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Arts et Culture (1365)

L’avocat, Me Serigne Amadou  Mbengue a présenté, vendredi, son premier roman, « La persévérante ». Publié aux éditions L’Harmattan Sénégal, cet ouvrage de fiction qui retrace l’histoire d’une jeune Rufisquoise studieuse, Mamy Diop, fait l’apologie de la persévérance, qualité essentielle pour toute réussite dans la vie d’un individu.

Passionné de lecture, l’avocat Me Serigne Amadou Mbengue vient de publier son tout premier ouvrage « La persévérante », aux éditions L’Harmattan Sénégal. Le roman a été présenté vendredi, devant un parterre d’écrivains, d’avocats, dont Pr Hamidou Dia, Alioune Badara Bèye, Mes Moustapha Cissé, Pape Leyti Ndiaye, Bocar Ly, Alassane Cissé, ainsi que des membres de sa famille et sympathisants, venus nombreux assister à cette cérémonie de dédicace.

« La persévérante », ouvrage fiction de 157 pages, relate l’histoire de la studieuse, Mamy Diop, une jeune Rufisquoise qui, élevée par des parents ambitieux, sera en proie à une multitude d’épreuves et de contraintes inhérentes à la vie. Devant de nombreuses tribulations entre orientation scolaire, mariage, procès, Mamy Diop, personnage principal du roman, n’a jamais perdu ses nobles ambitions. Elle fera preuve de persévérance jusqu’à la consécration professionnelle. Selon Me Serigne Amadou Mbengue, son roman, à travers l’histoire de cette jeune lycéenne, Mamy Diop, fait l’apologie de la persévérance, qualité essentielle pour toute réussite. A l’en croire, Mamy a su faire prévaloir ses vertus, surtout de persévérance en administrant l’éclatante preuve que la persistance surmonte tout.

« Nous retiendrons comme idée maîtresse de ce roman que rien dans le monde ne peut prendre la place de la persévérance, ni le talent ni le génie, ni l’éducation; la persistance, l’acharnement et le travail font la différence et sont gage de toute réussite », argue Me Mbengue. Aussi, souligne t-il que son roman nourrit l’ambition modeste de servir de motivation aux élèves en les aiguillonnant à persister dans le sens de la réussite, à se surpasser dans la voie de l’excellence à ne jamais abandonner leurs études dès l’apparition des premières difficultés. Il devra également venir en appoint à tous ces parents qui désespèrent assez tôt du succès scolaire de leurs enfants. Car, soutient-il, les parents eux-mêmes doivent être les premiers reflets de la réussite de leurs enfants. Très heureux de la production littéraire de son confrère, l’avocat, Me Pape Leyti Ndiaye, dit de cet ouvrage ces mots : « Un persévérant a produit une persévérante ». Pour Me Ndiaye, l’auteur prétend que le livre est une fiction, une histoire qu’il a créée de toutes pièces.

« Mais je me suis dit au fond de moi-même que c’est une demi-vérité parce que dans cette fiction, vous allez trouver Moctar Diack qui est un professeur de philosophie, un personnage qui a existé, un journaliste, brillant chroniqueur judiciaire, Mass Diack, qui a aussi existé. Il y a également le Palais de justice avec des procureurs ombrageux, des avocats et des juges affables », fait-il savoir.

Roman moderne
Non sans préciser que c’est un livre qui se lit facilement avec l’histoire de Mamy Diop qui a évolué dans un environnement phallocrate et finit par réussir, en étant persévérante, et vaincre cet environnement hostile. « Mais, c’est aussi l’histoire de Dakar, Rufisque, le lycée Abdoulaye Sadji, le lycée VanVo, la Faculté des sciences  juridiques ; le Collège Saint-Michel y est également bien présent », dit Me Ndiaye. Le président de l’Association des écrivains  sénégalais, Alioune Badara Bèye, a félicité Serigne Amadou Mbengue pour son ouvrage. M. Bèye s’est dit fasciné par la maîtrise de la métaphore, des nuances qui lui ont permis d’évoquer et de décrire des situations délicates et subtiles. « Il dessine des situations, clarifie le tableau dramatique avec une substance de connaisseur qui trahit son appartenance à ce corps d’élite qui est la justice », confie-t-il. A en croire Alioune Badara Bèye, Me Mbengue, dans ce roman, a fait preuve d’une grande expérience dans la technique descriptive du contenu, maîtrisant l’histoire et les subtilités de la métaphore. 

