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Arts et Culture (1517)

En visite de travail à Dakar depuis jeudi, avec le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra) du Sénégal, une délégation de la Haute autorité de l’audiovisuelle et de la communication (Haac) du Bénin a été  reçue, hier, par le directeur général du quotidien national le Soleil. A l’occasion, ils ont échangé leurs expériences.

Une délégation de la Haute autorité de l’audiovisuelle et de la communication (Haac) du Bénin est en visite à Dakar depuis jeudi, pour échanger avec le Conseil national de régulation de l’audiovisuel du Sénégal (Cnra) sur leurs expériences afin d’améliorer le travail fait au niveau des médias. Une occasion saisie par la délégation de la Haac pour faire le tour des organes de médias de service public du Sénégal, notamment la Rts et le Soleil. En visite, hier, dans les locaux du quotidien national, le conseiller à la Haac, Richard  Marie Magnidet, accompagné d’autres collaborateurs, Zantou Pascal et Rosette  Houngnibo, ont échangé avec le directeur général de la Sspp le Soleil, Cheikh Thiam sur leurs expériences, faisant part de leurs réalisations.

D’après Richard  Marie  Magnidet, au Bénin, la régulation est chose effective. A l’en croire, les radios ne naissent pas en désordre, et les télévisions non plus.  Il précise qu’au Sénégal, au vu des échanges qu’ils ont eus avec le Cnra et la Rts, un véritable travail est en train d’être fait, par exemple pour l’accès équitable des partis politiques, des alliances de partis, aux organes de médias de service public. Aussi, propose-t-il au directeur général du «Soleil» d’aller vers une gratuité du journal. « Ce n’est pas facile avec les charges, mais je suis pour que le journal du service public ne soit pas vendu car c’est un journal de tous les contribuables et l’Etat peut trouver une formule en mettant, par exemple, toutes les annonces du Sénégal sur le journal et aussi en rendant systématique l’abonnement de l’administration publique, comme c’est le cas avec le journal la «Nation» du Bénin », argue Richard Magnidet.

Le directeur général du «Soleil», Cheikh Thiam affirme que des membres de la Haac ont bien fait de venir au Sénégal pour s’inspirer de notre expérience, mais trouve « que nous avons le plus à apprendre d’eux, d’autant plus que la Hacc a réussi à fermer des organes de médias, télé, radio et journaux ».

« La liberté de presse est sacrée, n’empêche un secteur doit être régulé. Certes au Sénégal, on ne pense pas qu’on puisse en arriver là, mais sur d’autres aspects, la Haac a capitalisé des expériences extrêmement inédites que nous gagnerions nous à mieux connaître et à implémenter certaines de leurs meilleures pratiques dans le domaine », a fait savoir Cheikh Thiam.

Maguette Guèye DIEDHIOU

Le ministre de la Culture et de la Communication, qui a présidé l’ouverture de l’atelier, est largement revenu sur le rapport entre « nos » traditions et le développement qu’il considère « d’une cruciale importance ». Pour Mbagnick Ndiaye, dans le monde d’aujourd’hui, le savoir et la créativité sont devenus des matières premières stratégiques qui doivent faire l’objet de la plus grande attention. Citant Léopold Sédar Senghor, premier président du Sénégal, il soutient que ce dernier parlait, par rapport à « notre » rapport au monde, « d’ouverture et d’enracinement ». Selon lui, la vision du monde de Senghor n’était pas porteuse de crispation identitaire, mais était empreinte d’un universalisme humain, un universalisme qui ne devait pas signifier une standardisation synonyme d’évanouissement de « nos » identités. L’universalisme du président-poète devait s’enrichir des apports fécondants des particularités des différentes communautés humaines dans le respect de leurs identités respectives. « Les expressions culturelles traditionnelles contribuent à forcer ces identités. De la bonne compréhension de la dialectique entre l’universel et le particulier, dépend l’équilibre du monde », a indiqué le ministre.                    

I. BA                                                                                                                                                 

L’avocat, Me Serigne Amadou  Mbengue a présenté, vendredi, son premier roman, « La persévérante ». Publié aux éditions L’Harmattan Sénégal, cet ouvrage de fiction qui retrace l’histoire d’une jeune Rufisquoise studieuse, Mamy Diop, fait l’apologie de la persévérance, qualité essentielle pour toute réussite dans la vie d’un individu.

Passionné de lecture, l’avocat Me Serigne Amadou Mbengue vient de publier son tout premier ouvrage « La persévérante », aux éditions L’Harmattan Sénégal. Le roman a été présenté vendredi, devant un parterre d’écrivains, d’avocats, dont Pr Hamidou Dia, Alioune Badara Bèye, Mes Moustapha Cissé, Pape Leyti Ndiaye, Bocar Ly, Alassane Cissé, ainsi que des membres de sa famille et sympathisants, venus nombreux assister à cette cérémonie de dédicace.

« La persévérante », ouvrage fiction de 157 pages, relate l’histoire de la studieuse, Mamy Diop, une jeune Rufisquoise qui, élevée par des parents ambitieux, sera en proie à une multitude d’épreuves et de contraintes inhérentes à la vie. Devant de nombreuses tribulations entre orientation scolaire, mariage, procès, Mamy Diop, personnage principal du roman, n’a jamais perdu ses nobles ambitions. Elle fera preuve de persévérance jusqu’à la consécration professionnelle. Selon Me Serigne Amadou Mbengue, son roman, à travers l’histoire de cette jeune lycéenne, Mamy Diop, fait l’apologie de la persévérance, qualité essentielle pour toute réussite. A l’en croire, Mamy a su faire prévaloir ses vertus, surtout de persévérance en administrant l’éclatante preuve que la persistance surmonte tout.

« Nous retiendrons comme idée maîtresse de ce roman que rien dans le monde ne peut prendre la place de la persévérance, ni le talent ni le génie, ni l’éducation; la persistance, l’acharnement et le travail font la différence et sont gage de toute réussite », argue Me Mbengue. Aussi, souligne t-il que son roman nourrit l’ambition modeste de servir de motivation aux élèves en les aiguillonnant à persister dans le sens de la réussite, à se surpasser dans la voie de l’excellence à ne jamais abandonner leurs études dès l’apparition des premières difficultés. Il devra également venir en appoint à tous ces parents qui désespèrent assez tôt du succès scolaire de leurs enfants. Car, soutient-il, les parents eux-mêmes doivent être les premiers reflets de la réussite de leurs enfants. Très heureux de la production littéraire de son confrère, l’avocat, Me Pape Leyti Ndiaye, dit de cet ouvrage ces mots : « Un persévérant a produit une persévérante ». Pour Me Ndiaye, l’auteur prétend que le livre est une fiction, une histoire qu’il a créée de toutes pièces.

« Mais je me suis dit au fond de moi-même que c’est une demi-vérité parce que dans cette fiction, vous allez trouver Moctar Diack qui est un professeur de philosophie, un personnage qui a existé, un journaliste, brillant chroniqueur judiciaire, Mass Diack, qui a aussi existé. Il y a également le Palais de justice avec des procureurs ombrageux, des avocats et des juges affables », fait-il savoir.

Roman moderne
Non sans préciser que c’est un livre qui se lit facilement avec l’histoire de Mamy Diop qui a évolué dans un environnement phallocrate et finit par réussir, en étant persévérante, et vaincre cet environnement hostile. « Mais, c’est aussi l’histoire de Dakar, Rufisque, le lycée Abdoulaye Sadji, le lycée VanVo, la Faculté des sciences  juridiques ; le Collège Saint-Michel y est également bien présent », dit Me Ndiaye. Le président de l’Association des écrivains  sénégalais, Alioune Badara Bèye, a félicité Serigne Amadou Mbengue pour son ouvrage. M. Bèye s’est dit fasciné par la maîtrise de la métaphore, des nuances qui lui ont permis d’évoquer et de décrire des situations délicates et subtiles. « Il dessine des situations, clarifie le tableau dramatique avec une substance de connaisseur qui trahit son appartenance à ce corps d’élite qui est la justice », confie-t-il. A en croire Alioune Badara Bèye, Me Mbengue, dans ce roman, a fait preuve d’une grande expérience dans la technique descriptive du contenu, maîtrisant l’histoire et les subtilités de la métaphore. 

En réalité, le personnage Mamy Diop a été présenté par l’auteur dans une dextérité, une finesse qui concrétise les grands auteurs. « Il manifeste, grâce à une plume alerte et  parfois provocatrice, les méandres et les forces centrifuges du roman moderne », souligne le président de l’Association des écrivains du Sénégal. Précisant que «La persévérante» n’est pas un livre gratuit, il s’inspire de la marche tumultueuse de l’héroïne rattrapée pour ne pas dire matraquée par le destin.

Maguette Guèye DIEDHIOU

Mame Mbodj Faye est le lauréat de la 16ème édition du concours « Pont vers le chinois » dont le thème est : « Les rêves éclairent le futur ». La finale s’est tenue, vendredi, à l’Institut Confucius. Il représentera le Sénégal, en juillet prochain, à la finale internationale en Chine.

Mame Mbodj Faye a une forte relation d’amour avec les langues. Il parle l’anglais, se débrouille en Chinois et va à l’assaut de l’arabe. Pouvait-il en être autrement pour cet ancien étudiant du département d’anglais de l’Université Cheikh Anta de Dakar, de l’Institut des langues étrangères appliquées et actuel pensionnaire de l’Institut Confucius ? Sa prestation d’hier lui a valu le premier prix du « Chinese bridge », concours de la langue chinoise qui a vu la participation de plusieurs étudiants. La finale a opposé 10 candidats. Il s’est agi principalement de prononcer un discours en chinois, de répondre aux questions du jury, de représenter un spectacle artistique et culturel. A l’issue de ces épreuves témoignant de l’intérêt qu’ils manifestent à tout ce qui a trait à la culture chinoise, Mame Mbodj Faye est arrivé premier. Il représentera le Sénégal pour la compétition finale « Le pont vers le chinois » qui se tiendra en Chine en juillet 2017.

