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Arts et Culture (1935)

Dans le cadre du lancement de « Teranga Jam », une initiative de promotion de la culture basée sur les principes de la diplomatie culturelle, il a été organisé, hier, au musée Léopold Sédar Senghor, un panel sur la création de richesses par et pour les arts. Une réflexion sur la diplomatie culturelle y a également été nourrie. Le festival « Teranga Jam Fest » s’offre, aujourd’hui et demain, un instant de rythmes d’ici et d’ailleurs à la Place du souvenir.

Le rayonnement diplomatique d’un Etat réside dans sa capacité de promouvoir ses spécificités pour aller à la rencontre de l’autre. Il ne s’agit ni de restaurer ou de proclamer la primauté de sa culture ni d’une ouverture inconsidérée entraînant une homogénéisation « obstructive ». Il est plutôt question d’un universalisme au sens d’un consentement réciproque mettant en lumière les aspirations communes et la diversité qui enrichit les uns et les autres. Qu’est-ce qui pourrait, plus que la culture, constituer ce pont d’échanges entre les peuples du monde ? L’ancien ambassadeur et ministre des Affaires étrangères du Sénégal, Seydina Oumar Sy, ne s’éloigne pas trop dans son mot d’ouverture, de cette idée quand il souligne que la culture est un atout important pour le diplomate. Déplore-t-il juste qu’elle ne soit plus au cœur des priorités tout en évitant d’opposer la diplomatie économique et celle-là culturelle.

Cette dernière a permis, après quelques années de crispation, de réconcilier le Mali et le Sénégal grâce au Festival mondial des arts nègres de 1966. Il convient, selon lui, de revenir aux fondamentaux pour booster la créativité, affirmer notre identité et aller à la rencontre du monde après avoir au préalable redéfini notre rapport au « local ». Et il ajoute : « Si notre génération a un devoir de mémoire, les jeunes ont, quant à eux, cette mission de relais » qui, si elle n’est pas accomplie, serait susceptible d’ouvrir des horizons incertains et embrumés. Il est impérieux, selon lui, que la culture figure dans les préoccupations du gouvernement afin que le Sénégal retrouve son rayonnement que lui enviaient bien des pays sous le président Léopold Sédar Senghor qu’un des intervenants dans l’assistance a invité à relire.

Instant de sensibilisation
Ce mot d’ouverture a été suivi d’une réflexion sur la « création de richesses par et pour les arts » qui corrobore les idées émises par le diplomate à la retraite. Dans une analyse percutante, l’architecte et réalisateur, Nicolas Sawalo Cissé, s’est arrêtée sur la notion de richesse et sa classification pour mettre en lumière les gratifications de la nature quelquefois ignorées par les bénéficiaires. L’une des plus marquantes, à ses yeux, est l’esprit humain capable de briller dans l’exercice d’un art, de réaliser le beau, cet art résistant au temps. Le prolongement de sa réflexion est analogue à celle nourrie par Gacirah Diagne, présidente de l’association « Kaay Fecc », qui invite les Sénégalais à réinterroger les comportements culturels pour la création de richesses, le rôle de tous les acteurs et la perception de l’artiste par la société. Il est primordial, à son avis, d’outiller les jeunes, de les ancrer dans nos valeurs propres avant d’aller à la rencontre de l’autre. Il est tout aussi essentiel de « repositionner l’humain au cœur du projet », pour ainsi reprendre Gnagna Koné, initiatrice de « Teranga Jam », et de s’inscrire dans ce que le modérateur, Hamidou Anne, conseiller culturel, a appelé la « co-construction des solutions ».

« Teranga Jam » est une initiative collaborative conçue et mise en œuvre par Grande Ourse (Sn Constellation) avec la participation d’acteurs culturels et d’entrepreneurs locaux. Chaque projet ou création artistique est connecté à une cause sous le volet sensibilisation et plaidoyer de l’initiative dans le but d’attirer l’attention de l’opinion publique et de la sensibiliser.  Le festival « Teranga Jam Fest », prévu les 17 et 18 novembre à la Place du souvenir africain avec la participation de plusieurs artistes de renom, constitue, dans ce sens, un important moment de sensibilisation. Cette première édition de « Teranga Jam Fest », placée sous le signe de la coopération africaine, se tient avec la participation de la Fondation Music in Africa qui organise, conjointement, la conférence internationale sur la musique dédiée aux échanges.

Alassane Aliou MBAYE

Le ministre de la Culture,  Abdou Latif Coulibaly, a procédé, hier, à la remise des matériels roulants, équipements informatiques, instruments de musique et de sonorisation aux Centres culturels régionaux.

Le ministère de la Culture a mis, hier, à la disposition des Centres culturels régionaux des régions de Thiès, Fatick, Ziguinchor, Saint-Louis ainsi que l’Ecole nationale des arts (Ena), un important lot de matériels et équipements composés, pour l’essentiel, de véhicules pick-up, de matériels de sonorisation, équipements informatiques et des instruments de musique (batterie, guitare électrique, tambour, kora, xalam). Ce lot de matériels servira à réhabiliter et à mieux équiper ces centres pour leur bon fonctionnement.

Selon le ministre de la Culture, Abdou Latif Coulibaly, ces équipements et matériels roulants permettront aux Centres culturels régionaux d’accomplir avec efficacité et efficience leurs missions. « Ce lot d’équipements d’une valeur assez conséquente permettra à nos Centres régionaux culturels de jouer davantage leurs rôles dans la  promotion de l’action culturelle, de collecte de notre patrimoine culturel national, de préservation et de dissémination de cette culture ».

Ces équipements et matériels, ajoute le ministre, permettront  également aux Centres culturels d’être des centres de référence pour la production des biens culturels et pour la mise à disposition de tels produits auprès des populations. Ainsi, il a exhorté les responsables de ces services régionaux à bien entretenir ce matériel qu’il vient de leur remettre. Aussi, informe-t-il de la construction de complexes culturels régionaux. « Cet esprit doit nous conduire à repenser la dénomination même des centres régionaux. Car, l’entité étatique se confond souvent avec des initiatives privées », dit-il.

Recevant un lot de matériels, Cira Bâ, directrice du Centre culturel régional de Diourbel, a remercié le ministre de la Culture pour cette dotation. « Par ce geste, vous venez d’outiller les Centres culturels et nous motiver davantage à persévérer et à travailler pour le bénéfice des acteurs culturels de nos régions. Nous ne doutons pas aussi de l’ambition que vous avez pour doter les régions et faire d’elles des leviers de développement culturel », a affirmé Mme Cira Bâ.

Maguette Guèye DIEDHIOU

 

Enseignant-chercheur à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis et coordonnateur du Groupe de recherche et d’étude du patrimoine sénégalais « Baajoordo », Mamadou Youry Sall vient de faire paraître « Mesure de l’arabophonie du Sénégal ». Cet essai, au-delà de son caractère historique, démontre l’ancrage solide de notre pays dans la culture arabo-musulmane qui est, malheureusement, mal exploité en dépit des potentialités des intellectuels composant cette communauté.

En publiant « Mesure de l’arabophonie du Sénégal », l’enseignant-chercheur à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, Mamadou Youry Sall, attire l’attention sur l’ampleur de la culture arabo-musulmane dans notre société. Il montre l’attachement de la société sénégalaise à l’arabophonie considérée comme le socle de la culture islamique. Cet essai s’articule en trois parties dont la première rappelle « l’attachement à l’école arabo-islamique ». Cela, en évoquant, entre autres, les origines de l’Ecole sénégalaise, le réalisme du colonisateur, l’héritage scolaire du Sénégal ainsi que les promoteurs de « l’Ecole nouvelle ».

En effet, c’est une véritable leçon d’histoire que l’auteur propose à ses lecteurs. L’enseignement et la formation dans le système almoravide, l’attraction que suscita l’Ecole de Wallaata mise en place au XIVème siècle par Yahya Kaamil, la Révolution des intellectuels de Pire (1765-1776)… constituent des séquences historiques qui renseignent sur la genèse de l’école sénégalaise. En s’intéressant aux promoteurs de « l’Ecole nouvelle », l’écrivain fait un distinguo entre l’ancien système d’apprentissage et celui du renouveau incarné par des figures de proue à l’image d’El Hadj Mahmoudou Bâ, qui a « introduit l’utilisation de tableau à l’aide d’un marqueur fabriqué sur place  et de l’encre local (daha) ».

Importance des arabisants
Selon Mamadou Youry Sall, l’enseignant avait impliqué la communauté pour libérer les apprenants du besoin de mendier. Le fils de Serigne Mouhamadou Moustapha Mbacké, premier Khalife du fondateur de la confrérie mouride, Cheikh Ahmadou Mbacké, Gaïndé Fatma (1913-1978) figure aussi parmi les promoteurs de « l’Ecole nouvelle ». Il s’est donné pour « l’émergence d’une élite capable de faire face au défi du monde moderne ». Le chercheur veut montrer, à travers une documentation fouillée, comment les Sénégalais ont toujours été attachés à la culture arabo-musulmane et à son système d’enseignement. Toutefois, aujourd’hui, à cause d’un « système d’éducation officiel, un nombre important de familles n’y trouve pas encore leur compte ».

