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Société et Faits divers (852)

Le directeur général de la Fao, José Graziano da Silva, pense que la migration doit être un choix et non un acte désespéré de dernier ressort. C’était lors du sommet des Nations Unies sur les migrations qui s’est tenu à New York. M. Graziano da Silva estime qu’il faut arriver à ce que les populations rurales des pays en développement restent chez elles. « C’est est une composante essentielle de chacun des plans visant à lutter contre la crise migratoire actuelle», a déclaré le directeur général de la Fao, indiquant que la première étape indispensable consiste à lutter contre les facteurs qui conduisent aux problèmes de migration. D’où l’intérêt d’investir dans l’agriculture et le développement rural durable.

Aussi, a-t-il rappelé que ces dernières années, les mouvements transfrontaliers à grande échelle ont provoqué des tensions dans certains pays, plaçant les questions migratoires en tête de la liste des priorités du programme diplomatique et au centre des discussions cette semaine à New York. Selon lui, dans les pays en développement, où résident plus de 75% des populations pauvres et en situation d'insécurité alimentaire du monde, les communautés rurales sont le point de départ de toute action efficace.

Ces populations sont très vulnérables aux conflits, à la persécution, à la pauvreté, au manque d'emplois, aux inégalités, à la dégradation environnementale et au changement climatique. Il estime que chacune de ces situations «peut rapidement affaiblir leur capacité à assurer un niveau de vie décent à leurs familles». C’est pour ces raisons que la Fao promeut des mesures visant à renforcer la résilience et à encourager le développement dans les pays d'où proviennent la plupart des migrants aujourd'hui. Mais aussi garantir un accès adéquat à l'eau et à la terre, assurer l'autonomisation des femmes, promouvoir l'intégration financière afin de stimuler l'agriculture familiale, prêter une attention particulière aux besoins et perspectives des jeunes en milieu rural et renforcer les systèmes de protection sociale pouvant servir de pare-chocs entre dans cette perspective. « Des estimations font état de 244 millions de migrants dans le monde en 2015, soit une hausse de 40% par rapport à 2000. Les flux migratoires internes sont plus importants, à savoir pas moins de 740 millions de personnes en 2013. Le nombre de personnes déplacées a atteint les 65 millions dont plus d'un tiers sont des réfugiés ou des demandeurs d'asile », renseigne le directeur général de la Fao. Les plus grands pays hôtes des migrants sont la Turquie, la Jordanie, le Pakistan, le Liban, la République islamique d’Iran et l’Ethiopie.

Tata SANE

C’est un véritable coup que les gendarmes de Goudiry (Légion Est) ont réussi en alpaguant le chef de bande des coupeurs de routes qui écumait récemment la région de Tambacounda. Le présumé chef de gang, Mamadou Demba Diallo, a été arrêté.

Depuis un certain temps, des bandes encagoulées sévissant un peu partout sont activement recherchées. Les hommes en bleu sont en permanence sur le qui-vive. Des opérations de sécurisation sont menées sans relâche malgré l’étendue de ce terroir et les difficultés liées à l’accès à certains endroits en saison des pluies. Ainsi, dans la nuit du 13 au 14 dernier, vers les coups de 3 heures, les éléments de la brigade de gendarmerie de Goudiry placés sous le commandement de l’adjudant Moussa Sonko, commandant de la brigade de gendarmerie en poste à Khothiary, au cours d’une opération, ont intrigués par un camion transportant du bétail. Invité à montrer les papiers de la cargaison, le chauffeur perplexe fit savoir aux gendarmes qu’il a pris à bord de son véhicule deux individus à 15 km environs après la sortie ouest de Goudiry avec 11 moutons. Comme convenu, ces derniers, au lieu de payer au chauffeur le montant de 30.000 FCfa pour le transport, lui proposèrent un mouton de son choix. Les gendarmes somment alors les occupants du véhicule de descendre avant de faire débarquer le bétail. Dans la mêlée, l’un des individus s’éclipse dans l’obscurité abandonnant son compagnon avec les pandores. Arrêté et conduit à la Brigade de gendarmerie de Goudiry, le nommé Mamadou Demba Diallo soutient mordicus être le propriétaire du bétail. Soumis au feu roulant des questions, il finit par lâcher prise et avoue qu’il a volé les moutons au quartier Oudalaye à Goudiry avec son ami Hamady Bâ.

L’enquête diligentée a révélé que Mamadou Demba Diallo fait partie de la bande de braqueurs qui sévissaient dans la région de Tambacounda. Il a été formellement identifié par ses victimes dans différents braquages dont celui perpétré le 31 Juillet 2016 entre Bala et Thiara. Cependant, il continue toujours de nier son appartenance à ladite bande. Des recherches sont entreprises par la brigade de Goudiry pour mettre la main sur les autres membres de la bande.

Pape Demba SIDIBE

Djibo Kâ, en marge d’une rencontre avec l’Association des maires du Sénégal (Ams), s’est prononcé sur la situation qui prévaut à la maison d’arrêt de Rebeuss. L’ancien ministre de l’Intérieur dit avoir appris, avec beaucoup de peines, ce qui s’est produit à la prison de Rebeuss. «C’est la première fois, à ma connaissance, que de pareils faits se produisent. Je m’incline devant la mémoire de la victime. Je rends également hommage aux hommes qui sont intervenus pour maîtriser la situation avant qu’elle ne dégénère davantage ou ne vire à des drames encore pires », a-t-il dit.

Toutefois, il pense qu’une pareille situation était bien prévisible. «Je connais bien Rebeuss. A l’époque où j’étais ministre de l’Intérieur, j’avais demandé son transfert à Sébikotane, mais les bailleurs de fonds étaient sceptiques à financer des prisons », a-t-il rappelé. Djibo Kâ est d’avis que les détenus doivent s’adonner à des activités d’agriculture, entre autres, pour pouvoir s’alimenter correctement durant leur séjour carcéral. «Il y a également de longues détentions préventives sans aucune raison à ma connaissance. Il faut que l’Etat fasse en sorte que les accusés soient jugés rapidement de façon légale, transparente et régulière», a-t-il soutenu.

Babacar DIONE

La prière effectuée par Serigne Touba sur l’océan atlantique a été célébrée hier sur la plage de Diamalaye. Sa perpétuation est un rappel aux fidèles de se conformer aux préceptes de l’islam.  

Serigne Touba Mbacké avait effectué la prière de « Takussan » sur les larges de l’océan atlantique le 21 septembre 1895, alors qu’il était contraint de s’éloigner des siens, pour plus de 7 ans. Il fut de retour le 11 novembre 1902, à 11 heures, selon plusieurs versions recoupées. Cet acte de dévotion été perpétué hier par la communauté mouride venue en masse sur la plage de Diamalaye sacrifier à cette tradition qui en est à sa 22ème édition, car ayant démarré en 1995.

L’imam Serigne Fallou Abdou Khadre Mbacké est revenu sur l’intérêt que Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké avait accordé à la prière. Citant quelques versets de la sourate 107 du Coran, le chef religieux a rappelé les mises en garde d’Allah, qui promet la fournaise aux fidèles qui prient sans respecter les préceptes islamiques. Selon lui, la prière est le pilier de l’islam, donc, trop sacrée pour être banalisée. «Pour être sur le droit chemin, l’homme doit respecter les heures de prières qui nous éloignent des vices, de par sa lumière et lire le Coran avec une profonde médiation», a dit l’imam de Touba. A l’en croire, la prière effectuée sur l’océan atlantique n’est rien d’autre qu’un acte qui répond à la volonté divine.

Une journée symbolique
D’après le président du comité d’organisation du « kurël Juli Geej Gi », Cheikh Makhtar Diouf « Pédro », cette célébration montre l’importance de la prière canonique. « Quiconque s’inscrit dans la voie tracée par Serigne Touba aura la paix et la félicité de Dieu », a déclaré, convaincu, M. Diouf. Si le thème de l’année dernière était « Cheikh Ahmadou Bamba, la clé de l’émergence », pour cette présente édition, face à un monde en dérive, les organisateurs ont traité « la paix entre les nations dans l’islam selon Serigne Touba».  

