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Arts et Culture (1243)

« Je me bats pour l’Afrique et je sais que ce n’est pas toujours facile de lutter dans ce continent que j’aime tant. Dès que j’ai commencé à sentir que le public réagissait à mes films, cela m’a fait beaucoup de bonheur. Ce soir, c’était l’apothéose totale quand j’ai entendu le jury prononcé le nom de mon film « L’orage africain ». Cela montre qu’il y a un changement dans le continent africain. Je dédie ce prix à la jeunesse africaine. L’Afrique est mon pays et le Bénin mon village ».

I. BA

Le ministre de la Culture et de la Communication préside, cet après-midi, à partir de 18 heures à la Maison de la Culture Douta Seck, une cérémonie de présentation des trophées remportés par les cinéastes sénégalais, à la Berlinale et au Fespaco 2017.

Selon un communiqué, cette rencontre avec la communauté cinématographique et culturelle du Sénégal aura lieu en présence d’Alain Gomis et de tous les cinéastes et réalisateurs primés au Fespaco.

A Ouaga, en plus de l’Etalon d’Or de Yennenga, le film « Félicité » a également remporté le Prix du meilleur son.
Dans la catégorie documentaire, « Kemtiyu – Seex Anta » d’Ousmane William Mbaye a décroché le prix du meilleur documentaire du Fespaco ; mais aussi le Prix Ue-Acp dans la section films documentaire.

« Tundu Wundu » d’Abdoulahad Wane a décroché le prix de la meilleure série, dans la section des Séries télévisuelles.

« Mon cher compatriote,

Je suis très heureux d’apprendre que vous avez remporté l’Etalon d’or de Yennenga de l’édition 2017 du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco). Cette prestigieuse distinction, qui récompense votre film « Félicité », fait suite à celle qui vous a été décernée en 2013 au même Festival pour votre long métrage « Tey ». Elle s’ajoute également au Grand Prix du Jury de la Berlinale attribué au film « Félicité » il y a juste quelques semaines. Ces brillantes performances illustrent, assurément, votre persévérance dans l’effort et l’excellence dans la créativité. Je salue votre parcours exceptionnel et vous en félicite chaleureusement.

Je voudrais également saluer et encourager tous nos compatriotes qui ont dignement représenté notre pays à l’édition du Fespaco 2017.
Avec tous mes vœux de succès pour vos futurs projets, je vous prie de croire, cher compatriote, à l’assurance de mes sentiments les meilleurs ».

« Je pense qu’il s’agit d’une mission accomplie. Comme on l’envisageait, la participation sénégalaise a répondu à nos attentes. Nous avons atteint l’objectif et les résultats que nous nous étions fixés.

Il n’y a pas que le prix. En dehors même de la compétition, nous avons eu d’énormes opportunités avec des institutions étrangères venues au Marché international du cinéma africain (Mica).
Cela nous a permis de poser les bases d’une future collaboration sur le plan de l’exploitation, de la distribution et surtout de la formation. Il y a eu plusieurs projets d’accords que nous allons finaliser. Certains de ces partenaires seront à Dakar dès la semaine prochaine, d’autres nous les rencontreront dans leur pays. Je pense que jamais une participation du Sénégal au Fespaco n’aura été autant porteuse d’espoir mais aussi de réconfort. Aujourd’hui, le cinéma sénégalais grandit et se voit aussi reconsidéré sur l’ensemble du continent et du monde. »

I. BA

Juste après sa consécration, samedi, Alain Gomis nous a accordé un entretien à son hôtel. Le double Étalon d’or du Fespaco s’est prononcé sur son nouveau sacre, l’avenir du cinéma africain, la suite du film « Félicité » après son deuxième grand trophée en l’espace d’un mois.

Vous venez de remportez, pour la deuxième fois, l’Étalon d’or de Yennenga. Qu’est-ce que cela vous fait ?
C’est une vraie surprise. Justement, je ne pensais pas, pour une deuxième fois, gagner l’Étalon d’or. Je pensais que les membres du jury allaient vouloir pousser d’autres talents et j’aurais trouvé cela tout à fait normal. Je suis très surpris et fier en même temps. Cela me permet de dire aussi merci à tous ceux qui ont travaillé ardemment pour que ce film existe, au Sénégal et à Kinshasa. Maintenant, je sens la responsabilité, entre guillemet, de transformer cela en quelque chose, c’est-à-dire que je suis moins dans la joie que lors de la première fois. Je me dis que c’est encore plus un encouragement à continuer et en tenir moins compte et à mettre en place une structure du cinéma. Quand même, il reste encore beaucoup de choses. Je pense que cela n’a d’intérêt que si le prochain Étalon soit quelqu’un d’autre, dans très peu de temps. Il faut aussi dire qu’il y avait de glorieux aînés qui avaient choisi de ne pas se mettre en compétition. Ils ont également montré la voie d’une certaine retenue. A un moment, il ne s’agit plus d’accumuler les médailles.

Est-ce une façon de nous dire que vous ne serez pas en compétition à la prochaine édition du Fespaco ?
Là, c’est à chaud. Mais à chaud, j’ai envie de dire que l’idée, ce n’est pas d’avoir trois «Étalon»; ça n’aura pas tellement de chance. Il faut plutôt essayer de construire des choses. Après, ce ne sont pas les prix qui comptent. Pour l’instant, nous avons besoin des prix parce que c’est à peu près tout ce qu’il y a. Mais, ce n’est pas les prix qui comptent. Ce qui compte, c’est de faire des films et qu’ils puissent être vus ; que les gens les aiment ou pas, ce n’est pas le problème. C’est, en tout cas, des questions posées et cela doit appeler à des débats et des réflexions. Pour moi, ce qu’il est important de défendre, c’est la possibilité de s’exprimer selon son identité. C’est ce qui est en jeu. Sommes-nous obligés, pour exister, de faire le même cinéma que les autres ? Il y a beaucoup de choses qui se jouent actuellement. Il y a des salles qui ré-ouvrent, mais il y a également celles qui sont tenues par des complexes. On voit arriver des gens qui investissent dans le cinéma. L’ensemble des décisions sont, en général, prises en Europe. Je trouve que la situation est dangereuse. Il y a un vrai danger de perte d’autonomie.

« Félicité » vient de gagner un deuxième prix après la Berlinale. Maintenant, quel sera la suite ?
J’ai pu le voir avec « Tey ». C’est un coup de projecteur sur le film. Cela va beaucoup nous aider. Ce n’est pas un film très facile. Il n’est pas usuel dans sa façon d’être transcrite. Les gens ne sont pas forcement habitués. Il a besoin d’être poussé.

Pourquoi avez-vous dédié cet Étalon à de grandes figures du cinéma africain et particulièrement des cinéastes sénégalais ?
Je pense que nous sommes dans un tournant. Le cinéma a besoin d’exister commercialement, mais il doit, en même temps, rester dans le domaine de la culture. Cheick Fantamandy Camara était quelqu’un qui était, à la fois, doux et très déterminé. Je l’ai connu depuis 20 ans. Il s’est toujours battu. Pour moi, il fait partie des exemples. Quand j’ai cité Khady Sylla, c’est la même chose. Il s’agit de gens pour qui le cinéma, c’est de la culture, une réflexion sur la société. Les films ont besoin de producteurs. C’est un travail qu’il faut structurer.

Avec ce deuxième Étalon d’or, vous entrez définitivement dans l’histoire du cinéma sénégalais. Qu’est-ce que ce prix peut changer dans la configuration actuelle de notre septième art ?
Je pense qu’il est temps de s’asseoir et de discuter pour savoir quelle est la situation. Il y a eu ce premier pas du Fopica. La compétence des techniciens sénégalais est reconnue partout maintenant. Il faut continuer à avancer dans une dynamique collective. Il faut s’interroger sur le Fopica, afin de voir ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Mais aussi voir dans quel sens il faut continuer à pousser. Il faut réfléchir collectivement, pour continuer d’abord à évaluer ce qui a été fait et voir dans quel sens on va avancer.

A la veille de votre arrivée au Fespaco, vous avez été reçu en audience par le président de la République, Macky Sall…
Il a été question du Fopica. Il me paraissait important de réfléchir à une possibilité de pôle de post-production au Sénégal. Après le tournage, il y a tout un processus de fabrication autour du montage. Cela représente entre 60 et 70 % du budget d’un film. Donc, quand il y a un fonds à l’image du Fopica, s’il n’y a pas de financement trouvé, 70% de ce fonds vont être dépensés ailleurs. Ce qui n’est pas le but d’un fonds. Son objectif est de participer à la création de cette activité, à la création de l’emploi. L’idée, c’est de faire baisser le coût des films. Je pense qu’il serait vraiment important d’avoir un pôle de production au Sénégal et de faire des coproductions avec les pays africains.
 
Propos recueillis par I. BA

« Nous remercions Dieu. Nous ne nous attendions pas du tout à cette récompense, car la concurrence était très rude. Dieu a fait que nous avons gagné et c’est une excellente chose. Nous remercions tout le peuple sénégalais, nos familles, mais surtout les gens qui ont cru en nous…C’est une motivation supplémentaire pour aller de l’avant, en faisant mieux sur d’autres produits.

