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Régions (1962)

L’élevage n’est plus l’apanage des seuls peuls et autres bergers. A Saint-Louis, cette activité est partout présente. Nombreux sont aujourd’hui des particuliers qui s’adonnent à celle-ci pour diverses raisons. L’amélioration génétique, pratiquée ces dernières années, a permis le développement de races comme le « ladoum » très prisé. Signe de prestige, ou d’opulence, l’élevage de moutons de race, devenu également un business très lucratif, a de beaux jours dans la vieille cité.  

Saint-Louis n’est pas seulement une ville de pêche. A Guet Ndar, Santhiaba et Gokhou Mbacc, qui abritent la plus grande communauté de pêcheurs de la ville, voire même du Sénégal, le visiteur sera surpris de voir une flopée de moutons replets, à force d’être très bien entretenus, trainasser aux devantures des maisons, ou sur ce qui reste encore de plage après le désastre causé par l’avancée de la mer. Dans ces quartiers, la nécessité  recommandait la pratique de l’élevage. A Léona, Médina Courses, Ndiolofène, Bango et un peu partout dans la ville, on retrouve des centaines d’éleveurs très actifs. Nombre d’entre eux sont reconnus pour la qualité de leurs bêtes.
Dans le paysage de l’élevage de moutons de race, la Bergerie des 2 Khadim (B2K), implantée à Bango, figure en bonne place. Créée le 1er janvier 2016 grâce à une même vision prospective portée par deux amis passionnés par l’élevage, celle-ci constitue une véritable attraction. Khadim Diop, directeur commercial de Nma (Nouvelle minoterie africaine) et Khadim Thiam, directeur de la logistique de la Société générale de construction (Sogec), qui ont eu l’ingénieuse idée de fusionner leurs bergeries pour créer la B2K, ne regrettent pas leur choix.

Le visiteur qui vient à la B2K est émerveillé par les sujets de grande taille, robustes, au corps bien charpenté et au garrot saillant qui peuplent les enclos très bien entretenus. Ils ont pour noms « Galactik », « First Choice », « Foreman », « Naomi », « Graine d’Or », « All Black », « Everest », « Challenger », « Millésime », « Deuxième Dame »… Le travail effectué par la B2K pour améliorer les qualités de leurs sujets a bien porté ses fruits.

Pour Ibrahima Samba, l’organisation régulière de foires démontre que l’élevage se porte de mieux en mieux à Saint-Louis. Et selon cet éleveur, la dernière foire de Dakar l’illustre à merveille avec la percée historique et fulgurante de la B2K. « Pour avoir remporté une dizaine de Prix et pas des moindres, cette bergerie a fini par conquérir le cœur des Sénégalais », fait-il savoir. D’ailleurs, indique-t-il, « rien qu’à entendre des noms d’athlètes comme « Galactik », « First Choice », « Naomi », « Graine d’Or », « All Black », « Everest »…, on s’imagine assez aisément combien Saint-Louis a été performante à travers la B2K ». Ces performances démontrent, à son avis, le travail titanesque réalisé en amont pour en arriver à ce niveau exceptionnel. « La particularité de cette bergerie, réserve de champions ou de cette école, c’est la mutualisation des compétences, expériences et passions des partenaires qui la composent. Ces deux jeunes qui ont installé la génétique dans les sommets jusque-là inconnus prouvent aujourd’hui que l’union fait la force », informe-t-il.

L’amélioration génétique en priorité
Aujourd’hui, à Saint-Louis, plusieurs éleveurs se sont organisés en associations pour partager leurs expériences et préserver leurs intérêts. L’Association des éleveurs de Saint-Louis (Adesl) fait partie de celles-là. Cette structure, qui a vu le jour en 2016, regroupe plus de 150 membres qui sont des médecins, pharmaciens, enseignants, magistrats, banquiers, journalistes, ingénieurs…, tous des passionnés qui gèrent leur cheptel avec sérieux et dévouement. Et cette passion les a amenés à maîtriser des aspects importants de l’élevage ovin. Selon le président de l’Adesl, le « ladoum » est la race la plus prisée parce que symbolisant l’élégance et l’harmonie dans la forme. « Avec les « ladoum » on trouve des mensurations extraordinaires. Chez cette race, on a des longueurs assez impressionnantes allant jusqu’à 115 cm et des hauteurs pouvant atteindre 158 cm », explique Ousmane Bao. Pour ce pharmacien, il existe deux sortes d’éleveurs. « Il y a d’abord ceux qui le font pour rechercher de l’argent parce que « ladoum » est une race très prisée aujourd’hui. Les prix de vente incitent beaucoup de gens à se lancer dans cette activité. Il y a aussi une autre catégorie qui le fait par passion », souligne M. Bao qui dit faire partie du lot de ceux qui font l’élevage par passion. La preuve, des millions de FCfa lui ont été proposés pour certains de ces sujets, mais il n’a pas jugé opportun de les vendre. « Chez moi, c’est la passion qui prime. Je ne me suis pas lancé dans cette activité pour réaliser des profits, mais parce que j’aime l’élevage », note-t-il.

D’après M. Bao, l’élevage de moutons de race demande beaucoup d’investissements. Et à son avis, il faut injecter de gros moyens pour espérer avoir de bons sujets. Il a cité l’exemple de la Bergerie 2 Khadim qui a dignement représenté Saint-Louis lors de la 10ème édition du salon de l’Alliance pour le développement et l’amélioration de la race (Adam), en remportant avec « Galactik » et « Foreman » les 1er et 3ème Prix de la catégorie « Espoir Mâle » et une dizaine d’autres. « C’est leur travail et leur passion pour l’élevage qui ont été récompensés. Mais, il faut faut redoubler d’efforts », conseille le président de l’Adesl.

A la B2K comme chez les grands éleveurs de la ville, on véhicule une approche professionnelle de l’élevage de la race de mouton « ladoum » avec plusieurs volets. Et Khadim Diop est à l’aise lorsqu’il parle du volet technique (en termes de conduite d’élevage), vétérinaire (en termes de santé animale et de la reproduction). « Il faut nécessairement maîtriser les techniques de croisement, de santé, de la nutrition animale, de sélection des ressources humaines chargées de surveiller les sujets, de développement en transfert de compétences, de gestion de l’entreprise et des finances, de gestion de la bergerie, de management, de développement de projet et de marketing, etc. », fait-il remarquer. Selon Khadim Diop, la spécificité de B2K est de continuer à apporter une valeur ajoutée génétique à l’amélioration des performances du « ladoum », en vue de permettre à l’élevage de cette race d’entrer dans une dimension d’excellence et de prestige à travers un marketing en phase avec le caractère exceptionnel des bêtes que cette bergerie élève à Bango. Pour lui, même si les produits de B2K sont destinés à la vente, ils permettent de contribuer efficacement à l’amélioration génétique des cheptels.

Parcours atypique
Ibrahima Samba fait partie des nombreux particuliers à s’être reconvertis en éleveur de mouton de race. Cette activité est devenue sa passion. Depuis toujours, il parvient à en vivre, car ayant su jouer la carte de la complémentarité. Comme tout bon éleveur, il effectue un travail de sélection assez sérieux ; l’objectif étant de conserver les principales caractéristiques de la race : prolificité, rusticité, mue, robe, etc. « J’ai investi des sommes colossales pour me constituer un cheptel de qualité », déclare ce professeur de Lettres au Prytanée militaire de Saint-Louis (Pms). Ibrahima Samba a fourbi ses armes dans l’élevage de moutons avec son père, un fonctionnaire de la santé qui, en dehors de sa passion pour les bêtes, considérait ses moutons comme des êtres humains. Il a par la suite perpétué sa passion pour les beaux moutons à sa sortie de l’université. A l’époque, précise-t-il, les meilleurs sujets étaient des « toubabers », une race qui, parmi les locales, était la plus performante en termes de courbe, de croissance, de mensurations, de beauté et de douceur. « J’ai dû me contenter de ces sujets tout en essayant timidement les « bali-bali » qui venaient du Mali », renseigne-t-il.

Affecté au Prytanée, cet apprenti éleveur était resté dans sa passion prenante, ponctuée de trouvailles géniales et d’échecs cuisants quant aux croisements. L’année 2009 fut pour Ibrahima Samba celle de la grande ouverture. « J’ai reçu,  cette année-là, la visite d’Ismaël Grandet, précurseur à Saint-Louis, et plus tard celle du docteur Malick Sarr, dont la bergerie était partout reconnue à Mbour. Ils m'introduisirent plus sereinement dans ce monde de fous heureux. Ce qui m’a permis de redynamiser ma bergerie avec de nouvelles recrues et des techniques plus décisives en termes de production de viande », raconte-t-il. Ce n’est qu’en 2015 que M. Samba a atteint le niveau correct. Et ce succès, il le doit au docteur Malick Sarr et à Khadim Diop de B2K. « Grâce à eux, j’ai été formé dans des compétences salutaires à l’élevage moderne. Ces acquis tournent autour de la structure, du confort, de la nutrition, de la génétique, de la santé de l’animal et surtout de la performance. Et plus tard, j’ai pu expérimenter à la fois la stabilisation des performances des moutons « ladoum » et l’élevage de ce qu’on pourrait appeler des moutons de chair ».
Pour Ousmane Bao, l’avenir de l’élevage de moutons de race a de beaux jours devant lui à Saint-Louis parce qu’autour des moutons de race se développe un business très lucratif. « Le « ladoum » est très prisé et les prix de vente incitent beaucoup de gens à se jeter dans l’élevage qui est une  activité d’une extrême complexité », estime-t-il en annonçant la tenue  en décembre prochain d’une foire des moutons de race pour mettre en lumière le savoir-faire des éleveurs saint-louisiens dans le domaine de l’élevage.

Quant à Ibrahima Samba,  il pense que l’élevage saint-louisien est plus que performant. Et à son avis, les éleveurs du dimanche pourraient mieux aider l’Etat dans l’atteinte de ses objectifs, à savoir l’autosuffisance et la maîtrise du cheptel. « Je crois que nous arriverons à cela si nous mettons la passion au service de l’utile. L’expérience et la formidable aventure des moutons « ladoum » au Sénégal peut et doit être transférées dans plusieurs secteurs de développement », soutient Ibrahima Samba.

Par Samba Oumar FALL, Souleymane Diam SY (textes)
et Assane SOW (photos)

 

Sur la route de Matam, les responsables de la Délégation de l’entreprenariat rapide des femmes et des jeunes (Der/Fj) ont fait escale à Saint-Louis pour sensibiliser les acteurs sur ce fonds. Au final, 990 millions exactement ont été mis à la disposition des femmes et jeunes de la capitale du Nord pour les accompagner dans leurs différents projets.

Depuis des années, le Sénégal a connu une croissance continue ; et l’Etat, dans le souci de faire bénéficier aux populations des fruits de cette belle embellie, a décidé de mettre sur pied des mécanismes pouvant permettre d’accompagner les couches les plus vulnérables (femmes et jeunes). C’est donc tout le sens de cette cérémonie organisée à Saint-Louis.

