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Arts et Culture (1444)

Le Rassemblement des entreprises du secteur des technologies de l’information et de la communication (Restic) invite les autorités à accélérer la couverture du territoire en signaux numériques afin de faire bénéficier l’ensemble des populations sénégalaises de la qualité de la télévision Haute Définition. Dans un communiqué du Bureau exécutif, le Restic estime qu’il faudrait libérer autant de fréquences possibles en vue de permettre aux professionnels des communications électroniques de disposer des fréquences nécessaires à la matérialisation du dividende numérique.  « Une économie numérique suppose de capitaliser d’abord sur le dividende numérique. Nous estimons que la réussite d’une innovation aussi majeure et essentielle doit reposer  sur plusieurs facteurs : une législation et feuille de route pertinentes d’où la remise en scelle du Contan (Comite national de transition de l’analogique au numérique) ;  la mobilisation des acteurs publics dont l’Etat ; et l’implication de tout l’écosystème de l’audiovisuel notamment public et privé », lit-on dans le document.  Le Bureau exécutif du Restic encourage une implication plus active de l’Autorité de régulation des télécommunications et postes (Artp) afin de déclencher les synergies nécessaires entre les télécommunications et l’audiovisuel.   

M. G. DIEDHIOU

« La Grève des Bàttu », Grand prix littéraire d’Afrique noire en 1980, « Le revenant », « L’appel des arènes »… les romans d'Aminata Sow Fall sont devenus des classiques inscrits dans les programmes d'enseignement. Très engagée dans la promotion du livre et de la lecture au Sénégal, la lauréate du Grand prix de la Francophonie de l’Académie française regrette le recul de la lecture dans notre pays. Cela, en ce sens que la lecture est, selon elle, indispensable pour la construction humaine et  l’ouverture sur le monde.

Pour promouvoir la lecture, vous avez récemment suggéré qu’il fallait apporter le livre vers les populations. Est-ce que c’est une façon de dire qu’au Sénégal, les gens ne lisent plus ?
Je considère qu’on lisait mieux avant du fait qu’il y avait des bibliothèques. Le livre était à la portée des personnes qui en n’avaient pas accès direct dans leurs maisons. Ce sont les conditions d’accès aux livres qui constituent, aujourd’hui, le plus grand problème. A Saint-Louis où j’ai grandi, il y avait une bibliothèque à la Place Faidherbe, qui était même ouverte le dimanche. On retrouvait aussi des bibliothèques dans les écoles. Je fais partie des plus jeunes de ma famille ; j’ai vu que la culture de la littérature faisait partie de la vie. Lire, c’est se cultiver, c’est approcher l’ordre si loin qu’il puisse être. Quand je voyais des personnes âgées, à la retraite, très souvent elles n’étaient pas seulement dans les grandes places. Elles avaient des occasions de jouer aux cartes, mais ces personnes suivaient l’actualité littéraire française avant d’arriver sur la scène des écrivains sénégalais, africains et autres. Je me rappelle quand j’ai commencé à écrire, j’ai reçu une lettre magnifique d’une personne qui pouvait être âgée de 80 ans. Cette personne commentait mes livres. C’est quelqu’un qui lisait les livres de succès en France, mais il s’intéressait aussi aux écrivains africains. Je suis née dans un environnement très animé autour de la culture. Mon premier creuset culturel, c’est chez moi. Quand j’étais en classe de Cp, mon père avait une bibliothèque à la maison, laquelle était logée à côté de notre chambre. Je lisais, j’épuisais des livres. Une fois en CE2, on avait fait une dictée tirée d’un livre de Victor Hugo. Je me souviens j’avais fouillé dans la bibliothèque pour trouver ce livre de Hugo. A cet âge, ce qui m’impressionnait, c’est comment une seule personne peut écrire un volume si épais.  Lire est indispensable dans la construction humaine, c’est aussi nécessaire pour l’ouverture sur le monde. J’ai lu de la Chine, de l’Amérique et de partout du monde. Et je trouvais toujours au centre les préoccupations de l’être humain dans ses quêtes, son amour, ses sentiments, ses émotions. C’est cela qui fait que quand on lit un livre, l’intérêt n’est pas seulement dans le contexte.

Le manque de lecture constaté de nos jours peut-il être lié au coût du livre, à la télévision ou à l’avènement des Tic ?
  La télévision ne pourra jamais tuer le livre. En 2000, la question s’était posée lors d’une conférence internationale à Tel-Aviv, en Israël. Des enquêtes et des sondages ont été faits sur la question. Toutefois, il s’est avéré qu’on a jamais utilisé autant de papiers à l’époque, pour fabriquer des livres. Lorsque j’écris, je n’arrive pas à utiliser l’ordinateur. J’écris avec la main, car j’ai besoin de ce contact physique, sentimental avec le papier. La télévision et l’ordinateur nous apprennent énormément de choses, mais je pense qu’il y a un aspect humain qu’on ne peut pas vraiment atteindre par ces médiums. Pour un auteur et la critique littéraire, il est important de voir les phases par lesquelles un livre est passé pour devenir un produit définitif.

Ne faut-il pas écrire dans les langues nationales pour attirer plus de monde, plus de lecteurs ?
Le constat que j’ai fait, c’est qu’avant l’indépendance les gens lisaient le livre en français ou celui d’ailleurs en français, tout en s’y retrouvant. J’ai connu beaucoup de pays avant d’y aller à travers cet accès aux livres. Tout a commencé par l’oralité. Donc, il ne faut pas dire que nous sommes une civilisation de l’oralité. Il faut savoir que toutes les civilisations ont commencé par l’oralité, pourtant nous avons un legs magnifique, essentiel pour la nourriture humaine, car on est passé à l’écriture. « L’Iliade et l’Odyssée », « Les milles et une nuit » sont des livres cultes. Et il y en a des milliers et des milliers. Quiconque allait à l’école se voyait dans l’obligation morale de lire. Aussi, toutes les conditions étaient réunies pour lire. L’inaccessibilité et le manque de discussion autour du livre constituent un frein à la lecture. Personnellement, j’ai toujours insisté pour qu’on publie mes livres au Sénégal.

D’aucuns disent qu’il n’y a pas d’industrie du livre au Sénégal…
Ça se crée. Ma conviction est que quand on veut faire quelque chose, on crée les conditions de faire cette chose. Le Sénégal est un pays très ouvert à la culture. Nos parents s’intéressaient aux livres parce qu’ils savaient ce que cela pouvait apporter. Ils ne mettaient pas seulement à discuter de la politique dans la rue, mais ils commentaient aussi des livres. Quand « La grève des bàttu » est sortie, Issa Diop était le secrétaire général du khalife des Layènes. Il avait offert un exemplaire de mon livre au khalife. Ce dernier a envoyé ses talibés en acheter. Mes tantes, à Saint-Louis, ne savaient pas lire, mais elles achetaient le livre pour demander qu’on le leur lise. Le livre peut entrer dans l’actualité des gens. Quand on a son intelligence, il faut la volonté tout simplement. Au moment où je créais le Centre africain d'animation et d'échanges culturels (Caec), certains me disaient que cela n’allait pas marcher. Mais c’était une chose que je faisais par rêve, par intérêt, par passion. Et par la grâce de Dieu, le Caec a très bien marché. Tous les trimestres, il y avait un programme. A cela, s’ajoute les clubs de philosophie. D’ailleurs, c’est à partir de ces clubs que le Club de philosophie de l’université de Dakar a été créé. C’était un bouillonnement extraordinaire. Cela veut dire que  s’il y a l’offre, la demande suit.

Qu’est-ce qui vous a fait aimer la littérature et l’écriture ?
Ce n’était pas le fait d’avoir une ambition d’écrivain. Ça peut paraître bizarre, mais je n’ai jamais rêvé d’être écrivain. Après mes études à la Sorbonne, quand je suis rentrée au Sénégal, je me suis confrontée au désert de livres. Comme j’avais l’habitude en France de fréquenter des bibliothèques et des librairies, j’allais à la bibliothèque de l’Institut fondamental d’Afrique noire (Ifan). Elle n’était pas très grande mais fabuleuse. Il y avait des choses extraordinaires. Je n’avais pas le désir d’écrire des livres, mais j’avais l’intention de faire de la critique littéraire. Dans mon cursus, j’ai un certificat en Grammaire et en Philologie. Lorsque je suis revenue au Sénégal, j’ai trouvé que la chanson traditionnelle disait quelque chose, mais je considérais qu’elle n’était pas riche, c’était des répétitions. Ça n’a pas le sens profond de nos chansons qui sont des véhicules de culture, de valeurs. J’avais prévu de faire un article sur la chanson sénégalaise. D’ailleurs, il s’agit d’un thème que j’ai fait développer, une fois au Caec, par Adramé Diakhaté, président de l’Association des écrivains en langue nationale. Un jour, je constate que dans la société, il y a beaucoup de choses qui avaient changé par rapport surtout à l’argent. J’étais partie avec la philosophie que l’argent ne fait pas le bonheur mais que ça sauve l’honneur. Quand je suis revenue en 1969, en voyant comment l’argent fonctionnait dans la société, j’ai eu des frissons. Et ce, jusqu’à aujourd’hui lorsque je vois comment les gens donnent en public. Je voyais des personnes qui souffraient moralement parce que sans argent, on ne les respectait plus. La valeur « V » était devenue argent. Un jour de 1973, je me suis posée la question de savoir si un homme ou une femme honnête, généreuse, digne, pauvre ne mérite pas autant de respect qu’on en offre à des gens qui se sont enrichis. Entre 1960 et 1969, il y avait de grands hommes riches par le commerce. Mais la richesse se traitait autrement. Ces gens donnaient mais pas pour se faire voir.

C’est de là qu’est née donc votre première œuvre littéraire, « Le Revenant » ?
En congé de maternité en 1973, je me suis dit que je vais réfléchir sur le phénomène de l’argent dans la société, en m’essayant au roman. J’écris le livre « Le Revenant » très vite et après, je l’ai remis à un de mes cousins qui travaillait au rectorat de l’Université de Dakar. Après l’avoir dactylographié, il l’a remis à mon mari qui, à son tour, a lu le livre avant de le donner à Madior Diouf qui était notre voisin. Ce dernier a demandé à ce qu’on le publie. Toutefois, ce n’est qu’après l’avoir donné à ma sœur Arame, qui est linguistique, et à mon frère pédiatre, Pr Mouhamadou Fall, que j’ai décidé finalement de présenter le manuscrit aux Nouvelles éditions africaines. Le directeur littéraire me dit que le livre était trop local et que les Occidentaux ne vont pas comprendre. Je lui ai répondu que moi je suis noire, j’ai lu l’Occident et je me suis retrouvée parce que tout simplement le contexte est secondaire. Je ne peux pas écrire un livre bâtard. J’ai laissé le manuscrit là-bas pendant trois ans. Un jour, je devais voyager et l’idée m’est venue d’aller reprendre mon manuscrit. Après avoir repris le texte, j’ai croisé le directeur général des Neas au moment où je sortais. Ce dernier m’a demandé ce que je venais faire et je lui ai répondu que j’étais passé pour reprendre mon texte parce qu’on m’a dit qu’il ne peut être publié. Il m’a répondu : mais il faut publier. Finalement, le livre est sorti en 1976.

