banner home page1

Pour vos insertions, contactez la Régie publicitaire de la SSPP Le Soleil

Arts et Culture (2442)

Patrimoine mondial de l’humanité, Gorée a aussi, il ne faut pas l’oublier, un passé européen. Une histoire qu’assument totalement les autorités de l’île, en étrennant la « Place de l’Europe » rénovée grâce à l’appui financier de l’Union européenne.


Dans le cadre de la célébration de l’année européenne du patrimoine culturel, le chef de la délégation de l’Union européenne (Ue) au Sénégal, Joaquin Gonzalez-Ducay, a procédé, ce 9 mai, avec les autorités municipales et le ministère de la Culture, à l’inauguration de la nouvelle « Place de l’Europe » à Gorée. Erigée en 2003, lors de la visite de Romano Prodi, alors président de la Commission de l’Ue, l’endroit était depuis lors dans un état de délabrement total. En contribuant à sa réhabilitation, pour un coût d’environ 150 millions de FCfa, cofinancé avec l’Etat du Sénégal et la commune de Gorée, l’Ue a voulu contribuer au renforcement de l’attractivité de l’île, en tant que haut lieu de culture et du tourisme. « Nous avons voulu lui donner un peu plus de brillance et accroître son attrait touristique », explique le chef de la délégation de l’Ue au Sénégal. Cependant, comme le révèle le maire de Gorée, les contraintes furent nombreuses. L’inscription au Patrimoine mondial de l’humanité exige de préserver l’authenticité du site. Il fallait donc « éviter d’être figé, tout en se tournant vers l’avenir », note Me Senghor.

Selon lui, les sites classés Patrimoine mondial ont besoin d’être aidés pour apporter une valeur ajoutée moderne. Les fouilles, effectuées avec beaucoup de précautions, ont permis d’exhumer quelques vestiges comme cette pièce d’artillerie désormais conservée au musée de l’île. « Un patrimoine ne doit pas être figé, il doit être dynamique. C’est pourquoi, il était important que les travaux de restauration soient faits en rapport avec le ministère de la Culture, le gardien du patrimoine », souligne Birane Niang, secrétaire général du ministère de la Culture.

Cette inauguration de la Place de l’Europe, qui coïncide avec le 40ème anniversaire de l’inscription de l’île sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco et la 70ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, a été l’occasion de réaffirmer le passé européen de l’île. Une histoire totalement assumée des deux côtés. « Gorée fait partie de l’histoire de l’Europe. Des siècles durant, elle a été au cœur des rivalités entre nations européennes pour le contrôle de la traite négrière et reste ainsi un symbole de l’exploitation des hommes par d’autres hommes », explique M. Gonzalez-Ducay.

Un lieu de dialogue des cultures

« Qu’on ne nous demande pas d’assumer une part de notre histoire et d’en rejeter une autre », appuie Me Augustin Senghor, le maire de Gorée, rappelant que si l’île est, bien sûr, sénégalaise, elle a été (aussi) hollandaise, portugaise, anglaise et française. Eriger une Place de l’Europe sur l’île, c’est « une manière d’assumer ce passé, se reposer sur le socle de ce passé pour se projeter vers l’avenir et faire vivre au présent cette histoire aux populations et aux nombreux visiteurs de l’île », explique l’édile. Pour le chef de la délégation de l’Ue au Sénégal, ce passé mérite d’être rappelé d’autant plus qu’en plein 21ème siècle, une nouvelle forme d’esclavage a vu le jour : le trafic de migrants, « le plus odieux des méfaits du crime organisé, sans pour autant être perçu comme tel ». S’il est impossible de changer l’histoire, le diplomate européen pense qu’on peut « s’en servir » pour bâtir une nouvelle relation et un meilleur avenir pour que le rêve sénégalais (ou africain) puisse se réaliser au Sénégal par les jeunes Sénégalais. C’est aussi ce message qu’ont voulu faire passer les deux parties en donnant une seconde vie à cet espace « où le passé parle au présent » pour en faire définitivement un lieu de réconciliation et de dialogue des cultures.

Seydou KA

 

L’exposition « Rouge Karma », au Club « Clos Normand », réunit six artistes, Manel Ndoye, Epon Essobi, Didier Payerne, Komla Eza, Haby Diallo et Baptiste Gerbier, sur le thème de la « connexion ». Le vernissage de cette exposition « Off », dans le cadre de la Biennale de Dakar, s’est déroulé dimanche dernier.

Ils sont six artistes. Deux Sénégalais, un Togolais, un Congolais et deux Français. Ils viennent d’horizons divers et ont des sensibilités artistiques bien différentes. Les uns font dans la peinture, les autres dans un mélange de peinture et de sculpture et dans le dessin. Cependant, dans les œuvres accrochés sur les cimaises du Club « Clos Normand » niché en bordure de l’Avenue Cheikh Anta Diop en face de l’église Saint Dominique, on perçoit ce souci commun à chacun des exposants de rester dans le thème de l’exposition « Rouge Karma ». Le karma qui peut se définir ici comme « une connexion, une communion, une énergie dynamique, une complémentarité aléatoire ». Pour cette Biennale, le Club « Clos Normand » a vu les choses en grand. « Depuis 2012, nous participons régulièrement à la Biennale. Mais c’est la première fois que nous le faisons avec une ampleur. Cette année, on a voulu proposer un autre concept. C’est pourquoi on a invité six artistes et créé cette scénographie pour justement que les gens se sentent connectés. Le thème de la Biennale étant « L’heure rouge », on a essayé de rester dans le thème en faisant en sorte que les artistes soient eux-mêmes connectés », explique Isabelle Dussauçoy, présidente du « Clos Normand ». C’est une association à but non lucratif, apolitique créée en 1962 qui a pour marraine la toute Première Dame du Sénégal, Collette Senghor, dont une photo, accompagnée de son époux, le président Léopold Sédar Senghor, décore un coin des lieux.

C’est donc au total, une quarantaine de toiles des artistes Manel Ndoye, Epon Essobi, Didier Payerne, Komla Eza, Haby Diallo et Baptiste Gerbier qui peuvent être contemplés et admirés dans ce Club rénové qui a retrouvé de la vie après quelques années de léthargie. Les tableaux du jeune Manel Ndiaye, promotion 2010 de l’Ecole des Beaux-Arts de Dakar célèbre les costumes et les accessoires du Ndawrabine, cette célèbre chorégraphie Lébou que déclament les femmes à l’occasion de certaines cérémonies d’importance.

Des tableaux tout en rythme et en musique. Epon Ossebi, lui, dans ses toiles, met en évidence l’empreinte que le temps qui passe laisse sur toute chose. En effet, le temps qui passe inexorable, marque toute chose de son empreinte et laisse des stigmates dont la matière ne peut se défaire. Comme l’artiste congolais, Baptiste Gerbier, dans la série « Walls-Posters », s’intéresse au temps qui passe. Mais lui cherche à le restituer. Pour cela, il travaille exclusivement sur carton. Le carton lui permet d’inscrire cette durée dans une matière et de faire naître un relief, comme s’il sculptait.

«L’heure rouge»
Actualité oblige avec le phénomène de l’immigration clandestine, les œuvres de Komla Eza « Cartographie d’un naufrage » retracent l’histoire de la dure réalité des traversées, des déportées ainsi que le rôle joué par le sel de mer dans l’accomplissement de nombreux systèmes d’échange entre les peuples à travers des traversées dans de long périples d’odyssée. Loin des dangers d’une traversée périlleuse, les toiles de Haby Diallo sont une invite à la sérénité, au voyage un esprit à la fois apaisé et bouillonnant.

De tous, Didier Payerne est peut-être celui qui a le plus réussi à concilier et le sujet de la Biennale, « L’heure rouge », et le sujet de cette exposition, « Rouge Karma ». Ses tableaux ont tous cette particularité d’avoir, en toile de fond, la couleur rouge. En effet, pour lui, « L’heure rouge » évoque cet instant bien précis qui succède immédiatement à la prise de décision alors que toute idée de retour en arrière est exclue. C’est le premier pas dans le vide avant de prendre son envol, c’est l’arrachement à un état sécurisé et stable. « Quand on doit mettre en application une décision importante, il y a toujours une incertitude, une inconnue. C’est un moment de pression et de tension », dit-il.

Elhadji Ibrahima THIAM

 

Dans le cadre du Dak’Art « Off », « Chez Akewa concept » sis à Ngor abrite, du 3 au 18 mai, l’exposition d’art contemporain numérique, « La carte n’est pas le territoire », de l’Ivoirienne Valérie Oka. Elle met en lumière, d’une part, une fusion entre le dessin traditionnel au crayon, le digital et la réalité virtuelle et, d’autre part, des figures marquantes de l’Afrique et du monde noir.

Ndary Lô, Ousmane Sow et Joe Ouakam, dans un quelque part où s’accroît leur éclat, où ils végètent dans l’ombre du mystère, dans leur bulle de permissivité. Et bien d’autres personnalités marquantes de presque toutes les sphères de prouesses. Tout, dans la représentation de Valérie Oka, est récit de sens, voyage dans le temps non pas pour proférer, mutiler ou altérer la vérité mais plutôt pour raconter une histoire mettant en lumière d’emblématiques figures africaines et du monde noir aux regards énigmatiques et familiers.
Le travail de cette Franco-ivoirienne rend compte d’une volonté de jeter un regard distancié avec le roman des trajectoires de vie car justement, « la carte n’est pas le territoire ». La carte, pour elle, est la vision que l’on donne des choses alors que le territoire est réel. Une réalité que s’échine à représenter la carte qui est une forme d’écriture de l’histoire dont l’ « aiguillage » dépend de celui qui l’a dit.

Les créations artistiques de Valérie Oka, premières du genre en Afrique subsaharienne, établissent une « alliance » entre le dessin traditionnel au crayon, le digital et la réalité virtuelle remplis de significations. Elles sont un éloge à la créativité, au génie de l’artiste mais aussi aux possibilités offertes par le digital. « La carte n’est pas le territoire », selon une belle note de présentation du travail de la lauréate du premier prix de l’Union européenne à la Biennale de Dakar en 2002, met en évidence, en 3 actes, « d’une part, un savoir-faire technologique numérique lié à l’expression de la liberté créative de l’artiste internationale, passionnée par les  nouvelles technologies numériques et les possibilités qu’elles offrent à l’Afrique de raconter, partager et diffuser son histoire avec ses propres mots et ses visions du monde. Le but est de permettre aux Africains de s’approprier leurs héros et au reste du monde de les découvrir ». La ligne démarcative entre la représentation et la chose représentée comporte des enjeux parce qu’elle définit le regard sur le monde, exalte ou abat la fierté des peuples.

Prix de l’Ue du Dak’Art 2002
De mère française et de père ivoirien, Valérie Oka part, à l’âge de 8 ans, en France, pour poursuivre ses études. En 1985, elle cède à la passion de l’art pour s’inscrire à l’Ecole supérieure des Arts graphiques et d’Architecture intérieur de Paris. Elle y obtient, en 1990, son master. Après cinq ans comme directrice de création en agence de publicité, elle rentre en Côte d’Ivoire, son pays natal. Celle qui est nommée, en mars 2018, parmi les 30 femmes les plus influentes de Côte d’Ivoire, met son expertise et son génie au service de plusieurs structures et de ce qui la passionne, l’art. Elle a servi plusieurs ministères de son pays en tant que conseiller technique. Au début des années 2000, Valérie Oka devient spécialiste de l’Unesco pour la convention 2005 en faveur de la protection et de la promotion de la diversité des expressions culturelles.
La vice-présidente du Congrès culturel panafricain de l’Union africaine depuis 2015, membre du jury Fespaco de 2017, est consacrée, en 2016, 3ème meilleure artiste africaine d’art contemporain par « Into The Chic » de Jeune Afrique.

Alassane Aliou MBAYE

 

La quatrième édition du « Prix Rfi talents du rire » est lancée. Les candidats sont invités à s’inscrire sur le site dédié, jusqu’au 15 septembre 2018 (www.abidjancapitaledurire.com).
Le Prix sera remis à Abidjan lors du Festival « Abidjan capitale du rire » qui se déroulera du 6 au 9 décembre 2018. Initié par l’humoriste Mamane, chroniqueur sur les antennes de la radio mondiale, en collaboration avec Rfi, ce prix révèle les nouveaux talents de l’humour et récompense un(e) jeune artiste francophone d’Afrique, et de l’Océan Indien et des Caraïbes

Le lauréat, sélectionné par un jury de professionnels, bénéficiera d’un prix de 4. 000 euros destiné au développement de sa carrière, et sera invité à se produire lors du festival « Abidjan capitale du rire » en décembre 2018, où les meilleurs humoristes du continent et d’ailleurs se succèderont sur scène pour faire rire des réalités quotidiennes et de l’actualité internationale.

Présente à Saint-Louis avec la délégation de la Banque internationale pour le commerce et l’industrie du Sénégal (Bicis), top-sponsor de l’Association Saint-Louis/Jazz, Mathilde Favre, chargée de mission/Jazz, livre ici ses impressions sur ce festival de musique et explique les missions de la Fondation Bnp Paribas.

Après avoir assisté, pour la première fois, aux différents concerts organisés sur la scène du « In » de la place Faidherbe, dans le cadre de la 26ème édition du festival international de jazz de Saint-Louis (25 avril au 01er juin), Mathilde Favre, chargée de mission/Jazz de la Fondation Bnp/Paribas, s’est déclarée satisfaite des belles prestations auxquelles elle a assisté. Elle a aussi été séduite par le talent d’autres musiciens de jazz, qui ont tenu en haleine le nombreux public massé aux alentours de la Gouvernance, des immeubles Rogniat, mais également à l’Institut français, la Maison Rose, le Flamingo, le Tennis Club, le Château ou Keur Dada, faisant ainsi rayonner la ville de Saint-Louis aux couleurs du jazz pendant six jours.

