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Arts et Culture (2381)

La Galerie Kemboury consacre, du 3 mai au 2 juin, une exposition-hommage, « Dialogue avec la lumière », à l’artiste Souleymane Keita. Inscrite dans le « Off » de la Biennale, cette expo sera complétée par d’autres expositions intitulées « Les enfants du soleil » dans les locaux de l’hôtel Terrou-bi avec des artistes à l’image de Séa Diallo, Samba Diallo…

Il y a quatre ans disparaissait l’un des peintres les plus talentueux de sa génération. Souleymane Keita que les critiques d’art considéraient comme un maître de la peinture abstraite au Sénégal se singularisait par « son œuvre, séduisante par ses couleurs et sa matière », mais également cette association de « dessein, de couture et de collage ». Pour célébrer ce produit de l’Ecole des Beaux-arts de Dakar, la Galerie Kemboury consacre, dans le cadre de la 13ème édition de la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar, une exposition-hommage à cet artiste majeur des arts visuels sénégalais. Prévue du 3 mai au 2 juin, cette exposition intitulée « Dialogue avec la lumière » propose, a rappelé Thérèse Turpin Diatta, directrice de la Galerie, les œuvres de Souley qui sortent pour la première fois depuis son décès en 2014. « Dialogue avec la lumière », comme l’a soutenu Massamba Mbaye, commissaire d’exposition et critique d’art, permet de revenir sur le travail de Souleymane Keita qui « sur son ultime période avait une forte tendance à peindre des fonds relativement dégagés » et qui « équilibrait par la suite ses saturations de matières et de couleurs avec des fils de coton et traces de formes architecturales qui évoquent des minarets voire des coupoles ». La Galerie Kemboury complète sa programmation « Off » du Dak’Art 2018 avec les expositions « Les enfants du soleil » dans les locaux de l’hôtel Terrou-bi.

Avec les artistes Samba Diallo, Séa Diallo et des invités éthiopiens, ces expositions vont être un prétexte pour découvrir « l’oiseau » de Samba Diallo à travers son œuvre « L’envol », mettant en « suspension un oiseau majestueux tout bariolé de couleurs et de symboles africains ». Pour Massamba Mbaye, « L’envol » de Samba Diallo a une part « très » mystérieuse car l’oiseau s’échappe dans les cieux durant la nuit. « Son envol est presque mystique et il atteste de sa foi au travail. Les choses les plus abouties sont le fruit d’une réflexion ardue et soutenue dans la solitude de la nuit », souligne-t-il.

I. BA

La comédie musicale française « Madiba, le musical » s’est produite pour la première fois en Afrique. C’était vendredi dernier, au Grand Théâtre de Dakar, en présence du président de la République, Macky Sall, et du petit-fils de Mandela, Ndaba Mandela .

« J’ai des frissons », s’est exclamé un jeune homme, après une première partie jouée par « Madiba, le musical », vendredi, au Grand Théâtre de Dakar. Cette comédie musicale française a été interprétée en présence du président sénégalais, Macky Sall. A travers de la musique, de la comédie, ce groupe explique le parcours de Nelson Mandela, l’ancien président de l’Afrique du Sud. Mandela incarne le symbole de la lutte antiapartheid et de ce qui était l’Afrique du Sud pendant ce régime ségrégationniste. Un pays où les Noirs n’avaient aucun droit. Le spectacle a commencé par l’histoire d’un jeune noir du nom de Will tombé amoureux d’une fille blanche Helena. Mais les deux tourtereaux ne peuvent pas vivre pleinement leur amour dans un pays où règne la ségrégation raciale. Une histoire d’amour impossible. Helena est la fille du chef de la police sud-africaine.

Les populations noires qui ont voulu lutter contre cette discrimination ont, à plusieurs reprises, fait face aux forces de sécurité composées de Blancs. Sur scène, le face-à-face entre les policiers et les Noirs est rude. La police disperse toutes les manifestations en tuant certains par balles. D’autres sont arrêtés et puis transférés en prison parmi lesquels Nelson Mandela. « Madiba, le musical » alterne ainsi sur la scène du Grand Théâtre de Dakar comédie, musique, chants, pour rendre un vibrant hommage à cet homme multidimensionnel. Un personnage qui s’est battu pour son peuple. Pour mettre fin au régime de l’apartheid. Le spectacle est accompagné par des danses traditionnelles zoulous avec le drapeau de la nation Arc-en-ciel qui flotte derrière.

La vie du jeune avocat noir Nelson Mandela, de la prison de Robben Island où il est torturé tous les jours, jusqu’à son accession à la Présidence de la République, est retracée dans cette pièce bien interprétée, vendredi au Grand Théâtre. Depuis sa cellule où il a séjourné des années, Madiba assiste, impuissant, au massacre de ses concitoyens par un régime dictatorial. Le seul tort des populations noires est de réclamer la liberté. Une Afrique du Sud où Noirs et Blancs pourront vivre en parfaite harmonie.

La liberté ne se négocie pas
Un militant noir, Sam qui a rencontré Mandela en prison sera finalement libéré. A sa sortie, il déclare ceci : « On ne négocie pas la liberté. Le pouvoir au peuple ». Son message est fort et clair. Sam va continuer son combat pour la fin du régime de l’apartheid. Partout dans le monde, des voix s’élèvent pour dénoncer ce qui se passe dans le pays. Les soutiens au peuple sud-africain se multiplient. La lumière commence à jaillir.

Nelson Mandela, toujours en prison, attend encore ce grand jour. Dans les rues de Johannesburg, les étudiants noirs et blancs, tous demandent la libération de Mandela. Ils réclament la liberté, la démocratie et l’égalité. Le régime de l’apartheid ne pouvait plus résister à cette pression de la rue. Dans tous les coins du monde, les gens chantent le courage de Mandela et réclament sa libération. Ce grand jour est arrivé. Madiba est enfin libre. Depuis une petite cellule de circonstance implantée sur la scène du Grand Théâtre, on le voit sortir, marchant lentement. Les séquelles de son long séjour carcéral sont visibles. La ville est animée. Tout le monde est sorti pour chanter et danser. Pour fêter cette joie. La joie de voir le héros enfin libre. La première phrase prononcée par Mandela à sa sortie est : « Merci à tous ceux qui se sont battus pour ma libération ». L’heure est au regret du côté des dirigeants du régime apartheid. Cependant, Nelson Mandela en bâtisseur d’une nation arc-en-ciel libre et prospère appelle au pardon. Madiba est libre mais tout reste à faire dans une nation dévastée pendant 25 ans à cause du régime de l’apartheid. Mandela veut instaurer la démocratie où le pouvoir va revenir au peuple. Son credo : « Un homme, une voix » pour un gouvernement élu par le peuple. Une belle leçon de patriotisme doublée d’humanisme.

Une leçon d’humanisme
Le combat de Nelson Mandela au-delà de la libération de son peuple a réussi à changer le cours des choses. Will et Helena peuvent maintenant vivre leur amour sans le regard de l’autre. Pendant le régime de l’apartheid, cela était presque impossible. La famille d’Helena avait refusé d’admettre que leur fille épouse un « pauvre noir ». Pourtant, Helena faisait fi de tout cela. Elle ne voyait pas cette différence de peau (noire et blanche) que sa maman ne cessait de lui rappeler.

A travers cette pièce, « Madiba, le musical », les artistes rendent un vibrant homme à cette figure emblématique de l’Afrique du Sud et invitent le continent africain a raconté sa propre histoire. Les recettes tirées de ce spectacle organisé dans le cadre de la biennale de Dakar sont destinées à la Mutuelle des artistes sénégalais.

Aliou Ngamby NDIAYE

Danseuse et chorégraphe professionnelle, Gacirah Diagne fait partie des icônes de la danse aussi bien au Sénégal qu’à l’étranger. Après une bonne trentaine d’années d’expérience, Gacirah reste aujourd’hui une femme très déterminée et engagée pour la promotion de la danse avec l’Association “Kaay fecc”, héritée en 2001 de Marianne Niox, Jean Tamba, Honoré Mendy et Nganti Towo. Elle a également fait de l’épanouissement et de la réussite de la jeune génération dans la danse et les cultures urbaines son véritable cheval de bataille. Retour sur sa carrière.

Formée à toutes les techniques de danse, danse traditionnelle africaine, classique et contemporaine, Gacirah Diagne a su transformer son rêve d’enfance en réalité professionnelle. Teint clair aux cheveux ondulés et crépus et au silhouette svelte, cette dame est devenue, au fil des années, une danseuse professionnelle comme elle l’a toujours rêvé d’ailleurs depuis son tendre enfance. « J’ai commencé à danser toute petite. J’ai dit à ma maman qui est Somalienne que je veux danser. Comme mes parents avaient une fibre artistique, ils m’ont vite encouragée dans cette voie », confie-t-elle. Toutefois, cette passion pour la danse ne lui a pas empêché de faire des études. Gacirah Diagne a su décrocher son baccalauréat de la série D pour s’inscrire dans une université à New York. Mais, il se trouve que la passion pour la danse la rattrapera et l'a vite prise dans ce pays de l’oncle Sam. Elle finira par arrêter ses études pour mener une belle carrière de danseuse.

« Une de mes premières initiatrice à la danse, c’est Germaine Acogny du temps de son école à rue Raffenel dans les années 1980. J’ai vécu aussi une partie de ma vie à l’étranger, en France et aux Etats-Unis où j’ai été formée dans plusieurs techniques de danse. « J’ai également eu la chance de fréquenter l’école de danse d’Alvin Ailey de New York, un très grand chorégraphe américain et surtout d’avoir accès à des studios qui donnaient d’autres types de technique », informe Gacirah Diagne.
Patriote et très attachée à son cher pays le Sénégal et son terroir Louga, Gacirah Diagne décide de rentrer au bercail. A son retour, une autre carrière et vie professionnelle dans le domaine de la danse l’attendait.

FESTIVAL “KAAY FECC”

En 2001, auprès de Marianne Niox, Jean Tamba, Honoré Mendy et Nganti Towo, d’autres portes et opportunités s’offraient à la danseuse au sourire contagieux. Gacirah Diagne raconte : « De retour au Sénégal, j’ai rencontré les organisateurs du Festival Kaay Fecc. A l’époque, j’étais venue travailler pour une structure culturelle américaine qui avait un événement avec un focus sur la danse et les chorégraphes africains ou d’origine africaine et qui voulait étoffer leur programmation. Et c’est comme cela que j’ai rencontré l’Association Kaay Fecc et j’ai fini par m’impliquer dans l’organisation du festival. En tant que danseuse juste après, c’était naturel pour moi d’intégrer l’équipe Kaay fecc après la première édition du Festival Kaay Fecc, en 2001 ». A l’en croire, au départ, c’était pour mettre une plateforme pour la danse et montrer les créations chorégraphiques qui se faisaient dans la danse, particulièrement dans la danse contemporaine, et l’ouvrir à toutes les autres formes de danse. « D’ailleurs, c’est pour cela que nous avons dénommé le festival, festival international de toutes les danses », dit-elle. Depuis qu’elle en a les rênes, Gacirah a su rehausser le festival Kaay Fecc qui est à sa 9ème édition. Son objectif est de rendre les danseurs maîtres de leur art pour en vivre dignement. Pour la présidente de l’Association Kaay Fecc, construire une carrière de chorégraphes, de danseurs nécessite beaucoup de sacrifices. Il faut travailler dur et se faire respecter surtout du côté des femmes. Car, soutient-elle, il y a des gens qui ont une mauvaise perception de la danse. « D’aucuns pensent que lorsque vous êtes danseuse, vous êtes une fille facile. Mais, il faut se battre et savoir répondre dans ces cas-là, surtout être sincère, digne dans ce qu’on est et se faire respecter pour pouvoir rassurer les parents », argue-t-elle. Non sans préciser qu’  aujourd’hui, l’important avec cette association, c’est qu’ils progressent. « Nous avons de bons danseurs malgré l’adversité. Une génération de chorégraphes et de professionnels, que ça soit dans la danse traditionnelle, contemporaine et la danse hip hop. Il y a des avancés certes, mais nous continuons à nous battre, à faire des sacrifices pour qu’il y ait plus de créations chorégraphiques de qualité et également plus de  jeunes qui gagneraient leur vie dans la danse », rassure Gacirah Diagne.

En ce sens, elle compte aider les jeunes pour qu’ils puissent s’ouvrir et se confondre aux autres. Parce que c’est comme cela qu’on construit son expérience. Et cette ouverture commence au niveau national puis sur le plan international.

