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Arts et Culture (2375)

Acteur principal dans le téléfilm « 4 vieillards dans le vent », l’artiste comédien Habib Diop, connu sous le sobriquet de «Baye Eli», continue d’égayer  le public avec son humour à fleur de peau.Sa présence sur la scène théâtrale sénégalaise se confond avec une somme d’expériences.  Habib Diop dit « Baye Eli », pseudonyme qu’il arbore  depuis le téléfilm « 4 vieillards dans le vent », est  un doyen dans le monde du théâtre. Un milieu qui l’a forgé depuis son tendre enfance. Il y a passé 52 ans  de sa vie. « J'ai commencé à faire du théâtre à l'âge de 7 ans. Á l'époque, mes oncles pratiquaient cet art. J’étais tout petit parmi  eux.  C’est de là que ma passion pour le théâtre est né et j’ai suivi mon destin en étant un comédien imbu de personnalité », a-t-il confié lors de la Journée mondiale du théâtre. Son premier film date de 1962. Il avait joué comme  figurant  dans «liberté » d’Ousmane Sembène. Depuis  cette date, ce Lébou bon teint s’est frayé un chemin pour finalement se trouver une bonne place dans le milieu artistique. Grâce à son talent, son humour  et la maîtrise parfaite des rôles qu’on lui donnait, il  a fait ses preuves dans plusieurs pièces théâtrales sous la houlette du réalisateur Cheikh Tidiane Diop, entrainant les spectateurs dans une atmosphère très humoristique  tout en véhiculant des messages et leçons de morale. La pièce qui a le plus connu du succès  est le téléfilm « 4 vieillards dans le vent », laquelle lui a même valu ce pseudonyme de « Baye Eli ».  Dans  ces rôles, Habib s’inspire beaucoup des paroles et certaines blagues des vieux lébou en palabre dans les places publiques ou « penc ».

Outre ce surnom de  « Baye Eli », Habib Diop est également appelé « Goorgolu »,  héros de la bande  dessinée  éponyme adaptée à la télévision.
Auparavant,  « baye Eli » a  passé 7 bonne années de sa carrière à Sorano. Il  finira par quitter ce temple de la culture pour être embauché comme chauffeur à la Direction commerciale de la Poste. Un métier qu’il a su allier avec l’art jusqu’à la retraite.  Ces expériences et connaissances du milieu artistique sont suffisant pour l’acteur d’inviter  ses jeunes confrères  à revoir leur façon de jouer  du théâtre. Habib Diop estime que la jeune génération fait tout sauf du théâtre. « Je ne peux pas concevoir  que des Sénégalais de souche, écoutés et suivis par des Sénégalais, puissent jouer une pièce théâtrale en arborant des pistolets ou évoluant dans un luxe qui dépasse le quotidien de vie du citoyen lamda. Nos acteurs se conduisent en « Toubab », et c’est malheureux », déplore-t-il. Habib Diop soutient également que, dans une pièce théâtrale, il faut véhiculer un message éducatif et culturel.

« SE PRENDRE AU SÉRIEUX »
 Selon lui, à  leur époque et même jusqu’à  présent, ils jouent le théâtre  avec des tenues vestimentaires qui sont les nôtres (thiaya, sabador, tinkadé, etc.) et  leurs rôles se réfèrent à notre culture. Il les invite donc à faire preuve de beaucoup de sérieux à ce qu’ils font et d’y croire fermement. « Le comédien exerce un métier noble comme tout autre métier. La preuve, j’ai arrêté les bancs depuis le bas-âge pour ne m’adonner qu’au théâtre. Et grâce à cet art, je n’envie personne. J’ai pu construire ma maison, faire mon pèlerinage à la Mecque à  deux reprises et j’ai aussi beaucoup voyagé en Europe », se réjouit-il.  Dans la foulée, le comédien estime que le théâtre est un art qui nourrit bien son homme. « Je défie quiconque qui dit qu’il n’y a pas d’argent dans cet art. Si nous donnons du sérieux à ce métier, il nous le rend. Mais,  quand on vous appelle pour jouer de façon pêle-mêle et qu’à la fin vous gagnez que  des miettes, forcément, vous allez toujours pleurer sur votre sort », souligne-t-il. Prenant exemple sur son cas, Habib Diop relève : «Aujourd’hui, vous ne me voyez plus jouer dans n’importe quelle série ou téléfilm. Parce que tout simplement j’ai pris la décision de ne plus accepter qu’on me paye des sommes dérisoires ».  Pour lui, il n’est  plus question qu’on exploite ses talents de comédien. « Une somme pharaonique ou rien », martèle-t-il avec son éternel brin de sourire moqueur. 
                                                          

Dans cette pièce dramatique, Thierno Bocar Kane revisite l’une des pages les plus glorieuses de l’histoire du Fouta, l’épopée de son premier Etat théocratique et le geste d’un de ses plus grands souverains : l’Almamy Abdel Kader Kane de Kobbilo.

Même si elle est convoquée çà et là par quelques historiens pour montrer que l’Afrique connaissait une forme de démocratie bien avant la colonisation, il existe très peu de littérature sur la révolution « torodo ». Thierno Bocar Kane vient corriger, en partie, ce manque avec une pièce de théâtre consacrée à « L’imam Abdel Kader Kane et la charte des Almamys du Fouta ». Avec brio et sens de la mesure, l’auteur nous replonge dans l’ambiance de cette page glorieuse de l’histoire du Fouta.

En plus de réparer un oubli, voire une injustice, l’auteur voulait aussi relever un défi personnel : arrière-petit-fils d’Abdel Kader Kane, il a voulu répondre à certains messages venant de la diaspora et taxant la descendance de l’Almamy de « laxiste » pour n’avoir pas restituer par écrit l’histoire de ce précurseur de la démocratie africaine. Thierno Bocar est donc allé fouiller dans la tradition orale, notamment auprès des griots de la famille, et des rares archives existantes. Par formation – pur produit de la section d’art dramatique de l’Institut national des arts du Sénégal, membre fondateur de la troupe du Nouveau Toucan dans les années 1978-1980 et acteur dans plusieurs pièces – Thierno Bocar Kane a naturellement opté pour l’art dramatique afin de restituer fidèlement la quintessence de la révolution « torodo ». Et ce, sans négliger la créativité artistique.  « Le théâtre est plus directe », justifie-t-il. Le résultat est une leçon d’histoire et d’humilité surtout pour ceux qui essaient d’imposer aux Africains leur conception de la démocratie. En effet, la charte des Almamys du Fouta, qui date de 1776 et donc, antérieure à la révolution française et à la Déclaration universelle des droits de l’Homme, représentait une avancée démocratique majeure à l’époque.

S’inspirant du Coran et de la charia, cette charte stipulait que nul ne sera privilégié quel que soit son rang social (l’Almamy ne fait pas exception), prohibait la dévolution monarchique du pouvoir et jetait déjà les bases du suffrage universel. Elle constituait aussi un manifeste pour la gouvernance sobre et vertueuse (lutte contre la corruption, l’enrichissement illicite, déclaration de patrimoine, reddition des comptes, etc.). Ainsi, l’une des premières mesures prise par Abdel Kader Kane après son intronisation comme Almamy a été de mettre un terme au « muduu horma » (paiement d’une dîme au chef maure) et de le transformer en « zakat ». Il ordonna aussi un partage équitable des richesses, la distribution des terres à tous ceux qui pourront les mettre en valeur, de traiter tous les citoyens en égale dignité en protégeant les plus vulnérables.

Dans la lignée du très inspirant « Vie et enseignement de Thierno Bocar Tall, le sage de Bandiagara » d’Amadou Hampaté Bâ, l’ouvrage de Thierno Bocar Kane nous rappelle quelques valeurs humanistes de l’Islam, une religion de paix, à savoir interdiction de faire mal aux femmes et aux enfants, de commettre un vol, le viol ou de la rapine pendant la guerre.

L’autre leçon, c’est l’importance de l’éducation et du savoir dans l’édification de toute société démocratique : « Erigez partout des mosquées (pour l’enseignement), même en tiges de mil, là où c’est nécessaire », recommanda Thierno Souleymane Baal à ses disciples. Une leçon d’espoir et de raison au moment où, en Occident, certains tendent à assimiler Islam et violence.

Seydou KA

 

A travers chants et danses, la communauté lébou de Dakar a  présenté, samedi dernier, aux Hlm 3, plusieurs facettes de sa culture.

La culture lébou était à l’honneur au quartier des Hlm 3. L’Entente des mouvements et associations de développement (Emad) qui célèbre les manifestations commémoratives de l’héritage culturel lébou, en partenariat avec l’Alliance pour le développement, l’entraide et la promotion sociale pour le Sénégal (Adeps), a organisé, samedi dernier, une parade avec les interprètes, dépositaires des genres musicaux identifiés de la culture lébou.

Le projet de sauvegarde des musiques traditionnelles lébou, initié sur financement de l’ « Us ambassadors fund for cultural preservation » (Fonds des ambassades américaines pour la sauvegarde culturelle), répond à une préoccupation exprimée par la communauté lébou au cours des différentes éditions du Festival mémoire des « penc » et villages de Dakar communément appelé « Ndakaru Demb » (Fespenc).

La parade a été rythmée par des « Tagaatu » d’Adja Fatou Ndoye Diagne de Ouakam. Dans son élan, la cantatrice invite les jeunes à préserver l’héritage des ancêtres. Mieux, elle leur demande de s’approprier leur passé historique suivant la généalogie des Lébous, car nous avons les mêmes ancêtres, comme l’a reconnu Abdou Khadre Gaye, le président de l’Emad. Des artistes de la culture léboue, tels qu’Adja Fatou Thioune, Barham Ciss, avec ses envolées dans « Ngane Samb », « Djoogal » ou Ndir Mbengue, suivant ses chants rituels de « Ndeup », ont montré toute la richesse de cette culture wolof.  A travers des chorégraphies, Forman Guèye, accompagné de quelques lutteurs, a mis au goût du jour les habits traditionnels. «  Cette soirée montre que le Lébou reconquiert sa véritable identité ; c’était génial », se félicite Abdou Khadre Gaye de l’Emad.  Le Grand Serigne de Dakar, Abdoulaye Makhtar Diop, tombé sous le charme, a reconnu que les Hlm sont, aujourd’hui, la capitale de la collectivité lébou. Pour sa part, le maire Pape Seck s’est réjoui de cette soirée de démonstration qui a mis les Hlm ensemble autour de la culture lébou.  