Autant de raisons pour lesquelles Mathilde Favre a mis à profit le point de presse de clôture de ce festival, soutenu conjointement par la Bicis et la Fondation, Bnp Paribas, pour réaffirmer son souhait de voir se poursuivre le compagnonnage avec Saint-Louis Jazz. Elle a aussi réitéré, à cet effet, l’engagement de la Fondation Bnp/Paribas aux côtés de la Bicis. Mathilde Favre a également rappelé que la Fondation Bnp Paribas, mise en place depuis 1984, « est une Fondation pluridisciplinaire qui œuvre dans les domaines culturel, social et environnemental ». Cet organisme développe non seulement le projet Dream Up, qui est un programme d’éducation par la pratique artistique, mais elle accompagne la danse contemporaine, une dizaine de musiciens de jazz de renommée internationale, tels que le koriste sénégalais établi à Saint-Louis, Ablaye Cissoko. Avec le défunt célèbre bassiste Habib Faye dont la mémoire a été vivement saluée par les musiciens comme les organisateurs de Saint-Louis Jazz, le koriste avait initié depuis l’année dernière, dans le cadre du festival,  le programme intitulé « Autour de minuit ».

La mission de la Fondation est donc de faire connaître et accompagner les talents d’aujourd’hui, souligne Mme Favre. La Fondation Bnp Paribas est ainsi l’un des rares mécènes à soutenir les artistes issus de la danse contemporaine, des nouveaux arts du cirque et du jazz. Son ambition est de déceler des talents, des projets novateurs, des personnalités qui contribuent à changer le monde. Et elle s’évertue à les faire grandir et prospérer, les accompagner dans la durée, les faire connaître et les valoriser, pérenniser leurs projets, qu’ils soient culturels, sociaux ou environnementaux. Enfin, elle explique que la Fondation Bnp Paribas s’évertue également à soutenir la recherche sur le changement climatique, notamment à travers le programme « Climate Initiative ». Lancé en 2010, ce programme a pour objet de développer les connaissances sur le changement climatique et ses impacts sur les populations et leur environnement. Il a déjà permis à 10 équipes de recherche internationales d’étudier le climat et de sensibiliser plus de 260.000 personnes aux enjeux du changement climatique.

Mbagnick Kharachi DIAGNE

Présente à Saint-Louis avec la délégation de la Banque internationale pour le commerce et l’industrie du Sénégal (Bicis), top-sponsor de l’Association Saint-Louis/Jazz, Mathilde Favre, chargée de mission/Jazz, livre ici ses impressions sur ce festival de musique et explique les missions de la Fondation Bnp Paribas.

Après avoir assisté, pour la première fois, aux différents concerts organisés sur la scène du « In » de la place Faidherbe, dans le cadre de la 26ème édition du festival international de jazz de Saint-Louis (25 avril au 01er juin), Mathilde Favre, chargée de mission/Jazz de la Fondation Bnp/Paribas, s’est déclarée satisfaite des belles prestations auxquelles elle a assisté. Elle a aussi été séduite par le talent d’autres musiciens de jazz, qui ont tenu en haleine le nombreux public massé aux alentours de la Gouvernance, des immeubles Rogniat, mais également à l’Institut français, la Maison Rose, le Flamingo, le Tennis Club, le Château ou Keur Dada, faisant ainsi rayonner la ville de Saint-Louis aux couleurs du jazz pendant six jours.

Autant de raisons pour lesquelles Mathilde Favre a mis à profit le point de presse de clôture de ce festival, soutenu conjointement par la Bicis et la Fondation, Bnp Paribas, pour réaffirmer son souhait de voir se poursuivre le compagnonnage avec Saint-Louis Jazz. Elle a aussi réitéré, à cet effet, l’engagement de la Fondation Bnp/Paribas aux côtés de la Bicis. Mathilde Favre a également rappelé que la Fondation Bnp Paribas, mise en place depuis 1984, « est une Fondation pluridisciplinaire qui œuvre dans les domaines culturel, social et environnemental ». Cet organisme développe non seulement le projet Dream Up, qui est un programme d’éducation par la pratique artistique, mais elle accompagne la danse contemporaine, une dizaine de musiciens de jazz de renommée internationale, tels que le koriste sénégalais établi à Saint-Louis, Ablaye Cissoko. Avec le défunt célèbre bassiste Habib Faye dont la mémoire a été vivement saluée par les musiciens comme les organisateurs de Saint-Louis Jazz, le koriste avait initié depuis l’année dernière, dans le cadre du festival,  le programme intitulé « Autour de minuit ».

La mission de la Fondation est donc de faire connaître et accompagner les talents d’aujourd’hui, souligne Mme Favre. La Fondation Bnp Paribas est ainsi l’un des rares mécènes à soutenir les artistes issus de la danse contemporaine, des nouveaux arts du cirque et du jazz. Son ambition est de déceler des talents, des projets novateurs, des personnalités qui contribuent à changer le monde. Et elle s’évertue à les faire grandir et prospérer, les accompagner dans la durée, les faire connaître et les valoriser, pérenniser leurs projets, qu’ils soient culturels, sociaux ou environnementaux. Enfin, elle explique que la Fondation Bnp Paribas s’évertue également à soutenir la recherche sur le changement climatique, notamment à travers le programme « Climate Initiative ». Lancé en 2010, ce programme a pour objet de développer les connaissances sur le changement climatique et ses impacts sur les populations et leur environnement. Il a déjà permis à 10 équipes de recherche internationales d’étudier le climat et de sensibiliser plus de 260.000 personnes aux enjeux du changement climatique.

Mbagnick Kharachi DIAGNE

Le 71e festival de Cannes a démarré ce 8 mai avec la projection inaugurale de « Todos Los Saben » (Tout le monde le sait), d’Asghar Farhadi, premier film en espagnol du réalisateur iranien, avec Pénélope Cruz et Javier Bardem, où une femme revient dans son village natal au cœur du vignoble espagnol à l’occasion du mariage de sa sœur. Des événements inattendus viennent bouleverser son séjour et font ressurgir un passé depuis trop longtemps enfoui.

Mais pourquoi Cannes abrite-t-il ce festival, l’événement le plus médiatisé au monde derrière les Jeux olympiques ? Il faut remonter à 1834 lorsqu’une épidémie de choléra força le lord anglais Henry Brougham à rebrousser chemin alors qu’il se rendait en Italie. Il tombe amoureux de ce qui n’est alors qu’un simple village de pêcheurs et s’y installe. Il attire de nombreux étrangers auxquels se joindront beaucoup de Russes si bien que Cannes passe de 4 000 à 10. 000 habitants en 1870. On construit en bord de mer des hôtels de luxe au début de XXe siècle : le Carlton, le Majestic, le Martinez. Destination balnéaire prisée, elle devance Biarritz pour accueillir le nouveau festival international de cinéma. Il est créé en 1939 par réaction à la Mostra de Venise à tendance fasciste. Mais la guerre éclate et la première édition du festival n’aura lieu qu’à l’automne 1946, d’abord dans le Casino municipal puis dans le Palais des festivals construit pour l’événement qui sera remplacé en 1982 par l’actuel «bunker», dénomination de son architecture controversée, et qui comporte 24 marches d’un tapis rouge devenu mondialement célèbre.

L’auditorium Louis Lumière accueille la sélection officielle et comporte 2.309 fauteuils et un écran de 8x19 mètres. Le Palais comporte 25 salles de projections, 700 m2 de bureaux et un hall d’exposition de 7. 000 m2 qui accueille le marché international du film.

A la compétition officielle avec une vingtaine de films viennent s’adjoindre des sections parallèles : la Semaine de la Critique en 1962, créée par le Syndicat français de la Critique de cinéma, et la Quinzaine des Réalisateurs en 1969 dans le sillage de mai 68. En 1978, Un certain regard, annexe de la sélection officielle, prône un cinéma plus audacieux. Depuis 1993, l’Association du cinéma indépendant pour sa diffusion (Acid) propose 9 longs métrages.
12.000 producteurs et distributeurs se retrouvent chaque année à Cannes, le marché présentant quelque 5.000 films. Le festival génère ainsi 800 millions d’euros de chiffre d’affaires. Pour loger artistes et professionnels, 5.500 chambres d’hôtel dont 70 % sont de grand luxe : 4 ou 5 étoiles. La population cannoise (73.000 habitants) triple durant le festival. 36.000 festivaliers et journalistes sont accrédités, auxquels viennent s’ajouter 90.000 visiteurs, curieux ou chasseurs d’autographes. 670.000 repas sont servis dans les restaurants de la ville, soit 15 % de leur chiffre d’affaires en 10 jours. Pour un budget de 20 millions d’euros, le festival en rapporte 72 à Cannes et ses environs, près de 200 à l’échelle nationale !

Les raisons de ce succès ? Le marché certes, mais surtout un savant dosage entre magie et exigence de cinéma : stars et personnalités se pressent autour de films d’auteur parfois obscurs, alternative française au système commercial hollywoodien. Cela n’empêche pas le festival de présenter le dernier « Star Wars » et d’inviter Ryan Coogler (Black Panther) pour une leçon de cinéma ! Et nous l’avons vu, l’Afrique est loin d’être absente de cette édition 2018…


De notre correspondant Olivier Barlet

 

Dans le cadre de la treizième édition de la biennale de Dakar, l’ambassadeur de France au Sénégal a organisé une réception avec la participation des artistes, des exposants, du directeur artistique du Dak’Art et du ministre de la Culture, entre autres. Lors de cette rencontre, Christophe Bigot a rappelé la contribution de son pays à ce grand rendez-vous culturel africain.

Dans le cadre culturel de la 13ème édition de la Biennale de Dakar, l’ambassadeur de France au Sénégal a organisé, dimanche à sa résidence, une réception en présence des commissaires d’exposition, des artistes et exposants, de Simon Njami, directeur artistique, et de Marième Bâ, secrétaire générale de la Biennale et même du ministre de la Culture, Abdou Latif Coulibaly.

Face à plusieurs acteurs culturels présents dans les jardins de sa résidence, Christophe Bigot a indiqué que la Biennale est un très grand et agréable moment de fête dans la capitale sénégalaise où l’on sent l’effervescence culturelle partout. Le diplomate français confie qu’à son avis, cette « 13ème biennale est la plus de belle de toutes ». Il rappelle que la France a aussi contribué à l’organisation du Dak’Art 2018 en soutenant plusieurs expositions « Off », notamment à la galerie « Le Manège » où l’artiste exposant a réalisé son œuvre en faisant travailler une douzaine d’étudiants de l’Ecole nationale des arts de Paris et de l’Ecole nationale des arts du Sénégal. L’ambassadeur de France de poursuivre que la Biennale étant la fête de tous les arts, la médiathèque de l’Institut français participe aussi, à sa manière, à cette treizième édition. C’est ainsi que pour impliquer les enfants à cette biennale qui s’adresse à tous, l’Institut français a ouvert des exercices artistiques pour les plus jeunes.

320 expositions dans le pays

Lors de cette cérémonie, il y a eu aussi la donation et l’accrochage d’une magnifique œuvre de l’artiste Oumar Victor Diop. Il s’agit d’un  autoportrait de l’artiste inspiré par Jean Baptiste Bellay, un révolutionnaire né à Gorée et ayant contribué à l’abolition de l’esclavage, remis à l’ambassadeur Christophe Bigot. Le diplomate français a procédé également à l’inauguration de l’exposition «Waa Dakar- Dakarois » du photographe Antoine Tempé, visible sur les murs extérieurs de la résidence. Il s’agit de plusieurs photos accrochées sur les murs de la résidence et symbolisant plusieurs visages de Dakarois dans l’exercice de leur fonction ou dans leur distraction.

Le ministre de la Culture, Abdou Latif Coulibaly, a félicité l’ambassadeur de France pour son soutien à cette biennale. Pour lui, cet appui de la France s’inscrit dans la dynamique des relations qui unissent le Sénégal et la France depuis plus de 3 siècles.  Pour le ministre de la Culture, sans expositions « Off » la biennale n’aurait pas été complète. M. Coulibaly a remercié ainsi les structures privées qui ont pris part à l’organisation des expositions « Off » qui permettent, aujourd’hui, d’avoir 320 expositions à travers tout le pays. Compte tenu de cela, le ministre trouve que cette treizième édition de la Biennale des arts est celle qui offre plus de perspectives.

Oumar KANDE

 

L’artiste-peintre Abdoulaye Diallo dit « le Berger de l’île de Ngor » expose en « Off » dans le cadre de la 13ème Biennale de Dakar. Ses œuvres sont visibles à la Bibliothèque de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, du 05 mai au  02 juin. En prélude à l’événement, l’artiste a réuni d’éminents universitaires et chercheurs sur le thème de son exposition, « Quelle humanité pour demain ? ».

L’exposition « Off » de l’artiste peintre Abdoulaye Diallo, à la Bibliothèque de l’Ucad, est un prétexte pour d’éminents chercheurs et universitaires de réfléchir et d’échanger sur le thème retenu, «Quelle humanité pour demain ?», animé par le Pr Maguèye Kassé. Ont également pris part à ce colloque le recteur de l’Ucad, le Pr Ibrahima Thioub, le Pr Sakhir Thiam de l’Université Dakar Bourguiba...

Introduisant ce thème, le Pr Maguèye Kassé, par ailleurs commissaire de l’exposition, a indiqué que ce thème ne pouvait être mieux choisi dans le cadre de la 13ème édition de la Biennale de l’art africain contemporain pour présenter en « Off » des œuvres qui résument le propos artistique de Abdoulaye Diallo, dénommé « le Berger de l’île de Ngor », celui dont le talent mêlé de générosité souligne à suffisance des préoccupations centrées sur l’Humain, qu’il faut toujours interroger pour en dégager les lignes de forces de son action salvatrice pour un bien-être en harmonie avec son environnement.

