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Arts et Culture (1935)

La 7ème édition du Festival international de la liberté d’expression et de presse (Filep) a été ouverte hier à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso. Plus de 250 professionnels des médias, des membres de la société civile venus de tout le continent africain prennent part à la rencontre qui se penchent, pendant trois jours, sur les « Défis sécuritaires en Afrique : rôle et responsabilité des médias ».

« Lieu privilégié pour discuter de la légitimité et du pouvoir des médias en rapport avec la gestion publique et le fonctionnement des institutions », le Filep ne pouvait point manquer de coller à l’actualité. La sécurité des personnes et des biens n’est plus, partout en Afrique, la chose la mieux partagée. « Depuis que de prétendues « grandes puissances » ont orchestré la destructuration de la Libye au nom d’intérêts économiques, nos jeunes États sont mis à rude épreuve. Nos populations terrorisées sont au bord du désarroi », a diagnostiqué Chériff Sy, Haut-représentant du président du Faso. Ce tableau sombre ne pouvant laisser les médias indifférents, il urge alors, selon lui, de trouver de « nouvelles formes d’informer sans paniquer les populations, de collaborer avec les forces de défense et de sécurité sans aliéner l’indépendance des médias et de dénoncer les terroristes sans courir des risques de sécurité et d’intégrité ».

Il est conforté dans son tableau apocalyptique par le président du comité d’organisation de cette édition du Filep, Bouraïma Ouadraégo. Pour ce dernier, le monde n’est plus sûr, « confronté qu’il est au terrorisme.  « Lieu privilégié pour discuter de la légitimité et du pouvoir des médias en rapport avec la gestion publique et le fonctionnement des institutions », le Filep ne pouvait point manquer de coller à l’actualité. La sécurité des personnes et des biens n’est plus, partout en Afrique, la chose la mieux partagée.

« Aucun pays n’est à l’abri de la violence aveugle et meurtrière. Dans ce contexte international où les décomptes macabres allongent chaque jour la liste des victimes, l’Afrique se cherche. Depuis l’effondrement de la Libye, devenue pratiquement le sanctuaire de l’État islamique en Afrique, une bonne partie de l’Afrique du nord et toute la bande sahélo-sahélienne subissent de plein fouet l’installation progressive de la menace terroriste », a souligné M. Ouadraégo. Pour lui, l’information devient, dans ce contexte, un enjeu majeur en ce sens qu’aussi bien les « États que les groupes terroristes cherchent à la contrôler et à la manipuler ». La liberté d’expression et de presse se retrouve alors piégée entre le « droit du citoyen à l’information et à l’expression libre de ses opinions d’une part, et, d’autre part, les risques d’apologie du terrorisme par la diffusion d’informations profitables aux groupes et réseaux terroristes dont l’objectif est surtout de semer et d’imposer la logique de la terreur ».

« En choisissant ce thème, vous démontrez, une fois encore, que vous prenez toute la mesure des problèmes véritables qui minent la marche de notre continent vers le progrès, vers un développement économique et social humain durable », s’est réjoui Chériff Sy.

Journaliste de profession et ancien président de l’Assemblée nationale durant la transition suite à l’insurrection de 2014, M. Sy est largement revenu sur le rôle du journaliste qui devrait « consister à livrer essentiellement une bataille quotidienne et permanente  contre toutes les formes d’inégalités et d’aliénations qui empêchent l’homme de jouir véritablement de  sa liberté ». Combattant de la « liberté pour la liberté », le journaliste ne devrait nullement connaître de répit dans sa quête. Son engagement n’a alors de sens, selon le Haut-représentant du président du Faso, que lorsqu’il met en « face des grands défis que les sociétés ne peuvent relever autrement qu’en accédant aux informations utiles et nécessaires pour se parler, penser, décider et agir contre les maux qui minent leur évolution ». Ou encore, lorsqu’il est capable d’accompagner ardemment le mouvement de conscientisation des masses ».

Pour poursuivre, dans ce contexte d’insécurité virale et de guerre asymétrique, l’édification de l’État de droit, la démocratisation et le développement humain durable, il est donc impératif d’imaginer, selon Chériff Sy, une manière participative de sécuriser les villes et campagnes. « Il nous faut inventer une nouvelle façon de collaborer avec les Forces de défense et de sécurité », a-t-il invité, persuadé des « bonnes propositions » qui ressortiront des panels.

De notre envoyé spécial, Ibrahima Khaliloullah NDIAYE

La Fondation « Music in Africa » organise la première édition de la conférence internationale de musique « Acess », à Dakar. Prévue du 17 au 18 novembre, cette manifestation dédiée à la musique africaine va regrouper des acteurs clés de l’industrie musicale du continent et d’ailleurs.

Après un premier coup d’essai réussi l’année dernière à Addis-Abeba, la Fondation « Music in Africa » va tenir, du 17 au 18 novembre à Dakar, la première édition la conférence musicale « Acces ». Avec la participation d’une quarantaine d’acteurs phares de la musique africaine, cette rencontre  va être une véritable vitrine de l’industrie musicale du continent. D’autres participants, qui s’intéressent à la musique africaine, venus d’Europe, prendront également part à cette rencontre. Au-delà des ateliers, des tables rondes, de visites de lieux importants de l’industrie de la musique à Dakar, l’événement est un cadre parfait pour découvrir et booster de nouveaux talents. En outre, il est une occasion d’assister à des séances de réseautage et d’exposition.

Durant deux jours, plusieurs conférences sur diverses thématiques de la musique africaine et sénégalaise seront abordées par d’éminents spécialistes. Entre autres thèmes qui seront traités, a informé Aisha Dème, présidente de la Fondation « Music in Africa », figurent la problématique de la mobilité des musiciens africains, la distribution, la place des femmes dans la musique, le hip hop au Sénégal. « Il y aura beaucoup de panels. On va discuter de l’industrie musicale africaine, en soulevant des problèmes mais aussi tout en voyant ce qu’il y a de plus positif afin de voir comment collaborer ensemble », a-t-elle indiqué. La conférence inaugurale sera animée par Baba Maal, le leader du Daande Leñol. Cette première édition est organisée en partenariat avec le festival « Teranga Jam » qui se tient du 16 au 18 novembre.

Industrie musicale
Cadre d’échange s’inspirant autour des principes de la diplomatie culturelle pour porter, développer ou appuyer des projets artistiques et créatifs, ce festival, a soutenu son initiatrice, Ndèye Gnagna Koné, se tiendra en parallèle avec la conférence « Acces » et réunira des virtuoses de la musique africaine et sénégalaise à l’image de Moh Dediouf, Cheikh Lô, R Light de la Côte d’Ivoire ou encore Dj Vielo du Cap-Vert.

En initiant la Conférence internationale « Acces », en partenariat avec certaines structures comme le Goethe institut, la Fondation « Music in Africa » renoue avec sa volonté de participer à l’émergence d’une véritable industrie musicale dans le continent. Son portail web mise en place depuis 2013 concentre actuellement plus de 13.000 profils d’artistes africains. Le site permet d’accéder à des « outils pratiques pour les professionnels de la musique, de collaborer et aider à construire une source d’informations fiables ». Cela, en proposant des contenus dynamiques et variées avec comme objectif : l’amélioration de la connaissance de la musique africaine.

Ibrahima BA

C’est par la commune de Sokone que les organisateurs du festival itinérant du cinéma Afrikabok ont entamé, la semaine dernière, leur périple de projections dans la région naturelle du Sine et Saloum.

La séance d’ouverture du Festival itinérant de cinéma Afrikabok s’est déroulée, la semaine dernière, au quai de pêche de Sokone, en présence de plusieurs personnalités dont le directeur de la Cinématographie, le maire de la ville et le directeur du centre d’interprétation de Toubacouta, ainsi qu’un nombreux public. Sokone, un beau cadre pour les initiateurs du festival de dresser, à nouveau, l’écran gonflable, après l’édition précédente vécue le long du fleuve Sénégal.

La caravane, 4e édition du genre, va ainsi sillonner plusieurs localités des deux régions de Fatick et de Kaolack pour s’ouvrir, selon Bruno Ventura le principal promoteur, sur un monde transformé. « Nous allons proposer aux populations de cette région des films documentaires sur des personnalités de la culture sérère comme « Yandé Codou Sène », un film réalisé par Laurence Gavron et Angel Diabang, ainsi que « les Amazones du Delta du Saloum », réalisé par Adams Sie, sur l’environnement et les violences faites aux femmes, entre autres », a précisé le promoteur du festival.

Bruno Ventura a indiqué que le choix de l’itinérance de cette édition du Festival Afrikabok n’est donc pas fortuit, car il s’agit de parcourir ces territoires en y apportant des images animées. C’est bien, dit-il, pour mettre aussi en valeur les richesses culturelles de ces populations en conviant, à chaque escale, les détenteurs du patrimoine culturel à participer à la fête, à rassembler les villageois autour de leur patrimoine.

Ainsi, ajoute M. Ventura, « au travers d’un imaginaire partagé, le festival apportera des histoires d’ailleurs tout en célébrant la tradition d’ici. Ce, à travers l’implication de tous les opérateurs institutionnels et économiques intervenant dans cette région naturelle qui est particulièrement sollicitée, pour que les objectifs du festival soient atteints ».

Festival ludique
Par ailleurs, il est prévu d’apporter et véhiculer l’image animée aux populations qui en sont le plus souvent privées, en se basant sur les outils du cinéma itinérant, mobiliser et impliquer les populations, les publics, les artistes dans la réalisation d’actions participatives, où les différentes communautés sont invitées à fêter chaque escale de la tournée ensemble, autour des films d’abord et aussi grâce à la participation de griots, de danseuses, de conteurs, de troupes et d’ensembles traditionnels.

Autre particularité de ce cinéma itinérant, les séances de sensibilisation au droit à la nationalité, la fin de l’apatridie, la lutte contre la tuberculose. D’ailleurs, souligne Bruno Ventura, « pour ce qui est de la sensibilisation sur la lutte contre la tuberculose, le partenariat avec le ministère de la Santé tout au long du Festival illustre la vocation du festival à intervenir dans des actions ».

Le ministre de la Culture, Abdou Latif Coulibaly, présent à Sokone, au moment du lancement du festival, a saisi l’occasion d’une séance de travail avec les organisateurs, pour encourager vivement le cinéma itinérant Afrikabok notamment, pour le travail déjà accompli à travers le Sénégal. Le ministre a ainsi promis un soutien total de son département pour la promotion du cinéma.

