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Arts et Culture (1935)

La salle des fêtes de la mairie de Ziguinchor a abrité, hier, un forum sur le cousinage à plaisanterie, en marge de la 10e édition du festival «Kom-Kom» qui se tient jusqu’au 17 décembre. La déconstruction des préjugés par l’impact de la parenté à plaisanterie a beaucoup retenu l’attention des participants qui ont planché sur le sujet.

L’occasion a été saisie par Mme Fadia Nassif de la Direction langue française, culture et diversité de l’Organisation internationale de la Francophonie, partenaire du Festival « Kom-Kom » de se féliciter de la tenue d’une telle rencontre dont l’importance du sujet devrait favoriser une meilleure perception de l’autre à travers la déconstruction des stéréotypes pour y instaurer une méthode.
Pour Mme Nassif, le forum vise également à faire « prendre conscience de la pluralité des identités de chacun et de chacune et des stratégies pour mettre en avant, selon les circonstances et les besoins, l’une ou l’autre de ces identités ». Une identité ethnique ou de classe face à une autre classe sociale, de jeune face à un adulte, d’homme ou de femme face à des enjeux de genre, entre population rurale et population urbaine, etc.

Ainsi, après l’ouverture du forum, trois ateliers ont été constitués regroupant les différentes composantes ethniques présentes, les Sérères, les Diolas et les Mandingues qui ont dressé la figure de l’autre pour chacune des composantes de la société casamançaise et de déterminer qui est « l’Autre du Qui ». Les participants ont également travaillé à croiser les visions et les regards des uns et des autres et relever les éléments qui divisent et ceux qui rassemblent.

Le tout axé, selon Mme Fadia Nassif, sur trois grandes catégories de différenciations à explorer. Notamment les différences ethnolinguistiques, les divisions fondées sur le fait qu’on parle telle ou telle langue, que l’on soit de telle ou telle ethnie, les différences générationnelles (conflit de génération) et les différentes basées sur le genre, sur les rôles que la société attribue aux femmes et aux hommes quel que soit le groupe d’appartenance.

Mouhamadou SAGNE, envoyé spécial

L’artiste-compositeur Youssou N’Dour a remis, hier, à Dakar, en guise de don, un chèque de 75 millions de FCfa à la mutuelle de santé des acteurs culturels du Sénégal.

Le leader de l’orchestre « Super Etoile », lauréat en septembre dernier du « Praemium Imperiale », un prix décerné par la famille impériale japonaise, avait promis de verser l’intégralité de la dotation de cette distinction, soit 75 millions de FCfa, à la mutuelle de santé des acteurs culturels du Sénégal. Il a honoré cette promesse en remettant un chèque d’une valeur de 75 millions de FCfa aux acteurs culturels sénégalais, lors d’une cérémonie organisée au Grand Théâtre de Dakar.

Selon Youssou N’Dour, également ministre-conseiller à la présidence de la république, le don permettra à chacun des bénéficiaires de verser seulement 3.500 FCfa à la mutuelle, soit la moitié du montant initialement prévu pour être membre de cette structure sociale. Par ailleurs, l’Etat a décidé d’octroyer une subvention de 100 millions de FCfa à la mutuelle de santé des acteurs culturels, a annoncé, en marge de la cérémonie, un conseiller culturel du président de la république, Ibrahima Ndoye. Le président du conseil d’administration de la mutuelle de santé des artistes, Babacar Diouf, estime que, grâce à cette structure sociale, « on assistera à un mécanisme de solidarité entre des personnes de différentes catégories sociales et professionnelles ». « La mutuelle de santé des acteurs culturels va enrôler 21.000 membres dès le premier trimestre de 2018 », a-t-il déclaré, rappelant que cette structure sociale était dédiée aux musiciens seulement, avant d’être élargie aux autres acteurs culturels.

APS

Pour sortir de l’anonymat culturel, les artistes de la commune de Dioffior regroupés au sein d’une association dénommée « Def Art Dioff » ont organisé, du 7 au 10 décembre, un festival grâce à l’appui du Fonds de développement des cultures urbaines (Fdcu).

La subvention allouée à l’association « Def Art Dioff » a permis de dérouler un certain nombre d’activités qui ont été inscrites au menu de ce festival qui a été bouclé, samedi dernier, par un grand concert de rap joué par le groupe Fuk’N’kuk. La matinée, les jeunes artistes de « Def Art Dioff » ont fait face à la presse pour exprimer leur gratitude au Fonds de développement des cultures urbaines qui leur a permis de tenir le plus grand festival jamais organisé dans le périmètre communal. C’est, du moins, l’avis du président de « Def Art Dioff », Coly Bakhoum, pour qui le Fdcu constitue un puissant levier de promotion des cultures urbaines. « Le Fdcu nous a permis de croire davantage en nous en nous donnant l’idée de nous retrousser les manches pour aller vers un objectif plus ambitieux », a déclaré Coly Bakhoum.

Le maire de la commune de Dioffior, Youssou Diom, n’a pas tari d’éloge sur le Fdcu. « D’habitude, c’est vers le maire que la population allait pour un soutien capable de lui permettre de concrétiser une initiative similaire. Aujourd’hui, si le Fdcu nous supplante dans ce rôle d’assistance aux populations, nous ne pouvons que nous en réjouir », a-t-il souligné. Il considère que cette initiative est à saluer, précisant que le développement d’un pays ne provient pas uniquement de son économie. « La culture est à la base de tout développement », a laissé entendre l’édile de Dioffior. Youssou Diom a appelé la jeunesse artistique de Dioffior à se mobiliser pour sortir de l’anonymat le secteur culturel de la localité. Il pense que les guitaristes sérères et autres artistes de la localité doivent pouvoir se retrouver dans un environnement favorable à leur épanouissement voire leur rayonnement tant au niveau national qu’international. « Jusqu’ici, les Sérères peinent à trouver en eux un artiste de renommée capable de chanter en sérère et de réaliser des albums dans cette ethnie », se plaint le maire de Dioffior.

Le maire de Dioffior croit savoir que toute sorte de sonorités est dans la musique sérère. C’est la raison pour laquelle, il compte réunir tous les artistes de la commune en vue de les pousser à s’organiser pour la valorisation de la culture locale. Chargé de la communication de « Def Art Dioff », Abdou Ndong a indiqué que l’association s’est fixé comme objectif de promouvoir la culture urbaine dans la commune. A cet effet, il a été décidé de faire connaître le monde de la culture urbaine et d’œuvrer ensuite à valoriser ce secteur artistique. L’organisation de ce festival, tenu du 7 au 10 décembre, obéit à cette logique. Le festival a démarré par une cérémonie d’enrôlement à la mutuelle de santé de la commune. Cette activité est suivie d’une journée de graffiti le vendredi avec la décoration du mur de clôture du foyer des jeunes. Il était même prévu de décorer le mur de l’hôpital de Dioffior, mais des contraintes de temps ont rendu impossible ce graffiti.

Valoriser la culture urbaine
Dans la même nuit du vendredi, il y a eu une activité dénommée «Harmattan» avec au menu, une séance de danse, de Battle rap, un défilé de mode, un concours Funana orange, etc. Le samedi, jour de clôture des 72h de Dioffior, une conférence de presse a été organisée le matin et un grand concert a eu lieu le soir avec comme invité de marque le groupe dakarois Fuk’N’Kuk.
Comme perspectives, l’association « Def Art Dioff » rêve de disposer d’un label qui va inclure des ateliers avec une bonne structuration dans le cadre de laquelle tous les membres de l’association occuperont un emploi et seront rémunérés en grande partie grâce aux ressources que générera le label. « Nous voulons un studio d’enregistrement pour enregistrer nos morceaux alors qu’il faut aller jusqu’à Mbour pour pouvoir retrouver un studio d’enregistrement. En outre, l’association a besoin d’un local où ses membres pourront faire des répétitions », a-t-il souligné.

Appui du Fdcu
Coordonnateur du Fonds de développement des cultures urbaines, Oumar Sall a rappelé la genèse du fonds ainsi que toutes les péripéties qui ont émaillé sa mise en place. Il a soutenu que ce sont les acteurs de la culture urbaine eux-mêmes qui ont pris sur eux de s’organiser pour la création de ce fonds. Ils ont fait le plaidoyer auprès du ministère de la Culture, du ministre conseiller Youssou Ndour, avant d’être reçu par le chef de l’Etat qui, en réaction, a pris la décision de mettre, pour le moment, un montant de 300 millions de FCfa à la disposition du fonds en espérant accroître l’enveloppe de manière progressive.

« Nous voulons certainement atteindre un milliard de FCfa comme le cinéma, mais le chef de l’Etat a clairement affirmé que comme c’est un début, il va falloir attendre que les acteurs du hip hop donnent la preuve que le fonds a servi à réaliser des choses importantes avant de prétendre à une hausse du montant à allouer au fonds », a rappelé Oumar Sarr. Le coordonnateur du Fdcu a aussi expliqué les critères d’éligibilité à ce fonds ainsi que les différentes opportunités qu’il offre. « L’organisation de ce festival est certes un début pour vous, mais le fonds peut allouer des montants qui vont jusqu’à 15 millions de FCfa. Notamment, pour les projets qui tournent autour de la structuration », a-t-il mentionné.

Abdou DIOP

Acteur principal de la série télévisée « Pod et Marichou », Pape Oumar Diop dit Pod ne mâche pas ses mots. Rencontré sur le plateau de tournage, il est revenu sur la genèse de la série désormais à succès. Le jeune homme, 32 ans, titulaire d’un Master2 en Management des Ressources humaines, n’a jamais pensé être acteur de téléfilm. Rencontre avec Pod qui, malgré sa subite notoriété, annonce qu’il ne compte pas tenir un rôle dans leur prochain téléfilm, « Nafi ». 