Nous essaierons de maintenir le niveau ou même faire plus, parce qu’au moment où nous faisions tous ces efforts, peut-être que les gens ne comprenaient pas ce que nous étions en train de faire. Aujourd’hui, c’est la reconnaissance d’un travail qui a été réalisé grâce à l’appui des partenaires. C’était un challenge et cela fait excessivement plaisir de sortir avec ce premier prix. Maintenant, c’est à nos télévisions locales de faire ce qu’elles doivent faire, c’est-à-dire de commencer à travailler avec les producteurs locaux, à acheter nos produits. C’est cela qui pourra permettre d’avoir des productions. Toutefois, je pense que nous sommes sur la bonne voie. »

Recueillis par I. BA

C’est un plaisir, un grand bonheur, d’avoir remporté ce grand prix au Fespaco après avoir eu un troisième prix avec « Président Dia » à ce même festival. Il s’agit de la reconnaissance de notre métier. Maintenant, concernant la consécration du travail de mémoire, je pense que l’intérêt a été reconnu depuis assez longtemps. Toutefois, ce qui m’a le plus marqué avec « Kemtiyu, Séex Anta », ce n’est pas le travail de la mémoire, mais le fait que Cheikh Anta Diop soit reconnu. Ce n’est pas Ousmane William Mbaye, mais c’est l’intérêt du message du film. Les gens se sont dit qu’il y a quelque chose sur le personnage de Cheikh Anta qui peut intéresser la jeunesse. C’était l’objectif du film. Le mien était de faire en sorte que les gens aient envie de connaître, de découvrir ou d’approfondir l’œuvre de Cheikh Anta. Il le mérite, il est dans le silence et dans son tombeau depuis 31 ans. Il est temps qu’il se réveille et parle à la jeunesse africaine. »

Le réalisateur sénégalais, Alain Gomis, a remporté, samedi, « l’Etalon d’or » de la 25ème édition du Festival panafricain de cinéma et de la télévision de Ouagadougou. Avec le sacre de « Félicité », il devient le deuxième cinéaste africain, après le malien Souleymane Cissé, a avoir remporté deux Etalons. Dans la catégorie documentaire, « Kemtiyu, Séex Anta » d’Ousmane William Mbaye a été primé meilleur film documentaire du Fespaco. « Tundu Wundu » d’Abdoulahad Wone a décroché le prix de la meilleure série, dans la section des séries télévisuelles.

OUAGA : Cette fois-ci, les spécialistes et grands observateurs du cinéma africain ne se sont pas trompés. Donné grand favori, « Félicité », film du réalisateur sénégalais Alain Gomis, a remporté, samedi, l’Etalon d’or de la 25ème édition du Festival panafricain de cinéma et de la télévision de Ouagadougou, moins d’un mois seulement après avoir été primé « Ours d’argent » à la Berlinale. Comme en 2013, lors de sa première consécration avec son film « Tey », Alain Gomis a encore séduit le jury par la qualité et la portée de son œuvre.

Le président du jury de la 25ème édition du Fespaco, le Marocain Nourredine Saïl, a déclaré avoir été touché, à l’instar de ses collègues, « par la qualité du son, la musique, les qualités techniques de la réalisation » ainsi que celle de la production à l’heure où l’Afrique manque de grands producteurs. Avec ce deuxième prix, le réalisateur sénégalais a rejoint le Malien Souleymane Cissé, le seul cinéaste détenteur de deux Etalons. Aussi, en même temps, il a écrit définitivement son nom en lettres d’or dans le septième art sénégalais, en offrant à notre pays son deuxième Etalon d’or de Yennenga.

A l’annonce de sa consécration, c’est un Alain Gomis « fier » et « heureux » qui a foulé le tapis rouge du Palais des sports Ouaga 2000 sous les ovations du public. Dans ses premiers mots, il a fait part de son honneur d’être deux fois Etalon d’or, non sans remercier toute son équipe, l’actrice principale ainsi que les Congolais qui l’ont aidé à réussir ce film. « Je remercie cette formidable actrice, Vero Tshanda Beya. Je voudrais dire aux Kinois et au Congolais à quel point nous pensons à eux », a-t-il déclaré.

Le lauréat a profité de l’occasion pour remercier et rendre un vibrant hommage à ses devanciers, en l’occurrence Cheick Fantamady Camara, Khady Sylla, Sembène Ousmane. Des noms qui ont porté très loin l’image du cinéma africain et sénégalais. En outre, Alain Gomis a dit dédier son trophée à la jeunesse, à qui il a exhorté à se battre. « Je trouve que la situation est dangereuse. On parle de plus en plus de commerce dans le cinéma et moins de culture. Il y a un vrai danger de perte d’autonomie », a-t-il regretté. Selon lui, son rôle sera désormais de tendre la main, de créer des ponts, de préparer et de travailler avec la nouvelle génération.

Le Sénégal remporte 6 prix
En remportant l’Etalon d’or de Yennenga doté d’un montant de 20 millions de FCfa, « Félicité » a gagné également le prix du meilleur son et celui de l’Ue-Acp pour la promotion du film dans les pays européens et ceux du Sud. L’Etalon d’argent est revenu à Sylvestre Amoussou du Bénin pour son film « L’orage africain, un continent sous influence ». Le Marocain Said Khallaf a remporté l’Etalon de bronze pour son film « A mile in my shoes ».

Dans la catégorie documentaire, « Kemtiyu » d’Ousmane William Mbaye a honoré le Sénégal, en décrochant le prix du meilleur documentaire du Fespaco d’une valeur de 3 millions de FCfa, pour son œuvre faisant le portrait du Professeur Cheikh Anta Diop. En même temps, il a gagné le Prix Ue-Acp dans la section films documentaire, destiné à promouvoir la distribution de films Acp primés dans la section officielle, à contribuer à leur valorisation et à celle de leurs réalisateurs, dans différentes régions Acp et sur la scène internationale, qui est doté d’une enveloppe de 2,6 millions de FCfa.

Enfin, « Tundu Wundu » de Abdoulahad Wone a décroché le prix de la meilleure série doté d’un montant de 3 millions de FCfa, dans la section des séries télévisuelles. Au total, le Sénégal a remporté 6 prix au Fespaco de cette année. Une moisson assez intéressante eu égard à la valeur des trophées.

La 25ème édition du Festival panafricain de cinéma de Ouagadougou s’est déroulée sans incident malgré un contexte sécuritaire un peu tendu après les attentats de 2016 à Ouaga. La cérémonie de clôture a été présidée par le chef de l’Etat du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, et son homologue de la Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara.

De notre envoyé spécial, Ibrahima BA

Présente à Ouagadougou dans le cadre de la 25ème édition du Fespaco, la directrice de la Diversité culturelle de l’Organisation internationale de la Francophonie regrette l’absence d’accords de coproduction entre les pays africains. Selon Youma Fall, l’effectivité de ces accords pourrait permettre au cinéma africain de mieux se porter.

L’Organisation internationale de la Francophonie (Oif) a augmenté son enveloppe pour le financement du cinéma et de l’audiovisuel africain. Qu’est-ce qui explique ce choix ?
C’est pour faire plus structurant. Nous voulons éviter le saupoudrage, en essayant de faire plus et en encourageant encore plus de longs métrages. Actuellement, il y a beaucoup de difficultés avec les longs métrages qui coûtent extrêmement cher. Nous avons décidé de créer deux commissions Cinéma, ce qui demande un peu plus de moyens pour ne pas faire de saupoudrage. C’est aussi une façon d’accompagner la qualité de la création et de la production.

L’Oif ne se limite pas seulement à la production. Vous soutenez également les espaces de diffusion des films africains…
Nous soutenons d’abord les espaces de célébrations comme le Fespaco, en accompagnant la présence de producteurs du Sud dans cet événement qui est un lieu de rencontre, d’échange et de confrontation. L’Oif appuie également la distribution. Il faut rappeler qu’avant, nous ne faisions pas trop dans la distribution. Par ailleurs, depuis deux ans, nous accompagnons des producteurs du Sud à participer à des marchés de la production, tout en organisant des concours qui permettent aux jeunes de pouvoir participer et d’être présents à ces grands rendez-vous où s’écrit le destin de la production et de la cinématographie. L’Organisation internationale de la Francophonie accompagne aussi, à travers le programme « Capital numérique », la mise en réseaux de distributeurs ainsi que la mise en scène de la diffusion de production qui avait complètement disparu avec la numérisation. Je pense qu’une chose est de créer, une autre également est de montrer parce que, quel que soit par ailleurs le plaisir et la jouissance que peut procurer le produit créé, la finalité de tout producteur, c’est de voir son produit déjà vu, apprécié et acheté. On est en plain-pied dans l’économie de la créativité. Pour faire du cinéma un métier pour le continent, on a besoin d’accompagner vraiment la diffusion.