Dans « Mesure de l’arabophonie du Sénégal »,  les « profils et potentialités des arabisants » y sont également largement traités. Ils constituent d’ailleurs la deuxième partie de cet essai. Revenant sur l’effectif des Sénégalais à l’Université d’Al Azhar de l’Egypte au fil des années et à partir de l’aube de l’indépendance, Mamadou Youry Sall montre combien les Africains, en général, et les Sénégalais, en particulier, restent toujours fidèles au système arabo-islamique, représentant un « potentiel scientifique » important. Par ailleurs, révèle-t-il, « l’émigration a permis de lever les obstacles liés au bannissement de ce système et sa marginalisation officielle depuis l’accès à l’indépendance » de « nos » pays.

Enfin, la troisième partie de ce livre est consacrée aux « Opinions socio-religieuses ». Si au Sénégal, la communauté intellectuelle arabophone reste non négligeable, son intégration dans la vie active du pays suscite toujours des débats. Et cela, en dépit des compétences des arabophones dans divers domaines. L’auteur fustige l’attitude des  hautes autorités à l’endroit de cette communauté, en pensant que les compétences de ces arabisants, « en dehors du domaine religieux, ne servent pas à grand-chose ». De son avis, « il n’y a pas de doute que cette vision est réductrice pour ne pas dire simpliste. Elle est née d’une mauvaise connaissance de l’importance qualitative et quantitative des arabisants ».

Mamadou Youry Sall compte de nombreuses publications et contributions en histoire d’érudition ouest-africaine à son actif. Produit de l’école coranique, il a fréquenté des universités égyptiennes et françaises. Il est auteur de : « Al Azhar, l’autre institution d’enseignement des Sénégalais », « Ceerno Sileymaani Baal ».

Ibrahima BA

Koumpentoum célèbre, du 22 au 24 décembre prochain, ses 3èmes journée culturelles appelées les « Palabres de Niani ». Le Conseil départemental, en collaboration avec les 10 communes du département et les populations, va encore revisiter l’histoire du terroir à travers un colloque sur le thème : « Quelles stratégies pour une meilleure articulation égalitaire des politiques publiques ? »

Du 22 au 24 décembre, Koumpentoum, à 100 km de Tambacounda, sera, à l’occasion des 3èmes journées culturelles « Pençum Niani », le lieu de convergence des populations de la région orientale et du reste du pays pour se ressourcer et communier au rythme du riche folklore du terroir. Pour le préfet du département, Demba Touré, qui a présidé la rencontre de lancement des préparatifs, il s’agit, pour ce rendez-vous annuel, de redynamiser les synergies culturelles dans le but d’asseoir la base de l’émergence socio-économique de Koumpentoum, de promouvoir et valoriser les sites historiques recensés et faire un catalogue touristique de référence du département.

A cet effet, il est retenu de renforcer les discussions et échanges autour des questions de développement à Koumpentoum et aussi de permettre aux acteurs culturels et artistes de faire connaissance avec d’autres, et de se produire devant leur public également. C’est l’occasion pour chaque commune de présenter les potentialités de sa localité et de faire comprendre que la culture est la base du développement.

Selon Omar Sy, président du Conseil départemental de Koumpentoum, un lot d’activités a été planifié avant et pendant le festival. A travers des plateaux artistiques, il sera possible d’identifier les jeunes talents, potentiels leaders, et sélectionner les meilleurs par la création du prix du Meilleur jeune talent du département.

Promouvoir la diversité
 Cela, afin de subventionner deux artistes des cultures urbaines, en renforçant leurs capacités d’écriture de texte. Le clou de ses festivités sera les visites de sites (excursion) des villages traditionnels, comme celui aux 44 rois, le tata de Ndoungousine, le puits des femmes de l’honneur, le Centre géographique du Sénégal, les mégalithes de Thiékène, etc.)

L’attraction, selon le président du Conseil départemental, sera également la fête des masques pour mettre en valeur et promouvoir la diversité culturelle. Cela, afin de mettre en relief les expressions culturelles et artistiques des communautés, mais aussi créer l’émulation à travers la 2e édition du concours du meilleur masque et de la meilleure prestation. Il est ainsi prévu la prestation des communautés culturelles et ethniques (Bambara, Socé, Sérère, Wolof, Peulh Firdou, Peulh Fouta, Toucouleur, Coniagui, Laobé et Maure) devant les autorités lors de la cérémonie d’ouverture. De même, il y aura un vernissage de l’exposition des potentialités économiques du département et la présentation des meilleurs élèves du terroir.

Comme à chaque édition, un colloque scientifique est prévu. Et celle-ci va porter sur « Histoire et développement : quelles stratégies pour une meilleure articulation égalitaire des politiques publiques ». Enfin, au programme de ces 3èmes journées culturelles du Niani figure en bonne place un projet de formation de 25 femmes en entrepreneuriat.  

Pape Demba SIDIBE

 

Les rideaux sont tombés, lundi dernier, sur la 25ème édition de la journée internationale de l’Ecrivain africain. A l’issue de cette rencontre ouverte le 7 novembre dernier, les participants ont demandé aux gouvernants africains de protéger la liberté d’expression et d’action des écrivains et de tout mettre en œuvre pour la consolidation de l’unité africaine.

La clôture de la 25ème édition de la journée internationale de l’Ecrivain africain, lundi dernier, a été l’occasion pour les participants venus d’Algérie, du Burkina Faso, Cameroun, Congo, Côte d’Ivoire, Egypte, Gabon, Mali, Maroc, Mauritanie, Palestine, Sénégal, Togo et de la Diaspora, de demander dans leur déclaration aux gouvernements africains de veiller au respect des droits de l’Homme et de protéger la liberté d’expression et d’action des écrivains défenseurs de leur peuple et de leurs cultures. Aussi, demandent-ils aux autorités africaines de faciliter la circulation des écrivains africains et de leurs œuvres et de tout mettre en œuvre pour la consolidation de l’unité africaine. D’après le président de l’Association des écrivains du Sénégal (Aes), Alioune Badara Bèye, lors de cette 25ème édition de la journée internationale de l’Ecrivain, mandat a été également donné à l’Aes d’organiser la rencontre panafricaine des écrivains. « Pour la promotion de l’édition, plusieurs pays vont mettre en place des anthologies. C’est le cas du Sénégal, du Cameroun, du Congo, de la Côte d’ivoire et du Maroc. Sans compter la poésie palestinienne complétée par des poètes sénégalais et de l’Afrique centrale qui va participer à cette anthologie », informe M. Bèye.

Aussi, souligne-il que des livres seront réédités tels que le livre du président Paul Biya sur le libéralisme communautaire avec, cette fois-ci, une préface sénégalaise. Le président  de l’Aes a, par ailleurs, salué l’acte du président Macky Sall de porter, l’année prochaine, le Fonds d’aide à l’édition au Sénégal à un milliard de FCfa.

Ouverte le 7 novembre, la 25ème édition de la journée internationale de l’Ecrivain africain avait comme parrain l’écrivain et ancien ministre sénégalais Pr Abdoulaye Elimane Kane, et comme pays invité d’honneur le Cameroun. Selon le président de l’Aes, plusieurs activités phares ont marqué cette 25ème édition, parmi lesquelles figurent le colloque autour du thème « La littérature, ciment de l’unité africaine »,  la remise du Grand prix Yasser Arafat pour la paix et plusieurs distinctions aux hommes de lettres pour la qualité de leur production littéraire, entre autres.

Ces distinctions aux hommes de lettres du Sénégal ont été remises lundi, lors de la clôture de la journée. Ainsi, le Prix David Diop de la poésie a été remis à la poétesse Fatou Yeli Wardini Faye, tandis que le Prix Amadou Cissé Dia du Théâtre à Seyba Lamine Traoré. Le Prix  Sembène Ousmane du roman a été décerné à l’écrivain Mamadou Samb. Le Prix de la Nouvelle est revenu au Pr Andrée Marie Diagne et le Prix Cheikh Anta Diop de l’essai à Marie Bâ, spécialiste des questions économiques. Quant au Prix « Kocc Barma » des langues nationales et celui du conte, ils ont été remis respectivement à  Mamadou Lamine Dramé et à Babacar Mbaye Ndack.

Maguette Guèye DIEDHIOU

 

Le ministre de la Culture a annoncé, hier, que l’Etat vient d’allouer 1 milliard 400 millions de FCfa à la Société sénégalaise du droit d’auteur et des droits voisins (Sodav). Abdou Latif Coulibaly s’est félicité « de la volonté de l’Etat de consacrer davantage de moyens à la culture ». Selon lui, le budget du ministère est arrêté, cette année, à 25 milliards de FCfa.   « Cela représente un peu moins de 0,8% de l’enveloppe globale. Je rappelle que des pays qui nous servent souvent de référence dans la perspective de comparaison de politiques publiques, consacrent 0,9 % de leurs budgets nationaux à l’investissement sur la culture », a dit le ministre. Il a ajouté que l’Etat consacre également 5 milliards 172 millions de FCfa à des aides directes aux acteurs culturels et aux producteurs de biens culturels de valeur.
 