Après quelques rendez-vous manqués aux Maristes où l’essentiel du tournage se fait, El Hadj Pape Oumar Diop Alias Pod, acteur principal de la série télévisée « Pod et Marichou », s’est investi personnellement pour que cette fois soit la bonne. Téléphone scotché à l’oreille, c’est l’acteur lui-même qui nous a indiqué le chemin jusqu’à l’une des maisons de tournage du téléfilm située au quartier des Mamelles à Dakar. Venu à notre rencontre, habillé d’un t-shirt bleu sur un pantalon jean de couloir noir, Pod en sandales et sans pression nous introduit dans une très coquette villa. A l’intérieur de la maison du tournage, qui n’est rien d’autre que la maison familiale, l’équipe technique de « Pod et Marichou » est en œuvre. Momo (son jeune frère dans la série), ainsi que le manager, entre autres, sont au rez-de-chaussée en train de préparer les prochaines séquences. « Je dois tourner une séquence tout de suite, mais j’attends un acteur », nous lance le jeune homme. Après quelques salamalecs, très disponible et en parfait réalisateur, Pod nous invite dans une pièce à l’étage pour des discussions plus sereines. D’El Hadj Oumar Diop, il est désormais plus connu sous le diminutif de Pod. Le trentenaire nous confesse qu’avant, il ne pensait pas faire la télévision un jour. « J’ai 32 ans, je suis un jeune Sénégalais. Après mon bac obtenu au lycée Jean De la Fontaine en 2006, je suis allé à l’université Amadou Hampâthé Bâ où j’ai eu ma Licence et mon Master 1 en Management des ressources humaines. J’ai fini mon Master 2 à Bem. Désormais, je maîtrise les ressources humaines. Après, j’ai fait un peu de comptabilité », affirme-t-il.

CARRIERE DANS L’AUDIOVISUEL
Cependant, loin de sa spécialité après les études, il s’est engagé dans les métiers de l’audiovisuel. « J’ai commencé en audiovisuel quand j’ai rencontré le directeur général de la structure Mbarodi. J’ai démarré dans cette structure en tant que community-manager parce que j’aimais gérer les pages réseaux sociaux. Je me disais au début que c’était juste un tremplin et que j’allais passer à autre chose comme travailler dans le management ou les ressources humaines. C’était en 2013 et j’ai vu que c’était intéressant et j’ai continué à Mbarodi où j’ai gravi les échelons de community-manager à responsable diffusion gérant la plateforme du site internet. Je suis parvenu à être directeur adjoint de Mbarodi, en même temps directeur artistique de la maison de production de la société. Je m’occupais de tout ce qui est conception de série. On faisait plus dans la diffusion des séries dans notre site, mais après, on s’est dit pourquoi ne pas concevoir notre série », raconte Pod.

AU DEBUT ETAIT « POD ET SES PODETTES »
C’est ainsi qu’ils ont commencé à concevoir des sketchs pour les entreprises. Après cela, il y a eu l’idée de la série « Pod et Marichou ». « J’ai commencé avec de petites séries appelées « Pod et ses Podettes » qu’on passait en ligne. En deuxième saison, notre producteur nous a demandé de faire de vraies séries de télévision et nous avons trouvé « Pod et Marichou », dit El hadji Oumar Diop presque aux anges en replongeant dans ses souvenirs. « Au début, on s’est dit qu’on pouvait faire quelque chose de très bien avec une bonne équipe, mais on ne pensait pas qu’on pouvait en arriver à ce niveau de notoriété. Après, on a trouvé un sponsor qui a permis de prendre plus au sérieux la production », se souvient l’acteur.

SUCCES FULGURANT ET NOUVELLE VIE…
Il confie, toujours, que c’est à la saison 2 que la série a explosé. « Je voyais les séries « Wiri-Wiri », « Un café avec » avaient 400. 000 vues dans le net. Je me demandais si nous pouvions même avoir 100.000 vues ? Franchement, je n’y croyais pas. Mais, aujourd’hui, nous avons des épisodes qui ont atteint 1.700.000 vues sur Internet ». Par rapport à la réussite de la série, El hadji Oumar Diop raconte une anecdote : « Au début, quand je marchais dans la rue, je regardais les gens dans les yeux pour voir s’ils allaient me reconnaître et vérifier ainsi si la série était bien suivie. Mais maintenant, dès que je sors, les gens me reconnaissent partout. C’est vrai que maintenant, c’est un succès et c’est une nouvelle vie qui commence pour nous. Nousavons plus de travail et moins de temps pour la famille et les amis ».

PLACE A LA SERIE « NAFI »
Même si, pour le moment, « Pod et Marichou » continue à crever l’écran, les producteurs vont bientôt passer à une autre série qu’il espère plus succulente pour les téléspectateurs sénégalais. « Nous allons bientôt terminer la saison 2 et il y aura la saison 3 ; mais en attendant, nous lancerons une nouvelle série qui s’appelle « Nafi ». Moi, personnellement, je ne serai pas acteur dans cette série, mais il y aura l’essentiel des acteurs de « Pod et Marichou » et je suis sûr que les Sénégalais vont adorer cette série », révèle El hadji Oumar Diop qui confie que malgré la réussite de « Pod et Marichou », il préfère rester dans l’ombre comme technicien.

« Personnellement, après «Pod et Marichou», je ne serai plus acteur. Peut-être dans les films longs métrages. Être acteur, c’est très difficile et c’est un grand travail. Dans mon cas, être acteur et directeur artistique, c’est très difficile ; parfois il m’arrive en plein tournage de me concentrer sur ce que dit mon interlocuteur, car c’est moi qui donne les dialogues, au lieu de me concentrer sur ce que je dois dire. Normalement, c’est deux choses qu’on ne doit pas mélanger. Être acteur demande des sacrifices », reconnaît Pod qui raffole des plats de riz au poisson et à la viande.
Insistant sur la difficulté de sa vie d’artiste, il révèle, par exemple, qu’au début de la saison 2, le réalisateur lui avait demandé de ne pas se raser, de faire du sport pour avoir plus de masse musculaire. Compte tenu de tout cela, il veut maintenant rester dans l’ombre car, dit-il, « je me sens mieux en tant que directeur artistique ».

ANECDOTES DE TOURNAGE
Quelques minutes de présence dans le lieu du tournage permettent de se faire une idée sur l’ambiance bon enfant qui règne dans l’équipe de « Pod et Marichou ». Les anecdotes ne manquent pas et El hadji Oumar Diop s’est lâché en nous faisant quelques confidences. « Ce qui est plus intéressant dans le tournage, c’est qu’il y a l’esprit de famille, la complicité. Par exemple, Marichou et moi, lors des tournages, c’est comme si nous étions un vrai couple ; même si dans la vie, nous ne sommes pas ensemble. Nous sommes tellement complices que dans nos différents couples, cela soulève des fois quelques petits problèmes de jalousie qui nous font rire », confesse le bonhomme.

Dans le même contexte, il narre : « Les acteurs Mor et Niang, quand tu es avec eux en tournage, c’est des fous-rires tout le temps. J’aime bien aussi les tournages que nous faisons à l’intérieur du pays comme à Saly, Saint-Louis, au Sine-Saloum, à Kédougou. Cela nous permet de découvrir le Sénégal et de faire aussi la promotion du tourisme », souligne-t-il, demandant un meilleur soutien des autorités, notamment pour la promotion touristique.

Par rapport au choix des filles qui sont pratiquement toutes des « novices » en téléfilm, El hadji Oumar Diop soutient que c’était intéressant d’avoir de belles filles car c’est ce qui attire les Sénégalais : « Les filles rêvent d’être belles et douces comme les actrices de « Pod et Marichou » et ça attire aussi les hommes même si ce sont de nouvelles têtes ».

LA VIE AU CALME, HORS CAMERA…
Concernant sa vie et ses histoires de cœur, que les jeunes filles fans de Pod se le tiennent pour dit. Même si c’est un célibataire « attirant », il confesse qu’il a trouvé l’âme sœur et projette même de se marier avec sa copine en début 2018. Toutefois, même si dans la série, il est homme polygame, bien entouré de la puissance (Eva) et de sa première dame (Marichou), l’acteur affirme qu’il aura une seule femme car voulant une vie tranquille que la polygamie ne favorise pas. Ce jeune homme qui vit avec ses parents, aime sortir avec ses amis à la plage, même s’il n’aime pas beaucoup les virées en boite de nuit pour éviter les tentations du showbiz. Il dit passer son temps à dormir les dimanches sans téléphone pour se reposer. El hadji Oumar Diop est considéré par ses proches comme une « personne vivable qui n’aime pas la tension ».

Propos recueillis Oumar KANDE

Le festival « Kom-Kom » initié par le Gie « Goorgoorlou » s’ouvre aujourd’hui, à Ziguinchor. La cérémonie officielle sera précédée par le forum sur le cousinage à plaisanterie et un atelier sur la grappe tourisme, industries culturelles, artisanat et environnement (Ticae).

Toutes les délégations sont déjà sur place dans la capitale du Sud. Elles sont venues des terroirs de la Casamance comme Mlomp, Oussouye, Niassya, Djimand, Diembering, Oulampane, Hathioune, entre autres. Mais également d’autres localités comme Toubacouta et Sokone (Fatick), Ngoundiane (Thiès) et Dakar avec quelques groupes d’artistes modernes à l’image des comédiens de « Rirou Tribunal » qui sont de la partie.

Une illustration parfaite de l’apogée du festival « Kom-Kom », comme nous l’a indiqué M. Mactar Ndiaye, président de l’Alliance culturelle africaine présent à Ziguinchor pour la circonstance. Selon lui, les organisateurs ont réussi l’appropriation de l’événement par les populations de ces terroirs représentés au festival. Ce, à travers une motivation par l’approche de développement à la base proposée par le Gie « Goorgoorlou » et qui s’appuie sur la grappe tourisme, industries culturelles, artisanat et environnement qui a permis de créer des micros-pôles de développement touristique dans ces diverses localités.  Pour dire, conclut M. Ndiaye, « le Gie Goorgoorlou place les populations au centre de l’action du développement local en faisant d’elles les premières bénéficiaires.

Par ailleurs, au plan de l’animation culturelle, les initiateurs ont opté pour la valorisation du patrimoine artistique local (chants, danses, les masques de Kankourang, Samaï, Sass, etc.), ainsi que des groupes modernes pour la promotion des jeunes talents des régions du Sénégal comme Sokone, Toubacouta, Dakar et Ngoundiane.
L’autre particularité est que le Gie « Goorgoorlou » met un accent particulier, à travers le vernissage de l’exposition de cet après-midi, sur la promotion de la calebasse avec ses vertus insoupçonnées au milieu des sociétés africaines mais également le cousinage à plaisanterie qui ne sera non plus en reste, car il est prévu un forum sur le sujet en plus du carnaval des cultures des terroirs. L’événement culturel, touristique et de dimension internationale bénéficie d’un appui financier de l’organisation internationale de la Francophonie dont la représentante est à Ziguinchor aux côtés des organisateurs depuis avant-hier.