Par rapport à ce financement, certains pays africains comme le Sénégal ont créé des mécanismes de financement du cinéma à travers notamment le Fopica. Quelle lecture en faites-vous ?
Nous nous en félicitons. Je pense que c’est toujours dans la complémentarité de nos actions qu’on parvient à avoir des résultats. Donc, c’est bien d’avoir le Fopica au Sénégal, un fonds d’appui au cinéma en Côte d’Ivoire. Actuellement, nous avons décidé d’accompagner le Burkina Faso dans une étude pour la création d’un fonds. Au Gabon, nous appuyons aussi le pays pour une étude de faisabilité pour ce genre de financement non marchand. Toutefois, là où on est vraiment en attente, c’est par rapport aux accords de coproduction entre les pays. Un film qui a une double nationalité bénéficie de deux fonds différents. C’est toujours important d’avoir, par exemple, un film d’Alain Gomis qui bénéficie du fonds de la Côte d’Ivoire. Mais, comme il n’y a pas toujours d’accords, c’est regrettable. Pourtant, nous avons des accords de coproduction entre la France et le Sénégal ou entre le France et le Burkina. Mais on ne parvient pas à avoir des accords de coproduction entre nos pays. Il faut creuser dans les accords de coproduction entre les pays, et ainsi le cinéma africain se portera mieux.

Cette année, le Fespaco a mis l’accent sur la formation dans le métier du cinéma. Au niveau de l’Oif, qu’est-ce qui est fait pour accompagner la formation des acteurs africains du cinéma ?
Depuis trois ans, nous accompagnons la formation de producteurs, de réalisateurs et de professionnels du cinéma. Le constat est que la qualité dépendait de la formation. Nous avons fait une étude qui a montré qu’en Afrique, il y a deux ou trois directeurs de photo, voire un directeur de photographe, qui quittent l’Ethiopie pour faire le tour de l’Afrique ainsi de suite. Les professionnels qui viennent du Nord font que le cinéma africain coûte deux fois plus cher. Dans le domaine de la formation, la Direction de la diversité culturelle de l’Oif a ouvert un Master à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis du Sénégal. Aussi, en partenariat avec l’Université Senghor, en Egypte, un Master sur les industries culturelles a été créé pour accompagner la formation à la promotion. Dans le cadre des Trophées francophones, nous souhaitons des sessions de formation, etc. Pour nous, la formation est l’élément essentiel de base, c’est le fondement de la qualité de la production.

Propos recueillis à Ouaga par Ibrahima BA

L’artiste cinéaste sénégalaise Fatou Kandé Senghor a remporté, jeudi 2 mars, le 1er prix en série télévisée du concours Pitch (présentation de projets de films ou de série) de la Francophonie, organisé dans le cadre de la 25ème édition du Fespaco, pour son projet de film « Wala Bok ».

Cette série télévisée qui sera bientôt disponible est repartie en 30 épisodes de 26 minutes. « Wala Bok » traite la problématique des jeunes dans la banlieue dakaroise. Selon Fatou Kandé Senghor, il s’agit d’une façon d’offrir aux jeunes un moment de discussion pour parler de cette banlieue où 1,5 million de Sénégalais rentrent tous les soirs, de cette partie de la capitale sénégalaise où vit un Sénégalais sur deux.

« A mon avis, c’est intéressant de penser à cet espace ainsi qu’à la population qui le compose. C’est une population où les mamans galèrent pour nourrir leurs gosses. Donc, elles ne sont pas là et les enfants grandissent tous seuls. Ce faisant, ils sont mal élevés », explique-t-elle. En effet, la réalisatrice cherche, à travers la magie de l’écran, à mettre en image, cette rupture terrible entre les parents et leurs progénitures. Cette série, ajoute-t-elle, va se vivre à travers le regard d’une jeune fille qui a 16 ans et qui va rencontrer d’autres jeunes de son âge. « Il s’agit d’une jeune fille extravagante quelque part, extravertie, mais sérieuse quand même. Elle va à l’école grâce au commerce de sa mère et une certaine confiance qu’elle lui a imposé d’être toujours meilleure élève. Le rêve de cette petite Sala, ce n’est pas de sortir sa famille de cet étau car elle ne veut pas porter une chose aussi lourde. Son ambition est d’être libre et de pouvoir assortir des frontières physiques, mais une certaine frontière mentale », soutient-elle. Dans la catégorie documentaire, Pape Abdoulaye Seck a remporté le troisième prix.

Les prix spéciaux de la 25ème édition du Festival panafricain de cinéma et de la télévision de Ouaga ont été décernés, hier, à des réalisateurs de films de long ou de court métrage en compétition ou non, de la sélection officielle. Pour cette année, le Burkina a reçu 4 prix spéciaux dans cette catégorie.

Ouagadougou : Au moment où toutes les attentions sont focalisées sur le vainqueur de l’Etalon d’or, qui sera connu cet après-midi, les prix spéciaux de la 25ème édition du Festival panafricain de cinéma et de la télévision de Ouagadougou ont été décernés, hier, aux réalisateurs de films de long ou de court métrage en compétition ou non, de la sélection officielle. Entre autres activités inscrites dans la tradition du festival, les prix spéciaux visent à encourager tout donateur à accompagner la promotion du cinéma africain.

Pour cette édition, deux films burkinabè ont été doublement primés. Il s’agit du long métrage « Frontières » d’Apolline Traoré, lauréat du Prix spécial Cedeao de l’Intégration ainsi que celui de Felix Houphouët-Boigny du Conseil de l’entente.

Dôté d’un montant de 10 millions de FCfa, ce prix a pour objectif de renforcer la paix et la sécurité, de promouvoir l’intégration politique et culturelle, de promouvoir le développement économique et le bien-être. « La rue n’est pas ma mère » du réalisateur Jérôme Nabonswendé Yaméogo est l’autre film court métrage burkinabè doublement primé avec le Prix spécial de la ville de Ouagadougou et le Prix de l’Unicef. La réalisatrice rwandaise Marie Clémentine Dusabéjambo remporte deux prix spéciaux pour son court métrage « A place for myself ». Ce film évoquant le problème de discrimination raciale a reçu le Prix spécial de la Loterie nationale du Burkina et le Prix spécial Thomas Sankara de la Guilde africaine des réalisateurs et producteurs.

Les films sénégalais en compétition officielle n’ont pas été primés dans la catégorie Prix spéciaux de la 25ème édition du Fespaco.

A noter que l’Union européenne va récompenser, cet après-midi, dans la cadre de Prix spéciaux, trois films en compétition officielle dans la section de film de fiction long métrage, la catégorie court-métrage de fiction et celle de film documentaire.

La première Journée du design italien dans le monde est marquée à Dakar, jeudi 2 mars, par le vernissage de l’exposition « 50 + ! » organisée par l’Ambassade d’Italie et l’Atelier Céramiques Almadies. Au musée Léopold Sédar Senghor, l’expo permet de voir jusqu’au 7 mars, la créativité italienne à travers les âges, les époques.

Sur un air de Dolce Vita, la première Journée du design italien dans le monde a été célébrée, jeudi 2 mars, par l’ambassade d’Italie à Dakar. Occasion pour la représentation diplomatique de proposer au public dakarois l’exposition « 50 + ! » - cinquante et plus objets qui ont fait l’histoire de l’industrie italienne, sous la direction de la curatrice Francesca Molteni. Elle est parmi les 100 ambassadeurs italiens du Design dépêchés par la Triennale de Milan à l’étranger.

L’exposition dakaroise, co-organisée avec l’Atelier Céramiques Almadies de Mauro Petroni, est à voir jusqu’au 7 mars au musée Léopold Sédar Senghor. Elle raconte l’histoire de l’industrie italienne à travers ses marques, et fait partie d’un ensemble d’initiatives de grande envergure organisées dans plus de 100 villes dans le monde. L’objectif est de présenter et diffuser le design italien, son histoire, ses inspirations, son influence dans la vie quotidienne et dans l’imaginaire des consommateurs. Invité d’honneur du vernissage de l’exposition au côté de l’ambassadeur d’Italie, Francesco Paolo Venie, le ministre sénégalais de la Culture et la Communication, Mbagnick Ndiaye, a salué « le charme du mariage fécond que l’Italie a su opérer entre sa créativité artistique millénaire et son génie industriel ». Selon lui, « cette osmose a forgé le rayonnement planétaire du design italien, fruit de son histoire, marquée par l’accueil, l’appropriation et la propagation de l’art universel en même temps que ses traditions ».

« L’art au quotidien »
Le ministre Mbagnick Ndiaye a rappelé que « le design est le fruit d’une synergie entre le monde de la culture et celui de l’entreprise ». Sur ce point, « le modèle du projet de mobilier national que le Sénégal veut lancer à la conquête du monde servira à un ensemencement systématique du vaste champ de ce domaine de la création et de la créativité visuelles ». Dans cette perspective, a poursuivi M. Ndiaye, « l’expérience et le génie italiens seront sollicités pour un partenariat exemplaire avec la future Ecole nationale des arts et métiers en gestation ».
Dans son mot de bienvenue, l’ambassadeur d’Italie au Sénégal, Francesco Paolo Venie, est revenu sur le sens de cette exposition. « Le design, comme par ailleurs d’autres expressions renommées de la créativité italienne (pour n’en citer que quelques-unes, la mode ou la cuisine) est devenu désormais une marque distinguée de l’Italie et de l’imaginaire italien dans le monde. Je suis donc particulièrement heureux d’avoir proposé Dakar comme une parmi les 100 villes au monde où cette journée est célébrée, de Shanghai à Santiago, de Montréal à Addis Abeba ». Pour le diplomate, le choix de Dakar n’est pas un hasard. Aux yeux de l’ambassadeur, la capitale sénégalaise est reconnue comme « une ville très vivante au niveau artistique et ses habitants savent apprécier l’art et la créativité dans toutes ses formes ». Le message des organisateurs est très simple : « le design n’est que de l’art au quotidien ».