D’emblée, le gouverneur Alioune Aidara Niang a rappelé tous les efforts de l’Etat pour appuyer les populations dans le cadre de l’entreprenariat. Pour lui, cette catégorie visée par l’exécutif est un vecteur essentiel de développement. C’est pourquoi, Alioune Aïdara Niang s’est réjoui de la présence «remarquée des différentes associations de jeunes et femmes, qui œuvrent dans le développement, au niveau de la région ». Pour sa part, Papa Amadou Sarr, délégué général de la Der/Fj, a informé que près d’un milliard a été mobilisé pour la région de Saint-Louis. Dans ce même volet, il a rappelé que cette enveloppe « est susceptible de connaître une évolution, mais il faudra que la région puisse absorber cette somme avant un deadline bien défini ». Aussi, le délégué général a souligné qu’à cette première tranche de 15 milliards distribuée au 14 régions va s’ajouter d’autres financements sectoriels dans les domaines du commerce, de l’artisanat, de l’agriculture, entre autres. Ainsi, annonce-t-il, « la dotation initiale de la région de Saint-Louis peut évoluer et même flirter avec deux milliards ».

Le ministre Papa Amadou Sarr a aussi rappelé qu’il n’existe aucune discrimination dans l’octroi des financements mais, « si une région peine à absorber son financement, un redéploiement sera fait au profit d’une autre région. Car nous sommes dans la rapidité et la recherche de résultats ».   
Ces craintes, l’adjoint au maire Aïda Mbaye Diop n’en a pas. En effet, elle rappelle que « Saint-Louis est une zone de pêche et d’agriculture avec les potentialités de la vallée. « C’est pourquoi je n’ai aucun doute de la capacité des femmes et des jeunes de la région très dynamiques à résorber rapidement ce milliard », affirme-t-elle.

Amadou Maguette NDAW

Niague Peulh est un village sis dans la commune de Sangalkam, un des trois départements que compte la région de Dakar, capitale du Sénégal. Cependant, malgré la position géographique de cette localité dans la capitale du Sénégal, ses habitants font face à des problèmes liés à l'insuffisance de ressources et services de base. D'où leur cri du cœur lancé à l'occasion d'une cérémonie de remise de matériel médical offert par Rotary Club Dakar Horizon à la case de santé du village.

Les difficultés auxquelles fait face le village de Niague Peulh sont nombreuses et diverses. D'abord l'accès au village rendu difficile par l'absence de route goudronnée qui relie directement le village à la route nationale distante de 3 km. Selon les habitants que nous avons interrogés, pour évacuer un malade vers une structure de santé située hors de Niagues Peul, le patient est transporté sur une charrette jusqu'à la route où s'arrêtent les véhicules. Une solution qui n'est pas sans risques de complication pour le malade. De la même manière, une femme enceinte sur le point d'accoucher est transportée dans les mêmes conditions avec tous les risques que cela peut engendrer. « Il arrive même que des femmes enceintes accouchent à mi-chemin sur le trajet sablonneux après avoir été obligée de marcher pour se rendre à la structure de santé », témoigne Idy Sow, délégué du quartier Mamadou Sow de Niague Peulh. « Par conséquent, nous prions les autorités centrales de faire en sorte, en relation avec les autorités municipales, de prolonger la route goudronnée jusque dans le village de Niague Peulh », a-t-il ajouté. De la même manière, Idy Sow souligne que des élèves sont obligés de marcher pour se rendre au collège implanté hors du village pour la simple raison que les bus de transport en commun ont pour terminus la route nationale. Une chose qu'il trouve d'autant plus risquée que l'actualité est rythmée par des rapts et enlèvements d'enfants parfois suivis de meurtres. En outre, l’annonce de l’implantation du pôle urbain de Niague Peulh a quelque peu donné des soucis à certains habitants qui, aujourd’hui, veulent en avoir le cœur net sur l’espace qui sera consacré à ce projet afin de pouvoir connaître les dispositions à prendre dans un sens ou dans un autre. « L’autorité doit communiquer sur cet aspect afin d’éclairer la lanterne des habitants. Ici, tout le monde s’interroge sur cette question qui taraude nos esprits », ajoute-t-il.  
 
Difficultés scolaires,
manque d'eau...

L’école élémentaire publique est également au centre des préoccupations des habitants. Idy Sow a dénoncé les effectifs pléthoriques notés dans les salles de classe. A ce sujet, Boubacar Barry, directeur de l’école élémentaire de Niague Peulh, a révélé que 327 élèves fréquentent l’établissement scolaire composé de six salles de classe. Ce qui est insuffisant, selon lui, pour recevoir les élèves du village. C'est la raison pour laquelle, il a appelé les autorités académiques à augmenter le nombre de classes en construisant d’autres dans l’école. De la même manière, Boubacar Barry souhaite que l’école dispose d’une salle informatique afin que les potaches soient au diapason des innovations technologiques. En outre, il a lancé un appel pour la dotation en fournitures scolaires et en quantité suffisante à l’école qu’il administre. Toujours, au chapitre des réclamations du directeur, des tables-bancs, une boite à pharmacie, une cantine scolaire pour le repas des élèves. Une femme répondant au nom de Oumou Seydi a, quant à elle, pointé du doigt les difficultés que toutes les femmes du village rencontrent au quotidien. Certes le village est connecté au réseau hydraulique de la Sones, mais l’eau y est devenue une denrée rare depuis un an. « Depuis un an, c’est toujours la croix et la bannière pour les femmes dans la recherche d’eau potable », a-t-elle révélé. Une citerne d’eau arrive tous les jours pour approvisionner le village. Mais, la quantité qu’elle distribue est largement en deçà des besoins quotidiens des habitants. Abondant dans le même sens, Demba Sow, président de l'Asc de Niagues Peulh, emboîte le pas à Idy Sow en expliquant que les difficultés liées à l’accès au village justifient en fait l’impossibilité pour les minibus de venir jusqu'à Niague Peulh. De la même manière, Demba Sow de révéler qu’à partir de 20 heures, les femmes qui veulent rallier le village à partir de la route nationale ont toujours la peur au ventre du fait de l’absence d’électricité. « A partir de cette heure, il fait sombre. D’où, un problème d’insécurité auquel il faut trouver une solution », a-t-il avancé.
 
Rotary Club Dakar Horizon fait décoller la case de santé
 Niague Peulh dispose d'une case de santé qui, depuis sa construction, est confrontée à des difficultés qui plombent son fonctionnement. Absence d'équipements, de médicaments, voire de ressources financières destinées, entre autres, à rémunérer les deux agents qui sont chargés du service médical. Heureusement, Rotary Club Dakar Horizon a mis à profit la célébration de son vingt-cinquième anniversaire pour voler au secours de cette case de santé en lui offrant un lot de médicaments et de matériel médical d'une valeur d'un million. Il est composé de comprimés, de perfuseurs, de sérums, d’alcool, de coton, de thermomètres, de tensiomètres, de stéthoscopes et de glucomètres. La cérémonie de remise a été un grand moment de mobilisation de tout le village qui s'est donné rendez-vous à la case de santé. Même les enfants sont venus en grand nombre pour manifester leur reconnaissance aux membres de Rotary Club Dakar Horizon. La présidente de ce Rotary Club, Ndèye Fatou Camara, a ainsi invité le comité de gestion de la case de santé à faire bon usage de ce don de manière pour qu'il soit profitable à toute la population du village. Représentant du maire de Tivaouane Peul, Ibrahima Ndoye a salué ce geste de Rotary Club Dakar Horizon qui, a-t-il estimé, va permettre à la case de santé de décoller. Parmi les obstacles qui retardaient le décollage de la case de santé, le manque d'eau et d'électricité faisant qu'il est impossible de pratiquer certains services même le jour à plus forte raison la nuit. « Dès lundi, je vais prendre contact avec la Senelec et la Sde afin que la case de santé puisse être branchée au réseau d'eau et d'électricité », a-t-il assuré. Cerise sur le gâteau, le maire de cette localité qui s'est présenté après la fin de la cérémonie ne s'est pas privé de rencontrer les membres de la délégation de Rotary Club Dakar. L'autre bonne nouvelle qu'il a livrée, est sa décision de régulariser le statut du personnel soignant afin de stabiliser le service de cette structure de santé.

Abdou DIOP



 

Après avoir réalisé un ambitieux plan de développement pour Rufisque chiffré à plus de 95 milliards de FCfa, les autorités municipales ont partagé le document avec les partenaires institutionnels et privés. Au terme de cette journée de partage, les partenaires restent convaincus de la faisabilité du plan.

La ville de Rufisque veut rattraper le temps perdu avec le Plan urbain de développement durable (Pudd) qui a été conçu au sortir des assises de la « Vieille ville » organisées en 2015. Ce document est le fruit d’un long processus marqué par des nombreuses consultations citoyennes et par un lancement populaire. Aujourd’hui, une vision claire a été dégagée, des problèmes ont été diagnostiqués, des objectifs fixés ainsi qu’un plan d’action prioritaire 2016-2020.

Et pour redonner à Rufisque son lustre d’antan, il est nécessaire d’injecter une enveloppe d’un peu plus de 95 milliards de FCfa.
« Aujourd’hui, il est clair que Rufisque sait où elle veut aller. Il est clair que les élus, les populations, les intellectuels, l’expertise locale, les organisations communautaires de base, qui savent bien diagnostiquer la ville, en ont identifié les priorités et ont formulé ce plan de développement urbain durable », a expliqué le Docteur Oumar Cissé, président de la Commission scientifique des Assises de Rufisque. C’était à l’occasion d’une journée d’échanges avec les partenaires institutionnels et privés. Parmi les actions à réaliser, Dr Oumar Cissé relève l’aménagement du boulevard Maurice Guèye (centre-ville) ainsi que le littoral. « Nous pensons que Rufisque doit avoir sur tout son cordon littoral un bord de mer tel que les grandes villes l’ont où il y a la fonction de digue, la fonction de promenade et la fonction routière et la fonction de voirie », a ajouté Dr Cissé citant des villes comme Alexandrie en Egypte et Durban en Afrique du Sud.

Lamine Samb, le représentant du Premier ministre Mouhammad Boun Abdallah Dionne pense que ce plan de développement de la « Vielle ville » est « réalisable » et traduit, selon lui, l’ambition que les Rufisquois nourrissent pour leur cité. Ce conseiller du chef du gouvernement ne doute guère de la faisabilité de ce plan. « C’est un programme à hauteur d’homme parce que 95 milliards dans les perspectives économiques du Sénégal, ce n’est vraiment pas grand-chose. On a vu que le président s’est investi sans compter pour des projets pour lesquels l’avenir des Sénégalais est en jeu. Il n’y a aucun doute que ce plan pourra entrer dans les perspectives de faisabilité», a expliqué Lamine Samb. Aujourd’hui, des partenaires tels que Sococim Industries ont même pris l’engagement d’accompagner cette nouvelle orientation prise par les autorités municipales. D’ailleurs, Dr Oumar Cissé signale que même la coopération décentralisée et les organisations internationales seront mises à contribution pour la mise en œuvre du Plan urbain de développement durable de Rufisque.

Maguette NDONG

 

Depuis son arrivée à la tête de cette commune cosmopolite, le maire Pape Adama Cissé a les coudées franches. Son ambition étant d’apporter des changements qualitatifs et positifs au profit des populations, il semble être sur la bonne voie aujourd’hui.

