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Arts et Culture (1059)

Voix veloutée, musique hybridée, l’œuvre de l’artiste d’origine sénégalaise, Awa Ly, est portée par les parapets de l’universalité. Vivant en Italie depuis plus de 17 ans, la chanteuse sort officiellement son nouvel album, ce soir, au Sénégal, lors d’un concert, dans le majestueux cadre du Théâtre de verdure de l’Institut français. « Five and a feather », titre de cet opus, est un voyage musical riche en couleurs et en émotion aux rythmes percussifs. Dans cet entretien accordé au « Soleil », l’artiste, qui a grandi dans la banlieue parisienne, revient sur sa nouvelle production riche de 10 titres, et parle de sa musique...

Nouvel album
« Ce nouvel album parle essentiellement d’amour à différents niveaux. Il s’agit de l’amour entre deux personnes, de l’amour pour l’humanité avec grand A. Mais également de l’amitié, qui est une forme d’amour très précieuse. Dans la vie, on ne choisit pas ses parents, mais on choisit ses amis. Les différentes chansons de cet album racontent des histoires d’amour vécues de différentes manières. »

Contenu musical
« Je suis très heureuse d’avoir eu la possibilité de chanter avec de grands artistes qui viennent presque de tous les continents de cette belle planète. Nous avons Ballaké Sissoko à la kora, Greg Cohen à la contrebasse, le maître Guo Gan à l’erhu (violon chinois)… L’album a été réalisé par Jean Lamoot et Pascal Danae, deux grands musiciens et réalisateurs d’album. Tous ont apporté énormément de leur talent et avec beaucoup de générosité. Je pense notamment à Faada Freddy avec qui j’ai partagé un duo, à travers la chanson « Here » qui aborde la question des migrants et des réfugiés. Il a amené dans ce morceau toute l’humanité qu’on lui connaît et avec beaucoup de simplicité. »

Album de fusion
Awa Ly Jazz« Tout le monde essaie de mettre une étiquette, un label sur le genre de musique que je fais. Pourtant l’idée, c’est de ne pas me mettre dans une case. Je fais un mélange de folk, de jazz et de pop. On peut aussi retrouver dans mon travail des bribes de blues. Ce mélange est aussi le résultat de ce que je suis. J’appartiens à différentes cultures et de styles. Cette fusion musicale dans l’album m’est venue naturellement. Ce n’est pas quelque chose que j’ai pensé, mais c’est plutôt le fruit de mon éducation. Mes parents ne sont pas musiciens, mais ils sont des mélomanes. Mon papa écoutait énormément de la musique au même titre que ma maman. Ils écoutaient des styles musicaux différents allant de la musique anglo-saxonne aux orchestres afro-cubains, en passant par Ali Farka Touré, Youssou Ndour, Ismaïla Lô, la musique française… J’ai eu vraiment la possibilité d’écouter beaucoup de choses différentes. Je pense que c’est ce qui a ouvert mon esprit et ma curiosité. »

Part de musique africaine
« Dans « Five and a Feather », il y a beaucoup de rythmes, de percussions. C’est donc plus qu’une question de rythme. Ce n’est pas quelque chose qu’on va reconnaître à travers l’utilisation de djembé ou d’autre chose beaucoup plus clichée. C’est plus une attitude. J’aime bien confondre les lignes. D’ailleurs, c’est pourquoi quand j’ai eu l’opportunité d’utiliser le violon chinois, j’en ai profité, en le mettant ensemble avec le balafon. Le résultat est très surprenant, très intéressant. »

Place de l’amour dans la musique
« L’amour est la base de tout dans la vie d’une personne. C’est ce pourquoi on se lève le matin. Pour moi, il y autant d’amour qu’il y a de personnes dans cette planète. C’est l’amour qui nous amine et qui nous fait vivre. Donc, c’est plus ou moins ce qui ressort de cet amour et en l’occurrence, il en ressort cet album. »

Titre « Five and a feather »
« "Five and a feather" signifie en français Cinq et une plume. La majeure partie des chansons, dans cet album, sont en anglais. Je les ai écrites dans cette langue pour pouvoir dire beaucoup plus de concepts et avec très peu de mots. Par contre sur scène, en live, je chante aussi bien en anglais qu’en français, italien ou wolof. A l’écoute de l’album, j’ai envie que les gens me disent ce qu’ils entendent à travers « Five and a feather ». Par contre, pour moi, il s’agit d’une formule magique. Il y a beaucoup de choses qu’on dénombre par le chiffre cinq. Il s’agit, par exemple, des continents, des sens, des dimensions, des océans etc. »