En réalité, le personnage Mamy Diop a été présenté par l’auteur dans une dextérité, une finesse qui concrétise les grands auteurs. « Il manifeste, grâce à une plume alerte et  parfois provocatrice, les méandres et les forces centrifuges du roman moderne », souligne le président de l’Association des écrivains du Sénégal. Précisant que «La persévérante» n’est pas un livre gratuit, il s’inspire de la marche tumultueuse de l’héroïne rattrapée pour ne pas dire matraquée par le destin.

Maguette Guèye DIEDHIOU

Mame Mbodj Faye est le lauréat de la 16ème édition du concours « Pont vers le chinois » dont le thème est : « Les rêves éclairent le futur ». La finale s’est tenue, vendredi, à l’Institut Confucius. Il représentera le Sénégal, en juillet prochain, à la finale internationale en Chine.

Mame Mbodj Faye a une forte relation d’amour avec les langues. Il parle l’anglais, se débrouille en Chinois et va à l’assaut de l’arabe. Pouvait-il en être autrement pour cet ancien étudiant du département d’anglais de l’Université Cheikh Anta de Dakar, de l’Institut des langues étrangères appliquées et actuel pensionnaire de l’Institut Confucius ? Sa prestation d’hier lui a valu le premier prix du « Chinese bridge », concours de la langue chinoise qui a vu la participation de plusieurs étudiants. La finale a opposé 10 candidats. Il s’est agi principalement de prononcer un discours en chinois, de répondre aux questions du jury, de représenter un spectacle artistique et culturel. A l’issue de ces épreuves témoignant de l’intérêt qu’ils manifestent à tout ce qui a trait à la culture chinoise, Mame Mbodj Faye est arrivé premier. Il représentera le Sénégal pour la compétition finale « Le pont vers le chinois » qui se tiendra en Chine en juillet 2017.

Les candidats ont mis leur inspiration et leur génie au service d’un rêve ; celui-là qui construit les succès de demain de l’humanité pour être en cohérence avec le thème de cette édition, « les rêves éclairent le futur ». Le recteur de l’Ucad, Ibrahima Thioub, conquis par l’aisance des postulants dans l’exécution des performances, dit, dans ce sens, qu’il faut rêver ensemble pour bâtir l’avenir. Il a également magnifié les efforts de la représentation diplomatique chinoise au Sénégal pour la consolidation des relations entre les deux pays. Les discours des candidats attestent du dynamisme des relations entre les deux Nations, qui partagent beaucoup de valeurs, et de leurs liens d’amitié.

Leurs prouesses sur scène ont mis en lumière leurs talents artistiques et leur amour pour la culture chinoise. La chanson « Ami » entonnée par une bande enthousiaste, la démonstration de « Wushu », celle de danse et du « Wushu » avec éventail, l’art du thé, la calligraphie et la poésie ancienne ont été des moments forts de ce rendez-vous parce que remplies d’émotions et de rythmes maîtrisés. L’ambassadeur de Chine au Sénégal, Zhang Xun, a exhorté les candidats à poursuivre leur « rêve chinois » afin de devenir les promoteurs de l’amitié entre la Chine et le Sénégal.

Des prix d’encouragement ont été décernés aux candidats qui se sont bien illustrés. Le deuxième prix aura droit à un séjour en Chine au moment où se déroulera la phase finale. « Pont vers le chinois » est une compétition annuelle organisée depuis 2002 par le siège de l’Institut Confucius/Haban pour renforcer les échanges culturels entre les différents pays. Elle se tient dans plus de 100 pays sur les cinq continents avec une finale mondiale en Chine tous les mois de juillet.

L’année dernière, 146 candidats répartis entre 108 pays y avaient participé. Les meilleurs candidats ont l’opportunité de bénéficier de bourses d’études en Chine.

Alassane Aliou MBAYE

Le Centre ouest-africain de recherche (Warc), en collaboration avec le Comité d'initiative pour la renaissance de « Làngug Caada Senegaal » appelé autrement le Front populaire, a procédé, ce vendredi 31 mai, à la cérémonie de publication et de dédicace du livre « Téerébtànnu Taalifu Xare Senegaal ». Une anthologie de la poésie militante produite dans les années 1975-1976 et rééditée par les éditions Papyrus Afrique.

Ouvrage publié dans les années 1970 dans des circonstances politiques de clandestinité, « Téerébtànnu Taalifu Xare Senegaal » est un recueil de poèmes d’expressions wolof qui, au-delà de l'engagement et de la fougue des militants, est un travail sur une esthétique fortement influencée par la littérature wolof, comme l’a rappelé le Pr Ibrahima Wone.