PROMOTION DES CULTURES URBAINES
Infatigable, Gacirah Diagne est aussi très engagée pour la promotion des cultures urbaines. Ancienne conseillère en « Cultures urbaines » au ministère de la Culture, elle fait actuellement partie des administrateurs de la Maison des Cultures urbaines de Dakar, récemment inaugurée à Ouakam. Elle en est la responsable du pôle Danse. Elle explique son engagement par le fait que la jeunesse soumet un besoin. « Et je me dis, il faut les soutenir, les encadrer, les accompagner. Nous ne connaissons pas toute la science. Mais ce nous savons, nous le partagerons. Car, à ces jeunes, il faut leur donner de la motivation, de l’espoir et il faut qu’ils arrivent à prendre en charge leur secteur, à se responsabiliser dans cela, comme dans tous les autres corporations », affirme-t-elle. Et de poursuivre, « certes, en ce sens, un fonds d’aide  a été octroyé aux cultures urbaines. Mais, il n’est pas suffisant car cette subvention est ouverte à toutes les disciplines. Nous sommes chargés de la danse au niveau de la Maison des cultures urbaines qui est en train de construire un studio de danse. Nous sommes sur le terrain et nous faisons en sorte que les conditions soient meilleures pour les danseurs et les autres disciplines des cultures urbaines ».

Par Maguette Guèye DIEDHIOU

 

La Journée internationale de la liberté de la presse a été célébrée, hier, à Dakar, sous le thème : « Quel avenir pour les médias sénégalais avec le vote du Code de la presse ? ». Le ministre de la Communication, Abdoulaye Baldé, a présidé la cérémonie, riche en enseignements et marquée par la présence des acteurs des médias et des étudiants, à l’Iseg.

Le ministre Abdoulaye Baldé dit avoir donné des instructions à ses services pour que les dispositions du Code de la presse soient rapidement appliquées avant même la finalisation des décrets et arrêtés au cours de la semaine prochaine. Dans l’atteinte de cet objectif, le ministère de la Communication, s’y attèle depuis quelques mois, en mettant en place un comité comprenant l’ensemble des acteurs pour la rédaction des textes d’application de la nouvelle loi. « Aujourd’hui, nous sommes arrivés à la dernière phase du travail. Le comité devra proposer des avant-projets de décrets et d’arrêtés à l’issue d’un atelier de validation prévu la semaine prochaine », précise Abdoulaye Baldé.

Le ministre réitère que l’Etat est sur la voie de tout mettre en œuvre pour l’application rapide du Code de la presse qui est considérée comme une demande sociale. Hier, à l’occasion de la célébration de la Journée internationale de la presse, M. Baldé a donné la situation générale sur l’application dudit Code. Selon Abdoulaye Baldé, « cet engagement de l’Etat a été réaffirmé avec force par le président Macky Sall, lors du Conseil des ministres du 17 janvier 2018, en exhortant son gouvernement à hâter le pas et à tout mettre en œuvre pour que les nécessaires décrets d’application puissent être versés dans la loi pour la parfaire et faciliter son application ».

Le ministre de la Communication soutient que tous les acteurs sont condamnés au résultat et invite la Coordination des associations de la presse (Cap) à œuvrer pour que, dans la pratique, le texte puisse répondre effectivement aux attentes du peuple sénégalais. « Il s’agit d’avoir un secteur de la presse assaini, des contenus de qualité et des professionnels des médias respectueux du Code d’éthique et de déontologie », relève-t-il.
Le Code de la presse adopté par l’Assemblée nationale en juin 2017, a été un long processus d’une quinzaine d’années. Selon Abdoulaye Baldé, le résultat est le fruit de l’engagement d’une bonne partie des Sénégalais, particulièrement les acteurs du secteur et la société civile qui ont entamé la réflexion au début des années 2000.

 

La Commission pour la Carte nationale
de presse sera installée

Le ministre de la Communication a annoncé, hier, que la Commission de la Carte nationale de presse sera bientôt installée conformément au Code de la presse. Cette instance aura à sa tête un professionnel des médias, fera également office de commission de validation des acquis de l’expérience.

« N’importe qui ne peut plus exercer la profession et disposer de la Carte nationale de presse (Cnp) sans être diplômé d’une école de journalisme reconnue par l’Etat. Evidemment, pour ceux qui sont dans la profession et qui ne sont pas passés par une école de journalisme, mais disposant de compétences académiques avérées, peuvent bénéficier d’un statut de journaliste, en passant obligatoirement devant la Commission de validation des acquis de l’expérience conformément au Code de la presse », note-t-il.  

 

Financement des entreprises de presse

D’autre part, il y a la mise en place du Fonds d’appui et de développement de la presse (Fadp) et l’inscription de nouvelles dispositions, notamment la publicité. Selon le ministre de la Communication, le Fadp vise à soutenir des entreprises de presse publique et privée concernant leurs projets de développement ou de modernisation et les aider à créer et consolider les emplois. « Il va contribuer au bon fonctionnement des organes d’autorégulation et interviendra dans la formation continue des journalistes et techniciens de la communication », souligne-t-il. Quant à la publicité, principale source de financement des entreprises de presse, le processus d’élaboration d’une nouvelle loi pour le secteur est lancé, avec le choix d’un expert chargé de faire l’état des lieux. Abdoulaye Baldé évoque qu’un comité de rédaction sera ensuite mis en place avec comme objectif, la proposition d’un avant-projet avant la fin de l’année. « Le futur texte législatif va assainir et mieux encadrer le secteur qui est régi par la même loi depuis 35 ans », ajoute-t-il.

 


Liberté et pluralisme médiatique

Selon Abdoulaye Baldé, « la liberté de la presse et le pluralisme médiatique sont consacrés par la Constitution du Sénégal qui permet à tous citoyens de créer un journal, de l’animer et de participer à la vie publique sans avoir besoin d’une autorisation préalable ». Cette volonté politique relative à la liberté de profession de journaliste au Sénégal est traduite par un paysage médiatique très varié avec l’existence, sur l’ensemble du territoire national, de près de 300 organes d’information, à savoir journaux, radios, télévisions, ainsi que des sites d’informations en ligne.

M. Baldé indique que « la liberté de la presse, aujourd’hui au Sénégal, n’est plus attaquée par les dictatures notoires » et se permet de jeter un regard sur certains pays qui font partie des plus grandes démocraties du monde où elle est malmenée. « Heureux, au Sénégal, nous sommes loin d’un tel sombre tableau. Nous sommes aujourd’hui fiers d’affirmer que les journalistes sénégalais et étrangers qui exercent leur métier sur notre sol sont libres d’exercer leur profession sans restriction aucune. Aucun journaliste n’a perdu la vie, ni n’a été incarcéré dans l’exercice de ses fonctions, à savoir sa mission d’informer, malgré parfois les dérives que nous constatons et regrettons dans certains médias », se réjouit-il.

Cheikh Malick COLY

 

Le président de la République a procédé, hier, à l’ouverture de la 13ème édition de la Biennale de l’art africain contemporain (Dak’Art). Macky Sall a annoncé l’augmentation de la subvention de l’Etat allouée à cette manifestation qui passe de 500 millions à 1 milliard de FCfa.

La 13ème édition de la Biennale de l’art africain contemporain (Dak’Art) s’est ouverte, hier, dans une ambiance particulière. Joie, ferveur et liesse ont rythmé la cérémonie de lancement de cette grande manifestation dédiée à la créativité du continent. Dans une salle comble du Grand Théâtral national où le président de la République a donné le coup d’envoi des  activités, c’est  l’essentiel du gratin de la création contemporaine continentale qui a répondu présent à ce banquet des arts africains. Depuis sa création en 1991, la Biennale de Dakar a fini de s’affirmer comme le rendez-vous essentiel de l’art africain contemporain et au-delà. C’est sans doute ce qu’a compris le président

Macky Sall qui a décidé d’augmenter le concours du gouvernement du Sénégal à hauteur de 1 milliard de FCfa, soit 500 millions de FCfa par an. Par ce geste, le chef de l’Etat, dans sa vision de faire de la culture un levier de croissance économique, a fait passer la subvention qui était de 500 millions de FCfa, du simple au double.

« Je saisis cette occasion pour réaffirmer mon ambition d’appuyer la force contributive de la biennale pour le rayonnement de l’art africain contemporain à travers notamment la hausse de la dotation budgétaire allouée à ce rendez-vous culturel phare. Je décide de porter la subvention non pas de 500 millions de FCfa à chaque biennale, mais de 500 millions de FCfa par an, ce qui fait un milliard », a déclaré le président de la République. Selon lui, le gouvernement mettra tout en œuvre afin que l’art, au-delà des aspects récréatifs et identitaires qu’il porte, contribue davantage au développement économique de nos pays.

L’édition 2018 du « Dak’Art » porte sur le thème : « L’Heure rouge » qui est une expression empruntée au poète Aimé Césaire pour sa pièce : « Et les chiens se taisaient ». Ce thème de la biennale de cette année symbolise l’émancipation, la liberté et la responsabilité. Cette année, le Rwanda et la Tunisie sont les pays invités d’honneur de la Biennale. Le chef de l’Etat n’a pas manqué de saluer les artistes de ces deux pays « avec qui nous partageons l’idéal panafricain de pays de liberté, de solidarité : valeurs fondamentales dont l’art demeure un puissant levier d’expression ».  

Renforcer le financement de la culture

Au moment où l’art contemporain connaît une nette croissance à travers le monde, le président de la République, Macky Sall, a relevé la nécessité de respecter un certain nombre d’exigences dont le renforcement de la formation et le financement de la culture pour l’émergence d’un marché intérieur de l’art.

Cette 13ème édition de la Biennale de l’art africain contemporain s’inscrit, d’après le président Macky Sall, dans un contexte marqué par la prééminence de l’économie de la culture où les produits culturels génèrent de plus en plus de richesses. Le tout avec un marché de l’art contemporain qui connaît une formidable croissance. Même si, a-t-il soutenu, la place de l’Afrique demeure encore « très faible », la visibilité de la création africaine s’est améliorée au regard des indicateurs comme le chiffre d’affaires, le prix moyen d’une œuvre, le nombre d’expositions et le niveau de reconnaissance.

« En dépit de nos faiblesses liées surtout à l’étroitesse du marché intérieur, les œuvres de nos artistes intéressent de plus en plus les collectionneurs d’art. Parallèlement, des musées, des maisons de vente, des expositions d’envergure, des ventes spécialisées s’organisent de plus en plus dans ce secteur… », a dit le chef de l’Etat. A son avis, l’émergence d’un marché intérieur pour l’art et son rayonnement sur le plan international sont liés au respect de quatre exigences. Il s’agit d’abord, pour le président Sall, de la nécessité du financement de la culture.

« De longs mécanismes de financements traditionnels sont saturés ou devenus obsolètes. Le colloque ministériel qui a inscrit cette question dans son ordre du jour devrait nous permettre de réfléchir sur de nouveaux instruments de financement tenant compte du mécénat et de la fiscalité des entreprises », a-t-il souligné. Le président de la République a même promis de convaincre ses collègues africains de participer au financement de la culture : « Je me ferai le plaisir d’être l’avocat de la Biennale auprès de mes collègues de l’Union africaine afin que notre organisation commune, à travers les gouvernements des Etats, puisse participer au financement de la culture en Afrique et de la Biennale ».

L’autre exigence à laquelle doit répondre le marché intérieur l’art constitue la formation qui s’avère cruciale. « Parmi les 100 artistes africains qui ont enregistré le plus grand nombre d’œuvres vendues, 62 sont passés par les écoles des arts… », a informé Macky Sall, citant le rapport 2015 de « Africa Art Market report ».  
En effet, cette formation, a-t-il avancé, doit s’inscrire dans une approche chaine, en prenant en compte tous les métiers. C’est d’ailleurs, toute la portée de la future Ecole des arts et des métiers de Diamniadio.


Rapport sur l’exécution de la «Loi de 1%»

Le président de la République a répondu favorablement au plaidoyer du président du Comité d’orientation de la Biennale, Baïdy Agne qui souhaite l’application rigoureuse de la « Loi de 1% » du budget destiné à l’achat d’œuvres d’art pour l’embellissement des bâtiments publics ou établissements recevant du public. « Je demande au Premier ministre de dresser dans les meilleurs délais un rapport sur l’état d’exécution de cette importante mesure », a dit Macky Sall.

Le chef de l’Etat a invité son ministre de la Culture à poursuivre le projet de mise en œuvre intégrale du programme spécial d’acquisition par l’Etat et ses démembrements des œuvres artistiques.
« Il s’agit d’appliquer simplement la loi dite « Loi de 1% » faisant obligation d’intégrer un programme de décoration artistique dans tout projet de construction et d’équipement d’un bâtiment public ou d’un établissement recevant du public d’un coût prévisionnel de plus de 20 millions de FCfa.

