banner home page1

Pour vos insertions, contactez la Régie publicitaire de la SSPP Le Soleil

Arts et Culture (1361)

Sur 137 dossiers de projets reçus (production, distribution, exploitation et formation), 38 ont été sélectionnés pour bénéficier d’un financement global de 921 millions  de FCfa de la gestion 2016 du Fonds de promotion de l’industrie cinématographique et audiovisuelle. L’occasion de la publication des résultats du Fopica a été saisie pour procéder à la distribution symbolique de la Carte professionnelle des métiers du cinéma et de l’audiovisuel.

La gestion 2016 du Fonds de promotion de l’industrie cinématographique et audiovisuelle a connu deux appels à projets. Le premier concerne la filière production et le second appel concerne les filières de la distribution, exploitation et formation. Selon le secrétaire  permanent du Fopica, Abdoul Aziz Cissé qui proclamait hier les résultats, à l’issue de ces échéances, au total 137 dossiers de projets, toutes filières confondues, ont été reçus. « Par la suite, le comité de gestion du Fopica a mis en place une commission de dépouillement  pour ne retenir que 38 dossiers de projets dont un pour la filière distribution, 4 projets pour l’exploitation, 8 pour la formation, 5 pour l’accompagnement des apprenants, 2 pour les séries télévisées, 3 pour les courts métrages, 3 pour les projets documentaire et 12 pour les longs métrages fiction y compris les projets en développement », informe M. Cissé.
A ces projets, le Fopica a alloué un montant global de 921 millions de FCfa. Soit 560 millions de FCfa à la filière production et 361 millions de FCfa aux projets de distribution, exploitation et formation.

D’après le directeur de la Cinématographie, Hugues Diaz, pour cette gestion 2016, un grand retard a été accusé dans la publication. Car, soutient-il, la sélection a été ouverte à d’autres filières autres que celle de la production à savoir la distribution, l’exploitation et la formation. Aussi, avons-nous donné le temps aux porteurs de projet de bien les ficeler. « L’année dernière, nous avons eu 32 projets et cette année avec tous les autres secteurs que nous avons inscrits, nous avons 6 projets de plus », dit-il.

74 cartes professionnelles
Présidant la cérémonie de proclamation des résultats de la gestion 2016 du Fopica, le ministre de la Culture, Mbagnick Ndiaye, s’est réjoui, tout d’abord, de la continuité des succès du cinéma sénégalais à travers le monde notamment la récente consécration du film court métrage soutenu par le Fopica intitulé « Xalé bou rer - l’enfant perdu » du jeune réalisateur Abdou Khadir Ndiaye et du producteur émérite Omar Sall de Cinékap.

« Ces belles réussites prouvent que nous avons, au Sénégal, un vivier de talents auteurs, réalisateurs, acteurs, techniciens et producteurs prêts à répondre à l’exigence toujours plus grande des cinéphiles et des téléspectateurs », argue M. Ndiaye. S’exprimant sur le Fopica, le ministre de la Culture, par ailleurs président du Comité de gestion de ce fonds, souligne qu’il a de réelles satisfactions et des raisons d’espérer pour la qualité des productions terminées et celles à venir.

« Les films comme «Félicité» du réalisateur Alain Gomis et du producteur Cinekap ainsi que «Kemtiyu - Séex Anta» du réalisateur Ousmane William Mbaye nous procurent des succès éclatants à travers le monde. Ces performances prouvent évidemment la rigueur des choix des projets à financer par le Fopica mais également du professionnalisme et du sérieux affichés de certains porteurs de ces projets que je tiens à féliciter et à donner en exemple », dit-il.

Aussi, invite-t-il les autres bénéficiaires du Fopica 2015 à hâter la cadence en terminant et en livrant leurs productions qui devront être toutes présentées au chef de l’État dans les deux mois à venir comme convenu dans les contrats. Ce n’est que cela qui renforcera la crédibilité et la durabilité de ce Fopica.

La proclamation des résultats de la sélection des projets de films a été également une occasion de remettre symboliquement les premières cartes professionnelles des métiers du cinéma et  de l’audiovisuel. Le ministre de la Culture s’est également dit très heureux de l’adhésion des professions cinématographiques et audiovisuelles, tous âges et toutes expériences confondus, à la Carte professionnelle qui a connu un véritable engouement dès sa mise en place.

Relance des Récidak
 « Sur 147 dossiers de candidature déposés, vous êtes 74 professionnels à avoir passé avec succès, pour la première session de janvier 2016. Je tiens à vous en féliciter personnellement et invite à plus de candidatures pour les sessions à venir », a-t-il lancé. Tout en exhortant les détenteurs de la carte professionnelle à redoubler d’efforts dans leurs tâches respectives et le respect des règles de déontologie de la profession, mais également à être plus productifs et compétitifs dans le marché national et international de l’image.

Mbagnick Ndiaye a annoncé la reprise des Rencontres cinématographiques internationales de Dakar (Récidak) en novembre 2017 ainsi que l’organisation d’un cycle de rencontres - échanges et de négociations entre les patrons de chaînes de télévisions et de plateformes numériques, les producteurs audiovisuels et le ministère de la Culture, en vue de mettre en œuvre des stratégies communes de production et de diffusion de contenus locaux à l’ère de la Tnt.

Maguette Guèye DIEDHIOU

Le livre est un récit de vie. Dans un ton intimiste, une écriture fluide, Nina Wade narre des tranches de vie contemporaine avec une empreinte féministe, de l’humour, de l’autodérision, un tableau de maux de femmes, comparant leurs contraintes culturelles en Afrique et au Japon.

 « Une Africaine au Japon », c’est le titre du premier livre de Nina Wade présenté samedi au Musée Henriette Bathily de Dakar. Dans cette autofiction de 71 pages, publiée aux éditions « Diasporas Noires », l’auteure y raconte, avec un ton intimiste, ses galères et regrets durant son séjour au Japon où elle a vécu pendant un certain nombre d’années avec son mari médecin et leurs trois enfants : Dom, sept ans ; Fina, quatre ans, et Bébé, un an. Loin de son confort dakarois où « cuisiner elle-même ses repas était l’exception réservée au dimanche », au Japon, elle était  réduite à une simple femme de ménage à-tout-faire. La cuisine, le repassage, le linge, etc. étaient le lot quotidien. « Le Japon était une expérience marquante. Parfois, j’étais un peu étonnée des différences qu’il y avait par rapport au Sénégal et auxquelles je ne m’attendais pas du tout », a souligné l’auteure.

En plus de ces contraintes ménagères, il fallait patienter six mois pour une place à l’école maternelle pour sa fille Fina. Par contre, il ne fallait pas espérer de place en crèche publique pour Bébé, tant qu’elle n’est  pas employée ou étudiante à raison de quatre jours par semaine et quatre heures par jour minimum. Extrait : « Exclu le travail de distributrice indépendante de produit X. Un vrai travail s’entend. Une utopie pour un gaijin (étrangère) ne parlant pas japonais. Je n’ai pas de travail, je n’ai pas d’excuses. Je dois me coltiner les deux fillettes 24/24, sans bonne sans personne. J’ai dû m’y faire de mauvais gré. J’ai maugréé matin et soir. Je me suis plainte à lui tous les jours… J’ai perdu mes rondes joues, à ce rythme jamais enduré. Je me suis sentie fatiguée à l’extrême. Dépitée par ce pays de femmes instruites mais emmurées dans la maternité. »

Le livre parle aussi de la femme qui cherche à s’adapter à cette nouvelle réalité mais qui n’y arrive pas. Il fallait changer de style de vie dans un pays où on n’a pas une grande valeur parce qu’on est étrangère et on ne parle pas la langue. « La culture japonaise est très différente de la nôtre. Il y a des choses que nous faisons qui leur semblent bizarre et vice-versa. Les Japonais ont tendance à voir la femme comme une mère seulement qui doit rester à cette place », a soutenu Nina Wade. Elle fait aussi part de ses problèmes à son retour au Sénégal parce qu’en partant, elle avait tout abandonné derrière elle, y compris son boulot. Au retour, il fallait se remettre sur les rails.

L’éditrice, Hulo Guillabert, trouve en cet ouvrage un ton un peu moderne qu’on n’a pas l’habitude d’entendre chez une femme sénégalaise. « Le ton est libre et intimiste. L’auteure aborde les problèmes d’une façon pas du tout voilée ou hypocrite. Cela m’a plu. Elle aborde les problèmes des femmes d’une façon vraiment sincère sans vouloir plaire aux uns et aux autres », a mentionné la directrice des éditions « Diasporas Noires ».
Pour Mme Guillabert, c’est un récit intimiste d’une personne qui se trouve transplantée dans un autre pays avec une culture totalement différente de la sienne. « Nous avons un peu l’habitude de la culture des «Toubab», mais la culture japonaise nous est un peu étrangère. Mais, en lisant le livre, c’est comme si nous étions au Japon. C’est un féminisme légitime », a estimé Hulo Guillabert.

Ndiol Maka SECK

Du rire, du football, du basket-ball, du cinéma et plus de productions africaines dont «Koiffure Kitoko» sont annoncés sur le bouquet de Canal+, ce mois d’avril.

Élargir son public et toujours innover. Voilà un pari qui n’est pas gagné d’avance mais que le Groupe Canal+ entend relever avec comme seul objectif : la satisfaction de ses abonnés. C’est pourquoi, la chaine cryptée a conçu, en ce mois d’avril, un programme alléchant où toutes les tranches d’âge seront servies. Dans la programmation, le rire et le  football y occupent une bonne place. Dans son programme d’avril, les téléspectateurs du bouquet de Canal+ peuvent également suivre le concours « Koiffure Kitoko » qui met en compétition huit jeunes africains pleins de talents qui rivalisent d’ingéniosité. Ils viennent du Sénégal, de la République démocratique du Congo, du Togo, du Bénin, du Gabon, du Burkina Faso, du Cameroun.