Le Fespenc est organisé par l’Emad depuis 2010 et a favorisé l’expression de ressources traditionnelles, particulièrement une diversité de musiques, chants et danses rituels. Les organisateurs sont sur le terrain pour auditionner les dépositaires dudit patrimoine culturel et ces derniers vont aller en studio pour la production d’un Cd. Le profane étant marginal chez les Lébous, les musiques, chants et danses de la communauté sont l’incarnation de l’ésotérisme de rites traditionnels. Ainsi, le « Ndawrabine » ou « Gammou » et le « Ndeup », entre autres rituels, sont aussi des chants, danses et rythmes particuliers désignés des mêmes noms.
 

Serigne Mansour Sy CISSE  

 

Les grands axes des expositions inaugurales du Musée des civilisations noires, prévue le 6 décembre 2018, sont désormais connus. Cet événement qui devrait décliner la « carte d’identité » du musée s’articulera autour de trois axes : proclamer la valeur de l’humain, manifester la capacité de création continue de l’Afrique de civilisations de la rencontre et la mondialisation de la négritude.

La grande « aventure » que constitue l’ouverture du Musée des civilisations noires a fait un pas de plus. A l’issue de cinq jours de travaux, les participants à l’atelier de conception ont dégagé une feuille de route devant servir de cadre conceptuel aux expositions inaugurales qui auront lieu le 6 décembre 2018. Ces dernières manifesteront l’œuvre de civilisation dont l’Afrique a été et continue d’être le foyer ; un continent qui a donné naissance à l’homme et où fut proclamée, dans différentes déclarations majeures, la valeur de l’humain. L’accent sera ainsi mis sur la Charte du Mande, la proclamation de l’Ubuntu, en même temps que l’apport de l’Afrique dans le développement de l’humanité en matières de sciences et techniques. En second lieu, l’exposition présentera la capacité africaine de produire des civilisations de la rencontre. Ainsi, à côté de la créativité continue des spiritualités endogènes, l’appropriation africaine des religions abrahamiques sera mise en évidence.

Enfin, il sera montré que les terribles épreuves de l’esclavage ont aussi manifesté la résilience, la résistance, le potentiel révolutionnaire dont témoignent les expériences des peuples africains dans le continent et les diasporas africaines, faisant ainsi de la mondialisation de la négritude la création continue de cultures vivantes.

Bref, l’idée est de faire le « récit » de ce que l’Afrique a fait de l’humain. « Nous avons voulu que ce musée manifeste, dès l’origine, la dimension pédagogique qui doit être sa marque et qui consistera à envisager une exposition qui fasse le récit du visage que l’Afrique a donné à l’aventure humaine », explique le philosophe Souleymane Bachir Diagne, désigné pour conduire la synthèse des travaux des sept ateliers. Autrement dit, il s’agit d’avoir une démarche positive qui consiste à montrer que l’Afrique est non seulement le berceau de l’humanité, mais qu’en plus de ce phénomène purement biologique, il y a le fait éthique que le continent a proclamé la valeur de l’humanité, résume Souleymane Bachir Diagne.

Pour le ministre de la Culture, Abdou Latif Coulibaly, qui souligne le contexte « historique », ce musée « n’a pas vocation à raconter des histoires fabuleuses mais à dire vrai », à être un lieu de débat et de confrontation d’idées dans un souci de réhabilitation des civilisations noires, pour que le monde apprenne à regarder l’Afrique autrement. De son côté, le Pr Hamady Bocoum, directeur général du Musée, estime que l’objectif de l’atelier a été atteint. « On a obtenu une partie de ce qu’on voulait, à savoir un document d’orientation générale ». Les sept ateliers ont, en effet, fait des propositions plus ou moins élaborées selon les cas. Globalement, « même si on n’a pas un fil conducteur partout, on a des éléments qui nous permettent de concevoir et d’alimenter les expositions ». Une fois cette question du discours et de la philosophie réglée, les responsables du musée vont maintenant pouvoir se consacrer à la réalisation, traduire chaque idée en scénario d’exposition, sélectionner les objets et les rassembler, note Hamady Bocoum.

Seydou KA

 

Porté par le président Léopold Sédar Senghor dès l’aube de l’indépendance, le secteur des arts visuels a connu et continue de connaitre une forte dynamique. Toutefois, ce foisonnement  artistique qui a été à l’origine de l’organisation d’événements autour de la création contemporaine ne garantit pas encore l’existence d’un véritable marché des arts au Sénégal. Pour certains acteurs du secteur, il est même inexistant. Entre absence de régime juridique, d’infrastructures complètes et de certains métiers tournant autour des arts, le marché de la création contemporaine tarde encore à prendre son envol.

Avec seulement 0,1 % des enchères mondiales d’art, la création africaine contemporaine occupe encore un rang marginal dans le marché international. Dans cette configuration, il est plus que difficile de situer la place du Sénégal. Elle serait peut-être même  inexistante. Pourtant sur le plan national, le foisonnement artistique noté ces dernières années, avec les multiples expositions et événements organisés autour de la création contemporaine, contraste avec cette donne. La politique culturelle adoptée par le président Léopold Sédar Senghor dès l’indépendance  a contribué à développer les activités liées aux arts plastiques à travers un mécénat d’Etat « actif ». Le président Senghor, rappelle le journaliste et critique d’art Massamba Mbaye,  avait pris un certain nombre de mesures d’encadrement dans le domaine des arts avec la création de l’Ecole des arts, du Musée dynamique, des Manufactures sénégalaises des arts décoratifs… D’ailleurs, si l’art africain contemporain n’est pas si développé,  le Sénégal, par contre, est devenu une fierté du continent à l’image des pays comme l’Afrique du Sud, la République démocratique du Congo ou encore le Ghana. Et en accueillant, toutes les deux ans, depuis 1992, la Biennale de l’art africain contemporain (Dak’Art), le Sénégal est devenu une vitrine de la création artistique africaine.  L’art sénégalais, porté pendant des décennies par de grands créateurs dont Iba Ndiaye, Souleymane Keïta, Ousmane Sow, Soly Cissé, Ibra Tall… a connu une évolution fulgurante. Néanmoins, ce dynamisme ne reflète pas  les réalités d’un marché qui peine encore à décoller, voire même « inexistant » pour certains. Aujourd’hui, si une partie des acteurs s’accordent sur l’existence d’un marché, avec l’arrivée de nouveaux collectionneurs, la multiplication des galeries et la diversification des acheteurs, ils reconnaissent en même temps sa timidité. Conscient de cette situation, l’artiste Kalidou Kassé  a tenu, lors de la dernière biennale de Dakar, la première édition du Marché des arts de Dakar (Madak). Il a voulu, à travers cette initiative, commercialiser, de manière professionnelle, des œuvres d’art de créateurs africains en général et sénégalais en particulier.

ABSENCE DE STRUCTURATION
 Organisée en marge du Dak’Art, cette innovation s’est voulue contribuer à la fluidité de la circulation et de la commercialisation des œuvres d’art africain contemporain et des pièces anciennes sur le continent et à travers le monde. Même s’il se pose encore un réel problème d’organisation, Massamba Mbaye reconnait qu’il existe bel et bien un marché des arts au Sénégal. Les gens achètent de plus en plus des œuvres d’art pour les valoriser plus tard. Wagane Guèye, commissaire d’exposition, abonde dans le même sens.  Selon lui,  le marché existe au regard de la richesse des  collections accumulées depuis Senghor. Toutefois, relève-t-il, il y a un réel problème de structuration du milieu.  La configuration du secteur des arts plastiques au Sénégal ne semble pas offrir tous les éléments indispensables à l’existence d’un véritable marché des arts. Dispositif de management inexistant, problème de valorisation du travail des artistes, absence de recherches pour une assurer une production qualitative permanente, communication lacunaire… Massamba Mbaye liste les faiblesses qui empêchent à ce marché de prendre son essor.  « Les éléments existent, mais il y a  énormément  de choses qui restent encore à faire  pour valoriser davantage les artistes et les positionner réellement en situation de marché », soutient-il.  L’absence  d’un système de cotation est venue assombrir ce tableau.  « Un artiste a besoin d’être coté. L’art contemporain a, aujourd’hui, intégré ce système de cotation. Ce qui permet aux artistes de mesurer leur niveau », souligne Aliou Ndiaye, journaliste et critique d’art.

M. Ndiaye n’est pas du même avis que ceux qui avancent l’idée de l’existence d’un marché d’art. De son point de vue, certes il existe des espaces de création et de diffusion, mais il n’y a pas encore de marché au vrai sens du mot. A ses yeux, un marché, c’est à la fois de la création, de la médiation et de la diffusion. « Parler de marché d’art revient aussi à parler de la place des galeries. Aujourd’hui, au Sénégal, les galeristes sont obligés de faire autre chose que de vendre seulement des œuvres d’art. Ils offrent une certaines diversification pour pouvoir vivre et rentabiliser leur investissement », avance-t-il. Aussi, il n’existe pas une clientèle assurant des revenus qui permettent à une galerie de rentabiliser ses investissements.

« ON NE PEUT PAS ENCORE PARLER DE MARCHÉ DE L’ART »
De son côté, l’ancien secrétaire général de la Biennale de Dakar se veut formel. On ne peut pas encore parler d'un véritable marché de l'art au Sénégal. Cela, du fait qu’un marché de l’art obéit au préalable, d’une manière générale, à plusieurs facteurs dont un régime juridique, des tendances, de l’expertise de ses acteurs et la valorisation des œuvres d’art elles-mêmes. Ce qui, pour le moment, manque « terriblement » au Sénégal. « La question est maintenant de savoir si tous ces quatre  éléments doivent être réunis pour qu’on puisse parler de « marché ». Maintenant si par marché de l’art on entend juste la vente des œuvres par l'artiste lui-même ou par les deux ou trois principales galeries qu'on a à Dakar, on est vraiment loin d'un véritable marché de l'art », précise Babacar Mbaye Diop. Pour l’enseignant-chercheur à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar et président de la section sénégalaise de l'Association internationale des critiques d'art (Aica), dans un véritable marché de l’art, l’acheteur bénéficie d’un certificat de vente qui garantit l’authenticité de l’œuvre et ses caractéristiques (son titre, la matière avec laquelle l’œuvre a été créée, ses dimensions, l’année de création et l’estimation du prix). « Le certificat de vente doit mentionner l’historique de l’œuvre, les réparations subies s’il y en a eu, le lieu de vente, etc. Or la vente d’œuvres au Sénégal est encore très formelle. Il n'y a pas de certificat de vente ni une attestation d’authenticité de l’œuvre.  Et puis, il y a plusieurs métiers qui tournent au tour de l'art et du marché de l'art et qui manquent au Sénégal : commissaires priseurs, experts, agents, marchands d'art, de grands collectionneurs », note-t-il. A cela s’ajoutent le manque de galeries et l’absence de  maisons de vente.

