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Arts et Culture (1584)

La réalisatrice franco-sénégalaise, Laurence Gavron, plonge sa caméra dans des univers délaissés pour faire resurgir dans les esprits oublieux des grands pans du passé de l’humanité grâce à sa faculté de créer l’émotion. Son nouveau film sur la communauté sénégalo-vietnamienne en est une illustration achevée. Quand cette valeur sûre du cinéma national fait des infidélités au septième art en se livrant à l’écriture de romans, c’est pour encore représenter un environnement dont elle est tombée amoureuse, le Sénégal, et les vies qui s’y construisent. Entretien avec celle qu’on appelle affectueusement Mbissine, la Parisienne devenue « Sérère bu xees ».

Après des films sur les minorités libanaise, cap-verdienne au Sénégal, les juifs noirs au Cameroun, vous venez d’en réaliser un autre sur les métis sénégalo-vietnamiens. Devrait-on finalement faire de Laurence Gavron la spécialiste des minorités ?
Surtout pas, même si je peux en tirer fierté ! Avant, on faisait de moi la spécialiste des griots. Maintenant, des minorités. Le film sur les Libanais, « Naar bi, loin du Liban », est un peu à part. C’était une commande. Si aujourd’hui je devais refaire un film sur les Libanais, il serait différent parce que je connais mieux maintenant le Sénégal et cette communauté. En plus, on avait très peu de temps et de moyens. C’est pourquoi le film  était assez superficiel. Je préfère aller plus au fond des choses. Après, il y a eu les Cap-Verdiens avec le documentaire « Saudade à Dakar ». Mais c’était surtout axé sur la musique.

Le film, « Si loin du Vietnam », ode au métissage, ne vous donne -t-il pas le sentiment agréable d’avoir consigné l’histoire d’une communauté en voie de disparition ?
Les métis sénégalo-vietnamiens sont, à peu près, à la quatrième génération. Ils se fondent dans la « Sénégalité ». Les premières générations gardent leurs racines ; la nouvelle un peu moins. Tout cela est lié à l’histoire coloniale de la France même si la leur n’est pas assez connue là-bas. Cela devrait être montré davantage à l’humanité pour une réappropriation de notre aventure collective qui est un amas de singularités comme celle des métis sénégalo-vietnamiens. Cette page ne doit pas seulement être un objet de curiosité. Elle doit être questionnée par les historiens. Moi, mon objectif n’était pas de faire un film d’histoire avec un grand H. Je voulais partir de petites histoires, des émotions pour atteindre la grande histoire. Ils forment une petite communauté très touchante par le fait qu’ils sont attachés à leur tradition. Ce qui ne constitue point un obstacle à leur intégration au Sénégal dont ils sont des citoyens à part entière.

Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées dans la réalisation du film ?
Elles sont surtout liées au « xaalis », à l’argent. La partie au Sénégal n’était pas compliquée. Mais, le voyage au Vietnam demandait des moyens. La post-production aussi a un coût. Maintenant, je suis fauchée ! Il faut que je le vende pour récupérer mes sous ! Je m’y emploie. J’ai quelques rendez-vous avec des télévisions françaises. Au Vietnam, normalement, il faut une autorisation de tournage avec un fonctionnaire officiel qui vous suit partout et qu’il faut payer. Mais, je n’avais pas assez d’argent. On m’a dissuadée de demander l’autorisation. Humainement, ce sont des gens aimables qui ne font pas la tête quand tu les filmes.

Qu’est-ce qui vous a motivée à faire un  film sur les juifs noirs du Cameroun (« Juifs noirs, les racines de l’olivier », 2015) ?
C’est quelque chose qui m’intéressait depuis longtemps parce que je suis juive, africaine de cœur et de nationalité sénégalaise ! Je côtoie toujours des Noirs, des Africains. Cela m’a touchée qu’il existe des juifs noirs.  C’était comme une espèce de challenge pour moi qui étais juive. J’ai toujours pensé que noirs et juifs avaient des points communs dans leur cheminement historique parce que ce sont des peuples qui ont été opprimés, réduits en esclavage. Les juifs noirs sont une identité très peu connue à la fois au Sénégal et en France. Moi, cela m’intéressait d’en parler. Humainement, c’était fascinant, émouvant de voir tous ces Camerounais qui voulaient être juifs. C’est déjà compliqué d’être Noir dans ce monde. Ils ont plus de mérite que moi qui ai hérité cette religion de mes parents. Eux, ils l’ont embrassée par une quête de sens, par l’apprentissage.

Quelles ont été les différentes étapes de la réalisation de ce film « exotique » ?
Je devais faire le film avec une ethnologue qui a fait sa thèse sur cette minorité. Nous sommes allées au Ghana où on a un peu promené la caméra. Nous devions nous rendre par la suite ensemble au Cameroun. J’y suis arrivée la première. Elle devait s’y rendre le lendemain. Malheureusement, c’est le jour même où une famille française a été enlevée par Boko Haram au nord du Cameroun. Elle a eu peur et s’est désistée. La productrice m’a alors demandé de renoncer au tournage du film. Mais moi, je tenais à le faire. Je suis allée à 1000 km au nord Cameroun et j’ai commencé à filmer toute seule. L’ethnologue et la productrice m’en ont  voulu. Elles m’ont laissé tomber. A un moment, j’étais déprimée. Pendant un temps, j’ai un peu laissé tomber. Quand j’ai appris que le leader de cette communauté juive avait enfin eu son visa pour aller étudier en Israël dans une école religieuse, cela m’a requinquée. J’ai trouvé un peu d’argent avec une Ong américaine qui s’occupe des communautés juives émergentes. Elle a pris en charge le billet d’avion pour aller en Israël. Puisque je n’avais pas le droit moral d’utiliser ce que j’avais filmé avec l’ex-productrice, je suis retournée au Cameroun pour prendre des images.

Vous avez également consacré quelques films à des personnalités culturelles, notamment des griots. Qu’est-ce qui vous fascine tant chez ces personnes ?
Le monde de la culture a toujours été mon univers. Lors du tournage de mon film sur Djibril Diop Mambety, en 1991, j’ai rencontré Ndiaga Mbaye que je ne connaissais pas. Il m’a tout de suite fascinée. Tout le monde l’aimait. Il faisait l’unanimité. C’est comme ça que l’idée de lui consacrer un film a germé. J’ai ensuite fait la connaissance du grand Samba Diabaré Samb qui est un homme humble, d’une touchante sagesse. Après eux, cela s’est enchaîné avec Yandé Codou Sène, la diva sérère. J’aurai bien voulu faire un film sur Doudou Ndiaye Rose. Malheureusement, il est décédé. J’ai une amie musicologue qui veut qu’on fasse un film sur lui avec son fils Tapha.

Comment est venue l’idée de faire le film « Ninki nanka, le prince de Colobane », sur Djibril Diop Mambety ?
A l’époque, je connaissais Djibril. On trainait ensemble à Paris avec toute une bande d’amis. Je travaillais à l’époque pour une émission de télé qui s’appelait « Cinéma cinéma » assez connue. Un jour, pendant le tournage de « Hyènes », Djibril m’a proposé de faire un making off du film. Mais, je lui ai dit que faire un film sur lui m’enchantait davantage. Et puis, je m’y suis engagée.

Qu’est-ce qui vous lie au défunt musicien  Seydina Insa Wade ?
Nous sommes unis par beaucoup de choses. Seydina est un grand frère, un ami pour moi. Je l’ai connu dans un restaurant à Paris en 1993. Après cette première rencontre, nous avons continué à nous voir régulièrement au même endroit pour  manger et discuter. C’était des moments  très chaleureux. J’adore sa musique. Il avait beaucoup de connaissances sur le Sénégal et sur la communauté lébou. Malheureusement, il n’était pas bien connu au Sénégal. C’est quelqu’un qui m’a beaucoup inspirée dans l’écriture de  mon livre « Boy Dakar ».  Quand il était alité, je lui rendais visite et lui apportais tous les jours son bon gâteau à la maison familiale !

Vous conciliez l’inspiration littéraire avec celle-là cinématographique. Comment est né ce goût pour l’écriture ?
Cela a toujours été une passion. Jeune reporter à « Libération », j’ai beaucoup écrit. J’ai rédigé mon premier livre en 1987 sur un cinéaste américain.  Et après cette première expérience, j’ai  écrit un  scénario intitulé  « Marabout de ficelle ». Mais, lorsque je l’ai montré à un ami français, Jean Bernard Pouy, auteur de polar, il  m’a  proposé de le changer en roman pour le  publier dans sa maison d’édition. Cela m’a donné confiance. Ce n’était pas un grand roman mais c’est en ce moment que j’ai senti  que je peux produire d’autres ouvrages.  En 2000,  j’ai commencé à rédiger les premières pages de » Boy Dakar ». J’ai ensuite écrit un autre roman policier,  « Hivernage », qui s’inspire aussi de l’environnement sociologique qu’offre à voir Dakar et Louga. Actuellement, je viens de terminer un roman, « Fouta street », qui se déroule entre New York et le Djoloff. Il s’intéresse aussi à la manière de vivre des communautés sénégalaises à l’étranger.

Présentez-nous un peu Laurence Gavron, la Française.
Je suis née à Paris. J’ai aussi des origines polonaises. J’ai très tôt essayé de me distinguer de mes camarades. Je ne voulais pas  adopter un style trop français. Mes parents étaient trop sévères. C’est pourquoi j’avais des rapports un peu difficiles avec eux. Mais, finalement ils m’ont laissé faire beaucoup de choses comme le cinéma, épouser un Allemand en tant que Française d’origine polonaise et juive, vivre au Sénégal. Je voulais toujours faire ce que mes parents n’attendaient pas de moi. Ils voulaient que je devienne avocate, j’ai choisi le cinéma. La culture sénégalaise m’a permis d’emprunter une nouvelle piste.

