. Djibo Kâ est d’avis que les détenus doivent s’adonner à des activités d’agriculture, entre autres, pour pouvoir s’alimenter correctement durant leur séjour carcéral. «Il y a également de longues détentions préventives sans aucune raison à ma connaissance. Il faut que l’Etat fasse en sorte que les accusés soient jugés rapidement de façon légale, transparente et régulière», a-t-il soutenu.

Babacar DIONE

La prière effectuée par Serigne Touba sur l’océan atlantique a été célébrée hier sur la plage de Diamalaye. Sa perpétuation est un rappel aux fidèles de se conformer aux préceptes de l’islam.  

Serigne Touba Mbacké avait effectué la prière de « Takussan » sur les larges de l’océan atlantique le 21 septembre 1895, alors qu’il était contraint de s’éloigner des siens, pour plus de 7 ans. Il fut de retour le 11 novembre 1902, à 11 heures, selon plusieurs versions recoupées. Cet acte de dévotion été perpétué hier par la communauté mouride venue en masse sur la plage de Diamalaye sacrifier à cette tradition qui en est à sa 22ème édition, car ayant démarré en 1995.

L’imam Serigne Fallou Abdou Khadre Mbacké est revenu sur l’intérêt que Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké avait accordé à la prière. Citant quelques versets de la sourate 107 du Coran, le chef religieux a rappelé les mises en garde d’Allah, qui promet la fournaise aux fidèles qui prient sans respecter les préceptes islamiques. Selon lui, la prière est le pilier de l’islam, donc, trop sacrée pour être banalisée. «Pour être sur le droit chemin, l’homme doit respecter les heures de prières qui nous éloignent des vices, de par sa lumière et lire le Coran avec une profonde médiation», a dit l’imam de Touba. A l’en croire, la prière effectuée sur l’océan atlantique n’est rien d’autre qu’un acte qui répond à la volonté divine.

Une journée symbolique
D’après le président du comité d’organisation du « kurël Juli Geej Gi », Cheikh Makhtar Diouf « Pédro », cette célébration montre l’importance de la prière canonique. « Quiconque s’inscrit dans la voie tracée par Serigne Touba aura la paix et la félicité de Dieu », a déclaré, convaincu, M. Diouf. Si le thème de l’année dernière était « Cheikh Ahmadou Bamba, la clé de l’émergence », pour cette présente édition, face à un monde en dérive, les organisateurs ont traité « la paix entre les nations dans l’islam selon Serigne Touba».  

Au nom du gouvernement, le ministre en charge de la Pêche et de l’Economie maritime, Oumar Guèye, a indiqué que les Nations Unies ont compris le sens de la date du 21 septembre, car l’ayant décrété journée mondiale de la paix. «Les enseignements de Serigne Touba nous éloignent du monde de terreur, de terrorisme que nous vivons aujourd’hui », a dit le ministre. Les mardi 20 et mercredi 21 prochains ont été marqués par des séances de visite médicale gratuite, de circoncision, de lecture du Saint Coran, d’une grande exposition sur le fondateur du mouridisme, de zikr, de panels. Etaient présents à cette rencontre les ministres Mbaye Ndiaye, Seydou Guèye, Youssou Touré, Yakham Mbaye, etc. La cérémonie officielle a été précédée par des chants religieux qui vont se poursuivre jusqu’à l’aube.

Serigne Mansour Sy CISSE

A la date du 20 septembre, 715 enfants ont été retirés des départements de Dakar et de Pikine. L’information est du directeur des droits de la protection de l’enfance et des groupes vulnérables, Niokhobaye Diouf.

Les appuis mensuels aux personnes retirées des rues de Dakar ont été distribués hier au centre Guindi, sis au Front de terre. Les denrées alimentaires sont composées de riz, d’huile, de sucre, de lait et de détergent. Cet appui vise à bâtir, selon le directeur Niokhobaye Diouf, une société respectueuse des droits de l’enfant.

