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Abdoulaye Lô, maire de Sébikotane : « Il y a suffisamment de places pour recevoir de nouveaux habitants »

24 Déc 2016
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Abdoulaye Lô est, depuis juin 2014, le maire de la commune de Sébikotane (communément appelée Sébi). Dans cette interview, il revient sur les enjeux d’extension de sa commune qui reçoit de plus en plus de monde. Conscient de ce subit intérêt pour son agglomération, le maire soutient constamment travailler afin d’accueillir, dans les meilleures conditions possibles, ceux qu’il convient d’appeler les « nouvelles populations de Sébikotane ».

Présentez-nous votre commune ?
Sébikotane est l’un des villages les plus connus au Sénégal depuis plus d’un siècle.  C’est là où se situe la première grande école coloniale : « Ecole Sébi William Ponty ». Le séminaire de Sébikotane  qui forme les prêtres est implanté ici depuis 1917. Sébikotane est une bourgade qui existe depuis le 17ème siècle.  Lors de la construction de la voie ferrée Dakar-Saint Louis,  Sébi a eu sa propre gare. C’était d’ailleurs la seule gare construite dans toute la sous-région à part celles qui se trouvaient dans les communes de plein exercice. Ce qui faisait que Sébi constituait une attraction, un lieu de retrouvailles et d’échanges commerciaux. Actuellement, la commune grandit vite. Selon le dernier recensement, elle abrite plus de 30.000 habitants. Ce qui fait que Sébi n’est plus cette petite bourgade d’autrefois. La commune est même plus peuplée que certains chefs-lieux de départements. En effet, depuis la construction de l’autoroute à péage, bon nombre des déguerpis ont quitté Dakar pour venir habiter ici. Ce qui confère plusieurs nouvelles habitations à la localité. Nous pensons que l’intérêt pour cette localité va continuer avec notamment la construction du nouvel aéroport et la nouvelle ville que va constituer le pôle urbain de Diamniadio.

Est-ce que des mesures d’accompagnement ont été prises pour faire face à cette arrivée massive de nouvelles populations ?
Des mesures anticipatrices ont effectivement été prises pour faire face à ces déplacements devenus massifs. Des lotissements ont été prévus à cet égard. Malheureusement, les lotissements qui ont précédé n’ont pas été faits dans les règles de l’art. Nous sommes en train de régler cette situation.  En tout état de cause, il y a suffisamment de places pour recevoir du monde. Sous peu, nous allons procéder à l’affectation d’au moins un millier de parcelles. Il y a également un nouveau lotissement de plus de 20 hectares qui sera bientôt fait. Nous avons aussi créé une deuxième zone industrielle pour accueillir les industries qui aimeraient développer des activités ici. De même, une troisième zone industrielle exclusivement dédiée aux produits agricoles et sylvo-pastorales, et la transformation des produits halieutiques sera créée. Les communes n’ont pas le droit de vendre les terrains. Elles ne doivent percevoir que deux taxes : les frais de bornage et les frais d’autorisation de construction, rien d’autre. Nous n’accepterons pas que des lotissements clandestins viennent mettre en cause ou dérégler le plan d’habitat. Nous en avons d’ailleurs trouvé beaucoup sur place, plus de 150 lotissements clandestins que nous sommes en train de régulariser. Nous ne voulons pas que Sébikotane soit une ville dortoir. Nous voulons en faire une zone d’industrie et de commerce  pour pouvoir englober toute cette jeunesse qui est là et qui a besoin de travailler. Ce sont, pour l’essentiel, des jeunes très qualifiés. Nous avons d’ailleurs procédé à un recensement afin de connaître le profil des uns et des autres pour pouvoir soumettre leur dossier en cas de besoin. 

N’êtes-vous pas confrontés à la pression des promoteurs immobiliers, vu que la commune grandit ?
Actuellement, il y a une pression terrible des promoteurs immobiliers sur les populations qui détiennent notamment des champs et autres.  Ces promoteurs viennent munis de leurs argents,  dans le but d’acheter les terrains, pour ensuite s’adonner à de la spéculation.  Les gens qui sont dans le besoin sont tentés de vendre les terrains. Alors qu’ici, c’est un domaine national ; ce qui fait que personne n’a le droit de vendre les terrains. Ils appartiennent à l’Etat. Nous sommes en train de faire comprendre aux populations qu’elles n’ont aucun pouvoir de certification ou d’appartenance de ces terrains. L’autre particularité de Sébikotane, c’est la forêt classée.  A cet égard, nous remercions le président de la République, Macky Sall, qui a pris la décision de réaménager cette forêt, de lui rendre son lustre d’antan de poumon vert.  Nous lui sommes gré de la réhabilitation de cette forêt et de l’initiative d’amener des solutions sur les manquements. Une partie de Sébikotane était ensevelie, et si l’on ne prend pas garde, cette localité sera, dans 150 ans, sous terre. La décision du président de la République est tombée à l’heure.