Pour le Pr Kassé, ce thème, «Quelle humanité pour demain ?», arrive dans sa forme interpellative qui peut s’en dégager à un moment où l’humanité doit, en effet, se poser de bonnes questions au vu de son parcours contradictoire.
«Ce parcours est fait d’avancées majeures dans tous les domaines de la pensée et de sa transformation qualitative et quantitative pour maîtriser la nature en vue de sa transformation. On y enregistre également, voire dans le même temps, des reculs qui génèrent parfois angoisse et appréhension, considérant les menaces qui pèsent sur le devenir de l’Homme depuis l’Homo Sapiens», a affirmé Pr Maguèye Kassé dans ses propos.

Le Pr Kassé a fait savoir que l’évolution de l’humanité, qui ne peut être rappelée ici que de manière allusive et sommaire pour ne pas s’y attarder outre mesure, nous révèle deux phénomènes dont le développement marque la marche de l’humanité à travers les siècles. C’est, d’une part, du rôle historiquement dévolu à l’argent. Et, d’autre part, tout ce qui est lié au mode de production qui a porté cette nouveauté dans les rapports sociaux de manière jamais vécue jusqu’à l’avènement de la révolution industrielle et ses conséquences sur l’apparition et le développement de la mondialisation capitaliste.

A son avis, le maître-mot, c’est la course effrénée au profit qui a mis en péril la survie de l’humanité dans une mesure jamais égalée depuis le début du siècle précédent. «Quelle humanité pour demain? » sonne dès lors comme un cri et un avertissement, un appel à l’introspection universelle, à la raison et à l’émotion, à l’empathie et à des actions de caractère global partant du local et de ce qu’il porte en commun avec l’humain partout où sa présence bienfaisante peut se faire sentir. L’objectif, c’est agir dès maintenant sur les forces obscures», a-t-il révélé.

Nouvelle humanité

Revenant sur l’artiste, le commissaire de l’exposition a indiqué que Abdoulaye Diallo fait partie de ceux qui s’interrogent sur le présent et l’avenir du monde, sur le sens des vastes mouvements et des métamorphoses qui s’accomplissent et s’annoncent sur tous les continents. « Il ne se contente pas en tant que scientifique de s’interroger, mais il donne à l’œuvre, avec ses interrogations, une autre fonction, celle d’universalité d’une pensée progressiste parce que profondément humaine », selon le commissaire de l’expostion.

Présidant cette rencontre, le ministre-conseiller du président de la République, El Hadj Hamidou Kassé, s’est également prononcé sur le thème, faisant savoir que Abdoulaye Diallo donne des pistes.

A travers ses œuvres, dit-il, l’artiste  trace les contours de la nouvelle humanité aussi bien dans la souffrance que dans l’espoir. Toutefois, El Hadj Kassé a reconnu qu’il y a une sorte de dégénérescence ;  il n’y a plus que de tentatives éparses pour une nouvelle humanité.  
« Nous ne sommes plus dans l’ère de ces grands récits, ces machineries idéologiques qui ont façonné la marche des sociétés avec des prétentions comme le capitalisme, le communisme, etc. », a-t-il soutenu.

Maguette Guèye DIEDHIOU

 

Le Premier ministre, Mahammed Abdallah Dionne, a présidé, hier, la cérémonie d’ouverture du Sommet africain de l’Internet (Ais). Débuté depuis le 29 avril, et ce jusqu’au 11 mai, cette rencontre internationale est une occasion de se pencher sur les problématiques de gouvernance de l’Internet liée à la spécificité africaine.

L’Agenda 2063 de l’Union africaine (Ua) inscrit les avancées technologiques comme une des opportunités majeures de croissance pour le continent. Mieux, le progrès humain est désormais dépendant de la distribution des Technologies de l’information et de la communication ainsi que de la densité des interconnexions. L’organisation du Sommet africain de l’Internet (Ais) 2018, à Dakar, dont la cérémonie d’ouverture a été présidée, hier, par le Premier ministre sénégalais, s’inscrit dans cette dynamique en ce sens qu’il s’agit d’une plateforme internationale privilégiée pour la promotion des produits et services des Technologies de l’information et de la communication en Afrique. Pour Mahammed Boun Abdallah Dionne, cette rencontre, grâce  aux sessions de renforcement des capacités et aux échanges fructueux entre les professionnels du secteur, vise à répondre aux besoins en constance évolution de l’industrie des Technologies de l’information et de la communication. En plus, elle permet au continent de respecter le rendez-vous de la révolution numérique.  

En 2010, a-t-il avancé, le taux de pénétration de l’Internet en Afrique était de 7% et le nombre d’utilisateurs se situait à 12%. Fort de ce constat, a poursuivi le Premier ministre, le gouvernement du Sénégal considère le numérique comme un catalyseur pour la transformation structurelle de notre économie avec une contribution du secteur des Tic de plus de 12%  aux recettes budgétaires de l’Etat.
 Selon Mahammed Abdallah Dionne, c’est dans cette optique que la Stratégie numérique Sénégal 2025 (Sn25) a été adoptée conformément à la mise en œuvre du Plan Sénégal émergent (Pse). La vision de la Sn25 est de faire  « le numérique pour tous et pour tous les usages au Sénégal avec un secteur privé dynamique et innovant  dans un écosystème performant ».

Booster l’investissement

La Stratégie numérique Sénégal 2025 « est articulée autour de 28 réformes et de 69 projets innovants pour un budget global 1.361 milliards de FCfa dont 73% financés par le secteur privé, 17% par le secteur et 10 % en mode partenariat public-privé », a-t-il indiqué, précisant que l’ambition de cette stratégie nationale est d’apporter davantage de croissance aux acteurs du secteur et de porter la contribution du numérique au Pib à 10% à l’horizon de 2025.  D’après le chef du gouvernement, le succès de ce programme repose, en grande partie, sur la mise en déposition  de ressources humaines de qualité avec des compétences sur tous les métiers émergents du numérique, notamment l’Internet des objets et l’intelligence artificielle. C’est dans ce sens que l’Ais contribue au « renforcement des capacités des acteurs du numérique issus aussi bien du public que du privé » et aux conditions idoines « susceptibles de booster l’investissement dans le secteur de l’économie numérique et des autres secteurs prioritaires ».  
Selon le Premier ministre, l’Internet constitue un catalyseur déterminant pour le développement économique et social de « nos » Etats. D’où tout l’intérêt que le Sénégal accorde au développement de l’Internet avec une gouvernance basée sur un modèle consensuel et multipartite avec l’implication de l’ensemble des parties prenantes.  

Par ailleurs, Mahammed Abdallah Dionne s’est félicité des efforts du gouvernement pour rendre Internet accessible à tous avec un coût abordable à travers notamment le déploiement de la fibre optique sur l’étendue du territoire afin de garantir un accès universel aux services Tic, le point d’échange Internet Sénégal et l’attribution de trois nouveaux licences de fournisseurs d’accès Internet (Fai)… « L’ensemble de ces mesures devraient permettre de renforcer la concurrence, de diversifier l’offre de service, de baisser les coûts et d’améliorer l’accès des populations aux ressources du numérique », a-t-il souligné.


Les fournisseurs invités à
baisser les coûts d’accès

Le Premier ministre a exhorté les acteurs, notamment les fournisseurs d’accès Internet (Fai), à s’inscrire dans une perspective de baisse continue du coût d’accès à Internet. Mahammed Abdallah Dionne, qui a rendu un hommage mérité à Alex Corenthin, « Père de l’Internet » au Sénégal, a indiqué que le Sénégal compte jouer pleinement son rôle dans le concert des Nations africaines de référence en matière de promotion et de développement des Tic. « Je voudrais lancer un appel pour une Afrique encore plus forte, plus puissante et plus riche de ses talents, de ses intelligences et de ses énergies créatrices dans ce secteur ô combien important du numérique qui est en train de transformer le monde. C’est à cette fin d’ailleurs que le président de la République exhorte tous les acteurs à travailler à l’inclusion et à la digitalisation de l’économie », a-t-il déclaré.  


Parc de lignes internet

Une croissance trimestrielle de 2,7% au Sénégal

Selon le directeur de l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (Artp), l’Internet est devenu moteur de croissance économique mondiale. Abdou Karim Sall a annoncé une croissance trimestrielle de 2,7 % du parc global de lignes Internet au Sénégal.
« Nous osons espérer qu’avec l’arrivée des trois nouveaux fournisseurs d’accès à Internet, nous pouvons améliorer la concurrence, renforcer le taux de pénétration et démocratiser l’accès Internet… », a-t-il souligné. M. Sall a informé de la promotion de la nouvelle technologie comme l’Internet des objets et du protocole d’adressage Internet, IPv6. Lequel est nécessaire à la croissance à long terme d’Internet, d’autant plus que l’Internet des objets devient réalité.

Ibrahima BA

 

Dans le cadre de la 13ème édition de la Biennale de l’art africain contemporain, le siège d’Eiffage Sénégal abrite, jusqu’au 25 mai, une exposition en hommage au grand sculpteur Ousmane Sow. Intitulée « Dans l’univers d’Ousmane Sow », cette exposition est composée d’une installation photo-vidéo de Béatrice Soulé ainsi que de deux pièces de sculptures de sa fameuse série sur la bataille de « Little big Horn » de 1876.

Décédé en 2016, le sculpteur sénégalais Ousmane Sow était un as de l’art africain contemporain. Son génie créatif lui a valu d’être le premier artiste noir membre de l’Académie française des Beaux-arts. Le succès de l’homme reste étroitement lié à sa fameuse série de sculptures sur la bataille « Little big Horn » de 1876 opposant des Américains à des Indiens autochtones. C’est fort de cette carrière artistique remarquable qu’Eiffage Sénégal lui a dédié une exposition-hommage dans le cadre de la 13ème édition de la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar.

« Dans l’univers d’Ousmane Sow », à découvrir jusqu’au 25 mai dans les locaux d’Eiffage Sénégal, se compose de deux sculptures gigantesques qui attirent l’attention aussitôt qu’on franchit la grande porte d’entrée. Un guerrier à cheval, revoler à la main et en position de tir, termine à peine sa course. La bête visiblement très éprouvée par l’onde de choc atterrit avec la patte de devant et celle de derrière à terre et les deux autres en l’air. A quelques mètres, un autre soldat, visiblement atteint par balle, agonise.

Patrimoine national
Ces deux sculptures font partie des trente cinq pièces que constituent la fameuse série « Little big Horn » d’Ousmane Sow, représentant cette bataille de 1876 qui enregistra la dernière victoire de la résistance des « Sioux » et des « Cheyennes » face aux troupes du général Custer. Scène de violence extrême, d’horreur de la guerre, « Little big Horn » a signé un succès retentissant surtout lors de son exposition en 1999 sur le pont des arts à Paris où elle a accueilli trois millions de visiteurs. Ces deux sculptures sont complétées par plusieurs dizaines de photos ainsi qu’une installation vidéo de Béatrice Soulé plongeant dans l’univers de l’artiste. Ici, le rapport qu’il entretenait avec son environnement et la matière qu’il utilisait pour composer ses sculptures sont mis en exergue.

Compagne d’Ousmane Sow, Béatrice a accompagné l’artiste pendant 20 ans dans sa carrière. Elle a ainsi pu filmer de l’intimité de l’atelier, la naissance des pièces de la bataille de « Little born Horn » mais également la maison en gestation du sculpteur avec ses carreaux multicolores. « J’ai suivi pendant un an ce travail, en filmant l’avancement de la création sur les 35 pièces jusqu’au départ des œuvres pour le lieu d’exposition. C’était un moment de folie absolue.

Ousmane était dans son atelier et allait d’une pièce à une autre et en même temps il fabriquait les carrelages. De mon côté, je filmais et je préparais à la fois l’exposition », se souvient-elle. A travers son installation vidéo, Béatrice a voulu recréer l’univers d’Ousmane Sow en mettant dans des carrés de couleurs qui sont celles de sa maison les mêmes dominantes de couleurs pour reconstituer cette ambiance de chez Ousmane.

Prenant part au vernissage de l’exposition, le ministre de la Culture a fait part de la décision de son département de mettre sur la liste du patrimoine national la Maison d’Ousmane Sow. D’après Abdou Latif Coulibaly, « cette exposition permet de découvrir Ousmane Sow dans sa splendeur d’artiste, son élégance et son esthétique ».

Ibrahima BA

La Galerie Kemboury consacre, du 3 mai au 2 juin, une exposition-hommage, « Dialogue avec la lumière », à l’artiste Souleymane Keita. Inscrite dans le « Off » de la Biennale, cette expo sera complétée par d’autres expositions intitulées « Les enfants du soleil » dans les locaux de l’hôtel Terrou-bi avec des artistes à l’image de Séa Diallo, Samba Diallo…

Il y a quatre ans disparaissait l’un des peintres les plus talentueux de sa génération. Souleymane Keita que les critiques d’art considéraient comme un maître de la peinture abstraite au Sénégal se singularisait par « son œuvre, séduisante par ses couleurs et sa matière », mais également cette association de « dessein, de couture et de collage ». Pour célébrer ce produit de l’Ecole des Beaux-arts de Dakar, la Galerie Kemboury consacre, dans le cadre de la 13ème édition de la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar, une exposition-hommage à cet artiste majeur des arts visuels sénégalais. Prévue du 3 mai au 2 juin, cette exposition intitulée « Dialogue avec la lumière » propose, a rappelé Thérèse Turpin Diatta, directrice de la Galerie, les œuvres de Souley qui sortent pour la première fois depuis son décès en 2014. « Dialogue avec la lumière », comme l’a soutenu Massamba Mbaye, commissaire d’exposition et critique d’art, permet de revenir sur le travail de Souleymane Keita qui « sur son ultime période avait une forte tendance à peindre des fonds relativement dégagés » et qui « équilibrait par la suite ses saturations de matières et de couleurs avec des fils de coton et traces de formes architecturales qui évoquent des minarets voire des coupoles ». La Galerie Kemboury complète sa programmation « Off » du Dak’Art 2018 avec les expositions « Les enfants du soleil » dans les locaux de l’hôtel Terrou-bi.

