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Arts et Culture (2442)

La 18ème édition de la Journée mondiale de la diversité culturelle pour le dialogue et le développement a été célébrée hier à Ziguinchor. Le secrétaire général de la Commission nationale sénégalaise pour l’Unesco, Aliou Ly, a saisi l’occasion pour engager les habitants des régions de Ziguinchor, Sédhiou et Kolda à exploiter leur culture si riche et variée pour faire émerger la Casamance.

Ziguinchor a abrité, cette année, la 18ème édition de la Journée mondiale de la diversité culturelle pour le dialogue et le développement, au Sénégal. La célébration a eu lieu hier, à cause de la coïncidence de la date officielle du 21 mai avec la Pentecôte. Elle a été marquée par un panel de discussions avec d’éminents professeurs sur le thème, « Diversité culturelle et droits humains ».

L’objectif visé était de sensibiliser les populations, notamment les étudiants, sur la protection de la diversité culturelle. Ce fut une opportunité pour le secrétaire général de la Commission nationale sénégalaise pour l’Unesco pour faire comprendre aux gens que la culture ce n’est pas du folklore, et qu’il y a une différence entre les deux. Il a expliqué que « la culture est un moteur du développement ». A l’image, rappelle-t-il, du Nigeria, de l’Inde, entre autres pays qui sont en train d’émerger, grâce à leurs industries culturelles, à travers le cinéma notamment.

Cette Journée mondiale de la diversité culturelle a été organisée par la Commission nationale pour l’Unesco, en collaboration avec l’université Assane Seck, le centre culturel régional et l’Université catholique de l’Afrique de l’Ouest (Ucao).

Selon le secrétaire général de la Commission nationale pour l’Unesco, cette manifestation a un double enjeu. Le premier, c’est la protection et la diversité des expressions culturelles. « Surtout pour les populations minoritaires », a insisté Aliou Ly qui a demandé d’aider ces dernières à sauvegarder leur patrimoine et à lutter ainsi contre la mondialisation. Le deuxième enjeu concerne l’accès à la culture. La finalité est de faire comprendre aux étudiants et autres populations des régions de la Casamance que la culture est un élément essentiel du développement.

El Hadj Moussa SADIO

Ibrahima Makalou Cissé, professeur de français au Lycée Ibou Diallo, a été élu par consensus nouveau président du Cercle des écrivains et poètes de Sédhiou. Son premier chantier est celui de faire éditer les nombreux manuscrits détenus par de nombreux membres du Ceps.

Le nouveau président du Cercle des écrivains et poètes de Sédhiou, Ibrahima Makalou Cissé, a demandé l’appui du bureau sortant, surtout son prédécesseur, Manding Djitté. « J’aurais toujours besoin de votre expérience ainsi que de celle de votre secrétaire. J’ai d’autant plus besoin de cet accompagnement que c’est la première fois que j’occupe les fonctions de président d’une structure même si je suis actif dans plusieurs autres », a souligné Ibrahima Makalou Cissé, professeur de français au Lycée Ibou Diallo.

Il ne sera qu’un chef d’orchestre d’une équipe dont la mission sera de relever les défis de sa feuille de route. Le premier chantier qui sera ouvert est celui de faire éditer les nombreux manuscrits détenus par de nombreux membres du Ceps. L’espoir est permis puisque au lendemain de son élection, M. Cissé a assisté à une rencontre organisée par le Ceps de Saint-Louis et là, il a eu à prendre contact avec de nombreux éditeurs dont le président de l’Association des écrivains du Sénégal, disposé à étudier la possibilité d’éditer des manuscrits.

Chacun des départements de Bounkiling et de Goudomp aura une antenne du Ceps, avec obligation d’organiser des activités. Le compte rendu de ces activités doit être envoyé au bureau régional à Sédhiou, qui lui a déjà établi un programme pour début juin avec la revue annuelle de philosophie, suivie une semaine après d’une activité d’écriture.

Le bureau du Ceps accompagnera jusqu’à l’examen tous les candidats et le résultat de cet accompagnement sera évalué. Une large campagne de communication sera lancée pour mieux faire connaître le Ceps et ses objectifs : un point faible de l’ancien bureau qui, également, n’a pas pu rendre formel le Cercle. Il faut donc le faire pour espérer avoir une subvention ou un soutien non seulement du ministère de la Culture, mais également de mécènes.

Le nouveau bureau s’y attèle déjà. Le directeur du Centre culturel régional accompagnera le nouveau bureau du Ceps dans toutes ses activités. Kéba Badiane a d’ailleurs été félicité par le bureau du Ceps pour son accompagnement qui n’a jamais fait défaut. Le Cercle des écrivains et poètes de Sédhiou a été créé il y a quatre ans. Il était présidé par Manding Djitté.

Malamine KAMARA

La chorale Saint Pierre Julien Eymard de la paroisse Saint Joseph de Dakar a organisé son concert annuel, samedi dernier, au Théâtre national Daniel Sorano. Dans une ambiance culturelle et une ferveur religieuse, les membres de la chorale ont été à la hauteur de l’attente avec des chants et une comédie musicale captivante.

La musique a été au service de la religion le temps du concert annuel de la chorale Saint Pierre Julien Eymard de la paroisse Saint Joseph de Dakar, sous le thème, « Car la grâce de Dieu, source de bénédiction pour tous les hommes, a été manifestée ». Les sonorités musicales africaines ont été en symbiose avec l’élan spirituel dégagé par les membres de la chorale Saint Pierre Julien Eymard. Le maître de chœur, tout de noir vêtu, en face d’une vingtaine de jeunes filles avec des robes en tissus wax multicolores, guidait ces dernières pour une prestation de qualité.

Chant en chœur et esquivant des pas de danse bien synchronisés, les membres de la chorale louant le Seigneur dans la bonne ambiance ont créé l’hystérie dans la salle archicomble du Théâtre national Daniel Sorano.

La chorale a proposé, entre autres, des chants classiques, du gospel, des chants traditionnels africains, l’émouvant « Hallelujah » d’Alexandra Burke avec des titres comme « Domine Yesu », « Sing for Joy », « Yesu Osseye ». Revisitant leur répertoire musical, la chorale Saint Julien Eymard, dans une diversité linguistique, a chanté en wolof, swahili, français, latin, etc.

Après une première partie dédiée à la chanson, les rideaux du Théâtre Sorano se sont refermés pour, plus tard, laisser voir le début la comédie musicale du sage « Gouverneur d’Egypte, Joseph ». Cette comédie musicale a été très bien travaillée avec des costumes d’un autre âge. Elle a permis de retracer l’histoire de l’enfant (Prophète) Joseph, fils de Jacob, de son village au palais d’Egypte en tant que gouverneur. Accompagnée en fond sonore par la musique douce des guitares et pianos et de temps en temps entrecoupée par des intermèdes musicaux, cette comédie s’est jouée autour des sous-thèmes : « de la bataille joyeuse », du « rêve » de Joseph, « des larmes de tristesse », « de la vente du sang », « du signe » du « pouvoir de l’amour », etc. La jalousie ayant conduit à la haine et la vente de leur frère Joseph comme esclave à des Egyptiens, la persévérance de ce dernier lui a permis de devenir gouverneur aux côtés du puissant pharaon.

C’est pour donner une leçon aux jeunes souvent victimes d’injustice et qui sont souvent pressés que cette comédie musicale a été choisie, confie le président de la Chorale Saint Pierre Julien Eymard. « Cette année, on a voulu faire une comédie musicale, Joseph gouverneur d’Egypte. On a choisi la comédie du gouverneur Joseph parce qu’on a remarqué qu’aujourd’hui, dans notre monde, on manque de patience et de persévérance. Joseph est un bel exemple. Il a fait face à différentes épreuves dans sa famille et dans la vie, mais n’a pas lâché la main de Dieu et a été patient et persévérant. A la fin, il a été consacré et a pardonné », laisse entendre le président de la Chorale, Joel Yrebe.

12 ans de chœur
Ce dernier soutient que l’objectif du concert de la chorale qui fête aussi ses 12 ans, « c’est de rendre gloire à Dieu pour ces grâces qu’il nous a données ». Il rappelle que cette chorale est cosmopolite et regroupe 15 nationalités d’Afrique de l’ouest et du centre. Ces membres sont pour 90 % des étudiants africains venus poursuivre leurs études à Dakar dont des Sénégalais. « Il n’y a pas de barrière pour rentrer dans la chorale. Il faut juste aimer la chanson, aimer célébrer le Seigneur », précise le président de la chorale.

Maestro Vivien Biamou, maître de chœur camerounais d’origine, revenant sur l’histoire de la chorale Saint Pierre Julien Eymard de Dakar, rappelle qu’au départ, ce fut un petit groupe qui se réunissait les dimanches pour animer la messe sans expérience du chant choral. « Avec mon expérience, j’ai essayé de structurer le groupe, en mettant en place un bureau, des commissions, en organisant le premier concert de la chorale. On s’est reposé sur la gloire de Dieu pour que cela apporte ses fruits. Aujourd’hui, on est content du résultat. La chorale est capable d’offrir un tel spectacle en toute autonomie avec ses propres membres », explique l’instrumentiste de la chorale. Pour lui, d’année en année, le vide musical de la chorale est comblé et ils savent jouer maintenant comme des musiciens autonomes avec leur propre matériel. Abel Sanou, ancien président de la chorale, nous apprend aussi que cette structure fonctionne à partir des revenus du concert annuel, des feuilles de messe qui sont vendues. La chorale Saint Pierre Julien Eymard anime également les messes de mariage, de baptême, de requiem pour les fidèles. Une bonne partie des revenus de ce concert sera remise aux enfants qui sont dans le besoin pour les venir en aide dans le cadre des actions de grâce de la structure.

Oumar KANDE

Au cours de la Fête internationale du livre, empreinte de solennité, riche en sons et couleurs, qui s’est déroulée pendant trois jours au centre culturel français, les responsables et membres du Cercle des écrivains et poètes de Saint-Louis (Ceps) ont remis des diplômes aux écrivains Moumar Guèye, haut cadre des Eaux et Forêts à la retraite, et à Alioune Badara Bèye, président de l’Aes.

Le président du Cercle des écrivains et poètes de Saint-Louis (Ceps), Alioune Badara Coulibaly, a saisi cette occasion pour se réjouir de cette grande fête du livre organisée conjointement par le Ceps, la Direction du Livre et de la Lecture, l’Institut culturel français Jean Mermoz de Saint-Louis, le Centre culturel régional Abdel Kader Fall, l’ambassade de France, le ministère de la Culture et la municipalité de Saint-Louis.

Le directeur de l’Institut culturel français, Marc Monsalier, et la directrice du Centre culturel régional, Marianne Diop, ont bien pris en main ces nombreux invités venus d’horizons divers pour rendre hommage à Moumar Guèye et au parrain de cette fête, Alioune Badara Bèye.

Au nom du ministre de la Culture, le directeur du Livre et de la Lecture, Ibrahima Lô a vivement félicité les responsables du Ceps pour la qualité de l’organisation de cette grande fête de la culture dans cette ville tricentenaire. Lors de cette célébration, les Pr Banda Fall et Habib Kébé ont revisité les œuvres littéraires du parrain, passant en revue des notions très importantes du théâtre, du roman et de la poésie. Ce fut une grande fête, durant laquelle des éditeurs ont exposé des livres, animé des stands, communié avec les lecteurs dans la joie et l’allégresse. Les écrivains ont mis à profit cette fête pour animer des ateliers d’écriture, des séances de contes, de lecture publique à Saint-Louis, Gandon, Mpal et dans d’autres localités de l’arrondissement de Rao. Les lauréats des concours de poésie (pour l’élémentaire), de nouvelles (junior et senior), de contes, ont reçu des Prix, des mains des autorités administratives et municipales de Saint-Louis.

