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Arts et Culture (1244)

Au regard de sa croissance, de son intelligentsia dynamique et de son actualité, l’Afrique d’aujourd’hui, portée par plus d’un milliard d’habitants, mérite une plateforme numérique riche et interactive à rayonnement panafricain et qui porte ses ambitions.

Le lancement de la plateforme numérique d’informations continentales, « Vonews », lundi dernier à Dakar, est un pas nouveau allant dans ce sens.

Elle vient répondre, selon ses promoteurs, à cette ambition partagée de faire de l’Afrique le continent en émergence et en mouvement et se met en première ligne pour servir de plateforme à cet élan optimiste. C’est une tribune, à en croire le rédacteur en chef, Mamadou Kassé, interactive de dialogue entre l’Afrique et le monde. « C’est une maquette moderne, élégante et interactive.

Vonews.net veille prioritairement à livrer l’actualité continentale et internationale du moment et s’appuie sur une équipe pluridisciplinaire et confirmée de professionnels, de journalistes, de correspondants, relatant une information contrôlée sur les thématiques diverses et actuelles », ajoute-t-il.
Elle s’est engagée, à l’instar des autres continents développés, dans la maîtrise des Nouvelles technologies de l’information et de la communication dont l’outil principal est devenu le numérique qui relate l’actualité en temps réel. Fabienne Diouf Guillabert, en est la directrice générale.

Alassane Aliou MBAYE

Le centre régional culturel Blaise Senghor de Dakar a abrité, vendredi dernier, la cérémonie de présentation du livre « Soleil Voilé » de Jean Dib Ndour. Une seconde œuvre dans laquelle l’auteur, Sénégalais d’origine sérère, et vivant en France, chante l’enracinement et l’ouverture.

« Soleil Voilé » chante le retour aux sources. Une invite à ceux qui ont du mal à se situer dans la société française à davantage s’imprégner de certaines assises culturelles qui peuvent parfois leur faire défaut. C’est également un appel au dialogue des cultures, un champ pour le raffermissement des civilisations. Niowi, le personnage principal du livre, est un nom puisé dans la tradition sérère, et par le biais de qui l’auteur pioche pour expliquer des prénoms en Afrique. A travers ce personnage, il relate la vie d’un villageois parti poursuivre ses études en France, la tête pleine d’espoir. Dans cette grande mégalopole et ses tentations, Niowi n’a pas fait le choix de se fondre dans la masse ou de s’assimiler, quitte à perdre son identité culturel. Loin s’en faut car il réussit à s’enraciner dans ses valeurs, aidé en cela par son éducation purement traditionnelle, et à s’ouvrir au reste du monde.

Ainsi, Niowi réussit, toutefois, à se frayer un chemin entre le choc des cultures, de l’intégration ou de l’assimilation. L’œuvre est un récit initiatique qui apparaît pour le lecteur comme une solution aux problèmes identitaires nourris quelques fois par les élites. Une leçon de vie racontée par Jean Dib Ndour, originaire de Nguéniène, une localité située à quelques encablures de Joal-Fadiouth dans la région de Thiès. Si l’on en croit l’auteur, l’intitulé « Soleil Voilé » est un oxymore entre le soleil qui signifie lumière, espoir d’une vie meilleure, voilé par cette quête existentielle.

Pour cet hôtelier de formation, « c’est un livre qui parle de la problématique de la quête de soi et il s’inscrit dans une logique de partage, de dialogue des cultures ou de ce vivre ensemble pour un monde meilleur. Raphaël Ndiaye, directeur général de la Fondation Léopold Sédar Senghor, a abondé dans le même sens. Pour lui, « les diversités culturelles et civilisationnelles sont un legs que l’on doit préserver. Mais si celles-ci ne sont pas nourries par le dialogue, nous auront des éléments en parallèle qui ne s’interpénètrent pas. Le dialogue des cultures et des civilisations doit donc partir de la reconnaissance de l’imminente dignité de tous les hommes et de toutes les femmes ».

Les rapports entre les Nations, les pays et les personnes sont des plus difficiles en cette période actuelle mais l’enracinement et l’ouverture théorisés à l’époque par le premier président du Sénégal, Léopold Sédar Senghor, constituent, toutefois, un solide rempart au choc des civilisations.

Mouhamadou Lamine DIOP
 (stagiaire)

La restitution de la performance vidéo mapping « Leral Thiossane » s’est faite vendredi dans l’enceinte de la structure « Kër Thiossane ». L’œuvre a été réalisée en décembre 2016 au siège de l’Unesco de Paris par quatre artistes sénégalais.

La 10ème session ordinaire du Comité inter-gouvernemental sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles s’est tenue au siège de l’Unesco de Paris, en décembre 2016. A cette occasion, la structure dédiée aux arts numériques, « Kër Thiossane », a été invitée à y présenter une performance de vidéo mapping intitulée « Leral Thiossane ». Trois mois après cette prestation, « Kër Thiossane » a tenu, vendredi, à faire la restitution de cette nouvelle discipline réalisée par quatre artistes-graphistes-vidéastes, à savoir Djiby Ba, Seydou Keita, Lamine Diémé et Eti Athiase.

Selon  la commissaire de l’exposition, Marion Louisgrand Sylla, par ailleurs directrice de « Kër Thiossane », ils ont tenu à restituer les temps forts de ce qui s’était passé au siège de l’Unesco à Paris, pour faire découvrir aux gens le travail talentueux de jeunes artistes sénégalais et surtout leur faire découvrir la technique du vidéo mapping, une nouvelle discipline, une projection illusionniste qui,  d’après Marion L. Sylla, permet de faire des jeux de lumière, de jouer avec les formes architecturales, d’avoir des effets optiques pour immerger le public.

D’après Mme Sylla, l’Unesco les a identifiés lors de la dernière Biennale de Dakar pendant laquelle ils assuraient le commissariat de l’événement « Carrefour des cultures » autour du mapping qui avait permis à des artistes étrangers et de jeunes créateurs sénégalais de mettre en valeur des bâtiments de Dakar.

« Pour la 10ème édition du comité intergouvernementale, ils nous ont demandé de faire, à nouveau, une prestation de vidéo mappinp au siège de l’Unesco à Paris. Nous avons choisi trois artistes sénégalais qui avaient participé à « Carrefour des cultures », en plus de la Ghanéenne Esi Athiase et l’artiste Ibaaku connu pour faire de la musique électronique à Dakar. Ces derniers ont réalisé une performance mapping intitulée « Leral Thiossane » qui illustrait tous les propos de la convention de 2005 tels que la liberté d’expression, la mobilité des artistes, la créativité en détournant les images du wax en leur donnant une vie sur les murs du siège de l’Unesco », fait savoir Marion Sylla. En effet, affirme-t-elle, c’était une occasion de montrer au public qui défilait à longueur de journée au siège de l’Unesco, que le Sénégal et l’Afrique étaient aussi au diapason en termes de création numérique.

Selon Djiby Bâ, graphiste-designer, avec cette prestation, il en est à sa deuxième expérience de vidéo mapping. Il reconnaît que c’est un travail colossal car pour la performance « Leral Thiossane », ils ont travaillé deux mois en amont de la  projection. Toutefois, Djiby souligne que l’expérience était géniale. Aussi, souhaite-t-il que d’ici à 2 ans, il ait une explosion du mapping à Dakar. Pour sa part, la Sénégalo-ghanéenne, Esi Athiase, seule femme de l’équipe, indique qu’à travers cette  installation de vidéo mapping de trois jours, leur équipe a voulu montrer une nouvelle image de l’Afrique et du tissu africain par la déformation, les animations, par le changement de couleur.

Maguette Guèye DIEDHIOU

La Poste et Jumia, un centre commercial en ligne dans le domaine du commerce électronique, ont procédé, hier, à une signature de convention. Cette collaboration avec La Poste permet d’optimiser la livraison des commandes effectuées en ligne par les clients de Jumia, offrant à ces derniers un envoi plus rapide. Une coopération qui encourage la proximité.

Ce partenariat, souligne la directrice de Jumia Sénégal, Mme Sassoum Niang, promeut le e-commerce sur l’ensemble du territoire en vue de favoriser la livraison des colis dans toutes les régions de notre pays avec la même fluidité et le même niveau de service dans la capitale. « Le partenariat entre La Poste et Jumia confirme l’importance stratégique et la santé du marché du e-commerce au Sénégal ; marché qui pourra atteindre un taux de croissance de 75% en nombre de transactions d’ici à 2020 », a-t-elle poursuivi.

Dame Fall, directeur du Courrier et de la Production de La Poste (Dcp) a indiqué que le e-commerce est au cœur de la distribution.
Le service postal est élargi à 230 points couvrant tout le Sénégal. Ce partenariat, informe Sacha Poignonnec, directeur général de Jumia Afrique, sera gagnant-gagnant pour les clients qui sont exigeants, le business et le Sénégal.

Serigne Mansour Sy CISSE

Le premier petit déjeuner des Instituts culturels nationaux de l’Union européenne s’est tenu, vendredi dernier, à l’Institut Cervantes de Dakar, avec la présentation du livre « Acaba cuando llego » de Polo Vallejo et de Carmen Ballvé. Cet « album » de voyage explore l’univers du peuple Wagogo de la Tanzanie. Cette rencontre a permis également de découvrir sa musique polyphonique enregistrée par l’ethnomusicologue Polo Vallejo qui a passé une vingtaine d’années à sillonner l’Afrique.

Polo Vallejo est un musicien espagnol. Il est de ces êtres en itinérance non pas pour prêcher leur doctrine mais pour apprécier la beauté que donne à voir la diversité du monde. En 1988, il débarque au Sénégal et découvre la Casamance. C’est le début d’une idylle avec le continent africain et ses couleurs et surtout ses rythmes. La Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Cameroun… aiguisent sa curiosité. Le musicien classique se lance alors dans la recherche avec une attirance particulière pour la musique polyphonique. La Tanzanie lui en donne à suffisance.
« Ils ont une manière très raffinée de faire de la musique. C’est un univers musical fascinant où l’on utilise beaucoup la voix », s’enthousiasme l’ethnomusicologue. Les enregistrements dont il a gratifié le public donnent sens à sa grande admiration pour cette forme de musique. C’est pourquoi, il estime nécessaire de préserver ce patrimoine en le consignant car la mémoire est faillible. Son œuvre y participe largement.