Mohamadou SAGNE

 

Le Comité national d’organisation de la 10ème édition du Festival national des arts et cultures (Fesnac) a  dévoilé, hier, face à la presse, le programme de cette grande manifestation culturelle. Cette année, plus de 42 spectacles rythmeront l’évènement à Louga, du 20 au 23 décembre.   

La région de Louga va abriter, à partir de la semaine prochaine, la 10ème édition du Festival national des arts et cultures (Fesnac). Prévue du 20 au 23 décembre, l’édition de cette année propose plus de 42 spectacles avec des troupes issues des 14 régions du Sénégal via les différentes expressions artistiques (Musique, danse, théâtre) en compétition. Elles vont rivaliser de création et de créativité pour montrer le riche potentiel culturel des différents terroirs. A cela, a expliqué Fatou Sidibé Guèye, administratrice du Fesnac, s’ajoute la prestation des artistes des pays invités, en l’occurrence le Mali et la Guinée.

Choisi par le président de la République, Louga va devenir ainsi, le temps d’une semaine, la capitale de la diversité culturelle sénégalaise, en accueillant cet évènement majeur du calendrier culturel national. Déjà, la ville entend offrir une veillée culturelle dès le 19 décembre. Les délégations de l’ensemble des régions prendront part le même jour à la remise des Grands prix du président de la République pour les Arts et les Lettres à Dakar, au Grand Théâtre national, avant de rallier Louga.
L’une des innovations du festival de cette année, a soutenu l’administratrice du Fesnac, sera le magnifique spectacle sons et lumières composé par la capitale du Ndiambour, qui accueille la manifestation, pour faire parler la richesse des diverses facettes de la culture de notre pays.

Pour la première fois, l’Organisation internationale de la francophonie (Oif) va décerner un prix dénommé « Diversité culturelle ». Aussi, toujours dans le cadre des innovations, Fatou Sidibé Guèye a indiqué que l’évènement sera aussi ouvert aux enfants. Ceci, à travers la tenue des ateliers d’initiation à l’art plastique ainsi que d’autres workshops destinés aux tout-petits. Une exposition des cahiers d’école des anciens élèves de l’Ecole William Ponty et la visite des sites historiques pour fouiller dans les gisements culturels que concentre la région rythmeront également la manifestation.

Le festival, en consolidant l’unité nationale pour avoir réussi à réunir les Sénégalais autour des richesses culturelles, cherche à susciter le sursaut national, à encourager la création artistique, à promouvoir le tourisme intérieur et à développer des initiatives culturelles locales. Comme à chaque édition, le Fesnac 2017 sera manqué  par un grand colloque sur le thème : « Culture et émergence des territoires ». D’après Abdoulaye Racine Senghor, coordonnateur du comité scientifique du festival, il s’agit d’une occasion de se pencher sur le patrimoine en tant que moyen de valorisation des territoires.

« Dans chaque collectivité, pays ou région, il y a un patrimoine important, qu’il soit matériel ou immatériel. Il s’agit donc de voir comment ce patrimoine pourrait valoriser les territoires », a-t-il souligné. La décentralisation et l’aménagement culturel du territoire, a-t-il ajouté, seront également discutés.  Initié par l’Etat du Sénégal à la suite du colloque sur « les Convergences culturelles au sein de la Nation sénégalaise », tenu à Kaolack du 8 au 13 juin 1994, le Festival national des arts et cultures est devenu, aujourd’hui, une manifestation phare du ministère de la Culture, en drainant plusieurs centaines de participants venus de tout le pays.

Ibrahima BA

 

La première édition du concours d’art numérique « Africa Artbox » a dévoilé ses résultats, mercredi, à Dakar. Parmi les 6 artistes finalistes, le Sud-africain Nathan Gates a été désigné lauréat pour son projet de performance interactive proposant d’explorer « la dimension physique des technologies, en reliant la façon dont les informations d’un site web sont présentées à l’état physique de l’appareil desservant ce site ».

Initiée par Trias Culture en juin 2017, avec le soutien de l’ambassade d’Espagne au Sénégal et en partenariat avec l’ambassade du Canada ainsi que d’autres partenaires, la première édition du concours d’art numérique « Africa Artbox » vient d’être clôturée avec la publication des résultats. Cette année, l’artiste sud-africain Nathan Gates est choisi comme lauréat. A travers une performance interactive, il explore la dimension « dimension physique des technologies, en reliant la façon dont les informations d’un site web sont présentées à l’état physique de l’appareil desservant ce site web ». L’artiste a été primé pour « son caractère innovateur, son contenu expérimental ». Mais aussi pour son approche cherchant à « rendre tangible et plus compréhensible l’expérience des usagers de l’Internet ». Le Sénégalais Bay Dam fait partie des cinq autres finalistes. Ce dernier a présenté une installation interactive « Senegal Chorection Alphabetika », qui résulte « d’une expérimentation entre la danse et la vidéo comme un accompagnement visuel pour faire voyager le spectateur à travers les images en abstraite harmonie et « Alphabetika », pièce ludique et participative, composée d’un clavier géant d’ordinateur avec des touches alphabétiques interactives ». Les quatre autres finalistes sont : Louis Kruger et François Knoetze de l’Afrique du Sud, Mélisa Allela du Kenya et  Aboubacar Bablé du Mali. Ce concours lancé il y a quelques mois, sous le signe de la découverte, de l’innovation et du partage, a expliqué Maria Louis Angulo, directrice de Trias Culture, est le résultat de huit ans de travail avec différents ateliers d’initiation et de recherches autour de l’art numérique et la formation à l’économie créative.                             

I. BA

Clap de fin pour la 4ème édition du Festival du film documentaire de création Saint-Louis. L’œuvre « Place à la révolution » du Burkinabé Galadio Parfait Kaboré a été primé meilleur long-métrage. 24 films étaient en compétition dont 8 dans chaque catégorie : longs-métrages, moyens-métrages et courts-métrages.

De nouveaux univers, de nouveaux imaginaires ont rythmé la 4ème édition du Festival du film documentaire de création de Saint-Louis (du 4 au 9 décembre). A l’arrivée, le prix du long-métrage a été remporté par le film « Place à la révolution » du Burkinabé Parfait Kaboré. Dans cette œuvre, il revient sur la « 2ème révolution » menée par le mouvement pacifiste Le Balai citoyen en 2014. Ce soulèvement populaire avait occasionné la démission du président Blaise Compaoré.

S’exprimant au nom du jury, Sellou Diallo, coordonnateur du Master 2 Réalisation documentaire de création de l’Ugb de Saint-Louis, a relevé une réalisation qui exerce une performance documentaire rigoureuse inscrite dans la durée avec une maîtrise remarquable de la technique malgré les aléas et les inattendus du réel. « Ce film est un témoignage de ce que l’art du cinéma tente d’apporter à la lecture de nos histoires contemporaines. Il illustre un art certain de comment intervenir dans l’espace public. C’est un film qui documente, qui performe et est d’une vibrante actualité sur le continent africain », a remarqué S. Diallo. Dans la même section, le jury a fait une mention spéciale au travail de la Camerounaise Rosine Mbakam dans « Les deux visages d’une femme Bamiliké ».

Du côté des moyens-métrages, les jurés ont porté leur choix sur le film « Le jour se lèvera » de la réalisatrice haïtienne Gessica Généus. Elle a expliqué : « A travers ce film, je cherche à comprendre cette forme de bipolarité culturelle exprimée principalement à travers notre spiritualité en m’appuyant sur mon cheminement personnel marqué par la maladie mentale de ma mère. Une maladie, selon elle, est une malédiction des esprits vaudous ». D’où cette interrogation : « Quelle est cette « maladie de l’âme » qui ronge le peuple haïtien ? Gessica a estimé qu’avec ce prix, une lumière est faite sur ce sujet. Le jury a primé l’œuvre d’une réalisatrice qui, dans la quête de retrouver sa mère tombée dans la folie, a osé affronter avec lucidité le poids des croyances dans son pays, Haïti. Dans la même section, une mention spéciale a été accordée au film « L’Eau sacrée » d’Olivier Jourdain pour la manière dont le sujet a été traité avec une liberté de ton ponctuée par beaucoup d’humour.

Dans la catégorie court-métrage, le jury a salué l’ensemble des réalisateurs pour leurs propositions artistiques et l’exigence dans leur travail.

« Kédougou », meilleur court-métrage
Néanmoins, un film a retenu l’attention des jurés et a suscité, à l’unanimité, leur approbation grâce à sa maîtrise des langages cinématographiques, sa richesse plastique et picturale, ses choix narratifs à travers un regard singulier -qui réhabilite une figure politique de l’histoire contemporaine du Sénégal en la personne de Mamadou Dia. Le jury a primé le court-métrage « Kédougou » du Sénégalais Mamadou Khouma Guèye. Recevant la distinction au nom du jeune réalisateur absent, Sellou Diallo a félicité un cinéaste militant qui a posé un regard militant sur l’histoire politique de son pays.

A la cérémonie de clôture, Moustapha Ndiaye, directeur du Centre culturel régional de Saint-Louis, représentant le directeur de la Cinématographie, a salué la tenue du Festival du film de documentaire, un outil de promotion touristique de la ville de Saint-Louis. Il a réaffirmé l’engagement du ministère de la Culture qui va bientôt lancer la convention avec les autorités académiques pour la reprise du Master 2 Documentaire à l’Université Gaston Berger. Prenant la parole, le président du Conseil régional de Kaolack, par ailleurs chef du groupe Culture de l’Association internationale des régions francophones (Airf), un des partenaires du festival, a souligné que cette manifestation occupe une place importante pour l’association au regard de son caractère multiculturel.

E. Massiga FAYE

Dans le cadre de l’exposition ethno-photographique et stylisme, une conférence publique sur le thème « Identités culturelles en Afrique : signes et symboles » a été tenue, lundi dernier, à la Galerie nationale. La réappropriation et la transmission des patrimoines, donc des signes et des symboles, tout en suscitant un re-questionnement lucide autour de cette problématique de souveraineté mentale en ont été les axes de réflexion.