Ibrahima BA

En prélude à la 16ème édition de la Foire internationale du livre et du matériel didactique de Dakar (Fildak), prévue du 22 au 27 novembre, le ministère de la Culture a organisé, hier, un pré-colloque  en hommage à des artisans des lettres dont les œuvres ont contribué à faire éblouir la littérature sénégalaise.

Fatou Niang Siga, Amadou Sada Dia, Sada Kane, Saloum Sadiakhou, Abdoulaye Racine Senghor, cette pléiade d’écrivains a accédé au panthéon des immortels grâce à la qualité de leurs œuvres portées par les remparts de l’éternité. Ils ont apporté, chacun en ce qui le concerne, une pierre précieuse dans l’édification d’une littérature faisant la fierté de toute une nation. Des plumes loin de la démarche parnassienne, des écrits au service du développement et de la citoyenneté.

C’est pour célébrer cette crème des lettres sénégalaises que le ministère de la Culture a organisé un pré-colloque en hommage à ces artisans de la littérature de notre pays. L’événement s’inscrit en prélude à la 16ème édition de la Foire internationale du livre et du matériel didactique de Dakar (Fildak), qui se tient du 22 au 27 novembre. Pour le ministre de la Culture, il s’agit d’une occasion de célébrer « d’éminentes personnalités de notre pays qui ont su porter avec talent et détermination la défense et la promotion du livre ». Abdou Latif Coulibaly a indiqué que « les personnalités choisies méritent, en effet, de la Nation par ce qu’elles représentent et symbolisent ». Il a réaffirmé la volonté du chef de l’Etat et du gouvernement de « renforcer la place du livre et d’asseoir la promotion de la lecture dans notre pays ». Selon lui, « on ne peut envisager l’émergence sans que le savoir et le capital humain n’occupent, dans nos actions, toute la place qui leur revient. Et que le savoir se conquiert et se consolide par le livre et la lecture ».

L’édition 2017 de la Fildak dont l’objectif est de favoriser la promotion du livre et du matériel didactique ainsi que la diversité culturelle dans le domaine de l’écrit et de contribuer au rayonnement culturel du Sénégal et de l’Afrique, porte sur le thème : « Livre, jeunesse, économie : défis du développement ».

Ibrahima BA

Le Sénégalais Adama Aly Pam a été porté à la tête des Archives et des Bibliothèques de l’Unesco. L’information a été publiée, samedi, par l’Ecole des Chartes de l’université de la Sorbonne sur son site. L’établissement s’est réjoui de cette belle promotion d’un de ses anciens élèves.

Nommé directeur des Archives et des Bibliothèques à l’Unesco, le Sénégalais Adama Aly Pam est l’un des rares Africains diplômés de la prestigieuse Ecole des Chartes de l’université de la Sorbonne qui forme l’élite française chargée de gérer le patrimoine historique et documentaire de la France (Musée, bibliothèques, archives et inventaire national). Titulaire d’un doctorat en Histoire africaine et d’un diplôme en Sciences de l’information et de la communication option Archives de l’Ebad, M. Pam a commencé sa carrière aux Archives nationales du Sénégal sous la supervision de son mentor, Saliou Mbaye. Il donne des cours à l’Ecole des bibliothécaires, archivistes et documentalistes (Ebad).

En 2004, il rejoint la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest pour participer à un programme de modernisation des Archives et de la Documentation de l’Institut d’émission.

En 2012, il est commis par le Programme des Nations unies (Pnud) pour assister le gouvernement togolais dans la mise en œuvre d’un plan d’archivage des dépositions de la Commission vérité, justice et réconciliation (Cvjr). Militant du patrimoine, il participe, depuis 10 ans, avec l’Association mémoire et développement, à la formation des cadres de l’Afrique centrale à la gestion des documents administratifs. Sa nouvelle fonction de directeur des Archives et des Bibliothèques de l’Unesco, le place au cœur des problématiques de gestion de la mémoire institutionnelle de l’organisation qui compte plus de 50 bureaux à travers le monde mais aussi il devra servir de conseil aux Etats membres dans le cadre des politiques de gestion du patrimoine documentaire comme source d’accès à la science et à la culture.

« Ma nomination marque une reconnaissance de l’expertise nationale sénégalaise et africaine », a réagi M. Pam.

Abdou DIAW

 

L’association «Music for eart» et le label «Dakar music», en partenariat avec les ministères de la Culture et du Tourisme, la Ville de Dakar, l’Agence sénégalaise de la promotion touristique et l’Onudc, organisent du 16 au 26 novembre, la première édition du « Dakar musique festival ».

Selon son initiateur, Sophien Arrar, le « Dakar musique festival » comporte trois volets, culturel, environnemental et socio-éducatif. Les organisateurs de «Dakar musique festival» veulent en faire un rendez-vous où des artistes exprimeront leur talent éclectique, sur fond de sonorités dont la richesse fera tache d’huile. En conférence de presse hier, à Dakar, le programme présenté aux journalistes s’établit comme suit : une ouverture officielle, jeudi 16 novembre à l’Empire des enfants dans l’après-midi et une partie festive à aux Mamelles.
Le 18 novembre, est prévu sur l’esplanade du Monument de la Renaissance africaine, un concert avec Didier Awadi, Souleymane Faye, Ibaaku ainsi que des Dj tels que Goldcap des Etats-Unis, Boris Werner (Pays-Bas) et Veronika Fleyta de la Russie.

Le 19 novembre, «Dakar musique festival» se déplacera au Lac Rose pour des concerts, expositions d’œuvres, un Fashion show avec la participation de nombreux stylistes. Les organisateurs du «Dakar festival musique» se rendront ensuite sur l’île de Ngor, les 23 et 24 novembre, pour des soirées. Le samedi 25 novembre, un concert est prévu au Just 4U avec Ma Takeifa, Mao Sidibé, Aïda Sock, Sahad & le Natal Patchwork, etc. Avant de réserver une surprise aux mélomanes et festivaliers le lendemain, 26 novembre. Des conférences, workshops et des performances artistiques et musicales viendront ponctuer le «Dakar musique festival» pendant dix jours.

Serigne Mansour Sy CISSE

Dix photographes africains sélectionnés ont participé, à Dakar, à l’atelier de formation et création photographique « Sentetopia », organisé par la coopération espagnole. Selon un communiqué de presse, les photographies sélectionnées feront l’objet d’une exposition à la 11ème édition des Rencontres de Bamako, Biennale de la photographie africaine, sous le thème « Afrotopia ».

L’atelier de formation et création en photographie « Sénétopia », organisé dans le cadre du Programme Acerca de la Coopération espagnole, s’est déroulé du 8 au 11 novembre à Dakar. Sous la coordination du photographe espagnol Héctor Mediavilla, les participants, réunis à l’Aula Cervantes de Dakar, ont vu leurs connaissances techniques en photographie renforcées. Ils ont également réfléchi sur les différents traitements de l’image digital et comment créer un discours conceptuel y visuel cohérent en photographie.
Selon le communiqué de presse, cette activité consolide la promotion de la pratique photographique au Sénégal, après le passage de l’exposition « Trasatlántica » (PhotoEspaña) à Dakar en décembre 2016.

 

Pour apporter sa prière à l’édifice du développement du digital, l’Institut français du Sénégal a lancé le concept « Novembre numérique ». Du 13 au 30 novembre, des activités seront organisées par cette structure pour favoriser la création numérique chez les Sénégalais dans le cadre de ce « Mois des cultures numériques du Sénégal ».

En novembre 2016, l’Institut français de Paris avait lancé le concept « Novembre numérique » dans le monde. Cependant, en Afrique, seul le Niger, la Mauritanie et le Togo avait déroulé ce concept l’année dernière. Pour cette édition 2017, l’Institut français du Sénégal a décidé de lancer pour la première fois l’idée du « Novembre numérique » ou le « mois des cultures numériques au Sénégal. La directrice du programme « Novembre numérique » de l’Institut français du Sénégal, Nogoye Diop, a indiqué, face à la presse, que le Sénégal a adhéré à ce projet lancé depuis Paris parce qu’il y a une grande opportunité à mieux exploiter le numérique qui est un outil de développement.

Nogoye Diop soutient qu’il y a énormément d’outils connectés au Sénégal avec le téléphone portable qui est utilisé par toute la population, des plus jeunes au plus âgés. « Au Sénégal, il commence à avoir énormément d’acteurs autour du numérique qui ont un dynamisme certain pour le développement de ce secteur », indique la responsable de la Médiathèque de l’Institut français. Elle explique que pour une première édition, il fallait trouver des activités transversales fédérant l’ensemble des départements du centre pour un esprit de groupe et une homogénéité.

C’est ainsi que les principales activités du « Novembre numérique » vont tourner autour des quatre concepts que sont : décoder, jouer, créer et penser. Dans chaque concept, il est prévu plusieurs activités au centre ou en collaboration avec d’autres structures pour former « mais surtout orienter les jeunes vers l’essentiel dans le numérique ».  