Sous les plumes de militants anonymes interdits de production à cette époque du parti unique, ce recueil condense des poèmes dont les auteurs ont utilisé des noms d’emprunt pour signer leurs productions. Certains parmi eux n’ont point de signature ; en effet, l'origine est méconnue. Produits pour certains, bien avant le front culturel, ce sont des textes qui ont circulé de manière orale dans le temps et dans l’espace.

« Non seulement ils ont circulé dans le temps et dans l’espace, mais dans des cercles qui n’étaient pas prévus comme le milieu de la musique. Réadaptées, ces paroles auxquelles s’identifiaient certains leads de la musique ont été reprises comme une sorte d’épopée de l’histoire du Sénégal », a remarqué Pr. Wone. Cette anthologie poétique est également un bilan d’expériences politiques précédentes. Derrière cette esthétique littéraire, se cachent ainsi des poètes improvisés qui usent de la poésie pour exprimer leur engagement politique de l’époque. Ce qui fait d’elle une mémoire de l’école du Parti africain pour l’indépendance (Pai) dont certains des signataires y appartenaient.

« Nous avons conçu l'année dernière de rééditer l’ouvrage. Une manière de rendre hommage aux auteurs, mais aussi de partager un patrimoine qui nous appartient afin de faire connaître les idées qui accompagnaient cette idéologie militante relevant du Maoïsme », a souligné El Hadj Momar Samb, un des auteurs des poèmes qui signait sous le pseudonyme de Mor Fama.

« Téerébtànnu Taalifu Xare Senegaal » est production artistique et scientifique de longue chaîne jugée d’une grande importance du fait de sa valeur documentaire.

Marame Coumba SECK

Le film tourne en dérision le monde de l’art et les petites et grandes lâchetés des nantis cultivés face aux migrants, réfugiés, SDF. «C’est un film formidable et une équipe formidable. J’espère que nous pourrons travailler encore ensemble», a déclaré le réalisateur en recevant la récompense suprême. Il a fait pousser un cri de bonheur à l’assistance et au parterre de stars présents, selon une tradition suédoise.

Le film suédois «The Square», qui a remporté la Palme d’Or dimanche soir, se moque du monde de l’art et a fait rire aux éclats le Festival de Cannes. Dans le long-métrage de Ruben Östlund, rien ne se passe comme prévu pour le héros, Christian (l’acteur danois Claes Bang), conservateur d’un musée d’art contemporain qui prépare une exposition sur la tolérance et la solidarité. Au centre de la performance, un carré de 4 mètres sur 4 (The Square), «sanctuaire de confiance et de bienveillance» où les visiteurs sont censés exprimer ces valeurs. A l’extérieur, dans la vraie vie, ce sont deux mondes, celui des grands bourgeois cultivés et celui des immigrés, des Roms et des SDF, qui évoluent en parallèle.

«Le film parle de l’hypocrisie de notre mode de vie en Occident. On se croit vertueux, on paye nos impôts, mais il y a des choses qu’on ne veut pas voir», avait commenté l’acteur danois, lors de la conférence de presse.

Pour la première fois en compétition pour la Palme d’or, le réalisateur pose un regard grinçant sur nos lâchetés et interroge le soi-disant «vivre ensemble» de nos sociétés.

AFP

« Je me demande ce que je vais bien dire » ! Ainsi a parlé la Grande Dame de lettres, Aminata Sow Fall, après que le « monde » s’est répandu en éloges sur elle ; après que les instruments de musique et les voix enchanteresses de l’Ensemble lyrique national du Théâtre national Daniel Sorano et l’inspiré poète l’ont célébrée ainsi que ses ascendants.

Et l’assistance, émue par tant de sagesse, a salué, plus que ce nouvel ouvrage, son œuvre immense et son parcours dignes de louanges en se levant pour l’acclamer. La native de Saint-Louis, de l’avis de tous ceux qui l’ont accablée de compliments, au-delà de son talent que lui reconnaît le monde, consigne nos valeurs fondamentales. Le succès ne l’en a point éloignée.

Les ovations d’ici et d’ailleurs non plus. Car l’auteure du roman « La grève des bàttu ou les déchets humains », présélectionné pour le Goncourt 1979, est un modèle d’humilité, de générosité et de discrétion pour ainsi reprendre Moumar Guèye, président du Centre Pen Sénégal. Le directeur du Livre et de la Lecture, Ibrahima Lô, y a ajouté ce qui fait la marque du produit littéraire de haute facture, la pertinence. En plus de ses saisissantes narrations, son examen critique de la société sénégalaise donne à voir une grande maturité d’esprit.