Au nom du gouvernement, le ministre en charge de la Pêche et de l’Economie maritime, Oumar Guèye, a indiqué que les Nations Unies ont compris le sens de la date du 21 septembre, car l’ayant décrété journée mondiale de la paix. «Les enseignements de Serigne Touba nous éloignent du monde de terreur, de terrorisme que nous vivons aujourd’hui », a dit le ministre. Les mardi 20 et mercredi 21 prochains ont été marqués par des séances de visite médicale gratuite, de circoncision, de lecture du Saint Coran, d’une grande exposition sur le fondateur du mouridisme, de zikr, de panels. Etaient présents à cette rencontre les ministres Mbaye Ndiaye, Seydou Guèye, Youssou Touré, Yakham Mbaye, etc. La cérémonie officielle a été précédée par des chants religieux qui vont se poursuivre jusqu’à l’aube.

Serigne Mansour Sy CISSE

A la date du 20 septembre, 715 enfants ont été retirés des départements de Dakar et de Pikine. L’information est du directeur des droits de la protection de l’enfance et des groupes vulnérables, Niokhobaye Diouf.

Les appuis mensuels aux personnes retirées des rues de Dakar ont été distribués hier au centre Guindi, sis au Front de terre. Les denrées alimentaires sont composées de riz, d’huile, de sucre, de lait et de détergent. Cet appui vise à bâtir, selon le directeur Niokhobaye Diouf, une société respectueuse des droits de l’enfant.

Il s’est félicité du changement de décor noté dans les grandes artères de la capitale. En effet, sur les 715 enfants retirés des rues, 668 ont été retournés à leurs parents et 47 d’entre eux sont en attente au centre Guindi. D’après les statistiques, l’on dénombre 251 Sénégalais, 190 Bissau-guinéens, 10 Guinéens, 6 Gambiens et 10 Maliens. Le directeur des droits de la protection de l’enfance et des groupes vulnérables a remis à chacun des 15 maîtres coraniques 75.000 FCfa et 50.000 FCfa à  chacune des 27 familles. Ce soutien, dit-il, s’inscrit dans le cadre du plan de réinsertion.

Pour un meilleur suivi des interventions, une mission s’est rendue dans tous les « daaras » et familles  appuyés pour évaluer l’impact de la mesure sur les enfants retirés. Pour consolider cette approche, il a été conçu un projet d’appui au retrait des enfants de la rue dont la phase pilote qui doit être développée dans la région de Dakar se chiffre à 2.692.179.000 FCfa. Niokhobaye Diouf a révélé qu’une équipe du ministère de la Femme, de la Femme et de l’Enfance, appuyée par les partenaires, a procédé à une enquête de terrain pour recenser tous les « daaras » du département de Dakar.

De son côté, Kéba Gaye, président de la fédération des « daaras » de Pikine a invité les populations à mieux prendre en charge les besoins des talibés. Quant à Mamadou Wane, coordonnateur de la Plateforme pour la promotion et la protection des droits de l'homme (Ppdh), il a indiqué que depuis la République de Médine, la mendicité a été encadrée. « Les mosquées doivent être le lieu d’expression de la solidarité, il ne s’agit pas de prier pour rentrer ensuite », a dit M. Wane, qui exhorte à une éradication de la mendicité. Raoul Latouffe, président de la Coalition nationale des associations et Ong en faveur de l'enfant (Conafe), a invité les pouvoirs publics à rester fermes sur leur décision.

Serigne Mansour Sy CISSE

...Le Cosaed plaide pour la poursuite de la mesure
En prélude à leur assemblée générale prévue du 14 au 16 octobre prochains, les responsables et membres du bureau national du Collectif des structures d’appui aux enfants en difficulté (Cosaed) ont effectué une tournée à Saint-Louis hier, avant de tenir un point de presse au centre Espace-Jeunes.

 Le coordonnateur du Cosaed, Moussa Sow, a saisi cette occasion pour déplorer, avec la dernière énergie, le fait que son collectif qui s’active dans le domaine de l’enfance depuis plus de 20 ans ne soit associé à la mise en œuvre de ce programme national de retrait des enfants de la rue. Il n’a pas manqué de préciser que cette mesure ne doit pas s’appliquer uniquement à Dakar pour la bonne et simple raison que ce phénomène des enfants de la rue touche toutes les régions de notre pays. 

Dans la ville tricentenaire de Saint-Louis, a-t-il poursuivi, les enfants sont de plus en plus nombreux à errer dans les rues, ruelles, artères, dans les grands marchés et autres centres commerciaux. Ainsi, le Cosaed, par la voix de Moussa Sow, invite l’Etat à poursuivre la mesure de retrait des enfants de la rue, insistant longuement sur la nécessité, pour le gouvernement, d’éviter que cette mesure soit un diktat de l’étranger.

Face aux réticences à l’application de cette mesure, Moussa Sow suggère à l’Etat de mettre en place un bon dispositif qui permettra d’encadrer ceux qui sont chargés de retirer ces enfants de la rue. Fara Ndiaye de l’Association jeunesse espoir (Aje) et Mamadou Guèye de l’Amohs (structure d’encadrement des enfants en difficulté) se sont réjouis du choix porté sur la commune de Saint-Louis pour abriter cette assemblée générale.

Mbagnick Kharachi DIAGNE

Les pèlerins sénégalais ont entamé leur retour sur Dakar. En effet, hier, le premier vol retour de l'édition 2016 du Pèlerinage à la Mecque est arrivé à l’aéroport Léopold Sédar Senghor de Dakar à 11 heures, a annoncé le ministère des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur à travers un communiqué. Selon le ministère, le vol avait à son bord 374 pèlerins qui ont exprimé « toute leur satisfaction sur l’organisation du hajj  par la Délégation générale au pèlerinage, notamment le transport international et les conditions de séjour ». 

Une vingtaine de Sénégalais et de Maliens laissés en rade à Djeddah
Les vols retour de pèlerins aux lieux saints de l’islam engendrent très souvent des désagréments au grand dam des El Hadji et Adjaratou. Le premier cas en date a été noté hier à l’aéroport  King Abdulaziz International de Djeddah où plusieurs personnes de nationalités sénégalaise et malienne qui viennent d’accomplir le Hajj ont été laissées en rade.  

Plus d’une vingtaine de pèlerins sénégalais et maliens aux lieux saints de l’islam ont été laissés en rade, hier, en début d’après-midi, à l’aéroport  King Abdulaziz International de Djeddah par la compagnie aérienne Ethiopian Airlines au motif que l’avion est plein. Les voyageurs infortunés ont dû prendre leur mal en patience, en acceptant d’attendre un autre vol d’Ethiopian Airlines par lequel ils pourront regagner leurs pays respectifs via Addis Abéba (Ethiopie) et retrouver leurs familles après plusieurs jours d’absence. Parmi ces pèlerins malheureux, on dénombre une quinzaine d’hommes et de femmes sénégalais convoyés par le groupe de voyagistes « Labayka ». Ces derniers qui avaient quitté la ville Sainte de la Mecque hier vers 2h 30 avec quelque 65 autres compatriotes pèlerins, ont rallié Djeddah par bus. Ils devaient ensuite prendre les airs pour aller passer la nuit à Addis Abeba (Ethiopie), et après mettre le cap sur Dakar aujourd’hui aux environs de 16h 40.

Les pèlerins laissés en rade sont pris en charge (en termes d’hébergement et restauration) par Ethiopian Airlines dans un hôtel de la capitale économique de l’Arabie saoudite. Ladite compagnie aérienne promet de les faire partir le plus tôt possible dans son premier avion qui atterrira à Djeddah.    

De notre envoyé spécial El Hadji Moussa SADIO

Inna lilahi wa inna ileyhi radji ghoûn ! La Ummah est en deuil avec le rappel à Allah, lundi 19 septembre, à Nimzatt (Mauritanie), du khalife général des Khadres, Cheikh Bouneuneu Ould Cheikh Talibouya Ould Cheikhna Cheikh Saadbouh Aïdara (Rta). C’est un guide religieux éclairé qui tire sa révérence à l’âge de 89 ans. Cet événement a lieu moins d’une semaine après le décès de son cousin et ami, Cheikh Elina Ould Cheikh Mohamed Malaïnine Ould Cheikhna Cheikh Saadbouh (Rta). L’ensemble de la communauté Khadre est dans l’affliction depuis l’annonce de la triste nouvelle.

Durant trois décennies, il a tenu haut le flambeau de la sainte famille, couvant ses frères, fils et petits-fils, talibés et musulmans du monde entier. Chef incontesté, à la générosité hors normes, il a su gérer avec bonheur le lourd legs de son grand-père, en particulier les attributs du « khilifa » khadre, le bonnet, la canne et la « Khayma » (tente maure) en particulier, et surtout il a assumé avec hauteur la transmission de la chaîne spirituelle entretenue depuis 1917 par ses oncles et frères aînés, des enseignements de Cheikh Abdoul Khadre Dieylani du lointain Irak à l’incommensurable œuvre son grand-père, Cheikhna Cheikh Saadbouh Ould Cheikh Mohamed Fadel, 37ème petit-fils du prophète Seydina Mohamed (Psl).