Le défi de l’amélioration de l’éclairage public, de la modernisation envisagée du marché hebdomadaire et la reprise du festival des récoltes de Passy pour faire reprendre à la ville sa position de creuset culturel dans le Saloum sont bien en bonne position dans les priorités de l’édile de Passy. Mais, comme il nous l’a si bien indiqué, « le premier acte que nous avons posé à notre arrivée en juillet 2014 a été de régler les arriérées de salaires que devait la commune à ses employés et aux fournisseurs et de s’attaquer ensuite aux nombreux litiges fonciers et à l’éclairage public qui faisait défaut ». Une situation qu’il dit avoir résolu en six mois de gestion municipale. « Nous avons ainsi réussi à éponger toutes les dettes grâce à une bonne stratégie de mobilisation des recettes ordinaires et un meilleur recouvrement », souligne-t-il. Et cela, ajoute M. Cissé, « nous a permis de créer quatre nouveaux emplois dès notre première année de magistère. Il s’y ajoute le renforcement de l'éclairage public, la construction et l’équipement de nouvelles salles de classe à l'école 3 et en même temps nous avons doublé l'appui aux étudiants qui est passé de 1 million à 2 millions puis 3 millions en 2017. Nous avons aussi revu à la hausse le montant des secours aux indigents et sinistrés qui est passé de 1 million à 3 millions en 2017 ».

Nette amélioration
de l’éclairage public  
Par ailleurs, le Conseil municipal de Passy a réinstauré la coupe du maire dont la mise est devenue plus importante en sus des subventions accordées aux cinq (5) écoles ainsi qu’au centre de santé de la ville. Entre autres initiatives prises par le maire de Pape Cissé et son équipe, l’organisation des 72 heures de Passy aux plans culturel et sportif avec un budget de plus de 1,5 millions de FCfa. Sur un autre registre, Pape Adama Cissé estime qu’aujourd'hui ils ont le meilleur éclairage public de la région de Fatick et ils comptent investir près de 30 millions de FCfa dans l'extension du réseau qui va leur permettre de raccorder les hameaux de Darou Ndiayène, de Keur Ngagne et de Keur Moumine. « Nous avons aussi construit un dépotoir municipal moderne sécurisé avec l'aide de l’entreprise Eiffage et mis en place plus d’une trentaine de bacs à ordures accompagnés par un système motorisé de ramassage des ordures ménagères que nous avons mis en place gratuitement », ajoute-t-il.

Relance envisagée
du festival des récoltes
La ville de Passy étant un véritable creuset culturel, le maire et son équipe ont comme objectif majeur pour l’année 2018 de relancer le festival des récoltes qu’un de ses prédécesseurs, en l’occurrence Moustapha Ka, avait initié à l’époque. « Il est vrai que ce festival n'a pas eu lieu depuis plusieurs années maintenant. Nous avons envisagé de relancer cette grande manifestation culturelle et l’inscrire dans un cadre national et international. Nous y travaillons déjà en rapport avec un grand homme de culture : Abdoulaye Racine Senghor qui est un digne fils de Passy et dont la commission chargée de la culture au sein du Conseil municipal s’inspire de l’expérience. Cette commission est d’ailleurs dirigée par Macoumba Mbodj récemment intronisé Buur pour la région de Djilor au sens de la grande famille du Buur Sine. C’est vous dire que ce festival sera de retour cette année 2018 ».

Moderniser le « louma »
Une autre particularité de la ville de Passy, son « louma » (marché hebdomadaire) qu’elle abrite tous les samedis. Même si Pape Adama Cissé fait relever les nombreux désagréments qu’il cause.
Selon lui, « le marché crée plus de dégâts environnementaux qu’il n’a de retombées économiques. Les avantages sont plutôt minimes par rapport à nos attentes. D’ailleurs nous pensons que le "louma" de Passy devrait être délocalisé et mieux encadré. Nous réfléchissons à sa modernisation, car il est urgent de contenir ce fort rassemblement anarchique de personnes, de biens et d'animaux dans un chaos organisé qui agresse beaucoup l'environnement, la quiétude des populations, sans rapporter des ressources économiques capables de compenser les dégâts collatéraux ». Ainsi, la nécessité voire l’urgence de rendre attractive la commune de Passy s’impose aujourd’hui aux élus. Le maire informe pour ce faire que, « les mesures allant dans le sens de moderniser le marché hebdomadaire (louma) et la reprise du festival des récoltes militent bien dans cette perspective en droite ligne de l’Acte 3 de la décentralisation. Des actions que nous allons accompagner avec une bonne politique foncière pour laquelle d’ailleurs nous venons de réaliser un nouveau lotissement régulier et autorisé pour répondre à la forte demande de parcelles à usage d’habitation pour tenir compte de la position de carrefour naturel de notre ville ».

Mohamadou SAGNE

Le Fonds de financement de la formation professionnelle et technique (3 Fpt) a offert des bons de formation à quatre cents jeunes du département de Guédiawaye. La cérémonie de remise a eu lieu dans l'enceinte des locaux de la mairie de ville de Guédiawaye hier. Ce qui porte, à l’échelle nationale, le nombre total de bénéficiaires à 10726.

Les bénéficiaires vont systématiquement débuter une formation dans les domaines suivants : bâtiment, électricité, électrotechnique, électromécanique, informatique, gestion et comptabilité, menuiserie métallique, couture et traitement de cheveux et coiffure de cérémonie. Ces formations d'une durée de trois à six mois vont déboucher sur un nouveau diplôme appelé certificat de spécialité et permettront aux bénéficiaires d'acquérir très rapidement des compétences nécessaires à l'exercice d’un métier choisi. En effet, l'initiative obéit à une logique de doter à un maximum de jeunes Sénégalais une qualification professionnelle dans le sens de faciliter l’insertion d’un maximum de jeunes sur le marché de l’emploi pour accroître la productivité du travail et la compétitivité des entreprises. Le directeur général du 3 Fpt, Dame Dop, est d’avis que cela est nécessaire à toute croissance et une émergence durable. C'est pourquoi, le fonds a organisé, en partenariat avec le Conseil national de la jeunesse, une caravane au mois de janvier 2018 dans les départements de Dakar pour recueillir les besoins de formation des jeunes, surtout ceux sans qualification, afin de leur permettre d'intégrer un dispositif de formation qualifiante. « Le 3 Fpt constitue un instrument efficace de financement en vue d'accroître la qualification professionnelle de la population et contribue à l'amélioration de la productivité et de la compétitivité de notre économie », a-t-il estimé. A l'en croire, les financements du 3 Fpt sont destinés principalement à la formation continue des travailleurs des entreprises, des organisations professionnelles, aux jeunes cherchant des qualifications pour entrer dans le monde du travail, aux acteurs du secteur informel, mais aussi aux centres et institutions de formation. A ce titre, a révélé Dame Diop, le 3 Fpt a permis à 10.726 jeunes Sénégalais de suivre une formation professionnelle en vue de faciliter leur insertion dans la vie économique. Dans le même ordre, le Dg de 3 Fpt a annoncé que ledit fonds finance actuellement, dans le cadre du projet formation professionnelle pour l'employabilité et la compétitivité au Sénégal (Fpec), un programme de formation de 10.000 jeunes dans des secteurs porteurs de l'économie. « La formation de la première cohorte de 500 jeunes dans 7 pans de métiers sont : installateur de plomberie, installateur de panneaux solaires, agent transit-quai, diagnostiqueur automobile, pépinière et opérateur en transformation de céréales et légumes, construction de pavés vient d'être bouclée », a-t-il ajouté.

Abdou DIOP

L’enclavement ne sera bientôt qu’un lointain souvenir pour les populations de Kolda et de Sédhiou. Le Pudc prévoit la construction de 3529 Km de pistes dans ces deux régions.

Le Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc) va construire 2276 Km de pistes dans la région de Kolda et 1253 Km de pistes dans celle de Sédhiou dans le cadre de la mise en œuvre de la seconde phase de ce programme. Il prévoit également la réalisation de plusieurs infrastructures socioéconomiques de base dont des équipements, des châteaux d’eau, des forages, des postes de santé, des salles de classe, des périmètres horticoles et maraîchers et l’électrification de 465 villages dans ces deux régions. L’annonce a été faite par Babou Dramé, coordonnateur national du Pudc lors d’un Crd tenu samedi, à Kolda, en présence de Souleymane Jules Diop, ministre en charge du suivi du Pudc, d’Aliou Sall, président de l’Association des maires du Sénégal (Ams), et des maires des régions de Kolda et de Sédhiou. Le Pudc a déjà construit cinq pistes dans ces régions dont les tronçons Sénoba-Sandica et carrefour Madina Wandifa-Jinani dans le département de Bounkiling et les axes Thiéty-Boussi Mballo, Fafacourou-Badion et Saré Guiro-Médina Yoro Foulah (en cours de réalisation) dans la région de Kolda. La réalisation de ces pistes a permis de désenclaver plus d’une centaine de villages et de faciliter l’évacuation des produits agricoles vers les grands centres urbains.

Les populations vont également bénéficier d’un important lot d’équipements qui a été obtenu grâce à un don de la République populaire de Chine à raison de cinq décortiqueuses par commune dans le cadre de l’amélioration de la productivité. La région de Kolda a reçu 235 unités dont 75 pour le département de Kolda, 70 pour Vélingara et 55 pour Médina Yoro Foulah sans compter les 235 moulins qui se trouvent actuellement dans les locaux du Commissariat à la sécurité alimentaire de Kolda. Le Pudc va, en outre, construire 300 postes de santé à travers le pays pour faciliter l’accès aux soins de santé des populations des zones difficiles d’accès sans compter les réalisations qui y sont prévues par le Puma. C’est du moins ce qu’a indiqué le ministre en charge du suivi du Pudc. « Nous sommes venus annoncer le lancement de la phase 2 du Pudc dans le Sud du pays.

Le Pudc, en réalité, ne prévoyait pas la région sud dans sa version initiale pour plusieurs raisons ; et l’une d’elles, c’est que la région sud disposait déjà du Ppdc qui est en réalité la première expérimentation de la phase 2 de l’Acte 3, c’est-à-dire l’érection des pôles économiques régionaux viables tels que conçus par le président de la République. La bonne nouvelle est que la Casamance est incluse dans la deuxième phase, mais surtout la très bonne nouvelle est que la Casamance naturelle y occupe une part très belle », déclare en substance Souleymane Jules Diop.

Mamadou Aliou DIALLO

 

Les communes de Mbour, de Saly-Portudal, de Ngaparou, de Somome et de Malicounda regroupées dans le cadre de l’Entente intercommunale de la Petite-Côte (Eipc) ont lancé un programme de bonne gouvernance écologique à Ngaparou samedi dernier. Une initiative encouragée par Enda Energie par laquelle les cinq entités visent une gestion commune des déchets mais aussi la lutte contre l’érosion côtière.

