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Bignona : Les populations se réveillent petit à petit du cauchemar du conflit armé en Casamance

13 Mai 2017
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C’est le réveil des énergies dans le Fogny (Bignona) grâce à l’accalmie qu’on observe dans le conflit armé en Casamance. Les responsables et autres élus locaux des communes de Suelle et de Djibidione sont en train de tout mettre en œuvre pour saisir la balle au bond. L’occasion leur paraît trop belle pour ne pas être mise à profit, au grand bonheur des populations éprises de paix et de lendemains meilleurs. Et ils comptent sur l’Etat pour venir à bout des obstacles qui sont nombreux mais pas insurmontables.

Dans tout le Fogny, les populations ont repris vie à la faveur de l’accalmie qui présage la fin imminente du conflit armé en Casamance. Nous nous en sommes aperçus à partir du village de Koutenghor. Une localité qui est située à moins de 2 km à l’Ouest de la ville de Bignona. On y accède par la RN5 (Bignona-Diouloulou-Séléty) en bifurquant vers la droite sur la route menant vers Soutou. Partout sur notre parcours à bord d’un minibus voyageur vieillot, les populations vaquent tranquillement à leurs occupations habituelles.

Contrairement à un passé récent où, la plupart du temps, ils se terraient dans leurs maisons et autres endroits sûrs à cause de l’insécurité. Et le visiteur peut le constater de visu, notamment de Koutenghor à Djibidione (chef-lieu de la commune éponyme), en passant par Soutou, Kaoudioul, Diaboudior, Suelle, Niankitte, Diakoye-Banga et Batong. D’un côté, les femmes s’activent dans les travaux comme le maraîchage, le traitement et le conditionnement de produits agricoles destinés à l’alimentation. De l’autre, les hommes s’attèlent à la reconstruction des maisons et à la remise en état de leurs moyens de substance (champs, vergers et autres domaines d’activités de production). Tous travaillent dans un état de sérénité et de confiance. Sans la moindre menace d’une détonation, synonyme d’insécurité. On ne se croirait pas dans cette partie nord-est du département de Bignona dénommée « zone rouge ». Et pour cause, le conflit armé qui sévissait dans la région méridionale du Sénégal en avait fait, le plus souvent, le théâtre d’affrontements sanglants entre l’armée et des combattants du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (Mfdc).

Ces derniers s’entre-tuaient aussi. Autrefois même, certains endroits du secteur n’étaient pas accessibles à tout le monde. « Ce n’est plus le cas », rassure le cultivateur Lamine Diédhiou que nous avons rencontré dans son village Diakoye-Banga. « Aujourd’hui, affirme-t-il, le commun des mortels peut parcourir sans problème tout le Fogny, notamment le Nord-Sindian qui était considéré dangereux à cause de l’intensité de l’insécurité qui y a prévalait ». Nous en avons fait l’expérience lors du voyage qui nous a conduits à Djibidione (chef-lieu de la commune éponyme) pour les besoins de la couverture d’un forum des villageois.

Dynamique de relance des activités économiques
La réunion a été organisée par le président du Mouvement national pour le développement humain durable (« Les 4K »), Bakary Dingding Djiba, en étroite collaboration avec les communes de Suelle et de Djibidone. Elle s’inscrit dans cette dynamique de relance des activités économiques qui est enclenchée dans tout le Fogny (arrondissements de Sindian, Kataba1 et une partie de celui de Tenghory).

Son but est de promouvoir le développement endogène dans les communes citées plus haut. « Parce que toutes les populations d’ici aspirent toutes à la paix et veulent enfin vivre correctement, après toutes ces longues années de guerre en Casamance », a renchéri le maire de Djibidione, Ansoumana Sagna. Il a raconté que du fait du conflit armé, beaucoup de villages du Fogny ont enregistré des déplacements massifs de populations vers la Gambie voisine. Il n’a pas occulté les nombreuses écoles fermées, la multitude de localités abandonnées et les activités économiques délaissées. Cette situation, d’après l’édile de Djibidione, a entraîné la déchéance de l’économie locale dont le système avait fini par être déstructuré. Elle a aussi perturbé la bonne dynamique de développement du Fogny. « Nous avons vécu cette situation douloureuse pendant 8 ans au moins », a indiqué Ansoumana Sagna. Actuellement il est content que de l’arrêt des hostilités : « Grâce à Dieu, nous notons une accalmie depuis 2012. La quiétude s’installe progressivement au sein des populations; celles qui avaient fui sont en train de rentrer petit à petit et les villages abandonnés commencent à se repeupler ».