Il s’est félicité du changement de décor noté dans les grandes artères de la capitale. En effet, sur les 715 enfants retirés des rues, 668 ont été retournés à leurs parents et 47 d’entre eux sont en attente au centre Guindi. D’après les statistiques, l’on dénombre 251 Sénégalais, 190 Bissau-guinéens, 10 Guinéens, 6 Gambiens et 10 Maliens. Le directeur des droits de la protection de l’enfance et des groupes vulnérables a remis à chacun des 15 maîtres coraniques 75.000 FCfa et 50.000 FCfa à  chacune des 27 familles. Ce soutien, dit-il, s’inscrit dans le cadre du plan de réinsertion.

Pour un meilleur suivi des interventions, une mission s’est rendue dans tous les « daaras » et familles  appuyés pour évaluer l’impact de la mesure sur les enfants retirés. Pour consolider cette approche, il a été conçu un projet d’appui au retrait des enfants de la rue dont la phase pilote qui doit être développée dans la région de Dakar se chiffre à 2.692.179.000 FCfa. Niokhobaye Diouf a révélé qu’une équipe du ministère de la Femme, de la Femme et de l’Enfance, appuyée par les partenaires, a procédé à une enquête de terrain pour recenser tous les « daaras » du département de Dakar.

De son côté, Kéba Gaye, président de la fédération des « daaras » de Pikine a invité les populations à mieux prendre en charge les besoins des talibés. Quant à Mamadou Wane, coordonnateur de la Plateforme pour la promotion et la protection des droits de l'homme (Ppdh), il a indiqué que depuis la République de Médine, la mendicité a été encadrée. « Les mosquées doivent être le lieu d’expression de la solidarité, il ne s’agit pas de prier pour rentrer ensuite », a dit M. Wane, qui exhorte à une éradication de la mendicité. Raoul Latouffe, président de la Coalition nationale des associations et Ong en faveur de l'enfant (Conafe), a invité les pouvoirs publics à rester fermes sur leur décision.

Serigne Mansour Sy CISSE

...Le Cosaed plaide pour la poursuite de la mesure
En prélude à leur assemblée générale prévue du 14 au 16 octobre prochains, les responsables et membres du bureau national du Collectif des structures d’appui aux enfants en difficulté (Cosaed) ont effectué une tournée à Saint-Louis hier, avant de tenir un point de presse au centre Espace-Jeunes.

 Le coordonnateur du Cosaed, Moussa Sow, a saisi cette occasion pour déplorer, avec la dernière énergie, le fait que son collectif qui s’active dans le domaine de l’enfance depuis plus de 20 ans ne soit associé à la mise en œuvre de ce programme national de retrait des enfants de la rue. Il n’a pas manqué de préciser que cette mesure ne doit pas s’appliquer uniquement à Dakar pour la bonne et simple raison que ce phénomène des enfants de la rue touche toutes les régions de notre pays. 

Dans la ville tricentenaire de Saint-Louis, a-t-il poursuivi, les enfants sont de plus en plus nombreux à errer dans les rues, ruelles, artères, dans les grands marchés et autres centres commerciaux. Ainsi, le Cosaed, par la voix de Moussa Sow, invite l’Etat à poursuivre la mesure de retrait des enfants de la rue, insistant longuement sur la nécessité, pour le gouvernement, d’éviter que cette mesure soit un diktat de l’étranger.

Face aux réticences à l’application de cette mesure, Moussa Sow suggère à l’Etat de mettre en place un bon dispositif qui permettra d’encadrer ceux qui sont chargés de retirer ces enfants de la rue. Fara Ndiaye de l’Association jeunesse espoir (Aje) et Mamadou Guèye de l’Amohs (structure d’encadrement des enfants en difficulté) se sont réjouis du choix porté sur la commune de Saint-Louis pour abriter cette assemblée générale.

Mbagnick Kharachi DIAGNE

Les pèlerins sénégalais ont entamé leur retour sur Dakar. En effet, hier, le premier vol retour de l'édition 2016 du Pèlerinage à la Mecque est arrivé à l’aéroport Léopold Sédar Senghor de Dakar à 11 heures, a annoncé le ministère des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur à travers un communiqué. Selon le ministère, le vol avait à son bord 374 pèlerins qui ont exprimé « toute leur satisfaction sur l’organisation du hajj  par la Délégation générale au pèlerinage, notamment le transport international et les conditions de séjour ». 