Avec les artistes Samba Diallo, Séa Diallo et des invités éthiopiens, ces expositions vont être un prétexte pour découvrir « l’oiseau » de Samba Diallo à travers son œuvre « L’envol », mettant en « suspension un oiseau majestueux tout bariolé de couleurs et de symboles africains ». Pour Massamba Mbaye, « L’envol » de Samba Diallo a une part « très » mystérieuse car l’oiseau s’échappe dans les cieux durant la nuit. « Son envol est presque mystique et il atteste de sa foi au travail. Les choses les plus abouties sont le fruit d’une réflexion ardue et soutenue dans la solitude de la nuit », souligne-t-il.

I. BA

La comédie musicale française « Madiba, le musical » s’est produite pour la première fois en Afrique. C’était vendredi dernier, au Grand Théâtre de Dakar, en présence du président de la République, Macky Sall, et du petit-fils de Mandela, Ndaba Mandela .

« J’ai des frissons », s’est exclamé un jeune homme, après une première partie jouée par « Madiba, le musical », vendredi, au Grand Théâtre de Dakar. Cette comédie musicale française a été interprétée en présence du président sénégalais, Macky Sall. A travers de la musique, de la comédie, ce groupe explique le parcours de Nelson Mandela, l’ancien président de l’Afrique du Sud. Mandela incarne le symbole de la lutte antiapartheid et de ce qui était l’Afrique du Sud pendant ce régime ségrégationniste. Un pays où les Noirs n’avaient aucun droit. Le spectacle a commencé par l’histoire d’un jeune noir du nom de Will tombé amoureux d’une fille blanche Helena. Mais les deux tourtereaux ne peuvent pas vivre pleinement leur amour dans un pays où règne la ségrégation raciale. Une histoire d’amour impossible. Helena est la fille du chef de la police sud-africaine.

Les populations noires qui ont voulu lutter contre cette discrimination ont, à plusieurs reprises, fait face aux forces de sécurité composées de Blancs. Sur scène, le face-à-face entre les policiers et les Noirs est rude. La police disperse toutes les manifestations en tuant certains par balles. D’autres sont arrêtés et puis transférés en prison parmi lesquels Nelson Mandela. « Madiba, le musical » alterne ainsi sur la scène du Grand Théâtre de Dakar comédie, musique, chants, pour rendre un vibrant hommage à cet homme multidimensionnel. Un personnage qui s’est battu pour son peuple. Pour mettre fin au régime de l’apartheid. Le spectacle est accompagné par des danses traditionnelles zoulous avec le drapeau de la nation Arc-en-ciel qui flotte derrière.

La vie du jeune avocat noir Nelson Mandela, de la prison de Robben Island où il est torturé tous les jours, jusqu’à son accession à la Présidence de la République, est retracée dans cette pièce bien interprétée, vendredi au Grand Théâtre. Depuis sa cellule où il a séjourné des années, Madiba assiste, impuissant, au massacre de ses concitoyens par un régime dictatorial. Le seul tort des populations noires est de réclamer la liberté. Une Afrique du Sud où Noirs et Blancs pourront vivre en parfaite harmonie.

La liberté ne se négocie pas
Un militant noir, Sam qui a rencontré Mandela en prison sera finalement libéré. A sa sortie, il déclare ceci : « On ne négocie pas la liberté. Le pouvoir au peuple ». Son message est fort et clair. Sam va continuer son combat pour la fin du régime de l’apartheid. Partout dans le monde, des voix s’élèvent pour dénoncer ce qui se passe dans le pays. Les soutiens au peuple sud-africain se multiplient. La lumière commence à jaillir.

Nelson Mandela, toujours en prison, attend encore ce grand jour. Dans les rues de Johannesburg, les étudiants noirs et blancs, tous demandent la libération de Mandela. Ils réclament la liberté, la démocratie et l’égalité. Le régime de l’apartheid ne pouvait plus résister à cette pression de la rue. Dans tous les coins du monde, les gens chantent le courage de Mandela et réclament sa libération. Ce grand jour est arrivé. Madiba est enfin libre. Depuis une petite cellule de circonstance implantée sur la scène du Grand Théâtre, on le voit sortir, marchant lentement. Les séquelles de son long séjour carcéral sont visibles. La ville est animée. Tout le monde est sorti pour chanter et danser. Pour fêter cette joie. La joie de voir le héros enfin libre. La première phrase prononcée par Mandela à sa sortie est : « Merci à tous ceux qui se sont battus pour ma libération ». L’heure est au regret du côté des dirigeants du régime apartheid. Cependant, Nelson Mandela en bâtisseur d’une nation arc-en-ciel libre et prospère appelle au pardon. Madiba est libre mais tout reste à faire dans une nation dévastée pendant 25 ans à cause du régime de l’apartheid. Mandela veut instaurer la démocratie où le pouvoir va revenir au peuple. Son credo : « Un homme, une voix » pour un gouvernement élu par le peuple. Une belle leçon de patriotisme doublée d’humanisme.

Une leçon d’humanisme
Le combat de Nelson Mandela au-delà de la libération de son peuple a réussi à changer le cours des choses. Will et Helena peuvent maintenant vivre leur amour sans le regard de l’autre. Pendant le régime de l’apartheid, cela était presque impossible. La famille d’Helena avait refusé d’admettre que leur fille épouse un « pauvre noir ». Pourtant, Helena faisait fi de tout cela. Elle ne voyait pas cette différence de peau (noire et blanche) que sa maman ne cessait de lui rappeler.

A travers cette pièce, « Madiba, le musical », les artistes rendent un vibrant homme à cette figure emblématique de l’Afrique du Sud et invitent le continent africain a raconté sa propre histoire. Les recettes tirées de ce spectacle organisé dans le cadre de la biennale de Dakar sont destinées à la Mutuelle des artistes sénégalais.

Aliou Ngamby NDIAYE

Danseuse et chorégraphe professionnelle, Gacirah Diagne fait partie des icônes de la danse aussi bien au Sénégal qu’à l’étranger. Après une bonne trentaine d’années d’expérience, Gacirah reste aujourd’hui une femme très déterminée et engagée pour la promotion de la danse avec l’Association “Kaay fecc”, héritée en 2001 de Marianne Niox, Jean Tamba, Honoré Mendy et Nganti Towo. Elle a également fait de l’épanouissement et de la réussite de la jeune génération dans la danse et les cultures urbaines son véritable cheval de bataille. Retour sur sa carrière.

Formée à toutes les techniques de danse, danse traditionnelle africaine, classique et contemporaine, Gacirah Diagne a su transformer son rêve d’enfance en réalité professionnelle. Teint clair aux cheveux ondulés et crépus et au silhouette svelte, cette dame est devenue, au fil des années, une danseuse professionnelle comme elle l’a toujours rêvé d’ailleurs depuis son tendre enfance. « J’ai commencé à danser toute petite. J’ai dit à ma maman qui est Somalienne que je veux danser. Comme mes parents avaient une fibre artistique, ils m’ont vite encouragée dans cette voie », confie-t-elle. Toutefois, cette passion pour la danse ne lui a pas empêché de faire des études. Gacirah Diagne a su décrocher son baccalauréat de la série D pour s’inscrire dans une université à New York. Mais, il se trouve que la passion pour la danse la rattrapera et l'a vite prise dans ce pays de l’oncle Sam. Elle finira par arrêter ses études pour mener une belle carrière de danseuse.

« Une de mes premières initiatrice à la danse, c’est Germaine Acogny du temps de son école à rue Raffenel dans les années 1980. J’ai vécu aussi une partie de ma vie à l’étranger, en France et aux Etats-Unis où j’ai été formée dans plusieurs techniques de danse. « J’ai également eu la chance de fréquenter l’école de danse d’Alvin Ailey de New York, un très grand chorégraphe américain et surtout d’avoir accès à des studios qui donnaient d’autres types de technique », informe Gacirah Diagne.
Patriote et très attachée à son cher pays le Sénégal et son terroir Louga, Gacirah Diagne décide de rentrer au bercail. A son retour, une autre carrière et vie professionnelle dans le domaine de la danse l’attendait.

FESTIVAL “KAAY FECC”

En 2001, auprès de Marianne Niox, Jean Tamba, Honoré Mendy et Nganti Towo, d’autres portes et opportunités s’offraient à la danseuse au sourire contagieux. Gacirah Diagne raconte : « De retour au Sénégal, j’ai rencontré les organisateurs du Festival Kaay Fecc. A l’époque, j’étais venue travailler pour une structure culturelle américaine qui avait un événement avec un focus sur la danse et les chorégraphes africains ou d’origine africaine et qui voulait étoffer leur programmation. Et c’est comme cela que j’ai rencontré l’Association Kaay Fecc et j’ai fini par m’impliquer dans l’organisation du festival. En tant que danseuse juste après, c’était naturel pour moi d’intégrer l’équipe Kaay fecc après la première édition du Festival Kaay Fecc, en 2001 ». A l’en croire, au départ, c’était pour mettre une plateforme pour la danse et montrer les créations chorégraphiques qui se faisaient dans la danse, particulièrement dans la danse contemporaine, et l’ouvrir à toutes les autres formes de danse. « D’ailleurs, c’est pour cela que nous avons dénommé le festival, festival international de toutes les danses », dit-elle. Depuis qu’elle en a les rênes, Gacirah a su rehausser le festival Kaay Fecc qui est à sa 9ème édition. Son objectif est de rendre les danseurs maîtres de leur art pour en vivre dignement. Pour la présidente de l’Association Kaay Fecc, construire une carrière de chorégraphes, de danseurs nécessite beaucoup de sacrifices. Il faut travailler dur et se faire respecter surtout du côté des femmes. Car, soutient-elle, il y a des gens qui ont une mauvaise perception de la danse. « D’aucuns pensent que lorsque vous êtes danseuse, vous êtes une fille facile. Mais, il faut se battre et savoir répondre dans ces cas-là, surtout être sincère, digne dans ce qu’on est et se faire respecter pour pouvoir rassurer les parents », argue-t-elle. Non sans préciser qu’  aujourd’hui, l’important avec cette association, c’est qu’ils progressent. « Nous avons de bons danseurs malgré l’adversité. Une génération de chorégraphes et de professionnels, que ça soit dans la danse traditionnelle, contemporaine et la danse hip hop. Il y a des avancés certes, mais nous continuons à nous battre, à faire des sacrifices pour qu’il y ait plus de créations chorégraphiques de qualité et également plus de  jeunes qui gagneraient leur vie dans la danse », rassure Gacirah Diagne.

En ce sens, elle compte aider les jeunes pour qu’ils puissent s’ouvrir et se confondre aux autres. Parce que c’est comme cela qu’on construit son expérience. Et cette ouverture commence au niveau national puis sur le plan international.

PROMOTION DES CULTURES URBAINES
Infatigable, Gacirah Diagne est aussi très engagée pour la promotion des cultures urbaines. Ancienne conseillère en « Cultures urbaines » au ministère de la Culture, elle fait actuellement partie des administrateurs de la Maison des Cultures urbaines de Dakar, récemment inaugurée à Ouakam. Elle en est la responsable du pôle Danse. Elle explique son engagement par le fait que la jeunesse soumet un besoin. « Et je me dis, il faut les soutenir, les encadrer, les accompagner. Nous ne connaissons pas toute la science. Mais ce nous savons, nous le partagerons. Car, à ces jeunes, il faut leur donner de la motivation, de l’espoir et il faut qu’ils arrivent à prendre en charge leur secteur, à se responsabiliser dans cela, comme dans tous les autres corporations », affirme-t-elle. Et de poursuivre, « certes, en ce sens, un fonds d’aide  a été octroyé aux cultures urbaines. Mais, il n’est pas suffisant car cette subvention est ouverte à toutes les disciplines. Nous sommes chargés de la danse au niveau de la Maison des cultures urbaines qui est en train de construire un studio de danse. Nous sommes sur le terrain et nous faisons en sorte que les conditions soient meilleures pour les danseurs et les autres disciplines des cultures urbaines ».

Par Maguette Guèye DIEDHIOU

 

La Journée internationale de la liberté de la presse a été célébrée, hier, à Dakar, sous le thème : « Quel avenir pour les médias sénégalais avec le vote du Code de la presse ? ». Le ministre de la Communication, Abdoulaye Baldé, a présidé la cérémonie, riche en enseignements et marquée par la présence des acteurs des médias et des étudiants, à l’Iseg.

Le ministre Abdoulaye Baldé dit avoir donné des instructions à ses services pour que les dispositions du Code de la presse soient rapidement appliquées avant même la finalisation des décrets et arrêtés au cours de la semaine prochaine. Dans l’atteinte de cet objectif, le ministère de la Communication, s’y attèle depuis quelques mois, en mettant en place un comité comprenant l’ensemble des acteurs pour la rédaction des textes d’application de la nouvelle loi. « Aujourd’hui, nous sommes arrivés à la dernière phase du travail. Le comité devra proposer des avant-projets de décrets et d’arrêtés à l’issue d’un atelier de validation prévu la semaine prochaine », précise Abdoulaye Baldé.

