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Arts et Culture (1653)

Longtemps resté un moment central dans la transmission des valeurs qui fondent l’historique de la communauté mandingue, le Kankourang, classé au patrimoine culturel immatériel mondial par l’Unesco en 2005, est devenu source de violence. En l’espace d’une semaine, deux incidents majeurs ont écorné l’image d’un rendez-vous qui se veut avant tout une fête. La collectivité mandingue regrette ces incidents et appelle à l’unité et à la paix.

Moment de retrouvailles, de communion et de fête, le septembre mandingue a toujours mis la ville cosmopolite de Mbour sur les feux de la rampe depuis plus d’un siècle maintenant. La sortie du Kankourang, qui est une occasion pour les Mbourois d’origine ou d’adoption de se ressourcer, a toujours permis à la ville de reprendre chaque année un second souffle, surtout les week-ends où un monde fou venu des autres localités se déverse sur la capitale de la Petite-Côte. Mbour vibre alors au rythme du « Sowrouba », du « Kutiiroo », du « Junkurado » et du « Sabaroo », mais aussi du « diambadong », danse sacrée qui accompagne les initiés à leur entrée et à leur sortie, et qui fait aussi danser le kankourang. Mais ces dernières années, le Kankourang est devenu source de problèmes. La violence est érigée en règle et écorne grandement l'image du septembre mandingue. Les premières scènes de violence cette année ont été notées lors de la première sortie du Kankourang le dimanche 10 septembre. Des « selbés » de la collectivité mandingue ont été accusé d’avoir pris à partie un jeune répondant au nom de Mamadou Top Thiombane, habitant au quartier Santessou.

Ce dernier a été gravement blessé. Il a vite été évacué à l'hôpital où il a succombé à ses blessures le mercredi. Après cet incident malheureux, une clinique sise à Darou Salam a été saccagée le dimanche 17 septembre. Mais, cette fois-ci, ce sont les « selbés » de Pa Cissé qui ont été pointés du doigt par El Hadji Samb, propriétaire de la structure sanitaire. Ce responsable de la commission médicale et santé de la collectivité mandingue a accusé ces derniers d'avoir dérobé les recettes de sa clinique. El Hadji Kaoussou Cissé, chargé de communication du Djoudjou Cissé Kounda, a botté en touche les accusations d’El Hadji Samb. Selon lui, ce dernier raconte des contrevérités. « Nos "selbés" sont très disciplinés. On leur a inculqué des valeurs qui les empêchent de se livrer à des violences », a-t-il indiqué. Précisant que leur défi est de faire de la culture du social un moteur de développement, mais pas de commettre des violences. « Circoncire gratuitement 636 initiés prouve notre engagement. Et à chacune de nos sorties, nous informons l'autorité administrative et nous le faisons dans la plus grande discipline », a dit M. Cissé qui n'exclut pas cependant de porter plainte pour diffamation.

Les regrets de la collectivité mandingue
A la suite de ces incidents malheureux qui ont mis toute une ville en émoi, la collectivité mandingue a donné sa version des faits. Son secrétaire général adjoint, Kadialy Seydi, a dénoncé un « matraquage » de la presse qui a « relayé d’une autre manière les évènements ». Et il fallait, selon lui, « rétablir la vérité ».

A en croire M. Seydi, le garçon en question s'était armé de couteau pour infiltrer leurs « selbés ». Ces derniers l’ont maîtrisé et renvoyé chez lui. « Il est ressorti avec un autre couteau pour les menacer. Il s'en est suivi des échauffourées. Il a été blessé et a perdu la vie. La famille, dans la douleur, a accusé le coup et n'a pas porté plainte, contrairement à ce qui a été relaté dans la presse. Nous avons discuté entre frères et parents. Une délégation s'est même rendue à la maison mortuaire et a été bien reçue », a dit M. Seydi. La collectivité mandingue, a-t-il indiqué, regrette ce geste. « L'affaire est aujourd’hui entre les mains de la police qui mène son enquête », a-t-il noté. M. Seydi a également regretté l’attaque de la clinique du responsable de la commission médicale et santé de la collectivité. « Des gens sont entrés par effraction dans sa clinique, l'ont saccagée et ont dérobé de l'argent. Ce qui est sûr c'est qu'il n'a pas été agressé par les gens de notre association. Il a reconnu certains de ses agresseurs et à fait une mention à la police. Il va porter plainte », a laissé entendre M. Seydi. Selon lui, la communauté mandingue n'a pas à commettre ces actes répugnants qui n’ont été perpétrés que par des irresponsables. Pour Kadialy Seydi, le Kankourang n'est pas l'apanage des seuls « socés », mais celui de tous les Mbourois. La demande et le succès que connaît le Kankourang depuis ses débuts attestent donc, à son avis, de l’obligation de la collectivité mandingue de le perpétuer.

S. O. FALL

Les différents festivals de cinéma sur le continent africain « font du bon boulot » pour montrer les films et encourager la production. Mais la cinématographie se porte mal, martèle le président de la fondation du Festival du cinéma africain de Khouribga (Maroc). Noureddine Sail, ancien directeur du Centre cinématographique marocain, pense qu’il faut une aide encore plus conséquente de nos Etats pour un vrai développement de la cinématographie africaine.

