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Arts et Culture (1850)

Orphelin à la fin de l’adolescence, quelques années plus tard, le choix d’arrêter des études universitaires pourtant prometteuses « pour s’occuper de la maman » était une évidence. Devenu enseignant dans l’Elémentaire, Michel Mendy fait du don de soi et de l’engagement citoyen son crédo. Michel est citoyen engagé à Guédiawaye. « Citizen Michel », dirait-on de l’autre côté de l’Atlantique.

Orson Wells, le réalisateur américain, a popularisé Citizen Kane aux Etats-Unis grâce au film éponyme. Le cas de celui qu’on peut appeler « Citizen Michel » sera un jour, peut-être, mis sous l’objectif d’un cinéaste de la trempe de ceux qui devancent les livres d’histoire. En attendant, il poursuit son œuvre. Michel Mendy, à l’état civil, est coordonnateur de la société civile de la section de Guédiawaye, secrétaire général de l’association « Les vendredis du livre », moniteur éducatif, encadreur de colonie de vacances, des activités pour enfants dont les parents sont démunis et de cours de renforcement.

Instruction
Autant de casquette qui sied à la tête bien posée de Michel Mendy, jeune quadra qui a l’air d’en avoir beaucoup moins. Arrivé à Guédiawaye en 1993 en provenance de Grand Yoff, Michel y cultive un engagement citoyen depuis l’enfance. « Citizen Michel » était président de l’amicale des élèves au collège et il en était membre au Lycée de Guédiawaye. « Ce sont les sollicitations de toute part qui nous poussent vers les actions citoyennes en leur faveur. A Guédiawaye, certaines personnes n’ont pas les ressources nécessaires pour apporter des solutions aux principaux problèmes qui se posent à elles ». C’est sur ce substrat que se fonde une démarche « citoyenne et totalement désintéressée ».

« Lire, c’est boire et manger. L’esprit qui ne lit pas maigrit comme le corps qui ne mange pas », estimait Victor Hugo. C’est une conviction et pas un ennemi de la vérité pour Mamadou Camara, l’auteur de nouvelles, ainsi qu’une trentaine de personnes - dont Michel - qui se réunissent tous les vendredis après-midi au foyer de la commune d’arrondissement de Wakhinane-Nimzatt au nom officiel de centre de formation et d’animation professionnelle. C’est un club d’échanges et de lecture sur des thèmes divers avec généralement un invité central qui vient évoquer son rapport avec les livres et la lecture. « Tout est parti d’un constat : nous n’avons pas de bibliothèque dans notre ville, raconte Michel Mendy. Après avoir lancé un appel qui n’a pas trouvé d’écho favorable auprès des autorités locales, la décision a été prise de se rassembler et de collecter des livres afin de constituer une bibliothèque ». « Les vendredis du livre » existent depuis deux ans.
 
Combat
« C’est un échange d’idées autour de la littérature », résume Mamadou Camara, dont la dernière publication, « La saison des Larmes », a remporté le prix Aminata Maïga Ka en 2016. L’écrivain ne tarit pas d’éloges sur «Citizen Michel» : « Charmant et efficace, c’est un pilier des « vendredis du livre ». Son apport à la collecte de la bibliothèque - plus de 500 ouvrages désormais - a été important. ». Citoyen engagé mais également citoyen politisé à travers la société civile dont il dirige la section Guédiawaye. Une rencontre fortuite a été déterminante. C’est au détour d’une randonnée pédestre organisée avec des amis Manjacks, au nom de la paix en Casamance, que son chemin croisa celui de Birahim Seck du Forum civil. « C’est en cherchant des partenaires que je l’ai rencontré, précise «Citizen Michel». Depuis, il m’a introduit dans le créneau de la société civile ». Michel est investi dans « un combat citoyen ».

A Guédiawaye, il déplore le fait que certains citoyens ne connaissent pas l’étendue de leurs droits notamment en face de l’autorité locale. « A l’approche d’une fête, par exemple, la mairie doit sortir des aides pour les populations. C’est dans le code qui administre les collectivités locales. Pour le citoyen, cela sort de la poche du maire qu’il doit presque supplier pour en disposer alors que c’est un droit. Notre devoir en tant que société civile est de faire comprendre au citoyen que c’est un ayant droit tout simplement », souligne Michel. Mais le rôle de la société civile n’est pas d’être partisan. Donc elle ne doit être ni pour le pouvoir ni pour l’opposition mais essentiellement pour les populations. « La société civile souffre d’une image brouillée car on voit souvent des mouvements dits citoyens qui, à l’approche d’une élection, se mettent à militer pour tel parti ou tel autre », regrette-t-il. Ce qui a pour principale conséquence d’instaurer la défiance des populations. « Quand on se présente comme acteur de la société civile, on nous sort la fameuse boutade d’Abdoulaye Wade. « Vous êtes des politiciens encagoulés » ».
 
Récompense
Mais si « Citizen Michel » n’est pas politique pour autant, il n’en est pas moins mobilisateur. Les populations ont répondu favorablement à l’appel de la société civile, entre autres, sur la sensible question de la préservation de la bande des filaos. Ces arbres, implantés tout au long du littoral de Guédiawaye, sont coupés progressivement depuis plusieurs années pour faire place à un projet immobilier.

« Nous avons poussé l’autorité locale à stopper son projet immobilier et à dialoguer avec les populations », se réjouit Michel Mendy. Il y a eu d’autres fruits de l’engagement citoyen comme la prise en charge des inondations récurrentes devant le Cem Pikine-Est. « C’est en phase d’être résolu grâce à notre mobilisation collective », retient-il. Dans le tableau de chasse de l’engagement citoyen, le fleuron de l’éducation de Guédiawaye qu’est le Lycée Seydina Limamou Laye y figure en bonne place. « La mairie de Ndiarème Limamou Laye (où se trouve le l’établissement secondaire, ndlr) voulait construire des cantines tout au long des murs du Lycée.

« Nous nous sommes mobilisés pour que le lycée ne soit pas transformé en marché, raconte Michel Mendy. Avec le collectif des professeurs de Limamou Laye, le combat a été porté jusqu’aux hautes sphères de la République. Finalement, nous avons eu gain de cause puisque toutes les cantines ont été enlevées ». C’est du concret et cela se voit. « Michel est un jeune africain du Sénégal qui croit au développement par l’action. Il est très actif et a toujours le cœur de bien faire », témoigne Yoro Niang, réalisateur, entre autres, et membre des « Vendredis du livre ».

Les différents engagements du citoyen Michel et d’autres membres de la société civile ont fini par être reconnus par les populations de Guédiawaye : « C’est une ville qui n’est pas au ban de la société car il s’y trouve des ressources humaines très intéressantes. Guédiawaye est une ville d’avenir ». On peut bien le croire, notamment avec les différents projets d’embellissement et pour en faire un centre d’affaires et d’éducation.

Moussa DIOP

 

La ville de Dakar n’est peut-être pas au même chapitre d’authenticité que Toumbouctou ou Guizèh, mais il reste qu’elle présentait, à une certaine époque, un important charme architectural. Un charme particulier par son métissage culturel qui concilie, principalement, inspiration artistique sahélo-soudanaise et influence coloniale. Mais, un charme toutefois défraîchi au fil du temps avec des facteurs non anticipés et pas maîtrisés. C’est du moins l’avis de l’architecte Xavier Ricou, dans cet entretien.

D’aucuns présentent aujourd’hui Dakar comme une ville débridée avec un fort aspect rural. Ce constat est-il crédible ?
Dakar est une ville qui a été construite à l’époque coloniale pour quelques dizaines de milliers d’habitants. Ensuite, avec une explosion démographique, nous en sommes aujourd’hui à presque trois millions d’habitants. Une telle mutation ne peut pas s’opérer sans douleur. Elle génère des problèmes nouveaux qui sont très difficiles à anticiper et encore plus difficiles à corriger. Quand par exemple, à cause de cette saturation de l’espace, on doit créer une route pour permettre aux véhicules d’entrer facilement dans Dakar et d’y sortir, cette route va couper des quartiers en deux en posant des problèmes sociaux, environnementaux, techniques, etc. Et tout est lié. C’est fractal. La ville génère des problèmes, chacun de ces problèmes en génère d’autres qui eux, en génèrent aussi. Les techniciens peuvent régler une catégorie de problèmes, mais il restera toujours le fond. On se retrouve ainsi avec des situations insolubles et des réticences toujours liées à des non-dits. Une somme de choses qui font que Dakar ne fonctionne pas aujourd’hui.

Le problème ne se situerait-il pas alors dans ces quartiers créés après l’indépendance, pourtant censés « désengorger » la capitale ?
J’en suis convaincu ! L’urbanisme, à partir des années 1970, était plutôt un « urbanisme de sauvetage ». Il y avait un besoin d’accueillir beaucoup de nouvelles populations relativement pauvres, qui fuyaient des problèmes naturels de la campagne comme la sécheresse. On a essayé de les recevoir dans de nouveaux quartiers comme Pikine, Guédiawaye, les Parcelles assainies, etc. Mais à cette époque, il y avait encore de la place dans la Presqu’île du Cap-Vert. Il ne se posait pas trop la question de la saturation et les problèmes étaient encore maîtrisables. Mais la ville étant une sorte de trou noir qui absorbe les énergies et les populations périphériques, les populations venaient de plus en plus s’agglomérer. Elles se sont malheureusement aussi installées dans des endroits où elles n’auraient pas dû. Il y a eu par la suite une certaine perte de maîtrise des autorités par rapport à la planification, aux autorisations de construire et de lotir, peut-être aussi des malversations, etc. Progressivement en tout cas, on a perdu le contrôle. Et il se trouve que les mesures correctrices coûtent toujours plus cher que celles de planification initiale. Et malheureusement, dans nos pays, tout ce qui se fait ne se planifie pas et tout ce qui se planifie ne se fait pas.

Des bâtiments que l’on voit maintenant à Dakar manquent beaucoup d’authenticité. Est-ce par manque d’imagination ou plutôt des négligences techniques ?
C’est une bonne question à laquelle moi-même je n’ai pas la réponse, mais ça peut s’expliquer (rires). A l’époque, par exemple, il existait des budgets pour faire de la décoration. On faisait aussi attention à l’orientation des bâtiments pour des soucis climatiques. On ne fait plus attention à ces subtilités et, en plus, on n’a perdu entre-temps le savoir-faire. On a failli dans la fabrication du fer forgé, on ne sait plus comment faire de la menuiserie en bois bien traité, on n’utilise pas la tuile comme il faut, plutôt que de la chaux, on utilise le ciment qui rend étanche, etc. Tout cela fait que nos bâtiments sont mal orientés, mal conçus. Tout est fait pour rentabiliser l’espace. On n’est pas bien à l’intérieur, on a chaud et on dépense toujours plus dans le rafistolage. A côté, les architectes sont très peu sollicités car leur service est coûteux. Les gens aussi veulent toujours construire à moindre coût et font faire dessiner leurs plans à la mauvaise personne. Cependant, il y a que ce sont les architectes mêmes qui portent les atteintes les plus graves au patrimoine. Certains suivent plus les caprices du client qu’ils n’appliquent leur idée. L’argent qu’on peut gagner pousse à ne pas réfléchir trop longtemps. Et puis, tous les architectes ne sont pas tous formés à la protection du patrimoine. On construit plus sous la notion de rentabilité que sous celle de confort.