Réinterroger les pratiques d’un autre temps de manière lucide, réenvisager l’avenir en partant d’une féconde méditation endogène et vivre le présent comme le prolongement d’une historicité et d’un récit collectif requièrent un profond examen de nos singularités et des possibilités de rencontres avec le monde. Il se pose alors la question du patrimoine, de sa préservation mais surtout de sa transmission dans une société où la mémoire de l’humain constitue encore le plus usité équipement de stockage des savoir-faire, des romans de vie, de la création artistique…

La valorisation de ce bien identitaire est une responsabilité commune ; sa disparition une faillite collective. Fatima Fall, directrice du Centre de recherches et de documentation du Sénégal, a revisité le patrimoine de Saint-Louis pour en convaincre une assistance concernée : le fanal, « Takusaanu Ndar », la coiffure, les modes de paraître… « Des initiatives sont entreprises pour sauvegarder cet héritage et assurer la transmission des pratiques et savoir-faire. L’espoir réside dans la réappropriation de certaines manières de faire par les populations », confie cette spécialiste en conservation du patrimoine.

Le recours aux contes, aux légendes et aux mythes participe à la production de discours qui dessinent un espace de communication en même temps qu’ils « formatent » des esprits se mouvant dans des univers de valeurs et de codes. C’est pourquoi, estime Fatima Fall, l’inscription du site de Saint-Louis au patrimoine mondial va au-delà de sa richesse architecturale. Il est un lieu de questionnements qui devraient susciter une représentation mentale plus souveraine de nous-mêmes et du monde comme le préconise le cinéaste sénégalais Moussa Sène Absa. L’image projetée sur soi, sur l’humanité, le regard de l’autre et la réalité subjective des choses sont porteurs d’enjeux et ne résultent point d’un révolutionnarisme puérile et rétrograde.

« Nous ne portons pas nos histoires. Il est un besoin impérieux, pour nous, de décoloniser les mentalités. Nous nous enfermons dans des sphères de valeurs que nous n’avons pas définies. Notre construction psychique nourrit des complexes. Des pans de notre récit collectif ne sont pas transmis à nos enfants », gémit le réalisateur.

Il revient alors aux créateurs, aux yeux du conseiller technique du ministre de la Culture, Aziz Dieng, d’interroger la responsabilité de l’Africain à travers leurs œuvres artistiques et littéraires. Il est tout aussi essentiel de porter un regard curieux sur les identités culturelles et sur ce qu’elles pourraient produire comme discours et significations.

Oumar Sall, opérateur culturel, a remonté le temps et vogué entre les mots pour atteindre un rivage où nos langues font sens, expriment des émotions et traduisent le beau avec des « indicateurs d’amabilité, de civilité. Notre société sait nommer le beau, situer l’émotion. Il y a eu ensuite un glissement des mots, des expressions qui s’urbanisent et se mondialisent », souligne-t-il. Son captivant exposé devrait éveiller notre curiosité face à nos singularités, nos signes et nos symboles et surtout leur interconnexion.

Alassane Aliou MBAYE

L’ambassade du Japon au Sénégal vient de lancer la 31ème édition du concours de Haïku. Le Haïku est une forme poétique japonaise brève et concise, le poème le plus court au monde.

Avec son rythme asymétrique en 5, 7 et 5, au total 17 syllabes en 3 vers, le Haïku décrit les nuances d’une pensée, d’une description ou d’un état d’âme, les phénomènes changeants du temps qui passe, saison après saison. Toutes les personnes de tous les âges et de toutes les nationalités peuvent participer au concours, en soumettant un seul poème. Le thème est libre et la langue de participation au concours est le français.

La date limite d’envoi ou de dépôt des poèmes des participants à la section culturelle de l’ambassade est fixée au 30 mars 2018, et les prix seront remis aux lauréats en mai 2018. Les lauréats seront connus et annoncés le 9 mai 2018.

Lors de la dernière édition, le concours a enregistré une participation de 428 personnes. Les participants étaient de 15 nationalités différentes. Le Haïku est un témoignage vivant des échanges culturels entre le Japon et le Sénégal.

Les poèmes des participants seront envoyés ou déposés à :
31ème Concours de Haïku s/c Ambassade du Japon au Sénégal
Bd Martin Luther King (ex Corniche Ouest)
B.P. 3140 – Dakar – Sénégal
Tél. 33 849 55 00 / 33 849 55 60 – Fax : 33 849 55 77.
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Dame Ndiaye, directeur général d’Univers Télécoms, acteur dans le milieu des solutions informatiques au Sénégal, a annoncé l’ouverture d’un centre d’incubation à Diamniadio. Il l’a dit en marge d’un panel organisé à Dakar, sur « Optimisation et sécurité des services en entreprise ».

« Pour développer le Sénégal du Numérique qu’on parle constamment, il nous faut renforcer la capacité des valeurs humaines. Nous voulons mettre un centre d’incubation national au niveau de Diamniadio pour regrouper nos différents secteurs, mais l’objectif à court terme, c’est d’aider les jeunes à avoir un métier réel », a dit Dame Ndiaye, directeur général d’Univers Télécoms, lors d’un panel organisé à Dakar, sur « Optimisation et sécurité des services en entreprise ». Acteur dans le milieu des solutions It au Sénégal, Univers Télécoms propose des offres qui touchent la cybersécurité, le contrôle d’accès et la vidéo surveillance.

« C’est pourquoi, nous sommes en train de faire les démarches spécifiques pour la mise en œuvre de ce centre de recherche et de développement. Le but est de renforcer la capacité locale. Le Sénégalais doit utiliser les solutions informatiques et pour rendre accessible l’information, il faut la démocratiser », a-t-il noté. Pour Dame Ndiaye, l’expertise nationale passe par des solutions de sécurité It. A l’en croire, Univers Télécoms, créé en 2012, veut densifier sa politique de sécurisation interne, aider ses grands comptes tels que la direction des Douanes, le ministère des Finances, l’Adie et l’Artp. « On ne peut pas faire de l’It sans insister sur la performance des applications métier. Nous sommes présents en Gambie, au Mali, en Guinée et en Côte d’ivoire », a-t-il affirmé.

Serigne Mansour Sy CISSE

L’Union africaine de radiodiffusion (Uar) en collaboration avec l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (Ompi) tient, depuis hier, à Dakar, un séminaire sur la protection juridique des organismes de radiodiffusion et le numérique. L’objectif est d’améliorer les méthodes de gestion des droits pour renforcer le développement de l’industrie et de la production audiovisuelle africaine.

Le numérique change tout. Il est aussi à l’origine de nouvelles mutations auxquelles presque tous les secteurs sont obligés de s’adapter ou disparaître à petit feu. Dans le continent, l’avènement des Technologies de l’information et de la communication (Tic), à l’origine de la transition de l’analogie vers le numérique, font que les télévisions africaines se heurtent à une multitude d’enjeux et de défis par rapport, entre autres, à l’encadrement du secteur, le financement des contenus audiovisuels et le rôle du droit d’auteur pour le développement du secteur de la radiodiffusion.

Le séminaire sur la protection juridique des organismes de radiodiffusion et le numérique permet aux acteurs « de mieux comprendre et mieux utiliser la propriété intellectuelle et d’améliorer leurs méthodes de gestion des droits pour renforcer le développement de l’industrie et de la production audiovisuelle africaine ».

Selon Grégoire Ndjaka, directeur général de l’Union africaine de radiodiffusion (Uar), la place des droits d’auteurs dans les médias a été amplifiée par la migration de l’analogie au numérique et elle est devenue aujourd’hui une « question centrale » dans la problématique du financement des productions audiovisuelles. « Depuis la libéralisation de l’audiovisuel en Afrique, de nombreux acteurs sont entrés en jeu. Des chaines de radio et Tv privées ont vu le jour. Celles-ci diffusent à longueur de journée des films, des pièces de théâtre, des clips audio et vidéo, des documentaires très souvent produits par des particuliers et dans des conditions extrêmement difficiles », a-t-il indiqué, précisant que les auteurs de ces œuvres doivent être rémunérés. Or la contrepartie n’est pas toujours assurée par certains médias privés.

D’après lui, actuellement, les internautes ne se privent plus de télécharger et de diffuser sur les sites de « productions réalisées par « nos » chaines de radio et télévision et déjà protégées, très souvent au grand mépris du respect de celui ou ceux qui ont réalisé ces travaux ».

« Je ne parlerai pas ici de la contrepartie financière qui n’est jamais reversée à l’auteur du travail encore moins au média ayant acquis l’exclusivité de la diffusion et le droit d’appartenance de ces productions », a-t-il déploré.

Pour Carole Croella de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (Ompi), l’approche du passage au tout numérique en 2020, avec plus d’un millier de chaines de Tv annoncées sur le continent, constitue un défi d’autant plus grand que la régulation du secteur est un domaine encore jeune en Afrique.

Viabilité du secteur audiovisuel
De son point de vue, la propriété intellectuelle constitue une composante im portante pour l’encadrement du secteur et pour atteindre certains objectifs tels que la promotion de contenus locaux, la mise en place de conditions propices à assurer la production et la diffusion de ces contenus locaux. « La radiodiffusion est une industrie dont le modèle économique repose sur le droit d’auteur et les droits voisins. L’exploitation du portefeuille de droits de propriété intellectuelle contribue à l’écosystème de l’audiovisuel et relie dans une chaine qui devrait être vertueuse, l’auteur, l’artiste interprète, le producteur et l’organisme de radiodiffusion », a-t-elle souligné, ajoutant que la juste rémunération de la créativité est indispensable pour assurer viabilité du secteur audiovisuel et de la radiodiffusion. Le secrétaire général du ministère de la Culture, qui a présidé la rencontre, considère que les mutations « en cours, qui vont bouleverser profondément le secteur de la radiodiffusion, présentent des enjeux techniques, économiques, culturels et sociétaux importants, mais aussi de redoutables enjeux juridiques ». Si le numérique présente un certain nombre d’opportunités, Birane Niang a informé qu’il s’accompagne aussi de menaces.