Une vingtaine de Sénégalais et de Maliens laissés en rade à Djeddah
Les vols retour de pèlerins aux lieux saints de l’islam engendrent très souvent des désagréments au grand dam des El Hadji et Adjaratou. Le premier cas en date a été noté hier à l’aéroport  King Abdulaziz International de Djeddah où plusieurs personnes de nationalités sénégalaise et malienne qui viennent d’accomplir le Hajj ont été laissées en rade.  

Plus d’une vingtaine de pèlerins sénégalais et maliens aux lieux saints de l’islam ont été laissés en rade, hier, en début d’après-midi, à l’aéroport  King Abdulaziz International de Djeddah par la compagnie aérienne Ethiopian Airlines au motif que l’avion est plein. Les voyageurs infortunés ont dû prendre leur mal en patience, en acceptant d’attendre un autre vol d’Ethiopian Airlines par lequel ils pourront regagner leurs pays respectifs via Addis Abéba (Ethiopie) et retrouver leurs familles après plusieurs jours d’absence. Parmi ces pèlerins malheureux, on dénombre une quinzaine d’hommes et de femmes sénégalais convoyés par le groupe de voyagistes « Labayka ». Ces derniers qui avaient quitté la ville Sainte de la Mecque hier vers 2h 30 avec quelque 65 autres compatriotes pèlerins, ont rallié Djeddah par bus. Ils devaient ensuite prendre les airs pour aller passer la nuit à Addis Abeba (Ethiopie), et après mettre le cap sur Dakar aujourd’hui aux environs de 16h 40.

Les pèlerins laissés en rade sont pris en charge (en termes d’hébergement et restauration) par Ethiopian Airlines dans un hôtel de la capitale économique de l’Arabie saoudite. Ladite compagnie aérienne promet de les faire partir le plus tôt possible dans son premier avion qui atterrira à Djeddah.    

De notre envoyé spécial El Hadji Moussa SADIO

Inna lilahi wa inna ileyhi radji ghoûn ! La Ummah est en deuil avec le rappel à Allah, lundi 19 septembre, à Nimzatt (Mauritanie), du khalife général des Khadres, Cheikh Bouneuneu Ould Cheikh Talibouya Ould Cheikhna Cheikh Saadbouh Aïdara (Rta). C’est un guide religieux éclairé qui tire sa révérence à l’âge de 89 ans. Cet événement a lieu moins d’une semaine après le décès de son cousin et ami, Cheikh Elina Ould Cheikh Mohamed Malaïnine Ould Cheikhna Cheikh Saadbouh (Rta). L’ensemble de la communauté Khadre est dans l’affliction depuis l’annonce de la triste nouvelle.

Durant trois décennies, il a tenu haut le flambeau de la sainte famille, couvant ses frères, fils et petits-fils, talibés et musulmans du monde entier. Chef incontesté, à la générosité hors normes, il a su gérer avec bonheur le lourd legs de son grand-père, en particulier les attributs du « khilifa » khadre, le bonnet, la canne et la « Khayma » (tente maure) en particulier, et surtout il a assumé avec hauteur la transmission de la chaîne spirituelle entretenue depuis 1917 par ses oncles et frères aînés, des enseignements de Cheikh Abdoul Khadre Dieylani du lointain Irak à l’incommensurable œuvre son grand-père, Cheikhna Cheikh Saadbouh Ould Cheikh Mohamed Fadel, 37ème petit-fils du prophète Seydina Mohamed (Psl).