Cheikh Bouneuneu était impressionnant. Je l’ai connu, je devais avoir 15 ans, alors qu’il séjournait dans son fief de Diofior (arrondissement de Fimela). Il était lié à mon père – alors fonctionnaire de l’administration territoriale à Fatick – par une forte amitié qui ne s’est jamais démentie. Très souvent, j’étais témoin de leurs discussions en présence de fidèles et de proches, dans sa cour ombragée par des grands manguiers. Les sujets tournaient autour des enseignements de Cheikhna Cheikh Saadbouh (Rta), de la narration des « mémoires » des uns et des autres, de politique et d’affaires de la contrée. Il se sentait heureux en pays sérère, aux portes des îles. Normal, beaucoup de ses enfants sont de cette extraction. Il aura converti et fait convertir à l’Islam des milliers de personnes…

Naturellement, peu de personnes le connaissaient avant qu’il n’accédât au khalifat de son père et qui était en même temps fort opportunément celui de son grand-père. Pour tout dire, il était le petit-fils le plus âgé de « Cheikhna ». Sa sainte mère se nommait Khadijatou Mint Leuhbib, une mauresque blanche. Cheikh Bouneuneu préférait les retraites spirituelles dans le désert du Trarza ou dans l’arrière-brousse du Sine où il s’était installé sur ordre de son père. Mais son aura et sa réputation mystique de Chérif avaient entretenu autour de sa personne un mythe qui retombait dès sa présence physique tant il aimait mettre ses auditoires à l’aise. Ses convives étaient gâtés comme jamais. De sa voix de stentor, il ordonnait dare-dare l’immolation d’une bête, bélier ou chèvre, et c’était parti pour des heures d’agapes (grillades, thé à la menthe, lait) systématiquement interrompues à l’heure de la prière.

Dimension mystique
Avant de tenir en haleine son auditoire, il bourrait sa longue pipe - un engin assez particulier, en bois incrusté d’un métal doré, finement ciselé, assez large pour contenir le tabac nécessaire pour enfumer son environnement comme le ferait un vaporisateur magnum –, se raclait bruyamment la gorge et engageait la conversation. Me reviennent des bribes de sa vaste culture, les intérêts qu’il manifestait pour la situation politique en Mauritanie et au Sénégal depuis l’époque coloniale.

Allah m’est témoin qu’il parlait des anciens hauts-commissaires de l’Aof, ou de nos grandes figures politiques comme de quelconques élus locaux sans manquer de considération aux uns et aux autres. Peu avare en anecdotes, il illustrait ses leçons de vie par des exemples banals de tous les jours. Par exemple, il sermonnait les conducteurs de véhicules pour leur tendance à l’excès de vitesse. « Une machine est déjà spéciale et il faut ne jamais lui accorder une totale confiance », disait-il. Alors, comme leitmotiv, il répétait à ses chauffeurs « 60, 70…60, 70 » pour rappeler la vitesse avec laquelle il entendait être conduit.

Les témoignages sont unanimes sur sa grande dimension mystique. On raconte que ses colères étaient redoutables et bien des patelins – rétifs à l’islamisation ou peu respectueux des étrangers de passage – eurent à en souffrir après avoir assisté, impuissants, à l’incendie de leurs habitations. Thérapeute des âmes, certains de ses talibés avancent qu’il n’y avait pas son pareil pour guérir les malades mentaux.

Homme de son époque, grand éleveur et agriculteur, maître coranique, il était à la tête de millions de fidèles au Sénégal, en Mauritanie, dans les deux Guinée, en Gambie, au Mali, en Côte d’Ivoire, en Afrique centrale, en Europe et aux Usa. Une grande peine a été pour lui la tournure des « événements » sénégalo-mauritaniens de 1989. Sans doute pour le protéger, ou alors ne tenant pas à garder sur le territoire sénégalais une personnalité aussi importante, le gouvernement socialiste prit le parti de lui demander de retourner en Mauritanie alors que lui-même (qui se sentait autant Sénégalais que Mauritanien) éteignait le feu un peu partout au Sénégal, plaidant la paix des cœurs et le retour à la normale entre les deux pays.

Ce furent de terribles moments pour ses fidèles dont certains ont rompu avec le régime du président Abdou Diouf pour cette raison. Cheikh Bouneuneu ne reviendra sur « ses » terres qu’après l’alternance de 2000. Très vite, une vaste entreprise de « réhabilitation » sera menée par le président Wade qui en profitera pour nouer des relations sincères avec lui.

Proche de ses ouailles, il peinait en les voyant trimer pour venir célébrer la Korité à Nimzatt. En raison des multiples tracasseries pour la traversée de la frontière fluviale, en 2014, il s’était dit pas contre une délocalisation du Gamou à Guéoul, dans le département de Kébémer, deuxième lieu saint des Khadres. A son fils et khalife, Cheikh Sid’El Kheir, à la communauté Khadre et à la Ummah, « Le Soleil » présente ses sincères condoléances.

P.S : l’orthographe de son nom est bien « Bouneuneu » et non « Bounama »

Par Samboudian KAMARA

En conférence de presse hier, le directeur de l’administration pénitentiaire, colonel Daouda Diop, a révélé qu’un détenu a perdu la vie, hier, lors les affrontements avec les agents de l’administration pénitentiaire. Quarante-et-un (41) autres y sont sortis avec des blessures.

Un mort et 41 blessés des deux camps, c’est le triste bilan enregistré hier à l’issue des échauffourées entre détenus de Rebeuss et les agents de l’administration pénitentiaire. Ces chiffres ont été donnés par le colonel Daouda Diop, directeur de l’administration pénitentiaire. « Un détenu est décédé des suites de ses blessures à l’hôpital principal de Dakar. Du côté des agents, il y a eu 14 blessés. Quant aux détenus, ils ont enregistré 27 blessés.

Ils sont tous pris en charge dans les structures sanitaires. Certains ont même quitté ces structures pour revenir à Rebeuss », a lâché le directeur de l’administration pénitentiaire d’une voix empreinte d’émotion. A l’en croire, la situation est sous contrôle. « Nous allons la gérer cette nuit (la nuit d’hier). Je lance un appel au calme à mes parents détenus. Les problèmes sont connus de tous. Ils ne datent pas d’aujourd’hui. Le gouvernement est parfaitement conscient de la situation des prisons du Sénégal. Des mesures seront prises dans l’immédiat et dans le futur pour y faire face », a déclaré le colonel Daouda Diop.

Auparavant, il est revenu sur les différents actes posés pour gérer les revendications des pensionnaires de Rebeuss. « Depuis le mardi dernier, il y a eu des mouvements d’humeur à la prison de Rebeuss. Les détenus ont posé trois principales revendications. La première était liée aux longues détentions. La deuxième concerne la permanence des chambres criminelles. La troisième doléance est relative à la promiscuité dans laquelle ils vivent du fait du surpeuplement », a rappelé le colonel de la gendarmerie.

Trois principales revendications des pensionnaires
Il souligne également que quand ils ont été saisis de ce mouvement d’humeur, ils ont tenu une réunion le vendredi présidée par l’inspecteur régional de Dakar et la directrice de la maison d’arrêt. « A l’issue de cette réunion, ajoute-t-il, des mesures ont été prises. La première a été de procéder, dès le samedi, à un transfèrement à l’intérieur du Sénégal. Ce qui nous a permis de ramener la population carcérale de 2.377 à 1.997. La deuxième mesure a consisté à réaménager les secteurs. On a transféré des détenus vers un autre secteur pour pouvoir désengorger les grandes chambres. Cela nous a permis de faire souffler ceux qui étaient dans les grandes chambres. La troisième mesure a consisté à démarrer, dès le samedi matin, les travaux d’aménagement de toilettes et de lavoirs surtout dans le secteur 4 où le problème était plus crucial », a expliqué le colonel Diop.

Il note, en outre, que toutes les autres questions relatives aux chambres criminelles, aux longues détentions ont été portées à la connaissance des autorités compétentes. « La situation était revenue à la normale. Hier (lundi), une autre réunion s’est tenue avec l’ensemble des chefs de chambre de Rebeuss. Il a été porté à la connaissance des détenus, suite à leur doléance, que le procureur de la République allait les rencontrer aujourd’hui (hier) à midi.