Les candidats ont mis leur inspiration et leur génie au service d’un rêve ; celui-là qui construit les succès de demain de l’humanité pour être en cohérence avec le thème de cette édition, « les rêves éclairent le futur ». Le recteur de l’Ucad, Ibrahima Thioub, conquis par l’aisance des postulants dans l’exécution des performances, dit, dans ce sens, qu’il faut rêver ensemble pour bâtir l’avenir. Il a également magnifié les efforts de la représentation diplomatique chinoise au Sénégal pour la consolidation des relations entre les deux pays. Les discours des candidats attestent du dynamisme des relations entre les deux Nations, qui partagent beaucoup de valeurs, et de leurs liens d’amitié.

Leurs prouesses sur scène ont mis en lumière leurs talents artistiques et leur amour pour la culture chinoise. La chanson « Ami » entonnée par une bande enthousiaste, la démonstration de « Wushu », celle de danse et du « Wushu » avec éventail, l’art du thé, la calligraphie et la poésie ancienne ont été des moments forts de ce rendez-vous parce que remplies d’émotions et de rythmes maîtrisés. L’ambassadeur de Chine au Sénégal, Zhang Xun, a exhorté les candidats à poursuivre leur « rêve chinois » afin de devenir les promoteurs de l’amitié entre la Chine et le Sénégal.

Des prix d’encouragement ont été décernés aux candidats qui se sont bien illustrés. Le deuxième prix aura droit à un séjour en Chine au moment où se déroulera la phase finale. « Pont vers le chinois » est une compétition annuelle organisée depuis 2002 par le siège de l’Institut Confucius/Haban pour renforcer les échanges culturels entre les différents pays. Elle se tient dans plus de 100 pays sur les cinq continents avec une finale mondiale en Chine tous les mois de juillet.

L’année dernière, 146 candidats répartis entre 108 pays y avaient participé. Les meilleurs candidats ont l’opportunité de bénéficier de bourses d’études en Chine.

Alassane Aliou MBAYE

Le Centre ouest-africain de recherche (Warc), en collaboration avec le Comité d'initiative pour la renaissance de « Làngug Caada Senegaal » appelé autrement le Front populaire, a procédé, ce vendredi 31 mai, à la cérémonie de publication et de dédicace du livre « Téerébtànnu Taalifu Xare Senegaal ». Une anthologie de la poésie militante produite dans les années 1975-1976 et rééditée par les éditions Papyrus Afrique.

Ouvrage publié dans les années 1970 dans des circonstances politiques de clandestinité, « Téerébtànnu Taalifu Xare Senegaal » est un recueil de poèmes d’expressions wolof qui, au-delà de l'engagement et de la fougue des militants, est un travail sur une esthétique fortement influencée par la littérature wolof, comme l’a rappelé le Pr Ibrahima Wone.

Sous les plumes de militants anonymes interdits de production à cette époque du parti unique, ce recueil condense des poèmes dont les auteurs ont utilisé des noms d’emprunt pour signer leurs productions. Certains parmi eux n’ont point de signature ; en effet, l'origine est méconnue. Produits pour certains, bien avant le front culturel, ce sont des textes qui ont circulé de manière orale dans le temps et dans l’espace.

« Non seulement ils ont circulé dans le temps et dans l’espace, mais dans des cercles qui n’étaient pas prévus comme le milieu de la musique. Réadaptées, ces paroles auxquelles s’identifiaient certains leads de la musique ont été reprises comme une sorte d’épopée de l’histoire du Sénégal », a remarqué Pr. Wone. Cette anthologie poétique est également un bilan d’expériences politiques précédentes. Derrière cette esthétique littéraire, se cachent ainsi des poètes improvisés qui usent de la poésie pour exprimer leur engagement politique de l’époque. Ce qui fait d’elle une mémoire de l’école du Parti africain pour l’indépendance (Pai) dont certains des signataires y appartenaient.

« Nous avons conçu l'année dernière de rééditer l’ouvrage. Une manière de rendre hommage aux auteurs, mais aussi de partager un patrimoine qui nous appartient afin de faire connaître les idées qui accompagnaient cette idéologie militante relevant du Maoïsme », a souligné El Hadj Momar Samb, un des auteurs des poèmes qui signait sous le pseudonyme de Mor Fama.

« Téerébtànnu Taalifu Xare Senegaal » est production artistique et scientifique de longue chaîne jugée d’une grande importance du fait de sa valeur documentaire.

Marame Coumba SECK

Le film tourne en dérision le monde de l’art et les petites et grandes lâchetés des nantis cultivés face aux migrants, réfugiés, SDF. «C’est un film formidable et une équipe formidable. J’espère que nous pourrons travailler encore ensemble», a déclaré le réalisateur en recevant la récompense suprême. Il a fait pousser un cri de bonheur à l’assistance et au parterre de stars présents, selon une tradition suédoise.

Le film suédois «The Square», qui a remporté la Palme d’Or dimanche soir, se moque du monde de l’art et a fait rire aux éclats le Festival de Cannes. Dans le long-métrage de Ruben Östlund, rien ne se passe comme prévu pour le héros, Christian (l’acteur danois Claes Bang), conservateur d’un musée d’art contemporain qui prépare une exposition sur la tolérance et la solidarité. Au centre de la performance, un carré de 4 mètres sur 4 (The Square), «sanctuaire de confiance et de bienveillance» où les visiteurs sont censés exprimer ces valeurs. A l’extérieur, dans la vraie vie, ce sont deux mondes, celui des grands bourgeois cultivés et celui des immigrés, des Roms et des SDF, qui évoluent en parallèle.

«Le film parle de l’hypocrisie de notre mode de vie en Occident. On se croit vertueux, on paye nos impôts, mais il y a des choses qu’on ne veut pas voir», avait commenté l’acteur danois, lors de la conférence de presse.

Pour la première fois en compétition pour la Palme d’or, le réalisateur pose un regard grinçant sur nos lâchetés et interroge le soi-disant «vivre ensemble» de nos sociétés.

AFP

« Je me demande ce que je vais bien dire » ! Ainsi a parlé la Grande Dame de lettres, Aminata Sow Fall, après que le « monde » s’est répandu en éloges sur elle ; après que les instruments de musique et les voix enchanteresses de l’Ensemble lyrique national du Théâtre national Daniel Sorano et l’inspiré poète l’ont célébrée ainsi que ses ascendants.

Et l’assistance, émue par tant de sagesse, a salué, plus que ce nouvel ouvrage, son œuvre immense et son parcours dignes de louanges en se levant pour l’acclamer. La native de Saint-Louis, de l’avis de tous ceux qui l’ont accablée de compliments, au-delà de son talent que lui reconnaît le monde, consigne nos valeurs fondamentales. Le succès ne l’en a point éloignée.

Les ovations d’ici et d’ailleurs non plus. Car l’auteure du roman « La grève des bàttu ou les déchets humains », présélectionné pour le Goncourt 1979, est un modèle d’humilité, de générosité et de discrétion pour ainsi reprendre Moumar Guèye, président du Centre Pen Sénégal. Le directeur du Livre et de la Lecture, Ibrahima Lô, y a ajouté ce qui fait la marque du produit littéraire de haute facture, la pertinence. En plus de ses saisissantes narrations, son examen critique de la société sénégalaise donne à voir une grande maturité d’esprit.

« Aminata Sow Fall est authentique, un modèle vertueux pour les femmes du continent. Il faut revisiter l’itinéraire de cette grande dame qui mérite tous les éloges. Elle est une source nourricière à laquelle devrait s’abreuver toute femme en quête de référence. Son expression littéraire est ancrée dans nos valeurs culturelles. Sa plume, avec constance, refuse la servilité. Son œuvre et sa vie sont utiles à la Nation, à l’humanité », a-tenu à témoigner Moumar Guèye à l’endroit de celle qu’il appelle affectueusement sa « sœur ».

Source nourricière
L’ancienne directrice des Lettres et de la Propriété intellectuelle au ministère de la Culture est donc cette âme qui a mis son inspiration au service de l’humain, du devenir collectif en rappelant sans cesse, à travers ses écrits, ce qui doit fonder le rapport à l’autre, avec nous-mêmes.

Sa production est didactique. Elle est un miroir produisant le reflet d’une société que la romancière s’attache à dépeindre avec ses mots, son génie, sa sensibilité, son humanité qui ne se corrompt point face à l’effritement des valeurs en ce temps fiévreux. C’est que cette humanité s’est développée au sein d’une cellule familiale où elle fait sens. Le témoignage de son frère aîné, Makhtar Fall, est assez éloquent. Celui de sa nièce Ami Fall, qui se fait appeler « Aminata Sow Fall n°2 », est tout aussi prodigieux. « Elle n’a pas fini de baliser le chemin aux valeurs », dit-elle admirative.

Ecriture totale
Aminata Sow Fall, lauréate du grand prix de la Francophonie de l’Académie française, diffuse des « ondes » qui inondent les surfaces flétries par les turpitudes de l’homme, de sa société gangrenée qu’elle ne se lasse pas de décrire en la réinventant. Elle est à ranger dans la catégorie des écrivains engagés, loin, toutefois, des idéologies puériles sans lendemain.

La doyenne des écrivaines d’Afrique francophone porte un pan de la mémoire littéraire du Sénégal et du continent. Elle est même, par son génie et le message universel qu’elle délivre, au-delà de l’Afrique. Ce qui fait dire à Alioune Badara Bèye, président de l’Association des écrivains du Sénégal, qu’elle demeure « l’une des plus belles plumes de notre continent et même du monde. Ses œuvres enseignées dans les plus prestigieuses universités du monde en témoignent. Aminata Sow Fall incarne la parole qui porte ». Elle nous réconcilie, selon lui, avec la belle écriture. Ce nouveau roman, « L’Empire du mensonge », est un chef d’œuvre de la lignée des best-sellers continentaux. Le président du Conseil d’administration du Théâtre national Daniel Sorano espère également que la « Grande Dame », qui s’est installée dans l’empire des éveilleurs de conscience, sera portée au panthéon de Nobel de la littérature parce qu’elle est un modèle de l’écriture totale. L’auteure de « Le Revenant », qui s’est battue pour donner au livre sa dignité, est revenue sur son passage à l’Association des écrivains du Sénégal en tant que présidente (Birago Diop avait insisté pour qu’elle en assure la présidence) pour exhorter les fils d’Afrique à croire en eux, en leur capacité de faire bouger les lignes.