Cheikh Bouneuneu était impressionnant. Je l’ai connu, je devais avoir 15 ans, alors qu’il séjournait dans son fief de Diofior (arrondissement de Fimela). Il était lié à mon père – alors fonctionnaire de l’administration territoriale à Fatick – par une forte amitié qui ne s’est jamais démentie. Très souvent, j’étais témoin de leurs discussions en présence de fidèles et de proches, dans sa cour ombragée par des grands manguiers. Les sujets tournaient autour des enseignements de Cheikhna Cheikh Saadbouh (Rta), de la narration des « mémoires » des uns et des autres, de politique et d’affaires de la contrée. Il se sentait heureux en pays sérère, aux portes des îles. Normal, beaucoup de ses enfants sont de cette extraction. Il aura converti et fait convertir à l’Islam des milliers de personnes…

Naturellement, peu de personnes le connaissaient avant qu’il n’accédât au khalifat de son père et qui était en même temps fort opportunément celui de son grand-père. Pour tout dire, il était le petit-fils le plus âgé de « Cheikhna ». Sa sainte mère se nommait Khadijatou Mint Leuhbib, une mauresque blanche. Cheikh Bouneuneu préférait les retraites spirituelles dans le désert du Trarza ou dans l’arrière-brousse du Sine où il s’était installé sur ordre de son père. Mais son aura et sa réputation mystique de Chérif avaient entretenu autour de sa personne un mythe qui retombait dès sa présence physique tant il aimait mettre ses auditoires à l’aise. Ses convives étaient gâtés comme jamais. De sa voix de stentor, il ordonnait dare-dare l’immolation d’une bête, bélier ou chèvre, et c’était parti pour des heures d’agapes (grillades, thé à la menthe, lait) systématiquement interrompues à l’heure de la prière.

Dimension mystique
Avant de tenir en haleine son auditoire, il bourrait sa longue pipe - un engin assez particulier, en bois incrusté d’un métal doré, finement ciselé, assez large pour contenir le tabac nécessaire pour enfumer son environnement comme le ferait un vaporisateur magnum –, se raclait bruyamment la gorge et engageait la conversation. Me reviennent des bribes de sa vaste culture, les intérêts qu’il manifestait pour la situation politique en Mauritanie et au Sénégal depuis l’époque coloniale.

Allah m’est témoin qu’il parlait des anciens hauts-commissaires de l’Aof, ou de nos grandes figures politiques comme de quelconques élus locaux sans manquer de considération aux uns et aux autres. Peu avare en anecdotes, il illustrait ses leçons de vie par des exemples banals de tous les jours. Par exemple, il sermonnait les conducteurs de véhicules pour leur tendance à l’excès de vitesse. « Une machine est déjà spéciale et il faut ne jamais lui accorder une totale confiance », disait-il. Alors, comme leitmotiv, il répétait à ses chauffeurs « 60, 70…60, 70 » pour rappeler la vitesse avec laquelle il entendait être conduit.

Les témoignages sont unanimes sur sa grande dimension mystique. On raconte que ses colères étaient redoutables et bien des patelins – rétifs à l’islamisation ou peu respectueux des étrangers de passage – eurent à en souffrir après avoir assisté, impuissants, à l’incendie de leurs habitations. Thérapeute des âmes, certains de ses talibés avancent qu’il n’y avait pas son pareil pour guérir les malades mentaux.

Homme de son époque, grand éleveur et agriculteur, maître coranique, il était à la tête de millions de fidèles au Sénégal, en Mauritanie, dans les deux Guinée, en Gambie, au Mali, en Côte d’Ivoire, en Afrique centrale, en Europe et aux Usa. Une grande peine a été pour lui la tournure des « événements » sénégalo-mauritaniens de 1989. Sans doute pour le protéger, ou alors ne tenant pas à garder sur le territoire sénégalais une personnalité aussi importante, le gouvernement socialiste prit le parti de lui demander de retourner en Mauritanie alors que lui-même (qui se sentait autant Sénégalais que Mauritanien) éteignait le feu un peu partout au Sénégal, plaidant la paix des cœurs et le retour à la normale entre les deux pays.

Ce furent de terribles moments pour ses fidèles dont certains ont rompu avec le régime du président Abdou Diouf pour cette raison. Cheikh Bouneuneu ne reviendra sur « ses » terres qu’après l’alternance de 2000. Très vite, une vaste entreprise de « réhabilitation » sera menée par le président Wade qui en profitera pour nouer des relations sincères avec lui.

