banner home page1

Pour vos insertions, contactez la Régie publicitaire de la SSPP Le Soleil

Arts et Culture (956)

En présidant hier l’ouverture des Assises de la presse francophone à Antsirabé à Madagascar, le Chef de l’Etat, son Excellence Hery Rajaonarimampianina a confié aux 300 délégués de l’Union de la presse francophone (Upf) présentes dans la salle de conférence de l’hôtel des Thermes, pour faire face aux mutations de l’information sur les médias sociaux, deux mots inaltérables qui préserveront la noblesse du métier de journalisme. « L’éthique et la déontologie », pour le président malgache, doivent être assumées par les médias dans la mission d’informer vrai et juste les populations.

C’est dans la salle de conférence de l’hôtel des thermes que s’est déroulée la cérémonie d’ouverture des 45émes assises de l’Union de la presse francophone (Upf) qui a été rehaussée par la présence du président Héry Rajaonarimampianina qui, dans son adresse, s’est présenté en allié de la presse à travers le vote de la loi sur le code de la presse à Madagascar qui, selon lui, s’est fait de manière inclusive.

Evoquant le thème des 45èmes assises de l’Upf qui porte sur l’économie des médias dans les pays en développement, il s’est dit fortement impressionné par le thème et s’est dit déjà rassuré par la richesse des contributions et des échanges qui découleront des travaux des ateliers. « Je suis certain que ces assises porteront plus de clarté et de lumière sur ce que vous êtes et sur ce que vous voulez être », précise-t-il. Dans le préface du journal des 45èmes assisses qu’il a fait en évoquant les enjeux de la rencontre, le chef de l’Etat de Madagascar a recommandé aux journalistes francophones de porter le débat plus haut afin qu’il puisse fédérer les idées dans un contexte où, l’économie des médias est devenue un enjeu de société à l’échelle planétaire. Il en a appelé à une plus grande responsabilité des médias et des hommes qui ont choisi de travailler dans ce secteur. Soulignant un article de « France Infos », un média en ligne, qui a propagé de fausses informations sur la toile qui ont été reprises par d’autres médias en ligne lors de la récente campagne présidentielle des Etats-Unis, Héry Rajaonarimampianina a souligné avec force que l’on ne peut pas formater l’opinion publique à travers la presse et les sondages. « Les médiats ne doivent pas attiser la haine et le mensonge dans l’unique but de détruire la cohésion sociale et la stabilité du monde. La noblesse du métier de journaliste exige plus de responsabilité, autrement dit, d’éthique et de déontologie », note-t-il.

Parlant du prochain sommet de l’Oif, il a précisé que cette 16ème édition va être une rencontre de recherche des voies et moyens de garantir la stabilité du monde francophone.

De notre envoyé spécial à Madagascar, Babacar Bachir SANE

TABLE RONDE : SUCCÈS ET ÉCHECS DANS LA PRESSE
Après la cérémonie d’ouverture des Assises, la première table ronde a eu comme thème : les succés et les échecs dans la presse.

La conférence inaugurale introduite par Claude de l’Estrac, ancien secrétaire général de la commission de l’océan indien, ancien directeur général et président du conseil d’administration du groupe de presse « La sentinelle », a eu pour effet de mettre en selle les délégués des assises d’Antsirabé. Quand Claude parle de l’entreprise de presse, il illumine tous les contours de la gestion des maisons de presse. Et chacun, du côté qu’il puisse être, propose des voies de sorties tout comme interroge l’assistance sur la meilleure manière de gérer son affaire. Les conseils avisés de Claude de l’Estrac ont fini par susciter l’intérêt des délégués.

Prenant la parole, le directeur général du quotidien national « Le Soleil » (Sénégal), Cheikh Thiam, a donné l’exemple de la SSPP Le Soleil, une société anonyme gérée comme une entreprise privée, qui se trouvait en 2009 en situation de faillite. Les travailleurs avaient un passif de 3 mois de salaires. L’entreprise leur devait deux arriérés de 13ème mois de salaire. Le tout sans compter les dettes de l’entreprise qui s’élevaient à des centaines de millions de FCfa ; et l’imprimerie était en panne. Pour C. Thiam, le premier défi était de remettre au travail le personnel de la boite. Le choix de deux anciens journalistes a permis de faire des retouches à la rédaction comme à l’administration. Les réformes apportées ont permis de faire un relookage, de recruter des commerciaux et de travailler avec les annonciateurs. Cela a permis, explique-t-il, le financement avec les banques d’une nouvelle imprimerie et de lancer le digital. Aujourd’hui note-t-il, avec un nouveau management, une équipe pluridisciplinaire a été lancée dans le top management. A l’arrivée, un succès qui pousse Cheikh Thiam à recommander le regroupement par affinité des médias du sud ; la création de coopératives dans lesquelles les entreprises seraient des clients ; mais, insiste-t-il, les organisations comme l’Oif et l’Upf travaillent dans le management des entreprises du sud. Ce n’est pas tout. Il faudrait, selon ce dernier, un fonds conséquent d’appui pour le financement de la presse. Cherif Moumina Sy, président du forum des éditeurs africains, décrit pour sa part le même environnement des médias du sud dans leur ensemble et note comme solutions la mise en place d’un fonds d’appui à la presse au niveau national ; l’adoption d’une gestion libérale des entreprises de presse ; et la création d’un environnement permettant à une entreprise d’assurer son indépendance. Pour Tidiane Dioh, responsable des programmes médias à l’Oif, l’économie des médias est l’économie des pays.

B. B SANE

Frère Dominique Catta des Moines de Keur Moussa a été élevé, samedi dernier, au titre de Trésor Humain Vivant (Thv) au sein de l’Abbaye de ladite localité, par le ministère de la Culture et de la Communication. Cette décision, coïncidant avec la célébration de ses 90 ans, fait suite à une requête de l’Amicale des Joyeux koraïstes pour l’œuvre musicale des Moines de Keur Moussa. La Cérémonie s’est déroulée en présence du ministre Mbagnick Ndiaye et d’une assistance nombreuse.

« Il y a 53 ans, cette terre (abbaye de Keur Moussa) était quasiment déserte sans arbre. Durant l’hivernage, les grenouilles coassaient la nuit dans les mares d’eau tandis que les chacals accompagnaient notre dernière prière du soir par leurs cris étranges ». Ce discours émouvant du frère Dominique Catta témoigne de la modestie de l’homme qui ne s’est pas appesanti sur les importantes actions que lui et la communauté des moines ont entreprises pour « refleurir le désert » et lui redonner le rythme par les instruments autrefois exotiques afin de louer le Seigneur. Cette communauté a pu « enraciner la prière par la musique de ses chants, ses koras, ses balafons, ses tam-tams… », se réjouit-il non sans rappeler les premières heures de cette longue marche au cours de laquelle ils se sont faits « griots blancs » au milieu de populations à la fois dans le travail et dans la prière.

Le frère Catta est le seul survivant des neuf moines français de l’Abbaye de Solesmes, en France, qui sont arrivés au Sénégal en 1963 pour ensuite fonder le monastère de Keur Moussa.

La Kora est un instrument important dans cet univers de dévotion. Et l’homme de Dieu y est pour beaucoup. Il a, en effet, dans un élan de générosité, transmis son savoir-faire à des apprenants de l’Ecole nationale des arts après avoir apporté une contribution considérable à l’atelier de lutherie musicale du monastère de Keur Moussa. Son œuvre est reconnue au-delà des cieux qu’il a servis dans le travail, la foi…et le rythme. Elle a permis à cette communauté religieuse de recevoir le prix Albert Schweitzer.

Homme de valeurs
« Le frère Dominique Catta, s’est félicité le Père supérieur de l’Abbaye de Keur Moussa, abbé Ange-Marie Niouky, a sans cesse puisé, au cours de sa longue vie passée au Sénégal, dans les trésors musicaux traditionnels du continent africain, une inspiration qu’il a mise au service de l’Eglise pour honorer Dieu, le chanter joyeusement ». Cette distinction honore, en effet, toute une communauté, célèbre les valeurs de partage, de générosité et manifeste l’attachement d’une âme à sa terre d’accueil, à l’homme et à la nature en ce qu’ils ont de plus beau. Ne le dit-il pas lui-même : « Par cette initiative très amicale d’une distinction attachée au patrimoine de notre cher pays, le Sénégal, vous avez voulu honorer toute une communauté religieuse. J’ai beaucoup reçu de mes supérieurs, de mes frères moines en 53 ans de fraternité et de la légendaire téranga sénégalaise et des villageois ». Lui, il leur a témoigné, durant plus d’un demi-siècle, sa reconnaissance par le travail et la prière.