Le Grand Prix décerné à Laeila Adjovi

Comme à chaque édition, l’ouverture du Dak’Art a été une occasion de décerner des  prix à des artistes  talentueux et méritants. Ces distinctions au nombre de quatre ont été remises hier, aux lauréats. Il s’agit  du « Grand Prix Léopold Sédar Senghor » du président de la République, d’une valeur de 20 millions de FCfa, décerné à l’artiste béninoise Laeila  Adjovi. Le Prix spécial Uemoa, d’un montant de 5 millions de FCfa a été décerné à l’artiste ivoirien Franck Fanny Aboubacar. Quant au Prix de la Diversité de l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif), il revient au Marocain Souad Lahlou, pour un montant global de 15.000 euros (5.000 euros en espèces et 10.000 en résidence d’artistes).

Le prix de la Révélation du ministère de la Culture a été décerné au Nigérian Tejuoso Olanrewaue.

Prise en charge des
entreprises et des industries créatives

L’autre point qui paraît important aux yeux du chef de l’Etat, est la prise en charge, de manière plus affirmée, des entreprises et des industries créatives. D’où tout le sens, a-t-il ajouté, de soutenir les initiatives des partenaires au développement comme l’Oif et l’Uemoa.

« La présence de nos artistes dans les grands circuits commerciaux méritent d’être renforcée. Le soutien aux galeries doit retenir l’attention afin de les aider à mieux assumer leur mission », a dit le président de la République. Non sans faire part de son souhait de voir la Biennale relever le défi de la participation des grands marchands d’art et celle des plus grandes galeries du monde intéressées par l’art contemporain africain. Enfin, pense-t-il, la prise en compte du droit d’auteur représente une dernière exigence de ce marché intérieur de l’art. Macky Sall a encouragé les efforts du gouvernement du Sénégal à créer un environnement juridique favorable à l’épanouissement de l’économie créative.

« Le défi majeur est de valoriser nos ressources créatives. Situons-nous alors dans le temps de l’action en apportant des réponses innovantes aux exigences évoquées plus haut. C’est la meilleure voie pour renforcer l’écosystème des arts visuels. La Biennale constitue un levier essentiel pour relever ces nouveaux défis », a-t-il précisé.  

Par Ibrahima BA, Maguette Guèye DIEDHIOU (textes)
et Pape SEYDI (photos)

L’artiste plasticien Cheikh Diagne expose une trentaine de ses œuvres dans le cadre des « Off » de la Biennale de l’art africain contemporain. Le vernissage est prévu, ce vendredi 4 mai, au club Jet Café Beach sis sur la route des Almadies.

Fidèle à ce grand rendez-vous du Dak’Art, l’artiste peintre sénégalais Cheikh Diagne, établi en Allemagne, donne l’opportunité aux amateurs d’art de découvrir, à nouveau, ses tableaux nés de techniques diverses. Une trentaine d’entre eux seront visibles, du 3 au 20 mai, au club Jet Café Beach, sur la route des Almadies.  
L’exposition organisée en collaboration avec la « Gallerie Dakart’ Events » s’inscrit dans le cadre des « Off » de la Biennale.

Très sensible à l’évolution du monde, l’artiste plasticien dit aborder, à travers ses œuvres, des thèmes universels. « Dans certains de mes tableaux, on retrouve le sens de l’humaniste, de l’universalité. Dans d’autres, je parle  de dialogue, de religion, de l’énergie solaire; je suis un fervent défenseur de l’environnement », dit-il. De ces thèmes, sortent des tableaux aux couleurs intenses et multiples accompagnées de signaux et de caractères spéciaux propres à l’artiste.

Outre cette exposition, Cheikh Diagne participe à l’exposition photographique de la Fédération africaine de l’art photographique (Faap) au centre culturel Daniel Brottier. Il est parmi les artistes invités de « Bind images contemporaines ».

Maguette Guèye DIEDHIOU

 

Le Sénégal accueille, depuis le 29 avril dernier, le troisième Sommet africain de l’Internet (Ais). Prévue jusqu’au 11 mai, cette rencontre internationale permet de se pencher sur les problématiques de gouvernance de l’Internet liée à la spécificité africaine.

Evénement phare qui regroupe les organisations s’occupant de la gouvernance et de la coordination de l’Internet, le Sommet africain de l’Internet (Ais) qui a débuté à Dakar depuis le 29 avril dernier représente la rencontre multipartite la plus importante combinant conférences, formations et réseautage sur le sujet du développement de l’Internet dans la région africaine. Ce sommet annuel fait rencontrer les experts africains et internationaux du secteur des nouvelles technologies de l’information et de la communications ainsi que les utilisateurs des services internet. L’Ais est également une plate-forme internationale privilégiée pour la promotion des produits et services des technologies de l’information et de la communication en Afrique.

Pour Cherif Diallo, directeur des Technologies de l’information et de la communication, le Sénégal est réellement engagé pour renforcer l’utilisation des services de l’information et de la communication et de l’Internet afin d’occuper une place de leadership en Afrique. Ce sommet permet d’arriver à un fort niveau de renforcement  des capacités des ingénieurs et techniciens africains de l’administration et du privé. Depuis l’ouverture, beaucoup de formation sont faites dans le but d’œuvrer pour le renforcement des capacités des acteurs africains en général et sénégalais en particulier. « L’Internet est un domaine qui évolue très vite. La mise à jour des compétences est une nécessité », a-t-il relevé. Quelque 170 participants ont été répertoriés dans les différentes formations. Le Sénégal compte 70 techniciens et ingénieurs pris en charge dans les différentes sessions de formation. Ces formations touchent divers aspects de l’Internet dont les infrastructures, le routage avancé, la cyber-sécurité et les services internet évolutifs. « Ces sessions de formation permettent à l’ensemble des participants d’accroître leurs compétences et de booster l’investissement au sein des entreprises », a indiqué Chérif Diallo pour qui les technologies de l’information et de la communication constituent un outil fondamental qu’il faut mettre à la disposition de l’ensemble des citoyens. Au regard de l’importance de l’Internet et des services de l’information et de la communication, l’Ais 2018 devra permettre d’arriver à des efforts mutuels pour le renforcement des infrastructures dans toute la région et de maintenir le trafic et les contenus au niveau local afin de réduire les coûts d’accès. Mais également d’élaborer de nouvelles stratégies pour rendre Internet accessible à ceux qui n’y ont pas encore accès. Toutefois, un meilleur « accès à Internet implique un investissement accru dans les infrastructures essentielles ». Un domaine dans lequel les décideurs africains sont attendus.

Ibrahima BA

 

Après l’adoption du Code de la presse – dont les décrets d’application seront finalisés d’ici à juin et promulgués dans la foulée – l’Etat précise son plan de redressement de la presse publique.

Comme partout ailleurs, la presse sénégalaise traverse une conjoncture économique difficile. Les médias de service public n’échappent point à cette ambiance morose. L’Agence de presse sénégalaise (Aps), qui est confrontée à « des contraintes d’ordre financier, humain et matériel » illustre parfaitement cette situation. Le ministre de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique, a donné, vendredi dernier, les contours du plan de l’Etat pour soutenir la presse. Abdoulaye Baldé, qui présidait la revue annuelle conjointe de son département, a annoncé que l’Aps sera « modernisée », avec la mise en place d’un plan stratégique de développement et d’un contrat de performance ainsi qu’un changement de statut. Cette mutation institutionnelle va s’accompagner d’un « renforcement des ressources financières, humaines et matérielles ».

En ce qui concerne « Le Soleil », si la tutelle se félicite de la finalisation du Plan stratégique de développement (2018-2022), ainsi que la signature d’un contrat de performance avec le gouvernement, elle pointe, là aussi, des « difficultés » d’ordre financier. C’est pourquoi, elle recommande la mise en place d’une plateforme (un kiosque numérique) permettant la vente des journaux et des magazines du «Soleil» ainsi que la mise en place d’une plateforme de vente de la publicité. C’est dans ce cadre qu’est prévue la signature d’un partenariat entre La Poste et « Le Soleil ». Plus globalement, la tutelle promet de travailler au renforcement de la viabilité des entreprises publiques de médias grâce à l’instauration de redevances sur l’électricité et la téléphonie. Il est aussi prévu la mise en place d’un Fonds d’appui et de développement de la presse (Fadp) conformément aux dispositions du Code de la presse. Pour la Rts, il est prévu la création de deux stations régionales à Kédougou et Kaffrine, sans oublier l’implantation de la Tv zonale Rts5 Matam, ainsi que la mise à niveau du personnel avec l’avènement de la Télévision numérique terrestre (Tnt). Enfin, un projet de Code de la publicité est dans le pipeline avec comme ambition de créer les conditions d’une stabilité économique du secteur de la presse.

 

Un niveau de réalisation «satisfaisant»

La revue annuelle conjointe du ministère de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique a permis de constater un niveau de réalisation « globalement satisfaisant ». Mais les défis restent nombreux, admet Abdoulaye Baldé.

Entre autres réalisations phares de son département, en 2017, le ministre cite la Stratégie Sénégal numérique (Sn2025), notamment la rédaction du projet du Code de communication électronique, qui va remplacer le Code des télécommunications ; l’élaboration d’une Stratégie nationale de cybersécurité (Snc2022), l’extension du réseau de La Poste, avec la création de six nouveaux bureaux dans les régions, la création d’une société nationale de télédiffusion et la mise en place du point d’échange internet du Sénégal (Senix). Il y a aussi l’extension des Centres multimédias communautaires (Cmc) qui sont passés de 36 en 2016 à 43 en 2017. Au titre de l’économie numérique, on peut citer l’attribution de licences à trois fournisseurs d’accès internet (Fai) et trois opérateurs mobiles virtuels (Mvno).

Toutefois, reconnaît M. Baldé, il reste « plusieurs défis » à relever. La restructuration de La Poste fait partie des chantiers les plus urgents. Ainsi, il est prévu la mise en place d’un système d’adressage numérique qui permettra à La Poste, dont le modèle économique est sérieusement mis à mal par le développement fulgurant des Tic, d’amorcer sa mue. Les autres chantiers concernent le démarrage (prévu en septembre) des travaux du Parc numérique de Diamniadio, l’adoption d’un Code des communications électroniques, le renforcement des systèmes d’information, la protection des enfants en ligne et des infrastructures critiques. Sur le volet économie numérique, le ministre s’engage à « accélérer » la mise en œuvre de la Stratégie Sénégal numérique dont l’ambition est d’œuvrer une « transformation digitale » de l’économie nationale, et l’accompagnement des start-ups. A ce propos, suivant les conclusions du 1er Forum du numérique, le président Macky Sall avait annoncé qu’un milliard de FCfa sera alloué aux jeunes promoteurs de start-ups.

Seydou KA



La Maison Ousmane Sow transformée en musée sera inaugurée, samedi 5 mai prochain, dans le cadre de la 13ème édition de la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar. Pour faire découvrir ce musée à ses auditeurs, Rfi sera dans la capitale sénégalaise dès le 3 mai.

Radio France internationale (Rfi) se déplace à Dakar, à partir du 3 mai, pour tourner des émissions en public. Avec l’ouverture de la Maison Ousmane Sow, Rfi va faire découvrir à ses auditeurs ce nouveau musée où seront présentées les œuvres du sculpteur surnommé « l’Auguste Rodin du Sénégal ». Aussi « Neuf vidéos 360° seront tournées par l’équipe de Rfi Labo dans la Maison Ousmane Sow avec des artistes sénégalais qui joueront de la musique, danseront, liront des textes au milieu des œuvres. Toutes ces vidéos permettront de découvrir la Maison et le lien étroit qui l’unissait à Ousmane Sow. » Cela, avec la participation de Youssou Ndour, Ismaël Lô, Elle et Elles, Daara J, Souleymane Diamanka, Fatou Diom, Cheikh Hamidou Kane, Germaine Acogny…

Les émissions « Appels sur l’actualité de Juan Gomez, « Le débat Africain » d’Alain Foka et « Vous m’en direz des nouvelles » de Jean-François Cadet seront enregistrées le 3 mai à l’Université des Savoir-Faire (Usf) - Cité Golf et, vendredi 4 mai, à l’Institut français de Dakar. Ces  émissions spéciales enregistrées en public, informe un communiqué, vont être consacrées à ce lieu qui rejoint l’inventaire des maisons d’arts légendaires à travers le monde, ainsi qu’à l’actualité politique nationale et au rap sénégalais.

Par exemple, l’émission « Appel sur l’actualité » sera consacré au bilan du Président Macky Sall avec des intervenants à l’image d’El Hadj Hamidou Kassé, ministre chargé de la Communication à la Présidence de la République du Sénégal et Babacar Gaye, porte-parole du Parti démocratique Sénégalais (Pds).