Le Sénégal est représenté par Norlinda Dos Santos, une charmante dame qui, jusqu’ici, tire bien son épingle du jeu puisqu’elle a remporté à deux reprises le tablier blanc. Confiante, elle souhaite remporter le prix même si d’ores et déjà, Norlinda Dos Santos considère que « c’est déjà gratifiant de représenter son pays ». En sport, les fans du ballon rond comme orange sont gâtés. A l’affiche, pour le football, des chocs avec les quarts de final de la ligue des champions. Toujours en ce mois d’avril, les férus du ballon rond peuvent suivre des chocs dans les trois championnats européens (Angleterre, Espagne et France) avec le «clasico» comme point d’ogre : Real Madrid-Barcelone. Autre bonne nouvelle, les matchs des éliminatoires de la Coupe du monde 2018 prévue en Russie seront désormais diffusés par Canal+, a annoncé Sébastien Punturello, le directeur général de Canal+ Sénégal. Les amateurs du basket-ball peuvent suivre les play-offs de la Nba sur la chaine cryptée. Imaginer un programme alléchant n’est pas suffisant. Encore faudrait-il que l’offre soit accessible. Sur ce point aussi, le groupe Canal+ a fait des efforts en diminuant le prix du décodeur et de la parabole. Une baisse qui s’accompagne d’une vaste campagne de communication aussi bien à Dakar qu’à l’intérieur du pays avec des caravanes dans les grandes villes comme Kaolack, Thiès, Mbour et Saint-Louis.

Les férus du cinéma africains seront également servis. A l’affiche, des films de grands réalisateurs comme Sembène Ousmane que d’aucuns qualifient comme le « père » du cinéma africain, «Timbuktu» d’Abderrahmane Sissako, «Félicité» d’Alain Gomis, etc.

Mamadou GUEYE

La 7ème édition de la Grande nuit du Mandingue s’est tenue vendredi dernier à Sorano, où Mariétou Cissokho a revisité les sonorités musicales de ses origines.  

Vendredi dernier, Marième Cissokho, accompagnée de son groupe musical, a convié ses fans à la Grande soirée mandingue au Théâtre Sorano, pour rendre hommage à sa grand-mère maternelle, Fatou Sakho, décédée en 1993. C’est d’ailleurs cette dernière qui l’a poussée à chanter. Fatou Sakho a été ambassadeur de la culture sénégalaise un peu partout et faisait partie d’un groupe d’acteurs culturels qui accompagnait l’ancien président Léopold Sédar Senghor lors de ses voyages. Une cantatrice parmi les premières femmes sénégalaises à s’investir dans la musique moderne.
« Fatou Thiam Samb, Khady Diouf, Fatou Talla Ndiaye et ma grand-mère ont monté, à l’époque, un groupe appelé « Quatre femmes dans le vent ». Je suis d’origine malienne précisément de Kayes. Ma grand-mère est venue au Sénégal après son mariage », a expliqué Mariètou Cissokho.

A ses débuts, la chanteuse des Parcelles assainies de Dakar avait 25 ans. C’est à 2003 qu’elle entame vraiment sa carrière musicale. Trois ans après, Mariètou Cissokho sort son premier album mandingue intitulé « Wakhou nit » ou « la parole humaine ».
Dans la difficulté et l’abnégation, Mariétou sort, en 2009, son second  album de 14 titres intitulé « Djiguène » pour rendre hommage à la femme, mais aussi à son bienfaiteur qui l’a sortie de l’ombre, feu Mamadou Konté, promoteur d’Africa Fête. A cette bonne volonté, elle lui doit beaucoup. « Mamadou Konté a aidé plusieurs musiciens en les sortant de l’anonymat », explique-t-elle.   
Des retombées de cet album, Mariètou Cissokho sort en 2014 « Miniyamba » (Anaconda, en langue mandingue). « C’est ma grand-mère qui l’avait interpellé avec l’Ensemble lyrique traditionnel de Sorano. Par analogie, un serpent qui ne se cache pas vivra difficilement longtemps. Cet album comporte 15 titres », déroule la cantatrice de l’orchestre « Fatou Sakho », groupe riche de 11 musiciens, 2 choristes et 2 danseuses.

« Mon entourage et des connaissances me poussent à aller de l’avant », avance la fille adoptive de Bana Cissokho ; ce dernier a beaucoup influencé sur sa carrière. C’est pourquoi elle veut rester digne.
« Aujourd’hui, être musicien reste un casse-tête au Sénégal. Les animateurs et télévisions choisissent des musiciens au détriment d’autres. Mais, il faut croire en lui. Si on n’est pas écouté ici, on l’est ailleurs. La musique me permet de gagner ma vie dignement », affirme la diva mandingue.

Serigne Mansour Sy CISSE

Le petit prodige du rap américain avait promis la sortie d’un nouvel album pour le mois d’avril. Cet opus au titre encore inconnu, sera disponible le 14 avril rapporte Pitchfork.

Après la sortie du titre « The Heart Part 4 », Kendrick Lamar avait annoncé un album pour le 7 avril. Si le dit album n’est toujours pas sorti, Pitchfork souligne qu’un disque répondant au titre « Album » de 14 titres est en prévente sur iTunes. La date de sortie affichée est celle du 14 avril.

Il s’agira du premier album studio de Kendrick Lamar depuis la sortie de « To Pimp a Butterfly » en 2015. Si la tracklist n’est pas encore connue, elle comprendra le titre « Humble » récemment sorti. En 2016, Lamar avait sorti un huit titres de 30 minutes « untilted unmastered ».

Pitchfork rapporte que parmi les featuring, on trouve U2, Badbadnotgood, Dj Dahi, The Alchemist et 9th Wonder.
L’année dernière, Kendrick Lamar avait reçu le Grammy du meilleur album rap pour « To Pimp a Butterfly ».
(AFP)

La Maison de la presse a accueilli, samedi, un séminaire de l’Union de la presse francophone - section Sénégal, sur le thème « Virage numérique de la presse francophone ». Une initiative qui entre en droite ligne de la volonté de ces acteurs des médias à anticiper sur les enjeux du numérique.

L’Union de la presse francophone-Section Sénégal entend jouer sa partition à l’occasion de la Quinzaine de la Francophonie, en organisant, samedi dernier, à Dakar, une journée de réflexion sur le thème « Virage numérique de la presse francophone ». A l’issue du Sommet de la Francophonie tenu en novembre dernier à Madagascar, il a été décidé de la mise en place d’un cadre d’analyse des stratégies numériques nationales et réaffirmé une présence créative au sein des dispositifs multilatéraux consacrés à la gouvernance numérique.

Dans son discours de bienvenue, le président de la section locale de l’Upf-Sénégal, Abdoulaye Thiam, s’est réjoui de l’organisation de cette rencontre, qui fait la promotion de la Francophonie. Selon M. Thiam, la motivation de cette rencontre est d’autant plus importante au vu des avancées extraordinairement rapides réalisées dans le domaine de la presse grâce aux développements numériques. Ces progrès ont fini de bouleverser le quotidien des Sénégalais à travers leurs activités dans tous les domaines. Néanmoins, ils peuvent, certes, être perçus comme une aubaine mais des contraintes peuvent, toutefois, resurgir du fait de cette rapide mutation. C’est donc tout le sens qu’accordent la Conférence des ministres de la jeunesse et des sports des États et gouvernements ayant le français en partage (Confejes). A ce sujet. M. Thiam a d’ailleurs remercié les autorités, notamment la Confejes, du soutien pour la réussite de cet événement.

Communauté digitale
Par la voix de son secrétaire général, la Confejes a tenu à féliciter l’Union de la presse francophone-Sénégal, pour cette initiative tout en saluant la pertinence du thème. Pour Bouraïma Ali Harouna, « la transition numérique est un enjeu majeur de notre époque par son puissant impact transformationnel dans tous les domaines d’activité humaine et dans tous les secteurs de développement. C’est aussi une problématique dans l’agenda universel par la capacité des technologies à ouvrir les sociétés, à autonomiser les individus pour les insérer dans la citoyenneté mondiale ». M.Bouraïma reste, en outre, convaincu de l’utilité d’une partage à l’échelle la plus large afin de convaincre davantage de sa pertinence et de sa portée dans l’objectif d’inscrire la Francophonie comme acteur majeur dans la communauté digitale mondiale tout en réitérant sa disposition à accompagner et à pérenniser l’événement.

Le virage numérique n’est pas effectif mais il reste inéluctable. C’est l’avis de Mamadou Ndiaye, journaliste, expert en Communication chargé d’animer la rencontre. Pour M. Ndiaye, l’arrivée du numérique modifie fondamentalement un certain nombre de services d’activités y compris la presse. Cette modification de la perception du métier, dit-il, impose une réadaptation car cela modifie notre rapport au temps mais également celui relatif aux sujets traités. Le numérique, dit-il, en nous imposant son rythme de fonctionnement, nous impose aussi des adaptations et des modifications en profondeur. Mamadou Ndiaye a ainsi invité à une profonde remise en cause et une réflexion prospective pour appréhender les difficultés de demain.

Mouhamadou Lamine DIOP
(stagiaire)

La 8ème édition du festival d’art contemporain « Le Fleuve en couleurs » s’ouvre le 14 avril à Saint-Louis pour se prolonger jusqu’au 14 mai. 30 lieux d’expositions sont retenus pour 70 artistes inscrits.

La ville de Saint-Louis abrite sa 8ème édition du festival d’art contemporain, « Le Fleuve en couleurs ». L’ouverture des expositions aura lieu le 14 avril et elles se prolongeront jusqu’au 14 mai, annonce un communiqué.

Cette manifestation artistique existe depuis 2009. Elle est organisée par Pava, association pour la Promotion des arts visuels d’Afrique. « Une année sur deux il revêt le label de Grand Off de la Biennale des arts de Dakar. Ainsi, l’année prochaine, «le Fleuve en couleurs» sera officiellement intégré au Dak’Art », explique dans le communiqué Joëlle le Bussy, présidente de l’association Pava. Elle promet que cette année, la fête sera belle avec 30 lieux d’expositions pour 70 artistes qui sont inscrits pour cette édition. Les expositions se dérouleront en majorité sur l’île historique mais également à Guet Ndar, Ndar Toute et Sor.

La présidente de l’association Pava rappelle que Saint-Louis a toujours été une ville de rencontres et de partage et ici, « «le Fleuve en couleurs» s’épanouit, d’année en année ». Des artistes du Sénégal et de l’étranger, de renommée internationale et de jeunes talents, se côtoient : Soly Cissé, Djibril Sy, Serigne Mbaye Camara, Mayemba venu spécialement de la Rdc pour exposer, Anne Jo Brigaud, Adama Boye, Jarmo Pikkujamsa venu de Finlande et bien d’autres….