Déjà pratiqué au Japon depuis les années 1950, le système de Trésors humains vivants a été adopté par le Sénégal en 2006. En France, il est connu sous l’appellation « les Maîtres d’art ».

L’Unesco, à travers l’adoption de la convention 2003 relative à la protection du patrimoine culturel immatériel a reconnu les Thv considérés comme des personnes possédant, à un niveau élevé, les connaissances et les savoir-faire nécessaires pour interpréter ou recréer des éléments spécifiques du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

Alassane Aliou Mbaye


MBAGNICK NDIAYE, MINISTRE DE LA CULTURE ET DE LA COMMUNICATION : « L’ŒUVRE DES MOINES DE KEUR MOUSSA EST MONUMENTALE »
« Nous venons célébrer la culture qui est également un facteur d’expression de la foi religieuse. Le frère Dominique Catta a mis en lumière la richesse de notre culture par son apport décisif dans la renommée de l’atelier de lutherie musicale du monastère. Sa découverte de la Kora mandingue s’est faite par l’écoute de génériques de Radio-Sénégal et par l’amitié avec des griots, maîtres de la Kora. Il a consacré une partie de son temps à Keur Moussa, à des exercices de conventions d’écriture, de transcriptions et de productions phonographiques et pédagogiques remarquables sur la Kora. C’est pour cette œuvre monumentale que nous décernons le titre deTrésor Humain Vivant au frère Dominique Catta, et à travers lui, les moines de Keur Moussa qui ont révolutionné la kora ».

A. A. MBAYE

« Nous venons célébrer la culture qui est également un facteur d’expression de la foi religieuse. Le frère Dominique Catta a mis en lumière la richesse de notre culture par son apport décisif dans la renommée de l’atelier de lutherie musicale du monastère. Sa découverte de la Kora mandingue s’est faite par l’écoute de génériques de Radio-Sénégal et par l’amitié avec des griots, maîtres de la Kora. Il a consacré une partie de son temps à Keur Moussa, à des exercices de conventions d’écriture, de transcriptions et de productions phonographiques et pédagogiques remarquables sur la Kora. C’est pour cette œuvre monumentale que nous décernons le titre deTrésor Humain Vivant au frère Dominique Catta, et à travers lui, les moines de Keur Moussa qui ont révolutionné la kora ».

A. A. MBAYE

Un atelier de pré-inventaire du patrimoine culturel immatériel s’est tenu, ce mardi 15 novembre, à Kaolack. A l’initiative du ministère de la Culture et de la Communication, cette rencontre qui réunit des détenteurs des traditions, des historiens et des chefs coutumiers, vise à recenser les différents éléments de ce patrimoine dans la région.

Comment identifier et inventorier le patrimoine culturel immatériel de la région Kaolack en vue d’en harmoniser les connaissances et les significations ? C’est l’exercice auquel se sont prêtés des chefs traditionnels, historiens ou artistes de la région dans un atelier initié par le ministère de la Culture et de la Communication dans la capitale du Saloum. « Le Sénégal, depuis l’indépendance, a beaucoup travaillé sur le patrimoine culturel bâti et très peu sur le patrimoine immatériel, c'est-à-dire les expressions culturelles de nos communautés, de nos terroirs et des populations. Sous l’égide de l’Unesco, avec la convention 2003, les Etats membres sont invités à travailler à ce rééquilibrage, c’est à quoi s’attèle le Programme national d’inventaire du Patrimoine immatériel à l’initiative de cet atelier de Kaolack  », a rappelé Oumar Badiane, chef de la Division du patrimoine culturel immatériel.

La rencontre dans la capitale du Saloum consistait à restituer la première étape du processus engagé avec les représentants des communautés, les chercheurs et artistes de la région. « Le patrimoine immatériel suscite beaucoup de controverses dans les interprétations d’un individu à l’autre, d’un lieu à un autre. C’est pourquoi, nous avons décidé de réunir tous ces gens pour essayer d’harmoniser des connaissances historiques du patrimoine immatériel. Cette étape était précédée d’une phase d’enquête pré-inventaire de l’ensemble de ce patrimoine », a justifié Ndéye Ngoor Niang Guèye, directrice du Centre culturel régional de Kaolack. Lors de cette restitution, quelques éléments de la richesse du patrimoine culturel du Saloum comme les modes de gouvernement de certaines provinces historiques, les rituels et rythmes de cette contrée ont été identifiés. « Dans cette phase pré-inventaire, il s’agit de jauger l’existant et dans celle qui va suivre, à savoir l’inventaire, de le matérialiser, de le documenter de façon scientifique », a précisé M. Badiane. L’atelier qui s’est tenu dans les installations de la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Kaolack (Cciak) a réuni, autour des techniciens du ministère de la Culture, certains chefs traditionnels comme « Bour » Gandiaye, des artistes de renom du Saloum et le responsable de la Commission culturelle de l’institution consulaire régionale.

Elimane FALL

La Commission de protection des données personnelles (Cdp) organise un Forum national sur la Protection des données personnelles à Dakar. Plus d’une centaine de participants dont des organisations patronales, syndicales, sont attendus à cet événement qui s’inscrit dans la sensibilisation sur la loi relatif à la protection des données à caractère personnel.

Dans le cadre du mois du documentaire, le film Kemtiyu du réalisateur Ousmane William Mbaye sera projeté à Dakar et Saint-Louis. Les séances débutent demain à 20h 30 à l’Institut français de Dakar pour ensuite se poursuivre le 30 novembre à 17h à l’Institut français de Saint-Louis. Le jeudi 1er décembre, ce sera autour de la salle Ucad II d’accueillir une projection du film.

L’avant-première a eu lieu le 7 mai au Théâtre national Daniel Sorano, en présence des ministres de la Culture du Sénégal et de la Côte d’Ivoire, de Cheikh M’Backé Diop, du Dr Massamba Diop et diverses personnalités.

C’est ce matin que s’ouvrent les 45èmes assises de la presse francophone qui se tiennent du 20 au 24 novembre à Madagascar dans la ville d’Antsirabé située à près de 180 kilomètres de la capitale malgache Antanannarivo. Après Dakar en 2014, Lomé en 2015, C’est la Grande Ile communément appelée « île trésor » qui prend le relais de « la grande messe » de la presse francophone.

Antananarivo et la ville d’Antsirabe se sont parées de leurs plus beaux atours pour accueillir les différentes délégations du monde francophone qui vont prendre part aux assises annuelles de la presse et des chefs d’Etat. Déjà dans la capitale malgache, les panneaux d’affichage, la réhabilitation des ruelles, bâtiments, et les différents drapeaux des différents pays rappellent l’imminence de l’évènement.

Une partie des 300 délégués et invités de l’Union internationale de la presse francophone est arrivée vendredi dernier dans la journée et a regagné Antsirabé (180 kilomètres d’Antananarivo) dans la soirée sous une pluie fine.

Malgré les difficultés d’hébergement constatées, notamment avec la vétusté des réceptifs de la ville d’Antsirabé, les organisateurs ont dû installer les délégations dans plusieurs hôtels qui jouxtent l’hôtel des Thermes qui abrite les travaux des assises de l’Union internationale de la presse francophone. L’assemblée générale de l’Union de la presse francophone qui s’est tenue hier a validé la candidature de Madiambal Diagne. Il rempile ainsi à son poste de président international de l’Upf pour un nouveau mandat de deux ans.

La séance d’ouverture des travaux des 45ièmes assises de l’Union de la presse francophone sera placée sous la présidence de son Excellence, M. Hery Rajaonarimampianina, président de la République malgache et de Madame Michaelle Jean, secrétaire générale de la Francophonie, en présence de Monsieur Vonison Andrianjato Razafindambo, ministre de la Communication et des Relations avec les institutions. Le développement des médias qui est partout une question clé de développement démocratique et économique sera au centre des préoccupations, a renseigné Madiambal Diagne, président de l’Upf international. Le Sénégal est fortement représenté à ces assises de Madagascar, grâce au soutien de la Primature et certains ministères du gouvernement.

Au cours de cette première journée, outre la séance d’ouverture, la conférence inaugurale sera faite par M. Jean Claude de l’Estrac, ancien secrétaire de la commission de l’Océan indien, ancien directeur général et président du Ca du groupe de presse « La sentinelle » (Maurice). Une table ronde et plusieurs ateliers seront organisés au cours de la journée sur plusieurs thèmes notamment, les médias dans les pays en développement : les raisons des succès, les leçons des échecs ; Quelle autonomie pour les médias dans une situation de précarité économique ? ; Félaka, Gombo… : Quelles propositions pour y mettre fin ? ; Les mutations technologiques : un atout ou un handicap ?