Mohamadou SAGNE

 

La cérémonie de présentation et de dédicace de l’ouvrage « Histoire de la presse sénégalaise : des origines à la seconde guerre mondiale (1856-1945) » (Tome I en deux volumes) s’est tenue, samedi dernier. Diégane Sène, enseignant d’histoire des médias et de la communication, en est l’auteur. Ce livre, paru aux éditions L’Harmattan, consigne un pan de mémoire et montre en filigrane la place importante de la presse dans la formation des opinions.

Dans sa saisissante présentation de l’auteur, le doyen de la Faculté des Sciences juridiques et politiques, Mamadou Badji, son ami de longue date, a mis en exergue un de ses traits de caractère : la générosité. Celle-ci, estime-t-il, transparaît dans le travail de Diégane Sène. Cette « œuvre immense », pour ainsi reprendre Alioune Dramé, directeur de la Communication, offre un monceau d’indications sur un pan de l’aventure collective que la presse a permis largement de consigner. Mamadou Badji dit de l’ouvrage qu’il est digne de considération en cela qu’il met en lumière l’histoire des idées politiques et leur circulation dans la presse, en plus de rétablir la vérité historique, et met à la disposition de la communauté scientifique un bel outil d’analyse.
Présente au Sénégal depuis 1856, avec la création par l’autorité coloniale des périodiques « Bulletin administratif du Sénégal » et le « Moniteur du Sénégal et Dépendances », la presse a été soumise à des mutations étroitement liées au cheminement politique du Sénégal berceau de la presse africaine de langue française.

L’exposé du professeur Iba Der Thiam, qui a rehaussé de sa présence cette cérémonie de présentation et de dédicace, en partant des balbutiements de la presse sénégalaise, témoigne de son évolution « onduleuse ». A ses yeux, le travail du secrétaire général par intérim de l’Union pour le renouveau démocratique est digne des meilleurs éloges pare qu’il clarifie et ouvre d’autres pistes de recherche.
« Le Dr. Diégane Sène a réussi avec bonheur le tour de force admirable d’avoir renouvelé complétement la problématique de la presse au Sénégal après les travaux pionniers. Il a conçu une approche de la question qui a mis en lumière des thématiques nouvelles sur lesquelles ses prédécesseurs étaient passés, faute de temps certainement, sans leur donner tout l’intérêt qu’elles méritent. Il a, en plus, enrichi l’histoire politique de la période en révélant des aspects jusque-là inexploités…

Tableau représentatif
Les séquences, qu’il a construites sur la presse confessionnelle, bien qu’insuffisamment critiques, ouvrent une fenêtre sur des recherches futures, riches de promesses », affirme, admiratif, le professeur Iba Der Thiam dont l’auteur a salué la sollicitude, la générosité et l’humilité.

A l’unanimité, les intervenants ont salué le goût de l’exhaustivité de Diégane Sène, qualité essentielle dans la recherche. Il aborde, en effet, plusieurs questions ayant trait à la presse en prenant en compte les différents contextes qui expliquent l’existence de plusieurs catégories de journaux allant de ceux d’information aux publications associatives, confessionnelles, économiques, corporatistes, syndicales et beaucoup d’aspects touchant à la profession de journalistes.

Il « peint » un tableau bien représentatif de l’évolution loin d’être linéaire de la presse sénégalaise qui ne pouvait être en marge de l’évolution politique, des enjeux qu’elle implique, et des tiraillements des principales coteries et communautés. Diégane Sène fait l’histoire de la presse sénégalaise d’un temps mais, grâce à une analyse décloisonnée, porte un regard lucide et global sur le Sénégal d’une époque.

Alassane Aliou MBAYE

 

Le président burundais Pierre Nkurunziza a récemment instauré un contrôle strict des fameux tambours du Burundi, qui sont désormais « interdits » aux femmes et dont l’usage sera rigoureusement encadré par les autorités, selon un décret présidentiel dont l’Afp a pris connaissance jeudi. « Il est strictement interdit aux personnes de sexe féminin de battre le tambour ; elles peuvent néanmoins exécuter les danses folkloriques féminines en accompagnement au jeu du tambour », précise le texte, dès son préambule. De même, tous les groupes qui ont pour objectif de faire de l’« animation culturelle » doivent désormais se faire enregistrer au ministère de la Culture et ne pourront se produire en dehors des « cérémonies officielles qu’avec une autorisation du ministre ». Cette demande d’autorisation doit être déposée deux semaines avant l’événement et le ministre se réserve le droit d’accepter ou non, « au regard de l’importance historique de l’instrument ». Inscrit au patrimoine immatériel de l’humanité de l’Unesco en 2014, le tambour – Ingoma, en kirundi, la langue nationale - était le symbole dans le Burundi monarchique d’une royauté sacrée et multiséculaire, qui a pris fin avec l’avènement de la République en 1966. Lorsqu’un roi accédait au pouvoir, on disait qu’il montait sur l’Ingoma.
Apanage des hommes de certains clans hutu du Burundi, le tambour n’était battu qu’en présence du roi et pour rythmer des moments importants de la vie nationale: la fête annuelle des semailles, les déplacements du roi, son intronisation...

AFP

Des dizaines de cartons de livres, soit au total 5 000 bouquins, ont été distribués à différentes structures, sous l’égide du Cercle des écrivains et poètes de Saint-Louis. Cette manifestation entre dans le cadre de la promotion de la lecture.

Initiée par la Direction du livre et de la lecture, la librairie Payot, les Sénégalais de Suisse, en partenariat avec le Cercle des écrivains et poètes de Saint-Louis (Ceps), cette cérémonie de don de livres entre dans le cadre du projet « partager-lire ». L’objectif du projet est de donner une impulsion nouvelle à la lecture « qui, aujourd’hui, compte tenu du dynamisme des nouvelles technologies de l’information, risque de prendre un sacré coup si nous n’y prenons garde », s’est désolé le président du Ceps, Alioune Badara Coulibaly.

Dans la répartition de ces ouvrages, rappelle M. Coulibaly, en adressant à ses partenaires de vifs remerciements, il s’agira de « cibler les bibliothèques les plus défavorisées de la région de Saint-Louis, de les doter en livres et dans un élan de commune volonté de partager, d’animer, de lire, de réciter, d’écrire, en quelques mots : aimer et faire aimer le livre.

Ainsi, entre autres structures qui ont reçu ce lot de livres, il y a la Maison d’arrêt et de correction (Mac), les Cem du quartier Pikine, l’école Abdoulaye Mar Diop, Apec Senegal, le lycée Aimé Césaire, les Maisons de quartier de Diamaguéne et Fatim Konté, le groupe scolaire Khadimou Rassoul, les cours privés Sankoré... En prélude à la cérémonie de distribution, le Ceps avait procédé à un premier tri des œuvres. Les livres ont été répartis selon les orientations et les besoins de chaque cible.

En outre, les responsables ont rappelé que ces livres sont de haute facture, tant dans la forme que dans le fond. C’est pourquoi « on retrouve autant les classiques (Hugo, Alan Paton, Platon) que de grands noms de la littérature (Gabriel Garcia Marquez, Le Clezio, Fatou Diome, Senghor, Alain Mabanku pour ne citer que ceux-là », a fait remarquer M. Coulibaly.

La cérémonie a été présidée par Moustapha Ndiaye, directeur du Centre culturel régional de Saint-Louis. Dans son propos, M. Ndiaye est revenu sur les efforts de la tutelle dans le cadre de la promotion du livre. Au demeurant, il a salué le dynamisme du Ceps en indiquant que cette structure « mène un travail incommensurable pour l’écriture et la lecture ». C’est pourquoi Moustaph Ndiaye a souligné que le ministère de la Culture était en train de dérouler d’importantes actions dans ce sens et, naturellement, « compte sur des relais comme vous pour donner aux lecteurs le goût de livre et assurer, ainsi, sa pleine promotion ».

A. M. NDAW

« Hordes noires, Ordre blanc » est un recueil de poèmes publié aux éditions Feu de brousse en janvier 2017. C’est un recueil constitué de 31 poèmes parlant des péripéties de la vie, de la quête du soi mais aussi de la foi. C’est la première publication du diplomate Cheikh Tidiane Ndiaye, en poste à Beijing.

L’auteur de « Hordes noires, Ordre blanc », Cheikh Tidiane Ndiaye, est un diplomate. Il est en poste à l’ambassade du Sénégal à Beijing en République populaire de Chine où il occupe le poste de Premier secrétaire chargé des questions culturelles. « Avec l’imbroglio des différentes expériences qu’il m’a été donné de vivre, ma religion est maintenant faite qu’un poème, pour être aimé et compris des Africains, doit non seulement être concocté dans un élan plus ou moins cartésien, mais encore « sentir », c’est-à-dire être récité pour permettre aux fibres sensibles de notre être de s’en imprégner de façon physique et orgasmique. » Ainsi, précise l’auteur sur sa conception de la poésie. Des poèmes tantôt sulfureux, des fois saccadés et parfois tambourinés.

Déjà petit, ce benjamin d’une famille de cinq enfants avait « bu comme de l’eau bénite, les contes » du pays. Le père tailleur, qui est aussi la référence en termes d’abnégation, de piété et de droiture, a inculqué la culture arabophone à cet enfant de banlieue qui aimait lire Senghor et Molière, La Fontaine et Birago Diop, Sadji et Agatha Christie, Voltaire et Sembène, etc. Cet ancien passionné de bandes dessinées est un admirateur de Fatou Diome, d’Amadou Lamine Sall et de Boubacar Boris Diop. Ainsi prend source la poésie de cet énarque quarantenaire ; un poète de son temps. Il s’intéresse aux questions à la fois actuelle et cruciales. Ainsi, dans le poème éponyme « Hordes noires, Ordre blanc », il aborde la question des émigrants clandestins « qui foncent tête baissée vers l’Eldorado européen dans des embarcations de fortunes gonflant quotidiennement les chiffres des victimes « du génocide silencieux des océans ». Corrélativement au poème « Le reflux des sanglots », il aborde de façon philosophique la traite négrière sous le prisme de ce « génocide » susmentionné.