« Les accessibilités faciles qu’il offre, la concurrence accrue et l’appât du gain facile font subir le fléau de la contrefaçon aux organismes de radiodiffusion, fléau qui frappe aussi de plein fouet les autres acteurs de la chaine créative que les auteurs, les artistes interprètes et les producteurs », a-t-il fait savoir. M. Niang a relevé la nécessité de trouver des solutions pour faire face à ce défi.

D’où l’urgence, de son avis, d’adapter les structures de lutte contre la contrefaçon, jadis installées en contemplation de l’analogique, au nouvel environnement numérique.

Ibrahima BA


Le Sénégal, à travers l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (Artp), abrite, depuis hier et ce jusqu’à aujourd’hui, la huitième réunion du Comité des régulateurs nationaux de télécommunications (Crtel) de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa). Cette rencontre est destinée à examiner des avant-projets de textes communautaires.

L’économie numérique est une des priorités de la commission de l’Uemoa guidée par le souci d’accompagner les Etats dans la mise en place des conditions d’optimisation de la contribution des télécommunications à la création de richesses pour le bien-être des populations. Cela s’est traduit par la création de la Direction de l’économie numérique. Cette huitième réunion du Crtel s’inscrit dans cette dynamique. Elle est destinée à examiner des avant-projets de textes communautaires. Il est question de l’homologation des équipements hertziens et terminaux de télécommunication et la reconnaissance mutuelle de leur conformité. Le cadre de coordination et de partage des fréquences radioélectriques dans les zones transfrontalières et maritimes est également inscrit dans les axes de réflexion. Il en est de même de la validation du document cadre relative à l’harmonisation des numéros d’urgences et des cadres d’accès à certains services, notamment la consultation de la messagerie vocale, la recharge de crédit et la consultation du solde de crédit.

Cette rencontre est d’autant plus importante qu’elle contribue largement à l’atteinte d’objectifs déjà fixés. « Elle favorise les échanges et la coopération entre les différents membres en vue de promouvoir l’intégration régionale, le développement des réseaux et les échanges intra-communautaires », indique Abdou Karim Sall, directeur général de l’Artp, pour qui cette rencontre témoigne de l’intérêt et de l’adhésion des régulateurs des Etats membres au processus d’intégration dans la sous-région.

Adhésion du Bénin au projet « Free roaming »
Il a ensuite magnifié les acquis engrangés avec le Crtel depuis sa création. Il est, à ses yeux, une tribune privilégiée pour les régulateurs et un creuset qui, au fil des années, est devenu indispensable pour conjuguer les efforts afin d’aller vers une meilleure harmonisation des législations et pratiques de régulation.

En marge de cette huitième réunion du comité des régulateurs nationaux de Télécommunications de l’Uemoa, le Bénin a officialisé son adhésion au projet de « Free roaming » en Afrique de l’Ouest, piloté par le Sénégal. Cinq adhésions avaient été jusqu’ici enregistrées sur les huit pays membres de l’Uemoa : Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Mali, Sénégal et Togo. Des discussions seront entamées avec la Guinée Bissau et le Niger dans les prochains jours pour l’intégralité du « Free roaming » dans l’espace Uemoa.

Alassane Aliou MBAYE

La 10ème édition du festival « Koom-Koom » se déroule, du 12 au 17 décembre, à Ziguinchor. Un événement culturel de dimension sous-régionale, à l’initiative du Gie « Goorgoorlou », placé sous le signe du cousinage à plaisanterie et de la promotion de la destination touristique de Casamance.

Les différentes délégations sont attendues ce mercredi, à Ziguinchor, pour le démarrage de la 10ème édition du festival « Koom-Koom » qui se déroule du 12 au 17 décembre. Les activités du festival démarrent demain, jeudi, avec la rencontre entre acteurs culturels, Sodav, Cmu, consultants et experts, suivie d’une présentation de spectacles des terroirs et communautés à la Place Bambaya, site du festival au quartier Peyrissac de Ziguinchor. Le lendemain, vendredi, deux rencontres dont une sur le cousinage à plaisanterie et une autre sur la grappe : tourisme, industries culturelles, artisanat et environnement (Ticae) précéderont l’ouverture officielle qui sera suivie du vernissage de l’exposition sur la calebasse et autres.

L’ambition des organisateurs du festival « Kom Kom » est, selon Khalifa Dramé, à travers ces deux sujets de discussions, « d’accompagner les politiques gouvernementales sur les deux secteurs clés que sont la culture et le tourisme mais également sur l’environnement et l’artisanat ». Selon M. Dramé, le Sénégal étant une terre de culture et d’échanges, l’événement « contribue ainsi à l’édification d’un monde de paix et de justice fondé sur le respect des différences, expressions plurielles de valeurs fondamentales communes à toute l’humanité et pour lesquelles le cousinage à plaisanterie peut jouer un grand rôle ».

Par ailleurs, ajoute le promoteur du festival, au plan touristique, « la destination de la Casamance dont le chef de l’Etat s’est engagé à faire une zone à vocation touristique prioritaire, a plus que besoin d’une bonne politique de promotion en tenant compte des statistiques et prévisions de l’Omt sur les destinations à vocation culturelle ».

Les organisateurs restent convaincus que pour un tourisme durable en Casamance, il faut renforcer la culture, l’artisanat et l’environnement. Ainsi, à travers le festival « Kom Kom », le Gie « Goorgoorlou » veut apporter sa contribution au développement durable en Casamance en impliquant les autorités régionales pour la réussite du festival. L’édition de cette année sera marquée par plusieurs manifestations, dont un week - end presse et Eductour, carnavals des cultures et de la diversité, spectacles, concerts, expositions et fora sur les sujets précités.

Mouhamadou SAGNE, Envoyé spécial

La cérémonie de remise des Grands prix du président de la République pour les Arts et les Lettres est prévue le 19 décembre au Grand Théâtre national. En prélude à cet événement, le comité d’organisation a dévoilé, hier, la liste des candidats nominés dans ces deux sphères d’expression et de créativité au cours d’une conférence de presse.

Chapeauté par le ministère de la Culture, la remise des Grands prix du président de la République pour les Arts et les Lettres, qui n’a pas été organisé depuis 2012, célèbre la créativité artistique et littéraire. L’édition 2017 ne s’affranchit pas de cette tradition. Elle s’inscrit dans le cadre de l’année internationale de la culture. Le ministère de la Culture a mis en place un dispositif et constitué un jury pour les Arts et un autre pour les Lettres composé de personnes tirant leur légitimité de leurs parcours louables et de leurs expériences considérables. Le premier est présidé par le metteur en scène Jean Pierre Leurs et le second par le professeur Alioune Badara Diané.

En ce qui concerne les Lettres, 66 œuvres ont été reçues. Dix d’entre elles ont été nominées. Il s’agit de « La fileuse d’amour » d’Andrée-Marie Diagne Bonané, « Les trésors du chaos » d’Habib Demba Fall, « La malédiction de Raabi » de Moumar Guèye, « Errance » d’Ibrahima Hane, « Sabaru Jinne. Les tam-tams du diable » de Pape Samba Kane, « Un indigène à Gorée » de Moustapha Ndéné Ndiaye, « Les marrons glacés » de Samba Ndiaye, « Les songes de Nseka » de Jules Ndotty, « L’écharde des jumelles » de Mamadou Samb et « Fergo. Tu traceras ta route » de Rahmatou Samb Seck.

Pour le Grand prix des Arts, il y a eu plus de 300 candidats avec les rubriques suivantes : musique, mode et stylisme, cinéma et audiovisuel, arts visuels, arts dramatiques, cultures urbaines, danse. Cinq postulants ont été nominés. L’artiste musicien Baaba Maal, le cinéaste Ousmane William Mbaye, la styliste Stéphanie Yandé Sène, le peintre Amary Sobel Diop et la comédienne et metteur en scène Assy Dieng Bâ.

Les deux Prix des Arts (le Grand Prix et celui d’encouragement) sont dotés de 10 millions FCfa. Il en est de même pour les prix des Lettres.

A. Aliou MBAYE

A l’initiative l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif), Dakar accueille, jusqu’au 16 décembre, un atelier régional de formation de journalistes culturels d’Afrique de l’Ouest sous le thème: « La critique face aux enjeux culturels ». Ce séminaire se veut un cadre d’échanges et de partage d’expériences, mais également une opportunité de renforcement de compétences.

La promotion de la diversité culturelle est au cœur du projet francophone. Dans cette logique, l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif) cherche à renforcer son offre en formations à destination des journalistes culturels. C’est dans cette dynamique que s’inscrit l’atelier régional regroupant une vingtaine de participants venus de 9 pays sous le thème: « La critique face aux enjeux culturels ». Hier, à la cérémonie d’ouverture, Toussaint Tiendrébéogo, spécialiste de programme, chargé des politiques de développement des industries culturelles à l’Oif, a rappelé qu’« il ne peut y avoir de diversité culturelle que dans l’égale dignité et respect des cultures et qu’à la condition que toutes les cultures aient la capacité de s’exprimer avec la même vigueur ». Dans ce processus, a-t-il poursuivi, le rôle des journalistes est d’une importance capitale. « Vous êtes des acteurs incontournables pour contribuer à l’amélioration du niveau de compréhension des enjeux culturels auprès des décideurs publics et des populations et pour faire reconnaître la contribution des arts et la culture dans la transformation des sociétés et le développement de vos pays », a lancé T. Tiendrébéogo à l’endroit des participants. Sur la même ligne, il a souligné : « Décrypteur du travail des artistes ou des manifestations culturelles, le journaliste culturel, par son regard, son analyse, peut avoir une influence (positive ou négative) plus ou moins importante sur l’accueil que recevra un projet artistique ou un évènement culturel auprès du public ».

Présidant la cérémonie d’ouverture, le ministre sénégalais de la Culture, Abdou Latif Coulibaly, a relevé : « Il est essentiel que tous les acteurs qui ont pour missions de parler de la culture, de l’étudier, de rendre compte de ses diverses expressions, puissent être outillés pour que les publics cibles deviennent des publics avertis et enclins à respecter et à défendre la culture et les arts ».