Que représente la célébration, la fête des 40 ans du Festival du cinéma africain de Khouribga ?  
 Ça représente la réalisation d’un rêve démarré en 1977 et qui se perpétue quarante ans après. Cela veut dire que l’idée a bien pris, que les gens de la ville de Khouribga l’ont bien adoptée. Je pense que dans ce domaine, comme dans d’autres, c’est seul le travail qui paie. Il y a des gens qui rejoignent le festival, il y a de nouvelles têtes. Mais le même esprit militant est toujours là. Ce sont des gens qui travaillent parce qu’ils aiment le cinéma, ils aiment leur ville. Et à force de vouloir ancrer le festival de Khouribga, ils arrivent en à faire un festival panafricain. Sa spécificité a toujours été la cinéphilie. Une cinéphilie profonde, qui n’a jamais varié. On approfondit ici les films ; on approfondit le débat, les thèmes et nous ne mélangeons rien, c’est-à-dire ici, nous sommes dans le dur du cinéma. Vous ne verrez jamais ici la compétition entre séries ; mais les fictions et les longs métrages. C’est cela le génome du festival de Khouribga et de son succès en Afrique.

Et nous sommes en parfaite complémentarité, bien entendu, avec les festivals comme celui de Ouagadougou, qui accepte toutes les formules d’expressions audiovisuelles. Mais également avec le festival de Carthage qui lui, cherche à faire la complémentarité avec le monde arabe et l’Afrique. Et bien entendu aussi, « Écrans Noirs » du Cameroun qui essaie, chaque année, de montrer les dernières productions africaines, aussi bien de courts ou longs métrages.

Voilà ! Que dire ? Après 40 ans, on a fait le job, on a fait le travail. Quand on dit « c’est la fête des 40 ans », alors je dis oui, c’est une fête inaccomplie, parce que rien n’a changé.
Donc depuis 40 ans tout se passe bien au festival de cinéma de Khouribga…

Oui, ça va, ça va !  L’organisation, la logistique, tout ça c’est très bien. C’est le cinéma africain qui se porte plutôt mal. D’ailleurs, tous les festivals africains se comportent bien. Que cela soit ici ou ailleurs sur le continent. Mais en parallèle, la cinématographie africaine ne se porte pas bien du tout. Les responsables d’Etat n’ont toujours pas compris que pour qu’il y ait une cinématographie africaine, il faut des aides sérieuses. Pas que seulement de petites aides.

Et puis, plus le temps passe, moins il y aura de films et il y aura des salles de cinéma qui vont fermer. Donc il y aura peu de salles dans ce cas-là. Ce sera un cercle vicieux, qu’on ne pourra jamais récupérer pour le rendre vertueux. Donc nous faisons la fête du 40ème anniversaire du Festival de Khouribga, mais nous sommes lucides.
 
Récemment, le Gouvernement du Maroc a annoncé la subvention de films réalisés sur le territoire marocain…
 La subvention de films étrangers se fait dans d’autres pays. C’est une procédure utilisée pour encourager le tournage de film extérieur dans un pays. On facilite, soit on exonère d’impôts, soit par des protections au niveau des impôts… On le fait en France, en Afrique du Sud, au Canada… Le Maroc qui reçoit tellement de tournages de films étrangers avait ce manque. Il n’était pas en compétition totale avec les autres. Maintenant, il est sûr que des productions internationales seront plus intéressées. Si vous investissez 10 millions de dollars, en retour vous bénéficierez de 2 millions de dollars qui vous seront retournés. Donc c’est pour faire intéresser plus de tournages extérieurs au Maroc.

Ceci n’est pas de la production nationale, mais tant mieux pour nos pays. Évidemment, nous sommes très fiers d’avoir des tournages extérieurs ici, mais cela ne règle pas les problèmes de la production nationale.
 
Pour revenir au festival de Khouribga, pourquoi avoir donné le nom d’Ousmane Sembene au Grand Prix du Jury ?
 Nous avons donné le nom du Grand Prix à Ousmane Sembene, depuis sa disparition. Parce que Sembene a été, avec nous, l’un des fondateurs de ce festival. C’est une façon pour nous de lui rendre hommage, parce que nous considérons réellement que c’est le plus grand talent que l’Afrique ait eu jusqu’à présent dans le cinéma. Ça, c’est indéniable. Donner le nom de Sembene Ousmane au Grand Prix du festival, c’est un hommage mérité à ce grand talent sénégalais.
 
Suivez-vous la nouvelle génération, la relève de cinéastes comme Alain Gomis ?
 Oui, bien entendu. Alain Gomis d’abord est quelqu’un que nous connaissons depuis bien longtemps. C’est un ami que j’estime beaucoup.
Depuis qu’il a commencé a faire sérieusement des films longs-métrages, nous l’avons à l’œil. Quand il produit quelque chose, nous sommes les premiers à lui demander à avoir une copie, d’autant plus qu’il a un producteur dynamique. Oumar Sall fait partie des gens sur lesquels repose beaucoup d’espoir.

Propos recueillis par Omar DIOUF, envoyé spécial à Khouribga

 

Le secrétaire général du ministère de la Culture, Birane Niang, a présidé, samedi dernier, à la Maison de la Culture Douta Seck, une réunion du comité pour la relance du Centre sénégalais de l’Institut international du théâtre (Iit). L’objectif est de réfléchir autour d’un plan d’actions de ré-activation du centre national du théâtre.

Plongé dans une léthargie depuis quelques années, le Centre national de l’Institut international du théâtre (Iit) sera bientôt réactivé.
C’est du moins la volonté affichée par le ministère de la Culture et celle des acteurs du quatrième art sénégalais. Pour travailler à la concrétisation de ce projet, le comité pour la relance s’est réuni, avant-hier, à la Maison de la Culture Douta Seck, sous la présidence du secrétaire général du ministère de la Culture. Cette rencontre, comme l’a rappelé Birane Niang, s’inscrit dans le cadre du processus participatif de ré-activation de ce centre affilié à l’Iit. Lequel a pour vocation, a expliqué M. Niang, « que jamais ne s’éteigne, nulle part dans le monde, le flambeau des arts de la scène particulièrement le théâtre et la danse ».  Le Centre national du théâtre, a soutenu Pr Ousmane Diakhaté, président d’honneur du Conseil régional d’Afrique de l’Iit, est en léthargie depuis plusieurs années malgré les efforts « louables » des acteurs. Selon lui, son redressement est indispensable pour la représentativité du théâtre sénégalais au niveau international.