A ce sujet, les leaders de Djibidione et de Suelle n’ont pas manqué de saluer le concours de l’Etat, celui de ses partenaires, du Mfdc et des populations locales. Le maire Ansoumana Sagna a assuré ceci : « Les gens du Fogny sont plus que jamais engagés à soutenir toute initiative allant dans le sens du retour rapide d’une paix définitive et durable en Casamance ».

Régler le problème d’eau potable pour faciliter le retour des déplacés
Le liquide précieux fait grandement défaut dans les communes rurales de Djibidione et de Suelle (Bignona) au point de constituer un facteur bloquant au retour en cours des populations déplacées dans leurs villages d’origine.

Les villageois ont expliqué que le retour des populations déplacées est bloqué en ce moment par le manque d’eau. « Cette eau, rappellent-ils, est nécessaire à la fabrication des briques pour la construction des maisons ». C’est ainsi qu’à Djibidione, les habitants de la commune ont déploré le nombre « très limité » de puits améliorés et de forages fonctionnels, les exposant à des problèmes d’eau potable. « La situation est aggravée par le défaut d’extension du réseau hydraulique dans les villages ne bénéficiant pas encore de forage », a déploré Nfansou Badj, un agriculteur du village de Batong. Quant à Fanta Goudiaby qui se réclame « femme du Fogny », elle a indiqué que cela contraint les femmes à des corvées d’eau. Dans la commune de Djibidione, l’édile interpelle l’Etat, à travers le ministère de l’Hydraulique, pour qu’une solution rapide et définitive puisse être trouvée à cette lancinante question de l’eau potable dans les villages des communes rurales de Sindian et de Djibidione. « Ce qui encouragera un retour massif des populations déplacées et contribuera à satisfaire les besoins des villageois en eau potable », a anticipé le maire de Djibidione. Toutefois, il a félicité et encouragé le Cicr et des Ong comme Copi.

Grâce au ppdc, plusieurs infrastructures de base en cours de réalisation
Le Fogny, qui a tout perdu dans le conflit armé en Casamance, souffre de beaucoup de maux : manque d’eau potable, inexistence de routes praticables, défaut d’électrification, etc. Autant de manquements que le Ppdc est en train de corriger.

Leurs productions pourrissent également sur place faute de pouvoir être acheminées vers les marchés de Bignona, Ziguinchor et autres ou de moyens de conservation. Elles en appellent à la bienveillance du président de la République pour les sortir de l’ornière, estimant qu’elles sont « très fatiguées » après avoir subi de plein fouet les affres du conflit armé en Casamance. Mais, un début de solution est en train d’être apporté à leurs préoccupations, notamment pour ce qui est des routes. En effet, l’Etat, par le biais du Projet pôle de développement de la Casamance (Ppdc), a débuté les travaux de construction d’un certain nombre de pistes comme Sindian-Suelle-Djibidione, Mampalago-Balandine-Dibidione et Baïla-Suelle. La réalisation de la route Djibidione-Balandine est déjà terminée. Pour leur part, les nombreuses femmes maraîchères du Fogny ont appelé les autorités compétentes à les aider à trouver des marchés où elles pourraient écouler leurs légumes. Leurs sœurs qui s’activent dans l’agroalimentaire ont également fait la même demande à l’Etat pour avoir des revenus qui puisent leur permettre de subvenir aux besoins de leurs familles. Les femmes du Fogny, notamment celles des communes de Suelle et de Djibidione, souhaitent aussi bénéficier de matériels d’allégement de leurs travaux (moulins à mil, décortiqueuses à riz, etc.) de qualité et en nombre suffisant.

Un reportage d’El Hadj Moussa SADIO

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