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Arts et Culture (1071)

A l’occasion de la fête de la Saint Sylvestre, les populations de la ville de Saint-Louis ont encore eu droit à un événement culturel typiquement local qui se déroule, chaque année, sur la place Faidherbe durant la dernière semaine de décembre. Il s’agit du Fanal de Saint-Louis dont le thème, cette année, était « L’émergence ». Tous les artistes qui se sont produits ont plaidé, à travers leurs belles prestations, pour la sauvegarde de l’architecture de la ville de Saint-Louis qui risque d’être inscrite par l’Unesco sur la liste du patrimoine en péril si rien n’est fait pour la réhabiliter.

Les populations de la vieille cité et leurs illustres hôtes et autres invités de marque ont admiré, samedi dernier, la belle parade des différents fanaux de l’île de Ndar, du faubourg de Sor et de la Langue de Barbarie. Un nombreux public en délire a fait corps avec ces véritables œuvres d’art qui ont pu retracer les sémantiques de l’émergence. Des moissonneuses-batteuses, des pirogues et autres symboles vivants de l’économie de la région Nord et des réalisations du président Macky Sall enregistrées dans le cadre de la mise en œuvre du Pse, du Pnar, du Pracas, du Pudc, etc., ont été mis en exergue à travers ce beau défilé du Fanal.

Un défilé nocturne qui a encore impressionné les touristes, vacanciers et autres visiteurs qui ont pu découvrir, en même temps, notre culture. C’était en présence du ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Mansour Faye, par ailleurs maire de Saint-Louis, de l’adjoint au gouverneur chargé des Affaires administratives, Babacar Bâ, de Mme Oumou Sy, styliste et costumière de film, etc. Cette année encore, grâce à Mme Marie Madeleine Diallo, fondatrice de « Jalloré productions », qui a pu relever avec brio les défis de l’organisation de la 18ème édition du Fanal de Saint-Louis, le nombreux public massé aux alentours de la Gouvernance et des immeubles Rogniat, a pu admirer ces images sublimes, le trousseau vestimentaire exceptionnel des Signares. Pour les besoins de la fête, Mme Oumou Sy a mis à la disposition des organisateurs plus de 200 costumes Le maire Mansour Faye a apporté une contribution financière importante qui a été bien appréciée par les responsables de « Jalloré productions ».

Malgré un froid de canard, les Saint-Louisiens nostalgiques ont communié avec leurs hôtes dans la joie et l’allégresse. Des instants magiques, un spectacle sons et lumières, des déguisements atypiques… Les vocables ne manquent pas pour illustrer ce que nous avons vécu sur cette mythique et mystique place Faidherbe. Point de convergence culturelle qui disqualifie les appartenances religieuses, politiques et ethniques au profit d’un besoin commun. C’est une lapalissade de dire que le fanal est à Saint-Louis ce qu’est le carnaval à Rio. Pour Mansour Faye, le fanal est une identité culturelle de la ville et fait partie du patrimoine, au même titre que d’autres événements comme les régates et le festival de jazz, « il faut tout mettre en œuvre pour associer à l’organisation annuelle de ce fanal tous les partenaires de Saint-Louis », a-t-il soutenu. Dans le même sens, d’autres intervenants ont rendu un vibrant hommage à Marie Madeleine Diallo qui, malgré les difficultés auxquelles elle est confrontée chaque année pour organiser ce fanal, arrive à maintenir le programme.

Communion
A 23 heures, l’animation était au beau fixe. Les populations ont eu droit à de beaux moments de communion avec les vacanciers et autres invités. Les retrouvailles entre parents, amis, voisins et sympathisants ont été fort délirantes. On n’avait pas où mettre les pieds. Car, tout le monde tenait vaille que vaille à admirer ces véritables ouvrages charpentés, représentant des bâtisses de la ville de Mame Coumba Bang (génie tutélaire des eaux) et pouvant atteindre 5 mètres de haut. Des ouvrages recouverts de papier peint aux couleurs vives. Une acuité de couleurs qui illumine cette place symbolique, cet endroit idyllique et paradisiaque, témoin des hauts faits de l’histoire de l’ancienne capitale de l’Afrique occidentale française.

Illuminés de l’intérieur par des chandelles, ces fanaux sont accompagnés de jeunes Signares, fières, qui éprouvent le plaisir à déambuler sur cette place exiguë avec une démarche de pintade. Un défilé accompagné de chants traditionnels, du rythme endiablé des percussions.

« Takussanu-Ndar »
Elégamment revêtues de tenues de Signares, qui font revivre le passé de l’ancienne cité coloniale, ces jeunes filles en extravagante rivalisent d’ardeur, de talent et d’ingéniosité. Elles déploient devant les autorités administratives, municipales, coutumières, religieuses, les notables, les sommités du monde culturel et artistique, toute leur exubérance, leur charme.

Cortège de lumières, le fanal est l’une des fêtes les plus spectaculaires du Sénégal, née au sud de l’île de Ndar communément appelé Sindoné et longtemps considéré comme un patrimoine universel à l’époque où les Signares, se rendant à la messe de minuit, étaient précédées par des appareils et autres porteurs de lampions, chefs-d’œuvre éphémères confectionnés pour l’occasion. Le Fanal de cette année a démarré ses activités par un « Takussanu-Ndar » qui a permis de sillonner les rues, ruelles et artères de l’ancienne capitale de l’Afrique occidentale française. Cette année, l’événement a été marqué par un grand défilé de mode et de coiffure avec la grande styliste Oumou Sy et ses élèves.

Pour cette édition, la sortie du fanal a été accompagnée d’un spectacle de sons et lumières, basé sur le thème « L’émergence » et qui a permis aux populations de revivre la belle histoire des Signares de Saint-Louis et de se projeter sur l’avenir, les ambitions et les potentialités de leur ville natale.

Mb. K. DIAGNE et A. M. NDAW

Le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) se déroulera du 25 février au 4 mars 2017 avec comme pays invité d’honneur, la Côte d’Ivoire. La 25ème édition a pour thème « Formation et enjeux de la professionnalisation ». A l’affiche, plus de 150 films pour la compétition, plus de 100.000 spectateurs attendus en salles. 

La biennale du 7ème art africain se déroulera du 25 février au 4 mars 2017 au Burkina Faso. La Côte d’Ivoire est le pays invité d’honneur. La 25ème édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) a pour thème « Formation et enjeux de la professionnalisation », annonce un document de présentation. Au programme : 9 salles de projections, 950 films inscrits pour la sélection, plus de 150 films sélectionnés pour la compétition, plus de 100.000 spectateurs attendus en salles, plus de 450 séances de projections prévues. En ligne de mire, l’Étalon de Yennenga, grand prix du festival.

Le programme professionnel, détaille le document, se décline en compétition de films, panorama du cinéma africain et de la diaspora, grande première des films de fiction long métrage en compétition, débats et forum des films en compétition. Le programme Industrie s’articulera autour du 18ème Marché international du cinéma et de la télévision africains (Mica) avec des expositions (films, stands entreprises cinéma /audiovisuel, stands pays, institutions…), conférences thématiques, espaces rencontres (colloque, B2B, ateliers), master-class, espace visionnage.

Ainsi, à travers le thème « Formation et métiers du cinéma et de l’audiovisuel », le Fespaco 2017 invite les professionnels et experts du secteur à la réflexion. Il s’agit, selon le texte, de faire un état des lieux pertinent des formations, des filières enseignées, des performances obtenues, des défis existants ainsi que des orientations nouvelles à amorcer pour atteindre le « professionnalisme » et l’ « excellence ».

Formation et hommages
Le document rappelle que, de par le thème de 2005 intitulé « Formation et enjeux de la professionnalisation », le Festival pointait déjà « le curseur sur la nécessité de se former dans le milieu du cinéma et de l’audiovisuel en pleine révolution numérique ». La 25e édition du Fespaco a trois jurys officiels pour la compétition : le jury Long métrage, le jury Court métrage / Série télévisuelle ainsi que le jury Documentaires et Films d’écoles africaines de cinéma. La biennale de 2017 aura donc trois présidents de jurys : Nour-Eddine Saïl / Maroc Jury Long métrage, Issa Serge Coélo / Tchad Jury Court métrage / Série télévisuelle et Yaba Badoe / Ghana Jury Documentaire et Films d’écoles. Le festival rendra, de nouveau, hommage à tous ces réalisateurs, monteurs, ingénieurs de son, scénaristes, techniciens, comédiens et chorégraphes qui sont décédés.

Présenté comme évènement cinématographique « le plus grand et le plus populaire » du continent africain, depuis son institution en 1972, le Fespaco est, aujourd’hui, un festival de dimension mondiale pour sa programmation filmographique et pour la diversité de ses activités de visibilité, de communication et d’échanges culturels. Le but est de promouvoir le développement de l’industrie du cinéma et de l’audiovisuel en Afrique.

E. Massiga FAYE

Birima Fall dit Baye Manga, metteur en scène de la troupe Renaissance, lauréate du premier prix en danse de la neuvième édition du Festival national des arts et de la culture (Fesnac), lance un appel pour un accompagnement des artistes primés lors de cette manifestation culturelle tenue en fin décembre à Kolda. « Nous espérons qu’avec ce titre, nous aurons un accompagnement et des opportunités pour nous ouvrir au monde extérieur », a dit Baye Manga dans un entretien avec l’Aps. Il a évoqué notamment la possibilité d’avoir des contacts pour des tournées artistiques à l’étranger comme en avait bénéficié en 2005 la troupe communale de Louga, vainqueur de ce même prix.

« Au-delà de la récompense (un million par catégorie : danse ; musique et théâtre et 1,5 million pour le Grand Prix), le Fesnac doit être un tremplin pour les artistes appuyés par les autorités », a estimé l’artiste qui souhaite « une ouverture pour enrichir l’expérience de ses protégés ».

Baye Manga attire l’attention des Lougatois sur la nécessité d’assurer la relève en favorisant la formation des jeunes qui doivent selon lui ‘’maintenir le statut de ville culturelle de la capitale du Ndiambour’’.

Cette victoire a été bâtie selon lui sur la bonne maîtrise du thème de cette année- « Patrimoine culturel- tourisme et développement durable »- sur lequel un bon travail a été réalisé par l’encadrement des artistes de la région.

Baye Manga se félicite ainsi du beau spectacle basé sur la danse traditionnelle offerte par ses protégés qui ont ébloui le public de Kolda par leur maîtrise de la chorégraphie, le bon décor l’accompagnant et la rythmique présentée. Parlant de l’organisation du Fesnac, il a évoqué un évènement sans aucun couac et salué le bon accueil réservé aux festivaliers par les organisateurs.

APS

Mbaye Badiane, le 49ème Bour Saloum s’est éteint, hier, à l’âge de 85 ans à Dakar à la suite d’une longue maladie. Il a été inhumé le même jour dans la commune de Guinguinéo. Cet ancien chef traditionnel aura régné pendant plus de 2 décennies dans ce royaume historique du centre du Sénégal. Il cumulera cette fonction traditionnelle avec celle de maire de la commune de Gossas en 2009 dans un conseil municipal contrôlé par la coalition Sopi de l’ancienne majorité libérale. Le défunt fut, de son vivant, un compagnon fidèle du président Abdoulaye Wade. La direction du Soleil présente à sa famille et à ses parents ses condoléances attristées.

Elimane FALL

Le groupe « Bideew Bu Bess » a fêté 22 ans de présence sur la scène musicale, vendredi 30 décembre dernier, au Cices de Dakar. C’était en présence de parents, mélomanes, fans et sympathisants du groupe.