 Il est prévu, de ce fait, des ateliers de prise en main, un tournoi de jeu vidéo entre enfants pour mieux faire découvrir à ces derniers l’outil informatique et stimuler leur création. Contrairement aux idées reçues, la directrice du programme « Novembre numérique » souligne que « certains jeux peuvent énormément apporter à l’enfant dans la concentration, la recherche et la prise en main ».

Pour le concept création, le Sénégal recevra aussi l’exposition « French Touch » qui est la première exposition proposant une sélection d’œuvres de webcréations françaises et francophones. Ker Thiossane va aussi déplacer son atelier « Fab Lab » à l’Institut français pour inciter les jeunes à exploiter les opportunités du numérique.

La directrice de l’institut français, Anne Potié, a laissé entendre que la structure qu’elle dirige a voulu, avec cette idée, mettre à disposition une plateforme numérique pour développer davantage ce secteur au Sénégal. Elle rappelle aussi que l’espace de l’Institut va être repensé en fonction du numérique pour offrir une circulation entre le créateur et le consommateur du numérique qui est véritable outil de développement.  

Oumar KANDE

 

Le directeur de l’Economie numérique a annoncé, hier, la mise en place et l’opérationnalisation du Fonds d’appui à l’entreprenariat et à la promotion du numérique. D’après Seth Sall, l’étude de ce fonds est en cours et le premier pré-rapport a déjà été partagé.  

En outre, dans le cadre de la mise en œuvre de la Stratégie Sénégal numérique 2025, il est prévu un projet de soutien à l’innovation et à l’incubation « Startups Sénégal », celui de Pôles d’activités numériques dans les villes universitaires ou « Digipôles », le projet  d’entreprenariat féminin et le programme «Afrimac » consacré à la formation en entreprenariat numérique de femmes.

L’exécution de la «Stratégie Sénégal numérique 2025», a indiqué M. Sall, nécessite une « forte » contribution du secteur privé. « L’Etat doit mobiliser un budget de 1.361,4 milliards de FCfa dont 73% financé par le secteur privé, 17% par le public et 10% par le Partenariat public-privé (Ppp) », a-t-il laissé entendre.

I. BA

 

L’édition 2017 de la Semaine mondiale de l’entreprenariat (Gew) a été officiellement lancée, hier, à Dakar, à travers une conférence inaugurale sur le thème : « Approches innovantes et fédératrices de l’Economie numérique ». Cet évènement, organisé au Sénégal par Jokkolabs, se veut inspirer, promouvoir et accompagner le développement d’une culture de l’entrepreneuriat et de l’innovation.

« Digital disruption », thème de la Semaine mondiale de l’entrepreneuriat (Gew) de cette année, revient encore sur la place devenue incontournable du digital dans l’émergence d’une économie durable. L’innovation, qui a été au cœur de la  digitalisation des entreprises, porte aujourd’hui la marque des économies performantes  et se trouve à mesure de contenir une concurrence extra-frontalière.

En Afrique, les défis qui se posent ne peuvent être relevés que si le continent réussit dans l’entreprenariat et l’innovation. C’est, du moins, la conviction du président de l’Organisation des professionnels des technologies de l’information et la communication du Sénégal (Optic).  Antoine Ngom, qui a abordé la thématique : « Approches innovantes et fédératrices de l’Economie numérique »,  a soutenu que le digital est la première révolution que l’Afrique peut s’approprier pour faire des raccourcis dans son développement au niveau des différents domaines.  Ce faisant, mettre en place des conditions qui lui permettront de jouer un rôle majeur dans ce domaine.

Parmi ces conditions, a relevé le conférencier, par ailleurs parrain de la  « Gew », figurent l’environnement, le capital humain, l’infrastructure numérique et de base ainsi qu’un écosystème favorable et à l’entreprenariat et à l’innovation. « Nous devons tous nous battre pour disposer, dans nos pays, de politiques publiques adaptées portées par des institutions qui sont à la hauteur et conscients des enjeux,  favorables au développement des affaires, à l’investissement, à une concurrence saine, à l’innovation, à l’entreprenariat et la transformation digitale de nos économies », a dit M. Ngom.  

Par rapport aux ressources humaines, il a suggéré un enseignement, dès le bas âge, qui soit adapté aux nouveaux emplois et métiers induits par le numérique. Non sans inviter l’Etat à soutenir les initiatives privées.  Aujourd’hui, si le continent africain fait face au défi de la démographie, l’innovation technologique constitue une solution, selon Antoine Ngom, pour faire de cette transition démographique une opportunité.

100 entreprises incubées par an
Le directeur de l’Economie numérique, représentant le ministre de la Communication, des Postes, des Télécommunications et de l’Economie numérique, s’est félicité du travail qui est en train d’être accompli par Jokkolabs « pour stimuler l’entreprenariat et l’innovation en offrant un environnement unique où des centaines d’entrepreneurs, créatifs et d’innovateurs, viennent se rencontrer, apprendre, collaborer et développer leurs activités ». Abordant le thème de l’édition de cette année, Seth Sall a souligné qu’il s’agit « d’une parfaite illustration  du rôle avant-gardiste que Jokkolabs n’a jamais cessé de jouer en tant qu’acteur indépendant qui cherche des approches innovantes liées à l’économie numérique pour répondre aux enjeux socio-économiques  du 21ème siècle ». Selon lui, dans la Stratégie Sénégal numérique 2025, l’entreprenariat et l’emploi des jeunes constituent une priorité avec un objectif de près 3.000 emplois qualifiés et environ 100 entreprises incubées chaque année d’ici 2025.

Organisée par Jokkolabs, la Semaine mondiale de l’entreprenariat est ouverte jusqu’au 19 novembre à Dakar, Thiès, Mbour, Saint-Louis, Ziguinchor avec 49 activités prévues.

Ibrahima BA

 

Notre confrère et compatriote Madiambal Diagne, président de l’Union internationale de la presse francophone, a été distingué par le Filep comme militant et soldat de la liberté de la presse.
Pour la compétition de cette année, le Centre de presse Norbert Zongo a réceptionné 37 dossiers, œuvres de journalistes burkinabè, togolais, ivoirien, nigérien, béninois, camerounais, nigérians, ougandais, kényan, zimbabwéen, lesothan.

Après la présélection, qui a éliminé 15 des candidats qui n’ont pas déposé un dossier complet ou qui n’ont pas respecté soit les délais de publication soit les formats exigés, seules 22 œuvres sont arrivées sur la table du jury.

L’édition du Filep de cette année, marquée par des colloques et panels, a été centrée sur le thème des « Défis sécuritaires en Afrique : Rôle et responsabilité des médias ». Rendez-vous est pris pour 2019.

I. Kh. NDIAYE

OUAGADOUGOU - Les rideaux sont tombés, avant-hier, sur la 7ème édition du Festival international de liberté de presse et d’expression (Filep) de Ouagadougou par un recueillement sur les lieux de l’assassinat de Norbert Zongo et un grand concert qui a fait courir la jeunesse ouagalaise. Le « Sebgo d’or » ou Prix du journalisme d’investigation Norbert Zongo avait été attribué, vendredi, dans la soirée, au Nigérian Emmanuel Mayah. Notre confrère Madiambal Diagne a aussi été distingué par le Filep comme militant de la liberté de la presse.

Pour l’originalité de son sujet, l’intérêt social, le souci de vérification, de crédibilité et de recoupement des sources, pour la technique d’écriture journalistique et la richesse sémantique, le courage et la détermination face à la difficulté de collecte des informations, la série « Comment le massacre des supporters pro-Biafrais a été coordonné – agent Sss » et « Dans le carnage extrajudiciaire du sud-est nigérian » d’ Emmanuel Mayah avaient déjà reçu le prix d’excellence de la catégorie Presse écrite.

« Avec la complicité d’une taupe au sein des services de sécurité de l’Etat, Emmanuel Mayah a pu se procurer un document authentique sur la coordination des services de sécurité pour massacrer les séparatistes biafrais. Muni d’informations de sources sûrs, le reporter est entré en contact avec des officiels des forces de sécurité, des Ong, des personnes affectées (blessés, parents de personnes décédées ou disparues). Dans un travail de vérification et de recoupe des sources et dans un excellent travail d’écriture journalistique, M. Mayah expose un complot qui s’apparente à un nettoyage ethnique à Onitsha, fief des Biafrais », a expliqué le président du jury international Arsène Evariste Kaboré, ancien rédacteur en chef de la Radiodiffusion, télévision burkinabé/Télévision et ancien directeur de la Communication et de l’Information du Premier ministre. L’œuvre du Nigérian a raflé le « Sebgo d’or » contre celle radiophonique « Esclave une fois, esclave toujours » de Clémence Tuina en Radio.