C’était devenu la principale doléance. Mais aujourd’hui (hier), à 11 heures, soit une heure avant cette rencontre, profitant des visites et de la promenade effectuée, un groupe d’à peu près 600 à 700 détenus a foncé sur la porte principale pour tenter de s’évader, utilisant des pierres et beaucoup d’autres objets, blessant des agents », s’est désolé le directeur de l’administration pénitentiaire. Selon lui, ces derniers ont utilisé des moyens qui étaient à leur disposition conformément à la réglementation. La situation a été maîtrisée aux environs de 14 heures et tous les détenus avaient réintégré leurs chambres.

Ndiol Maka SECK

La société civile exhorte l’Etat à mettre fin aux mauvaises conditions de détention
Suite à la révolte d’hier des détenus de la Maison d’arrêt et de correction de Rebeuss, trois organisations de la société civile ont cosigné un communiqué pour exhorter l’Etat du Sénégal « à prendre des mesures immédiates pour mettre fin aux mauvaises conditions de détention et aux longues détentions préventives qui constituent la principale revendication des détenus ».

Il s’agit de la Ligue sénégalaise des droits humains (Lsdh), de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (Raddho) et d’Amnesty international Sénégal. Ces organisations se disent vivement préoccupées par la mutinerie des détenus de la Maison d’arrêt et de correction (Mac) de Rebeuss depuis ce matin (hier) et la répression policière qui a entraîné, selon les informations disponibles, la mort d’une personne et de nombreux blessés parmi les détenus. Elles appellent, en outre, l’Etat à diligenter la construction annoncée d’une nouvelle prison à Sébikhotane et de fermer définitivement la Mac de Rebeuss qui ne répond pas aux normes et standards internationaux en matière de détention. « Nos organisations rappellent que l’usage de la force, dans les cas où on ne peut s’empêcher d’y recourir, doit être nécessaire, proportionnée et légale », lit-on dans le texte.

Ces organisations exigent l’ouverture d’une enquête indépendante pour faire la lumière sur la mutinerie intervenue ce matin (hier) à la Mac de Rebeuss, notamment les circonstances ayant conduit à la blessure et au décès de personnes dans cette prison.

Nd. M. SECK

Suite à la révolte d’hier des détenus de la Maison d’arrêt et de correction de Rebeuss, trois organisations de la société civile ont cosigné un communiqué pour exhorter l’Etat du Sénégal « à prendre des mesures immédiates pour mettre fin aux mauvaises conditions de détention et aux longues détentions préventives qui constituent la principale revendication des détenus ».

Il s’agit de la Ligue sénégalaise des droits humains (Lsdh), de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (Raddho) et d’Amnesty international Sénégal. Ces organisations se disent vivement préoccupées par la mutinerie des détenus de la Maison d’arrêt et de correction (Mac) de Rebeuss depuis ce matin (hier) et la répression policière qui a entraîné, selon les informations disponibles, la mort d’une personne et de nombreux blessés parmi les détenus.

Elles appellent, en outre, l’Etat à diligenter la construction annoncée d’une nouvelle prison à Sébikhotane et de fermer définitivement la Mac de Rebeuss qui ne répond pas aux normes et standards internationaux en matière de détention. « Nos organisations rappellent que l’usage de la force, dans les cas où on ne peut s’empêcher d’y recourir, doit être nécessaire, proportionnée et légale », lit-on dans le texte.

Ces organisations exigent l’ouverture d’une enquête indépendante pour faire la lumière sur la mutinerie intervenue ce matin (hier) à la Mac de Rebeuss, notamment les circonstances ayant conduit à la blessure et au décès de personnes dans cette prison.

Nd. M. SECK

Des détenus en attente de leurs procès avaient entamé, il y a quelques jours, une grève de la faim pour protester contre les longues détentions provisoires. Les choses ont dégénéré hier, dans la journée, avec l’action collective de révolte menée par les prévenus. Rencontré plus tôt dans la matinée, l’Observateur national des lieux de privation de liberté nous livrait son point de vue sur la situation. Selon Boubou Diouf Tall, le ministre de la Justice doit envisager une véritable stratégie pour vider tous les dossiers pendants devant les juridictions.

Depuis quelques jours, la maison d’arrêt et de correction de Rebeuss est secouée par une révolte des pensionnaires. Ils protestent contre les longues détentions provisoires. Selon l’Observateur national des lieux de privation de liberté, Boubou Diouf Tall, à Rebeuss, il y a principalement deux problèmes qui sont réels : le surpeuplement et les longues détentions provisoires. D’abord s’agissant du surpeuplement, relève M. Tall, la capacité d’accueil de la prison de Rebeuss est de 800 personnes. Aujourd’hui, elle accueille jusqu’à 2.500 détenus voire plus sur le même espace et avec le même budget. « Cela pose des problèmes réels de surpopulation et de prise en charge alimentaire, sanitaire et médicale des personnes qui y sont détenues », souligne le magistrat.

Sur les longues détentions, il souligne qu’il y a des personnes qui sont détenues dans cette prison pendant plusieurs années, jusqu’à 8 ans même, sans être jugées. « Sur ce point, je voudrais marquer l’intérêt qu’il y a pour le ministre de la Justice de veiller à ce que ces personnes détenues et non encore jugées puissent voir leurs dossiers soumis aux juridictions compétentes. Il s’agit, pour la plupart, de dossiers criminels qui doivent être jugés par les chambres criminelles installées au Tribunal de grande instance de Dakar », précise l’observateur national.

Une session des chambres criminelles par mois
« A défaut de rendre permanentes ces chambres comme les juridictions ordinaires, poursuit-il, nous pensons qu’actuellement, compte tenu de toute cette situation que l’on connaît à Rebeuss, le ministère de la Justice peut envisager un véritable plan Marshall pour juger tous ces dossiers pendants et en état de l’être ».

Boubou Diouf Tall est pour l’organisation d’une session mensuelle des chambres criminelles. « Je pense le grade des Sceaux qui est actuellement hors du pays va s’y atteler une fois de retour. C’est une mesure qui est faisable », estime M. Tall. A l’en croire, c’est pour corriger les lourdeurs dans le fonctionnement de la Cour d’assises que le législateur a pensé la supprimer en mettant en place des juridictions plus souples, en allégeant les procédures dans les cabinets d’instruction.

Il donne comme exemple la suppression du double degré d’instruction qui fait que le juge d’instruction qui a en charge un dossier criminel peut le renvoyer directement devant la chambre criminelle. Malheureusement, déplore Boubou Diouf Tall, « il y a énormément de cas criminels en attente ». C’est plus un problème de volume d’affaires que d’efficacité de la juridiction. L’encombrement des prisons semble être lié à la politique pénale mise en œuvre au parquet de Dakar. « La systématisation des mandats de dépôt pose problème. Si les juges pouvaient trouver d’autres alternatives à l’incarcération, cela aiderait à désengorger les prisons », préconise l’observateur national des lieux de privation.

La médiation pénale comme alternative
M. Tall propose comme alternative la médiation pénale, les peines alternatives, l’aménagement des peines, la liberté conditionnelle, la grâce, etc., « qui sont est légalement prévus par les textes ». « Quand on n’a pas assez de prisons, il faut s’adapter. La sanction peut être autre que l’emprisonnement », dit-il. Dans son rapport, l’observatoire national des lieux de privation a recommandé la limitation des mandats de dépôt en matière criminelle. « En matière correctionnelle, le mandat de dépôt est limité à 6 mois. En matière criminelle, il pouvait être limité à trois ans. Cela pourrait aider à faire vider rapidement les dossiers pour éviter les longues détentions », mentionne Boubou Diouf Tall.

A son avis, les magistrats, notamment les juges d’instruction, ceux des chambres d’accusation, les magistrats du parquet, les juges d’application des peines, etc., doivent systématiquement aller visiter les prisons pour voir la situation des personnes détenues. « Ces visites, pense-t-il, permettraient à ces juges de connaître la situation réelle des détenus pour prendre les mesures qu’il faut ». L’Observatoire a aussi recommandé, dans son rapport, le renforcement des pouvoir des juges d’application des peines pour prendre des mesures beaucoup plus importantes et rendre opérationnels les Comités d’aménagement des peines installés dans les Cours d’appel. Le recrutement en nombre suffisant de magistrats, de gardes pénitentiaires et la construction des prisons figurent aussi en bonne place dans les recommandations de l’Onlpl.

