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Arts et Culture (1569)

Sur initiative de l’Institut africain de développement économique et de planification des Nations unies (Idep), un séminaire tourné sur le thème « Quel «Big Data» pour l’Afrique ? » s’est tenu mercredi, à Dakar. Les participants ont échangé sur les moyens et opportunités pouvant servir à relever les défis liés au « Big Data ».  

L’explosion quantitative des données numériques conduit les chercheurs à trouver de nouvelles manières d’analyser les connaissances. Il s’agit essentiellement de mettre en avant de nouveaux ordres de grandeur concernant  la capture, la recherche, le partage, le stockage, l’analyse et la présentation d’un nombre toujours plus grand d’informations sur les bases numériques. Les analyses sur le développement du continent africain s’accordent sur l’importance du « Big Data » comme l’un des grands défis informatiques de la décennie 2010- 2020.
 Les données permettent aux citoyens, aux entrepreneurs et aux décideurs publiques de prendre des décisions plus efficaces. L’accessibilité et la qualité des données permettent aux entrepreneurs de créer de nouvelles opportunités commerciales.

« Pour les gouvernements africains, adopter une approche « Big Data » pour les écosystèmes statistiques nationaux permet de mieux suivre et évaluer les plans de développement et d’améliorer la mise en œuvre des objectifs de développement », souligne  Karima Bounemra Ben Soltane, directrice de l’Idep.  Le « Big Data » ouvre d’énormes opportunités économiques et sociales pour le continent africain. En plus de révolutionner l’offre de services informatiques, d’aiguiller les stratégies des grandes entreprises, il aide à booster et moderniser le développement du secteur industriel, ajoute-t-elle. Des efforts considérables ont été faits par les pays africains dans l’amélioration de la qualité, l’accessibilité et la vitesse de production et l’utilisation des données.

Selon un rapport de 2016 portant sur la révolution des données en Afrique, des pays comme l’Ethiopie, le Nigeria, le Sénégal et la Tanzanie ont engagé des réformes du cadre légal des systèmes statistiques pour améliorer la qualité, la rapidité et la flexibilité sur l’exploitation des données. Ceci contribue fortement à la réalisation de l’atteinte des Odd.

Les données générées et échangées dans le monde proviennent de différentes sources telles que le web, les vidéos, les images, les e-mails, les enregistrements de transactions d’achats en ligne, les signaux Gps… « En résumé, toutes nos actions numériques quotidiennes génèrent ces volumes vertigineux de données. On parle alors de « méga-données », communément appelée  « Big Data », informe Makane Faye, ancien chef de Section des Services des connaissances, divisions de l’Informatique de la Cea.

Un potentiel encore peu exploité
Ce sont souvent des données non structurées, dont la nature et la taille ne permettent pas une capture, un stockage, une gestion et un traitement classiques. C’est tout l’enjeu des nouvelles applications analytiques qui promettent une meilleure exploitation des données, ajoute M. Faye. En effet, ces flux infinis d’informations ont un potentiel encore peu exploité par les entreprises, notamment les directions de marketing et de communication, des ressources humaines et des finances, premiers départements directement concernés par ce phénomène.

Pour les experts réunis dans cette rencontre, le traitement des données est l’un des enjeux les plus importants du « Big Data ». « En effet, les informations arrivent en masse et se présentent sous divers formats. L’entreprise doit donc investir dans des outils de gestion et de traitement permettant de transformer les données recueillies en informations intelligibles. Ces solutions de gestion doivent permettre d’analyser les data en temps réel », informe Mouhamed Diagne, responsable commercial « Big Data » au Bureau Microsoft Dakar.

Oumar BA

Durban - Une consultation régionale sur les médias s’est tenue, les 5 et 6 juillet, dans la ville sud-africaine de Durban. Organisée par le Centre international d’assistance aux médias (Cima) et la Deutsche Welle Akademie (Dw), la rencontre de deux jours a regroupé près d’une quarantaine de participants venus du continent. Tous ces professionnels, acteurs, propriétaires des médias, activistes, membres de la société civile, d’organisations régionales se sont penché sur la nécessité de « construire des coalitions pour la réforme du secteur des médias, en mettant l’accent sur l’amélioration du niveau local, régional et global par des actions concertées ».  

Poursuivant l’objectif de bâtir une vision stratégique partagée, la consultation est véritablement un exercice d’échanges et d’exorcisme pour les participants qui ont d’emblée essayé de camper sur l’univers des médias. Différentes réalités ont été ressorties, mettant en évidence des défis qui se font jour d’un pays à un autre du continent. C’est en partant des différentes réalités et des défis différents que les participants veulent arriver à un changement de vision pour les médias africains.

La faillite ou l’absence du modèle économique des médias subsahariens a été indexé par la grande majorité des participants qui ont appelé à une meilleure « conception de ce modèle ». Ils ont également fustigé, dans les défis à relever, la réelle « concentration ou l’accaparement des médias par des propriétaires qui font même de la concentration en possédant plusieurs supports en même temps ». Dans un ordre décroissant, d’autres défis ont été relevés : manque de soutien politique, violence contre les journalistes, abus dans la qualification des délits de diffamation, censure gouvernementale.

Si la plupart des participants pensent que la pluralité des médias est effective, il n’en demeure pas moins qu’ils pensent que cet environnement des médias n’est pas toujours propice à l’indépendance ou au développement de ces médias. Ils ont été partagés sur le respect des politiques de l’indépendance des médias.

Ainsi, cet univers pluriel des médias doit amener, selon les participants, à « établir une coopération avec les autres acteurs des pays et de la sous-région tout en allant vers les organisations régionales ou continentales ». Cette réforme du secteur des médias se fera également au-delà des coalitions à bâtir avec d’autres acteurs, par la formation initiale des journalistes et la formation continue.

Régulation
Le diagnostic et les recommandations ont mis en évidence la « nécessaire solidarité et le réseautage au niveau régional pour faire face à la pression ». Une autre réalité est d’œuvrer pour une bonne « régulation et la définition de modèles économiques pour assurer la pérennité des médias ». Avec une population très jeune et portée sur les technologies de l’information, l’Afrique doit, ont préconisé les participants, faire face aux défis digitaux. L’une des recommandations phares a aussi trait au professionnalisme des journalistes africains à encourager.

Mark Nelson, directeur du Cima, s’est réjoui de la tenue de la consultation continentale. Il a regretté le faible taux du montant d’assistance, 0,5 % du montant total d’assistance, accordé aux médias dans le monde. Espérant que l’identification et la formulation de priorités pour les médias africains puissent convaincre les bailleurs intéressés à donner plus au secteur des médias.

« D’énormes progrès ont été notés dans de nombreux pays africains en termes d’avancées démocratiques, de liberté de presse. L’importance de cette rencontre de Durban réside dans le fait qu’elle permettra aux acteurs et experts africains eux-mêmes de se pencher sur leurs problèmes réels et de préconiser des solutions. Nous sommes là pour les écouter et les accompagner. A charge pour nous d’aller convaincre les bailleurs de faire plus pour les médias subsahariens », a souligné M. Nelson. Le Cima œuvre essentiellement dans la recherche pour le savoir sur les questions de médias et la bonne gouvernance.

Le chef de la recherche et du suivi pour le développement des médias de la Dw Akadémie, Jan Lublinski, a abondé dans le même sens. Pour lui, il n’y a pas « d’agenda particulier, mais une volonté d’écouter et de soutenir le dialogue ciblé pour avoir une bonne vision pour les médias africains ».      

Un Réseau non-étatique mis en place

Le groupe de 36 experts dans les médias et la bonne gouvernance de 15 pays d’Afrique subsaharienne, réunis à Durban, s’est accordé à mettre en place d’un Réseau non-étatique et de multiples acteurs. Ce Réseau entend travailler avec les gouvernants, les parlementaires et d’autres acteurs en vue de parvenir à un «environnement économique, juridique des médias favorable, mais aussi de défendre les voix indépendantes en cas d’attaque».Après deux jours d’intenses travaux qui ont porté sur l’environnement des médias africains, les défis, la vision d’un changement en vue de la construction d’alliances et de coalitions avec d’autres organisations, les participants ont fait ressortir dans la déclaration de Durban la nécessité, pour le nouveau Réseau, d’œuvrer au niveau local, régional et continental. Le Réseau devra être, ont-ils souhaité, un «levier, une ressource pour confronter les défis complexes auxquels font face les médias africains, mais aussi un outil pour inverser d’éventuelles craintes qui pèsent sur les médias et de pérenniser la liberté d’expression, le journalisme de qualité.

«L’implantation de la démocratie tout comme le développement durable en Afrique dépendront fondamentalement de la réalité des médias libres et indépendants et sources d’informations plurielles mettant en exergue les violences des droits humains», souligne la déclaration.
I. K. NDIAYE

De notre envoyé spécial Ibrahima Khaliloullah NDIAYE

Dans le cadre de ses cycles de séminaire de recherche sur les politiques culturelles, l’Institut fondamental d’Afrique noire de l’Ucad s’est penché, hier, sur le statut de l’artiste et la professionnalisation. Au Sénégal, le ministère de la Culture a entamé, il y a quelques années, une réflexion sur la mise en place d’un projet de loi  portant sur le statut de l’artiste et du professionnel de la culture avec comme objectif principal de prendre en charge la protection sociale des acteurs, l’éducation, les conditions de travail, le financement...