Source d’inspiration
Awa chanteuse« Je suis inspirée par tout ce qui m’entoure. Toutes les chansons de « Five and a feather » sont parties d’histoires que je n’ai pas vécues directement mais auxquelles j’ai assisté ou ai été témoin. C’est le cas des histoires de déclaration d’amour avec grand A d’une amie à son compagnon ou bien le contraire, c’est-à-dire une séparation très douloureuse. C’est vraiment toutes des histoires dont la plus flagrante et la plus parlante est celle que j’ai enregistrée avec Faada Freddy. « Here », titre de cette chanson, est dédiée aux migrants et aux réfugiés. Je l’ai écrite en 2013 à la suite du drame de Lampedusa. Il y avait plus de 500 personnes dans le petit navire de pêche qui a sombré au large des côtes italiennes. Pendant dix jours, la mer à continuer à rendre des corps. Plus de 360 cadavres ont été repêchés. Ça a été un des moments où les médias se sont intéressés un peu plus à ce qui se passait en mer Méditerranée pour parler des personnes qui, en essayant de fuir la guerre et la pauvreté, mouraient sous les yeux de l’Europe d’une manière aussi dramatique qu’inhumaine.

Pourtant, il y a les moyens de faire arriver les gens sains et saufs. Seulement, la volonté politique n’y est pas. La musique sert à ouvrir les esprits et à faire penser les gens. Sur ce, Faada Freddy a été magnifique. Quand je l’ai consulté pour le duo, il a toute suite accepté. »

Débuts dans la musique
« J’ai tardivement débuté sur la scène musicale. Je faisais des études en Commerce international. Je me suis occupée pendant trop longtemps de la commercialisation de chaines thématiques pour un cabinet satellites en audiovisuel. Toutefois, la passion que j’ai toujours éprouvée vis-à-vis de la musique, depuis toute petite, est toujours restée intacte. Cependant, je ne pensais pas que j’en ferai un métier. La musique a finalement pris le dessus. Tout a commencé à Rome, en Italie. Aujourd’hui, ça fait 10 ans déjà que je fais de la musique. Je pense qu’avec cet album, c’est encore une marche en plus par rapport à beaucoup de choses. Par exemple, c’est la première fois que j’ai eu l’occasion de venir jouer au Sénégal. J’ai commencé par Saint-Louis le 16 février avant de terminer par un concert, ce samedi, au Théâtre de verdure de l’Institut français Léopold Sédar Senghor. »

Perspectives
« Nous avons prévu beaucoup de concerts en France et en Allemagne où l’album va sortir à la fin de ce mois de février. Nous devons également revenir en Afrique pour un festival de jazz au Cap-Vert au mois d’avril prochain. J’espère énormément revenir au Sénégal pour pouvoir jouer et collaborer avec des artistes. »

Propos recueillis par Ibrahima BA

« Niani Wouli » est une troupe qui s’illustre depuis 10 ans à Tambacounda dans le théâtre populaire. Avec cette formation, toutes les questions existentielles sont abordées sous le prisme culturel ; il y va de l’économie à l’éducation en passant par le respect de l’environnement, la santé...

« Au début, la troupe n’avait pas de nom ; on se rencontrait au Centre départemental de l'éducation populaire et sportif (Cedeps) de la région, qui nous servait de siège pour effectuer nos séances de répétition… C’est une bonne volonté qui nous a persuadés de jouer dans la sous-région au mois de décembre, dans le cadre de la Semaine de l’amitié et de la fraternité et aussi à former un groupe pour évoluer ensuite », relate Aliou Mbow, directeur artistique de la troupe « Niani Wouli ».

Chemin faisant, une troupe est formée avec plus de 25 membres pétris de talent et d’inspiration féconde. « Nous avons même de nouvelles personnes qui veulent adhérer dimanche prochain », révèle M. Mbow, qui précise qu’à chaque année, au mois de décembre, la troupe se rend dans la sous-région pour vendre « la diplomatie culturelle » du Sénégal. Même si cela n’est pas déterminant. La Gambie, le Mali, la Mauritanie et les deux Guinée ne sont pas de nouveaux pays d’accueil pour eux.