Comment vous vous-êtes retrouvée un jour au Sénégal ?
C’est un concours de circonstances. Mon mari est mort très tôt quand j’avais 32 ans. J’étais enceinte de mon fils. Je crois que j’ai eu envie d’autres choses, d’un autre challenge. Un jour, Serge Daney, un critique de cinéma, alors chef de la page Culture au journal « Libération », m’informe qu’il va à Ouagadougou. Je lui fais connaître mon souhait d’aller là-bas aussi. Il me propose alors de m’y rendre pour le journal. C’est là que j’ai connu Ousmane William Mbaye, Ben Diogaye, Idrisssa Ouedraogo et Joseph Gai Ramaka. Après, j’ai travaillé avec ce dernier en écrivant des scénarii ensemble. Mais, ma rencontre avec le Sénégal remonte encore beaucoup plus loin. Au lycée, j’avais une copine métisse sénégalo-danoise avec qui j’ai fait beaucoup de bêtises ! D’ailleurs, j’ai été virée du lycée au bout d’un an ! Elle m’avait déjà ouvert quelques portes de familles sénégalaises. En 1987, je suis venue pour la première fois à Dakar après que cette copine est revenue s’y installer. Je suis revenue au Sénégal en 1990 avec Ramaka avant de m’y établir et d’obtenir la nationalité sénégalaise.

•  Propos recueillis par Alassane Aliou MBAYE

C’est habillé  d’un  pantalon  Jean  relevé d’une chemise de couleur  grise et d’une casquette qu’Abdoul Aziz Mbodj, avec sa grande taille svelte, cheveux hirsutes poivre et sel, nous accueille à son domicile dakarois.  Après des salutations chaleureuses et installés confortablement dans son salon, nous feuillette avec lui l’album d’une vie ponctuée d’une carrière d’instituteur et de rôles dans plusieurs films comme « La Brosse », « Dakar Trottoirs », « Des étoiles »…

Dans le milieu du cinéma, Abdoul Aziz Mbodj a  fait  du chemin où il a eu à côtoyer de grands cinéastes et hommes de culture  tels que Sembene Ousmane, Djibril  Diop Mambety, Jonhson Traoré,  Mamadou Traoré Diop, Chérif Adramé Seck, auteur du film « Ndiagane », le peintre  Ibou Diouf, entre autres. De rôle de figurant dans un film de  Cheikh Ngaïdo  Bâ, « La Brosse », et dans certains courts métrages de Chérif Adramé Seck,  Abdoul Aziz Mbodj est finalement passé au rôle d’acteur dans le film « Dakar Trottoirs » d’Hubert Laba Ndao dans lequel il a interprété le rôle de Don Corleone (chef de la mafia).

Car le film relatait une histoire de drogue avec un parrain (Abdoul Aziz Mbodj) qui récupérait des gosses de la rue pour en faire des dealers.  Récemment, en 2014, il a aussi tourné comme acteur dans « Des étoiles » de la réalisatrice franco-sénégalaise Dyana Gaye.  « La vedette dans ce film est une fille qui travaillait au Centre culturel français et moi j’y ai joué le rôle de Charles, le père de cette fille qui est allée suivre en Italie son mari qu’elle n’a pas vu. C’est un film qui a été tourné aussi bien à Dakar, Turin et New York », indique-t-il. Pourtant, ce septuagénaire né en 1943, à Saint-Louis, n’a nullement pas appris ce métier d’acteur de cinéma. Tout s’est fait dans le tas. Aussi, faut-il le souligner, que l’atmosphère culturelle dans laquelle Abdoul Aziz a vécu, a   fait qu’il a eu autant de passion pour le cinéma et de s’y frayer, petit à petit, son chemin.

« Je ne suis pas acteur et je n’ai, non plus, reçu aucune formation de cinéaste. Mais vous savez qu’à l’époque, le cinéma était important, surtout dans une petite ville comme Louga qui  m’a vu grandir. En effet, c’était la seule distraction qu’il y  avait pour les jeunes de l’époque que nous étions. Il n’y avait pas de boites de nuit, pas de théâtre. Il y avait que le cinéma qui était le pôle d’attraction de la nuit », confie M. Mbodj. Précisant que son père était un homme assez stricte et qu’il n’avait le droit d’aller au cinéma que le mercredi soir et le samedi  soir. « Aussi, exigeait-il qu’on s’y rende accompagné de  deux grands du quartier. Il s’agissait notamment de Mame Drao Cissé, devenu  directeur des Ptt, et de l’ancien président Abdou Diouf, parce qu’on habitait la même rue  et lui aussi aimait  bien le cinéma », informe Abdoul Aziz Mbodj.

Agent du tourisme et commercial
« A Dakar également, c’était les mêmes ambiances. Il y avait des salles de luxe comme le Rialto où tous les vendredis et samedis, la « high société » de Dakar bien habillés s’y retrouvait. C’était des défilés de calèches, de taxis pour aller au Rialto. A l’époque, on allait voir des films comme Tarzan, Zoro, d’Artagnan, les westerns, tout ce qui est film d’amour, etc. C’est de là qu’est née cette passion du cinéma »,  rappelle M. Mbodj avec un brin de sourire aux lèvres. Instituteur de profession, Abdoul Aziz Mbodj a eu son premier poste d’enseignant à Rufisque entre 1963 et 1964. Et parmi ses premiers élèves dans cette école, il se souvient de Mame Less Camara, journaliste qu’il a eu en classe de CE1 et de Mamadou Guèye Faye, devenu général de la gendarmerie.

Mais il faut dire que ce passage dans  l’enseignement fut bref. Avec les grèves de 1968, il perd son seul métier d’enseignant qu’il aimait  tant. Mais, comme dit l’adage, tant qu’il y a vie, il y a de l’espoir. En moins d’une semaine de son licenciement de l’éducation, Abdoul Aziz Mbodj s’est retrouvé comme commercial dans une Société de tourisme.  « C’est grâce à  l’enseignement que  j’ai pu devenir un bon agent du tourisme et un bon commercial », se réjoui-t-il. Après avoir fait le tour comme directeur commercial et chef de service commercial, M. Mbodj s’est aussi retrouvé à la Maison du livre comme directeur commercial, située à l’époque à l’avenue  Roume, devenue L. S. Senghor.

Toujours  est-il qu’il continuait à fréquenter les gens de sa génération qui étaient soit des enseignants soit des gens de son âge avec qui il partageait les mêmes occupations telles que le cinéma, la culture, etc. « Nous nous rencontrions souvent au bar restaurant pâtisserie « le Chantilly », sis près du Théâtre national Daniel Sorano avec tous les autres cinéastes entre 10h et 13h.  Les gens qui travaillaient à la radio se joignaient également à nous et on échangeait et discutaient des films.

A l’époque, il y avait une vie culturelle assez dense et un niveau qui allait avec », argue Abdoul Aziz Mbodj. Aujourd’hui, avec l’âge, Aboul Aziz Mbodj se repose paisiblement. Mais il se dit toujours prêt à jouer dans des films pourvu que les rôles qui lui  seront donnés soient en conformité avec son état physique. S’exprimant sur le fonds alloué récemment au cinéma, Abdoul Aziz Mbodj avoue qu’il reste sceptique. « Car en dehors de ces montants, je ne pense pas que c’est à coût de 100 millions ou 200 millions de FCfa qu’on va refaire le cinéma sénégalais. Parce que mettre un milliard dans un film c’est possible, mais un milliard pour 20 films, ça ne marche pas ; le cinéma coûte trop cher », laisse-t-il entendre.  A  son  avis,  il est  pour la mise en place d’un Centre technique  afin que les cinéastes sénégalais ne soient plus obligés d’aller au Maroc ou en France...

Par Maguette Guèye DIEDHIOU

Exerçant dans le milieu de la haute couture depuis quelques années, la designer Diouma Thiam alias Dms a lancé récemment une nouvelle collection dénommée « Dms Design ». L’ambition de la jeune femme est de conquérir le marché sénégalais de la mode.

Depuis bientôt cinq ans, Dms (de son vrai nom Diouma Thiam) sert les amateurs de la haute couture avec une variété de modèles, selon les goûts et les couleurs de chacun. Son travail est le résultat d’une créativité et d’une élégance immaculée. Diouma habille des reines mais aussi des femmes de toute condition sociale. La collection de Dms reflète l’âme de son auteur.

Originaire de Paris, cette sénégalaise de 27 ans s’est lancée dans le commerce international et plus précisément dans l’achat et la vente de « Abaya » pour donner des ailes à ses ambitions. Jeune femme entreprenante, Dms a débuté par le commerce de prêts-à-porter féminins en privilégiant l’import-export. La jeune femme exerçait ses activités  entre Dubaï, France et New York. Aujourd’hui, celle qui a récemment lancé une nouvelle collection d’inspiration orientale dénommée « Dms Design », a fini de plaire dans les grandes capitales  du monde de la mode.  « Mes collections marchent super bien. A Paris, j’ai écoulé tous mes stocks. A New York, j’ai une forte demande », laisse-t-elle entendre dans un ton dénudé d’orgueil.   

Sa nouvelle collection intitulée « business woman », lancée au mois de mars à Dakar, est constituée de tissus satinés avec du velours, des étoffes locaux et de nouveaux produits à l’image du gezner, du wax et de la soie. Il y en a des modèles pour les femmes voilées comme celles non voilées. Bref, des modèles adaptés aux différents styles féminins. De la femme sophistiquée à celle glamour. « A travers cette  nouvelle collection, toutes les femmes de Dakar, du Sénégal, verront une nouvelle mode venue d’ailleurs et qui a été créée par une Sénégalaise », avance-t-elle. A travers la création de sa collection, Dms souhaite mettre en avant l’importance de la femme telle qu’elle est aujourd’hui.

Diouma Thiam est venue conquérir la clientèle sénégalaise. « Sur les réseaux sociaux, il y a beaucoup de gens qui s’intéressaient à mes collections.  J’avais beaucoup de demandes à travers ma page facebook. Beaucoup de gens voulaient que je vienne au Sénégal afin de pouvoir se procurer mes robes », confie-t-elle.
En choisissant de travailler avec une couturière locale à Dakar, Diouma Thiam n’entend pas seulement  conquérir le marché de la mode sénégalaise. Elle veut contribuer, à sa manière, en faisant travailler des   partenaires locaux, au développement économique du Sénégal.  

Aujourd’hui, Dms a fait le choix d’apporter un nouveau souffle à son commerce. L’objectif : faire de ses tenues inspirées de la « Abaya » (tenue traditionnelle arabe) et alliant différents types de tissus tels que le wax, la soie, le coton, les broderies ou encore le velours, une des tendances en vogue dans le monde de la mode.