« Aminata Sow Fall est authentique, un modèle vertueux pour les femmes du continent. Il faut revisiter l’itinéraire de cette grande dame qui mérite tous les éloges. Elle est une source nourricière à laquelle devrait s’abreuver toute femme en quête de référence. Son expression littéraire est ancrée dans nos valeurs culturelles. Sa plume, avec constance, refuse la servilité. Son œuvre et sa vie sont utiles à la Nation, à l’humanité », a-tenu à témoigner Moumar Guèye à l’endroit de celle qu’il appelle affectueusement sa « sœur ».

Source nourricière
L’ancienne directrice des Lettres et de la Propriété intellectuelle au ministère de la Culture est donc cette âme qui a mis son inspiration au service de l’humain, du devenir collectif en rappelant sans cesse, à travers ses écrits, ce qui doit fonder le rapport à l’autre, avec nous-mêmes.

Sa production est didactique. Elle est un miroir produisant le reflet d’une société que la romancière s’attache à dépeindre avec ses mots, son génie, sa sensibilité, son humanité qui ne se corrompt point face à l’effritement des valeurs en ce temps fiévreux. C’est que cette humanité s’est développée au sein d’une cellule familiale où elle fait sens. Le témoignage de son frère aîné, Makhtar Fall, est assez éloquent. Celui de sa nièce Ami Fall, qui se fait appeler « Aminata Sow Fall n°2 », est tout aussi prodigieux. « Elle n’a pas fini de baliser le chemin aux valeurs », dit-elle admirative.

Ecriture totale
Aminata Sow Fall, lauréate du grand prix de la Francophonie de l’Académie française, diffuse des « ondes » qui inondent les surfaces flétries par les turpitudes de l’homme, de sa société gangrenée qu’elle ne se lasse pas de décrire en la réinventant. Elle est à ranger dans la catégorie des écrivains engagés, loin, toutefois, des idéologies puériles sans lendemain.

La doyenne des écrivaines d’Afrique francophone porte un pan de la mémoire littéraire du Sénégal et du continent. Elle est même, par son génie et le message universel qu’elle délivre, au-delà de l’Afrique. Ce qui fait dire à Alioune Badara Bèye, président de l’Association des écrivains du Sénégal, qu’elle demeure « l’une des plus belles plumes de notre continent et même du monde. Ses œuvres enseignées dans les plus prestigieuses universités du monde en témoignent. Aminata Sow Fall incarne la parole qui porte ». Elle nous réconcilie, selon lui, avec la belle écriture. Ce nouveau roman, « L’Empire du mensonge », est un chef d’œuvre de la lignée des best-sellers continentaux. Le président du Conseil d’administration du Théâtre national Daniel Sorano espère également que la « Grande Dame », qui s’est installée dans l’empire des éveilleurs de conscience, sera portée au panthéon de Nobel de la littérature parce qu’elle est un modèle de l’écriture totale. L’auteure de « Le Revenant », qui s’est battue pour donner au livre sa dignité, est revenue sur son passage à l’Association des écrivains du Sénégal en tant que présidente (Birago Diop avait insisté pour qu’elle en assure la présidence) pour exhorter les fils d’Afrique à croire en eux, en leur capacité de faire bouger les lignes.

Alassane Aliou MBAYE

Sur le fronton de la façade ouest des locaux de la Gouvernance de Tambacounda est magnifiquement accroché un tableau décoratif représentant les emblèmes de la République, notamment le lion et le baobab, ainsi que les couleurs du drapeau national. L’œuvre est de l’artiste modeleuse Oumy Ndao Diouf, spécialisée dans la récupération de la sciure de bois pour la fabrication d’objets d’art.

Spécialiste en modelage, l’artiste Oumy Ndao Diouf a élu siège au quartier Pont à proximité du Mamacounda, la rivière qui traverse la ville de Tambacounda. C’est là que les menuisiers et les scieries choisissent pour jeter la sciure. Elle a décidé de montrer à la face du monde que c’est mal de transformer ce lit de rivière en dépotoir géant comme c’est le cas dans cette partie orientale du pays. Avec de la colle et des couleurs, Oumy fabrique tout ce qui lui passe par la tête, meubles, ustensiles, tableaux décoratifs… Elle y excelle et met tout le monde admiratif. Depuis plus de dix ans, elle fait le tour des expositions au niveau local pour présenter ses produits avec succès. A présent, Oumy Ndao Diouf, définitivement tournée vers l’éducation au civisme, en faisant corps avec le concept de développement durable. Ses œuvres sont présentes dans différents endroits de la ville, comme ici au tribunal de grande instance de Tambacounda. C’est une balance et l’épée Damoclès qu’elle y a installée, comme pour rendre hommage à l’équité et la justice. Au niveau du hall de la Gouvernance régionale, un de ses tableaux montre la carte de l’Afrique avec les différents instruments de la musique traditionnelle, tam-tam, kora balafon, etc. Son tableau qui orne désormais la façade du siège de l’exécutif régional de Tambacounda a été dévoilé en présence du maître des lieux, le gouverneur El hadji Bouya Amar.