Quant à l’émission « Le débat africain », elle reviendra sur les « enjeux de la future élection sénégalaise ». Jean-François Cadet, dans son émission « Vous m’en direz des nouvelles », abordera « Le hip-hop et le rap sénégalais » avec comme invités Didier Awadi, pionnier du mouvement rap au Sénégal, Ibrahima Wane, professeur de Littérature africaine à l’Ucad, spécialiste des courants et textes musicaux africains, Amadou Fall Bâ, spécialiste de la culture urbaine sénégalaise, Nix, rappeur sénégalais.

Ibrahima BA

Plus qu’une fête, cette 26ème édition du Saint-Louis jazz a offert des instants de communion, de fusion de mélodies. Hervé Samb a gratifié le public de son jazz- sabar. L’Ivoirien Paco Sery a montré, par le rythme et l’harmonie, que c’est un choix prometteur. La Sénégalaise d’origine, Awa Ly, a entretenu la fraîcheur de cette scène mythique sur laquelle le Tunisien Dhafer Youssef a exprimé son génie. Et bien des émotions.

Même le « bonsoir » de Dhafer Youssef est enchanteur ! Sa musique est un instant de retour à soi. Elle est effusion et soupir. Silence de part et d’autre et abondance d’un point à l’autre. Elle est un mélange d’influences de tous les espaces. Le natif de Téboulba, en Tunisie, explore les merveilles de son terroir d’insouciance, l’Orient, pour entraîner le public dans les eaux douces de l’Occident et de son jazz. Le retour du virtuose du Oud sur la scène de Saint-Louis

Jazz a transporté les festivaliers qui, en extase devant tant de prouesses et de génie, ont écouté.
Et c’est important pour le « Oud hero » : « Ma musique est sincère. C’est un moment de partage. J’aime quand le public écoute, savoure dans le silence, voyage avec moi. Je l’ai senti ce soir », confie-t-il d’une voix traînante. L’assistance a fait plus que cela. Elle l’a acclamé.
Le Tunisien, un brin provocateur, restitue des vies et en construit sur scène avec, de temps en temps, quelques plongées dans les épopées mystiques. Inspiré par les rencontres, les choses banales de la vie-par tout-, Youssef rompt des harmonies pour les rétablir sans interrompre l’émerveillement. La musique de celui dont le maître est le trompettiste Miles Davis, est empreinte de spiritualité. Et de religion ? Pas si sûr malgré quelques petites satires bien amusantes. « Il y a, pense-t-il, beaucoup de choses qui ne me plaisent pas dans la religion même si j’aime ses aventures mystiques. Ma musique transcende les appartenances. L’essentiel, c’est d’être en harmonie, chacun dans la foi de ce qu’il croit pouvoir assurer son épanouissement, et cultiver la tolérance ». Son style, un croisement entre des sonorités traditionnelles et le jazz contemporain, est un éloge à cette ouverture résultant de son « long voyage ».

Electricité et éclectisme
Hervé Samb, le prodige guitariste sénégalais, « raconte » aussi ses pérégrinations avec son génie et son originalité. Son récital de dimanche entamé par « Bara Mbaye », dans la fraîcheur de Saint-Louis, sur la la scène « In » du festival, qu’il a occupée de sa dextérité, a été un grand moment de fusion.
L’auteur du disque « Téranga » cultive l’éclectisme et produit l’électricité pour donner à savourer son « jazz-sabar ». Le sabar n’y dompte pas les notes du blues. Ils s’entremêlent au grand bonheur d’un coloré public agité de frémissements. Le « dialogue » entre les baguettes du percussionniste Alioune Seck, qui a rendu un hommage rythmé à Doudou Ndiaye Rose, et les doigts de Hervé Samb témoigne de l’opportunité et de la nécessité de cette trouvaille de génie.

Et quand Souleymane Faye, à travers « Yacine Boubou » et « Saraba », et la prometteuse Maïna y posent leurs voix, le moment est magique. Ce mariage entre le jazz et le «sabar» embrasse l’éternité parce qu’il est fécond et construit un pont entre des sonorités destinées à éblouir. Hervé fait épancher sa guitare sans se laisser intimider ou distraire par la fureur du «sabar». Tout y est grâce.

Tout, dans la performance de Paco Sery, a aussi été grâce. L’expérimenté batteur et percussionniste ivoirien est un as du rythme. Il l’a montré sur la scène du Saint-Louis Jazz avec l’énergie du débutant. Il y a eu de la vie, du délire, du balafon, de la percussion… Et à la fin, le public s’est levé pour un standing ovation bien mérité. Paco Sery a donné raison, un jour après, à Hervé Samb en montrant que cette fusion entre le «sabar» et le jazz concourt à la beauté des rencontres. Il a invité le groupe Nguewel de Saint-Louis composé de batteurs de tam-tams et de danseuses pour illustrer la divine alchimie à sa manière.

Awa Ly l’avait précédé sur scène pour donner à savourer sa voix jazzy et sa grâce rendue plus éclatante par une lumière complice. Elle est à la charnière des mélodies d’ailleurs et d’un quelque part à imaginer, à découvrir. La chanteuse d’origine sénégalaise vivant en Italie, « un peu tendue » pour reprendre ses mots, partage la synthèse de ce qu’elle écoute pour explorer les merveilles du jazz, du blues, du pop. L’interprète de « Here », aux pas enchanteurs, qui jouait pour la première fois sur cette scène, a conquis le public en reprenant les titres de son album « Five and a feather ».
Les prouesses de ces génies auraient été davantage mises en lumières si les ennuis techniques avaient été évités lors de ce festival au parfum élitiste. L’enthousiasme des Saint-Louisiens n’a pas été des plus débordants.

Bilan satisfaisant, selon les organisteurs
Le président de l’association Saint-Louis/Jazz, Me Ibrahima Diop, le directeur de la Communication de la Bicis, Malick Magueye Diaw, représentant son Directeur général, ont tiré un bilan satisfaisant de la 26ème édition du Festival de jazz de Saint-Louis, malgré quelques difficultés notées dans l’organisation. Comme convenu, cette édition du festival s’est déroulée dans de bonnes conditions.

Ibrahima Diop, président de l’Association Saint-Louis Jazz, a émis encore le souhait de voir cette association se muer en Fondation d’utilité publique. Selon Me Diop, ce statut présente de nombreux avantages par rapport à la fiscalité, à la Douane, à l’intervention de l’Etat par l’entremise des ministères de la Culture, de l’Economie et des Finances, « en ce sens qu’il favorise la double tutelle et qu’il assure l’organisation de ce festival ». Me Ibrahima Diop a rendu un vibrant hommage au partenaire stratégique de ce festival international de jazz de Saint-Louis, notamment la Bicis, pour sa contribution financière très importante qu’elle ne cesse d’apporter à l’organisation de cet événement culturel et annuel de grande envergure, qui draine chaque année, vers Saint-Louis, des milliers de festivaliers, de touristes, de visiteurs et autres mélomanes qui viennent des pays européens, africains, asiatiques et américains.
Il a confondu dans ces mêmes remerciements le chef de l’Etat et la municipalité de Saint-Louis qui, chaque année, mettent tout en œuvre pour contribuer financièrement à l’organisation de ce festival.
Cependant, Me Ibrahima Diop a souhaité que ces contributions financières puissent désormais parvenir au moment opportun aux responsables de l’association Saint-Louis/Jazz, afin de leur permettre de résoudre des problèmes financiers bien avant le démarrage de ce festival.

Projet Saint-Louis/Jazz
Parlant de la programmation artistique, il a précisé que la seule fausse note est liée à l’absence de Rhoda Scott, organiste et chanteuse de jazz américaine. A en croire Me Diop, elle n’a pas pu venir à Saint-Louis car il était impossible de lui trouver l’instrument de musique « Orgue Hammond B3 » dont elle avait besoin pour se produire sur la scène du «In».
Le responsable de la programmation artistique, Mame Biram Seck, semble confirmer ces propos en précisant que son cachet et les billets d’avion pour le déplacement de son groupe ont été entièrement payés, « et même les détails bancaires ont été réglés. La seule chose qui posait problème était la mise en place de cet instrument de musique ».

Le coordonnateur du Projet Saint-Louis/Jazz, Ibrahima Touré, a expliqué à l’assistance les enjeux et les perspectives mis en place en 2016 et qui permet de réfléchir sur les voies et moyens à mettre en œuvre pour professionnaliser davantage l’organisation de ce festival. En effet, un groupe d’experts, d’entrepreneurs nationaux et de décideurs réputés, acteurs de la société civile sénégalaise, amoureux de la vieille ville de Saint-Louis et  convaincus de l’utilité économique, sociale et culturelle du festival, regroupés au sein du « Cercle des amis de Saint-Louis Jazz », s’était engagé spontanément à apporter à l’Association Saint-Louis/Jazz son appui bénévole pour restructurer son projet et mettre en œuvre une nouvelle stratégie de développement et de consolidation dénommée « Projet Saint-Louis Jazz ».
Ce point de presse s’est tenu en présence de Mme Mathilde Favre, chargée de mission/jazz de la Fondation Bnp/Paribas, du célèbre koriste sénégalais Ablaye Cissoko, de Fara Tall, vice-président de l’Association Saint-Louis/Jazz et Alex Tendeng, responsable de la communication.

Mbagnick Kharachi DIAGNE

Escale du «Pavillon de l’Exil 03»


L’institut français de Saint-Louis a accueilli l’exposition « Pavillon de l’exil 03 » avec plus d’une vingtaine d’artistes y ont participé. Après des escales à Paris et Marseille, et sa présentation à l’Institut français de Tanger, et à la Biennale de Venise, Le «Pavillon de l’Exil» s’installe à Saint-Louis du 28 avril au 3 juillet prochain. Avec près de 20 artistes internationaux, cette étape du Pavillon déploie une quarantaine d’œuvres de toutes expressions autour des questions liées à l’exil, le déplacement, la situation des exilés, l’histoire de l’exil et des diasporas entre autres. Ce concept est imaginé par l’artiste marocain Mounir Fatmi, co-commissaire, avec Marie Deparis-Yafil. Pour Mounir, « de cette nécessité, de cette urgence permanente de penser l’exil, est né le projet, qui est itinérant, proposant une cartographie parallèle, une géographie libre d’expositions temporaires, sous la forme d’escales dans différents pays. L’ambassadeur de France Christophe Bigot et le ministre maire de la ville, Mansour Faye, ont présidé le vernissage.

La Pna offre des médicaments aux handicapés

Comme chaque année, la Pharmacie nationale d’approvisionnement (Pna) a organisé une cérémonie de don de médicaments au profit des couches vulnérables. Cette fois-ci, l’association des personnes vivant avec un handicap a été bénéficiaire. En effet, pour le responsable local de cette structure, le Dr Waly Diouf, « l’amélioration des conditions de vie des personnes vivant avec un handicap est une vive préoccupation des organisateurs du Festival de jazz de Saint-Louis et de la Pna ». Ce dernier a aussi assuré que ce partenariat sera davantage renforcé.

Eiffage Sénégal satisfait
de sa participation

Lors d’un entretien avec la presse, Mme Yacine Fall, chargée de communication de Eiffage Sénégal, s’est réjouie du déroulement du festival et de la participation de sa structure.
Elle a, en outre, salué cette grande rencontre, qui draine beaucoup de monde et qui, au fil des ans, est devenue une rencontre importante dans le calendrier culturel africain, et même au-delà. Mme Fall est aussi revenue sur la relation entre Eiffage Sénégal et la ville de Saint-Louis, faite de compagnonnage dans les domaines culturel, social, de la Rse, entre autres.
A Saint-Louis, souligne la responsable de Eiffage-Sénégal, «nous sommes venus pour participer au festival en prélude à la Biennale de Dakar. Cette année, nous allons rendre un hommage appuyé à l’artiste Ousmane Sow ». Pour Mme Fall, cette collaboration avec le festival ira crescendo.

Alassane Aliou MBAYE et Sarakh DIOP (photos) et Amadou M. NDAW

 

Une exposition collective de photographies se tiendra, du 3 au 15 mai, au Centre culturel « Le Château », à Saint-Louis. Une activité prévue dans le cadre de la Biennale Dak’Art, fruit d’une collaboration entre le Programme Acerca de la Coopération espagnole et l’Association Diagn’art pour la cession de l’espace du Centre culturel « Le Château ».
Dans cette exposition, « La quête de l’identité, autant individuelle que collective », est à la base de plusieurs projets abordés par les photographes dont le regard se tourne vers ce passé présent. Eux tous réclament un rôle actif de l’art dans la construction d’un avenir meilleur. Ces artistes sont, entre autres, Haïdar Chams, Assane Sow, photographe-reporter, acteur-spectateur aux cérémonies religieuses et aux rituels dont les chants, danses et prières mobilisent des centaines d’initiés, comme il le montre dans son projet sur les Baye Fall ; Lamine Dième, Ndeye Fatou Thiam, plus connue sous le nom de Ina, ainsi que Abdoulaye Touré, Ndèye Astou Bèye (Bey-A) et Khalifa Hussein qui, dans son projet « Supertopia », exprime les interrogations du futur d’un effet surréaliste en laissant ses personnages en lévitation.