Nd. M. SECK

La vive polémique suscitée par l’élévation des femmes au rang de Cheikh au sein de la communauté mouride vient de connaître son épilogue.
En effet, sur instruction du Khalife général des mourides, Serigne Cheikh Sidy Mokhtar Mbacké, son porte-parole Serigne Bassirou Mbacké Abdou Khadre a transmis à Cheikh Béthio Thioune une recommandation visant à mettre un terme à cette série d’élévation de certains de ces disciples qui indispose les orthodoxes de la voie mouride. Cheikh Béthio, à travers une déclaration, a dit « toute sa volonté de se conformer à la recommandation du Khalife et interdit aux 75 disciples concernés de se faire appeler Cheikh et d’adopter une démarche similaire à celui d’un Cheikh de la voie mouride ». Entourés de ses disciples, Serigne Béthio Thioune est apparu en grand boubou blanc, dans une télévision de la place. Il a fait une déclaration en ces termes :

« Le Khalife m’a dit de retirer les titres de Cheikh aux disciples que j’avais élevés à cette station. Je m’y conforme dorénavant, tout en vous faisant savoir que je me conformerai à toutes ses recommandations, comme j’ai eu à le faire par le passé. Toutes les fois que je reçois son « Ndiguel ». En bon mouride pour l’éternité, l’exécution du « ndiguel » (recommandation) n’engendre qu’élévation pour un disciple. Je rends grâce à Serigne Saliou. J’invite, à cet effet, tous les thiantacones à exprimer la joie ressentie à travers la recommandation du Khalife général puisque nous avons la certitude qu’elle ne va nous procurer que des grâces ». Et le Cheikh d’exhorter ses talibés à travailler davantage sur les préparatifs du grand Magal de Touba. Cheikh Béthio, en recevant le « ndiguel » de la part du porte-parole des Mourides, lui avait dit que même si son statut de Cheikh était concerné, il s’en serait départi pour exécuter le « ndiguel » du Khalife. Mais Serigne Bassirou Mbacké Abdou Khadre de lui répondre : « Vous concernant, c’est Serigne Saliou qui vous a élevé à la station de cheikh ».

M. DIEYE

La lutte contre le terrorisme conduit souvent à des violations graves des droits de l’homme. Pour éviter cette situation, une centaine d’acteurs venant de 20 pays africains sont conviés à une session de formation de 11 jours sur le thème « Terrorisme et Droit international des Droits de l'homme ». L’ouverture a eu lieu hier à Dakar.

Comment allier la lutte contre le terrorisme et le respect des droits de l’homme dans ce contexte de menace djihadiste ? C’est la question qui réunit, depuis hier, à Dakar, une vingtaine de pays africains et la France dans le cadre de la septième session de formation en droit de l’homme. Cette année, le thème retenu est : « Terrorisme et Droit international des Droits de l'homme ». Cette formation est initiée par les Fondations Friedrich Naumann et René Cassin de l’Institut international des droits de l'homme (Iidh) de Strasbourg, avec le soutien du Service de coopération et d'action culturelle (Scac) de l'ambassade de France au Sénégal, du Bureau régional pour l'Afrique de l'ouest du Haut-commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (Brao) et du Comité sénégalais des droits de l'homme (Csdh). Elle a pour objectif de renforcer les capacités des administrations africaines sur les questions de droits de l’homme. « Le terrorisme est une grande préoccupation pour le monde entier. Il est bon d’élaborer des stratégies pour le combattre, tout en tenant compte de la préservation des droits de l’homme », a déclaré le secrétaire général du ministère de la Justice, Cheikh Tidiane Diallo, qui a présidé la cérémonie d’ouverture.

A l’en croire, déjà en 2007, les textes sénégalais avaient été modifiés pour y intégrer la question du terrorisme. Le code pénal et le code de procédure pénale avaient été ainsi amendés. « L’apologie du crime, lorsqu’il se rapporte au terrorisme, est aujourd’hui prévue et réprimée par les dispositions sénégalaises. Des personnes ont été arrêtées pour ces faits et des informations ouvertes devant des juges d’instruction. Les procédures suivent leur cours normal », a expliqué le secrétaire du ministère de la Justice. Selon M. Diallo, d’autres mesures ont été prises par le Sénégal pour combattre le terrorisme comme la mise sur pied d’un Comité national de lutte contre le terrorisme qui polarise l’ensemble des services de sécurité. Cette structure, a-t-il souligné, met l’accent sur la prévention, la sensibilisation des populations pour lutter contre la radicalisation et l’échange d’informations entre forces de défense et de sécurité. Le Représentant-résident du Haut-commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme, Andrea Ori, a relevé qu’il peut y avoir quelques fois des restrictions de la liberté de mouvement, d’information, etc. Mais, cela doit être fait dans une période très courte. A son avis, les Etats doivent prendre des mesures préventives pour éviter qu’il y ait des actes de terrorisme mais aussi éviter les actes discriminatoires qui peuvent être des sources de frustrations.

Inge Herbert de la Fondation Friedrich Naumann a noté que partout dans le monde, les menaces terroristes affectent la liberté et les droits de l’homme. « Nous avons vécu des attaques au Mali, en Cote d’Ivoire, au Burkina Faso, en France, en Belgique et en Allemagne qui ont causé de la rage et de la peur parmi les populations. Les gouvernements sont forcés de prendre des mesures de sécurité qui risque de restreindre les libertés individuelles », a-t-elle soutenu, souhaitant des réponses dans le respect des droits de l’homme.

Ndiol Maka SECK

A la question de l’Hebdomadaire Jeune Afrique « Voyez-vous, comme certains, un côté positif à la colonisation ? », Manuel Valls répond : « Non. La colonisation a marqué le continent africain. C’est un fait. Mais elle a nié la réalité des peuples. Elle a représenté beaucoup de souffrance et aussi une perte de richesses économiques et humaines ». Pour le Premier ministre français qui s’apprête à entamer une tournée africaine qui le mènera à Dakar, Accra, Lomé et Abidjan : « Aujourd’hui, l’avenir de l’Afrique est entre les mains des Africains et de leurs dirigeants. Ils ne doivent pas être tournés vers le passé, mais vers demain ». « C’est dans ce sens que la France leur tend la main en tant que partenaire, d’égal à égal sans rien oublier de nos liens, ceux de l’histoire et de la langue », a dit Valls. Dans un récent discours, François Fillon, candidat aux primaires du parti « Les Républicains » (droite) pour la présidentielle de 2017, a fustigé les enseignements scolaires qui apprennent à avoir « honte » de son pays, estimant que « la France n’est pas coupable d’avoir voulu faire partager sa culture aux peuples d’Afrique ». « Non, La France n’est pas coupable d’avoir voulu faire partager sa culture aux peuples d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du Nord », a dit Fillon.

Le président de la République, Macky Sall, au nom de la nation, du gouvernement et en son nom propre, a présenté ses condoléances émues à la Oumah islamique, à la communauté musulmane du Sénégal, à toute la confrérie Khadriya, ainsi qu’à la famille de Cheikhna cheikh Sadibou, particulièrement celle de Cheikh Talibouya Aïdara, à l’occasion du rappel à Dieu du vénéré Khalife général des Khadres, Cheikh Bounana Aïdara, survenu le lundi, à Nimzatt, en République islamique de Mauritanie, annonce un communiqué du service de presse de la présidence de la République.

Le document poursuit que le chef de l’Etat formule des prières ferventes pour qu’Allah le Tout-Puissant, dans Sa Miséricorde infinie, accueille l’illustre disparu dans son Paradis et donne à sa famille et à toute la collectivité khadriya la force de perpétuer l’œuvre de cette grande figure de l’Islam et celles de ses glorieux prédécesseurs dans l’unité, la prospérité et la paix.

A. THIAM

Cheikh Bouneuneu, le guide du consensus
Quelque part, il était écrit dans la destinée de Cheikhna Cheikh’Al Bouneuneu que la charge de la « Amaama » devrait prendre fin ce lundi 19 septembre 2016 à Nimzatt, demeure céleste de son vénéré grand-père Cheikhna Cheikh Saad-Bouh, Guide suprême de la Khadrya. Dix-huit ans après avoir hérité du « califat », l’illustre fils de Cheikhna Cheikh Talibouya devait retrouver le jardin des saints par la porte de Salihina.

Le septième khalife général des Khadres, Cheikh Bouneuneu (1927-2016) devait parachever l’unité de la khadrya en gage d’une recommandation de son illustre père Cheikh Talibouya Ould Cheikhna Cheikh Saad-bouh. A cet effet, il instruisit son fils Cheikh Sidi El Kheir d’une mission conjointe conduite par Cheikh Modou Guèye Sarr de Sagatta et Cheikh Thierno Sène de Mbour pour rallier tous les foyers de la khadrya au Sénégal, pour jeter les bases d’un consensus autour de Cheikhna Cheikh Saad-Bouh.