Au fil de l’exposition, il se décline sous la forme de la légendaire Vespa 50 (Seconde série spéciale, 1972). Signifiant la « guêpe en italien, la Vespa a été inventée en 1946 par Piaggio. Ce deux roues est par la suite devenu symbole de la créativité italienne et un succès commercial qui se poursuit jusqu’à aujourd’hui. Un brin nostalgique, la magie de la Vespa réside également dans son esprit de liberté, mobilité et convivialité. Sur la même ligne, l’espresso se fait beau avec « La Cupola », cette cafetière en forme de coupole dessinée par Aldo Rossi en 1988. Objet intime et quotidien dans le tissu familial, la cafetière donne un goût particulier au rituel du café. Le breuvage se déguste seul ou en compagnie avec des notes amer, sucré, court, long. A Dakar, l’ambassade d’Italie a voulu aller plus loin dans la simple description de cette belle histoire à travers ces panneaux. Elle a voulu enrichir ce projet, en mélangeant cette exposition avec des œuvres vivantes, celles du maestro Mauro Petroni, un ami, un Italien adopté par l’Afrique et par le Sénégal. L’exposition sur le design italien est à voir jusqu’au 7 mars, au musée Léopold Sédar Senghor à Fann-Résidence.

 

Les artistes plasticiens, Daouda Diarra et Viyé Diba, ont exhorté les politiques et les artistes à être plus créatifs, pour une meilleure articulation de la politique culturelle et une production artistique de qualité. Ils intervenaient, mercredi dernier, lors d’une conférence de l’Ifan (Ucad).

Une bonne compréhension des réalités du monde et l’articulation des politiques culturelles par rapport aux enjeux de l’heure déterminent le dynamisme des expressions artistiques dans un pays. L’analyse doit ainsi être décloisonnée afin de prendre en charge l’environnement sociologique et économique pour envisager l’art comme un fait social ; lequel, au-delà de la sensibilité, de la créativité, dépend de toute une conjoncture. Au Sénégal, note Viyé Diba, chaque pouvoir a eu une manière d’administrer qui a influé sur le champ de créativité et créé une réaction des acteurs culturels. A chaque époque, une bonne partie d’entre eux peint les préoccupations des politiques pour se transformer, en définitive, en amplificateurs de ceux qui s’échinent à leur fabriquer des destins en fonction de leurs inclinations.

Le rôle de l’Etat, à ses yeux, n’est pas de faire la culture. Il est d’organiser, de créer un environnement juridique favorable à l’éclosion d’un marché de l’art viable. Cette responsabilité incombe aux acteurs culturels privés. La difficulté réside, en partie, dans l’absence d’une stratégie, d’une vision qui transcende les contingences politiques. De Léopold Sédar Senghor au président Abdoulaye Wade, la politique culturelle et ses modalités d’application ont toujours dépendu de la bonne volonté des politiques. Elle doit, selon l’ancien président de l’Association nationale des artistes plasticiens du Sénégal, découler d’une question préalable. Quelle nation voulons-nous bâtir ?

Par ailleurs, il a déploré la faiblesse conceptuelle du point de vue de la production artistique nationale. Cela est dû, à son avis, à l’absence d’espaces de confrontation sans lesquels l’artiste ne saurait se jauger et comprendre l’esprit de son époque. Il en veut pour preuve la biennale de Dakar. « Depuis 2004, nous n’avons pas gagné de Grand prix », regrette Viyé Diba.
Toutefois, pour Mamadou Moustapha Niang, conservateur, il se pose la question de la valorisation, de l’organisation dans le milieu des artistes et de la traçabilité des œuvres pour être en cohérence avec cette revendication de notre part d’héritage comme pays de culture.

Daouda Diarra, artiste plasticien et ancien directeur des Arts, a axé son intervention sur la nécessité pour les décideurs politiques d’être créatifs. Il a mis en évidence ce besoin impérieux d’une convergence entre la pensée logique et celle-là créative et d’une nouvelle démarche prenant en compte les exigences d’une véritable politique culturelle en adéquation avec les enjeux de l’heure et du futur.

Moustapha Naham fait partie, sans conteste, des nouveaux talents sénégalais les plus dynamiques, et des plus engagés ces dernières années. Persévérant, « Tico » comme le surnomment des intimes, aime donner et recevoir des autres. Il s’investit pour les causes nobles. Parti de son terroir natal, Dagana, le musicien a initié le « Campus tour » et fini de gagner la sympathie et le cœur de milliers de jeunes écoliers et étudiants. Basé en France depuis quelques années, Mustapha Naham lève, dans cet entretien, un coin du voile de sa vie d’artiste.

Début dans la musique
« Natif de Saint-Louis, j’ai chopé très jeune le virus de la musique au point de tapoter sur les table-bancs de ma classe. Après mes études et des diplômes, j’ai travaillé à Dakar, puis à l’université Alioune Diop de Bambey comme assistant administratif avant de faire cap sur ma carrière musicale. Depuis, nous y sommes avec des bonheurs et des projets à réaliser. J’ai gagné un prix important grâce à l’Institut français de Dakar, pour ensuite effectuer des concerts à travers le pays. Jusqu’ici, tout se passe bien. Je fais mon bonhomme de chemin et espère que le meilleur est au bout de l’effort. Je travaille dur pour y arriver et des amis, des organisations, m’encouragent à maintenir le rythme.

Vie musicale à Paris
« Entre ma carrière solo et mes charges en tant que secrétaire du festival Only French (Paris), j’ai un planning assez fourni, je l’avoue, mais je ne baisse pas la garde. C’est un choix que j’ai fait, que je suis en train d’assumer pleinement. Il y a beaucoup d’opportunités, de contacts, de découvertes, donc forcément quelques difficultés, mais on y croit pour atteindre des objectifs ; il faut mouiller le maillot.

D’ailleurs, de ces collaborations dans le cadre du collectif « Fausse Note », qui regroupe une quinzaine d’artistes, mon nouvel album « Naham Trio » a pu voir le jour. Une merveilleuse initiative qui a donné naissance à un projet.

Aujourd’hui, nous en sommes à la phase Promotion, avec des spectacles, en France, en Allemagne, en Suisse, en Belgique, en Afrique. On touche du bois et on avance petit-à-petit.

Albums « Guidelam » et « Naham trio »
« Guidelam, mon premier album, a eu un énorme succès. Rien qu’au Sénégal, il a fallu tirer l’album trois fois pour satisfaire le public. Un coup d’essai réussi car nous avons pris tout le temps qu’il fallait pour le préparer et le réaliser. C’est une occasion de rendre hommage à des amis musiciens qui ont mis du sien pour une kyrielle de sonorités, une qualité et au finish, le public a aimé. Nous modérons notre joie et poursuivons le travail. L’album « Naham Trio » est dans le même sillage. L’environnement de création change, les milieux d’enregistrement, les studios, mais les mêmes exigences sont là, c’est-à-dire la qualité, la diversité et l’originalité. Si l’album « Guidelam » a été un projet intime, un aveu d’amour, « Naham Trio » est en complément. C’est à dire un album de métissage, de partage, de diversité culturelle, d’échange et de collaboration, de fraternité. Chacun apporte son feeling, sa touche, son idée, et un cocktail de sonorités est proposé et nous faisons le reste.
 
D’abord, avec mon producteur Dominique Prévost (parolier de deux titres de l’album), ensuite avec les musiciens Amen Viana (guitariste de Keisiah Jones), Moustapha Gaye (guitariste de Youssou Ndour), Papa Assane Samb (percussionniste ayant collaboré avec Youssou Ndour). Donc une pluralité qui s’offre au monde francophone, et au-delà même, de toutes les cultures du monde.

Pour les spectacles, après la sortie en France, l’album a été présenté en live en Allemagne et en Belgique. Nous venons de faire le Burkina Faso (Ouagadougou et Bobo Dioulasso) dans le cadre du festival « Rendez-vous chez nous » en prélude au Fespaco. Nous serons à Genève le 25 mars dans le cadre du festival « Voix de Fête ». C’est un nouveau défi que nous essaierons de relever ».