« Le Fleuve en couleurs » accueille également quelques designers : Agathe Derycke, designer textile française qui exposera au Camée, Joëlle le Bussy, créatrice sénégalaise de meubles et objets, Galerie Arte. Pour les besoins du festival, la population de Saint-Louis se mobilise en mettant à disposition des espaces. Il s’agit du Crds, des galeries d’art et lieux culturels (Galerie Ethiopiques,  Galerie Arte, Mame Thiouth, Galerie Tesss, Mermoz, Keur Fall, Galerie de l’Agneau Carnivore), des lieux culturels mécènes (Les Comptoirs du Fleuve, l’ex Palais de la Mauritanie), des bâtiments administratifs classés (le Rognat).

D’autres lieux comme des hôtels (la Résidence, la Saint-Louisienne, le Siki, Keur Dada, La Poste), des restaurants (la Kora, le Flamingo) des maisons d’hôtes (Jamm, Au fil du Fleuve), des instituts culturels (Centre culturel régional Abdel Kader Fall, Institut français, Maison Waaw), un musée (Conservatoire le Camée), une styliste (Rama), des ateliers d’artistes (Khossé, Meïssa, Ces Ras), des écoles, des demeures particulières (le Patio Saint-Louis) accueilleront des expositions d’artistes émérites ou de talents émergents.

E. M. FAYE

A Beijing où ils étaient pour la célébration de la Fête de l’Indépendance du Sénégal, les Frères Guissé ont été marqués par « la discipline et de l’abnégation des Chinois ». Une source d’inspiration, selon les trois musiciens, pour un pays en développement comme le Sénégal. Les trois frères artistes qui préparent leur festival sur l’environnement au Parc de Hann, du 19 au 21 mai, souhaitent également l’instauration d’un pont culturel entre les deux pays deux pays.

Qu’est-ce qui nous vaut votre détour à Beijing ?
Nous sommes venus en Chine pour célébrer la Fête de l’Indépendance avec la communauté sénégalaise et l’ambassade du Sénégal en Chine. Un peu partout dans le monde, tous les Sénégalais célèbrent cette fête qui a vu notre pays accéder à la souveraineté internationale. Nous avons passé une très bonne fête avec la communauté sénégalaise mais aussi d’autres communautés d’Afrique et du monde qui étaient invitées. Çà s’est vraiment bien passé. C’est un programme multiculturel. Il y a eu beaucoup d’échanges. Il y a un groupe sénégalais qui a chanté en chinois et un ballet chinois qui faisait la danse sénégalaise. Ceci veut dire que l’intégration culturelle entre la Chine et le Sénégal est très bien établie. Nous avons aussi beaucoup appris sur l’administration de l’ambassade du Sénégal en Chine, ses relations avec la communauté sénégalaise. Nous avons fait beaucoup de pays mais ce que nous avons vu ici est exceptionnel : il y a une parfaite connivence entre l’ambassade et la diaspora mais aussi entre les membres de la communauté elle-même. Ailleurs, il n’est pas rare de voir des gens se plaindre de leurs représentations diplomatiques.

Des rapports à dupliquer ailleurs alors ?
Absolument ! Ce que nous avons vu, c’est un général Fall (l’ambassadeur sénégalais en Chine) très impliqué dans la manifestation des étudiants. Non seulement il a présidé l’événement et modéré les débats, mais il est resté tout le temps qu’a duré la manifestation. On sent une certaine complicité entre lui et la communauté sénégalaise de Chine. D’ailleurs, ils sont nombreux à faire un témoignage positif sur sa personne. Il a fait montre d’une disponibilité sans faille et veille beaucoup sur la communauté. C’est important parce qu’on est à l’extérieur et ici, on a besoin de plus d’écoute et d’assistance. On aimerait bien que cela se passe dans tous les autres pays où le Sénégal est représenté. Nous avons également vu qu’il y a beaucoup de Sénégalais chefs d’entreprise en Chine. Cela veut dire que la collaboration entre les deux pays sur les plans commercial, économique et financier est au beau fixe.

Sous le prisme de ce que vous avez vu jusqu’ici, peut-on savoir ce que vous inspire la diplomatie sénégalaise ?
C’est important pour des pays en développement comme les nôtres d’avoir de bonnes relations avec la Chine. Seulement, il faut que cela soit bien organisé et que chacun y tire profit. Il y a déjà ces ponts diplomatique et commercial entre les deux pays, il faut maintenant un pont culturel. Il faut renforcer la diplomatie culturelle. La Chine, c’est 1,4 milliard d’habitants, on a besoin de vendre la destination Sénégal ici et il n’y a pas mieux que la culture pour le faire. La musique sénégalaise est un excellent moyen de promotion de la destination. C’est un pays à conquérir ! Et tout cela doit être soutenu par la diplomatie. Heureusement, ici, notre pays est très bien représenté par le général Abdoulaye Fall.

Comment, au plan personnel, jugez-vous cette venue en Chine ?
« Ce n’était pas que venir, se reproduire et repartir ; l’ambassade a invité des gens qui sont dans la musique et ils ont très bien apprécié ce que nous faisons. Nous avons eu de très bons contacts ici et c’est très probable que nous y revenions pour des concerts et d’autres types de collaboration, pourquoi pas même enregistrer un album avec un groupe chinois ?

Quel est le fait positif qui vous a le plus marqué ?
Sans hésiter, je dirais que c’est la discipline et des personnes qui ont vraiment envie de bosser. Et ce que nous avons appris, pour la petite histoire, c’est que c’est en trente ans qu’ils se sont développés. Je pense que le rétablissement des relations diplomatiques avec la Chine, il y a plus de dix ans maintenant, est une très bonne chose. Nous avons intérêt à s’inspirer de la discipline et de l’abnégation des Chinois.

Que préparent actuellement les Frères Guissé ?
Nous devons accueillir le maire des Voges, une municipalité française, pour préparer le «Festi’Vert» que nous organisons annuellement depuis plus d’une dizaine d’années. Et nous devons faire cette manifestation avec le Groupe de presse «Le Soleil.» Nous sommes natifs du quartier de Hann, où siège ce journal mythique avec qui nous entretenons naturellement un partenariat. Ce festival de l’environnement qu’on appelle «Festi’Vert» se tient au parc de Hann. Et l’édition de cette année se déroulera du 19 au 21 mai 2017. A travers la musique, nous essayons de sensibiliser les gens à la protection de l’environnement.

Aly DIOUF, Correspondant à Beijing

La commune de Foundiougne a dévoilé, le week-end dernier, ses plus beaux atouts culturels à l’occasion des journées organisées pour mieux faire connaître son héritage matériel et immatériel. Régates, musique, danse et séance de lutte ont été au programme de cet évènement riche en couleurs.

Foundiougne s’est paré du costume de capitale de la culture lors des journées organisées le week-end dernier. L’objectif de ce grand évènement initié par l’équipe municipale après vingt ans de léthargie était de réunir les filles et fils de la localité autour de leur patrimoine culturel pour développer et promouvoir des types d’actions visant à tisser des liens forts entre eux, mais aussi de renforcer l’attractivité de leur terroir en faisant rayonner la culture locale.

Pour cette édition, un programme riche et varié a été concocté par les organisateurs. Pendant trois jours de fête, des prestations très colorées présentant la diversité culturelle du terroir ont été déroulées. La musique était au rendez-vous avec les artistes venus de tout le département et qui se sont mis en exergue au cours d’une soirée sons et lumières. Dans un mélange de rythmes, de chants et de danses, ces nombreux artistes ont, au cours de leurs prestations, rivalisé de talent et donné le meilleur d’eux-mêmes pour marquer de leurs empreintes ces journées.

La deuxième partie était consacrée à un carnaval impliquant les groupes socioculturels de Foundiougne, mais aussi l’ensemble du département. La diversité culturelle et ethnique y a été résumée en une procession de troupes mettant en exergue les spécificités culturelles et identitaires de la communauté du Loog et même au-delà.

Une parade féerique reflétant la richesse et la diversité culturelle de Foundiougne a permis à une belle brochette de troupes de se déployer dans les artères de la ville et d’offrir un spectacle haut en couleur et en rythmes. Ce défilé a été marqué par de belles fresques mettant en vedette danses, costumes, chants, musiques... Cet évènement, a fait savoir Mor Thiam, chargé de la communication de ces journées, constitue une opportunité pour relancer les activités culturelles à Foundiougne qui, selon lui, est un Sénégal en miniature. « Avec l’installation des comptoirs à l’époque coloniale, toutes les ethnies se sont retrouvées à Foundiougne qui était un important pôle économique. C’est ce passé qu’on a voulu revisiter à travers ces journées culturelles », a relevé M. Thiam qui est d’avis que le développement de Foundiougne passe forcément par la culture. Au cours de ces journées, Foundiougne a aussi vibré au rythme des régates organisées sur le fleuve et qui ont tenu en haleine les nombreux spectateurs. Une course de très haut niveau opposant six équipages était au menu. L’épreuve a été remportée par Thiamène 1 dont les rameurs ont montré tout leur savoir-faire au cours de cette course très mouvementée sur une distance de 2 km. La lutte était aussi au rendez-vous. Tous les lutteurs de Fatick et des environs ont convergé vers Foundiougne et se sont affrontés pour remporter la mise de 1 million de FCfa qui était en jeu.

Destination touristique
Pour le maire de Foundiougne, ces journées culturelles n’ont pas été organisées depuis vingt ans et l’équipe municipale qui place la culture au cœur du développement a réussi à relever le défi. « Nous nous sommes engagés et nous avons réussi. Ces journées ont été très riches, avec un programme très diversifié. Il y a eu une belle caravane de la diversité. Toutes les ethnies étaient représentées et les artistes ont défilé. Il y a aussi eu une soirée sons et lumières, sans compter les régates qui ont fortement mobilisé les Foundiougnois », a indiqué Babacar Diamé.

À son avis, Foundiougne est une zone d’une extraordinaire richesse culturelle avec un patrimoine qui constitue un atout en devenir. Avec ces potentialités, a-t-il dit, Foundio pourrait jouer un rôle fondamental dans le développement touristique de la zone. Cet évènement, a-t-il ajouté, sera désormais inscrit dans l’agenda de Foundiougne. « Nous allons budgétiser, chaque année, ces journées culturelles et essayer d’avoir au moins 50 % des moyens », a laissé entendre Babacar Diamé qui a félicité la Commission scientifique et culturelle et tous ceux qui se sont impliqués dans la réussite de ces journées. Pour les perspectives, a relevé le maire, il s’agira de créer des interactions avec les autres communes du département et de susciter une dynamique d’échanges qui contribueront à faire de Foundiougne une destination culturelle de choix.