Cinq communes du département de Mbour ont compris que c’est dans l’union qu’elles parviendront à faire face aux défis auxquels elles sont confrontées. Regroupées dans ce qu’elles appellent l’Entente intercommunale de la Petite-Côte (Eipc), Mbour, Saly-Portudal, Ngaparou, Somone et Malicounda se sont donné la main pour administrer un certain nombre de compétences et trouver des solutions à leurs problèmes de gouvernance. Pour El Hadj Fallou Sylla, maire de Mbour et président de l’Entente, cela fait quatre années que la réflexion est menée pour aboutir à ce lancement. Il renseigne que « l’intercommunalité est un tableau de bord et il faut que les gens s’associent pour mieux travailler. Les mairies n’ont pas assez de moyens pour mener à bien leurs politiques et, avec cette entité, elles pourront faire face ensemble à leurs problèmes ». Il s’agit ainsi pour eux de juguler les efforts et de consolider les acquis pour aller de l’avant. Les problèmes à régler en commun sont l’avancée de la mer concerne toutes les cinq entités de même que la gestion de l’environnement, en particulier le ramassage et le traitement des déchets. Des aspects sur lesquels l’Eipc peut compter sur le soutien de l’Ong Enda Energie qui accompagne ces communes dans la matérialisation de leurs projets, en particulier en matière de bonne gouvernance écologique. Son directeur Sékou Sarr souligne qu’avec ce programme, il s’agit particulièrement d’appuyer ces cinq collectivités locales en vue de leur implication effective dans l’élaboration et la mise en œuvre d’un programme de résilience au changement climatique et sobre en carbone. « Ces cinq collectivités locales ont signé une entente intercommunale pour mutualiser leurs efforts afin de lutter contre l’érosion côtière et pour une meilleure gestion des déchets.

Agir à travers des projets innovants
L’objectif global du programme, qui va durer trois ans, est de contribuer à l’éducation à la citoyenneté pour une transition écologique et économique dans cette entente », a-t-il expliqué. Ainsi, dans le cadre d’une « Charte d’intercommunalité » signée par les membres de l’Eipc, deux problématiques majeures, à savoir l’érosion côtière et la gestion des déchets sont particulièrement concernées.

Cette initiative est aussi un prétexte pour Enda Energie de générer des évidences relatives à l’important rôle et la prédominance de la territorialisation de l’action climatique de la Cdn au titre de la mise en œuvre de l’accord de Paris et de mobiliser les connaissances et le savoir-faire de la diaspora au service des collectivités locales membres de cette entente. Pour son directeur, la finalité est d’assurer, à travers une approche inclusive, des modèles de partenariats innovants  et des espaces d’apprentissage de la triple transition, le développement de reflexe éco-citoyen auprès des populations, notamment les jeunes en matière de gestion de l’environnement. « Il s’agira aussi d’accompagner la planification et la mise en œuvre d’un "agenda d’actions à co-bénéfice adaptation-atténuation" plus globalement de développement local durable et d’explorer comment cette menace climatique peut être transformée en niches d’opportunités de développement en vue de renforcer la résilience des communautés et de restaurer la dignité », a encore expliqué Sarr, qui a assuré que Enda Energie veut accompagner les populations à tirer davantage profit des transitions écologiques, énergétiques et citoyennes à travers la création d’emplois, d’entreprises sociales et d’espaces d’apprentissage pour les jeunes, les élus sur le vivre ensemble et les populations sur les gains économiques liés au changement de comportement. « Le littoral constitue un dépotoir d’ordures ; l’idée est d’organiser la collecte des déchets, mais également de trouver un espace pour la décharge et d’explorer les possibilités de valorisation de ces déchets pour faire des produits commercialisables, mais aussi faire de la valorisation énergétique et renforcer le mix énergétique dans ces collectivités locales », a-t-il indiqué.

D’autres actions communes comme le transport interurbain sont également à l’étude et pourraient constituer des axes de coopération entre les membres de l’Eipc, qui n’excluent pas d’étendre cette Entente à toutes les autres communes du département de Mbour.

Ousseynou POUYE

Vendredi dernier, l’ouverture de la grande mosquée flambant neuve a réuni dans le village de Bangadj les populations venues des hameaux voisins pour la prière du « Yawmoul Joumah ».

Derrière le fils de Serigne Mbacké Bousso, un chef religieux de la contrée qui était aussi présent, les fidèles ont imploré Allah pour qu’il leur donne la paix éternelle.
Profitant de ce grand rassemblement qui a vu la participation du maire Talla Diagne, militant de l’Alliance pour la République, le chef du village de Bangadj et président des chefs de village de la commune de Thiénaba, El Hadji  Mbaye Samb, a, après avoir remercié l’autorité religieuse, lancé un appel solennel à l’Etat du Sénégal pour que la route bitumée de Thiès à Fandène et qui s’est arrêté à environ 6 km du village de Bangadj puisse être prolongée pour  désenclaver toute cette zone de la commune de Thiénaba. « Cette doléance majeure des populations est rappelée au ministre des Forces armées et maire de Fandène, Dr Augustin Tine », a-t-il lancé. En outre, il a fait un plaidoyer en faveur des villages environnants qui attendent encore d’accéder à l’électricité qui est un intrant majeur dans la lutte contre l’insécurité. Pour conclure son propos, El Hadji Mbaye Samb a magnifié ce don de l’Ong Aeds Gatt Sénégal sur financement d’un bienfaiteur du Bahreïn.

Selon le maire de Thiénaba, cet axe évoqué par le chef de village de Bangadj au nom de ses pairs est déjà acquis. « Nous pensons que cette route va être faite avant la fin de cette année », a-t-il confié.
Dans cette zone de la commune de Thiénaba où se situent Bangadj et ses villages voisins, la production maraîchère et les cultures sous pluie y occupent une bonne place chez les populations. Elle leur permet de travailler quasiment toute l’année et d’accroître ainsi leurs revenus, d’où l’urgence de pouvoir circuler sur des routes praticables afin de facilité la circulation des personnes et surtout des biens sur cette partie fertile de la commune de Thiénaba.

Mbaye BA

 

Le ministre en charge du Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc) a procédé, le week-end dernier, à l’inauguration à Djinany (département de Bounkiling) de deux pistes rurales qui relient plusieurs communes de ce département.

Les populations sont venues massivement assister à la cérémonie et exprimer toute leur satisfaction puisque maintenant elles se sentent vraiment sénégalais. Les populations ne sont pas surprises de la présence du ministre puisque le chef de l’Etat avait déjà parlé de Djinany lors de son adresse à la nation. Point de surprise que l’inauguration des deux pistes réalisées dans la zone par le Pudc se fasse rapidement et par le ministre en charge du secteur. Le ministre Jules Souleymane Diop rappelle que les politiques antérieures n’ont jamais pris en compte l’amélioration des conditions de vie des populations frontalières. C’est cette injustice que le président Macky Sall est en train de corriger. « Avec cette marque de considération pour les populations vivant le long des frontières, le chef de l’Etat parviendra à les amener à se considérer comme des Sénégalais à part entière et non pas entièrement à part », fera entendre le ministre en charge du Pudc. Les deux pistes ainsi inaugurées à Djinany vont relier plusieurs autres communes et amorcent aussi le désenclavement légendaire du département de Bounkiling « puisque la piste qui va de Djinany à Diamoumé est en voie d’achèvement », précisera encore le ministre. Il a salué la réalisation de ces deux pistes puisque désormais on relie la commune de Djinany à celle de Diaroumé en moins d’une heure, là où il en fallait plusieurs. Souleymane Jules Diop, ministre en charge du Pudc, n’a pas manqué de demander à l’opposition de venir travailler avec le chef de l’Etat puisque ce dernier, en faisant des réalisations comme les pistes qu’il vient d’inaugurer, ne cherche pas à savoir si l’infrastructure est réalisée dans une collectivité locale dirigée par l’opposition ou non. Les populations ont profité de cette occasion pour faire part de leur problème du moment comme l’accès à l’eau qui est un casse-tête dans plusieurs zones, de même que l’électricité. Le maire de Djinany qui s’est félicité de cette inauguration, souhaite la satisfaction de ces deux principales doléances dans les plus délais.

Malamine KAMARA

 

La salle de conférence de la gouvernance de Fatick a abrité, hier, une importante rencontre du comité régional de développement consacré au lancement des activités d’Energy 4 Impact à travers son programme Productive and Empowered Women Enterprises in Rural Sénégal (Pewers). Un programme financé par la Loterie suédoise.

Plusieurs acteurs du développement ont participé, aux côtés des autorités administratives et locales et des responsables du projet dont le Pdg Mathieu Dalle et Louis Seck, directeur pour le Sénégal, à la rencontre qui consacre un nouveau bail d’Energy 4 Impact avec la région de Fatick. Selon le président directeur général Mathieu Dalle, « le projet interviendra dans le cadre du programme dénommé Pewers qui vise à améliorer la productivité et l'efficacité des entreprises dirigées par des groupements de femmes ou des coopératives engagées en zones rurales ».

Le directeur du projet Pewers, Abdoul Karim Dosso, a expliqué d’ailleurs « que le programme mis en œuvre depuis 2017 est  financé par la Loterie suédoise et a pour vision de rendre les entreprises autonomes avec un meilleur accès à l'énergie et un impact positif  sur les moyens de subsistance des communautés locales, de combattre le changement climatique et de moderniser les activités économiques traditionnelles ».

Les régions de Tambacounda, de Fatick, de Thiès et de Kaolack sont pour le moment les différentes zones d’intervention du projet, a-t-il indiqué. Mais, précise le président directeur général Mathieu Dalle, « Energy 4 Impact est présente au Sénégal depuis 2014 dans la région de Tambacounda et ne cherche qu’à soutenir l'autonomisation économique des groupements de femmes et des entrepreneuses engagées dans l'agriculture, les services, le commerce et la transformation ».

Il a informé qu’au cours des quatre dernières années, plus de 150 groupements/entreprises ont été appuyés pour l’amélioration de leurs performances économiques à travers la distribution de 5.852 produits énergétiques (lampes solaires, foyers améliorés, kit domestique via le paiement digital). Et la distribution de ces produits ont permis à 70.719 personnes d’accéder à une source d’énergie dans environ 60 village de Tambacounda.

De plus, il a fait noter que 13 entreprises féminines ont pu acquérir 14 congélateurs solaires pour développer des activités lucratives permettant ainsi à 13.000 personnes d’accéder à de nouveaux services. L’adjoint au gouverneur Cheikh Ameth Tidiane Ndoye qui présidait la réunion, a accueilli avec satisfaction ce nouveau programme qui va sans nul doute contribuer à améliorer les conditions d’existence des populations en général, les femmes en particulier surtout dans le cadre de leurs activités génératrices de revenus (Agr) et l’autonomie financière.

Il faut souligner qu’Energy 4 Impact est une organisation non gouvernementale britannique fondée lors du Sommet mondial du développement durable de Johannesburg en 2002. L’organisation cherche à réduire la pauvreté en Afrique grâce à un accès accéléré aux produits et services énergétiques modernes. Energy 4 Impact soutient le développement d’un large éventail de micro et petites entreprises impliquées dans l’utilisation des énergies propres et l’efficacité énergétique. Au Sénégal Energy 4 Impact coordonne depuis 2014 la mise en œuvre de deux initiatives financées par le réseau Energia, le Réseau international sur le genre et les énergies durables : le programme « Women Economic Empowerment (Wee) » et « Advocay pour l’intégration du genre dans les politiques et programmes énergétiques ».

El Hadj Mouhamadou SAGNE

Le service médico-social des étudiants du Centre régional des œuvres universitaires de Saint-Louis a organisé la journée de lancement du parrainage des enfants des étudiantes mères dans le campus social de Sanar hier. Dans le souci d’accompagner ces dernières dans la prise en charge de leurs enfants afin d’éviter toute contrainte pouvant affecter leurs études, il a été suggéré de parrainer chaque enfant par une personne ressource qui sera tenue de veiller sur le nourrisson et sa mère en leur apportant un soutien moral et matériel.

