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Arts et Culture (1653)

Le Festival des politiques culturelles a refermé, hier, le séminaire sur Les politiques culturelles organisé par la Direction des arts du ministère de la Culture et le Musée Théodore Monod d’art africain en collaboration l’Ifan- Cheikh Anta Diop

.Un bel après-midi de fusion autour de la musique, la peinture, la danse, le slam a clôturé, hier, le Festival des politiques culturelles. Occasion de refermer le séminaire sur Les politiques culturelles organisé par la Direction des arts du ministère de la Culture et le Musée Théodore Monod d’art africain en collaboration l’Ifan - Cheikh Anta Diop. Présentant le pré-rapport du séminaire sur Les politiques culturelles au Sénégal, Dr El Hadji Malick Ndiaye, conservateur du Musée Théodore Monod, a rappelé que « le paysage culturel sénégalais a vu l’émergence de nouveaux acteurs dont les pratiques posent une limite à la capacité de l’Etat à incarner à lui seul une communauté de sens ».

Ainsi, a expliqué le conservateur du musée, « ces nouveaux acteurs, assez indépendants, sous la tutelle ou à la périphérie de l’autorité investie de pouvoir, agissent en réseaux et influent à leur tour sur l’agenda des politiques culturelles ». Dans ce contexte, a estimé l’universitaire, « la culture est le levier d’une construction de sens entre les énoncés des politiques publiques, les représentations sociales du monde de l’art et le marché des idées de la classe intellectuelle ».

Selon Dr Ndiaye, ces trois dynamiques se sont souvent développées parallèlement et sans une réelle interaction. « Cette dissociation a été une des raisons ayant nécessité l’organisation du séminaire sur Les politiques culturelles initié en 2016 par l’Ifan/CAD. Ce séminaire encourage le dialogue entre les institutions, la société, la communauté artistique et le monde universitaire », a estimé le conservateur du Musée Théodore Monod. Evoquant la décision, en 2017, de la Direction des arts de soutenir la recherche scientifique sur les logiques du secteur, Dr Ndiaye a avancé que ce séminaire peut être considéré, aujourd’hui, comme un « observatoire des politiques culturelles au Sénégal ».

La deuxième séance du séminaire sur les politiques culturelles s’est tenue de février à juillet 2017. Huit conférences sur les filières artistiques ont été organisées : cinéma et audiovisuel, théâtre et conte, arts visuels, danse, mode et design, cultures urbaines, musique, artisanat d’art. Quatre conférences transversales ont porté sur : Territorialisation des politiques culturelles, Financement de la culture, Réglementation du secteur de la culture et Formation aux métiers de la culture qui s’est tenue mercredi, doublé d’une carte blanche aux écoles d’art. Dans la foulée, le présentateur du pré-rapport a listé quelques points portant sur : la stratégie et la recherche, la formation et le financement, le numérique et la diffusion, la décentralisation et le développement, la réglementation du secteur.

« Un vivier »
Prenant la parole au nom du ministre de la Culture et de la Communication, le directeur du Patrimoine culturel a magnifié ces rencontres marquées par un esprit de rigueur scientifique et qui ont vu enseignants, chercheurs, experts artistes, écrivains et autres acteurs culturels « interroger et s’interroger sur la trajectoire et le devenir des politiques nationales de développement culturel ».

Selon Abdoul Aziz Guissé, l’intérêt unanime a convaincu le ministre Mbagnick Ndiaye d’apporter son appui à la poursuite de l’expérience en 2017.
D’autant plus que, a remarqué M. Guissé, les produits de cette évaluation critique impulsée par l’Université peuvent devenir « un vivier d’une grande richesse pour les entreprises à venir dans le cadre de la mise en œuvre de la Lettre de politique sectorielle de développement de la Culture ».

Représentant le recteur de l’Université Cheikh Anta Diop, le directeur de l’Ifan, Abdoul Touré, s’est engagé à accompagner l’initiative. Car, a souligné M. Touré, l’Université doit être un outil de sa communauté, de son temps d’où sortent des réflexions plurielles et constructives. « La Culture et l’Université sont condamnées à cheminer ensemble », a lancé Abdoul Touré.

E. M. FAYE

La formation aux métiers de la culture était, hier, au centre de la dernière séance de l’édition 2017 du séminaire «Les Politiques culturelles au Sénégal». Occasion pour l’Ifan/ CAD et le ministère de la Culture de donner « carte blanche » aux écoles d’art et aux établissements de formation aux métiers de la culture.

« La place de l’art est très limitée à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad). Que ce soit dans l’enseignement du cinéma, de la photographie ou du théâtre ». Ce propos du Dr Babacar Mbaye Diop, enseignant-chercheur au département de Philosophie, illustre à suffisance le besoin de mettre en place le meilleur et le plus pertinent des projets pédagogiques pour les artistes et les acteurs culturels. Le directeur de l’Institut supérieur des arts et de la culture (Isac) intervenait, hier, lors de la dernière séance de l’édition 2017 du séminaire «Les Politiques culturelles au Sénégal». Occasion pour l’Ifan/ CAD et le ministère de la Culture de donner « carte blanche » aux écoles d’art et aux établissements de formation aux métiers de la culture.

Dans sa communication, qui portait sur l’enseignement des arts à l’Isac, Dr Diop a souligné l’intérêt de bien outiller l’étudiant pour l’entrepreneuriat culturel afin qu’il puisse devenir agent d’art, directeur artistique, galeriste, entre autres métiers. L’universitaire a plaidé pour une école supérieure des arts. Pour un enseignement de qualité, il a suggéré d’y affecter en permanence des enseignants en établissant des orientations pédagogiques. Le but, mettre en perspective les métiers de la création.

« L’Isac ne délivre pas de diplômes »
Dr Babacar Mbaye Diop a présenté l’Isac comme une structure de formation artistique et culturelle de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. « Créé en 2008, il offre un programme pluridisciplinaire d’enseignements théoriques et pratiques dans le domaine des arts et de la culture. Il joue un rôle de jonction effective entre l’École nationale d’art, les professionnels à vocation artistique et culturelle et l’université », a expliqué le directeur de l’institut dont l’objectif est de former un nouveau type d’étudiant apte à prendre des décisions pour intégrer le marché de l’emploi et le milieu de l’entrepreneuriat. L’Ucad envisage, avance l’universitaire, dans les années qui viennent, d’intégrer l’Isac au sein d’une Faculté des arts. Mais, s’est interrogé le directeur de l’Isac : « Comment développer un système d’enseignement artistique de haut niveau à l’Université ? Comment  penser la continuité entre le lycée, l’École nationale des arts et l’Université ? Quel est l’avenir de l’enseignement des arts à l’Ucad ? » Autant de préoccupations qui ont fait dire au Dr Diop que le salut viendra au travers des projets innovants rythmés par des échanges mais également en faisant de l’Isac un pôle attractif.  

L’enseignant-chercheur est convaincu que l’Isac peut jouer un rôle dans la création, la diffusion culturelle. Pour cela, il s’agira d’insister sur la qualité, l’efficacité dans les apprentissages avec beaucoup de pratique. « La demande est réelle. Elle est en progression », a estimé le directeur de l’Isac. Il a tenu à préciser que l’Institut ne délivre pas de diplômes mais plutôt des attestations. « C’est le recteur de l’Université qui délivre des diplômes », a clarifié Dr Babacar Mbaye Diop. Il tient à ce que les arts soient connectés à l’enseignement supérieur.