DYNAMIQUE FORTE DES ARTS VISUELS
Cependant, même si les avis restent partagés sur l’existence d’un marché d’art  au Sénégal ou non, il n’en demeure pas moins qu’il existe une dynamique très forte autour des arts visuels dans notre pays depuis de très nombreuses années. Le renouvellement générationnel est porté par de jeunes artistes talentueux issus pour la plupart de l’Ecole nationale des arts. Dans ses écrits consacrés à l’histoire des arts plastiques sénégalais contemporains, le Pr Abdou Sylla évoque, dans une certaine mesure, ce dynamisme avec l’arrivée des installations qui ont envahi les arts plastiques contemporains à partir de 2000. S’en suit également, en 2003, « les nouvelles plastiques urbaines qui ne constituent pas de nouvelles formes d’art ou de nouveaux genres ; des expressions des regards que les artistes sénégalais portent sur la ville ». Cette dynamique, rappelle le critique Aliou Ndiaye, a donné naissance à plusieurs initiatives avec la mise en place de structures qui essayent de travailler fort pour aboutir à quelque chose.

Le ministre de la Culture, Abdou Latif Coulibaly, a procédé, hier,  à la remise d’un chèque de 100 millions de FCfa du Chef de l’Etat à la Mutuelle nationale de santé des acteurs culturels (Mnsac). Cet acte, a-t-il fait savoir, traduit la ferme volonté du gouvernement d’assurer la protection sociale et médicale de l’ensemble des acteurs culturels. Il a appelé à  la mobilisation et à l’engagement des concernés.

Mamadou Pène, génie de son art, a égayé une assistance bien reconnaissante et surtout heureuse de cet appui important du Chef de l’Etat, Macky Sall, d’un montant de 100 millions de FCfa à la Mutuelle nationale de santé des acteurs culturels. Aux yeux du ministre de Culture, Abdou Latif Coulibaly, un tel acte démontre la ferme volonté du gouvernement d’assurer la protection sociale et médicale de l’ensemble des acteurs culturels. Un premier pas a été franchi avec la mise en place de la Mutuelle de santé des acteurs culturels, « instrument, estime-t-il, devant agir en complément de la sécurité sociale pour couvrir les dépenses de santé de ses adhérents ». Ce geste s’inscrit dans le contexte de la mise en œuvre de l’année sociale décrétée par le protecteur des Arts et des Lettres.

L’autre étape, d’après lui, a consisté à affilier les artistes à la Caisse de sécurité sociale (Css) avec une modalité à définir. Dans le sillage de ce qui a été fait pour tous ceux évoluant dans le secteur informel et qui pourront bénéficier des services de l’Institution de prévoyance retraite du Sénégal (Ipres) et de la Css. Le gouvernement a donc balisé le chemin, comme en atteste l’appui du ministère de la Culture avec une subvention de 35 millions de FCfa, mais surtout celui du Président de la République. Abdou Latif Coulibaly a aussi magnifié « l’effort remarquable » de Youssou Ndour qui a décidé de mettre à la disposition de la Mutuelle de santé dédiée à la communauté artistique  la somme de 75 millions de FCfa accompagnant le prestigieux prix « Praemium imperiale » décerné par le Japon.

Toutefois, le chef du département de la Culture a fait remarquer que cette assurance « ne sera viable que par la mobilisation et l’engagement des concernés ». « Cela doit se traduire, en effet, par l’adhésion massive et la cotisation régulière des membres, par le suivi de leur prime annuelle.  Il se pose donc le défi majeur de la mobilisation et de l’acceptation du principe de la caisse, celui de sa promotion par les artistes eux-mêmes. Mieux, la mise en place d’un système de bonne gouvernance pour l’administration de la Mutuelle s’impose », indique-t-il. Il s’agit de reconnaître la professionnalisation nécessaire et incontournable de son mode de management. « La balle est dans le camp des acteurs culturels. Il faut désormais qu’ils acceptent tous de jouer pleinement leur partition après que l’Etat a joué son premier rôle régalien, celui consistant à mettre en place la structure et à doter (celle-ci) de moyens conséquents. Il sera également là pour veiller au grain, avec un suivi-évaluation des activités de la mutuelle, afin de s’assurer de sa viabilité et de sa performance attendues », souligne Abdou Latif Coulibaly, tout en attirant l’attention de la direction de ladite Mutuelle sur la nécessité de travailler en synergie et en parfaite intelligence avec l’Agence de couverture maladie universelle.

L’administrateur de celle-ci, Bocar Amadou Daf, a affiché sa détermination à encadrer le processus. Babacar Diouf, président du conseil d’administration  de la Mnsac, s’est félicité de cette aubaine qui en fait une structure désormais autonome, tout en invitant les acteurs culturels  à se l’approprier afin d’accompagner les nombreuses actions promouvant la professionnalisation, la viabilité et l’efficience de la mutuelle destinée à mettre fin aux gémissements d’âmes que la maladie accable.

 

Biennale de Dakar
«Madiba Le Musical» jouera à Dakar

Dans le cadre de la 13ème édition de la Biennale de l’Art africain contemporain, qui se déroulera du 03 mai au 02 juin 2018, le ministère de la Culture a décidé de faire jouer au Sénégal, et pour la première fois en Afrique de l’Ouest, la représentation théâtrale « Madiba Le musical ». Cette grande manifestation se tiendra les 04 et 06 mai prochains au Grand théâtre national. Elle sera présidée, selon Abdou Latif Coulibaly, par le Président de la République. « Il s’agit pour mon département de mobiliser, à travers ce spectacle époustouflant de dimension mondiale, des ressources financières conséquentes que nous mettrons à la disposition de la Mutuelle de santé des acteurs culturels », informe-t-il.

Alassane Aliou MBAYE

 

Le long-métrage « Fad'jal » (arrive et travaille en sérère) de la réalisatrice sénégalaise Safi Faye -classé à Cannes en 1979 dans la section « Un certain regard »-, est aujourd'hui, en 2018, sélectionné  dans la section « Cannes Classics ».
« Le film restauré et numérisé avec le concours du Centre national du cinéma et de l'image animée de France, sera projeté dans le grand auditorium le 16 mai 2018 », a-t-on appris auprès de Jonnhy Spencer Diop, chargé de distribution des films de Safi Faye en Afrique.

La réalisatrice se réjouit de voir « Fad, jal », situé en Afrique, au Sénégal, la terre de ses ancêtres, figurer dans le patrimoine cinématographique mondial dans les collections du Centre national du cinéma (Cnc) en tant que 1er film d’Afrique

Noire, en sélection officielle  au Festival de Cannes en 1979 – Un Certain Regard.
Outre « Fad’jal », mettant en scène l’opposition entre la tradition et la modernité avec les difficultés que les villageois ont pour exploiter leur terre, Safi Faye est également auteure de « Les Ames au soleil » (1981), « Selbé et tant d’autres» (1982), « Tesito » (1989), « Mossane » (1996), entre autres œuvres.

Du 04 au 09 décembre 2017, Safi Faye était l’invitée d’honneur de la 4ème édition du Festival international du film documentaire de création de Saint-Louis. A cette occasion, Sellou Diallo, Coordonnateur Master 2 Réalisation Documentaire de Création à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, lui avait adressée une lettre dans laquelle il saluait son œuvre. « Vos films nous apprennent comment se structurent une vision sociopolitique, une curiosité de soi et des autres. Ils nous apprennent comment le cinéma offre des possibilités de dialoguer avec soi-même et avec les siens pour rendre plus fécond le travail de construction des relations sociales. »
Anthropologue, ethnologue, Safi Faye est une réalisatrice dont le projet cinématographique se déroule autour de la condition féminine, du monde rural. Son souhait est de voir le cinéma africain retrouver sa place dans le monde.

E. Massiga FAYE

 

Dans la perspective de son inauguration, le Musée des Civilisations Noires organise, du 26 au 30 mars 2018, les ateliers de conception de ses expositions. Plus de 100 chercheurs et experts nationaux et internationaux sont attendus à cette rencontre scientifique. Dans cette interview accordée au journal « Le Soleil », le directeur général évoque l’orientation et les enjeux qui entourent cette institution dédiée à la promotion des cultures africaines et de ses diasporas. Le Pr Hamady Bocoum estime que dans un musée, il faut parler au public le langage de son temps.

Quel est l’enjeu politique et culturel pour le Sénégal, voire l’Afrique, de disposer d’un musée dédié aux civilisations noires ?
Pour nous, l’enjeu est civilisationnel. Ce projet date de plus de 50 ans, à la fin du Premier Festival Mondial des Arts Nègres. Il avait polarisé beaucoup de monde. A l’époque, il y avait eu un appui fort de l’Unesco. Tout avait été conçu sur le plan architectural. Malheureusement, au début des années 80, il avait été abandonné en raison des politiques d’ajustement structurel. Le projet a été repris au début des années 2000. L’idée pour le Sénégal, c’est quand même de retrouver la place qu’il n’aurait jamais dû quitter dans la gouvernance culturelle. C’est un pays qui a toujours accordé une place importante à la culture. C’est un secteur qui a beaucoup apporté au Sénégal depuis le premier Fesnac. Les industries culturelles sont essentielles dans ce monde avec le développement du numérique. Avec une institution de cette nature, je pense qu’on va pouvoir parler des civilisations noires dans une perspective holistique. Ce n’est pas le musée du Noir.

C’est le Musée des Civilisations Noires dans le temps du monde. C’est le Musée des Sénégalais, des Africains et de la diaspora. Ce sera un espace où les civilisations noires vont pouvoir dialoguer avec les autres civilisations.

Dans cette perspective, quelle sera l’orientation de cette institution dans la promotion et la valorisation des cultures africaines ?
L’orientation a déjà été dégagée par la Conférence internationale de préfiguration, qui s’est tenue en juillet 2016, en commençant par ce que l’on ne va pas être. On ne sera pas un musée ethnographique. Parce que quand vous parlez de musée en Afrique, d’art africain, on vous renvoie aux masques. Pour la plupart du temps, ces masques sont, aujourd’hui, conservés en Europe.