Cette grande fête de la culture a été animée avec brio par la compagnie Zoumba de Pape Samba Sow, musicien, écrivain et homme de lettres, qui fait partie aussi des hommes de culture qui font la fierté de Saint-Louis.

Mbagnick Kharachi DIAGNE

La révolution numérique, en impactant sur les modes de vie, agit nettement de plus en plus sur l’économie, notamment dans le milieu de l’entreprise. Pourvoyeur d’emplois, elle soulève en même temps des inquiétudes avec l’avènement de l’intelligence artificielle.

Les Technologies de l’information et de la communication se développent chaque jour davantage dans le monde. En Afrique et au Sénégal en particulier, le numérique se tisse à une échelle exponentielle et modifie les comportements et les modes de vie des citoyens. L’intelligence artificielle (Ia) s’installe peu à peu dans différents secteurs (santé, automobile, éducation, sécurité, transport…) et transforme de manière substantielle la société à travers des innovations majeures. En milieu entreprise où la machine prend petit à petit la place de l’homme, l’Ia constitue certainement une source d’inquiétude en ce sens qu’elle capte certains emplois au détriment d’un personnel qualifié. Ce faisant, tranche Djiba Diallo Diao, responsable Startup-up Engagement Lead à Miscosoft, que se prononçait lors d’une table ronde sur le thème « Intelligence artificielle et génération future », les « entreprises sont confrontées à l’amélioration rapide des technologies ». Cette situation est motivée par une logique de transformation imposée par l’urgence de compétitivité et de productivité au niveau national et international.

Ibrahima Nour Eddine Diagne, directeur de Gaindé 2000, estime que l’Intelligence artificielle va occasionner une réduction de recrutements dans certains domaines et une diminution des effectifs. D’où la pertinence, poursuit-il, d’impliquer cette technologie dans les cursus de formation afin que les populations soient préparées aux exigences du marché et de l’emploi futur au niveau national et international. « Pour un pays comme le Sénégal, l’intelligence artificielle est peut-être un sujet qui peut sembler prématuré mais il est actuel. Ce qui fonde les emplois de demain se construit aujourd’hui », souligne M. Diagne.

Nécessité d’un système d’innovation
Considérée comme « l’ensemble de théories et techniques mises en œuvres en vue de réaliser des machines capables de simuler l’intelligence », l’Ia offre également la possibilité de réaliser de nouvelles opportunités et de nouveaux services. Elle crée, d’après Régina Mbodj, directrice de l’incubateur Ctic Dakar, des opportunités d’emplois.

Selon le directeur de la Recherche et de l’Innovation au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, cette technologie permettra une transformation de l’industrie, de l’économie de « notre » pays et d’améliorer la qualité de vie des citoyens. C’est pourquoi, ajoute Amadou Thierno Gaye, le Sénégal n’est pas statique dans ce domaine. Mieux, le pays a, aujourd’hui, des potentiels, à travers ses étudiants et ses professeurs, pour s’assurer d’un futur flamboyant dans ce domaine. Dans le même sillage, l’ancien ministre de la Communication et directeur général de l’Institut africain de management (Iam), Moustapha Mamba Guirassy, relève la nécessité pour l’Afrique de se positionner comme un producteur des technologies. Ce qui suppose à ses yeux, d’avoir de l’empathie, de procéder à un changement de mentalité et de résoudre l’équation liée à la stratégie et à l’anticipation.

Si l’écosystème numérique affiche un avenir prometteur au Sénégal, il n’en demeure pas moins que les acteurs éprouvent un certain nombre d’écueils qui ralentissent les progrès. « On a des gens bien formés et qui ont envie de réaliser des choses. Toutefois, le manque de soutien pose problème pour produire des choses importantes », renseigne Régina Mbodj, soulignant l’urgence d’accompagner les startups et porteurs de projets. Entre absence d’un fonds dédié à l’innovation et le manque d’accès au marché pour les développeurs, les startups et Pme sénégalaises ont besoin, à son avis, d’un soutien de l’Etat et du secteur privé.

Lesquels doivent « s’approprier les solutions développées par les jeunes ». L’enjeu est tel, soutient Pr Abdoullah Cissé, que le Sénégal a besoin d’un système d’innovation. Ce qui manque encore.

Ibrahima BA

« CHALLENGE GAÏNDE ENTREPRENDRE » : IPG-ISTI ET ISM, LAURÉATS
L’Institut privé de gestion/Institut supérieur de technologie industrielle (Ipg-Isti) a été désigné, hier, lauréat de la quatrième édition du concours « Challenge Gaïndé entreprendre » pour son projet d’innovation « Air soft ». Il s’agit d’une application servant à réguler le trafic urbain à Dakar. A l’initiative de Gaïndé 2000, cette compétition est ouverte aux établissements publics et privés de l’Enseignement supérieur. Elle récompense l’équipe qui a proposé un projet innovant pour une application fonctionnelle basée sur une thématique. La thématique choisie pour cette édition est : « L’intelligence artificielle dans le cadre de vie ».

Le deuxième prix est revenu à l’Institut supérieur de management (Ism) Dakar. Les deux lauréats ont remporté chacun un million de FCfa comme appui à la création d’une entité juridique, d’une année d’incubation de leurs entreprises à Gaïndé 2000, de l’attribution de contrats sous-traitance par Gaïndé 2000 en fonction des capacités avérées de l’entreprise. En outre, ils bénéficieront également, entre autres, de l’appui à la création d’entreprise avec la mise en disposition de capital d’origine de départ, la fourniture de mobilier de bureau et la poursuite éventuelle du partenariat au terme de l’incubation.

I. BA

L’Institut privé de gestion/Institut supérieur de technologie industrielle (Ipg-Isti) a été désigné, hier, lauréat de la quatrième édition du concours « Challenge Gaïndé entreprendre » pour son projet d’innovation « Air soft ». Il s’agit d’une application servant à réguler le trafic urbain à Dakar. A l’initiative de Gaïndé 2000, cette compétition est ouverte aux établissements publics et privés de l’Enseignement supérieur. Elle récompense l’équipe qui a proposé un projet innovant pour une application fonctionnelle basée sur une thématique. La thématique choisie pour cette édition est : « L’intelligence artificielle dans le cadre de vie ».

Le deuxième prix est revenu à l’Institut supérieur de management (Ism) Dakar. Les deux lauréats ont remporté chacun un million de FCfa comme appui à la création d’une entité juridique, d’une année d’incubation de leurs entreprises à Gaïndé 2000, de l’attribution de contrats sous-traitance par Gaïndé 2000 en fonction des capacités avérées de l’entreprise. En outre, ils bénéficieront également, entre autres, de l’appui à la création d’entreprise avec la mise en disposition de capital d’origine de départ, la fourniture de mobilier de bureau et la poursuite éventuelle du partenariat au terme de l’incubation.

I. BA

Le Showroom « Falia » sur la route de Yoff accueille la deuxième édition de l’exposition « Ndajé Art, Design », dans le cadre de la 13ème biennale Dak’Art. Après la thématique de l’Education en 2016, celle de l’Environnement est à l’affiche cette année, à travers les tableaux des artistes Mady Sima et Mapathé Diallo.

L’un est un artiste visuel dont les œuvres s’inspirent de l’univers mental et du comportement ingénu de l’enfant. L’autre est un artiste plasticien qui a fait des codes-barres son matériau de prédilection pour exprimer son sentiment, sa vision du monde et de la société. Le temps d’une exposition au Showroom Falia situé sur la route de Yoff, Mady Sima et Mapathé Diallo ont conjugué leur talent pour le mettre au service d’une thématique qui est d’un enjeu universel : l’Environnement.

Après l’Education lors de la dernière Biennale, la deuxième édition du « Ndajé Art, Design » met le focus sur la problématique de l’environnement et du recyclage des déchets dans nos sociétés modernes de grande consommation. Dans cette exposition dont le vernissage s’est déroulé mardi dernier, un déchet est particulièrement à l’affiche, au propre comme au figuré : le papier. Issu de l’abattage des arbres, donc d’une agression de l’homme sur la nature, le papier devient un document support porteur de connaissances, de mémoires, d’identités, d’émotions, de valeurs.

Mais une fois arrivé en fin de vie, le papier, lui-même fruit d’une agression sur la nature, redevient souvent, quand on le jette, un élément agresseur de l’environnement dont il était issu.

Sur les murs du Showroom « Falia » donc, le papier devenu encombrant reprend vie et se réinvente à travers une vingtaine de tableaux. Sur l’une de ces toiles intitulée « Gribouillage », une superposition de tissus de récupération en patchwork et de collage de papiers. Sur la surface du tableau, toute la spontanéité et l’innocence de l’enfance s’expriment, le tout restitué dans une ambiance où le gai et les couleurs sont omniprésents. Ce qui rappelle le monde si féerique des tout-petits. « L’image mentale de l’enfant et son comportement sur support occupent une place de choix dans mon travail. J’en fais ma source d’inspiration. L’enfant ne se soucie pas des normes établies par les artistes professionnels ou professeurs. Il a cette liberté totale, cette énergie positive, spontanée qui lui permet de transcender et d’escalader les façades en dessinant », explique ce natif de la Médina, par ailleurs Professeur d’Education artistique plastique.

« Nature agressée »
Sur l’autre pan du mur, les tableaux de Mapathé Diallo. Vivantes, expressives, avec en toile de fond toujours l’expression des codes-barres, ces œuvres mettent l’homme devant ses responsabilités face à la dégradation de l’environnement et alertent sur les effets néfastes de ses actions sur la nature. « C’est la nature agressée qui a donné le papier, ensuite ce même papier, une fois en fin de vie, est jeté et dégrade à son tour la nature. Je n’utilise pas seulement ce matériau pour exprimer mon art, je l’utilise pour sensibiliser, pour expliquer aux gens l’effet néfaste des actions de l’homme sur la nature », dit-il.

Au-delà de l’environnement, en choisissant les codes-barres comme matériau d’expression, Mapathé Diallo opte ainsi de s’intéresser à la question de l’identité dans notre société en perte de repères et de valeurs.

« Les codes-barres allient les traits et les chiffres. Du fait de la globalisation, les gens ont un problème d’identification. De plus en plus, l’homme a du mal à s’identifier à quelque chose, à quelqu’un, à une culture. On voit un jeune qui s’identifie à un artiste américain alors que leurs réalités sont diamétralement opposées », souligne l’artiste plasticien.

Mais l’exposition ne s’arrête pas à ces murs, elle se poursuit au fond du Showroom dans un décorum situé au sous-sol. Ici, c’est une installation, une mise en scène sur le thème. Le sol est jonché de détritus de papiers. Accrochés à des rideaux blancs immaculés, des tableaux, sous une lumière tamisée, rappellent que le papier peut se réinventer.

Elhadji Ibrahima THIAM

Après huit ans de recherches sur le sujet, Fiona McLaughlin, professeur de linguistique et de langues africaines à l’Université de Floride (Etats-Unis), est venue partagée, ce mardi, au Centre de recherche ouest-africain (Warc), ses travaux sur l’histoire sociolinguistique du wolof urbain.