Ibrahima BA

La galerie Léopold Sédar Senghor  abritera, le 15 juillet  prochain, l’exposition de l’artiste française, Alice Neveu. En résidence artistique depuis le 1er mai au Village des arts de Dakar, elle présentera un travail autour de la  thématique « Corps et ville ».

Scénographe, Alice est aussi une artiste performeuse prenant la ville comme terrain de jeux. C’est ainsi que cette restitution en « Pièces détachées » donnera à voir un travail de recherche basée sur sa pratique de la marche dans la ville de Dakar. Pour l’artiste, la ville est un espace scénique à l’intérieur duquel le corps se met en scène et performe. Dans son travail, Alice Neveu exprime un désir de dialogue avec la ville et une tentative de répondre à cette question : Comment revendiquer sa propre subjectivité dans un espace public. Elle fait émerger ainsi des questions et des déplacements de points de vue dans la manière dont les individus et groupes agissent dans l’espace urbain. La performeuse a donc marché (seule et accompagnée), dessiné, cartographié, performé. En résulte des fragments de ville et des fragments d’elle, recomposés dans une installation « urbaine » qui seront exposés sur le sable fin de la galerie Léopold Sédar Senghor, le 15 juillet prochain à 19 heures.

Née en 1988, Alice Neveu est diplômée en scénographie à l’Ecole supérieure des arts décoratifs de Strasbourg. Depuis 2013, elle participe régulièrement à des résidences artistiques, lesquelles l’ont menée à Busan en Corée du Sud, à Johannesburg, puis à Kinshasa et Dakar.                 

I. BA

L’écrivain sénégalais Louis Camara vient de faire une adaptation de la « Forêt aux mille démons » de l’écrivain nigérian Daniel Olorunfemi Fagunwa. Présentée, hier, au Centre de recherche ouest africain (Warc), cette œuvre est le récit d’une épopée de l’ethnie Yoruba du Sud du Nigeria.

« La Forêt aux mille démons », une épopée Yoruba de l’écrivain Nigérian Daniel. Olorunfemi Fagunwa n’a rien à envier au chef-d’œuvre « La Chanson de Roland » de Turold ou « L’Odyssée » d’Homère. Ecrit d’abord en langue Yoruba en 1938 puis traduit en anglais par l’illustre Wole Soyinka, en 1968, ce livre vient de faire l’objet d’une adaptation en français par l’écrivain sénégalais Louis Camara. 

L’objectif de ce dernier est de rendre accessible ce livre majeur au public francophone et ainsi, comme l’a voulu son auteur, transmettre un legs spirituel au peuple africain et à l’humanité entière. Dans ce récit, l’espace cède le pas à des univers qui font perdre l’imaginaire. Comme dans toute épopée, le réel est parfois supplanté par l’irréel où des adversaires monstrueux et perfides se donnent en spectacle. Grâce à la force de la narration, « La forêt aux mille démons » montre comment l’Afrique des profondeurs est restée toujours attachée au mysticisme émanant du fond des bosquets. Dans ce roman, considéré comme un chef-d’œuvre littéraire majeur, il est question des aventures d’un chasseur du nom d’Akara Ogun, dans la grande forêt qui, au sud du Nigéria, « est considérée comme le siège des forces spirituelles, mais aussi comme le repaire des créatures monstrueuses, grotesques et souvent dangereuses ». En allant dans cette forêt, le héros s’éprouve lui-même en tant que chasseur.

Akara Ogun dans sa quête initiatique va surmonter de rudes épreuves et réussir à défier mille et une péripéties. Issu d’un père chasseur et d’une mère sorcière, le superman grâce à son courage, sa force spirituelle qu’il tire de son Seigneur, va réussir à vaincre tous ses adversaires aussi redoutables qu’ils soient. Ce livre est une sorte de mélange entre tradition animiste et christianisme, en identifiant le Dieu suprême du panthéon, Yoruba Oludumare, avec le Dieu unique des religions monothéistes. Il mêle tradition orale et récits bibliques. Dans ce livre, le récit se termine par une leçon de morale dans lequel le héros donne les clés sur comment l’homme doit se comporter afin que l’ensemble des êtres humains puissent vivre en harmonie dans la société.

Natif de Saint-Louis, Louis Camara, professeur de Lettres, est auteur de plusieurs ouvrages de fiction. Parmi ces œuvres figurent : « Le Choix de l’Ori », Grand Prix du président de la République pour les Lettres, en 1996.

Ibrahima BA

L’opérateur de télévision payante par satellite, Canal+Afrique, et Delta net ont signé un accord de codistribution des chaînes Canal+. Les deux parties ont rencontré, hier, la presse. Elles ont manifesté leur volonté de rendre plus dynamique leur partenariat et de faire de la lutte contre le piratage un objectif commun.

A travers cet accord, Delta net, entreprise de distribution d’images télévisuelles présente à Dakar, à Saint-Louis, à Mbour et bientôt à Thiès, bénéficie des programmes exclusifs proposés par les chaînes Canal+. Il est ainsi donné au téléspectateur sénégalais la possibilité d’avoir accès à ses huit chaînes par le réseau de Delta net. Le sport, avec les championnats français, anglais et espagnols et  la Ligue des Champions, l’Europa League et l’Euro 2016, y occupe une place de choix. Le bouquet qui regroupera les chaînes Canal+ dans les offres de Delta Net sera au même prix que celui proposé dans ses points de vente. Sous ce rapport, le directeur général de Canal+ Afrique, David Mignot, a annoncé que le championnat anglais sera diffusé en exclusivité, à partir du mois d’août, sur la chaîne française, pendant trois ans.

Malgré 20 ans de présence en Afrique subsaharienne, seuls 3 millions de personnes ont accès à Canal. L’objectif, selon lui, est qu’une famille sur deux en Afrique ait accès, d’ici 2020, aux chaînes de Canal. Pour y arriver, la direction a changé de démarche pour adopter une formule de proximité qui tient compte des réalités économiques des usagers.

« Nous sommes conscients que nous ne pouvons pas atteindre cet objectif tout seul. Il faut que nos bouquets soient distribués par le maximum d’opérateurs avec qui les relations s’étaient un peu dégradées. C’est un accord de bon sens », dit-il, heureux que la sérénité soit de retour dans la filière audiovisuelle. La direction compte consacrer son énergie à la production et à l’édition. Cette nouvelle approche va certainement contribuer à l’assainissement du secteur audiovisuel dans la sous-région.

Amadou Ndiaye, directeur général de Delta net Tv, ne s’en réjouit pas moins car « passant de concurrent à partenaire de Canal ». Ce partenariat qui existe depuis plus d’une décennie avait connu quelques séquences malheureuses. Delta dispose de deux principaux bouquets auxquels seront intégrées huit chaînes de Canal. Il a également salué « la compréhension de Canal qui a un contenu plus riche. Il nous permet de toucher un plus large public ». Sous un autre registre, Amadou Ndiaye a réitéré sa volonté, avec la chaîne cryptée, de mener le combat contre le piratage qui est un frein à la création. Il appelle l’Etat à mettre en place une politique coercitive pour venir à bout de cette illégalité connue de tous. « Le piratage menace l’industrie audiovisuelle. L’Etat y perd aussi parce que les revenus échappent à son contrôle », regrette-t-il.

Alassane Aliou MBAYE

L’assemblée statutaire du Conseil national de régulation de l’audiovisuel, réunie jeudi 30 juin, met en demeure Excaf Telecom d’arrêter immédiatement l’intégration des programmes audiovisuels de beIN Media Group, Tf1 Distribution et des chaînes de Turner ; de retirer de son bouquet toutes les chaînes pour lesquelles elle ne dispose pas de droits de diffusion et d’arrêter le piratage de contenus audiovisuels. Le non-respect de cette mise en demeure expose Excaf Telecom aux sanctions prévues par la loi.

Selon un document parvenu à notre rédaction, l’assemblée statutaire du Conseil national de régulation de l’audiovisuel a statué sur les plaintes de Turner Broadcasting System Europe Limited (« Turner »),  beIN Media Group et Tf1 Distribution, relatives à l’intégration ou à la redistribution, sans autorisation, de leurs programmes audiovisuels dans le bouquet d’Excaf Telecom ainsi que ses chaines Rdv et Dtv.Par correspondance en date du 1er juin 2016,  le Cnra avait enjoint Excaf Telecom de mettre à sa disposition tout document l’autorisant à reprendre les émissions de ces groupes ou, à défaut, de cesser immédiatement ces violations. Malgré cette injonction, souligne le document du Cnra, Excaf Telecom, qui n’a pas daigné donner des éléments de réponse concernant ces plaintes, continue de diffuser ces programmes audiovisuels.

En tournée dans les régions pour mieux sensibiliser et informer les acteurs sur le Fonds de promotion de l’industrie cinématographique et audiovisuelle, les responsables du Fopica ont saisi l’occasion de leur étape de Tambacounda pour inviter les acteurs culturels à profiter des kaléidoscopiques décors de leur localité favorable à des films et documentaires.

A Tambacounda, aucun acteur du secteur n’a encore profité du Fonds de promotion de l’industrie cinématographique et audiovisuelle (Fopica), a souligné Sophie Kane, réalisatrice et technicienne en audiovisuel. Pour elle, certains d’entre eux ne connaissent d’ailleurs pas le Fopica et ne maîtrisent pas non plus les voies à suivre pour déposer un projet ou bénéficier de ce fonds. 

Une raison pour laquelle la tournée dans les régions sert à mieux sensibiliser les acteurs culturels mais aussi leur permettre d’avoir accès au Fopica. Selon Mme Kane, cette tournée est venue à son heure, car le cinéma est agonisant à Tambacounda. 

Abdourahmane Diallo, directeur du Centre culturel régional, a noté qu’il existe un potentiel énorme dans la région mais inexploité. Il s’agit alors, estime M. Diallo, de mettre les acteurs en phase avec une formation adéquate. Il a également magnifié le potentiel énorme de la région sur le plan décor et socioculturel, incommensurable pour le cinéma. Après avoir regretté le retard mis pour toucher les acteurs de la région à propos du Fopica, le directeur du Centre culturel régional souligne qu’il faut juste accompagner les acteurs pour atteindre des sommets.