•  Propos recueillis par Omar DIOUF et Ibrahima BA

La lecture est un élément de base du savoir scolaire et social. Elle est un exercice des plus profitables sous bien des aspects. Pourtant, il semble que cette excellente habitude soit menacée par les médias modernes (télévision, ordinateur, etc.). Un tour dans les centres socioculturels et librairies de Dakar a permis de lever un coin du voile sur cette baisse du goût de lire.

Avant la floraison des Technologies de l’information et de la communication, la lecture était le seul moyen pour les élèves, les étudiants, les professeurs et autres d’apprendre, de se cultiver, d’enrichir ses connaissances, son style, son vocabulaire et son orthographe. Aujourd'hui, force est de constater que les gens ne s’intéressent peu à peu à la lecture. De plus, les livres tant convoités avant ne font désormais plus partie de la vie quotidienne de beaucoup de gens. Ils ont tendance à être négligés, abandonnés. Maintenant, rare sont ceux qui consultent les ouvrages.
Un tour dans quelques centres socioculturels de la capitale sénégalaise nous a permis de bien nous en apercevoir. En réalité, à notre passage dans ces lieux, les gens qui y sont venus consulter les livres se comptaient du bout des doigts. En atteste les propos de Sada Kane, responsable de la bibliothèque du Centre culturel Blaise Senghor de Dakar qui souligne que cette bibliothèque, première bibliothèque publique au Sénégal, était avant très fréquentée. A l’en croire, elle ne désemplissait presque pas.

« Il y avait beaucoup d’étudiants, d’élèves et des travailleurs qui le fréquentaient régulièrement pour lire, faire des recherches, des études, se ressourcer. Mais depuis un certain nombre d’années, la bibliothèque du Centre culturel Blaise Senghor a perdu un peu de son éclat. En ce moment, la fréquentation n’est plus ce qu’elle était par rapport aux années précédentes », nous informe M. Kane. D'après lui, cette situation s’explique par le fait qu’avant, les gens lisaient un peu de tout pour se cultiver, pour s’évader un peu de leur quotidien. Mais aujourd’hui, les lecteurs lisent utile. Ils lisent davantage des romans, des ouvrages au programme ou des manuels en rapport avec leurs études ou leurs domaines d’activités. « C’est une lecture ciblée qu’ils font », dit-il.

Rendre les bibliothèques attractives
Pour toujours démontrer cette baisse drastique de fréquentation de cette bibliothèque du centre culturel, M. Kane évoque également le fait que les attentes du public aient évolué alors que les bibliothèques sont restées ce qu’elles étaient depuis plusieurs années. D'où l’intérêt, selon lui, de les rendre plus attractives et de les faire évoluer de telle sorte qu’elles puissent répondre aux besoins des utilisateurs.

Le peu de fréquentation des lecteurs enregistré dans cette bibliothèque du Centre culturel Blaise Senghor est aussi partagé à L’Harmattan Sénégal. D’après le responsable de cette librairie, Mame Birame Diop, le livre ne se porte pas bien dans le pays en raison, cette fois, de sa cherté. « Si on calcule la charge fixe d’un livre, depuis sa production numérique jusqu’à sa production en format papier, ce sont des investissements que font les éditeurs et qui coûtent très chers. Cette cherté fait que le prix moyen du livre se situe entre 5.000 et 15.000 FCfa. Aujourd’hui, si vous demandez à un Sénégalais moyen de sortir 5.000 FCfa, 10.000 FCfa ou encore 15.000 FCfa pour acheter un livre, cela va lui poser d’énormes problèmes à cause de la conjoncture difficile. Cette cherté fait que le livre ne se porte pas bien », argue M. Diop.

Précisant qu’à la librairie de L’Harmattan à Dakar, ils ont trois catégories de livres et par-delà trois consommateurs ou lecteurs. Il s’agit des livres de jeunesse qui intéressent surtout la frange adolescente, certains élèves, etc. Ces livres, dit-il, se portent extrêmement mal. « C’est le secteur qui se porte le plus mal parce qu’il y a certaines maisons d’éditions qui essaient de faire des productions en rapport avec notre culture. Mais la majeure partie des livres de jeunesse, je peux dire 80% des livres de jeunesse vendus dans ce pays-là, nous proviennent de l’étranger alors que ce sont des livres qui ne collent pas du tout à notre environnement socioculturel. Donc, si l’éditeur produit des livres de jeunesse avec les charges fixes, il ne pourra pas les vendre à moins de 3.000 ou 5.000 FCfa. Par contre, celui qui importe des livres de jeunesse au Sénégal peuvent les vendre à 1.000 FCfa voire 1.500 FCfa parce que les livres de jeunesse en France sont facturés par kilogramme et à 1 Euro le kilo, c'est-à-dire 600 à 650 FCfa le kilo. C’est une concurrence déloyale qui fait que le livre de jeunesse ne se porte pas bien », fait savoir M. Diop. L’autre frange est le livre de Recherche. Selon le responsable de la librairie à L’Harmattan Sénégal, avec cette catégorie de livres, ils s’en sortent bien pour la vente du fait des recherches pour leurs universités et certaines institutions qui en ont besoin pour leurs études telles que les Ong. « Quant aux livres de plaisir, c’est cette lecture de plaisir qui avait son lustre d’antan et qui est présentement en train de mourir. De même que les ouvrages inscrits au programme. Car avec l’Internet, les élèves ne lisent plus leurs propres œuvres au programme. De plus, ils ne s’intéressent même pas aux autres ouvrages édités par des Sénégalais », se désole Mame Birame Diop.   Toutefois, souligne-t-il qu’il leur arrive d’enregistrer tout de même jusqu’à 45 visites par jour. « Mais il n’est pas dit que tous ceux qui entrent dans la librairie achètent. Le nombre de livres vendus par jour avoisine 28 livres. Ce nombre peut varier d’un jour à l’autre », informe Mame Birame Diop.

Si pour certains l’ère de la lecture est révolue, par contre pour d’autres, les ouvrages guident vers l’instruction. Pour ceux-là, lire c’est avant tout s’instruire, acquérir des connaissances dans des domaines. D’où leur intérêt à s’attacher à jamais aux livres qui, disent-ils, resteront toujours leurs fidèles compagnons.

Monde de la connaissance
C’est le cas d’A.D, habitante de la Sicap Liberté 5. Rencontrée à la bibliothèque du centre socioculturel de Liberté 4, elle confie qu’elle y est inscrite depuis 2010. « A l’époque, je faisais la classe de Première. Mon abonnement à cette bibliothèque me permettait, avec trois de mes amies, de venir prendre des livres inscrits au programme et de les lire. Mais aussi de faire des recherches par rapport à nos études jusqu’à l’obtention de notre baccalauréat », se rappelle A. D.
Aujourd’hui, six ans après, A.D continue de fréquenter la bibliothèque du Centre socioculturel de Liberté 4. Elle reste une fidèle abonnée. « Je travaille dans une entreprise. Mais dès que j'ai un temps libre, je viens à la bibliothèque pour lire certains ouvrages pour améliorer mon niveau d’expression en français car en entreprise, on a toujours besoin de bien s’exprimer. J’avoue que la lecture est le seul moyen efficace pour voyager dans le monde de la connaissance », confie A.D.

Ndèye Fatim Sy fait aussi partie de ces rares personnes à se fidéliser avec les livres. Trouvée assise à l’intérieur de la bibliothèque du Centre culturel Blaise Senghor de Dakar en train de feuilleter ses documents, elle indique avoir toujours fréquenté cette bibliothèque pour des besoins d’études, de recherches. « Je venais souvent ici pour faire de la lecture. Aussi, il m’arrive de venir faire mes exercices de cours de gestion. Comme c’est le cas aujourd’hui. Mais à chaque fois que je me présente dans cette bibliothèque, j’avoue que j’emporte toujours avec moi des ouvrages à lire à la maison », affirme Ndèye Fatim Sy en pointant du doigt les livres de Cheikh Aliou Ndao et de Ousmane Sembène qu’elle avait sur la table. Fatim Sy est également d’avis que la lecture à travers les livres donne une ouverture sur le monde, les différentes cultures. « En réalité, les romans nous apprennent une multitude d'us et coutumes d'autres pays. Le plus souvent, j’aime lire les romans africains car certains d’entre eux reflètent nos réalités. En les lisant, j’en tire une grande sagesse », souligne-t-elle. Ndèye Fatim Sy trouve que la lecture est plus instructive que ce que nous proposent les Technologies de l’information et de la communication. L’Institut français de Dakar, sis au Plateau, est également un lieu de convergence de certains amoureux du livre. La richesse en livres de leur bibliothèque attire aussi bien des élèves, des étudiants que les travailleurs. Etudiant en Master 2 à l’Université de Dakar, ce jeune chercheur confie : « Je viens souvent à la bibliothèque de l’Institut français pour consulter des ouvrages en rapport avec le thème de recherche pour son mémoire ». Pour ce jeune chercheur qui a requis l’anonymat, les livres ont toujours été « ses amis ».

« Je me suis exercé à la lecture depuis mon enfance et cette habitude de me coller souvent aux livres me poursuit jusqu’à présent », dit-il.  A l’en croire, il ne peut rester toute une journée sans lire un ouvrage. Si ce n’est pour ses recherches, l’étudiant dit consulter d’autres ouvrages pour s’évader un peu de son quotidien.  « Les livres sont vraiment indispensables pour moi. C’est toujours un plaisir pour moi de consulter et de compulser des ouvrages quel qu’en soit les catégories », laisse-t-il entendre.
Maguette Guèye DIEDHIOU

Depuis quand vous n’avez pas lu un livre ? Il a fallu pour certains étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar se triturer les méninges pour en avoir souvenance. Et c’est souvent la même amusante ritournelle : « Une si longue lettre », « Vol de nuit », « Sous l’orage »…, pour se remémorer le contrariant professeur de collège. Pour certains, les temps ont changé. Les goûts aussi. D’autres esprits férus de lecture font encore de la résistance.

Depuis un mois, Mor, étudiant au Centre d’études des sciences et techniques de l’information (Cesti), se trimbale avec un livre, « Du contrat social » de Jean Jacques Rousseau. Le bonhomme aux cheveux hirsutes n’est pas un lecteur assidu mais empile des ouvrages d’occasion acquis à vil prix pour ses vieux jours. « J’ai du mal à lire 10 pages des cinq bouquins que j’ai récemment achetés. Il m’arrive d’y jeter un coup d’œil furtif pour vaincre l’ennui au cours d’un trajet ou d’une pause ». Le petit taquin, pour se donner bonne conscience, allègue les motifs de l’indisponibilité des livres. Les rires narquois de ses camarades sonnent fort comme une habile réplique. Une médiathèque particulièrement bien fournie languit de solitude comme une maison hantée. On tire davantage parti des journaux et des archives quoique foisonnantes que des ouvrages, même de ceux-là qui traitent du futur métier de ces journalistes en herbe. Dominique, l’un d’eux, évoque, pour venir à sa rescousse, le programme chargé auquel ils sont soumis : « Ce n’est pas évident, avec les cours, de lire trop souvent. Nous avons des contraintes quotidiennes qui nécessitent que nous ménagions nos méninges ». Apparemment, la lecture n’est pas chez tout le monde une activité récréative. Elle soumet quelques-uns au supplice.