Cet État de l’Afrique orientale a été si fascinant qu’il a exploré, dans un travail de collaboration avec la photographe espagnole Carmen Ballvé, son univers visuel, à travers un livre, « Acaba Cuando llego ». Les images qu’il contient mettent en évidence le peuple Wagogo vivant au centre de la Tanzanie. La modernité y côtoie indifféremment la tradition. Carmen Ballvé y déploie une esthétique particulière d’un peuple en harmonie avec lui-même dans la foi de son destin. Ce qui s’apparente à la pauvreté ici, elle l’appelle beauté car elle traduit une fidélité dans la représentation d’une vie quotidienne loin d’être morose. La joie transparaît sur les visages. Le « noir et blanc » met davantage en exergue l’émotion qu’elle capte pour montrer « l’essentiel ». A travers la culture africaine, « je perce davantage la mienne malgré les différences évidentes », soutient Carmen Ballvé.
Le rite de l’initiation ne traduit pas seulement, ici, une perpétuation d’un legs. Il est une célébration de la vie dans ce qu’elle offre à découvrir et à vénérer ; comme cet arbre majestueux qui finit par être plus qu’un banal et grand végétal. L’univers de la campagne est fascinant en cela qu’elle bouillonne de vie, de couleurs et de rythmes. La prouesse de Carmen Ballvé et de Polo Vallejo est justement d’avoir mis cela en lumière par la magie de l’image. On y tambourine, siffle, écrit, bouge…Le mouvement est déterminé par les circonstances et les âges. Par le temps aussi.

Alassane Aliou MBAYE

Sous l’autorité de la Direction de la cinématographie, des acteurs du cinéma et de l’audiovisuel se sont rassemblés, hier, dans les locaux de l’ex-Service d’Hygiène sis à l’Avenue Blaise Diagne de Dakar, pour réclamer cet édifice qui leur a été affecté depuis 2012 par l’État. Ces locaux doivent servir à la mise en place d’un centre technique destiné à la cinématographie et à l’audiovisuel.

Après une participation remarquable à la 25ème édition du Fespaco de Ouaga, les acteurs du cinéma et de l’audiovisuel sénégalais exigent que les locaux de l’ex-Service d’Hygiène sis à l’Avenue Blaise Diagne leur soient affectés conformément à la décision de l’Agence de gestion du patrimoine bâti de l’État (Agpbe). En effet, l’Agpbe a affecté, en 2012, les locaux de l’ex-Service régional de l’Hygiène à la Direction de la cinématographique pour l’érection d’un Centre technique de la cinématographie et de l’audiovisuel. Toutefois, a informé le directeur de la Cinématographie, Hugues Diaz, le maire de Dakar-Plateau s’était opposé à l’exécution du projet.  « Ce site a été octroyé en 2008 à la communauté cinématographique du Sénégal par l’ex-président de la République, Me Abdoulaye Wade. Je pense que l’occasion, à laquelle il avait pris cette décision, fut symbolique, puisque c’était lors du premier anniversaire du décès de Sembène Ousmane », a-t-il expliqué.

Selon lui, ses prédécesseurs à la Direction, notamment Tidiane Niangane et Fidèle Diémé, ont mis toutes leurs énergies à contribution pour faire démarrer le Centre technique de la cinématographie et de l’audiovisuel. « En 2012, nous avons été concrets, connaissant nos faiblesses dans la conduite des travaux, notamment ce qui touche au mobilier, nous avons fait appel à l’expertise de l’Agetip… En novembre 2013, tous les  plans et les moyens nécessaires ont été déterminés. Pour une première estimation de 300 millions de FCfa, cette somme a été mobilisée. Mais le projet en tant que tel coûte 1 milliard de FCfa  », a-t-il ajouté.

Par ailleurs, a indiqué le directeur de la Cinématographie, en juin 2015, pour démarrer les travaux, le maire de Dakar-Plateau leur a adressé une correspondance ainsi qu’à la tutelle pour leur signifier que ces locaux lui ont été affectés par l’Acte 3 de la décentralisation. « Notre projet est antérieur à l’Acte 3 de la décentralisation », a-t-il informé, précisant détenir des papiers en bonne et due forme du Patrimoine bâti de l’État datant de 2012.

Postproduction
Hugues Diaz, qui a estimé avoir saisi les autorités pour ce dossier, a appelé à la restauration du droit.  « Il faudrait que force reste à la loi, parce que nous avons été très poli, patient et respectueux.  Lorsqu’il y a eu ce problème, nous avons attendu que le problème soit vidé avec les différentes parties. Le ministre de la Culture a fait ce qu’il devait faire en convoquant toutes les parties prenantes pour discuter et trouver une voie. Mais, on s’éternise, alors que pour  nous, il s’agit d’une urgence », a-t-il souligné.

Le Centre technique de production cinématographique et audiovisuel permettra au Sénégal de résoudre définitivement ces problèmes de postproduction. « La postproduction est un aspect de cinématographie que nous n’avons pas encore. Pour faire nos films, nous dépensons beaucoup d’argent. Les cinéastes sont obligés d’aller le faire à l’extérieur, en France, au Maroc, au prix d’énormes sacrifices », a regretté M. Diaz, interpellant les autorités au plus haut niveau. Pour le jeune cinéaste Abdoulaye Seck, aujourd’hui, 70% du budget d’un film va dans la postproduction. Ce faisant, a-t-il poursuivi, sur le milliard de FCfa que l’État met à la disposition du secteur, 700 millions de FCfa sont versés à l’étranger parce que notre pays ne dispose pas de centre de postproduction. « Le secteur du cinéma et de l’audiovisuel peut aider l’État du Sénégal dans son ambition de créer des emplois au profit des jeunes. Si les autorités investissent dans le cinéma, elles vont créer plus d’emplois par rapport même à ce qu’elles ont prévu dans leurs politiques », a-t-il fait comprendre.

Ibrahima BA

Le public dakarois peut encore visiter, au jardin du Jet d’Eau de la Sicap, l’exposition « Cavale » de l’artiste plasticienne Claire Lamarque.
« La réalisation de cette œuvre s’inscrit dans le cadre de la 2ème édition de « Sargal Fass » en cours actuellement à Kër Thiossane, à la Sicap Liberté. L’évènement intéresse les chevaux de charrettes et la prévention auprès des charretiers pour leur bientraitance », indique Claire Lamarque. A l’en croire,  l’œuvre proposée met en scène un cheval de charrette qui est plus ou moins bien traité vu la sculpture faite à base de papiers mâchés et peinte en patine bronze. « Dans ma représentation, j’ai choisi de mettre aussi à côté de ce cheval un enfant talibé ou de la rue de Dakar qui unissent leur sort d’enfant et d’animal maltraité pour décider qu’un jour, leur rêve de fuite à travers une chevauchée, une cavale telle le titre de l’exposé, puissent se réaliser », argue-t-elle.
Précisant qu’elle est passée par la technique de praxinoscope qui est un jeu qui date du début du cinéma. Celle-ci consiste à faire refléter un enchaînement d’images sur le même centre d’un cercle à travers un jeu de miroir. « J’ai 10 postures de chevaux en sculpture qui vont se refléter au centre des miroirs et vont donner l’impression d’un mouvement avec les 3 allures que sont le trot, le galop et le saut qui s’enchaînent à l’infini puisque ça tourne à l’infini », informe Claire Lamarque.

M. G. DIEDHIOU

La levée du corps de l’instrumentiste sénégalais Cheikh Tidiane Tall, décédé vendredi dernier, a été un moment riche d’émotion. Les autorités étatiques, ses collègues artistes et sa famille lui ont rendu un hommage et ont mis en exergue les valeurs humaines du défunt, au-delà du talent qui lui est reconnu.

Le temps ensoleillé se noie dans la chaleur des âmes compatissantes aux visages à la fois sereins et attristés. Elles encerclent le cercueil couvert d’un tapis évoquant l’image lugubre de la perte d’un être cher. Cheikh Tidiane Tall a émerveillé le monde par son génie que son œuvre continuera d’entretenir. Les témoignages prononcés à son égard montrent qu’il était plus qu’un virtuose. Le membre fondateur du groupe Xalam II était une généreuse âme que les éloges d’admirateurs n’ont pas déviée de son chemin d’excellence. Ceux avec qui il l’arpentait étaient presque là pour l’accompagner à sa dernière demeure. Plusieurs  artistes et amis ont tenu à partager la peine de famille éplorée et digne face à l’inexorable destin. Celui qui a parlé en son nom, El Hadj Amadou Tall, son grand-frère, a rappelé l’intelligent élève que le défunt a été et le virtuose qui a rendu fière la famille. « C’est un homme respectueux et pieux qui aimait son métier », confie-t-il non sans saluer la bienveillance dont ont fait montre le président de la République, Macky Sall et la Première dame Mariame Sall à l’égard de Cheikh Tidiane Tall durant l’épreuve de sa maladie.

Le visage recouvert de ses lunettes de soleil, l’air « sonné », Souleymane Faye, avec qui il a cheminé pendant longtemps dans le Xalam II, « pleure » la perte de « l’irremplaçable, de l’homme exceptionnel qui manquera à la musique sénégalaise ». Il y en a qui, gagnés par l’émotion, n’ont pu placer un mot. Le musicien Idrissa Diop en est un. Les propos d’Aziz Samb, animateur, devraient le consoler. Son ami a bien rempli sa vie sur terre. « C’est un aîné, un grand musicien qui est parti mais son œuvre continuera de diffuser une lumière éclatante ». Celle-ci a jailli parce que le monument qu’il est ne s’est jamais égaré dans sa longue carrière musicale. En cela, l’ancien musicien du « Sahel » est « une source d’inspiration pour les artistes et les jeunes. Ces arrangements musicaux sont un délice. Cet homme sincère qui vient de nous quitter a beaucoup apporté à la musique sénégalaise. Il répétait avec Kiné Lam chez moi », rappelle le musicien Ouza Sow. Avant que l’oraison funèbre ne soit prononcée, parents et amis ont magnifié la générosité, l’humilité et la piété du défunt. Son œuvre parlera désormais pour lui.