Les langues africaines sont très hospitalières. En contact avec le français depuis plus de 350 ans et l’établissement des premiers comptoirs coloniaux sur le littoral, le wolof illustre parfaitement ce phénomène, en ayant beaucoup emprunté à la langue du colon. Au point de donner naissance à une nouvelle forme de langue que l’universitaire américaine Fiona McLaughlin appelle « wolof urbain ». Ce professeur de linguistique et de langues africaines à l’Université de Floride (Etats-Unis), étudie ce phénomène depuis huit ans. Elle était au centre Warc de Dakar, mardi, pour échanger avec le public sur ses travaux. Pour cerner le sujet, Mme McLaughlin distingue trois variétés de wolof : le « olof bu xoot » (wolof profond), qui nécessite une bonne connaissance de la langue, le « olof piir » (wolof pur) qui, comme son nom l’indique, est sans emprunts, et le « sunu olof » (le wolof urbain, de la rue), la variété la plus courante. C’est à cette dernière variété que s’est intéressée la chercheuse.

Quand elle a commencé son enquête, à sa grande surprise, ce sont les personnes âgées qui, paradoxalement, ont été les plus tolérantes avec cette forme de liberté linguistique : « C’est comme ça qu’on a toujours parlé », répondaient-elles -, alors que les jeunes professionnels (30-45 ans) prônaient le purisme linguistique. Ce qui a poussé Fiona McLaughlin à croire que le wolof urbain est beaucoup plus ancien qu’on ne le croit. Ses recherches la mènent à Saint-Louis, où serait né ce phénomène vers la fin du 19ème siècle. Deux documents historiques confirment son hypothèse. L’un, datant de 1864, est rédigé par le gouverneur Faidherbe, répertoriant 1.500 mots français et leurs correspondants en wolof, pulaar et soninké.

Une identité post-ethnique
L’autre document, un recueil de 1.200 phrases usuelles avec leur traduction en wolof, ouvre une fenêtre très intéressante sur la société métisse saint-louisienne de l’époque. Son auteur, Louis Descemet, a essayé de « capter » la façon dont on parlait le wolof à l’époque. Ce parler urbain, un mélange de français et de wolof, s’est ensuite orienté vers Dakar. Mais à la différence du wolof urbain saint-louisien d’antan, dans la variante actuelle, parlée aussi bien dans les rues de Dakar qu’en milieu rural, « tout peut devenir un verbe ». Ainsi, il n’est pas rare d’entendre des phrases du genre : « Accusé-wume la dara » (je ne t’accuse de rien). Le plus surprenant, c’est que ce wolof urbain, fortement agrémenté de mots en français, est très utilisé par des personnes qui n’ont jamais fait l’école française.

Selon Fiona McLaughlin, le wolof a beaucoup emprunté aux autres langues. Comme toutes les langues. Au français, bien sûr, mais aussi au portugais (à qui il doit le mot fenêtre), au zenaga, une langue berbère qui a donné son nom au fleuve Sénégal, et au wolof des mots comme tabaski, « tisbar », « takussan », etc. De l’arabe, le wolof a emprunté essentiellement des concepts liés au temps (comme les jours de la semaine), des emprunts à travers le pulaar, note Fiona McLaughlin. Pour l’anglais, les emprunts sont souvent issus du jargon criminel. La principale conclusion que tire Fiona McLaughlin de ses recherches, c’est que le wolof urbain est le reflet d’une tendance vers une « identité post-ethnique » au Sénégal. Ainsi, certains sont pulaar ou sérère en famille, mais sont wolofs… à Dakar. Finalement, le wolof urbain, c’est l’histoire sociolinguistique du Sénégal tout court. Et celle d’une culture hybride.

Seydou KA

L’ambassadeur de France a visité, mardi, les locaux, à Dakar, de « In Touch », société sénégalaise et panafricaine créée en 2014 et qui a pour but d’agréger, dans une seule plateforme, les moyens de paiement et de services digitaux. Un exemple de réussite qu’il faut accompagner, trouve Christophe Bigot.

L’agrégateur panafricain de paiement mobile et de services digitaux « In Touch » a reçu, mardi, dans ses locaux sis à la cité Sicap Karack Dakar, la visite de l’ambassadeur de France au Sénégal, Christophe Bigot. Une occasion saisie par le directeur général de « In Touch », Omar Cissé, pour présenter la société à ses hôtes. Selon lui, ils sont partis d’une problématique simple. « Le constat est qu’au niveau africain, le mobile money s’est développé de manière fulgurante et autour, beaucoup de services se sont digitalisés. A partir ce moment, nous avons dressé le problème du marchand dans ce contexte », a-t-il expliqué. A l’en croire, ce marchand se retrouve en face de plusieurs solutions et chaque solution a ses terminaux et ses interfaces. Et pour chaque solution, il faut déposer de l’argent auprès de la banque et quand il y a un problème avec une solution, il faut appeler l’opérateur concerné et c’est très compliqué pour le marchand.

Ainsi, pour faire face à ces obstacles et complications précités, Omar Cissé, ancien directeur de l’incubateur Ctic-Dakar, a pris l’initiative de développer et de mettre en place une plateforme unique qui permet d’agréger tous les moyens de paiement et d’intégrer le maximum de services digitaux dans le transfert d’argent, l’assurance, le mobile money, la vente de crédit téléphonique, le paiement de facture, l’abonnement etc. «Nous nous positionnons comme un facilitateur. Créé en 2014, "In Touch" regroupe tous les moyens de paiement mobiles en un seul terminal. Dans un premier temps, nous avons déployé la plateforme au Sénégal et actuellement, nous nous déployons dans 7 autres pays africains », a informé le directeur général.

Dynamisme d’entreprise
Car, a-t-il soutenu, l’Afrique regorge encore d’un potentiel important, raison pour laquelle ils veulent se positionner comme étant la plateforme incontournable de déploiement de services digitaux en Afrique dans les trois prochaines années. « Nous voulons être implantés dans 38 pays d’ici 2021 et une fois ce challenge atteint, nous essaierons d’attaquer les autres pays émergents », a argué Omar Cissé. Non sans préciser qu’ils travaillent actuellement avec des sociétés de renom en Afrique et dans le monde comme Total et Worldline, une filiale d’Atos.

Venu visiter les locaux de l’entreprise, l’ambassadeur de la France au Sénégal, Christophe Bigot, s’est dit favorablement impressionné par le succès de « In Touch » et son dynamisme. « Je trouve l’initiative de Omar Cissé intéressante. Il y en a certes d’autres, mais voilà un exemple de réussite qu’il faut accompagner. Le Sénégal a de la matière grise, de grandes écoles. Donc quoi de mieux que de décider d’exploiter cette intelligence pour répondre au marché. Le faible taux de bancarisation (15%) peut être conçu comme un obstacle. Justement, cet obstacle, cette difficulté crée un besoin mais aussi une réponse et "In Touch" fait partie de cette réponse en développant des moyens modernes, simplifiés qui accompagnent les points de ventes pour tout ce qui est le money banking », a affirmé Christophe Bigot.

Aussi, le diplomate a souligné l’importance et l’intérêt de l’entreprise dans la mesure où elle se veut une entreprise panafricaine qui peut accueillir beaucoup d’éléments de la diaspora sénégalaise et est partenaire de grands groupes français comme Total et Atos. « C’est un exemple de réussite qu’il faut accompagner et la France est tout à fait en point sur ce sujet, notamment via l’Agence française de développement, via le service culturel. Nous voulons mobiliser les énergies sur ces sujets car je vois que c’est un secteur sur lequel l’avenir du Sénégal se joue », a-t-il rassuré.

Maguette Guèye DIEDHIOU

L'ancien président américain Barack Obama et son épouse Michelle ont passé un accord avec Netflix pour produire films, séries et documentaires pour la plateforme de vidéo en ligne par abonnements, selon un communiqué publié lundi. Netflix ne donne pas de précision sur d'éventuels projets de l'ancien couple présidentiel, mais indique qu'il pourrait s'agir de séries dialoguées, de séries de télé-réalité, de séries documentaires, de films documentaires et de longs métrages de fiction. Les Obama produiront ces contenus par le biais de la société de production Higher Ground Productions, qu'ils ont créée pour l'occasion. "Nous espérons cultiver et aider à s'affirmer les voix de talent, sources de créativité et d'inspiration qui promeuvent davantage d'empathie et de compréhension entre les peuples", a déclaré Barack Obama, cité dans le communiqué. "Barack et moi avons toujours eu foi en la puissance du récit pour nous inspirer, nous faire réfléchir différemment sur le monde qui nous entoure et nous aider à ouvrir aux autres nos esprits et nos coeurs", a ajouté Michelle Obama, également citée dans le communiqué. Selon le New York Times, qui cite des proches de Barack Obama, l'ancien président n'entend pas utiliser cette nouvelle plateforme comme un instrument politique, notamment pour critiquer son successeur, Donald Trump. En mars 2017, les époux Obama avaient conclu un contrat d'édition record de 60 millions de dollars, selon plusieurs médias américains, avec la maison Penguin Random House, qui prévoit un livre pour chacun.

(AFP)

Dans son premier avis trimestriel 2018, la Commission de protection des données personnelles (Cdp) a déclaré avoir examiné 53 dossiers dont 35 déclarations et 18 demandes d’autorisation.

Dans le cadre de la restructuration de ses services, la Commission de protection des données personnelles (Cdp) a annoncé la création de la Division de la conformité. Laquelle « a pour mission, entre autres, de mettre en place des outils de gestion de la conformité à la loi sur les données personnelles, notamment des guides sectoriels de conformité, des modèles de contrats ou clauses-types, des normes simplifiées et des certifications ».

Par ailleurs, au cours du premier trimestre de cette année, la Cdp s’est penchée, sur 53 dossiers dont 35 déclarations et 18 demandes d’autorisation. Selon l’avis trimestriel de la Cdp, deux demandes d’explication et de suppression de données à caractère personnel ont été notifiées par la commission. L’examen des dossiers a permis de constater des manquements, dont les traitements de dossiers médicaux de salariés par un personnel non habilité au niveau de la structure Niyel Suarl et l’utilisation d’un système de vidéosurveillance filmant des salariés en permanence à la pâtisserie « Les Ambassades ».

Dans son rapport trimestriel, la Commission de protection des données personnelles a invité certaines structures à déclarer leurs fichiers et bases de données. Il s’agit, entre autres, de Global Money Network, Entreprise Maminet Technologies et Helio Media. Une autorisation a été aussi accordée à la Lonase, à La Poste et à Wafa Assurance Vie par rapport à la gestion de la base de données des clients et le transfert des données vers un pays tiers.
L’autre point que la commission a examiné est relatif à la demande d’avis du ministère de l’Intérieur liée à une campagne de sensibilisation pour le retrait des cartes nationales d’identité, en utilisant les données personnelles (nominatives) des titulaires. Sur ce, après la délibération, la Cdp a donné un avis favorable, sur le fondement de l’utilité publique, au ministère de l’Intérieur pour procéder à la publication de la liste nominative des titulaires de la carte nationale d’identité.

Ibrahima BA

Intitulée « Les autres langues », l’exposition a vu la participation de 13 artistes coréens, du Group oMo d’Allemagne et de trois artistes africains dont le Sénégalais Hamedine Kane, le Camerounais Max Mbakop et l’Egyptienne Jihan El Tahri. L’exposition se poursuit jusqu’au 2 juin dans le cadre des « Off » de la biennale Dak’Art 2018.