Ils ont été collectés durant la période subalterne, une époque pendant laquelle l’Afrique n’était pas maîtresse de son destin. Les Africains ne s’identifient pas à cela. Ils ne vont pas dans les musées. Ces objets, partis dans des conditions particulières, ont des charges plus ou moins importantes. La revendication du retour, c’est une autre dimension. Quand je parle en termes de rapport avec le public, je me réfère aux anciens qui, quand ils parlent de patrimoine, disent que c’est ce que nous avons reçu en héritage. Ils ajoutent toujours la tradition par rapport à ce qui mérite d’être transmis. Si une communauté décide qu’un certain nombre d’éléments ne méritent pas d’être transmis, vous ne pouvez pas mettre cela à leur contemplation. Si c’est pour aller voir des bouts de bois, ils n’iront pas dans les musées. Il faut changer de discours, les perspectives, les orientations. Le musée ne sera pas ethnographique, encore moins anthropologique. Mais, en même temps, ce ne sera pas un musée chromatique. Ce n’est pas le Musée du Noir. On va essayer de voir, dans une longue durée, comment parler de ces civilisations. Et ce, depuis l’Afrique berceau de l’humanité jusqu’à aujourd’hui. Les civilisations noires ne sont pas figées. Il y a plusieurs choses à prendre en compte : l’évolution, les contributions de l’Afrique au patrimoine de l’humanité, la production contemporaine, les rencontres des civilisations, etc. On est un musée global.

En perspective de l’ouverture du Musée des Civilisations Noires (Mcn), les ateliers fondateurs du musée seront organisés du 26 au 30 mars. Quelles en sont les grandes lignes ?
Ces rencontres sont parties de l’idée selon laquelle le musée doit s’inscrire dans une perspective globale, mondiale. Pour ce faire, il faut s’ouvrir. Il faut dialoguer, notamment avec la communauté des professionnels. Ce qui fait que dans l’atelier qui s’ouvre aujourd’hui, il y a 32 experts venus de toutes les parties du monde et plus une cinquantaine du Sénégal. Aussi, il y a 7 commissariats. Chacun d’eux va raconter une histoire, proposer un scénario et des éléments pour l’illustrer. Tout cela sera discuté pendant 3 jours. A la suite de ces travaux, on va raconter une histoire générale qui partira de Toumaï, notre ancêtre commun, jusqu’aux productions contemporaines. Mais, on est conscient d’un fait : sur tous ces éléments, on ne sera pas systématique.

C’est pourquoi il n’y aura pas d’exposition permanente dans ce musée. Quand on racontera l’histoire, on l’illustrera par un certain nombre d’éléments et, régulièrement, on va les changer pour être dans la diversité de ce monde. Le musée, ce qui fera sa force, c’est, d’une part, son caractère évolutif et, d’autre part, sa dimension dynamique. Donc, c’est dans la programmation que l’on va pouvoir inviter les différentes composantes du monde noir à s’exprimer dans ce musée. Cela peut être des objets, des performances culturelles vivantes... Un autre aspect très important dans notre option, c’est que dans un musée, il faut parler au public le langage de son temps. Aujourd’hui, le langage, c’est le numérique, l’intelligence artificielle. Pour cela, on n’ pas besoin d’aller à l’école pour pouvoir le faire. Dans nos musées classiques, on a quelques intellectuels et beaucoup d’étrangers qui savent lire. De plus en plus, la tendance est d’inviter le numérique dans les musées. On fera de telle sorte que le numérique prenne une place importante et que les populations puissent interagir avec les objets et les expositions.

Comme souligné, le musée des civilisations se veut dynamique. On va constituer des collections au fur et à mesure qu’on développe des activités. Il y aura des saisons, des résidences d’artistes et des pays seront régulièrement invités. On peut faire la Semaine du Bénin ou le Mois de la Guadeloupe. On va travailler avec des institutions, des artistes du Sénégal, d’Afrique et de la diaspora.

Parlant d’interaction avec le public, il est constaté qu’au Sénégal la majorité ne fréquente pas les musées. Que faire pour intéresser le plus grand nombre à l’art muséal ?
Pour attirer le public, il faut lui montrer quelque chose qui l’intéresse. Je pense que nos musées, globalement en Afrique, sont en désamour avec leur public. Ils ne parlent pas au public pour l’essentiel. On va essayer de faire de telle sorte que ce musée soit un espace redécouverte de nos trajectoires historiques. Elles sont très intéressantes.

L’Afrique a beaucoup apporté à l’humanité. On n’en parle nulle part. On va en parler ici. L’Afrique est à l’origine de notre humanité. On en parlera dans le musée, mais autrement. Le continent noir a développé de très grandes cultures dont nous pouvons être fiers. On en parle dans nos musées, mais très peu. Aussi, l’Afrique a apporté au patrimoine culturel, scientifique et technique de l’humanité. On va les montrer dans le Musée des Civilisations Noires. Le continent a connu également des histoires douloureuses (l’esclavage, la colonisation). Des Africains et ceux de la diaspora ce sont battus, ont donné leurs vies pour que l’Afrique survive. On ne l’évoque pas souvent. Il faut en parler.

L’Afrique d’aujourd’hui rêve d’émergence. C’est un état d’esprit, c’est une culture. On va essayer de construire dans ce musée une estime de nous-mêmes pour que les gens soient fiers de ce qu’ils furent et prêts à s’assumer. On ne veut pas d’un musée de la nostalgie. On va construire un musée de la prospective. Le public qui viendra ici, quand on sera dans un fonctionnement optimal, il n’aura pas besoin de guide. Avec les nouvelles technologies, la personne pourra se connecter de manière interactive avec les objets pour les découvrir. C’est très important pour l’Afrique.

Entretien réalisé par E. Massiga FAYE

Le nouveau complexe cinématographique Sembene Ousmane sera ouvert le 31 mars. D’une capacité de 500 places, avec des salles en 2, 3 et 5D, cette nouvelle infrastructure culturelle va contribuer au rayonnement du septième art africain, notamment sénégalais.

Construite au Magic Land, sis sur la corniche ouest de Dakar, à deux pas de l’océan Atlantique, le nouveau complexe cinématographique Sembene Ousmane est une infrastructure complète. Ce bijou dont l’inauguration est prévue le 31 mars prochain épouse toutes les commodités (confiserie et snack, salle de fête, salle de jeux…). Il intègre les dernières technologies. Avec des salles en 2, 3 et 5D, ce complexe va contribuer, de manière significative, au rayonnement du cinéma africain en général et sénégalais en particulier. Au total, 500 places sont réparties entre trois grandes salles portant les noms de Djibril Diop Mambéty, Safi Faye et Soukheyna Saleh. A l’initiative du groupe Saleh, ce programme de construction de salles de cinéma à Dakar et dans les régions est une réponse positive à l’appel des autorités sénégalaises qui ambitionnent d’édifier des complexes cinématographiques un peu partout dans le pays pour redynamiser le septième art sénégalais mais également de relancer le cinéma disparu dans certains quartiers de la capitale et de sa banlieue. Après Dakar, Youssef Saleh, Pdg du groupe Saleh, compte également construire d’autres complexes cinématographiques à Kaolack, Saint-Louis et Thiès. Selon Nasser Ayadi, chargé de la programmation, le complexe cinématographique Sembene Ousmane va accorder une place privilégiée aux films africains. Cela, avec une programmation hebdomadaire suivie et régulière des films de catalogue. Il se veut également un tremplin qui pourra aider au succès des nouveautés africaines. « On vise une grosse programmation africaine en mettant l’accent sur la production du continent. On veut montrer tous les films primés dans les festivals africains », soutient-il, ajoutant que des collaborations ont été déjà nouées avec de grandes maisons de distribution. Le complexe cinématographique va aussi accorder un programme spécial pour les enfants avec les films d’animation. Pour permettre à une bonne partie des Sénégalais d’avoir accès à ce complexe, trois sortes de tarifs ont été établis. Un tarif de 2.000 FCfa pour adulte, un autre de 1.500 pour enfant et, enfin, un troisième à 5.000 FCfa pour les affiches inédites.

Ibrahima BA

Décédé, samedi dernier, des suites d’un malaise, Lamine Mbengue a plongé le milieu artistique sénégalais dans l’émoi et la consternation. Le comédien, producteur et prometteur de Sénégal Tv a bercé, grâce à son talent, plusieurs générations de téléspectateurs. A l’annonce de son décès, le ministre de la Culture a, dans un message, fait part de sa « profonde tristesse ». Pour Abdou Latif Coulibaly, Lamine Mbengue était à la fois figure éminente de la créativité artistique nationale et analyste lucide et pertinent de la situation et des enjeux de notre production audiovisuelle. « Comédien ou acteur, Lamine Mbengue a toujours été crédité de prestations, que d’aucuns n’ont pas hésité à qualifier d’époustouflantes, dans les pièces ou téléfilms où, grâce à son envergure, il a toujours tenu les rôles les plus déterminants ». Il ajoute que « cette capacité à incarner l’excellence a fait de lui un militant convaincu de la production de séries télévisées reflétant nos réalités culturelles et mettant en lumière le génie et le talent de nos acteurs ». D’après le ministre de la Culture, « en cela, il nous laisse en viatique un message dont nous mesurons la profondeur et la portée ». Au nom du Président de la République, du chef du gouvernement et de toute la communauté artistique, Abdou Latif Coulibaly a exprimé ses « vives condoléances à la famille éplorée… »

I. BA

 

Au quartier Hann Fort B, un bâtiment à étage se singularise au milieu du pâté de maisons. Avec son petit jardin au gazon dru offrant une charmante verdure, l’endroit sort désormais de l’ordinaire. Dans cette zone à forte habitation, où le trafic offre bruits étourdissants et pollution de l’air à certaines heures de la journée, l’édifice est devenu un refuge sûr. Cette « Villa des arts », que vient de créer le peintre, photographe et graphiste-designer Ousmane Ndiaye Dago, fait dorénavant de ce quartier de la commune de Hann Bel-Air un des points d’attraction de la capitale sénégalaise. Cadre commode et agréable, le bâtiment propose une élégance inédite au visiteur dès qu’il franchisse le seuil de l’édifice. Ici, l’art contemporain étale sa splendeur. Dans tous les coins et recoins de la maison, on trouve des œuvres emblématiques de la création sénégalaise. Pour l’inauguration de son joyau, Ousmane Ndiaye Dago a voulu jouer au symbolisme. Cela, en proposant une collection d’une dizaine d’artistes qui font, aujourd’hui, partie des emblématiques du pays. Entre la peinture et la tapisserie de Kalidou Kassé, la photographie de Mamadou Gomis et de son collègue Mactar Ndour, les œuvres de Daouda Ndiaye, Charlys Lèye, Kiné Aw ou encore Ibrahima Kébé…cette collection est un résumé qualitatif de notre création contemporaine. Du rez-de-chaussée au balcon en passant par le premier étage, ce sont des dizaines d’œuvres que la « Villa des arts » va accueillir du 22 mars au 23 avril prochain. L’exposition, qui s’étale sur un mois, permettra aux amoureux des arts plastiques et de la photographie de découvrir, dans la diversité et le dialogue, la beauté de cette collection reflétant la vivacité et le bouillonnement artistique sénégalais.