Alassane Aliou MBAYE

Message du ministre de la culture lu par Seydou Gueye

« Son œuvre le rattache à l’immortalité »

« Les artistes n’existent qu’à travers leurs œuvres, c’est ce qui les rattache à l’immortalité lorsqu’ils sont pétris de talents, Cheikh Tidiane Tall était de ceux-là. Il était un homme de conviction et d’engagement, qui a traversé son temps non seulement en témoin, mais aussi en acteur d’événements historiques et culturels de premier plan où il a su jouer sa partition de façon magistrale, à l’image du maître qu’il a toujours été et qu’il continuera d’être au panthéon de nos trésors humains. Ceux qui ont connu Grand Cheikh se souviennent d’un artiste intransigeant, à la rigueur métronomique, qui ne rechignait pas à reprendre ou faire reprendre, autant de fois que nécessaire une phrase musicale dans la recherche obsessionnelle de la perfection ».


Henri Guillabert du Xalam

« Le meilleur musicien du continent africain »

« Cheikh était un homme généreux qui a su nous accompagner avec patience. On se connaît depuis très jeunes. Il était honnête dans son métier. Quand le travail n’était pas bien fait, il n’hésitait pas à le faire savoir. Il incitait les gens à être professionnels et menait son travail avec rigueur. Bien qu’étant dans un milieu égoïste, il partageait son savoir. C’est le meilleur musicien de tous les temps sur le continent africain. Dans les années 1970, le saxophoniste Manu Dibango a voulu l’emmener pour une tournée, il a refusé. L’opportunité s’est aussi présentée avec Miriam Makeba. Pourtant, ils étaient au sommet de leur art.
Mais, lui, il a voulu rester au Sénégal pour accompagner les artistes. Cheikh avait une riche palette ».


Youssou Ndour, artiste chanteur

Les témoignages sont assez éloquents. Ils attestent de la dimension de l’homme. C’est notre maître qui est parti. Tous les hommes de l’art le voulaient auprès d’eux pour porter un regard sur leur travail. Quand on commençait à faire de la musique, ses encouragements nous confortaient dans nos choix parce que c’était la parole du maître.
Le maître la musique sénégalaise moderne est parti. Il nous a donné le courage de poursuivre l’aventure. Il a su parler aux jeunes, les encourager à redoubler d’effort.
Il avait compris que la musique est un échange. Il avait des connaissances pointues qu’on lui reconnaît bien ».


Ousmane Sow Huchard, artiste et ethno-musicologue

« Il a participé à la valorisation de la musique
traditionnelle »

« C’est un frère, un condisciple. Nous avons partagé la scène. J’ai commencé à jouer avec lui depuis 1966 du temps du Grand Xalam. Nous avons été ensemble sur des plateaux de musique et allions découvrir le Sénégal. C’est un de nos plus grands instrumentistes. Il est passé par tous les instruments. Il a commencé par les congas avant de virer ensuite avec l’un de ses maîtres, Tapha Sall et avec le ministre Sakhir Thiam. Cheikh Tidiane Tall a participé à la valorisation de la musique traditionnelle en encadrant des divas de la chanson. Il a été à la base de beaucoup d’expériences. C’est un grand témoin de l’évolution de la musique sénégalaise qui part.
C’est un grand livre de la musique sénégalaise qui se ferme et un autre qui s’ouvre avec des jeunes qu’il a accompagnés ».

Propos receuillis par A. A. MBAYE

A la Galerie Kemboury (Point E, Rue du Canal IV X Rue des écrivains), la célébration du mois de la femme se décline par l’exposition sous le thème « Harmonie ». A voir jusqu’au 31 mars, elle regroupe six artistes de sensibilité féminine : Fatim Mbengue, Nathalie Guironnet, Félicité Kodjo, Yanne Senghor, Betty Kandé et Djeynaba S. Baldé.

Elles sont six artistes femmes. Elles viennent d’horizons différents. Elles ont diverses approches de l’art plastique. Dans le sillage de la célébration du mois de mars dédié à la femme, la directrice de la Galerie Kemboury a fait le pari d’« offrir plus de visibilité » à ces créatrices au travers de l’exposition « Harmonie ». Elle donne à voir un art visuel qui se dessine au féminin. Thérèse Turpin Diatta est partie de ce constat : « Les femmes sont peu représentées dans ce sous-secteur de la culture. Il fallait aussi sortir des sentiers battus ».

Pour cela, la plasticienne Fatim Mbengue a présenté trois peintures à la tonalité mi-abstraite, mi-figurative avec un soupçon de suggéré, notamment sur les tableaux « Braconnage », « Fissure ». Celui-ci se lit dans deux sens : en horizontal, en vertical avec en toile de fond des faits sociaux. « On ne peut pas tout savoir, tout dire. Forcément, il y a quelque chose qui nous échappe », a expliqué Fatou Mbengue.
De son côté, la photographe Nathalie Guironnet a promené son objectif sur le registre du reportage, du documentaire au détour de huit photographies. Guironnet a fait le choix d’approfondir tous les sujets qui l’intéresse. C’est ainsi qu’elle a immortalisé le dynamisme des pécheurs de Kayar dans l’œuvre intitulée « L’enthousiasme ». La joie se lit sur le visage des jeunes qui portent à bout de bras leur pirogue.

« J’ai du mal à dissocier Kayar du Sénégal de cette activité économique, cette dynamique, cette vie autour de la pêche et de l’horticulture », a expliqué la photographe. Elle s’est également intéressée à l’appel de la confrérie « Layennes » à Yoff, comme en témoigne cette vidéo qui illustre « l’ambiance, l’harmonie, dans la foi ». Dans la région de Kédougou, c’est la « Ruée vers l’or » que Nathalie Guironnet évoque dans ces photographies.

Dans son écriture photographique, Nathalie Guironnet met en veilleuse toute visée esthétisante. Prises sur le vif, les images se singularisent par leur spontanéité. Cela dynamise la photo. Nathalie cherche à extraire de l’émotion dans des scènes de vie. Ces émotions qui arrivent sont liées à des regards, des positions, des ombres, des endroits.

Pour sa part, Félicité Kodjo s’est attardée sur la condition dans son double dimension : réussite et échec. Le crédo de la plasticienne se situe dans l’art comme thérapie avec un portrait écorché de gens en souffrance. Dans son travail en mouvement, Kodjo aime évoluer dans un univers de labyrinthe, une ambiance floue, avec comme perspective le mystère. « Dans la souffrance, il y a la beauté », a estimé Félicité Kodjo.
Avec une lueur d’espoir dans le tableau « Dina Baax », Dieynaba Baldé surprend et séduit avec des aplats de couleurs à dominante rouge qui se dégradent par endroit sur des tons bleu, jaune. Dans un jeu de couleurs et de formes, le style est à mi-chemin entre l’abstrait et le figuratif. « On s’affirme ainsi », a lancé la plasticienne.

Inspiration féminine
Venu présider le vernissage de l’exposition « Harmonie », le directeur des Arts s’est exprimé au nom du ministre de la Culture et de la Communication. Abdoulaye Koundoul a salué la générosité de la directrice de la Galerie Kemboury. « Thérèse Turpin Diatta œuvre beaucoup en rendant hommage à des artistes mais également en participant à la promotion de jeunes talents », s’est réjoui le directeur des Arts. Dans son propos, il a invité à « réinterroger l’histoire de l’art pour une prise en compte de la spécificité féminine dans la créativité.

Avec un regard distancié, le critique d’art Massamba Mbaye avance que l’inspiration est féminine. « Mais est-elle réellement sexuée ? », s’interroge-t-il. Question bien futile et utile en même temps, aux yeux du critique d’art. Selon lui, il n’est de réel lien esthétique que devant une œuvre d’art quelle que soit sa présentation. « Être femme ne prédispose pas nécessairement à la créativité, au partage plastique d’un senti », a analysé M. Mbaye. Pour lui, au Sénégal, « il semble bien difficile d’ailleurs pour une femme artiste de faire carrière ». Le critique d’art appuie son propos en se référant aux pionnières autoproclamées qui n’ont pas nécessairement tracé école.
L’exposition « Harmonie » est à voir jusqu’au 31 mars à la Galerie Kemboury.

E. Massiga FAYE

La série « Idoles », qui en est à sa première saison, explore le monde de la presse pour « raconter » la société sénégalaise et montrer ses tares avec subtilité. Il s’agit, pour la production, de dérouler des faits de société communs à toutes les corporations, à tous les êtres humains, en prenant prétexte des attitudes observées dans l’univers de la presse au Sénégal. Cette œuvre propose des énigmes, pose la réflexion sur des pratiques courantes et réussit une savante alchimie entre jeunes comédiens et vieux briscards. Le choix des acteurs donne une indication sur la dimension du projet auquel a participé la défunte chroniqueuse, Aminata Sophie Guèye dite Ndèye Taxawalou. Nous sommes allés à la découverte de quelques comédiens de la série.

Comment est né le projet « Idoles » ?
A la base, nous sommes des publicitaires et avons notre matériel de tournage. Nous avions l’habitude de travailler avec des comédiens grâce à notre structure de production, « Event Prod ». C’est un projet que nous avons mûri depuis longtemps. Il fallait juste attendre le bon moment, et en fonction des opportunités, nous lancer dans cette aventure à la fois exaltante et difficile. Nous sommes partis sur fonds propres contrairement aux autres productions. D’ailleurs, nous continuons de tourner avec nos propres moyens. Tout cela a été possible grâce à mon grand frère qui y a cru et mis les ressources nécessaires à notre disposition. Même si l’idée originale vient de moi, c’est feue Aminata Sophie Dièye plus connue sous le nom de Ndèye Taxawalou, chroniqueuse, qui a écrit le projet. Son écriture épousait ce que nous voulions faire. En sus, elle avait un pied dans le milieu de la presse. Même si nous n’avions pas tout fini à cause de son décès, l’essentiel avait été déjà fait. De temps en temps, en fonction de l’actualité, nous nous conformons à l’évolution des choses.