De notre envoyé spécial à Antsirabé, Babacar Bachir SANE

Le président de République, Macky Sall, vient de satisfaire une vieille doléance sociale des travailleurs du Théâtre national Daniel Sorano. Le chef de l’Etat s’est engagé à payer près de 100 millions de FCfa représentant les arriérés de cotisations sociales à l'Institution de prévoyance retraite du Sénégal (Ipres), de 1986 à 2009, des agents contractuels.

Grand ouf de soulagement pour les agents contractuels du Théâtre national Daniel Sorano. Le président de la République, Macky Sall, vient de prendre une décision d’une grande portée sociale en faveur du personnel de cette institution.

L’Etat s’est engagé à payer 93.685.591 FCfa, soit près de 100 millions de FCfa, représentant les arriérés de cotisations sociales à l'Institution de prévoyance retraite du Sénégal (Ipres), de 1986 à 2009, des agents contractuels. Le premier protecteur des Arts vient ainsi de satisfaire une vieille doléance sociale des travailleurs de Sorano. Selon un communiqué, parallèlement à cette « importante mesure sociale », le Gouvernement manifeste, de manière permanente, sa ferme volonté de relancer les activités du Théâtre national Daniel Sorano pour lui permettre de retrouver son lustre d’antan. Cette volonté s’est traduite, entre autres, par « l’augmentation des ressources budgétaires allouées chaque année qui sont passées de 376.000.000 de FCfa en 2014 à 450.000.000 de FCfa au cours de l’année prochaine ». A cela, s’ajoute la préparation et la mise en œuvre d’un important projet de réhabilitation et de modernisation des locaux et des équipements dont l’étude, financée par l’Etat pour un montant de 22 millions de FCfa, vient d’être finalisée. « C’est pourquoi le ministère de la Culture et de la Communication, le Conseil d’administration, la Direction générale et l’ensemble du personnel remercient vivement Monsieur le président de la République pour son soutien constant et formulent à son endroit des vœux de réussite dans l’œuvre de construction nationale qui reste et demeure son idéal de gouvernement », ajoute le communiqué.

Ibrahima BA

Les représentants des cinq Comités de lecture ont sélectionné 10 ouvrages finalistes représentant 10 pays pour la 15ème édition du Prix des cinq continents de l’Organisation internationale de la Francophonie. « Corps de ma mère » de la Tunisienne Fawzia Zouari (éditions Joëlle Losfeld) figure parmi les romans en compétition. L’écrivaine raconte la condition des femmes en Tunisie en s’inspirant de sa mère.

Pudeur et authenticité. C’est au travers de ce binôme que les Editions Joëlle Losfeld présentent la trame littéraire du roman « Corps de ma mère » de la Tunisienne Fawzia Zouari. Elle évoque la condition des femmes en Tunisie en s’inspirant de sa mère. La finaliste du concours du Prix des cinq continents de la Francophonie est une écrivaine et journaliste tunisienne. Docteur en littérature française et comparée de la Sorbonne, elle vit à Paris depuis 1979. Elle a travaillé dix ans à l’Institut du monde arabe à différents postes dont celui de rédactrice du magazine « Qantara1 » avant de devenir journaliste à l’hebdomadaire Jeune Afrique en 1996.

Extrait p. 98-99 :
« Lorsque, quatre ans plus tard, les Chérif vinrent demander sa main, elle dit oui, comme sous l’ordre d’un Destin qui aurait pour visage Arem, sa future belle-mère qui lui confia, après son mariage, comment et pourquoi elle s’était juré d’en faire sa bru :

« Pour la huitième fois, j’accouchais d’un garçon et j’étais au bord du désespoir, raconta Arem. Il me tardait d’en finir avec les nausées, les évanouissements et la peur de perdre la vie à chaque grossesse. Et si je me prêtais encore au devoir du lit, ce n’était pas par plaisir, mais seulement dans l’espoir d’avoir une fille. Un être qui saurait reprendre mes gestes à l’identique et devinerait mes maux, qui sauverait ma vieillesse de la solitude et ferait de son cœur un abri pour mes secrets. Hélas ! À chaque accouchement, ma déception était à la mesure de ma douleur, lorsque je découvrais la maudite excroissance entre les jambes du nouveau-né. Personne ne me convaincra que les garçons servent à quelque chose, ni que les filles ont le déshonneur vissé au corps, encore moins qu’elles nourrissent en leur sein le scandale, comme le prétend l’imam dans ses prêches, nous accusant, nous les femmes, de manquer de raison et de foi, d’être enduites de la salive du Diable, menteuses et rusées, malveillantes et je ne sais quelles autres sornettes. J’appelle le courroux d’Allah sur Son imam !

« En vain ai-je consulté guérisseuses et voyantes, recouru aux médications, accroché des amulettes partout où pendait une branche ou s’élevait une poutre. Jusqu’au jour où l’une de mes cousines me suggéra de faire un vœu sur la tombe d’Askar, l’ancêtre de ton père réputé favoriser la naissance de bébés féminins. Tounès, ta maman, déjà mère de dix filles, en était la preuve.

« Un matin, j’ai poussé la porte du mausolée. C’est là que je t’ai vue pour la première fois, Yamna. Tu étais une gamine mais tu avais l’air sérieux des grandes personnes. Je me suis surprise à formuler ce vœu en ©Éditions Gallimard, 2016

t’observant : “Sidi Askar, si tu réalises mon espoir, je marierai la fille des Gadour à mon fils Farès !”

« C’est ainsi que ma petite Jalila est née. Un malheureux hasard a voulu qu’elle vînt au monde le jour où décédaient ta maman et son bébé. Mais je ne pouvais m’empêcher de fêter la naissance de ma poupée en allumant des cierges sous toutes les coupoles. Soixante-dix vaches et trente taureaux furent égorgés pour l’occasion au grand dam de cet idiot d’imam qui a failli s’étouffer en menaçant : “Cette Jalila, ce n’est tout de même pas la fi lle du Prophète !’’. »

Et Arem acheva son récit par un rire en cascade.

Yamna se souvint de ce que l’on disait à Ebba sur l’amour excessif de sa future belle-mère pour son nouveau-né et l’habitude qu’elle avait prise de convoquer ses huit garçons pour le leur faire admirer. Jalila gigotait dans une drôle de boîte taillée dans du bois laqué et incrusté de nacre, qu’on appelait « berceau ». Arem jurait qu’un régiment d’anges assurait la protection de sa fille et que, les rares fois où elle pleurait, ses larmes se transformaient dans l’obscurité en louis d’or ! Lorsque les dires de la « maison » de Chérif furent rapportés à l’imam, l’homme pleura et gémit : « A-t-on vu mahométan aduler un être de sexe féminin jusqu’à en faire une idole ! »

Une présentation d’E. Massiga FAYE

Le directeur général de l’Autorité de régulation des postes et des télécommunications (Artp) a annoncé, hier, que 12 à 13 millions d’abonnés seraient formellement identifiés au Sénégal. Abdoul Karim Sall prenait part au forum international de l’Union internationale des télécommunications ouvert ce lundi 14 novembre 2016 à Bangkok. Selon lui, avec le projet « Free Roaming » en Afrique de l’Ouest, un système d’identification communautaire est « primordial ». 

En marge de la 3ème journée de la conférence mondiale de l’Union internationale des télécommunications (ItuTelecom World 2016) à Bangkok, le directeur général de l’Autorité des postes et des télécommunications (Artp) est revenu, hier, au cours d’une conférence de presse, sur la problématique « Free Roaming » en Afrique de l’Ouest. Pour Abdou Karim Sall, un système d’identification communautaire est « primordial ». 

Pour lui, cette initiative permettra aux citoyens dans la zone communautaire de se déplacer avec leurs téléphones sans pour payer des frais supplémentaires de « Roaming ». A l’en croire, le « Free Roaming » ne peut être appliqué avec succès en Afrique de l'Ouest que si l'on dispose, au préalable, d'un système d'identification correcte des numéros de tous les abonnés aux services de téléphonie mobile. A ce jour, a déclaré M. Sall, « près de 12 à 13 millions d'abonnés seraient formellement identifiés au Sénégal ». A la fin de ce mois de novembre, a-t-il précisé, tous les numéros non identifiés seront suspendus avant d'être définitivement résiliés au bout de deux semaines, si le client ne s'exécute toujours pas.