« Bideew Bu Bess » ou l’étoile montante. Ce nom renvoie au parcours d’un groupe musical, qui a démarré en 1994 avec le style hip-hop. Pour célébrer cette riche expérience éclectique, les artistes du groupe ont invité parents, mélomanes, fans et sympathisants au Cices, dans la grande salle de l’Unité africaine. Ce vendredi 30 décembre, à minuit passé de quelques minutes, Makhtar, Baïdy et Ibrahima font leur apparition sous les vivats du public. Mais, il fallait attendre plus d’une heure pour les voir sur le podium. Parce que des artistes (Tiger, Safari Akhlou brick, etc.) invités assuraient le spectacle.

Cris stridents, sifflets et émotions ont accueilli le trio du « Bideew Bu Bess ». Baïdy a du mal à chanter, pris qu'il était par l’émotion, le tube « Yaye » entonné en présence de sa mère, qui le rejoignit sur le podium. Il fallait compter sur Carlou-D pour prendre la relève. Sommairement. « Il y avait un choc d’émotions. Nos 22 ans avaient un cachet spécial ; nous rendons grâce à Dieu. Nous nous sommes remis de cette émotion avant de continuer », souligne Baïdy qui a versé, cette nuit, de chaudes larmes.

D’après lui, l’on ne pouvait s’empêcher de penser aux débuts difficiles, marqués par des réticences de tous bords, surtout des parents. « Nous sommes nés et élevés dans une famille conservatrice et orthodoxe », déclare-t-il. Ce jour d’anniversaire, « Bideew Bu bess » a revisité sa « playlist » dont « Nda Ndioungo », « Yaay », « Sama khel dafa touki », « Minuit Pa Elimane », « Original » (a capella), « Allah Baye », « Ndoumbelane », « Ila Touba », « New Song », « My feeling », « Belle », « Baye Bou bess », etc.

Cette prestation sanctionnant les 22 ans de carrière musicale relève de la satisfaction selon l’artiste Baïdy. « Nous n’avons aucun regret d’avoir choisi la musique. Cela nous donne l’envie de continuer, même si dans la vie, il existe des périodes de vaches maigres et de vaches grasses », avance-t-il, soutenant que le groupe a apporté sa valeur ajoutée dans l’art musical sénégalais.

Parlant des années 1990, il a souligné que le rap était une occasion pour véhiculer leur message. « Nous avons fait une évolution dans notre musique qui nous ressemble », affirme-t-il. Pendant plus de deux décennies de présence scénique, « Bideew Bu bess » a sorti quatre albums : « Ndeketéo », « Original » (Cd et cassette), « Ndoumbelan ». Loin de vouloir d’entonner le morceau de la fin, en avril 2017, le groupe compte mettre sur le marché, leur 5ème album intitulé « Unité nationale ». Pour autant, Baïdy exhorte les jeunes musiciens à faire plus de recherche, au lieu de sombrer dans la médiocrité. Chaque réussite, selon lui, nécessite patience et endurance, face aux épreuves.

Serigne Mansour Sy CISSE

Le directeur général de l’Artp, Abdou Karim Sall, et son homologue togolais, Abayeb Boyodi, ont procédé hier, à Dakar, à la signature du protocole d’accord sur le projet « Free roaming » en Afrique de l’Ouest. En scellant ce partenariat, le Togo rejoint ainsi les 6 autres Etats signataires dudit protocole. La cérémonie s’est déroulée en présence des ministres  des Postes et Télécommunications  des deux pays.

Après le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Mali, la République de Guinée et la Sierra Léonne, c’était au tour du Togo de signer le protocole d’accord du projet « Free roaming » en  Afrique de l’Ouest.

Selon le directeur général de l’Artp, Abdou Karim Sall, le « Free roaming » permettra aux pays membres de la Cedeao de pouvoir baisser, de  manière significative, les coûts de communication pour ceux-là qui se déplacent dans l’espace.

« Le Free roaming permettra à ceux qui sont en déplacement de recevoir des appels téléphoniques sans pour autant payer  la surtaxe ou payer le coût de la réception ». De même, souligne-t-il, les clients qui sont en roaming dans les pays signataires vont désormais  émettre des appels comme s’ils étaient dans leur propre pays.

« Ce projet est un avantage considérable pour nos concitoyens. Il traduit aussi les directives des chefs d’Etat qui ont retenu de faire de l’Afrique un seul réseau de télécommunication », indique M. Sall. Aussi, annonce-t-il que la mise en œuvre du « Free roaming » dans l’espace africain va  démarrer le 31 mars prochain et que tous les pays  signataires de ce protocole d’accord vont appliquer les tarifs qui sont  contenus dans le protocole.
La signature de ce protocole avec le Togo a été également une occasion pour les directeurs généraux des Agences de régulations de Télécoms des deux pays de signer un autre accord-cadre entre régulateur sénégalais et togolais pour pouvoir   élargir leur base  de coopération pour des échanges d’expériences  dans les chantiers qu’ils ont engagés  de part et d’autre.

Baisse des coûts du téléphone
Le ministre togolais en charge du secteur des Télécommunications, Cina Lawson, accompagné du directeur général de l’Arpt du Togo, Abayeb Boyodi, s’est dit heureuse de venir signer au Sénégal ces deux accords. « C’est important parce que les Togolais en voyage dans les pays concernés pourront passer des coups de fil sans surtaxe. Avec ce projet de « free roaming », nous faisons un pas dans la direction de la baisse des coûts et aussi un pas d’une meilleure intégration africaine », argue-t-elle. Aussi, Mme Lawson a salué le leadership d’un certain nombre de pays pour avoir commencé à mettre en œuvre ce « free roaming » tout en attendant que d’autres pays viennent y adhérer.

Le ministre sénégalais des Postes et Télécommunications, Yaya Abdoul Kane, s’est aussi félicité de cette signature de convention qui marque l’adhésion du Togo au projet de mise en place du « free roaming » au niveau de la Cedeao. A l’en croire, sa mise en œuvre va permettre la mobilité inter-Etats, de baisser les coûts de téléphone et contribuer au renforcement de la coopération au niveau de la sous-région. « C’est une initiative des chefs d’Etat africains qui vient à son heure et renforce la coopération entre les  Etats signataires de ce protocole d’accord du « free roaming » et de la mise en œuvre de nos politiques au niveau de la Cedeao », indique Yaya Abdoul Kane.

Maguette Guèye  DIEDHIOU

Le ministre de la Culture et de la Communication tire un bilan « très » positif de la 9ème édition du Festival national des arts et cultures (Fesnac) tenue à Kolda. Mbagnick Ndiaye, qui croit fortement à la place de la culture dans le développement durable et la promotion du tourisme, se félicite de la mobilisation des populations du Fouladou durant toute la durée du Festival. Dans cet entretien, le ministre est largement revenu sur les grands axes de sa politique culturelle en 2017, l’appui aux médias publics, le projet du Code de la presse... Il s’est aussi prononcé sur le Fonds d’aide à la presse qui, à l’en croire, n’a jamais été suspendu. Selon lui, seules les entreprises de presse qui vont remplir les conditions d’éligibilité bénéficieront de ce fonds.

Quel bilan peut-on tirer de cette 9ème édition du Festival national des arts et cultures (Fesnac) qui vient de s’achever à Kolda ?
Je pense que le bilan est très positif, car c’est toute la population de Kolda qui est sortie pour accueillir cette édition 2016. Après la relance à Kaolack en 2015 du Festival national des arts et cultures, Kolda et Louga s’étaient manifestés pour l’organisation de ce Fesnac. En venant ouvrir le Festi-Kolda, l’année dernière, les populations du Fouladou, y compris le maire et le gouverneur, se sont mobilisées pour solliciter de l’Etat d’accueillir la 9ème édition. Cette année, le Fesnac s’est bien déroulé avec une forte participation de la population à la tête de laquelle le maire et les autorités locales. Ce fut une participation populaire et extrêmement riche. Le colloque sur le thème « Patrimoine culturel, tourisme et développement durable » a été une occasion pour les panelistes de revenir largement sur l’apport de la culture dans le développement local, la protection de l’environnement mais également la promotion du tourisme. Ce riche débat a permis aux uns et autres de s’exprimer et au ministre de l’Environnement, qui est le maire de Kolda, de faire une exposition sur les sites qui sont classés au Patrimoine mondial de l’Unesco, notamment le Parc national de Niokolo Koba, le Delta du Saloum ou le parc de Djoudj. Je pense véritablement qu’avec une certaine stratégie, nous pouvons développer le tourisme environnemental. Nous avons aussi procédé à la restitution du recensement de 375 éléments du patrimoine national immatériel. Lesquels peuvent constituer un élément du tourisme culturel. Nous sommes en train d’affiner ces éléments du patrimoine afin que nous arrivions à stabiliser une liste du patrimoine qui sera codifié. Enfin, un arrêté sera pris pour faire en sorte que ce patrimoine puisse être préservé.

Les compétitions artistiques de cette édition ont été extrêmement serrées. Elles nous ont tout de même permis d’avoir les expressions culturelles des terroirs. Par exemple, la région de Diourbel est venue avec l’expression mouride. Louga a montré sa traditionnelle prestation. Bref, ce sont des moments extrêmement forts que nous avons vécus… Plus de 800 festivaliers sont venus des différentes régions.

Cette édition vous donne-t-elle raison après la volonté d’organiser tous les ans le Fesnac ?
A mon avis, ce fut vraiment une réussite. Kolda a relevé le défi. Nous avions raison de dire qu’il faut annualiser le Festival. En tant qu’acteur culturel, je pense que l’annualisation de cet événement permettra de relancer un peu la place du Sénégal dans le cadre de ces grandes manifestations. Nous organiserons mieux lors de la prochaine édition. Les régions limitrophes seront invitées. Cette année, on a voulu inviter la Gambie et la Guinée-Bissau mais compte tenu des problèmes de sécurité, les délégations de ces pays n’ont pas pu faire le déplacement.

Pendant le colloque du Festival, il a beaucoup été question de la place de la culture dans le développement du tourisme…
Le chef de l’Etat le dit : Ce n’est plus le tourisme balnéaire qui intéresse les gens. Il nous faut une autre mentalité, une autre vision du tourisme. A Paris, c’est par exemple le patrimoine qui intéresse les touristes avec le château de Versailles, la Tour Eiffel. Au Sénégal, nous avons des parcs naturels, des sites du patrimoine culturel et religieux avec Touba, Tivaoune, Ndiassane… qui peuvent intéresser les touristes. A travers la culture, on peut développer le tourisme. Je pense que c’est vers cette orientation qu’il faut tendre. Je suis sûr que le Fesnac sera connu d’ici deux ou trois ans par les touristes. Il en est de même pour le Festival des minorités de Badafassi, le Fespop de Louga. Le Festival des ondes de Bakel mobilise tous les Soninké de la Diaspora qui, en revenant au Sénégal, viennent avec leurs amis français. Les activités culturelles doivent être des éléments pour booster le tourisme. D’ailleurs, c’est pourquoi dans l’agenda culturel et touristique, on a ciblé de très grandes manifestations qu’on va essayer de « vendre » au niveau des ambassades et des tour-operators.