Proche de ses ouailles, il peinait en les voyant trimer pour venir célébrer la Korité à Nimzatt. En raison des multiples tracasseries pour la traversée de la frontière fluviale, en 2014, il s’était dit pas contre une délocalisation du Gamou à Guéoul, dans le département de Kébémer, deuxième lieu saint des Khadres. A son fils et khalife, Cheikh Sid’El Kheir, à la communauté Khadre et à la Ummah, « Le Soleil » présente ses sincères condoléances.

P.S : l’orthographe de son nom est bien « Bouneuneu » et non « Bounama »

Par Samboudian KAMARA

En conférence de presse hier, le directeur de l’administration pénitentiaire, colonel Daouda Diop, a révélé qu’un détenu a perdu la vie, hier, lors les affrontements avec les agents de l’administration pénitentiaire. Quarante-et-un (41) autres y sont sortis avec des blessures.

Un mort et 41 blessés des deux camps, c’est le triste bilan enregistré hier à l’issue des échauffourées entre détenus de Rebeuss et les agents de l’administration pénitentiaire. Ces chiffres ont été donnés par le colonel Daouda Diop, directeur de l’administration pénitentiaire. « Un détenu est décédé des suites de ses blessures à l’hôpital principal de Dakar. Du côté des agents, il y a eu 14 blessés. Quant aux détenus, ils ont enregistré 27 blessés.

Ils sont tous pris en charge dans les structures sanitaires. Certains ont même quitté ces structures pour revenir à Rebeuss », a lâché le directeur de l’administration pénitentiaire d’une voix empreinte d’émotion. A l’en croire, la situation est sous contrôle. « Nous allons la gérer cette nuit (la nuit d’hier). Je lance un appel au calme à mes parents détenus. Les problèmes sont connus de tous. Ils ne datent pas d’aujourd’hui. Le gouvernement est parfaitement conscient de la situation des prisons du Sénégal. Des mesures seront prises dans l’immédiat et dans le futur pour y faire face », a déclaré le colonel Daouda Diop.

Auparavant, il est revenu sur les différents actes posés pour gérer les revendications des pensionnaires de Rebeuss. « Depuis le mardi dernier, il y a eu des mouvements d’humeur à la prison de Rebeuss. Les détenus ont posé trois principales revendications. La première était liée aux longues détentions. La deuxième concerne la permanence des chambres criminelles. La troisième doléance est relative à la promiscuité dans laquelle ils vivent du fait du surpeuplement », a rappelé le colonel de la gendarmerie.

Trois principales revendications des pensionnaires
Il souligne également que quand ils ont été saisis de ce mouvement d’humeur, ils ont tenu une réunion le vendredi présidée par l’inspecteur régional de Dakar et la directrice de la maison d’arrêt. « A l’issue de cette réunion, ajoute-t-il, des mesures ont été prises. La première a été de procéder, dès le samedi, à un transfèrement à l’intérieur du Sénégal. Ce qui nous a permis de ramener la population carcérale de 2.377 à 1.997. La deuxième mesure a consisté à réaménager les secteurs. On a transféré des détenus vers un autre secteur pour pouvoir désengorger les grandes chambres. Cela nous a permis de faire souffler ceux qui étaient dans les grandes chambres. La troisième mesure a consisté à démarrer, dès le samedi matin, les travaux d’aménagement de toilettes et de lavoirs surtout dans le secteur 4 où le problème était plus crucial », a expliqué le colonel Diop.

Il note, en outre, que toutes les autres questions relatives aux chambres criminelles, aux longues détentions ont été portées à la connaissance des autorités compétentes. « La situation était revenue à la normale. Hier (lundi), une autre réunion s’est tenue avec l’ensemble des chefs de chambre de Rebeuss. Il a été porté à la connaissance des détenus, suite à leur doléance, que le procureur de la République allait les rencontrer aujourd’hui (hier) à midi.

C’était devenu la principale doléance. Mais aujourd’hui (hier), à 11 heures, soit une heure avant cette rencontre, profitant des visites et de la promenade effectuée, un groupe d’à peu près 600 à 700 détenus a foncé sur la porte principale pour tenter de s’évader, utilisant des pierres et beaucoup d’autres objets, blessant des agents », s’est désolé le directeur de l’administration pénitentiaire. Selon lui, ces derniers ont utilisé des moyens qui étaient à leur disposition conformément à la réglementation. La situation a été maîtrisée aux environs de 14 heures et tous les détenus avaient réintégré leurs chambres.