Auriez-vous des pistes à proposer pour sortir de la situation et vivre mieux à Dakar ?
Je réfléchis à des perspectives. Des perspectives pour mieux stationner à Dakar, éviter les problèmes d’érosion côtière, des connexions pour relier Gorée plus facilement, etc. Beaucoup de suggestions pour être mieux dans la ville. Il faut des correctifs. La ville ne fonctionne plus. Aujourd’hui, le plan d’urbanisme de Dakar, qui n’est même pas encore approuvé, est dépassé par ce qui est en train de se faire. Même en matière d’alimentation en eau, on est dépassé. On va chercher l’eau au nord du Sénégal, du Lac de Guiers, pour alimenter Dakar parce que sa nappe est totalement polluée. On est quand même obligé de pomper cette nappe parce que ça déborde et risque d’inonder les quartiers. Et avec ce système de pompage, on est parti pour pomper les 50 prochaines années. Là, il faut soit raser la ville et créer une autre capitale, ce qui serait trop difficile, soit on est obligé de tout le temps trouver de petites corrections.

Êtes-vous optimiste par rapport à la préservation de ce qui reste du patrimoine architectural de Dakar ?
Non, je ne pas du tout optimiste. C’est une bataille perdue d’avance. Aussitôt qu’on a un terrain qui coûte bien plus cher que le bâtiment construit dessus, l’édifice garde de maigres chances de survie. Que ce soit dans cinq, dix ou vingt ans, il disparaîtra. On aura peut-être à sauver des bâtiments emblématiques encore visibles, mais pour ce qui est des villas et autres, je ne suis pas du tout optimiste.

Vous administrez sur Facebook une page, « Sénégalmétis », qui présente dans ces publications multimédia les belles caractéristiques du Dakar de l’époque. Certains y voient tout de même la sublimation du colon et la nostalgie de son administration. Comment appréhendez-vous cela ?
J’ai créé la page il y a sept ans, en me disant que j’allais partager deux ou trois trucs intéressants sur Dakar. Mais il se trouve qu’on a tous les jours quelque chose à dire sur l’architecture, l’iconographie, le patrimoine, l’histoire, sur certaines personnes, certains bâtiments. Et c’est là que l’on se rend compte que notre histoire est riche et passionnante et vaut la peine d’être connue et protégée. Maintenant, pour la question sensible du rejet du colonialisme, moi je comprends bien la revendication politique et l’idée de vouloir repartir sur nos propres bases. Sauf qu’il faut nuancer tout cela. L’histoire coloniale n’est pas monolithique, elle a duré plusieurs siècles. Elle est complexe et comporte pleins d’épisodes qui montrent que ce n’est pas « les Blancs contre les Noirs ». Il y a eu un réel métissage culturel. Ensuite, je considère que c’est important de savoir d’où l’on vient.  Nous sommes constitués de petits morceaux d’histoire et si on le comprend, on peut facilement savoir comment agir et aller de l’avant. Prenons l’exemple de la statue de Faidherbe. Une telle statue qui tombe, que ce soit là-bas ou au musée, elle doit bien être remise quelque part. Elle fait partie de notre histoire. Faidherbe était un gouverneur important qui a fait basculer le Sénégal d’un comptoir économique à une colonie, a créé Dakar et a mis en place énormément de réformes. A côté, il a massacré énormément de gens et commis de graves exactions. Tous ces paramètres doivent être pris en compte ensemble pour mieux étudier notre histoire et se l’approprier. Ce qui est regrettable maintenant, c’est que la plupart de ceux qui soulèvent ces combats réagissent de manière brutale et épidermique sans avoir le background historique nécessaire.

Propos recueillis Mamadou Oumar KAMARA (stagiaire)

 

Le Nobel de littérature au Britannique Ishiguro, auteur des « Vestiges du jour »

Ecrivain des illusions et de la mémoire, le Britannique d’origine nippone Kazuo Ishiguro, auteur des « Vestiges du jour » adapté avec succès au cinéma, a été consacré jeudi par le prix Nobel de littérature.

Kazuo Ishiguro, 62 ans, « a révélé, dans des romans d’une puissante force émotionnelle, l’abîme sous notre illusoire sentiment de confort dans le monde », a commenté en français la secrétaire perpétuelle de l’Académie suédoise, Sara Danius, sous les ors de la salle de la Bourse à Stockholm. L’écrivain, qui recevra neuf millions de couronnes (845.000 euros), s’est dit « formidablement flatté ». Il a raconté qu’il était à son bureau lorsque son agent l’a appelé pour lui apprendre la nouvelle. « J’ai cru qu’il s’agissait d’un canular. Je n’y ai pas cru pendant un bon moment », a-t-il expliqué au cours d’une conférence de presse improvisée à son domicile londonien. « C’est un honneur magnifique, principalement parce que cela signifie que je marche dans les pas des plus grands écrivains de tous les temps », a-t-il déclaré à la Bbc.

Qualifié de « chef-d’œuvre » par l’Académie suédoise, son roman le plus connu, « Les vestiges du jour » (1989), a été porté à l’écran en 1993 par James Ivory avec Anthony Hopkins et Emma Thompson et salué par le prestigieux Man Booker Prize qui récompense une oeuvre de langue anglaise. Il y évoque le sacrifice de la vie d’un majordome au service de son maître, un aristocrate anglais que ses sympathies nazies laissent ruiné à la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

Né en 1954 au Japon, à Nagasaki, ville martyre rasée par la bombe H en 1945, Kazuo Ishiguro est arrivé en Grande-Bretagne en 1960 où son père, océanographe, était amené à travailler. Son oeuvre témoigne de cette double culture.
Il aimerait désormais collaborer à l’écriture de bandes dessinées. « Je suis en discussion pour travailler sur un roman graphique, ce qui est assez excitant pour moi parce que c’est quelque chose de nouveau et ça me renvoie à mon enfance japonaise, quand je lisais des mangas », a-t-il dit à la presse.

Zen nippon doublé de flegme britannique, lunettes à monture noire et pull assorti, cet auteur discret qui se rêvait en chanteur pop à textes comme Bob Dylan ou encore Leonard Cohen passe pour être un des meilleurs stylistes de sa génération, lui dont la langue maternelle n’était pas l’anglais.

En 1995, il expliquait être souvent ramené à l’une ou l’autre de ses identités. Ses premiers romans situés au Japon étaient en outre davantage perçus comme des reconstitutions historiques que comme des fictions universelles.

« Je pensais que si j’écrivais un livre situé en Grande-Bretagne, comme je l’ai fait dans +Les vestiges du jour+, cela s’estomperait largement, mais parce que les +Vestiges du jour+ fixent la Grande-Bretagne dans un moment particulier de l’Histoire, je me suis heurté aux mêmes écueils », déplorait-il dans un entretien avec l’International Herald Tribune.

Kazuo Ishiguro confirme la domination des anglophones au palmarès du prix Nobel de littérature, avec 29 lauréats contre 14 francophones, 13 germanophones et 11 hispaniques, et marque le retour du Nobel à une certaine orthodoxie.

AFP

La capitale sénégalaise n’endure pas seulement un problème d’espace. Dakar souffre aussi d’une pénurie de fréquences analogiques. La forte demande de cette ressource rare a fait que la région est « totalement saturée ».

Selon le directeur général de l’Artp, il n’y a plus de marge de manœuvre.  D’une manière générale, Abdou Karim Sall dit constater l’exploitation de plusieurs réseaux radioélectriques au Sénégal avec une demande en forte augmentation. Sans être exhaustif, il a cité, pour les radios Fm, 276 réseaux autorisés pour 457 canaux de fréquence. Pour les télévisions, 31 réseaux sont autorisés pour 147 canaux de fréquence. Toutefois, a-t-il précisé, avec l’avènement de la Télévision numérique terrestre (Tnt), certaines fréquences peuvent être redéployées dans le numérique pour libérer des espaces. Au regard de l’utilisation large des fréquences et de la forte croissance de la demande, M. Sall invite à un usage intensif, tout en minimisant le risque de pénurie de fréquences qui peut nuire au développement des activités.

I. BA

L’Ong Article 19, en partenariat avec Ford Foundation et Clemson University, a organisé une session de formation en cybersécurité à Dakar, les 28, 29 et 30 septembre dernier, à Dakar, pour les professionnels des médias.  

La session de formation en cybersécurité, initiée du 28 au 30 septembre dernier par l’Ong Article 19, en partenariat avec Ford Foundation et Clemson University, vise à initier et à outiller les acteurs des médias aux pratiques et méthodes de la sécurité et protection numérique. L’objectif principal du projet « Afrique média cyber sécurité » est de permettre l’accès à Internet sans entrave aux professionnels des médias de l’espace Afrique de l’Ouest.

Le formateur, Cheikh Fall, de la Ligue africaine des web activistes pour la démocratie « Africtivistes » a d’abord regretté les contenus désobligeants sur les portails. Mais, à l’en croire, on n’a que les commentaires que l’on mérite sur les plateformes. « Lorsque l’on se fait entourer par des gens sérieux, on produit des informations réfléchies », a-t-il dit.

« Nous pensons que tout le monde doit avoir accès à l’info : de la collecte à la production en passant par la diffusion sans aucune forme de censure ou de pression », a affirmé le blogueur cyber-activiste sénégalais. Revenant sur les lois de la cybercriminalité votées, mais non appliquées, M. Fall note que cela relève de la responsabilité des gouvernants. « Ces lois doivent encadrer notre liberté », a-t-il souligné.

Quant à Jeanne Irène Nguidjoi, assistante de programme à l’Ong Article 19, elle est revenue sur le concept « cybersécurité ». Un néologisme, dit-elle, qui désigne « l’ensemble des lois, politiques, outils, dispositifs, concepts et mécanismes de sécurité, méthodes de gestion des risques, actions, formations, bonnes pratiques et technologies qui peuvent être utilisés pour protéger les personnes, les actifs informatiques matériels et immatériels ».

La cybersécurité touche tout le monde. Le virtuel fait partie de notre vie. Le fait qu’il y ait de la gouvernance sur Internet implique la disponibilité des infrastructures, l’accessibilité des coûts et la liberté de s’exprimer », a-t-elle avancé. L’assistance à l’Ong Article 19 ajoute que le numérique renforce la capacité des individus à jouir de certains droits comme la liberté d’expression, mais il en fragilise d’autres, comme le droit à la vie privée ou le droit à la protection des données.

