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Arts et Culture (956)

L’ambassadeur de Corée, Son excellence Hyo-Eun Kim, a procédé, hier, en présence de Amadou Diaw, président de l’Ism, du Pr Babacar Guèye, représentant le ministère de l’Enseignement supérieur et de Oumar Bâ, directeur de l’Enseignement moyen secondaire, à l’inauguration d’une salle dénommée « Korea Corner »  au sein de l’Institut sénégalais de management.

L’espace dédié à la promotion de la culture coréenne est équipé de deux bibliothèques et d’outils informatiques pour les étudiants inscrits à l’Unité de formation en langue coréenne. Mme l’ambassadeur, Hyo-Eun Kim, a magnifié le soutien des responsables de l’Ism qui a permis la réalisation de l’espace culturel. Elle a tenu à rappeler l’importance que le gouvernement coréen accorde à sa coopération avec le Sénégal. La « Korea Corner », a-t-elle souligné, a pour vocation de servir de lieu de culture, d’animation, de partage et de détente. L’espace offre, selon la diplomate, « une multitude d’informations sur la Corée pour mieux faire connaître son histoire et sa culture. Il contribuera à renforcer les liens d’amitié et au développement des échanges culturels entre nos deux peuples ».

Le Pr Babacar Guèye, représentant le ministre de l’Enseignement supérieur, a salué l’initiative qu’il met au crédit « de la générosité et de l’esprit de partage du peuple coréen ». La maîtrise des langues étrangères, a-t-il souligné, est un atout surtout pour les étudiants à qui elle offre beaucoup plus d’ouverture dans le processus de formation.

Le directeur de l’Enseignement moyen secondaire, Oumar Bâ, a abondé dans le même sens pour souligner l’importance de l’initiative qui va permettre de favoriser un métissage culturel. L’espace, a-t-il ajouté, sera un coin de partage de la langue et de la culture dans cette civilisation de l’universel. Auparavant, le président de l’Ism, Amadou Diaw, a remercié l’ambassadeur de Corée et les étudiants de la section coréenne qui ont fait preuve d’engagement pour exceller dans la discipline.


Babacar DRAME

Conformément aux instructions et directives du chef de l’Etat issues du Conseil des ministres délocalisé à Saint-Louis en juin 2012, le ministère de la Culture et de la Communication s’est évertué à réorganiser l’agenda culturel régional.

Au cours d’un atelier organisé hier, dans les locaux du Conseil départemental de Saint-Louis, par le directeur du centre culturel régional, Moustapha Ndiaye Och, l’adjoint au gouverneur chargé du développement, Sahite Fall, a magnifié l’engagement du ministre de la Culture et de la Communication pour les efforts déployés en vue de mettre en œuvre les instructions du président Macky Sall. Il a exhorté une centaine d’acteurs culturels qui ont participé à cet atelier, à faire de l’agenda culturel régional un outil d’animation et de promotion des initiatives culturelles locales. Abondant dans le même sens, Moustapha Ndiaye Och a rappelé que cet agenda culturel régional est un véritable instrument de valorisation culturelle et de promotion touristique de la région.
Cet agenda, a-t-il précisé, a pour but de faire ressortir tous les aspects représentatifs du patrimoine et de l’expression culturelle régionale. L’adjoint au gouverneur et Moustapha Ndiaye och ont ainsi invité les participants à proposer des événements à haute valeur ajoutée, pertinents et durables, qui reflètent l’identité culturelle et artistique de la région Nord et qui cadrent avec les grandes orientations définies dans la politique culturelle du Sénégal.

Ils ont enfin émis le souhait de disposer, à l’issue de cet atelier, d’un document d’une très haute facture, qui sera un instrument de lutte contre la pauvreté et un facteur de création de richesses et d’emplois.

 

Mbagnick Kharachi DIAGNE

La Maison de la Culture Douta Seck abrite, cet après-midi, à 15h, une journée de restitution du Rapport quadriennal sur la mise en œuvre de la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles (Convention de 2005) que le Sénégal a soumis à l’Unesco. « L’élaboration du rapport quadriennal est un travail rigoureux de collecte d’informations et de documents sur tout le territoire national, suivi de leur traitement et de leur synthèse », explique un document de présentation.

A cette occasion, annonce la même source, le ministre de la Culture et de la Communiation procédera à la remise des Certificats de reconnaissance aux membres de l’équipe nationale de rédaction en témoignage de leur rôle éminent dans l’aboutissement de ce processus d’élaboration du document.

La compréhension et la valorisation de la mémoire peut constituer un facteur de résilience chez les peuples. Toutefois, la mondialisation « engendre un nouvel ordre économique génératrice d’une nouvelle pensée politique » ainsi qu’une « nouvelle interprétation de mémoire unilatérale, celle d’effacer toutes traces de résilience de fait, d’élaborer et d’installer une pensée interprétative unique ». Pour Maguèye Kassé, professeur au département des langues et civilisations germaniques de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), « notre capacité de résilience viendra de la nécessité d’une compréhension interculturelle facteur de paix, de progrès ». Selon lui, cela signifie promotion de valeurs communes à toute l’humanité, à condition de bien percevoir ce que ces valeurs ont de fondamental pour faire régner l’harmonie dans les sociétés humaines. « L’expression de cette humanité se trouve dans les expressions artistiques de l’humain présentes dans la littérature universelle... », a-t-il soutenu.

I. BA

Dans le cadre de la célébration de la huitième édition du Gorée Diaspora festival, un colloque sur le thème : « Mémoire et  résilience » a réuni, samedi dernier, à Gorée, des chercheurs, universitaires, institutions nationales et internationales ainsi que des experts travaillant sur les questions de revalorisation de la mémoire.

Comment faire de la mémoire et de la résilience un atout dans contexte d’intolérance, d’insécurité et de crise d’identité ? C’est autour de cette problématique que s’est inscrit le colloque « Mémoire et résilience » qui s’est tenu, samedi dernier, à Gorée, dans le cadre de la célébration de la huitième édition du Gorée Diaspora Festival. Cette réflexion entre en droite ligne des efforts de valorisation de la mémoire et de « mise en synergie des actions populaires et citoyennes pour rendre compte de la pluralité des mémoires et des sensibilités ». Il s’agit également, pour les initiateurs, de montrer en quoi la mémoire et l’esclavage participent à l’affirmation d’une citoyenneté active et dynamique ouverte sur un futur partagé. « Combattre le silence et l’oubli comme nouvelle forme de souffrance et d’incompréhension » n’aura d’effet, aux yeux du Professeur Maguèye Kassé de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, que si nous jetons les bases d’un engagement citoyen pour une culture de solidarité, de réconciliation, de compréhension et d’engagement dans la lutte contre l’esclavage et contre les différentes formes d’injustices sociales. Dans sa communication « Mémoire et résilience : quels liens ? », il a souligné la nécessité de combattre le silence et l’oubli pour arriver à une réconciliation. S’agissant de Gorée, il a parlé d’une île portant toute l’histoire d’un continent faite de souffrances indicibles à travers la traite négrière, elle-même déterminée par le traitement qu’un système d’exploitation « inique » a volontairement et cyniquement fait subir à une partie importante du continent, donc au travers d’une politique élaborée aux fins de produire une base importante d’accumulation de capital. « Ce système s’est étendu sous beaucoup de formes à des pays et à des populations créant ainsi une mémoire collective comprise ici sous sa forme philosophique. Cette mémoire est l’ensemble des faits du passé qui peuvent avoir pour effet de structurer l’identité de groupes, ceux-là qui partagent le même sort dans la négation de l’être humain, réduit à l’état d’objet, de marchandise et dont le dénominateur commun dans les groupes est leur place dans le processus du travail dans lequel ils constituent un rouage essentiel », a-t-il indiqué.

Pour le professeur au département des langues et civilisations germaniques, Gorée représente
« l’immédiateté de la mémoire collective d’une humanité déchirée. » Et cette île est en même temps instance de résilience suprême, à condition d’en définir des conditions à caractère universel.

Immédiateté de la mémoire collective
« Retenons que la mémoire qui nous occupe aujourd’hui est la résultante d’un long processus de négation de l’être au nom d’intérêt mercantiliste et d’accumulation de capital «, a-t-il laissé entendre. Selon le conférencier, la mémoire collective ne peut pas être neutre quand des intérêts sont en jeu pour en effacer les éléments qui permettent de la reconstituer au bénéfice exclusif du sujet pensant sa propre mémoire. « Les nouveaux rapports qui s’installent, cependant, apportent avec eux la volonté d’effacer la mémoire qui les accompagnait, créant de meilleures conditions à l’émergence, à l’affirmation et à la consolidation du libéralisme », a avancé Pr Kassé pour qui la mémoire n’est rien d’autre que « les processus cognitifs, entendus au plan de la psychologie, c’est à dire, processus par lesquels les hommes passent pour connaître leur environnement et comprendre leur histoire. »

A en croire Augustin Senghor, maire de Gorée et président du Gorée Diaspora Festival, il faut travailler à la construction d’une œuvre de mémoire et de réflexion autour de Gorée. Il a rappelé cette volonté de développer un dynamisme permettant d’aller de l’avant et de préserver l’île mémoire. Mais également de valoriser d’autres aspects en vue de lutter contre ce qui a été « créé pendant la traite négrière et qui est toujours d’actualité ». D’après M. Senghor, il urge de garde vivace cette mémoire afin qu’elle puisse servir à la génération du futur.

Ibrahima BA

La Commission de protection des données personnelles, en partenariat avec le cabinet  Futurs choisis a organisé, jeudi, un  forum de sensibilisation à l’intention de certains corps de métier. La rencontre a permis d’échanger et de communiquer en langue nationale sur l’intérêt de protéger ses informations personnelles face aux risques multiples : évolution des technologies, atteintes à la vie privé sur les réseaux sociaux et installation tous azimuts de vidéos surveillances.

Forte de sa mission de communication et sensibilisation, la Commission des données personnelles (Cdp) a pris l’initiative de rencontrer, jeudi, certains corps de métier évoluant surtout dans le secteur informel, notamment les commerçants, pour échanger avec eux, en langue wolof, sur la loi sur les protections de données personnelles, des missions de la Cdp, l’importance  de  la protection des données personnelles, etc. 

Le séminaire a été également une occasion pour la présidente de la Cdp, Awa Ndiaye, de revenir sur les multiples atteintes à la vie privée enregistrées par la commission et relatives aux réseaux sociaux et à l’installation de caméras de surveillance dans certaines entreprises privées.