Le budget de votre département a été récemment adopté par les parlementaires. Quels seront les grands axes sur lesquels vous allez travailler cette année ?
Cette année, nous allons mettre l’accent sur le patrimoine. Notre budget est passé de 12 à 27 milliards de FCfa, soit une augmentation de plus de 83%. Dans ce budget, l’édition est passée du simple au double. Le chef de l’Etat accorde une importance capitale aux livres et à la lecture. Il a donné des instructions afin que la rubrique consacrée à l’édition puisse être augmentée. Il s’agit également d’une requête des éditeurs et des écrivains comme le doyen Alioune Badara Bèye à qui nous rendons un hommage particulier. Le nouveau Fonds dédié aux cultures urbaines a été inscrit dans le budget de cette année. A cela, s’ajoute le projet du Mémorial du bateau « Le Joola », dont le naufrage constitue l’une des plus grandes catastrophes maritimes au monde. Le processus a été entamé et nous avons discuté avec les associations et parents des victimes du bateau « Le Joola », l’autorité locale, en l’occurrence le gouverneur. Un terrain a été trouvé pour la construction de ce mémorial dont le coût s’élève à 1,2 milliard de FCfa. Dans le budget de 2017, 700 millions de FCfa ont été déjà dégagés.

L’autre grand projet concerne le Mémorial de Gorée. Il s’agit d’un vieux projet qui date de l’époque du président Senghor. Cette année, le président de la République a décidé de mettre dans ce projet, au moins, 5 milliards de FCfa.

La réhabilitation des sites du patrimoine culturel et religieux constitue aussi un des axes sur lesquels nous allons travailler. Sur le patrimoine religieux, un certain nombre de sites ont été identifiés. Nous allons construire le Musée de la Tarikha tidiane et celui du Mouridisme. C’est une manière pour nous de s’intéresser sur tout ce qui tourne autour de la culture religieuse. Le patrimoine matériel disséminé un peu partout à travers le pays ne sera pas aussi en reste. En dehors de cela, nous avons les rubriques traditionnelles budgétaires que nous essayerons d’améliorer, notamment le fonctionnement des services régionaux et centraux.

Où en êtes-vous avec l’adoption du Code de la presse ?
Nous avons envoyé le projet au gouvernement. Pour rappel, ce Code a été d’abord envoyé à l’Assemblée nationale qui a fait des observations. Ensuite, il y a eu des discussions avec les Associations de la presse, les parlementaires. Un séminaire auquel ont pris part les parties prenantes, les anciens ministres en charge de la Communication, des présidents de groupes parlementaires, des experts, des juristes, et qui a eu lieu en septembre 2016, à Saly. Une petite commission a été mise en place, par la suite, pour remettre tout cela en ordre. Ce document sera envoyé au gouvernement avant son adoption. Au niveau technique, tout a été fait. Maintenant, il reste le niveau politique et l’adoption du Code.

Le président de la République a récemment fait part de sa sensibilité par rapport à l’appui aux médias publics de l’information…
Le chef de l’Etat s’intéresse au fonctionnement des médias publics parce que ce sont des médias qui ont été mis en place par des structures étatiques. Que ce soit l’Aps, la Rts ou « le Soleil », il est normal que nous prêtions une attention particulièrement aux fonctionnements et aux conditions de travail et d’équipements de ces structures. Le président de la République est en train de prendre des dispositions nécessaires afin que la situation que vivent ces structures puisse changer.

Un fait d’actualité qui a suscité beaucoup de polémiques, c’est la suspension du Fonds d’aide à la presse. Pourquoi une telle décision ?
Les gens interprètent mal, très mal mes propos. Et je pense que c’est fait à dessein. Personnellement, j’ai dit tant que je n’avais pas des orientations de la Cour des comptes, je ne pouvais pas distribuer l’aide à la presse comme cela se faisait. Mais dans la mesure où j’ai des directives et des orientations de la Cour des comptes, je vais les appliquer. Ces orientations indiquent clairement un certain nombre de critères à respecter pour pouvoir bénéficier de ce fonds. Tous les organes de presse qui vont respecter ces critères seront éligibles. Maintenant, tous ceux qui ne respecteront pas cela, je ne prendrai pas la responsabilité de leur donner quoi que ce soit parce que c’est moi qui vais être inquiété après s’il y a inspection.

Cela veut dire que l’aide à la presse est bien maintenue ?
L’aide à la presse n’a jamais été supprimée. C’est 700 millions de FCfa. Quand on va lancer cette aide, les gens vont postuler. Ceux qui remplissent toutes les conditions vont en bénéficier.

A quand l’inauguration du Musée des civilisations noires ?
Les travaux sont terminés. C’est l’une des plus belles infrastructures du Sénégal. Le chef de l’Etat nous a instruit de faire en sorte qu’il soit opérationnel. Nous avons discuté avec des Musées en Egypte qui vont nous prêter des objets. Nous avons été au Quai Branly récemment où nous avons signé un protocole de partenariat et d’assistance. Une conférence de préfiguration a eu lieu, il y a quelques mois, pour faire le point sur l’orientation qu’on va donner au Musée. L’inauguration aura lieu vers le mois de mai 2017.

Monument de la Renaissance africaine, Musée des civilisations, Maison de la presse… Où en êtes-vous par rapport au statut de ces établissements construits par l’Etat du Sénégal ?
Les statuts sont en phase de finalisation. Pour le Musée des civilisations, le statut est apparu. Nous avons déjà nommé le directeur général, en l’occurrence Hamady Bocoum ainsi que le président du conseil d’administration, Ousmane Huchard Sow, un secrétaire général, Mor Seck. Le ministre de l’Economique et des Finances a nommé aussi un agent comptable. Donc les structures se mettent vraiment en place. Par rapport à la Maison de la presse, le dossier est en phase de finalisation. Il sera adopté dans les premiers conseils des ministres de 2017. Toutefois, le statut du Théâtre national Daniel Sorano sera révisé parce que c’était un établissement à caractère industriel et administratif. Nous allons en faire un établissement public à caractère industriel et commercial. Maintenant, pour la Place du souvenir, le Monument de la renaissance, je pense qu’ils peuvent être encore des services rattachés. Il ne faut pas démultiplier les établissements publics qui ne peuvent se prendre en charge.

Votre ministère a fait preuve d’une grande sensibilité par rapport à la situation sociale des artistes, en les aidant à mettre en place une mutuelle de santé. Quel a été la suite ?
Notre rôle au niveau du ministère, c’était d’inciter les artistes à avoir une mutuelle de santé. Nous les avons aidés et appuyés à travers la mise en place des structures qui ont sillonné le pays pour sensibiliser les acteurs. Les structures ont été mises en place, il y a un conseil d’administration, des commissions. D’ailleurs, nous avons débloqué 35 millions de FCfa pour les accompagner. Maintenant, c’est à eux de faire fonctionner la structure. Cette mutuelle est encadrée par l’agence de la Couverture maladie universelle. Les acteurs culturels finissent souvent difficilement leur vie. Ils ont des problèmes pour payer leurs ordonnances. Pourtant ce sont de grandes vedettes qui drainent beaucoup de monde lors de leur prestation. Je pense qu’avec la mutuelle, on pourra enfin trouver une solution.

Propos recueillis à Kolda par Ibrahima BA (texte)
et Ndèye Seyni SAMB (photo)

La compagnie du Théâtre national Daniel Sorano a présenté, samedi dernier, son traditionnel spectacle de fin d’année. Intitulé « Tuxusu-Beun » ou « Ribidion », il offre un bouquet de rires, de joie en véhiculant des messages avec des thèmes précis, en particulier la prostitution, l’usage de la drogue par les jeunes mais également le gaspillage dans les cérémonies. Retour sur cette prestation qui était à l’affiche le soir du 31 décembre.

Dans une mise en scène de Jean Pierre Leurs, expert en art du spectacle, la compagnie du Théâtre national Dianel Sorano offre sur ses planches un spectacle d’une fresque de la société sénégalaise dans toutes ses formes, ses dynamiques, ses contraintes, ses qualités mais aussi et surtout ses tares. Dans une trame de comédie et de drame, les trois entités, notamment la Troupe nationale dramatique, le Ballet national « La Linguère » et l’Ensemble lyrique traditionnel de fusion se sont, en effet, relayés sur la scène avec l’appoint d’artistes externes. Un spectacle de danse, de musique traditionnelle et d’expression dramatique, de théâtre...

Une chorégraphie bien représentée où tous ces arts vivants se mêlent au jeu des comédiens. Un genre tout à fait nouveau qui offre un bouquet de rires, en véhiculant des messages précis qui ont trait à certaines tares de la société.

Le décor est sobre. Une table autour de laquelle des jeunes filles et garçons occupent les chaises avec une bouteille d’alcool et des verres au moment où une fille se refait le visage pour mieux exercer son « travail de nuit ». La scène du Théâtre Daniel Sorano arbore l’ambiance des boîtes de nuit et du trottoir pour mettre le doigt sur la prostitution des filles des quartiers pauvres, pour entretenir leurs familles ; ainsi que l’usage de la drogue et de l’alcool par les jeunes garçons pour évacuer leur stress ou mal existentiel comme ceux des quartiers résidentiels qui en font un jeu de plaisir.

De nouveaux défis pour Sorano
Un autre tableau peint le gaspillage dans les cérémonies dans un contexte de crise financière qui s’est mondialisée accentuant la pauvreté et le faible pouvoir d’achat des individus. « Dans le souci d’améliorer la qualité des prestations, cette année, nous avons choisi de traiter des thèmes précis qui ont trait à notre quotidien. Une manière de toucher certains problèmes du doigt sans pour autant verser dans l’excès », en déduit Jean-Pierre Leurs, le metteur en scène observant le brouhaha des artistes qui, dans les coulisses, font les dernières mises au point. « En ce qui concerne les prestations de ces dernières années, le niveau du spectacle était tombé trop bas. Nous nous attelons à le relever en améliorant la qualité des prestations. Avec la retraite des anciens artistes, il fallait assurer correctement le relais. Ce qui n’a pas été le cas », souligne M. Leurs. Un disfonctionnement qui, selon lui, s’est fait ressentir dans la production.

« En plus, si l’Etat ne soutient pas ou n’est pas permanent dans son soutien, cela n’encourage pas la créativité. Je pense que le nouveau président est en train de prendre conscience de cela en mettant sur la table le Grand Prix du chef de l’Etat pour les arts. Nous avons donc espoir que le théâtre reprenne sa place », argumente le metteur en scène. « Avec ce spectacle de fusion sociale, nous avons voulu divertir le public mais aussi les accompagner dans leur questionnement sur les défauts de notre société », explique le directeur général du Théâtre national Daniel Sorano, Sahite Sarr Samb.

2016 s’en va avec sa grille de programmes mais selon M. Samb, des projets sont en phase de formulation, notamment la décentralisation de leurs activités pour amener le théâtre hors de Sorano. Aussi, le jeune public sera particulièrement ciblé afin de l’inciter à prendre goût au théâtre. Un programme de partenariat, informe ce dernier, sera mis en place entre la compagnie nationale et les écoles.

Marame Coumba SECK

A l’initiative du maire Amadou Mansour Faye, la Commune de Saint-Louis a organisé, samedi dernier, après le traditionnel fanal, un événement culturel de grande envergure, intégrant le folklore et les cultures urbaines, sur la Place Faidherbe. La 1ère édition de la Nuit folklorique a célébré le brassage culturel entre Saint-Louis et la Casamance.

Un spectacle son et lumière, rythmé par les différents tambours majors de Saint-Louis, présentant des sonorités et danses sérère, diola, haalpular, bambara, mandingue, maure et wolof, a marqué la première édition de cette grande nuit folklorique. Les invités du ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, notamment ses partenaires des collectivités locales casamançaises, ont assisté au grand concert de rap animé par Bogostyle, le groupe «Nuul Kukk», le Général Kheuch, Secteur « S », Layranks, Sufianké, Big Talla et Niagass. Mbaye Ndiaye Tilala, Khadim Tall et autres artistes et musiciens de gros calibre, de la vieille cité, ont aussi chauffé l’ambiance. Deux orchestres de la Casamance, dont «Batiyaye» et «Ekoumpaye», ont également tenu en haleine le public, à travers une prestation de qualité. 