Ce beau tableau représente les emblèmes de la République, notamment le lion et le baobab, ainsi que les couleurs du drapeau vert, jaune, rouge et l’étoile, sur fond marron. Le tout est surmonté de palmes dorées. Sa signature apposée sur l’œuvre, « Oumy Ndao de Niokhobaye » a été réalisée à partir de sciure de bois ramassés auprès des menuisiers. C’est à l’image des diverses œuvres de la spécialiste en modelage qui fabrique des pots de fleurs, des tablettes pour le Coran, entre autres, avec la même matière première.

« C’est un don magnifique qui représente les symboles de la République et qui va rehausser l’image de la Gouvernance », a dit le gouverneur de région. C’est pour El Hadj Bouya Amar, un véritable acte citoyen.

Soutien aux artistes
« Quand j’ai vu ses œuvres, j’ai décidé de la faire participer à la rénovation des bâtiments administratifs de la région orientale, à la croisée des corridors partant vers les pays voisins. Et le produit, dira M. Amar, est magnifique et colle avec les aménagements qui rendent la gouvernance d’un bel atour. » Saluant la démarche du gouverneur qui a demandé la réalisation de ce tableau, Mme Diouf qui avait à ses côtés son mari et manager Ibrahima Diouf, a vu en cela « une façon de rendre visible (ses) œuvres ». Elle a invité les autres autorités de Tambacounda à en faire de même pour appuyer les artistes locaux, qui n’ont pas de galerie pour exposer leurs créations, plaidant également pour un plus grand soutien aux artistes locaux.

Oumy Ndao Diouf a exprimé son souhait de disposer d’un espace pour exhiber ses œuvres qui restent inconnues du grand public, tout en faisant part de son ambition de récupérer les enfants déscolarisés pour les former à cet art du modelage. Ce sera, pour elle, sa contribution pour l’instauration des valeurs de civisme et de l’amour de son pays prônées par les autorités.

Pape Demba SIDIBE

Lancé en 2015 par le Groupe Vivendi, le projet Canal Olympia ambitionne la construction d’un réseau de salles de cinéma et de spectacle sur le continent. Une cinquantaine de salles est prévue d’ici un an et demi. L’idée : créer de nouveau lieux destinés aux divertissements et à la culture africaine.

Au moment où plusieurs capitales africaines souffraient de l’absence de salles de cinéma et de spectacle digne de ce nom, le projet Canal Olympia du Groupe Vivendi s’est vu prendre peu à peu corps et devenir une réalité. Actuellement cinq pays  parmi lesquels le Sénégal, la Guinée et le Burkina ont eu à bénéficier de ce projet qui, dans l’avenir, va constituer un véritable tremplin pour les artistes et la culture de l’Afrique.  Avec une configuration répondant aux besoins de l’heure grâce notamment à l’intégration, aux côtés de la projection, des concerts ou spectacles, Canal Olympia entend jouer « un rôle de liant entre les différents acteurs de la vie culturelle sur le continent ».  Aussi, il se veut un « incubateur de talents » dans le but de révéler les artistes locaux, les produire et leur permettre de rencontrer leur public pour leur rayonnement. 

Pour le directeur de Canal+ Sénégal, Sébastien Punturello, une cinquantaine de salles de cinéma et de spectacle seront construites à travers le continent d’ici un an et demi. Ainsi, grâce à la mise en place d’un tel réseau, a-t-il ajouté, les jeunes artistes peuvent, à travers une tournée, se produire. « L’ambition du Groupe est de pouvoir disposer, d’ici un an et demi, d’une cinquantaine de salles en Afrique, de lancer une œuvre comme « Félicité » ou un artiste qui va se produire sur la scène extérieure », a soutenu Sébastien Punturello. L’exploitation des productions africaines dans ces salles va créer certainement une émulation chez les réalisateurs et producteurs locaux. Il s’agit, en même temps également, a expliqué M. Punturello, de diffuser des œuvres du catalogue de Canal+ ainsi que des « blockbusters ». Au Sénégal, la décision des responsables du projet de diminuer  le prix des tickets d’entrée à la salle Canal Olympia Teranga (1000 FCfa l’enfant et 1500 FCfa pour l’adulte) vise à créer un « renouveau des sorties en salle ».