La Corée n’est pas en reste pour cette 13ème édition de la biennale Dak’Art 2018. En effet, une exposition spéciale est dédiée aux artistes coréens, du 07 mai au 02 juin 2018, au Musée Boribana, sis à Yoff. A cette exposition « Off » intitulée « Les autres langues », ont pris part une dizaine d’artistes coréens, trois artistes africains (Hamedine Kane, Max Mbakop, Jihan El Tahri) et allemands (group oMo). Co-organisée par l’Ambassade du Sénégal en Corée et la Korea Foundation, l’exposition a pour but d’injecter un nouvel élan à des échanges à caractère artistique et culturel avec les artistes coréens et de diffuser la culture coréenne sous forme d’exposition d’art contemporain avec le thème : hangeul, écriture des caractères coréens à la fois artistiques et hautement scientifiques.

« Le thème appelle à la compréhension et à l’intérêt pour les autres langues de la part des pays africains dont le Sénégal », a renseigné le directeur artistique Sung Ho Kim. A l’en croire, à travers cette exposition, ils convoquent l’usage pragmatique des « autres langues » de même que la langue coréenne « hangeul » et son usage postcolonial, « de la même manière dont le siècle où nous vivons convoque « L’heure rouge » et « Une nouvelle humanité ». Se référant au thème de l’exposition, les artistes coréens font découvrir de sublimes et merveilleuses œuvres avec une prédominance pour les installations visibles présentement au Musée Boribana jusqu’au 2 juin. C’est le cas de l’artiste coréen Jae ok Lee. A travers l’œuvre présentée, il fait une réinterprétation picturale du style d’écriture du hangeul. Avec Jung Hee Sohn et Tal Lee, on a droit à des installations artistiques représentant consonnes et voyelles du hangeul et narrations légendaires en plus d’une installation des sculptures céramiques. Pour sa part, Tal Lee a présenté un travail d’installation qui fait front à l’idéologie de l’extermination de langues à l’ère de l’impérialisme culturel, exprimé dans un langage de l’art/art cinétique. Toujours dans les installations, l’artiste coréen Bo Seong Kim laisse découvrir au milieu de la cours du Musée Boribana, une structure géante de couleur orange, gonflable en forme de tétrapode inspirée d’un caractère du hangeul siot (ㅅ). Cette installation attire l’attention des visiteurs dès l’entrée du Musée. Les artistes invités de cette exposition spéciale de la Corée n’ont pas été en reste. Ils ont fait preuve de beaucoup de créativité dans la réalisation de leurs œuvres, se rapportant toujours à ce thème de langue.

C’est le cas de l’artiste égyptienne Jihan El Tahri. Elle a présenté un tableau sur lequel figurent deux poignées, de Black power, enchaînés où le dessin est fait en calligraphie arabe. D’après Jihan El Tahri, dans cette œuvre, elle a travaillé avec trois formes d’écriture calligraphique et en dessous du tableau, elle y a inscrit une phrase d’un poète égyptien mort en 1937.

Raffermir les liens
« Cette phrase essaie de dire que si la langue d’un peuple est humiliée, le peuple lui-même est humilié. Le colonialisme a condamné les langues des colonisés à trois condamnations. La première est que leurs langues soient emprisonnées dans sa langue, la deuxième que leur passé soit condamné à être oublié et effacé et que leur avenir restera pour toujours enchaîné dans la vision de colons », a expliqué Jihan El Tahri. Dans le même sillage, le

Camerounais Max Mbakop parle des muselés à travers la représentation d’une série de 09 photos, la dictature psychologique, morale et physique subie au quotidien par les individus. « Les muselés » est une installation photo de 9 portraits de personnes qui s’expriment mais sont bloquées par une main.

Venue visiter l’exposition, la coordinatrice du Programme des volontaires coréens, Su Young Mun, s’est dite ravie de visiter l’exposition. « Je trouve l’exposition intéressante et très attractive.

Elle traduit bien la culture coréenne et est un moyen de raffermir les liens entre les deux pays », a-telle indiqué.

Les commissaires de l’exposition spéciale Corée, Kim Han Byul, et Idrissa Diallo se disent satisfaits du travail réalisé par les artistes.

Maguette Guèye DIEDHIOU

Ils sont inventeurs, figures religieuses, héros, artistes ou sportifs. Ils ont en commun d’être noirs et d’avoir marqué l’histoire de l’humanité par leur génie. Ce sont ces héros méconnus ou ignorés que le professeur Oumar Dioume a voulu sortir de l’anonymat, dans son ouvrage intitulé « Lumières noires de l’humanité », dont il vient de publier une seconde édition.  

« L’Afrique, un continent sans historique » ? Beaucoup a été dit sur cette fameuse citation du philosophe allemand Friedrich Hegel, mais rare sont les chercheurs africains à aller puiser dans les tréfonds du passé pour lui prouver le contraire. Avec érudition et générosité, le professeur Oumar Dioume s’était déjà attelé à cette mission dans la première édition de ses « Lumières noires de l’humanité » (2010), en mettant en lumière la « formidable contribution, de l’Antiquité à nos jours, du rôle fondamental des Noirs dans tous les domaines du savoir ». Après le succès de cette première édition, vite épuisée, et pour répondre à la demande pressante des intellectuels et d’une jeunesse africaine de plus en plus consciente des enjeux de l’histoire et de la mémoire, l’auteur a décidé d’en publier une seconde édition enrichie de nouvelles figures, pour la plupart méconnues, mais qui ont marqué l’histoire de l’humanité, chacun dans son domaine.

Devant un public composé d’anciens « Soixante-huitards », d’universitaires, de gradés de l’armée, tous venus assister à la cérémonie de dédicace, organisée ce 18 mai dans les locaux de L’Harmattan à Dakar, ses amis ont décrit l’auteur comme « un esprit curieux ». Brillant polytechnicien - il est PhD en en mathématiques de l’ingénieur à l’Ecole Polytechnique de Montréal et ingénieur mathématicien à l’Ecole Polytechnique de Lausanne - et docteur de 3e cycle en mathématique et économétrie à l’Université Paris I Sorbonne, le professeur Dioume, au-delà de son domaine de compétence, « s’intéresse à tout ». « C’est un savant », dit Dominique Zidouemba, l’un des préfaciers. Une curiosité qui se reflète dans ce livre.

Ménélik II, l’inventeur du Gsm
Cette seconde édition est enrichie de trois chapitres supplémentaires sur des figures religieuses (Cheikh Oumar Foutiyou Tall, Cheikh Ahmadou Bamba, Almamy Samori Touré) non pas sur l’aspect religieux, mais sur leur génie politique, militaire ou technique. « Si on avait compris le sens des travaux de ces visionnaires on serait aujourd’hui dans le peloton de tête des nations développées », explique l’auteur. A côté, il nous fait (re) découvrir de grands stratèges militaires, comme le roi éthiopien Ménélik II, inventeur avant l’heure du système de communication Gsm, l’éditeur Alioune Diop « bâtisseur inconnu du monde noir », une galerie de scientifiques et des sportifs de haut niveau comme Pelé. Tous sont noirs et mériteraient de figurer au Panthéon de l’histoire.

« L’ouvrage du Dr Oumar Dioume survient à une époque cruciale de notre histoire et mérite, pour plusieurs raisons évidentes, d’être (ré) édité, publié et largement diffusé et surtout d’être vulgarisé auprès du grand public, des élèves et des étudiants, sans oublier les politiques et les Noirs de la diaspora », écrivent les préfaciers Dominique Zidouemba et le Pr Ibrahima Sow (disparu en février dernier).

Dans le sillage des travaux de Cheikh Anta Diop et de Théophile Obenga, Oumar Dioume a voulu, lui aussi, mettre en lumière, dans cet ouvrage, la formidable créativité et l’inventivité des Nègres dans tous les domaines de l’esprit, des sciences, des arts et du sport. Plus qu’une réhabilitation, il veut « restaurer » la vérité historique occultée, voire travestie par le monde occidental et contre le « mensonge du Diable », pour reprendre l’expression du psychanalyste suisse et haïtien Leslie J. Ponce. Car « se voir séparer de son image (comme l’Occident a entrepris de le faire avec l’Afrique), ou de ce qu’on croit être telle, c’est cela le diabolique ».

Le travail de Oumar Dioume va certainement contribuer à « exorciser » nos imaginaires de Nègres des contrevérités et des mensonges qui les aliènent et qui prétendent qu’ils n’ont « rien inventé ». Une leçon d’espoir à l’heure où la bataille des mémoires et plus que d’actualité.

Seydou KA

 

Pour sa première participation à une exposition « Off » de la biennale Dak’Art, l’historienne de l’art et photographe franco-marocaine, Françoise Benomar, fait découvrir au public six de ses œuvres. Des photographies visibles parmi l’exposition collective « Métamorphose » abritée par deux hôtels dakarois, le Terrou-Bi et Oceanic, dans le cadre des « Off » du Dak’Art 2018.

Ecrivaine, photographe, éditrice, Françoise Benomar, installée au royaume chérifien depuis 2002, s’intéresse à la femme marocaine, en particulier celle rurale, paysanne. Ses clichés, une série en couleur, ou en noir et blanc, montrent de vieilles femmes marocaines du Sud, assises devant leurs demeures peintes en ocre. Leurs parures et leurs traits sont bien mis en valeur à travers ces photographies.

Des dames sénégalaises, membres du Réseau endogène des femmes entrepreneures culturelles (Refec), rencontrées par la photographe au Maroc, n’ont pas également échappé à l’objectif de Françoise Benomar. En 2016, c’est dans le cadre des rencontres à la Villa des Arts Casablanca, que Mariama Diédhiou, la présidente du Refec, et quelques-unes de ses camarades ont posé avec aisance pour Mme Benomar. Et de fil en aiguille, cette rencontre a abouti à cette première découverte du Sénégal et de la Biennale de Dakar pour cette historienne de l’art. Séduite par les expositions internationales à l’ancien Palais de Justice de Dakar, ainsi que celles de la Galerie Jaune et du Musée Ifan Théodore Monod, la photographe a également découvert la ville de Saint-Louis. De quoi lui donner l’envie de revenir au Sénégal en juillet prochain, avec comme objectif de visiter la verte Casamance.

Auteure d’ouvrages sur le cinéma, la photographie et la littérature au Maroc, Françoise Benomar a également exposé ses clichés dans plusieurs galeries au Maroc.

Omar DIOUF

Le cinéma change et le plus grand festival de cinéma du monde cherche sa voie dans ces évolutions. La compétition officielle 2018 était de bonne qualité, ce dont témoigne un palmarès célébrant la détermination contre les dérives modernes.

De Cannes, on connaît surtout la fameuse montée des marches où s’affichent les célébrités du monde entier. L’édition 2018 n’est cependant pas très marquante à ce niveau, malgré la présence de Cate Blanchett et Kristen Stewart au jury de la compétition officielle. On y a certes vu Jessica Chastaing, Marion Cotillard, Penelope Cruz, Fan Bingbing ou Lupita Nyong’o, laquelle accompagnait Ryan Coogler qui venait spécialement parler de "Black Panther" devant la presse. Mais les stars hollywoodiennes étaient moins présentes qu’à l’accoutumée, malgré la projection de "Solo : A Star Wars Story" en séance spéciale. La disparition de Dark Vador permet à ce nouvel épisode de l’interminable saga d’arrêter de ressasser la cuisine œdipienne habituelle mais le ramène à de petites aventures de science-fiction. Rares étaient les grandes pancartes des blockbusters à venir qui couvrent d’habitude les grands hôtels de la Croisette, l’avenue de bord de mer qui mène au Palais des festivals. De même, les grandes tentes installées sur la plage ne résonnaient pas autant qu’avant des fêtes qui font aussi l’ambiance d’un grand festival.