Alassane Aliou MBAYE

Sur le fronton de la façade ouest des locaux de la Gouvernance de Tambacounda est magnifiquement accroché un tableau décoratif représentant les emblèmes de la République, notamment le lion et le baobab, ainsi que les couleurs du drapeau national. L’œuvre est de l’artiste modeleuse Oumy Ndao Diouf, spécialisée dans la récupération de la sciure de bois pour la fabrication d’objets d’art.

Spécialiste en modelage, l’artiste Oumy Ndao Diouf a élu siège au quartier Pont à proximité du Mamacounda, la rivière qui traverse la ville de Tambacounda. C’est là que les menuisiers et les scieries choisissent pour jeter la sciure. Elle a décidé de montrer à la face du monde que c’est mal de transformer ce lit de rivière en dépotoir géant comme c’est le cas dans cette partie orientale du pays. Avec de la colle et des couleurs, Oumy fabrique tout ce qui lui passe par la tête, meubles, ustensiles, tableaux décoratifs… Elle y excelle et met tout le monde admiratif. Depuis plus de dix ans, elle fait le tour des expositions au niveau local pour présenter ses produits avec succès. A présent, Oumy Ndao Diouf, définitivement tournée vers l’éducation au civisme, en faisant corps avec le concept de développement durable. Ses œuvres sont présentes dans différents endroits de la ville, comme ici au tribunal de grande instance de Tambacounda. C’est une balance et l’épée Damoclès qu’elle y a installée, comme pour rendre hommage à l’équité et la justice. Au niveau du hall de la Gouvernance régionale, un de ses tableaux montre la carte de l’Afrique avec les différents instruments de la musique traditionnelle, tam-tam, kora balafon, etc. Son tableau qui orne désormais la façade du siège de l’exécutif régional de Tambacounda a été dévoilé en présence du maître des lieux, le gouverneur El hadji Bouya Amar.

Ce beau tableau représente les emblèmes de la République, notamment le lion et le baobab, ainsi que les couleurs du drapeau vert, jaune, rouge et l’étoile, sur fond marron. Le tout est surmonté de palmes dorées. Sa signature apposée sur l’œuvre, « Oumy Ndao de Niokhobaye » a été réalisée à partir de sciure de bois ramassés auprès des menuisiers. C’est à l’image des diverses œuvres de la spécialiste en modelage qui fabrique des pots de fleurs, des tablettes pour le Coran, entre autres, avec la même matière première.

« C’est un don magnifique qui représente les symboles de la République et qui va rehausser l’image de la Gouvernance », a dit le gouverneur de région. C’est pour El Hadj Bouya Amar, un véritable acte citoyen.

Soutien aux artistes
« Quand j’ai vu ses œuvres, j’ai décidé de la faire participer à la rénovation des bâtiments administratifs de la région orientale, à la croisée des corridors partant vers les pays voisins. Et le produit, dira M. Amar, est magnifique et colle avec les aménagements qui rendent la gouvernance d’un bel atour. » Saluant la démarche du gouverneur qui a demandé la réalisation de ce tableau, Mme Diouf qui avait à ses côtés son mari et manager Ibrahima Diouf, a vu en cela « une façon de rendre visible (ses) œuvres ». Elle a invité les autres autorités de Tambacounda à en faire de même pour appuyer les artistes locaux, qui n’ont pas de galerie pour exposer leurs créations, plaidant également pour un plus grand soutien aux artistes locaux.

Oumy Ndao Diouf a exprimé son souhait de disposer d’un espace pour exhiber ses œuvres qui restent inconnues du grand public, tout en faisant part de son ambition de récupérer les enfants déscolarisés pour les former à cet art du modelage. Ce sera, pour elle, sa contribution pour l’instauration des valeurs de civisme et de l’amour de son pays prônées par les autorités.

Pape Demba SIDIBE

Lancé en 2015 par le Groupe Vivendi, le projet Canal Olympia ambitionne la construction d’un réseau de salles de cinéma et de spectacle sur le continent. Une cinquantaine de salles est prévue d’ici un an et demi. L’idée : créer de nouveau lieux destinés aux divertissements et à la culture africaine.

Au moment où plusieurs capitales africaines souffraient de l’absence de salles de cinéma et de spectacle digne de ce nom, le projet Canal Olympia du Groupe Vivendi s’est vu prendre peu à peu corps et devenir une réalité. Actuellement cinq pays  parmi lesquels le Sénégal, la Guinée et le Burkina ont eu à bénéficier de ce projet qui, dans l’avenir, va constituer un véritable tremplin pour les artistes et la culture de l’Afrique.  Avec une configuration répondant aux besoins de l’heure grâce notamment à l’intégration, aux côtés de la projection, des concerts ou spectacles, Canal Olympia entend jouer « un rôle de liant entre les différents acteurs de la vie culturelle sur le continent ».  Aussi, il se veut un « incubateur de talents » dans le but de révéler les artistes locaux, les produire et leur permettre de rencontrer leur public pour leur rayonnement. 

Pour le directeur de Canal+ Sénégal, Sébastien Punturello, une cinquantaine de salles de cinéma et de spectacle seront construites à travers le continent d’ici un an et demi. Ainsi, grâce à la mise en place d’un tel réseau, a-t-il ajouté, les jeunes artistes peuvent, à travers une tournée, se produire. « L’ambition du Groupe est de pouvoir disposer, d’ici un an et demi, d’une cinquantaine de salles en Afrique, de lancer une œuvre comme « Félicité » ou un artiste qui va se produire sur la scène extérieure », a soutenu Sébastien Punturello. L’exploitation des productions africaines dans ces salles va créer certainement une émulation chez les réalisateurs et producteurs locaux. Il s’agit, en même temps également, a expliqué M. Punturello, de diffuser des œuvres du catalogue de Canal+ ainsi que des « blockbusters ». Au Sénégal, la décision des responsables du projet de diminuer  le prix des tickets d’entrée à la salle Canal Olympia Teranga (1000 FCfa l’enfant et 1500 FCfa pour l’adulte) vise à créer un « renouveau des sorties en salle ».

Grandes finales de foot
Par ailleurs, le directeur de Canal+ Sénégal est revenu sur les nouvelles offres de la chaîne cryptée. Laquelle a décidé,  à l’occasion du mois du Ramadan, de proposer une  programmation alléchante à ses abonnés. Cela, à travers des offres toujours accessibles au plus grand nombre. Canal+ prévoit des cadeaux à tous ses abonnés (Ouverture de droits de 15 jours à Evasion+ ou tout Canal+ pour tout réabonnement du 19 mai au 20 juin). Sur le plan de la programmation, il annonce le lancement de la Ligue des champions de la Caf Total et de la Coupe de la confédération de la Caf Total, le mois des grandes finales et des grands événements, le Canal Africa Club dédié à 100% aux coupes continentales…

Ibrahima BA

La chanteuse américaine Ariana Grande a annoncé vendredi sur son compte Twitter qu'elle se produirait à Manchester lors d'un concert de charité en hommage aux victimes de l'attentat de lundi, sans donner de date.

Un jeune kamikaze a déclenché lundi soir une bombe à la fin du concert d'Ariana Grande à la Manchester Arena, causant la mort de 22 personnes et faisant 75 blessés. Vendredi, elle a posté un long message de solidarité envers les victimes et leurs proches, se disant "désolée de la douleur et de la peur que vous devez ressentir et du traumatisme que vous devez vivre".

Les agents de la jeune chanteuse de 23 ans, aux 46 millions d'abonnés sur Twitter, avaient annoncé mercredi qu'elle interrompait sa tournée jusqu'à début juin. "Je ne veux pas continuer l'année sans pouvoir voir mes fans, les prendre dans mes bras et les soutenir tout comme ils continuent de le faire pour moi", a-t-elle écrit vendredi. "Je reviendrai dans la ville incroyablement courageuse de Manchester pour passer du temps avec mes fans et organiser un concert de charité, pour lever des fonds pour les victimes et leurs familles", a-t-elle ajouté. Très affectée par l'attentat, selon ses dires et des photos publiées dans plusieurs médias, Ariana Grande était rentrée mardi à Boca Raton (Floride), où elle réside. Quelques voix se sont élevées pour regretter que la chanteuse ait quitté si rapidement Manchester, notamment l'éditorialiste britannique Piers Morgan.

AFP

L’animatrice de l’émission « Priorité Santé » sur Radio France internationale (Rfi), Claire Hédon, était à Dakar, ces derniers jours, pour l’enregistrement d’une série d’émissions spéciales. L’occasion a été saisie pour aborder avec elle diverses questions. Elle jette un regard sur les systèmes de santé en Afrique, ses relations avec ses auditeurs, la coopération sanitaire avec la France, la portée de cette émission qu’elle présente depuis 14 ans…

Quelle est la raison de votre séjour à Dakar ?
Je suis à Dakar pour une série d’émissions spéciales en partenariat avec le Fonds français Muskoka qui a pour objectif de réduire la mortalité maternelle, néo-natale et infantile dans huit pays d’Afrique francophone. Nous avons fait une émission sur la mortalité néo-natale et le développement de l’enfant et une autre sur les jeunes et la sexualité et tout le tabou qui l’entoure quelquefois. La deuxième raison de ma venue est liée à l’organisation, ici, d’une conférence sur la coopération médicale entre la France et l’Afrique de l’ouest. J’ai également fait deux autres émissions ; Une sur l’impact de l’urbanisation sur la santé et une autre sur la coopération médicale entre l’Afrique de l’Ouest et la France.

Cette coopération sanitaire à laquelle vous faites allusion, est-elle dynamique ?
Je pense qu’elle est dynamique. Pendant un temps, cette coopération a baissé parce que la France a privilégié l’aide multilatérale à travers le Fonds mondial de lutte contre le Sida, le paludisme et la tuberculose. Ce fonds n’était pas destiné uniquement à un pays. On pouvait alors avoir l’impression que cette coopération est moins étroite. On sent quand même qu’il y a une partie de la coopération qui s’est maintenue et qui continue de se développer. C’est surtout dans le domaine de la recherche à travers les organismes comme l’Institut de recherche pour le développement (Ird), le Centre national de la recherche scientifique (Cnrs)… Il y a de vraies recherches menées en commun c’est-à-dire entre chercheurs du Nord et du Sud. Aujourd’hui, la France ne peut pas envisager de mener des recherches en Afrique sans les chercheurs africains. Et ces derniers ont aussi besoin de la France à la fois en termes de publications à l’international et d’accès aux budgets européens de recherche. On est dans un processus gagnant-gagnant. Durant le temps que j’ai animé cette émission, ces 14 dernières années, j’ai vu une coopération médicale très intéressante où les médecins se parlent d’égal à égal sur des programmes de recherche. Cela traduit cette bonne dynamique.

