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Arts et Culture (1059)

Don en matériels de bureau au ministère de la Culture

Pour davantage matérialiser l’amitié sino-sénégalaise, le vice-ministre de la Culture de la Chine,  Ding Wei, a annoncé, hier,  un don de 40 millions de FCfa de matériels de bureau au ministère sénégalais de la Culture et de la Communication.  
Pour Mbagnick Ndiaye, cette donation  va améliorer considérablement le fonctionnement  de « nos »  Centres  culturels régionaux. Le ministère de la Culture et de la Communication va procéder à l’identification des besoins de ses démembrements pour acquérir ce don qui, selon M. Ndiaye, traduit la volonté de la République populaire de Chine d’accompagner le Sénégal.

I. BA

Après s’être essayée à la peinture en 1997, Jeannette Niarassi taquine cette fois-ci la musique. Elle a sorti son premier album, « Action de Grâce », dans lequel elle loue le Seigneur. Cette production a comme marraine la Vierge Marie, Mère de Jésus et comme parrain Monseigneur Benjamin Ndiaye, archevêque de Dakar.

Assistante administrative à la Délégation Wallonie-Bruxelles à Dakar, Jeannette Niarassi n’en est pas moins une créatrice. Après une première exposition individuelle de 44 œuvres, au sein de la Délégation Wallonie-Bruxelles en 1997, elle remet le couvert. Cette fois-ci, la native de la Casamance s’essaie à une nouvelle expression artistique qu’est la musique avec un premier album de six titres intitulé « Action de Grâce ». « Je rends grâce à Dieu. Il connaît l’avenir mieux que personne. Il m’a choisi pour faire sa volonté. En 7 mois, je réalise l’album « Action de Grâce » en n’étant ni choriste, ni chanteuse professionnelle », a confié Niarassi Jeannette, au cours d’un entretien. Elle est membre de la paroisse Enfant Jésus de Prague de Tivaouane Peulh-Keur Massar dont le Curé fondateur est Abbé Edouard Sarr.

L’histoire a commencé le 26 mai 2016 lorsqu’elle s’est levée très tôt le matin pour faire sa prière chez elle. « Je me suis dit : Maman Marie, tu vas chanter avec moi. Elle m’a accordé cette demande », s’est réjoui la chanteuse. C’est ce même jour qu’elle a composé le titre « Espérance » qui parle de la résurrection. Evoquant la signification du titre de l’album « Action de Grâce », Niarassi Jeannette a expliqué : « Je rends grâce à Dieu pour les merveilles qu’il m’a accordées. Ce n’est pas facile de se lever un beau jour et devenir chanteuse. Le souffle divin m’a beaucoup inspiré ». Cela fait suite à l’invitation que la chanteuse avait lancée à la Vierge Marie. Niarassi Jeannette ne s’explique pas toujours ce qui lui arrive. « Je ne me suis jamais dit que j’allais devenir une chanteuse religieuse », a-t-elle déclaré. Dans la chanson « Vie promise », Niarassi annonce qu’« un monde nouveau nous est promis » dans une période d’instabilité globale. « La promesse de la vie éternelle nous est assurée par Dieu en Jésus qui a porté nos péchés sur la Croix.

Quiconque qui croit en lui sera pardonné et sauvé », lance Niarassi. C’est une promesse que la chanteuse qualifie comme un concours général de la foi et de l’amour organisé par Dieu et présidé par son Fils Jésus et guidé par l’esprit saint. Cela signifie, au regard de la chanteuse, « servir Dieu au-dessus de toute personne ou de toute chose pour avoir accès à ce monde nouveau qui nous est promis ». Sur la même ligne, le titre « Aime ton prochain » célèbre le vivre ensemble. « J’invite les gens à semer l’amour car ils sont à l’image de Dieu qui nous a créées avec tant d’amour », chante Niarassi. Elle rend hommage à Wallonie-Bruxelles international à travers le délégué à Dakar, Philippe Cantraine, qui l’a encouragée et soutenue pour la réalisation de ce disque.      

E. Massiga FAYE

Dans le cadre de la coopération entre le Sénégal et la République populaire de Chine, le ministre de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye, a signé, hier, une convention de partenariat avec son homologue chinois, Ding Wei, vice-ministre de la Culture. Cette signature porte sur un programme exécutif de coopération culturelle entre les deux pays pour la période 2017-2019.

En visite de travail au Sénégal, Ding Wei, vice-ministre de la Culture de la Chine, a rencontré, hier, son homologue sénégalais, Mbagnick Ndiaye. A la suite de ce tête-à-tête, les deux hommes ont paraphé une convention de partenariat portant sur un programme exécutif de coopération entre les deux pays couvrant la période 2017-2019. Avec un contenu diversifié, ce programme, a expliqué Ding Wei, porte, entre autres, sur les échanges et la formation du personnel, le Musée et le patrimoine. Le vice-ministre de la Culture chinois a salué la relation culturelle existant entre les deux peuples.  Il s’est également félicité du soutien mutuel entre le Sénégal et son pays dans plusieurs domaines.

« Nous attachons une grande importance aux relations culturelles entre la Sénégal et la Chine. La culture constitue une solide base dans le développement durable », a-t-il indiqué, proposant d’intensifier le rythme de visite de haut niveau des  responsables culturels des deux pays. Selon Ding Wei, la partie chinoise est prête à accompagner le Sénégal dans la gestion des infrastructures culturelles et la formation du personnel. Le ministre de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye, s’est félicité de la présence de son homologue chinois en terre sénégalaise, laquelle est signe du renforcement continu de « nos excellentes relations, sous l’impulsion de nos chefs d’Etat, qui ont décidé de faire évoluer la coopération bilatérale avec des avancées remarquables dans des secteurs stratégiques, particulièrement dans le domaine des Arts et de la Culture. »

A l’en croire, la construction d’infrastructures culturelles telles que le Grand Théâtre national et le Musée des civilisations noires constitue un exemple « hautement significatif ».  Il en est de même également pour les consultations bilatérales sectorielles qui ont conduit au parachèvement des concertations dans le cadre de la mise en œuvre de l’Accord culturel signé en janvier 2008. Ces consultations, a ajouté le ministre de la Culture, ont abouti à la signature du protocole portant création d’un centre culturel chinois à Dakar en décembre 2015 et à la conclusion, aujourd’hui, du troisième programme exécutif triennal de coopération culturelle.

Nouvel élan
« La multiplication de ce type de programmes à long terme crée des liens et des affinités entre les citoyens des deux pays, contribuant implicitement à la consolidation des bonnes relations entre Beijing et Dakar. C’est le lieu de remercier de nouveau nos frères et amis chinois pour les efforts sans cesse consentis à tous les niveaux pour le succès de notre coopération dynamique dédiée à la connaissance mutuelle, à la formation des ressources humaines et à la recherche du bien-être de nos populations », a dit le ministre de la Culture.

Rappelant la détermination du  Gouvernement du Sénégal d’honorer les engagements souscrits dans le cadre du nouveau programme qui va ouvrir de nouveaux chantiers notamment dans le développement des économies créatives, Mbagnick Ndiaye a affirmé que ledit programme s’inscrit dans un contexte bien particulier de diversification et de relance de l’économie sénégalaise à travers le Plan Sénégal émergent.  « Grâce à un contenu plus adapté, plus en phase avec les orientations déclinées dans le cadre du partenariat stratégique global sino-sénégalais, le programme exécutif triennal 2017-2019 permettra aux acteurs et opérateurs culturels de mieux collaborer et de nouer des relations mutuellement bénéfiques avec leurs homologues chinois. Egalement, la collaboration entre les institutions sera un accompagnement décisif des acteurs de part et d’autre », a-t-il souligné. Pour le ministre sénégalais de la Culture, l'adoption de ce document consacre un nouvel élan dans le raffermissement des excellentes relations d'amitié entre nos deux pays.

Ibrahima BA

Le Grand Théâtre national accueille aujourd’hui, à partir de 20h, un spectacle à l'occasion de la célébration de la Fête du printemps chinois. Il sera présenté par la troupe artistique de la région Ouïgoure du Xinjiang de Chine, avec la Compagnie du Théâtre national Daniel Sorano. Ce sera en présence de Mbagnick Ndiaye, ministre de la Culture et Zhang Xun, ambassadeur de la Chine au Sénégal.

Festival et concours arabo-africain, la 4ème édition des Journées musicales de Carthage (Jmc) se dérouleront du 8 au 15 avril prochain, en Tunisie.

Cinquante dossiers de candidature pour la compétition ont été reçus par le comité directeur des Journées musicales de Carthage, festival arabo-africain de musique proposant un concours, avec à sa tête, pour la troisième année consécutive, Hamdi Makhlouf. La majorité des dossiers était tunisienne, soit 32 candidatures ; les 18 dossiers restant se sont répartis entre 8 marocains, 3 égyptiens, 1 libanais, 2 sénégalais, 1 burkinabè, 1 ivoirien, 1 centrafricain et 1 ghanéen.
Pour la sélection, le jury s’est basé sur des critères tels que la créativité et l’originalité. Finalement, son choix s’est porté sur six artistes tunisiens et six étrangers (arabes et/africains. Sur les six dossiers d’Africains subsahariens, les membres du jury ont opté pour la Centrafricaine Emma Lamadji et son spectacle « Free river ».

Artiste autodidacte, Emma Lamadji, qui se destinait, au départ, au basket professionnel, a commencé à chanter dans une chorale afro-gospel, « Kumbaya » de Montpellier (France), avant d’intégrer d’autres formations de gospel. « Free river » est le fruit de sa rencontre avec le guitariste Matia Levréro, et de son désir « d’ouvrir son horizon vers un univers musical nouveau, nourri à la fois de Soul, de World, de Jazz, de Gospel, de Pop ». Le Tanit d’or de l’édition des Jmc (2015) a été remporté par le groupe Djarabikan Balafon de Côte d’Ivoire, et que celui de 2016 est revenu à Sahad and the Naatal Patchword du Sénégal. Pour l’édition de 2016, le Gangbé brass band du Bénin avait obtenu deux distinctions : le prix spécial de la composition musicale et celui du public.

 

A. M. NDAW

La 13ème édition de la Grande nuit des oscars du chant choral, organisée par la structure Mat production, s’est tenue, samedi dernier, au Théâtre national Daniel Sorano. Elle a été l’occasion de rendre hommage au frère Dominique Catta pour ses 90 ans. L’invité d’honneur en était le chantre français Jean Claude Gianadda. Les nominés de cette année, Michel Sitor Ndour, Fulgence Faye, Lena Camara Boissy et Fulgence Gackou ont été célébrés devant un public nombreux qui a assisté à un spectacle de grâce de haute facture.

Dans une mise aux couleurs apaisantes, des voix de contralto s’associant à celles de ténor louent le Seigneur par le charme des dons musicaux dont il les a gratifiées dans son infinie miséricorde. Elles sont en fusion avec l’univers sonore. Elles créent, dans leur singularité, une harmonie. Les corps suivent la cadence d’effusion des âmes reconnaissantes aux bras ballants en complicité avec une lumière indécise. Ils ne déchirent pas la scène. Ils l’occupent de toute leur assurance ; celle-là que confère la foi. Les percussions non plus ne choquent les oreilles. Le Théâtre national Daniel Sorano s’assouvit des notes de grâce.
La scène est envahie de vie, de joie, de couleurs pour soutenir la prière. Car, ici, les sonorités, qu’elles soient mélodieuses ou électrisées, renvoient à une solennité dévote. Les rythmes convergent vers des berges où seule la foi fait sens. Quelquefois, on a reconstitué des univers d’ailleurs qui rappellent l’Afrique centrale pour « chauffer » la salle.