Depuis 2013, le ministère de la Culture et de la Communication a mis en place un comité restreint pour réfléchir sur un cadre juridique instituant un projet de loi portant sur le statut de l’artiste. Cet instrument, une fois finalisé et adopté par l’Assemblée nationale, va permettre de mieux prendre en compte les besoins des artistes et des professionnels de la culture notamment en termes de protection sociale, d’éducation et la formation artistiques, l’emploi et les conditions de travail, la reconnaissance de l’artiste et du professionnel de la culture. C’est également une manière de fixer la rémunération de la prestation des artistes conformément au Code du travail et de faciliter l’accès au financement.  

Avec ce projet de loi, le conseiller technique chargé de la formation au ministère de la Culture et de la Communication reste convaincu qu’il s’agit d’un remède aux problèmes auxquels les acteurs du secteur sont aujourd’hui confrontés. C’est pourquoi, précise Souleymane Ngom, qui s’exprimait dans le cadre du cycle de séminaire de l’Ifan sur le thème : « Statut de l’artiste et professionnalisation : Rôle de l’Etat et quel (s) mécanisme (s) définir pour sa mise en œuvre effective ? », il a toujours été une préoccupation pour le ministère de la Culture de doter notre pays de ce texte de loi en conformité avec les mutations de l’époque. Cela, en reconnaissant à l’artiste la qualité d’un travailleur culturel « au sens de l’Organisation internationale du travail, d’encourager sa promotion en assurant sa protection, sa dignité et son intégrité, sans porter atteinte à sa liberté de création, d’expression et de communication ». Même si ce projet de loi n’a pas encore vu le jour, M. Ngom pense que des avancées « considérables » ont été réalisées au Sénégal.

Rémunération de l’artiste
A ses yeux, la promulgation de ce texte de loi va apporter une bouffée d’oxygène à l’environnement économique du secteur avec l’accès au financement des artistes. Pour Souleymane Ngom, il y a lieu de créer une banque culturelle à l’image de ce qui se fait au Cap-Vert. « Il faut se mettre aux normes et standards internationaux. On doit mener une étude sur le statut et la rémunération des artistes », soutient-il. A l’absence d’une loi sur le statut de l’artiste, le Code du travail ne prend pas en charge les préoccupations des artistes.

C’est pour cette raison d’ailleurs que S. Ngom trouve qu’il est devenu « vital » d’arriver à la mise en place de cette loi afin de bien organiser le secteur. Le conférencier a informé qu’un comité qui s’occupe des questions sociales est en train d’être installé au ministère ainsi que l’idée d’adoption d’une loi d’orientation sur la culture dont l’objectif est de définir, entre autres, le profil de l’homo senegalensis et la prise en charge du mécénat.

Corneille Badji, avocat et conseil en propriété industrielle et mandataire auprès de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (Oapi), considère qu’au Sénégal, les conditions de travail des artistes sont souvent précaires. Ce qui, à l’en croire, a un incident sur la protection sociale.

Selon lui, pour faire face à ce problème, il est nécessaire de considérer l’artiste comme un travailleur car, actuellement, les dispositifs en vigueur ne permettent pas de prendre en compte les préoccupations de ce dernier.

Ibrahima BA

La  16ème  édition de la Foire internationale du livre et du matériel didactique de Dakar (Fildak), prévue du 22 au  27 novembre 2017 au Cices, aura comme thème : « Livre, jeunesse, économie : défis du développement ». La République du Congo a été choisie comme pays invité d’honneur.

A quelques mois de la fin du processus de construction de l’infrastructure de la Télévision numérique terrestre (Tnt), le groupe Excaf Télécom a formé 800 jeunes sénégalais et lancé, hier, la campagne « Némékou ». Selon un communiqué, ces jeunes techniciens vont vérifier les installations faites chez les usagers, expliquer tous les avantages de la Tnt. L’objectif de cette opération, « s’assurer que l’ensemble de la population utilise de manière optimale le décodeur et tous les services qu’offre la Télévision numérique terrestre », détaille le document.
Dans la phase 1 du déploiement, les communes de la Médina, des Parcelles assainies, de Grand Yoff et de Grand Dakar recevront ces jeunes technico-commerciaux.
A terme, plus de 9.000 techniciens seront formés et répartis dans toutes les régions du Sénégal.

La 12ème édition du Festival international de hip hop et de cultures urbaines (Festa 2H) de Dakar se tient du 04 au 08 juillet à la Maison de la Culture Douta Seck. Cette grande fête, moment de rencontres de plusieurs expressions artistiques, propose, cette année, des plateaux artistiques de bonne facture, des têtes d’affiche de belle renommée et des ateliers.

Ce festival pluridisciplinaire, initiative de l’association Africulturban, met en lumière, chaque année, des propositions du mouvement hip hop et de la culture urbaine mondiale. Il est l’une des plus grandes rencontres dans son genre en Afrique. C’est une plateforme d’actions et de mise en évidence de toutes les expressions des cultures urbaines : la musique (rap, ragga, reggae, rnb), le cinéma (projection), la peinture (graffiti), la danse (break dance), la mode (street wear) et le spoken word (slam). Cette édition est marquée par la participation de 14 pays en plus du Sénégal. 100 artistes et groupes sont attendus durant les quatre jours que dure le festival.

Il est de coutume, à l’occasion du festival, de faire participer à la fête des artistes et groupes de grande réputation. Cette année, le public aura à savourer les prestations, entre autres, de M.O.P et de Onyx des Etats-Unis, de Médine de la France, de Soul Bang’s de la Guinée, lauréat du Prix Rfi Découvertes. Cultura Dakar de la coopération espagnole a également permis la venue d’Agorazein, groupe bien représentatif de la musique urbaine espagnole.

Et dans le cadre du renforcement de la coopération Sud Sud, Africulturban (Sénégal), Eac L’ Boulevard (Maroc), Assalamalekoum (Mauritanie) et La Fondation Sur Le Niger (Mali) ont initié le projet Jokko Fam. Cette année, le focus est encore mis sur les artistes féminins du hip hop. Leur résidence artistique a permis la production de sept morceaux, la réalisation d’une vidéo et la participation à un concert le jeudi 06 juillet à Douta Seck puis à Nouakchott, en Mauritanie, dans le cadre du festival Assalamalekoum hip hop festival et à la 17ème édition du Boulevard en septembre à Casablanca et en février 2018 à Ségou au Mali. Cette initiative permet, de l’avis d’Amadou Fall Bâ, directeur du Festa 2H, de renforcer la présence d’artistes du hip hop féminin.

Par ailleurs, les activités ont démarré hier avec une visite à la prison des mineurs, Fort B. Cela entre dans le cadre du projet de l’association Africulturban, Yuma (Youth urban media academy) qui vise à promouvoir la réinsertion sociale d’ex-détenus mineurs. Il est prévu d’y organiser des échanges et d’offrir des repas.

En outre, des ateliers consacrés à plusieurs modes d’expressions artistiques sont inscrits au programme dans lequel les artistes à mobilité réduite sont bien pris en compte. Amadou Fall Bâ s’est aussi félicité de l’appui de l’Etat et des partenaires qui a permis aux organisateurs de mobiliser entre 30 et 35 millions FCfa en espérant le soutien du secteur privé afin de faire face aux nombreuses charges.

Alassane Aliou MBAYE

Le ministère de la Culture et de la Communication a procédé, hier, au lancement officiel de la 16ème édition de la Foire internationale du livre et du matériel didactique de Dakar (Fildak). Prévue du 22 au 27 novembre prochain, l’édition de cette année sur le thème : « Livre, jeunesse, économie : défis du développement ».

Prévue du 22 au 27 novembre prochain au Centre international du commerce extérieur du Sénégal (Cices), la  16ème édition de la Foire internationale du livre et du matériel didactique de Dakar (Fildak) a été officiellement lancée, hier, en présence des autorités, des membres du Comité scientifique, des personnalités culturelles et des professionnels du livre. L’édition de cette année, qui verra la participation de plusieurs pays, porte sur le thème : « Livre, jeunesse, économie : défis du développement ». La République démocratique du Congo, a informé le secrétaire général du ministère de la Culture et de la Communication, qui a procédé au lancement de l’édition 2017 de la Fildak, a été choisi comme pays invité d’honneur.  Selon Birane Niang, ce pays, ami du Sénégal, regorge d’écrivains et de poètes de grande qualité, parmi les plus remarquables de la littérature africaine à l’image de Théophile Obenga, Tchikaya U Tamsi et Sony Labou Tansi. La foire du livre de Dakar a pour objectif « de favoriser la promotion du livre et du matériel didactique ainsi que la diversité culturelle dans le domaine de l’écrit et de contribuer au rayonnement culturel du Sénégal et de l’Afrique en général ». Elle œuvre également pour l’établissement et la consolidation des contacts entre les différents professionnels du livre.  

Pr Mamoussé Diagne, parrain
Cette année, le Professeur Mamoussé Diagne a été choisi comme parrain de la 16ème édition. « Penseur de renom, une des fiertés intellectuelles de notre pays, le Professeur Diagne dont le travail porte en partie sur le questionnement de nos traditions orales comme porteuses de philosophie aura, comme il est de coutume, à prononcer la conférence inaugurale », a soutenu M. Niang.

