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Cap Skirring : Le mariage mixte à l’épreuve de la crise touristique

25 Jan 2017
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La station balnéaire du Cap Skirring maintient le cap des mariages entre les hommes blancs et les filles noires. La dernière série d’unions entre des blancs et des filles noires remonte au mois de novembre 2016. Plusieurs filles interrogées affirment que ces unions sont encore d’actualité en dépit de la crise qui affecte le tourisme avec ses effets collatéraux au plan social. L’amour ne connaît pas la crise.

Il fait beau temps sur Cap Skirring ce 21 décembre 2016. En ce début d’après-midi, les rayons du soleil sont supportables. Une nuée de nuages semble flotter au-dessus des toits. Mais l’embellie ne profite pas aux restaurants. Ce n’est pas la période faste des années 2002-2004. Durant ces années, au mois de décembre, les rues, les restaurants et les plages étaient plongés en permanence dans l’ambiance de fin d’année. Le cuisinier Ousmane Guèye, accoudé sur le capot d’une voiturée stationnée à la hauteur des bars Resto « La Case Bamboug », se souvient des périodes où Cap vibrait au rythme des activités touristiques. Le tourisme qui est dans le creux de la vague a eu des effets collatéraux sur les unions entre les blancs et les filles noires. « Le mariage entre les touristes et les filles noires tend à disparaître. Qu’est-ce que nous constatons de nos jours ? Les touristes résidents sortent avec une fille, lorsqu’ils rentrent ils l’oublient. A leur retour, ils sortent avec une autre fille », nous informe le cuisinier Ousmane Guèye qui fait des extras dans des restaurants et des hôtels de la place. La morosité n’a pas gommé la place de Cap sur la carte touristique du Sénégal. La station balnéaire bascule paresseusement dans une effervescence assez soyeuse, vers 17 heures. Les touristes, à bord des pick-up, partent pour les excursions. D’autres se rendent dans les ateliers où les sculpteurs raffinent leurs œuvres. Près du comptoir, du restaurant Biarritz, un toubab du nom de Wen est à table avec son épouse noire. Tout roule au super pour ce couple. L’homme ironise et critique les mariages qui ne sont pas fondés sur l’amour, mais sur le bien matériel. « Il y a mariage et mariage. Pour moi tout se passe bien », dit-il avant de disparaître avec son épouse à bord d’une moto. Sur l’artère principale, par groupe, les touristes sortent des restaurants. D’autres marchandent des fruits aux stands aménagés près du rond-point. Sur le pavé du Bar resto « Le Régal », Marie-Thérèse Carvallo marche à grandes enjambées. Elle a l’air pressé. Cette dame rame à contre-courant du cuisinier. « Les touristes blancs continuent d’épouser des filles noires. Je ne crois pas que ce genre de mariage soit en perte de vitesse », objecte la dame qui a pignon sur rue dans la ville balnéaire depuis plusieurs décennies.

Regards croisés sur une mode
Les yeux couverts de lunettes de soleil, Aïcha Bassène, une fille de teint noir à forte corpulence, adopte une attitude prudente. Elle a préféré faire une radioscopie de ces unions sans les extraire d’un cadre plus global. « Les mariages des couples avec des conjoints de différentes races marchent même si parfois ces unions connaissent des problèmes comme du reste les autres mariages », analyse Aïcha Bassène. Sur la terrasse de ce restaurant situé près des statuts, trois filles dont une serveuse discutent à voix haute autour d’une table installée presque sur le trottoir. Lorsque nous les interpellons sur ce qu’elles pensent des mariages entre les touristes blancs et les filles noires au Cap Skirring, les deux demoiselles se regardent. L’une d’elles répondant du nom de Diédhiou botte en touche dans un premier temps. Sa réponse est laconique. « Je ne peux dire beaucoup de choses. Mais c’est un phénomène qui existe », dit-elle. Sa camarade Juliette Toupane, vêtue d’une robe courte de couleur bleue, n’a rien à cacher. Son avis tranche avec les nuances. « Au mois de novembre, beaucoup de filles noires ont été mariées par des toubabs qui les ont amenées dans leur pays. C’est pour vous dire que ces mariages sont encore d’actualité », avance Juliette Toupane. Au Cap Skirring, ces unions sont comme les mouvements des marées tantôt elles sont basses, tantôt elles sont hautes. C’est l’avis de Georgette Diatta rencontrée près du Restaurant « Le Golfeur ». « Pour moi, les choses ont changé. Les mariages entre les Blancs et les Noires étaient très fréquents », atteste-t-elle. Un vent d’éveil de conscience souffle. Les filles savent très bien que l’âge d’or du tourisme est derrière elles.

L’époux blanc, pas une finalité
Elles ne cherchent pas, coûte que coûte, à se marier avec un homme blanc. « C’est vrai que j’observe une évolution des mentalités. Auparavant, au Cap, toutes les belles filles avaient fait du mariage avec un homme blanc une fin en soi. Parfois c’est la famille qui s’en mêlait », nous décrit un peintre qui a requis l’anonymat. Du reste l’époux blanc reste un rêve pour les jeunes filles du Cap Skirring. Sur cette route passante, en début de soirée, les touristes envahissent peu à peu les terrasses des restaurants de cette rue qui a les couleurs d’une galerie commerciale à ciel ouvert. Nous quittons Cap pour Cabrousse.

Par Maguette NDONG et Idrissa SANE (textes) et Assane SOW (photos)

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