Grandes finales de foot
Par ailleurs, le directeur de Canal+ Sénégal est revenu sur les nouvelles offres de la chaîne cryptée. Laquelle a décidé,  à l’occasion du mois du Ramadan, de proposer une  programmation alléchante à ses abonnés. Cela, à travers des offres toujours accessibles au plus grand nombre. Canal+ prévoit des cadeaux à tous ses abonnés (Ouverture de droits de 15 jours à Evasion+ ou tout Canal+ pour tout réabonnement du 19 mai au 20 juin). Sur le plan de la programmation, il annonce le lancement de la Ligue des champions de la Caf Total et de la Coupe de la confédération de la Caf Total, le mois des grandes finales et des grands événements, le Canal Africa Club dédié à 100% aux coupes continentales…

Ibrahima BA

La chanteuse américaine Ariana Grande a annoncé vendredi sur son compte Twitter qu'elle se produirait à Manchester lors d'un concert de charité en hommage aux victimes de l'attentat de lundi, sans donner de date.

Un jeune kamikaze a déclenché lundi soir une bombe à la fin du concert d'Ariana Grande à la Manchester Arena, causant la mort de 22 personnes et faisant 75 blessés. Vendredi, elle a posté un long message de solidarité envers les victimes et leurs proches, se disant "désolée de la douleur et de la peur que vous devez ressentir et du traumatisme que vous devez vivre".

Les agents de la jeune chanteuse de 23 ans, aux 46 millions d'abonnés sur Twitter, avaient annoncé mercredi qu'elle interrompait sa tournée jusqu'à début juin. "Je ne veux pas continuer l'année sans pouvoir voir mes fans, les prendre dans mes bras et les soutenir tout comme ils continuent de le faire pour moi", a-t-elle écrit vendredi. "Je reviendrai dans la ville incroyablement courageuse de Manchester pour passer du temps avec mes fans et organiser un concert de charité, pour lever des fonds pour les victimes et leurs familles", a-t-elle ajouté. Très affectée par l'attentat, selon ses dires et des photos publiées dans plusieurs médias, Ariana Grande était rentrée mardi à Boca Raton (Floride), où elle réside. Quelques voix se sont élevées pour regretter que la chanteuse ait quitté si rapidement Manchester, notamment l'éditorialiste britannique Piers Morgan.

AFP

L’animatrice de l’émission « Priorité Santé » sur Radio France internationale (Rfi), Claire Hédon, était à Dakar, ces derniers jours, pour l’enregistrement d’une série d’émissions spéciales. L’occasion a été saisie pour aborder avec elle diverses questions. Elle jette un regard sur les systèmes de santé en Afrique, ses relations avec ses auditeurs, la coopération sanitaire avec la France, la portée de cette émission qu’elle présente depuis 14 ans…

Quelle est la raison de votre séjour à Dakar ?
Je suis à Dakar pour une série d’émissions spéciales en partenariat avec le Fonds français Muskoka qui a pour objectif de réduire la mortalité maternelle, néo-natale et infantile dans huit pays d’Afrique francophone. Nous avons fait une émission sur la mortalité néo-natale et le développement de l’enfant et une autre sur les jeunes et la sexualité et tout le tabou qui l’entoure quelquefois. La deuxième raison de ma venue est liée à l’organisation, ici, d’une conférence sur la coopération médicale entre la France et l’Afrique de l’ouest. J’ai également fait deux autres émissions ; Une sur l’impact de l’urbanisation sur la santé et une autre sur la coopération médicale entre l’Afrique de l’Ouest et la France.

Cette coopération sanitaire à laquelle vous faites allusion, est-elle dynamique ?
Je pense qu’elle est dynamique. Pendant un temps, cette coopération a baissé parce que la France a privilégié l’aide multilatérale à travers le Fonds mondial de lutte contre le Sida, le paludisme et la tuberculose. Ce fonds n’était pas destiné uniquement à un pays. On pouvait alors avoir l’impression que cette coopération est moins étroite. On sent quand même qu’il y a une partie de la coopération qui s’est maintenue et qui continue de se développer. C’est surtout dans le domaine de la recherche à travers les organismes comme l’Institut de recherche pour le développement (Ird), le Centre national de la recherche scientifique (Cnrs)… Il y a de vraies recherches menées en commun c’est-à-dire entre chercheurs du Nord et du Sud. Aujourd’hui, la France ne peut pas envisager de mener des recherches en Afrique sans les chercheurs africains. Et ces derniers ont aussi besoin de la France à la fois en termes de publications à l’international et d’accès aux budgets européens de recherche. On est dans un processus gagnant-gagnant. Durant le temps que j’ai animé cette émission, ces 14 dernières années, j’ai vu une coopération médicale très intéressante où les médecins se parlent d’égal à égal sur des programmes de recherche. Cela traduit cette bonne dynamique.