C’est cette prouesse divine qu’ont réalisée les chorales Sainte Marthe de Mbour et Saint Martin de Porrès quand elles ont été appelées à rendre grâce au Seigneur. Et le public a bien aimé le spectacle. Il l’a démontré en remplissant la corbeille de sa générosité. Plus de 580.000 FCfa ont été récoltés pour soutenir une paroisse enclavée. L’Association Saint Bruno, représentée par Jean Claude Gianadda, chantre français et invité d’honneur de cette édition, a aussi fait preuve d’altruisme en remettant une enveloppe de 2.600.000 FCfa à la pouponnière des Sœurs franciscaines de Marie de la Médina. Jean Claude Gianadda a également interprété quelques morceaux. La profondeur de son verbe, qui célèbre la foi, est aussi enchanteresse que le voyage rythmique qu’il a offert à une assistance qui en redemandait. Un trophée de reconnaissance lui a été décerné pour son œuvre d’humanité.

L’amour infini du Seigneur
Fulgence Faye, auteur compositeur et pianiste thiessois, a donné une autre forme à l’action de grâce par la puissance de sa voix et de ses notes de guitare. Le folk acoustique dans lequel vogue le lead vocal de Niljaa suit des allées de joie et de foi. Il concilie le temporel et le spirituel comme il aime à nommer sa musique. La voix féminine qui l’accompagne est particulièrement douce pour produire un agréable contraste. Et le public l’accentue davantage quand il s’est mis à chanter avec lui. Il ne s’est pas arrêté même quand le chantre a interprété une chanson dans la langue none. Le langage de l’exaltation du Seigneur est universel, accessible à qui veut entendre sa voix.

L’autre Fulgence, Gackou cette fois-ci, a aussi captivé tout le peuple de Dieu quand, au milieu d’une scène qu’il a envahie de sa classe et de son piano, il a interprété les morceaux « Au commencement était le verbe » et « Nul ne peut se comparer à Toi » pour célébrer l’amour infini de son Seigneur. « Diambar » lui a permis de montrer sa riche et brillante palette comme cette « perle » ivoirienne qui a rempli le Théâtre Sorano de sa joie, de son charme, de sa mise toute blanche et de sa musique. Les deux Fulgence ont, par la suite, interprété le morceau « Gëm na ci yow » avant de s’en aller recueillir la bénédiction de son éminence le cardinal Théodore Adrien Sarr.

Alassane Aliou MBAYE

Hommage rendu au frère Dominique Catta

Après que le ministère de la Culture et de la Communication l’a récemment élevé au titre de Trésor Humain vivant à l’occasion de ses 90 ans, le frère Dominique Catta du monastère de Keur Moussa a été célébré à l’occasion de la Nuit des oscars du chant choral. Il est le seul survivant des neuf moines français de l’Abbaye de Solesmes, en France, qui sont arrivés au Sénégal en 1963 pour ensuite fonder le monastère de Keur Moussa. Il est l’auteur de la plus grande partie des chants de l’Abbaye au son de la kora après s’être initié auprès des mandingues pour adapter cet instrument de l’Afrique de l’Ouest à la prière monastique. Le cardinal Sarr a tenu à souligner son rôle décisif dans la place importante qu’occupe aujourd’hui la musique liturgique africaine. Le frère Catta et d’autres moines de Keur Moussa ont gratifié le public de quatre morceaux où ils font entendre des éclats de voix mais surtout déclenchent une tendre émotion. A 90 ans, le frère Catta brille de sa joie et de sa foi.

 

A. A. MBAYE

« Nit Doof ». Son nom d’artiste est intriguant autant que le personnage. Surfant sur la vague, le rappeur originaire de Louga, Mor Talla Guèye, a su tracer son chemin en dépit des aléas du show-biz. Depuis dix ans, la musique rap, plus qu’un gagne-pain, lui permet d’être le porte-voix de ceux qui sont silencieux, comme il aime le dire. Rencontre avec un artiste qui ne laisse point indifférent dans le mouvement hip-hop sénégalais.

Un vendredi 14 octobre dans les coulisses du Grand Théâtre de Dakar. Nit Doff doit se produire sur les lieux pour son « show de l’année ». Dès les premiers échanges, le rappeur admet que son surnom d’artiste intrigue plus d’un. « Ça suscite le débat qui m’intéresse. C’est tout une philosophie qui est derrière ce sobriquet. Nous prenons les « Doof » (fous) comme ceux qui n’ont pas toutes leurs facultés mentales et dans leurs agissements, on peut toujours voir des comportements qui ressortent de l’ordinaire. Alors que « Nit » (personne sensée) est celle consciente, qui pense à son Créateur, à la mort, au jour du jugement dernier, au bien. Chacun d’entre nous a ces deux côtés-là et peut faire des erreurs. Une partie de folie sommeille en tout être », explique Mor Talla Guèye de son vrai nom. Mais, il reconnaît que pour être humainement bon, l’homme a besoin de noyer son côté loufoque afin d’être vraiment utile, positif.

« C’est juste que je ne suis pas parfait ; chacun d’entre nous a un côté sombre qui le pousse à commettre des péchés parfois. C’est trop prétentieux de penser qu’on est seulement « Nit ». J’essaie de sortir le meilleur de moi-même », avance Mister Guèye. D’ailleurs, son côté « Doof » l’avait amené à bousculer un de ses compères et challenger, le rappeur dakarois Canabasse, hors d’un podium. C’était en plein concert tenu en février 2014, à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis. « C’est Canabasse, en premier, qui m’avait traité de tous les noms d’oiseaux dans un de ses tubes. Sur ces incidents, je ne devais pas céder à la provocation », rappelait par la suite l’artiste lougatois, lors d’une émission diffusée par une télévision de la place.

A peine 30 ans, l’homme ne passe pas sans attirer certains regards. Physique bodybuilder (1,85m, 90 kg et pointure 45 cm), mise style hip hop, cet artiste, originaire de Louga, a tous les atouts d’un rappeur engagé. Mor Talla a commencé l’aventure musicale en 2007. « Je fais du rap hardcore. Le micro est mon arme et les paroles en sont les balles… », se justifie-t-il, décidé à défendre ses intérêts dans le milieu hip-hop.  Eu égard à son cursus, Nit Doff est bien instruit et polyglotte. « Après son baccalauréat, il est parti s’installer en France pendant quelques années. Il parle, avec le français, l’anglais, l’italien et un peu l’espagnol », nous souffle son ami Khaly Niang, en charge des relations extérieures du staff du rappeur.

Surnommé « The king of the stade », Mor Talla, à force de faire de grands spectacles remplissant les salles à ras-bord, ramasse aussi l’étiquette de promoteur du « Show of the year ». Le stadium Iba Mar Diop, à force de le remplir de mélomanes chaque année, finit par ne plus être un souci pour l’artiste. Car depuis six ans, il y honore ses engagements, en faisant plaisir à ses fans. « Nous organisons nos shows sans l’appui d’un sponsor. L’année dernière, nous avons été approchés par des politiques pour des messages publicitaires sur l’agriculture. Le jackpot était de 12 millions de FCfa. J’avais déjà donné mon accord. Au téléphone, Nit Doof m’a opposé un niet catégorique ! Alors qu’au même moment, j’avais une dette de 2 millions à payer à une télévision de la place. Vous voyez un peu le genre d’homme qu’il est. Il m’a rétorqué que le public allait éponger cette créance. Ce qui fut fait », nous raconte son acolyte et collaborateur Khaly Niang, précisant que pour l’organisation des 48h (14 et 15 octobre dernier) du « Show of the year », 16 millions de FCfa ont été nécessaires ! Emargeant dans le registre des rappeurs dénonciateurs, le pensionnaire du label « Gunzout » étrille certains hommes politiques.

« Mauvaise politique »
« Ils ont du mal à savoir qu’ils tirent leur légitimité du peuple ; ils doivent être à notre service. A les entendre parler, on a l’impression que tout va bien, alors que tel n’est pas le cas. Il faut qu’ils fassent la politique comme Nelson Mandela, Kwamé Nkrumah, Patrice Lumumba », a constaté le rappeur. « Nous voulons des panafricanistes comme Amilcar Cabral qui vont faire avancer l’Afrique », avait-il dit sur un plateau de télévision, il y a deux ans.  Rappeur fier, il clame : « Nous sommes fiers de notre travail ; nous ne voulons que bien faire. En chantant, nous ne chantons les louanges de personne ».

Son engagement, allié à un talent sans conteste, lui a valu des distinctions, comme en 2013, le sacre du meilleur album hip hop sénégalais avec « Ragal dou diegui rail ». Au sein du mouvement hip hop, Nit Doff avoue avoir connu des hauts et des bas. « Mais, les succès ont été plus importants que les échecs. Depuis 10 ans, nous n’avons jamais été loin des projecteurs. Les gens ont parlé de nous », avoue-t-il.

Lors de son concert d’octobre dernier, au Grand Théâtre de Dakar qui était plein à craquer, Mor Talla et son staff en ont tiré un bilan très satisfaisant. « Il y a eu un moment de doute, des craintes sur la réussite de l’évènement organisé en deux jours d’affilée. Mais, retenez qu’il n’existe pas de rappeur qui a fait plus de tournées que nous. En dix années, nous avons sorti cinq albums (« Mbedmi en 2007 ;  « Hip hop du meussa dé » en 2009, « Rddr » en 2013 ; « Roi d’Afrique » 4 et 5ème album avec 28 titres en 2016). Mais de tout ça, nous apprenons et nous grandissons. Nous commençons à récolter les fruits de ces dix ans de présence dans le mouvement hip-hop grâce à nos sacrifices. Nous le sentons avec le grand spectacle que nous venons de présenter », souligne-t-il.  Le staff constitué de ses amis d’enfance lui sert de béquilles pour se maintenir au top niveau.

« Ils ne m’ont jamais lâché ; ils m’exhortent à aller de l’avant. Mon secret, c’est d’être entouré par des gens qui m’aiment et veulent voir ma réussite ; c’est cela qui m’a aidé », affirme Nit Doff, très cohérent dans son discours. Son inspiration, Mor dit la tirer de son environnement, de la vie de tous les jours. « J’observe et je suis quelqu’un de curieux. Je me documente beaucoup », explique le rappeur. « Mon premier album m’a beaucoup marqué. C’est une sensation que je n’aurais plus jamais ! La première est généralement la plus forte ; c’était intense », confie-t-il. Marié à une hôtesse de l’air, Nit Doff est père de deux enfants. Ses rêves, parvenir à  produire d’autres artistes, les aider, mais aussi organiser des festivals au Sénégal, en y invitant de grosses pointures du hip-hop mondial. « Le bon artiste », décrit-il, est celui qui se remet en question, objectivement ambitieux, fait des recherches, reste toujours dans l’humilité créative. « Je veux amener mon métier très loin », se fixe-t-il comme objectif. « Nous sommes arrivés à un stade où le rap doit se développer davantage au Sénégal », trouve Mor Talla. Décidément dans ses tranches de folie, « The king of the stade » balance des paroles véridiques…

Par Serigne Mansour Sy CISSE

Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Pr Mary Teuw Niane,  a procédé, hier, à la cérémonie de présentation et de dédicace de son nouveau recueil de poèmes.  Paru aux Editions L’Harmattan Sénégal, « Le ciel et les mots » est une compilation d’une trentaine de poèmes. Plusieurs ministres du gouvernement et personnalités du monde littéraire ont pris part à cette cérémonie de dédicace.

