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Arts et Culture (1742)

« Kanka Musa », c’est le titre du nouvel album du rappeur Fla The Ripper, Amadou Mahoney Ferguson à l’état civil. Ce produit, riche en couleurs, en rythmes et dans lequel s’exprime un génie poétique et artistique, se veut le témoin d’une Afrique porteuse d’une mémoire enviable et consciente des enjeux de l’heure, soucieuse de son devenir. Il est à la fois un témoignage d’amour pour le continent africain et une invite à la construction d’un avenir moins embrumé que ce présent accablant.

Après l’album « Renaissance » qui avait renseigné sur son talent et son engagement pour les causes justes, l’artiste Fla (Forever Love Africa) The Ripper revient avec un nouveau projet musical, « Kanka Musa », du nom de l’illustre Mansa (roi) de l’Empire du Mali. Cet album n’est pas un récit légendaire et romanesque tendant uniquement à rehausser la fierté du peuple africain. Il va au-delà du fait historique. Il met, en effet, en lumière un usage nouveau de la mémoire africaine. Cette figure historique décline une vision du cheminement collectif ; celle-là que doivent développer les fils d’Afrique en reprenant l’initiative, en sortant des limites dans lesquelles ils s’enferment fatalement.
Fla The Ripper ne donne pas ici un cours d’histoire. Il dessine un futur en se référant à ce grand bâtisseur d’un autre temps dont l’œuvre utile est inspirante surtout pour cette Afrique apathique. En cela le concept de l’album est didactique. Car ce produit est, pour cet artiste épris de justice, « une occasion non seulement pour la jeunesse de se réapproprier son histoire, élément essentiel de la construction de la personnalité, mais aussi d’emprunter les sentiers du progrès, de saisir les enjeux du moment et de réfléchir sur le modèle du leader africain à travers les âges. Ce sera également une occasion pour la jeunesse et l’opinion en général de connaître les grands dirigeants de notre sous-région ».

Poésie
La construction du continent est au cœur du projet de cet ancien étudiant du département d’anglais de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar qui a également subi une formation en marketing et communication. Pour Fla The Ripper, les études sont un élément essentiel de son légitime combat. La musique en est le support. Et le hip hop qu’il a très tôt aimé se résume en deux mots « amour et passion » sans lesquels la flamme se meurt.
La sienne a été avivée par une famille de mélomanes. Entre des ascendants férus de gospel et des cousins passionnés de hip-hop américain, il ne pouvait échapper à son destin qu’il se fabrique au grand bonheur des fans et de ceux qui épousent ses convictions intimes. Il commence, comme beaucoup de jeunes de son âge à l’époque, par former un groupe de danse. Mais, son goût de la belle parole, de la « poésie urbaine » prend très vite le dessus. Le rap devient son exutoire parce que « ce style musical me correspond et me permet de dire ce que je pense de notre humanité en péril, de partager mes sentiments, mes doutes, mes espoirs, bref de m’exprimer grâce aux larges possibilités qu’offre l’inspiration », indique-t-il fier d’avoir lancé sa carrière professionnelle en 2009 avec son premier single « Renaissance » suivi d’une existence internationale grâce au magazine « International hip hop ». Il participe également à la compilation « New Era vol 1 » produite par 2H music, avec une partition de maître dans le morceau « I am good ». Son premier album, sorti en décembre 2012, confirme les promesses. Le public s’en délecte. Les prouesses accomplies se révèlent être les prémices d’une belle carrière.

Alassane Aliou MBAYE

 

La 29ème édition du « Praemium imperiale » 2017 du Japon va distinguer 5 artistes dans les domaines de la peinture, de la sculpture, de l’architecture, de la musique et du théâtre-cinéma. Si le musicien sénégalais Youssou Ndour a remporté ce prix dans la catégorie musique, un autre africain est distingué dans l’édition de cette année.

Il s’agit du Ghanéen El Anatsui qui va recevoir sa médaille  dans la catégorie sculpture. M. Anatsui qui est né en 1944 au Ghana fait des sculptures malléables à partir d’objets métalliques usagés tels que des capsules de bouteilles d’alcool. Ses sculptures lui ont même valu le prix de Lion d’or pour l’ensemble de son œuvre lors de la Biennale de Venise en 2015. Pendant la même année, El Anatsui a aussi exposé au musée d’art contemporain du XXIème siècle de Kanazawa au Japon. Il sera ainsi, le premier Ghanéen lauréat du « Praemium imperiale ».

Les autres lauréats du « Praemium imperiale » sont l’Iranienne Shirin Neshat dans le domaine de la peinture, l’Espagnol Rafael Moneo dans la catégorie architecture et l’Américain Mikhail Baryshnikov pour le théâtre-cinéma. En plus, le prix d’encouragements jeunes artistes a été décerné au Zoukak theatre company and cultural association du Liban.

Pour rappel, depuis 1989, de grands artistes ont reçu le « Praemium imperiale » du Japon. Parmi ces derniers, on peut citer Martin Scorsese ou Maurice Béjart dans la catégorie théâtre-cinéma ou Oscar Peterson et Ornette Coleman dans le domaine de la musique.

A. Ng. NDIAYE

Des archéologues ont découvert en Egypte la tombe d’un orfèvre dont le travail était consacré au dieu Amon ainsi que les momies d’une femme et de ses deux enfants, a annoncé samedi le ministère des Antiquités. Ces découvertes, datant de l’époque du Nouvel empire (16e au 11e siècles avant J.-C.), ont été faites dans la nécropole de Draa Aboul Naga, près de Louxor (sud), réputée pour ses tombes et temples anciens. La tombe de « l’orfèvre d’Amon, Amenemhat » renfermait une statue de lui assis sur une chaise à côté de sa femme portant une robe et une perruque, a indiqué le ministère dans un communiqué.Un portrait de leur fils a été peint entre les deux. Un passage funéraire dans la tombe conduit à une salle où les archéologues ont découvert plusieurs momies, des statues funéraires et des masques, selon la même source. Un autre couloir mène à une salle où l’équipe a trouvé les momies d’une femme et de ses deux enfants. Selon le ministère qui cite Chérine Ahmed Chawqi, une égyptologue spécialiste des os, la femme semble être décédée à l’âge de 50 ans et des tests montrent qu’elle souffrait d’ « une maladie bactérienne dans les os ». Les archéologues ont également découvert 150 petites statues funéraires taillées dans le bois, la terre et la roche calcaire.              

(AFP)

L’Amicale des femmes de l’Agence de régulation des télécommunications et des postes (Afartp) dote le groupement des femmes de la Fédération des producteurs maraîchers de la zone des Niayes d’une salle multimédia. L’infrastructure loge à la Maison des femmes de Sangalkam où s’est tenue l’inauguration, hier, dans la matinée.

Lors de la cérémonie présidée par le directeur général de l’Agence de régulation des télécommunications et des postes (Artp), Abdou Karim Sall, et qui a vu la présence du préfet, l’Amicale des femmes de l’Artp a inauguré la salle informatique ouverte au profit des productrices agricoles de la zone des Niayes. La salle, bien ventilée, dispose de dix ordinateurs, une imprimante, un télécopieur et un vidéoprojecteur. L’initiative exprime une solidarité numérique à même d’amener à l’autonomisation des femmes. La maîtrise des technologies de l’information et de la communication est, aujourd’hui, un gage pour le développement de toute activité, presque au même titre que les instruments techniques. Et a fortiori dans le domaine de l’agriculture qui constitue le fer de lance de l’économie locale.

A ce propos, le directeur général de l’Artp estime que « choix ne saurait être plus judicieux que de doter les femmes de ces outils informatiques », ce qui les rend autonomes, performantes et compétitives. Il observe que la réalisation vient à point nommé, à l’heure où il est maintenant plus question de souveraineté alimentaire que d’autosuffisance. Un argument appuyé par Fatou Diack, présidente de l’Amicale donatrice, qui voit à travers le geste un moyen d’« initier les femmes à la technologie pour mieux leur ouvrir des perspectives efficaces de développement ». Il y a également la délocalisation des activités qui permet de prendre en compte plus de dimensions.

A son tour, Oulimata Mbengue, présidente du groupement des femmes, salue la réception et loue son fort caractère social. Outre le fait d’appuyer la femme qui est le socle de la société, la salle d’informatique concourra même à l»éducation et l’éveil de leurs enfants qui entrent en contact avec ces outils numériques.