Panafricaniste
A travers « Pour la gloire de la reine terre » et « Ondes sommaires d’Afrique », Cheikh Tidiane Ndiaye se montre panafricaniste. Il s’interroge sur l’importance des ressources naturelles de l’Afrique contrastant avec la pauvreté ambiante dans laquelle se trouvent ses populations. Il a aussi des héros, comme Mandela, Castro, Bocandé, Abebe Bikila, à qui il a tous dédié un poème. Par ailleurs, il a montré sa foi en chantant « Prophète de l’Islam, prophète de l’humanité ». Dans ces poèmes, Cheikh Tidiane Ndiaye a également chanté la nature pour s’offusquer des multiples agressions qu’elle subit perpétuellement ; et l’écologiste qui dort en lui croit qu’« Un autre monde est possible ». « Il est nécessaire de préserver la terre de la pollution », dit l’auteur de « Le poète et la muse » pour qui la femme est « espoir d’une seconde vie après celle passée dans cette vallée de larmes dénommée terre, elle est patiente et antidote aux envies de suicide pour tous ceux qui trouvent qu’ils n’ont plus rien à faire dans un monde que l’homme aurait perverti et rendu invivable de par son égoïsme amer et caractéristique ».

Aly DIOUF, Correspondant en Chine

Le directeur des Technologies de l’information et de la communication, Chérif Diallo, vient d’être élu au poste de vice-président du Conseil d’administration du Comité consultatif des gouvernements (Gac) de « Internet corporation for assigned names and numbers » (Icann).

Chérif Diallo, directeur des Technologies de l’information et de la communication au ministère des Postes, des Télécommunications et de l’Economie numérique, a été élu, le 30 octobre dernier, au poste de vice-président du Conseil d’administration du Comité consultatif des gouvernements (Gac) de « Internet corporation for assigned names and numbers » (Icann). Son élection s’est déroulée en marge de l’Assemblée générale de cette instance, qui s’est tenue du 28 octobre au 3 novembre 2017 à Abu Dhabi, aux Emirats arabes unis (Eau).

Icann, informe un communiqué, est l’organisme pour l’attribution des noms de domaine et des numéros sur Internet, à but non lucratif et responsable de la sécurité, de la stabilité et de la coordination mondiale du système d’identificateurs uniques de l’Internet. Organisé sous forme d’une entité multipartite dans laquelle les gouvernements participent aux côtés de l’industrie des noms de domaine, de la communauté technique, des utilisateurs commerciaux et non-commerciaux, et de la société civile, Icann est constitué d’Organisations support et de Comités consultatifs. Le Conseil d’administration du Comité consultatif des gouvernements (Gac) est dirigé « par un président élu pour deux ans et 5 vices-présidents élus pour un an. Il donne des avis sur les politiques publiques en rapport avec les responsabilités de Icann à l’égard du système des noms de domaine (Dns) et des adresses internet ».

D’après le communiqué, l’Egyptienne Manal Ismail a été élue présidente du Gac pour les deux prochaines années afin de poursuivre le travail engagé par le Suisse Thomas Schneider, en poste depuis 2014. 

Pour rappel, la candidature du Sénégal a été soutenue par l’Union africaine (Ua) et la Cedeao, mais également par l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif). L’élection du Dr Chérif Diallo à la vice-présidence du Gac constitue « une opportunité pour notre pays et le continent africain de contribuer de manière plus significative à la gestion internationale de l’Internet et d’y apporter plus de diversité ».

Enseignant chercheur à l’Ufr Sat de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, Chérif Diallo est détenteur d’un doctorat de Télécom Sud Paris (ex Int d’Evry, Institut national des télécommunications). Il a aussi une maîtrise en Ingénierie de l’Université Paul Sabatier de Toulouse, un Diplôme d’études approfondies (Dea) de Calcul scientifique (Université Paris 6) ainsi qu’un Diplôme d’études supérieures spécialisées (Dess) d’informatique (sécurité des systèmes d’information) et d’un Certificat de spécialisation en « Audit des systèmes d’information ».

Ibrahima BA

Une semaine après la disparition de la cantatrice Fatou Talla Ndiaye, des artistes et anciens pensionnaires du Théâtre national Sorano se souviennent d’elle comme une personne « connue pour sa gentillesse, son talent et sa rigueur au travail ».

« Je suis en ce moment chez sa grande sœur pour commémorer le 8ème jour de sa disparition. Fatou fut un ancien membre de l’Ensemble lyrique traditionnel dans les années 1970. Lorsqu’elle assurait le chœur, sa voix te séduisait. Elle était notre petite-sœur. Nous avons perdu une femme de valeur », explique la diva Mahawa Kouyaté, jointe au téléphone.

Soda Mama Fall a fait également savoir que Fatou Talla Ndiaye avait le sens de l’intégrité. « Lorsque son époux Abdoulaye Mboup est décédé suite à un accident, elle partageait équitablement les droits d’auteur avec tous les membres de la famille. Voilà une mère de famille qui ne se fâchait jamais quelle que soit la situation », a témoigné Soda Mama Fall. « J’estimais beaucoup son courage, sa bravoure, sa générosité. Elle s’est battue jusqu’à disposer d’une maison à l’entrée de Keur Massar avant que Dieu décide de sa mort », révèle l’ancienne directrice de l’Ensemble lyrique traditionnel du Théâtre national Daniel Sorano.

Pour le danseur de ballet et chorégraphe Pape Moussa Sonko, Fatou Talla Ndiaye fut une icône de l’art. « Je la considérais comme une maman. Fatou portait à elle seule l’Ensemble lyrique traditionnel. Sa perte est ressentie par nous qui représentons la communauté artistique », a-t-il affirmé.

La diva Fatou Talla Ndiaye a été pensionnaire de l’Ensemble lyrique traditionnel du Sénégal avant de prendre sa retraite, il y a quelques années.

Serigne Mansour Sy CISSE

Prenant part, jeudi, au vernissage de l’exposition « Radical-isme », qui s’inscrit dans le cadre du programme du Festival des cultures urbaines, le ministre de la Culture a rassuré quant à l’ambition du gouvernement de « porter encore plus haut » le fonds dédié aux cultures urbaines dont le montant du dernier financement est estimé à 300 millions de FCfa. Sur 300 demandes reçues, a informé Abdou Latif Coulibaly, seuls 100 projets ont été financés. Ce qui, à l’en croire, traduit l’insuffisance du fonds à couvrir toutes les sollicitations des acteurs des cultures urbaines.

Par ailleurs, il a rappelé la préoccupation du président de la République et de son gouvernement de faire en sorte que la culture soit un vecteur économique porteur d’emplois et un regroupement de la jeunesse autour d’un idéal de développement économique et social.

I. BA

Le Musée Théodore Monod d’art africain de l’Institut fondamental d’Afrique noire (Ifan) accueille jusqu’au 30 novembre prochain, l’exposition « Radical-isme ». Axée sur différentes expressions artistiques, cette exhibition est une plongée dans l’univers des cultures urbaines. Elle s’inscrit dans le cadre des activités du Festival des cultures urbaines.

Au Musée Théodore Monod d’art africain de l’Institut fondamental d’Afrique noire (Ifan), des œuvres d’art sont accrochées sur les cimaises, des installations décorent les pavés, un visage vient d’être graffité sur un pan du mur du site, des montages sonores diffusent des images des ténors du mouvement hip hop et des danseurs de la banlieue dakaroise. Avec le Festival des cultures urbaines, le Musée Théodore Monod rompt avec le classicisme, en s’ouvrant aux expressions artistiques contemporaines d’une autre entité de la société sénégalaise. Il met à l’honneur les cultures urbaines incarnées par une jeunesse dynamique. « Radical-isme », titre de cette exhibition, célèbre la richesse de la diversité culturelle urbaine, laquelle a connu un foisonnement ces dernières années.

Ce travail, portant la signature de jeunes artistes, explore trois thématiques : la musique, le sport et la danse. Des expressions qui ont complètement conquis le cœur de la plupart des jeunes des quartiers périphériques de la capitale. Ainsi, entre les scènes quotidiennes faites de frustration, d’engagement et de rêve, les questionnements de notre réalité sociale, la célébration du panafricanisme, la conception de la ville, cette exposition montre comment la jeunesse s’est forgé une conscience citoyenne au fil des années. En consacrant l’art de la rue dans sa forme la plus parfaite, elle donne à voir une facette parfois mal connue des cultures urbaines, qui sont pourtant d’une richesse et d’une diversité certaine. Le travail de chacun de ces artistes à l’image, entre autres, de Docta, Rbs Crew, El Viz et Arébénor Bassène, permet de ressentir une sorte d’interpellation, un message de citoyenneté, un cri d’engagement et un fort plaidoyer pour la prise en charge de certaines réalités sociales dont les responsabilités reviennent aux leaders politiques.

Dynamisme artistique
Très passionné d’histoire, Docta, avec ses œuvres faites sur toile de gîte, montre comment, à travers les rêves, on est parvenu à construire le monde. Il invite à voir le monde au-delà des frontières car la culture dépasse ces frontières. « Le développement, que les gens veulent, peut venir de la culture, d’une concertation commune et d’un échange. C’est pourquoi, c’est important que les gens aillent au-delà des frontières », avance ce pionnier du graffiti au Sénégal.

« Radical-isme » est reflet d’un certain dynamisme artistique autour des mêmes idéologies que partagent ces jeunes, mais également ce besoin de rétablir une « vérité historique, culturelle, sur une base intellectuelle, qui se veut comme déclic majeur dans la décomposition des acquis coloniaux ». C’est d’ailleurs, l’une des vocations de Rbs Crew, collectif de jeunes artistes sénégalais essentiellement gaffeurs, qui prennent part à cette exposition. Dans ses œuvres, Rbs Crew célèbre des héros nationaux à l’image de cette toile consacrée à Lat Dior Diop Ngoné Laty, qui s’est opposé à la pénétration française jusqu’à son dernier souffle.

Un autre tableau intitulé « Panafricanisme » où on peut reconnaître certains visages de leaders panafricanistes à l’image de Cheikh Anta Diop, Amilcar Cabral, Kwame Nkrumah ou encore Kémi Séba permet de revisiter l’héritage intellectuel de l’histoire contemporaine de l’Afrique. A travers cette toile, Rbs Crew veut susciter des vocations panafricanistes pour une jeunesse qui se doit de porter haut le flambeau de l’espoir. « Radical-isme », comme l’a indiqué le directeur artistique, El Hadji Malick Ndiaye, par ailleurs conservateur du Musée Théodore Monod, « interroge notre conscience historique, refuse la dictature et l’autoritarisme, s’émancipe de l’aliénation et nous ancre dans nos valeurs ». Elle libère aussi « l’esprit et confère le pouvoir au peuple ». Cela, en mettant « à distance cette protubérance idéologique pour mieux nous autoriser un examen lucide ».