Que peut bien faire un mathématicien aguerri dans l’univers de la poésie ? C’est, sans doute, la première question qui taraude l'esprit des amoureux des belles lettres, découvrant pour la première fois, « Le ciel et les mots » du Pr Mary Teuw Niane, mathématicien et enseignant-chercheur. Mais la réponse semble toute seule simple : le bon scientifique maîtrise bien les mots qu’il manipule à sa guise comme il sait bien le faire avec les chiffres de l’arithmétique. Il se sert de la poésie pour diffuser, de manière plaisante, son savoir scientifique.

Dans son nouveau recueil de poèmes, qui vient de paraître aux Editions L’Harmattan Sénégal, Mary Teuw Niane se sert de la poésie non pas pour expliquer sa science mais plutôt pour parler de sa paisible enfance sur les bords de la Vallée du fleuve Sénégal, ses promenades solitaires de jeune berger, son parcours en tant qu’élève d’abord, puis étudiant et homme mûr nourri aux expériences de la vie. « Le ciel et les mots » nous parle, comme nous parlerait du reste une œuvre d’art. On contemple à travers des mots chargés d’images et savamment orchestrés la beauté de la nuit, le silence des hameaux déserts, les constellations hivernales au charme irréductible ou la douceur des aubes aux lumières blêmes.

Un hommage à la femme
Tel un passeur d’amour, le poète évoque également la femme aux apparences multiples. Elle est parfois synonyme de mère à l’image de ce poème où l’auteur rend un vibrant hommage à sa maman.  « Ma mère », titre de ce poème, chante la bravoure d’une mère qui, comme une « lionne », a pu prendre soin de sa progéniture. Les vers déclament l’amour et la complicité  liant une mère à son fils. A la fois berceuse et pédagogue, la maman du poète est assimilable à la  « Grande Royale », mère universelle et génitrice « des déshérités perdus dans la rue ». Ici, la mère est aussi « un symbole de protection, d’amour, de sécurité et de tendresse ».  Dans cette œuvre, la femme apparaît quelque fois comme un objet ressemblant  à une « monnaie de change » ou la « belle carpe sautillante dans un bol déplumé ». Le poète se demande même par moment si « cette jeune fille à la poitrine gorgée de vie n’est pas faite pour orner les maisons ».

Faisant allusion à ce poème, le philosophe et écrivain, préfacier du livre, Alpha Amadou Sy, parle de cette source intarissable d’où surgit et se propage cet immense amour qui élit domicile dans le  cœur de l’adolescent. A son avis, par cette incursion dans l’univers des poètes, Mary Teuw Niane contribue à mettre un terme à « ce confinement trop rigide des formes d’expression de la pensée humaine ».

Saluant la composition et l’originalité de ce recueil, Pr Andrée Marie Diagne, qui a procédé à la présentation de ce livre, parle de liens qui rattachent l’auteur au philosophe Kant. Ses « Souvenirs intellectuels » présageaient déjà sa profession de futur poète ayant dévoré un tas de livres de grands auteurs. Pour la critique, le poète est d’une sensibilité extrême. Il dit les choses avec délicatesse.

Au fil des textes, note Pr Andrée Marie Diagne, l’auteur est devenu peureux  face aux secousses sismiques du monde. Il aborde des questions actuelles : environnement, genre, pollution. Des questions, a-t-elle ajouté, qui méritent d’être regardées avec les yeux du poète.

L’auteur, Pr Mary Teuw Niane, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, a parlé du lien entre la science et la poésie. A l’en croire, la science va à la rencontre de la poésie et la poésie devient scientifique. « Toutes les sciences se rejoignent quand elles atteignent l’excellence », a dit le ministre.  Il a tenu à rendre un vibrant hommage à ses maîtres qui ont largement contribué à sa réussite.  

Viviane Bampassy, ministre de la Fonction publique, de la Rationalisation des effectifs et du Renouveau du service public,  marraine de la cérémonie, a salué l’humilité qui caractérise le ministre Mary Teuw Niane. De son point de vue, l’auteur, à travers sa poésie, accepte de se découvrir. Elle a invité les jeunes à s’inspirer de « Mutations » et « Secousses ». Quant au parrain et ministre de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye, il a magnifié une œuvre « magistrale » et « magnifique » qui sonne l’entrée du Pr Mary Teuw Niane dans l’univers littéraire. A ses yeux, le livre, du début à la fin, est composé de poèmes où chacun constitue une véritable bibliothèque.

Professeur des universités de classe exceptionnelle, Pr Mary Teuw Niane est titulaire d’un doctorat d’Etat ès-Sciences, mathématiques. Son œuvre « Le ciel et les mots » contribue, à coup sûr, à redorer le blason de la poésie, genre qui a perdu un peu de son lustre dans la littérature sénégalaise.

Ibrahima BA

Le secrétaire général du ministère de la Culture et de la Communication, Birame Niang, a procédé hier, à la remise de divers matériels et équipements d’une valeur de 140.700.000 FCfa aux centres culturels régionaux.

Pour mieux équiper les centres culturels régionaux et renforcer leurs capacités logistiques, le ministère de la Culture et de la Communication a mis, hier, à la disposition des centres culturels régionaux, ceux de lecture et d’action culturelle (Clac) ainsi que l’Ecole nationale des arts (Ena), un important lot de matériels divers d’une somme globale de 140.700.000 FCfa. Composé pour l’essentiel du mobilier de bureau (photocopieuses, scanners), de  mobilier  scolaire, de livres, de caméras et de chaises, ce lot de matériel servira à réhabiliter et à mieux équiper ces centres pour leur bon fonctionnement.

Selon le  secrétaire général du ministère de la Culture et de la Communication, Birame Niang, la remise de ce matériel et équipements s’inscrit dans le cadre de la politique de territorialisation des actions de son département qui va dans le sens  de mettre les directeurs des centres culturels régionaux dans de bonnes conditions et de renforcer leurs moyens. A l’en croire, cette politique va se poursuivre encore car il s’agit, pour le ministère, de mettre à la disposition des services déconcentrés et donc des acteurs culturels de base, des outils et moyens nécessaires à l’éclosion de la création et de la créativité sur l’ensemble du territoire national.

En ce sens, souligne M. Niang, du mobilier de bureau (photocopieuses, scanners, chaises) a été remis à toutes les régions, deux caméras  sont aussi attribués à la région de Fatick et Thiès. Sans compter le mobilier scolaire pour l’Ecole nationale des arts et des livres pour les Clac et les bibliothèques.  S’adressant aux  bénéficiaires, le secrétaire général du ministère de la Culture les a invités à faire bon usage de ce matériel « d’une valeur  de totale de 140.700.000 FCfa qui viennent s’ajouter au précédent d’une valeur de 268.685.180 FCfa remis en juin 2016 ».

Maguette Guèye DIEDHIOU

La présidente de l’association « Entre’vues », Mme Caroline Camara, et le chargé de communication, Papis Diallo, se sont réjouis du succès éclatant enregistré dans le cadre de la 7ème édition des portes ouvertes d’ « Entre’vues », organisées du 26 au 31 décembre 2016 à Saint-Louis et dans les localités environnantes.

Selon Caroline Camara, présidente de l’Association « Entrevues », les invités ont visité lors de ces porte ouvertes, la gare de la vieille cité, l’école des fils de chefs et interprètes, le cimetière catholique de Marmyal, prié devant les tombes des hommes qui ont marqué l’histoire de La Poste de Saint-Louis, le musée Mermoz, l’Hôtel de la Poste, l’histoire de l’aéropostale.
Ils se sont rendus également à la maison d’André Guillabert, longtemps considérée comme une mémoire très importante du Sénégal indépendant, à  la maison Jamm qui symbolise et rappelle la présence à Saint-Louis des communautés marocaines et de l’empire almoravide, la maison Niang, la galerie Mame Thiouth, les quais et le bateau « Bou El Mogdad », la maison Rihan, Tësss, les maisons basses portugaises.

L’ancienne gouvernance de la Mauritanie a reçu ces visiteurs, qui ont mis à profit cette occasion pour avoir une idée des liens historiques et de l’artisanat maure. Ces derniers ont passé en revue le Monument Demba et Dupont où est exposée la fameuse histoire du boxeur Battling Siki, le Lycée Omar Foutiyou Tall ex  Faidherbe, qui demeure un lycée d’excellence,  l’école Gracianet, l’actuel siège du Conseil départemental (ex siège du Conseil régional, ex Assemblée territoriale), les jardins de la préfecture, les arbres et jardins de Saint-Louis, l’histoire de l’adduction d’eau, la cathédrale Saint-Louis, le Centre de documentation cinématographique Daniel Brottier du sud de l’île, le Cem Dugay Clédor Ndiaye abrité par un vieux bâtiment qui menace de tomber en ruines.

D’autres « portes ouvertes » ont été aussi organisées par Mme Camara, Papis Diallo, Charles Ndiaye, dans l’ilot de l’artillerie qui symbolise l’histoire de l’urbanisation de la ville, et de Samory Touré, grand résistant africain, à la maison des sœurs de Cluny, future maison du patrimoine.

Au fil du fleuve, les visiteurs ont arpenté le macadam pour découvrir les anciens entrepôts Devès, qui rappellent l’histoire du commerce de la gomme arabique, la maison d’Alioune Diop (grand éditeur qui a créé la maison d’édition « Présence Africaine »), le lycée Ameth Fall, l’ancien hôpital civil, etc. Cette forte délégation d’« Entre’vue » s’est rendue aux comptoirs du fleuve (musée privé) pour prendre des photos et avoir une idée de la littérature saint-louisienne, à la Galerie Arte (savoir-faire, art et artisanat contemporain) à Agneau Carnivore où ils se sont imprégnés des cartes postales et des livres anciens, au conservatoire des arts et métiers de l’élégance, à la Galerie Ethiopiques, au siège de « Diapalanté » où on s’évertue à construire dans le respect du Psmv (Plan de sauvegarde et mise en valeur du patrimoine culturel de Saint-Louis).

Le patrimoine à l’honneur…
L’association « Entre'vues » a été créée par des habitants et des amis de Saint-Louis avec pour objectif de sensibiliser les habitants au patrimoine de la cité et de  contribuer à sa promotion.

Cette année encore, 20 lieux ont été ouverts exceptionnellement au public….Habitations privées comme bâtiments publics …Une occasion unique de découvrir leur histoire. Des efforts ont été déployés pour rendre ces visites attractives, en étroite collaboration avec des étudiants en métiers du patrimoine, de l’Ufr/Crac de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis.

Ces étudiants, encadrés par leurs professeurs, ont tenu à exercer leurs talents de scénographes et ont éprouvé le plaisir de recevoir les visiteurs en tant qu’assistants d’exposition. Dans certains lieux visités, des coins de lecture ont permis aux passionnés d’histoire d’approfondir leurs connaissances, grâce aux suggestions de la librairie Soumbala ; dans d’autres lieux comme le lycée Faidherbe, les visiteurs ont eu l’occasion de découvrir des archives sur l’enseignement de nos aînés,  au « château » de l’ancienne gouvernance de Mauritanie. Ces derniers ont découvert  l’artisanat maure en dégustant du thé. D'autres surprises ont accueilli ces invités à la gare, à l’école Gracianet. Le centre Daniel Brottier, dont l’histoire est intimement liée au cinéma, a pu offrir des projections de documentaires africains.