Abordant la thématique retenue pour cette édition, Birane Niang a indiqué que le livre demeure un outil de transmission de savoirs et de savoir-faire « indispensable et incontournable », quelle que soit la nature de son canal de diffusion, physique ou numérique. « Il est donc important que nous tous, institutions, acteurs du livre comme partenaires, poursuivions et renforcions nos efforts pour la promotion, la diffusion et l’usage régulier du livre auprès des populations et notamment des jeunes. C’est l’une des conditions de l’atteinte de l’émergence qui se construit d’abord par le savoir et le capital humain, conformément aux orientations du Plan Sénégal émergent », a-t-il souligné. C’est pourquoi, a-t-il ajouté, le président de la République a décidé de la relance de la Bibliothèque nationale dont notre pays devrait se doter dans les meilleurs délais.

Au regard de l’importance de livre, le secrétaire général du ministère de la Culture exhorte tous et notamment les médias afin que le livre et la lecture continuent à apparaître comme un domaine prioritaire de « nos » actions.

Comme lors de la précédente édition, il est également prévu, cette année, un pré-colloque le 14 novembre prochain. Un comité scientifique présidé par la directrice du Musée Léopold Sédar, Marième Ndoye Mbengue, a été déjà mis en place. Il se chargera, entre autres, de fixer les orientations, de rehausser la qualité de l’organisation et de la participation.

Ibrahima BA

Des membres de l’Espace numérique de la Présidence de la République ont présenté récemment le dispositif au public de la région de Kaolack. Il en ressort que le président Macky Sall est très actif sur les réseaux sociaux.

Le Sénégal dispose d’un ratio impressionnant par rapport au nombre d’habitants avec un téléphone mobile. Une statistique corroborée par les enjeux de l’économie numérique dans le pays qui s’est doté d’un plan stratégique à l’horizon 2025. Une ambition expliquée par la Cellule de l’Espace numérique de la Présidence de la République qui accompagne le chef de l’Etat dans ses déplacements à l’intérieur et hors du pays.
Avec plusieurs comptes à son actif dont un sur Facebook, Tweeter ou Snapchat, le président Sall compterait plus de 250.000 interlocuteurs sur la twitosphère selon une étude spécialisée. Ce qui en ferait le premier président africain dans l’espace francophone devant son homologue ivoirien dont le pays avec plus de 23 millions d’habitants posséderait un avantage démographique certain.

Selon Ousmane Thiongane membre de ladite de cellule : « l’espace numérique de la Présidence de la République apporte une plus value dans la communication du chef de l’Etat, qui intégre ainsi la possibilité d’un dialogue direct avec les populations car quand le temps le lui permet, c’est lui personnellement qui répond à ses interlocuteurs sur ses différents comptes ».

Ce spécialiste de la communication a fait une démonstration de l’Espace numérique mobile de la Présidence de la République devant un public composé de journalistes reporters, d’étudiants d’écoles de formation et en présence du gouverneur de la région de Kaolack et de ses adjoints. Cela a été un grand moment d’échanges sur le changement de paradigme en matière d’informations.

« J’étais, je l’avoue, un peu réticent pour intégrer les réseaux sociaux, mais sachez qu’à partir d’aujourd’hui, vous pouvez compter avec moi un fervent adepte des technologies de l’information et de la communication », a lancé le chef de l’Exécutif régional conquis par les opportunités offertes par le digital.

Autre application vulgarisée, le compte « Génération Sénégal » entièrement dédié à la jeunesse avec l’idée de base d’aller trouver les jeunes là où ils se trouvent, a justifié M. Thiongane en présentant cette fenêtre de dialogue entre Macky Sall et cette frange de la population.
Cette présentation qui va se poursuivre à Fatick et à Ziguinchor devait se faire en marge de la tournée économique du président de la République dans la région naturelle du Sine-Saloum, du 3 au 4 juillet, et reportée pour des raisons de cumul d’agendas.

Elimane FALL

Le 15ème anniversaire de la Dakar Fashion week a eu un menu très riche, avec 35 créateurs pour les défilés. Un mélange de mode, musique et défilé de la rue à Niary Tally. Dans cette entrevue, l’initiatrice de l’événement, Adama Ndiaye dite Adama Paris, répond être toujours animée par la même volonté de ses débuts…

Êtes-vous  toujours animée par la même flamme,15 ans après avoir lancé la Dakar Fashion Week ?
 Les gens qui me connaissent savent que oui. Je suis une passionnée. La passion, c’est le sympa dans le travail. Je suis toujours autant stressée que le premier jour. Je veux toujours que cela se passe bien. Nous vivons dans un environnement économique très dur ; mais un pays libre de droit. On peut avoir du sponsor aujourd’hui, le lendemain le perdre. Il faut se battre ; c’est 15 ans de bataille qui me rendent toujours aguerrie.  

Quel est le coût de l’événement cette année ?
L’évènement a tourné autour de 86 millions de FCfa.  

Comment se porte la mode au Sénégal ?
La mode, je pense qu’elle a un très bel avenir au Sénégal. Nous avons des créateurs comme Sophie Zinga, Selly Raby Kane, Boul Doff, Sylli Kounda qui ne font pas seulement dans le recyclage, mais de belles choses. Leurs créations peuvent se vendre à l’étranger. Toutes ces générations de jeunes font dans l’art. Nous avons cette fibre culturelle même dans la photographie. Nous avons vraiment ce potentiel artistique.

Mais l’industrie de la mode nourrit-elle son homme au Sénégal ?
Je pense qu’elle nourrit difficilement son homme. Il faut demander aux autres créateurs qui vivent leur réalité. Moi, je vis la mienne. Et j’ai la chance d’être connue, grâce au marketing, à la communication. Nos ventes dépendent de ce que nos compatriotes peuvent acheter.

Comment une « fashion victime » peut retrouver votre griffe vestimentaire ?
On est dans 12 points de vente à travers le monde : New York, Libreville, Tokyo, Lusaka, Montréal. On sera peut-être à Abidjan.

D’où tirez votre inspiration ?
J’en ai plusieurs. J’ai grandi. Ma création suit mon évolution. L’art, c’est l’humour, l’humeur ; cela va avec la vie. Je ne crée pas les mêmes choses. Il y a 10 ans, j’étais complètement différente.
Il y a une perfection perpétuelle de ma création. Ma muse, c’est par exemple Aminata Faye ; j’en suis contente de lui donner une carrière, d’aller en France, aux Etats-Unis qui est maintenant égérie Balmain. Mon autre muse que j’aime beaucoup, c’est Sasha Kara. Elle est complètement folle, mais c’est cette folie qui me plaît. C’est dommage qu’elle n’ait pas percé comme Aminata ; mais son talent n’en est pas moins grand.

Comment décelez-vous un jeune talent créateur, à quoi ressemble-t-il ?
Il aurait l’image de ces gens que j’ai cités, à la jeune génération. Selly Raby, So Fatou ; à tous ces jeunes qui se battent sans beaucoup de moyens.

Recueillis par Serigne Mansour Sy CISSE

Le parc des clés Internet s’élève à 166.539 lignes au cours du premier trimestre 2017, soit une hausse de 50,12% par rapport au trimestre précédent, a révélé le rapport trimestriel du marché des télécommunications de l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (Artp).
 « Le segment +Internet mobile hors clés+ représente 96,6% du parc total, en baisse de 0,8 point par rapport au trimestre précédent. La part du parc clés Internet est en hausse de 0,6 point (1,9% du parc total contre 1,3% au trimestre précédent)», souligne le rapport dont copie est parvenue à l’Aps.  Le document fait ressortir que « les parts des segments du fixe haut débit (Adsl) et bas débit restent faibles et représentent respectivement 1,2% et 0,2% du parc Internet total ».

Il y est également fait montre que « le parc bas débit s’élève à 18.426 lignes au cours de ce trimestre, soit une baisse de 0,01% par rapport au trimestre précédent. Comparé à mars 2016, le parc de lignes bas débit a reculé de 0,04%».  « Le parc fixe bas débit regroupe les clients (Rtc et fixe nomade) qui se connectent avec un débit ≤ 256 kbps », relèvent les responsables de l’Artp.
 « Le parc Internet mobile représente 98,58% du parc Internet global en mars 2017, soit une baisse de 0,08 point par rapport au trimestre précédent », lit-on dans le document.

Lequel explique que « le parc Internet mobile regroupe l’Internet mobile hors clés et le parc des clés Internet. Le parc Internet fixe est composé du parc Internet fixe haut débit (Adsl) et bas débit ».
 Le rapport trimestriel de l’Artp définit « le Parc Internet comme l’ensemble des abonnements à l’Internet fixe (Adsl/Rtc) et les abonnements actifs à l’Internet mobile (clé Internet/terminal mobile) ». Il ne tient pas compte des liaisons louées.                   
(APS)

Le ministre de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye, préside, aujourd’hui, à 16 heures, au Grand Théâtre national, la cérémonie officielle du lancement de la 16ème édition de la Foire internationale du livre et du matériel didactique de Dakar (Fildak). Ce sera en présence des autorités, des membres du Comité scientifique de la Fildak, des personnalités culturelles et des professionnels du livre. 