Cette journée a été marquée par la remise de 45 kits destinés aux enfants des étudiantes mères et composés de 45 toges confectionnées pour habiller ces nourrissons et autres éléments qui permettront d’améliorer  la nutrition et l’hygiène corporelle de ces petits enfants.

La présidente de l’Association de ces étudiantes mères, Mme Camara, a exhorté ses camarades à persévérer dans les études en invitant ces dernières à aller jusqu’au doctorat. Elle a salué l’initiative du service médicosocial consistant à organiser une telle journée.

Mme Camara a tenu à exprimer sa satisfaction pour l’organisation de cette remise de kits aux enfants des étudiantes mères. Abondant dans le même sens, le chef du service médico-social Mbaye Fall Dop est largement revenu sur l’importance d’une telle journée qui marque le démarrage de multiples activités sociales parmi lesquelles on peut notamment citer l’accompagnement dans la durabilité des actuelles et futures étudiantes mères.

Le directeur général du Crous, Ibrahima Diao, a réitéré son engagement indéfectible à soutenir, encadrer et assister ces étudiantes mères en vue de leur permettre de poursuivre leurs études dans de très bonnes conditions. Il s’est réjoui des efforts déployés par certains partenaires tels que Wa Sanar, Marie Stopes International, l’Amicale des femmes du Crous, l’Aeuds, la Cejed, etc., pour contribuer efficacement à la réussite de l’organisation de cette journée.

Mbagnick Kharachi DIAGNE

En assemblée générale à la ville de Pikine samedi, la Fédération sénégalaise des habitants (Fsh) a fait le bilan des actions menées durant ces trois dernières années. La présidente Aïssatou Talla a fait part de l'ambition des femmes de cette structure de faire en sorte que tous les membres de l’association puissent disposer d'une habitation décente. 

La Fsh est une fédération de groupes d’épargne composée surtout de femmes qui épargnent ensemble pour améliorer leur habitat. Elle organise un grand projet de reconstruction dans les quartiers inondés de la banlieue de Dakar. Le projet continue à faire son bonhomme de chemin grâce aux remboursements de prêts contractés par les femmes au titre d’un fonds rotatif. À long terme, la Fsh souhaite également rendre des projets de construction à neuf pour les membres qui ne sont pas encore propriétaires. En effet, en trois ans, la fédération Fsh est passée de vingt à 133 groupes, chacun composé de trente membres. D'où un total de 3990 membres qui se réunissent régulièrement et échangent sur les voies et moyens à mettre en œuvre pour améliorer leur cadre de vie. C’est ainsi qu’après trois ans d’existence, l’ensemble des membres de la Fsd se sont retrouvés pour faire un bilan d’étape et faire des projections vers l’avenir. Présidente de la Fsh, Aïssatou Talla Senghor a rappelé que le mouvement a réfectionné 213 maisons, 77 toilettes et 36 fosses sceptiques pour un coût de 70 millions dans les communes de Djeddah Thiaroye Kao, Médina Gounass et Wakhinane Nimzatt et Pikine-est.  Mme Senghor a aussi révélé qu’au titre d’un nouveau projet mené par la Fsh en partenariat avec l’union européenne, il est prévu la construction de puisards et d’aménagements en faveur des membres de la structure réparties dans les localités sus-évoquées. Cependant, elle s’est désolée du non-respect des cotisations mensuelles de certaines femmes qu’elle a appelées à faire plus d’efforts en vue de pouvoir être à jour et de permettre à la Fsh de pouvoir se renforcer et aller encore davantage de l’avant. Entre temps, c’est grâce à sa collaboration avec Urbasen que la Fsh réussit à poursuivre ses activités. C’est ainsi qu’elle a pu mener des activités dans le domaine de l’assainissement, l’érosion côtière, l’aménagement.

Abdou DIOP

« Notre pays ne se développera pas sans avoir réglé la question foncière ». Voilà la conviction du président de la Cour d’appel de Thiès, Thierno Demba Sow. Une vision totalement partagée par les élus locaux, l’administration territoriale et la secrétaire générale du Ministère de la Justice et garde des Sceaux, madame Aïssata Tall Gassama. Une déclaration faite lors d’un panel récemment tenu à Thiès sur la gestion foncière et le règlement judicaire des litiges fonciers dans la région sur initiative de la Cour d’appel de Thiès épaulée par l’agence de développement régionale sur financement du Programme national du développement local.

La terre qui a toujours été une source de conflit entre  agriculteurs et éleveurs pour y accéder sans entrave est devenue présentement l’objet de toutes les convoitises au Sénégal et surtout celle touchant l’exploitation du domaine national. Selon Alé Lô, le député maire de la commune de Taïba Ndiaye, les litiges fonciers minent souvent les relations entre voisins voire même entre membres d’une même famille.

Au-delà des individus, la difficulté d’avoir la certitude sur des limites du territoire entre deux collectivités locales demeure également une source majeure de conflit. A cela s’ajoute «le manque d’outils pour délibérer en toute connaissance de cause au vu des larges interprétations des textes régissant le foncier, l’antagonisme entre les lois de la république et la pratique coutumière font que les maires travaillent quasi à tatillon sur ces questions », soutient-il.

C’est pourquoi, dans cette recherche de réduction drastique des malentendus sur les questions foncières, surtout dans la région de Thiès où la pression sur la terre est énorme, les élus locaux doivent être mieux outillés afin d’administrer au mieux le foncier dans leur circonscription.

Dans le même sillage, Mme Aïssata Tall Gassama, secrétaire générale du Ministère de la Justice venue présider la rencontre, indique que la loi 64-46 du 17 juin 1964 organisant le domaine national a fait son temps et mérite d’être «dépoussiérée» en corrélation avec la Loi d’orientation agro-sylvo-pastorale qui régit les rapports entre éleveurs et agriculteurs dans l’espace rural et le Code de l’urbanisme qui interdit la vente de toute terre appartenant au domaine national. «Même si nous comprenons que la gestion anthropologique et juridique de la terre n’est pas une mince affaire, les échanges et réflexions communes autour des questions foncières devraient pouvoir aider les différents acteurs qui y travaillent à être mieux outillés, évitant ainsi les nombreux différends constatés», a-t-il souligné.

Mais, pour le président de la Cour d’appel de Thiès, Thierno Demba Sow, il est important que les décisions rendues en matière foncière par les tribunaux soient bien comprises par les populations et les élus locaux. «D’ailleurs, pour ces derniers qui administrent le foncier dans leurs localités, ils doivent être au parfum des textes et lois en la matière afin de pouvoir prendre les décisions en conformité avec la loi en vigueur, en attendant que celles qui ne sont plus en phase avec le contexte actuel puissent être améliorées et modifiées», a-t-il suggéré. D’après le président de la Cour d’appel de Thiès, cela va aider à désencombrer les rôles de leurs tribunaux où sur un échantillon de 371 arrêts exploités, les 108 relèvent du contentieux foncier soit 29,11 %. Et pour le seul mois de février dernier, on dénombre quatre arrêts sur 15 liés au foncier, soit 26,66 %. Or, en cas de démolition, le magistrat déplore la dislocation des familles, les économies de toute une vie engloutie faute d’être à cheval sur la législation foncière.

Sur la même lancée, Amadou Sy, gouverneur de la région de Thiès, déclare que compte tenu de son expérience sur le terrain, avoir un cadastre rural demeure aujourd’hui une question majeure qui va transcender les difficultés liées à des tensions entre collectivités locales sur les limites réelles entre territoires voisins.

Dossier réalisé par Mbaye BA

ECLAIRAGES SUR L’AFFECTATION, LA DÉSAFFECTATION ET LA RÉAFFECTATION DES TERRES
Dans sa communication sur la gestion du foncier, Babacar Pascal Ndione, receveur des impôts et domaines de Thiès, a d’emblée indiqué que 90 à 95 % des terres du Sénégal sont classées dans le domaine national. Sur cette vaste espace du territoire national, le pouvoir d’affectation, de désaffectation et de réaffectation revient aux collectivités locales. «Seulement, cette compétence est dévolue au Conseil municipal qui délibère à la majorité de ses membres et non à l’organe exécutif incarné par le maire et son cabinet», a-t-il précisé. En plus, seuls les habitants du terroir peuvent en bénéficier en conformité avec la loi. S’agissant des terres à usage d’habitation, le Conseil municipal s’appuie sur le travail de la commission d’attribution où siège l’autorité administrative, le maire, les services techniques de l’Etat, le ou les chefs de villages concernés. «Mais, il est très important de savoir que les lettres d’attribution doivent être signées par le receveur des impôts et domaines pour être valables et non par le maire», a-t-il rappelé. A propos de la désaffectation, Babacar Pascal Ndione a confié qu’il faut un délai d’un an après la mise en demeure de l’attributaire avant que le conseil ne puisse délibérer pour désaffecter pour défaut d’exploitation ou insuffisance de mise en valeur. Ainsi, ce n’est qu’après avoir respecté toute cette procédure sur la désaffectation que la réaffectation, en bonne et due forme, peut se faire.

Suite à cet éclairage de l’expert, le maire de la commune de Saly, Ousmane Guèye, a soutenu que la dimension anthropologique et sociologique des questions foncières reste une approche pertinente. C’est pour cette raison qu’il pense que la création de comités villageois ou de quartiers en charge d’anticiper ou de gérer les conflits fonciers en plus de privilégier la médiation pénale pourraient solutionner beaucoup de problèmes. «Car, en matière foncière, nous héritons de situations complexes qui méritent non seulement une bonne maîtrise des procédures mais aussi une expérience de la vie pour éviter des fractures sociales souvent à même de remettre en question la paix sociale », a-t-il martelé.

Un fort plaidoyer appuyé par le maire de la commune de Mbour, Fallou Sylla, qui est largement revenu en guise d’illustration des moult difficultés auxquelles les édiles et leurs conseils sont confrontés dans la gestion foncière. Alors, le dixième maire de Mbour a tenue à partager le cas du boulevard liberté dans sa commune. Selon lui, depuis de longues années des populations sont venues s’installer spontanément sur cette partie à la périphérie de Mbour. Sur instruction de l’ex-président de la République, Me Abdoulaye Wade, les services techniques de l’Etat ont, en moins de cinq mois, loti une bonne partie du boulevard Liberté. « Seulement, ils ont laissé une zone sous forme d’habitations spontanées avec des ruelles.

A la suite d’un incendie qui a fait quatre morts, le maire dit avoir été interpellé par les populations et des conseillers municipaux en vue d’apporter des solutions. Alors j’ai saisi le Conseil municipal qui a décidé de restructurer les 83 familles recensées. Nous avons sorti des voies de dégagement mais, depuis plus de deux ans, l’affaire suit son cours dans les arcanes de l’administration et pour l’instant aucune famille ne dispose de titre », a-t-il expliqué. Et pendant ce temps, Fallou Sylla révèle que d’autres familles sont venues s’ajouter espérant sans doute une future régularisation. « Voilà, grosso modo, la situation dans laquelle vivent les maires dans la gestion du foncier », a-t-il affirmé. Du côté de la commune de Taïba Ndiaye, dans le département de Tivaouane, Assane Ndiaye, premier adjoint au maire, est revenu sur leurs difficultés à délimiter leur territoire face aux concessions minières qui exposent les populations tout comme la commune. Au sortir de ces riches échanges, les maires ont manifesté leur désir de voir ce cadre d’échanges multi-acteurs se consolider.