L’équipe du cabinet Futurs choisis a présenté, en langue wolof, à l’assistance, les missions et le rôle de la Commission de protection des données personnelles non sans préciser l’intérêt de protéger ses données personnelles que Pr Abdoullah  Cissé a même qualifié de « sutura » en wolof. Pour lui, en un moment de l’histoire, on pouvait se fier à quelqu’un tout en ayant la certitude que le secret pouvait être gardé. Mais, avec la floraison des nouvelles technologies de l’information et de la communication, cette ère est révolue. D’où l’intérêt, pour lui, de protéger ses données personnelles pour ne pas être victime de diffamation, d’escroquerie, comme  il est constaté de plus en plus  sur les réseaux sociaux.  

Atteintes à la vie privée
La présidente de la Cdp s’est aussi exprimée sur l’installation tous azimus de caméras et vidéosurveillances. Selon elle, de plus en plus  de commerçants installent dans  les marchés des caméras de surveillance sans compter les domiciles et entreprises privés qui s’y mettent aussi. Pour Mme Ndiaye, cette installation n’est pas interdite parce que chacun a le droit de se préoccuper de sa sécurité. Toutefois, la présidente demande à ce que les détenteurs de ces caméras de surveillance se mettent en règle par rapport à la loi pour la protection des données à caractère personnel qui régule toute la vidéosurveillance.  

« Les détenteurs de caméras de surveillance doivent se mettre en règle avec la  loi en déclarant ces vidéosurveillances auprès de la Cdp avant de les installer car ils ne doivent pas être installées n’importe où, surtout dans le cadre du travail, dans les entreprises privées », indique-t-elle. A l’en croire, ils ont eu des cas d’ouvriers  qui se sont indignés d’être sous caméras vidéosurveillance 24 h/24h alors que la loi l’interdit et prévoit même des sanctions d’ordre administratives voire pénales.

Les atteintes à la vie privée sur les réseaux sociaux ont été également abordées lors de ce séminaire. En ce sens, renseigne la présidente de la Cdp, au total, ils ont reçu 200 plaintes depuis que la Commission existe, et ce nombre ne cesse d’augmenter non pas à cause de l’installation de vidéosurveillances, mais par rapport aux réseaux sociaux.

« De plus en plus de personnes se voient menacées dans leur intégrité et leur vie  privée. Ces derniers n’hésitent pas à se rapprocher de la Cdp  pour faire effacer certaines de leurs données qui ont été diffusées de façon illicite », informe-t-elle.

Par  Maguette Guèye DIEDHIOU

Le collectif « Kakatar » (caméléon) a ouvert depuis le 15 novembre dernier, à la Galerie nationale d’art, une exposition pour restituer le travail de ses membres autour de la thématique du caméléon. L’exposition fait une présentation de cette structure portée sur les fonts baptismaux en février dernier.

Piniang, Seydou Wade, Abdoulaye Armin Kane, Ibrahima Ndiaye, Sandjiry Niang, Pascal Bama Senghor…dix artistes au total ont imprimé leur inspiration sur une seule et immense œuvre en exposition depuis le 15 novembre dernier à la Galerie nationale d’art. L’idée de cette démarche autour de la thématique du caméléon est de laisser la liberté à chaque artiste, selon sa technique et ses matières, de donner sa propre représentation de cet animal caractérisé par sa grande capacité de mimétisme. Qu’il s’agisse des vidéastes, des peintres ou des sculpteurs, chaque participant contribuera à la création d’une synergie autour du cinéma d’animation. Loin des expositions classiques, cette exhibition cherche à susciter l’intérêt, à mettre en valeur l’aspect intellectuel de chaque artiste. Le grand tableau, composé d’une trentaine d’œuvres faites de petit format, rappelle les différentes particularités du caméléon. Ses membres, sa peau, la mutation de sa couleur, l’aspect graphique de sa peau sont, entre autres, représentés selon la sensibilité de chaque artiste. Par exemple, l’artiste sculpteur et vidéaste, Abdoulaye Armin Kane, s’est focalisé sur la mutation de la peau de l’animal.

Les artistes Ibrahima Ndiaye et Ramatoulaye Sow se sont, de leur côté, intéressés, à travers une installation d’échelles, sur le passage d’une situation précaire à celle d’aisance en comparaison avec les métamorphoses du caméléon. Cet animal renvoie à la philosophie du groupe « Kakatar » comme étant un laboratoire de recherche et de création artistique. L’exposition du collectif « Kakatar », renseigne l’artiste Abdoulaye Armin Kane, est un prétexte pour présenter cette association porté sur les fonts baptismaux au mois de février dernier. Avec un total de dix membres, « Kakatar » veut œuvrer pour le développement du cinéma d’animation, domaine qui n’est pas encore bien présent dans l’échiquier culturel de notre pays. Le collectif a déjà noué un partenariat avec l’Atelier Graphoui de Bruxelles. « Nous voulons davantage vulgariser les techniques du cinéma d’animation dans notre pays », indique Abdoulaye Armin Kane. « Kakatar » qui regroupe différents artistes avec diverses potentialités, cherche à créer une synergie entre ses membres pour un partage d’expérience enrichissante. Le groupe travaille déjà sur sa mise en place d’un studio de production de films d’animation.

Ibrahima BA

Le Centre culturel régional de Kolda a procédé à l’inventaire des instruments et valeurs culturelles de la région. Le pré-inventaire de ce patrimoine culturel immatériel a été validé lors d’un atelier.

La région de Kolda abrite une mosaïque de communautés qui vit depuis des longues années, dans une parfaite harmonie. Cette diversité culturelle constitue une richesse inestimable pour la région qui représente, selon certains, le Sénégal en miniature. C’est, du moins, le constat fait par les participants à cet atelier de restitution et de validation du pré-inventaire des éléments du patrimoine culturel immatériel de la région de Kolda organisé mercredi, par le Centre culturel régional avec l’appui de la Direction du patrimoine culturel national du ministère de la Culture et de la Communication. La rencontre qui a réuni collectivités locales et éminents hommes des lettres, des arts, de la culture et des médias a permis de revisiter ce riche patrimoine culturel immatériel qui fait, aujourd’hui, la fierté de ces différentes communautés. « Cette rencontre s’inscrit dans le cadre global d’un atelier qui s’est tenu récemment à Dakar sous le thème : « Information et mise à niveau sur le format du projet de pré-inventaire du patrimoine culturel immatériel ». Nous avons réuni les collectivités locales, les acteurs socio-culturels, les personnes ressources avec lesquelles nous travaillons sur le terrain pour partager sur les éléments du patrimoine culturel immatériel à proposer à la Direction du patrimoine culturel national », a déclaré Abdoulaye Lamine Baldé, Directeur du Centre culturel régional de Kolda. Il a salué la pertinence des contributions des participants qui ont démontré leurs connaissances et leur parfaite maîtrise des coutumes et valeurs traditionnelles mais aussi, des pratiques et savoir-faire artisanal et traditionnel de la région de Kolda. Ce qui témoigne, selon lui, de la richesse et de la diversité culturelle des différentes communautés qui vivent dans cette partie méridionale du Sénégal. Les échanges ont porté, pour l’essentiel, sur l’élevage et les traditions pastorales, les instruments de musiques traditionnelles dont le Niaaneeru, le Moolaa et le Hoddu, les instruments aratoires, l’habillement et la coiffure traditionnelle, les rituels de fécondité et les jeux traditionnels. Une enquête exhaustive sur ces différents éléments qui seront proposés à la Direction du patrimoine culturel sera menée en 2017 pour mieux approfondir les recherches dans ce domaine, selon Abdoulaye Lamine Baldé.

Mamadou Aliou DIALLO

Pendant longtemps, il a défendu bec et ongles celle qu'il considère comme sa famille. Interrompant par exemple une Taylor Swift timide en plein discours, pour crier tout son amour à Beyoncé, Kanye West s'est souvent attiré les foudres du public. Aujourd'hui, alors que la rupture est consommée avec le couple Carter, c'est finalement sur la chanteuse de « Single Ladies » que le Don peut compter pour assurer ses arrières. On a appris cette semaine que le rappeur mégalo avait eu un gros coup de pompe – « une psychose temporaire » provoquée par une déshydratation et de l'épuisement - qui l'avait envoyé directement à l'hôpital. Et pour lui venir en aide, la femme la plus puissante du monde a usé de son influence. Elle a sommé son mari, JayZ, ancien BFF de Kanye, de se rapprocher de lui. Selon le Sun, la diva a pris en pitié Kanye West aujourd'hui en grande difficulté. Selon une source citée par le tabloïd, « peu importe ce qui s'est passé entre eux, Kanye a toujours été le petit frère de Jay et Jay l'a toujours appelé sa 'familia' ». Du coup, Beyonce et Jay-Z ont maintenant pour projet de se rapprocher du mari de Kim Kardashian « tranquillement et en privé pour éviter toute tempête médiatique, et juste pour lui faire savoir qu'ils sont là pour lui ».

Festival « Metissons » de Saint-Louis
Les responsables de l’Association Métissons ont fait face à la presse, pour évoquer la série de concerts qui va se dérouler du 1er au 3 décembre prochain dans les cabarets, hôtels et espaces privés de la ville de Saint-Louis. Le président de l’Association, Jean Michel, est revenu sur l’esprit "Métissons", un festival né en 2010 et dont l’entrée est gratuite. Pour lui, des concerts se déroulent sur trois jours, avec comme objectif de lancer la saison touristique, avec des artistes programmés qui seront dans les bars hôtels et restaurants de la ville. Ces manifestations se tiendront après le concert d’ouverture à l’Institut français de Saint-Louis.

Cette année, comme d’ailleurs les autres fois, la programmation se partage entre artistes nationaux, africains et européens, ceci afin de faciliter les échanges dans le cadre d’atelier et de résidences. Pour une première fois, « nous seront à l’Institut français de Dakar pour la pièce musicale "Neige Noire" le 1er décembre, une production qui connaît un véritable engouement en France, afin de faire connaître "Métissons" dans la capitale ». Mais pour Jean Michel, il ne s’agit pas de délocaliser la manifestation, mais c’est une approche stratégique de marketing. Plus de 15 concerts sont prévus avec un clin d’œil aux artistes de la diaspora « Tukki » (France-Sénégal), le retour des anciens de « Walo Afro de Saint-Louis », de « Ndioba » (Sénégal-France) et « Elektrees » Sénégal-Suisse). Au-delà, la promotion des artistes en devenir est aussi prévue avec la prestation de la chanteuse  Daba, Max un talent venu de Saly ou encore Ifrikia porte-étendard de la jeune vague saint-louisienne.