Les difficultés sont inhérentes à un projet de cette envergure. Quelles sont celles-là majeures que vous avez rencontrées ?
Les difficultés ont principalement trait aux ressources financières. Heureusement que nous avons le matériel qui amoindrit un peu les charges. Nous disposons également de notre propre studio de montage. C’est presque une évidence, les comédiens coûtent très chers parce que c’est un travail qui n’est pas simple. Là, vous nous avez trouvés à un tournage de l’après-midi. Il y a toute une logistique, des techniciens et le transport à payer. Dans d’autres circonstances, les charges de fonctionnement de la journée qui n’ont rien avoir avec la paie des comédiens tournent entre 250.000 et 300.000 FCfa par journée. Il faut aussi louer le local avec toutes les contraintes qu’il y a autour.

La presse est le fil conducteur de « Idoles ». Pourquoi cette option ?
Il faut d’abord préciser que cette série n’est pas destinée à vouer aux gémonies la presse nationale. Celle-ci nous permet, au contraire, de représenter notre société grâce aux maux qu’elle relate. Et cette presse est partie intégrante de cette société. Nous avons trouvé que la presse, en tant que courroie de transmission, est au centre de toute cette réalité qu’elle relate. Elle offre donc une large vue sur la société pour aborder les sujets mis en exergue dans cette série. Et comme dans tout métier, il y a des hommes intègres et des brebis égarées. Je suis heureux quand des journalistes émettent des avis techniques sur ce que nous faisons et nous suggèrent même quelquefois des thèmes à aborder. L’un d’eux m’a parlé de per diem par exemple. Tout cela est constructif. L’idée est de parler des problèmes qui corrompent la société sénégalaise et ce serait injuste de les circonscrire à la presse. Nous ne nous érigeons point en donneurs de leçons.

Quelles sont les prochaines étapes ?
Nous voulons que cette série passe sur d’autres chaînes au-delà même de notre espace géographique. Pour l’instant, nous n’avons pas sollicité les structures. Il est d’abord nécessaire de proposer un bon produit pour les inciter à s’intéresser à ce que nous faisons. Pour la première saison, nous nous étions fixés un objectif de 52 épisodes. Cela va se terminer au mois de mai. Un bilan lucide sera fait et une réflexion engagée pour se fixer de nouveaux objectifs.

Babacar Oualy : Le jeune chevronné
Le piroguier qui rêvait de grand amour et d’une carrière de footballeur dans le film à succès de Moussa Touré, « La pirogue », nous fait découvrir la richesse de sa palette dans la série « Idoles ». Il y interprète le rôle d’un inconvenant fils de ministre. Bâti à chaux et à sable, disposant d’une « couverture » de fils de…, le chichiteux garçon fait parade du statut de père. Babacar Oualy porte le manteau de rejeton de ministre à merveille. Ironie du destin, ce jeune de 28 ans, né à Dakar et originaire de Tambacounda. En classe de première, au lycée Maurice de Lafosse, il se libère du carcan académique pour investir le monde du théâtre. Et sa mère le trouvait assez charismatique pour y faire carrière ! Elle a été bonne prophétesse. Le jeune homme, au début timide, fait son trou et empile les rôles aussi bien dans le théâtre que dans le cinéma : « Le sacre du ceddo », « Simba Le roi lion », « L’homme de Satan », « Le sacrifice de Yacine Boubou », « La pirogue », « C’est la vie »... Il devient une belle tête de gondole publicitaire. « Je suis dans un perpétuel apprentissage », dit-il. Il passe un casting de doublage pour films chinois pour élargir son champ d’expression artistique. Un tour en Asie pour redécouvrir son art. La série « Idoles » est un pas de plus dans sa longue marche. Les vieux briscards comme le comédien Bass Diakhaté, qui a suggéré son nom, se trompent si peu…

Mouhamed Touré : Conseiller en communication, comme par hasard !
Des élèves l’interpellent dans la rue pour une embauche dans sa « rédaction » ! Mouhamed Touré, conseiller en communication dans un département ministériel (dans la vraie vie !) en sourit. Le personnage de Grand Laay, directeur de publication sans noblesse, coureur de jupons, lui colle à la peau.
 
L’amalgame est à la mesure de l’admiration que lui vouent ceux qu’il enchante dans les chaumières. « Moi, je ne suis pas un Don Juan » ! rassure-t-il. Pour son épouse avec qui il regarde la série, nul besoin de s’épancher. La bonne dame en rit, elle aussi. Essaie-t-il juste de répondre aux attentes de la production en s’emmitouflant cet ignoble manteau qui lui vaut quolibets mais aussi éblouissement de ceux qui savent se délecter des prouesses des génies.

Mouhamed Touré a été acteur de spot publicitaire. Pour davantage s’imprégner du cinéma, il a subi une formation de directeur d’acteurs. Avant « Idoles », il a assuré quelques rôles dans certains films.

Mody Fall : La fraîcheur de l’ancien
Dans le téléfilm « La collégienne », Mody Fall avait ravi son monde par la maîtrise de son art. Dans « Idoles » où il interprète le personnage de Tonton Sène, rédacteur en chef d’une grande probité morale. Il nous revient moins jeune certes, mais dégage une certaine fraîcheur. Dans le paysage culturel sénégalais, Mody Fall fait partie de ceux qui ont blanchi sous le harnais. Il est riche d’une expérience culturelle et artistique de plus de quatre décennies.
Il a titillé la scène au début des années 1970. Il a cheminé avec le « Diamono tey » pendant ses premières années de théâtre par le biais du comédien Abou Camara avant de créer sa propre troupe. Plusieurs téléfilms produits par la Rts sont sortis de sa sublime inspiration : « La bonne particulière », « Sëyu tey », une série de sketches. En outre, sa formation académique à l’École nationale des arts pendant cinq ans lui confère une posture professionnelle qu’il met généreusement au service des jeunes comédiens de la série « Idoles » sans aucune condescendance. Car, pour lui, « l’art est un échange ».

Dieynaba Ngom : La polyvalente
Dieynaba Ngom passe indifféremment de la réalisation à la lumière de l’écran. Membre de Ciné-Banlieue, elle a déjà réalisé un film, « La linguère », qui lui confère la légitimité de dire que la série « Idoles » est « du point de vue du contenu et de l’écriture une belle œuvre ». Elle y assure le rôle de Binta, fille de Grand Laay, directeur de publication peu scrupuleux. Elle est éperdument amoureuse du jeune et intègre journaliste Malick qui n’est pas si emballé par les promesses de cet amour. Binta abat son orgueil et se bat avec acharnement pour vivre avec l’homme qu’elle aime. Dieynaba Ngom aurait certainement été moins accrocheuse ! « Ce rôle, c’est tout ce que je déteste dans la vraie vie. Ce n’est pas moi ». Mais la prouesse du comédien est aussi de se mettre dans la peau du personnage en dépit de ses convictions profondes. Et dans la rue, Binta prend de plus en plus le dessus sur Dieynaba.

Par Alassane Aliou MBAYE

La Galerie nationale d’art de Dakar a accueilli, jeudi, le vernissage de l’artiste peintre Théodore Felix Ngome. Intitulée « Portraits de champions », cette exposition, à découvrir jusqu’au 16 mars, nous plonge dans l’univers de la lutte sénégalaise à travers la présentation des portraits des plus grands champions de ce sport national.

C’est un voyage particulier dans l’univers de la lutte sénégalaise que propose l’exposition de l’artiste peintre Théodore Felix Ngome. A travers 35 œuvres, ce travail présente des visages célèbres de l’arène nationale. A découvrir jusqu’au 16 mars à la Galerie nationale d’art, « Portraits de champions », titre de cette exposition, est un regard singulier sur ce sport faisant l’identité de notre pays. Ici, l’on est très loin du milieu controversé de la lutte où une violence « folle » tourne parfois en tragédie. Felix Ngome se propose d’offrir un autre regard sur la lutte, en célébrant des champions : des pionniers à la nouvelle génération de lutteurs.

C’est ainsi qu’à côté des portraits des jeunes (Ama Baldé, Gouye Gui, Modou Lô, Tapha Tine, Balla Gaye 2…), l’on retrouve ceux qui ont contribué à bâtir et à porter très haut le flambeau de la lutte. Les images de Double Less, Robert Diouf, Mbaye Guèye ou encore Balla Gaye 1 s’affichent fièrement sur les cimaises de la galerie. Théodore Felix Ngome s’est intéressé, dans son travail, à plusieurs générations de lutteurs, pour ne pas dire tous ceux qui ont eu à marquer de leur empreinte cette discipline. Moustapha Guèye, Manga 2, feu Toubabou Dior, Mouhamed Ndao Tayson, Yakhya Diop Yékini, Bombardier… l’artiste reproduit avec une rare précision le portrait de tous ces champions.

L’exposition fait également un clin d’œil aux grands chroniqueurs de la lutte sénégalaise à l’image de Bécaye Mbaye, Khadim Ndiaye, El Hadji Malick Thiadioum. Leurs portraits ajoutent un complément à cet univers de lutte que tente de reconstituer Théodore Felix Ngome dans la plus grande perfection. Aussi, au-delà de ces visages bien connus des Sénégalais, l’artiste rentre dans un jeu de détails intéressants. Il montre par moment l’arsenal mythique accompagnant la fièvre et la ferveur qui entourent les préparatifs des combats de lutte.