Vous animez « Priorité Santé » depuis 14 ans. Quels sont les motifs de griefs que les auditeurs et les médecins africains invoquent en ce qui concerne leur système de santé ?
J’entends beaucoup dire que les patients viennent trop tard en consultation. Cela me paraît beaucoup lié aux coûts des soins. Tout le monde a envie de se soigner mais on se dit que cela va coûter cher. La question de l’accès financier aux soins de santé me semble être un vrai problème. Quand les médecins se plaignent de patients qui viennent trop tard, cela prouve qu’il faut une réflexion sur le système. Au Sénégal, il y a la Couverture maladie universelle. C’est une bonne chose. Il faudrait peut-être élargir cette couverture aux adultes. Les médecins disent aussi que les patients ne suivent pas bien leur traitement. Cela n’est pas spécifique à l’Afrique, au Sénégal. Par contre, ce qui est frappant aujourd’hui, ici, c’est que vous êtes de plus en plus confrontés à des maladies dites des pays riches que sont le diabète, les maladies cardio-vasculaires… C’est devenu une grosse préoccupation. Je crois que la population en prend conscience. Les patients me disent également très souvent que les médecins et les sages-femmes ne sont pas toujours aimables avec eux. Il faut aborder ce type de questions pour que certains professionnels de la santé adoptent une autre attitude

Avez-vous des feed-back sur l’impact de l’émission ?
Les sondages font état de quatre à cinq millions d’écoutes tous les jours dans le monde. 90% de mes auditeurs sont en Afrique (Afrique de l’ouest et Afrique centrale principalement). Quand je viens ici, je sens que c’est bien écouté. J’ai des échos tout le temps. Je crois qu’on a une vraie utilité. Je viens d’intervenir dans un colloque pour expliquer comment une émission comme la mienne peut servir à la prévention. Ce n’est pas évident de répondre à cette question. Je ne sais pas si j’aide vraiment. Mais je sens que je corresponds à un besoin en adéquation avec celui des pays où je suis le plus écoutée. Cela est probablement lié d’abord au choix des médecins qu’on fait intervenir en studio ou en France. Ils ne sont pas déconnectés de la réalité de l’Afrique car ils sont dans le service public français où viennent se soigner beaucoup d’Africains. Ensuite, l’e-mail et puis Facebook ont modifié nos rapports avec les auditeurs. Il y a une instantanéité sur les sujets que l’on traite. Les commentaires font que je me sens proche des auditeurs. C’est aussi pour moi indispensable de voir l’évolution de la prise en charge, à quoi sont confrontés les patients afin de connaître les thématiques qui pourraient les intéresser.

Cela implique aussi que vous vous imprégniez des problématiques de santé en Afrique…
C’est pourquoi j’aime venir en Afrique. Les échanges téléphoniques avec des médecins en Afrique me permettent aussi d’être au diapason de ce qui s’y passe. Je leur dis souvent de m’indiquer s’il y a des sujets qu’ils jugent important de traiter. Ils me font des suggestions auxquelles j’accorde beaucoup d’importance. C’est grâce à tout cela que je me tiens connectée à la réalité de ce que vivent les personnes ici. C’est aussi à travers les échanges. Un jour, une jeune femme m’a appelée pour me dire que quand elle va à la pharmacie pour demander la pilule de contraception, on la regarde de travers.

Justement, en Afrique, les pesanteurs sociales font que beaucoup de sujets sont entourés de tabou. Comment vous-y prenez-vous ?
Rien n’est tabou à mon humble avis. Il faut savoir aborder certains sujets avec délicatesse. L’exemple est donné par les émissions de sexualité que l’on fait. Je n’ai pas l’impression qu’elles choquent. On répond à un besoin. Je trouve d’ailleurs très intéressante l’évolution des auditeurs qui m’appelaient pour me parler de « l’ami » qui a un problème et qui me disent maintenant « je ». Il faut parler de ces questions. S’il y a un sujet qui reste difficile à aborder, ici, c’est la question de l’homosexualité et quelquefois le Sida à cause de la discrimination qu’ils engendrent.

Humainement, avez-vous rencontré des cas qui vous ont singulièrement marquée ?
Très souvent oui. Des histoires de mamans ou de personnes malades qui n’ont pas accès aux soins. On a des messages d’auditeurs qui nous disent qu’ils connaissent le traitement à prendre mais qu’ils n’ont pas de quoi se le payer. La réalité du coût des soins et de l’accès est affligeante. Mais, je trouve qu’on progresse en Afrique. Le système de santé dans certains pays frise parfois l’indécence. Le Sénégal est quand même une exception. C’est un pays où ça avance un peu plus vite même s’il y a des efforts à faire dans certains domaines.

Comment êtes-vous devenue l’animatrice de l’émission « Priorité Santé » ?
J’ai été reporter dans d’autres émissions. D’abord à France Inter, ensuite à Rfi, parfois parallèlement, beaucoup sur des magazines de société, des émissions de tourisme… Et dans ce cadre-là, je suis souvent tombée sur des sujets de santé. C’est pourquoi, quand Colette Berthoud est partie à la retraite, ils ont pensé à moi pour reprendre l’émission avec le même nom et une programmation quotidienne. Le pari était de savoir si on allait tenir une émission par jour. Et est-ce qu’on n’allait pas tourner en rond. Je pense que le pari est réussi. On a l’embarras du choix sur les thèmes à aborder.

Propos recueillis par Omar DIOUF
et Alassane Aliou MBAYE

Le Centre d’études des sciences et techniques de l’information et de la Communication (Cesti) a organisé, mercredi, un panel autour de l’avenir de la presse en mettant en exergue les responsabilités des acteurs. Un débat au cours duquel les panélistes sont revenus sur la nécessité de voter le projet du Code de la presse pour assainir la profession.

Le Cesti a abrité, dans le cadre de ses traditionnels « Carrefours d’actualité », un débat sur l’avenir de la presse au Sénégal. Une presse, en majorité privée sur la paille, et qui recherche difficilement un modèle économique fiable à l’absence de publicité. Cette dernière, principale ressources des médias est, selon Amadou Kanouté, représentant de la Direction de la communication, loin de répondre aux attentes des médias.

« Cette enveloppe annuelle estimée à 15 milliards de FCfa, quelque trois organes de presse sur plus de 200 se partagent la moitié au moment où d’autres diversifient leurs produits pour s’en sortir », avoue M. Kanouté, qui estime toutefois que l’État n’est pas resté un observateur passif face aux difficultés de la presse. Selon lui, il a posé beaucoup d’actes en faveur de celle-ci allant de l’effacement de la dette fiscale dans le passé à la redevance publicitaire.

En effet, caractérise le secrétaire général du Syndicat des professionnels de l’information et de la communication (Synpics), Ibrahima Khaliloulah Ndiaye, la presse est entenaillée entre la précarité et le chômage avec le non-respect de la législation du travail au profit de Conventions-maisons qui peuvent être en faveur ou défaveur des professionnels.

Des manquements encouragés par un cadre juridique et réglementaire qui ne répond plus aux besoins de l’heure, exposant, en effet, la profession à toutes sortes dérives liées à son exercice, notamment les contrats de stage permanents, des arriérés de salaires ainsi que des contractions de personnels ou des licenciements.

L’aide qui divise
Entre autres problèmes susceptibles de compromettre l’avenir d’une presse qui, depuis 2000, a connu de grandes mutations techniques avec l’arrivée des nouveaux médias et la Tnt, la libéralisation sauvage des écoles privées de formation. Ainsi, le principal défi de la presse aujourd’hui, est de faire passer le nouveau projet du Code de la présence en réponse à la redéfinition du nouveau statut de journaliste qui, s’il n’est pas sorti d’une école reconnue, doit faire l’objet d’une validation des acquis d’expériences en passant devant un jury composé de professionnels, au mode de paiement des professionnels et à la mise en place d’un fonds de financement des entreprises de presse. Et là M. Kanouté rassure en informant que le présent code est en fin de processus.

Les patrons de presse asphyxiés par le faible prix de vente des journaux et la difficulté d’accéder aux parts de publicité, à l’instar de Mamadou Ibra Kane, président des éditeurs de presse, ont dénoncé, à cette occasion, une répartition anarchique de l’Aide à la presse. Selon le représentant de la Direction de la communication, si on respectait les critères de distribution, seuls six organes de presse en bénéficieraient.

Talla Dieng, président de l’Union des radios communautaires, a remis en question les cahiers de charges encadrant la grille de programmes des radios communautaires. Les jugeant inadaptés selon leur mission, il conçoit que ces dernières  ne peuvent pas se passer de la politique.   

Marame Coumba SECK

Sonatel, en inaugurant, mercredi, sa nouvelle agence « Smart Store Orange » sur l’avenue Cheikh Anta de Dakar, manifeste la volonté du groupe de faire de ses points de vente un lieu d’expériences, d’innovations, de proximité, de conseils et d’accompagnement de ses clients.  

Le groupe Sonatel a inauguré, mercredi, sa première « Smart Store » Orange à Dakar. A travers cette nouvelle boutique, logée au sein de l’agence située sur l’avenue Cheikh Anta Diop, le groupe de télécoms propose à ses clients la possibilité de s’approprier, dans de meilleures conditions, les solutions innovantes mises à leur disposition. D’après une présentation de l’agence « Smart Store » par le directeur des Ventes, Mamadou Ibrahima Traoré, suivie d’une visite guidée, différents espaces d’expérimentation y sont aménagés pour répondre aux attentes des clients.

Ainsi, l’univers « Maison », en forme de salon, invite à la détente et à la découverte des multiples solutions proposées par Orange, comme la Tv d’Orange, la Vidéo à la Demande, etc. L’univers « Fun », réservé aux jeux, à la musique et aux contenus vidéo, présente tous les équipements multimédias pour profiter des contenus et expérimenter la 4G d’Orange. L’univers « Travail » est, lui, dédié aux professionnels qui sont accueillis par un conseiller-expert qui leur présente des solutions sur mesure en fonction des secteurs d’activités et des besoins.  