Organisation mondiale des hommes de théâtre et de la danse, l’Iit a été mise en place en 1948. D’après M. Diakhaté, son rôle est de travailler à la formation, au bien-être, à la coopération et au développement du théâtre au plan international. « Nous avons constaté au Sénégal, qui a le plus vieux centre africain, depuis une dizaine d’années, qu’il y a beaucoup de remous. Le centre ne s’est pas développé comme nous le souhaitions. Nous avons donc organisé cette journée d’études pour voir comment faire pour relancer ce centre afin qu’il joue son rôle dans le contexte international », a-t-il fait remarquer.

Par ailleurs, le secrétaire général du ministère de la Culture a indiqué que le rassemblement autour du théâtre est une composante d’une démarche cohérente. « Les sous-secteurs de la culture urbaine et de la danse, également, sont déjà engagés dans un effort de mutualisation de leurs efforts et expériences afin de mieux contribuer à la formulation des diagnostics devant éclairer l’adoption des politiques et de mesures publiques de leurs réorganisations », a-t-il souligné. Birane Niang a également reconnu que les mesures et politiques adoptées, jusqu’ici, n’ont pas contribué à donner toutes l’importance qu’il se doit aux enjeux économiques et sociaux du théâtre. Il a ainsi annoncé que parmi les objectifs visés figurent la mise en place d’un plan d’actions pour le développement du théâtre et celle d’un Fonds d’appui au développement du quatrième art.

Ibrahima BA

 

L’esplanade du Grand théâtre national a accueilli dans la nuit du vendredi dernier le concours Miss Dakar 2017. Un événement organisé par Miss Sénégal Nouvelle Vision et qui a vu la consécration de Marème Dabo comme la plus belle fille de Dakar. Le thème de cette année porte sur la protection des enfants et la lutte contre les inégalités sociales.

Les brillants jeux de lumières qui s’échappent des lasers tournoyants vont harmonieusement épouser les jolis lustres sur le plafond. Les éclats ajoutent du charme aux atours du public, majoritairement féminin, occupant déjà les sièges aménagés autour du podium en forme de la lettre T. Les jeunes femmes, dans leur ballet de tenues aguicheuses et épatantes, offrent parallèlement un autre podium de qualité. Derrière les rideaux, les organisateurs semblent plus pesés par le stress que les candidates. En attendant d’exposer leur intellect, les quinze aspirantes montent toutes sur scène pour une chorégraphie combinée telles des majorettes. Ce premier passage montre des filles juchées sur de hauts talons et moulées dans des jupes en tissu wax courtement taillées, rivalisant dans les jeux de reins et le « qui a le plus beau sourire ?». Certaines s’y prêtent avec enthousiasme, tandis que d’autres semblent porter le poids de la compétition. Dans l’assistance, un jeune homme dit son étonnement de ne pas voir autant de beauté qu’il ne l’espérait chez les filles. Tout de même, l’on n’en voit aucune qui se soit dépigmentée. Amy Badiane, présidente de Miss Sénégal nouvelle vision, confirme que c’est une exigence.

Après le premier passage, s’ensuit un autre où les Miss arborent chacune une tenue traditionnelle spécifique. C’est là une belle immersion dans notre culture vestimentaire avec des traversées dans le temps (l’ère des royaumes, avec notamment une tenue de Yacine Boubou reine du Walo) et dans l’espace (avec surtout les tenues casamançaises). Ce défilé gagne l’adhésion du public, et même celle des Miss Thiès et Kaolack, venues assister au sacre de leur concurrente de la capitale. Sur le podium, se sont aussi exprimé la nouvelle coqueluche de la musique, Sidy Diop, et le vieux crooner, Idrissa Diop. Des prestations qui ont détendu une atmosphère quelquefois timorée avec les défaillances dans l’organisation.

La troisième partie viendra ensuite avec les tenues de soirées.  Le jury, composé de représentants des partenaires de l’évènement, d’un mannequin international et de la Miss Sénégal 2010, choisira finalement Marème Dabo pour porter la couronne de Dakar. L’étudiante au complexe Saint-Michel, le teint caramel immaculé, le sourire angélique et le pas finement allumeur, représentera la capitale pour Miss Sénégal 2017. Un choix que les organisateurs n’ont pas eu vraiment besoin d’argumenter et qui n’a pas souffert de contestations du public.

Mamadou Oumar KAMARA
(stagiaire)

Artiste, comédien, dramaturge, Mamadou El Hadj Bâ, décédé samedi avait un talent à revendre. A Guédiawaye où il vivait avec sa femme et ses enfants, beaucoup de jeunes artistes lui doivent leur intégration dans le milieu du théâtre. Son talent incontestable justifie l’aisance avec laquelle, il incarnait tous les rôles qu’il était amené à jouer. Le dernier en date est celui du ministre Maal dans la série  «Idoles ».

Avant d’embrasser le métier d’artiste, Mamadou El Hadj Bâ fascinait ses proches par son talent  de comédien en latence qui s’exprimait toujours au gré des circonstances.