Fatou Jagne Senghor, directrice de l’Ong Article 19, du Bureau Afrique de l’Ouest a, pour sa part, indiqué que l’accès à l’informatique offre des opportunités. « Vous êtes au cœur de l’information et il est important de se soucier de l’économie numérique en passant par le networking », a-t-elle dit. « Afrique média cybersécurité » est un programme de formation théorique et pratique en sécurité internet destiné aux journalistes professionnels et autres acteurs des médias (blogueurs, journalistes citoyens, cyber activistes…) des pays de la sous-région ouest-africaine.

Serigne Mansour Sy CISSE

L’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (Artp) a tenu, hier, un séminaire annuel de vulgarisation des procédures relatives à la gestion des fréquences. Cette rencontre a été une opportunité d’échanger sur les enjeux et nouveaux défis liés aux procédures d’agrément des équipements radioélectriques et des installateurs, de délivrance des autorisations relatives à la radiodiffusion sonore, aux affaires maritimes et aux réseaux amateurs et privés indépendants.

Axe important à prendre en compte dans l’élaboration de tout programme de développement, le numérique ne peut être un levier de croissance économique durable que lorsqu’il y a une gestion qualitative du spectre des fréquences. Lesquelles sont devenues indispensables à de nombreux secteurs de la communication, de l’audiovisuel, des réseaux satellites, du transport ou encore de la sécurité publique ou privée. Au regard de ce rôle majeur, au Sénégal, l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (Artp) s’est engagée à mettre en place un environnement favorable au développement des réseaux de télécommunications à travers une bonne politique de gestion du spectre des fréquences.

Le séminaire annuel de vulgarisation des procédures relatives à la gestion des fréquences de Artp remet au goût du jour les enjeux et nouveaux défis dans les procédures d’agrément des équipements radioélectriques et des installateurs, de délivrance des autorisations relatives à la radiodiffusion sonore, aux affaires maritimes et aux réseaux amateurs et privés indépendants. L’évolution de ces dernières années, a rappelé le directeur général de l’Artp, « se caractérise par la généralisation et la convergence des applications grand public de radiocommunication, facilitée par une déspécialisation des infrastructures qui a entrainé un développement exponentiel du trafic mobile, surtout de la bande passante. »

Ce qui, aux yeux de Abdou Karim Sall, impose de mettre à disposition des acteurs une part toujours « importante » du spectre des fréquences avec des procédures simplifiées et dans des conditions qui assure l’accès à tous, qui soient à la fois « abordables, équitables et durables ». Selon lui, ces conditions et procédures sont la clé de voûte du développement de l’économie numérique. « Je suis convaincu que l’économie numérique, qui est une des priorités du gouvernement, repose pour beaucoup sur l’utilisation des fréquences. Les fréquences, au-delà des procédures de gestion, sont au cœur des usages de l’économie numérique, car elles irriguent la plupart des activités économiques aujourd’hui qui s’appuient, dans de très nombreux cas, sur le spectre radioélectrique », a souligné M. Sall.

Le directeur général de l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes, qui présidait la cérémonie d’ouverture de ce séminaire, a tenu à rassurer que « même si la gestion du spectre est une activité éminemment internationale, nous travaillons au niveau national pour définir les règles, méthodes et services répondant aux meilleures normes et pratiques dans l’usage du spectre ».

Ibrahima BA

DAKAR FACE À UNE FORTE DEMANDE DE FRÉQUENCES ANALOGIQUES
La capitale sénégalaise n’endure pas seulement un problème d’espace. Dakar souffre aussi d’une pénurie de fréquences analogiques. La forte demande de cette ressource rare a fait que la région est « totalement saturée ».

Selon le directeur général de l’Artp, il n’y a plus de marge de manœuvre.  D’une manière générale, Abdou Karim Sall dit constater l’exploitation de plusieurs réseaux radioélectriques au Sénégal avec une demande en forte augmentation. Sans être exhaustif, il a cité, pour les radios Fm, 276 réseaux autorisés pour 457 canaux de fréquence. Pour les télévisions, 31 réseaux sont autorisés pour 147 canaux de fréquence. Toutefois, a-t-il précisé, avec l’avènement de la Télévision numérique terrestre (Tnt), certaines fréquences peuvent être redéployées dans le numérique pour libérer des espaces. Au regard de l’utilisation large des fréquences et de la forte croissance de la demande, M. Sall invite à un usage intensif, tout en minimisant le risque de pénurie de fréquences qui peut nuire au développement des activités.

I. BA

Gorée Cinéma, qui s’est constitué un réseau, revisite cette année, l’œuvre du cinéaste sénégalais Ababacar Samb Makharam à l’occasion des 30 ans de sa disparition. Ainsi, le Gorée Cinéma reprend, ce 7 octobre, ses apparats de festival pour un programme chargé à Gorée, Saint-Louis et Ziguinchor.

« Ababacar Samb Makharam est un cinéaste toujours à la quête de l’homme. De la problématique du retour - non pas d’un simple retour physique, mais du retour spirituel - posée dans « Et la neige n’était plus », à celle de la dignité qui n’appartient qu’à ceux capables de se tenir debout qui transparaît dans « Kodou » et « Jom », Samb part à la découverte de lui-même. Et dans cette quête, par le prisme et le drame de sa caméra, il met à nu la psychologie de tout son peuple. Pas son esprit ou sa mémoire collective, mais les affects et agencements qui les constituent individuellement. L’œuvre de Samb, c’est un cinéma au singulier ». C’est cette œuvre, cette façon de voir le monde que les organisateurs de Gorée Cinéma veulent faire redécouvrir aux Sénégalais et à tous ceux qui se joindront à eux à travers des projections. Il sera question aussi, comme il est de coutume ici, de nourrir la réflexion grâce au « Diisoo cinéma » qui est une occasion de penser le cinéma et l’Afrique. En parallèle de chacune des projections, le « Diisoo » propose d’augmenter le regard qu’un cinéaste porte sur un sujet, par une réflexion et un débat qui réunissent différents acteurs du monde culturel panafricain.

Riche parcours
Pour cette édition spéciale consacrée à Ababacar Samb Makharam, une série d’intervenants aborderont, à la fois, l’esthétique de l’œuvre du cinéaste et les problématiques qui la traversent. La réflexion menée sera donc, aux yeux des organisateurs, un fil tendu qui tissera un discours sur la construction des identités des peuples noirs. Celles-ci, indiquent-ils, sont en perpétuelles tensions avec les différentes territorialités qui les accueillent.

Ababacar Samb Makharam est un réalisateur, scénariste sénégalais né le 21 octobre 1934 à Dakar. Entré au Conservatoire d’art dramatique de Paris en 1955, il crée ensuite une troupe de théâtre, « Les Griots », pour tracer les allées de sa quête perpétuelle. En tant qu’acteur, il interprète quelques petits rôles comme « Tamango » de John Berry et « Les tripes au soleil » de Claude Bernard Aubert. Avant de retourner dans son pays natal, le Sénégal, en 1964, il se rend, en 1958, en Italie, au Centre expérimental de cinématographie, la grande école romaine du cinéma.

Au Sénégal, le fondateur de la société de production « Baobab Films » travaille dans l’audiovisuel notamment pour une émission d’information à la télévision publique sans délaisser sa carrière de réalisateur et sans non plus relâcher son effort dans la promotion et la défense des cinémas africains ; ce qui fera de lui, de 1972 à 1976, le secrétaire général de la Fédération panafricaine des cinéastes (Fepaci). En 1966, il réalise le court métrage « Et la neige n’était plus ». « Kodou » (en 1971) et « Jom (ou l’histoire d’un peuple, 1982)  » complètent sa filmographie. Il est décédé en 1987.

Alassane Aliou MBAYE

La Maison de la Culture Douta Seck à Dakar abrite, samedi prochain, l’ouverture de la 17ème édition du Festival « Image et Vie ».  Cette année, plus d’une dizaine de films africains et sénégalais sont projetés en présence de leurs réalisateurs.

L’Association d’action cinématographique et de développement durable présente, du samedi 7 au 11 octobre, la 17ème édition du Festival « Image et Vie ». Organisée cette année sous le thème: « Cinéma et insertion professionnelle des jeunes », le festival présentera une programmation alléchante axée principalement sur la production nationale et africaine. Cela, avec la projection des films « Une place dans l’avion » de Kadidiatou Sow, « Khalé bou reer » d’Abdou Khadir Ndiaye, « Dem Dem » de Pape Bouname Lopy ou encore « J’existe » d’El Hadji Demba Dia. Les films africains seront également à l’honneur avec la programmation de « L’homme à la Bicyclette » de Twiggy Matiwana de l’Afrique du Sud, « Hyménée » de Violaine Maryam Blanche Belet du Maroc. Sans oublier le « Voyage de Keltoum » de l’Algérien Anis Djaad, traitant de l’histoire d’une infirmière (Keltoum) ayant du mal à assumer un mari infidèle et un fils qui se drogue. « Les silences des Lydie » d’Aissata Ouarma du Burkina et « Hyménée » vont clôturer la programmation de ce festival  le mercredi 11 octobre à l’Institut français Lépold Sédar de Dakar. Dans le même temps, il est prévu également la remise des prix.

Créé en 1999, le Festival « Image et vie » œuvre pour le développement des communautés de base par le cinéma et l’audiovisuel. Depuis 16  ans, il propose chaque année au public sénégalais, l’expression des cinématographies africaines et du monde. L’évènement a ainsi permis de mettre en exergue les opportunités qu’offre le cinéma, industrie et loisir, pour un développement socio-économique du Sénégal.

Le Festival a pu aussi fédérer un grand nombre de partenaires nationaux et internationaux autour des actions menées pour la vulgarisation des films africains et la formation des publics.

Dans le cadre des activités du Festival de cinéma « Image et Vie », un forum-rencontres, échanges et discussion avec les professionnels est prévu à la Maison de la Culture Douta Seck. Des débats qui vont porter sur le thème : « Cinéma et insertion professionnelle des jeunes ».

Ibrahima BA

L’Association « Afric’art, Les arts en palabre » a démarré hier, à Dakar, une session de formation professionnelle en management culturel au profit des acteurs du secteur de la culture. Pour l’initiateur Meïssa Mbaye, ce stage de renforcement de capacités va les aider dans l’élaboration de projets.

La formation initiée par l’Association « Afric’art, Les arts en palabre », en partenariat avec le ministère de la Culture, allie pratique et théorie. Elle débutera le 3 octobre dans l’espace culturel Keur Meïssa, sis à la Liberté 6 Extension, à Dakar.

« Pendant un mois, nous ferons des cours de théorie et de pratique. Nous voulons former ces acteurs culturels dans l’employabilité. Nous pourrions avoir un studio d’enregistrement avec ce projet. Nous voulons laisser un espace professionnel de pérennisation à ces artistes-musiciens », a avancé Meïssa Mbaye, président de ladite association.