Cannes serait-il moins attractif ? La concurrence est rude avec Berlin, Venise et Toronto pour avoir la primeur des grands films mais aussi pour conserver la puissance du marché du film où se négocient les droits pour le monde entier.

Il a fallu, cette année, gagner un procès en justice pour pouvoir présenter en clôture "L’Homme qui tua Don Quichotte" de Terry Gilliam, contre son producteur Paolo Branco. Film maudit dont le tournage épique n’avait pas pu être terminé il y a 25 ans et remis en chantier à six reprises, c’est le grand œuvre du réalisateur aujourd’hui âgé de 77 ans. Mais la réponse du festival aux menaces de désaffection est un recentrage sur le cinéma en refusant les films dont la production n’est pas destinée aux salles, excluant ainsi les films de Netflix ou autre plateforme sur abonnement. Cela allait avec une compétition s’ouvrant largement à des cinéastes méconnus voire à un premier long-métrage comme "Yomeddine" de l’Egyptien Abu Bakr Shawky dont le grand mérite est de présenter un lépreux à la recherche de sa famille non comme un malade mais comme un être humain.

Du coup, les Prix d’interprétation sont allés à deux acteurs inconnus : Samal Yeslyamova pour son rôle d’une jeune mère qui doit abandonner son enfant dans "Ayka" du Kazakh Sergey Dvortsevoy, un film sombre et poignant sur le dur destin des immigrés en Russie ; et Marcello Fonte dans "Dogman" de l’Italien Matteo Garrone, une fable aux images crépusculaires où un toiletteur canin essaye d’amadouer un chien monstrueux et devient l’outil d’une brute exécrable.

Les deux films traitent du danger qui guette les sociétés qui perdent leur solidarité et leur humanité.

C’est également le cas du Prix du Jury, "Capharnaüm" de la Libanaise Nadine Labaki, émouvante histoire d’un enfant des rues de Beyrouth, qui à 12 ans doit mendier, protéger sa petite sœur et se retrouve en charge du bébé d’une clandestine éthiopienne. Si nombre de films avaient pour souci de traiter de l’état du monde, les autres films primés n’ont pas cette veine réaliste, quasi-documentaire. Le Prix du scénario a été ainsi attribué ex aequo à "Heureux comme Lazzaro" de l’Autrichienne Alice Rohrwacher et à "Trois Visages" de l’Iranien Jafar Panahi, qui, assigné à résidence dans son pays, n’a pas pu venir présenter son film à Cannes. Interdit de tournage et donc condamné à un minimalisme virtuose (dans son appartement ou sa voiture), Panahi met remarquablement en scène de film en film sa claustration, ici durant un voyage dans le nord du pays, dans un style proche de feu son maître Abbas Kiarostami. Quant au conte d’Alice Rohrwacher, il manie avec une grande habileté de mise en scène les métaphores autour d’un garçon que l’on moque et exploite sans qu’il en prenne ombrage, mais qui se joue du temps.

Le Grand Prix à Spike Lee
Le jury a tenu à attribuer une Palme d’or spéciale à Jean-Luc Godard pour "Le Livre d’image", qui a marqué spectateurs et critiques : le cinéaste de 87 ans a envoyé au festival une nouvelle œuvre multiforme, passionnante et incroyablement riche, sur sa vision du monde et du rôle du cinéma. Le Prix de la mise en scène est allé à "Cold War", du Polonais Pawel Pawlikowski, une brillante romance en noir et blanc en temps de guerre froide, quand l’amour est impossible lorsque l’Histoire s’y oppose.

Spike Lee rate de peu la Palme d’or en remportant le Grand prix avec son "BlacKkKlansman", l’histoire vraie d’un policier africain-américain parvenu à infiltrer le Ku Klux Klan. Bourré d’énergie, d’humour et de rage, le film se termine sur des images documentaires des affrontements de Charlottesville, en août 2017, entre les factions racistes américaines et les contre-manifestants.

Avec la Palme d’or attribuée à "Une affaire de famille" du Japonais Hirokazu Kore-Eda, le jury a voulu récompenser la finesse et les valeurs d’un cinéaste qui interroge, à travers une famille joyeuse et décalée qui recueille une fillette battue par ses parents, les rapports entre la liberté et les règles sociales. C’est ainsi la détermination face aux dérives de la société, au racisme, aux interdits, aux injustices et aux truands de tous styles que le jury présidé par l’actrice féministe et engagée Cate Blanchett a voulu célébrer cette année.   

De notre correspondant Olivier BARLET

 

Le Centre ouest africain de recherche (Warc) a abrité, du 3 au 13 mai, dans le cadre de cette 13ème Biennale de l’art africain contemporain de Dakar (Dak’Art), l’exposition « Ils sont là avec nous » de l’artiste peintre burkinabé, Ajaratou Ouédraogo. Adja, son nom d’artiste, « médite » sur le sort des âmes de la rue pour faire entendre quelques geignements et entrevoir des lueurs.

Adja Ouédraogo ne tisse pas un nid de tergiversations, de doutes bien que le contraste de sentiments soit saisissant dans ses toiles. La jeune artiste burkinabé décloisonne la tristesse et la joie à travers un silence bruyant et des couleurs « franches ». Elle explore des vies possibles dans des univers de synthèse et de fusion, d’horreur et d’inattendus sourires. Des réalités se superposent ou trouvent écho chez une autre prouesse artistique d’Adja. Elle est dans une quête infinie de sens et d’éventualités. Ce qui « encombre » ses œuvres d’appréhensions et trouble l’humeur vagabonde secrétée sur chacune d’elles ; sécrétion stimulée par une conscience altruiste.

Adjaratou Ouédraogo est marquée par le sort des enfants dont l’espace de vie est la rue. Mais, la particularité de son travail se trouve moins dans l’exposition de son opinion que la mise en évidence du « ressenti » de ces mômes dont la douce insouciance est une autre interrogation sur la notion de bonheur. « La rue, ce n’est pas un lieu où les enfants devraient être. C’est un fléau à éradiquer. Paradoxalement, certains d’entre eux s’en accommodent. Quelque part, c’est leur monde. Ils y jouent, rigolent. C’est pourquoi, dans mes toiles, j’essaie de mettre en lumière ce contraste », confie Adja, particulièrement taciturne. Son œuvre est à la fois une dénonciation et un questionnement sur une réalité partagée par plusieurs sociétés.

La singularité du « regard » de celle qui est également réalisatrice de films d’animation est dans sa faculté remarquable de charger ses toiles de métaphores. Celles qui mettent en lumière le chien, comme pour exprimer l’errance et le déshéritement de l’enfant de la rue ou encore la tranche d’animalité de l’homme, témoignent d’un drame collectif noircissant le présent et compromettant le devenir. Adja est une accusatrice lucide qui fait cohabiter des émotions et mobilise les consciences sur une tragédie sans s’arrêter dans sa quête de lumière. Celle-ci s’inscrit, dans ses tableaux, dans un voyage tourmenté, embrassant, toutefois, un horizon moins brumeux. Elle peint une allée d’ombre et de lumière, l’espoir et ce qui accable. C’est pourquoi, à son avis, « aucune œuvre ne ressemble à une autre ». Car, elle le produit d’un instant d’agitation ou de quiétude, de révolte ou de réjouissance, de présence ou de vide.

Adja, née en 1981 au Togo, explore plusieurs univers de création. En plus de la peinture, elle est sculpteur et réalisatrice de films d’animation. Cette dernière sphère artistique est un prolongement des deux premières, une sorte de fusion didactique entre la peinture et le film. « Dans mes films d’animation, j’utilise aussi la peinture. C’est une continuité. Le film m’offre la possibilité de dire beaucoup plus de choses. Le message y est beaucoup plus accessible pour certains », souligne-t-elle. Jeune fille avare en parole, elle s’est très tôt réfugiée dans le dessin pour se représenter le monde et communiquer grâce au « crayon » qui a conquis bien des espaces. La 13ème édition de la Biennale de Dakar en est une belle illustration.

Alassane Aliou MBAYE

Dans le cadre de la célébration de la Journée internationale des musées, le Musée Théodore Monod d’art africain de Dakar a ouvert gratuitement, hier, ses portes aux publics. L’occasion de découvrir sa riche collection de masques, de statuettes, de vannerie, de pagnes… symbolisant le fonctionnement des sociétés africaines traditionnelles ainsi que les riches technologies qu’elles ont pu développer durant plusieurs siècles.

Niché au cœur du centre-ville, à deux pas de la Place Soweto, le Musée Théodore Monod d’art africain de Dakar étale son charme architectural au style néo-soudanais. Le bâtiment historique se dressant majestueusement au milieu d’un espace de verdure piqué de quelques arbres rappelle un peu la configuration du marché central de Bamako ou encore la grande mosquée de Djenné et de Tombouctou. Construit à partir de 1931, ce musée a assuré pendant plus plusieurs décennies un rôle de premier plan dans la promotion, la médiatisation et la valorisation des cultures africaines notamment celle de l’Afrique de l’Ouest.

En choisissant de s’ouvrir gratuitement à tous les publics, le temps d’une journée, dans le cadre de la Journée internationale des musées, célébrée cette année sous le thème : « Musées hyperconnectés : Nouvelles approches, nouveaux publics », cet établissement offre aux visiteurs l’opportunité de découvrir des facettes et des pans entiers de l’histoire des peuples africains. L’exposition permanente présente dans le hall de l’édifice est un condensé des modes de vie, de rites et pratiques séculaires. Entre les masques de danse et d’initiés de la Sierre Léone, ceux des Asamay des Diolas de la Casamance, les statuettes de fécondité symbolisant l’esprit de la procréation de Sénoufo en Côte d’Ivoire, la statuette Niéléni du Mali montrant l’image d’une fille pubère en pays Bambara… cette exposition n’est rien d’autre qu’une plongée dans les méandres des modes de vie des sociétés africaines traditionnelles. Elle propose, en même temps, des outils aratoires traditionnels, des instruments de musique comme les sonnailles, sanza, sifflets, guitares, flûtes et tambours d’aisselle. La collection du Musée Théodore Monod, c’est également la figure de sanctuaire Oche Eramiho de la Guinée-Bissau, qui est une représentation des grands esprits (« Inan »).

Près de 10.000 pieces
Dans la tradition, cet esprit était consulté avant le début des travaux agricoles, lors de l’avènement d’un nouveau chef, au moment de l’initiation des jeunes gens ou à l’occasion des funérailles. L’Afrique noire est aussi réputée par la poterie, les vanneries, les pagnes bogolan du Mali, de la Guinée et du Burkina Faso. Cet art traditionnel datant de plusieurs centaines d’années occupe une bonne partie de l’exposition permanente. Avec une collection estimée à près 10.000 pièces, l’espace fait une reconstitution du passé glorieux du continent, de l’Afrique traditionnelle et des profondeurs. Les objets qui proviennent de cette collection sont originaires de plusieurs pays d’Afrique occidentale. Ce qui se justifie, d’après le conservateur, El Hadji Malick Ndiaye, par le fait qu’il s’agit d’un legs de l’ancien Institut français d’Afrique noire devenu par la suite Institut fondamental d’Afrique noire.