La 16ème édition de la Fildak, placée sous le haut parrainage du président de la République, est prévue du 22 au 27 novembre 2017 au Centre international du commerce extérieur du Sénégal (Cices), sous le thème « Livre, jeunesse, économie : défis du développement ». La Fildak a pour objectifs de favoriser la promotion du livre et du matériel didactique ainsi que la diversité culturelle dans le domaine de l’écrit et de contribuer au rayonnement culturel du Sénégal et de l’Afrique en général. La Fildak œuvre également pour l’établissement et la consolidation des contacts entre les différents professionnels du livre.

Du wolof à volonté dans le texte. Voilà un autre atout d’Ahmed Sylla pour séduire le public cosmopolite du Grand Théâtre de Dakar. Vendredi et samedi, l’humoriste français dont les parents sont originaires du Sénégal, a fait éclater de rire des spectateurs venus très nombreux le découvrir raconter son parcours dans un one-man-show désopilant intitulé « Avec un grand A »….

Déguisé avec une perruque blonde sur la tête, il déboule sur la scène pour annoncer l’arrivée imminente de l’artiste pour commencer le spectacle. Cris de joie parmi le nombreux public qui reconnaît Ahmed Sylla dans ses œuvres. L’humoriste profite de ce moment intro pour saisir quelques portables de spectateurs afin qu’ils « ne filment pas Ahmed » durant son one-man-show. Il paraît qu’il n’aime pas… Le spectacle peut alors commencer avec en fond sonore la musique de Compay Secundo. Le thème tout trouvé pour lancer le dialogue entre un papa et son fils de 21 ans, à propos de goût musical et d’éducation. Sylla raconte ses rêves de gosse, devenir steward et avoir… cette voix à donner des consignes aux passagers pendant et durant les vols d’avion.

Lui, le fils d’émigrés est très tôt saoulé par l’école, à passer son temps à écouter les profs parler toute la journée… Mais Ahmed adore quand même bien la rentrée des classes, avec les cahiers neufs, le compas et l’équerre avec son bout encore pointu… De même que les profs avec leurs phrases toutes faites lancées aux élèves : « C’est fini les vacances, c’est la rentrée maintenant ». D’ailleurs, selon le natif de Nantes, dans toutes les écoles du monde, c’est la même chose… « Je n’aimais pas l’école mais j’ai eu mon bac... », lance-t-il tout fier, roulant de gros yeux. Puis, Ahmed est allé travailler dans un Centre de loisirs de sa province, où il dit vivre le calvaire des petits-enfants. Un job que même un des jeunes galopins lui a fait comprendre que c’est temporaire….

« Je ne pouvais pas passer des journées à garder des enfants. J’ai fini par essayer de chercher un autre boulot, mais je n’ai pas trouvé ». Il ne pouvait pas devenir non plus vendeur de drogue, ça non ! Même s’il connaît la qualité du produit et les prix du marché... En parlant de deal, l’humoriste raconte, en passant, que la seule fois qu’il a volé, c’était un… stylo. Et son papa le lui a fait bien regretté en lui tirant le portait. Ce père qu’il a vu une seule fois rire, en 2002, quand le Sénégal a battu la France à la Coupe du monde…

Au Sénégal, 10 ans après
Retour à Dakar, pour une parenthèse sur les célibataires dans la salle… L’humoriste leur file des techniques de drague, apprises quand il est monté à Paris pour trouver du job, et parcourant les parfumeries de la capitale française. De quoi lui permettre de connaître à la lettre le nom duparfum des demoiselles. Clins d’oeil à ses nombreux potes de Paris, une ville cool, malgré tout...

En évoquant l’équipe de France de football, au détour d’une causerie, sa maman lui a demandé une fois : pourquoi avec tous ces Noirs et Arabes ne faudrait-il pas un sélectionneur africain à l’équipe française de foot ? Le voilà parti avec les choix tactiques d’un coach épicier et arabe… Valbuena, Ngolo Kanté, Ribery en prennent pour leur grade… Avec son public, le comédien part dans de franches tranches de rigolade et souvent de fous rires, avec des interjections et interrogations dans un wolof souvent très limpide servis par l’artiste.

Pour terminer, Ahmed Sylla a raconté l’histoire de son grand-père ancien combattant et tirailleur sous le drapeau français. Ce dernier, selon le bonhomme, lui avait souhaité de poursuivre une belle carrière artistique, devenir un artiste avec « Un grand A ». L’intitulé de son spectacle présenté au Grand Théâtre pendant deux soirées de suite et à guichet fermé ; après plus de dix ans sans revenir à Dakar.

Omar DIOUF

La 15e édition de la Dakar Fashion Week a été une réussite du point de vue organisationnel, de la qualité mais aussi de la mobilisation. Elle a été clôturée, samedi, par un défilé présentant des créations de très haut niveau. Rendez-vous est pris pour 2018.

Dakar a été, durant toute la semaine écoulée, la capitale africaine de la mode. Des designers venus de plusieurs pays ont rivalisé de talents à l’occasion de la 15e édition de la Dakar Fashion Week, clôturée samedi par un défilé haut de gamme. Une soirée ouverte par la styliste malienne, Maria Bocoum qui, avec une combinaison de tenues classiques et modernes, a fait étalage de tout son savoir-faire en la matière. Pour sa première participation à ce rendez-vous de la création artistique, la jeune malienne a su capter l’attention du public avec ses modèles.

L’événement offre l’opportunité aux jeunes talents sénégalais et africains de se propulser sur la scène internationale.

La designer ivoirienne, Loza Maleombho, a été aussi l’une des attractions de cette soirée de la mode. Avec une combinaison de couleurs, elle a réussi à confectionner des tenues d’été, des robes de soirée et d’autres vêtements de classe très appréciés par le public. Les stylistes bissau-guinéenne et angolaise, Bibas et Soraya Da Piedade, ont également apporté une dose lusophone à ce défilé qui célèbre en même temps la richesse culturelle de l’Afrique et la beauté de la femme noire.

Pour sa part, Enzo Itzaky, un styliste d’origine libanaise vivant au Sénégal et de nationalité française, a montré sa dernière collection qui est une sorte de synthèse de ces trois cultures qui ont influencé son travail. Le savoir-faire marocain a été étalé par Luxury by K qui a présenté des caftans et robes de haute gamme réalisés à partir de fil d’or et d’argent, de pierres, de sequins, de cristaux, etc. Après tous ces designers, arrive le tour de la promotrice Adama Ndiaye dite Adama Paris qui a enflammé les planches avec sa collection de tenues d’été avec dentelle mais aussi de nuisettes, entre autres. Cette clôture de la 15e édition de la Dakar Fashion Week a enregistré la présence de plusieurs personnalités parmi lesquelles l’ambassadeur de la France au Sénégal, Christophe Bigot, de l’ancien international sénégalais de football, El hadji Diouf, de Claire Sulmers, influente bloggueuse américaine et de deux anciennes Miss France.

Ils étaient au total 36 stylistes à présenter leurs créations depuis le 27 juin dans différents endroits de la capitale sénégalaise. Dakar Fashion Week se veut une plateforme de mise en valeur de la mode africaine et de sa dissémination à travers le monde. Depuis 15 ans maintenant, la créatrice Adama Ndiaye réussit, chaque année, le pari de réunir la crème de la mode africaine au Sénégal pour un week-end haut en couleurs et modèles.

Ndiol Maka SECK

La chanteuse Adele a annulé les deux derniers concerts qui devaient clore sa tournée mondiale samedi et dimanche au stade de Wembley à Londres en raison, dit-elle, « désespérée », d’un problème aux cordes vocales. Après deux premiers concerts mercredi et jeudi à Wembley devant quelque 100.000 personnes, la star britannique de 29 ans devait achever ce week-end une tournée de 123 dates. « Je ne sais même pas par où commencer », écrit-elle dans un long message publié sur les réseaux sociaux dans la nuit de vendredi à samedi.

(AFP)

La chanteuse Adele a annulé les deux derniers concerts qui devaient clore sa tournée mondiale samedi et dimanche au stade de Wembley à Londres en raison, dit-elle, « désespérée », d’un problème aux cordes vocales. Après deux premiers concerts mercredi et jeudi à Wembley devant quelque 100.000 personnes, la star britannique de 29 ans devait achever ce week-end une tournée de 123 dates. « Je ne sais même pas par où commencer », écrit-elle dans un long message publié sur les réseaux sociaux dans la nuit de vendredi à samedi.
(AFP)

Du wolof à volonté dans le texte. Voilà un autre atout d’Ahmed Sylla pour séduire le public cosmopolite du Grand Théâtre de Dakar. Vendredi et samedi, l’humoriste français dont les parents sont originaires du Sénégal, a fait éclater de rire des spectateurs venus très nombreux le découvrir raconter son parcours dans un one-man-show désopilant intitulé « Avec un grand A »….