Diplômé à la Sorbonne en Ingénierie culturelle, M. Mbaye veut faire de ce projet une réussite. Ce stage de renforcement de capacités, dit-il, a pour objectif d’accompagner des managers culturels vers la création d’entreprises créatives et ainsi, vers une professionnalisation des artistes et musiciens. Présent au lancement de la formation, Cheikh Birahim Gaye, 1er adjoint au maire de la commune de Sicap-Liberté, a indiqué qu’il faut permettre à la communauté artistique de se développer. C’est pourquoi, la mairie de la localité s’est engagée à l’appuyer. « Nous allons inscrire ce projet dans l’agenda culturel de la commune », a-t-il rassuré. Laformation sera assurée par Abdou Khadre Diallo.

Serigne Mansour Sy CISSE

Le centre Raw Material Company, à Dakar, a accueilli, jeudi et vendredi derniers, le colloque « Citéologies ». Un programme de réflexion et de recherche sur les politiques architecturales et urbanistiques des villes africaines. A l’atelier sur le thème « Préservation et valorisation du patrimoine architectural des villes africaines », la situation architecturale de Dakar a été notamment passée au crible.

Partant de la genèse de son urbanisation à sa peinture défraîchie de maintenant, la métamorphose et le défaut identitaire de nos villes, la capitale sénégalaise en particulier, ont été minutieusement examinés. Xavier Ricou, architecte, offre d’emblée l’image d’une rue de Dakar dans son anarchie ambiante, son capharnaüm incontrôlé et ses édifices décrépis. Cela, pour mieux camper le sujet et insister sur la métamorphose décroissante qui a donné l’image actuelle de la capitale. Ensuite, du rejet du vidéoprojecteur, une série de clichés, en noir et blanc ou en sépia, présente le Dakar du 19ème siècle et son début d’urbanisation par la suite.

En ce moment, la Presqu’île du Cap-Vert constituait un lot de villages (Santiaba, Mbor, Kaye, …) avec des blocs de cases. La future capitale allait recevoir les fonctionnaires et militaires qui commençaient à pulluler à Gorée, commune urbanisée avant l’actuelle capitale. L’architecte projette le premier plan cadastral de Dakar (1862), dont l’urbanisation effective commence en 1920.
Il y avait déjà une jolie floriculture dans les jardins publics et une belle architecture. L’administrateur de la page facebook « Senegalmetis » relève également que l’hygiénisme, quoiqu’étant un des points focaux de la politique urbaine coloniale, était aussi un prétexte pour repousser les autochtones et laisser place intégrale aux colons dans le quartier Plateau.

Ouakam, Yoff, Cambérène et Ngor conservaient dans un état embryonnaire leurs huttes et leurs cases, avec cependant une disposition géométrique qui renvoient à des dispositions traditionnelles (comme le Penc). Là, Xavier Ricou, historien colonial, fait remarquer une certaine « archéologie urbaine ». La politique d’urbanisation a tout de même engendré les beaux édifices qu’a connus le Dakar d’avant celui débridé que l’on connaît aujourd’hui. Xavier Ricou note un métissage culturel matérialisé à partir de ces réalisations, s’inspirant des traditions africaines avec de subtiles touches occidentales. Le spécialiste du patrimoine architectural sénégalais donne pour exemple la Cathédrale de Dakar avec son style sahélo-soudanais et les maisons de Gorée qui sont l’expression raffinée des mulâtres. Malheureusement, le legs esthético-architectural n’est pas conservé. Le problème ne serait pas que technique, mais également social et politique.

Traditions et environnement
« Dakar est hypertrophié parce qu’on n’a pas réfléchi à son expansion urbaine. La ville était aménagée pour quelques dizaines de milliers de personnes, et on est actuellement à trois millions d’habitants », regrette Xavier Ricou.

La décrépitude architecturale de Dakar n’est pas que pour désoler les spécialistes. Les citoyens qui subissent au quotidien cette décadence sont encore plus heurtés. A ce titre, Pape Diam, activiste, dépeint la capitale comme « un grand corps malade » et s’insurge contre ce qu’il considère comme un « génocide architectural ». M. Diam estime que le mercantilisme, par la prolifération des logements locatifs, fait qu’aucune règle n’est plus respectée. Pape Diam, qui se bat pour la préservation et la protection du littoral en plus de la mobilité urbaine, pense que Dakar étouffe. Il a le sentiment que l’architecture dakaroise n’a plus d’identité et n’est plus sous contrôle.

« Artistiquement, elle ne vaut plus rien ! Tout ce qui rendait Dakar belle est devenue inaccessible, soit rasé, soit en décrépitude soit totalement désordonné », déplore le créateur multimédia.
Jean Charles Fall, architecte, invite lui à une réappropriation de nos cultures. Il observe que si on amenait beaucoup de personnes à choisir les patrimoines à classer, la plupart désignerait l’héritage architectural d’époque coloniale. Or le patrimoine est ce qui nous est authentique et qu’on a le devoir de préserver et transmettre aux futures générations. Le co-fondateur du Collège universitaire d’architecture de Dakar fait rendre compte que l’on s’appesantit plus sur l’esthétique que sur les réalités.

Pour Jean Charles Fall, « Nous regardons notre histoire avec les mauvais outils. Il faut revisiter nos modèles culturels plutôt que de mimer aveuglément l’extérieur. […] Nous consommons beaucoup mais construisons très peu ». Ainsi, ne s’agit-il pas que de se prêter à de la nostalgie, mais de s’approprier les techniques et le savoir-faire de nos aïeux. Il évoque les techniques et mathématiques qui étaient déjà de rigueur dans nos sociétés traditionnelles, et présentes dans la coiffure, le tissage, les motifs décoratifs et les demeures avec une déconcertante concision. Dans la même veine de l’inspiration traditionnelle, l’architecte oriente vers certains éléments de recyclagepropres et accessibles à nous et plus favorables à l’environnement. Il présente des images de briques moulées avec du typha et de la terre crue. Ce matériau, en plus de son caractère authentique, a des caractéristiques d’isolant thermique. Des esquisses de maisons faites avec la matière sont d’ailleurs projetées pour édifier sur la beauté et l’utilité de l’initiative.

Mamadou Oumar KAMARA (stagiaire)

Quand la Brésilienne Rogéria Ferreira a été obligée d’enlever son turban pour prendre une photo destinée à sa carte d’identité, elle s’est sentie blessée dans son intimité. Cette styliste noire de 36 ans a pris l’habitude de couvrir son « ori » (tête en Yoruba) pour respecter les préceptes du candomblé, religion apparue au Brésil au XVIe siècle avec l’arrivée d’esclaves venus d’Afrique.

« Pour beaucoup de gens, c’est juste un morceau de tissu, une mode. Mais ce turban représente mes ancêtres. Si je sors sans turban, c’est comme si j’étais nue. Je me suis sentie humiliée, agressée », raconte-t-elle à l’Afp.

Comme Rogéria a dû refaire sa carte d’identité dans l’urgence après avoir été victime d’un vol à main armée, elle n’a pas eu le choix.
Mais, pour la première fois de sa vie, des fonctionnaires de l’état civil lui ont dit que pour prendre la photo avec son turban, il lui aurait fallu présenter un certificat médical disant qu’elle avait un cancer ou une lettre de sa « mère de saint » (prêtresse du candomblé).

La jeune styliste a fini par se résigner: elle s’est découverte. Mais n’a pas baissé les bras.
S’estimant victime de « préjugé racial et religieux », elle a engagé une longue bataille judiciaire et a obtenu gain de cause un an plus tard.
En mars, le parquet de Rio a autorisé des photos d’identité avec « tout type de couvre-chef pour des raisons de conviction religieuse ».
Rogéria a donc pu faire une autre carte, avec un flamboyant turban jaune orné de fleurs roses: « Cette carte d’identité, c’est mon trophée, un trophée collectif ». Son combat s’inscrit dans un contexte de plus en plus tendu, les épisodes d’intolérance religieuse s’étant multipliés ces derniers mois au Brésil.

Esprits immondes
De nombreux adeptes du candomblé ont été victimes récemment d’agressions des membres d’Églises évangéliques néo-pentecôtistes, dont certains étaient même des narcotrafiquants reconvertis.

Le 17 septembre, la dixième édition de la Marche pour la liberté religieuse a réuni plusieurs milliers de personnes sur la célèbre plage de Copacabana à Rio. « Notre pays est laïc, mais nous sommes en train de revenir au temps de l’inquisition », s’était indigné, à l’occasion, le Doté (prêtre) Adriano, de la branche Sogbo du candomblé, entouré d’un groupe de fidèles, tous vêtus de blanc.

Début septembre, deux vidéos qui circulaient sur les réseaux sociaux montraient des individus forçant des fidèles de religions afro-brésiliennes à détruire des images saintes dans leurs lieux de culte.

Ces tensions récentes ont eu lieu alors que la ville de Rio est administrée, depuis le début de l’année, par le maire Marcelo Crivella, pasteur de l’Église Universelle du Règne de Dieu, une des principales Églises évangéliques du pays.

Avant de prendre ses fonctions, l’édile avait dû s’excuser publiquement de propos tenus dans son livre « Évangéliser l’Afrique », datant de 1999, dans lequel il parlait d’« extirper les esprits immondes ».

« Voilà la sorcière »
« La discrimination à Rio est terrible. Quand je marche dans la rue, certaines personnes me regardent de travers et disent : « voilà la sorcière ». Parfois, même quand le bus est plein, personne ne s’assied à côté de moi », explique Rogéria. « La discrimination est généralisée, mais à l’encontre des Noirs, elle est exacerbée », estime-t-elle.

« J’ai appris à le prendre avec humour », admet-elle, regrettant l’« ignorance » de la population en ce qui concerne le candomblé. Même si le port du turban n’est pas interdit dans ce pays laïc, et si cet accessoire est même devenu une mode pour les femmes, sans distinction de race, Rogéria n’est pas la première à se dire victime de discrimination.
La militante noire Dandara Tonantzin a indiqué avoir été agressée, l’an dernier, lors d’une cérémonie de remise de diplômes dans le Minas Gerais (sud-est) où des jeunes lui avaient arraché son turban.

Le Brésil, pays à la plus grande population catholique au monde, est en pleine mutation religieuse.
La proportion de catholiques est passée de 92% en 1970 à moins de 65% en 2010, selon le dernier recensement de l’Institut de géographie et de statistiques (Ibge).
Sur cette même période, les églises évangéliques ont vu leur nombre de fidèles augmenter de 5,2% à 22,2% de la population.

Pour ce qui est des religions afro-brésiliennes, ce chiffre tombe à 0,3%, mais certains analystes estiment que beaucoup n’osent pas assumer leurs croyances à cause des préjugés.

AFP

La musique sénégalaise vient encore de s’illustrer avec la sélection des artistes Omar Sarr alias Sarro et la rappeuse Oumy Guèye plus connue sous le sobriquet de Omg parmi les dix finalistes de l’édition 2017 du Prix Découvertes Rfi. Les candidats seront soumis, le 9 novembre prochain, au vote du jury présidé cette année par le chanteur franco-congolais Singuila.