Mme Tuina a été déclarée lauréate dans sa catégorie, radio, alors qu’il n’y a pas eu d’œuvre primée en télévision. « Pour n’avoir pas présenté d’œuvres de bonne facture rentrant dans le cadre de l’investigation, le jury a ajourné les trois documentaires télé en compétition. Le jury a estimé que le Prix Norbert Zongo étant un prix d’excellence, il ne peut être décerné que si les conditions requises sont remplies », a défendu le président du jury. Clémence Tuina est allée, dans son œuvre, vérifier les informations qui continuent de circuler sur l’esclavage des Bèllas. Avec les différentes communautés Touarègs et Bèllas, elle est parvenue à montrer que même si, formellement, il n’y a plus d’esclavage, des esprits ont été marqués et une certaine génération de Bèllas continue de croire en la supériorité des Touarègs.

Le jury a également décerné deux prix d’encouragements aux journalistes camerounais Christian Locka et kényan Akalomba Patrick Mayoyo. L’œuvre du Camerounais, « C’est juste du business que de blanchir les diamants sur le marché mondial », nous ramène à la frontière entre la République centrafricaine et le Cameroun, dans les villes de Gbitti, Kenzou et Garoua Boulai, là où l’exploitation de diamants, sa vente illicite et le trafic des armes battent leur plein, pour vivre les réalités de la situation.

Akalomba Patrick Mayoyo avec son œuvre « La société des chemins de fer sous investigation après l’utilisation des milliards de la Banque mondiale » fait d’abord ressortir l’état de vétusté des équipements de la société des chemins de fer et la nécessité de son renouvellement. C’est ce qui explique le besoin d’un financement de la Banque mondiale. Une compagnie mauricienne a été attributaire du marché. Mais, à la surprise générale des Kényans, ce prêt de plusieurs milliards a, malheureusement, été utilisé pour acheter du matériel reformé.

De notre envoyé spécial, Ibrahima Khaliloullah NDIAYE

 

L’Association des écrivains du Sénégal a procédé, samedi, dans le cadre de la 25ème Journée internationale de l’écrivain africain, à la remise du Grand prix Yasser Arafat pour la paix et la liberté. Pour la première édition, c’est l’Egyptien Mohamed Salmawy qui a été récompensé.

L’écrivain, dramaturge, journaliste, Mohamed Salmawy, premier lauréat du Grand prix littéraire Yasser Arafat pour la paix et la liberté, a reçu sa distinction, samedi, à Dakar, des mains de l’ambassadeur de la Palestine au Sénégal, Safwat Ibraghith, et du président de l’association sénégalaise des écrivains, Alioune Badara Bèye. Ce dernier a félicité le premier lauréat de Grand prix qui « est un des plus brillants écrivains égyptiens et un homme pluriel dans le domaine de la création littéraire ».

M. Bèye est revenu aussi sur la grande personnalité de Yasser Arafat qui a inspiré les créateurs de ce prix. D’ailleurs, c’est le jour de la remise du prix qu’est commémoré le 13ème anniversaire de la disparition de Yasser Arafat, décédé le 11 novembre 2004 à Paris. Alioune Badara Bèye dit espérer que ce prix franchisse les frontières et devienne un « super Grand prix littéraire ».

Le président du jury, Djibril Diallo Falémé, est revenu sur le choix porté sur l’écrivain égyptien qui « était le meilleur candidat ». M. Diallo de rappeler que le jury du Grand prix Yasser Arafat pour la paix et la liberté est composé de personnalités littéraires de la Guinée, de la Mauritanie, de la Tunisie et de la Palestine, entre autres.

Selon M. Diallo, le lauréat né en Egypte en 1945, du fait de son statut d’écrivain, de dramaturge, d’auteur de fiction et de journaliste fondateur et rédacteur en chef du magazine Al Arame Hebdo et aussi secrétaire général de l’Union des écrivains arabes, mérite largement le prix.

Dans le même sens, l’ambassadeur de l’Egypte au Sénégal, Moustapha El Kouny, s’est dit heureux de voir un concitoyen remporter la première édition du Grand prix Yasser Arafat. Rendant hommage à l’ancien leader palestinien, il confie que la Palestine a toujours été au cœur de l’action égyptienne qui a lutté toujours pour la cause palestinienne. Il a soutenu avec joie que l’Egypte fait partie de l’Afrique, géographiquement et spirituellement, et que ce pays et le continent africain sont le berceau de l’humanité.

Réaliser le rêve de Arafat
L’ambassadeur de la Palestine au Sénégal, Safwat Ibraghith, qui se considère comme le fils adoptif de Yasser Arafat, a dit toute sa fierté de remettre ce Grand prix du nom de son « père ». Pour lui, Yasser Arafat, fondateur de la révolution contemporaine, continue d’incarner le rêve de la réalisation de l’Etat palestinien dont « la patrie a existé avant l’occupation et continuera d’exister ». Il a remercié aussi l’Association des écrivains du Sénégal qui a remis ce prix au moment de la commémoration du 13ème anniversaire de la disparition du leader palestinien.

« Yasser Arafat revient en Afrique pour nous rappeler le devoir de mémoire mais aussi pour continuer la lutte et faire triompher le droit pour la paix. Il nous apprenait la foi et le sacrifice pour mériter la victoire. Yasser mérite de nous tous foi et sacrifice pour que, tôt ou tard, soit installé l’Etat de Palestine », indique l’ambassadeur Palestinien au Sénégal.  

Au nom de la fondation Yasser Arafat, l’ambassadeur a remercié le peuple et le gouvernement sénégalais pour le soutien consacré aux droits du peuple palestinien et pour l’arrêt de l’occupation israélienne, tout en félicitant l’auteur qui « est de la patrie mère de l’Egypte ».

Le lauréat, Mohamed Salmawy, s’est réjoui aussi de ce prix qu’il accepte avec « plaisir, fierté et reconnaissance ». Pour lui, à 72 ans, recevoir un prix de ses pairs veut dire qu’on a accompli des choses intéressantes dans sa vie. Par rapport à la cause défendue par Yasser Arafat, Mohamed Salmawy souligne que la situation palestinienne est une tragédie humaine de l’histoire tout comme l’esclavage.

« Ce prix porte le nom d’un grand leader qui était le symbole de la liberté, qui a consacré toute sa vie pour obtenir la liberté pour son peuple. Il a compris que la paix doit exister pour tout le monde », laisse entendre le lauréat qui dédie ce prix à l’unité des peuples africains.

Le conseiller du président de la République chargé de la Culture, Hamidou Dia, présidant la cérémonie, a confié aussi que Yasser Arafat était un très grand ami du Sénégal. Il a estimé également que le Sénégal n’a jamais varié dans son soutien à la Palestine pour la création de deux Etats.

L’ambassadeur du Cameroun au Sénégal dont le pays est l’invité d’honneur de ce prix a également pris part à la remise du prix, de même que beaucoup d’écrivains du continent présents à Dakar dans le cadre de la 25ème journée internationale de l’Ecrivain africain.       

Oumar KANDE

 

Le cinéaste et formateur Abdel Aziz Boye, fondateur de Ciné-Ucad et Ciné-Banlieue, s’est éteint le soir du jeudi 9 novembre 2017 à l’âge de 64 ans, à la suite d’une courte maladie. La communauté de cinéastes sénégalaise est en deuil pour la perte de l’une des figures qui a contribué le plus à la formation des jeunes dans le septième art.

Triste soirée pour les cinéphiles au Sénégal. Les réseaux sociaux se remplissaient des messages déplorant le décès d’un homme qui a dédié tout sa vie au cinéma. Des jeunes formés à Ciné-Banlieue, à Ciné-Ucad, la Direction de la cinématographie du Sénégal et des réalisateurs renommés partageaient leurs mots, reconnaissants de la générosité de ce grand nom du cinéma sénégalais. Rama Thiaw, réalisatrice de Boul Fallé, La Voie de la Lutte et The Revolution won’t be televised, de succès international, exclamait, lorsqu’elle a appris le décès : « Je suis vraiment attristée. Cet homme a beaucoup fait avec beaucoup de générosité et peu de moyens pour le cinéma au Sénégal et la formation des jeunes issus des banlieues et milieux populaires. Que son âme repose en paix. Un grand homme ! »

Abdel Aziz Boye, qui se décrivait comme « un fou passionné du cinéma », est né à Saint-Louis en 1953, où il habitait à côté du cinéma Vox. Sa relation avec le cinéma commence très tôt, à l’âge de sept ans, quand il fabriquait des images en mouvement à l’école avec un carton. « Depuis lors, le cinéma ne m’a plus quitté », disait-il souvent à ses élèves. Il grandit avec les films des pionniers du cinéma africaine, comme Ousmane Sembène et Djibril Diop Mambéty.