Enfin, l’univers « Money » est l’espace du «Smart Store» qui offre aux clients l’avantage de découvrir tous les services et toutes les prestations qu’ils peuvent faire à distance, comme payer sa facture d’eau, d’électricité, de téléphone ou transférer de l’argent, du crédit téléphonique à un proche.  

Selon Thierry Mariani, directeur général adjoint de Sonatel, cette première agence « Smart Store » du Groupe Orange en Afrique de l’Ouest et du Centre,  « est pensée comme une invitation à l’expérience, un lieu d’initiation et de découverte où le client se sent comme chez lui, pour se projeter encore mieux dans ces nouveaux usages numériques ».  En présence de nombreuses personnalités, M. Mariani a souligné que l’ouverture de cette nouvelle entité « illustre les actions que nous mettons en œuvre pour donner vie à l’ambition de notre plan stratégique Horizon 2020 : faire vivre à chacun de nos clients une expérience incomparable dans nos points de vente ».

Le numérique pour tous
Représentant le ministre des Postes et Télécommunications à cette inauguration, El Hadj Sidy Niang a loué la promptitude du groupe Sonatel à trouver régulièrement des solutions adaptées aux besoins des usagers, partout au Sénégal et en Afrique de l’Ouest.  « Nous savons tous que le numérique apporte des changements profonds dans nos sociétés mais également dans nos entreprises et nos organisations. Ces mutations profondes prennent forme rapidement et peuvent impacter parfois en quelques années, voire quelques mois, des secteurs entiers de l’économie », a remarqué M. Niang. Il voit en Sonatel une performante organisation qui mérite bien le titre d’entreprise « leader et moteur de l’économie sénégalaise ».

Le ministère des Postes et Télécommunications, affirme El Hadj Sidy Niang, encouragera toutes les réflexions sur la diffusion des Tic à « tous les étages », la promotion du numérique, la transformation nécessaire des fonctions et des ressources de l’entreprise. Cela, à travers le Plan Sénégal Numérique 2025, avec 28 réformes, 69 projets et un budget de 1.361 milliards d’investissement dont 73% venant du secteur privé. Le Sénégal, souligne le représentant du ministre des Postes et Télécommunications, a « l’ambition, en 2025, d’arriver au numérique pour tous et pour tous les usages avec un secteur privé dynamique et innovant dans un écosystème performant ».

Omar DIOUF

Agit’Art est présenté comme un laboratoire, une matrice, « un réseau artistique fraternel et affranchi, un lieu d’agitation et de gestation mythique » qui attire depuis plusieurs décennies des artistes, des amis, des intellectuels et des penseurs du monde entier. Incarné au 17 rue Jules Ferry à Dakar, il est animé par l’artiste Issa Samb dit Joe Ouakam depuis 1974. Pour les organisateurs de l’exposition, « de nombreuses personnes le fréquentent et y passent, s’y installent, y écrivent, illuminées par des paroles et des sensations acquises par une très grande concentration ». La seule préoccupation repose sur l’Homme. Ainsi, le maître-mot de cercle, c’est de se départir de toute convention. D’où le développement de nouvelles formes d’expressions performatives, théâtrales et littéraires, toujours en lien avec des préoccupations politiques, sociales et citoyennes.

E. M. FAYE

La galerie Le Manège de l’Institut français de Dakar (2, rue Parchappe) accueille jusqu’au 4 septembre, l’exposition « Alem L’A-Venir » consacrée à l’artiste multidimensionnel Issa Samb dit Joe Ouakam, décédé récemment.

Un tourbillon d’inspiration et de créativité habite la galerie Le Manège de l’Institut français de Dakar au 2, rue Parchappe. Jusqu’au 4 septembre, l’exposition « Alem L’A-Venir » célèbre la mémoire d’une icône multidimensionnelle, Issa Samb dit Joe Ouakam, décédé récemment.  Selon les explications du co-commissaire de l’exposition, Delphine Calmettes, le titre de l’exposition a été proposé par Joe Ouakam il y a quelques mois lorsque le projet était en préparation. Le défunt artiste a défini le mot Alem en bambara comme les mondes visible et invisible. En arabe, il est interprété comme le savant, celui qui guide. L’intitulé est formulé en deux temps : Alem puis L’A-Venir. Intrinsèquement dans le titre, il y a cette notion de regarder au-delà, dépasser un lieu, une histoire, une époque, la vie, la mort. Cela a été validé et travaillé avant son décès par Joe Ouakam avec les membres du laboratoire Agit’Art.
Delphine Calmette le définit comme un jardin avec différents cycles, différentes époques avec des choses qui poussent d’autres qui meurent. « Nous avons travaillé avec les gens qui étaient présents lors du dernier programme Part’cours (l’art dans la cité) au mois de décembre 2016 », a expliqué la responsable de la section Arts visuels de l’Institut français. Ce sont entre autres : les artistes Alioune Diagne, Ican Ramagelli, Cheikha le styliste de « Sigguil », Babacar Traoré, Douts, le graffeur Docta, l’artiste plasticien Pascal Nampémania  Traoré.

L’idée, selon Delphine Calmettes, était d’avoir un dispositif de base qui permette une trame le premier jour de l’action, notamment lors du vernissage de l’exposition. En entrant dans la cour du Manège, un grand tissu tendu sur lequel est projeté une voûte céleste où l’on voyait apparaître le visage d’Issa Samb en train de dire en pulaar « Est- ce que tu me vois, est-ce que tu m’entends ? » Progressivement, l’image se désintègre en d’autres étoiles, des oiseaux, des poissons qui sont projetés sur la porte principale de la salle d’exposition. Cela incite les visiteurs à venir. Et pendant tout ce temps, le moment d’ouverture des grilles et celui de la galerie, Issa Cissokho, le saxophoniste de l’Orchestra Baobab, qui était très lié à Joe Ouakam, a performé, guidé les visiteurs venus en grand nombre.

Artiste multifacettes
Sur un pan de mur, le public laisse libre cours à son imagination en saluant l’artiste Joe Ouakam. Très vite, une fournée de témoignages écrits donne à voir une fresque : « Tout vient à point pour celui qui sait se détendre », « Le sens de la vie ?  Pourquoi faire ? », « Papa Joe fume au paradis » avec la légendaire pipe en évidence. « Tout est très codé, très symbolique dans l’exposition », a analysé D. Calmettes.

En entrant dans la galerie, ce sont des fils rouges tendus, un portrait de J. Ouakam réalisé sur du bois par Pascal N. Traoré avec des tampons, des mots Agit’Art qui forment la création. Pour les besoins de l’exposition, la salle a été modifiée. Un grand mur de baraque sert de fond de scène. En montant au premier niveau, les invités ont toute la vue, la perspective pour mieux comprendre toutes les connexions entre les œuvres.

Poète-écrivain
Au centre de cette grande paroi, une carte se dessine comme le centre du monde. C’est à partir de ce point que l’exposition se déploie avec cette de tête de Chirac, qui était dans l’installation de la cour en décembre dernier. « Nous avons reconduit certaines œuvres pour créer le lien, relier le cordon ombilical avec la cour au 17, rue Jules Ferry », a souligné la co-commissaire de l’exposition. Sur la droite, quatre grands dessins représentant l’oiseau, le poisson, l’homme, l’arbre avec ces 12 œuvres accrochées. Le chiffre 12 est partout présent aux côtés de colonnes de journaux du « Soleil » faisant office d’une bibliothèque qui s’éteint et vit.

Homme multidimensionnel, Joe Ouakam était également poète-écrivain. Au fond de la salle d’exposition, se dresse un texte intitulé Xaaliss taxul, écrit le 30 décembre 2009. Il y évoque tout le rituel qui accompagne la Tabaski (la fête du sacrifice chez les musulmans). En face du texte, se dresse majestueusement une sculpture très réaliste de l’artiste Claire Lamarque sur Joe Ouakam. Celui-ci est présent, habillé et lisant le manifeste « Internationale situationniste ».

A gauche de la salle, une lettre laissée par Djibril Diop Mambéty à Joe Ouakam qu’il avait toujours à ses côtés. Peintures sur bois enrobés de rouge font écho aux boules et dessins rouges.
Après cette trame de départ, l’exposition « Alem L’A-Venir » est à voir jusqu’au 4 septembre, à la galerie Le Manège 2, rue Parchappe. Au regard de Delphine Clamettes, l’idée est de réactiver des actions régulièrement tous les 15 jours en ayant une lecture, une performance, un concert, un manifeste pour faire vivre l’espace et les gens.

E. Massiga FAYE

Seriñ Ndiaye, artiste-peintre : « Joe Ouakam n’a fait que servir »
« Joe Ouakam, c’est un homme infini. Parler de lui, c’est évoquer un artiste multidimensionnel qui a traversé son temps. Issa, en tout temps, a créé. Dans les aspects de sa vie, ce sont des manifestations artistique, esthétique, culturelle. Je l’ai connu depuis très longtemps. Nous avons eu un compagnonnage fécond en travaillant sur beaucoup de projets. J’étais un pensionnaire de la cour de Joe Ouakam. C’était un homme bien au-delà de l’artiste. Il s’est occupé des malades, démunis, artistes.  Il s’est occupé de l’Homme. Il est resté fidèle à la philosophie du laboratoire Agit’Art : servir. Il n’a fait que servir. C’était un homme sincère. Ce qui faisait la particularité de son travail artistique et qu’il pouvait revendiquer seul au Sénégal, il ne s’est jamais préoccupé de vendre. Il n’a jamais réalisé pour des finalités pécuniaires. Il travaillait juste sur des matériaux qui lui tombaient sur la main quand il le voulait et où il le voulait. Il était maître de ce qu’il voulait faire, de son temps. Sa seule finalité, c’était de créer ».
 
Guibril Andre Diop, artiste-sculpteur : « C’était un homme entier »
« Nous nous sommes rencontrés dans les années 1981. Nous avons fait un bout de chemin. Ensemble, nous avons exécuté des travaux, tel que la grande peinture à la Cbao, une grande sculpture au premier Village des arts.  Joe était un homme entier. Il incarnait réellement l’art, de l’habillement jusqu’à la production. Je suis le premier à photographier l’ensemble de ses travaux. Il incarnait l’icône de l’art. Dans sa démarche artistique, il se projetait sur la toile et il le faisait. En regardant son travail, on savait que c’était Issa Samb.
 