La particularité de ce festival réside dans le fait qu’il se veut « chercheur de pépites » et a participé à la promotion d’artistes qui connaissent aujourd’hui un succès certains comme Takéifa, Maréma, Sahad et le Patchwork, Rafa, etc. Un marché de Noël et une exposition de l’artiste plasticien Baye Mballo Kébé sont aussi prévus durant ce festival.

A. M. NDAW

De manière caricaturale, Louis Camara peut être considéré comme un écrivain exotique s’intéressant aux spécificités culturelles pour atteindre l’universalité. Les exquises « promenades » du natif de Saint-Louis dans la mythologie yorouba, qui confère à son œuvre littéraire une certaine originalité, en témoignent. Le lauréat du Grand prix du président de la République du Sénégal pour les Lettres, en 1996, avec son premier ouvrage, « Le choix de l’Ori », parle, dans cet entretien, de ses écrits évoquant le terroir et l’ailleurs, de sa ville, Saint-Louis, de sa mémoire à préserver et de la culture à y revitaliser.

Qu’est-ce qui a suscité en vous cette passion pour l’écriture ?
C’est peut-être bien un penchant naturel. Dès ma plus tendre enfance, j’ai été intéressé par les mots, la musique et la beauté des mots, la poésie. Petit à petit, à force de lire des œuvres, j’en suis venu à avoir envie moi-même d’en écrire. Cela a mis beaucoup de temps à s’installer parce que j’ai publié ma première œuvre littéraire à 46 ans (en 1996). Mais, comme on dit, ce fut un coup d’essai et un coup de maître puisqu’elle a remporté le Grand Prix du président de la République pour les Lettres dès sa publication.

Pourquoi ce « retard à l’allumage » ?
Le plus souvent, c’était des tentatives avortées. Les textes que j’écrivais ne me semblaient pas suffisamment aboutis. Les histoires ne me paraissaient pas bien construites et je ne maîtrisais pas suffisamment certaines techniques d’écriture. L’écriture, c’est aussi la maîtrise de certains paramètres littéraires. En amont, il faut une grande culture littéraire qui passe par la lecture des œuvres. On ne peut pas être un écrivain si auparavant on n’a pas beaucoup lu. A mon avis, il est nécessaire d’avoir beaucoup lu pour ensuite restituer ce qu’on a emmagasiné de manière consciente ou inconsciente.

D’où vient cet intérêt pour la culture yorouba très présente dans nombre de vos productions littéraires ?
C’est un peu le fruit du hasard. J’ai découvert la culture Yorouba à travers un ouvrage de mythes intitulé « 16 grands poèmes d’Ifa » (Ifa est une divinité du panthéon yorouba). Ce livre est une compilation de poèmes divinatoires utilisés par les détenteurs de cette science divinatoire appelés, chez les Yoroubas, les Babalawo. Ces derniers récitent le poème pendant le processus de divination. C’est toute une technique. C’est avec la divination que ces poèmes sont nés. J’ai donc eu accès à cette compilation de textes recueillis par l’autorité suprême de tous les Babalawo du monde, le professeur Wandé Abimbola, qui est également un anthropologue enseignant aux Etats-Unis. Il est en même temps l’autorité suprême de tous les Babalawo du monde. Il a, aujourd’hui, plus de 90 ans. Je suis tombé par hasard sur son ouvrage que j’avais acheté à la librairie Sankoré de Pathé Diagne dans les années 1980. J’y ai découvert des poèmes dans la langue yorouba. J’ai essayé de les comprendre grâce à la traduction anglaise. Un des poèmes divinatoires m’a inspiré une histoire, un récit.

Et à partir de là vous publiez votre première œuvre littéraire…
J’ai pris les éléments de base du poème et je les ai travaillés, malaxés à mon imaginaire pour arriver au « Choix de l’Ori ». Quand j’ai terminé d’écrire ce livre, j’ai pu le faire éditer en 1996 par les éditions « Xamal » de Saint-Louis qui était à l’époque une petite imprimerie appartenant à un Belge qui y était établi. Il me l’avait édité gracieusement. Cela nous a tous les deux porté bonheur. Il s’est fait connaître comme éditeur et moi comme auteur. C’est comme ça qu’est partie ma vocation d’écrivain. Il s’en est suivi des contes inspirés de cet univers. Ensuite, j’ai fait un recueil de nouvelles du terroir (« Il pleut sur Saint-Louis ») qui était, en quelque sorte, un retour au pays après mon voyage chez les Yoroubas. Comme par ailleurs mon dernier livre « Au-dessus des dunes ».

Saint-Louis, terre de mythes, a-t-elle exercé une influence sur votre choix, de manière peut-être inconsciente, de vous intéresser à une culture où se fabriquent justement des mythes ?
Probablement. Saint-Louis est une terre de poésie, de mythes. La poésie et le mythe sont consubstantiellement liés. A Saint Louis, une ville très religieuse, très islamisée, il y a toujours la présence de ces mythes. Je ne suis pas très dépaysé chez les Yoroubas parce que j’ai baigné, dès l’enfance, dans cette ambiance « mytho-poétique » si je puis dire. Ce qui fait que le lien n’a pas été abrupt.

Aujourd’hui justement, est célébré par la communauté yorouba du Sénégal le « Yorouba day ». A cette occasion, vous y animez une conférence. Pouvez-vous nous en toucher un mot ?
Le « Yorouba day » est une fête traditionnelle annuelle célébrée depuis maintenant six ans par les Yoroubas du Sénégal. Je suis invité d’honneur et j’y anime une conférence sur le thème : « Littérature traditionnelle Yorouba : prose et poésie ». C’est un travail de recherche que j’ai mené et dans lequel j’expose les différents genres littéraires oraux dans la tradition yorouba. Ce sont des genres pratiqués jusqu’à présent par des groupes particuliers. Chez les Yoroubas, on fait la distinction entre prose et poésie. La prose est une production orale mais qui est populaire alors que la poésie est le fait de groupes spécialisés.

Comment les Yoroubas perçoivent-ils le fait qu’un Sénégalais s’intéresse tant à leur culture ?
En tout cas, moi, je n’ai eu que des réactions d’accueil très positives. Je pense qu’ils sont très contents que quelqu’un s’intéresse à leur culture et la maîtrise au point même d’en devenir un interprète. Je dis souvent que je ne suis pas seulement un écrivain mais un interprète de la culture yorouba. J’ai beaucoup d’amis au sein de cette communauté. D’ailleurs, mon fils cadet porte le nom d’un ami Yorouba.

Vos écrits s’intéressent à des spécificités locales mais on a l’impression qu’ils transcendent les espaces et les particularités culturelles. Comment arrivez-vous à concilier le particulier et le général ?
On peut être un écrivain du terroir et être très universel en même temps, partir du particulier et aboutir au général. Je pense que l’aspiration de tout écrivain c’est d’être un écrivain international lu et compris par tout le monde. Ce qui fait la qualité d’une œuvre littéraire, c’est son universalité même si elle plonge ses racines dans le terroir parce qu’on part d’un lieu pour aboutir à l’universel. Cela est lié directement au talent plus ou moins affirmé de l’écrivain. Plus un écrivain a une largeur de vue, davantage il maîtrise son art d’écrire. Son œuvre doit être à la fois enracinée et ouverte sur le monde.

On vous surnomme le conteur d’Ifa. Pensez-vous que l’effritement de certaines valeurs fondamentales soit lié à la place de moins en moins importante du conte dans le « formatage » des esprits jeunes ?
L’effritement de tout un pan de nos valeurs culturelles vient de cette désaffection par rapport à ce qui constituait le socle même de l’éducation traditionnelle. Et au cœur de celle-ci, il y avait le conte qui est un art complet. Dans le conte, il y a la narration, le chant, la comédie, le mime, la danse... Le conteur, c’est un artiste complet sachant transmettre des valeurs et communiquer avec le public. Et dans le public, il y avait toujours des enfants qui étaient aux premières loges et qui retiraient la substantifique moelle du conte, la sagesse. Le conte a quasiment disparu de notre univers culturel. Les enfants n’étant plus nourris au lait des contes se tournent vers autre chose, vers Internet. Et c’est logique qu’une autre culture, qui n’est pas de leur apanage, vienne s’installer. Ils imitent des modèles venus d’ailleurs pour abandonner les leurs. Ce travail de déstructuration mentale ne date pas de maintenant. Il a commencé avec la colonisation. Mais, aujourd’hui, il a pris une forme nouvelle plus insidieuse. Malgré les indépendances de nos pays, on n’a pas restauré les valeurs traditionnelles. Dans notre système d’éducation, on ne les enseigne pas. Après plus d’un demi-siècle d’indépendance, on n’enseigne pas nos langues dans nos écoles. Des expériences ont été tentées pour transmettre et enseigner les langues et les cultures africaines. Malheureusement, ça tourne court parce que les gens n’ont pas foi en elles. C’est pourquoi, j’ai beaucoup aimé le livre du professeur Felwine Sarr « Afrotopia ». Il défend cette thèse justement de la reprise en main de notre destin en s’arc-boutant sur nos cultures, sur nos valeurs culturelles endogènes.
Moi, j’estime que tous les contes que j’ai écrits sont enracinés dans les valeurs africaines avec comme source principale la culture yorouba. Mais, ils peuvent être compris par d’autres entités humaines.

La mémoire de Saint-Louis, ville chargée d’histoire, est-elle bien entretenue ?
Non seulement elle est mal entretenue mais elle est même malmenée. Elle est déformée. Les vrais traditionnalistes ne sont plus là à part quelques-uns qui font des efforts de maintenir une certaine forme de tradition historique. Aujourd’hui, on fait face à une modernité dont nous ne maîtrisons pas les paramètres et qui deviennent néfastes. Mais, en s’organisant mieux, en donnant davantage de place à la culture, on peut arriver à des résultats. Imaginez à Saint-Louis, il n’y a même pas de centre culturel digne de ce nom avec tout ce que la ville compte comme écrivains, poètes, hommes de culture. Les comédiens n’ont pas d’espace où s’exprimer. Il n’y a pas de lieu où on peut échanger sur la culture. Il y a ici et là quelques manifestations de grande envergure comme le festival de jazz, celui du film documentaire, la fête du livre. Ce sont des événements ponctuels. Et en général, ce sont des gens extérieurs à la ville qui viennent. Ce n’est pas le public saint-louisien. Il ne s’intéresse pas à la culture.