Les musiciens sénégalais Sarro et la rappeuse Omg viennent d’être sélectionnés parmi les dix finalistes de l’édition 2017 du Prix Découvertes Rfi. Le comité d’écoute du Prix a aussi choisi huit autres artistes africains qui composent les dix candidats qui seront soumis, le 9 novembre prochain, au vote du jury présidé, cette année, par le chanteur français d’origine congolais, Singuila. Il s’agit de : Ayôdélé du Bénin, Willy Baby du Togo, M’bouillé Koité et Ami Yerewolo du Mali, Lab’l du Cameroun, Hans Nayna de l’Île Maurice, SO-S Def de la Guinée et Prince Mo du Gabon.

Initié depuis 1981, le Prix Découvertes Rfi, informe un communiqué, met en avant les nouveaux talents musicaux du continent africain. C’est pourquoi, « au cours des années, ce Prix a contribué au lancement de nombreux artistes qui ont depuis conquis un public international : Tiken Jah Fakoly (Côte d’Ivoire), Amadou et Mariam (Mali), Rokia Traoré (Mali), Didier Awadi (Sénégal), Elida Almeida (Cap-Vert)… ». En dehors du jury, le public peut également participer à l’élection du lauréat de cette année. Il peut voter pour leur artiste jusqu’au 29 octobre prochain sur l’adresse : « (www.prixdecouvertes.com/fr/vote.

Omar Sarr dit Sarro, l’un des finalistes sénégalais, est un natif de la banlieue dakaroise. Il a débuté la musique très jeune. L’adolescent jouait au chef d’orchestre en récupérant divers objets pour en faire des instruments musicaux. Après avoir subi une formation en 2010, il devient professeur à l’école Voice music de Dakar. Par la suite, Sarro va former son groupe de musique « Sarro et Get Sa feeling ». L’artiste signe des contrats avec des cabarets et boites de nuit de la place… Sa participation depuis quelques années au Festival de Jazz de Saint-Louis avec la chorale internationale « Afrikiyo » a contribué à redorer son expérience et à parfaire son talent. Sarro prend part, depuis deux ans, dans des collaborations croisées musique et danse contemporaine d’une manière permanente. C’est dans ce contexte qu’il a eu à partager la scène avec le chorégraphe nigérien Abdallah Ousmane Yacouba dans « Xol sa boop » puis avec la chorégraphe sénégalaise Fatou Cissé dans son spectacle « Ce qui restera ». Son album (« Babylon ») sorti en avril 2015 est un vibrant hommage à son défunt père.

De son côté, l’autre finaliste sénégalais, Oumy Guèye alias Omg, est un artiste prometteur. Ses premiers pas dans l’univers musical remontent à 2009. C’est en 2013 que Omg va sortir son premier single sous le titre de « Hey Girl ». Elle signera un deuxième single « Hollat ma » dans la même année. « Zik de fam » est le titre de sa toute dernière production. Il s’agit d’un Ep sur la femme africaine moderne.

Ibrahima BA

L’Académie suédoise dévoilera jeudi le nom du prix Nobel de littérature qui succèdera au controversé Bob Dylan, a-t-elle annoncé lundi. « L’Académie suédoise a décidé d’annoncer le nom du lauréat du prix Nobel de littérature jeudi 5 octobre à 13H00 (11H00 Gmt) », a-t-elle indiqué sur son site internet.

Cette annonce permettra aux 18 sages de tourner la page Dylan, un choix que le long silence du lauréat, perçu par certains académiciens comme de l’indifférence, avait rendu plus que discuté. Non seulement l’Américain avait été le premier musicien récompensé mais il avait aussi mis plusieurs semaines avant de réagir pour ensuite snober la cérémonie de remise des prix.

Pour l’édition 2017, les milieux littéraires suédois pariaient sur un lauréat nettement plus consensuel. « On ne doit pas s’attendre à une sensation » cette année, avance Clemens Poellinger, critique au quotidien Svenska Dagbladet. Pour autant, deviner en avance le nom du lauréat est une gageure. Reviennent régulièrement ceux de Don DeLillo (États-Unis) et Margaret Atwood (Canada), Adonis (France/Liban/Syrie), Haruki Murakami (Japon) et Ngugi Wa Thiong’o (Kenya). On peut ajouter Yan Lianke (Chine), Amos Oz et David Grossmann (Israël), Claudio Magris (Italie), Ismail Kadaré (Albanie) et Michel Houellebecq (France), mais l’écrivain couronné pourrait aussi être un parfait inconnu. Cette année, chaque prix est doté de neuf millions de couronnes suédoises (environ 937.000 euros) que se partagent les lauréats s’ils sont plusieurs.

AFP

« La culture a un rôle majeur à jouer dans le développement de l’Afrique », a plaidé lundi le chanteur A’Salfo, leader du groupe ivoirien Magic System, lors des rencontres économiques Africa 2017 à Abidjan.

« L’artiste n’est pas seulement celui qui vous fait chanter ou danser, mais celui qui s’engage pour contribuer au développement », a estimé la star ivoirienne, appelant les investisseurs à s’engager davantage dans le secteur culturel et aux côtés des artistes.

« Les partenaires ne se bousculent pas, pourtant la culture est un levier de développement », a déclaré le chanteur de « Premier gaou » et « Magic in the air », citant l’exemple du développement phénoménal de l’industrie cinématographique au Nigeria, qui a créé de nombreux emplois.

A’Salfo intervenait lors de la deuxième édition des rencontres économiques franco-africaines Africa 2017, qui s’est ouverte lundi à Abidjan, avec l’objectif de relancer les échanges entre la France et l’Afrique dans le secteur privé. Quelque 3.600 entreprises africaines et 480 sociétés françaises participent à Africa 2017, selon les derniers chiffres des organisateurs. Ces rencontrent se déroulent sur cinq jours dans trois capitales africaines, Abidjan, Nairobi et Tunis.

« La demande est là » pour la culture en Afrique, a estimé le directeur général des cinémas Majestic en Côte d’Ivoire Jean-Marc Benjani. Alors que le pays ne comptait plus une seule salle de cinéma, Majestic en a ouvert trois en trois ans et enregistré 175.000 entrées en 2016, a-t-il indiqué.

Pour Abel Kouame, réalisateur ivoirien de quatre films d’animation, s’engager dans la culture en Afrique est « une sorte de sacerdoceé.
Mais « l’industrie culturelle ne peut pas fonctionner seulement sur la passion », a jugé Emmanuel Hoog, le Pdg de l’Agence France Presse (partenaire d’Africa 2017). Il a estimé qu’il était indispensable de rémunérer correctement les acteurs du secteur culturel comme de l’information et de réguler les marchés culturels bouleversés par la révolution numérique, au profit de quelques « grands intermédiaires mondiaux qui ont capté une grande partie des revenus ».

AFP

L’Association sénégalaise des traducteurs (Astrad) a été créée samedi dernier à l’antenne de l’Ugb à Sacré-Cœur, Dakar. Cette structure vise à réglementer le milieu de la traduction au Sénégal et à améliorer le statut du traducteur.

Les traducteurs sénégalais ont, à l’image de leurs autres collègues dans le monde, célébré la Journée internationale de la Traduction, le 30 septembre dernier à l’antenne de l’Ugb située à Sacré-Cœur, Dakar. Ils ont mis à profit cet évènement pour porter sur les fonts baptismaux l’Association sénégalaise des traducteurs (Astrad). Le secrétaire général de cette structure, Aly Sambou, par ailleurs coordonnateur du Master de traduction et d’interprétation de conférence (Matic), rappelle toutefois que l’association existait jusqu’à une date récente avant de tomber définitivement dans l’oubli.

Selon lui, la nouvelle association aura pour mission principale de travailler à l’amélioration du statut du traducteur au Sénégal. « Qui dit amélioration dit réglementation de la profession. Nous allons faire en sorte qu’on sache au Sénégal qui est traducteur, ce qu’il fait, comment on doit l’employer ainsi que les règles d’éthique et de déontologie qui conditionnent son métier », a poursuivi Dr Sambou, également chef de département de la Section Langues étrangères appliquées (Lea) de l’Ugb.

Le marché de la traduction au Sénégal est confronté à un problème de déréglementation. Aly Sambou révèle que des centaines de tarifs sont pratiqués sur le marché. « Vous pouvez avoir un tarif standard mais au même moment, vous voyez un concurrent qui va diviser ce tarif par trois et fournir une traduction qui est totalement au rabais. Ce qui fait qu’on a sur le marché des traductions qui ne sont pas de qualité. Et on dira plus tard que c’est de la traduction, que c’est du travail d’un traducteur, et finalement on dira que la traduction ce n’est pas vraiment sérieux », déplore-t-il.

L’autre problème majeur auquel font face les traducteurs sénégalais est la reconnaissance de leur statut. Aujourd’hui, beaucoup de gens pensent qu’il suffit d’être bilingue pour être un traducteur. Or, explique le secrétaire général de l’Astrad, ce n’est pas cela. « Il faut qu’on arrive à faire comprendre aux gens que c’est un métier, une profession qui nécessite une formation », se convainc-t-il ; ajoutant qu’un Master de traduction et d’interprétation de conférence a été lancé depuis trois années à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis en vue de former de bons traducteurs et de répondre à la demande en traduction sans cesse croissante.

Règles éthiques
A la suite de la mise en place du bureau, l’association compte obtenir une reconnaissance juridique dans les meilleurs délais. Un code d’éthique et de déontologie sera également établi afin d’encadrer le travail des traducteurs. « Quiconque ne respecte pas ce code d’éthique et de déontologie ne pourra, en aucun cas, être considéré comme membre de cette association », martèle le secrétaire général Aly Sambou. L’Astrad envisage aussi de se présenter aux partenaires et aux donneurs d’ouvrage et autres organisations sous-régionales, internationales basées au Sénégal. Cela leur permettra d’avoir un interlocuteur crédible quand ils auront besoin de services de traduction.

Le président de l’association, Séga Faye, a dit son émotion à la suite de son élection. « C’est une mission lourde mais en même temps exaltante », a-t-il réagi. Il a également affiché son optimisme quant aux objectifs assignés à la structure qu’il dirige. En plus de l’Assemblée générale, un panel a été organisé pour débattre, entre autres, du « statut du traducteur au Sénégal », de l’avantage des outils d’aide à la traduction et des règles éthiques et déontologiques qui régissent le métier de traducteur.

Diégane SARR

 

L’Amicale des cadres de Sonatel a organisé, samedi dernier, un séminaire de réflexion sur le thème : « Numérique et environnement des télécoms pour un Sénégal émergent ». Elle a réitéré sa volonté d’accompagner l’Etat dans son objectif de faire du numérique un levier important du progrès économique et social.