Dossier réalisé par Mbaye BA

LITIGES À CARACTÈRE PÉNAL
Ces derniers sont relatifs aux occupations irrégulières des terrains, aux lotissements irréguliers, à la vente sans titre de parcelles à usage d'habitation, à l'escroquerie foncière et aux conventions sur les terres du domaine national. Des infractions prévues et punies par les dispositions du Code pénal sénégalais et de textes de lois spéciaux. En effet, environ plus de 60 % du contentieux pénal du Tribunal de grande instance de la région de Thiès porte sur les litiges fonciers. Ce contentieux foncier à caractère pénal est répartie en trois parties ; 30 % en information judiciaire, 60 % en citation directe et 5 % en flagrant délit avec des fortunes diverses du point de vue des décisions rendues par le tribunal correctionnel dont 17 % de relaxe, 15 % de peines d’emprisonnement fermes et 68 % de condamnations assorties de sursis.

Selon Cheikh Ndiaye Seck, substitut du procureur près Thiès et son homologue Abass Yaya Wane, substitut du procureur près le tribunal de grande instance de Mbour, exposants du travail du parquet, cette propension à enfreindre les dispositions pénales s’explique, sans nul doute, par l’ignorance de la philosophie qui sous-tend la tenue des terres du domaine national. S’y ajoute la méconnaissance par les citoyens et les élus locaux des lois régissant le domaine national, la pression démographique et les enjeux économiques que représente l'appropriation de la terre car le foncier est source de revenus et de richesses.

Dans son intervention sur la question, Thierno Demba Sow, le procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Thiès, a soutenu que malgré l’urgence d’adapter les textes de lois sur le foncier au contexte actuel, une application de ceux en vigueur doit être de rigueur. Et même s’il affirme que leur vigilance en matières foncière soit pointue pour démasquer les manouvres frauduleuses des personnes animées d’une mauvaise foi, il a demandé aux maires de faire davantage attention au respect des procédures évoquées par le receveur des domaines.

Au final, le directeur de l’Agence de développement régional de Thiès, Chérif Diagne, a salué la synergie recherchée en vue de trouver des solutions durables à cette lancinante question du foncier au Sénégal. « La clarification de ce débat nous incombe tous si nous avons à cœur l’impulsion du développement de notre pays dans la paix », a-t-il déclaré.

Dossier réalisé par Mbaye BA

La cérémonie de lancement des Schémas d’aménagement transfrontalier intégré (Sati) du bassin du fleuve Sénégal a eu lieu à Dakar avant-hier. D’un coût de 3.180.000.000 FCfa pour une durée de quatre ans, ce programme permet la réalisation de projets prioritaires dans les domaines de l’agriculture, de l’élevage et autres.

Le Conseil des collectivités territoriales (Cct) de l’Union économique et monétaire ouest-africaine qui existe depuis 2011, la Commission de l’Uemoa et la Coopération suisse ont signé une convention à Abidjan en septembre 2015 sur la collaboration transfrontalière et locale à hauteur de 3.180.000.000 FCfa pour une durée de quatre ans. A ce titre, des Schémas d’aménagement  transfrontalier intégré (Sati) ont été déjà réalisés entre Sikasso-Korhogo, Bobo-Dioulasso et la zone sahel.

Ce programme permet la réalisation de projets prioritaires dans les domaines de l’agriculture, de l’élevage et des infrastructures de base dans les collectivités territoriales du Burkina Faso, du Mali, du Niger et de la Côte d’Ivoire. Pour une bonne politique communautaire, le Sati vient d’être élargi au Bassin du fleuve Sénégal et à la bande littorale entre le Togo, le Bénin, etc.

Selon Marion Weichelt Krupski, ambassadeur de la Confédération suisse, cette subvention de 3.180.000.000 FCfa est non remboursable. Ce programme devra permettre de réaliser deux objectifs complémentaires : appuyer les collectivités territoriales de l’Uemoa en matière de transfrontalière locale et la réalisation des infrastructures socio-économiques améliorant les conditions de vie des populations de l’espace de l’union. Aussi a-t-elle salué le fait que l’Uemoa ait franchit un pas décisif en matière de démocratisation et de participation. Ce mouvement de réforme d’envergure au sein de l’Uemoa est aussi du goût de Mme l’ambassadeur comme elle l’a révélé.

Puissant levier d’intégration
Prenant la parole, le président du Haut conseil des collectivités territoriales (Hcct) Ousmane Tanor Dieng a dit que le Sati est un puissant levier d’intégration sous-régionale apte à accélérer la croissance des pays concernés et à impacter positivement les communautés territoriales frontalières. « A l’heure où les bandes armées circulent dans des No man’s lands, où des populations autochtones prennent le chemin de l’exil forcé ou de la migration clandestine, le défi de l’intégration et de l’aménagement des zones transfrontalières constitue une urgence et un enjeu de sécurité, de stabilité et de développement pour les pays africains », a souligné le président du Hcct.

Il a également dit ceci : « La mise en place d’infrastructures structurantes de transport, d’agriculture, d’énergie facilitera le brassage entre les peuples, assurera un libre échange des biens et garantira une meilleure circulation des marchandises et des personnes ». Ce qui stimulera, à ses yeux, la croissance économique. « Je vous invite chacun d’entre nous à donner le meilleur de nous-mêmes pour le besoin des populations», a-t-il lancé.

De son côté, El Hadji Malick Diop, président de la commission économique et financière du Conseil des collectivités territoriales (Cct) de l'Uemoa, a ajouté que cet acte ouvre une voie extrêmement importante pour les actions opérationnelles du conseil. A l’en croire, le Sati sera un outil fédérateur transnational qui permettra de relever, dans une démarche inclusive régionale, les défis liés au changement climatique, au développement économique, à la sécurité et surtout à la migration grandissante en fixant les jeunes dans leur terroir.


Pour sa part, Adama Diouf, président de l’Union des associations des élus locaux (Uael), soutient que les maires sont les premiers à faire face aux difficultés transfrontalières et que le Sati fera un diagnostic pertinent sans complaisance. Il a fait comprendre que le Sati va leur permettre d’identifier les forces et faiblesses. A l’en croire, ces schémas ont l’ambition de monter des projets qui fixeront les populations dans leur territoire afin de gommer les disparités entre leurs pays. «Le Sati aura l’avantage de rapprocher les peuples à partir de projets structurants suffisamment partagés pour trouver des solutions endogènes avec l’ensemble des pays qui partagent le bassin du fleuve Sénégal. C’est cela l’intérêt du Sati dans le cadre d’un espace communautaire », a-t-il expliqué.

Quant à Paul Koffi Koffi, commissaire de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) chargé de l'administration territoriale, des infrastructures et des transports, il s’est félicité de la création du Hcct au Sénégal qui a inspiré suffisamment de pays de la sous-région. De son avis, cette institution vient de combler beaucoup de vide, de la participation des collectivités territoriales au processus de développement de nos Etats. A sa suite, le député maire de Bakel, Ibrahima Baba Sall, a confié que le Sati s’inscrit dans l’Acte 3 de la Décentralisation. « Nous sommes déterminés, avec l’Uemoa, à faire face à la pauvreté », a-t-il pris comme engagement.

Serigne Mansour Sy CISSE

La région de Kolda dispose de tous les atouts nécessaires pour permettre à la population de sortir du cercle vicieux de la pauvreté et de la misère.

Les jeunes de Kolda n’ont pas besoin de partir à l’étranger pour réussir mais de formation et des financements pour pouvoir valoriser les riches potentialités locales dans le cadre de l’auto-entreprenariat. C’est du moins la conviction de Mamadou Barry, président de l’Association pour la valorisation du gombo du Fouladou (Avgf) qui invite les Koldois à faire du consommer local une réalité. C’est dans cette optique s’inscrit, selon lui, la foire régionale des produits locaux qu’organise chaque année son association pour faire la promotion des potentialités de la région dans les domaines de l’agriculture et de la foresterie pour inciter les populations à consommer les produits de leur terroir. Pour lui, la dernière édition de cette foire qui s’est tenue les 6, 7 et 8 avril derniers en présence des exposants venus d’autres régions du pays dont Ziguinchor, Sédhiou, Tamba et Kaolack, a été un succès à plus d’un titre. Parmi les produits exposés, il y avait le riz local, les produits maraîchers, les jus d’orange et de citron, le poivron, le couscous de carotte et de navet et les fruits sauvages comme le « ditakh » (Detarium senegalense), entre autres. « L’organisation de cette sixième édition de la foire régionale de Kolda s’inscrit dans le cadre de la promotion du consommer local. C’est une foire d’exposition et d’échange dont l’objectif est de permettre aux exposants de se faire connaître et de montrer ce qu’ils sont en train de faire.

Cette foire démontre que contrairement à ce que les gens disent souvent, Kolda n’est pas la région la plus pauvre du Sénégal et je pense qu’il est temps qu’on se mobilise pour lutter contre ces idées reçues », déclare M. Barry. Il remercie au passage les partenaires de l’Avgf dont le Conseil départemental, l’Usaid/Wula Nafa, l’Association Jinku Fouladou, le Corps de la paix américain et l’Usaid/Yaadjeende pour leur soutien constant. Il invite les jeunes qui sont tentés par l’émigration clandestine à renoncer à leur projet et se dit convaincu qu’il est bien possible de rester dans la région de Kolda qui dispose, selon lui, de tous les atouts nécessaires pour leur permettre de travailler et de réussir sur place. On peut dire que cet appel n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd puisqu’une soixantaine de jeunes sollicitent déjà l’appui de l’Avgf pour pouvoir se lancer dans des activités génératrices de revenus.

Mamadou Aliou DIALLO

L’union régionale des menuisiers a organisé un point de presse à Ziguinchor hier sur la passe difficile que vivent ses membres depuis que le gouvernement a interdit la coupe de bois en Casamance jusqu’à nouvel ordre. Son président Sadibou Bodian a saisi l’occasion pour demander à l’Etat d’imaginer des mesures d’accompagnement en leur faveur afin de les aider à sortir de l’ornière.

Selon le président des menuisiers d’ici, cette mesure provisoire a engendré un manque de bois dans la région de Ziguinchor. Parlant des conséquences qui en ont résulté, Sadibou Bodian a évoqué les difficultés des menuisiers de cette partie de la région méridionale du Sénégal à satisfaire les commandes que les clients leur ont faites. M. Bodian a révélé que beaucoup de ses collègues en ont fait les frais. Il a déploré également la pauvreté qui s’est installée dans la plupart des familles de menuisiers, où on a du mal à joindre les deux bouts. Notre interlocuteur n’a pas oublié les ateliers de menuiserie qui sont en train de fermer les uns après les autres.Pour sa part, le président de la chambre des métiers, Fabacary Sané, a préconisé la construction d’une centrale d’achat de bois à Ziguinchor, où l’ensemble des menuisiers de la Casamance naturelle (régions de Ziguinchor, de Sédhiou et de Kolda) pourront se ravitailler en matière première. A cet effet, M. Sané a suggéré à l’Etat de faire appel à des opérateurs économiques « pour amener ici le bois, le stocker dans un magasin adapté et le proposer à la vente aux menuisier afin que ces derniers puissent travailler ».