« Dans cette région, il y a un potentiel culturel énorme », a confirmé le secrétaire permanent du Fopica. Contrairement à ce que pensent beaucoup de gens, Abdoul Aziz Cissé a souligné que le potentiel culturel de Tambacounda n’est pas dormant mais seulement inexploité. 

Parmi ce potentiel, il classe les décors naturels en première position. Pour lui, « ils constituent même les premiers gisements d’or du cinéma », non sans attester que Tambacounda en regorge à profusion. Sur le patrimoine culturel qu’il classe en seconde position, M. Cissé soutient que Tambacounda en regorge à suffisance. Cependant, bien que bénéficiant d’innombrables potentiels culturels, il urge maintenant que des sessions de formation et de renforcement de capacités des acteurs locaux soient entreprises pour valoriser ce riche patrimoine de la région. Et c’est ce qui leur permettra aussi de pouvoir bénéficier de ces opportunités comme celles qu’offre le Fopica. Beaucoup de projets culturels se tournent dans la région mais sans les acteurs locaux parce que n’ayant pas le profil requis. D’où, une impérieuse nécessité, selon, M. Cissé, de passer par une formation des acteurs.

« Nous essayerons, avec eux, de voir comment organiser des sessions de formation ou de renforcement de capacités afin qu’ils puissent être au diapason et pouvoir, comme leurs collègues des autres localités, bénéficier des atouts que leur offre le Fopica », a observé Abdoul Aziz Cissé. L’objectif reste qu’à l’issue de la rencontre, que les acteurs culturels de Tambacounda soient tous bien outillés afin de pouvoir être très compétitifs pour une relance du cinéma qui doit partir des régions.

Pape Demba SIDIBE

Le directeur de l’Institut fondamental d’Afrique noire (Ifan) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), Hamady Bocoum, fait partie des lauréats distingués pour services rendus à l'archéologie africaine.

Cette consécration, informe un communiqué, intervient dans le cadre de la 32ème édition de la biennale de la « Society of africanist archaelogists (Safa), qui se tient actuellement et ce, jusqu’au 2 juillet prochain à l’Université de Toulouse 2 Jean Jaurès, en France.

D’après ce document, cette distinction, qui renforce le leadership de l’Université Cheikh Anta Diop dans le domaine de l’archéologie, « est aussi une consécration pour un chercheur qui, par la qualité de ses publications et sa constante implication dans la formation de la relève dans sa discipline, est considéré comme un des plus brillants archéologues de sa génération. » Pr Hamady Bocoum s’est vu décerner la médaille d’honneur de la Ville de Toulouse avec trois autres archéologues. Dans ce communiqué, « L’Université Cheikh Anta Diop se réjouit de cette distinction qui honore le Sénégal et adresse ses vives félicitations au Pr. Hamady Bocoum ».

I. BA

Créé par la journaliste Anta Faye Diop, le Journal des enfants et des parents (Jdep), de périodicité mensuelle, se donne comme ambition de mettre en lumière les enfants, leurs préoccupations et leur génie. La prise en compte de cette couche vulnérable est une option pertinente pour toucher et interpeller leurs parents et la société en général.

La promotrice compte ainsi faire connaître les besoins de l’enfant et créer un cadre d’échange pour favoriser un partage d’expériences et de vécus.

Ce numéro spécial de juin-juillet offre à voir 24 pages dont 16 en couleur qui répondent à la généreuse ambition de la promotrice du mensuel Jdep. Dans un contexte difficile pour la presse sénégalaise, elle compte, pour la survie et le développement du journal, sur les Sénégalais sensibles au devenir de la jeunesse africaine pour relever le défi.

L’apport des acteurs en faveur de la petite enfance et des organisations non gouvernementales est également souhaité surtout en ce qui a trait à l’accès aux bases de données pour informer le public.

Alassane Aliou MBAYE

La Maison de la presse a abrité la cérémonie de lancement du magazine bimestriel et féminin, « Nissa ». Une tribune, pour Betty Ndiaye sa fondatrice, de permettre aux femmes de mieux s’exprimer. 

Le magazine « Nissa » a été officiellement lancé hier, au cours de cette conférence de presse. Magazine en quadrichromie, il traite, dans son 3ème numéro, des sujets liés au Ramadan, à la médisance, à l’art culinaire, à la mode, etc. La rencontre avec les journalistes était une occasion pour la fondatrice et directrice de « Nissa », Betty Ndiaye, de souligner que l’idée a toujours germé dans sa tête. De ce fait, elle écrivait petit à petit, améliorait et partageait avec ses amies le contenu, pour une bonne parution.

« Le magazine est le fruit de mes recherches, de mes écrits », explique la directrice de publication. Selon elle, la cible est naturelle. « Il y a un grand nombre de personnes, de retraités qui lisent le magazine. Je féminise ce magazine parce que le discours est différent ; mais il n’est pas fermé ; tout le monde peut le lire », indique l’éditorialiste. Vendu au Sénégal et dans la sous-région, « Nissa » est tiré à 1.500 exemplaires et compte 54 pages. A en croire sa fondatrice, la distribution n’est pas facile, dans un marché rythmé par la féroce concurrence. « Je suis en train de négocier ; l’essentiel, c’est d’écouler mon stock pour s’en sortir financièrement.

Le premier numéro, n’a pas eu de publicité. La publicité que vous voyez, c’est des échanges de marchandises. J’ai imprimé grâce au soutien des membres de ma famille, aux recettes et quelques sponsors qui arrivent petit à petit », avoue-t-elle.    Pour la journaliste Ourèye Thiam, la qualité du magazine finira par faire sa propre publicité.  

Le magazine « Nissa » est un bimestriel qui se veut moderne, féminin et islamique. Il est présenté par Betty Ndiaye comme le premier du genre au Sénégal.

Serigne Mansour  Sy CISSE

L’acteur Bud Spencer, de son vrai nom Carlo Pedersoli, est décédé lundi après-midi. Il avait 86 ans. Avec son acolyte Terrence Hill, il a marqué la production cinématographique italienne. Né à Naples en 1929, cet homme rond et barbu s’était particulièrement fait connaître grâce au duo qu’il formait avec son compatriote Terence Hill, de son vrai nom Mario Girotti, dans plusieurs films et notamment «On l’appelle Trinita». Référence du western spaghetti (le western italien), Bud Spencer a aussi joué dans des comédies populaires, des thrillers et même des films d’auteur.

Dans sa quête permanente de la félicité, la chorale Saint Pierre Julien Eymard a choisi, comme vision, de chanter l’amour et la gloire de Dieu, à l’instar de la foule immense des Anges et des Saints, qui chaque jour, contemplant la Splendeur de sa Gloire, lui adressent leur hymne de louange et d’adoration. Rencontre avec les membres de cette chorale de la paroisse Saint Joseph de la Médina de Dakar qui, par leurs chants, répondent aux nombreuses sollicitations des fidèles, pour l’animation des messes de mariage, de baptême, de requiem, d’absoute… Une manière pour les 86 choristes issus d’une quinzaine de nationalités de mieux communier avec le Christ.

Samedi 17 juin 2016, il fait un après-midi estival à la paroisse Saint Joseph de la Médina. Nous trouvons quelques-uns des membres la chorale Saint Pierre Julien Eymard, en pleine séance de répétition, pour parfaire leurs voix, car ils devaient participer à un concert dans la soirée. Les pensionnaires de la chorale sont réunis autour des valeurs telles que « la paix, une vie communautaire dont la prière est le pilier principal. » Dotés d’une capacité de méditation et de louange, les choristes chantent dans plusieurs langues africaines et étrangères, comme le wolof, le sérère, le diola, le fon, l’ashanti, le lingala, le moré, le bété, l’agni, l’éwé, le swahili, le sango, etc. Le tout, pour faire régner un climat favorable à la prière et amener le Peuple de Dieu à mieux Le rencontrer.

La chorale Saint Pierre Julien Eymard répond, dans la mesure de ses possibilités,  aux sollicitations des fidèles, pour l’animation des messes de mariage, de baptême, de requiem, d’absoute. En plus, elle exécute, chaque année, un programme d’activités, permettant aux choristes d’être épanouis sur le plan spirituel, socioculturel et d’améliorer la qualité de ses prestations. Engagée, la chorale est dans une dynamique d’aider les jeunes à être engagés aussi à côté du Christ, qui disait ceci : « Beaucoup sont appelés mais peu seront élus. » Voilà, donc, que ces choristes s’organisent, pour évangéliser, à travers les chants, indépendamment des messes et autres cérémonies animées. Portée sur les fonts baptismaux durant la fête de Pâques 2006,  la chorale Saint Pierre Julien Eymard est connue aussi à travers ses activités de bienfaisance, en denrées alimentaires et autres natures, surtout à la pouponnière de la Médina, auprès d’enfants vivant avec un handicap, ou la prison de Rebeuss.

Composée de 86 choristes de 15 nationalités (Sénégal, Bénin, Burkina, Cameroun, Cap Vert, Côte d’Ivoire, etc.), les choristes ont une moyenne d’âge qui oscille entre 23 et 25 ans. Dans les statuts qui régissent la chorale, il est mentionné que le choriste doit être un fidèle chrétien, âgé au moins de 15 ans, être baptisé et s’inscrire à la catéchèse...  « Nous faisons des prestations pendant les cérémonies de deuil ou de festivité de mariage. Le paiement diffère : nous laissons libre court à la personne de nous donner », souligne Abel Sanou, le président de la chorale Saint Pierre Julien Eymard.

Fortifier sa spiritualité
« D’une chorale à une autre, c’est pratiquement le même tarif », explique Bouka E. Odou, ancien président de la chorale. Mais, il arrive que de bonnes volontés leur fassent de très bonnes surprises... Ce qui les aide à supporter certaines dépenses. Bref, ces « maigres » ressources permettent d’acheter le matériel tels que la batterie, le clavier, les uniformes (de scène)…et assurer le déplacement des choristes en cas de prestation. Abel Sanou se dit convaincu que le bilan des 10 ans, célébrés le 21 mai, au Théâtre national Daniel Sorano, est positif, car cela leur a permis de se renforcer spirituellement. « Sur le plan moral, cela a donné l’occasion aux choristes de se ressourcer. 