Si bien que ses amis entrevoyaient en lui un artiste confirmé et lui conseillaient de ne jamais se tromper de choix professionnel en embrassant une carrière autre que la comédie. Lorsqu’il a commencé à taquiner le théâtre par le biais des spectacles de rue, le virus est vite monté et le voilà qui prend le chemin de Louga pour se perfectionner davantage. De retour à Dakar, son talent est vite repéré par une grosse pointure d’alors du théâtre en la personne de Cheikh Tidiane Diop, chef de fil de la troupe Daray Kocc qui l’intégra dans sa troupe où évoluaient déjà de grands artistes comme Moustapha Diop Ibou Laye, Masse et tant d’autres artistes de renom. Un séjour relativement long à « Daaray Kocc »  lui a permis de se forger davantage et d'être connu à l'intérieur comme à l'extérieur de nos frontières.

Il a à son actif un riche répertoire avec des films qui ont marqué leur époque comme Ndékétéyo, "Aay gaaf", "Mam boy" et encore la série "Idoles" qui passe dans le petit écran et où il incarne le rôle d'un ministre de la république. Le défunt était un polyglotte et c’est grâce à cette qualité qu’il a réussi à tourner plusieurs dizaines de films dont des films en langue pulaar, en français et en Oulof. El Hadj Bâ n'était pourtant pas un talent égoïste en ce sens qu'il a su former de jeunes artistes reconnus au  niveau national.

Le jeune artiste Abdou Lahat Ndiaye alias « Tane Bombé» en est une illustration parfaite. Metteur en scène de l'association des artistes et comédiens du théâtre Sénégalais (Arcots) section Guédiawaye, Cheikh Mbacké Niasse se souvient d'un artiste talentueux qui faisait rire tout le monde. "Il faisait fi de l'âge de son vis-à--vis en faisant la farce avec tout le monde" témoigne Cheikh Mbacké Niasse qui a côtoyé le défunt artiste pendant de longues années. "Un protagoniste m'a confié le jour de l'enterrement que El Hadj l'a appelé la nuit du vendredi pour lui faire comprendre que sa santé ne lui permet pas de se présenter le samedi pour les besoins du tournage et que par conséquent, il va falloir différer la séquence prévue ce samedi" a confié Cheikh Mbacké Niasse.

"Le bonhomme m'a expliqué que si El Hadj Bâ s'efforçait à venir le samedi, il allait rendre l'âme en cours de tournage. Toujours au chapitre des témoignages, l’artiste Bour Guéwél de la troupe « Deggo » de Pikine retient du défunt, un artiste de talent mais aussi très pieux. " On s’est retrouvé dans des festivals, mais, je remarquais qu’’à chaque heure de prière, il laisse tout pour aller prier et revenir " témoigne l’époux de Maman gentille. " El Hadj Ba était un vrai talibé Cheikh et était aussi d’une humilité exemplaire " ajoute-t-il. Aujourd'hui, il repose au cimetière de Petit Mbao. Que cette terre lui soit légère.

Abdou DIOP

En compétition avec treize autres longs métrages, lors de la 20ème édition du Festival du cinéma africain de Khouribga [Maroc], le film « Félicité » du réalisateur sénégalais Alain Gomis s’est « contenté » de trois distinctions : le Prix spécial du jury, le Prix du meilleur premier rôle féminin attribué à son actrice principale Véro Shanda Beya et le Prix « Don Quichotte » remis par les Ciné-clubs marocains.

Le film « Un jour pour les femmes » de la réalisatrice égyptienne Kamla Abu Zekri a remporté, samedi dernier, le Grand Prix « Ousmane Sembene » de la 20ème édition du Festival du cinéma africain de Khouribga, au Maroc. En compétition avec treize autres longs métrages, « Félicité » du réalisateur sénégalais Alain Gomis s’est « contenté » de trois distinctions : le Prix spécial du jury, le Prix du meilleur premier rôle féminin attribué à son actrice principale Véro Shanda Beya et le Prix « Don Quichotte » remis par les Ciné-clubs marocains. Tandis que les Prix de la Meilleure réalisation et du Meilleur scénario ont été décernés au film mozambicain « Le train de sucre et de sel » de Licinio Azevedo.

Oumar Sall, producteur du film « Félicité », représentant le réalisateur Alain Gomis, absent de Khouribga pour les besoins du Festival du film de Toronto, au Canada, a exprimé son « sentiment de satisfaction ». Les bras chargés des trois trophées, Oumar Sall, au micro de plusieurs journalistes, s’est dit fier d’être présent à Khouribga, « un festival qui honore de manière digne les films africains ». Selon le producteur, « Félicité, film le plus ouvert d’Alain Gomis, raconte l’Afrique réelle ». Il s’est également réjouit de la distinction encore décernée à l’héroïne du film, l’actrice congolaise, Véronique Shanda Beya, Prix du Meilleur premier rôle féminin de la 20ème Festival du cinéma africain de Khouribga.

Hommage à la culture rwandaise
Cette édition de la manifestation a voulu rendre hommage à la culture du Rwanda. Vendredi, la médiathèque de la ville de Khouribga a accueilli un spectacle alliant littérature, musique et cinéma, animé par des artistes et créateurs rwandais. La romancière Scholastique Mukasonga, lauréate de plusieurs Prix littéraires, était la tête de file de cette forte délégation culturelle rwandaise. La musique était également fortement représentée au cours de cet après-midi  d’hommages, avec une prestation du chanteur et instrumentiste rwandais Jules Sentore. L’artiste a fait découvrir la musique traditionnelle de son pays, en offrant un spectacle live. Puis des danseuses rwandaises ont entraîné dans leurs pas une bonne partie des cinéphiles et spectateurs présents. La projection du court métrage d’un jeune réalisateur rwandais a mis fin à la cérémonie d’hommage. Juste dehors de l’auditorium, dans le hall de la médiathèque de Khouribga, les festivaliers pouvaient aussi découvrir les œuvres de deux peintres rwandais présents à l’exposition internationale d’art africain organisée en marge du festival de cinéma.
 