Du rêve à la réalité
C’est aussi une occasion de découvrir cet espace magnifique qui est le symbole d’un rêve d’artiste devenu une réalité.  Ousmane Ndiaye Dago, en transformant sa maison en galerie, a matérialisé son rêve. Lequel  est celui « de toujours exister par l’art, de perpétuellement faire vivre et revivre l’art, de cohabiter à chaque instant avec l’art ».  Mais, il n’y a rien d’impossible quand on est guidé par le feu de la passion. Et Ousmane ne vit que pour l’art. Cet ancien pensionnaire de l’Ecole des beaux-arts de Dakar sait bien comment repousser les limites de l’impossible pour réaliser son rêve. Construite sur fonds propres, la « Villa des arts » est le produit de l’endurance, de la patience et du sacrifice. « C’est fait avec mes propres petites économies, quelquefois me permettant de prendre des billets de banque dans la sacoche de ma belle-sœur Ndèye Khady, quand ce n’est pas dans les pochettes de mes enfants, Adama, Awa, Alioune et Cheikh, leur privant évidemment de certaines commodités et argent de poche… », soutient-il.  Cet espatse veut ouvert à tous les genres de créativité. Il ambitionne d’être l’un des réceptacles de l’ébullition culturelle portant depuis toujours l’identité du pays de Léopold de Sédar Senghor mais aussi un lieu de dialogue et d’échanges fructueux dont la finalité demeure le rayonnement de la culture sénégalaise. Conformément à la vision de son concepteur, la « Villa des arts » est formulée pour être une galerie d’art capable d'accueillir et de tenir des formats multiples d'expositions qui seront agrémentées, au besoin ou à l’occasion, de musique acoustique, de poésie ou même de chorégraphie épurée.

Espace d’exposition et d’expansion   
Aussi, d’après Ousmane Ndiaye Dago, la « Villa des arts espère bien ne pas en rester là. Car elle veut faire preuve de ses ambitions, de ses compétences, les nôtres à nous tous, pour développer notre art ». Attaché plus que jamais à son art, le photographe et graphiste-designer croit  en la créativité et à la formation comme du reste à la religion. C’est pourquoi il veut que  la « Villa des arts » soit en même temps un laboratoire d’initiation, de création et d’expressions artistiques pour tout le monde, enfants et adultes, femmes et hommes. Ousmane rêve d’un espace d’exposition et d’expansion d’art contemporain, un endroit qui abrite les riches et multiples expressions culturelles du Sénégal. « La modernité du lieu, sa surface et la beauté de ses volumes se prêtent admirablement à la composition et à la contemplation. J’invite les artistes, les plasticiens, les sculpteurs et les photographes à investir cet espace pour se faire plaisir et faire plaisir aux autres », souligne-t-il.  En créant cette galerie, Ousmane Ndiaye Dago veut donner plus d’élan à l’art sénégalais en impulsant la culture de la qualité. Il désire également rompre avec les formats institutionnels reléguant l’art à des espaces souvent fréquentés par une élite. L’artiste compte créer un endroit où l’on peut se retrouver autour d’une multitude d’idées.  Il s’inscrit aussi dans un esprit d’innovation et d’ouverture.  Natif de Ndiobène (Tivaouane), Ousmane Ndiaye Dago est, aujourd’hui, l’un des plus grands peintres, photographes et graphistes-designer du  Sénégal. Dans son art, sa démarche reste centrée sur la femme. D’où toute son originalité basée sur le concept « Femme terre » allant au-delà  d’une simple question de sexe, mais d’idées et de création artistique. L’artiste excelle aussi dans l’illustration littéraire et  scientifique.  

Abdou Latif Coulibaly, ministre de la culture

«L’entreprenariat culturel interpelle notre attention…»

Le ministre de la Culture qui a pris part à la cérémonie d’inauguration de cette galerie a salué l’initiative d’Ousmane Ndiaye Dago. Ce dernier, selon Abdou Latif Coulibaly, est un « digne » ambassadeur du Sénégal.
Car, a-t-il dit, il a contribué au rayonnement de  l’art de notre pays. Parlant de la collection de la « Villa des arts », le ministre a indiqué qu’il s’agit  d’œuvres remarquables portées par des personnes dont le travail ne lui est  pas totalement inconnu ». Selon M. Coulibaly, le travail d’Ousmane Ndiaye Dago s’inscrit en droite ligne des responsabilités de son département. « Cette passion artistique, mise au service de l’entreprenariat culturel à travers cette « Villa des arts », interpelle notre attention surtout dans cette période de refondation de notre politique culturelle marquée par le désir du gouvernement de faire de la culture un des leviers de développement économique et social. J’ai compris que ce lieu ne sera pas seulement un espace de démonstration de la création artistique. Ce sera aussi un lieu d’échanges, de formation, de réflexion et d’introspection », a-t-il souligné.
           

Ibrahima BA

Le ministre de la Culture qui a pris part à la cérémonie d’inauguration de cette galerie a salué l’initiative d’Ousmane Ndiaye Dago. Ce dernier, selon Abdou Latif Coulibaly, est un « digne » ambassadeur du Sénégal.
Car, a-t-il dit, il a contribué au rayonnement de  l’art de notre pays. Parlant de la collection de la « Villa des arts », le ministre a indiqué qu’il s’agit  d’œuvres remarquables portées par des personnes dont le travail ne lui est  pas totalement inconnu ». Selon M. Coulibaly, le travail d’Ousmane Ndiaye Dago s’inscrit en droite ligne des responsabilités de son département. « Cette passion artistique, mise au service de l’entreprenariat culturel à travers cette « Villa des arts », interpelle notre attention surtout dans cette période de refondation de notre politique culturelle marquée par le désir du gouvernement de faire de la culture un des leviers de développement économique et social. J’ai compris que ce lieu ne sera pas seulement un espace de démonstration de la création artistique. Ce sera aussi un lieu d’échanges, de formation, de réflexion et d’introspection », a-t-il souligné.

I. BA                                                                           

 

A l’ origine du cousinage entre Diolas et Sérères, les deux sœurs  Aguène et Diambogne s’étaient séparées au large de l’embouchure entre l’océan et le fleuve Saloum. Une histoire ou une légende qui a été reconstituée   lors du festival Sérère-Diola  « Okhet Kayanior » à Faoye, dans la commune de Djilass.

Une belle communion. Le festival sérère et diola  « Okhet Kayanior », qui s’est déroulé à Faoye, dans la commune de Djilass, a raffermi les liens entre ces deux communautés. L’initiative émane de l’Association des ressortissants casamançais de l’arrondissement de Fimela en collaboration avec la Génération solidaire, terres et cultures solidaires et Alter Ego (France). L’objectif : promouvoir la culture des ethnies sérère et diola. La troupe artistique « Essamaye » de Coubalan, dans les Kalounayes, en Casamance, était l’invitée d’honneur. Une belle occasion pour les organisateurs, selon le président du comité de pilotage, le major Mamadou Ndik Faye, par ailleurs chef de village de Faoye, « d’illustrer et de raffermir davantage les liens séculaires basés sur ce cousinage à plaisanterie et en faire un véritable vecteur de développement ».

C’est au large du bras de mer qui longe le village que s’est tenue la reconstitution de cette séparation entre deux sœurs qui auraient enfanté les cousins sérères et diolas. Une belle illustration. Les responsables et troupes folkloriques des deux camps, à bord de deux pirogues, ont navigué pendant longtemps avant de se séparer pour symboliser ainsi, selon Mamadou Ndik Faye, « cette légende entre les deux sœurs Aguène et Diambogne ». Une foule venue du village de Faoye et ses environs mais aussi de nombreux touristes en séjour dans la zone ont assisté à cette démonstration.

Le festival a débuté à Fimela en passant par Dioffior jusqu’à Faoye. Les populations de ces trois localités ont vécu au rythme de la diversité culturelle des deux peuples. La troupe de Coubalan (Casamance) a séduit le public en présentant son répertoire.

La parade des masques était l’une des attractions du festival avec tout le mysticisme et la symbolique qui l’entourent. « Seuls les initiés peuvent en comprendre la signification », a expliqué Papis Ismaïla Sonko, responsable de la troupe. « Notre participation en tant qu’invité d’honneur du festival de Faoye est dictée par la volonté de solidifier les liens de cousinage entre Diolas et Sérères mais aussi  pour permettre aux deux communautés de jouer leur partition dans la recherche d’une paix durable en Casamance et dans tout le Sénégal. Car il ne peut pas y avoir d’émergence sans la paix et l’unité », a-t-il souligné.

Plus de 300 femmes dépistées au cancer du col de l’utérus
Le maire de la commune de Dioffior, Youssouf Diome, a magnifié l’organisation du festival. Il a insisté sur la nécessité pour les deux communautés de créer les conditions d’une vie commune. M. Diome a invité ses cousins diolas à venir s’installer à Dioffior et ses parents sérères à faire de même en Casamance.

Ces journées culturelles ont été également marquées par des séances gratuites de dépistage du cancer du col de l’utérus. Selon le président du comité d’organisation, cela a permis « de consulter 332 femmes, dont 76 à Faoye, 182 à Dioffior et 74 à Fimela. La première édition du week-end culturel Sérère-Diola dénommé « Okhet Kayanior » a vécu.  La prochaine pourrait se tenir en Casamance comme l’ont souhaité certains des organisateurs.

Mohamadou SAGNE

 

Le site internet Habari Rdc, la WebTv Kunafoni (Mali) et le média Nothing but the wax (France) sont les lauréats de la 3ème édition du Prix francophone de l’innovation dans les médias.