« L’Afrique qui sourit »
«L’Afrique qui sourit» est une réponse à ceux qui ne véhiculent que du négatif sur l’Afrique. Une idée arrêtée du continent berceau de l’humanité. Un continent et non un pays. Une ignorance du potentiel et des richesses de l’Afrique qu’on minimise comme terre de calamités, de guerres et de pauvreté. Ce sont des évidences dans certaines parties où ses savants, sa culture, ses héros, ses tirailleurs, ses artistes, sa jeunesse, ses écrivains, ses élites, ses sportifs, ses grands panafricains, ses pyramides, etc., se signalent. C’est aussi pour dire et rappeler qu’il y a une véritable Afrique positive. Cette Afrique qui, grâce à sa jeunesse actuelle, entreprend, crée et innove. On ne le dit pas assez, mais au fil du temps, les enfants de l’Afrique doivent intégrer que l‘Afrique est le présent et le futur du monde. Plus la jeunesse va entreprendre, plus l’Afrique va prendre son envol. »

Perspectives
« Faire le tour des Universités du Sénégal dans le cadre du concept « Campus Tour » que j’ai initié avec les étudiants, des amis et avec l’aide des autorités a été l’un des plus beaux moments de ma carrière artistique. Concilier éducation, marketing social et musique est l’éternelle mission que je me suis confiée. L’aide de quelques partenaires conforte l’idée noble que je partage avec eux. »

Le projet pour mon pays est d’abord de le représenter dignement hors de nos frontières. C’est aussi de monter un centre (éducation et culture) dans lequel j’installerai une bibliothèque pour enfants afin de les aider à cultiver le goût de la lecture. Pourquoi ne pas aussi mettre sur pied un festival à Dagana, ville frontalière, pour rendre visible la diversité culturelle que regorge cette localité aux diverses ethnies. »

 

Avec l’arrivée d’Adama Bineta Sow, le Sénégal verra, au total, 10 de ses films projetés à la 25ème édition du Festival panafricain de cinéma et de la télévision de Ouagadougou. Agée seulement de 23 ans, la jeune réalisatrice prend part à la section Junior du Fespaco, à travers son court-métrage « Aveuglé par une aveugle ».

Ouagadougou : C’était elle la grande vedette mardi, lors de la célébration de la Journée du Sénégal au Fespaco. La jeune réalisatrice sénégalaise, Adama Bineta Sow découvre, pour la première fois, cette grande biennale dédiée au cinéma africain.

Taille moyenne, démarche haletante, à première vue, difficile même d’accepter à Adama ses 23 piges qu’elle réclame. Elle a l’air d’en avoir moins. Mais comme le talent n’a pas d’âge au cinéma, cette pépite du septième art sénégalais, est la plus jeune réalisatrice représentant notre pays à la 25 ème édition du Festival panafricain de cinéma et de la télévision de Ouaga.
Son court-métrage « Aveuglé par une aveugle » a été sélectionné tardivement (le 9 février dernier) dans la « section Junior » du Fespaco. Entre nouvelle découverte, challenge et fierté, Adama Bineta Sow vit son premier Fespaco avec beaucoup d’humilité, non sans nourrir des ambitions. «  J’étais surprise quand on m’a informée que j’étais sélectionnée. Je l’ai su tardivement. Mais, c’est une chance d’être ici. C’est la première fois que je participe à un festival. Je suis heureuse de cette belle découverte  du monde des cinéastes», affirme-t-elle dans une voix aux timbres juvéniles.

Dans son premier court métrage réalisé en 2015 et qui lui a valu une participation à ce grand rendez-vous du septième art africain, il est question de l’histoire d’un jeune photographe du nom de Boubacar, qui veut percer dans son domaine. Sur le chemin du succès il va rencontrer un jour une belle jeune fille aveugle. Complètement séduit par la beauté majestueuse de cette femme, il voudra faire d’elle son sujet de photographie.

Née en 1994, Adama n’a commencé à écrire des histoires qu’en 2009. « J’étais un peu seule dans mon travail », souligne-t-elle. Mais sentant la magie de la cinématographie dans ses veines, elle se rapproche en 2013 du « généreux » professeur et formateur au métier de réalisateur, Abdoul Aziz Boye de Ciné-Ucad-Ciné Banlieue. « Il m’a appris quelques notions techniques. D’ailleurs, c’est grâce à lui que j’ai eu des notions techniques en réalisation de film », soutient-elle avec un certain brin de fierté.

Partager des émotions
A la fin de ce cycle de formation, Adama Bineta Sow et ses camarades vont réaliser un court métrage collectif intitulé à la mémoire de « Sina ». Ce film fait le récit d’une histoire d’amour entre Mabel  et Sinna, deux jeunes qui se sont rencontrés à travers les amphis et les bibliothèques des facultés de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Chez la jeune réalisatrice, le cinéma est une histoire de passion. « Le cinéma, c’est ma passion. J’aime être seule à imaginer à créer mon propre monde. J’aime faire ressentir aux autres des émotions », fait-elle comprendre. Aujourd’hui, même si elle emprunte à la fois deux trajectoires différents, après avoir terminé une formation en gestion des ressources humaines à l’Ecole supérieure polytechnique et en suivant présentement son master 2 Mba en gestion de projet à l’Institut africain de management (Iam), Adama entend plus que jamais faire carrière dans le cinéma. Un choix qu’elle juge difficile eu égard à la place que ses parents accorde aux études. « J’envisage de suivre une carrière cinématographique. Seulement chez nous, les études comptent beaucoup. J’ai voulu arrêter les études à plusieurs reprises mais je ne pouvais pas d’autant plus que mes parents y ont beaucoup investi. La plupart du temps, je fais mes activités cinématographiques au détriment de mes cours», nous souffle réalisatrice de « Aveuglé par une aveugle ».

Dans le milieu du septième art, les références d’Adama Bineta Sow sont la plupart du temps des Asiatiques. C’est par exemple l’histoire d’Ana Youri Dango du Japon. Des projets, elle en a un tas. Mais pour l’heure, la jeune réalisatrice préfère ne penser qu’au Fespaco.

De notre envoyé spécial, Ibrahima BA

« Je suis venu en tant qu’observateur pour voir comment ça se passe au Fespaco. Le rêve de tout footballeur africain est de participer à la Coupe d’Afrique des Nations. Pour nous autres comédiens, notre ambition, c’est d’assister au plus grand festival dédié au cinéma africain qu’est le Fespaco. Je pense qu’il s’agit bien d’un rendez-vous du donner et du recevoir. Notre présence est aussi une manière de soutenir nos frères sénégalais qui ont été sélectionnés dignement. 

A notre niveau, nous souhaitons vraiment prendre part à ce genre de compétition. Ce faisant, il est temps que les réalisateurs et les acteurs pensent à l’idée de faire des séries destinées à l’international… »


Fatima Barry, actrice dans « La promesse », l’amour du cinéma
Elle a cette sorte de grâce divine qui lui permet de réussir partout où elle passe. Fatimata Barry est bien connue dans le milieu de la publicité à Dakar où plusieurs structures ont fait appel à ses services ces dernières années.

Récompensée du prix de la meilleure interprétation féminine au Clap Ivoire en 2016, à travers le film « La Promesse », Fatima prend part, pour la première fois, au Fespaco. « C’est un rêve qui se réalise. En plus, c’est une expérience supplémentaire dans ma carrière. Le fait de rencontrer des gens, d’échanger, me rapporte des choses incroyables », avoue-t-elle. L’actrice principale du film « La Promesse » de Ndèye Fatou Touré, en compétition officielle dans la section court métrage du Fespaco, a travaillé avec Cheickh Fantamandy Camara, dans son film « Morbayssa», qui parle de la prostitution. Elle est aussi présente dans des séries sénégalaises comme « Idole », et « Ndary Baba ».

Propos recueillis par Ibrahima BA

L’Association chinoise pour la diplomatie publique a invité une cinquantaine de journalistes du Centre Chine Afrique pour la presse et du Centre Asie du Sud et du Sud-Est Chine pour la presse. Pendant une dizaine de mois, ils vont s’imprégner des réalités de ce pays. Elle a organisé, hier, une cérémonie d’ouverture conjointe.

Pour la quatrième fois consécutive, la République populaire de Chine accueille des journalistes d’Afrique afin qu’ils puissent s’imprégner des réalités locales pour mieux en parler. Cette activité est organisée par l’Association chinoise pour la diplomatie publique à travers le Centre Chine Afrique pour la presse.

Une initiative que la Chine a dupliquée dans la sous-région puisque, pour la première fois, le pays a mis en place un Centre Asie du Sud et du Sud-Est Chine pour la presse, laquelle a aussi organisé un stage d’imprégnation de la culture chinoise pendant la même période.

Une occasion saisie par l’Association chinoise pour la diplomatie publique pour organiser une cérémonie d’ouverture conjointe organisée hier en début de matinée au siège même de ladite association à Pékin.

Devant une assemblée constituée essentiellement de journalistes et de diplomates, le président de l’Association chinoise pour la diplomatie publique, Son Excellence Li Zhaoxing, a personnellement magnifié l’excellence des relations diplomatiques entre la Chine avec chacun des pays d’origine des hôtes.