Ndiol Maka SECK

La société civile exhorte l’Etat à mettre fin aux mauvaises conditions de détention
Suite à la révolte d’hier des détenus de la Maison d’arrêt et de correction de Rebeuss, trois organisations de la société civile ont cosigné un communiqué pour exhorter l’Etat du Sénégal « à prendre des mesures immédiates pour mettre fin aux mauvaises conditions de détention et aux longues détentions préventives qui constituent la principale revendication des détenus ».

Il s’agit de la Ligue sénégalaise des droits humains (Lsdh), de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (Raddho) et d’Amnesty international Sénégal. Ces organisations se disent vivement préoccupées par la mutinerie des détenus de la Maison d’arrêt et de correction (Mac) de Rebeuss depuis ce matin (hier) et la répression policière qui a entraîné, selon les informations disponibles, la mort d’une personne et de nombreux blessés parmi les détenus. Elles appellent, en outre, l’Etat à diligenter la construction annoncée d’une nouvelle prison à Sébikhotane et de fermer définitivement la Mac de Rebeuss qui ne répond pas aux normes et standards internationaux en matière de détention. « Nos organisations rappellent que l’usage de la force, dans les cas où on ne peut s’empêcher d’y recourir, doit être nécessaire, proportionnée et légale », lit-on dans le texte.

Ces organisations exigent l’ouverture d’une enquête indépendante pour faire la lumière sur la mutinerie intervenue ce matin (hier) à la Mac de Rebeuss, notamment les circonstances ayant conduit à la blessure et au décès de personnes dans cette prison.

Nd. M. SECK

Suite à la révolte d’hier des détenus de la Maison d’arrêt et de correction de Rebeuss, trois organisations de la société civile ont cosigné un communiqué pour exhorter l’Etat du Sénégal « à prendre des mesures immédiates pour mettre fin aux mauvaises conditions de détention et aux longues détentions préventives qui constituent la principale revendication des détenus ».

Il s’agit de la Ligue sénégalaise des droits humains (Lsdh), de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (Raddho) et d’Amnesty international Sénégal. Ces organisations se disent vivement préoccupées par la mutinerie des détenus de la Maison d’arrêt et de correction (Mac) de Rebeuss depuis ce matin (hier) et la répression policière qui a entraîné, selon les informations disponibles, la mort d’une personne et de nombreux blessés parmi les détenus.

Elles appellent, en outre, l’Etat à diligenter la construction annoncée d’une nouvelle prison à Sébikhotane et de fermer définitivement la Mac de Rebeuss qui ne répond pas aux normes et standards internationaux en matière de détention. « Nos organisations rappellent que l’usage de la force, dans les cas où on ne peut s’empêcher d’y recourir, doit être nécessaire, proportionnée et légale », lit-on dans le texte.

Ces organisations exigent l’ouverture d’une enquête indépendante pour faire la lumière sur la mutinerie intervenue ce matin (hier) à la Mac de Rebeuss, notamment les circonstances ayant conduit à la blessure et au décès de personnes dans cette prison.

Nd. M. SECK

Des détenus en attente de leurs procès avaient entamé, il y a quelques jours, une grève de la faim pour protester contre les longues détentions provisoires. Les choses ont dégénéré hier, dans la journée, avec l’action collective de révolte menée par les prévenus. Rencontré plus tôt dans la matinée, l’Observateur national des lieux de privation de liberté nous livrait son point de vue sur la situation. Selon Boubou Diouf Tall, le ministre de la Justice doit envisager une véritable stratégie pour vider tous les dossiers pendants devant les juridictions.