Amadou, lui, jeune apprenant au département de Français de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, a une autre opinion de la lecture dont il est féru depuis son jeune âge. Adossé à un arbre, les yeux rivés sur les mémoires de l’écrivain malien, Amadou Hampâté Ba, « Amkoullel », il s’aménage chaque semaine un temps pour la lecture en dépit de ses cours qui lui laissent peu de répit. « Le savoir est dans le livre. Les enseignants ne nous livrent que les matériaux de base pour avoir une distance critique dans nos lectures », dit-il, convaincu de participer ainsi à améliorer son niveau de langue. Pour cela, cet amoureux de la littérature négro-africaine et des classiques lisant tout ce qui lui tombe entre les mains, s’offre des moments de solitude « pour être en fusion avec des personnages au cours de mes évasions », s’enthousiasme-t-il.

Ces envolées lyriques d’Amadou ne passionneraient certainement pas autant la cohorte d’étudiants regroupés devant la Bibliothèque universitaire en train de papoter. Pour certains, elle tient juste lieu de vaste salle de révision. Ils ne disputeraient pas les livres aux esprits qui en sont entichés. Ces derniers, grâce au système de prêt, peuvent en jouir pendant 15 jours en sus de la lecture sur place qui leur est permis. Mais, Djibril, un tantinet rêveur, trouve vieillot de se « coltiner un bouquin » comme les intellectuels d’un autre temps alors que les technologies fournissent toutes les informations dont les apprenants ont besoin.
« Je télécharge les livres au programme sur ma tablette ou mon téléphone portable. Pour ceux qui ne sont pas disponibles sur Internet, je parviens à me procurer des résumés. De toute façon, il n’y aura jamais assez d’ouvrages pour tout le monde », jubile-t-il. Ici, la lecture est davantage une nécessité qu’une passion. Ces propos du camarade de Djibril, Ismaël, étudiant en Master, en disent long : « Depuis le collège, je n’ai plus relu un roman intégralement. C’est, comme tout le peuple, le roman de Mariama Bâ, "Une si longue lettre" ! » Mais, le jeune homme trouve infondé le débat sur la lecture.
« Nous lisons ce qui suscite notre curiosité. Nos échanges et les informations sur les réseaux sociaux, les journaux et les sites que nous consultons, c’est de la lecture », argue-t-il, non sans indiquer que le livre n’a pas le monopole des savoirs, encore plus aujourd’hui.

L’étudiant béninois, Fred, abonde dans le même sens : « Depuis 2013, je n’ai pas acheté un livre mais je me mets au courant de l’évolution des connaissances dans ma discipline. La lecture est plus commode avec la version papier mais on ne se prive pas de cette opportunité qu’offre Internet ». Pour ceux que l’évolution des technologies a laissés en rade, en plus des librairies, des chefs-d’œuvre de Molière, de Victor Hugo, d’Umberto Eco, d’Abdoulaye Sadji… jonchent le sol des marchés dakarois.

Alassane Aliou MBAYE

Dans un entretien avec le journal « Le Soleil », le directeur du Livre et de la Lecture évoque la signification de la célébration de la Journée mondiale du livre. Occasion pour Ibrahima Lô de relever que les Centres de lecture et d’animation culturelle (Clac) ont un fort impact sur les résultats scolaires et la culture citoyenne.

Le livre est à l’honneur. Instituée le 15 novembre 1995 par l'Unesco, la Journée mondiale du livre et du droit est célébrée le 23 avril de chaque année. Au regard du directeur du Livre et de la Lecture, l'Unesco voulait marquer, au moins, deux symboles. « Le premier inviterait les citoyens du monde à se souvenir de certains écrivains nés/ou disparus un 23 avril », a expliqué Ibrahima Lô. Il cite parmi les grandes figures de la littérature mondiale disparus un 23 avril, Cervantes, Shakespeare et Garcilaso de la Vega dit l’Inca. Le même jour est célébré la naissance d’éminents écrivains tels que Maurice Druon, K. Laxness, Vladimir Nabokov, Josep Pla ou Manuel Mejía Vallejo. « Le second symbole renverrait à un hommage mondial au livre et à ses auteurs, en encourageant chacun et, en particulier, les plus jeunes, à découvrir le plaisir de la lecture et à respecter la contribution des créateurs au progrès social et culturel de l’humanité », a relevé I. Lô.

Il rappelle : « La Journée mondiale du livre et du droit d’auteur intervient au moment où notre pays est en train de travailler à la mise en œuvre du droit de reprographie. Les progrès technologiques ont favorisé le développement exponentiel des reproductions d’œuvres imprimées par voie de photocopie ou de techniques assimilées ». Seulement, déplore le directeur du Livre, « ces reproductions causent un préjudice énorme aux auteurs et aux éditeurs. Le droit de reprographie permet aux auteurs et aux éditeurs de percevoir une rémunération compensatrice. » D’où cette invite à la protection du droit d’auteur.
Le ministère de la Culture a entrepris une politique nationale de promotion de lecture à travers les Centres de lecture et d’animation culturelle (Clac). Après une trentaine d’années d’expérience, I. Lô mesure l’impact au niveau des zones d’implantation.
« Conçus et mis en place dans le cadre d’un programme de partenariat avec l’Oif, les Clac ont pour mission de faciliter l’accès à l’information documentaire en milieu rural en général et dans leur zone d’implantation en particulier.
En plus de la ressource documentaire, les Clac permettent de faire de l’animation culturelle grâce aux équipements de sonorisation et audiovisuel », a souligné Ibrahima Lô.
L’une des orientations fortes du ministère, évoque le directeur du Livre, consiste à « œuvrer pour que le bon livre soit lu ». Pour que cette orientation ne soit pas un slogan creux, « il faut travailler à promouvoir un environnement adapté à la lecture », a estimé Lô. Dès lors, a-t-il insisté, se pose la problématique de la réhabilitation des bibliothèques et clacs qui dépendent du ministère de la Culture.

Les Clac de Dabo (dans le réseau de Kolda), Nguékokh, Joal, Thiénaba (dans le réseau de Thiès) ont été entièrement réhabilitées au cours des deux dernières années.« Nous estimons que ce dispositif exerce un fort impact sur les résultats scolaires mais aussi sur la culture citoyenne », a soutenu le directeur du Livre.  A titre d’illustration, il donne les statistiques de 2015 du seul Clac de Nguégniène : « Nombre d’heures d’ouvertures 1.872 H ;  Nombre d’entrées femmes 9.253 ; Nombre d’entrées hommes 8.705.  Soit un total de fréquentation de 20.410 entrées. Pour un total de prêts de livres jeunes comme adultes 17.178 prêts ».

Avènement des Tic
 « Les nouvelles technologies de l'information et de la communication ne doivent pas dérouter encore moins faire peur, assure Lô. Il ne faut surtout pas opposer le livre classique à son support numérique. Le numérique doit être perçu comme un complément. » Selon lui, c’est un moyen moderne de diffusion, de promotion et de distribution, mais il ne peut se substituer au livre classique.
Aux yeux du directeur, « il faut faire avec et inciter les enfants à identifier toutes les ressources disponibles sur Internet et qui peuvent contribuer à leur formation citoyenne ».

Pour M. Lô, « ces opportunités ne sauraient remplacer le rôle des bibliothèques qui résistent aux vicissitudes du temps : les exemples du Serapeion et du Museon, deux segments importants de la bibliothèque d’Alexandrie sont là pour nous rappeler la force des permanences, mais surtout l’importance stratégique des bibliothèques ».
Tout cela, a-t-il défendu, ne doit pas faire perdre de vue une réalité : « le désamour est patent entre le Sénégalais (cessons d’incriminer les jeunes) et le livre ». Il adresse plusieurs interpellations : « On commencera par l’Etat mais il ne faut surtout pas oublier les parents, c’est-à-dire vous et moi. Que faisons-nous à nos échelles individuelles pour créer les conditions d’une lecture assidue ? » Un brin provocateur, le directeur du Livre lance : « Et si nous commencions par libérer les bibliothèques de nos salons de la vaisselle qui « l'occupe illégalement » pour y placer des livres ? ».

E. Massiga FAYE

Le 1er avril dernier, l’écrivain Mame Younousse Dieng a quitté ce bas monde après 35 ans au service de l’éducation dans son pays. Le directeur du Livre et de la Lecture lui a rendu hommage. Ibrahima Lô retient de la défunte quatre choses au moins au sujet de celle qui était nommée cette grande dame des lettres au Sénégal.
« Elle avait un engagement total pour la valorisation de nos identités collectives par le biais de la promotion des langues nationales. La puissance de son écriture a fait de Mame Y. Dieng une des icônes les plus prestigieuses de notre littérature contemporaine ».
S’y ajoutent : « Une générosité accomplie : sa maison de Touba Sicap en porte la meilleure illustration. Elle savait être à l’écoute de son prochain et fut prompte à tout partager. Un sens élevé de la patience qui documente aussi une grande force morale : l’ostracisme éditorial dont elle a été victime 20 ans durant n’a pas émoussé son ardeur à se mettre au service des valeurs qu’elle n’a cessé d’incarner et de défendre jusqu’à son dernier souffle. » Pour I. Lô, il est heureux que le ministère de la Culture et de la Communication, sur proposition du comité scientifique de la Fildak 2015, ait pu rendre hommage à de grands noms de la littérature sénégalaise dont Mame Younousse Dieng bien avant son décès.

 E. M. F.

Le Théâtre national Daniel Sorano a abrité, samedi dernier, la première mondiale du documentaire du cinéaste sénégalais Ousmane William Mbaye, « Kemtiyu – Séex Anta ». Ce film, le tout premier des projets financés par le Fonds de promotion de l’industrie cinématographique et audiovisuelle, met en lumière un homme et son œuvre. Après « Président Dia », le réalisateur continue de régler des comptes historiques.

Ousmane William Mbaye sanctifie « le pharaon noir »
Les premières et dernières images évoquent la mort. Entre les deux, une vie qui vaut à Cheikh Anta Diop d’être célébré par le son et l’image. Ce documentaire d’Ousmane William Mbaye, « un redresseur de torts », selon Baba Diop, a ceci de fascinant qu’il donne au discours scientifique un visage humain ; à celui-là politique, le prolongement d’une activité scientifique fondée sur une quête de la vérité par un homme qui ne se fourvoie pas dans des compromissions historiques.

Tout au long du film, des personnalités apportent leur part de vérité. Quand, de temps en temps, une voix discordante émet des doutes sur la rigueur scientifique de l’égyptologue, celui-ci, d’outre-tombe, lui assène une « réplique » comme s’il savait que des esprits lui en feraient grief. Le mérite du réalisateur sénégalais aura été certainement d’avoir créé une interaction, un « dialogue » entre Cheikh Anta et cette voix dissonante bien après sa disparition.

Ce documentaire met en lumière son œuvre et l’homme grâce à qui des peuples noirs d’ici et d’autres cieux ont trouvé réponses aux questions qu’ils se posaient. Il « s’adresse aux initiés mais surtout à tous ceux qui ne connaissent pas Cheikh Anta Diop », dit Laurence Attali, la monteuse, non sans regretter que sa « courageuse » veuve Louise Marie Diop Maes soit décédée quelques jours avant la finition du film. Elle s’est battue pour la mémoire du grand homme avec qui il a partagé sa vie. Le nombreux public qui a répondu à cette première mondiale du film devrait la combler de joie d’outre-tombe.