Créé par le scientifique naturaliste Français Théodore Monod, cet institut de recherche couvrait presque l’ensemble de l’Afrique. « Tous les objets, qui étaient étudiés et collectés par les chercheurs, se sont retrouvés dans le musée de l’Ifan. Ces objets servaient à étudier les sociétés, à voir leur fonctionnalité et à étudier la richesse des technologies traditionnelles », explique-t-il. C’est cette configuration qui a fait que dans de nombreux pays, les anciens centres de l’Ifan sont devenus des musées nationaux. Avec son caractère ethnographique et son histoire complexe, l’Ifan a joué un rôle « fondamental dans la protection du patrimoine, sa valorisation, sa diffusion ». Ce musée qui allie une vocation ethnographique et artistique, renseigne El Hadji Malick Ndiaye, a servi de legs pour comprendre le fonctionnement des sociétés africaines et pour montrer la richesse de leurs technologies et celle des valeurs que leurs objets portent en tant que mémoire véhiculant les habitus des communautés.

Un capital temporel fort
L’histoire du musée de l’Ifan a véritablement commencé par l’enregistrement des premiers objets en 1941. A l’accession du Sénégal à l’indépendance, il devient le musée universitaire de l’Institut fondamental d’Afrique noire et sera intégré à l’intérieur de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Musée de Dakar d’abord, il fut inauguré en 1971 par le président Léopold Sédar Senghor et son homologue français Georges Pompidou sous l’appellation de Musée d’art africain. « Ceci résulte d’un travail scientifique qui avait été élaboré. A partir de la fin des années 1950, les conservateurs collectent des objets qui n’ont pas singulièrement une valeur ethnographique », soutient le conservateur du musée. En 2007, un décret présidentiel lui fit porter le nom de Musée Théodore Monod d’art africain. Aujourd’hui, ce musée affiche « un fort potentiel, un capital temporel très fort et une histoire très riche » grâce à la qualité de sa collection. Malgré les difficultés, l’institution essaie de se renouveler. « Depuis deux ans, nous essayons de se réorienter vers une ouverture large auprès des publics locaux (étudiants, élèves, touristes, riverains) avec des manifestations spécifiques qui ont été créées dans le but de répondre à cette politique et cette vision », avance El Hadji Malick Ndiaye.

Aussi, le musée tente d’établir une connexion entre la création contemporaine et l’art classique. « Cette connexion est fondamentale dans la nouvelle vision du musée. Elle permet à la communauté de voir que ce qui avait été utilisé par les anciens, les objets et les formes, les matériaux continuent d’être utilisés », souligne M. Ndiaye. Avec cette nouvelle vision, le Musée Théodore Monod de l’art africain contemporain s’inscrit dans une perspective conjuguant passé et présent. Il veut aussi, sans doute, conformément à la thématique de la célébration de la Journée internationale des musées de cette année, devenir un « moyen important d’échanges culturels, d’enrichissement des cultures, du développement de la compréhension mutuelle, de la coopération et de la paix entre les peuples. »

Le manque de moyens : un écueil au pied du musée
Depuis plus d’un demi-siècle, le Musée Théodore Monod s’est engagé dans une entreprise de conservation et de promotion des cultures africaines et de la création contemporaine. Cette mission aussi délicate que fastidieuse exige des moyens que l’institution peine pourtant à trouver. Le service n’a pas de budget. Pour pallier ce manque de moyens financiers, l’établissement a développé plusieurs initiatives et stratégies. « Dans un monde où nous assistons à une industrialisation de la culture, à la mort de l’Etat-providence, l’imagination requiert des fondamentaux qui nous obligent à aller chercher des moyens », explique El Hadji Malick Ndiaye. En plus de la location de l’espace, le musée sollicite souvent les sponsors pour essayer d’avoir une certaine autonomie.
   

Par Ibrahima BA 

 

La plasticienne sud-africaine Usha Seejarim, lauréate du Prix Sculpture de la biennale Dak’Art 2018, bénéficiera d’une résidence de deux mois à la Société Coopérative d’Art contemporain de Marestaing, en Haute Garonne en France. Ce Prix Sculpture remis pour la première fois par le jury officiel du Dak’Art est l’initiative d’un partenariat entre l’association « Solidarité Laïque » et la Société coopérative d’art contemporain de Marestaing, près de Toulouse. Corinne Marcien Lebret, présidente de la Scac Marestaing, est l’épouse de Joël Lebret, ancien diplomate français en charge d’éducation et de culture dans plusieurs pays africains, notamment au Sénégal, entre 2000 et 2005. Le couple, dont l’époux est à la retraite depuis deux ans, a pensé mettre leur temps et leur résidence au Lieu-dit Marestaing, à Volvestre, à une cinquantaine de kilomètres de Toulouse, à disposition pour favoriser des rencontres entre artistes africains et les habitants d’un milieu rural français.

En faisant venir des artistes africains, Joël Lebret et son épouse Corinne veulent « réinterroger les perceptions réciproques et montrer que l’étranger peut participer à une dynamique du territoire ». Ils ont ainsi mis en place la Société coopérative d’art contemporain (Scac Marestaing), afin d’intégrer des personnes, des organisations, (dont Revivre et Solidarité Laïque), et des collectivités (la communauté de communes de Volvestre), etc.

Ils ont déjà accueilli une famille de migrants en favorisant leur insertion en France par des activités agricoles, à Volvestre. Et en 2017, les artistes sénégalais Gabriel Kemzo Malou et Viyé Diba y ont participé à des résidences de création. Cette année, c’est au tour des artistes camerounais, Dieudonné Fokou, sur place jusqu’en juin et Justine Gaga attendue en septembre, de séjourner à la Scac de Marestaing pour deux mois.

Le domaine du couple Lebret, vaste de plusieurs hectares, ayant pour vocation de recevoir des sculpteurs, Joël et Corinne ont proposé au Secrétariat de la Biennale de Dakar de recevoir en résidence un artiste lauréat choisi par le jury officiel de l’événement. Ce Prix Sculpture du Dak’Art a été ainsi mis en place. La plasticienne sud-africaine Usha Seejarim, lauréate de cette première édition, bénéficiera donc d’une résidence artistique de deux à trois mois, à la Scac Marestaing.

Omar DIOUF

 

Aïssatou Cissé a toujours refusé l’immobilisme. Elle a pu vite gravir l’échelle sociale avec un parcours professionnel assez riche.

Malgré son handicap moteur depuis son enfance, la romancière donne l’image de nager dans un océan de bonheur. L’auteur des ouvrages «  Zeyna » et « Linguère Fatim » a su tirer en elle assez de force pour faire face aux revers de la célébrité. Nommée conseillère spéciale du chef de l’Etat, elle donne ses avis sur les politiques de prise en charge de la vulnérabilité et du handicap.

A croire qu’elle garde le sourire en toutes circonstances. Malgré de petites difficultés éprouvées pour nous rejoindre dans la grande cour du Grand Théâtre, où elle nous a donné rendez-vous lors de la cérémonie d’ouverture de la Biennale de Dakar, elle affiche une mine rayonnante, avec une belle allure féminine, même si le soleil darde ses rayons sur son corps. Aïssatou Cissé, sur son fauteuil roulant, a dû faire un grand tour dans la mesure où les rampes, en perplexe, ont été construites loin des escaliers, derrière le bâtiment. Mais avec un visage radieux, bien mis en valeur par une touche de maquillage, elle semble tirer du plaisir à répondre au feu roulant de nos questions surtout, dit-elle, qu’elle fait l’objet de sollicitations de partout.

« Je n’avais pas prévu d’assister à cette rencontre, mais le cabinet présidentiel a insisté… », lâche-t-elle avec fierté. Le rythme rapide de sa voix douce laisse croire à une enfance dorée dans un quartier résidentiel de Dakar. Avec une belle élocution, elle s’exprime avec aisance. Ses propos révèlent aussi un fort niveau d’instruction.

Mais, précise-t-elle, « je suis née dans le populeux quartier de Niaye Thioker. J’ai toujours pris le soin de renforcer mes capacités à travers différentes formations professionnelles ». Aïssatou Cissé a eu la chance d’avoir des parents, un papa professeur d’histoire-géographie, une maman enseignante, qui ont su l’armer et la préparer à affronter les vicissitudes de la vie, au moment où d’autres enfants qui traînent les mêmes tares sont souvent marginalisés et souffrent de l’absence des structures d’éducation spécialisées.

« Mes parents, qui sont des éducateurs, m’ont toujours mis dans la tête que j’ai une part de responsabilité pour le développement de notre pays. Ils ont veillé à ce que mon éducation scolaire puisse être solide. Ils m’ont toujours mise à l’esprit que je dois œuvrer de sorte que demain, mon pays puisse me citer parmi les challengers, qu’il m’était possible de bâtir des choses et que j’ai une pierre à poser à l’édifice ; ils ne cessent de me le dire ».

Mais elle a également eu la chance d’être épaulée, depuis son enfance, par une Française. « Mes parents ont été accompagnés, depuis mon enfance, par Mme Laurence Maréchal, qui était à « Terre des Hommes ». Elle a toujours été présente dans ma vie et est devenue ma marraine. Elle m’épaule toujours, je lui dois beaucoup », confie-t-elle.

VALEURS COMMUNES
Aïssatou Cissé peut se permettre d’être sûre d’elle en raison d’une forte estime de soi, mais aussi pour avoir gagné des batailles dans la vie. Jamais, elle n’a eu à développer des complexes d’infériorité.  «  Mes parents m’ont appris, dès le bas âge, que la vie est un combat, de la naissance jusqu’à la mort. Je me suis toujours fixée des défis, c’est d’ailleurs un trait caractéristique de notre famille. On aime les challenges, on aime toujours aller au-delà de ce qui est défini ».

Et d’ajouter : « Je n’ai jamais bénéficié, dans ma vie, de traitement de faveur. Mes parents ont toujours tenu à ce que je sois corrigé au même titre que les autres. C’était aussi pareil si je devais être récompensée. Ma mère se faisait l’honneur de le répéter à mon maître à l’école. Je ne devais aucunement faire l’objet de discrimination ». Aujourd’hui, elle se réjouit d’être un motif de satisfaction pour ses parents qui ont fondu en larmes lorsqu’elle a été cooptée dans le Cabinet présidentiel. Elle s’est toujours bagarrée pour une prise en compte des personnes vivant avec une vulnérabilité et a su vite gagner la confiance du chef de l’Etat sénégalais. « Jamais je ne m’étais intéressée à la politique. Quand j’ai vu que le président Macky Sall et moi partagions des valeurs communes, j’ai vite fait d’intégrer son directoire de campagne. Il ne cesse de me renouveler sa confiance depuis son élection ». « Certains esprits pensent que je suis intéressée par le prestige social ou que je m’enrichis sur le dos des personnes handicapées, dans la mesure où je ne leur distribue pas des enveloppes bourrées de fric.

Je suis insultée de partout, mais cela ne m’ébranle aucunement », raconte la conseillère spéciale du chef de l’Etat sénégalais en charge des Politiques de prise en charge de la vulnérabilité et du handicap depuis 2012.
Or, précise-t-elle, « en dehors de mon salaire, aucun budget n’a été mis à ma disposition. Le chef de l’Etat sénégalais n’est pas du genre à dilapider les sous de l’Etat.  Sa volonté de mettre en œuvre une gestion sobre et vertueuse est bien réelle ».