La grande diva, Mama Sadio, l’animateur des enfants, Ada Coly, l’orchestre «Guneyi», Younouss Cissokho, les jeunes chanteuses et génies en herbe, Maïna et Mado, ont également agrémenté cette nuit folklorique.

Le maire Mansour Faye a tenu à féliciter vivement la forte délégation casamançaise de la commune de Koubalang, composée d’une soixantaine de membres et conduite par le premier adjoint de cette collectivité locale, Abdoulaye Badji, qui n’a pas hésité à répondre à son invitation.L’édile de Saint-Louis s’est réjoui aussi de la présence d’une autre délégation de la Casamance, composée de 42 membres issus du village de Kandouar 1 d’où est originaire le ministre Benoît Sambou.

Les artistes de la Casamance ont émerveillé ce beau monde, à travers des prestations dignes d’un grand carnaval. Les populations du nord et du sud de notre pays ont communié dans la joie et l’allégresse, grâce au maire Mansour Faye, qui a tout mis en œuvre pour organiser cette veillée culturelle, en vue de renforcer le brassage culturel entre les différentes ethnies du Sénégal.
Nos concitoyens de la Casamance n’ont pas raté la moindre occasion pour réitérer leur engagement indéfectible à poursuivre cette étroite collaboration avec les autorités municipales de Saint-Louis, qui permet de rappeler à tout moment que le Sénégal est un et indivisible. 

Ainsi, les artistes de la Casamance ont présenté au public du Nord une chorégraphie majestueuse, en se déguisant en « Ourang outan », « phacochères » et autres animaux qu’on retrouve dans la vaste forêt du sud de notre pays. Un trousseau vestimentaire artistique, original et atypique, recouvert d’herbes et de paille, a impressionné de fort belle manière ce public nombreux venu de Mpal, Rao, Gandon, Fass-Ngom, Ndiébène Gandiole, Ndiawdoun, Diama, Yélaar, Ross-Béthio, etc, pour honorer le premier magistrat de la ville tricentenaire.    

A. M. NDAW

Dans un communiqué reçu hier, le Cnra appelle à plus de vigilance les chaines qui ouvrent leurs programmes aux rappeurs qui ne se limitent pas à exprimer leur art mais profèrent des injures d'une rare violence contre leurs rivaux. 

Le Conseil de régulation de l’audiovisuel constate « une prolifération de comportements inacceptables ». Selon le texte, au cours de l’émission « Tall rek show » diffusée en direct sur la chaine Vibe Radio le jeudi 10 novembre 2016, l’un des invités, un rappeur, a proféré de graves insultes et tenu des propos aussi violents qu’inconvenants à l’endroit de deux autres rappeurs invités également sur le même plateau. Cette forme de joute entre rappeurs, qui serait dénommée « clash » par les tenants de ce style musical, déplore le Cnra, est devenue si habituelle qu’elle ne semble plus ni scandaliser ni même émouvoir leur auditoire composée majoritairement de jeunes.

A en croire les régulateurs, cet incident qui a eu pour cadre Vibe Radio, n’est que le point culminant de cette avanie entre rappeurs que l’on peut observer sur d’autres radios et télévisions. Le Cnra invite instamment les radios et télévisions, par ailleurs responsables des propos tenus sur leurs ondes et sur leurs plateaux, à prendre toutes les dispositions visant à prévenir ces dérives et à exiger de leurs invités le respect du public et celui des valeurs qui fondent notre société.

Nd. M. SECK

Son album « Urban Gawlo », sorti la semaine dernière, est une empreinte « génétique » et une marque de son ouverture musicale. Pouvait-il en être autrement pour Dioba Guèye, musicienne sénégalo-mauritanienne, qui a puisé à la source « gawlo » (griot) où les rythmes font sens et dans les tonalités arabo-berbères se confondant merveilleusement avec des sonorités d’autres cieux. Le porte-drapeau de l’Organisation internationale de la Francophonie revient, dans cet entretien, sur ses débuts, ses rencontres décisives avec des personnalités qui l’ont marquée, sa dernière production…

Des débuts aux trois « Phénomènes »
« Très jeune, j’ai aimé la musique. Déjà, à l’âge de dix ans, j’étais convaincue que c’était ma voie. Le fait que je sois issue d’une famille « gawlo » (griotte) y est pour quelque chose. Ma grand-mère était une cantatrice « gawlo ». Dans ma famille maternelle aussi, presque tout le monde faisait de la musique. A 15 ans, j’ai commencé à en faire en explorant l’univers du rap et de la soul en Mauritanie et au Sénégal. Il arrivait souvent que j’accompagne des cousins rappeurs établis au Sénégal. Ma famille était réticente au début mais, convaincue de ma passion, elle a fini par accepter. A l’époque, je me procurai de la musique instrumentale pour y poser ma voix. A près de 18 ans, je me suis retrouvée lead vocal d’un groupe qui s’appelait « Mbeguel Africa » en Mauritanie. Le départ de notre principal soutien en France a un peu freiné les activités de cette formation. J’ai alors créé, avec deux autres copines, « Les phénomènes » pour faire du folk acoustique. »

Avec Malouma pour découvrir des univers
« J’ai rencontré Maalouma Mint Meidah (populaire chanteuse mauritanienne) au Centre culturel français de Nouakchott. J’ai alors été surprise de l’entendre dire qu’elle avait besoin de moi parce qu’ayant eu écho de mes prestations. Elle me propose d’assurer les chœurs pour elle. J’étais un peu réticente à cause de la barrière de la langue. Dans ses chansons, elle utilisait un Hassanya classique si profond que je me voyais mal dans un registre même si je le parlais. C’était une belle expérience. Quand je l’entendais chanter, j’avais la chair de poule. En plus de l’opportunité de travailler avec une chanteuse que j’appréciais particulièrement, cela m’a permis de diversifier ma palette, de profiter des rencontres pour bonifier ma musique, de découvrir d’autres univers, d’autres pays. Ce passage a un impact décisif dans cette carrière que je suis en train de mener. J’ai accompagné Maalouma de 2003 à 2008 tout en restant avec mon groupe « Les phénomènes ». J’ai également travaillé avec Ousmane Gangué, Djaliba Kouyaté de la Gambie, Fallou Dieng, Jimmy Mbaye qui est aussi mon oncle. »
 
Madou Diabaté, ce mentor arrachéà son affection
L’album « Vagabond tribe », mon premier, est le fruit d’une rencontre avec un américain qui l’a produit sans, malheureusement, qu’il n’y ait derrière la promotion qu’il était nécessaire de faire. Il était même prévu une tournée américaine mais à cause de certains aléas, cela n’a pas pu se faire. Ma rencontre avec Madou Diabaté m’a fait oublier ces débuts timides. Il m’a couvée, motivée, appris beaucoup de choses qui m’ont permis de faire des choix décisifs dans ma carrière solo naissante. Sa mort m’a profondément affectée. C’est lui qui m’a mise en rapport avec mon producteur Moussa Diop qui me montre la voie avec beaucoup de bienveillance. Il comble ce manque par sa présence et son professionnalisme malgré les difficultés que connaît l’industrie musicale. »
 
« Urban Gawlo », un album riche en couleurs
« Cet album comporte dix titres. J’essaie un peu d’élargir ma palette déjà riche de mes identités sénégalaise et mauritanienne parce que la créativité suppose un enracinement dans ce qui nous distingue et une ouverture vers l’autre pour faire une musique consommable au-delà de nos cieux. Ma musique, si tentée qu’elle existe, est au carrefour de plusieurs influences avec des tonalités qui se croisent ; du Blues, en passant par l'Afro, au Folk acoustique chantés en Maure, en Wolof et en Pulaar. Mes origines « gawlo », au lieu de me confiner dans un rythme, m’offre plusieurs possibilités. Certains en ont fait une musique « nomade » parce que le fleuve (elle est originaire du Fouta Toro) est un croisement de rythmes, de sonorités, de chants qui évoquent des réalités différentes. J’essaie de tirer parti de ma double culture, de cette richesse, de cette diversité sans laquelle on s’installe dans un confort de « rythme » non évolutif. Le morceau « Jaat », par exemple, rappelle, sous plusieurs traits, la musique arabo-berbère et ses accents plaintifs. « Urban Gawlo » est un dosage entre le rythme hérité de mes ascendants griots et ce que mon ouverture musicale me permet d'explorer. Le « Yéla » s’y mêle indifféremment au Blues. Ma conviction est que la diversité de nos rythmes et la richesse de nos cultures associées aux propositions des autres univers peuvent nous donner une plus grande visibilité dans le marché mondial de la musique. Le mélange qu’on retrouve dans l’album, c’est aussi une histoire de rencontres, de trajectoire personnelle. Les valeurs partagées sont au centre de mon message. La turpitude dans nos sociétés, la condition de la femme en rapport avec nos croyances traditionnelles et religieuses, y sont également en bonne position. »
 
Les difficultés dans la réalisation de l’album
« Les difficultés dans la réalisation de cet album sont surtout liées à l’absence de moyens. Aucun sponsor n’a accompagné « Sango production », la maison productrice, de la conception à la finalisation. Sous nos cieux, quand le contenu n’est pas laudatif, le soutien n’est pas toujours là. Nous avons tenu, du fait de mes origines sénégalaise et mauritanienne, à sortir l’album simultanément dans les deux pays. Il y a deux mois, nous avons été au festival « Culture métisse » à Nouakchott, invités à une résidence pendant une semaine en duo avec un groupe français. Nous avons aussi participé au festival « Sahel ouvert » à Mboumba.
 
L’histoire de la guitare
« Sans être une virtuose de la guitare, j’en joue depuis quelques années. Mon intérêt pour la guitare découle d’une frustration. Il m’arrivait de solliciter des guitaristes pour mes prestations. Mais, ils en demandaient toujours un peu trop. Parfois même plus que le cachet qui m’est proposé. Je me suis réveillée un beau matin et j’en ai acheté pour mettre fin à ce « chantage ». Tout le monde s’est moqué de moi au début. J’observais les guitaristes pour apprendre. Un bon ami m’a un peu guidée en me familiarisant avec les notes. Je dois d’ailleurs suivre quelques cours de guitare pour me perfectionner. »
 
Se marier avec moi et ma musique
« Moi, je ne repousse personne. J’ai envie, comme la majeure partie des femmes, de me marier. Il y a quelques prétendants. Ont-ils peut-être des appréhensions à se marier avec une musicienne. Pensent-ils que je n’aurai pas de temps à leur accorder (rire). La musique a ses contraintes comme tout travail. C’est un travail. J’arriverai peut-être à trouver quelqu’un qui prendra en compte mon boulot ! »

Propos recueillis par Alassane Aliou MBAYE

Le comité régional d’organisation de la 9ème édition du Festival national des arts et cultures (Fesnac), prévue du 27 au 31 décembre, se dit déjà fin prêt pour accueillir ses hôtes. Cela, même si la cérémonie officielle d’ouverture a été décalée de 24 h.

La cérémonie d’ouverture officielle de la 9ème édition du Festival national des arts et cultures (Fesnac) qui était initialement prévue le 27 décembre prochain aura finalement lieu le lendemain. Cette légère modification s’explique par le calendrier chargé du ministre de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye, et de son collègue de l’Environnement et du Développement durable, Abdoulaye Bibi Baldé, par ailleurs maire de Kolda. Ils doivent assister au Conseil des ministres hebdomadaire du mercredi avant de rallier Kolda le lendemain. Mais, le calendrier des compétitions n’a pas pour autant changé. Elles se dérouleront du 17 au 31 décembre prochains.