Les trois Prix francophones de l’innovation dans les médias ont été décernés, hier, lors d’une cérémonie au siège de l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif), rapporte un communiqué. C’était en présence de Mme Michaëlle Jean, secrétaire générale de la Francophonie, Mme Marie-Christine Saragosse, directrice générale en charge de la stratégie et des antennes de France médias monde (Fmm) et M. Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières (Rsf).

Le 1er Prix de 10.000 euros a été décerné à Habari Rdc (République démocratique du Congo), un site internet fédérant le travail d’une centaine de journalistes, blogueurs et photographes répartis dans huit villes du pays. Résolument tourné vers la jeunesse congolaise, Habari Rdc propose des articles, des reportages, des photos ou des vidéos et se veut « un espace de débats et de dialogues constructifs ».

Le 2e Prix de 6500 euros a été décerné à « Kunafoni » (Mali), une WebTv d’informations générales orientée vers les jeunes et les femmes du Mali et d’Afrique subsaharienne. La WebTv s’articule autour de deux programmes majeurs : Kunafoni Rappou, qui propose des journaux télévisés et des débats rappés, et Femmes leaders, qui valorise les savoirs et savoir-faire des femmes en tant qu’actrices du changement.

Le 3e Prix de 3500 euros a été décerné à « Nothing but the wax » (France), un média indépendant s’intéressant à la jeunesse afro-descendante connectée, à travers des sujets de société, sur la culture et les arts. Ce site ambitionne de donner une autre perspective du monde par le biais des yeux d’une jeunesse noire basée aussi bien en Europe qu’en Afrique.

Le Prix francophone de l’innovation dans les médias est le fruit d’un partenariat entre l’Oif, Rfi et Rsf. Il s’adresse à tous les médias (radio, télévision, presse écrite et médias numériques) des 54 États et gouvernements membres de la Francophonie ayant développés des offres innovantes prenant en compte les nouveaux modes de consommation et d’accès à l’information. « Il récompense les innovations dans les contenus, dans les usages et dans les modèles économiques et d’organisation qui contribuent à renforcer la liberté de la presse et le droit à l’information des populations, valeurs défendues par les trois partenaires », explique le communiqué. Le palmarès de cette deuxième édition, précise-t-on dans le document, a été établi par un jury de sélection qui s’est réuni le 15 février au siège de l’Oif.

E. Massiga FAYE

 

La 5ème  édition du  festival  Djaram’Art s’ouvre  le 01er  avril  à Ndayane (région de Thiès). Dédié à la jeunesse sénégalaise, l’événement sera marqué, jusqu’au 7 avril,  par des ateliers cirque et marionnettes, une formation en photo, une course d’ânes, un gala de lutte, des spectacles de danses et chants traditionnels lébous.

Unique à son genre au Sénégal, le festival Djaram’Art  se déroule du 1er au 7 avril  à Ndayane, Kelle, Toubab Dialaw et à l’Institut français de Dakar. Organisé par  l’association Djarama, il a pour but d’offrir un moment de culture et de joie aux enfants et surtout de faire découvrir ce village légendaire de Ndayane que peu de Sénégalais connaissent. Selon la directrice artistique du pôle culturel de Djaram’Art, Patricia Gomis, par ailleurs comédienne, après quatre éditions,  de 2013 à 2016, le festival s’installe cette année à Ndayane. « Durant cinq jours, du 1er au 5 avril, il y aura des ateliers artistiques (cirque, marionnettes et clown) pas tellement connus au Sénégal et qui seront présentés par des artistes  venus du Maroc, de la France et de la  Suisse. Sans compter les spectacles de danses et chants traditionnels lébous, les courses d’ânes,  un gala de lutte et des spectacles. L’art dans la rue  sera à l’honneur à Ndayane et environs pour célébrer un moment de culture, de joie et de créativité à partager avec la jeunesse sénégalaise », informe Mme Gomis.

Pour valoriser  les artisans et producteurs locaux, il  est prévu des stands pour permettre aux gens de  pouvoir exposer l’artisanat. En amont de ce festival, il y a eu  une formation en photo  pour les jeunes de Ndayane et une autre en graffiti avec l’artiste Docta. Le festival sera l’occasion d’inaugurer cette fresque réalisée par les enfants. De plus, deux journées de visites médicales et de soins dentaires seront organisées les 4 et 5 avril pour les enfants  des « daaras » et de Ndayane. D’après Patricia Gomis, l’évènement met l’accent, cette année, sur le droit à la santé pour tous. Le 4 avril, les festivaliers seront  au Trampoline «  de Dakar, sur la Corniche ouest, pour également  offrir un moment de culture et de joie aux enfants des rues, les talibés.

La clôture du festival est prévue le 07  avril à l’Institut français, partenaire culturel de Djarama, avec une déambulation, des ateliers cirque et marionnettes pour les enfants et des représentations de spectacles.  Fondée   en   2005,   Djarama,  une   association   humaniste   et   innovante, œuvre   au   profit   des   enfants  défavorisés  par  des  actions  culturelles  et  éducatives  liant   l’apprentissage,   les   arts   du   théâtre,   du   cirque et  de   la   marionnette. 
Elle a créé, en 2014, la première compagnie clown au Sénégal. L’association a également  mis en place deux écoles  sociales et communautaires. « Une  école maternelle à Malika, depuis 2009, qui  accueille les enfants défavorisés. Nous avons aussi en place le Centre d’art  pour la jeunesse avec un théâtre de 150 places qui organise, tous les mois, un spectacle venu de partout (France, Suisse)  que l’on diffuse, par la suite,  dans les lieux culturels et dans certaines écoles », confie la directrice artistique du pôle culturel Djaram’Art.

Maguette Guèye DIEDHIOU

 

Entre beauté et singularité, l’espace « Villa des arts » du peintre, photographe et graphiste-designer Ousmane Ndiaye Dago, inauguré, jeudi dernier, par le ministre de la Culture, Abdou Latif Coulibaly, enrichit l’univers de la création artistique sénégalaise. Il propose d’accueillir et de tenir des formats multiples d'expositions, lesquels vont être rehaussés par la musique acoustique, la poésie, la chorégraphie épurée…

Au quartier Hann Fort B, un bâtiment à étage se singularise au milieu du pâté de maisons. Avec son petit jardin au gazon dru offrant une charmante verdure, l’endroit sort désormais de l’ordinaire. Dans cette zone à forte habitation, où le trafic offre bruits étourdissants et pollution de l’air à certaines heures de la journée, l’édifice est devenu un refuge sûr. Cette « Villa des arts », que vient de créer le peintre, photographe et graphiste-designer Ousmane Ndiaye Dago, fait dorénavant de ce quartier de la commune de Hann Bel-Air un des points d’attraction de la capitale sénégalaise. Cadre commode et agréable, le bâtiment propose une élégance inédite au visiteur dès qu’il franchisse le seuil de l’édifice. Ici, l’art contemporain étale sa splendeur. Dans tous les coins et recoins de la maison, on trouve des œuvres emblématiques de la création sénégalaise. Pour l’inauguration de son joyau, Ousmane Ndiaye Dago a voulu jouer au symbolisme.

Cela, en proposant une collection d’une dizaine d’artistes qui font, aujourd’hui, partie des emblématiques du pays. Entre la peinture et la tapisserie de Kalidou Kassé, la photographie de Mamadou Gomis et de son collègue Mactar Ndour, les œuvres de Daouda Ndiaye, Charlys Lèye, Kiné Aw ou encore Ibrahima Kébé…cette collection est un résumé qualitatif de notre création contemporaine. Du rez-de-chaussée au balcon en passant par le premier étage, ce sont des dizaines d’œuvres que la « Villa des arts » va accueillir du 22 mars au 23 avril prochain. L’exposition, qui s’étale sur un mois, permettra aux amoureux des arts plastiques et de la photographie de découvrir, dans la diversité et le dialogue, la beauté de cette collection reflétant la vivacité et le bouillonnement artistique sénégalais.

Du rêve à la réalité
C’est aussi une occasion de découvrir cet espace magnifique qui est le symbole d’un rêve d’artiste devenu une réalité. Ousmane Ndiaye Dago, en transformant sa maison en galerie, a matérialisé son rêve. Lequel est celui « de toujours exister par l’art, de perpétuellement faire vivre et revivre l’art, de cohabiter à chaque instant avec l’art ». Mais, il n’y a rien d’impossible quand on est guidé par le feu de la passion. Et Ousmane ne vit que pour l’art. Cet ancien pensionnaire de l’Ecole des beaux-arts de Dakar sait bien comment repousser les limites de l’impossible pour réaliser son rêve. Construite sur fonds propres, la « Villa des arts » est le produit de l’endurance, de la patience et du sacrifice. « C’est fait avec mes propres petites économies, quelquefois me permettant de prendre des billets de banque dans la sacoche de ma belle-sœur Ndèye Khady, quand ce n’est pas dans les pochettes de mes enfants, Adama, Awa, Alioune et Cheikh, leur privant évidemment de certaines commodités et argent de poche… », soutient-il. Cet espatse veut ouvert à tous les genres de créativité. Il ambitionne d’être l’un des réceptacles de l’ébullition culturelle portant depuis toujours l’identité du pays de Léopold de Sédar Senghor mais aussi un lieu de dialogue et d’échanges fructueux dont la finalité demeure le rayonnement de la culture sénégalaise. Conformément à la vision de son concepteur, la « Villa des arts » est formulée pour être une galerie d’art capable d'accueillir et de tenir des formats multiples d'expositions qui seront agrémentées, au besoin ou à l’occasion, de musique acoustique, de poésie ou même de chorégraphie épurée.

Latif C

Espace d’exposition et d’expansion
Aussi, d’après Ousmane Ndiaye Dago, la « Villa des arts espère bien ne pas en rester là. Car elle veut faire preuve de ses ambitions, de ses compétences, les nôtres à nous tous, pour développer notre art ». Attaché plus que jamais à son art, le photographe et graphiste-designer croit en la créativité et à la formation comme du reste à la religion. C’est pourquoi il veut que la « Villa des arts » soit en même temps un laboratoire d’initiation, de création et d’expressions artistiques pour tout le monde, enfants et adultes, femmes et hommes. Ousmane rêve d’un espace d’exposition et d’expansion d’art contemporain, un endroit qui abrite les riches et multiples expressions culturelles du Sénégal. « La modernité du lieu, sa surface et la beauté de ses volumes se prêtent admirablement à la composition et à la contemplation. J’invite les artistes, les plasticiens, les sculpteurs et les photographes à investir cet espace pour se faire plaisir et faire plaisir aux autres », souligne-t-il. En créant cette galerie, Ousmane Ndiaye Dago veut donner plus d’élan à l’art sénégalais en impulsant la culture de la qualité. Il désire également rompre avec les formats institutionnels reléguant l’art à des espaces souvent fréquentés par une élite. L’artiste compte créer un endroit où l’on peut se retrouver autour d’une multitude d’idées. Il s’inscrit aussi dans un esprit d’innovation et d’ouverture. Natif de Ndiobène (Tivaouane), Ousmane Ndiaye Dago est, aujourd’hui, l’un des plus grands peintres, photographes et graphistes-designer du Sénégal. Dans son art, sa démarche reste centrée sur la femme. D’où toute son originalité basée sur le concept « Femme terre » allant au-delà d’une simple question de sexe, mais d’idées et de création artistique. L’artiste excelle aussi dans l’illustration littéraire et scientifique.