M. SAGNE et Samba O. FALL

L’artiste interprète Médoune K a présenté, hier, à la Maison de la Culture Douta Seck, sa première production spirituelle titrée en wolof « Taw fekh » (délivrance de l’âme). Dans cet album composé de sept titres, l’artiste associe paroles religieuses et panégyriques de Serigne Touba à des instruments modernes et afro-arabes.

Ingénieur Télécoms de profession, Médoune K vient d’entamer une carrière musicale prometteuse en mettant sur le marché son tout premier album spirituel « Taw fekh ». Cette entrée dans le paysage musical sénégalais est toute particulière dans la mesure où l’artiste a voulu offrir aux mélomanes sénégalais un autre genre de musique à travers les paroles religieuses et les panégyriques (khassaïdes et wolofals) de Serigne Touba Khadim Rassoul et Cheikh Mouhamadou Ibn Abdallah Faye de la Médina. Il les a entonnés en les accompagnant d’instruments modernes et afro-arabes tels la flute, le tabala et le darbuka.

Ce mélange de sonorités associé aux paroles spirituelles a tenu en haleine le public venu nombreux, hier, à la Maison de la Culture Douta Seck, assisté à la présentation de l’album. Ils étaient tous émus par la qualité de cette production artistique de Médoune K. Selon l’artiste, l’album « Taw fekh » parle de son ambition à vouloir apporter de nouvelles sonorités, autres que celles qu’on a l’habitude d’entendre dans le paysage musicale sénégalais.

« Composé principalement avec des instruments afro-arabes, l’album reflète essentiellement une volonté longtemps mûrie de montrer aux auditeurs que les chants religieux peuvent bel et bien être accompagnés d’instruments sans sortir du cadre religieux », dit-il. Un pari réussi car le public a apprécié les sonorités. D’aucuns n’ont pas manqué d’esquisser même des pas de danse sous le rythme des tabalas. A en croire Médoune K, le titre « Taw fekh » est une sorte de délivrance de l’âme. En atteste les paroles et les sonorités des sept morceaux qui le composent. En réalité, en écoutant, il arrive au mélomane de voyager « spirituellement ». Par exemple, souligne-t-il que dans le morceau « Di-anl roudiou-i », il décrit à nouveau le retour d’exil de Cheikh Ahmadou Bamba avec toute l’euphorie qu’il y avait lors de l’accueil. « Le morceau « Asmaoul housna » dérive des paroles de Cheikh Mouhamadou ibn Abdallah Faye de Médina, que j’ai repris intégralement. Il y rime les 99 noms de Dieu sans suffixe ni préfixe dans le morceau. Quant au morceau « Mouhamadoune bacharoune », j’y décris le prophète Mouhamed (Psl) sur beaucoup de plans », fait savoir Médoune K. Aussi, informe-t-il que « Serigne Touba amoul morom » fait partie des chansons tout comme « Nihmal wassila » et « Diadiefety » dans lequel il est décrit les faveurs que le saint homme a eues du Seigneur de l’univers.

Ce riche album aussi bien dans le fond que sur la forme fera l’objet d’un concert en live pour son lancement, le 12 mai, à la Maison de la Culture Douta Seck de la Médina, quartier dakarois qui a vu naître et grandir Médoune K. Cette première communion avec ses fans se fera avec la bénédiction de son vénéré Cheikh Mouhamadou ibn Abdallah Faye, sous le thème de la célébration du Prophète Mohamed (Psl).

Maguette Guèye DIEDHIOU

Le Théâtre de Verdure de l’Institut français de Dakar accueille, aujourd’hui, à 20h30, le spectacle « Noir de boue et d’obus » interprété par la Compagnie Difé Kako. Sur scène, quatre chorégraphes rendront hommage aux tirailleurs sénégalais décédés lors de la Guerre 14-18. Ce sont : Mariama Diédhiou, Alseye Ndao (Sénégal), Julie Sicher et Louise Grivellaro (France).

Dans le cadre de la commémoration du Chemin des Dames (Centenaire de la Guerre 14-18), la Compagnie Difé Kako présente la pièce chorégraphique « Noir de boue et d’obus » à l’Institut français de Dakar, aujourd’hui, à partir de 20h30. Le spectacle a été créé en 2014 dans le cadre du Centenaire de la Guerre 14-18. L’idée, selon Chantal Loial, directrice artistique de la Compagnie Difé Kako, était de faire voyager le spectacle un peu partout notamment en Afrique. D’où l’idée de le présenter au Sénégal. « Il était important, de montrer ce que les tirailleurs sénégalais ont apporté dans le cadre du Centenaire. Cela me paraissait difficile de finir 2018 sans passer par l’Afrique », a estimé C. Loial pour qui c’est le moment propice.

Elle a rappelé le lourd tribut payé par 1.400 tirailleurs sénégalais qui sont morts, le 16 avril 1917, sur le Chemin des Dames dans l’Aisne (Est de la France). « Nous aurions souhaité que cela tourne beaucoup plus. Nous avions proposé un grand projet qui pouvait inclure Bakalama, l’Ecole des sables, l’école de Mariama Touré », a expliqué Chantal Loial.

L’idée est de présenter un spectacle en mélangeant des artistes français et sénégalais pour faire une sorte de coopération. « L’ambition est de réveiller les consciences autour de cette histoire qui a réuni soldats français et tirailleurs sénégalais et la repartager avec des artistes sénégalais », a soutenu la chorégraphe.

Elle a expliqué le titre de la pièce « Noir de boue et d’obus » en référence à l’engagement des Noirs dans les tranchées avec beaucoup de boue mais également cette fierté de combattre. Sur scène, cela donne un dialogue interculturel entre l’Afrique, les Antilles et la France. Pour sa part, la Sénégalaise Mariama Diédhiou vit sa participation au spectacle comme « un honneur, une fierté » rendant hommage aux tirailleurs sénégalais.

E. M. FAYE

Du 28 mars au 28 avril, la ville de Rabat au Maroc expose l’art africain dans sa diversité à travers 36 manifestations sur 18 lieux, des centaines d’artistes africains invités, quatre conférences dont l’une porte sur Léopold Sédar Senghor, cinq concerts, des débats d’idées, des projections de cinéma, des expositions patrimoine et d’art moderne. Suivez le guide des principales expositions.

« L’ouverture des Marocains sur l’art africain est un regard heureux », constate l’artiste plasticien sénégalais Zulu Mbaye, « invité spécial de Mohammed VI », le Roi du Maroc pour le démarrage de l’exposition « L’Afrique en Capitale » (28 mars au 28 avril). Il pense que « La porte de la culture est le meilleur chemin pour se rapprocher du reste du continent africain ; c’est une diplomatie culturelle. La culture est le soubassement des autres aspects de la vie ». En effet, l’art africain sous différentes formes se décline durant tout un mois à Rabat à travers un circuit qui commence par la galerie Bab Rouah. Construite en 1197 par le calife Yacoub Al Mansour, Bab Rouah est la plus grande porte de l’enceinte almohade. Elle donne accès à quatre salles carrées par deux vestibules. Ce cadre aux murs hérités du Moyen âge accueille l’exposition « Flying over Africa ». Il y a des œuvres de 14 pays dont le Sénégal représenté par Soly Cissé. La visite se poursuit à travers la forteresse qui encercle la ville de Rabat.

Le joyau Bab El Kébir
Dans la ville culturelle qu’est la capitale marocaine, Bab El Kebir est une étape importante. Construite en 1150 par le calife Abdelmoumen, la porte de Bab El Kebir constitue l’un des joyaux de l’architecture des Almohades. Elle est constituée de trois salles qui se succèdent en enfilades. Dans les années 80, la porte fut réhabilitée en salle d’exposition. Pour Brahim El Mazned, commissaire général de « L’Afrique en Capitale », « c’est l’occasion de redécouvrir l’environnement africain dans l’objectif des artistes photographes du continent. Ils y expriment une sensibilité diverse et posent un regard neuf sur deux aspects contradictoires : la réalité et le rêve ». En termes de rêves, « La villa des Arts » de Rabat plonge les visiteurs dans un subtil jeu de reflet avec l’exposition « Gaia à travers ses miroirs ».

Selon Itaf Benjelloun, responsable de l’exposition, « C’est Gaia dans le regard des artistes. L’exposition se décline en trois partie : la représentation de la nature, de la terre à travers la beauté de la femme, l’attitude du vivant dans son environnement et une troisième partie où la nature est représentée dans son esthétique et dans le fantasme des artistes ». D’ailleurs, il y a un extrait du poème « Dans tes yeux » de l’Ivoirien Bernard Dadié représentant l’attitude du vivant dans son environnement autant que « Femme noire, femme nue » de Léopold Sedar Senghor.

D’autres Sénégalais moins connus y exposent aussi. Il s’agit de Sadibou Sow et Ibrahima Fall qui ont signé une œuvre commune appelée « Adunak li ci biiram » : Dans l’antre de la terre. C’est une recomposition contemporaine du l’Arche de Noé de la part de ces deux artistes sénégalais qui vivent au Maroc. Ils sont dans le ton général de l’exposition où, selon les organisateurs, « les artistes représentent la terre dans tous ses états, ils la fantasment et détournent ses ressources pour lui rendre hommage et lui témoigner de leur lien fusionnel. La terre, mère nourricière, souvent au centre de l’univers des artistes, ne cessera jamais d’être la muse suprême de ceux qui « habitent poétiquement le monde ». L’Afrique est référence, à travers le regard des différents artistes exposants, de beauté, de luxuriance et de maternité ».

Le Bazin, une revendication politique
C’est un lieu dédié à une programmation artistique alliant « diversité des formes et ouverture culturelle ». Le Malien Abdoulaye Konaté, avec sa collection « L’Etoffe des songes », y fait forte sensation. L’artiste contemporain déclare tirer son inspiration « dans la nature mais aussi des peuples » qu’il visite. Son travail présente des gammes de « couleurs qui sont utilisées en Europe qui ne sont pas les même en Afrique » avec le Bazin (« une étoffe imbibée de la rumeur de la rue et teinte aux couleurs des rêves de dignité et de bonheur des Maliens, sans distinction de classe », selon l’Ivoirien Yacouba Konaté). Abdoulaye Konaté cherche à établir « une nouvelle relation visuelle entre les couleurs en s’inspirant surtout des insectes comme avec le papillon étudiés sur tous les continents ». Sous la naïveté apparente des couleurs du Bazin avec lequel il travaille pour les différentes formes de papillons, Abdoulaye Konaté fait « une relation entre la fragilité des indépendances africaines et la beauté du concept ». Les messages politiques et spirituels ne sont pas absents dans la dernière étape des expositions « L’Afrique en Capitale ». Il s’agit du majestueux Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain de Rabat.