Khouribga, une ville minière ancrée dans la culture
Située à quelque 125 kilomètres de Casablanca, la ville de Khouribga est une coquette cité ouvrière. Avec ses carrières de phosphates exploitées depuis 1920, la compagnie chérifienne Ocp qui s’occupe de l’extraction et du traitement, est depuis plusieurs années le principal sponsor du Festival du cinéma africain de Khouribga.

Dans toute cette région minière, mais aussi d’agriculture, de pêche, la Responsabilité sociale d’entreprise de Ocp est omniprésente dans les activités des populations. À travers son centre Khouribga Skills, une sorte d’incubateur, la compagnie minière Ocp appuie, forme et oriente les jeunes artistes locaux, créateurs, entrepreneurs débutant, les femmes, etc.
Outre l’appui au Festival de cinéma de Khouribga, Ocp appuie également plusieurs autres activités culturelles dans la région.
 
De notre envoyé spécial Omar DIOUF

 

« L’espoir d’une vie heureuse », de l’auteur Cheikhna Diop, est un roman qui raconte l’histoire d’une jeune sénégalaise à la vie sentimentale tumultueuse. Celle-là vivra cependant l’espoir d’une existence plus dorée avec le même sentiment qui l’avait perdue. La sortie de l’ouvrage est prévue le 20 septembre prochain, et la cérémonie de dédicace est pour le mois de novembre, à l’occasion de la Foire internationale du livre et du matériel didactique de Dakar (Fildak).

L’image d’illustration sur la couverture, sous les griffes d’Alain Kojele, renseigne déjà sur les caractéristiques de l’ouvrage. Une belle jeune femme noire avec des atours qui campe un décor africain, son regard quasiment vide projeté vers des horizons verts de ses lueurs d’espoir.

Le livre relate une histoire vraie rédigée avec une délicate dose de fiction. C’est le parcours d’une jeune Sénégalaise, Dior, qui marche sur des aspérités dans le chemin de sa vie sentimentale. Elle sort anéantie d’un premier mariage où elle espérait un amour idéal. Les masques d’homme idéal de son mari, Ibra, cachaient un toxicomane et un trafiquant de stupéfiants.

Des attributs qui lui vaudront même la prison. Acculée par les accès de colère et les escapades de son mari, le désespoir et les nombreuses promesses non tenues, Dior sera dépitée et pensera au suicide. Son  salut viendra du soutien infaillible de sa maman qui l’a toujours couvée en l’absence d’un père, haut responsable d’une institution occidentale. Et l’espoir d’une vie heureuse renaîtra également en elle après sa rencontre avec Aïdara, un jeune cadre, qui lui aussi a connu ses malheurs. Elle entrevoit ainsi l’espoir de panser par l’amour ses plaies causées jadis par l’échec d’un autre amour.

L’auteur du roman, Cheikhna Diop, est un enseignant titulaire d’une maîtrise en Lettres modernes à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Le natif de la région de Kaolack, qui en est à son premier livre, a servi dans le préscolaire, l’élémentaire et au ministère de la Famille. Il est actuellement enseignant de Lettres dans un établissement du moyen secondaire à Dakar.

Mamadou Oumar KAMARA (stagiaire)

 

Les discothèques, un secteur qui perd son prestige à Saint-Louis. Menacées par la faillite, les boites de nuit jadis en vogue, « Chaumière » et « Laser », ont été fermées. Les autres qui résistent, surpassent de multiples obstacles pour fonctionner. Tenir un dancing dans la ville de Mame Coumba Bang devient ainsi un casse-tête pour certains investisseurs.

Assis sur un tabouret au balcon d’une terrasse, Adama Anne discute avec deux jeunes. Au menu du débat, la préparation d’une soirée dansante à la discothèque le « Mix Club ». Adama est le gérant du bar de la boîte et ses copains l’aident pour trouver des clients européens. En cette soirée, veille du « Magal des deux rakkas » de Saint-Louis, l’affluence est assez timide au « Mix Club ». Les Saint-Louisiens semblent plus préoccupés par les préparatifs de l’évènement religieux qu’autre chose.

Du côté de la « Npa » (Nulle part ailleurs), une autre discothèque sur la même rue, c’est le même décor. Ici, tout est prêt pour le démarrage. Deux jeunes hommes corpulents et bien musclés assurent la surveillance de la porte. Une belle demoiselle derrière le bar et le gérant debout à côté de celle-ci attendent d’éventuels clients. D’habitude, cette boîte démarre ses soirées à partir de 22h pour ne terminer que vers 5 heures. Mais aujourd’hui, il se fait tard et personne n’est encore sur le lieu hormis le personnel. On voit juste quelques jeunes filles déambuler aux alentours sans franchir la porte.

De retour au « Mix Club », on note toujours la même ambiance. Tout est sur place mais aucun client à part les deux jeunes. Le teint clair, la taille moyenne et le visage radieux, Adama profite de notre passage pour faire la promotion de sa boite. « Le "Mix Club" est une discothèque très convoitée par les Saint-Louisiens. On reçoit parfois des clients de Dakar et Louga qui viennent juste pour découvrir notre ambiance. On a aussi des salles Vip pour les clients un peu âgés qui ne veulent pas partager les soirées avec les jeunes », explique-t-il, l’air confiant. Il est aussitôt interrompu par une demoiselle vêtue d’une mini-jupe, une longue perruque de cheveux artificiels sur la tête, une sacoche à la main. « C’est notre nouvelle barmaid. Elle commence aujourd’hui », lance-t-il avant de la rejoindre à l’intérieur.