Déguisé avec une perruque blonde sur la tête, il déboule sur la scène pour annoncer l’arrivée imminente de l’artiste pour commencer le spectacle. Cris de joie parmi le nombreux public qui reconnaît Ahmed Sylla dans ses œuvres. L’humoriste profite de ce moment intro pour saisir quelques portables de spectateurs afin qu’ils « ne filment pas Ahmed » durant son one-man-show. Il paraît qu’il n’aime pas… Le spectacle peut alors commencer avec en fond sonore la musique de Compay Secundo. Le thème tout trouvé pour lancer le dialogue entre un papa et son fils de 21 ans, à propos de goût musical et d’éducation. Sylla raconte ses rêves de gosse, devenir steward et avoir… cette voix à donner des consignes aux passagers pendant et durant les vols d’avion.

Lui, le fils d’émigrés est très tôt saoulé par l’école, à passer son temps à écouter les profs parler toute la journée… Mais Ahmed adore quand même bien la rentrée des classes, avec les cahiers neufs, le compas et l’équerre avec son bout encore pointu… De même que les profs avec leurs phrases toutes faites lancées aux élèves : « C’est fini les vacances, c’est la rentrée maintenant ». D’ailleurs, selon le natif de Nantes, dans toutes les écoles du monde, c’est la même chose…  « Je n’aimais pas l’école mais j’ai eu mon bac... », lance-t-il tout fier, roulant de gros yeux. Puis, Ahmed est allé travailler dans un Centre de loisirs de sa province, où il dit vivre le calvaire des petits-enfants. Un job que même un des jeunes galopins lui a fait comprendre que c’est temporaire….

« Je ne pouvais pas passer des journées à garder des enfants. J’ai fini par essayer de chercher un autre boulot, mais je n’ai pas trouvé ». Il ne pouvait pas devenir non plus vendeur de drogue, ça non ! Même s’il connaît la qualité du produit et les prix du marché... En parlant de deal, l’humoriste raconte, en passant, que la seule fois qu’il a volé, c’était un… stylo. Et son papa le lui a fait bien regretté en lui tirant le portait. Ce père qu’il a vu une seule fois, en 2002, quand le Sénégal a battu la France à la Coupe du monde…

Au Sénégal, 10 ans après
Retour à Dakar, pour une parenthèse sur les célibataires dans la salle… L’humoriste leur file des techniques de drague, apprises quand il est monté à Paris pour trouver du job, et parcourant les parfumeries de la capitale française. De quoi lui permettre de connaître à la lettre le nom duparfum des demoiselles. Clins d’oeil à ses nombreux potes de Paris, une ville cool, malgré tout...

En évoquant l’équipe de France de football, au détour d’une causerie, sa maman lui a demandé une fois : pourquoi avec tous ces Noirs et Arabes ne faudrait-il pas un sélectionneur africain à l’équipe française de foot ? Le voilà parti avec les choix tactiques d’un coach épicier et arabe… Valbuena, Ngolo Kanté, Ribery en prennent pour leur grade… Avec son public, le comédien part dans de franches tranches de rigolade et souvent de fous rires, avec des interjections et interrogations dans un wolof souvent très limpide servis par l’artiste.

Pour terminer, Ahmed Sylla a raconté l’histoire de son grand-père ancien combattant et tirailleur sous le drapeau français. Ce dernier, selon le bonhomme, lui avait souhaité de poursuivre une belle carrière artistique, devenir un artiste  avec « Un grand A ». L’intitulé de son spectacle présenté au Grand Théâtre pendant deux soirées de suite et à guichet fermé ; après plus de dix ans sans revenir à Dakar…

Omar DIOUF

La 15e édition de la Dakar Fashion Week a été une réussite du point de vue organisationnel, de la qualité mais aussi de la mobilisation. Elle a été clôturée, samedi, par un défilé présentant des créations de très haut niveau. Rendez-vous est pris pour 2018. Dakar a été, durant toute la semaine écoulée, la capitale africaine de la mode. Des designers venus de plusieurs pays ont rivalisé de talents à l’occasion de la 15e édition de la Dakar Fashion Week, clôturée samedi par un défilé haut de gamme. Une soirée ouverte par la styliste malienne, Maria Bocoum qui, avec une combinaison de tenues classiques et modernes, a fait étalage de tout son savoir-faire en la matière. Pour sa première participation à ce rendez-vous de la création artistique, la jeune malienne a su capter l’attention du public avec ses modèles. L’événement offre l’opportunité aux jeunes talents sénégalais et africains de se propulser sur la scène internationale. La designer ivoirienne, Loza Maleombho, a été aussi l’une des attractions de cette soirée de la mode. Avec une combinaison de couleurs, elle a réussi à confectionner des tenues d’été, des robes de soirée et d’autres vêtements de classe très appréciés par le public.

Les stylistes bissau-guinéenne et angolaise, Bibas et Soraya Da Piedade, ont également apporté une dose lusophone à ce défilé qui célèbre en même temps la richesse culturelle de l’Afrique et la beauté de la femme noire. Pour sa part, Enzo Itzaky, un styliste d’origine libanaise vivant au Sénégal et de nationalité française, a montré sa dernière collection qui est une sorte de synthèse de ces trois cultures qui ont influencé son travail. Le savoir-faire marocain a été étalé par Luxury by K qui a présenté des caftans et robes de haute gamme réalisés à partir de fil d’or et d’argent, de pierres, de sequins, de cristaux, etc. Après tous ces designers, arrive le tour de la promotrice Adama Ndiaye dite Adama Paris qui a enflammé les planches avec sa collection de tenues d’été avec dentelle mais aussi de nuisettes, entre autres. Cette clôture de la 15e édition de la Dakar Fashion Week a enregistré la présence de plusieurs personnalités parmi lesquelles l’ambassadeur de la France au Sénégal, Christophe Bigot, de l’ancien international sénégalais de football, El hadji Diouf, de Claire Sulmers, influente bloggueuse américaine et de deux anciennes Miss France. Ils étaient au total 36 stylistes à présenter leurs créations depuis le 27 juin dans différents endroits de la capitale sénégalaise. Dakar Fashion Week se veut une plateforme de mise en valeur de la mode africaine et de sa dissémination à travers le monde. Depuis 15 ans maintenant, la créatrice Adama Ndiaye réussit, chaque année, le pari de réunir la crème de la mode africaine au Sénégal pour un week-end haut en couleurs et modèles. Ndiol Maka

SECK

Dans son album sorti vendredi, le premier depuis quatre ans, Jay-Z se dévoile comme rarement auparavant. Il y présente ses excuses à Beyoncé pour l’avoir trompée, s’épanche sur sa mère dont il confirme l’homosexualité, et dénonce les tensions raciales.

Les titres décontractés de Jay-Z ont fait de lui un des plus grands rappeurs de tous les temps mais, à la tête d’un empire économique et marié à la superstar Beyoncé, il avait tiré jusqu’ici un rideau très épais sur sa vie privée.
« 4:44 », 13e album studio du rappeur né sous le nom de Shawn Carter, est sorti en exclusivité sur son propre service de musique en streaming Tidal. Sur un air de Gospel, Jay-Z y lance une longue tirade pour s’excuser auprès de Beyoncé, qui lui avait reproché son infidélité dans son album « Lemonade » il y a un an.

Il laisse aussi entendre que les jumeaux auxquels Beyoncé vient de donner naissance ont été conçu naturellement.

Dans son « 4:44 », qui fait référence à l’heure de son réveil le jour où il l’a écrit, il instille de la house et du reggae, produisant un son contemporain et élégant qui change de ses précédents albums, largement pop.
Dans « Smile », Jay-Z confirme que sa mère est lesbienne et explique comment elle s’est droguée face à la stigmatisation. Il évoque aussi une enfance difficile dans son quartier de Brooklyn et un père absent. La chanson commence avec Stevie Wonder et se termine sur un poème de sa mère, Gloria Carter.
(AFP)

Le génie du cinéaste sénégalais, Sembene Ousmane, est d’avoir réalisé des films intemporels. Les tares que ses productions cinématographiques donnent à voir et les valeurs exaltées sont indifférentes aux temps et aux espaces. L’une d’elles, « Le mandat », projetée jeudi dernier à la Fondation Konrad Adenauer dans le cadre de la commémoration du 10ème anniversaire de son décès, en témoigne largement. Cette œuvre est un miroir sur la société sénégalaise d’hier et d’aujourd’hui.

Il était une fois… quand on se rasait encore avec un couteau jusqu’aux narines, une société sénégalaise ambivalente qui, à la fois, vantait la solidarité et écrasait ceux qui la développaient par crédulité. Ici, également, les femmes s’occupent de la maison en attendant que le chef de famille revienne de sa parade majestueuse. A son retour dans sa sphère d’autorité, il se met plein la panse grâce à la débrouille des bonnes dames « asservies », mères d’une progéniture nombreuse. Ce jour-là, elles connaissent le répit. Les vociférations se font moins entendre. Monsieur a fait ripaille. Il est heureux et priera pour elles ! Ces femmes ne sont pas dans la contrainte quoiqu’étant dans une « normalité oppressante ». Elles se soumettent à leur sort tout simplement, expriment une certaine résilience et déclinent les modalités par lesquelles elles exercent leur pouvoir sur le mâle.
 