En plus de cette léthargie, il y a un manque de prise de conscience de ce que la culture peut apporter à la ville en termes de développement global, de ressources économiques au moment où on parle d’industrie culturelle. Il y a aussi une méconnaissance de l’histoire réelle de Saint-Louis. Les vrais connaisseurs de l’histoire de Saint-Louis sont rarement interrogés. Les autorités municipales doivent aussi jouer leur rôle. Il y a des commissions culturelles dans les mairies. Une ville comme Saint-Louis, avec tout ce qu’elle a comme histoire, son patrimoine architectural unique, n’a même pas de bibliothèque municipale. Les rencontres littéraires sont extrêmement rares. Cela ne favorise pas l’éclosion de la culture. On confond souvent culture et folklore.

Aujourd’hui, il y a un plan de restructuration qui est mis en branle pour préserver l’héritage architectural qui est menacé. Toutefois, Il ne faudrait pas occulter le patrimoine immatériel qui anime celui-là matériel. Il faut le faire revivre de manière qualitative avec des hommes appropriés pour le faire.

Propos recueillis par Alassane Aliou MBAYE

L’un est d’origine congolaise, l’autre comorienne, tous les deux sont citoyens du monde. Dans leur projet d’écriture d’un « dictionnaire amoureux de l’Afrique », Alain Mabanckou et Abdourahman Waberi veulent déconstruire certaines idées reçues sur l’Afrique. Présents à Dakar et à Saint-Louis, dans le cadre des Ateliers de la pensée (28-31 octobre), ils nous en ont dit plus sur ce projet, pas seulement politique, mais aussi esthétique et éthique.

Comment est né ce projet de dictionnaire amoureux de l’Afrique ?
Alain Mabanckou : « Ce projet est né de la complicité intellectuelle que nous avons tous les deux, Waberi et moi. Nous partageons la même génération, nous avons la même vision d’une Afrique multiple, libérée. Et puis, au fur et à mesure, nous étions excédés de voir que le portrait que l’on faisait de l’Afrique ne venait pas forcément des Africains eux-mêmes. Dans la collection du dictionnaire amoureux publié en France, on a vu des textes sur l’Afrique et on s’est dit qu’il serait intéressant que les Africains aussi apportent l’explication ou l’illustration de l’Afrique de manière subjective. C’est ainsi que nous avons décidé d’additionner nos subjectivités pour donner ce que serait le dictionnaire amoureux du continent africain. »

Abdourahman Waberi : « C’est un projet populaire, destiné au grand public. Ce qui nous excitait tous les deux, c’était comment inscrire un format qui existe dans les intérêts de l’Afrique nouvelle et comment aussi s’amuser, avoir le plaisir, de convoquer nous-même, de faire une petite mise au point qui a elle-même un rapport avec la thématique dégagée par ce débat. C’est à la fois un travail ludique, d’information, de vulgarisation mais aussi de critique puisqu’il s’agit, dans ce dictionnaire, de convoquer des thèmes, des personnes et d’en laisser aussi de côté. C’est un travail modeste qui doit rester inachevé dans la mesure où il est fragmentaire, la conjugaison de deux subjectivités, comme l’a dit Alain. »

De quelle Afrique voulez-vous parler dans ce dictionnaire, si l’on sait que l’Afrique est multiple ?
A. Mabanckou : « On regarde l’Afrique dans sa mobilité. Aujourd’hui, la définition de l’Afrique n’est pas que continentale et je sais gré à Waberi d’avoir songé de voir un peu l’espace lusophone, hispanique, la diaspora, l’Afrique du Nord, bref l’Afrique dans sa globalité. Ce n’est pas normal, lorsqu’on parle de l’Afrique, qu’on ne voit que la couleur noire. Il faut désormais voir l’Afrique comme tout endroit où se rassemblent des énergies pour illustrer les civilisations venues du continent africain. Certains pourront dire que c’est une néo-négritude. On dira oui, pour une fois, au moins, nous sommes, en tant qu’héritiers, reconnaissants de ce que les aînés avaient fait, mais maintenant nous voulons donner à la danse notre petit rythme, fut-il très petit, mais qui est nécessaire dans la lecture globale de l’Afrique. »

A. Waberi : « Ça pourrait être un double album et, évidemment, quand on regarde un double album, on dira qu’il y a des oublis. On ne prétend pas à la totalité, ce sera une espèce de morceaux choisis des cultures africaines ».

Propos recueillis par S. KA

Le samedi 26 novembre prochain sera organisée, au Grand Théâtre national, par l’Association socio-culturelle Bharat-Pehchane, une soirée hindophile. L’événement mettra en lumière des troupes de danse sénégalaise et celle formée par l’initiateur de l’événement, le maître Somnath Mukherjee.

Les organisateurs, qui ont rencontré la presse mercredi dernier, se donnent comme objectif de raffermir les liens d’amitié, de fraternité et de solidarité entre le Sénégal et l’Inde. C’est également une occasion pour eux de mettre en relief les similitudes entre la danse hindoue et celle-là sénégalaise et la diversité des troupes hindoues qui pourront ainsi se retrouver. Selon Ousmane Noël Cissé, directeur artistique du Grand Théâtre, chargé de la production et de la maintenance, cette manifestation est en parfaite cohérence avec l’esprit du Grand Théâtre national qui est « un lieu d’expression des diversités. Il est essentiel de cultiver cet esprit en donnant la possibilité aux artistes de montrer leur savoir-faire, leur talent ». Cela est d’autant plus nécessaire que la culture indienne se développe au Sénégal par-delà ses films qui ont marqué plusieurs générations de Sénégalais.

La première partie sera réservée au ballet indien composé par des troupes régionales. La deuxième sera consacrée à la culture sénégalaise avec un spectacle de percussion et de la comédie. En dernier lieu, la troupe Bharat-Pehchane conduite par le danseur-chorégraphe indien Somnath Mukherjee montrera la riche palette de la culture hindoue. Cet homme, initiateur, avec le Grand Théâtre, de cet événement, se consacre, depuis trente ans, à la danse indienne au Sénégal.

Somnath Mukherjee et ses partenaires espèrent ainsi « favoriser le développement d’une coopération culturelle entre le Sénégal et l’Inde car il est fondamental de maintenir les acquis et de pérenniser, dans le temps, des événements de cette dimension ». Il est évident, selon eux, que la coopération économique passe nécessairement par une bonne intégration des deux communautés. Celui qui, durant des années, a participé à les rapprocher par la culture, Amadou Badiane, sera décoré lors de cette soirée ainsi que plusieurs autres personnalités.

Alassane Aliou MBAYE

L’enseignant chercheur, écrivain et poète sénégalais, Amadou Elimane Kane, vient d’être primé au Prix littéraire Fetkann ! Maryse Condé 2016. Il décroche ainsi la mention spéciale du jury dans la catégorie Poésie pour le caractère pédagogique de l'action poétique de l’ensemble de son œuvre aux Editions Lettres de renaissance. Militant panafricain, M. Kane est considéré comme le chef de file de la nouvelle génération des poètes africains. 

Selon un communiqué du Centre d'information, de formation, recherche et développement pour les originaires d'Outre-Mer, « la poésie d’Amadou Elimane Kane est faite de mélopées et de rythmes traversés par un souffle puissant qui entraîne le lecteur dans l’univers emblématique de l’auteur ». Ainsi, « de sa voix pénétrante, le poète de la renaissance africaine permet aux poèmes de s’installer au plus profond de l’oreille de son auditoire, donnant à chaque mot le sens de sa plénitude ».

Prix internationale africaine 2006, le poète Amadou Elimane Kane, « ancre son œuvre dans la vision d’une Afrique sans complexe et tournée vers sa renaissance ». Ses convictions et ses recherches dans le domaine du patrimoine historique et culturel africain l’ont conduit à créer l’Institut culturel panafricain (Icp) de Yène afin d’y promouvoir toutes les formes d’expression artistique et culturelle dans une perspective de connaissance et d’ouverture. Il est auteur de plusieurs ouvrages parmi lesquels figurent : « Les Soleils de nos libertés », « Enseigner la poésie et l’oralité », « L’Ami dont l’aventure n’est pas ambiguë », « Les Fondements historiques du panafricanisme expliqués à la jeunesse ».

Le Prix Fetkann de la Mémoire est revenu à Gaël Faye, « Petit pays » Grasset 2016 ; le Prix de la recherche a été attribué à Pierre Vermeren pour  « Les chocs des décolonisations, de la guerre d'Algérie aux printemps arabes, éditions Odile Jacob 2015 ; le Prix de la jeunesse est décerné au Collectif Le Petit Quotidien pour « La république et ses valeurs expliquées aux enfants, Aux grands aussi parfois ! » Editions Play Bac, 2015. Joël Chaux pour « Des rosiers », éditions Tryptique, 2015, s’adjuge du Prix Fetkann de la poésie.

Ibrahima BA

Une centaine d’enfants des ressortissants de Mlomp (Casamance), établis à Tambacounda, ont été initiés au rituel du « Boucout ». A cette occasion, un pan de la culture diola a été revisité à leur retour.

La communauté diola de Mlomp résidant à Tambacounda a fêté ses nouveaux initiés fraîchement sortis du « Bois sacré ». La cérémonie traditionnelle d’initiation dénommée « Boucout » en diola a été organisée au mois de juillet dernier. C’est une manière pour cette communauté de remercier toute la population de Tamba qui a soutenu la délégation qui s’est rendue à Mlomp. Tous les ressortissants de la Casamance se sont associés pour communier dans une belle ambiance.

Et pour faire revivre la phase traditionnelle de ce « Boucout » à ceux qui n’ont pas eu la chance de se rendre à Mlomp, une cérémonie a été récemment organisée avec les initiés habillés en tenue traditionnelle. Selon Serigne Diattta, représentant des ressortissants de Mlomp à Tambacounda, le « Boucout » est une cérémonie d’initiation organisée en pays diola. Et l’avant-dernière cérémonie remonte à 1980, soit plus de 36 ans.

M. Diatta de préciser que tous ceux qui ont été très jeunes en 1980, ont été enrôlés cette année. Selon Djibril Sambou de Tendouck, villagecousin de Mlomp, tout jeune doit passer par ce rituel pour intégrer la vie des adultes. C’est dire que le passage au « Bois sacré » est une obligation pour être considéré comme « adulte ». 