Collaborant avec les Ong pour faire passer leurs messages socio-éducatifs par la communication de masse, la troupe « Niani Wouli » se positionne en véritable régulateur social. La recherche de fonds pour aider les couches vulnérables fait partie de leur répertoire. « Nous apportons notre contribution dans toutes les structures qui œuvrent dans le social », souligne le directeur artistique, qui précise que certains comédiens s’adonnent à d’autres activités professionnelles pour arrondir les angles à la fin du mois. Toutefois, M. Mbow, lui, ne fait que le théâtre qui reste sa seule préoccupation de tous les jours. La réticence des parents, au début, les acteurs du « Niani » l’ont vécue. Mais, il fallait faire preuve de tact, de persévérance, de conviction pour les convaincre ; car, autrefois, le théâtre ne pouvait être guère considéré comme un métier.

« Nombre d’entre nous allaient aux séances de répétition en catimini ; on nous snobait. Faute de ne plus continuer à jouer à cache-cache avec nos parents, nous nous sommes résolus à leur dire la vérité même si certains programmes prennent fin tardivement la nuit », explique M. Mbow.

Poursuivant, Aliou raconte : « L’un d’entre nous a eu des problèmes avec son parent, car il ne l’avait pas informé. Nous sommes allés pour dissiper les nuages ; depuis lors, chaque nouvel adhérent détient sa fiche d’adhésion qu’il montre à ses parents, chargés de la signer. Maintenant, il n’y a plus d’incompréhension ».

Un amour de théâtre
Cohabiter avec leur passion n’empêche pas à ces comédiens de ne pas vivre en couple. « Nos comédiennes sont épousées par des hommes qui les aiment d’abord par ce qu’elles font. Pour les mariées qui veulent adhérer, en tant que responsables, nous leur demandons premièrement la permission des époux », explique le directeur artistique. Cette approche prudente encadre aussi les sorties du territoire, surtout à l’égard des mères de famille. Les comédiennes Coumba Bâ et Léna Manga peuvent en témoigner. Chaque année, la troupe organise « La Nuit du rire » pour chasser le stress du chômage et des angoisses de la vie qui étranglent la société tambacoundoise. L’année dernière, le budget pour l’organisation de cette soirée était arrêté à la somme de 3,7 millions de FCfa. Pour 2017, le montant sera revu à la hausse ; d’ailleurs, une troupe guinéenne est l’hôte de la 10ème édition.

« Depuis que notre troupe a vu le jour, aucune autorité ne nous a aidée. Nous n’attendons personne dans nos projets ou entreprises ; nous fonctionnons grâce à nos cotisations, même si des moments difficiles ont secoué la vie de la troupe », souligne M. Mbow, qui magnifie l’appui de certaines bonnes volontés. Le cachet plafond de la troupe est (pour le moment) de 3,5 millions de FCfa, mais le tarif plancher oscille entre 50.000 et 200.000 FCfa. « Cela dépend des contrats qui nous lient aux clients et autres particuliers. Vendre la destination de Tambacounda sous le spectre culturel est notre défi le plus important. La visibilité manque terriblement à notre région. Nombre de citoyens croient que le théâtre relève de la futilité. Pour effacer ce préjugé tout fait, nous devons nous comporter en ambassadeur afin que les gens respectent ce que nous faisons, car c’est notre gagne-pain », affirme le directeur artistique.
Une lapalissade de dire que l’art ne nourrit pas son homme sous nos cieux. C’est pour cette raison qu’Aliou Mbow lance un appel aux autorités publiques eu égard au rôle important que les artistes jouent. « En cinq minutes de spectacle, nous faisons comprendre à un public un message, qui nécessitait deux heures de séminaire », remplace-t-il.
Ce 8 avril, au Camp militaire Mamadou Lamine Dramé de Tambacounda, la troupe théâtrale va encore célébrer son anniversaire prévu pour « La Nuit du rire » qui, chaque année, se tient à pareil moment.

« Nous allons convier les Artistes comédiens du théâtre sénégalais (Arcots), des régions de Thiès, Kaolack, Saint-Louis, et ceux de la sous-région qui œuvrent dans la musique, la danse, afin de donner un cachet très populaire à la manifestation », affirme Aliou Mbow.  

Serigne Mansour Sy CISSE

Imaginée par l’organisation philanthropique African artists for development (Aad), l’exposition itinérante « Lumières d’Afriques » s’achève ce week-end au Musée Théodore Monod de Dakar. A l’heure du bilan, les organisateurs se réjouissent de la fréquentation du public scolaire estimée à près de 1.000 élèves en l’espace d’un mois et demi. Ils ont été sensibilisés à l’art et l’environnement.