Etouffantes convenances
Ceci n’est pas la trame du film de Sembene Ousmane, « Le mandat ». Il s’agit tout au plus d’une bribe qui montre que le réalisateur se meut dans plusieurs univers. Car, cette production cinématographique est une fresque qui dépeint, sous plusieurs traits, une société postindépendance atteinte de manies asphyxiantes enroulées dans des valeurs proclamées.
« Le mandat », prix de la critique internationale au Festival de Venise en 1968, est un miroir emmêlant à la fois le « burlesque » et surtout le drame ; celui d’une société corrompue où les actions sont empreintes d’hypocrisie, de perfidie. L’histoire du « mandat », d’Ibrahima Dieng (Makhourédia Guèye), source de convoitises les plus sournoises, en est une touchante illustration. Il reçoit, en effet, un mandat de 25.000 francs de son neveu vivant en France, balayeur de rue. Deux mille francs lui sont destinés.

La nouvelle se répand comme une traînée de poudre. Les vautours planent au-dessus de sa modeste demeure. On le souille, l’imam en premier, par des médisances car croyant qu’il brave les étouffantes convenances et « mange seul » ce qu’il « devrait » partager avec toute une communauté épieuse. « Les temps sont durs » devient la nouvelle rengaine des importuns solliciteurs. Le pauvre Ibrahima appréhende davantage les impertinences de ses voisins qu’il ne larmoie sur son propre sort. Même le boutiquier fouineur, usurier « officiel et légal » du quartier, participe au « carnage ». Faut-il au préalable qu’il récupère le mandat ! Ibrahima, « né vers 1900 » n’a aucune pièce d’identité pour récupérer l’argent.

Ce qui devait être un moment de jouissance se transforme en vrai cauchemar. C’est le début d’une errance dans la capitale sénégalaise où beaucoup de populations ont du mal à se réinventer pour se prémunir contre les incertitudes, le marchand d’illusions, le bandit au col blanc, grand détrousseur, le mendiant chapardeur… Sembene Ousmane met à nu les inepties d’une administration inadaptée et vénale et montre les survivances d’une « ruralité » dans une capitale de la post-indépendance où l’instruction calquée sur le modèle du colonisateur exclut certains individus et les expose aux pratiques captieuses de ceux qui ont acquis la « connaissance ». Ibrahima est désarmé, tiraillé entre les flibustiers et les attentes insoutenables de son entourage fourbe.
Le film « Le mandat » n’est pas seulement une satire de la naïveté ou un éloge à la bonté. Il est un regard à la fois émouvant et amusant sur de fausses prétentions d’une société où les principes ressassés à longueur de temps sont subordonnés aux intérêts. Ceux qui essaient de les respecter finissent un jour, au bout du rouleau, par dire comme le serviable et honnête Ibrahima Dieng : « Moi aussi je mentirai. Je volerai ».

Alassane Aliou MBAYE

Les œuvres de l’artiste photographe, peintre, graphiste, Ousmane Ndiaye Dago, illuminent la Galerie nationale d’art (19, Avenue Hassan II). L’exposition « Reflets d’expressions et d’expériences » est à voir jusqu’au 12 juillet.

Des formes, des couleurs, de l’émotion. C’est sous ces traits que l’artiste photographe, peintre, graphiste, Ousmane Ndiaye Dago, a ouvert, jeudi, son exposition sous le thème «Reflets d’expressions et d’expériences». Elle s’articule autour de quatre thématiques : « Femme Terre », « Lutteurs sénégalais », plus de 40 logos, plus de 20 photos de rues réalisées par l’artiste. Les œuvres sont à voir jusqu’au 12 juillet à la Galerie nationale d’art (19, Avenue Hassan II).
Dans son mot de bienvenue, la directrice Awa Cheikh Diouf a salué en Dago « un artiste de l’humanité qui a le sens du plastique ».
A l’entrée de la salle d’exposition, la série (culte) « Femme Terre » donne le tempo. Des silhouettes féminines enduites d’argile s’alignent avec le regard détourné. La sensualité est savamment orchestrée avec des bustes dénudés. La séduction est poussée à l’extrême dans des postures parfois lascives. Ici, deux accessoires sont en évidence : le petit pagne et la ceinture de perles. Tantôt elles pendent sous des seins, tantôt elles tombent au creux des reins sur des courbes volontairement généreuses. L’artiste en remet un couche avec des images qui donnent à voir des corps maculés d’éclaboussures, ornés de colliers de verroterie, de ceintures en perles, et pétris dans la terre ocre ou l’argile blanche, mélangés. Dans son travail de photographe, explique le commissaire de l’exposition, Dago se dévoue entièrement au thème de la femme. « Le corps féminin est au centre de sa recherche esthétique. Il sculpte des corps de femmes qu’il enduit de boue et recouvre de perruques pour les dépersonnaliser », analyse Dr Babacar Mbaye Diop. De son côté, Ousmane Ndiaye Dago explique toute la difficulté de représenter ces corps nus dans une culture musulmane : « J’ai décidé de ne jamais montrer le visage des modèles et de les habiller de matières différentes : terre, sable, boue… » .
Si la gente féminine se prélasse dans des poses suggestives, les hommes bandent les muscles notamment dans la série « Lutteur ». Le physique est bien entretenu, sculpté à la perfection. Cela donne à voir des prises d’une rare élégance. De quoi ravir le public, venu en grand nombre au vernissage, qui en redemande.

Innovation, créativité
Le directeur de cabinet du ministre de la Culture et de la Communication, Rémi Sagna, s’est réjoui de se retrouver avec la communauté culturelle et artistique pour célébrer « un artiste aux talents multidimensionnels » (photographe, peintre, graphiste). Le représentant du ministre Mbagnick Ndiaye a salué « la rigueur au travail, le sens de l’innovation et de la créativité artistique » dont fait montre Dago. « S’agissant de l’art contemporain au Sénégal, vous êtes l’un des premiers artistes à développer la recherche sur la photographie d’art, et en assurer la promotion. Vous avez donné une nouvelle dimension à cet art en associant diverses disciplines, eu égard à votre polyvalence », a témoigné R. Sagna devant un parterre de personnalités. Cette polyvalence transparaît dans la série de photographies de rue intitulée « Mbedmi ». Le décor donne à voir une décharge d’ordure, une savane arborée, des pans de murs avec des inscriptions. A côté, une ribambelle d’enfants se plaît au jeu de l’objectif du photographe.
Ousmane Ndiaye Dago, c’est également le designer. Sous cette casquette, il a réalisé plusieurs logos pour des entreprises installées au Sénégal et des pochettes de disques de musiciens célèbres comme : Youssou Ndour, Alioune Mbaye Nder, Thione, Waly Seck, etc. Il est l’auteur de plusieurs couvertures de livres. « Cette exposition est le reflet toutes ses expressions et de toutes ses expériences de photographe, peintre, designer, graphiste. tSes œuvres sont le miroir de ses pensées et de ses sentiments », a commenté le critique d’art, Dr Babacar Mbaye Diop.L’exposition « Reflets d’expressions et d’expériences » est à voir jusqu’au 12 juillet à la Galerie nationale d’art (19, Avenue Hassan II).
 E. Massiga FAYE

Ses refrains incarnent, pour toujours, la résistance à l’apartheid. Après avoir battu, pendant quarante ans, les scènes musicales du monde entier de ses pieds nus, le Sud-Africain, Johnny Clegg, a décidé de mettre un point final à sa carrière publique.

A 64 ans depuis le 7 juin, le « Zoulou blanc » entame, vendredi, au Cap, sa tournée d’adieu, qui doit l’emmener d’Afrique du Sud en Grande-Bretagne, en France, à Dubaï, aux États-Unis et au Canada. A la veille du premier concert de cette ultime série, celui qui n’a jamais renoncé à défier le régime raciste blanc de son pays explique avoir été contraint de céder à un cancer. « J’ai eu une carrière gratifiante à bien des égards (...) réussir à rassembler des gens grâce à des chansons, surtout à un moment où cela semblait complètement impossible », se félicite-t-il lors d’un entretien accordé à l’Afp dans sa maison de Johannesburg.
« Je veux offrir à mes fans une sorte de conclusion, leur dire que le voyage que j’ai commencé quand j’avais 14 ans touche aujourd’hui à sa fin », poursuit l’artiste. Même si son cancer, diagnostiqué il y a deux ans, est désormais en rémission, Johnny Clegg préfère tirer sa révérence. « Mes spectacles sont très physiques, avec beaucoup de danses, et exigent que je sois fort », explique-t-il, « alors je voudrais faire mes adieux tant que j’en suis encore capable ». Son « Dernier voyage », ainsi qu’il a baptisée sa tournée d’adieu, sera très largement autobiographique. Il rappellera le harcèlement de la police de l’apartheid qui lui reprochait de jouer avec des musiciens noirs, comme le soutien des millions de fans qui, en Europe et notamment en France, en ont fait un héros de la réconciliation raciale.