A la fin de la cérémonie, des prières dirigées par Abdoulaye Sané ont été formulées pour une paix durable dans le monde et plus particulièrement au Sénégal.

Pape Demba SIDIBE

Les délégations qui doivent prendre part au XVIe Sommet de l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif) commencent à arriver à Antananarivo, la capitale malgache. Partout dans la ville, les drapeaux des membres flottent. Une forte présence des forces de l’ordre est visible sur les grandes artères et places publiques qui vont abriter les différentes manifestations. 

Le président de la République malgache en compagnie d’une forte délégation et la secrétaire générale de l’Oif, Michaëlle Jean, a inauguré le Village de la Francophonie. C’est une véritable foire où des stands sont réservés aux pays participants et aux différents opérateurs de l’institution francophone.

Quelques jours avant l’arrivée des chefs d’Etat et de gouvernement, la secrétaire générale a présidé, ce mardi 22 novembre à Antananarivo (Madagascar), la 99e session du Conseil permanent de la Francophonie (Cpf) qui rassemble les représentants personnels des chefs d’Etats et de gouvernements de l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif). Les représentants ont souligné leurs très fortes préoccupations face aux actes terroristes qui continuent de frapper et d’endeuiller l’espace et ont appelé à un approfondissement de la coopération internationale pour y mettre fin. Ils ont salué la forte mobilisation de la secrétaire générale à travers l’organisation de la conférence internationale sur la lutte contre le terrorisme et la prévention de la radicalisation violente en juin 2016 à Paris et l’initiative "Libres Ensemble", ainsi que son plaidoyer devant le Conseil de sécurité des Nations unies.

Force de proposition et d’action
« Ce XVIe Sommet de la Francophonie, mon premier en tant que secrétaire générale, sera l’occasion d’illustrer la force de proposition et la force d’action de notre organisation. Que ce soit en matière de développement économique équitable et durable, d’éducation, de coopération, de sécurité et de démocratie, ou encore du rôle et de la place des jeunes et des femmes, la Francophonie est un espace de toutes les possibilités et de toutes les solutions. C’est donc avec beaucoup d’espoir et d’enthousiasme que je me rends à Antananarivo pour partager avec tous les acteurs de l’espace francophone, et surtout avec le peuple malgache, la promesse de cette Francophonie du XXIe siècle », a déclaré la secrétaire générale visitant le Village de la Francophonie. Après la 99e session du Conseil permanent de la Francophonie (22 novembre), suivie de la 32ème Conférence ministérielle de la Francophonie (23-24 novembre), c’est au tour des chefs d’Etat de se réunir (26-27 novembre) pour le grand XVIe Sommet.

Sous le thème « Croissance partagée et développement responsable : les conditions de la stabilité du monde et de l’espace francophone », le Sommet de Madagascar réunira de nombreux chefs d’État et de gouvernement et près d’une soixantaine de délégations membres de l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif).

Développement durable
Outre les questions d’actualité relatives à la situation politique, sécuritaire et économique au sein de l’espace francophone, les discussions entre chefs d’État et de gouvernement porteront également sur les questions touchant l’environnement, le développement durable et l’entreprenariat des jeunes et des femmes. Ce sera aussi l’occasion pour la secrétaire générale de présenter les actions entreprises par l’Oif depuis l’adoption de la feuille route du Sommet de Dakar, et plus particulièrement de la nouvelle Stratégie économique pour la Francophonie. Parmi les décisions attendues à Madagascar figurent l’adhésion de nouveaux membres ainsi que le lieu du prochain Sommet en 2018. Pour la première fois, une vingtaine de jeunes francophones âgés de 18 à 30 ans participeront et seront associés aux travaux du Sommet. La jeunesse sera tout particulièrement mise en valeur à l’occasion d’une journée entièrement consacrée aux jeunes, le 25 novembre, au Village de la Francophonie.

De notre envoyé spécial, Babacar Bachir SANE

Offrir aux artistes une meilleure condition de vie, plus de considération de la part du public, par la promotion du droit d’auteur et des droits voisins en s’appuyant sur une structure modernisée et plus égalitaire, tel est le credo de Ngoné Ndour, présidente du Conseil d’administration de la Société du droit d’auteur et des droits voisins (Sodav). Elle a été invitée à Genève, par l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (Ompi).

GENEVE- (Suisse) - La nouvelle société de gestion collective dont elle est la présidente veut relever les défis. C’est dans ce cadre que Mme Ngoné Ndour a fait un voyage, le 21 novembre, à Genève, pour rencontrer les autorités de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (Ompi). Cette dernière qui souhaite accompagner la présidente dans sa démarche s’est dite disposée à participer à la formation des administrateurs, de la direction et de certains employés de la Sodav.

De nombreuses perspectives sont annoncées entre l’Ompi et la Sodav. Ngoné Ndour qui mesure toute sa responsabilité s’empresse de voir ce que cela va donner dans l’avenir car, dit-elle : «  Je sais que je n’ai pas droit à l’erreur ». En effet, prenant part à la réunion entre les deux parties, une fonctionnaire de l’Ompi s’exclame : « Nous sommes très intéressée par l’expérience sénégalaise avec la Sodav, car c’est une première en Afrique de l’ouest et si cela réussit, cela pourrait faire tache d’huile au niveau de la sous-région. » De même, l’Ompi accompagne naturellement le Sénégal, un de ses Etats membres, pour une meilleure prise en charge, notamment des droits du monde culturel et artistique. L’Etat du Sénégal soutient également la Sodav. A la rencontre, à Genève, le gouvernement était représenté par le ministère de la Culture avec la présence du conseiller technique numéro 1, Aziz Dieng, et du chargé des questions liées à la propriété intellectuelle de la Mission du Sénégal à Genève.

Elue démocratiquement par ses pairs, en octobre dernier, à l’issue d’un vote qui s’est déroulé à la Direction du patrimoine culturel, la présidente de la Sodav se présente comme une femme de culture, qui gère une entreprise musicale et de production audiovisuelle et de grands évènements. Depuis des années, elle se bat, dit-elle, pour la modernisation de la structure devant accompagner les artistes dans le respect de leurs droits. Elle estime : « Les artistes, les ayants-droit de la société, s’attendent à avoir un meilleur avenir, à une gestion plus équitable de la société, etc. Avec notre vision de modernisation par un système de paiement et de répartition plus équitable, nous comptons mettre plus d’argent dans la poche des artistes et les aider à être des citoyens concernés et à mieux vivre.»

El Hadji Gorgui Wade NDOYE
(Correspondance particulière)

Tidiane Dioh est le responsable de programmes médias à l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif). Présent à Madagascar pour les besoins des assises de la presse francophones, il évoque dans cet entretien l’actualité de l’économie des médias dans les pays en développement. Entre le thème des assisses de l’Union de la presse francophone, les brouillages de fréquences radios dans certains pays en Afrique, il a donné des perspectives d’action du programme médias de l’Oif.

Quel regard portez-vous sur l’environnement économique dans lequel les médias du sud évoluent ?
Je crois que pour réfléchir à l’état actuel de l’économie des médias dans les pays du sud en général et particulièrement en Afrique, il faut analyser le contexte dans lequel ces médias évoluaient. Pour analyser ce contexte dans lequel ces médias évoluent, vous devez posséder l’histoire. J’ai essayé, hier, d’expliquer, lors de la table ronde dans laquelle je suis intervenu, qu’en réalité, les médias dans les pays du sud, depuis 200 ans, n’ont pas été suffisamment préparés à être des médias avec une économie performante. Je m’explique. Ce sont des médias qui avant les indépendances étaient des médias anticoloniaux ou syndicalistes ou d’obédiences religieuses. Mais après les indépendances, c’étaient des médias qui, à juste titre, à tort ou à raison, ont été mobilisés pour la construction des Etats-nations, pour défendre, notamment lors de la période de guerre froide, des idéologies, et enfin, lorsqu’il s’est agi de jouer un rôle de pacification après les crises du Rwanda et ce qui s’est passé un peu partout en Afrique centrale, les médias ont été mobilisés pour faire œuvre de réconciliation. Donc voilà des médias qui, depuis plusieurs années, notamment depuis 200 ans, passent tout leur temps à faire tout, sauf, se préparer à gagner de l’argent. Peut-être que l’on a raison de leur assigner ces fonctions-là. Mais aujourd’hui, si l’on veut que les médias deviennent des médias performants sur le plan économique, il faudrait complètement changer de paradigme, repenser leur rôle dans la société et les mettre dans des conditions susceptibles de leur faire gagner de l’argent. Ces conditions, c’est une fiscalité précise et claire ; une culture managériale de ceux qui animent les médias ; une nouvelle génération qui serait différente de la génération des années 1990 dont j’ai dit, (c’est tout à leur honneur d’ailleurs), qu’ils avaient une vision presque messianique du journalisme, parce que de leur côté, gagner de l’argent n’était pas leur préoccupation première. Ils voulaient faire du journalisme, parce qu’ils voulaient donner une bonne information. Parce qu’ils pensaient que c’était une chose tout à fait normale. Je pense que c’était normal pour leur époque. Il me semble qu’une nouvelle génération doit émerger et être formée aux techniques pointues du management et qui gagnerait de l’argent. Et que dans cette perspective, qu’il convient de penser l’économie des médias dans nos pays.

Quel commentaire avez-vous à faire par rapport à cette manie que certains Etats ont à brouiller voire à fermer les organes de presse durant les périodes d’élections. L’exemple le plus proche est celui de la Rdc…
J’espère que ce n’est pas une tendance qui a vocation à se perpétuer. Je ne dirai que ce qu’a dit ma secrétaire générale devant la plus haute instance des Nations unies, à savoir le Conseil de sécurité des Nations unies, il y a quelques semaines, lorsqu’il a été constaté que le signal de deux radios, la Radio France International (Rfi) et la radio Okapi ont été brouillées sur le territoire de la République démocratique du Congo. Elle s’est élevée contre cette pratique, et si l’on doit aller si loin dans la partie technique même de la chose, je crois que, malheureusement, ce sont des choses qui ont tendance à être inutiles et inefficaces, pour la simple et bonne raison, qu’il y a tellement de possibilités, aujourd’hui, d’écouter les radios internationales, notamment Internet, ou éventuellement un autre moyen beaucoup plus évolué. L’autre chose est que, dans l’absolu, quelles que soient les raisons, la période, la méthode utilisée, à la fin des fins, cela ne fait que donner une très mauvaise image du pays ou du gouvernement qui pratique une telle forme de censure. Je crois qu’il y a d’autres manières de procéder. Il faut toujours privilégier la voie du dialogue plutôt que celle qui consiste à rompre le signal d’une radio.