Baba Diop, critique : « Au cinéma, il était hors norme »
 « Avec Agit’Art, Joe était dans un cercle de recherche non formel. Il a travaillé sur le thème de la mort et du pourrissement. Il récupérait des objets presque morts, il laissait des livres sous l’intempérie. C’étaient  des expositions qui suscitaient la réflexion. L’intérêt du travail de Joe, c’est sa réflexion sur les rapports à la mort, au pourrissement, au travail du temps sur les objets qui est le plus important. Au cinéma, il attirait plus la curiosité, il était hors norme. Forcément, beaucoup de documentaristes étaient venus voir sa cour. Le réalisateur tunisien, Taïeb Louhichi, est le premier à faire un film sur lui dans « Gorée, l’île du grand-père ». Joe Ouakam avait plusieurs facettes : « le dérangeant », « le sage », « l’artiste ». Je soupçonne que tout son travail était pour dompter son angoisse face à la mort ».
 
Alioune Diouf, artiste, ami : « Partager son humanisme »
« J’ai eu un compagnonnage naturel avec Joe Ouakam. Dans le cadre de cette exposition, nous nous sommes inspirés de sa vision avec cette teinte ocre avec des écritures qui composent cette fresque murale à l’entrée de la salle. Joe est parmi nous, il reste avec nous. Il a dit et fait des choses que le monde doit comprendre. Il a fait sa révolution sans contrainte, dans la paix, le respect de l’Homme. Il nous a fait savoir que le projet de l’humanité c’est l’Homme. Il nous a ouvert la porte. Il ne reste qu’à suivre sa voie et à partager son humanité et son humanisme. Joe avait foi au travail. Il était maître de son temps et il disait « Le temps me court derrière ». D’une rare humilité, il a travaillé de manière désintéressée.
 
Ican Ramageli, artiste, membre d’Agit’art : « Il incarnait ce puits de générosité »
« Joe était une figure emblématique de l’art. Il incarnait ce puits rempli d’amour, de générosité, de sagesse. Il restera toujours une source d’inspiration dans un monde trouble. Etant membre du laboratoire Agit’Art, le seul projet qui vaille, c’est celui de l’homme en participant au développement économique, social de notre pays.

Propos recueillis par E. M. F.

L’acteur britannique Roger Moore, qui a interprété James Bond à sept reprises au cinéma, est mort en Suisse à l’âge de 89 ans des suites d’un cancer, a annoncé sa famille dans un communiqué mardi.

« C’est le cœur lourd que nous devons annoncer le décès de notre père aimant Sir Roger Moore aujourd’hui en Suisse après un court mais courageux combat contre le cancer », ont écrit les enfants de l’acteur. « L’amour qui l’a entouré pour ses derniers jours a été si grand qu’il est impossible de le quantifier par des mots », ont écrit sa fille Deborah et ses fils Geoffrey et Christian dans un communiqué.
Roger Moore a longtemps vécu à Gstaad (canton de Berne), où vivent de nombreuses célébrités fortunées, avant de déménager dans le canton du Valais, à Crans Montana, une autre station de sports d’hiver réputée pour sa jet-set.

Archétype du gentleman anglais, Roger Moore a été immortalisé par la série télévisée « Le Saint » et surtout par James Bond. Il a incarné 007 dans sept films, de « Live and Let Die » (« Vivre et laisser mourir ») en 1973 jusqu’à « A view to a kill » (« Dangereusement vôtre ») en 1985. Il avait pourtant été jugé « trop beau » et donc rejeté pour le premier 007, « Dr No » (1962). Il lui aura fallu attendre que Sean Connery soit fatigué du rôle pour prendre le relais. Son personnage de « Perfect Gentleman », il l’avait auparavant rodé dans la série télévisée « Le Saint » (The Saint) de 1962 à 1969. Le rôle de Simon Templar lui a offert le succès mondial, confirmé par une autre série, « Amicalement vôtre » (The Persuaders!, 1971-1972).

Playboy à l’écran, Roger Moore cumulait également les conquêtes dans la vie. Il s’est marié quatre fois. L’Italienne Luisa Mattioli, sa troisième femme, lui a laissé trois enfants.
Né le 14 octobre 1927 dans le sud de Londres d’un père policier et d’une mère au foyer, il estimait que son plus grand rôle, il l’avait tenu pour le compte de l’Unicef, le Fonds pour l’enfance des Nations Unies.
Nommé ambassadeur itinérant de l’Unicef en 1991, il avait depuis parcouru le monde.               

(AFP)

Le chanteur, auteur-compositeur et producteur Alioune Badara Thiam dit Akon sera honoré, en compagnie d’autres personnalités, lors du gala de la Fondation Andrew J. Young qui se tiendra le 3 juin prochain à Atlanta, aux Etats-Unis. Le prix récompense le projet « Akon Lighting Africa » en faveur de l’électrification en Afrique.

A l’instar de l’ancien vice-président américain Joe Biden, de Van Jones, de Ron Clark et des organisateurs de la Marche des femmes de Washington, le rappeur américain d’origine sénégalaise Alioune Badara Thiam, plus connu sous le nom de Akon, fait partie des lauréats 2017 du Prix du leadership International Andrew J. Young. D’après un communiqué, les récompenses seront remises lors d’un gala de la Fondation Andrew J. Young qui se tiendra le 3 juin prochain au Philips Arena à Atlanta, aux Etats-Unis.

Cette fête, au cours de laquelle Usher, Jill Scott, Wyclef Jean, Estelle, Anthony Brown se produiront, marque le 85e anniversaire de la Fondation et de son président l’ambassadeur Andrew J. Young. La fondation récompense des personnes exceptionnelles dont l’activisme, l’engagement philanthropique et le leadership ont eu un impact concret à l’échelle mondiale. « Changer le monde se fait pas à pas. C’est le travail des générations avec des progrès rendus possibles grâce à ceux qui transmettent les leçons tirées de leurs succès comme de leurs échecs. Il est fondamental que tous aient conscience qu’un changement positif est effectivement possible », a déclaré l’ambassadeur Andrew J. Young.

Le chanteur d’origine sénégalaise a été choisi pour le projet « Akon Lighting Africa » qui utilise des systèmes d’énergie solaire à petite échelle et des feux de rue pour apporter des changements transformationnels aux communautés d’Afrique dont le développement a été bloqué par le manque d’électricité. « Ces lauréats font tous preuve d’un engagement personnel au service de l’être humain, du progrès et de l’intérêt général », soulgine Andrew Young, ancien maire d’Atlanta et premier ambassadeur afro-américain aux Nations Unies.

Les bénéfices tirées de la soirée de gala seront reversées aux programmes actuels de la Fondation pour préserver les droits civils et humains ; en plus d’aider à soutenir les initiatives futures.

La Fondation Andrew J. Young développe des programmes et des partenariats stratégiques qui répondent aux besoins fondamentaux de la Communauté internationale.

Mouhamadou Lamine Diop
(stagiaire)

Le ministre de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye, a présidé, hier, la rencontre internationale des délégués de l’Union des écrivains d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine. Il a invité les écrivains à continuer de défendre les idéaux de paix et de justice dans le monde.

Le monde est en proie à des tourments qui interpellent toutes les communautés, toutes les sensibilités pour scruter ensemble des horizons s’éclaircissant sous l’effet de la lumière de l’esprit. La mission des écrivains, dans ce contexte, est de poser un regard sur la société, sur le devenir collectif pour servir de boussole qui, loin de l’affolement, aiguille les âmes égarées. Car, ils « sont les vigiles, les avertisseurs vigilants des craquements invisibles de l’édifice social », a estimé Mbagnick Ndiaye. Il les a exhortés à identifier nos modèles et à les proposer en exemples à imiter et à faire que les emprunts en valeurs humaines soient authentiques et autoréférentiels. Il est de leur devoir, à ses yeux, d’être au chevet des hommes.

La terreur ambiante et la violence physique et morale exercée sur les hommes, les femmes et les enfants confèrent au thème de cette rencontre internationale toute une symbolique et placent les écrivains au cœur du combat pour la paix et pour la réconciliation de l’humanité avec elle-même. Mieux, « le terrorisme a besoin d’être décrypté par les écrivains pour que le faux mythe qu’il est devenu soit déconstruit totalement et pulvérisé dans les mentalités de ceux-là qui, par insuffisance de culture ou simple folie, portent ce mal », a ajouté le ministre, certain que c’est la voie indiquée pour tendre vers l’harmonie des hommes réconciliés avec eux-mêmes dans un monde où il fait bon vivre. Il a salué, pour mettre en cohérence le thème et le message vulgarisé dans son pays, la dynamique de l’ Association des écrivains du Sénégal qui a récemment organisé une réunion traitant du rôle des écrivains dans la paix et la sécurité en Afrique et dans le monde. Les propositions qui en sont issues peuvent, selon lui, durablement aider les autorités étatiques à prévenir certains risques et fléaux aux conséquences plus que périlleuses. Le fonds d’aide à l’édition sensiblement augmenté témoigne de la prise de conscience par les pouvoirs publics du rôle important des écrivains dans la promotion de la paix, de la démocratie, de la justice ; ce sont là des acquis consignés dans la constitution sénégalaise où il est également mentionné que la culture est le ciment de la Nation sénégalaise.

Après avoir délivré le message du premier protecteur des Arts et des Lettres dont « les rapports avec la communauté artistique et littéraire sont un gage de démocratie, de liberté et de paix », Mbagnick Ndiaye a rendu un vibrant hommage aux pionniers et figures marquantes de la littérature sénégalaise. D’Amadou Mapathé Diagne, premier écrivain d’Afrique noire de langue française, le poète Léopold Sédar Senghor à Mbougar Sarr pour y inclure la jeune génération, il a exalté la constance des écrivains qui, par le sens de l’engagement et de la responsabilité prolongent les idéaux qui ont présidé à la création de l’Union des écrivains d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine.

Alassane Aliou MBAYE

La  première rencontre internationale des délégués de l’Union des écrivains d’Afrique, d’Asie et d’Amérique Latine ouverte hier, à Dakar, a pour objectif de permettre à toutes ces associations d’écrivains membres de discuter autour du thème « La littérature, langage de paix dans un monde en turbulence » pour construire la paix, la liberté et l’égalité à travers leurs écrits.