Le ministre réitère que l’Etat est sur la voie de tout mettre en œuvre pour l’application rapide du Code de la presse qui est considérée comme une demande sociale. Hier, à l’occasion de la célébration de la Journée internationale de la presse, M. Baldé a donné la situation générale sur l’application dudit Code. Selon Abdoulaye Baldé, « cet engagement de l’Etat a été réaffirmé avec force par le président Macky Sall, lors du Conseil des ministres du 17 janvier 2018, en exhortant son gouvernement à hâter le pas et à tout mettre en œuvre pour que les nécessaires décrets d’application puissent être versés dans la loi pour la parfaire et faciliter son application ».

Le ministre de la Communication soutient que tous les acteurs sont condamnés au résultat et invite la Coordination des associations de la presse (Cap) à œuvrer pour que, dans la pratique, le texte puisse répondre effectivement aux attentes du peuple sénégalais. « Il s’agit d’avoir un secteur de la presse assaini, des contenus de qualité et des professionnels des médias respectueux du Code d’éthique et de déontologie », relève-t-il.
Le Code de la presse adopté par l’Assemblée nationale en juin 2017, a été un long processus d’une quinzaine d’années. Selon Abdoulaye Baldé, le résultat est le fruit de l’engagement d’une bonne partie des Sénégalais, particulièrement les acteurs du secteur et la société civile qui ont entamé la réflexion au début des années 2000.

 

La Commission pour la Carte nationale
de presse sera installée

Le ministre de la Communication a annoncé, hier, que la Commission de la Carte nationale de presse sera bientôt installée conformément au Code de la presse. Cette instance aura à sa tête un professionnel des médias, fera également office de commission de validation des acquis de l’expérience.

« N’importe qui ne peut plus exercer la profession et disposer de la Carte nationale de presse (Cnp) sans être diplômé d’une école de journalisme reconnue par l’Etat. Evidemment, pour ceux qui sont dans la profession et qui ne sont pas passés par une école de journalisme, mais disposant de compétences académiques avérées, peuvent bénéficier d’un statut de journaliste, en passant obligatoirement devant la Commission de validation des acquis de l’expérience conformément au Code de la presse », note-t-il.  

 

Financement des entreprises de presse

D’autre part, il y a la mise en place du Fonds d’appui et de développement de la presse (Fadp) et l’inscription de nouvelles dispositions, notamment la publicité. Selon le ministre de la Communication, le Fadp vise à soutenir des entreprises de presse publique et privée concernant leurs projets de développement ou de modernisation et les aider à créer et consolider les emplois. « Il va contribuer au bon fonctionnement des organes d’autorégulation et interviendra dans la formation continue des journalistes et techniciens de la communication », souligne-t-il. Quant à la publicité, principale source de financement des entreprises de presse, le processus d’élaboration d’une nouvelle loi pour le secteur est lancé, avec le choix d’un expert chargé de faire l’état des lieux. Abdoulaye Baldé évoque qu’un comité de rédaction sera ensuite mis en place avec comme objectif, la proposition d’un avant-projet avant la fin de l’année. « Le futur texte législatif va assainir et mieux encadrer le secteur qui est régi par la même loi depuis 35 ans », ajoute-t-il.

 


Liberté et pluralisme médiatique

Selon Abdoulaye Baldé, « la liberté de la presse et le pluralisme médiatique sont consacrés par la Constitution du Sénégal qui permet à tous citoyens de créer un journal, de l’animer et de participer à la vie publique sans avoir besoin d’une autorisation préalable ». Cette volonté politique relative à la liberté de profession de journaliste au Sénégal est traduite par un paysage médiatique très varié avec l’existence, sur l’ensemble du territoire national, de près de 300 organes d’information, à savoir journaux, radios, télévisions, ainsi que des sites d’informations en ligne.

M. Baldé indique que « la liberté de la presse, aujourd’hui au Sénégal, n’est plus attaquée par les dictatures notoires » et se permet de jeter un regard sur certains pays qui font partie des plus grandes démocraties du monde où elle est malmenée. « Heureux, au Sénégal, nous sommes loin d’un tel sombre tableau. Nous sommes aujourd’hui fiers d’affirmer que les journalistes sénégalais et étrangers qui exercent leur métier sur notre sol sont libres d’exercer leur profession sans restriction aucune. Aucun journaliste n’a perdu la vie, ni n’a été incarcéré dans l’exercice de ses fonctions, à savoir sa mission d’informer, malgré parfois les dérives que nous constatons et regrettons dans certains médias », se réjouit-il.

Cheikh Malick COLY

 

Le président de la République a procédé, hier, à l’ouverture de la 13ème édition de la Biennale de l’art africain contemporain (Dak’Art). Macky Sall a annoncé l’augmentation de la subvention de l’Etat allouée à cette manifestation qui passe de 500 millions à 1 milliard de FCfa.

La 13ème édition de la Biennale de l’art africain contemporain (Dak’Art) s’est ouverte, hier, dans une ambiance particulière. Joie, ferveur et liesse ont rythmé la cérémonie de lancement de cette grande manifestation dédiée à la créativité du continent. Dans une salle comble du Grand Théâtral national où le président de la République a donné le coup d’envoi des  activités, c’est  l’essentiel du gratin de la création contemporaine continentale qui a répondu présent à ce banquet des arts africains. Depuis sa création en 1991, la Biennale de Dakar a fini de s’affirmer comme le rendez-vous essentiel de l’art africain contemporain et au-delà. C’est sans doute ce qu’a compris le président

Macky Sall qui a décidé d’augmenter le concours du gouvernement du Sénégal à hauteur de 1 milliard de FCfa, soit 500 millions de FCfa par an. Par ce geste, le chef de l’Etat, dans sa vision de faire de la culture un levier de croissance économique, a fait passer la subvention qui était de 500 millions de FCfa, du simple au double.

« Je saisis cette occasion pour réaffirmer mon ambition d’appuyer la force contributive de la biennale pour le rayonnement de l’art africain contemporain à travers notamment la hausse de la dotation budgétaire allouée à ce rendez-vous culturel phare. Je décide de porter la subvention non pas de 500 millions de FCfa à chaque biennale, mais de 500 millions de FCfa par an, ce qui fait un milliard », a déclaré le président de la République. Selon lui, le gouvernement mettra tout en œuvre afin que l’art, au-delà des aspects récréatifs et identitaires qu’il porte, contribue davantage au développement économique de nos pays.

L’édition 2018 du « Dak’Art » porte sur le thème : « L’Heure rouge » qui est une expression empruntée au poète Aimé Césaire pour sa pièce : « Et les chiens se taisaient ». Ce thème de la biennale de cette année symbolise l’émancipation, la liberté et la responsabilité. Cette année, le Rwanda et la Tunisie sont les pays invités d’honneur de la Biennale. Le chef de l’Etat n’a pas manqué de saluer les artistes de ces deux pays « avec qui nous partageons l’idéal panafricain de pays de liberté, de solidarité : valeurs fondamentales dont l’art demeure un puissant levier d’expression ».  

Renforcer le financement de la culture

Au moment où l’art contemporain connaît une nette croissance à travers le monde, le président de la République, Macky Sall, a relevé la nécessité de respecter un certain nombre d’exigences dont le renforcement de la formation et le financement de la culture pour l’émergence d’un marché intérieur de l’art.

Cette 13ème édition de la Biennale de l’art africain contemporain s’inscrit, d’après le président Macky Sall, dans un contexte marqué par la prééminence de l’économie de la culture où les produits culturels génèrent de plus en plus de richesses. Le tout avec un marché de l’art contemporain qui connaît une formidable croissance. Même si, a-t-il soutenu, la place de l’Afrique demeure encore « très faible », la visibilité de la création africaine s’est améliorée au regard des indicateurs comme le chiffre d’affaires, le prix moyen d’une œuvre, le nombre d’expositions et le niveau de reconnaissance.

« En dépit de nos faiblesses liées surtout à l’étroitesse du marché intérieur, les œuvres de nos artistes intéressent de plus en plus les collectionneurs d’art. Parallèlement, des musées, des maisons de vente, des expositions d’envergure, des ventes spécialisées s’organisent de plus en plus dans ce secteur… », a dit le chef de l’Etat. A son avis, l’émergence d’un marché intérieur pour l’art et son rayonnement sur le plan international sont liés au respect de quatre exigences. Il s’agit d’abord, pour le président Sall, de la nécessité du financement de la culture.

« De longs mécanismes de financements traditionnels sont saturés ou devenus obsolètes. Le colloque ministériel qui a inscrit cette question dans son ordre du jour devrait nous permettre de réfléchir sur de nouveaux instruments de financement tenant compte du mécénat et de la fiscalité des entreprises », a-t-il souligné. Le président de la République a même promis de convaincre ses collègues africains de participer au financement de la culture : « Je me ferai le plaisir d’être l’avocat de la Biennale auprès de mes collègues de l’Union africaine afin que notre organisation commune, à travers les gouvernements des Etats, puisse participer au financement de la culture en Afrique et de la Biennale ».

L’autre exigence à laquelle doit répondre le marché intérieur l’art constitue la formation qui s’avère cruciale. « Parmi les 100 artistes africains qui ont enregistré le plus grand nombre d’œuvres vendues, 62 sont passés par les écoles des arts… », a informé Macky Sall, citant le rapport 2015 de « Africa Art Market report ».  
En effet, cette formation, a-t-il avancé, doit s’inscrire dans une approche chaine, en prenant en compte tous les métiers. C’est d’ailleurs, toute la portée de la future Ecole des arts et des métiers de Diamniadio.


Rapport sur l’exécution de la «Loi de 1%»

Le président de la République a répondu favorablement au plaidoyer du président du Comité d’orientation de la Biennale, Baïdy Agne qui souhaite l’application rigoureuse de la « Loi de 1% » du budget destiné à l’achat d’œuvres d’art pour l’embellissement des bâtiments publics ou établissements recevant du public. « Je demande au Premier ministre de dresser dans les meilleurs délais un rapport sur l’état d’exécution de cette importante mesure », a dit Macky Sall.

Le chef de l’Etat a invité son ministre de la Culture à poursuivre le projet de mise en œuvre intégrale du programme spécial d’acquisition par l’Etat et ses démembrements des œuvres artistiques.
« Il s’agit d’appliquer simplement la loi dite « Loi de 1% » faisant obligation d’intégrer un programme de décoration artistique dans tout projet de construction et d’équipement d’un bâtiment public ou d’un établissement recevant du public d’un coût prévisionnel de plus de 20 millions de FCfa.

Le Grand Prix décerné à Laeila Adjovi

Comme à chaque édition, l’ouverture du Dak’Art a été une occasion de décerner des  prix à des artistes  talentueux et méritants. Ces distinctions au nombre de quatre ont été remises hier, aux lauréats. Il s’agit  du « Grand Prix Léopold Sédar Senghor » du président de la République, d’une valeur de 20 millions de FCfa, décerné à l’artiste béninoise Laeila  Adjovi. Le Prix spécial Uemoa, d’un montant de 5 millions de FCfa a été décerné à l’artiste ivoirien Franck Fanny Aboubacar. Quant au Prix de la Diversité de l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif), il revient au Marocain Souad Lahlou, pour un montant global de 15.000 euros (5.000 euros en espèces et 10.000 en résidence d’artistes).

Le prix de la Révélation du ministère de la Culture a été décerné au Nigérian Tejuoso Olanrewaue.

Prise en charge des
entreprises et des industries créatives

L’autre point qui paraît important aux yeux du chef de l’Etat, est la prise en charge, de manière plus affirmée, des entreprises et des industries créatives. D’où tout le sens, a-t-il ajouté, de soutenir les initiatives des partenaires au développement comme l’Oif et l’Uemoa.

« La présence de nos artistes dans les grands circuits commerciaux méritent d’être renforcée. Le soutien aux galeries doit retenir l’attention afin de les aider à mieux assumer leur mission », a dit le président de la République. Non sans faire part de son souhait de voir la Biennale relever le défi de la participation des grands marchands d’art et celle des plus grandes galeries du monde intéressées par l’art contemporain africain. Enfin, pense-t-il, la prise en compte du droit d’auteur représente une dernière exigence de ce marché intérieur de l’art. Macky Sall a encouragé les efforts du gouvernement du Sénégal à créer un environnement juridique favorable à l’épanouissement de l’économie créative.

« Le défi majeur est de valoriser nos ressources créatives. Situons-nous alors dans le temps de l’action en apportant des réponses innovantes aux exigences évoquées plus haut. C’est la meilleure voie pour renforcer l’écosystème des arts visuels. La Biennale constitue un levier essentiel pour relever ces nouveaux défis », a-t-il précisé.  

Par Ibrahima BA, Maguette Guèye DIEDHIOU (textes)
et Pape SEYDI (photos)

L’artiste plasticien Cheikh Diagne expose une trentaine de ses œuvres dans le cadre des « Off » de la Biennale de l’art africain contemporain. Le vernissage est prévu, ce vendredi 4 mai, au club Jet Café Beach sis sur la route des Almadies.

Fidèle à ce grand rendez-vous du Dak’Art, l’artiste peintre sénégalais Cheikh Diagne, établi en Allemagne, donne l’opportunité aux amateurs d’art de découvrir, à nouveau, ses tableaux nés de techniques diverses. Une trentaine d’entre eux seront visibles, du 3 au 20 mai, au club Jet Café Beach, sur la route des Almadies.  
L’exposition organisée en collaboration avec la « Gallerie Dakart’ Events » s’inscrit dans le cadre des « Off » de la Biennale.

Très sensible à l’évolution du monde, l’artiste plasticien dit aborder, à travers ses œuvres, des thèmes universels. « Dans certains de mes tableaux, on retrouve le sens de l’humaniste, de l’universalité. Dans d’autres, je parle  de dialogue, de religion, de l’énergie solaire; je suis un fervent défenseur de l’environnement », dit-il. De ces thèmes, sortent des tableaux aux couleurs intenses et multiples accompagnées de signaux et de caractères spéciaux propres à l’artiste.