Les enjeux liés à la connectivité, à la transformation du secteur des télécoms et les ambitions du gouvernement sénégalais déclinés dans le cadre de la Stratégie Sénégal numérique 2025 requièrent une réflexion approfondie et prospective de tous les acteurs. Les cadres de Sonatel s’inscrivent dans cette vision. Ces échanges autour de ces enjeux visent à formuler des recommandations et des propositions concrètes du secteur en vue d’atteindre les objectifs de développement numérique de l’Etat du Sénégal. Pour le président de l’Acson, Demba Diarra Mbodj, le secteur des télécommunications représente le socle sur lequel va s’élaborer la transition numérique de toute la société, avec un bouleversement des modes de vie des populations et des modèles économiques des entreprises. C’est la raison pour laquelle, à son avis, le gouvernement s’est engagé dans l’élaboration d’une stratégie nationale de développement de l’économie numérique, en relation avec les parties prenantes publiques, privées et la société civile afin de maintenir sa position de pays leader innovant, par une utilisation généralisée du numérique à tous les niveaux de la société.

Législation inadaptée
Cette vision traduit l’option du Sénégal de s’appuyer sur le numérique comme catalyseur pour une transformation structurelle de l’économie nationale et de s’inscrire dans la société du savoir et de la connaissance de manière inclusive et durable. « L’ambition au plan économique est de redonner un nouveau souffle au secteur, en apportant de nouveaux relais et sources de croissance aux acteurs, et de porter ainsi la contribution du numérique au Pib à 10% à l’horizon 2025 », souligne-t-il tout en indiquant que Sonatel se veut être le partenaire privilégié de l’Etat dans le développement de l’économie numérique.

La stratégie Sénégal numérique permettra de créer 55.000 emplois, en 2025, et par un effet d’entraînement sur les autres secteurs, d’apporter 300 milliards de FCfa sur le Pib du Sénégal.
Le véritable relais de croissance du secteur du numérique, fait-il savoir, vient de la volonté de l’Etat de promouvoir l’investissement et le financement du développement des contenus locaux et des services numériques par des efforts soutenus d’appui aux Petites et moyennes entreprises locales du numérique. Toutefois, estime Demba Diarra Mbodj, ces orientations stratégiques d’innovation, de financement et de facilitation doivent être accompagnées par une série de réformes permettant de lever les contraintes en vue de rationaliser les activités économiques du secteur du numérique et d’accroître son rôle de locomotive dans la transformation structurelle de l’économie et de la croissance.

« Certes des efforts conséquents ont été réalisés ces 5 dernières années, notamment avec la création récente du ministère de la Communication, des Postes, des Télécommunications et de l’Economie numérique. Cette option permet une plus grande efficacité et efficience dans la gouvernance de l’économie numérique. Cependant, ces efforts d’optimisation risquent d’être vains si l’instabilité institutionnelle perdure dans le choix des dirigeants », confie-t-il, préconisant par ailleurs la création d’un conseil national. Cette instance consultative de haut niveau, qui regrouperait l’ensemble des parties prenantes, doit être activée, selon lui, afin de mieux asseoir une concertation qui fait défaut sur les sujets majeurs. Il urge également de réfléchir à réduire le décalage entre l’environnement du secteur et les textes législatifs et réglementaires.

Il a, en outre, entre autres, déploré la pression fiscale locale très élevée avec des pouvoirs de plus en plus étendus en faveur des maires, la « législation inadaptée et non concertée » qui engendre des obligations impactant le chiffre d’affaires des opérateurs…

Alassane Aliou MBAYE

 

Le livre « Black Music - 40 artistes de la musique noire » vient de paraître dans la nouvelle collection Gallimard Jeunesse, afin de sensibiliser les enfants à la musique africaine-américaine, du blues des origines, celui de Robert Johnson, au rap, prépondérant dans l’ouvrage.

Pour chacune des quarante fiches de lectures, l’auteur, le journaliste spécialisé dans les musiques afro-américaines Olivier Cachin, donne quelques pistes aux lecteurs en herbe: plus gros tube, concert mythique, sélection des disques indispensables...

Le rap tient une place de choix dans ce livre, avec près de la moitié des artistes sélectionnés, de ses pionniers comme Sugarhill Gang jusqu’à ses dernières expressions avec le Canadien Drake.
« L’idée, c’est qu’il y ait tous les mouvements de la musique noire américaine qui soient représentés, blues, funk, soul, jazz, r’n’b, disco, reggae... mais on privilégie le présent par rapport au passé » avec le rap, a déclaré à l’Afp Olivier Cachin.

Difficile dans une sélection aussi réduite de 40 groupes ou artistes de ne pas commettre d’oublis, mais l’absence de Ray Charles, « The Genius », au profit d’un Pharrell Williams peut questionner.
Chaque fiche lecture sur la page de gauche, selon un mode d’écriture très synthétique, renvoie à un dessin du musicien ou du groupe en page de droite, signé par Jérôme Masi, détaillant leur look et leur style.
Trois artistes « blancs » ont été retenus dans cette sélection consacrée aux musiques noires: Eminem, The Beastie Boys et Amy Winehouse.

(AFP)

Dans une exposition inédite  à la Place du souvenir africain, sur la corniche ouest de Dakar,  le photographe, Matar Ndour, explore l’univers exquis et profond de la diversité culturelle sénégalaise. Avec plus d’une cinquantaine de clichés,  l’exposition « Signes et symboles entre imaginaire et réalité » est un voyage dans l’intimité des minorités ethniques du Sénégal à l’image des Ajamaat, le peuple Tenda ou les Bijagos.

On le savait déjà. Dans sa photographie, Matar Ndour, en tant qu’observateur passionné  de la condition humaine,  ressort une sensibilité culturelle avec autant de délicatesse que de courtoisie. Chez le photographe, la finalité reste l’homme. Mais l’homme dans ce qu’il a de plus humain et de plus attractif : la  culture.  Son exposition : « Signes et symboles entre imaginaire et réalité », en cours  à la Place du souvenir africain, est une réaffirmation de son obsession culturelle  vis-à-vis  des minorités ethniques qu’il célèbre à travers la magie de la photographie.  

Ainsi, en immortalisant,  grâce à cet art de l’instant, des scènes de nudité féminine des Balantes, Mancagnes, Manjaku, ou Bijagos, une fête organisée par des femmes à Salémata, à l’honneur du chef du village,  des femmes Bédik épine au nez,  des cérémonies initiatiques des Ajamaat… il offre une forme de méditation et d’art de vivre. Le photographe gratifie, en même temps, au grand public, une plongée inédite au cœur de la diversité culturelle sénégalaise.   L’exposition  fait découvrir  le peuple Tenda (Bassaris, Bedik), les Sérère, les Ajamaat  de la basse Casamance du Sud de la Gambie et  de la Guinée-Bissau. Mais aussi les Pepels, Manjaku, Mancagnes, Bijagos. L’intimité de ces peuples, leur rituel, leur milieu de vie… laisse entrevoir des images d’une certaine rareté.  L’élégance des parures renseigne également  sur les modes de vie de ces peuples plus que jamais rattachés à leur culture en dépit du rythme de la modernité.  L’originalité du travail de Matar réside aussi bien dans la  pertinence  de la thématique abordée que  dans le rendu esthétique.  Il permet un questionnement sur  des zones  et  sur des  pratiques peu connues du grand public.  Non sans aborder, comme l’a rappelé, l’anthropologue Abdou Ndukur Kacc Essiluwa Ndao,  les postures d’éducation et de rééducation, en explorant les rituels de passage, les cérémonies initiatiques, les systèmes de production économique des femmes. Bref, l’univers parfois  restreint de 13 ethnies où diversité se conjugue avec unité.

Recherche ethno-photographique
Depuis 2005,  Matar Ndour a pris une autre orientation photographique, qui est principalement axée sur la culture et avec comme  objectif, le développement de la diversité culturelle sénégalaise. Ce projet de photographie sur l’identité culturelle fait en collaboration avec  l’anthropologue Ndukur Kacc Essiluwa Ndao, permet de parcourir le Sénégal dans toutes ses diversités,  du Sud-est au Centre du pays. L’exposition « Signes et symboles entre imaginaire et réalité », composée de plus d’une cinquantaine de photographies, est le fruit d’une recherche ethno- photographique de 5 ans entre  Abdou Ndukur  Ndao, socio-anthropologue et Matar qui cumule une trentaine d’années d’expériences dans la photographie.   Avec ce projet, ils cherchent ainsi à ressortir tout ce qu’il y a comme trait culturel  ou identité pour le mettre à la disposition des Sénégalais. « Ce pays  regorge de potentiels inestimables que 90% des Sénégalais ignorent. Nous voulons,  à travers ce projet, aller à la rencontre de ces gens pour saisir cette réalité fuyante et la partager avec  le public afin qu’il prenne conscience qu’il y a d’autres Sénégalais qui sont  quelque part et qui mènent tranquillement  leur vie tout en restant  complètement méconnus », a avancé le photographe Matar Ndour. Il a regretté le fait qu’une bonne partie des Sénégalais ignorent  l’intérieur de leur pays.

« Les Sénégalais ne voyagent pas à l’intérieur du pays. Ils connaissent  plus les États-Unis, la France que le Sénégal. Nous voulons les inciter à voyager dans le Sénégal des profondeurs pour connaître leurs compatriotes,  leurs conditions d’existence et pourquoi, ils sont restés authentiques à ce point », a affirmé M. Ndour, informant que la deuxième étape de ce projet permettra de découvrir le Nord du pays.  Le vernissage de l’exposition a été rehaussé par un défilé de costumes traditionnels de la styliste Rama Sissokho.

Ibrahima BA

Geleem Saar, Ghilem Rols à l’état civil, dispense, à son domicile, au quartier Mermoz, des cours en wolof par thèmes. Pour celui-là, il reçoit trois élèves pour des exposés sur des « Nit yu siiw » (personnalités célèbres) d’Afrique. L’exercice a non seulement pour but de familiariser la langue à ses étudiantes, mais aussi de faire découvrir les personnalités valeureuses du continent. Français d’origine, Sénégalo-gabonais d’adoption, citoyen du monde et socio-anthropologue, il dit participer ainsi, à sa manière, au jumelage effectif des peuples par la promotion des langues et des cultures.

Amandine Saugnac, l’air décontracté dans une camisole à motifs rouge-noir-blanc, s’avance vers le tableau et saisit le marqueur rouge. Réajustant par moments son binocle, la Française tient son cahier et copie sur la grande ardoise des mots wolofs. Ce sont les termes difficiles ou incompréhensibles pour elle lors de ses recherches sur l’écrivain Mariama Bâ, auteur du roman « Bii bataaxal bu gudd » (« Une si longue lettre » traduit en wolof par Mame Younouss Dieng et Aram Fall), qu’elle tenait tantôt entre ses mains. Elle les lit et tente ensuite une explication. Elle se fait rectifier au fur et à mesure l’articulation, les écorches ou les erreurs d’orthographe par Geleem Sarr et son assistant, Cheikh Sow.