Braver la loi
La fascination de Johnny Clegg pour les danses et les mélodies zouloues a débuté dans les années 1960 dans les résidences pour travailleurs noirs de Johannesburg où il s’invitait secrètement pour danser avec les troupes traditionnelles. En bravant les lois de l’apartheid qui le lui interdisaient formellement.
« Nous devions faire preuve de mille et une astuces pour contourner la myriade de lois qui empêchaient tout rapprochement interracial », raconte-t-il. En 1979, Johnny Clegg et son groupe « multicolore » Juluka sortent leur premier album, « Universal Men ». Un mélange inédit de pop occidentale mâtinée de rythmes zoulous, d’accordéon et de guitare qui, contre toute attente, trouve immédiatement son public. « Les gens étaient très intrigués par notre musique », se souvient-il. Sur scène, les fredonnements et danses traditionnelles, les pieds nus levés très hauts qui martèlent le sol, deviennent rapidement la marque de fabrique du « Zoulou blanc ». En 1983, il accède au statut de star mondiale avec la sortie de son nouvel album, « Scatterlings of Africa », qui le catapulte en tête des hit-parades en Grande-Bretagne et en France. « Personne ne savait exactement de quoi parlaient nos chansons, juste qu’il y était question d’Afrique », se souvient le chanteur.

Hommage à Mandela
Johnny Clegg devient vraiment un artiste « politique » quatre ans plus tard avec un titre, « Asimbonanga » (« Nous ne l’avons pas vu », en langue zouloue). Le titre rend hommage au dirigeant du Congrès national africain (Anc) Nelson Mandela, alors incarcéré depuis plus de vingt ans dans le pénitencier de Robben Island, au large du Cap. La seule évocation de son nom est strictement interdite et totalement insupportable pour le régime de Pretoria, qui l’interdit.
Aujourd’hui encore, « Asimbonanga » reste un des hymnes de l’Afrique du Sud « arc-en-ciel ».
Même célébré dans le monde entier, Johnny Clegg est arrêté à plusieurs reprises dans son propre pays, accusé de violer les lois sur la ségrégation raciale. Ses concerts sont alors régulièrement interrompus par la police. « On ne pouvait pas se produire dans les lieux publics (...) alors on le faisait dans des endroits privés comme les églises ou d’autres enclaves non-raciales », se souvient-il. « Ma vie a été bouleversée par mon expérience de l’apartheid au quotidien », résume aujourd’hui Johnny Clegg.  
Né au Royaume-Uni d’un père britannique et d’une mère chanteuse immigrée dans l’actuel Zimbabwe, il débarque à l’âge de 7 ans dans une Afrique du Sud où la minorité blanche règne en maître absolue sur la majorité noire. Plus de cinq millions d’albums vendus plus tard, sa carrière touche donc à sa fin. Il a commencé à écrire son autobiographie et promet de continuer la musique. Mais plus sur scène.                                      (AFP)

Ahmed Sylla était annoncé au Grand Théâtre de Dakar, hier vendredi et aujourd’hui, pour livrer au public dakarois ses spectacles hilarants dont lui seul a le secret. Déjà face à la presse hier, l’humoriste français, d’origine sénégalaise, avait donné le ton, pour lever un coin du voile de son spectacle réservé aux Dakarois. Mais aussi parler de son parcours...
Ahmed Sylla est comique jusque dans ses moindres gestes. Sa façon de parler, cette mimique, ce sourire, tout renvoie à décontracter l’ambiance. Les journalistes venus hier couvrir son point de presse en ont fait les frais hier. A Dakar, Ahmed Sylla livre deux spectacles, vendredi et aujourd’hui, samedi, au Grand Théâtre. De parents immigrés sénégalais, Ahmed Sylla est un jeune humoriste français qui fait sensation. Partout où il passe, il remporte le succès. Au-delà de sa force comique et de sa présence si évidente sur scène, ce jeune artiste dégage une douce folie et une sympathie si attachante que ses personnages nous restent en mémoire.
Il y a fort à parier avec Ahmed Sylla. Il se dit « un peu anxieux » tout même, car ne sachant à quoi s’attendre par rapport au public sénégalais. Il promet toutefois de donner le meilleur de lui-même. Histoire de rendre le spectacle beaucoup plus attractif, Ahmed souligne avoir intégré des réalités purement sénégalaises dans les spectacles qu’il propose au public durant son séjour à Dakar. Au menu « de la spécialité et de la générosité », comme d’habitude du reste, relève-t-il. Son essence et son Adn sont dans le fait de faire rire les autres, laisse-t-il entendre. L’homme se dit « entier » autant sur scène que dans la vie de tous les jours.

Double culture
Né en 1990 à Nantes et fort de l’environnement multiculturel dans lequel il grandit, le jeune homme prend conscience de ses capacités et son humour, ce qui l’amène à se prédestiner un avenir d’humoriste. Ahmed attire l’attention à travers ses représentations de personnages, les uns plus baroques que les autres.  Mais, c’est bien au collège, à l’âge de 14 ans, qu’Ahmed dit avoir découvert le théâtre. Non sans rappeler « qu’il a toujours manifesté cette envie de faire rire depuis sa plus tendre enfance ». Depuis, ce jeune humoriste fait sensation. Il  imite à merveille la gestuelle, le ton et la vacuité de ses cibles. Avec son sourire enchanteur, sa gestualité et son sens de l’improvisation, il s’est propulsé dans la cour des humoristes à suivre.    
Plus à l’aise dans les cours de théâtre que dans les salles de classe, le jeune Nantais dit être « naïvement » parti à Paris en 2010, pour tenter de réaliser son désir le plus profond : faire de la comédie. Après des scènes ouvertes, il se fait remarquer dans l’émission « On ne demande qu’à en rire » sur France 2 avant de créer, avec son frère Moussa Sylla, son premier One man show, réadapté depuis 2015. Après quelques vidéos filmées dans sa chambre par son petit frère postées sur Facebook, Ahmed se fait remarquer en 2010 et se produit désormais alors sur des scènes très prisées.
S’il s’interdit d’aborder des sujets qui « gênerait sa maman », l’artiste dit être dans les dispositions d’évoquer tout thème dès lors que cela peut faire rire ou accrocher le public. Ahmed prône la simplicité et l’ouverture d’esprit jusque dans le choix des sujets dont il est question sur scène. Il réclame sa « double culture » qui se répercute jusque dans ses spectacles. Il se dit Français, mais d’origine sénégalaise. « Pour autant, je n’ai pas besoin de le crier sous tous les toits. Je suis Noir et Sénégalais, ça se voit, et j’ai grandi en France », relève-t-il. Il se dit très fier d’appartenir au Sénégal. Il est naturellement dans les dispositions de donner le meilleur de lui-même, pour que le public qui fera le déplacement à ses deux prestations, s’en souvienne à jamais...

En partenariat avec le  « Kureel Fataliku Juli Geej gi » de Yoff, le ministère de la Culture et de la Communication tient  du 13 au 20 juillet prochain à la Galerie nationale d’art, une grande exposition sur le thème : « L’esthétique mouride : Un modèle de savoir être, de savoir-faire et de savoir devenir ». Cette exhibition sera une occasion de revisiter, à travers, entre autres,  l’habillement, l’architecture, les accessoires, la littérature, les valeurs fondamentales constituant cette culture séculaire.

  Au Sénégal, la communauté Mouride a joué un rôle fondamental dans l’édification d’une culture de valeur basée sur les principes du travail bien fait, l’entraide, la solidarité et l’obéissance à une autorité spirituelle incarnée par le Khalife général. Cette culture séculaire construite sous le guide éclairé de Cheikh Ahmadou Bamba, fondateur du Mouridisme, peut s’offrir, en effet, comme modèle dans un contexte d’uniformisation continue et de crise de valeur. Le ministère de la Culture et la Communication, en décidant d’organiser une grande exposition sur cette communauté, en partenariat le « Kureel Fataliku Juli Geej gi » de Yoff, offre une opportunité de revisiter l’essence culturelle du Mouridisme.

Cette exposition intitulée : « L’esthétique mouride : Un modèle de savoir être, de savoir-faire et de savoir devenir », prévue  du 13 au 20 juillet à la Galerie nationale d’art, permettra de se plonger au cœur de la genèse de la société Mouride, à travers notamment, l’habillement, l’architectures, les accessoires, l’habitat et les « barkélus ».  Aussi, comme l’a rappelé, hier, au cours d’un point de presse, Birane Niang, Secrétaire général du ministère de la Culture et de la Communication, la littérature sera également au cœur de cette exposition. Selon lui,  dans la tradition mouride, le savoir est quelque chose de fondamental.

Dans cette exposition, un colloque sur l’esthétique mouride est prévu le 15 juillet prochain au Grand Théâtre national. Il sera, un moment, a expliqué M.Niang, de revenir sur les œuvres de Cheikh Moussa Kâ et Serigne Mbaye Diakhaté qui ont beaucoup écrit sur Serigne Touba et ses poèmes. Mais également d’aborder d’autres thèmes comme la « Crise des valeurs dans les œuvres Cheikh Moussa Kâ », « la dimension pédagogique dans l’œuvre de Serigne Mbaye Diakhaté ».

Identité culturelle
Les panels seront animés par d’éminentes sommités et d’historiens dont le professeur Lamane Mbaye, Pr Babacar Mbaye Ndaak, l’ancien ambassadeur Dr Samba Buri Mboup, Pr Mamadou Diouf. Le Village des Arts de Dakar va servir de lieu pour montrer la création artistique qui a été inspirée par culture mouride. D’après Awa Cheikh Diouf, directrice de Galerie nationale, une performance est prévue au Grand Théâtre pour aborder l’expérience de l’exploitation du coton à Ndem, un village situé dans la région de Diourbel. Intitulée « De la graine au vêtement », elle mettra en place un système de transformation découlant d’une expérience développée dans ce village.  