Hommage aux disparus
Il fait partie des 14 musées gérés par la Fondation nationale des musées. « Inauguré en octobre 2014 par le Roi Mohammed VI, il s’agit de la première institution muséale publique à répondre aux normes muséographiques internationales. Sa mission est d’initier le grand public à l’art moderne et contemporain marocain et international », présente Brahim Mazned, le commissaire de « L’Afrique en Capitale ». L’exposition y prend trois aspects. Il y a d’abord « Un regard sur l’Afrique » qui regroupe « un ensemble d’œuvres issues d’une collection privée unique. Elle offre une exploration originale de certaines tendances de l’art contemporain africain à travers un ensemble de tableaux, sculpture et objets de design ». On y retrouve le magnifique travail de l’Ivoirien Aboudia qui renvoie aux œuvres de Basquiat revisitées avec en larme de fond le conflit en Côte d’Ivoire, l’Italo-sénégalaise Maïmouna Guerresi avec une spiritualité palpable, les couleurs abstraites et chatoyantes du Congolais Chéri-Chenin ou les tresses africaines de Diseye Tantua du Nigeria.

La deuxième partie est consacrée à « Présence commune » avec le travail de Kouka Ntadi et de Wahib Chehata. Français d’origine tunisienne, le travail de Chehata est habité par la peinture de Caravage, Turner et Delacroix. De son côté, Kouka, artiste peintre, né en 1981, métis congolo-français, diplômé de l’école des Beaux-Arts, se caractérise par l’expressivité et la spontanéité du geste, laissant volontairement apparaître les imperfections, les imprécisions et les coulures. La troisième et dernière partie laisse découvrir une exposition hommage au travail de trois artistes disparus : Malick Sidibé, Leila Aloui et Othmane Dilami.

A la quête d’un nouveau souffle

A Rabat, la réflexion a porté sur le devenir de l’art africain. Cela, afin de lui donner un nouveau souffle qui lui évitera d’être un phénomène de mode comme ce fut le cas de l’art japonais dans les années 70 ou celui chinois dans celles 80. Le débat s’est posé avec acuité au Maroc avec « L’Afrique en Capitale ».

Pour Alexis Peskine, artiste afro-descendant ayant participé deux fois à la Biennale de Casablanca et également deux fois pensionnaire de la résidence du Cac Essaouira, « ce serait bien que d’autres pays du continent mettent autant de moyens, à un niveau étatique, pour construire des collections africaines en Afrique ». Le positionnement actuel du Maroc dans la culture africaine fait bouger les lignes. « Avant, pour que les artistes africains se rencontrent, il fallait un événement culturel à Paris, Bruxelles ou Londres. C’est un manque de dialogue culturel qui faisait que les Africains soient plus connus en Europe qu’en Afrique », a remarqué Zulu Mbaye, artiste sénégalais.

Après la politique et l’économie, le Royaume chérifien se positionne clairement dans la diplomatie culturelle pour mieux assurer son ancrage africain. Si le Maroc cherche à « s’africaniser » davantage, des artistes tirent la sonnette d’alarme pour que l’art contemporain africain ne perde pas son âme.

Présent à Rabat lors du démarrage de « L’Afrique en Capitale » avec son exposition « L’Etoffe des songes », l’artiste plasticien malien Abdoulaye Konaté « pense qu’il faut renouveler le souffle de la création africaine de manière constante » pour durer. C’est l’un des principaux chantiers sur lequel il y a un accord. Les différents artistes africains présents au Maroc comme le Sénégalais Zulu Mbaye et l’Ivoirien Mederik Turay donnent quitus à cette idée. Ce dernier, installé au Maroc depuis 4 ans après s’être imprégné de l’environnement américain, a deux grandes fresques exposées au Musée Mohammed VI de Rabat pendant tout le mois de « l’Afrique en Capitale ». On peut également apercevoir son travail sur le tramway de Rabat ainsi que le train qui fait la navette entre la capitale administrative marocaine et la ville de Casablanca. « Je suis quelqu’un de très mobile. Je suis de la Côte d’Ivoire mais je voyage beaucoup pour donner un cachet international à ma carrière professionnelle ». Dans son développement, l’art contemporain africain a besoin des apports extérieurs. « Pas de tous, quand même », pose comme un veto le Sénégalais Zulu Mbaye.

Membre du Comité d’orientation de la Biennanle de Dakar, le plasticien sénégalais dénonce un aspect de l’organisation de manifestations comme la Biennale de Dakar. « Les fonctionnaires ne maîtrisent pas les arts. Ils organisent et n’orientent pas. La Biennale de Dakar ne doit pas être une reprise de celle de Venise ou Sao Paulo. Ce n’est pas parce que nous faisons ce qui se fait à New York, Paris ou Londres que nous entrons dans une quelconque universalité. L’universalité, c’est l’enracinement puis l’ouverture », conteste Zulu Mbaye. Son universalité est de proposer quelque chose de soi avant de s’ouvrir aux autres souffles. Il faut que ces souffles soient digérés pour que « les Africains ne soient pas des élèves qui récitent une leçon ».

Par Moussa DIOP, envoyé spécial à Rabat

Le biopic sortira aux Etats-Unis le 16 juin prochain, jour où le rappeur aurait fêté son 46e anniversaire s’il n’avait pas été assassiné en 1996, au sommet de sa gloire.

« All Eyes on Me » s’appliquera à retracer, de manière académique, la vie et la carrière de Tupac Shakur, de son berceau à sa tombe. La bande-annonce de Lionsgate, rythmée par son tube « California Love », dévoile les différentes facettes de l’artiste qui continue, plus de 20 ans après sa mort, d’influencer la musique et le monde du hip-hop.

Elevé par des parents membres actifs des Black Panthers, Tupac a été confronté dès son plus jeune âge à la violence et l’incarcération. Un aspect de sa vie privée qui sera exploré dans le film, tout comme sa foisonnante carrière professionnelle, ses convictions politiques, ses démêlés avec la justice, son emprisonnement ou sa tentative de meurtre à New York en 1994, dont il est ressorti vivant malgré cinq balles reçues, dont deux dans la tête.

Le titre du biopic, « All Eyez on Me », fait référence au titre de son quatrième album solo, sorti quelques mois avant sa mort à Las Vegas. Cet opus, qui a été l’un des premiers double-album de l’histoire du hip hop, comporte les hits « California Love » ou « How Do U Want it ». Il s’est écoulé à 10 millions d’exemplaires. Au total, Tupac a vendu 75 millions d’albums à travers le monde.

« All Eyez on Me » arrivera le 16 juin dans les salles américaines avec, dans le rôle de Tupac, Demetrius Shipp Jr, dont le père a été producteur de l’artiste. Réalisé par Benny Boom, le film n’a pas encore de date française.

b

La librairie L’Harmattan Sénégal a abrité, samedi dernier, la cérémonie de présentation et de dédicace du livre « Les 13 vies rêvées » de Cheikh Mouhamed Diop. Celui-ci s’y emploie, dans une réflexion profonde, à travers 13 personnages « fictifs », à percer des identités plurielles déclinant un humanisme ou plutôt l’acception concrète qu’il nous en donne.

A la quatrième de couverture, cet extrait de la note de l’éditeur : « Ce livre fait ressortir la similitude entre la vie et la mort ; entre la fin et la naissance de l’homme ». L’auteur lui, avait (a) pour ambition d’évoquer-précision qu’il a tenu à apporter- la naissance d’un individu. Cela pourrait paraître comme une dissonance que le modérateur, le professeur Ousseynou Faye, a résolue d’ailleurs : « C’est une production sur la vie. Et celle-ci et la mort s’entremêlent ».

Cette « mise au point » ne traduit en réalité que la densité du livre, la profondeur de la pensée et la subtilité du verbe de Cheikh Mouhamed Diop qui, tout en longeant des allées dédaléennes de la quête de l’humain dans ses innombrables reflets, fixe un miroir sur des univers et des hommes pour dessiner des identités hétérogènes. Ne dit-il pas lui-même qu’il s’attache à décrire la vie ? « 13 vies rêvées » est, dans ce sens, une manière pour le jeune auteur de donner un peu de dimension à son univers existentialiste en ayant opté pour la condition humaine. Le journaliste, Moussa Diop, en fait une « galerie de portraits de 13 personnages aux destinées singulières mais qui interpellent, chacun, par l’aversion qu’il s’attire ou l’affection légitime qu’on lui témoigne, notre humanité. Ce livre fait référence à notre présent accablant mais c’est aussi un questionnement sur le devenir collectif, sur l’histoire ». C’est donc des aventures, des expériences, quelquefois personnelles, que relate Cheikh Mouhamed Diop dans cette publication. Il y dénonce également certaines tares de la société à travers ses personnages qui rebutent ou auxquels on s’attache.

L’histoire de la Sierra Léonaise, un des 13 personnages du livre, témoigne, dans ce sens, du caractère alambiqué des trajectoires individuelles. Victime de l’absurdité humaine, de la guerre, elle s’en va s’adonner à la prostitution à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Elle est poursuivie par le remords et, dans son tumulte existentiel, continue de nourrir des espérances, des rêves. Elle est, pourtant, davantage miroir qu’objet de jugement pour toute personne désireuse de tirer des leçons de vie des expériences heureuses ou avilissante de l’autre. Sans décliner l’espace géographique, l’auteur s’attaque aussi aux pratiques des hommes politiques et des fonctionnaires d’État à travers ses personnages.

La société célèbre ses propres bourreaux en s’érigeant en receleuse des voleurs des biens communs. L’essentiel est de se « réaliser socialement » dans ce qu’elle conçoit comme réussite ; celle-ci fait davantage référence au clinquant, au superficiel qu’aux valeurs profondes. L’espoir demeure peut-être dans ce que dit le professeur Ousseynou Faye : « La société ne fait pas l’éloge du mauvais ». Spécialisé en Finances, contrôle et pilotage des organisations, Cheikh Mouhamed Diop nourrit un amour pour la littérature depuis son enfance. Il s’est engagé, en 2013, dans un essai politique, « Couleurs socialistes », pour une politique définitivement axée sur l’amélioration de la condition humaine. Cette nouvelle production, « Les 13 vies rêvées », n’est ainsi qu’une suite logique de son engagement pour l’humain.