La rencontre internationale d’écrivains d’Afrique, d’Asie et d’Amérique Latine à Dakar cherche à faire réfléchir au comportement d’un nouveau monde qui, souvent, récidive maladroitement dans le tourbillon des dissensions. A en croire Abdoulaye Fodé Ndione, président de l’Union des écrivains d’Afrique, d’Asie et d’Amérique (Aaalwu), l’impunité est devenue banale, acceptée dans un monde qui tourne sans préavis. Elle sévit partout et ouvre des foyers de discorde presque dans chaque continent. Aussi, souligne-t-il que les libertés reculent dans l’intolérance  et l’homme s’enfonce dans une méfiance injustifiée. D’où le choix de ce thème, « La littérature, langage de paix dans un monde en turbulence » qui interpelle, au-delà du génie de l’écrivain, chaque personne éprise d’un idéal de paix et de justice.

« Notre union est l’une des  plus vieilles associations d’écrivains au monde qui s’insurge contre toutes dérives oppressives qui confisquent les libertés. Pendant deux jours, les délégués venus de pays lointains vont échanger dans une diversité intellectuelle pour construire la paix, la liberté et l’égalité et essayer aussi  d’apaiser les turbulences transversales qui sillonnent les continents », informe Abdoulaye Fodé Ndione. Non sans préciser qu’ils s’emploieront à défendre les acquis de liberté par leurs réflexions transcrites à travers leurs écrits qui servent  de discours, d’actions de revendications mais surtout d’actions de projections et d’éveil des esprits et de partage.

Le président du Pen Sénégal, Moumar Guèye, indique que cette association internationale d’écrivains est ouverte aux poètes, romanciers, essayistes, nouvellistes, historiens, auteurs dramatiques, critiques littéraires, traducteurs,  journalistes et aux scénaristes, et ont tous comme dénominateur commun leur engagement dans la liberté de s’exprimer par le mot écrit. Selon M. Guèye, le Pen qui a donné naissance à Amnesty International, a pour mission fondamentale la défense de la liberté d’expression à travers le monde. Il lutte également contre l’intimidation, l’agression, l’emprisonnement, l’exil ou l’assassinat des écrivains, journalistes et autres créateurs littéraires.

Ethique et déontologie

Toutefois, reconnaît Moumar Guèye, le Sénégal ne compte aucun écrivain  harcelé, embastillé ou exilé pour cause d’insécurité. « La liberté d’expression est une réalité incontestable dans notre pays. C’est pour toutes ces raisons que le Centre Pen Sénégal renouvelle ses compliments et ses remerciements au président   Macky Sall et à son gouvernement, pour le respect et la parfaite considération qu’il a toujours manifestés aux écrivains de notre pays », dit-il.

Le président du Pen Sénégal a également  rappelé à ses consœurs et confrères que la plume d’un écrivain ou d’un journaliste constitue parfois une arme redoutable et dangereuse. « Elle peut mettre en péril la paix et la cohésion sociale dans un pays. C’est la raison pour laquelle écrivains et journalistes doivent faire usage de leur plume à bon escient et avec sagesse. Ils   doivent respecter l’éthique et la déontologie régissant leur profession. La plume de l’écrivain ou du journaliste ne doit être ni irresponsable, ni génératrice de propos discourtois ou diffamatoires », fait-il savoir. Et Moumar Guèye de poursuivre, « certes, l’un et l’autre doivent jouir de la liberté d’expression, mais ils doivent éviter les excès et les dérives, de nature à mettre en péril l’unité nationale, la cohésion sociale, la sécurité de notre peuple et la paix dans notre pays ».

Maguette Guèye DIEDHIOU
 
Alioune Badara Bèye magnifie la politique de proximité avec les créateurs
La réception, par le Sénégal, de cette rencontre internationale témoigne de l’ouverture démocratique du Sénégal, de l’envergure internationale de ses écrivains, mais surtout du dynamisme et du rayonnement international de l’Association des écrivains du Sénégal, présente dans tous les carrefours littéraires internationaux et dans tous les combats pour la promotion des écrivains. C’est la conviction d’Alioune Badara Bèye qui en est le président. « De l’indépendance à nos jours, aucun écrivain n’a été exilé, emprisonné ou exécuté à cause de sa production littéraire », s’est-il félicité tout en insistant sur l’appui constant du président de la République aux activités de l’Aes et sur son esprit d’ouverture qui favorise l’éclosion des talents littéraires du Sénégal et la confirmation de la liberté d’expression et de la création. Il a également exprimé sa gratitude au ministre de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye pour sa « politique de proximité avec les créateurs ».
 
Abordant le thème de cette rencontre, il a mis l’accent sur la nécessité d’éradiquer toutes les forces obscures s’opposant au progrès de l’humanité et rendu hommage aux « fils de ce continent martyr, à qui on a confisqué la mémoire, séquestré la culture, aliéné l’âme et occulté la civilisation ».
 
Lamine Kamara, président de l’Association des écrivains de Guinée « La littérature crée un espace de débat »
« La littérature peut jouer un rôle de décryptage, d’information et être en même temps un espace de débat pour que les différents points de vue puissent être confrontés. Nous devons inviter le grand public à plus de tolérance, de compréhension pour éviter certaines dérives ». 
 
Samafou Diguilou, président de l’association pour la défense des droits et libertés democratiques au tchad : « Notre plume pour dénoncer des injustices »
« Les écrivains africains ont beaucoup à dire. Au Tchad, nous vivons une situation très dramatique avec Boko Haram. L’écrivain ne saurait être indifférent à ce qui se passe dans son milieu. Il doit prendre sa plume pour dénoncer certaines injustices. Nous ne disposons pas d’engins explosifs mais nous avons notre plume. Et elle a une portée ».

Recueillis par A. A. MBAYE

 

Le 70e Festival de Cannes a fêté lundi soir le jubilé du cinéaste André Téchiné, « géant du cinéma français », selon Thierry Frémaux, par un hommage avant la projection en avant-première et en séance spéciale de son dernier film « Nos Années folles ».

« Vous êtes un géant du cinéma français. Par vos films, vous faites partie de nos vies, de l’histoire du Festival et celle du cinéma français », a dit le délégué général et sélectionneur Thierry Frémaux.

Catherine Deneuve, Isabelle Huppert, Emmanuelle Béart, Juliette Binoche, Sandrine Kiberlain et Elodie Bouchez, les principales muses et actrices de André Téchiné, 74 ans, étaient présentes ainsi que de nombreuses personnalités du 7e art dont Lambert Wilson qui a tourné sous sa direction, mais aussi Claude Lelouch et Nicole Garcia. « La lumière d’un film vient plus profondément des actrices que des prouesses des opérateurs (...) Je veux rendre particulièrement hommage à une actrice qui m’a accompagnée sur sept films et lui dire à quel point mon travail est redevable de son talent d’une manière essentielle et vital. Merci Catherine Deneuve! », a dit André Téchiné, salué par une ovation debout. « Je n’aime pas regarder en arrière. Je préfère envisager cet hommage comme un signe d’encouragement à un cinéaste qui a encore quelques films devant lui », a ajouté le cinéaste. Habitué aux sujets liés à l’évolution des mœurs, André Téchiné a présenté son premier film à Cannes en 1969, « Pauline s’en va ». Il a reçu le prix de la mise en scène en 1985 pour « Rendez-vous », avant d’être membre du jury quatre ans plus tard.

En 1995, il remporte les Césars du meilleur film, du meilleur réalisateur et du meilleur scénario pour « Les Roseaux sauvages », récompensé aussi par le Prix Louis-Delluc. Cinéaste prolifique « à l’œuvre singulière qui surprend chaque fois », selon Thierry Frémaux, André Téchiné a réalisé jusqu’ici une trentaine de longs métrages dont « Les Sœurs Brontë », « Hôtel des Amériques », « J’embrasse pas », « Ma Saison préférée », « L’Homme qu’on aimait trop », « Quand on a 17 ans »... Il a présenté à Cannes lundi soir son dernier opus, « Nos années folles » avec Pierre Deladonchamps, Céline Sallette, Michel Fau et Grégoire Leprince-Ringuet, l’histoire vraie d’un déserteur de la première guerre mondiale qui s’est travesti en femme pour se cacher dans le Paris des Années folles, film en salles le 13 septembre.

AFP

Entre documentaire sur un monde en ébullition et portrait personnel, Al Gore est revenu en héros du climat à Cannes dans un nouveau film montré lundi hors compétition, dix ans après un premier opus phénomène.

En 2006, « Une vérité qui dérange » et son personnage principal avaient fortement contribué à éveiller les consciences sur la rapidité du réchauffement de la planète (3e documentaire le plus vu au cinéma aux Etats-Unis, deux Oscars). « Maintenant, nous avons les solutions, et ce qu’il nous reste à faire c’est rassembler la volonté politique nécessaire pour mettre en oeuvre ces solutions suffisamment rapidement », a déclaré l’ancien vice-président américain, lors d’une conférence de presse à Cannes.

En 2017, les impacts climatiques sont plus nets, mais les moyens d’agir plus importants: « Une suite qui dérange: le temps de l’action » mesure le chemin parcouru, et veut positiver. Ce voyage aux quatre coins du globe dessine aussi le portrait d‘un animal politique, blessé par l’élection présidentielle de 2000 manquée de peu, et devenu une figure morale vouée au climat et couronnée d’un Nobel de la paix. « Je suis un politicien en voie de guérison! », se décrit-il dans le film. A 69 ans, la haute silhouette s’est alourdie, mais le personnage crève toujours l’écran, drôle, entêté ou philosophe quand l’élection de Donald Trump à la Maison Blanche annonce un nouveau revers pour le climat. «Nous savons maintenant, après quatre mois d’administration, que personne, même pas un président, ne peut arrêter le mouvement pour le climat», a déclaré Al Gore à Cannes, estimant qu’il y avait beaucoup plus de chances désormais que les Etats-Unis restent dans l’accord de Paris sur le climat.

Cannes, qui avait déjà accueilli Al Gore en 2006, a aussi mis à l’honneur le sujet du climat en 2015: la 68ème édition s’était refermée sur «la Glace et le ciel», portrait du scientifique Claude Lorius réalisé par Luc Jacquet.