L’exposition itinérante « Lumières d’Afriques », qui s’achève ce week-end au Musée Théodore Monod de Dakar, est le résultat du travail de 54 artistes de renommée mondiale, un pour chacun des 54 Etats du continent africain. L’exposition a été imaginée par l’organisation philanthropique African artists for development (Aad). Au détour de leur imagination, leur sensibilité, les 54 artistes africains se sont s’engagés à révéler l’enjeu que représente l’accès à l’énergie pour l’avenir du continent. Photographies, peintures, sculptures ou encore performances, ces 54 œuvres donnent une vision de la diversité, de la puissance et de la singularité de l’art contemporain africain. D’où le choix de la Fondation Schneider Electric d’accompagner l’exposition avec un volet pédagogique assez développé pour le jeune public scolaire. A l’heure du bilan, le scénographe Nicolas Kerroux se réjouit de la visite de près de 1.000 élèves venus des différents établissements de Dakar et sa banlieue. « L’intérêt d’une telle approche est de permettre aux enfants de réfléchir sur des sujets de société comme la question des énergies renouvelables au travers de l’art », a estimé, hier, N. Kerroux, faisant le point avec la presse. En provoquant cette réflexion, a expliqué le scénographe, il s’agit également de développer la curiosité artistique des tout-petits, les sensibiliser à l’art pour en faire de futurs collectionneurs. Le but est de faire de ces enfants des vecteurs de transmission de l’art.

Par le biais de cette exposition, « les élèves qui ont visité savent ce qu’est une éolienne, un panneau solaire. Les enfants sont très sensibles à l’écologie, l’environnement », a commenté Nicolas Kerroux, souhaitant que l’exposition « Lumières d’Afriques » soit inscrite dans la vie dakaroise, notamment dans le tissu social et éducatif.
Après le Sénégal, les 54 œuvres seront présentées en Suisse et au Maroc.

E. M. FAYE

Le festival « Tiranga » organisé par l’Ambassade de l’Inde au Sénégal tire à sa fin. Ce jeudi, de la musique vocale était proposée au public. Le dernier acte se joue ce soir, à 18h, au Théâtre Sorano.

De belles notes de musique soufi en provenance de l’Etat indien du Cachemire ont été jouées, hier, sur la scène du Théâtre national Daniel Sorano. Le Cachemire, un Etat du nord de l’Inde majoritairement musulman, a profondément influencé la musique classique indienne. Dhananjay Kaul, un musicien de renom et son groupe ont tenu leur rang lors de leur prestation à Dakar. Leur musique douce est accompagnée de voix hétérogènes.

Quatre des cinq composants de l’orchestre chantent tout en jouant d’un instrument. Ils se relaient sur les envolées lyriques. Les voix sont aussi variées que les instruments qu’ils jouent. Le chef d’orchestre, Dhananjay Kaul, joue avec ses cordes vocales, avec beaucoup de confiance. Il tire sur certaines notes pendant des secondes comme pour montrer sa maîtrise vocale sous les applaudissements d’un public enchanté. L’ambassadeur de l’Inde au Sénégal, Rajeev Kumar, a réaffirmé sa volonté d’organiser le festival « Tiranga » tous les ans, avec l’accord des autorités des deux pays. « Je suis satisfait du déroulement du festival. Je remercie le public qui s’est déplacé ; le ministre de la Culture Mbagnick Ndiaye et le directeur du Théâtre national Daniel Sorano, Sahite Sarr Samb qui a mis le Théâtre à notre disposition pendant presque un mois », ajoute-t-il. Cependant, l’organisation de ce festival n’a pas été évidente car son Excellence Kumar n’est au Sénégal que depuis un an. Eu égard de ce fait, il a tenu à remercier le personnel de l’Ambassade à Dakar.

Les rideaux se referment ce soir sur le festival « Tiranga », après presque un mois durant lequel des artistes, danseurs, chanteurs et musiciens ont gratifié le public de spectacle de haute facture. L’exposition sur Mahatma Gandhi, elle, se poursuit jusqu’au 2 octobre au Monument de la Renaissance africaine.

Sokhna Anta Ndiaye (stagiaire)

Les « Editions Dieylani » de Tambacounda viennent de publier deux recueils de poèmes parmi lesquels « Voix de Jouvence » d’Ibrahima Seydou Dia ». Une belle perspective pour les écrivains de la région de Tamba pour se faire éditer.