Lors de son intervention, l’enseignant et critique d’art, Alioune Badiane, a axé sa communication sur « L’enseignement des arts visuels au Sénégal : histoire et perspectives ». Au regard de l’ancien directeur des Arts, étudier l’enseignement des arts visuels requiert une double problématique : « l’éducation à l’art et l’éducation pour l’art ». L’idée est de sensibiliser de jeunes talents, ensuite offrir des connaissances théoriques et des aptitudes de pratiques professionnelles. Sur ce registre, A. Badiane est revenu sur des initiatives africaine et sénégalaise pour la promotion des jeunes talents avec des projets d’écoles. Cela, en partant de la création, après l’indépendance du Sénégal, de l’Ecole des arts jusqu’à l’avènement- en 1995- de l’Ecole nationale des arts.

Aux yeux de l’enseignant, «l’école de formation artistique baigne dans un environnement artistique professionnel national appelant sans cesse l’orientation de ses filières vers le monde du travail». Dans cette perspective, le critique d’art espère que la directive présidentielle relative à la construction de l’Ecole nationale des arts et métiers (Enam) sur le pôle urbain de Diamniadio sera conduite jusqu’au bout de sa logique.

E. M. FAYE

Pour célébrer hier, la journée internationale Nelson Mandela, le Centre d’information des Nations unies (Cinu Dakar) a organisé, hier, en partenariat avec le Mouvement des jeunes Madibaristes, un ciné-débat autour du thème : « Bonne gouvernance en Afrique, l’héritage de Mandela ».

Le thème « Bonne gouvernance en Afrique, l’héritage de Mandela » a été introduit, à l’occasion de la célébration de la Journée internationale Nelson Mandela, par le Dr Ousmane Sène, directeur du West africa reseach center (Warc), et Songde Diouf, professeur de philosophie au Lycée Limamoulaye de Pikine, après la projection du film titré « Invictus » ou « Invaincu » qui décrit une partie de la vie de Madiba après son élection à la présidence d’Afrique du sud en 1994, à l’issue de 27 ans de captivité. Interprété dans le film par l’acteur Morgan Freeman, le président Mandela a réussi un pari quasi impossible lors de son accession à la souveraineté, c’est celui d’unifier un peuple longtemps divisé. Dans le film, ce pari de créer l’unité a été rendu possible grâce à l’équipe nationale de rugby, les Springboks d’Afrique du sud, sacrée chez elle championne du monde en 1995 à la surprise générale. Ce film de Clint Eastwood reflète également chez le président sud-africain un certain nombre de valeurs telles que la générosité, le pardon. Bref, un leader qui sait bien gouverner son pays. Ce qui justifie d’ailleurs le choix du Cinu de Dakar et du Mouvement des jeunes Madibaristes du thème « Bonne gouvernance en Afrique, l’héritage de Mandela ».
Abordant ce thème, le professeur de philosophie, Songde Diouf, indique que le film projeté sur Mandela donne à voir plus qu’une définition de la bonne gouvernance.

A son avis, en termes de bonne gouvernance, Nelson Mandela a montré que le dirigeant africain devrait d’abord avoir le sens de l’histoire. « Ce qui manque d’ailleurs à beaucoup de nos dirigeants africains », dit-il. Aussi, fait savoir Pr Diouf que Nelson Mandela fait partie de cette race de dirigeants ayant compris qu’ils ne vont pas s’éterniser au pouvoir et qu’il ne faut jamais entrer dans une perspective de vengeance. Parlant de bonne gouvernance, Pr Diouf se référant toujours au film, évoque le fait que Nelson Mandela avait aussi renoncé à son salaire pour vivre presque dans la précarité. « C’était une façon volontaire de dire qu’on vient jamais au pouvoir pour s’enrichir mais plutôt pour être au service du peuple », argue-t-il.
Le directeur du Warc, Ousmane Sène, indique qu’en plus de parler de bonne gouvernance, il faut dire que le président Mandela a également fait preuve d’humilité et d’humanité. « Ce qui permet de mettre tout le monde à l’aise. Nulle part dans le film, nous le  voyons désemparé, déboussolé », informe Dr Sène. A l’en croire, Madiba a cette capacité de vous mettre en confiance, à l’aise et de transformer son ennemi ou adversaire en ami.

Le coordonnateur du Mouvement des jeunes Madibaristes, Cheikh Ibra Faye, explique le choix de ce thème par le fait que la majorité des pays africains ont un problème de bonne gouvernance. « En échangeant autour de ce thème et en projetant ce film édifiant, nous voulons revisiter l’héritage de Mandela et exhorter, par la même occasion, nos dirigeants à suivre son exemple de bonne gouvernance lorsqu’il était au pouvoir », dit-il.

Maguette Guèye DIEDHIOU

L’association « Kaddu Yarakh » a organisé, samedi, la treizième édition de son Festival théâtre-forum. A cette occasion, les différentes associations et compagnies ont rendu un vibrant hommage à Dr Massamba Guèye, enseignant, artiste conteur et conseiller technique du président de la République. A l’occasion, les artistes ont invité également le gouvernement à consacrer plus de moyens aux acteurs du théâtre de sensibilisation.

Les jardins du Parc de Hann ont abrité, samedi, la treizième édition du Festival théâtre-forum sur initiative de l’association « Kaddu Yarakh ». La rencontre a enregistré la participation de plusieurs troupes théâtrales.  Une manifestation haute en sons et en diversité des expressions culturelles. Mamadou Diol, président et de l’association « Kaddu Yarakh », souligne qu’à travers cette treizième édition, l’objectif est de travailler à la promotion du théâtre d’intervention de façon générale mais plus particulièrement du théâtre de forum.

C’est une forme de théâtre de sensibilisation à caractère populaire. Ce genre tient sa particularité du fait qu’il convie les spectateurs à intervenir et donc à changer le scenario d’un moment à l’autre. La rencontre réunit des pratiquants venus du Sénégal entier. Tous les mois de juillet de chaque année, les acteurs du théâtre-forum se retrouvent pour échanger. La spécificité de cette édition ressort du fait qu’elle coïncide avec l’ouverture de la campagne électorale.  « Nous en avons dès lors profité pour discuter du vécu et des conditions de l’artiste. Nous avons échangé sur plusieurs projets qui vont dans le sens de consolider les acquis et surtout d’aller vers de nouvelles conquêtes. Nous appelons à plus de considérations vis-à-vis des acteurs culturels. Ceci colle bien avec le thème de cette édition qui est «Les artistes au pouvoir» », affirme Mamadou Diol. Les acteurs du théâtre ne doivent plus se limiter à faire de l’animation. Il est essentiel qu’ils s’impliquent davantage pour intégrer les instances de décision, a-t-il ajouté.

Se prononçant sur le parrain de cette année à savoir Dr Massamba Guèye, M. Diol souligne qu’il s’agit d’un éminent homme de culture. Il figure parmi les plus en vue.  Il joue un rôle important dans le dispositif de la promotion du théâtre sénégalais. A l’origine, c’est un artiste conteur mais qui est militant de tout ce qui a trait avec l’amélioration des conditions culturelles. C’est quelqu’un qui se montre toujours disponible dès qu’il s’agit de causes culturelles, a-t-il salué. Il le fait de surcroît avec désintéressement. Cet acteur reconnu est l’acteur d’honneur de cette édition, relève-t-il.
Sur un tout autre registre, les organisateurs appellent  les gouvernants à contribuer à davantage appuyer les acteurs du théâtre.
Ce plaidoyer est d’autant plus justifié à leurs yeux que d’autres secteurs de la culture ont bénéficié de l’appui gouvernemental. Il faut réparer cette injustice, car le théâtre dispose de plus d’acteurs que les autres domaines de la culture, ont-ils dit.

Oumar BA

Sonatel poursuit sa stratégie d’amélioration de « l’Expérience clients », en lançant hier sa nouvelle gamme d’offres prépayées mobile « Jamono ». Ainsi, trois nouvelles formules, « Jamono Allo », « Jamono Max » et « Jamono new s’cool » viennent s’adapter au style de vie des clients du mobile d’Orange.