« Les compétitions se tiendront au Cdeps pour le théâtre, au Centre culturel régional pour la danse et au terrain Réveil de Sikilo pour la musique. La cérémonie d’ouverture officielle de cette 9ème édition du Fesnac est prévue au stade régional le 28 décembre prochain à partir de 17 heures », déclare Abdoulaye Lamine Baldé, directeur du Centre culturel régional de Kolda. Quarante-deux troupes de danse, de musique et du théâtre venues des quatorze régions du pays prendront part à cette grande manifestation culturelle et artistique. Dix-sept sites d’hébergement ont été recensés pour loger les festivaliers. Le comité régional d’organisation a pris toutes les mesures nécessaires pour rendre agréable le séjour de ses hôtes à Kolda. Il a mis en place des équipes dans les différents quartiers pour les accompagner durant les compétitions en concertation avec les délégués de quartier et les Asc. Des dispositions sont également prises pour faciliter le déplacement des délégations entre les sites d’hébergement et les lieux de compétition. Les organisateurs vont mettre un car à la disposition des délégations qui n’ont pas de véhicule. Pour ce qui concerne la restauration, toutes les délégations seront prises en charge par le comité régional d’organisation pour le premier jour.

De son côté, le gouverneur de la région a pris un arrêté fixant le montant des contributions des collectivités locales. Les trois grandes communes, en l’occurrence Kolda, Vélingara et Médina Yoro Foulah vont débourser 300.000 FCfa chacune contre 500.000 FCfa pour les trois Conseils départementaux. Les autres communes devront également mettre la main à la poche pour une modique somme de 100.000 FCfa chacune. A noter que le Conseil départemental de Kolda a versé 2 millions de FCfa alors que la mairie de Kolda promet de dégager 5 millions de FCfa.

Mamadou Aliou DIALLO

Le Festival international des arts et traditions du Saloum (Fint’Arts) initié par l’ancien Conseil régional de Kaolack sera de nouveau organisé du 24 au 25 décembre 2016. Les organisateurs entendent donner un nouveau souffle à cet événement culturel lancé en 2002.

La Festival international des arts et traditions du Saloum (Fint’Arts) se tiendra à Kaolack du 24 au 25 décembre 2016, sous la houlette du président du Conseil départemental de Kaolack, Baba Ndiaye. Les organisateurs ont organisé un point de presse, à l’hôtel départemental, pour annoncer la reprise de cet événement culturel majeur après deux ans d’arrêt. « Il n’a jamais été question d’abandonner le Fint’Arts, mais plutôt d’observer une période d’évaluation de ce legs inestimable de l’ancienne présidente du Conseil régional, Mata Sy Diallo, et poursuivi avec brio par son successeur Sambou Oumani Touré », a souligné Amadou Diallo, le secrétaire général du Conseil départemental. Il est revenu sur le thème de cette édition : « Réchauffement climatique et préservation de l’environnement  », précisant les interactions qui existent entre le milieu naturel et les expressions culturelle et artistique développés par les hommes dans une relation dialectique. Il a rappelé la participation récente de l’institution à travers son président, Baba Ndiaye, à la Cop 22 de Marrakech. A ce propos, il a noté la diversité culturelle et les potentialités artistiques du Saloum qu’une telle manifestation va permettre de dévoiler. « Le Fint’Arts vise principalement à permettre aux participants de revisiter la culture « saloum-saloum » à travers ses différentes facettes  ». Selon lui, « il est nécessaire d’inviter les artistes à se produire, à s’exprimer et réfléchir sur un thème qui touche à leur rapport avec la nature qui les entoure et dont le processus de dégradation les concerne au premier chef  », a argumenté M. Diallo.

Le programme de cette édition du Fint’Arts, qui va s’étaler sur deux journées, va débuter par un carnaval qui s’ébranlera à travers les principales artères de la capitale régionale. Cette procession artistique va précéder la cérémonie d’ouverture présidée par le ministre de la Culture, Mbagnick Ndiaye.

Le président du Conseil départemental de Kaolack a pris l’initiative d’honorer, en marge du festival, des fils du Saloum qui, à travers leurs productions, leur écrits, ont contribué au rayonnement de la culture nationale et locale.

Elimane FALL

Le styliste-designer Mike Sylla a été distingué avec « La Calebasse de l'Excellence-Styliste de la Diaspora ». C’était lors de la 6ème édition des Calebasses de l'Excellence de la diaspora sénégalaise.

Mike Sylla, styliste-designer, a reçu « La Calebasse de l'Excellence-Styliste de la Diaspora » lors de la 6ème édition des Calebasses de l’Excellence de la diaspora sénégalaise au Pavillon Gabriel à Paris, le 17 décembre 2016, annonce un communiqué. L’évènement est initié par Events Sénégal, Culture Sans Frontières et Djoko’Arts, rendant hommage à des personnes considérées comme des modèles de la société. « Mike Sylla a représenté le Sénégal et la France et a inscrit son nom à cet événement annuel, une distinction que le styliste designer dédicace à la jeunesse africaine, aux talents et de sa diaspora pour la promotion, la paix et le développement de l’Afrique », rapporte le document.

Vingt-quatre ans de mode à son actif et de nombreux défilés à travers le monde, rappelle le communiqué, Mike Sylla a une parfaite alchimie entre le Sénégal et l’Occident, ses créations séduisent le monde entier et signe ses créations par un travail appliqué et réalisé en atelier.

« Son génie dans l’art de façonner le cuir et le daim, le charme de son travail repose surtout sur sa capacité à conjuguer son approche au passé de la belle époque de la femme des années 1960-70 et à l’accorder aux exigences de la mode moderne », souligne le document. A cela, s’ajoute un élan de générosité et de galanterie artistique qui justifie le succès du manteau Baïfall Dream, l’un des chefs d’œuvre de la maison et les robes Mike Sylla Couture. Son style afro-pop est innovant et prometteur, créatif avec différentes tendances et influences universelles, de véritables œuvres d’art mobiles : une atmosphère street-art en mouvement, un véritable travail d’art confidentiel et personnalisé.

E. M. F.

Le Palais des congrès du King Fahd Palace a abrité, mardi, la projection en première du film-documentaire « El Hadji Djily Mbaye : l’homme derrière la légende ». Ce biopic d’une heure dix minutes revient sur le parcours exceptionnel de ce rôle-model. La cérémonie s’est déroulée en présence du Premier ministre, Mahammed Boun Abdallah Dionne. 

Feu El Hadji Dijly Mbaye est immense comme l’est du reste son œuvre. Il fait partie de ces rares figures que les siècles produisent peu. Disparu en 1991 à seulement 64 ans, l’homme trainait déjà, pour l’éternité, la réputation d’un rôle-model au parcours exceptionnel. Son nom est inscrit en lettres d’or au panthéon des grands serviteurs de la Nation sénégalaise. Le film-documentaire « El Hadji Djily Mbaye : l’homme derrière la légende », projeté en première, mardi, en présence du chef du gouvernement, revient de manière succincte, sur la vie de ce natif de Louga. Les témoignages, dans ce film, des gens qui ont côtoyé ce philanthrope, permettent de mesurer toute la philosophie qui résumait son existence. Nourri aux sources de Coki, Djily Mbaye maîtrisa très tôt le Coran ainsi que les sciences religieuses islamiques. Après l’école coranique, l’homme se lança dans l’entrepreneuriat sous la bénédiction de son père Mame Cheikh, pourtant réticent au départ. Engagé dans le commerce au niveau l’axe Louga-Linguère, il part plus tard rejoindre son oncle à Kaolack où son sens aigu des relations humaines lui permettra de connaître un succès retentissant. Par la suite, il se rend dans certains pays de la sous-région, notamment en Côte d’Ivoire. De là, ce bienfaiteur Ndiambour-Ndiambour se lance dans le commerce du café et du cacao vers le Sénégal d’abord, puis l’Europe. El Hadji Djily Mbaye, c’est surtout l’histoire d’un self made man, qui comme le rappelle dans le film le communicateur traditionnel, El Hadji Mansour Mbaye, croyait foncièrement aux valeurs du travail, au sens de l’amitié. L’homme, soutient Pr Ibrahima Fall, ancien ministre des Affaires étrangères sous le magistère du président Abdou Diouf, avait également un grand sens de la diplomatie et jouissait d’une très grande aura dans des pays arabes comme l’Arabie Saoudite, le Koweït, les Emirats arabes unis, le Maroc… Cette relation amicale avec ces pays lui a permis de jouer un rôle déterminant dans la tenue du premier sommet de l’Organisation de la coopération islamique (Oci) à Dakar.

Le rapport entre l’homme d’affaires et les autorités politiques a toujours été teinté de respect mutuel. Djily savait comment être utile à son pays, à son peuple. L’humilité et la générosité en bandoulière, il a cherché toute sa vie à améliorer les conditions de vie de ses concitoyens à travers des actions multiples allant de la construction des hôpitaux, des écoles à la création d’entreprises durables qui emploient des centaines de Sénégalais. Il avait également un rapport particulier avec les guides religieux de notre pays. Comme l’Etat, Djily a couvert les confréries religieuses, en mettant sa richesse à la disposition de l’Islam, sa religion. Ses actions dans ce sens sont multiples. Il a participé à la rénovation de la première Grande mosquée de Touba avec près de 800 millions de FCfa, à la rénovation de la mosquée « Zawiya El Hadji Malick Sy » à Dakar, à l’agrandissement et la rénovation de la mosquée de la rue Blanchot.

Générosité légendaire
Grand mécène, feu El Hadji Djily Mbaye était le porte-étendard de Louga, sa ville natale. Dans ce film-documentaire, l’homme politique et ancien directeur de l’Unesco, Amadou Makhtar Mbow, revient sur cet attachement presque sacro-saint que l’homme avait vis-à-vis de sa ville. Il a fait beaucoup de choses pour la région avec notamment la construction du Lycée Malick Sy de Louga, la construction et l’équipement de l’hôpital régional, la construction de certaines voies au sein de la ville, son luxueux palais… Père de famille modèle, Djily était d’une générosité légendaire. Au total, il a pu conduire aux lieux saints de l’Islam près de 3.800 personnes.

Présent à la cérémonie d’ouverture de cette projection, le Premier ministre, Mahammed Boun Abdallah Dionne, a invité à s’approprier les enseignements de l’homme d’affaires. Selon lui, Djily Mbaye avait le sens de l’histoire.

Pour la productrice de ce projet, Khady Sall Diagne, la production du film-documentaire sur cet illustre homme était liée au départ à ses grandes réalisations, lesquelles étaient le socle de sa vie. « Ce film n’est pas une commande. C’est un devoir de mémoire », a-t-elle précisé. Khady Pouye, la réalisatrice, n’a pas manqué de faire part de son émotion d’avoir réalisé un film sur un homme de cette dimension. D’une durée d’une heure dix minutes, « El Hadji Djily Mbaye : l’homme derrière la légende » cherche à fait découvrir au grand public sénégalais la véritable personnalité de ce personnage qui, de par « sa discrétion légendaire, a toujours tenu à vivre de manière effacée malgré ses nombreuses actions d’envergure tant sur le plan professionnel que sur le plan social ».

Ibrahima BA

L’inauguration du Village des arts de la commune de Ngaparou, le 24 décembre, sera marquée par une exposition internationale d’art plastique « Berlin – Dakar– N’Gaparou ».

La commune de Ngaparou (à 70 Km de Dakar) va inaugurer son Village des arts le 24 décembre. Ce nouvel espace dénommé « Village des arts de N’Gaparou » se veut « un centre d’expérimentation artistique, de promotion artisanale et d’échanges fraternels », explique un communiqué. Le document informe que l’inauguration officielle s’articule « harmonieusement » avec les traditionnelles « 72 heures de Ngaparou » (29, 30 et 31 décembre) avec ses régates et diverses activités culturelles et récréatives très suivies par les populations et les touristes venus des hôtels environnants.