Pour Papis Diallo, le patrimoine matériel et le patrimoine immatériel sont intimement liés. Ces journées, a-t-il précisé, ont été aussi l’occasion de converser avec les habitants autour de thèmes chers à la ville. En effet, pour découvrir le patrimoine en s’amusant, jeunes et moins jeunes ont pu participer à une chasse au trésor festive. Toutes ces activités ont été gratuites, alors que le patrimoine de la ville semble en danger.  Cependant, a-t-il laissé entendre, l’association « Entrevues » espère une large mobilisation autour de ce défi qu’il faut impérativement relever dans les plus brefs délais.

De l’avis de Papis Diallo, cet évènement est important, mais le sont aussi les actions de sensibilisation qui s’inscrivent dans la durée.

Ainsi, a-t-il enfin rappelé,  en collaboration avec les proviseurs et des professeurs d’histoire référents, « Entre’vues »  a lancé, cette année, des clubs patrimoine, les clubs « Sunu moomeel », dans trois établissements scolaires de l’île, pour que les jeunes s’approprient leur patrimoine et  deviennent de véritables acteurs de sa sauvegarde. Les établissements concernés sont le lycée Cheikh Omar Foutiyou Tall, (ex Faidherbe), le lycée Ameth Fall, le collège Amadou Clédor et bientôt le lycée Aimé Césaire.

Amadou Maguette NDAW

La Chambre de commerce de Dakar a abrité, hier, la cérémonie de lancement du livre « Le Sénégal : chroniques d’une alternance de braises » publié aux éditions Feu de Brousse. L’auteur, le journaliste et directeur général du groupe Futurs Médias, Mamoudou Ibra Kane, s’y attache, à travers une compilation de chroniques, à rouvrir une page d’histoire politique du Sénégal (2007-2012).

L’auteur, Mamoudou Ibra Kane, tient d’emblée, devant un vaste auditoire concerné, à préciser ceci : « Ce livre n’a pas pour objet de remuer le couteau dans la plaie ». Il s’attache, dans ce que l’on peut considérer comme une compilation de ses chroniques à la Radio Futurs Médias (Rfm), à regarder dans le rétroviseur pour ouvrir une séquence du cheminement politique du Sénégal. Le choix de la période 2007-2012 est lié au fait qu’il est important, à ses yeux, d’avoir une traçabilité des actes posés par les uns et les autres et les paroles prononcées qu’il convient, toutefois, de considérer dans leur contexte.

« Nous avons connu des moments de violence pendant lesquels il y a eu des morts, de la souffrance mais, grâce à la qualité de nos hommes politiques, de notre peuple, la démocratie et la République ont pris le dessus », soutient-il devant justement une assistance constituée d’hommes politiques, de religieux et de diverses autres personnalités sénégalaises.

Mamadou Ndiaye, l’homme qui lui a trouvé « son premier stage en tant que journaliste », voit, à travers ce livre, la narration d’un temps incandescent d’où jaillit pourtant la lumière. Cet ouvrage, estime-t-il, permet de faire une lecture sereine de notre passé immédiat sans nous détourner de l’impératif de construire notre avenir ensemble. Ce « travail documenté » du natif de Bokidiawé (région de Matam) est, selon lui, un regard lucide à équidistance de l’actualité politique et sociale effervescente, quelquefois fiévreuse. « Il a réussi à établir des liens entre la sphère des politiques et des journalistes sans éprouver la qualité de son travail, sans perdre sa crédibilité », indique-t-il non sans insister sur l’éclectisme de ce livre qui met en lumière une plume qui rassure.

Devoir de mémoire
Dans ses envolées singulières et émouvantes dont il a l’habitude de gratifier les assistances férues de mots justes, Amadou Lamine Sall a souligné la qualité de cette « production qui, en plus d’être un trésor de la mémoire, rend hommage au travail de la presse parce que sortie de l’inspiration d’un de ses membres ». L’auteur, « qui fait la météo avant les tempêtes par sa vision étonnante », nous y livre, à l’en croire, une leçon politique et une leçon de vie.

Ce livre témoigne de l’engagement de cet homme de media agréable à découvrir sous sa plume. Il montre aussi qu’il « a eu de l’avance sur les hommes politiques. C’est ce que l’on demande à la création. Il voyait venir. Il dessinait le chemin sous le brouillard. Sa vision est étonnante. Elle reflète un solide homme de métier, un journaliste d’éthique, libre, presque rebelle, inspiré et puissamment exigeant. Ce livre atteste d’une maîtrise du raccourci. Un ton qui en dit long sur la distanciation avec le jeu de cache-cache de nos hommes politiques. C’est un livre qui n’est pas aphone », peut-on lire sur la quatrième de couverture. Ces « chroniques d’une alternance de braises » ne sont pas, pour ainsi dire, des gémissements d’une âme témoin des drames. Elles rendent compte des épisodes pour accomplir un devoir de mémoire et en tirer des enseignements pour construire sereinement l’avenir.

Alassane Aliou MBAYE

Le Conseil départemental de Bakel est en train de dérouler un vaste projet de valorisation des potentialités humaines et matérielles de son espace géographique, du Gadiaga au Boundou. Deux événements phares, les cérémonies d’intronisation du Tounka de Tuabou et l'intronisation de l'Almamy du Boundou à Sénédébou y ont été organisées récemment par les autorités locales.

Le président du Conseil départemental de Bakel, Ibrahima Diallo, veut que les moments forts de l’histoire des localités du département ne disparaissent pas et qu’elles soient enseignées aux jeunes générations. Pour M. Diallo, les terroirs du département de Bakel, ont été par le passé le théâtre de confrontations, mais aussi de rencontres et de métissage culturel. Au fil du temps et malgré les vicissitudes de l’histoire, les populations ont développé des rapports de fraternité, tissé des valeurs de vie commune et constitué un patrimoine historique et culturel unique et inestimable, fruit d’un brassage ethnique (Soninké, Pulaar, Bambara, Mandingue, Ouolof, Maure, etc.) multiséculaire retient Ibrahima Diallo.

Mais le Département de Bakel est riche aussi d’abondantes ressources naturelles (un réseau hydrographique important une faune et une flore à peuplements diversifiés), minières, agricoles, foncières, touristiques considérables. Ces richesses culturelles de même que les immenses et nombreuses potentialités économiques sont peu connues et très insuffisamment exploitées.

C’est fort de ce constat, en complément aux efforts de l’Etat, que le Conseil Départemental de Bakel initie un vaste projet de mise en valeur de toutes les potentialités humaines et matérielles de son espace géographique.

L'intronisation du Tounka de Tuabou et l'intronisation de l'Almamy du Boundou à Sénédébou s’inscrit dans ce sillage. Le sous-préfet de Moudery, Mansour Diallo, a rappelé que grâce à l’initiative du président Ibrahima Diallo, une belle page de l’histoire de la contrée voire du pays a été revisitée ; avec l’intronisation du Tounka et de l’Almamy du Boundou.

Nouveau Tounka à Tuabou
Considéré comme l’homme fort de la contrée, le Tounka est celui qui auparavant commandait tout le royaume qui s’étendait des limites du Fouta Toro au Guidimakha dans le Mali, jusqu’à une certaine partie dans le Boundou, avant qu’une scission ne fasse éclater le royaume, suite à une mésentente entre les dignitaires peuls et soninkés. Plusieurs Tounka ont eu à se succéder au trône, enseigne Tahirou Diakité, adjoint au maire de Bakel. Aujourd’hui, annonce-il aux populations et aux hôtes, venus de tous bords, il est question d’introniser le nouveau Tounka de la contrée, en la personne de Samba Coumba Diama Bathily. Dorénavant, c’est lui qui va assurer les fonctions de « roi » dans le Gadiaga.

Tahirou Diakité de rappeler la genèse des Tounka. Selon lui, seuls les descendants des familles Bathily qui ont créé le royaume, peuvent prétendre à ce titre royal. L’intronisation est un moment fondamental dans la vie du royaume. Par le passé, il se déroulait sur une dizaine de jours. Deux moments la caractérisaient. Il s’agit des rituels et des festivités et autres solennités

Almamy du Boundou
Thierno Ousmane Sy a, lui, été intronisé, nouveau Almamy du Boundou par les populations et les sages de la localité. Le présidant du conseil départemental de Bakel, initiateur de ces moments culturels dans sa collectivité locale, était aux côtés du sous-préfet de Kidira, Alpha Seny Dème pour l’installation du nouveau Almamy du Boundou.

L’occasion a permis de rappeler que ne peut pas être Almamy, celui qui n’a pas une parfaite maitrise du Coran et des hadiths du Prophète. Il est soumis devant tout le monde à une série de questions auxquelles il n’a pas droit à l’erreur. Thierno Ousmane Sy, ce jour, a réussi avec brio au test. Paré de ses plus habits dignes d’un prince, il est arrivé devant la foule sur son cheval de couleur blanche. Tous les attributs dignes d’un Almamy lui étaient décernés. Dorénavant, c’est lui qui fera office de chef spirituel et traditionnel de la contrée.

Depuis sa création, le célèbre royaume du Boundou a connu plusieurs Almamy dont le plus célèbre reste l’Almamy Malick Sy. Venu du Fouta Toro, il est celui qui créa le royaume du Boundou. Il était un érudit et faisait office de roi de la contrée avec ses innombrables talibés. L’Almamy était l’homme fort de la contrée, rappellent les sages de la localité. Il disposait de beaucoup de bras que constituaient ses talibés et ses soldats. Parmi les plus célèbres Almamy, les dignitaires du village rencontrés citent Hamady Gaye Sy, Moussa Sy, Séga Maka Sy, entre autres.

Le Pr Abdoulaye Bathily, envoyé spécial du secrétaire général des Nations Unies et Mamadou Racine Sy (Pca de l’Ipres) étaient les grands parrains de ces deux évènements.

Pape Demba SIDIBE

A Kanel, dimanche, le premier questeur de l’Assemblée nationale, Daouda Dia, a inauguré la radio communautaire « Damga Fm » et le Centre multimédia communautaire, en présence d’une importante délégation de députés. Cette nouvelle radio émet sur 92.2 Fm.

La mobilisation était à la dimension de l’évènement, dimanche à Kanel, à l’occasion de l’inauguration de la radio communautaire « Damga Fm », 92.2 Fm, et du Centre multimédia communautaire (Cmc) par le premier questeur à l’Assemblée nationale. Celui-ci était accompagné d’une forte délégation constituée de parlementaires dont le parrain Mamadou Sadio Diallo, natif du village, ainsi que d’autres personnalités de la République. L’occasion a été saisie par les organisateurs pour montrer les belles facettes de la culture de la région. « Fédde Tuudé et taadé », association des forgerons de Kanel, sous la houlette de Bineta Sy, a donné à la cérémonie un éclat particulier. Le groupe Soninké de Soringo s’est joint à la mêlée pour offrir une prestation de danse de haute facture. Une manifestation riche en symboles et en couleurs.

La mise sur pied de ces deux outils de communication relève, de l’avis du directeur de « Damga Fm », Ngary Bâ Lam, d’une « aventure collective » entamée depuis quelques mois. « Après un an de fonctionnement, dit-il, la radio a pu gagner sa place dans la zone grâce au dévouement du personnel et son ingéniosité ». Selon lui, « Damga Fm » se distingue par la diversification de son offre d’autant que toutes les couches socioprofessionnelles y sont représentées. « Damga Fm, une radio de tous et pour tous », a poursuivi M. Bâ, précisant que la radio communautaire, émettant sur deux tranches horaires de 10 à 13 h et 18 à 00 h, emploie une trentaine d’agents dont six bénévoles.