Simplement, parce qu’il revenait à Cheikh Bouneuneu de parachever l’unité de la Khadrya à l’occasion du centenaire du rappel à Dieu de Cheikhna Cheikh Saad-Bouh en 2017. Et pour cause, reconnaît le Pr El Hadj Cheikh Tafsir Yérim Ndoumbane Seck, plus connu sous le nom de Baye Cheikh Seck, khalife de Cheikh Yérim Ndoumbane Seck (disciple de Cheikhna Cheikh Saad-Bouh), « très jeune, son père lui confia la direction des affaires sociales et religieuses de la ville sainte de Nimzatt. Réputé par son courage légendaire et son caractère inflexible face aux décisions prises, il n’a jamais cessé de diriger avec fermeté et courage tout ce qui concerne la famille de son père ».

Comme tous ses frères et illustres khalifes de Cheikhna Cheikh Saad-Bouh, Cheikh Boouneuneu fréquenta l’école « mystique » de la Sa’-diyya Al Fadiliyya Al Khadririyya aux côtés de son père qui lui enseigna les sciences ésotériques (Al Assraar) au point d’en faire le dépositaire.

Le «califat » de Cheikh Bouneuneu a coïncidé avec la mise en œuvre de l’ambitieux projet de modernisation de la ville de Nimzatt avec comme déclinaison la disponibilité régulière de l’eau potable en toute occasion, l’électrification de Nimzatt et l’amélioration de la desserte Tiguent- Nimzatt en prélude au goudronnage de ce tronçon de 48 km qui figure au rang des priorités de l’Etat mauritanien. Le « califat » de Cheikh Bouneuneu, c’est aussi une plus grande attractivité du pèlerinage annuel de Nimzatt grâce à une nouvelle dynamique organisationnelle, un meilleur accompagnement institutionnel et un engagement militant des fidèles khadres adossés à la culture de la paix. Aujourd’hui, les jalons d’une unicité organisationnelle posés par le défunt khalife restent à être parachevés par son successeur au bénéfice exclusif de la «Oummah islamique » dans toutes ses composantes.

Par Doudou Sarr NIANG

C’est aujourd’hui que sera célébrée la 22e édition du « Thiante » Serigne Modou Awa Balla Mbacké à Kouré Dior, un village de la commune de Koul (arrondissement de Mérina Dakhar) distante de 3 km de Ngaye Mékhé.

L’événement religieux qui a été institué en 1994 a pris une autre dimension compte tenu de l’accroissement du nombre de fidèles qui convergent chaque année vers ce village religieux dont l’histoire a retenu que c’est dans cet endroit même que le « Dallou Ngaye » (chaussure de Ngaye) a émergé. Ce, avec l’implantation des familles de la lignée des Mbow et des Guèye qui se sont spécialisées dans la fabrique artisanale du cuir, indispensable à l’époque aux Damels pour les selles de leurs chevaux et leurs chaussures.

Aujourd’hui, Kouré Dior, qui est un fief polarisant 7 hameaux, figure parmi les 104 villages de la commune de Koul, dans l’arrondissement de Mérina Dakhar. Il compte de nombreux fidèles mourides. Ce qui, à juste titre, a favorisé l’engouement suscité pour la célébration du « Thiante » Serigne Modou Awa Balla Mbacké. Les autorités ont pris toutes les dispositions en rapport avec le comité d’organisation pour la réussite de l’événement célébré le 8e jour après la tabaski.

Selon le coordonnateur, Ibrahima Mbow, à la réunion du comité préparatoire, toutes les questions d’ordre matériel, d’hébergement et de sécurité ont été abordées et des solutions préconisées. Il y a également la nécessité de doter le village d’infrastructures sociales.

L’autre question qui a constitué une préoccupation majeure des autorités, ce sont les puits d’une trentaine de mètres de profondeur qui ne sont pas couverts et qui ne manquent pas souvent des faire des victimes. « Avec l’affluence notée lors du gamou, il faut tirer la sonnette d’alarme sur cette situation », a indiqué l’adjoint au sous-préfet de Mérina Dakhar, Moustapha Sankharé.

Pour le reste, l’éclairage public, l’alimentation en eau potable et l’accès au village seront assurés de même que la sécurité des biens, a rassuré M. Sankharé.

Mohamadou SAGNE

Son khalifat aura été l’un des plus brefs dans l’histoire religieuse du Sénégal. En effet, 45 jours après son intronisation, le khalife général de Bikano, département de Goudomp, région de Sédhiou, Chérif Sadibou Aïdara, a été rappelé à Dieu vendredi nuit à Ziguinchor. Le saint homme repose dans sa cité religieuse.

Le rappel à Dieu, ce week-end, à Ziguinchor, du khalife général de Binako (département de Goudomp), Chérif Sadibou Aïdara, a plongé dans la consternation et la tristesse la communauté musulmane, non seulement de la région de Sédhiou, mais également celle des pays limitrophes comme la Gambie et la Guinée-Bissau où le saint homme avait de nombreux talibés. L’annonce de la triste nouvelle a fait converger vers Binako la religieuse de nombreux fidèles ou talibés du défunt, avant même l’arrivée du corps le samedi. Une foule immense a assisté à l’inhumation dans l’après-midi.
Le chef de l’Etat et son gouvernement étaient représentés à l’inhumation par les autorités administratives. Il y avait aussi des représentants des autres confréries. Le défunt khalife n’aura occupé le khalifat que durant 45 jours, suite au décès, à Dakar, de Chérif Malaïny Aïdara le 04 août dernier. L’on se rappelle que l’Etat avait apporté un soutien inestimable à la famille pour l’évacuation du corps jusqu’à Binako. En principe, le khalifat doit revenir à Chérif Hatab Aïdara.

Malamine KAMARA


Désigné président du « Kurrel » à Dakar pour l’organisation de la prière de « Takoussan » le mercredi 21 septembre sur la plage de Yoff, Cheikh Moctar Diouf Pédro explique dans cet entretien l’importance de cet après-midi religieux qui se prépare activement. Pour le nouveau président du « Kurrel » la prière de mercredi sera la fête de l’Islam et de la liberté dans la paix.
Cheikh Mactar Diouf, vous avez été désigné par le Khalife général des Mourides, Serigne Sidi Makhtar Mbacké, comme président du « Kurrel » des deux raakas à Dakar. Qu’avez-vous ressenti après ce choix porté sur votre modeste personne ?
J’ai tout d’abord une précision d’une importance capitale à apporter. Cette précision édifiera le non-initié sur le sens véritable de cette mémorable action du Cheikh. Il ne s’agit pas de deux « Rakaas » encore moins d’une prière surérogatoire dont l’exécution serait facultative et pourrait donc être reportée ultérieurement. Il s’agit en fait de la prière de « Asr » appelée chez nous « Takussan » donc une prière de « Farata » obligatoire et prescrite à une heure précise comme indiqué dans le Coran. Tel qu’on le connaît, le Cheikh tenait, par-dessus tout et malgré tout, quoi qu’il puisse lui arriver, à s’y soumettre. Voilà donc le sens et la profondeur de cette action qui donne une idée de la dimension spirituelle de cet homme.
Quant à ma désignation comme président du « kurrel », c’est d’abord un sentiment de reconnaissance immense à l’égard du Khalife général des Mourides, Serigne Sidi Mokhtar Mbacké, et Serigne Mountakha Bachir Mbacké qui ont bien voulu me designer entre autres nombreux talibés tout aussi compétents sinon plus (j’en suis parfaitement conscient).
C’est aussi un profond sentiment d’humilité que j’adresse à mes frères talibés. C’est encore une prise de conscience de la très haute confiance placée en ma modeste personne pour cette importante mission.

Le « Kurrel » peut être considéré comme une grande commission d’organisation avec des démembrements et la présence de plusieurs talibés. Comment comptez-vous travailler avec les uns et les autres pour la réussite de l’événement tant attendu par la communauté mouride ?
D’une manière générale, dans la confrérie mouride, il n’y a pas d’organismes exclusifs. Les entités qui reçoivent des missions spécifiques ont généralement pour principe d’être ouvertes à toutes les bonnes idées d’où qu’elles viennent pour qu’elles participent à faire avancer les choses. Cela facilite le fonctionnement du « Kurrel ».
Ainsi donc, non seulement je solliciterai tous ceux auxquels vous faites allusion à tout moment et sur toutes les questions, mais encore je les prierai et c’est une invitation que j’adresse à tout le monde, membres comme non membres, de bien vouloir s’ouvrir à moi de toute idée, suggestions qui, par leurs connaissances et leurs aptitudes, nous seraient bénéfiques.