Ibrahima BA

ABDOU LATIF COULIBALY, MINISTRE DE LA CULTURE : « L’ENTREPRENARIAT CULTUREL INTERPELLE NOTRE ATTENTION… »
Le ministre de la Culture qui a pris part à la cérémonie d’inauguration de cette galerie a salué l’initiative d’Ousmane Ndiaye Dago. Ce dernier, selon Abdou Latif Coulibaly, est un « digne » ambassadeur du Sénégal.

Car, a-t-il dit, il a contribué au rayonnement de l’art de notre pays. Parlant de la collection de la « Villa des arts », le ministre a indiqué qu’il s’agit d’œuvres remarquables portées par des personnes dont le travail ne lui est pas totalement inconnu ». Selon M. Coulibaly, le travail d’Ousmane Ndiaye Dago s’inscrit en droite ligne des responsabilités de son département. « Cette passion artistique, mise au service de l’entreprenariat culturel à travers cette « Villa des arts », interpelle notre attention surtout dans cette période de refondation de notre politique culturelle marquée par le désir du gouvernement de faire de la culture un des leviers de développement économique et social. J’ai compris que ce lieu ne sera pas seulement un espace de démonstration de la création artistique. Ce sera aussi un lieu d’échanges, de formation, de réflexion et d’introspection », a-t-il souligné.

I. BA

Le directeur général de Canal+ Sénégal a lancé, hier, la version haute définition (Hd) du bouquet télévisuel dont plus de 20 chaînes intègrent cette nouvelle technologie.

Canal+ Sénégal s’inscrit dans le sillage des nouvelles technologies. Le bouquet télévisuel passe en mode haute définition (Hd). Pour les téléspectateurs, c’est l’amorce d’une nouvelle expérience dans la qualité de l’image et du son. Hier, au cours d’une conférence de presse de lancement, le directeur général de Canal+ Sénégal a souligné l’intérêt d’intégrer cette nouvelle technologie. « L’œil de l’humain, du client, est très exigeant », a estimé Sébastien Punturello. Outre une qualité d’image et de son, « le bouquet télévisuel offre un large éventail qui tourne autour de plus de 20 chaînes avec une plateforme plus moderne », a informé S. Punturello.  Selon lui, la haute définition permet au bouquet Canal+ de bonifier la qualité de ses chaînes. Cela donne une qualité d’image jusqu’à quatre fois supérieure. Les détails et les couleurs sont plus précis. S’y ajoute une nouvelle dimension sonore grâce à la nouvelle technologie dolby digitale.
Autre fonctionnalité, a-t-il détaillé, le téléspectateur peut visionner à son rythme avec un disque dur externe connecté qui permet d’enregistrer des programmes en avance. Elle donne également la possibilité d’avoir un contrôle du direct.
Dans cet univers des services et de la technologie, la chaîne cryptée se distingue avec l’application MyCanal. « Au Sénégal, nous avons une demande, un consommation très forte, comparée aux autres pays en Afrique. Les Sénégalais aiment la modernité, la technologie », a souligné le directeur général de Canal+ Sénégal. Du coup, a annoncé Sébastien Punturello, le contenu du service sera élargi. Dans la foulée, il a donné un aperçu sur la programmation de la chaîne en avril. Une des attractions sera la diffusion du magazine Réussite spécial Sénégal le 03 avril à 20h30 sur Canal+. Le rire sera au rendez-vous avec la nouvelle série courte d’humour Kongossa Télécom. Elle sera diffusée à partir du 2 avril, du lundi au vendredi, à 20h25.

La série événement sera marquée par la diffusion de The Good Doctor à compter du 16 avril.
Côté sport, outre le renouvellement de droits foot majeurs pour les prochaines années, les grands moments seront rythmés, entre autres, par la reprise de la Formule 1 avec le Grand prix d’Australie, dimanche 25 mars  sur Canal+ Sport 3 ; la finale de la Coupe de la ligue, Psg-Monaco le 31 mars sur Canal+ Sport 1 ; les quarts de finale aller et retour de l’Uefa Champions league du 3 au 11 avril et les demi-finales aller les 24 et 25 avril.

EL H Massiga FAYE

 

La  première radio digitale urbaine  du  Sénégal,  King Fm, célèbre son premier anniversaire  le  31 mars 2018. A l’occasion, un grand  concert  sera organisé à la Place du Souvenir avec en guest-star Fally  Ipupa, chanteur-compositeur congolais.

Pour célébrer  son premier anniversaire, la  radio digitale King Fm a décidé de mettre les petits plats dans les grands. Elle organise, à cet effet, un grand spectacle, le 31 mars,  à la Place du Souvenir, avec  comme invité la star congolaise Fally Ipupa qui va assurer son premier concert live au Sénégal. Dans la première partie, il sera secondé par des artistes sénégalais dont le roi du Mbalax, Youssou Ndour, Viviane, Aïda Samb, Sidy Diop, Samklef 2c, etc.
En conférence de presse, hier, le directeur général de la radio King Fm,  Boubacar Diallo alias Boubs a  dressé un bilan positif  des productions, un an après sa création. « Le défi était d’amortir les investissements. Nous avons atteint  cet objectif et l’avons même dépassé largement  par des chiffres qui parlent  d’eux-mêmes », a-t-il indiqué. Toutefois, il a reconnu que ce fût très difficile de faire en même temps Rfm et King Fm. Mais,  grâce à une équipe professionnelle et dynamique, ils ont participé à de grands événements qui leur ont permis de se  positionner dans le paysage médiatique. Boubacar Diallo a expliqué le choix porté sur Fally Ipupa pour fêter ce premier anniversaire par sa montée fulgurante sur la scène musicale africaine et mondiale. « Il est aimé par les jeunes et fédère toutes les communautés africaines. Tout le monde se retrouve autour de Fally Ipupa. C’est une  star africaine », a-t-il lancé.   

Maguette Guèye DIEDHIOU

Dans le secteur culturel, les inégalités hommes-femmes persistent toujours. Le rapport mondial de l’Unesco 2018 note une prise en compte défaillante de la question du genre dans toutes les politiques et mesures culturelles. Par exemple, seules 26% des femmes travaillent dans le secteur audiovisuel et médias interactifs et elles sont minoritaires aux postes décisionnels (34 % des ministres de la Culture sont des femmes et 31 % des directeurs des Conseils nationaux). En Afrique de l’Ouest, l’industrie musicale se caractérise par d’importantes disparités liées au genre.  D’après le rapport, les femmes comptent pour moins de 30 % des employés dans la plupart des professions de ce secteur.  Parmi celles qui ont  un emploi, 90 % sont des costumières ou coiffeuses, des postes traditionnellement considérés comme « féminins ». Il en est de même pour ce qui est des arts visuels. La volonté du Sénégal de mettre fin à ces inégalités a été saluée par l’Unesco dans son rapport. En effet, l’Etat du Sénégal a institué, depuis 2010,  une loi sur la parité homme-femme afin d’aller vers l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes. Selon le directeur de cabinet du ministre de la Culture, Alioune Sarr, cette loi a été citée en exemple même si, du point de vue des organes de décision de la Culture, il y a encore des progrès à faire.                      

Ibrahima BA

La deuxième édition du Rapport mondial de l’Unesco sur le suivi de la Convention 2005 sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles a été lancée hier à Dakar. Conçu pour faire le suivi de la mise en œuvre de cette convention, le rapport de cette année montre que la culture est de plus en plus intégrée dans les plans et stratégies de développement nationaux. Cela, avec une augmentation des investissements faits par les villes dans les industries culturelles.

Le nouveau rapport mondial de l’Unesco : « Re/penser les politiques culturelles », qui vient d’être lancé, démontre encore la place centrale qu’occupe les industries culturelles et créatives dans l’économie mondiale. En générant, chaque année, 2.250 milliards de dollars de revenus et dont les exportations représentent plus de 250 milliards de dollars dans les années à venir, selon les prévisions, ces secteurs représenteront environ 10 % du Pib mondial. Le rapport 2018 de l’Unesco faisant le suivi de la mise en œuvre de la Convention 2005 de l’Unesco sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles a permis de noter un certain nombre de progrès.

Si les industries créatives sont devenues d’importants moteurs pour l’économie et le commerce tant dans les pays développés que ceux en développement, elles sont, aujourd’hui, de plus en plus intégrées dans les plans et stratégies de développement nationaux. Et ce, rappelle l’Unesco, pour la première fois et principalement dans les pays du Sud. Le rapport note une augmentation des investissements faits par les villes dans les industries culturelles pour le développement. En effet, ce succès s’explique surtout par la mise en place de bases législatives, dans certains pays, favorisant les industries culturelles, l’accès à Internet, la liberté et la diversité des médias. A cela s’ajoutent la hausse des investissements dans la créativité numérique et l’entrepreneuriat et la mobilisation de la société civile. Cependant, a relevé Danielle Cliche, secrétaire de la Convention 2005 sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, la part de l’aide au développement consacrée à la culture est actuellement la plus faible depuis 10 ans. Les contributions des parties au Fonds international pour la diversité culturelle ont aussi diminué de manière régulière. Pourtant, rappelle l’Unesco, il est nécessaire d’investir davantage dans la créativité pour obtenir des résultats positifs.  Le rapport 2018 « Re/penser les politiques culturelles » s’intéresse aussi aux expressions culturelles à l’ère du numérique. Et pour la première fois, renseigne-t-il, les revenus numériques représentent 50 % du marché de la musique enregistrée, soit une hausse  de 18 % environ par rapport à l’année dernière en raison d’une forte augmentation de la part des revenus du streaming. Dans un contexte numérique, l’Internet a fini de « transformer la chaine culturelle en une plateforme de réseau et le commerce électronique continue de défier les politiques culturelles et commerciales qui visent à promouvoir la diversité des expressions culturelles ».

