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Casamance : La Cedeao appuie la lutte contre la mouche des fruits

18 Mai 2017
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La lutte contre les mouches de fruits va monter d’un cran cette année dans la région de Ziguinchor, à la faveur d’un projet sous-régional de la Cedeao qui a déjà mobilisé quelque 67 millions de francs Cfa à cet effet. Et 400 producteurs sont en train d’être capacités sur les techniques appropriées pour apporter la riposte idoine. Car les dégâts restent importants et appauvrissent les paysans, même s’ils sont passés de 80 à 40% sur les récoltes.  

Baraf est un village de la commune de Niaguis dans le département de Ziguinchor. C’est une zone de production de mangues par excellence. Les vergers s’étalent à perte de vue. Le visiteur qui y débarque est impressionné par la floraison des plantations qui poussent comme des champignons. Et ici à Baraf tout comme à Darsalam (une localité de la commune rurale de Nyassia) ou ailleurs encore dans la région de Ziguinchor, on admettrait difficilement que des populations locales soient découragées à ne plus planter des mangues à cause des mouches de fruits, tellement les vergers sont nombreux. Mais, les producteurs persistent que les dégâts n’encouragent pas à continuer. « Nous en souffrons depuis 1989 avec 80 à 90% de pertes sur les récoltes », raconte le président de l’association régionale des planteurs de Ziguinchor, Mame Moussé Guèye.

Nous l’avons trouvé en pleine formation avec une dizaine de ses collègues producteurs de mangues au milieu d’une plantation. Et il s’est déclaré heureux de savoir que l’Etat et la Cedeao ont décidé de voler à leur secours, à travers le projet régional de lutte contre les mouches de fruits en Afrique de l’Ouest et en mobilisant pour cette année quelque 67 millions de francs Cfa au profit des départements de Ziguinchor, Bignona et Oussouye. L’enveloppe est destinée à la formation des producteurs et à l’achat de produits et équipements de lutte. Déjà 80 relais ont été formés aux techniques de lutte et ont commencé à renforcer les capacités des producteurs de la région en la matière. Au total, 38 sessions de formation sont prévues à cet effet. « Nous sommes contents de voir que tout se passe bien dans la mesure où les producteurs se sont appropriés les technologies de lutte », s’est réjoui le coordonnateur national du projet régional de lutte contre les mouches de fruits en Afrique de l’Ouest, El Hadj Omar Dieng. Il n’a pas manqué de les encourager à appliquer toute la technologie de lutte et les produits dans leurs vergers. Par ailleurs, M. Dieng a tenu à expliquer que ce projet dont il est responsable regroupe 9 pays de la sous-région dont le Sénégal. Il vise à harmoniser toutes les stratégies de lutte contre la mouche des fruits au niveau sous-régional et à éradiquer le fléau.

Méthodes de lutte
« Nous utilisons les mêmes méthodes de lutte contre les mouches de fruits depuis 2004 », a indiqué El Hadj Omar Dieng. Ces méthodes consistent à faire des piégeages pour attraper les mouches mâles. Il y a aussi des traitements avec des appâts alimentaires qu’on fait pour tuer les mouches femelles. En plus de cela, on conseille aux producteurs de faire un nettoyage systématique et régulier du verger. Donc, ramasser les mangues tombées au sol, les détruire soit par incinération soit par enfouissement. « En outre, la Dpv est en train de faire de la lutte biologique par l’utilisation d’un auxiliaire. C’est-à-dire un insecte ennemi de la mouche des fruits que nous sommes en train d’élever au laboratoire et pour le lâcher dans les vergers afin de compléter les activités de lutte que les producteurs sont en train de mener », a expliqué notre interlocuteur. Il a soutenu qu’une seule technique ne suffit pas pour combattre la mouche des fruits. « Il faut une association de techniques de lutte qu’on appelle la lutte intégrée que nous sommes en train de mettre en œuvre dans la région de Ziguinchor ».

Selon le chef du service départemental du développement rural de Ziguinchor, Mamoudou Mansaly, les résultats de la lutte contre la mouche des fruits sont encourageants à Ziguinchor. « A l’apparition des mouches de fruits en Casamance, on était à 80% de pertes. Actuellement on en est aux environs de 40% », a-t-il révélé. Il va falloir que les producteurs redoublent d’efforts pour que les infestations de mouches des fruits diminuent davantage. M. Mansaly a déploré le fait que certains producteurs n’entretiennent pas leurs vergers. « Ce qui est dommage, dit-il, parce que quand un verger n’est pas bien traité, bien nettoyé, il constitue un refuge pour les mouches de fruits ». Il a ajouté que la persistance de ces mouches est liée également à l’insuffisance de la quantité de produits nécessaires pour couvrir toute la région. « Les dotations actuelles sont insuffisantes pour satisfaire les besoins des producteurs ». Le patron local de la Sddr en appelle à la bienveillance des autorités compétentes afin de réduire et de contrôler les mouches de fruits dans la région pour que les dégâts de ces insectes ravageurs ne soient pas plus importants.

Même son de cloche du secrétaire général de l’Ong Apran, Demba Keïta, par ailleurs producteur à Darsalam. A l’en croire, ce programme de lutte contre les mouches de fruits redonne espoir aux horticulteurs, notamment aux producteurs de mangue d’ici. Mais, il a estimé que les producteurs doivent prendre leurs responsabilités et ne plus tout attendre des services de l’Etat et des bailleurs de fonds. « Ce que l’Etat est en train de faire est d’apporter la technologie, les produits et le matériel nécessaires. Il appartient maintenant aux producteurs d’appliquer cette formation et de s’engager dans la lutte ».

Maintenir propres les plantations
Pour Demba Keïta, ce ne sont pas les agents de l’Etat qui vont se consacrer à la fabrication des pièges, ainsi qu’à la préparation des produits et leur mise en place dans les vergers. « C’est aux producteurs d’appliquer ces techniques sur le terrain ».

Par ailleurs, M. Keïta a engagé les producteurs à tenir toujours propres leurs plantations. « Si le verger n’est pas propre, il devient un foyer de reproduction pour les mouches de fruits ».

Donc, il faut tout un travail de ramassage des mangues qui ont été piquées par les mouches de fruits et qui sont tombées. Il faut les enfouir ou les mettre dans des sachets plastiques pour réduire au maximum la reproduction de ces mouches. Notre vis-à-vis a estimé qu’il faut carrément déclarer la guerre aux mouches des fruits, « parce qu’elles affectent énormément la sécurité alimentaire du Sénégal. « Autrefois, les familles consommaient moins de riz pendant les périodes de récolte des mangues, parce que c’est un fruit qui est très prisé surtout par les enfants, et tout le monde s’en régale ». Sa commercialisation procure également des revenus substantiels aux familles, leur permettant de faire face à certains de leurs besoins. « Mais maintenant, avec des 14 années de présence nuisible des mouches de fruits, les revenus des familles ont baissé considérablement. Et là, nous sommes dans une situation où les producteurs sont pauvres et beaucoup de plantations tendent à disparaître parce que les gens pensent que faire des manguiers, c’est peine perdue ».

El H. M. SADIO

Last modified on jeudi, 18 mai 2017 14:24
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