Le « Free Roaming » est la possibilité pour les abonnés d’un opérateur de réseau mobile à utiliser les services de téléphonie mobile de différents réseaux au fur et à mesure de leurs déplacements. Selon lui,  il s’agit d’une initiative des chefs d’Etat membres de la structure « Smart Africa ».  Ce  projet, a indiqué le directeur  général de l’Artp dans un  document reçu à la rédaction, porté par le président Macky Sall, a pour finalité d'instaurer entre tous les États africains,  une itinérance internationale gratuite des téléphones mobiles. D’après cette source, la mise en œuvre du « Free Roaming » a débuté pour les pays de la sous-région par la mise en place d’un cadre de réflexion entre régulateurs ouest-africains.  « L’Artp s’est, par la suite, concertée avec l’ensemble des opérateurs du Sénégal pour permettre à toute la population de la sous-région d’évoluer dans un « One area network », c’est- à-dire le même réseau téléphonique partout ». 

Les pays d’Afrique de l’Ouest dont le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Mali et la République de Guinée vont se retrouver, le 28 novembre prochain à Abidjan, pour poursuivre la réflexion. L’objectif est de  « matérialiser cette initiative des chefs d'États africains ».

Pour des raisons de sécurité, les préalables requis sont, entre autres, l’identification de tous les propriétaires de numéros mobiles. En effet, cette identification « a permis d’avoir au Sénégal une base « mémoire » fiable avec des opérateurs aux services de téléphonie mobile qui, en un temps record, ont pu clairement authentifier leurs différentes bases de données ».

Ibrahima BA

Madagascar,  Nigeria,  Ghana, Kenya, Gabon, Rwanda, Cameroun et  Zimbabwe, ce sont, au total, huit pays africains qui se sont engagés aux côtés du Sénégal pour  réfléchir autour de la mise en place d’un cadre de concertation et de partage d’expérience en matière d’administration électronique en Afrique. C’est, du moins, ce qui ressort de la rencontre organisée par le Sénégal, sous la direction de Cheikh Bakhoum, directeur général de l’Adie, en marge du forum international de l’Uit de Bangkok.  L’objectif de ce premier contact, informe un communiqué, est d’échanger sur les motivations et l’opportunité de la mise en place d’une telle structure. Les acteurs ont proposé la tenue d’une première grande réunion de l’organisation africaine des agences gouvernementales en charge des Tic en mai 2017, en marge du sommet « Transform Africa » organisé à Kigali par l’Ong Smart Africa. Toujours dans la même lancée, le Sénégal, Madagascar et le Ghana ont été choisis pour prendre en charge les préparatifs de cette première rencontre. « Interconnecter les réseaux, rationaliser les dépenses, échanger et mutualiser les solutions déjà déployées dans le cadre de la dématérialisation et accélérer le processus de gouvernance électronique en Afrique, sont quelques pistes de réflexion sur la finalité de la future organisation panafricaine ». 

I. BA

Disciple puis épouse de Cheikh Béthio Thioune, guide des Thiantacônes, Sokhna Bator est l’auteure du livre « Serigne Béthio, le Serviteur éteint en son Seigneur ». L’ancienne étudiante à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, juriste de formation, s’emploie, dans cet ouvrage, à explorer les voies de la spiritualité par le truchement de relations qui transcendent les contingences. La librairie « L’Harmattan Sénégal » a abrité la cérémonie de présentation et de dédicace de l’ouvrage.

Pour comprendre le compagnonnage terrestre entre Cheikh Béthio Thioune et Serigne Saliou Mbacké, il faut trouver le point de convergence entre les allées labyrinthiques de la spiritualité et celles-là ferventes de la religiosité. C’est que les relations entre le fidèle « exaltant » et le défunt khalife sont à la charnière du début et de l’éternité, au confluent de l’ésotérisme et de « l’interprétable » par le commun des esprits. Ababacar Sadikh Nohine Diaw dit de ce livre, dans la préface, qu’il peut être « comme un fil d’Ariane permettant de cheminer dans le labyrinthe de la spiritualité pour tout aspirant véridique à la quête d’Allah. De par son analyse tant empirique que théorique, il est un précieux guide pour tout aspirant mû par la ferme volonté d’accéder à son Seigneur, abstraction faite de son appartenance religieuse, son origine sociale, sa localité géographique ou encore sa couleur de peau ».
Il intervient, selon lui, dans un contexte de clivage, d’incompréhension dans un monde où s’expriment des groupes figés sur des dogmes, croyant détenir la Vérité et niant la position de l’autre. Le salut de l’humanité dépendra dès lors de sa faculté d’accéder à la spiritualité en créant des passerelles d’écoute. Cette production scientifique replonge le lecteur dans ce qu’il appelle la « spiritualité pratique ». En cela, l’auteure « rend accessible cette connaissance aux aspirants », se réjouit Boubacar Konaté dans sa présentation du livre.

Extrait du livre
Pour Ibrahima Bocoum, disciple de Cheikh Béthio Thioune et ancien étudiant à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis en même temps que Sokhna Bator Thioune, il ne saurait être autrement car l’auteure était une apprenante discrète et une femme de caractère diffusant des valeurs. C’est, à l’en croire, une étude approfondie qui traverse les âges. L’épouse du responsable moral des Thiantacônes n’en espère pas moyen pour ce « guide du voyage à l’Unique qui consigne par écrit un vécu face aux mémoires périssables d’humains ». Elle a toutefois souligné la difficulté à créer une ligne démarcative entre le statut d’épouse et le talibé. Celui qui « l’a faite » et à l’endroit de qui elle sera « toujours laudative », Cheikh Béthio Thioune, lui, a loué les qualités aussi bien de la « talibé » que de l’épouse « dévouée et aimante ». « Allier le statut d’épouse et de talibé, c’est là que réside une très grande difficulté. En effet, je faisais partie du commun des talibés voulant se faire distinguer par leur guide car le premier objectif du talibé qui a effectué son pacte d’allégeance est de se faire distinguer par son Guide à travers le dévouement qu’il lui montre…Lorsque Serigne Saliou me gratifia donc du statut d’épouse de Serigne Béthio, je fus des plus comblés mais aussi des plus inquiets à cause de la dimension de l’homme en Serigne Touba et la certitude que j’ai de mon indigence par rapport à lui. Mes craintes se dissipèrent au fur et à mesure de mon compagnonnage avec lui de par les largesses dont il fait montre, de l’éducation, des valeurs qu’il nous inculque. Serigne Béthio m’a façonnée à tel point que ma fierté en tant qu’épouse et talibé reste intacte. Mon compagnonnage avec lui m’a gratifiée d’une connaissance autre que doxographique et bénéfique à toute femme qui voudrait s’attirer les faveurs de son Seigneur à travers l’époux agréé par Allah ». Tendre effusion.
Alassane Aliou MBAYE

« Evenprod » est une structure évènementielle qui a procédé, vendredi dernier, à la présentation du premier téléfilm intitulé « Idoles » sur la presse écrite au Sénégal. Il revient sur nos réalités dans les rédactions.

Ce téléfilm raconte l’histoire d’un jeune journaliste, Malick (major de sa promotion) qui a été recruté dans un grand quotidien du pays dénommé « West infos » dont le directeur de publication est également son idole nommé Grand Laye (Mouhamed Touré à l’état civil), un frimeur et coureur de jupon. Entorse ! L’épouse de Grand Laye, vaniteuse, pense que son époux est riche. Dès lors, elle lui demande de changer le salon et veut aussi que sa fille ait un véhicule. Cette fille n’a d’yeux que pour Malick. Elle n’hésite pas à réveiller chez lui, l’arrose de croissants écrémés et lui tient des mots doux au petit matin. « Idoles » est l’univers dans lequel la presse sénégalaise se meut et l’être humain. Dans la trame du téléfilm, le réalisateur met l’alcool sur la plaie d’une profession élastique qui charrie toutes sortes de dérives: manque de formation, corruption, chantage, vente d’illusions, etc. « Idôles » a nécessité deux années de tournage pour la production de 52 épisodes. Ils seront diffusés tous les mardis et samedis après le journal télévisé de la 2Stv.

« Idôles » est un prétexte qui atteste de la véracité des propos d’Aminata Sophie Dièye, la regrettée chroniqueuse du journal « L’Observateur », qui écrivait dans le scénario ceci: « Il n’y a pas que des gens pourris d’un côté et de l’autre des méchants et corrompus, la nature humaine est beaucoup plus complexe…’’

Selon le promoteur de la 2Stv, El hadji Ndiaye, « Idoles » ne fait pas le procès de la presse, mais pose la réalité que vit les journalistes dans les rédactions. « Ils ne peuvent pas passer leur temps à critiquer les gens sans qu’ils ne soient critiqués », a-t-il souligné, non sans préciser le besoin d’associer les comédiens de qualité dans les rôles éducatifs. Pour le professeur Sellé Seck du Centre d'études des sciences et techniques de l'information (Cesti), une partie du téléfilm est en porte à faux avec l’éthique de notre profession. « Il y a un conflit d’intérêt, car Grand Laye, qui est censé incarné un comportement éthique, a reçu des mains d’un ministre 2 millions FCfa », regrette-t-il. Une somme qui, dans ce film, lui a permis de se payer des fauteuils pour faire plaisir à son épouse. Comble de l’ironie, Grand Laye a écrit un livre sur l’éthique.