Quelle signification donnez-vous à la date du 21 septembre ? Qui va diriger la prière ?
Cette date, pour nous, revêt plusieurs significations. Elle nous rappelle le caractère obligatoire de la prière aux heures prescrites, obligation qui a amené le Cheikh à s’y soumettre au risque de commettre une action que le non-édifié prendrait pour une tentative de suicide. Donc tout talibé mouride devrait faire de la prière son credo. Le grand sacrifice que le Cheikh a librement consenti (ce qui lui a permis de prier sur l’eau pouvait lui permettre de se soustraire à l’emprise des colons) pour accueillir les dons incommensurables qu’il fera profiter à ses adeptes jusqu’à la fin des temps et au-delà.

L’Etat du Sénégal s’implique chaque année dans l’organisation de la prière. Peut-on savoir les dispositions prises par le gouvernement pour sécuriser ces milliers de talibés attendus sur la plage de Yoff ?
A cet égard je voudrais, au nom de tous mes frères talibés qui m’ont précédé à la tête de ce « Kureel » et à tous ceux qui en ont été ou en sont membres, au nom de toute la confrérie, remercier les autorités pour leur appui constant et déterminant dans la réussite chaque année plus confirmée à cette manifestation, appui sécuritaire et financier. Aujourd’hui où il est plus que jamais question de sécurité, je ne saurai assez insister auprès de ces mêmes autorités pour que des dispositions conséquentes en la matière soient prises.

Si vous avez un appel à lancer aux talibés et en général aux musulmans, qu’allez-vous leur dire ?
Tout d’abord je les invite tous, sans distinction aucune, à ce que nous pourrions appeler la fête de l’Islam et de la liberté dans la paix.
Recueillis par El H. A. THIAM

La Fondation Kéba Mbaye a un nouveau président en la personne de Kéba Bâ, analyste financier, informe un communiqué.

Fondation d’utilité publique créée en septembre 2008 avec comme mission de promouvoir et de mettre en pratique les idéaux chers au juge Kéba Mbaye, la structure a un nouveau président. Kéba Bâ succède à El Hadj Ibrahima Ndao, docteur-ingénieur de formation, ancien Directeur général de la Senelec qui a occupé ce poste jusqu’en juin 2016. Selon le document, dès avril 2000, Kéba Bâ a occupé les fonctions d’analyste financier supérieur principal et de chef au Département « Eau et Assainissement » de la Banque africaine de développement (Bad) jusqu'à sa nomination comme chef de la Division Afrique de l’Ouest et du Centre au Département « Eau et Assainissement » de la Bad de juillet 2012 à novembre 2015, date de son départ à la retraite.  Le Conseil de la Fondation Kéba Mbaye qui souhaite la bienvenue à son nouveau président remercie cependant le président sortant El Hadji Ibrahima Ndao pour « son dévouement, son engagement et l’excellent travail accompli dans tous les domaines et plus généralement dans la défense des idéaux de leur parrain ».

Selon le communiqué, le nouveau président tiendra une conférence de presse à l’occasion de la cérémonie annuelle de remise des bourses d’études de la Fondation prévue le 22 septembre prochain. La Fondation Kéba Mbaye, organisme d’utilité publique, a pour vocation de promouvoir des initiatives qui contribuent « à construire une société plus juste, plus solidaire et résolument orientée vers la recherche de la paix ». L’exercice des valeurs qui définissent la Fondation Kéba Mbaye, « l’Ethique et la Solidarité », se décline également à travers des piliers jugés essentiels au développement humain : l’Education et le Sport.
C’est une organisation indépendante et apolitique qui s’appuie sur l’engagement et les compétences de ses membres et la générosité de ses donateurs et partenaires pour la réalisation de ses projets d’intérêt général, note le communiqué.

D. MANE

Le garde des Sceaux, ministre de la Justice, Me Sidiki Kaba, en sa qualité de président de l’Assemblée des Etats parties au Statut de Rome de la Cour pénale internationale (Cpi), séjournera du 17 au 23 septembre 2016 à New York, selon un communiqué du service de communication dudit ministère. Me Sidiki Kaba, précise le texte, présidera aux réunions statuaires annuelles de la Cpi. Il aura aussi des rencontres bilatérales avec les représentants des 124 pays membres de la Cpi.

Ndiol Maka SECK

Le Haut-commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme salue l’adhésion du Togo au Deuxième protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques visant à abolir la peine de mort.

Le Bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest du Haut-commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (Hcdh-Brao) a salué hier, dans un communiqué, la récente adhésion du Togo au Deuxième Protocole facultatif au Pacte international relatif aux droits civils et politiques visant à abolir la peine de mort. « Il s’agit d’une avancée majeure dans la lutte pour l’abolition de la peine de mort et nous espérons que l’exemple togolais sera suivi par d’autres pays en Afrique et ailleurs dans le monde », a déclaré Andrea Ori, représentant régional du Hcdh-Brao à Dakar. Le Protocole, adopté le 14 septembre 2016 par le Togo, entrera en vigueur après trois mois. « J’encourage le gouvernement togolais à diffuser le plus largement possible ce protocole, afin de prendre les mesures nécessaires à l’application de ses dispositions dans le droit interne et à assurer la formation des magistrats, avocats et auxiliaires de justice sur son contenu afin de garantir sa pleine application », a ajouté M. Ori.

Nd. M. SECK

Plusieurs travailleurs de la société « One to One », un prestataire de l’opérateur de téléphonie mobile Expresso, ont arboré, jeudi, des brassards rouges pour réclamer « neuf mois d’arriérés de salaires » que leur devrait leur directeur, lequel, à son tour, les accuse de « malversations » et brandit la menace d’une plainte.

« Nous protestons contre le directeur de la société "One to One". Il nous doit plusieurs mois de salaire. Certains travailleurs sont restés six mois sans salaires, d’autres neuf mois. Nous courrons derrière nos salaires depuis neuf mois », a déclaré leur porte-parole Serigne Cheikh Thiam. Ces travailleurs, qui se sont rassemblés dans les locaux d’Expresso à Santhiaba, dénoncent des « conditions précaires » de travail. « Nous n’avons ni bulletins de salaires, ni contrats de travail formels encore moins des cotisations à l’Ipres. Nous percevons nos salaires via un réseau de transfert d’argent. Ce n’est pas normal », a-t-il dénoncé. Les travailleurs de « One to One », qui disent avoir saisi l’inspection régionale de travail de Ziguinchor sur la question, menacent de dérouler d’autres manifestations dans les prochains jours en vue de percevoir « les arriérés de salaires et les autres droits afférents ».

Contacté par l’Aps, le directeur de « One to One », Mame Amath Ngom dit Amich, parle d’un « problème de malversations ». « Nous leur avons donné un stock qui est déjà épuisé, mais l’argent ne nous est pas retourné. Depuis lors, ils n’ont pas travaillé et ils demandent des salaires qui ne doivent être payés qu’après le travail. Par trois reprises, nous avons renouvelé le stock, mais ils (les travailleurs) ne nous retournent jamais l’argent », a accusé M. Ngom. « Nous allons porter plainte contre eux et porter le différend en justice. Ils doivent nous donner de l’argent ou nous retourner le stock. Depuis, ils n’ont rien fait que de réclamer des salaires, alors qu’ils n’ont pas travaillé depuis tout ce temps », a poursuivi le directeur général de « One to One ».

(APS)

Trois forages tombés en panne à Touba vont être réparés par l’Office des forages ruraux (Ofor) avant le prochain Magal de Serigne Abdou Khadre Mbacké prévu le 4 octobre prochain dans la capitale du Mouridisme, a-t-on appris mercredi au cours d’un Crd spécial consacré à cet événement religieux.

Des correspondances ont été adressées à l’Ofor pour « la réparation immédiate » des motopompes en panne de trois forages à haut débit faisant partie du réseau de la capitale du Mouridisme, a-t-on précisé au cours de ce Crd présidé par le gouverneur de Diourbel, Mouhamadou Moustapha Ndao. Les autorités sanitaires, de leur côté, ont indiqué que cinq postes avancés seront installés lors de ce Magal, ainsi que des ambulances pré-positionnées à divers endroits stratégiques de Touba. Des opérations de saupoudrages seront menées, de même que le dispositif de lutte contre les inondations sera renforcé avec des moyens de pompage encore plus importants.