Informer en temps réel
Au nom des villages environnants, Yéro Aldiouma Sarr et Alpha Thiélo, au nom des chefs religieux, et Modou Dia de la Cojer de Kanel ont apprécié à sa juste valeur l’avènement de la radio communautaire qui permettra aux populations d’être informées à temps réel. Ils ont plaidé plus d’appui des pouvoirs publics pour la poursuite de l’aventure. Pour le responsable politique Alassane Traoré, « Damga Fm » est une véritable radio communautaire au service de la communauté, du département. Pour son bon fonctionnement, il a convié toutes les expertises à venir apporter leurs contributions. Pour sa part, le député Mamadou Sadio Diallo, parrain de la manifestation, a magnifié les différentes réalisations du président de la République dans la région de Matam, notamment l’éclairage du « Dandé mayoo », la construction du pont de Ganguel Soulé, des écoles, des efforts consentis dans le domaine de la santé notamment la remise des ambulances aux postes et centre de santé, etc. Le premier questeur à l’Assemblée nationale, Daouda Dia, a, à son tour, souligné que « Damga Fm » constitue une « fierté » pour la commune d’Orkadiéré et un « joyau » pour tout le département de Kanel. « Le Cmc et la radio communautaire nous permettront de vulgariser les différentes facettes du riche patrimoine du département et de la région », a-t-il déclaré.

L’adjoint au préfet de Kanel, El Hadji Moustapha Ly, a réaffirmé la satisfaction de l’autorité de l’implantation de la radio. « Aujourd’hui, de par sa proximité avec la population, elle joue le rôle de relais et de porte-voix au service du peuple. En effet, elle s’associe à tous les secteurs de développement pour faire passer l’information, à savoir l’éducation, la santé, l’agriculture, la pêche, l’élevage, la culture, etc. », a-t-il fait observer.

Pour M. Ly, toutes les couches de la société trouvent leur compte dans la grille de programme de la radio car les informations sont relayées dans plusieurs langues. « Damga Fm » joue donc sa partition dans le développement du département. Le Cmc et la radio sont des diffuseurs parfaitement adaptés au contexte », a-t-il estimé.

Souleymane Diam SY

Le Sénégal fait partie des pays choisis par Simon Fuller, célèbre producteur et fondateur des Spice girls et de Pop Idol, pour son initiative « Now united ». Ce programme vise à recruter 11 jeunes, à travers le monde, qui vont travailler sur un projet d’album et ainsi former un groupe musical mondial.

Après l’Inde, le Japon, la Corée, le Mexique, le Brésil, le Sénégal a été choisi dans la zone Afrique pour représenter le continent dans le projet « Now united ». A l’initiative du célèbre producteur Simon Fuller, ce projet consiste au recrutement de 11 jeunes artistes de différentes nationalités qui vont travailler autour d’un projet d’album. Il vise des jeunes âgés entre 16 et 19 ans qui formeront un groupe musical mondial.

Dans notre pays, le fondateur des Spice girls et de Pop Idol s’est particulièrement intéressé aux disciplines de la danse et de la musique pour le recrutement. Une première étape de présélection a déjà mobilisé une cinquantaine de candidats. Le casting final est prévu dans une semaine en présence de l’initiateur du projet. Ce dernier, une fois à Dakar, va procéder au choix de celui ou celle qu’il pensera être le meilleur parmi de jeunes candidats ayant des talents de chorégraphe et/ou de chanteur. « Le Sénégal est le seul pays africain bénéficiant de ce projet. Dans chaque pays, on va choisir un ou deux jeunes. Au Sénégal, on peut même choisir jusqu’à trois candidats qui vont essayer, une fois à Los Angeles, d’être dans le groupe final, qui va travailler sur le projet d’album », a déclaré Balla Sy, coordonnateur du projet au Sénégal. Selon lui, le programme « Now united » s’intéresse à la diversité et au brassage culturel. Ce faisant, il compte servir au monde une richesse culturelle tout à fait singulière.

Dans ce projet, les candidats vont bénéficier d’un encadrement de qualité pour davantage bonifier leur talent. Lieu de rencontre entre des artistes et leurs fans, « Now united » se veut une plateforme pour jeunes créateurs de contenus. Il s’agit d’un groupe pop mondial qui cherchera à concilier, dans la diversité, les mélomanes du monde.

Ibrahima BA

L’Association Kaay Fecc, en partenariat avec les associations Africulturban et I AM Afro, a organisé, le 10 décembre 2016, la 6ème édition d’Urbanation Bboy, à l’Institut français de Cotonou, au Bénin. Selon un communiqué, la 6ème édition d’Urbanation Bboy a été remportée par le Togo, tandis que le Sénégal a été classé premier pour le volet chorégraphie de cette compétition.

La  6ème édition d’Urbanation Bboy a eu lieu, le 10 décembre dernier, à Cotonou (Bénin). Organisée par l’Association Kaay Fecc, en partenariat avec les associations Africulturban et I AM Afro, l’événement avait pour objectif  la promotion, la diffusion et le développement de la danse hip hop (bboying) en Afrique à travers la création d’un festival annuel, dédié à l’art urbain.

Selon un communiqué, le groupe Crazy Elements Crew du Sénégal a été classé meilleure chorégraphie. Suivront « No Limit » du Togo placé en 2ème position et Saint 9 du Niger classé 3ème. Le Bénin, pays organisateur, s’est retrouvé à la 4ème place avec son groupe C229. Pour le volet Battle, c’est au Togo que revient la première place après l’avoir disputée en  demi-finale au Niger et battu en finale le Sénégal. Ainsi, il remporte la 6ème édition, informe le document écrit.

Outil d’intégration, de transmission, de création et de diffusion, Urbanation Bboy a également pour objectif d’impulser la danse hip hop au Sénégal et en Afrique, de favoriser les échanges artistiques interafricains et internationaux, et de professionnaliser les métiers spécifiques à ce style de danse en mettant en place des programmes de formation divers.

Maguette Guèye DIEDHIOU

Le défilé du Festival international de la mode de Dakar a eu lieu samedi dernier où stylistes émergents et ceux dits confirmés ont rivalisé d’originalité devant l’œil branché du public.

Au musée Théodore Monod de l’Institut fondamentale d’Afrique noire, samedi 7 janvier, le Festival international de la mode de Dakar (Fimodak) a mobilisé 18 stylistes : Parfait Ikouba, Marième Seck, Sidy Counda, Coura Kane, Tima Création, Owens, l’Ivoirien Barros Coulibaly, Thiané Diagne Jour-J, Mame Faguèye Bâ et l’initiateur Abdou Lahad Guèye, entre autres. Du côté des mannequins, il y en avait 28 filles et 20 garçons qui, pendant deux jours, ont rivalisé d’ardeur et d’élégance. Lahad Guèye, le promoteur de l’évènement, a présenté la collection « Oumou Ator », faite en tissu brocart. « Je suis impressionné par les tenues. C’est magnifique ! Cela ressemble à de l’or », trouve-t-il. Ce jour-là, aucun morceau d’étoffe n’était anodin, car il rajoutait de la grâce, de l’élégance et de la prestance à la soirée. Les coupes étaient bien travaillées. La griffe portait le talent de chaque touche artistique. C’était de la pure expression esthétique.

Si Thiané Guèye s’imposait par la soie, avec de la dentelle, Mame Faguèye Bâ, elle, jouait avec les mailles en fer, le cuivre, le coton, la soie lourde, le bogolan du Mali, la mousseline perlée et le denim lourd au motif tigré. Sans oublier les fentes à la coupe occidentale.

Pourquoi cette gamme textile ? La costumière explique : « La mode, c’est du visuel. Nous sommes partie sur de nouvelles coupes, qui relèvent de la haute couture. Nous ne voulons pas que les spectateurs s’habillent mieux que nos mannequins ». Autant elle fabrique des tenues qui sortent de l’ordinaire, autant Mame Faguèye coupe des modèles qui intéressent des branchés sénégalais. Barros Coulibaly, lui, s’est illustré avec sa collection « Portugais », cousue de tissus scintillant.

« Notre objectif, c’était d’harmoniser toutes les compétences afférentes à la mode, qui est une plateforme d’échanges entre les créateurs émergents et ceux dits confirmés », souligne Abdou Lahad Guèye, qui révèle qu’au début, le comité d’organisation avait tablé sur un budget de 24 millions de FCfa. Mais, il a revu ses ambitions à la baisse (nombre de jours diminués), sans entrer dans les détails. 2017 est, pour lui, l’édition zéro du Fimodak grâce au soutien satisfaisant de l’Organisation internationale de la francophonie (Oif). Mais l’année prochaine, il tiendra la première édition. Ce qu’il garde à travers la gorge, c’est, dit l’initiateur du Fimodak, le manque de considération des autorités qui n’ont même pas daigné répondre aux correspondances.

Serigne Mansour Sy CISSE

La 13ème édition de la Grande nuit des oscars du Chant choral se tiendra, ce samedi 14 janvier, au Théâtre national Daniel Sorano, à Dakar. A l’occasion, un hommage mérité sera rendu au père Dominique Catta du monastère de Keur Moussa (Thiès).

Le Théâtre national Daniel Sorano abritera, ce samedi 14 janvier, les Oscars du chant choral. Sont attendus à cette 13ème édition,  l’artiste français invité d’honneur, Jean Claude Gianadda, frère des écoles chrétiennes, le chantre  Prunelle de la Côte d’Ivoire, ainsi que l’organiste des grandes orgues de la paroisse St Félix à Nantes, Maurice Ngom, Fulgence Faye et Fulgence Gackou,  entre autres.

Outre ces invités de marque, participeront également à cette Nuit des oscars, la chorale Sainte Marthe de Mbour, celle de Saint Martin de Porres, la paroisse universitaire Saint Dominique et le  monastère de Keur Moussa.

Comme à l’accoutumée, la Grande nuit des oscars du chant choral prévoit aussi de récompenser et primer certaines personnes  qui se dévouent  pour la promotion du chant choral et leur engagement au sein de l’église. Hommage sera aussi rendu  au père Dominique Catta du monastère de Keur Mousseu, « immense promoteur » de  la musique liturgique africaine. En réalité, grâce au père Catta, le monastère de Keur Mousseu est devenu, aujourd'hui, un centre important de la musique liturgique africaine, fabrique et vend à travers le monde ses propres koras.

Maguette Guèye DIEDHIOU

Les députés ont adopté, hier, à l’unanimité, le projet de loi 39/2016 modifiant la loi 2011-01 du 24 février 2011 portant Code des télécommunications. Dans cette loi, qui permettra un accès plus démocratique aux Technologies de l’information et de la communication (Tic), l’activité des fournisseurs d’accès à l’Internet (Fai) sera désormais soumise au régime d’autorisation.

Le Sénégal vient de franchir un grand pas dans ses ambitions de faire du secteur du numérique un levier dans la création de richesses et de croissance. L’Assemblée nationale vient d’adopter le projet de loi 39/2016 modifiant la loi 2011-01 du 24 février 2011 portant Code des télécommunications. Le présent code va apporter des innovations dans le secteur, à travers notamment l’assouplissement des conditions de fourniture d’accès à Internet (Fai). Ainsi, l’activité des Fai va passer du régime de la licence avec la lourdeur qui s’attache à la procédure d’attribution à un régime d’autorisation générale. Cette facilitation, a expliqué le ministre de Postes et des Télécommunications, Yaya Abdoul Kane, permettra l’accroissement du niveau de concurrence et d’investissement du privé sur le marché du haut débit ainsi que la démocratisation de l’usage de l’Internet. C’est aussi une manière de promouvoir l’essor d’une économie numérique compétitive et inclusive en conformité avec les ambitions fixées dans le Plan Sénégal émergent (Pse).