Des énoncés politiques
Pour mieux ressortir cet aspect des cultures urbaines, le directeur artistique fait appel à trois expressions majeures. Il s’agit d’abord de la danse urbaine dont la pratique est le reflet « d’un savoir-faire durement acquis en dehors institutions officielles ». Ici, relève-t-il, la danse secrète des énoncés politiques sur la citoyenneté, l’identité, la démocratie ou les valeurs traditionnelles positives, tout en témoignant de plus en plus d’une recherche adossée à une formation. Ensuite, en s’intéressant à la musique, il montre le lien étroit des cultures urbaines avec l’introduction du hip-hop au Sénégal dans les années 1980. A ses yeux, les messages portés par cette musique encouragent des valeurs attachées à la démocratie et à la citoyenneté et contribuent à une méditation culturelle auprès des communautés.

Enfin, les sports urbains terminent cette exploration des cultures urbaines dans leurs différentes facettes. En effet, en travaillant le corps et la « créativité », ils « développent un esprit d’équipe à travers un loisir qui transcende différentes couches de la populations et participe d’une intégration sociale ». Ce travail met en exergue ces sports à travers une série de photographies.
L’exposition « Radical-isme » fait partie d’un panorama de programmes artistiques proposés par le Festival des cultures urbaines. Pour le directeur de l’Institut fondamental d’Afrique noire (Ifan) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), Abdoulaye Touré, il s’agit d’une belle plateforme de visibilité et de valorisation dans la diversité des modes d’expression et dans la convergence des approches pour faire du patrimoine un levier culturel d’éducation et de formation. Le ministre de la Culture, qui a ouvert le vernissage de l’exposition, a parlé « d’un voyage initiatique » au cœur des cultures urbaines. Selon Abdou Latif Coulibaly, l’évènement « est une fête de l’esprit et du corps » avec « des créations artistiques d’une valeur inestimable » et des « prestations d’une très grande valeur ».

Par Ibrahima BA

En faisant l’état des lieux dans le mouvement hip hop, Malal Almamy Talla alias Fou malade, président de G Hip hop, note une renaissance du mouvement en termes d’organisation, de structuration. Ainsi, il appelle l’Etat du Sénégal à prendre davantage conscience des énergies nouvelles qui s’expriment à travers cet univers artistique, en vue de les accompagner à jouer pleinement leur rôle dans le développement. Dans cet entretien, il manifeste toute sa satisfaction liée à la mise en place du Fonds de développement des cultures urbaines par l’Etat du Sénégal.

Quel est l’état des lieux dans le mouvement hip hop au Sénégal ?
En tant que Malal Almamy Talla Alias Fou malade, dirigeant du Mouvement Guédiawaye Hip hop, je suis très content de parler des cultures urbaines, de Hip hop de manière globale. Car, il faut préciser que les cultures urbaines, c’est l’appellation politique du hip hop. C’est quand les politiques ont voulu donner un contenu politique au hip hop, autrement dit quand ils ont voulu négocier et accepter le Hip hop pour le justifier, qu’ils l’ont appelé ainsi. Mais nous, nous l’appelons Hip hop. C’est cette culture qui nous a élevé et balisé le terrain. Elle nous a poussé à la quête de la connaissance. Elle a produit en nous la self-confidence (confiance en soi). C’est cette culture qui nous a appris qu’on peut devenir des entrepreneurs. Qu’on pouvait partir de zéro pour devenir plus tard des héros. En ce qui me concerne, j’ai commencé en 1994 avec le groupe African. La première génération du Hip hop, c’est avec Didier Awadi, les Positive Black Soul, Kocc Barma de Max Crazy, Gnoul Té, Rapadio, Pee Froiss, Daara-J. Il y a ensuite la deuxième génération. Je crois que j’en fais partie, c’est Keur-Gui, 5ème Underground, Simon, avec Ti Grim B, Underground PA, Diwaniz, Wa Guëbleu, Gaston, etc. Il y a ensuite la troisième génération. Le travail de la première génération a consisté à installer le Hip hop. Quand ce mouvement est venu au Sénégal, il était tellement stigmatisé par la société sénégalaise qui peinait à l’accepter comme forme d’expression. Car, les gens disaient qu’il venait des Etats-Unis, il était insolent, que ses acteurs portaient des pantalons tellement longs. Tout un tas de clichés et de stéréotypes. Cependant, les messages que les hip hoppeurs lançaient étaient très forts. On se souvient de ce « Ceci n’est pas normal », « Atayaa » du Pbs, Daara-J, Pee Froiss qui était le groupe le plus engagé. L’arrivée de Rapadio a aidé à rendre le rap beaucoup plus wolof et plus proche du langage urbain. Ces groupes ont beaucoup travaillé à sensibiliser les jeunes. C’est pourquoi, en 2000, énormément de jeunes sont allés voter. Ce travail a été parachevé par des groupes comme Keur-Gui, Bat’Haillons Blindé, Fuk’N’Kuk, etc., pour arriver à créer ce qu’on appelle le mouvement « Y en a marre ». Les deux générations ont donc travaillé sur des textes très sociaux, en lien avec la société. Aujourd’hui, la troisième génération parle de Bling Bling, d’argent.

Sur le plan musical, qu’est-ce qui a bougé ?
D’un point de vue musical, énormément de choses ont changé et on assiste, en même temps, à la structuration du Hip hop. C’est-à-dire que ce que le Hip hop avait perdu avec la deuxième génération, la troisième est en train de le rattraper car les hip hoppeurs prennent le Grand Théâtre, Sorano, la Place du Souvenir, le Monument de la Renaissance, bref, le Hip hop mobilise. Les acteurs du hip hop sont très présents dans les réseaux sociaux, travaillent avec les nouvelles technologies, etc. On assiste à la création de centres sociaux dédiés au hip hop comme Africulturban, la Maison de la Culture urbaine, Guédiawaye Hip hop, etc. Il y a eu tellement de dynamiques. On assiste à une renaissance en termes d’organisation et de structuration mais aussi en termes d’entrepreneuriat. Aujourd’hui, la nouvelle génération parle d’argent, d’économie, etc. Au début, tout le monde voulait devenir rappeur. Même les fans voulaient et finissaient par devenir rappeurs. Nous sommes arrivés à un moment où les gens ont compris que le Hip hop comporte différents métiers, le Hip hop et ses dérivés. Il y a des opportunités de formations offertes par G Hip Hop, Africultururban, la Maison des cultures urbaines qui se trouve à Ouakam. Il y a la vidéographie, la photographie, le management. Au début, il n’y avait pas de possibilités d’apprendre le management. Aujourd’hui, il y a des formations qui sont offertes autour de ces différentes branches du Hip hop. Cela offre énormément d’opportunités et il y a une interaction entre les jeunes Sénégalais et les autres. Les groupes dont on rêvait, on les voit à travers les festivals comme Festa2H, et puis les jeunes voyagent, etc. Ils vont au Mali, au Burkina Faso, au Maroc, au Cameroun. Grâce à ces événements que nous organisons, les jeunes entre-agissent, ce qui débouche à une coopération Sud-Sud. A l’image de la Cedeao, les jeunes se retrouvent grâce au Hip hop et discutent de migration, de radicalisation, etc.

Quels est le levier à activer pour davantage valoriser le Hip hop ?
Le levier à activer, c’est ce que l’Etat a compris en mettant en place le Fonds de développement des cultures urbaines. En 2012, « Y en a marre » a mobilisé les jeunes, c’est ce que les politiques ont compris quand ils disaient que le Hip hop est un levier d’émancipation citoyenne. C’est ce qui a amené le président Macky Sall à mettre en place le Fonds de développement des cultures urbaines pour accompagner les initiatives qui sont prises dans le Hip hop, notamment l’information, la structuration, etc. Aujourd’hui, il y a nécessité de comprendre qu’au-delà de la couture, de la coiffure, des autres métiers, il y a les nouvelles énergies. Il s’agit du Hip hop. Le Hip hop ne s’apprend pas dans les centres de formation. Il est important que l’Etat fasse une politique d’ajustement, il doit tenir compte des mutations ; et les mutations, ce sont les nouvelles énergies. Il doit capitaliser toutes ces énergies afin de les accompagner.

Pensez-vous que la mise en place de ce fonds est pertinente ?
Bien sûr. La mise en place de ce fonds est très importante car elle a permis de faire bouger les choses à Mbirkilane, à Rosso et un peu partout. Car, dans toutes les localités, il y a un fonds sur lequel les acteurs culturels peuvent compter. D’autant plus que, ce fonds est super bien géré. Nous, nous avions déposé pour la structuration de G Hip hop et cela nous permet de gérer nos salaires et nos charges liées à l’eau, l’électricité, etc. Le centre est géré de manière autonome, même si nous nous sommes installés sur un espace qui appartient à la mairie. Mais, ça nous permet d’augmenter notre programmation. C’est-à-dire, si nous n’avions pas la possibilité de louer une sonorisation pour organiser un « sifer » tous les samedis à travers Woriba Champion style, donner du transport, on peut le faire maintenant. Ce fonds est très utile parce que quand on donne aux jeunes cette opportunité de se regrouper tous les samedis, on réussit à les capter. Peut-être qu’ils allaient se livrer à des occupations négatives, s’ils n’avaient pas cette possibilité. Seulement, en ce qui concerne la nécessité de promouvoir l’impact du fonds, c’est au gestionnaire de le faire. Nous sommes des acteurs culturels, certains ont souscrit pour la formation, d’autres pour l’entrepreneuriat, d’autres pour la mobilité, etc. A mon avis, la Direction des arts doit également jouer un rôle dans la promotion du fonds ou de son impact.

Le niveau de succès du Hip hop sénégalais vous satisfait-il ?
Bien sûr. Chaque génération s’impose et les générations précédentes refusent que les nouvelles générations les étouffent ou les pervertissent. Par exemple, Fuk’N’Kuk peut être considérée comme de l’actuelle génération, mais aussi, comme de l’ancienne génération. Car, c’est un groupe qui fait du rap pas du tout «bling bling», du rap «underground» très scotché aux réalités du moment. Et il remplit le Théâtre national Daniel Sorano, c’est agréable à regarder sur scène. Il refuse d’être perverti par ce qui se passe aujourd’hui. On retrouve ce Hip hop très diversifié. On peut retrouver du Dip dans le Hip hop sénégalais, mais également du Omzo Dollar, du Keur-Gui. Ce mélange permet d’équilibrer car si on n’a que du Fuk’N’Kuk ça devient monotone. Le rap sénégalais est connu pour son engagement social, son intérêt à la chose politique. Cet aspect a été valorisé par « Y en a marre » à travers le projet Citizen Mike. G Hip hop également le valorise à travers Jotayou Gokh-Yi, etc.