Vous êtes le chargé de programmes médias à l’Oif. A quoi la presse francophone peut s’attendre de la part de votre institution ?
L’Oif va continuer de faire ce qu’elle fait depuis un certain nombre d’années. J’ai dit hier (Ndlr : lundi dernier) dans le discours de la secrétaire générale de la Francophonie que j’ai eu l’honneur de prononcer devant l’assistance lors de la cérémonie d’ouverture des assises. La secrétaire générale a dit que l’Oif était sensible à toutes les questions relatives aux médias francophones en général, mais particulièrement aux médias du sud, depuis 1998. Nous avons accumulé une expérience assez solide sur plusieurs années, presque 20 ans maintenant.

Nous avons un Fonds d’appui à la presse qui a aidé depuis 20 ans, depuis 1998, près de 170 publications à travers le monde. Nous avons développé au fil des ans des plans spéciaux.

D’abord pour les agences de presse francophone. Ensuite, aujourd’hui, nous avons réussi à procéder à une régionalisation des programmes médias, à savoir que les pays arabes sont maintenant exclusivement contenus et gérés par une ligne de crédit spéciale. Les pays d’Asie du Sud-est et d’Europe centrale, dont l’ancienne Europe communiste, de même. Et pour le reste, nous travaillons beaucoup en synergie pour des associations comme l’Union internationale de la presse francophone qui est un de nos partenaires privilégiés, mais aussi beaucoup d’autres associations qui concourent à l’amélioration des qualités de travail des journalistes.

Propos recueillis par Babacar Bachir SANE, envoyé spécial à Madagascar

Une salle en délire a accueilli, dimanche soir, le leader du « Super Etoile » qui, malgré une petite fatigue, a gardé sa voix de rossignol et démontré toute sa maîtrise de l’art du Mbalax dont il connaît toutes les cordes. Le Roi était à Genève, avant de continuer son chemin pour Zurich et Bruxelles.

Approché à la fin du concert, Youssou Ndour qui dit avoir déjà réservé une interview exclusive à un journal sénégalais pas membre de son groupe de presse, dira juste à votre serviteur : « Je ne suis pas en tournée. Les organisateurs des concerts de Genève, Zurich et Bruxelles ont juste saisi l’opportunité de ma prestation au Bataclan ». A Genève, un dimanche soir, Youssou Ndour a réussi à réunir près de « 950 personnes », révèle l’organisatrice.

Le concert a commencé un peu lentement avec une sorte de prière que rend Youssou Ndour de Mame Marie Sène à son Seigneur pour lui demander Pardon, de tout ce qu’il a pu faire et que Lui n’aurait pas aimé. Ce morceau « Jeegelnu » (forgiveness), le quatrième de l’album Africa Rekk, l’artiste, grand maître de la communication, l’aura rendu œcuménique en s’expliquant devant le public : « Chacun peut avoir fait du mal à son prochain sans s’en rendre compte, d’où l’importance de s’excuser auprès de son prochain ». Tu peux être dans ton hélicoptère qui propage de la poussière aux passants au décollage et ou l’atterrissage, tu as inconsciemment fait du mal à quelqu’un, alors c’est bon de s’excuser, justifie You.

Jouant de sa voix suave, Youssou fait appel à Serigne Bamba Mbacké Khadim Rassoul, ce grand mystique sénégalais exilé de force par le colon français au Gabon dans un climat hostile et pourtant, le Cheikh a pardonné à son malfaiteur. Quand il entonna « Bamba », la salle l’accompagna comme pour faire parvenir jusqu’à Touba la Sainte, les louanges au fils de Mame Diarra Bousso que de nombreux Sénégalais fêtaient la veille. S’en suivent plusieurs autres morceaux entraînants comme « Dem-Dem », « Set », « Emigré », avant que l’un des défenseurs d’une nouvelle Afrique, bien au cœur de l’Histoire et du monde en marche entonne « New Afrika », le poing fermé et levé au ciel. Une invite à respecter l’Afrique, le continent premier, berceau de l’Humanité.

Mbaye Dièye Faye, le fidèle ami et percussionniste du « Super Etoile » avait averti le public : « C’est le Roi du Mbalax que tu reçois ce soir Genève ». Assane Thiam acheva le public avec son « tama ». Ses aisselles portaient haut le doux parfum de cet instrument magnifique qui acheva le public.

El Hadji Gorgui Wade NDOYE (correspondance particulière)

Le programme d'inventaire du patrimoine culturel immatériel sera engagé en 2017 à la suite des éléments identifiés dans le cadre du pré-inventaire entamé dans toutes les régions du Sénégal. L'annonce a été faite, mercredi, au centre culturel régional de Fatick, par le coordonnateur du pré-inventaire national du patrimoine culturel mmatériel au ministère de la Culture et de la Communication, Oumar Badiane. Il intervenait lors d'un atelier de validation de la liste de la région de Fatick. Les acteurs culturels de la région  ont assisté à la rencontre.

La région de Fatick a validé son programme de pré-inventaire de son patrimoine culturel immatériel. Oumar Badiane, coordonnateur national du pré-inventaire du patrimoine culturel immatériel au ministère de la Culture et de la Communication, a expliqué, lors d’un atelier, que le pré-inventaire est un exercice qui consiste à essayer, dans chaque localité, de jauger le potentiel. Selon lui, dans ce cadre, il s'agit de discuter avec les communautés, les acteurs culturels, pour s'entendre sur un certain nombre d'éléments qu'il faut retenir en vue de l'inventaire, parce qu'un inventaire est un exercice très sérieux.

Pour Oumar Badiane,  il faut confronter toutes les sources pour être sûr que les informations obtenues sont fiables. Pour le pré-inventaire, il a indiqué qu'il faut le faire en deux temps. Dans un premier temps, a-t-il soutenu,  il faut un repérage pour le pré-inventaire et les pré-inventaires sont coordonnés par les directeurs des centres culturels qui travaillent avec les groupes d'experts, les acteurs culturels qui connaissent les différents éléments à répertorier. Le coordonnateur du pré-inventaire a souligné que le procédé permet d'avoir  une vue sur la diversité culturelle du pays, la richesse du génie créateur de nos différentes collectivités. Pour Oumar Badiane, un inventaire révèle l'identité de chaque communauté. Selon lui, l'objectif premier de mise en valeur du patrimoine, c'est l'éducation et  l'autre élément c'est ce qu'on appelle la mise en tourisme. Aussi, a-t-il dit, chercheurs, universitaires  ont également des éléments qu'ils peuvent creuser pour participer à la constitution du savoir. De plus, il a fait savoir qu'il y a plusieurs autres dimensions comme la valorisation. M. Badiane a signalé que  tous les programmes de pré-inventaire seront clôturés à la date du 25 novembre sauf la région de Diourbel qui a bénéficié d'une prolongation à cause du Magal de Touba. Mais, a-t-il confié, cette région tiendra son atelier de restitution le 25 novembre. Après cela, a-t-il affirmé,  il y aura  un travail qui doit se  faire sur la base des activités menées dans les régions. « Cela va constituer une synthèse de ce patrimoine culturel immatériel pour constituer une exposition qu'on va présenter au Festival national des arts et de la culture qui va se dérouler en décembre à Kolda », a-t-il révélé.

Pour lui, il y aura déjà ce cadre de restitution qui sera fait en marge du festival. En 2017, a-t-il annoncé,  le programme d'inventaire sera engagé sur la base des éléments pré-identifiés.

Oumar  Ngatty BA

La commune de Gandiaye, ancienne capitale du canton de Diokoul-Gandiaye, va abriter, le 3 décembre, le forum des chefs de province du Saloum, sous la présidence effective du ministre de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye. Une occasion pour ces chefs traditionnels d’apporter leur contribution à l’œuvre de développement économique et social impulsé par le président Macky Sall.

L’ancien royaume du Saloum va se rappeler au bon souvenir de la jeune génération née après les indépendances. Ce sera le 3 décembre prochain à Gandiaye, à l’occasion d’un forum des chefs de province du Saloum. Une manifestation initiée par l’association regroupant des figures de la chefferie traditionnelle dans cette partie centrale du pays avec le soutien du ministère de la Culture et de la Communication. « C’est une vieille doléance que le ministre Mbagnick Ndiaye vient de satisfaire en nous aidant à organiser la première édition du forum des chefs de province du Saloum qui va se tenir à Gandiaye, sous la présidence d’honneur de son excellence le président de la République qui a personnellement encouragé le projet en rapport avec le ministre de la Culture. Le Premier ministre pourrait, si son calendrier le lui permet, venir présider cette manifestation », a indiqué Babacar Mbodj Bour Gandiaye, hôte de l’événement, en marge d’un atelier de pré-inventaire du patrimoine culturel immatériel à Kaolack.

La rencontre de la capitale du Saloum, à laquelle vont participer une quinzaine de chefs de province de cette région, dont ceux du Saloum, de Djilor, du Ndoucoumane, aura pour thème « Culture et développement ». « L’occasion nous sera donnée de transmettre à la jeune génération les vertus et valeurs qui ont permis à des chefs traditionnels, bien avant l’arrivée de la puissance coloniale, d’administrer de vastes provinces en s’appuyant sur de véritables gouvernements locaux avec le Bour, le Farba, le Saltigué et le Dialigué comme ce fut le cas ici à Gandiaye », a rappelé M. Mbodj. Une réunion préparatoire à ce forum s’est tenue en présence du chef de service régional de la culture de Kaolack. « Tout est fin prêt pour organiser cette grande première qui, nous l’espérons, va inspirer les chefs de province des autres régions, en vue de la mise en place d’une organisation nationale pour apporter notre expérience et notre vécu dans l’administration des hommes au président de la République, Macky Sall », a poursuivi Bour Gandiaye.

Ce forum sera organisé concomitamment avec les activités commémorant le vingtième anniversaire de l’érection de Gandiaye en commune, sous l’égide de l’édile de cette cité, Pape Songde Diop, qui, à cette occasion, va lancer les chantiers de modernisation de sa collectivité territoriale.