Alassane Aliou MBAYE

La 13ème édition de la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar (Dak’Art) se tiendra aux mois de mai et juin. Après l’installation du Comité d’orientation, l’appel à candidatures a été lancé pour l’exposition internationale.

Le compte à rebours a commencé pour la 13ème édition de la Biennale de l’art africain contemporain de Dkar (Dak’Art). La manifestation se déroulera aux mois de mai et juin 2018. A la suite de l’installation du Comité d’orientation, l’appel à candidatures pour la sélection internationale a  été lancé, a-t-on appris sur le site biennaledakar.org. Les candidats ont jusqu’au 31 juillet pour envoyer leur dossier d’inscription qui devra comprendre : le formulaire de candidature dûment rempli ; une biographie de 15 lignes maximum en français et en anglais ; un curriculum vitae détaillé ; deux photos d’identité récentes en haute résolution ; une copie scannée du passeport en cours de validité jusqu’en fin 2018.

Le dossier devra également comprendre : 5 reproductions en haute définition (300dpi pour 30×50 cm) d’œuvres datant au plus de janvier 2016 (propriété de l’artiste) sur support papier ou numérique (photographies, Dvd, Cd). La mention du nom du photographe est obligatoire de même que celle de la date de création. Le candidat doit aussi fournir un texte de présentation des œuvres et leur fiche technique (références des pièces, titre de l’œuvre, dimensions, matériaux, valeur de l’œuvre et assurance, adresses des lieux de provenance et de livraison des œuvres à l’issue de la Biennale 2018) ;  des copies d’articles de revues d’art et de textes critiques sur l’œuvre de l’artiste, d’un ou de plusieurs témoignages d’experts reconnus (facultatives). L’Article 18 stipule que les Prix de la Biennale de Dakar 2018 sont : le Grand Prix « Léopold Sédar Senghor » parrainé par le président de la République. Il est attribué au lauréat de l’Exposition internationale. Le Prix « Révélation » est offert par le ministre de la Culture et de la Communication à un des artistes participant à l’exposition internationale ; le Prix du Jeune talent offert par le maire de Dakar. S’y ajoutent les Prix de l’Organisation internationale de la Francophonie, de la Cedeao, de l’Uemoa et le Prix du Off de la Biennale de 2018.

De nombreux autres prix sont offerts à des participants par des partenaires de la Biennale. L’Article 19 mentionne que le Grand Prix « Léopold Sédar Senghor » et le Prix « Révélation » deviennent la propriété de l’État du Sénégal.  Les candidats peuvent envoyer leur dossier en ligne sur le site biennaledakar.org et par mail à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ou alors par la poste à l’adresse du Secrétariat général de la Biennale de Dakar. Le règlement intérieur est téléchargeable sur le site du Dak’Art.

E. M. FAYE

Dakar abritera, ce lundi 10 avril, une réunion d’un comité ad hoc pourr l’institution d’un prix international pour les médias et les professionnels des médias. Ce prix, selon le directeur du Comiac, Oumar Seck, est une initiative prise au sein de l’Organisation de la coopération islamique (Oci) pour promouvoir la tolérance et le dialogue interculturel.  

Un comité ad hoc tiendra sa première réunion à Dakar ce lundi 10 avril, pour examiner les modalités et les conditions de mise en œuvre d’un Prix international, dans le cadre de l’Organisation de la coopération islamique, récompensant les médias et hommes de médias qui s’illustrent dans la promotion de la tolérance et du dialogue interculturel. Des représentants d’institutions financières et des institutions concernées de l’Oci, invitées à appuyer pleinement cette initiative de Prix international, sont attendues à la rencontre de Dakar qui sera présidée par le ministre sénégalais de la Culture et de la Communication.

Selon Oumar Seck, directeur du Bureau de coordination du Comité permanent de l’Oci pour l’information et les affaires culturelles (Comiac), ce Prix international, initié par le chef de l’État sénégalais au titre de président du Comiac, a été institué conformément à une résolution adoptée lors de la 11ème session de la Conférence islamique des ministres de l’Information, tenue à Djeddah, en décembre dernier.  Le directeur du Bureau du Comiac affirme que l’institution d’un Prix international, récompensant les médias et hommes de médias qui s’illustrent dans la promotion de la tolérance et du dialogue interculturel, est une stratégie médiatique de l’Oci dans sa « lutte contre l’islamophobie et ses mécanismes de mise en œuvre ». D’autant que l’intolérance « se nourrit dans une large mesure  des clichés véhiculés par les reportages, écrits, articles, interviews, commentaires, éditoriaux et autres tribunes libres complaisamment relayés par une certaine presse et surtout par les médias audiovisuels… ».

O. DIOUF

Le directeur du Patrimoine culturel, Abdou Aziz Guissé, a annoncé, jeudi, le « démarrage imminent » des travaux de fermeture des brèches du littoral de l’île de Gorée, située à 3 km au large de Dakar, un ouvrage devant, selon lui, être livré fin mai.

« Les ordres de service sont déjà établis. Actuellement, nous ne faisons qu’attendre l’arrivée de l’expert, à savoir Eiffage, qui a gagné le marché », a dit M. Guissé. « Il est clair que dans peu de temps, les travaux vont démarrer », a-t-il assuré lors de la visite de chantiers, à Gorée, d’une délégation conduite par le secrétaire général du ministère de la Culture et de la Communication.

« Le ministère est résolument déterminé (…) à respecter ses engagements, dans le cadre de ce vaste chantier national de réhabilitation des patrimoines nationaux », a soutenu M. Guissé, en présence du premier secrétaire de l’ambassade du Japon au Sénégal, Yuki Ikoma.

« Beaucoup de choses sont à refaire ici, mais cette portion du littoral constitue une priorité à ne pas négliger », a souligné le secrétaire général du ministère de la Culture et de la Communication.

Avec la collaboration de la mairie de Dakar et la commune de Gorée, ce département ministériel a engagé depuis deux ans un plan d’action de réaménagement de bâtisses de l’île, avec le soutien de l’Unesco et de l’ambassade du Japon au Sénégal. Les chantiers engagés concernent notamment la réhabilitation de la paroi du mur de protection de l’île, à l’extrême gauche de la Place de l’Europe, en face du musée historique de cette île abritant la Maison des esclaves, un vestige de la traite négrière. « C’est un espace envahi à moitié par la mer. Il s’agit en fait de 14 mètres carrés, de 400 mètres linéaires », sur « une hauteur de 3 mètres », a expliqué Malick Kébé Thiaw, chargé du suivi des travaux à la Direction du patrimoine culturel.

Avec l’appui de ses partenaires, l’Unesco et l’ambassade du Japon notamment, le ministère de la Culture et de la Communication va réaliser ce projet avec 122 millions de FCfa, soit 200.000 dollars Us.
Le futur ouvrage est appelé à jouer « un rôle important » dans le cadre des projets de réhabilitation des patrimoines nationaux, selon le maire de Gorée, Augustin Senghor.

« L’État a beaucoup fait dans ce vaste programme de sauvegarde de l’île de Gorée. Mais en réalité, personne n’ignore aujourd’hui les menaces dont l’île fait face à cause de l’érosion. C’est pour cela que je tiens à remercier le chef de l’État, le ministre de la Culture », a souligné M. Senghor.

Le chef du département de la Culture au Bureau régional de l’Unesco à Dakar, Guiomar Alonso, a de son côté réitéré « la ferme volonté » de l’institution onusienne d’accompagner le Sénégal dans ce programme de réhabilitation des patrimoines nationaux. « Cette île est plus que symbolique pour toute l’humanité. Malheureusement, avec l’érosion, les menaces deviennent de plus en plus récurrentes. Ce sont des phénomènes naturels, mais il faut prendre les devants, pour éviter le pire », a-t-elle dit.

Plusieurs autres endroits de l’île de Gorée sont en cours de réhabilitation, comme la Place de l’Europe, qui s’étend sur quelque 5.000 mètres carrés. Ses travaux sont financés avec 100 millions de FCfa par l’Union européenne, selon l’adjointe au maire de Gorée, Annie Jouga.

L’hôtel municipal de Gorée, d’une capacité d’accueil de 10 « chambres fonctionnelles et hi-tech », a été livré. Il est le fruit de la collaboration entre l’Agence de développement municipal, la mairie de Dakar et l’Agence d’exécution des travaux d’intérêt public contre le sous-emploi.                             

(APS)

L’Association Guédiawaye hip hop a procédé, samedi, à la présentation de son projet intitulé « Jotaayu gokh yi » (l’assemblée des quartiers). Son objectif est d’informer la population sur la gestion publique en réduisant les inégalités en termes d’accès à l’information municipale.

La cérémonie de lancement de ce projet a été marquée par la présence d’autorités de tous bords qui ont toutes magnifié l’initiative de l’Association Guédiawaye hip hop. Son président, Malal Almamy Talla alias Fou Malade, a expliqué au public venu nombreux que le projet vise de manière globale à créer un cadre en milieu défavorisé entre les jeunes et les populations pour discuter de questions essentielles qui concernent la vie de chaque localité et améliorer ainsi les conditions de vie des habitants.

Tout va commencer par une rencontre avec les autorités coutumières, religieuses et politiques pour les informer de la raison d’être du projet. Il y aura ensuite des séances de projection de film et des caravanes de sensibilisation. Puis, des assemblées dans les communes de Ndiarème Limamou Laye et Wakhinane Nimzatt visées par le projet avant d’aller vers la tenue d’une assemblée départementale, au cours de laquelle le maire fera face à la population qui va lui poser des questions portant sur la gestion de la commune et les différentes actions menées dans les différents domaines de compétences transférées. « Jotaayu gox yi » est un projet à vocation citoyenne soutenu par la fondation Ford. « Il est là pour informer les populations sur la gestion publique au niveau local en les sensibilisant au rôle qu’elles doivent jouer dans le développement local », a soutenu Malal Talla. L’artiste-rappeur de Guédiawaye a évoqué un certain nombre de préoccupations locales autour desquelles il a estimé que des explications doivent être données à la population. Il cite l’aménagement du littoral, l’insécurité...   

Abdou DIOP

L’Institut fondamental d’Afrique noire de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, en collaboration avec la Direction des arts, ont  organisé hier leur séminaire axé sur la recherche et les politiques culturelles au Sénégal. A l’occasion, les conférencières, Joëlle le Bussy et Sadiya Guèye, se sont penchées sur l’état des lieux du design et de la mode au Sénégal.