Serigne Mansour Sy CISSE

Dans le cadre du Fonds d’appui au développement des cultures urbaines, le groupe d’artistes en charge de la région du Sud a séjourné récemment à Sédhiou. La rencontre, qui s’est tenue au Centre culturel régional, a été l’occasion pour le rappeur Simon, directeur et producteur du label Djoloff Band, de passer en revue, pour les nombreux artistes présents, les contours de ce fonds. En effet, le gouvernement du Sénégal, à travers le ministère de la Culture et de la Communication, a décidé d’allouer un montant de 300 millions de FCfa aux acteurs des cultures urbaines du Sénégal. Selon le groupe en charge de la région du Sud, « le fonds, issu de l’argent du contribuable, doit être géré dans la transparence et l’équité ». Sa création vise à lutter contre le chômage des jeunes en général et des artistes en particulier. C’est tous les domaines des cultures urbaines (rap, hip hop, danse, photographie, vidéo, infographie…) qui peuvent bénéficier d’un financement « si le projet du postulant est bien ficelé ».

Lors de cette rencontre, les artistes n’ont pas manqué de poser un certain nombre questions dont celle relative à l’élaboration de bons projets à mesure d’obtenir le financement du fonds dédié aux cultures urbaines. Ils ont émis le vœu de voir toutes les régions du Sénégal bénéficier de ce fonds.

Par ailleurs, jugeant ce montant moins conséquent par rapport au 1 milliard de FCfa attribué au cinéma, ces artistes ont souhaité voir l’enveloppe allouée aux cultures urbaines passer du simple au triple afin de toucher le maximum d’acteurs à travers le Sénégal.

Malamine KAMARA

Un conclave sur le patrimoine culturel immatériel régional de Thiès a réuni, lundi 14 novembre, plusieurs acteurs culturels et historiens. L’objectif de la rencontre était de rapprocher les services culturels des départements pour mieux cerner les richesses culturelles des terroirs.

L’élaboration d’une liste représentative du patrimoine culturel immatériel régional de Thiès a fait l’objet d’une rencontre, lundi, entre plusieurs acteurs culturels et historiens dans la capitale du rail. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la formulation du programme national de valorisation de ce riche potentiel que compte lancer le ministère de la Culture et de la Communication. Elle a réuni d’éminents intellectuels, historiens à l’image de l’écrivain Atoumane Ndiaye Doumbia et hommes de culture comme l’artiste et musicien Abdoulaye Ndiaye « Thiossane ». L’esquisse d’une liste du patrimoine culturel immatériel présentée par la directrice du Centre culturel régional, Mme Anne Marie Faye, a permis de noter des échanges fructueux autour de sa communication. Ceci à travers notamment le « Takhourane », le « Kankourang », le « Xaxar », le « Yooté », le « Mbilim », le « Kuyamboyo », le « Kassak », le « Fil de Toubatoul », entre autres us et coutumes des diversités culturelles de la région de Thiès. Une bonne palette loin d’être exhaustive à côté des contes et légendes, mythes et devinettes que les participants ont tous reconnus la nécessité de ressusciter, ne serait-ce pour le rôle important que ce patrimoine culturel immatériel ait joué dans le rayonnement historique du Cayor et de la Petite Côte.

Ce faisant, il a été ainsi recommandé de mieux se rapprocher des terroirs dans ce travail de matérialisation d’un document d’inventaire du patrimoine immatériel qui doit être mieux connu et valoriser pour les générations futures.

Macina Calvo Pérez, consultante à l’Unesco, qui accompagne le Sénégal dans ce projet, a manifesté sa satisfaction pour la forte participation des participants et de la qualité des échanges fructueux lors de la rencontre. Pour Mme Pérez, il faudra tenir compte du savoir et des suggestions des uns et des autres dans l’élaboration du document final et de la mise en place d’entités de sauvegarde de ce patrimoine culturel immatériel. Aussi, a-t-elle noté un engagement et un besoin pressant de cet inventaire du patrimoine immatériel.

Mohamadou SAGNE

Les représentants des cinq Comités de lecture ont sélectionné 10 ouvrages finalistes représentant 10 pays pour la 15ème édition du Prix des cinq continents de l’Organisation international de la Francophonie. « Soleil » de David Bouchet figure par les romans en compétition.

David Bouchet (DaoudaToubab) est éditeur, écrivain et scénariste (La pirogue, 2012). Il a passé l’essentiel de sa vie à Dakar et est basé à Montréal (Canada depuis 2010.) « Soleil » est son premier roman.

Extrait :
« Quatre jours avant qu’on quitte l’appartement de Jarry, c’est une histoire incroyable, mais on marchait, P’pa, Bibi et moi, alors que Mère était avec Lila, parties acheter des draps et des choses de maison pour notre futur chez-nous de Rosemont–La Petite-Patrie. Moi, je me tenais à côté de P’pa, et Bibi il était devant comme toujours. Tout d’un coup, P’pa s’est arrêté :

- C’est lui… Là… C’est lui, le boudiouman !

Alors moi, à une dizaine de mètres devant nous, j’ai vu un homme de cinquante ans à peu près, habillé presque normalement en jean et en baskets, sauf qu’il avait des tatouages sur les mains et une vieille cicatrice sur le front. Son visage était un peu marqué, peut-être par ses années de poubelles et de bouteilles vides, et il avait une moustache noire, et il ne ressemblait pas du tout au voleur que j’imaginais. Parce qu’on imagine toujours un voleur. On l’imagine dans ses cauchemars, on le voit toujours flou, on crie après, mais aucun son ne sort, et on se réveille avec lui dans nos pensées. Mais une chose est sûre : on sait qu’il n’est pas comme ce boudiouman-là, devant nous. Moi, je l’avais imaginé sans couleur particulière, le voleur, parce qu’il n’y a que les adultes qui donnent des couleurs aux gens, et je l’avais imaginé grand et avec des longues mains et des gros doigts parce que le beurre. Et avec un ventre un peu gonflé, un peu dur, parce que le chocolat. Je lui voyais une petite tête pleine de vide, parce que la mémoire de mon père. Alors avec toutes ces particularités, je m’étaisdit qu’il avait faim et besoin d’intelligence. Mais lui, là-devant, il ne ressemblait pas à ça. Il ressemblait à tout le monde, avec beaucoup d’ordinaire. Et il était blanc, même. Pas noir du tout.

P’pa est très spécial parce qu’il ne réfléchit jamais longtemps et il agit vite. Moi, je n’ai pas compris ce qui se passait, parce que P’pa était allé droit vers le boudioumanqui marchait et s’en venait vers nous. P’pa le fixait du regard, et le boudiouman avait baissé les yeux et avait dévié son chemin, comme s’il cherchait quelque chose vers la gauche, mais P’pa avait dévié son chemin aussi, pour aller à sa rencontre, et s’était mis devant lui. Ils s’étaient arrêtés tous les deux, face à face. Comme deux boxeurs qui se défient. Bibi s’était retourné. Et moi, j’étais derrière. Et P’pa regardait le boudiouman droit dans les yeux, comme ça, en gros plan.

- Le disque dur, tu en as tiré quoi ? Dix dollars ?

- Quoi ? Qu’est-ce que tu dis ?

Le boudiouman avait froncé les yeux en lui répondant et sans attendre, il avait détourné son chemin pour essayer de traverser la rue. Sauf que P’pa l’avait suivi :
- Et le Nokia de merde ? Quoi, cinq dollars ?

Si P’pa avait été blanc, il aurait été rouge parce qu’il brûlait de colère, et le boudiouman avait détourné la tête sans répondre, et ça, ç’avait énervé encore plus P’pa qui, alors, l’avait rattrapé par l’épaule. Le boudiouman avait fait un geste brusque avec son coude pour qu’il le lâche, et là c’était parti : P’pa lui a donné un coup de tête. Bibi a couru vers P’pa. Moi, je ne bougeais pas parce que je suis petit. Le boudiouman est tombé et s’est relevé, ils se sont pognés (on dit comme ça aussi au Sénégal, « pogner », mais ça veut juste dire prendre quelqu’un par le col de la chemise pour lui casser la gueule), et une belle bagarre a commencé, parce que P’pa, il ne réfléchit pas quand c’est urgent, et Mère le dit toujours, il est fonceur.