Pour préparer un concert, il ne suffit pas seulement de venir chanter. Nous avions préparé un programme spirituel ; les choristes ont été assidus à cette préparation spirituelle. Il y a ce bilan positif qu’il faut voir. L’anniversaire nous a permis d’être en relation avec Dieu », soutient le président. Abel Sanou révèle qu’au début, quand la chorale a démarré ses activités, elle était dénommée « Amour sans frontière ». Cela a peut-être duré 4 ans avant qu’elle ne porte le nom que nous savons aujourd’hui. « Nous avons choisi le nom de Saint Pierre Julien Eymard parce qu’il a consacré sa vie à l’adoration du Saint Sacrement. Pour nous chrétiens, l’adoration du Saint Sacrement veut dire la communion avec le Christ », souligne-t-il.

Projets
La chorale, majoritairement portée par des jeunes étudiants (90%) compte 70% de femmes. Dans le bureau, il y a une douzaine de membres dont un président, un  secrétaire général, un chargé de communication, un chargé des tenues, un censeur, des accompagnateurs, etc. « Nous ne faisons pas comme les groupes profanes où il y a un lead. En dehors du bureau, nous avons la cellule technique qui regroupe des personnes ayant des connaissances poussées en musique ; ces membres de la cellule technique, on les appelle des maîtres de cœur, qui forment le collège des maîtres de cœur étant au nombre de 8. Ce sont ces maîtres de cœur qui apprennent les chants aux choristes, car chargés des répétitions. Quand on chante, il y a forcément quelqu’un qui dirige ; nous les appelons maîtres de cœur », dissèque le président Abel Sanou.

Dans leurs projets et perspectives, la chorale Saint Pierre Julien Eymard, comme le rappelle le président Abel Sanou, est à l’image d’une famille. Leur souhait, c’est de rassembler tous les anciens, pour partager les expériences vécues ensemble. Mais aussi, doter la chorale de plus d’instruments de musique, mettre en place un cercle dénommé les « Amis de la chorale », une entité qui va accoucher d’une fondation éponyme. La chorale, comme c’est à la mode de nos jours, chez les artistes, pense donner des prestations à l’extérieur du pays.

Par Serigne Mansour Sy CISSE

L’Ecole des bibliothécaires, archivistes et documentalistes (Ebad) de l’Ucad abrite, depuis hier, une école d’été internationale francophone en Sciences de l’information. Cette 3e édition qui se tient jusqu’au 9 juillet 2016 porte sur la conservation numérique. Trois écoles francophones en Sciences de l’Information, en plus de l’Ebad, basées à Montréal, Lyon et Genève en sont les promotrices.

Les progrès technologiques, en même temps qu’ils sont une opportunité pour la mémoire de l’humanité, suscitent un questionnement. C’est une occasion à saisir et à évaluer pour une utilisation efficiente. La récurrence du débat sur la conservation des archives au Sénégal atteste des enjeux que cette rencontre se propose de mettre en lumière en débattant sur les corollaires de l’utilisation du numérique dans la « consignation » des documents.

« Parmi les problèmes qui se posent à notre société, figurent en bonne place la gestion, la conservation et la diffusion de son patrimoine informationnel. Cette information est indispensable pour la conduite des projets de développement de nos pays. Or, ce patrimoine est de plus en plus stocké sur des mémoires d’ordinateurs, sur des supports numériques », dit le recteur de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Ibrahima Thioub. Il a, par ailleurs, magnifié cette initiative qui a permis la création d’« un espace propice aux échanges et à l’enrichissement scientifiques mutuels caractéristiques de la solidarité francophone ».

L’archivage numérique pérenne, qui est différent d’une simple sauvegarde, constitue un enjeu majeur. Il faut, selon lui, être en mesure de conserver, de rendre accessible et de préserver l’intelligibilité des documents numériques produits. Cela est d’autant plus nécessaire que la conservation physique est plus onéreuse que celle-là numérique.

Archivage numérique
« C’est même un avantage puisque la révolution technologique miniaturise de plus en plus les choses. Il est évident que le numérique nécessite des investissements mais ils ont tendance à se réduire », estime, M. Thioub.

En outre, le fait que le Sénégal dispose d’un certain nombre d’agences et de ressources en termes de conservation autorise à penser que ce problème de coût ne sera pas un obstacle au succès des transformations en cours. L’espoir peut être également fondé sur la qualité de la formation des ressources humaines. L’Ucad est, dans ce sens, bien dotée grâce à l’existence d’établissements comme l’Ebad, l’Ecole supérieure polytechnique, la Faculté des sciences et techniques et la Direction de l’informatique et des systèmes d’information.

Mamadou Diarra, directeur de l’Ebad, est revenu sur les objectifs généraux de l’Ecole d’été internationale francophone en Sciences de l’Information. Elle s’emploie à favoriser le transfert des connaissances et les échanges entre les écoles, à compléter l’offre de formation des écoles. Elle compte aussi, par ses actions, faire bénéficier aux écoles d’un rayonnement accru sur le plan international francophone et enrichir le savoir en sciences de l’information par des regards croisés.

M. Diarra a ensuite axé son intervention sur les problèmes liés à l’inflation du numérique de plus en plus performant. La diversité des supports, des formats et des logiciels pose, selon lui, des problèmes de compatibilité entre eux, mais aussi de conservation de ces mêmes outils. « En effet, l’apparition de nouveaux supports nés des innovations, synonyme d’obsolescence des premiers, occasionne des contraintes de transfert de données d’un support à l’autre », renseigne-t-il

Le directeur de l’Ebad s’est réjoui de l’intérêt accordé à la conservation des données informationnelles par les pouvoirs publics. C’est une des rares fois, indique-t-il, qu’un président de la République, au cours d’un Conseil des ministres, donne instruction au chef du gouvernement de renforcer les moyens humains, matériels et logistiques de la Direction des archives et de l’Ebad.

Alassane Aliou MBAYE

Dakar va abriter la première édition du Festival Bboy Bgirl Africa (Bba). Cette grande manifestation dédiée à la  culture et aux danses urbaines en Afrique est prévue du 4 au 10 juillet prochain.

La danse urbaine à l’honneur. Dakar, va vibrer au rythme de la première édition du Festival Bboy Bgirl Africa (Bba). Prévu du 4 au 10 juillet, ce grand-vous culturel rassemblera les meilleurs danseurs hip-hop du continent africain. Plus d’une centaine au total, ces danseurs viendront de différents pays d’Afrique dans le cadre d’un plus grand battle de danse urbaine. L’objectif est de créer, pour la première fois en Afrique, un événement de danse urbaine de grande envergure. Lequel événement permettra de créer un réseau mondial multiculturel « significatif ». C’est également une manière de promouvoir la culture urbaine dans le continent africain.

Le Festival Bba veut compenser le gap selon lequel « les principaux festivals et compétitions de danses urbaines sont généralement organisés à l’étranger et font rêver nombre d’artistes danseurs africains souvent obligés de sortir de leur continent pour y participer. » Pour Seibany Salif Traoré, président de l’Association « Bboy bgirl Africa », l’ambition de ladite association est de valoriser « notre statut de danseur et les multiples facettes de notre travail, très souvent sous-estimé car méconnu, pour le hisser au même rang que tous les autres métiers reconnus en Afrique ». Selon lui, « la danse transcende et fait naître des talents, des vocations ». Ce faisant, ajoute-t-il, sa place est centrale dans « nos » cultures parce que drainant des passionnés et sa pratique rassemble, unifie et enrichit dans l’échange. 

Au menu de la programmation de ce festival, il est attendu des Master Class gratuites réservées exclusivement aux danseurs, expositions, projections de films. Non sans oublier les conférences-débats, les compétitions et spectacles de danses, musiques et soirées pendant tout le Festival Bba. La cérémonie d’ouverture de l’événement est prévue le lundi 4 juillet au Grand Théâtre.

Ibrahima BA

Nouveau rebondissement dans l'affaire Freddie Gibbs. Alors que la France avait autorisé son extradition vers l'Autriche, où il est accusé de viols, le rappeur américain a formé un pourvoi en cassation contre cet arrêt, a indiqué l'un de ses avocats. Le chanteur avait été interpellé le 2 juin à Toulouse, où il devait se produire en concert. L'arrestation avait été effectuée dans le cadre d'un mandat d'arrêt européen pour des faits présumés de viols datant de 2015 émis par les autorités autrichiennes.

Il avait été libéré quinze jours plus tard contre le versement d'une caution de 50.000 euros dans l'attente de cette décision, avec obligation de rester à Toulouse. Il avait 72 heures pour se pourvoir en cassation et vient de s'y décider. Parfois arrêté pour des affaires de drogue et de possession d'armes, il se défendait néanmoins avec fermeté de tout acte de violence lors d'une interview au site Noisey en 2012: « Jamais de viol, d'agression ou de coups, je n'aime pas ça. Je n'ai jamais attaqué une femme. »

(AFP)

Les professionnels du secteur du cinéma et de l’audiovisuel à Kolda veulent saisir les opportunités offertes par Fonds de promotion de l’industrie cinématographique et audiovisuelle (Fopica) pour revaloriser la culture locale et vendre la destination de leur région.

La région de Kolda dispose d’atouts non négligeables en matière de production cinématographique et audiovisuelle et de créateurs. Mais, ces derniers ont besoin de financements et de formation pour laisser éclore leurs talents afin d’accroître leur chance de réussite dans ce secteur cinématographique et audiovisuel à grande valeur ajoutée. C’est, en tout cas, l’avis des participants à la réunion tenue samedi dernier au Centre culturel régional de Kolda, entre une délégation du ministère de la Culture et de la Communication conduite par Hughes Diaz, directeur national de la Cinématographie et administrateur des crédits du Fonds de promotion de l’industrie cinématographique et audiovisuelle (Fopica), et les acteurs culturels de la région.

Cette rencontre a été l’occasion, pour les membres de la délégation, de sensibiliser, informer et recueillir les préoccupations et les suggestions de leurs interlocuteurs. Les discussions ont porté sur les différentes opportunités offertes par ce fonds, notamment dans les domaines de la production, de la distribution, de l’exploitation et de la formation cinématographique et audiovisuelle. Le chef de la mission s’est, par ailleurs, longuement appesanti sur l’appel à projets 2016 et les démarches à suivre pour le dépôt de dossiers de demande de financement pour les acteurs culturels locaux.