Ibrahima Seydou Dia, connu comme un homme engagé pour l’alphabétisation et le développement des langues nationales, est un fervent défenseur et vulgarisateur de la littérature traditionnelle. Son style d’écriture est un mélange de sa langue maternelle, le pulaar, et de français. Dans sa préface du recueil, Anta Gassama, professeur de Lettres, souligne que le triangle « Dakar, Fouta, Tamba » est la somme de cet humaniste qu’est Ibrahima Seydou Dia proclamant son amour pour l’Autre. Cela ressort, dit-elle, dans presque tous ses poèmes, qui sont souvent de longues tirades pour la concorde et la compréhension entre les hommes, mais dans un homme happé par « Feu- Force-Fer-Folie ».

Mme Gassama souligne également que le recueil « Voix de Jouvence » est un hymne à la jeunesse et aux maux de l’humanité, particulièrement ceux de l’Afrique (l’Unité africaine, la solitude, la réconciliation). Seulement, la plume d’Ibrahima Seydou Dia a la particularité de dérouter le lecteur à travers les idées qu’il expose dans ses poèmes de façon éparse. Choix subtil ? Coïncidence ou doit-on simplement l’inscrire dans la catégorie des poètes modernes ? Ses thèmes restent d’actualité et ne sauraient laisser indifférent.

Agent de la Sodefitex à Tambacounda depuis 27 ans, il est, aujourd’hui, assistant au Service alphabétisation et communication de « Bamtaare Services », filiale de cette société cotonnière. Depuis 1989, M. Dia est aussi producteur extérieur à la chaîne Rts de Tambacounda. Sur la chaîne régionale de la radio, il anime deux émissions hebdomadaires en pulaar, « Fooyre Pulaagu » (magazine culturel) et « Kumpital » (magazine de développement). En outre, Dia est le présentateur du journal télévisé en pulaar sur la télévision régionale (Rts3) depuis son démarrage et livre les infos en pulaar quotidiennement sur Tamba Fm.

Pape Demba SIDIBE

Au travers des peintures et sculptures, l’artiste-plasticien iranien Chahab met en relation l’Orient et l’Afrique dans son exposition intitulée « Quand l’Orient chante l’Afrique ». L’exposition est à voir jusqu’au 18 mars à la Galerie Arte, Immeuble Lahad Mbacké, Avenue Abdoulaye Fadiga, près siège Bceao, Dakar centre-ville.

Un doux parfum d’Orient flotte à la Galerie Arte. Entre imaginaires et imageries, l’artiste plasticien iranien Chahab expose pour la première fois sur le continent sous le thème « Quand l’Orient chante l’Afrique ». Les créations résultent d’une résidence artistique à Saint-Louis. Ouverte depuis hier, l’exposition est à voir jusqu’au 18 mars à l’Immeuble Lahad Mbacké, Avenue Abdoulaye Fadiga, près siège Bceao, Dakar centre-ville.

En franchissant la porte de la galerie, une sculpture en bois aux allures de totem ne manque pas de surprendre agréablement une visiteuse. Elle en est bouche bée. Le processus de création est simple et ingénieux. Chahab a récupéré des fragments de pirogue qu’il a un peu retravaillés. A l’arrivée, c’est un résultat inattendu qui fait la fierté de l’artiste. Sur les côtés de la sculpture émergent une silhouette de femme qui porte un enfant, un baobab, un masque. Imaginaires et imageries apparaissent.

Réminiscences
« Ce sont des éléments qui renvoient à la société sénégalaise », a expliqué Chahab qui a ajouté quelques mots fétiches en persan sur sa création. Par endroit, un éclat de lumière vient dynamiser la sculpture teintée d’un bleu azur sur un cordage rafistolé et des tissus torsadés. « L’Orient et l’Afrique se retrouvent », se réjouit Chahab saluant l’apport, combien important, du continent noir à la création contemporaine.
En promenant son regard sur les tableaux, le visiteur tombe sous le charme de la finesse des peintures de l’artiste iranien.

Il est à la fois peintre, graveur, céramiste, sculpteur. Poussières, minéraux, acrylique, pigments d’Orient et d’Afrique s’invitent dans une belle alchimie sur la toile de Chahab. « Il réalise enfin un rêve, celui de la rencontre de ces continents à travers son œuvre. Inspiré par la vue qu’il a de son atelier éphémère donnant vue sur le fleuve Sénégal, il extériorise ses émotions, bercé par les quatrains du poète Omar Khayyâm, et se rappelle son enfance », se félicite Joëlle le Bussy, directrice de la Galerie Arte.