Ce film est le tout premier des projets financés  par le Fonds de promotion de l’Industrie cinématographique et audiovisuelle des 31 autres prévus. En cela, le réalisateur loue la volonté politique de l’Etat sénégalais. « Avec le Fopica, estime-t-il, le réalisateur sénégalais ne va plus à l’étranger avec un scénario pour chercher un producteur. Il y va, sélectionné qu’il est par ses pairs, financé par son pays. C’est comme cela que ce film a pu se passer de la coproduction de l’Institut national de l’audiovisuel devenu prestataire de services ».

Et ajoute pour s’en réjouir davantage : « La lettre d’accord du Fopica a facilité le préachat de Tv5 qui diffusera le film en septembre et la participation de l’Organisation internationale de la Francophonie à la postproduction ». Il sera traduit dans 30 langues à partir du mois d’octobre prochain. Une projection est prévue également à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Le ministre de la Culture et de la Communication a salué cette production qui montre « un monument culturel attaché au terroir et aux valeurs traditionnelles ». Le ministre ivoirien de la Culture et le représentant du président de la République démocratique du Congo ont manifesté leur volonté de voir ce film être projeté dans leurs pays. Cheikh Anta ne les en aurait sans doute pas empêchés ; lui qui prêchait la cause des Kemtiyu (ceux qui sont noirs), d’une commune humanité. Sa famille a rendu hommage, devant un public ému, au docteur Yoro Sy, ami de l’illustre égyptologue, qui, par son soutien constant, perpétue sa mémoire.

Cheikh Mbacke Diop, fils de Cheikh Anta : « Le cinéaste a procédé à une savante alchimie »
« Nous avons pensé, quand il nous a touché un mot de ce projet il y a trois ans, que ce film répondait à une réelle demande, à une nécessité de plus en plus exprimée par certaines personnes. Il est important d’aborder par le son et l’image les grandes figures africaines encore si méconnues de la jeunesse. Je crois que l’objectif d’Ousmane William était de montrer la vérité dont Boubacar Boris Diop invitait à percer le mystère. C’est de mettre en lumière le contraste entre la personnalité attachante de Cheikh Anta Diop telle que décrite par ceux qui l’ont côtoyé et la violence des attaques dont ses travaux et ses prises de position politique ont été l’objet. Il y a aussi le souci d’éveiller la curiosité intellectuelle, de soulever des slogans qui invitent à connaître plus et mieux l’histoire de l’Afrique et de l’humanité. Ousmane a dû faire face à de multiples défis : l’étendue de l’œuvre de Cheikh Anta, la diversité et ou la rareté des matériaux audiovisuels utilisables, la disponibilité des interlocuteurs pressentis. Il est parvenu à éviter les querelles d’hagiographie qui auraient peu d’intérêt. Ousmane et Laurence ont procédé à une savante alchimie ».

Alassane Aliou MBAYE

La résidence de l’ambassadeur des Pays-Bas à Dakar a réuni un beau monde, mercredi 4 mai, pour le vernissage de l'exposition « Urban Africans : les artistes briseurs de tabous ». Trois artistes Kiné Aw (Sénégal), John Kamicha (Kenya) et Ephrem Solomon (Éthiopie) y exposent leurs œuvres.

« Hier, nous avons reçu deux paons. Ce matin, le mâle est entré dans le salon et il s'est posé devant la peinture du paon de Kiné Aw ». Théo Peters, l'ambassadeur des Pays-Bas qui nous accueillait dans sa demeure, était satisfait de son accroche pour ouvrir cette exposition en « Off » de la Biennale Dak'Art. Tous les deux ans, l'ambassade des Pays-Bas ouvre ces portes à la Biennale et à un artiste. Cette année, ce n'est pas un mais trois peintres sélectionnés par la commissaire de l'exposition, Rosalie van Deursen, autour du thème des tabous que ces artistes entendent briser avec leurs œuvres.

Univers des femmes dans le Sahel
« Les trois artistes abordent des thèmes tabous dans leurs pays respectifs », souligne l'ambassadeur. Kiné Aw, seule femme et seule artiste présente sur les trois exposants, est native du pays de la Téranga et y travaille toujours. Elle aime son pays et y trouve son inspiration. Elle aborde, à travers ses œuvres, l'univers des femmes dans le Sahel, leur place bien définie dans la société et le danger que peut représenter le fait de sortir du moule. Son expérience le démontre, peu de femmes exercent en tant qu'artiste. « Il n'y a pas plus noble que ce que nous faisons », soutient-elle. Ses tableaux viennent montrer aux femmes sahéliennes que d'autres parcours que ceux imposés par la société sont possibles.

John Kamicha vient du Kenya. Lui s'attèle au tabou religieux, au christianisme particulièrement, en considérant la vie de Jésus comme celle d'un être humain lambda. Son collage provocant de La Cène de Léonard de Vinci incite plus à discuter qu'à imposer une vérité selon l'artiste. Et sert à dénoncer les excès de son pays : « Pour moi, le Kenya est devenu une sorte de dictature chrétienne », soutient-il en se plaignant du son des cloches appelant à la messe les dimanches. Il présentait également une série de peintures sur papier journal, Kenyan Soldiers, pour rendre hommage aux soldats tombés dans des guerres de proximité. Par ses travaux, Kamicha entend désacraliser le sacré : « Pourquoi rester calme et prétendre à l'ignorance ? »

Une surprise réservée à l'un des artistes
Enfin, l'Éthiopien Ephrem Solomon se questionne sur l'identité africaine en s'inspirant de la ville et des gens autour de lui : « Je fais des visages neutres, tristes et tordus, car dans le monde réel, il n'existe pas de perfection non plus ». Des portraits emprunts d'une certaine nostalgie, de personnes semblant acculées par la réalité. Le point de vue n'est cependant pas défaitiste pour autant, et tend à refléter l'individualité de chacun.

Avant d'ouvrir l'exposition officiellement, la commissaire, Rosalie van Deursen, a précisé aux visiteurs : « Quand vous allez visiter l'exposition, je vous invite à regarder d'une manière différente ». Et Théo Peters de conclure par une surprise. Il invite Odile Durand, membre de la fondation d’entreprise Jean-Paul Blachére, à le rejoindre. Le fondateur éponyme visitait l'exposition la veille et a eu un coup de cœur pour le travail d'Ephrem Solomon. Cette fondation, qui veut promouvoir les artistes africains, remet un prix lors de la Biennale de Dakar et Mme Durand nous annonce que le peintre éthiopien est le gagnant de cette année. Il sera donc invité, pendant un an, au siège de la fondation, dans le sud de la France, pour composer et exposer ses travaux. Il n'était malheureusement pas présent pour entendre la bonne nouvelle.

L'exposition se tient du 4 au 10 mai, à la résidence de l'ambassadeur des Pays-Bas, avenue des ambassadeurs à Fann-Résidence.

Nicolas CERTES (stagiaire)

Dans le cadre des activités de mise en valeur et de promotion du patrimoine culturel national, le Centre culturel régional Abdel Kader Fall de Saint-Louis, en partenariat avec la Direction du patrimoine culturel, célèbre depuis vendredi les Journées nationales du patrimoine.

De nombreux visiteurs ont joué des coudes, vendredi dernier au rez-de-chaussée du bâtiment du Rognat-sud, pour admirer 39 œuvres-bâches de 1m /1.5m portant sur les 7 sites classés patrimoine mondial au Sénégal que le Breda/Unesco à Dakar a bien voulu mettre à la disposition des centres culturels régionaux afin de mieux sensibiliser les communautés sur l’importance du patrimoine.

Le Sénégal, a rappelé Moustapha Ndiaye Och, a toujours accordé une place primordiale à la culture en précisant dans le préambule de sa constitution son attachement « à ses valeurs culturelles fondamentales qui constituent le ciment de l’unité nationale ». Mieux, le premier président, l’homme de lettres, Léopold Sédar Senghor, a toujours placé la culture au cœur de sa vision d’un développement qualitatif centré autour de l’Homme. C’est pourquoi il avait lancé à la face du monde que « la culture est au début et à la fin du développement ».

Dans le même sens, le directeur du Patrimoine culturel, Abdoul Aziz Guissé, a souligné que cette assertion s’avère aujourd’hui d’une lancinante actualité car après l’échec des décennies d’ajustement structurel des années 80, les institutions financières internationales (Fmi, Banque mondiale), ont fini par accepter l’évidence selon laquelle l’on ne pouvait faire du développement sans la culture.

C’est dans cette dynamique, a-t-il poursuivi, que l’Unesco, à travers la « Déclaration de Hangzhou » en mai 2013, replaçait la culture au cœur du développement durable. Mme Irina Bokova déclarait, à cette occasion : « La culture est précisément ce qui permet la durabilité - comme source de force, de valeurs et de cohésion sociale, d'estime de soi et de participation. La culture est notre force la plus puissante pour la créativité et le renouvellement ». Sensible aux souffles innovants de notre époque, le président Macky Sall, à en croire M. Guissé, avait déjà pris en compte dans sa vision de « Territorialisation des politiques publiques », la dimension de la culture qui s’affirme comme une donnée transversale dans le Plan Sénégal émergent (Pse). Le Tourisme, un axe prioritaire du Pse, accorde une place axiale à la culture en général et en particulier au patrimoine culturel classé. En effet, dans sa Stratégie décennale 2014-2023, on retrouve dans les projets phares, les zones touristiques intégrées autour de St-Louis, du Delta du Saloum et de Gorée, sites du patrimoine mondial de l’Unesco pour un tourisme culturel haut de gamme. Il en est de même pour le plan sectoriel de développement du micro-tourisme qui intègre les activités culturelles, récréatives et sportives dans le paquet.

Mbagnick Kharachi DIAGNE

C’est un projet initial réalisé dans le cadre de la Biennale, mais l’exposition « Off » « Regards sur la ville de Rufisque » faite par une trentaine de photographes a suscité des vocations. L’objectif de son initiateur, Touré Mandemory, est de faire de Rufisque la plateforme de la photographie au Sénégal.

Rufisque à travers ses différentes couleurs. Ses multiples facettes. Ses différentes époques ou simplement dans son quotidien. C’est ce que le collectif d’une trentaine de photographes a voulu restituer à travers l’exposition « Regards sur la ville de Rufisque » organisée dans le cadre des « Off » de la présente Biennale.

Au centre culturel Maurice Guèye de la Fondation Sococim, c’est une variété de photographies qui montrent la « vieille ville » avec ses vieux bâtiments en bord de mer qui servaient d’entrepôts à une époque révolue du commerce florissant de l’arachide. Parfois, c’est l’ancien Warf, près de la plage de Ndeppé qui, en pleine mer, résiste toujours au temps. Les « beaux restes », comme disait le Vieux Thianar Ndoye, capturés à travers ses différentes formes par des photographes volontaires et engagés. Ici, c’est la gare ferroviaire qui tient encore même si elle a été rénovée, il y a quelques années de cela. Là, c’est l’église Sainte Agnès qui trône sur le ciel de Rufisque. Cette image de Rufisque en décrépitude contraste avec les nouvelles constructions en centre-ville. Autres images, les calèches, les pirogues, le marché central avec son désordre et ses excroissances…ces photographes ont voulu, chacun à travers sa sensibilité, restituer leurs émotions sur Rufisque.