Le design s’invite de plus en plus dans le quotidien des individus. Il impose sa présence dans les accoutrements, les ornements et  davantage dans la décoration. Une présence de plus en accrue qui ne cesse de croître à tous les niveaux. Partant de ce constat, les acteurs de l’art ont crû nécessaire de revenir sur les fondements du design. C’était hier, à l’occasion d’une conférence initiée par l’Institut fondamental d’Afrique noire. Aujourd’hui, le design ne se réduit plus à la production industrielle. Les créateurs s’aventurent de plus en plus vers les alternatives aux objets standardisés. Alors, le design est-il de l’art ?  Selon Joëlle le Bussy, qui a essayé de répondre à cette question, le design est né en Grande Bretagne en 1851 avec la Révolution industrielle.

« Grâce à l’industrialisation, on a pu commencer à concevoir et fabriquer des objets en séries, moins chers, plus économiques et ergonomiques. La recherche industrielle a pu également introduire de nouveaux matériaux dans le processus de fabrication. Ces objets sont devenus accessibles à une classe ouvrière émergente et on peut dire que cela correspond avec le début de la société de consommation », a-t-elle dit.  

Savoir-faire des artisans
Joëlle le Bussy souligne qu’aujourd’hui, le design n’est plus simplement appliqué aux objets en série sortis de l’industrie occidentale et destinés à une classe de population ouvrière ou moyenne. « Il ne faut donc plus confiner ce mot à ce qu’il était originellement et on peut dire que c’est  devenu une démarche créative méthodique qui peut être généralisée à tous les problèmes de conception, quel que soit le lieu », a-t-elle informé. Elle invite l’État a bien saisir l’enjeu réel du développement du secteur du design car, selon elle, le design est un secteur qui jouxte l’art, l’artisanat, l’architecture et un mode de pensée créative et conceptuelle où la recherche d’un nouveau langage est essentielle.

Certains designers se considèrent eux-mêmes comme des artistes, mais peu d’artistes se considèrent comme designers. Alors, quelle est exactement la différence entre l’art et le design ? Joëlle le Bussy plaide tout d’abord pour la construction des fondements. « La base commence par la valorisation de l’artisanat, des beaux-arts et des arts appliqués, la sensibilisation et la formation des jeunes à l’esthétique. Sans se préoccuper davantage du savoir-faire de nos artisans au Sénégal, de leur formation, de leur organisation en ateliers et d’une vision internationale, il n’y aura pas de développement du design », a-t-elle tranché.

La démarche de l’artiste designer est différente. Celui-ci crée d’abord pour lui-même. Il mène une quête personnelle et cherche à s’exprimer et s’épanouir par le biais des ses créations. En général, il réalise des œuvres uniques qui ne sont pas destinées à être reproduites.

Selon Sadiya Gueye, styliste, « dans la plupart des cas, il est à la fois le concepteur et le producteur de ses œuvres. Il a un style, une source d’inspiration qui se retrouvent dans chacune de ses créations et portent sa griffe. Beaucoup de designers sont issus d’écoles de Beaux-Arts ou d’arts décoratifs. Et ils possèdent nécessairement une sensibilité et des talents artistiques », a t-elle dit.
Au regard de tous ces enjeux, l’artiste est persuadé qu’il est « urgent que le savoir-faire de nos artisans soit enfin réellement pris en compte par l’État ainsi que la redéfinition d’un nouveau langage esthétique ». Elle plaide essentiellement pour la protection du droit d’auteur.

Oumar BA

La Galerie nationale d’art abrite, jusqu’au 18 avril, une exposition du collectif D’Clik, un groupe de quatre artistes aux talents confirmés. Ils ont travaillé sur le thème « Indépendance » pour marquer l’actualité mais également apporter leur contribution à la bonne marche de la société.

Le mot original déclic signifie un point de départ provoqué par une prise de conscience subite. Mais D’Clik n’est ni un courant artistique ni un mouvement mais une dynamique de groupe, un lieu de confrontation pour comprendre le présent et se projeter dans le futur. Ces jeunes ont voulu marquer l’actualité à travers le thème de l’exposition, « Indépendance », à voir à la Galerie nationale jusqu’au 18 avril. Le but, marquer avec une touche artistique le 57ème anniversaire de l’indépendance du Sénégal. L’usage de ce mot chez les membres du collectif prend un tout autre sens. En voyant des jeunes sans espoir bravant l’Atlantique à leurs risques et périls à la recherche d’une vie meilleure, ces créateurs ont essayé de penser et de faire penser autrement la vie. C’est ce qui fait la pertinence du travail accompli par ces jeunes artistes : Mouhamadou Moustapha Diop, Serigne Ibrahima Dièye, Aliou Diack et El Hadji Alioune Gueye sortis de la promotion 2013-2014 de l’Ecole nationale des Beaux-Arts. Leur style énigmatique est tout aussi déroutant que créatif. Ils utilisent un langage commun afin de provoquer une prise de conscience.

Les thématiques qui y sont abordés constituent les grands problèmes de nos sociétés : l’environnement, les questions urbaines, les inondations, la question du recyclage des déchets plastiques, entre autres. « Dans mon travail, il y a des accumulations, la densification, la notion de transparence, la diversité colorée. S’y ajoute la présence des oiseaux qu’on voyait dans des milieux isolés où on retrouvait beaucoup de déchets plastiques qui pullulent dans la ville », a expliqué El Hadji Alioune Gueye. Son travail suscite des questionnements pour éveiller, donner l’alerte chez le citoyen lambda, aux gouvernants mais aussi préparer la génération future notamment les plus jeunes pour mieux gérer leur cadre de vie.

Le directeur de cabinet du ministre de la Culture et de la Communication n’en est pas moins impressionné par le travail de ces jeunes artistes qui, à ses yeux, ont un potentiel et une marge d’évolution très importants. Selon Rémi Sagna, « il y a une force qui se dégage et qu’on ressent dès qu’on entre dans la galerie avec des thématiques auxquelles nous sommes sensibles et qui nous interpellent tous. R. Sagna reste convaincu que « nos prochains rendez-vous artistiques seront d’une grande dimension ».
La créativité, une disposition de l’esprit, est d’abord dépassement avant d’être étonnement et surprise. Comme l’est le vernissage de l’exposition « Indépendance » du collectif D’Clik à voir à la Galerie nationale d’art jusqu’au 18 avril.

Mouhamadou Lamine DIOP
 (stagiaire)

La Journée internationale de la commémoration des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique des esclaves a été célébrée hier, à travers un panel sur le thème « Contribution des Afro-descendants aux musiques dans leur mode d’expression contemporaine en Afrique ». Organisée par le Centre d’information des Nations unies (Cinu) en partenariat avec le Projet du Mémorial de Gorée, la rencontre a permis aux panélistes d’aborder la reconnaissance de l’héritage des victimes et les contributions des personnes d’ascendance africaine par la musique.

Pour se souvenir de l’esclavage, l’Organisation des Nations unies  commémore chaque année, cette grande tragédie de l’histoire de l’humanité. C’est dans ce sillage que le Centre d’information des Nations unies (Cinu), en partenariat avec le Mémorial de Gorée, a organisé un panel, hier, sous le thème: « Contribution des Afro-descendants aux musiques dans leur mode d’expression contemporaine en Afrique ». Cela, pour revigorer l’histoire en  débattant sur l’héritage légué et les contributions des personnes d’ascendance africaine.
Selon la chargée du bureau Cinu à Dakar, Minielle Baro, le thème  abordé est sous-tendu par le souvenir des victimes de l’esclavage et la reconnaissance de leur héritage et des contributions des personnes d’ascendance africaine qui ont contribué à façonner les sociétés  du monde, dans tous les domaines, à savoir celui de la musique. A l’en croire, les esclaves ont subi des formes ignobles de mépris, de racisme et de préjugés.
« Malgré la persistance de ces stigmates, les personnes d’ascendance africaine ont, au fil des années, contribué de manière significative au développement des sociétés et des cultures à travers le monde. Beaucoup d’entre elles ont ouvert la vie aux droits civils, aux droits de l’homme, à la reconnaissance et à la justice pour les personnes d’ascendance africaine en Afrique et dans la Diaspora », informe-t-elle. Aussi, fait savoir Minielle Baro, qu’en 2015, un mémorial permanent a été inauguré au siège de l’Organisation des Nations unies en mémoire  aux victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique des esclaves. Il s’agit de l’Arche du Retour de l’architecte d’origine haïtienne Rodney Léon.

Mémorial de Gorée
Ce même esprit de souvenir aux millions d’hommes, femmes et enfants victimes de la dramatique traite transatlantique des esclaves a animé le gouvernement sénégalais qui a aussi pris l’initiative d’ériger un Mémorial, à quelques encablures de l’île historique de Gorée. Selon le secrétaire général à la réalisation du Mémorial de Gorée, Amadou Lamine Sall, ce projet a été concrétisé par le président Macky Sall et va bientôt être réalisé.
« Pour l’actuel budget de sa réalisation, le président de la République Macky Sall a mis un montant très important qui nous permettra, dans les prochains mois, de démarrer les chantiers du Mémorial qui d’ici à  deux ans ou moins, va sortir de terre et changer complètement le visage de Dakar », indique M. Sall.
Débattant du thème du panel, le Pr Ndiouga Benga, enseignant-chercheur au département d’Histoire de l’Ucad, indique que la musique est circulatoire de manière globale, dans le sens où elle est faite d’influences locales et extérieures. « Ce que l’on peut dire de la musique africaine, c’est que les esclaves ont été transplantés du continent vers l’Océan indien, vers l’Atlantique. Ces derniers sont partis avec leur patrimoine », confie-t-il. Précisant que c’est toute cette culture matérielle et immatérielle des esclaves transplantées du continent vers un nouveau monde qui a fait que ces cultures africaines se sont retrouvées en Amérique et assimilées par ces esclaves devenus hommes libres se sont battus pour avoir des droits civiques à l’image de Martin L. King. Aussi, souligne-t-il que toutes ces influences culturelles se retrouvent quelque part en Afrique à travers des genres musicaux tels que le jazz, la salsa et les cultures urbaines.

Maguette Guèye DIEDHIOU


 

La journée de la Renaissance africaine a été célébrée lundi, sous le thème « Renaissance africaine : bâtir avec tous, un legs pour la postérité en Afrique ». Occasion saisie par le secrétaire général du ministère de la Culture, Birane Niang, pour inviter les enfants à bien travailler à l’école  car ils incarnent l’avenir et sans eux aucune « renaissance » ne pourrait se faire.