Depuis quelques jours, la maison d’arrêt et de correction de Rebeuss est secouée par une révolte des pensionnaires. Ils protestent contre les longues détentions provisoires. Selon l’Observateur national des lieux de privation de liberté, Boubou Diouf Tall, à Rebeuss, il y a principalement deux problèmes qui sont réels : le surpeuplement et les longues détentions provisoires. D’abord s’agissant du surpeuplement, relève M. Tall, la capacité d’accueil de la prison de Rebeuss est de 800 personnes. Aujourd’hui, elle accueille jusqu’à 2.500 détenus voire plus sur le même espace et avec le même budget. « Cela pose des problèmes réels de surpopulation et de prise en charge alimentaire, sanitaire et médicale des personnes qui y sont détenues », souligne le magistrat.

Sur les longues détentions, il souligne qu’il y a des personnes qui sont détenues dans cette prison pendant plusieurs années, jusqu’à 8 ans même, sans être jugées. « Sur ce point, je voudrais marquer l’intérêt qu’il y a pour le ministre de la Justice de veiller à ce que ces personnes détenues et non encore jugées puissent voir leurs dossiers soumis aux juridictions compétentes. Il s’agit, pour la plupart, de dossiers criminels qui doivent être jugés par les chambres criminelles installées au Tribunal de grande instance de Dakar », précise l’observateur national.

Une session des chambres criminelles par mois
« A défaut de rendre permanentes ces chambres comme les juridictions ordinaires, poursuit-il, nous pensons qu’actuellement, compte tenu de toute cette situation que l’on connaît à Rebeuss, le ministère de la Justice peut envisager un véritable plan Marshall pour juger tous ces dossiers pendants et en état de l’être ».

Boubou Diouf Tall est pour l’organisation d’une session mensuelle des chambres criminelles. « Je pense le grade des Sceaux qui est actuellement hors du pays va s’y atteler une fois de retour. C’est une mesure qui est faisable », estime M. Tall. A l’en croire, c’est pour corriger les lourdeurs dans le fonctionnement de la Cour d’assises que le législateur a pensé la supprimer en mettant en place des juridictions plus souples, en allégeant les procédures dans les cabinets d’instruction.

Il donne comme exemple la suppression du double degré d’instruction qui fait que le juge d’instruction qui a en charge un dossier criminel peut le renvoyer directement devant la chambre criminelle. Malheureusement, déplore Boubou Diouf Tall, « il y a énormément de cas criminels en attente ». C’est plus un problème de volume d’affaires que d’efficacité de la juridiction. L’encombrement des prisons semble être lié à la politique pénale mise en œuvre au parquet de Dakar. « La systématisation des mandats de dépôt pose problème. Si les juges pouvaient trouver d’autres alternatives à l’incarcération, cela aiderait à désengorger les prisons », préconise l’observateur national des lieux de privation.

La médiation pénale comme alternative
M. Tall propose comme alternative la médiation pénale, les peines alternatives, l’aménagement des peines, la liberté conditionnelle, la grâce, etc., « qui sont est légalement prévus par les textes ». « Quand on n’a pas assez de prisons, il faut s’adapter. La sanction peut être autre que l’emprisonnement », dit-il. Dans son rapport, l’observatoire national des lieux de privation a recommandé la limitation des mandats de dépôt en matière criminelle. « En matière correctionnelle, le mandat de dépôt est limité à 6 mois. En matière criminelle, il pouvait être limité à trois ans. Cela pourrait aider à faire vider rapidement les dossiers pour éviter les longues détentions », mentionne Boubou Diouf Tall.

A son avis, les magistrats, notamment les juges d’instruction, ceux des chambres d’accusation, les magistrats du parquet, les juges d’application des peines, etc., doivent systématiquement aller visiter les prisons pour voir la situation des personnes détenues. « Ces visites, pense-t-il, permettraient à ces juges de connaître la situation réelle des détenus pour prendre les mesures qu’il faut ». L’Observatoire a aussi recommandé, dans son rapport, le renforcement des pouvoir des juges d’application des peines pour prendre des mesures beaucoup plus importantes et rendre opérationnels les Comités d’aménagement des peines installés dans les Cours d’appel. Le recrutement en nombre suffisant de magistrats, de gardes pénitentiaires et la construction des prisons figurent aussi en bonne place dans les recommandations de l’Onlpl.

Nd. M. SECK


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