Outre cette exposition, Cheikh Diagne participe à l’exposition photographique de la Fédération africaine de l’art photographique (Faap) au centre culturel Daniel Brottier. Il est parmi les artistes invités de « Bind images contemporaines ».

Maguette Guèye DIEDHIOU

 

Le Sénégal accueille, depuis le 29 avril dernier, le troisième Sommet africain de l’Internet (Ais). Prévue jusqu’au 11 mai, cette rencontre internationale permet de se pencher sur les problématiques de gouvernance de l’Internet liée à la spécificité africaine.

Evénement phare qui regroupe les organisations s’occupant de la gouvernance et de la coordination de l’Internet, le Sommet africain de l’Internet (Ais) qui a débuté à Dakar depuis le 29 avril dernier représente la rencontre multipartite la plus importante combinant conférences, formations et réseautage sur le sujet du développement de l’Internet dans la région africaine. Ce sommet annuel fait rencontrer les experts africains et internationaux du secteur des nouvelles technologies de l’information et de la communications ainsi que les utilisateurs des services internet. L’Ais est également une plate-forme internationale privilégiée pour la promotion des produits et services des technologies de l’information et de la communication en Afrique.

Pour Cherif Diallo, directeur des Technologies de l’information et de la communication, le Sénégal est réellement engagé pour renforcer l’utilisation des services de l’information et de la communication et de l’Internet afin d’occuper une place de leadership en Afrique. Ce sommet permet d’arriver à un fort niveau de renforcement  des capacités des ingénieurs et techniciens africains de l’administration et du privé. Depuis l’ouverture, beaucoup de formation sont faites dans le but d’œuvrer pour le renforcement des capacités des acteurs africains en général et sénégalais en particulier. « L’Internet est un domaine qui évolue très vite. La mise à jour des compétences est une nécessité », a-t-il relevé. Quelque 170 participants ont été répertoriés dans les différentes formations. Le Sénégal compte 70 techniciens et ingénieurs pris en charge dans les différentes sessions de formation. Ces formations touchent divers aspects de l’Internet dont les infrastructures, le routage avancé, la cyber-sécurité et les services internet évolutifs. « Ces sessions de formation permettent à l’ensemble des participants d’accroître leurs compétences et de booster l’investissement au sein des entreprises », a indiqué Chérif Diallo pour qui les technologies de l’information et de la communication constituent un outil fondamental qu’il faut mettre à la disposition de l’ensemble des citoyens. Au regard de l’importance de l’Internet et des services de l’information et de la communication, l’Ais 2018 devra permettre d’arriver à des efforts mutuels pour le renforcement des infrastructures dans toute la région et de maintenir le trafic et les contenus au niveau local afin de réduire les coûts d’accès. Mais également d’élaborer de nouvelles stratégies pour rendre Internet accessible à ceux qui n’y ont pas encore accès. Toutefois, un meilleur « accès à Internet implique un investissement accru dans les infrastructures essentielles ». Un domaine dans lequel les décideurs africains sont attendus.

Ibrahima BA

 

Après l’adoption du Code de la presse – dont les décrets d’application seront finalisés d’ici à juin et promulgués dans la foulée – l’Etat précise son plan de redressement de la presse publique.

Comme partout ailleurs, la presse sénégalaise traverse une conjoncture économique difficile. Les médias de service public n’échappent point à cette ambiance morose. L’Agence de presse sénégalaise (Aps), qui est confrontée à « des contraintes d’ordre financier, humain et matériel » illustre parfaitement cette situation. Le ministre de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique, a donné, vendredi dernier, les contours du plan de l’Etat pour soutenir la presse. Abdoulaye Baldé, qui présidait la revue annuelle conjointe de son département, a annoncé que l’Aps sera « modernisée », avec la mise en place d’un plan stratégique de développement et d’un contrat de performance ainsi qu’un changement de statut. Cette mutation institutionnelle va s’accompagner d’un « renforcement des ressources financières, humaines et matérielles ».

En ce qui concerne « Le Soleil », si la tutelle se félicite de la finalisation du Plan stratégique de développement (2018-2022), ainsi que la signature d’un contrat de performance avec le gouvernement, elle pointe, là aussi, des « difficultés » d’ordre financier. C’est pourquoi, elle recommande la mise en place d’une plateforme (un kiosque numérique) permettant la vente des journaux et des magazines du «Soleil» ainsi que la mise en place d’une plateforme de vente de la publicité. C’est dans ce cadre qu’est prévue la signature d’un partenariat entre La Poste et « Le Soleil ». Plus globalement, la tutelle promet de travailler au renforcement de la viabilité des entreprises publiques de médias grâce à l’instauration de redevances sur l’électricité et la téléphonie. Il est aussi prévu la mise en place d’un Fonds d’appui et de développement de la presse (Fadp) conformément aux dispositions du Code de la presse. Pour la Rts, il est prévu la création de deux stations régionales à Kédougou et Kaffrine, sans oublier l’implantation de la Tv zonale Rts5 Matam, ainsi que la mise à niveau du personnel avec l’avènement de la Télévision numérique terrestre (Tnt). Enfin, un projet de Code de la publicité est dans le pipeline avec comme ambition de créer les conditions d’une stabilité économique du secteur de la presse.

 

Un niveau de réalisation «satisfaisant»

La revue annuelle conjointe du ministère de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique a permis de constater un niveau de réalisation « globalement satisfaisant ». Mais les défis restent nombreux, admet Abdoulaye Baldé.

Entre autres réalisations phares de son département, en 2017, le ministre cite la Stratégie Sénégal numérique (Sn2025), notamment la rédaction du projet du Code de communication électronique, qui va remplacer le Code des télécommunications ; l’élaboration d’une Stratégie nationale de cybersécurité (Snc2022), l’extension du réseau de La Poste, avec la création de six nouveaux bureaux dans les régions, la création d’une société nationale de télédiffusion et la mise en place du point d’échange internet du Sénégal (Senix). Il y a aussi l’extension des Centres multimédias communautaires (Cmc) qui sont passés de 36 en 2016 à 43 en 2017. Au titre de l’économie numérique, on peut citer l’attribution de licences à trois fournisseurs d’accès internet (Fai) et trois opérateurs mobiles virtuels (Mvno).

Toutefois, reconnaît M. Baldé, il reste « plusieurs défis » à relever. La restructuration de La Poste fait partie des chantiers les plus urgents. Ainsi, il est prévu la mise en place d’un système d’adressage numérique qui permettra à La Poste, dont le modèle économique est sérieusement mis à mal par le développement fulgurant des Tic, d’amorcer sa mue. Les autres chantiers concernent le démarrage (prévu en septembre) des travaux du Parc numérique de Diamniadio, l’adoption d’un Code des communications électroniques, le renforcement des systèmes d’information, la protection des enfants en ligne et des infrastructures critiques. Sur le volet économie numérique, le ministre s’engage à « accélérer » la mise en œuvre de la Stratégie Sénégal numérique dont l’ambition est d’œuvrer une « transformation digitale » de l’économie nationale, et l’accompagnement des start-ups. A ce propos, suivant les conclusions du 1er Forum du numérique, le président Macky Sall avait annoncé qu’un milliard de FCfa sera alloué aux jeunes promoteurs de start-ups.

Seydou KA



La Maison Ousmane Sow transformée en musée sera inaugurée, samedi 5 mai prochain, dans le cadre de la 13ème édition de la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar. Pour faire découvrir ce musée à ses auditeurs, Rfi sera dans la capitale sénégalaise dès le 3 mai.

Radio France internationale (Rfi) se déplace à Dakar, à partir du 3 mai, pour tourner des émissions en public. Avec l’ouverture de la Maison Ousmane Sow, Rfi va faire découvrir à ses auditeurs ce nouveau musée où seront présentées les œuvres du sculpteur surnommé « l’Auguste Rodin du Sénégal ». Aussi « Neuf vidéos 360° seront tournées par l’équipe de Rfi Labo dans la Maison Ousmane Sow avec des artistes sénégalais qui joueront de la musique, danseront, liront des textes au milieu des œuvres. Toutes ces vidéos permettront de découvrir la Maison et le lien étroit qui l’unissait à Ousmane Sow. » Cela, avec la participation de Youssou Ndour, Ismaël Lô, Elle et Elles, Daara J, Souleymane Diamanka, Fatou Diom, Cheikh Hamidou Kane, Germaine Acogny…

Les émissions « Appels sur l’actualité de Juan Gomez, « Le débat Africain » d’Alain Foka et « Vous m’en direz des nouvelles » de Jean-François Cadet seront enregistrées le 3 mai à l’Université des Savoir-Faire (Usf) - Cité Golf et, vendredi 4 mai, à l’Institut français de Dakar. Ces  émissions spéciales enregistrées en public, informe un communiqué, vont être consacrées à ce lieu qui rejoint l’inventaire des maisons d’arts légendaires à travers le monde, ainsi qu’à l’actualité politique nationale et au rap sénégalais.

Par exemple, l’émission « Appel sur l’actualité » sera consacré au bilan du Président Macky Sall avec des intervenants à l’image d’El Hadj Hamidou Kassé, ministre chargé de la Communication à la Présidence de la République du Sénégal et Babacar Gaye, porte-parole du Parti démocratique Sénégalais (Pds).

Quant à l’émission « Le débat africain », elle reviendra sur les « enjeux de la future élection sénégalaise ». Jean-François Cadet, dans son émission « Vous m’en direz des nouvelles », abordera « Le hip-hop et le rap sénégalais » avec comme invités Didier Awadi, pionnier du mouvement rap au Sénégal, Ibrahima Wane, professeur de Littérature africaine à l’Ucad, spécialiste des courants et textes musicaux africains, Amadou Fall Bâ, spécialiste de la culture urbaine sénégalaise, Nix, rappeur sénégalais.

Ibrahima BA

Plus qu’une fête, cette 26ème édition du Saint-Louis jazz a offert des instants de communion, de fusion de mélodies. Hervé Samb a gratifié le public de son jazz- sabar. L’Ivoirien Paco Sery a montré, par le rythme et l’harmonie, que c’est un choix prometteur. La Sénégalaise d’origine, Awa Ly, a entretenu la fraîcheur de cette scène mythique sur laquelle le Tunisien Dhafer Youssef a exprimé son génie. Et bien des émotions.

Même le « bonsoir » de Dhafer Youssef est enchanteur ! Sa musique est un instant de retour à soi. Elle est effusion et soupir. Silence de part et d’autre et abondance d’un point à l’autre. Elle est un mélange d’influences de tous les espaces. Le natif de Téboulba, en Tunisie, explore les merveilles de son terroir d’insouciance, l’Orient, pour entraîner le public dans les eaux douces de l’Occident et de son jazz. Le retour du virtuose du Oud sur la scène de Saint-Louis

Jazz a transporté les festivaliers qui, en extase devant tant de prouesses et de génie, ont écouté.
Et c’est important pour le « Oud hero » : « Ma musique est sincère. C’est un moment de partage. J’aime quand le public écoute, savoure dans le silence, voyage avec moi. Je l’ai senti ce soir », confie-t-il d’une voix traînante. L’assistance a fait plus que cela. Elle l’a acclamé.
Le Tunisien, un brin provocateur, restitue des vies et en construit sur scène avec, de temps en temps, quelques plongées dans les épopées mystiques. Inspiré par les rencontres, les choses banales de la vie-par tout-, Youssef rompt des harmonies pour les rétablir sans interrompre l’émerveillement. La musique de celui dont le maître est le trompettiste Miles Davis, est empreinte de spiritualité. Et de religion ? Pas si sûr malgré quelques petites satires bien amusantes. « Il y a, pense-t-il, beaucoup de choses qui ne me plaisent pas dans la religion même si j’aime ses aventures mystiques. Ma musique transcende les appartenances. L’essentiel, c’est d’être en harmonie, chacun dans la foi de ce qu’il croit pouvoir assurer son épanouissement, et cultiver la tolérance ». Son style, un croisement entre des sonorités traditionnelles et le jazz contemporain, est un éloge à cette ouverture résultant de son « long voyage ».

Electricité et éclectisme
Hervé Samb, le prodige guitariste sénégalais, « raconte » aussi ses pérégrinations avec son génie et son originalité. Son récital de dimanche entamé par « Bara Mbaye », dans la fraîcheur de Saint-Louis, sur la la scène « In » du festival, qu’il a occupée de sa dextérité, a été un grand moment de fusion.
L’auteur du disque « Téranga » cultive l’éclectisme et produit l’électricité pour donner à savourer son « jazz-sabar ». Le sabar n’y dompte pas les notes du blues. Ils s’entremêlent au grand bonheur d’un coloré public agité de frémissements. Le « dialogue » entre les baguettes du percussionniste Alioune Seck, qui a rendu un hommage rythmé à Doudou Ndiaye Rose, et les doigts de Hervé Samb témoigne de l’opportunité et de la nécessité de cette trouvaille de génie.

Et quand Souleymane Faye, à travers « Yacine Boubou » et « Saraba », et la prometteuse Maïna y posent leurs voix, le moment est magique. Ce mariage entre le jazz et le «sabar» embrasse l’éternité parce qu’il est fécond et construit un pont entre des sonorités destinées à éblouir. Hervé fait épancher sa guitare sans se laisser intimider ou distraire par la fureur du «sabar». Tout y est grâce.

Tout, dans la performance de Paco Sery, a aussi été grâce. L’expérimenté batteur et percussionniste ivoirien est un as du rythme. Il l’a montré sur la scène du Saint-Louis Jazz avec l’énergie du débutant. Il y a eu de la vie, du délire, du balafon, de la percussion… Et à la fin, le public s’est levé pour un standing ovation bien mérité. Paco Sery a donné raison, un jour après, à Hervé Samb en montrant que cette fusion entre le «sabar» et le jazz concourt à la beauté des rencontres. Il a invité le groupe Nguewel de Saint-Louis composé de batteurs de tam-tams et de danseuses pour illustrer la divine alchimie à sa manière.