Mécanismes de financement
« Nous effectuons cette tournée dans les différentes régions du pays sur instruction de nos autorités, notamment du chef de l’Etat, Macky Sall, et du ministre de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye. L’objectif de cette tournée est d’informer les professionnels des régions de la mise en place des mécanismes de financement de l’industrie cinématographique et audiovisuelle qu’est le Fopica. Elle est aussi l’occasion, durant cette tournée, de sensibiliser ces professionnels à mieux participer à l’appel à projets 2016 qui, cette année, est ouvert à d’autres filières autres que la production », précise M. Diaz. La particularité de l’appel à projets de cette année réside, selon lui, dans l’élargissement des financements de ce Fonds aux filières de la distribution, de l’exploitation et de la formation. A Kolda, les professionnels se disent particulièrement intéressés par le volet formation, pour acquérir les compétences nécessaires à l’exercice de ces métiers.

Mamadou Aliou DIALLO

Le Fonds de promotion de l’industrie cinématographique et audiovisuelle (Fopica) a été expliqué aux acteurs, aux professionnels et aux amateurs de la région de Fatick par Hughes Diaz, directeur de la Cinématographie et administrateur des crédits du Fopica. Lors de cette rencontre au centre culturel régional, les acteurs ont beaucoup insisté sur l’importance de la formation.

Lors d’une rencontre avec les acteurs du secteur de la culture de la région de Fatick, en présence du directeur du centre culturel de régional, Ousmane Sène, le directeur de la Cinématographie, Hugues Diaz, a rappelé que l’Etat, à travers le ministère de la Culture et de la Communication, a institué, par le biais du Fonds de promotion de l’industrie cinématographique et audiovisuelle (Fopica), un mécanisme de financement des activités du secteur cinématographique et audiovisuel.

Selon M. Diaz, les professionnels du secteur peuvent présenter des projets  portés par des entreprises de droit sénégalais, légalement constituées et enregistrées au Registre public de la cinématographie et de l’audiovisuel (Rpca) du Sénégal. Ce mécanisme, a-t-il dit, sous forme d’avance remboursable sur recettes, pourvoie partiellement au financement des projets qui lui sont soumis.

Lors de cette rencontre, le directeur de la Cinématographie, et aussi administrateur des crédits du Fopica, a indiqué que c’était  très fondamental et impérieux qu’ils rencontrent les acteurs, les professionnels, les amateurs du secteur de l’audiovisuel des régions. A Fatick, M. Hughes Diaz a pu jauger les priorités  dans  ce domaine.  Selon lui,  l’appel à projet  est certes  lancé mais la priorité des priorités reste la formation « car l’industrie cinématographique et audiovisuelle a des exigences techniques, organisationnelles et artistiques ».

Déploiement dans les régions
L’autre problème soulevé par les acteurs est liée à la ressource  informationnelle qui fait défaut. Mais, ces derniers ont souhaité que le renforcement des capacités aux différents métiers puisse se faire de façon décentralisée. Par rapport à la ressource informationnelle qui fait défaut, Hughes Diaz est d’avis qu’il est aujourd’hui nécessaire de mettre des courroies de transmission pour que l’information qui est passée puisse être distillée à la même seconde  dans les régions  au bénéfice des porteurs de projets. « Ce sont des exigences qui doivent nous amener, nous Comité national de gestion du Fopica, à revoir notre déploiement dans les régions, en impliquant les centres culturels mais surtout les collectivités territoriales », a-t-il promis. Selon le directeur de la Cinématographie, avec le transfert de compétences, les collectivités locales peuvent apporter un soutien important dans le financement surtout dans la mise en place d’actions.

Oumar Ngatty BA

Le directeur de la Cinématographie, Hugues Diaz, a appelé, samedi, à Kolda (sud), les acteurs culturels locaux à valoriser les « expressions fortes » lors du Festival des arts et cultures prévu en décembre prochain dans cette commune.

« Je pense qu’un événement culturel ou festival pour qu’il soit attractif, il faut qu’il se renouvelle, qu’il valorise les expressions fortes de la région qui l’abrite », a fait valoir M. Diaz, en marge de la rencontre d’information et de partage sur le Fonds de promotion de l’industrie cinématographique et audiovisuelle (Fopica).

Le directeur de la Cinématographie estime qu’il doit également être source d’impulsion pour que les Sénégalais se déplacent vers cette région. « Un festival qui n’attire pas de touristes, de monde, (…), vaut mieux faire ce festival dans sa maison pour sa famille seulement », a-t-il ironisé. « Il faut vendre le festival et éviter d’en faire une sorte de compétition comme si nous étions dans un match de foot ou chacun cherche à remporter un titre. Et c’est ça qu’il faut rompre », a suggéré le directeur de la Cinématographie.

 « Les Koldois ne doivent pas attendre tout de l’Etat, car Kolda est une région avec un potentiel énorme qu’il faut valoriser par l’expression artistique », a déclaré M. Diaz.  Hugues Diaz, par ailleurs administrateur du Fopica, a, en outre, invité les acteurs culturels de Kolda à faire des innovations pour l’organisation prochaine du Festival des arts et de la culture, ajoutant que Kolda est une région carrefour qui a beaucoup d’atouts. D’après Hugues Diaz, « il y a des opportunités avec des richesses culturelles diverses », plaidant l’implication de tous les acteurs culturels de la région de Kolda pour faire rayonner le Festival des arts et de la culture. Le ministre de la Culture, Mbagnick Ndiaye, a annoncé lors du Festival de Kolda en décembre 2015 que le Festival des arts et de la culture va se tenir l’année prochaine dans cette région méridionale du pays.

 Un Comité régional de développement (Crd) est prévu au mois de juillet en vue de mettre en place un dispositif pour l’organisation du Festival des arts et de la culture.

(APS)

L’Ecole des bibliothécaires, archivistes et documentalistes (Ebad) de l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad) abrite, à partir de lundi, une école d’été internationale francophone en sciences de l’information, annonce un communiqué transmis à l’Aps.

La cérémonie d’ouverture est prévue à partir de 09 heures, à l’amphithéâtre de l’Ebad, indique la même source. Prévue jusqu’au 9 juillet prochain, cette école d’été fait suite aux éditions organisées à Montréal (Canada) en 2014 et Lyon (France) en 2015 et porte sur la conservation numérique.

Le communiqué met en avant l’augmentation sans cesse croissante du volume des documents numériques, nés numériques ou numérisés.

« Comme ce fut le cas avec le document papier, l’inflation du numérique entraîne des problèmes de traitement, de conservation, de transfert et d’exploitation des données. Dans le même temps, les outils de numérisation ne cessent de se diversifier et de devenir plus performants », relève le texte.

« Toutefois, créés pour permettre une meilleure conservation et diffusion des documents, ils commencent à poser des difficultés aux professionnels : par exemple, faut-il détruire les documents papiers numérisés ou continuer à les conserver ? La valeur légale des documents numériques est-elle avérée ? », s’interroge-t-il.

« La liste des préoccupations n’est pas exhaustive. C’est autour de ces questions que la troisième école d’été en sciences de l’information qu’abrite l’Ebad ouvre une réflexion collective avec les autres partenaires de son réseau », précise le communiqué.

(APS)

Fortement ébranlé par la décision des autorités de l’annuler pour des raisons sécuritaires, le Festival de Jazz de Saint-Louis a néanmoins eu lieu cette année dans de bonnes conditions (du 11 au 16 mai dernier). Toutefois, pour nombre de jazzophiles et d’amoureux de la vieille ville présents à cette édition, la réflexion devrait être entamée pour la survie d’un festival dont la réputation a dépassé nos frontières. D’autant plus qu’en revisitant le passé, il apparaît vite qu’entre la musique jazz et la vieille ville, c’est plutôt …une vieille histoire qui se déroule.

Au départ était Saint-Louis. Ville historique et première capitale du Sénégal, la cité de Mame Coumba, du nom de son génie tutélaire, n’en est pas moins une référence pour d’autres raisons. Seule ville du Sénégal à avoir réussi à bâtir un festival de jazz vieux de 24 ans, elle serait aussi le berceau de la musique sénégalaise moderne, là où tout a commencé, il y a maintenant plus d’un demi-siècle.

« L’éclosion de la musique saint-louisienne, explique Doudou Diène, une ancienne vedette de Radio Sénégal, remonte à la période de l’Indépendance. Ce sont d’abord les fanfares des militaires qui ont pu attirer les gens et faire en sorte qu’il y ait des musiciens comme les Amsata Niang, Doudou Amsy et autres. »

Aujourd’hui à la retraite, Doudou Diène fait partie de la génération de journalistes ayant écrit parmi les plus belles pages de la radio au Sénégal. Il vit paisiblement dans la vieille ville. L’entendre parler de musique peut paraître décalé. Mais à l’écouter attentivement, on se rend vite compte qu’il le fait avec une surprenante maîtrise de son sujet. Cette connaissance de la musique et de ses acteurs est, sans doute, liée à sa vaste culture journalistique mais aussi et surtout à son statut de fils de l’ancienne capitale du Sénégal, Saint-Louis, vieille ville d’art et de traditions. En cet après-midi de mai, au lendemain du démarrage du festival Saint-Louis Jazz, il est venu répondre à l’invitation de Mansour Sow, une ancienne grande voix de Radio Sénégal. Facilitateur de la rencontre en tant que consultant, Mansour Sow en sait beaucoup sur la presse. Féru de blues, il n’en est pas moins jazzophile. Point de journal radio à présenter mais plutôt un atelier à animer sur les « Rapports entre le Festival de Jazz et la presse ». Les jeunes journalistes en ont eu pour leur temps. Doudou connaît sa ville mais aussi son histoire.