Erigée en mars 2007, l’Amicale des femmes de l’Artp a pour but de créer et maintenir des liens de fraternité et de solidarité entre les femmes de l’entité. Elle s’active également dans la promotion des compétences des femmes.
La donation de la salle multimédia au groupement des femmes de la Fédération des producteurs maraîchers de la zone des Niayes fait justement suite à un atelier d’initiation à Rufisque, en 2015.

Mamadou Oumar KAMARA
 (stagiaire)

Une quarantaine d’acteurs culturels de Saint-Louis sont en conclave depuis hier au Centre Espace-Jeunes de la ville, dans le cadre d’un atelier de renforcement de capacités axé sur la gestion des projets, la recherche de financement et l’élaboration de plans d’affaires ou business-plan dans les filières culturelles.

Le directeur du Centre culturel régional de Saint-Louis, Moustapha Ndiaye Och, a indiqué que ce séminaire de quatre jours est financé par la Municipalité grâce à une partie de ses fonds de dotation allouée au secteur de la culture. En présence de la première adjointe au maire, Mme Aïda Mbaye Dieng, du représentant du Conseil départemental, Mouhamadou Moustapha Fall, le directeur du Centre culturel régional a rendu un vibrant hommage au maire Mansour Faye et aux membres de son staff, pour l’intérêt particulier qu’ils accordent au secteur de la culture.

M. Ndiaye s’est surtout réjoui de la promptitude du premier magistrat de la ville, à mettre à la disposition du Centre culturel régional une partie importante des fonds de dotation (alloués à la mairie par l’Etat) pour lui permettre de mieux encadrer, assister et soutenir les acteurs culturels de la commune de Saint-Louis.

Moustapha Ndiaye Och a laissé entendre que ce geste de Mansour Faye lui a permis d’organiser cet atelier qui sera animé par Babacar Ndiaye, Ibrahima Dieng et Demba Ndiaye du Gipec (Cabinet d’expertise du Groupement d’ingénierie et de conseil pour entrepreneuriat culturel). Il a rappelé que cet atelier tenu au profit d’une quarantaine d’acteurs culturels vise à développer le secteur des industries culturelles afin de leur permettre de se positionner comme agents économiques porteurs de projets rentables.

Abondant dans le même sens, la première adjointe au maire, Mme Aïda Mbaye Dieng, a réitéré l’engagement indéfectible du maire Mansour Faye et du Conseil municipal, à poursuivre son étroite collaboration avec le Centre culturel régional, en vue de développer la culture à Saint-Louis. Après avoir rappelé que la culture est au début et à la fin de tout processus de développement, elle a vivement remercié l’Etat pour ces fonds de dotation à la décentralisation qu’il met, chaque année, à la disposition des collectivités locales.
Il convient de préciser que des artistes musiciens, des plasticiens, des danseurs chorégraphes, des comédiens et des responsables d’associations et autres organisateurs d’événements culturels prennent part à cet atelier de quatre jours.   

           
Mbagnick Kharachi DIAGNE

Le Collectif Vendredi Slam, ou encore V Slam, regroupe de jeunes amoureux de la poésie dépouillée et décontractée. Il présente des plateaux un vendredi sur deux dans le mois, pour l’expression d’une passion artistique où se mélangent délicatement le caractère irrévérencieux du dada, le charme du romantique et l’engagement du réaliste.

Le pas raffiné et la mise stylée, de belles jeunes femmes sortent de voitures ou des ruelles, accompagnées ou pas. Elles distribuent çà et là de petites bises et de lascifs câlins. Les bonhommes qui n’ont pas l’heur d’en recevoir se contentent d’œillades et de petits commentaires coquins. L’ambiance sur le parvis de l’Institut africain de management augure déjà une soirée qui ne décevra pas de ses belles promesses. La chaleur du dehors se transfère dans la salle où il n’y a presque plus de place assise et où la climatisation est peu efficace.

Sur la petite estrade du devant et sous les rejets de petits néons, Minus et Samantha tiennent la dragée. Tenant le rôle de Mc, les deux slameurs distribuent le témoin et, à intervalles, montrent eux aussi leur maestria. A tour de rôle, au rappel de leurs noms auparavant inscrits sur une liste tournante, les aèdes se succèdent sur la scène. Ils étalent un brio rythmique et linguistique, souvent voilé de beaucoup d’humour, devant un public de plus en plus nombreux, conquis et composé de plusieurs nationalités. La pédagogie y était aussi par l’exploration de l’histoire, des fondamentaux du panafricanisme et de certains pans anecdotiques de la colonisation. A l’exercice, Geleem Saar se distingue particulièrement. Le « Toubab », enseignant de la langue wolof et militant panafricaniste à ses autres heures, lance des boutades très ironiques à l’encontre de l’entreprise coloniale. L’actualité occupe aussi une large place dans les vers. De la bêtise humaine qui prévaut en Birmanie aux débats sur le FCfa et ses corolaires, tout est scruté dans la mesure et la délicatesse. A côté des subtils punchlines, l’amour a plus ou moins été le thème central.

L’inspiration Pamela…
La fête prendra une joyeuse tournure quand les notes de la guitare viennent accompagner les envolées lyriques de Mike. L’artiste chante le charme et la beauté d’une Pamela. Par des paroles aguichantes et imagées, tout de même plus cocasses que pervers, Mike tient en haleine l’assemblée qui adhère par le rire, l’ovation et les chœurs. Pamela s’impose comme le mot-clef de la soirée. La mystérieuse éprend les mâles qui la désirent, et cape les filles qui veulent se substituer à son personnage. Une atmosphère qui est loin de trahir le prétexte de ce rendez-vous bimensuel.

Selon Minus Niang, un des coordinateurs du Collectif vendredi slam, la rencontre est ouverte à qui souhaite venir déclamer sa poésie et partager sa passion avec « des frères et des sœurs ». Cela est tellement vrai qu’on n’identifie pas directement de boss dans ce projet né en 2009 de l’idée de Diofel, un slameur congolais. Pour les tâches, chacun fait ce qu’il y a lieu de faire. « Nous représentons une famille, un corpus où chacun constitue un membre », note Minus. Ainsi, on y ressent les absences mais on ne les sent pas. Cependant, V Slam n’est pas que familial. Le slameur apprend qu’il a noué beaucoup de partenariats à partir de rencontres pendant l’événement et y a côtoyé son patron cinq ans durant.

Le Collectif vivifie donc la trouvaille de Marc Smith, en 1989, qui voulait rendre les lectures de poèmes moins élitistes et moins ennuyeuses avec la création du slam. Un art qui ne prévoit que les règles nécessaires (la rime, par exemple) et laisse un large choix au poète, libre de divaguer dans ses saines folies et ses propres styles. Comme ils disent pour clore : Slam !

Mamadou Oumar KAMARA
(stagiaire)

Sans l’eau, il n’y a pas de paix, de sécurité et il n’y aura pas d’émergence des peuples, a souligné le président Macky Sall dans l’ouvrage de Moumar Guèye, intitulé « L’eau source de paix et de sécurité » et présenté au public samedi dernier, à l’occasion d’une cérémonie de dédicaces qui s’est déroulée à Saint-Louis, en présence des Pr Banda Fall et Habib Kébé de l’Université Gaston Berger.

Devant un auditoire fort attentif et composé essentiellement de sommités du monde académique, d’hommes de lettres, de culture, d’étudiants et autres invités de marque, Moumar Gueye a précisé que cet ouvrage préfacé par le chef de l’Etat « est une noble initiative pour inviter l’humanité tout entière au respect et à l’utilisation rationnelle et durable de l’eau, sous toutes ses formes ».
En un mot, a poursuivi l’auteur, il s’agit d’un outil de promotion du comportement citoyen, pour le respect et la préservation des ressources en eau de la planète ».
En effet, cet ouvrage est bien documenté et la lecture en est rendue facile par des phrases claires qui coulent comme l’eau de source. Un livre qui contribuera certainement à mieux faire connaître, apprécier, respecter et protéger l’eau, ce trésor indispensable à tous les segments du monde vivant et qui doit être un trait d’union entre les peuples.

Selon le préfacier, « en Afrique, nous vivons un grand paradoxe : une Afrique lutte contre le manque d’eau et une autre contre son excès, et le réchauffement climatique est venu aggraver le problème ».
Or, l’eau, meilleur breuvage du monde, est la boisson la plus recommandée par les spécialistes en nutrition. Ce liquide précieux constitue près de 65% du corps de l’adulte et 75% de celui du nourrisson. L’eau est source de vie et de bien-être lorsque son usage fait appel à l’esprit de coopération et de partage. Mais sans la sagesse que requiert la concertation, elle peut être source de conflit, voire de guerre.
Pour le président Macky Sall, c’est conscient de ces enjeux que le Sénégal, dans le cadre de son mandat au Conseil de sécurité des Nations unies, a initié, pour la première fois de l’histoire, un débat sur « Eau, Paix et Sécurité », le 22 avril 2016.