La Maison Ousmane Sow transformée en musée sera inaugurée, samedi 5 mai prochain, dans le cadre de la 13ème édition de la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar. Pour faire découvrir ce musée à ses auditeurs, Rfi sera dans la capitale sénégalaise dès le 3 mai.

Radio France internationale (Rfi) se déplace à Dakar, à partir du 3 mai, pour tourner des émissions en public. Avec l’ouverture de la Maison Ousmane Sow, Rfi va faire découvrir à ses auditeurs ce nouveau musée où seront présentées les œuvres du sculpteur surnommé « l’Auguste Rodin du Sénégal ». Aussi « Neuf vidéos 360° seront tournées par l’équipe de Rfi Labo dans la Maison Ousmane Sow avec des artistes sénégalais qui joueront de la musique, danseront, liront des textes au milieu des œuvres. Toutes ces vidéos permettront de découvrir la Maison et le lien étroit qui l’unissait à Ousmane Sow. » Cela, avec la participation de Youssou Ndour, Ismaël Lô, Elle et Elles, Daara J, Souleymane Diamanka, Fatou Diom, Cheikh Hamidou Kane, Germaine Acogny…

Les émissions « Appels sur l’actualité de Juan Gomez, « Le débat Africain » d’Alain Foka et « Vous m’en direz des nouvelles » de Jean-François Cadet seront enregistrées le 3 mai à l’Université des Savoir-Faire (Usf) - Cité Golf et, vendredi 4 mai, à l’Institut français de Dakar. Ces  émissions spéciales enregistrées en public, informe un communiqué, vont être consacrées à ce lieu qui rejoint l’inventaire des maisons d’arts légendaires à travers le monde, ainsi qu’à l’actualité politique nationale et au rap sénégalais.

Par exemple, l’émission « Appel sur l’actualité » sera consacré au bilan du Président Macky Sall avec des intervenants à l’image d’El Hadj Hamidou Kassé, ministre chargé de la Communication à la Présidence de la République du Sénégal et Babacar Gaye, porte-parole du Parti démocratique Sénégalais (Pds).
Quant à l’émission « Le débat africain », elle reviendra sur les « enjeux de la future élection sénégalaise ». Jean-François Cadet, dans son émission « Vous m’en direz des nouvelles », abordera « Le hip-hop et le rap sénégalais » avec comme invités Didier Awadi, pionnier du mouvement rap au Sénégal, Ibrahima Wane, professeur de Littérature africaine à l’Ucad, spécialiste des courants et textes musicaux africains, Amadou Fall Bâ, spécialiste de la culture urbaine sénégalaise, Nix, rappeur sénégalais.

Ibrahima BA

 

Le président de la République s’est rendu, samedi, à l’Hôpital Principal de Dakar, à la levée du corps du musicien Habib Faye, décédé mercredi dernier. Macky Sall y a présenté les condoléances « au nom de la Nation sénégalaise toute entière » à la Famille du défunt guitariste. Selon le chef de l’Etat, Habib Faye était un architecte de la musique dont l’œuvre doit être perpétuée.

Ce samedi, l’ensemble de la communauté artistique s’était donné rendez-vous à la morgue de l’Hôpital Principal de Dakar pour rendre un dernier hommage au musicien Habib Faye, bassiste du Super Etoile, décédé mercredi dernier, à Paris, à l’âge de 53 ans. Le président de la République, Macky Sall, a rehaussé aussi de sa présence cette levée du corps, pour rendre un hommage à Habib Faye qui fut, selon lui, « un patrimoine de notre culture que nous devons honorer et dont l’œuvre doit être perpétuée par nos jeunes talents ». Le chef de l’Etat était  accompagné du Premier ministre, Mahammed Abdallah Dionne, du ministre de la Culture, Abdou Latif Coulibaly, du ministre du Renouveau urbain, Diène Farba Sarr, du ministre d’Etat, Mbaye Ndiaye, du secrétaire général du gouvernement, Seydou Gueye, entre autres.

A la famille et à la veuve du musicien, Macky Sall a confié : « Je sais que vous éprouvez la douleur de la perte d’un membre éminent de votre famille, mais je peux vous dire également que le Sénégal vient de perdre un grand fils, une vitrine internationale ; l’Afrique aussi pleure la disparition de Habib Faye. Je voudrais, en cet instant solennel et particulier, et au nom de la Nation sénégalaise toute entière, présenter nos condoléances attristées ».
Le Président considère la disparition de Habib Faye comme « une immense perte, d’un homme réputé pour sa discrétion » et décrit par ses proches comme « généreux avec une discipline sans égale, une exigence dans sa quête constante de perfection ». « Il est parti avec dignité, en silence, comme pour nous épargner la souffrance de sa disparition », a dit le chef de l’Etat.  

Geste symbolique
Ce dernier a aussi apprécié le talent de l’artiste qui repose désormais au cimetière de Yoff, à Dakar. « Pour un néophyte comme moi, j’ai apprécié son talent le long de son compagnonnage avec Youssou Ndour... Sa musique nous touchait tous parce qu’elle partait toujours de ce que nous sommes, de ce que nous sentons pour nous entraîner vers des rythmes et des mélodies bien loin de notre quotidien. La musique de feu Habib Faye était authentiquement d’ici avant d’aller vers l’universel », se rappelle Macky Sall.

Le chef de l’Etat estime que la contribution de Habib Faye est reconnue comme décisive dans l’œuvre de modernisation de notre création musicale depuis les années 1980 grâce, en particulier, à Youssou Ndour et de grands musiciens comme Ismaël Lô, Oumar Pène, Idrissa Diop et tant d’autres. Saluant aussi la sincérité de l’amitié qu’il y a eue entre Youssou Ndour et le défunt, le président de la République souligne qu’Habib Faye a continué « à élargir nos perspectives culturelles et musicales au-delà de nos frontières par des collaborations significatives avec les plus grands noms de l’élite musicale internationale ».  
Auparavant, très touchée par la présence du chef de l’Etat, Me Aïssata Tall Sall, parlant au nom de la famille de la veuve de Habib Faye, a remercié le président de la République « pour ce geste hautement symbolique », en venant avec l’ensemble de son gouvernement s’incliner devant la dépouille « de notre cher frère et beau-frère ».

« Cela nous touche énormément », confesse Me Tall Sall. Cette dernière a aussi présenté « les hommages les plus déférents » au président Macky Sall et à Youssou Ndour pour la grande générosité dont ils ont fait preuve.
Même avis chez le musicien Vieux Mac Faye, grand-frère du défunt qui a remercié le chef de l’Etat pour son déplacement, une reconnaissance de toute la Nation. Il a apprécié la mobilisation des familles artistique et adoptive d’Habib, « incarnée par Youssou Ndour qui l’a éduqué et tout enseigné ».
 

Le père de Youssou Ndour, El Hadj Elimane Ndour, est revenu aussi sur le compagnonnage entre Habib Faye, un « grand travailleur », et son fils. La famille de Feu Serigne Saliou Mbacké est venue aussi prier pour le défunt qui fut leur disciple mouride.   

SODA MAMA FALL, CHANTEUSE
«Les artistes touchés par cette marque de reconnaissance»

«C’est une reconnaissance pour lui et pour tous les artistes d’avoir une levée du corps présidée par le chef de l’Etat. Tous les artistes sont très touchés par cette marque de reconnaissance du président de la République, Macky Sall. Nous sommes très contents aussi de l’attitude de Youssou Ndour qui a démontré que l’amitié est très importante dans notre pays. La solidarité est aussi importante pour notre société et nous pouvons en être fiers.»                               

Oumar KANDE

Réactions

IDRISSA DIOP, CHANTEUR
«C’était un alchimiste
de la musique»
«Habib était un grand bonhomme. Pour résumer ce que je sais de lui, c’était un génie des temps modernes, un alchimiste de la musique. Il mettait la technique au service de l’émotion. Tout ce qu’il sortait en musique, c’était quelque chose de vérifiable, d’exact. Il me disait souvent qu’il faut qu’on arrête de prendre la musique à la légère car c’est une science exacte. Pour lui, il faut apprendre la musique, donner du cœur et du temps à cette musique, donner un sens à la musique. C’était  un homme exceptionnel».

ISMAILA LO, CHANTEUR
«Habib faisait partie des plus
talentueux bassistes»
«Nous avons perdu quelqu’un de généreux, un homme courtois, discret. Il avait beaucoup de talent et était très pieux. C’était un petit frère à moi car en passant par Adama Faye avec qui j’ai eu à partager des moments au Super Diamono, Vieux Mac Faye et Lamine Faye, je fais partie de cette famille. Habib faisait partie de la génération des plus talentueux bassistes dans le monde, sa dimension a dépassé nos frontières. Que le bon Dieu l’accueille dans son paradis. Le geste du Président qui est le protecteur des Arts et des Lettres est à saluer aussi. Cela ne peut que le grandir et grandir la culture. C’est un geste fort et symbolique et nous lui disons merci».

COUMBA GAWLO SECK, CHANTEUSE
«Je retiens de Habib le talent,
la générosité…»
«Nous vivons aujourd’hui de grands moments d’émotion. C’est une grande tristesse qui m’envahit parce qu’un des nôtres est parti à jamais. Le talent est parti ; la générosité, la discrétion et le partage sont les souvenirs que je retiens de Habib, ce grand musicien avec qui j’ai partagé de grands moments de musique et de rigolade. Il m’a beaucoup aidé dans la composition de mon produit Pata Pata».

ALIOUNE MBAYE DER, CHANTEUR
«Le nom du groupe Setsima s’inspire d’un tube de Habib»
«Habib était un ami, un frère. Tout le monde sait que je suis du « Lemzo Diamano » depuis les années 1990-1991 ; nous avons eu un vécu, Lamine Faye, Habib Faye et moi. Même le nom de mon groupe, le « Setsima », c’est par rapport un tube qu’Habib avait réalisé (Setsima) ; le nom est venu de là. C’est un grand-frère et cette perte nous fait très mal. Il m’a beaucoup aidé tout au long de ma carrière».

PAPE DEMBEL DIOP, BASSISTE
«C’était un très grand
professionnel»
«Je retiens de lui un homme humble, d’une très grande générosité. Un très grand professionnel avec qui nous partagions beaucoup de choses, particulièrement la musique. Il était très professionnel. Il a œuvré pour le rayonnement de la musique au plan international. Nous prions pour le repos de son âme».  

Propos recueillis par O. KANDE

 

Le ministre de la Culture Abdou Latif Coulibaly a présidé la cérémonie d’ouverture de la 26ème édition du festival international de Jazz de Saint-Louis, en compagnie du maire de Saint-Louis Mansour Faye, en charge de l’Hydraulique et de l’Assainissement. Une occasion pour Abdou Latif Coulibaly de dire la disponibilité de l’Etat à appuyer cette manifestation, inscrite dans l’agenda culturel africain, et même au-delà.

A la Place Faidherbe, les populations s’étaient déplacées moyennement, pour participer à la cérémonie officielle, marquant l’ouverture de cette 26ème édition. Tour à tour, les officiels sont revenus sur l’importance de cette rencontre culturelle.
C’est dans ce sens que Me Ibrahima Diop, président de l’Association Saint-Louis Jazz, tout en remerciant les différents sponsors, est revenu sur l’importance de structurer davantage l’organisation de ce festival. C’est ainsi qu’il a émis le vœu de transformer « l’association en une fondation, pour davantage perfectionner l’organisation ». Dans cette même logique, le maire Mansour Faye s’est réjoui d’avoir « le ministre de la Culture Abdou Latif Coulibaly. Ce dernier rehausse de sa présence cette manifestation qui se déroule dans une ville d’histoire ». Au demeurant, le maire a évoqué la question des taxes, car pour certains, les impôts versés à la mairie grève le budget du festival. Mais, souligne Mansour Faye, « c’est une question de réglementation, et nous sommes en train de discuter de cette question, avec les organisateurs ». Également, Mansour Faye a rappelé la contribution substantielle du chef de l’Etat.

Abdou Latif Coulibaly, ministre de la Culture, s’est dit heureux de venir à Saint-Louis. Il a aussi salué les organisateurs qui « depuis 26 ans, s’échinent à mettre en place cette manifestation culturelle, considérée comme l’une des plus grandes d’Afrique ». Aussi, le ministre a avoué que son département a fait des efforts en « prenant en charge la totalité des émoluments de tous les techniciens qui s’occupent de ce matériel, et cette scène mise à la disposition du festival ». Il s’est également réjoui de la décision des responsables du festival d’en faire une fondation, pour plus de professionnalisme. C’est dans ce sens qu’Abdou Latif Coulibaly a dit la disponibilité de son département « à aider, dans cette mutation institutionnelle de ce festival ».