Au regard de M. Coulibaly, « l’art et la culture sont des miroirs des individus et des peuples ; le journaliste culturel contribue à réfracter ce miroir pour qu’il soit plus éclatant ». Pour lui, il s’agit surtout d’appréhender tous les enjeux actuels de la culture devenue un secteur encore plus complexe en raison des mutations induites par le développement du numérique, lequel a des incidences énormes sur l’économie de la culture.

Au bout de 6 jours d’atelier, il s’agira d’améliorer le niveau d’information et de compréhension des journalistes sur les enjeux culturels, de transmettre des outils d’analyse critique d’œuvres culturelles. Ce, dans l’optique de renforcer leur travail de médiation auprès des publics.

E. M. FAYE

Le week-end dernier a été mis à profit par la communauté sérère Ndut de la commune de Montrolland et environs, pour revisiter, le temps des journées culturelles, le patrimoine matériel et immatériel de leur culture. Des moments intenses de communion entre les anciens, les jeunes et les femmes.

Lancées sur la place publique de la commune de Montrolland, vendredi, les journées culturelles au pays sérère Ndut ont fini de requinquer une génération qui n’a pas eu la chance de vivre avec les anciens, gardiens du patrimoine culturel local. Face au public, Thomas Gana Douf, chercheur en tradition orale du Ndut, est revenu sur l’historique d’un groupe qui a su conserver son autonomie, son indépendance totale par rapport aux royaumes du Cayor et du Baol. Une prouesse réussie grâce au choix de l’implantation de leurs villages au cœur d’une forêt, jadis très dense, protégée par des collines difficiles d’accès, d’après le colonisateur français. « Cette barrière naturelle a aidé nos anciens à garder intact un système social bâti sur le matrilignage tout comme l’organisation familiale et villageoise axés sur l’autorité des chefs de lignages mais aussi leur propre langue qui témoigne encore de l’originalité du groupe Ndut », a-t-il indiqué.

Dans cet espace, au nord-ouest du Sénégal, parsemé de 23 villages entre la falaise de Thiès et le lac Tanma, s’étend le pays « Ndut » jusqu’à l’océan Atlantique. Là, un mode de vie et de production s’est développé, conservé et aspire, aujourd’hui, à être légué aux générations futures, celles du numérique.

Selon Thomas Gana Diouf, sachant qu’au rendez-vous du donner et du recevoir, chaque groupe, chaque peuple doit venir avec ses us et coutumes, bref, sa plus-value culturelle, c’est toute la quintessence de la tenue des journées culturelles du « Ndut ».

Dans la prestation de la troupe de Montrolland, au-delà des belles chansons entonnées, de l’accoutrement, des outils exhibés ; la chorégraphie entamée soutenue par un gestuel expressif, permet aux spectateurs de comprendre qu’il s’agit de la danse d’après-récoltes. Une manière de rendre grâce à Dieu pour avoir béni l’hivernage.

Habillés de pagnes tissés traditionnels cousus à la main, les hommes, coiffés de chapeaux confectionnés à partir de feuilles de rônier, les femmes drapées de boubous en coton teints à l’indigo, des colliers de perles autour du cou, calebasse sur la tête, ont tenté de replonger les jeunes Ndut dans l’atmosphère de leur culture ancestrale. Au cours de la soirée culturelle, toutes les autres étapes qui ponctuent la vie du Ndut, garçons, hommes, filles et femmes ont été revisitées. Fatou Diouf, une jeune fille, tablette en main, a tenu à filmer tout cela pour, dit-elle, « garder ces moments en archives, apprendre les chansons mais aussi le cérémonial des préparatifs d’une fille épousée pour la nuit nuptiale ». Etant née à Thiès et grandie à Dakar, elle se souvient, vaguement, toute petite, que sa grand-mère lui racontait souvent cette étape ô combien importante dans la vie d’une jeune fille. « Je compte partager cela, une fois de retour à Dakar, avec mes amies qui n’ont pas pu faire le déplacement à Montrolland pour vivre ces journées culturelles », a-t-elle ajouté.

S’approprier sa culture
En bon Hal Pulaar, Mouhamadou Sow, adjoint du sous-préfet de l’arrondissement de Pambal, s’est basé sur le cousinage à plaisanterie entre Sérère, Diola et Pulaar pour délivrer son message, en tant que représentant de l’autorité administrative locale. « La culture est le socle, la plateforme de la Nation sénégalaise car elle fait de notre diversité une force de convergence, de stabilité politique, sociale et économique, source de tout développement », a-t-il déclaré.

Dans ce chantier de la construction nationale, Mouhamadou Sow a invité les jeunes et les femmes du pays Ndut à s’approprier l’héritage culturel que leurs aînés tentent de les imprégner. « En vous mettant au-devant de la scène, ils veulent galvaniser et conscientiser davantage la jeunesse dans sa position avant-gardiste de future dépositaire du patrimoine culturel Ndut, a-t-il noté.

Sur le même tempo, Yves Lamine Ciss, maire de la commune de Montrolland, a exhorté la jeunesse à cultiver la fraternité, la sportivité en toute circonstance. « Car, à travers les séances de lutte traditionnelle, les anciens cultivaient certes la bravoure, mais surtout le respect de l’adversaire et du public par un comportement exempt de tout reproche dans la victoire tout comme dans la défaite », a-t-il rappelé. C’est pourquoi, le maire a invité la jeunesse actuelle à faire siens ces comportements exemplaires partout sur le champ social.
Les journées culturelles de Montrolland ont été clôturé dimanche, par une séance de lutte.

Mbaye BA

Publié à la maison d’édition Edilivre de France, « Exemple de développement » est le tout premier essai de l’infirmier Pierre Gnougane Diène. L’ouvrage propose des pistes de solutions pour l’émergence économique du Sénégal d’ici les cinq prochaines décennies.

Jeune diplômé dans le domaine de la santé, Pierre Gnoungane Diène a décidé de sortir des sentiers battus pour explorer l’univers complexe et tumultueux des théoriciens du développement. En publiant « Exemple de développement », il a voulu apporter sa pierre à la construction d’un Sénégal émergent à l’orée des 5 prochaines décennies. Cet essai édité par la maison d’édition française Edilivre offre des arguments, critiques et solutions dans l’objectif de bâtir un modèle de développement en conformité avec nos réalités sociales ainsi que nos atouts dans les différents domaines. « Le développement, c’est le fait qu’un pays puisse s’autogérer dans le domaine économique, social, politique et culturel. C’est aussi une façon, pour ce pays, de pouvoir satisfaire les besoins fondamentaux de sa population », soutient l’auteur.

D’emblée, Pierre Gnougane Diène invite à un changement de mentalité pour poser les véritables jalons de cet essor économique. Pour ce faire, il reste convaincu qu’il faut mettre l’accent sur l’éducation, prioriser la santé et la culture, tout en cultivant l’entre-aide entre les différentes couches de la société. L’écrivain exhorte également à contrôler les naissances pour harmoniser la situation économique des familles. Sur le plan agricole, la mise en place d’une plan quinquennal dénommé « Plan doundal sama rew », selon lui, permettra à notre pays d’atteindre l’autosuffisance alimentaire. L’ouvrage donne aussi des solutions face à l’exode rural. En effet, pour lutter contre ce phénomène, Pierre Gnoungane Diène juge nécessaire de procéder à l’élargissement de la capitale, en créant d’autres métropoles « très » importantes sur le plan économique, social et culturel.

Ibrahima BA

La 3ème édition des « Talents d’or » se tient samedi, 16 décembre, sur l’esplanade du Grand Théâtre de Dakar. L’événement vise à faire la promotion des jeunes talents sénégalais dans plusieurs secteurs des arts et spectacles.

Papa Alioune Sakho dit « Fata », promoteur de la manifestation, a indiqué, hier, que le concept des « Talents d’or » vise à promouvoir les jeunes. Pour chaque année, de grands artistes sont choisis pour animer cet évènement riche et composé de diverses prestations. Il y aura les concours « Miss », d’éloquence, de « break dance » et de roller, pour 140 personnes mises en compétition et à prendre en charge par le comité d’organisation.

Cette année, la journée nationale verra la participation des 14 régions. Pour la sélection des artistes, les organisateurs sont aidés par les bureaux Cultures urbaines installées dans chaque région. Mais, Papa Alioune Sakho et son équipe comptent se rendre dans toutes les régions du Sénégal pour procéder aux présélections lors des éditions prochaines. « Il y aura un concert, en première partie avec Jessica Loraine, Sidy Diop, El hadji Keïta, Momo Dieng et Bidew Bu Bess, qui sera clôturé par Viviane Chidid », a précisé M. Sakho. Il a, à l’occasion, tiré un bilan satisfaisant des deux précédentes éditions. « Nous voulons pérenniser cette activité qui va nécessiter un budget global de 22.200.000 FCfa », a-t-il laissé entendre non sans dire que leur défi : atteindre dix mille personnes samedi, à l’esplanade du Grand Théâtre. L’entrée est gratuite.

Serigne Mansour Sy CISSE

L’Organisation des professionnels des technologies de l’information et de la communication (Optic) a organisé, hier, une journée de réflexion sur « Le rôle du secteur privé des Tic dans le développement de l’économie numérique au Sénégal ». La rencontre a été présidée par le ministre de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique, Abdoulaye Baldé.

L’apport du secteur privé dans le développement des Technologies de l’information et de la communication semble être primordial. C’est, sans doute, la raison pour laquelle l’Etat du Sénégal, dans le cadre de la Stratégie Sénégal numérique 2025 (Sn 2025), dont l’ambition est d’arriver à 300 milliards d’augmentation de Pib par effet d’entrainement sur les autres secteurs, a décidé que plus de 70% des 1.300 milliards de FCfa de ce projet soient financés par le privé. Il s’agit donc de faire du privé l’acteur et le contributeur principal de ce programme constituant un catalyseur pour les autres secteurs d’activités de notre pays.