De l’avis du préfacier, l’eau interpelle la conscience universelle, « nous sommes tous concernés, c’est dans ce sens que nous avons mis sur pied l’Omvs et l’Omvg, il reste que malgré l’existence de plusieurs cadres de concertation autour des bassins hydrauliques, certains aspects demeurent encore sans encadrement juridique formel, en atteste l’absence d’instruments de concertation pour 105 cours d’eau sur plus de 270 fleuves et lacs transfrontaliers à travers le monde ».

« L’arbre est la vie »
Selon le chef de l’Etat, l’ouvrage du colonel Moumar Guèye mérite d’être entre les mains des chercheurs, des enseignants, étudiants, élèves et autres apprenants, qui en tireront un grand profit, car son contenu contribue significativement à la promotion de l’éducation environnementale, pour la préservation des ressources en eau.

Ce livre, a-t-il souligné, sera sans doute « une précieuse contribution du Sénégal dans la mission du Groupe de haut niveau sur l’eau, dont j’ai l’honneur d’être membre ».
A en croire le préfacier, l’écrivain Moumar Guèye, ingénieur des Eaux et Forêts, spécialiste en Gestion des ressources naturelles et en Développement international, « peut parler, à plus d’un titre, de l’eau et il en parle brillamment ».
Le nombreux public venu répondre à l’invitation du colonel Moumar Guèye, a eu également l’occasion de découvrir un autre ouvrage de cet intellectuel de gros calibre intitulé « L’arbre est la vie » et préfacé par l’ancien directeur général de la Fao, Jacques Diouf.

Les Pr Banda Fall et Habib Kébé ont indiqué que ces deux ouvrages se recoupent, précisant, tour à tour, « que l’eau ne peut exister sans arbre et l’arbre ne peut exister sans l’eau, deux éléments de la vie qui jouent un rôle prépondérant dans l’équilibre de l’humanité ».
Ils ont enfin exhorté tous les usagers à utiliser rationnellement et à bon escient ce liquide précieux.

Mbagnick Kharachi DIAGNE

Le comité d’organisation du concours « Mister Model International » au Sénégal, en partenariat avec le ministère de la Culture, a élargi la liste des participants avec l’arrivée, pour l’édition 2017, des candidats des régions. Une présélection est prévue ce 12 septembre pour élire les représentants des 14 régions qui rejoindront ceux de Dakar pour la grande finale du 23 septembre à la Place du Souvenir. Celle-ci sera précédée d’une Foire des produits locaux.

En conférence de presse, hier, à la Place du Souvenir, le comité d’organisation  de « Mister Model International » Sénégal est revenu sur le programme de l’édition 2017. Le concours  national est  ouvert à tous les jeunes Sénégalais âgés entre 18 et 25 ans. Selon le président du comité d’organisation, Seydou Kane, les critères de sélection  exigent, en plus de la beauté physique, une bonne culture générale, la moralité et la capacité de défendre une cause humanitaire bien déterminée.

Birane Ndiaye, partenaire de l’évènement, a exhorté les candidats à privilégier l’activité physique intense pendant la préparation du concours. En effet, pour cette édition, les candidats défileront en « Nguemb » pour promouvoir la lutte locale.  Et selon, le technicien en fitness, pour  être élégant en cette tenue, il faut travailler la  musculation. « Il est donc impératif que les candidats travaillent  le physique puisqu’il fait partie des critères internationaux de sélection. Ainsi, pour donner une bonne image de son pays, il faut respecter ces critères », a-t-il ajouté.

Le comité d’organisation de l’événement collabore avec les femmes transformatrices de produits locaux. Fama Gaye Mbengue, présidente de l’Union des femmes de Yoff a insisté sur la nécessité de promouvoir et de revaloriser les produits  locaux. Elle souligne que leur principal problème est l’emballage et la distribution. « Il faut relever ces défis pour être compétitif sur le marché international », a-t-elle indiqué. Le gagnant représentera le Sénégal à la finale mondiale de Mister Model International, prévue à Miami aux Etats-Unis, en novembre prochain.  Il sera aussi un ambassadeur du consommer local.

Tous les participants aux concours recevront des primes et les gagnants seront récompensés. Le comité d’organisation compte également participer au prochain concours de Miss et Mister african international pour la promotion du panafricanisme.

Abba BA (stagiaire)

 

Les géants du luxe Kering et Lvmh, représentant des grands noms de la mode comme Gucci, Saint Laurent, Vuitton et Dior, ont adopté une charte commune pour interdire le recours à des mannequins trop maigres et âgés de moins de 16 ans. Rendue publique mercredi, à la veille de l’ouverture des défilés new-yorkais, cette charte « sur les relations de travail et le bien-être des mannequins » a été signée dans une démarche inédite après des polémiques, notamment sur les conditions d‘un casting lors de la Fashion week parisienne en février.

Elle prévoit une série d’engagements destinés à s’appliquer immédiatement dans le monde entier, lors des séances photos pour des campagnes publicitaires et les défilés de mode des marques appartenant à ces deux géants français (Gucci, Bottega Veneta, Saint Laurent, Balenciaga, Alexander McQueen, Christopher Kane, Stella McCartney pour Kering, et Dior, Vuitton, Givenchy, Céline, Kenzo, Fendi, Loewe, Berluti, Pucci, Marc Jacobs et Loro Piana pour Lvmh).
« Nous voulions aller vite et frapper fort, pour que les choses bougent vraiment, et essayer d’inciter au maximum les autres acteurs de la profession à nous suivre », a déclaré à l’Afp le Pdg de Kering, François-Henri Pinault. Antoine Arnault, membre du conseil d’administration de Lvmh et fils du Pdg Bernard Arnault, a salué une charte qui « change vraiment la donne ».
Ces engagements vont au-delà de dispositions légales sur l’emploi des mannequins entrées en vigueur en France en mai. La charte requiert ainsi la présentation d’un certificat médical datant de moins de six mois, tandis que la loi prévoit que ce certificat -prenant notamment en compte l’indice de masse corporelle (Imc) du mannequin-, peut remonter jusqu’à deux ans.

« Frapper fort »
Alors que la maigreur des mannequins fait régulièrement polémique, les marques s’engagent à bannir les tailles les plus petites, inférieures au 34 (taille française) pour les femmes et 44 pour les hommes.
« La disposition sur la taille, couplée au certificat médical de moins de six mois, est une mesure très forte qui va nous permettre d’avancer », s’est félicité M. Pinault.
« Beaucoup de gens ne connaissent même pas l’existence de la taille 32 », a reconnu Antoine Arnault. « Mais un certain nombre de créateurs faisaient faire leurs prototypes en 32. C’est maintenant terminé, les tailles seront désormais à partir du 34, ce qui est déjà assez petit », a-t-il dit à l’Afp.
Les maisons s’interdisent également d’embaucher des mannequins de moins de 16 ans pour des vêtements destinés à des adultes.
« Il y a eu des abus », a estimé Antoine Arnault. « Une jeune fille de 15 ans n’a pas le bagage nécessaire pour affronter le monde difficile de la mode et du mannequinat », a ajouté le responsable, marié au mannequin Natalia Vodianova.
Le jeune âge des mannequins est souvent critiqué: des adolescentes de 14 et 15 ans ont foulé dans le passé les podiums de marques prestigieuses.
La charte encadre les conditions de travail des mannequins, plus particulièrement celles des plus jeunes (16 à 18 ans), et les « situations de nudité ou semi-nudité ». Elle prévoit aussi qu’ils aient « accès à une nourriture et à des boissons adaptées à leurs besoins alimentaires ».

« Des abus »
La Fashion week parisienne avait été marquée en février par une polémique déclenchée par le directeur de casting américain James Scully. Il avait notamment mis en cause les conditions d’un casting réalisé pour Balenciaga par deux de ses concurrents, les accusant de traitement « sadique et cruel » à l’encontre de jeunes filles forcées d’attendre des heures dans un escalier.
La mise en oeuvre de ces règles sera supervisée par un comité de suivi instauré par les deux groupes.
« Les Pdg des marques de mon groupe vont veiller à ce que les mesures soient appliquées partout. Une marque qui ne conformerait pas à la charte devrait me rendre des comptes », a averti François-Henri Pinault, qui souhaite également dans l’avenir « avancer vite » sur la question de la diversité des mannequins.
(AFP)

Dj Arafat, la grande star de la musique ivoirienne, s’annonce comme le grand favori de la 2e édition des « Awards du coupé-décalé », le 1er octobre prochain.