Khabane, Habib et Lockwood,
les absents-présents

Cette année, la mélancolie a enveloppé la Place Faidherbe, avec des hommages d’artistes de talent, qui ont marqué le festival. D’abord, Khabane Thiam, disparu dans un accident, un monsieur qui a été un des précurseurs de ce festival.
Ensuite, Habib Faye qui, à pareils moments, était à Saint-Louis pour les besoins de cette rencontre culturelle. Et Didier Lockwood, le violoniste français mort brutalement, en février dernier, alors qu’il avait déjà signé le contrat le liant à l’Association Saint-Louis Jazz. « Nous allons accueillir son groupe en compagnie de sa femme, qui sera du déplacement, afin de saluer la mémoire de cet artiste qui l’an dernier, était avec nous »,   a affirmé le président, Me Cissé.      Pour la soirée récréative, le tempo a été donné par Etienne Mbappé, le bassiste camerounais de talent et son groupe « The Prophets ». Cet artiste a roulé sa bosse un peu partout, en accompagnant des sommités comme Ray Charles ou Salif Keïta.

Ce qui lui permet de produire des mélodies d’une grande diversité. Mais, avant lui, le trio luxembourgeois Reis-Demuth-Wiltgen a offert une belle partition au public. En effet, le pianiste Michel Reis, le contrebassiste Marc Demuth et le batteur Paul Wiltgen composent ce trio. Ce sont des musiciens les plus prometteurs du Luxembourg et ont formé le Reis-Demuth Wiltgen Trio, en 1998, lorsqu’ils étaient encore au lycée.

La ferveur s’installe

La 26ème édition du Festival international de jazz insuffle une énergie à Saint-Louis. Il lui restitue son ambiance. Celle du jour est tout aussi chaleureuse malgré quelques couacs de départ.

Un « gringalet » d’une lucidité douteuse se faufile entre d’impatients curieux qui se délectent des belles promesses du soir s’accomplissant sur une scène majestueuse et emplie de rythmes. La balance est un délice même pour les sièges, percés par les rayons du soleil, qui approuvent silencieusement. A quelques encablures, c’est la fureur des tam-tams qui excitent les écoliers et attirent les regards émus d’un couple français. « Depuis quelques années, je viens, avec ma compagne, à Saint-Louis pour participer à cette fête qui met en lumière une certaine humanité au-delà des génies de la musique qu’on peut y retrouver. Le festival offre une diversité de réalités et de rythmes », confie Benoît devant son épouse qui acquiesce.

La Place de Faidherbe ne grouille pas seulement que de monde. Elle est emplie d’espoirs et de couleurs. Espoirs d’une soirée enchanteresse. Couleurs d’ici et d’ailleurs. Des badauds s’y attroupent. Des hommes d’âge mûr viennent yressasser le bon vieux temps en attendant que la nuit et les notes tombent. Ailleurs, on fait abstraction de la ferveur. L’accréditation des journalistes crée un méli-mélo devant le « fameux vieux » Johnny Bâ chargé de les leur remettre.

Quelques journalistes étrangers en sont aussi demandeurs. L’un d’eux vient pour la première fois couvrir le festival. Il en pense ceci : « le festival suscite un écho ici et dans bien des pays. Il est, pour un journaliste culturel, un grand moment à vivre et à partager même s’il y a quelques problèmes par-ci par-là ».

A la foire du festival, le flux, à une heure avancée de la journée, apporte de la vie et son lot de gémissements. Mouhamed Diédhiou occupe, avec d’autres, un stand de produits cosmétiques cédés à 250.000 FCfa. Le festival offre l’opportunité, selon lui, de « vendre et de faire connaître ses produits ». Il déplore, toutefois, quelques manquements. Sa voisine, accablée par le soleil, n’en pense pas moins. « Cette année, nous n’avons que six jours. Les clients se font désirer. Les stands ne permettent pas de se protéger du soleil et l’éclairage était insuffisant au premier jour ». Malgré quelques contrariétés, le festival déchaîne l’enthousiasme. Il imprime une énergie à la vieille ville.

Soirée Dj Mix et African dance music en «Off»

Le festival jazz de Saint-Louis sera riche en programme cette année. En plus du « In » qui se tient à la place Faidherbe, plusieurs scènes sont prévues dans toute la ville. Electrafrique, un mélange de soirée Dj Mix et African Dance Music, sera également au menu du « Off », ce samedi 28 avril, au Château, à Saint-Louis. La température va monter ce samedi, à Saint-Louis, avec la soirée Dj Mix et African Dance Music qui est au menu de la multitude de programme du « Off » du festival jazz 2018 qui a démarré ce jeudi. Ce sera une première à Saint-Louis. Les initiateurs, Akayafrica et Kaani, à travers le concept Electrafrique, ont voulu apporter une innovation majeure à travers ce spectacle et créer l’évènement. Dj Cortega et Dj Ibaaku, deux animateurs aux styles différents, seront aux manettes et vont assurer le show pour satisfaire le public. Installés derrière leurs platines, ils se relaieront toute la soirée pour transformer le Château en un véritable dance-floor. La programmation est très audacieuse et les organisateurs promettent une soirée inédite, pas comme les autres. Et il y en aura pour tous les goûts. L’entrée est gratuite jusqu’à 23 heures et payante au-delà.

S. O. FALL


Alassane Aliou MBAYE et Sarakh DIOP (envoyés spéciaux)
et Amadou Maguette NDAW

 

Le nouveau rapport 2018, qui dresse chaque année le classement mondial de la liberté de la presse publié hier par l’Ong « Reporter sans frontières » (Rsf), classe le Sénégal 7e rang africain sur 54 pays du continent et au 50ème rang contre 58ème l’an dernier sur 180 pays évalués,  soit un gain de huit places, rapporte le site de l’organisation non gouvernementale de défense des droits des journalistes.

Au plan africain, le dernier rapport sur la liberté de la presse de Reporters sans frontières (Rsf), publié hier, classe le Sénégal à la 7e place. Il est devancé par le Ghana, 23ème au classement mondial, mais aussi la Namibie (26ème), l’Afrique du Sud (28ème), le Cap-Vert (29ème), le Burkina Faso (41ème) et le Botswana (48ème). Au niveau mondial, le Sénégal a vu la situation du journalisme s’améliorer davantage. En effet, le pays a gagné huit places au nouveau classement de Rsf, passant du 58ème au 50ème rang sur 180 pays  entre 2017 et 2018. Le classement mondial de la liberté de la presse qui évalue, chaque année, la situation du journalisme dans 180 pays, renseigne que « de plus en plus de chefs d’Etat démocratiquement élus voient la presse non plus comme un fondement essentiel de la démocratie, mais comme un adversaire pour lequel ils affichent ouvertement leur aversion ». Le rapport fait état d’un « climat de haine de plus en plus marqué » contre les journalistes. En effet, le classement révèle un accroissement du climat et des sentiments de haine envers les journalistes, qui se développe dans les démocraties. La carte s’est encore un peu plus assombrie en 2017 avec un bilan peu reluisant. C’est pourquoi l’Ong s’est inquiétée du niveau record des discours haineux enregistré avec 21 pays qui ont été placés en situation « très grave ».

En ce qui concerne l’Afrique, le continent peut se prévaloir d’un score « légèrement amélioré » en 2018 en comparaison de 2017, mais le continent africain reste marqué par « des situations très variées », selon Reporters sans frontières. Selon Reporters sans frontières, « la fréquence des coupures Internet, notamment au Cameroun (129e) ou en Rdc (154e), qui s’ajoute aux fréquentes agressions et arrestations, révèle de nouvelles formes de censure dans la région ».

Mamadou Lamine DIEYE

 

Dans le cadre de la 13ème édition de la Biennale de l’art africain contemporain (Dak’Art), l’Institut français de Dakar compte présenter une programmation riche et diversifiée à partir du 3 mai prochain. Avec des expositions en « In » et « Off », il offrira aussi d’autres activités parallèles dont une programmation de cinéma spéciale biennale, du design à travers l’organisation d’un atelier sous la houlette de Keur design.

Partenaires classiques de la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar, l’Institut français et l’ambassade de France au Sénégal s’associent, cette année encore, pour accompagner cet évènement phare du continent dédié aux arts visuels. Pour cette édition 2018, une programmation large et diversifiée a été élaborée pour contribuer à la réussite de ce grand rendez-vous de la créativité africaine. A Dakar et sa banlieue comme dans certaines régions dont Kaolack et  Ziguinchor, de nombreuses activités sont prévues pour rythmer le Dak’Art. Déjà dès le 3 mai, jour de l’ouverture officielle de la Biennale, la galerie Le Manège, dans le cadre du « In », va dérouler le tapis rouge  à l’artiste camerounais Pascale Martine Tayou pour son projet « Bois céleste ». Lequel est une installation faisant écho au thème de cette 13ème  édition de la Biennale de l’art africain contemporain : « L’heure rouge ».  

Ainsi, avec ses 12 étudiants de l’Ecole des Beaux-arts de Paris associés à ceux de l’Ecole des Arts de Dakar, ils mèneront des expériences artistiques autour de l’installation. Dans le même temps, explique Delphine Calmettes, responsable de la galerie Le Manège, un restaurant éphémère sera installé dans la cour avec la complicité de Fati Niang, qui y garera son food-truck dénommé « Black spoon ». Il s’agit d’une façon de faire découvrir « aux Biennalistes les saveurs subtiles de la gastronomie africaine », notamment celle sénégalaise.  

Aussi, une « Box vidéo » va offrir l’opportunité de voir des films d’artistes en boucle dans les jardins de l’Institut « tandis que la 43ème nuit du cinéma fera son grand retour au restaurant le Bideew ». A cela, s’ajoutent les projections du « In » avec le collectif « Zam Zam » et « Les larmes miraculeuses » de Jean Pierre Békolo. Non sans oublier, comme l’a rappelé Mme Calmettes, le projet « Ex libris Artis », lequel constitue « un grand fond documentaire en libre accès sur les arts visuels constitué grâce aux contributions des artistes de la Biennale ». Une restitution des ateliers Keur Design menés en partenariat avec le Goethe-Institut va rythmer également l’évènement.

Dans le cadre de la programmation « Off », l’Alliance française de Ziguinchor va accueillir une exposition collective regroupant des artistes du Sénégal, de la Gambie, de la Guinée Bissau, du Cameroun,… A Kaolack, l’artiste Ibrahima Diokhané proposera une exposition de peinture. S’y ajoute une exposition collective de Khalifa Dieng, Ousmane Ndiaye Dago et  Ibrahima Kébé.  Enfin, à Saint-Louis, à la Galerie du fleuve de l’Institut français, « Le pavillon de l’exil », qui est une exposition nomade, dévoilera une quarantaine d’œuvres autour de la thématique de l’exil, de la situation des exilés, des diasporas… L’autre activité phare des « Off » sera le vernissage de l’exposition collective « La Cloche des fourmis » du laboratoire « Agit’Art », le 4 mai prochain.

Pour l’ambassadeur de France au Sénégal, Christophe Bigot, le Dak’Art est un « évènement essentiel » et c’est pourquoi il est « important » de l’accompagner. Une trentaine d’inspecteurs du ministère de la Culture française sont attendus à Dakar durant la biennale.

Ibrahima BA

 

Le président de l’association Saint-Louis/Jazz, Me Ibrahima Diop, a fait savoir que tout est prêt pour que cette présente édition soit réussie. Les responsables ont fait savoir que la ville de Saint-Louis est déjà parée pour vibrer avec Paco Sery, Stanley Jordan et autres artistes de talent. Une belle frénésie s’annonce en ville, avec l’ouverture du festival international de Jazz de Saint-Louis, pour ce soir jusqu’au mardi prochain. Estrades, podiums et autres sont en train d’être installés, pour la tenue d’une série de concerts. De l’avis de Me Ibrahima Diop, président de l’association Saint-Louis/Jazz, « toutes les dispositions ont été prises, afin que les festivités se déroulent convenablement, et que la ville accueille ses hôtes comme il se doit ». Cette année, la particularité de ce festival est qu’il a comme parrain le Prince Albert II de Monaco et va enregistrer la présence de jazzmen de talent, comme Etienne Mbappé, Dhafer Youssef, Didier Lockwood, Rodha Scott, Nicolas Former, entre autres. Aussi, l’Orchestra Aragon est attendu, pour son retour à Saint-Louis, de même qu’Hervé Samb, Julia Sarr, Hawa Ly, entre autres.