SOUVENT « INSULTEE »
La jeune dame, qui est pourtant réputée pour sa générosité, confie qu’elle s’est fixée comme but précis d’offrir des chances de réussite aux personnes vivant avec une vulnérabilité et de lutter contre la politique de l’assistanat qui prive l’humain de sa dignité. Son cursus professionnel reflète aussi des années de militantisme pour la prise en considération de leurs besoins dans les politiques nationales.  

« J’ai travaillé dans les organismes internationaux pour la prise en compte des femmes du monde rural, des femmes qui n’avaient aucune notion de leurs droits fondamentaux, qui ont longtemps été brimées, privées de leurs droits, injustement privées de leur épanouissement. Nous avons mené des missions partout au Sénégal, avec d’autres associations pour leur montrer qu’elles ont des droits », rappelle Aïssatou. Aujourd’hui, elle en récolte des vertes et des pas mûres mais se réjouit du fait que des avancées significatives ont été réalisées depuis qu’elle a accédé à cette station. La loi d’orientation n’est pas encore mise en œuvre, mais des propositions faites au gouvernement sénégalais ont eu un impact réel. Aujourd’hui, la romancière se réjouit des changements réels ces dix dernières années, notamment dans le domaine du handicap.

« La mise en œuvre d’un décret constitue un énorme enjeu, notamment dans le domaine des ressources financières et humaines. Le président de la République Macky Sall a eu le courage de signer le premier décret concernant les personnes handicapées au Sénégal ; c’est un courage politique à saluer. La volonté du chef de l’Etat est forte et ferme. Nous tenons à ce que le Sénégal puisse être une locomotive dans la prise en compte de cette catégorie dans les politiques publiques », note-t-elle.

L’Etat, qui a pris en considération ses recommandations, s’est d’ailleurs engagé à faciliter l’insertion de cette couche sociale dans le monde du travail sur la base de leurs capacités professionnelles. « Des entreprises publiques et privées recrutent de plus en plus des personnes souffrant d’un handicap. C’est à saluer. Nous ne voulons plus qu’une catégorie de personnes soit toujours à la recherche de l’aide d’une tierce. Nous tenons à ce qu’elles jouent leur partition dans le développement de la nation et soient de véritables actrices du développement. Nous ne voulons plus que la pitié soit mise en bandoulière », ajoute Aïssatou. A 48 ans, la dame pétille d’idées et souligne qu’elle n’est pas mue par l’intention de ruiner des espoirs. Elle envisage, d’ailleurs, d’organiser une soirée de gala qui vise à récompenser les entreprises qui auront matérialisé cette volonté du chef de l’Etat d’insérer cette couche sociale dans le monde du travail sur la base de leurs compétences. A travers ce Gala des Baobabs pour l’emploi des personnes handicapées, qu’elle compte organiser, le 30 juin prochain, Aïssatou aimerait magnifier leur contribution significative.

« Et au-delà du Gala, le Prix Macky Sall pour l’inclusion et l’autonomie des personnes handicapées sera décerné aux meilleures entreprises qui auront intégré dans leur dispositif des personnes handicapées ayant les compétences requises selon la structure de recrutement. Nous ne voulons plus qu’elles soient embauchées, par compassion. Cette couche sociale regorge de compétences et nous travaillons dans ce sens avec des experts dans le domaine des droits de l’Homme, de l’emploi. Ce concept va renforcer les politiques nationales en faveur de l’injustice sociale, de la discrimination », dit-elle. Très enthousiaste de sa mission, les mots se bousculent quand Aïssatou Cissé égrène le chapelet de réalisations et de projets en faveur de cette couche sociale. Comme exemple, un sourire éclaire son visage à la pensée de la modification de la loi sur la construction qui a permis l’érection de rampes pour les personnes vivant avec un handicap au sein des édifices publics….

Par Matel BOCOUM

 

La Villa Ciring Cissé sise aux Almadies, en face du 2 K Plaza, accueille jusqu’au 20 mai, l’exposition d’œuvres de l’artiste plasticien Soly Cissé sous le thème : « Curiosité ».

La « Curiosité » habite Soly Cissé. Elle est ambiante. Cette tendance à apprendre, à connaître des choses nouvelles ou cachées constitue le fil conducteur de l’exposition individuelle de l’artiste plasticien. Ses œuvres sont à voir jusqu’au 20 mai à la Villa Ciring Cissé sise aux Almadies, en face du 2 K Plaza, dans le sillage de la 13e Biennale de l’art africain contemporain de Dakar (Dak’Art 2018).

Soly Cissé est un artiste plasticien qui ne croit pas à l’inspiration. Son credo, c’est la recherche, la curiosité. « Dans mes œuvres, j’aime cette subtilité avec des choses cachées, à décoder, imaginer, penser », explique S. Cissé. Il se plaît à ce jeu entre le public et lui.

La tonalité de l’exposition est donnée à l’entrée de la Villa peinte en blanc. Deux sculptures dans une belle patine, sous des traits d’animaux, se dressent fièrement devant la porte. Elles veillent à la quiétude des lieux. Quelques cris d’oiseaux viennent perturber cette atmosphère apaisante. Elle est propice à la contemplation, à la lecture des créations de Soly Cissé.

La scénographie de l’exposition « Curiosité » se déploie sur deux niveaux. Au rez-de-chaussée, une farandole de couleurs, de formes qui titillent les pupilles du visiteur. Les teintes sont chaudes : rouge, jaune, bleu. Elles donnent du relief à des expressions comme la peinture, le collage, le dessin. Par endroits, l’ordre et le désordre se côtoient dans une belle alchimie. Sur d’autres supports, notamment au premier étage, ce coup de crayon, ce coup de pinceau explorent des univers singuliers.

Dans son analyse, le critique d’art, Massamba Mbaye présente Soly Cissé comme le glouton de travail qui amalgame la matière avant de la faire exploser sur support. Au regard de M. Mbaye, si son bestiaire est récurrent, c’est bien parce qu’il se refuse formellement de voir le monde, plutôt avec son côté obscur. « Que l’on ne s’y trompe pas, tout ce qu’il dit de la bête, parfois immonde, est humain !, lance le critique d’art. C’est pourquoi ses reptiles, ses canidés nous surprennent toujours par l’acuité de leur regard et leur intrigante posture ». Des regards, des visages en disent long sur la psychologie des personnages. Dans son écriture picturale, S. Cissé s’emploie à une mise en scène avec des jeux d’acteurs. L’artiste plasticien se définit comme « libre dans la manière de penser, de faire ».

Renouvellement
Les mutations, les affirmations hybrides qui renvoient à la double personnalité de nos humanités sont au cœur du projet artistique de Soly Cissé. Comme au théâtre forum, « le public doit interagir dans le travail de l’artiste. Il doit participer à l’évolution du processus de création », opine le plasticien estimant que le public peut être un bon juge. « Le public complète l’artiste. Il apporte sa contribution. C’est à partir de ce regard que nous essayons d’ajuster, de rectifier les choses que nous mettons en place », relève Soly Cissé. Pour lui, le créateur doit être préoccupé par la recherche. Il doit beaucoup travailler, se renouveler. Sur ce point, le regard de Massamba Mbaye est très précis. « Soly Cissé a commencé à superposer ses œuvres pour n’en faire qu’une par le simple fait du hasard du rangement des toiles dans son atelier. Ce constat fortuit a été un déclic pour une présentation plastique consubstantielle à une élaboration esthétique ». Cette approche transparaît dans la série « Curiosité ».

Des tableaux sont superposés les uns les autres, laissant une grande part d’énigme, d’imagination sur la composition de l’œuvre qui se situe en dessous de l’autre. Le critique d’art, M. Mbaye juge qu’une œuvre n’est jamais terminée. « L’artiste atteint un seuil d’équilibre ou de déséquilibre qu’il valide avec une signature mais, par sa force de suggestion, la toile est de l’ordre de l’infini », argue-t-il, ajoutant : « C’est par l’imagination qu’elle se libère et donne sens ou à sentir ». L’exposition « Curiosité » est à voir jusqu’au 20 mai à la Villa Ciring Cissé sise aux Almadies, en face du 2 K Plaza.

E. Massiga FAYE

Un long tonnerre d’applaudissements a suivi la projection du film « Amin » à la Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes. Ils étaient bien sûr pour la remarquable actrice Emmanuelle Devos et le réalisateur Philippe Faucon, auteur de nombreux films et notamment le grand succès, « Fatima », mais cette ovation consacrait aussi deux acteurs sénégalais encore méconnus. Rencontre.

« En nous voyant à l’écran, j’ai revu le village de Cherif Lô où se déroulait le tournage, la joie de vivre des enfants, l’accueil qui nous a été réservé mais aussi le travail que nous avons fourni.

J’ai pleuré devant les applaudissements car j’ai compris que ça valait vraiment la peine de faire ce film », indique Marème Ndiaye. « J’espère que beaucoup de gens pourront le voir pour comprendre les immigrés », renchérit Moustapha Mbengue. Il y interprète Amin, qui travaille dans un chantier de construction en France et ne rentre que lors des vacances pour retrouver sa femme Aïcha (Maréme Ndiaye) et ses trois enfants. Il finit par avoir une relation avec Gabrielle, une femme accueillante (Emmanuelle Devos), et manque le voyage, ce qui éveille les soupçons…

« Au Sénégal, beaucoup vont s’identifier : ce sont des situations qu’on vit en permanence », dit Marème. Dans le film, elle se rebelle car, dit-elle, « les femmes ne se laissent plus faire. Aïcha ne se contente plus d’être la villageoise qui fait à manger et s’occupe des enfants. Elle veut savoir où va l’argent de son mari et se prend la tête avec sa belle-famille. C’est une battante ! »

Moustapha est venu en Italie pour faire de la musique. « Mais je connais beaucoup de Sénégalais qui travaillent dans les chantiers. Ils font ce que ne veulent plus faire les Européens », dit-il.

Le cinéma n’est pas nouveau pour eux. Marème a joué dans « Maman (s) » de Maïmouna Doukouré, qui a reçu le César du meilleur court-métrage en 2017, et d’autres courts-métrages.

Moustapha était dans « Les Caprices d’un fleuve » de Bernard Giraudeau et en Italie, où il habite depuis 21 ans. Il a joué à la télévision et dans des films de réalisateurs comme Nino Manfredi, mais il fait aussi du théâtre. Musicien, il participe au groupe Africa Djembé. Maréme a eu le rôle en se présentant au casting et Moustapha a envoyé une vidéo pour y participer.

Au tournage, Philippe Faucon suivait l’objectif du scénario mais voulait qu’ils restent naturels. « C’était comme une formation, indique Maréme : il nous poussait à trouver les choses par nous-mêmes. » C’était d’autant plus important pour une scène intime, lorsque Amin retrouve Aïcha, une belle scène où elle voit les rides de son mari qu’elle ne voit pas vieillir. Son personnage se rebelle contre cette solitude et sa colère éclate quand Amin manque le voyage et que seul son frère lui amène les cadeaux. « Pour tourner la scène, cela tombait bien car ce jour-là, j’étais réveillée du mauvais pied ! », lâche-t-elle.

Amin, lui, trouve le réconfort dans les bras de Gabrielle (Emmanuelle Devos), mais cela finit par se remarquer… Son jeu est épanoui au Sénégal et replié en France. « Cela tient au fait que l’environnement est différent. Les gens en France sont méfiants, parfois agressifs. On se crispe et on pense à son travail, à sa famille ».