Quelque 110 nominés dans 21 catégories sont en course pour les récompenses de ce genre musical, ont annoncé les organisateurs lors d’une conférence de presse dimanche soir. Mais les noms des nominés n’ont été révélés que lundi sur Internet.
De nombreux concerts gratuits devraient rassembler des dizaines de milliers de spectateurs tout le week-end autour de la cérémonie.
Le coupé-décalé, musique au rythme endiablé utilisant souvent des sons électroniques, est né en 2003 dans les boîtes de nuit d’Abidjan puis s’est disséminé dans toute l’Afrique. Il commence à conquérir l’Europe et les Etats-Unis, notamment grâce aux sportifs qui ont popularisé certains pas de danse.

Une des légendes autour du genre veut que l’expression provienne des arnaques ivoiriennes : « On coupe (on arnaque), on décale (on s’enfuit ou disparaît) », explique le journaliste Usher Aliman, auteur de « Douk Saga, l’histoire interdite du coupé-décalé ». D’autres affirment que le nom est inspiré d’une danse traditionnelle ivoirienne.

L’année dernière, les awards, qui avaient rendu un hommage à Douk Saga, un des pionniers du genre décédé en 2006, avaient réuni 30 millions de votants sur Internet ou par Sms, selon les organisateurs.
Cette année, Dj Arafat sera à nouveau le favori dans la catégorie «artiste de l’année» face à l’autre poids lourd, Serge Beynaud, mais aussi Kerozen, Mix Premier, Kedjavara, Ariel Sheney et Debordo Leekunfa, tous des stars en Afrique de l’Ouest.
Les tubes « Mal à la tête » (Mix Premier), « Agbangnan » (Dj Arafat), Peté Peté (Ariel Sheney), Karidjatou (Serge Beynaud) et Le Temps (Kerozen) sont en lice pour la meilleure chanson de l’année.

(AFP)

La médiathèque de l’Institut culturel Aula Cervantès de Dakar a accueilli, mardi dernier, la projection du film « Lombraz Kann ». Ce long-métrage met en scène la brusque métamorphose du quotidien et la désillusion d’ouvriers et villageois mauriciens qui assistent au pillage de leurs terres.

Outre les scènes du drame de 01 heure 28 minutes, le vidéoprojecteur affichait sur le mur des séquences empreintes d’émotions et convoquant un fort humanisme. Marco, Bissoon et leurs amis et collègues se voient impuissamment confisquer leurs terres natales et de labeur. Une spoliation perpétrée par une firme qui veut transformer les vastes plantations de cannes à sucre et le village en un terrain de golf et un chantier immobilier de luxe. Une situation rocambolesque qui tourmente au plus haut point les paysans qui cherchent douloureusement à se reprendre.

Bissoon noie son spleen dans l’alcool, Marco nourrit le rêve de la périlleuse émigration, l’un d’eux commet de petits larcins pour vivoter, un autre cumule les échecs dans la vente d’articles locaux aux touristes. Un groupe de dépités qui vivent les effets dévastateurs de la mondialisation « à l’ombre de la canne » (traduction du titre du film), dans les Îles Maurice. Un film fidèle en son genre, avec des acteurs chinois, mauriciens, français et indiens, qui reste captivant quoiqu’il soit diffusé en créole et sous-titré en espagnol.

Le long-métrage est diffusé dans le cadre du partenariat entre l’Agence espagnole de coopération et le Festival de cinéma africain de Tarifa duquel il est choisi les meilleurs films pour des projections hebdomadaires à l’Institut Aula Cervantès.

« Le mal n’est pas qu’africain »
Alessandra Gil, manager culturel à l’Ambassade d’Espagne à Dakar, justifie le choix de « Lombraz Kann » par sa thématique transversale. Elle signifie que le pillage des ressources et la spoliation, avec la constante invasion des multinationales, causent aujourd’hui des problèmes partout dans le monde. Justement, cet angle rejoint la politique culturelle de l’Ambassade, que l’entité applique via l’Institut Aula Cervantès.

L’institut met le focus sur les réalités conjoncturelles des Africains en le portant en relief avec celles de l’Espagne dont il cherche à vulgariser la culture.

« Nous essayons au mieux de forcer les liens entre notre pays, l’Espagne, et le Sénégal », explique Alessandra Gil. L’attachée culturelle note aussi que le Centre participe à la promotion des acteurs culturels locaux.

En ce sens, il y a eu l’organisation de concerts mensuels où étaient présentés des talents sénégalais et des ateliers de photographie au profit de jeunes Sénégalais.

L’Institut Aula Cervantès est un peu à l’image de l’Institut français, à la différence que toutes les activités du Centre culturel espagnol sont gratuites et à but non lucratif. Il fait également partie intégrante de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Alessandra Gil précise qu’ils n’ont pas non plus autant de pouvoir et de moyens que l’Institut français pour tenir certaines manifestations d’envergure.
Néanmoins, ils essayent par leurs activités de toucher le maximum de personnes, notamment les étudiants. Toutefois, le public tarde toujours à répondre présent, et c’est là aussi une des raisons de la gratuité des activités.

Mamadou Oumar KAMARA
(stagiaire)

 Face à la révolution numérique, la Rts doit forcément réfléchir sur les contenus et sur la manière de les formuler et de les diffuser. C’est la conviction d’El Hadji Kassé, ministre conseiller en communication du chef de l’Etat qui présidait, hier, la cérémonie d’ouverture du séminaire consacré aux programmes radio et télévisions de la Rts.

El Hadji Kassé a, au cours de cette rencontre, rappelé l’intérêt accordé par le président de la République, Macky Sall, au service public d’information. Pour le chef de l’État, a-t-il dit, l’enjeu principal du service public d’information tout comme pour les médias, c’est d’apporter de l’information utile et vraie aux populations.
« Aujourd’hui, la Rts est à la croisée des chemins comme tous les services publics d’information. On s’adapte ou on disparaît parce que la raison d’être d’un média, c’est le public. Il faut partir du public vers le média. Il faut également d’adapter aux nouvelles technologies », a relevé M. Kassé.

Des mutations sont nécessaires, selon lui, et, à son avis, la Rts devra forcément réfléchir sur les contenus et également sur la manière de les formuler et de les diffuser. « La Rts doit s’adapter à la question du temps qui est fondamentale et aussi par rapport au format. La question de la production, de la diffusion, de l’évaluation de l’information doit être au cœur de ses stratégies pour se rapprocher davantage des populations et être une chaine pôle d’expérience, pôle de compétence et d’excellence », a indiqué M. Kassé.

S. O. FALL

Le 20éme édition du Festival du cinéma africain de Khouribga (Maroc), qui se déroule du 9 au 16 septembre, rend hommage au cinéma rwandais. En marge du Festival, il est prévu une série de manifestations culturelles dont une exposition internationale, des résidences artistiques, entre autres.

Le Festival du cinéma africain de Khouribga (Maroc) revient pour sa 20ème édition, du 9 au 16 septembre 2017, avec une programmation riche et diversifiée représentée à travers les cinéastes africains et leurs nouvelles productions. La question de l’identité dans le cinéma africain constitue le thème de la principale conférence de cette 20ème édition du Festival. Au programme, un communiqué de presse annonce la projection de quatorze films africains représentant douze pays.

Des productions qui seront en lice pour décrocher le « Prix Ousmane Sembène » et ceux des meilleures interprétations, masculine et féminine. Le jury de cette 20ème édition est présidé par le poète et écrivain marocain Abdellatif Lâabi et sera composé de membres africains expérimentés dans différentes disciplines du monde culturel et cinématographique, tels que l’actrice sénégalaise Rokhaya Niang, l’artiste plasticienne Zoulikha Bouabdellah (Algérie), l’actrice Sonia Oukacha, l’auteur et musicien Ray Lema et le producteur et réalisateur Pedro Pimenta et Nico Simon, président d’Europa Cinemas au Luxembourg.

Selon le document de presse, cette année, le festival, initié par la Fondation du Festival du cinéma africain et sous le haut patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, fête son 40ème anniversaire et rend hommage au cinéma rwandais afin de « consolider les liens de coopération entre les industriels des cinémas marocain et rwandais et d’ouvrir des opportunités et perspectives d’échange entre les cinéastes rwandais et leurs confrères marocains ».
A l’instar des éditions précédentes, la Fondation Ocp, sponsor leader du festival, prévoit d’organiser, en marge de cette 20ème édition, des événements et des activités pour la promotion des cultures africaines. Ce sera à travers un « programme Culture et Patrimoine ».