El Hadj Moussa SADIO

Les textes législatifs qui doivent régir le cadre institutionnel de l’intercommunalité sont au menu d’un atelier qui s’est ouvert jeudi à Saly Portudal à l’initiative de la Commission nationale du dialogue des territoires. Une rencontre par laquelle l’institution appelle les parties prenantes à réfléchir sur les contours de cette trouvaille qui devrait permettre aux collectivités de mutualiser leurs forces pour un développement local.

Pour plus d’efficacité dans la prise en charge de leurs préoccupations et la gestion de leurs ressources, les collectivités territoriales peuvent avoir recours à des mécanismes d’entraide, de mutualisation des forces. Des actions qui entrent dans le cadre de l’Intercommunalité, socle d’une plus grande solidité dans le développement local. Pour sous-tendre cette politique, il est impératif d’avoir un cadre législatif et réglementaire qui définit les prérogatives des uns et des autres mais également les modalités de mener des actions communes. D’où le projet de loi en gestation qui fait l’objet d’une réflexion organisée depuis jeudi par la Commission nationale du dialogue des territoires (Cndt). Il s’agit, à travers cette rencontre, d’échanger sur le projet de Loi d’orientation sur l’intercommunalité et ses décrets d’application. « En engageant le dialogue autour d’une question aussi fondamentale que l’élaboration des instruments juridiques de l’intercommunalité, la Cndt a voulu, dans le cadre de l’exercice de ses missions, insister sur son option partenariale forte en direction de l’ensemble des catégories d’acteurs vers qui l’invite au dialogue est invariablement adressée et de manière permanente », a assuré le président de la Cndt Benoit Sambou. Pour ce dernier, le cadre juridique de l’intercommunalité mise en place depuis 1996 n’a pas permis de résoudre, de manière satisfaisante, les déséquilibres territoriaux notés au Sénégal. Et il convient d’en apporter des correctifs. « Les leçons tirées de cette expérience relèvent des insuffisances, notamment celles liées à l’accessibilité géographique et financière aux services sociaux de base entre les zones rurales et urbaines, l’insuffisance de la valorisation des potentialités et des ressources disponibles dans les différents territoires et l’insuffisance des moyens humains et financiers des collectivités territoriales pour l’exercice de leurs compétences », a-t-il dit.

Ainsi, pour relever ces défis et accompagner la mise en œuvre future de la loi d’orientation pour l’aménagement et le développement durable des territoires, il a été décidé d’aller vers une nouvelle intercommunalité fondée sur la nécessité de mettre en synergie la richesse et les potentialités dynamiques des collectivités territoriales. Ce qui a amené la commission à mener une étude qui, après le bilan des expériences communes passées et actuelles, a révélé la nécessité de disposer d’un cadre législatif et réglementaire de l’intercommunalité plus opérationnel assorti d’instruments de gouvernance. C’est ce projet de loi qui sera soumis prochainement aux décideurs pour accélérer la mise en œuvre de l’intercommunalité au Sénégal. Ce qui devrait permettre, selon Alassane Sow, directeur de cabinet du ministre de la Gouvernance territoriale, du Développement et de l’Aménagement du territoire de « prendre en charge la coopération territoriale et de participer fortement de la recomposition des dynamiques territoriales pour corriger l’émiettement du pays ». Ce, à travers une mutualisation des ressources humaines et financières des collectivités pour atteindre le développement territorial.                   

Ousseynou POUYE



 

Lors d’un regroupement, la Fédération des couturiers et créateurs de la région de Saint-Louis a attiré l’attention des autorités sur leur décision d’ouvrir une usine chinoise de confection et broderie à Diamniadio. Pour eux, cela va inexorablement plomber le développement du secteur.

Cette assemblée générale d’information avait enregistré la présence des 14 responsables d’associations de la région de Saint-Louis, sous la présidence de leur responsable Cheikh Tidiane Diop. Au cours de cette rencontre, les différents participants se sont insurgés contre l’ouverture prochaine annoncée par le chef de l’Etat d’une usine de confection textile chinoise « C&H Garments » dans le Parc industriel de Diamniadio. C’est dans ce sens que M. Diop et ses camarades sont revenus sur les dangers liés à la mise en place de cette unité industrielle. En effet, « nous ne pouvons pas concevoir cette décision de l’Etat d’implanter une importante firme qui va profiter à 2000 personnes, alors que la confection qui  emploie des centaines de milliers de personnes sera à l’agonie », s’est offusqué M. Diop. Pour lui, il faut ouvrir un dialogue avec les différentes composantes, avec pour objectif de protéger le secteur.

Aussi, des griefs ont été retenus contre le ministre de l’Artisanat qui n’appuie pas les créateurs, selon M. Diop. Il y a également le manque de financements, un autre problème avoue Cheikh Tidiane Diop. Même si, s’empresse-t-il de souligner, «  les tailleurs saluent le travail du président Macky Sall en ce qui concerne la disponibilité de l’énergie, en comparaison aux coupures intempestives de courant notées les années dernières ». Ces séries de sensibilisation dans la région nord font suite à celles de Thiès et des autres régions, renseigne Moussa Mbow, président de la Fédération nationale de tailleurs, structure présente dans les 14 régions et composée de plus de 120 associations membres.

A. M. NDAW

Pour accompagner le secteur primaire, la région de Tambacounda s’est orientée vers une gestion rationnelle de ses ressources en eau dans le cadre du projet Pepam-UE. A terme, il sera question de doter dans toutes les communes concernées par le Projet d’un plan local de gestion intégrée en eau (Gire).

Un processus de planification des ressources en eau de la vallée du Sandougou est en cours en vue de protéger cette denrée dans une zone à cheval sur les départements de Tambacounda et de Goudiry dans le cadre du projet Pepam-UE. A terme, chacune des communes concernées sera dotée d’un plan local de Gire. Avant la fin du processus, des comités locaux eau seront aussi mis sur pied dans les communes afin de prévenir les conflits liés à l’utilisation de l’eau. Cela a retenu l’attention au cours de l’atelier sur l’étude prospective du plan de gestion intégré des ressources en eau. Il a été retenu les résultats du scénario de mobilisation des eaux de ruissellement qui confère une grande disponibilité de l’eau et la nécessité de mettre en place les ouvrages de retenue qui devront cependant être bien pensés pour éviter les perturbations de l’écoulement global. Cette orientation stratégique privilégie, d’une part, une meilleure maîtrise des eaux de ruissellement en faveur de l’agriculture pluviale et, d’autre part, la promotion de la petite et moyenne  hydraulique aménagée et équipée pour les systèmes reproductifs en se basant sur la forte implication des  collectivités dans la maîtrise des ouvrages d’eau conformément au principe de la Gire. C’est le condensé des recommandations lors d’un atelier régional de restitution des rapports bilan diagnostic des Plans de gestion des ressources en eau (Pgre) et de la situation de référence sur les actions Gire dans la sous-unité de gestion et de planification (Ugp) Sandougou qui a réuni divers acteurs intervenant autour de l’eau au Conseil départemental de Tambacounda. C’est pourquoi, le gouverneur El Hadji Bouya Amar a salué cette opportunité offerte par l’Union européenne qui se déploie dans le maillage de la région dans divers projets hydrauliques et de l’assainissement.

Comités locaux eau

L’accès à l’eau potable pour les populations rurales est, selon le gouverneur, une sur-priorité du chef de l’Etat Macky Sall dans le cadre du Plan  Sénégal Emergent. Pour accompagner le secteur primaire vers lequel la région de Tambacounda s’est orientée grâce à ses potentialités, l’eau est au premier plan avec un besoin sur les plans qualitatif et quantitatif, souligne El Hadji Bouya Amar. Le défi reste une bonne gestion rationnelle de cette denrée en surface et souterraine afin de mettre en œuvre la réforme de la gestion en milieu rural pour laquelle la région orientale est la zone test. Le gouverneur a engagé les élus des collectivités locales à prendre en charge la gestion rationnelle et durable des ressources en eau dans les terroirs et localités. En outre, il s’est félicité du choix porté sur le Sandougou qui traverse la région de Tambacounda. Une étude a été menée par le consortium Eau vive et Caritas qui a livré l’ensemble des scénarii sur la gestion des ressources en eau. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la composante Gire, engagée au titre du projet Pepam-UE financée par l’Union européenne, a indiqué Niokhor Ndour, directeur de la gestion et de la planification des ressources en eau au Ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement.

Pour M. Philippe de l’Union européenne, le Pepam-UE projet eau portable pour le millénaire est financé par l’Union européenne dans le cadre du 10e Fed (Fonds européen de développement). Cette rencontre qui met en exergue le Gire permet de voir l’implication totale des maires qui sont trop proches des populations et autres acteurs de l’eau. A terme, chacune des communes concernées par la sous-Ugp sera dotée d’un plan local de Gire. Avant la fin du processus, des comités locaux eau seront aussi mis sur pied dans les communes afin de prévenir les conflits liés à l’utilisation de l’eau.

Pape Demba SIDIBE

 

Dans la perspective de la construction du pont de Rosso-Sénégal d’un coût de 54 milliards de FCfa devant relier le Sénégal et la Mauritanie, la commune de Rosso-Sénégal a bénéficié d’un programme spécial de l’Etat. L’annonce a été faite par le maire Cheikh Guèye, selon qui l’Etat s’est engagé à accompagner sa commune à travers le financement d’un programme bien ficelé et évalué à 8 milliards de francs pour l’indemnisation des impactés et les projets socio-économiques de base à réaliser dans le cadre de l’exécution du projet.

Selon le maire de la commune de Rosso-Sénégal, Cheikh Guèye, «les travaux annexes à la construction du pont de Rosso-Sénégal ont effectivement démarré comme prévu depuis le mois de janvier dernier avec la reconnaissance des lieux par la commission technique mise en place par l’Etat et qui est dirigée par le gouverneur». C’est ainsi que «la commission, qui regroupe tous les services techniques de l’Etat, a ordonné la libération des emprises qui doivent abriter les travaux du pont et qui ont fini d’être matérialisées», a t-il déclaré sur les ondes de la Rts. Mieux, «les dossiers d’appels d’offres ont commencé à être lancés pour commercer certains travaux inclus dans le projet », a-t-il ajouté. En outre, « les projets socio-économiques de base ont démarré en premier avec la gare routière, le parking, la réhabilitation des écoles et des dispensaires et l’aménagement d’une route de 65 km ». Toutefois, « un des points noirs du projet, c’est la traversée motorisée qui va disparaître », a-t-il souligné. Mais, de l’avis de M. Guèye, «c’est un pourcentage très faible comparée aux avantages que ce projet international nous apporte ».

Considérant que « les pêcheurs impactés ont été tous recensés de même que leur matériel qui a été évalué», le maire rassure qu’« ils seront indemnisés à hauteur de 400 et quelques millions de FCfa». Outre l’indemnisation des impactés, la libération des emprises et les projets socio-économiques de base précités à réaliser dans le cadre du projet et portés par les bailleurs, l’Etat s’est engagé à accompagner la commune de Rosso à travers un programme  bien ficelé.

Dans cet optique, « une enveloppe de 8 milliards de FCfa à été dégagée par l’Etat pour la construction d’un centre de santé d’un coût de 360 millions, d’un lycée clé en main de 250 millions, d’un marché moderne de 200 millions, d’une gare routière de 250 millions, la réalisation de 10 km de réseau  d’assainissement pour un montant non encore évalué», a-t-il fait savoir.