L’Organisation des professionnels des technologies de l’information et de la communication (Optic), a avancé son président, doit être au cœur de la transformation digitale au Sénégal pour accompagner la mise en œuvre de la Sn 2025. Antoine Ngom, qui s’est exprimé dans le cadre de la journée de réflexion sur « Le rôle du secteur privé des Tic dans le développement de l’économie numérique au Sénégal », a exhorté le privé à prendre des initiatives après que l’Etat a donné des orientations. Il a appelé ses homologues à améliorer le rassemblement pour une plus grande représentativité. M. Ngom, qui s’est félicité, entre autres, de la démarche inclusive de la tutelle dans le cadre de la Stratégie Sénégal numérique 2025, la création du Conseil national du numérique, les licences d’opérateurs mobiles virtuels (Mvno). Mais aussi la mise en place du Fonds universel des télécommunications, l’ouverture des télécommunications de nouveaux acteurs à travers les Fai (Fournisseurs d’accès Internet).

SN 2025 bientôt mis en œuvre
Toutefois, Antoine Ngom a tenu à rappeler la nécessité de procéder à un certain nombre d’améliorations dans la Sn 2025. Il s’agit notamment de la mise en place rapide d’un comité interministériel de pilotage du projet, du rythme d’avancement des travaux du Parc des technologies numériques de Diamniadio. « Les acteurs ne sont pas satisfaits de la manière dont le projet est mené. On n’a pas de temps à perdre. Il faut qu’on améliore notre capacité d’exécution », a-t-il soutenu.

Le ministre de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique, qui a présidé l’ouverture de cette journée dont l’objectif est de permettre à l’ensemble des entreprises du secteur de se réunir autour d’une réflexion commune sur les grands enjeux du numérique et formaliser la contribution du secteur privé dans la mise en œuvre de la stratégie Sn 2025, a tenu à rassurer par rapport à la volonté de l’Etat de favoriser le partenariat avec le secteur privé national. Abdoulaye Baldé a annoncé l’engagement « sans faille » de son département à apporter des « réponses idoines » aux préoccupations des acteurs. « Le secteur des Tic représente une part importante de l’économie nationale avec une contribution de plus de 12% aux recettes budgétaires de l’Etat », a informé M. Baldé. D’ailleurs, d’après lui, c’est pourquoi le gouvernement a adopté la Stratégie Sénégal numérique 2025 articulée autour de 28 réformes et 69 projets innovants pour un budget de plus 1.361 milliards de FCfa dont 76% attendus du secteur privé. « La promotion d’une industrie du numérique innovante et créatrice de valeur ajoutée pour un meilleur épanouissement du secteur privé des Tic au Sénégal passe par la mise en œuvre de productions susceptibles de booster les investissements dans le secteur de l’économie numérique », a dit le ministre.

Abdoulaye Baldé a indiqué que la Sn 2025 sera bientôt mise en œuvre. Il a relevé la nécessité de créer un environnement favorable pour attirer les investisseurs. C’est ce qui justifie, a-t-il avancé, l’engagement de son ministère, en procédant à des mesures incitatives favorables à l’investissement privé dans l’économie numérique et en encourageant le renforcement des capacités en ressources humaines. Mais également en travaillant à la promotion du haut débit et l’accès à Internet sur tout le territoire national ainsi que la mise en place d’une réglementation propice à l’entrée de nouveaux acteurs et en garantissant les conditions d’une saine concurrence.

Ibrahima BA

La région de Kolda sera représentée à la 10ème édition du Fesnac, prévue du 20 au 23 décembre à Louga, par le groupe « Foyre Fouladou » de Pakour et les troupes « Jalaba » et « Fankanta ».

Les troupes artistiques devant représenter la région de Kolda à la 10ème édition du Festival national des arts et de cultures (Fesnac), prévue du 20 au 23 décembre, à Louga, sont désormais connues. Il s’agit, pour la musique, du groupe « Foyre Fouladou » de Pakour, dans le département de Vélingara, de « Jalaba » de Kolda pour le théâtre et de « Fankanta » pour la danse. Elles ont été sélectionnées par un jury régional chargé d’évaluer les prestations artistiques des représentants de la région de Kolda à cette grande manifestation culturelle et artistique. Au total, 8 groupes ont été auditionnés par les membres du jury dans les départements de Kolda et de Vélingara. Pour les critères d’évaluation, le jury s’est focalisé sur le jeu de l’acteur, le décor et la mise en scène pour le théâtre, tandis que pour la musique, il s’est basé sur les efforts dans les compositions, la qualité vocale et l’harmonie entre les instruments. Pour la danse, le jury a mis l’accent sur la précision des mouvements, la rythmique, le respect du thème de la présente édition du Fesnac et l’occupation de l’espace.

« Nous avons eu à effectuer des auditions régionales dans chaque capitale départementale. D’abord, nous avons commencé par l’étape de Kolda avec les troupes de danse et de théâtre, malheureusement pour la musique, les musiciens ne se sont pas présentés malgré la large diffusion de l’information que nous avons faite et la tenue des Cdd de sensibilisation dans les trois départements », déclare Abdoulaye Lamine Baldé, directeur du Centre culturel régional de Kolda.

Par contre, à l’étape de Vélingara, les différentes expressions artistiques (danse, musique et théâtre) étaient toutes représentées alors qu’à Médina Yoro Foulah, les artistes ont brillé par leur absence. Une situation que déplore le directeur du Centre culturel régional de Kolda qui espère, tout de même, que les trois représentants du Fouladou à cette 10ème édition du Fesnac vont décrocher des prix dans la capitale du Ndiambour. Il faut dire que le choix de ces groupes ne s’est pas fait au hasard.

La troupe « Fankanta » est un habitué du Fesnac dont elle a participé à toutes les éditions. Idem pour « Jalaba » dont certains artistes ont souvent été sélectionnés pour renforcer l’ossature de la troupe régionale qui représentait le Fouladou aux différentes éditions du Fesnac.

Le groupe « Foyre Fouladou » de Pakour bien que novice des grands rendez-vous culturels et artistiques, avait décroché le 3ème prix en musique à la dernière édition du Fesnac tenue en 2016 à Kolda.

Mamadou Aliou DIALLO

Devant donner un concert à la Place du souvenir africain samedi dernier, l’artiste ivoirien, Dj Arafat, a fait faux bond au public dakarois. Il a refusé de monter sur scène à la suite de désaccords avec les promoteurs de cet événement.

Sur sa page officielle Facebook, l’artiste ivoirien, Dj Arafat, a motivé son refus de monter sur scène par la mauvaise promotion de l’événement par l’organisateur Defko Africa. Ange Didier Houon, son nom à l’état civil, fait également grief au promoteur du concert de ne lui avoir pas payé l’intégralité de son cachet. Dans un communiqué qui nous est parvenu, Defko Africa s’est défendu contre ces accusations. « Nous avons tenu tous nos engagements contrairement à ce qui a été déclaré par l’artiste qui s’est empressé de faire un direct sur sa page Facebook au moment où il devait être sur scène », réfute-t-il tout en présentant ses excuses au patient et indulgent public à qui les modalités de remboursement ont été communiquées.

En ce qui a trait à la promotion de l’événement, les organisateurs indiquent avoir investi tous les supports susceptibles de toucher le maximum de personnes (campagnes digitales, affichages 6X3, audiovisuelles). Par ailleurs, Defko Africa et ses partenaires ont tenu à préciser que Dj Arafat, un des ambassadeurs du « Coupé-décalé », a reçu la moitié de son cachet depuis le 3 octobre 2017 à Abidjan, date de la signature du contrat ; l’autre partie lui devant être remise une fois à Dakar suivant des clauses insérées dans le contrat. Il devait percevoir la moitié du reliquat une fois arrivé et le reste avant de monter sur scène. Une kyrielle de « couacs » qui incomberaient à cet artiste fantasque a conduit à la confusion ce qui devait être une fête.Malgré le « non-respect de ses engagements », l’artiste aurait demandé de recevoir le reliquat, sans avoir au préalable réparé les préjudices, avant de monter sur scène. Pour rappel, depuis le 07 décembre, Dj Arafat devait être à Dakar, animer une conférence de presse le lendemain, participer à des émissions dont un live sur une radio, rencontrer des ressortissants ivoiriens… « Il a choisi de venir le jour même du concert après avoir changé deux fois de vol aux frais du promoteur. Ce qui a perturbé tout le programme au point que plusieurs personnes ont douté de la tenue de ce concert... », déplorent les promoteurs.

Le public, d’une affluence peu flatteuse, grelottant de froid et ressassant les antécédents de cet « ampoulé » artiste, s’est contenté des belles prestations des artistes locaux Safari, de la prometteuse chanteuses Abiba, et de quelques amusants « acrobates ». Aux alentours d’une heure du matin, lasse d’attendre, l’assistance s’est éclipsée. L’enthousiasme suscité par la venue du récidiviste artiste a fait place à la rouspétance.

Alassane Aliou MBAYE

Dans le cadre de la 4ème édition du Festival du film documentaire de Saint-Louis, Mamadou K. Gueye a présenté son court-métrage « Kédougou » en compétition. Titulaire d’un certificat de maîtrise en histoire, M. K. Gueye se souvient que lors des cours, les étudiants étaient admiratifs lorsque le Professeur Ibrahima Thioub évoquait les événements de 1962. Fasciné par cette histoire post-indépendance, le jeune réalisateur est allé à la prison de Kédougou où Mamadou Dia était détenu. Ce qui intéressait Mamadou K. Gueye, c’était le rapport entre les populations locales et ce lieu de détention. Enfant, pour le réalisateur, Kédougou était synonyme d’éloignement, de chaleur, de punition. Sur place, il a visité la prison et rencontré Ibrahima, le personnage principal du film. Il squatte et vit dans ce qui fut un lieu de détention. A travers la fonderie, il travaille dur pour gagner difficilement sa vie. L’idée du réalisateur est de combiner la grande histoire de Mamadou Dia et la petite, celle d’Ibrahima dans un film politico-social. Comme un écho, la voix de Mamadou Dia résonne dans les murs de la prison avec une mise en scène de la parole au travers des discours de l’homme politique.

E. M. FAYE

Avec la 4ème édition du Festival du film documentaire de Saint-Louis, organisé du 4 au 9 décembre, ce genre cinématographique a retrouvé un regain d’intérêt. D’où le choix de la réalisatrice Safi Faye comme invitée d’honneur.