Elimane FALL

Il y a cent ans jour pour jour, le 22 novembre 1916, disparaissait l'un des écrivains américains les plus importants de notre temps : Jack London. C’est l’occasion d’une commémoration internationale avec la publication de nouveaux livres, la diffusion d'un film et surtout l'entrée dans la Pléiade de ses œuvres.

Cent ans après sa mort, Jack London suscite toujours autant d'enthousiasme et tant mieux. C'est l'occasion de redécouvrir non seulement l'ampleur de son œuvre composée de romans, récits et nouvelles, soit plus de 3. 000 pages publiées dans deux volumes de la prestigieuse collection littéraire La Pléiade, mais également l'incroyable existence qu'il a menée : une vie d'aventures étonnante, comme on le découvrira le 3 décembre sur la chaîne Arte avec le film « Jack London, une aventure américaine », signé par un amoureux fou de l'écrivain, Michel Viotte.

Ce documentariste et auteur a signé aussi un superbe livre, « Les vies de Jack London », car l’écrivain américain a vécu plusieurs existences en une seule. C’est sans doute l'homme qui tenait le moins en place et qui se lançait des défis sans cesse. Mais il a eu deux constantes dans sa vie : la littérature et les voyages sur tout le continent nord-américain, en Asie, en Europe et surtout dans le Pacifique. Ce qui l'inscrit dans la tradition des écrivains voyageurs dont il était très admiratif.

rfi.fr

Les représentants des cinq Comités de lecture ont sélectionné 10 ouvrages finalistes représentant 10 pays pour la 15ème édition du Prix des cinq continents de l’Organisation international de la Francophonie. Le roman « Vol à vif », Éditions Dodo vole, 2016, du Malgache Johary Ravaloson figure parmi les finalistes.

Johary Ravaloson est présenté comme un auteur qui apprécie les livres depuis l'enfance, grâce à une fréquentation assidue des bibliothèques de la ville. Après des études secondaires au Collège Saint-Michel, le natif d’Antananarivo part à Paris pour y faire son droit, puis séjourne à La Réunion avant de retrouver en 2008 sa ville natale. Parallèlement à ses activités de juriste, il écrit nouvelles et romans, et publie également des textes pour la jeunesse. « Vol à vif », Éditions Dodo vole, 2016, est son troisième roman. Ravaloson y peint l’arrière-pays malgache.

Extrait :
« (…) « Allons ! » dit Iaba en se levant avec l’aide de sa canne, et sans plus d’explication. Il détacha la tente de ses mâts, la donna à plier à son aide. Pour ce qu’il avait à faire, il avait besoin non pas de quelqu’un de plus sûr que Dzaovelo — il connaissait la ténacité de son jeune assistant, et sa sagesse l’étonnait déjà lorsque, adolescent, il lui avait été confié l’année de l’indépendance, il y avait de cela quatorze ans. Dzaovelo, fils du mage de la Porte, n’avait pas seulement cette sagacité des enfants habitués, à peine éloignés des seins maternels, à l’observation des choses et de leurs liens, il distinguait en outre clairement l’harmonie de l’ordre établi. Depuis longtemps déjà, Iabamino savait qu’il léguerait le bois bleu à Dzaovelo quand lui-même se retirerait. Ainsi, après des générations durant lesquelles le bois bleu avait été près du Roi des Baar et Maître des reliques, il s’en irait plus au nord. Ce qui ne devrait rien changer d’après Iabamino puisque le détenteur du bois bleu est au service de tout le monde. À la lecture des derniers événements cependant, il parut à Iabamino que ce legs et le déplacement du bois bleu prendraient un autre sens. Pour l’instant, il avait besoin de quelqu’un de moins investi, d’un médium pourvu à la fois d’un destin harmonieux et d’un coeur bien accroché. Il voulait plus de lumière. À part la toile de tente que Dzaovelo emporta, ils laissèrent tout sur place. Au centre de l’armature de bois, dans une clairière où les pierres s’amoncellent et où les cornes de zébus poussent, les figures de sikid restaient ainsi à découvert avec, devant, l’assiette d’eau lustrale, et gisant à côté, le coq mort.

« Ceci ne vient pas d’une culpabilité terrestre » commença Iabamino, quelques heures après qu’ils eurent quitté l’endroit des serments publics et que le saint homme eut envoyé en avant son jeune aide préparer le nécessaire pour une cérémonie de bilo. C’était encore le matin. Iaba, Péla-Soue et l’enfant sans nom se tenaient à une autre croisée, celle du chemin des dunes et de la route nationale, une piste plus large faite de la même terre battue rouge mais sur laquelle ils pourraient attraper un taxi-brousse. La mère, sur sa robe indienne toute simple, dont la couleur se fondait avec l’ocre de la butte où ils étaient assis, portait un lamba bariolé avec lequel elle couvrait aussi le bébé. Iaba profitait du temps de répit. À l’horizon, les nuages, auparavant longs fils duveteux, s’épaississaient et se divisaient en pelotons bien alignés prêts pour la revue solaire. Un peu partout, rompant la monotonie de la savane, des zébus sortis de leur parc paissaient tranquillement. Tout le plateau ne semblait être dédié qu’à ces boeufs à bosse. Vieille savane, pâture libre des zébus bleus, disait la chanson. Il n’y a pourtant jamais eu de ces animaux mythiques ici. Il y eut la forêt. Le feu. Plusieurs fois de suite. Sur les cendres du dernier brûlis, un carré de coton fut travaillé. La savane gagna sur le reste. Lorsque les champs de coton furent abandonnés (à cause de la concurrence de l’Asie du Sud-Est, ou du nylon ?), la mer verte envahit tout ; à part la route nationale qui y serpente sur une centaine de kilomètres, du nord au sud, rouge et poussiéreuse.

L’enfant, expliqua Iaba, était né effectivement, comme le prétendait Markrik, un très mauvais jour, à la bouche du Kosh. C’était le lendemain de la lune noire alors que l’astre se trouvait entre les pinces du scorpion. C’était inscrit dans le calendrier du ciel et ce n’était donc pas une nouvelle. Iaba d’ailleurs avait procédé à des balayages de destin pour deux autres enfants dans le courant de la semaine. Si l’on ne la conjurait pas, cette tare de naissance pouvait aller jusqu’à tuer père et mère du malheureux. Il fallait agir vite. Le destin se renforçait en effet et atteignait sa pleine maturité en quatorze jours. Et, s’il n’avait pas frappé jusque-là, commencerait à frapper. Dans le cas de l’enfant de Péla-Soue, la culpabilité aux cieux que révélait le sikid annonçait un destin plus ravageur encore. L’effacer exigerait peut-être la vie de l’enfant. À la rigueur, pouvait s’y substituer uniquement celle du père.

— La vie de Markrik est trop douce pour qu’il y renonce, dit Péla-Soue avec fatalisme. Il ne veut pas mourir, il nous tue.

— Il y a aussi d’autres raisons, ma fille, à cause desquelles je suis là. Il y en a au moins deux que j’ai pu lire dans le sikid. La douzième et la treizième des seize rubriques, celle du roi et celle des ancêtres, expriment des désordres qui risquent de s’étendre sur toute la région et même plus loin encore. L’enfant, dans la cinquième, semble être présenté à la fois comme la source du mal et la solution. Les autres rubriques, à part la huitième, sont toutes très chargées mais illisibles.

— La huitième, l’ennemi, c’est Markrik ? C’est clair, non ?

—… Oui, répondit Iaba en hésitant. Le sikid évoque un péril en la demeure mais en même temps, il dit que le monde est grand...

Mon art ne peut pas tout dire, reconnut-il en poursuivant. Tout ce que je sais, c’est qu’un mal plus terrible que la mort d’un de ses enfants menace la société toute entière. Et c’est mon rôle de le prévenir.

—C’est toi qui fais le jour, Iaba...

—Oh ! sourit Iaba. Dans notre métier on nous appelle en effet faiseurs de jours, c’est une expression un peu courte. En vérité, nous ne faisons que les lire.

Un nuage de poussière à l’horizon annonçait une voiture. Iaba se releva en s’appuyant sur sa canne de bois bleu. Il continuait à sourire en regardant Péla-Soue, puis le bébé qui n’arrêtait pas de téter malgré son funeste destin. (…) »

Une présentation d’E. Massiga FAYE

Les représentants des cinq Comités de lecture ont sélectionné 10 ouvrages finalistes représentant 10 pays pour la 15ème édition du Prix des cinq continents de l’Organisation international de la Francophonie. Le roman « Villa des femmes » (Seuil) figure parmi les romans en compétition. Son auteur, Charif Majdalani, y évoque l’âge d’or du Liban des années 1960.

Natif du Liban, l’écrivain Charif Majdalani enseigne les lettres françaises à l'université Saint-Joseph de Beyrouth. Il est l'auteur d' « Histoire de la grande maison » (Seuil, 2005),
« Caravansérail » (Seuil, 2007), « Nos si brèves années de gloire » (Seuil, 2011), « Le Dernier Seigneur de Marsad » (Seuil, 2013) ».

Dans la 4e de couverture de « Villa des femmes » (Seuil), l’éditeur explique : « Tout sourit à Skandar Hayek. À la tête d'un négoce de tissu, il règne sur son usine, sur ses terres et sur son clan, malgré les nuages qui s’amoncellent sur le Liban en ce milieu des années 1960, malgré aussi les disputes incessantes entre Mado, son acariâtre de sœur, Marie, son épouse, et Karine, sa fille chérie. Quant au successeur, il sera bien temps, le moment venu, de le choisir, entre Noula, ce fils aîné qui ne doute de rien et surtout pas de lui-même, et Hareth, le cadet, épris de livres et d'aventures ».