Le Groupe Sonatel pose un nouveau jalon dans sa volonté de proposer à ses clients les meilleures offres sur le marché de la téléphonie mobile. L’entreprise de Télécoms a procédé, hier, au lancement d’une nouvelle gamme d’offres prépayées mobile « Jamono ». Une présentation devant la presse, en présence d’Aminata Ndiaye, directrice Marketing Grand Public, d’Abdou Karim Mbengue, directeur de la Communication institutionnelle et de Mamadou Ibrahima Traoré, directeur des Ventes, a permis de découvrir « une évolution très structurante » du portefeuille d’offres prépayées mobile d’Orange.

Avec l’introduction des trois nouvelles formules « Jamono », Sonatel veut permettre à chaque client d’être sur l’offre qui lui correspond le mieux. Ainsi, « Jamono Allo » est dédié à ceux qui ont des usages du téléphone orientés vers les appels ; tandis que « Jamono Max » pour ceux qui veulent tout à la fois : l’Internet et la vie 2.0 dans leur quotidien associés à un besoin fréquent d’appeler et « Jamono New S’cool », pour les jeunes « chez qui l’Internet est comme un must pour se connecter à leur génération et partager avec leurs amis, découvrir et apprendre ». Désormais, avec ces nouvelles formules présentées sur une plateforme en ligne (tannsajamono.sn), les forfaits « illimix jour » sont ouverts 24/24 sur « Jamono Allo ». Et sur « Jamono Max », il est possible de reporter des minutes non utilisées sur les « illimix jour », si l’achat est reconduit dans les 24h.

Tandis que sur « Jamono New S’cool », les minutes d’appels sont valables désormais vers tous les clients Orange et il y a davantage d’Internet dans tous les illimix de la formule.
Enfin, Sonatel annonce une innovation dédiée aux usages de la famille ; l’offre « Family », une offre dédiée aux familles pour permettre aux parents et à leurs enfants de pouvoir communiquer plus facilement avec les tarifs d’appels et sms vers le parent à 0,5F/s et 5F/sms. Mais également des services et avantages particuliers comme le Seddo Pass Internet à 0F permettant aux parents de transférer des pass internet à leurs enfants gratuitement, ainsi que le Seddo crédit et Transfert bonus permettant aussi aux parents de partager leur crédit et leur bonus avec leurs enfants.
Une campagne de communication autour de la thématique « Ensemble » accompagnera le lancement de cette nouvelle gamme d’offres Jamono.

O. DIOUF

Dans le cadre du programme de l’exposition « L’esthétique mouride : un modèle de savoir être, de savoir-faire et de savoir devenir », le comité d’organisation a organisé, samedi, un colloque sur la littérature « wolofal » en exemple aux œuvres de Cheikh Moussa Kâ et Serigne Mbaye Diakhaté. La cérémonie s’est tenue au Grand Théâtre national de Dakar.

Lors de la conférence inaugurale sur le thème « Introduction à la littérature wolofal mouride », préparée par Dr Samba Buri Mboup, enseignant-chercheur, l’occasion a été saisie par les organisateurs pour revenir, en partie, sur l’œuvre gigantesque du fondateur du Mouridisme. Dr Mboup se dit séduit par ce travail impérissable de Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké. Pour mieux introduire son sujet, l’enseignant-chercheur, auteur d’une Thèse de Doctorat en 1978 à la Sorbonne, a soutenu que l’écriture « wolofal » est une démocratisation de l’accès à la connaissance. Mieux, ce système est assimilable à une dialectique du besoin telle que définie par Aimé Césaire.

« Nous avons constaté une spécialisation des poèmes panégyriques de Serigne Touba obéissant à une préoccupation pure », note-t-il. A l’en croire, les civilisations ne peuvent vivre en vase clos ; d’où la nécessité de s’ouvrir aux autres cultures du monde.

Dr Samba Buri Mboup, par ailleurs ancien ambassadeur du Sénégal en Afrique du Sud, a indiqué que le « wolofal » est une méthode graphique, un outil puissant qui prend en compte l’esthétique, mais aussi la propagation de l’Islam noir.

Le panéliste compare Serigne Mbaye Diakhaté, Cheikh Moussa Kâ, Cheikh Samba Diarra Mbaye… à la Pléiade française. « Chacun d’eux est une école ayant formé des disciples. Serigne Touba les a protégés contre certains qui jugeaient impertinents les textes «wolofal» », déclare M. Mboup. Il a aussi abordé le rôle de Cheikh Ibrahima Fall, connu pour son engagement à l’égard de Serigne Touba ; ce qui a donné une popularité à son œuvre devenue l’identité mouride. L’enseignant-chercheur reconnaît l’intellectualisation de la communauté mouride qui leur imprime une manière de parler, de s’habiller et d’être. « Cheikh Ahmadou Bamba a prêché par l’exemple à des fins de transformation de soi », a-t-il dit, non sans louer l’éthique et l’esthétique mouride.

Prenant la parole, Pr Mamoussé Diagne a affirmé la manière dont Serigne Touba fonda le Mouridisme. Pour lui, l’œuvre littéraire « Jazâ’u shakûr » est l’épine dorsale du Mouridisme. « Quand Ablaye Niang déclame « Moukhadimatoul Amdah », les fidèles tombent en transe ; c’est parce qu’il y a une chose mystique dans ces écrits. Cela dépasse le savoir (et l’entendement) », a dit l’agrégé en Philosophie.

De son côté, Dr Diao Faye, maître de conférences, a traité le sous-thème « Jasaawu Sàkooru Géej gi et Jasaawu Sàkooru Jéeriji » de Cheikh Moussa Kâ. Il a d’abord loué les vertus de l’exil. Ce voyage forcé est, pour lui, une source d’inspiration ; « il permet de s’exprimer, de raconter les malheurs subis. Adam et Eve ont été exilés. Cela est valable pour les prophètes Moussa, Jacob (As); Mouhamed (Psl) s’est fait exilé à Médine », a-t-il laissé entendre.

M. Faye, rappelant une trajectoire de l’histoire des érudits de l’Afrique noire, a indiqué que Demba Alarba, le guerrier Samory Touré et Cheikh Amala de Mauritanie ont été exilés et morts à leur lieu d’exil. Alors que Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, même isolé dans la forêt dense de la Guinée équatoriale, du Gabon, a eu la chance de retourner sain et sauf.

Le président du Comité scientifique de l’Appel des Layène, Djibril Diop Laye, note que Borom Touba a fait une révolution culturelle. « Comme l’a écrit Serigne Touba, les premiers hommes ne sont pas toujours agrées par Dieu au détriment des derniers », a-t-il rappelé. Le colloque sur le thème « Introduction à la littérature «wolofal» mouride », animé par d’éminents spécialistes de la question, a vu la participation d’universitaires et d’hommes de culture.

Serigne Mansour Sy CISSE

L’artiste international Youssou Ndour, venu samedi 15 juillet clôturer la dernière soirée de la 51ème édition du Montreux Jazz, était ému sur scène, devant une salle comble, en interprétant « New Africa » qui célèbre une Afrique nouvelle émergente et loin des clichés. Il a dédié cette chanson à la Fondation Ibrahima Diop basée à Thiès, au Sénégal.  

Malgré ses lunettes et le public endiablé qui suivait dans une extrême joie la prestation magistrale de Youssou Ndour et du Super Etoile de Dakar à l’auditorium Stravinski, l’émotion de la star mondiale ne pouvait échapper à la vigilance de certains mélomanes lors de l’exécution de « New Africa », une belle chanson dense, riche en promesses et libératrice d’énergies créatrices.  Chez le « Roi du Mbalax », le combat pour une Afrique debout et la dignité de l’Homme noir est constant. Après avoir proposé certains de ses meilleurs sons avec sa voix éternellement belle, l’artiste sénégalais a tenu un discours très applaudi dans lequel il interpelle les consciences sur les images inappropriées que véhiculent certains médias occidentaux pour parler de l’Afrique.