Et le Hip hop sénégalais se porte-t-il bien à l’extérieur ?
N’oubliez pas, quand on te dit que ta musique est connue de l’extérieur, c’est pour te demander si ton produit marche à l’extérieur. Les commerces, les labels, les maisons de disque sont de gros commerçants qui ne cherchent pas à vendre un discours, mais plutôt un style, un rythme. Maintenant, faut-il se pervertir pour vendre sa musique ou faut-il rester scotché aux réalités sociales ? C’est un choix. C’est comme si on me disait : Préfères-tu un Souleymane Faye qui pervertit son texte pour vendre sa musique ? Vendre à l’extérieur, ça dépend. Les Etats-Unis influencent tout le monde parce qu’ils sont nombreux. C’est un marché. En Afrique, c’est normal que le Nigeria influence tout le monde parce que c’est un géant, un pays géant économiquement, mais aussi sur le plan démographique. Ça aussi, ce sont des paramètres à prendre en compte.

Parlez-nous de vos projets…
Nous sommes concentrés sur G Hip hop qui est un centre de formation et de réinsertion aux métiers du Hip hop. Un centre qui essaie de répondre aux problèmes rencontrés par les jeunes et les acteurs du Hip hop dans la commune de Wakhinane-Nimzatt. On essaie de faire des événements, de faire bouger les choses. On essaie de lutter contre le désenclavement culturel en mettant en place un espace qui est disponible pour les populations, mais surtout pour les jeunes acteurs. On déroule des formations, des concerts et énormément de choses. Du 16 au 18 novembre, nous organisons un festival qui s’appelle Voice Thought. C’est un festival qui invite à donner la réflexion du Hip hop, les responsabilités des acteurs du Hip hop africain face à la radicalisation des jeunes. Il s’agit d’ateliers de DJing, de concerts, de panels à Dalifort, Guédiawaye, etc. Nous préparons également le festival Guédiawaye By Rap. Ce sera la quatrième édition qui va célébrer le Cinquantenaire de Guédiawaye. C’est important en termes de patrimoine de sensibiliser les jeunes sur la connaissance de leur localité. Sur le plan artistique, je prépare quelque chose avec mon acolyte Niagass, un album qui s’appelle « Ousseynou ak Assane ». C’est un album qui va sortir en 2018. Nous avons bouclé notre enregistrement. Nous étions en discussion avec Universal Afrique pour voir comment promouvoir cet album sur le plan sous-régional, africain et international.

Propos recueillis par Abdou DIOP

Lors de sa visite, le ministre de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique, Abdoulaye Baldé, a soutenu, hier, que « «Le Soleil» est un quotidien qui continue de faire la fierté du Sénégal ». « En parcourant les journaux, en lisant les articles, les contributions, on constate qu’il y a une différence nette entre «Le Soleil» et les autres groupes du point de vue qualité de l’écriture », indique le ministre en charge de la Communication. En outre, il a indiqué aussi qu’il est venu pour discuter des difficultés de l’entreprise et voir comment les régler même si tout ne pourrait se régler au premier contact. Il a salué le fait de ne pas voir sur les 11 points de revendication de l’Intersyndicale la question de niveau ni de retard de salaires. « C’est tout à l’honneur de l’entreprise, du directeur et de tout le personnel. Des efforts ont été faits dans ce sens », se réjouit-il. Toutefois, Abdoulaye Baldé indique avoir remarqué un « petit problème de dialogue » car, dit-il, les 11 points de revendication des syndicats ne sont pas si compliqués à résoudre.

Le ministre de la Communication a engagé, dans ce sens, le directeur général du «Soleil» « à établir un dialogue direct et franc avec le personnel ». Cela permettra de passer en revue toutes les revendications, même s’il est conscient qu’on ne peut pas tout faire, tout régler en même temps. « Mais avec le dialogue, la sincérité, on peut aplanir beaucoup de choses », a-t-il dit. Le ministre a, à ce niveau, demandé au directeur de la Communication d’observer et de faciliter le dialogue. « Vous pourrez trouver des compromis dynamiques par rapport à ces points de revendication. Si nous pouvons aider, nous aiderons à ce que les problèmes soient dissipés. Je veux rendre disponible la tutelle parce que nous entendons aussi jouer notre rôle de tutelle. Nous voulons être avec vous en validant un certain nombre de choses, notamment le plan stratégique, le contrat de performance, pour prendre des engagements par rapport au développement de l’entreprise, au positionnement stratégique et politique de l’entreprise. Nous allons, ensemble, défendre ce dossier auprès du gouvernement, du ministre de l’Economie et des plus hautes autorités », a laissé entendre le ministre de la Communication. M. Baldé a toutefois demandé aux syndicalistes et à l’ensemble du personnel de faire preuve de plus de « souplesse et d’ouverture, pour engager un dialogue franc et dynamique » avec le directeur général du «Soleil» pour trouver des solutions.

O. KANDE

Le ministre de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique, Abdoulaye Baldé, a effectué « une visite de courtoisie », hier, dans les locaux du quotidien national « Le Soleil ». Reçu par le directeur général, Cheikh Thiam, entouré du coordonnateur général des Rédactions, du coordonnateur général de l’Administration et du rédacteur en chef central, entre autres, le ministre a procédé à une visite de plusieurs services du journal.

Abdoulaye Baldé et sa délégation se sont rendus au niveau des Archives du quotidien national, où ils ont pu constater des collections remontant à 1970 ; de même que d’autres journaux sur des thématiques qui y sont conservés. Après cette étape, le directeur général de la Sspp « Le Soleil », Cheikh Thiam, a fait visiter au ministre le Service Infographie où le journal est monté avant l’étape de l’imprimerie du groupe, acquise en août 2014. Les différentes salles de Rédaction du journal, ainsi que le Service commercial ont également été visités par le ministre de la Communication et sa délégation.

Le directeur général du «Soleil», Cheikh Thiam, qui a dit tout son plaisir de recevoir le ministre de tutelle, a fait une présentation de l’entreprise en présence du Personnel du groupe et de l’Intersyndicale.  

Paiement de la publicité
Il a rappelé que la Sspp « Le Soleil », société commerciale avec 51% d’actions de l’Etat, est divisé en deux entités (Administration et Service commercial, en plus de la Rédaction composée de plus de 80 journalistes).

M. Thiam a indiqué aussi que le défi, c’est de recapitaliser la société anonyme qu’est «Le Soleil». C’est ainsi, rappelle-t-il, que la Sspp a racheté l’Agence de distribution de la presse (Adp).
Entre autres contraintes, le directeur général, Cheikh Thiam, a expliqué qu’il y a beaucoup d’arriérés dans le paiement de la publicité des structures publiques. Ces arriérés ont été estimés à 3 milliards de FCfa, il y a deux ans, révèle le directeur général. Même si des entreprises sont en train de s’acquitter de leurs dettes, d’autres s’endettent aussi, explique M. Thiam.

En marge de la visite du ministre de la Communication, il y a eu également une réunion de travail entre l’Intersyndicale du «Soleil» et la Direction générale. Abdoulaye Diallo, représentant du Personnel au Conseil d’administration et coordonnateur du collège des délégués du «Soleil», est revenu sur les « problèmes de communication qu’il y a avec la Direction », la distribution des journaux, en brandissant une plateforme revendicative de 11 points.  

Sur ce, le directeur général du «Soleil» a rappelé qu’il y a des avancées. Car depuis qu’il est à la tête de la société, il a recruté 70 agents. Cheikh Thiam rappelle que récemment, il a recruté 12 agents en plus de 4 autres le mois dernier, sans compter le relèvement des salaires des prestataires. M. Thiam a indiqué aussi que le parc automobile est actuellement à 14 véhicules avec 5 nouveaux véhicules qui ont commencé à rouler depuis septembre. Il a fait savoir aussi que l’Adp a été achetée pour une meilleure distribution du journal. Pour les bureaux régionaux, le directeur général du «Soleil» assure qu’une mission a été envoyée dans les régions pour faire l’état des lieux et voir comment améliorer leurs conditions. « Ma porte est ouverte », a rassuré Cheikh Thiam.

Oumar KANDE

 

L’Entente des mouvements et associations de développement (Emad) a organisé, hier, au Théâtre national Daniel Sorano, la cérémonie officielle de lancement de son Projet de sauvegarde des musiques traditionnelles lébou. Pour le ministre de la Culture, Abdou Latif Coulibaly, l’exemplarité de cette communauté est à chercher dans son ancrage culturel.

Le ministre de la Culture, Abdou Latif Coulibaly, a salué, hier, les moyens mis à disposition pour le Projet de sauvegarde des musiques traditionnelles lébou. A l’en croire, la communauté lébou est déterminée à sauvegarder son identité. « Vous êtes la fierté de tout un peuple. Le syncrétisme des Lébou est un syncrétisme exemplaire. Toute nation qui se respecte vit dans ce syncrétisme. Les exclusions arbitraires n’ont jamais mené les nations à quelque endroit que ce soit. En conservant nos valeurs, nous nous ouvrons au monde », a dit le ministre de la Culture. D’après lui, sans la préservation de l’identité culturelle (somme des identités), aucun pays ne peut guider ses citoyens. Il a laissé entendre que l’ambassade des Etats-Unis à Dakar inscrit son action en droite ligne de la mission du gouvernement sénégalais.

« La Direction du patrimoine culturel du Sénégal vient de faire un travail remarquable, de pré-inventaire et d’inventaire des instruments qui atteste des valeurs exceptionnelles de certaines pratiques représentatives de notre pays ; 375 expressions pratiques ont été proposées à la commission scientifique dont 188 ont été retenues. Je puis vous assurer que la communauté lébou y figure en très bonne place », a révélé Abdou Latif Coulibaly. Poursuivant, il se félicite de l’exemplarité des Lébou, qui sont à la fois des républicains et traditionnalistes.

« Vous êtes ancrés dans votre tradition. Vous constituez une partie importante de l’ensemble du patrimoine culturel sénégalais », a-t-il témoigné. Le ministre de la Culture a invité à une utilisation à bon escient de ces ressources du gouvernement américain.

6ème édition du Fespenc
Le président de l’Emad, Abdou Khadre Gaye, a fait savoir que la 6ème édition du Fespenc se déroulera d’octobre 2017 à septembre 2018. D’après M. Gaye, si nous voulons aller vers l’émergence, la préservation des marqueurs identitaires est importante. « Nous nous évertuerons à ne pas décevoir les efforts du Service culturel de l’ambassade américaine et mériter la confiance placée en nous », a rassuré le pprésident de l’Emad. Il souhaite même une radio, une télévision et un écomusée mis à la disposition de la communauté lébou. Il souligne déjà qu’un laboratoire des civilisations lébou est en  gestation.