« Les orchestres, explique Doudou Diène, ont commencé à émerger dès cette époque, avec l’ « Amicale Jazz », le « Saint-Louis Jazz » et surtout le « Star Jazz », l’orchestre le plus connu, qui avait rapidement pris les choses en main ». On était bien loin du lancement du Festival de jazz, mais on se rend vite compte que tout, au moins dans les dénominations, renvoyait déjà et étonnamment au jazz. « Il n’y avait pas encore de boîtes de nuit, mais des soirées dansantes se tenaient à la Chambre de commerce, à la Mairie ou à la Chaumière qui était encore un restaurant à cette époque », se rappelle le natif de Saint-Louis. Selon Doudou Diène, la mayonnaise a continué à prendre, avec l’érection d’une boîte de nuit, « le Cocotier » qui deviendra ensuite « la Croix du Sud », où les soirées étaient animées par le « Star Jazz ».  Doudou Diène souligne toutefois que la musique saint-louisienne de ces années était pur mimétisme, c’est-à-dire une reprise de titres de groupes musicaux étrangers très connus. Le « Star Jazz » a d’ailleurs été l’un des premiers groupes à chanter en wolof. Il a été suivi par le « Star Band », puis par d’autres groupes. Ce fut le début de la naissance de la musique sénégalaise dite moderne.

Hommage aux pionniers
Ces orchestres avaient beaucoup de talent et d’inspiration propres, comme le souligne Doudou Diène : « Le Sénégal a été représenté au 1er Festival mondial d’Helsinki par le « Star Jazz » qui en est revenu auréolé de gloire ». Le « Star Jazz » tiendra quelque temps après, à Dakar, un mémorable show à la Place Protêt qui devint plus tard la « Place de l’Indépendance ».

« C’est grâce à ces pionniers, à ces créateurs populaires, que les gens ont, peu à peu, compris que la musique pouvait être écoutée, appréciée, savourée et non pas seulement dansée ».

Très intéressé par le Festival de Jazz de sa ville, Doudou Diène s’interroge aussi sur le devenir de ce rendez-vous culturel. Pour lui, il est impératif de « tenir des assises pour en discuter ».

« Le jazz n’a jamais été une musique de tout le monde, mais plutôt d’une certaine élite », fait-il remarquer, en soulignant la nécessité que ceux qui dirigent l’Association et tous ceux qui sont intéressés par le Festival et son devenir de se retrouver tous ensemble. Il est tout à fait possible, estime-t-il, qu’une telle rencontre aboutisse à une évolution bénéfique pour tout le monde.

« Peut-être même que nous parviendrons à un Festival de musiques en tous genres, mais avec le jazz comme tête de pont », souligne l’ancien présentateur du journal parlé de Radio-Sénégal qui coule paisiblement ses vieux jours à Ndar, la Tranquille.

Par Ibrahima Khaliloullah NDIAYE

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Péril sécuritaire, menaces d’annulation, défection d’artistes…, le Festival de jazz de Saint-Louis 2016 a connu de vraies angoisses. Tant dans sa gestation que dans son déroulement.

La 24ème édition du Festival international de jazz de Saint-Louis a vécu. Dans la douleur. Elle est certainement, comme l’indique le président de l’Association Saint-Louis Jazz, Me Ibrahima Diop, « celle qui a été la plus difficile dans la préparation », en raison des « problèmes sécuritaires » et qui ont failli conduire à son interdiction. C’est heureux donc qu’elle se soit tenue. Même dans la douleur. D’où l’importance du « symbole » saluée par le sponsor leader, la Banque internationale pour le commerce et l’industrie du Sénégal (Bicis). Le directeur général de la Bicis, Pierre Bérégovoy, est d’avis que si cette 23ème édition ne s’était pas tenue, le festival s’en serait difficilement relevé. Et de se réjouir de n’avoir « jamais vu autant de monde а Saint-Louis que cette année, en période du Festival ». Face aux nombreux doutes qui ont ébranlé cette édition, M. Bérégovoy rassure plutôt que sa banque répondra présente l’année prochaine. C’est sous haute surveillance policière, au finish, que s’est donc tenue Saint-Louis Jazz 2016. Une surveillance jusque dans le plan d’eau de la ville, ceinturé par le fleuve et la mer. Les garants de l’ordre et de la loi à la présence très visible, aussi bien dans les hôtels qu’un peu partout dans la ville, avaient de quoi rassurer quelques semaines après les attentats qui ont ébranlé des pays de la sous-région. Le soir, la mythique Place Faidherbe était quasiment fortifiée, au moment des concerts.

Un dispositif qui n’aura naturellement pas été sans coûts et pour lequel les organisateurs ont dû contribuer. Ainsi, déjà très affaiblie par le manque de moyens financiers, Saint-Louis Jazz a été obligée de faire un effort plus consistant cette année en libérant 2,5 millions de FCfa, à la place des 800.000 FCfa dédiés habituellement au volet Sécurité. Chaque réceptif hôtelier a contribué également pour 100.000 FCfa, en plus des moyens dégagés par l’Etat. « On nous a demandé de faire plus. Le contexte est ce qu’il est et il ne nous appartient pas de mesurer l’importance de la sécurité car ce rôle est dévolu à l’Etat », accepte Me Ibrahima Diop, le président de Saint-Louis Jazz.

Absence et soutien moindre des autorités
Ce festival est certes habitué à la peine, mais cette année, le calice aura été bu jusqu’à la lie. Pour les organisateurs du Festival, le « coup de massue » porté à l’événement par la décision de l’interdire a été dur à encaisser... Mais surtout difficile de s’en relever. Le président va jusqu’à parler de « trés gros dègats » sur le sillage de cette mesure d’interdiction rapportée au dernier moment : C’est le cas de la tête d’affiche, Marcus Miller, qui a fait défection, indépendamment d’un acompte perçu sur son cachet de 16 millions de FCfa (et remboursé précise Saint-Louis Jazz). Ne voulant « jeter l’opprobre sur personne », le président confirme tout juste que Marcus Miller a « effectivement évoqué des raisons de sécurité dans le courrier envoyé pour expliquer sa défection ».
 
Il n’a d’ailleurs pas été le seul à être attendu et finalement absent. Le groupe marocain Bob Maghrib aussi n’a pas été sur la scène au premier soir du Festival… La défection d’un sponsor que l’arrêté préfectoral a, peut-être, découragé serait passée par là, explique-t-on du côté de Saint-Louis Jazz.
 
A Saint-Louis, on continue de conjecturer sur les conséquences réelles d’une non tenue du Festival… chacun y va de ses chiffres. Certains paraissant même effarants. Mais une chose est sûre : les hôteliers qui ont, durant cette période, leurs vaches les plus grasses, auraient été sevrés de lait durablement. Face à la menace d’interdiction, ils n’ont pas manqué de joindre leur voix à ce qui a été, aux yeux de certains, une vraie « levée de boucliers ». Avec un budget estimé à 214 millions de FCfa, auquel contribuent la Bicis et la Fondation Bnp Paribas en qualité de Top partenaire, le Festival de Jazz est estampillé « événement culturel majeur », inscrit dans l’agenda culturel international. Il reste la plus belle vitrine culturelle de la vieille ville et entraîne dans son sillage la tenue de nombreux autres événements (village des sponsors, exhibitions diverses, une foire marchande très courue, etc.) qui ont un impact financier et commercial pour la ville. Et pourtant, la mairie de St-Louis ne l’appuie qu’à hauteur de 6 millions de FCfa dont « 2,5 millions repris sur nous, sous forme de taxes », révèle le vice-président de l’Association Saint-Louis Jazz, Fara Tall. « Il n’y a eu aucun sou de l’Etat. Il n’y a eu que la Bicis et la Fondation Bnp Paribas, ainsi que quelques autres partenaires, dans une moindre mesure, qui ont été conséquents dans leur appui », ajoute M. Tall. L’Etat du Sénégal, par le biais du ministère de la Culture, a assuré néanmoins la scène du Festival avec la mise à disposition de l’imposante scène du Fesman. Certains membres de l’Association fustigent néanmoins le peu de soutien des autorités et surtout leur absence. A la cérémonie d’ouverture, en effet, ni à aucune autre soirée, point de ministre de la Culture, du Tourisme ou encore du maire de la ville. « Alors que les mêmes autorités ne se gênent pas de s’enorgueillir de ce festival dès qu’elles en ont l’occasion », se désole un membre du bureau de Saint-Louis Jazz.
 
Ces nombreuses péripéties sont aussi révélatrices des limites de l’Association Saint-Louis Jazz, dans sa gestion d’un rendez-vous qui fait écho chez tous les férus de jazz, au point d’avoir été inscrit dans l’agenda du Worldwide Jazz. C’est certes une association d’ordre privé, mais qui voudrait que le contribuable participe à son financement. Avec la sagesse qui le caractérise, le président de l’Association préfère tempérer la hargne de ses jeunes lieutenants : « Nous sommes une association privée. L’Etat du Sénégal ne nous est redevable en rien, même si le Festival a un impact sur la ville. Nous avons eu de temps en temps un appui du président de la République. Nous ne demandons rien, mais il serait bien, pour les autorités, de comprendre ce que nous faisons. ». Le souhait de Me Diop reste d’aller vers une autonomie complète. Alors, quelles solutions pour les prochaines éditions ? « S’atteler à la formation » ou à la « restructuration » comme le suggère le président Me Diop ? Ou encore « professionnaliser davantage la structure qu’est l’Association Saint-Louis Jazz ? » ou l’ouvrir à d’autres éminents fils de Saint-Louis et de sa diaspora ? Me Diop qui n’est pas avare en propositions va jusqu’à évoquer un éventuel « Club des amis de Saint-Louis Jazz ». « Nous pouvons envisager de changer les statuts de l’Association qui a ses règles de procédure internes. L’Association est saint-louisienne et elle restera saint-louisienne. Nous tenons а notre festival et allons continuer а le faire », précise son président.
 
I. K. NDIAYE

« Notre partenariat avec Saint-Louis Jazz, qui existe depuis plus de 20 ans, a acquis une dimension supplémentaire avec l’appui de la Bicis et de la Fondation Bnp Paribas. Nous tenons à cette fidélité dans l’accompagnement. L’Association connaît des problèmes, mais son bureau arrive toujours à les surmonter. La Bicis a toujours été là et nous continuerons encore d’être présents puisque nous trouvons satisfaction dans l’accompagnement et avons également une mission à accomplir dans la responsabilité sociale d’entreprise. Ce partenariat est rendu pertinent par le fait que l’Association Saint-Louis Jazz participe activement au développement de la ville et que nous avons deux agences à St-Louis et deux autres à Richard-Toll et Ourossogui. Nous partons du principe que « plus la région ou l’axe nord se portera bien, plus la Bicis s’en portera mieux », a indiqué le directeur général de la Bicis, Pierre Bérégovoy, à la fin du Festival lors d’une rencontre avec la presse.