Alors c’était sûr qu’elle serait très fâchée, parce qu’elle voulait qu’on ne se fasse pas remarquer, qu’on soit tout petits et tout discrets comme des ombres qui glissent sur les murs et là, ça faisait à peine un mois qu’on était au Canada et P’pa était déjà embarqué à l’arrière, dans une vraie voiture de police, blanche avec des gyrophares bleus et rouges. »

Une présentation d’E. Massiga FAYE

L’Union internationale des télécommunications tient(Uit) du 14 au 17 novembre 2016 son forum international à Bangkok. Le Sénégal fait partie des 28 nations ayant le privilège d’avoir un « pavillon qui permet à notre pays de présenter les réalisations ainsi que principaux projets structurants dans le domaine du numérique », renseigne un communiqué. Selon le document, notre pays a répondu présent avec une très forte délégation dirigée par Modou Mamoune Ngom représentant le ministère des Postes et des Télécommunications, Abdou Karim Sall, Directeur général de l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes, Abou Abel Thiam, président du Collège de l’Artp et Cheikh Bakhoum, Directeur général de l’Agence de l’informatique de l’Etat (Aide), ainsi que les opérateurs de télécommunications, Sonatel, Expresso et Csu. A cet effet, ils ont participé à des panels sur les évolutions technologiques, des visites des stands, des échanges avec des partenaires et la réception de la visite des autorités de certains pays exposants. Afin de mettre aussi à profit cette rencontre, la délégation sénégalaise a échangé avec les décideurs publics et entreprises du secteur des télécommunications/Tic.

Ouvert ce lundi en Thaïlande, le forum Itu Telecom World 2016 fait partie des événements majeurs de l’Union internationale des télécommunications. Au total, 120 pays participent à ce rendez-vous. La cérémonie d’ouverture a été présidée par la Princesse Maha Chakri Sirindhom avec à ses côtés le 1er ministre thaïlandais, le Général Chan Ocha Prayut et le secrétaire général de l’Uit, Houlin Zhao.

Yaye Awa Ly Ngoné SARR (stagiaire)

Le ministère de la Culture et de la Communication du Sénégal vient de lancer un appel à candidatures pour « Le Grand Prix du Président de la République pour les Arts ». Les inscriptions à ce concours sont ouvertes jusqu’au 15 janvier 2017.

L’édition 2016 du « Grand Prix du chef de l’Etat pour les Arts » vient d’être officiellement lancée par le ministère de la Culture et de la Communication. L’objectif de ce prix, dont les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 15 janvier 2017, est de promouvoir le développement des Arts, d’honorer et de récompenser des artistes méritants. Selon un communiqué du ministère, les disciplines concernées sont : les arts visuels, la danse, la musique, la mode et le stylisme, les arts dramatiques,  le cinéma et l’audiovisuel, le conte et les disciplines des cultures urbaines. Cette année, trois prix seront décernés aux lauréats : deux Grands Prix du président de la République pour les Arts et un Prix d’encouragement. Les lauréats du « Grands Prix du président de la République pour les Arts » reçoivent chacun dix millions (10.000.000) de FCfa et une distinction. Au même moment, le lauréat du « Prix d’encouragement » reçoit deux millions (2.000.000) de FCfa et une distinction. Ces prix seront remis par le chef de l’Etat au cours d’une cérémonie officielle.

D’après le communiqué, les artistes intéressés sont invités à proposer une œuvre ou une interprétation et à remplir le formulaire de candidature téléchargeable sur le site du ministère de la Culture et de la Communication : www.culture.gouv.sn. Ensuite, les « dossiers complets de candidature doivent être envoyés au Secrétariat du jury assuré par la Direction des arts sise à la cité Keur Gorgui, immeuble du ministère de l’Elevage, 5e étage et au niveau des Centres culturels régionaux pour les candidats résidant hors de Dakar ». Ce dossier devra être envoyé également par email à l’adresse : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. .

Ibrahima BA

L’économiste sénégalais Amady Aly Dieng, décèdé le 13 mai 2015, à l’âge de 83 ans, a été choisi comme parrain de la 44e Promotion du Centre d’études des sciences et techniques de l’information (Cesti) de l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad). La cérémonie de sortie de cette promotion, indique un communiqué de l’institut, est prévue le 15 décembre 2016, à partir de 09h, à la salle de conférences de l’Ucad 2. Selon le document, à l’occasion de cette cérémonie de remise des diplômes, un hommage sera rendu à cet intellectuel émérite, généreux, désintéressé et intègre.

« Amady Aly Dieng fait partie des intellectuels sénégalais les plus brillants et les plus féconds. Il est l’auteur de près d’une dizaine d’ouvrages. Enseignant vacataire au Cesti, dans les années 1990, il a contribué à la formation de nombreux journalistes africains. Amady Aly Dieng a également collaboré avec la presse, pendant des décennies, en assurant des compte-rendu de lecture », informe la même source. 

La promotion « Amady Aly Dieng » du Cesti est composée de 25 étudiants dont 19 Sénégalais, 5 Béninois et 1 Camerounais. Ces étudiants sont repartis dans les spécialités suivantes : 13 en radio, 7 en télévision et 5 en presse.

La manifestation se tiendra sous la présence effective du Professeur Mary Teuw Niane, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

I. BA

L’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) veut contribuer à valoriser la culture comme source de création de richesses et de rayonnement. D’où le Programme régional de développement culturel (Prdc-Uemoa) qui, dans sa phase de vulgarisation, va impliquer des journalistes culturels.

L’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) veut développer un marché régional des biens et services culturels. C’est tout le sens du Programme régional de développement culturel (Prdc-Uemoa) qui a, entre autres objectifs, d’améliorer la visibilité des expressions culturelles de l’espace communautaire. Pour la mise en œuvre de ce programme, qui s’étale sur cinq ans, l’Uemoa va impliquer des journalistes culturels. A cet effet, un atelier s’ouvre demain à Ouagadougou (Burkina Faso).

Organisé par le Département du Développement humain de la Commission de l’Uemoa, la présente rencontre s’articulera autour de la présentation du Prdc-Uemoa. 

Il s’agira également de réfléchir sur le renforcement de la visibilité du programme, présenter les différents comités (pilotage, patrimoine, label). Mais aussi, définir des axes de collaboration. En septembre 2015, présidant les travaux de la réunion sectorielle des ministres de la Culture des Etats membres de l'Uemoa, le ministre sénégalais de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye, avait souligné des chantiers en cours et devraient permettre de mieux asseoir la politique commune de développement culturel.

Il s’agit, entre autres, de la lutte contre le piratage des œuvres littéraires et artistiques, la gestion du droit d’auteur, le statut des acteurs culturels, la collecte et le traitement des données statistiques pour assurer une meilleure visibilité du secteur dans l’économie.

E. M. FAYE

Pour une première, Dj Dollar a réussi le mélange savamment orchestré du Dancehall et du Zouk. Le single, qu’il vient de mettre sur le marché, s’inspire des sonorités métissées. « Bday Girl », titre de ce tube produit en featuring avec deux grands noms du rap Galsen, Nix et l’artiste et producteur antillais JamC, constitue l’un des méga hits du moment. Ce morceau bénéficiant « du talent de Nix qui, avec aisance, sort de sa zone de confort pour nous donner un flow aussi bien surprenant que « catchy » sans oublier le producteur et artiste JamC, qui vient apporter la superbe touche afro-carribéenne ». Le jeune beatmaker sénégalais, Passa Beatz, apporte également plus de tonus à ce single qui plaira, à coup sûr, à l’international. Sous l’impulsion de « African Victory », un label de production musicale œuvrant essentiellement dans l’électro, le hip hop, le rnb et l’afrobeat, le single a été travaillé de façon à avoir une couleur internationale, et d’être à la portée des mélomanes du monde entier.

« Bday Girl » célèbre la femme. Il s’agit d’une façon pour l’artiste de rendre un vibrant hommage à la gente féminine. « De toute ma carrière, je n’ai jamais eu l’occasion de célébrer les femmes et de les remercier par rapport à ce qu’elles ont fait pour moi. Les femmes ont été à la base de la réussite de tous mes événements », avance l’artiste.

Pape Samba Diouf de son vrai nom, Dj Dollar travaille depuis dix ans dans le milieu de la musique. Pour cet artiste, qui a opté pour la discothèque internationale, faire des singles est le meilleur moyen de promouvoir la musique urbaine sénégalaise. Car, ajoute-t-il, « il y a pas mal de Dj dans le monde qui font des productions dans le but de promouvoir leurs artistes ». Ainsi, à travers cette idée, le natif de Fatick compte promouvoir la musique sénégalaise et celle africaine d’une manière générale.

Pour le moment, Dj Dollar compte tourner le clip de « Bday Girl », au mois de décembre. Le disc-jockey réfléchit également à l’idée de sortir un deuxième single avec deux célébrités africaines, d’ici le mois d’avril 2017.