Pour elle, « cette exposition est un voyage au Sénégal vu à travers l’univers de Chahab où se conjuguent les réminiscences de sa culture persane avec sa découverte du continent africain ». Sur ce registre, l’Iranien qui s’est beaucoup illustré au travers de l’art rupestre et abstrait a confié : « En tant qu’Oriental, je peux mieux sentir l’esprit africain avec deux thématiques portant sur la croyance et la vie quotidienne. J’ai suivi en captant la profondeur des choses. Je me redécouvre avec de nouvelles expériences ». D’où cette envie de revenir au Sénégal dans le cadre de la prochaine biennale de Dakar.

Au regard de la curatrice Salimata Diop, « pour Chahab, le cours d’une vie n’est pas à enfermer dans une chronologie linéaire. Son propre détour africain est, en réalité, la réalisation d’un rêve et certainement la reconnaissance de quelque chose qui a toujours été là, en lui ». Elle pousse son analyse : « Sa palette en est la preuve. Dans ses pigments bleu intense, ne reconnaît-on pas le fleuve, la mer, le ciel de Saint-Louis ? Sa palette, c’est aussi la poussière et le sable ; en déclinant les jaunes opulents, les oranges, les pourpres et les marrons chauds, l’artiste célèbre la terre. »

Toute éblouie devant autant d’esthétisme, la curatrice soutient : « Des tableaux de Chahab émergent également des formes magiques : poèmes calligraphiés, dessins chargés de sens. Leurs couleurs argentées reflètent la lumière, qui se reflète à son tour dans nos yeux ».
Ainsi, a estimé S. Diop, voyager dans l’univers de l’artiste, c’est découvrir et redécouvrir, au sein d’une même œuvre, les traces de son Orient natal, les couleurs de son parcours, la terre rouge et le sable jaune du Sénégal, sous un bleu luminescent.
L’exposition « Quand l’Orient chante l’Afrique » est à voir jusqu’au 18 mars à la Galerie Arte de Dakar.

E. Massiga FAYE

Le séminaire de recherche sur les politiques culturelles, organisé par l’Institut fondamental d’Afrique noire et la Direction des arts, s’est tenu, hier, au Musée Théodore Monod d’art africain. Les conférenciers ont échangé sur le théâtre et le conte qui ont connu, au Sénégal, une évolution discontinue au gré des options politiques et du bouillonnement culturel.

Le théâtre perpétue une idéologie. Il est important, dès lors, pour les pouvoirs publics, de décider des modalités de conduite de cet art. Au Sénégal, même si son existence précède la colonisation, il a été d’abord encadré par l’autorité coloniale. Et l’Etat postcolonial l’a ensuite institutionnalisé pour, sans le décliner comme objectif, en faire un théâtre d’élite. Il a presque toujours dépendu, à en croire le Professeur Ousmane Diakhaté, de la bonne volonté des décideurs publics chargés de créer un cadre d’expression, un environnement propice à la création. C’est qu’il y a un jeu ternaire entre les créateurs, le destinataire et l’Etat. Le théâtre ne saurait ainsi être indemne de l’action de l’Etat.

L’autorité coloniale a implanté, au Sénégal, les modèles de théâtre occidental. Et l’école a servi de porte d’entrée à ces formes de représentation théâtrale avec des directives de l’administration de l’époque. Il en a été ainsi de l’école normale William Ponty, institution fédérale de l’Afrique occidentale française. Le haut-commissaire de la République en Aof, Bernard Cornut-Gentille a, selon l’ancien directeur du Théâtre national Daniel Sorano, joué un rôle important dans le développement de l’activité théâtrale. Il en avait fait un outil essentiel de la politique française. La création de centres culturels dans beaucoup de capitales sous domination française et la promotion de la revue de liaison « Trait d’union », couvrant huit pays de l’Aof, en témoignent.

Il en est de même de la création du Théâtre du Palais, première institution dramatique du Sénégal, confié à Maurice Sonar Senghor. Le départ de Bernard Cornut-Gentille a cassé cette dynamique que l’Etat postcolonial s’est employé à réorienter. Toutefois, « l’erreur des dirigeants de la jeune République a été de créer un théâtre d’élite et de négliger les autres formes d’expression théâtrale. Ils ont même été éclatés dans deux ministères différents ; le théâtre populaire étant sous la tutelle du ministère de la Jeunesse et des Sports », regrette M. Diakhaté sans cependant occulter les efforts considérables qui ont été entrepris.