Vêtu d’un t-shirt vert et une culotte noire, de petits rastas sur la tête, Modou Bèye, l’un des rares clients, explique la raison de sa présence. Il est venu avec son ami pour se détendre. « Je viens souvent au "Mix Club" pour prendre un verre et papoter avec des amis. Parfois aussi, j’accompagne des touristes pour leur montrer les bons coins de la ville comme le "Mix Club". soutient-il. Le "Mix Club" est ouvert il y a deux ans et est très convoité par les jeunes Saint-Louisiens. Après la fermeture du "Laser", la Saint-Louisienne des jeux à racheter la discothèque pour la rebaptiser "Mix Club". Aujourd’hui, il est avec la « Npa » et l’"Iguane Café" les seules discothèques de la ville. Les autres étant fermées. Saint-Louis ne compte ainsi que trois discothèques. Ce fait s’explique par plusieurs facteurs. Selon certains gérants de boîte de nuit, il semble exister une pression religieuse menaçant la présence des discothèques. En effet, fréquenter ces lieux est vu d'un mauvais œil dans la ville. Certains hésitent pour s’y rendre et même ceux qui le font se cachent et attendent jusque tard la nuit pour y aller. Alors qu’à partir de certaines heures, la police effectue des rafles et embarque parfois des gens qui ont leurs cartes avec eux. Situation que les gérants de boite peinent à comprendre et dénoncent.

Le poids de la culture islamique
Selon Philippe D., propriétaire d’une grande discothèque à Saint-Louis, culturellement, la ville s’est beaucoup métamorphosée et y gérer une discothèque est devenue chose difficile bien que la clientèle existe. Pour lui, cela est surtout dû au fait que la ville à une culture islamique qui influe sur le comportement des habitants. « Il semble avoir une pression religieuse, les gens attendent jusqu’à tard la nuit ou que certains dorment pour sortir en cachette. En plus, à partir de 00h, la police fait le tour des boîtes de nuit pour rafler et parfois même elle prend des gens qui ont leur carte.

La ville se meurt ainsi petit à petit", explique-t-il le visage renfrogné. Il dénonce sévèrement cette situation qui, dit-il, le pousse à enfreindre la loi pour pouvoir exister.
« On viole le règlement pour pouvoir s’en sortir. On prolonge jusqu’à 5 heures comme le 15 août, qui est une date saillante, où nous accueillons beaucoup de clients. Le règlement prévoit la fermeture des discothèques à partir de 2 ou 3 heures. Mais, on nous oblige parfois de fermer à 00 heure. Pour se rattraper, on prolonge l’heure pendant les jours de fête, si on n’est pas inquiété bien sûr, explique-t-il en ajoutant que « les propriétaires de dancing à Saint-Louis survivent mais ne s’enrichissent pas ».

En plus de ces problèmes, il y a la loi sur l’importation de véhicules qui a impacté sur la fréquentation des discothèques à Saint-Louis. Avant cette loi,  beaucoup de personnes quittaient l’Europe pour venir par voie terrestre vendre des voitures d’occasion au Sénégal. Ces voyageurs faisaient de longues escales à Saint-Louis pour leurs business. Ils fréquentaient, durant leur séjour les discothèques et les restaurants-bars pour rencontrer leurs clients. A cette époque, il y avait beaucoup de boîtes et elles fonctionnaient tous les jours. Mais depuis l’adoption de la loi interdisant l’importation des voitures de plus de cinq ans, ces voyageurs sont devenus rares et le chiffre d’affaires des propriétaires de discothèque a drastiquement chuté. Conséquence beaucoup de discothèques sont tombées en faillite et fermées.

Des discothèques mythiques fermées !
« La chaumière », au quartier de Ndar-Toute, est l’une des plus vieilles discothèques de Saint-Louis. Aujourd’hui, le bâtiment abritant ce dancing qui a ouvert depuis l’époque coloniale est complètement pris d’assaut par les eaux. Menacée par l’érosion côtière, la légendaire « Chaumière night-club » perd sa clientèle. Elle a ainsi sombré dans la faillite et a fermé, il y a de 2 ans.
La façade de la boîte de nuit est devenue un grand-place pour les vieux qui s’y retrouvent pour discuter. Comme d’habitude, ce soir, ce sont six vieux hommes qui y débattent. Certains sont assis sur une natte étalée à même le sol, d’autres sur deux longs bancs posés face à face.

« Cette boîte de nuit et l’Hôtel de la Poste ont été ouverts depuis l’époque coloniale. Elle a beaucoup marqué notre jeunesse », se souvient l’un d’eux en pointant du doigt l’ancien siège de « la Chaumière night-club ». Celui-ci subit, à l’instant même, le débordement de violentes vagues de la mer qui ne cesse de s’agiter. « Vous voyez, avec cette menace de la mer, personne ne voulait fréquenter la boîte et rentrer avec des habits mouillés. C’est pourquoi, elle était obligée de fermer », ajoute-il. En plus de « la Chaumière », « le Laser » et la salle de spectacle du Quai des Arts du quartier Nord ont également été fermés...

Reportage de Abba BA (stagiaire)

 

« Edition imprimée et édition numérique : développement et enjeux ». C’est le thème du séminaire-atelier organisé par l’Association sénégalaise des éditeurs (Ase) du 6 au 8 septembre. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du programme de renforcement de capacités des éditeurs. A cette occasion, Hulo Guillabert, directrice de Diasporas noires éditions, a fait une communication axée sur les avantages de l’édition numérique pour l’Afrique et sur les contraintes inhérentes à un espace confronté à plusieurs défis.