« Il sera co-présidé par un représentant du ministre de la Culture et de la Communication et M. Mamadou Mbengue, maire de la commune de Ngaparou », précise le texte soulignant que le temps fort du programme de cette inauguration sera l’exposition internationale d'art plastique (peintures, installations et sculptures) en plein air, intitulée « Berlin – Dakar – N’Gaparou ». Elle aura lieu du 24 au 31 décembre 2016 dans l’espace du Village des arts de Ngaparou et sera composée des œuvres d'artistes sénégalais et berlinois.

Cette exposition, rapporte le communiqué, sera accompagnée d’un hommage aux artistes disparus, en particulier les anciens résidents de l’avenue Peytavin. Une animation permanente et quotidienne est programmée du 24 au 31 décembre au Village des arts de N’Gaparou, avec des rencontres entre artistes et public, de la musique, des projections de films, des performances, du théâtre ainsi qu’un atelier d’activité d’arts plastiques (workshop) avec les jeunes.

L’événement du Village des arts de Ngaparou  démarre avant les « 72 heures de la commune de N'gaparou », mais il est bien intégré à ce rendez-vous culturel et artistique.

Le Village des arts de Ngaparou, dirigé par l’artiste plasticien sénégalais Bassirou Sarr, résident à Berlin (Allemagne), est érigé sur une propriété de quelque 1000 m2, détaille le communiqué. A l’occasion de son inauguration, un comité d’organisation est à pied d’œuvre. Il comprend des artistes anciens résidents du premier Village des arts  de l’avenue Peytavin ainsi que les actuels du Village des arts de Dakar (sis près du stade L. S. Senghor).

E.M. FAYE

La 16ème  édition du festival Africa fête a été clôturée, hier, à la Maison de la Culture Douta Seck par une conférence autour du thème : « Pour les droits des femmes dans l’industrie de la musique ».

La clôture de la 16ème édition du festival Africa fête a été marquée par une conférence à la Maison de la Culture Douta Seck. Le thème, qui a porté sur « La place des femmes dans l’industrie de la musique », a permis d’approfondir les réflexions sur la question du genre, qui avait déjà fait l’objet d’un atelier régional en janvier 2016.
Selon Fatou Sow, sociologue, il y a un réel problème en matière de droit des femmes, d’accès des femmes à la musique. « Certes, il y en a celles qui ont pu se battre contre les préjugés, les discriminations. Mais il leur faut davantage créer leur place, leur légitimité.

Cette légitimité est extrêmement importante à gagner dans leur milieu et face au public », argue-t-elle.
Faisant l’état des lieux sur la situation des femmes dans l’industrie de la musique au Sénégal et leur accès à la formation, la directrice du label de musique « Wakh art », Aïcha Ken Sy, souligne qu’elle a eu à rencontrer beaucoup de femmes dans le milieu à travers sa plateforme. Le constat en est que la situation est assez alarmante dans la mesure où les femmes sont très peu présentes dans le secteur. « Elles sont plus présentes en tant qu’artistes chanteuses, créatrices et femmes animatrices mais il y a peu de femmes dans la gestion des artistes, au niveau des postes de management, de booking et même des postes de direction de label », fait savoir Aïcha Ken Sy. Une situation qu’elle regrette même si elle reconnaît que c’est un paysage masculin.

Stéréotypes
Pour elle, les femmes sont meilleures  à ce métier même si le milieu est plein de clichés et de stéréotypes. « Je n’ai jamais souffert de cette position. J’ai entendu beaucoup de choses sur mon compte qui ne m’ont pas empêchée d’aller de l’avant. Il faut juste travailler, être d’un fort caractère et croire qu’il est possible de réussir dans ce qu’on entreprend de faire », confie-t-elle.
Le secrétaire général de l’Association des métiers de la musique au Sénégal (Ams), Iba Gaye Massar,  est revenu, lors de sa présentation, sur quelques recommandations issues de l’atelier régional. Lequel a porté aussi sur ce questionnement de l’égalité des femmes et des hommes dans les métiers de la musique.

A l’en croire, il a été noté par diverses associations et structures professionnelles des différents pays présents, une sous-représentation, dans les associations, syndicats et structures professionnelles dans les métiers de la musique, de femmes instrumentistes. D’après Ibra Gaye, les statistiques avancées au Sénégal indiquent que 80% des hommes évoluent dans le secteur de la musique contre 20% pour les femmes. S’agissant de leur représentativité au niveau des associations et syndicat du secteur, les statistiques révèlent 92% pour les hommes et 8% pour les femmes.

Pour sa part, la conseillère régionale pour la culture du Bureau Unesco à Dakar, Guiomar  Alonso  Cano, souligne qu’il y a pourtant la convention 2005, portant sur la protection et  la promotion de la diversité des expressions culturelles qui a été ratifiée par le Sénégal. « Cette convention de 2005 est un instrument juridique internationale qui donne aux Etats la possibilité de mettre en place des politiques et mesures pour promouvoir la diversité des expressions  culturelles.

Et qui dit diversité des expressions culturelles dit également diversité des expressions pour les femmes de produire, au même titre que les hommes, un large éventail de biens et services culturels », argue-t-elle.
Selon la conseillère, le Sénégal a remis son rapport de 2016 et dans ce document, le Sénégal a fait référence à la loi de la parité absolue.

Maguette Guèye DIEDHIOU

La commune de Thiénaba a inauguré son Centre de lecture et d’animation culturelle (Clac). Le concours de l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif) a permis la réalisation de cet espace culturel.

L’appui de l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif) a permis à la commune de Thiénaba (région de Thiès) d’inaugurer son Centre de lecture et d’animation culturelle (Clac). C’était également l’occasion de présenter le projet pilote Bou@tic (la bibliothèque numérique francophone) qui permet, grâce à un Internet local, la lecture sur tablette ou le téléchargement d’ouvrages, de films ou de documents sonores sur support numérique.

Ce rendez-vous éducatif et culturel s’est déroulé sous la présidence de Mme Youma Fall, directrice de la Langue française, culture et diversité à l’Oif, du secrétaire général du ministère de la Culture et de la Communication, Birane Niang. Ils avaient à leurs côtés les autorités administratives et locales avec à leur tête le sous-préfet, Bamba Fall, et le maire Talla Diagne.

Le Centre de lecture et d’animation culturelle (Clac) de Thiénaba vient ainsi s’ajouter à ceux déjà ouverts en plus de six bibliothèques de centres culturels régionaux qui ont été réhabilités ou rénovés. Cela, grâce au concours de la Francophonie (Oif) qui accompagne, depuis 1988, le Sénégal dans le renforcement de sa politique nationale de lecture publique à travers le partenariat avec le ministère de la Culture et de la Communication.
De belles perspectives sont ainsi annoncées dans ce cadre avec l’amélioration et le renforcement en 2017 des volets culturel, artistique et de développement communautaire de ce partenariat.

Il est prévu la participation d’une dizaine de centres à une vaste collecte de contes et légendes de leur région qui seront ensuite édités localement et largement diffusés dans les 312 Clac actuellement en activité dans le monde. Les Centres de lecture et d’animation culturelle (Clac) ont pour vocation de mettre des bibliothèques à la disposition du monde rural.

Mohamadou SAGNE

La Galerie Arte a, cette année, 20 ans. Fondée par Joëlle le Bussy en 1996, elle s’emploie, depuis deux décennies, à mettre en lumière la créativité d’une Afrique aux diverses potentialités à exprimer, à proposer et à s’offrir comme identité, acception du luxe. Il y va de l’appropriation même par les Africains de leurs univers d’inventivité. Dans cet entretien, Joëlle le Bussy, directrice de la Galerie Arte, remonte le temps pour mesurer le chemin parcouru et entrevoit l’espoir dans l’intérêt de plus en plus grandissant des Sénégalais pour les arts visuels.


La Galerie Arte a 20 ans cette année. Pouvez-vous revenir sur certaines étapes de son évolution ?
La galerie a été fondée en 1996. A l’époque, il n’y avait pas encore vraiment de galerie d’art africain contemporain au Sénégal. J’étais fascinée par les peintres que j’ai connus au Sénégal, par les peintures, par les œuvres d’art. Je suis arrivée en 1982 au Sénégal. Et mon rêve a toujours été d’en ouvrir. Mais, la difficulté résidait dans le fait que le marché de l’art était très étroit ; le taux de rentabilité faible. C’est pour cela que je me suis intéressée à d’autres secteurs qui sont connexes, à savoir le design et l’artisanat d’art. Au début, c’est la peinture qui m’attirait. En fin de compte, je me suis passionnée pour le design et l’artisanat d’art. J’ai commencé à réaliser des meubles en bois en sous-traitant avec des menuisiers à partir de mes modèles. La galerie a, depuis quelques années, son propre atelier de menuiserie. Ce qui me permet de dessiner des meubles, de travailler conjointement avec le chef d’atelier.

Nous travaillons avec des bois de couleurs, de pays différents pour en faire un assemblage. Une fois par mois, nous présentons un artisan d’art pour mettre en lumière la joaillerie. Ce mois-ci, nous avons deux artisans d’art présents dans la galerie : une australienne qui habite à Dakar et un des meilleurs bijoutiers touaregs. Notre démarche a toujours été de valoriser tout ce qui est fait en Afrique. Nous sommes très fiers d’avoir notre label pour nos meubles 100% « made in Sénégal ». Nous nous sommes également intéressés au design parce que quand je suis venue au Sénégal, je n’ai pas trouvé de meubles qui correspondaient à mes goûts. Moi, j’aime les bois bruts, naturels alors qu’on préférait ici les meubles importés. Nous avons réussi à développer un style de meubles au Sénégal.

Êtes-vous arrivée à intéresser la clientèle locale ?
Au départ, nous avions très peu de clientèle locale. Les Sénégalais s’intéressaient davantage aux tableaux qu’ils allaient directement se procurer d’ailleurs à l’atelier du peintre. Il n’y avait pas cette culture de galerie au Sénégal. Aussi, leur intérêt pour les meubles fabriqués au Sénégal n’était pas prononcé. Toutefois, depuis sept ans, je constate un heureux changement. J’ai toujours la clientèle « étrangère » qui est très friande de meubles made in Sénégal, mais celle-là sénégalaise a commencé à changer d’habitude d’achat car elle a compris que l’on peut avoir un « made in Sénégal » de luxe. Le design est davantage entré dans la vie quotidienne des Sénégalais. L’enseignement de matières artistiques est valorisé maintenant. Moi-même, j’enseigne le design à l’Unité de formation et de recherche des civilisations, religions, arts et communication de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis. Il y a une reconnaissance du fabriqué local de luxe par rapport au design alors qu’il y a 20 ans, on en parlait à peine. Le design au Sénégal est assis. Les arts visuels ont pris une place considérable grâce aussi à la Biennale des arts qui joue un rôle très important au Sénégal. Elle crée une émulation.