Pour le Grand Serigne de Dakar Abdoulaye Makhtar Diop, les Etats-Unis sont l’exemple permanent de la diversité de la culture. « La collectivité lébou est le modèle parfait du syncrétisme religieux sénégalais. Il y a un croisement entre la religion musulmane et la collectivité lébou… », a-t-il affirmé.

De son côté, l’ambassadeur des Etats-Unis au Sénégal, Tulinabo Salama Mushingi, a affirmé que le montant de la subvention alloué à la communauté culturelle lébou est de 108.800 dollars soit 61.541.632 FCfa. « J’ai hâte de voir le développement de ce projet », a-t-il dit, affirmant que nos deux gouvernements partagent le même vœu de préservation des valeurs culturelles.
Au nom de la mairie de Dakar, Mme Ndèye Rosalie Diop a souhaité un plein succès à ce projet.

D’une durée de douze mois, ce projet a pour objectif de contribuer à la sauvegarde des musiques traditionnelles lébou en perdition, à travers l’authentification et l’homologation des ressources répertoriées, le  catalogage des ressources validées en fonction de leurs usages traditionnels, les démonstrations interprétatives au niveau des sites sacrés, « Penc » et villages traditionnels appropriés, l’enregistrement, l’impression, la reproduction et l’archivage des ressources musicales validées  entre autres.

L’exhortation, sans cesse renouvelée, du défunt « Ndey dji reew »,  Alioune Diagne Mbor, illustre toute l’urgence d’une sauvegarde appropriée de bon nombre de musiques incantatoires : « Ndaw rabin »,  « Ndëp », « Tuur », « Xamb », « Baawnaan », « Kasak », entre autres, tombant progressivement en désuétude. Une convention pour matérialiser la subvention a été signée, au terme du lancement officiel du projet.   

Serigne Mansour Sy CISSE

Afin de mieux répondre aux exigences de l’actualité et aux besoins des téléspectateurs francophones, Tv5 Monde change de stratégie et propose une nouvelle formule de son journal Afrique plus ancré dans les réalités du continent. Pour son 25ème anniversaire, Tv5 Monde envisage également de délocaliser à Dakar une partie de sa rédaction, le 5 décembre prochain, pour la réalisation, en direct, d’une édition spéciale du Jt Afrique

PARIS : La chaîne Tv5 Monde veut garder son leadership dans le monde francophone notamment avec un Jt Afrique relooké qui passe de 18 à 26 minutes, depuis le 29 octobre. De nouveaux visages, NFanteh Minteh et Dominique Tchimbakala, sont mis en avant pour incarner ce changement. Les deux jeunes femmes présenteront désormais le Journal télévisé Afrique à tour de rôle, du lundi au jeudi et du vendredi au dimanche, en deux phases. La première partie du Journal Afrique entièrement consacrée à l’actualité africaine en générale est suivie d’un magazine de 13 minutes qui se veut une fenêtre ouverte au quotidien sur un sujet précis en rapport avec le continent.

Ainsi, tous les dimanches, le Jt Afrique servira en magazine, un zapping des télévisions du Maghreb avec un clin d’œil sur les émissions phares des chaînes africaines. Suivra ensuite une chronique santé avec un invité sur le plateau, un médecin qui répondra aux questions des internautes posées sur les réseaux sociaux. Chaque lundi, dans le Jt Afrique de Tv5 Monde, un décryptage de l’actualité économique du continent sera fait ainsi qu’un portrait d’un Africain de la diaspora pour retracer les réussites et les désillusions des fils du continent qui vivent en Europe et ailleurs dans le monde. L’actualité culturelle et l’histoire auront également leur place tous les mardis de même que les tendances mode, le jeudi. Place ensuite au débat, le vendredi, et à la musique pour détendre les téléspectateurs le samedi. L’accent sera mis sur un tube, un album ou une chanson phare en provenance de la terre mère.

Pour aller plus loin dans son relooking et être plus proche dans le traitement de l’information africaine, un grand reportage mensuel de 13 minutes sera réalisé dans le continent sur un sujet d’actualité, suivi d’une interview dans le fond avec un invité. Par ailleurs, pour son 25ème anniversaire, Tv5 Monde envisage de délocaliser à Dakar une partie importante de sa rédaction, le 5 décembre prochain pour la réalisation, en direct, d’une édition spéciale du Jt Afrique.

Ousmane Noël MBAYE (Correspondance particulière)

Du rap, de l’ambiance, il y en a eu, avant-hier, lors de la finale de la première édition du « Yakaar Jeunes Talents » qui a opposé 12 groupes de rap venus du département de Rufisque. A l’arrivée, le groupe Big Mo est sorti vainqueur.

Des « fans club » en extase. Dès les coups de 22 heures de la soirée du mardi dernier, la salle de spectacle du Théâtre national Daniel Sorano a commencé à vibrer sous le rythme du mouvement hip hop 100% sénégalais. Les artistes sont tous venus du département de Rufisque pour la finale de la première édition du « Yakaar Jeunes Talents » de Rufisque. Rien que l’accoutrement des centaines de jeunes venus de tous les coins de ce département renvoie sur la cérémonie du jour. On est loin des soirées sénégalaises où les femmes rivalisent de boubous Bazin de toutes sortes, avec de l’élégance et les mises bien soignées. Ici, c’est une rencontre de jeunes qui sont venus supporter leurs rappeurs préférés. C’est une affaire de quartiers ou de communes. Chacun veut pousser son groupe de rap à la victoire finale. Certains, pantalons très serrés, sont torses nus. Ce n’est pas pour fuir la forte chaleur dans la salle de Sorano, mais la mode chez certains jeunes, surtout dans le mouvement hip hop. Leurs chevelures renvoient à celles des Afro-américains.

A chaque fois que le Mc scande le nom de leur rappeur, ils hurlent, sursautent, tapent du poing sur les chaises. La salle de spectacle de Sorano ressemble, le temps d’une soirée, à un stade devant abriter un combat de lutte. Le Théâtre Sorano, ce soir, est subdivisé en plusieurs camps. Dans chaque coin de la salle est campé un « fan club » des 12 groupes de hip hop opposés pour la finale de la première édition du « Yakaar Jeunes Talents » de Rufisque. A la porte d’entrée comme dans le hall, les policiers veillent au grain. Les jeunes sont tellement surexcités que les choses peuvent déborder à tout moment.

Le premier groupe à faire son entrée sur scène est Youzy Killer. Dès son apparition, les deux jeunes rappeurs sont applaudis par une certaine partie de la salle. Au même moment, les autres les sifflent. Mais les rappeurs ont fait fi de tout cela. Pendant 10 mn, ils ont tenu en haleine le public.

Tour à tour, les groupes passent, font leur prestation avant de céder la place aux artistes invités tels que Da Brains, Mass, Yoro Ndiaye, Simon, entre autres. A la fin, c’est le groupe Big Mo qui a convaincu les membres du jury. Il remporte ainsi la première édition du « Yakaar Jeunes Talents » de Rufisque. Le prix d’encouragement est revenu à Young Deezy.
Le lauréat du jour va bénéficier d’une production d’un album et va faire une tournée dans tout ce qui est festival au niveau national et sous-régional.

Safouane Pindra, initiateur de l’édition : « Notre challenge, faire renaître le mouvement hip hop à Rufisque »
Le « Yakaar Jeunes Talents » de Rufisque est initié par la structure Optimist Productions. Selon son président, Safouane Pindra, sa structure veut faire renaïtre le mouvement hip hop dans le département de Rufisque. Depuis la dislocation du groupe « Bamba Dji Fall » qui a été l’un des précurseurs du hip hop dans ce département, Pindra note qu’il n’existe plus de talents qui représentent Rufisque. Or, dans les autres départements de la région de Dakar, il y a des rappeurs de renom sur la scène nationale et internationale. « On a pensé à ce projet pour donner la chance à ces jeunes, de voir parmi eux, un, deux ou trois qui peuvent, d’ici l’année prochaine, émerger et faire partie de l’environnement hip hop au Sénégal. Notre challenge est de faire renaître le mouvement hip hop à Rufisque », informe Safouane Pindra.    

Aliou Ngamby NDIAYE

La deuxième édition des Ateliers de la pensée, organisés par Felwine Sarr et Achille Mbembé, se déroule à Dakar du 1er au 4 novembre. Si le projet reste le même – la relance d’une pensée critique sur le monde à partir de l’Afrique – ces ateliers se muent, cette année, en festival des idées avec une forte dose culturelle.

Après l’engouement suscité l’année dernière, Felwine Sarr et Achille Mbembé convient (du 1er au 4 novembre) une soixantaine d’intellectuels africains et de la diaspora à Dakar dans le cadre de la deuxième édition des Ateliers de la pensée autour du thème global « Condition planétaire et politique du vivant ». Après un format plus académique lors de la première édition, cette année, les organiseurs ont voulu apporter une touche culturelle à l’événement, en élargissant la réflexion aux disciplines de l’imagination, à la pensée plastique, non discursive, parce que le renouvellement de la pensée critique passe aussi par les imaginaires. Il est ainsi prévu des événements culturels (pièces de théâtres, expositions, ateliers), ainsi que deux « Nuits de la pensée » afin de faire de ces ateliers une fête des idées. L’idée, explique Achille Mbembé, c’est de s’inscrire dans une mémoire et de se projeter vers cette nouvelle forme de vie qui n’a peut-être pas encore de nom, mais qu’on peut sentir vibrer dans le murmure du silence, à condition de savoir l’écouter.

Déclinant l’horizon théorique, méthodologique, éthique et politique de ces ateliers, le célèbre écrivain camerounais note qu’il est finalement important de « reprendre à partir du continent africain » la question du monde-commun, c’est-à-dire voir s’il est possible de retrouver un sol hospitalier à la multiplicité des formes de vie, un monde où l’on ne doit plus éliminer qui que ce soit. « L’objectif, c’est aussi de poser les questions essentielles de notre temps, notamment dans quelle mesure l’Afrique pourrait-elle être le sujet de son propre parcours, ce qu’elle est, ce qu’elle veut, son projet si tant qu’elle en a un », dit-il.

Quelle politique du vivant ?
L’une des tâches de ces ateliers, c’est d’extraire des matériaux historiques du continent quelque chose qui pourrait être partagée avec le reste du monde, au moment où une métamorphose de la définition même de la vie et de la matière est en cours et que partout, monte une certaine clameur pour faire bouger l’ordre du monde. C’est pour cette raison, explique Souleymane Bachir Diagne, être un homme moderne, c’est apprendre à penser vitalement, être en connexion avec nos voisins (la biodiversité), thème au cœur de la réflexion de ces ateliers. « Il y a un devoir humain d’être au service de la vie, nous dit-il. Il s’agit maintenant de traduire notre pensée vitale du vivant en une politique du vivant, de comprendre que sans la conscience écologique, l’humanité manque à soi-même ».