Selon le communiqué, deux évènements majeurs seront organisés à Khouribga, dont le vernissage de l’exposition internationale d’Art contemporain d’Afrique, prévu ce dimanche 10 septembre à 16h à la Médiathèque de Khouribga, avec une collection constituée de 40 tableaux de peinture de différents formats et de sculptures et installations de 27 artistes originaires de 11 pays africains.
Il est également prévu un hommage à la culture rwandaise lors d’une rencontre littéraire avec une romancière rwandaise de renom, Scholastique Mukasonga, le vendredi 15 septembre à la Médiathèque de Khouribga.
 

Omar DIOUF

 

Avec le pluralisme médiatique qui s’est imposé de façon irréversible, la Rts veut changer de fusil d’épaule pour garder sa position de leader dans le paysage audiovisuel et médiatique du Sénégal et de la sous-région. Consciente que la bataille va se jouer sur les contenus, l’Amicale des cadres de la Rts (Acarts) qui mise sur une stratégie gagnante a engagé, hier, à Saly, la réflexion pour accompagner les stratégies de développement de la direction générale.

Gagner la bataille des contenus au niveau des télévisions et des radios. C’est le défi que s’est lancé la Rts. L’amicale des cadres a pris à bras le corps ce projet pour produire une réflexion prospective au cours d’un séminaire de trois jours qui a démarré ce vendredi en vue d’accompagner toutes les stratégies de développement de la direction générale. Cette rencontre s’est tenue en présence d’El Hadji Kassé, ministre conseiller en communication du président de la République, d’Alioune Dramé, directeur de la Communication, des représentants du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra), de la Société de gestion collective du droit d’auteur et des droits voisins (Sodav), entre autres. L’Acarts a associé à cette réflexion des anciens de la maison comme Mamadou Baal, Ibrahima Souleymane Ndiaye, Martin Faye, Mansour Faye et autres.

Aujourd’hui, a fait savoir son président, les télévisions se valent au niveau de la couverture. Pour Guillé Niang Touré, l’environnement actuel est assujetti à la bataille des contenus. « Nous sommes à l’ère du numérique et aujourd’hui, la bataille ce sont les contenus. Nous devons faire en sorte que la télévision publique qu’est la Rts propose des contenus de qualité avec des rendez-vous et formats corrects en phase avec l’ère des nouvelles technologies. C’est notre objectif, une ferme volonté de la direction générale de faire en sorte que les contenus soient améliorés et soient aux normes des nouvelles technologies de l’information et de la communication », a indiqué le président de l’Acarts.

Contrats de performances
A en croire Guillé Niang Touré, les consultants tout comme les anciens de la Rts vont apporter leur expertise et leur expérience pour avoir une grille cadre, une charte qui permettra à la Rts d’améliorer son programme. Il s’agira également, selon lui, « de faire en sorte que les acquis soient consolidés et que la Rts garde sa position de leader dans le paysage audiovisuel et médiatique du Sénégal et de la sous-région ».
Le directeur général de la Rts, Racine Talla, a salué l’initiative novatrice de l’Acarts. « Ce sont des cadres soucieux de la viabilité de leur entreprise, soucieux des performances de leur entreprise et cette réflexion va déboucher sur de bons résultats, et les fruits de ces réflexions vont encore servir des années », a dit M. Talla. Selon lui, la Rts, en tant que société publique nationale, va vers une nouvelle formalisation de ses relations avec l’État avec l’entrée dans la programmation des Contrats de performances (Cdp).

« Il y a des sociétés qui se sont jetées à l’eau. Aujourd’hui, c’est notre tour et nous sommes en train d’y travailler », a indiqué Racine Tall. Le Cdp, a-t-il relevé, nécessite des performances mesurées et acceptées et conduire le programme, être évalué et le refinancement, est assujetti à l’atteinte des objectifs. « On est à l’ère de la gestion axée sur les résultats et le Cdp doit s’adosser à un plan stratégique accepté et validé par les travailleurs, mais soumis à l’État qui est un contractant, le délégataire », a-t-il soutenu.

Pour M. Talla, le cœur de métier de la Rts, c’est la radio et la télévision et, à son avis, toutes les ressources doivent être orientées vers la production de contenus, mais aussi l’épanouissement des travailleurs.

Le consultant expert en programme, Pascal Joseph, a pour sa part indiqué que pour améliorer une offre, il faut réfléchir à l’organisation d’entreprise en même temps qu’on réfléchit à l’offre elle-même, au programme, à la formation.

De même, a-t-il souligné, l’entreprise doit être organisée de telle sorte qu’elle optimise et utilise pleinement les moyens dont elle dispose. « En fonction d’objectif qui doit être très précis, on ne doit pas changer de cap trop souvent. Il faut travailler dans la continuité, savoir fidéliser le public sur cette offre », a indiqué M. Joseph. Selon lui, la Rts a la chance d’avoir plusieurs antennes et devrait, à son avis, rechercher nécessairement la complémentarité entre ces antennes et additionner les publics au même moment sur des émissions différentes, mais aussi pour des publics complémentaires.

Samba Oumar FALL

 

Un débat organisé par l’Ong MakeSense et l’Institut africain de management (Iam) a porté, mardi dernier, sur le thème : « Réactualisation et valorisation de notre patrimoine gastronomique pour un développement durable et une souveraineté alimentaire ».

« Sensecampus », un incubateur d’entreprenariat social conjointement mis en place par l’Ong MakeSense et l’Institut africain de management (Iam), a organisé avant-hier, un événement autour de la gastronomie comme moyen de développement du Sénégal. Selon Cheikh Thiam, membre de « Slow food », (mouvement international créé en 1989 en contestation au mouvement « Fast food », McDonald et l’uniformisation de la culture des goûts), la pertinence de cette rencontre se justifie dans le rassemblement des acteurs qui travaillent dans l’alimentation saine et juste et équilibré.

D’après lui, il y a de très bonnes initiatives au niveau local. M. Thiam est d’avis que s’il y a une synergie d’actions, « nous pouvons bien avancer dans le domaine alimentaire ». Il plaide pour une réactualisation de notre patrimoine gastronomique comme le fonio, le « dimb » ou poirier du Cayor, le « new » (pommier du Cayor), le couscous et les autres céréales dont la valeur nutritionnelle n’est plus à démontrer.
A l’en croire, il y va de notre souveraineté alimentaire pour un développement dudit secteur au Sénégal et en Afrique de l’Ouest.
 « Dès qu’on parle de la gastronomie, on pense à l’Europe ou à une élite ; alors qu’elle est toute la science liée à l’alimentation », a expliqué Cheikh Thiam. Formel, il soutient que « L’Afrique a sa propre gastronomie ; mais maintenant, il s’agit d’aller la chercher, parce que nous l’avons perdu. Il faut se l’approprier ».

Ce spécialiste des goûts précise : « Le riz au poisson n’est pas une gastronomie sénégalaise, mais plutôt un plat colonial. Ce sont les colons, s’installant à Saint-Louis qui ont voulu reprendre la paëlla au Sénégal ; c’est comme ça que le riz au poisson est né. Il n’a pas plus de 70 ans au Sénégal ». Interpellé sur le fait que beaucoup de Sénégalais mangent mal, Cheikh Thiam ajoute que d’une part, on n’a pas le choix, faute de moyens. Mais d’autre part, cette mauvaise alimentation est liée à la forte dose de bouillons que nous mettons dans nos plats.
De son côté, Pape Bâ, chargé du développement de MakeSense a expliqué que cette initiative est à accompagner. « C’est atelier créatif permet de réfléchir sur les défis et de trouver des solutions au secteur alimentaire », a-t-il déclaré. 

Au programme, un mini marché de la Terre comptant des acteurs locaux et des produits « Good Clean & Fair » et une projection présentant le mouvement Slowfood » ont été au menu de cette rencontre tenu dans les locaux de l’Iam. Le musicien Sahat Sarr a animé un concert, profitant de l’occasion, pour présenter son album « Jiw » sorti il y a quelques mois.

Serigne Mansour Sy CISSE

Saint-Louis : La statue en bronze du Gouverneur colonial, Louis Léon Faidherbe, qui s’est effondrée avant-hier, à la suite des fortes pluies accompagnées de vents violents, a été transférée hier, à l’immeuble Rogniat-Sud à Saint-Louis, en attendant sa réhabilitation.