Après la lecture du rapport de la Commission de la Culture et de la Communication, les députés ont interpellé le ministre sur des questions portant, entre autres, sur l’accès au téléphone et à l’Internet, la problématique du maillage du territoire national, la sécurité et la confidentialité des données personnelles.

Le député Aïda Mbodj a invité le ministre à accompagner les collectivités locales pour leur permettre de recouvrer le manque à gagner par rapport aux impôts et aux autres taxes qui doivent leur revenir dans le cadre de l’occupation de leurs espaces par les opérateurs. Son homologue Cheikh Tidiane Ndiaye a abordé la problématique des antennes que certains opérateurs installent sur les toitures des maisons et qui sont capables de poser des problèmes de santé à la population.

Toujours dans le même ordre d’idées, le député Cheikh Omar Sy a dénoncé l’absence de qualité dans le service, du problème du service d’assistance ainsi que l’impossibilité d’utiliser le service « promotion », « surtout au niveau de l’opérateur Orange, pour accéder à l’Internet ». Son collègue Ibrahima Sène a demandé même une règlementation de la « promotion ».

6.000 kilomètres de fibre optique
Dans ses réponses, Yaya Abdoul Kane a indiqué que la mise en œuvre de la stratégie sur la cybercriminalité permettra d’améliorer de façon efficiente « notre » système de sécurité. En effet, a-t-il rappelé, le Sénégal a procédé au lancement, en partenariat avec les Pays-Bas, de cette stratégie, avec la mise en place d’une cellule de veille pour la protection des infrastructures critiques et des citoyens.

Par rapport aux collectivités locales, Yaya Abdoul Kane a informé qu’une commission présidée par le ministre de la Gouvernance locale, du Développement et de l’Aménagement du territorial, a été mise en place et ses travaux permettront de trouver une solution durable et définitive aux taxes et impôts que doivent ces opérateurs aux collectivités.

Sur la couverture du territoire national, il a informé que d’importants efforts ont été faits, mais il reste encore beaucoup à faire pour l’accès au réseau de téléphonie. « Avec la nouvelle convention de concession de Sonatel et la révision des conventions avec les autres opérateurs, il a été introduit une obligation de couverture de tous les villages dont le nombre d’habitats est supérieur ou égal à 200 dans cinq ans », a-t-il fait comprendre.

Le ministre a relevé pertinence de valoriser les infrastructures de l’Agence de l’informatique de l’Etat (Adie) pour les mettre à la disposition des opérateurs et des entreprises. En effet, a-t-il annoncé, le réseau de l’Adie passera, dans sa deuxième phase, à 6.000 kilomètres de fibre optique. « Des études sont en cours pour voir comment mettre sur le marché cette surcapacité de l’Adie et avec des options allant peut-être jusqu’à la confier à un autre opérateur dans le cadre du partenariat public-privé », a-t-il laissé entendre. Selon lui, cela permettra d’ouvrir davantage le secteur pour casser le monopole, réduire les coûts et renforcer l’accessibilité.

Ibrahima BA

 

ACCES A LA COMMUNICATION MOBILE : L’APPEL D’OFFRES DES OPÉRATEURS MOBILES VIRTUELS LANCÉ DANS LES SEMAINES À VENIR
Pour faciliter aux populations l’accès à la communication mobile, le ministre des Postes et des Télécommunications a annoncé, hier, le lancement, dans les semaines à venir, d’un appel d’offres pour mettre sur le marché les opérateurs mobiles virtuels (Mvno). Lesquels permettront d’offrir aux Sénégalais des services de téléphonie. « Il s’agit d’améliorer l’accès et de renforcer la concurrence entre les différents opérateurs », a déclaré Yaya Abdoul Kane. Les Mvno sont des opérateurs qui ne possèdent pas de spectre de fréquence ni d’infrastructures.

Ils utilisent le réseau des opérateurs et achètent des minutes d’appels à ces opérateurs qu’ils revendent à leurs clients. La présence de ces opérateurs, permettra, à coup sûr, de revoir à la baisse les prix liés à la téléphonie mobile.

I. BA

La Maison de la Presse accueille dans ses locaux, depuis hier, la formation d’une quarantaine de cadres de l’Administration et des services régionaux du ministère de la Culture et de la Communication. Cet  atelier de cinq jours porte sur la gestion  axée sur les résultats, le suivi et évaluation des projets.

Le  ministre de la Culture, Mbagnick Ndiaye a indiqué, c’est suite à la loi organique de juillet 2011, relative à la loi des finances qui a introduit de nouvelles réformes pour la gestion efficace et efficiente des ressources publiques, son département a jugé nécessaire d’organiser avec le Bureau organisation et méthode (Bom), ce séminaire sur la gestion axée sur les résultats (Gar). A l’en croire, l’objectif de l’atelier de formation à l’endroit des cadres du ministère de la Culture est de consolider leurs connaissances sur cette nouvelle approche de gestion.

« La gestion axée sur les résultats s’impose aujourd’hui à nous comme un impératif visant une utilisation plus rationnelle et judicieuse des ressources dans la mise en œuvre d’une politique de développement pour l’atteinte des objectifs fixés », informe  le ministre. Qualifiant la méthode Gar d’outil de transparence et d’efficacité, Mbagnick Ndiaye souligne qu’elle est un processus  interactif et progressif qui met l’accent sur l’apprentissage et la responsabilité. En ce sens, il invite d’ailleurs les participants à investir dans la maîtrise de cet outil de travail qui fera progresser l’objectif principal poursuivi, celui  d’établir un lien  plus direct entre l’utilisation des ressources et les résultats en termes de services publics.

« Les outils que vous allez acquérir au cours de ce séminaire vous aideront à vous approprier, de manière efficace,  la lettre de politique sectorielle dont s’est dotée le ministère, les documents de programmation pluriannuelle des dépenses et les plans de travail annuel », argue-t-il.

Le conseiller en organisation au Bureau organisation et méthode (Bom), Sidy Diop, indique que la gestion axée sur les résultats est devenue un principe qui gouverne les relations à travers les notions d’aide publique. Selon M. Diop, il  s’agit pour le Bom de faire en sorte que toutes les structures des ministères, les agences, se mettent sous cette forme de Gar, en termes de disponibilité de tout stratégique et en termes de disponibilité d’outils opérationnels tels que les Documents de programmation pluriannuelle des dépenses (Dppd).

« La formation permettra de creuser les concepts de la Gar, d’essayer de maîtriser les outils et faire en sorte que dans le ministère, les questions de résultats, de performance, soient des questions importantes qui nous permettent d’atteindre avec le maximum d’efficacité les missions assignées », souligne M. Diop. Pour le directeur général du Centre culturel Blaise Senghor, Balla Ndiaye, cette formation vient à son heure. A l’en croire, le séminaire permettra de les outiller pour pouvoir utiliser judicieusement les ressources mises à leur disposition pour la gestion de leur structure. « Au niveau de notre  structure, un  budget nous a été alloué et par rapport à nos résultats, il nous faudra gérer ces ressources et présenter, à la fin de chaque exercice budgétaire, un rapport annuel de performance pour pouvoir nous justifier par rapport aux moyens mis à notre disposition », a dit M. Ndiaye.

Maguette Guèye DIEDHIOU

La mode ne peut s’épanouir sans des industries textiles de pointe et une formation de qualité, selon des acteurs du secteur qui ont pris part, le week-end dernier, à un panel dans le cadre du Festival international de la mode de Dakar.

« Au Sénégal, tout le monde veut s’improviser styliste ; cela porte un sacré coup à la profession. Il y a des tailleurs qui coupent mieux que des soi-disant stylistes », a déploré la styliste Mame Faguèye Bâ. Cette spécialiste des costumes de scène s’exprimait lors d’un symposium sur « L’industrialisation de la mode en Afrique », tenu dans le cadre du Festival international de la mode de Dakar, samedi dernier.

Mame Faguèye Bâ a dénoncé le cumul de fonctions qui existe dans leur métier. Ce qui nécessite une bonne formation. D’après elle, l’on ne peut pas être « designer » (créer des motifs), modéliste, commercial (évènementiel) et assurer correctement le rôle de styliste. Pour la costumière, il faut se concentrer sur une de ces spécialités, si l’on veut faire correctement son travail. Toutefois, Mame Faguèye reconnaît que dans la corporation, certains stylistes sont de vrais professionnels avant de regretter les relations de cousinage qui tuent le corps de métier. Elle est d’avis qu’avant de parler d’industrie de la mode, il faut avoir de la matière première de base (coton, textile). La styliste donne l’exemple du Burkina Faso où l’industrie textile est en marche ; ce qui favorise les belles créations diversifiées. Aussi, a-t-elle regretté le manque de journalistes spécialistes en mode, qui, avant chaque modèle, apprécie et critique la création. Car, la création, au-delà du talent, nécessite beaucoup de choses. « Essayons de donner de la valeur à ce métier et cassons les réseaux d’amis qui pensent que seuls eux doivent être des stylistes », a-t-elle exhorté.

Griffe à la main
La styliste Thiané Diagne Jour-J, pour sa part, a fait comprendre qu’il est difficile de sortir d’une école de formation et intégrer directement une maison de couture. La spécialiste de la soie a exhorté les jeunes à la patience, à capitaliser le maximum d’expériences, avant de vouloir voler de leurs propres ailes. « Peut-être, 5% de jeunes peuvent ouvrir une maison de couture juste après leur formation. Je suis passée par plusieurs maisons de couture avant d’ouvrir mon entreprise », a avancé la styliste de renom.

Bara Ndour, professeur de l’histoire de l’habillement à l’Institut de coupe couture et de mode (Iccm) de Dakar, a reconnu, qu’avant de créer, il faut de la compétence, et que cela passe d’abord par la formation. Poursuivant, il affirme qu’il n’y a pas d’école dédiée spécifiquement à la mode. M. Ndour plaide pour que les métiers de la mode aient une nomenclature.

Le Pr Ndour se désole du démantèlement de nos fleurons textiles (les usines Sotiba Simpafric, Icotaf), qui constitue un handicap pour les acteurs. Alors qu’avec ces entreprises susmentionnées, la chaîne de valeusr était assurée. La formatrice Asta Tounkara a porté un vibrant plaidoyer pour un accompagnement de l’Etat à l’endroit des stylistes. « Au Sénégal, on peut s’habiller même si on ne mange pas… », confie la formatrice, qui constate que le métier de styliste ne nourrit pas son homme, parce que plusieurs personnes le revendiquent. Mme Tounkara a relevé la difficulté à lier, à la fois, stylisme et assumer les autres métiers de la mode. « Ce que tu ne sais pas faire trouve une compétence ailleurs », a-t-elle conseillé, non sans inviter à ce que les aînés tendent la perche aux jeunes.

Professeur en communication, Alassane Wade, dans un style habile, a précisé qu’on ne forme pas un styliste comme on le fait pour un mécanicien. Il note que ce qui intéresse le client, c’est le produit de qualité. Dès lors, il se dit convaincu que des professionnels du secteur doivent faire des séminaires dans les écoles de formation, afin de mieux préparer les jeunes stylistes.