Passée cette étape, elle procède à la fiche de lecture dudit roman. L’élève évoque la situation d’orpheline de la défunte auteure, son éducation par les grands-parents, son engagement en faveur des femmes, ses trois ménages, ses neuf enfants, son passage dans l’enseignement et ses opinions sur la femme africaine qu’elle aurait estimé inadaptées aux évolutions et incohérentes dans la conservation des traditions. La directrice commerciale d’une société de Btp de la place se désole juste du fait de n’avoir pu être plus concise sur l’illustre femme de Lettres avec son wolof titubant. Soit. Ses deux condisciples, Aurélie Stéphan, Française aussi et Coumba Traoré Bâ, Sénégalo-malienne, se ravissent d’en connaître davantage sur l’écrivaine décédée des suites d’un cancer en 1981.

Coumba, belle et longiligne femme de teint ébène à l’éclat, est à son tour chargée de la biographie de Cheikh Anta Diop. Elle s’y emploie presque parfaitement, et avec beaucoup d’humour. De sa naissance à Caytu à ses prouesses universitaires, dans une bonne synthèse, Coumba n’a presque rien occulté du chimiste, historien, linguiste, mouride, égyptologue, etc. Seul Cheikh Anta Diop, le politicien, a plutôt été largué à la marge.
Avec le wolof déjà laborieux de l’élève, l’ironie fait ses effets amusants avec les arrêts vite suivis de clins d’œil furtifs et oscillations du crâne quand il s’agit d’évoquer les termes scientifiques. Aurélie, recroquevillée dans un coin du salon, sur un sofa à côté de la bibliothèque d’ouvrages en langues wolof et lingala de Geleem, lance quelquefois des boutades à ses condisciples. « Sauvée » par le retard du démarrage de la classe, elle doit lire son étude sur Soundjata Keïta, la semaine suivante. L’ambiance scolaire se passe dans la plus grande gaieté, dans une pièce toute meublée de bois recyclés couverts de draps en patchwork, un bocal de cacahuètes et trois bouteilles de jus de différents parfums ornant la table.

Geleem, fin pédagogue, se tient à l’écart et laisse l’initiative à ses élèves et son assistant. Il se charge juste, par moments, de rétablir quelques erreurs notamment sur les assonances, les consonances et les suffixes qui créent souvent la confusion entre les fonctions en wolof. Et c’est aussi hilarant de le voir dribbler son assistant, un wolophone, sur les subtilités de certains mots très recherchés pour un citadin dakarois. A la fin des exposés, l’enseignant atypique fait le récapitulatif, rappelle quelques règles agressées, loue l’effort de ses étudiantes et dirige les applaudissements pour elles.
Coumba Bâ Traoré, tout comme Amandine Saugnac Sagna, résident toutes deux au Sénégal depuis un an et demi. Elles participent aux cours de Geleem Saar pour une meilleure intégration dans l’environnement sénégalais. Elles affirment que cela a également son effet stimulant. En effet, elles confient que l’apprentissage de la langue favorise une meilleure communion avec leurs époux, et les révisions tardives font parfois aussi leurs petites étincelles.

Mamadou Oumar KAMARA
(stagiaire)

 

L’Île Maurice a abrité, du 26 au 29 septembre, la 12ème Conférence internationale sur les Tic pour le développement de l’éducation et de la formation. Thérèse Faye Diouf, Directrice générale de l’Agence nationale de la petite enfance et de la Case des tout-petits, a  représenté le Sénégal à cette conférence mondiale. La rencontre présidée par le Vice-président de l’île Maurice, Paramasivam Pillay Vyapoory, était placée sous le thème de « L’apprentissage en Contexte ».
Selon un communiqué de presse, Armoogum Parsuramen Gosk, fondateur et président de la Global Rainbow Fondation, a  magnifié l’expérience du Sénégal dans le domaine de l’éducation en général, et de la petite enfance en particulier. En tant qu’ancien directeur régional de l’Unesco de 1998 à 2014, M. Parsuramen Gosk a séjourné 5 ans au Sénégal.

Armoogum Parsuramen Gosk a accompagné les initiatives de l’Anpectp au tout début de sa création, notamment  la construction de la Case des tout-petits de Popenguine, inaugurée en 2003.
La conférence Learning Africa  réunit plus de 1.500 experts de l’enseignement en ligne, dirigeants, chercheurs, entrepreneurs et autres spécialistes des Tic. 90 pays sont ainsi représentés à cette rencontre internationale sur l’éducation par la technologie qui est à sa 12ème édition et dont la première édition a eu lieu en 2006, à Addis-Abbeba, en Ethiopie.

Abba BA (stagiaire)

Dans un rapport mené en collaboration avec l’Imperial college de Londres, Ericsson Research confirme que lorsque la pénétration du haut débit mobile augmente de 10%, elle entraîne une hausse de 0,6% à 2,8% du produit intérieur brut (Pib). C’est, en d’autres termes, environ 500 à 2.000 milliards de dollars Us en 2016, entérinant ainsi l’apport substantiel des technologies de l’information et de la communication dans le développement économique et social.

Intitulé « L’importance des réseaux de haut débit mobile pour le développement économique mondial », le rapport examine les données provenant de 135 pays dont le Sénégal et 10 autres pays du continent africain. Les conclusions de ce rapport ainsi que celles du rapport sur la mobilité d’Ericsson (juin 2017) ont servi de base aux discussions à l’Organisation des Nations unies, à New York, du 16 au 22 septembre. Ericsson a participé, à cette occasion, à des échanges avec des acteurs mondiaux, notamment la Commission du haut débit pour le développement durable, sur l’économie mondiale et le rôle bénéfique que les Tic peuvent jouer dans le développement.

Nicolas Blixell, responsable d’Ericsson pour l’Afrique de l’Ouest, a mis en exergue cet apport lors d’un échange avec la presse. Les actions entreprises par Ericsson sont, à ses yeux, en parfaite cohérence avec les Objectifs de développement durable. Ericsson s’est engagé à servir la prochaine vague d’internautes en rendant le haut débit mobile plus abordable et accessible à tous avec une mise à jour constante de sa technologie.

Cette réflexion contribue à l’objectif de l’Union internationale des télécommunications (Uit), « Connect 2020 », de veiller à ce que plus de 50 % des personnes dans le monde en développement aient Internet d’ici à 2020. Cette étude de l’Imperial College de Londres, qui a concerné 135 pays, indique qu’une pénétration de 10 % du haut débit mobile entraîne une hausse de 0,6 à 2,8 % du Pib. De nombreux pays dans le monde en développement ont utilisé la technologie du haut débit mobile pour faire un bond dans leur développement économique au cours des 10 à 15 dernières années. Des progrès notables ont été observés dans bien des secteurs.  Les Tic peuvent jouer un rôle important dans la lutte contre les problèmes mondiaux urgents, l’amélioration de l’inclusion financière et sociale, celle de l’accès à l’éducation et à la santé et le traitement des problèmes humanitaires tels que les réfugiés, la consolidation de la paix et les interventions en cas de catastrophe. Depuis 2014, grâce au programme « Technology for Good », il y a eu un impact positif sur plus de 89 millions de personnes.

Les activités d’Ericsson renseignent sur l’apport décisif des Tic. Elles peuvent être regroupées en trois axes. Le premier a trait au plaidoyer qui vise à garantir que les avantages d’internet sont abordables et accessibles à tous en évaluant les efforts existants et les progrès vers la connexion des 3,9 milliards de personnes non connectées. « Nous travaillons en étroite collaboration avec les gouvernements et les organismes de réglementation, et ciblons les obstacles à la connexion haut débit mobile comme l’analphabétisme, l’accessibilité et la pertinence perçue des services numériques. Nous apportons des solutions au bon rapport qualité-prix et offrons un accès plus abordable aux nouvelles technologies (mise à niveau de 2G à 3G vers 4G). Avec la nouvelle gamme Ers, le coût total de possession a été réduit de 40 %. Tout en réduisant la consommation d’énergie et les dépenses opérationnelles », souligne Nicolas Blixell.  Le programme « Connect to learn », par exemple, a profité à 80.000 élèves dans 23 pays dont 9 en Afrique subsaharienne. Il en est de même de la plateforme « Refunite » qui a aidé des milliers de familles déplacées de force. En 2015, elle comptait 414.000 utilisateurs inscrits.

Alassane Aliou MBAYE

 

En collaboration avec le Grand Théâtre national, l’Ambassade d’Espagne au Sénégal présente le spectacle de piano flamenco et de danse : « L’art de la haine et de l’amour » de Pablo Rubén Maldonado. Cette grande soirée culturelle, organisée dans le  cadre de la célébration de la Fête nationale d’Espagne, est prévue  le 14 octobre prochain  au Grand Théatre national, à Dakar.     

Ce n’est pas la première fois que l’Ambassade d’Espagne et le Grand Théâtre national de Dakar  présentent  un spectacle flamenco de compagnies espagnoles au public sénégalais.   Cependant, le spectacle qu’ils vont proposer le 14 octobre prochain, dans la célébration de la fête nationale d’Espagne, revêt un caractère tout à fait particulier. Car, il s’agit, « cette fois-ci », d’un « spectacle novateur, combinant le flamenco espagnol traditionnel avec un instrument inédit dans ce type de musique qu’est le piano, comme expression d’une volonté d’innovation et de renouveau tout en conservant ses racines, par la voie d’artistes extraordinaires ».

L’artiste espagnol, Pablo Rubén Maldonado, cherchera à envoûter le public à travers  son spectacle de piano et de danse : «  L’art de la haine et de l’amour».  Le titre de ce  projet musical a eu  « lieu pendant des moments de crise dans lequel l’artiste se réinvente », informe un communiqué. Il ajoute que  « Pablo Rubén Maldonado est un musicien gitan de racines flamenco d’une famille d’artistes renommés qui étudia, entre autres, au Conservatoire supérieur de musique Victoria Eugenia de Grenade.

Disposant d’un bagage musical varié, il fût primé plusieurs fois notamment avec le Prix national « Flamenco Aujourd’hui 2011 », en tant que meilleur disque instrumental pour « En dehors de la réalité ».  Lors de sa prestation,  il « sera accompagné, au chant, par Juañarito Carrasco, aux percussions et à la batterie par Pancho Brañas et par l’impressionnante danseuse, Karen Lugo, pour une soirée inoubliable, d’une modernité incroyable».

Ibrahima BA    

La  Journée internationale de l’accès à  l’Information a été célébrée,  hier, à Dakar. Organisée par l’Ong Article 19, en partenariat avec  le gouvernement du Sénégal et l’Ambassade de France, cette rencontre a pour but de renforcer  le plaidoyer  pour l’adoption d’une loi  portant  sur l’accès  à l’information  au Sénégal.

L’accès à l’information est un droit fondamental consacré par de nombreux instruments universels. Au Sénégal, l’absence d’une loi sur l’accès à l’information dans le dispositif  législatif  a poussé la société  civile à mener  un combat et des plaidoyers pour son adoption. C’est en ce sens  que, l’Ong Article 19 Afrique de l’ouest  a organisé cet atelier en vue de parvenir  à l’adoption d’une loi consensuelle sur l’accès  à l’information et de sensibiliser, par la même occasion, sur les enjeux du Partenariat  pour un gouvernement ouvert (Pgo).