Vous avez aussi créé une succursale à Saint-Louis…
En 2009, nous avons ouvert une succursale à Saint-Louis. J’étais la présidente des Arts et des Lettres dans le cadre de la célébration des 350 ans de cette région chargée d’histoire. J’ai commencé à me passionner pour cette ville patrimoine de l’Unesco. J’ai alors décidé d’implanter cette succursale dans une grande maison familiale donnant sur le fleuve.
A Saint-Louis, c’est plus une maison musée, un lieu de visite pour les touristes, les étudiants qu’une galerie. C’est une forme de bénévolat car je suis présidente d’une association qui œuvre pour Promotion des arts visuels d’Afrique (Pava). Et cette celle-ci, depuis 2009, organise tous les mois de mai, à Saint-Louis, pendant un mois, un grand festival d’art contemporain qui s’appelle « Le fleuve en couleurs », une année sur deux avec le label de la Biennale. Quand on n’est pas en année de Biennale, le fleuve continue son cours. La prochaine manifestation du « Fleuve en couleurs » aura lieu du 27 avril au 27 mai 2017.

Propos recueillis par Alassane Aliou MBAYE

Le prix « Linguère digital challenge » 2016 (Ldc 2016) de Sonatel vient de consacrer les Gourmandises de Karelle, Aawdi et Signare Express. Ces trois start-ups sont récompensées des trophées de meilleures entreprises sénégalaises dirigées par des femmes, utilisant les nouvelles technologies dans leur activité parmi les postulantes au « Lingère digital challenge » de cette année.

Lancé au mois de novembre dernier, le prix « Linguère digital challenge » (Ldc) 2016 de Sonatel vient de consacrer trois start-ups des trophées de meilleures entreprises sénégalaises dirigées par des femmes, utilisant les nouvelles technologies dans leur activité avec un impact social et/ou environnemental concret pour la communauté (nombre d’emplois créés, effet sur la santé, l’éducation ou les besoins énergétiques, etc.). Il s’agit des entreprises  Les Gourmandises de Karelle, Aawdi et Signare Express. Selon un communiqué, ce prix entre dans le cadre de la responsabilité sociale de l’entreprise, un des piliers de la stratégie de Sonatel et qui est la deuxième édition de son Prix de l’entreprenariat numérique féminin (Penf) lancé l’année dernière. La jeune entreprise Les Gourmandises de Karelle est lauréate du premier Prix, doté de 10 millions de FCfa (Pack start-up). Créé et dirigé par Mme Karelle Vignon-Vullierme, Les Gourmandises de Karelle est un blog culinaire très suivi sur les réseaux sociaux. « Cet accompagnement de Sonatel vient au bon moment  et permet de « lancer le service de  « box repas light » à livrer au client », mais aussi « la production de vidéos de cours et de reportages culinaires dans les contrées africaines à travers la cuisine. », a indiqué la lauréate dans ce communiqué.

Toujours d’après le document, le deuxième Prix du Ldc 2016 constitué de 5 millions de FCfa (Pack start-up inclus) a été décerné à Aawdi, une plateforme en ligne sur le Web et mobile dirigée par Mme Dicko Sy dont l’objectif est de faciliter l’accès aux semences. Aawdi est un marché virtuel d’intermédiation semencière, permettant de  connecter les acteurs agricoles au marché des semences agricoles grâce à un système de géolocalisation et une plateforme Ussd.  « Ce prix Ldc permettra le lancement d’une campagne de communication grand public, la formation des souscripteurs sur l’utilisation et le fonctionnement du produit », a déclaré Mme Sy.

Quant au troisième Prix d’un montant de 4 millions de FCfa (Pack start-up), il est revenu à Signare Express. Lequel est un service de livraison et messagerie express qui emploie des femmes sur le terrain. Il a été lancé par Mme Aïcha Aïdara Bousso. Selon cette dernière, le soutien de Sonatel à Signare Express aidera la jeune entreprise à « développer son projet de géolocalisation de son parc roulant, mais aussi à asseoir une stratégie efficace sur les réseaux sociaux et un marketing digital plus large ».

Avec le « Linguère digital challenge, « le pack start-up, dont bénéficie chaque lauréate, comprend un accompagnement d’un an par Sonatel et ses partenaires Cofina, Go média et Adepme avec la mise à disposition de coaching, mentoring, services et technologies pouvant aider au  développement son activité ». Lancé pendant un mois et demi, ce concours a mobilisé près de 40 start-ups candidates.

Ibrahima BA

Le département de Bignona (Ziguinchor, sud) compte puiser dans sa richesse culturelle et son patrimoine traditionnel pour développer un tourisme interculturel, a déclaré le président du Conseil, Mamina Camara. Cela est d’autant important que Bignona ne peut plus disputer le tourisme d’affaires et celui balnéaire très développés à Oussouye et à Ziguinchor, a analysé Mamina Camara. « Nous ne pouvons pas nous disputer la place avec le département d’Oussouye qui a un gros potentiel avec le secteur balnéaire du Cap-Skiring avec ses belles plages et ses beaux réceptifs hôteliers, ni avec le département de Ziguinchor où se développe un tourisme d’affaires avec une importante chaîne de restaurants et d’hôtellerie », a-t-il expliqué. Mamina Camara s’exprimait à Bignona lors de l’ouverture officielle de la 10ème édition du Boukout festival qui se déroule à Bignona et à l’Alliance franco-sénégalaise de Ziguinchor. Organisé par l’Association Cas’art-culture et Développement, en partenariat avec le Conseil départemental de Bignona, le Boukout festival est marqué par de nombreuses activités faites de musiques urbaines, des olympiades, du cinéma, des défilés de mode, entre autres.

« Bignona se réclame du tourisme interculturel pour amener les Européens à venir voir ce que l’on a de culturel. Nous allons mettre l’accent sur le tourisme culturel. Des touristes viendront de partout pour voir cette diversité culturelle faites de différentes danses traditionnelles avec le Koumpo, les Essamaay, les masques, les Kankourang des Kalounayes, du Niamone, du Fogny, du Blouff », a énuméré le président du Conseil départemental de Bignona.

Le Conseil départemental de Bignona compte développer aussi le tourisme de chasse avec l’hôtel de Badiouré et l’agro-tourisme avec la promotion des plats traditionnels locaux. Il envisage de développer l’agro-tourisme « comme le font si bien nos partenaires à la Savoie en France avec un accent particulier mis sur les mets locaux », a soutenu son président.

Il s’agira d’organiser des séances de présentation de mets locaux, de jus local et des plats traditionnels comme « Etodié, Fiteuff, Kaldou et d’autres plats faits par les Manding, les peulh, les Socé et les Baïnouck », a promis Mamina Camara.
Aps

Le Festival international des Parcelles assainies (Fipa) se tient du 21 au 31 décembre avec 15.000 personnes attendues. Le thème de cette 3ème édition porte sur « Arts, citoyenneté et développement local ».

La commune des Parcelles assainies vibre, à partir d’aujourd’hui et ce jusqu’au 31 décembre, aux rythmes du Festival international (Fipa). Le thème de la 3ème édition porte sur « Arts, citoyenneté et développement local ».  
Face à la presse lundi dernier, le maire de la commune, Moussa Sy, a déclaré que le Fipa 2016 marque la fin des festivités des 20 ans de la commune et promeut les talents locaux. Selon lui, le programme du festival s’articule autour de ballets, d’une exposition, d’un carnaval populaire, de l’humour, une foire des produits locaux, un salon des arts visuels, de la mode, entre autres. Il est également annoncé une soirée traditionnelle et la prestation de l’Orchestra Baobab pour animer le bal des anciens.

Avec un coût de 21 millions de FCfa, les 13 millions seront supportés par la mairie des Parcelles et la Ville de Dakar.  Pour les prochaines éditions, le maire annonce le transfert de l’organisation du festival au Réseau des opérateurs et acteurs culturels des Parcelles assainies dirigé par le comédien Moustapha Diop. Car, estime M. Sy, la municipalité n’a pas pour rôle d’organiser un festival. « Nous mettons des moyens et mécènes au service des artistes qui organisent un festival. Les citoyens ont le droit de solliciter la mairie, mais celle-ci ne peut pas parler à tout le monde », dit-il, soutenant vivement ce passage de témoin. A travers ce geste, le maire veut préparer déjà la jeunesse à assurer la relève.

Prenant la parole, l’artiste Moustapha Diop et président du Réseau des opérateurs et acteurs culturels des Parcelles a reconnu que les artistes veulent aller en rang dispersé. Toutefois, il a salué cette union parce que le monde est à l’heure des grands ensembles. Le comédien Lamine Ndiaye ajoute que ce festival montre la citoyenneté à travers une participation volontariste. Le Fipa servira aussi de tribune pour rendre hommage à Doudou Ndiaye Coumba Rose, Cheikh Demba Dia, Mbassou Niang et Oumar Bassoum.

 

Serigne Mansour Sy CISSE  

Le Palais des Congrès du King Fahd Palace accueille, cet après-midi à 15h00, la présentation en Première du film documentaire « El Hadji Djily Mbaye, l’homme derrière la légende ». Cette première production sur la vie et l’œuvre de cet homme a été produite par Khady Sall Diagne et réalisée par Khadi Pouye. Ce film biographique, rapporte un communiqué, revisite le parcours de l’homme à travers des interviews, des extraits d’archives iconographique et audiovisuelle, des témoignages de proches, de collaborateurs afin d’ « en dégager la résonnance » pour les générations actuelle et future. Car, souligne le document, « le leadership est un levier important dans la dynamique de tout pays ».

Il s’est tenu, hier, la cérémonie de remise des prix de l’innovation numérique organisée par Tigo Sénégal en partenariat avec l’Ong Reach for change et Facebook. Après trois mois de compétition et plus de 200 projets reçus et soumis à l’appréciation d’experts, la plate-forme web « Seneschool » et le programme « Mia moké » ont été primés. Le prix spécial est revenu à « Sendocteur ». Les deux projets ont reçu 40.000 dollars (plus de 20 millions de FCfa).

Au terme d’une présélection répondant à des critères tels que l’innovation, la viabilité et l’impact social, cinq projets ont davantage retenu l’attention du jury final : « Weebi », « Handijob », « Sendocteur », « Mia Moké » et « Seneschool ». Ces deux derniers projets ont été lauréats de cette 3ème édition. Le premier, « Seneschool », dont Mouhamadou John est le chef exécutif, est une plate-forme learning qui regroupe trois sous projets. « Seneschool sms » permet d’avoir un suivi en temps réel sur des informations relatives à la vie scolaire de son enfant. « Seneschool Tv » aide à mettre en place une émission télévisée afin d’accroître le niveau scientifique des élèves. Enfin, « Seneschool web » est un forum d’échanges entre élèves et professeurs et de formations organisées par matière et par classe.

Le second projet primé, « Mia moké », est un programme africain d’éveil à la protection de l’environnement et au développement durable par la création de contenus culturels, éducatifs et multisports : application, édition, dessins animés pour vidéo à la demande ou télévision. Ces contenus visent à sensibiliser les enfants à la protection de l’environnement en s’inspirant de situations proches des réalités africaines. Ce programme sera ainsi la première application africaine dans le domaine ludo-éducatif. Karim Gadjigo en est le chef exécutif. Chacun des deux projets a reçu 20.000 dollars (plus de 10 millions de FCfa).

Par ailleurs, le prix spécial a été décerné au projet « Senedocteur » qui est une plate-forme web et mobile permettant d’avoir accès à l’information ayant trait à la santé en temps réel sur les centres de santé et les pharmacies. Il bénéficie d’un chèque de 2.000 dollars (plus d’un million de FCfa) tout comme les deux autres projets finalistes (« Weebi » et « Handijob »).

Entreprise citoyenne
Le directeur de cabinet du ministre de la Jeunesse et de l’Emploi, Babacar Dia, conquis par tant de créativité et de prouesses, estime que ces actions entreprises par Tigo Sénégal et ses partenaires développent et promeuvent l’entreprenariat social chez les jeunes. Ce qui est, selon lui, en cohérence avec les efforts déployés par l’Etat qui visent à mettre en place des mécanismes pour l’auto-emploi. Ce qui révolutionne les modèles de développement car offrant de nouvelles perspectives à la jeunesse. Malick Ndiaye, directeur de cabinet du ministre des Postes et des Télécommunications, a abondé dans le même sens pour rappeler que l’Etat a inclus, dans ses priorités, la valorisation des startups au Sénégal ; programme qui sera déroulé en 2017.