Mais comment doit s’opérer cette politique du vivant ? Autrement dit, faut-il dissoudre l’humanité dans la totalité ? Non, répond le philosophe, « parce qu’il y a une certaine perversité dans la notion d’élargissement des droits qui, ultimement, ne décentre absolument pas mais est encore un tribut à la notion de centre ».

L’argument décisif, selon lui, c’est que l’humain demeure le seul être chez qui l’évolution prend conscience de soi. Ce qui lui donne une responsabilité pour parachever le contrat social en un contrat naturel qui scellerait la manière dont il vivrait avec son environnement. Pour se réconcilier avec la nature, Françoise Vergès propose de rompre avec l’idée de « cheap nature » qui voudrait que les ressources naturelles soient bon marché, inépuisables.

Seydou KA

 

Quatre ans après l’assassinat à Kidal (Nord du Mali) des deux journalistes, alors envoyés spéciaux de Rfi, l’association « Les Amis de Ghislaine Dupont et Claude Verlon » se rappelle toujours de cet acte ignoble et réclame justice.

En prélude à la commémoration des quatre ans de la disparition des deux journalistes de Radio France internationale, le 2 novembre 2013 à Kidal, au nord Mali, l’association « Les amis de Ghislaine Dupont et Claude Verlon » était en conférence de presse hier, dans les locaux du  Cesti de Dakar, pour rendre hommage à ces reporters chevronnés,  assassinés en plein exercice de leur profession. Aujourd’hui constituée de parents, amis et des proches dont la mère de Ghislaine, Marie Solange Poinsot, l’Association demande à ce que le silence se brise et que justice soit faite sur cet assassinat. Un moment également saisi pour camper le débat sur les malheurs qui frappent souvent les journalistes de par le monde dans l’exercice de profession.

Selon le secrétaire général et porte-parole de l’association, « Les Amis de Ghislaine Dupont et Claude Verlon », Pierre-Yves Schneider, quatre ans après cet  assassinat, ils demandent la vérité, la justice. « Nous voulons que le silence s’arrête et demandons à tout le monde de ne pas oublier aussi ce qui s’est passé », dit-il. A l’en croire, ils ont toujours ces zones troubles, sur cet affaire. « Certes l’instruction avance dans certaines directions mais elle semble totalement inerte sur d’autres. Certaines pistes ne sont pas du tout évoquées par certains magistrats, alors qu’elles sont aussi importantes », argue M Schneider. « Nous voulons que les diplomates, les autorités politiques des différents pays concernés se battent ensemble pour que les trois personnes suspectées dans cet assassinat et encore vivantes soient traduites en justice et qu’elles répondent de leurs actes », indique-t-il.

Présente à cette conférence de presse, la mère de Ghislaine Dupont,  Marie Solange Poinsot, très émue, dit vouloir savoir toute la vérité sur cet assassinat de sa fille dont elle porte toujours ses derniers mots en mémoire ; car elle l’avait appelée la veille de sa disparition. « J’aimerais savoir ce qui s’est réellement passé. Ça ne me la rendra pas, mais je veux savoir. Je me pose toujours des questions et j’imagine les pires scénarii. Cet assassinat est comme une blessure que je porte qui saignera jusqu’à mon dernier souffle », a-t-elle martelé avec une voix sanglotant.

Exposition et remise de bourse
D’après la présidente-directrice générale de France Médias Monde, Marie Christine Saragosse, il y a tout une colère qui ne passe pas devant l’absurdité de cet acte et de la douleur dont ils sont sûrs qu’elle ne quittera pas. « Je comprends l’exaspération, le temps des familles, des amis. Mais ce temps n’est pas le temps de la justice, celui de la justice dure plus longtemps et est long qui crée une frustration mais pour autant ce temps de la justice ne s’arrête pas », rassure-t-elle.

L’hommage rendu à Ghislaine et Claude s’est poursuivi à l’Institut français de Dakar, à travers une exposition titrée « Dessiner pour ne pas tirer un trait ». A cette exposition, participe en toute solidarité une quarantaine de caricaturistes de toutes nationalités.

De même, la commémoration des 4 ans de la disparition des deux reporters de Rfi et la célébration de la Journée internationale de lutte contre l’impunité des crimes commis contre les journalistes, décrétée  par l’Onu, en leur mémoire, sera l’occasion de remettre à de jeunes  journalistes et techniciens de radio, la 4ème Bourse Ghislaine Dupont et Claude Verlon.

Maguette  Guèye DIEDHIOU

 

L’album Listen Without Prejudice du chanteur britannique George Michael, décédé il y a 10 mois, s’est de nouveau classé en tête des ventes ce vendredi au Royaume-Uni, 27 ans après avoir atteint ce classement une première fois. Dans une version remastérisée, l’album, initialement sorti en 1990, a été mise en vente le 20 octobre et s’est écoulé pour sa première semaine à 56.000 exemplaires dans le pays, un record pour un disque réédité. Ce disque, le deuxième album solo de George Michael après son départ du groupe Wham!, avait déjà atteint la première place des ventes sur une semaine l’année de sa sortie, et s’est écoulé à 8 millions d’exemplaires dans le monde. Au cours de sa carrière, d’abord avec Andrew Ridgeley au sein du groupe Wham! puis en solo, George Michael a vendu plus de 115 millions de disques.                                  

AFP

Le ministre de la Culture a annoncé, hier, que la cérémonie de remise des grands Prix du président de la République pour les Arts et les Lettres est prévue le 19 décembre.
D’après Abdou Latif Coulibaly, elle s’inscrit dans le cadre de l’année internationale de la culture. « Nous n’avions jamais procédé à une distribution de prix de cette envergure. Ce sera le cas cette année avec un appui déterminant du président de la République, du Premier ministre et de l’ensemble du Gouvernement sénégalais », a-t-il indiqué.                                  

I. BA

 

Dakar abrite, ce jeudi, la cérémonie de remise de la Bourse Ghislaine Dupont et Claude Verlon. Créée par Radio France internationale, en hommage à ses deux journalistes assassinés à Kidal, au Mali, le 2 novembre 2013, cette bourse a pour objectif de « transmettre, tel un flambeau, le savoir-faire, le professionnalisme et la rigueur des deux disparus ».

Ce jeudi, à 17h30, la cérémonie se tiendra à l’hôtel Pullman Teranga Dakar, en présence de Marie-Christine Saragosse, présidente de France Médias Monde, et de Cécile Mégie, directrice de Rfi. A l’occasion, seront annoncés les noms des deux lauréats sénégalais qui bénéficieront d’une formation à l’Ina pour le technicien et l’Ecole de journalisme de Sciences Po pour le journaliste et d’un stage chez Rfi. A l’occasion de la 4ème édition de la Bourse Ghislaine Dupont et Claude Verlon, 20 jeunes journalistes et techniciens radio ont été formés, durant deux semaines à Dakar.  

O. DIOUF

 

A travers l’institution d’une Bourse Ghislaine Dupont et Claude Verlon, Radio France internationale veut rendre hommage à ses deux journalistes assassinés au Mali, en 2013. Selon Marie-Christine Saragosse, Pdg de France Médias Monde présente à Dakar pour la cérémonie de remise de la Bourse, ce jeudi, l’initiative a pour objectif de transmettre aux jeunes générations la passion et l’exigence des deux reporters, mais aussi aider à construire l’avenir…

Pourquoi le choix de Dakar pour abriter la 4ème édition de la Bourse Ghislaine Dupont et Claude Verlon ?
Cette bourse, que nous avons lancée en mémoire de nos deux collègues, récompense, chaque année, de jeunes journalistes et techniciens radio en Afrique francophone. Le choix d’un événement itinérant dans un nouveau pays, chaque année, s’est imposé à nous, afin de couvrir toute l’Afrique francophone et suivre les parcours de Ghislaine et Claude : Ghislaine Dupont a vécu enfant avec ses parents au Sénégal, et Claude Verlon était présent ici en 1991 pour l’ouverture du premier relais Fm de Rfi à Dakar. Il y est revenu plusieurs fois, jusqu’en 2012 pour couvrir les deux tours de l’élection présidentielle. Dès le début, le Sénégal a donc fait partie des destinations prévues pour la Bourse et je suis très heureuse qu’on la remette ici cette semaine aux deux lauréats de l’édition 2017, qui seront désignés parmi les 20 jeunes présélectionnés bénéficiant déjà depuis plusieurs jours d’une formation technique et éditoriale avec nos équipes sur place. L’appel à candidatures de la Bourse au Sénégal a confirmé ce que nous savions déjà : il y a ici un réservoir extraordinaire de talents dans les médias. En outre, le Sénégal est déjà doté d’un paysage médiatique pluriel et de qualité.

Que symbolise cette bourse pour Radio France Internationale ?
La Bourse Ghislaine Dupont et Claude Verlon, nous l’avons créée car nous savions que nous ne pourrions jamais oublier leur assassinat, mais qu’il fallait aussi construire l’avenir. Elle vise à poursuivre ce que ces deux passionnés de reportage et du continent africain aimaient à faire en transmettant leur savoir, et en étant ainsi fidèle à leur rôle de passeurs auprès des jeunes journalistes et techniciens qui les côtoyaient dans la rédaction de Rfi ou sur le terrain. Avec nos partenaires français de l’Ecole de journalisme de Sciences Po et de l’Ina, mais aussi avec les équipes de la Rts qui nous accompagnent cette année au Sénégal, nous avons tous ce même désir de rendre hommage aux deux grands professionnels qu’étaient Ghislaine et Claude, en transmettant aux jeunes générations leur passion et leur exigence.

Après trois éditions, l’initiative de cette bourse remplit-elle les objectifs que s’est fixés Rfi ?
La portée de la Bourse Ghislaine Dupont et Claude Verlon a dépassé nos espérances. D’abord, elle remplit parfaitement son objectif de mémoire et de transmission. Et elle suscite un engouement à chaque appel à candidatures dans un nouveau pays, avec des jeunes candidats qui se présentent avec une très grande conscience de qui étaient Ghislaine et Claude. C’est extrêmement émouvant et rempli de sens. En outre, les trois premières promotions ont fait leurs preuves : les six lauréats ont bénéficié d’un véritable tremplin professionnel. Mais plus encore, les 60 finalistes, toutes éditions confondues, ont largement tiré profit de la formation qui leur avait été prodiguée dans leur pays. A l’initiative du premier lauréat technicien malien, Mohamed Sidi Dicko, un réseau des anciens qui réunit tous les participants s’est même formé. Très actifs, tous partagent et s’entraident au-delà de leurs propres frontières. On ne peut que se réjouir de cet élan spontané, collectif et solidaire, qui fait perdurer sans discontinuité l’esprit de la Bourse, et donc celui de Ghislaine et Claude, à travers ces jeunes qui prennent la relève sur le continent.