Hommage aux lutteurs
Né en 1974 à Dakar, Théodore Felix Ngome a commencé à taquiner la peinture depuis très jeune. Artiste autodidacte, après avoir tenté à deux reprises sans succès le concours de l’École des Beaux-Arts de Dakar, il part s’installer à Joal, un terroir fertile de lutte. Son projet d’exposer des portraits de lutteurs est, selon lui, un devoir de mémoire du fait de la courte carrière des « champions ». C’est aussi est une façon de rendre hommage aux acteurs de la lutte qui ont beaucoup œuvré pour le développement de la discipline et participer ainsi à la mise en place d’une banque picturale autour de ce sport. « Les lutteurs représentent la culture dans son ensemble. C’est pourquoi, j’invite les gens, à travers mon travail, à voir un autre regard sur la lutte », soutient-t-il. Prenant part au vernissage de l’exposition, Rémi Sagna, directeur de cabinet du ministre de la Culture et de la Communication, a salué le talent « remarquable » du peintre. « L’artiste m’a beaucoup impressionné. C’est un grand technicien de la peinture », a-t-il déclaré, ajoutant que le rôle du ministère de la Culture est d’accompagner les créateurs.

Ibrahima BA

« Inspirations et Zikr dans l’empire des chapelets » est un roman de Mamadou Sow, un professeur de Physique et Chimie, très ancré dans la religion. Son ouvrage fait comprendre l’importance du « Zikr » pour les individus et les nations, son impact pour le déclenchement de la bonne inspiration, des intelligences innovatrices pour les grands progrès de l’humanité.

Les thèmes principaux du livre du professeur Mamadou Sow, « Inspirations et Zikr dans l’empire des chapelets », publié aux Editions Dieylani, sont abordés dans une dualité qui oppose foi et athéisme, soufisme et terrorisme, Satan et Miséricorde divine, inspiration, le djihad par la science et djihad par les armes et enfin, science et Coran. Qui aurait pensé que ce scientifique au parcours sans fautes avec un penchant avéré pour les sciences va avoir le temps du roman ?

Mais oui car, dit-on, les meilleurs scientifiques sont des littéraires, les meilleurs. Son essai s’appuie sur la biographie d’un personnage principal pour aborder plusieurs facettes de la vie d’un fils de marabout devenu écolier. Sans perdre ses racines culturelles et spirituelles, le héros exprime son point de vue sur plusieurs aspects de la vie des hommes en général et surtout des spécificités sénégalaises, à la lumière d’une éducation bipolaire qu’il a reçue au cours de son parcours scolaire et universitaire d’une part et à la formation religieuse coranique doublée du soufisme d’autre part.

Ce livre est écrit dans un style simple et accessible aux élèves du moyen et du secondaire avec plusieurs types de texte (descriptif, narratif, argumentatif explicatif, etc.). De nombreux thèmes dont les principaux y sont abordés dans une dualité qui oppose foi et athéisme, soufisme et terrorisme, Satan et Miséricorde divine, inspiration et « zikr », indiscipline et culpabilité, djihad par la science et djihad par les armes et, enfin, science et Coran.

L’objectif principal de cet ouvrage est de faire comprendre l’importance du « zikr » pour les individus et les nations, son impact pour le déclenchement de la bonne inspiration, le diamant des intelligences innovatrices et des décisions salutaires pour les grands progrès de l’humanité. L’auteur, Mamadou Sow, a fait ses premières classes à l’école Nord de Tambacounda appelée maintenant Kandioura Noba. Puis il est allé au lycée à Saint-Louis. Boursier en internat, l’élève Mamadou Sow a décroché son Bac avant de faire cap sur l’Université de Dakar, au département de Physique et chimie pour devenir ensuite professeur. M. Sow a exercé au collège Moriba Diakhité, avant de prendre la direction d’un collège à Sinthiou Maleme à 26 km de Tambacounda. L’auteur est devenu depuis conseiller pédagogique auprès de l’Inspection d’académie de Tambacounda.

Pape Demba SIDIBE

Le musicien guitariste Cheikh Tidiane Tall du mythique groupe sénégalais Xalam II est décédé hier à Dakar. L’Association des Métiers de la musique du Sénégal déplore la perte « d’une légende, un virtuose qui a hissé très haut l’étendard de la musique sénégalaise ».

Compositeur, producteur, percussionniste, guitariste et claviériste de grand talent, Cheikh Tidiane Tall était membre du groupe Xalam II. Ce mythique orchestre sénégalais, formé au début des années 70 à Dakar, et découvert à l’international par le sud-africain Hughes Masekela qui les invita à se produire à Monrovia lors d’un festival destiné à récolter des fonds pour l’Anc. Groupe musical donc très engagé, la bande à feu Prosper Niang a également participé, en 1988, à Paris à la « Nuit Anti-apartheid », en hommage à Nelson Mandela sur le Champs de Mars.

Auteur des albums « Apartheid », « Ndiguël », « Xarit », « Gestü » et « Wam sabindam », Xalam II reste l’un des plus célèbres groupes musicaux sénégalais, en Afrique et dans l’Hexagone. Revenu sur la scène musicale en 2008, l’orchestre s’était reconstitué après une vingtaine d’années, autour du noyau qu’est Henry Guillabert, Cheikh Tidiane Tall, Tapha Cissé, Brams Coundoul, Baye Babou.

Ils avaient alors mis sur le marché, et au grand bonheur des mélomanes, un nouveau disque « dans l’esprit du Xalam pur et dur ». Henry Guillabert, en compagnie des autres membres du groupe, nous annonçait une série de concerts et tournées.
« Les gens nous demandent en Europe mais également au Sénégal. Donc, on fera ce disque avec notre fougue d’antan », nous lançaient avec entrain ces « papys » de la musique sénégalaise. Effectivement, ils avaient donné des spectacles de haute facture par la suite, quelques mémorables concerts à Saint-Louis, Dakar, entre autres villes du pays, en fêtant dignement leurs quarante ans de présence sur la scène musicale. Le must a été un grand concert donné sur la Place de l’Obélisque à Dakar, durant le 3e festival mondial des Arts nègres en décembre 2010.
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Précurseurs de la World Music
Adepte d’un mélange de rythmes africains aux sonorités modernes, le Xalam II, aux côtés de l’autre groupe mythique sénégalais, les Frères Touré Kounda, ont participé à vulgariser la World Music en Europe au début des années 80, perpétuée ensuite par des artistes comme Youssou Ndour, Salif Keïta, Mory Kanté...

Membre à part entière du Xalam II, Cheikh Tidiane Tall, durant la période d’hibernation du groupe, a arrangé les albums de plusieurs musiciens sénégalais, dont les plus célèbres sont feu Ndiaga Mbaye et la cantatrice Kiné Lam. Il a également collaboré ces dernières années avec le musicien Idrissa Diop, en relançant l’expérience de l’orchestre dakarois « Sahel ».

Avec la mort du doyen Cheikh Tidiane Tall, l’Association des Métiers de la musique du Sénégal « déplore la perte d’une légende, un virtuose qui a hissé très haut l’étendard de la musique sénégalaise ici et hors de nos frontières ». La levée du corps du défunt musicien est prévue ce samedi matin à la morgue de L’hôpital Principal de Dakar.

Mbagnick Ndiaye salue la mémoire d’un « maître »
« C’est avec une grande tristesse que j’ai appris ce jour le décès de Monsieur Cheikh Tidiane Tall. L’artiste était un homme de conviction et d’engagement qui a traversé son temps non seulement en témoin, mais aussi en acteur d’événements historiques et culturels de premier plan où il a su jouer sa partition de façon magistrale, à l’image du maître qu’il a toujours été et qu’il continuera d’être au panthéon de nos trésors humains.

Artiste éclectique, inspiré, multi instrumentiste, compositeur, arrangeur et formateur, il a su, tout au long de sa riche carrière, surfer entre tradition et modernité. Son art était marqué de l’empreinte des mouvements profonds qui ont rythmé l’histoire de la musique sénégalaise.

Fait peu commun de nos jours, il a maintenu avec maestria le lien entre les différentes générations et formes d’expression musicale. Ceux qui ont connu Grand Cheikh se souviennent d’un artiste intransigeant, à la rigueur métronomique, qui ne rechignait pas à reprendre ou faire reprendre, autant de fois que nécessaire une phrase musicale dans la recherche obsessionnelle de la perfection. C’est donc un grand artiste que le Sénégal vient de perdre! A sa famille biologique, à la communauté artistique, nous réitérons, au nom du président de la République, Macky Sall, nos condoléances les plus émues ».

Omar DIOUF

Le Festival miroir international (Fesmir) de Dakar-Plateau a ouvert sa 8ème édition lundi dernier, au Musée Théodore Monod d’art africain de l’Ifan, par une exposition d’art autour de la protection de l’environnement maritime. Une caravane est aussi prévue dans les îles du Cap Skirring, à Diembéring et dans les sites côtiers pour sensibiliser les populations sur le thème.
Au vernissage de l’exposition du Festival miroir international de Dakar-Plateau (Fesmir), les artistes ont montré des facettes importantes de la culture sénégalaise. 60 plasticiens y laissent éclater leur talent et liberté artistique autour du thème « Protection de l’environnement maritime ». Parmi eux, Tita Mbaye, Mamadou Ndiaye « Thia », Serge, Aïssatou Seydi, Takha Diakhaté, Baye Mballo Kébé...

Les matériaux utilisés dans la réalisation des œuvres vont de la peinture aux sacs recyclés en passant par des objets récupérés et autres nattes en éponge. C’est le cas de la plasticienne Aïcha Dieng avec son tableau « Les musiciennes ».

« Je suis dans la récupération. Au début, on me considérait comme une éboueuse à force de ramasser des objets de la rue. Ce tableau exprime des femmes qui font de la musique «ambiancée» avec leurs instruments musicaux », détaille Aïcha.

Le promoteur du Fesmir, Mamadou Ndiaye « Thia », avec le soutien du Musée Théodore Menod, a apprécié le thème, car l’érosion côtière est une vraie menace. « C’est la raison pour laquelle nous allons faire une caravane dans les îles du Cap Skirring, à Diembéring et dans les sites côtiers pour sensibiliser les populations », déclare M. Ndiaye.

Kalidou Kassé, président de l’Association internationale des artistes plasticiens (Aiap), a qualifié cette exposition de banquet de partage des créations artistiques de qualité, un moyen pour dénouer des conflits. En ce sens, il invite les Sénégalais à venir visiter l’exposition du Fesmir.