Cette option est inscrite dans le document « Sénégal numérique ». « L’objectif est de faire du Sénégal un hub technologique pour mettre en lumière les potentiels. Il faut investir dans ce segment pour ne pas se fixer de limites dans ce qui nous permet de réinventer le monde. Le challenge est de créer et de chercher de la valeur pour ne pas être absorbé », dit-il.

La directrice marketing de Tigo, Joyce Gotta, a, quant à elle, axé son intervention sur l’option du deuxième opérateur de téléphonie mobile au Sénégal de s’inscrire dans une démarche d’entreprise citoyenne à travers sa politique de responsabilité sociale d’entreprise (Rse) ; l’objectif étant de renforcer les capacités des communautés par les outils numériques et de favoriser la promotion d’une culture d’entreprise. Cette ambition épouse celle de l’Ong « Reach for Change » qui, selon son responsable de programme au Sénégal, Mayacine Diop, cherche à améliorer la vie des jeunes en soutenant les entrepreneurs sociaux.

Alassane Aliou MBAYE

L’artiste malien de renommée internationale, Habib Koité, était au Sénégal dans le cadre de la 16ème édition du festival Africa fête pour des prestations à Dakar et à Saint-Louis les 16 et 17 décembre derniers. Le natif de Thiès s’est prêté à nos questions pour parler de l’originalité de sa musique qui a fait connaître au monde le virtuose de la guitare qu’il est, de la situation de son pays. Il est également question, dans cet entretien, de la présence de la musique malienne sur la scène internationale et de son engagement au service de l’humain.


Malien né au Sénégal, qu’est-ce que cela vous fait à chaque fois que vous revenez au Sénégal ?
Disons que je viens marcher sur ma terre natale. C’est comme un retour aux sources. Je suis né à Thiès dans le quartier Bountou dépôt. Mon père, un ancien cheminot, y a travaillé. Mes frères aînés sont tous nés ici. Ils y ont vécu plus que moi car la famille allait quitter quelques temps après ma naissance. A l’occasion de mes concerts en Europe, il arrive qu’on écrive souvent sur les affiches « Habib Sénégalais ». Bientôt, je vais demander la nationalité sénégalaise !

On vous appelle souvent le griot moderne. Cela découle-t-il à la fois de votre attachement à la culture malienne et de votre ouverture au monde ?
Il y en a même qui m’appellent « griot des Blancs » (rire) ! Sauf que le Blanc ne ressent pas trop la parole du griot pour déclencher une certaine émotion qui va le pousser à mettre la main à la poche ! Je le dis souvent, si je suis griot des Blancs, alors je suis le plus pauvre des griots.

Car, tu te répands en éloges sur le blanc, il te regarde et t’applaudit à la fin si l’envie lui vient ! Pour être plus sérieux, je pense que c’est parce qu’une bonne partie de ma carrière s’est passée en Europe et en Amérique que l’on m’a considéré comme un griot moderne. Aussi, j’ai beaucoup évolué dans des clubs à Bamako dans les années 1980-1990 très fréquentés à l’époque par des gens de divers horizons. J’étais très lié avec les jeunes américains des corps de la paix qui venaient pour des stages en Afrique. C’est moi qui animais les fêtes de bienvenue et de départ quand un nouveau groupe débarquait. C’est pourquoi, quand j’allais jouer en Amérique, je rencontrais souvent des jeunes que je connaissais.

Qu’est-ce qui a suscité en vous cette passion pour la guitare ?
Je suis né dans une ambiance musicale. Mon père jouait de la guitare. Tous mes frères aînés en jouent. A Thiès, mon papa avait toujours un groupe qui venait à la maison pour faire des répétitions même si j’étais très petit à l’époque. J’ai grandi avec une guitare. A la maison, à chaque fois que je me retournais, il y avait une guitare à côté. Cela s’est presque naturellement imposé à moi. Je ne me suis pas projeté. L’instrument était là et je la touchais.

Je m’amusais avec. Et après, c’est devenu plus sérieux. Je me suis retrouvé ensuite à l’Institut national des arts de Bamako (Ina) grâce à un oncle qui voyait cette passion en moi. Là-bas, dès la première année, on m’a nommé chef de l’orchestre expérimental devant des musiciens plus âgés que moi. J’y ai découvert la guitare classique, la façon de jouer, les positions. Cela m’a un peu discipliné. J’ai alors développé, en ce moment, un autre genre.

Vous avez aussi développé le style « Danssa-doso ». Qu’est-ce qui fait sa particularité ?
C’est en fait le rythme du Khasso, le rythme populaire Khassonké. Il est une combinaison de deux rythmes. Celui du Danssa est différent du doso. Ce dernier fait référence au rythme des chasseurs car ils ont aussi leur musique. Danssa-doso combine le nom du rythme populaire avec le mot désignant la musique des chasseurs.

Et vous en avez fait une harmonie musicale…
C’est moi qui ai créé une harmonie virtuelle pour symboliser ma démarche. En tant que musicien malien, je touche à toutes les sonorités du terroir. La musique malienne est très diverse et est marquée par des différences frappantes.

De « Muso ko », votre premier album à « Sô », le dernier, quelle est la centralité de votre message ?
Je suis un être social. Je vis en famille, avec mes amis, dans la société, et je voyage beaucoup. Je chante ce qui se passe, ce qui m’interpelle : l’environnement, la paix, la tolérance. Par contre, je ne suis pas très versé dans les petites histoires politiques.

Vous n’êtes pas Tiken Jah Facoly ou Alpha Blondy… !
Ce sont de grands messieurs qui mènent des combats louables. Moi, je passe par d’autres voies pour m’exprimer. Je m’intéresse à l’être humain, au bon côté des choses, de notre humanité. En Occident, si on dit que tu es un être humain, c’est que tu es un homme avec tous ses défauts et ses qualités. En Bambara, cela fait référence tout simplement à l’être humain qui est bon. C’est ce qui transparaît dans ma musique. C’est un état d’esprit. Je m’intéresse à nos mentalités, aux changements, à ce que l’on perd culturellement, à ce que l’on doit conserver sans pour autant obstruer l’évolution parce que c’est une force irrésistible. Les choses vont évoluer de toutes les façons. Elles ont évolué avant nous, il en est ainsi avec nous et elles évolueront avec ceux qui viendront après.

Vous avez aussi exploré l’univers musical latino. Comment êtes-vous arrivé à intéresser l’Amérique à votre musique ?
Il y a déjà l’histoire que je vous ai racontée avec les Corps de la paix au Mali. Cela a suscité autour de ma personne une certaine sympathie. Ensuite, en Amérique du Sud, j’ai eu la chance de jouer un peu partout. Ce qui m’a donné une certaine ouverture. C’est pourquoi, je me débrouillais souvent pour chanter en Espagnol pour créer cet échange. C’est ma façon de voir les choses. Je chante dans plusieurs langues maliennes, en Français aussi un peu.

Qu’est-ce qu’il faut à un artiste africain pour exister dans le marché mondial de la musique ?
Il n’y a pas de recette miracle. On marque un pas et il nous mène sur un chemin. Ce n’est pas un chemin déjà tracé sur lequel vous vous levez pour marcher. Chacun suit sa propre trajectoire avec des fortunes diverses. Le chemin que les gens peuvent prendre n'est pas une voie déjà tracée et qu'ils doivent suivre à la lettre.

Chacun vient de quelque part avec des influences certaines. Moi, par exemple, je suis issu d’une famille de griots où la musique est particulièrement présente. Je me suis ensuite retrouvé dans une école de musique, à l’Institut national des arts de Bamako. J’en suis sorti en tant que major de ma promotion. Tout cela n'est pas fortuit. C'est un travail de longue haleine. Il y a, dans tout cela, aussi un concours de circonstances que certains appellent destin. Toutefois, il faut insister sur la recherche. Il y a des musiques plus traditionnelles que celles-là standardisées que nous avons trouvées. Nous avons trouvé, ici, des styles. Maintenant, c'est à nous de réfléchir à leur amélioration pour aboutir à un résultat probant. Ceci, pour dire qu’il faut sortir des sentiers battus et accepter de travailler sérieusement. Il y a un travail personnel à faire sur soi-même.

Qu'est-ce qui fait que la musique malienne soit présente sur la scène internationale ?
Je pense que c'est le mode dans lequel ses musiques sont jouées, les sonorités, le style. L’abnégation des musiciens et leur amour pour la musique y sont pour beaucoup aussi. D'après une recherche faite par les Américains, il est reconnu, aujourd'hui, que le blues vient du Mali. C'est parce qu'ils ont fait le lien existant entre la musique malienne et leurs sonorités. Je pense que c'est ce qui explique le caractère international de la musique malienne.

Qu'est-ce qui vous rend fier lorsque vous regardez les choses que vous avez jusqu’ici accomplies dans votre carrière ?
J'ai beaucoup bourlingué, connu des moments d’exténuation, de stress. Mais, parallèlement à cela, j'ai également eu beaucoup de plaisir. La musique m'a tant donné. Aujourd'hui, je suis très content d'être encore là et j’espère pouvoir encore vivre ces moments forts. Que des gens m’expriment leur affection et leur amour me remplit de joie. C’est toujours gratifiant que ce soit les gens qui viennent vers vous parce qu’ils vous reconnaissent et apprécient ce que vous faites. C’est toujours mieux que de leur dire « venez-là, c’est moi » !

Que vous inspire la situation politique et militaire au Mali ?
C'est compliqué mais aujourd'hui on peut dire, de façon globale, qu’il y a du mieux. Quelqu'un qui tombe gravement malade jusqu'à ce qu'on lui prédise une mort certaine, s'il se lève un bon matin pour marcher, on peut rendre grâce. Evidemment, cela pourrait aller mieux. Tous les secteurs d’activité en ont souffert. La situation a entravé beaucoup de projets. La musique, de manière globale la culture, a connu une petite léthargie avec les difficultés qui ont été notées.

Avez-vous des relations de travail avec des musiciens sénégalais ?
J’en connais certains comme le percussionniste Mbaye Dièye Faye qui m'invite à chaque fois qu'il joue à Bamako. En un moment donné, je voulais faire un morceau avec lui et même avec Youssou Ndour pour parler du train Dakar Bamako. En tant que fils de cheminot, j’en connais un rayon. Malheureusement, tout cela est en train de disparaître. Youssou Ndour, lui, on se rencontre beaucoup en Allemagne. Je connais aussi Ismaïla Lô.

Vous êtes au Sénégal dans le cadre de la 16ème édition du festival Africa fête. Quelle est la portée pour l’Afrique, selon vous, de cette initiative impulsée depuis des années ?
C’est une excellente chose pour les pays africains. Je suis pour une Afrique de solidarité d'échange qui casse les barrières linguistiques, géographiques et même idéologiques. Elles nous rendent aveugles et nous dispersent alors qu'’en réalité, nous avons des liens séculaires très forts. Le manque d'initiative est à l'origine de la situation actuelle en Afrique. Et de tels efforts peuvent nous permettre de nous rencontrer et de faire des échanges culturels. Il faut que tout le monde s'inspire du festival Africa fête. Avant d’envisager de conquérir le monde, profitons des opportunités que nous offre notre continent. C’est de cette manière que l’on deviendra compétitif.


Propos recueillis par Alassane Aliou MBAYE

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