L’évènement est d’envergure internationale. Le 4ème Festival du film documentaire de Saint-Louis, qui s’est déroulé du 4 au 9 décembre, a servi de pont de convergence annuelle des professionnels du film documentaire africain et des cinéastes en provenance du monde entier ayant tourné sur le continent. Pour les organisateurs, Docmonde, les Films de l’Atelier, Sunuy films, Krysalide Diffusion, Lumière du Monde, en partenariat avec l’Université Gaston Berger, l’Institut français de St-Louis.., « au-delà de l’intérêt cinématographique du festival qui est évidemment essentiel, cet événement vise à soutenir avec conviction le dialogue interculturel. Il s’agit bien de contribuer en priorité au rayonnement de la culture documentaire africaine sur l’ensemble du continent et au-delà ». Ce rendez-vous annuel réunit plus de 80 de professionnels du cinéma et de l’audiovisuel africains et européens autour de rencontres de coproduction, d’ateliers d’écritures et de conférences. Des cinéastes, des producteurs, des diffuseurs (télévisions, festivals), des institutionnels, ainsi que des journalistes africains et européens. Ces professionnels sont venus, cette année, de 14 pays : Algérie, Belgique, Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Côte d’Ivoire, France, Mali, Maroc, Niger, Sénégal, Suisse et Togo.

Cette 4ème édition du Festival a été rythmée par des projections-débats en plein air dans une dizaine de quartiers de la ville, dans des établissements scolaires, au Crds, au Château, à l’Institut français et à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis autour d’une programmation de 50 films documentaires, d’hier et d’aujourd’hui, dont une sélection officielle compétitive. Des projections-débats qui rassemblent tous les ans près de 10.000 spectateurs.

18 projets de films présentés
Le Festival, c’est également les 15e Rencontres « Tënk » de coproduction autour de 18 nouveaux projets de films-documentaire en écriture portés par de jeunes auteurs africains. Sur ce registre, le Sénégalais Mamadou Moustapha Sangharé a présenté son projet de film intitulé « Sur le chemin d’Haïti ». Le jeune réalisateur y évoque la détresse des enfants en difficulté scolaire. Ainsi, la trame du film repose sur la place de l’enfant, de l’adolescent dans le système éducatif.

« Haïti nous renvoie à tout le système scolaire sénégalais secoué par les grèves répétitives, les classes surchargées, le manque de formation des professeurs, les abris provisoires devenus salles de classe, etc. Dans son dispositif de tournage, Sangharé va s’appuyer sur son expérience d’enfant en difficulté en faisant une immersion au cœur des préoccupations de ces jeunes avec des discussions. « Je vais raconter mon histoire et celle de ces enfants », a expliqué le réalisateur.

Pour l’enseignant, critique cinéma, Baba Diop, « l’intérêt du film est de donner toute la parole aux élèves qui analysent, jugent avec leur point de vue, leur regard sur le système scolaire ». Pour sa part, le producteur Sébastien Tendeng a jugé que le film est éminemment politique car interrogeant le contenu que l’on enseigne depuis la colonisation et qui n’est pas adapté aux enfants. De quoi ajouter au coup de gueule de Sangharé. « Nous n’apprenons pas suffisamment sur nous-mêmes. Nous apprenons plus sur les autres », a-t-il déploré.

Autre préoccupation de réalisateur, celle du Togolais Yannick Edoh Glikou. Il braque sa caméra sur la problématique de l’émigration au travers de son film « Shengen, ouvre-toi ». La trame se déroule entre frustrations, colère, joie, avec des parcours contrariés.

A Lomé, la capitale togolaise, les agences d’émigration pullulent dans chaque quartier et à tous les carrefours. Pour mieux analyser le phénomène, Yannick E. Glikou pose son poste d’observation dans celle de Fo Mike. Il est « facilitateur » et « négociateur ». Son travail consiste à instruire les dossiers des candidats à l’émigration auprès des chancelleries occidentales (France, Usa, Canada, etc.) Entre les quatre murs de l’agence, le réalisateur pose sa caméra pendant plusieurs jours et recueille les histoires des candidats. « Ce dispositif nous permet de croiser différents destins et d’entendre des histoires qui nous parlent de la situation du pays et du continent », a commenté Yannick E. Glikou. Pour porter le mécontentement des différentes candidatures, le réalisateur utilise beaucoup de plans fixes car les gens seront dans la confidence. Pour sa part, le réalisateur algérien Redha Menassel a posé un regard sur le rétroviseur avec son film « Black decade, musica non grata » en référence à la décennie sombre que l’Algérie a vécu dans les années 1990.

En 1991, Redha a 12 ans quand il découvre les rythmes endiablés de la musique métal au moment même où les premières exactions du Fis (Front islamique du salut) terrorisent la capitale. Peu à peu, il se laisse submerger par cette musique alors que les attentats et assassinats sèment l’horreur dans toute l’Algérie. Comme un exutoire, les jeunes s’orientent de plus en plus vers cette expression artistique. C’est dans ce climat de terreur et parallèlement à la montée en puissance des intégristes religieux barbus que le mouvement des métaux chevelus investit la place publique. Aujourd’hui, Redha est journaliste et toujours fan de musique « Metal ». Il souhaite revenir, avec les principaux protagonistes de l’époque, sur ce mouvement de résistance culturelle qui a opposé deux conceptions, deux idéologies. « Le terrorisme a été vaincu militairement mais pas dans les esprits », a lancé le réalisateur qui s’est donné comme crédo : la musique pour oublier l’horreur.

Par E. Massiga FAYE

Je n’entendais plus rien… Je voulais qu’ils s’en aillent, qu’ils sortent de chez moi et me laissent seule. De toutes les façons je n’irai pas là-bas.Je suis retournée retrouver les enfants dans ma chambre, regardant un dessin animé. Ils étaient baignés et avaient mangé, j’étais reconnaissante envers leur nounou qui avait pris soin d’eux. Je refermais la porte de ma chambre et montais sur le lit avec eux. Nous nous sommes endormis ainsi tous les 3. Je me suis réveillée ankylosée vers 2h du matin, les enfants, eux dormaient. J’ai aperçu mon père endormi sur canapé du salon en allant chercher de l’eau. Il n’y avait plus personne. Je suis allée lui chercher une couverture et un oreiller dans la chambre d’amis. J’achevais cette nuit entre pleurs et prières… Plus résolue que jamais à ne pas me plier au dictat de la société, cette même société qui m’a rejetée. Cette même société qui nous a refusé le bonheur au grand jour et nous a condamné à vivre cachés. C’est devant cette société qu’aujourd’hui on souhaite m’exhiber comme un butin de guerre. Nous avions choisi de vivre en marge de son regard, même si nous en avons soufferts. Ce ne sera pas aujourd’hui que cela va changer. La sonnette de l’entrée m’a tirée de mon sommeil, 6h02 sur le réveil de la table de chevet. Qui cela pouvait-il être à cette heure ? Mon père m’a précédée à la porte et tombe nez à nez devant une femme d’âge mûr. Grande et mince, très claire. Vêtue d’une robe brodée blanche avec un grand châle sur la tête et un chapelet à la main, les yeux rouges et enflés, de trop de pleurs et pas assez de sommeil. J’ai su qui elle était avant même que mon père ne lui pose la question. « Laisse-la entrer papa, c’est la mère de Demba »


Elle entre dans l’appartement sous le regard incrédule de mon père et s’arrête dans le vestibule ne sachant où aller. J’entre dans le salon où je l’invite à me suivre et lui indique un fauteuil. Elle y prend place et je m’installe en face d’elle. Le silence devient pesant. Mon père a préféré se réfugier dans la cuisine. Je sens l’odeur du café. Coumba Ly Sow, dans mon salon ! La mort de Demba était la seule chose capable de faire se produire un tel événement. N’était-elle pas celle qui disait dans un passé récent « tant que je serai en vie, je ne partagerai pas la même pièce avec cette griotte, à plus forte raison des liens de parenté. Nous n’avons qu’un seul rapport avec des gens comme elles, leur donner de l’argent quand ils chantent nos louanges » Qu’est ce qui a bien pu lui faire changer d’avis ? Ah oui, Demba était mort ! Son tout ! Le silence dans la pièce est assourdissant. Seul le ronronnement apaisant de la machine à café dans la cuisine, le brise. J’ai beau être tendue et sur mes gardes, je ne peux m’empêcher de voir la grande ressemblance entre elle et son fils. Il était sa version masculine. Tout en elle me rappelait Demba. Ses yeux, ses lèvres, ses mains, sa manière de se tenir droite… Je n’arrivais pas à détacher mon regard d’elle. Je revoyais Demba, un flot de souvenirs m’envahissait. Cette première rencontre… Ce premier baiser… Notre départ catastrophe à la clinique pour la naissance de notre aîné, j’avais perdu les eaux à la maison. Lui, changeant les couches des enfants… Faisant les couettes à la petite dernière. L’annonce de ma deuxième grossesse, 5 mois après mon accouchement. Les messages à 3 h du matin, les fous rire rien qu’en se regardant. Je n’ai pas senti mes larmes couler et pourtant je souriais. Mon masque est entrain de craquer et mes nerfs me lâchent. Je pleure. J’essaie de me recomposer une mine tant bien que mal. Elle a dû sentir mes yeux posés sur elle ou a-t-elle entendu mes pleurs, nos regards se croisent. Elle est digne et froide dans sa douleur. Elle se décide enfin à prendre la parole. Elle a un sourire mi-triste, mi-amer : « Tu dois te demander ce que je fais chez toi… Tu t’en doutes déjà de toutes les façons. Je suis au courant de ton union avec Demba depuis le premier jour. J’ai préféré fermer les yeux et ne pas la voir. Sa voix s’insinue en moi… J’étais au courant… J’ai refusé de l’accepter. Demba ne pouvait pas me faire un tel affront en face, il a préféré me le cacher, je ne sais pas ce qui est pire. Tu es mère comme moi, non ? (Elle n’attendait aucune réponse de ma part). A quel moment ton enfant se rend-il compte qu’il ne peut plus compter sur toi ? N’est-on pas parent pour leur garantir d’être là en toute circonstance. Je n’ai pas su être là pour lui, j’ai abandonné mon enfant. Je l’ai sacrifié allègrement, en mon âme et conscience, pour rester dans le moule de cette société. Pour moi, il a toujours été normal qu’un enfant obéisse à ses parents quoiqu’il advienne, qu’il fasse ce qu’on attend de lui sans poser de question.

A suivre

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