Après ses études à l’Ecole Brière (actuellement, Émile Sarr), qui avait formé de grandes figures dans l’histoire du pays, comme le deuxième président, Abdou Diouf, Abdel Aziz Boye part en France, où il intègre le Conservatoire libre du cinéma français (Clcf) et puis l’Université Paris VIII, au département de Sociologie et Psychologie. Sa formation et son travail dans le cinéma à Paris l’amènent à travailler avec des réalisateurs sénégalais, comme Ousmane William Mbaye. Il devient assistant réalisateur dans son film «Fresque francophone» en 1992, produit par un autre pionnier du film documentaire au Sénégal, Samba Félix Ndiaye, et «Talatay Nder», qui ne réussit pas à voir la lumière à cause des problèmes technique. C’est dans le cadre de ce tournage qu’Abdel Aziz Boye rentre au Sénégal pour ne plus le quitter. Après 22 ans à Paris, M. Boye crée Ciné-Ucad à l’Ecole supérieur polytechnique, qui fait partie intégrante de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, pour initier les étudiantes universitaires dans le cinéma. Pourtant, son engagement avec le cinéma sénégalais ne finit pas là. En 2008, il décide d’offrir aussi formation aux jeunes de la banlieue, une zone très affectée par de graves problèmes d’assainissement où l’Etat colonial avait déplacé la population dakaroise au début des années 1950. Les cours commencent à Guédiawaye, dans le centre socioculturel de la municipalité, en regroupant des jeunes des différents quartiers de la banlieue, comme Guinaw-Rails et Keur Massar.

Après un an, Ciné-Banlieue s’installe au Complexe culturel Léopold Sédar Senghor à Pikine, pour après s’installer finalement aux Parcelles assainies, Unité 24, à Dakar, dans une maison transformer en centre de formation et de diffusion du cinéma gratuit et accessible à la jeunesse sénégalaise pour qu’ils puissent réaliser leurs films. Nazir Cissé, l’un des jeunes Sénégalais dans le milieu audiovisuel du pays, opérateur de caméra dans le «Journal télévisé rappé» et plusieurs vidéos musicales, réfléchit sur le rôle qu’Abdel Aziz Boye a joué dans sa vie et trajectoire : « C’est M. Boye qui m’a fait aimer le cinéma. A la base, je n’étais que graphiste. Je suivais des cours d’infographie. Il a fait aimer le cinéma à de nombreux jeunes de la banlieue et dispensait des cours gratuitement. C’est un grand pour la culture sénégalaise. »

Ciné-Banlieue à Pikine
Ciné-Banlieue commence à devenir un espace clé dans l’histoire du cinéma sénégalais, d’où plusieurs films réalisés par des jeunes Sénégalais sortent pour faire le circuit international des festivals de cinéma. Ainsi, en 2011, le court-métrage Moly, réalisé par un jeune handicapé de la banlieue sous le nom de Moly Kane, avec la musique du rappeur Didier Awadi, est sélectionné pour le Festival de Cannes. En 2016, le court-métrage «Baye Fall, le Soldat de la Paix», par Pape Bolé Thiaw, formé aussi à Ciné Banlieue, fait aussi les tours de festivals de cinéma par plusieurs pays ; ainsi qu’une longue liste des productions, y compris le documentaire «Les vérités du fou», par Cheikh Ahmadou Bamba Diop. M. Boye, avec sa chaleur, sa sagesse, son engagement et sa générosité, accueillait plusieurs professionnels du cinéma, en inspirant les jeunes cinéastes de Dakar et du Sénégal.

La production de films devient si nombreuse que l’école décide d’initier son propre festival de cinéma, le Banlieue film festival. Célébré chaque deux ans, sa troisième édition est programmée du 15 au 17 décembre, sous la coordination de Pape Bolé Thiaw. Celui-ci est dévasté par cette perte : « Il était tout pour moi. Un mentor, un formateur, un papa tout simplement… ».

Abdel Aziz Boye constitue une référence dans la culture du Sénégal, qui est celle construite par ses artistes et personnes généreuses engagés, capable d’inspirer des jeunes affectés par le chômage et les limites de possibilités. Il a réussi à mettre en place une école de cinéma avec très peu de moyens, où les productions étaient le résultat des collaborations. Il a donné sa vie au cinéma en partageant sa passions avec ses disciples. Il laisse un leg inestimable, en tant que doyen, à perpétuer par cette jeunesse, comme lui-même avait avec ses maîtres. Repose en paix, Monsieur Boye.

Estrella SENDRA, Correspondance particulière

Invité d’honneur de la 25ème édition de la journée internationale de l’écrivain africain, le Cameroun a revisité, avant-hier, la richesse de sa production intellectuelle.

La production intellectuelle camerounaise a été revisitée avant-hier lors de la journée spécialement dédiée à ce pays d’Afrique centrale dans le cadre de la 25ème édition de la journée internationale de l’écrivain africain qui se tient à Dakar.

A cette occasion, Jean Koe Ntonga, ambassadeur du Cameroun au Sénégal, a rappelé que la production intellectuelle et artistique camerounaise date d’avant les indépendances et a été multipliée depuis dans ce qu’il est convenu d’appeler les temps modernes. Selon le diplomate, le Cameroun abrite environ quatre grands courants de la littérature constitués de romanciers, de poètes, d’essayistes, des gens de théâtre et des comédiens.

Selon lui, ces courants sont portés par de grands écrivains dont Pascal Bekolo Bekelo, Pabé Mongo, Jean Claude Awono, Amal Djaili et Paul Dekeyo. Il a souligné que ce rayonnement intellectuel s’explique et se justifie par le génie créateur du peuple camerounais. « Il est amplifié grâce aux infrastructures mises en place par les pouvoirs publics et les promoteurs privés », a dit l’ambassadeur.

Organisée par l’Association des écrivains du Sénégal, cette journée a vu la présence d’éminents écrivains, des hommes de Lettres, du Sénégal et d’Afrique. Le Cameroun est l’invité d’honneur de l’édition 2017, qui s’achève lundi prochain. Ce pays a été représenté par une délégation composée d’intellectuels et d’artistes conduite par son ministre des Arts et de la Culture, Narcisse Kombi Mouelle. « Notre présence à cette journée internationale de l’écrivain africain permettra de consolider les jalons d’une mise en réseau institutionnel de nos hommes de Lettres », avait souligné M. Narcisse Mouelle, lors de la cérémonie d’ouverture. L’ambassadeur a souhaité voir l’édition 2017 atteindre l’objectif de renforcement de l’unité africaine.

Il a rappelé que le Cameroun avait déjà été honoré et choisi comme pays invité d’honneur de la Foire internationale de Dakar tenue en décembre 2015. « Toutes ces nobles actions témoignent des excellentes relations d’amitié et de coopération qui existent entre nos deux pays et leurs peuples frères. Ces relations sont fondées sur les affinités historiques et socioculturelles et sur une coopération multiforme vivifiée par les deux chefs d’Etat », a dit Jean Koé Ntonga.

B. DIONE

Le ministre de la Culture, Abdou Latif Coulibaly, a pris part, du 9 au 10 novembre, à la 4ème réunion des ministres des pays d’Afrique, Caraïbes et Pacifique (Acp) de la culture à Bruxelles. Une rencontre qui a été une occasion d’arriver à de fortes décisions dont la création d’une plateforme d’entrepreneurs pour le renforcement de la coopération Sud-Sud, l’établissement d’une collaboration entre l’Ue et l’Unesco pour la fourniture de services spécialisés en matière de droits d’auteur et droits voisins. Mais également, informe un communiqué, le lancement en 2018 de l’appel à propositions d’un montant de 40 millions d’euros dans le cadre du programme Acp Culture ainsi que la relance et la réactivation de l’Observatoire des politiques culturelles. La réunion des ministres Acp de la Culture « a été précédée de la réunion des hauts fonctionnaires Acp en charge de la Culture qui s’est tenue les 7 et 8 novembre ». Elle a été sanctionnée par un projet de rapport soumis à l’appréciation des ministres. Les travaux ont pris fin, hier, avec l’adoption du rapport des hauts fonctionnaires et de la déclaration de la réunion de Bruxelles.

I. BA

La Galerie nationale d’art présente, jusqu’au 15 novembre prochain, l’exposition « Itinéraires » d’Ibrahima Diokhané et de Birame Ndiaye. Avec une soixantaine d’œuvres d’art plastique, « Itinéraires » magnifie le travail exceptionnel de deux artistes à la démarche particulièrement différente.

L’angoisse des ghettos et le mal de vivre au sein des métropoles africaines interpellent plus d’un. L’urbanité a enfanté le chaos. Nos villes sont devenues une sorte de tour d’ivoire au rythme du désespoir et des âmes brisées. La peinture de Birame Ndiaye parle de cet univers déshumanisé où désordre rime avec contrastes sociaux. Elle offre à voir un décor insouciant qui paralyse les yeux et le cœur. En partageant l’exposition collective « Itinéraires » avec son ami Ibrahima Diokhané, le peintre Birame Ndiaye nous fait découvrir ses états d’âme face à un environnement urbain de plus en plus hostile. Chez l’artiste, la ville constitue une matière, une source d’inspiration permettant d’aborder plusieurs thématiques.