Instituée sur résolution du 15ème sommet de l’Union africaine en 2010, la journée de la Renaissance africaine a été commémorée à Dakar, lundi. A cet événement, organisé au Monument de la Renaissance africaine, ont pris part des autorités de certains corps diplomatiques au Sénégal, du Niger, d’Égypte, d’Inde, du Rwanda, du Cap Vert. Honneur était également fait aux étudiants et  élèves de 14 écoles de Dakar, toutes nationalités confondues.

Ces derniers ont séduit le public par leurs prestations théâtrales et poétiques. Sans compter la parade, dénommée « Parade des Nations », faite sur l’esplanade du Monument de la Renaissance par ces enfants dynamiques et enthousiastes. C’était une belle chorégraphie à travers les marches des escaliers, toutes colorées, sur lesquels plusieurs pays africains étaient représentés à travers leurs tenues traditionnelles.

A cette belle fête de la Renaissance africaine se sont également invités des artistes musiciens et acteurs de théâtre avec des prestations à couper le souffle. L’administrateur général du Monument de la Renaissance, Abdoulaye Racine Senghor, a salué la bonne collaboration des pays précités à travers la participation des élèves et enfants qui ont représenté tous ces pays pour le bon déroulement de cette fête. A l’en croire, la statue du monument représente une famille, père, mère et enfant. « Mais cette petite famille représente toutes les familles africaines. Et dans ce monument, le plus important, c’est l’enfant que l’on porte qui désigne de son doigt la direction que l’on prend qui est la direction de l’avenir et de la renaissance. Son âge et son doigt pointé sont les symboles de la renaissance », argue M. Senghor. Non sans préciser que la Renaissance est de montrer que les Africains peuvent, comme tout le monde, participer à construire un monde de paix, de grandeur qui passe inéluctablement par les enfants. « C’est pour cela nous nous intéressons beaucoup aux enfants. Ils sont souvent mis en vedette dans ce monument afin qu’ils puissent prendre le message de  renaissance africaine et comprendre que l’Afrique compte beaucoup sur eux », souligne-t-il.

Le secrétaire général du ministère de la Culture, Birane Niang, indique aux enfants qu’une Renaissance ne peut pas se faire sans eux. Ainsi, il les exhorte à bien travailler et apprendre à être de grands messieurs et dames pour pouvoir porter, demain, la Renaissance de l’Afrique qui est immanquablement en marge et immuable.

« Vous incarnez l’avenir. Il est donc extrêmement important que vous soyez conscient de cela, que vous vous battiez et que vous vous appropriez cela. Sachez toujours qu’aucune Renaissance ne pourrait se faire sans vous », leur a-t-il lancé.

Maguette Guèye DIEDHIOU

Les trois Prix francophones de l’innovation dans les médias ont été décernés, lundi 3 avril dernier, lors d’une cérémonie au siège de l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif), rapporte un communiqué. Le document précise que c’était en présence de Mme Michaëlle Jean, secrétaire générale de la Francophonie, Mme Marie-Christine Saragosse, présidente-directrice générale de France Médias Monde et M. Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières (Rsf).

Le 1er prix, de 10.000 euros, détaille le communiqué, a été décerné à « Agribusiness Tv » (Burkina Faso), une web-télé qui utilise la vidéo comme outil de promotion et de (re)valorisation du secteur agricole aux yeux des jeunes en montrant les parcours réussis de jeunes entrepreneurs agricoles et leurs innovations en Afrique.

Le 2e prix de 6.500 euros a été décerné à « Africa Check » (Sénégal), un site de « vérification des faits » qui examine la véracité des propos des figures publiques et des informations de la presse. Ce site vise à promouvoir l’honnêteté et l’exactitude dans le débat public et dans les médias en Afrique afin de contribuer à améliorer la qualité de l’information mise à la disposition du public sur le continent. Le 3e prix de 3.500 euros a été décerné à « Médor » (Belgique), un trimestriel d’enquêtes et de récits qui propose un processus coopératif pour construire l’information et offrir un journalisme de terrain, « en profondeur », indépendant, exigeant et amusant.

Le Prix francophone de l’innovation dans les médias, rappelle le communiqué, est le fruit d’un partenariat entre l’Oif, Rfi et Rsf. Il s’adresse à tous les médias (radio, télévision, presse écrite et médias numériques) des 58 États et gouvernements membres de la Francophonie ayant développé des offres innovantes prenant en compte les nouveaux modes de consommation et d’accès à l’information. Il récompense les innovations dans les contenus, dans les usages et dans les modèles économiques et d’organisation qui contribuent à renforcer la liberté de la presse et le droit à l’information des populations, valeurs défendues par les trois partenaires.

E. M. FAYE

La 12ème édition du Battle national Danse hip hop s’est déroulée à Tambacounda du 31 mars au 2 avril. Des activités phares ont été présentée au public de cette région avec, en amont, des formations en danses traditionnelles et en techniques de danse hip hop. Des formations destinées aux danseurs hip hop de Tambacounda.

Dans la catégorie Break dance 6 contre 6, le groupe « Power Crew » de Dakar a été le vainqueur. La catégorie Danse debout 2 contre 2 a aussi été remportée par la région de Dakar à travers le groupe « Bayou & Chris ». La fête a été clôturée par le « Battle of the year » Sénégal. C’est-à-dire, la qualification pour la participation au championnat du monde de Bboying, pour un positionnement effectif du Sénégal sur l’échiquier mondial. Le « Battle of the year » a été remportée par le groupe « Power Crew » de Dakar qui représentera le pays aux prochaines compétitions mondiales de Bboying.

Cette année, une formation en Dj’ing a été offerte aux acteurs des cultures urbaines par Dj Leuz. Au total, 88 bboys issus de 12 régions (Saint-Louis, Louga, Matam, Thiès, Kaolack, Diourbel, Dakar, Kolda, Tambacounda, Sédhiou, Ziguinchor et Kédougou ont consolidé leurs liens d’amitié dans un esprit de compétition fairplay.

Le slogan de cette douzième édition était « Innovons ! Fit rek ». Les organisateurs ont voulu inviter les danseurs à avoir un esprit d’initiative, d’audace et de prise de risques pour une approche nouvelle de la prise en charge des enjeux de développement du Sénégal.

Sokhna Anta NDIAYE (stagiaire)

Dans le cadre du mois de la femme, la Galerie Kemboury (Rue du Canal IV X Rue des écrivains Point E) a exposé durant le mois de mars 6 artistes de sensibilité féminine : Fatim Mbengue, Nathalie Guironnet, Félicité Kodjo, Yanne Senghor, Betty Kandé et Djeynaba S. Baldé, sous le thème « Harmonie ».

Pari réussi pour la Galerie Kemboury. Durant le mois de mars, dédié aux femmes, la directrice, Thérèse Turpin Diatta, a exposé 6 artistes de sensibilité féminine avec des approches différentes : Fatim Mbengue, Nathalie Guironnet, Félicité Kodjo, Yanne Senghor, Betty Kandé et Djeynaba S. Baldé, sous le thème « Harmonie ». A l’heure du finissage de l’expo, Mme Diatta s’est dite satisfaite de mettre en lumières le talent de ces créatrices : « Je suis une ancienne banquière et je n’aime pas parler de retombées parce que les gens pensent automatiquement à l’aspect financier. En termes de gain artistique, c’est merveilleux. J’ai eu 6 artistes qui ont cheminé avec moi pendant un mois ». Elles sont contentes et elle l’est autant. « J’ai réussi mon challenge parce que je voulais montrer le travail de ces braves dames qui ont beaucoup de talent. Elles ne sont pas aussi médiatisées que les hommes. On se doit de faire ce travail de fond pour les faire sortir de leur fourneau, de leur cuisine. Beaucoup de collectionneurs et d’amateurs sont passés particulièrement ce 30 mars. « Rien qu’à les faire connaître aux collectionneurs est une réussite. Des achats sont faits, des contacts sont noués, des choses sont promises », s’est réjoui Mme Diatta pour qui au-delà de la manne financière, cela les encourage de savoir que leur travail est reconnu. La valeur artistique est réelle. Même si, au départ, ce n’était pas évident d’exposer dans un même endroit 6 artistes féminines aux horizons divers. « Je me suis dite, il faut qu’on essaie et qu’on réussisse. Elles ont des approches artistiques différentes mais quelque chose les a réunies », s’est félicitée Mme Diatta annonçant que les 6 artistes ont décidé de créer un collectif pour s’entre aider et aller de l’avant.

Pour sa part, la créatrice Félicité Kodjo a retenu de l’expo « une bonne ambiance, une amorce de vente avec le public qui est venu et qui a beaucoup apprécié ». Elle trouve très enrichissant de côtoyer d’autres artistes sur un même site d’exposition. « L’art a besoin de tentacules pour être plus fort, plus grand. C’est une grande chance de partager le même espace avec d’autres créatrices de toutes les tendances », a commenté Félicité Kodjo. Elle entrevoit un avenir qui se dessine dans le travail pour gagner en assurance mais également une perspective qui se tisse au travers d’un réseau social pour promouvoir l’art. Sur la même ligne, Yanne Senghor a exprimé beaucoup de fierté et d’assurance : « Cette exposition collective nous booste et nous donne encore plus d’énergie pour continuer dans une saine émulation ». Même tonalité du côté de Djeynaba S. Baldé. « Je suis très positive. Lorsque je vois le travail des autres créatrices, je me dis que cela en valait la peine de se battre pour aboutir à ce travail de qualité ».
Fatime Mbengue a salué l’initiative de Thérèse T. Diatta qui entre dans le cadre de la promotion de la femme artiste.

E. Massiga FAYE

CanGabon90x700ok


AVERTISSEMENT

La SSPP « Le Soleil » met en garde et interdit formellement aux responsables et gestionnaires de sites d’informations, établis au Sénégal ou ailleurs, de poster les articles publiés sur le portail Internet du « Soleil », à l’adresse www.lesoleil.sn. La SSPP « Le Soleil » ne tolérera aucune entorse à cette interdiction. Seule est permise la publication de liens directs pour rediriger l’internaute vers l’adresse www.lesoleil.sn

PARTENARIATS

Les gestionnaires de sites qui le souhaitent peuvent adresser une demande de partenariat avec la SSPP « Le Soleil » qui en définira les modalités et fixera les conditions d’utilisation des articles, photos, logos de son portail Internet. En cas de manquements, la SSPP « Le Soleil » se réserve le droit d’engager immédiatement des poursuites judiciaires envers les contrevenants, pour violation du respect des droits d’auteurs.