Que représente la venue de la mère de Ghislaine Dupont au Sénégal, à l’occasion de la remise de cette bourse ?
La présence, à Dakar, de Marie-Solange, la maman de Ghislaine, donne une intensité très forte à cette édition. J’ai pour elle une affection profonde, comme pour Apolline, la fille de Claude qui nous accompagne chaque année. Sa venue donne encore plus de sens à l’esprit de transmission, de mémoire, porté par la Bourse Ghislaine Dupont et Claude Verlon que nous remettrons, jeudi, à deux jeunes journaliste sénégalais et technicien(ne) de reportage radio. En outre, Marie-Solange a vécu quelques années à Dakar lorsque Ghislaine était enfant. Je crois savoir que Ghislaine lui avait promis d’y revenir un jour avec elle, et donc j’imagine que ce voyage a une dimension d’autant plus grande dans son cœur. Mais c’est elle qui en parlera le mieux jeudi, lors de la cérémonie.

Avec la disparition tragique de ses reporters comme Ghislaine Dupont, Claude Verlon, Jean Hélène… Rfi ne paie-t-elle pas un lourd tribut pour informer ses auditeurs ?
Rfi a effectivement payé un lourd tribut. On peut hélas également évoquer Johanne Sutton, qui a perdu la vie sur une scène de guerre en Afghanistan en 2001. Le rapport de Reporters Sans Frontières montre que le nombre de journalistes assassinés partout dans le monde est terrifiant. Aucun reportage ne vaut une vie, mais nous savons aussi que le risque zéro n’existe pas pour celles et ceux qui vont recueillir l’information au plus près, sur tous les terrains. L’évolution du statut des équipes de terrain, devenant de plus en plus souvent des cibles, la multiplication des zones de risques, mais aussi la diversification des risques dont la forme change sans cesse, sont autant de facteurs qui mettent en danger les journalistes et les équipes qui les accompagnent. Nous devons donc nous efforcer de réduire le plus possible les risques, car nous n’avons vocation ni à être des victimes, ni à être des héros. À France Médias Monde, nous avons mis en place des formations pour les reporters en zone dangereuse, mais aussi renforcé les procédures internes pour se préparer et se prémunir le mieux possible, pour un meilleur arrimage qui concerne aussi les retours de missions, sous la houlette d’un directeur sûreté. Nous renforçons nos protections pour refuser de renoncer à la liberté d’informer et au droit d’être informé.

Avez-vous une idée de l’audimat des antennes de Rfi et France 24 au Sénégal, voire sur le continent africain ?
Nous mesurons, chaque année, notre audience au Sénégal. Rfi figure parmi les cinq radios les plus écoutées chaque jour à Dakar et sa part d’audience a même augmenté en 2016, ce qui montre un fort attachement ici des auditeurs à la radio du monde. De son côté, France 24 arrive très largement en tête des chaînes d’information internationales auprès des téléspectateurs dakarois. A l’échelle de toutes les grandes capitales francophones d’Afrique, cette tendance se confirme. Rfi et France 24 enregistrent des scores d’audience très élevés, avec parfois jusqu’à près de 70% des auditeurs et téléspectateurs qui écoutent ou regardent nos médias chaque semaine. Ce succès se confirme aussi sur le numérique, où Rfi et France 24 connaissent, chaque année, des croissances à deux chiffres. Ce succès nous donne une grande responsabilité et les équipes de France Médias Monde sont très attachées à la qualité de l’information et des programmes qu’ils produisent pour entretenir cette confiance.

Propos recueillis par Omar DIOUF

 

« L’esprit Budo qui prévaut dans le milieu du karaté a été bafoué. Ces comportements, d’une autre époque, démontrent qu’ils ne sont motivés que par leurs intérêts personnels. Avec l’admission du karaté comme discipline olympique, les enjeux sont élevés, un travail considérable nous attend, le temps est au travail pour l’intérêt du karaté. Servir le karaté et non se servir du karaté demeure notre crédo ». C’est en substance la déclaration de Mouhamed El Moctar Diop, président de la fédération sénégalaise de karaté qui fustigeait le comportement de ses camarades lors des deux assemblées générales de la ligue de karaté de Dakar.

Un conclave qui n’était finalement pas arrivé à son terme du fait des dissensions qui sont apparues sur la présence des participants. Et le plus choquant dans cette affaire, c’est que c’était la seconde fois que cette assemblée se terminait en queue de poisson toujours sur les mêmes observations : non représentativité de certains participants. Dans un communiqué parvenu hier à notre rédaction, le président de la fédération a déploré avec véhémence un comportement qui ne sied pas avec l’esprit Budo : « Contestation de l’autorité fédérale et de l’autorité de l’Inspectrice régionale des Sports, accusations d’impartialité sans aucun fondement, menaces, attaques, appel à la déstabilisation et défiance à l’endroit de l’administration ».

El Moctar qui n’a pas du tout apprécié « le comportement de Samba Issa Bousso, président sortant de la ligue de Dakar qui a demandé à plusieurs reprises, par le geste, que des personnes qui étaient au fond de la salle viennent envahir et menacer les membres du bureau de vote. Monsieur Mamadou Sarr, ancien président de la fédération, membre du Cd sortant de la ligue de Dakar, malgré les injonctions des forces de l’ordre, a attaqué M. Papa Abdoulaye Faye, accompagnant du chef du Service régional des sports, qui tenait les deux urnes dans ses mains. Auparavant, il a appelé, encore une fois, les personnes au fond de la salle pour qu’elles viennent le rejoindre pour s’attaquer à M. Faye en tentant de lui arracher les deux sachets qui servaient d’urnes. Suite à cela, l’inspectrice a décidé d’arrêter les travaux et de lever la séance alors que plus de 90% des clubs présents avaient déjà voté.

Selon lui, M. Sarr et M. Bousso sont seuls responsables des blocages des opérations électorales et des menaces contre le secrétaire général, représentant la Fskda et le chef du Service régional des sports, représentant le Gouverneur.

A son avis, M. Bousso a toujours été animé par une réelle volonté de sabotage et de blocage des travaux. « La Fskda déplore le comportement indigne et irrespectueux de M. Mamadou Sarr et M. Samba Issa Bousso. L’esprit Budo qui prévaut dans le milieu du karaté a été bafoué. Ces comportements, d’une autre époque, démontrent qu’ils ne sont motivés que par leurs intérêts personnels. M. Bousso, à la tête de la ligue de Dakar depuis 18 ans, au lieu de parler de son bilan, de sa contribution au développement de la ligue de Dakar, s’est signalé par des accusations mensongères à l’endroit de la Fskda et de l’Inspectrice régionale.

Il a été interpellé par des responsables de club de Dakar sur la subvention que la ligue de Dakar avait reçue de la Fédération en 2016, mais son silence en dit long. Pour finir, El Moctar de souligner que la Fskda n’a aucun candidat à la présidence d’aucune ligue et que le bureau fédéral tirera toutes les conséquences du sabotage des opérations électorales par M. SARR et M. BOUSSO et prendra des décisions en toute responsabilité.

C. F. KEITA

La seconde phase de l’inventaire du patrimoine immatériel vient d’être lancée à Toubacouta, en plein cœur du Niombato. C’était lors de l’atelier de formation organisé sur les techniques d’inventaire de ce patrimoine culturel à l’intention des directeurs des 14 centres culturels régionaux aux côtés des directeurs nationaux du ministère de la Culture.

Cet atelier de Toubacouta est une suite logique du séminaire de validation, en mars 2017, du pré-inventaire de la première phase, a indiqué Omar Badiane, le chef de la division du Patrimoine culturel qui a présenté le rapport. Selon le ministre de la Culture Abdou Latif Coulibaly présent à Toubacouta, « il serait souhaitable d’organiser des ateliers régionaux pour stabiliser les perspectives ouvertes et qui, certainement, devraient déboucher sur un atelier national pour une bonne maîtrise de notre patrimoine culturel ». Celui-ci, souligne le ministre, se définit comme étant « l’ensemble des pratiques, expressions ou représentations qu’une communauté humaine reconnaît comme faisant partie de son patrimoine dans la mesure où celles-ci procurent à ce groupe humain un sentiment de continuité et d’identité ».

Selon M. Coulibaly, malgré les immenses efforts consentis par le Sénégal, dans la gestion du patrimoine culturel qui nous confère une place de leadership à l’Unesco avec sept sites inscrits sur la liste du patrimoine mondial et deux éléments représentatifs de celui immatériel, des pans entiers de notre culture demeurent encore méconnus. Il a rappelé que la mémoire collective qui s’articule et s’exprime dans et par les us et coutumes, les rites profanes ou initiatiques, les savoir-faire traditionnels, la musique, la danse, la vêture, les contes, légendes et épopées, toutes ces pratiques typiques du génie d’un peuple restent insuffisamment traitées et documentées.

Abdou Latif Coulibaly estime que cet énorme défi est une lourde responsabilité qui doit interpeller tout le monde, sur l’obligation de transmettre aux générations futures ce que nos aïeux nous ont transmis. « L’enjeu est alors d’autant plus fondamental, car aujourd’hui, la culture est au cœur des stratégies de développement économique, donnant ainsi raison au président Senghor qui déclarait, lors de son premier discours à la Nation en 1960, que la culture est au début et à la fin du développement », a cité le ministre.

Le défi que compte relever les animateurs culturels à travers ce séminaire marque le lancement de la seconde phase de l’inventaire du patrimoine immatériel. La formation sur les techniques de l’inventaire du patrimoine culturel immatériel pose déjà les jalons d’un tournant décisif. Les différents participants ont même effectué des exercices sur le terrain, en allant à la connaissance du Kankourang à Toubacouta, organisé dans le cadre de la circoncision, du Kagnaling pratiqué par des femmes en manque d’enfants à travers une procession mystique et un rituel de purification. Ils ont également tenté de connaître le savoir-faire traditionnel des populations de Toubacouta et de découvrir les expressions contemporaines, orales et modernes.

Mohamadou SAGNE

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