Les villes que dépeigne Birame sont dépourvues d’humanité et d’animation. Elles sentent le chaos et l’angoisse ; elles sont ténébreuses et font penser à des foires de désespérance. Le faciès anxieux d’un homme anonyme, qui apparaît tel un leitmotiv au bout de chaque toile, renseigne sur ce sentiment profond de malaise et de recherche de soi-même habitant chaque habitant de ces agglomérations au bord du gouffre. A cela s’ajoutent des expressions de visages anonymes et des personnes sans visage ni âge. A travers cette démarche, l’artiste cherche à attirer l’attention sur le manque de communication qui caractérise les villes contemporaines. Une anomalie des temps modernes qui fragilise le tissu social. « Les villes sont devenues des lieux de circulation et de rencontres, mais pas de communication », soutient Birame Ndiaye qui, dans cette exposition collective, a décidé de s’intéresser uniquement à l’humanité dans nos villes. Né dans la capitale sénégalaise en 1968, Birame Ndiaye a suivi une formation à l’Ecole nationale des arts de Dakar. Le mur et ses contenus ont toujours été à la base de ses recherches plastiques. « Par une capture qui intercepte les accents rebelles des murs, je fais partager mes états d’âme », avance-t-il.

Un reflet d’univers coloré
Parlant du travail du peintre, le commissaire d’expo, Wagane Guèye, pense que l’artiste a été aussi davantage influencé dans son travail par son expérience des ghettos sud-africains. Il a séjourné pendant quelques années au pays de Nelson Mandela et a participé au Festival « Play time speedy bag factory » à Newton, en Afrique du Sud, et à « Urban jungle » à Johannesburg.
L’exposition « Itinéraires » veut « mettre en lumière les travaux et la qualité des démarches respectives » des artistes Birame Ndiaye et Ibrahima Diokhané. Deux artistes qui ont partagé une proximité au sein de l’Ecole nationale des arts. Issus des promotions 1998-1999, ils ont révélé d’autres artistes sénégalais de grand talent à l’image de Mouhamadou Ndoye Douts, Samba Fall, Piniang ou encore Amadou Tounkara dit Grand-père.

En effet, en face des œuvres de Birame Ndiaye, le peintre Ibrahima Diokhané présente une création abordant des interrogations autour des questions de l’identité (« Recherche de poisson »), de la diversité, des masques africains ou encore des expressions d’états d’esprit.

Un peintre de la société
Natif de Mbacké, cet artiste dont les œuvres se nourrissent de la statuaire africaine et reflètent des univers colorés où se côtoient des acteurs de la société sénégalaise comme les femmes, les marabouts, les lutteurs ainsi que des talismans posés ici ou là sur la toile, est un véritable peintre de la société. Il aborde, comme l’indique le commissaire d’expo, les côtés sombres de la société sénégalaise. Le travail de l’artiste, pense Wagane Guèye, est devenu plus épuré et les formes qui étaient très présentes sont maintenant très dissoutes.

Parallèlement à ces diverses activités, Ibrahima Diokhané mène sa carrière d’artiste plasticien. Ses œuvres ont été exposées plusieurs fois au Sénégal dans le cadre d’expositions individuelles et collectives comme dans la programmation « Off » de la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar (Dak’art). Il est à la fois graphiste, publiciste et décorateur de scène. Dans cette exposition, Ibrahima Diokhané a fait aussi parlé de son talent d’artiste excellant dans l’art du collage (« Damiers »). Le peintre offre au visiteur un délicat voyage entre l’abstrait et le figuratif avec un rendu esthétique fait quelque fois d’une certaine fulgurance et d’une singularité certaine.

L’exposition « Itinéraires » dont l’objectif est de « montrer au grand public sénégalais les œuvres d’artistes contemporains, avec des démarches singulières et riches en contenus thématiques, plastiques et visuels », est à découvrir jusqu’au 15 novembre prochain à la Galerie nationale d’art.

Ibrahima BA

Artiste engagée qui met son savoir-faire au service de la bonne cause, Dieynaba Sidibé dite Zeinixx compte décidément plusieurs flèches sur son arc. Chanteuse, elle excelle également dans le graffiti et le slam. Découverte d’une jeune femme « artiste dans l’âme » et qui, grâce à ses œuvres, veut alerter l’opinion et marquer toujours les esprits.

Un vent de fraîcheur souffle en cette matinée de jeudi dans les allées du Technopôle de Dakar menant aux chantiers de l’arène nationale. Il est dix heures. Dieynaba Sidibé, plus connue sous le nom de Zeinixx, nous accueille au siège de l’association « Africulturban ». Habillée en jean et tee-shirt, un foulard habilement noué sur la tête, la jeune femme, à 27 ans, de taille moyenne et teint noir, est une artiste dans l’âme. Passionnée des représentations en graffitis, elle n’en demeure pas moins férue de slam. Et si l’occasion se présente, Zeinixx pose volontiers sa voix, dans des refrains et autres.

« Le graffiti consiste en la représentation d’une communication visuelle dans une perspective sémiologique et picturale. Des représentations sont ainsi mises en avant, mais chacune d’entre elles englobe une histoire, transmet une information », souligne Zeinixx. A l’échelle mondiale, cette pratique est plus courante dans les agglomérations urbaines. Une passion au tout début, devenue aujourd’hui, pour elle, « un métier et une source de revenus ». Mais, comment donc lui est parvenue l’idée de s’adonner à cette activité ? Tout a commencé, il y a de cela dix ans.

« Autant que je me souvienne, j’ai toujours été une enfant très évasive qui vivait sur son nuage. Je passais le plus clair de mon temps à peindre, sans trop en connaître, ni la portée, encore moins la signification », relève-t-elle. Etant donné que la jeune fille avait d’autant plus de mal à s’exprimer, le dessin était alors devenu une sorte d’exutoire pour elle. Le déclic est réellement venu lorsque Dieynaba suit un documentaire à la télé où elle s’aperçoit « que les supports de dessin pouvaient être exposés ou représentés dans d’immenses devantures ». Sans s’en rendre compte, Zeniix vient de découvrir ce qui sera plus tard son métier : le graffiti. Elle pouvait se donner davantage à sa passion des dessins, chez elle, car les consignes sont claires : école-maison. La jeune fille se met alors à faire ses propres recherches, en vue de trouver des « individus qui partagent sa passion ».

C’est ainsi qu’elle se souvient avoir rencontré un certain « Karba ». Ce dernier le met en rapport avec un autre passionné du nom de Graffix. C’est donc Graffix qui lui apprend les rudiments de cette activité. De fil en aiguille, elle s’initie et se relève de ses erreurs jusqu’à confectionner son « premier mur ».

Militante féministe
Dans la plupart des représentations de Zeinixx, un thème revient très souvent : la femme. A travers cette posture, elle se veut de représenter « cette femme qui a des choses à dire et ne trouve pas un canal d’expression ». Elle pense à celle « qui est brimée, mal traitée et qui garde le silence ».
La campagne « Octobre Rose » organisée tous les mois d’octobre par la Ligue sénégalaise de lutte contre le cancer (Lisca), en partenariat avec le ministère de la Santé et de l’Action sociale, a enregistré une présence constante de l’artiste. En signe de solidarité, Zeinixx a initié des représentations artistiques. Pour célébrer la Femme et soutenir le combat de la Lisca, Dieynaba a concrétisé une fresque, pour une forte mobilisation autour du cancer, pour faire reculer le taux de prévalence. L’objectif affiché était clairement de heurter les consciences, en les alertant à travers « une représentation capable de retenir l’attention », relève-t-elle. L’artiste se dit « satisfaite de cette campagne ». Ce fut, pour elle, un moyen efficace de prévention.

Slam et banlieue …
Très jeune Zeinixx se souvient s’être mise à écrire des textes qui, dit-elle, ne prenait pas forcément en compte « les règles de la versification ». Un « anticonformisme » qu’elle assume pleinement. Car, dit-elle, elle se rendra plus tard compte qu’il s’agit de texte de slam, qu’elle écrivait et non plus de la poésie. Dans ses activités d’artiste slameuse, elle évolue en duo avec « Sall Nagry », une sorte de « binôme à elle ». Ensemble, ils se produisent dans différentes scènes sur sollicitation des organisateurs. Au-delà du Sénégal, le duo a eu à voyager dans différents pays d’Europe. « Dans sa démarche, l’artiste n’invente pas. Il observe son milieu, voit, ressent et transmet. Ce sont les réalités auxquelles nous sommes confrontées à l’image de la société que nous essayons de transmettre », affirme Zeinixx.

La jeune femme, célibataire, se réclame fortement de la banlieue. « C’est Thiaroye qui m’a vu naître et grandir. C’est là que j’ai effectué mes premiers pas. C’est là-bas que me sont parvenues mes premières inspirations. Je me réclame de la banlieue, avec fierté », souligne-t-elle. Zeinixx gère, en outre, la communication de la structure « Africulturban ». Elle s’investit également dans la décoration intérieure. Elle confectionne des salons sur la base de la « récupération ». Tout cela cumulé permet à Dieynaba « de vivre de ses activités ». Elle est présentement en train de travailler sur un album de slam. Du côté des graffitis, l’artiste continue son petit bonhomme de chemin. Elle promet « d’alerter chaque année » à travers une œuvre qui saura « marquer les esprits ».

Par Oumar BA

Danseur, percussionniste, peintre autodidacte, l’artiste Waly Guèye vient d’effectuer un retour au bercail à Sokone qu’il avait quitté pour exercer sa passion depuis plus d’une vingtaine d’années entre Dakar et la Petite Côte, à Nguekokh précisément.