A. M. NDAW

 

L’an dernier, à pareils moments, le binôme Ablaye Cissoko, koriste, et Habib Faye, guitariste, préparait son concert sous le vocable « Autour de Minuit ». Cette rencontre artistique, initiée par les deux instrumentistes de talent, devait permettre aux différents musiciens qui se sont succédé sur le «  In » du festival international de Jazz de Saint-Louis de se retrouver à l’Institut français pour un dialogue si mélodieux.

C’est pourquoi avec la disparition de Habib Faye, le koriste Ablaye Cissoko s’est dit attristé par cette perte. « Habib était un homme multidimensionnel en tant que musicien : guitariste talentueux, arrangeur, bref un artiste complet à qui nous devons beaucoup... énormément », a souligné Ablaye Cissoko. Avant de poursuivre, « comme vous le savez, nous avons l’année dernière effectué une grande tournée ensemble au Sénégal, en Afrique et en Europe, après la production d’un Ep qui annonçait la sortie d’un album prochainement. Nous devions, dans les prochaines semaines, repartir en tournée ».
L’artiste saint-louisien dit retenir de Habib Faye « sa large contribution à préserver les acquis de la musique sénégalaise ».

A. M. NDAW

Hommage

«Une des figures de proue de notre musique»

 C’est avec une grande tristesse et une profonde consternation que j’ai appris, ce mercredi 25 avril 2018 à Paris, le rappel à Dieu de notre compatriote Habib Faye, une des figures de proue de la musique sénégalaise.
Le Sénégal perd un grand artiste au talent pur qui a marqué de son empreinte la production musicale du Sénégal. Artiste multi-instrumentiste, compositeur doué et arrangeur ingénieux, Habib Faye servi par un génie créatif inépuisable, a beaucoup apporté à la réalisation d’albums de différentes générations d’artistes-musiciens au Sénégal et en Afrique.  Abreuvé depuis son jeune âge aux sources d’un foyer que Dieu a nanti d’instrumentistes doués, Habib Faye était depuis longtemps entré dans la légende artistique sénégalaise en  étant une locomotive du Super Etoile, formation contribuant avec brio à l’expression internationale de notre patrimoine musical.
En cette circonstance douloureuse, j’exprime, au nom du Président de la République, Son Excellence, Monsieur Macky SALL, du Gouvernement du Sénégal et en celui de la communauté artistique et culturelle, mes condoléances sincères à la famille éplorée et au peuple sénégalais.

Abdou Latif COULIBALY
          

Ministre de la Culture

 

« Je n’ai pas été à l’école de la musique, mais Jaco Pastorius l’a été. Je l’ai écouté et copié pour avoir un certain niveau… ». C’est ainsi que répondait Habib Faye dans une interview accordée au «Soleil», en mai 2016, lors d’un spectacle « Off » du Festival international de jazz de Saint-Louis. Ce grand raout de la musique sénégalaise, africaine et mondiale s’ouvre d’ailleurs cet après-midi, sur la Place publique de Ndar, où depuis quelques années, celui qui se définissait comme un bassiste, musicien autodidacte, avait rejoint le joueur de kora mandingue, Ablaye Cissoko, dans son concept « Autour de Minuit », développé en spectacle « Off » du festival de Jazz de la ville. Cette année, ce sera sans Habib Faye, décédé hier des suites d’une maladie, à Paris, en France.

Ces derniers mois, rejoint par le fameux batteur d’origine sénégalaise Moctar Samba et Ablaye Cissoko, Habib Faye préparait un album de jazz fusion dont la sortie était annoncée cette année. En novembre dernier, lors d’une rencontre de conseillers culturels à la Résidence de l’ambassadeur de France à Dakar, Habib Faye confiait à ce propos à notre confrère du «Soleil», sur les thématiques de cet album fusion en gestation : « En général, on développe l’amour qui est quelque chose qui compte pour nous Africains. C’est l’amour entre l’homme et la femme, l’amour entre les gens, l’amitié qu’ils ont et qu’ils poursuivent. On y a parlé des choses de la vie ; quelques anecdotes qu’on raconte dans les chansons, des choses qui nous sont arrivées. On a essayé, plus ou moins, de toucher à toutes les thématiques qui peuvent intéresser les gens, en général ».

De l’amitié, Habib en avait avec les musiciens sénégalais, et hier, à l’annonce de sa disparition, plusieurs d’entre eux ont témoigné de la joie de vivre distillée par le « maestro » Faye dans les studios d’enregistrement et lors des rencontres entre artistes. Sa guitare et son génie d’arrangeur a rejailli sur plusieurs albums de chanteurs sénégalais, en passant par Youssou Ndour, Daara J, Ndongo Lô…

Chef d’orchestre
Natif de Dakar en 1965, d’une fratrie d’artistes, dont feu Adama Faye, arrangeur légendaire, Lamine Faye guitariste réputé, ancien membre du Super Diamono et fondateur du « Lemzo Diamono », Vieux Mac Faye, jazzman de renom, Moustapha Faye…, Habib a intégré au milieu des années 1980 le Super Etoile de Dakar fondé par la star sénégalaise Youssou Ndour. Depuis cette date, jusqu’à leur éloignement musical en 2012, à la suite de la nomination de ce dernier comme ministre dans le gouvernement, Habib Faye a joué avec brio le rôle de chef d’orchestre du Super Etoile. Le récent concert « Grand Bal » de Paris-Bercy les a rapprochés au bonheur de leurs fans. Et les membres du Super Etoile ont annulé, hier, un voyage sur Kigali, au Rwanda, où ils devaient honorer un engagement.

Comme son acolyte guitariste Mamadou « Jimmy » Mbaye, Habib menait également une carrière solo en jazz, parallèlement à sa carrière professionnelle dans l’un des plus célèbres orchestres sénégalais. Habib Faye a laissé éclore son amour pour la musique jazz dans quelques disques en solo, dont l’album « H2O ». Et dans le cadre du projet « Colanote », avec Ablaye Cissoko et Moctar Samba, il préparait cet album fusion attendu par les mélomanes férus de jazz.  
A la question de comment se porte votre carrière, Habib répondait ce jour de novembre : « Très bien. Je rends grâce à Dieu. On fait notre bonhomme de chemin, en essayant d’élaborer des projets, de jouer dans ce qu’on aime faire. On a donc beaucoup de projets… ».
A 53 ans, Habib Faye laisse sa touche musicale sur des œuvres inoubliables dans le patrimoine musical national. Son inhumation est annoncée demain, vendredi, à Dakar. Adieu l’artiste !

Omar DIOUF

...Les artistes sénégalais attristés

Paris - C’est une triste nouvelle. Habib Faye le célèbre bassiste du Super Étoile de Dakar n’est plus. L’artiste s’est éteint, hier à Paris, des suites d’une courte maladie qui a été plus forte que son envie de vivre et son enthousiasme débordant.

Les témoignages sont unanimes sur le bassiste qui faisait la fierté de toute l’industrie culturelle sénégalaise et africaine en général. Habib Faye était un homme généreux, courtois, plaisant, très positif dans ses pensées et ses actes. D’ailleurs, pouvait-il en être autrement d’un aussi grand artiste. A Paris, les artistes ont tous salué la mémoire d’un pilier du Super Étoile de Dakar qui a su également contribuer pour beaucoup à l’évolution et à la modernisation de la musique sénégalaise. Des années 1980 à nos jours, Habib Faye a accompagné et contribué au rayonnement de plusieurs générations de musiciens et de chanteurs.

De Kiné Lam à Waly Seck en passant par le Lemzo Diamono, le groupe Ceddo et tant d’autres groupes de rap et de jazz sénégalais, africains, européens et même américains, Habib Faye a définitivement marqué de son empreinte la musique du monde. Avec Mbaye Dièye Faye, Jimmy Mbaye, Issa Cissokho, Thierno Kouyaté, ils ont fait les beaux jours du Super Étoile aux côtés de Youssou Ndour dont les grandes qualités de chanteur leader ont su être mises en valeur au toit du showbiz mondial par ces orfèvres du tempo et des sonorités en tous genres.
« Habib Faye a beaucoup contribué à mon initiation musicale. J’étais jeune guitariste débutant quand je l’ai rencontré pour la première fois au studio « Xippi », pendant l’enregistrement du premier album du groupe Ceddo », affirme Ilon

Bâ, guitariste sénégalais vivant en France. Le chanteur Woz Kaly regrette, quant à lui, que le projet musical qu’il avait avec Habib Faye ne verra hélas jamais le jour. « C’était un musicien plein de talent que je respectais beaucoup, notamment pour sa générosité et sa grandeur artistique. C’est une énorme perte, pas seulement pour le Sénégal, mais pour l’Afrique également et surtout pour mon aîné Youssou Ndour, pour qui j’ai une forte pensée affectueuse en ces moments », dixit Woz Kaly.

Bassiste comme le défunt Habib Faye, Alioune Wade alias « Marcus » est lui aussi fortement attristé par le décès d’une de ses idoles. « J’étais adolescent quand j’ai découvert le talent d’Habib Faye en traçant la musique de Youssou Ndour du haut de mes 13 ans d’âge. Sans même savoir que je deviendrai un jour bassiste professionnel, je m’amusais à imiter ses lignes de basse en usant des bâtons de balai de ma mère. Mon père est pourtant un musicien très connu au Sénégal, mais c’est Habib et son frère Lamine qui m’ont conforté dans mon envie de faire carrière dans la musique et de devenir bassiste », a témoigné le jeune musicien qui vient de sortir, il y a quelques semaines, son deuxième album international.

Ousmane Wade, claviste de renom qui a fait les beaux jours du Super Diamono de Dakar avec Oumar Pène et a longtemps accompagné Ismael Lô et son groupe au firmament de son art, retient de Habib Faye, outre sa grandeur artistique, un bon musulman et fervent talibé  mouride.
La levée du corps du musicien aura lieu à 10h, ce matin à la clinique de L’Estrée, à Stain, en proche banlieue parisienne, en présence des autorités diplomatiques accréditées en France et de la grande famille des artistes sénégalais.

Ousmane Noël MBAYE

 

Le journaliste et écrivain, Pape Samba Kane, vient de publier son nouveau livre, sorti simultanément en France et au Sénégal en fin mars, « A tire d’elles », un recueil de poésies édité par Les Éditions Lettres de Renaissances.
La cérémonie de présentation de l’œuvre est prévue ce samedi 28 avril, à la Maison de la presse, à Dakar. Ce recueil de Pape Samba Kane, entraînant « sur les rites poétiques de la passion amoureuse », est préfacé par la spécialiste de la littérature africaine d’expression française, Lilyan Kesteloot, chercheur à l’Ifan-Ucad, récemment décédée à Paris. L’auteur Pape Samba Kane compte d’ailleurs « profiter d’une belle cérémonie de présentation, le 28 avril, pour rassembler des universitaires spécialistes comme elle, qui la connaissent bien, pour lui rendre un hommage à la mesure de son investissement personnel dans mon travail ». Pape Samba Kane, journaliste, essayiste et romancier, a publié en 2015 le roman intitulé « Sabarou Jinné : les tam-tams du diable ». Il est l’auteur de plusieurs écrits journalistiques et des portraits politiques satiriques avant de se consacrer à la fiction.

La 7ème édition de la Journée internationale des filles dans les Technologies de l’information et de la communication se tient demain. Pour cette année, il a été retenu comme thème « L’accès des jeunes et des femmes au secteur des Tic : unité nationale pour la diversification de l’économie et la création d’emploi pour un développement durable ».

Le ministère des Postes et Télécommunications célèbre, ce jeudi 26 avril, la Journée internationale des filles dans les Tic, pour inciter et encourager davantage les filles à choisir les filières Tic. En prélude à cet évènement initié en 2012, la conseillère technique en Genre du ministère des Postes et Télécommunications, Bitilokho Ndiaye, a échangé, lundi, avec la presse sur le thème de la journée et les activités organisées à cette occasion. Selon Mme Ndiaye, la thématique de cette année porte sur « L’accès des jeunes et des femmes au secteur des Tic : unité nationale pour la diversification de l’économie et la création d’emploi pour un développement durable ». A l’en croire, ils ont retenu ce thème suite à la décision du président de la République de décréter l’année 2018 comme année sociale consacrée aux jeunes et aux femmes.
« Nous voulons vraiment mettre l’accent sur la création d’emploi, l’innovation technologique, l’entreprenariat et  l’appropriation du numérique par toutes les franges de la population, notamment les femmes », a-t-elle indiqué.

S’exprimant sur les activités qui vont marquer cette journée des filles dans les Tic, Bithiloko Ndiaye fait savoir qu’il y aura une vingtaine de manifestations organisées par leurs différents partenaires aussi bien à Dakar que dans 10 départements du Sénégal, en particulier dans les Universités et les lycées. Il s’agit, entre autres, des portes ouvertes de la Direction du traitement automatique de l’information (Dtai) du ministère de l’Economie, des Finances et du Plan, celles de l’Adie, de Neurotech, du programme de mentorat dénommé en wolof « Goungué Ba Tekki » qui sera mis en place. Sans compter les autres activités dans les régions universitaires, à Kolda, Podor et Tambacounda avec le Réseau des femmes enseignantes pour l’équité et l’égalité du genre qui organise, au mois de mai, une journée de sensibilisation à l’endroit des femmes enseignantes et des jeunes filles dans la filière des sciences de la région pour qu’elles puissent intégrer et s’engager dans le domaine des Tic.