L’ambassadeur Li a été en fonction en Afrique pendant plusieurs années. Il est allé ensuite aux Nations unies pour représenter son pays avant de devenir chef de la diplomatie chinoise entre 2003 et 2007. L’Afrique, rappelle-t-il, a été aux côtés de la Chine pendant les moments difficiles. C’est aussi le cas pour les pays du Sud et du Sud-Est de l’Asie. C’est donc important, estime-t-il, que les médias de ces pays puissent avoir l’opportunité de vivre personnellement pour reporter objectivement les réalités chinoises.

A sa suite, Bukola Jasmine Ogunsina du Nigeria et Muhammad Zamir Assadi du Pakistan ont, respectivement, au nom des journalistes africains et asiatiques, remercié la Chine pour cette initiative devant leur permettre de mieux connaître ce grand pays.

Les journalistes sont au nombre de 29 venus de l’Afrique, 15 de l’Asie du Sud et du Sud-Est et 4 du Pakistan. Pendant une dizaine de mois, ils vont apprendre le mandarin à l’Institut culturel chinois de Beijing, suivre des cours sur l’histoire, la politique et la culture chinoises à l’Université de Renmin à Pékin et visiter l’ensemble des provinces du pays.

De notre correspondant à Pékin, Aly DIOUF 

Le concours Orange de l’Entrepreneur Social récompense, pour la 7ième année consécutive, le meilleur projet d'entreprise innovant et responsable en Afrique et au Moyen-Orient.

Le Prix Orange de l’Entrepreneur Social a pour but de favoriser le développement des entreprises et startups qui utilisent les Technologies de l’Information et de la Communication (Tic) pour répondre aux besoins des populations locales. Cette année, la compétition se déroule en deux temps : les projets participent d'abord à une compétition au Sénégal, puis un jury international attribue un grand prix aux meilleurs des gagnants nationaux.

Inscriptions jusqu’au 6 juin  
http://entrepreneurclub.orange.com/fr

La Galerie Le Manège de l’Institut français (3, rue Parchappe) de Dakar accueille, jusqu’au 29 avril, une exposition de photographies intitulée « Youri ne dort pas ». Prises entre 1995 et 2017, les images de Youri Lenquette donnent à voir une Afrique joyeuse, moderne, loin des clichés habituels.

Des images, des tranches de vie. Sous l’objectif d’un témoin majeur d’une certaine époque, d’un art de vivre, le photographe Youri Lenquette célèbre l’Afrique joyeuse, moderne au travers des photos prises sur le continent entre 1995 et 2017. A la Galerie Le Manège de l’Institut français de Dakar (3, rue Parchappe), loin des clichés habituels, une exposition donne à voir, jusqu’au 29 avril, des portraits de grandes figures de la musique africaine, des danseuses, vendeurs de cigarette ou chauffeurs de taxi, entre autres. « La plupart de ces photos sont des travaux de commande pour l’industrie musicale », a expliqué Vincent Bernière, commissaire-invité de l’exposition. D’où leur format carré destiné à produire des pochettes de disque et Cd, des affiches et autres documents promotionnels.

Pour V. Bernière, le travail de Lenquette s’inscrit dans une tradition de portrait. Que ce soit sur Tiken Jah Fakoly, Youssou Ndour, Cheikh Lô, en passant par Cesaria Evora ou Alpha Blondy. En parcourant du regard l’exposition, un visiteur admiratif laisse échapper un « Oh » devant une photographie du défunt Papa Wemba à Paris en 2001. Le roi de la sape pose majestueusement devant un amas d’habits et chaussures de luxe. De son côté, la Malienne Rokia Traoré donne de la voix dans un portrait qui date de 2009 à Paris.

Les réalisations de Youri Lenquette, c’est également des carrés de photos qui immortalisent la vie nocturne dans les capitales africaines : Dakar, Bissau, Bangui, Lagos, entre autres. Les images riches en couleurs se déclinent en «  Coupé décalé à Abidjan », «  Conakry by night », «  Mes nuits à Bamako »… Pour ces noctambules, le mot d’ordre est : « Guérir par le plaisir » comme l’illustre le propos d’un écriteau. Les protagonistes s’en donnent à cœur-joie. Le port vestimentaire, l’allure de la danse empruntent une trajectoire sexy. Lors du vernissage de l’exposition, Y. Lenquette a confié : « J’ai du mal à me définir comme artiste. Les photos n’étaient pas destinées à être exposées ». Il a expliqué s’être intéressé à la photographie un peu tard, sa première passion étant la musique. « J’ai choisi la photo pour être proche des musiciens, de les documenter et faire connaître les styles que j’aime ».

Natif de Nice (France), Youri Lenquette est présenté comme un « globe-trotter infatigable ». Il a photographié des artistes de tous les continents. A ses débuts, Lenquette a immortalisé des musiciens occidentaux du Rock n’Rol, Hip hop. En 1995, il a découvert les musiques latine et africaine. Il s’est intéressé à cela au point que c’est devenu son domaine de prédilection. Et c’est Youssou Ndour qui l’a fait venir pour la première fois sur le sol africain en 1995. Par la suite, les choses se sont enchaînées.

Installé une partie de l’année à Dakar, Lenquette estime qu’il n’a pas de message particulier à faire passer dans ses photos et qu’elles ne sont pas faites avec un plan préétabli. « Non pas que j’occulte les problèmes qu’il peut y avoir, j’ai envie de montrer une Afrique qui vit, qui a de la jeunesse », a lancé le photographe.
L’exposition « Youri ne dort pas » est à voir jusqu’au 29 avril à la Galerie Le Manège de l’Institut français de Dakar.

E. Massiga FAYE

Le ministre de la Culture et de la Communication s’est engagé à dépêcher sur place une équipe de techniciens de son Département pour faire l’état des lieux et les estimations nécessaires, pour les besoins de la restauration des Greniers sur pilotis et la Mosquée de El Hadji Oumar à Jaol-Fadiouth. Mbagnick Ndiaye recevait, mardi dernier, une délégation des populations de cette commune conduite par le député Maguette Diokh.

La délégation, selon un communiqué, était venue exprimer au ministre sa « vive préoccupation » devant l’état de dégradation de certains sites et lieux historiques et culturels comme les Greniers sur pilotis, Fassanda, Mama Gueth, Kouta, Lombes (cimetière où sont enterrés des érudits sérères) ainsi que la Mosquée de El Hadji Oumar de Joal.

A cette occasion, le député a sollicité le ministère de la Culture pour la restauration, à l’identique, des Greniers sur pilotis de Fadiouth qui occupent une place centrale dans l’offre touristique, secteur pourvoyeur d’emplois pour les jeunes, ainsi que la Mosquée de El Hadji Oumar. Il s’agira, par cette opération, de sauvegarder le riche patrimoine et le savoir-faire traditionnel du terroir.

La restauration de ces importants sites historiques vise, selon Maguette DIokh, à « faire de Joal, une commune culturelle par excellence, à relancer l’artisanat et l’hôtellerie de la zone ».
Mbagnick Ndiaye « s’est réjoui de l’intérêt que les populations de la commune de Joal-Fadiouth portent sur la préservation des sites culturels et les exhorte à la sauvegarde de ce riche patrimoine ancestral », lit-on dans le communiqué.

O. DIOUF

L’appel à candidatures pour la 37ème édition du Prix Découvertes Rfi  s’est ouvert hier, à tous les artistes ou groupes musicaux professionnels d’Afrique, de l’Océan Indien et des Caraïbes. 

Les candidats ont jusqu’au 30 juin 2017 pour envoyer leurs candidatures pour la 37ème édition du Prix Découvertes Rfi. Les inscriptions sont ouvertes sur le site  www.prixdecouvertes.com. Selon un communiqué de presse, les candidats doivent disposer d’une page personnelle sur Internet ou sur les réseaux sociaux incluant un minimum de quatre titres en écoute », informe le document écrit. Le lauréat bénéficiera d’un prix de 10.000 euros, d’une tournée en Afrique et d’un concert à Paris.

 « Depuis 1981, le Prix Découvertes RFI met en avant les nouveaux talents musicaux du continent africain. Au cours des années, ce Prix a contribué au lancement de nombreux artistes qui ont depuis conquis un public international : Tiken Jah Fakoly, Amadou et Mariam, Rokia Traoré, Didier Awadi... Le chanteur de R’n’B guinéen Soul Bang’s a remporté l’édition 2016 du Prix Découvertes Rfi », lit-on dans le communiqué.

Son jury, composé de professionnels, est chaque année présidé par une personnalité. De Fally Ipupa à Jacob Desvarieux, Youssou N’Dour, Angélique Kidjo, Richard Bona, Passi ou Asalfo, les présidents du Prix Découvertes Rfi apportent leur caution et leur expérience à son rayonnement. 

Rfi et ses partenaires sont des acteurs  engagés auprès du lauréat, ils lui offrent un soutien professionnel et une exposition médiatique.
Le Prix Découvertes Rfi est organisé en partenariat avec l’Institut français, l’Organisation internationale de la Francophonie, la Sacem, Deezer et Ubiznews.