« L’édition numérique est bien moins chère et est une bonne opportunité pour l’Afrique qui ne dispose pas de suffisamment de moyens pour prendre en charge les problèmes liés à la culture en général et de l’édition en particulier. Il est impérieux, aujourd’hui, que nous instaurions une souveraineté dans le domaine de l’édition. Celle-là numérique nous donne la possibilité d’arrêter de nous faire éditer en Occident. Nous n’avons pas le même récit historique ni les mêmes outils de stimulation de l’imaginaire collectif. Nous, nous exprimons une résilience et une souffrance qui doivent nous projeter vers des horizons nouveaux dans la foi en notre Afrique ».

Accès universel aux savoirs
« L’Afrique commence à prendre sa place dans cette nouvelle ère numérique et dans ce réseau mondial de distribution que représente internet ; une opportunité de stocker notre mémoire, de transmettre nos langues africaines, nos traditions à l’instar des autres continents et des autres cultures. Il ne faut pas avoir peur du virtuel qui est aussi vieux que le monde. Les personnages littéraires ont toujours été virtuels. Les nouvelles technologies ont accéléré le virtuel mais ne l’ont en aucun cas créé. La vraie nouveauté, c’est l’accès universel aux personnes, aux lieux, aux savoirs. La planète, l’humanité, la culture sont à la portée de chacun…

Internet peut être aussi dangereux sans filtrage. C’est un grand catalogue où l'on ne distingue plus l'erreur de la vérité. Il est dangereux pour un enfant de s'instruire et de se cultiver seul sur Internet. D’ailleurs, les adultes non plus ne doivent pas s'y aventurer sans un solide sens critique. Après tant d’années, nous comprenons son pouvoir.

L’innovation doit être une priorité en Afrique et le numérique nous offre une belle opportunité d’innover à moindre prix et d’avoir le monde entier comme marché de prospection.
De nombreux jeunes diplômés et professionnels, qui ne parviennent pas à intégrer le marché du travail, décident de se réinventer et se dirigent vers le secteur du numérique pour des raisons économiques (le coût de création d’une entreprise dans le secteur est faible) mais aussi par conformisme social. Il convient, aujourd’hui, de s’engouffrer dans cette brèche de manière réfléchie. »

Stocker notre mémoire
« Nous avons tous souvenance de cette fameuse phrase d’Amadou Hampâté Bâ : « En Afrique, quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle ». Cette affirmation visait à souligner la domination de la culture de l’oralité sur celle de l’écrit. L’écrit, c’est une évidence, a le don de mieux conserver et de transmettre les connaissances.

L’Afrique, de par le passé, n’ignorait pas l’écriture. Cependant, c’est l’oralité qui était la forme principale de transmission du savoir et des connaissances. Ce qui explique que les vieilles personnes étaient les dépositaires du savoir et des connaissances accumulées par les sociétés africaines. Avec l’avènement du numérique, les sociétés africaines ont la possibilité de conserver et de transmettre les connaissances autrement que sur le mode de l’oralité. Notre puissance mémorielle, notre pouvoir d'archivage et d'immortalisation de notre culture existe désormais grâce à internet qui est aussi une forme de littérature orale, où beaucoup de choses s'envolent. Mais l'éditeur empêche les plus significatives et les plus belles d'entre elles de disparaître. Nos bibliothèques ne brûleront plus grâce au numérique. Je pense à toute notre culture initiatique aux fins fonds des forêts africaines, à la transmission de notre spiritualité authentique et profonde incluant des codes de civilisations anciennes. »

Renouveau de l’oralité ?
« je me permets de faire le parallèle entre l’écriture numérique et l’oralité qui, en Afrique, a occupé et continue d'occuper un rôle important. Il y a eu deux grandes révolutions : le passage de l’oral à l’écrit, puis de l’écrit à l’imprimé. La troisième est le passage de l’imprimé aux nouvelles technologies. La boucle est bouclée avec cette troisième révolution. On assiste à un retour dans une quasi oralité avec Internet. Les africains devraient être avantagés sur internet car étant de plain-pied dans l’oralité depuis toujours.

Dans le conflit entre livre imprimé et livre numérique, l'oralité peut être le troisième larron de la fable grâce aux technologies de diffusion du savoir les plus modernes nous dit Boubacar Boris Diop. Pour lui, la meilleure façon de réconcilier les positions, c'est le livre audio, donc l'oralité. Pour le continent africain, de formidables possibilités existent. Vous prenez l'exemple d'un village du sud du Sénégal où tout le monde comprend le Diola, aussi bien les enfants que les vieillards. N'importe quelle œuvre de fiction dans cette langue partagée peut être écoutée collectivement et il n'est pas, à mon avis, de meilleurs moyens de démocratiser les émotions littéraires.

C’est à l’image du cinéma qui peut aussi devenir un excellent moyen de communication populaire à but éducatif grâce notamment aux nouvelles technologies portables et numériques. »

Autonomie du livre papier
« Disons avec Umberto Eco et Jean-Claude Carrière ceci : « n’espérez pas vous débarrasser des livres papier ! » C’est exactement ce que je pense et le fait que je sois éditrice numérique ne me dévie pas de cette conviction. Alors si le livre papier est un objet, des pages à lire, un support et un texte. Que les pages soient en parchemin ou en papier de bois comme aujourd'hui, cela n'a pas trop d'importance. On peut donc considérer l’ebook comme un livre. Il est un livre. L'ebook, sur lequel le feuilletage est possible, cherche à imiter le livre. Toutefois, sur un point, au moins, il ne peut l'égaler : le livre papier est autonome alors que l'ebook est un outil dépendant notamment de l'électricité. Si on est dans une Île déserte, on aurait de quoi lire pendant trois décennies avec un livre papier. Si c’est un ebook, on en aurait profité pendant les trois heures d'autonomie de sa batterie ! Nous pouvons encore aujourd'hui lire des livres vieux de cinq cents ans. En revanche, nous n'avons encore aucune preuve scientifique que le livre électronique puisse durer autant.
 