Par ailleurs, dans le souci de concevoir de meilleures politiques et de négocier des accords de commerce équitable, l’Unesco insiste sur la nécessité d’améliorer la collecte des données sur les revenus issus du numérique et sur la façon dont ils sont répartis entre les plateformes et les créateurs.  Aussi,  « la relation entre les grandes plateformes, le Big Data, l’intelligence artificielle et la diversité des expressions culturelles doit être étroitement évaluée afin de s’assurer que les futures créations artistiques ne finissent pas par être détenues par quelques grandes plateformes ».

 

Permettre  aux participants de mieux comprendre les enjeux et les spécificités du contexte africain et de recueillir des éléments objectifs pour retranscrire l'histoire de l'Afrique d'une manière plus positive et inspirante.
Tel est l’objectif de la formation en ligne en journalisme pour le développement qui vient d’être lancée par la région Afrique de la Banque mondiale en partenariat avec l’Ecole supérieure de journalisme (Lille), le Centre d’études des sciences et techniques de l’information (Cesti) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar et  l'Open learning campus de la Banque mondiale.  Dispensée en français, cette formation est destinée aux journalistes francophones d’Afrique subsaharienne.

À la fin, « un Certificat en journalisme du développement » sera délivré aux participants ayant effectué avec succès le programme.  Les journalistes désirant y participer, informe un communiqué, sont invités à envoyer leur dossier de candidature, au plus tard le mardi 27 mars, à l’adresse suivante : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. .
Le dossier de candidature doit comprendre, entre autres, une lettre de  motivation, un curriculum vitae, une lettre de recommandation du directeur de la rédaction ou du rédacteur en chef et une proposition de thème du reportage à traiter pour l’évaluation finale. Pour plus d’informations sur ce projet de formation, les candidats peuvent consulter le lien sur le site de la Banque mondiale : http://www.banquemondiale.org/.

Ibrahima BA

 

La 10ème édition du Marché des arts du spectacle d’Abidjan (Masa) a distingué la Malienne Aminata Mimita Coulibaly lauréate du Prix « Ismaël Diaby » du jeune technicien.

L’Organisation internationale de la Francophonie (Oif) parraine le Prix « Ismaël Diaby » du jeune technicien. La 10ème édition du Marché des arts du spectacle d’Abidjan (Masa), qui a pris fin samedi, a primé la Malienne Aminata Mimita Coulibaly lauréate de l’édition 2018. Le Prix est doté de 10.000 euros (6,5 millions de FCfa), dont 3.000 en espèces (1.950.000 de FCfa) ; les 7.000 euros restant sont versés sous forme de stage de formation. « Nous pensons que la formation des techniciens de l’ombre du spectacle participe à la qualité des productions », a estimé Mme Youma Fall, directrice de la Langue française, culture et diversités. Elle a rappelé que le lauréat 2016 a été envoyé en stage aux Halles de Shaerbeek, l’une des plus importantes scènes de Bruxelles, pour une formation en technique de son. Avec trois années d’expérience, Aminata Mimita Coulibaly, originaire de Ségou, est devenue technicienne en son.

Décédé en 2016, Ismaël Diaby était le coordonnateur technique du Masa. Il y supervisait tous les spectacles et commissions. « En 2014, il a porté toute la communication de l’événement. Il a construit beaucoup de partenariats, mettant à profit son carnet d’adresses avec son agence de communication qui lui permettait de travailler dans toute la sous-région », a rappelé Mme Fall.
Le défunt est à l’origine du Prix Factos (Formation des acteurs et techniciens de l’ombre du spectacle) qui allait porter son.
La 10ème édition du Marché des arts du spectacle d’Abidjan, qui s’est clôturé samedi, au Palais de la Culture, a célébré les 25 ans de l’événement tout en mettant en lumière la diversité culturelle dans toutes ses expressions.

E. Massiga FAYE

 

« Enjoy ». C’est le titre du nouvel album de l’artiste-chanteur Pape Diouf qui sera sur le marché à partir de ce mercredi. Le chanteur a organisé, samedi dernier,  une séance d’écoute de cette nouvelle production.

Le leader de la Génération consciente, Pape Diouf, est de retour sur la scène musicale avec un nouvel album : « Enjoy ». Cet opus de 10 titres sera disponible sur le marché, mercredi. Ce week-end, il a donné la primauté du contenu à la presse, à ses amis et ses fans à travers une séance d’écoute de l’album. En présence de personnalités de la musique sénégalaise (Mbaye Dièye Faye, Alioune Mbaye Nder, Fallou Dieng, Momo Dieng, Fata « El presidente », Mame Gor Jazaka, etc.), Pape Diouf a passé en playback presque tous les 10 titres de cette  production titrée « Enjoy ». Comme l’indique déjà le titre de l’album, il a appelé tout le monde à aimer et à savourer son produit qui sera mis sur le marché après un travail titanesque en collaboration avec le label Prince Arts.

L’artiste a d’abord salué son compagnonnage avec ce label dirigé par Ngoné Ndour. Un compagnonnage long de 18 ans (2000-2018), mais qui a permis au leader de la Génération consciente d’être, aujourd’hui, parmi les voix qui comptent dans le paysage musical sénégalais.

Ces remerciements faits, Pape Diouf commence le playback avec le premier titre de l’album : « Ku nekak bosam ». Dans ce morceau, le lead vocal de la Génération consciente chante l’amour. Selon lui, la vie est amour. Le tube a fait bouger même l’assistance, tellement le timbre de la voix audible est accompagné des belles percussions de Baye Demba Ndir Faye, Bakane Seck, Assane Faye et Youssou Diagne. Sans s’arrêter, il enchaine avec les morceaux « Rëkkënte bi », « Dignité », puis « Bësu garmi ».

«Pape Diouf a grandi»
Dans ce morceau, Pape Diouf rend hommage aux griots. « Nous sommes les héritiers de nos ancêtres et nous sommes fiers d’être griots », dit-il. Le rôle du griot dans la société sénégalaise n’est plus à démontrer. Et c’est cette bravoure du griot que chante l’artiste. A l’ère des royautés, le griot était toujours mis en avant pendant les conquêtes. Pape Diouf a aussi consacré un morceau à ses fans. « Merci », dit Pape Diouf aux fans de la Génération consciente pour leur « fidélité, sincérité et crédibilité ». Le compagnonnage entre Pape Diouf et ses fans a commencé depuis Lemzo Diamano et a continué jusqu’après la mise en place de la Génération consciente. Dans l’album, Pape Diouf utilise un mélange de rythmes traditionnels et modernes. Il a fait un retour aux sources en chantant « Sereer ». Il commence ce morceau en imitant la voix de la cantatrice Yandé Codou Sène, l’un des monuments de la musique sérère. « Je suis Sérère, je suis fils de Sérère », dit Pape Diouf à ceux qui seront surpris de découvrir du « ngel » dans son dernier album. Dans ce même morceau, il chante aussi son ami Marcel Niakh de Dioffior. Ce dernier, informe l’artiste, a déjà commandé 10.000 Cd pour ce nouvel album.

Pape Diouf a aussi intitulé un autre morceau « Yalla Jexul ». Une chanson dédiée aux diplômés sans emploi pour les encourager à garder encore espoir. Dans ce tube, le chanteur invite ceux qui ont plus de moyens à soutenir les démunies, car le Sénégal est un pays de solidarité.  « Pape Diouf, tu as bien travaillé », soutient l’artiste Fallou Dieng, son ancien compagnon au Lemzo Diamano. Mbaye Dièye Faye, appelé à donner son impression après l’écoute de ce nouvel album de 10 titres, a témoigné : « Pape Diouf a grandi. Les paroles ont du sens et elles sont riches ».

Aliou Ngamby NDIAYE

Beau, chic, décalé. Les Rencontres « Edition limitée » ont été clôturées par un défilé-performance avec des créations du styliste ivoirien Moses. Elles permettent de voir la vie autrement avec nos fantasmes. La scène d'exposition s'ouvre par une entrée qui explore un univers surprenant avec des tenues bariolées faites sur de la toile de jute, de l'imprimé textile... Par moment, la performance emprunte les codes du théâtre-opéra avec, en arrière-plan, des références à la culture urbaine.

Sur la scène, on s'en donne à cœur joie. Un clin d' œil à la culture haïtienne. Le voyage musical se prolonge avec des sonorités latino entraînantes.
Le métissage culturel est rendu avec efficacité. La gaité, la tristesse, la douleur avec des mélodies mélancoliques s’imbriquent et évoquent Haïti. Cette plage sombre s'illumine avec une bonne dose de coupé-décalé. On s’en donne à cœur joie.

Dans un autre tableau, le ton devient œcuménique. L'odeur du café et de la canne à sucre enivre. La tonalité est à la fois dramatique et drôle. On ne se lamente plus. Par moment, c’est une franche rigolade qui donne à voir la vie en rose.
 

E. Massiga FAYE

 

La Francophonie renforce le développement et la structuration des filières culturelles. C’est dans cette logique que situe l’appui à la professionnalisation des créateurs de mode qui évoluent dans l’art du textile. Cette orientation, matérialisée par les Rencontres « Edition limitée », sous le parrainage du styliste Pathé’O, repose sur deux piliers : la formation et la promotion.

Pour Huguette Malamba, spécialiste de programme Art vivant, art visuel et mode à l’Oif, l’idée est de participer à la mobilité des créateurs francophones du Nord et du Sud avec un ancrage dans le dialogue des cultures. Cela repose, selon lui, sur une transmission, un transfert de compétences et d’expériences. Dans cette médiation des savoirs, la styliste sénégalaise Selly Raby Kane a partagé son vécu artistique avec ces consœurs et confrères participants au programme.
La créatrice a lancé sa marque éponyme sous le label SRK en 2012. Diplômée en Gestion/Administration des affaires et titulaire d’un Master en Gestion de produits pour les industries du textile et de l'habillement (Mod'Spe Paris), la jeune entrepreneuse à la « créativité féconde », construit progressivement un univers faisant référence au cartoon, le surréel, le fantastique. Selly Raby Kane prend plaisir à renverser les codes et les tendances de la mode sénégalaise. Cela lui permet de se démarquer de ce qui se fait habituellement dans le milieu. Bercée par un père fana des films fantastiques, Selly n’échappe pas à  ces influences cinématographiques qu’elle décline également sur des tons urbains.
                    

E. Massiga FAYE

 


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