«  Ce continent, n’est pas une terre du sida, des maladies, l’Afrique est debout, riche et multiple », dit-il, avant de psalmodier comme une prière sa chanson. Pour donner l’exemple des migrants qui œuvrent aussi pour une nouvelle Afrique, You a dédié ce morceau à Alioune Diop dit Badou, initiateur de la Fondation Ibrahima Diop située à Thiès et qui vient en aide à plus de 100 femmes en facilitant leur autonomie financière. Constituée le 28 janvier 2015, à Montreux, la Fondation Ibrahima Diop compte parmi ses réalisations l’achat d’une parcelle à Dakhar Mbaye, près de Thiès, par Alioune Diop dit Badou, l’initiateur du projet.

Le Suisse Thierry Waelli, président de la Fondation souligne l’existence d’un réseau d’eau sur toute la parcelle avec 50 robinets d’accès et distribution goutte-à-goutte dans les cultures depuis 2016, d’un poulailler couvert avec un local de stockage pour la nourriture de 2.000 pondeuses depuis cette année. Toumani Diabaté et son fils Sidiki, parrains de la Fondation, avec Mathieu Chedid pour la soirée africaine du Montreux, ont tenu à exprimer leur soutien à Alioune Diop et voudraient en faire un modèle pour la diaspora africaine.

Correspondance particulière
d’El Hadji Gorgui Wade NDOYE

Les 10 finalistes du Prix des cinq continents de la Francophonie ont été sélectionnés. La 16ème édition a vu la participation de 122 œuvres de fiction d’expression française. Réunis le 11 juillet, rapporte un communiqué, les représentants des cinq Comités de Lecture (l’Association Passa Porta de la Fédération Wallonie-Bruxelles, l’Association des écrivains du Sénégal, l’Association du Prix du jeune écrivain de langue française de France, le Collectif des écrivains de Lanaudière de Québec et l’Association Culture elongo du Congo) ont retenu 10 ouvrages finalistes représentant 8 pays : L’Amas Ardent de Yamen Manai (Tunisie); Apatride de Shumona Sinha (Inde); Avant que les ombres s’effacent de Louis Philippe Dalembert (Haïti); Bled de Tierno Monénembo (Guinée); Palace café d’Anne Defraiteur Nicoleau (Belgique); Rapatriés de Nehemy Pierre-Dahomey (Haïti); La Sonate à Bridgetower d’Emmanuel Dongala (Congo); Les Temps de la cruauté de Gary Victor (Haïti); Le Testament de nos corps de Catherine Lune Grayson (Canada-Québec); Le Venin du Papillon d’Anna Moï (France-Vietnam).

Créé en 2001 par l’Organisation internationale de la Francophonie, rappelle le document, le Prix des cinq continents récompense chaque année un texte de fiction narratif d’expression française. Le prix sera remis par la Secrétaire générale de la Francophonie, le 11 octobre 2017 à l’occasion de « Francfort en français » dans le cadre de la Foire internationale du livre de Francfort (Allemagne). Doté d’un montant de 10.000 euros, le Prix des cinq continents de la Francophonie met en lumière des talents littéraires reflétant l’expression de la diversité culturelle et éditoriale en langue française sur les cinq continents et de les promouvoir sur la scène internationale.

Le Prix des cinq continents 2016 a été attribué à Fawzia Zouari pour son roman « Le Corps de ma mère » (Joëlle Losfeld).

E. M. FAYE

S’il est un secteur qui connaît la crise, c’est bien celui des éditeurs. Ces derniers sont confrontés à divers problèmes, dont la contrefaçon, qui les empêchent de rentabiliser leurs entreprises. L’Association sénégalaise des éditeurs a affiché toute sa détermination à mener un combat sans merci contre la contrefaçon des ouvrages qui a pris de l’ampleur ces dernières années au Sénégal.

#Confrontés à cette chute vertigineuse de leur rentabilité, les éditeurs veulent croire à un possible redressement de la situation. Cela suppose que l’équation de la contrefaçon soit d’abord résolue. Au cours d’un atelier de renforcement de capacité axé sur le thème : « Droit d’auteur et la négociation d’un contrat d’auteur de manuels scolaires/-Isbn : sens et portée, procédure, gestion », ce fléau a été déploré par Aminata Sy, présidente de l’Association sénégalaise des éditeurs. Cette rencontre de trois jours s’inscrit dans le programme de renforcement de capacités des éditeurs qui est le fruit du partenariat entre le Canada, le ministère de l’Éducation nationale et l’Association sénégalaise des éditeurs.

Pour la présidente de l’Ase, la contrefaçon porte un grand préjudice aux éditeurs sénégalais dont les œuvres sont régulièrement piratées. « Avec la contrefaçon, on rencontre d’énormes difficultés qui portent un grand préjudice aux éditeurs qui publient et commercialisent des ouvrages. Le contenu de l’œuvre appartient à l’auteur, mais c’est l’éditeur qui investit son argent pour fabriquer l’ouvrage et en fin d’exercice, il paie à l’auteur les droits d’auteur. Mais depuis quelque temps, le secteur de l’édition est paralysé par un piratage chronique », a expliqué Mme Sy.

Long combat
En effet, il suffit de faire un tour dans les marchés de Dakar et de l’intérieur du pays pour constater l’ampleur du phénomène qui constitue un véritable gouffre pour les éditeurs. « Toutes nos œuvres sont étalées au marché Sandaga alors que l’éditeur a investi son argent. Nous sommes une entreprise commerciale et si nous vendons, c’est pour avoir une marge bénéficiaire et faire marcher nos entreprises. Malheureusement, des gens reproduisent nos livres et les vendent en toute impunité », a-t-elle déploré. Avant l’avènement de la Société sénégalaise des droits d’auteur et des droits voisins (Sodav), a noté Mme Sy, le Bureau sénégalais des droits d’auteur (Bsda) accompagnait les éditeurs, mais les résultats escomptés n’avaient pas suivi. Pour autant, les éditeurs ne baissent pas les bras dans ce combat.

Pour Youssou Soumaré, secrétaire général par intérim de la Sodav, la contrefaçon est une question d’envergure internationale qui va au-delà de nos frontières. « Cette question est une réalité chez nous, parce que les livres, les manuels scolaires font l’objet de contrefaçon à outrance au Sénégal. Il faut, au-delà des simples questions d’usage, de rappel sur les questions de droit dégager, mettre en œuvre des stratégies pour contrecarrer cette contrefaçon », a indiqué M. Soumaré qui a plaidé pour la mise en place d’une cellule de lutte contre la contrefaçon. « Au Sénégal, il n’y a pas encore une structure chargée de suppléer. Il y a la brigade qui lutte contre la contrefaçon, mais pas encore une association où il y aura des acteurs civils qui vont prendre à bras le corps cette question. Il va falloir donc aider les éditeurs à mettre en place cette cellule, mais aussi dégager des moyens pour son fonctionnement et mettre aussi toutes les stratégies pour son opérationnalité pour éradiquer ce fléau au Sénégal et juguler ses effets néfastes », a relevé M. Soumaré.

L’accès des éditeurs nationaux aux marchés publics et la préférence nationale font également partie des préoccupations. L’Ase, selon sa présidente, est en train de faire le plaidoyer pour avoir accès au marché scolaire qui représente des milliards. Mais le hic, selon Aminata Sy, est que ce marché est ouvert aux multinationales et aux nationaux. « Ce sont les multinationaux qui ont les conditions les plus faciles pour gagner les marchés et qui distribuent les ouvrages au détriment des éditeurs nationaux. Mais l’Ase est là pour lutter contre ça », a assuré Mme Sy.