La bonne nouvelle est que les informations stockées sur internet en général et les ebooks en particulier pourront peut-être battre ces records de longévité, pourvu que notre civilisation aille de l’avant encore dans l’innovation technologique...Je ne parle pas d’une civilisation moribonde ou tous les serveurs actuels à travers le monde seront détruits et, de tout manière, je ne crois pas à cette thèse. »
 
L’ebook, un outil pratique 
« L'ebook peut nous rendre bien des services. La pièce qui stockait les quarante volumes de l’encyclopédie peut être utilisée à d’autres fins désormais ! Même si ça ne fait pas l’affaire des frimeurs aux bibliothèques bien garnies ! En 2012, je croisais beaucoup d’étudiants dans le métro de Montréal, une main dans la poche et l’autre tenant juste une liseuse stockant une centaine de livres au moins. Qui peut se trimbaler avec ne serait-ce que 20 livres ? L’ebook est également un atout pour les chercheurs, les étudiants qui doivent établir une bibliographie pour leurs thèses et mémoires sans parler, pour être plus prosaïque, de nos enfants obligés de se coltiner des kilogrammes de manuels scolaires.

Cet outil permet aussi de voyager léger, de partir en vacances en prenant dans sa poche une belle sélection d’une dizaine de livres numériques sans que la douane ne vous prenne pour des trafiquants de livres.

Désormais, il existe des bibliothèques numériques mondiales accessibles via internet avec un simple abonnement pour les particuliers et pour toutes les universités. Les étudiants peuvent lire des pages de tel livre, aller dans la minute en sélectionner un autre, et se constituer en ligne leur propre bibliothèque virtuelle qu’ils peuvent consulter à nouveau à tout moment et redémarrer une lecture à la bonne page.

Diasporas Noires Editions dont je suis la directrice a un partenaire Cyberlibris qui est déjà présent dans beaucoup d’Universités africaines dont quasiment toutes celles du Sénégal. Et nous sommes payés si un de nos livres est consulté et au nombre de pages lues….

Ce qu'a révolutionné l'imprimerie, c'est la diffusion de l'écrit, mais internet diffuse beaucoup plus, encore plus vite, plus loin, et en temps réel. Selon une étude, le numérique a aussi changé notre façon de lire. Les séquences de lecture des jeunes sont plus courtes. Cela est souvent lié à leurs échanges écrits sur internet. Les choix de lecture se font en interaction avec les autres, de plus en plus par des recommandations des pairs.

Il faut le dire, les maisons d’édition numérique sont confrontées à certaines difficultés liées surtout au contexte et au réflexe de certaines populations qui préfèrent encore le livre papier. Les paiements par internet éveillent encore leur méfiance. Le manque de cartes ou moyens de paiement bancaire en Afrique est également un obstacle que nous devons contourner en explorant d’autres possibilités. »

Propos recueillis par Alassane Aliou MBAYE

 

La capitale sénégalaise, Dakar, va abriter, le 19 septembre prochain, l’édition 2017 de Intercomm. A l’initiative d’Internet society (Isoc) Sénégal, l’événement, qui va enregistrer la  participation de plus de 10 pays à travers le monde, célèbre cette année les 25 ans d’Internet au Sénégal.

« Médias, culture et société » est le thème de l’édition 2017 de Intercomm dont le programme a été décliné, hier, par les organisateurs au cours d’un point de presse. Prévu le 19 septembre prochain à Dakar, l’évènement va célébrer, cette année, les 25 ans d’Internet au Sénégal.  Intercomm est organisé chaque année par Internet society (Isoc) Sénégal. Selon Alex Corentin, membre fondateur de Isoc, plus de 10 pays à travers le monde sont attendus à cette manifestation. Le Sénégal, a avancé le comité d’organisation, est le seul pays en Afrique  francophone qui a été choisi pour participer  à « cette importante rencontre dont l’objectif est de donner la parole aux précurseurs de l’Internet dans le monde ». C’est donc, a expliqué M. Corentin, « une opportunité de mettre en évidence les acteurs  historiques de l’Internet au Sénégal, de les célébrer et de leur marquer la reconnaissance de la communauté vis-à-vis du travail qu’ils ont effectué souvent dans l’ombre ». Aussi, a-t-il ajouté, cet évènement prouve que l’Internet au Sénégal a un impact mondial puisqu’il est reconnu par la communauté internationale qui « nous invite à participer dans un concert de pays ».  Intercomm 2017 va regrouper les 20 chapitres les plus représentatifs dans le monde.

Chapitre Sénégal, qui a le privilège de représenter toute l’Afrique francophone, aura, comme l’a rappelé Alex Corentin, l’opportunité de montrer cette dynamique faisant la fierté de « notre » pays. Le vice-président de Isoc Sénégal, Ahmath Bamba Mbacké, a indiqué que cet événement est une « occasion pour nous de marquer le passage d’une nouvelle génération afin de magnifier le travail des pionniers de l’Internet au Sénégal ». Le thème de ce conclave, « Médias, culture et société », sera l’occasion d’aborder une thématique d’une brûlante actualité. Pour  Olivier Sagna, un des membres fondateurs de Isoc, il s’agit à travers ce thème d’interroger la place de l’Internet dans les médias sénégalais mais également son utilisation dans la société ainsi que son influence sur la culture de « nos » concitoyens. Ce faisant, il est prévu un live-panel le même jour, pour discuter de cette thématique.


Par Ibrahima BA

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