Extrait :
« (…) Je me revois assis là durant toutes ces années, je revois danser les ombres et la lumière sur les arabesques du perron où j’attendais le patron. Je savais ses heures et son programme, j’aimais la propriété, l’usine, les jardins et même cette insupportable Jamilé qui jamais ne voulut de moi autrement que comme collègue mais dont le corps de louve, les cheveux de jais et les seins durs et fermes me faisaient rêver. J’aimais le domaine malgré Skandar beyk et ses lubies, malgré sa sœur Mado et son pénible caractère. Cette maison et ses alentours étaient mon univers, j’y avais vécu mon enfance, j’y venais quand mon père était le chauffeur du vieux Noula, le père de Skandar, au temps des Delage et des Bugatti. Je jouais dans les vergers, on m’envoyait parfois faire une course à l’usine, dans l’air saturé d’odeur de linge bouilli, au milieu des encolleuses et des décatisseuses qui firent la réputation du textile des Hayek. En revanche, je n’avais pas le droit d’entrer dans la villa, cette villa dont je suis plus tard devenu le gardien, lorsque à la mort de mon père, j’ai pris sa place comme chauffeur de Skandar, surveillant toute la journée l’allée et le portail ouvert, espérant que Jamilé me rejoindrait ou qu’apparaîtrait la belle Karine, la fille des patrons, sur son cheval. J’entendais le pas d’une monture et je la voyais arriver, entre mes paupières mi- closes. Elle était pieds nus, la chemise à moitié ouverte sur sa poitrine, et chevauchait à cru. Cela a longtemps alimenté mes fantasmes et j’eus même des envies de meurtre à l’égard des petits Palestiniens du camp voisin qui venaient livrer les commandes passées chez l’épicier ou le boucher, et dont l’un, sortant un matin par les cuisines et faisant le tour de la maison, se retrouva face à Karine sur son cheval. Elle lui fit un petit signe, puis, le voyant stupéfait, lui proposa de monter derrière elle, ce qu’il accepta évidemment, et elle le mena ainsi jusqu’au portail. On peut imaginer ce qu’il raconta ensuite à ses copains, qu’il l’avait tenue par les hanches, qu’il l’avait renversée dans un fourré, qu’elle l’avait laissé lui ouvrir sa chemise et avait écarté les jambes pour le recevoir. J’eus fréquemment envie d’en parler à son père quand je le conduisais à bord de l’une de ses grandes américaines et que nous étions seuls, lui et moi, d’attirer son attention sur l’indécence de sa fille. Mais je ne lui dis jamais rien, parce que je savais qu’il me répondrait avec mauvaise humeur : « En quoi ça te regarde, ya Noula ? », (mon père avait eu l’idée saugrenue de m’appeler Noula, comme son propre patron, le père du mien) ou « Qui t’a demandé de faire le chaperon, Requin- à- l’arak ? ». Alors je ne disais rien, je savais qu’il avait une prédilection pour Karine, il ne supportait pas que l’on parle d’elle, que l’on fasse une remarque à son propos. Il l’emmenait souvent avec lui en ville quand elle était adolescente. Je les laissais dans les marchés où il achetait ses cigares, ses cravates, parfois des tapis ou des antiquités.

Elle l’accompagnait volontiers et, comme pour l’en remercier, il lui passait ses caprices. Elle revenait avec des robes, des sacs et des chapeaux, si bien que Marie disait à son époux : « Tu es en train de la gâter, elle va devenir insupportable en grandissant ». Mais il haussait les épaules. Ces deux- là, mes patrons, communiquaient peu, ils se parlaient même le moins possible, et cela a duré quarante ans. (…) ».

Une présentation d’E. Massiga FAYE

L’émergence, tant voulue par les autorités, ne pourrait se faire sans l’inclusion de la Culture « au début et à la fin de tout ». C’est le message qu’a voulu faire passer le ministre de la Culture et de la Communication qui est revenu, le vendredi dernier, sur les « Enjeux culturels pour un Sénégal émergent ».

Devant un parterre de diplomates et d’hommes de culture, le ministre de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye, invité par l’ambassade du Cap-Vert au Sénégal pour la célébration de la culture des communautés cap-verdiennes, s’est appesanti sur la « vision du chef de l’Etat qui poursuit l’objectif de faire de la Culture un secteur du développement du pays en s’appuyant sur des fondamentaux ».

Le premier jalon de cette volonté a été de concevoir une Lettre de politique sectorielle dont la « définition permet d’acter la culture comme intrant du développement durable ». Cette lettre véhicule ainsi une « programmation cohérente des interventions et exécution financière rationnelle avec la gestion axée sur les résultats». « La territorialisation des politiques publiques par un aménagement culturel équilibré du territoire veut qu’il y ait une construction de maisons des arts et de la culture, une création de musées régionaux, un aménagement des sites historiques et des lieux de mémoire tout comme l’inventaire du patrimoine matériel et immatériel, la promotion du tourisme culturel », a souligné le ministre. Il a aussi insisté sur la promotion de l’action culturelle qui inclut la mise en place de fonds : fonds d’aide à l’édition (Fae), fonds d’aide aux artistes et au développement de la culture (Faadc), fonds de promotion de l’industrie cinématographique et audiovisuelle (Fopica)…

Une autre dimension de cette « vision » est constituée par le volet « développement de la créativité et dialogue des cultures pour la paix ». Une dimension qui se veut créatrice d’infrastructures comme le Musée des civilisations noires, le Mémorial le Joola, l’Ecole nationale des arts et métiers de la culture. Les autorités veulent également l’érection d’une Cité du cinéma et du multimédia, d’un Centre national des archives audiovisuelles et cinématographiques du Sénégal et d’une Bibliothèque nationale du Sénégal.

Le vivre ensemble
Un pan important sera réservé, dans le volet Dialogue des cultures, au « partage d’une histoire culturelle commune avec les pays de la sous-région et au renforcement de la coopération Sud-Sud », a souligné le ministre de la Culture et de la Communication.

Mettant la culture en relation avec l’unité nationale, Mbagnick Ndiaye a rappelé une « cohérence historique marquée par l’effectivité du vivre ensemble au Sénégal, mais aussi l’attachement aux grandes figures de l’histoire nationale, les apports vivifiants des cultures du monde ». Il a évoqué une « cohérence politique avec les élites sénégalaises à l’avant-garde de tous les combats pour la Renaissance africaine, le Panafricanisme ou encore la Négritude ». Le Sénégal, un « havre de paix apte à féconder la créativité du monde noir et de sa diaspora », a organisé le 1er Festival mondial des arts nègres en 1966.Tout comme il a mis en avant, dès son indépendance, des « Chantiers majeurs de la Culture » au nombre desquels le Théâtre national Daniel Sorano, le Musée Dynamique, l’Ecole d’architecture, les Manufactures des arts décoratifs de Thiès, etc.

Son excellence l’ambassadeur du Cap-Vert au Sénégal, César Monteiro, s’est réjoui de l’exposé du ministre sur « les principales lignes de force,  ainsi que sur les perspectives sur lesquelles repose la politique du gouvernement sénégalais pour le secteur de la culture ». Ce qui constitue, pour lui, une « évidente démonstration de l’excellence des relations de travail entre l’Ambassade et le ministère.

Passant en revue les liens et accords culturels entre les deux pays, l’ambassadeur a appelé à un renforcement de cette « ligne stratégique de la coopération ». Deux nouveaux accords seront conclus à l’occasion de la visite officielle au Sénégal du ministre de la Culture et des Industries créatives au Cap-Vert, Abrãao Vicente, du 8 au 13 décembre prochain. « La liaison maritime entre le Sénégal et le Cap-Vert rapprochera les deux peuples liés par des liens forts d´amitié et de coopération, renforcera l´intégration économique dans l´espace de la sous-région ouest-africaine, mais aussi, renforcera et consolidera l'approche culturelle des politiques entre les deux pays clairement inscrites dans les accords déjà signés et ceux à parapher », a encore plaidé le diplomate.

Ibrahima Khaliloullah NDIAYE

C’est parti pour la 8ème édition du festival Gorée-Diaspora. La cérémonie de lancement a eu lieu vendredi, au Centre culturel Joseph Ndiaye, en présence du maire de Gorée, Augustin Senghor et de l’ambassadeur de la Côte d’Ivoire au Sénégal. Pour la circonstance, Gorée a brillé aux couleurs de la paix et de la réconciliation avec la voix mélodieuse de la chanteuse Maréma Fall.

Sous le vent frais et fort qui ne cesse de charrier le peu de sable dans les rues caillouteuses de cette île rocheuse, la mer qui ne semble pas vouloir lui faire la cour est plutôt très calme. On entend à peine déferler ses vagues. Dans le clair-obscur d’une île mémoire pas bien éclairée, les populations désertent la plage et les rues. Au Centre culturel Joseph Ndiaye où doit se tenir la cérémonie de lancement, il n’y a pas encore une grande affluence. La voix forte de la chanteuse Maréma résonne dans toute Gorée. Le comité d’organisation a choisi de proposer aux festivaliers un after-work animé par cette dernière pour donner le ton de la 8ème édition du Gorée diaspora festival. Au menu, un éventail de genres musicaux : zouk, jazz, salsa, mbalakh sur orchestration à résonnance world. Maréma a servi du « lourd » à une foule enthousiaste de Goréens et d’invités venus écouter sa forte voix mélodieuse. La prestation est pleine de rythmes avec une alchimie qui repose sur un équilibre entre la musique et les paroles profondes portées par une voix claire. S’inscrivant dans la logique du Festival qui charrie les valeurs africaines, notamment sénégalaises, elle emballe son public à travers son album « Initié » qui signifie merci en bambara. Elle chante aussi « Dimbeulenté » pour rappeler le sens de la solidarité. Lors de sa prestation, la lauréate du prix découverte Rfi 2014, a également fait l’éloge de son pays, le Sénégal qu’elle considère comme un havre de paix ou se confondent l’amour et le bonheur. Ce qui a donné le titre « Deugueuleu ». Pour conclure en toute beauté sa prestation, Maréma a interprété « Africa » et « Femmes d’affaires ».

Se souvenir
Retourner aux origines non pas pour s’installer en terre pleine mais pour se ressourcer afin de se souvenir d’un héritage esclavagiste de plus en plus remise au nom de « mauvaises querelles intellectuelles » comme l’a défini Eloi Coly, conservateur de la Maison des esclaves. En effet, Gorée sera entre la mémoire et la résilience car malgré son passé douloureux esclavagiste, elle résiste encore et devient un lieu de pèlerinage, de repentances et de loisir, un patrimoine de l’humanité. Selon le maire de Gorée et président du Gorée diaspora festival, Augustin Senghor, cet évènement culturel est un retour aux souvenirs et à la terre d’origine des fils déportés. « Seule la mémoire sert à réconcilier les peuples, à les rapprocher et surtout à faire taire les manifestations de violence et d’intolérance, les maux des temps modernes », a estimé M. Senghor.

Trois pays invités, notamment l’Afrique du Sud, la Côte d’Ivoire et les Etats-Unis, des pays invités d’honneur pour célébrer l’Afrique dans sa diversité artistique, musicale et culinaire. Une parfaite illustration d’une assertion propre à Saint Expéry: « Si tu te diffères de moi, loin de me léser, tu m’enrichies ».

Marame Coumba SECK

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