Maguette Gueye DIEDHIOU

Le réalisateur sénégalais, Alain Gomis, déjà lauréat de l’Etalon d’or en 2013, n’a pas caché sa satisfaction au regard du nombreux public venu assister à la projection de son film. « Félicité », en compétition officielle dans la catégorie long métrage du Fespaco, est, selon lui, un film sur la dignité, un hommage à nos concitoyens et à tous ceux qui se battent tous les jours.

Vous participez pour la deuxième fois au Fespaco, après avoir été primé Etalon d’or. Est-ce que vous êtes aussi confiant qu’en 2013 ?
Aujourd’hui, la logique est tout à fait différente. Le fait d’avoir une projection dans une salle complètement remplie, c’est déjà quelque chose de gagné. C’est le prix de 2013 qui nous a permis de réussir à mobiliser autant de monde. Aussi, le but ce n’est pas le fait qu’on gagne ou qu’on ne gagne pas.

Quel message avez-vous voulu faire passer à travers votre film ?
Nous avons voulu raconter une histoire pour parler un peu de la difficulté quotidienne de cette femme qui se bat pour son quotidien, parler de cette femme droite et digne. C’est un film pour nous sur la dignité, pour rendre hommage à nos concitoyens, à tous ceux qui se battent tous les jours et qui sont pour nous les véritables héros.

Parlez-nous de votre actrice principale ?
Je suis très content d’avoir rencontré Vero Tshanda, qui est l’actrice principale du film. C’était son premier rôle. On a eu la chance de la rencontrer sur un casting. On a fait des répétitions avec Delphine Daull et Sylvie Kandala qui nous ont aidé à la coacher. Pour moi, elle a un grand avenir dans le cinéma, parce qu’elle a une sorte de force, de puissance et d’intelligence de jeu. Vero a vraiment agi en comédienne. Elle n’est pas le personnage dans la vie encore moins une chanteuse. C’est la chanteuse du groupe, Muambuyi, qui a accepté de prêter sa voix. Elle a appris à chanter, à danser et à interpréter ce rôle de comédienne.

Qu’en est-il du choix de l’orchestre de Kinshasa ?
Il s’agit d’un orchestre symphonique qui a été mis en place par Armand Wabasolele Dianienda, il y a presque 20 ans de cela. Je l’ai découvert à travers un documentaire qui s’appelle « Kinsahasa Symphonie ». Lorsqu’on a commencé à travailler sur le film, j’ai voulu les rencontrer. Maintenant, quand je les ai rencontrés, j’ai trouvé cela tellement fort, tellement puissant, que j’ai voulu qu’ils soient dans le film comme une autre façon de le raconter. Ils sont dans le film comme un chœur, ils introduisent le film et nous permettent parfois de prendre un peu de recul et de voir les personnages avec un peu plus de distance.

Parlez-vous de votre proximité avec vos acteurs…
Le cinéma, c’est une histoire d’émotion. J’essaie de faire vivre au spectateur quelque chose comme s’il était là lui-même. Cette espèce de proximité que je recherche avec mes acteurs, c’est notre zone de confiance pour qu’ils nous acceptent dans leur zone de sécurité. J’essaie juste de transmettre l’émotion.

Comment est venue l’idée de faire ce film en Rdc, à Kinshasa ?
C’est au moment où j’ai entendu la musique Kasaï Allstars. Je l’écoutais depuis plusieurs années, puis un jour, j’ai vu une vidéo de la chanteuse Muambuyi. Alors que j’étais en train d’imaginer une histoire qui se passait à Dakar, je me suis dit qu’il y avait là ce personnage porté grâce à cette musique, cette modernité mélangée avec la musique traditionnelle folklorique.

A un certain moment, on a l’impression que le cadrage était en train de balancer. Est-ce que c’est fait à dessein ?
Bien sûr. Il s’agissait d’être au plus proche de ce qu’on filmait, de ne pas plier ce qu’on était en train de prendre à la caméra. Mais, c’était à la caméra de se plier à ce qui se passait. Donc, on a essayé de donner le maximum de liberté sur des scénarii et des scènes écrits. Mais, l’idée, c’était aussi de pouvoir utiliser tout ce qui se passait, y compris les accidents, de donner la liberté aux comédiens, de faire en sorte qu’il y ait de l’improvisation pour qu’ils puissent être naturels le plus possible. Je ne suis pas Kinois. Je suis venu avec une histoire et j’ai laissé aux comédiens le soin de l’adapter à leur façon.

La femme est au centre du film. Est-ce qu’il s’agit d’une manière de lui rendre hommage ?
Dans le monde entier, ce sont les femmes qui portent les familles et qui ont la charge des enfants de façon quotidienne. Donc, c’est un hommage justifié. En vérité, c’est elles qui tiennent les piliers de nos sociétés, de nos familles.

Réalisé par notre envoyé spécial, Ibrahima BA

« Ce n’était pas facile d’interpréter quelque chose qu’on n’est pas naturellement. C’était très difficile parce qu’il fallait faire 8 chansons pendant deux semaines et en même temps apprendre à danser. Heureusement, j’étais aux côtés d’Alain Gomis. C’est un grand monsieur qui m’a beaucoup soutenu dans la formation. Pour moi, c’est une grande expérience de travailler à ses côtés.
Au début, ce n’était pas évident. Je ne pensais pas y arriver. Mais, par la grâce de Dieu, je suis là parmi vous. C’est une expérience extraordinaire. Je suis très émue ».

Réalisé par notre envoyé spécial, Ibrahima BA

Le très attendu film « Félicité » du réalisateur sénégalais Alain Gomis, inscrit dans la section phare des longs métrages du Fespaco, a été projeté, mercredi 1er mars, devant une salle totalement remplie. Ce film, récemment primé « Ours d’argent » au Festival international de Berlin, fait le récit d’une femme, libre et fière, chanteuse dans un bar de Kinshasa. La vie de l’héroïne du film va basculer quand son fils de 14 ans est victime d’un accident de moto.

Ouagadougou : Le réalisateur sénégalais, Alain Gomis, était très attendu à Ouagadougou après sa récente consécration à la Berlinale mais aussi son triomphe en 2013, pour une toute première participation au Fespaco. Un public « fou » a pris part, hier, à la projection de la première africaine de « Félicité », inscrit dans la section des longs métrages en compétition à la 25ème édition du Festival panafricain de cinéma et de la télévision.

Dans ce film, le spectateur se trouve plonger dans le décor atypique de la capitale congolaise, Kinshasa. C’est dans cette ville agitée où vit l’héroïne du film : Félicité. Femme forte, libre et fière, elle est chanteuse dans un bar de Kinshasa. Mais, un jour, sa vie bascule quand son fils de 14 ans est victime d’un accident de moto. Pour sauver son fils et éviter, du coup, l’amputation d’une de ses jambes, elle doit débourser un million de francs congolais. Ainsi, pour réunir cette somme, la jeune femme se lance dans une course interminable, à travers les rues de la capitale.

Affrontant la dure réalité de la vie, l’hypocrisie des hommes, l’antipathie, Félicité refuse la compromission. Elle va à tout prix chercher à réunir cet argent mais tout gardant son orgueil de femme. Humiliée, battue, elle parviendra tout de même à sauver la vie de son garçon mais sans pour autant lui éviter l’amputation. Sur ce chemin goudronné d’obstacles, Félicité raconte l’amour de Tabu, un frigoriste du quartier.

Alain Gomis nous fait découvrir par moment le portrait d’un personnage porté par une détermination inouïe et un engagement sans frein. Le message est fort : il ne faut jamais rien renoncer devant la vie. Et ce, quelle que soit l’épreuve. Le réalisateur est inspiré dans certaines parties de son film par le livre du poète et romancier nigérian Ben Okri, « La route de la faim » et « L’Oiseau  bleu » de Maeterling. La trame du film se déroule au rythme de la musique congolaise à travers l’Orchestre symphonique de Kinshasa, le collectif Kasaï Allstars.

Forme de résilience
Avec ce long métrage, on a souvent l’impression d’assister à un dialogue entre le monde des vivants et celui des morts. Alain Gomis aime cette dualité faisant la marque d’identité de l’homme africain. Félécité, secoué par l’univers des mortels, va puiser dans la cosmogonie africaine cette puissance qui permet de garder l’équilibre très fragile entre la vie et la mort. La richesse du film réside surtout dans la capacité du réalisateur à montrer avec une précision chirurgicale les réalités socio-spirituelles africaines. L’homme noir croit toujours à cette force invisible, mythique, capable de lui tirer d’affaire quand tout va mal.

Œuvre de fiction certes, mais le film d’Alain Gomis est absolument le reflet d’une certaine réalité à la fois belle et triste du continent. Par exemple, comment peut-on négliger, dans un hôpital public, un enfant qui vient de faire un accident très grave ? Comment un policier peut accepter les dessous de table avant d’aider un honnête citoyen ? Corruption, système de santé défaillant, violence contre la femme… le réalisateur sénégalais promène sa caméra également sur des thématiques toujours d’actualité et qui minent nos sociétés.

« Félicité » tâte le pouls d’une ville de tous les espoirs et de tous les désespoirs. Kinshasa est à l’image de beaucoup de métropoles africaines. On y vit la misère, le chaos, le rêve, l’amour, le rejet, la trahison… Malgré tout, espérant un lendemain qui chante, on continue d’y rester après chaque coucher de soleil.