Selon la Directrice  régionale  d’Article 19, Fatou Jagne Senghor, cette journée  internationale de l’accès à l’information organisée par sa structure, à l’instar des autres organisations, est une occasion, pour elle, de mener  un plaidoyer fort auprès des acteurs étatiques et non étatiques  à la réflexion sur les enjeux  de l’adoption d’une loi sur  l’accès à l’information. A l’en croire, beaucoup de pays de la Cedeao ont adopté  des lois sur l’accès à l’information qui est un outil primordial pour renforcer la démocratie mais aussi la gouvernance. « Nous attendons du Sénégal la finalisation et l’adoption, enfin, du projet de loi qui est en cours, le plus tôt possible, pour que notre pays  soit doté d’un mécanisme fort sur l’accès à l’information qui permettra aux citoyens d’accéder plus facilement  à l’information d’intérêt public. Mais aussi permettre au gouvernement d’avoir plus de visibilité sur ses actions et de renforcer ses relations de confiance avec les citoyens », argue Fatou Jagne Senghor.

Loi  sur l’accès à l’information
De même, souligne la  Directrice régionale de Article 19 que le Sénégal est éligible pour le  Pgo (Partenariat pour un gouvernement ouvert).  « De ce fait, nous encourageons le Sénégal à rejoindre ce mécanisme. C’est un mécanisme qui, associé à la loi sur l’accès à l’information, permettrait de juguler tous les problèmes que l’on rencontre dans l’accès à l’information officielle  qui n’était pas  donné à temps », dit-elle.
Délivrant le message  de la Directrice  générale de l’Unesco,  Sasha Rubel Diamanka, conseillère régionale communication et information, Unesco Afrique de l’ouest, indique  que  l’accès à l’information est indispensable pour bâtir des sociétés du savoir plus inclusives et plus durables.
 « L’accès  à l’information joue un rôle important dans la réalisation du programme de développement durable  à l’horizon 2030 », informe-t-elle. Toutefois, fait-elle savoir, être informé commence par l’engagement des gouvernements à élaborer, à adopter et à  appliquer  des politiques et des lois  relatives  au droit de l’information. Pour ce faire,  des mécanismes de mise en œuvre efficace et une culture de transparence sont nécessaires au sein de toutes les institutions.

« En outre, les citoyens doivent être dotés des compétences nécessaires à la  réflexion, la critique  et la maîtrise du numérique pour avoir accès à l’information », souligne Sasha Rubel Diamanka. Précisant que l’Unesco invite tous les gouvernements à mettre à profit le potentiel de technologie de l’information et de la communication pour contribuer à atteindre l’objectif de développement durable 4, relatif à l’éducation.
Présidant  les activités de cette journée, le conseiller technique du ministre de la Justice, garde des Sceaux, Moustapha  Ka, rassure  que la loi  sur l’accès à l’information  est  une activité inscrite dans le programme du gouvernement  et dans les agendas des ministères  de l’information et de la justice. « Je me  ferai  le devoir  de rendre  compte  de  l’urgence  et de l’importance de l’adoption  d’un texte  sur  le droit de savoir  pour accroître  la transparence dans la vie publique, satisfaire  un droit fondamental des droits de l’homme et  mieux répondre  aux évaluations  périodiques et à la soumission  des rapports juridiques », dit-il.
 

Maguette Guèye DIEDHIOU

 

Le Sénégal a mis à profit l’édition 2017 du sommet mondial de l’Union international des télécommunications (Itu Telecom World), à Busan (Corée du Sud), pour échanger sur les évolutions les bonnes pratiques technologiques dans le monde du numérique mais aussi nouer des contacts avec des partenaires potentiels informe un communiqé de l’Artp. Une occasion aussi pour vendre la candidature du Sénégal au conseil de l’Uit pour y maintenir son siège.

Le sommet de Busan, dont la cérémonie d’ouverture officielle était présidée par le ministre sud-coréen en charge du Développement des Tic, cadre avec les objectifs de la stratégie nationale « Sénégal Numérique 2025 ». La délégation sénégalaise au sommet était composée des représentants de la Primature, du ministère de la Communication, des Postes, des Télécommunications et de l’Economie numérique, du ministère de la Promotions des investissements, des Partenariats et du Développement des télé-services de l’État, de l’Artp, de l’Adie et du secteur privé national.

La visite du pavillon Sénégal par le secrétaire général de l’Union internationale des télécommunications (Uit), Houlin Zhao, accompagné d’une forte délégation, a permis à l’hôte de se faire une idée des réalisations et principaux projets structurants du Sénégal dans le domaine du numérique et de magnifier les progrès réalisés par le Sénégal dans le domaine des Tic. Le « Networking Lunch » (déjeuner d’affaires) offert par le Sénégal avant-hier pour vendre, à nouveau, sa candidature au conseil de l’Uit. Pour défendre la candidature du Sénégal dans le but de son maintien au sein du conseil de l’Union internationale de télécommunications (Uit), après plusieurs décennies de présence dans la structure mondiale, le directeur général de l’Artp a rappelé l’évolution et le développement du secteur des Tic et de l’économie numérique au Sénégal, « un secteur qui, sur la base des projets importants déjà réalisés ou en cours au pays, se porte comme un charme ».

Le secrétaire général de l’Uit, le Chinois Houlin Zhao, devant les ministres et autres régulateurs présents, a promis de soutenir la candidature du Sénégal au conseil. Maintenir son siège au sein du conseil de l’Uit va permettre au Sénégal de continuer à participer aux instances de prise de décisions concernant la gestion de ce qu’on pourrait assimiler, aujourd’hui, à « l’Onu des Télécommunications ».
Le cas échéant, il pourrait conserver son poste stratégique d’actuel vice-président du groupe de travail de l’Uit en charge de l’administration et des ressources financières.

Mamadou Lamine DIEYE

 

« Quelle humanité pour demain ? » est le titre de la toile du peintre Abdoulaye Diallo, dévoilée samedi dernier, à l’île de Ngor, au large de Dakar. Cette œuvre interprète la loi de Moore, des changements climatiques, du terrorisme, de la sexualité et des immigrés.

« Quelle humanité pour demain ? » Cette interrogation est le nom de la toile artistique présentée samedi 23 septembre par l’artiste-peintre Abdoulaye Diallo sur la plage de l’île de Ngor, au large de la pointe de Dakar. Ce travail s’étale sur 8m de longueur et 2,5m de largeur. Ledit tableau attire par sa grandeur, la densité des couleurs et le mystère des images dont l’unique commentaire du maître d’œuvre permet de cerner l’énigme. En effet, la première partie traite des accélérations du monde, de la loi de Moore (des lois empiriques qui ont trait à l’évolution de la puissance des ordinateurs et de la complexité du matériel informatique) et des changements climatiques ; la deuxième partie parle du terrorisme, de la sexualité ou des immigrés ; quant à la troisième partie du tableau, elle est pleine de suggestions pour arriver à une humanité où on apprend à aimer dans la paix, le pardon et le partage.
« «Quelle humanité pour demain ?» est beaucoup plus vaste que ce tableau ; j’ai essayé de donner un certain aspect de notre vie contemporaine », explique encore Abdoulaye Diallo.
Ce produit artistique, poursuit-il, s’est construit suite à une lecture faite sur le programme de la prochaine Biennale de Dakar 2018, où « la nouvelle humanité » fait référence à un texte de Frantz Fanon dans lequel le psychiatre martiniquais définit l’homme décolonisé comme « un homme nouveau ».
« Moi, je propose «Quelle humanité pour demain ?». Faire l’inventaire d’une planète qui s’emballe pour le pire. La loi de Moore qui accélère la mondialisation nous donne des puissances vertigineuses au niveau des ordinateurs. Elle amplifie les puissances des logiciels et des réseaux au niveau des ordinateurs ; l’ensemble de cette puissance aboutit à des clouds que reçoivent les serveurs ; elle offre à l’homme une potentialité de créativité énorme et autant de destruction », déclare-t-il.
Le « berger » de l’île de Ngor précise qu’aujourd’hui, « nous sommes tous vulnérables ; le terroriste touche qui il veut, quand il veut et comme il le veut. Cette même science nous propose des choses qui me heurtent ».« Je me demande quelle humanité vivons-nous ? Je suis choqué quand on me parle d’une modification du génome humain et qu’une femme enceinte devant un écran se voit suggérer la possibilité de se faire un bébé à la carte. Si nous ne réussissons pas à donner une dimension sociale à la science, nous allons créer un jour, des personnages à faciès homme, mais qui seront des hommes sans émotion, asservis, sans cœur, sans foi et j’ai le sentiment que nous y sommes presque », dit M. Diallo.

63 tableaux exposés
Sur le jeu des couleurs, l’artiste peintre précise : « Je ne me pose jamais la question comment harmoniser les couleurs. Si j’ai envie de m’auto-perturber, je mets mes «noires fumées». J’utilise du rouge pour avoir de l’orange ».
Abdoulaye Diallo confie qu’il a volontairement exposé 63 tableaux dont un qui traite du panafricanisme avec comme figure de proue Nelson Mandela, le plus grand démocrate au monde, selon ses propres termes.
Cette création triptyque est, d’après M. Diallo, un travail qui lui a pris plus de 4 mois et demi de peinture et de « dialogue » des couleurs. « Il n’est pas facile de sortir quelque chose de son cœur ; toujours, on est tout le temps perturbé par le regard de l’autre.
 Il y a trop de choses que la science suggère et qui est mauvais ; je ne pouvais pas, non plus, représenter le trop de bien proposé par la science. Il y a tellement d’œuvres humaines dont les voix tonnent plus que la mienne ; je n’ai pas pu mettre cela dans cette œuvre. Peut-être un km de peinture ne m’aurait pas suffi pour faire la représentation de ce qui me pèse aujourd’hui », a-t-il laissé entendre.
« La technique du tableau est mixte, parce que du point de vue de la démarche et de l’utilisation des matériaux, il y a énormément de choses. Dieu a choisi la femme pour créer ce qui y a de plus important sur cette terre. Seul Dieu peut offrir une exclusivité, mais on attend de l’artiste aussi cette exclusivité-là, une chose imitable. Après la préparation, je crée l’Adn de l’œuvre avec 9 couches qui se superposent comme le nombre de mois de la grossesse », assure-t-il.
Pour faire une œuvre finie, M. Diallo dit utiliser de l’huile de palme, du lait, du café pour faire plaisir aux génies de l’île. « Dans certaines de mes œuvres, vous y verrez des graines de mil pour faire du granulé. Je peux dire que je suis le seul peintre à le faire. J’exorcise la toile », confie l’artiste âgé de 65 ans.   

Serigne Mansour Sy CISSE

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