S. O. FALL

La Galerie nationale d’art (19, Avenue Hassan II) abrite jusqu’au 20 juillet une exposition sur « L’esthétique mouride, un modèle de savoir être, de savoir-être, de savoir devenir ». L’exposition s’articule autour de l’architecture et l’habitat, les accessoires symboliques et historiques de Serigne Touba, la vêture et les accessoires mourides. Des œuvres réalisées par l’artiste Ousmane Sèye.

La cérémonie officielle d’ouverture du 13ème Festival sénégalais de théâtre-forum se tient aujourd’hui, samedi, à 16 heures au Parc de Hann. L’association « Kaddu Yarakh » organise la 13ème édition du Festival de théâtre-forum à vocation internationale jusqu’au 18 juillet dans divers plateaux à Yarakh. Le thème « Les artistes au pouvoir » réunit des troupes de théâtre et acteurs culturels venus d’Afrique, d’Europe et d’Amérique qui participent au rendez-vous du théâtre-forum.

Le groupe togolais Toofan sera en concert, aujourd’hui, samedi à 20h, sur l’esplanade du Grand Théâtre de Dakar. En première partie de ce spectacle monté par un promoteur sénégalais installé en France, sont annoncés les rappeurs Dip Doundou Guiss, Nitdoff, Ngaka Blindé, ainsi que les chanteurs Kéba Seck et Jessica Lorraine, jeune musicienne installée à Dakar.

Composé actuellement d’un duo, Masta Just et Barabas, Toofan truste avec les titres à succès depuis 2005, date de la création du groupe. En conférence de presse, jeudi, à Dakar, les deux artistes togolais ont dit toute leur joie de retrouver le public sénégalais qui maîtrise par chœur leur répertoire de tubes influencés par le folk du Togo, le rap, entre autres. Leur genre musical suscite d’ailleurs un grand engouement dans les boites de nuit de la place, avec des mélomanes qui connaissent tous les pas de danse de Toofan exécutés dans leurs différents clips vidéo.

Dans le cadre du programme de l’exposition : « L’esthétique mouride : un modèle de savoir être, de savoir-faire et de savoir devenir », le Comité d’organisation organise un important colloque sur la littérature mouride avec un focus sur les œuvres de Serigne Moussa Kâ et Serigne Mbaye Diakhaté. La cérémonie d’ouverture est prévue aujourd’hui, samedi, à 9 heures au Grand Théâtre national de Dakar. Le colloque qui sera animé par d’éminents spécialistes de la question, verra la participation d’universitaires et d’hommes de culture.

La 9e édition du Festival des arts et savoir-faire traditionnels africains a débuté fort jeudi, à la Maison de la Culture Douta Seck. Différentes communautés invitées s’y sont retrouvées pour célébrer la Journée du Patrimoine africain, en partenariat avec la Direction du patrimoine culturel (Dpc) du ministère de la Culture et de la Communication et sous l’égide de l’Unesco. Ces trois jours de fête sont dédiés aux instruments à cordes, à la communauté mandingue et à la Gambie, l’invitée d’honneur.

« Nous avons tendance à perdre notre richesse culturelle », regrette Moussa Fall, le manager financier du festival. Nouvelles technologies, multiplication des contacts avec l’Europe… les danses, chants et rites populaires et traditionnels courent le risque d’être abandonnés, oubliés. Une menace contre laquelle se bat l’Alliance culturelle africaine en organisant, depuis neuf ans, le Festival des arts et savoir-faire traditionnels africains.
Ce festival international doit permettre de contribuer à la préservation des patrimoines traditionnels matériels mais aussi oraux.

Il rassemble tous les porteurs de ceux-ci, artistes, artisans, afin de présenter les différentes ethnies du Sénégal et plus largement de l’Afrique de l’Ouest. Cette année, les trois jours de fête, du 13 au 15 juillet, sont consacrés à la « convergence culturelle des communautés ».

Jeudi, les différentes communautés invitées ont paradé dans la Médina, depuis le « Penc » de la Collectivité Lébou jusqu’à la Maison de la Culture Douta Seck. Chacune y a démontré la beauté et la profondeur de ses chants, la dextérité de ses musiciens et l’agilité de ses danseurs. Un rassemblement vécu sous le signe de l’affirmation de son identité culturelle propre, mais aussi du renforcement de la cohésion nationale. Bien souvent en effet, différentes ethnies se sont retrouvées ensemble pour échanger quelques pas de danses.

De multiples animations sont prévues tout au long de ces journées culturelles. Chaque jour, une exposition met en valeur les savoir-faire africains, avec une clinique de médecine traditionnelle et des produits locaux comme la calebasse. Hier, une excursion a permis de découvrir Dakar, Ngor, Yoff, Keur Moussa et Ouakam. En fin d’après-midi, la baie de Ouakam a été le théâtre de régates avec les équipages de Ouakam, Ngor et Yoff. Les rites de mise à l’eau des pirogues, les chants et les danses d’artistes lébous ont rythmé la soirée.

La journée de demain, samedi, est dédiée à la Gambie. Des discussions et débats sont prévus autour des arbres à palabres, point central de l’oralité et cadre privilégié pour que participants et visiteurs puissent échanger.

Marie LECHAPELAYS (stagiaire)

Thies - Les Manufactures sénégalaises des arts décoratifs (Msad) à Thiès ont rendu, hier, un vibrant hommage à l’artiste Ibou Diouf récemment arraché à l’affection des employés de l’établissement et du monde de la culture. Une cérémonie de tombée de métier de sa tapisserie « Confidence » a été organisée pour la circonstance en présence de sa fille, Sokhna Khadidjatou Diouf, des membres de sa famille et de plusieurs invités.

Le défunt artiste Ibou Diouf, brillant émule de l’Ecole de Dakar, né en 1941 à Tivaouane, fut un ancien élève d’un autre seigneur de la toile, Papa Ibra Tall. Comme l’a souligné le directeur général des Manufactures sénégalaises des arts décoratifs, Aloyse Ndame Diouf, le doyen Ibou a suivi une formation de cartonnier et de décorateur de théâtre et a su créer son propre atelier d’art dans les années 1970 d’où sont sorties des centaines d’œuvres et plusieurs générations d’artistes formés. D’où, de l’avis de Aloyse Ndame Diouf, il est quasi impossible au Sénégal de parler d’art contemporain et d’affirmation identitaire en ignorant cet artiste qui considérait que l’art est total et l’artiste global ».
Selon le directeur des Msad, le président Senghor l’avait nommé premier directeur adjoint de la Manufacture nationale de tapisserie dont le poste était réservé à un artiste. Mais, un poste que le défunt Ibou Diouf n’a jamais occupé du fait que l’ancien président a préféré, par la suite, l’orienter vers le Théâtre national Daniel Sorano en qualité de décorateur.