La construction du pont de Rosso qui va bientôt démarrer a requis un financement global de 54 milliards de FCfa consenti et approuvé par les partenaires financiers au développement des deux pays. Sa réalisation aura un impact certain sur la promotion des échanges économiques et commerciaux entre le Sénégal et la Mauritanie.

Mamadou Lamine DIEYE

Après Kédougou et Tambacounda qui ont lancé avec succès le programme « Epargner pour le changement » qui est l’un des programmes phares de l’Ong La Lumière, puis les régions de Kolda et de Kaffrine avec plusieurs centaines de millions de nos francs mobilisés, le programme suit son cours. Le programme a ciblé plus de 260 femmes du département de Tivaouane qui ont à ce jour épargné plus de deux millions deux cents mille francs (2.200.000 FCfa).

Le programme « Epargner pour le changement » (Epc), s’inspire du système traditionnel des tontines et il consiste en ce qu’un groupe de 15 à 25 membres crée un fonds collectif sur la base d’épargnes hebdomadaires. L’argent collecté est redistribué sous forme de prêts aux membres ; et les intérêts générés font augmenter le volume d’argent de ces groupes.

Ainsi et toujours dans la dynamique de sauvegarder les intérêts sociaux et économiques des communautés abritant les opérations minières, les contrées comme Dakhar Laye, Darou Khoudoss, Mboro, Gad, Ngomène, Mbar Ndiaye et Mbar Diop, dans le département de Tivaouane, sont entrées dans les bonnes grâces du projet mis en œuvre par l’Ong La Lumière, avec le concours financier d’Osiwa. A en croire Anna Diouf, la coordinatrice de l’Ong La Lumière dans la zone qui était à Tambacounda « 261 femmes réparties à travers 10 groupes sont ainsi enrôlées, et elles ont déjà pu épargner à ce jour la somme de 2.220.500 FCfa dont les 2.056.500 sont octroyés sous forme de prêt ».

Ce projet de développement communautaire « Epargner pour le changement » vise à former de véritables micro-entrepreneurs ruraux à même de doper de façon significative le tissu économique de leurs terroirs à l’image de cette dame du village de Sabodala, dans la région de Kédougou, devenue un grand nom du commerce international ou de cette autre dame de Koussanar dans la région de Tambacounda devenue exploitante forestière, affirme Ibrahima Sory Diallo, le secrétaire exécutif de l’Ong La lumière.

Pour rappel, ce programme « Epargner pour le changement » a démarré en 2007 dans la région de Kédougou. Initialement conçu pour les femmes, il est par la suite ouvert aux hommes et, de nos jours, Epc a su mobiliser, rien que dans les régions de Tambacounda et de Kafrine, 4.000 groupes qui ont pu collecter près de 40 millions de FCfa, lesquels fonds ont pu permettre d’octroyer environs 5.000 prêts pour un montant avoisinant 11 millions de FCfa. Comme quoi, ce sont les petits ruisseaux qui font les grands fleuves, souligne Ibrahima Sory Diallo.

Pape Demba SIDIBE

Les populations de Maka Coulibantang ont battu le pavée hier pour protester contre certaines conditions de vie peu enviables allant de l’enclavement de la commune aux problèmes d’infrastructures scolaires et hydrauliques. La cité religieuse de Maka Coulibantang met en avant l’absence de lycée, une gestion du forage par un comité ad hoc et le non-bitumage du tronçon Maka-Koussanar.

Ibantang, la cette cité religieuse située dans le département de Tambacounda et distante seulement de 35 km de Koussanar, a vibré aux rythmes des cris et autres klaxons de motos des marcheurs et autres protestataires.

Sous un soleil de plomb, ils ont marché dans les différentes artères de la commune pour se faire entendre. Pancartes, brassards rouges et autres banderoles bien brandis, ils ont manifesté leur courroux et demandé à ce que leurs doléances soient prises en charge. Ils réclament la construction d’un lycée dans la commune pour soutenir la scolarité de leurs enfants dont le plus grand nombre arrête l’école à ce niveau. Il y aussi le bitumage des 35 km qui les séparent de la Rn1 et qui rendent leur contrée quasi inaccessible, surtout durant la saison des pluies. La gestion du forage par un comité ad hoc dont ils estiment que le mandat est arrivé à terme a aussi été inscrite dans les doléances.

Les populations disent vouloir mettre en place un comité qu’elles auront choisi et installé. « Nous n’en pouvons plus de voir la situation continuer », affirme leur porte-parole du jour Kalidou Bâ, qui soutient que la quasi-totalité des élèves de la contrée ont vu leurs études arrêtées faute de tuteurs à Tambacounda et à Koussanar. S’il y avait un lycée sur place, leurs études n’allaient pas s’interrompre, explique le jeune. « Et pourtant, se désole-t-il, des localités moins célèbres, moins nanties que la nôtre et moins peuplées en élèves, sont dotées de lycée. Aujourd’hui, plusieurs dizaines de potaches sont là désœuvrés du seul fait d’une absence de lycée ».

D’ailleurs, rappelle Kalidou Bâ, la commune avait enregistré plusieurs décès de jeunes dans la méditerranée parce que ces derniers qui ne pouvaient plus continuer leurs études dans la commune avaient pris les chemins de l’émigration clandestine. Près d’une vingtaine en avait payé les frais du voyage sans retour, dit le jeune Bâ. C’est pourquoi, dit-il, il est temps que l’État construise un lycée dans la cité pour freiner la déperdition scolaire. A chaque fois qu’il y a évacuation de malade, ce dernier a mille chances de ne pas arriver à Tambacounda, tellement les conditions de voyage sont difficiles. L’État doit savoir que Maka Coulibantang est un foyer religieux comme tous les autres foyers. Et qu’il doit lui être accordé un programme spécial comme cela a été le cas partout.

P. D. SIDIBE

L’association «Ikana» a organisé la 6ème édition de sa fête de l’excellence à Ziguinchor samedi dernier. Les objectifs visés étaient de récompenser les élèves et enseignants qui se sont le plus hautement distingués par leur travail et leurs résultats l’année dernière, et de cultiver l’excellence dans les établissements scolaires de la Casamance.

Quarante-quatre (44) lauréats (élèves et enseignants) ont été primés. La présidente de l’association « Ikana », Aminata Angélique Manga, ministre de l’Economie solidaire et de la Microfinance, a appelé les élèves de la région méridionale du Sénégal à faire de cet événement un tremplin pour aller vers le concours général, où leurs aînés ont été très absents ces dix dernières années. Elle a promis de leur apporter tout son soutien matériel et de les aider à poursuivre leurs études, expliquant que son association « Ikana » s’est assignée comme mission d’appuyer les élèves, de les encadrer, « avec des lots de cadeaux importants » pour qu’ils comprennent le rôle qui est le leur dans la construction de la nation.

Cette année, l’association « Ikana » a distribué aux lauréats 8 ordinateurs, 14 tablettes, 10 vélos, une quarantaine dictionnaires, d’importants lots de livres, de cahiers, de stylos, de sacs à dos et du matériel didactique. Aminata Angélique Manga, par ailleurs responsable Apr à Ziguinchor, n’a pas manqué d’appeler les enseignants, les élèves et autres bonnes volontés à œuvrer pour pacifier l’espace scolaire en Casamance.

El Hadj Moussa SADIO

Malgré les efforts fournis par les collectivités locales pour une bonne gestion des ordures ménagères, c'est encore le calvaire dans certaines zones de la grande banlieue. Au quartier Médina 5 et alentours, des individus profitent de l'obscurité nocturne pour jeter leurs ordures dans les maisons abandonnées de ces quartiers. D'autres recourent au brûlage voire à l'enfouissement des ordures. Un danger banalisé.

Quartier Médina 5, à l'angle d'une rue, se dresse pitoyablement une maison abandonnée depuis plusieurs années à cause des inondations de la décennie précédente ayant complètement défiguré le quartier. Un amoncellement d'ordures meuble une partie de la maison que des habitants du quartier ont transformée en une sorte de décharge. Pourtant, c'était pour éviter cela que le propriétaire de la maison avait mis une partie de la maison à la disposition d'un groupe de jeunes fondeurs qui avait la responsabilité de surveiller la maison contre les jeteurs d'ordures. Assane Niang souligne que les habitants du quartier profitent de la nuit quand l'équipe de fondeurs est absente des lieux pour venir y jeter les ordures. «Pendant la journée, notre présence dissuade les jeteurs clandestins d’ordures ménagères mais ils attendent que nous quittions les lieux pour se débarrasser de leurs déchets domestiques», signale-t-il.

Pourtant, même la maison mitoyenne inhabitable, à cause des inondations, n'est pas épargnée de l'invasion des ordures ménagères. Son propriétaire est mort depuis des années. Sa famille s'est dispersée et son fils aîné qui devait s'occuper de la maison est rentré en Guinée.

C'est ainsi que des charretiers en ont fait un gîte pour leurs chevaux. «Tu as vu ces chevaux, ils défèquent à longueur de nuit dans la maison. Tu aperçois ces déchets un peu partout», explique François, un habitant du quartier. «Quelqu'un qui possède une maison dans cette zone doit trouver les moyens d'assurer sa surveillance. Autrement, il est évident que les habitants du quartier vont la transformer en dépotoir d'ordures», ajoute-t-il. Selon Ndèye Diaw, une habitante du quartier, les ordures constituent un véritable casse-tête pour les femmes de cette zone. Pourtant, un camion de ramassage d'ordures débarque quotidiennement dans le quartier. Il est toujours immobilisé dans une rue située à quelques centaines de mètres des maisons dépotoirs d'ordures. Par simple paresse, des femmes du quartier préfèrent se passer des services de ce camion de ramassage d'ordures et attendent la nuit pour jeter leurs poubelles dans les maisons abandonnées.

Elle dit de s’être toujours opposée que les gens voudraient y déposer des ordures. «Mais, c’est clandestinement que certains déposent les ordures ménagères », ajoute-t-elle.

Brûlage ou enfouissement d’ordures
« Au-delà de mon devoir de rendre service au propriétaire de cette maison et sa famille avec laquelle nous avons cohabité pendant des décennies, les membres de ma famille souffrent terriblement de l'odeur pestilentielle que dégagent ces ordures. Mais, en réalité, je suis vraiment impuissante », poursuit-elle. « Ici, il y a beaucoup de maisons récupérables, mais les ordures qui y sont jetées risquent de rendre plus difficile le travail de récupération des propriétaires », a-t-elle ajouté.

Dans le même ordre, elle signale que la famille qui vivait dans l’autre maison abandonnée jouxtant celle occupée en partie par les fondeurs a décidé de brûler les ordures entassées dans ce qui reste de cette maison. «Un des membres de cette famille a décidé de réfectionner la maison en vue de revenir y habiter. C'est lui qui a émis l'idée de brûler les ordures et de remblayer la maison», a-t-elle souligné. En effet, ici, personne ou presque n'est conscient des risques liés au brûlage des ordures. Et, si par hasard vous vous aventurez à attirer leur attention, on vous sert la réponse de Ndèye que n'importe quelle autre femme du quartier vous aurait servie : « Ce n'est rien, il suffit d'éviter la fumée. Pourtant, c'est parce qu'on n'est pas sûr que la nappe phréatique est suffisamment rabattue. Autrement, on va renouer avec la solution d'antan qui consistait à enterrer les ordures », réagit-elle dans un sourire empreint d'insouciance.

Abdou DIOP


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