Serigne Mansour Sy CISSE

Les rideaux sont tombés sur le Festival national des arts et des cultures tenu en fin décembre à Kolda. Et comme l’année dernière à Kaolack, le premier Prix de musique est gagné par la région de Sédhiou. Une idée agitée depuis l’année dernière est remise au goût du jour : faire de cette formation musicale, aux deux succès consécutifs, un orchestre régional.

Les musiciens de Sédhiou qui viennent de remporter le premier Prix de musique, pour la seconde fois en deux éditions du Fesnac, sont originaires des trois départements de la région. Ils ont répété ensemble pour les besoins de la compétition musicale au Fesnac. Après, ils retournent dans leur localité respective, mais s’ils deviennent membres de l’orchestre régional, il faudra leur trouver un statut. Le directeur du centre culturel régional de Sédhiou n’y voit pas d’inconvénients mais précise que dans le cadre de l’Acte 3 de la décentralisation, il faut voir la faisabilité.

Les autorités de la région ne diraient pas moins. Il y a les questions de rémunérations qu’il faut étudier, fait-on comprendre du côté du Conseil départemental de Sédhiou qui est prêt à mettre la main à la poche. Mais en sera-t-il de même pour les deux autres Conseils départementaux de Goudomp et Bounkiling ? s’interroge-t-on. Il faut d’abord mûrir la réflexion ; étudier toutes les questions qui pourraient se poser avant de prendre une quelconque décision. La question pourrait revenir lors de la réception que le centre culturel régional va organiser pour la délégation ayant participé au Fesnac de Kolda et qui a aussi, dans sa besace,  le Prix de la meilleure mise en scène pour le théâtre. Ce sera une occasion pour que les autorités administratives, elles aussi, donnent leur point de vue à côté de celui des populations qui est, encore une fois, de faire de cette formation musicale un orchestre régional.

Malamine KAMARA

Le ministre de la Culture et de la Communication a été reçu, jeudi dernier, à Keur Nganda, localité située à 20 km de Mbacké Kajoor, par le khalife général, Cheikh Sidy Moctar Mbacké. Mbagnick Ndiaye et sa délégation étaient venus présenter au khalife un projet d’exposition sur l’esthétique mouride, lequel a été béni par le guide spirituel.

Conduisant une délégation composée de directeurs et chefs de service de son département et des principaux responsables du « Kurël Julli Géej gi » de Diamalaye, le ministre de la Culture et de la Communication a été reçu le jeudi 5 janvier, par le khalife général des Mourides, Cheikh Sidy Moctar Mbacké, à Keur Nganda, situé à 20 km de Mbacké Kajoor. Mbagnick Ndiaye et sa délégation, informe un communiqué, ont présenté un projet d’exposition sur le thème de l’esthétique mouride.

Prévu en avril 2017 à Dakar, cet évènement sera axé sur cinq thématiques. Il s’agit de l’habillement, les accessoires, les « barkélou », l’habitat, l’architecture et la littérature, notamment à travers Cheikh Moussa Kâ et Serigne Mbaye Diakhaté. « On pouvait particulièrement remarquer la présence de Serigne Mountakha Mbacké, khalife de Darou Minane qui a accompagné la délégation auprès du khalife général, Cheikh Sidy Moctar Mbacké », souligne le document, ajoutant que le guide spirituel a approuvé l’initiative à laquelle il a donné son « Ndigël » avant d’inviter à élargir et à pérenniser le projet. « La délégation s’est enfin rendue à Mbacké Kajoor, berceau du Mouridisme. Elle a été accueillie par Serigne Babacar Mbow de Ndeem, accompagné de Serigne Gabou Guèye, du maire  de la commune et par la communauté Baay Faal de la localité. Le maire, tout comme les responsables Baay Faal et le chef du village, se sont tous engagés à accompagner le projet à la suite du « Ndigël » du khalife général, par une participation active à toutes les manifestations », lit-on dans ce communiqué. Toutefois, poursuivit-il, auparavant, Cheikh Mactar Diouf, au nom du ministre, a, dans une communication introductive, explicité les objectifs, enjeux et défis du projet aux habitants de Mbacké Kajoor.

Enfin, Mbagnick Ndiaye et sa délégation se sont recueillis sur le site historique symbolisant le pacte d’allégeance de Cheikh Ibra Faal à Cheikh Ahmadou Bamba, avant de rejoindre Dakar.

Ibrahima BA

Le chanteur non voyant Ablaye Mbaye est décédé, hier des suites d’un malaise en plein studio, à Dakar, a appris l’Aps de source informée.

L’auteur compositeur rend ainsi l’âme moins de deux mois après la disparition de son père El hadji Dame Mbaye, rappelé à Dieu en novembre dernier à l’hôpital Abass Ndao.

 Né en 1981 dans le quartier dakarois de la Médina, Ablaye Mbaye s’est familiarisé avec l’écriture braille à l’Union nationale des aveugles de Thiès avant de se lancer très tôt dans la chanson aux côtés de feu Demba Dia dit Rock-mbalax.

Très proche de Youssou Ndour qui a produit son premier album « Nila Démé », en 1995, Ablaye Mbaye assure le chœur de « Birima », une production de la star planétaire.

Le chanteur non voyant enregistre ensuite « Yaye Balma » où il est accompagné dans le titre « Am Saxul » par Youssou Ndour, Salif Keïta, Thione Seck, etc. Le défunt musicien détenteur d’un disque d’or avec le Mafia K’Fry pour un duo avec Kery James a une riche production artistique dont entre autres albums « Agnès » (2001), « Xaléti » (1998), « Maag na » (2005).

(Aps)

Les difficultés rencontrées dans l’édition des manuscrits ne seront bientôt qu’un mauvais souvenir pour les écrivains de Kolda. Lors du dernier Fesnac tenu dans le Fouladou, le ministre de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye, a demandé au directeur du Livre et de la Lecture, de faciliter l’édition de leurs manuscrits.

Une initiative vivement saluée par le président du Cercle des écrivains de Kolda, Abdourahmane Diallo, poète-écrivain, professeur de Français et principal du Cem de Médina Chérif, un établissement scolaire situé dans la commune du même nom, dans le département de Kolda. Mbagnick Ndiaye s’est montré, selon lui, particulièrement sensible à la situation des écrivains dans les régions. « Le ministre de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye, a demandé au directeur du Livre et de la Lecture de prendre nos manuscrits et de faciliter leur édition parce que nous avons beaucoup de manuscrits qui ne sont pas édités. Je profite de l’occasion pour le remercier en tant que ministre de la République mais aussi, parce qu’il a beaucoup fait, aux côtés de son homologue de l’Environnement et du Développement durable, Abdoulaye Baldé, maire de Kolda, pour la réussite de la 9ème édition du Fesnac », déclare-t-il. M. Diallo remercie le ministre de la Culture et de la Communication d’avoir rencontré les écrivains de Kolda lors de la visite des stands où ils exposaient leurs livres, organisé à l’occasion de ce Fesnac. Il estime que son geste va largement contribuer à la promotion du livre et de la lecture dans la région de Kolda et faciliter l’éclosion des jeunes talents qui s’expriment en français ou en langue pulaar. Il faut dire que malgré le foisonnement des manuscrits notamment en poésie et en œuvres romanesques écrites par les écrivains de Kolda, la littérature régionale peine encore à sortir de l’anonymat. De nombreux écrivains sont obligés de ranger leurs manuscrits dans les tiroirs, faute de moyens pour les faire éditer et d’en assurer la promotion et la diffusion.

« Nous sommes très contents et cela nous donne suffisamment de courage pour continuer à écrire et à faire la promotion des jeunes talents parce que la région de Kolda regorge de jeunes talents. Je pense que c’est comme cela que nous pourrons avoir, demain, de grands écrivains dans la région et contribuer ainsi au rayonnement de la littérature sénégalaise », précise M. Diallo.

Mamadou Aliou DIALLO

 

Le livre restera. Le visage du journaliste s’estompera. L’écrivain et le livre qui ont habité ici un temps incandescent du Sénégal, constitueront désormais une mémoire de notre vie politique que nous aurons plaisir à aller visiter pendant très longtemps, dans les lointains temps à venir. Nous tenons ici entre nos mains et pour le bonheur de l’analyse critique, des chroniques fortes, profondes, engagées et scrutant avant les acteurs arrivés au sommet de l’Etat, l’horizon d’un pays que les intrigues, les trames, les faits, les coalitions, les trahisons, les machiavélismes politiques, ont, sous nos yeux, coloré pour nous.

Mamoudou Ibra Kane a eu de l’avance sur les hommes politiques. C’est ce que l’on demande à la création. Il voyait venir. Il dessinait le chemin sous le brouillard. Sa vision est étonnante. Elle reflète un solide homme de métier, journaliste d’éthique, libre, presque rebelle, inspiré et puissamment exigeant.
Ouvrez donc ce livre sans tarder. Tout y est leçon politique et leçon de vie en République. Une plume agréable et sûre. Une maîtrise du raccourci. Un ton qui en dit long sur la distanciation avec le jeu de cache-cache de nos hommes politiques. En résumé, un livre qui n’est pas aphone ! »

Macky Sall sur l’autel du sacrifice libéral : C’est ton tour mon « frère » !
« (…) On sait ce dont les uns et les autres sont capables dans des circonstances de dualité. Il faut que, en toute circonstance, l’autorité du chef de l’Etat soit restaurée. Donc, s’il y a un malaise, on le vide. » 

Pour Macky Sall, ces mots, terribles comme la sentence qui frappe un condamné à mort, pouvaient sortir de toutes les bouches sauf certainement de celle d’Abdou Fall. Oh que si ! C’est juste un conseil de « frère ». Et puis, c’est mal connaître Abdou Fall. Il est, depuis qu’il a fondu sa Cds dans le Pds, l’un des exécuteurs les plus froids de Wade. De la Wadésie.
Mais dans son conseil de « frère », il aurait pu ajouter à l’endroit de celui qui n’en a plus pour longtemps au poste de Secrétaire général national adjoint du Pds et au perchoir de l’Assemblée nationale ceci : « Parce que c’est ton tour mon frère ! »

L’accusation prononcée par Procureur Fall contre le président de l’Assemblée nationale est on ne peut plus précise : « dualité », et son sort déjà scellé : « s’il y a un malaise, on le vide. » En fait, le message est clair mais ç’aurait été encore plus simple de dire : « Macky, s’il y a malaise, on... te vire. » 

Dualité. Ça ne vous rappelle pas quelqu’un ça ? Mais, pourquoi pensez-vous à Idrissa Seck ? Vous l’avez compris : Macky-Idy, même chef d’accusation, même sentence. Argument massue de celui qui porte la parole du Maître : « Dans des circonstances de dualité, il faut que l’autorité du chef de l’Etat soit restaurée.» 

Hier, avec le « jardinier des rêves » du père comme aujourd’hui, avec « le meilleur Premier minister » du même père, l’argument de la « dualité au sommet » de l’Etat ou du Parti (le Pds) ou de l’Etat-Parti, n’a jamais été convaincant. Hélas ! Il en a toujours été ainsi dans cette famille appelée Pds. Pas besoin de convaincre, il faut juste vaincre. Ici, on a été à bonne école de l’apprentissage « à vaincre sans avoir raison ». “L’Aventure” n'est jamais “ambiguë” chez les libéraux !
(…)
En tous les cas, l’opposition regroupée au sein du Front Siggil Sénégal, si tant est qu’elle ambitionne sérieusement de mettre fin au régime de Wade, aurait tort de croire qu’elle n’a pas à se mêler de « querelles familiales liberals ». Ce qui était jusqu’ici une affaire interne au Pds, association privée comme toute autre, est en train de dériver dangereusement vers une crise institutionnelle. Et malheureusement, ce n’est pas avec cette opposition qui ne veut pas « casser des bus » -mais qui lui a demandé de les caillasser d’ailleurs ?- qui arrêtera la dérive.