AFP

Le secrétaire général du ministère de la Culture et de la Communication, Birane Niang, a présidé, vendredi, l’inauguration officielle du nouvel Espace culturel Aliana situé à la Place Omvs. Le but, favoriser la création, la diffusion, la promotion de l’art.

L’environnement culturel sénégalais s’est enrichi d’un nouveau cadre : l’Espace culturel Aliana, ouvert à Dakar. La cérémonie officielle d’inauguration a eu lieu, vendredi, sous la présidence du secrétaire général du ministère de la Culture et de la Communication, Birane Niang. L’artiste plasticien, Kalidou Kassé, et la directrice de Sense Groupe, Anta Sow Camara, ont uni leurs efforts pour mettre en place cette infrastructure. Leurs ambitions : « Adopter une démarche inclusive, promouvoir les jeunes artistes et développer une large chaine culturelle en matière d’offres et d’opportunités ». Prenant la parole au nom du ministre de la Culture, le secrétaire général, Birane Niang, s’est réjoui de ce nouvel espace qui se veut polyvalent, ouvert à toutes les expressions artistiques. Il a félicité les promoteurs, relevant que « Kalidou Kassé nous a habitués à prendre des initiatives en faveur de la jeunesse ». B. Niang a émis le souhait de voir se développer un partenariat public-privé.

Pour la gérante Anta Sow Camara, Aliana est un cadre d’épanouissement, de création, d’échanges, d’apprentissage. Sur la même ligne, le directeur artistique, Kalidou Kassé, a soutenu que ce nouvel espace est une structure de réflexion, de promotion de l’art et ses dérivés : peinture, littérature, musique, cinéma, théâtre, batik, calligraphie islamique, entre autres. Au regard de M. Kassé, il s’agit de rallumer le flambeau de l’art avec une pensée pieuse à l’endroit des défunts artistes décédés récemment : Joe Ouakam, Sambalaye Diop. L’inauguration de l’espace Aliana a été ponctuée par le vernissage d’une exposition collective, à voir jusqu’au 10 juin, regroupant les œuvres d’une dizaine d’artistes de trois générations différentes. A l’entrée de la salle d’exposition, le doyen Amadou Seck s’est mis dans la posture du sage au travers le tableau « Le dignitaire » (acrylique sur toile). De son côté, Amadou Makhtar Mbaye dit « Tita » se délecte avec « Les noces de la princesse Fulbé », une œuvre réalisée avec de la pâte végétale, des pigments naturels et peintures sur toile.

Sur un autre registre, le photographe Ousmane Ndiaye Dago célèbre la « Femme terre » au détour d’un tirage photo. Pendant ce temps, l’artiste-peintre, Mor Faye alias Murf surfe entre la « Diversité culturelle » et le « Processus d’intégration ». Il se dit convaincu que la culture est un déclic pour faciliter la libre circulation des personnes et des biens.

Pour sa part, Daouda Ndiaye a fait un clin d’œil à son mentor Joe Ouakam qui fut le premier à l’exposer le 12 décembre 1997. En hommage à l’illustre disparu, D. Ndiaye a réalisé le tableau « Joe Ouakam » avec de l’acrylique sur toile. Ironie du sort, c’était au moment où il peignait cette œuvre qu’il a appris le décès de son inspirateur.
Sur une note plus gaie, Seyni Gadiaga entonne l’« Hymne de l’espoir » dans une série de tableaux.
L’exposition est à voir jusqu’au 10 juin à l’Espace Aliana, situé à la Place de l’Omvs.

E. M. FAYE

Dans son premier Avis trimestriel de l’année 2017, le Collège des conseillers du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra) appelle les radios et télévisions au respect des règles de l’éthique et de la déontologie, à la protection du jeune public, au pluralisme, à la diversité...

Le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra) a constaté au cours du premier trimestre de l’année 2017 des dysfonctionnements et manquements relatifs à la place de l’éthique et de la déontologie, de la protection du jeune public, du pluralisme et de la diversité et, enfin, de la publicité, dans les programmes des radios et télévisions. « Concernant l’éthique et la déontologie, plusieurs manquements ont été relevés, au cours de ce 1er trimestre de l’année 2017. Il s’agit notamment du non-respect de la vie privée, de l’honneur et de l’intégrité de la personne humaine… l’évocation de thèmes graves, difficiles et sensibles comme le viol et l’infanticide, sans précautions ni compassion, d’incitation à des pratiques ou comportements délinquants ou inciviques, de non-respect de la présomption d’innocence », lit-on dans l’Avis trimestriel du Cnra parvenu à notre rédaction.

Les manquements notés ont également trait à l’enfance et à l’adolescence, au pluralisme et à la diversité. Concernant les manquements constatés par rapport à la protection du jeune public, l’avis révèle la programmation à des heures indues de contenus à caractère violent et/ou inapproprié sans signalétique et l’évocation de la drogue, du suicide, de l’inceste, de la violence conjugale, de la violence envers les enfants, les infanticides, les meurtres et actes sexuels.

Fausse publicité
Pour ce qui concerne le pluralisme et la diversité, il a été constaté, au cours du premier trimestre du Cnra, un non-respect de l’équilibre dans le traitement de l’information. Aussi, note l’Avis trimestriel, d’un non-respect du pluralisme de l’expression des courants de pensée et d’opinion, de l’accès pluraliste des formations politiques, des syndicats et des organisations de la société civile à l’antenne.

Des dysfonctionnement et manquements ont été aussi  relevés concernant la publicité. D’après l’avis, ces manquements sont relatifs à une non-conformité aux exigences de vérité, de décence, de respect de la personne humaine et de sauvegarde de la santé des populations. Il s’agit, par exemple, de la persistance de la publicité mensongère qui, au profit de soi-disant guérisseurs, de professionnels de la voyance, viole la loi n° 83-20 du 28 janvier 1983 relative à la publicité. Et de  la persistance de la publicité incitant à l’usage de produits destinés à la dépigmentation (Produits éclaircissants).

Face à de tels manquements, qui constituent une violation des dispositions des textes législatifs, réglementaires et des cahiers des charges en vigueur au Sénégal dans le domaine de l’audiovisuel, le Conseil national de régulation de l’audiovisuel a fait des recommandations.

Ainsi, le Cnra demande aux radios et télévisions d’observer strictement les règles d’éthique et de  déontologie dans le traitement de l’information. Concernant les revues de presse, le Cnra insiste sur le respect strict des institutions de la République. Aussi, suggère-t-il de veiller à respecter une présentation honnête, impartiale et objective des questions et sujets traités et assurer l’expression des différents points de vue et d’arrêter surtout la diffusion de scènes de violence aux heures de grande écoute.

Le Cnra demande également à veiller à l’équilibre dans le traitement de l’information, dans le strict respect du pluralisme et de la diversité et à veiller au respect des dispositions des lois, règlements et cahiers des charges interdisant la publicité servant les intérêts de soi-disant  guérisseurs et, plus globalement, à la conformité des messages publicitaires aux exigences de vérité, de décence, de protection des consommateurs et des couches vulnérables, de même qu’au souci de la santé des populations en ce qui concerne la publicité des produits destinés à la dépigmentation (éclaircissants).

Maguette Guèye DIEDHIOU

La cérémonie de présentation dédicace du livre d’Abdoukhadre dit Papis Diallo, « Celle que j’attendais » aux éditions L’Harmattan, s’est déroulée samedi dernier sur le Parvis Charles Camara de l’Institut français de Saint-Louis, en présence de nombreux poètes, hommes de culture, universitaires et autres personnalités de la ville.

A cette occasion de cérémonie de dédicace, Thierry Dessolas, directeur de l’Institut français de Saint-Louis, s’est réjoui de cette œuvre littéraire pertinente d’Abdoukhadre Diallo, « qui nous propose, avec force douceur, d’inspirer l’air rare de « fastes instants d’éternité » et de fêter l’amour retrouvé, ici et maintenant, comme si demain était classé sans suite ». Selon M. Dessolas, « Celle que l’on attendait plus » pourrait désigner la vie que l’on a perdue, la privation de liberté, la félicité retrouvée : une flamme qui repart de plus belle dans la nuit de l’esprit. Il ajoute : « Il n’y a sur terre que deux choses précieuses, écrivait Gaston Berger dans son testament, la première, c’est l’amour, la seconde, bien loin derrière, c’est l’intelligence. Amour et intelligence ne se séparent d’ailleurs pas, à qui entend bien le sens. En dehors de cela, il n’y a rien ».

En effet, l’auteur Abdoukhadre Diallo, par ailleurs responsable de la communication du Cercle des écrivains et poètes de Saint-Louis (Ceps), nous guide à pas légers et à mots comptés jusqu’à cette vérité ardente qui n’est évidente pour personne. Il a été fortement ovationné et acclamé par un parterre d’intellectuels, qui ont tenu à assister à cette cérémonie de dédicaces de livre.

Papis Diallo, après avoir vivement remercié Thierry Dessolas, pour avoir contribué efficacement à cette cérémonie de dédicace et bien introduit « Celle que j’attendais » avec l’intelligence du cœur, a souhaité à ce dernier bon vent et bonne chance dans ses nouvelles fonctions, tout en louant sa générosité et son sens du partage.

Le professeur de Lettres modernes à l’Université Gaston Berger, Mouhamed Habib Kébé, a présenté avec brio ce livre avant de laisser le soin à Mme Annie Coly, proviseur du lycée Seydou Nourou Tall de Dakar, de modérer les débats. Plusieurs invités sont intervenus pour lire un poème ou faire un témoignage sur l’auteur et son épouse à qui le livre est dédié. Le poète Papis Diallo a également remercié Marie Madeleine Valfroy Diallo, pour lui avoir permis d’utiliser une œuvre de son défunt mari, l’éminent artiste plasticien Jacob Yacouba Diallo, intitulée « La marche nuptiale », pour illustrer la page de couverture du livre.

A la fin de cette belle cérémonie, Abdoukhadre Diallo a déclaré qu’il était important de revenir à l’essence de la poésie et qu’il restait attentif au sens du texte et sa musicalité. Ajoutant que son but ultime est d’émouvoir et pour cela, il laisse ses poèmes vibrer dans l’imagination du lecteur.

Mbagnick Kharachi DIAGNE

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