Quant à la cérémonie officielle de la Journée  internationale des filles dans les Tic, elle aura lieu demain, et plusieurs thématiques y seront abordées, notamment la formation. « Il y aura deux grandes sessions. L’une sur le leadership transformationnel et l’autre session portera sur l’appropriation du numérique  par les femmes. Et ce sera l’occasion, pour restituer tous les travaux faits au niveau des Nations unies sur cette thématique pour s’en inspirer et mieux affiner nos stratégies », a informé Bitilokho Ndiaye.

Maguette Guèye DIEDHIOU

 

 

On connaissait l’activiste des droits de l’enfant qui a passé une bonne partie de sa carrière à Enda Tiers Monde. Avec « L’arbre à musique » (éditions Amalion, 110 pages), on découvre le poète « charmeur » de serpents.

Né à Paris, d’origine italienne, ayant étudié à Genève, avant de débarquer au Sénégal au début des années 1980, Fabrizio Terenzio est un personnage multiple. Mais quand on lui demande laquelle de ces identités l’emporte, il exhibe fièrement sa carte d’identité sénégalaise. « Celle-là », dit-il, dans un large sourire. Un geste qui, plus que les mots, montre son attachement à son pays adoptif, son « village », comme il le dit. En écrivant ce livre, il a donc voulu « restituer » à ces Sénégalais tout un ensemble d’affection, de tolérance, de choses qu’ils lui ont offertes : les discussions tardives autour d’un thé, les émotions, en un mot la « téranga ». « Ce livre, c’est la découverte du Sénégal et des Sénégalais avec qui j’ai vécu depuis mon arrivée en 1980 », dit-il. Un message d’adieu à tout ce monde ? « Non, c’est un Bonjour », clame Fabrizio Terenzio, qui entend passer sa retraite entre Gorée et la Casamance, deux sociétés dans lesquelles il est « bien intégré ». L’autre message s’adresse au monde, à ceux qui visitent ce pays, pour les aider à saisir son charme.

Dans la forme, « L’arbre à musique » est un roman composé de pastiches – les différentes parties pouvant se lire séparément – de rencontres de tous les types dans un petit village de pêcheurs translucides sous le soleil au cœur d’une grande ville, un chef-lieu enclavé, des bolongs lagunaires, un village devenu périphérie d’une capitale. Les voyages et la trompette du narrateur conduisent le lecteur à de multiples rencontres réelles ou imaginaires : des fleurs, des fées, des serpents… Comme devant un tableau impressionniste, les images et les couleurs se mêlent et se succèdent, dans un étrange mélange de visions nocturnes et de rêves diurnes : le vieux pêcheur amoureux, l’autre agonisant, la reine et son chevalier preux, le président et plein d’autres personnages éphémères.

Dans un style poétique, Fabrizio Terenzio plonge son lecteur dans certains univers dont lui seul, a le secret. A l’image de Kwotu, « un lieu malfamé et craint par les imbéciles épouvantés par le fantasme d’un féroce concubinage entre brigands et esprits du mal » et son crépuscule magique. « Jamais hors de Kwotu, tu ne pourras assister, muet et immobile, à une fête si grande comme en cet instant-là, où tu trouveras le droit et l’envie de t’envoler, de chanter la vie et de marquer le crépuscule, à la frontière entre le jour et la nuit ». C’est aussi des histoires d’amour tragiques et déchirantes. Comme ce vieux pêcheur qui « revenait bredouille de sa montée quotidienne au règne de Chica’O, laissant se dandiner au rythme de ses pas, son panier bleu et vide » à la recherche de sa bienaimée. En définitive, ce livre qu’il a commencé à écrire à l’âge de 27 ans, nous révèle des facettes méconnues de l’auteur. Avant l’activiste des droits de l’enfant, il y a eu le charmeur de serpents ! Finalement, Fabrizio Terenzio est un personnage pas loin de ses créations. De celles-ci, on apprend énormément sur lui.

Seydou KA

 

La formation sur l’art du reportage organisée par la Fondation Friedrich  Naumann pour la liberté a permis à une dizaine de journalistes des pays francophones de revoir certaines de leurs certitudes sur ce genre noble du journalisme.

L’art du reportage est mis en scène dans une salle parée d’œuvres d’art d’un hôtel de Berlin, au centre-ville. Les dix journalistes francophones de l’Afrique de l’Ouest avaient, en face, un maître qui n’a fait que ce genre durant une vingtaine d’années de carrière. C’est sa tasse de thé préférée. Il n’a pas choisi la facilité. Le reportage, c’est le genre le plus difficile en journalisme. Le défi, d’un journaliste qui fait le reportage, c’est de maintenir le suspense de l’attaque à la chute. Comment amener le lecteur à vous suivre ? Comment le transporter dans un monde étranger ou éloigné ? Comment le faire vivre un événement proche ou éloigné ?

Le journaliste doit savoir utiliser des figures de style, réussir les descriptions en allant dans les détails intéressants. L’auteur doit éveiller tous ses sens pour capter l’attention de ses lecteurs, de ses téléspectateurs et des auditeurs. « Souvent, les journalistes mettent l’accent sur la description, mais pour faire vivre le public, il ne faut pas négliger l’odorat, l’ouïe, le toucher... », rappelle Michael Obert. La construction de la trame du reportage, la hiérarchisation des éléments, leur enchaînement sont déterminants pour réussir la rédaction d’un article du genre noble.

Ce n’est pas donné à tout le monde « de faire de la bonne cuisine » en ayant dans les mains, tous les ingrédients. « Le reportage est une forme artistique du journalisme », a glissé Michael Obert. Le mot est lâché. Il résume tout, la complexité, l’exigence, l’emploi du mot juste... Quels sont les temps indiqués pour ce genre journalistique ? Le présent, le passé composé, le futur. Aussi, il ne faut pas déroger à des principes de base. A l’analyse des reportages publiés dans les journaux occidentaux et dans des médias d’Afrique, le commentaire prend de plus en plus de place dans des sujets de reportage.

Pas de place pour les commentaires
« Le commentaire ne doit pas tuer l’âme du reportage. Nous voyons souvent un mélange de style de reportage et de commentaire dans le même papier », note Michael Obert. L’auteur est invité à cacher son opinion et à mettre l’accent sur la description, la présentation de la problématique sans prendre position.
« Le reportage est un trésor qu’il faut offrir au public. Il permet d’éveiller les émotions du public, de faire bouger des lignes et de déclencher des actions politiques », narre l’affectionné de ce genre. Malheureusement, les reportages perdent de l’espace dans les journaux, et du temps dans des radios et des télévisions. Les raisons sont multiples. Certains responsables des médias opposent la publication d’un reportage à la longueur du texte. D’autres se posent la question : Est-ce que les gens vont lire tout le texte ? « Contrairement aux idées rapportant que les gens ne lisent plus les textes longs, des études ont montré qu’au cours de ces trois dernières années, qu’il y a un besoin des textes longs chez les lecteurs », rapporte Michael Obert.

L’autre question abordée, c’est comment adapter les textes longs des reportages au support numérique ? Certains bénéficiaires de la formation croient qu’il est bien possible de rédiger un reportage court. D’autres ont suggéré le recours aux illustrations pour capter l’attention du lecteur. Du reste, la Fondation Friedrich Naumann pour la Liberté cherche à inciter des journalistes à recourir à ce genre de plus en plus délaissé dans une optique de mieux défendre les valeurs qui font toute société démocratique. « Nous nous sommes rendu compte que le reportage est un genre difficile qui n’est pas beaucoup enseigné dans des écoles de formation. C’est ce qui justifie cette formation. En plus, cela cadre avec notre esprit de défendre les valeurs de la démocratie ; un de ses principes de base, c’est la liberté de la presse », explique la responsable du Programme international de médias et dialogue à la Fondation Friedrich Naumann, Andréa Nuesse, basée à Berlin.


De notre envoyé spécial à Berlin, Idrissa SANE

 

L’édition 2018 du Festival international de jazz de Saint-Louis se déroulera du 26 avril au 1er mai 2018. Un budget de 270 millions FCfa est prévu.
 « On espère boucler ce budget, comme à l’accoutumée. Le chef de l’Etat a apporté sa contribution financière. Le ministère de la Culture a prévu également de contribuer financièrement à l’organisation de cette 26ème édition. Le maire a convoqué les responsables et membres de l’association Saint-Louis/Jazz à une réunion et un Crd spécial, consacré à l’édition de cette année, sera présidé par le gouverneur Alioune Aïdara Niang », a dit, hier, le président de l’association Saint-Louis/Jazz, Me Ibrahima Diop. Il a tenu à remercier vivement le président du Cnoss, Diagna Ndiaye, qui, à lui seul, a fait lever des fonds pour le festival. « Aujourd’hui, pour cette présente édition, 50% des avances des artistes sont payés à hauteur de 60 millions FCfa », a souligné Me Ibrahima Diop. Pour ce qui est du plateau artistique, cette édition n’a pas de tête d’affiche, « les jazzmen qui se produiront sur la Place Faidherbe sont tous des têtes d’affiche. Ils viendront des Etats-Unis, des pays d’Europe, d’Afrique, etc. ». Parlant de cette programmation artistique, il a rappelé que l’ouverture sera sénégalaise avec la prestation du percussionniste de « Tama » Assane Thiam et ses 50 joueurs de « Tama », qui sera suivie de celle d’un grand orchestre du Grand-Duché de Luxembourg.

L’orchestra Aragon de Cuba se produira sur la scène du « In » avant la clôture de ce festival par le talentueux guitariste franco-sénégalais, Hervé Samb. Pour Me Diop, ce festival est un levier économique fort pour le Sénégal, et « de nombreux acteurs culturels se bousculeront encore au portillon pour s’inspirer de l’expérience enrichissante et fructueuse de Saint-Louis/Jazz ».

Mbagnick Kharachi DIAGNE

 

Makram Mohamed Ahmed, président du Conseil suprême pour l’organisation des médias en Egypte, a exhorté les jeunes cadres journalistes africains à unifier leurs plumes, pour changer l’image de l’Afrique. Il s’exprimait samedi, à l’ouverture de la 51ème session de formation réservée aux jeunes cadres journalistes africains, au Caire.

L’écrivain Makram Mohamed Ahmed, président du Conseil suprême pour l’organisation des médias en Egypte, a souligné l’importance, pour les journalistes, de jouer le rôle qui leur permettrait de « corriger l’image » sapée de l’Afrique. C’était samedi 21 avril, à l’ouverture de la 51ème session de formation réservée aux jeunes journalistes africains, au siège de la radio et de la télévision égyptienne.

D’après l’écrivain, les hommes de médias doivent « unifier leurs plumes » dans ce sens, afin aussi, d’élever le niveau des jeunes.
« Nous cherchons une coopération qui doit être traduite en collaboration. J’espère que le stage sera bénéfique à tous les participants. Dans les années à venir, nous aurons des programmes plus efficaces », a dit Makram Mohamed Ahmed, qui plaide pour des « relations » solides et non de « circonstance ».

Aussi, a-t-il demandé aux journalistes d’être plus assidus, d’avoir davantage d’éthique et d’évaluer le déroulement du stage.
Saluant la prise de conscience des journalistes, le président Makram Mohamed Ahmed souhaite que cette 51ème session de formation des jeunes cadres journalistes africains soit un début et non la fin d’une collaboration. Quant à l’ambassadeur Ahmed Haggag, conseiller de l’Union des journalistes africains (Uja), il s’est félicité de la tenue de cette session de formation depuis 1977, malgré les problèmes d’ordre financier. « Je pense que vous allez informer de ce que nous avons réalisé, car vous êtes les ambassadeurs de vos pays », a dit M. Haggag.

Shu’aibu Usman Leman, secrétaire national de l’Union des journalistes du Nigeria, a magnifié les efforts de l’Egypte dont le niveau de civilisation est connu partout, car ce pays est considéré comme le berceau de l’humanité ; et c’est aux journalistes de tirer le maximum de profit durant ce stage. A l’en croire, cette session de formation est un moment pour établir un réseau de contact.
La 51ème session de formation des jeunes cadres journalistes africains, organisée par l’Union des journalistes africains (Uja) et le Conseil suprême pour l’organisation des médias en Egypte, prendra fin jeudi 10 mai.

Serigne Mansour Sy CISSE (envoyé spécial au Caire)

 


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