Vous animez « Priorité Santé » depuis 14 ans. Quels sont les motifs de griefs que les auditeurs et les médecins africains invoquent en ce qui concerne leur système de santé ?
J’entends beaucoup dire que les patients viennent trop tard en consultation. Cela me paraît beaucoup lié aux coûts des soins. Tout le monde a envie de se soigner mais on se dit que cela va coûter cher. La question de l’accès financier aux soins de santé me semble être un vrai problème. Quand les médecins se plaignent de patients qui viennent trop tard, cela prouve qu’il faut une réflexion sur le système. Au Sénégal, il y a la Couverture maladie universelle. C’est une bonne chose. Il faudrait peut-être élargir cette couverture aux adultes. Les médecins disent aussi que les patients ne suivent pas bien leur traitement. Cela n’est pas spécifique à l’Afrique, au Sénégal. Par contre, ce qui est frappant aujourd’hui, ici, c’est que vous êtes de plus en plus confrontés à des maladies dites des pays riches que sont le diabète, les maladies cardio-vasculaires… C’est devenu une grosse préoccupation. Je crois que la population en prend conscience. Les patients me disent également très souvent que les médecins et les sages-femmes ne sont pas toujours aimables avec eux. Il faut aborder ce type de questions pour que certains professionnels de la santé adoptent une autre attitude

Avez-vous des feed-back sur l’impact de l’émission ?
Les sondages font état de quatre à cinq millions d’écoutes tous les jours dans le monde. 90% de mes auditeurs sont en Afrique (Afrique de l’ouest et Afrique centrale principalement). Quand je viens ici, je sens que c’est bien écouté. J’ai des échos tout le temps. Je crois qu’on a une vraie utilité. Je viens d’intervenir dans un colloque pour expliquer comment une émission comme la mienne peut servir à la prévention. Ce n’est pas évident de répondre à cette question. Je ne sais pas si j’aide vraiment. Mais je sens que je corresponds à un besoin en adéquation avec celui des pays où je suis le plus écoutée. Cela est probablement lié d’abord au choix des médecins qu’on fait intervenir en studio ou en France. Ils ne sont pas déconnectés de la réalité de l’Afrique car ils sont dans le service public français où viennent se soigner beaucoup d’Africains. Ensuite, l’e-mail et puis Facebook ont modifié nos rapports avec les auditeurs. Il y a une instantanéité sur les sujets que l’on traite. Les commentaires font que je me sens proche des auditeurs. C’est aussi pour moi indispensable de voir l’évolution de la prise en charge, à quoi sont confrontés les patients afin de connaître les thématiques qui pourraient les intéresser.

Cela implique aussi que vous vous imprégniez des problématiques de santé en Afrique…
C’est pourquoi j’aime venir en Afrique. Les échanges téléphoniques avec des médecins en Afrique me permettent aussi d’être au diapason de ce qui s’y passe. Je leur dis souvent de m’indiquer s’il y a des sujets qu’ils jugent important de traiter. Ils me font des suggestions auxquelles j’accorde beaucoup d’importance. C’est grâce à tout cela que je me tiens connectée à la réalité de ce que vivent les personnes ici. C’est aussi à travers les échanges. Un jour, une jeune femme m’a appelée pour me dire que quand elle va à la pharmacie pour demander la pilule de contraception, on la regarde de travers.

Justement, en Afrique, les pesanteurs sociales font que beaucoup de sujets sont entourés de tabou. Comment vous-y prenez-vous ?
Rien n’est tabou à mon humble avis. Il faut savoir aborder certains sujets avec délicatesse. L’exemple est donné par les émissions de sexualité que l’on fait. Je n’ai pas l’impression qu’elles choquent. On répond à un besoin. Je trouve d’ailleurs très intéressante l’évolution des auditeurs qui m’appelaient pour me parler de « l’ami » qui a un problème et qui me disent maintenant « je ». Il faut parler de ces questions. S’il y a un sujet qui reste difficile à aborder, ici, c’est la question de l’homosexualité et quelquefois le Sida à cause de la discrimination qu’ils engendrent.