Pour Moustapha Mbengue, le cinéma permet de « contribuer à l’égalité des citoyens dans le monde, au fait qu’on soit tous respectés. C’est important pour faire passer un message de paix et de fraternité. » Marème et Moustapha apprécient les retours positifs sur le film et la magie du festival. « Cannes est une fête du cinéma, dit Moustapha, c’est très beau ! Le cinéma apporte la joie et la culture, c’est mieux que de faire des missiles ! » Confirmant le talent et la justesse de ton d’un réalisateur confirmé, le film est un succès et fera une belle carrière, mais comme le dit Marème : « Le fait d’être à la Quinzaine des réalisateurs, c’est énorme. Bon, après, on rentre chez nous et on reprend notre train de vie ! »

De notre correspondant Olivier BARLET

A travers 25 tableaux exposés au Centre socioculturel de Bargny, l’artiste Pape Issa Diouf dit Papissa raconte le quotidien des Sénégalais et surtout met en valeur le patrimoine. Artiste au riche parcours, Papissa en est à sa deuxième exposition individuelle.

Le développement ne peut se faire sans les valeurs. Pour l’avoir bien compris, l’artiste plasticien Pape Issa Diouf, plus connu sous le nom de « Papissa », en a fait son thème de prédilection.

L’année dernière comme pour cette présente édition de la Biennale de Dakar, l’artiste bargnois a présenté au public de magnifiques tableaux qui traitent de divers domaines de la société, dans le cadre de son exposition « Off ».

Une exposition où transparaissent divers thèmes avec toujours en toile de fond la promotion des valeurs culturelles sénégalaises et africaines. Dans ce registre, les femmes ont une place de choix avec « femmes dynamiques » ; « Panier de la ménagère » ; « Khardiata ak Ameuyta » ; ensuite, les animaux à travers « bataxalu malayi » ; « Jambaar » est un hommage à l’armée sénégalaise dont la finalité est de magnifier la bravoure de nos vaillants soldats. « Traditions et valeurs » et « enracinement et ouverture » sont aussi des tableaux qui résument parfaitement la pensée de l’artiste.

« Ce thème est très important parce qu’on a fait la remarque au Sénégal que les gens perdent leurs valeurs. Or, dans un pays, on ne peut pas se développer sans pour autant mettre en valeur le travail, la santé, l’éducation, l’armée », a expliqué Papissa devant une foule nombreuse au vernissage de son exposition. Choisi comme parrain de cette exposition individuelle, le professeur Massamba Guèye a trouvé le thème « pertinent ». Car, selon lui, « nos cultures et notre savoir-faire sont riches et méritent d’être sauvegardés et valorisés ». Maître de cérémonie et spécialiste de l’oralité, M. Guèye a même interprété certains tableaux de l’artiste devant le public. Entre lui et « Papissa », la convergence de vue est établie.

Le directeur de l’exposition, Moussa Guèye, estime, quant à lui, que « Papissa » assume pleinement son rôle d’artiste. « Le rôle de l’artiste est de poser des questions et d’amener le public à réfléchir sur des conditions d’existence en vue de susciter de nouvelles orientations pour le développement social, politique, environnemental et culturel », assure Moussa Guèye. Cette exposition individuelle n’est pas la première pour l’artiste au riche parcours. En 2012, il avait organisé un pareil événement. Ce qui a, par la suite, donné un autre contour à sa carrière, puisque l’artiste a été plusieurs fois primé. En 1994, il reçoit le premier prix de l’exposition des ressortissants de Rufisque - Bargny vivant en France. L’année suivante, il reçoit le 2e prix de la Semaine nationale de la jeunesse en 1995. Deux ans plus tard, il est classé 3e prix du « Dak’Art Off ».

En 2014, son œuvre « Une si longue quête » est sélectionnée pour figurer à l’exposition permanente de la galerie du Centre international de conférences Abdou Diouf (Cicad). Aujourd’hui encore très dynamique et plein d’énergie, l’artiste n’a pas encore étanché sa soif de découvrir d’autres horizons et d’aborder d’autres thèmes. C’est pour cela que Papissa compte aller à la conquête du monde et partager son savoir-faire artistique.

Maguette NDONG

Le ministre de la Culture, Abdou Latif Coulibaly, a procédé, hier, jeudi 17 mai, à l’installation officielle du Comité d’organisation chargé de la préparation de l’inauguration du Musée des civilisations noires, prévue le 6 décembre prochain.

L’inauguration du Musée des civilisations noires est prévue le 6 décembre prochain, à Dakar. Hier, le ministre de la Culture a procédé à l’installation officielle du Comité d’organisation chargé de la préparation de cette inauguration.

A cette occasion, Abdou Latif Coulibaly a souligné que le Comité d’organisation sera une structure opérationnelle en vue de relever tous les défis liés à la tenue de cet important événement.

« Je veux un comité opérationnel et très efficace », a indiqué le ministre à l’endroit des membres du comité. Il a réitéré l’importance que le président de la République, Macky Sall, accorde à l’inauguration du Musée des civilisations noires.

Avant son inauguration en décembre, le musée sera réceptionné au mois de juillet prochain par les chefs d’Etat du Sénégal et de la République populaire de Chine.

Assane DIA (Correspondance particulière)

A 16 ans, Marie Coura Diagne fait de l’accès au livre son combat. Son rêve, voir chaque école sénégalaise équipée d’une bibliothèque.

A l’heure où la lecture est passée de mode chez une bonne partie d’une jeunesse biberonnée aux Tic et aux réseaux sociaux, il est heureux de constater que certains continuent de croire à la valeur du livre. Marie Coura Diagne, 16 ans, élève en classe de Première à l’école Iqra Bilingual Academy de Point E, incarne cette catégorie en voie de disparition. Elle est à l’origine d’une initiative visant à aider ses camarades élèves des régions déshéritées à accéder au livre.
L’année dernière, avec l’aide de ses parents et de ses camarades d’école, elle a réussi à collecter 200 livres qu’elle a donnés à l’Inspection de l’éducation et de la formation (Ief) de Kaolack.

Cette année, grâce à la participation des Cours Sainte Marie de Hann, elle a réussi à en collecter 1.100 distribués à deux écoles de Nioro (région de Kaolack) et de Niakhar (région de Fatick), et espère atteindre 2.000 ou 3.000 livres l’année prochaine. Cette belle initiative est partie d’un constat. Celui du « gap » existant entre les écoles de la capitale et celles des autres régions. « Je me suis dit que nous ici, à Dakar, nous ne nous rendons pas compte de la chance que nous avons. Nous avons accès à des livres de qualité que nous ne lisons même pas alors que dans certaines zones du Sénégal, avoir un livre, c’est un luxe », explique Marie Coura Diagne. C’est ainsi qu’elle a décidé de lancer une campagne de collecte de livres pour les partager avec les autres élèves qui n’ont pas cette chance.

« Le partage est une valeur de l’Islam parce que ce n’est pas tout le monde qui a la même chance que nous », dit-elle. L’adolescente a aussi voulu lancer un message aux jeunes : « Il faut s’intéresser aux livres, parce que la lecture est essentielle pour se cultiver et à travers les livres, on peut apprendre beaucoup de choses ». Mais, comme il est « très difficile de se déconnecter », avec toutes les applications existantes, elle recommande à ses camarades élèves d’utiliser justement ces technologies (comme E-book) pour retrouver le goût de la lecture au lieu de passer tout leur temps à « chatter ». A l’avenir, elle espère récolter assez de livres, notamment avec l’aide de partenaires locaux et étrangers, pour installer une bibliothèque dans chaque école sénégalaise, ainsi que des salles informatiques pour que les élèves puissent accéder à plus de ressources.

Seydou KA

 

L’Ecole Gaïndé Fatma de Pikine accueille, jusqu’au 2 juin, l’exposition de l’artiste, plasticien et sculpteur Mame Gallo Bopp. Intitulée « La vertu du partage », cette exposition est organisée dans le cadre de la programmation « Off » de la 13ème édition de la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar.

Produit de l’Ecole des Beaux-arts de Dakar, Mame Gallo Bopp excelle, depuis plusieurs années, dans la sculpture sur bois et en fer. Cette démarche artistique aussi singulière que méticuleuse lui permet de mieux traduire son ressenti à travers un mélange de matières et d’objets récupérés qui donnent du relief à ses créations. Le noir, sa couleur de prédilection, évoque des images, une histoire, des faits de société, de pratiques dont l’humanité est parfois peu fière. Mame Gallo est un artiste engagé jusqu’au seuil de l’âme. C’est d’ailleurs cet engagement qu’il cherche à traduire dans la plupart de ses œuvres, en faisant figure d’un militantisme et d’une conviction profonde.

Par exemple, l’œuvre « Homme noir » sculptée sur du bois est un bel hommage aux anciens combattants qui ont donné leur vie pour la libération de la France et qui, malheureusement, n’ont jamais eu une récompense à la hauteur de leur mission. Dans cette représentation tout en noir, l’artiste fait aussi un clin d’œil à Nelson Mandela, père de la nation arc-en-ciel dont le combat a servi de leçon à l’humanité. D’autres thématiques comme « Après-Guerre », « Le jugement dernier » ou « La clé du monde » traduisent à peu près les mêmes préoccupations : justice et vérité. Gallo rêve d’un monde à lui où la justice n’est pas docile et domestiquée, la pauvreté accentuée et l’honneur dénudé. Son travail est un cri de cœur, un message alarmiste appelant chacun à ses responsabilités.

Artiste, il voit la société avec l’œil de la sagesse et donne, dans certains de ses tableaux, des débuts de solutions face à certains fléaux à l’image de la prostitution urbaine. « Femme désespérée » aborde la question de l’honneur de la femme. Une dignité parfois abrégée du fait des difficultés économiques qui hantent le quotidien de nos concitoyens. L’exposition « Off » qu’il présente jusqu’au 2 juin, dans le cadre de la 13ème édition de la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar, au Centre de formation artisanal (Cfa) et à Pikine, c’est aussi cette grande sculpture sous forme de fauteuil. Intitulé « Birima Ngoné Latyr Fall », elle est constituée principalement de bois cramé soutenu par du fer. Cette sculpture sur laquelle est gravée la tête d’un homme soulevant la main en guise de victoire et avec un lion donnant l’impression de rugir, est une synthèse, voire un récit d’une partie de l’histoire coloniale du Sénégal. Mais celle de tous les peuples noirs qui ont eu à s’émanciper et à s’extirper du joug des tutelles coloniales.

Mame Gallo Bopp a décidé de transférer une partie de son exposition de Delafosse à Pikine (Ecole Gaïndé Fatma) pour davantage populariser son travail. Il s’agit aussi, selon lui, d’impliquer les populations de cette partie de la banlieue dans le Dak’Art et montrer que Pikine regorge d’artistes qui peuvent prendre part à la Biennale.

Directeur de l’Ecole des arts dynamiques de Pikine, Mame Gallo Bopp totalise une quarantaine d’expositions dans sa carrière. Aujourd’hui, il assure la formation de centaines de jeunes dans le domaine des arts, de la menuiserie, de la décoration et de la couture dans la banlieue dakaroise (Pikine et Malika). « De 1994 à maintenant, j’ai formé 633 élèves. La formation est gratuite et concerne des jeunes issus de toutes les couches sociales », explique-t-il. Son exposition « La vertu du partage », ouverte du 3 mai au 2 juin, marque, selon ses propres mots, son « retour en force » à la biennale après sa sélection au symposium international du Dak’Art 2014.

Ibrahima BA

 


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