Adama Diallo, au nom du ministre de la Culture et de la Communication, a assuré que toutes ces activités tendant à rendre beau notre art sont inscrites dans l’agenda culturel annuel du Sénégal. 2017, rappelle M. Diallo, constitue une « année de culture ». Il a dit la disponibilité de la direction des Arts à accompagner l’initiateur du Fesmir Mamadou Ndiaye. L’exposition prendra fin ce 18 mars.

Serigne Mansour Sy CISSE

L’Organisation internationale de la Francophonie a soutenu 19 films présentés à la 25ème édition du Festival panafricain de cinéma et de la télévision de Ouagadougou. Parmi ces films, quatre ont été récompensés.

Il s’agit, informe un communiqué de l’Oif, de « Félicité » du Sénégalais Alain Gomis, qui a remporté 3 prix (Étalon d’or, prix Ue/Acp du meilleur long-métrage et prix de la meilleure bande son), « Frontières » d’Apolline Traoré qui a reçu trois prix (Prix Paul Robeson, prix de la Cedeao et prix du Conseil de l’Entente). Mais également « Kemtiyu – Séex Anta » d’Ousmane William Mbaye qui a reçu le prix du meilleur documentaire et le prix Ue/Acp du meilleur documentaire ainsi que la série « Tundu Wundu » d’Abdoulahad Wone, Prix de la meilleure série, qui a bénéficié d’une aide au doublage de l’Oif.

« Nous avons accompagné et apporté des moyens à plusieurs des films sélectionnés et primés. L’Oif appuie avec conviction la relève avec les Poulains d’or, d’argent et de bronze. « Félicité » d’Alain Gomis, Étalon d’or, est aussi sur les écrans avec le concours », a déclaré dans le communiqué Michaëlle Jean, la secrétaire générale de la Francophonie. Le soutien de cette institution internationale à ces 19 films représente, au total, plus de 370.000 euros d’aide à la production ou à la finition. Toutefois, précise le document, si l’on ajoute à ce montant les 100.000 euros d’aide au Fespaco, l’effort de l’Oif sur cette édition du festival atteint près de 327 millions de FCfa. En dehors de cet accompagnement, l’Organisation internationale de la Francophonie encourage également les efforts nationaux de soutien à la production et a organisé une réunion de ces différents organismes en 2016 en Côte d’Ivoire. Ce faisant, en 5 ans, elle a soutenu « avec succès » la transformation du marché des programmes de télévision en Afrique.

Ibrahima BA

Dans le cadre des deux sessions du parlement chinois, la Commission Culture de la Conférence politique nationale consultative chinoise (Cppcc) a organisé mardi, au Média centre de Beijing lors d’une conférence de presse. Une occasion saisie par le député Jackie Chan pour demander aux Africains de ne pas abandonner la poursuite de leurs rêves.

Les députés de la Commission Culture de la Conférence politique nationale consultative chinoise (Cppcc) ont salué le travail fait par la télévision nationale Cctv pour propager la culture chinoise au sein de la société chinoise et bien au-delà. Elle s’exprimait, hier, au Média centre de Beijing lors d’une conférence de presse organisée dans le cadre des deux sessions du parlement chinois. Les parlementaires ont également insisté sur l’importance de vulgariser la poésie chinoise.

Répondant à une question sur l’importance de plus en plus grandissante des nouveaux médias, Lu Changle de la Commission a soutenu que l’industrie des médias doit s’adapter aux changements actuels. Pour la commission dont fait partie l’acteur Jackie Chan, la culture chinoise, du reste millénaire, est un précieux trésor.

L’immense acteur devenu réalisateur a été primé à Hollywood. Une expérience que l’homme de 56 ans n’est pas prêt d’oublier. « Quand on m’a décerné le «Award», je n’y croyais vraiment pas. J’étais surtout allé aux Etats-Unis pour apprendre l’anglais », dit celui qui est mondialement connu pour ses films d’action et qui s’essaie maintenant à un genre beaucoup plus philosophique. Le néo-réalisateur qui reconnaît qu’il est devenu un modèle, a dit à l’endroit des Africains : « Quand je pars en Afrique, je constate que les enfants m’imitent. Poursuivez vos rêves et n’abandonnez jamais ! »

Mis à part les films produits à Hong Kong, Lui Changle reconnaît qu’il est difficile pour les films chinois, de manière générale, de s’imposer sur le marché international.

80 à 100 villages disparaissent chaque jour en Chine
A l’en croire, ce sont des films axés sur la lutte contre la corruption qui sont présentement les plus populaires en Chine. La Commission a également magnifié l’art ancestral chinois dont 1.849 œuvres sont gardées par le Musée national. D’après la Commission, la conservation de l’ensemble de ces œuvres issues de l’art ancestral est problématique et qu’il est nécessaire de trouver d’autres formes de conservation.

La calligraphie qui fait partie intégrante de la culture chinoise, a été évoquée par la commission. Selon Lui Changle, des centaines d’école dispensent maintenant des cours de calligraphie. Tout en rappelant l’ambition des autorités d’en faire une discipline à part entière, le député soutient qu’on s’achemine vers l’élaboration d’une journée nationale de la calligraphie.

Face au développement de la Chine, les villages traditionnels deviennent de plus en plus une attraction touristique. Les Tours Operators inscrivent sur leurs circuits des visites de villages traditionnels. Toutefois, cette activité risque de ne plus figurer sur l’offre touristique puisque l’exode rural est très important en Chine. De plus en plus de ruraux quittent les villages pour la ville. Chaque jour, souligne Feng Jicai, ce sont entre 80 et 100 villages qui disparaissent alors que « ce sont les villages qui sont l’âme même de la culture chinoise ».

Les villages, fait-il remarquer, n’ont pas les moyens de résister à l’appel de la ville. Selon Feng Jicai, les villages doivent principalement faire face à deux défis : l’exode et la pauvreté. Il estime que les autorités locales doivent prêter plus d’attention aux villages et qu’il faut un plan national de sauvegarde.

De notre correspondant à Beijing, Aly DIOUF

Les échanges culturels entre Dakar et Téhéran devraient être consolidés selon Dr Cherif Hassan Esmati, attaché culturel de l’ambassade de la République islamique d’Iran, par ailleurs directeur du Centre culturel iranien ouvert depuis dix ans à Dakar.

Dr Cherif Hassan Esmati, directeur du Centre culturel iranien à Dakar, à la Sicap Sacré-Cœur III, affirme que les échanges culturels entre la République islamique d’Iran et le Sénégal devraient être consolidés. En prenant l’exemple de l’art islamique, le diplomate estime que la religion occupe une place de choix dans les échanges. « Les Tarikha (voies soufies) sont importantes au Sénégal. En Iran aussi, il y a des marabouts, d’énormes mausolées de la famille d’Ahloul Bayti (la descendance du Prophète - Psl) ; avec la civilisation perse, beaucoup de choses sont à connaître », souligne-t-il.

A côté de cet art spécifique, l’Iran vit la musique à sa façon. « La musique classique traditionnelle est très développée chez nous depuis 10 ans et l’habitude de la mélodie sénégalaise se rapproche de la nôtre. Mais, la différence réside dans les instruments », explique Dr Esmati. « Nous envisageons que des artistes sénégalais se rendent en Iran pour voir notre culture », prévoit-il.

A l’en croire, l’Iran est un pays où le cinéma et la calligraphie sont très développés. Sans omettre la peinture, le théâtre, etc. Déjà, l’attaché culturel se félicite de l’artiste plasticien iranien Chahab qui met en relation l’Orient et l’Afrique dans son exposition intitulée « Quand l’Orient chante l’Afrique ». Cette exposition se déroule jusqu’au 18 mars à la Galerie Arte de Dakar. « L’Iran n’est pas seulement un pays de religion comme certains le pensent ; nous sommes une Nation de civilisation qui date de 7000 ans avant Jésus-Christ. Il y a toute une histoire », relève-t-il.

Cherif Hassan Esmati rappelle que la langue persane est enseignée dans les pays francophones. « Depuis 15 ans, l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar abrite un Département de langue et de littérature persane. De nombreux étudiants sont en train d’y apprendre la langue persane. Plus de 10 universitaires sont, en ce moment, en Iran pour passer leur Doctorat ou Master », explique-t-il.

Partisan du « donner et du recevoir », Dr Esmati précise qu’un pan entier de la culture iranienne est méconnu des Sénégalais. « Je peux nommer la science, la médecine. La révolution islamique a beaucoup changé cette culture. Nous ne sommes pas seulement dans le domaine nucléaire. Il y a aussi le tourisme médical », apporte-t-il comme réponse.

En Iran, informe le diplomate culturel, il y a des réunions d’échanges entre oulémas pour l’unité islamique internationale. A ce propos, des érudits sénégalais sont envoyés à Téhéran à côté de dignitaires iraniens. « Nous sommes contre ces terroristes et toutes les mauvaises pratiques dans les relations politiques entre pays frères », insiste Cherif Hassan Esmati, qui souhaite que le ministre de la Culture et de la Communication du Sénégal donne un coup de pouce pour développer la coopération culturelle entre l’axe Dakar-Téhéran. « Il faut que les gouvernements et ambassadeurs respectifs nous appuient pour qu’on puisse mieux faire », souhaite le directeur du Centre culturel iranien à Dakar.

Serigne Mansour Sy CISSE

Le Collectif des artistes plasticiennes du Sénégal a célébré les femmes à travers l’exposition « Cin coumbeu » au Centre culturel Blaise Senghor. Occasion saisie par le Cps pour réclamer des subventions et plus de considération dans l’exercice de leurs activités.

Pour rendre hommage à la femme à chaque journée du 8 mars, le Collectif des artistes plasticiennes du Sénégal (Cps) organise des expositions d’œuvres d’art. Pour cette année, le Cps a retenu comme thème pour leur exposition « Cin coumbeu » (la marmite), au Centre culturel Blaise Senghor de Dakar. Une façon pour elles de souhaiter une excellente fête à toutes les femmes qui se battent au quotidien face aux nombreux obstacles pour leur épanouissement. Cette célébration des femmes a été également une occasion pour le Collectif des artistes plasticiennes du Sénégal, de déplorer « le manque de considération » de leurs activités par les autorités.