Awa Ly l’avait précédé sur scène pour donner à savourer sa voix jazzy et sa grâce rendue plus éclatante par une lumière complice. Elle est à la charnière des mélodies d’ailleurs et d’un quelque part à imaginer, à découvrir. La chanteuse d’origine sénégalaise vivant en Italie, « un peu tendue » pour reprendre ses mots, partage la synthèse de ce qu’elle écoute pour explorer les merveilles du jazz, du blues, du pop. L’interprète de « Here », aux pas enchanteurs, qui jouait pour la première fois sur cette scène, a conquis le public en reprenant les titres de son album « Five and a feather ».
Les prouesses de ces génies auraient été davantage mises en lumières si les ennuis techniques avaient été évités lors de ce festival au parfum élitiste. L’enthousiasme des Saint-Louisiens n’a pas été des plus débordants.

Bilan satisfaisant, selon les organisteurs
Le président de l’association Saint-Louis/Jazz, Me Ibrahima Diop, le directeur de la Communication de la Bicis, Malick Magueye Diaw, représentant son Directeur général, ont tiré un bilan satisfaisant de la 26ème édition du Festival de jazz de Saint-Louis, malgré quelques difficultés notées dans l’organisation. Comme convenu, cette édition du festival s’est déroulée dans de bonnes conditions.

Ibrahima Diop, président de l’Association Saint-Louis Jazz, a émis encore le souhait de voir cette association se muer en Fondation d’utilité publique. Selon Me Diop, ce statut présente de nombreux avantages par rapport à la fiscalité, à la Douane, à l’intervention de l’Etat par l’entremise des ministères de la Culture, de l’Economie et des Finances, « en ce sens qu’il favorise la double tutelle et qu’il assure l’organisation de ce festival ». Me Ibrahima Diop a rendu un vibrant hommage au partenaire stratégique de ce festival international de jazz de Saint-Louis, notamment la Bicis, pour sa contribution financière très importante qu’elle ne cesse d’apporter à l’organisation de cet événement culturel et annuel de grande envergure, qui draine chaque année, vers Saint-Louis, des milliers de festivaliers, de touristes, de visiteurs et autres mélomanes qui viennent des pays européens, africains, asiatiques et américains.
Il a confondu dans ces mêmes remerciements le chef de l’Etat et la municipalité de Saint-Louis qui, chaque année, mettent tout en œuvre pour contribuer financièrement à l’organisation de ce festival.
Cependant, Me Ibrahima Diop a souhaité que ces contributions financières puissent désormais parvenir au moment opportun aux responsables de l’association Saint-Louis/Jazz, afin de leur permettre de résoudre des problèmes financiers bien avant le démarrage de ce festival.

Projet Saint-Louis/Jazz
Parlant de la programmation artistique, il a précisé que la seule fausse note est liée à l’absence de Rhoda Scott, organiste et chanteuse de jazz américaine. A en croire Me Diop, elle n’a pas pu venir à Saint-Louis car il était impossible de lui trouver l’instrument de musique « Orgue Hammond B3 » dont elle avait besoin pour se produire sur la scène du «In».
Le responsable de la programmation artistique, Mame Biram Seck, semble confirmer ces propos en précisant que son cachet et les billets d’avion pour le déplacement de son groupe ont été entièrement payés, « et même les détails bancaires ont été réglés. La seule chose qui posait problème était la mise en place de cet instrument de musique ».

Le coordonnateur du Projet Saint-Louis/Jazz, Ibrahima Touré, a expliqué à l’assistance les enjeux et les perspectives mis en place en 2016 et qui permet de réfléchir sur les voies et moyens à mettre en œuvre pour professionnaliser davantage l’organisation de ce festival. En effet, un groupe d’experts, d’entrepreneurs nationaux et de décideurs réputés, acteurs de la société civile sénégalaise, amoureux de la vieille ville de Saint-Louis et  convaincus de l’utilité économique, sociale et culturelle du festival, regroupés au sein du « Cercle des amis de Saint-Louis Jazz », s’était engagé spontanément à apporter à l’Association Saint-Louis/Jazz son appui bénévole pour restructurer son projet et mettre en œuvre une nouvelle stratégie de développement et de consolidation dénommée « Projet Saint-Louis Jazz ».
Ce point de presse s’est tenu en présence de Mme Mathilde Favre, chargée de mission/jazz de la Fondation Bnp/Paribas, du célèbre koriste sénégalais Ablaye Cissoko, de Fara Tall, vice-président de l’Association Saint-Louis/Jazz et Alex Tendeng, responsable de la communication.

Mbagnick Kharachi DIAGNE

Escale du «Pavillon de l’Exil 03»


L’institut français de Saint-Louis a accueilli l’exposition « Pavillon de l’exil 03 » avec plus d’une vingtaine d’artistes y ont participé. Après des escales à Paris et Marseille, et sa présentation à l’Institut français de Tanger, et à la Biennale de Venise, Le «Pavillon de l’Exil» s’installe à Saint-Louis du 28 avril au 3 juillet prochain. Avec près de 20 artistes internationaux, cette étape du Pavillon déploie une quarantaine d’œuvres de toutes expressions autour des questions liées à l’exil, le déplacement, la situation des exilés, l’histoire de l’exil et des diasporas entre autres. Ce concept est imaginé par l’artiste marocain Mounir Fatmi, co-commissaire, avec Marie Deparis-Yafil. Pour Mounir, « de cette nécessité, de cette urgence permanente de penser l’exil, est né le projet, qui est itinérant, proposant une cartographie parallèle, une géographie libre d’expositions temporaires, sous la forme d’escales dans différents pays. L’ambassadeur de France Christophe Bigot et le ministre maire de la ville, Mansour Faye, ont présidé le vernissage.

La Pna offre des médicaments aux handicapés

Comme chaque année, la Pharmacie nationale d’approvisionnement (Pna) a organisé une cérémonie de don de médicaments au profit des couches vulnérables. Cette fois-ci, l’association des personnes vivant avec un handicap a été bénéficiaire. En effet, pour le responsable local de cette structure, le Dr Waly Diouf, « l’amélioration des conditions de vie des personnes vivant avec un handicap est une vive préoccupation des organisateurs du Festival de jazz de Saint-Louis et de la Pna ». Ce dernier a aussi assuré que ce partenariat sera davantage renforcé.

Eiffage Sénégal satisfait
de sa participation

Lors d’un entretien avec la presse, Mme Yacine Fall, chargée de communication de Eiffage Sénégal, s’est réjouie du déroulement du festival et de la participation de sa structure.
Elle a, en outre, salué cette grande rencontre, qui draine beaucoup de monde et qui, au fil des ans, est devenue une rencontre importante dans le calendrier culturel africain, et même au-delà. Mme Fall est aussi revenue sur la relation entre Eiffage Sénégal et la ville de Saint-Louis, faite de compagnonnage dans les domaines culturel, social, de la Rse, entre autres.
A Saint-Louis, souligne la responsable de Eiffage-Sénégal, «nous sommes venus pour participer au festival en prélude à la Biennale de Dakar. Cette année, nous allons rendre un hommage appuyé à l’artiste Ousmane Sow ». Pour Mme Fall, cette collaboration avec le festival ira crescendo.

Alassane Aliou MBAYE et Sarakh DIOP (photos) et Amadou M. NDAW

 

Une exposition collective de photographies se tiendra, du 3 au 15 mai, au Centre culturel « Le Château », à Saint-Louis. Une activité prévue dans le cadre de la Biennale Dak’Art, fruit d’une collaboration entre le Programme Acerca de la Coopération espagnole et l’Association Diagn’art pour la cession de l’espace du Centre culturel « Le Château ».
Dans cette exposition, « La quête de l’identité, autant individuelle que collective », est à la base de plusieurs projets abordés par les photographes dont le regard se tourne vers ce passé présent. Eux tous réclament un rôle actif de l’art dans la construction d’un avenir meilleur. Ces artistes sont, entre autres, Haïdar Chams, Assane Sow, photographe-reporter, acteur-spectateur aux cérémonies religieuses et aux rituels dont les chants, danses et prières mobilisent des centaines d’initiés, comme il le montre dans son projet sur les Baye Fall ; Lamine Dième, Ndeye Fatou Thiam, plus connue sous le nom de Ina, ainsi que Abdoulaye Touré, Ndèye Astou Bèye (Bey-A) et Khalifa Hussein qui, dans son projet « Supertopia », exprime les interrogations du futur d’un effet surréaliste en laissant ses personnages en lévitation.

La Maison Ousmane Sow transformée en musée sera inaugurée, samedi 5 mai prochain, dans le cadre de la 13ème édition de la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar. Pour faire découvrir ce musée à ses auditeurs, Rfi sera dans la capitale sénégalaise dès le 3 mai.

Radio France internationale (Rfi) se déplace à Dakar, à partir du 3 mai, pour tourner des émissions en public. Avec l’ouverture de la Maison Ousmane Sow, Rfi va faire découvrir à ses auditeurs ce nouveau musée où seront présentées les œuvres du sculpteur surnommé « l’Auguste Rodin du Sénégal ». Aussi « Neuf vidéos 360° seront tournées par l’équipe de Rfi Labo dans la Maison Ousmane Sow avec des artistes sénégalais qui joueront de la musique, danseront, liront des textes au milieu des œuvres. Toutes ces vidéos permettront de découvrir la Maison et le lien étroit qui l’unissait à Ousmane Sow. » Cela, avec la participation de Youssou Ndour, Ismaël Lô, Elle et Elles, Daara J, Souleymane Diamanka, Fatou Diom, Cheikh Hamidou Kane, Germaine Acogny…

Les émissions « Appels sur l’actualité de Juan Gomez, « Le débat Africain » d’Alain Foka et « Vous m’en direz des nouvelles » de Jean-François Cadet seront enregistrées le 3 mai à l’Université des Savoir-Faire (Usf) - Cité Golf et, vendredi 4 mai, à l’Institut français de Dakar. Ces  émissions spéciales enregistrées en public, informe un communiqué, vont être consacrées à ce lieu qui rejoint l’inventaire des maisons d’arts légendaires à travers le monde, ainsi qu’à l’actualité politique nationale et au rap sénégalais.

Par exemple, l’émission « Appel sur l’actualité » sera consacré au bilan du Président Macky Sall avec des intervenants à l’image d’El Hadj Hamidou Kassé, ministre chargé de la Communication à la Présidence de la République du Sénégal et Babacar Gaye, porte-parole du Parti démocratique Sénégalais (Pds).
Quant à l’émission « Le débat africain », elle reviendra sur les « enjeux de la future élection sénégalaise ». Jean-François Cadet, dans son émission « Vous m’en direz des nouvelles », abordera « Le hip-hop et le rap sénégalais » avec comme invités Didier Awadi, pionnier du mouvement rap au Sénégal, Ibrahima Wane, professeur de Littérature africaine à l’Ucad, spécialiste des courants et textes musicaux africains, Amadou Fall Bâ, spécialiste de la culture urbaine sénégalaise, Nix, rappeur sénégalais.

Ibrahima BA

 

Le président de la République s’est rendu, samedi, à l’Hôpital Principal de Dakar, à la levée du corps du musicien Habib Faye, décédé mercredi dernier. Macky Sall y a présenté les condoléances « au nom de la Nation sénégalaise toute entière » à la Famille du défunt guitariste. Selon le chef de l’Etat, Habib Faye était un architecte de la musique dont l’œuvre doit être perpétuée.

Ce samedi, l’ensemble de la communauté artistique s’était donné rendez-vous à la morgue de l’Hôpital Principal de Dakar pour rendre un dernier hommage au musicien Habib Faye, bassiste du Super Etoile, décédé mercredi dernier, à Paris, à l’âge de 53 ans. Le président de la République, Macky Sall, a rehaussé aussi de sa présence cette levée du corps, pour rendre un hommage à Habib Faye qui fut, selon lui, « un patrimoine de notre culture que nous devons honorer et dont l’œuvre doit être perpétuée par nos jeunes talents ». Le chef de l’Etat était  accompagné du Premier ministre, Mahammed Abdallah Dionne, du ministre de la Culture, Abdou Latif Coulibaly, du ministre du Renouveau urbain, Diène Farba Sarr, du ministre d’Etat, Mbaye Ndiaye, du secrétaire général du gouvernement, Seydou Gueye, entre autres.

A la famille et à la veuve du musicien, Macky Sall a confié : « Je sais que vous éprouvez la douleur de la perte d’un membre éminent de votre famille, mais je peux vous dire également que le Sénégal vient de perdre un grand fils, une vitrine internationale ; l’Afrique aussi pleure la disparition de Habib Faye. Je voudrais, en cet instant solennel et particulier, et au nom de la Nation sénégalaise toute entière, présenter nos condoléances attristées ».
Le Président considère la disparition de Habib Faye comme « une immense perte, d’un homme réputé pour sa discrétion » et décrit par ses proches comme « généreux avec une discipline sans égale, une exigence dans sa quête constante de perfection ». « Il est parti avec dignité, en silence, comme pour nous épargner la souffrance de sa disparition », a dit le chef de l’Etat.  

Geste symbolique
Ce dernier a aussi apprécié le talent de l’artiste qui repose désormais au cimetière de Yoff, à Dakar. « Pour un néophyte comme moi, j’ai apprécié son talent le long de son compagnonnage avec Youssou Ndour... Sa musique nous touchait tous parce qu’elle partait toujours de ce que nous sommes, de ce que nous sentons pour nous entraîner vers des rythmes et des mélodies bien loin de notre quotidien. La musique de feu Habib Faye était authentiquement d’ici avant d’aller vers l’universel », se rappelle Macky Sall.