Initiateur de ce projet, le photographe Touré Mandemory explique que la finalité d’une telle initiative est d’arriver à donner aux autorités suffisamment d’informations et de documentations pour que Rufisque puisse entrer dans le patrimoine mondial de l’Unesco. « Rufisque n’appartient pas uniquement aux Rufisquois. C’est une destination culturelle du Sénégal et chacun doit le considérer ainsi », souligne Touré Mandemory. Ambitieux et prêt à faire revivre ce projet, le photographe souhaite faire de Rufisque « une plateforme photographique par excellence ». En tout état de cause, Patricia Diagne, la coordonnatrice de la Fondation Sococim, rappelle le patrimoine immatériel et culturel « très important » qui existe à Rufisque et qui mérite d’être sauvegardé. A cet effet, elle estime que la sensibilisation doit cibler aussi bien les habitants eux-mêmes que les autorités de la « vieille ville ».

Formation en photographie
Pour avoir réussi à fédérer des photographes d’horizons divers à ce projet, Touré Mandemory n’est pas prêt à lâcher prise. Parce qu’il envisage, après la Biennale, d’organiser des ateliers-débats et des formations en photographie. Pour cette présente exposition, les exposants se nomment Matar Ndour, Ibrahima Mbengue, Manelle Diallo, Willy Kemtane, Malick Welli, Pamphile Oudiane, Makha Gueye, etc. Mais on note aussi la participation de photographes venant de la France, des Etats-Unis, de la Guinée Bissau, du Mali, etc. Ensemble, ils ont passé six mois à faire des allers retours entre Dakar et Rufisque sans moyens. Mais à l’arrivée, leur détermination et leur excellent travail ont été magnifiés par le public lors du vernissage.

Maguette NDONG

Le Réseau des journalistes en Tic (Rejotic) et l’Organisation des professionnels des Technologies de l’information et de la communication (Optic) a organisé hier, une rencontre dénommée « Matinée du Numérique ». Elle a porté sur le thème « Partenariats public-privé : quelles opportunités de la nouvelle Loi pour les entreprises du Numérique » afin de sensibiliser les pouvoirs publics et l’opinion sur les dispositions contraignantes de cette nouvelle loi.

Pour leur première « Matinée du Numérique », les membres de l’Organisation des professionnels des Technologies de l’information et de la communication (Optic) et le Réseau des journalistes en Tic (Rejotic) ont débattu et échangé, hier, sur les difficultés d’application de la loi sur les partenaires public-privé aux projets menés par les entreprises du secteur numérique. La communication sur la thématique a été assurée par Pr Abdoullah Cissé, expert juridique en Tic.

Selon le président du Rejotic, Ismaël Camara, ce cadre d’échange et de partage permet à Optic et au Rejotic de débattre sur des thèmes et des sujets voire des questions qui agitent le secteur de l’économie numérique. « Un secteur en plein essor qui contribue au Sénégal à hauteur de 10 % à l’économie nationale, soit 3 ,3% du Produit intérieur brut. Rien que le chiffre d’affaires de ce secteur tourne autour de 1.000 milliards de FCfa », dit-il. D’où l’intérêt, pour M. Camara, de faire exister un cadre juridique et réglementaire. Ainsi, il a même appelé les pouvoir publics à réviser le nouveau Code des Télécoms et à signer le décret d’application de ce nouveau code pour permettre aux acteurs du secteur de développer leurs activités et d’être en phase avec les réalités du moment. Se prononçant sur la thématique de leur rencontre, « Partenariats public-privé : quelles opportunités de la nouvelle Loi pour les entreprises du Numérique, le président du Rejotic souligne que, « malgré l’amélioration de l’environnement des affaires au Sénégal, les entreprises du secteur des Tic peinent à accéder aux marchés publics et la nouvelle Loi sur les Partenariats public-privé (Ppp) consacre « l’offre spontanée ».

D’après le président d’Optic, Antoine Ngom, ils ont convenu, avec le Rejotic, d’organiser tous les mois « Les Matinées du Numérique » qui traiteront des sujets majeurs qui interpellent le secteur du Numérique et toutes ses parties prenantes à savoir les pouvoirs publics, le secteur privé, la société civile, les consommateurs, etc. « L’objectif principal de ces "Matinées du Numérique" est de sensibiliser les pouvoirs publics ainsi que l’opinion sur des questions relatives à l’activité des entreprises du secteur numérique. A chaque rencontre, une communication sera faite sur la thématique retenue et les débats qui suivront permettront d’édifier l’opinion sur ces questions importantes du secteur du Numérique et sur la vie des entreprises It », indique M. Ngom.  Evoquant les dispositions contenues dans la nouvelle Loi sur les Partenariats public-privé, le président d’Optic souligne « qu’elles étaient attendues depuis longtemps par le secteur privé national. Car, les entreprises n’ont plus besoin d’attendre que les projets de l’Etat fassent l’objet d’appels d’offres ou de consultations ».

Cependant, précise M. Ngom, qu’ils se sont heurtés à une contrainte majeure relative à une des conditionnalités de l’offre spontanée. « En effet, pour prétendre à cette disposition, il faut que le projet en question nécessite un investissement de 50 milliards au minimum. Un tel investissement est difficilement réalisable dans notre secteur par les Pme du Numérique », argue M. Ngom.

Maguette Guèye DIEDHIOU

La deuxième édition du « Prix Rfi talents du rire » est lancée. Les candidats sont invités à s’inscrire sur le site www.festivaldugondwana.com dédié. Les dépôts des candidatures se poursuivent jusqu’au 16 septembre 2016. Le prix sera remis à Abidjan lors du Festival du Gondwana qui se déroulera les 9, 10 et 11 décembre 2016. Initié par l’humoriste Mamane, chroniqueur sur les antennes de la «radio mondiale», en collaboration avec Rfi, ce prix révèle les nouveaux talents de l'humour et récompense un(e) jeune artiste francophone d’Afrique, de l’Océan Indien et des îles Caraïbes. Le prix est ouvert à tous les humoristes ayant la nationalité et résidents d’un des pays d’Afrique, des îles de l’Océan Indien et des Caraïbes.

Le lauréat sera sélectionné par un jury de professionnels, bénéficiera d’un prix de 4.000 euros destiné au développement de sa carrière. La première édition du « Prix Rfi talents du rire » a récompensé Basseek Fils Miséricorde, jeune comédien camerounais, membre fondateur de la compagnie humoristique Noctiluk.

Maguette Guèye DIEDHIOU

Depuis quelques années, le koriste Ablaye Cissoko développe son concept musicale « Autour de minuit », durant le Festival international de jazz de Saint-Louis. Il a accueilli, cette année, le bassiste Habib Faye. De même, l’artiste saint-louisien a ouvert « Cordaba », une école de kora pour la formation des jeunes.

Dans l’enceinte de l’Institut français, quand minuit sonne, tout chante. Tout est mélodies comme le disait Baaba Maal dans un de ses morceaux. La maestria de Habib Faye jumelée à celle du koriste Ablaye Cissoko est de mise, pour une prestation qui traverse les époques. Tout est sons en ces lieux, pendant le Festival de jazz de Saint-Louis. L’homme à la kora se livre à un intense dialogue avec le guitariste Habib Faye, ou entre la tradition et la modernité.

Cet échange est une conversation ludique pour les oreilles où le savoir-faire de chacun est loué. Toutes les sonorités sont au rendez-vous, du zouk au mbalakh en passant par les airs mandingues, la world music entre autres, tout est le bienvenu. Sur quatre jours, plusieurs tableaux ont été proposés les uns différents des autres. Pour Habib Faye, la connexion avec Ablaye Cissoko s’est faite naturellement lors de « la rencontre Cola Nut Café qui est un mélange entre différents artistes ». Dans la démarche, les deux compères soulignent que cette scène est un début et est ouverte à tous les artistes pour des rencontres d’échanges, en particulier avec les jeunes. Ainsi,  le balafon, la flûte peulh et les tambours dialoguent aisément avec la basse,  le piano et autres guitares.  D’un autre côté, Ablaye Cissoko a magnifié l’organisation du Festival de jazz de Saint-Louis.

Rencontre culturelle
Pour lui, dans le cadre du développement de cette rencontre culturelle, il est important de mettre sur pied des « Off » importants, où les gens pourraient se retrouver après les concerts du « In ». « Ce qui va permettre de donner un cachet beaucoup plus populaire au Festival », souligne Ablaye Cissoko. L’artiste a d’ailleurs saisi l’occasion de cette manifestation pour le lancement de son école de musique Cordaba, où Ablaye Cissoko dispense des cours de koras à des jeunes. Une entreprise qui a été mise sur pied au quartier Ndioloffène, grâce à la collaboration de la Fondation Bnp Paribas. Là, une bâtisse aux couleurs foncées attire l’attention, et les lieux sont spacieux, bien aménagés avec de petits enfants qui s’essayent à la kora. Pour le promoteur, « nous voulions démocratiser l’accès à la connaissance à cet instrument par des personnes pas issues de familles griottes ». Pour la maîtrise de la science de cet instrument à cordes, Cissoko fait savoir qu’il faut sept ans pour apprendre, sept autres pour assimiler et sept ans de travail de perfectionnement. C’est pourquoi « l’âge idéal pour s’initier à la kora est de sept ans », a souligné Ablaye Cissoko.

A. M. NDAW

Le Festival du zikr ou l'Appel des Tabalas, organisé vendredi dernier au Théâtre Sorano, est un moment de symbiose culturelle où s’invitent versets du Coran, poèmes panégyriques et invocations religieuses. Les prestations, réussies, autant les unes que les autres, rappellent la musique orientale.

Vendredi 13 mai, il y avait vraiment foule au Théâtre national Daniel Sorano où se tenait le Festival du zikr ou l'Appel des Tabalas, organisé sous la houlette de Cheikh Pape Sow Djimbira. Après une séance de récital de Coran derrière les rideaux, le claviste palestinien Ibrahim Yahya, a chanté les louanges du Tout-Puissant. Que dire du « daara » Abou Moussa Al Ach’ari de Pikine qui a plongé l’assistance dans le passé du prophète Mouhamed (Psl), à la fois émouvant et nostalgique d’un Être parfait !  Ce Festival des Tabalas, ce sont aussi les talents de Sokhna Ndèye Fatou Niang, Daoud Hosseini, Imam Malick Sow des Hlm et de Sokhna Maguette Samb, tous aux aptitudes bien particulières. Toutefois, la plus adulée de toutes ces prestations fut Seyda Bineta Thiam, qui rend gloire à Dieu, en passant par l’accueil que la population de Médine avait réservée au prophète Mouhamed (Psl). Ils affirmèrent en chœur « Tala Al Badru » : (Le lune vient d’apparaître) ! Seyda Bineta, c’est aussi le verbe séduisant, travaillé dans un arabe accessible, derrière une voix suave. Vu un tel spectacle, Cheikh Mouhamed Djimbira Sow, président fondateur du Festival national des zikr, Appel des Tabalas ne pouvait cacher sa fierté. « Nous voulons fédérer tous les chanteurs du prophète Mouhamed (Psl) et ceux qui chantent les louanges d’Allah (Swt), sans distinction de « tarikha », de couleur.