Humainement, avez-vous rencontré des cas qui vous ont singulièrement marquée ?
Très souvent oui. Des histoires de mamans ou de personnes malades qui n’ont pas accès aux soins. On a des messages d’auditeurs qui nous disent qu’ils connaissent le traitement à prendre mais qu’ils n’ont pas de quoi se le payer. La réalité du coût des soins et de l’accès est affligeante. Mais, je trouve qu’on progresse en Afrique. Le système de santé dans certains pays frise parfois l’indécence. Le Sénégal est quand même une exception. C’est un pays où ça avance un peu plus vite même s’il y a des efforts à faire dans certains domaines.

Comment êtes-vous devenue l’animatrice de l’émission « Priorité Santé » ?
J’ai été reporter dans d’autres émissions. D’abord à France Inter, ensuite à Rfi, parfois parallèlement, beaucoup sur des magazines de société, des émissions de tourisme… Et dans ce cadre-là, je suis souvent tombée sur des sujets de santé. C’est pourquoi, quand Colette Berthoud est partie à la retraite, ils ont pensé à moi pour reprendre l’émission avec le même nom et une programmation quotidienne. Le pari était de savoir si on allait tenir une émission par jour. Et est-ce qu’on n’allait pas tourner en rond. Je pense que le pari est réussi. On a l’embarras du choix sur les thèmes à aborder.

Propos recueillis par Omar DIOUF
et Alassane Aliou MBAYE

Le Centre d’études des sciences et techniques de l’information et de la Communication (Cesti) a organisé, mercredi, un panel autour de l’avenir de la presse en mettant en exergue les responsabilités des acteurs. Un débat au cours duquel les panélistes sont revenus sur la nécessité de voter le projet du Code de la presse pour assainir la profession.

Le Cesti a abrité, dans le cadre de ses traditionnels « Carrefours d’actualité », un débat sur l’avenir de la presse au Sénégal. Une presse, en majorité privée sur la paille, et qui recherche difficilement un modèle économique fiable à l’absence de publicité. Cette dernière, principale ressources des médias est, selon Amadou Kanouté, représentant de la Direction de la communication, loin de répondre aux attentes des médias.

« Cette enveloppe annuelle estimée à 15 milliards de FCfa, quelque trois organes de presse sur plus de 200 se partagent la moitié au moment où d’autres diversifient leurs produits pour s’en sortir », avoue M. Kanouté, qui estime toutefois que l’État n’est pas resté un observateur passif face aux difficultés de la presse. Selon lui, il a posé beaucoup d’actes en faveur de celle-ci allant de l’effacement de la dette fiscale dans le passé à la redevance publicitaire.

En effet, caractérise le secrétaire général du Syndicat des professionnels de l’information et de la communication (Synpics), Ibrahima Khaliloulah Ndiaye, la presse est entenaillée entre la précarité et le chômage avec le non-respect de la législation du travail au profit de Conventions-maisons qui peuvent être en faveur ou défaveur des professionnels.

Des manquements encouragés par un cadre juridique et réglementaire qui ne répond plus aux besoins de l’heure, exposant, en effet, la profession à toutes sortes dérives liées à son exercice, notamment les contrats de stage permanents, des arriérés de salaires ainsi que des contractions de personnels ou des licenciements.

L’aide qui divise
Entre autres problèmes susceptibles de compromettre l’avenir d’une presse qui, depuis 2000, a connu de grandes mutations techniques avec l’arrivée des nouveaux médias et la Tnt, la libéralisation sauvage des écoles privées de formation. Ainsi, le principal défi de la presse aujourd’hui, est de faire passer le nouveau projet du Code de la présence en réponse à la redéfinition du nouveau statut de journaliste qui, s’il n’est pas sorti d’une école reconnue, doit faire l’objet d’une validation des acquis d’expériences en passant devant un jury composé de professionnels, au mode de paiement des professionnels et à la mise en place d’un fonds de financement des entreprises de presse. Et là M. Kanouté rassure en informant que le présent code est en fin de processus.

Les patrons de presse asphyxiés par le faible prix de vente des journaux et la difficulté d’accéder aux parts de publicité, à l’instar de Mamadou Ibra Kane, président des éditeurs de presse, ont dénoncé, à cette occasion, une répartition anarchique de l’Aide à la presse. Selon le représentant de la Direction de la communication, si on respectait les critères de distribution, seuls six organes de presse en bénéficieraient.

Talla Dieng, président de l’Union des radios communautaires, a remis en question les cahiers de charges encadrant la grille de programmes des radios communautaires. Les jugeant inadaptés selon leur mission, il conçoit que ces dernières  ne peuvent pas se passer de la politique.   

Marame Coumba SECK

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