L’opération a été effectuée par un engin de l’entreprise Eiffage, sous la supervision du directeur du Patrimoine culturel, Abdoul Aziz Guissé, en présence du directeur du Centre culturel régional de Saint-Louis, Moustapha Ndiaye dit Och et des forces de l’ordre. A cette occasion, M. Guissé s’est adressé à la presse pour rappeler que la ville de Saint-Louis a une belle histoire, qui lui a valu le privilège d’être classée patrimoine mondial par l’Unesco.
Parlant des monuments historiques et des sites touristiques dont cette ancienne capitale de l’Afrique occidentale française (Aof) dispose, M. Guissé a cité les bâtiments de l’île, la Gouvernance, le pont Faidherbe, etc., qui présentent un aspect architectural atypique et qui continuent, chaque année, d’attirer des milliers de touristes.

Il a, à ce propos, insisté sur la nécessité de préserver notre mémoire historique au profit des générations futures, « c’est un défi qui n’a rien à voir avec la défense d’un quelconque passé colonial du pays ». Il a laissé entendre que les services techniques de l’administration déconcentrée, en étroite collaboration avec le ministère de la Culture et du Patrimoine historique classé, vont réfléchir sur les voies et moyens à mettre en œuvre pour réhabiliter et remettre à sa place cette statue du Gouverneur colonial Faidherbe, « qui appartient à l’histoire du Sénégal ». Il a tenu à préciser que des experts ont déjà constaté les raisons de cet effondrement, avant de s’enquérir de l’état de dégradation des pattes en fer complètement burinées et rouillées par les intempéries.

Selon Abdoul Aziz Guissé, non seulement le bois de cette œuvre d’art, au fil du temps, a été endommagé, mais le socle n’arrivait plus à supporter le poids de cette statue symbolique et emblématique.
M. Guissé n’a pas manqué de souligner que cette mission du Patrimoine culturel a été effectuée à la demande du maire de Saint-Louis, Amadou Mansour Faye, qui tient à ce que cette statue soit remise à sa place dans les plus brefs délais.

Mbagnick Kharachi DIAGNE

Depuis hier, 20 jeunes venus des départements de Tivaouane, Mbour et Thiès sont en formation dans les métiers du cinéma et de l’audiovisuel au Centre culturel régional de Thiès. Ainsi, durant trois semaines, ils vont acquérir des connaissances théoriques et pratiques dans les filières de la réalisation, du cadrage, de la prise de son, du montage, du script et de l’écriture de scénario.

L’opportunité est offerte par Colombe Vision, une structure coordonnée à Thiès par le doyen Maguatte Thiam, bien connu dans le milieu artistique, en relation avec le Fonds de promotion de l’industrie cinématographique et audiovisuelle (Fopica). Ce projet axé, selon lui, sur la formation des ressources humaines de la région de Thiès dans le domaine du cinéma et de l’audiovisuel n’est pas fortuit. « Je pouvais bien monter un projet dans le domaine de la production ou de la distribution mais, en tant que doyen, je me suis rendu compte que la formation de nos jeunes à l’échelle locale doit être la première bataille à gagner si nous  voulons que les autres régions, outre la capitale, puisse apporter de la plus-value  dans le cinéma sénégalais », a-t-il indiqué.
Pour Maguatte Thiam, « avoir l’ambition dont on n’a pas le talent est un crime ». Car, pour ce septuagénaire qui a eu à se forger au fil des années dans un domaine où il a toujours travaillé avec passion, dans le théâtre tout comme le cinéma, il faut penser avec le monde et agir avec son milieu. « Donc, l’acquisition des connaissances universelles en la matière est un devoir pour tout acteur culturel qui a compris que son rôle est de véhiculer sa culture dans le concert des nations ; alors, mettez-vous à la page pour pouvoir intervenir en tant qu’Africain et en tant que Sénégalais », a-t-il lancé aux participants.

Appui du Fopica
 Selon lui, ce choix de miser sur des jeunes afin de gagner le pari du développement endogène à partir de l’industrie cinématographique constitue sa vision prospective. «  Ce n’est pas clef en main que l’Afrique va tirer son épingle du jeu dans le rendez-vous du donner et du recevoir, mais plutôt clef en tête de ses acteurs culturels », a-t-il martelé ; pour insister sur la nécessité de chercher à avoir les compétences mondiales requises dans le cinéma et l’audiovisuel tout en restant ancré dans nos valeurs négro-africaines.

Sur la même lancée, Abdou Aziz Cissé, formateur dans ce séminaire et animateur à la Direction de la cinématographie a, au nom du directeur empêché, encouragé vivement l’initiative du doyen Maguatte Thiam à travers ce projet, sélectionné et financé par le Fopica. « Pour relancer l’industrie cinématographique sénégalais, les régions doivent être au cœur du dispositif », a-t-il souligné.
Dans cette quête d’une plateforme d’acteurs culturels bien formés, encadrés et accompagnés dans toute la chaîne de production cinématographique, Abdou Aziz Cissé déclare qu’après Thiès, d’autres régions vont suivre pour que toute la diversité culturelle du Sénégal puisse être davantage valorisée par le cinéma sénégalais.  Anne Marie Faye, directrice du Centre culturel régional de Thiès et Horace Dacosta, responsable des Clac, ont rehaussé de leur présence la cérémonie de lancement de la session de formations aux métiers du cinéma et de l’audiovisuel.             

Mbaye BA

La statue du gouverneur colonial Louis Léon Faidherbe sera remise à sa place, a déclaré hier le maire de Saint-Louis, Mansour Faye, en marge de la célébration du Magal des « deux raakas ».

Il a annoncé que le ministère de la Culture va envoyer une mission à Saint-Louis pour expertiser l’état de la statue et voir dans quel sens et dans quelle mesure on pourrait la remettre à sa place. Il a aussi fait allusion au projet de développement touristique de Saint-Louis (Pdt) qui prendra en charge la requalification et le réaménagement de la Place Faidherbe, « et dans le cadre de la mise en œuvre de ce programme ambitieux de l’Etat, il sera question certainement de voir comment réhabiliter cette statue ». Mansour Faye a rappelé que cette statue est un symbole de la ville tricentenaire classée patrimoine mondial par l’Unesco, ancienne capitale de l’Afrique occidentale française (Aof). L’effondrement de la statue du gouverneur colonial, Louis Léon Faidherbe, est causé par les fortes pluies accompagnées de vents violents

Mb. K. DIAGNE

La 2ème édition de Aitex, Africa It Expo, salon dédié aux Technologies de l’information, se tiendra du 27 au 29 septembre à Casablanca, selon un communiqué de l’Agence conseil en Doing Business « Generescence ». Cette 2ème édition met à l’honneur le Cameroun et le Nigeria. Une belle occasion pour les opérateurs de renforcer la partition de l’innovation dans la coopération sud-sud et de l’intégration régionale.

Initiative de la Fédération marocaine des technologies de l’information, des télécommunications (Apebi), la seconde édition du salon des Tic est prévue du 27 au 29 septembre 2017 à Casablanca, au Maroc. Ce salon international se tiendra sous le thème de « L’innovation numérique au service des organisations », et ce, afin d’interpeller tous les acteurs sur les enjeux de la révolution numérique. Les organisateurs programment cette rencontre, à l’échelle continentale, autour d’une vitrine du savoir-faire et des expertises multi sectorielles de ce secteur, à savoir l’édition, le e-commerce, l’offshoring, le big data, les infrastructures, les solutions, la mobilité, le Cloud, la sécurité des données, le e-paiment… En Afrique, comme ailleurs, l’objectif étant de fournir des solutions en se basant sur les dernières technologies et tendances, explique Saloua Karkri Belkeziz, président de l’Apebi.
Pour lui, l’innovation technologique requiert une synergie certaine entre tous les acteurs qu’ils soient institutionnels ou privés.

De l’avis des organisateurs de ce salon dédié au Tic, la révolution numérique impose à toutes les organisations de revoir leur gouvernance, voire leur business modèle, à l’aube de ces transformations qui « façonnent » à la fois les entreprises de demain et le comportement du citoyen-consommateur, premier acteur de cette révolution numérique.
Des institutionnels offrantprincipalement des solutions « e-gov » seront présents ainsi que les offices et les Pme/Pmi représentatives au Maroc à l’échelle africaine notamment. La 2ème édition ambitionne de réunir quelque 200 exposants nationaux et internationaux autour d’un programme : exposition, conférences, plateforme B2B, concours et shows de nouveautés dans le monde du digital, objets connectés et autres innovations…

Abdou DIAW

L’éditeur Abdoulaye Fodé Ndione n’est pas de ceux qui sonnent le glas du livre papier. Plus, il lui prédit un avenir pérenne et prospère avec même des innovations. Parmi elles, notamment, la promotion des langues nationales dans les parutions qui constitue, à ses yeux, l’avenir du champ littéraire et un sûr moyen de développement.