Depuis 2008, nous sommes en train de réfléchir sur cette nuit qui vise aussi à préserver le legs de nos érudits. Ils ont beaucoup écrit sur Dieu et le Dernier des Messagers. Cela permettra aux jeunes de se mettre sur le droit chemin », apprécie-t-il. Et pourtant, l’artiste soutient qu’il ne travaille qu’avec les moyens du bord. « Il ya eu des moments où les autorités ne s’intéressaient pas à ce que nous faisions. Nous voulons qu’on nous aide davantage. Depuis mes 13 ans, je suis dans la musique spirituelle. Cela fait plus de 30 ans », ajoute Mouhamed Djimbira.

« Nous sommes soutenus par des bonnes volontés. Parfois, il m’arrivait d’être endetté après le festival. Mais, je me bats pour solder cette dette avant le prochain festival », souligne celui qui a sorti deux albums. Son rêve, c’est d’avoir de gros contrats. Dès lors, il préconise la mise en place d’une grande association, comme celle des « Voies dédiées au prophète Mouhamed (Psl) », qu’ils avaient tentée et qui n’a duré que le temps d’une rose.

Serigne Mansour Sy CISSE

La cinquième édition de la Journée internationale des filles dans les Technologies de l’information et de la communication a été célébrée hier.  Pour cette année, sous l’égide du ministère des Postes et des Télécommunications, le thème  retenu est « Elargir les horizons, changer les mentalités ».   

La Journée internationale des filles dans les Tic, célébrée hier, plaide pour la promotion des filières Tic auprès des jeunes filles et le renforcement de la contribution des femmes au développement de l’économie numérique. En effet, les dernières tendances montrent que le développement de contenus et d’applications est de plus en plus rentable, grâce à une ruée des consommateurs vers le commerce électronique. Cette nouvelle donne encourage l’implantation de grands internationaux des Tic dans différents pays. Une donne qui renforce également l’inclusion financière, l’explosion de nouveaux concepts tels que l’Internet des choses (IoT) et le Big Data, et surtout l’avènement de la 4G. 

Ainsi, plusieurs opportunités s’ouvrent pour la vulgarisation du développement d’applications mobiles au Sénégal, et les jeunes filles ne veulent pas être en reste, dans ce processus de changement de paradigme, qui est en train de s’opérer.  Selon Bitilokho Ndiaye, chef de la Cellule Genre au ministère des Postes et des Télécommunications, par ailleurs une des promotrices de la célébration de cette journée au Sénégal, « la Journée internationale des jeunes filles dans le secteur des Tic offre aux femmes l’occasion de se familiariser avec les technologies et les expérimenter », souligne-t-elle.

Outil d'expression
Cette initiative appuyée par tous les Etats membres vise également à créer un environnement mondial qui permette d’autonomiser les femmes et de les encourager à faire carrière dans le secteur des Tic. L’objectif de l’association des femmes qui militent pour un plus grand accès de la gent féminine aux technologies, est donc d’accroître le nombre de femmes qui ont accès aux services mobiles. Cette implication est d’ordre à créer des opportunités d’emplois, dans le secteur des Tic. « Les jeunes filles doivent acquérir une compréhension globale de la technologie comme un outil d'expression. Elles doivent faire preuve de créativité et d'innovation, exploiter leur potentiel et fournir des services efficaces et innovants », souligne Bitilokho Ndiaye.

      
Le directeur de cabinet du ministre des Postes et des Télécommunications, Malick Ndiaye, a rappelé que la prise en charge et l’implication des femmes dans les Tic constitue « une caution prioritaire du département en charge de ce secteur. A cet égard, l’employabilité des jeunes filles constitue la principale préoccupation des autorités », a-t-il dit. Le représentant du ministre souligne que s’ouvrir aux Tic, c’est s’ouvrir au monde. Pour cette année 2016, le ministère des Postes et des Télécommunications (Mpt), en collaboration avec ses partenaires, a travaillé à davantage connecter des filles et des femmes en ligne. Cette approche entre en droite ligne avec les recommandations des Objectifs de développement durable (Odd) en Afrique. En effet, la création des contenus innovants ont été déclarés comme nécessaires pour l’atteinte des Odd en Afrique. Abdou Karim Mbengue, représentant du Dg de la Sonatel, affirme que « les obligations de la Rse amènent la Sonatel à davantage s’impliquer dans la prise en charge spécifique de la gent féminine, pour un meilleur accès des Tic. La Sonatel veut accompagner la promotion des vocations dans ce domaine. Il est dès lors impératif de pousser les filles à davantage s’intéresser au développement des Tic », souligne-t-il. Guoman Alanso Cano, représentante de l’Unesco, a plaidé pour « le rôle imminent de créatrice joué par la gent féminine, dans toutes les sociétés du monde ». Elle appelle à « une implication de tous, sans discrimination aucune ». Elle n’a cependant pas manqué d’inviter les filles à faire preuve « davantage d’ingéniosité, afin d’acquérir les connaissances nécessaires à leur épanouissement et au développement de leur pays ». Sokhna Faye de l’Artp est d’avis que « le génie féminin existe bel et bien, il suffit juste de l’impulser pour qu’il puisse convenablement asseoir sa démarche ». Elle a renouvelé la détermination de sa structure à accompagner ce processus jusqu’au bout.

Oumar BA

Le ministre sud-africain des Arts et de la Culture, Nkosinathi Mthethwa, est arrivé à Dakar hier, pour une visite de travail de trois jours. Il s’est entretenu tête-à-tête avec le ministre sénégalais de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye. Une séance de travail des deux délégations permettra des discussions et échanges sur la mise la mise en œuvre de l’Accord de coopération culturelle signé en octobre 2013 à Dakar.

Le ministre sud-africain des Arts et de la Culture, Nkosinathi Mthethwa, séjourne depuis hier au Sénégal. Cette visite intervient trois années après celle officielle effectuée à Dakar par le président sud-africain, Jacob Zuma, visite au cours de laquelle un Accord de coopération culturelle entre les deux pays a été signé.
 En  séance de travail hier, au cabinet  du ministre de la Culture et de la  Communication, Mbagnick Ndiaye, les deux ministres accompagnés de leurs délégations respectives ont échangé sur les différents axes de cette coopération,  lesquels portent sur la circulation des biens et produits culturels, la protection et la sauvegarde du patrimoine matériel et immatériel, la propriété intellectuelle ainsi que la préservation de la diversité culturelle.
Selon le ministre Mbagnick Ndiaye, cet accord constitue le cadre juridique sur lequel s’appuie une coopération dynamique et concrète entre le Sénégal et l’Afrique du Sud en matière d’arts et de culture. « Il s’agit là d’un cadre privilégié pour procéder à l’examen de différents dossiers de coopération et à l’intensification des actions prioritaires susceptibles de montrer et de développer notre patrimoine commun par le biais de ce que nous avons en partage à travers des valeurs, des traditions, des rythmes et des sonorités », dit-il.

Jumelage îles de Gorée et Robben Island
Au cours de leur séance de travail de trois jours, le ministre sénégalais de la  Culture et de la Communication a indiqué qu’ils vont prendre en compte toutes les questions touchant aux domaines de la culture, allant de la musique à la danse en passant par le livre, l’édition, le cinéma et les arts plastiques. Sans compter la sauvegarde du patrimoine matériel et immatériel, la propriété intellectuelle ainsi que la préservation de la diversité culturelle.
Non sans préciser qu’au sortir de cette visite, ils vont élaborer un programme d’actions et d’activités qui permettront aux deux peuples de renforcer culturellement les liens séculaires qui unissent l’Afrique du  Sud et le Sénégal. Le ministre sud-africain des Arts et de la Culture, Nkosinathi Mthethwa, s’est réjoui de cette visite au Sénégal. « Notre objectif essentiel est le renforcement de la diplomatie culturelle, le raffermissement des liens directs entre nos deux peuples », indique-t-il. A l’en croire, il est temps que nous mettions en œuvre tous les axes de la coopération sur lesquels nous avons discuté depuis plusieurs années et que chacune des deux parties soit directement impliquée à travers les différents départements ministériels.
« Ce programme nous permettra de résoudre, en partie, les problèmes du chômage des jeunes, d’inégalités sociales et autres difficultés auxquelles nous deux peuples sont souvent confrontés. Ainsi, nous pourrons libérer le potentiel économique des arts et de la culture dans nos pays », argue M. Nkosinathi Mthethwa.
Il  n’a pas manquer pas de saluer cette idée des deux chefs d’Etat qui ont décidé de jumeler l’île de Gorée et celle de Robben Island du fait qu’elles sont des représentations, des symboles de persévérance, de résistance et de dynamisme de leur volonté d’aller de l’avant.

Maguette Guèyet DIEDHIOU

L’enseignant-chercheur au Département de philosophie de l’Ucad, Babacar Mbaye Diop, a présenté, mercredi, à Dakar, son ouvrage « Omar Pène Un destin en musique ». Le livre, aux allures de portrait, retrace la trajectoire du lead-vocal du Super Diamono.

Une icône entre ombre et lumière. C’est sous ces traits que l’enseignant-chercheur au Département de philo de l’Ucad, Babacar Mbaye Diop, a retracé la trajectoire du lead-vocal du Super Diamono au travers du livre « Omar Pène Un destin en musique ». Réalisé par Fikira, Université de Rouen (France), avec le concours de la Faculté des Lettres et Sciences humaines de l’Ucad (Sénégal), le livre a été présenté, mercredi, à Dakar. Il est découpé en sept chapitres qui vont de « Baïla Diagne ou le père spirituel » (chapitre I) au « Témoignage de Youssou Ndour » (chapitre VII) en passant par « A la recherche d’un style musical » (chapitre II), « Omar Pène : philosophe de la vie et artiste engagé » (chapitre III). Sur ce point, l’auteur utilise à foison des références philosophiques comme lorsqu’il cite Nietzsche : « La vie sans musique est tout simplement une erreur, une fatigue, un exil ».
Mercredi, lors de la présentation du livre, Babacar Mbaye Diop a expliqué : « L’histoire d’Omar Pène mérite d’être écrite pour la postérité. C’est une légende de la musique sénégalaise ». Le docteur en philosophie justifie le choix porté sur le lead-vocal du Super Diamono par « la particularité du rythme de sa musique (Afrofeeling) et sa personnalité ».

Présent à la cérémonie, Omar Pène a confié : « Ce livre va permettre de découvrir des anecdotes qui feront rire mais aussi pleurer. On ne chante pas pour nous-mêmes ; on chante pour les autres en alliant l’utile à l’agréable ». Sur le registre des confidences, l’artiste-chanteur a affirmé que « pendant plus de 40 ans il a gardé de bonnes relations avec Youssou Ndour malgré l’adversité qui prévalait entre le Super Diamono et le Super Etoile ». Selon Pène, il fallait prendre de la hauteur.
Dans les premières lignes de l’ouvrage, Diop met l’accent sur la dimension sociale de la musique : (…) « C’est un médiateur qui, de l’extérieur, atteint l’intérieur de la personne »(…). Ce propos est appuyé par cette sagesse chinoise : « Là où il y a de la musique, il ne peut y avoir rien de diabolique ». Pour le chef du Département de philosophie de l’Ucad, le livre de Babacar M. Diop, qu’il a qualifié de chevalier de l’art, vient à son heure.