En ce qui concerne les infrastructures sanitaires et scolaires, quels actes ont été posés par l’Etat et qu’est-ce qui manque ?
C’est un sujet très important. Mais, j’ai été agréablement surpris de trouver que sur le plan enseignement et éducation, Sébikotane est bien pourvue. Il faut quand même le noter. Nous avons un lycée qui reçoit plus de 2000 élèves. L’Etat est en train de construire un nouveau Cem à l’Est de Sébikotane. Également, un deuxième lycée et un deuxième Cem sont en construction au Sud de Sébi, des infrastructures financées par l’Afd,  qui seront opérationnelles  dès l’année prochaine. Sur le plan de la santé, la commune dispose d’une maternité déjà opérationnelle depuis vingt cinq ans. Nous avons quatre cases de santé. Nous disposons également d’un dispensaire fonctionnel. Lors du dernier conseil interministériel de Dakar, le président de la République a annoncé  la construction d’un hôpital à Sébikotane. Disons, dans deux ans, la commune sera complètement équipée en matière d’infrastructures sanitaires. Au niveau de la mairie, une géomaticienne s’occupe de ce volet. Nous avons des informations très précises et des statistiques qui permettent de connaitre en temps réel les défis à relever. Conformément aux orientations des Objectifs du millénaire pour le développement (Omd), sur le plan sanitaire et éducationnel, nous respectons les normes. 

Avez-vous pensé à la jeunesse qui constitue essentiellement la population, notamment sur les volets aires de jeux et autres ?
Actuellement, nous sommes en discussion avec l’Agence de développement municipal (Adm). Nous disposons d’un stade. Mais, qui n’est stade que de nom.  L’aire de jeu est parsemée de pierres. Il n’y a pratiquement pas de tribunes. Nous sommes en discussion avec l’Adm pour la construction du stade. Avec le pôle urbain de Diamniadio, les communes environnantes peuvent bénéficier d’une infrastructure, et nous avions choisi un stade. Au niveau du ministère des Sports, nous avons fait une requête pour disposer d’un stade fonctionnel pouvant abriter au moins 1000 places avec une aire de jeu gazonnée. Nous espérons que, d’ici à 2019, ce sera fait. Il faut signaler que Sébikotane est l’une des seules communes à détenir une équipe qui joue dans une compétition nationale. Nous sommes en troisième division du championnat national. Il y a une jeunesse qui est vraiment en attente de cette infrastructure.

Vous l’avez dit, il y a pas mal d’usines qui se trouvent dans les alentours de Sébikotane, est-ce qu’elles s’acquittent pour autant des taxes par exemple ?
Pratiquement, une seule usine s’acquittait des patentes.  C’était Fil-Fili. Les autres, non. Nous avons vraiment le cœur gros sur ce sujet, surtout vis-à-vis d’une société comme Senac qui se trouve dans la localité depuis 1966 et qui ne paye pas sa patente et ses impôts à la mairie de Sébikotane, préférant s’en acquitter à Thiès. Nous avons fait tout le nécessaire. Nous avons été à la Dgie. Nous avons vérifié les terres sur lesquelles la Senac est bâtie. Elles sont un titre foncier qui appartient à Sébikotane et domicilié à Rufisque. Rien ne justifie cette posture. Ce sont des amis,  voilà pourquoi nous devons nous dire la vérité. Ce serait vraiment dommage qu’ils attendent que les Finances leur imposent de payer. Les autres nouvelles sociétés qui se sont implantées ici aussi ne payaient pas leur patente. Si ce n’est depuis deux ans. Il y a la Dhl qui paye également à Dakar alors qu’elle se trouve à Sébikotane.

Propos recueillis par O. BA

Last modified on samedi, 24 décembre 2016 14:05
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