Le coordonnateur du comité d’organisation de l’exposition a salué la pertinence du thème retenu au regard du bien  « qu’il peut projeter  dans l’exploration des voies et moyens matériels et immatériels indispensables à l’accomplissement de l’être ». Cheikh Makhtar Diouf invite « les compatriotes à partager ce bien commun susceptible de nous conférer la félicité ».

De son point de vue, cette exposition va aider à définir, au-delà  de l’aspect religieux, l’identité culturelle du Sénégal. Il s’agit aussi, a-t-il ajouté, d’une initiative pleine de significations et d’utilités, et une stratégie permettant davantage de faire des cultures d’essence religieuse un moyen pédagogique pour les jeunes et un vecteur potentiel de l’émergence du Sénégal.

« L’exposition est une formidable opportunité pour le ministère de la Culture et de la Communication de  valoriser encore davantage un pan important de l’identité sénégalaise constituée par les cultures d’essence religieuse et toutes les formes de spiritualités », a-t-il indiqué.

Le vernissage de l’exposition « L’esthétique mouride : Un modèle de savoir être, de savoir-faire et de savoir devenir » est prévu en présence du porte- parole du Khalife général des Mourides, Serigne Bassirou Abdou Khadre Mbacké

Ibrahima BA.

36 stylistes vont présenter leurs créations lors de la 15ème édition de la Dakar Fashion Week qui se tient dans la capitale sénégalaise du 27 juin au 2 juillet.

Dans l’arrière-cour du grand salon de la Résidence de France à Dakar, un tapis rouge est déroulé en l’honneur des mannequins qui présentent les tenues des créateurs. C’est en prélude à la Dakar Fashion Week, dont la 15ème édition 2017 se tient du 27 juin au 2 juillet. A l’occasion, l’ambassadeur de France, Business France et la styliste Adama Paris ont organisé un défilé-cocktail de mode.

La soirée d’ouverture de cette édition 2017 a été marquée par un défilé 100% féminin avec la présentation des collections de cinq créatrices qui ont fait preuve d’originalité et de créativité. Le public a découvert les collections des créatrices Astou Mballo dite « Bobo Bysag », de Sokhna Astou Gawane, de Denise Sarr Senghor, de la Saint-Louisienne Rama Diaw, avec sa collection « Black and white », un mélange de noir et blanc avec des tissus « wax », dentelle et mousseline sous des coupes de manteaux, robes, jupes, des combinaisons.

« Je voulais jouer sur la légèreté des tissus, mais aussi rendre hommage à la photographie africaine, à l’ancienne », dit Rama Diaw, récente habilleuse de beaucoup d’artistes présents au dernier festival Saint-Louis Jazz, notamment la chanteuse américaine Lisa Simone.

Parmi les créatrices de cette soirée de lancement, Rébecca Zoro de la Côte d’Ivoire, avec sa marque tout en couleurs. « Ma particularité, ce sont les coupes amples et les couleurs vives pour apporter de la gaieté dans ce monde qui en a besoin », explique Rébecca Zoro. « C’est la mode actuelle, les jeunes se cherchent. Ils sont inspirés par ce qui se passe dans les médias et non pas à la source africaine. Ils sont branchés à leur époque », souligne-t-elle.

La promotrice Adama Ndiaye dite Adama Paris a également montré au public sa collection faite de mélange de tissus dont le pagne baoulé, Kinté de la Côte d’Ivoire assorti de haut, sans compter les nuisettes et autre short d’été aux couleurs bariolées. « C’est assez frustrant que notre mode attende la validation de celle de l’Europe. La France m’a beaucoup apporté. En tant que jeune fille, je me suis faite là-bas ; cet engouement pour la mode, mes études en France. C’est symbolique de débuter à la Résidence cette édition de la Fashion Week de Dakar », a-t-elle laissé entendre. L’organisatrice se dit contente du soutien de l’Ambassade de France à Dakar.

« C’est important de fêter ce parcours et l’entreprenariat féminin. La mode, ce n’est pas seulement de la paillette ; ces gens de l’informel font avancer l’économie de la mode », souligne Adama Paris. La styliste a relevé l’importance de célébrer les quinze années d’existence de cette semaine de la mode à Dakar ; quinze ans d’un parcours « assez difficile ».

Industrie de la mode
Pour l’ambassadeur de France au Sénégal, Christophe Bigot, cette Dakar Fashion Week est un moment pour montrer les tissus africains, wax, pagne tissé, avec une touche éclectique apportée par les différents créateurs. Le diplomate français a indiqué que la mode n’est pas réservée à une certaine élite. En s’orientant vers les jeunes, M. Bigot pense que l’initiatrice Adama Paris a osé organiser un évènement à Niary Tally. « L’industrie de la mode permet de faire travailler plusieurs dizaines de jeunes. Les mannequins ont merveilleusement porté les créations », a-t-il apprécié au terme du défilé. L’ambassadeur Bigot a, à cet effet, remercié la styliste, toute heureuse de la tenue, pour la première fois, de ce défilé de mode, à la Résidence de France à Dakar.

Le directeur de Business France Julien Gireaud a reconnu le côté plaisant du secteur artistique et que 11% des entreprises soient occupées par les industries textiles, soit 45.000 entités économiques, avant de louer la densité du tissu économique.

Lors d’une conférence de presse, hier, la styliste Adama Ndiaye, l’organisatrice, a précisé que la Dakar Fashion Week est une rencontre de qualité. Pour sa part, le jeune créateur, Lahad Guèye, révèle qu’il présentera deux collections. La Dakar Fashion Week réunit pour cette édition 36 créateurs du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, d’Egypte, du Nigeria, du Mali, de la Gambie, du Congo, du Mozambique et du Sénégal.

Serigne Mansour Sy CISSE

Après avoir passé des décennies à produire un cinéma entièrement dédié à l’Afrique et aux Africains, Sembène Ousmane a restitué des histoires dans un contexte où elles étaient marginalisées, entre autres, par les écoles coloniales, les journaux, les télévisions... Pour le Pr Samba Gadjigo, co-réalisateur du film documentaire « Sembène ! », l’héritage du «  père du cinéma africain » doit être une affaire de tous.

Dix ans après son décès, comment se matérialise l’héritage de Sembène Ousmane au Sénégal ?
Je crois que cet héritage était assez dormant. On ne voyait pas les écrits de Sembène, on ne parlait non plus de ses films. Il faut aussi savoir que sa maison était dans un état de pourrissement. Actuellement, nous espérons qu’il  y aura un sursaut. Le gouvernement a décidé de réhabiliter sa maison et d’en faire un espace culturel. Je crois que c’est déjà un pas de géant. Par ailleurs, je pense que la réhabilitation de Cheikh Anta Diop, de Sembène, de Birago Diop doit être une œuvre collective. Il y a Ousmane William Mbaye qui a déjà fait un documentaire sur le Pr Cheikh Anta Diop. Je crois au rôle des cinéastes, des écrivains de jouer leur partition. L’héritage Sembène Ousmane, ce n’est pas seulement une affaire de ses enfants biologiques. Je pense que cela doit être l’affaire de nous tous. Le programme « Sembène à travers l’Afrique » cherche, dans le cadre du dixième anniversaire du décès du « père du cinéma africain » à empêcher l’anéantissement de son œuvre. Avec l’appui de plusieurs instituts et organisations, nous avons pu projeter des films dans 37 pays africains en 72 heures. On a eu 14 projections à travers le Sénégal.

Qu’en est-il de votre film documentaire « Sembène ! » ?
Ce film est un devoir de mémoire. Si  nous parcourons les rues de Dakar, nous avons tendance à voir des places publiques portant des noms d’étrangers. Malheureusement, les hommes et les femmes qui ont contribué à notre histoire et à notre propre dignité ne sont pas tous représentés. Cette production est donc pour moi une façon de combler un vide, une amnésie. C’est aussi une manière de célébrer le travail de Sembène, car il s’agit d’un homme qui a passé plus de quarante ans de sa vie à produire des contre-images selon une perspective africaine.  Ce film était donc une urgence. J’ai accompagné Sembène Ousmane pendant 17 ans. Aujourd’hui, la réception de son œuvre à l’étranger est extrêmement importante. Par exemple, il n’existe aucune grande université américaine  où les œuvres de Sembène ne soient pas du tout enseignées. La portée mondiale de son cinéma a été très bien comprise. Malheureusement, il y a aujourd’hui un vide à combler au Sénégal.

Les thématiques abordées par Sembène Ousmane dans ses films demeurent-elles toujours d’actualité ?
La problématique de Sembène n’est toujours pas encore dépassée. Je pense qu’aujourd’hui, des films comme « Xala » ou le « Mandat » montrent à suffisance l’actualité de ses thématiques dans  notre vie de tous les jours. Le problème de la marginalisation du peuple et la corruption sont encore une réalité quotidienne. « Moolaadé » aborde également le phénomène de l’excision qui existe toujours dans le continent. Sembène n’a pas été dépassé mais les jeunes sont en train, actuellement, de refaire ses thèmes selon leur propre sensibilité.


Propos recueillis par Ibrahima BA

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