« Il a fait jouer la symphonie de la raison et de la passion », a souligné Malick Diagne. Pour l’auteur, parler de Pène, c’est décrire la vie d’un homme entre la rue, les studios et les scènes de musique, d’un homme de conviction, de valeurs, d’un chanteur « exceptionnel » qui apporte à son public beaucoup d’émotions grâce à sa voix, aux mélodies et aux chœurs. Selon l’universitaire, c’est faire le portrait de la vie d’ « un courageux, battant, africaniste ».

Trajectoire et répertoire
Dans une lecture critique du livre, l’enseignant-chercheur à l’Ucad, Ibrahima Wane, a salué une carrière en 40 ans de musique rythmée par « une production conséquente et une grande présence dans la conscience collective ». Au regard de Wane, cela se traduit par une pensée, poésie, et une performance vocale. « En produisant de l’émotion, on transmet un message, un savoir », a analysé l’universitaire magnifiant la posture pleine d’honnêteté de Babacar Mbaye Diop.
« Il y a de la science dans ses textes. Il nous montre ce qu’est la trajectoire au répertoire », a souligné I. Wane relevant qu’ « une nouvelle carrière s’ouvre pour Pène avec ce livre qui part de la parole à l’écrit ». Toujours est-il que Wane met un bémol sur des textes de chansons traduits en français. L’auteur assume une certaine subjectivité entre sa posture de fan et d’auteur mais également un choix de toucher un large public en traduisant le wolof au français.

Pour sa part, en admirateur de la première heure, l’ancien Premier ministre Souleymane Ndéné Ndiaye a magnifié l’initiative de l’auteur car, a-t-il témoigné, « il est assez rare qu’on écrive sur un artiste ». Il a poursuivi : « Omar Pène a tâté à tous les thèmes. Malgré tous les départs, le fond musical du Super Diamono est resté. On le doit à Pène qui a porté haut le flambeau du groupe ».
Pour sa part, l’ancien ministre de la Culture, Abdoulaye Elimane Kane, a remarqué : « Dans le paysage musical sénégalais, Pène a un style qui lui est propre. Son originalité me permet de dire que c’est un créateur ». Sur la même ligne, le président de l’Association des écrivains du Sénégal, Alioune Badara Bèye, voit l’artiste-chanteur comme « une icône, l’intellectuel de la musique sénégalaise ».

E. Massiga FAYE

Le groupe scolaire Yavuz Selim a  organisé, avant-hier, une conférence de presse en prélude  de la 14e édition du Festival international des langues et cultures  prévu samedi 23 avril au Grand Théâtre de Dakar. Ce festival international verra la participation d’une vingtaine de pays.    

Le Festival internationale des langues et cultures (Iflc) est une célébration annuelle présentant la diversité des talents linguistiques du monde. L’Iflc, forum pour la jeunesse célébrant les valeurs humaines universelles, regroupe des centaines d’étudiants issus de plusieurs pays. Il veut aider les jeunes à mieux se connaître. L’année dernière, 145 pays ont pris part à cet événement qui s’est tenu au Sénégal, avec plus de 2.000 participants.

La 14ème édition du Festival international des langues et cultures aura lieu au Sénégal ce 23 avril au Grand Théâtre de Dakar. Le festival verra la participation de 20 pays.  Il est placé sous le haut patronage de Macky Sall, président de la République du Sénégal. Le festival était auparavant centralisé en Turquie, il est désormais organisé sur d’autres continents notamment en Afrique où le Sénégal est, pour la deuxième fois, choisi pour l’accueillir. Ce programme promeut la recherche, l’apprentissage et les échanges d’informations, dans le souci de pérenniser la paix, l’amitié et la compréhension entre peuples du monde entier.  « Les élèves entrent en contact avec les visiteurs.   Ensemble, ils s’adonnent à des activités sociales, culturelles et éducatives. Ils nouent des liens solides et des amitiés durables, suscitant l’espoir d’une paix universelle », souligne Mesut Gokcan Ates, coordinateur régional du festival. Près de 150 artistes venant d’une vingtaine de pays sont attendus à l’édition 2016.  Des stands d’exposition culturelle des différents pays participants seront montés. « Dans son essence, ce festival constitue donc une olympiade culturelle d’expérience unique en termes de rencontres, d’échanges, de découvertes et de célébration des valeurs universelles », note M. Ates.

Le festival des langues se veut une passerelle de communication entre les différentes cultures du monde. Il veut créer un univers d’échanges regroupant toutes les cultures dans le souci d’estomper de manière efficace toutes barrières. La rencontre organisée sur initiative du groupe scolaire Yavuz Selim est perçue comme une contribution aux multiples actions dédiées à la paix et à la cohésion sociale.

Oumar BA

Les questions de mémoire ne sont pas un luxe contraire à une idée généralement admise. « Elles sont au cœur du développement », pour Karfa Diallo. Après avoir saisi le président François Hollande à travers une lettre ouverte, le directeur de l’Association Mémoires & Partages a lancé, hier au cours d'une conférence de presse à Dakar, un plaidoyer aux présidents de la République de huit pays africains pour un hommage national aux 178 « Tirailleurs naufragés » de l’Afrique en 1920.

« Pour plus de cohérence, nous lançons ce plaidoyer aux chefs d’Etat du Sénégal, du Mali, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, du Togo, du Bénin, du Burkina Faso et du Niger » après avoir saisi l’Exécutif français, explique Karfa Diallo. Il s’agit de reconnaître un drame historique à l’occasion du centenaire de la Première guerre mondiale. « Dans la nuit du 12 janvier 1920, cent soixante-dix-huit (178) ressortissants de votre nation ont sombré au fond de l’océan, victimes de la plus grande catastrophe maritime française », interpelle M. Diallo dans une lettre ouverte adressée aux présidents des huit pays africains.

Le directeur de l’Association Mémoires & Partages réclame un hommage pour les « combattants sans corps de la 1ère guerre mondiale » qui « rentraient dans leurs foyers lorsque la tragédie les rattrape ». C’est une tragédie puisque les soldats appelés « Tirailleurs sénégalais » sortaient de « plusieurs années de combats et de souffrances dans les tranchées du Chemin des Dames, pour une guerre imposée, bien loin de leurs intérêts et de leurs terres… Croyant avoir échappé aux charniers de la Première guerre mondiale, les 178 étaient bien loin de s’imaginer que c’est l’océan qui aura (finalement) eu raison de leurs rêves et de leurs espérances ».  On apprend que quand ils embarquèrent sur les quais des Chartrons, à Bordeaux, le 9 janvier 1920, dans le paquebot l’Afrique de la Compagnie des Chargeurs Réunis, il y avait 599 occupants (dont 132 membres de l’équipage). Sur les circonstances du naufrage, « c’est dès son appareillage sur le port de Bordeaux que l’Afrique montre des signes de faiblesse, précise Karfa Diallo. A 3 heures du matin, le 13 janvier 1920, l’Afrique sombre avec presque tous ses passagers. A l’exception de 37 survivants dont 14 tirailleurs, 3 passagers et 17 membres de l’équipage mais aucune femme et aucun enfant ». A la suite de cette première catastrophe maritime d’ampleur, de « violentes controverses judiciaires, techniques et politiques surviendront… sans qu’on ait accordé aux 178 soldats indigènes disparus en mer, dans l’exercice de leur devoir, l’hommage et la reconnaissance pour service rendu à la liberté ».

Culture mémorielle
A la question légitime de la saisie des chefs d’Etat africains pour une catastrophe dont les victimes représentaient la France coloniale de l’époque. Karfa Diallo pense que même si les pays africains saisis à travers leurs dirigeants étaient encore colonisés, ce sont des ressortissants de leurs peuples. En tant que tels, « ils ont droit à la reconnaissance des Etats africains et à leur intégration dans la mémoire nationale. Morts pour la France, ignorés de tous, perdus pour leurs familles, ces combattants sans corps gisent toujours au fond de l’océan ».

Avec Mémoires & Partages, Karfa Diallo souhaite un hommage puis des stèles dans les pays africains à la mémoire des « Tirailleurs sénégalais » appelés des « soldats sans corps ». Il regrette le manque de la culture mémorielle en Afrique. Pour cela, il donne l’exemple de soubresauts de l’actualité entre le Sénégal et la Gambie, cette dernière étant une création de la conférence de Berlin « dont rien n’est fait pour la dénoncer » lors la commémoration de son anniversaire (130 ans). La journée de commémoration de l’esclavage du 27 avril prochain sera l’occasion d’un rappel du plaidoyer pour la mémoire des « Tirailleurs naufragés ».

Moussa DIOP

La Fondation Sonatel a gracieusement équipé la salle polyvalente du centre Afao sis à Gorom 1, (département de Rufisque). La cérémonie d’inauguration a eu lieu hier sous la présidence effective du ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfance, Mariama Sarr.

Il s’agit du centre de formation et d’incubation aux métiers agricoles que la fondation vient d’équiper en matériel informatique et numérique. Un soutien pédagogique important que la Fondation Sonatel apporte à cette structure pilotée par l’Afao, une organisation régionale de femmes de l’espace de la Cedeao. L’équipement mis à la disposition du centre est composé de matériel informatique pour 60 positions individuelles, 32 tables informatiques, une imprimante, un vidéoprojecteur, un écran de projection et un mobilier adapté à l’enseignement dispensé. Ce matériel est prévu pour initier les femmes de ce centre implanté en milieu rural aux Technologies de l’information et de la communication et d’innover en matière de techniques d’apprentissage avec des outils leur permettant de mieux réussir dans l’entreprenariat.
Il contribuera à la réduction du gap numérique qui, à en croire Aminata Fall Sidibé, directrice de la Fondation Sonatel, affaiblit l’essor des activités génératrices de revenus des femmes rurales et périurbaines au Sénégal. Un objectif à la réalisation duquel la Sonatel est disposée à apporter sa participation dans le cadre de la Responsabilité sociétale des entreprises (Rse). Aminata Fall Sidibé a souligné toute l’importance que les programmes d’éducation de la Sonatel accordent à la scolarisation des filles et à la formation des femmes.

Promotion du numérique chez les femmes
A l’en croire, la Sonatel, par ce geste, fait du concept Maison Digitale, une réalité au Sénégal. « Il s’agit d’un concept lancé et encouragé et qui se veut un moyen de faire la promotion du numérique chez les femmes en passant par les associations », a-t-elle soutenu.

Le ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfance, Mariama Sarr a magnifié le partenariat entre la Sonatel et le centre Afao. « Le partenariat permet aux femmes de bénéficier de nouvelles offres de service de l’Internet et du numérique qui leur ouvrent les portes de l’information et les voies vers l’amélioration de leurs performances économiques et en leadership », a laissé entendre Mariama Sarr. Elle a affirmé que le Sénégal développe à travers le Pse des stratégies idoines pour bâtir une économie de développement basée sur une économie forte et soutenue profitable à tous les citoyens.
A ce titre, Mme Sarr a expliqué que la priorité est ainsi accordée aux filles et aux femmes dans les projets et programmes phares du Pse tout en précisant que cette action de la Sonatel contribue à la réalisation d’objectifs d’autonomisation des femmes. Le ministre de la Femme a aussi promis d’appuyer ce centre, surtout en matériel d’allègement des travaux.