« Nous saisissons donc cette occasion pour lancer notre cri de cœur. Nous rencontrons beaucoup de difficultés pour participer à cette journée convenablement. Nos membres souffrent énormément pour transporter leurs tableaux de leurs ateliers au lieu d’exposition. Nous ne recevons aucune subvention de la part du ministère de la Femme encore moins de notre ministère de tutelle. Ou si c’est le cas, ça arrive tardivement », lit-on dans leur communiqué du Cps.

Selon le document écrit, cette année, par exemple, elles avaient déposé une demande d’utilisation de la salle de la Galerie du Village des arts de Dakar. « Nous n’avons reçu aucune réponse des autorités, et à la dernière minute, on nous répond par la négation. Cela a chamboulé tout notre programme », se désole le Collectif.

Aussi, l’Association des artistes plasticiennes réclame des subventions pour pouvoir participer pleinement à cette journée du 8 mars mais également aux nombreuses expositions auxquelles elles sont souvent conviées.

Maguette Guèye DIEDHIOU

Le ministre de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye, a officiellement installé, hier, le Comité d’orientation de la 13ème édition de la Biennale de l’art africain contemporain (Dak’Art 2018). Dans une certaine continuité, le Comité sera présidé par Baïdy Agne.

Le top départ de la 13ème édition de la Biennale de l’art africain contemporain (Dak’Art 2018) a été officiellement donné, hier, par le ministre de la Culture et de la Communication. A l’occasion, Mbagnick Ndiaye a officiellement installé le Comité d’orientation avec à sa tête le président Baïdy Agne. « L’installation du Comité d’orientation est toujours pour le ministre un moment privilégié de communier, d’échanger avec des femmes et des hommes pétris de valeurs qui ont pour ambition de donner à cette manifestation une identité forte à l’élaboration d’un discours esthétique profondément africain », a déclaré le ministre Mbagnick Ndiaye. Il a rappelé que la Biennale de Dakar reste le seul événement ouvert au monde, en priorité aux artistes africains et de la diaspora.

Au regard du ministre de la Culture et de la Communication, « il est significatif de réaffirmer les orientations émises par le président Macky Sall lors du Dak’Art 2016. Ce sont, entre autres, l’ouverture aux innovations qui préservent l’identité de la Biennale de Dakar, et être à l’écoute des options les plus pertinentes, susceptibles de la rendre plus attractive et plus performantes. Il s’agit également de l’augmentation du concours de l’État du Sénégal à hauteur de 500 millions FCfa.

Les 16 membres étant installés, M. Ndiaye leur a rappelé leur lettre de missions qui s’articule autour des points suivant : définir le schéma de l’édition de 2018 ; garantir la crédibilité professionnelle et être le centre de légitimation des orientations face aux partenaires ; assister le secrétaire général dans la validation des choix artistiques dans la mise en œuvre du programme préparatoire et dans les démarches de partenariat ; assurer le contrôle de conformité et l’évaluation de l’édition 2018.

Simon Njami, directeur artistique
Les prérogatives ainsi déclinées, le ministre de la Culture et de la Communication a exhorté les membres du Comité d’orientation à « travailler en équipe avec professionnalisme et de manière inclusive pour la réussite de cet événement ». Il leur a renouvelé toute sa disponibilité et son engagement, à leurs côtés, pour faire de la Biennale de Dakar 2008 une manifestation inédite par la richesse de son contenu artistique, la qualité de ses participants mais aussi par son cachet populaire.

Pour sa part, le président du Comité d’orientation, Baïdy Agne, a exprimé toute sa gratitude à la tutelle pour cette confiance renouvelée. « Nous nous attellerons, comme nous l’avions fait lors du précédent Dak’Art, à faire de 2018 une édition avec plus de succès, de rayonnement pour le Sénégal et la Culture ». B. Agne a jugé plus intéressant d’avoir un Comité plus réduit. « Toutes les autres énergies, tous les gens qui ont de l’expérience dans l’édition de la Biennale peuvent être dans des commissions qui vont faire le travail de tous les jours », a estimé le président Agne, ajoutant que le but est de donner les impulsions aux missions assignées. Sur cette lancée, il a annoncé le maintien du directeur artistique de la 12ème édition, Simon Njami.

« L’idée est de s’inscrire dans la continuité », a soutenu le président du Comité d’orientation, relevant que le secrétaire général du Dak’Art et certains membres du Comité doivent définir la relation contractuelle à avoir avec le directeur artistique, notamment sur son cahier des charges. Baïdy Agne a appelé à faire le suivi des annonces faites par le président Macky Sall pour que, par exemple, les 500 millions FCfa soient mis en œuvre pour la 13ème édition. Il s’agira également d’engager, en parallèle, la réflexion sur le statut de la Biennale de Dakar dont le socle reste une institution de l’État du Sénégal.

E. Massiga FAYE

La galerie Kemboury de Dakar abritera dans ses locaux une exposition dédiée à la femme, demain, jeudi 9, au vendredi 31 mars. Intitulée « Harmonie », cette exposition montre les multiples facettes de la femme.

L’initiative est encourageante, la démarche salvatrice. En décidant de célébrer la femme dans ce mois qui leur est dédié, la Galerie Kemboury, sise au Point E à Dakar, a pris le soin d’exposer les toiles de six femmes venues d’horizons divers et aux compétences avérées en la matière. Cette exposition intitulée « Harmonie » sera effective à partir de demain, jeudi 9 et se poursuit jusqu’au 31 mars. Elle suscite chez ces professionnelles de l’art un besoin inébranlable de s’affirmer, d’être écoutées, de sortir ce qu’elles ont dans « les tripes » afin de trouver des solutions aux problèmes auxquels elles sont confrontées.

L’exposition donne aussi l’occasion à ces passionnées de la culture de mettre en lumière leur combativité, leur compétence, leur positivité, ainsi que leurs bonnes et belles idées au service de la Nation. En effet, dans une société où elles sont cantonnées dans ce schéma type de femme au foyer, ces artistes ont fait le choix de se muer en activistes de la cause féminine, de porter le combat et essayer de faire bien plus que les hommes.

La tâche semble cependant ardue car le combat pour l’émancipation de la femme n’est pas que sénégalais, « mais universel » ; si l’on en croit Nathalie Guirronet dont les clichées documentent des scènes de vie au Sénégal et dans ses profondeurs.

Le manque d’organisation consécutif à une structuration défaillante constitue, par contre, une entrave à la bonne marche de l’activité et à l’épanouissement des artistes. Une situation qui s’explique, en partie, par le manque de vision des autorités malgré l’existence de personnes ressources pour la porter. Bien que cet état de fait ne semble guère ébranler Betty Kandé et ses camarades artistes qui comptent impulser une dynamique nouvelle au secteur et de vivre pleinement la passion de la toile. Cette passion de transmettre l’espoir, celle du choix de partager la positivité, de montrer les réalités auxquelles les femmes sont confrontées, d’oser sans limites, constituent un viatique chez elles.

« Harmonie » est un bel prétexte pour célébrer la femme dans toute sa splendeur mais aussi dans son côté obscure. En témoigne Yanne Senghor qui peint « ces femmes qui font du mal à d’autres femmes, qui font du mal aux enfants et qui créent des adultes frustrés. Sans oublier ces femmes malades de cancer (sein, col de l’utérus) et qui souffrent le martyr ». Une large palette de toiles à contempler et à déguster sans modération.

Mouhamadou Lamine DIOP (stagiaire)

Pour rendre hommage au réalisateur guinéen Cheick Fantamady Camara, décédé le 6 janvier 2017, son film, « Morbayassa (danse traditionnelle), le serment de Koumba », a été projeté à la Fondation Konrad Adenauer dans le cadre du ciné-club. Ce long métrage, produit en 2015, explore des humanités pour dénoncer des souffrances et entrevoir les lueurs qui en émanent. Il témoigne aussi de l’esprit libre, caustique et de révolte du cinéaste face aux idées préconçues.

Un membre de l’assistance a eu bien raison de dire que le film « Morbayassa, le serment de Koumba » est à la fois « poétique et pathétique ». Il est déchirant parce qu’il met à nu la tortuosité et le cynisme des personnes. Et il est lyrique en cela qu’il chante l’amour qui sauve des existences empêtrées dans le doute, l’amertume et dans la solitude au beau milieu des bruissements de la passion, de la haine. Cheick Fantamady Camara entremêle des humanités qui souffrent, se dépravent et se corrompent avec, à chaque fois, des lueurs d’espoir émises par ceux qui avaient, comme elles, le sentiment de leur néant.

Des policiers arrêtent un véhicule de transport en commun et interpellent deux passagers dont un homme blanc. Il est en infraction. Il faut alors lui « apprendre à pisser » loin des regards indiscrets. Il « urine » un billet de banque qu’affectionnent particulièrement ceux qui sont censés réprimer l’infraction. Ceci n’est pas la trame du film. C’est une des nombreuses et exquises divagations du réalisateur pour mettre en évidence l’infamie dont se couvrent certains individus quotidiennement. Car, ici, il « faut ruser pour parvenir à ses fins », trahir, humilier pour se convaincre de sa toute puissance.

Les « insignifiantes » créatures, qui en pâtissent, se morfondront dans leur profonde mésestime, dans leur peur. La chance de Koumba, l’actrice principale, une Guinéenne de 30 ans, est justement d’avoir vécu dans l’horreur et être arrivée à vaincre ses peurs quand il a fallu se battre pour sortir de l’emprise de ses oppresseurs.

Entre tradition et modernité
Elle est, en effet, danseuse dans un cabaret de Dakar. Elle est une fille de joie sous l’autorité d’un réseau de proxénète. Mais, dans cette morosité qui se dégage de ce milieu infamant, Bella (son pseudonyme), trouve la force de se donner des objectifs. Elle veut retrouver sa fille abandonnée à sa naissance à Bamako, 18 ans auparavant alors qu’elle était une belle de nuit de 15 ans.