Ainsi, Ibou Diouf était devenu auteur de décors de théâtre et de cinéma, décorateur en chef au Théâtre national Sorano dans les années 1970. Il est l’auteur du décor et des costumes de «L’Exil d’Alboury», «Amazoulou», et a réalisé le décor de films célèbres notamment «Hyènes» de Djibril Diop Mambety, «Mossane» de Safi Faye », entre autres œuvres de peinture qui avaient, par la suite, fini par le lier aux Manufactures sénégalaises des arts décoratifs de Thiès.
Aloyse Ndame Diouf d’ajouter par ailleurs « qu’Ibou Diouf fait partie des artistes dont les maquettes ont été sélectionnées à la suite d’un appel à candidature pour la réalisation en tapisseries. Il est l’auteur de huit maquettes qui ont été réalisées en tapisseries dans les ateliers des Msad. A ce titre, il fait partie des vingt artistes les plus tissés avec trente-deux réalisations en tapisseries dont les quatre maquettes ont épuisé leurs huit éditions. Parmi ses tapisseries, les plus célèbres sont notamment : « Les Nuits de Thierno Almamy » dont la tapisserie orne la salle des banquets du Palais de la République, « Rencontre royale » de la collection Senghor, « Les Signares », « Le jour et la nuit », « Confidence », « Légende bleue »…

Le porte-parole de la famille du défunt, le journaliste Ahmet Fall Sène, affirme qu’Ibou Diouf a été un artiste de grande notoriété qui a participé, depuis 1967, à de nombreuses expositions au Sénégal et à l’étranger comme l’Académie des arts de Sao Polo au Brésil. Des œuvres d’Ibou Diouf ont été présentées au premier Festival mondial des arts nègres en 1966. Il fut distingué du Grand prix de carton de tapisserie et du Grand prix de l’affiche du premier Festival mondial des arts nègres. Il a fait partie de toutes les expositions « Art sénégalais d’aujourd’hui et Art contemporain du Sénégal » à l’étranger. Il faisait partie aussi des cinq sénégalais auteurs de la fresque monumentale de 400m² réalisée au Palais de Chaillot en France, en marge du sommet de la Francophonie en 1991.
En rendant hommage à Ibou Diouf, les Msad ont également eu des pensées à l’endroit de l’artiste Maodo Niang, auteur des œuvres « Ndajé » et « Verdure » tissées aux Msad ; mais aussi de Mme Yaye Sarr Diagne, ancienne Acp des Msad disparue, il y a de cela neuf mois.

Mohamadou SAGNE

Dans le sillage des festivités de commémoration du 30ème anniversaire de la « Conférence de Dakar », la Place du souvenir africain a abrité, hier, un colloque sur le thème : « La force du Dialogue : Hier, aujourd’hui et demain », sous l’impulsion de l’Agence Brand South Africa.

Dialogue, discussions. C’est dans cet esprit qu’une délégation de l’Institut pour une alternative démocratique en Afrique du Sud (Idasa) conduite par Frederik van Zyl Slabbert et une délégation du Congrès national africain (Anc) dirigée par Thabo Mbeki se sont rencontrées à Dakar, du 9 au 12 juillet 1987, pour discuter de l’avenir de l’Afrique du Sud. Dans le sillage des festivités de commémoration du 30ème anniversaire de la « Conférence de Dakar », la Place du souvenir africain a abrité, hier, un colloque sur le thème : « La force du Dialogue : Hier, aujourd’hui et demain ». Placée sous la présidence effective du ministre de la Culture et de la Communication du Sénégal, Mbagnick Ndiaye, et du vice-ministre sud-africain des Arts et de la Culture, Makhoto Magdeline Sotyu, la rencontre a vu la participation d’hommes de culture, d’universitaires, de personnalités témoins de cet événement historique.
Dans son discours à la cérémonie d’ouverture du colloque, le ministre sénégalais de la Culture a rappelé que la rencontre de Dakar a été une étape décisive dans l’avènement de la nation arc-en-ciel. « Pour vaincre la peur et forcer le destin, il fallait des femmes et des hommes de conviction, ce qui était bien le cas », a estimé Mbagnick Ndiaye. Il a rendu hommage au président sénégalais Abdou Diouf et à Danièle Mitterrand, présidente de la Fondation France-Liberté, qui ont porté ce projet en étroite collaboration avec les acteurs sud-africains. M. Ndiaye a relevé et magnifié le leadership de M. Diouf, alors président en exercice de l’Oua, en citant le journal « Le Soleil » sous la plume d’El Bachir Sow qui écrivait : « Abdou Diouf a fait franchir à la lutte anti-apartheid des étapes décisives.
Avec le mandat du président Diouf, Botha est sorti de son bel isolement ou plutôt de sa tête avec le reste de l’Afrique australe. Unie, mieux organisée, l’Afrique demande maintenant à l’Occident, défenseur des libertés, d’être plus fidèle au discours qu’elle professe. Afin que nul n’ignore que l’Apartheid est un crime contre l’humanité ». Concluant les travaux, le Pr Iba Der Thiam de dire : La première victoire de la rencontre est celle remportée, indubitablement, sur la peur : peur de l’autre, peur de la réprobation officielle, peur des représailles des ultras, des fanatiques et des dogmatiques, peur enfin de l’utopie, tant les données du drame sud-africains incitent l’optimisme ». Au regard du ministre sénégalais de la Culture, « dans cette Afrique où la démocratie a encore du mal à s’exprimer dans toute sa plénitude dans certains pays, « les leçons de Dakar » doivent inspirer ».

Rôle de médiation
Le vice-ministre sud-africain des Arts et de la Culture a salué le leadership du président Diouf, rappelant la stratégie du dialogue dans la construction nationale mais également l’économie d’une Afrique du Sud libérée. « Le dialogue politique doit renforcer la démocratie, prévenir les conflit mais aussi jouer un rôle de médiation », a souligné Makhoto Magdeline Sotyu.
Pour sa part, Dr Judith Smith-Höhn, de l’Agence Brand South Africa, a retenu des leçons à prendre, à rappeler. Elle s’est souvenue de cette époque où elle avait 10 ans, vivant avec un sentiment d’urgence, d’incertitude. Aux yeux de l’historien, le Pr Iba Der Thiam, ce qui s’est passé à Dakar confirme la force du dialogue. « Il n’y a pas de problème, de différend, de divergence qui ne puisse pas être réglé par le dialogue avec des acteurs éclairés et loyaux. Le dialogue est un état d’esprit, un comportement, qui exige un esprit de paix et de compréhension ».              
 E. M. FAYE

Le rappeur américain Jay-Z a annoncé lundi la préparation d’une tournée en Amérique du Nord, quelques jours après avoir sorti son premier album en quatre ans. La tournée débutera le 27 octobre par Anaheim, en Californie, ont annoncé les promoteurs, pour un total de 31 dates aux États-Unis et au Canada, jusqu’en décembre.

Avant le lancement de la tournée, le rappeur qui s’était concentré ces dernières années sur ses activités d’homme d’affaires sera l’une des têtes d’affiche de deux festivals américains en septembre: Made in America, à Philadelphie et The Meadows, à New York. L’annonce de la tournée intervient dix jours après la sortie de son 13e album studio, « 4:44 ».                                     

AFP

L’Alliance culturelle africaine organise la 9ème édition du Festival des arts et de savoir-faire traditionnels africains, du 13 au 15 juillet 2017, au Penc de la Collectivité léboue à la Médina et à la Maison de la culture Douta Seck. Dénommée « Convergence culturelle, des communautés », cette édition est dédiée aux instruments à cordes, à la communauté mandingue avec comme pays invité  d’honneur la République de Gambie.

Pour célébrer la 9ème édition du Festival des arts et de savoir-faire traditionnels africains, l’Alliance culturelle africaine a choisi la Gambie comme pays invité d’honneur. Selon un communiqué, ce festival traditionnel international dénommé « Convergence culturelle, des communautés », a pour but de contribuer à la préservation et à la sauvegarde des patrimoines matériels, immatériels et oraux à travers les arts et savoir-faire traditionnels sénégalais. Il réunira durant quatre jours (du 13 au 15 juillet) au Penc de la Collectivité léboue à la Médina, puis à la Maison de la culture Douta Seck, des groupes de détenteurs de patrimoines culturels traditionnels et de savoir-faire divers ainsi que des artistes traditionnels.

Ceux-ci vont présenter les facettes des différentes ethnies du Sénégal et de la sous-région ouest-africaine (Gambie, Guinée, Guinée-Bissau, Mali, Nigeria, entre autres). Pour cette 9ème édition, la communauté mandingue est aussi attendue avec comme ville invitée Sédhiou.