Sans doute, s’il y avait une seule leçon de vie à retenir de cette magnifique œuvre du réalisateur sénégalais, c’est cette capacité de l’homme à garder l’espoir quand tout semble définitivement perdu. Mais, également cette forme de résilience qui nous permet de retrouver le bonheur et la quiétude, de nous relever d’une chute au moment où tout était en lambeaux. Félicité, le personnage éponyme du film, a su faire face aux coups qu’elle a reçus dans la vie quotidienne pour finalement retrouver le sourire, synonyme d’amour et de paix de l’âme. En acceptant l’amour du frigoriste, Tabu, elle a finalement décidé de vivre.

Vero Tshanda Beya (Félicité), actrice principale : « C’était une expérience extraordinaire »
« Ce n’était pas facile d’interpréter quelque chose qu’on n’est pas naturellement. C’était très difficile parce qu’il fallait faire 8 chansons pendant deux semaines et en même temps apprendre à danser. Heureusement, j’étais aux côtés d’Alain Gomis. C’est un grand monsieur qui m’a beaucoup soutenu dans la formation. Pour moi, c’est une grande expérience de travailler à ses côtés.

Au début, ce n’était pas évident. Je ne pensais pas y arriver. Mais, par la grâce de Dieu, je suis là parmi vous. C’est une expérience extraordinaire. Je suis très émue ».

Alain Gomis, réalisateur : « Félicité est un hommage à la dignité de nos concitoyens »
Le réalisateur sénégalais, Alain Gomis, déjà lauréat de l’Etalon d’or en 2013, n’a pas caché sa satisfaction au regard du nombreux public venu assister à la projection de son film. « Félicité », en compétition officielle dans la catégorie long métrage du Fespaco, est, selon lui, un film sur la dignité, un hommage à nos concitoyens et à tous ceux qui se battent tous les jours.

Vous participez pour la deuxième fois au Fespaco, après avoir été primé Etalon d’or. Est-ce que vous êtes aussi confiant qu’en 2013 ?
Aujourd’hui, la logique est tout à fait différente. Le fait d’avoir une projection dans une salle complètement remplie, c’est déjà quelque chose de gagné. C’est le prix de 2013 qui nous a permis de réussir à mobiliser autant de monde. Aussi, le but ce n’est pas le fait qu’on gagne ou qu’on ne gagne pas.

Quel message avez-vous voulu faire passer à travers votre film ?
Nous avons voulu raconter une histoire pour parler un peu de la difficulté quotidienne de cette femme qui se bat pour son quotidien, parler de cette femme droite et digne. C’est un film pour nous sur la dignité, pour rendre hommage à nos concitoyens, à tous ceux qui se battent tous les jours et qui sont pour nous les véritables héros.

Parlez-nous de votre actrice principale ?
Je suis très content d’avoir rencontré Vero Tshanda, qui est l’actrice principale du film. C’était son premier rôle. On a eu la chance de la rencontrer sur un casting. On a fait des répétitions avec Delphine Daull et Sylvie Kandala qui nous ont aidé à la coacher. Pour moi, elle a un grand avenir dans le cinéma, parce qu’elle a une sorte de force, de puissance et d’intelligence de jeu. Vero a vraiment agi en comédienne. Elle n’est pas le personnage dans la vie encore moins une chanteuse. C’est la chanteuse du groupe, Muambuyi, qui a accepté de prêter sa voix. Elle a appris à chanter, à danser et à interpréter ce rôle de comédienne.

Qu’en est-il du choix de l’orchestre de Kinshasa ?
Il s’agit d’un orchestre symphonique qui a été mis en place par Armand Wabasolele Dianienda, il y a presque 20 ans de cela. Je l’ai découvert à travers un documentaire qui s’appelle « Kinsahasa Symphonie ». Lorsqu’on a commencé à travailler sur le film, j’ai voulu les rencontrer. Maintenant, quand je les ai rencontrés, j’ai trouvé cela tellement fort, tellement puissant, que j’ai voulu qu’ils soient dans le film comme une autre façon de le raconter. Ils sont dans le film comme un chœur, ils introduisent le film et nous permettent parfois de prendre un peu de recul et de voir les personnages avec un peu plus de distance.

Parlez-vous de votre proximité avec vos acteurs…
Le cinéma, c’est une histoire d’émotion. J’essaie de faire vivre au spectateur quelque chose comme s’il était là lui-même. Cette espèce de proximité que je recherche avec mes acteurs, c’est notre zone de confiance pour qu’ils nous acceptent dans leur zone de sécurité. J’essaie juste de transmettre l’émotion.

Comment est venue l’idée de faire ce film en Rdc, à Kinshasa ?
C’est au moment où j’ai entendu la musique Kasaï Allstars. Je l’écoutais depuis plusieurs années, puis un jour, j’ai vu une vidéo de la chanteuse Muambuyi. Alors que j’étais en train d’imaginer une histoire qui se passait à Dakar, je me suis dit qu’il y avait là ce personnage porté grâce à cette musique, cette modernité mélangée avec la musique traditionnelle folklorique.

A un certain moment, on a l’impression que le cadrage était en train de balancer. Est-ce que c’est fait à dessein ?
Bien sûr. Il s’agissait d’être au plus proche de ce qu’on filmait, de ne pas plier ce qu’on était en train de prendre à la caméra. Mais, c’était à la caméra de se plier à ce qui se passait. Donc, on a essayé de donner le maximum de liberté sur des scénarii et des scènes écrits. Mais, l’idée, c’était aussi de pouvoir utiliser tout ce qui se passait, y compris les accidents, de donner la liberté aux comédiens, de faire en sorte qu’il y ait de l’improvisation pour qu’ils puissent être naturels le plus possible. Je ne suis pas Kinois. Je suis venu avec une histoire et j’ai laissé aux comédiens le soin de l’adapter à leur façon.

La femme est au centre du film. Est-ce qu’il s’agit d’une manière de lui rendre hommage ?
Dans le monde entier, ce sont les femmes qui portent les familles et qui ont la charge des enfants de façon quotidienne. Donc, c’est un hommage justifié. En vérité, c’est elles qui tiennent les piliers de nos sociétés, de nos familles.

Réalisé par notre envoyé spécial, Ibrahima BA

L’ambassadeur de Madagascar à Dakar, Paraina Auguste, va présider, pour les deux prochaines années, la présidence du Groupe des amis de  la Francophonie (Gaf) au Sénégal. La cérémonie solennelle de cette passation de la présidence du Gaf s’est déroulée hier, à la Maison de la Culture Douta Seck.

En présence des ambassadeurs et responsables d’institutions francophones membres du  Groupe des amis de la Francophonie, le ministre de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye, a présidé, hier, la cérémonie de passation symbolique de la présidence du Groupe des amis de la Francophonie à l’ambassadeur de Madagascar à Dakar, Paraina Auguste.

Selon le ministre sénégalais, le Groupe des amis de  la Francophonie (présidé pendant deux ans par le pays qui a abrité le dernier Sommet de la Francophonie) est une instance originale par la diversité de sa composition et  les valeurs  de partage et  de solidarité qu’il promeut, dans l’esprit de celles de la Francophonie. « Depuis le sommet de la Francophonie de Dakar, le Gaf a mis en œuvre  des activités importantes, allant des activités culturelles et scientifiques aux initiatives culturelles, scientifiques, sportives et  économiques », a souligné Mbagnick Ndiaye.

Transmettant le flambeau, le ministre de la Culture a invité son Excellence Paraina Auguste, ambassadeur de Madagascar à continuer à faire vivre  le Groupe des amis de la Francophonie et à susciter davantage l’intérêt des autres pays francophones qui n’ont pas une participation régulière dans les travaux et les activités du Gaf.

« Quant à nous, nous continuons,  à travers la Direction de la Francophonie, à assumer nos missions régaliennes d’une Francophonie à hauteur d’hommes engagés dans la résorption des défis auxquels les jeunes sont confrontés et dans la consolidation des valeurs », a rassuré Mbagnick Ndiaye.

L’ambassadeur de Madagascar au Sénégal, nouveau président du Groupe des amis de la Francophonie, dit mesurer l’ampleur de la tâche qui l’attend à la tête du Gaf. « C’est un grand honneur, une fierté, et beaucoup d’attributions pour mon pays de présider le Gaf à Dakar, comme conséquence de la présidence de l’Oif qui échoit à Madagascar  depuis la clôture du 16ème sommet de la Francophonie à Antananarivo, lequel fut un grand succès sur tous les plans », a indiqué le diplomate malgache. Aussi, souligne le nouveau président, le Gaf s’attelle à la préparation du Mois de la Francophonie prévu ce 20 mars sous le thème « Innover en Francophonie ».

Toutefois, son Excellence Paraina Auguste précise que les activités  débuteront ce 3 mars, à Dakar par  un Salon des jeunes, des conférences, avant de clôturer par une soirée des gastronomies francophones pour plus de visibilité de la Francophonie à Dakar.

Maguette Guèye DIEDHIOU

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