S’agissant de la fourniture d’électricité, la Senelec a promis d’assurer la maintenance et l’entretien du réseau pour une meilleure qualité de service. En ce qui concerne la sécurité, 150 éléments du Gmi seront mobilisés, a-t-on annoncé lors de ce Crd qui a permis d’aborder d’autres points de l’organisation, dont l’approvisionnement en bois de chauffe et les activités liées au petit commerce lors du Magal.

Serigne Sidy Abdou Khadre Mbacké, au nom de Serigne Cheikh Abdou Khadre, khalife de la famille, s’est réjoui des dispositions prises par les différents responsables concernés par l’organisation de ce Magal. Il dit souhaiter que les engagements pris lors de ce Crd soient respectés pour la réussite de cet événement religieux. Serigne Abdou Khadre Mbacké (1914-1990) est un fils de Cheikh Ahmadou Bamba, fondateur du Mouridisme. Il fut le quatrième khalife de la confrérie mouride, l’une des principales branches de l’islam au Sénégal. Sa vie se confond avec son imamat à la grande mosquée de Touba, où il dirigea pendant 22 ans les prières du vendredi et celles des fêtes religieuses.

 « Serigne Abdou Khadre était l’incarnation du "Istikhama" », ce qui veut dire la droiture, un des principes de l’islam. Serigne Abdou Khadre exhortait les gens à respecter la sunna (tradition du Prophète – PSL). Une pratique sans exagération, ni laxisme », a expliqué à l’APS Serigne Sam Bousso, membre de la famille de Serigne Abdou Khadre.

(APS)

Une centaine de familles en difficulté et autres concitoyens nécessiteux de la ville tricentenaire de Saint-Louis ont reçu des mains de Cheikh Ahmed Tidiane Diop des sachets de viande, dans le cadre de la mise en œuvre d’un important projet d’action humanitaire réalisé par l’Ong turque Hasen dans les régions de Dakar, Thiès et Saint-Louis.

Grâce à une étroite collaboration avec les partenaires turcs, l’imam Cheikh Ahmed Tidiane Diop et ses proches collaborateurs ont immolé 70 bœufs pour ravitailler en viande certaines populations vulnérables confrontées à d’énormes difficultés pour subvenir aux besoins de leurs progénitures ou acheter un mouton de Tabaski. Une opération salutaire qui a permis à ces familles défavorisées de célébrer cette grande fête de l’Islam dans de très bonnes conditions. Cette opération s’est déroulée à quelques encablures de la grande mosquée du nord de l’île de Saint-Louis. Sur le quai  Bacre Waly Guèye, ils étaient nombreux à rendre un vibrant hommage à l’imam Ahmed Tidiane Diop qui, depuis plusieurs années, s’évertue, avec l’appui des partenaires turcs, à soulager les souffrances des populations de la vieille cité. L’année dernière, a rappelé Ahmed T. Diop, fils du vénéré Feu imam El Hadj Majib Diop et coordonnateur du mouvement social « Ande-Diapalanté », 900 personnes ont pu bénéficier de ce soutien turc. « Ce nombre sera largement dépassé, parce que nous avons décidé, cette année, d’élargir notre champ d’action. Cette grande opération de partage a été mise en œuvre dans les quartiers de Pikine, Guet-Ndar, Goxu Mbacc et Santhiaba, dans les « daaras », à la Maison d’arrêt et de correction de Saint-Louis et au centre social et de formation professionnelle Keur Mame Fatim Konté des HLM », a-t-il indiqué. 

Mbagnick Kharachi DIAGNE

Redonner le sourire aux orphelins, telle est la volonté de Ngane Guèye, présidente de l’Association des mamans d’orphelins du Sénégal (Amos). Son rêve, c’est d’avoir un financement de 8 millions de FCfa pour mettre en place un poulailler à Mbambilor.

Créée en mars 2015, l’Association des mamans d’orphelins du Sénégal (Amos) regroupe 200 mamans et plus de 500 orphelins qui habitent Keur Massar, Yeumbeul, Malika, Thiès, Ndangalma et Mbour. Née d’une initiative de bonnes volontés, l’association dirigée par Ngane Guèye, diplômée en Sciences économiques (Ucad), veut faire du soutien des mamans d’orphelins son cheval de bataille. « Nous sommes parties de nos propres moyens», déclare la présidente.

Pour renflouer leur caisse, Amos prête à ses membres de l’argent afin qu’elles puissent faire un petit commerce moyennant des revenus. « Il existe beaucoup d’associations qui ne s’intéressent qu’aux enfants, nous nous aidons la mère et l’enfant », souligne-t-elle. En ce sens, leur soutien va permettre de prendre en charge l’enfant jusqu’à l’âge de 21 ans. Cela nécessite de gros moyens pour faire face aux nombreuses dépenses. « Nous voulons financer un poulailler d’une valeur de 8 millions de FCfa d’une superficie de 300 m2 qui sera installé à Mbambilor. Ce projet est à l’étude », explique Ngane Guèye, qui précise que cette activité sera une aubaine pour les mamans. Elle les aidera à s’émanciper financièrement et à accompagner leur progéniture. « Nous avons écrit des lettres à la Fondation servir le Sénégal, au ministère de la Femme, à la direction du Port autonome de Dakar et à la mairie de Dakar depuis l’année dernière. Seul Khalifa Sall a répondu », dit-elle.

Toutefois, la Fondation Sonatel, leur premier partenaire, a accepté de prendre en charge les volets éducation et santé de 58 enfants orphelins. « C’est le critère d’excellence qui est mis en avant. La Fondation va prendre les frais de scolarité jusqu’après leur baccalauréat. Dès que l’enfant redouble la classe, la bourse sera coupée. La Fondation compte augmenter le nombre de bénéficiaires », indique Ngane Guèye, qui reconnaît que les enfants orphelins souffrent de manque d’affection, d’absence d’assistance, etc. C’est pourquoi, certains s’adonnent au petit commerce, à la mendicité ou sèchent leurs cours ».

Serigne Mansour Sy CISSE

Le Hajj de cette année est pratiquement terminé. Les pèlerins aux lieux saints de l’islam ont accompli, lundi dernier, l’ultime rituel à Mouna constant à la lapidation des trois stèles symbolisant Satan, l’Esprit malin. 

Les millions de pèlerins aux lieux saints de l’islam, qui sont venus cette année de tous les pays du monde entier dont le Sénégal, ont accompli, tôt lundi matin, le dernier acte du Hajj : La lapidation pour la troisième fois, à Mouna, des trois stèles représentant Satan. L’islam a recommandé aux pèlerins de jeter sept cailloux le premier jour sur la grande stèle et 21 autres le lendemain ou le surlendemain sur les trois stèles (la grande, la moyenne et la petite). Cela a été fait, à la grande satisfaction des Adjaratou et El hadj, ainsi que des autorités saoudiennes qui ont bien assuré la sécurité des pèlerins et des différents lieux saints de l’islam où les fidèles musulmans se sont rendus durant leur pèlerinage. Il faut savoir que pour chaque pèlerin le Hajj se termine par de nouvelles circonvolutions (au nombre de 7) autour de la Kaaba. Ces dernières circonvolutions, dites « Tawaaf d’au revoir à la Kaaba » sont en train d’être faites depuis hier, au rythme des pèlerins et selon la programmation de leurs vols retours. Selon l’histoire, le pèlerinage s'inspire d'une tradition antérieure à l'islam, qui remonte à Abraham, patriarche biblique vénéré par les musulmans comme par les juifs et les chrétiens.

La Kaaba abritait des centaines d'idoles anté-islamiques détruites en 630 par Mohamed (Psl) lors de son « retour triomphal » à La Mecque. Le Hajj se tient une fois par an au début du mois lunaire musulman de Dhoul al-hajja. Le pèlerinage aux lieux saints de l’islam coïncide en général avec la fête du sacrifice (Aïd al-Adha, également appelée Aïd-el-Kebir – la grande fête, notamment au Maghreb, ou Tabaski en Afrique), au cours de laquelle les musulmans du monde entier sacrifient un animal, en général un mouton, en souvenir du sacrifice d'Abraham : ce dernier s'apprêtait à sacrifier son fils Ismaël en signe d'obéissance à Dieu, lorsque ce dernier le remplaça par un bélier.

De notre envoyé spécial El Hadj Moussa SADIO


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