I. BA

Le Monument de la renaissance africaine a accueilli, vendredi, le vernissage de l’exposition itinérante célébrant le cinquantenaire des Manufactures sénégalaises des arts décoratifs de Thiès (Msad). Cette exposition se tient à Dakar, du 11 novembre au 18 février, dans cinq prestigieux sites du monde des arts et de la culture sénégalaise.

Comment ne pas s’en souvenir ? Il y a un demi-siècle, le président-poète Léopold Sédar Senghor ouvrait les portes des prestigieuses Manufactures sénégalaises des arts décoratifs de Thiès(Msad) avec, à ses côtés, le président malien Modibo Keita, l’éminent Michel Tourlière, directeur de l’Atelier-Ecole nationale de tapisserie d’Aubusson et François Tabard, maître licier. Ces derniers avaient apporté une aide précieuse au Sénégal pour la mise en œuvre de ce projet de manufacture. Lequel s’inscrivait en droit ligne des recommandations du premier Festival mondial des arts nègres de 1966. Cela, en emportant « l’art nègre modernisé vers le peuple qui en est à la fois inspirateur et destinataire prioritaire ». La commémoration du cinquantenaire des Msad offre ainsi une occasion exceptionnelle, à travers une exposition itinérante, de revisiter cette trajectoire si importante de l’histoire des politiques culturelles de notre pays. Ouverte, vendredi, au Monument de la renaissance africaine, cette exposition de tapisseries à découvrir jusqu’au 18 février à Dakar dans cinq prestigieux sites du mondes des arts et de la culture sénégalaise (Monument de la renaissance, Galerie nationale d’art, Place du souvenir africain, Hôtel King Fahd Palace) est une occasion de magnifier l’apport des Msda de Thiès au rayonnement culturel et artistique du Sénégal.

Un instrument de diplomatie
L’exposition présente, dans le cadre feutré du Monument de la renaissance, un panorama de créations éclectiques des Msad. Ici, l’art de la tapisserie, consistant à reproduire par le tissage un projet esthétique visuel, est magnifié dans toutes ses formes. Un dialogue s’installe entre les œuvres des pionniers comme Ibra Tall avec celles de la nouvelle génération.
Entre les collections privées de l’Etat qui étaient offertes aux hôtes de la présidence de la République, les tapisseries commandées par les institutions internationales, les tapis de prière nés de la diversification, l’exposition dévoile la richesse des Manufactures sénégalaises des arts décoratifs. Elle plonge le visiteur dans un décor familier vantant les héros nationaux, les épopées, les mythes et légendes sénégalaises. La beauté des œuvres cède, par moment, le pas à des messages magnifiant la culture nationale et parfois emplis de philosophie. Plus grande entreprise culturelle dans la sous-région, selon Abdoulaye Racine Senghor, directeur du Monument de la renaissance africaine, les Msad ont permis de rehausser la diplomatie sénégalaise.

Réhausser la diplomatie
La tapisserie (« Le Grand Magal de Touba ») de l’artiste Ibra Tall trône majestueusement au siège des Nations unies. Une autre œuvre du même artiste intitulée « Couple royal » a été aussi offerte à la reine Elisabeth II. Bref, la première série des œuvres des Manufactures nourrie au parallélisme asymétrique de Senghor a sillonné le monde. En effet, « cinquante ans se sont écoulés et la Manufacture nationale de tapisserie, devenue les Manufactures sénégalaises des arts décoratifs, continue de produire les belles tapisseries qui ont rayonné et continuent de rayonner à travers le monde », a soutenu le Secrétaire du ministère de la Culture et de la Communication, qui a présidé l’ouverture de ce vernissage. D’après Birane Niang, en célébrant le cinquantenaire de cette entreprise culturelle, « nous voulons magnifier la créativité artistique qui a beaucoup contribué à réhausser l’image du Sénégal à l’étranger grâce aux tapisseries qui décorent les grandes institutions internationales ». Selon lui, le président de la République en a fait la démonstration, en présidant au siège de l’Onu, l’installation de la nouvelle tapiserie « Le Grand Magal de Touba ».

Dans la suite de la commémoration du cinquantenaire des Msad de Thiès, a expliqué le directeur Aloyse Ndam Diouf, des expositions décentralisées et itinérantes sont également prévues de novembre 2016 en mai 2017 à Ziguinchor, Mbour et Saint-Louis. L’ambition est de mieux faire découvrir les produits des manufactures aux populations pour une appropriation de ce patrimoine culturel national.

Ibrahima BA

Congolais d’origine habitant les Caraïbes, précisément l’île de la Barbade, Kahiudi Claver Mabana enseigne la littérature francophone d’Afrique et des Caraïbes. Rencontré lors du colloque international sur le cinquantenaire du 1er Festival mondial des arts nègres, il revient sur l’héritage et la pertinence actuelle de la Négritude.

La Négritude est-elle morte ?
En tant que mouvement littéraire, peut-être, elle est morte. On en parlait plus auparavant. Elle fut un discours d’une génération d’intellectuels pour faire passer des messages. Et c’était le discours qui convenait à cette période d’affirmation d’une identité noire. Les tenants ont récupéré un mot qui, jadis, constituait une insulte pour en faire une arme. Aujourd’hui, la lutte continue. Ce courant de pensée a éveillé l’opinion du peuple noir, en particulier francophone, des Caraïbes et de la diaspora. C’est une idéologie à la fois intellectuelle, politique, esthétique et littéraire.

Au-delà de son aspect idéologique, quel impact a-t-elle eu sur le quotidien de la communauté noire ?
Ce courant a posé les bases des politiques culturelles dans les pays francophones après la colonisation. Mieux encore, à travers les hommes qui l’ont incarnée, elle a abouti aux indépendances. D’ailleurs, les indépendances africaines sont le résultat de la Négritude. Pour preuve, beaucoup d’intellectuels de ce mouvement sont reconvertis pour devenir ensuite des politiques.

Sur le plan économique, a-t-elle a eu des effets positifs ?
C’est vrai qu’après la libération politique, l’économie n’a pas suivi, le social non plus. Mais, la culture a suivi. D’où l’importance de reconnaître le génie de Léopold Sédar Senghor. Ce qui a évolué, c’est qu’avec le temps, ceux qui ont été au début de ce concept ont fini par devenir des oppresseurs contre leurs citoyens. En effet, la Négritude qui est le résultat d’une crise y est restée jusqu’à présent.

Dans un contexte de tensions caractérisé par le repli sur soi, la haine de l’autre, devrons-nous la réinventer ou la réadapter ?
Bien évidemment, il faut réinventer le discours pour pouvoir nous retrouver et partir de nous-même. Tant que nous nous laissons guider par les autres au nom de la mondialisation, nous nous perdrons.

En parlant de mondialisation, quel impact a-t-elle eu sur cette Négritude dont vous faites allusion ?
L’éparpillement ! C’est l’exemple des Caribéens qui ne se retrouvent point dans cette Négritude et qui ne s’identifient pas à l’Afrique. L’éloignement est une réalité. Nous ne pouvons pas réduire les Antillais à des Africains. Cela est révolu. Certes, il y a un héritage africain qui est là. Le mouvement Retour à nos valeurs africaines existait partout dans le monde, en Amérique, en Jamaïque etc. Mais, à cause des crises et les mauvaises images projetées par les grands médias sur l’Afrique qu’on a résumées en la dictature, la guerre et aux épidémies, ils ne s’y retrouvaient plus.

Aujourd’hui, où lire cette Négritude que vous défendez tant ?
A travers les productions des noirs, notamment l’art, le cinéma, la littérature, la musique etc.

Est-ce que la jeune génération ne la trouve pas dépassée ?
Quelque part, si ! D’ailleurs, c’est malheureux. En effet, les occasions de ce genre sont à encourager.
Tous les intellectuels se retrouvent pour se redécouvrir par rapport à leur identité.

Cette situation n’est-elle pas une résultante d’une crise économique et financière qui fait que l’impératif est la survie ?
Nous assistons de plus en plus à un monde matérialiste où l’argent compte plus qu’autre chose, bien évidemment l’art. Alors que le développement doit être accompagné de valeurs humanistes. Cela se résume en deux mots : Négritude, Humanisme.

Propos recueillis par Marame Coumba SECK

« Sama rak » est une fiction de Lionel Croes, réalisateur belge qui sensibilise sur la situation défavorable des enfants dans la rue. Ce film est sélectionné au concours audiovisuel « Trophées des Belges du bout du monde ».