De l’aide à la subvention
Mais, il convient de les inscrire dans une politique bien définie qui installe les acteurs dans un cadre réglementaire. C’est l’avis émis par Massamba Guèye qui a produit la même réflexion sur le conte. Celui-ci et le théâtre sont, selon le conseiller technique à la Présidence de la République, en lambeaux. Cet état de fait est, en grande partie, le résultat d’une approche basée sur l’aide alors que la subvention lui semble mieux indiquée pour soumettre les bénéficiaires à une obligation de résultat. « Ce sont souvent des actes ponctuels, spontanés qui ne produisent pas d’effets notables », déplore-t-il. Celui qui est par ailleurs le secrétaire général de l’Association des conteurs du Sénégal impute cela à une absence de projection sur le théâtre et le conte en tant qu’activités de spectacle et par le fait que les actions sont davantage centrées sur les coups d’éclat médiatique que sur leur efficience. Il pose le principe d’un changement de paradigme comme orientation déterminante pour faire renaître le goût du public à aller voir des spectacles car « c’est un acte social, un droit culturel ».

Le directeur du Théâtre national Daniel Sorano a, quant à lui, axé son propos sur l’expérience des compagnies théâtrales privées professionnelles au Sénégal au cours des années 1990 et 2000. Les succès qu’elles ont engrangés et les obstacles rencontrés donnent une large vue sur le contexte socioculturel, les tentatives de structuration, les efforts et les limites de l’action de l’Etat.

Alassane Aliou MBAYE

Le président de l’Association de métiers de la musique du Sénégal (Ams), Daniel  Gomez, a  fait face à la presse hier, pour partager et  informer les ayants droit sur les causes réelles de la révocation de Bouna Manel Fall au poste de directeur général de la Société du droit d’auteur et des droits voisins (Sodav).

Reproché de « gestion calamiteuse et fautes lourdes », le directeur général de la Société  du droit d’auteur et des droits voisins, Bouna Manel Fall, a été révoqué par les membres du Conseil d’administration de la Sodav. Le bureau de l’Association des métiers de la musique du Sénégal (Ams) s’est réuni hier, pour informer les ayants droit des causes réelles de cette révocation. Selon le président de l’Ams, Daniel Gomez, après examen de tous les griefs reprochés au directeur général, « nous tenons à préciser que la révocation de Bouna Manel Fall est justifiée ». A l’en croire, contrairement aux rumeurs qui parlent de malversations et autres, il s’agit plutôt d’une gestion faite sur plus de160 millions de FCfa, dépensés en trois mois.

« Il ne s’agit pas de détournements, mais il se trouve que le Conseil d’administration n’a pas donné son aval sur des dépenses effectuées à hauteur de 102 millions de FCfa par Bouna Manel Fall et qui porte sur des réfections de bâtiments, recrutements d’experts, de stagiaires, entre autres », a signifié Daniel Gomez. « Etant les représentants d’ayants  droit membres de la Sodav, il était de notre devoir de s’enquérir des vraies raisons de la révocation, en adéquation avec les textes qui régissent la Sodav, afin que leurs revenus soient respectés et gérés dans la transparence », argue M. Gomez. Aussi, informe-t-il que selon la hiérarchie, c’est le secrétaire général de la Sodav, en l’occurrence Aly Bathily, qui prend la relève jusqu’à ce qu’un nouveau directeur général soit nommé.

Lors de ce face-à-face avec la presse, le président de l’Ams a décliné quelques perspectives de sa structure, comme l’organisation, en mars, d’un atelier de formation et de renforcement de capacités organisationnelles et professionnelles de dirigeants et autres responsables du secteur de la diffusion sur les techniques de négociations collectives.

Maguette Guèye DIEDHIOU

Evénement qui met en exergue les arts visuels, la gastronomie, les arts du spectacle, la danse, le cinéma, la photographie, la musique et la littérature, le patrimoine culturel, la création et l'innovation, « le Grand Tour 2017 » sera un voyage de cent étapes à travers l’espace francophone.

Le « Grand Tour » est un voyage culturel francophone sur les cinq continents qui se déroulera tout au long de l’année 2017 en cent étapes, dont une vingtaine en France. Il rassemble une centaine de grands événements culturels qui illustrent la vitalité et la modernité de la Francophonie culturelle. Selon un communiqué de l’Oif, ces « 100 rendez-vous incontournables » vont, entre autres, des arts visuels à la gastronomie en passant par les arts du spectacle, la danse, le cinéma, la photographie, la musique et la littérature, en mettant en relief le patrimoine culturel, la création et l'innovation.