Dans sa longue quête de sa propre destinée, Koumba affronte la solitude, croise des humanités dans la lointaine France où se trouve sa fille adoptée par une famille française. Dans cet univers, Cheick Fantamady Camara réussit une transposition des réalités, une cohabitation entre la tradition et la modernité ; on s’y plaît à consulter les cauris. A travers les événements, il met en lumière la capacité de résilience de la femme ayant subi les affres de la douleur, de l’opprobre mais aussi la trajectoire d’une âme dont le passé maculé n’entrave point la reconquête de sa propre estime. Le serment n’est pas seulement, ici, de retrouver l’être cher que les circonstances de la vie ont arraché à l’attention d’une mère. Il est une promesse de fidélité à un engagement : celui de décider de son destin. Koumba, rôle interprété par la chanteuse Fatoumata Diawara, y parvient après moult péripéties. Et dans son monde, quand un serment est exaucé, on exécute la danse traditionnelle « Morbayassa » ; une belle manière « d’affirmer l’identité culturelle africaine », à en croire Alioune Diagne, distributeur avec qui il avait un projet de formation au Sénégal et en Guinée.

Ce film, à l’image de son premier long métrage, « Il va pleuvoir sur Conakry », témoigne de la démarche singulière du défunt réalisateur guinéen. C’est un cinéma « engagé et divertissant », s’enthousiasme le cinéaste sénégalais Hubert Laba Ndao non sans insister sur les difficultés rencontrées par Cheick Fantamady Camara à faire ce film. Pour la post-production, il a, selon lui, fait appel à des internautes.

Alassane Aliou MBAYE

Les cinéastes sénégalais primés à la 25ème édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) et à la Berlinale 2017 ont présenté, hier, leurs trophées à la Maison de la Culture Douta Seck, en présence du ministre de la Culture et de la Communication. Pour Mbagnick Ndiaye, ces prix traduisent la qualité de notre production.

Alain Gomis, Ousmane William Mbaye, Abdoulahad Wone, « dignes » représentants du septième art sénégalais, ont présenté, hier, au public et au ministre de la Culture et de la Communication, les belles moissons à la 25ème édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou. Au total, c’est 6 prix que la délégation sénégalaise a rapportés dans ses valises de Ouaga. Une grande fierté nationale qui couronne le mérite des politiques de l’État du Sénégal entamées depuis quelques années dans ce secteur à travers notamment le Fonds de promotion de l’industrie cinématographique et audiovisuelle (Fopica).

En effet, en dehors de la série « Tundu Wundu » du réalisateur Abdoulahad Wone, qui a décroché le 1er prix dans la catégorie Séries télévisuelles, les deux films sénégalais primés ont tous bénéficié de l’appui du Fopica. « Félicité » d’Alain Gomis a reçu 100 millions de FCfa et « Kemtiyu - Séex Anta » d’Ousmane William Mbaye 75 millions de FCfa de ce fonds public. Un soutien certes insuffisant au regard du coût de la production d’un film, (900 millions de FCfa pour « Félicité »), mais qui constitue un coup de pouce important pour les réalisateurs.

D’ailleurs, c’est conscient de cela que le ministre de la Culture et de la Communication a annoncé un appui accru aux créateurs. Mbagnick Ndiaye a magnifié le talent de « nos » réalisateurs qui, en ce début de l’année 2017, ont pu glaner 9 prix. « L’ambitieuse politique de relance du cinéma et de l’audiovisuel sénégalais initiée par le président de la République, Macky Sall, est ainsi visiblement portée par les professionnels du secteur. Ces derniers se sont illustrés par les plus hautes distinctions lors de rencontres spécialisées aussi prestigieuses, replaçant ainsi durablement le Sénégal dans sa trajectoire de pionnier du cinéma en Afrique au Sud du Sahara », a-t-il souligné. Le ministre de la Culture s’est félicité du fait qu’Alain Gomis soit le deuxième cinéaste, après le Malien Souleymane Cissé, à remporter deux fois l’Etalon d’Or de Yennenga. Selon lui, le réalisateur du film « Félicité » est une fierté pour le Sénégal.

S’orienter vers la production locale
Par ailleurs, il a félicité également Ousmane William Mbaye, lauréat du Prix du meilleur documentaire ainsi que le sacre du réalisateur Abdoulahad Wane dans la section Série télévisuelle du Fespaco pour son film « Tundu Wundu ». Catégorie dans laquelle le Sénégal vient d’être sacré pour la première fois. C’est pourquoi, il a invité « nos » télévisions à s’orienter vers des séries télévisuelles réalisées par des Africains.

« Notre pays a gagné deux autres prix au concours du pitch organisé par l’Oif au Marché international du cinéma africain », a ajouté Mbagnick Ndiaye selon qui ces distinctions prouvent la qualité de nos productions cinématographiques et audiovisuelles nationales. « Le challenge est grand mais je suis sûr qu’avec l’ambition nourrie par le chef de l’État et nos professionnels, nous pourrons relever les défis qui se posent au cinéma et à l’audiovisuel sénégalais », a-t-il soutenu.

Dans leurs interventions, les cinéastes ont salué l’appui de l’État du Sénégal à travers le Fopica. « Je remercie le chef de l’Etat d’avoir donné l’instrument qu’est le Fopica. Le cinéma sénégalais était visible à Ouaga dès la première projection. Je suis touché par l’engouement de la population noté depuis notre retour au Sénégal », a laissé entendre le réalisateur Ousmane William Mbaye.

De son côté, Alain Gomis a parlé d’une victoire collective portée par le Fopica ainsi qu’un combat difficile et long mais « passionnant ».
Aussi, a-t-il fait part de sa fierté d’avoir choisi le cinéma sénégalais. « C’est ici que se joue une bonne partie du cinéma mondial. Il y a un défi de représentation qui interpelle le cinéma du monde. Je suis fier de cette génération qui a envie de se donner au monde », a-t-il déclaré. Pour le lauréat de l’Étalon d’Or de Yennenga, « nous devons réfléchir collectivement aux prochaines marges à construire, en se tournant vers la jeune génération ».

Ibrahima BA

La 25ème édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou a relevé le défi de l’organisation et de la participation, selon le délégué général du Fespaco, Ardiouma Soma.

L’événement a été marqué par 450 séances de projection et plus de 165 films en huit jours. Selon Ardiouma Soma, 7.000 badges ont été attribués et plus de 145 millions de FCfa distribués à titre de palmarès officiel. Sur le plan diplomatique et politique, c’est la première fois dans l’histoire du Fespaco que deux chefs d’État prennent part à la cérémonie de clôture. Cette biennale dédiée au cinéma africain fêtera L’événement a été marqué par 450 séances de projection et plus de 165 films en huit jours. Selon Ardiouma Soma, 7.000 badges ont été attribués et plus de 145 millions de FCfa distribués à titre de palmarès officiel. Sur le plan diplomatique et politique, c’est la première fois dans l’histoire du Fespaco que deux chefs d’État prennent part à la cérémonie de clôture. Cette biennale dédiée au cinéma africain fêtera son « jubilé d’or » en 2019, d’après le délégué général. « Pour la célébration de la prochaine édition, toutes les réflexions seront axées sur la dimension économique du cinéma et de l’audiovisuel africain avec comme objectif d’en faire un véritable levier de développement », a-t-il indiqué.

De notre envoyé spécial, Ibrahima BA

En marge de la célébration de la Journée du Sénégal au Fespaco, le cinéaste Maguette Diop a procédé à une séance de présentation et de dédicace de son nouvel ouvrage sur le septième art sénégalais. Intitulée « Le cinéma sénégalais ; Sembène Ousmane : le précurseur et son legs », cette œuvre publiée aux Editions L’Harmattan Sénégal revient sur les grandes dates du cinéma sénégalais.

L’auteur fait, à l’aide d’une documentation fouillée, une sorte de bilan de notre cinéma, de l’indépendance à nos jours. Selon Maguette Diop, il s’agit d’une manière de lutter contre l’oubli. « Nos aînés ont tracé les voies du cinéma sénégalais et africain. Maintenant, c’est à la troisième génération que nous sommes de poursuive le travail », a-t-il laissé entendre. Maguette Diop, à travers ce livre, invite la jeune génération à faire mieux que les précurseurs. « Quand j’arrivais au cinéma en 1975, Sembène avait 25 ans de plus que moi. Je me suis dit qu’il fallait que je fasse mieux que lui. Je pense que c’est cela le défi de tout cinéaste », a-t-il soutenu.

Aux yeux de l’auteur, Sembène Ousmane, Paulin Soumanou Vieyra et Momar Thiam sont les fondements du cinéma sénégalais.
Ce livre fait également le point sur le bilan économique ainsi que les politiques de l’État vis-à-vis du secteur.

Pour Cheikh Ngaïdo Bâ, qui a préfacé l’ouvrage, ce livre dont le prétexte est de revisiter l’histoire du cinéma sénégalais et le legs de l’aîné des anciens, Sembène Ousmane, est « très utile » pour le futur. « La jeune génération et celle de l’avenir doivent connaître leur histoire, l’histoire du cinéma sénégalais, en garder une mémoire vivante source d’inspiration », écrit-il.

I. BA

« Nous rendons grâce à Dieu qui nous a permis d’arriver à cette performance. C’est un travail d’équipe, il n’y a pas que moi. Je ne portais qu’une stratégie de production avec un réalisateur qui est le major de sa génération ; qui sait faire ce que nous, nous pensons, à savoir participer dans l’art du récit cinématographique. Il faut savoir qu’on ne peut pas développer un pays sans sa culture. Aujourd’hui, si l’Afrique veut se développer, il faut que les dirigeants africains financent la culture, le cinéma, en créant des cinématographies fortes, des fonds bien dotés et des sociétés de production qui accueillent les projets des réalisateurs. Il faut appeler des sociétés comme Orange à avoir des guichets africains, parce que je pense qu’on ne peut pas décider du sort de nos films depuis l’étranger sans tenir compte de nos valeurs. L’importance du cinéma dans l’imaginaire des Africains doit être gage de son importance politique.

Avec les réserves du FCfa, il faut négocier avec la France pour qu’on mette en place un fonds commun qui finance le développement de la culture africaine. Le cinéma est une économie et nos États doivent le comprendre. »

I. BA

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