Le film « Sama rak » (mon frère en wolof) du jeune réalisateur Lionel Croes a été nominé pour le concours « Trophées des  Belges du bout du monde », un concours de la télévision belge. Cette émission présente des Belges qui sont partis un peu partout dans le monde et qui présentent des choses dans les domaines : associatifs, culinaires, nouvelles technologies. Le projet « Sama rak » a été retenu dans la catégorie culture. « Je suis en compétition avec deux autres Belges, un qui est au Canada (André-Marie Coudou) et une qui est au Vietnam (Céline Alexandre). C’est pourquoi j’aimerais ramener le Trophée ici au Sénégal », renchérit Lionel Croes. Les votes se déroulent jusqu’au 15 novembre sur le site: www.sama-rak.com

« Sama rak », mon frère, est un cri de cœur, pour le réalisateur : « Ces enfants doivent être tous considérés comme nos petits frères. Ils ne comprennent pas beaucoup de choses. Ils sont vulnérables ». Selon Croes, la place des enfants se trouve dans le foyer familial et non dans la rue.

Vivant dans une famille adoptive sénégalaise depuis 2006, l’étudiant à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, en master en Sociologie, se plaît au Sénégal et y réside. Cependant, la situation des enfants dans la rue est ce qui l’a le plus choqué lorsqu’il a débarqué pour la première fois. Afin de mener à bout ce combat, le jeune réalisateur s’est joint à l’Association de solidarité Belgique/Sénégal (Asbl), plusieurs personnes, des Ong, des associations et en particulier Action Sénégal.

Yaye Awa Ly Ngoné SARR (stagiaire)

Dr Saliou Ndour, enseignant chercheur, a réaffirmé la farouche volonté des autorités universitaires de Saint-Louis d’aménager un espace qui sera dédié à la création et à l’innovation, permettant aux ressources créatrices de s’exprimer. Ce sera un cadre d’interaction entre plusieurs acteurs : artistes, étudiants, chercheurs, enseignants, créateurs, artisans. M. Ndour s’exprimait à l’occasion d’une grande conférence publique sur les industries culturelles et créatives, organisée par l’Association des diplômés sénégalais de l’Université Senghor d’Alexandrie (Adissen).

Introduisant la conférence sur le thème « Les industries culturelles et créatives : Quelles opportunités pour le Sénégal ? », organisée à l’Ugb par l’Adissen (Association des diplômés sénégalais de l’Université Senghor d’Alexandrie d’Egypte), l’enseignant-chercheur, Dr Saliou Ndour, a laissé entendre qu’aujourd’hui, dans un contexte de mondialisation caractérisé par des difficultés de tous ordres, il urge d’identifier les secteurs susceptibles d’apporter une valeur ajoutée. En se tournant vers les ressources endogènes, il est possible, en faisant preuve d’imagination créatrice, d’explorer de nouveaux horizons.

Selon M. Ndour, face à une exigence  de mutualisation des compétences, des ressources, des pratiques, des savoir-faire, des idées et des connaissances, l’Ugb compte s’inspirer des modèles de constitution de pôles pour offrir un espace d’expression et de partage à tous les créateurs, particulièrement à la communauté universitaire.  L’espace sera également un terrain d’expérimentation des innovations pédagogiques. 

En présence de la présidente de l’Adissen, Mme Ndèye Khoudia Diagne, du directeur du Centre culturel régional, Moustapha Ndiaye Och, représentant le ministre de la Culture et de la Communication, du Dr Ibrahima Thiam, représentant le recteur Baydallaye Kâne, M. Ndour a précisé que l’Ugb regorge d’énormes potentialités créatrices qu’il suffit d’encadrer, de mettre en réseaux et de valoriser pour en tirer des bénéfices considérables.  L’idée, a-t-il poursuivi, est de mettre en synergie des domaines qui, d’habitude, ont des terrains d’expression relativement éloignés tels que les arts et la technologie. Cet espace est innovant et se différencie fondamentalement  de ce qui a existé jusque-là au Sénégal tels que le village des arts, le village artisanal, les galeries d’art. Outre le fait d’être logé dans un espace universitaire où la recherche en est le moteur, la différence se situe dans le pari de laisser libre cours à la création et au dialogue incessant entre les arts et les sciences.

Sur le plan économique, l’espace devra avoir des retombées positives pour l’institution, les créateurs et l’environnement par  la création d’emplois et la visibilité des œuvres.

Création et innovation
L’objet général est de favoriser la création et l’innovation dans l’espace universitaire par la mise à disposition d’un cadre d’expression pour toute la communauté et son environnement.
Aujourd’hui, de l’avis du Dr Ndour, il faudrait changer de paradigme : l’ère n’est plus à la défense des identités : la politique culturelle, portée à bras-le-corps par une logique économique, est capable de faire de la culture un véritable vecteur du développement. L’ère des industries culturelles commence avec cette rencontre du culturel, de l’économique et du technologique. Pour autant, l’idéologie n’a pas déserté la politique culturelle.

Mme Ndèye Khoudia Diagne, présidente de l’Adissen, a rappelé que cette association, dans le cadre de la décentralisation de ses activités, a porté son choix sur la région de Saint-Louis pour le lancement de sa première activité, qui s’inscrit dans son programme « Une région, un thème ».

Saint-Louis, a-t-elle souligné, regorge d’énormes potentialités culturelles et abrite l’un des plus grands centre de réflexion de notre pays, l’Ugb, qui a fini de gagner ses lettres de noblesse dans le panthéon du savoir.A en croire Mme Ndèye Khoudia Diagne, les industries culturelles et créatives constituent un secteur à fort potentiel économique qui contribue à la création d’emplois et à la lutte contre la pauvreté. Pour elle, il serait heureux que tous les acteurs du développement culturel de notre pays, en l’occurrence les administrateurs, les universitaires, etc., s’engagent collectivement et solidairement à renforcer davantage le positionnement des industries culturelles et créatives dans les politiques de développement de nos territoires.

 …MME MÉLANIE SADIO GOUDIABY, REPRÉSENTANT LA DIRECTION DE LA FRANCOPHONIE
« Aujourd’hui, l’attractivité d’une ville se mesure à ses infrastructures culturelles » 
 
De plus en plus, il est avéré que les industries culturelles et créatives suscitent davantage d’engouement dans les économies modernes. Chaque territoire, en fonction de ses spécificités sectorielles, développe une activité propre. De fait, chaque ville devrait se doter d’une politique de développement économique, dédiée à des secteurs à fortes composantes créatives et socioéconomiques afin de répondre à la question de l’emploi des jeunes et du mieux-être des communautés.
 
C’est ce qu’a déclaré, en substance, Mme Mélanie Sadio Goudiaby, représentant la Direction de la Francophonie, conférencière émérite, qui a contribué efficacement aux débats.
 
Elle a précisé qu’il  est aujourd’hui reconnu que les facteurs d’attractivité d’une ville se mesurent grâce aux infrastructures culturelles, aux services de haute technologie, aux bonnes conditions de vie et de loisirs, au dynamisme des communautés culturelles et à la vigueur des industries créatives locales. Ces facteurs d’implantations indirects peuvent aider à stimuler la compétitivité économique des villes et terroirs, le tourisme. Au Sénégal, a-t-elle souligné, des villes sont en train d’être assimilées à un évènement et/ou une discipline : Saint-Louis Jazz, Fesfop de Louga, Festival Koom Koom de Ziguinchor, Bargny Rythmes sur mer, Gorée Diaspora Festival, Festival des Ondes d’intégration de Bakel, Festival des Blues du Fleuve, Festival du Sahel. De plus, les évolutions technologiques font que nous disposons d’une industrie en profonde mutation de l’image, de la presse, de l’édition et de l’industrie musicale. La différenciation entre les créateurs locaux s’apprécie par la qualité des formations, le type d’appui, le type d’évènement, le dynamisme des partenariats, la qualité des expériences et des interactions … Ceci pour faire face à la concurrence des produits culturels importés.
 
Par Mb. K. DIAGNE et A. M. NDAW

CanGabon90x700ok


AVERTISSEMENT

La SSPP « Le Soleil » met en garde et interdit formellement aux responsables et gestionnaires de sites d’informations, établis au Sénégal ou ailleurs, de poster les articles publiés sur le portail Internet du « Soleil », à l’adresse www.lesoleil.sn. La SSPP « Le Soleil » ne tolérera aucune entorse à cette interdiction. Seule est permise la publication de liens directs pour rediriger l’internaute vers l’adresse www.lesoleil.sn

PARTENARIATS

Les gestionnaires de sites qui le souhaitent peuvent adresser une demande de partenariat avec la SSPP « Le Soleil » qui en définira les modalités et fixera les conditions d’utilisation des articles, photos, logos de son portail Internet. En cas de manquements, la SSPP « Le Soleil » se réserve le droit d’engager immédiatement des poursuites judiciaires envers les contrevenants, pour violation du respect des droits d’auteurs.