Principal sponsor de ce festival, M. Bérégovoy rappelle l’appui et l’accompagnement apportés à certains artistes, notamment au koriste Ablaye Cissokho qui a ouvert une école mixte d’initiation et de perfectionnement à la kora. Une école moderne qui peut accueillir des élèves en mode résidentiel. Un appui est également fourni au Prytanée militaire de Saint-Louis dont les pensionnaires bénéficient, via son orchestre, d’un master-class avec des musiciens de renom à chaque édition du festival depuis 2009. Conscient de la vitrine qu’offre le Festival de Jazz, Pierre Bérégovoy rappelle aussi que sa banque y invite, chaque année, « certains de ses clients ». Très satisfait du partenariat avec l’Association St-Louis Jazz, le directeur général de la Bicis a rassuré sur ses intentions pour les prochaines éditions. « Nous serons encore là. Nous continuerons à appuyer le festival  », a-t-il indiqué.

I. K. NDIAYE

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L’Institut français de Saint-Louis a accueilli la projection du film « Sembene » de Samba Gadjigo, réalisateur et universitaire sénégalais vivant aux Etats-Unis. Cette production plonge le spectateur dans l’intimité du « père du cinéma africain », Sembene Ousmane.

On sort réconcilié avec Ousmane Sembene, après avoir visionné ce film documentaire réalisé par Samba Gadjigo. Toutes les idées préconçues, que l’on avait jusque-là, sur la vie de ce cinéaste de talent, sont pour certaines reconsidérées. En effet, M. Gadjigo, grâce à la lecture du roman « Les bouts de bois de Dieu », a découvert Ousmane Sembene pour la première fois. Plus tard, en 1989, l’enseignant Gadjigo, convainc le célébre cinéaste de venir en Amérique, pour présenter ses œuvres à ses étudiants. Ainsi, nait une amitié de 17 ans entre « le Tonton et son neveu ».

Durant toute la trame de ce film documentaire, on découvre l’infatigable Sembene, qui se bat pour ses idéaux, même tenaillé par l’âge. L’homme à la pipe nous plonge dans la préparation de son œuvre « Ceddo », où en vrai provocateur, il assimile l'Islam à « une force envahissante, une religion imposée ». Un film qui va mettre du temps à être projeté dans notre pays. Dans l’œuvre de Gadjigo, on prend connaissance des déboires financiers de Sembene, avec ses créanciers qui menaçaient de saisir sa demeure. Où encore le spectateur se familiarise avec ses diatribes envers l’Occident.

Sembene, Boris et Camp de Thiaroye
La prouesse du réalisateur demeure dans le fait qu’il ne peint pas simplement Sembene, sous le prisme du beau, de l’individu cool. Loin de là. Il ressuscite la divergence entre Boubacar Boris Diop, jeune scénariste en ces temps, qui accusait Sembene Ousmane, d’avoir plagié son synopsis « Thiaroye 44 », pour en faire « Camp de Thiaroye ». Mais, pour Samba Gadjigo, qui affirme avoir lu les deux projets, «il y avait une différence totale ». Et Boubacar Boris Diop, à la disparition de Sembene, le louait en ces termes : « Ce monsieur a été plus fort que son destin, qui le condamnait à être docker à Marseille ou maçon ».

Les confidences de son fils Alain permettent aussi de lever un coin du voile sur cette relation « ambiguë » que le cinéaste entretenait avec sa progéniture. « On le voyait très rarement, une fois par an. À 8 ans, j'ai commencé à le connaître. C’était un père absent, il n'aimait pas parler de la famille, mais durant sa fin de vie, il a été très présent, et on est devenu des potes », soutient Alain Sembene.

« Être boulanger de nos vies »
Au-delà d’humaniser l’homme, le réalisateur a peint un artiste ordinaire, qui est parvenu à faire des choses extraordinaires. Pour Samba Gadjigo, ce film est une transmission de l’œuvre de Sembene. C’est dans ce sens qu’il a avoué être en train de rassembler l'héritage de ce grand Monsieur, et à appeler à la numérisation de ses œuvres. Dans cette même logique, M. Gadjigo est revenu sur l’intérêt des universités américaines, de même que des producteurs sud-africains, porté sur les films de Sembene. Ce cinéaste armé de sa caméra, a fait beaucoup de choses pour les Noirs, avec comme objectif, changer la perception des uns et des autres, a soutenu le réalisateur. À travers ce film, la notion de foi est tout aussi importante. On se rend compte qu’à force d’abnégation, on demeure le boulanger de notre vie. Comme Sembene, qui a été pêcheur, maçon, brocanteur, soldat, docker, et a appris à 40 ans le cinéma, on peut réussir quelque chose dans la vie, à force de dévouement.

A. M. NDAW

Depuis la semaine dernière, le Festival international Salam de Dakar bat son plein. Retour sur une rencontre promouvant les valeurs de tolérance et de concorde, à travers la musique spirituelle afro-arabe, avec des instruments modernes. L’événement sera clôturé aujourd’hui.

Il fallait être, mercredi dernier, au Théâtre Daniel Sorano de Dakar, pour trois raisons : entendre des sonorités religieuses proches de la musique afro-arabe, voir des talents prometteurs pourtant inconnus et revisiter quelques notes tirées des écrits de nos vaillants érudits. Avec la forte présence du public, le pari est réussi ! Le Festival Salam de Dakar, signé par le promoteur Youssou Ndour, fait suite à un festival organisé au Maroc, auquel la star de la musique sénégalaise avait pris part, grâce à une invitation de Sa Majesté, le Roi Mouhamed VI.
L’idée lui est venue de lancer un événement similaire, qui réunit près de 90 groupes pour une prestation de 10 mn en huit jours. Pari fou, certes, mais pas impossible, vu le budget de 70 millions de FCfa mobilisés et le concours de partenaires pour tenir ce festival, rythmé de zikr.

Ce jour-là, Assane Gawlo Mboup, disciple invétéré de Serigne Abdou Karim Mbacké Falilou Makarimal Akhlakh, n’y est pas allé trop loin, pour faire son show ! Il a juste chanté la paix, titre éponyme du Festival. Mais, sa prestation a convaincu ceux qui doutaient de son talent. Habillé en mauve « Palmane », l’éclat de son boubou n’avait d’égal que la justesse de sa voix ! Véritable bête de scène, Assane, frétillant parfois devant son orchestre, a artistiquement régalé son public.

Il chante beaucoup, danse peu, mais fait monter les décibels quand ses refrains le lui imposent. Personne ne voulait qu’il cède sa place à son successeur sur la scène, Ousseynou Ndiaye, qui a interprété quelques vers de « Ra-îya », un poème panégyrique de Cheikh Ahmadou Bamba Khadimou Rassoul. Durant ces différentes prestations, comme celle d’El An Azawan de la Mauritanie, Cheikh Diop Mbaye, les Tabala ont raisonné, rendant la salle invivable ! Cette effervescence a fini par doper le coordonnateur du Festival, le communicateur traditionnel Abdoul Aziz Mbaye, trouvé en train de faire les dernières retouches sur les contrats des artistes. « Un tel événement, il faut l’organiser pendant le Ramadan, qui est un mois  béni, car les actes de dévotion sont exaucés par le Bon Dieu », sert-t-il comme contexte. Il poursuit : « Ces chants religieux musulmans veulent montrer que l’Islam n’est pas une religion de tyrannie, comme on le fait penser, mais une religion de paix, de tolérance et de concorde ».

Actes de dévotion
Se réjouissant de la cohabitation entre les différentes « Tarikha » d’une part et le dialogue islamo-chrétien d’autre part, le coordonnateur du festival soutient que ce moment est une occasion rêvée pour vulgariser les écrits de nos vaillants guides religieux. « Ce festival veut promouvoir les jeunes talents en leur permettant de vivre de leur art », explique M. Mbaye.
Abdou Aziz Mbaye refuse que ces nuits se réduisent seulement à des prestations d’artistes, car le social doit être mis à contribution. « Ce festival permet, à travers des plateaux de télévision que nous réalisons, d’offrir des « ndogou » aux fidèles invités, grâce à l’appui des partenaires », révèle le coordonnateur.

« Ce qui nous intéresse, c’est de participer, comme le disait Pierre de Coubertin. 85% des participants soutiennent qu’ils sont connus grâce à la participation », constate M. Mbaye, qui tire un bilan globalement positif de la première édition de l’année dernière. Il insiste : « Pour un festival, le plus important, c’est la participation et non l’argent qu’on y gagne. » En résumé, l’ami de Mamadou Mbaye Garmi décrit l’impact culturel du festival comme l’appropriation des écrits de nos guides religieux (Serigne Bamba, Seydi hadji Malick Sy… et Baye Niasse), l’intérêt économique comme les profits qu’en tirent les participants favorisant leur affirmation sociale. « L’année dernière, nous avons été approchés par des professeurs de l’Université de Washington qui étaient intéressés par des chanteurs. Le projet est à l’étude pour que nous les propulsions au-devant de la scène. Je donne l’exemple du chanteur khadr Cheikh Bouh, qui a été au Masa de Côté d’Ivoire. C’est à travers ce festival que les gens l’ont connu. Il fait partie des 10 compilations que l’Unesco a retenues ; cela est important », vante-t-il comme retombées culturelles, qui ouvrent d’autres portes.

C’est pourquoi, le souhait du promoteur et de ses collaborateurs, c’est « la pérennisation du festival ». Ainsi, Abdou Aziz Mbaye plaide pour que le gouvernement l’inscrive dans son agenda culturel, parce que cela vendra la destination Sénégal, au plan touristique. « Eventuellement, les organisateurs comptent organiser des rencontres avec des sommités pour parler de la paix. C’est le projet vers lequel nous tendons. Par la réussite, le gouvernement peut prendre ce festival et l’inscrire dans son agenda », conclut le doyen Abdou Aziz Mbaye.

• Par Serigne Mansour Sy CISSE

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