Abdoulaye Fodé Ndione observe que les langues nationales prennent maintenant la place qui leur revient au panthéon. Cela vient, à son heure, d’après lui, car elles constituent l’avenir de la littérature dans nos pays. Rencontré lors d’une cérémonie de dédicace au Warc d’un ouvrage édité aux éditions Abis qu’il dirige, M. Ndione appuie par l’argumentaire qui signe que tous les pays qui se sont développés et qui se développent encore aujourd’hui opèrent avec leurs propres langues.

L’éditeur estime ainsi qu’il sonne le moment de suivre les pas de ces pays dans la promotion des parutions en dialectes locales et transfrontalières. Par-là, Abdoulaye Fodé Ndione perçoit un bon concours à l’épanouissement du milieu littéraire. Il reste toutefois que les auteurs d’ouvrages en langues nationales, après la parution, fustigent beaucoup l’édition qui les lèse, selon eux. M. Ndione estime cependant que la tendance se renverse de plus en plus. Il soutient que les éditeurs affichent désormais un intérêt particulier pour les livres en langues nationales. Une filière jadis investie que par des spécialistes mais qui attire maintenant tous les éditeurs.

Par ailleurs, Fodé Ndione note l’engouement qu’il y a déjà autour de la tenue du Salon africain des écrits en langues africaines (Saela), dont la prochaine édition est prévue en novembre 2017 en Conakry. Il annonce que la rencontre verra la participation de spécialistes et professionnels de langues locales qui discuteront des avancées nécessaires au rayonnement et à la centralité de ces langues dans les éditions. Il fait d’ailleurs état d’études importantes qui ont été faites pour leur développement.

Quant à l’avenir du livre, qu’on dit souvent menacé par l’expansion de l’Internet, le président d’Afrilivres (Collectif d’éditeurs francophones) ne nourrit aucune crainte. Il estime que l’avenir du livre reste serein, certain et très ouvert. Il conçoit que tous les outils qui viennent ne sont que des accessoires qui accompagnent le livre dans sa voie.

Mamadou Oumar KAMARA (stagiaire)

« Lumières invisibles » est un essai de Mbaye Birome Diouf relatant sa biographie depuis ses gambades dans son fief natal de la banlieue dakaroise, Pikine. Un milieu réputé pour ses revers, mais dans lequel l’auteur s’est bâti une forte personnalité qui l’a forgé et a aiguisé son cursus. En offrant son parcours, Mbaye Birome Diouf invite la jeunesse à se battre contre la fatalité et refuser le déterminisme.

Son livre est une introspection dans le bouillonnement social que constitue le quotidien mâtiné de la banlieue. C’est une peinture qui expose les lumières de cette zone concentrée d’une mosaïque de ressources humaines en tout domaine. Une toile dont la visibilité est toutefois frelatée par les clichés la présentant comme le creuset du banditisme et de la violence. Au-delà d’un rétablissement de la vérité, l’auteur de l’ouvrage « Lumières invisibles », Mbaye Birome Diouf, invite la jeunesse à se battre contre la fatalité et à refuser le déterminisme.

Les 224 pages de l’œuvre indiquent que la situation décrépite de la banlieue doit être un leitmotiv pour s’offrir un bon siège dans la société et non un exutoire pour échouer dans les abîmes sociaux. Par-delà la jeunesse banlieusarde, c’est aussi une adresse à la jeunesse africaine qui doit croire qu’il est permis de rêver et de se projeter vers des horizons meilleurs.

Le préfacier du livre, Babacar Ngom, directeur général du groupe Sedima, exhorte également les jeunes à s’armer d’abnégation et de courage, des gages pour atteindre l’excellence.

L’auteur, ancien officier supérieur de la Gendarmerie nationale, convoque aussi l’importance d’une bonne éducation dans nos sociétés, dont les axes essentiels restent la religion et les valeurs. Par ailleurs, Dieu est souvent cité dans le discours de Mbaye Birome Diouf, qui incite les jeunes à la quête de la bénédiction divine par l’amour du travail et des parents. L’ouvrage retrace également son parcours dans l’Armée qui, au même titre que la banlieue, est le décor de réalités dures et implacables. En somme, une autobiographie qui transcende les éloges d’un homme pour informer de la possibilité de réussir dans des foyers tenaces avec des conditions très peu enviables, par la relation d’expériences riches et variées.

La cérémonie de présentation et de dédicace de « Lumières invisibles », tenue hier au Centre de recherche ouest-africain (Warc), a vu la présence d’éminentes personnalités, dont notamment le Haut commandant de la Gendarmerie nationale, Meïssa Niang, et l’ancien maire de Dakar, Mamadou Diop qui, à l’occasion, a annoncé la prochaine parution de son 17ème ouvrage.

Les témoignages sur Mbaye Birome Diouf, fonctionnaire au Haut-commissariat des réfugiés (Hcr), convergent tous vers son humanisme et sa générosité. Ce qui est confirmé par sa décision de reverser la totalité des recettes de la vente du livre à des œuvres humanitaires.

Un geste honorifique pour le Docteur en Management et Leadership Security, titulaire de formations en terrorisme, diplomatie et gestion de conflits en milieu professionnel, et également ancien encadreur au Prytanée militaire.

Mamadou Oumar KAMARA (stagiaire)

Le secteur de l’artisanat connaît un sursaut à Rufisque. Regroupés au sein de l’antenne locale de la Chambre des métiers, les artisans ont assaini le secteur, portant le cap vers une forme d’organisation garante de meilleures conditions de travail et d’un travail de qualité notamment en matière de design.

C’est le calme des jours fériés au village artisanal de Rufisque. Pourtant, c’est un jour de travail. La plupart des artisans, sans doute lassés par les tracas de la Tabaski, ne sont pas venus. Mais Mamadou Sène est bien présent. Assis sur une chaise en rônier, le premier vice-président de l’antenne départementale de la Chambre des métiers de Rufisque déclare sa satisfaction par rapport à la nouvelle forme d’organisation du secteur : « Nous sommes désormais bien organisés. Les 120 corps de métiers qui constituent le secteur sont répartis en trois sections qui se distinguent par une carte professionnelle propre à chacune. La carte verte sert à identifier ceux qui interviennent dans la production comme les tailleurs, boulangers, cordonniers, etc. Les plombiers ou les électriciens qui, eux par exemple, s’activent dans le domaine des services, ont une carte jaune. Et la carte bleue revient à ceux dont l’art est la spécialité, à savoir les sculpteurs, maroquiniers, teinturiers et autres ».

Même si la liste n’est pas exhaustive, « cette forme d’organisation permet d’assainir le secteur et de savoir qui fait quoi », précise-t-il.

La Chambre des métiers est une institution à caractère professionnel qui dépend de la Direction de l’artisanat qui, elle, est sous tutelle du ministère de la Formation professionnelle, de l’Apprentissage et de l’Artisanat. Pour être reconnu, l’artisan doit se faire recenser au niveau de l’antenne régionale ou du relai départemental de sa localité. « Chaque région a une chambre consulaire. Mais pour assurer la proximité, des relais sont ouverts à l’échelle départementale. Ainsi, les artisans peuvent s’inscrire plus facilement dans la base de données et bénéficier des avantages », ajoute M. Sène en ouvrant une chemise contenant un ensemble de documents.

Tout en poursuivant ses explications, il tire un des documents et remet ses lunettes. Selon lui, cette organisation permet de professionnaliser davantage le secteur afin de rendre possible l’accès aux crédits mis en place par l’Etat. « Suite au plaidoyer des artisans, l’Etat a mis à la disposition des artisans une ligne de crédits plus accessible. Il s’agit d’un fonds global de 3 milliards de FCfa dont une première tranche de 300 millions est logée à l’Alliance de crédit et d’épargne pour la production (Acep) », déclare-t-il.

Par ailleurs, il se félicite de cette initiative qui, pense-t-il, vient booster le secteur en donnant aux artisans l’opportunité d’accéder à des financements intéressants. « L’assiette des crédits varie entre 150.000 et 5.000.000 de FCfa, pour un taux d’intérêt de 3,75% seulement. Et le plus intéressant, c’est que c’est sans garantie ni apport personnel, et remboursable au bout de 2 ans », éclaire-t-il.