Selon un communiqué de l’Alliance culturelle africaine, sont aussi prévues dans ce festival, des chants, danses, rites populaires, une exposition pour la sauvegarde des arts et savoir-faire  traditionnels (artisanat, médecine traditionnelle, produits traditionnels ou locaux), arbres à palabres, lutte traditionnelle.
Lors de ce festival, seront également organisées des séances de projections de films à la Médina et à Ouakam en hommage à Sembene Ousmane et à El Hadji Samba Diabaré Samb qui est concerné par le thème du festival de cette année. En cérémonie d’ouverture de ce festival, un colloque sur le thème «Instruments de musique à cordes : Signes, symboles messages et richesses » se tiendra le 13 juillet à la Maison de la culture Douta Seck. Sans compter la parade des communautés ethniques et les démonstrations de régates.

Pour la clôture, ce samedi, il est prévu un dîner de gala à la Maison Douta Seck, dédié à la République de Gambie et à la communauté mandingue.  

Maguette Guèye DIEDHIOU

Le « Kureel Fataliku Juli Geej Gi » de Yoff, en partenariat avec le ministère de la Culture et de la Communication, tient, du 13 au 20 juillet, à la Galerie nationale d’art, une grande exposition sur le thème : « L’esthétique mouride : Un modèle de savoir-être, de savoir-faire et de savoir-devenir ».  Une occasion de revisiter, à travers l’habillement, l’architecture, les accessoires, la littérature, les valeurs fondamentales constituant cette culture séculaire.

Dans le cadre de cette exposition, un colloque sur l’esthétique mouride est prévu ce samedi 15 juillet, à partir de 9h, au King Fahd Palace de Dakar. Un moment de revisiter les œuvres de Cheikh Moussa Kâ et Serigne Mbaye Diakhaté.

Le Village des arts de Dakar va également montrer la création artistique qui a été inspirée par la culture mouride.

Près de 4.000 jeunes artistes et sportifs venus des cinq continents se retrouveront à Abidjan, du 21 au 30 juillet, à l’occasion de la 8e édition des Jeux de la Francophonie. Un évènement placé sous le signe de la solidarité, de la diversité et de l’excellence, et qui réunira 53 délégations.

« C’est une Côte d’Ivoire rassemblée, fière et enthousiaste avec, à sa tête, le président Alassane Ouattara, qui vous ouvre grandement les bras et qui vous offrira le meilleur du savoir-faire et de l’hospitalité ivoirienne. Aujourd’hui, tout est fin prêt ! Les Jeux d’Abidjan se dérouleront dans les meilleures conditions possibles. Ensemble, nous célébrerons, dans la ferveur et l’enthousiasme, la langue française, le socle de notre « vivre ensemble », a déclaré Robert Beugré Mambé, ministre chargé des Jeux de la Francophonie et gouverneur du district d’Abidjan.

Il s’exprimait, hier, mardi à Paris, à la 101e session du Conseil permanent de la Francophonie, instance qui rassemble les représentants personnels des chefs d’Etat et de gouvernement de la Francophonie. Une cérémonie présidée par la secrétaire générale de la Francophonie, Mme Michaëlle Jean.

Selon un communiqué de presse, outre les nombreux dossiers politiques, diplomatiques et économiques, cette rencontre a permis de débattre sur l’état de la programmation multilatérale francophone ainsi que de la préparation des Jeux de la Francophonie, organisés tous les 4 ans.

Solidarité et diversité
Près de 4.000 jeunes artistes et sportifs venus des cinq continents se retrouveront à Abidjan, du 21 au 30 juillet. Placée sous le signe de la solidarité, de la diversité et de l’excellence, cette 8e édition a pour ambition de s’inscrire dans un projet de développement et de renforcement de la cohésion nationale en Côte d’Ivoire. « Les 53 délégations attendues se préparent activement pour remporter un maximum de médailles et vivre intensément ce grand rendez-vous de la jeunesse francophone, diffusé par la Radio-télévision ivoirienne (Rti) et largement couvert par les télédiffuseurs partenaires tels que TV5Monde, France Médias Monde (France24, Rfi, Mcd), Africable, Télésud, Vox Africa, Cctv, etc. » souligne le document.

Selon les organisateurs, le village des Jeux de la Francophonie, construit pour héberger les jeunes sportifs et artistes, constituera le legs le plus visible et le plus important de l’organisation de ce grand événement.

 Abidjan abritera également, les 22 et 23 juillet, une Conférence des ministres francophones de la Culture, 16 ans après celle de Cotonou en 2001. Quatre axes de réflexion ont été privilégiés : la régulation mondiale des enjeux et défis culturels, à l’ère du numérique ; culture et développement humain durable ; économie de la culture ; coopération et solidarité internationale. Cette conférence fera l’objet d’une Déclaration et d’un Plan d’action.

Omar DIOUF

Le directeur du Patrimoine culturel national du Sénégal, Abdoul Aziz Guissé, et le Président directeur général du Musée de Robben Island ont signé, hier à Gorée, un accord de jumelage entre la Maison des esclaves de Gorée et le Musée de Robben Island.

Deux lieux de mémoire, deux lieux de tragédie résolument tournés vers un horizon plus humaniste. L’Afrique du Sud et le Sénégal misent sur la culture pour se comprendre, se rapprocher. Dans cette dynamique, la Maison des esclaves de l’île de Gorée (Sénégal) et le Musée de Robben Island (Afrique du Sud) ont signé, hier à Gorée, un accord de jumelage. Cette signature entre dans le cadre de la commémoration du 30e anniversaire de la Conférence de Dakar.
En 1987, au moment où l’Afrique du Sud vivait les plus sombres moments de son histoire, une délégation de l’Institut pour une Alternative démocratique en Afrique du Sud (Idasa) conduite par Frederik van Zyl Slabbert et une délégation du Congrès national africain (Anc) dirigée par Thabo Mbeki se sont rencontrées à Dakar pour discuter de l’avenir de l’Afrique du Sud.

Les deux délégations partageaient un même engagement commun consistant à rejeter aussi bien l’idéologie que la pratique du système d’Apartheid. La rencontre - l’une des premières tenues en terre africaine entre des dirigeants de l’Anc et des Sud-Africains blancs libéraux - s’est déroulée du 9 au 12 juillet 1987, à Gorée. Elle a envoyé des signaux importants, attestant d’une volonté d’engager des discussions visant à mettre un terme à l’Apartheid et à instaurer une Afrique du Sud démocratique. Dans son mot de bienvenue, le maire de Gorée, Me Augustin Senghor, a salué un accord historique entre deux musées qui partagent des liens très forts. « Une partie du dénouement de l’Apartheid s’est jouée à Gorée, une île que Nelson Mandela a visité », a rappelé Me Senghor. Sur la même ligne, Christo Nel, délégué sud-africain lors de la Conférence de Dakar, a témoigné sur un contexte marqué par de vives tensions. « Le Sénégal nous a accueilli. La conférence de Dakar a été inscrite sous le sceau de l’espoir, de la conciliation avec comme maître-mot le dialogue », a- t-il rappelé.

Symbole de réconciliation et de liberté
Evoquant un contexte extrêmement périlleux, le diplomate-témoin Me Benoit Ngom a souligné l’importance de l’engagement de Dakar pour une cause africaine, mondiale. Ce propos rejoint celui du vice-ministre sud-africain des Arts et de la Culture. « Le futur de l’Afrique du Sud a été discuté ici à Gorée, symbole de réconciliation et de liberté. L’Afrique du Sud doit préserver son histoire pour les générations futures », a lancé Makhoto Magdeline Sotyu. Selon elle, aujourd’hui, le discours doit porter sur la liberté économique car même étant dans un pays libre, seule une minorité détient l’économie. Le vice-ministre sud-africain a magnifié cet accord de jumelage entre les deux îles qui partagent la même histoire avec les mêmes aspirations. « Reposant sur des idéaux de paix, liberté, réconciliation, ce jumelage doit être économiquement bénéfique pour les deux pays face aux défis de la pauvreté et du chômage », a estimé Makhoto Magdeline Sotyu.