Le chef de l’Etat estime que la contribution de Habib Faye est reconnue comme décisive dans l’œuvre de modernisation de notre création musicale depuis les années 1980 grâce, en particulier, à Youssou Ndour et de grands musiciens comme Ismaël Lô, Oumar Pène, Idrissa Diop et tant d’autres. Saluant aussi la sincérité de l’amitié qu’il y a eue entre Youssou Ndour et le défunt, le président de la République souligne qu’Habib Faye a continué « à élargir nos perspectives culturelles et musicales au-delà de nos frontières par des collaborations significatives avec les plus grands noms de l’élite musicale internationale ».  
Auparavant, très touchée par la présence du chef de l’Etat, Me Aïssata Tall Sall, parlant au nom de la famille de la veuve de Habib Faye, a remercié le président de la République « pour ce geste hautement symbolique », en venant avec l’ensemble de son gouvernement s’incliner devant la dépouille « de notre cher frère et beau-frère ».

« Cela nous touche énormément », confesse Me Tall Sall. Cette dernière a aussi présenté « les hommages les plus déférents » au président Macky Sall et à Youssou Ndour pour la grande générosité dont ils ont fait preuve.
Même avis chez le musicien Vieux Mac Faye, grand-frère du défunt qui a remercié le chef de l’Etat pour son déplacement, une reconnaissance de toute la Nation. Il a apprécié la mobilisation des familles artistique et adoptive d’Habib, « incarnée par Youssou Ndour qui l’a éduqué et tout enseigné ».
 

Le père de Youssou Ndour, El Hadj Elimane Ndour, est revenu aussi sur le compagnonnage entre Habib Faye, un « grand travailleur », et son fils. La famille de Feu Serigne Saliou Mbacké est venue aussi prier pour le défunt qui fut leur disciple mouride.   

SODA MAMA FALL, CHANTEUSE
«Les artistes touchés par cette marque de reconnaissance»

«C’est une reconnaissance pour lui et pour tous les artistes d’avoir une levée du corps présidée par le chef de l’Etat. Tous les artistes sont très touchés par cette marque de reconnaissance du président de la République, Macky Sall. Nous sommes très contents aussi de l’attitude de Youssou Ndour qui a démontré que l’amitié est très importante dans notre pays. La solidarité est aussi importante pour notre société et nous pouvons en être fiers.»                               

Oumar KANDE

Réactions

IDRISSA DIOP, CHANTEUR
«C’était un alchimiste
de la musique»
«Habib était un grand bonhomme. Pour résumer ce que je sais de lui, c’était un génie des temps modernes, un alchimiste de la musique. Il mettait la technique au service de l’émotion. Tout ce qu’il sortait en musique, c’était quelque chose de vérifiable, d’exact. Il me disait souvent qu’il faut qu’on arrête de prendre la musique à la légère car c’est une science exacte. Pour lui, il faut apprendre la musique, donner du cœur et du temps à cette musique, donner un sens à la musique. C’était  un homme exceptionnel».

ISMAILA LO, CHANTEUR
«Habib faisait partie des plus
talentueux bassistes»
«Nous avons perdu quelqu’un de généreux, un homme courtois, discret. Il avait beaucoup de talent et était très pieux. C’était un petit frère à moi car en passant par Adama Faye avec qui j’ai eu à partager des moments au Super Diamono, Vieux Mac Faye et Lamine Faye, je fais partie de cette famille. Habib faisait partie de la génération des plus talentueux bassistes dans le monde, sa dimension a dépassé nos frontières. Que le bon Dieu l’accueille dans son paradis. Le geste du Président qui est le protecteur des Arts et des Lettres est à saluer aussi. Cela ne peut que le grandir et grandir la culture. C’est un geste fort et symbolique et nous lui disons merci».

COUMBA GAWLO SECK, CHANTEUSE
«Je retiens de Habib le talent,
la générosité…»
«Nous vivons aujourd’hui de grands moments d’émotion. C’est une grande tristesse qui m’envahit parce qu’un des nôtres est parti à jamais. Le talent est parti ; la générosité, la discrétion et le partage sont les souvenirs que je retiens de Habib, ce grand musicien avec qui j’ai partagé de grands moments de musique et de rigolade. Il m’a beaucoup aidé dans la composition de mon produit Pata Pata».

ALIOUNE MBAYE DER, CHANTEUR
«Le nom du groupe Setsima s’inspire d’un tube de Habib»
«Habib était un ami, un frère. Tout le monde sait que je suis du « Lemzo Diamano » depuis les années 1990-1991 ; nous avons eu un vécu, Lamine Faye, Habib Faye et moi. Même le nom de mon groupe, le « Setsima », c’est par rapport un tube qu’Habib avait réalisé (Setsima) ; le nom est venu de là. C’est un grand-frère et cette perte nous fait très mal. Il m’a beaucoup aidé tout au long de ma carrière».

PAPE DEMBEL DIOP, BASSISTE
«C’était un très grand
professionnel»
«Je retiens de lui un homme humble, d’une très grande générosité. Un très grand professionnel avec qui nous partagions beaucoup de choses, particulièrement la musique. Il était très professionnel. Il a œuvré pour le rayonnement de la musique au plan international. Nous prions pour le repos de son âme».  

Propos recueillis par O. KANDE

 

Le ministre de la Culture Abdou Latif Coulibaly a présidé la cérémonie d’ouverture de la 26ème édition du festival international de Jazz de Saint-Louis, en compagnie du maire de Saint-Louis Mansour Faye, en charge de l’Hydraulique et de l’Assainissement. Une occasion pour Abdou Latif Coulibaly de dire la disponibilité de l’Etat à appuyer cette manifestation, inscrite dans l’agenda culturel africain, et même au-delà.

A la Place Faidherbe, les populations s’étaient déplacées moyennement, pour participer à la cérémonie officielle, marquant l’ouverture de cette 26ème édition. Tour à tour, les officiels sont revenus sur l’importance de cette rencontre culturelle.
C’est dans ce sens que Me Ibrahima Diop, président de l’Association Saint-Louis Jazz, tout en remerciant les différents sponsors, est revenu sur l’importance de structurer davantage l’organisation de ce festival. C’est ainsi qu’il a émis le vœu de transformer « l’association en une fondation, pour davantage perfectionner l’organisation ». Dans cette même logique, le maire Mansour Faye s’est réjoui d’avoir « le ministre de la Culture Abdou Latif Coulibaly. Ce dernier rehausse de sa présence cette manifestation qui se déroule dans une ville d’histoire ». Au demeurant, le maire a évoqué la question des taxes, car pour certains, les impôts versés à la mairie grève le budget du festival. Mais, souligne Mansour Faye, « c’est une question de réglementation, et nous sommes en train de discuter de cette question, avec les organisateurs ». Également, Mansour Faye a rappelé la contribution substantielle du chef de l’Etat.

Abdou Latif Coulibaly, ministre de la Culture, s’est dit heureux de venir à Saint-Louis. Il a aussi salué les organisateurs qui « depuis 26 ans, s’échinent à mettre en place cette manifestation culturelle, considérée comme l’une des plus grandes d’Afrique ». Aussi, le ministre a avoué que son département a fait des efforts en « prenant en charge la totalité des émoluments de tous les techniciens qui s’occupent de ce matériel, et cette scène mise à la disposition du festival ». Il s’est également réjoui de la décision des responsables du festival d’en faire une fondation, pour plus de professionnalisme. C’est dans ce sens qu’Abdou Latif Coulibaly a dit la disponibilité de son département « à aider, dans cette mutation institutionnelle de ce festival ».

Khabane, Habib et Lockwood,
les absents-présents

Cette année, la mélancolie a enveloppé la Place Faidherbe, avec des hommages d’artistes de talent, qui ont marqué le festival. D’abord, Khabane Thiam, disparu dans un accident, un monsieur qui a été un des précurseurs de ce festival.
Ensuite, Habib Faye qui, à pareils moments, était à Saint-Louis pour les besoins de cette rencontre culturelle. Et Didier Lockwood, le violoniste français mort brutalement, en février dernier, alors qu’il avait déjà signé le contrat le liant à l’Association Saint-Louis Jazz. « Nous allons accueillir son groupe en compagnie de sa femme, qui sera du déplacement, afin de saluer la mémoire de cet artiste qui l’an dernier, était avec nous »,   a affirmé le président, Me Cissé.      Pour la soirée récréative, le tempo a été donné par Etienne Mbappé, le bassiste camerounais de talent et son groupe « The Prophets ». Cet artiste a roulé sa bosse un peu partout, en accompagnant des sommités comme Ray Charles ou Salif Keïta.

Ce qui lui permet de produire des mélodies d’une grande diversité. Mais, avant lui, le trio luxembourgeois Reis-Demuth-Wiltgen a offert une belle partition au public. En effet, le pianiste Michel Reis, le contrebassiste Marc Demuth et le batteur Paul Wiltgen composent ce trio. Ce sont des musiciens les plus prometteurs du Luxembourg et ont formé le Reis-Demuth Wiltgen Trio, en 1998, lorsqu’ils étaient encore au lycée.

La ferveur s’installe

La 26ème édition du Festival international de jazz insuffle une énergie à Saint-Louis. Il lui restitue son ambiance. Celle du jour est tout aussi chaleureuse malgré quelques couacs de départ.

Un « gringalet » d’une lucidité douteuse se faufile entre d’impatients curieux qui se délectent des belles promesses du soir s’accomplissant sur une scène majestueuse et emplie de rythmes. La balance est un délice même pour les sièges, percés par les rayons du soleil, qui approuvent silencieusement. A quelques encablures, c’est la fureur des tam-tams qui excitent les écoliers et attirent les regards émus d’un couple français. « Depuis quelques années, je viens, avec ma compagne, à Saint-Louis pour participer à cette fête qui met en lumière une certaine humanité au-delà des génies de la musique qu’on peut y retrouver. Le festival offre une diversité de réalités et de rythmes », confie Benoît devant son épouse qui acquiesce.

La Place de Faidherbe ne grouille pas seulement que de monde. Elle est emplie d’espoirs et de couleurs. Espoirs d’une soirée enchanteresse. Couleurs d’ici et d’ailleurs. Des badauds s’y attroupent. Des hommes d’âge mûr viennent yressasser le bon vieux temps en attendant que la nuit et les notes tombent. Ailleurs, on fait abstraction de la ferveur. L’accréditation des journalistes crée un méli-mélo devant le « fameux vieux » Johnny Bâ chargé de les leur remettre.

Quelques journalistes étrangers en sont aussi demandeurs. L’un d’eux vient pour la première fois couvrir le festival. Il en pense ceci : « le festival suscite un écho ici et dans bien des pays. Il est, pour un journaliste culturel, un grand moment à vivre et à partager même s’il y a quelques problèmes par-ci par-là ».

A la foire du festival, le flux, à une heure avancée de la journée, apporte de la vie et son lot de gémissements. Mouhamed Diédhiou occupe, avec d’autres, un stand de produits cosmétiques cédés à 250.000 FCfa. Le festival offre l’opportunité, selon lui, de « vendre et de faire connaître ses produits ». Il déplore, toutefois, quelques manquements. Sa voisine, accablée par le soleil, n’en pense pas moins. « Cette année, nous n’avons que six jours. Les clients se font désirer. Les stands ne permettent pas de se protéger du soleil et l’éclairage était insuffisant au premier jour ». Malgré quelques contrariétés, le festival déchaîne l’enthousiasme. Il imprime une énergie à la vieille ville.

Soirée Dj Mix et African dance music en «Off»

Le festival jazz de Saint-Louis sera riche en programme cette année. En plus du « In » qui se tient à la place Faidherbe, plusieurs scènes sont prévues dans toute la ville. Electrafrique, un mélange de soirée Dj Mix et African Dance Music, sera également au menu du « Off », ce samedi 28 avril, au Château, à Saint-Louis. La température va monter ce samedi, à Saint-Louis, avec la soirée Dj Mix et African Dance Music qui est au menu de la multitude de programme du « Off » du festival jazz 2018 qui a démarré ce jeudi. Ce sera une première à Saint-Louis. Les initiateurs, Akayafrica et Kaani, à travers le concept Electrafrique, ont voulu apporter une innovation majeure à travers ce spectacle et créer l’évènement. Dj Cortega et Dj Ibaaku, deux animateurs aux styles différents, seront aux manettes et vont assurer le show pour satisfaire le public. Installés derrière leurs platines, ils se relaieront toute la soirée pour transformer le Château en un véritable dance-floor. La programmation est très audacieuse et les organisateurs promettent une soirée inédite, pas comme les autres. Et il y en aura pour tous les goûts. L’entrée est gratuite jusqu’à 23 heures et payante au-delà.

S. O. FALL


Alassane Aliou MBAYE et Sarakh DIOP (envoyés spéciaux)
et Amadou Maguette NDAW

 


AVERTISSEMENT

La SSPP « Le Soleil » met en garde et interdit formellement aux responsables et gestionnaires de sites d’informations, établis au Sénégal ou ailleurs, de poster les articles publiés sur le portail Internet du « Soleil », à l’adresse www.lesoleil.sn. La SSPP « Le Soleil » ne tolérera aucune entorse à cette interdiction. Seule est permise la publication de liens directs pour rediriger l’internaute vers l’adresse www.lesoleil.sn

PARTENARIATS

Les gestionnaires de sites qui le souhaitent peuvent adresser une demande de partenariat avec la SSPP « Le Soleil » qui en définira les modalités et fixera les conditions d’utilisation des articles, photos, logos de son portail Internet. En cas de manquements, la SSPP « Le Soleil » se réserve le droit d’engager immédiatement des poursuites judiciaires envers les contrevenants, pour violation du respect des droits d’auteurs.