Un financement bien encadré
Après une brève interruption pour échanger avec un ami de passage, Mamadou Sène ajoute que pour mieux encadrer les artisans, l’antenne départementale de Rufisque a noué, par le biais de l’Acep, un partenariat avec Delta Consulting, un cabinet de consultance dont ils sont heureux d’accueillir un relai au village artisanal de Rufisque. « L’équipe de Delta Consulting ici présente aide dans le montage financier des projets des artisans demandeurs », développe-t-il en montrant du doigt le bureau. « Vous savez, il faut encadrer et sécuriser le financement afin que le remboursement puisse se dérouler correctement et à terme échu et que d’autres puissent, eux aussi, bénéficier des prêts », poursuit-il en nous invitant dans le bureau pour nous présenter Cheikh El Valid Fall, directeur général de Delta Consulting.

« Nous avons été agréés par la Chambre des métiers pour accompagner les artisans qui le souhaitent dans la confection d’un projet à soumettre, pour financement, au ministère de l’Artisanat sur une ligne de crédits qui leur a été ouverte au niveau de l’Acep, la structure financière de domiciliation », confirme celui-ci, avant de nous demander, sur un ton blagueur, d’ajouter à nos investigations « le fait qu’au Sénégal, après la Tabaski, les gens préfèrent rester chez eux plutôt que venir au travail », faisant allusion à l’absence d’un de ses collaborateurs. Ce qui explique sa présence à Rufisque plutôt qu’à Dakar.

Moussa SONKO (stagiaire)

Sensecampus, un incubateur d’entreprenariat social conjointement mis en place par l’Ong MakeSense et l’Institut africain de management (Iam) organise « un événement autour de la gastronomie comme moyen de développement du Sénégal », aujourd’hui, mardi, à Dakar.

Selon un communiqué reçu dimanche des organisateurs, cette manifestation organisée en partenariat avec Slow Food, se déroulera dans les locaux de l’Iam (route de la Pyrotechnie, Mermoz). Au programme, un « mini marché de la Terre comptant des acteurs locaux et des produits « Good Clean & Fair » et une projection présentant le mouvement Slowfood », au 6e étage de l’immeuble de l’Iam, de 16h30 à 21h00.

Les organisateurs annoncent aussi un débat portant sur le thème : « Réactualisation et valorisation de notre patrimoine gastronomique pour un développement durable et une souveraineté alimentaire ».

Il sera conduit « sous le format Mksroom By Makesense (une conférence conçue comme une émission télé live avec une sollicitation du public et des pauses musicales) au 7ème étage de 18h30 à 21h00 ».

Il y aura enfin une dégustation de mets sénégalais au 7ème étage de l’immeuble de l’Iam, à partir de 21 heures, signale le communiqué.

(APS)

« Guddig Mbooyo » est un roman policier de Lamine Mbaay écrit en wolof qui raconte l’histoire d’un vol de bijoux. Un larcin commis par la dame Mbooyo et qui sera élucidé par Tijaan, policier et longtemps présumé auteur de l’infraction.

La girouette de la raison pourrait renvoyer à « une nuit de brouillard » (traduction littérale du titre). Il s’agit certes ici de l’obscurité, mais elle caractérise la longue dissimulation de la vérité, l’infamie de la société sénégalaise et la nuit dans laquelle l’incident a été réglé à l’amiable pour épargner Mbooyo de la vindicte. Le livre, adapté au cinéma, serait monté en sépia pour la nostalgie des bonnes attitudes et habitudes perdues de notre société. Les scènes projetteraient le quotidien du Sénégalais lambda. Le scénario dialoguerait avec lui dans sa langue, ou du moins la plus parlée, le wolof. Mais un wolof pur et recherché, ou presque. « Le livre est bien exclusivement écrit en wolof. Il est vrai qu’on trouve quelques termes qui sonnent français comme «  gowernor », « kolonel », « komiseer », etc. Mais ce sont des termes universels et conventionnels, modifiés et admis par le wolof », justifie l’auteur, Lamine Mbaay.

La linguiste Fatou Diao l’appuie en parlant « d’emprunts acceptés par les académiciens wolof ». Outre l’aspect linguistique qui constitue la principale caractéristique de l’ouvrage, ce dernier revêt un aspect anthropo-sociologique.

Radioscopie de la société
 « Guddig Mbooyo » fait une capture de la société sénégalaise, en ce sens qu’il analyse avec une subtile précision les charmes et tares de l’homo-senegalensis. De la solidarité et la cohésion qui prévalent entre parents et voisins à l’hypocrisie et la corruption dans ses plus infimes formes. De la lascivité à l’ignominie de la femme. Tout y passe. En somme, les constats d’un ancien policier qui a appris à connaître la société au gré de ses services et affectations sont consignés dans l’ouvrage. L’auteur considère également son œuvre comme le descendant de « Ijjib wolof » (premier syllabaire wolof édité par l’ancien président du Conseil, Mamadou Dia, en 1958 et conçu par Amadou Makhtar Mbow, Cheikh Alioune Fall, Me Abdoulaye Wade, entre autres).

Pour l’ancienne force de l’ordre, « On doit aussi comprendre à travers ce livre que le policier ne sert pas qu’à matraquer. Il doit avant tout éduquer, redresser et faire bénéficier son expérience aux jeunes générations. Le policier qui n’use que sa baïonnette a échoué ! ».

Lamine Mbaay, 64 ans et lauréat du 1er prix de poésie en 1994 et en 2001, est un ancien brigadier de police municipale. Il est notamment intervenu aux premiers moments du conflit casamançais.
 Radié de la Fonction publique avec les événements de 1987, il est ensuite recruté en 1989 par le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (Unhcr). Un riche parcours pour l’animateur radio d’une émission consacrée à la langue wolof, une langue dont la promotion est aujourd’hui sa principale passion.

Mamadou Oumar KAMARA
(stagiaire)

 

Il « remercie Dieu d’avoir connu de vraies femmes » dans sa vie, souligne le côté « communiste » des chrétiens et raconte avoir recouru à la psychanalyse : le pape François se confie dans un livre d’entretiens à paraître début septembre.

De premiers extraits de l’ouvrage, intitulé « Politique et société » et né du dialogue entre le souverain pontife et le chercheur français Dominique Wolton, sont publiés dans le Figaro Magazine à paraître vendredi. François y réitère ses messages d’ouverture exprimés ces dernières années sur plusieurs sujets sensibles en débat dans la société et l’Église, notamment l’ouverture aux migrants, la laïcité, les prêtres pédophiles, le mariage homosexuel, les rapports avec l’islam ou la communion des divorcés. Mais de façon plus inhabituelle, il se confie plus intimement sur les personnes qui ont compté dans sa vie, notamment les femmes. « Personnellement, je remercie Dieu d’avoir connu de vraies femmes dans ma vie », déclare-t-il.

Il rend notamment hommage à ses deux grands-mères et sa mère, qui « affrontait les problèmes les uns après les autres », y compris la souffrance physique, et à ses sœurs. « Puis il y a eu les amies de l’adolescence, les +petites fiancées+... D’être toujours en rapport avec les femmes m’a enrichi », poursuit François, qui dit avoir « appris, même à l’âge adulte, que les femmes voient les choses d’une manière différente des hommes » et qu’ « il est important d’écouter les deux ». Il dit également avoir été très influencé par une militante communiste, Esther Ballestrino de Careaga, tuée sous la dictature argentine (1976-1983) après avoir aidé à fonder le mouvement des mères de la Place de mai, qui dénonçaient la disparition de leurs enfants assassinés par le régime. « (Elle) m’a appris à penser la réalité politique (...) Je dois tant à cette femme », souligne le pape, qui ajoute: « On m’a dit une fois : +Mais vous êtes communiste!+ Non, les communistes, ce sont les chrétiens. C’est les autres qui ont volé notre bannière! »

François confie également avoir « consulté une psychanalyste juive » alors qu’il avait 42 ans, « à un moment de (sa) vie où (il) en a eu besoin ». Il s’est rendu chez elle une fois par semaine pendant six mois « pour éclaircir certaines choses ». « Une très bonne personne » qui « m’a beaucoup aidé », dit-il.

« Politique et société » du pape François (Rencontres avec Dominique Wolton), Éditions de l’Observatoire, 432 pages, 21 euros, en librairie le 6 septembre.

AFP

 

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