Prenant la parole au nom du ministre de la Culture et la Communication, le secrétaire général Birane Niang a relevé que les îles de Gorée et Robben Island constituent deux espaces de tragédie et de résilience.
« Dans les deux cas, ils symbolisent la victoire de l’humain sur la barbarie », a souligné le représentant du ministre Mbagnick Ndiaye. Il a suggéré de maintenir la flamme du souvenir, méditer la leçon de Dakar pour vaincre la peur de l’autre pour fonder un nouvel humanisme.

E. Massiga FAYE

Entre l’île de Gorée et l’Afrique du Sud, c’est une trajectoire historique en partage. Les similitudes sont telles que le maire de l’île mémoire va proposer au prochain Conseil municipal de baptiser l’Esplanade des droits de l’Homme (débarcadère de l’île) au nom de Nelson Mandela. L’annonce a été faite, hier, par le maire Me Augustin Senghor lors de la cérémonie de signature de l’Accord de jumelage entre le Musée de Robben Island (Afrique du Sud) et la Maison des esclaves de Gorée. « L’idée est de marquer d’une pierre blanche les relations entre le Sénégal et l’Afrique du Sud », a déclaré Me Senghor pour qui les gens doivent tirer les leçons de qui s’est passé à Gorée et à Robben Island. Il a poussé la proximité jusqu’à considérer Gorée comme une terre sud-africaine et Robben Island, une terre sénégalaise.

E. M. F.

Le chanteur britannique Sting a annoncé lundi son intention de reverser à une association d’aide aux jeunes réfugiés en Suède l’argent du prix Polar Music qui lui a été décerné cette année. La star de 65 ans, connue pour promouvoir les droits de l’Homme au fil de ses titres, et le musicien américain Wayne Shorter, avaient remporté le prix en février 2017 ainsi que la somme d’un million de couronnes chacun (plus de 100.000 euros).

« J’ai été très honoré d’avoir reçu le prix Polar Music cette année et c’est avec plaisir que je reverse aujourd’hui l’argent du prix au projet de jeunesse suédois Songlines », a déclaré Sting dans un communiqué publié sur le site de l’association.

Le projet Songlines vient en aide à des jeunes demandeurs d’asile principalement afghans, érythréens et syriens qui entendent s’intégrer en Suède grâce à la musique.

AFP

Le chanteur Abdou Guité, qui vient de sortir son dernier opus, « Ndioukeul », encourage le continent africain à se projeter dans l’avenir avec plus de dignité. On l’a rencontré à Berlin dans le cadre d’une tournée européenne.

Qu’est-ce qui justifie votre présence à Berlin ?
Je dirai que c’est pour faire un petit clin d’œil à la communauté sénégalaise vivant en Allemagne. C’est un bref séjour dans la mesure où je dois retourner sur Dakar pour travailler sur la sortie de mon dernier album « Ndioukeul », en hommage à mes admirateurs.

Un come-back qui fera tilt vu que vous avez eu à observer une longue pause ?
Il est vrai que j’ai marqué une pause. J’ai trouvé que c’est nécessaire pour un artiste de s’arrêter un moment, de se ressourcer, de prendre le temps de bien préparer son produit. Il est tout aussi important pour un artiste de vivre le temps et d’éviter de subir les mauvais effets de la concurrence ou des envies de la consommation. Un artiste doit s’exprimer selon ses sensibilités ou selon son inspiration. Il produit selon ce qu’il a envie d’offrir à son public. J’essaie de prendre le temps qu’il faut pour produire un album de qualité.

Quel message lancez-vous à travers cet album ?
A travers cet album intitulé « Ndioukeul », je cherche à rendre un hommage appuyé à toutes ces personnes qui m’ont soutenu durant ma carrière, que cela soit mes amis, la famille, mes admirateurs. Mais au-delà, l’album est composé de chansons très constructives qui s’adressent à toutes les composantes de la société. J’y dénonce aussi des tares de notre société telles que l’hypocrisie, la méchanceté, la perte de repères. Dans le morceau « Africa », nous essayons de montrer comment l’Afrique doit se comporter pour un meilleur devenir de ses fils. Avec « Mbalit Bi », nous exhortons la société sénégalaise à copier sur l’Occident qui a pu transformer ses ordures en une source de richesses à exploiter. L’Europe doit nous servir de référence sur ce point. La chanson « Thiokeulel » lance à un message à la société entière pour dire non au massacre des droits des enfants. Leurs droits sont bafoués au quotidien. La situation des enfants talibés qui n’a pas évolué jusqu’en 2017 est une honte pour le Sénégal. Nous avons abordé plusieurs thèmes dans cet album pour l’émergence d’une nouvelle conscience citoyenne. C’est un travail de longue haleine qui est réalisé.

Quelle place occupe la diaspora dans cet opus ?
J’ai chanté l’Afrique dans cet opus, donc je m’adresse aux Africains. J’ai voulu montrer qu’il est temps pour l’Afrique de se prendre en charge. Je laisse au public le soin d’apprécier le contenu de cette chanson qui nous est venu du cœur. L’Occident n’est pas ma première cible. Je m’adresse aux Africains, je les encourage à se redresser, à préserver leurs valeurs et à se mettre au travail.

Pensez-vous qu’il est temps pour l’Afrique de couper le cordon ombilical qui le lie à l’Europe ?
Je ne pense pas qu’il soit nécessaire de couper ce cordon ombilical mais qu’il faille adopter une autre posture. Les dirigeants africains doivent faire preuve de responsabilité, ils doivent être en mesure de se prendre en main. C’est ce qui fera de l’Afrique un continent digne et respectueux. C’est cette nouvelle approche qui permettra à ses fils de se faire respecter. L’Afrique est pleine de potentiels et sa terre regorge de richesses naturelles. Qu’est-ce qu’on va chercher ailleurs ? C’est une question éternelle, mais il faut s’y mettre dès à présent.

Qu’est-ce qui empêche l’émergence économique de l’Afrique à votre avis ?
Il ne nous reste qu’à croire davantage en nous. Nous avons le potentiel. J’invite le peuple africain à se retrousser les manches et faire montre de rigueur à tous les niveaux.

Propos recueillis à Berlin par Matel BOCOUM

La culture est une compétence transférée aux collectivités locales. Cela, le conseil départemental de Gossas l’a bien compris. C’est pourquoi, depuis son  installation, la présente équipe travaille à promouvoir la culture. En à croire le président du Conseil départemental, un important programme d’activités de relance du secteur est déjà ficelé. Il s’agit, selon Adama Diallo, de la création d’une radio communautaire. D’ailleurs, précise-t-il, le ministère de la Culture a promis l’octroi d’une fréquence.

Il y a aussi le projet de création d’un Centre multimédia communautaire dont les travaux ont beaucoup avancé. Il sera réalisé avec l’appui du ministère des Postes et des Télécommunications.
« Avec cette infrastructure, les populations et surtout les jeunes de Gossas vont pouvoir accéder aux technologies de l’information et de la communication », se félicite M. Diallo. Pour le président du Conseil départemental de Gossas, toutes ces initiatives qui ont bénéficié de l’appui des structures de l’Etat montrent  l’engagement de l’institution locale à vulgariser la culture locale.

A ces innovations en termes d’infrastructures, s’ajoutent les appuis financiers alloués aux artistes et autres acteurs culturels. Des fonds qui leur permettent de pouvoir produire de bons tubes.
Pour le président du Conseil départemental, l’organisation de « La Nuit du Riti » entre dans cette politique culturelle. Adama Diallo estime que cet évènement  va participer à faire éclore le talent des artistes locaux.

P. C. NGOME                   

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