Le dérèglement institutionnel qui a vu adopter en Conseil des ministres un projet de loi portant dissolution du Conseil de la République pour les Affaires économiques et sociales (Craes) et synonyme, une fois voté par l’Assemblée nationale, de destitution du président de cette institution, en l’occurrence Me Mbaye Jacques Diop, c’est ce même dérèglement institutionnel qui va avoir raison du président de l’Assemblée nationale. « Démissionnez, Monsieur le Président! » Tel est l’ordre qui avait été donné à Me Mbaye Jacques Diop par le président de la République dans une lettre dont l’existence n’a jamais été démentie. C’est le même ordre, pour peu qu’on sache lire entre les lignes, qui est donné ainsi à Macky Sall par le chef de l’Etat par la voix détournée d’Abdou Fall. Le président de la République ne pouvant pas, au terme de la Constitution, dissoudre une Assemblée nationale qui n’a pas encore deux ans d’existence, sauf si, au sens de la Loi fondamentale, la même Assemblée votait une motion de censure contre le gouvernement -ce que ne ferait jamais Macky Sall à moins qu’il soit frappé de cécité politique et veuille se faire hara kiri. Il fallait s’attendre, pour le moins, à ce que l’argument de la « dualité au sommet » soit encore brandi. D’où la sortie tout sauf innocente et improvisée d’Abdou Fall. Et si cela ne suffisait pas pour contraindre Macky Sall à la démission, on usera de l’arme imparable de tentative, sinon de « coup d’Etat », du moins de blocage « de façon, vous connaissez la chanson, à entraver le fonctionnement normal des institutions ». Dans telle situation, et c’est toujours Abdou Fall, en éclaireur s’exprimant sur les ondes de Sud Fm, qui livre les éléments du futur probable acte d’accusation : « Au plan constitutionnel, le Président (de la République) est la clef de voûte des institutions. A chaque fois qu’entre un responsable qui est à la tête d’une institution et le chef de l’Etat il y a un couac de quelque nature que ce soit, celui-ci peut entraver la bonne marche des institutions. » Le message est clair. Il renseigne à suffisance sur la gravité de la situation qui se déroule sous nos yeux. On pourra toujours épiloguer sur « L’esprit des Lois » de Montesquieu et sa chère théorie de « la séparation des pouvoirs », mais il faudra, la mort dans l’âme, se rendre à l’évidence. Toutes les institutions de ce pays, qui se veut pourtant démocratique, doivent se mettre au garde-à-vous et, au besoin, s’effacer à défaut de s’agenouiller devant une et une seule institution qui exige, manifestement de chacun de nous, pris pour de vrais obligés de Sa Majestéle roi Wade 1er, toutes les pirouettes, girouettes et courbettes. Cette institution s’appelle Le Président de la République.

Parce qu’on n’a pas pu, quelles que puissent être ses « erreurs » ou ses « fautes », défendre Idrissa Seck, au nom de la liberté pour chaque homme politique ou homme tout court d’avoir de l’ambition de conquérir le pouvoir (et pourquoi serait-il interdit d’en avoir ?), on ne pourra pas défendre Macky Sall dont le seul tort (ce n’est pas parce qu’il ne l’a pas déclaré urbi et orbi comme l’autre, qu’il est dépourvu d’ambition présidentielle) est d’être, malheureusement pour lui, sur la route, pour ne pas dire la Corniche qui mène… au Sommet. 

Entre Idrissa Seck, le maire de Thiès, et Macky Sall, le maire de Fatick -il y a tellement de dénominateurs communs entre les deux ! L’un et l’autre ont été Premier ministre avec des fortunes diverses. L’un et l’autre ont été Directeurs de campagne victorieux tous les deux, de Wade. Le premier nommé a été numéro deux du Pds et le second l’est encore (jusqu’à quand ?) Autant de similitudes entre les deux hommes qu’on est tenté de croire qu’ils ont le même destin. Un destin de sacrifiés, sauf volonté divine contraire mettant un terme au cours actuel des choses pour le président de l’Assemblée nationale. 

A-t-on encore besoin de se demander : demain à qui le tour ? La réponse coule pourtant de source. Demain, ce sera le tour de tous ceux et celles qui se trouveront au mauvais endroit au mauvais moment, -on n’a plus besoin surtout de le déclarer- si on est tant soit peu soupçonné, seulement soupçonné disons-nous, de barrer la fameuse route dont on dit, à tort ou à raison, qu’elle est en train d’être méthodiquement tracée pour le fils du Président. (…)

18 mars 2008 : Karim Wade « en route vers le sommet » maintenant, « l’agenda caché »
Que les sceptiques soient moins naïfs. La “route du Sommet” ne s’arrêtera pas au 11ème sommet de l’Oci qui vient de baisser ses rideaux à Dakar. La route de Karim se poursuivra. Telle semble être la résolution des Wade, le fils et son père de président. 

« Maintenant, confie un proche et homme de confiance du fils du Président de la République, nous allons dérouler l’agenda cache ». Et cet agenda caché n’est rien d’autre que la marche du leader de la Génération du Concret vers… un autre Sommet : le Sommet du pouvoir. Y arrivera-t-il ? Y arriveront-ils, les Wade et leurs amis ?
La réponse à cette question fondamentale, à notre avis, n’est plus dans les moyens colossaux qui seront utilisés par Karim Wade et ses partisans. La fin, détrompez-vous, justifiera tous les moyens possibles, imaginables et non imaginables. La réponse est plutôt dans la capacité des forces d’en face à résister. Face à la stratégie des « Concrétistes » (de la « génération du concret ») de prendre le pouvoir par tous les moyens, nous espérons de ces moyens qu’ils soient légaux, conventionnels et démocratiques ; il faudra une contre-stratégie, une offensive même, si tant est que l’ambition des adversaires potentiels du fils du chef de l’Etat soit de succéder à celui-ci. Cette contre-stratégie, malheureusement, n’ayons pas peur de le dire, tarde à se dessiner. Du moins on n’en voit pas encore l’esquisse.
(…) 
En attendant, au moment où il s’apprêtera à prendre la redoutable décision de demander le suffrage des Sénégalais, Karim Wade devra méditer cette leçon d’un autre fils de Président. Interrogé en octobre 2007 sur ses ambitions politiques, Michel Gbagbo, fils du chef de l’Etat ivoirien Laurent Gbagbo, déclara ceci : «(…) Je n’aime pas le terme dynastie parce qu’il ne faut pas que la République soit un instrument au service d’une famille (…) Je suis intéressé par la politique, mais je connais mes limites et je dis, un président par famille et par siècle, je pense que c’est suffisant. La Côte d’Ivoire regorge d’intelligences pour pouvoir se donner d’autres présidents. Mais plaise à Dieu que je puisse mettre mon expérience et ma modeste contribution au service de ceux qui sont là. Je ne veux pas être président (…) » 

Et le même Gbagbo fils d’ajouter : « Mes ambitions sont au nombre de quatre, je voulais d’abord être docteur en psychologie, écrire des livres, ensuite être sénateur de la Jeune Chambre Internationale et enfin être député. »

  Point de « Président de la République » dans les ambitions politiques de l’Ivoirien Michel Gbagbo ! Loin de nous l’idée de dire que le « cousin sénégalais », Karim (Wade) devrait nécessairement s’inspirer de l’exemple du « cousin ivoirien », Michel (Gbagbo). Mais, c’est le cas de le dire : le fils du Président Gbagbo ne manque pas de lucidité politique. (…) 
PS : après la défaite de son père Abdoulaye Wade battu par un de ses fils « d’emprunt » Macky Sall, Karim WADE purge une peine de six ans de prison ferme, dans le cadre de la traque des “biens mal acquis”.

16 janvier 2009 « Il est midi », Idy !
  Il n’y a pas pire pour un homme politique ambitieux que d’être privé d’espace vital. Un journaliste l’a déjà dit avec beaucoup de pertinence : à force de silence et d’absence, Idrissa Seck a laissé son espace vital occupé par aussi ambitieux que lui. Tant du côté de l’opposition, avec l’arrivée de Macky Sall, que dans le camp du pouvoir avec l’ambition désormais clairement affichée par Karim Wade d’hériter du fauteuil présidentiel, force est de constater que le terrain d’expression s’est considérablement réduit pour l’ancien « jardinier des rêves » de Wade. Alors, il fallait bien un passage en force digne d’un « boukhanté » ; bousculade en wolof. Le forcing d’Idy, pour les intimes, pour retourner auprès du père va-t-il réussir ? Là est toute l’équation à résoudre. Une équation à plusieurs inconnues. Reconnaissons-le. On a beau jouer au sorcier on peine pour le moment à démêler l’écheveau depuis l’audience-de-midi du lundi 12 janvier. Cependant, plusieurs hypothèses peuvent être avancées.

  La première. Considérons que Seck soit tombé dans le piège tendu par Wade avec comme objectif pour le chef de l’Etat, de discréditer définitivement son ancien directeur de cabinet. De nombreux arguments militent en faveur d’une telle hypothèse. L’étonnant silence cette fois-ci du Président, à l’issue du face à face de lundi, est en fait un changement de stratégie pas du tout innocent. En laissant Idy aller devant les caméras, donc à Canossa pour annoncer lui-même les retrouvailles, Wade pourra toujours dire en cas d’échec : « Je n'ai jamais parlé de retrouvailles ». Une façon bien adroite de s’arroger le beau rôle. Autre argument renforçant cette hypothèse, les réactions anti-Idy enregistrées au lendemain de l’annonce en grande pompe du remariage. Des réactions venant particulièrement de responsables de la « Génération du concret » et qui laissent penser à un téléguidage portant la signature de Karim Wade, même si le fils du Président, à l’image de son père, se garde bien de parler pour le moment préférant la posture confortable du tireur de ficelles. Mais de tous ces arguments, l’échec des négociations sur l’alliance électorale en vue des locales du 22 mars paraît le plus solide.

  La deuxième hypothèse tiendrait aux limites même de la première. Le risque, voire la peur de perdre prématurément le pouvoir, c’est-à-dire bien avant les « 50 ans » promis, cette peur bleue comme la couleur préférée de « Wade family », peut, au nom de la realpolitik, pousser le père à chercher à recoller les morceaux d’une famille éclatée en mille. L’histoire de « Diouf family » en 2000 est là pour attester du risque encouru, surtout au regard de la dynamique unitaire d’une opposition revigorée et faisant dans la devise des trois mousquetaire : « Un pour tous » et  « Tous pour un ». Et si seulement Maître Wade, fin calculateur, s’était rendu compte que le poids supposé ou réel de la « Génération du concret » que conduit son fils, n’était pas en mesure de compenser ni les dégâts immanquablement causés par le départ de Macky Sall ni la mise à la touche d’Idrissa Seck, en dépit de son jeu de yo-yo qui a fini par agacer une bonne partie de l’opinion.

La troisième et dernière hypothèse consisterait en l’existence d’un deal qui pourrait dépasser les locales du 22 mars pour couvrir une perspective plus étendue. Un investissement à long terme qui pourrait avoir comme soubassement une réforme institutionnelle permettant à la famille libérale de conserver le pouvoir. 
Piège, realpolitik, deal. Toutes ces hypothèses sont déterminées par une chose qui s’appelle en politique : le rapport de forces.

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