C’est vers les années 1980 que l’artiste Waly Guèye, originaire de Sokone, a débuté la danse avant de taquiner la percussion avec un succès éclatant couronné par des voyages en France en 1992 et 1995. Par la suite, Gowaly, comme on le surnomme, intègre, en 2000, le réseau Arts et cultures de l’Ong Association nationale pour l’alphabétisation et la formation des adultes (Anafa) où il acquiert un diplôme de formateur en teinture et batik.

« Et c’est fort de cette expérience que je fus désigné, en 2002, pour figurer parmi les membres de la délégation africaine présente à l’assemblée générale de l’Icae en Jamaïque. L’ong Anafa étant membre de cette organisation internationale…», se rappelle l’artiste autodidacte. Il crée, en 2013, le Ballet communal de Nguekokh.

A 61 ans, Waly Guèye « Gowaly » a décidé de rentrer au bercail. « Dans mon terroir natal de Sokone, je suis revenu pour poursuivre l’œuvre que j’ai entamée dans les activités artistiques à travers la formation des jeunes dans les métiers de peinture, du batik, de la teinture... », indique notre interlocuteur. « J’ai exercé toutes sortes d’activités culturelles et artistiques durant ma carrière », ajoute-t-il. Mais, Gowaly ne compte pas se limiter à ces activités, il envisage de collaborer avec le Syndicat d’initiative et de promotion touristique du Sine-Saloum pour s’ouvrir à de nouvelles perspectives. Ce, à travers des partenariats qui devraient lui permettre de démontrer encore son talent.

Mohamadou SAGNE

Un atelier de validation du document de la Stratégie nationale de cybersécurité au Sénégal s’est ouvert hier à Dakar. Cette rencontre a permis aux acteurs et partenaires concernés de partager, d’échanger les résultats de ce rapport afin de le valider

L’élaboration  de la Stratégie numérique 2025 : « Le numérique pour tous et pour tous les usagers… », va renforcer, au Sénégal, l’utilisation du numérique et faciliter davantage l’accès au cyberespace. Il est donc nécessaire de rendre sûr et sécurisé cet espace d’échanges et de travail pour certains. Pour ce faire, il est recommandé à tous les pays de la Cedeao de  disposer d’un document stratégique  en matière de Cybersécurité.

C’est dans ce sillage que des acteurs du secteur et des partenaires techniques et financiers se sont réunis, hier, pour discuter, échanger sur le rapport  produit par un consultant afin de valider  le  document de la Stratégie nationale de cybersécurité. Ledit rapport est le fruit d’une coopération entre le Sénégal et le royaume des Pays-Bas, dans le cadre de l’initiative sur la cybersécurité au sein du Global forum sur la cyber-expertise. Selon le consultant Marcel Belingue, de l’organisation du Commonwealth, cette Stratégie nationale de cybersécurité, qui s’étend sur 4 ans, est axée sur le renforcement de la confiance numérique des Sénégalais à l’intérieur  comme à l’extérieur ainsi que de tout autre personne qui voudrait s’engager dans  des transactions électroniques.

Stratégie numérique 2025.
« Quand nous avons entamé le travail pour développer  cette stratégie, nous avons discuté de l’environnement régional et sous-régional, les tendances en matière de cybersécurité et cybercriminalité ; Ce qui  a abouti à ce document de Stratégie nationale de cybersécurité pour le Sénégal.
Ce document va diriger toutes les actions dans ce domaine à partir de 2018 », informe M. Belingue.

Présidant l’atelier de validation de cette stratégie, le directeur de cabinet du ministre des Télécommunications, Souleymane Diallo, indique que c’est  à l’issue de la Conférence internationale sur la cybersécurité, en avril 2016, qu’il a été décidé que tous les pays de la Cedeao  doivent se munir  d’un document  de stratégie numérique.

« Le Sénégal a été pionnier parmi les pays de la Cedeao grâce au royaume des Pays-Bas qui a bien voulu nous accompagner pour l’élaboration  et la mise en œuvre de ce document  qui permettra de fédérer toutes les initiatives  en cours et d’asseoir  une politique de cybersécurité cohérente, pertinente et  arrimée au Plan Sénégal émergent », dit-il. Précisant que la vision de cette Stratégie nationale  de cybersécurité,  c’est qu’en 2022 nous ayons un  cyberespace de confiance sécurisé pour tous les usagers, un des prérequis  de la Stratégie numérique 2025.

A son avis,  ce document est nécessaire  dans la mesure  où  si nous encourageons l’accès au numérique, il faudrait, par ailleurs, l’encadrer et  sécuriser son utilisation, car  il présente beaucoup de risques majeurs liés surtout aux données personnelles.  

Maguette Guèye DIEDHIOU

 

Ouagadougou - Dans un contexte où les défis sécuritaires sont exacerbés, les médias doivent faire doublement face aux pressions terroristes et étatiques. Pris en tenaille, le salut des médias demeure en l’attachement de ses missions et au professionnalisme de ses acteurs.

« Le rôle des médias devient paradoxalement plus important et plus difficile dans le contexte des menaces des défis sécuritaires du fait que les représentants de ces médias sont souvent soumis à une double pression des terroristes ou djihadistes et de l’Etat ». La conclusion du Pr Mahamadé Savadogo, directeur de l’Ecole doctorale des Sciences humaines, sociale et de communication, est sans appel.

Pour l’universitaire, dans un contexte de menaces, les représentants des médias subissent des pressions ou menaces quand le traitement de l’information apporté au terrorisme ne rencontre pas l’assentiment de ses auteurs. Tout comme ils peuvent faire l’objet de manipulation de ces mêmes terroristes qui peuvent essayer de les orienter, de les guider dans la collecte et le traitement de l’information. Les pouvoirs publics ne sont pas en reste puisque susceptibles de mettre les médias dans un corset qui les empêche de faire le travail attendu d’eux.

Le terrorisme d’Etat, caractéristique de certaines situations, a été supplanté par un « terrorisme qui relève d’une démarche privée et qui comporte plusieurs innovations », a rappelé le Pr Savadogo. Ce terrorisme est marqué également par « une mondialisation des réseaux qui les sous-tendent, une certaine vision de l’Islam, la manière dont les attaques sont menées puisque celles-ci ne sélectionnent pas les cibles, mais privilégiant des endroits où le maximum d’individus se réunissent ». L’objectif étant de « susciter le choc, d’engendrer l’angoisse, la terreur ».

L’ultime objectif est la déstabilisation de l’Etat. Dans cette optique où la violence n’est plus sélective, elle devient, a mis en exergue le philosophe, « absolutisée ». Il a fait remarquer que « l’anéantissement de la cible passe d’ailleurs par l’anéantissement du terroriste lui-même ». Dans ce contexte où aucun citoyen n’est à l’abri, le travail des médias devient plus que difficile, voire incertain. Mais, ayant pour rôle d’informer, de former, de sensibiliser et de distraire, les médias, indépendamment de leur exposition à la violence, au terrorisme ou au grand banditisme, ne peuvent faillir à leurs devoirs. S’ils peuvent être des cibles privilégiés dans certaines circonstances, les médias sont manipulés par les terroristes. Le relais des manifestations terroristes soit le travail normal des médias peut amener à installer la psychose chez les populations. Ce qui fait également l’affaire des terroristes.

Terrorisme
En faisant le travail à eux dévolu, les médias, sans le vouloir, semblent faire l’affaire des terroristes. Les représentants des médias doivent aussi, devant ce dilemme, s’armer encore davantage de courage pour aller à la quête de l’information, en allant à la rencontre des différents mouvements terroristes. L’appareil d’Etat peut aussi se révéler comme un rouleau compresseur pour le journaliste, en évoquant le « nécessaire contrôle du territoire, met en place des mesures de répression ou des restrictions pour dissuader ou s’opposer à sa collecte de l’information terroriste », a indiqué le Pr Savadogo.

Le travail des médias a, dans tous les cas, un « impact dans la diffusion des attaques ». L’universitaire a ainsi invité les médias à « aider à sensibiliser et à prévenir les attaques par une contribution à la protection des citoyens ». Un autre rôle plus « profond et plus délicat » est la contribution des médias à apporter à l’ « éducation des citoyens ».

« Le journaliste peut, par rapport au djihadisme par exemple, apporter une autre interprétation de l’Islam ou encore remettre en cause les arguments sur lesquels s’appuient les mouvements djihadistes. Il peut s’évertuer également à montrer que le terrorisme n’est pas la meilleure manière de lutter aussi contre l’impérialisme ou le capitalisme mondialisé », a plaidé Mahamadé Savadogo.

Ibrahima Khaliloullah NDIAYE, envoyé spécial

La 4e édition du Festival itinérant du cinéma Afrikabok qui a débuté ses projections, l’autre semaine, à Sokone, met à l’honneur, cette année, les films « Mamans » de Maïmouna Doucouré, récompensé du meilleur court métrage aux Cesar 2017 en France, et « Life Saaraba illégal » de Saliou Sarr et Van Per Heller, tourné sur l’Île de Niodior où la caravane du Festival fera escale le 14 novembre.

 

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