Abdou DIOP

Le secrétaire général des Nations unies, à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse célébrée aujourd’hui, a exhorté les gouvernements, politiciens, entreprises et citoyens à promouvoir et à protéger l’indépendance et la liberté des médias.

« Nous célébrons chaque année la Journée mondiale de la liberté de la presse afin de mettre en lumière ces principes fondamentaux, de protéger l’indépendance des médias et de rendre hommage aux  professionnels des médias qui risquent ou qui ont perdu leur vie dans l’exercice de leur profession » a écrit Ban Ki-Moon.

Selon le secrétaire général de l’Onu, la liberté de la presse et la libre circulation des informations sont essentielles non seulement pour informer les citoyens sur les objectifs de développement durable, mais aussi pour leur permettre de faire tenir leurs promesses à leurs dirigeants.  Ainsi, M. Ban, dit être « très préoccupé par les restrictions de plus en plus grandes auxquelles font face les professionnels de médias dans de nombreux pays, les restrictions à la liberté d’expression empêchant le progrès ».

De son côté, la Secrétaire générale de la Francophonie a appelé « à la fin des peines privatives de liberté pour les journalistes ». Michaëlle Jean, a lancé un appel solennel pour que cessent les peines privatives de liberté infligées aux journalistes dans l’exercice de leur métier.

Les Journées nationales du patrimoine (Jnp) se tiendront cette année, du 6 au 8 mai 2016. Organisée par le ministère de la Culture et la Direction du patrimoine culturel, l’édition est placée sous le thème « Patrimoine culturel et développement touristique : un levier de croissance pour le Pse ».

Un atelier de quatre jours sur les fondamentaux de l’édition s’est ouvert hier à Dakar. A l’initiative de l’Association des éditeurs francophones au sud du Sahara, en partenariat avec l’Oif et le Centre africain de formation à l’édition et à la diffusion (Cafed), cette rencontre est destinée aux jeunes de moins de 35 ans débutant le métier. Elle a enregistré des participants venant du Mali, du Burkina, de la Côte d’Ivoire, du Niger, de la Guinée et du Sénégal. Cette session de formation, a expliqué Abdoulaye Fodé Dione, président d’Afrilivres, s’inscrit en droite ligne des missions de l’association consistant à la professionnalisation du secteur de l’édition, en facilitant la formation et en renforçant les capacités de  ses membres. A l’en croire, il s’agit également d’une manière de répondre au déficit de professionnels dans la filière du livre. « Au Sénégal, on décompte une cinquantaine de maisons d’édition, mais il y a très peu de professionnels. L’une de nos missions est le renforcement des capacités des acteurs de la filière », a-t-il fait savoir. Le directeur technique du Cafed, Ridha Najar, a abondé dans le même sens : « Il y a très peu d’écoles de formation dans les métiers du livre en Afrique. C’est pourquoi nous accompagnons les éditeurs pour améliorer la qualité et la gestion des livres afin d’assurer la pérennité des maisons d’éditions africaines ».  Depuis 1999, le Cafed a tenu 73 sessions de formation avec quelque 1.118 participants. Parmi ceux-ci, 700 sont restés dans le secteur.

Destiné au renforcement des capacités jeunes éditeurs pour  pouvoir assurer la relève des professionnels dans le métier de l’édition, cet atelier est une façon de se pencher sur l’axe de la maison d’édition, le secrétaire, la fabrication, la distribution et la commercialisation.

Présidant la cérémonie d’ouverture de cet atelier, Youma Fall, directrice de la Diversité et du Développement culturel, a réaffirmé l’intérêt de l’Oif pour la professionnalisation du secteur du livre et de l’édition. « Notre ambition affirmée est d’accompagner toutes les filières des industries culturelles et de mener des actions productives et efficientes au bénéfices de chacune des composantes de la chaîne de valeur, de l’espace de production à l’espace de réception », a-t-elle indiqué. D’après Mme Fall, une édition de qualité trouve son fondement dans la formation.

Ibrahima BA

Le président de la République, Macky Sall, préside la cérémonie officielle d’ouverture de la 12e Biennale de l’art africain contemporain de Dakar (Dak’art), aujourd’hui, à 10 h, au Théâtre national Daniel Sorano, annonce un communiqué reçu du comité d’organisation. Le Dak’art « est l’une des principales manifestations sur le continent africain à consacrer exclusivement sa sélection aux artistes vivant sur et hors du continent », note le communiqué. Instituée par l’État du Sénégal en 1989, avec une première édition dédiée aux Lettres en 1990, la Biennale de Dakar sera réservée à l’art contemporain à partir de sa deuxième édition, en 1992.

Evènement majeur dans le calendrier culturel africain, la 12e Biennale de l’art africain contemporain de Dakar (Dak’art) se tient du 3 mai ai 2 juin prochain. Le thème est : « La cité dans le jour bleu ». Plusieurs activités connexes ont lieu lors de la Biennale. Par exemple, cette année, se tiendra la première édition du Marché international de l’art de Dakar (Madak), cela du 4 au 10 mai dans le hall du Grand Théâtre. Il s’y ajoute les Off très courus par les visiteurs. Le Madak permettra aux artistes de commercialiser leurs œuvres. Outre l’Etat qui, selon le secrétaire général de la Biennale 2016, Mouhamadou Rassoul Seydi, a contribué à hauteur de 400 millions de FCfa, plusieurs partenaires comme l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif), l’Union économique et monétaire ouest-africain (Uemoa), l’Institut français de Paris, l’Ambassade de France au Sénégal et entreprises dont le quotidien national « Le Soleil », accompagnent les organisateurs de ce grand évènement culturel à la dimension internationale.

D. MANE (avec l’Aps)

En partenariat avec l’Oif et le Centre africain de formation à l'édition et à la diffusion (Cafed), l’Association des éditeurs francophones au sud du Sahara (Afrilivres) organise, depuis hier, un atelier sous-régional sur les fondamentaux de l’édition.

Un atelier de quatre jours sur les fondamentaux de l’édition s’est ouvert hier à Dakar. A l’initiative de l’Association des éditeurs francophones au sud du Sahara, en partenariat avec l’Oif et le Centre africain de formation à l’édition et à la diffusion (Cafed), cette rencontre est destinée aux jeunes de moins de 35 ans débutant le métier. Elle a enregistré des participants venant du Mali, du Burkina, de la Côte d’Ivoire, du Niger, de la Guinée et du Sénégal. Cette session de formation, a expliqué Abdoulaye Fodé Dione, président d’Afrilivres, s’inscrit en droite ligne des missions de l’association consistant à la professionnalisation du secteur de l’édition, en facilitant la formation et en renforçant les capacités de  ses membres. A l’en croire, il s’agit également d’une manière de répondre au déficit de professionnels dans la filière du livre. « Au Sénégal, on décompte une cinquantaine de maisons d’édition, mais il y a très peu de professionnels. L’une de nos missions est le renforcement des capacités des acteurs de la filière », a-t-il fait savoir. Le directeur technique du Cafed, Ridha Najar, a abondé dans le même sens : « Il y a très peu d’écoles de formation dans les métiers du livre en Afrique. C’est pourquoi nous accompagnons les éditeurs pour améliorer la qualité et la gestion des livres afin d’assurer la pérennité des maisons d’éditions africaines ».  Depuis 1999, le Cafed a tenu 73 sessions de formation avec quelque 1.118 participants. Parmi ceux-ci, 700 sont restés dans le secteur.

Destiné au renforcement des capacités jeunes éditeurs pour  pouvoir assurer la relève des professionnels dans le métier de l’édition, cet atelier est une façon de se pencher sur l’axe de la maison d’édition, le secrétaire, la fabrication, la distribution et la commercialisation.

Présidant la cérémonie d’ouverture de cet atelier, Youma Fall, directrice de la Diversité et du Développement culturel, a réaffirmé l’intérêt de l’Oif pour la professionnalisation du secteur du livre et de l’édition. « Notre ambition affirmée est d’accompagner toutes les filières des industries culturelles et de mener des actions productives et efficientes au bénéfices de chacune des composantes de la chaîne de valeur, de l’espace de production à l’espace de réception », a-t-elle indiqué. D’après Mme Fall, une édition de qualité trouve son fondement dans la formation.

Ibrahima BA

Le Centre africain d’études supérieures en gestion (Cesag), en collaboration avec le Service des volontaires japonais pour la coopération à l’Etranger (Jocv) de l’Agence japonaise de coopération internationale (Jica), a organisé, samedi dernier, la Journée du Japon. Le thème de cette édition, « Japon-Afrique : étinceler de joie », témoigne d’une volonté commune de raffermir les liens de fraternité entre le continent africain et le pays du « Soleil levant ».

Les étudiants du Cesag ont montré, samedi dernier, la culture du Japon à travers ses majestueuses tenues, ses sports modernes et traditionnels couverts de vertus et parlé sa langue. Cela traduit les fraternelles relations entre les deux peuples que cette journée se charge de magnifier. L’engagement des volontaires japonais au Sénégal, « pont entre les deux pays », selon la première secrétaire de l’ambassade du Japon à Dakar, en est une illustration achevée. 

Le directeur général du Cesag, à travers sa représente, a également salué la présence de « ceux qui, demain, se retrouveront dans les coins les plus reculés du Sénégal et de l’Afrique pour servir les bonnes causes ». Elle a exhorté les élèves, en plus des cours qui leur sont dispensés, à s’inspirer des valeurs japonaises. La célébration de la Journée du Japon a également été l’occasion de présenter aux étudiants et à tous les participants le programme de stage sur l'initiative africaine de l’enseignement professionnel en faveur des jeunes communément appelé « Initiative Abe ». C’est un programme mis en œuvre par le gouvernement du Japon, à travers la Jica, dans les 54 Etats africains. Il a pour but de faciliter la formation de 1.000 jeunes Africains dans divers domaines. Il permettra ainsi de créer un réseau de contributeurs potentiels au développement des industries africaines et japonaises. Le chef du bureau de la Jica au Sénégal y voit une « manière d’œuvrer ensemble pour une société meilleure dans un contexte mondial compliqué ». Il a également appelé à identifier, par des actions collectives, les grands défis environnementaux de l’heure. Le Cesag est la première institution au Sénégal à accueillir des volontaires japonais qui dispensent des cours de langue japonaise ouverts au public, et ce, depuis plus de 15 ans. Ils représentent ainsi des ambassadeurs de la culture japonaise au sein de cette institution africaine. Par ailleurs, les activités de la volontaire japonaise affectée au Cesag rentrent dans le cadre du plan Jocv, programme de coopération de la Jica.

Beaucoup d’activités ont ponctué cette 6e édition de la Journée du Japon. Un défilé de mode a mis en évidence des tenues traditionnelles japonaises. Une projection de films, une dégustation de plats japonais et une présentation des sports du Japon et de poème… ont également montré toute la richesse de cette culture.  

        Allassane Aliou MBAYE

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