Ce palmarès, selon le document de l’Oif, prend la forme d'un remarquable agenda présenté comme un passeport pour un voyage à travers une Francophonie interculturelle, envoûtante, pleine de vitalité et résolument tournée vers l’avenir. L’événement a été officiellement lancé à Paris, hier, mercredi 15 février, par la secrétaire générale de la Francophonie, Michaëlle Jean,  et le secrétaire d’État français chargé du Développement et de la Francophonie, Jean-Marie Le Guen, au siège de l’Organisation internationale de la Francophonie, dans une ambiance festive, aux côtés de l’administrateur de l’Oif, Adama Ouane, et en présence de l’artiste Olivia Ruiz, membre du Comité de parrainage.

La cérémonie, lit-on dans le communiqué, a été ponctuée de performances artistiques, célébrant l’apport de la culture, la force de la créativité et la riche diversité des expressions et des manifestations culturelles dans tout l'espace francophone et au-delà.

« La Francophonie se réjouit de l'apport vivifiant de la diversité des expressions culturelles. Nous aimons promouvoir ces forces créatives qui participent de la vigueur du tissu social et de l’économie dans nos pays. La Francophonie peut en parler en toute connaissance de cause parce que la promotion de ces expressions plurielles est une réalité quotidienne, un défi de tous les instants, en même temps qu'une conviction profonde qui irrigue l'ensemble de nos actions », a déclaré la secrétaire générale de l’Oif.

Omar DIOUF

Le groupe Sonatel annonce la baisse de ses tarifs internet à compter d’aujourd’hui, 15 février. Une cérémonie officielle a marqué, hier, à son siège sur la Vdn de Dakar, la pose de son « Acte 1 » vers le Projet « Sénégal Numérique 2025 ».

A partir d’aujourd’hui, le groupe Sonatel baisse ses tarifs internet. Désormais, l’Internet fixe résidentiel haut débit connaîtra une baisse de tarif entre 15 et 20% sur les redevances mensuelles et les frais de mise en service des offres Adsl. L’opérateur introduit également l’offre « Keurgui box » qui permettra aux clients d’avoir accès à l’Internet fixe partout  avec une innovation qu’est  l’option « satisfait ou remboursé ».

Pour l’Internet mobile très haut débit, Sonatel augmente jusqu’à 40% les volumes des Pass Internet pour le même prix. L’opérateur historique va également proposer prochainement à ses clients détenteurs de téléphones non accessibles à Internet la possibilité d’échanger leur téléphone 2G avec un smartphone 3G pour une meilleure expérience internet mobile.  En direction des professionnels, à l'heure des services de messagerie, échanges de fichiers, de vidéoconférence…, l’opérateur historique au Sénégal entend offrir dorénavant un débit plus confortable en baissant les redevances mensuelles d’offres prépayées ainsi que les Pass internet à partir d’un Go.

Hier, au cours d’une cérémonie officielle, en présence des représentants du ministre des Télécommunications et Postes et du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Abdou Karim Mbengue, le directeur de la Communication institutionnelle et des Relations extérieures de Sonatel a réitéré la volonté du Groupe d’accompagner l’Etat du Sénégal dans ses efforts pour « démocratiser l’accès à l’Internet ». Mais également dans la Stratégie « Sénégal Numérique 2025 ». Par cette baisse de ses tarifs internet, l’opérateur pose son « Acte 1 » vers le projet « Sénégal Numérique 2025 ».

« Sonatel répond à la politique du gouvernement du Sénégal à travers sa nouvelle stratégie « Sénégal Numérique 2025 », qui, par une accélération du développement du secteur, vise l’accès du plus grand nombre à un Internet plus abordable et de meilleure qualité », a souligné Abdou Karim Mbengue. L’ambition de la stratégie « Sénégal Numérique 2025 » étant de hisser le Sénégal parmi les 5 premiers pays africains les mieux connectés du continent.

M. Mbengue a rappelé les parts détenues par l’Etat du Sénégal dans le capital du Groupe Sonatel et la « présence efficace et leur compétence avérée » de ses administrateurs au sein du Conseil. Evoquant le niveau d’intervention du Groupe dans la construction d’un meilleur réseau numérique au Sénégal, Abdou Karim Mbengue a affirmé que 140 milliards de FCfa ont été investis par la Sonatel, entre 2015 et 2016, et 80 autres milliards de FCfa le seront en 2017 pour son amélioration. Et la 4G lancée en juillet dernier à Dakar, Touba et Saly, sera déployée bientôt dans d’autres villes de l’intérieur du pays, comme Thiès, Ziguinchor…

La représentante du ministre des Télécommunications et des Postes, citant le slogan du ministère « Le Numérique partout, pour tous et pour tous les usages », a encouragé la Sonatel à persévérer dans cette politique d’abondance.

Omar DIOUF

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